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 Strike a match and whisper my name ▬ William

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MessageSujet: Strike a match and whisper my name ▬ William   Mar 30 Oct 2018 - 23:35

Strike a match and whisper my name
William & Enzo


■ Vendredi 16 Octobre ■

Dans la matinée

Nouvelle dynamique. J'ai parfois l'impression de courir un peu partout je l'admets mais je me rends compte que finalement, ça me va assez. Je prends le temps … de prendre le temps, malgré tout, je conserve autant que je le peux ma routine, mais je me vois pas ne pas faire des passages réguliers en Australie pour voir Derek, et Grand-Mère, tout comme je ne me vois pas quitter cet endroit pour le moment. J'en ai besoin, ce lieu, ces personnes, font partie de mon équilibre encore fragile et il m'est de toute façon impossible de partir maintenant. Pas en sachant Ismaelle certes en convalescence mais néanmoins blessée. Leiv est là, Owen passe régulièrement, elle peut compter sur Margo, Dimitri, d'autres encore, mais c'est là, au plus profond de moi, je dois être là pour elle moi aussi quitte à laisser un peu de côté parfois certaines personnes. Je fais ce que je peux pour concilier, sans m'oublier dans l'équation pour autant.
Elle va bien, Derek va bien, il est libre, même si je suis toujours concerné par le sort de certaines personnes là-bas, plus particulièrement l'une d'entre eux, je sens bien que je respire désormais plus facilement. Lentement mais sûrement, je me reconstruis, je sors du brouillard, je reprends le cour de mon existence puis me remplume.

Et certains rouages se débloquent. A chaque jour suffit sa peine comme on dit.

Deuxième séance avec Angelika ce matin. J'appréhende, bien sûr, je me dis que je vais sans doute encore passer quelques heures dans le fond de mon lit après ça avec le sentiment d'avoir la tête dans un étau mais c'est le jeu. Je veux m'extirper de tout ça, faire la paix avec certaines choses, avancer … Et je dois en passer par là, peu importe le temps que ça prendra. Pas d'entrainement avec Owen ce matin, je me suis contenté d'aller courir au levé du jour, nager un peu – oui elle est glacé, mais justement, ça fait du bien – et c'est relativement tranquillement que je m'apprête à partir pour mon rendez-vous.

« Tu veux que je t'accompagne ? »
« Non merci, ça va aller. Reste tranquille, ordre du médecin. »

Elle grimace, ça me fait rire. Essayer de maintenir cette femme au repos c'est comme … essayer de le faire avec moi, relativement. C'est pas dans sa nature de ne rien faire mais avec son bras, elle est limitée c'est certain. Et du repos, elle en a besoin. Pas uniquement pour ça. Alors je fais ce que je peux pour aider au maximum, pour ne pas prendre trop de place ni être un poids. Parfois je me dis que je ne devrais pas rester, après tout j'ai une famille, une maison, et ils ont leur vie de famille à vivre tous les trois, mais … J'suis pas encore prêt pour ça et jamais je n'ai l'impression d'être de trop.

« Je sors les chiens quand je rentre et je m'occupe de la porte du box dans la foulée. »
« D'accord. Merci Champion. »
« A tout à l'heure. »

J'attrape une pomme dans la corbeille de fruits et viens lui déposer un bisou sur la joue dans une brève étreinte avant de prendre la direction de la porte.

#

Fin de journée

« Tu as finis tes devoirs ? »
« Papa, allez s'il te plait c'est le weekend j'aurais tout le temps de les faire et il va bientôt faire nuit ! »

Not my business. Enfin si, parce que c'est pour sortir lancer le boomerang qu'Adrian fait les yeux doux à son père mais je n'interviendrais en aucun cas. Pas plus qu'Isma qui observe la scène avec un sourire amusé sur le visage. Qui aura le dernier mot ? La lute silencieuse s'installe … le suspens est à son comble … Le verdict est imminant ...

« Demain matin après le petit déjeuner, jeune homme. »

Touch down !

« Promis ! »
« Et couvre toi bien. »
« Merci Papa ! T'es le meilleur. »

Dit-il en venant l'entourer de ses bras. La scène est tout aussi touchante qu'amusante et si je sursaute c'est parce que Ismaelle vient poser sa main sur mon épaule l'air de rien, juste avec un sourire. Leiv est un père stricte, mais inconditionnellement aimant. Je ne peux pas dire qu'il me rappelle mon père mais par certains côté j'y trouve des similitudes, forcément. Adrian et lui on une belle relation.

