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| | Knockin' on Heaven's Door {Jillian} | |
| | Auteur | Message |
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▬ Lonely Boy Wolf ▬Hiboux postés.: 11278 Crédits: JunkieMouse ▬ Gifs by Talim. Double Compte: Isma ▬ Cameron ▬ Jeremiah ▬ Taylor ▬ Riley Date d'inscription: 13/09/2009
 | Sujet: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Mar 19 Avr - 23:44 | |
| Jillian H. Davis & Enzo Ryans

Une nuit de rêve. J’ai des étoiles encore plein la tête et plein les yeux même si le quitter à été une déchirure. Je n’ai pas envie de penser au fait que peut être je ne suis pas prêt de le revoir. Je sais aussi que ça va être un vrai parcours du combattant pour se trouver du temps rien qu’à nous, qu’il va falloir se cacher sans cesse, mais peu importe, il est vivant et c’est tout ce qui compte. Je me sens tellement léger que je pourrais m’envoler. Pourtant je sais que je dois faire attention, mais cette envie de sourire, je n’arrive pas à m’en défaire. Je suis amoureux, comme au premier jour. J’ai passé la nuit dans les bras de celui que j’aime. J’ai pu le regarder, lui parler, le toucher, l’embrasser, sans qu’on vienne me l’arracher, et le meilleur dans tout ça, c’est que ça n’était pas un rêve. Tout ça est bien réel. Je suis heureux. Voilà le prochain gros titre de la gazette des sorciers : Miracle, Enzo Ryans est heureux.
Bien sur comme à chaque fois ça ne peut pas durer, mais j’y aurais au moins cru pendant quelques minutes.
~*~
J’avais quitté Kyle quelques minutes plus tôt, avec grande peine. J’étais repassé par la Salle Commune des Gryff histoire de me changer et de prendre mes cours puis j’arpentais les couloirs du château en direction du cours d’histoire de la magie sans trainer des pieds. J’allais être en retard mais ça ne m’inquiétait pas plus que ça, j’étais bien trop léger pour m’inquiéter de quoi que ce soit. Maintenant que j’avais pu vraiment prendre conscience du fait qu’il était bien là, bien réel, bien vivant, je n’avais plus qu’une seule idée en tête : Trouver Jillian. J’espérais le faire avant le début des cours mais ça me semblait maintenant trop tendu en terme de temps. Tant pis, ça attendrait l’inter-classe, juste avant Métamorphose et je me réjouissais déjà d’avance de me retrouver dans la même pièce que ce vieux fou de Mandrake. Youpi. Mais ça non plus ça n’avait pas d’affecte sur moi. Je n’arrivais pas à me sortir son visage de la tête. J’avais encore son odeur, son goût et son touché, partout sur moi. Autant l’avouer j’étais complètement entrain de fantasmer mais quelque part entre tout ça subsistait le visage de ma meilleure amie. Jillian. J’avais besoin de la voir, de lui dire, que ce que j’avais écrit sur ma lettre n’était plus le reflet exact de la réalité. De une parce que Kyle n’était finalement pas mort et de deux, parce que même si j’avais cru ne jamais plus être capable d’avoir un cœur, je me rendais compte que ce n’était pas le cas. Mon myocarde battait avec tellement de vie dans ma poitrine que j’avais envie de crier au monde entier que Kyle Johnson hantait mes pensées. Pas de futur envisagé. Pas de prise de tête. Pas de plan sur la comète. Juste … une envie d’être ensemble tout en mesurant le moindre de nos gestes et paroles pour y arriver. Chaque chose en son temps. Une à la fois. Prochaine étape ? Se revoir, par tout les moyens possibles et ce sans se faire prendre. Quand ? Mystère. Ce soir, demain, après demain, d’ici la fin de journée. J’aurais voulu dire tout de suite mais si je commençais à sécher les cours, tout ça paraitrait trop suspect et puis lui étant prisonnier du quatrième étage la plus part du temps, faire des projets concrets nous semblait impossible. Au petit bonheur la chance comme on dit. On a pas bien le choix mais on ne s’en plain pas. Plus de souffrance. Non, y a plus de place pour ça, juste une promesse de profiter pleinement de chaque instant volé à passer ensemble.
Deuxième étage, j’allais rentrer dans la classe quand je l’ai vu arriver d’un pas décidé vers moi et instantanément mon sourire s’est effacé. Envolé Kyle et les souvenirs de la nuit passée. Envolé le visage de Jillian et une hypothétique réconciliation entre nous deux. Il ne restait plus en moi qu’un mélange de peur et de haine. Bien trop perché sur mon petit nuage depuis 12h, j’en avais oublié les évènements passés avant que je ne retrouve l’envie de respirer. J’aurais du me douter qu’ils ne laisseraient pas passer ça. J’avais désobéit délibérément et je m’étonnais d’ailleurs qu’ils ne me soient pas tombé dessus plus tôt. Il était seul pourtant, mais son regard qui ne se détachait pas de moi me glaçait le sang. Les autres sont rentrés dans la classe, j’aurais aimé les suivre mais mon corps était comme paralysé. Une fois à ma hauteur, il m’a attrapé par les épaules sans jamais cesser de sourire puis il m’a emmené avec lui, vers une salle que je ne connaissais pas vraiment. Lorsque la porte s’est ouverte j’ai pu constater que l’endroit était rempli de livres en tout genre. C’était, comme une sorte de réserve pour la bibliothèque probablement.
La porte a claqué, j’ai sursauté et je me suis retourné vers lui, désormais libre de mes mouvements.
« Enzo, Enzo, Enzo. Ton attitude me déçoit vraiment beaucoup. Qu’est ce que c’était que cette petite rébellion ? »
Une voix glaciale. Un ton mielleux. Un sourire fourbe, sournois, carnassier. Je reculais d’un pas alors que lui s’avançait vers moi lentement. Je ne répondais pas.
« Ton frère va être vraiment très déçu, lui qui commençait tout juste à être fier de partager son Sang Pur avec toi, misérable traite. » « … » « REPONDS ! »
Nouveau sursaut, puis comme un serpent venu de nulle part, j’ai senti la colère mêlée à la peur se déplacer rapidement sous ma peau. Ma respiration et mon rythme cardiaque n’avait de cesse que d’augmenter. Le silence devenait pesant et au fond de moi, je sentais que j’allais finir par exploser.
« Qu’est ce que vous voulez que je vous dise ?! Que je regrette ?! Non je ne regrette pas, rien. »
Je ne regrette pas de m’être affirmé devant eux même si c’était probablement une chose très stupide. J’en ai assez de jouer le toutou bien sage et obéissant, assez qu’on m’utilise et qu’on me traite comme une bête, assez qu’on me donne des ordres, qu’on fasse de moi une machine de guerre, assez qu’on …
« Même de l’avoir tué ? Tu es un assassin Enzo. Et c’est pas la première fois que tu prends la vie d’une autre personne, dois-je te le rappeler ? »
Calme toi Enzo. Ne fais pas d’erreur, tu le sais que tu as bien trop à perdre si tu craques. Prends sur toi, encaisse. Joue les victimes même si c’est dur pour toi. Pense à Kyle. Fais le pour lui. Enzo, non.
« C’est faux. J’suis pas un meurtrier. C’était pas d’ma faute. J’voulais pas, c’est vous qui … »
Les yeux clos, les poings serrés. Mon sac sur le sol, je gardais les deux bras le long du corps alors que les tremblements qui s’emparaient de moi m’empêchais de parler normalement. Ces mots à lui m’atteignent en plein cœur. Mes cauchemars, ceux qui me hantent. Elle. Lui. Et puis, même si j’ai l’air de m’en foutre, celui que j’ai mordu, qui n’en s’est pas remis, je n’arrive pas à l’enlever de ma tête non plus. Ils sont là, en permanence, tous. Ils me traquent la nuit, me forcent à faire face à ce que je suis vraiment.
« J’étais là quand tu as massacré cette pauvre fille dans ta cage. J’étais là quand on a découvert le corps d’un Supérieur sur les marches la nuit où tu t’ais cru plus fort qu’un autre. J’étais là cette nuit quand tu as laissé ta rage sortir sur cette vermine. Et j’étais là, dans la Cabane Hurlante. J’ai vu la haine dans tes yeux quand ce batard que tu as voulu aider à s’enfuir s’est écroulé sur le sol. C’est de ta faute s’il est mort Enzo. De ta faute, tu entends. » « LA FERME ! »
Enzo …
« ÇA SUFFIT ! C’est moi qui donne les ordres ici ! Endoloris ! »
Un flash. Une lueur puis la douleur. Je n’avais jamais rien ressenti d’aussi douloureux de toute ma vie. Dans mes souvenirs, le peu qu’il me reste de cette nuit là, même les blessures que j’avais eu suite à l’accident ne m’avaient pas fait souffrir autant. J’étais là sur le sol, plié en deux, me tordant dans tous les sens, hurlant tout ce que je pouvais, comme si la souffrance allait finir par s’atténuer d’elle même mais rien ne se passait. Je ressentais chaque parcelle de mon corps qui me brulait intensément. Chaque vaisseau. Chaque muscle. Plus fort encore que la transformation. Même lorsqu’il a relâché son bras, que le sortilège s’est arrêté, la douleur de s’est pas estompé. J’ai juste arrêté de bouger, totalement recroquevillé sur moi même.
« Tu as ça en toi alors laisse le sortir. N’essais pas de luter contre toi même. » « Jamais. Je préfère mourir que d’être comme vous. »
Juste un murmure étouffé. Et il a recommencé. Encore, et encore, pour s’arrêter de nouveau.
« Mourir ? Non. Jamais. Je ne te ferais pas ce plaisir. Te faire souffrir par contre … L’animal en toi ne supporte pas ça. Il ne supporte pas la soumission. Il veut ma mort, hein ? Tu veux ma mort. Et si tu n’étais pas cloué sur le sol, terrassé par la douleur du sortilège, tu m’aurais déjà sauté à la gorge. »
J’ai l’esprit qui divague, à deux doigt de perdre conscience et pourtant … ses paroles m’atteignent toujours avec autant de facilité. La raison est simple, il dit vrai. Je veux sa mort. Le Loup en moi veut sa mort. Tous les deux, on ne supporte pas cette situation. Je le sens qui s’agite à l’intérieur de moi. Il a mal lui aussi et moi je souffre pour deux parce que je n’arrive pas à tolérer qu’on s’en prenne à lui. Je ne veux pas mourir, j’ai bien trop à perdre, mais la souffrance, est ce que j’arriverais à la supporter ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je voudrais juste que ça s’arrête. Non, j’aimerai reprendre le contrôle et lui faire payer ce qu’il est entrain de nous faire. A moi. A Loup. Et je gronde, mais même ça, ça me fait mal. Il éclate de rire, et malgré moi je tente de me relever, la rage au fond des yeux qui peinent à s’ouvrir. Il m’envoi un nouveau sort qui me fait traverser la pièce dans les airs avant d’atterrir lourdement sur le sol après avoir frappé de plein fouet une étagère en bois. Et le Doloris, de nouveau.
« Laissez le ! »
Cette voix, si familière mais si lointaine. Je perds la notion de tout, du temps, de l’espace. J’essaie de garder les yeux ouvert mais je n’y arrive pas. J’ai mal. Je veux que ça s’arrête. Je veux … Pourquoi est ce que ça doit toujours se passer comme ça ? Je veux voir Kyle. J’ai besoin de lui. Je n’aurais jamais du quitter cette pièce ce matin, je n’aurais jamais du le quitter. Et si ça se fini maintenant, comme ça ? Je veux partir avec pour dernière image, son visage, pas le souvenir de cet homme qui me torture.
« Ne vous mêlez pas de ça Stoneheaven. Sortez d’ici tout de suite ! »
Ismaelle … Ne fais pas ça.
« Non ! » « Non ? Comment ça non ? » « J’ai dit non, je ne sortirai pas d’ici, pas sans lui en tout cas. » « Vous allez le regretter … »
Sursaut de conscience. J’en ai assez que les gens souffrent par ma faute.
« Arrêtez, ne lui faites pas de mal. »
Et tout s’arrête. Est ce qu’il va vraiment m’écouter et accéder à ma requête ? Il s’avance vers moi, je distingue sa silhouette et son pas lourd sur le sol.
« Comme c’est touchant. Tu es un faible Enzo, tu ne mérites pas le Sang Pur qui coule dans tes veines. Tu es une honte pour ta famille et le monde des véritables sorciers. Tu pourrais être tellement plus que ça si tu ne t’entêtais pas à vouloir être comme eux, comme ces insectes. Prends exemple sur ton frère, lui fait la fierté de son Sang. »
J’ai l’impression qu’il m’enfonce une lame en plein cœur. Il sait appuyer là où ça fera le plus mal et tout y passe. Mes crimes. Kyle. Mes parents. Mon frère. Je ne suis pas assez fort pour encaisser tout ça.
« Vous ne pourrez pas toujours l’empêcher d’être ce qu’il est réellement au fond de lui Stoneheaven. » « Ce n’est qu’un enfant. » « Un enfant qui a une rage animale en lui, qui a déjà tué, et qui recommencera. Un conseil ne lui tournez jamais le dos. Vous finirez mal vous aussi, croyez moi. Votre bon cœur finira par vous tuer. D’ailleurs n’a t-il pas déjà tenté de le faire ? Hum ? Cette cicatrice là … »
Et encore une fois je ressens cette rage au fond de moi, faible, mais bien présente. Je ne supporte pas l’idée qu’il l’attaque de cette manière. Elle n’a pas à payer la frustration de ce connard. J’aimerai l’aider, même si je sais bien qu’elle n’a pas besoin de moi, mais je ne peux pas, je n’arrive plus à faire le moindre geste. Je ne sais pas d’où elle sort ni comment elle a su qu’on était là. Le hasard ? Ou bien a t-elle entendu mes cris de l’extérieur ? J’en doute, il a du enchanter la pièce pour qu’aucun son n’en réchappe. Peut être grâce à Fenrir mais je ne le vois pas, et heureusement. Merlin sait ce que ce Supérieur aurait pu lui faire.
« Everte Statis »
La voix de ma Professeur, et le corps de mon bourreau qui prend le choc, qui traverse la pièce comme je l’ai fait un peu plus tôt, avant de s’écraser contre un mur. Il me semble que son sourire en s’estompe pourtant pas.
« Et je vous conseille de ne pas terminer votre phrase. »
Nouvel éclat de rire. C’est comme s’il n’avait rien senti. Et devant moi se trouve maintenant Ismaelle, dans une position de défense. Elle me protège, et je sais pertinemment qu’elle a conscience des risques qu’elle prend. Encore une fois je voudrais lui dire de partir mais mon instinct de survie et surtout la douleur et mon absence de force m’en empêchent.
J’ai besoin d’aide.
« Prenez bien soin de cette vermine, mais sachez bien qu’un ange gardien ne peut pas survivre en Enfer, Stoneheaven. »
Et il est parti comme un prince, la tête haute, comme si rien ne s’était passé. J’ai même cru l’entendre rire à mesure que mes paupières se fermaient à nouveau, jusqu’à ce que la présence d’Ismaelle me ramène encore une fois sur terre. Elle s’est agenouillée près de moi, à poser une main dans mes cheveux et l’autre sur ma joue. Tout en douceur. Je n’aurais jamais osé lui dire mais même ce contact aussi léger soit il me faisait mal.
« Enzo. Par Merlin, est ce que ça va ? Réponds moi. »
Allongé sur le dos, je luttais pour ne pas sombrer, pour lui répondre mais ça ne venait pas. Elle m’a secoué légèrement en prononçant mon prénom plusieurs fois, inquiète, puis j’ai finalement réussi à marmonner quelque chose.
« Je … Je suis vivant. J’ai mal, partout, mais j’suis vivant. Ça va aller. T’aurais pas du … » « Bouge pas. Là, chut. Tout va bien. »
D’après ce que j’ai pu en percevoir, elle s’est assise sur le sol près de moi. J’ai essayé de bouger mais elle m’en a empêcher. Ma tête a finalement trouver sa place sur ses genoux et je n’ai plus fait un seul geste hormis celui de lui attraper la main pour la serrer dans la mienne, comme un enfant avec sa mère. C’est tout ce dont j’avais besoin. Une présence rassurante, pour me remettre de mes émotions.
« J’te demande pardon Ismaelle. »
Encore un murmure écrasé par un sanglot. La tension qui retombe, les nerfs qui lâchent. Elle me caresse doucement les cheveux.
« Ne dis pas de bêtises, rien de ce qui s’est passé là n’est de ta faute d’accord ? Regarde moi et écoute moi. Tu n’es pas un monstre Enzo, d’accord ? Tu es un enfant, et tu dois le rester. Quel âge tu as exactement ? » « 17 ans. Dans quelques jours. » « Très bien, alors tu dois vivre comme les adolescents de ton âge. Tu ne dois pas penser à ce qu’il a dit, plus jamais, c’est bien compris ? Tu es une bonne personne Enzo, avenant et prêt à tout pour défendre les personnes à qui tu tiens. Tu n’es pas un tueur, ni une bête. Je veux que tu me promette de tout faire pour retrouver l’innocence qu’ils ont voulu te voler. Promets le moi. » « J’te le promets mais … Je suis désolé d’avoir été le pire des cons pendant des mois. J’étais plus moi même. J’avais trop mal et j’ai pas trouvé d’autre moyen pour faire sortir ma rancœur. Je … Je suis désolé de m’être conduit avec toi de cette façon. Tu méritais pas ça. Personne ne le méritait. J'ai été faible, méchant, cruel. Je ... » « Ne pense plus à ça … Qu’est ce qu’il s’est passé Enzo ? Qu’est ce qu’il a pu se passer d’aussi grave pour que tu te perdes à ce point là ? »
Ce qu’il s’est passé ? Tu tiens vraiment à le savoir ? Est ce que je peux me permettre de jouer carte sur table sans mettre plusieurs personnes en danger ? Non, je ne crois pas et pourtant, tout ça c’est trop lourd à porter pour moi. Tous ces secrets, je n’y arrive plus. De toute façon elle le sait déjà. Je ne sais pas d’où je tiens cette certitude mais je sais qu’elle est au courant pour Kyle et moi, même si on en a jamais parlé. Il y a des signes qui ne trompent pas.
Alors entre deux larmes …
« Ils ont … Tu sais … Kyle … Ils … Ils l’ont tué. » « Je ... » « C’est ce que je croyais en tout cas mais … C’était une mascarade. Je sais pas comment ils se sont débrouillés ni quel sort ils ont utilisé mais j’y ai cru. Je l’ai vu mourir. Et ça m’a fait péter un plomb. » « Tu veux dire que … qu’il n’est pas mort ? Je ne comprends pas Enzo, explique moi. » « On a voulu s’enfuir, parce qu’ici on avait pas le droit d’être ensemble mais ça n’a pas fonctionné. Je sais pas à quoi j’ai pensé ce jour là mais au fond de moi je savais pertinemment qu’on y arriverait pas. Je sais pas, un acte désespéré parce qu’on voulait pas être séparé. Ils nous ont retrouvé, ils l’ont tué et ils m’ont enfermé au quatrième étage pendant des jours, des semaines même. J’ai eu mal comme jamais et ça m’a rendu fou. Je recommençais à aller mieux dernièrement, à moins me comporter comme un enfoiré et puis la nuit dernière, je leur ai désobéit. On était dans la forêt à chercher ceux qui tentent de s’enfuir, la Lune était pleine. J’ai craqué. J’ai pas supporté qu’on me donne des ordres et je me suis rebellé. C’est pour ça, le doloris, une punition. Ils savent pas. Ils ne faut surtout pas qu’ils sachent. Kyle est vivant, pendant tout ce temps il était vivant. Ils ne doivent surtout pas savoir que je le sais sinon ils lui feront du mal. J’veux plus qu’ils lui fassent du mal. Ca m'fait péter les plombs qu'on s'en prenne à lui. A moi oui, mais pas à lui. » « Attends, doucement. Tu veux dire que pendant tout ce temps ils ont caché Kyle, mais pourquoi ? » « Parce que sans lui je suis plus rien. Parce qu’ils savent que je suis incapable de vivre si j’ai pas quelqu’un à qui me raccrocher, que je suis influençable et que s’ils m’arrachent ma bouée de sauvetage j’en aurais besoin d’une nouvelle. Mon frère. Et eux. Ils voulaient faire des expériences sur Lui mais je me mettais sur leur route, parce qu’à deux on était plus fort, mais leurs esclaves, leurs cobayes, ils n'ont pas le droit au bonheur. Peut être qu'à cause de moi Kyle était moins docile avec eux, j'en sais rien. Pour eux c'était contre nature de toute façon. Un Sang Pur et un Non-Magicien, deux garçons. Impossible. Ils avaient besoin de mon don aussi. J’ai accepté, rien que pour quitter le quatrième étage. J’ai voulu me foutre en l’air des dizaines de fois mais j’ai jamais pu y arriver. » « L’autre fois, dans la volière. Tu … » « Oui. »
Oui je voulais sauter et en finir. Oui j’avais perdu tout contact avec la réalité et si tu n’étais pas arrivé je me serais probablement jeté dans le vide sans y réfléchir, sans en avoir conscience.
« Je suis tellement désolé Ismaelle. » « Viens là. Calme toi. Je te jure sur la tête de Fenrir que ton secret est bien gardé avec moi. Mais soyez prudents, tous les deux. »
Elle m’a entouré de ses bras et j’ai retrouvé la chaleur d’une mère pendant quelques minutes. Elle m’a bercé, je me suis calmé. Elle a laissé le silence s’installer, juste le temps qu’il fallait, qu’il me fallait, pour revenir sur terre, pour faire taire la douleur qui me parcourrait le corps de haut en bas.
« Aller viens, je t’emmène à l’infirmerie. » « Non, je … Merci mais ça va aller. Il faut que je retourne en cours et ... je dois voir Jillian. J’ai besoin de la voir. » « Enzo … Regarde l’état dans lequel tu es. » « J’ai un Loup en moi, il guérit plus vite qu’un humain normal. Je te jure que ça va aller. J’veux pas être enfermé là haut. J’veux juste, j’veux voir Jill. J’ai besoin d’elle. De lui parler. J’ai énormément de choses à lui dire. S’il te plaît. J’ai peur qu’après il soit trop tard.»
Oui c’est vrai, j’ai peur. Qu’est ce qui me prouve qu’il n’aura pas changé d’avis et que ma mort lui importe peu. Et s’il décide de me tuer au détour d’un couloir avant que j’ai eu le temps de la revoir, de lui parler, de lui demander pardon une nouvelle fois et de lui expliquer ce que j’ai sur le cœur ? J’ai retrouvé Kyle, et j’en suis heureux, mais sans Elle … Je ne serais jamais entier. J’ai besoin d’eux pour être moi même. D’eux deux. Et de mon frère, malgré tout, même si lui et moi on devra avoir une petite conversation. Je sais le risque que je prends, je sais le risque que je fais prendre à Kyle mais faire comme si tout était normal, comme si tout allait bien je n’en suis plus capable. Pendant tout ce temps il savait et ça … Je ne sais pas si j’aurais la force de lui pardonner. Je ne devrais pas et pourtant je me pose encore la question. Je devrais le chasser de ma vie pour toujours sans lui donner d’explication parce qu’il n’en mérite pas mais je sais que jamais je ne pourrais tirer un trait sur mon frère. J’ai juste besoin de mettre les choses au clair avec lui, et je vais le faire mais chaque chose en son temps.
« D’accord, je n’insiste pas. Laisse moi juste t’aider à te relever. »
Elle est comme ça Ismaelle, elle comprend toujours tout. Elle n'insiste jamais si elle n'est pas certaine que ce n'est pas réellement ce qu'on veut. Et c’est ce qu’elle a fait une fois encore. Quand ma grande carcasse s’est déroulée entièrement, j’ai constaté avec amusement la différence de taille entre nous deux. Je crois qu’elle doit faire la même taille que Jillian, à peu de chose près. Elle m’a aidé à marcher malgré tout, me soutenant autant qu’elle le pouvait. Elle a ramassé mon sac et me l’a donné. Je l’ai posé sur mon épaule en grimaçant, j’ai remis mes vêtements en ordre, ainsi que mes cheveux et j’ai relâché tout l’air que j’avais dans les poumons. La douleur s’estompait chaque seconde un peu plus. J’avais juste besoin d’un peu de temps, mais ce temps, je ne voulais pas le prendre.
« Fais attention à toi Enzo, je t’en supplie. »
Son sourire. Sa main sur ma joue. Son regard sincère. Merci. Merci pour tout Ismaelle. Sans toi, sans Elle, sans Lui … J’ai juste tellement peur de vous perdre tous.
