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 Escape The Fate {Dawn}

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MessageSujet: Escape The Fate {Dawn}   Jeu 9 Sep 2010 - 14:02

- Escape The Fate -
PV Dawn Temperance Hannigan



Aujourd'hui j'ai 16 ans,
Paraît que tout va bien dans ma vie…
En vrai je fais semblant, mais je m'accroche et je respire.

Si vous saviez seul dans ma chambre comme je souffre,
J'ai le mal de l'ado en manque à bout de souffle...

Encore un jour qui se lève et mon visage n’est pas le même qu’hier. Il n’est pas non plus celui de demain. C’est comme ça depuis presque deux mois. Lorsque j’ouvre les yeux, je ne sais jamais quel partie de moi prendra le contrôle de la journée. Parfois je suis triste, d’autre juste nostalgique. Je peux être en colère ou simplement sournois, méchant, revanchard. Il y a même certain matin où je me réveille de bonne humeur. Je m’y perds. Je ne sais plus vraiment qui est le vrai Enzo dans tout ça. Il y a celui que les autres voient, le reflet de ce qu’ils pensent de moi. Il y a celui que j’aimerai être, celui que je suis, celui contre lequel je lute. Il y a le faible, le fort, le bon, le mauvais. Mon esprit est malade depuis que mon cœur s’est brisé définitivement. Il était déjà fragile avant ça, comme fissuré, mais cet épisode là de ma vie, de notre vie, a séparé irréversiblement les deux morceaux de mon myocarde qui ne tenaient plus que par un fil, fragile. Il était pourtant en train de se reconstruire, de solides fondations qui prenaient ancrage dans le sol pour être sur de ne pas sombrer. Ça prenait du temps, disons qu’il y allait lentement, mais sûrement. Et cette Terre d’attache, c’était Lui. Je me sentais renaître petit à petit, je retrouvais goût à la vie, parce qu’il insufflait tout ça par chaque pore de ma peau. J’apprenais à redevenir quelqu’un de bien. Je ne changeais pas, ça non, jamais il ne m’aurait demandé ça même si parfois il en attendait trop de moi. Non, je me contentais simplement de laisser tomber ma carapace d’aigreur et plonger dans la vie, la vrai, celle que j’avais chassé pendant des mois. J’étais presque mort à l’intérieur avant de le rencontrer. J’ai retrouvé la vie, puis on me l’a de nouveau arraché. Depuis, je ne suis plus que l’ombre d’une ombre. Une ombre qui change de visage si rapidement que personne ne peut la suivre, pas même moi. Est ce que je fais exprès ? Non, je ne crois pas. Je n’ai pas envie qu’on m’approche mais je n’agis pas comme je le fais pour me faire des ennemis. Enfin si mais … C’est compliqué. Il y a cette part de moi qui ne supporte plus toute cette solitude que je m’inflige. Je suis malheureux, parce qu’il m’avait appris à me réconcilier avec le monde. Je subis une double perte et je n’arrive pas à le gérer contrairement à ce qu’ils doivent tous penser. Je ne me sens jamais vraiment bien, même lorsque j’anesthésie mes pensées et mon cerveau pour devenir celui que tout le monde déteste. Je fais du mal, physiquement, mentalement, mais ce que je préfère c’est la souffrance psychologique. C’est ma façon de me soigner. Je le sais que ce n’est pas bien de faire payer aux autres mon mal être, qu’au lieu de m’en prendre à des innocents, j’aurais du massacrer ceux qui me l’ont pris, jusqu’au dernier, et sans aucune pitié, mais au lieu de ça, j’ai accepté de leur obéir, allant même jusqu’à me réconcilier avec mon frère. C’est stupide, je fais tout à l’envers, et je m’en rends compte mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour rester en vie.

Lentement, péniblement, j’ai ouvert un œil, puis l’autre. Dans le creux de mon cou, Lune, qui dormait comme un loir. Et entre mes doigts, serrés si fort, et comme tous les matins, son T-shirt, celui que j’ai été récupérer dans la Salle sur Demande. Il n’y a plus son odeur dessus, et j’ai fini par le laver mais je sais qu’il était à lui et c’est plus fort que moi, inconscient même, il ne se passe pas un matin sans que je me réveille avec ce vêtement contre ma paume. Je suis un petit garçon, un petit garçon qui a besoin de son doudou pour dormir. Alors à défaut de l’avoir lui, j’ai ça. Ça ne le remplace pas c’est certain mais c’est tout ce que je peux avoir alors je prends. Ça et Lune, qui malgré tout me fait penser à lui presque à chaque fois que je la regarde. On était ensemble lorsque je l’ai trouvé la première fois, juste avant qu’ils ne nous séparent de façon irrémédiable, et même s’il m’a pris pour un fou, je sais que ça l’a fait rire quand même de me voir si gaga devant une si petite chose. Elle était minuscule à l’époque, depuis elle a grandi, mais elle est toujours aussi belle. Pour en revenir à Lui, on a pas eu l’occasion de vraiment profiter du temps qu’on a passé ensemble mais les rares moment où on a eu l’occasion de dormir l’un contre l’autre, et si on fait abstraction de mon cauchemar, je crois que je n’ai jamais aussi bien dormi. Moi dans ses bras. Lui dans les miens. Sa peau fraîche qui calmait la chaleur de la mienne. Et à contrario, la mienne qui le réchauffait. J’étais bien. J’étais heureux. Alors dormir sans Lui, c’est difficile. Difficile parce que je m’étais habitué à sa présence, même si elle était très irrégulière. Et ce besoin qu’on avait d’être toujours collé l’un à l’autre. C’était vital, pour moi ça l’était en tout cas, et pour lui aussi je pense. Ce truc physique qu’on a jamais su comprendre Lui et moi. C’était comme ça, c’est tout. Mais maintenant il n’y a plus rien. Il n’y a plus rien que ce bout de tissus pour me rappeler que j’ai connu le Paradis avant de plonger tout droit en Enfer. Et ça rend les choses encore plus dures.
Il n’y a pas besoin d’être Einstein pour comprendre qu’aujourd’hui, c’est mon habit de tristesse, de mélancolie et de nostalgie que je vais revêtir. Lentement je repousse les couvertures. Lentement mes pieds nus se posent sur le planché glacial. Lune se réveille, s’étire et vient se frotter contre mon dos. Je l’attrape et la serre contre moi en me disant que je vais probablement passer la journée avec elle, loin de tous. Je n’ai pas cours et j’ai envie de prendre l’air. Pire encore, j’ai envie de continuer à me faire du mal alors je décide d’aller passer du temps près du vieux chêne au bord du Lac. Il me rappelle tellement de souvenirs, et pour une fois que des bons. Cette soirée qu’on a passé tous les deux, elle était magique, presque irréelle. Je m’en souviens comme si c’était hier. Toutes ces émotions, ces sensations. C’est là que tout a vraiment commencé, quand après m’avoir poussé dans mes retranchements, il a réussi à me faire baisser ma garde et mes dernières barrière. J’ai compris que je n’y arriverai pas, que je ne pouvais pas continuer à faire semblant et que tout ce dont j’avais besoin et envie, c’était Lui, sa présence, son contact.
Le visage caché par mes mains, je revivais le fil de cette nuit particulière, sans oublier le moindre des détails. Les mots. Les gestes. Tout. Rien ne m’échappait.
Dans le dortoir, certains s’agitaient, et moi je ne bougeais pas. Lune sur mes genoux et le regard perdu vers l’extérieur, constatant que le ciel était totalement dégagé et qu’il devait déjà faire chaud malgré l’heure matinale. J’ai attrapé des vêtements propre, Baggy court laissant pour le coup apparaître ma cicatrice, celle de ma morsure, T-shirt et Sweat à capuche. Direction la douche. Vingt minute plus tard je traversais le Hall les mains dans les poches, et Lune entrain de jouer dans ma capuche. Elle jouait avec mes cheveux qui recommençaient à prendre de la longueur, partant dans tous les sens. Un vrai chantier. J’ai poussé la grande porte et fermé les yeux lorsque l’air chaud est venu me chatouiller, puis j’ai repris mon chemin. Un bref passage près des enclos pour dire bonjour à Mila, ma jolie petite Sombrall, mais je n’avais qu’une seule idée en tête, un seul objectif. Le Vieux Chêne, et mes souvenirs.
Le premier contact, visuel, a été plutôt douloureux, mais je n’ai pas reculé bien au contraire. Deuxième contact, physique celui ci, lorsque ma main a effleuré lentement l’écorce du végétal. Je l’ai détaillé de haut en bas et à l’intérieur de mes paupières closes, j’ai revu ces moments de bonheur. La peur de l’inconnu. La nouveauté. J’ai ressenti exactement ce que j’avais ressenti ce soir là. Son toucher. Son goût et puis mon cœur là sous sa paume, battant plus vite qu’il ne l’avait jamais fait, juste par sa présence. Et dans ma tête un seul refrain. Je pense à toi. Je ne t’oublie pas. Je t’aimais, je t’aime et je t’aimerai. Jusqu’à ce que la mort nous réunisse.

Ni le ciel ni les étoiles ne m’éloignent de toi …

Assis en tailleur sur le bord de l’eau, j’avais délaissé le Chêne qui se dessinait derrière moi. Solitaire, lui aussi. Dans ma main, un brin d’herbe sec, que j’agitais sous le nez de Lune. Sa petite patte se soulevait dans les airs, tachant d’attraper cette chose étrange qui lui chatouillait les moustaches. Ses grands yeux bleus allaient et venaient, ne perdant aucun mouvement.

- Aller, chope ! Ben alors ? T’es pas douée ma pauvre. Aller, attrape si tu peux p’tite peste arrogante.

Je souriais, je riais même. J’étais heureux là avec elle, autant que faire se peut, et ce même si dans mon esprit ce visage ne me quittait pas. Un souvenir. Une pensée. Une absence qui pèse. Un soupir. J’ai lâché le brin d’herbe et elle s’est jeté dessus comme un lion sur une antilope. Petite sauvage. Je l’ai attrapé, puis soulevé dans les airs avant de ramener sa frimousse contre mon visage.

- Je t’aime toi, tu sais ? Sale gosse égocentrique. Regarde moi ça comme tu t’la pète espèce de Princesse des Neiges.

Sa caresse était douce, et ses deux petites pattes posé sur mes joues, elle me reniflait le bout du nez et moi je ne bougeais pas.

Se satisfaire de chose simple.
Débrancher, un peu, de temps en temps.