« Toi aussi Enzo. »

Sans rien dire, tranquille, j'enfile une épaisseur de plus et une grosse écharpe. D'une, pour montrer l'exemple, de deux parce que Lycan ou pas on se caille les miches dans ce pays. Dix minutes plus tard nous voilà sur l'espace herbeux le plus éloigné de la maison pour lancer ce fameux boomerang. Un truc qu'on a commencé à faire peu de temps après que je sois arrivé ici et j'ai aucun de mal à admettre que j'adore ces moments-là passés avec lui.

Et regardez-le, fier comme un paon. Il a de quoi, les progrès qu'il fait sont largement notables même si je reste stoïque. Pour la forme, par jeu, clairement pour le titiller.

« Ah ! Tu vois ! »
« Je vois, je vois. »

L'air de rien, à mon tour, j'envoie le petit objet aussi fort que je peux et force est de constater qu'il y a du mieux chez moi aussi.

« Non mais toi tu triches aussi. »
« C'est moche comme attitude Adrian, j'vais être obligé de te balancer dans le Fjord. »

Sans prévenir, toujours aussi stoïque, je le chope et le balance comme un sac à patate par dessus de mon épaule tout en me dirigeant vers le rebord à quelques mètres de là. Il se débat comme un diable, j'ai du mal à garder ma prise sur lui autant l'avouer.

« Ah non ! Pas le Fjord c'est trop froid !!! »

C'est tout ce qui l'inquiète. On est clairement à des dizaines de mètres au dessus mais ça n'est pas la hauteur qui le perturbe, c'est la température. En attendant je m'amuse comme un gosse, profite de cet instant sans me poser la moindre questions, sans penser à tout ce qui a pu se dire ce matin, ce qui pourrait me prendre la tête, peser sur mes épaules. Surtout pas quand une légère brise m'apporte une information olfactive qui renforce mon sourire même si je ne me retourne pas et continue de marcher vers le bord.

« William aide moi !!! »

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MessageSujet: Re: Strike a match and whisper my name ▬ William   Sam 10 Nov 2018 - 22:56

- Bon, l’avantage c’est que t’es bon partout quand même.
- Ouais, mais ça m’aide pas à savoir ce que je vais branler de ma vie.
- Oui mais c’que je veux dire, c’est que ton dossier passe à peu près partout.
- Tu t’es décidée toi ?
- Non plus. J’hésite en fait.

Nous sommes là, comme deux idiots, à débattre sur que nous voulons faire de notre vie. Mes parents nous ont ( oui même à Macy c’est un peu les siens à elle aussi ) laissé du temps pour nous remettre du départ de Poudlard, de réfléchir, de prendre du bon temps… mais maintenant il serait bien qu’on se bouge un peu le cul pour être honnête. C’est beau les journées à la plage ou à Londres pour aller emmerder Jefferson. De papillonner sur son mec ou de faire chier les copains mais à un moment, il faudrait songer à décider de quoi faire de sa vie.
Et Macy et moi sommes particulièrement paumés sur la trajectoire à suivre.

- On est fait pour à peu près tout en même temps.
- J’sais pas. Y a un truc qui te ferais plus chier qu’un autre ?
- Ouais : les bureaux. J’aime bien ce qui est nouveau, le fait de pouvoir bouger un peu partout, voyager aussi. Faire des recherches.

Un déclic, qui se produit également chez Macy puisqu’elle redresse son regard penseur vers le mien.

- On devrait peut-être faire ça. De la recherche ? En quoi, je sais pas mais c’est déjà une première piste.

Et c’est toujours mieux que rien. J’me vois mal ne rien faire, ne pas bouger, ne pas apprendre. Et c’est de ça dont j’ai besoin : l’apprentissage constant. Découvrir, remettre les choses en question, en comprendre le sens et la recherche me semble le plus adapté.
Je jette un œil à ma montre et fronce les sourcils avant de naturellement afficher un léger sourire.

- Bah t’attends quoi pour le rejoindre ton mec au lieu de sourire comme un couillon.
- Eeeeh j’te permets pas Miss Davis. Surtout quand tu vas retrouver le tiens dans la foulée.
- Oh ouaiiis et il est temps. J’ai le vagina on fire !