Faire comme si rien ne s'était passé. Avancer, sans se retourner. Se concentrer sur un visage et ne voir rien d'autre. Lui. Mon cœur, mon âme, celui qui m'aide à ne pas flancher par une simple pensée. Celui qui me souffle sans le savoir que je ne dois pas me retourner. Celui qui m'insuffle toute ma force, celle de ne pas accorder un seul regard à cet homme qui m'observe en souriant. Cet homme qui voilà quelques secondes à peine déversait sur moi son trop plein d'autorité. Mon corps et mon esprit en garde les séquelles mais je continue d'avancer sans lui accorder le moindre regard. Je frappe, la porte s'ouvre. Je m'excuse pour mon retard, mes yeux sont encore rougit mais je baisse la tête pour ne pas qu'il s'en appercoive. Mr Andrews me laisse m'assoir. Le cours passe, je ne fais pas de vague. La matinée défile. La pause arrive, je n'ai pas en moi suffisamment de force pour affronter mon inconscient et faire face à Jillian. Je la chercherais plus tard. La douleur me ronge encore même si elle se fait plus lointaine. Lancinante, elle est comme un une gêne persistante dans chaque parcelle de mon organisme, dans mon esprit. Car si la magie m'a fait du mal, le poids de ses mots est encore plus fort. J'ai beau essayer de ne pas y penser, je n'entends plus que ça, comme une sorte de refrain intempestif qui ne se lasserait jamais d'aller et venir. Je ne prononce pas un mot. Je me tiens tranquille. Le cours de Métamorphose passe lui aussi. Midi. L'heure du déjeuner. Je n'ai pas faim. Je veux juste ...
« Jill … »
Elle est là, juste devant moi. Elle me tourne le dos mais je sais qu'elle m'a entendu. J'ai beau avoir prononcé cette parole d'une voix presque inaudible, je sais qu'elle m'a entendu. Il y a du monde partout autour de nous, ça va, ça vient, chacun vaque à ses occupations mais moi je ne vois plus qu'elle. Je tiens debout, par je ne sais quel miracle, mais je sens bien que chaque muscle se tend là sous ma peau. Je tremble, d'épuisement, d'angoisse et de peur.
Je l'ai retrouvé Lui. Est ce que je vais la retrouver, Elle ? |
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CRAZY AdminHiboux postés.: 5349 Crédits: Talim Double Compte: Cleo M. Andrews Date d'inscription: 02/04/2010
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Ven 13 Mai - 18:16 | |
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Qu’est-ce que vous feriez si ce qu’il reste de votre meilleur ami prenait soudain contact avec vous après des mois de silence ? Qu’il vous disait qu’il regrette, qu’il demande pardon pour blessure non voulue, non méritée. Vous réagiriez comment ? Vous iriez le voir, plongeant dans ses bras et vous lui direz je te pardonne c’est bon, on arrête de se faire la tête ou le contraire, il vous a trop fait souffert, vous avez eu votre dose et c’est bon, ça suffit, on arrête là ? Ce dernier schéma me rappelle d’ailleurs vaguement une réaction que j’ai eue… Bref. Ce n’est pas le sujet. Alors, vous feriez quoi à ma place ? Je pèse le pour, le contre et je vois à la fin quelle colonne a le plus de croix ? La vérité c’est qu’hier matin en me levant, j’ai eu envie d’aller le voir, de le trouver et peu importait sa réaction ou la mienne. Je voulais voir de mes propres yeux s’il me demandait vraiment pardon … ou pas. J’ai mal de douter de lui comme ça mais toutes ces choses que je croyais bien réelles se sont soudain teintées d’incertitude, de mensonges. En ce moment, j’ai du mal à faire la part du vrai et du faux, de démêler les nœuds de doute qui jaillissent en moi. Je déteste cette sensation, de ne pas pouvoir faire confiance. Enfin bref, je voulais aller le trouver mais un Supérieur m’est tombé dessus sitôt que je suis sortie. Sur le coup, il m’a fait croire qu’ils tenaient Cameron et Kyle et m’a demandé d’aller directement au 5ème étage sans discuter, sans parler à personne. Mon cul absolument pas bordé de nouilles est tombé droit dans leur piège et je me suis retrouvée collée contre un mur à moitié étranglée pendant qu’un Supérieur déversait sur moi son désir de vengeance et d’assouvissement de ne pas obéir à un ado de 20 ans qui avait eu l’idée de mettre des noms sur une liste spéciale. La présence de mon prénom sur cette liste était censée interdire à n’importe quel Supérieur de poser les pattes sur moi. Ce qui évidemment n’a plu qu’un certain temps à l’homme qui s’est tenu en face de moi hier matin. Sur l’instant, je n’ai pas tout saisi et l’autre ne s’est pas chargé de me donner plus de détails, après un ou deux Endoloris et la jouissance de pouvoir s’en prendre à moi sans que Derek ne s’en mêle, le Supérieur et son étrangleur m’ont laissée dans cette pièce du 5ème étage. Après avoir vainement essayé de reprendre des forces, je suis sortie et j’ai tenté de gagner le rez-de-chaussée. Mon idée était de trouver Zora afin qu’elle puisse m’aider sans que l’affaire ne s’ébruite. Je n’ai même pas atteint le grand escalier. Epuisée au 3ème étage, je n’ai pas pu faire un pas de plus et me suis réfugiée dans une salle vide et poussiéreuse, une classe autrefois peut-être. C’est là que Derek m’a trouvée et qu’il … Bref.
« La racine d’Asphodèle, en poudre elle est utilisée dans la fabrication de la Goutte du Mort-Vivant . Cette plante est traditionnellement associée à l'au-delà et l'enfer. D’ailleurs … »
C’est vraiment chiant les cours sans Takuma. Surtout les cours de potions, c’est vraiment pas mon truc cette matière-là. En plus, j’ai faim. Je ne sais pas où il est passé, on s’est pas revu depuis le petit épisode dans la salle des Trophées. Non pas que ça se soit mal passé mais je crois qu’il a juste décidé de sécher les cours. J’aimerais bien en faire autant parfois, avoir cette insouciance de l’avenir. Mais je n’ai pas été conçue comme ça, je suis programmée pour me sentir coupable dès que je loupe un cours. Cela dit j’avais aussi été programmée pour ne pas toucher à la drogue ni à l’alcool et finalement … Je me demande si les parents sont au courant de ça, est-ce qu’ils savent pour mon rein, pour moi ? Ils ont si vite baissé les bras avec moi après la mort de Suzie que je me demande s’ils pensent encore moi. C’est con comme question mais ça m’obsède. Je devrais peut-être éviter de me la poser d’ailleurs, au cas où la réponse ne serait pas celle que j’attends. Bref.
Concentre-toi Jillian. J’essaie. Aie l’air intéressée au moins, on dirait que t’es ailleurs. Parce que je le suis ! Je suis coincée dans l’esprit de cette pourriture de Supérieur qui devine tout ce qui me concerne, qui sait pour Derek et moi, pour Kyle et Cameron, pour Suzie, pour ma santé et ce que je suis sensée prendre pour la soigner. Il sait tout ! J’ignore comment il a réussi à obtenir autant de renseignements sur moi mais sérieusement … j’ai pas envie d’avouer que ce type me fout la trouille mais c’est pas loin. Je suis terrorisée à l’idée qu’il touche à quelqu’un que j’aime, ça me paralyse. Il peut s’en prendre à n’importe qui, n’importe quand et n’importe comment. Il a tellement de moyens de m’atteindre. Qu’est-ce que j’ai fait pour que ça m’arrive ? C’est à cause de Derek ? C’est le fait de vouloir m’éloigner de ses griffes de Supérieur qui a attiré son attention ? J’en sais rien putain !
« Jillian ? Tout se passe bien ? »
Les mains cramponnées aux cheveux, je me tenais la tête en haletant. En levant les yeux, je sentis des sillons de larmes sur mes joues. Le regard dans celui du prof, je les essuyai le plus calmement possible et répondit :
« Oui ça va. Désolée pour l’interruption. » « Vous avez besoin de sortir ? » insista-t-il. « Non ça va. Merci Professeur. »
Il acquiesça et reprit le fil de son explication sur les vertus de la poudre de Corne de Licorne et les controversions que leur utilisation pouvaient provoquer à l’égard des protecteurs de ces créatures-là. Tâchant de me concentrer sur ce qu’il disait, j’accueillis avec soulagement la sonnerie annonçant la fin du cours. Sortant en même temps que les autres, je débouchai dans le hall. J’allais me diriger vers la Grande Salle pour manger mais une voix m’arrêta. Une voix familière mais que je n’avais pas eu l’occasion d’entendre depuis …
« Jill … » souffla Enzo dans mon dos.
Stoppant, je me retournai lentement, le cœur battant. Il était là, se tenait devant moi comme s’il attendait quelque chose. Je pris le temps de l’observer, tâchant de faire taire le flot de pensées qui avait soudain jailli en moi. Il avait encore grandi, il n’arrêterait jamais. Ses cheveux aussi avaient poussé. Il aurait bien besoin d’un passage chez son coiffeur perso. Son visage avait gommé des traces de sa jeunesse, son menton saillait un peu plus et son regard était plus profond, plus sombre aussi. Sa lèvre inférieure était nerveuse. Il portait les couleurs de sa maison sur une silhouette qui avait pris du muscle en mon absence. Ses mains traînaient nonchalamment dans ses poches. Un bref sourire m’étira le visage.
« T’es plutôt beau-goss maintenant. » déclarai-je, la voix pleine d’émotions.
Il réagit et je me mordis la lèvre pour ne pas me mettre à pleurer comme une idiote. Je n’arrivais plus à me souvenir comment on en était arrivés là tous les deux, ni ce à quoi je pensais quelques minutes plus tôt. Je ne trouvais plus les raisons de lui en vouloir encore ni pourquoi j’aurai du le pardonner maintenant alors qu’il l’était déjà depuis un moment. Je voulais passer ce moment gênant, qu’on redevienne comme avant ou du moins qu’on se redécouvre rapidement pour revenir à la complicité qui nous liait depuis plusieurs mois. Je me sentais ridicule à nous voir nous dandiner d’un pied sur l’autre sans savoir quoi dire. On n’était pas des étrangers pourtant c’était l’impression que ça faisait à l’extérieur. Je voulais casser ça, briser ce mur invisible entre nous et retrouver mon meilleur ami. Mon Loup. Inspirant profondément, je me passai une main dans la nuque tout en le regardant. Je me faisais l’effet d’une parfaite idiote à sourire comme ça. Il fallait que je dise quelque chose.
Il haussa un sourcil. Tu fais quoi là Jill ? Baissant les yeux, je sentis la honte m’empourprer le visage. Après tout ce temps, je n’étais vraiment plus capable de lui dire un seul truc autre que ‘ça va ?’. Des larmes montèrent mais je gardai la tête baissée pour ne pas qu’il les voie et les prenne pour autre chose que… Et puis merde. Levant soudain la tête, je lâchai d’une voix enrouée par tout ce qui me pourrissait depuis des mois :
« Tu m’as manqué putain. »
Sans demander permission, j’enroulai mes bras autour de son ventre et de son dos et appuyai ma tête contre son torse. Me blottissant contre lui, je laissai les larmes rouler autant qu’elles le voulaient. Je me sentais plus stupide que jamais mais au passage, précisons que je m’en foutais pas mal parce que je venais de récupérer mon meilleur ami. Et que ça n’a pas de prix. Le tenir là tout contre moi, sentir son odeur, entendre sa respiration. C’est tout ce que je demandais. Tout ce qu’il me fallait pour tenir le coup encore un peu. Je le lâchai au bout de quelques secondes et reculai pour le libérer. Passant mes doigts à plat sur chaque joue pour essuyer les larmes qui restaient, je lançai :
« Bon je peux pas te faire le coup de l’oignon épluché donc … juste une poussière hein ? »
J’acquiesçai plusieurs fois la tête en riant et en essuyant mes yeux. Je me sentais maladroite, j’avais peur de dire une connerie qui le ferait fuir à nouveau. Je pense qu’il devait ressentir la même chose. C’est toujours comme ça après une dispute. Après ça passe.
All that I am All that I ever was Is here in your perfect eyes, they're all I can see
…
I need your grace To remind me To find my own
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 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Dim 22 Mai - 15:10 | |
| Jill … Jillian … Depuis combien de temps maintenant je n’ai pas prononcé ce prénom à voix haute ? En vérité, depuis quelques heures seulement mais le fait que je m’adresse cette fois directement à elle donne toute autre proportion à ce « simple » prénom. C’est sorti comme un souffle, un murmure, assez difficilement je dois bien l’avouer. A vrai dire, je m’y attendais. Je savais que ça ne serait pas simple, et les circonstances ne m’aident pas. Je me remets tout juste, je tremble encore de ma rencontre avec le Supérieur, alors une émotion de plus, c’est assez compliqué à gérer. Tout va tellement vite depuis quelques jours, j’en ai la tête qui tourne et qui visiblement ne semble pas prête à vouloir s’arrêter. Il y a à peine 48h, ma vie ne ressemblait en rien à aujourd’hui. Je n’étais pas seul, non, j’étais … Je ne sais plus vraiment. Peut être avec Elwynn. Peut être avec Ever, chose que je n’ai pas révélé à Kyle et la culpabilité me ronge mais j’ai bien trop peur de tout gâcher alors qu’on vient tout juste de se retrouver. Après tout, je n’ai rien à me reprocher, moi qui pensais qu’il était … Peu importe. J’étais peut être dans le dortoir, Lune sur mes genoux, entrain de griffonner sur un parchemin. Ou peut être encore entrain d’échanger quelques mots avec Zora devant la salle commune des Poufsouffle, non loin de là. Au fond de mon cœur, j’étais seul. Sans aucune pensée pour mon frère, trop loin de ma meilleure amie, et séparé pour toujours de celui que j’aimais. Que j’aime. Que je n’ai jamais cessé d’aimer et aujourd’hui je comprends pourquoi. J’étais presque prêt à baisser les bras je crois. Est ce le destin qui m’a guidé ce soir là ? Destin, hasard, je ne suis toujours pas décidé sur ce sujet là mais ça n’a pas vraiment d’importance aujourd’hui. Ça n’a pas été simple mais on s’est retrouvé, après une année presque entière d’errance et de calvaire. Il m’a tellement manqué que j’aurais pu en mourir une bonne centaine de fois mais j’ai tenu le coup, lui aussi, et rien au monde n’aurait pu me rendre plus heureux que de pouvoir prononcer aujourd’hui le mot : Ensemble. Sweet dreams are made of this …Mon cœur bat à 100 à l’heure. J’ai l’impression d’être un futur condamné qui attend son jugement. Je suis là, juste derrière elle, les mains dans les poches, l’air calme, et autour de nous plus rien n’existe, plus rien ne bouge. Je n’entends pas les bruits, je ne perçois que des mouvements rapides, des silhouettes toutes plus floues les unes que les autres. Mon regard est braqué sur elle, fixant sa nuque comme un prédateur détaillant le point faible de sa proie. C’est en tout cas l’impression que cela pourrait donner mais ça n’est absolument pas le cas. La proie dans cette histoire, l’entité qui n’est pas certaine, c’est moi. Je lui ai fait du mal, il ne se passe pas un jour sans que je regrette la façon dont je me suis comporté avec elle, mais malgré tout, j’espère encore qu’elle pourra me pardonner. S’il te plait, Jillian, regarde-moi. Je tremble toujours mais ça ne se voit pas vraiment. Je me sens à l’étroit dans cet uniforme, pas vraiment dans mon élément, loin de mes vêtements amples, larges, dans lesquels je respire bien mieux, dans lesquels je me sens plus libre, plus … moi. Mais ça n’a pas la moindre importance. Mes pensées s’égarent toujours un peu vers ma rencontre avec le Supérieurs, et les douleurs résultant du sortilège et de mes impacts avec le mur et le sol me gênent encore un peu mais le pire réside dans le fait que je n’arrive pas à faire abstraction de ses mots. Une bête. Je suis une bête sauvage caché dans le corps d’un adolescent. Et je ne peux pas nier l’envie de meurtre qu’il fait naitre en moi. Qu’ils font tous naitre en moi. Sauve-moi Jill. Je ne veux pas être celui là. Attrape-moi la main et empêche-moi de sombrer. Je ne veux pas être cet animal assoiffé de mort et de vengeance. Je ne veux plus l’être. Pour Lui. Pour toi. Pour toutes les personnes qui comptent encore pour moi. Pour le souvenir de ceux que j’ai aimé et qui ne sont plus là. Et puis pour moi. Retourne-toi, regarde-moi dans les yeux et dis moi que je ne suis pas un monstre. J’ai eu l’impression que le temps s’était sinon arrêté, avait ralenti au maximum depuis que j’avais prononcé son prénom, alors qu’en réalité, il ne s’était écoulé que quelques secondes à peine. J’ai perçu le mouvement lent de son corps qui se retournait vers moi, partagé entre l’angoisse, l’appréhension et l’impatience. Quelle allait être ma sentence ? Je pensais que mon cœur ne pouvait pas battre plus vite qu’il ne le faisait déjà mais je m’étais trompé. J’ai fermé les yeux une demi seconde, prenant une profonde respiration et de nouveau mon regard s’est ancré sur elle, dans ses yeux bleus gris cette fois, sans la moindre intention de les lâcher. Je sentais en moi un mélange d’émotion asphyxiant, et une envie démesuré de m’approcher d’elle pour la prendre dans mes bras et ne plus jamais la laisser repartir, mais ce choix lui appartenait. Je ne devais pas lui imposer ma présence plus encore que je ne le faisais déjà et j’en avais parfaitement conscience. Alors je restais là, immobile, presque impassible mais j’étais certains qu’elle saurait lire en moi tout ce qu’il s’y passait, que je n’étais pas si détaché que j’en avais l’air. Même si on a passé des mois séparés, je n’ai pas changé pour ceux qui me connaissent aussi bien qu’elle. Elle n’a jamais cessé de lire en moi. Elle a tout compris. Elle a compris que si j’avais agit comme je l’ai fait, c’était simplement parce que je souffrais et que je ne savais pas le gérer. J’ai accepté son inspection sans broncher, sans un mot, sans bouger malgré mon envie de me tortiller, mal à l’aise du fait de ses yeux glissant sur ma grande carcasse. Est-ce que j’ai beaucoup changé Jill ? Tu ne me reconnais plus ? Il est vrai qu’en un an j’avais évolué d’une manière plutôt radicale, et mon physique en avait pris un coup lui aussi. Que je veuille l’admettre ou non, j’avais vieillis. Bien plus en quelques mois que durant toute ma vie. C’est en tout cas l’impression que j’avais quand parfois je détaillais mon reflet dans le miroir. Comme si l’enfant en moi avait disparu, pour laisser place à … un homme ? Cette pensée me fit sourire intérieurement. Et lorsque je revenais sur terre, je pus voir les traits de son visage se mouvoir légèrement. Est-ce que sa décision était prise ? Je me raidis, retenant mon souffle alors que ses lèvres se détachaient l’une de l’autre, prémisse de ma sentence ? « T’es plutôt beau-goss maintenant. »Mon cœur a implosé. Entendre le son de sa voix après des mois d’un silence brisé par de rare fois, une seule en vérité. Une fois dont on se serait bien passé tous les deux. Un règlement de compte. Un sac à vide, le sien. Je restais là incrédule, la bouche entrouverte et le visage figé dans une expression de surprise, m’attendant à tout, sauf à ça, avec l’envie de sourire au creux du myocarde. Les sourcils légèrement froncés. Bloqué. Est-ce que ça veut dire que je suis pardonné ? Est-ce qu’on peut repartir là où on a laissé notre petit monde s’arrêter de tourner ? Il m’a fallut quelques secondes encore pour réagir à mon tour alors qu’elle se mordait les lèvres tandis qu’une de mes mains sortait de ma poche pour s’ancrer à ma nuque dans un geste nerveux. Geste qu’elle eu quasiment en même temps que moi, me laissant ainsi échapper un rire nerveux. « Merci. Tu vieillis plutôt pas mal non plus Mère Grand. »Mais va pas croire que je n'ai pas remarqué que tu avais maigris. Ce n'est pas parce qu'on est séparé par cette espèce de mur invisible qu'on a construit tous les deux que je ne fais pas attention à toi. Bien au contraire. « Tu… ça va ? »Je ... Euh ... Là, tout de suite, maintenant ? Non, Jill, ne fais pas ça. Pas de larmes s’il te plait. Non … Si tu craques, je craque. Sache-le. Enfin je pense. J’ai un peu de mal à laisser les larmes couler depuis quelques temps. Et pourquoi je pense à ça maintenant moi ? Peut être pour essayer de me distraire, de ne pas m’effondrer ou je ne sais trop pourquoi. Et je ne sais pas quoi lui répondre, ni même si je dois répondre. Est-ce que je vais bien ? Oui, je pense. Mieux que ces derniers mois en tout cas mais les blessures ne se refermeront pas aussi facilement, j’en ai pris conscience. J’ai retrouvé Kyle, et j’en suis le plus heureux des hommes mais je sais très bien que ça ne sera pas une partie de plaisir tous les jours. Je sais qu’on va encore en baver et qu’en plus de devoir affronter la difficulté de se voir, on devra également faire face à nos propres démons. Parce qu’il n’est plus le même, je ne suis plus le même. Notre histoire ne sera pas comme elle aurait pu être des mois plus tôt. Et je dois bien avouer que je ne suis pas tranquille. Sans parler des Supérieurs qui m’ont de nouveau dans leur collimateur. Ça fait beaucoup de chose à gérer donc oui ça va, mais … « Tu m’as manqué putain. »Ses petits bras m’enserre, je me relache complètement et j’oublie tout le reste. Les miens s’enroule autour de son petit corps et tandis que sa tête se pose contre mon torse, la mienne se pose sur la sienne. Je dépose un baiser dans ses cheveux, sans trop y réfléchir, la serre plus fort encore et ferme les yeux. Soulagé. Ma Jillian. Toi aussi tu m’as tellement manqué si tu savais. Je pourrais te le dire mais je ne sais pas, les mots ne veulent pas sortir, c’est plus fort que moi. Je retrouve son odeur si familière et ça me semble tellement naturel, comme si nous n’avions jamais été séparés. Je ne veux plus la lâcher elle non plus. Merde Jill, si tu savais comme je t’aime ! Tu le sais. Même si je n’arrive pas à te le dire là, tu le sais, tu le sens, j’en suis convaincu. Hein ? Vite une pirouette. Faut que je dise un truc pour … « Putain la vache, c'est vrai que j'ai grandi, ou alors c'est toi qui te tasse ma vieille. »Un rire nerveux plus tard, elle se détachait légèrement et je reculais de concert avec elle, la regardant de haut, les yeux humides moi aussi, un sourire sur le visage alors qu’elle s’essuyait les joues. « Bon je peux pas te faire le coup de l’oignon épluché donc … juste une poussière hein ? »« Va pour la poussière. D'ailleurs j'trouve qu'il y en a un peu trop dans le coin. Viens. Dans un endroit sans poussière ni oignon. »Je passais mon bras autour de ses épaules et la serrais de nouveau contre moi tout en marchant, nous éloignant du monde, comme on avait toujours eu l’habitude de faire. L’éponge passée. On efface tout et on recommence. Rien ne s’est jamais passé. Je ne t’abandonnerai plus. Je te le promets. Peu importe ce qui se passera dans ma vie ou dans la tienne. Je ne referai pas deux fois les mêmes erreurs. Et nous voilà assis sur les marches désormais vide d’un escalier de toute façon rarement emprunté. Tout est plus calme, plus silencieux malgré l’agitation à seulement quelques mètres de nous. De toute façon ils n’existent plus. Plus pour moi en tout cas. « T'as vu ça ? Je deviens un homme. J'ai même du poil au menton, regarde ça. »Non, rien à changer. Et je retrouve ma tête à claque, mes conneries. J’ai relevé la tête et posé mes doigts de chaque côté de mon menton. Je pique. C’est bien ce que je dis, je deviens un homme « J'en avais assez d'être le seul Loup Garou imberbe du coin alors je prends des hormones. Fort heureusement pour moi et pas que mon torse d'enfant innocent est épargné. Pourvu que ça dure, je ne tiens pas spécialement à me retrouver avec de la moquette sur mes pec d'acier. »Sourire d’innocent. Depuis combien de temps je ne l’ai pas sorti celui là ? Pas si longtemps que ça en fait mais quand il s’agit d’elle c’est différent. Par contre je déconne pour les hormones hein ! Pas besoin de ça, les miennes font très bien leur boulot mais ça t’as pu t’en apercevoir par toi-même. Aheum x_X On est bien là, tous les deux, mais je sens en moi de nouveau une certaine angoisse. Je crois que j’ai besoin de crever un certain abcès. D’être sur. Alors après un nouveau silence … « Je suppose que ... Enfin ... T'as reçu la visite de Lune ? »Parce que les sujets sérieux se doivent d’être abordés malgré tout. Désolé de casser l’ambiance, mais je crois qu’on doit en parler quand même non ?
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CRAZY AdminHiboux postés.: 5349 Crédits: Talim Double Compte: Cleo M. Andrews Date d'inscription: 02/04/2010
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Mer 25 Mai - 23:01 | |
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Je me fis traiter de Mère-Grand, de vieille. Comme avant. Et si j’aurais du m’en offusquer, répliquer, le frapper, j’étais trop heureuse d’entendre ces surnoms de nouveau pour songer à feindre l’énervement. En y regardant de plus près, je vis qu’il avait des larmes dans les yeux lui aussi. Ce n’était bon ni pour lui ni pour moi de craquer maintenant, au milieu de tout le monde. Nous avions besoin de passer sur nos retrouvailles, de ne pas nous y attarder pour ne pas les gâcher. Nous n’étions pas doués pour les belles paroles qui réconcilient, lui encore moins que je crois. Il fallait à tout prix sortir de ce carcan sentimental sinon nos corps allaient se liquéfier en liquide lacrymal. Et aucun de nous n’avait vocation de finir en flaque ou en serpillière humide. Heureusement, Enzo me prit par les épaules et nous sortit de là :
« Va pour la poussière. D'ailleurs j'trouve qu'il y en a un peu trop dans le coin. Viens. Dans un endroit sans poussière ni oignon. » « J’te suis. » répondis-je.