Sortez-moi de ma bulle,
Le manque d'amour me rend fou.


© Paroles extraites de chansons de Diam’s – Album « Dans Ma Bulle » légèrement modifiées façon Enzo Ryans ©
- T.S -
- Car tu porteras mon nom -
- Dans ma bulle -
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Dim 26 Sep 2010 - 23:33

« Le bruit est une intoxication, je me complais dans mon silence... Là où tout est vrai, où tout est pur. Juste une illusion pour masquer la véhémence des coups.»


Les cauchemars éveillent et ébranlent mes nuits, me plonge dans une terreur funeste et macabre qui me poursuivra toute la journée jusqu'à la nuit prochaine. Je déteste ses périodes là, et quoi que l'on dise, mon arrivée à Poudlard, n'a rien arrangé du tout. Les yeux grands ouverts, je fixe le ciel qui se présente à moi, sans nuage. Complètement dégagé, on pourrait avoir le vertige à l'observer, à se dire qu'il n'est le vaste espace qu'est l'Univers. Lors de mon arrivée ici, j'ai été immédiatement reconduite à mon statut de pantin, celui d'esclave se rajoutant à ce dernier. Cet endroit n'est qu'un lieu lugubre de plus, voilà tout. Un nouveau nid à cauchemar, de souffrance et de tyrannie. Les choses étaient simple, Les Supérieurs nous dominaient, leur noms étaient très significatif. Il n'y a rien de plus à ajouter si ce n'est que leur passe temps favoris étaient de se jouer de nos corps, de nos esprits. De nous réduire au statut de vermines. Allongée sur l'herbe, je profitais en cachette du peu de liberté dont je disposais. Je savais dors et déjà que si un supérieur ou un de leu foutu disciple me trouvais ici entrain de prélasser, je me retrouverais en deux temps trois mouvements plaqué de douleur au sol par un de leur sort... La Magie. Nouveau point dans ma vie. C'est terrifiant et fascinant à la fois de se dire qu'un autre monde parallèle au notre, existe. Je me souviens alors de mon père, si fermé d'esprit. Mon bourreau. Je le revois se tordre en deux, se fendre de douleur, les yeux révulsés, le corps convulsé. Cette vision d'horreur que je n'arriverais pas à me supprimer du crâne, cette nuit d'horreur, une nuit de plus où ses hommes cagouler m'ont donné le futile espoir qu'ils venaient pour moi, qu'ils venaient me sauver. Un léger espoir que j'allais m'en sortir une bonne fois pour toute … Va mourir ouais. L'espoir est la seule étincelle qu'il me reste et encore. Savoir ce contenter du peu que l'on a, j'ai jamais vraiment eu cette occasion. Vivre en permanence dans le lugubre, les seuls moments de bien être que j'ai vécue, c'était avec Marta et Aaron... Leur simple souvenir m'arrache déjà quelques légères larmes. Je me demande ce qu'il est advenue d'eux... Je ne serais pas surprise d'apprendre que mon père y est pour quelque chose …

Une légère brise tiède me caresse le visage. C'est apaisant, je me délecte de ce contact absolument agréable. Laissez moi oublier, juste quelques secondes que ce monde n'est qu'une boule qui nous englue jusqu'au menton, que je suis vouée à avoir une vie comme telle. Peut-être que c'est ça, tout simplement. Mon père avait raison, je ne suis que rien, un être humain de plus. En y réfléchissant, pour qui je compte ici? Personne. Plus personne. Je n'ai rien, pas d'appuis, pas de pilier, rien. Moi et moi seule dans cette vie, à devoir me battre pour m'en sortir. Pour qui pour quoi? Allez savoir … Je secoue furtivement la tête. Inutile de me faire plus de nœud au cerveau qu'à l'habituel. Je regarde en biais le gros arbre non loin de moi. Le Vieux Chêne, c'est comme ça qu'il l'appel. Un endroit paisible, faut l'avouer. En face, le lac. Les rayons du Soleil se reflétaient en milles particules étincelante sur la surface de l'eau. Comme si les étoiles flottaient, tout simplement. C'est lorsque je commence à fermer les yeux et à somnoler légèrement, que j'entends des bruits de pas au loin. Signal d'alarme enclenché. Je me lève agilement, et pars me cacher derrière l'arbre voyant déjà l'ombre d'une personne arrivée. Le coeur battant, j'ai l'impression qu'il va m'exploser la cage thoracique. Le souffle court, je tente de rester la plus calme possible, ne surtout pas céder à la panique. Je sens des sueurs froides couler le long de mon dos, les mains tremblante s'accrochant au tronc à m'en faire blanchir les jointures des mains. Stupide, mais quelle stupide idée de se foutre ici pour se cacher! Le type fait le tour et c'bon, j'suis faite. Une fois de plus, une de moins, qu'est-ce que ça change après tout …

Lover contre le tronc très large, je n'avais aucun mal à me cacher vu ma petite corpulence. La peur décuplait irrémédiablement tout les sens : odorat, toucher, goût, ouïe et vue. J'entendais parfaitement une corps se mouver, lentement avec une certaine hésitation. Puis, il/elle tourna les talons. Je ne savais pas si c'était un homme ou une femme, juste que sa respiration c'était brièvement accélérer. C'est lorsque je l'entendis s'éloigner que je pris le risque de jeter un bref coup d'oeil. J'ai l'air idiote, mais vraiment. J'ai l'impression d'être un animal en cage, sur le qui-vive constant. En y réfléchissant, c'est pas loin de la vérité. Un homme me tournait le dos, lui face au lac jouant avec un magnifique chaton blanc comme neige. Le tableau était en soi absolument magnifique, magique. Ces petits instants de bonheur que je n'ai pas eu l'occasion de gouter mais d'observer à mainte reprise. Les cheveux mi-longs, je ne voyais en aucun cas son visage, donc impossible de dire s'il était un des Supérieurs ou non. J'entendais sa voix grave mais attendris d'ici, lui souffler des mots doux, tendis qu'il dressait le chaton face à lui. La curiosité l'emporta sur la peur. D'un pas agile et leste, j'approchais doucement un demi-sourire aux lèvres, la tête penchée de côté. Mais c'était sans compter les sens ultras développés des chats... En deux temps trois mouvements, le chaton tourna sa bouille complètement craquante vers moi. Deux secondes plus tard, me voilà sous le regard d'un inconnu. Sorcier ou autre? Aucune idée, juste que je me trouvais ainsi tétaniser de peur et de surprise. Quoi dire? Fuir ou rester? Qu'importe, si je tente de fuir il me rattraperas. Je te vois déjà quand le grand méchant loup, parce qu'ici, c'est la même chanson à chaque notes, le même refrain après chaque couplet.

J'esquisse un sourire, toujours le même, celui qui cache ma misère et la leur. Pas un son ne traverse mes lèvres, le silence étant ma marque de fabrique. La peur y est aussi pour quelque chose. La méfiance s'installe, ne jamais se fier aux apparences. Son teint livide et creusé, me fait presque penser à un cadavre. Ses yeux ternes cernés d'insomnies se fixe sur moi, se pose. Dur, très lourd. Je ne suis que le gibier, l'appât, la proie. Regarde moi encore, tu ne pourras rien analyser de moi. Mes murs sont devenue bien trop épais.
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Ven 8 Oct 2010 - 19:55

Qu’est ce qui m’a pris de tomber dans les filets de l’amour ? Qu’est ce qui m’a pris ce jour là, de baisser ma garde, et de laisser entrer ses sentiments dans mon cœur et dans ma vie. Tout était tellement plus simple avant ça. J’avais déjà largement de quoi me faire du mal. Visiblement ça ne suffisait pas. Peut être que je ne sais faire que ça, souffrir, et faire souffrir. Est ce que ça changera avec le temps. Je ne sais même pas si je l’espère. J’ai mal quand je pense à mes parents, mais cette souffrance me permet de ne pas les oublier. J’ai mal quand je pense à mon grand père, mais cette souffrance me permet de ne pas l’oublier. Et j’ai mal quand je pense à Lui. C’est à dire tout le temps ou presque. C’est devenu une habitude, comme si je ne sentais plus cette douleur, qu’elle était normale, légitime. Je m’y suis familiarisé, et ça me fait peur. Je n’ai même pas envie d’être heureux. Je n’ai pas envie de vivre. Je respire parce qu’il le faut. Cet état de somnolence, de survie, c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour continuer à avancer. Aux yeux des autres, tout va bien. Je parle. Je marche. Je ris et je souris. Je fais du mal, les jours où je n’arrive pas à faire semblant, et c’est comme ça que ça ressort la plus part du temps. Et quand je n’arrive plus à cacher ma détresse, je me cache. Comme aujourd’hui, près du Lac et du Vieux Chêne. Il n’y a que Lune que je supporte dans ces moments là, parce que je ne veux pas les partager, avec personnes d’autres. Je crois que Derek arrive à le sentir parce que les jours où ça m’arrive, il n’insiste jamais. Il me fout la paix. Peut être qu’il se refuse à me voir faible. Il sait parfaitement pourquoi je suis comme ça, je suppose qu’il n’a juste pas envie d’ouvrir les yeux sur cette évidence, c’est tout. Moi ça me va. Chacun dans son coin. Moi tout seul. Et puis ça lui permet de passer du temps avec Megan, ou Jillian. Je n’aime pas le partager, simplement parce qu’il est le seul être humain à qui je me raccroche. Alors lorsque les filles sont avec lui, je me retire. Je leur laisse la place. Ça ne me coûte pas. Je ne veux juste pas être là. Et je crois que ça arrange tout le monde. Surtout Jill, m’est avis. Elle me déteste. Elle pense que je la déteste aussi je suppose. Ce n’est pas le cas. Je l’aime toujours comme une sœur, seulement voilà, elle et moi, c’est du passé. On ne peut plus cohabiter et effacer les douleurs. Je lui ai fait trop de mal. Elle représente une part de mon humanité, une part sur laquelle j’ai tiré un trait. C’est comme ça. Je ne fréquente pas beaucoup d’autres personnes. Je ne vois pas vraiment les gens. Quant aux Supérieurs, disons que j’évite le contact au maximum. Il n’y a que les soirs de Pleine Lune où je peux difficilement les éviter. Je pourrais, me cacher, essayer de m’enfuir, mais je ne le fais pas. Pourquoi ? Toujours pas de raison valable. Alors j’obéis. Et je chasse les fugitifs. Le sont-ils réellement ? Parfois je me demande si ces connards ne font pas exprès de les lâcher dans la nature simplement pour s’amuser et m’envoyer leur courir après.
Les Non-Magiciens. Avec eux aussi j’ai cessé les contacts. C’est stupide, je sais. Il m’arrive parfois de m’acharner sur l’un d’entre eux, dans un excès de rage incontrôlé, que ce soit par les mots ou par la force. Je préfère garder mes poings pour White. Cet abruti finira par se lasser de ce petit jeu. En tout cas je l’espère, qu’il s’arrête, avant que ça dégénère vraiment. Il sent que je suis sur le fil, et il adore ça, jouer avec mes nerfs, me pousser pour voir jusqu’où je suis près à aller, à encaisser. Alors comme les autres j’essais de l’éviter. Et puis il y a eu Cameron. La dernière Pleine Lune. Je ne connaissais pas cette odeur mais les Supérieurs m’ont ordonné de ramener son propriétaire qui s’était enfui dans la Forêt Interdite. J’ai débranché mon cerveau, et j’ai foncé, nez à terre, jusqu’à ce que mon regard croise sa silhouette. Je l’ai reconnu instantanément. Et je me suis arrêté net. A bout de force, il s’est arrêté lui aussi, s’est retourné et m’a regardé droit dans les yeux, avec cette fierté toujours bien présente. Pourtant il avait peur, je pouvais le sentir. J’étais tiraillé, entre mon instinct et ma conscience. J’avais envie de le détruire, mais lorsque je le regardais, c’était Lui que je voyais. Ce grand blond était son ami. Je ne pouvais pas faire ça. Alors j’ai fait demi tour, je l’ai laissé là, seul, et j’ai entraîné les Supérieurs sur une mauvaise piste. Deuxième Moldu que je laissais échapper de la soirée, après la petite Rousse. Tous n’ont pas eu cette chance malheureusement. Sont-ils mort ? Honnêtement, je ne suis plus à ça près.

