AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Sam 28 Juil 2018 - 18:43

Just wanna roll my sleeves up and start again
Caem & Enzo


■ Jeudi 1er Octobre 2015 ■

You see my world is spinning like there's nothing to know
You see my world is feeling like it just might explode
And yes I know it's hard to take it backwards from my mind
I need to get a ride, need to see some light come in

OneRepublic ▬ Start Again

Un pas après l'autre. Un repas après l'autre. Une pensée après l'autre.

J'ai presque l'impression d'être en désintox … Pas que j'y ai déjà mis les pieds ni que j'en ai eu besoin mais je crois que finalement c'est un peu le même schéma pour chaque problème. J'ai pas d'addiction, juste une sacré malchance, un mauvais karma ou alors je devais être une véritable pourriture dans une vie antérieure j'en sais rien ...
Mais j'ai pas envie de me morfondre, pas envie de me dire que de toute façon quoi que je fasse ça recommence à chaque fois, pas envie de baisser les bras et me laisser envahir par la fatalité ou la lassitude. Oui je suis fatigué, épuisé même, et oui je suis traumatisé, encore, mais je suis en vie. J'ai de l'air dans les poumons, un cœur qui bat dans la poitrine et autour de moi des personnes déterminées à ce que tout se passe pour le mieux.

Alors on va s'accrocher.

Il est 10h30 et je respecte le programme que j'ai décidé de m'imposer pour chaque jour de la semaine ou presque. Je me suis simplement laissé le temps d'encaisser la Pleine Lune, ça m'aura valu presque 48h de sommeil pour récupérer, mais ce matin j'ai l'esprit plus clair que je ne l'ai eu depuis un paquet de temps. Et je suis officiellement l'humain de la boule de poils beige, blanche et noir qui est actuellement en train de mâchouiller un bout de bois sous la table à laquelle je suis installé, sur la terrasse. Je doute que Lune apprécie la blague, de mon côté je ne sais pas encore trop ce que je ressens vis à vis de ça mais une chose est sûre, j'adore cette pelote de poils et ça m'a extrêmement touché qu'Isma, Leiv et plus spécialement Adrian décident de me l'offrir.
Comme à chaque fois, c'est envers les animaux que j'ai démontré une certaine forme d'intérêt quand j'ai commencé à sortir de ma torpeur. D'abord Lune, bien sûr, mais ensuite ça été lui. Wax. Puisqu'il a un nom maintenant. Je crois que je ne réalise pas bien encore et puisque je ne me projette pas vraiment j'ai du mal à visualiser mais je sais que j'aime sa présence. Et j'aime qu'il soit mon chien.
En attendant, pendant que monsieur mâchouille son bâton, moi je bosse. Ce matin j'ai repris le sport, ou plutôt la remise en forme, en majeure partie parce que je ne supporte pas le reflet que je croise dans le miroir mais aussi parce que d'une mon corps en a besoin, et de deux, c'est surtout ma tête qui en a besoin. J'ai demandé à Owen s'il serait d'accord pour s'occuper de mon cas et il a accepté. Il s’entraîne avec Isma plusieurs fois par semaine et je crois qu'au fond de lui, il est presque trop content de pouvoir me malmener un peu … Mais ça me va. J'ai besoin qu'on me secoue et je sais que lui ne prendra pas de pincette. C'est exactement ce que je recherche.

Donc oui, mes muscles me font mal – preuve qu'ils sont finalement toujours existant malgré tout le poids que j'ai perdu – et ma tête a encore du mal à se remettre dans les bouquins mais ça me fait du bien de retrouver une certaine forme de routine. J'ai pas encore récupéré toutes mes affaires mais je peux au moins bosser deux ou trois trucs, prendre des notes, fouiller sur le net ... Et oui, la technologie n'a - presque - plus de secret pour moi. Sur quoi je bosse ? Je reprends l'équivalence pour entrer à l'université Moldue quand je pourrais, là où je l'ai laissé. Un de ces trucs aux plantes du genre thé qu'on m'encourage à boire parce que le café est un excitant, des bouquins, le calme environnant et la fraîcheur de l'air Norvégien, la proximité du Fjord, les bruits familiers de la nature … Je me sens calme, coupé du monde, presque reposé. Je le sais, ça n'est qu'une pause, mais j'ose espérer qu'elles seront de plus en plus nombreuses jusqu'à redevenir une normalité. En attendant je continuerais de prendre ces potions aux plantes que Leiv me donne … et à chaque jour suffit sa peine.
J'ai l'air concentré, je le suis et autant être honnête ça me demande quelques efforts, mais l'impatience se manifeste néanmoins, notamment par ma jambe qui s'agite nerveusement. Ça n'est pas une mauvaise nervosité, même si j'appréhende un peu malgré tout. Hier je suis sorti de mon silence radio et j'ai repris contact avec mes amis. Par sms pour certains, par hibou pour d'autres, y compris Derek qui – on me l'a assuré – est bel et bien vivant. J'attends d'avoir la preuve sous les yeux, j'attends qu'il me réponde lui même et surtout, j'attends qu'il sorte de cet enfer au plus vite puisqu'il suffit d'une seule seconde pour tout changer.

Mais ce matin ça n'est pas lui que j'attends. Ce matin, c'est mon petit Russe que j'attends de voir apparaître entre les arbres devant la grange et le potager, et quand on parle du loup … Je suis véritablement heureux de revoir mon meilleur ami, une personne réellement importante à mes yeux et une part de mon équilibre, après plus d'un mois d'éloignement et de silence. Je ressens néanmoins une certaine forme de pudeur, quelque chose qui m'empêche de me précipiter vers lui pour le choper dans mes bras comme j'aurais pu le faire avant, mais je me lève et descend de la terrasse d'un pas lent pour m'avancer un peu vers lui, main dans les poches, planqué dans un sweat à capuche et un jean qui cachent un peu la misère même si je sais que je ne le duperais pas. Wax se précipite vers lui complètement pataud sur ses pattes de chiots avec l'enthousiaste que je ne suis pas en mesure de présenter pour le moment – et d'une certaine façon … Heureusement. Je sais que j'ai parfois eu l'habitude de me comparer à un chiot mais pour le coup … Je bave moins et mâchouiller les chaussures des gens c'est pas tellement mon délire.

Ils se connaissent déjà, je crois, à voir la fête qu'ils se font mutuellement.

« J'ai pas le souvenir que tu te sois déjà montré aussi heureux de me voir, j'vais me vexer. »

A l'ancienne, ou presque, parce que non ça n'est pas au chien que je m'adresse et en plus de ça c'est pas vrai. C'est pas la première fois que je lui fais le coup de disparaitre à vrai dire.

Je sais que ça fait peu de temps mais j'ai parfois le sentiment d'y avoir laissé une vie entière et en ayant complètement perdu la notion du temps quand j'étais coincé sous mon autre forme ou dans cette foutue cage, j'ai un peu de mal à me réajuster.
Et je sens bien qu'elle est là, la petite pointe d'émotion dans le fond de ma voix cassée malgré le sourire en coin et l'absence totale de sérieux dans ce que je dis. Je me sens fragile, un peu fébrile, mais … c'est Caem. C'est pas grave.
code by bat'phanie
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2161
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily / Ethan / Zachary / Aiyana / Bethany



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Mar 28 Aoû 2018 - 12:06

Ce message… Caem l’a relu plusieurs fois, comme pour s’assurer qu’il était bien réel et non le fruit de son imagination. Il était dans sa petite chambre de bonne, son lit inondé par les bouquins de médicomagie. Plusieurs fruits et légumes jonchaient le sol, témoignant de son acharnement à apprendre à refermer les plaies. Oui il s’entraînait actuellement sur des êtres inanimés avant de passer à autre chose. L’idée de se mutiler pour s’entraîner ne faisait pas encore partie de ses plans. Mais quand le nom d’Enzo s’était affiché sur son téléphone, il avait cessé toute activité. Comme un adolescent qui reçoit enfin des nouvelles de celui ou celle qu’il courtise depuis si longtemps. Un grand sourire était apparu sur ses lèvres et cela ne lui avait pris que quelques secondes pour répondre. Il savait qu’il allait devoir calmer son impatience, qu’Enzo, bien que visiblement prêt à le voir, aurait sans doute besoin de temps pour retrouver ses repères, pour pouvoir être aussi détendu et zen qu’avant. Mais ce n’était pas important. Il allait le voir, parler avec lui. C’était une lueur d’espoir. Il afficha donc un grand sourire quand le rendez-vous fut donné, appelant à la suite Killian pour l’en informer. Il y avait de la joie dans son ton de voix, un peu de légèreté. Un enfant impatient avant Noël.

Le lendemain matin, Caem s’était donc tiré sans difficulté de son lit, bien que cela ne soit pas réellement un souci en général pour lui. Son euphorie était retombée et il commençait à aborder ses retrouvailles avec plus de douceur et de sérénité. Il se prépara rapidement un sac, avec notamment des livres à rendre à Leiv, puis se rendit au portoloin. Il connaissait ce chemin par cœur désormais. Malgré les circonstances, il avait trouvé chez Ismaelle et Leiv une forme de refuge. Ils avaient tous deux une aura apaisante, il régnait chez eux un calme qu’il appréciait tout particulièrement. Toujours soucieux de ne pas déranger, il veillait à ne pas trop leur imposer sa présence mais il sentait que là-bas il pouvait trouver toute la sérénité dont il avait besoin. Ils étaient devenus un nouveau repère pour lui, depuis qu’il avait laissé ses émotions filtrer devant Ismaelle, depuis qu’il avait accepté qu’elle puisse être un soutien.

Une fois que le portoloin l’eut amené à destination, Caem se mit à marcher jusqu’à la maison, partagé entre l’impression de ne pas avancer et que tout s’enchaînait à une vitesse hallucinante. Il a un sourire aux lèvres et une certaine inquiétude au creux de l’estomac. Un truc qu’il ne peut expliquer, qui n’a pas de nom mais qui est bien là. Il sait que ça passera. Alors le russe sort des arbres, son regard se pose sur la maison, la terrasse et cette silhouette qui se lève. Caem lui adresse un grand sourire mais son attention est vite accaparée par une petite boule de poils qui court vers lui. Le russe s’accroupit alors pour accueillir le chiot qui lui saute dessus, cherche à lui lécher le visage. Caem le laisse faire en riant, lui faisant des caresses et des gratouilles au passage amusé par l’euphorie du petit animal. La voix d’Enzo se fait alors entendre et Caem relève les yeux vers lui.

« Tu veux vraiment l’option léchouilles sur le visage ? »

Il y a des choses qui ne changent pas. Qui ne doivent pas changer et l’humour tendancieux de Caem en présence d’Enzo faisait partie de ce pack. De ces choses réconfortantes qui montrent que tout n’est pas perdu, que le socle est encore solide. Après quelques gratouilles sur le ventre du chiot, Caem se relève et prend la direction d’Enzo. Le petit chien le suit. Lorsqu’il se retrouve face à lui, il s’arrête, l’observe, sourit. Il aurait envie de le prendre dans ses bras mais ne veut pas lui imposer de contact physique. C’est Enzo qui doit avoir le lead sur ce genre de choses alors il se refreine mais ne cache pas la petite lueur qui brille dans ses yeux. Son regard glissa alors sur la table derrière lui sur laquelle trônait différents livres.

« Est-ce que je dois m’inquiéter du fait que tu te sois transformé en élève studieux ? »

Petit haussement de sourcil du côté de Caem. Son sourire cependant ne quittait pas son visage. Il avait envie de le taquiner comme à l’habitude, de parler avec lui comme si rien de tout ça ne s’était passé. Mais une part de lui avait peur aussi, du faux pas, du mot de trop. Il détestait cette impression. Il détestait aussi l’idée qu’Enzo sente quelque chose. Il n’avait pas envie de le mettre face à ça. Il fallait qu’il se calme lui aussi, qu’il laisse les choses se faire. S’il commençait à analyser chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, il n’était pas près de s’en sortir… C’était étrange, de se sentir ainsi partagé entre le naturel de leur relation, leur habituelle complicité et cette légère barrière formée par la crainte.

« En tout cas ton spot d’étude est un peu plus sympa que le mien. J’avoue que ma chambre me paraît un peu étroite parfois. »

Est-ce qu’Enzo était au courant que Caem vivait désormais dans une chambre de bonne à Londres ? Il y avait bien des choses qu’il devait ignorer encore. Mais ce n’était pas grave, non ce n’était pas grave, il lui donnerait les informations au fur et à mesure. Le russe laissa alors glisser son sac de son épaule et le posa devant lui, à force, il commençait à peser. Son regard se porta alors de nouveau sur Enzo. Il prit quelques secondes pour le détailler, c’était plus fort que lui. Puis, il lâcha quelques mots, dans un sourire qui ne cachait nullement toutes les émotions qui l’agitaient.

« T’as l’air en forme. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Ven 31 Aoû 2018 - 13:18

« Tu veux vraiment l’option léchouilles sur le visage ? »

Toujours les mains dans les poches, un rire bref m’échappe alors que je baisse les yeux une seconde en les fermant. Enchainement de réflexes physiologiques qui permettent sans doute au cerveau de prendre le temps pour appréhender les choses. Je suis un peu lent, faut pas m’en vouloir, je sors doucement de la brume et parfois je mets un peu de temps à me souvenir quelle réaction on peut attendre face à telle ou telle situation.

