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 More Human Than Human [One Shot]

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MessageSujet: More Human Than Human [One Shot]   Ven 5 Oct 2018 - 22:21

More Human Than Human
Enzo


■ Jeudi 8 Octobre 2015 ■

Il est 8h04, je suis en avance de six minutes sur mon footing du matin. Est ce que ça veut dire que je récupère de l'endurance et de la vitesse ? J'imagine. J'ai aussi repris quelques kilos. Enfin, deux, mais c'est déjà ça. L'appétit revient petit à petit. Les copains m'ont offert un MP3 remplis de musiques que chacun écoute alors forcément ça fait un sacré mélange mais je prends goût à courir avec du son dans les oreilles de temps en temps et ce matin c'est Marylin Manson qui m'a accompagné. Pourquoi pas. J'aime bien même si c'est un peu sombre.
Mes journées se déroulent pour la plus part de la même manière, sans réelles surprise, mais aujourd'hui il y a une nouveauté. Aujourd'hui c'est ma première séance chez le psychomage et j'appréhende énormément. De là à dire que je me sens prêt je ne sais pas mais même si j'ai écouté les conseils des uns et des autres, ça été ma décision. Je ne supporte plus les cauchemars, je veux me sortir de cette angoisse latente qui m'empêche de réellement reprendre contact avec le monde, sans parler de la colère qui parfois débarque sans prévenir. Ça et le lien interrompu entre Loup et moi. Probablement de vieilles fêlures pas totalement comblées ... Bref, y a du boulot, mais ce qui me pèse le plus je crois c'est de rêver quasiment toutes les nuits de Maman, et qu'à chaque fois elle fini par me faire du mal d'une manière ou d'une autre. Cet enfoiré a sali sa mémoire, je veux réparer ça, être en paix avec elle et ne plus avoir peur de la croiser dans mes songes.

Ça été mon déclic, quoi qu'il en soit.

Quand j'arrive à petite foulée devant la maison et commence à m'étirer contre le bois de la terrasse, Ismaelle ouvre la porte, laisse une boule de poils blanche en sortir puis une deuxième, plus petite et plus colorée. Les deux chiens me font la fête et je me dis que j'ai hâte de pouvoir emmener Wax courir avec moi.

« Il va falloir qu'on y aille bientôt. »

Chez le Docteur Angelika Karlsen, à Stavanger, de l'autre côté du Fjord. Une connaissance de Kingsley et de Leiv qui a accepté de me rajouter « en urgence » dans son planning. Je ne sais pas si le feeling sera là, on verra bien. J'appréhende énormément, j'ai clairement envie de faire marche arrière, me barrer en courant pour passer la journée seul au milieu des bois ou sur le Fjord mais je ne le ferais pas. Je ne dois pas le faire.

« Je prends ma douche et j'arrive. »

Et j'y reste un moment, cherchant la détente sous l'eau brûlante sans réellement réussir à me vider la tête ni même à calmer les battements de mon cœur. Pas de crise de panique ni d'angoisse à l'horizon, quoi qu'il en soit, c'est déjà ça. J'aimerai que Liam soit là, avec moi, j'aimerai me perdre dans sa présence et son toucher.
Retour sur terre. Vêtements propres, plus ou moins chauds, téléphone dans la poche arrière. Puis la table de la salle à manger que je fixe sans toucher à rien. L'estomac et la gorge noués, je sais que ça ne passera jamais alors je lève le regard vers Leiv qui est là, présence silencieuse, attentive mais pas oppressante. Jamais.

« J'suis désolé, j'y arriverai pas ce matin. »
« Essaie au moins de boire ça et emmène un fruit. »

Non pas un ordre mais un conseil, que je compte bien suivre. Un jus multivitaminé, une potion pour mes carences, et une pomme dans la poche de mon sweat. Je passe quelques minutes le visage dans le pelage de Wax, Fenrir contre moi lui aussi, je passe même voir Mila et Taska au pré et ça n'est pas pour reculer l'échéance, simplement pour trouver cette paix que seuls eux peuvent m'apporter. Puis Lune, bien sûr, qui vient frotter sa tête contre ma tempe. Soupir. Transplanage.

