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 Unspoken - Don't ! {Megan}

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MessageSujet: Unspoken - Don't ! {Megan}   Ven 31 Déc 2010 - 17:51

Oui je sais que je suis un crétin. Inutile de me le rappeler, j’en ai bien conscience. Cette semaine je les collectionne, et je suis probablement rendu à mon troisième séjour à l’infirmerie. La première c’était pour mon arcade ouverte suite à ma rencontre passionnelle avec … une chaise. La fois où Cudrow nous avait fait enfermer dans son bureau Sovahnn et moi. La seconde c’était pour la morsure de Jun Ki qui finalement n’était pas aussi inoffensive pour mon organisme que j’avais bien pu le croire. Et pour les coupures que je m’étais fait tout seul comme un grand lors de mon altercation avec Rivers. Enfin, certaines n’étaient pas de ma faute mais de celle des Supérieurs quand ils m’ont envoyé m’écraser contre ce miroir. Fallait s’y attendre aussi qu’il exploserait sous l’impact de ma grande carcasse, je ne suis pas un poids plume. S’ils y avaient mis moins d’entrain aussi … Enfin bref, et la troisième, c’était hier. Rien de bien méchant mais je venais tout juste de réussir à métamorphoser un livre en skateboard alors fallait bien que je le teste. Evidement, quand on a pas pratiqué depuis des mois, les réflexes ne reviennent pas aussi naturellement qu’avant et puis j’ai pu constater que ma manie d’avoir des ambitions surdimensionnées ne m’avait pas quitté. J’ai failli dégringoler tous les étages en chute libre mais la pierre d’une des rambardes des escaliers a arrêté ma course. Résultat, une belle fractures ouvertes du bras gauche. Au moins, ça m’a permis de sécher les cours de l’après midi. En plus de ça j’étais tellement content d’avoir retrouvé des sensations de glisses que lorsque je suis arrivé à l’infirmerie en me tenant le bras, j’étais tout sourire. L’infirmier lui a tiré une tête de trois mètres de long. Je crois qu’il en a marre de me voir presque tous les jours.

Cours de divination. Il est 16h39 et je suis perdu dans la contemplation d’une feuille de thé humide dans le fond d’une tasse. Passionnant. La pièce est sombre et le prof craque son slip avec ses conneries sur la divination. Je soupire d’ennui, sans doute un peu trop bruyamment, tout en me balançant sur ma chaise comme un élève blasé que je suis. Je l’entends qui se racle la gorge mais je ne réagis pas.

« Monsieurs Ryans, est ce qu’on vous dérange ? »

Je suis parti bien trop loin dans mes pensées sans même me souvenirs réellement de ce à quoi je pouvais bien penser justement. Toujours est-il que je ne capte pas tout de suite qu’il s’adresse à moi. Oui je sais, il a prononcé mon nom mais le temps que ça passe de mes oreilles à mon cerveau et qu’il fasse le traitement des informations y a du chemin à faire. Et quand je tourne la tête, je croise le regard furax d’un vieux hiboux. Je ne parle pas du prof, mais de son animal de compagnie qui est posé sur son épaule. Un espèce de truc emplumé ridicule aussi gros qu’un rat. A cette vision j’ai envie de rire, mais je me retiens en constatent qu’une nouvelle fois tous les regards son braqué sur moi, y compris celui du prof qui me fixe, les mains sur les hanches, visiblement un peu agacé.

Je laisse les pieds avant de la chaise sur laquelle je suis assis retomber sur le sol dans un bruit sourd et soupire à nouveau tout en le regardant droit dans les yeux à mon tour.

« Maintenant que vous le dites, oui un peu. »

Je ne sais pas pourquoi je fais ça, pourquoi je me comporte comme ça, surtout avec ce prof qui n’a jamais rien fait d’autre de mal que de donner des cours inintéressants. De mon point de vue en tout cas. La Divination, je trouve ça aussi passionnant que l’Histoire de la Magie, ou la Botanique. J’ai honte de l’avouer mais je crois que mon cours préféré, en dehors de celui d’Ismaelle mais celui là est à part pour moi, c’est celui de Défense Contre les Forces du Mal. Je me découvre une passion nouvelle pour la Métamorphose aussi, et les Sortilèges. Je crois bien être entrain de devenir un « bon » élève, au moins dans certain cours. Pas tous, évidemment.
L’étude des Moldus ? No comment. Je me débrouille pour en rater le plus possible et mon petit arrangement lunaire avec ces enfoirés de Supérieurs me permet de l’esquiver là majeur parti du temps. J’en ai rien à foutre d’étudier les Moldus. Je ne veux plus entendre parler d’eux.

« Sortez immédiatement de cette classe ! Insolent ! »

Je l’aurais presque oublié celui là. Un regard vers lui, il a l’air furax et son hiboux me fixe de ses gros yeux globuleux comme s’il allait me crever les miens. Fais gaffe sale piaf, j’ai la baguette qui me chatouille. Un seul mouvement et je te transforme en grille-pain alors fais pas le malin.
L’ai détaché je me suis levé, j’ai attrapé mon sac après avoir reposé le matériel sur la table.

« Oui Monsieur. Bien Monsieur. C’est marrant je l’avais prédit, comme quoi ça marche votre truc de délirium medium. »

Et je suis parti comme un Prince. A croire que ça devient une sale habitude de quitter les cours avant la fin. Enfin ça c’est quand j’y vais …

En sortant de cet espèce de grenier, après avoir descendu l’échelle qui y mène, j’ai récupéré ma planche et j’ai recommencé à faire le con sur les rambardes des escaliers, ceux en bois cette fois. Oui ben c’est pas de ma faute ça glisse mieux. Je suis passé devant un petit groupe de Serpentard, composé de mon très grand ami White et de quelques autres dont j’ai oublié le nom. Sans un regard, avec un sourire en coin, j’ai levé non pas mon verre mais mon majeur à l’attention de cet enfoiré. Et quand je suis finalement arrivé dans le Hall …

« Ryans ! Descends de là tout de suite ! »

Il a fallut qu’il me tombe dessus. Un Supérieur, évidemment. Almano. Un peu moins con que les autres celui là, juste là pour faire régner l’ordre. J’imagine qu’il se sentait investi d’une mission d’intérêt public ou un truc du genre. Ou alors il en avait carrément rien à foutre des autres et se contentait de faire ce qu’il voulait quand il le voulait. Ouais, je crois que c’était plutôt ça. Pas là depuis longtemps, il m’avait tout l’air de se la jouer solo.
Il était en travers de mon chemin alors soit je lui fonçais dessus, soit je m’arrêtais. Pas vraiment le choix, j’ai appuyé sur ma jambe gauche pour freiner, j’ai ralenti et je suis descendu de mon perchoir en grognant.

« D’accord ... Rabat-joie. »

La dernière partie de mon exclamation avait bien sur été prononcée de façon à ce qu’il ne l’entende pas. Téméraire oui mais pas suicidaire.
J’ai regardé machinalement à droite et à gauche puis j’ai plongé mon regard dans le sien puisque visiblement c’est ce qu’il attendait. Les bras croisé sur son torse il me regardait, un léger sourire blasé en coin. Ironique même je dirais. J’ai froncé les sourcils.

« Tu ne devrais pas être en cours en ce moment ? »

Euh … Joker.
Et comme par enchantement, les portes des classes se sont ouvertes signant ainsi la fin des cours pour la journée. Je l’ai regardé avec un grand sourire innocent alors que des masses d’élèves commençaient déjà à aller et venir dans les couloirs partout autour de nous.

« Visiblement, non. Bonne soirée. »

Et je suis reparti comme j’étais arrivé. Avec ma tête de con, bien haute, et mon sourire de délinquant juvénile qui fait sa crise de rébellion adolescente. J’allais reposer mon skate par terre quand j’ai croisé son regard inquisiteur.

Megan.

La … « Je-ne-sais-trop-quoi » de mon frère. J'aurais bien dit meilleure amie mais j'ai du mal avec le concept de mon frère aillant des amis, surtout chez la gente féminine. C'est pas non plus sa copine. En même temps je n'ai pas vraiment envie de savoir ce qu'ils font ensemble même si tout le château est au courant des rumeurs qui courent sur cette fille. Tout ça pour dire que ça m'étonnerait qu'ils jouent aux échecs quand ils se voient.

Je reviens, je vais vomir.

Quoi qu'il en soit, il a suffit que je la croise pour que mon sourire s'efface instantanément. Comme toujours elle m'a regardé avec son air de « Je-sais-tout-ce-que-tu-caches » et si d'ordinaire j'arrivais à passer à autre chose, ou en tout cas à tracer la route cette fois je n'ai pas réussi. Je me suis arrêté après qu'on se soit croisés et j'ai soupiré tout en baissant la tête et en fermant les yeux sans pour autant me retourner.

« Arrêtes ! »

Je me suis retourné d'une traite en laissant tomber mon sac sur le sol sans y faire vraiment attention, mon skate toujours dans la main et j'ai planté mes yeux sur sa silhouette. Incapable de contrôler l'intonation agacée de ma voix.

« Arrêtes de faire ça ! Arrêtes de me regarder comme si tu savais tout ce qu’il se passe dans ma tête, c’est insupportable. Qu’est ce que tu crois ? Que tu me connais par cœur ? Je sais pas ce qu’a bien pu te raconter mon frère mais ne fais pas comme si tu connaissais tout de ma vie, d’accord ? Merde ! Lâches-moi ! »

C'est ça que je vois en permanence dans ses yeux quand ils croisent les miens. Le reflet de mes secrets, ceux que j'aurais aimé gardé pour moi, ceux que Derek lui a surement dévoilé. Je ne sais pas ce qu'elle sait, ni même si cette fille est de confiance. Sa réputation ne m'aide pas à être tranquille même si quoi qu'il puisse se passer, si elle décide de révéler tout ce qu'elle sait à n'importe quoi, ça ne changera rien. Tout ce que je voulais garder pour moi n'a plus lieu d'être …

En tout cas, ça ne m'empêche pas de me sentir en cage, prisonnier de ma rancœur car je ne contrôle pas la situation et je ne supporte pas ça. Elle n'a pas à savoir tout ce que je suppose qu'elle sache.
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MessageSujet: Re: Unspoken - Don't ! {Megan}   Mar 4 Jan 2011 - 22:21


** Unspoken - Don't ! **



Perdue dans mes pensées, je fixais le plafond. Je n’avais rien d’autre à faire de toute façon. C’était une journée de classe mais je n’avais pas envie d’aller à mes cours. D’ailleurs ça devait bien faire deux jours que je n’y étais pas allée. Je n’avais simplement pas le goût. Même Hammerschmitt semblait s’inquiété de mon état, m’envoyant quelques mots pour s’assurer que j’étais toujours de ce monde. Toujours aussi soucieux de ses étudiants celui là. Ça en devenait presque étouffant. Mais bon, il y continuait toujours à avoir des disparitions dans le château, sans doute voulait-il se la jouer protecteur. Enfin bref, je savais qu’il fallait que j’y reprenne goût rapidement ou autrement, j’allais échouer à tous mes cours. Quoi que ce serait peut-être la bonne façon d’attirer l’attention de mon père. Après tout, je n’avais toujours pas digéré sa petite surprise qu’il m’avait réservée au début de l’année. Je n’avais pas eu le temps de le lui faire payer, peut-être que le temps était enfin arrivé? Ce salopard méritait toute la merde du monde si ça se trouvait. Et redoubler mon année ne me faisait pas peur. Je commençais à me mettre en colère juste en pensant à mon paternel. Bordel… Je fermais les yeux, histoire de me concentrer sur autre chose. Le visage de Cameron m’apparût aussitôt et un sourire se dessina sur mes lèvres. Quelle magnifique vision. Il me faisait toujours autant d’effet même si notre rencontre ne s’était pas passée comme prévue. J’espérais qu’il mordrait à l’hameçon comme tous les autres mais il était différent. En plus d’être un moldu, il me tenait tête, ne se laissant nullement aguiché par mon arrogance. J’avais été un peu déçue mais ça me révélait sa véritable nature, qui me plaisait bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Il voulait une vraie fille et pas une salope prête à avoir n’importe qui. Notre étrange scène me revenait souvent en tête. Pas que j’aimais me rappeler de ses paroles parfois blessantes mais j’étais heureuse qu’on est finalement fait connaissance, chose que je n’aurais jamais cru possible puisqu’à prime abord, il me gênait terriblement. Heureusement, mon rôle avait rapidement prit le dessus et le reste avait fait surface. Je rêvais de notre prochaine rencontre, espérant toujours qu’elle serait meilleure que la précédente. Je me disais que ce n’était pas avec un pareil comportement que j’allais le mettre dans ma poche mais je n’étais pas prête à tout lui dire sur mon compte. Derek, mon meilleur ami, mon amant, mon frère, n’était même pas au courant du quart de ma vie. Je n’allais quand même pas perdre la tête pour un bel inconnu.