Nous entraînant à l’écart des autres élèves, nous échouâmes sur un escalier du Château où aucune conversation ne venait gêner la nôtre, ni aucun regard pour intercepter celui de l’autre. Nous étions à deux. Ensemble. Comme avant. Les doigts posés sur son menton, Enzo m’interpella :
« T'as vu ça ? Je deviens un homme. J'ai même du poil au menton, regarde ça. » « Fais voir ça. » rétorquai-je.
Je m’avançai pour toucher son menton où je sentis, en effet, des poils frotter contre mes doigts. Je confirmai ses dires en me reculant. J’avais un sourire placardé jusqu’aux oreilles, je me sentais bien. Comme si pendant longtemps il m’avait manqué un morceau et que je venais enfin de retrouver la pièce manquante : j’étais de nouveau entière.
« J'en avais assez d'être le seul Loup Garou imberbe du coin alors je prends des hormones. Fort heureusement pour moi et pas que mon torse d'enfant innocent est épargné. Pourvu que ça dure, je ne tiens pas spécialement à me retrouver avec de la moquette sur mes pec d'acier. » « Wah alors c’est vrai, tu deviens de la marchandise sérieuse ! » sifflai-je.
J’avais surpris une fois une conversation pendant que je bouquinais près du feu dans la salle commune des Poufsouffle. Deux 5ème année se chamaillaient à propos d’Enzo et de Derek si je me souviens bien, je crois que c’est ça d’ailleurs qui a attiré mon attention. La première fille les trouvait terriblement séduisant tous les deux même si sa préférence allait à Derek, l’autre en revanche n’était pas franchement convaincue. Elles s’étaient séparées ensuite mais la scène était restée gravée dans mon esprit et réapparaissait aujourd’hui. Mais c’est vrai qu’il devenait carrément regardable. Je n’avais pas eu besoin de ça pour en tomber amoureuse un an plus tôt mais je ne connais pas une fille qui cracherait sur un gars avec un physique comme le sien. Bon, personnellement, je suis vaccinée maintenant, je ne vous dirai pas comment, vous commencez à connaître l’histoire. Mais je comprends que la moitié des filles du Château en soient raides dingues, idem pour Derek mais ça, désolée les filles c’est … Ah benh non c’est plus sensé être chasse gardée *out* Oui enfin quand même quoi, je veille… mine de rien. Bon bref, on verra ça plus tard !
Un silence s’installa entre nous. Nos regards n’étaient pas constamment plantés l’un dans l’autre, nous reprenions nos habitudes à les faire dévier régulièrement pour revenir de temps à autre pour un sourire. Il ouvrit soudain la bouche et d’un air embarrassé décapita l’ange qui passait :
« Je suppose que ... Enfin ... T'as reçu la visite de Lune ? » « Oui… oui je l’ai eue. Je… »
Aïe. Soudain, je me rendais compte de quelque chose. Je ne lui avais pas répondu, je n’avais rien renvoyé. Silence. J’avais eu l’initiative de le trouver le lendemain matin de la lecture de sa lettre mais l’épisode avec le Supérieur m’avait déboussolée et … j’en avais oublié Enzo. Je me sentie soudain effroyablement couillonne, il ne devait pas savoir sur quel pied danser avec moi. Je ne lui avais pas répondu et je lui sautais dans les bras deux jours après. D’accord il me connaissait quand même un minimum et devait donc se douter que j’avais tout effacé mais il n’était pas au courant pour le Supérieur. Personne n’était au courant à part moi. Même pas Derek qui m’avait pourtant trouvée en piteux état un peu après le passage à tabac que j’avais subi. Jetant un regard navré à Enzo, je fronçai les sourcils pour chercher mes mots. L’enjeu était délicat, je ne voulais plus lui mentir et à la fois je voulais le protéger autant que possible de l’influence de ce Supérieur. Il avait été clair si je me risquais à en parler et, jetant un regard de chaque côté, j’étais certaine qu’il avait des moyens de l’apprendre. Je ne voulais pas prendre le risque de le sous-estimer, pas quand cela impliquait Enzo et tous les autres. Soupirant intérieurement, je finis par choisir un demi-mensonge, me répétant que c’était pour son bien.
« J’ai voulu te répondre et puis j’ai trouvé plus.. enfin j’ai préféré venir te voir mais au dernier moment, j’ai pas osé. J’ai reculé et passé la journée à me foutre des claques d’avoir eu.. peur de ta réaction. Je pensais que tu me regarderais plus jamais de la même manière et … j’ai flippé. »
J’avais baissé les yeux pour parler, mes mains se tordaient entre elles et je relevai soudain la tête. Je me sentais pitoyable.
« Excuse-moi, je suis désolée. Sincèrement. J’ai pas mesuré que… que t’attendais ma réponse à ce point. Si j’avais su, j’aurais réfléchi avant de me conduire comme une froussarde. Surtout avec toi. Je te demande pardon. »
Ma lèvre inférieure se mit à trembler. Je m’interdis de pleurer. J’allais surmonter tout ça, il me fallait juste un peu de temps. Le temps que certaines choses se rétablissent, comme avec Enzo par exemple. J’allais retrouver un semblant d’équilibre qui me permettrait sans doute de gérer un peu mieux toutes ces merdes qui venaient me cingler les unes après les autres. Bientôt ça irait mieux. Bientôt. J’avais retrouvé Enzo déjà et rien que de dire cette phrase dans ma tête envoyait des centaines de sourires dans tout mon corps. Je me sentais mieux, vraiment mieux. C’était déjà un premier pas. Il fallait maintenant se montrer prudent, ne pas défaire ce que nous venions tout juste de renouer.
Un autre silence passa où nous regardâmes chacun de notre côté, perdus dans nos pensées. Pour ma part, je songeais à tous ses trucs de Loups. Je ne sais pas pourquoi ça m’obsédait tant tout à coup mais des questions que je n’avais jamais eues l’occasion de poser réapparaissaient et se manifestaient dans mon esprit. Et qui mieux que mon Loup-Garou de meilleur ami pour répondre à ces interrogations ?
« Enzo, t’es pas obligé de répondre si t’en as pas envie mais ya des trucs qui m’intrigue. Je te les ai jamais demandés parce que je savais pas trop comment tu réagirais mais… Comment il est ton Loup ? J’veux dire : à quoi il ressemble ? Et est-ce que c’est.. une part de toi ou un esprit bien distinct ? Quand tu te transformes, c’est lui le maître à bord ou tu peux quand même l’influencer ? »
Curiosité morbide je sais. On me prendrait presque pour une folle mais je sais que lui comprend ce que je veux dire. Et c’est le principal non ?
Dernière édition par Jillian H. Davis le Sam 4 Juin - 13:16, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Sam 28 Mai - 11:38 | |
| De la marchandise sérieuse. La vache, je venais de monter en grade et même si une réplique cinglante m’étais venu à l’esprit, j’avais réussi à la contenir. Inutile de raviver la flamme d’une brûlure à peine apaisé. Je ne sais pas s’il faut vraiment remettre cette épisode de notre existence commune sur le tapis. Je ne pense pas. Je me suis jeté sur elle comme un sauvage, elle ne m’a pas repoussé, et j’ai éteins le feu aussi vite que je l’avais allumé. Je ne crois qu’on y gagnerait en se remémorant ces gestes et surtout ces mots qui nous ont fait souffrir tous les deux et nous ont séparé pendant des mois. Non, ça, ça ne vaut vraiment pas le coup de le remuer mais pour le reste …
Je n’ai pas pu m’en empêcher, parce qu’au fond de moi, et ce même si j’avais déjà tout couché sur le papier, je ressentais le besoin de savoir ce qu’elle avait pensé de tout ça. Je voulais être sur qu’elle me pardonne. Certes, j’avais fait un pas vers elle, et elle ne m’avait pas repoussé, mais si la lettre ne lui était pas parvenu alors elle ignorait tout de mon passage à vide et ça changeait toute la donne. Il ne s’est passé qu’une ou peut être deux secondes avant que le son de sa voix ne me parvienne mais j’ai eu l’impression que le temps s’était suspendu pendant beaucoup plus de temps. Je me suis tendu, crispé, instinctivement et j’ai attendu, les yeux fermés, le visage braqué droit devant moi.
« Oui… oui je l’ai eue. Je… »
Donc elle savait. Elle savait à quoi s’en tenir. Elle savait ce par quoi j’étais passé, et tout le mal que j’avais fait autour de moi. Et malgré tout ça, elle acceptait de me prendre de nouveau dans ses bras ?
« J’ai voulu te répondre et puis j’ai trouvé plus.. »
Plus urgent à faire ? Fais gaffe, je vais me vexer.
« Enfin j’ai préféré venir te voir mais au dernier moment, j’ai pas osé. J’ai reculé et passé la journée à me foutre des claques d’avoir eu.. peur de ta réaction. Je pensais que tu me regarderais plus jamais de la même manière et … j’ai flippé. »
Elle se sentait mal, et encore une fois c’était à cause de moi. On reprenait doucement nos marques, et j’étais plutôt heureux de voir que ça revenait le plus naturellement du monde, que rien ne semblait avoir changé entre nous, mais je m’en voulais déjà de la mettre dans cette situation. En même temps, j’avais ce besoin inébranlable de réellement crever l’absès comme je l’avais fait la nuit passé, avec Kyle. Mettre les choses à plat une bonne fois pour toute. Plus de cachoterie, ou bien seulement dans la limite du raisonnable. Je n’avais pas non plus l’intention de lui faire un rapport détaillé mais je voulais savoir à quoi m’en tenir. Je pense que j’en avais le droit finalement, même si encore une fois j’étais parfaitement conscient de ne pas être en position d’exiger quoi que ce soit de sa part. Qu’elle semble m’avoir pardonné était déjà un miracle que je n’espérais plus. Revoir Kyle vivant en était un autre, un que je n’avais pourtant jamais envisagé. Et ce, sans la présence de Noël. J’aurais peut être du m’y attendre finalement. La saison des miracles étaient vraisemblablement décalée cette année.
« Excuse-moi, je suis désolée. Sincèrement. J’ai pas mesuré que… que t’attendais ma réponse à ce point. Si j’avais su, j’aurais réfléchi avant de me conduire comme une froussarde. Surtout avec toi. Je te demande pardon. »
La voir si nerveuse ne me plaisait pas du tout. J’avais l’impression que quelque chose clochait. Elle ne me regardait pas dans les yeux, fuyante, et le Loup n’aimait pas ça non plus. Son attitude réveillait un mélange de sensation chez lui, et par conséquent chez moi. L’instinct protecteur d’abord, et puis malheureusement celui du prédateur, alléché par la faiblesse de sa proie. J’aurais voulu trouver quelque chose, des paroles sincères, pour pouvoir la rassurer mais rien ne venait. J’étais comme devenu muet. Une nouvelle fois, un ange est passé entre nous, mais cette fois c’est elle qui l’a chassé, d’une façon à laquelle je ne m’attendais pas du tout.
« Enzo, t’es pas obligé de répondre si t’en as pas envie mais ya des trucs qui m’intrigue. Je te les ai jamais demandés parce que je savais pas trop comment tu réagirais mais… Comment il est ton Loup ? J’veux dire : à quoi il ressemble ? Et est-ce que c’est.. une part de toi ou un esprit bien distinct ? Quand tu te transformes, c’est lui le maître à bord ou tu peux quand même l’influencer ? »
Je restais bouche bée. D’où ça sortait ça au juste ?
J’avais toujours su Jill curieuse sur le sujet mais à l’époque, je n’étais pas vraiment en mesure de lui fournir plus d’information que ça. Ce n’était plus le cas aujourd’hui simplement elle venait de me prendre au dépourvu, me coupant ainsi dans mon élan de rédemption. Je secouais la tête et me raclais la gorge avant de me redresser un peu, regardant toujours droit devant moi, un léger sourire nerveux sur les lèvres.
« Ok, deux secondes. Trop d’informations. Trop de questions. J’suis un peu secoué, laisse moi juste le temps de digérer tout ça et je te réponds. »
Oui j’allais lui répondre, puisque désormais j’étais en mesure de le faire et ce sans la moindre trace d’appréhension. Je maitrisai parfaitement mon sujet depuis quelques mois, malgré quelques couacs et ce, pour certains, pas si lointain. Est ce que je devais lui dire que deux nuits plus tôt j’avais mordu un être humain et qu’il n’y avait pas survécu ? Lui parler de mon Loup, d’accord, mais de mon crime, encore un, non, je n’en avais pas la force et surtout pas l’envie. Pas envie de prendre le risque qu’elle me voit comme un monstre, un meurtrier, même si c’était le cas, et qu’elle le savait déjà. Pour elle, pour lui. Et tous les autres qui étaient morts par ma faute même si je ne les avais pas tué. Est ce qu’elle savait que j’avais fichu la peur de sa vie à Cameron ? Est ce qu’il lui en avait parlé ? Est ce que je devais lui parler de Cameron au juste ? Et de Kyle ?
Je me perdais dans mon trop plein et décidais d’y mettre un stop en ouvrant la bouche et peu importe ce qui en sortirait. Fort heureusement pour moi, mes paroles prirent la bonne direction. Je me tournais vers elle, l’air sérieux, et posais ma main sur son genou. Ce truc du contact, ça ne m’avait pas lâché visiblement.
« Alors déjà d’une, tu n’as pas à t’excuser, d’accord ? J’attendais pas spécialement de réponse de ta part pour être honnête. Je … J’ai pas écrit cette lettre pour t’influencer d’une quelconque manière mais plus parce que tout ce que je t’ai dit avait besoin d’être dit. Je te devais des excuses et des explications et c’est maintenant chose faite. J’avais de toute façon l’intention de venir te voir ensuite, pour m’excuser cette fois de vive voix mais disons que … pour moi aussi c’était un peu la course ses derniers jour. »
Le ciel m’est carrément tombé sur la tête.
J’ai baissé les yeux un instant, le temps de reprendre mon souffle et mes esprits, puis j’ai de nouveau capté son attention on plongeant mes yeux noisette dans le bleus gris des siens, me faisant la réflexion qu’ils ressemblaient à ceux de Kyle.
Enzo ! Oui pardon. Oh ça va hein.
« Alors voilà, Jillian Heather Davis, je te demande pardon ne pas avoir su gérer la situation et de t’avoir fait du mal, d’avoir gâché notre amitié et de m’être comporté comme le pire des salauds. »
Voilà, ça, c’est fait. Et par pitié, j’espère qu’on aura plus jamais à revenir sur le sujet, ni même à s’éloigner l’un de l’autre. Alors vite, rebondir, sur autre chose, radicalement. Sa question. Mon Loup. Je rentrouvrais mon sourire en un éclair, et ma tête à connerie.
« Et pour mon Loup … C’est un beau gosse, tu t’en doutes bien. »
Un sourcil arqué, un sourire en coin, et l’attitude du play boy charmeur. Haussement d’épaules, on me changera pas de ce côté là hein ? Je reprenais, plus calmement.
« Il est noir de la pointe des oreilles jusqu’au bout de la queue, à l’exception d’une tâche blanche dans le cou, à cause de ma tâche de naissance. Il a les mêmes yeux que moi, en plus lupin bien sur, et parfois plus ambré. Ça dépend de mon humeur et de la sienne. Il est grand, plus grand qu’un loup normal mais pas autant qu’un cheval non plus faut pas déconner. Nan, il est plus comme un grand chien, tu vois, genre un Dogue Allemand ou une race de ce genre, assez haute. Il est puissant, aussi bien physiquement que mentalement et ça m’aide beaucoup. Parce que tu sais, il est là en permanence, en moi. Je sais que ça peut paraître un peu étrange dis comme ça, et que j’ai l’air d’un schyzo mais … Comment t’expliquer … »
J’avais l’impression de me répéter pour la simple et bonne raison que j’avais eu la même discussion, ou presque, avec Ever quelques jours auparavant après avoir … Aheum, bref, on avait eu la même discussion. A l’exception près qu’Ever pouvait comprendre ce que je lui disais, puisqu’elle même le vivait de l’intérieur. Pour transmettre tout ce que je ressentais à Jillian, ça risquait d’être plus compliqué. Je me passais la main dans les cheveux, réfléchissait deux secondes en détaillant le plafond, laissait trainer mon attention sur un petit groupe qui descendait les escaliers et revenais pleinement à mon amie, accompagnant mes paroles de quelques gestes, des mouvements de mains, ce genre de choses.
« Voilà comment je vois les choses. Il est moi, je suis lui mais malgré tout ça je le vois toujours comme une entité distincte de moi. Et à côté de ça, parfois nous ne faisons plus qu’un. C’est un peu difficile à expliquer et je ne pense pas que quelqu’un qui ne le vit pas puisse vraiment le comprendre, sans vouloir t’offenser. C’est … comme une sorte de guide ou quelque chose comme ça. Il m’aide à gérer bien des situations même si à cause de son caractère je me retrouve souvent dans la merde. J’veux dire, c’est un animal, une brute épaisse qui ne supporte pas qu’on le contrôle. Quand c’est moi, ça passe, parce que je lui laisse parfois des moments de liberté, et qu’on a eu presque deux ans pour apprendre à se connaître, mais quand ça vient des autres … Il pète un câble. Il ne supporte pas l’autorité, d’être enfermé, ce genre de trucs. Et comme je ressens tout ce qu’il ressent, ça modifie mon caractère. Il m’a rendu plus sauvage dans tous les sens du terme mais à côté de ça, il m’a tellement aidé que je ne peux pas lui en vouloir. Si je suis encore là c’est grâce à lui. J’ai puisé la force de me battre dans la sienne. Au début c’était pas évident mais à présent il est comme mon meilleur ami. J’ai un total contrôle sur lui, même s’il me fait parfois faire et dire n’importe quoi. Il renforce mes mauvais côtés mais aussi quelques bons. Il est protecteur, possessif même. En gros, mon Loup c’est le Enzo que tu connais, mais en pire. Et avec plus de poil. »
Encore un large sourire avant de baisser les yeux à nouveau et de détourner la tête tout en m’attrapant la nuque d’une main.
« Et je sais qu’il n’a pas tous les torts et que je ne peux pas lui reprocher tous les faux pas que j’ai fait, et que je ferais encore. »
Oh oui ça je le sais bien, mais je n’aspire qu’à retrouver une vie normale. Enfin … Aussi normale qu’elle puisse l’être dans cet environnement. J’aimerai réparer mes torts mais je sais que je ne peux pas. M’excuser auprès de tout ceux que j’ai blessé ? La liste est trop longue et je m’en sens incapable. Rester dans le droit chemin, ça je peux le faire. Et me laver de mes fautes en essayant de faire le bien, ça je peux le faire aussi. Est ce que c’est si improbable que ça de vouloir être un adolescent de presque 17 ans, avec des préoccupations d’un adolescent de presque 17 ans ? J’aimerai tirer un trait sur cette partie de ma vie qui n’a été que violence, douleur et désastre. Je voudrais partager mes journées entre les cours, ma meilleure amie, ma famille, les quelques autres personnes dont je me sens proche et Lui. J’en veux plus de toute cette noirceur. Ça m’épuise.
Revenant sur terre, et lui coupant l’herbe sous le pied pour ne pas qu’elle se sente obligé de répondre quoi que ce soit à ce que je venais de dire, je repris mon discours, qui paraissait par le fait intarissable.
« J’ai beaucoup changé tu sais, et … Tu sais déjà tout ce qui s’est passé et se passe encore mais … Je me suis raccroché à lui et c’est ce qui m’a permis de tenir même si j’ai fait des choses dont je ne suis pas fier. J’ai fait du mal à beaucoup de gens mais je ne peux pas changer le passé ni même celui que je suis devenu. Il s’est passé trop de trucs. Je me suis cassé de l’intérieur et même si une partie des morceaux se sont recollés, le reste ne va pas se consolider, je le sais, je le sens. Ou peut être avec le temps. Vraiment beaucoup de temps. Et de la patience. La mienne. Celle des autres. »
S’ils en ont encore à m’offrir bien que je ne le mérite pas.
Mais stop le mélodrame, je sature.
« En dehors de ça, tous mes sens se sont développés depuis que je lui ai laissé libre accès. C’était franchement bizarre au début mais je m’y suis fait même si c’est pas toujours une bonne choses. C’est pratique certes, mais il y a certaines odeurs que tu t’abstiendrais bien de capter crois moi. Idem pour les sons. Enfin j’suis pas non plus un super héros mais ouais, pas mal de choses ont changé en moi, aussi bien physiquement que mentalement, grâce ou à cause de lui. Et les nuits de Pleine Lune, si je prends bien mon Tue Loup, c’est moi qui garde le contrôle. Je le laisse s’amuser, se dégourdir les pattes, parce qu’il en a besoin et moi aussi mais je reste lucide quoi qu’il se passe. C’est vraiment génial comme sensation. Tu te sens libre, insaisissable. Il est très rapide, et super endurant. Je peux courir toute la nuit si je veux, je ne ressens presque jamais la fatigue. »
J’avais retrouvé une fois de plus mon sourire parce que parler de lui, visiblement, ça me faisait du bien. J’avais parfois eu l’impression qu’il était le seul à me comprendre, à pouvoir réellement m’aider. Il avait en tout cas rempli cette tâche avec brio et j’étais finalement plutôt heureux de partager mon être avec lui. Je lui prêtais mon corps une fois par mois et le reste du temps, il tachait de se tenir à peut prêt tranquille. Evidement, quand Monsieur croise une Louve, ça vire au désastre mais je ne me voile pas la face. Il ne fait rien sans mon aval, qu’il soit explicite ou non. Ce corps d’humain il est bien à moi. Et ces instincts d’animal, c’est … compliqué. Je suis comme ça. Imprévisible, impulsif, instable, avec un gros besoin d’avoir le dessus et un besoin de contacts physiques relativement développés. Tant que je n’y pense pas, ça va, mais dès l’instant où l’occasion se présente, c’est différent. Cependant, avec le retour de Kyle, les choses vont changer. Je le sais. Elles vont redevenir comme avant, alors qu’il était le seul « objet » de mon affection. Kyle … Est ce que je devais le dire à Jill ? J’avais besoin de me confier, mais le fait est que mes aveux risquaient de les mettre tous les deux en danger. J’étais partagé. Seulement d’un autre côté, je lui avais dit qu’il était mort, ce qui s’était, entre temps, avéré faux … Et puis merde, j’en ai assez de me taire. Alors vérifiant que personne ne nous écoutait, que nous étions bien seul, je repris la parole d’une voix cette fois plus faible.
« Et puis pour en revenir aux sens plus développés, même si ça peut s’avérer gênant, ça m’a permis d’apprendre que … Kyle n’est pas mort … Je l’ai cru, pendant des mois mais il y a deux jours j’ai pisté son odeur et … »
Oui, pendant des mois. Presque une année entière de ma vie à découvrir le plus sombre de mes aspect parce qu’une poignée d’intolérants avaient voulu jouer aux cowboys. Tout ce temps perdu, qu’on ne pourra jamais rattraper. Toutes ses blessures encore à vif, qui ne vont peut être jamais se refermer. L’éponge est sensé être passée mais est ce qu’un jour ou l’autre tout ça ne finira pas par ressortir ? Je ne suis pas vraiment certain qu’il accepte tout ce que j’ai pu faire pendant son absence. Peut être qu’il le croit, peut être qu’il s’en sent la force mais j’ai peur qu’un jour ou l’autre il se rende compte que tout ça c’est trop pour lui. Je ne veux pas le perdre à nouveau, et savoir qu’il risque de s’éloigner de nous par ma faute, ça m’angoisse. Ne pas y penser. J’essaie, de toutes mes forces. Je ne lui ai rien caché quoi qu’il en soit. Il sait mes crimes, ma responsabilité dans les rapts de Non-Magiciens, ma relation avec Derek, tout ce que j’ai pu faire subir aux autres pendant son absence. La seule impasse que je me suis permis, ce sont les filles. A côté de toute ce que je lui ai avoué ça peut paraître ridicule mais, pour je ne sais trop quelle raison étrange, c’est ce qui me fait le plus peur. Lâche vous dites ? Oui un peu. En plus de ça, je crains que ça amène d’autres sujets épineux sur le tapis, des sujets que je tiens pas spécialement à aborder pour le bien être de tout le monde. Ce qu’on ne sait pas, ne peut pas nous faire de mal en théorie, et comme je ne sais pas ce qu’il a fait, en détail, de sa vie, pendant tout ce temps … Bref.
« Excuse moi, je réalise pas vraiment encore et j’ai peur de me réveiller et de me rendre compte que ça n’était qu’un rêve. C’est pas si facile que ça à gérer comme situation. Quoi qu’il en soit il faut absolument que personne ne le sache. Personne. Pas même mon frère. »
Surtout pas mon frère. Mouvement de panique à l’intérieur de moi, et j’avais peur qu’elle ne s’en rende compte. Est ce qu’elle et lui sont … ? Je ne sais pas trop comment définir leur relation, et je n’ai surtout pas envie de poser la question. Je ne veux pas que Jillian souffre encore à cause de moi et ne tiens pas spécialement à ce qu’elle soit tiraillée entre les deux Ryans mais il est clair, net et précis, que je ferais tout et n’importe quoi pour protéger Kyle. Alors hors de question que Derek apprenne que je suis au courant de toute l’histoire. Mais là, tout de suite, maintenant, je dois me calmer, et je le sais. Je ne dois pas laisser mon instinct prendre le dessus, je risquerai de lui faire peur et c’est bien la dernière de mes intentions. Alors je prends une profonde inspiration, bloque l’air un instant et le relâche lentement, pour m’apaiser. Ça fonctionne. Je me détends.
