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 Need to get a ride ▬ Mateo

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MessageSujet: Need to get a ride ▬ Mateo   Mar 4 Sep 2018 - 22:52

Need to get a ride
Mateo & Enzo


■ Mardi 6 Octobre 2015 ■

Fin de matinée
(Heure Norvégienne)

Je ne peux pas tellement dire que je connais la Norvège puisque jusqu’ici je n’ai pas vraiment bougé en dehors de la propriété où vivent Leiv, Isma et Adrian par alternance. Pour autant, le peu que j’en ai vu est plutôt du genre à vous coller des étoiles dans les yeux et pour peu que vous soyez un amateur de nature je pense que cet endroit du globe peut rapidement devenir le paradis. Des lacs, des forêts, je ne parle pas des Fjords et donc de l’océan, des étendues sauvages à perte de vue et mon lieu de vie actuel est littéralement perdu au milieu de tout ça.
Depuis que j’ai recommencé à courir j’en découvre un peu les contours chaque matin et le calme environnant permet réellement de trouver une certaine paix de l’esprit – autant dire que c’est exactement ce dont j’ai besoin. Hier j’ai croisé une femelle élan avec son petit entre autres petits mammifères et ongulés, ce matin un renard m’a observé pendant un moment sans doute pas trop certain de ce qu’il sentait émaner de moi, je sais qu’il y a des loups un peu plus haut dans le pays et je compte bien renouer un peu plus avec l’océan dès que je le pourrais histoire de voir quel genre de mammifères marins je peux trouver dans ces eaux glaciales.

Bref, oui, c’est le paradis.
Mais ça n’est pas chez moi.

De mémoire j’ai toujours procédé comme ça. Peu importe où j’étais je me trouvais un spot rien qu’à moi où je venais me poser quand j’avais envie d’être seul, dans le calme, ou quand mes idées étaient un peu tristes et noires. Ce matin c’est un peu le cas, alors au lieu de m’enfermer dans ma chambre pour bosser j’ai préféré aller faire un tour après le petit déjeuner. Wax a voulu venir mais étant donné l’endroit où je me trouve c’est catégoriquement non. Les jambes dans le vide, je suis assis au bord d’un promontoire fait d’énormes roches qui domine la vallée et le Fjord. Il y a du vent, je me caille les miches tassé sur moi-même dans mon gros sweat à capuche que m’a offert grand-mère et l’écharpe qui me vient d’Amelya, mais au moins je me concentre un peu sur autre chose que mon dernier cauchemar en date : Ma mère qui me traite de monstre, encore, en me balançant un sort qui creuse des entailles partout sur l’intérieur de mes bras, se propage sur le reste de mon corps, et alors que je me vide de mon sang et que j’appelle à l’aide, tout ce que je vois c’est le dos de mon père incapable de se retourner pour regarder son fils droit dans les yeux. Joie.
Ça s’espace, j’ai l’impression que certaines nuits sont plus calmes - probablement en grande partie grâce aux potions calmantes que je bois tous les soirs avant de dormir - mais j’en peux plus d’avoir cette image d’eux dans la tête, une image complètement fausse. Parfois ça me met en colère, d’autre ça me rend profondément triste, passés ces deux sensations c’est la détermination qui se pointe après une heure ou deux dans le silence le plus total.

Ça ne peut plus durer.

Mes doigts glissent lentement sur les lignes de mon tatouage qui aujourd’hui représente une sorte de conflit intérieur à mes yeux car mon rapport à ma Lycanthropie a été secoué lui aussi, puis l’impulsion. Les yeux fermés, je prends une profonde inspiration et pousse sur mes bras pour me relever. Direction la maison, des pensées plus réelles et plus douces dans la tête. William qui a pris un an de plus hier – et qui n'a pas fini d'en entendre parler puisqu'il devient officiellement mon p'tit vieux – la même chose pour Jill quelques jours plus tôt, Wax qui apprend vite, Adrian qui va sans doute me demander de continuer à lui apprendre à lancer le boomerang dès qu'il revient, la soirée avec les copains vendredi soir même si quelque part j'appréhende un peu, l’Amazonie avec Ora dans quelques temps je l'espère, les lettres qu’on échange avec Keza, celles avec Derek qui me rassurent et me permettent de retrouver mon frère d'une certaine manière en attend de le récupérer en chair et en os, les conneries que m’envoie Caem régulièrement et Mateo a qui j’envoie un sms sur le chemin pour lui demander ce qu’il fait aujourd’hui – même s’il ne le recevra que dans quelques heures étant donné le décalage horaire. Sauf s’il est au Royaume-Unis pour une raison ou une autre – parce que j’ai un truc à lui proposer.

Oui, un truc hyper indécent comme il les aime, parfaitement.

« J’veux y aller. »

Et à présent c’est devant Ismaelle que je me plante alors qu’elle s’occupe d’un des Abraxans dans l’énorme grange qui borde le potager tout aussi large. Un sourcil arqué, elle me regarde sans comprendre alors je lui précise le fond de ma pensée de manière franche bien qu’un peu fébrile.

« Chez le Psychomage. »

La petite étincelle dans son regard ne m’échappe pas, pas plus que la pointe d’angoisse que je ressens au fond de moi, mais c’est ce que je veux. Je veux qu’on m’aide à me sortir ces horreurs de la tête parce que tout seul je n’y arrive pas. Et je suis prêt à n’importe quoi pour ça et Merlin sait qu'il y a du boulot. Pour ça, mais pas seulement.

Elle m’offre un sourire plein de tendresse et choisi l’option qui me va le mieux : Ne pas en faire des caisses.