Les yeux toujours clos, je sentais soudainement une présence juste au dessus de moi, venant effacer le doux souvenir de Cameron. Instinctivement, je fronçai les sourcils avant de finalement ouvrir les yeux, résignée à ne plus avoir droit à mes pensées. Roberts, cet idiot de serpentard qui s’était introduit dans ma conversation avec mon moldu favorit, se trouvait à un pouce de mon visage, le regard illuminé. Il avait un large sourire alors que je le regardais presque avec mépris.
Il changea d’expression.


-Un problème ma jolie?
-Ne m’appelle plus comme ça connard.

Paf.
Tac au tac.
Tu me fais chier, tu ne vois pas que tu me déranges?


-Je suis désolé… C’est quoi, t’as pas apprécié…?

Hum…?
Je constatai que la couverture était remontée jusque par-dessus sa tête. Ses cheveux noirs étaient en bataille et il continuait d’avoir cette stupide lueur dans ses iris verts.
Mais oui, bien sûr. J’avais complètement oublié sa présence tellement que cet idiot ne me fait plus d’effet. Peu à peu, les souvenirs me revenaient.

J’étais dans la grande salle. Tôt ce matin là. Assise à la table de ma maison respective, je jouais littéralement avec mes céréales restantes qui flottaient sur le lait. Les autres étaient tous partis en cours. Et moi, j’avais osé restée là, risquant de me faire surprendre à tout moment. Je m’en foutais complètement. Qu’ils m’envoient dans les cachots s’ils ne sont pas contents. C’est à cet instant qu’il a surgit de nulle part, à mes côtés. Sa présence m’avait légèrement fait sursauté et je l’avais regardé. C’est sans mot que le tout c’était enchaîné. Il m’avait prise par la main et j’avais délaissé mon bol de céréale, le suivant dans les escaliers. On avait descendu, en silence, tant dis qu’il se retournait parfois vers moi, me souriant. Je ne savais pas trop ce que je faisais là mais je connaissais la suite. Ce n’était pas la première fois qu’il m’approchait de cette façon. Qui sait, peut-être qu’il avait cru que j’étais restée là, à l’attendre, croyant qu’il était mon seul et unique prétendant. Les garçons aiment bien penser que les filles sont là, à les attendre, alors qu’en réalité, elles ont une dizaine de mecs à leurs pieds. Ils se croient irrésistibles alors que la réalité est tout autre. Roberts faisait parti de ces idiots là, qui pensent que je reste assise là, à rêvasser de lui alors que je ne rêve que de Cameron. On est descendu jusque dans la salle commune des serpentards, qui, naturellement était déserte. Dommage. Si Derek s’aurait retrouvé au bon endroit au bon moment, j’aurais préféré passer la matinée en sa compagnie plutôt que de celle de mon compagnon. Je n’avais envie de rien et pourtant, mon corps continuait de le suivre jusqu’à sa chambre, me dictant ma conduite sans que j’aille un mot à dire. Dans l’instant qui suivi, je me retrouvai couchée sur le lit de ce crétin alors qu’il se mettait au dessus de moi, avant de m’embrasser. J’étais comme dans un rêve. Je ressentais tout mais mentalement je n’étais pas là. Disparue à mille lieues, quelque part de beaucoup plus stimulant et d’intéressant. Parce que j’étais la salope de l’école, je devais acquiescer à toutes les requêtes alors qu’en réalité, aucune d’entres elles ne m’intéressaient. Je m’obstinais à garder ce précieux rôle même si en bout de ligne j’en souffrais. J’avais l’impression de n’être qu’une vulgaire poupée gonflable pour la gente masculine, qui se servait bien de moi.

Mes yeux toujours posés dans ceux de Roberts, il semblait attendre une réponse de ma part. Ses sourcils, aussi froncés que les miens, je parvenais à sentir la colère lui monter aux joues.
Du calme mon joli, tu cours après le danger.


-Je pense surtout que c’est le temps que je parte.

Un coup d’œil vers l’horloge grand-père qui se trouvait tout au fond de la pièce.
Et merde, la journée avait tout de même filée en restant dans le lit de ce misérable serpent.
Grâce à mes deux mains, je le repoussais vivement, manifestant mon désir de partir. Mais il me bloquait le chemin, le sourire aux lèvres.


-Tu fais une grave erreur.

Sourire malicieux.

-J’te gage que Derek se trouve présentement dans la salle commune. T’en penses quoi?

Son expression changea tellement radicalement que j’eus envie de pouffer de rire. Dans un grognement, il me libéra finalement, en se levant debout, à poil. Je m’assoyais dans le lit, ne le quittant pas des yeux. Être une amie proche de Ryans m’apportait toujours autant d’avantages. Ce que je pouvais être contente de le compter parmi mon entourage. Autrement, on ne me foutrait jamais la paix. Je m’habillai rapidement et d’un coup de baguette magique, j’arrangeais mes cheveux avant de partir de la chambre, sans demander mon reste. Quel idiot ce Roberts, comme je pouvais le mépriser. Je passai la salle commune où il se trouvait deux ou trois élèves mais pas de Derek à l’horizon. Je quittai, poussant un léger soupir. J’avais besoin de le voir. J’avais l’impression que ça faisait une éternité qu’on ne s’était pas parler et il commençait sérieusement à me manquer. Pour tous les autres, il n’était qu’un salopard vantard. Mais pour moi, Derek Ryans signifiait fidélité et loyauté. Jamais il ne m’avait laissée tomber.
Je gagnai les escaliers, les montant un par un tant dit que je croisai plusieurs élèves de serpentard. Des jeunes pour la plus part. La fin des cours était finalement arrivée et je n’avais pas vu ma journée passée. Allais-je encore avoir un mot de la part du professeur Hammerschmitt? Quel gros ton. J’allais devoir passer au bureau de cet idiot pour qu’il me fiche la paix.
Je montai directement dans le hall d’entrée, parmi la foule qui s’était installée. Tous semblaient surexcité par la fin de cette pénible journée. Ça allait dans tous les sens et du coup, je m’arrêtai l’espace de quelques instants, le temps de laisser les fous passer.

Je regardai tout autour, jusqu’à temps que mes yeux se posent sur Enzo Ryans, le jeune frère de Derek. Étrangement, même après toutes ces années d’amitié avec son aîné, jamais on se n’était adressé la parole. Pourquoi? Aucune idée. Je n’osais pas faire le premier pas et sans doute qu’il devait se méfier de moi de son côté. Après tout, qui dans l’école ne se méfiait pas de mes intentions? Je n’étais pas bien méchante, mais les rumeurs étaient tellement persistantes que les gens finissaient par croire à n’importe quoi sauf la vérité.
Il me remarqua à son tour et il paru fâché de me voir. Je n’allais pas me laisser impressionner par son petit jeu théâtral. Je savais qui il était en réalité puisque naturellement, Derek m’avait raconter sa vie de long en large. J’en savais beaucoup plus que je ne l’aurais voulu mais mon ami avait besoin de se confier et donc, j’avais ouvert mes oreilles. C’était peut-être la raison du pourquoi Enzo semblait m’en vouloir.
Le gryffondor vient dans ma direction et pendant un instant, je cru qu’il allait se mettre à me parler. Je restai sur place, le regardant jusqu’à temps qu’il ne soit plus dans mon champ de vision.
Quand soudain…


- Arrêtes !

J’ai aussitôt reconnue sa voix et je me suis retournée en même temps que lui. Pour la première fois, une conversation allait avoir lieue entre nous et je ne savais pas si je devais être contente ou non. Il avait la voix élevée, comme s’il s’apprêtait à m’engueuler comme du poisson pourri. Il me regardait, l’air toujours aussi contrarié et je fronçai les sourcils, prête à cette attaque qui, à mon sens, n’était pas méritée.

- Arrêtes de faire ça ! Arrêtes de me regarder comme si tu savais tout ce qu’il se passe dans ma tête, c’est insupportable. Qu’est ce que tu crois ? Que tu me connais par cœur ? Je sais pas ce qu’a bien pu te raconter mon frère mais ne fais pas comme si tu connaissais tout de ma vie, d’accord ? Merde ! Lâches-moi !

Je le regardai, l’air surprise. Je m’attendais à n’importe quoi mais pas à ça.
Je n’avais jamais réfléchi au regard que je lui portais quand je le regardais. Peut-être faisais-je ça sans le vouloir? Ou sans aucun doute car je n’avais jamais voulu le mettre mal à l’aise. J’en savais beaucoup trop sur lui, c’est vrai et même que parfois, j’avais envie de lui en parler, pour lui coller quelques baffes mais je n’avais jamais osé. Après tout, ce n’était pas de mes affaires. Et Derek allait sûrement m’en vouloir.
Mais puisqu’Enzo m’amenait le tout sur un plateau d’argent, je n’allais pas laisser cette chance filée. Après tout, Derek n’avait pas à être au courrant.
Je prenais un air plus décontracté, me décidant de lui sourire malgré son attaque. Ce n’était pas en me le mettant à dos que j’allais avoir une conversation humaine.


-Salut Enzo. Moi aussi je suis très contente de pouvoir faire ta connaissance.

Je tendis une main dans sa direction pour officialiser le tout. J’attendis quelques secondes et il ne se passa absolument rien. Il se contentait simplement de me regarder de haut, comme si je lui faisais la pire des injures.
Je poussai un soupir, et sorti une cigarette de ma poche.


-Écoutes, je suis désolée. Vraiment. Je le fais pas exprès. C’est vrai que ça doit être frustrant de savoir que quelqu’un de complètement inconnu connaît tous les moindres détails de ta vie. Être à ta place, je fliperais autant que toi, sinon même plus.

Surtout que lui en avait gros sur le cœur et dans la tête. La majorité des personnes dans cette école ignorait qui était Enzo Ryans. Et pourtant, il avait eu une vie difficile et encore plus récemment.
Surtout que moi j’étais au courrant d’une chose qu’il ignorait complètement…
J’allumai ma cigarette grâce à ma baguette. Je devais me changer les idées car si je lui parlais de ce secret là, Derek n’hésiterait pas à me mettre sur le bûcher.


-C’est sûr que ton frère n’est pas vraiment digne de confiance. Là, je t’apprend rien, c’est clair. Mais tu es encore chanceux qu’il ne va pas crier tout sur tous les toits. Je semble être la seule à tout connaître.

J’inspirai une bouffée mortelle, ce qui me fit le plus grand bien.

-T’as le droit de me faire confiance. Ou pas. À toi de choisir, je le ferais pas pour toi.

Que les choses soient claires, gamin.
Tu ne me fais pas peur.
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MessageSujet: Re: Unspoken - Don't ! {Megan}   Jeu 6 Jan 2011 - 18:44

Qu’est ce que je ne donnerai pas pour avoir le droit à ne serait-ce qu’une journée dans la peau d’un autre. Rien qu’une toute petite journée où je ne serais pas moi, pas dans ma peau, pas dans ma vie. Plus de Lycanthropie. Plus de cœur brisé et de nuits passées à pleurer sur un souvenir désormais trop lointain. Plus de souffrance. Plus de Supérieurs sur le dos. Plus de magie tant qu’à faire. Plus rien qu’une vie normale, loin d’ici, dans une famille quelconque avec des problèmes d’êtres humains normaux. Qui doit promener le chien et sortir les poubelles ? Comment régler telle ou telle facture. Regarder la télé jusqu’à des heures indécentes tout en ayant la peur au ventre de se faire surprendre par les parents qui dorment déjà depuis un bail. Une vie de Moldu.
Le truc, c’est que plus le temps passe et plus la magie m’apparaît sous un nouveau jour. Je la déteste pour tout le mal qu’elle a fait à mon entourage et à moi mais d’un autre côté elle me fascine, et l’objet que je tiens entre mes doigts me le prouve. Réussir à transformer un simple livre en un engin du diable qui roule sur de la pierre comme s’il était sur une surface plane. Je m’éclate comme un gamin avec ce truc et je retrouve des sensations que j’avais oublié depuis des mois, presque des années. J’aimerai pouvoir aller de l’avant, passer à autre chose, mais il y a trop de gens qui me maintiennent dans le passé et que je ne veux pas oublier.
Et je me rends compte que je pense de moins en moins souvent à mes parents, que leur absence est devenu une fatalité à laquelle je me suis fait. Je savais déjà que j’avais fait mon deuil mais cette fois j’ai vraiment avancé. Je ne dis pas qu’ils ne me manquent pas, juste que je ne ressens plus leur absence de la même façon qu’avant. Il en va de même pour Grand père. En revanche pour Kyle c’est autre chose. Même si ça me pèse moins qu’avant, je garde une profonde amertume et de la rancœur au fond de moi. L’injustice. Ce n’est pas évident de passer à autre chose quand on sent au fond de soi que tout ça n’aurait jamais du arriver. On aurait jamais du être séparés. Ils n’auraient pas du le tuer. Mais les choses sont ce qu’elles sont et ce n’est pas en m’apitoyant sur mon sort que je les changerai. Je pense à lui souvent, pour ne pas dire tout le temps. C’est tout ce que je peux faire. Peut être qu’avec le temps je finirai par l’oublier et ça me fait peur. Je ne veux pas que son souvenir me quitte. Je sais que c’est ridicule, d’un point de vue extérieur je veux dire. On a passé si peu de temps ensemble. Je crois que ça ne peut même pas se compter en terme de jour. En additionnant les heures si certainement mais … Et encore, je n’en suis même pas certains. Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé entre nous pour qu’on en vienne à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre. Je ne comprends toujours pas comment j’ai pu tomber amoureux aussi facilement, aussi naturellement. Je ne comprends toujours pas pourquoi mon cœur, mon corps et mon esprit, mon être tout entier, on craqué pour un autre garçon.