« Trop de trucs en même temps. Même si j’ai du poil au menton, j’suis encore qu’un sale gosse paumé. »
Et hop, encore un sourire. Celui du parfait petit innocent celui là. Comment ça je suis un manipulateur sans bornes ? N’importe quoi …
J’ai 17 ans dans quelques jours alors d’ici là, je peux me permettre de jouer les gros bébés encore un peu non ? Si. J’en ai bien envie. J’ai envie qu’on me chouchoute, qu’on me dorlote, qu’on prenne soin de moi, qu’on me fasse des câlins. Oui même si j’ai eu ma dose, je sais, mais j’en aurais jamais assez et j’ai plusieurs mois d’un manque atroce d’affection à rattraper alors merde.
« Enfin quoi qu’il en soit si t’as d’autre questions ou si mes réponses ne te suffisent pas, n’hésites pas. C’est un sujet que je maitrise plutôt bien maintenant. Et parler de ça, ça me détend. Paradoxalement, oui j’ai aussi appris des mots savant pendant tout ce temps, je me sens plus … humain. »
Bizarre, bizarre. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre. J’suis juste trop pas normal x_X
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CRAZY AdminHiboux postés.: 5349 Crédits: Talim Double Compte: Cleo M. Andrews Date d'inscription: 02/04/2010
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Mer 8 Juin - 21:42 | |
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En y repensant, je n’avais jamais éprouvé de peur à l’égard d’Enzo quand il m’avait appris qu’il était un Loup-Garou. A l’époque, sa morsure était encore récente dans son esprit et nous n’avions pas tellement parlé sur le sujet. Pour moi, il ne représentait pas de danger, pas pour moi en tout cas. Lui soutenait parfois le contraire, il avait toujours refusé que je descende avec lui. Pendant plusieurs mois, je m’étais donc cantonnée à le récupérer soit dès le lendemain soit quelques jours après, lui fournissant la dose de conneries à laquelle il était habituée venant de moi ainsi que des trucs à manger ou à boire, ce genre de petites choses sans importance mais qui le faisaient toujours sourire. Je lui avais toujours laissé entendre que sa nature de Loup-Garou ne changeait rien pour nous, que je restais sa meilleure amie prête à toute entendre. Ca ne lui avait pas délié la langue pour autant mais au moins il savait qu’il pouvait m’en parler si un jour il en ressentait le besoin ou l’envie. Aujourd’hui c’était moi qui avait besoin de savoir, il avait parlé de son Loup dans la lettre qu’il m’avait écrite me faisant me demander comment tout cela pouvait bien fonctionner sans dégâts. Au fond, j’étais aussi curieuse de savoir si ma présence post-Pleine Lune lui avait manqué ou pas. Une terrible invention que l’égo n’est-ce pas ?
Enzo eut l’air un peu surpris par ma question. Ah tu l’avais pas vue venir celle-là hein ? Il se reprit rapidement et me demanda de l’excuser, ça faisait beaucoup d’un coup : les excuses, les explications, les questions. Je lui souris brièvement et hochai la tête, il pouvait bien prendre le temps qu’il voulait. Je savais que j’aurai mes réponses, il n’était pas du genre à faire de la rétention d’informations une fois qu’on lui avait posé la question. Je levai la tête pour observer un groupe d’élèves mélangeant Serdaigle et Poufsouffle passer près de l’escalier. La main d’Enzo se posant sur mon genou me ramena à lui. Le contact ne me fit pas frissonner, ni trembler, ni sourire. Le contact ne me surprit pas. Le contact était… juste bien là où il était dans l’espace temps. Ce contact avait sa place dans notre histoire.
« Alors déjà d’une, tu n’as pas à t’excuser, d’accord ? J’attendais pas spécialement de réponse de ta part pour être honnête. Je … J’ai pas écrit cette lettre pour t’influencer d’une quelconque manière mais plus parce que tout ce que je t’ai dit avait besoin d’être dit. Je te devais des excuses et des explications et c’est maintenant chose faite. J’avais de toute façon l’intention de venir te voir ensuite, pour m’excuser cette fois de vive voix mais disons que … pour moi aussi c’était un peu la course ces derniers jours. »
J’ai levé un sourcil en guise de question mais il a baissé la tête. Peut-être apprendrais-je plus tard ce qu’il s’était passé pendant que je me faisais gentiment torturer par les Supérieurs.. Peut-être faudra-t-il aussi que j’en parle un de ces jours. Mais si c’est pour le mettre en danger, est-ce que mon âme torturée ne peut pas attendre encore un peu ? La peur finira peut-être par passer. Avec le temps. En prenant en compte qu’ils ne m’attrapent pas une seconde fois… Bon, pense à autre chose Jillian. Il attrapa mon regard à ce moment précis et me retint au bord du gouffre des pensées sombres.
« Alors voilà, Jillian Heather Davis, je te demande pardon ne pas avoir su gérer la situation et de t’avoir fait du mal, d’avoir gâché notre amitié et de m’être comporté comme le pire des salauds. »
Sois sérieuse Jill, sois sérieuse ! Ou pas.
« Enzo Ryans vous êtes une sale garce manipulatrice qui me fait des grands yeux de louveteau tout mouillé pour obtenir mon pardon. Et le pire dans tout ça, c’est que vous l’avez. P’tit con va. T’en as mis du temps. » répliquai-je en souriant avant de lui assener une légère tape sur la tête.
La connerie revenait aussi facilement que les sourires. Notre bonne humeur habituelle lorsque nous étions ensemble nous reprenait doucement par la main et nous nous laissions glisser dans nos vannes habituelles. Et des gestes tels que le sourire en coin, le regard aguicheur qu’il était en train de me servir. Attention, connerie Ryans en vue.
« Et pour mon Loup … C’est un beau gosse, tu t’en doutes bien. » « Bah voyons. » m’exclamai-je en levant les yeux au ciel.
Il commença par sa description physique et j’essayai mentalement de me représenter un loup plus grand que la moyenne au pelage aussi noir que les ailes d’un corbeau, subsistant parmi toutes ces ténèbres une touffe de poils blancs dans le cou rappelant la tâche de naissance qu’il avait au même endroit et de grands yeux ambrés très expressifs. Vu la carrure d’Enzo, je l’imaginais puissant avec des pattes énormes. Une grande gueule évidemment. Je souris en imaginant sa réaction si j’avais énoncé cette pensée à voix haute. Il tenta ensuite de m’expliquer le plus clairement possible la relation qu’il entretenait avec ce loup. Un autre l’aurait sans doute pris pour un schizophrène ou un fou à lier, moi ce qu’il me racontait me fascinait de bout en bout. Selon lui c’était un peu comme deux entités dans un même corps, leurs liens étaient très étroits et beaucoup plus subtils qu’une double personnalité. Plusieurs fois il chercha ses mots et déclara que ça devait me paraître étrange, qu’il m’aurait fallu être dans le même cas que lui pour comprendre pleinement ce qu’il tentait malgré tout de m’expliquer. Je ne lui donnais pas tort, certaines de ses phrases butaient dans mon esprit et je ne parvenais pas vraiment à comprendre qui était aux commandes au fond. Je me demandais si le Loup s’était déjà immiscé dans ses réactions envers moi. Il le jugeait plus sauvage, plus apte à foncer tête baissée que lui ne l’aurait fait. Par exemple, est-ce qu’un baiser… Enzo rétorqua à ce moment là que le Loup n’était pas fautif de tout et je renonçai à lui poser la question qui me brûlait les lèvres. Au fond, ça n’avancerai en rien de savoir ça. Transformé en moulin à paroles, Enzo enchaîna sur le bilan qu’il pouvait tirer de sa situation. Me promettant de lui faire une remarque dès que je pourrai en placer une, je souris et le laissai parler en ouvrant grand mes oreilles et mon cœur. Je ne me cachai pas que l’entendre me parler aussi pleinement était le baume le plus puissant que j’ai jamais connu. Mon être tout entier se délectait de cet instant partagé.
« J’ai beaucoup changé tu sais, et … Tu sais déjà tout ce qui s’est passé et se passe encore mais … Je me suis raccroché à lui et c’est ce qui m’a permis de tenir même si j’ai fait des choses dont je ne suis pas fier. J’ai fait du mal à beaucoup de gens mais je ne peux pas changer le passé ni même celui que je suis devenu. Il s’est passé trop de trucs. Je me suis cassé de l’intérieur et même si une partie des morceaux se sont recollés, le reste ne va pas se consolider, je le sais, je le sens. Ou peut être avec le temps. Vraiment beaucoup de temps. Et de la patience. La mienne. Celle des autres. » « T’as la mienne, c’est déjà pas mal. » répondis-je.
Il partit ensuite sur les avantages que le Loup apportait à sa perception du monde. Ses sens s’en étaient trouvés beaucoup plus affutés qu’avant. Son odorat surtout. Je me fis la réflexion de toutes ces fois où il était apparu derrière moi sans bruit ou bien lorsqu’il me dénichait dans les coins les plus improbables du Château, est-ce qu’il pistait mon odeur à ce moment-là ? Et si oui, j’étais curieuse de savoir ce que je pouvais bien sentir. La vision de Kyle respirant mes cheveux s’imposa soudain comme une réminiscence de mon esprit, troublée je la repoussai presque aussitôt. Ferme ton esprit Jillian.
Un presque silence s’installa et je vis Enzo se pencher légèrement vers moi. Son ton était soudain beaucoup plus bas et moins assuré qu’avant, ce qui me mit la puce à l’oreille et m’extirpa de mes propres soucis.
« Et puis pour en revenir aux sens plus développés, même si ça peut s’avérer gênant, ça m’a permis d’apprendre que … Kyle n’est pas mort … Je l’ai cru, pendant des mois mais il y a deux jours j’ai pisté son odeur et … » « Et maintenant tu sais qu’il n’était pas mort. » complétai-je en lui attrapant la main.
A quel moment dans cette conversation étais-je sensée lui apprendre que j’avais couché avec celui qu’il croyait mort depuis des mois ? Et du côté de Kyle, qu’en était-il ? Est-ce que lui aussi croyait Enzo mort et pour cette raison ne cherchait pas à le retrouver ? La tête m’en tournait presque quand je songeais que j’avais côtoyé les deux, même si pour Enzo ça avait été de loin, pendant tout ce temps. C’en était étourdissant de voir comme il n’avait tenu à rien que les deux puissent se revoir et ne pas souffrir autant pendant autant de temps. Fermant un instant les yeux, je repoussai ce besoin de me demander ce qui aurait pu être si telle ou telle chose s’était passée autrement. Ce n’était pas bon pour ma tête déjà bien tourmentée et de toute façon ça n’aurait rien changé, ou plutôt rien apporté de bon, de savoir que pendant un an j’avais été le seul lien entre ces deux là. Mais il allait bien falloir que je lui dise, qu’on lui dise Kyle et moi. Même s’il n’y avait rien d’autre entre nous maintenant, je me sentais mal de cacher ça à Enzo. Il allait me tuer. Et en même temps, je ne voulais pas saccager notre amitié alors que nous venions à peine de nous retrouver.. Dans quelle merde j’avais été me fourrer moi encore ?
« Excuse moi, je réalise pas vraiment encore et j’ai peur de me réveiller et de me rendre compte que ça n’était qu’un rêve. C’est pas si facile que ça à gérer comme situation. Quoi qu’il en soit il faut absolument que personne ne le sache. Personne. Pas même mon frère. »
Ah benh de ce côté-là… ça devrait aller. Serrant les dents lorsqu’il évoqua Derek et je ne sus pas quoi lui répondre. La vérité ? Je ne savais plus où j’en étais avec lui. D’abord la dispute puis lui me retrouvant avec des marques dans le cou et une peur indescriptible dans la voix et le regard. Moi incapable de lui dire, incapable de mentir. Comment expliquer à quelqu’un qu’en voulant nous protéger il a lui-même craqué l’allumette pour notre bûcher ? Et ce besoin violent de s’endormir dans ses bras pour y trouver la sécurité, la paix.
« T’en fais pas. Je lui dirai rien. On est un peu en froid lui et moi en ce moment. » je m’entends lui répondre, le regard droit devant moi.
Puis le regardant à nouveau, je laissai naître un sourire sur mes lèvres pour le rassurer. Que des histoires de grands ça. De la jalousie, de la méprise, de la passion. Rien que des sentiments qui font mal à l’âme.
« Trop de trucs en même temps. Même si j’ai du poil au menton, j’suis encore qu’un sale gosse paumé. » rétorqua Enzo en souriant de coin. « Si tu me l’as pas sorti dix fois ce sourire … » commentai-je en roulant des yeux. « Enfin quoi qu’il en soit si t’as d’autre questions ou si mes réponses ne te suffisent pas, n’hésites pas. C’est un sujet que je maitrise plutôt bien maintenant. Et parler de ça, ça me détend. Paradoxalement, oui j’ai aussi appris des mots savant pendant tout ce temps, je me sens plus … humain. » « T’as aussi appris à ne jamais t’arrêter de parler ou c’est juste moi qui te fait cet effet ? Nan mais je m’informe parce que je suis pas habituée à entendre autant le son de ta voix, ça trouble mes petites oreilles sensibles. »
Reculant précipitamment, je levai haut mes mains en signe de paix. Un grand sourire fiché entre les lèvres. Contre mon cœur.
« Mais j’aime bien hein ! Promis juré. Bon j’te crache pas dessus, tu vas trouver ça dégueulasse. »
Un rire de gamin nous secoua puis je penchai la tête sur le côté en souriant. Nos retrouvailles m’attendrissaient et chassaient aussi loin que possible mes nuages de pensées. Je n’avais pas besoin de plus pour l’instant pour me sentir bien. Le Supérieur, Derek, Kyle, l’annonce du toubib… je lui en parlerai un autre jour. Sans doute quand tout m’exploserait à la figure mais bon.. Je n’avais pas envie de polluer notre petite bulle de bonheur volée au destin.
« Bon bref. En tout cas, c’est cool tout ce que tu m’as raconté là. Enfin cool, je sais que ça l’est pas tous les jours pour toi mais je pensais pas que c’était possible de nouer une relation comme celle-là. Pour moi… le loup n’était présent qu’à la pleine lune et le reste du temps c’était juste toi. Mais visiblement non. Dans un sens, c’est bien, ça veut dire que vous êtes arrivés à un terrain d’entente appelle-ça comme tu veux et vous n’êtes plus dans dominé/dominant. Enfin moi c’est ce que je comprends. Et quand tu es sous forme de Loup, tu peux guider quelques mouvements ou tu es juste spectateur comme lui peut l’être hors pleine lune ? »
Une idée germa dans mon esprit, mes yeux se mirent à pétiller.
« Est-ce que tu reconnaîtrais quelqu’un sous ta forme de Loup ? »
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 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Ven 10 Juin - 13:46 | |
| Elle a un tueur en face d’elle et tout ce qu’elle trouve à faire c’est me traiter de garce manipulatrice et de me taper la tête comme si j’étais un gosse qui venait de faire une connerie … Je crois bien qu’elle n’a jamais eu peur de moi, et grand bien m’en fasse. Quel ami je serais si ma meilleure amie avait peur de moi. Elle aurait pourtant toutes les bonnes raisons pour ça mais non, elle n’en fait rien. La seule fois où j’ai pu lire sinon la peur au moins la méfiance dans son regard, c’était dans la remise, et ça n’a pas duré vraiment longtemps. Mes yeux se sont clos, les siens aussi. On a fermé nos âmes en baissant les paupières ce jour là. Une vraie catastrophe. Sérieusement Jill, on a merdé. Toi comme moi. Peu importe. Sa patience qu’elle m’offre, et sa main petite main qui s’est emparé de la mienne et la tient fermement comme si elle avait peur que je disparaisse à nouveau. Rassure toi, Jill, je suis là, et j’ai bien l’intention d’y rester. Plus de conneries. Plus de dérapages incontrôlés qui risqueraient de nuire à notre amitié encore une fois. De toute façon, en théorie, je n’ai plus de raison de perdre le contrôle. Ou peut être que si. Quoi qu’il en soit, j’ai appris à prendre sur moi dans la mesure du possible et je sais, je sens, au plus profond de mon être que jamais plus je ne lui ferai du mal. Je vais en tout cas m’efforcer à m’y tenir et ce peu importe ce que ça me coutera. Mon sort je m’en fiche, celui des personnes que j’aime en revanche … Ce qui m’inquiète, c’est que j’ai l’impression qu’elle me cache quelque chose. C’est comme si elle se forçait à faire comme si tout allait bien pour ne pas gâcher ce moment, pour ne pas me faire peur peut être. Je n’arrive pas à mettre le doigt dessus mais quelque chose cloche. Seulement voilà, je ne sais pas comment faire, ni même si je dois le faire, pour l’amener à me parler. Elle a toujours été secrète et je n’ai jamais insisté. On a toujours fonctionné comme ça alors pourquoi changer les choses. J’espère juste qu’elle sait qu’elle peut se confier à moi parce que oui c’est vrai je suis devenu loquace mais ce n’est pas pour autant que je ne sais pas écouter, bien au contraire. J’ai trop longtemps été centré sur moi même et mes « petit » problèmes. Maintenant c’est terminé. Je m’ouvre aux autres et surtout, je les laisse s’ouvrir à moi. Pas tous, évidemment, ils ne sont d’ailleurs pas très nombreux mais jouer les sauvages et les fantômes, je me rends compte que ça ne m’apporte bien plus de mal qu’autre chose. Je suis et resterai un solitaire dans l’âme mais paradoxalement j’ai besoin de certaines personnes auprès de moi. Elles ne sont pas nombreuses mais essentielles, c’est tout ce qui compte pour moi. Je n’ai pas relevé quand elle a évoqué un froid entre elle et mon frère. Comment lui dire que de mon côté, je ressentais autant de … distance entre lui et moi ? Que j’avais cette irrépressible envie de foncer droit vers lui et le détruire pour ce qu’il m’avait fait, nous avait fait ? Il m’a menti, m’a manipulé, a fait de moi le reflet exact de ce qu’il attendait que je sois. Lui pardonner ? Je ne l’envisage pas une seconde. Le laisser sortir de ma vie ? Impossible. Alors pour l’instant j’ai décidé de m’en tenir à un statut quo. Je vais l’éviter au maximum pour la simple et bonne raison que je ne veux pas exposer Kyle. Et si je me retrouve face à lui, maintenant, je n’ai aucune idée de la réaction que je pourrais avoir mais j’ai bien peur que mon besoin de lui faire payer soit plus fort que le reste. J’attends, tapis dans l’ombre. J’essaie de ne pas trop y penser. Elle n’a visiblement pas envie de parler de lui et moi non plus. Je l’ai laissé se mettre entre Kyle et moi, je ne le laisserai pas s’interposer entre Jill et moi. Il ne gâchera pas ça. Il ne nous fera pas perdre plus de temps qu’on en a déjà perdu. En cet instant, je suis plutôt heureux qu’elle regarde droit devant elle. Je n’ai pas envie qu’elle croise mon regard plein de rancœur, de colère et de haine. De la haine pour mon propre sang. Ce n’est pas la première fois mais là, il est allé trop loin. Pendant des mois il m’a regardé droit dans les yeux, sachant pertinemment que je mourrais à l’intérieur, et il n’a rien fait pour apaiser mes douleurs. Comment peut-on faire ça à son propre frère ? Je ne comprends pas. Je ne comprendrais jamais. Je sais que ce sont les Supérieurs qui sont à l’origine de tout ça, et pas lui, mais d’un seul mot, d’un seul geste, il aurait pu y mettre fin. Il ne l’a pas fait. Tout ça parce qu’il ne tolère pas mes choix de vie, qu’il ne m’accepte pas comme je suis, et qu’il rêve de me voir devenir comme lui. Je l’ai été, l’espace de quelques mois, mais ce n’est plus le cas. C’est terminé tout ça. Personne n’aura plus jamais ma vie entre ses fils. Je ne suis pas un pantin, et ils le découvriront tous tôt ou tard. Probablement à leur dépend. Ou au miens. Je réprime un grondement qui prend forme dans ma gorge à l’instant même où je la sens tourner la tête vers moi. Elle me sourit. Elle n’a pas du le percevoir. Mes yeux n’expriment plus rien d’autre que la joie d’être là près d’elle. C’est tout ce qui importe. Le reste, on verra plus tard. Nos sourires. Nos regards qui se croisent, s’entrecroisent, se cherchent, se fuient puis se retrouvent. C’est comme si rien ne nous avait jamais séparé. Tout va bien. Je me débrouille comme je peux pour chasser ce qui m’obstrue l’esprit dans un recoin de ma tête et me concentre sur Jillian. Ce moment est à nous. A elle. A moi. « T’as aussi appris à ne jamais t’arrêter de parler ou c’est juste moi qui te fait cet effet ? Nan mais je m’informe parce que je suis pas habituée à entendre autant le son de ta voix, ça trouble mes petites oreilles sensibles. »Et paf ! J’aurais du m’y attendre à celle là. Elle n’a pas tort ceci étant, et même si j’affiche un air offusqué, je sais qu’elle a raison. Ça ne me ressemble pas de parler autant. « Mais j’aime bien hein ! Promis juré. Bon j’te crache pas dessus, tu vas trouver ça dégueulasse. »« Oui, s’il te plait. Ça fait mauvais genre. Et puis j’sais pas, j’pense que c’est le résultat d’un trop plein de silence. »Je haussais les épaules dans une mimique de nonchalance. 17 ans ou presque que j’ai pris l’habitude de tout garder pour moi et de ne pas partager mes pensées ou bien dans de rares occasions, avec de rares personnes. Dont elle fait partie ceci étant. Il n’y a qu’à elle que je parle autant de moi. A elle, et à lui, qui sait tout de moi. Je ne lui cache rien, j’en suis totalement incapable. Enfin presque rien mais aborder le sujet délicat des relations que j’entretiens ou que j’ai entretenu avec la gente féminine ne me semble pas envisageable pour le moment. Pas envie de tout casser. Il le découvrira bien assez tôt. « Bon bref. En tout cas, c’est cool tout ce que tu m’as raconté là. Enfin cool, je sais que ça l’est pas tous les jours pour toi mais je pensais pas que c’était possible de nouer une relation comme celle-là. Pour moi… le loup n’était présent qu’à la pleine lune et le reste du temps c’était juste toi. Mais visiblement non. Dans un sens, c’est bien, ça veut dire que vous êtes arrivés à un terrain d’entente appelle-ça comme tu veux et vous n’êtes plus dans dominé/dominant. Enfin moi c’est ce que je comprends. Et quand tu es sous forme de Loup, tu peux guider quelques mouvements ou tu es juste spectateur comme lui peut l’être hors pleine lune ? »Encore des questions. Elle pouvait bien dire de moi qui ne faisait que parler, je me contentais simplement de répondre à ses questions. Je m’étais déjà mis en route sur le chemin dans la réflexion quand j’ai vu ses yeux s’illuminer. J’ai froncé les sourcils, m’attendant au pire. « Est-ce que tu reconnaîtrais quelqu’un sous ta forme de Loup ? »Et puis finalement, ça n’était rien qu’une autre question. J’éclatais de rire, secouant nerveusement mes jambes devant moi. Je commençais déjà à ne plus tenir en place. « J’te savais curieuse mais là ça dépasse ce que j’imaginai. »Je me calmais et prenais une profonde inspiration tout en me passant une main dans les cheveux jusqu’à ce qu’elle descende sur ma nuque, s’y ancre quelques secondes puis termine sa course sur mon ventre. Un geste habituel chez moi. « Déjà d’une, tant que je prends mon Tue Loup, je garde le contrôle. Ça n’a pas toujours été le cas. Tu le sais, j’avais 15 ans quand j’ai été mordu. La nuit où nos parents sont morts. J’ai mis plus d’un an à réussir à le contrôler malgré « l’antidote ». Mon corps a pris son temps avant de l’assimiler, et je pense que c’était plus psychologique que physique. Je n’acceptai pas ma nouvelle condition. Je détestai cette créature qui prenait possession de mes sens alors ça bloquait le processus. Enfin je pense que c’est ça parce qu’à partir du moment où j’ai commencé à accepter celui que j’étais par la force des choses, c’est devenu plus simple à gérer. Et avec le temps, j’ai acquit un total contrôle des opérations. Tant que j’ai le Tue Loup dans le sang, encore une fois. Sans ça, je perds toute conscience et c’est lui qui prend les rênes. Je ne peux absolument rien faire contre et je n’ai d’ailleurs plus rien d’humain. Les quelques fois où ça m’est arrivé, je me souviens à peine de la nuit que j’ai passé. »Malheureusement je n’ai pas oublié le pire … « Et oui bien sur, j’ai beau avoir l’apparence d’un Loup et des perceptions animales, je reconnais chaque personne que je croise, même si la plus part du temps, j’évite d’être en contact avec le reste de la population. On sait jamais. Au début, malgré le Tue Loup, c'était l'animal qui primait et je n'avais pas conscience de tout mais ça n'est plus le cas. Mon frère a déjà passé du temps avec moi alors que j’étais Loup. Kyle aussi, même si c’était pas vraiment prévu que j’ai passé mon temps à avoir peur de le bouffer puisque c’était la première fois que j’arrivai à maitriser cette grosse bête. » Disons que j’avais de bonnes raisons de vouloir garder le contrôle. Pas la peine de revenir là dessus. La prochaine est dans un mois, j’aimerai te dire que je viendrais te présenter mon Loup mais je n’ai aucune assurance de la manière dont elle va se passer. Est ce qu’ils vont me foutre la paix ? Très sincèrement ça m’étonnerait. Pas après l’esclandre et le bordel que j’ai foutu pendant la dernière. Ils vont vouloir me le faire payer, j’en suis presque certain, s’assurer qu’ils ont toujours le contrôle sur moi et me serrer la vice pour essayer de me faire comprendre qui est le maître. Rien qu’à cette pensée j’ai envie de les démolir tous un par un. Débranche Enzo. « Maintenant, que la Lune soit pleine ou non, je garde le contrôle. Il agit juste très subtilement sur mon caractère. C’est pas flagrant mais moi je le sens. Quand je perd le contrôle, je sais que c’est parce qu’il m’a transformé. Il ne me parle pas, il ne me donne pas d’ordre ou ce genre de truc, c’est juste que je sens que je deviens l’autre partie de moi même et ça exacerbe mes émotions plus facilement. Toutes mes émotions. La colère. La rage. La haine. Parfois la peine, … et même la passion, l’envie, le besoin et le manque. »Je sais pas dans quoi je m’engage avec des révélations pareilles je sens que je vais prendre cher. Je la vois déjà qui esquisse l’ombre d’un sourire alors plutôt que de la laisser m’en balancer une, j’anticipe et reprends la parole. « Si t’ajoute à ça le fait que je sois un mec de 17 ans … J’te laisse imaginer le tableau. C’est pas simple à gérer. Enfin bref. Te fous pas de ma gueule, je t’assure que c’est pas drôle. Je déteste mes hormones. »Elle est morte de rire, et moi aussi, malgré tout, même si je me sens nerveux et autant l’avouer, pas trop à l’aise. Elle a beau être ma meilleure amie, c’est pas le genre de sujet super simple à aborder, surtout avec une fille en fait. Enfin j’sais pas trop. A vrai dire je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment discuter de ça avec qui que ce soit. Disons que dans ces moments là, parler n’était pas la première chose qui me venait à l’esprit. Et quand je repense à Ever … Non, mauvaise idée. Et elle qu’est là, prête à se rouler par terre. Fais gaffe … Dernière sommation avant le tir de barrage. « Ben vas y marre toi, mais t’as déjà eu à faire à un de mes pétages de plombs. Oui je sais, je ramène ça sur le tapis mais de toute façon autant crever l’abcès. J’étais pas moi même à cette époque là. C’est tombé sur toi, mais ça aurait pu être n’importe qui, sans vouloir t'offenser bien sur. Je sais pas pourquoi j’ai fait ça, j’suis vraiment désolé. C’était genre un mois après « l’incident » et j’avais des crises, des moments où je perdais toutes notions de la réalité. Je sais que j’ai pas d’excuses valables mais de mon côté c’est du passé. »Oui on va dire que j’ai oublié le fait que tu m’as littéralement arraché mon T-shirt comme une sauvage mais comme j’suis vachement sympa comme mec j’vais pas te rappeler que j’ai pas du faire face à beaucoup, pour ne pas dire aucune, résistance de ta part. Ou peut être que si. Hein ? T’es aussi blanche qu’un agneau qui se roule dans la boue Jillian Davis ! Mais ça, les gens ne le savent pas. P’tite maligne. « J’recommencerai pas c’est promis. J’ai appris à me contrôler, dans la mesure du possible. Et j’ai l’air d’un maniaque sexuel là … Pour ma défense j’ai jamais violé personne ! » Laisse tomber le tir de barrage, là j’passe carrément à l’assaut. Je t’avais prévenu. « Et puis … on peut pas dire que tu te sois beaucoup défendue, hum … »Enzo, tu t’enfonces là. Arrête le massacre et change de sujet. « Comment t’as connu Cameron ? »Le tout agrémenté d’un large sourire du parfait petit innocent que je suis. Bien joué P’tit Loup.
