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 Cold Case Love ? {Kyle}

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MessageSujet: Cold Case Love ? {Kyle}   Lun 4 Avr 2011 - 21:43

Kyle Johnson & Enzo Ryans




Je me sens vide de toute émotion. J'avance dans ce couloir vide sans accorder la moindre attention à ceux que je croise. L'heure du repas est passé, je n'y ai pas participé. Je n'ai pas faim, impossible d'avaler quoi que ce soit pour moi étant donné mon état actuel. Je le sens qui rampe sous ma peau, et si je ne ressens presque rien, lui s'agite particulièrement. Chaque pas que je fais est un affront pour lui, puisqu'ils l'éloignent d'elle. La Louve. Ever. Est ce que je vais la croiser ce soir ? Possible. Est ce que j'irais vers elle ? Je ne pense pas. On a partagé quelque chose de spécial elle et moi mais qui a mon sens doit rester unique. Je ne tiens pas spécialement à me forger de nouveaux liens. Je ne la repousserai pas si elle vient à moi, mais je sais qu'elle ne le fera pas. Nos différences sont aussi flagrantes que nos similitudes. C'était juste ... comme ça. Éphémère, et ça le restera même si lui, le Loup, garde en tête ce corps à corps, ce contact brulant, ce baiser qui sonnait comme un adieu. Je lui ai offert tout ce que je pouvais lui offrir et ça en restera là. Elle comme moi le savons très bien et tant pis pour les deux animaux qui se sont agités en nous. C'est moi qui ai le dessus pour le moment et il est hors de question que je fasse demi tour. Chacun a repris le cour de sa vie. La parenthèse est refermée. Je n'ai pas essayé de la retenir même si mettre fin à ce dernier contact a été plutôt difficile. Une sensation très étrange que de partager un moment comme celui ci avec une personne qui vit la même chose que soit. C'était une expérience déroutante et intéressante mais désormais je veux être seul. Je ne veux plus penser à ça. Je n'y pense d'ailleurs déjà plus, ou presque. Je ne me suis pas reconnu. Jamais je n'avais agit, réagit comme ça. Avec autant de violence, de brutalité, et malgré tout, ça semblait normal. Pour lui, le Loup, et pour sa Louve à elle. On a cédé à leur pulsion comme deux animaux. Je n'en suis pas spécialement fier mais c'est pourtant ce que je suis et à mesure que les heures s'écoulent je m'en rapproche toujours plus dangereusement. Je suis perdu entre lui et moi. Pas vraiment tout à fait animal, pourtant à peine encore humain. La seule chose que je sais, c'est qu'elle m'a permis d'ouvrir les yeux. Mon cœur ne battra plus jamais pour quelqu'un. Je ne veux plus de tout ça, ça fait trop mal. Je veux juste vivre le reste de ma vie tout seul, et peu importe le temps qu'elle durera, en partageant des moments charnels avec un autre corps de temps en temps mais pas d'attaches. Jamais. J'en suis incapable. Je suis incapable d'aimer à nouveau, d'aimer quelqu'un d'autre que Lui. Je le sens. Mon cœur s'est fracturé le jour où il est parti et il ne s'est jamais réparé depuis. Après des mois passé dans l'incertitude, je pense qu'il ne guérira jamais. Et quelque part, je ne veux pas qu'il guérisse. C'est sans doute mieux comme ça.
Je ne sais pas vraiment qui je suis, un entre deux. Je me sens blasé, las, éteint. Rien ne semble m'atteindre. Pas même eux qui doivent déjà peut être m'attendre. Pas même ce cirque infernal auquel je vais devoir participer d'ici peu de temps. Pas même le mal qui sera fait à des innocents cette nuit. Je regarde droit devant moi mais je ne vois rien. Je sens les regards intrigués qui se posent sur moi mais n'y porte aucun intérêt. Ils n'existent pas. Plus rien ni personne n'existe. Je suis seul. Je le serais toujours.

Même si j'ai l'air calme à présent, je sais que ce moment de répit sera de courte durée. Dès l'instant où la Lune me caressera de ses rayons, je garderai le contrôle mais mon être aura changé.

Parce que ce soir je ne serais définitivement plus le même.
Parce ce que ce soir c'est ...

La Pleine Lune.

Encore une depuis qu’il n’est plus là. Encore une où j’agirais comme un chien de garde, ou plutôt un chien de chasse. Traquer les Moldus fugitifs, grâce à mon flaire. Chercher leur piste et mener les Supérieurs jusqu’à eux, sachant pertinemment qu’en agissant comme ça je les envoie droit vers leur mort. Celle de leur corps, mais surtout celle de leur âme. Pourquoi j’ai accepté ? Par pur égoïsme, parce que je ne supportais plus d’être enfermé dans sa chambre, que ça me tuait et que même si c’était précisément ce dont je rêvais, ils n’allaient pas me laisser mourir. Alors j’ai dis oui. Quitte à devenir un monstre autant ne pas le faire à moitié. Depuis, je marche aux côtés de Derek et j’obéis aux ordres, sans aucun respect. Ils m'ont foutu la paix, une fois, deux fois, à cause de la neige ou de la rentrée et du fait qu'il n'y avait presque plus de Moldu à traquer, mais cette fois ci je n'aurais pas le choix et ce cirque sinistre va recommencer. Je n’ai aucun égard pour ces gens là. Je ne tolère pas plus ce qu’ils font qu’avant mais pourtant j’y participe. J’ai débranché mon cerveau, mais ça ne fonctionne pas toujours. Je ne sais plus où j’en suis, qui je suis, mais je m’en moque. Parfois je me dis que j’ai tort de choisir la facilité comme je le fais. Après tout, j’aurais pu leur dire merde et continuer de souffrir en silence dans cette pièce sombre du quatrième étage. J’aurais dû même, pour Kyle, pour sa mémoire, parce que même si je m’efforce de ne pas y penser, ceux que je traque comme un prédateur chasse sa proie ne sont ni plus ni moins que son reflet. Même si pour moi, ils n’ont aucune importance. Je sais que lui n’aurait pas aimé, ni toléré ce choix que j’ai fait. Seulement il n’est plus là pour me faire des reproches. J’aurais préféré. J’aurais voulu qu’il me dise que je n’étais qu’un monstre sans cœur. Non en vérité, j’aurais aimé qu’il me dise que je valais mieux que ça, qu’il était déçu par mon comportement mais qu’il croyait encore en moi et que je pouvais faire marche arrière.

Toutes ces choses que j’aurais voulu …

Je m’isole, parce que le soleil se couche et que je ne veux pas que qui que ce soit assiste à ma transformation. Pas même mon frère. J’ai parfaitement contrôlé mon Loup lors des précédentes Pleine Lune, il n’y a donc aucune raison que cette fois ci soit différente. J’ai passé la dernière seul, libre, à courir dans la neige comme un chiot qui s’amuse. Je n’avais personne sur le dos. Pas de Supérieurs. Pas de Moldus. Ils me foutent plus ou moins la paix ces derniers temps et moi j’oscille entre plusieurs états d’esprit même si la plus part du temps, je me sens sinon bien, au moins neutre. Enfin c'était le cas jusqu'ici mais peut être que cette sorte de rechute ai du à la Pleine Lune. Je n'en sais rien. Vivre au jour le jour, c'est de toute façon tout ce que je peux faire et qui sait, demain je ne serais peut être plus là. Je n'ai jamais aucune garantis. Rien ne me dis qu'ils ne vont pas finir par m'éliminer, moi le problème. L'anormal. Je leur suis utile c'est vrai, mais je ne suis pas le seul Lycan dans cette école. En même temps, j'ai l'habitude maintenant, et absolument pas envie qu'ils utilisent l'un de mes semblables pour exécuter le sale boulot. J'ai signé, je savais dans quoi je m'engageais alors j'assume. C'est mon problème.
J’ai pris mon Tue Loup comme je le devais, en évitant soigneusement de rester en présence d’Hammerschmitt pendant trop longtemps. Fort heureusement, j’ai comme l’impression qu’il a compris et il n’insiste jamais. Il se contente de me glisser en douce mes doses. Excepté aujourd'hui. Et malgré moi je me demande comment ça se fait. Il n'était pas là pour Elle non plus et je ne peux pas m'empêcher de trouver ça étrange. Des considérations qui ne m'ont pas empêcher de lui ruiner son bureau sans même y réfléchir. On a laissé l'endroit comme on l'a trouvé. Rien ne dépasse. Tout est en ordre. Je m’efforce de ne pas lui adresser la parole et de faire comme si rien ne s’était passé mais je ne sais pas combien de temps je pourrais garder tout ça pour moi, ni pourquoi je le fais d’ailleurs. Je pense sincèrement qu’un jour ou l’autre je pèterais définitivement les plombs et que j’irais régler mes comptes avec tout ce château jusqu’à me faire tuer. Mais pas ce soir. Parce que ce soir j’ai simplement besoin de me dégourdir les pattes et de ne penser à rien. Alors tandis que mes muscles et mes os craquent et se déplacent, je retiens ces cris de douleur qui ne demandent qu’à s’échapper de ma bouche qui devient un museau. Je change de plus en plus rapidement, et la confiance que je porte au Loup me permet d’être beaucoup plus serein. Lui et moi ne faisons plus qu’un désormais. Je le sais. Je le sens. Il m’obéit au doigt et à l’œil. Grâce à lui je me sens plus fort et je sais que si lui dérape, ça viendra de moi, et non pas de son instinct de prédateur.

J’ai changé dans une pièce abandonnée cette fois encore, ne tenant pas spécialement à retourner dans la Salle sur Demande qui me rappelle trop de souvenirs et le faire dehors n'était pas une option envisageable. Ils m’attendaient, m’ayant fait comprendre quelque jours plus tôt que cette fois ils avaient besoin de moi et que ça me servirait de piqûre de rappel. C’est vrai que j’ai un peu tendance à me foutre de tout et de tout le monde en ce moment, eux y compris, surtout eux. Ils ont du le remarquer et me démontrent alors qu’ils ne m’oublient pas contrairement aux apparences. Je ne fais rien de spécial pour attirer l’attention pourtant, mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de réagir comme un sale petit con arrogant et insolent par moment. Et mes virés acrobatiques dans les couloirs sur les quatre roues de mon skate de fortune, j’imagine que ça ne leur plait pas trop. Ils doivent penser que je vais mieux, que je vais bien et me voir avec le sourire il ne tolère pas ça. C’est leur moyen de me rappeler à leur bon souvenir et de me serrer la vice. Et si Rivers n’avait pas débarqué la dernière fois, je crois qu’ils ne se seraient pas privé pour me faire payer ce qu’il pense être de la joie de vivre. Ça n’en ai pas, c’est juste une manière de ne pas sombrer. Ils ne savent pas que mes rêves sont encore drapés de ces souvenirs, de son souvenir. J’y pense moins qu’avant mais aucun jour ne passe sans que son visage s’imprègne dans mes pensées. Je n’ai pas oublié.