Même si on a souffert. Même s’il n’est plus là. Kyle aura été ma plus belle histoire et il détient mon cœur pour la fin des temps, jusqu’à ce qu’il cesse de battre définitivement. Je ne le laisserai à personne d’autre.

~*~

On était là comme deux glands à se regarder dans le blanc des yeux. Je m’étais plus ou moins rué sur elle sans prévenir bien que je sois tout de même resté à distance. Pourquoi ? Aucune idée. Peut être une certaine appréhension mais je pencherai plus pour de la lassitude. Mon sac sur le sol et mon skate dans la main, j’avais cessé de cracher mon venin et de lui dire ce que j’avais sur le cœur chaque fois que je la voyais. Après tout, qu’est ce qu’il y a de pire que savoir qu’une personne que vous ne connaissez même pas connaît votre vie sur le bout des doigts ?

Je m’étais avancé vers elle sans vraiment m’en rendre compte, laissant mon sac derrière moi, et ce fut la surprise qui s’empara de mes sens alors qu’elle réagissait à ce qu’on pouvait qualifier d’attaque. La mienne.

« Salut Enzo. Moi aussi je suis très contente de pouvoir faire ta connaissance. »

Te fous pas de ma gueule. Tu m’as bien regardé ? Est ce que j’ai l’air du type qui a envie de faire ami-ami avec la … gardienne des secrets de mon frère, et des miens par la même occasion. Si j’avais Derek en face de moi, je crois que je lui enverrais mon poing dans la figure. Il n’avait pas à faire ça. Je me retrouve dans une position de faiblesse et je déteste ça. C’était mes secrets, pas les siens. Pas entièrement en tout cas. Ok il en a souffert lui aussi mais ce n’est pas une raison pour aller raconter ma vie et ce qui s’y passe à n’importe qui. Au fond j’ai rien contre cette fille. Ce qu’on raconte sur elle ? J’en ai strictement rien à foutre. Si elle veut se faire passer dessus par tout le château après tout ça la regarde. Je ne suis pas sa mère ni même un amoureux caché qui supporterait mal son comportement. En fait, si ce n’est ces fameux secrets qui sont les miens, absolument rien ne me rattache à cette fille et ça me va très bien comme ça. Je n’ai pas besoin de me faire des amis. J’en ai peu et c’est tant mieux. J’aime pas m’attacher aux gens. Je n’aime pas non plus que les gens s’attachent à moi. C’est trop de responsabilités. Trop de risque de souffrir, encore et encore et encore. Oui c’est vrai, peut être que je passe à côté de pleins de choses et alors ? Chacun fait bien ce qu’il veut de sa vie après tout. Si j’ai envie de rester seul dans mon coin à errer comme une âme en peine je ne vois pas où est le problème.
Passer un peu de temps avec Sovahnn et Elwynn ça me suffit. Elles sont tellement différentes l’une et l’autre qu’elles se complètent. Avec Sova j’ai ma dose d’adrénaline. Avec El’ c’est plutôt des discussions plus ou moins sérieuses. De toute façon, avec le comportement que j’ai eu ces derniers moi je doute que quelqu’un veuille encore prendre le risque de s’approcher de moi. J’ai complètement pété les plombs et même si ce côté de moi plaisait à Derek, je le regrette maintenant. Je regrette tout ce mal que j’ai fait autour de moi. Les mots. Les gestes. Et tous ces pauvres Moldus qui ont vu mon Loup leur courir après … Je vis avec trop de poids sur les épaules et je m’étonne encore de ne pas m’être définitivement cassé la gueule. Pourtant, pour je ne sais trop quelle raison étrange je m’accroche à la vie. J’essaie de retrouver une existence normale dans la mesure du possible. Je fais des trucs qu’un ado de presque 17 ans ferait. Je vais en cours, je fais mes devoirs, je passe du temps à lire, à me promener dans le Parc, à faire des conneries et à en dire. Je ne fais pas la gueule en permanence, la preuve, avant que mon regard croise celui de Megan j’étais d’une humeur radieuse et je m’amusais à emmerder le monde gentiment.

Sa main tendu vers moi, je me contentais de la regarder de haut, le regard noir, partagé entre l’agacement, la colère et l’incompréhension. Elle s’est lassé avant moi, à laisser retomber son bras contre son corps et à sorti une cigarette de sa poche.

« Écoutes, je suis désolée. Vraiment. Je le fais pas exprès. C’est vrai que ça doit être frustrant de savoir que quelqu’un de complètement inconnu connaît tous les moindres détails de ta vie. Être à ta place, je flipperais autant que toi, sinon même plus. »

Un coup de baguette magique et elle allumait la merde qu’elle tenait entre les doigts. L’animal en moi a reculé instinctivement en sentant l’odeur agressive de la fumée. J’ai porté ma main à mon visage comme pour me cacher le nez et j’ai froncé les sourcils. Etre Lycanthrope ne comporte pas que des avantages. Toujours poussé par l’instinct, le Loup a manifesté son mécontentement en laissant échapper de ma gorge un grognement sourd. Est ce qu’elle l’a perçu ? Aucune idée. Ça n’a pas sembler l’influencer en tout cas. Je sais que ça peut effrayer certaine personne mais … A vrai dire, je n’avais aucun moyen de savoir si elle savait ce que j’étais. Encore une chose qui m’énervait. J’imagine que mon frère avait du le lui dire mais comment en être sur ?

« C’est sûr que ton frère n’est pas vraiment digne de confiance. Là, je t’apprend rien, c’est clair. Mais tu es encore chanceux qu’il ne va pas crier tout sur tous les toits. Je semble être la seule à tout connaître. »

Quand on parle du … non pas du Loup.
Le Loup c’est moi.
De mon frère.

Derek, digne de confiance ? Je pense qu’il peut l’être malgré tout mais pour ma part, il m’en a trop fait baver pour que je me décide à lui accorder entièrement la mienne. On a beau être en bons termes lui et moi, je n’arrive pas à me sortir de la tête qu’il ne joue pas totalement franc jeu. Je ne saurais pas l’expliquer. J’imagine que ce sont simplement des réflexes d’auto-protection.

J’étais un peu déstabilisé par la réaction de Megan. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre même si en vérité je ne m’attendais à rien mais j’avais pris l’habitude que les gens aient peur de moi. Il suffisait la plus part du temps d’un regard noir et d’une phrase bien placé, menaçante, pour les faire fuir. Avec elle ça ne fonctionnait pas. Ma main libre rendu dans mes cheveux je levais les yeux au ciel comme pour chercher un point d’ancrage que je ne trouvais pas. Je me suis contenté de reposer mes yeux noisettes dans les siens, sentant les tremblements qui commençaient à s’emparer de moi.

Décontenancé.

« Et je suis sensé te croire ? »

Question réthorique.
S’il te l’a raconté à toi, qu’est ce qui me prouve qu’il ne l’a pas fait avec d’autres ?

Au fond de moi j’étais convaincu qu’il avait su tenir sa langue. Il avait trop à perdre en révélant au monde les conneries de son petit frère. J’étais une source de honte pour lui et il n’avait aucune gloire à en retirer s’il allait raconter à qui voulait l’entendre que son propre sang s’était souillé avec un Moldu. J’avais envie de vomir rien que d’y penser. Je me sentais de plus en plus mal. Je me remettais à peine de ma crise avec Rivers, mais je sentais que ça revenait au grand galop là dans mon esprit. Je pensais avoir exorcisé mais visiblement ce n’était pas le cas.

« T’as le droit de me faire confiance. Ou pas. À toi de choisir, je le ferais pas pour toi. »

Je suis redescendu sur terre instantanément, la bouche entrouverte, la dévisageant comme si j’avais vu un fantôme. Est ce qu’elle était sérieuse là ? J’ai bloqué comme ça pendant une seconde ou deux puis j’ai laissé éclater un rire nerveux. Deux élèves qui passaient près de nous se sont retournés. Je leur ai adressé un regard noir, j’imagine que Megan en a fait de même. Pour moi ce n’était pas le moment de venir nous faire chier. J’avais suffisamment fait l’autruche, je l’avais suffisamment évité. Les choses se mettaient en place et je ne voulais plus reculer. Cette conversation devait avoir lieu.
J’ai fait deux pas en arrière, j’ai récupéré mon sac que j’ai remis sur mon épaule et je lui ai fait signe de me suivre dans un renfoncement du couloir. Je n’avais pas vraiment envie qu’on soit dérangés ni que nos échanges soient un spectacle. Je n’avais aucune idée de la manière dont allait se dérouler les choses mais je ne préférais pas prendre de risque. J’étais trop instable et impulsif pour prendre le moindre risque. Et je n’avais non plus envie que mes secrets tombent dans une oreille mal intentionnée. Je me sentais comme un Loup en cage et la panique s’emparait de moi. Je la contenais difficilement.
Arrivé dans un endroit plus calme, je posais mon skate contre le mur et mon sac sur le sol et je cherchais son regard tout en plissant les yeux, toujours gêné par la fumée de sa cigarette. J’attrapais ma nuque entre mes doigts et passais mon autre main sous mes vêtement, pour la poser sur mon ventre. Ce geste que j’avais l’habitude de faire quand j’étais angoissé, il me rassurait, comme si ma peau avait besoin d’être calmée elle aussi. Besoin d’un contact.

« Je suis désolé, je n'appelle pas ça un choix. Ça aurait pu l'être si je t'avais confié tout ce que tu sais moi même mais ce n'est pas le cas alors ne vient pas me parler de choix. Et le pire dans tout ça c'est que je n'ai absolument aucune idée de ce que je dois protéger, de ce que je dois te demander de garder pour toi. »

Je luttais pour ne pas laisser trembler ma voix. Cette situation me dépassait complètement, je n’étais pas prêt pour ça. Cependant, maintenant ou jamais ça ne changeait rien, je n’aurais jamais été prêt à affronter une nouvelle fois mes démons.
J’avais du mal à soutenir son regard, dans ma tête tout se mélangeait. J’avais envie de hurler, de tout casser puis de me cacher. D’être seul, loin de tout et de tout le monde. Mais le besoin de savoir était plus fort encore.

« Dis moi ce que tu sais. J'en ai assez de flipper dès que je croise ton regard. J'suis épuisé de tous ces jeux stupides du chat et de la souris. »

J’aurais voulu avoir plus faible encore je n’aurais probablement pas réussi. J’avais envie de me coller des baffes pour me ressaisir mais je n’y arrivais pas. De toute façon, le ton menaçant avec elle ça ne marchait pas. Je n’étais pas rendu au point de la supplier à genoux mais je n’ai pas pu m’empêcher de laisser échapper un dernier murmure.