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CRAZY AdminHiboux postés.: 5349 Crédits: Talim Double Compte: Cleo M. Andrews Date d'inscription: 02/04/2010
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Lun 20 Juin - 19:40 | |
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Il éclata de rire à ma nouvelle question, déclarant que ma soudaine curiosité dépassait celle à laquelle il était habitué. Je l’avais charrié sur ses bavardages mais il aurait aussi bien pu se foutre de moi et mes centaines de questions à propos de ses trucs de Loups. Très sincèrement, je m’étonnai presque de toutes ces questions qui arrivaient comme des boulets de canon dans ma tête. Je ne sais pas si c’était le fait d’avoir été séparés si longtemps et si brutalement qui me poussait à en savoir plus sur lui, sur l’autre facette de son être, peut-être y avait-il de ça. Je ne voulais pas prendre le risque de le perdre de nouveau et si mieux comprendre comment il fonctionnait hors et en temps de Pleine Lune avec son loup pouvait m’aider alors j’étais prête à en parler des heures. En plus, ça me passionnait ce qu’il pouvait me raconter. Une pointe de jalousie se fit percevoir lorsqu’il m’annonça que Derek et Kyle avaient déjà eu l’occasion de le voir sous forme de loup alors que j’en avais toujours été privée. A la prochaine Pleine Lune, je n’attendrai pas son autorisation pour pointer le nez dehors. Il venait justement de dire qu’en tout temps à présent il gardait le contrôle. Et…
« Si t’ajoute à ça le fait que je sois un mec de 17 ans … J’te laisse imaginer le tableau. C’est pas simple à gérer. Enfin bref. »
Oh t’aurais pas du t’engager sur cette voie Ryans. Un sourire apparut malgré moi sur mon visage lorsqu’il s’avança sur un sujet que nous avions sûrement tous eu l’occasion d’aborder : les hormones ! Il le vit et sourit à son tour, certain de s’être jeté à pieds joints dans un piège affreux.
« Te fous pas de ma gueule, je t’assure que c’est pas drôle. Je déteste mes hormones. » grogna-t-il. « Oh p’tit chou, tu veux une bouillotte sur ton ventre pour faire passer les bricoles ? » minaudai-je. « Ben vas y marre toi, mais t’as déjà eu à faire à un de mes pétages de plombs. Oui je sais, je ramène ça sur le tapis mais de toute façon autant crever l’abcès. J’étais pas moi même à cette époque là. C’est tombé sur toi, mais ça aurait pu être n’importe qui, sans vouloir t'offenser bien sur. Je sais pas pourquoi j’ai fait ça, j’suis vraiment désolé. C’était genre un mois après « l’incident » et j’avais des crises, des moments où je perdais toutes notions de la réalité. Je sais que j’ai pas d’excuses valables mais de mon côté c’est du passé. » « De mon côté… j’crois que ça l’est aussi. » dis-je après un instant de réflexion.
Certaines choses ne doivent pas être expliquées, il faut faire l’effort de passer au-dessus, de ne pas s’interroger et de vivre avec. S’il a passé l’éponge là-dessus, alors je peux le faire aussi. Maintenant que mon cœur l’a rangé dans la bonne case et qu’il ne se pose plus de questions, c’est plus simple de passer outre. Quand je n’étais pas certaine de mes sentiments vis-à-vis de lui c’était plus compliqué de faire la part des choses mais à présent que notre amitié a été mise en péril, entre autre à cause de ça, je préfère que tout soit clair entre nous. P’tin, eh, j’essaie d’être sérieuse mais il me tend des perches ce con, regardez ça !
« J’recommencerai pas c’est promis. J’ai appris à me contrôler, dans la mesure du possible. Et j’ai l’air d’un maniaque sexuel là … Pour ma défense j’ai jamais violé personne ! » « Toutes des victimes consentantes, j’suis fière de toi garçon ! Yen a eu combien au fait ? »
Silence puis ça a été son tour de passer à l’attaque et là… j’ai pris cher pour mes précédentes remarques.
« Et puis … on peut pas dire que tu te sois beaucoup défendue, hum … » « Ca a pas eu l’air de te déranger non plus » rétorquai-je immédiatement.
Jusqu’à ce que tu nous redescendes de notre nuage aussi brutalement que si on avait sauté d’un immeuble de 18 étages. Mais bon, on a dit que c’était du passé alors.. motus et bouche cousue ! De toute façon, on a tous les deux merdé. Ce qui m’étonne c’est le nombre de fois où il s’est excusé depuis le début de la conversation. Je crois qu’il est vraiment mal avec ça, ou il l’était, il a l’air de s’en être sorti malgré tout. S’il voit que pour moi aussi c’est une affaire réglée et qu’on peut même déconner dessus, ça le rassurera peut-être.
Il y a quand même un sujet qu’il faudra que j’aborde avec lui. Je l’ai refoulé dans un coin de ma tête mais il va finir par prendre une place monstrueuse, je sens bien qu’il me revient en tête chaque fois qu’on aborde de près ou de loin certains sujets. Mais je voudrais voir Kyle avant, je n’ai pas très envie de revenir sur ce qu’il s’est passé mais qu’au moins je sache comment il vit tout ça lui, surtout depuis qu’Enzo est réapparu dans sa vie. Il doit sûrement me détester vu la façon dont il m’a quittée et je me sens mal vis-à-vis de lui, d’Enzo. De Derek aussi même s’il est sensé n’avoir rien à voir là-dedans, est-ce qu’il culpabilise lui quand il couche avec Megan ? Bon allez, j’avais dit que j’arrêtais avec tout ça. Au moins pour aujourd’hui je débranche. Je me torturerai le cerveau demain. En plus, Enzo a une question pour moi :
« Comment t’as connu Cameron ? » « That’s a good question ! Comment j’ai connu Cameron… »
Prenant un air concentré, j’attrapai mon menton entre mes doigts.
« En fait, jt’en ai déjà parlé je crois mais je ne connaissais pas encore son prénom à l’époque. Tu sais c’est le Moldu que j’ai transformé en poule parce qu’il m’avait un peu trop cherchée. Et voilà, et benh je l’ai revu au début de l’année ; il était blessé de partout, je crois que les Supérieurs en avaient après lui et comme j’ai un cœur grand comme ça, tes commentaires tu t’les gardes pour toi merci ! oui oui je t’anticipe , bref je l’ai aidé à se remettre sur pied avec la pimentine que je trimballe partout en cas de problème. Il a eu du mal à me faire confiance au départ mais quand il a vu que ça l’avait rafistolé, il a été reconnaissant et de là, on a pu faire connaissance sans se tirer dans les pattes. Enfin, presque parce qu’on arrête pas de s’envoyer des piques mais bon… Il est marrant. »
Un sourire s’était dessiné sur mon visage tandis que je parlais de lui. Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu de véritable conversation avec lui et ça me manquait, je l’avais croisé de temps en temps mais on n’avait pas pu s’arrêter pour discuter. Dans un sens, ça n’était pas plus mal parce qu’entre temps j’avais fait des conneries avec Kyle et je n’avais pas tellement envie de lui déverser mon quota de problèmes sur le coin du nez. En plus, je crois qu’il se serait foutu de moi et pour le moment je n’arrivais pas à rire de cette histoire, à moins de rire jaune bien sûr. Il fallait absolument que je vois Kyle.
« Toi, comment tu l’as connu ? » demandai-je finalement.
Je n’avais jamais vu ces deux-là ensemble et ça me surprenait un peu qu’ils se connaissent. J’étais intriguée par la profondeur de leur relation. Moi qui avais parlé à Cameron de ma petite sœur morte d’une leucémie parce qu’il n’était rattaché à personne de mon monde.. Il faudrait que j’en parle un jour avec Enzo. Ca n’était pas un besoin impérieux mais je commençais à en ressentir l’envie. Au moins la lui présenter. Après tout, il avait beaucoup mûri depuis l’accident de ses parents, peut-être que ça lui ferait du bien de sentir qu’il n’était pas le seul à avoir perdu quelqu’un de très proche.
« Faudra que… j’te parle d’un truc, un de ces quatre, je sais pas encore quand. » commençai-je.
Imperceptiblement, mes doigts se mirent à trembler, mon cœur à battre plus vite. Je sentis le sang monter à mon visage et je renonçai à m’avancer plus loin. Le visage de Suzie m’apparaissait déjà par milliers de souvenirs.
« C’est un truc qui me tient beaucoup à cœur et… je voudrais que tu le saches. Que tu sois au courant. Au départ, je voulais pas en parler, je trouvais que je tenais bien en gardant ça pour moi et de toute façon je ressentais pas l’envie de partager ça avec quelqu’un mais… là j’en ai envie. »
Mais tu vois l’effet que ça me fait. Mon regard se plongea difficilement dans le sien. Je souris rapidement avec un air désolée de pas être plus forte que ça et mes doigts serrèrent les siens. Mon cœur redescendit lentement à un rythme normal et j’inspirai profondément. Voyant sa tête, j’éclatai de rire et lançai :
« T’en fais pas ! C’est rien de grave, j’suis pas enceinte, j’suis pas mourante, j’suis pas.. enfin c’est rien de dramatique quoi. Ok ? Alors enlève cet air soucieux, tu vas choper des rides avant moi sans ça ! »
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 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Mar 21 Juin - 22:24 | |
| Oui j’ai préféré crever l’abcès et Oui toutes consentantes c’est promis. Combien ? Pas tant que ça au final. Je suis sur que j’aurais pu faire mieux, dix fois mieux. Comment ça c’est présomptueux ? Oui et alors ? Nan mais ce que je veux dire c’est que vu l’état dans lequel j’étais à chaque fois après avoir brisé les liens sacrés du mariage post-mortem – jolie formulation n’est ce pas ? – … La culpabilité c’est un truc qui marche très bien chez moi. Et puis de toute façon même si je fais le mariole, je ne suis pas du genre à étaler ma vie sexuelle à qui veut l’entendre. De toute façon, Jill est au courant pour Sovahnn. Je ne sais pas vraiment comment elle l’a su mais le fait est qu’elle le sait et qu’elle m’a bien fait comprendre qu’elle n’avait pas spécialement apprécié mon comportement. Quelque part je la comprends un peu. Avant de disparaître je lui fais clairement comprendre que je suis raide dingue d’une personne et à mon retour je me comporte comme un mufle avec une fille dont je ne connais même pas le prénom. Du moins, à l’époque, je ne le connaissais pas. Je ne savais pas que j’étais capable d’agir comme ça pour être honnête. Je me suis découvert une nouvelle facette ce jour là même si ça n’était pas la première fois que … enfin disons que j’avais déjà tenté l’expérience du coup d’un soir – même si ça n’était pas le soir – avant Sovahnn mais c’était différent. C’était … pour me rassurer, ce qui au final n’a servi à rien. Oui je me suis servi de cette pauvre fille pour oublier que Kyle m’avait embrassé et qu’à ce moment là ça m’avait perturbé bien plus que ce à quoi j’aurai pu m’y attendre. Qu’est ce que j’avais été con. Oui, un vrai connard. Un crétin surtout, même si j’estime avoir des circonstances plus ou moins atténuantes. J’veux dire, tu te balades tranquillement avec tes 16 ans tout frais et ton hétérosexualité, tu croises un type qui t’a sauvé la vie et ne respecte aucun code de ton mode de fonctionnement et PAF ! Il t’embrasse et déverse sur ton existence l’équivalent d’un tsunami. J’ai pas su le gérer, pas sur le fait en tout cas. Après, c’est mon attirance pour lui que je n’ai pas su gérer et PAF ! Encore un tsunami. Ça fait beaucoup d’eau tout ça, beaucoup de vagues, mais je suis un surfer et les vagues, j’ai toujours su les maitriser alors pourquoi celles ci auraient elles fait exception après tout ? Finalement tout ça, ça coule de source. Et on va arrêter avec les références aquatiques hein. D’ailleurs je suis partie d’où pour en arriver jusque là moi ? Je sais même plus ce que je raconte. Ah oui ! Les filles. Vaste sujet. Très vaste. Trop vaste x_X Les filles, les filles, les filles … Je sens qu’elles vont me créer des problèmes celles là. Et je me dis que j’ai bien fait de m’abstenir de répondre à cette question. Combien ? Juste deux. Et m’en veux pas, mais pour Ever, je vais garder ça pour moi. Trop frais. Trop de risques. De toute façon je n’ai pas envie d’en parler c’était vraiment trop étrange comme expérience et personne ne pourra le comprendre et puis très franchement, je sais pas, parler de ça, comme ça, avec Jill c’est juste trop bizarre. Est ce que je lui demande si elle couche avec mon frère au juste. Aaaaaaaaaaaaaahhhh mais pourquoi j’ai pensé à ça ?!!! Plus jamais. Plus jamais je veux avoir cette image dans ma tête. Pense à autre chose Enzo, aller ! Pense à … à … C’que tu veux. Kyle, et la douche, et … Ouais, ça c’est bien ça. Ça m’plait bien ça. Je veux ! Là ! Maintenant ! Tout de suite ! Enzo ? Hum … Tu baves. Ta gueule.
&@%$# ! N’empêche que j’veux quand même !
BREFEUH !
On en est venu à parler de mes hormones et très franchement je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi même. J’suis pas très malin parfois mais le fait est que j’ai réussi à rattraper le coup en abordant le sujet : Cameron ! Tadaaaaaa ! Et je sens qu’encore une fois ça va se retourner contre moi mais c’est pas grave. Au moins pendant ce temps là, elle ne me demande pas ce que j’ai fait de mon « temps libre » et il en va de même pour moi. Je suis trop sensible, je risquerai d’être choquée. Ben quoi ? C’est vrai. J’suis encore un tout petit bébé ! L’innocence même, regardez mon visage. Un vrai petit ange. Mais si.
« That’s a good question ! Comment j’ai connu Cameron… »
Cameron, Cameron, Cameron … Tu as l’air de rendre Jill soucieuse, ou quelque chose s’en approchant néanmoins.
« En fait, jt’en ai déjà parlé je crois mais je ne connaissais pas encore son prénom à l’époque. Tu sais c’est le Moldu que j’ai transformé en poule parce qu’il m’avait un peu trop cherchée. Et voilà, et benh je l’ai revu au début de l’année ; il était blessé de partout, je crois que les Supérieurs en avaient après lui et comme j’ai un cœur grand comme ça, tes commentaires tu t’les gardes pour toi merci ! oui oui je t’anticipe , bref je l’ai aidé à se remettre sur pied avec la pimentine que je trimballe partout en cas de problème. Il a eu du mal à me faire confiance au départ mais quand il a vu que ça l’avait rafistolé, il a été reconnaissant et de là, on a pu faire connaissance sans se tirer dans les pattes. Enfin, presque parce qu’on arrête pas de s’envoyer des piques mais bon… Il est marrant. »
J’éclatais de rire, encore une fois. Imaginer Cameron en poule, c’était juste pas possible, ça démystifiait tout le personnage en un quart de seconde. Le grand Cameron avec ses airs de Princes des villes. Son regard perçant qui ne se baisse jamais devant qui que ce soit. Une poule … J’étais bien loin de m’imaginer que la cocotte de Jill c’était lui. Je n’y avais même jamais repensé pour être honnête. La relation qu’elle semblait entretenir avec lui avait visiblement été mouvementée, au moins au début. J’avais un peu de mal à visualiser Jill avec un type comme lui mais finalement c’était surement une bonne chose. Au moins, elle n’avait pas été seule pendant ma petite crise existentielle. Est ce que j’en étais jaloux ? Oui, un peu, je dois bien l’avouer. A croire que j’allais être jaloux de Cameron jusqu’à la fin de mes jours. Quelle idée aussi de faire partie de la vie des gens que j’aime le plus …
« Je comprends mieux et va savoir pourquoi ça ne m’étonne même pas. »
Lui répondis-je après m’être calmé un tant soit peu. C’est vrai, au final, ça ne m’étonnait pas. Elle me décrivait à peu près l’image que je m’étais fait de lui. Cameron blessée de partout, là par contre je ne riais plus du tout à l’intérieur. Est ce que c’était à la suite de notre petite rencontre nocturne ? Tout ça coïnciderait en tout cas.
« Toi, comment tu l’as connu ? » « Longue histoire. »
Est ce que tu veux que je te la raconte ?
Je relevais les yeux vers elle et penchais la tête sur le côté, contemplatif, attentif et attentiste surtout. Il y avait quelque chose au bord de son cœur, je pouvais le sentir. Je gardais le silence, pour la laisser venir à moi. Son visage avait changé d’expression du tout au tout, elle avait l’air tellement grave. Je fronçais les sourcils.
« Faudra que… j’te parle d’un truc, un de ces quatre, je sais pas encore quand. »
Elle tremblait, je n’aimais pas ça du tout. Tout de suite mon cerveau a réagit au quart de tour, me faisant imaginer tout un tas de scénarios probables, réveillant ainsi le prédateur en moi qui lui non plus ne supportait pas l’idée que quelqu’un ai pu lui faire du mal. Je posais une main sur la sienne, dans un geste vif alors que j’aurais voulu la rassurer, mais comme avec Kyle au début, être doux, ça ne venait pas instinctivement et surtout pas quand le Loup en moi avait les sens aux aguets. Pourtant je continuais de garder le silence.
« C’est un truc qui me tient beaucoup à cœur et… je voudrais que tu le saches. Que tu sois au courant. Au départ, je voulais pas en parler, je trouvais que je tenais bien en gardant ça pour moi et de toute façon je ressentais pas l’envie de partager ça avec quelqu’un mais… là j’en ai envie. »
Quelque part, je me sentais privilégié. Jillian était comme moi, pas du genre à se confier, à l’exception faite que j’avais beaucoup moins de mal à me livrer à elle que elle à moi. Mais qu’est ce qui l’avait conduit à penser à … cette chose dont elle souhaitait parler mais peut être plus tard, en cet instant ? Nous étions entrain de parler de Cameron, alors est ce que lui était déjà au courant ? Encore un mystère. Je serrais les dents pour ne pas tout ruiner en laissant mon impulsivité prendre le dessus. Elle luttait contre elle même, contre un fantôme, quelque chose qui lui rongeait les sangs et j’avais de plus en plus de mal à le gérer. Lâchant sa main pour attraper ma nuque, je riais nerveusement.
« Jill, tu connais mon naturel angoissé, là tu vas me tuer avec un plan pareil … »
Elle chercha mon regard, et je lui accordais. Elle serra ses doigts autour de ma main et … éclata de rire. Je ne comprenais plus mais laissais tout de même la tension s’évaporer autant que faire se peut.
« T’en fais pas ! C’est rien de grave, j’suis pas enceinte, j’suis pas mourante, j’suis pas.. enfin c’est rien de dramatique quoi. Ok ? Alors enlève cet air soucieux, tu vas choper des rides avant moi sans ça ! » « Dommage que tu sois pas enceinte, j’aurais bien aimé jouer les tontons gâteux moi. »
C’était sorti le plus naturellement du monde ▬ Après un soupir de soulagement tout de même ▬ et pourtant je me rendais compte du double sens après coup. A aucun moment je n’avais pensé à Derek et pourtant, j’étais presque certain qu’elle associerai cette phrase à mon frère parce que bien qu’elle n’en dise rien, j’étais suffisamment observateur pour comprendre qu’il l’avait atteint en pleine poitrine. Un froid entre eux. Elle souffrait par sa faute et je me rendais compte à quel point j’avais pu être naïf. Pourquoi aurait elle fait une exception ?! La réponse était toute faite malgré tout : Parce que Jillian est exceptionnelle. Et j’étais persuadé que mon frère s’en rendrait compte malgré son cœur de pierre. Je m’étais visiblement trompé mais ça n’était pas mes affaires et prendre partie dans une telle situation me paraissait pour l’instant non seulement impossible mais également inapproprié. Tout ce que je savais, c’est qu’il fallait que je change de sujet tout de suite pour détendre notre atmosphère qui commençait à se noircir de nuages plein de tension.
« Enfin bref, Cameron … En fait, on peut pas dire que je le connaisse vraiment. C’est assez compliqué. Je sais pas si j’peux en parler mais, en fait, il est ami avec Kyle et au début, il y a un certain temps, j’étais jaloux. Oui je sais, c’est débile mais quand tu vois la carrure qu’il se tape ben j’sais pas, j’ai paniqué ou un truc du genre. Ceci dit je ne l’ai pas changé en poule, MOI. »
Petite pique accompagné d’une légère bourrade dans l’épaule avant de me racler la gorge et de regarder droit devant moi, un léger sourire en coin réalisant l’absurdité de ce que je m’apprêtais à dire. Bien que ce soit la pure et stricte vérité.
« Par contre … Je l’ai coursé une nuit de Pleine Lune … »
Oops.
Autant l’avouer, je n’étais pas trop à l’aise de mettre ça sur le tapis. Une partie de ma vie que j’aurais souhaité oublier même si ce cauchemars là était bien loin d’être terminé, mais je n’avais pas envie de penser aux Supérieurs pour le moment. Mon corps était encore à peine remis de la séance de Doloris du matin et j’avais suffisamment de raison de m’en faire, mais ça serait pour plus tard. Je reprenais donc.