« Tu préfères rentrer tout seul ou qu'on revienne te chercher ? »
« J'en sais rien. »

Je l'écoute, mes yeux eux n'ont de cesse d'observer ce nouvel environnement dans lequel je n'ai aucun repère. On a atterrit dans la cour d'une maison, tout est calme, je me sens néanmoins pris au piège et lorsque Ismaelle m'attrape la main je sursaute.

« Ça va aller. »

Je hoche la tête, incapable de lui rendre son sourire. Mon regard se pose furtivement dans celui de Leiv quand il pose sa main sur mon épaule et je reprends instantanément mon observation des lieux. Dans ma poitrine mon cœur s'emballe, mon souffle s'accélère … Puis tout s'arrête quand la porte de la maison s'ouvre pour laisser apparaître une femme. Grande, mince, de longs cheveux blonds et un sourire avenant, tranquille.
Comme un enfant cherche le contact rassurant de ses parents le jour de la rentrée c'est vers Ismaelle et Leiv que je cherche de quoi me rassurer. Mais ce pas, je le sais, je dois le faire seul. Alors après avoir pris une profonde inspiration je me détache d'eux et avance vers cette inconnue qui m'accueille sans jamais cesser de me sourire. Sans en faire trop. Elle me tend la main, je lui tends la mienne en retour sans même effleurer l'espoir une seconde qu'elle ne ressente pas mes tremblements.

« Bonjour Enzo. »
« Bonjour … Docteur ? »

Comment est ce qu'on doit appeler ces gens là ?

« Appelle moi Angelika. »

Je ne sais pas si j'y arriverai, ça n'a pas tellement d'importance. Un léger silence s'installe, je ne suis clairement pas à l'aise dans mes pompes, elle le sent c'est évident et ne me presse pas. Une dernière fois je cherche le regard de cet homme et cette femme qui prennent chaque jour le temps de m'aider à me reconstruire. Soupir. Quand mes yeux se posent à nouveau dans ceux de cette femme c'est pour lui donner le feu vert. Sans me laisser le temps d'hésiter ou de faire demi-tour je la suis à l'intérieur, dans cet endroit qui en toute objectivité est magnifique mais dans lequel je me sens néanmoins pris au piège.

« Pour commencer, je t'invite à trouver l'endroit dans cette pièce où tu penses te sentir le plus à l'aise. Tu n'es pas obligé de t’asseoir, si tu préfères rester debout et même aller et venir tu le peux. L'important c'est d'appréhender l'environnement de manière sinon positive au moins neutre au départ. »

Rien que du bois, un peu de pierre, ça pourrait presque me faire penser à chez moi. Un canapé, quelques fauteuils, des bibliothèques … Là, on pourrait se croire chez ma Grand-Mère. Tous ces endroits ont l'air confortables, je suis certain qu'ils le sont mais ...

« Dehors ? »

Il y a un demi sourire sur mon visage quand je pose cette question, simplement parce que même si j'aimerai, je ne pense pas que ça soit possible. C'est donc une certaine forme d'ironie mais ça réponse me surprend.

« On peut. »
« Vraiment ? »
« Tout à fait. »

Il faut croire que j'avais des idées reçues.

« Alors je veux bien, oui. Merci. »

Les secondes passent, je me détends un peu mais la boule présente dans ma gorge ne semble pas prête de s'effacer de si tôt. J'ai l'estomac tout aussi noué, l'air frais de l'extérieur délasse un tant soi peu mes muscles. C'est une arrière cour, ouverte sur un étang, avec un grand chêne en son centre. Au sol des feuilles mortes éparpillées, une fontaine qui apporte un bruit constant et apaisant d'eau, et un salon de jardin. C'est là qu'on s'installe, chacun dans un fauteuil tout aussi confortable que ceux présents à l'intérieur même si ça n'est pas le même modèle. Tassé sur moi-même, les mains planquées dans les manches de mon sweat, je ne peux pas m'empêcher de regarder partout autour de moi. Je suis un jeune adulte, je crois, aujourd'hui je ne suis qu'un enfant complètement perdu et effrayé.

« Tout ce qui se passe ici n'appartient qu'à toi, tu choisis de partager avec moi ce que tu souhaites et je te guiderais au fil de notre discussion ou des silences si c'est comme cela que ça doit se passer. »

Cette envie de prendre mes jambes à mon cou est toujours bien présente, mais je ne bouge pas.