« … S'il te plaît … »

Mes yeux dans les siens, je me demandais ce qu’elle pouvait bien y lire.
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MessageSujet: Re: Unspoken - Don't ! {Megan}   Mer 9 Fév 2011 - 0:13

La relation que j’entretenais avec Derek Ryans était des plus étranges. D’ailleurs, même notre rencontre n’avait aucun sens. Je me souvenais encore de ses grands yeux bleus lorsqu’il était arrivé en trombe dans ma cabine du Poudlard Express. Je n’avais jamais croisé un regard aussi intense, qui exprimaient trop de choses à la fois. Ça semblait être un gamin surexcité, complètement à l’opposé de moi. Je n’étais pas particulièrement enchantée de sa venue, surtout que sans même s’être présenté, il m’avait demandé si j’étais la riche héritière Blackwood… Je savais que j’allais sans doute me faire reconnaître comme étant la gosse de riche de la place mais j’espérais que l’on soit un peu plus discret avec ce sujet. Seul Derek avait demandé directement, contrairement aux autres qui avaient préférés gardé le silence. Quoi qu’il en soit, puisqu’il était le seul qui voulait bien m’adresser la parole, j’avais appris à le connaître et à créer une amitié complexe avec lui. J’entendais plusieurs rumeurs à son sujet et il s’était rapidement élevé à un rang de roi dans l’école. J’ignorais comment il y était parvenu mais sans doute que sa grande gueule l’avait grandement aidé. Il n’y avait pas un élève qui ne connaissait pas le nom du serpentard qui était autant détesté qu’aimer de ses pairs. Il en impressionnait plus d’un avec ses talents magiques et sa gueule d’ange. Je n’arrivais pas toujours à croire ce qu’il se disait à propos de lui tellement que je ne le voyais pas de la même façon que des autres. Rapidement, j’étais devenu la confidente de ce Ryans qui, visiblement, souffrait de plusieurs problèmes. En particulier familiaux. Mais il en avait aussi avec certains supérieurs, qu’il considérait tous comme des dieux. Il éprouvait un profond dégoût pour les moldus, opinion que je ne partageais pas du tout, puisque ma mère en était une. Lorsqu’il m’avait avoué qu’il avait commis un crime, de moldu justement, je n’en croyais pas mes oreilles. C’était plus qu’un dur à cuire. Un véritable meurtrier sans scrupule, trop impulsif. Un fou furieux qu’il valait mieux enfermer à tout prix. Notre vision était extrêmement différente et bien souvent, je me demandais comment notre amitié pouvait duré. Il parlait souvent sans réfléchir, me blessant avec ses propos mais pourtant je restais accrochée à lui comme une damnée. Je n’avais pas du tout peur de lui ni même de ses intentions, alors que je savais parfaitement tout le mal qu’il faisait autour de lui. Je ne voulais pas qu’il me laisse tomber et visiblement, je semblai être son pilier central. Je continuais d’avoir de l’espoir pour lui, souhaitant retrouver le jeune garçon dans le train. Les années et les événements avaient été cruels avec lui et c’était ainsi qu’il se vengeait. Personne ne semblait le comprendre sauf moi. Probablement qu’il n’était pas aussi doux avec les autres, je n’en n’avais aucune idée. Tout le monde trouvait notre relation étrange et moi la première.

Un truc en enchaîne un autre.
Car sans le vouloir, je connaissais également tout de la vie de son jeune frère, Enzo. Ces deux là semblaient réellement lié par un destin tragique. À vrai dire, ça semblait vouloir toucher la famille au grand complet qui pourtant, semblait être sans histoire. Je n’avais jamais eu la chance de rencontrer d’autres membres hormis les deux garçons mais ils semblaient tous être de bons sorciers, doté de gentillesse et de simplicité. Encore une fois, tout le contraire de la mienne, qui était plutôt fondée sur l’hypocrisie et le meurtre. Quoi qu’il en soit, Derek me parlait sans cesse de son frère qui semblait presque l’obsédé. Il ne se passait pas un jour sans que je n’aille pas de ses nouvelles, bien que je m’en foutais royalement. Que ce soit en bien ou en mal, il occupait ses pensées et ses futurs plans. Ils partageaient une relation fraternelle extrêmement compliquée et bizarre, encore plus que celle que j’avais avec l’aîné. Cruauté et coups bas : tout était permis. Et à écouter mon ami, ce qu’il faisait à son frère me répugnait au plus au point. Naturellement, je m’abstenais de tout commentaire : après tout ça ne me regardait pas. Cependant, je ne partageais pas les intentions de Derek que je trouvais souvent trop démesurées et inutiles. Il adorait torturer son jeune frère de toutes les manières possibles et j’en venais à comprendre le comportement d’Enzo. Et à vrai dire, j’étais un peu déçue que notre première rencontre se déroule ainsi. Sous forte d’attaque. J’avais déjà tenté de lui parler mais j’avais toujours laissé tomber, me disant sans cesse que tout ceci ne me regardait pas. Bien entendu, je ne pouvais m’empêcher de le regarder à chaque fois, le prenant bien trop souvent en pitié. J’avais envie de lui parler de mon point de vue, lui donner des conseils mais je restais muette comme une carpe, continuant de faire comme s’il n’existait pas. Enfin c’est vite dit mais bon…



J’avais décidé de prendre les devants autrement. Je n’aimais pas qu’on me parle de cette façon mais d’un sens, c’était mérité. Peut-être que mon attitude calme et détendue allait lui changer les idées de place. Après tout, je n’étais pas une méchante fille contrairement à ce que tout le monde croyait. Ce n’était pas parce que je m’amusais à coucher à gauche et à droite que j’étais une brute pour autant. J’avais un cœur comme tout le monde et j’étais prête à aider Enzo s’il avait besoin de moi. Car entre lui et Derek, le choix n’était pas bien difficile. De toute façon, je savais que le serpentard n’allait pas m’en tenir pour responsable. En espérant que tout ceci ne retombe pas sur le nez du gryffondor. Enfin bref, je voulais que cette conversation soit constructive et ce, pour les deux. Il en avait de besoin et moi aussi dans un sens. J’en avais marre d’être un sac à secrets familiales. Tout ceci me dépassait complètement et garder tout ceci pour moi commençait à me peser.
J’avais la situation en main. Juste à voir son expression s’adoucir, je savais que j’avais posé les bons gestes et dit les bonnes paroles. Je m’attendais à recevoir de nouvelles attaques mais je n’allais pas laisser tomber aussi facilement. Je pouvais remercier ma détermination de me mener aussi loin, même dans des combats que tout le monde aura cru perdu d’avance. Ce garçon se masquait l’âme à tous les jours, ne laissant jamais sa véritable personnalité prendre le dessus, de peur qu’on l’amoche. Moi je n’avais pas peur de démontrer qui j’étais réellement. Okay c’était un gros mensonge mais je restais maître de moi-même quand même, non?

Il eut un rire nerveux et j’haussais les sourcils, l’air légèrement surprise. Deux élèves passèrent près de nous mais je ne leur accordai pas vraiment d’attention. Pour Enzo, ça semblait être deux démons. Après leur passage, le gryffondor ramassa son sac et me fit un signe de le suivre. Intriguée je le suivis. Quelque chose d’important allait avoir lieu, ça se sentait des kilomètres à la ronde. Il en avait trop sur le cœur et décidément, j’étais la bonne personne à qui il devait s’adresser. Étrangement, c’était notre premier échange.
Nous trouvâmes refuse à l’angle d’un couloir non loin du hall, qui semblait beaucoup plus tranquille que les escaliers. Alors qu’il semblait vouloir se calmer, je portai de nouveau ma cigarette à ma bouche. La fumée secondaire semblait réellement le déranger et comme à mon habitude, moi ça m’amusait un peu. J’y pouvais rien si les petites natures me faisaient bien rigoler.


- Je suis désolé, je n'appelle pas ça un choix. Ça aurait pu l'être si je t'avais confié tout ce que tu sais moi même mais ce n'est pas le cas alors ne vient pas me parler de choix. Et le pire dans tout ça c'est que je n'ai absolument aucune idée de ce que je dois protéger, de ce que je dois te demander de garder pour toi. Dis moi ce que tu sais. J'en ai assez de flipper dès que je croise ton regard. J'suis épuisé de tous ces jeux stupides du chat et de la souris.

Il me faisait presque pitié. Je me demandais pourquoi un mec qui semblait aussi gentil devait supporter Derek en tant que frangin pendant le restant de ses jours. D’accord ce n’était pas un choix de me faire confiance. Après tout, il ignorait qui j’étais et du coup, il flippait, je comprenais cela parfaitement. Cependant, je savais que je devais me garder une réserve, surtout pour un sujet en particulier que je ne pouvais vraiment pas révéler ou autrement, c’était moi qui se faisais chopper.

- … S'il te plaît …

Dernier murmure de sa part et il déposa ses yeux dans les miens. Et soudainement, un sentiment étrange m’envahissa. Je baissais mes yeux, par honte, incapable de lire toute la souffrance que je lisais dans ses pupilles noirs. Il semblait vidé de toute énergie, comme s’il était fatigué de toujours porter ce masque qui ne lui allait pas du tout. J’en savais beaucoup trop, plus que je n’aurais voulu en savoir. Quelques informations d’accord ça va. Ça arrive à tout le monde de parler de la vie des autres mais à ce point là? Heureusement, c’était tomber dans mes oreilles mais j’aurais aussi bien pu être une méchante fille, qui aurait voulu utiliser tout cela à son avantage.
Je n’allais pas le laisser dans un trou noir plus longtemps. Il avait assez languit à mon avis.


- À vrai dire… Il y en a tellement que je ne sais pas par où commencer… Derek est un excellent raconteur qui adore passer son temps dans les détails, même s’ils semblent complètement inutiles.

Je n’avais même pas commencé et je me sentais déjà extrêmement mal à l’aise. En réalité, je ne savais pas que j’allais être dans un tel état, croyant que ça allait simplement me libérer d’un poids. Mais je me rendais compte que ce n’était pas aussi simple que cela. Je faisais partie de sa vie la plus intime sans avoir l’autorisation. Une parfaite inconnue, simplement liée à cause d’un frère qui avait la parlote trop facile. Je tentais de chercher les bons mots, pour être réconfortante malgré tout mais je ne trouvais rien de spécifique. Peut-être que c’était mieux si j’y allais tête première, sans penser à rien et qu’après on en discute? Oui je n’avais pas le choix. J’étais la plus forte des deux. Je devais me soutenir et le relever. Ça ne pouvait pas être autrement.

- Je sais que tu es un lycanthrope. Depuis la mort de tes parents, pour Derek tu es devenu une sorte de monstre velue. Si je me souviens bien, c’est d’ailleurs grâce à un loup-garou si on t’a retrouvé vivant sur les lieux de l’accident. Sinon tu ne serais plus en vie depuis bien longtemps.

C’était là l’un de ses secrets les mieux gardés. Je savais que Derek m’avait souvent dit qu’Enzo n’aimait pas révéler son état à tout le monde, ce qui était parfaitement normal. Plusieurs d’entres nous avaient encore des préjugés sur ceux et celles qui possédaient des dons, chose que je trouvais absolument ridicule. Les années avaient beau s’écoulées, les sorciers demeuraient toujours de grands crétins sans aucune ouverture d’esprit. Et mon meilleur ami était sans doute le premier sur cette liste. Comme il pouvait mépriser ceux qui étaient magiquement plus puissant que lui! Tout ceci était de la pure jalousie, il me l’avait même avoué une fois dans un état de faiblesse lamentable. Je m’en étais toujours doutée et c’était probablement la raison du pourquoi il aimait autant traiter son frère de monstre.

- Je connais aussi l’histoire avec Kyle Johnson, l’Américain moldu. Derek est plongé dans la pensine comme tu le sais et naturellement, il est tout venu me raconter en détails…

Je roulais des yeux, l’air de rien mais à l’intérieur de moi, j’avais envie d’hurler. Je cachais une énorme vérité sur ce Johnson. Derek m’en avait tellement parlé que j’en avais eu la tête qui tournait. Ce qu’il pouvait le détester ce ‘’salopard qui lui avait voler son frère’’. Selon lui, Kyle avait transformé Enzo du tout au tout. D’abord, il l’avait rendu homosexuel et puis il l’avait rendu pire qu’une mauviette. Une grosse guimauve qui ne faisait plus rien si ce n’était que de se faire passer pour un con. Au début je ne prêtais pas trop d’attention à cette histoire. Je me foutais de ce que son frère cadet pouvait faire de sa vie. Il aimait un autre mec et alors? Ça me passait dix pieds par-dessus la tête alors que pour Derek, c’était la fin du monde, la fin de sa vie. Mais lorsqu’il était venu me raconter que les supérieurs avaient simulé la mort du moldu pour séparer les deux amoureux, j’étais choquée. Ils avaient enfermés Enzo dans la chambre du supposé défunt afin que Derek puisse le convaincre de rejoindre leurs rangs, son statut de lycanthrope y étant pour beaucoup. Je n’approuvais pas du tout mais mon ami semblait être aux anges, voulant soudainement que son frère soit à ses côtés lors de ses escapades nocturnes et meurtrières. Malgré tout, je percevais une certaine tristesse dans les yeux lorsqu’il me parlait de son cadet qui était totalement décimé par la perte d’un être qui lui était cher.
Donc naturellement, en connaissant l’histoire de fond en comble et en sachant parfaitement que ce Johnson était toujours en vie, ce n’était pas l’envie qui manquait d’agripper Enzo et de lui murmurer que ce dernier l’attendait quelque part, dans le château. Mais je tournai ma langue sept fois avant de parler et décidai de prendre une autre bouffée mortelle, question de me détendre un peu.