« Mais je l’ai laissé partir, j’pouvais pas m’en prendre à lui. M’en prendre à lui c’était comme m’en prendre à Kyle. Trop de rapprochement. Du mélodrame, encore. Quoi qu’il en soit, on s’est croisé dans les couloirs quelques jours après ça et il m’a reconnu. J’veux dire, j’sais pas, mes yeux, il a su. J’ai nié, il a insisté pendant des semaines et j’ai fini par craquer et lui avouer que c’était bien moi ce gros Loup noir. Du coup voilà, il connaît mon secret mais ça s’arrête là. Il ne sait pas pour Kyle et moi, ou en tout cas il n’en a jamais fait de commentaire. C’est pas à moi de le lui dire si ça doit être dit. On est pas ami lui et moi, on partage juste quelque chose d’un peu étrange. Je ne sais même pas s’il connaît mon prénom, c’est pour te dire. »
Haussement d’épaules, je roulais des yeux. Oui, absurde, c’était le bon mot. Bienvenue au pays de la magie.
Et puis il y a eu un nouveau silence, nos mains toujours l'une étreignant l'autre. Silencieux, mais bien là l'un pour l'autre. Proche mais lancés chacun à pleine vitesse dans ses propres pensées. A quoi est ce qu'elle pouvait bien penser ? A cette « chose » qu'elle projetait de me raconter mais plus tard, car ce n'était pas le bon moment pour elle, ce que je pouvais comprendre même si ça m'inquiétait. Beaucoup. Juste un moment de calme après la tempête. Un moment pour être ensemble, et nul besoin de mots. Nombreux étaient ceux qui passaient non loin de nous, je ne les voyais pas. Et puis au bout d'un certain temps, un sourire s'est esquissé sur mon visage alors que je voyageais dans mes souvenirs. Sans prévenir, je me suis relevé, lâchant sa main délicatement cette fois. J'ai tourné sur moi même, les bras écartés sans tenir compte du regard des autres. Juste un petit tour, l'instant d'après j'avais une main dans mes cheveux en bataille et l'autre sous mes vêtements, là juste sur mon ventre. Mes petites habitudes à moi. Les yeux qui brillent, un large sourire et cette manie de ne pas tenir en place. Je la regardais, la surplombant de toute ma hauteur alors qu'elle demeurait assise. Si petite. Si fragile ? Je n'en étais pas si sur.
« Jill, je suis heureux, et ça ne m’était pas arrivé depuis des mois. J’suis amoureux, j’suis complètement accro même, et absolument et totalement ridiculement dépendant. Faudra vraiment que je te le présente un jour, j’te jure, tu l’adorerais. Il est … tellement … Je sais pas, j’comprends toujours pas d’où ça vient, tout ce que je sais c’est qu’il me rend heureux. »
Juste un besoin de partager ça, parce qu'elle était la seule à savoir, la seule à avoir le droit de partager ça avec moi. Parce qu'elle l'avait toujours su et parce que j'étais réellement heureux, et que j'avais besoin de le partager avec quelqu'un qui pouvait le comprendre et surtout l'accepter. Elle était la mieux placée pour ça, puisque jamais elle ne m'avait jugé. Pas pour ça en tout cas. Oui j'aime un garçon, et alors ? Jamais ça ne lui a paru invraisemblable. Jamais elle n'a fait le moindre commentaire là dessus. Jamais je ne me suis senti différent quand son regard se posait sur moi. J'en avais le tournis d'être aussi heureux et je sentais qu'elle était à deux doigts de m'attraper le sweat pour me faire rassoir parce que je commençais à devenir le Enzo pile électrique qui ne sait pas comment s'arrêter. J'ai anticipé son mouvement en pliant les genoux pour mettre mon visage à hauteur du sien et ma main est allé se poser sur sa joue après avoir remis une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
« Mais tu te souviens de ce que tu m’as dit la dernière fois où tu m’as coupé les cheveux ? Que tu ne pourrais pas être heureuse si je ne le suis pas. C’est réciproque. Tous ces mois qu’on a passé séparés c’était … C’était l’horreur. J’étais loin de toi par connerie, par fierté, par tout ce que tu veux de plus stupide et débile encore, alors que t’étais la seule personne capable de m’aider à traverser ça. Et j'aurai du être là pour toi. Je sais qu’on peut pas rattraper ce temps perdu mais j’veux faire tout ce que je peux pour que ta vie soit plus belle. »
Enzo … Si tu continues tu vas verser ta petite larme … Je m'en fous.
« Je veux que tu sois heureuse Jillian Davis, parce que tu le mérites plus que n’importe qui d’autre et que même si t’es quelqu’un de secret, que je ne comprends pas toujours ce qu’il se passe dans ta tête, derrière tes magnifiques yeux bleus, je respecte ton silence. Je veux juste que tu saches que je serais toujours là pour toi, que même si Kyle prend déjà beaucoup de place y en aura toujours assez pour ma meilleure amie, ma sœur, que tu peux me confier ce que tu jugeras trop lourd à porter, y compris ce qui concerne mon frère même si ça sera toujours un peu délicat, mais je pense le connaître mieux que personne alors peut être que je peux t’aider à déchiffrer certaines énigmes résultant du cas Derek Ryans. »
Par contre, s’il t’a fait du mal, s’il te fait souffrir, je ne peux pas te promettre de ne pas faire le con, parce que d’une on ne touche pas à Jillian Heather Davis, de deux, c’est mon frère et je fais ce que je veux, et de trois, j’ai déjà trop de trucs à lui faire payer alors la facture risque d’être salée le jour où je lui tomberai dessus. Voilà, ça c’est fait.
Je me suis rassis près d'elle et je l'ai serré contre moi, dans un geste tout à fait naturel, absolument et totalement coupé du monde extérieur, mon visage noyé dans ses boucles brunes.
« Je ne t’abandonnerai plus jamais, Jill. »
Petit rire nerveux sans pour autant la lâcher.
« Et t’as le droit de te foutre de ma gueule parce que je suis un grand sentimental. Je me rends, je suis comme ça va bien falloir que je l’assume un jour. »
Instinctivement je me suis mis à sentir son odeur. Toujours la même. Un semblant de parchemin, de livre, une touche de rose. Une odeur légère mais douce et ...
« Par contre, tu m’expliques pourquoi tu sens la weed ? »
Sans pour autant me reculer pour la dévisager. Pas besoin de lui faire les gros yeux, je suis le petit frère dans l'histoire et je n'ai pas à lui faire la leçon. Je suis juste un peu étonné je dois bien l'avouer. Mais bon, qui n'a jamais fumé un join au juste ? Même moi je l'ai fait une ou deux fois quand j'étais en Australie. Dis donc Jill, tu caches bien ton jeu sous tes airs de petite filles sages …
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CRAZY AdminHiboux postés.: 5349 Crédits: Talim Double Compte: Cleo M. Andrews Date d'inscription: 02/04/2010
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Jeu 23 Juin - 12:09 | |
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Enzo eut la finesse de me laisser dévier du sujet sans s’y attarder mais sa réponse nous engagea sur un terrain… glissant.
« Dommage que tu sois pas enceinte, j’aurais bien aimé jouer les tontons gâteux moi. » lança-t-il tout naturellement.
Pardon ? Je bloquai sur sa phrase. Des images toutes plus invraisemblables les unes que les autres fusèrent droit dans mon cerveau : Enzo tenant maladroitement un bébé entre ses grandes pattes. Moi tenant le même bébé et le berçant d’un air maternel. Derek arrivant par derrière et embrassant le front de l’enfant. Enzo faisant des grimaces devant un bébé écroulé de rire. Derek levant les yeux au ciel devant cette scène. Autant de coups dirigés contre mon cœur. Chassant d’un revers de pensée toutes ces images, je fronçai les sourcils. Enzo ne l’avait pas fait exprès. Enzo ne le faisait jamais exprès. Il venait juste d’apprendre que son frère et moi c’était… gelé. Il n’avait pas eu le temps d’intégrer l’information surtout qu’il ignorait pourquoi. Ce qui m’étonnait un peu c’était qu’il ait imaginé que nous pourrions aller jusque là avec Derek. Nous étions plus âgés que lui certes, mais à ce point ? Je ne me voyais pas être mère, pas pour le moment. J’avais déjà du mal à m’occuper de moi, ne serait-ce que veiller à ma santé je foirais complètement alors celle d’un autre… Et Derek voulait-il d’un enfant de toute manière ? Et ça y est ça recommence. Enzo sors moi de ma tête.
« Enfin bref, Cameron … En fait, on peut pas dire que je le connaisse vraiment. C’est assez compliqué. Je sais pas si j’peux en parler mais, en fait, il est ami avec Kyle et au début, il y a un certain temps, j’étais jaloux. Oui je sais, c’est débile mais quand tu vois la carrure qu’il se tape ben j’sais pas, j’ai paniqué ou un truc du genre. Ceci dit je ne l’ai pas changé en poule, MOI. » argua-t-il en me donnant une légère bourrade. « Oui, oh, il l’avait cherchée celle-là hein ! Faut pas non plus sortir ça de son contexte ! » me défendis-je. « Par contre … Je l’ai coursé une nuit de Pleine Lune … »
Légère pause. Je ne le chambrai pas. Il avait pris un air plus sérieux.
« Mais je l’ai laissé partir, j’pouvais pas m’en prendre à lui. M’en prendre à lui c’était comme m’en prendre à Kyle. Trop de rapprochement. Du mélodrame, encore. Quoi qu’il en soit, on s’est croisé dans les couloirs quelques jours après ça et il m’a reconnu. J’veux dire, j’sais pas, mes yeux, il a su. J’ai nié, il a insisté pendant des semaines et j’ai fini par craquer et lui avouer que c’était bien moi ce gros Loup noir. Du coup voilà, il connaît mon secret mais ça s’arrête là. Il ne sait pas pour Kyle et moi, ou en tout cas il n’en a jamais fait de commentaire. C’est pas à moi de le lui dire si ça doit être dit. On est pas ami lui et moi, on partage juste quelque chose d’un peu étrange. Je ne sais même pas s’il connaît mon prénom, c’est pour te dire. » « Je lui demanderai si tu veux. Il m’a à la bonne maintenant que je lui ai sauvé la vie. Non j’déconne, c’est pas vrai. On s’entend bien par contre. »
J’aurai voulu lui dire que sans Cameron, sans Kyle je n’aurai pas tenu le coup avec son absence mais quelque chose me disait que ça n’allait pas avoir l’effet que je recherchais. Je ne voulais pas qu’il culpabilise d’être parti, pas maintenant qu’il était revenu et qu’il jouait carte sur table avec moi. Une ombre de culpabilité plana au-dessus de moi en me rendant compte que je ne lui rendais pas exactement la pareille. Qu’est-ce qui rendait mes mots si lourds, comme si j’avais des pierres dans le cœur que je devais porter jusqu’à mes lèvres… Il fallait que je trouve cette force. Tout lui dire. Cela arrangerait peut-être certaines choses. Après tout, même s’il était le petit frère dans notre relation, il était aussi un Loup solide, capable d’encaisser et de préserver son entourage. Il me l’avait déjà prouvé auparavant et même s’il avait dérapé à la fin de l’année dernière et cet été.. il n’avait pas du changer ça. Enzo était quelqu’un qui veillait sur ses proches comme sur la prunelle de ses deux yeux. Même lorsque ses proches se comportaient comme des cons, il continuait de veiller sur eux. Je l’avais déjà vu agir comme ça avec Derek. Oui, je pouvais trouver ce courage de tout lui dire. Pour Suzie. Pour Derek. Pour Kyle. Pour.. moi ? Non. Pas pour moi. Pas tout de suite ça par contre. Trop d’incertitudes et trop de souffrance pour rien à la clé. Ce n’était même pas encore sûr, ça pouvait encore reculer et disparaître. Il fallait juste être patient alors inutile de l’inquiéter, inutile d’inquiéter qui que ce soit avec ça. Je ne veux pas que ça se répande.
Enzo se redressa soudain, reposant délicatement ma main sur mon genou. Un petit tour sur lui-même comme s’il s’étirait et je crus qu’il allait partir. Mais non, il se tourna vers moi et adopta une de ses postures favorites lorsque tout allait bien. Les yeux brillants et le sourire aux lèvres, il prit une inspiration et je souris en le voyant agir comme ça. Je ne l’avais pas vu aussi épanoui depuis longtemps. Il faisait plaisir à voir.
« Jill, je suis heureux, et ça ne m’était pas arrivé depuis des mois. J’suis amoureux, j’suis complètement accro même, et absolument et totalement ridiculement dépendant. Faudra vraiment que je te le présente un jour, j’te jure, tu l’adorerais. Il est … tellement … Je sais pas, j’comprends toujours pas d’où ça vient, tout ce que je sais c’est qu’il me rend heureux. »
Me présenter… Kyle ? Contrôle-toi Jill, fais pas tout foirer, pas aujourd’hui. Un petit sourire et dès qu’il tourne les yeux.. oh putain de merde. Souris, il te regarde ! Tu lui diras plus tard, d’abord voir Kyle. Et de toute urgence maintenant, ça devient vraiment trop pénible de lui mentir quand il m’ouvre son cœur aussi grand. Il a une totale confiance, c’en est presque effrayant mais.. ça me remplit de bonheur d’un autre côté. Le voir heureux comme ça, je peux pas lui gâcher ce moment. Le voilà qui s’agenouille et me caresse la joue puis les cheveux. Tu ne me facilites pas la tâche Enzo, je me sens vraiment inhumaine de te faire ça, de te cacher encore des choses qui vont te faire mal. Il m’a rappelé la fois où je lui coupais les cheveux, les mois passés loin l’un de l’autre... L’horreur. Il voulait rattraper tout ce temps à se faire la tête, à ne pas se parler, à ne rien partager. La gorge serrée, je le laissais parler. Je ne savais pas quoi dire qui soit plus beau qu’un silence plein d’amour de toute manière. Et il disait tout ça beaucoup mieux que moi.
« Je veux que tu sois heureuse Jillian Davis, parce que tu le mérites plus que n’importe qui d’autre et que même si t’es quelqu’un de secret, que je ne comprends pas toujours ce qu’il se passe dans ta tête, derrière tes magnifiques yeux bleus, je respecte ton silence. Je veux juste que tu saches que je serais toujours là pour toi, que même si Kyle prend déjà beaucoup de place y en aura toujours assez pour ma meilleure amie, ma sœur, que tu peux me confier ce que tu jugeras trop lourd à porter, y compris ce qui concerne mon frère même si ça sera toujours un peu délicat, mais je pense le connaître mieux que personne alors peut être que je peux t’aider à déchiffrer certaines énigmes résultant du cas Derek Ryans. » « Je… je.. » commençai-je, ne sachant pas par où poursuivre.
J’avais les larmes au bord des yeux, le cœur au bord des lèvres, l’âme à fleur de conscience. En quelques mots, il venait d’ouvrir une brèche en moi. Cette brèche qu’il avait ouverte une première fois avec violence et que j’avais tenté de colmater pendant des mois. Il venait de la rouvrir pour faire sauter tous mes faux-semblants et me remplir de cette promesse d’être toujours là pour moi. Tous mes mensonges pour me rassurer sur son amitié venaient de se dissoudre dans ses paroles, remplacés par ses mots à lui, sa sincérité, son amitié pour moi. Je n’avais pas de mots pour décrire ce que je ressentais, encore moins pour le remercier. Je ne trouvais rien de tout ça assez fort pour exprimer cette sensation de cœur réparé qu’il venait de me donner. Sans doute imagine-t-on dans la vie de tous les jours que les gens autour de nous, qui vivent avec nous en permanence nous aiment forcément. Ils n’ont pas besoin de le dire, nous savons, entre nous nous savons que nous nous aimons. Mais une piqûre de rappel de temps en temps… je dois dire que ça fait vraiment beaucoup, beaucoup de bien.
Se rasseyant près de moi, il me prit dans ses bras et j’y séchai les quelques larmes qui avaient débordé de mes yeux. Tant de pensées s’exprimaient dans mes gestes que mes paroles en devenaient inutiles. Les mots ne se formaient pas aussi bien dans ma bouche comparée à la sienne. Je les trouvai déjà bancales dans mon esprit alors à voix haute... Certaines choses pourtant devraient être dites de vive voix mais plus tard. Me serrant contre lui, je l’entendis près de mon oreille.
« Je ne t’abandonnerai plus jamais, Jill. » déclara-t-il avec douceur avant d’éclater d’un petit rire nerveux. « Et t’as le droit de te foutre de ma gueule parce que je suis un grand sentimental. Je me rends, je suis comme ça va bien falloir que je l’assume un jour. » « Je sais que c’est pas grand-chose comparé à tout ce que tu viens de me dire mais merci. Du fond du cœur. Je suis pas habituée aux déclarations comme ça, je sais pas quoi te dire. J’ai peur de gâcher. » murmurai-je, la voix toute rauque.
Ca m’arrive si souvent en ce moment alors quand je peux éviter…
« Par contre, tu m’expliques pourquoi tu sens la weed ? » « Longue histoire ça suffirait ? » marmonnai-je une minute après dans son épaule.
Et merde. Rends tes comptes Jillou, c’est le moment. De toute façon, t’as pris la résolution de tout lui dire alors commence par ça. Après tout, il se joindra peut-être à toi. Eh nan c’est un gamin, c’est pas bon pour sa santé ça ! Arrête avec tes idées bizarres ! Je veux pas qu’il crève d’un cancer des poumons ou qu’il se jette du haut des Tours parce qu’il a vu quelque chose de cool en bas qui n’existe que dans sa tête. Une droguée sur les deux, c’est déjà pas mal tu crois pas ? Me reculant pour l’avoir dans mon champ de vision, je croisai son regard et n’y apercevant aucune lueur sévère, juste de la curiosité, je me détendis un peu. Un instant j’avais eu peur qu’il m’engueule, je l’aurais fait moi je crois. Mais là les rôles étaient inversés, c’était moi l’enfant prise en faute. Enfin en faute… c’est relatif puisque c’est le médecin qui m’a demandé de faire ça, pas ma faute si j’y ai pris goût parce que ça solutionne bien des choses dans ma tête qui pense trois fois trop. J’inspirai un coup et me lançai :
« Je vais t’expliquer mais il va falloir que tu me croies sur paroles même si ça va te sembler louche, pas logique ou autre. Moi non plus au départ j’en revenais pas. »
Un bref silence.
« C’est le toubib qui m’a demandé de fumer ça. Jt’ai déjà expliqué que j’avais donné un de mes reins il y a longtemps et que contrairement à ce qui arrive d’habitude, celui qu’il me reste n’a pas réussi à faire le travail tout seul. Il y arrive toujours pas d’ailleurs donc je suis toujours sous Pimentine. Bref. Il y a quelques mois, ça a… évolué. Pas vraiment en bien et donc pour enrayer ça sans me gaver de tonnes de médicaments, le toubib m’a proposé cette solution. Paraît que ça a fait ses preuves. Donc j’ai commencé ce traitement alternatif quelques temps après la fin de l’année dernière et… tu vas sans aucun doute me traiter de droguée et de tout ce que tu veux mais… avec toi qui ne revenait pas, l’histoire avec Derek et d’autres trucs encore, j’ai fini par dépasser le nombre. Je sais c’est stupide et j’aurais jamais imaginé que je tomberai là dedans aussi facilement mais le fait est que ça m’a aidé à tenir le coup. Je sais que c’est factice ce sentiment d’aller mieux mais à ce moment là c’était tout ce que j’avais pour combler le vide que t’avais laissé dans ma vie. »
Baissant la tête, j’ai repris sa main. Je ne voulais pas qu’il culpabilise de m’avoir laissée, même si ça m’avait fait beaucoup de mal. Il était revenu, m’avait demandé pardon et… je n’avais pas besoin de plus pour le moment. Je ne voulais plus qu’il reparte et il venait de me promettre de plus le faire alors je pouvais sans doute être franche avec lui. Parfois c’est bon de savoir qu’on a fait une erreur, pour ne plus jamais laisser la chose se répéter.
« Voilà pourquoi je sens la weed à trois kilomètres. Je ne connaissais même pas le terme tu vois. Je suis une amatrice xD Et si ta prochaine question c’est est-ce que j’en assez pour deux, non Enzo Ryans tu ne toucheras pas à ça ! Je me fusillerai sur place de t’en filer. »
Je vais pas te faire le sermon de la drogue c’est mauvais pour la santé, je pense que tu le connais par cœur.
« Quelle meilleure amie je ferais si je te laissais te pourrir la santé ! » marmottai-je.
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▬ Lonely Boy Wolf ▬Hiboux postés.: 11278 Crédits: JunkieMouse ▬ Gifs by Talim. Double Compte: Isma ▬ Cameron ▬ Jeremiah ▬ Taylor ▬ Riley Date d'inscription: 13/09/2009
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Jeu 23 Juin - 21:02 | |
| La déclaration d'amitié enflammée, c'est fait. La mettre mal à l'aise, c'est fait. Lui arracher des larmes, c'est fait. Et bordel, ça fait du bien de vider son sac, je devrais peut être faire ça plus souvent mais là j'ai comme l'impression que je suis à bout de souffle et les sujets sérieux … Disons que ça va 5 minutes. On aura tout le temps de remettre ça sur le tapis … Jamais en fait. Je crois que tout a été dit et maintenant la balle est dans son camp. Si elle veut parler, elle sait que je l'écouterai. Je pense qu'elle me connait assez, qu'elle a suffisamment confiance en moi pour savoir que je ne parle pas juste pour parler. Enfin ça m'arrive, je ne dis pas le contraire, juste que cette fois, j'ai ouvert mon cœur en grand. Et que jamais je ne triche avec ça. Faut pas croire que c'est facile pour moi de balancer tout ça, même si ça en à l'air. Je suis un garçon plutôt timide et réserver à la base, et dire ce que je pense, ça n'a pas toujours été une évidence pour moi. Ça ne l'est toujours pas d'ailleurs, simplement j'ai appris avec le temps et les évènements qu'il ne faut pas attendre qu'il soit trop tard. Quand je repense à toutes ces choses que j'aurai aimé dire à mes parents, ça me serre le cœur. J'aurai voulu dire à ma mère que je l'aimai bien plus souvent, qu'elle était la plus belle femme au monde, que quand j'étais petit je voulais me marier avec elle même si elle avait déjà Papa. J'aurai voulu dire à mon père qu'un jour il serait fier de moi, que même si ça n'était pas toujours flagrant, je faisais des efforts pour être un bon fils. J'aurai voulu leur dire qu'ils étaient mes piliers, mes modèles, les personnes que je chérissais le plus au monde, que malgré ma relation assez explosive avec mon frère je ne le laisserai jamais tomber, et malgré la situation je le pense encore. J'aurai voulu leur dire qu'avec eux je n'ai jamais manqué de rien si ce n'est de leur présence depuis qu'ils nous ont quitté. Qu'ils nous ont aimé, bien éduqué, et préservé autant que possible du monde extérieur. Peut être un peu trop ? Certes le choc a été violent mais je suis heureux d'avoir pu profiter de ces années de paix et de bonheur – Si on fait abstraction des crasses de Derek qui aujourd'hui ne me paraissent plus aussi dramatiques qu'à l'époque étant donné les galères que j'ai enchainé depuis et l'horreur que j'ai côtoyé – avant de plonger tête baissée en enfer. Poudlard. Prison. Enfer. Et pourtant l'endroit où j'ai rencontré tout un tas de personnes formidables. Dont elle, Jillian. Ma Jillian. Qui restera toujours ma Jillian à moi même si elle devient ma belle sœur un jour. Et faut que j'arrête avec ça. On dirait que je me familiarise plutôt bien avec cette histoire alors qu'elle vient de me dire que c'est pas la joie entre eux en ce moment. Ah les problèmes de couples  Tu veux que je te raconte les miens ? Nan, on s'en fout. Marre des problèmes. « Longue histoire ça suffirait ? » Oui, oui c'est ça, cache toi dans mon épaule, genre ça va marcher … « Nan. » Tu me détestes ? Mais non, tu m'aimes, je le sais. Tu m'adores. Je suis ton petit frère préféré et un seul de mes regards de louveteau te fera craquer alors épargne nous ça et crache le morceau. Chacun son tour. Junkie ! « Je vais t’expliquer mais il va falloir que tu me croies sur paroles même si ça va te sembler louche, pas logique ou autre. Moi non plus au départ j’en revenais pas. »Et là elle va me sortir que c'est une petite voix dans sa tête qui lui a soufflé que c'était bon pour la croissance. Mais ouvre les yeux Jill, t'es vieille ! Tu grandiras plus maintenant ! Et tu peux toujours essayé, tu ne me rattraperas jamais. Heureusement pour toi j'ai envie de dire, vu la carrure que je me paie. En fait j'ai rien à envier à Cameron. Ok il a les yeux bleus, mais il est moins costaud que moi, et de toute façon, c'est pas ses mains à lui qui s'amusent sous les vêtements de Kyle Johnson. Vieille rengaine. J'suis plus jaloux de lui. Enfin je crois. S'il n'y avait que moi, j'enfermerai Kyle dans un un Donjon pour le garder juste pour moi mais je crois qu'il aimerait pas trop ça. Quoi qu'il en soit, que j'en vois un, ou une, s'approcher trop près et je sors les crocs. A moi ! Et … Oh le petit regard gêné. Tu sais plus où te mettre toi. Normal, t'es entrain d'essayer de me justifier ta toxicomanie. Je fais le crétin dans ma tête là mais va pas croire que je ne prends pas ça au sérieux. Si jamais je me rends compte que tu dépasses les bornes des limites, tu penses bien que j'interviendrai et ce peu importe si mes conneries et ces mois d'absence m'ont fait perdre toute légitimité. Ok ? Aller crache le morceau maintenant, tu verras, ça fait du bien. Paroles de scout ! N'importe quoi  Désolé, c'est l'émotion. « C’est le toubib qui m’a demandé de fumer ça. Jt’ai déjà expliqué que j’avais donné un de mes reins il y a longtemps et que contrairement à ce qui arrive d’habitude, celui qu’il me reste n’a pas réussi à faire le travail tout seul. Il y arrive toujours pas d’ailleurs donc je suis toujours sous Pimentine. Bref. Il y a quelques mois, ça a… évolué. Pas vraiment en bien et donc pour enrayer ça sans me gaver de tonnes de médicaments, le toubib m’a proposé cette solution. Paraît que ça a fait ses preuves. Donc j’ai commencé ce traitement alternatif quelques temps après la fin de l’année dernière et… tu vas sans aucun doute me traiter de droguée et de tout ce que tu veux mais… avec toi qui ne revenait pas, l’histoire avec Derek et d’autres trucs encore, j’ai fini par dépasser le nombre. Je sais c’est stupide et j’aurais jamais imaginé que je tomberai là dedans aussi facilement mais le fait est que ça m’a aidé à tenir le coup. Je sais que c’est factice ce sentiment d’aller mieux mais à ce moment là c’était tout ce que j’avais pour combler le vide que t’avais laissé dans ma vie. »Aïe x_X Je sais que ça n'était pas son intention, et sa main sur la mienne me le prouve, mais n'empêche que ça fait mal. Je crois qu'ils ne se rendent pas bien compte de l'impact que ça peut avoir ce genre de déclaration. C'est comme le jour où Kyle m'a dit que le jour où il m'a trouvé sous le Saule Cogneur, il avait l'intention de s'enfuir mais qu'il a choisi d'y renoncer pour me venir en aide. On sait très bien tous les deux qu'il n'aurait pas pu s'échapper mais le fait que je me suis senti coupable malgré tout. Pour ça et bien d'autres choses encore. Alors oui ça fait mal, mais les choses sont ce qu'elles sont et je sais tout le mal que j'ai pu faire à chacun d'entre eux. Je leur en ferai surement encore, parce que je ne maitrise pas toujours tout, parce que je suis un cas plutôt spécial, parce que je suis humain malgré tout. Un humain à moitié Loup qui essaie de s'acclimater, qui laisse des sentiments jusqu'ici inconnu s'infiltrer dans son cœur. J'ai toujours été un solitaire, alors concilier, partager sa vie, ça fait peur, et ça n'est pas aussi évident que ça en à l'air. Toutes ces concessions … Je ne me force pas, bien au contraire, je dis juste que ça n'est pas aussi simple que ça en à l'air. Mais pour Jill, j'ai bien conscience de tout le mal que je lui ai fait, en partant, en revenant, en agissant avec elle comme je l'ai fait ce fameux jour dans la remise et même si l'éponge est passée, même si tout ça est derrière nous, elle comme moi, je sais qu'on ne l'oubliera jamais. La seule consolation que je peux lui offrir, c'est que moi aussi j'ai souffert, comme jamais. D'être loin d'elle, loin de lui. Loin de tous mes repères, sans rien ni personne à qui me raccrocher qu'un frère qui m'a manipulé et m'a caché la vérité pendant des mois. Un frère que je devrais haïr, un frère que je hais en fait, mais que j'aime malgré tout. C'est compliqué les relations, j'y comprends pas grand chose, mais je suis prêt à faire des efforts, à apprendre, pour eux, pour ne pas les perdre encore une fois parce que la vie sans eux ça n'a pas de sens, tout simplement. Je ne demande qu'à grandir. Je suis encore un petit garçon qui découvre le monde. J'ai découvert les ténèbres, maintenant je cours après la lumière. Et cette lumière, ce halo bienfaiteur dans l'obscurité, c'est Elle, c'est Lui. C'est Eux. Alors même si ses mots me font mal sur l'instant, je suis content qu'elle parvienne à les laisser sortir malgré tout. Elle ne se cache pas de moi, et ça, c'est un cadeau très précieux quand on connait Jillian Davis. Alors je ne montrerai rien de mon malaise. Je vais me contenter de lui offrir un sourire, de serrer mes doigts autour des siens sans rien lui demander, sans rien dire. Je comprends. Je comprends et je cache derrière mon visage qui retrouve une lueur enfantine malgré mes traits d'adultes, toute mon inquiétude. Son rein. Elle n'en parlait que très rarement et je n'ai jamais su trouver le bon moment, les bons mots, pour en apprendre plus. Parce que je ne suis pas doué pour ça, et parce que je me mettais à sa place, moi qui n'aimait pas non plus qu'on me force à dévoiler ce que je gardais pour moi. J'estimais que si elle ne m'en parlait pas, c'était parce qu'elle avait ses raisons. Le canabis, une thérapie. Je la crois. A aucun moment je ne doute de ses paroles mais intérieurement, j'ai peur. Peur pour elle. Et puis c'est quoi ces « d'autres trucs encore ». Le secret m'étouffe mais j'ai promis de respecter son silence. Dis moi que tu vas bien Jill, s'il te plaît. Dis moi que je ne vais pas te perdre. Je ne te jugerai pas, je sais trop bien qu'on a besoin de quelque chose pour tenir le coup et je pense que ta manière à toi, même si elle ne me semble pas la meilleure, sera toujours moins pire que la mienne. Au moins, tu n'as pas fait du mal à des innocents, tu n'es pas responsable de la mort de plusieurs personnes. Tu as juste voulu t'en sortir et quoi de plus normal. L'instinct de survie, on ne peut pas luter contre. Non je ne jugerai pas, je veux juste … sortir de ce trou noir qui s'ouvre sous mes pieds. Rattrape moi s'il te plaît. Je ne veux pas sombrer, pas maintenant. Aide moi à chasser mes démons loin de toi. Parle moi. Parce que tu vois ce masque sur mon visage, il va finir par s'effriter et révéler mon vrai visage. Crois moi, tu ne veux pas voir ça. « Voilà pourquoi je sens la weed à trois kilomètres. Je ne connaissais même pas le terme tu vois. Je suis une amatrice xD Et si ta prochaine question c’est est-ce que j’en assez pour deux, non Enzo Ryans tu ne toucheras pas à ça ! Je me fusillerai sur place de t’en filer. »J'éclate de rire. « Oui maman. »Elle roule des yeux. « Quelle meilleure amie je ferais si je te laissais te pourrir la santé ! »« Une exécrable, oui c'est certain. Bouh la mauvaise amie ! T'as pas honte ? Parler de drogue à un mineur influençable, quelle belle idée ... »Et je lui sors mon plus beau sourire de crétin, dévoilant toutes mes dents, et faisant briller mes yeux. Le masque est partie, l'obscurité avec. Tout va bien. Pour les malheurs on verra plus tard. « J'te rassure, tu sens pas à 3km mais avec mes sens de Canis Lupus, y a quelques trucs qui m'échappent pas. Et rassure toi, je ne supporte pas la fumée et l'odeur de la clope, pour les mêmes raisons. Certes l'odeur du joins est moins agressive mais ça revient au même. »Genre je suis un expert. J'ai du tirer sur deux joins dans ma vie, quel exploit ! « Et si tu me traite de petite nature, j'te mords à la prochaine Pleine Lune et tu comprendras ta douleur ma belle. »Héhé. Parce que oui, tu peux me croire sur parole, les sens qui se développent, ça peut être cool mais parfois c'est … pas cool du tout. Et les joies de la transformation, quand tu crois que tu vas mourir tellement ça fait mal. Un vrai bonheur. « De toute façon, c'est pas mon truc tout ces machin là. J'ai déjà essayé mais ça m'éclate pas plus que ça, et ça ne me réussi pas des masses. L'alcool j'en parle même pas. J'ai tellement pas l'habitude de boire que c'est un vrai désastre quand ça arrive. »Ce qui n'est pas arrivé depuis quasiment un an. Je ne le tiens absolument pas et si j'suis de mauvaise humeur, ça me rend méchant alors j'évite. Tu pourras demander à Kyle, il en a fait les frais. En fait, je me rends compte qu'il a du faire les frais de tous mes mauvais côtés … Comme quoi, quand on dit qu'on fait plus facilement souffrir les personnes à qui on tient le plus c'est pas des conneries. « Un esprit sain dans un corps sain » « On va manger un bout, viens, et ça n'est pas négociable parce que j'ai vraiment trop faim. »J'ai secoué la tête pour me sortir de mes délires et mon ventre à grogné en même temps. Signal d'alarme. Un Enzo affamé, c'est jamais une bonne chose. Et puis de toute façon, si on n'y va pas de nous même y a bien un gros con qui viendra nous déloger alors autant y aller. Sans attendre de réponse de sa part, je me suis levé d'une traite, j'ai attrapé sa main et je l'ai soulevé sans trop d'effort. Ouais pas de doute, ça ne lui fera pas de mal de manger un peu parce que dans le genre poids plume … Mon bras autour de son épaule, j'ai claqué un bisou sur sa joue et je nous ai entrainé vers la grande salle d'un pas titubant. On tanguait de gauche à droite, comme deux gamins, ou deux bourrés, riant au éclat quand on rencontrait un mur d'un peu trop près ou que le sol se rapprochait dangereusement. Une fois arrivés dans la Grande Salle, par réflexe je l'ai lâché et j'ai remis mes mains dans mes poches, cherchant mon frère des yeux. Pourquoi j'ai fait ça ? Aucune idée. Pour ne pas qu'il sache qu'elle et moi c'était une affaire qui roulait, pour ne pas qu'il s'imagine que j'allais essayer de marcher sur ses plates-bandes. Je n'en savais trop rien, mais de toute façon, je ne le voyais pas et c'était pas plus mal. Il y avait des places libres un peu partout et les élèves des différentes maisons étaient mélangés. A la table des Professeurs, certains manquaient à l'appel. Hammerschmitt entre autre mais ça ne m'étonnait pas plus que ça. Il était rarement présent. A croire que la proximité de l'être humain lui était insupportable. Tant mieux. Ismaelle était là, Fenrir à ses pieds. Je nous guidais vers une table, non loin de Zora a qui j'adressais un sourire avant de m'asseoir et d'inviter Jill à prendre place face à moi. Pile à l'heure. A la minute même où mon postérieur s'est posé sur le banc en bois, les plats sont apparus. Merci les Elfes de Maisons. Je me suis jeté sur la nourriture comme si je n'avais pas mangé depuis des jours. Effet post-Pleine Lune, qui ne remontait à pas si loin. J'avais encore besoin de reprendre des forces. Jillian me regardais d'un air blasé, comme si elle avait devant elle un … petit cochon. Vrai que j'avais l'air d'un sauvage mais sur le moment, je m'en fichais pas mal. Mon ventre était content et c'était tout ce qui importait. On est resté silencieux quelques instant comme ça, jusqu'à ce que j'articule entre deux bouchées. « J'crois que j'ai parlé pour les 10 années à venir, et comme tu restes enfermée dans ton mystère – Attention c'est pas un reproche hein – je propose un Roi du Silence. »Une seconde. Deux secondes. Trois secondes ... « En fait c'est chiant. Dis moi, rapport à ton p'tit soucis de junkie là, tu fumes avant d'aller en cours ? J'vais pas t'apprendre que ça fait perdre la concentration ce genre de truc. Comment j'fais moi si mon prof particulier arrive défoncé à nos cours ? C'est pas Lune qui va m'faire réviser. »
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CRAZY AdminHiboux postés.: 5349 Crédits: Talim Double Compte: Cleo M. Andrews Date d'inscription: 02/04/2010
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Dim 26 Juin - 19:32 | |
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Les parents me verraient, je crois bien qu’ils me tueraient. Je ne ressemble plus du tout à la Jillian qu’ils connaissaient et qu’ils avaient l’habitude de voir chaque matin au réveil. Une fille simple, qui prend toujours les bonnes décisions, qui ne faillit jamais, ne se plaint jamais, ne parle jamais sauf pour demander comment ça va ce matin, qu’as-tu fait de beau de ta journée. Une grande sœur responsable, pleine de dévouement pour sa petite sœur cancéreuse, une aînée exemplaire qui donnait la direction du droit chemin à sa cadette. Des notes plus que correctes à l’école, jamais de petit-ami, jamais de drogues, jamais d’alcool, jamais de fugue, jamais de disputes. Pas de crise d’adolescence, pas de crise d’existence. La fille parfaite ou son exact reflet. Mais s’ils me voyaient aujourd’hui, si j’avais pu et voulu revenir à la maison cet été… ils n’auraient pas reconnu leur fille. Leur Jillian. Mon père n’aurait vu que les fruits d’une dépravation orchestrée par de mauvaises fréquentations et une absence totale de volonté de ma part de rester pure, discrète, soumise à son jugement. Dans l’état où il me trouverait, tout ne serait que de mon ressort, ma faute, mon incompétence, mon ignorance. Ma mère pleurerait sûrement la perfection et l’innocence de sa fille disparues sous les traits amaigris, tendus et fatigués de cette adulescente. Elle n’y verrait plus sa fille aînée qui s’était battu courageusement pour que sa petite sœur survive et qui avait lamentablement échoué. Ils ne verraient en moi qu’une junkie incapable de se prendre en main sitôt que les évènements la dépassent. Une fille qui un jour a su que le bien et le mal existaient mais qui a plongé droit dans les vices de l’humanité pour oublier toutes ses blessures. La solution de facilité d’après eux. Trop, beaucoup trop facile de se détourner de ses problèmes au lieu de leur faire face. Et je sais qu’ils n’ont pas tout à fait tort de penser ça. Je sais que j’ai changé, beaucoup changé comparée à celle que j’étais en entrant pour la première fois dans cette école mais ai-je vraiment choisi tout ce qui m’est arrivé cette année et celle d’avant ? Certains aspects de mes décisions m’ont échappé, je ne sais même pas si j’ai déjà eu un quelconque ascendant là-dessus mais qu’est-ce que ça change au fond à part me rajouter de la culpabilité ? Et je crois que j’ai ma dose de cette émotion affreuse qui me fait douter de tout et me paralyse. Je ne comprends pas pourquoi j’ai la sensation que tout s’acharne contre moi. Je n’ai pas le temps de régler un problème qu’un autre apparaît et vient occuper tout mon esprit, tassant au passage ses prédécesseurs pour me les faire oublier. Jusqu’au jour où ils m’explosent à la figure et retombent sur tous ceux que j’aime. J’aimerais parfois ne pas être aussi secrète, ne pas tout enfouir de la sorte mais je ne peux pas m’empêcher de fonctionner. C’est ma façon de faire et pour le moment je ne trouve pas comment changer ça. Enzo l’accepte, Cameron l’accepte, beaucoup de monde en fait accepte le fait que je lâche mes secrets au compte-goutte et jamais deux fois de la même manière. Mais parfois j’aimerais avoir la facilité qu’a Enzo d’ouvrir son cœur tout à coup, Cameron de présenter tranquillement son état tout en glissant des plaisanteries pour dédramatiser, Ismaelle d’avoir toujours l’air en accord avec elle-même, Takuma de ne jamais rien transformer en problème.. Comment font-ils tous pour gérer ça ? Quand quelque chose me tombe dessus j’ai l’impression de mettre en marche trois ou quatre têtes en même temps pour réfléchir et penser. Je sais que je réfléchis trop, je le sais bien mais si au lieu de me le faire remarquer quelqu’un pouvait m’expliquer comment on peut moins penser et agir plus, je lui en serai infiniment reconnaissante ! Je suis au courant que mes pensées me paralysent plus que les paroles ou les actes des autres mais je n’arrive pas à changer ça, même en le sachant. Le seul moyen ça reste… ça, le joint, l’alcool. Un moyen comme un autre de s’en sortir dans l’enfer qu’on se crée nous-mêmes et de s’échapper de celui dans lequel les autres nous jettent parfois inconsciemment. La drogue c’est mal, mauvais pour la santé mais ça stabilise la mienne et ça maintient à distance les pensées noires alors je ne vais pas m’en priver. Je ne veux plus avoir mal, je ne veux plus souffrir comme j’ai souffert quand Suzie est morte, quand j’ai du m’habituer à son absence parce que je n’avais de toute manière pas le choix à part me foutre en l’air pour la rejoindre. Je ne veux plus ressentir ce vide quand Enzo est parti, ni cet anéantissement quand est arrivé l’épisode de la remise. Je ne veux plus que cette jalousie s’empare de moi et me transforme en furie dès que je croise Megan et Derek. Je ne veux plus que ça soit si compliqué entre lui et moi. Je ne veux plus non plus que les Supérieurs s’approchent de moi. Je ne veux plus avoir peur comme ça. Mais comment je peux éviter ça ? Comment ? J’ai le sentiment que c’est le lot de tout être humain de passer sa vie à souffrir et je ne veux pas être aussi désespérée. Je ne suis pas comme ça normalement, quelque chose a changé en moi. Pourquoi je ne peux pas garder un peu de la Jillian que j’étais avant ? Celle qui prenait les décisions aussi facilement qu’on attrape la main de son meilleur ami et qui ne cherchait pas midi à quatorze heures.
J’imagine vos têtes, ah la pauvre elle est déprimée. Oui c’est vrai, je suis un peu déprimée en ce moment. Beaucoup de choses me pourrissent le cœur de l’intérieur mais… Enzo est le parfait exemple qu’il ne faut pas baisser les bras. J’ai cru qu’il ne voudrait plus jamais de moi et pourtant le voilà, à agir pas comme s’il ne s’était rien passé mais en composant avec. J’aimerais que le reste de mon existence soit aussi évidente que notre amitié. J’aimerais pouvoir dire à voix haute tout ce que je pense, expliquer, mettre le monde au courant et espérer que tous ne s’enfuiront pas, que quelqu’un se dira ‘elle a besoin qu’on l’aide’. J’ai passé ma vie à aider ma petite sœur, à lui coiffer les cheveux, à lui donner mon sang, à lui apprendre comment on se tient droite et on lève le menton devant les autres. Mais je crois que maintenant, c’est moi qui aie besoin d’aide parce que tout part à volo dans cette vie…
« J'te rassure, tu sens pas à 3km mais avec mes sens de Canis Lupus, y a quelques trucs qui m'échappent pas. Et rassure toi, je ne supporte pas la fumée et l'odeur de la clope, pour les mêmes raisons. Certes l'odeur du joint est moins agressive mais ça revient au même. » « J’tâcherai de faire attention alors. Pour tes petites narines sensibles. » rétorquai-je doucement. « Et si tu me traite de petite nature, j'te mords à la prochaine Pleine Lune et tu comprendras ta douleur ma belle. »
Rigole Jill, le voilà ton remède. C’est la seule chose que tu saches encore faire avec sincérité, toi qui passes tes journées à dire que ça va et qui a pourtant porté un foulard plusieurs jours pour dissimuler les marques que la brute épaisse t’as laissé dans la nuque en t’étranglant. C’est vrai qu’avec Enzo c’est facile de faire semblant. Il joue le jeu à la perfection, il est là sans être là, il ne me pousse pas à parler et pourtant je sais qu’il a perçu les fausses notes dans mon discours. Il me connaît, il connaît mon fonctionnement. Il sait que s’il me force à parler, je m’enfoncerai dans mes mensonges alors il préfère laisser venir. Je viens presque toujours. J’ai beaucoup de mal à me confier c’est un fait. Il n’y a pas qu’une question de confiance en l’autre mais plutôt de confiance en soi. Et ça, personne ne peut le régler à part moi. Cette estime de soi ébranlée. Il n’y a que moi qui puisse la remettre droite mais toute seule je n’y arrive pas. Je ne veux pas qu’on le fasse à ma place mais qu’on m’explique comment marche la confiance en soi. Ou plutôt comment on la retrouve parce qu’au risque de me répéter, je n’ai pas toujours été aussi hésitante de tout.
Je ne peux pas t’accuser de ça petite sœur mais on ne peut pas nier le fait que j’ai perdu plus qu’une sœur quand tu es partie. Mais comment guérit-on de ça ?
« Un esprit sain dans un corps sain » clama soudain Enzo. « Eh benh je suis pas dans la merde moi, j’ai aucun des deux avec cette histoire ! Et toi t’as que le corps de sain, espèce de taré. »
Bondissant sur ses jambes, il s’est retourné vers moi et en souriant m’a attrapé la main.
« On va manger un bout, viens, et ça n'est pas négociable parce que j'ai vraiment trop faim. » « J’te suis l’affamé. »
Me soulevant sans aucun effort, je le regardai en souriant. Il avait tellement grandi depuis qu’on s’était vus pour la dernière fois dans le labyrinthe. Je ne m’étais pas mise juste à côté de lui depuis tellement longtemps. Si son regard s’était légèrement assombri, il avait gardé le même air de gamin dans un corps de géant, le genre pile électrique qui ne tient pas en place plus de deux secondes. Tout le contraire de moi : petite, frêle et assez posée comme fille bien qu’il ait déjà goûté à mon extension de bras supersonique lorsqu’il avait le malheur de sortir une connerie plus grosse que lui. Vus de l’extérieur on nous aurait pris pour deux bourrés à tituber comme nous le faisions dans le couloir. Enzo avait passé un bras autour de mes épaules et j’avais enroulé le mien autour de sa taille, à défaut de pouvoir le monter aussi haut que son épaule… Il nous entraîna jusqu’à la Grande Salle où d’autres élèves étaient déjà attablés. Contrairement à ce que j’avais pensé lorsque j’avais été admise à Poudlard, aucun élève ne respectait vraiment le système une table une Maison. Enzo et moi, encore moins. Nous nous posions toujours où il y avait de la place et peu importait qu’à la base cette table soit réservée aux Serdaigles de 4ème année. Quand nous étions ensemble, peu de choses avaient d’importance si ce n’est nous. Et même après des mois de séparation… cette sensation n’avait pas changé.
A peine assis, les plats se remplirent sous nos yeux et aucun de nous deux ne put retenir un sourire extasié devant les victuailles que nous avaient concocté les elfes de maison chargés des cuisines. Ils avaient vraiment l’art et la manière de présenter ça pour le rendre le plus appétissant possible. Enzo se rua comme à son habitude sur la nourriture. J’attendis qu’il soit servi avant de le faire, il bouffait toujours comme quatre comparé à moi alors autant lui laisser le temps de se remplir les quatre estomacs qu’il avait caché sous son pull. Son regard croisa le mien et il articula, la bouche pleine ce qui me fit rouler des yeux. Mais ça aussi il en avait l’habitude.
« J'crois que j'ai parlé pour les 10 années à venir, et comme tu restes enfermée dans ton mystère – Attention c'est pas un reproche hein – je propose un Roi du Silence. »
Haussant les épaules, j’attrapai une crevette que je trempai dans la mayonnaise. Je savais qu’il ne tiendrait pas, ne serait-ce que pour raconter des conneries il ne tiendrait pas. J’en mettais ma main à couper ! Lorsque ses lèvres remuèrent comme pour parler, j’éclatai de rire.
« En fait c'est chiant. Dis moi, rapport à ton p'tit soucis de junkie là, tu fumes avant d'aller en cours ? J'vais pas t'apprendre que ça fait perdre la concentration ce genre de truc. Comment j'fais moi si mon prof particulier arrive défoncé à nos cours ? C'est pas Lune qui va m'faire réviser. » « Ah non, elle ne donne pas de cours particulier ? Dommage pour toi. Qu’est-ce que tu vas faire sans moi et mes formidables capacités d’intellect ? »
Battant des cils en souriant, je poursuivis :
« T’en fais pas, je fume pas avant d’aller en cours. Si les profs commencent à se méfier je peux dire adieu à tout ça et crois moi c’est pas une recommandation d’un toubib qui va les arrêter. J’ai même d’ordonnance pour ça, c’est pas très… légal de prescrire ce genre de trucs. Même si ça marche bien. C’est bizarre leurs affaires. Enfin bref, t’inquiètes pas pour tes cours, je suis aussi opérationnelle qu’avant. C’est mon temps libre que je dépense autrement. »
Mon père rappliquerait direct de toute manière si mes notes se mettaient à descendre ne serait-ce que d’un dixième de point. Chez les Davis, l’excellence est de mise quelque soit le domaine. Je ne vais pas les laisser me prendre mon calme artificiel, j’en ai trop besoin. Je ne sais pas si on peut dire que je suis accro, je ne sais pas où ils fixent la dépendance à ce truc mais je sais juste que pour le moment je ne peux pas faire sans. Trop de trucs qui vont pas en même temps, trop d’inconnues dans les équations. Enfin …
« Tu sais qu’à manger comme ça tu vas finir par te choper un gros cul ? »
Me penchant par-dessus la table, j’approchai rapidement une main de son ventre et le lui pinçait tout en rétorquant :
« Les poignées d’amour Enzo ! Les poignées d’amour ! C’est le premier signe ! »
Fallait bien que je rattrape le fait qu’il fasse deux têtes de plus que moi et qu’on puisse en loger deux comme moi dans ses pantalons. Non mais… les petits au pouvoir !