« On va te prendre rendez-vous. »

A peine trois secondes plus tard les deux chiens débarquent dans un concert de jappements tandis que Lune, perchée sur un des pans du box à hauteur d’Orage les toise avec mépris.

Et ça me fait sourire.

Aux alentours de minuit
(Heure Norvégienne)

Après midi tranquille, ponctuée de bricolage, d'un peu de sommeil, de temps passer avec Isma à l'aider pour des trucs manuels ou m'occuper des Créatures et des chiens. Mais dans ma tête et mes jambes, des fourmis, une impatience. C'est pas l'appel de la forêt cette fois mais celui de l'océan, de ma maison, de certains de mes repères abandonnés depuis de longues semaines maintenant. Et ce besoin de bouger, de voir autre chose, de changer d'air même si j'adore cet endroit. J'ai passé mon été à me balader sur divers continents, y compris sur le mien, et même si je sais que c'est pour mon bien de rester ici pour le moment, j'ai parfois le sentiment d'être un malade a qui on rend visite. Sans que ce ne soit de la faute de personne il arrive que ça me pèse, que ça me frustre, et je sens bien que l'appel du large se fait sentir certains jours plus que d'autres. Je pense que c'est d'ailleurs en partie pour ça que j'ai demandé à Mateo de m'accompagner chez moi, officiellement pour ramener des affaires mais pas seulement. Et pour ça aussi, entre autres, que j'ai proposé à Will qu'on aille y passer le weekend tous les deux même si à vrai dire j'ai autre chose qui commence à me trotter dans la tête depuis quelques heures ... Ne pas se précipiter, prendre le temps, je sais ... Mais parfois j'étouffe et j'ai besoin de voir autre chose, ressentir plus intensément, juste ... avoir le sentiment que je peux reprendre ma vie là où je l'ai laissé même si c'est loin d'être simple et que certains jours sont plus difficiles que d'autres.

Tout est calme, la nuit est froide et silencieuse. Assis sur les marches de la terrasse, capuche d'un gros sweat sur la tête, je regarde les étoiles avec un sourire absent sur le visage. Leiv et Isma sont couchés depuis un moment, les deux chiens dorment l'un contre l'autre près du feu qui s'éteint tranquillement dans la cheminée. Il fait froid, le ciel est clair, très dégagé, je m'amuse à fermer les yeux parfois pour accentuer l'acuité de mon ouïe dans le but de percevoir jusqu'au grignotement du mulot qui vit sa vie innocemment dans un coin sans se douter que le prédateur blanc comme la neige posée tant bien que mal sur mes épaules pourrait mettre un terme à son existence en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Hiboux, chouettes, j'arrive à isoler le chant d'Okar qui chasse et profite de sa nouvelle retraite. Un peu plus loin, c'est le bruit de l'eau du Fjord que je perçois.

Puis une sorte de « ploc » familier qui ne me fait pourtant pas ouvrir les yeux. Mon sourire, lui, s'élargit à mesure que j'entends ses pas fouler l'herbe dans ma direction. Et une fois que je suis certain qu'il est suffisamment près pour entendre ...

« T'es pas v'nu avec ta mère, j'suis déçu. »

J'ai peut-être perdu un paquet de kilos et sûrement des cases dans ma tête mais pas d'bol, mon humour de merde et mon tempérament de sale gosse sont toujours là ... Tu me pardonneras instantanément quand t'auras vu le lever de soleil qui nous attend là-bas, crois moi.


   
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MessageSujet: Re: Need to get a ride ▬ Mateo   Ven 28 Sep 2018 - 13:27

Need to get a ride
Enzo & Mateo


■ Mardi 6 Octobre ▬ Matinée ■

Sa demande ne m’a pas surprise, au contraire, ça m’a plutôt fait plaisir qu’il me demande de venir l’aider pour débarrasser des affaires. La demande peut paraitre un peu con, banale mais quand vous avez eu l’impression de perdre un de vos meilleurs potes, que vous ne le reverriez jamais, ce genre de moment devient soudainement précieux. Une sorte de seconde chance que je compte bien saisir pour en profiter, de lui, de la vie, du temps passer avec ceux qu’on aime. Ça me ramène amèrement à Camélia mais j’en parle pas. A quoi ça servirait ? A rien, si ce n’est que remuer des choses que je préfère garder tapis dans l’ombre, me concentrant sur la survie d’Enzo. De ce que j’en ai compris, c’est un putain de miraculé et la situation me pousserait presque à renouer avec Dieu, la vie entière m’y pousserait. Ma mère me dit que c’est parce que je trouve peu à peu la paix mais j’en sais trop rien, c’est chelou comme façon de penser, presque un peu lâche. De se dire que maintenant que ça va mieux, j’retourne dans les rangs des croyants.

Chapelet de Camélia entre mes doigts, je l’égrène en silence, assit sur mon lit. Sans prière, sans vraiment de pensées si ce n’est que pour elle, avant de le replacer autour de mon cou. J’ai aussi pris conscience que quoi que je fasse, quoi que je dise, elle me manquera cruellement. Où que j’aille, elle sera là.

- Tu ferais mieux de mettre autre chose sur le dos si tu vas en Norvège.

Je redresse la tête, fait face à mon père.

- On reste pas là-bas, on va en Australie après. Je suis debout, enfile ma veste en cuir. Autant te dire que c’est pas les mêmes températures.
- Pas faux. Avant que tu partes, j’ai un truc à te dire.

Il se décolle de l’embrassure de la porte et le plus naturellement du monde il me lâche.

- Le permis moto, ça t’intéresse toujours ?

J’ai une gueule de poisson en apnée parce qu’il me balance ça comme s’il me demandait de ramener des brioches sur le chemin du retour et sur le coup, j’crois qu’il me fait une de ses sales blagues à la con parce que mon père est un expert pour ça. C’est un filou comme dirait abuela.