J’étais perdu dans mon absence de pensée. Je profitais de l’un de ces rares moment de paix, quand tout à coup Lune s’est détourné de moi. C’est là que je l’ai vu. Calme. Hésitante. Souriante mais apeurée. J’ai froncé les sourcils, pas d’agacement mais d’incompréhension. Elle me regarde, m’observe et me détaille. Je me demande ce qu’elle pense. De mon côté, je n’arrive pas à lire en elle. Je crois que tout comme moi, elle se cache derrière un masque. Est ce que c’est moi qui te fais peur ? J’ose en déduire par son attitude qu’elle ne doit pas être une sorcière mais à Poudlard, personne n’est à l’abris, je n’ai donc aucune certitude. La seule que j’ai, c’est que je ne la connais pas. Son regard contraste avec son sourire. Qu’est ce que tu caches ? Je crois qu’elle n’est pas de ceux qui ont trouvé le bonheur, car tout comme sur mon visage creusé par trop de choses, je perçois les sillons d’une âme en peine. Elle ne bouge pas. Je ne bouge pas non plus. Seul mes bras retombent nonchalamment sur mes genoux alors que Lune s’est dégagé et qu’elle galope tranquillement vers la nouvelle venue.

Mes yeux naviguent entre mon chat et la jeune fille. Je me sens étrangement calme. Pas une once de rage en moi. Je n’ai pas envie de me battre aujourd’hui. Pas envie de souffrir. Pas envie de faire souffrir. Alors je me lève et fais quelques pas vers elles. J’esquisse un faible sourire à mon tour lorsque Lune renifle les pieds de l’inconnue.

- Elle est un peu envahissante, je suis désolé.

Une voix rocailleuse, preuve que je n’ai pas parlé depuis un petit moment. Un ton neutre, calme, d’apparence serein peut être. Je m’ébouriffe les cheveux, comme une sorte de tic. Ils ont beaucoup repoussés mais je n’ai pas l’intention de les couper de si tôt. On verra en temps voulu. Je m’arrête à quelques mètres, observe le Lac un instant et tente de faire abstraction de l’arbre centenaire qui s’allonge dans le ciel juste derrière elle.

Et cet écho qui résonne dans ma tête : Tu ne lui feras pas de mal.
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Dim 17 Oct 2010 - 23:34

Beaucoup d’être humain trouve en un animal, un réconfort, un raccord avec ce monde et un soulagement à la douleur. L’animal sent ce qui ne va pas, sent et voit les choses que nous humains, nous ne voyons pas. Trop aveuglé par notre esprit « Terre à terre » et notre prétention de tout connaitre et de tout contrôler. Cette petite boule de poil entièrement blanche, saute de ses bras pour venir accourir vers moi de ses petites pattes de chatons. Je suis complètement attendris, c’est la première fois depuis plusieurs jours que je n’avais pas ressentis cette esquisse de sentiment de paix. Elle fut furtive, certes, mais apaisante. Le regard de ce garçon ne me rassure pas. Il a le visage fermé et dur. Comme s’il était constamment torturé, que son cerveau n’arrivait pas à se dépêtrer de ce qu’il l’ennuyait et l’enchainait. Les sourcils froncés, il a le regard interrogateur. Je suis ici depuis très peu de temps, mais suffisamment pour avoir connu l’horreur entre ses murs. Mon esprit est bien plus marqué que mon visage. Mais je ne suis pas ici pour me lamenter, loin de là. La peur est ma compagnie la plus proche, j’en suis habituée, comme si c’était devenue d’un naturel déconcertant. C’est pesant, chaque jours sont des pas de dix tonnes à effectués. Je ne sais pas qui tu es, mais visiblement tu n’as pas l’air dans un meilleur état que le mien. Ton regard sombre n’est que le reflet de ce qui te ronge. Tu sais, la noirceur je n’ai connu que ça, c’est pour ça que je cherche la lumière dans mes sourires, puisqu’ils se répercutent sur les autres qui me sourient en retour et se reflète de part et d’autre dans le monde. C’est une réflexion enfantine, je te l’accorde, mais pas stupide.

Je me sens un peu bête ici, je suis partagée entre être la proie et me laisser aller à la douceur de cet animal qui me renifle à présent les pieds. Sens-tu que je ne suis d’aucun danger ? Je n’ai jamais eu d’animal à moi, pas même un poisson rouge. J’enviais ces gosses dans les rues qui fourraient leur nez dans ces grosses fourrures canines ou qui dorlotaient des chatons dans leur jardin. Je les enviais aussi… pour tout l’instinct maternel qui les envahissait. Ils s’en plaignaient, moi je la réclamais en silence. Je n’avais qu’une envie : sentir les bras rassurantes d’une mère, chose que je n’ai jamais connu ou que très peu au travers de Marta… Son souvenir m’envahis, celui d’Aaron par la même occasion. Ce sont les deux seules personnes dans ma piètre vie à m’avoir porté de l’intérêt et de m’avoir fait connaitre un temps soit peu l’amour et l’affection. Je me demande ce que je serais devenue si je ne les avais connus. Peut-être une bête en cage, sauvage et inhumaine. N’ayant connu que la peur et la soumission. « Hurle pauvre conne… » J’ai hurlé, je te jure que je l’ai fais. De toute mes forces, jusqu’à m’en arracher les cordes vocales. Mais comme il me l’a dit, personne ne m’entendras. Et c’était le cas. J’hurlais dans le vide, le vent emportant les sons désastreux, désaccordés par les coups. Je n’étais rien, je ne suis rien. Rien qu’un pauvre sourire qui se balade dans les sombres couloirs d’une école dévastée où règne la cause de mon enfance détruite.

Mais toi, tu ne sais rien de tout ça. Et tu ne le sauras probablement jamais. De toute manière, ça ne changera pas la face du monde de le savoir ou non. Pour la première fois, j’entends sa voix quelque peu enrouée comme s’il n’avait pas parler depuis plusieurs heures, voir plusieurs jours. Il m’intrigue, bizarrement il attire mon attention, comme si inconsciemment je cherchais à comprendre quelque chose dont je ne connais pas encore la contenance. Foutu empathie …

- Elle est un peu envahissante, je suis désolé

Je souris naturellement, m’accroupissant vers la boule de poil qui renifle d’abords ma main avant de se laisser aller à mes caresses légère et docile, tout en ronronnant à plein régime, chose qui me fit légèrement rire.

- Je la trouve surtout attendrissante et adorable. Elle s’appelle comment cette petite boule de poil ?

Je ne sais pour quelle raison, je me sens légèrement détendue. Sûrement cette boule de neige vivante qui joue un peu le lien entre lui et moi. J’ai toujours cette crainte de le voir m’annoncer que c’est un supérieur, le voir sortir sa baguette et de faire de moi son pantin. Le ventre légèrement crispée, j’ai pourtant la sensation que ce chaton est la preuve vivante qu’il reste une part d’humanité, de sensibilité à ce garçon. On dit toujours que l’animal ressemble souvent à son maitre. Quand tu le regarde, tu vois un corps sans âme, le regard vide, le visage fermé aux traits tirés. Mon Empathie joue à la perfection son rôle. Toute la tension qui l’habite me gagne petit à petit. Tout ses gestes dégagent la lassitude, l’épuisement, la fatigue. La dépression traine derrière lui, mais je ne connais rien après tout. Pourtant ça me gagne toujours un peu plus. Mes doigts s’engouffrent avec ce légèreté qui m’ait propre dans les poils blanc de son chat qui ne cesse de ronronné.

- Désolée, je suis venue perturbée ta tranquillité.

Un bruit de pas derrière moi, m’interpelle. Je détourne brièvement le regard pour voir un jeune couple batifolé. Ca non plus je ne connais pas, je ne sais pas le gout qu’à une étreinte passionnelle, l’union de deux corps. Le gout d’un baiser furtive ou plus fougueux. D’une main dans la mienne, d’un geste tendre, d’un « je t’aime ». Je les regarde, leur sourires me frappent, me cognent avec leur rire, leur trop plein de bonheur. Le jeune homme enlace sa promise, la regarde avec envie mais avec tellement d’amour que je sens les larmes me gagner subitement. Je les chasses rapidement, souriant de nouveau.