- Je sais aussi pour vos chasses dans la forêt avec les supérieurs. Je sais que tu es le meilleur ami de Jillian Davis.

D’un petit coup de pouce je frappais ma cigarette pour en faire tomber le tabac brûlé sur le sol. J’ancrai mes yeux dans les siens et baissai la voix :

- Je sais tout…
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MessageSujet: Re: Unspoken - Don't ! {Megan}   Mar 15 Fév 2011 - 22:23

Hors Jeu:
 

J’appréhende. Oui j’ai peur, je suis même mort de trouille à l’idée de devoir faire face à des souvenirs que j’ai tenté d’endiguer pendant des semaines avant de comprendre que je n’y arriverai pas. J’ai réussi à faire taire ma tête et mon cœur pendant quelques temps, au début, parce que la douleur de l’avoir perdu m’avais rendu complètement fou, mais ça n’a duré qu’un temps tout ça et le véritable Enzo a fini par ressurgir de sous cette carapace de rancœur et de folie. Je ne l’ai pas laissé voir tout de suite, ce revirement de situation, et certains doivent toujours me prendre pour le monstre que j’ai été pendant des mois mais pourtant je suis remonté en selle et j’ai repris le cours de ma vie sans faire de vagues. J’ai retrouvé le sourire, il m’arrive même de rire. Je n’oublie pas ce par quoi je suis passé et ce que j’ai perdu pour autant, tout ça fera partie de moi à jamais. Je n’en parle jamais, à personne. Il n’y a eu que cette fille près du Lac que je n’ai d’ailleurs jamais revu. J’espère qu’elle va bien mais je n’ai pas le cœur à m’inquiéter pour quelqu’un ces derniers temps. Je n’arrive déjà pas à m’occuper de moi alors prendre soin des autres … Je ne connais pas son prénom, je sais simplement qu’elle est Moldue et totalement dépassée par ce qui se passe dans ce château. Enfin, si elle est encore en vie. Je m’efforce de ne pas m’attacher vraiment au gens, j’ai bien trop peur de souffrir. Bien sur et même si je fais tout pour rester seul je n’en suis pas moins un être humain et il y a certaine personne avec qui on ne peut pas tricher. Ce n’est pas parce que Jill et moi ne nous parlons plus qu’elle ne voit pas clair dans mon jeu. Il y a des regards qui ne trompent pas. Elle me surveille, je le sais. Et j’en fais autant de mon côté. C’est comme ça que j’ai su qu’elle connaissait Cameron. J’imagine que c’est une bonne chose. Après tout, elle a besoin de quelqu’un comme lui, quelqu’un de solide, tout ce que je ne serais jamais. Quant à Derek … Je ne sais pas vraiment ce qu’il lui apporte mais je suppose que lui n’est pas au courant de son amitié avec le grand blond. Pour être honnête, j’en ai ma claque de tous ces mensonges et ces non-dits. Certains jours, j’ai envie d’aller voir mon frère et de lui coller ses quatre vérités dans la tronche. J’ai envie d’aller voir Jillian et de lui dire que j’ai été un crétin et qu’elle me manque. J’ai envie d’aller voir Ismaelle, de m’excuser et qu’elle me pardonne, de tout lui raconter. J’ai besoin de parler, cette solitude m’épuise.

Je continuais donc de la regarder droit dans les yeux, suppliant, en attendant qu’elle se décide à me livrer ce qu’elle savait mais elle gardait le silence. Je devenais fou à mesure que les secondes défilaient, jusqu’à ce qu’elle baisse les yeux vers le sol. J’avalais difficilement ma salive, imaginant de multiples scénarii. Pourquoi est ce qu’elle baissait les yeux comme ça ? Ca me faisait littéralement paniquer. J’avais envie, besoin qu’elle me regarde droit dans les yeux et qu’elle lâche tout d’une seule traite. Je me disais que ça ferait peut être moins mal comme ça. Quoi qu’il en soit, je voulais savoir tout ce qu’elle connaissait de moi, de mon histoire.

« À vrai dire… Il y en a tellement que je ne sais pas par où commencer… Derek est un excellent raconteur qui adore passer son temps dans les détails, même s’ils semblent complètement inutiles. »

Tu m’en diras tant … Je m’étais souvent demander de quelle façon elle pouvait voir mon frère parce que je n’avais pas l’impression qu’elle soit de celle qui voyait en lui un Dieu vivant. Le simple fait qu’il lui ait confié ses secrets et ses pensées les plus intimes me prouvait que c’était bien plus que ça entre eux. Finalement, Derek avait peut être des amis, des vrais. Il en avait au moins une, j’en étais certain maintenant. Quelque part, et même si je lui en voulais d’avoir raconté ma vie à quelqu’un, je le comprenais et j’étais plutôt heureux de ça. On ne peut pas vivre seul, je m’en rends bien compte. Survivre, oui mais pas vivre vraiment. Mon frère m’avait moi depuis quelque temps, même si notre relation était toujours fragilisée et prête à craquer avec tout ce qu’on se refusait à étaler au grand jour, mais il avait aussi Megan et quelque chose me disait qu’elle serait toujours là pour lui. J’espérais juste qu’elle obtenait un juste retour des choses mais je ne pouvais pas m’empêcher de douter de mon frère. Oui je l’aime, il a beau être le plus méprisable des êtres humains que je connaisse, je l’aime et je l’aimerai toujours. Je ne l’idolâtre pas, plus maintenant, mais je ne veux pas qu’il sorte de ma vie. Je sais que derrière son côté exécrable il reste un cœur. Je devrais le détester pour tout ce qu’il a dit, fait, et pensé mais je ne peux pas renier mon frère, mon sang, ma famille. Je pense que beaucoup ne comprennent pas ça, mais c’est comme ça et ça ne changera jamais. Je serais prêt à tout pour lui et je suis certain qu’il en ferait de même pour moi. Il m’aime lui aussi. Il a besoin de moi tout autant que j’ai besoin de lui. Je n’en doute plus.

Je décidais de me concentrer finalement de nouveau sur Megan qui avait marqué une nouvelle pause. Elle avait fini par relever les yeux vers moi finalement et ses mots qui résonnaient dans ma tête comme les prémices d’un aveu qui me mènerait à un nouveau combat interne faisaient battre mon cœur de plus en plus vite. Je laissais mes deux bras retomber le long de mon corps avant mes mains l’une dans l’autre et de jouer nerveusement avec mes doigts pour tenter de me détendre. Ce qui ne fonctionnait pas du tout bien évidemment. Elle semblait tout aussi nerveuse que moi, elle qui d’habitude avait l’air d’avoir tout sous contrôle, je la sentais totalement perdue et hésitante. On ne se connaissait pas du tout elle et moi, pas vraiment je veux dire. Disons que c’était la première fois qu’on échangeait quelques mots, mais j’avais l’habitude de la croiser dans les couloirs et de la voir avec mon frère. Elle avait toujours cet air sur d’elle, contraste effarent avec l’impression qu’elle me donnait maintenant. J’en paniquais d’autant plus. C’était comme si tout ce qu’elle avait à me dire était tellement affreux qu’elle ne savait pas comment s’y prendre. Quelque part, je savais à peu près à quoi m’attendre mais je ne savais pas trop sur quel pied danser. Une partie de moi avait besoin d’entendre toutes ces choses que je refoulais en moi depuis trop longtemps, de les faire sortir par le biais de quelqu’un d’autre. Je crois qu’au fond ça me soulageait de savoir que je n’étais pas le seul à porter ces lourds secret et si je me fiais à mon instinct, Megan était le genre de personne capable d’endosser ça et de ne pas s’en servir comme d’une arme. L’autre partie de moi refusait d’entendre quoi que ce soit et souhaitait resté enfermer dans un silence, un secret asphyxiant.

« Je sais que tu es un lycanthrope. Depuis la mort de tes parents, pour Derek tu es devenu une sorte de monstre velue. Si je me souviens bien, c’est d’ailleurs grâce à un loup-garou si on t’a retrouvé vivant sur les lieux de l’accident. Sinon tu ne serais plus en vie depuis bien longtemps. »

Comme je m’y attendais, elle était donc au courant que je n’étais pas tout à fait comme les autres. De ce point de vue là en tout cas. Elle savait qu’il dormait en moi un monstre sanguinaire mais malgré ça elle ne faisait preuve d’aucune retenu avec moi et j’appréciais ça. Je ne me sentais pas juger par son regard, sa posture ou ses paroles. Non, elle ne me jugeait pas et je commençais à me détendre. Un cap de passé même si le plus dur restait à venir. Le plus dur pour moi en tout cas.
J’analysais quand même ce qu’elle venait de me dire. Derek lui avait donc raconté que grâce à ce Lycanthrope qui m’avait mordu j’avais pu survivre. Elle était donc au courant pour l’accident, la mort de nos parents et tout ce qui s’en était suivi. Quoi de plus normal après tout si elle était la meilleure amie de mon frère. J’avais moi même raconté tout ça à Jillian. J’aurais pu rire lorsqu’elle a avoué que Derek me considérait comme une sorte de monstre velue. Il avait eu beaucoup de mal à se faire à l’idée que je n’avais pas seulement changé psychologiquement. Le fait que je sois devenu un Loup Garou a été une pilule plutôt difficile à avaler pour lui au départ. A présent, il en ait plutôt satisfait j’ai bien l’impression. Je me demande même parfois si je ne lui sers pas d’animal de compagnie. J’exagère, je sais que ça n’est pas le cas. Il reste sur ses gardes face au Loup, je le sais, même s’il ne l’admettra jamais. Est ce qu’il me voit toujours comme un monstre ? Si c’est le cas, ça me fait beaucoup de peine. Je ne suis pas un monstre. Je suis juste …moi. Son petit frère, qu’il connaît depuis toujours.
Une personne de plus à connaître mon secret donc. Si je fais la liste, elle s’allonge à vue d’œil. Il y a ceux à qui je l’ai dit moi même. Jillian et Elwynn. Il y avait Lui, mais il a emporté mon secret quand son cœur a cessé de battre. Il y a les profs, qui le savent parce que je suis déclaré au ministère de la magie. Et puis il y a ceux qui l’ont découvert d’une façon ou d’une autre. Mon frère est le premier sur la liste. Ce n’est pas moi qui le lui ait appris mais mes Grands Parents qui eux même l’ont appris de la bouche du médecin. Certains membres de notre famille ne sont pas au courant et c’est tant mieux. James le sait, parce qu’il a été farfouiller dans mon esprit. Cameron, parce qu’il l’a découvert à ses dépends et que j’ai fini par le lui avouer. Jun Ki, parce qu’il est mon ennemi héréditaire même je n’ai absolument rien contre lui. Et puis Megan maintenant même si elle doit le savoir depuis un moment finalement.

J’attendais la suite maintenant, parce que je me doutais bien qu’il ne s’était pas arrêté en si bon chemin dans ses révélations. Tout ça c’était trop lourd à porter pour lui alors j’imaginais qu’il avait tout déversé sur la seule personne a qui il faisait suffisamment confiance pour le faire. Et je ne m’étais pas trompé.

« Je connais aussi l’histoire avec Kyle Johnson, l’Américain moldu. Derek est plongé dans la Pensine comme tu le sais et naturellement, il est tout venu me raconter en détails … »
« En dét … ! »

Le coup de grâce pour moi.
Pas pour elle puisqu’elle ne s’est pas arrêté. Elle s’est contenté de rouler des yeux comme si ça n’était rien puis elle a porté de nouveau sa cigarette à ses lèvre. Moi, je me rattrapais au mur pour ne pas sombrer.

En détails ?! Mais qu'est ce qui pouvait bien se passer dans la tête de mon frère lorsqu'il avait eu accès aux souvenirs de Kyle ? Qu'est ce qu'il avait vu au juste ? Son petit frère entrain d'embrasser un garçon avec toute la passion du monde ? Oui, et alors ? Ce truc physique entre Kyle et moi, ça me dépassait totalement. J'avais ce besoin inexpliqué de le toucher en permanence alors j'imagine que de voir ça, ça avait du octroyer à Derek de belles nuits blanches. Et à moi aussi d'ailleurs.