- Euh … ouais, carrément.
- Fais pas cette gueule-là Mat’, j’viens juste te dire que ta mère et moi on est prêt à t’en payer une partie.
- Sérieux ?
- Oui, un cadeau pour les années où on n’a pas pu se voir et être ensemble.

J’me sens con. A moins que ça ne soit clairement du malaise que je ressens. Je sais que c’est loin d’être une façon de m’acheter pour les années passer loin des autres et que ça vient du fond du cœur mais j’peux pas accepter ça, pas sans débattre, pas sans leur dire que j’préfère me débrouiller seul. Mais j’ai face à moi une tête de mort et je sais de qui tenir. Des deux parents pour être précis.

- Ne cherche pas d’argument pour nous dissuader, on en discutera quand tu reviendras. Tu vas être en retard.

Ses doigts sur ma nuque pour une étreinte paternelle et il s’en va, m’envoyant un « amuse toi bien » en espagnol. J’suis là comme un con, ma veste en cuir sur le dos, sans vraiment réaliser ce qu’il vient de se passer. Moi avec un permis moto ? Une moto tout cours ? J’ai déjà le sourire aux lèvres malgré moi, rêveur alors que je prends petit à petit conscience de ce qu’il m’attend.
Un véritable gamin à l’aube de Noël.

±

Avant la Norvège ça sera l’Angleterre et plus précisément devant la Fac de Riley qui est en pause. Une surprise de dix minutes, à l’improviste, au moins le temps de la serrer contre moi, l’emmerder un peu et de déposer un baiser brûlant sur ses lèvres avant de partir rejoindre Enzo et de la laisser à ses propres occupations.
J’veux pas dire que la disparition de mon pote ma foutu un coup de pieds au cul mais presque. Non, en réalité, c’est totalement ça. J’sais pas,, peut-être de prendre conscience de la chance qu’on a de l’avoir en vie, d’être soi même en vie et de bien me rappeler qu’à tout moment, les choses peuvent changer. Je prends plus de temps pour les autres, reste moins cloitré tout seul. Et là, c’est avec Enzo que j’vais en profiter parce que ce sale con m’a manqué, m’a foutue une trouille bleue et j’ai bien cru qu’on le reverrait jamais.

Je finis par transplaner maintenant que je connais au moins l’extérieur et je retiens un juron à la seconde où je sens l’air froid pénétrer mes os. Putain de bordel à chiotte. Il caille, j’ai les balls qui se rétractent déjà et je me cale dans ma veste en cuir dans l’espoir de me tenir un minimum chaud le temps qu’on se casse de cet endroit qui est, au passage, magnifique. Certes. Mais j’apprécierais plus le décor si j’avais autre chose sur le dos, bordel.
Je foule l’herbe, tête enfoncée dans mon blouson et avance d’un pas rapide.

- T'es pas v'nu avec ta mère, j'suis déçu.

Je sursaute légèrement et il est là, ce grand con. Bien enfoncé dans son sweat, bien au chaud, avec des kilos en moins parce que ce détail me saute à la gueule. Mais j’m’y attarde pas. C’est pas ce qui est le plus important, là, tout de suite. J’imagine suffisamment seul tout ce qu’on a pu lui faire et j’mentirais si je disais que je n’avais pas eu envie de détruire tous les coupables potentiels de cet acte d’horreur.

- Non, t’as toujours pas le droit de la mater sous toutes les coutures.

Et je me dirige vers lui, d’un pas rapide mais l’air de rien avant de simplement lui donner une accolade sincère, le tenant dans mes bras comme un frère, pendant une bonne poignée de seconde. J’suis content de le revoir, ça se voit et j’me cache pas de l’exprimer malgré la pudeur que je mets parfois dans mes gestes.

- Content de te revoir sale con.

Un bonjour à la Mateo, un je t’aime à la Vargas.

- T’as pas honte d’me trainer dans ce froid de gueux ? J’me les pèles et si ça continue c’est un vagin que j’vais avoir, pas une tuyauterie.

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MessageSujet: Re: Need to get a ride ▬ Mateo   Mar 2 Oct 2018 - 18:09

« Non, t’as toujours pas le droit de la mater sous toutes les coutures. »
« Tu s’ras pas là pour me surveiller quand je la croiserais tous les matins au p’tit dej. »

Je fais le malin, mais pas de méprise et il le sait très bien : J’ai un profond respect pour sa mère – que je ne connais pas certes mais pas besoin finalement – et rien de tout ça n’est déplacé. C’est juste devenu un running gag entre nous et ça ne dépasse jamais les bornes. Je ne dépasse jamais les bornes. De toute façon c’est bien connu, je préfère les blondes …
Pourtant c’est un grand brun qui se retrouve dans mes bras alors que je viens de me lever, Lune ayant déguerpit de mes épaules vitesse grand V dans le processus.

« Content de te revoir sale con. »
« Tu m’as absolument pas manqué enfoiré. »

Faux. Bien sûr qu’il m’a manqué, ils m’ont tous manqué une fois que j’ai réussi à sortir plus ou moins de ce brouillard dans lequel je nage encore parfois. J’espère réussir à voir chacun d’entre eux le plus souvent possible même si pour l’instant, ma vie, c’est au jour le jour. Plus ou moins.
Je suis ému, un peu, comme je l’ai été avec Caem même si un peu d’eau a coulé sous les ponts depuis et qu’avec Mateo de toute façon c’est différent. On gère les trucs comme des bonhommes ! Mais on le sait que là-dessous il y a autre chose. Ce type il est comme un frère pour moi, parfois un grand frère qui me fait ouvrir les yeux sur certaines choses, parfois un pote avec qui faire les quatre cents coups, parfois c’est moi qui prend le rôle de « l’ainé » quand il est paumé sur un truc et que je peux l’aider avec ma propre expérience. Oui, c’est notre façon de fonctionner et j’ai pas hésité une seconde avant de lui envoyer ce message plus tôt dans la journée.