« T’arrive un juste un peu trop tard pour ça mais repasse dans quelques semaines et on pourra s’arranger. »

Je l’admets, quand on sait de quoi je sors c’est sans doute un peu douteux, limite cynique même si le ton ne l’est pas du tout, mais c’était pas mon intention. Je n’y arrive pas encore, à voir ça comme une chose légère, à m’imaginer réellement en train de léchouiller le visage de mon meilleur ami en étant sous ma forme animale pour la simple et bonne raison que le fossé existant entre mon autre moitié et moi n’est pas comblé à l’heure actuelle. Je n’ai pas l’esprit rivé vers la prochaine pleine lune, je sors tout juste de celle-ci, sans souvenirs, avec néanmoins le soulagement d’être redevenu humain. Aussi bien physiquement que mentalement.
Je les regarde faire tous les deux, évoluer ensemble dans un parallèle assez amusant puisqu’ils ont l’air aussi joyeux l’un que l’autre à vrai dire. Et le voilà, devant moi, faisant accélérer mon myocarde même si je ne le montre pas alors que Wax s’assoie sur un de mes pieds – habitude de chiens, ils ont sûrement une bonne raison pour ça. En attendant et même si les habitudes de mon chien sont fascinantes ça n’est pas ce qui occupe le plus mes pensées mais bel et bien Caem, qui, je le vois, ne sait pas vraiment comment se comporter et se contient. J’ai failli lâcher prise dans cette cage, la première fois parce que c’était la seule solution que j’entrevoyais pour éviter la mort de cet enfant dont j’ignore totalement le sort aujourd’hui, la seconde parce que je ne pouvais plus rien faire ni me battre. J’ai cru que mon heure était arrivée, que je ne reverrais plus jamais le visage de mes proches, alors oui je suis émue, fébrile, d’être aujourd’hui face à lui.

Mais puisqu’il regarde derrière moi et sourit, je suis son regard avec curiosité.

« Est-ce que je dois m’inquiéter du fait que tu te sois transformé en élève studieux ? »

Faire comme si rien n’avait changé ? Je sais pas si c’est ce dont j’ai envie ou besoin, à vrai dire je ne sais pas de quoi j’ai envie ou besoin, mais je peux le faire. Je crois.

« Je t’ai pas dit ? En fait j’ai été enlevé par des Aliens et c’est pas vraiment à moi que tu parles mais à l’hôte qu’ils ont mis dans ma tête. »

J’essaie de rester sur le même ton, de faire comme on a toujours fait, mais reste cette impression de mettre les pieds dans le plat à chaque fois. Trop tôt pour rire de ça ? J’en sais rien, je suis un peu largué. Comme un sauvage qui découvre la civilisation et les codes sociaux, qui essaie de s’adapter par mimétisme. C’est un peu laborieux mais ça va revenir, y a pas de raisons.

« Tu me vexes, j’étais déjà un élève studieux avant. »
« En tout cas ton spot d’étude est un peu plus sympa que le mien. J’avoue que ma chambre me paraît un peu étroite parfois. »

Juste un sourire. Une vague sensation de rater un truc. Je me laisse observer, me disant que je réagirais comme lui si les rôles étaient inversés. A vérifier que tout est bien là, qu’il ne lui manque pas un bras ou une jambe, que tout semble à sa place. C’est le cas, physiquement en tout cas.

« T’as l’air en forme. »

A nouveau je ferme les yeux une seconde et baisse la tête en laissant échapper un rire, celui-là est plus … J’en sais rien, entre l’amusement et le sarcasme. Je relève le regard et observe le ciel une seconde sans vraiment le voir, une main dans les cheveux une seconde pour les ébouriffer encore une fois par réflexe.

« J’suis à peu près aussi épais que toi, j’vois pas comment j’peux avoir l’air en forme. »

Non, tu ne rêves pas, je me paie ta tête et cache derrière ça le fait que le sujet soit un peu sensible pour moi. C’est peut-être con mais quand je me croise dans le miroir c’est réellement difficile et je me reconnais à peine. Ce sont « juste » quelques kilos en moins mais surtout un rappel constant du calvaire que j’ai vécu ces dernières semaines et un uppercut à la confiance en soi. Je le sais, ce qui déconne le plus chez moi c’est ma tête mais ça, cet état physique dans lequel je suis, ça me pèse. C’est peut-être stupide, futile, mais c’est comme ça.

« Viens par-là espèce de crevette. »

Arrête de marcher sur des œufs avec moi sinon à nous deux on va faire une putain d’omelette et là tout de suite j’ai pas faim. Parce que je vois bien qu’il hésite, se retient peut-être, alors c’est moi qui amorce le mouvement et le prends dans mes bras. Les premiers jours je supportais pas qu’on me touche, puis c’est revenu doucement, avec Ismaelle d’abord, un peu, puis avec William. Beaucoup.
Je le sens bien, alors que je le serre contre moi, je me mets à trembler. Quelque chose casse, une résistance, un truc qui me fait monter les larmes aux yeux et même en fermant les paupières aussi fort que je le peux je n’arrive pas à contenir le flux. Mais je ne bouge pas, pas tout de suite, parce que l’avoir là contre moi m’apporte une nouvelle fois la certitude que mon cauchemar est terminé. Une partie du cauchemar, la partie physique. Je ne suis plus enfermé dans cette cage, plus personne ne me fera de mal et tout ça est bien réel.

« Excuse-moi, j’ai les canaux lacrymaux un peu sensibles ces derniers jours. »

Cette fois c’est un rire nerveux qui m’échappe mais bel et bien un sourire sur mon visage alors que je m’essuie les joues et les yeux d’un revers de manche en me raclant la gorge, un peu gêné. Je pleure, oui, mais je ris en même temps et pas uniquement pour donner le change. Et j’entends Wax qui jappe une fois entre nous deux, sa queue qui bat joyeusement l’air alors qu’il nous regarde tour à tour en attendant que l’un de nous se décide à lui lancer un truc probablement.

« J’suis content de te voir hein, je t’assure ! J’le montre moins que lui mais j’le suis. Vraiment. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2161
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily / Ethan / Zachary / Aiyana / Bethany



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Lun 10 Sep 2018 - 11:21

La blague est douteuse et pourtant, Caem sourit. Parce qu’elle le rassure. Il sait qu’Enzo souffre encore et qu’après ce qui lui est arrivé, bien qu’il n’en ait pas les détails pour l’instant, ne sortira jamais de son esprit. Il en gardera des cicatrices c’est certain mais cette capacité qu’il a d’en rire un peu le rassure. Son ami est toujours là. Le russe sourit alors, il ne rajoute rien mais il sourit espérant que cette retenue qui flotte entre eux finira par se dissiper par de petites phrases comme celle-ci. Et comme celle qui suit. Enzo parle d’Aliens et cette fois, Caem rit franchement. Tout ça n’a rien de drôle et au fond, il le sait. Mais il a besoin de rire, c’est une réponse qu’apporte son corps à toutes ces pensées qui viennent parasiter son esprit. Il a besoin de rire et si Enzo ose ce genre de phrases alors il doit se laisser porter et arrêter d’être plus craintif que lui. C’est finalement un sourire tendre qui se dessine sur ses lèvres alors qu’Enzo affirme qu’il a toujours été un élève studieux. Une lueur taquine passe dans le regard du russe.

« Mais oui, autant que les surfeurs peuvent l’être. »

C’est pour rire. C’est une plaisanterie et il la tente, encouragé par son ami. Mais on instinct de protection ne tarde pas à reprendre le dessus et le regard de Caem se perd dans l’inspection d’Enzo. Il sait que ce n’est pas discret, que ce n’est pas forcément très fin mais il n’arrive pas à se retenir. Il le détaille, comme pour se dire qu’il est vraiment là, en face de lui. Il dit qu’il a l’air en forme avec sincérité parce que même si son corps semble marqué, il se tient debout devant lui. Mais derrière la boutade d’Enzo, il sent qu’il a touché un point sensible. Un pincement au cœur du côté du russe, il se sent soudainement idiot. Pourtant, en temps normal, il sait comment parler aux gens, comment écouter, comment se positionner. Mais là, face à Enzo, il se sent étrangement démuni. Perdu. Sans repères. Alors quand Enzo lui intime de se rapprocher et d’arrêter de faire semblant, Caem sent un poids se retirer de ses épaules. Il entoure son ami de ses bras et le serre avec force contre lui. Il sent son corps contre le sien. Certes, il a l’air moins épais, moins puissant qu’avant. Mais il est là. Plus de doute possible, plus d’interrogation à avoir. Enzo est revenu, vivant. Il sent ses tremblements et ses larmes aussi. Caem ne bouge pas et se contente de le serrer avec un peu plus de force contre lui. Il ferme les yeux. Il ne sait pas à qui ce contact fait le plus de bien. S’il réconforte vraiment Enzo ou si c’est lui, l’ami à la dérive qui reprend son souffle. Qu’importe. Il se laisse imprégner, les yeux clos jusqu’à ce qu’Enzo se détache.

Il s’essuie les joues et se met à rire. Caem sourit à son tour. Un grand sourire à la fois béat et amusé. Non il ne se moquera pas de ses larmes il est presque heureux de les voir, de sentir qu’Enzo peut encore s’ouvrir au monde.

« J’ai rien à dire là-dessus, tu pourras demander à Ismaelle… »

Et le rire de Caem se joint à celui d’Enzo. Lui qui tient toujours ses émotions sous bonne garde, qui sait afficher ce calme permanent, cette maitrise avait montré à son ancienne professeure toutes ses failles et ses faiblesses. Il avait craqué comme le fait un enfant en quête de réconfort. Il n’en avait pas honte, il avait une confiance absolue en cette femme. Le russe baissa alors le regard vers le chiot qui semblait vouloir rappeler sa présence aux deux garçons, peut-être jaloux de ne plus être le centre d’attention. Caem sourit en le voyant avant de relever le regard vers Enzo.

« Moi aussi Bro’. »

Plus content qu’il ne pouvait l’exprimer et cette fois, c’était sa retenue naturelle qui prenait le dessus. Il n’était pas tant habitué aux grandes effusions, aux grandes déclarations. Il pouvait dire ce qu’il pensait oui mais il se rendait compte que face à une telle charge d’émotions il était déstabilisé, plus qu’il ne l’aurait pensé. Caem s’avance alors vers la table et décide de prendre une chaise pour s’asseoir. Il se rend compte que ses jambes sont légèrement fébriles. Il savait qu’Enzo allait bien mais le fait de le revoir, de pouvoir lui parler… C’était comme si le poids qu’il portait sur les épaules jusque là ne s’en allait réellement que maintenant. Comme si ses nerfs avaient désormais la preuve qu’ils pouvaient se détendre et que la fatigue acceptait enfin de s’abattre sur lui.

« Ça manque peut-être de virilité mais si tu veux, je peux aller nous faire un peu de thé ? »

Caem sourit. Boire un thé avec Enzo et laisser les choses se faire. Au fond, il n’en demande pas plus. Il se sent encore maladroit mais après l’étreinte partagée, il sait qu’il peut oser plus. Enzo n’a sans doute pas envie de lire de la crainte ou de la pitié dans son regard. Il doit trouver le bon équilibre entre le fait de le ménager et de le traiter comme il l’a toujours fait. Comme son meilleur ami qui a d’ailleurs loupé un sacré nombre d’événements. Certains dont il ne parlera pas, d’autres qu’il peut évoquer avec plus de légèreté. D’autres encore qu’il se doit de lui confier mais là, c’est lui qui doit rassembler son courage pour le faire.

« Entre les séjours que j’ai passés ici et ma vie à Londres… Je vais me transformer en thé je pense. C’est fou l’amour que les anglais ont pour cette boisson. »

Caem sourit de nouveau et il comprend. Il comprend qu’au-delà de tout, c’est sans doute ça qui lui faisait le plus peur. De ne plus pouvoir s’asseoir de manière nonchalante et parler de tout et de rien avec Enzo. De plus pouvoir tomber le masque et être avec lui celui qu’il n’est au final, qu’avec peu de gens. Le regard du russe se pose alors dans celui de son meilleur ami. Est-ce que cette fois ça y est ? Est-ce que cette fois, la peur est vraiment derrière eux ?

« Promis je fais attention à ne pas devenir accro, la modération est mon maître mot ! »

Andouille va. Caem se met à rire. Il sait que ce qu’il vient de dire n’est pas si innocent. Mais qu’importe, son corps se relâche et son esprit avec alors il en profite, au moins un peu.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Lun 10 Sep 2018 - 21:56

« J’ai rien à dire là-dessus, tu pourras demander à Ismaelle… »

Une trace d'étonnement dans mon regard ? J'en sais trop rien. A force de planer dans ma bulle j'ai pas tellement cherché à savoir ce qui a pu se passer dans la vie des autres ces derniers temps. Pas par manque d'intérêt, loin de là, simplement parce que je n'en ai pas été capable. Il y a eu la pleine lune, le fait d'apprendre que mon frère est coincé là-bas, j'émerge encore doucement alors vraiment, c'est comme si je redécouvrais que le monde existe. Avec tout ce que ça implique. L'idée que mon meilleur ami est pu passer du temps ici, enfin je suppose, ça ne m'a pas vraiment effleuré l'esprit jusque là. Et quelque part, le réaliser, ça me fait culpabiliser, mais c'est un sourire que je lui offre malgré tout en imaginant sans aucun mal Ismaelle être là pour lui comme elle l'a été un bien grand nombre de fois pour moi. Et pour tant d'autres.