« Je sais aussi pour vos chasses dans la forêt avec les supérieurs. Je sais que tu es le meilleur ami de Jillian Davis. »

Je n’écoutais plus que d’une oreille, complètement anéanti par sa révélation précédente. Je me doutais bien qu’il avait du lui parler de ça mais le fait d’en avoir désormais la certitude ça me brisait de l’intérieur et je pense que ça se voyait très bien à l’extérieur. Je perdais tous mes repères spatio-temporels. Je voyais flou. J’avais chaud. Je tremblais et dans ma tête résonnait un bourdonnement assourdissant.

« Je sais tout … »

Comme un murmure dans le lointain alors que je me laissais glisser le long du mur jusqu’à finalement m’asseoir sur le sol, le regard rivé sur le néant, comme si je venais de voir un fantôme. Pour être honnête, c’était le cas. Son visage dansait devant mes yeux grands ouvert. Kyle. Mon Kyle. Mon amour perdu. J’étais incapable de faire le moindre mouvement, de dire le moindre mot. J’avais la bouche sèche et une envie déraisonné d’en finir pour le retrouver parce que sa présence me manquait comme au premier jour. J’aurais voulu le voir sortir de l’ombre, me tendre la main et me prendre dans ses bras, qu’il me parle, me rassure, qu’il m’embrasse, qu’il me touche, qu’il m’emmène avec lui loin d’ici. Tous ces rêves fous que j’avais réussi à faire taire avec le temps, et qui me revenaient en pleine face si violemment.
Le temps s’écoulait, et je repensais à Megan qui devait se sentir mal à l’aise. J’essayais de revenir parmi les vivants mais je n’y arrivais pas. Tout ça m’a pris quelques longues secondes, presqu’une minute pour reprendre mes esprits. Je me suis passé la main sur le visage et j’ai cherché son regard.

« Excuse moi, c’est juste que … C’est la première fois que j’entends son nom depuis … depuis qu’il est parti. »

Et ça fait plus mal que ce a quoi je m’attendais. En fait je ne m’attendais à rien. Je ne pensais pas que j’entendrais ce nom de nouveau. Même les Supérieurs ne le mentionnent jamais et j’irais presque jusqu’à les remercier pour ça. Je n’en veux pas à Megan, non, je ne lui en veux plus. Tout ça ce n’est pas de sa faute. Elle n’a absolument pas l’air d’être une fouine ou une commère et si elle sait tout ça, c’est simplement parce que Derek n’avait pas le dos assez large pour supporter le poids de ces secrets. Plus le temps passe et plus je me rends compte qu’il n’est pas aussi puissant et solide qu’il le laisse paraître. Il sait simplement très bien jouer avec les faux semblants. Mon frère, ce héros, qui finalement n’est rien de plus qu’un être humain comme les autres. Quelque part ça me déçoit. Je m’étais habitué à ce masque d’assurance mais je découvre qu’il n’est pas infaillible. En fait, je le savais déjà simplement je refusais de le voir parce que j’avais besoin de me raccrocher à quelqu’un de solide, quelqu’un qui en avait l’apparence au moins.

« L’Americain Moldu. Alors c’est tout ? C’est tout ce qui reste de lui ? Une nationalité. Un statut de sang. »

Je la regardais fixement, comme si j’attendais une réponse de sa part alors qu’elle n’était pas en mesure de m’en offrir une. Je sentais bien que je m’énervais, que cette injustice me foutait hors de moi. Est ce qu’elle se doutait que j’allais réagir vivement ? Peut être qu’elle s’attendait à devoir payer pour les autres comme j’avais pris l’habitude de le faire après être sorti de ma prison quelques mois plus tôt. A quel point me connaissait elle au juste ? Moi je ne voulais pas que ça retombe sur elle alors j’ai essayé de me calmer, de reprendre mon souffle. Mon pied gauche claquait sur le sol alors que j’avais replié la jambe jusqu’à ce que mon genou arrive à hauteur de mon visage. Je posais ma tête dessus un instant. Une main sur la nuque et l’autre sur ma jambe droite étendue de tout son long, les poings serré autour de mon pantalon.

« C’était quelqu’un de bien. Il valait mieux que tous ces abrutis réunis. J’trouve ça injuste que ces connards s’en sortent comme ça alors qu’ils ont fait de lui un fantôme, quelqu’un dont personne ne se souvient. »

Ma voix était brisée par la colère et cette furieuse envie de les retrouver, tous ceux qui étaient présent ce jour là, et de les tuer les uns après les autres en les faisant souffrir le plus possible. Cette sensation de fureur mêlée à une envie démesurée de me vider de toutes les larmes de mon corps, je ne savais pas comment le gérer. Je m’agitais nerveusement, tout en essayant de garder tout ça pour moi. Je ne sentais aucune gène quant au fait qu’elle me voyait comme ça. Je ne sentais aucune gène à lui parler de lui puisque de toute façon elle savait tout. J’avais même envie de parler de lui. Oui, c’était une bonne personne même s’il n’a pas toujours été très tendre avec moi. On s’est fait beaucoup de mal mais on a toujours su réparer nos torts, chacun de notre côté mais ensemble. Mais moi je m’en souviens et je ne l’oublierai jamais. Et je voudrais crier au monde entier à quel point il était … miens. Je voudrais aller voir ses parents pour leur dire qu’ils ont raté la chance de pouvoir apprendre à connaître vraiment leur fils jusqu’à se rendre compte que c’était quelqu’un d’exceptionnel, avec un cœur énorme, une âme pur et un talent de dessinateur hors pair. Je les ai vu ses dessins. J’aurais préféré que ce soit lui qui me les montre mais je n’ai pas eu cette chance. Je sais cependant qu’il était vraiment doué pour ça, et que la passion qu’il y mettait se sentait dans chaque traits de portrait qu’il posait sur le papier ou peu importe le support qu’il utilisait.

J’aurais pu continuer comme ça pendant des heures mais ça ne faisait que me rappeler tout ce que j’avais perdu, alors j’ai décidé de ranger ça dans un coin de mon esprit même si je ne doutais pas une seule seconde qu’elle comprendrait que ça me faisait mal dès l’instant où elle croiserait de nouveau mon regard. Pourtant j’ai relevé la tête vers elle, et j’ai changé de sujet.

« Pour les chasses dans la forêt, je sais pas exactement ce qu’a pu te raconter Derek mais j’ai jamais pris mon pied à faire ça, j’te le jure. Je sais que j’ai pas à me justifier auprès de toi mais … J’suis pas un monstre. Je l’ai été, je pense, pendant mes plus gros moments de faiblesse mais c’est plus le cas. Je … Et puis Jillian … C’était effectivement ma meilleure amie mais ça ne l’est plus. Je me suis mal comporté avec elle, très mal. J’ai littéralement pété les plombs après … »

Après ce jour où on m’a arraché le cœur mais peu importe. Je suppose que tu sais tout ça aussi. La manière dont ça s’est passé peut être mais surtout ce qui est arrivé après. Ce qu’ils m’ont fait et pourquoi j’ai accepté de les rejoindre.

Ma voix était plus douce, juste un peu cassée par l’émotion. Je parlais tout bas, pas parce que j’avais peur qu’on nous entende mais, je ne sais pas, une sorte d’instinct, de réflexe. C'était comme si j'avais besoin d'entendre quelqu'un me dire qu'il me pardonnait pour tout le mal que j'avais fait.

« Depuis on ne se parle plus. Je sais qu’elle passe du temps avec mon frère mais je ne sais pas si Derek est au courant de ce qui s’est passé entre elle et moi. Je pense pas, sinon y a bien longtemps qu’il me serait tombé dessus pour ça. En fait j’en sais trop rien. Je sais pas vraiment quelle genre de relation ils ont tous les deux. On en parle pas, jamais. »

On ne parle pas d’Elle.
On ne parle pas de Lui.
Il la garde pour lui.
Je le garde pour moi.

Je me sens seul, mais étrangement je me sens plus proche de toi que des personnes qui me connaissent depuis longtemps alors que c’est la première fois qu’on se parle. Je suis désolé que tu ais eu à supporter tout ces secrets pendant des mois. Derek ne se rend pas toujours compte du poids qu’il met sur les épaules des autres. J’espère que ça t’aura soulagé de m’en avoir parlé. Et désolé de t’avoir sauté dessus comme ça, je ne voulais pas être désagréable mais je ne contrôle pas toujours mon impulsivité. Et puis … C’était trop pour moi. Je craque, complètement.

« Désolé, je crois que j’ai accumulé trop de silence du coup ça sort tout seul. J’veux pas être un Derek n°2 et te saouler avec tout ça. Excuse moi. On est franchement des cas lui et moi. »

Et il y a comme une sorte de rire nerveux qui s’échappe de moi, et un sourire qui se dessine péniblement sur mon visage de gamin égaré. J’inspire profondément, expire longuement. Y a rien de drôle dans tout ça mais l’humour ça permet de garder la face, et de se convaincre soi-même qu’on va réussir à passer au travers. J’ai tenu jusqu’ici, je finirais bien par y arriver un jour.
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MessageSujet: Re: Unspoken - Don't ! {Megan}   Sam 12 Mar 2011 - 2:16

Prise entre deux.
C’est exactement comme ça je me sentais. Prisonnière entre deux murs qui se font la guerre sans cesse. L’un cache ses secrets à l’autre et préfère passer par un intermédiaire pour tout savoir. Et le hibou en question, c’était moi. On ne m’avait pas demandé mon avis. On voulait simplement que je mette les faits sur la table sans réfléchir à rien d’autre. Ce n’était pas censer être de mes affaires mais plus la situation avançait, plus je m’enfonçais dans un trou noir qui me semblait sans fin. Coffret sur deux pattes, j’étais devenu un véritable trésor pour deux frères en particulier. Deux qui se faisait compétition, qui se détestaient profondément mais qui s’aimaient secrètement. Si j’aurais su qu’être un journal intime était quelque chose d’aussi difficile, j’aurais renoncé. Ou bien j’aurais pu le faire mais sous conditions. Je ne pouvais rien refuser à Derek grâce à ses nombreux coups de main par ci et par là mais là s’en était devenu trop. Autant j’avais toujours voulu parler à Enzo, me vider le cœur, j’avais l’impression de le remplir à chaque mot qu’on échangeait. Ses expressions me déchirait le cœur en deux, surtout en sachant que je ne disais qu’une partie de la vérité. On disait bien des choses sur moi, la majorité étaient mauvaises et pas du tout glorifiant pour ma personne mais au fond, j’étais quelqu’un de sensible. En particulier tout ce qui touchait le contact et les affaires humaines. Comme les autres filles finalement. Nous les affaires de cœur, ça nous touche, peu importe la personne. J’ignorais si Enzo était réellement gay ou alors si ce n’était que cet Américain qui faisait battre son organe vital quoi qu’il en soit, leur histoire d’amour me touchait. Je n’avais rien contre les homosexuel, j’approuvais à 100% mais ces deux là… D’après ce que j’avais compris, ça ressemblait vaguement en Roméo et Juliette avec quelques modifications. Le frère et les supérieurs qui n’approuvent pas font penser aux Capulet et Montaigu. Ils devaient sans cesse se cacher pour ne jamais se faire retrouver par leurs bourreaux, tout comme dans l’histoire. Les seules différences étaient qu’ils étaient deux mecs et qu’un avait des pouvoirs et l’autre non. Encore une histoire de sang, une vraie connerie. Pourtant, Derek prend ça beaucoup trop à cœur. C’est une chose que son frère baise avec un mec, s’en ai une autre que ce dernier soit un moldu. Et tout comme dans la pièce de Shakespeare, l’un avait une mort simulée. Heureusement, Enzo n’avait pas décidé de mettre véritablement fin à ses jours autrement, ça aurait été une véritable catastrophe pour son aîné. Et pour moi également. Car après tout, j’étais peut-être la seule et unique personne qui pouvait encore révélé la vérité. Pourtant je ne disais absolument rien, je me contentais simplement de regarder son air de chien battu. Que pouvais-je faire de plus? Rendre un frère heureux et me faire tuer pour le second? Ou encore quelles autres tortures pourraient me faire subir Derek si je venais déranger la tranquillité entre les Ryans? J’avais beau lui faire confiance et ne pas avoir peur de lui, je me disais que s’il osait quelque chose envers moi, personne ne serait là pour me protéger.

Mais la peur et l’appréhension que je lis dans ses yeux me faisaient terriblement souffrir alors que je m’apprêtais à lui révéler une partie de mes connaissances. Tout comme lui, j’étais confrontée à des démons que je n’avais pas forcément envie de rencontrer sur mon chemin. Et pourtant, lui comme moi savions que cette conversation allait avoir lieue un jour. C’était maintenant ou jamais. Liés tout les deux par le dénommer Derek Ryans, par différentes manières, nous n’avions pas le choix de nous parler un jour ou l’autre.
Et merde, pourquoi il n’est pas capable de garder ses secrets pour lui-même celui là? Je ne lui ai jamais parlé de mon passé ou quoi que ce soit, pourquoi il n’en fait pas autant de son côté?