« T’as pas honte d’me trainer dans ce froid de gueux ? J’me les pèles et si ça continue c’est un vagin que j’vais avoir, pas une tuyauterie. »

Dit-il en s’écartant, effectivement transis de froid. T’as cru que tu débarquais où au juste ? A Punta Cana ? Naturellement, je me marre et affiche un sourire de sale gosse en le regardant de la tête aux pieds, bien au chaud dans mon sweat.

« Non ? »

Moi aussi je t’aime.

Non j’ai pas honte et oui ça m’amuse. D’autant qu’on aurait pu se rejoindre directement chez moi mais je crois que certains sont pas encore super enthousiastes à l’idée de me laisser prendre le Portoloin tout seul. Je ne blâme personne, je comprends totalement, d’autant que je n’ai pas réellement testé mes capacités magiques depuis un moment et je me dis qu’elles ont dû en prendre un coup aussi. Peut-être.

« A choisir garde ta tuyauterie. Maintenant que j’suis passé au-dessus de ma peur des troisièmes jambes j’crois que j’préfère finalement. »

Et là encore, je me fais plaisir, le regarde avec un sourcil arqué, sourire en coin, l’air de rien comme si je lui faisais réellement du rentre-dedans tout en finesse – on repassera pour la finesse.
Dans ma poche arrière mon téléphone vibre, je le sors par réflexe et z’yeute rapidement le message de mon cher et tendre … Le sourire que j’affiche à présent est carrément différent. Envolé le branleur, bonjour la midinette – le mec amoureux, tout simplement. Mais je m’en tape, j’assume, et si j’ai envie de lui dire 4 fois par message que je l’aime et qu’il me manque, si lui aussi a envie de le faire, je vois pas pourquoi on s’en priverait. Il y a peut-être des trucs qui ne tournent pas rond chez moi actuellement, mais ça, c'est plus solide que jamais.
Je range finalement l’objet à nouveau dans ma poche arrière, je lui laisserais un message vocal comme prévu à la fin de cette deuxième journée.

Pour l’heure, je me concentre sur mon homme du jour. Et quel homme !

« Aller viens Casse-Noisette, j’ai un truc à te montrer et on va être à la bourre. »

Parce que s’il fait nuit ici, ça ne va pas durer là-bas. Minuit heure norvégienne, un truc dans le genre, ça veut dire levé du soleil à Lakes et j’raterais ça pour rien au monde. Mon bras autour de son épaule, je l’entraine à travers les bois en lui balançant à nouveau un truc salace au passage – je sais que t’adore ça, arrête de faire ton timide.

Cinq minutes plus tard, on atterri tant bien que mal sur le sommet d’une dune Australienne, l’océan sous les yeux et à perte de vue, le soleil au début de son ascension. C’est instantané ou presque, après m’être stabilisé je déconnecte complètement et oublie tout le reste, y compris mon comparse – sans offense. Je retrouve des odeurs, des sons, des couleurs et des images que je n’ai pas côtoyé depuis un mois et ça me percute en plein cœur à me filer de l’humidité sous les paupières – l’émotivité, j’en suis un champion ces derniers temps faut pas m’en vouloir. Je reste captivé par ce spectacle, mains dans les poches, capuche sur la tête, les cheveux en vrac qui dépassent un peu et se font chatouiller par l’air marin que je prends en plein dans le nez et les poumons. La Norvège ça vaut le détour, là-dessus y a pas à tortiller, mais ici ça restera toujours spécial pour moi. C’est chez moi, tout simplement.
Sans trop savoir pourquoi je ne me sens pas spécialement pressé d’arriver à la maison – fini le Portoloin juste au-dessus, question de sécurité, donc va falloir marcher un peu ou transplaner – presque stressé à vrai dire de me retrouver face à tout ce que j’ai laissé derrière mois dans ce qui me semble être presque une autre vie. Peut-être parce que je ne suis pas encore prêt, là maintenant, à me retrouver face à tous ces souvenirs, toutes ces photos de ceux qui habitent mes pires cauchemars malgré eux. Peut-être parce que ça risque de rendre l'absence de mon frère encore plus flagrante.

Retour sur terre, ici, maintenant, avec mon pote vers qui je tourne la tête avant de baisser le regard vers une partie bien précise de son anatomie – c’est le grand retour du sourire en coin.

« Ça va mieux tes noix ? »

C’est pas non plus les grandes chaleurs ici, faut pas déconner, mais le retour du Printemps se fait sentir.
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MessageSujet: Re: Need to get a ride ▬ Mateo   Mer 17 Oct 2018 - 15:27

Need to get a ride
Enzo & Mateo


Personne touche à ma mère, sauf s’il veut croiser la mort fissa. Mais j’sais qu’Enzo dis ça pour me faire chier, une sorte de private joke entre nous. Mais en attendant, ce sont des retrouvailles que l’on vit et l’étreinte qui suit est sincère et fraternel. J’ai cru ne jamais le revoir et ça fait un bien fout de revoir sa tronche de petit con, de le sentir là, vivant. Mais il le sait, j’suis pas genre à m’épancher de moi-même vers le drama, d’où mes propos stupides mais sur le ton de la blague. S’il veut parler de tout ce qu’il a vécu, il peut, il le sait mais je crois que pour l’instant on profite du fait de se retrouver.
Et putain, on se les gèles ici. J’m’attendais pas à des températures si basses.