« Elle est plutôt douée pour faire lâcher prise, faut pas t'en vouloir. »

C'est dit avec une certaine forme d'humour mais derrière tout ça il y a une part de réalité. Parce que je connais Ismaelle, parce que je connais Caem. Sous ses airs de mecs doux, presque sensibles peut-être selon certains, c'est une carapace qui ne montre jamais ou très rarement ses fissures pourtant bien présentes. Je crois que c'est le lot de beaucoup de gens qu'on a l'habitude de voir sourire en quasi-permanence, on en oublie parfois qu'ils sont comme tout le monde, qu'eux aussi ils souffrent. Caem est de ceux-là, de ceux présents pour les autres toujours avec le sourire et des mots, des gestes réconfortants, qui ne montrent pas leurs failles alors qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour colmater celles de leur entourage.

« Moi aussi Bro’. »

Un sourire, puis le silence. C'est d'ailleurs en sa compagnie qu'on se dirige tous les deux vers la table où j'étais installé avant qu'il n'arrive. Dès l'instant où je me pose Wax pose ses pattes avant sur mes genoux et réclame une attention que je lui donne sans hésiter. D'une parce que je ne vois pas pourquoi je la lui refuserais, de deux parce que ça m'apaise.

« Ça manque peut-être de virilité mais si tu veux, je peux aller nous faire un peu de thé ? »
« Viriliquoi ? »

C'est lâché avec un sourcil haussé, faussement sérieux dans l'interrogation, et si ça rejoint certaines de mes « angoisses » encore une fois ce n'est pas ce qui prédomine. J'ai pas envie de me prendre la tête, surtout avec ce garçon que je considère comme un membre plus qu'essentiel de mon cercle relativement restreint. Je sais qu'il comprend certaines choses sans que je ne les formule, ou à demi mots, et c'est réciproque je pense. Mais on en a suffisamment bavé comme ça, non ? C'est peut-être encore hésitant et maladroit d'un côté comme de l'autre mais je nous fait confiance, on va y arriver. On va se détendre et tout se passera très bien, sans retenue, à se dire les choses qu'on a envie de se dire librement et sans crainte d'un côté comme de l'autre.

« Entre les séjours que j’ai passés ici et ma vie à Londres… Je vais me transformer en thé je pense. C’est fou l’amour que les anglais ont pour cette boisson. »

Tu m'en diras tant. Combien de fois je me suis moqué – gentiment – de ceux que j'appelle affectueusement pour la plus part des buveurs d'eau chaude ? Il n'y a qu'à voir ce qui fume encore gentiment dans la tasse que j'ai face à moi – même si je ne bois pas ce liquide réellement par envie, plus par nécessité. Il me semble à des années lumières le temps où j'aurais profité d'une bière bien fraiche en regardant l'océan de ma terrasse, shooté aux embruns et bercé par le ressac.

« Promis je fais attention à ne pas devenir accro, la modération est mon maître mot ! »

Si cette fois encore il rit, je ne le suis pas. Parce que là encore, je viens de prendre conscience de certaines choses, peut-être de certaines conséquences que ces derniers temps ont pu avoir sur lui. Je l'ai vu battre contre lui même, j'ai été présent chaque fois que j'ai pu, mais avec ce qu'il vient de traverser … Où est ce qu'il en est avec ça ? Avec la modération, comme il le dit avec une certaine forme d'ironie dans la voix. Perché je le suis, c'est une évidence même si ça va mieux depuis que je me suis réveillé hier après avoir dormi pas loin de 36h après la pleine lune, mais ça ne m'empêche pas d'être bien éveillé pour certaines choses.

Inspiration, expiration, reconnexion.
Sourire un peu absent.

« J'ai ce qu'il faut et je t'avoue que je sature un peu de tous ces trucs mais paraît que c'est bon pour ce que j'ai. »

Je désigne la tasse sur la table avec un sarcasme évident. J'ai pris goût au café ces dernières années mais … Non. Rien qui puisse mettre mes nerfs sous agitation trop intense, c'est comme ça. J'ai conscience d'être sur la brèche en permanence, je sais aussi que les potions, les infusions un peu étranges, c'est pour mon bien et celui des autres parce que personne n'a envie ni besoin de me voir péter les plombs à nouveau, mais ça ne veut pas dire que c'est le kiffe internationale pour autant de boire ces trucs.

« T'en veux d'ailleurs ? Ne me demande pas à quoi c'est exactement par contre, je crois que je préfère ne même pas savoir. »

Cette fois je ris de bon cœur, réellement amusé.

« Et si t'as faim j'ai quartier libre dans le frigo et les placards donc n'hésite pas à me dire. »

On mesure les doses pour Wax qui se jette sur sa gamelle comme un bienheureux et semble ne jamais en avoir assez. Pour moi c'est l'inverse et je fais des efforts, vraiment, mais il y a un truc qui bloque encore dans les rouages de mon cerveau et la nourriture, manger … Je sais pas, j'ai un peu de mal c'est tout. J'imagine que Caem doit le comprendre, d'une certaine façon, pour être passé par une phase similaire.

Et puis parce que ça vient comme ça, sans prévenir, et que je ne cherche pas à me brider :

« T'imagine pas à quel point j'suis heureux que Killian et toi aies pu sortir de ce merdier. »

Je tremble H24 ou presque pour mon frère, je pense aussi à Sovahnn, à quelques autres parfois, mais si lui aussi avait été coincé là-bas ou peut-être même pire ? Je préfère ne pas y penser.

« Comment tu te sens ? »

J'ai peut-être l'air un peu trop sérieux, oui, et alors ? J'ai envie de savoir comment va mon meilleur ami, comment il va vraiment, parce que si les temps sont durs ils ne le sont pas que pour moi, loin de là, et je ne me contenterais pas du discours peut-être édulcoré qu'il peut servir à d'autres.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2161
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily / Ethan / Zachary / Aiyana / Bethany



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Lun 17 Sep 2018 - 11:36


Enzo qui sature de tisane et de thé ? En soit, ce n’est pas drôle, Caem imagine bien que si son ami est contraint de boire ce genre de boissons c’est qu’il y a une raison, c’est que les infusions ne sont pas excitantes, ne risquent pas de troubler son équilibre. Mais sa manière de le dire, sa légère grimace alors qu’il montre du regard la boisson déjà sur la table et le fait qu’il ne sache même pas ce qu’elle contient… Le russe fixe son ami, amusé, quelques secondes avant de se mettre à rire. Parce que malgré tous les drames qui entourent cette réalité, qui entourent Enzo, il y a quelque chose d’amusant dans cette vision de ce grand gaillard condamné à ne boire que de l’eau chaude. Et Caem, comme son ami, a besoin de rire, d’évacuer, qu’importe si ce n’est pas la référence du siècle, la meilleure blague, le truc le plus tordant. Il rit d’un petit rien, il se détend et il réapprend à prendre les choses avec légèreté. Enzo est en vie, Enzo va bien, aussi bien qu’il peut aller en tout cas alors oui, il a le droit de rire un peu, de lâcher un peu de lest et de quitter ce masque de sérieux au moins pour quelques minutes. Le russe se redresse alors légèrement, attrape une tasse vide, ayant peut-être été sortie pour quelqu’un d’autre mais au pire, il ira en chercher une autre et vers un peu d’infusion dedans. Il approche son nez du liquide et affiche un grand sourire.

« Moi ça me va ! »

Nouveau sourire à l’adresse d’Enzo alors que Caem s’empare de la tasse et boit tranquillement une gorgée. Son ami lui explique alors qu’il peut se servir dans le frigo autant qu’il le veut. Le russe sourit et remercie Enzo. Il n’a pas gagné un appétit d’ogre depuis le départ de son ami mais il est possible qu’une fois le stress des retrouvailles, qu’une fois toute cette tension évacuée, la faim se manifeste. Mais il y avait d’autres sujets plus importants que ça. Caem plongea son regard dans celui d’Enzo alors que ce dernier affirmait son soulagement face au fait que lui et Killian aient pu sortir de l’école. Le russe hocha alors lentement la tête.

« Merci… »

Caem savait bien que le sujet était compliqué pour Enzo d’autant que son frère Derek lui était toujours emprisonné là-bas. Le russe n’avait aucune affection pour lui et on ne pouvait pas dire que leur dernière rencontre avait été particulièrement joyeuse… Mais il était le frère d’Enzo et il était certain qu’il aurait eu besoin de lui à ses côtés après tout ça. Et surtout, que l’angoisse de le voir disparaître là-bas n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour lui. Caem soupira avant de porter une nouvelle fois la tasse à ses lèvres. La voix d’Enzo se fit alors entendre. Il lui demandait comme ça allait mais ce n’était pas qu’une simple formule de politesse et le jaune le savait très bien. Il posa avec lenteur sa tasse sur la table, garda le regard fixé dessus quelques secondes avant de soupirer et de relever la tête vers Enzo, affichant un sourire.

« Mieux, depuis que je t’ai en face de moi. »

Un autre sourire se dessina alors sur le visage de Caem mais plus timide celui-ci. Il ne cherchait pas à mentir, pas à se cacher. Ce qu’il venait de dire était la stricte vérité. La disparition d’Enzo avait été un violent coup, quelque chose qui l’avait assommé et donné l’impression d’être seul face à ses démons. Bien sûr il y avait Killian, sa famille, Mateo, Riley et les autres. Mais… Mais Enzo avait un statut particulier dans cette équation et qu’importe ce que les autres pensaient de tout ça, c’était ainsi, tout simplement.

« Ce qu’il s’est passé là-bas… C’était pas la première fois qu’on était confrontés à eux, pas la première fois qu’ils nous montraient leur inhumanité et pourtant… »

La main de Caem se crispa alors autour de sa tasse et il déglutit avec difficulté. Il n’avait pas oublié. Il revoyait encore ceux qu’ils avaient laissés derrière. Ceux qui étaient tombé. Pas de visage particulier, il n’avait pas pu les identifier, pas forcément les reconnaître. Mais il revoyait les corps inanimés, parfois piétinés par ceux qui avaient encore la possibilité de fuir. Le russe ferma les yeux.

« Ils nous avait entourés… On était tous réunis dans nos salles communes. Y’avait un gosse de première année, il pleurait dans les dortoirs. Alors je l’ai pris avec moi, pour le réconforter. »

Caem n’ouvre pas les yeux. Il n’avait pas encore mis de mots sur cette histoire. Il sait qu’Enzo a vécu l’horreur lui aussi, il a sans doute vu pire. Mais il a besoin d’ouvrir, de parler. Et c’est avec lui seul qu’il peut le faire. Il n’a plus force de retenir et surtout, il sent les mots venir en même temps que les images qui reviennent derrière ses paupières closes. Elles sont douloureuses mais il ne cesse de les regarder.

« Le lendemain… Je me souviens d’un cri. Un cri d’un mec de ma maison qui m’a demandé de partir. Et j’ai obéis… J’ai pris le gamin dans mes bras et j’ai couru. J’ai pas regardé derrière… J’ai pas regardé derrière parce que je savais ce que je verrai si je le faisais. »

Ses yeux s’agitent derrière ses paupières qui restent closent. Il revit la scène au travers de ses mots. Son poing se serre désormais sur la table.

« J’ai couru aussi vite que j’ai pu avec ce gamin jusqu’à ce qu’un gardien vienne m’aider et le récupère. Et là j’ai pensé à Killian, je suis parti la chercher. J’ai vu Sovahnn. Je l’ai aidée à se débarrasser d’un Supérieur et je l’ai laissée derrière pour sauver Killian. Je sais qu’elle est encore là-bas… »

En vie certes mais prisonnière. Il était passé juste devant elle et il lui avait juste dit de prendre soin d’elle. Comme si elle avait ce pouvoir.

« Il fallait que je retrouve Killian et j’ai pu l’emmener avec moi. On a pu sortir ensemble. »

Il revoyait cette course infernale et désordonnée. Il se revoyait se raccrocher aux instructions et aux visages familiers des adultes. Il se renvoyait comme un enfant perdu, incapable d’avancer tout seul. Certes il avait mené ce gamin jusqu’à un gardien mais parce que son camarade l’avait prévenu, parce qu’il lui avait ordonné de courir. Sa mâchoire se crispe et il lui faut quelques secondes pour pouvoir parler de nouveau. Ses yeux sont toujours clos.