Je les ai retrouvé dans le Hall alors que dehors la nuit était claire et froide. En silence je les ai suivi à l’extérieur et la chasse a commencé. Nez a terre, les oreilles bien droites sur le sommet de mon crâne. Je connais mon boulot maintenant et bien que j’en laisse toujours fuir la moitié, je sais qu’ils ne pourront pas tous leur échapper. Et puis qu’est ce qui est le mieux ? Finir broyé par une créature de la Nuit dans une forêt pleine de danger ou bien retrouver l’enfer du cachot ? Je n’ai pas à choisir à leur place. Je suis un robot. Je fais simplement confiance à mon instinct quant à ceux que je laisse et ceux que je trahis. Je me sens libre quand je cours. Au départ, j’avais peur qu’il me mette en laisse. Je sais, c’est ridicule comme pensée surtout dans un moment pareil, mais un Loup en laisse … Heureusement ce n’est pas le cas. Ils ne me font pas confiance pour autant ça je le sais, et les corrections ne manquent pas lorsqu’ils se rendent compte que je n’agis pas toujours comme je devrais le faire. Des coups, des sorts. Ils m’enferment parfois aussi, mais ça ne dure jamais très longtemps et je pense que Derek y est pour quelque chose. Entre lui et moi, ça n’a jamais été aussi bien. Et rien que pour ça, j’ai beaucoup moins de scrupules à m’en prendre à des innocents. Je devrais avoir honte mais puisque tout le monde pense que je suis un monstre et un égoïste, alors j’ai décidé de leur donner raison. De toute façon, hormis mon frère plus personne n’existe vraiment pour moi. Je ne passe pas mon temps tout seul contrairement à ce que j’avais l’habitude de faire avant. Disons que j’oscille entre Derek, Sovahnn et les Supérieurs. Elwynn de temps en temps même si elle se méfie de moi maintenant que je traîne avec mon frère. On passe beaucoup de temps ensemble lui et moi, parfois avec ces abrutis d’amis, parfois simplement tous les deux. J’aime ça. J’aime passer du temps avec lui. Ce temps, on le rattrape tout simplement, et quand on est ensemble je ne pense plus à rien. Ça ne m’empêche pas de culpabiliser dès que je me retrouve seul et que je repense à ce que j’ai fait ou dit dans ma journée. Je suis perdu entre le bien et le mal, mais même si le mauvais côté m’a attiré pendant un moment, parce que j’y trouvais la facilité et l’occasion de ne plus rien ressentir comme j’en avais émis le souhait quelques mois, plus tôt, désormais je pense pouvoir dire que je suis redevenu … humain. Enfin je le pensais ... Je n’en reste cependant pas moins instable. Là encore ça dépend des jours et de mon état. Je suis tellement versatile que je ne sais jamais dans quel état d’esprit je vais me trouver d’une heure à l’autre. Je suis lunatique, finalement, quoi de plus normal. Et puis il y a Lune, bien entendu. Ma petite Princesse. Mon souvenir. Heureusement que je l’ai celle la.

Ce soir là, j’étais à des années lumières de penser que la nuit ne s’écoulerait pas exactement comme je l’avais prévu. J’étais entrain de courser un Moldu quand ce dernier est tombé à terre. Mon instinct animal a pris le relais et au lieu de m’arrêter dans ma folie de prédateur, bien trop pris par l’adrénaline et la soif de sang, je me suis jeté sur lui et je l’ai mordu. Ma mâchoire s’est refermée sur sa cuisse et mes crocs se sont plantés dans sa chair. Je secouais la tête comme un fou, en grognant sous le coup de l’excitation. J’étais, je pense, à deux doigt de le tuer quand une voix m’a sorti de ma rêverie.

« Hey le chiot ! Tu vas abîmer la marchandise. Dégage ! »

Un coup de pied me faisait basculer et la pression exercée par mes crocs sur le corps de ce pauvre innocent se relâcha. Je couinais, légèrement secoué, ce crétin de White n’y étant pas aller de main morte, ou de pied mort en l’occurrence. Le temps que je reprenne mes esprit brièvement, j’ouvrais grand les yeux, me redressais et lui sautait dessus en grognant comme un sauvage. J’y mis tout mon poids, si bien que nous étions tombé tous les deux à la renverse, moi par dessus lui. Les pattes avant sur ses clavicules et mes crocs à deux centimètres de son visage, je claquais des mâchoires. Il ne disait plus rien, et bien trop aveuglé par la rage et par le goût du sang humain qui me chatouillait toujours les papilles, je n’ai pas vu le sort arriver droit sur moi.

« Ryans ! Lâche-le immédiatement ! »

J’ai volé dans les airs jusqu’à atterrir lourdement sur le sol dans un cri plaintif. Nouvelle colère quand je me suis relevé encore une fois. J’étais près à foncer sur le type qui m’avait envoyé au tapis mais l’instinct a été le plus fort. J’ai pris conscience que je n’étais qu’un esclave pour eux et ça ne me plaisait pas du tout. Le Loup non plus n’appréciait pas vraiment, alors tous les deux de concert, nous avons pris la décision de foutre le camp. Galopant, zigzagant entre les arbres pour échapper aux sortilèges, j’ai vu la douleur passer plusieurs fois juste au dessus de mes oreilles pourtant couchées sur le sommet de mon crâne. Et puis cette voix finalement.

« Laissez le ! Mort, il ne nous servira pas à grand chose. Il reviendra de lui même. »

Les cris et les flash lumineux ont cessé. J’ai poursuivi ma course vers le cœur du néant. Je n’avais pas peur, peut être à tort, mais j’avais à l’esprit que je n’avais rien à voir avec le petit humain quelconque que j’étais les autres jours du mois. Alors j’avançais, plus lentement maintenant, la tête haute. Sur mon passage, nombreuses étaient les créatures qui fuyaient. J’ai erré pendant des heures comme ça, pour finalement m’arrêter aux abords d’une clairière, tapis dans l’ombre, pour observer un petit groupe de Licornes qui paissaient tranquillement près d’un ruisseau calme et paisible. Cette image m’a apaisé. Je les ai contemplé un moment comme ça, sans un bruit, sans un mouvement. Elles n’ont pas bougé non plus mais j’étais presque certain qu’elles m’avaient repéré. On peut très difficilement approcher ces créatures sans se faire voir et je suis convaincu que si elles sont resté sachant qu’un prédateur tel que moi était dans les parages, c’est qu’elles ont senti que je n’étais pas un danger pour elles. Pour elles, non. Pour les autres …C’est une autre histoire.

Puis l’aurore a pointé son nez. J’ai soupiré, prenant conscience que je n’avais plus beaucoup de temps devant moi, que j’allais devoir rentrer au château pour changer et je n’en avais pas la moindre envie. Je ne suis pas idiot, je savais pertinemment ce qui m’attendrait dès l’instant où ils me tomberaient dessus. J’allais être bon pour une bonne raclée et une journée ou plus au cachot. Seulement dans l’état d’esprit dans lequel j’étais, encore bouffé par la rage, la situation risquait de dégénérer rapidement si qui que ce soit tentait de venir me chatouiller de trop près, que je sois Loup ou Homme.
Alors en silence, à pas de Loup, j’ai quitté l’abri que m’offrait la forêt. Mes pattes ont foulé la mousse, ont traversé un ruisseau, ont caressé l’herbe puis ont frôlé la pierre froide. Déjà les frissons des prémisses de la transformation me courraient sous la peau, m’éloignant de l’animal, me rapprochant de l’Humain. Une sensation désagréable, angoissante. Parce que je crois qu’au fond de moi je n’avais pas envie de redevenir Enzo Ryans le sorcier. Non, j’aurais aimé rester cette bête anonyme que personne ne voit dans l’obscurité. Oublier définitivement celui que je suis, que j’étais, que j’aurais pu être. Voilà les pensées qui m’envahissaient l’esprit tandis que j’escaladais les marches, grimpant les étages un a un. Je ne m’étonnais même pas d’être seul, de ne croiser âme qui vive. J’aurais pensé un instant me retrouver avec un comité d’accueil prêt à me balancer dans les sous sol ou me faire payer l’envie de recommencer à leur tenir tête mais rien. Je n’y faisais même pas attention. Je crois que rien n’aurait pu me sortir de ma torpeur à ce moment là.

Rien … Sauf ça.

Plusieurs fois j’ai eu des hallucinations visuelles, ou même auditives, mais un mirage olfactif, c’était la première fois. J’ai repris conscience alors qu’une odeur bien plus que familière me chatouillait la truffe. Mon corps s’est stoppé tandis que mon esprit lui restait focalisé sur cette effluve. Quelque chose de faible, presque lointain, mais pas assez pour être un vestige du passé. Après des mois, il était clairement impossible qu’elle soit resté présente même à l’étage qu’il avait le plus fréquenté. Au départ j’ai cru que mon cœur s’était arrêté, jusqu’à ce qu’il se mette à battre d’une façon plus rapide encore et d’une seule traite. J’ai cru étouffer, enfoncé dans mes hallucinations. Et puis l’instinct a fait le reste. J’ai levé le museau et dressé les oreilles, prêt à sentir la moindre odeur, à entendre le moindre bruit. Les sens éveillés à l’extrême. Je me suis mis en route, pourchassant ce fantôme dans les moindres recoins du quatrième étage. Tous mes démons, mes angoisses, mes épreuves passées, mes sont revenu en pleine tête, en pleine poitrine. Lorsque je suis passé devant la porte de la pièce qui m’avait maintenu prisonnier pendant des jours et des jours, je n’ai pu faire abstraction de la puissance de son parfum. Impossible. Pas après des mois d’absence. Mon esprit partait dans tous les sens, refusant de croire ce qu’il percevait. La seule explication plausible étant que cette odeur ne soit pas un souvenir du passé mais la marque d’une présence bien réelle. Pourtant je ne pouvais pas y croire. Je ne voulais pas y croire, bien trop effrayé à l’idée de me casser la gueule une nouvelle fois. Pas de place pour l’espoir. Reste stoïque Enzo. Ferme ton esprit. N’imagine rien. Et puis il y a eu ces pas au détour d’un couloir. Par réflexe je me suis caché, tapis dans l’ombre. Invisible. J’ai attendu, que l’auteur de cette marche matinale se montre et lorsque mes yeux ont perçu la silhouette se détacher, suivi par deux autres, j’ai cru mourir sur place. A l’intérieur, j’avais une explosion de mile et un sentiments contradictoires. Mes yeux ne lâchaient plus son visage. Mon corps était tiraillé entre le besoin d’agir, d’aller vers lui, et celui de rester cacher. C’est finalement le soleil qui a eu raison de mon hésitation. Une crampe à l’estomac. Il était plus que temps. J’ai filé dans l’obscurité, allant plus vite que je ne l’avais jamais été. J’ai retrouvé la pièce où j’avais muté, in extremis, et j’ai retrouvé mon corps d’adolescent dans la souffrance et les larmes. Des larmes de douleurs, physiques et mentales. Des larmes d’incompréhension. Des larmes d’espoir malgré le fait que je n’arrêtais pas d’essayer de me convaincre que j’avais rêvé.

Impossible. Impossible. Impossible.

~*~

Je suis fou.
J’ai rêvé.
Je … Non j’ai pas rêvé.
Une odeur ça ne se rêve pas.
Pourquoi tous ces mois ?
Où était il ?
Pourquoi je ne l’ai pas senti plus tôt ?

Je tourne en rond dans le dortoir. J’ai été incapable de m’endormir malgré l’état d’épuisement dans lequel m’a laissé mon retour à l’état d’être humain. Le soleil est maintenant bien présent dans le ciel et éclaire tour le parc de ses rayons d’hiver. Je ne sais pas quoi faire de moi. En réalité si je le sais, seulement j’ai peur. J’ai peur de faire face à une porte fermée, barricadée. J’ai peur d’avoir rêvé. J’ai peur de n’avoir pas rêvé. J’ai peur de ce à quoi je vais devoir faire face. J’en tremble. Lune dort. Je la regarde mais c’est lui que je vois, alors je reprends ma marche silencieuse qui ne me mène nulle part. Tous s’agitent, se préparent pour aller en cours et moi, je continue mon manège de Loup en cage. A gauche, à droite. Je me pose deux secondes et je repars. Je passe ma main sous mon oreiller et caresse ce bout de tissus familier qui s’y cache. Je le relâche. J’essais de ne penser à rien mais dans ma tête les questions se bousculent. Est ce que c’est vraiment lui ? Est ce que ce n’est pas un coup des Supérieurs pour me faire payer ma petite fugue d’hier soir ? Et si c’est bien lui, pourquoi est ce qu’il n’a pas cherché à me retrouver pendant tous ces mois ? Peut être qu’ils ont de nouveau effacé sa mémoire ? Où était il quand j’étais prisonnier de sa chambre ? Est ce qu’il voudra encore de moi ? Est ce que je voudrais encore de lui ? Est ce que je serais capable d’aller vers lui ? De lui faire face et de le regarder droit dans les yeux alors que je ne suis plus le même depuis que je l’ai vu mourir ? Comment lui expliquer tout ça ? Comment faire pour que tout redevienne comme avant ? Est ce qu’il a préféré ne pas me retrouver, parce que c’était trop compliqué entre nous ? Est ce qu’il a quelqu’un d’autre dans sa vie ? Est ce qu’il m’aime encore ?

C’est trop pour moi.

« Enzo ? Est ce que ça va ? Tu es tout pâle. »

Où est ce que je suis ?
Qui me parle ?