- Non ?
- Sale con.

De l’amour, du vrai, du pur. Comme on a toujours fait. C’est dingue de revoir nos habitudes reprendre avec autant de facilité et de simplicité mais j’imagine que ça à un côté rassurant.

- A choisir garde ta tuyauterie. Maintenant que j’suis passé au-dessus de ma peur des troisièmes jambes j’crois que j’préfère finalement.
- Efface moi ce visage de gros pervers, t’auras toujours pas un remake des dieux du stade à l a Vargas sur les murs de ta chambre.

J’t’ai déjà dis que tu m’avais manqué ?
Il fouille dans la poche de son pantalon et en sort son portable… Et il est là ce sourire mielleux, niais, celui d’un amoureux transit trop content de lire un message de son bien aimé. Ca va, j’commence à le connaitre par cœur et si j’avais pas si froid aux mains je lui aurai piqué son téléphone pour envoyer des sms douteux.
Bonjour j’ai 5 ans.

- Arrête de sourire comme ça, tu vas m’faire vomir…

J’abuse et exagère, ile le sait. Il en a l’habitude. Et en réalité je suis content pour lui de voir qu’ils sont toujours épris de l’autre malgré tout ce qu’ils ont traversés. Et cette dernière épreuve renforcera certainement un peu plus leur couple. Serait temps qu’ils aient la paix, désormais. Mine de rien.
Il revient finalement à moi pour me passer un bras autour des épaules.

- Aller viens Casse-Noisette, j’ai un truc à te montrer et on va être à la bourre.
- Si c’est ta teub, j’en veux toujours pas.

Bien évidemment il répond un truc dégueu et si vous vous demande si on compte arrêter, j’crois que la réponse est non. Je le suis dans les bois, me frotte les mains l’une contre l’autre pour me réchauffer un peu et j’avais oublié que cet enfoiré était un radiateur sur patte. Il nous faut cinq bonnes minutes pour atterrir sur une dune Australienne où la différence de température me fait pousser un soupire de soulagement. C’est pas non plus les 30° que j’ai déjà connu mais c’est bien plus doux et supportable pour ce que je porte. L’air marin est là, je l’inspire en silence et c’est assez énorme de sentir à ce point une différence dans la qualité de l’air. Pas que celui de chez moi est si mauvais que ça mais ici, tu sens clairement le « naturel » de l’endroit. L’iode fait du bien, tout comme ce petit vent doux.
C’est sans un mot que j’me tourne vers Enzo qui a l’air de kiffer ces retrouvailles avec ses terres. Du moins, c’est ce que j’en déduis vu l’émotivité que son visage exprime. Après tout ce qu’il a vécu, ce coin de terre doit ressembler au Paradis. Il a l’air profondément plongé dans ses souvenirs ou dans ses émotions, j’sais pas trop, tout ce que je sais c’est que je ne le dérange pas, le laisse profiter. De mon côté, mon regard balai l’horizon, apprécie en silence ce qu’il y voit et je me surprends de me demander si Camélia ne serait tout simplement pas tomber amoureuse de l’endroit. J’en suis quasiment certain. J’me dis aussi que j’aimerai y amener Riley mais pour une virer à deux, un weekend juste entre nous parce que j’aime aussi avoir mes instants égoïstes avec celle que j’aime.

- Ça va mieux tes noix ?
- Elles sont safes, merci de t’en soucier ! Je glisse les mains dans les poches de ma veste en cuir. ‘Fait vachement meilleur ici, putain.

Il fait encore sombre, pourtant une étincelle de lumière pointe à l’horizon et j’comprend un peu mieux pourquoi il voulait me trainer ici aussi tôt.

- C’est ça que tu voulais me montrer ?

J’ai le sourire large, heureux parce que c’est un moment de quiétude qui nous attend et j’perds pas de temps pour m’assoir à même le sol, m’y laissant tomber comme un sac. On a une vue absolument magnifique sur l’océan mais aussi sur le levé du soleil qui, bien rapidement, commence à faire sa réelle entrée. Les couleurs teintent l’océan déposant comme de petits cristaux sur la surface et la vue est absolument … grandiose. Si bien que je sors mon téléphone pour prendre une photo, une seule.
Mon regard se tourne vers Enzo.

- Quoi ? Ouais j’fais mon touriste mais c’est trop beau pour que j’loupe ça. J’veux le montrer à ma mère. J’suis sûr qu’elle voudra voir ça par elle-même.

La connaissant, elle pourrait bien s’accorder trois jours ici, à vadrouiller seule et partir elle-même en quête de ses propres rencontres, etc. C’est une voyageuse solitaire mais qui aime rencontrer de nouvelle tête au détour d’un nouveau paysage. Bref, ça lui plairait, j’en suis certain.
Le silence s’installe alors qu’on profite de la vue parce que putain, faut le dire, c’est merveilleux. J’suis là, à regarder ça comme un gosse et ça fait rêver. Rêver d’un truc à soi loin de tout et de tous, coupé du monde, tranquille, à faire sa life sans que personne ne vienne vous emmerder.
Et ça fait du bien de partager un moment comme ça avec son pote, celui que vous pensiez ne plus jamais revoir mais qui pourtant est bien là, vivant à côté de soi.

- J’suis jaloux. Moi aussi j’veux un truc paradisiaque comme ça.

En vérité, j’en ai aussi. Pas du même acabit, pas avec la même saveur mais j’ai aussi mes propres coins tranquille, beaux, simples.

- T’es pas revenu ici depuis ?