« Quand je me suis réveillé chez Killian j’ai récupéré mon téléphone. Et… Et je t’ai appelé et c’est Ismaelle qui a décroché. Je suis venu ici aussi vite que j’ai pu. J’étais en colère, j’étais tellement en colère contre eux, contre toi aussi de pas avoir voulu qu’on me parle de ce qui t’arrivais. »

Les sourcils de Caem se fronce. Cette colère, il la ressent encore au creux de son estomac.

« J’ai pété les plombs mais Ismaelle a su me calmer. Mais elle pouvait pas être là tout le temps. Et si cet endroit était devenu mon refuge, j’y arrivais plus. J’arrivais pas à gérer ça, c’était plus fort que moi. J’ai rien dit à Killian et je m’enfonçais tout seul. J’ai bu. Un soir. Je me suis pas saoulé, je me suis arrêté avant. Mais j’ai bu. »

Les yeux de Caem s’ouvrirent alors doucement et son regard se posa sur Enzo.

« Je suis désolé… »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Sam 22 Sep 2018 - 14:09

Ces secondes, ce silence, je les lui laisse sans problème. Si cette tasse doit être l'objet le plus fascinant du monde le temps qu'il se sente prêt à me répondre, soit. Je crois que je comprends. Fallait bien que l'un d'entre nous mette les pieds dans le plat à un moment, non ? C'est moi. Ça aurait pu être lui. Ça n'a pas d'importance.
Et puis son regard capte à nouveau le mien, je sens ma jambe qui commence à s'agiter nerveusement et mon pied cogner le bois de la terrasse dans le prolongement.

« Mieux, depuis que je t’ai en face de moi. »

Il sourit, j'en suis incapable. Ces mots, ils devraient … me rassurer, me faire plaisir peut-être ou en tout cas me toucher, mais dans ma réalité bancale c'est l'angoisse qui se manifeste. Lointaine, comme un serpent ondulant sur le sol, caché par le relief et la végétation, par son propre camouflage … Et j'en suis la proie. Ce serpent, qu'il soit constricteur ou non, ne se trouve jamais bien loin de moi ces dernières semaines. J'imagine pas une seule seconde l'impact que ma disparition a pu avoir sur lui, d'autant que c'est pas la première fois grâce à ma cher et tendre famille un peu détraqué, mais égoïstement ou non tout ce que je ressens en cet instant c'est une sorte de pression, un poids sur mes épaules.

Et une petite voix dans ma tête qui me souffle que j'aurais peut-être pas du poser cette question parce que je suis pas certain d'être capable d'encaisser la réponse qui va suivre.

« Ce qu’il s’est passé là-bas… C’était pas la première fois qu’on était confrontés à eux, pas la première fois qu’ils nous montraient leur inhumanité et pourtant… »

J'ai les yeux rivés sur cette putain de tasse moi aussi, sur ses doigts qui se crispe autour alors que les miens commencent à trembler. Et cette phrase qui reste en suspens, laissant trop de liberté pour l'imagination et les souvenirs. Qu'est ce qu'il a vu cette fois ? Qu'est ce qu'ils ont vécu ? Je ne manque pas de compassion ni d'empathie mais j'ai du mal à ressentir tout ça parce que l'émotion qui s'empare de moi dans ce silence étouffant c'est la colère. Une colère teintée d'angoisse. Encore et toujours ce putain de serpent qui ne me lâche pas.

« Ils nous avait entourés… On était tous réunis dans nos salles communes. Y’avait un gosse de première année, il pleurait dans les dortoirs. Alors je l’ai pris avec moi, pour le réconforter. »

Dans ma tête ça se mélange, son gosse devient le mien, celui que ce tordu a balancé dans ma cage après l'avoir saigné comme un putain d'animal à l'abattoir. Une partie de moi avait envie de le réconforter, de le protéger, mais l'autre … la faim … je pouvais pas … Je peux pas faire ça, s'il te plait … Tais toi.

« Le lendemain… Je me souviens d’un cri. Un cri d’un mec de ma maison qui m’a demandé de partir. Et j’ai obéis… J’ai pris le gamin dans mes bras et j’ai couru. J’ai pas regardé derrière… J’ai pas regardé derrière parce que je savais ce que je verrai si je le faisais. J’ai couru aussi vite que j’ai pu avec ce gamin jusqu’à ce qu’un gardien vienne m’aider et le récupère. Et là j’ai pensé à Killian, je suis parti la chercher. J’ai vu Sovahnn. Je l’ai aidée à se débarrasser d’un Supérieur et je l’ai laissée derrière pour sauver Killian. Je sais qu’elle est encore là-bas… »

Les yeux fermés, poings serrés contre les tempes, secoués par les tremblements je retiens une envie de hurler, un réflexe d'envoyer voler tout ce qui se trouve sur la table qui tient entre nous deux. C'est trop pour moi, je ne peux pas gérer tout ça, vivre leur cauchemar … son cauchemar … En plus du mien. Je ne peux pas. Je ne peux pas le laisser me parler de Sovahnn, je ne peux pas ne pas projeter tout ce qu'ils ont vécu sur mon propre frère.
Parce que c'est à eux que je pense alors que mon esprit illustre chaque parole qui sort de sa bouche. La nausée se fait plus forte, un sifflement aigu s'empare de mes oreilles, cette fois c'est tout mon corps qui tremble alors que je perçois les battements sourds de mon cœur dans mes tempes. Et il bat vite ce cœur, il accélère quand je pense à elle, à lui, sans savoir s'ils sont toujours en vie.

« Il fallait que je retrouve Killian et j’ai pu l’emmener avec moi. On a pu sortir ensemble. »

La panique fait son entrée dans ce jeu étouffant, je commence à manquer d'air et il continue à parler, à parler, à parler encore. Je n'ai pas la force de lui en vouloir, je ne veux pas lui en vouloir, mais je voudrais juste qu'il se taise …

« Quand je me suis réveillé chez Killian j’ai récupéré mon téléphone. Et… Et je t’ai appelé et c’est Ismaelle qui a décroché. Je suis venu ici aussi vite que j’ai pu. J’étais en colère, j’étais tellement en colère contre eux, contre toi aussi de pas avoir voulu qu’on me parle de ce qui t’arrivais. »

Et ça, ces derniers mots, ils sont comme le coup de grâce, comme une lame chauffée à blanc plantée entre mes côtes. Tout s'arrête, figé, chaque parcelle de mon corps me fait mal.

« J’ai pété les plombs mais Ismaelle a su me calmer. Mais elle pouvait pas être là tout le temps. Et si cet endroit était devenu mon refuge, j’y arrivais plus. J’arrivais pas à gérer ça, c’était plus fort que moi. J’ai rien dit à Killian et je m’enfonçais tout seul. J’ai bu. Un soir. Je me suis pas saoulé, je me suis arrêté avant. Mais j’ai bu. Je suis désolé… »

Hold on it's a marathon
Run fast, run fast
Like the rivers run, got it

Emeli Sande ▬ Hurts

Fuck this.
I can't.

J'peux plus. J'y arrive plus. A contenir tout ce qui est entrain de me ronger depuis qu'il a commencé son récit en me projetant malgré lui là où je ne suis pas encore capable d'aller. Pas quand je me réveille encore chaque nuit en sueur, terrorisé, pas quand je cherche mon air pendant des secondes qui me semblent interminables. Pas quand parfois chaque respiration se fait douloureuse tant l'angoisse que tout recommence se manifeste. Pas quand mon imagination trop fertile m'envoie des images de mon frère sans vie, le corps disloqué, ou en train de subir les pires des tortures dans un cachot de cette école maudite.
C'est brutalement que je me lève, manquant de me casser la gueule et me rattrapant in extremis au mur. Mes pas sont mal assurés, je cherche mon air, les yeux exorbités et pourtant c'est comme si je n'y voyais plus rien. J'ai passé des jours privés de deux mes sens, je me réveille encore parfois certains matins en ayant l'impression qu'on m'a volé la vue à nouveau. Tant bien que mal j'atteins les escaliers, m'accroche à la rambarde pour éviter de m'écrouler tant mes jambes menacent de se dérober sous moi et commence à m'éloigner de quelques pas en cherchant toujours cet air qui semble refuser d'entrer et circuler correctement dans mes poumons.
Fuir. Comme un besoin vital. La gorge et la cage thoracique enserrées dans un étau, l'envie de gerber qui m'oblige à me tenir le ventre et des émotions qui convergent encore et toujours vers moi sans que je n'ai la moindre chance de les canaliser. C'est la boite de Pandore qu'il a ouverte et j'étais pas prêt pour ça. Pas prêt à l'entendre me dire qu'il est en colère contre moi. T'as pas le droit de me dire ça … me reprocher d'avoir la moindre part de responsabilité dans ta chute et m'en déposer le poids sur les épaules …

« J'aurais préféré être là, tu peux m'croire. »

Ça sort de manière acide, ma voix tremble tout autant que mon corps, je ne maitrise plus rien.

« Et si je les avais laissé te prévenir, il se serait passé quoi ? Tu serais resté. Killian serait peut-être partie sans toi là-bas. »

Et j'aurais pas été capable de supporter ce poids là non plus. Si elle était restée coincée là-bas alors que toi tu serais là, à soutenir ton meilleur pote … T'aurais fini par m'en vouloir. Moi je m'en serais voulu. J'ai juste géré comme j'ai pu, en me disant que de toute façon ça allait s'arranger rapidement et qu'il n'y avait pas de quoi imposer ce contre-temps dans la vie de qui que ce soit, d'alerter pour rien ...

« J'peux pas Caem. J'peux pas faire ça. J'ai pas les épaules assez solides pour supporter tout ça. J'suis … Un putain de désastre ! »

Face à lui, le visage déformé par tout un tas d'émotions et des larmes qui commencent à se former sous les paupières. Encore des larmes. J'en peux plus de passer mon temps à chialer. Je crois que c'est sûrement le désespoir qui prédomine, la lassitude aussi peut-être. J'en sais trop rien. Mais je suis là, face à mon meilleur ami, les paumes tournées vers lui en lui exposant l'étendue des dégâts. Regarde pourquoi j'suis pas capable d'encaisser autre chose que mes propres emmerdes ? Et crois moi c'est à contre cœur, si je pouvais faire autrement j'en serais le premier soulagé.

« Je t'en veux pas d'être retourné là-bas. T'as pas le droit de m'en vouloir d'avoir voulu te protéger de ça. »

Je parle vite, m'agite, une main dans les cheveux, poing serré, l'autre sur la hanche puis portée à ma bouche alors que je me ronge les ongles et le bout des doigts. Mes yeux se perdent sur cet endroit paradisiaque et j'ai envie de gerber devant tant d'indécence quand certains sont coincés dans une énorme baraque en pierre. De quoi je me plains au juste, c'est vrai.

« J'ai abandonné. J'ai voulu crever pour que ça s'arrête ... »

Et puis soudain j'ai l'air calme, le regard perdu vers le Fjord, une main perdue dans le pelage de Wax qui m'a rattrapé et auquel je ne fais pas tellement attention.

« Une semaine après avoir atterri ici, alors que j'suis encore complètement dans le brouillard, à côté de mes pompes, anesthésié, j'apprends ce qui s'est passé …  J'apprends brutalement que mon frère est coincé là-bas avec des tarés qu'il rêve de détruire les uns après les autres et j'arrive pas à me sortir de la tête que cette putain d'existence va m'arracher le dernier membre de ma famille, si c'est pas déjà fait, parce que j'en prends pas assez plein la gueule visiblement. »

Je ne cherche pas à retenir les larmes qui coulent désormais sur mes joues, de toute façon à quoi ça sert ? Paraît que ça fait du bien. Je vois pas tellement comment mais si ça peut apaiser la douleur ne serait-ce qu'une seconde alors je prends. Je suis prêt à prendre n'importe quoi.

« J'voulais pas te laisser tomber, j'suis sincèrement désolé de tout l'impact que ça a eu sur toi mais s'il te plait, ne m'en veux pas. J'ai pas la force pour encaisser ça. »

Cette fois je le regarde, presque suppliant j'imagine. Peut-être que tout ce discours n'a aucun sens, que je suis complètement à côté, que c'est égocentré et égoïste mais pour le moment je ne suis pas capable de faire autrement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2161
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily / Ethan / Zachary / Aiyana / Bethany



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Lun 24 Sep 2018 - 10:53

Pourquoi ? Pourquoi n’avait-il pas ouvert les yeux ? Pourquoi s’était-il soudainement renfermé sur lui-même, plongé dans ses souvenirs, n’entendant que le son de sa propre voix et de son cœur qui battait de plus en plus fort. Pourquoi, lui qui était toujours attaché aux réactions des autres, dont l’œil était exercé à voir ce que chacun s’appliquait à cacher, pourquoi avait-il refusé de voir ? Il avait ouvert son cœur, il avait ouvert ces vannes qu’il avait laissées fermées pendant ces longues semaines. Il avait verrouillé ses émotions, il les avait gardés pour lui parce qu’il n’avait envie d’en parler à personne. Sauf à Enzo. Il parlait de certaines choses avec Killian mais c’était différent. Il n’arrivait pas à lui reparler de Poudlard. Il n’arrivait pas à lui parler de son craquage avec la boisson. Il avait attendu le retour d’Enzo pour lui aussi. Et alors qu’il l’avait vu en fin en face de lui, que son ami lui avait demandé de ses nouvelles, il avait tout oublié. Il avait fermé les yeux, il s’était centré sur lui-même et n’avait pas jeté un regard vers son ami. Sinon, il aurait vu, il aurait compris. Il n’avait même pas senti les vibrations de sa jambe se répercuter dans la table. Il n’avait découvert qu’en rouvrant les yeux qu’il avait fait une terrible erreur.