« Je … J'ai jamais fait ça. Je sais pas ce que vous attendez de moi, ce que je suis censé dire, ou faire, par où commencer. C'est ... »

Sur le sol, mon pied claque dans le prolongement de ma jambe qui s'agite. Je renifle, me frotte le visage d'un revers de manche, tous ces gestes étant simplement des tics nerveux c'est une évidence. Et on passera sur l'envie de chialer qui se pointe elle aussi. J'aimerai que mon chien et mon chat soient là, ma grande carcasse n'est pas du tout à l'aise malgré le confort du mobilier.

« Qu'est ce qui t'a poussé à venir me voir ? Est ce qu'il y a eu un élément déclencheur ? »

Nous y voilà, j'imagine. Ce moment où il faut se lancer, cet instant qui devient le déclencheur et doit délier la langue ? Il me faut encore quelques secondes dans le silence pour faire taire toutes ces réactions de mon corps et me tranquilliser suffisamment pour me débloquer, être en mesure de parler, pour réfléchir à sa question aussi. Mon regard, lui, se fait fuyant, pour finir braqué sur un morceau de jonc séché que je trimballe partout avec moi sans trop savoir pourquoi et que je triture entre mes doigts nerveux. J'ai peur. J'ai la trouille d'ouvrir la boite de Pandore.

« Ma mère, je crois. Mes parents. »

Ma voix tremble, sans surprise. Elle est étranglée par les sanglots. Parler à ses amis, à ses proches de manière générale, c'est une chose. On n'a pas toujours besoin de mots, ici je n'ai pas le choix. Je dois aller creuser dans les recoins de mon esprit, y compris ceux dont la porte est fermée par plusieurs cadenas, et formuler tout ça.
Mais quelque chose semble se déclencher, se débloquer finalement. Après un soupir, long et profond, je relève le regard vers le sien et y reste ancré.

« Ils sont morts il y a trois ans et demi. J'ai fait mon deuil je pense, j'accepte qu'ils ne soient plus là même s'ils me manquent mais ... »

A nouveau le regard esquive, je regarde le ciel comme si ça pouvait m'épargner une chute vertigineuse vers le réel, vers ces souvenirs récents, ces rêves incessant … Quand mes yeux retrouvent les siens à nouveau je crois que l'expression sur mon visage n'est plus la même. Elle est plus franche, plus ferme, plus déterminé, trahissant sans trop de mal les émotions qui circulent actuellement dans mes veines.

Elles n'ont plus rien à voir.

« A cause d'une personne mal intentionnée je rêve d'eux, spécifiquement d'elle, de manière difficile. Négative. Toutes les nuits. »

J'entends encore les mots prononcés cette fois-là, alors que je mourrais à petit feu dans cette cage, ils ricochent inlassablement contre les parois de ma boite crânienne. La nuit ça revient, de manière déformée, amplifiée. J'ai pas envie de finir à 18 ans en train de pisser de trouille dans mon lit comme un gamin de 2 ans. L'humiliation, elle a été suffisamment importante comme ça ces dernières semaines. J'essaie de passer au dessus mais j'oublie pas qu'on m'a retrouvé dans un état lamentable, dans un endroit abjecte et souillé dont l'odeur flotte encore parfois de manière fantôme autour de moi. Que ça soit Ismaelle, Leiv ou même Margo, ça ne change rien. J'oublie pas non plus que je n'ai pas tous mes souvenirs de ce qui a pu se passer là-bas, comment j'y ai atterri, ce qu'on a pu me faire … Ce que j'ai pu faire … On m'a réduit à ça, le fait d'avoir occulté certaines choses n'effacent pas ce qui reste en mémoire et d'avoir été sous une autre forme la plus part du temps n'y change rien. J'suis pas un putain d'animal, je suis un être humain qu'on a traité comme un clébard et laissé baigner dans un tas d’immondices entre deux séances de torture. Ça ne change rien aux faits, aucun animal ne mérite d'être traité comme ça non plus.

Le corps se répare, il prend son temps et a parfois des rechutes, des sursauts, mais il se répare, il oublie. La tête … Elle sature. Les lésions sont plus sérieuses et je crois que j'étais loin du compte.