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MessageSujet: Re: Need to get a ride ▬ Mateo   Jeu 18 Oct 2018 - 22:59

« Elles sont safes, merci de t’en soucier ! »
« Toujours. »
« ‘Fait vachement meilleur ici, putain. »
« C'est parce que je rayonne à côté de toi. »

Je suis un putain de soleil. Un soleil fatigué, qui vient de se taper une première journée et va en commencer une deuxième, mais un soleil quand même. La vérité c'est que je serais plutôt comme la lune, ou une étoile éventuellement, et que je réfléchis la lumière tout simplement. Donc le soleil, c'est lui. C'est fou ce qu'on peut penser comme conneries quand on est hors service mais en attendant, le véritable soleil, il se pointe gentiment sur l'horizon et moi, j'en ai presque la larmichette au coin de l'œil de voir ça.

« C’est ça que tu voulais me montrer ? »
« Hum hum. »

Et à voir son sourire, j'ai comme l'impression que ça lui plait. Tant mieux. C'est vrai que j'aime bien mes moments rien qu'à moi mais je sais aussi savourer un truc comme ça partagé avec un pote. C'était tout l'intérêt de le faire venir à cette heure là d'ailleurs, pour qu'il puisse lui aussi s'extasier, avec moi, sur ce spectacle à couper le souffle.

« Ceci dit si t'as changé d'avis pour ce qui est d'ma teub ... »

Dit-il en commençant à défaire sa ceinture l'air de rien. J'me fais stopper dans mon élan, évidemment, et ça me fait marrer comme un sale môme. J'allais pas le faire, j'suis trop pudique pour ça. La prochaine fois j'te montrerais mon cul tiens, pour compenser. Enfin si j'le retrouve - #autotrollage.
Plus sérieusement, on se retrouve comme deux clampins assis sur le sable en haut d'une dune et franchement ce moment, il est kiffant. Les embruns, le ressac, les couleurs qui teintent le ciel et l'eau comme si on avait un putain de tableau sous les yeux … Ce truc, ça été mon décor toute mon enfance, tous les matins, j'ai bien conscience d'être un privilégié et sans trop savoir pourquoi ça me touche de voir Mateo aussi fasciné par ce qu'il a sous les yeux. Quand il sort son téléphone, le sourire aux airs moqueurs qui se pointe sur mon visage c'est juste pour la forme parce que très honnêtement, je suis à deux doigts de faire pareil.

« Quoi ? Ouais j’fais mon touriste mais c’est trop beau pour que j’loupe ça. J’veux le montrer à ma mère. J’suis sûr qu’elle voudra voir ça par elle-même. »

J'aimerais vraiment que ça me fasse rien, que mon frangin d'une autre mère puisse parler justement d'elle sans que ça me donne l'impression d'avoir une lame dans le cœur, mais je mentirais si je disais que c'était le cas. J'en montre rien, je me contente de sourire tranquillement en ravalant mes couleuvres pour mettre tout ça de côté et prendre les choses comme il se doit. J'avais passé le cap, vraiment, ce salopard m'a replongé en plein dedans et bien sûr que je ne parle pas de Mateo.

« Si elle a besoin d'un endroit où crécher, tu sais où demander. »

Je suis sérieux, pas d'entourloupe, pas de blague vaseuse à l'horizon, juste une proposition sincère. Je sais que sa mère est une grande voyageuse et sincèrement si un jour elle a envie de venir photographier l'Australie, si elle passe dans le coin et qu'elle veut s'y arrêter, je lui passerais les « clés » de la maison avec plaisir. J'en parlerais d'abord à Derek, évidemment, si j'arrive à le joindre.

« J’suis jaloux. Moi aussi j’veux un truc paradisiaque comme ça. »

J'suis jaloux. Moi aussi j'veux une mère comme ça.

Une mère tout court. Ma mère. Je l'ai pas mauvaise, j'suis pas vraiment envieux, mais vu les circonstances faut pas m'en vouloir si elle me manque encore plus que d'habitude. Quand je pense à elle j'ai le sentiment parfois d'avoir un énorme trou dans la cage thoracique, un creux, et ça fait mal. Ça fait d'autant plus mal de rêver d'elle toutes les nuits de cette manière et rien que pour ça j'ai presque hâte d'aller voir cette psy. Je me doute bien que ça ne se fera pas en un claquement de doigts mais j'ai besoin d'un truc auquel m'accrocher pour me dire que ça finira par s'arranger.
Je me rends bien compte que la majeure partie de mes pensées a une teinte d'amertume depuis tout à l'heure et ça me plait pas. C'est pas comme ça que j'veux passer cette journée avec lui alors on va se ressaisir un peu, hum ? Ouais.

« T’es pas revenu ici depuis ? »

Bras autour des genoux, mains croisées entre ses deux derniers, je baisse la tête une seconde en la secouant de droite à gauche puis de gauche à droite. Non, j'ai pas remis les pieds ici depuis … un mois je crois et mes émotions sont un peu partagées sur le sujet visiblement. Je ne pensais réellement pas ressentir les choses comme ça. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre mais visiblement pas à ça en tout cas.
Je relève finalement la tête et la tourne vers lui, sourire discret sur le visage.

« La première semaine j'étais dans le gaz, ensuite y a eu la pleine lune. Fallait un peu de temps pour que je reprenne mes marques et que j'envisage de bouger de là-bas j'imagine. Mais je t'avoue que maintenant qu'on est là ça me fait un peu flipper. »

Finalement. Cette baraque j'y ai que des bons souvenirs à la base et sincèrement ça me fait chier de me sentir aussi fébrile, presque inquiet, à l'idée d'y reposer un pied. La dernière fois que j'en ai foulé le parquet c'était sur quatre pattes, début de l'Enfer, mais il n'y a pas que ça qui entre en considération. Y a toutes ces photos sur les murs … Et le vide. Le silence. Pas l'ombre d'un battement de cœur. J'me passe la main dans les cheveux, sous la capuche, comme si les ébouriffer pouvait changer quoi que ce soit, me sortir un peu de tout ça, les yeux à nouveau braqué sur la beauté du paysage dont j'essaie de me nourrir.