Je n’avais pas dis grand-chose. Presque rien à réalité. Mais j’eus la vague impression que mes paroles eurent l’impact d’un roc. Ses expressions changèrent au fur et à mesure que j’avançais dans mon court récit. Je n’avais pas envie de lui raconter tous les détails que son frère n’avait pas négligé. Ma dernière phrase avait un plus d’impact que les autres. C’était du moins l’impression que j’avais. Je n’avais pas envie de tout remettre sur la table alors que l’histoire se répétait sans cesse. Ça n’avait pas vraiment d’intérêt pour moi, même si au fond, je souffrais pour lui, pour ce qu’il avait pu vivre dans le passé et même dans le présent. Et le pauvre en avant de moi, semblait complètement détruit. S’accrochant au mur, les yeux dans le vide, il était parti dans un autre monde. Je jouais l’indifférente avec ma cigarette qui était presque toute consumée mais à l’intérieur de moi c’était la troisième guerre mondiale. J’étais juste une très bonne actrice, comme je l’avais toujours été. Ne jamais révélé ma véritable nature, telle est ma devise.
Je lui laissai le temps de se remettre de ses émotions. Après tout, parler de son ami qui était ‘’faussement’’ décédé ne devait pas être quelque chose qu’il avait envie d’entendre.
Il me regarda dans les yeux et j’avalai de travers.


- Excuse moi, c’est juste que … C’est la première fois que j’entends son nom depuis … depuis qu’il est parti. L’Americain Moldu. Alors c’est tout ? C’est tout ce qui reste de lui ? Une nationalité. Un statut de sang.

Il me regardait si intensément que je ne su quoi faire à part que prendre de nouveau une bouffée de cette cigarette que je considérais comme ma meilleure amie dans cette affaire. La seule qui pouvait me soutenir moi alors que personne ne pouvait comprendre l’état et l’embarras dans lequel je me trouvais. D’ailleurs, j’ignorais s’il s’agissait d’une question. Il était vrai qu’il ignorait sans doute ce que je pensais des moldus et tout le reste mais ça ne le regardait pas et on n’était pas là pour débattre cette question. Il semblait simplement hors de lui à voir de la façon dont son petit ami était traité par son propre frère. Et il y avait de quoi être enragé.

- C’était quelqu’un de bien. Il valait mieux que tous ces abrutis réunis. J’trouve ça injuste que ces connards s’en sortent comme ça alors qu’ils ont fait de lui un fantôme, quelqu’un dont personne ne se souvient.

Malheureusement, je ne pouvais affirmer ce qu’il venait de me dire. J’avais entendu beaucoup plus de mal de lui qu’autre chose. Naturellement, tout ce qui sortait de la bouche de Derek concernant les moldus était néfaste. Ils étaient tous des ci et des ça. De la vermine bonne à tuer. Et lorsque je ramenais ma mère sur le plancher, il me disait qu’elle était une exception à cause qu’elle avait su engendrer un être magique malgré son absence de pouvoirs. C’était du n’importe quoi. Tout pour ne pas me blesser quoi. Parfois j’avais une de ses envies de lui coller des baffes… Il disait des choses pas très intelligentes, étant trop mené par son esprit tordu qui n’acceptait pas les différences. Tout ceux et celles qui n’étaient pas comme lui hop! On les chope et on les brûle sans même prendre le temps d’en apprendre plus à leurs sujets. Il n’avait pas les barrières élargies, trop conservateur ou alors trop peureux pour découvrir quelque chose de nouveau. Mais j’étais certaine qu’Enzo avait raison pour ce qui était de Kyle. J’avais eu la chance de le croiser quelques fois mais depuis sa mort simulée, j’ignorais ou il se trouvait et naturellement, je n’osais pas demander des informations à Derek. Pour une fois, il gardait quelque chose pour lui ou alors il l’avait simplement chassé de sa mémoire comme on chasse une mouche de la main. Et si Enzo l’appréciait vraiment, c’est qu’il devait être une bonne personne.
Justement en parlant du loup, il semblait se reprendre en main, se redressant et me regardant de nouveau dans les yeux. Je laissai tomber ma cigarette sur le sol, l’écrasant du bout de mon pied.


- Pour les chasses dans la forêt, je sais pas exactement ce qu’a pu te raconter Derek mais j’ai jamais pris mon pied à faire ça, j’te le jure. Je sais que j’ai pas à me justifier auprès de toi mais … J’suis pas un monstre. Je l’ai été, je pense, pendant mes plus gros moments de faiblesse mais c’est plus le cas. Je … Et puis Jillian … C’était effectivement ma meilleure amie mais ça ne l’est plus. Je me suis mal comporté avec elle, très mal. J’ai littéralement pété les plombs après … Depuis on ne se parle plus. Je sais qu’elle passe du temps avec mon frère mais je ne sais pas si Derek est au courant de ce qui s’est passé entre elle et moi. Je pense pas, sinon y a bien longtemps qu’il me serait tombé dessus pour ça. En fait j’en sais trop rien. Je sais pas vraiment quelle genre de relation ils ont tous les deux. On en parle pas, jamais.

En guise de réponse, j’hochai la tête.
Bien entendu qu’il n’était pas un monstre. Même Derek ne pensait pas ce qu’il disait. Sa crise de jalousie du début semblait s’être dissipée. À présent, il le voyait plus comme un associé qu’une vulgaire bête de foire. Pour lui, son petit frère était le meilleur. Il avait l’impression d’avoir former un deuxième meurtrier et était très fier que la famille Ryans soit de nouveau réunie même si c’était dans le mal. Il avait fait la bonne action et juste pour cela, il aurait mérité des félicitations de la part de ses parents. Du grand n’importe quoi. Et en ce qui concernait miss Davis, je savais qu’ils n’étaient plus sur la même longueur d’ondes tous les deux. Même Derek ne savait pas ce qu’il s’était produit entre eux pour qu’ils ne soient plus amis. Du moins… Oui un pétage de plombs mais à quel sujet? Probablement après la ‘’mort’’ de Kyle, ça me semblait évident. Pourtant, ils semblaient si proches tout les deux, j’aurais plutôt été tenter de croire que ça les auraient rapprochés. Qui sait, peut-être qu’il aurait terminer dans les bras de Jilian? À moins qu’ils ne se voient comme frère et sœur… Difficile à dire. Tout ce qui touchait Jillian, Derek m’en parlait beaucoup moins. Elle était seulement présente dans ses paroles quand il s’ennuyait d’elle ou qu’il me vantait ses milles et une qualités. À croire que cette jaune était parfaite et en tout point. Enfin quoi qu’il en soit, je n’allais pas commencer à dévoiler la relation qu’entretenait ces deux là. J’en avais marre d’être le bouc émissaire.
Il semblait se calmer de plus en plus, pour mon plus grand soulagement. Il avait baissé la voix, un murmure. Je me rapprochai de lui instinctivement, ne voulait rater aucune de ses paroles.


- Désolé, je crois que j’ai accumulé trop de silence du coup ça sort tout seul. J’veux pas être un Derek n°2 et te saouler avec tout ça. Excuse moi. On est franchement des cas lui et moi.

Il émis un rire nerveux suivit d’un sourire et je l’imitai. On essayait de détendre l’atmosphère mais décidément, rien ne fonctionnait, pas même le cinéma et les faux airs. Plus ça allait et plus j’avais pitié de sa personne. Ce n’était probablement pas la bonne attitude à avoir, je le savais, mais je ne pouvais faire autrement. Sa situation était pénible, triste… En réalité je n’arrivais même pas à trouver les mots justes. Et d’ailleurs je n’avais plus envie de parler de tout ceci avec lui. Puisqu’il s’avait maintenant à quoi s’en tenir, je me disais qu’il valait mieux continuer nos chemins chacun de notre côté jusqu’à temps qu’on se recroise. Comment serait notre prochaine discussion? Difficile à prévoir. Pas aussi riche en émotions en tout cas. Elle avait peut-être durée que quelques minutes mais j’aurais besoin d’un bon remontant pour me faire oublier tous ces soucis qui m’ont prit d’assaut. Et surtout je ne devais rien laisser paraître à Derek. S’il apprenait que j’avais eu une conversation avec son jeune frère à ce sujet, j’étais bonne pour bouillir dans le chaudron.
Un silence s’installa entre nous deux et je n’avais qu’une envie : fuir. Je sentais toujours cette pression sur mes épaules. La pression de Kyle Johnson qui criait au fond de ma tête de dévoiler son véritable sort. Et continuer de regarder Enzo qui ne savait rien de tout ça…
Je secouai rapidement la tête de gauche à droite et je déposai une main sur son épaule.


- Je ne crois pas que tu sois une mauvaise personne Enzo. En dépit de tout ce que pouvais me raconter ton frère à ton sujet… Je ne sais pas, j’ai l’impression de pouvoir lire ta véritable identité dans tes yeux. La chose que je sais et que Derek ne m’a jamais dite directement c’est que tu joues un rôle. J’ignore pourquoi tu le fais mais tu te cache constamment. M’enfin t’as sûrement tes raisons et je ne suis personne pour te dire comment te comporter mais… J’espère seulement que tu ne tueras jamais l’enfant innocent qui dors en toi. Ce serait vraiment dommage.

Qui étais-je pour lui raconter ça? Peut-être simplement un ange gardien, qui sais. Peut-être qu’on m’avait envoyé directement sur la Terre pour ça : surveiller les frères Ryans, les ramener à l’ordre et tenter d’y voir plus clair dans tous les mystères qu’ils créent. Peut-être que je me faisais des illusions aussi mais j’en savais beaucoup plus que cette Davis, ça j’en étais certaine. D’accord elle connaissait Enzo en profondeur mais en revanche, elle ignorait totalement qui était le véritable Derek. Jamais il n’avait dû lui montrer sa véritable nature pour ne pas la faire fuir. Un vrai piège à rats parfois ce serpentard tant adulé.
Dernier sourire pour Enzo et je retirai ma main.


- Voilà je crois que tu sais tout maintenant. Inutile de te donner de plus amples détails que tu connais bien mieux que moi. Et d’ailleurs je pense qu’il vaut mieux qu’on arrête ça ici. Pour nos biens êtres personnels.

Je fis quelques pas en m’éloignant et je me retournai vers lui de nouveau.

- Et… N’oublie pas qu’on a toujours le choix. T’as toujours le choix de me faire confiance ou pas.

Ouais c’est toi qui vois Enzo, personne ne pourra le faire à ta place.
Et sur ce, je m’éclipse de mon côté, aillant envie d’exploser en larmes.
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MessageSujet: Re: Unspoken - Don't ! {Megan}   Lun 14 Mar 2011 - 18:41