Lorsque je suis revenu à moi, j’ai constaté que je n’étais plus dans le dortoir mais à l’extérieur, près des enclos, avec toute ma classe. Ce que j’ai fait entre temps ? C’est le trou noir. Je ne sais même pas comment je suis arrivé là. Je ne m’en souviens plus. Et devant moi, Ismaelle. Elle me dévisage avec inquiétude. Je reprends mes esprits alors qu’un bruit assourdissant me résonne dans les tympans. Un bruit sourd, persistant, désagréable.

- Je … Non. J’me sens pas très bien. Je … Désolé.

Je me suis levé tant bien que mal, j’ai titubé jusqu’à trouver un semblant d’équilibre, la main posé sur la tête, mes yeux se fermant comme si cela pouvait apaiser la douleur qui prenait naissance dans mon crâne. Je percevais les voix des autres dans le lointain mais rien de très distinct, comme si j’étais au fond d’un gouffre. Et le visage d’Ismaelle qui devient de plus en plus flou.

Qu’est ce qui m’arrive ?!

« Attends, tu ne vas pas rester tout seul dans cet état là. Je t’emmène à l’infirmerie. »
- Non ! J’veux dire … Non. Ils pourront rien pour moi là haut, c’est juste … une crise d’angoisse, je crois. Faut que je me calme, c’est tout. Et je ne peux le faire que si je suis seul.
« Enzo … »
- J’ai besoin d’être seul. J’suis désolé, je rattraperais le cours c’est promis, mais si je reste là je risque de péter les plombs et j’ai pas envie de ça. Et puis la Pleine Lune, c’était hier soir. J’ai pas pris le temps de m’en remettre. C’est rien, ça va aller.

J’étouffe. Je me sens mal, à fleur de peau. Je ne me connais que trop bien sur ce point là et je sais pertinemment que si je reste ici une minute de plus, je n’arriverais plus à me contrôler, ça partira dans tous les sens et il y aura des dommages collatéraux pour tout le monde. Je ne veux pas de ça. Je ne veux plus de ça. Je veux juste … être sur.
Alors J’ai commencé à m’éloigner à reculons, sous les regards pleins d’interrogations de mes camarades de classe qui ne comprenaient rien à la situation, et puis je me suis ravisé, cherchant le regard d’Ismaelle qui contrairement au mien, j’imagine, ne respirait pas la panique.

- Ecoute je suis désolé, pour tout, mon comportement, mon attitude envers toi, tout.

Elle m’a fait un signe de tête et j’en ai conclu que j’étais libre de partir. De toute façon, rien hormis la magie n’aurait pu me retenir et j’étais persuadé qu’elle n’en userait pas sur moi, ni sur n’importe qui d’autre d’ailleurs.

« Tu viendras me voir demain Enzo, et ce n’est pas négociable. Quand tu veux, en dehors des heures de cours. Je t’attendrais. Va te reposer, ce n’était pas prudent de sortir de ton lit aujourd’hui. »
- Je viendrais. Je te le promets.

Et je la tiendrais cette promesse.

Mais là, là c’est trop pour moi, et même tes créatures ne parviendront pas à me calmer. Fenrir, Mila, Patrouille, Crash ... Ils ne peuvent rien pour moi. Tu ne peux rien pour moi. La seule qui pourrait éventuellement m’apaiser et défaire ce nœud dans ma gorge qui m’empêche de respirer, c’est Jillian. Seulement, elle est en cours. Et puis … On ne s’est pas parlé depuis des mois. A vrai dire, je ne sais même pas si elle a eu ma lettre. Mon frère ? Hors de question. Je préfère ne pas y penser pour le moment. Il y aurait bien Lune aussi mais … Depuis ce matin je n’arrive plus à la regarder. Tout ce bouscule, ça va beaucoup trop vite. J’ai encore en moi les vestiges de ma discussion avec Megan. La lettre que j’ai écrite pour Jill suite à ça, et ma découverte de ce matin. Pourquoi tout ça en même temps ? Je perds pied. J’ai l’impression que je vais m’évanouir, sombrer dans une sorte de coma anesthésiant.

J’ai peur.

Pourtant mes jambes me portent encore. Ce sont elles qui font tout le travail et moi je suis le rythme, totalement absent. Je tremble de tous mes membres. J’ai chaud. J’ai froid. Je suis gelé. Il faut que je sache. Il faut que je le vois. J’hésite. Quatrième étage. Je fais un pas, puis me ravise. Je reprends ma course lente et je m’écroule finalement sur mon lit, gardant les yeux grand ouvert, totalement paniqué. Je dois faire quelque chose ! Bouge toi Enzo, merde !

Hey, Petit Loup ? Calme toi. Respire. Chut.

J’ai posé ma tête contre Lune et mon oreille a cherché les battements de son petit cœur. J’ai calé ma respiration sur la sienne. Elle n’a pas bougé, comme si elle sentait que j’avais besoin d’elle, de ça. De calme. J’ai fermé les yeux, inspiré, bloqué, et expiré. Je cherchais la paix, le sommeil en tachant de penser à des choses susceptibles de m’apaiser. L’Océan. Ma mère. Mais …

J’ai besoin de savoir.

Je me suis levé, tout en gardant mes doigts dans les poils de Lune. J’ai inspiré un grand coup, calmé dans la mesure du possible, et j’ai relâché tout l’air que j’avais dans les poumons. Je me suis soudain senti épuisé. J’aurais pu m’endormir sur le champ si les nerfs ne me forçaient pas à rester éveillé.
Un regard vers l’extérieur, j’ai suivi le vol des oiseaux et ça m’est apparu comme une évidence. Alors j’ai attrapé une plume, un encrier et je me suis assis sur le rebord de la fenêtre. Hésitant. J’ai gribouillé des tonnes et des tonnes de mots sur plusieurs parchemins avant de les déchirer et de les faire disparaître, jusqu’à ce que je me décide à faire court et clair.

Citation :
Ce soir.
Le banc, près du Vieux Chêne, face au Lac.
A la tombée de la Nuit.

J’aurais pu ajouter « Viens seul » mais le connaissant un minimum, et si c’était bien lui, je me doutais qu’il ne débarquerait pas avec une armée. J’ai ouvert la fenêtre du dortoir et j’ai sifflé doucement. Trente seconde plus tard, Okar entrait dans la pièce sous le regard captivé de Lune qui n’avait qu’une envie, lui voler dans les plumes. Elle s’agitait, remuait de la queue et laissait des petits bruit aigus sortir de sa gueule dans un rictus typiquement félin. Je m’en amusais mais gardais bien à l’œil cette petite sauvage. Hors de question qu’elle fasse du mal à mon vieil emplumé. Il était encore très efficace et avait fait le voyage aller/retour d’ici à l’Australie en un temps record pour un hiboux de son âge. Il m’avait ramené des nouvelles de ma Grand Mère, qui elle aussi me disait qu’elle allait bien, que l’absence de Grand Père la pesait mais qu’elle s’en sortait. Rassuré malgré les mensonges que j’avais pu lui envoyer concernant ma vie ici, j’avais été porter la lettre à Derek, pour qu’il ai lui aussi de ses nouvelles.
Rêveur, j’ai finalement donné le mot à Okar en lui donnant l’ordre de le porter jusqu’à Kyle. Je ne savais pas où il était, ni même si c’était vraiment lui et pas un mauvais tour de mon imagination, ou bien des Supérieurs encore et toujours, mais je savais que s’il était bien vivant et dans l’enceinte de ce château, Okar le trouverait sans même l’avoir vu une seule fois. La magie et ses mystères. J’espérais juste qu’il ne tomberait pas entre de mauvaises mains. C’était ma plus grande crainte. Celle d’être exposés une nouvelle fois et de le mettre en danger. Après tout, peut être qu’il ne tenait pas à me revoir. Ça se bousculait dans ma tête, j’en avais la nausée. Le trac, l’angoisse, et l’impatience. Puis toujours ces mêmes questions, nombreuses, auxquelles je n’avais aucune réponse bien entendu.

Attendre.
C’est tout ce que j’avais à faire.

Alors je suis retourné en cours, malgré mon état. Etre seul, visiblement ça ne me réussissait pas et j’avais ce besoin viscérale d’être occupé pour ne pas penser. Cours de Défense avec Rivers, au moins, c’était plutôt efficace même si ça n’a duré qu’un temps. Et ce soleil qui n’en finissait plus de se coucher. Le repas ? Je l’ai sauté, bien incapable d’avaler quoi que ce soit tant l’angoisse me tiraillait les entrailles. J’ai compté les heures, les minutes, puis les secondes. La bibliothèque m’a accueillit pendant un moment, mais j’ai fini par quitter les lieux, consterné par le regard noir que me lançait sans arrêt la vieille bique qui avait du nous séparer Derek et moi, de cet abruti de Serpentard, il y a quelques mois de ça. J’ai traîné dans les couloirs, puis constatant avec soulagement que l’Astre Solaire déclinait lentement derrière les arbres de la Forêt Interdite, j’ai commencé à descendre les marches, tachant d’avoir l’air le plus détaché possible. Etre discret, pour ne pas qu’on me voit sortir, c’était mon but. J’arrivais dans le hall quand une voix malheureusement familière m’a interpellé.

« Hey Ryans ! »
- Qu’est ce que tu veux, ça t’a pas suffit hier soir. J’peux te refaire le portrait maintenant si tu veux, ça me pause aucun problème.
« Du calme, du calme mon Louloup. J’voulais juste te dire, le Moldu que t’a mordu cette nuit, il y est passé. C’est pas résistant ces trucs là. »

Et de l’angoisse, je suis passé à la colère.
Contre moi. Contre lui. Contre tout.

Mon Louloup ? MON LOULOUP ?! Tu veux vraiment crever toi c’est pas possible. Ouais pas de doute, t’es suicidaire mon pote. Et j’vais pas attendre la prochaine Pleine Lune avant d’exhausser ton vœux mon grand. Je suis plus à un mort près. Il a pas survécu tu dis ? Ca m’aurait étonné. Et ces trucs là, comme tu dis, c’est bien plus résistant que tu ne le penses, seulement face à un Loup enragé et tout le poison que je lui ai transmit en le mordant, il n’avait aucune chance de s’en tirer. Pas avec l’insistance dont j’ai fait preuve. J’ai perdu le contrôle. Complètement. Et la bête en a profité pour prendre le relais. L’instinct a pris le dessus. Est ce que je regrette ? A quoi ça sert honnêtement ? Il est mort, c’est comme ça. Il y a eu elle, celle qu’on a jeté dans ma cage il y a quelque mois. La première, dont je ne me remets toujours pas même si je n’en montre rien. Il y a eu le Supérieur, même si je ne l’ai pas tué directement. J’ai cru en avoir tué un autre dans la Cabane Hurlante le soir où ils m’ont arraché ma raison de vivre, mais je l’ai revu par la suite, même s’il m’évite. A croire que je lui fais peur. On aura tout vu. Il y en aura sûrement d’autres. Est ce que j’arrive à vivre avec ? J’ai pas le choix de toute façon, et puis malheureusement, je crois que je commence à me faire à cette réalité. Je suis un meurtrier, et donner la mort ne me fait plus aussi peur qu’avant. Est ce que je serais capable de provoquer ça de sang froid ? Et bien, quand je vois la tête de ce pauvre type de White qui regarde avec le plus grand de ses sourires, je dois dire que je me pose sérieusement la question.
Mais je sais que je dois garder mon calme. Il n’attend que ça, et si je déclenche le truc maintenant, je ne serais jamais à l’heure. Ça, il en est hors de question. Alors oui j’ai envie de lui arracher la tête, mais il y a autre chose de bien plus important que je dois faire. Je dois en être sur, quitte à mourir une deuxième fois. Quitte à être déçu, à ressentir encore ce poignard qui s’enfonce dans mon cœur. Une double perte. Un déjà vu. Peu importe si j’en souffre, je n’aurais pas de répit avant d’en être sur.
Je dois prendre sur moi. C’est pourquoi, les poings serrés, j’affiche pourtant un air détaché lorsque je lui réponds d’une voix neutre.

- Qu’est ce que tu veux que ça me foute.
« J’sais pas. Il me semblait que t’étais du genre à prendre leur défense avant alors je m’interroge c’est tout. »
- Tu te poses trop de questions, fous moi la paix maintenant. J’ai autre chose à foutre que de discuter avec toi.

J’allais partir, je m’étais déjà retourné mais il m’a de nouveau interpellé.
J’ai grogné bien malgré moi.