« Y a que de l'absence dans cette maison aujourd'hui. Des souvenirs. Je sais pas trop ce que ça va me faire. »

L'absence d'un père, d'une mère, aujourd'hui d'un frère. Les premiers sont morts, le dernier … J'en sais rien. J'essaie vraiment de rester le plus positif possible, les dernières nouvelles étaient plutôt encourageantes mais me confronter à ce vide commence déjà à m'atteindre je le sens bien.

« Tu seras peut-être obligé de m'tenir la main. »

Sourire de branleur, l'air de rien, mais je sais pertinemment que je ne le dupe pas et c'est de toute façon pas mon intention. C'est juste comme ça qu'on communique, qu'on se dit les choses qui nous rendent le plus fébriles. En en rajoutant parfois une couche pour que ça passe plus facilement. On se protège, c'est tout, on se planque derrière un mur troué, une barricade pas tout à fait opaque, pour que l'autre puisse quand même voir ce qu'il y a de l'autre côté.

« Ou la teub si tu préfères, ça m'va aussi. »
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MessageSujet: Re: Need to get a ride ▬ Mateo   Ven 9 Nov 2018 - 10:39

Need to get a ride
Enzo & Mateo


- La première semaine j'étais dans le gaz, ensuite y a eu la pleine lune. Fallait un peu de temps pour que je reprenne mes marques et que j'envisage de bouger de là-bas j'imagine. Mais je t'avoue que maintenant qu'on est là ça me fait un peu flipper.

J’écoute en silence, essaie de me mettre à sa place même si je pourrais jamais vraiment y arriver. La seule chose que j’peux réellement comprendre est de revenir dans un endroit qui comporte tant de souvenirs qui peuvent faire mal. J’ai eu toutes les peines du monde de remettre un pied dans la maison où j’ai grandis avec ma sœur alors j’me doute que pour lui, les choses doivent être encore plus compliquées. Et c’est sûrement pour ça que j’suis là.

- Y a que de l'absence dans cette maison aujourd'hui. Des souvenirs. Je sais pas trop ce que ça va me faire.

Mal probablement mais là encore, j’me tais. Je le laisse parler, vider son angoisse parce que parfois, il suffit de poser des mots dessus pour réussir à exorciser, même juste un peu. Ça me fait de la peine pour lui, j’ai bien envie de sortir une connerie pour détendre l’atmosphère mais je sais aussi jauger quand c’est pas le moment, quand il faut être sérieux et là, c’est le cas.

- Tu seras peut-être obligé de m'tenir la main. Ou la teub si tu préfères, ça m'va aussi.

Je lâche un ricanement de branleur, secouant la tête, presque désabusée de sa connerie qui revient au galop quand moi j’me retiens de faire le con pour pas trop brusquer le moment. Je sais que c’est notre façon de faire, de jouer les petits cons comme ça, pour pas trop se montrer fragile ou j’sais pas quoi d’autres mais plutôt par instinct de préservation. On a du mal à s’ouvrir, à admettre, à faire face mais chacun est foutu comme il est.

- On se contentera de la main, ça sera déjà suffisant.

La teub, j’la laisse à Mister Jackson même si j’sais pas trop où ils en sont tous les deux depuis qu’Enzo est revenu. J’ai cru comprendre que c’était un peu « tendu » ou en tout cas confus. Il y a pas mal de chose à régler depuis son retour j’ai l’impression et dans le fond, ça semble logique mais il faut qu’il commence par lui, se reconstruire et reprendre ses marques.

- Plus sérieusement, si t’es pas prêt, t’es pas obligé. Force pas si tu sens que ça n’ira pas.

Jen’ sais pas trop ce qui l’angoisse tant aujourd’hui pour ne plus vraiment être aussi confiant pour y retourner mais je sais qu’il a ses raisons et que cette ordure qui l’a torturé durant tout ce temps doit y être pour quelque chose. Pourtant, c’est un sujet que je n’ose pas trop évoquer, en voulant pas rouvrir la plaie sans qu’il en ait envie. J’suis pas du genre à brusquer ce genre de sujet, préférant le ou la concerner en parler d’eux-mêmes.

- Et on peut aussi prendre tout notre temps, la maison n’va pas s’envoler. On ira quand tu seras prêt.

Ma main se pose sur son épaule dans un signe d’encouragement, pour bien lui faire comprendre que s’il veut rester encore une bonne heure devant cette vue magnifique, on le fera sans problème. Je laisse planer un léger silence avant de reprendre.

- Je sais que c’est pas exactement la même chose mais j’angoissais de retourner dans la maison où j’ai grandis avec ma sœur. J’étais pas certain d’y arriver alors que j’avais à peine accepter le deuil. Je marque une pause. Ce sont les premiers minutes qui sont plus compliquées et si t’as besoin de lâcher prise, tu fais.

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MessageSujet: Re: Need to get a ride ▬ Mateo   Sam 10 Nov 2018 - 19:42

« On se contentera de la main, ça sera déjà suffisant. »
« T'as besoin de temps, j'comprends. »

Il reste là ce sourire en coin, celui du p'tit con qui aime particulièrement emmerder son ainé. C'est pas seulement pour donner le change, je me suis toujours comporté comme ça avec lui alors pourquoi je changerais ? Parce qu'on m'a enfermé dans une cage et fait subir tout un tas de saloperies pendant des jours et des jours jusqu'à me donner l'envie de crever pour que ça s'arrête ? Va te faire foutre salopard, j'te donnerais pas cette satisfaction. Tu m'as déjà pris bien assez, ça tu l'auras pas.