On remercie Macy pour ces petites précisions que nous aimons tant.
Je m’en offusque pas, mieux, j’éclate de rire. Parce que j’suis pas mieux – même si nous n’avons pas l’anatomie – et que ça commence à faire beaucoup trop longtemps que je n’ai pas goûter à ce genre de plaisir de la vie. Et les textos que j’échange avec Enzo ne m’aide clairement pas à faire l’impasse.
Il m’invite, clairement, à venir le rejoindre et ça n’est certainement pas pour joué aux échecs. Et pour être honnête, j’ai pas l’intention de faire autre chose que ce que j’ai en tête.
En clair, là, tout de suite, j’ai envie de le bouffer sur place.

- Bon je remballe !
- Yep !

On le fait tous les deux parce qu’il faut croire que j’suis pas le seul à avoir les hormones en furies. On en rigole, on se taquine et on ne prend même pas la peine de passer par la maison pour prendre nos affaires.

« Je passe la soirée et la nuit chez Enzo ! Je vous tiens au courant de quand je rentre.
PS : les recherches d’études ont bien avancés, Macy et moi avons quelques pistes. On vous présente ça d’ici quelques jours.
Je vous aimes ! »


Un texto pour les parents, un baiser sur la joue de ma sœur et je prend la direction d’une ruelle isolée, où je sais que je serais tranquille pour mettre en œuvre mon portoloin.
Je dois attendre un quart d’heure de plus, le temps qu’il soit l’heure et je dois admettre que je piétine.
Au-delà du fait que j’ai clairement envie de lui, Enzo me manque. Ces derniers jours et semaines ont été compliqué depuis son retour, notre weekend a été avorté suite au retour de son frère – Ouais ça m’a foutrement agacé sur le moment mais j’peux clairement comprendre qu’il ait voulu le rejoindre au plus vite -, bref, rien n’est en notre faveur pour se retrouver uniquement tous les deux. Et je sais que là-bas les choses risques d’être aussi compliqué mais rien à foutre.
J’ouvre mon sac à dos, en tire un manteau et une écharpe que j’enfile avant de me saisir du portoloin.
Direction la Norvège. Le choc des températures est fulgurant et un long frisson me saisit.

- Bonjour !
- Bonjour William. Tu viens voir Enzo je suppose ?
- Oui, pour une visite surprise. J’espère que ça ne dérange pas ?
- Pas le moins du monde. Il est avec Adrian, plus loin, près du Fjord.

Il m’indique le chemin avec ce même air … à la Helland. Je le remercie et fait demi-tour. Je suis prévoyant, depuis que je sais que j’peux me les cailler ici, j’ai toujours des fringues de rechanges dans mon sac à dos ensorcelé mais j’ai visiblement pas prévu suffisamment de couches pour me parer complètement. Je marche vite pour me réchauffer et j’arrive bien plus vite que je ne l’aurai pensé près des deux jeunes hommes qui se chahutent.
Je prends quelques secondes pour assister à la scène, sourire aux lèvres. Deux choses me font plaisir dans ce tableau : L’entente entre ces deux-là. Et le sourire qu’affiche Enzo. Heureux et sincère, j’ai l’impression que plus les semaines passent, plus il reprend du poil de la bête et même si ça n’est pas toujours la folie, il fait d’énorme progrès.
Et j’suis content, heureux, de retrouver cette flamme chez lui. J’ai autant flippé que tout le monde de le voir rester au fond du trou mais encore une fois, il nous a prouvé qu’il était bien plus costaud que n’importe qui. Et c’est mon mec. Le mien.

- William aide moi !!!


On peut dire que j’ai pas tellement l’effet de surprise avec moi mais je suis suffisamment plein de ressource pour ne pas en avoir besoin. Spécifiquement ce soir.

- Mr Ryans serait prié de relâcher ce jeune homme immédiatement !

Et je joue un rôle, avançant d’un pas prudent comme s’il risquait de le jeter pour de bon dix mètres plus bas alors que nous sommes bien évidemment conscients qu’il ne prendrait jamais ce risque.
Enzo se retourne et mon cœur s’emballe. Mon sourire s’élargit un peu plus, taquin, joueur.

- Si vous ne le reposez pas tout de suite, vous serez privé de dessert pour trois semaines.

Et si cette menace raisonne comme une privation de sucrerie pour le plus jeune, je sais qu’il possède un tout autre sens pour celui que je ne lâche pas du regard.

- Haha ça sera tout pour moiiiii !

Ah l’innocence.

- A moins que vous ne préfériez avoir une chevelure licorne, ça peut aussi s’arranger.
- Owi ! Fais-lui des cheveux arc-en-ciel !