- Je ne suis pas la seule on dirait …

A venir perturbée ta tranquillité. Mais quand je retourne mon regard vers lui, j’ai l’estomac qui se noue d’un coup sec. L’Hécatombe se peints sur son visage à chaque seconde que ses yeux scrutent le couple qui part au loin s’installer dans l’herbe, sans se soucier du monde qui les entoure. Pour eux, plus rien ne compte. Pour lui, j’ai l’impression que son corps perd le peu de vie qu’il contient. Toute la lumière s’envole, s’éteint. Il n’y a plus rien qu’une vive douleur sur ses traits, une douleur qui me renverse, qui me fait mal partout dans mes muscles et mes membres. Je ne sais pas ce qu’il t’arrive, ni quelle image te transperce l’âme à te l’en faire saigner de douleur, à l’en faire pleurer des larmes de sang. Je ne sais pas ce qui fait trembler ton corps ainsi, ni ce qui fait perler ses diamants de sel à tes yeux … Tout ce que je sais, c’est qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’une personne qui n’a plus rien n’a perdre. Et toi, tu as à l’air d’avoir tout perdue.

L’Empathie me tuera.
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Mer 20 Oct 2010 - 12:40

Ma 17ème année va prendre fin dans quelques mois et je m’aperçois avec le recul que j’ai vécu plus de changements, d’émotions, de perturbations, durant cette année que pendant les seize autres. Honnêtement, je m’en serais bien passé. Je n’arrive pas à savoir si je regrette ou non tout ça. Je me dis que j’ai vécu des trucs tellement fort, mais qui m’ont en même temps fait tellement de mal. Ça aura au moins eu le mérite de nous réconcilier mon frère et moi mais est ce que ça en valait la peine ? Est ce que ma relation avec Derek vaut tous ses sacrifices ? Je suis certain qu’on aurait pu se rapprocher sans toutes ces horreurs. Je ne suis pas certain qu’il voit les choses de la même manière que moi cependant. Cette relation toute neuve, qui dure depuis quelques mois maintenant, elle est basée sur du mensonge en quelque sorte. Ou plutôt des non-dits. Il y a tellement de sujet tabou entre lui et moi, des choses qu’on évoque jamais parce que lui comme moi savons pertinemment que ça risquerait de tout briser. Il y a Kyle bien sur, dont je ne parle jamais, ni à lui, ni à personne d’autre – Surtout pas à lui – mais il y a aussi nos parents dont on parle très peu, et Grand Père. J’évite d’aborder le sujet, parce que je sais que ça lui fait de la peine, que ça le met en colère, et un Derek en colère ça n’est jamais bon, pour personne, pas même pour lui. Mais je crois que le sujet qu’on évite le plus et surtout en ce moment, c’est Jillian. Je vois bien qu’ils se rapprochent tous les deux, alors qu’elle et moi on a jamais été aussi éloigné. Il ne m’en parle jamais. Et je lis facilement la gène dans ses yeux quand il n’ose pas me dire qu’il doit aller la retrouver. Je ne lui impose jamais ma présence, et je suis assez attentif pour comprendre quand je dois laisser ma place aux autres, alors ça aide. Enfin quand je dis les autres, je parle surtout de Jill et de Megan, parce que pour les autres, honnêtement, je m’en fous pas mal. A part ces deux là, je considère tous ses « amis » comme des abrutis fini. En même temps, je suis quasiment certain que lui même ne les considère pas comme ses amis. Ils sont juste … Je ne sais pas trop. Quelque chose entre son fan club et ses pantins. Il y en a certain qui seraient près à tout pour lui plaire, pour être dans ses bonnes grâces. Etre dans les petits papiers de Derek Ryans ce n’est pas une mince affaire. Il n’accorde sa confiance à personne et se pose au dessus des autres. Je me suis mis un voile devant les yeux pour faire abstraction de tout ce qui me dégoûtait chez lui avant. Pour ne pas voir la façon dont il traite certaine personne. Vu de l’extérieur, nombreux sont ceux qui doivent penser que je suis comme lui, que je le suis devenu en tout cas. Et quelque part, ils ont certainement raison. Une part de moi s’est calqué sur son modèle, pour plusieurs raisons obscures. La première étant que je n’ai pas réussi à trouver un autre moyen que celui ci pour continuer à respirer. La seconde, c’est que je ne veux pas qu’il me chasse de sa vie. Je sais qu’il est fier de moi, de celui que je suis devenu. Disons qu’il est fier pour deux, parce que ce n’est pas mon cas. Je ne m’aimais déjà pas beaucoup, mais aujourd’hui c’est encore pire. Pourtant ça ne se voit pas. Je ne laisse personne voire mes faiblesses. Je me comporte mal. Je méprise les autres. Il m’arrive même de craquer complètement et de devenir dangereux. Je crois que je suis devenu bipolaire ou quelques choses comme ça. On est deux à l’intérieur, voir plus. Il y a le gentil Enzo, celui qui semble être présent là maintenant, et le mauvais Enzo, qui passe son temps à réduire l’espoir des autres à néant, à blesser que ce soit physiquement ou psychologiquement. Le Enzo qui trouve du réconfort dans la souffrance des autres, parce que c’est le seul moyen qu’il est trouvé, ou qu’il est cherché, pour oublier la sienne. Il ne se passe pas un jour sans que je culpabilise. Je pense à l’image que je donne de moi, à ce que mes parents auraient pensé de tout ça, à ce que Lui aurait pensé de tout ça, et croyez moi je ne suis pas fier de moi. Je crois que je m’en rends compte de plus en plus. Cependant je sais pertinemment que je suis sans cesse sur le fil, et qu’il ne me suffit de rien pour retrouver ma tête des mauvais jour. Qui sait si demain je ne vais pas laisser sortir ma rancœur sur un pauvre innocent qui n’aura eu pour seul tort d’être là au mauvais endroit et au mauvais moment. Je ne suis moi même pas capable d’anticiper mes réactions et j’ai bien conscience que c’est grave. Je crois qu’ils ne sont pas nombreux à constater ma fragilité finalement. Oui fragilité, c’est précisément de ça dont il s’agit. Mon instabilité, si vous préférez, et je préfère aussi parce que je n’aime pas admettre que je puisse être fragile. Je l’ai toujours plus ou moins été, mais depuis quelques mois cette facette de mon esprit s’est développé, et pas dans le meilleur des sens. A vrai dire je ne sais même pas si Derek se rend compte de ça ou si tout comme moi sur certaines choses, il se voile totalement la face. Il n’est pas idiot. Je me doute qu’il doit bien voir que quelque chose cloche. Je pense qu’il ne veut juste pas l’admettre.

Ça fait des mois qu’Il n’est plus là. Je devrais faire mon deuil, le laisser partir, comme j’ai finalement laissé partir mes parents. La vérité, c’est que c’est grâce à Kyle si j’ai réussi à faire le deuil de mes parents. Ce qui signifie que je dois trouver quelqu’un d’autre capable de me faire accepter son absence ? Il en est hors de question. Je sais pertinemment qu’on ne sait jamais ce que la vie nous réserve, mais je m’entête. Je suis tout à fait capable de continuer à me fermer totalement, rien que pour le garder Lui et ne laisser personne d’autre entrer à l’intérieur de ma carapace. Quand j’ai quelque chose dans la tête … Disons que je suis plutôt du genre borné.

Enfin bref, avec tout ça j’en aurais presque oublié que je ne suis pas tout seul, qu’elle est là devant moi, qu’elle caresse Lune qui elle se tord dans tous les sens pour apprécier le moindre geste de sa part. Quelle petite peste celle là.

« Je la trouve surtout attendrissante et adorable. Elle s’appelle comment cette petite boule de poil ? »

Attendrissante, ça oui c’est certain. Et elle sait en jouer crois moi. Un seul de ses regards bleus et larmoyant et tu te retrouves pris au piège. Adorable, elle l’est aussi. Quand elle ne fait pas sa pimbêche et sa précieuse, mademoiselle est un amour. Elle est câline, calme, douce, affectueuse. Un vrai petit ange. Un ange diabolique. Va falloir que je fasse attention à ce que les nombreux matous de ce château ne lui tourne pas autour. Une petite frayeur lunaire et ça devrait être réglé. Moi, possessif ? N’importe quoi …

Je suis revenu sur terre, m’apercevant que je souriais sans m’en rendre compte, alors j’ai secoué la tête pour reprendre mes esprits et me concentrer sur cette fille étrange qui sortait de nulle part. Oui je sais, j’ai tendance à perdre facilement ma concentration. Je me disperse. Je suis un rêveur. Je l’ai toujours été. Ma mère aimait beaucoup ce côté là de moi. J’étais son petit rêveur, son petit surfeur silencieux. Oui, c’est vrai je ne suis pas un grand bavard, sauf quand je deviens nerveux et là je ne m’arrête plus. Hum … Je crois bien que je suis entrain de faire le point sur moi même là. Stop Enzo !

- Lune. Elle s’appelle Lune. Et merci pour elle, elle adore qu’on lui fasse des compliments. Elle est du genre égocentrique, tu vois.

Un peu comme moi. Comme j’ai pu l’être en tout cas.

Et tandis qu’elle poursuit ses caresses, que Lune apprécie toujours autant, je l’observe de haut. Moi debout, elle accroupit près du sol. Son regard semble éteint. Elle a l’air crispé, tendue, inquiète mais pourtant rassuré par la présence du chat. J’ai toujours su que les animaux avait un pouvoir apaisant sur nous autres pauvres êtres humains sans cesse torturé. Je sais que Lune me calme, me tempère, et visiblement, c’est aussi le cas pour cette illustre inconnue. Peut être que je lui fais peur, mais qu’elle se dit que si je me balade avec un minuscule petit chat blanc – Qui soit dit en passant est la couleur de la pureté rappelons le. J’veux dire dans les films, le cheval du gentil est presque toujours blanc alors que celui du méchant est noir. Lune et moi c’est un peu le Ying & le Yang. Je suis un gros Loup noir comme la nuit, elle est un petit chat blanc comme la neige. Elle est mon bon côté, comme si près d’elle je ne pouvais pas perdre les pédales et revêtir mon masque – C’est que je ne suis pas si dangereux que ça. Je n’ai toujours pas la certitude qu’elle soit Non-Magicienne, mais son comportement me pousse à le croire. Je la sens à l’affût du moindre geste, du moindre bruit. Comme un animal pris en chasse, une proie. Je connais trop bien ce regard, cette expression qu’elle tente pourtant de masquer : La peur.

« Désolée, je suis venue perturbée ta tranquillité. »

Oui, c’est vrai, mais étrangement je ne t’en veux pas. Je ne saurais pas te dire pourquoi. Peut être que tu as simplement de la chance de m’être tombé dessus dans un « bon jour », disons, dans un meilleur jour que les autres. Un jour où je ne suis pas l’autre moitié de moi. Un jour où j’ai juste besoin de me retrouver, d’être au calme. Un jour où je pense à Lui sans avoir envie de brûler tout le château. Un jour où j’ai simplement besoin de me souvenir des bons moments.