Leurs regards ne s’étaient croisés que quelques secondes. Comme un éclair, une lueur fugace et pourtant, ça avait suffit à Caem pour comprendre. Ça avait été comme un coup de poing dans son estomac, un truc qui l’avait stoppé net, faisant remonter en lui une terrible nausée. Il avait été idiot. Bien sûr qu’Enzo n’était pas prêt à entendre ça et pourtant… Caem le vit se lever avec rage et maladresse et instinctivement, il se leva aussi, comme pour être prêt à le rattraper même s’il resta à une certaine distance de lui. Enzo semblait habité, ailleurs. La colère semblait avoir pris le temps de monter en lui et pourtant, le russe avait gardé les yeux clos. Il n’avait pas vu ou peut-être, avait-il refusé de voir ?

Caem le suit, interdit, gardant cependant une certaine distance. Il le détaille. Il voit son visage crispé dans une expression de douleur profonde. Son corps amaigri lui saute soudainement aux yeux, comme une putain d’évidence à côté de laquelle il serait passé pendant si longtemps. Il le voit s’accrocher, se tenir le ventre, se battre avec sa propre douleur. Cette vision lui tord les boyaux. Comme lorsqu’il l’avait vu allongé sur son lit en position fœtal, presque éteint. Mais le russe ne dit rien. Il a bien trop parlé déjà et il le sait. Il observe. Il sait ce qui va suivre et il sait aussi ce que cela va faire naître en lui. Il a déjà compris. Alors il attend cette sentence avec résignation.

Les premiers mots d’Enzo sortent. Ils résonnent dans l’esprit de Caem, acide, corrosif. Il ressent une sorte de frisson désagréable dans son dos mais il ne dit rien. Il sait qu’Enzo a vécu l’enfer et n’ira pas comparé les situations. Mais personne ne devrait souhaiter avoir été là-bas. Il sait pourtant ce qui se cache derrière ça alors il ne dit rien. Il enchaîne et Caem prend un second coup dans l’estomac. Plus vicieux que le précédent. Son visage pourtant ne bouge pas, pas une expression, son regard rivé vers son ami. Il chasse l’image de Killian parce qu’il ne veut pas tomber dans ce jeu-là. Enzo parle de nouveau et son visage se déforme. Les larmes s’invitent sur son visage. Oui, il a raison. Il est encore un désastre, il encore à chercher son souffle et Caem a agi comme un idiot. Alors il écoute. Il prend tout ce qu’Enzo lui envoie. Lorsqu’il parle de l’envie d’abandonner, le russe déglutit. La nausée est plus violente. Il le sait, sitôt cette conversation terminée, il y a de fortes chances pour qu’il vomisse le peu que son estomac contient. Qu’importe, tant qu’il tient jusque-là. Parce qu’il doit tenir maintenant, il a fait une erreur, il l’a faite une fois mais il sait qu’il ne recommencera pas. Enzo a failli se laisser crever. Entre toi ça dans la tête.

Enzo est acide, il pleure, il parle de sa famille qui se délite. De Derek, tout ce qui lui reste. La gorge de Caem se noue. Il se concentre sur ce souffle qu’il doit garder régulier, qui ne doit surtout pas s’emballer. Il fixe son ami, tâchant de garder de la douceur dans son regard. Enzo n’a pas besoin d’être affaibli par son regard mais il a besoin de réconfort. Il a besoin de se reconstruire. Il supplie presque autant du regard que des mots. Caem le regarde, toujours silencieux. Il a la bouche pâteuse, ses lèvres sont presque collées, peut-être parce qu’il les maintient serrées avec un peu trop de force. Mais il lutte. Alors, tandis que le silence s’installe légèrement entre eux, que le regard d’Enzo est toujours posé sur lui, le russe parvient enfin à répondre. Sa voix est basse, peut-être un peu plus qu’à l’accoutumée mais au moins, il la contrôle.

« Je t’en ai voulu Enzo. Pas parce que tu souffrais, pas parce que le sort s’est acharné une fois de plus mais parce que tu m’as tenu à l’écart. Et non, tu n’as pas le droit d’invoquer Killian ou d’affirmer de quelle manière j’aurais réagi. Alors oui, je t’en ai voulu d’avoir pensé que je m’en sortirais mieux en ignorant ce qui t’arrivait. »

Caem n’a pas bougé, il se tient toujours à la même distance d’Enzo. Il ne lui laisse pas le temps de réagir, il reprend immédiatement la parole.

« Mais ça, c’était avant. Ça fait longtemps que je n’ai plus de colère pour toi. Non, je ne t’en veux pas d’avoir souffert. Non, je ne pense pas que tu es responsable de ce qui a pesé sur mes épaules. Je t’en ai voulu de ne pas avoir souhaité que je sache mais jamais, je ne t’en ai voulu pour ce qui t’es arrivé. Jamais. »

Caem insiste sur les mots. Ils sont importants, Enzo doit comprendre. Il ne lui mentira pas en disant qu’il n’a jamais été en colère parce qu’à ses yeux, ça n’a aucun intérêt. Mais il prend le temps de lui expliquer. Cette colère qu’il avait ressentie, elle avait vite été balayée par l’inquiétude, l’angoisse. Elle n’était qu’un souvenir et sans doute avait-il fait une erreur en l’évoquant. Il aurait mieux fait de garder cette partie pour lui, peut-être pour plus tard. Mais en parler maintenant avait été une bêtise. Il ne pouvait que réparer, il ne reviendrait pas en arrière.

« Et je te laisserai pas tomber. Je peux rien faire pour ton frère, je peux rien faire pour ce que tu as vécu. Mais je peux t’aider à avancer. Si pour ça je dois te laisser tranquille ou venir te voir tous les jours, qu’importe, je le ferai. »

La voix de Caem tremble légèrement il est pourtant décidé et il ne peut être plus sincère dans ses paroles. Il ne supporte pas de voir Enzo comme ça et encore moins alors qu’il se rend compte de l’égoïsme dont il a fait preuve. Il voulait le revoir mais il voulait aussi son soutien. Il n’avait pensé qu’à lui. Une part sombre de lui était blessée par ce refus, par cette impossibilité de se confier. L’autre se battait contre celle-ci, lui reprochant son égoïsme crasse. Il avait été si stupide… Alors, lentement, il sentait ce cadenas se fixer. Se mettre tranquillement en place. Il savait ce que cela impliquait, il savait comment ça finirait. Mais il n’avait pas le choix. Il fermait.

« Je suis désolé d’avoir réagi comme un idiot. J’ai été égoïste. »

Et on ne l’y reprendrait plus. Non, cette faute était trop ignoble, il ne se permettrait pas de la commettre deux fois.

« Dis-moi ce dont tu as besoin. Dis-moi ce que je dois faire et je le ferai. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Jeu 27 Sep 2018 - 18:03

J’ai cassé un truc. J’ai attrapé notre amitié brutalement, sans prévenir, et je l’ai jeté par terre. C’est la sensation que je garde au fond des tripes, sœur jumelle de celle qui me laisse penser que je suis en train d’abandonner mon meilleur ami. Je lui ai fermé la porte au visage violemment et maintenant que la soupape de décompression a merdé, qu’elle a laissé sortir l’explosion, je me sens presque plus mal encore. Son silence je ne l’interprète pas, coincé dans mes propres émotions je ne parviens pas à lire les siennes. A bout de souffle, à bout de nerf malgré le repos gagné ces deux derniers jours, je me perds encore une fois dans tout ce merdier incontrôlable qui régit aussi bien mon esprit que mon corps sans que je ne parvienne à contrôler quoi que ce soit.

J’aurais voulu réagir autrement, j’aurais tellement voulu être capable de réagir autrement. Aussi bien pour lui que pour moi.

« Je t’en ai voulu Enzo. Pas parce que tu souffrais, pas parce que le sort s’est acharné une fois de plus mais parce que tu m’as tenu à l’écart. Et non, tu n’as pas le droit d’invoquer Killian ou d’affirmer de quelle manière j’aurais réagi. Alors oui, je t’en ai voulu d’avoir pensé que je m’en sortirais mieux en ignorant ce qui t’arrivait. »

Bras le long du corps, poings et mâchoires serrées, les larmes se tarissent et mon souffle, mon rythme cardiaque, se tempère un peu. Je ne dis rien, j’encaisse comme je peux, essaie de mettre mes pensées au clair, d’enregistrer ses mots et l’impact qu’ils ont sur moi.
J’entends, je vois, je perçois … Je ne cherche même pas a essuyer les larmes qui quittent encore mes yeux en roulant sur mes joues. Comme un automatisme du corps.

« Mais ça, c’était avant. Ça fait longtemps que je n’ai plus de colère pour toi. Non, je ne t’en veux pas d’avoir souffert. Non, je ne pense pas que tu es responsable de ce qui a pesé sur mes épaules. Je t’en ai voulu de ne pas avoir souhaité que je sache mais jamais, je ne t’en ai voulu pour ce qui t’es arrivé. Jamais. »

Ça fait mal. Bien sûr que ça fait mal. L’idée que mon meilleur ami … bien plus que ça en réalité … L’idée qu’il ait pu ressentir de la colère envers moi me fait mal pour la simple et bonne raison que ça signifie une chose : Je l’ai blessé. Et je recommence à présent.
Mais quelque part il y a du soulagement, je crois. De l'incompréhension, aussi, puisque ça n'est pas exactement ce que j'ai voulu dire. Je n'ai jamais pensé qu'il puisse m'en vouloir d'avoir été … absent, seulement d'avoir fait le choix de lui cacher la vérité. Même pas un mensonge, juste le silence. J'en ai fait autant pour tous ceux qui n'ont pas été là, qui n'ont pas vu. Qui ne m'ont pas vu.

« Et je te laisserai pas tomber. Je peux rien faire pour ton frère, je peux rien faire pour ce que tu as vécu. Mais je peux t’aider à avancer. Si pour ça je dois te laisser tranquille ou venir te voir tous les jours, qu’importe, je le ferai. »

Et tu laisseras tes propres démons sur le bord de la route pour m'aider à porter les miens, c'est ça ? Je le sais parce que si je le pouvais je réagirais exactement de la même manière. Parce que malgré tout j'ai entendu, je vois, je sais que tout ce que tu as laissé sortir à l'instant avait besoin de le faire depuis bien longtemps. Je te connais. Cette situation est injuste, j'aimerais pouvoir être l'oreille attentive dont tu as besoin mais au fond de moi je le sais, je n'en ai pas la force. Alors à quoi bon faire semblant ? Les secondes passent, je me calme, mais l'évidence reste la même. Je n'ai pas la force d'être le pilier dont tu as besoin, juste l'épaule sur laquelle reposer ta tête, l'oreille qui écoute sans ciller ton histoire. Cette partie de ton histoire. Malheureusement certaines choses sont trop difficiles à entendre pour moi parce qu'elle inclus d'autres personnes. Ça n'est pas de ta faute, ça n'est pas de la mienne non plus. Je ne peux simplement pas me risquer à imaginer ce qui a pu se passer, ce que vous avez pu vivre, tant que mon frère est enfermé là-bas. Tant que je n'ai pas de nouvelles de lui. Et puis Sovahnn. J'aurais réagis de la même manière si c'était toi là-bas et quelqu'un d'autre ici avec moi … Peut-être que ça n'est qu'une question de temps, c'est possible, comment le savoir ? Mais en cet instant, ce que j'ai exprimé avec angoisse, maladresse, sans aucun contrôle, n'est autre que la réalité.

« Je suis désolé d’avoir réagi comme un idiot. J’ai été égoïste. Dis-moi ce dont tu as besoin. Dis-moi ce que je dois faire et je le ferai. »

Le flot de larmes se tarie, je reste là, immobile, silencieux, presque interdit, mes yeux dans les siens sans réagir. En apparence en tout cas. A l'intérieur les cases se remettent en place, s'apaisent après cette tempête soudaine et imprévisible. Puis les certitudes apparaissent les unes après les autres.

« J'veux pas que tu me laisses tranquille. »

Juste quelques mots, bien plus de message dans le cœur et le regard. J'ai été bien trop « tranquille » loin de vous pendant tout ce temps … Plus que jamais j'ai besoin des gens que j'aime auprès de moi. Par le passé j'ai fonctionné différemment. Je me suis renfermé, j'ai fuis les autres, cette fois c'est différent je le sens. Sans être prêt à parler nécessairement, je sais que je ne veux pas gérer ça dans mon coin. Je ne fuis pas la compagnie, je ne fuis pas les miens.