« Au fait je voulais te dire, la prochaine fois, mords moi. »

J’éclate de rire et me rapproche de lui, un sourire mauvais étirant mes lèvres alors que je plante mon regard dans le sien.

- La prochaine fois ? La prochaine fois, j’te tue.

Une voix doucereuse.
Un ton sans appel.
N’oublie pas que j’ai perdu l’esprit.

Il recule. Je reprends mon chemin. L’air presque serein alors qu’à l’intérieur rien ne vas plus.

Le mordre ? Hors de question. Je l’ai toujours dit, et ce même si je peste régulièrement contre cette particularité qui fait de moi quelqu’un de différent. Le Loup est à moi, jamais je ne le partagerais avec qui que ce soit. Je mords, je tue. C’est aussi simple que ça. Je ne veux pas transmettre a qui que ce soit ce don que j’ai appris à contrôler et à apprécier avec le temps. Parce que lorsque je suis dans mon autre peau, je me sens libre. Véritablement libre. Ce n’est qu’une fois par mois, mais c’est libérateur. J’en ai besoin. C’est devenu une obsession, presque une passion. Alors non, je ne transmettrais pas cette caractéristique. A personne. Là dessus aussi je resterai exclusif.

« Tu vas où là comme ça ? »
- J’ai atelier macramé. Va en enfer, tu pollue mon oxygène.
« Ma…quoi ? Il est malade ce type. »

Voilà comment on s’est séparé lui et moi, une nouvelle fois. Je me dis qu’un jour, il finira par y avoir un sérieux problème, parce qu’à force de se chercher mutuellement un de nous deux y passera.

Et ça ne sera pas moi.

~*~

Assis sur le dossier du banc, j’ai la tête basse, la capuche remontée sur mes cheveux et mon pied frappe le bois nerveusement à intervalles régulières, comme toujours quand je suis sous tension. Il fait froid, c'est l'hiver, mais ça ne me gène pas. Tout se bouscule dans ma tête et je n’ose même pas relever les yeux pour vérifier si quelqu’un arrive. Mes sens sont en éveils. J’ai beau brider ma vue, mon ouïe elle, part au quart de tour et s’emballe dès qu’elle perçoit un froissement, un craquement, ou n’importe quel autre bruit. Mon cœur bat à une vitesse folle. Quant à mon souffle, je le retiens au maximum, laissant s’échapper l’air par de longues expirations toutes les trente secondes. J’ai réussi à sortir sans me faire voir, à croire que s’habiller tout en noir ça fonctionne vraiment. Face à moi, le Lac. Sur ma gauche, le Vieux Chêne. Et dans ma tête, tous mes souvenirs, puis des pensées. Des bonnes. Des mauvaises. L’impatience mêlée à la peur. Celle que tout ces espoirs que j'essaie de taire en vain depuis ce matin s’envolent en fumée.

Et s’il ne venait pas ?
Et s’il lui arrivait quelque chose par ma faute, encore une fois ?
Est ce que j’ai bien fait de procéder comme ça ?
Est ce que je suis fou, et que tout ça n’est que le fruit de mon imagination ou de mon esprit qui déraille ?

Le silence m’étouffe. Les ombres s’allongent. Le soleil disparaît peu à peu. Tout est calme. Personne ne peut me voir dans ce coin du Parc, pas du château en tout cas, et pas avec cette luminosité là. Il n’y a plus de neige et le temps s’est radoucis. Et puis je ne bouge pas, aucun risque que j’attire l’œil. Lui me verra, parce que s’il vient, c’est qu’il me cherche. Il saura où me trouver, parce que cet endroit représente autant pour moi que pour lui.

Tu te souviens de ce que je t’ai demandé ce jour là ?
Ne me laisse pas.
Voilà ce que je te demande aujourd'hui : Reviens moi.
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MessageSujet: Re: Cold Case Love ? {Kyle}   Mar 5 Avr 2011 - 5:34

** Cold Case Love? **




Je sais ce qu’il va se passer. Je le sais parfaitement. Et pourtant, je ne peux pas m’empêcher de continuer. Continuer de rester là, sans agir, comme si tout était normal alors que je sais ce qu’il va s’en suivre. C’est la même roue qui tourne à toutes les fois mais c’est la seule source qui me reste pour me nourrir. Alors je poursuis, comme si de rien n’était. Pour l’instant, ça n’a pas encore commencé mais je sais que le dénouement ne tardera pas. Une fin atroce, qui me brûlera le cœur et déchirera mon âme. Mais j’en ai de besoin. Juste pour me sentir un peu plus vivant même si ma vie ne manque pas de tournants. Juste pour respirer encore sa bonne odeur qui me semble si réelle. Juste pour que ses yeux se pose dans les miens et que je retrouve son sourire parfait. Que je sente son cœur qui bat plus rapidement que tous les autres humains sur terre. Que sa peau, plus chaude qui n’importe quelle couverture me réchauffe comme elle sait si bien le faire. Pour que nos deux corps s’unissent, une dernière fois, avant qu’il aille rejoindre l’éternité…

Save me


- Jures moi que tu ne me quittera jamais.

- C’est promis.

Je sais que je peux te faire confiance. Mais le temps me file entre les doigts et je sais ce qu’il va se passer, contrairement à toi. Tu me sembles si calme, coucher là sur ce matelas dont les ressorts sont finis. Tu n’as aucune idée de ce qu’il se prépare alors que tu as vécu cette scène autant que moi. Tu n’es que le fruit de mon imagination mais j’aime croire que je suis revenu en arrière. Que ces derniers mois n’étaient en réalité qu’un cauchemar qui me semblait trop réel. Je tente de rester lucide mais l’illusion est trop belle. Tu n’as pas changé d’un poil. Tu es resté le même que dans mon souvenir, comme si je t’avais vu hier. Alors que je sais qu’en ce moment même, ton corps repose probablement dans un coin de ce château. Peut-être qu’on t’a enterré dignement, comme tu le mériterais. Le mieux ça aurait été juste à côté de la tombe de tes parents. J’espère tellement que tu as pu les retrouver dans l’au-delà… On n’a pas souvent parler de ce sujet, que je considérais un peu tabou tellement que j’étais désolé pour toi, mais je souhaite de tout cœur que tu sois heureux là-haut, en compagnie de ton père et de ta mère qui ton probablement attendu trop longtemps. Je sais bien qu’ils ne souhaitent pas que tu arrives si tôt mais au moins, tu aies pu les revoir. J’aurais aimé que tu restes ici, avec moi, pour plus longtemps. Ma pensée est égoïste, je le sais bien, mais je ne peux faire autrement. J’avais enfin trouvé ma perle rare. Celle pour qui j’existais sans aucune condition. J’étais enfin accepté, aimer, par quelqu’un qui méritait amplement mon dévouement. Je t’ai donné tout ce que je pouvais mais j’aurais pu en faire beaucoup plus. Je ne t’ai pas assez parlé de moi. Je crois que j’avais trop honte de ma misérable vie avant de rencontrer la tienne. Je ne t’ai pas assez embrassé, pas assez souvent dit que je t’aimais. Pas dit à quel point je te trouvais formidable et exceptionnel. Que tu étais l’homme de ma vie, que je n’en voulais pas d’autre après toi, qu’ils étaient tous des pions sans grande importance. Que j’avais envie de faire tout avec toi. De passer toutes les étapes de la vie, les heureuses comme les moins bonnes. Que je rêvais d’une grande maison sur le bord de plage, comme celle dont tu me parlais d’Australie. Comme je n’ai pas pu tout faire cela, je tente de me reprendre ici. C’est la seule issue qui me reste pour me sentir un peu moins coupable lorsque je retrouve la dure et froide et réalité. Ce monde dans lequel tu n’appartiens plus désormais car certains ont eu la gâchette trop facile. Cet enfer rempli de crétins qui ne comprennent pas le sens du mot bonheur.
Pur et éternel bonheur.


They all know
They all know


Le moment approche à grand pas et je n’arrive pas à détaché mon regard de ton visage si angélique qui me manque à chaque fois que tu disparais. Je déteste revivre cette scène mais je suis prêt à le faire à toutes les nuits, juste pour te voir encore une fois. Une dernière fois, avant qu’ils nous mettent le grappin dessus. J’ai tenté à maintes reprises de changer le cours des choses, tu sais? J’ai voulu fuir par la porte par laquelle on était entrés. Grave erreur. Ces salopards étaient là depuis un bon moment, tu le savais ça? C’était comme s’ils avaient deviné tout notre plan avant même qu’on l’ai mis à exécution. Je me suis fait chopper avant même de mettre le pied dehors. La bonne nouvelle était que je n’avais pas à te voir partir avant moi. J’ai voulu qu’on fasse ça dans un autre endroit. Qu’on reste dans ta pièce secrète plutôt que de venir ici. Mais c’est impossible. Ce foutu mental me ramène sans cesse à cette scène, refusant de me faire remonter plus tôt dans le temps. Je nous ai caché. Mais il n’y avait rien à faire. Ces gars là ne sont pas des idiots. Ils nous ont trouvé avant même qu’ils aient comptés jusqu’à dix. La conclusion est toujours la même, peu importe ce que je fais, comme si c’était réellement notre destin. Que ça se termine là, ici, maintenant. Dans cette vieille cabane en bois qui empeste le moisi. Ta vie va s’envoler d’un instant à l’autre mais tu restes sagement là tant dis que mon cœur s’emballe.

Ever since the day you left
My fate's been set alone
How many years to walk this path alone?
So much to see tonight
So why'd you close your eye?
Why can't i shut mine?


Tu fermes les yeux, doucement, comme si tu allais t’endormir. Comme à chaque fois, c’est toujours la même chanson qui se répète. J’ai vécu cette scène une bonne centaine de fois et comme toujours, j’ai la même réaction. Je n’arrive pas à me calmer, même si je démontre tout le contraire. Tu ne sens pas mon inquiétude et j’en suis heureux. Ce n’est pas encore le temps. Je ne veux pas que tu paniques pour rien, ce n’est pas mon intention. Je veux seulement profiter de ce dernier moment que je partage avec toi, instant que je revis à toutes les nuits depuis beaucoup trop longtemps. C’est ma façon à moi de ne pas t’oublier, de me remémorer l’être parfait que tu étais dans toute ton imperfection. Tu me manques, tu ne peux pas savoir à quel point. Il n’y a pas de mot assez puissant pour décrire tout ce que je ressens à chaque jour depuis ta disparition. Mais je sais que de là-haut tu penses souvent à moi. J’arrive à sentir ta présence lorsque quelque chose tourne mal. Tu es là, si près mais je n’arrive pas à te voir, à te toucher… Alors que la présentement, je le peux.
J’attrape ta main.
Ils arrivent.


Is it something we said?
Is it something we said to them?
Is it something we said?


S’il y a bien une chose que je ne comprends pas, c’est l’injustice. Je ne comprends toujours pas ce que je fais ici, dans ce château merdique. Pourquoi moi plus qu’un autre? Ce kidnapping, était-ce un pur hasard ou bien ils ont choisi leurs proies d’avance, dans un but fixe? Mais tu sais, malgré tout, j’ai fini par accepter cette nouvelle vie qui s’offrait à moi. Tu y est pour beaucoup même si étrangement, j’ai commencé à m’y faire après ton départ. Je me suis résolu à un destin de merde, à croire que je suis né uniquement pour ça. Ce qui me dérange vraiment c’est pourquoi autant d’injustice? Pourquoi ont-il prit ta vie plutôt que la mienne? Pourquoi notre relation était un problème alors qu’on ne faisait pas de mal à personne? On se contentait de se cacher, vivant notre amour heure par heure, sans rien demander. Ils sont venus jouer entre nous et encore une fois, tu vas me quitter. Est-ce que c’est quelque chose qu’on leur a dit? As-tu déjà été méchant avec un supérieur? Bon d’accord, tu as tué leur maître mais tu avais d’excellentes raisons, ils nous courraient après bien avant que ce facteur soit un problème. À quoi bon chercher une réponse, il n’y en a aucune, si ce n’est qu’ils sont jaloux de ce qu’on a vécu ensemble. J’en suis persuadé. Soit ça, soit ce sont tous des connards d’homophobes.

Is it something we did?
Is it something we did to them?
Is it something we did?