- Nan, c’est rien. Et puis le Parc ne m’appartient pas.

D’ailleurs, à qui est ce qu’il appartient ? Au ministère ? J’avoue ne jamais m’être posé la question, mais si c’est le cas, que le Ministère trempe là dedans, on est pas prêt de sortir d’ici. A vrai, dire je ne sais même plus si j’en ai envie. Certes l’Australie me manque toujours autant mais j’ai peur de perdre définitivement Kyle si je quitte cet endroit. Je sais que c’est ridicule, qu’il survivra dans mon esprit partout où j’irais mais je crois que j’ai peur qu’il s’efface si je suis loin des endroits qui me le rappelle. Comme ce Vieux Chêne qui reste toujours paisible là derrière nous.

« Je ne suis pas la seule on dirait … »

Pardon ?
Je relève la tête, suis son regard et bloque. Moi qui ai pourtant sans arrêt les sens en alerte, bien trop plongé dans mes pensées, je ne les ai pas vu arriver. Je ne les ai pas entendu. J’aurais préféré que jamais ça n’arrive. Je sens mon cœur qui se serre là dans ma poitrine à mesure que mes yeux ne parviennent plus à les lâcher. Ils respirent le bonheur, ils ont l’air heureux. Ils se touchent, s’embrassent. Ils rient. Ils s’aiment.

Et moi je meurs.

Parce qu’à travers leur image ce sont deux autres visages que je vois. Parce que j’aimerai être à leur place. Parce que je sais que ce n’est pas possible. Et parce que la personne que j’aime encore comme au premier jour, que je n’ai pas eu le temps d’aimer finalement, n’ai plus là pour partager ce genre de moment avec moi. Alors comme toujours mon petit monde s’écroule, mon moral descend en flèche, mon visage se ferme et mes yeux me trahissent. Ils étaient déjà ternes, désormais ils sont vides. Je devrais m’en foutre, peut être penser à me comporter comme je l’avais fait avec Sovahnn, aller leur pourrir l’existence. Les briser. Je n’en ai même pas envie. J’ai trop souffert de ça et aujourd’hui je n’ai pas la moindre envie de me venger sur ceux qui ont la chance que je n’ai pas, que je n’ai plus.
J’avale difficilement, je n’arrive pas à détacher mon regard de ces deux êtres qui respirent l’amour par chacun des pores de leur peau. Pourtant il le faut, parce que malgré tout je reste moi, et que le véritable Enzo déteste se montrer faible aux yeux des gens. Elle est toujours là. Elle m’observe et son regard me brûle. Lorsque je tourne les yeux de nouveau vers elle, que j’arrive enfin à couper ce lien qui me relie à eux d’une façon trop violente, je suis étonné de voir autant de tristesse dans son regard.
Ce n’est pas de la pitié, non c’est beaucoup plus que ça. Est ce que tu ressens l’écho de ma souffrance ? Je suis perplexe, un peu déstabilisé, alors je lui tourne le dos et fais quelques pas vers le Lac, les mains dans les poches, tout en observant cette immense étendue d’eau sans véritablement la voir. Et puis les mots sortent d’eux même, comme s’ils avaient été retenu pendant trop longtemps.

- Quand t’es amoureux tu te rends pas compte du mal que tu peux faire aux autres en exposant ton bonheur comme ça. Je crois que ça rend très égoïste, mais en même temps, tu t’en fous pas mal sur le coup.

Tais toi Enzo ! Tais toi !
Mais je n’y arrive pas.
Il faut que ça sorte, je le sens.

Oui tu t’en fous pas mal sur le coup. Quand j’étais près de Kyle plus rien n’existait autour. Alors je comprends parfaitement cette bulle qu’ils ont construit autour d’eux et qui rend le reste du monde invisible à leurs yeux. Profitez en. Ça ne dure pas toujours.

J’ai peur d’affronter de nouveau son regard mais pourtant je me retourne, un maigre sourire tachant d’illuminer mon visage éteint.

- Excuse moi, je délire. C’est juste que … Je pense qu’ils n’ont même pas conscience de la chance qu’ils ont. Et toi, tu dois me prendre pour un cinglé. T’as sûrement pas tort.

Oui excuse moi. On ne se connaît pas et voilà que je ressens ce besoin viscérale de délier mon secret le mieux gardé, de parler de ce qui me fait le plus mal.
Au risque que tu décides un jour de t’en servir contre moi.
Je suis entrain de dévoiler ma plus grande faiblesse.
J’espère juste que …
Non en réalité je n’espère rien.
J’ai arrêté d’espérer.
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Dim 19 Déc 2010 - 23:57

Lune, comme le satellite de la terre. Aussi belle, aussi resplendissante. Une petite boule de poil aussi mystérieuse que cette Dame Ronde qui éclaire plus d'une fois nos routes au creux de la nuit, celle qui rassure et qui nous berce alors que nous nageons en plein cauchemar. Et c'est son cas à lui, cet homme qui se trouve en face de moi. Son visage se crispe, comme si tout son corps était passé dans un étau. Pourtant, il est évident que c'est la douleur psychologique qui prime, qui vient frapper son coeur de plein fouet. Je le sens mourir, se liquéfier sur place, tandis que le couple derrière moi batifole de leur plein gré. Ils respirent l'amour et le bien être, face à lui qui inspire la douleur et la solitude. Ses yeux plongent droit dans l'abîme, tête la première. Ils sont le reflet de l'âme et il me donne l'impression qu'il est déjà mort, là dans la seconde. C'est effrayant et douloureux à la fois. Je ne sais que dire, que faire, si ce n'est le regarder et de partager cette douleur involontairement. Dites merci à Mlle l'Empathie. Mon coeur s'emballe comme un fou lorsqu'il ose enfin prendre la parole. Ta souffrance me revient dans la figure, de plein fouet. Il faudrait être aveugle pour ne pas l'apercevoir, être égoïste pour ne pas prendre la peine de comprendre. Son regard reste attaché à eux et le lien se fait aussitôt. Pleurerais-tu une rupture, ou la perte de celui ou celle qui te construisait un Empire autour du coeur? Lorsque tu recroise mon regard, je me sens tirer vers le fond. Une sensation bizarre, entre la gène et la souffrance. La compassion? Je ne sais pas, ce n'est pas de la pitié, non... Tu me perds, Inconnu. Tu me tourne enfin le dos, pour faire quelques pas vers le Lac. Lune reste à mes pieds, cherchant d'autre caresses que je suis malheureusement incapable de lui donnée. Comprenant, elle me regarde puis accourt maladroitement vers son maitre qui, les mains dans les poches, semblait accaparé par l'étendue d'eau.

Puis, de nouveau tu parles. Les mots s'échappent comme une volée d'oiseaux pris au piège dans une cage de verre, brisé par l'aveu.

Quand t’es amoureux tu te rends pas compte du mal que tu peux faire aux autres en exposant ton bonheur comme ça. Je crois que ça rend très égoïste, mais en même temps, tu t’en fous pas mal sur le coup.

Et voilà, bingo. Je reste silencieuse, m'approchant un peu plus de lui, oubliant par la même occasion ma méfiance, ma crainte. S'il voulait me faire du mal, il l'aurait déjà fait depuis longtemps. Je me surprends moi même à penser de la sorte, mais c'est comme si sa douleur nous liait. Un malaise s'installe, je sens cette griffe qui s'amuse à le tailler comme elle s'amuserait à s'aiguiser sur les rochers, elle est palpable cette souffrance. Tu la dégages de ton souffles, à chaque respiration faite, ton coeur essaie du mieux qu'il peut de l'extérioriser. Ça te fait mal partout dans le thorax voir dans le ventre, tout ton corps devient douloureux, tu n'as qu'une envie : Que l'on t'achève. Pourquoi viserais-je juste? Parce que c'est la même douleur qui m'a déchirée lorsque j'ai appris que Marta et Aaron avaient disparut. Je ne sais pas si cette personne ta quitté ou une autre quelconque situation, les faits sont là, tu en bave. Tu te cache, me tourne le dos, essayant de dissimulé ton visage mort. Pourtant, ta voix traduit pour ton corps, tout ce que tu peux souffrir.

Pourtant, tu te retourne. Ta maigre tentative de me sourire, est voué à l'échec et tu le sais. Ton visage est aussi blanc que le pelage de Lune, qui, de ses petites pattes, essai de grimper sur ton pantalon afin de t'offrir tout le réconfort qu'elle puisse t'offrir.

Excuse moi, je délire. C’est juste que … Je pense qu’ils n’ont même pas conscience de la chance qu’ils ont. Et toi, tu dois me prendre pour un cinglé. T’as sûrement pas tort.

Loin de moi cette idée, te prendre pour un cinglé serait aussi me prendre comme tel, puisque cette douleur qui te berce, m'a auparavant prise dans ses bras aussi. Elle est semblable sans l'être. Je ne fais que supposer sur ce que tu as vécue, je ne suis pas là pour me mêler de ce qui ne me regarde pas, ni pour te juger. Je ne viendrais pas non plus te prendre la tête, je suis juste … Là. A t'écouter, et ça ne me gêne pas, au contraire. La spirale qui t'aspire, ne cesse de t'enfoncer un peu plus loin dans l'abime...

Mais comment te dire, que cette douleur qui est aussi ressemblante que différente, m'a auparavant habiter?

Je me souviens parfaitement de ce jour, où j'ai tout simplement cru que mon existence volait en éclat. Ce Samedi matin, où je me hâtais de rejoindre ce foyer qui me rendait enfin ma vrai personnalité. Qui me permettait de respirer, d'être bien, de retrouver une ambiance familiale normale... Je me souviens de cette maison qui comportait la majorité de mes souvenirs d'enfance que je pouvais considérer comme heureux. Je me souviens de ce grand salon chaleureux, qui dégageait l'odeur légère de cannelle, mélangée à la poussière des vieux livres que Marta collectionnait, en toute bonne et grande lectrice qui se respectait. Je me souviens de ses après midi à jouer avec Aaron dans sa chambre, à des jeux d'enfants insouciants. Je me souviens de la voix douce de Marta qui nous appelait du bas des escaliers à l'heure du goûter. De la saveur de ses cookies faient maison. De l'odeur de l'été au sein de ce lieux. Je passais mes journées entières avec eux, au plus grand plaisir de mon père qui ne souhaitait qu'une chose : se débarrasser du monstre que je suis. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi j'étais comme telle à ses yeux. Pourquoi tout ce dégoût et tout ce besoin de maltraitance … La douleur qui commençait à s'insinuer en moi me rendait mal, me tournait la tête. Mon coeur s'emballait à chaque pensée. Ma vie a été réduite en cendre, le jour où sa main est venue me brûler la peau. Je me sentis soudainement étriquée dans ce petit corps, bien trop étroit pour me supporter … Cette tête allait exploser, trop de pensée, trop de souvenirs. Je vis entre irréalité et l'inverse. Comme si je n'arrivais pas à assimiler que tout ces élèvements faisaient bien partie de ma vie.