« Plus sérieusement, si t’es pas prêt, t’es pas obligé. Force pas si tu sens que ça n’ira pas. »

Le sourire, il reste, il est simplement différent. Reconnaissant. Je le sens bien qu'ils ne savent pas toujours comment se comporter avec moi et je le comprends. Je lis aussi dans leur regard toutes les questions qu'ils peuvent se poser mais jusqu'ici je n'ai jamais descellé les lèvres pour parler de ce qui s'est passé. Leiv est au courant de certaines choses pour des raisons purement médicales, pour le reste j'ai laissé Margo accéder à certains de mes souvenirs et c'est tout. Ismaelle était là, elle a vu où j'étais, dans quel état, elle a du en faire certaines déductions. Pour la majorité, la version officielle ne mentionne pas ce petit séjour en cage. C'était juste … une petite balade improvisé dans la nature, sur quatre pattes, l'espace de quelques semaines.

« Et on peut aussi prendre tout notre temps, la maison n’va pas s’envoler. On ira quand tu seras prêt. »

Ce geste, cette main sur mon épaule, ça peut paraître anodin mais ça ne l'est pas. Je ne dis rien parce que je ne trouve pas les mots mais encore une fois, je lui suis très reconnaissant pour ça. D'être là. D'avoir ces mots-là.

« Je sais que c’est pas exactement la même chose mais j’angoissais de retourner dans la maison où j’ai grandis avec ma sœur. J’étais pas certain d’y arriver alors que j’avais à peine accepter le deuil. »

De la reconnaissance, je passe à la compassion. Ça ne transparait pas nécessairement dans mon regard quand je tourne la tête vers lui et le regarde avec pudeur mais c'est bien le sentiment qui m'habite alors qu'il évoque sa sœur. Camélia. Il ne parle pas souvent d'elle, quasiment jamais à vrai dire, et je le connais suffisamment bien maintenant pour savoir, comprendre, à quel point elle lui manque encore. Ils étaient comme deux doigts d'une même main, inséparables, la séparation n'en est que plus douloureuse. Je peux comparer cette douleur à celle que j'ai ressenti quand il a fallu rentrer à la maison sans les parents pour la première fois. Mon inconscient a du juger utile de me faire oublier certains détails puisque je n'en garde finalement que très peu de souvenirs. Je sortais du coma, peut-être que mon cerveau a fait du tri en se remettant à fonctionner correctement. J'en sais rien et dans le fond ça n'a pas vraiment d'importance.

« Ce sont les premiers minutes qui sont plus compliquées et si t’as besoin de lâcher prise, tu fais. »

Soupir. J'ai peur de me retrouver face à l'absence de mon frère et tout ce que ça pourrait impliquer. J'ai peur de me retrouver face au regard de ma mère alors qu'au contraire, ça pourrait peut-être m'être bénéfique de me remémorer tous ces souvenirs j'en sais trop rien.

« Merci d'être là. »

Sincèrement. Pas besoin d'en dire plus, de faire tout un discours, mais ça méritait d'être dit. Je me laisse porter quelques secondes, peut-être une minute, deux … Peu importe, par le silence et ce paysage. Le bruit, les odeurs. Difficile de ne pas se sentir apaiser face à tout ça.

« Il m'a fait tellement de misère dans cette baraque l'enfoiré ... »

Le rire que je lâche est bref mais il n'a rien de cynique, il est amusé. Je replonge dans mes souvenirs, ceux qui me ramènent à mon frère qui aujourd'hui me manque cruellement. J'ai passé des mois sans lui quand je terminais cette dernière année à Poudlard mais c'était différent. Je n'avais pas peur pour sa vie, et je n'étais pas fragilisé comme je le suis aujourd'hui.
Je mets tout ça de côté, les angoisses, les douleurs, pour plonger à corps perdu dans ces images qui délestent mes épaules d'un poids évident.

« J'oublierais jamais le jour où il m'a dit que j'avais été adopté. J'avais 7 ou 8 ans je crois. J'ai attrapé ma planche, mon p'tit sac à dos, et j'ai décidé de partir vivre sur l'océan. Mon père m'a repêché en train de dériver à presque deux kilomètres de la plage une vingtaine de minutes plus tard. »

Hey c'est que j'en avais déjà dans les bras malgré ma carrure de moustique à l'époque ! Plus je parle, plus je raconte ça, plus je ris. Difficile de faire autrement. Mes souvenirs sont assez flous mais je me souviens très bien avoir entendu cette histoire à plusieurs reprises, racontées par nos parents.

« Apparemment j'comptais rejoindre un groupe de baleines pour faire la migration avec elles. Visiblement ça me paraissait tout à fait normal et réalisable … »

Oui, bien sûr, pourquoi pas. Pas du tout perché le gamin.

« Ils ont du me bercer un peu trop près du mur. »

Cette fois j'éclate carrément de rire et me laisse aller à tout ça sans trembler, sans pleurer, juste de manière positive, heureux de me remémorer ces instants qui ont marqué mon enfance. Mon frère a été un sale con c'est une certitude mais j'ai eu l'enfance la plus heureuse du monde. Ça non plus, personne ne pourra me l'enlever.

« On y va ? J'préfère tirer tout de suite sur le pansement si ça te va. A pieds on en a pour un p'tit quart d'heure, ça m'laissera le temps de respirer un peu avant d'arriver. »

On se met en route tranquillement, mains dans les poches, toujours la capuche sur la tête pour ma part, les premiers pas se font dans le silence de manière naturelle. Je finis par le briser, tout aussi tranquillement.

« Comment ça va de ton côté ? »
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