« Et t’as rien d’un égoïste. »

C'est même incroyablement tout l'inverse. Regarde toi, barricadé derrière ces barrières qui contiennent ce qui te ronge et te fait mal. C'est pour moi que tu le fais et plus les secondes passent, plus j'en prends conscience.
Soupir. Long, profond. Le chien s'est éloigne de quelques mètres, mon attention est entièrement focalisé sur Caem. Je sens mes épaules s'affaisser un peu, ma tête se baisser, le regard rivé vers le sol sans réellement le voir. Puis finalement je les efface, j'essaie au moins, ces fichus larmes sur mes joues et dans mes yeux. D'un revers de manche, le corps tremblant et l'esprit entouré d'un brouillard quasiment permanent. Simplement moins épais par moment. De nouveau, mes yeux cherchent les siens. Ils les trouvent.

« J'pensais pas à mal, j'pensais … déjà plus vraiment. C'est arrivé vite, j'suis parti vite malgré toutes les forces que j'ai épuisé en luttant pour ne pas que ça arrive. »

Là encore, ça n'est que la vérité. Oui j'ai voulu lui épargner ça mais j'ai surtout fait comme j'ai pu. Qu'est ce que ça aurait changé qu'il soit là ? C'est peut-être injuste vis à vis de lui je le conçois, réellement, mais cet état m'a rendu fébrile, moins j'avais de témoin mieux je me portais aussi injuste que cela puisse paraître. Encore une fois, néanmoins, ça n'était simplement pas calculé.

« J'ai failli mordre mon frère. »

Je ne sais même plus pourquoi, ni vraiment comment, à vrai dire. Je sais juste que c'est arrivé et qu'il s'en est fallu de peu.

« Il le méritait sûrement, mais bon. »

C'est bien une esquisse de sourire sur mes lèvres, un vague rictus en coin alors que je m'entoure le haut du corps de mes bras comme si je voulais me protéger. Du froid. Du reste. Ce corps je ne l'ai pas encore totalement ré apprivoisé, je le sais. Tout ce que je sais c'est qu'il tremble presque aussi souvent que je pleure. L'épuisement, l'angoisse, parfois la douleur, la tristesse … Des raisons il y en a des tas, parfois sans doute aucune.

« A ta place j'aurais été en colère aussi, j'comprends. J'suis désolé. »

En toute sincérité. Bien sûr que j'aurais été en colère contre lui s'il avait traversé quelque chose de difficile en choisissant de ne pas m'inclure dans son équation, de me tenir à l'écart.

« Je sais pas réellement ce que je veux, je … j'imagine que c'est sûrement encore trop tôt pour ça de toute façon. J'suis juste … »

Pause. Nouveau soupir. Nouveau regard vers le Fjord, le ciel, sans réellement voir tout ça, avant de retrouver son visage.

« Je suis fatigué. Plus que je ne l'ai jamais été. »

Juste un fait, un constat. J'ai enchainé un paquet de merdes ces dernières années et jamais je ne me suis senti aussi épuisé. Physiquement, mentalement, si les cauchemars ne hantaient pas mon sommeil je passerais probablement la majorité de mon temps à dormir. A voir si le fait d'être occupé par une certaine routine m'aidera, je l'espère. Même pour moi ça n'a rien d'agréable d'être catatonique la majeure partie du temps.

« J'voudrais être là pour toi, vraiment, mais j'peux pas pour l'instant. J'peux pas t'aider à rester droit ni même à te redresser alors que moi-même je tiens pas d'bout. Et pour ça aussi j'suis désolé. »

Je te jure que ça me coûte sûrement autant que toi. Je voudrais pouvoir te choper par les épaules avec toute la force que je pouvais avoir avant, te regarder droit dans les yeux et te dire que, ok, t'as merdé, mais ça va aller. On va arranger ça et ça n'arrivera plus. Les pièces ont va les recoller une part une, on fera ce qui faut pour ça, on prendra le temps qu'il faudra. Mais je serais là. Ça me fout les nerfs de pas pouvoir faire ça mais être honnête envers moi-même est la meilleure façon pour moi de l'être envers toi. C'est contre productif de se reposer contre un pilier qui menace de se plier à chaque instant.

Pour autant ...

« Mais il faut pas que tu gardes tout ça pour toi. »

L'hôpital qui se fout de la charité ? Pas vraiment. J'en sais trop rien. A quoi ça me servirait de raconter ce qui m'est arrivé ? Je ne fais pas l'autruche, j'ai vécu un truc horrible dont personne n'a réellement envie d'entendre les détails et à ce stade, la plus part du temps, c'est une profonde lassitude que je ressens. Ce qui hante mes pensées n'a d'ailleurs pas grand chose à voir avec cette cage, ce taré toujours dans la nature. Réaction saine ou pas, je n'arrive à penser qu'à mes proches, à mon frère. Le reste, c'est terminé, non ? La pleine lune étant passée, le fait d'être redevenu humain sans encombre m'a rendu une certaine part de sérénité.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2161
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily / Ethan / Zachary / Aiyana / Bethany



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Lun 1 Oct 2018 - 16:48

Leurs regards se croisent, se répondent. Le temps semble modifié, ils se regardent, non pas seulement en apparence mais bien plus profondément que ça. Ils se regardent, se décryptent et Caem attend une sorte de réponse, un signe. Il sait qu’il a commis une erreur, qu’il a mal évalué la situation et qu’à cause de ça, il a fait souffrir Enzo. Il lui a fait porter un poids en trop, il a lui-même, une fois de plus, créé une plaie sur sa peau pourtant encore fragile. Il s’en veut et il n’attend désormais qu’un signe, quelque chose lui prouvant que tout n’est pas brisé. Qu’Enzo ne désire pas le voir s’éloigner. Car si le russe se pliera au souhait de son ami, il sait très bien qu’il aurait du mal à supporter qu’il lui demande de partir. Ce serait la confirmation de son erreur, ce serait comme souligner le fait qu’il venait de piétiner des journées d’effort. Et ça lui serrait la gorge rien que d’y penser. Leurs yeux se répondaient dans un silence qui paraissait à la fois long et pourtant, si important. Puis, Enzo trouva les mots, parvint à rouvrir la bouche et à s’exprimer avec plus de calme que précédemment. Malgré lui, Caem lâcha un léger soupir de soulagement. Au moins, son ami ne s’attendait pas à ce qu’il débarrasse le plancher. Les épaules du russe se relâchèrent légèrement mais son regard ne quitta pas le grand corps soudainement si fragile de son camarade. Pourtant, c’est lui qui cherche à le rassurer par ces mots. Il cherche à lui ôter l’image sombre qu’il se peint de lui-même. Caem esquisse ce qui ressemble à un sourire mais ne dit rien. Si, il a été égoïste en associant le retour d’Enzo à l’apaisement de sa peine. Il a regardé les choses sous le mauvais angle, il a mal pensé et mal agi. Mais il saurait réparer son erreur. Oui, il parviendrait à rééquilibrer les choses.

Enzo prend soudain une respiration, baissant le regard. Caem ne décolle pas son regard de lui-même s’il cherche à l’observer avec plus de délicatesse, ne voulant pas le troubler. Il le voit, tenter d’essuyer ses larmes, de les faire disparaître, il le voit fixer le sol. Caem ne bouge pas lui, comme s’il savait que le moindre bruit pourrait rompre ce qui était en train de s’équilibrer lentement. Jusqu’à ce que leurs regards se croisent de nouveau. C’est comme une amorce d’excuses qui se dessinent pourtant ce n’est pas ce que Caem retient. C’est cette lutte pudiquement évoquée. Cette souffrance pour rester soi-même et ne pas être happé. Ses entrailles se serrent. Et puis, un autre détail dont il n’était pas au courant, une autre anecdote qui pourtant n’a rien de secondaire. Enzo et Derek ont une relation étrange, mouvementée mais intense et sincère. Quand on voit comment il s’inquiète pour lui, le russe n’a aucune difficulté à imaginer ce qu’il a pu ressentir en manquant de lui faire du mal. Il serre les dents. Pourtant, il se permet de lâcher un rire, dans un souffle, presque plus comme un relâchement d’air alors qu’Enzo tente un trait d’humour.

« J’aurais jamais dit ça… »

Caem esquisse un sourire à son tour avant que ce dernier ne se perde lentement sur son visage. Enzo s’excuse frontalement cette fois et il se contente d’hocher la tête. Ce n’est pas grave, ce n’est plus important même si au fond, cela le touche qu’Enzo reconnaisse ce point : lui aussi aurait réagi de la sorte. Mais qu’importe, ce n’était pas une victoire que de l’entendre dire, il fallait désormais passer à autre chose, avancer. Et c’est cette porte vers l’avenir qu’Enzo finit par entrouvrir. Sans se voiler la face, sans masquer la difficulté que cela représente. Mais il évoque autre chose, un après. Caem effectue alors enfin un mouvement, croisant lentement ses bras sur sa poitrine. Ses sourcils se sont froncés alors qu’il se concentre sur les informations distillées. Et puis, il esquisse un nouveau sourire, plus franc cette fois.

« Tu vas prendre le temps qu’il faut pour te reposer. Si tu veux, je peux te lire les bouquins de médecine que j’étudie en ce moment, je suis à peu près sûr qu’avec un ton bien approprié, bien monocorde, tu dormiras mieux que tu ne l’as jamais fait. »
Si le début de la phrase était on ne peut plus sérieux, Caem avait lentement dérivé alors que son sourire s’agrandissait. Il était loin de prendre l’aveu d’Enzo à la légère. Cette fatigue, elle n’était sans doute pas que physique. Il avait besoin de se reconstruire psychologiquement, de reposer son esprit qui avait subi de trop fortes émotions. Et si Caem comptait bien veiller à ce qu’il trouve ce repos, il savait aussi qu’arrêter de lui faire des blagues de très mauvais niveau c’était aussi l’empêcher de retrouver un semblant de normalité. Après tout, il avait un rôle à assumer ! Mais jamais il ne demanderait à Enzo d’en tenir un, ce n’était plus son tour

« Faut pas. »

Non, il ne fallait pas être désolé, Enzo n’avait pas à l’être. Caem avait prononcé ces deux mots d’une voix douce et aussi rassurante que possible. Enzo ne devait pas s’en vouloir de ne pas pouvoir, c’était le russe qui avait commis une erreur, pas lui. Il avait besoin de repos et être confronté aux cas de conscience de son ami ne pouvait en aucun cas aider son esprit à retrouver le calme et la sérénité recherchées. Et pour lui ? Caem avait sourit aux mots de son ami. Il n’en attendait pas moins de sa part.

« T’en fais pas, je suis bien entouré tu sais. »

Oui, il avait Killian, Mateo et Ismaelle aussi qu’il avait appris à connaître après ces longues semaines et qui était devenu sans nul doute un repère pour lui. Il ne mentait pas en disant cela, en affirmant qu’il avait largement assez de monde autour de lui pour se sortir de ces mauvaises pensées et avancer avec sérénité. Seulement, il ne disait pas toute la vérité, il omettait sciemment parce qu’il lui était tout simplement impossible de faire autrement. Le cadenas avait pris sa place et il savait qu’il ne chercherait plus à l’ouvrir, il savait qu’il allait finir par l’oublier. Il allait passer outre non pas à force d’efforts, non, simplement en regardant ailleurs.

« Et je crois que venir ici est aussi un bon moyen de retrouver un peu le calme, ça me fait du bien. »

Caem sourit de nouveau, avec sincérité une fois encore. Cet endroit était magnifique et s’il commençait à prendre goût à certains aspects de la vie à Londres, il y avait quelque chose qui émanait de cet endroit qui semblait pouvoir guérir bien des maux. Apaiser, aider à respirer. Que pouvait-il demander de plus après tout ? Il était fort non, il avait su se reconstruire après d’autres épreuves, il ne fallait pas en faire toute une histoire et simplement avancer.

« D’ailleurs, je me disais que j’aimerais bien offrir quelque chose à Ismaelle pour la remercier de son accueil et de sa gentillesse. Mais j’ai pas trouvé d’idée encore, si jamais un truc te vient, hésite pas, je suis preneur. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Mer 3 Oct 2018 - 12:31

« Tu vas prendre le temps qu’il faut pour te reposer. Si tu veux, je peux te lire les bouquins de médecine que j’étudie en ce moment, je suis à peu près sûr qu’avec un ton bien approprié, bien monocorde, tu dormiras mieux que tu ne l’as jamais fait. »
« Pourquoi pas. »

Le sourire est faible, fatigué tout simplement, mais bien présent. D’une parce que c’est une réaction à sa trace d’humour, de deux parce que je suis content de voir qu’il ne lâche pas. J’ai du mal à me projeter vers demain, je crois que c’est plutôt clair, et je suis toujours un peu à côté de la plaque, c’est vrai, mais l’idée d’appeler un jour mon meilleur ami, Docteur, ça me plait. Et ça me raccroche à une réalité plus belle que celle que j’ai côtoyée ces dernières semaines, aussi.

« Faut pas. »

Je le sais, pas pour autant que je l’accepte ou que je le vis bien. Ne pas pouvoir être là pour les personnes qui comptent le plus c’est difficile. Mais malheureusement il faut savoir concéder le fait que tant qu’on n’est pas suffisamment solide soi-même ça ne sert à rien de vouloir aider les autres. Pas pour des choses aussi importantes en tout cas.