J'ai pas réalisé, perdu dans mes pensées, que j'en suis venu à me ronger les ongles, me mordre le bout des doigts, l'autre poing serrés sur mon ventre, à même la peau, sous mes vêtements avec une violente envie de hurler, de tout casser, une dérangeante envie de gerber. Tout ça, je peux pas en parler. Je peux pas remuer toute cette merde. Un jour, peut-être, mais à quoi bon ? J'en sais rien. Je sais plus. Tout ce que je sais c'est qu'elles sont là, encore, les larmes qui me font rougir les yeux et roulent déjà sur mes joues même si j'essaie de les en empêcher en les essuyant brutalement.

Parce que je me souviens de l'amorce de cette conversation, de la réponse à la question qu'elle vient de me poser.

« Je ne veux pas avoir cette image d'eux parce que je sais qu'elle est fausse. Je … Ils ne m'auraient jamais fait de mal. »

Rien ni personne ne pourra un jour me faire envisager le contraire, si je devais avoir une seule certitude ce serait celle-ci et aucun psychopathe ne la fera flancher. Ca n'efface pas les effets, les dommages collatéraux, mais c'est déjà ça.
En attendant il n'y a rien à faire, c'est foutu et je le sais. Je n'arriverai pas à les empêcher d'éclater ces putains de larmes qui sont devenues presque comme le prolongement permanent de moi-même ces derniers temps. Jusqu'à me filer une migraine à vouloir vous arracher la tête.
Alors je suis là, face à une femme que je ne connais pas, en train de chialer comme un môme qui se sent largué sans ses parents, qui donnerait n'importe quoi pour qu'ils soient là. Je voudrais qu'ils viennent eux-même me dire que tout ça, c'est pas vrai, qu'il faut oublier, que ça ira. Qu'on va aller chercher Derek et rentrer à la maison tous les quatre pour s'enfermer dans notre bulle comme avant.

#

J'ai un peu de mal à retracer le fil de notre échange. J'ai beaucoup parlé de mes parents, étrangement, parce que clairement je ne m'attendais pas à ça. Et quelque part ça m'a fait du bien, ça m'a fait du bien de parler d'eux en faisant remonter mes propres souvenirs, des bons en majorité, et non pas ces fausses images envoyées par mes cauchemars ou les manipulations de mon geôlier.
Je sais que ça ne changera pas du jour au lendemain, j'ai compris aussi qu'en reprenant tout depuis le départ j'allais devoir revivre ces trois dernières années et tout ce qu'elles ont apporté avec elles mais à chaque jour suffit sa peine, c'est ça ? Y aller en douceur, ne pas attaquer les traumatismes les plus graves de manière frontale, lâcher un peu de lest aussi …
Malgré la violence et la brutalité avec lesquelles je me suis pris certaines choses en pleine poitrine à nouveau, ça m'a fait du bien. C'était très difficile, douloureux même, mais ça m'a soulagé d'un poids, je crois. Je ne l'ai pas ressenti comme ça dès le départ, en sortant je n'avais d'ailleurs aucune envie de ne serait-ce qu'envisager de renouveler l'expérience. Il m'a fallu quelques heures, y compris pour réaliser que le feeling passe bien avec Angelika, chose primordiale si j'en crois les quelques personnes avec qui j'ai pu aborder le sujet de la psychomagie et la psychothérapie. Elle m'a donné des exercices à faire, m'a proposé un nouveau rendez vous, je lui ai répondu que j'avais besoin d'un peu de temps.

Lessivé, la tête dans un étau et l'estomac au bord des lèvres, j'ai rendu la totalité de ce que j'ai pu manger ces dernières heures – c'est à dire pas grand chose – à peine arrivé chez Leiv et Isma. Sans dire un mot j'ai été m'écrouler dans mon lit et me planquer sous la couette, potion contre la migraine à l'appuie. J'y suis resté un bon bout de temps, position fœtale, sans parler, sans dormir, sans bouger si ce n'est le mouvement répétitif de ma main qui allait et venait dans le pelage de Lune venue se lover contre moi, les ronrons poussés au maximum de leurs décibels.
J'ai fini de revenir sur terre en allant balader les deux chiens au dessus du Fjord pendant une petite heure, perdu dans ma solitude, juste le temps d’atterrir et retrouver mes esprit. Du temps pour moi, à moi, dans un écrin de silence et de calme avant d'ouvrir à nouveau la porte aux autres.

Un pas après l'autre.


   
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