Mais je n’aurai pas besoin d’en arriver là, parce qu’il va le reposer sur le sol et que je n’attendrais pas deux minutes de plus avant de rejoindre ses bras. Ne serait-ce que pour une étreinte et un baiser.
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MessageSujet: Re: Strike a match and whisper my name ▬ William   Dim 11 Nov 2018 - 23:52

« Mr Ryans serait prié de relâcher ce jeune homme immédiatement ! »

Je m'arrête, ne me retourne pas tout de suite, mais les réactions de mon organisme sont immédiates. J'ai le palpitant qui s'emballe, un sourire qui s'étire sur le visage alors que je garde le regard braqué droit devant moi. Je ne sais pas ce qui a fait que mes rouages se sont débloqués, tout ce que je sais c'est que depuis que j'ai ouvert les yeux ce matin je ne pense qu'à lui. Un truc qui vous prend aux tripes, comme un brasier qui reprend vie peu à peu. Il n'a jamais vraiment été éteint, simplement quelque chose dans ma tête, dans mon corps, empêchait les flammes de repartir jusqu'ici.
Lentement, je finis par me retourner et plante mon regard droit dans le sien. Je peux y lire des tas de choses, un truc qui entretient ce que je ressens moi-même. Ces derniers temps ont été compliqué pour nous deux, d'une parce qu'on n'a pas vraiment eu l'occasion de se retrouver seul pour réparer les morceaux cassés malgré eux, de deux parce que même si je vais mieux, c'est pas l'éclate tous les jours. J'ai eu besoin de temps pour accepter l'idée d'être diminué, de bien des manières, et se dire qu'au bout de 6 mois de relation à peine on inflige ce genre de trucs à la personne avec qui on est c'est pas franchement évident. Les réveils en sursaut en pleine nuit, les crises d'angoisse, les absences, les blocages aussi bien physiques que psychologiques … Il aurait pu foutre le camp, il ne l'a pas fait. C'est même tout l'inverse. Ça ne m'étonne pas de lui dans le fond mais tout de même, je sais que si ça été difficile pour moi ça l'a été tout autant pour lui et je lui suis sincèrement reconnaissant d'être autant présent.

Aujourd'hui, je le sens au plus profond de moi, quelque chose change dans notre atmosphère et je suis déjà en train de penser à la manière dont je vais lui enlever chaque épaisseur qu'il porte sur lui.

« Sinon quoi ? »
« Si vous ne le reposez pas tout de suite, vous serez privé de dessert pour trois semaines. »

Évidemment. Ma langue vient claquer contre mon palais alors que je lâche un rire bref. Tout n'est que sous entendu, la façon dont Adrian comprend les choses est bien différente de ce qu'il exprime et de ce que j'imprime. Des menaces, hum ? Je prends plutôt ça pour une manière de me tenter, me provoquer, accentuer toutes ses choses que je ressens déjà.

« Haha ça sera tout pour moiiiii ! »

Dit-il fièrement, toujours comme un sac à patates en travers de mon épaule.

« A moins que vous ne préfériez avoir une chevelure licorne, ça peut aussi s’arranger. »
« Owi ! Fais-lui des cheveux arc-en-ciel ! »
« Si tu fais ça c'est toi qui sera privé de dessert pendant trois semaines. »

On ne se quitte pas du regard, quelque chose est clairement en train de s'installer ici, à en faire vibrer l'air, à me donner des crampes.

« Pour ton information t'es à la diète depuis 49 jours et ta glycémie doit être vraiment basse actuellement. »

Des sous-entendus, encore, dans la provocation stoïque, encore, et oui j'ai compté les jours. Cette envie de lui n'a jamais disparu, elle a juste été étouffée quelques temps par des choses contre lesquels je ne pouvais pas luter. Mais maintenant que je l'ai là, face à moi, je sais que je suis en phase avec moi-même, avec ce que je ressens, avec ce dont j'ai envie.

« Et toi fais pas trop le malin sinon j'balance à tout le monde pour qui tu craques. »
« Hey ! Non ! Traitre ! »

J'le ferais pas, question d'honneur, mais qui a dit que je ne pouvais pas le menacer un peu avant de le reposer par terre ? C'est chose faite et il se venge en essayant de me sauter dessus. J'ai retrouvé pas mal de mes capacités physiques à force d'entrainement, mon appétit revient, j'ai repris du poids et je sais que ça joue dans l'équation mais pour l'heure ça me permet surtout de contrôler sans trop de mal ce gamin pour qui je me suis pris d'affection. Il perd son souffle avant moi, décide d'aller faire un check à Will et je reste à ma place, là, à quelques pas, sans franchir la distance de quelques pas qui nous sépare encore. Mes yeux dans les siens, mes mains dans mes poches et un sourire fin sur le coin des lèvres.