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▬ Lonely Boy Wolf ▬Hiboux postés.: 11278 Crédits: JunkieMouse ▬ Gifs by Talim. Double Compte: Isma ▬ Cameron ▬ Jeremiah ▬ Taylor ▬ Riley Date d'inscription: 13/09/2009
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Lun 27 Juin - 13:09 | |
| Est ce que je fais semblant ? Oui et non. Je ne triche pas sur les excuses que je lui ai faites et sur mon comportement envers elle. J'agis le plus naturellement du monde, comme si on s'était quitté hier seulement, et en bon termes. Là où je ne suis pas totalement franc en revanche c’est dans mes sourires. Disons que même s’ils sont bien réels, ils cachent autre chose. Je ne veux pas laisser transparaitre cette facette de mon état parce que j’estime qu’on a perdu assez de temps comme ça. Et puis, il faut savoir dire stop de temps en temps, encore une chose que j’ai appris avec le temps et les événement. Si on ne débranche jamais, on fini par devenir fou. Je sais de quoi je parle, je suis passé par là. Alors voilà, cet instant il est rien que pour nous et rien ne doit venir entacher ça. Rien qui ne nous concerne pas tous les deux en tout cas. Je n’ai pas l’intention de la laisser filer, ni même de m’éloigner d’elle à nouveau, alors pour le dramatique, et je sais qu’il y en aura encore, on verra plus tard. Je vois bien qu’elle cache des dizaines de choses derrière ses yeux bleus gris, mais je ne peux pas la forcer à les laisser sortir. Ça viendra quand ça viendra et si ça vient pas ben … ça viendra pas. Je peux pas la forcer à se confier à moi si elle n’en a pas envie ou simplement si elle peut pas le faire. On a une histoire un peu particulière elle et moi alors peut être que c’est juste pas évident pour elle, que je ne suis pas la bonne personne pour ça. Peut être que je suis trop jeune, pas apte à comprendre certaines choses. Peut être qu’elle veut me protéger. Pourtant elle sait tout ce par quoi je suis passé, mais justement, peut être qu’elle pense que j’ai déjà bien assez à gérer. Peut être que je devrais lui dire que je me sens capable d’encaisser encore, que maintenant que j’ai retrouvé les deux parties manquantes de mon cœur, plus rien ne me semble impossible. Je me sens plus fort que jamais. Je suis encore un enfant, dans le fond, de temps en temps, mais je sais très bien que j’ai trop changé, vu et vécu trop d’horreurs, pour retrouver l’innocence qu’on m’a volé. C’est comme ça. Je suis capable de supporter beaucoup de choses mais peut être qu’elle ne s’en rend pas compte. Quoi qu’il en soit, je me suis fait la promesse de ne jamais la brusquer. Ça la regarde, si elle veut garder tout ça pour elle ou en parler à quelqu’un d’autre. Je ne vais pas dire que ça m’enchante, mais c’est son choix et je le respecte. Pas d’intrusion dans sa vie si elle ne me tend pas une perche avant. Je suis impatient, c’est vrai, mais pas pour ça. La seule chose que je puisse faire c’est être là, et c’est ce que je fais. La faire rire, lui raconter des conneries pour lui faire oublier, et oublier moi aussi par la même occasion, que la vie peut parfois vraiment être merdique. C’est comme ça. On a tous nos part d’ombre. J’ai décidé de faire l’impasse sur ses attaques personnelles, mes petites narines sensibles, sa critique de mon esprit qui visiblement n’était pas aussi sain que je le prétendais. Tu m’en diras tant … Un taré. Oui je crois que c’est le bon mot. Un mec instable, capable de péter les plombs pour tout et n’importe quoi. Un danger. Pour lui même, pour les autres. Tout ça n’a pas de sens. Aller Enzo, pas maintenant. Garde ton sourire si tu veux qu’elle garde le sien. Continuez de faire semblant, ensemble, que tout va bien. Son éclat de rire m’a ramené sur terre. Vrai que j’étais peu crédible dans ma proposition de faire un Roi du Silence. D’où ça me venait ça d’ailleurs ? En temps normal, j’ai toujours été quelqu’un de silencieux, de solitaire, de secret, mais depuis que je suis ici j’ai appris qu’on ne peut pas faire abstraction des autres pendant toute une vie. Alors je m’ouvre un peu plus, mais seulement avec les personnes en qui j’ai vraiment confiance. Et elles ne sont pas nombreuses. Je parle pour ne rien dire alors qu’à mon arrivée ici, j’étais aussi agréable et loquace qu’une porte de prison. J’en profite, parce que je sais pertinemment qu’au bout d’un moment je ressentirai ce besoin vital de prendre le large, de m’éloigner de l’espèce humaine pour reprendre ma liberté, et dans un silence total. J’ai toujours eu besoin de ça, de ces petits moments rien que pour moi. Toujours, et ça ne changera pas. C’est en moi, depuis que je suis tout petit. Peut être que c’est venu progressivement et par la faute de Derek mais sincèrement, je pense que c’est dans mon caractère. Je suis un Loup solitaire et sauvage. Je supporte l’Homme, mais jamais sur du long terme. Jillian le sait, et elle le respecte. Et si je parle autant, c’est simplement que je sais qu’un seul silence peut tout détruire. Ce mur de sourire qu’on a construit ensemble depuis ces minutes qu’on partage à nouveau. Aucun de nous deux n’a envie de ça pour le moment, j’en suis convaincu. Et de toute façon, il fait trop faim pour se reprendre la tête pour quoi que ce soit d’autre que mon estomac ! Et oui je sais, je mange comme un petit cochon affamé mais en même temps, c’est ce que je suis. Et puis ça va, faut pas exagérer, c’est pas comme si je m’en foutais partout. « Ah non, elle ne donne pas de cours particulier ? Dommage pour toi. Qu’est-ce que tu vas faire sans moi et mes formidables capacités d’intellect ? » J’arquais un sourcil en laissant retomber ma fourchette dans mon assiette. Sourire en coin. « Tes formidables capacités d’intellect … Laisse moi rire ! Ben j'vais pas faire et puis c'est tout. Et non, elle est trop jeune. Le travail des enfants, je pense pas que ça soit légalisé au Royaume Unis. Tortionnaire. »C’est ça, bat des cils, ça fonctionne pas avec moi. Sans vouloir dire que t’es pas charmante, mais là n’est pas la question. « T’en fais pas, je fume pas avant d’aller en cours. Si les profs commencent à se méfier je peux dire adieu à tout ça et crois moi c’est pas une recommandation d’un toubib qui va les arrêter. J’ai même d’ordonnance pour ça, c’est pas très… légal de prescrire ce genre de trucs. Même si ça marche bien. C’est bizarre leurs affaires. Enfin bref, t’inquiètes pas pour tes cours, je suis aussi opérationnelle qu’avant. C’est mon temps libre que je dépense autrement. » Pas légal … Tu m’étonnes. Je me demande qui a bien pu lui prescrire ça. Est ce que c’est Maxence ? Très franchement ça ne m’étonnerait pas et je me rends compte que je n’ai pas fait d’excursion à l’infirmerie depuis plusieurs jours. Enfin c’est toujours le même refrain, j’ai pas eu le temps. Pas eu le temps de faire le malin sur mon skate qui dort paisiblement sous mon lit. Ce n’est que partie remise et je suis certain que dès demain j’aurai l’occasion de retourner voir mon super pote l’infirmier pour qu’il me répare le poignet ou l’arcade encore une fois. Au moins, ma morsure de vampire ne me fait plus souffrir et a presque disparu grâce à la transformation même si je garde quelques marques. Visiblement Jill ne les a pas remarquées, c’est pas plus mal. C’est pas la mort, il a pas fait exprès et il m’a pas tué, c’est le principal. Quant au Supérieur que j’ai mis KO par pur vengeance personnelle, j’ai pas eu d’écho. Je pense pas qu’il soit mort, il était juste bien assommé. J’espère que Jun Ki s’est pas empoisonné avec son sang. « Tu sais qu’à manger comme ça tu vas finir par te choper un gros cul ? » Pardon ? Je relevais la tête, mi-vexé, mi-amusé. On plaisante pas avec le physique d’un Ryans malheureuse ! Mais avant même que je ne puisse rétorquer quoi que ce soit, elle s’est penché au dessus de la table et m’a pincé le ventre. « Les poignées d’amour Enzo ! Les poignées d’amour ! C’est le premier signe ! » « Hey ! Mais ! Laisse mes poignées d'amour tranquilles espèce de couguar ! »Je me suis débattu tout en essayant d’éviter les gestes brusques, plutôt fier de ma petite vanne sur le couguar. Mais si tu sais Jill, ces femmes d’un certain âge qui préfère la compagnie d’hommes plus jeunes … ça ne te rappelle rien. Héhé. Reprenant un air sérieux, je posais mes couverts de chaque côté de mon assiette, remontait mes manches encore un peu plus et enlevais le bouton le plus haut de ma chemise après avoir retiré ma cravate parce que je mourrais de chaud et je ne supportais plus cet uniforme de merde. Et je croisais mes bras devant moi avant de me racler la gorge. « Bon ! Alors premièrement, je n’ai pas un gros cul et je n’aurai jamais un gros cul parce que ma constitution de Ryans m’en empêche. J’te jure t’aurais vu mon père, à son âge, c’était encore un beau gosse sans un seul pet de graisse. C’est le surf ça, ça entretient mais même, on est comme ça. Naturellement bien foutus. Deuxièmement, c’est pas de ma faute si vous les filles vous êtes jalouses de notre capacité à nous les mecs de pouvoir nous empiffrer sans prendre un gramme. Troisièmement, j’ai toujours mangé comme 15 depuis que tu me connais et à part perdre du poids et en reprendre juste assez pour retrouver mon équilibre habituel, j’ai jamais bougé. Quatrièmement, ma petite période du mois à moi était il y a quelques jours seulement et j’ai pas vraiment eu le temps de me nourrir depuis parce que j’avais mieux à faire et surtout l’estomac un peu noué. Cinquièmement, j’ai pas de poignées d’amour et même si c’était le cas, paraît que c’est mignon et pratique. Meilleure prise, tu vois. »J’te fais pas de dessin mais je suis certain que t’as compris vu ton esprit pervers. Et moi je t’offre l’un de mes plus innocents sourires. Un vrai petit ange, c’est bien connu. « De toute façon, on a du temps à rattraper Qui-tu-sais et moi alors si tu me vois fondre de jours en jours ne t’inquiète pas. J’suis bien tenté de vivre d’amour et d’eau fraiche pendant un p’tit moment. Mais pas aujourd’hui, trop la dalle. Et de toute façon, pas d’effort physique trop intense avant le mariage. On est pas des bêtes, ou peut être que si. C’est bon, t’as bien l’image là ou j’en rajoute une couche ? » Qu’est ce qu’il me prend de parler de ça ?! A l’intérieur de moi s’engage un combat plutôt étrange. D’une je m’assure que personne ne nous écoute parce que même si je n’ai évoqué clairement personne, je ne tiens pas à attirer l’attention. Aux yeux de tous, je suis le p’tit Ryans, célibataire endurci. J’ai jamais eu de copine depuis que je suis arrivé et je pense que certains doivent trouver ça bizarre. Tout le monde n’est pas au courant de mes petites aventures et c’est tant mieux. Je me fiche pas mal de ce qu’ils peuvent tous penser, je ne supporte juste pas qu’on parle de moi, d’être le centre de l’attention. En plus de ça, je fais le malin mais … Devant Kyle c’était pas aussi simple. Certes je voulais faire chier Jill et lui coller des images salaces dans la tête mais le fait que le plus mal à l’aise des deux ça doit être moi. J’me sens con, et comme d’hab quand je me sens con et mis au pied du mur, je panique. « Et puis merde, j’suis un mec, et en pleine croissance, avec une petite particularité supplémentaire qui fait que je mange pour deux et non j’suis pas enceint. »Du calme, Enzo, c’est pas la mort. Tu sais qui tu as en face de toi là, non ? Jillian Heather Davis. C’est pas comme si elle te jugeais pour quoi que ce soit alors tu te détends. J’attrapais ma fourchette à nouveau et avalais quelques légumes au passage, pour faire passer la pilule et me changer les idées. Je retrouvais finalement mon sourire, même si à l’intérieur, j’étais gêné. Gêné par je ne sais trop quoi. En fait si, je savais parfaitement mais je n’allais pas commencer à parler de mes problèmes intimes comme ça, à table, avec ma meilleure amie et tout Poudlard autour. Bonjour l’angoisse. Je me redressais donc, retrouvais mes esprits et chassais tout ça loin de moi avant de pointer ma fourchette vers Jill. « Tu ferais mieux de t’occuper de tes kilos en moins plutôt que de m’en inventer des en trop. Tiens mange ça, c’est plein de gras. Fais honneur aux Elfes de Maisons qui se tuent à la tache pour nos petits estomacs fragiles. »Au lieu de raconter des conneries. J’avais attrapé un plat au hasard et l’avais posé devant son assiette. Un truc en sauce, qui avait l’air vraiment appétissant soit dit en passant. Je me rendais compte que ce que je venais de balancer allait peut être lui faire de la peine. La mettre devant l’évidence comme ça, aussi brusquement … J’en étais pas vraiment fier. Oui elle avait perdu du poids et c’était flagrant pour qui faisait attention, mais je n’avais pas besoin de le lui rappeler, elle devait très bien le savoir. Ceci dit, étant inquiet, je me disais que j’avais finalement bien fait d’évoquer ça, plus ou moins implicitement. Bon, maintenant, détendre l’atmosphère qui s’est chargé rapidement en tension inutile à cause de ma fierté de mâle de base. Un autre petit sourire en coin, et un clin d’œil. L’air faussement vexé mais un peu quand même. J’me répète mais le physique chez les Ryans … Ok je pensais ne pas avoir hérité de ce truc là mais finalement j’y coupe pas. Avant je m’en contre-foutais, mais maintenant que je suis devenu une armoire à glace c’est autre chose. J’y tiens à mon physique de rêve, et j’veux rester tel que je suis, parce qu’aussi superficiel que ça puisse paraître, j’veux plaire. A Lui, surtout. J’veux qu’il trouve ça beau quand il me regarde. J’veux que ça lui donne envie, c’est humain non ? T’as pas envie de plaire toi Jill ? « En plus de ça, je croyais que la fumette ça donnait faim ? » Enfin dans mes souvenirs en tout cas, mais j’étais peut être déjà un ventre sur patte à l’époque. Pourtant j’étais pas … une bête sauvage et sanguinaire. Pas encore. Peu importe. C’est pas comme si j’avais une grande expérience dans le domaine de toute façon, et puis ça m’intéresse pas de devenir toxicologue. Ça existe ça d’ailleurs ?
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CRAZY AdminHiboux postés.: 5349 Crédits: Talim Double Compte: Cleo M. Andrews Date d'inscription: 02/04/2010
 | Sujet: Re: Knockin' on Heaven's Door {Jillian} Jeu 21 Juil - 18:50 | |
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Après s’être débarrassé de moi en me traitant de couguar, d’ailleurs tu me la paieras un jour celle-là espèce d’enfoiré !, Enzo s’est littéralement déshabillé devant moi. Enfin déshabillé est un bien grand mot mais sur le coup, c’est l’effet que ça m’a fait. Faut dire aussi que nos uniformes durent toute l’année, pas de collection printemps/été et automne/hiver. Toute l’année c’est les mêmes vêtements, vous en faites pas on fait la lessive régulièrement, enfin les elfes font la lessive, nous on se contente de récupérer nos sapes toutes propres posés amoureusement sur notre lit. Bref, la seule chose qui différencie les saisons à Poudlard c’est la présence d’écharpes et de bonnets en hiver et l’absence de veste ou de cape en été. Pour le reste, c’est jupe pour les filles, pantalon pour les garçons et tout le monde est au service de la chemise blanche sous le pull gris orné du blason de sa maison. Il n’y a que le week-end qu’on a la permission de ne pas porter cet uniforme, quand on a plus cours en fait. Il n’est pas non plus de rigueur pendant les vacances. Je vous avouerai que ça me soulage quand elles arrivent celles-là parce que non vraiment la jupe… j’ai beau en porter une quasiment chaque jour depuis dix ans… je m’y fais pas. Une jupe plissée qui descend jusqu’aux genoux, avouez qu’il y a plus sexy non ? Oui je sais, on n’est pas venus pour être sexy mais bon quand même. On n’est pas sortables avec ça sur les cuisses. En plus, ça gratte, ça fait des bouloches, ça pique… BREF ! On arrête là le laïus sur la jupe. C’est un débat interminable, autant pas le commencer maintenant.
Enzo croisa alors ses bras devant lui et se raclant la gorge, il partit dans un délire sur le métabolisme Ryans. Croisant à mon tour les bras devant moi, j’affichai un petit sourire amusé en l’écoutant.
« Bon ! Alors premièrement, je n’ai pas un gros cul et je n’aurai jamais un gros cul parce que ma constitution de Ryans m’en empêche. J’te jure t’aurais vu mon père, à son âge, c’était encore un beau gosse sans un seul pet de graisse. C’est le surf ça, ça entretient mais même, on est comme ça. Naturellement bien foutus. Deuxièmement, c’est pas de ma faute si vous les filles vous êtes jalouses de notre capacité à nous les mecs de pouvoir nous empiffrer sans prendre un gramme. Troisièmement, j’ai toujours mangé comme 15 depuis que tu me connais et à part perdre du poids et en reprendre juste assez pour retrouver mon équilibre habituel, j’ai jamais bougé. Quatrièmement, ma petite période du mois à moi était il y a quelques jours seulement et j’ai pas vraiment eu le temps de me nourrir depuis parce que j’avais mieux à faire et surtout l’estomac un peu noué. Cinquièmement, j’ai pas de poignées d’amour et même si c’était le cas, paraît que c’est mignon et pratique. Meilleure prise, tu vois. » « Tu comptes devenir de plus en plus mignon alors ? » répliquai-je en haussant un sourcil. « De toute façon, on a du temps à rattraper Qui-tu-sais et moi alors si tu me vois fondre de jours en jours ne t’inquiète pas. J’suis bien tenté de vivre d’amour et d’eau fraiche pendant un p’tit moment. Mais pas aujourd’hui, trop la dalle. Et de toute façon, pas d’effort physique trop intense avant le mariage. On est pas des bêtes, ou peut être que si. C’est bon, t’as bien l’image là ou j’en rajoute une couche ? »
Eurk. Enzo t’en rates pas une.
« Nan. C’est bon. Merci. » grimaçai-je en secouant la tête.
Ca n’était pas lui en particulier, c’était juste imaginer deux personnes en train de se tripoter. Entrer dans leur intimité par le biais de mon imagination… Beurk. Rien que d’en parler j’ai les images en tête. Enzo, tu fais ce que tu veux de ta libido mais par pitié tu m’en parles pas. Ou alors j’te parle de la mienne et là c’est toi qui va faire la grimace. Il ne s’est peut-être rien passé avec Derek mais… Ouais nan. Autant pas entrer dans ce sujet là non plus. Débat interminable. Et puis lui dire que j’ai couché avec Takuma qui est un ami, un très bon ami mais rien de plus. Une histoire sans lendemain. Pas sûre que ça fasse super dans mon CV ça. Et puis même si c’était très plaisant, avec le recul je me rends compte que j’aurai jamais du faire ça et surtout l’infliger à Tak’. Surtout en apprenant derrière qu’il était déçu par une fille donc qu’il avait quelqu’un en vue et que je venais sans doute de contribuer à les éloigner un peu plus. Avouez que quand le mec pour qui vous craquez couche avec une autre même par dépit… ça passe moyen-moyen dans votre cœur. N’est-ce pas Derek ? Enfin bon. On avait dit qu’on ne parlait pas de ça. Don’t worry. Be happy. C’est le mot d’ordre.
« Et puis merde, j’suis un mec, et en pleine croissance, avec une petite particularité supplémentaire qui fait que je mange pour deux et non j’suis pas enceint. » « Même plus le temps de sortir mes vannes… Où va le monde ? » gémis-je en levant les yeux au ciel exagérément.
Il attrapa sa fourchette pour avaler la suite de son assiette et je le regardai faire une seconde avant de contempler ma propre assiette. Elle était encore quasiment pleine et je ne me sentais pas prête à avaler quoique ce soit. Mon estomac perpétuellement noué s’était légèrement détendu depuis que j’avais retrouvé Enzo mais l’appétit lui ne revenait pas. Et c’est pas ta fourchette qui va faire changer les choses Enzo… Désolée.
« Tu ferais mieux de t’occuper de tes kilos en moins plutôt que de m’en inventer des en trop. Tiens mange ça, c’est plein de gras. Fais honneur aux Elfes de Maisons qui se tuent à la tache pour nos petits estomacs fragiles. »
Ah. Donc il a remarqué. Dans un sens c’est logique. On a toujours été très observateurs de l’autre tous les deux et il ne se passait jamais longtemps avant qu’on n’évoque le sujet quand l’un de nous deux avait maigri sans raison. Enzo était toujours affaibli plusieurs jours après les Pleines Lunes et comme il m’avait filé le calendrier des soirs où il était sensé se transformer, je finissais par ne plus poser la question quand j’étais sûre qu’il s’agissait de ça. Je me contentais de surveiller qu’il mange bien et qu’il récupère ses forces. Mais moi ? Quelle excuse j’avais pour mes kilos en moins ? Est-ce que j’allais inventer encore une fois ou lui expliquer une bonne fois pour toutes ce qui clochait chez moi depuis quelques mois ? Qu’est-ce qui était le mieux pour nous deux ?
« En plus de ça, je croyais que la fumette ça donnait faim ? » « Je croyais aussi mais non. »
Un silence tomba sur notre table et je baissai les yeux. Il savait déjà que j’étais malade ou plutôt que mon rein n’allait pas très bien, encore moins qu’avant. Il ne connaissait pas la nature de cette dégradation et je ne me résolvais pas à le lui avouer aujourd’hui. J’avais déjà beaucoup de mal à m’y faire, à accepter le fait que d’ici quelques jours, quelques mois j’allais sans doute… mourir. Je ne pouvais pas lui annoncer ça comme ça. Surtout que le médecin m’avait assuré qu’il y avait une chance que je m’en sorte, qu’il fallait attendre, poursuivre le traitement et attendre. Il m’avait envoyé un hibou l’autre jour pour prévenir Maxence qu’il fallait continuer comme d’habitude, que mes résultats n’apportaient aucun changement à d’habitude. Ni mieux, ni moins bien. J’allais mourir, peut-être, mais je préférais me raccrocher à l’idée que le traitement pouvait fonctionner. Parce que comme lorsque je veillais sur Suzie, me résoudre à la mort était quelque chose dont j’étais incapable. Quelque chose que je ne pouvais pas admettre.
Profiter, c’était tout ce que je pouvais faire. Ne pas penser à cette maladie me rongeant le rein de l’intérieur. Continuer de prendre de la Pimentine et de fumer de l’herbe pour atténuer la douleur, continuer de sourire et de prétendre que tout va bien, merci et toi comment tu vas ? Continuer de faire semblant.
Et pour Enzo, Jillian ? T’es toujours prête à faire semblant ? Ecoute, au fond de toi, et sois sincère. T’es prête à lui mentir ? Après tout ce que vous avez vécu tous les deux, t’es prête à faire ça ?
…
Mon regard est tombé sur le plat qu’il avait mis devant moi. Mon estomac s’est contracté et j’ai fini par lever les yeux.
« J’ai plus d’appétit. »
Un léger sourire, un semblant d’amusement. Fais pas cette tête là Enzo. Et les bruits de gens qui se lèvent autour de nous. Il va falloir y retourner. Sortir de cette jolie bulle et replonger dans la réalité du quotidien. Je t’en prie, change ce regard. T’y peux rien et de toute façon, tu ne pourras pas changer ça. Même les médecins n’y comprennent rien. Je veux pas te causer ce souci supplémentaire. D’ailleurs j’aurais mieux fait de continuer à me taire. Mais bon, te faire sentir que t’es quelqu’un en qui j’ai confiance c’est important aussi. Parce que ma confiance ne va pas chez tout le monde. Au moins, elle va chez toi.
« Enfin ça veut pas dire que je ne mange pas hein. Tiens d’ailleurs regarde.. »
Et me voilà la bouche grande ouverte pour avaler un peu de ce qu’il a mis sous mon nez. J’écrase un haut-le-cœur en avalant ma bouchée et le regarde avec un grand sourire. Tu vois ? Je mange. Moins qu’avant mais je mange. Promis, je me casserai pas un os.
« Je tombe pas dans l’anorexie, si c’est ça qui te passe par la tête. »
C’est juste un poil plus… grave. Il baisse enfin les yeux. Je pourrais presque l’entendre soupirer intérieurement. Oui je sais, je suis pénible avec mes secrets et mes pots autour desquels je tourne en permanence mais c’est mieux que tu ne saches rien pour le moment. Un souci à la fois et tu viens de retrouver Kyle. Je vais pas non plus te polluer ton air dès qu’il se libère, hein ? Lui attrapant la main pour attirer son attention, je plongeai mon regard dans le sien en essayant d’y abandonner un pardon pour tous mes mensonges.
« Et ça va. Ca va même très bien depuis que t’es là. D’accord ? Alors t’inquiètes pas pour moi. »
Les plats ont disparu autour de nous, en même temps que nos assiettes. J’ai retiré ma main et me suis levée.
« Allez viens. Faut qu’on retourne en cours. Toi je sais que c’est en option mais moi j’ai pas le droit d’y couper ! Et puis j’ai cours avec Ismaelle donc c’est bon, c’est pas comme si c’était Histoire de la Magie ou Arithmancie ou là faut s’accrocher. Bref, on s’en fout ! »
On s’est quittés en bas du grand escalier, il est monté et je suis sortie. J’ai laissé quelques secondes s’écouler avant de me retourner pour le voir grimper les escaliers tranquillement. Un sourire flottant sur mes lèvres, une bouffée de tendresse pour ce garçon m’a envahie l’espace d’un instant. A ce moment, j’étais juste… bien.
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