Être amoureux, voilà ce qu’on leur a fait. Sans doute le plus grand coup de tous les temps, le plus fatal. Un sorcier et un moldu, tous les deux des mecs, ça ne se peut pas. C’est une mission impossible. Quelque chose d’impardonnable, d’impur.

We’re only here to die


Ta main dans la mienne, j’arrive à sentir toute ta chaleur qui me donne toujours autant de frissons. Même après avoir vécu la même foutue scène plusieurs fois, j’ai toujours ces mêmes sensations qui ne me quittent pas. Tu me fais toujours autant d’effets même si tu n’es pas réellement ici, avec moi. Tu sembles si serein que j’ai peur de venir réveiller tes doux rêves. Mais je n’ai pas le choix, il faut que je t’interrompe. Encore, encore et encore. Tu dois en avoir marre de toujours jouer ce rôle du petit innocent qui ne connaît absolument pas la suite des évènements. Non en réalité tu t’en fous complètement. Tu n’es plus là de toute façon. Et revivre cette scène, ce n’est rien pour toi. Tu n’as plus à la refaire pour vrai de toute façon. Dieu merci, tu n’as plus à en souffrir, contrairement à moi qui n’arrête pas de ce torturer avec ce souvenir qui refuse de quitter mon esprit.

- Je t’aime. De tout mon cœur, de tout mon être, de toute mon âme. Tu es le seul pour moi et tu le resteras.

Tu ouvres finalement les yeux et tu me regardes, amoureusement.
Qu’est-ce que j’aime cet éclat…
Tu me souris.


- Tu sais que c’est réciproque.

Mes yeux se remplissent de larmes.
Excuse moi d’être un émotif. D’être aussi faible que ça. Mais à chaque fois c’est la même chose.
L’inquiétude vit en toi à présent. Je le sais, je le sens. C’est la même chanson qui se répète.


- Kyle…

Moment de panique.
Je resserre ta main, jusqu’à t’en couper la circulation sanguine.


- Je t’en prie ne les laisse pas te faire du mal! Ne les laisse pas! Ils vont arrivé ici, nous menacer et ils vont te jeter un sort! Je t’en supplie, ne les écoute pas, reste ici avec moi!

Je m’accroche à toi comme un désespéré mais tu ne comprends pas le sens de mes paroles. Ma tête sur ton cœur, je l’entend battre à une vitesse folle tant dis que mes larmes mouillent ton chandail. J’entends leurs pas à présent et à part me réveiller, je ne peux rien faire d’autre. Et pourtant, je n’en ai pas envie. Je veux te voir, jusqu’à temps que ce bel éclat disparaisse dans tes eux. Je suis peut-être masochiste mais j’en ai de besoin. Je veux rester à tes côtés jusqu’à la toute fin puisque ici, j’ai l’occasion de le faire. T’accompagner est la meilleure chose que je puisse faire. À mon réveil, je me sens beaucoup moins coupable. Mais pour le moment, c’est la panique à l’intérieur de moi. Elle s’empare aussi de toi, je le perçois dans les battements de ton cœur et dans tes gestes. Tu me caresses les cheveux, comme une mère ferait à son enfant après un cauchemar. C’est ce que je vis présentement : un cauchemar.

Save me
I’m losing my only dream

Ça y est, ils sont là maintenant. Comme dans mon douloureux souvenir, ils sont entrés en trombe dans la pièce et tu t’es aussitôt agité, me délaissant de côté pour te mettre debout, face à eux. J’ai beau crier, continuer de pleurer et t’appeler mais tu ne m’entends pas. Les ressorts fatigués sortent du matelas et m’enchaînent au lit. Mais tu ne le remarques pas. Les insultes et les voix fortes fusent de partout, les baguettes sont toutes braquées sur toi sauf une. La tienne, qui pointe désespérément dans leur direction. Tu trembles de la tête aux pieds, mais ce n’est pas la peur qui t’alimente. C’est la rage, pure et dure. Tu es prêt à tuer. Je te supplie mais tu m’ignores, comme à chaque fois. Ton impulsivité a prit le dessus et dans ces cas là, il n’y a rien à faire. Je continue d’observer la scène de ma prison alors que les sortilèges ont fait leur apparition. Dans des mots qui me sont étrangers, vous n’hésitez pas à vous attaquer et je continue de crier ton nom. Rien à faire. Concentré, tu esquives les sorts comme un véritable pro, n’hésitant pas à user de ta magie envers eux. Tu réussis même à toucher deux ou trois mecs, qui restent sur le sol comme s’ils étaient morts. Et c’est la que je me sens mourir. Car c’est toujours à cet instant précis que j’entends ces mots. Cette horrible prononciation que je n’arrive pas à oublier.

- Avada Kadavra!

Dans un ultime cri, une ultime douleur, un énorme rayon vert transperce ton corps qui ressemble à une poupée de chiffon. Sans un regard vers moi, tu tombes raide comme de la pierre sur le sol.
L’éclat a déjà disparue de tes yeux noisette qui sont grands ouverts, sur ton visage qui exprime encore la surprise de ce sort que tu n’avais jamais attendu. Ma vue se brouille, mon cœur cesse de battre et je cesse de crier. Il m’est inutile de faire quoi que ce soit pour toi alors que je n’aurais qu’une envie et c’est de courir vers ces salopards qui ont osé te faire du mal jusqu’à te tuer. Je n’y arrive pas. Je n’ai plus de force, plus d’énergie. Qu’ils me tuent, c’est tout ce que je désire.

Je ne veux qu’une seule chose et c’est aller te retrouver. Tout là-haut dans le ciel.


Help me find my way
Said help me find my way

...

À gauche, à droite.
De haut, en bas.
J’ouvrai les yeux d’un coup sec, comme si je venais de recevoir quelque chose sur la tête. Mon corps, secoué dans toutes les directions, je ne comprenais pas du tout ce qu’il se passait. Je sursautai, à la vue d’un visage aussi proche du mien. Je voulu reculer mais il n’y avait rien à faire : j’étais enfoncé dans mon matelas, des mains serrant mes épaules. Je me contentai simplement de regarder cet homme qui se tenait au-dessus de moi, l’air malin accrocher sur les lèvres. Il me lâcha finalement et m’ordonna de me lever, ce que je fis sans plus attendre. Un coup d’œil vers l’extérieur et je me rendis compte que l’aube c’était déjà levée. C’était une des rares nuits que j’avais réussi à faire au complet. Habituellement, je me réveillais souvent alors qu’il faisait encore sombre à l’extérieur. Un coup d’œil autour pour apercevoir un second homme, habillé en sorcier, qui se tenait près de la porte, l’air tout aussi heureux que son compagnon.
À croire que ces connards m’avaient réservé une surprise party.
Ça faisait quand même un bail que je n’avais pas vu les supérieurs. À vrai dire, je n’avais pas réellement fait leur rencontre depuis la fois de la cabane hurlante. J’avais l’impression de les voir en permanence, parce que je faisais le même cauchemar à toutes les nuits, mais n’empêche qu’en vrai, ce n’était pas la même chose. J’étais plutôt content de voir qu’ils s’intéressaient de nouveau à moi, même si j’appréhendais légèrement la suite des événements. J’avais tenté d’attirer leur attention, une fois, juste pour leur dire que j’existais encore. Repoussant la nourriture infecte qu’ils me donnaient, j’avais pris la fuite lorsque l’un de leur disciple avait ouvert la porte. Je m’étais caché, quelque part sur le quatrième étage et j’étais tombé sur Jillian. En revenant à ma chambre, je m’attendais à une attaque en tout genre mais il n’y avait absolument rien eu. Le lendemain, le même con m’avait servi comme à tous les autres jours, sans plus d’explication. J’avais trouvé la chose plutôt étrange mais jamais je n’avais recommencé. Je n’aimais pas le goût du risque autant que je le croyais. Surtout lorsque ça plaçait quelqu’un d’autre dans l’embarras. Dans ce cas-ci, mon amie.
Et là, j’en avais deux pour le prix d’un. À croire que ça allait réellement chauffer. Je me demandais si la fois de ma fuite allait me retomber sur le nez mais je m’en foutais un peu. Je me demandais seulement pourquoi il m’avait laisser pourrir ici pendant si longtemps, alors qu’il y avait quelque mois, je semblais être leur favori parmi tous les résidents du quatrième étage. C’est vrai que leur chef était décédé et donc, c’était probablement un autre qui avait prit sa place. Sûrement lui qui était là, le soir de la cabane hurlante.

Ne voyant que je me faisais aucun mouvement, le supérieur qui m’avait réveiller brutalement me poussa vers la porte qui était grande ouverte. Je sortais à l’extérieur, la peur commençait à me bouffer les entrailles. Des milliers de questions fusaient de toute part dans mon esprit, tentant de trouver une explication à toute cette cérémonie. Je n’allais le savoir qu’une fois sur place. Les deux gaillards, qui marchaient à mes côtés à présent, ne semblaient pas très bavards contrairement aux autres. Ils se contentaient de me montrer la voie en silence, les lèvres toujours aussi étirées dans un rictus dégoûtant. J’avalai ma salive de travers et baissai la tête de façon à regarder mes pieds. Étrangement, cette vision me calmait un peu, tant dit que mes boucles blondes, qui continuaient de pousser, me tombaient directement sur le visage.
Et puis soudain, quelque chose retient mon attention et je m’arrêtai de marcher, relevant ma tête brutalement, comme si je m’éveillai à nouveau. J’ignorais ce qui m’avait sorti de ma transe, puisque je n’avais absolument rien entendu et encore moins vu quelque chose. Il y avait quelque chose cependant. J’arrivais à le sentir mais pourtant, il n’y avait strictement rien. Je plissai les yeux, à la recherche et les deux hommes à mes côtés semblaient s’agiter, aux aguets. C’était comme si une présence invisible m’avait dit de m’arrêter là, précisément à cet endroit et d’être attentif. Quelques secondes s’écoulèrent. Il n’y avait toujours rien et mes bourreaux perdirent patience. Un nouveau coup dans le dos et je recommençai à traîner des pieds, regardant partout autour comme si j’allai avoir une illumination soudaine. Aucun indice. Aucune vision. Aucun bruit. Rien. Imagination de merde.

Nous descendîmes dans les cachots et je m’efforçai de regarder mes pieds de nouveau pour ne pas voir les prisons qui s’alignaient des deux côtés du couloir sombre. Une forte puanteur émanait de l’endroit, si bien que je cru vomir sur place. Je distinguai quelques voix parmi les plaintes qui s’échappaient d’un peu partout mais je n’y prêtai aucune attention. Ce n’était pas le moment de jouer les héros : malheureusement, je ne pouvais absolument rien pour eux. D’ailleurs, si ça se trouvait, j’allais sans doute me retrouver dans la même position d’ici quelques minutes, heures, jours, semaines. Je me cru dans le couloir de la mort, tellement l’arrivée à destination fût longue. On me poussa finalement à l’intérieur d’une pièce tout aussi sombre et on ferma brutalement la porte derrière moi. Je n’osai plus bouger. Seule une chaise reposait au milieu de l’endroit et une chandelle flottait au dessus d’elle, comme si l’on voulait que ce soit la seule chose que l’on voit. J’avais beau sortir mes yeux de mes orbites, je ne voyais personne.
Jusqu’à temps qu’une ombre bouge et vienne dans la faible lumière qui régnait.
Mon cœur s’arrêta de battre.


- Kyle. Ça fait un bail dis donc.

Comment aurais-je pu l’oublier celui-là?
Ses yeux bleu azur semblaient illuminer l’endroit et son sourire était beaucoup trop sûr de lui. Sa beauté, surnaturelle. Sa voix, trop calme.
Derek Ryans. Oui un bail que je ne l’avais pas vu mais je n’avais pas souhaité croiser sa route. Un mec complètement fou furieux, à côté de la plaque. L’élève le plus méchant que je n’avais jamais rencontré. Tous le craignaient, en particulier ceux qui faisaient parti de mon camp. Il était capable d’une rage et d’une cruauté incroyable tant il se foutait de tout. Dangereux au point de devenir un criminel, j’avais presque souhaité qu’il m’ait oublié avec le temps. Bien entendu, c’était un désir impossible.
Il me désignait la chaise de la tête, m’invitant à m’asseoir. Naturellement, je n’en n’avais aucune envie. Encore moins en sachant qu’il se trouvait dans la même pièce que moi. Mais avais-je le choix? Les moldus n’avaient pas cette opportunité dans cet enfer macabre. Hésitant, je fis un pas, puis un autre, jusqu’à je me rende à l’endroit où il le désirait. L’air plus qu’incertain, je m’assoyais, tel que demandé et je fixai le noir qui se trouvait devant moi. Il déposa ses mains sur mes épaules et je regardai ses doigts pendant un moment. Mon cœur se mit à battre la chamade. Si j’aurais pu mourir sur place, je l’aurais fait.