« T’en fais pas, je suis bien entouré tu sais. »

Et pourquoi j’y crois pas ? Pas qu’il n’est pas bien entouré, je sais qu’il l’est, mais je sais aussi que je suis son confident tout comme il est le mien et je ne suis pas certain qu’il osera dire aux autres ce qu’il m’a dit à moi. Son père, sa petite amie, des amis … Je ne me tape pas une crise de supériorité face à toutes ces personnes, loin de là, je ne me considère pas plus important qu’eux, mais je le connais aussi bien qu’il me connait. C’est tout.

« Et je crois que venir ici est aussi un bon moyen de retrouver un peu le calme, ça me fait du bien. »

Cette fois mon sourire se fait plus franc, en écho au sien, alors que mon regard se promène à nouveau sur cet environnement dans lequel j’évolue depuis maintenant une semaine, tout juste un peu plus je crois. De la nature a perte de vue, aucun bruit autre que celui du vent, de l’eau, des animaux si ce n’est de temps à autre la sirène d’un bateau éventuellement. Je réalise que ce havre de paix n’est effectivement pas seulement le mien, il est aussi effectivement le sien.

« D’ailleurs, je me disais que j’aimerais bien offrir quelque chose à Ismaelle pour la remercier de son accueil et de sa gentillesse. Mais j’ai pas trouvé d’idée encore, si jamais un truc te vient, hésite pas, je suis preneur. »
« Ça marche, j’vais y réfléchir. C’est gentil de ta part. »

Quant à moi, je crois qu’une vie entière et tout l’or du monde ne suffiront jamais à la remercier pour tout ce qu’elle fait et a déjà fait pour moi. Pas de place pour la culpabilité, pas maintenant. J’ai juste … envie, et besoin, de débrancher un peu. De profiter de ce moment avec mon meilleur ami. Les problèmes seront toujours là demain, ou même dans quelques heures, mais je crois qu’on mérite tous les deux de les laisser un peu de côté.

« En parlant de cadeau. »

Mon sourire s’élargit encore un peu plus alors que je baisse la tête pour poser mon regard sur la boule de poils qui se bat farouchement avec un brin d’herbe à mes pieds. Ce regard, il est à la fois amusé et plein de tendresse.

« Tu le connais déjà je crois mais jusqu’ici il n’avait pas de nom. »

Et sans me faire prier j’attrape ce machin déjà bien grand – pas étonnant vu le gabarit de son père – pour le porter dans mes bras comme on porterait un bébé. Il s’agite, j’éclate de rire en essayant d’éviter les léchouilles dont il veut me peinturlurer le visage.

« J’te présente Wax, officiellement mon chien depuis hier. Offert par la Team Helland-Stoneheaven. »

Juste à ce contact, à ce changement de direction de notre conversation, je sens un poids qui se détache de mes épaules. Je sais que je n’arriverais sans doute pas à le porter bien longtemps avec mes pauvres petits bras sans muscles parce qu’il pèse déjà son poids mais pour le moment je ne veux pas le lâcher.

« Y a les chiens guide d’aveugle, j’crois qu’il est bien parti pour être un chien thérapeutique pour traumatisé. »

Je crois qu’il y a un peu de sarcasme là-dedans, malgré tout, mais les faits sont là. J’ai toujours été réceptif aux animaux, Lune m’a aidé à traverser des moments difficiles et je sais que Wax en fait déjà autant. D’ailleurs en parlant de sa majesté blanche …

« Lune peut pas le voir, tu t’en doutes bien. »

Et je ris, encore. Ça me fait un bien fou. Ça me détend parce que c'est sincère et naturel. Après avoir déposé tant bien que mal un bisou sur la tête de l’ouragan beige, noir et blanc tant bien que mal je le repose finalement parterre et il passe tout de suite en mode jeu, excité comme … un chiot de 4 mois, tout simplement.

« Tu parlais de ta chambre tout à l’heure … ça me revient maintenant, je crois qu’Isma m’a parlé de ça. T’es parti de chez ton père ? »

Les mots sont moins lourds, la discussion plus fluide, les regards moins fuyants. Ça aussi ça fait du bien.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2161
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily / Ethan / Zachary / Aiyana / Bethany



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Lun 8 Oct 2018 - 17:03

Avec Enzo de son côté, Caem avait sans doute une chance de trouver le cadeau idéal pour Ismaelle. Et si à côté de tout ce qu’ils venaient d’évoquer, cela pouvait paraître futile, c’était important aux yeux du russe. Elle avait sauvé son meilleur ami, elle prenait soin de lui jour après jour. Elle avait aussi été là pour lui, elle l’avait tenu par la main et si, se concentrer sur un potentiel cadeau leur apportait un peu de répit à tous les deux alors tant mieux. Quelque chose s’était passé pendant ces quelques minutes, un verrou s’était mis en place, une porte s’était refermée mais qu’importe. Il avait retrouvé son meilleur ami et si Enzo avait besoin de temps pour se retrouver lui-même, être de nouveau aussi à l’aise dans ses baskets qu’avant qu’importe. Il sentait qu’il était prêt à avancer, même si c’était lentement, à son petit rythme et là était le principal. Caem resterait à ses côtés, pour le soutenir mais aussi pour rire un bon coup, pour faire le clown, pour parler de tout et n’importe quoi. C’était comme ça. Leur amitié n’était pas simplement une jolie histoire qu’on raconte aux détours des couloirs d’une école. Elle était fraternelle, inscrite dans le marbre et il en faudrait plus pour la briser. Oui, beaucoup plus.

D’ailleurs, les traits d’Enzo semblaient s’être légèrement adoucis, comme si l’ombre qui s’y était installé quelques temps auparavant avait accepté de s’envoler un peu. Le rouge avait alors baissé son regard sur le chiot qui continuait de s’agiter non loin d’eux. Caem suivit son regard, intrigué. Il hocha la tête quand son ami lui dit qu’il le connaissait déjà, oui plutôt, il avait vu cette petite boule de poils évoluer ces derniers temps. Il sourit alors de bon cœur quand il vit le chiot s’affoler dans les bras d’Enzo et que celui-ci lui annonça solennellement qu’il fallait désormais l’appeler Wax et qu’il était son chien.

« Alors ça on peut dire que c’est un beau cadeau. Enchanté Wax. »

Caem sourit alors attendri et amusé. Il approcha sa main du chiot, toujours dans les bras de son ami et vint le gratouiller entre les oreilles. Il avait déjà bien apprivoisé ce petit animal et il était certain qu’il avait trouvé le maître qui lui fallait et qu’il apporterait de la douceur à ce dernier. Alors, quand Enzo parla d’animal thérapeutique, Caem rit doucement. Qu’importe que le sujet là-dessous soit lourd, Enzo l’abordait avec plus de légèreté et surtout, l’image de Wax comme anti-dépresseur était plutôt parfaite.

« Je crois qu’il est fait pour ça. »

Oui, apporter un peu de joie aux gens, les éloigner de leurs démons et de la morosité. C’était un rôle qui convenait parfaitement à ce chien. Bon sauf que bien sûr, il n’y avait pas qu’Enzo (et William) dans l’équation. Lune était presque sortie de la tête de Caem sur le coup, pardon ma belle. Mais quand elle fut de nouveau évoquée par son ami, il se mit à rire avec toujours autant de simplicité. Pas besoin d’avoir beaucoup d’imagination pour se représenter les deux en train de se chamailler. Autant dire qu’ils allaient mettre de l’ambiance mais c’était sans doute pas plus mal après tout.

« Bizarrement j’ai aucun mal à l’imaginer… Mais je suis sûr qu’ils finiront par trouver un point d’entente ces deux-là. Sinon tonton Caem sera obligé de venir mettre en place une médiation. Je suis fort pour ça, il parait. »

Le russe afficha alors un large sourire, revenant de nouveau caresser la tête de Wax qui s’agitait désormais à leurs pieds. Ayant été au cœur de toutes les attentions pendant ces dernières minutes, il n’avait sans doute pas très envie d’être relégué à l’arrière-plan pour les minutes à venir. Compréhensible en même temps ! Le russe s’agenouilla alors à son niveau et commença à lui gratouiller le ventre. Le chien s’agitait, autant par plaisir que tout exciter à l’idée d’avoir réussi à revenir au centre de l’attention. Caem souriait distraitement. Il se releva alors finalement et le chien commença à lui sauter dessus tandis qu’il entreprenait de répondre à la question d’Enzo, ses mots ponctués de légers rires face au comportement du chiot.

« Oui j’ai réussi à négocier avec lui. Il avait un peu de mal avec l’idée de me laisser tout seul mais si je l’appelle régulièrement et que je passe parfois le weekend tout va bien. »

Caem haussa alors les épaules. C’était assez étrange tout ça, après tout, son père était entré assez tardivement dans sa vie. Il savait qu’il était sincère dans ses démarches et qu’il ressentait aussi le besoin de compenser pour toutes ces années, pour ce qu’il s’était passé avec sa mère. Caem ne le blâmait pas pour ça et n’avait pas envie de le juger non plus. Il acceptait son besoin de retrouver une place de père et lui, essayait de se faire à l’idée que cette famille était complètement la sienne. Il adorait son frère et sa sœur, il avait de la tendresse pour son père et sa belle-mère mais il savait qu’au fond, il y aurait toujours un léger décalage. Qu’importe, ils n’étaient pas obligés de le savoir.

« Du coup j’ai une petite chambre de bonne dans Londres. Faut être honnête, c’est pas un palace hein mais je crois que l’idée d’avoir un truc rien qu’à moi me plait. »

Caem sourit alors sincèrement à Enzo. Oui, il était honnête sur ce coup. Le russe appréciait la compagnie des autres, il aimait être entouré mais il avait toujours eu ce côté un peu solitaire. Ce besoin d’avoir son petit nid rien qu’à lui, un endroit où il pouvait se retrouver, se recentrer sur lui-même loin du regard des autres. Et c’était ce qu’il avait fini par trouver dans cette petite chambre de bonne.

« Tu pourras venir faire un tour si tu veux. On rentrera même à trois avec Mateo, bon faudra se serrer par contre. »

Et de nouveau, Caem se laissa aller à rire doucement. La pression était redescendue et il sentait qu’il retrouvait enfin ce qu’il cherchait depuis des semaines, la compagnie de son meilleur ami.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Mer 10 Oct 2018 - 14:05

Un chien d’assistance. Je crois que c’est comme ça qu’on les appelle. Wax n’est pas officiellement un chien d’assistance, il n’est pas éduqué en ce sens et ne le sera jamais, mais c’est de manière émotionnelle qu’il m’aide. M’occuper de lui me canalise, sa respiration de chiot fatigué m’apaise presque aussi efficacement que les ronrons de Lune – t’en fais pas ma belle, personne ne prendra ta place, même si tu n’acceptes jamais cette nouvelle boule de poils. Il faudra juste partager.
Bref, je fais face à ma situation et admets avoir besoin d’aide même si certains jours c’est plus difficile à accepter que d’autres.

Étrangement, ça passe mieux avec les animaux.

Même actuellement, il ne se rend pas compte mais il facilite la communication entre Caem et moi, il apaise les tensions et la discussion peut reprendre son cour de manière plus légère pour nous deux pendant que lui se fait grattouiller le ventre comme un pacha ou se met à sauter sur tout le monde – va falloir qu’on bosse ça mon pote, quand tu feras plus de 20kg ça deviendra un problème et en plus ça, salit les vêtements.

« Oui j’ai réussi à négocier avec lui. Il avait un peu de mal avec l’idée de me laisser tout seul mais si je l’appelle régulièrement et que je passe parfois le weekend tout va bien. »

Détaché, mais pas trop. Je suis content de voir qu’ils trouvent un équilibre tous les deux. Je sais que Caem s’est toujours senti en marge dans cette famille même s’il semble y avoir trouvé certaines marques. Avoir son chez soi, c’est peut-être un moyen d’assoir ces marques justement. Proche, mais pas trop. Concerné, mais pas envahissant. J’vais pas dire que l’idée de le savoir tout seul ne m’inquiète pas, surtout pas après la discussion un peu mouvementée qu’on vient d’avoir, surtout pas en sachant que des tarés notoires se baladent un peu partout dans la nature, mais je décide de lui faire confiance.

« Du coup j’ai une petite chambre de bonne dans Londres. Faut être honnête, c’est pas un palace hein mais je crois que l’idée d’avoir un truc rien qu’à moi me plait. »
« C’est génial, j’suis content pour toi. »

Vraiment.

Il n’avait pas prévu tout ça, de se retrouver du jour au lendemain de retour chez son père et non pas à l’école, à poursuivre ses études … Sa vie a été chamboulée et je trouve ça réellement top de le voir rebondir, avancer, malgré tout. Ça rassure, ça inspire aussi d’une certaine façon. Ça permet de se rappeler qu’il y a un monde dehors, que la vie continue, y compris la mienne.