Je sentis mon visage se tendre, mon regard se reportant sur lui, un sourire aux lèvres. Ta douleur est un sommet plus haut que la mienne, puisqu'à la différence de toi, elle m'a travaillée durant des années, toute mon existence … Et on s'y fait, on apprends à vivre avec jusqu'au jour où ça pète. En même temps, je ne sais même pas depuis combien de temps l'insecte de la mélancolie t'en fais baver. J'hésite, je ne veux pas le blesser, ni le forcer à l'aveu, mais il est écrit sur son visage qu'il a besoin de vider son sac. Rester silencieuse ou non? Je ne penses pas que cela l'aiderait à se livrer.

« Je ne te prends pas pour un cinglé... J'ai juste remarqué que tu avais fais une fixation sur ce couple et tu avais l'air de les envier, autant que tu souffres.. »

La gène s'installait et je sentis le rouge me monter aux joues. Je triturais entre mes doigts le bout de mon vêtements, d'un air d'excuse. Je me sentais mal de provoqué ainsi la chose, mais qui ne pouvait pas lire en ses yeux plombés de mal être qu'il avait besoin de quelqu'un pour au moins écouter ce qu'il gardait depuis bien trop longtemps?

« Je suis désolée si je t'ai blessé, mais tu as besoin d'une oreille pour l'écoute, la mienne se porte volontaire … On a tous un Insecte rongeur de coeur qui nous bouffe les entrailles chaque jours à respirer. »

Ouaaaah, tu peux pas être plus glauque Dawn. En même temps, le contexte est de mise. Ma propre douleur, je la tais au fond de ma poche, comme une petite fille cacherait dans la poche de sa jupe, un insecte tel qu'un papillon. Voulant le garder rien que pour elle, pour ses yeux à elle. Ici, je fais la même avec une tendance masochisme de vouloir ne rien délié... Je te regarde de nouveau et m'approche de toi, un doux sourire aux lèvres, qui se voulait encourageant, avant de venir m'assoir sur le sol et de trifouiller l'herbe sous mes doigts. Cette douceur particulière propre à cet élément de la nature, envers laquelle je trouve un certain réconfort, attendant que le jeune homme se mette à parler. Je ne connais même pas son nom et puis, ce n'est peut-être pas si important que ça pour le moment, même si on dit souvent que le nom fait la personnalité. Je te regarde d'en bas, de là où je suis, entrain de mourir de trouille comme un chiot égaré... Dis-moi, on s'en sortira hein? On ira courir un jour, loin de tout ça, trouvé le point de départ des Arc-en-Ciel?
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Lun 20 Déc 2010 - 16:44

Oui Lune, comme le satellite et paradoxalement c'est plutôt moi qui gravite autour d'elle. Ma petite Princesse. Mon rayon de soleil. Mon souvenir. Si je l'ai adopté, ce n'est pas pour des raisons vraiment saine mais je m'en contre balance. C'est vrai qu'au début je prenais un malin plaisir à me faire du mal en la regardant mais j'ai passé ce cap. Certes elle me fait toujours penser à lui mais désormais elle existe pour elle, entièrement. Elle n'est plus que le simple reflet d'une histoire passée, d'un moment qu'on a partagé, d'un cœur que j'ai aimé. Elle est mon chat, tout simplement.

J'en reviens pas d'être capable d'aborder ce sujet aussi facilement. Je crois que tout ce que j'ai gardé pour moi avec force pendant des mois est entrain de se retourner contre moi. J'ai besoin d'en parler. De rappeler le monde à ce souvenir, à ce qui aurait pu et du être une belle histoire d'amour mais qui s'est finalement terminé en cauchemars à cause de la bêtise humaine. J'ai besoin que quelqu'un ici sache qu'il a existé, qu'il n'était pas qu'un cobaye, un esclave. Non il était bien plus que ça. Il était un être humain avant tout mais ça n'avait pas la moindre importance à leurs yeux. Ils lui ont volé sa vie et je n'ai rien su faire pour les en empêcher.
Pour moi il était bien plus que tout ça. Il était celui qui m'a ouvert les yeux, celui qui m'a ouvert le cœur. Mon âme-soeur, ma raison d'être. Je sais que ça peut paraître fou, précipité, peut être même faux aux yeux de certains mais c'est pourtant comme ça que j'ai ressenti les choses, que je les ressens toujours en vérité. Notre histoire a été courte, mais tellement intense. J'aurais voulu passer ma vie avec lui, parce que chaque minute, chaque seconde passées loin l'un de l'autre, c'était tout autant de temps de perdu. Alors oui depuis qu'il n'est plus là j'ai l'impression de perdre mon temps à vivre. C'est comme ça, aussi futile et stupide que cela puisse paraître.

J'avais baissé les yeux après avoir prononcé mes derniers mots. Je regardais Lune, préférant éviter les yeux de cette inconnue qui en savait plus sur moi que beaucoup de gens que je fréquentais tous les jours. Je me penchais et attrapais finalement mon chat. Aussitôt elle cala sa petite tête sous mon menton et ses pattes dans mon cou. Je fermais mes yeux noisette sur le monde.

« Je ne te prends pas pour un cinglé... J'ai juste remarqué que tu avais fais une fixation sur ce couple et tu avais l'air de les envier, autant que tu souffres.. »

Tu devrais me prendre pou un cinglé. C'est ce qu'ils font tous sans se poser de question. C'est plus simple comme ça, pour tout le monde. Tu crois pas que ta vie est déjà assez pénible comme ça ? Perds pas ton temps avec moi. Juste un truc, t'as tapé en plein dans le mille. Je les envie. J'en souffre.
J'essaie de ne pas les regarder mais parfois mes yeux glissent incidieusement dans leur direction. J'y peux rien, c'est plus fort que moi. Tu permets que je me raccroche à toi ? J'ai peur de me casser la gueule encore une fois.

« Je suis désolée si je t'ai blessé, mais tu as besoin d'une oreille pour l'écoute, la mienne se porte volontaire … On a tous un Insecte rongeur de cœur qui nous bouffe les entrailles chaque jours à respirer. »

J'ouvrais grand les yeux, surpris de sa réaction. Besoin d'une oreille ? C'est à dire, je … Je crois bien que oui mais …
La bouche entrouverte dans une expression décontenancée je la fixais sans rien dire. Les sourcils froncés, je secouais finalement la tête, la baissait une seconde pour la relever une seconde après, un léger sourire sur les lèvres.

« Jolie métaphore. »

Et maintenant que j'y pense, c'est exactement ce que je ressens. J'ai l'impression que quelque chose me détruit de l'intérieur. Un insecte rongeur de cœur. Je trouve cette formulation tellement juste, précise, cinglante. Tellement vraie.

Et puis c'est plus fort que moi, ça sort comme le dernier souffle du condamné.

« C'est juste que tu vois, j'étais à leur place il y a pas si longtemps. Enfin si, ça fait longtemps mais … Ce que je veux dire c'est que oui je les envie, parce que je peux plus faire ça. »

Je dois me taire, mais je n'en ai pas la moindre envie alors en moi s'engage un combat interne entre ma raison, ma fierté, et tout le reste.

« Et puis merde. »

Je baisse les bras. Je lâche prise. J'en ai besoin et tu me l'offres. Tant pis pour le reste, les conséquences. De toute façon, tu ne me connais pas. Tu ne me jugeras pas. Je le sens.

« Je suis tombé amoureux, comme un con. Je me suis fait piéger par ce truc contre lequel tu ne peux pas luter. J'ai fait comme la moitié des gens sur cette planète quand ça leur arrive, je ne voyais plus la vie autrement que par et pour cette personne. Le danger à faire ça, c'est qu'une fois que cette personne disparaît, tu te retrouves comme un con, sans repères, sans plus savoir comment faire pour vivre. Et c'est précisément ce qu'il m'arrive. »

De nouveau j'ai baissé le regard. J'ai fait quelques pas vers le Lac puis je suis revenu vers elle, une boule dans la gorge et les yeux humides sans pour autant verser la moindre larme.

« Je … Je l'ai perdu. On me l'a arraché. La mort me l'a pris. Ça fait des mois maintenant mais j'arrive pas à m'en remettre. Et ça fait un mal de chien. »

Un soupir, et Lune qui miaule. Elle sait quand j'ai mal. Alors son petit nez froid vient se coller sous mes cils. Elle me chatouille le visage. Je souris.

« Désolé. Je sais pas pourquoi je te raconte ça. C'est juste que tu vois, j'en parle jamais à personne. On avait pas le droit d'être ensemble du coup il y a très peu de gens au courant et moi et ma fierté on a beaucoup de mal à se confier et à admettre nos faiblesses. J'imagine que c'est plus facile de laisser sortir tout ça auprès d'un inconnu. Enfin d'une inconnue en l'occurrence. »

Rire nerveux.
Lune me grimpe sur l'épaule en vacillant.

« Enfin voilà, tu sais pourquoi j'ai cette mine de cadavre. Je dors pas beaucoup depuis un moment. Et je pense trop. Ça me tue, mais paradoxalement c'est aussi ça qui me garde en vie. »

Plus je l'observe et plus j'ai l'impression qu'elle absorbe tout ce que je lui confie. La douleur y compris.
Ne fais pas ça s'il te plait. Pour toi, mais aussi pour moi. Aussi étrange que cela puisse paraître je ne veux pas partager cette souffrance. Je grimace et penche la tête sur le côté en plongeant mes yeux dans les siens à mesure que mes pas me rapprochent d'elle. Elle est assise sur le sol, je la surplombe et je n'aime pas ça. Mes genoux se plient et je m'accroupis devant elle, l'air désolé. Je m'en veux de t'avoir fait ce cadeau empoisonné.