« Salut. »

Dans certaines situations pas besoin de mots, pas besoin de gestes non plus, tout passe par le regard et l'alchimie qui envoie des tas de signaux dans l'air. Ils doivent d'ailleurs relativement éloquent ...

« Vous allez faire l'amour ? »

… pour que même Adrian du haut de ses 13 ans ne passent pas à côté. Je ne manque pas de m'étouffer, ça me fait juste baisser la tête et s'affaisser mes épaules dans un rire à la fois amusé et … Pas gêné, non, je suis au delà de ça, mais quelque chose qui s'en approche pourtant.

« On peut pas. On n'est pas mariés. »
« Bah j'vous marie moi si vous voulez. »

Ce gosse a manifestement réponse à tout et semble trouver la situation tout à fait hilarante. Mélange d'innocence et … d'adolescence. C'est un malin, avec une bouille pareil il embobine tout le monde … ça me rappelle vaguement quelqu'un. Plusieurs personne, en réalité, moi inclus j'ai pas peur de le dire mais s'il pouvait éviter de sortir ce genre de trucs devant son père ça m'arrangerait.

« Ça t'embête si on reprend ça demain ? Y a un truc que j'aimerais bien montrer à Will. »

De nouveau mes yeux dans les siens, mais mon regard ne tarde pas à descendre jusqu'à ses lèvres.

« J'vais continuer à m'entrainer ! »
« Ça marche. Rapproche toi un peu de la maison alors. »
« D'accord. A plus tard les gars ! »

Il récupère le boomerang et nous salue d'un geste de la main avant de partir en trottinant vers la maison. Je l'admets, c'est une forme de tendresse qui doit traverser mon visage l'espace d'un instant alors que je le regarde s'éloigner. Celui d'après mes yeux se reposent sur mon petit ami que je n'ai toujours pas ni touché, ni embrassé.

« Viens avec moi. »

Je lui tends la main, gardant ce calme qui continue de laisser planer ce qu'il faut de tension mais dès l'instant où sa paume et ses doigts se joignent aux miens je nous fais transplaner sans prévenir. Pour quelle destination ? Pas très loin, à quelques kilomètres au Nord, près d'une petite cabane de pêcheur sur laquelle je suis tombé ce matin en faisant mon footing. Inoccupée, isolée, le genre de petit chalet en bois que les gens viennent sans doute occuper le weekend pour se détendre après une semaine de boulot. J'en sais rien et à vrai dire j'y pense pas tellement. Dès l'instant où on touche terre tous les deux je ne me retiens plus, laisse parler ce désir qui commençait presque à me faire mal. Mon corps vient percuter le sien, le plaquer contre le bois de la cabane et mes lèvres s'emparent des siennes avec avidité. Je les dévore, cherche le contact de sa langue en laissant glisser mes mains jusqu'à son jean et tandis que mon bassin vient exercer une pression contre le sien, le cherchant sans détour, je l'empoigne sans jamais quitter sa bouche. Son manteau et le mien sont des obstacles, tout comme les écharpes, alors que je ne rêve que d'une chose c'est d'embrasser son cou, le mordre, et laisser enfin mes mains glisser sur sa peau tout comme je meurs à petit feu de vouloir sentir les siennes sur moi. Je veux qu'il me touche, enfin, au delà de l'envie presque un besoin après l'avoir tenu à distance malgré moi pendant trop longtemps.

C'est le manque d'air qui me fait quitter ce baiser, et c'est le souffle court et le cœur qui bat à 100 à l'heure dans ma poitrine qui se soulève rapidement, que mes yeux cherchent les siens à nouveau.

« Je sais pas à qui c'est et honnêtement je m'en fous. Tout c'que j'vois c'est qu'on y sera seuls et tranquilles. »

L'invitation est claire et évidente, je suis sûr de moi et je sais que ça transparait. Une main à plat contre le bois, l'autre toujours posé sur le creux de ses reins, même un peu plus bas, je trouve la force d'afficher un sourire de branleur l'espace d'une seconde malgré tout.

« J'espère que t'as emmené ton jeu de cartes. »

Conneries. Évidemment. Personne ici n'a envie de jouer aux cartes. Personne ici, je crois, n'a envie de jouer tout court.
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