- Oui tu l’as dit Derek, ça fait un bail qu’on ne s’est pas vu Johnson.

J’aurais reconnu cette voix n’importe où. Il s’agissait d’un des connards de la cabane hurlante. Je fronçai les sourcils en tournant de nouveau la tête vers l’avant. La peur laissait la place à la colère, ce qui n’était pas une mauvaise chose. L’homme restait dans l’ombre et c’était aussi bien comme ça.

- Comme tu as changé… A ce qu’on m’a dit, tu ne manges pas souvent la nourriture qu’on t’apporte. C’est quoi, les elfes ne cuisinent pas assez bien pour toi?

Petit rire de la part de Derek tant dit que je serrai les dents.

- Bon de toute façon, nous ne t’avons pas amener ici pour parler gastronomie. Tu es ici parce que…

Et il commença son discours qui devait être long de cinq pages. Pour résumer la situation, j’étais là parce qu’ils voulaient de nouveau faire des expériences avec moi. Ils avaient étudiés et prit en considération toutes les notes que l’autre chef avait laissées à mon sujet. Le connard qui me parlait avait prit la relève et il avait trop été occuper ces derniers mois pour s’occuper de mon cas. Ma résistance à certains sorts l’impressionnait grandement et il souhaitait savoir si elle faisait toujours partie de moi. Puisque la magie ne m’avait pas réellement touché depuis une certaine nuit (pour ne pas la citer), il se demandait si elle était toujours aussi présente ou si, avec le temps, elle avait fini par disparaître en partie ou en totalité. Il voulait reprendre ses activités avec moi, comme le faisait l’ancien homme qui était à la tête. Il me donna plusieurs avertissements, me disant qu’il allait être plus dur avec moi que l’était le précédent et qu’il n’allait pas y aller de main morte. Derek m’avait finalement lâché, retrouvant sa place dans le noir et je le perdis de vue. Je me doutai que c’était lui qui allait s’amuser avec moi. Non je ne me doutai pas : j’étais certain à 100 % que ce salopard allait prendre son pied à me balancer plein d’éclairs de toutes les couleurs à la figure.
Il y eu un moment de silence et les séances, auxquelles je n’étais plus tellement habitué, commencèrent. Il n’y eu aucun mots de prononcé. Sans bouger de ma place, je voyais une lueur colorée s’approcher de moi à une vitesse incroyable. Je n’avais même pas le temps de fermer les yeux qu’elle me frappait déjà en plein visage, dans un bruit d’électricité statique. Au début, ça ne me fit rien. Un coup de vent. Un chatouillement. Un pincement. Un claquement. Une irritation. Une douleur, mais supportable. Un saignement. Un coup. Une douleur, mais insupportable.
Couché sur le sol, tenant ma tête à deux mains, je hurlais comme un dément. J’avais déjà reçu ce sort avant et je n’avais pas oublié l’effet qu’il provoquait sur ma personne. Mon cerveau allait exploser. C’était du moins l’impression que j’en avais. Un dernier regard vers le noir, duquel Derek se précipitait vers moi, la baguette levée dans ma direction et je tombai dans un autre monde.



Bruit de glissement.
J’ouvrai les yeux de nouveau, tout en m’assoyant. Un mal de crâne me saisit aussitôt. Me frottant les tempes, je regardai le décor qui m’entourait. J’étais de retour dans ma chambre et la soirée semblait déjà être tombée à l’extérieur. Le soleil avait disparu. Comme dans le bon vieux temps, j’avais perdu toute ma journée à reposer dans un état lamentable. Je laissai mes pieds toucher le sol lorsque je vis quelque chose qui traînait làl, non loin de ma porte qui était close. Je clignai des paupières plusieurs fois, me demandant si je ne faisais pas encore un de ces maudits rêves éveillés. Un bout de parchemin se trouvait pourtant là, sur le plancher de ma chambre et j’hésitai avant de me lever, convaincu que ce papier faisait parti d’un plan macabre. Ils semblaient avoir reprit leurs activités avec moi et du coup, je n’avais pas le choix de retrouver mes bonnes vieilles habitudes. C'est-à-dire me méfier d’absolument tout et n’importe qui. Pourtant, la curiosité me poussa à me lever et lorsque je me penchai pour ramasser mon bien, un nouvel éclair de douleur me percuta le cerveau, me forçant à arrêter tout mouvement. Une souffrance intense, indescriptible, beaucoup plus puissant qu’une simple migraine. Je fis un effort quasi surhumain pour attraper le parchemin et l’approcher de mon visage. Les yeux grands ouverts, ma vue était pourtant embrouillée. Des mots étaient écrits, petits et distincts.


Citation :
Ce soir.
Le banc, près du Vieux Chêne, face au Lac.
A la tombée de la Nuit.

Au début, je ne croyais pas à ce que je lisais. Ma vision me faisait sans doute défaut. C’était une blague que Derek me faisait ou quoi? Seuls moi et Enzo savions ce que cet endroit représentait pour nous… Non ce n’était pas possible, c’était sans doute une plaisanterie. Pourtant, après maintes et maintes reprises, les mêmes mots réapparaissaient toujours. Ce n’était pas un rêve. Ce parchemin était réel et il venait tout juste de m’être envoyé. C’était son bruit qui m’avait réveillé.
Un autre coup d’œil par la fenêtre. Il y faisait toujours aussi noir et je demandais depuis combien de temps. Si ça se trouvait, peut-être qu’il était déjà trop tard…? Je ne perdis pas une seconde. Fourrant le bout de manuscrit dans ma poche de jean troué, je me relevai lentement pour ne pas trop me donner de mal. Ce mal semblait persistant mais il ne m’empêcherait pas d’aller à ma mystérieuse rencontre. Je prenais une veste qui traînait sur ma commode avant de me retourner vers la porte, le cœur battant. Je tournai la poignée et ouvrit, avant de jeter un coup d’œil dans les corridors. Déserts. Je sortais donc de ma chambre sans plus attendre, me faisait aussi discret que possible. J’empruntai les escaliers les plus proches, à l’affût des moindres bruits et mouvements qui m’entouraient. Je croisais quelques élèves et, comme entre temps j’avais mis mon survêtement, je relevai mon capuchon sur ma tête, question de passer incognito. Les étudiants continuèrent leurs conversations sans se soucier de moi, fort heureusement. La tête baissée, j’arrivai finalement dans le hall d’entrée et soudain, je m’arrêtai. Mon organe vitale continuait à faire des siennes et je ne pu m’empêcher de regarder de nouveau le parchemin, qui m’avait suivit. Je relisais les mots, en boucle, comme si je tentai de percer quoi que ce soit. Coup d’œil vers l’entrée. Je poussai un petit soupir, tentant vainement de me calmer et je poussai les énormes portes.
Un instant plus tard, je me retrouvai à l’extérieur. Je ne me souvenais même plus la dernière fois que j’étais sorti dehors mais ça faisait des lustres. Un frisson me parcouru immédiatement, vu la saison dans laquelle on se trouvait. Malgré l’hiver, la neige semblait déjà avoir disparue. Mais le froid lui était toujours présent, nous pénétrant jusqu’aux os. Ma respiration se transforma en buée et mon mal de tête semblait se calmer. Probablement l’air frais. Mon angoisse elle, ne cessait d’augmenter. Les yeux plissés, je tentai de distinguer le lac mais il se trouvait à plusieurs mètres de là ou je me trouvais. Et dans le noir, impossible d’y voir clair. Je serrai de nouveau le parchemin et me résolu à faire quelques pas, l’estomac en bourrique. Et les questionnements arrivèrent. Des questions en tout genre, autant idiotes qu’intelligentes. Piège ou réalité? Et qui m’envoyait une telle invitation, surtout aussi représentative…? Était-ce une magouille de Jillian…? Ou bien encore Cameron qui voulait prendre contact avec moi pour quelque chose d’important? Je ne savais plus quoi penser et plus j’avançai, plus j’avais l’impression de m’enfoncer en enfer. Pourquoi à cet endroit là, à ce moment là? Quelqu’un qui ne voulait pas qu’on nous surprenne, ça me semblait évident. Donc ce n’était pas une magouille de Derek ou des supérieurs. Peut-être un inconnu qui me connaissait par l’entremise de quelqu’un et qui souhaitait me rencontrer? Je devenais fou, je paranoiyais, encore plus que d’habitude. Par réflexe, je jetai des coups d’œil discrets par-dessus mon épaule pour être certain de ne pas être suivit. Hors de question que je fasse tomber le plan de ce mystérieux à l’eau à cause d’une imprudence.

Continuant de prendre de bonnes inspirations, je continuai ma marche, jusqu’à temps que j’aperçoive le banc. Sur lequel il y avait effectivement quelqu’un d’assit, face au lac. Instinctivement, j’arrêtai mes pas, le souffle rapide dû à l’angoisse. Pendant quelques secondes, j’eu un moment d’hésitation à aller plus loin. Étrangement, j’avais le pressentiment que quelque chose n’allait pas. Il y avait quelque chose d’anormal dans ce message, dans cette rencontre et cette personne me foutait la frousse. J’ignorais de qui il s’agissait mais… Mon instinct me disait de rester sur mes gardes, quoi qu’il arrive. Après tout, à Poudlard, on n’était jamais trop prudent.
Je reprenais finalement ma marche, le cœur voulant littéralement me sortir de la poitrine. Sans trop faire de bruit, je m’approchai de plus en plus du banc et je vis un peu mieux la personne assise. De dos, ça semblait être un mec. Du moins, c’était la carrure d’un garçon donc, ce n’était pas Jillian. Mais ça ne semblait pas être Cameron non plus car ce dernier était plus grand que celui sur le banc. De légers tremblements s’emparèrent de mon corps fragile et ce n’était pas à cause du froid qu’il régnait. La peur me rongeait de l’intérieur et je tentai de faire le vide dans ma tête. À tout moment, je m’attendais à ce que je l’autre assit face un signe mais il ne se passait absolument rien. Il ne bougeait pas d’un poil, même pas un regard.

J’arrivai finalement à destination, aillant l’impression que mon corps allait me lâcher d’une seconde à l’autre à cause de la pression. Regardant fixement le dos de l’inconnu, je n’osais plus faire de mouvement et pourtant, je savais que je devais le faire. Que lui n’allait rien faire. Il ne me prendrait pas par la main pour que nous soyons face à face.
Prenant ma dernière dose de courage, j’inspirai profondément (je suis certain qu’il m’avait entendu), expirai et fis les derniers pas qu’il me restait à faire.
Et là…
Là…

Mes yeux s’agrandirent.
Ma respiration disparue.
Mes tremblements cessèrent systématiquement.
Mon cœur cessa enfin de battre et me foutu la paix, l’espace de plusieurs secondes.
Raide comme une barre de fer, je n’arrivais même pas à cligner des yeux tellement ce que je voyais était incroyable, voir même indescriptible.

Il se trouvait là. Assis sur le banc de bois, près de notre vieux chêne. Veste noire, capuchon sur la tête, il avait le visage levé vers moi et je n’arrivais tout simplement pas à y croire. Il était exactement comme dans mes souvenirs.
Je secouai rapidement la tête, comme si je tentai de me réveiller de ce mirage qui me faisait trop mal au cœur. Aussitôt, le mal de crâne me reprit de nouveau et je poussai un petit gémissement de douleur avant de porter ma main sur mon front, comme si ça allait changer quelque chose. Mais â ne m’empêchait pas de continuer à le regarder.
Mon rêve était trop beau, mon hallucination trop réelle…

Je ne pu m’empêcher de rester muet et paralysé plus longtemps. Sans crier gare, je me jetai carrément sur lui, au risque de nous faire tomber du banc, si qui m’était complètement égal. Je m’accrochai à lui du mieux que je pu, même au risque de lui arracher les vêtements. Mon cœur se mit à battre de nouveau, plus fort, plus vivant, plus puissant qu’avant au contact de cette chaleur corporelle que je n’avais toujours pas oublié. Sans le vouloir, des larmes se mirent à couler sur mes joues, comme si je venais de me transformer en bébé de deux ans. Mais c’était plus fort que moi.


- Je… Je croyais que tu… Que tu…

Et paf! Une rivière coulait de mes yeux à présent, incapable de dire un mot de trop, trop ému, trop décontenancer par cette vision qui me semblait vraiment réelle.

If you hear me let me know
If you hear me let me know.


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MessageSujet: Re: Cold Case Love ? {Kyle}   Mar 5 Avr 2011 - 8:45

Dire que je m’ennuie dans ma vie en ce moment serait mentir. Autant il ne s’y est rien passé pendant quelques semaines, autant j’ai l’impression que tout me tombe sur la tête depuis quelques jours. Je pourrais en faire la liste mais ça me semble compliqué. En fait, pas tant que ça, mais c’est juste totalement improbable. Il y a eu l’épisode Cudrow-Chute libre-Détraqueur. Je dois bien avouer qu’on mal joué avec Sovahnn. On a pas été très malins sur ce coup là. On aurait du pouvoir leur échapper mais on s’est craqué. C’était pas le plus intelligent à faire que de les provoquer comme on l’a fait mais je n’irais pas jusqu’à dire qu’on méritait un tel traitement et même si la magie arrange bien des choses, mon arcade s’en souvient encore même si le nouvel infirmier me l’a réparé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Moi qui me sait pas très à l’aise dans les airs, je me revois pourtant sauter par la fenêtre, sur ce balais qui n’était pas le mien et qui a terminé sa vie cassé en deux après que je l’ai projeté de rage contre un arbre. Y a rien à faire, le vol c’est pas mon truc. Ce n’est pas tant l’altitude qui me dérange, on ne peut pas dire que j’ai vraiment le vertige même si je préfère avoir les pieds bien ancré sur terre, mais je ne suis pas à l’aise, tout simplement. Mon truc à moi c’est l’eau et ça le sera toujours. Et puis un Loup ce n’est pas fait pour voler de toute façon. Il y a eu ça donc, et l’apparition du Détraqueur. En même temps qu’elle idée de génie que d’aller se réfugier dans la Forêt Interdite ?! Je sais que personne ne m’a forcé à la suivre mais j’allais pas l’abandonner quand même. Et puis c’était ça ou le cachot, même si ça ne m’a pas empêché d’aller y faire un tour après. Pour en revenir au Détraqueur, c’était la première fois que j’en voyais un d’aussi près. Il n’est pas rare d’en voir sinuer dans les airs autour du château mais en règle générale ils ne s’approchent pas trop, sauf si on enfreint les règles évidemment. Je vous vois venir : Qu’est ce qu’ils n’ont pas compris dans le mot « Interdite » de Forêt Interdite ? Vous savez ce que c’est les adolescent, plus on leur dit de ne pas faire un truc, plus ils le font. L’exemple le plus flagrant : Kyle. On m’a dit que je ne pouvais pas l’aimer. On m’a fait comprendre que je n’en avait pas le droit. Résultat des courses … Je suis tombé amoureux et je l’ai aimé comme un fou. Quand on voit ce que ça a donné … Mais je ne regrette rien.
Toujours est il que le baiser du Détraqueur, je ne sais pas si j’y ai vraiment goûté mais si c’est le cas, si c’était bien ça, PLUS JAMAIS !!! Et je n’en reviens toujours pas d’avoir réussi à créer un Patronus. Il était tellement beau, tellement … tellement … J’ai même pas les mots pour décrire ce que j’ai ressenti. J’étais heureux, comme un gosse qui découvre ses cadeaux de Noël. Noël … Je ne suis pas mécontent que tout ça soit passé. On vient de commencer une nouvelle année et j’espère sincèrement qu’elle sera moins désastreuse que les deux dernières parce que je commence sérieusement à saturer. Dans quelques jours c’est mon anniversaire. Après ça, je serais tranquille jusqu’en décembre prochain. Terminées les fêtes.
Pour en revenir à nos moutons, j’ai également fait la rencontre d’un vampire dernièrement. Charmant personnage … qui m’a laissé une belle trace de morsure et qu’a failli me tuer. Heureusement pour moi, il n’a pas trouvé mon sang très à son goût mais ça n’a pas empêché son venin de m’attaquer sévèrement. Lycan vs Vampire. Je comprends mieux pourquoi ces deux espèces ne sont pas sensés s’apprécier, mais étrangement je n’ai rien contre lui. J’évite juste de le croiser quand il a faim. Ça arrange tout le monde. Lui, moi, le Loup et même Lune qui ne l’aime pas vraiment. J’ai également eu le « plaisir » de rencontrer Megan qui m’a collé mes quatre vérités en pleine tête, et puis cette altercation que j’ai eu avec Rivers. Mes séjours à répétition à l’infirmerie. La connerie de Takuma. La Louve. L’incident de Noël aussi, j’ai failli l’oublier. Première fois que j’adressais quelques mots à Jillian depuis des lustres. Une sensation vraiment étrange qui m’a serré le cœur. Je lui ai écrit une lettre depuis, une lettre d’excuse. Est ce qu’elle l’a reçu ? Mystère, c’était hier et aujourd’hui … Disons que j’ai eu d’autres chats à fouetter. Et non je ne parle pas de Lune, c’est une expression bande de malades ! Je frappe pas mon chat. En vérité, je crois qu’elle doit être avec Jill justement puisque depuis la nuit dernière elle a bien senti que j’avais du mal à être moi même et à lui donner de l’attention sans en souffrir. La raison est simple. Voilà pourquoi je suis entrain de me peler les miches sur ce banc alors que le soleil se couche. J’attends ma sentence, celle qui me permettra de savoir si l’année commencera bien ou si au contraire, mes espoirs me détruiront définitivement.

~*~

J’étais assis sur le dossier du banc depuis ce qui me semblait être une éternité. J’étais immobile, une véritable statut. Une statut à l’affût, dans l’attente. Une statut qui tremble de tout ses membres alors qu’elle ne ressent pas le froid. Je ne suis pas insensible aux changements de températures mais ce genre de truc me passe carrément au dessus de la tête en cet instant. Oui il fait froid, c’est l’hiver quoi de plus normal ? Et la brume qui s’échappe d’entre mes lèvres à chaque expiration prouve que je suis toujours en vie. Mes mains sont cachées dans les poches ventrales de mon sweat. J’ai les yeux fermés et la tête basse. Mes cheveux partent dans tous les sens et je sursaute à chaque craquement. Je lute pour me maîtriser et ne pas laisser mes pieds frapper contre le bois. Je ne dois pas faire de bruit. Je me bats contre moi même, pour ne pas trop espérer, pour ne pas trop penser, mais c’est plus fort que moi, je ne vois que son visage, ne pense qu’à lui et à la perspective que peut être dans quelques minutes, je pourrais le serrer contre moi. Je sais que je ne devrais pas céder à mon inconscient, que je devrais être plus fort que ça pour ne pas tomber de haut encore une fois si mes rêves ne s’avèrent être que chimères ou autres conneries inventées par les Supérieurs qui auraient du temps à tuer et une envie de me faire plus de mal qu’ils ne m’en font déjà. Si c’est le cas, si cette mascarade vient d’eux, c’est très bien joué. S’ils sont cachés quelque part et qu’ils m’observent, ils doivent bien rire de mon état. Je suis à la limite de perdre les pédales. Trop d’angoisse. Trop de tension. Je ne sais pas s’ils se rendent compte de ce dans quoi ils s’engagent en faisant ça. Ils savent pourtant à quel point je peux facilement péter les plombs et devenir incontrôlable. Leur magie et leur nombre ne les sauvera pas toujours. Et si c’est une blague, je le leur ferai payer jusqu’au dernier sans aucune hésitation. Parce que je la sens toujours en moi cette colère, cette rage qui me ronge alors que les vestiges de ma conversation avec White m’effleurent encore. J’ai cette petite voix dans ma tête qui me hurle que je ne survivrai pas à ça. Une deuxième perte. C’est comme ça que je vois les choses. En me faisant croire à tout ça, son retour d’entre les morts, et s’il s’avère que ce n’est pas vrai, ce sera comme si je le perdais une deuxième fois. J’en ai assez d’avoir à le laisser partir. Je l’ai fait trop de fois, et ça m’a complètement foutu en l’air. Ce n’est une bonne chose pour personne. Pour moi c’est certain, mais pour les autres aussi. Je risque de reprendre mon habit d’enfoiré, celui que j’ai porté tout l’été avant de me rendre compte que je faisais n’importe quoi, que ce n’était pas vraiment moi.

Je trouve le temps interminable, et rien ne bouge. Il ne se passe absolument rien. J’ai l’impression d’être là, d’attendre, depuis des heures, des jours, alors que je ne dois être ici que depuis quelques minutes. Elles sont pourtant trop longues, et j’ai bien peur qu’elles s’éternisent pour ne laisser place qu’à du vide, un néant, au lieu de me le ramener. J’essaie de toutes mes forces de rentrer dans le crane le fait que je risque d’avoir une mauvaise surprise mais je ne peux pas faire taire cette flammèche d’espoir qui persiste en moi, là au creux de mon cœur. Ce dernier battait de plus en plus vite et j’avais la désagréable impression qu’il finirait par lâcher. De toute façon mourir ne me semblait pas une si mauvaise chose en cet instant. Mes envies suicidaires revenaient à plein galop parce que j’étais presque certain que j’allais me casser la gueule une nouvelle fois et que je ne m’en relèverai pas. Au diable Derek, je n’aurais aucun scrupule à le laisser derrière moi si le fond de ma pensée était réel. Je restais encore une fois dans les suppositions mais s’il était bien vivant, je ne pouvais m’empêcher de penser que mon frère le savait et que pendant tous ces mois où il m’avait vu souffrir comme un chien abandonné, à l’agonis dans un caniveau, il n’avait rien fait pour apaiser mes souffrances en m’avouant la vérité. Je ne voulais pas penser à ça, pas maintenant. Trop dangereux. Chaque chose en son temps et puis …

Mes poings s’étaient resserrés à la simple évocation de mon frère et de ce que tout ceci entraînait. Les répercutions que ça aurait sur notre relation, les conséquences. J’étais tellement absorbé par la confusion de mes pensées et la rage qui n’avait de cesse de grandir en moi que je n’ai pas entendu les pas se rapprocher de moi. J’avais pourtant l’ouïe beaucoup plus fine qu’avant depuis quelques semaines et il n’était pas rare que je puisse percevoir des sons, des odeurs, ou des mouvements que les sens d’un humain banal ne pourraient absolument pas percevoir. Aussi proche de la Pleine Lune, j’avais encore la sensation que le Loup gardait le contrôle. J’aurais du l’entendre. J’aurais du ne pas me laissé surprendre. Et pourtant …

Ce n’est que lorsqu’il s’est arrêté à distance raisonnable que j’ai perçu sa présence. Je ne le voyais pas mais je pouvais sentir que je n’étais plus seul. Pas sentir au sens olfactif du terme, puisque j’avais le vent de face et que la personne présente se trouvait derrière moi, légèrement sur le côté. Si ça n’avait pas été le cas, est ce que j’aurais été en mesure de reconnaître l’odeur, son odeur ? Je n’en était tout à coup plus aussi certain. Après tout, combien de mois nous séparaient désormais ? Trop, beaucoup trop, et j’avais déjà du mal à me remémorer les traits exact de son visage … Réflexion ridicule puisque ce matin même alors que le jour commençait à peine à se lever, son effluve m’avait frappé de plein fouet et d’une manière si familière. Bien sur que j’aurais été capable de reconnaître son odeur, avec ou sans le Loup.
Je n’osais pas me retourner, j’étais comme mortifié, incapable de faire le moindre mouvement. Les muscles tendus et le cœur en pleine crise d’arythmie, j’attendais que quelque chose se passe. J’attendais d’entendre sa voix. J’attendais qu’il fasse un geste, un pas dans ma direction. J’étais tiraillé entre l’envie, pire le besoin, de me retourner et d’être sur et la peur panique de découvrir que ce n’était pas lui mais bien une blague de très mauvais goût. Alors j’ai continué d’attendre, sans un mouvement, sans un regard.