« Ne souffre pas pour moi tu veux ? T'inquiètes pas je vais m'en sortir. Je pense sincèrement que tu as plus à t'en faire pour toi que pour moi, non ? J'veux dire, t'es pas sorcière, je me trompe ? Je connais parfaitement votre condition parce que … la personne que j'aimais était comme toi. »

Je te comprends, dans la mesure du possible. Jamais je ne pourrais être à ta place mais ...
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Mer 5 Jan 2011 - 17:46

♪Dry your eye
Soulmate dry your eye
'Cause soulmates never die...♪



Et je t'écoute, ne perdant pas une miette de tes mots, de tes phrases, de tes appels au secours, des plaintes silencieuses de ton coeur en morceaux. Jolie Métaphore dis-tu? Pourtant c'est bien cette sensation que l'on a non? Que notre être est rongé par ce petit insecte, qui te fais mal, te torture, te brise un peu plus tout les jours. Tes mots se poursuivent, je reste assise à te regarder, le vent soufflant dans mes cheveux avec légèreté. Ce petit air qui m'est propre, angélique... Un Ange salit par la cruauté humaine. Je ne sais pas si j'ai gagnée ma rédemption, mais une chose est sûre, c'est que tu dois gagner la tienne. Mes yeux t'observent en douceur, mon coeur s'accélère au rythme de ton stress, de ton angoisse. Je te sens sur le point de craquer. Tu es fébrile, tes mains tremblent mais tu ne t'en rends pas compte. Pourquoi avoir attendu si longtemps dis moi? N'as-tu vraiment personne à qui parler, toi qui n'attendais que ça? Juste une main se tendant vers toi, secourable. Juste une présence pour parler un peu … De Lui. Tu ne peux plus faire comme eux. Je penche la tête de côté, en essayant de comprendre. Mais, la valve est tombée. Ton corps entier l'exprime. Je le vois soupirer, ses épaules s'affaissent et une douleur au creux de mon coeur s'immisce. La douleur se lis partout sur toi, et ça fait mal. Je pourrais le regretter, d'avoir fait cette proposition d'écoute... Pourtant non. Je sais que j'aimerais que quelqu'un prenne le temps de prendre soin de moi. Ça m'arrache la tête de le dire... Mais, j'aimerais qu'au moins une fois... Non. C'est finit.

« Je suis tombé amoureux, comme un con. Je me suis fait piéger par ce truc contre lequel tu ne peux pas luter. J'ai fait comme la moitié des gens sur cette planète quand ça leur arrive, je ne voyais plus la vie autrement que par et pour cette personne. Le danger à faire ça, c'est qu'une fois que cette personne disparaît, tu te retrouves comme un con, sans repères, sans plus savoir comment faire pour vivre. Et c'est précisément ce qu'il m'arrive. »

Un allé, un retour. Des larmes naissantes, mais elles ne souhaitent pas trahir la douleur qui l'envahit en cette seconde même. Les souvenirs sont traitres. Ils lacèrent, étouffent... et pourtant, on souhaite plus que tout, les garder au sein de nos neurones. Puis ce sont NOS souvenirs, à NOUS. Le seul cadeau qu'il nous reste de l'être aimer.

« Je … Je l'ai perdu. On me l'a arraché. La mort me l'a pris. Ça fait des mois maintenant mais j'arrive pas à m'en remettre. Et ça fait un mal de chien. »

J'ai une boule dans la gorge... J'ai envie de pleurer sa douleur. La mienne. Si tu savais combien la mort m'a aussi piétiné le coeur en m'enlevant Marta et Aaron. Je m'imprègne de ta voix. J'écoute, sans broncher. J'ai juste la douleur en Oxygène. Comment as-tu fais? Pour être si fort, pour tenir encore debout sans Lui? Je continue de t'écouter dans ton récit, puis ton rire nerveux s'élève. Mais … Comment? Comment moi même ais-je fais durant tout ce temps, pour ne pas craquer? Pour ne pas hurler, me taper la tête contre les murs pendant que je subissais sévices et coups? Pourquoi … Avoir encore cette envie aussi infime soit-il, de vouloir respirer au creux de l'âme ? Ta douleur ébranle la mienne, la tient fortement et la secoue, pour me la faire revivre. Tes yeux ne me quittent pas, et j'ai envie de m'y fondre, de m'y perdre. Parce que par ton partage de douleur, j'ai envie de me raccrocher à toi. A cette petite bouée qui surplombe mon Océan de mélancolie. Je ne t'en veux pas, de me faire part de ce fardeau, je le porte avec toi de plein gré, parce qu'on en a tous besoin à un moment donné de son existence, de sentir que quelqu'un, qui que ce soit, soit là pour entendre ce que l'on a à déverser. Mes yeux vont de lui au chat, qui reniflait son mal être sur sa propre peau. Les animaux sont connue pour voir et sentir certaines choses, que nous humains ignorons. C'est bien connu, les Hommes sont aveuglés par leur vices, leur cupidité et j'en passe. Je ramène mes genoux contre ma poitrine, entourant mes jambes de mes bras tendis que tu t'abaisse en face de moi. Tu m'intimide autant que je t'apprécie. Je lis en toi comme dans un livre ouvert, face à moi. Puis tes mots valsent, dansent jusqu'à moi.

« Ne souffre pas pour moi tu veux ? T'inquiètes pas je vais m'en sortir. Je pense sincèrement que tu as plus à t'en faire pour toi que pour moi, non ? J'veux dire, t'es pas sorcière, je me trompe ? Je connais parfaitement votre condition parce que … la personne que j'aimais était comme toi. »

Je hausse un sourcil, surprise. Ébranler. Secouer. C'est inconcevable. Ce qu'il me dit, ce que TU me dis, ne peux être réaliste. Les larmes me montent aux yeux sans que je ne m'en rende compte. L'inquiétude et la désolation que je lis sur ton visage, me frappe de plein fouet. Tu es la seule personne depuis Aaron qui prends la peine de savoir, de s'inquiéter de mon cas... Mon corps tremble. Devrais-je me méfier? Qui me dit que tu ne joue pas ce rôle pour mieux me prendre en traitre par la suite? Je ne sais plus … J'ai perdue la faculté de se soucier de soi. Peut-être qu'en vrai, je ne l'ai jamais eu. Je n'ai pas été « habituée » à ça, à … Bon sang. C'est une chaleur qui se propage en douceur, qui me réchauffe naturellement et ça me déconcerte. Ça ne devrait pas, c'est toujours froid à l'intérieur de moi. C'est un vide, alors pourquoi te soucier de moi? J'hésite dans mes mots, ma solitude et ma douleur, ont toujours été mes forces les plus précieuses pour tenir parmi vous.

Je te regarde de nouveau, je ne sais pourquoi, mais j'aimerais que tu retrouve ce pétillant dans tes yeux. Je suis sûre qu'il préférait te voir ainsi, plutôt que de te voir errer comme un être sans âme et sans but, dans ses sombres couloirs. D'un geste tendre et spontanée, je t'effleure la joue en te murmurant, d'une voix enrouée :

« Les âmes sœurs ne meurent jamais. Quoi que tu dises, quoi que tu fasse...»

Elles sont toujours unies, même si il ou elle, n'est plus là. C'est étrange, fascinant et bizarre. Mais par delà la mort, la force des choses, des sentiments, ne peuvent être brisé. Pas comme ceux que tu éprouves envers lui. J'écarte ma main, désolée, je ne veux pas t'offenser, je laisse juste exprimer ce qui me passe au travers le corps et le coeur. La gorge nouée, je t'envoie un sourire faible mais sincère avant de dire :

« Je … Personne ne s'était soucier de moi avant. Pas comme ça. Jamais. »

Les mots restent bloqués. Je n'arrive pas à dire ce qui ne vas pas, ce qui me ronge, me tourmente. Je t'envie si tu savais, d'avoir ce pouvoir que l'on appel la Magie. Vais-je aussi mourir comme ton Âme soeur? Il est probable que oui … Et cette idée m'angoisse sans réellement le faire. Tout est étrange, bizarre. Je n'ose pas laisser échapper ce loup qui rode dans ma tête, dans mon coeur, celui qui souffre avec moi. Dois-je vraiment laisser transparaitre tout ça, au risque que tu t'en serve contre moi et que tu me piétine après? Pourtant, tout porte à croire que tu n'es pas de ce genre là. Mon regard se tourne vers le couple, échangeant leur passion par le biais de leur regard, de leur main effleurant leur joue, de leur tendre baiser. Et c'est à coup de machette que l'on découpe ton coeur.

« Moi aussi, j'ai perdue deux personnes qui étaient mon seul et unique bonheur. Les deux seuls qui prenaient soin de moi, qui se souciaient de moi. Aujourd'hui, ils ont disparus, et ça fait déjà plusieurs années. Depuis, j'ai vécue le double de mon Enfer quotidien. »

Ça me tranchais la gorge, de faire ses aveux. Je me recroqueville un peu plus, instinct de vouloir se protéger. Les souvenirs reviennent au galop. Ils sont traitent assassins. Je revois les coups, les sourires machiavélique, ses mains et ses envies malsaines sur moi, ma peau. Cette poupée de chiffon souillée, que l'on a appelée Dawn. C'est moi. Ça me fait du bien, autant que ça me fait mal. Je sens la peur m'envahir, la crainte me saisir, l'insécurité. Je ne peux pas, je ne dois pas me dévoiler. C'est comme perdre pieds, comme briser moi même le mur qui me protège. L'angoisse m'oppresse, je ne sais plus où me situer. Je cherche une quelconque manière de me raccrocher à ton regard. Dis moi, dis moi qu'on s'en sortira hein?