Parfois je me dis que cette histoire c’est vraiment n’importe quoi. Je ne comprends pas. Non, c’est vrai je ne comprends pas pourquoi il y a tant de gens mêlés à ça alors qu’à la base ça n’aurait du concerner que deux personnes. Kyle et moi. C’était notre histoire, pas celle des autres. Et voilà le résultat aujourd’hui. Tout le monde a mis son nez dedans. Comme si c’était une affaire d’Etat alors que nous, on voulait seulement être ensemble. On ne dérangeait personne. Jamais on ne s’est exposé. De mon côté il n’y a qu’à Jillian que j’en ai parlé, parce que je lui fais confiance, parce qu’elle est ma meilleure amie. Etait. Est ? Je ne sais plus vraiment. Au fond de moi elle l’est toujours, elle l’a toujours été mais … Tout ça pour dire que je ne comprends pas l’ampleur que tout ça à pris. Trop de gens au courant alors qu’ils n’avaient pas à le savoir. Ça ne venait pas de Kyle non plus j’en suis certain. Certes on ne se connaissait pas encore beaucoup mais je suis persuadé qu’il n’était pas du genre à aller crier ça sur tous les toits. C’était notre secret, notre histoire. C’était « Nous ». Qu’est ce qu’ils ont tous eu besoin de venir s’acharner sur nous comme ça ? Il n’y a rien à faire, je ne comprends pas. Je ne veux pas comprendre.
Les Supérieurs. Mon frère. Ismaelle. Jillian. Et maintenant Megan ? Heureusement les trois dernières ne sont pas cernés de mauvaises intentions et je sais que jamais Ismaelle ou Jillian ne nous auraient trahis. Megan non plus. Même si j’ai pu la détester par ce qu’elle représentait, ce n’est plus la cas. Elle a seulement été victime de la langue un peu trop pendu de mon frère. Hammerschmitt ? J’ai arrêté de me poser la question. Il y a James qui l’a su aussi, mais le mal était déjà fait et je ne l’ai jamais revu depuis. A croire qu’il a disparu de la surface du globe, ce qui n’est pas une grosse perte. Mon frère, disons que même si je n’approuve pas je peux comprendre. Pour lui ce n’était pas normal, pas naturel. Il aurait préféré me voir avec Jill plutôt qu’avec Kyle et il me l’a clairement fait comprendre. Est ce qu’il me dirait la même chose maintenant ? Alors qu’il passe la moitié de son temps avec elle. J’ai de sérieux doutes. Et puis de toute façon ça n’aurait rien changé. Kyle ou pas Kyle, Je n’ai jamais vu Jillian autrement que comme une sœur. J’y peux rien moi si on choisi pas qui on aime. J’y peux rien si je suis tombé amoureux d’un garçon. Oui c’est vrai Kyle n’était ni une fille, ni une Sang-Pure. Il en était même tout le contraire. J’ai fait à mon frère le pire affront mais je ne l’ai pas choisi. Je ne le regrette pas. Je ne le regretterai jamais. Et Il ne le comprendra sans doute jamais. De toute façon pour lui cette page est tournée. J’imagine qu’il pense que ce n’était qu’une expérience, une erreur de jeunesse. Il ferme les yeux sur un passé que de mon côté je n’ai pas oublié. Peut être qu’il s’en doute. Je n’en sais rien. Je n’ai eu personne dans ma vie depuis Kyle mais lui ne doit pas voir ça comme un signe. J’en sais trop rien. Il a su pour Sovahnn et moi. Evidemment, il sait toujours tout. Je crois que rien n’aurait pu lui faire plus plaisir. Et même si je le soupçonne de ne pas particulièrement l’apprécier, je pense qu’il est comme soulagé de me voir traîner avec elle de temps en temps. Il doit s’imaginer qu’on passe notre temps à s’envoyer en l’air alors que ce n’est pas le cas. C’est arrivé une fois et je me suis senti tellement coupable après ça que j’ai tiré la gueule pendant des jours. Il y a bien Elwynn aussi mais je sais qu’il ne la porte pas vraiment dans son cœur alors j’évite de lui parler d’elle, tout comme j’évite de lui parler de lui, à elle. C’est mieux pour tout le monde.
Je sais bien que je devrais avancer mais j’en ai pas l’envie. Pas encore. Je me complais dans ce statut quo, parce que son absence est tout ce qu’il me reste de lui. Je ne veux pas que quelqu’un prenne sa place. Il est là, toujours, avec moi en permanence. Dans ma tête mais surtout dans mon cœur. C’est comme ça. Les choses changeront quand elles l’auront décidé, ou plutôt quand je l’aurais décidé. Ce qui n’est pas le cas à présent.
Et puis les Supérieurs s’en sont mêlé aussi. Mais qu’est ce que ça pouvait bien leur foutre ?! Certains d’entre eux avaient de Kyle leur jouet favoris et moi je me suis mis sur leur route. Qu’est ce que ça a changé de vouloir nous séparer ? Rien. Ça n’a absolument rien changé. Ils l’ont tué quand même. Ils ont fait de ma vie un enfer.

Alors non, j’ai beau chercher, je ne comprendrais jamais.

~*~

Elle n’a probablement aucune idée de l’impact qu’elle a sur moi mais je pourrais passer le reste de ma vie à la remercier. Et dire que pendant tous ces mois je l’ai méprisée, détestée et maudite. Je ne voyais en elle qu’une groopie de plus accrochée à mon frère alors qu’elle n’avait strictement rien à voir avec ces pauvres filles qui tournent en permanence autour de mon frère. Non, Megan est bien plus que ça et ce malgré les apparences. J’ignore si elle est au courrant de toutes les rumeurs qui courent sur elle dans le château. J’ignore même si certaines d’entre elles sont fondées ou non, mais comme les autres je me suis arrêté à ça parce que ça m’arrangeait bien. J’avais besoin de détester la terre entière. J’avais besoin de la haïr parce que je savais qu’elle en connaissait bien plus sur moi qu’elle ne l’aurait du. Et c’était tellement plus facile de m’en prendre à elle plutôt que d’attaquer mon frère frontalement. Est ce qu’un jour j’aurais le cran de lui dire clairement ce que j’ai sur le cœur ? Très franchement, plus le temps passe, plus j’en apprends sur lui et sur la véritable personne qu’il est, et plus je me dis que je n’ai aucune raison d’avoir peur de lui, ou de le protéger comme je le fais. Je cache mes sentiments, mes états d’âme, pour ne pas le faire souffrir. Pourquoi je fais ça ?! La réponse est pourtant toute simple. Je l’aime. Il est mon frère, ma famille, mon sang. Jamais je ne pourrais me rabaisser à vouloir le détruire. Je sais qu’il n’a pas toujours été correct envers moi, et envers tellement d’autres personnes, mais quand bien même je ne lui cherche pas d’excuse, je ne peux pas, je ne veux pas, lui faire de mal. J’ai déjà donné dans la vengeance et ça c’est très mal terminé. J’en ai assez de tout ça. Je vais simplement continuer à faire semblant que tout va bien quand je suis avec lui. D’autant plus que la plus part du temps, c’est vrai, tout va bien quand je suis avec lui. J’oublie. Je me concentre sur lui. Il devient le centre de mon univers et plus rien n’existe en dehors de lui. J’ai toujours eu tendance à faire ça avec les gens que je porte dans mon cœur. Je ne sais pas si c’est une bonne chose mais c’est comme ça, et ce peu importe le mal que ça me fait. J’étais comme ça avec ma mère. Je l’ai été avec Kyle plus qu’avec n’importe qui d’autre. Jillian est entré dans ma vie après Lui, mais je suis persuadé qu’elle y aurait eu le droit aussi. A présent, le noyau central de ma vie c’est Derek. Envers et contre tout. Même si contrairement à son amie qui se trouve à présent à mes côtés, il ne m’accepte pas tel que je suis réellement.

J’étais toujours assis sur le sol, légèrement calmé et apaisé mais absolument pas réparé de l’intérieur. Pourtant je me sentais comme soulagé. Si elle savait à quel point finalement ça me faisait du bien de parler de tout ça, de Lui tout simplement. Je sentais au son de sa voix, à son attitude, qu’elle ne me jugeait pas et par conséquent, je n’avais aucune retenu à évoquer Kyle. Puisqu’elle savait, pourquoi j’aurais du me retenir de toute façon. Nier ? A aucun moment cette option ne m’est venu à l’esprit. Ni pour Jillian, ni pour ma différence, ni pour les chasses dans la forêt et encore moins pour Lui. J’ai tout admis. Je suis un assassin, amoureux d’un garçon, d’un moldu, d’un mort, qui a tiré un trait sur sa meilleure amie après une violente dispute. J’avoue. Oui je suis tout ça. J’ai honte de certaines choses, parce que je suis humain, ou presque, mais jamais je n’aurais honte de Lui. Au début, ça n’a pas été très simple pour moi d’admettre ce que je ressentais pour lui, d’admettre tout le chamboullement qu’il faisait naître en moi, mais j’ai fini par me laisser aller et j’ai oublié toutes les questions que je me posais. Parce que près de Lui plus rien n’avait d’importance.

Le silence s’installait alors que je baissais la tête. La fumée de sa cigarette ne venait plus me déranger et le temps semblait s’être suspendu dans l’air. Sa main sur mon épaule m’a fait sursauter. Je suis resté assis mais j’ai levé les yeux vers elle, pour lui accorder toute mon attention tout comme elle l’avait fait avec moi.

« Je ne crois pas que tu sois une mauvaise personne Enzo. En dépit de tout ce que pouvais me raconter ton frère à ton sujet… Je ne sais pas, j’ai l’impression de pouvoir lire ta véritable identité dans tes yeux. La chose que je sais et que Derek ne m’a jamais dite directement c’est que tu joues un rôle. J’ignore pourquoi tu le fais mais tu te cache constamment. M’enfin t’as sûrement tes raisons et je ne suis personne pour te dire comment te comporter mais… J’espère seulement que tu ne tueras jamais l’enfant innocent qui dors en toi. Ce serait vraiment dommage. »

Voilà comment on se retrouve la bouche ouverte sans aucun mot capable de sortir. Voilà comment on se retrouve percé à jour, pris au dépourvu. Voilà comment elle a été la seule depuis des mois à me dire ce que je mourrais d’envie d’entendre. Je ne suis pas une mauvaise personne. Je joue un rôle. Je me cache. Jillian était la seule jusqu’ici à avoir osé me le dire mais la manière n’avait pas été la même et nous nous étions tous les deux comportés comme des crétins ce jour là. Pourtant, les mots de Megan ont eu plus d’impact sur moi que ceux de Jill. Pourquoi ? Peut être parce qu’elle n’est pas une amie, pas ma meilleure amie. Peut être parce que nous n’avons aucun passé commun, rien qui puisse interférer d’une manière ou d’une autre. Parce qu’elle n’a aucune raison de me mentir, ni aucune raison de vouloir me dire des choses juste pour me faire plaisir ou bien dans le but de vouloir me blesser. Ses paroles résonnent dans ma tête. Chaque mot. Comment est ce qu’elle a fait pour me cerner à ce point là sans jamais m’avoir adressé la parole ? Elle a su faire abstraction de la vision de mon frère, de la façon dont il lui a raconté mon histoire, notre histoire, avec son propre point de vue et ses propres mots. Elle a fait le tri. Elle a pris cette peine. Elle ne me juge pas, ne voit en moi qu’un gosse perdu qui ne veut pas admettre qu’il souffre, qui se cache derrière un masque parce que c’est plus facile comme ça, pour tout le monde. Un enfant innocent … Est ce qu’il dort encore en moi ? J’en doute très sérieusement. Tout ce que je sais, c’est que cet enfant, s’il est encore là quelque part en moi, il réclame de mettre fin à tout ça. La solitude. L’errance. Il n’en peut plus d’être seul à luter contre lui même. Il a besoin des autres. Besoin de sa meilleure amie. Besoin d’arrêter de se couper du monde comme il a été obligé de le faire pendant des mois. Il a besoin de parler, de se confier, de redevenir vivant.
Je ne la quittait pas des yeux, et lorsqu’elle retira finalement sa main de mon épaule, je répondis à son sourire. Un sourire sincère. Léger certes, mais purement sincère. Un sourire qui voulait dire mile et une chose.

« Voilà je crois que tu sais tout maintenant. Inutile de te donner de plus amples détails que tu connais bien mieux que moi. Et d’ailleurs je pense qu’il vaut mieux qu’on arrête ça ici. Pour nos biens êtres personnels. »

J’acquiesçai d’un signe de tête, sans un mot. Je jugeais inutile de parler pour le moment. Elle avait raison, les détails je les connaissais par cœur. J’avais eu la réponse à ma question et les choses avaient été mises au clair. Oui elle avait raison sur toute la ligne. Nos chemins devaient se séparer maintenant, c’était la meilleure chose à faire.
Elle a commencé à s’éloigner doucement, de mon côté je n’ai pas bougé, me laissant partir dans mes pensées. Pas dans le passé pour une fois. C’est à Jillian que je pensais lorsque j’ai perçu un mouvement sur ma gauche. Megan, qui se retournait. Je relevais la tête et la dévisageait, intrigué.

« Et… N’oublie pas qu’on a toujours le choix. T’as toujours le choix de me faire confiance ou pas. »

Je n’oublierai pas, je te le promets.
Nouveau signe de tête s’accompagnant cette fois d’un léger murmure.

« Merci. »

Pour tout. Même si tu n’as probablement pas la moindre idée de ce que tu as déclenché en moi. J’attendais un déclic depuis trop longtemps et tu viens de me l’offrir. Grâce à toi, j’ai décidé qu’il était temps pour moi de me prendre en main.

Nos chemins se sont séparés comme ça, comme ils se sont croisés. J’aurais voulu lui dire qu’il valait mieux pour elle qu’elle ne parle pas de cette conversation avec mon frère mais qui j’étais pour lui dire ce qu’elle devait faire au juste ?
Personne ?

Je suis Enzo Ryans. J’ai le cœur brisé mais j’ai décidé de revenir dans le monde des vivants parce que contrairement aux morts, à ceux à qui je me rattache, ils sont toujours là, à portée de main.

Et j’ai besoin d’eux.
Je ne veux plus être seul.
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Unspoken - Don't ! {Megan}
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