Il y a eu ce soupir, émanant de cette personne. Je n’ai pourtant pas bougé. Il y a eu ces bruits de pas, puis ce mouvement imperceptible dans les ombres de la nuit là près de moi. Il me contournait. Je fermais les yeux, ne souhaitant pas affronter la vérité finalement. Comme si je voulais au fond de moi que tout ceci ne soit qu’un rêve. Comme si en fermant les yeux toujours plus fort encore, je finirais par les ouvrir instinctivement en m’apercevant que j’étais dans mon lit, simplement entrain de dormir, puis réveillé par les fourmillements d’un cauchemar étrange.

Mon cœur battant la chamade, ma respiration erratique, trop rapide pour ne pas me faire tourner la tête. La tension, l’appréhension. Mes yeux qui s’ouvrent, lentement, trop lentement, ou peut être trop vite. Cette silhouette qui se dessine. D’abord deux pieds, deux jambes. Un jean troué. Puis une ventre, des bras, des mains, une veste qui me semble familière et pour cause, elle m’a appartenu. Un visage, bien trop familier. Les contours d’une bouche que j’avais l’habitude de goûter. Un nez. Des yeux d’un bleu gris acier. Et ces cheveux, légèrement bouclés que j’ai parfois caressé. Mon cœur a explosé. Mes yeux se sont refermés un instant. Si c’est une illusion, elle me paraît tellement réelle. Elle me fait mal tant elle l’est. Comment être certain que je ne rêve pas ? Peut être que si j’ouvre les yeux à nouveau, il ne sera plus là ? Je commence à manquer d’air, parce que sans le vouloir j’ai coupé ma respiration. Mes paupières s’ouvrent et rien n’a changé. Il est toujours là, juste devant moi. Il me regarde, me dévisage et je peux lire dans ses yeux toute l’incompréhension, la surprise. Tout un tas d’émotions que je ressens moi même en cet instant.

Le temps semble s’arrêter, tout comme la terre qui ne tourne plus. Pas pour moi en tout cas. Il y a ce petit moment de flottement, d’hésitation. On a envie d’y croire mais tellement peur que ça s’évapore si on approche trop près. Est ce que c’est bien toi ? Je ne bouge pas. Lui non plus. Tout est de nouveau immobile et ce silence plus que pesant m’oppresse. Je me sens paralysé, je ne sais pas quoi faire. Dans ma tête tout se bouscule, se mélange. Il s’agite, secoue la tête et un gémissement de douleur s’évapore entre ses lèvres. Je fronce les sourcils, mon instinct protecteur faisant son grand retour. Est ce qu’il est blessé ? Sa main sur son front, je ne perds pas un de ses mouvements. Je ne le quitte pas des yeux, comme si j’avais peur qu’en les fermant de serait-ce qu’une seule seconde, il ne soit plus là lorsque je les ouvrirais à nouveau. La bouche entrouverte, je ne respire pourtant toujours pas. Je me sens faible, comme si toutes mes forces me quittaient d’un seul coup. Je ne réalise pas tout ce que ça représente si par le plus grand des bonheurs celui qui se trouve devant moi est bien celui que j’attendais. Physiquement, il n’y a pas de place au doute mais les questions fusent dans ma tête. Je ne fais pas confiance en la magie. Elle est capable de tellement de choses.

M’empêcher de penser, il a toujours su comment s’y prendre.

J’ai cessé de ressasser à l’instant même où mon corps s’est mis en mouvement. Un réflexe, juste un réflexe. Je l’ai vu avancer vers moi, avec une rapidité déconcertante et pourtant j’ai eu le temps de descendre du banc pour le réceptionner. J’en tremblais de tous mes membres mais ma prise autour de Lui était ferme, j’avais trop peur qu’il me file entre les doigts, qu’il disparaisse. Je ne pensais plus au fait que peut être, ce n’était pas Lui. Non, je ne croyais plus qu’il pouvait en être autrement. J’étais persuadé que je l’aurais senti puisqu’à l’instant même où mes bras se sont refermés sur lui, où les siens se sont refermés sur moi, où mon visage à glisser contre le sien jusqu’à ce qu’il se retrouve caché entre son cou et sa capuche, j’ai recommencé à respirer. Son odeur, je l’ai reconnu tout de suite. Je le serais si fort, le faisant décoller du sol, que j’aurais pu l’étouffer. Il le supporterait. Il l’avait toujours supporté.

« Je… Je croyais que tu… Que tu… »

Et sa voix, elle non plus ne laissait place à aucun doute. J’avais d’autre moyen de me rassurer comme vérifier que ses cicatrices étaient bien là, celle sur son cœur, celle dans son dos, mais je me voyais très mal le reposer sur le sol et soulever ses vêtements dans un moment pareil. De toute façon, j’étais bien incapable de le lâcher.
Je me sentais étrangement vide, comme si aucune émotion ne pouvait sortir de moi, comme si le fait de les avoir bridés pendant trop longtemps les avait retenu prisonnières. Je ne pleurais pas. Je ne riais pas. Je ne parlais pas. Je me contentais de le serrer fort contre moi, d’écouter le son de sa voix et de le respirer autant que je le pouvais avant de me réveiller et de réaliser que tout ceci n’était qu’un rêve. Mais ce moment n’est jamais arrivé. Je ne me suis pas réveillé. Et j’ai réalisé que peut être, effectivement, je ne rêvais pas. Qu’il était bien là devant moi, contre moi, alors que l’avais cru mort pendant des mois et que ma vie était devenu un enfer depuis ce jour là, dans la Cabane Hurlante.
Je sentais ses larmes me rouler sur la peau, alors je resserrais mon étreinte autour de lui. J’aurais aimé le rassurer, lui dire que j’étais là, que j’allais bien, qu’on était de nouveau ensemble malgré l’impossibilité que cela se produise mais rien ne venait, rien ne sortait. Je tremblais toujours comme un damné, ça je pouvais le sentir.

Et puis soudainement, les connexions se sont rétablis. Je l’ai relâché un peu, tout en le faisant glisser contre moi jusqu’à ce que ses pieds touchent de nouveau le sol. La partie la plus instinctive de mon être avait pris le dessus et quelque part, je la remerciais. Je le remerciais. Mon Loup. Lui savait quoi faire en toute circonstance et là, j’avais grandement besoin de lui. Il a mis en route tous mes sens et ma raison. Rester là, aux yeux de tous ? Danger. Alors il fallait se cacher. Comme toujours. Je ne m’en plaignais pas. Après tout, qu’est ce qui était le mieux, rester ici quitte à se faire prendre et se voir de nouveau séparer – Toujours dans l’hypothèse où c’était vraiment Lui – ou fuir ensemble et retrouver nos vieux réflexes. Se cacher, on avait toujours agis comme ça, parce qu’on avait pas le choix. J’ai laissé mes mains glisser contre sa taille, jusqu’à ce qu’elles se posent sur ses hanches et je l’ai regardé droit dans les yeux. Toujours aucune larme dans les miens alors que les siens se vidaient de toutes les perles salées qu’ils le pouvaient. J’ai froncé les sourcils sans raison particulière et ma main est venu se poser sur sa joue tandis que mon pouce essuyait le liquide qui roulaient sur l’une d’entre elle.

« Viens avec moi. »

J’ai lâché sa joue, sa hanche, et mes doigts se sont enroulés autour de son poignet sans que je ne m’en rende vraiment compte. Un geste qui m’étais toujours venu automatiquement, un geste que je n’avais qu’envers lui. Juste … Comme ça. J’ai commencé à marcher en direction du Chêne et cette image m’a ramené des mois en arrière, le jour où après s’être pris la tête pour une fois encore, nous avions finalement décidé de rendre les armes. J’avais accepté le fait que j’avais besoin de lui. Il m’avait dit qu’il m’aimait et … Je n’ai même pas réussi à esquisser un sourire pourtant. J’ai continué d’avancer, regardant parfois derrière nous pour m’assurer que nous étions bien seuls et c’était le cas. Je ne sentais ni ne voyais personne d’autre que Lui et moi, l’obscurité ne me gênant pas plus que ça. Et puis nous sommes finalement parvenu à destination. De nouveau tous les deux, ensemble, cachés par ce Vieux Chêne qui signifiait tant de choses pour nous. J’ai lâché son poignet et je me suis vivement retourné vers lui. Sans prendre le temps de le rassurer, je l’ai attrapé entre mes bras et je l’ai soulevé à nouveau. Une main entourant sa taille et l’autre dans ses cheveux, je le serrais aussi fort que je le pouvais sans pour autant lui faire mal, testant les limites bien qu’il ne protestait pas. J’aurais aimé être plus fort, attendre d’être vraiment certain avant d’agir comme ça mais je ne pouvais pas résister à l’appel. Mon corps s’était trop longtemps passé du sien. Je l’ai porté comme ça pendant un moment, dans le silence, prenant le temps d’inhaler son odeur toujours un peu plus à chaque fois, pour finalement le reposer à nouveau mais forcément pas aussi tranquillement que je l’aurais espéré. Je n’ai pas pu faire autrement. Je n’ai pas pu me contrôler. Ma joue contre la sienne alors que mes mains le poussaient vers le tronc, je sentais ce besoin se manifester de façon brutale en moi. J’avais besoin de sa peau, comme si quelque part, c’était un moyen supplémentaire de me rassurer, de me convaincre que c’était bien Lui. Comment ? Pourquoi ? J’y réfléchirais plus tard. Je l’ai coincé entre l’arbre et moi, comme une vieille habitude, et mes lèvres brûlantes de fièvre ont commencé à caresser la moindre parcelle de son visage, jusqu’à finalement prendre possession des siennes. Mes mains de chaque côté de son visage, je redécouvrais son goût avec avidité. Séparés trop longtemps. Totalement parti, je n’arrivais pas à me défaire de lui, de sa bouche que je dévorais, pas toujours délicatement. Comme si le temps nous étais compté, comme si encore une fois, j’avais bien trop peur d’ouvrir les yeux sur une réalité à laquelle je ne voulais pas faire face. Et dans ma tête cette petite voix.

Lâche le !
Non !
Lâche le !
Non … Je … Je ne peux pas.
Lâche …

Prise de conscience.
Panique.

Et si ce n’est pas Lui, qu’est ce que je suis entrain de faire ? J’ai laissé mes lèvres se séparer des siennes, à contre cœur malgré les questions qui étaient de retour dans ma tête. J’avais beau essayer de me convaincre qu’il fallait que je le lâche complètement je n’y arrivais pas. Mes mains ne quittaient pas son visage et mon front se posait contre le sien.

« Je t’ai vu mourir. C’est impossible. J’ai tenu ton corps dans mes bras. Tu ne bougeais plus. Tu ne respirais plus. Ton cœur ne battait plus. C’est impossible …»

A l’évocation de ses souvenirs plus que douloureux, mes tremblements se sont intensifiés. J’ai fermé les yeux et déposé un baiser sur son front, incapable de ne pas écouter les besoins de mon corps.

« Mais j’aimerai tellement que ça soit vrai. »

Et de nouveau mes bras se sont enroulés autour de Lui, sans le serrer cette fois. L’une de mes mains est venu lentement s’ancrer à sa nuque alors que l’autre restait sagement dans son dos. Je savais que j’étais entrain de me faire du mal mais je n’y pouvais rien. Je n’arrivais pas à faire autrement.

« J’ai peur. Peur de devenir fou, que ça ne soit pas vraiment toi, que ce soit une illusion ou quelqu’un d’autre qui t’aurait volé ton apparence. J’ai peur. Je … Je veux pas te perdre encore une fois, ça fait trop mal. C’est trop dur. Jure moi que c’est bien toi. Dis moi … Dis moi quelque chose que personne d’autre n’est sensé savoir. Un secret, rien qu’à nous, un détail, une connerie, un souvenir qu’ils n’auraient pas pu nous arracher. Un truc insignifiant aux yeux du reste de la planète. »

J’entends ton cœur qui bat,
au moins tu es réel.

Et si ce n’est pas toi alors … Alors tu mourras, qui que tu sois, et je mourrais avec toi.
Parce qu’on ne plaisante pas avec ces choses là.
Parce que je ne supporterais pas un deuxième abandon.
Parce que je suis trop à fleur de peau pour prendre sur moi et encaisser ça.

Je t’en supplie, dis moi que c’est bien toi.

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Cold Case Love ? {Kyle}
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