« Dis moi... Que je ne vais pas mourir ici... »

Un simple murmure, un simple souffle que le vent emporte, à peine audible. Et c'est mon âme qui s'arrache.
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MessageSujet: Re: Escape The Fate {Dawn}   Jeu 6 Jan 2011 - 18:45

Tu sais que tu ressembles à un Ange ? Dis moi, en es-tu un ? Si oui, emmène moi avec toi. Je ne veux pas rester ici, je n’y ai plus ma place. Tes grands yeux bleus qui reflètent la souffrance du monde. Tes cheveux châtains qui jouent avec la caresse du vent. Et ton visage de poupée de porcelaine. On dirait un tableau. Comme si tu étais irréelle. Je me confie à toi avec tellement de facilité que je devrais trouver ça déconcertant mais ce n’est pas le cas. Je suis calme. Je n’irais pas jusqu’à dire que je me sens bien mais tu m’apaise. Ta présence m’est bénéfique. Je n’arrive pas à me détacher de ton regard, comme si m’y ancrer pouvait me sauver. Me sauver d’une vie que je ne veux plus vivre. Je ne veux plus de celle ci, de mes fantômes et mes errances, mais je ne veux plus en finir. J’ai trop besoin de sentir mon cœur battre là dans ma poitrine. Je suis jeune, j’ai encore tellement de chose à vivre et si je ne le fais pas pour moi, je dois le faire pour Lui, pour eux. Je le dois. Seul. Puisque c’est l’unique façon pour moi d’y arriver.
Voilà pourquoi je respire encore, pourquoi je me lève chaque matin après une nuit passée à courir pour échapper à mes cauchemars. Mon sommeil m’épuise et je me réveille chaque jour un peu plus fatigué que la veille. Ça joue sur mon humeur, et mon manque de stabilité me pousse parfois à réagir de la mauvaise manière. Je ne vais pas changer. Je ne peux pas le faire. J’en suis incapable.

Tes genoux repliés contre ta poitrine dans un geste de protection que je connais bien pour l’avoir moi même utilisé de nombreuses fois, je m’étonne de voir l’expression de ton visage qui change. Tu n’as pas peur de moi, je peux le sentir, mais tu t’interroges. J’ai l’impression de t’avoir surprise. Est ce que j’ai dit quelque chose de mal ? Pourquoi ces larmes dans l’océan de tes yeux ? Pourquoi ces tremblements qui secouent ton corps ? Suis-je responsable de ça ? La culpabilité s’empare de moi et je ne sais pas comment réagir. Je me sens impuissant face à tant de détresse. Je t’en supplie, ne me demande pas de te sauver …
La tête baissée, tu ne me regardes plus. Je comprends ça et je me sens soudainement de trop. J’aimerai partir mais je n’arrive pas à te laisser là, seule, avec ce poids que tu portes au fond de tes yeux. Je crois que peut être tu ne sais pas comment réagir toi non plus. Je suis l’ennemie, et me voilà qui m’inquiète pour toi. A ta place, je ne saurais pas non plus sur quel pied danser. Nous ne sommes pas tous des monstres. Pourtant j’en suis bien un. Aussi bien sous ma forme animale qu’en tant qu’être humain. Je ne veux pas t’effrayer, je voudrais juste que toute cette peur qui t’enroule s’envole et disparaisse. Encore un souhait qui ne s’exhaussera pas, je ne le sais que trop bien.

Ton regard se raccroche de nouveau au mien. Je penche la tête sur le côté et tente de sourire pour te rassurer mais ton geste me prend au dépourvu. Instinctivement je recule d’un millimètre après avoir légèrement sursauté mais je te laisse faire, parce que je sais que tu ne me feras pas de mal. Ta paume sur ma joue, elle est si froide. Est ce que tu sens à quel point mon sang brûle ? Je ne suis pas comme les autres. En moi dort un prédateur, une bête, un loup. Il a le sang chaud. Ma peau s’acclimate à ce contact et frissonne, victime de souvenirs trop lointain. C’est difficile de se laisser approcher quand on a pas été touché depuis ce qui semble être des siècles. Ça fait mal, malgré tout. Alors je ferme les yeux et inspire profondément en appréciant chaque mouvement de ta main qui glisse lentement sur ma joue.

Et son visage m’apparaît …

« Les âmes sœurs ne meurent jamais. Quoi que tu dises, quoi que tu fasse...»

Je n’ouvre pas les yeux mais saches que tes mots m’ont transpercé le cœur. Je ne veux pas pleurer. Pas maintenant. Pas comme ça. Plus jamais. Alors non je n’ouvre pas les yeux même si mes paupières tremblent. Un mince sourire se dessine sur mon visage d’enfant perdu. Et ta peau quitte la mienne. Je me sens vide, froid abandonné. J’ai mal mais j’essaie de ne pas le montrer, parce que chaque parcelle de ma douleur te fonce directement droit dans le cœur et je ne veux pas que tu souffres pour moi.
J’expire tout aussi lentement et relâche l’air que je gardais prisonnier dans mes poumons. Lune est retombée sur le sol. Je m’assoie, incapable de tenir encore en équilibre. Les jambes repliées et croisée, ma petite princesse vient se rouler en boule en leur centre et ma main se perd dans son pelage immaculée. J’ouvre enfin les yeux, non mécontent d’avoir réussi à garder mes larmes pour moi. Tu me souries.

« Je … Personne ne s'était soucier de moi avant. Pas comme ça. Jamais. »

J’entrouvre les lèvres mais rien ne me semble assez adéquate pour en sortir. Je m’en veux, alors que je devrais être heureux de lui apporter un peu de soulagement. Je m’en veux parce que je lui fait prendre conscience de ce qu’elle n’a pas mais pour moi c’est naturel. Je me comporte comme un con avec les autres, mais cette fois je n’y arrive pas. Me soucier d’elle ? Oui, je suis sincère. Seulement je sais que je ne pourrais rien faire de plus et c’est frustrant. La frustration, je ne connais rien de pire. Et cette émotion ne me lâche pas. Elle ne me lâche plus. Je me contente de garder le silence, de laisser planer ce moment qui je le sais ne pourra pas durer.

« Moi aussi, j'ai perdue deux personnes qui étaient mon seul et unique bonheur. Les deux seuls qui prenaient soin de moi, qui se souciaient de moi. Aujourd'hui, ils ont disparus, et ça fait déjà plusieurs années. Depuis, j'ai vécue le double de mon Enfer quotidien. »

Je relève imperceptiblement la tête alors qu’elle se recroqueville un peu sur elle même. Je fronce les sourcils et me rend compte que je dois lui faire peur alors je fais mon possible pour radoucir les traits de mon visage. Lui non plus n’a plus l’habitude d’afficher une expression de douceur. Il n’y a que pour Lune que je fais ça. Pour lune, et pour Elle maintenant.
Je sais ô combien ça peut te coûter de me raconter ça mais tout comme moi, ne ressens-tu pas comme une once de poids en moins ? Je porterai ça avec toi maintenant. C’est tout ce que je peux faire pour toi mais je le ferais tant que ce sera possible, tant que je le pourrais.
Je ne sais pas quoi lui dire. Lui parler de mes parents ? Non. Elle en a déjà assez comme ça sur le cœur et les épaules.

« Dis moi... Que je ne vais pas mourir ici... »

Mes yeux se ferment à nouveau tandis que je laisse échapper un soupir. Ma main se pose sur la sienne dans un geste lent alors que mon regard se porte une nouvelle fois sur elle. Je dégluti et ravale ma salive difficilement. Un silence s’installe, encore. Puis je me décide enfin à le briser. Une main sur Lune, l’autre sur celle de cette inconnue.

« Je suis désolé, pour eux, pour toi. Désolé que tu ais à souffrir à cause de gens comme moi. »

Je le suis sincèrement. S’Il avait été là, il aurait gardé le silence mais j’aurais pu lire dans ses yeux bleus qu’il ne me tenait pas pour responsable malgré ce que je disais. Je me suis toujours senti coupable bien qu’il me répétait le contraire. Dans ma tête le raccourcis était simple. J’étais un Sorcier donc par définition du clan de ceux qui faisaient du mal à ceux qui n’avaient pas de pouvoir. Je ne me suis jamais senti à ma place parmi ceux doué de magie. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi. Jusqu’à ce que je le rencontre. J’aspirais juste à une vie normale mais c’était visiblement trop demander.

Mon regard s’est durcit et j’ai resserré l’emprise de ma main sur la sienne.

« Je ne suis pas quelqu'un de bien, et si je l'ai été un jour depuis qu'il n'est plus là je n'arrive plus à marcher droit. J'ai fait souffrir beaucoup de gens mais pour je ne sais trop quelle raison, je sais que je ne te ferais aucun mal. Il y a quelque chose en toi ... de spécial. »

Oui, tu es spéciale, et oui je viens d’admettre que la personne dont je te parle depuis tout à l’heure était « il » et non pas elle. Est ce que tu vas me juger pour ça ? Je ne pense pas. Tu n’es pas de ces gens là, qui ne savent pas passer au dessus des différences. Oui c’est vrai c’était un garçon, tout comme je le suis, mais j’ai compris que l’amour n’a pas de frontière. Je l’ai aimé comme mon père a aimé ma mère. Et ceux que ça dérangeaient … je leur souhaite de connaître le grand amour en espérant que cela puisse ouvrir leur esprit fermé.
Parler de Lui. Penser à Lui. Ça me faisait un bien énorme mais je ne voulais pas la noyer dans mes souvenirs. Maintenant elle savait, quelqu’un savait, qu’il avait existé un jour entre ses murs une personne exceptionnelle, une personne qui avait fait battre mon cœur si vite qu’il ne s’en était toujours pas remis des mois après.

J’ai fin par lâcher sa main pour la reposer mon genoux et j’ai repensé à sa question.

Mourir ici …

« Je ne peux pas te dire ça, je suis désolé. Je ne veux pas te mentir ou te donner de faux espoirs. On a essayé de sortir d'ici mais c'est impossible. C'est à cause de moi qu'il est mort. Si j'étais rentré dans le rang, si je l'avais éloigné de moi, si j'avais réussi à m'éloigner de lui, il serait toujours en vie et … »

J’ai ravalé un sanglot.
Non ! J’ai dit pas de larme alors rentre chez toi saleté de liquide lacrymal !
Dans ma tête je revivais mon pire cauchemars et ma respiration s’accélérait au même rythme que mon myocarde. Nouveau soupir. Nouveau silence.

« Je crois qu'on est tous déjà mort. »

Juste un murmure.
Une vérité.
Désolé d’éteindre cette flammèche d’espoir qui subsistait peut être en toi.
Culpabilité.

« Est ce que je peux faire quelque chose pour toi ? Je ne pourrais pas te protéger. Si je le pouvais je le ferai mais je n'ai même pas réussi à le protéger Lui alors que j'aurais pu donner ma vie. Je ne suis pas doué pour ça. Tout ce que je fais c'est faire souffrir. Directement ou pas. »

J’aimerai vraiment pouvoir apaiser tes maux, ton âme, même si ce n’est pas une évidence pour moi. Je pourrais toujours essayer. Parce que la violence, la rancœur et la colère, ça ne marche pas alors peut être que ça …
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