« Tu pourras venir faire un tour si tu veux. On rentrera même à trois avec Mateo, bon faudra se serrer par contre. »
« Il le dira pas mais j’suis certain qu’il n’attend que ça. D’être serré entre nous deux j’veux dire. »

Et nous y voilà, au paradis des blagues salaces et des allusions douteuses. Qui aurait pu croire ça ? Mais elle fait du bien cette normalité. C’est peut-être encore un peu bancal, hésitant, fébrile, mais ça reviendra doucement, comme tout le reste. J'ai pris un sacré coup dans l'aile cette fois, je le sens bien, je me sens différent des autres fois, peut-être parce que c'était celle de trop, mais j'aime à croire que dans le fonds je suis toujours le même et que tôt ou tard je finirais par retrouver mon sourire, mes conneries, mes kilos et toute la panoplie.

J'ai besoin de me dire ça.

« C’est super cool, j’ai hâte de voir ça. J’espère que t’as au moins une photo de moi quelque part. »

Sinon c’est sacrilège.

« Donc t’as ta garçonnière maintenant … Plus d’apparition intempestive du p’tit frère ou de la p’tite sœur dans un moment inopportun alors. »

Ceci n’étant pas une invitation … J’te connais. Plus sérieusement, enfin non parce que ça n’a rien de vraiment sérieux et ça fait du bien d’ailleurs, mais clairement un peu d’intimité ça peut être agréable parfois. En vivant au château on s’est habitué à partager notre espace, mais avec la famille c’est différent.

« J’découvre ça avec Adrian. »

L’avantage avec Derek c’est qu’il a tellement peur de tomber sur un truc qui lui filera la gerbe et des cauchemars pendant les dix années à venir qu’il ne pousse pas les portes fermées ou entrouvertes … Adrian, dans sa candeur et son innocence encore préservée malgré ses 13 ans, n’a pas ce genre de problèmes.
Et blague à part, même si on ne cohabite que depuis hier puisqu’il était chez sa mère jusqu’ici, j’aime beaucoup l’avoir dans les pattes. Le courant est tout de suite passé entre nous quand j’ai fait sa connaissance en juillet.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2161
Date d'inscription : 10/08/2010
Crédits : Aelyne/ECK
Double Compte : Emily / Ethan / Zachary / Aiyana / Bethany



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t1115-caem-kaliayev#69930
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Mar 16 Oct 2018 - 13:43

Enzo était heureux pour lui et ça le touchait. Malgré tout, il ne remettrait jamais en doute la sincérité de son ami. S’il n’était pas prêt à porter sur ses épaules une autre peine que la sienne, cela ne changeait rien à ce qui les liait, à ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Alors Caem lui avait sourit avec douceur quand il lui avait dit être heureux pour lui. Oui, cette chambre de bonne était une bonne chose, la perspective d’un nouveau départ, d’un avenir qui se dessinait lentement. Le trait était encore fragile et tremblant mais il fallait y croire. Cette petite chambre lui donnait aussi l’impression de reconnecter avec la réalité. Quand il passait des heures à travailler sur les bouquins que Leiv lui avait prêté, enfermé là-dedans, il avait l’impression d’être un vrai étudiant. Pas une copie étrange qui oscille entre le monde des études et un autre beaucoup plus terrifiant, beaucoup plus sombre. Non, un vrai étudiant qui n’a que peu d’argent, pas grand-chose pour vivre mais s’en contente en se disant que bientôt, ce sera son tour d’être dans le confort. Si Caem savait qu’aspirer à une vie complètement normale était vain, il aimait se laisser bercer par cette image.

Mais le sérieux de cette conversation avait duré bien trop longtemps. Tout le monde le savait, une conversation entre Caem et Enzo pouvait virer de bord d’une minute à l’autre sans que personne ne voit rien venir. C’était une spécialité dont ils n’étaient pas peu fiers et il n’y avait rien de plus réconfortant que de voir qu’elle n’avait pas disparu. Ce fut Enzo qui ouvrit les hostilités en chargeant une fois de plus ce pauvre Mateo de tous les sous-entendus. Caem ne chercha cependant pas à l’épargner et rit franchement.

« Ça ne m’étonne vraiment pas de lui ! »

Pauvre Mateo, c’était souvent le bouc émissaire de leurs conversations. Et en même temps, c’était parce qu’il faisait partie du trio infernal, de même que lorsque Caem et Mateo étaient ensemble, Enzo en rpenait affectueusement pour son grade. C’était un cercle. Mais que chacun se rassure, Caem et Enzo savaient aussi blaguer d’eux-mêmes. D’ailleurs, le Gryffondor venait de tendre une perche à son ami qu’il ne pouvait décemment pas laisser passer.

« Mais bien sûr que j’ai une photo de toi… Je ne te dirai simplement pas où… »

Votre imagination vagabonde ? Surtout, ne me remerciez pas. Caem afficha alors un grand sourire, de ceux dont il avait le secret, de ceux qui vous filent des frissons jusque dans le bas du dos sans que vous ne parveniez à expliquer pourquoi. Pourquoi ce visage si angélique semble soudainement si effrayant… Et puis, il rit doucement alors qu’Enzo de son côté enchaînait sur l’un des avantages d’avoir une chambre à soi ce qui alimenta le rire du russe. Imaginer le pauvre Adrian entrer malencontreusement au mauvais moment dans la chambre d’Enzo… Oui, ça avait quelque chose de très drôle même s’il se demandait bien ce qui pourrait se passer dans la tête du gamin s’il voyait les deux. Bref, n’y pensons pas.

« T’as hérité d’un petit frère assez sympa je trouve. »

Caem sourit alors doucement. Il ne connaissait que peu Adrian mais de ce qu’il avait pu voir, il était loin d’être le gamin le plus terrible de cette terre.

« Mais oui, c’est sûr qu’avoir un peu de tranquillité c’est plutôt agréable. J’avoue qu’en sachant que toute ma famille était dans la maison je me sentais un peu… coincé. »

Et de nouveau, il se mit à rire après avoir laissé le dernier mot en suspend pendant quelques secondes. Ok, cette phrase était peut-être un peu de trop, un peu trop avancé dans son intimité et en même temps, s’il ne se permettait pas de dire ça avec Enzo, il ne se le permettrait avec personne. Il n’avait pas non plus donné de détails très croustillants. Simplement… Simplement il avait un peu du mal à câliner sa petite-amie en se disant qu’à tout moment, un être innocent pouvait passer la porte et être traumatisé à vie. Non, il ne voulait pas porter une telle culpabilité, avoir perverti une âme si pure… Oui, il était un petit démon sous ses airs d’ange mais il avait tout de même des limites. Parfois. Sur certains sujets.

« Killian sera contente de te revoir. »

Les deux étaient amis, depuis plus longtemps que Caem et Enzo en un sens même si leur relation n’avait rien à voir. Quand Killian avait appris la vérité, elle avait été très inquiète pour le rouge qui se comprenait. Caem savait qu’elle avait envie de le voir, de discuter avec lui mais qu’elle comprenait aussi qu’il fallait du temps pour qu’il en soit capable. Qu’il reprenne ses marques. Un pas après l’autre, cela ne servait à rien de se précipiter, cela ne faisait qu’augmenter le risque de chute. Caem venait déjà d’en causer une, on ne l’y reprendrait plus.

« Bon par contre, le jour où tu viens chez moi, je veux un bouquet de fleurs. Il paraît que c’est comme ça quand on est invité chez quelqu’un. »

Un nouveau sourire taquin et léger vint décorer le visage de Caem. Il aimait ça, se laisser porter, dire tout ce qui lui passait par la tête sans se soucier de ce qu’on pouvait en penser. Laisser son côté sombre prendre le dessus et redevenir un sale gosse. Et ça sert à ça aussi, les amis.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 18283
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   Mar 16 Oct 2018 - 22:11

Joker est dans la place … Je vous jure que même moi qui le côtoie depuis un moment maintenant et qui le connait, je pense, mieux que … Peut-être pas tout le monde, mais je le connais plus que bien, il arrive encore à me foutre les boules avec ce regard et ce sourire de psychopathe. Tout ça en sous-entendant qu'il a une photo de moi dans un endroit sans doute un peu discutable … T'as un putain de grain mon pote, et c'est pour ça que je t'aime. Oui, je t'aime, j'ai pas peur de le dire. Je ne l'aime pas comme je peux aimer William – malgré ce que ce dernier peut peut-être penser parfois, j'en sais trop rien – mais je l'aime. Pas comme un frère non plus, en tout cas pas comme j'aime Derek. Je n'ai pas énormément d'amis proches, je les aime tous d'une façon différente mais cette crevette de ruscoff, il est spécial pour moi.

Bref, on va s'arrêter là pour le côté sentimental, ça serait con de se remettre à chialer parce que je commence à en avoir plein le cul des fuites lacrymales.

« T’as hérité d’un petit frère assez sympa je trouve. »

Voilà, ça c'est bien comme sujet de conversation et de digression mentale. Pourtant ça aussi ça me provoque une certaine émotion. Petit frère. C'est clair qu'ici, je peux pas dénigrer le côté familiale. Isma a toujours été … elle a toujours eu une image un peu maternelle dans mon décor, Leiv c'est un peu différent parce qu'on est moins proches mais le schéma dans sa globalité est suffisamment éloquent.

« J'suis d'accord. »

Ce gosse est adorable, plein de vie, même si j'ai parfois du mal à suivre avec ma tête fatiguée je peux dire sans aucun doute que ça fait du bien de l'avoir dans les pattes. Ça secoue, ça réveille, d'autant qu'il n'est pas au courant de tout ce qui a pu se passer. Juste le minimum, à savoir que j'ai besoin de me reposer et que pour ça je vais rester chez eux quelques temps.

« Mais oui, c’est sûr qu’avoir un peu de tranquillité c’est plutôt agréable. J’avoue qu’en sachant que toute ma famille était dans la maison je me sentais un peu… coincé. »

Il rit, j'en fais autant, l'orage maintenant passé. Mes coups de flippes, mes crises d'angoisses, ce genre de conneries qui me bouffent l'existence, ça passe comme ça arrive visiblement. Tant mieux, j'imagine. En attendant j'ai plus envie de penser à ça, imaginer mon meilleur pote complètement bloqué avec sa copine parce que les parents et les frangins sont dans la pièce d'à côté c'est bien plus amusant et je ne me prive pas pour me foutre – gentiment – de lui. En ce qui me concerne j'en suis pas encore à ce stade. Tout ce que Adrian pourra surprendre n'a rien d'interdit au moins de 18 ans actuellement. C'est comme ça, pour ça aussi j'ai besoin de temps visiblement.

« Killian sera contente de te revoir. »
« Moi aussi. »

Sincèrement. Est ce qu'elle sait ? Qu'est ce qu'elle sait ? J'en sais rien et dans le fond ça n'a pas vraiment d'importance. Voir Caem c'est un premier pas, les autres ça viendra progressivement parce que de toute façon j'en ai besoin. Et envie. Mes amis me manquent, j'ai beau planer une bonne partie du temps je sais encore reconnaître ce que je ressens quand je le ressens. La plus part du temps. J'espère que d'ici peu de temps on pourra tous se retrouver dans des conditions plus « normales », des conditions où je n'aurais pas l'impression d'être un malade à qui on rend visite. A chaque jour suffit sa peine et non, je ne suis pas en train de qualifier mes amis de peine. Évidemment.

« Bon par contre, le jour où tu viens chez moi, je veux un bouquet de fleurs. Il paraît que c’est comme ça quand on est invité chez quelqu’un. »

Il est fier de lui l'animal ! Résultat je le laisse en plan pour me diriger vers le premier par terre de fleurs sauvages que je trouve et lui en cueille quelques unes avant de revenir me planter devant lui, bouquet  improvisé dans les mains.

« Tiens. J'prends de l'avance. Et d'ailleurs il est où mon gâteau ? »

J'invente rien, c'est lui qui m'a vendu du rêve par sms avec ça. Personne n'est dupe, j'arrive déjà pas à manger un repas classique alors moi qui n'ai jamais vraiment été un mordu du sucré .. Voilà. Mais ça ne change rien à ce qui se trame actuellement. Et d'ailleurs ...

« Tu sais quoi ? J'viens d'avoir une idée. Leiv rentre tous les midis pour déjeuner, Ismaelle aussi. T'en dis quoi si on leur prépare un truc rien que pour tous les deux. Ils arrivent, mettent les pieds sous la table et nous on se tire pour les laisser tranquille. Je t'emmènerais te balader dans le coin. »

Je ne sais pas depuis combien de temps Ismaelle ne s'est pas reposée, depuis combien de temps ils n'ont pas eu un moment et j'en suis une des causes principales, alors je peux bien faire ça pour eux. J'oublie pas que s'ils ont repoussé leur mariage c'est en partie parce que j'étais … ailleurs. Dans tous les sens du terme.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem   

Revenir en haut Aller en bas
 
Just wanna roll my sleeves up and start again ▬ Caem
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Rick Roll de la nouvelle star !
» Roll a d6 - Un petit bijou
» 05. I Love Rock'n Roll [PV ERIN]
» 07. It's a new day, a new start, and I'm feeling good!
» La maison de retraite du rock and roll

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Autour du monde :: Europe :: — Norvège :: Logement de Leiv-Andreas Helland & Ismaelle Stoneheaven-
Sauter vers: