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 You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William

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MessageSujet: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Lun 9 Juil 2018 - 14:58

You could put an ocean between our loveIt won't keep us apart

William & Enzo


■ Lundi 28 Septembre 2015 ■

Los Angeles – Environ 9h du matin
(17h à Londres)

Ça m'est retombé dessus d'un coup
Je me suis senti seul, triste et fatigué
J'y arrive pas sans toi,
J'arrive plus à encaisser
Comment est-ce que ça va se finir ?

FAUVE ▬ Infirmière

Je sais que je ne devrais pas être là, pour différentes raisons, mais pour une fois dans cette foutu journée j’ai pris une décision murement réfléchie, posée. Avec ma tête, avec mon cœur aussi, même si tout ça déraille encore, même si y a des ratés. Y a aussi tout un tas de questions apparues au fil des heures, qui restent pour le moment sans réponses. Et je crois que j’ai besoin de les écrire une par une, sur une feuille de papier froissé, pour résoudre ces putains d’énigmes là dans mon crane qui ne veulent plus me foutre la paix depuis que mes yeux se sont ouverts sur certaines réalités.
Les premiers jours j’étais dans le vague, j’ai pas capté les choses, pas réellement pris conscience des absences ni de moi-même finalement. Ensuite ça été le réveil plus ou moins en douceur, les premiers mots, les premiers pas, comme tout réapprendre depuis la naissance. Alors forcément on se casse la gueule, c’est pas vraiment stable, mais quand le cerveau commence à s’y mettre et à faire sauter les cadenas c’est plus vraiment la même instabilité. Le poids sur chaque côté de la balance devient plus lourd, ça devient compliqué de mettre un pied devant l’autre.

Parce que je suis trop fatigué.
De toute les manières qu’il est possible de l’être.

En toute honnêteté je me demande encore comment je fais pour avancer à l’heure actuelle. Peut-être l’énergie du désespoir ou simplement un instinct de survie à l’épreuve des balles. J’ai failli abandonner pourtant, et j’pense pas être tiré d’affaire pour être tout à fait sincère, mais si je suis là c’est pas pour brasser du vent. Non, c’est pour faire un pas en avant.

Et aussi parce que j’ai besoin de comprendre.

Il est encore tôt, c’est plutôt calme et ça me fait du bien. Juste quelques sportifs motivés, puis ceux qui rentrent de soirée, d’autres qui vont bosser sans doute. Moi je déambule comme un somnambule, un funambule dont l’équilibre n’est pas terrible faut bien le dire mais qui continue de s’accrocher. La gueule encore un peu cassée, les traits tirés, un paquet de kilos en moins et le ventre noué, vide, mains dans les poches ventrales de mon sweat fermé, capuche sur la tête et le regard rivé sur l’océan. J’observe les vagues qui vont et viennent, les regarde se casser et s’écraser sur le sable pour repartir vers le large dans un mouvement répétitif, familier et apaisant. L’Australie me manque. Ma maison me manque. Ma famille me manque.

Tu me manques.

J'ai besoin de toi comme d'une infirmière,
Que tu me dises que je suis hors de danger
Que mon état va s'améliorer
Que tu passes ta main dans mes cheveux,
Que tu prennes ma vie pour en faire
Quelque chose de mieux
J'ai compris que tu voulais pas de moi pour l'instant,
Mais je me force à croire qu'avec du temps
Tu changes d'avis

FAUVE ▬ Infirmière

Non, je ne devrais pas être là. D’une parce que l’horloge tourne et me rapproche dangereusement de l’inévitable, de deux parce que j’aurais dû respecter la distance, le silence. Mais j’y arrive plus. Et j’ai besoin de savoir, de comprendre, où on en est toi et moi. Besoin que tu me regardes droit dans les yeux et que tu me dises que ça fait mal mais que c’est comme ça, que c’est trop pour toi peut-être. Et je comprendrais. Pas pour autant que je le vivrais bien, mais sincèrement, je comprendrais.
Je me souviens juste avoir croisé son regard le premier jour et depuis plus rien, mais peut-être que c’est simplement ma tête qui déraille, parce que je crois qu’elle ne percute pas trop tout ce qui se passe et que je suis resté coincé pas mal de temps dans une bulle qui vient d’exposer salement. Les ecchymoses que j’ai sur les jointures de mes poings, les taches de sang – le mien, mais pas seulement – sur mon sweat heureusement noir, la manche déchirée par une lame et ma peau déchirée juste en dessous qui a cessé de saigner depuis longtemps maintenant, en sont les exemples. Ce silence, cette absence, ils ne me faisaient rien jusqu’ici simplement parce que je ne regardais pas les choses en face, j’étais pas prêt pour ça, mais maintenant que tout a éclaté et moi avec, c’est un froid glacial qui me colle au os. Parce que t’es pas là, parce que mon frère est peut-être mort ou dans un sale état, parce que je sais plus comment faire pour avancer et que mon réflexe n’a pas été de chercher mes amis, ma famille, ni de retourner là d’où je viens, pas même d’aller me planquer chez moi. Mon réflexe il a été de débarquer sans prévenir à l’autre bout de la planète sans aucune certitude, juste un besoin. Mes émotions et mes sentiments sont une feuille de brouillon broyée dans le fond d’une poche actuellement alors je suis mon instinct, le laisse guider mes actions, en me demandant ce qui se passe dans ta tête actuellement.

Je me dis que ça peut pas être comme ça,
Qu'il doit y avoir autre chose
Jusqu'ici j'ai pas trouvé des tas de raisons d'exister
Mais j'ai besoin de croire en quelque chose de profond, de solide
J'ai besoin d'être porté par un espoir
Je voudrais faire l'effort permanent et sublime
Je voudrais être à tes côtés, simplement
Pour que la vie ne puisse jamais nous mettre à genoux

FAUVE ▬ Infirmière

Venice Beach. C’est là que j’ai atterri comme la première fois, là que j’ai quelques souvenirs déjà, des souvenirs qu’on a créé ensemble et qui me rendraient sûrement le sourire si je pouvais encore étirer les lèvres de cette manière. J’ai envie de croire que ça reviendra, il le faut, c’est ce que je veux même si pour le moment j’en ai pas la force.
J’ai le Pier de Santa Monica dans le dos, là-bas aussi j’ai des souvenirs, puis le skate park que je longe sans m’arrêter, précisément là où j’ai débarqué comme un naufragé il n’y a pourtant pas si longtemps. Aujourd’hui mon naufrage n’a plus la même gueule et si j’ai l’air destroy c’est plus vraiment pour les mêmes raisons non plus. Je peux nous revoir nous retrouver après deux semaines passées loin l’un de l’autre, l’excitation dans le fond du regard et le palpitant qui s’emballe, un sourire jusqu’aux oreilles et les mains qui tremblent du manque de l’autre. Les sensations aujourd’hui n’ont rien à voir et l’angoisse que tout soit différent commence à me rendre fébrile. Mais je continue d’avancer, jusqu’à quitter le front de mer pour m’enfoncer dans les ruelles, suivant un fil invisible et faisant abstraction de tout ce qui m’entoure ou presque. Le soleil qui grimpe de plus en plus haut dans le ciel me réchauffe, ça fait du bien, et il n’y a que lorsque je me retrouve face à cette maison elle aussi devenue familière que je m’arrête.
Je me dis que je ne devrais pas me pointer comme ça, que c’est sûrement pas une bonne idée et que faudrait pas que ses parents me voient dans cet état. L’hésitation s’installe, pourtant je me dis qu’avoir fait tout ce chemin pour faire demi-tour … Mais c’est surtout que je peux pas, je peux pas repartir maintenant que je suis là, même si j’ai aucune idée de s’il est là ou pas. Peut-être qu’il est à Londres, ou n’importe où ailleurs sur le globe. Peut-être qu’il est juste ailleurs dans la ville, dans un des spots qu’il préfère, ou simplement encore en train de dormir. Peut-être qu’il n’a pas envie de me voir.
Je me sens con, frustré de pas savoir comment agir, comment me comporter, comment anticiper ses réactions. J’ai peur de lui faire mal, aussi, d’une manière ou d’une autre. Plus de mal que je ne lui ai déjà fait ces dernières semaines malgré moi. Mais il y a une part de moi qui a envie de lui montrer que je suis là, bien vivant, et que même si c’est foutrement bancal je compte bien le rester. Ça sera sans doute pas facile tous les jours, je peux pas faire de promesse et les lignes vides sous les questions qui concernent mon frère pèseront dans la balance c’est certain mais …
Raté du cœur. J’ai dû avoir une absence, un de ces moments où parti dans ma tête je ne réalise pas vraiment ce que je fais, parce que j’ai poussé le petit portail et j’avance sur la petite allée qui mène à la porte d’entrée. Et je sais pas si c’est le hasard, le destin, un coup du sort ou n’importe quoi d’autre, mais tout ce que je sais c’est que je me fige dès l’instant où il est là, devant moi, à seulement quelques mètres, sur le pas de la porte qu’il vient d’ouvrir.

Et ce sont mes dernières résistances qui cèdent les unes après les autres. Toutes ces larmes que j’ai retenu pendant des heures qui se pointent sous mes paupières et commencent à rouler sur mes joues. Mes jambes qui jusqu’ici ont réussi à me porter par je ne sais quel miracle menacent de lâcher à tout instant, à bout de force. Tremblant des pieds à la tête je me sens perdu, noyé, étouffé mais malgré tout soulagé d’un poids écrasant. Les premières secondes s’écoulent et je suis incapable de réagir, complètement abandonné par mon propre corps, par ma tête trop pleine qui se décharge. J’ai jamais été un grand fan du fait de me montrer si vulnérable devant qui que ce soit mais je peux pas faire autrement.

Et dans le fond, j’ai pas la moindre envie de tricher.
Pas avec lui.
Et les mots finissent par sortir.
Fébrilement, maladroitement.

« J’ai besoin de toi. »

Parce que ça va pas, pas du tout même, et que j’y arriverais pas tout seul. Parce que j’ai besoin de souffler et que le seul endroit où je pourrais le faire c’est dans tes bras. Parce que je t’aime et c’est sans doute la seule certitude qui me reste.


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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Ven 20 Juil 2018 - 19:36

You could put an ocean between our love, It won't keep us apart
Enzo & Will


■ Samedi 26 Septembre 2015  ▬ 14h20 ■

– Est-ce que tu as eu des nouvelles de sa part ?
- Non. Aucune. Je n’en ai pas non plus donné.
- Pourquoi ça ? Qu’est-ce qui t’en empêche ?

Je me ronge la peau du pouce, signe clair de nervosité que je n’arrive pas à contrôler. Je suis passé de l’inquiétude profonde, à la lassitude, J’ai ensuite franchi l’étape d’un vide meurtrier, à m’en donner la gerbe, à m’en rendre fou… pour maintenant faire face à des émotions qui me dépassent.

- J’sais pas. La peur, j’crois.
- La peur de quoi ? De le perdre à nouveau ?
- Ouais.

Je déglutis, m’enfonce un peu plus dans mon siège, m’arrachant un nouveau morceau de peau avant de faire claquer mon ongle du pouce contre celui de l’annulaire. Mon regard longe la pièce que j’ai toujours trouvé chaleureuse, accueillante presque malgré ce que l’on vient y faire. Ou plutôt, heureusement, vu ce que l’on vient y faire ici.
Vider son sac, se confier, lâcher prise. Essayer de comprendre un tas de chose qui nous échappe parfois et qui s’éclaircisse grâce au bon sens de quelqu’un de totalement neutre. Mes yeux s’arrêtent sur cette femme d’une quarantaine d’année, d’origine togolaise qui ne se défait jamais de cette bienveillance sur ce visage que je connais désormais par cœur. Hawa Murphy est la psychologue qui me suit depuis la mort de Jude. Je n’étais pas venu la voir depuis un moment mais sous les conseils de ma mère et par besoin, aussi, je suis revenu frapper à sa porte pour un rendez-vous qu’elle n’a pas tardé à me donner en vue de la pauvre allure que j’ai donné avec mes kilos en moins et ma gueule mal rasée et émaciée.

- J’devrais être avec lui, à profiter du fait qu’il soit en vie, le serrer dans mes bras et remercier Dieu de me l’avoir ramené, de n’pas m’avoir fait revivre ça. Je marque une pause, dégluti une nouvelle fois. Mais j’y arrive pas parce que j’ai la trouille de refaire face à tout ça.
- Faire face à quoi, William ? Contrairement à Jude, il n’est pas mort. Au contraire, il est là et je suis certaine qu’il n’attend plus que toi.
- Et si ça recommence ? C’est ça qui m’fait flipper. J’ai bien vu comment ça m’a déglingué la gueule quand il a disparu et que je l’ai cru mort. J’ai bien vu que j’suis pas capable d’encaisser une nouvelle fois un truc comme ça.

Je marque une pause, me redresse et me frotte le visage d’une main avant de me la passer dans les cheveux, larmes aux yeux. Je n’suis pas du genre à m’afficher devant les autres mais devant elle j’ai généralement peu de barrière. Elle a su gagner ma confiance au rythme des jours, des mois et aujourd’hui, même si je ne la vois que lorsque j’en ressens vraiment le besoin, j’ai toujours cette sensation de sécurité qui m’enveloppe quand nous sommes dans cette pièce.

- Je sais que c’est égoïste. C’est pas moi qui m’suis fait enlevé et torturé par un putain de malade mental. C’est pas moi qui dois m’reconstruire, réapprendre à vivre… Il vit le plus dur et moi j’suis pas foutu d’aller lui apporter l’aide dont il a besoin.

Les larmes coulent, je ne les arrête pas, me laisse écraser par le poids de la culpabilité parce que c’est exactement le sentiment qui m’écrase depuis que j’me suis tiré de là-bas, sans me retourner, pour ensuite dégueuler dans une ruelle de chez moi. J’ai honte de pas réussir à lui faire face, honte de fuir comme un lâche même si on appel ça l’instinct de préservation.
Le silence s’installe, mes larmes se tarissent silencieusement.

- Tout le monde ne gère pas ses émotions, ses peurs, comme tout le monde William. Tu le sais parfaitement. Et malheureusement, même lorsque le plus « malheureux » n’est pas soi-même, il nous arrive parfois de ne pas réussir à gérer nos propres émotions. Personne n’y peut rien. Tu as un passif lourd, conséquent, qui justifie toutes ces réactions que tu peux avoir.

Je l’écoute en silence, essuyant les dernières larmes, le cœur lourd.
Je sais qu’elle a raison et que comme elle dit, même si ça n’est clairement pas moi le plus à plaindre dans l’histoire, j’ai malheureusement du mal à me sortir de ce torrent d’angoisse qui m’enserre la gorge. Ca n’est pas que je n’veux pas, je n’y arrive juste pas parce que j’ai l’impression qu’à la seconde où je le toucherais, il s’évaporera.

- Mais il faut aussi se dire que si tu t’arrêtes à ça, à chaque difficulté, tu vas malheureusement passer à côté de beaucoup de chose. Tu ne peux pas freiner des quatre fers à chaque fois que tu crains perdre quelqu’un que tu aimes, sinon, tu n’avanceras pas.

Encore une fois, elle a raison sur toute la ligne parce que si je m’arrête à ça je ne vivrais plus jamais rien de bon, de bien, de puissant, de passionnel… et j’veux pas me séparer de lui, j’veux pas le perdre mais j’ai encore cette foutue angoisse qui me colle à la gorge, qui est là, suspendue comme une épée de Damoclès au-dessus de mon crâne.
Et plus elle me parle, plus je sens quelque chose se délier en moi, me faire du bien. Comme un soulagement d’entendre que ma réaction est normale mais que je ne dois pas me laisser bouffer, que je ne dois pas laisser certaines choses m’échapper.

- Prend le temps que tu as besoin pour souffler, te remettre, c’est important. Mais il est aussi important de vivre. Et c’est certainement ce que ton petit ami va avoir besoin : de vivre. Reste à savoir ce dont toi tu as besoin et envie.

Ses mots se meurent entre ses lèvres que la réponse se formule en moi.

#

■ Lundi 28 Septembre 2015  ▬ 9 heures ■

Je m’étire, me frotte les yeux et me réveille en douceur. Encore un cauchemar, moins intense que les autres fois cela dit. Il me pèse moins, m’étouffe moins mais je ressens malgré tout le besoin de sortir, de prendre l’air. Voir, de courir un peu, chose que je fais depuis qu’Enzo s’est retrouvé coincé sous sa forme lupine. Je me suis rendu compte à quel point ça m’aidait à me vider la tête, à ne plus penser à rien. C’est Maxime qui m’y a poussé, qui m’a dit de venir avec elle un jour histoire d’oxygéner mon cerveau avant qu’il ne devienne atrophié à force de rester la gueule dans mes bouquins. Elle n’avait pas tort.
J’enfile un short, mes baskets et un vieux tee-shirt trop grand pour moi vu les kilos en moins mais j’m’en fou. Tout comme je me fous de la gueule que je croise dans le miroir, qui fait peur à voir.

Ma mère et mon père sont déjà partie pour leur job respectif, j’suis tout seul à la maison et j’me dis que c’est peut-être le bon moment pour faire le pas. Le footing m’aidera à me rafraichir les idées et à y voir plus clair mais j’le sens au fond de moi, qu’il va être temps de bouger.
J’avale un verre d’eau avant de me diriger vers l’extérieur où la fraicheur de cette vingtaine de degrés me fait du bien.  

Jusqu’à ce qu’un véritable poids me tombe dans l’estomac, me fait ciller voire tituber une fraction de seconde tant le choc me gifle et me fige.
Il est là. A quelques mètres de moi, dans un état plus qu’approximatif avec la gueule fatiguée, les traits tirés… le sweat déchiré. Mon cœur bat à tout rompre, si fort et si vite que j’ai la sensation que j’vais faire un malaise sous le coup de cette émotion où ma tension est monter trop vite d’un cran et je me retiens d’une main sur l’encadrement de la porte.
Enzo est ici, à quelques mètres de moi et plus que jamais, je prends conscience à quel point il m’a manqué. C’est d’une telle violence que j’en ai des étoiles devant les yeux, d’une telle force que j’ai la sensation que l’air devient lourd, irrespirable.
Ses larmes sont les assauts qui m’achèvent, me font trembler les genoux alors que je descends les deux petites marches du perron. J’étais déjà conscience de mon égoïsme mais ma culpabilité me revient une fois de plus en pleine gueule quand j’le vois comme ça, quand j’me dis que j’ai osé le laisser dans cette détresse sans me manifester. J’suis quel genre de mec au juste ? Sincèrement ?

Et putain, c’est quoi ces tâches sombres sur son sweat ?

- J’ai besoin de toi.

L’ouragan me terrasse, m’écrase. Ce que je ne vois pas c’est que je suis déjà entrain de chialer de le revoir là, sur ses deux jambes, entrain d’articuler quelques mots même si je l’ai vu il y a quelques jours déjà. Mais là, tout est différent. Je franchis les quelques pas qui nous sépare d’un pas rapide et me plante devant lui avant de tendre la main pour la poser sur son épaule, comme si le moindre toucher risquait de le faire disparaitre dans la seconde. Comme s’il allait s’évapore là, d’un claquement de doigts. Les mots d’Hawa me reviennent et c’est suffisant pour flancher. Mes bras entourent son cou avant que je ne l’attire contre moi, que je ne loge mon nez sur sa peau tout en chialant en silence.
Il est là, dans mes bras.
Dans mes bras. Comme je l’ai rêvé, voulu, pleuré. Il est là, vivant, contre moi. Je sens son cœur battre contre ma poitrine, je le sens respirer contre moi. Enzo est vivant et la peur de le perdre de nouveau se fait plus tenace encore mais pourtant je ne lâche rien. Egoïstement, je le garde contre moi avant de déposer un baiser dans son cou, puis sur sa joue.

- J’suis là, Love. J’suis là.

Il m’a fallu quelques jours, c’est vrai. De quoi me remettre, de quoi reposer mes deux pieds sur terre mais maintenant que je t’ai là, contre moi, entre mes bras, je ne veux plus jamais te quitter. Je ne veux plus que jamais on ne t’arrache à moi. Et je prends doucement conscience de cette colère qui germe au creux du ventre, de cette haine qui prend naissance. Il y a un responsable à tout ça, un coupable à cette déchéance et à toute cette tristesse. En cet instant, je le sais, je pourrais tuer cette ledit personne. Je pourrais lui exploser le crâne d’avoir presque réussi à m’enlever l’homme que j’aime, de l’avoir torturé, retenu captif durant ce laps de temps.

- J’suis désolé.  

Désolé de ce silence. De cette distance.
Désolé de ne pas avoir réussi à te retrouver. D’avoir lâcher prise parce que toute cette douleur devenait insoutenable pour moi.
Désolé pour tout. De chialer en cet instant même si c’est en silence, parce que j’ai cru crever à l’idée de te perdre. Je me suis cru mort de l’intérieur parce que toi, tu l’étais.
Je ne sais pas combien de temps nous restons là, dans les bras de l’autre, alors que je respire son parfum que je pensais ne plus jamais ressentir un jour. Je finis par m’écarter en douceur, plaçant mes deux mains de chaque côté de son visage pour le regarder sous toutes ses coutures. Je sens bien que quelque chose s’est passé, qu’un truc a peut-être fait penché la balance.

- Qu’est-ce qu’il t’es arrivé ?

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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Mar 24 Juil 2018 - 21:02

Il y a mes larmes et il y a les siennes, son hésitation et mes angoisses, quelques questions d'un côté comme de l'autre certainement, mais surtout le besoin qu'il franchisse ces derniers pas qui nous séparent pour m'éviter une chute supplémentaire. Oui, j'ai besoin de lui, besoin de son soutien, de sa présence, de tout ce qui me fait défaut depuis que j'ai ouvert les yeux sur son absence. Ma faute ou la sienne ? Je n'ai pas donné de nouvelles non plus et peut-être que sans le savoir, sans m'en souvenir, je suis celui qui l'a rejeté. Peu importe si c'est le cas parce qu'aujourd'hui je suis celui qui vient à lui.
Son pas n'est pas hésitant, il est même rapide, et quand il s'arrête devant moi je ne bouge pas mais j'ai le cœur au bord des lèvres. Un sursaut, voilà ce que je ne parviens pas à retenir quand sa main se pose sur mon épaule mais je n'essaie pas de m'en défaire. Cette main je veux que plus jamais il ne l'enlève, je veux qu'elle reste là, qu'elle m'ancre dans ce que j'espère être le réel. Qu'elle me sauve et stoppe ma chute vertigineuse. Je crois qu'il a peur, j'ai peur aussi, mais tout ça s'envole quand il passe ses bras autour de mon cou et m'attire contre lui. Là et seulement là mon cœur explose et moi avec, là et seulement là les sanglots éclatent et je lâche prise.

Parce que je suis exactement là où j'avais besoin d'être. Parce que dans ses bras je retrouve un refuge, une autre forteresse dans laquelle je peux baisser la garde et me laisser aller. Parce que ces baisers que je ne sens pourtant qu'à peine me délivrent d'une douleur insupportable qui me comprimaient la cage thoracique depuis trop longtemps. Parce que j'ai enfin le sentiment d'être à ma place même si quelque chose, une légère hésitation, flotte au dessus de notre étreinte.

« J’suis là, Love. J’suis là. »

Me lâche plus. Jamais. S'il te plait.

Si mes poings se sont desserrés c'est uniquement pour venir se fermer à nouveau mais autour du tissus de son T-shirt cette fois. Je pensais ne plus jamais revivre ça, ne plus jamais entendre battre son cœur, le sentir contre moi, respirer son odeur … Si je me suis accroché autant c'est en partie pour ça, pour lui, pour nous. Pour eux. Et tandis que le visage enfoui dans son cou je me vide de toutes les larmes de mon corps, je commence à prendre réellement l'ampleur de ce qui s'est passé. Les traits de son visage presque autant tirés que les miens, tous les kilos qu'il a perdu lui aussi … Ils sont nombreux à s'être inquiété pour moi mais je sais ce que ça représente pour lui. Je devine les idées qui ont pu lui passer par la tête alors que dans la mienne un hurlement silencieux résonne : Je ne voulais pas t'abandonner, te faire revivre ça.

« J’suis désolé. »

Je sais, je comprends, devine à quoi il fait référence, mais ne suis pas capable de réellement en prendre la teneur pour l'instant ni même me concentrer là-dessus. Mes jambes ne me portent plus, je ne sais pas s'il s'en rend compte mais c'est lui qui me porte en cet instant, au sens propre comme au figuré. Le temps semble s'arrêter, les secondes défilent, les minutes s'écoulent, mon rythme cardiaque ralentis et le flot de larmes se tari lentement mais sûrement comme une source en plein désert. J'ai besoin de presser sur pause un moment, je crois qu'il le comprend ainsi se passent quelques instants dans le silence le plus total.
Puis lentement, en douceur, je sens ses bras se détacher, défaire leur étreinte, soulevant un léger vent de panique dans mon organisme quand il s'écarte légèrement. Ses deux mains sur mon visage je n'arrive pas à affronter son regard, les deux miennes toujours accrochées à son T-shirt..

« Qu’est-ce qu’il t’es arrivé ? »

La tête basse, les yeux rivé vers le sol que je ne vois pas, quelques tics nerveux agitent sans doute mon visage. D'une main tremblante mais dans un geste vif j'essuie les dernières traces de larmes sur mes joues et sous mes paupières puis relève la tête pour regarder le ciel. Comme si ça pouvait m'aider à reprendre une certaine consistance. Ma main, elle, vient se poser sur une des siennes, tout comme ma joue contre sa paume comme pour accentuer le contact entre nos deux peaux. Je ne sais pas tout ce que tout ça signifie, ces gestes, ces mots, ces regards. Je sais juste que même si ça doit être temporaire je ne suis pas capable de m'en priver maintenant, pas tant qu'il me donnera et que je serais en mesure de recevoir, d'accepter, sans avoir peur que tout disparaisse pour une raison ou pour une autre.
S'en suit un long et profond soupir qui vide tous l'air de mes poumons, respirant le soulagement, un certains poids en moins malgré tout celui qu'il reste à porter sur mes épaules fatiguées et dans ma tête encore trop pleine.

« Juste un énième moyen pour attirer l'attention, tu m'connais. »

Vague esquisse de sourire de ma part quand mon regard rencontre finalement les sien une seconde, peut-être deux, avant de retrouver cette fois mes doigts toujours refermés autour du tissus de son vêtement. Qui aurait pu croire ça, une tentative d'humour. Qu'est ce qu'il m'est arrivé … A vrai dire, je ne suis même plus certain de réellement comprendre tout ça. Et puis, depuis quand ? Quelques heures ? Des jours ? Des semaines ? Absent de mon décor quand j'ai ouvert les yeux je ne sais pas vraiment ce qu'il sait ou ne sait pas mais je crois comprendre qu'il me parle de l'état dans lequel je me trouve en cet instant, des marques sur mon visage, de mes vêtements déchirés, tâchés de sang, de mes jointures marquées.

« Je sais même pas si tout ça est réel, j'ai l'impression de devenir fou, de plus savoir à qui je peux faire confiance. »

Mais au fond de moi, je sais, je sens, que cet instant n'est pas le fruit de mon imagination ou d'une manipulation quelconque. De là à ne pas en douter, c'est autre chose, mais faut pas m'en vouloir.
Un jour une apparence, le lendemain une autre, un jour une voix puis le lendemain une autre … Comment est ce que je peux être certain de ne pas être encore coincé dans cette cage à la merci d'un détraqué qui s'amuse à jouer avec ma tête. La magie a déjà fait beaucoup de ravages, je sais de quoi elle est capable et j'aimerais lâcher prise, vraiment, mais quelque chose me retient encore. C'est juste l'instinct de survie, de préservation, un truc qui a pour but d'amortir ma chute si chute il doit y avoir.
Je ne sais pas si c'est lui qui m'incite à le faire, ou moi-même, tout ce que je capte c'est qu'on se retrouve assis sur les marches tous les deux. Une minute de plus et je m'écroulais, je le sais, j'ignore encore comment mon corps à fait pour tenir aussi longtemps, pour supporter tout ce que je lui ai fait subir aujourd'hui.

Et si j'aimerais lui prendre la main, sentir ses doigts entremêlés aux miens, je n'ose pas. Parce que son absence de ces derniers jours restent gravée dans mes pensées même si je n'ai réellement conscience de ça depuis seulement quelques heures je crois.

« Jusqu'ici je ressentais rien. J'étais juste … dans une bulle. »

Une carapace de protection, un cocon.

« Et je sais pas si c'est à cause de la Pleine Lune mais toutes mes émotions reviennent d'un coup ou presque et ça me fait péter les plombs. »

Voilà ce qui se passe quand je suis surchargé d'émotions : Je perds le contrôle. Quand je perds le contrôle des gens sont blessés ou meurent. Parce que je suis dangereux et que je le serais toute ma vie. Parce que j'avais réussi à faire la paix avec cette partie de moi et qu'aujourd'hui à nouveau elle me terrifie. Parce que dans quelques heures je vais retrouver mon autre forme et je suis terrorisé à l'idée que tout recommence.
Mains dans les cheveux, coude sur les genoux, ma jambe droite s'agite nerveusement et mon pied claque sur le bois. J'ai le regard braqué droit devant moi mais je ne vois rien. Tout ce que je sens ce sont les larmes qui reviennent à nouveau, moi qui pensais avoir épuisé mon stock. Je revois Lukas, j'entends à nouveau ses mots, tous ces gens, ces mouvements, ces odeurs et ces bruits … J'étais pas prêt pour ça. Ils le savaient mais je n'ai pas voulu écouter.

« J'ai failli tuer deux types dans une ruelle de Londres parce que j'ai perdu le contrôle. C'était … c'était pas le moment, ils m'ont agressé, j'ai juste … j'ai déconnecté. Si Warren était pas intervenu par miracle je sais très bien comment ça se serait terminé. »

Je les aurais tué. Au moins l'un d'entre eux, celui sur lequel je me suis acharné, celui qui m'a mis sa lame sur la peau, m'a traité comme un moins que rien et a fait couler mon sang. Encore un qui a pris ce droit. Encore un qui l'a payé d'une manière ou d'une autre. Beaucoup de mes proches, les autres, me connaissent comme étant un mec gentil, calme, doux … mais comme tout le monde je suis deux facettes d'une même pièce, j'ai une part de lumière et une autre plus obscure, tout ça amplifié par une seconde nature qu'on vient de souiller à nouveau.
Je sens mon souffle accélérer, mes battements de cœur suivant le même schéma, les mâchoires serrées par la tension et toute la rage qui recommence à affluer de part et d'autre. Mais les mots continuent de sortir.

« Mais … plus je frappais, plus je rêvais que ça soit la pourriture qui m'a rendu comme ça. Et ça m'encourageait à frapper encore plus fort. »

Parce qu'elle est là, la véritable raison qui m'a fait quitter le havre de paix et de tranquillité dans lequel je me suis réveillé il y a près d'une semaine de ça. Les émotions, certes, et parmi elle la soif de vengeance, la haine engrangée pendant des jours et des jours. Puis le déclencheur. La réalité que je n'étais pas prêt à affronter.

« Même pas dix minutes sur le Chemin de Traverse, c'était suffisant. »

J'aimerais lui épargner ça, réellement, mais c'est comme si j'étais incapable de m'arrêter. Ces mots c'est avec amertume et cynisme que je viens de les cracher. Avec colère aussi.

« J'suis au courant pour Poudlard. »

Ma jambe s'agite plus vivement, le pouce entre les lèvres je m'en mords l'extrémité avec nervosité et me ronge les ongles.

« Et j'suis au courant que mon frère a choisi précisément ce jour là pour jouer les putains de héros plutôt que de sauver sa peau. »

Cette fois c'est la rancœur qui s'invite. Envers lui, mon frère, pour m'avoir abandonné. Envers eux, pour m'avoir caché la vérité. J'ai beau comprendre, deviner leur raison, pour le moment je ne suis pas apte à l'accepter. Et c'est sur William que ça retombe. Est ce que j'éprouve de la rancœur contre lui aussi ? Pas pour ça, mais peut-être qu'au fond c'est tout de même le cas. Pour ne pas avoir été là quand j'avais besoin de lui même si j'en avais pas conscience. Pour m'avoir laissé vivre ces jours dans le brouillard sans comprendre ce qui m'arrivait. Pour avoir peut-être lâché prise alors que si je me suis autant accroché c'est en partie pour lui.

« Je sais pas qui a gagné le droit de me l'annoncer mais voilà, c'est fait, y a plus besoin. »

Cette fois ce sont des larmes de frustration qui font briller mes yeux. Et d'angoisse. Je pourrais presque entendre les rouages grincer dans ma tête à mesure qu'ils se déverrouillent et m'entrainent sur une pente glissante. Plus que glissante. Bouffé par la nervosité.

« Maintenant j'fais quoi ? J'attends que quelqu'un se dévoue pour me dire qu'il est mort ? »

Brutalement je me relève, une main dans les cheveux, l'autre autour de la nuque, fait quelques pas dans la petite allée et me retourne, un rire sec s'échappant entre mes lèvres alors que mon regard reste bloqué sur tout et n'importe quoi sauf sur l'homme que j'aime. Et c'est comme un putain de fauve en cage que je commence à faire les cents pas, ironie du sort, complètement submergé d'émotions à nouveau. Ne me demandez pas d'être rationnel, là tout de suite j'en suis incapable.

« Mais ça va, ça va le faire, il reste de la place à côté des parents. Il s'ra pas perdu ni tout seul. Et puis notre Grand-Père est pas très loin non plus ! J'suis sûr qu'il sera content de le retrouver, c'était son idole. »

C'est ça, lâche moi, abandonne moi. Va les rejoindre.

« Avec un peu de chance il retrouvera même Megan ! De toute façon ça a toujours été son plan. La venger. Et sans doute la retrouver peu importe les conséquences, peu importe s'il laisse son p'tit frère complètement cassé derrière lui. »

Et je lui en veux putain. Je lui en veux tellement. Je m'en veux sans doute dix fois plus de ressentir tout ça, de réagir comme ça maintenant face à une personne qui ne mérite pas ce spectacle, mais j'arrive pas à luter contre. Peut-être que c'est injuste de ma part. Peut-être que j'ai l'air d'un fou, peut-être même que je le deviens. Peut-être que je suis juste triste, perdu et au bout du rouleau et que tout ça, c'est trop pour moi.
Alors j'étouffe un cri de rage, débordant de toute cette frustration qui me consume, toute cette peine qui m'envahis et m'étouffe, plié en deux par une douleur fantôme qui me pousse à avoir une réaction incontrôlée et pleine de violence. Heureusement ça n'est qu'un pot de fleur qui prend et s'écrase par terre en se brisant, laissant son contenu s'étaler partout autour de lui, métaphore de mon être qui se disloque.
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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Ven 24 Aoû 2018 - 17:56

You could put an ocean between our love, It won't keep us apart
Enzo & Will


Il est là, sous mes mains et je profite de cette chaleur qui émane de lui, le manque se creusant un peu plus. Je regarde Enzo essuyer d’un geste vif les quelques larmes qui se sont glissées sur ses joues et c’est en silence que j’attends une réponse de sa part, pour comprendre pourquoi à peine un peu plus d’une semaine qu’on ne l’ait retrouvé, il est déjà dans un état pareil, du sang sur les mains et les fringues.

- Juste un énième moyen pour attirer l'attention, tu m'connais.

Il sourit, moi pas. Parce que je n’arrive pas à trouver ça drôle en dépit de l’humour qu’il essaie de manifester, certainement pour rendre la situation moins grave qu’elle n’y parait. Mais je n’ai pas la force de sourire ou de moi-même faire preuve d’humour quand il a failli mourir quelques jours plus tôt.
Son regard cherche le mien et le trouve aussitôt, criblé d’inquiétude. J’ai la gerbe, la boule au ventre, j’ai envie de le faire rentrer et de le pousser sous la douche pour le laver de toute cette merde aussi bien visible qu’invisible. Pour qu’il me revienne parce que je me rends compte que cette « retraite » m’a remis les pieds sur terre, que les séances avec la psy m’a remis les idées droites. J’dois être avec lui, pour le soutenir, le reconstruire mais aussi parce que j’peux pas faire sans lui. J’peux plus.

- Je sais même pas si tout ça est réel, j'ai l'impression de devenir fou, de plus savoir à qui je peux faire confiance.
- A moi, tu peux. Regarde. Je prends sa main, la pause sur mon torse. J’suis là, j’suis réel et j’te lâche plus désormais.

La réalité doit être abstraite pour lui, une sorte de brume où il ne peut se diriger sans assurance, sans back up. En vu de ce que j’ai su, de ce que l’on m’a raconté, c’est en tout cas ce que j’imagine. Je prends quelques secondes pour l’observer, lui faire sentir que malgré les jours écoulés, je ne le quitterais pas. Il a perdu du poids, visage émacié et légèrement creusé, le regard terne, presque vide. Il pourrait être méconnaissable. Le récit de ce qu’il a subit était glaçant et je préfère ne pas imaginer les horreurs qu’il a vécu. Quoi qu’il en soit, j’ai l’impression qu’il pourrait lâcher d’une seconde à l’autre, que ses jambes sont sur le point de se dérober, tout comme les miennes se font dangereusement tremblantes face à toutes ces émotions contradictoires. Je reste encore dans l’inquiétude, sans comprendre ce qu’il lui est arrivé et même s’il va « bien », les questions restent là, en suspend.
Je le guide en douceur vers le perron pour que l’on puisse s’assoir sur les marches, au moins le temps de se reprendre quelques minutes avant que je ne le fasse rentrer pour le laver de toutes ces traces. Ma main reste dans son dos, je ne le quitte jamais vraiment. Comme si je risquais de le voir s’évaporer à la seconde où mes doigts perdront contact avec lui.

- Jusqu'ici je ressentais rien. J'étais juste … dans une bulle. Et je sais pas si c'est à cause de la Pleine Lune mais toutes mes émotions reviennent d'un coup ou presque et ça me fait péter les plombs.

Je l’écoute en me faisant silencieux, sentant bien dans ses gestes, le tremblement de sa jambe, qu’il a besoin d’évacuer. L’espace d’une seconde j’me dis qu’il serait plus judicieux d’appeler Ismaelle sur le champ, pour l’avertir que de un : Enzo est ici. Que de deux : ça ne va visiblement pas. Mais l’idée s’échappe aussi vite qu’elle est arrivée. Je peux le gérer. Je veux le gérer. Être là, présent, lui faire sentir qu’il peut complètement lâcher prise sans l’ombre d’une peur. Tout son comportement traduit l’instabilité de ses émotions et je retiens toutes ces questions qui me brûlent les lèvres, de savoir ce qu’il lui est arrivé.

- J'ai failli tuer deux types dans une ruelle de Londres parce que j'ai perdu le contrôle. C'était … c'était pas le moment, ils m'ont agressé, j'ai juste … j'ai déconnecté. Si Warren était pas intervenu par miracle je sais très bien comment ça se serait terminé. Mais … plus je frappais, plus je rêvais que ça soit la pourriture qui m'a rendu comme ça. Et ça m'encourageait à frapper encore plus fort. Même pas dix minutes sur le Chemin de Traverse, c'était suffisant.

J’peux pas lutter contre la violence de mes émotions, qui me courberaient presque en deux. Je me redresse, me crispe, un sursaute de vie, de colère et d’inquiétude venant me donner un coup de fouet. Mon myocarde s’accélère, mes entrailles se nouet d’angoisse et de colère. Et si Enzo me raconte ça, lâchant sa bombe alors que son regard reste résolument figé dans le vide, moi j’ai envie de hurler. De me lever. De … j’sais pas putain. Il se fait enlever, torturer, frôle la mort et le voilà maintenant, quelques jours après, à faire face à des types qui ont décidé de jouer les caïds, Enzo s’apprêtant à commettre l’erreur de sa vie qui aurait pu lui coûter cher, un aller au commissariat ou devant la commission du Ministère. A quel moment la vie a décidé de faire chier comme ça ? Comme si ce qu’il s’était passé il y a quelques journées n’avaient pas suffi ? Non. Faut évidemment qu’il y ait de la surenchère, qu’elle lui étale sur la gueule un peu plus d’emmerde. Jusqu’à quand, hein ? Que ça soit la fois de trop ? Qu’on le perde définitivement parce qu’il aura péter les plombs d’en avoir trop bouffer ?

Je joins mes deux mains, serrant les phalanges silencieusement. Cette pourriture, comme il dit, je pense que nous sommes nombreux à vouloir le retrouver mais lui ? J’ai peur qu’il nourrisse une obsession – légitime – pour le ou la retrouver, qu’elle le bouffe, ne le détruise un peu plus.
Peut-être qu’il était bien trop tôt pour qu’il retrouve le monde extérieur. « Peut-être », « Et si »… Bien trop d’inconnus.

- J'suis au courant pour Poudlard. Et j'suis au courant que mon frère a choisi précisément ce jour là pour jouer les putains de héros plutôt que de sauver sa peau.

L’amertume maintenant. Et ce corps qui ne cesse de s’agiter, se crisper. La bombe ne va pas tarder à exploser et c’est peut-être mieux comme ça, qu’il crache ce qu’il a à cracher pour qu’enfin tout puisse sortir, qu’il puisse faire le tri sur ce qui le bouffe. Cette histoire de Poudlard, j’y ai bien évidemment pensé mais sans me dire qu’il aurait été si tôt au courant.
Encore une fois, je me tais, l’écoute, observe. Je ne me fais pas distant, bien au contraire mais je le laisse évacuer parce que je vois que chaque seconde passée, le rapproche un peu plus de l’explosion. J’ai confiance en moi, en nous, pour réussir à gérer ce qui se trame, ce qui menace.

- Je sais pas qui a gagné le droit de me l'annoncer mais voilà, c'est fait, y a plus besoin.


Et c’est injuste de sa part lorsque l’on sait que ceux qui veillent sur lui se démène pour tenter de le reconstruire. Mais on ne peut décemment pas lui en vouloir d’être aussi amer. C’est son frère qui est coincé là-bas, sa seule famille proche qu’il lui reste et Enzo a toutes les raisons du monde de se sentir si en colère, si amer. Même si c’est certainement pour ce genre de réaction qu’ils ont peut-être décidé de taire la nouvelle pour quelques temps encore, le temps qu’il se remette.

- Maintenant j'fais quoi ? J'attends que quelqu'un se dévoue pour me dire qu'il est mort ?

Enzo se lève, tourne en rond, le regard presque fou. Nerveux, instable mais s’il a besoin d’une chose en cette seconde, c’est d’expulser ce qui fait autant trembler ses mains.

- Mais ça va, ça va le faire, il reste de la place à côté des parents. Il s'ra pas perdu ni tout seul. Et puis notre Grand-Père est pas très loin non plus ! J'suis sûr qu'il sera content de le retrouver, c'était son idole. Avec un peu de chance il retrouvera même Megan ! De toute façon ça a toujours été son plan. La venger. Et sans doute la retrouver peu importe les conséquences, peu importe s'il laisse son p'tit frère complètement cassé derrière lui.

La colère parle, l’angoisse et l’inquiétude aussi. Ca me crève littéralement le cœur de le voir subir tout ça après ce qu’il a vécu, comme si là encore, ça n’était pas suffisant, que quelqu’un, quelque part, a décidé de ne pas le lâcher et lui laisser une seconde de répit. Un pot de fleur de ma mère vole en éclat un peu plus loin et je n’y prête pas la moindre intention, mon esprit focalisé sur cet homme devant moi, qui se brise sous mes yeux. Son cri de rage me retourne les tripes, me donne envie de construire une forteresse en béton armé pour que plus rien ne l’atteigne, pour envoyer le monde aller se faire foutre, pour que plus personne ne l’approche, ne le touche. Qu’on le laisse respirer.
Et si aux yeux de certains je n’ai pas cette légitimité, je m’en branle, parce que je me l’accorde. Que ça plaise ou non.
Je me lève pour venir vers lui alors qu’il est là, courbé en deux de douleur. Il craque, il en a tous les droits et surtout, il en a besoin. Et si pendant plusieurs jours j’ai lutté contre mes propres angoisses et mes propres démons, aujourd’hui je me dois d’être droit, d’être présent et solide. Et c’est sans effort que je me fais pilier, barrière, forteresse. Peu importe comment nous pourrions l’appeler tant que je me fais suffisamment solide pour pouvoir le soutenir.
A côté de lui, mes mains glissent sur ses épaules, et l’une d’entre elle dans ses cheveux alors que je l’invite doucement à s’assoir sur la pelouse. Je le sens terriblement tremblant sous mes mains et j’ai toutes les peines du monde à ne pas chialer de le voir comme ça. Mon visage exprime à lui-même toutes l’inquiétude et la peine que je peux ressentir mais je me refuse de lâcher ces larmes, pas maintenant.
Mon bras l’encercle et je le maintiens contre moi, enveloppe son corps, tissant une bulle autour de lui. Mes lèvres se déposent sur sa tempe et je le berce en douceur, lentement contre moi. Je l’embrasse sur le crâne, le front, respire cette odeur qui m’a tant manqué que ça me crève de l’intérieur, me faisant doux, délicat, patient. Je ne le brusque pas, ne serre pas trop fort, lui laisse de quoi respirer. Je ne sais pas combien de temps je passe ainsi à l’apaiser en lui murmurant que je suis là, qu’il peut pleurer s’il en a envie, même si ça dure des heures et des heures. Qu’il a tous le droits de lâcher prise là, maintenant, dans mes bras, parce que je lâcherais pas. Jamais.

- J’suis désolé pour ton frère. Et pour tout le reste.

Je ne suis en rien coupable, certes, mais les mots sortent malgré tout dans un murmure qui n’appartient qu’à lui. Ma main se perd dans ses cheveux alors que je ramène sa tempe de nouveau à mes lèvres, tendrement.

- Je sais qu’en l’état, tout t’est difficile et t’as toutes les raisons de péter les plombs. T’as le droit d’être en colère, d’en vouloir à la terre entière.

Même si nous savons tous que tout ça est de la faute de personne, que chacun fait ce qu’il peut pour gérer les choses à leurs manières, à leurs façons, il a aussi le droit de cracher ce qui l’oppresse une bonne fois pour toute. Il vaut mieux que ça sorte plutôt que tout lui reste là, au creux du bide, à le ronger de l’intérieur.
Je suis pas un spécialiste du réconfort mais je fais ce que je peux, avec mes bras qui l’entourent, ma voix qui cherche à l’apaiser, ma chaleur comme une bulle où il peut s’y poser, s’y reposer. J’veux pas le lâcher, pas après l’angoisse de l’avoir perdu pour de bon.

- Tout va bien se passer ok ? Je redresse cette fois son visage vers le mien, lentement, en douceur pour capter ce regard qui me déchire le cœur. Me donne encore une fois l’envie de les envoyer se faire foutre pour lui laisser la paix qu’il mérite. Tu n’es peut-être pas apte à l’entendre ou à le croire, là, tout de suite mais j’te promet que les choses vont s’arranger. J’te promet pas que ça ira vite, ni que ça sera agréable tous les jours, mais tout ce qui se passe là… Je glisse mes doigts sur sa tempe… On va l’arranger. Tout reconstruire. Etape par étape. Et si d’ici là t’as envie de craquer encore une fois, fais-le. Gueule, frappe dans un sac mais sors-moi tout ça.

Je lui parle d’un ton calme, doux, apaisant. En tout cas, j’espère que c’est ce qui ressortira de son côté, que je réussi à calmer ce feu qui le ronge, le détruit peut-être.

- En attendant, je suis là. Mon regard se perd dans ses yeux qui m’ont bien trop manqué, mon nez frôlant le sien. Je suis désolé de pas avoir été là Enzo. Je sais que ça va te paraitre injuste mais j’ai pas réussi à gérer tout ça, j’ai essayé mais c’était pas aussi simple que j’l’aurai voulu.

J’ai fais du mieux que j’ai pu avec mes propres casseroles derrière, mes propres angoisses et je sais aujourd’hui que si j’avais forcé les choses, je n’aurai pas su être présent de la bonne façon. Que j’aurai peut-être même tout empiré, tout fait foirer et c’est la dernière chose que j’veux avec lui. Alors si cette distance s’est avérée douloureuse et atroce pour lui aussi bien que pour moi, je prends conscience aujourd’hui à quel point elle m’a été utile pour pouvoir mieux aborder la situation aujourd’hui. Je me sens plus stable, plus serein mais aussi plus solide pour l’aider à encaisser. Je l’ai récupérer et il est hors de question qu’il ne m’échappe à nouveau.

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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Mer 29 Aoû 2018 - 17:52

Je manque d’air, j’y arrive plus, coincé entre rage, panique et peur, une pointe de désespoir, l’envie de lâcher prise, presque de disparaitre, et cette douleur insupportable qui me comprime à la fois la boite crânienne et la cage thoracique. Je deviens fou comme un animal sauvage brutalement entravé et pourtant on m’a libéré de ma cage.
La tête entre les mains je ferme les yeux à m’en faire mal comme si me plonger dans le noir pouvait faire disparaitre tout ce qui converge avec violence vers moi et que je ne suis plus capable d’encaisser. Je tremble, j’étouffe, mon cœur s’emballe comme s’il allait s’arrêter d’une seconde à l’autre. J’ai plus la force de penser mais mon esprit ne me laisse pas tranquille, m’envoie des flashs, mélange tout y compris certains visages, souvenirs ou imagination, les voix dans ma tête me soufflent que ça ne s’arrêtera jamais, ça recommencera, jusqu’à m’arracher tout ce que j’ai, chaque parcelle de celui que je suis peu importe le nombre de fois où je reconstruis l’édifice et recolle les morceaux … Je voudrais simplement que ça s’arrête … S’il vous plait … Faites que tout ça s’arrête … Je peux plus …

Mais si un instant je me sens seul au monde face à ce mal qui me ronge, m’oppresse et me détruit, quelque chose change, imperceptiblement, malgré le mouvement de recul qui marque mon premier réflexe quand je sens le contact s’établir. Je ne me dégage pas ni le repousse pourtant, j’en ai pas la moindre envie, c’est comme si mon corps comprenait instantanément que c’est exactement ce dont il a besoin et réagit en conséquences. Ses mains glissent en douceur sur mes épaules, l’une d’elle dans mes cheveux, mes yeux s’ouvrent sur le monde dans la terreur. Je dois avoir l’air d’une bête aux abois. Une bête qui lentement se laisse tomber sur le sol alors qu’on retient sa chute en douceur. Une bête qui s’accroche à cette présence comme un condamné s’accroche à la vie, un naufragé en pleine tempête qui trouve enfin quelque chose à quoi se rattraper juste avant de sombrer.
Je sens le sol sous moi désormais, la chaleur de sa peau à travers ses vêtements qui réchauffe la mienne, glacée depuis des semaines, ma joue se pose contre son torse et mes doigts agrippent à nouveau son T-shirt alors que je fixe le vide droit devant moi. Ses mots, ses gestes, font revenir l’air dans mes poumons et ralentissent mon cœur, comme un animal battu je m’apaise sous ses caresses et ses baisers.
Des secondes, des minutes, des heures … Je ne sais pas. Est-ce que ça a la moindre importance ? Je tremble comme un damné, pleure des larmes de peur, de tristesse, de colère, de douleur, jusqu’à ce que le flot se tarisse. Jusqu’à me laisser complètement aller dans ses bras, contre lui, son odeur familière et rassurante, les battements de son propre cœur … Je ne crois pas être encore à même de réaliser combien tout ça m’a manqué et comme tout ça me rassure mais je le sais, mon cœur et ma tête le savent. Mon corps aussi. Il n’était peut-être pas la hier, ni les jours précédents, mais il l’est maintenant et il ne me lâchera pas. Et je suis exactement là où j’avais besoin d’être.

Juste un peu de répit, une accalmie dans l’ouragan.

« J’suis désolé pour ton frère. Et pour tout le reste. »

Nouveau baiser, nouvelle caresse, ma respiration s’est calmée jusqu’à retrouver un rythme régulier, calme à vrai dire, alors que je me blottis contre lui comme un enfant le ferait contre sa mère. Malgré lui il est mon repère en cet instant, jouant plusieurs rôles  et l’espace d’une seconde c’est un peu de tristesse que je ressens à ne pas être dans les bras de celle qui m’a donné la vie, me retrouvant une nouvelle fois face à son absence, à mes cauchemars les plus récents. Je me sens à ma place dans ses bras, ça n’a rien à voir, mais j’imagine qu’on a tous ce même réflexe, ce même besoin, comme si la vulnérabilité nous ramenait au stade le plus primaire de notre existence. J’ai appris à faire sans, ça ne veut pas dire que ça ne me manque pas. Ça ne veut pas non plus dire que je voudrais être ailleurs.

« Je sais qu’en l’état, tout t’est difficile et t’as toutes les raisons de péter les plombs. T’as le droit d’être en colère, d’en vouloir à la terre entière. »

J’écoute, ne réagis pas forcément mais écoute chacun de ses mots, le sens du message qu’il essaie de me transmettre. Ils me font du bien, entendre sa voix me fait du bien. Elle aussi m’a cruellement manqué.
Je me sens complètement sonné, vidé, la migraine et l’épuisement m’empêchant d’être réellement attentif et présent à 100% mais j’en prends la teneur à hauteur de mes possibilités.

« Tout va bien se passer ok ? »

Je peine à y croire, c’est vrai, mais faut pas m’en vouloir. Tout comme je peine à affronter son regard même s’il n’est que douceur. C’est pas lui le problème, c’est moi, coincé dans ce sentiment de vulnérabilité et d’impuissance la plus complète qui me donne envie de fermer les yeux à nouveau malgré pureté de ses intentions.
Le fait qu’il me parle, qu’il attire mon attention, me ramène petit à petit sur terre, me permet de ressentir un certain soulagement, comme si le gros de la tempête était passé. Alors je me redresse un peu, juste un peu, sans pour autant m’éloigner de lui. J’ai besoin de ses bras, de sa chaleur, de sa présence, de cette forteresse qu’il dresse autour de moi comme si plus rien ne pouvait m’atteindre. Peu importe l’endroit où on se trouve, peu importe les petits voix dans ma tête qui réveillent certaines émotions complètement futiles. La honte, sans doute un peu de fierté bafouée même si ça peut paraitre idiot voir déplacé vu les circonstances – je reste humain. Quelque part, ça serait presque rassurant.

« Tu n’es peut-être pas apte à l’entendre ou à le croire, là, tout de suite mais j’te promet que les choses vont s’arranger. J’te promet pas que ça ira vite, ni que ça sera agréable tous les jours, mais tout ce qui se passe là… »

Ses doigts glissent sur ma tempe, je me rends compte que je ne tremble plus. Plus pour les même raisons en tout cas.

« … On va l’arranger. Tout reconstruire. Etape par étape. Et si d’ici là t’as envie de craquer encore une fois, fais-le. Gueule, frappe dans un sac mais sors-moi tout ça. »

Mes yeux se ferment à nouveau une seconde, un soupir m’échappe, il est teinté de soulagement et quand je les rouvre …

« En attendant, je suis là. »

… c’est pour le retrouver là, plus proche de moi qu’il ne l’a été depuis des semaines. Et ça me fait quelque chose. Ses yeux bleus dans les miens, son nez qui frôle le mien et ce contact que je viens chercher un peu plus sans même m’en rendre compte, refermant les yeux par réflexe.

« Je suis désolé de pas avoir été là Enzo. Je sais que ça va te paraitre injuste mais j’ai pas réussi à gérer tout ça, j’ai essayé mais c’était pas aussi simple que j’l’aurai voulu. »

'Cause I'm tired of the fear that I can't control this
I'm tired of feeling like every next step's hopeless
I'm tired of being scared what I build might break apart
I don't want to know the end, all I want is a place to start

Mike Shinoda ▬ Place to start

Si je sens l’humidité monter à nouveau sous mes paupières closes ça n’est plus pour les mêmes raisons, ni pour les mêmes émotions. J’avais besoin d’entendre ces mots, besoin qu’il me fasse comprendre que malgré tout, oui, il est là et qu’il ne compte pas me lâcher. Je comprends ses raisons, j’aurais compris qu’il ne se sente pas capable d’être là, que ça soit trop dur pour lui et j’en suis d’autant plus « heureux » sachant tout ça. Est-ce que ça veut dire qu’à présent il a pu passer au-dessus de ses propres angoisses ? Est-ce qu’il serait venu à moi si je n’avais pas fait un pas vers lui ? Ce sont des questions que je n’ai pas la force de poser, décidant de nous faire confiance tout simplement alors que je me repose contre lui sans rien dire quelques instants. J’ai plus envie de penser à rien, juste celle d’oublier jusqu’à la conscience de moi-même dans ses bras. Mon refuge. Ma forteresse. Celui qui me rappelle que je suis capable de ressentir autre chose que ce que j’ai pu ressentir ces derniers jours, ces dernières semaines. J’ai explosé, la tension m’a amené jusqu’à l’implosion, à présent les cendres retombent, la déflagration m’a assommé et j’ai juste besoin de souffler.

« Je sais. »

Tout comme je sais que je n'en ai pas douté un seul instant même si ces dernières heures ont été un véritable cyclone de questions.

« T’es là maintenant. »

Et c’est tout ce qui compte.

Il y a des tas de choses qui me passent dans la tête, je pense à mon frère bien sûr, à cette inconnue qui plane au-dessus de moi comme une Epée de Damoclès, à la Pleine Lune dans quelques heures qui me terrorise, à mes cauchemars … mais je n’ai plus la force de rien. Tout ce que je veux faire c’est me fondre en lui, disparaitre aux yeux du monde, rester dans cet écrin de protection où je me sens en sécurité. Comme si plus rien ne pouvait m’atteindre. Juste un peu. Oui, fermer les yeux sur ce qui m’attend en me noyant dans sa présence. Rien que sa présence.
Et là encore je ne sais pas combien de temps ça dure, des secondes, des minutes, des heures … Mais certaines réalités s’imposent à moi et alors que je tremble de la tête aux pieds à cause de l’adrénaline qui retombe et parce que je suis frigorifié, c'est à contre cœur que je m'écarte. Je me frotte lentement le visage, comme pour essayer de me réveiller alors que la seule chose qui me fait envie est de dormir pendant des heures, de retourner me loger dans ses bras, éteindre toutes les lumières, laisser Morphée m’emporter avec lui dans un sommeil sans rêve sans pour autant m'enlever la conscience de la présence du Californien.

Mais même si j'en ai envie, je ne peux pas penser qu'à lui et à moi.

« J’suis parti comme un voleur, sans téléphone, sans rien, et sans prévenir. Ils savent pas où je suis. »

Ni dans quel état. Je me suis sauvé comme un fugitif, envers et contre tout. Le mal est fait, à quoi bon culpabiliser ? Mais les laisser dans l’inquiétude plus longtemps j’ai pas envie pour autant et je sais que William comprendra ce que j’essaie de lui faire passer comme message malgré ma voix cassée et enrouée, ma loquacité et mon esprit encore brouillons.

Tout comme le suivant.

« Il me reste pas beaucoup de temps. »

Pas beaucoup de temps avant que la Lune me rappelle à l'ordre, avant que l'Autre s'empare de mon être et fasse disparaître l'humain à nouveau. Si tout se passe bien simplement pour quelques heures mais à ce stade, comment en avoir la certitude ?
Je crois que c’est la première fois depuis que j’ai débarqué que j’arrive à le regarder droit dans les yeux, qu'il peut y lire ce que je n'arrive pas à formuler, la première fois aussi que je lui attrape la main pour nouer mes doigts aux siens même si mes mains tremblent encore.

Un mois sans avoir pu lui prendre la main ...

« Mais j'suis pas prêt à m'éloigner de toi pour l'instant. »
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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Mar 18 Sep 2018 - 10:45

You could put an ocean between our love, It won't keep us apart
Enzo & Will

Nous ne gérons pas nos émotions de la même façon.
Malheureusement.
Heureusement.
J’ai fais ce que j’ai pu pour ne pas le fuir, pour ne pas échapper à mes responsabilités, aussi. Mais tout devient compliqué lorsque vous avez l’impression que dans votre dos, grandit cette ombre, ce fantôme, source de nombreux cauchemars, d’angoisses et de culpabilités. Un recul dont j’avais besoin pour réussir aujourd’hui, à gérer ce qui éclate entre mes mains. Je le tiens entre mes bras, essaie de lui redresser le regard et de lui faire cracher ce qu’il a à cracher. Mes nuits sont rythmées entre la rage et la frustration de ne rien savoir, ni ce qu’il s’est passé – et c’est peut-être mieux, finalement – et de ne pas connaitre l’identité de cet enculé que je rêve de crever dans un élan de haine. L’inhumanité dont cette personne a fait preuve dépasse tout ce que j’ai connu et je me demande encore maintenant comment quelqu’un sur cette planète peut trouver l’envie ou la force de détruire et briser une vie.
Je ne laisserais pas Enzo couler sous le poids de l’horreur, je ne le laisserais pas s’échouer seul, dans cette solitude oppressante, dans cette angoisse qui orne ses nuits. Je ne me lasse pas de respirer son odeur, sa présence, de le toucher en douceur et je donnerais n’importe quoi pour tout mettre sur pause et que l’on s’accorde dix minutes de sommeil dans les bras de l’autre.

- Je sais.

Certainement, qu’il sait. Mais il est bon de le lui rappeler et peut-être que j’avais moi aussi besoin de le dire à voix haute, pas de me justifier mais de le faire entendre malgré tout.

- T’es là maintenant.

Et je ne bougerais pas, encore une fois. Je ne le lâcherais pas. Je le veux pour moi, le garder avec moi, cogner chaque personne qui tenterait de me séparer de ce garçon que j’aime. Je veux juste qu’on nous foute la paix, qu’on lui foute la paix à lui. Qu’on nous laisse respirer cinq minutes sans avoir peur qu’un nouveau truc nous tombe sur la gueule. Je crois que je suis fatigué de toutes ces merdes, cette année. Le drame et les mensonges de Maxime, la mort de Spencer, le retour de Dean alors qu’on le croyait mort, Poudlard, la disparition d’Enzo et j’en passe. En seulement quelques mois… à peine un an.
Ras le cul de tout ce merdier. J’vais nous isoler en Himalaya, couper toutes communications et rien à foutre si c’est égoïste parce que j’vous emmerde tellement, au fond.

Enzo s’écarte, se frotte le visage et j’ai moi-même les jambes ankylosées par ma position alors je me redresse légèrement, étend mes jambes.

- J’suis parti comme un voleur, sans téléphone, sans rien, et sans prévenir. Ils savent pas où je suis.
- C’est rien, j’vais prévenir Isma.

Je sais qu’ils s’inquiètent probablement tous mais encore une fois, égoïstement, c’est le cadet de mes soucis malgré tout le respect que je porte à leurs égards.

- Il me reste pas beaucoup de temps. Mais j'suis pas prêt à m'éloigner de toi pour l'instant.

Nos doigts sont noués, son regard me trouble, fait flancher les dernières barrières. J’ai envie de l’emmener loin d’ici, dans un coin reculé, passer une semaine à oublier le monde et rattraper ce mois loin de lui sans l’écouter, le respirer, le toucher.
Je prends une inspiration et dépose un baiser sur son front avant de sourire, légèrement. Un rictus en coin.

- Viens.

Il ne reste pas beaucoup de temps, à cause de cette pleine lune, mais il en reste suffisamment pour que je puisse m’occuper de lui trente petites minutes. Je l’aide à se relever, en douceur, ne manquant pas de capter ces tremblements qui animent ses mains et certainement ses jambes. Mes doigts toujours autour des siens, mon bras autour de sa taille, je l’emmène à l’intérieur où une nouvelle chaleur nous enveloppe, sécurité, familiale, douce. Je pousse la porte de la salle de bain du bas et allume la lumière tamisée. Une envie de mes parents qui aiment les ambiances cosy, tranquille, pour se détendre après une dure journée.
Mon portable en main, j’envoie un rapide message pour la prévenir qu’Enzo va bien, lui faisant comprendre qu’il restera une petite heure maximum ici avant que je ne le ramène moi-même là-bas. Je dépose le smartphone sur le bord de l’évier avant de me tourner vers mon petit ami.

- On va te débarrasser de tout ça.

De ce sang qui imprègne ses vêtements et qui commence à embaumer l’air de la pièce, sous une odeur métallique désagréable. Je l’aide en douceur à retirer son sweat, le laissant gérer aussi de son côté. J’allume le jet d’eau chaude et une fois qu’Enzo est prêt, je l’invite à se glisser dans la douche où je ne m’attarde pas sur la maigreur de ses côtes, de son ventre. Essaie au maximum de ne pas m’arrêter à ces détails horrifiants que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir et de toute façon, ca n’est pas ça qui m’arrêtera, qui me fera cesser de l’aimer. Mais ça me tord malgré tout l’estomac et comme pour nous mettre sur un même pieds d’égalité, je retire moi-même mes vêtements et le rejoint sous l’eau chaude et agréable, qui à au moins l’efficacité de détendre légèrement. C’est la première fois en un mois que je le vois nu, que je touche cette peau que j’ai tant réclamé et pourtant, aucune idée déplacée ne me traverse. Pas aujourd’hui. Je veux simplement prendre soin de lui. Je viens décrasser cette peau imprégner de saletés, de sang, frottant doucement ses bras, ses épaules et je me barricade derrière l’objectif de le tenir dans ce cocon de sécurité, de bien être, pour l’apaiser. Refoulant ces vagues qui menacent de s’écraser sur moi, celles de la colère, d’une profonde tristesse, tentant de garder au creux de moi le plaisir de le revoir. Pourtant, rien que de le toucher de nouveau me donne l’envie de chialer, moi qui ai tant cru que plus jamais ça n’arriverait, que plus jamais je ne le verrais réapparaitre.
Mes doigts dessinent ses pectoraux alors que je suis face à lui, qu’il me dépasse d’une bonne tête. La forme de ses épaules, remontent le long de son cou avant de venir chercher doucement ses lèvres, mes deux mains dans le creux de son cou, le gardant contre moi. Peau contre peau. Les larmes se mêlent à l’eau, invisibles, indétectables.

Tu n’imagines pas à quel point j’ai cru crever de ne plus pouvoir te voir, te sentir comme maintenant.

- Je t’aime.

Un murmure qui lui ait adressé, qu’il peut conserver dans cette bulle d’intimité que personne ne viendra briser au risque à ce que je ne le renvoi sévèrement chier.

- Tu te sens mieux ?
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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Jeu 20 Sep 2018 - 20:08

Mes yeux se ferment doucement quand il vient embrasser mon front, c’est un soupir différent qui m’échappe en même temps. J’ai évacué beaucoup de choses, la fatigue me terrasse complètement, quelque part c’est bien du soulagement que je ressens et chaque fois que sa peau, ses mains ou ses lèvres me touchent c’est comme avoir l’impression de revenir enfin sur terre.

Et de le faire en douceur.

« Viens. »

Il me sourit, je suis incapable de le lui rendre mais m’en abreuve. La moindre petite chose devient d’une importance capitale pour moi, des petits riens devenus essentiels, une preuve de plus que le cauchemar est bel et bien terminé. Ici, avec lui, je suis en sécurité. Je peux lâcher prise.

C’est difficilement que je retrouve la station debout, avec le sentiment que sans son aide je n’y arriverais pas. Mon corps frigorifié absorbe la chaleur du sien, aucun mot ne franchit la barrière de mes lèvres et c’est comme un enfant au pas mal assuré, presque un zombie, que je me laisse guider. Son bras autour de ma taille. Une fois à l’intérieur de la maison une nouvelle strate de soulagement enveloppe mon être. J’associe cet endroit à quelque chose de positif, profondément éloigné de mon Enfer. Curieux ou non, le fait d’être physiquement, géographiquement loin, semble me faire du bien. Je ne cherche pas à comprendre, à analyser ni même à savoir ce qu’il se passe, je suis le mouvement toujours sans rien dire, vide de toute énergie. Même mon esprit semble éteint, chose qui fait du bien en réalité.
William pousse une porte et je devine ce qu’il envisage. La lumière n’est pas agressive, l’endroit est aussi chaleureux que tout le reste de cette maison. A l’image de ses habitants, ça, je ne l’ai pas oublié ou plutôt ça me revient en mémoire lentement. L’anesthésie n’est pas générale, elle n’est pas locale non plus, l’engourdissement est simplement omniprésent aussi bien dans ma tête que dans mon corps. Je le regarde pianoter sur son téléphone sans réellement le voir puis retrouve le bleu de ses yeux auquel je m’accroche.

« On va te débarrasser de tout ça. »

Ça. Deux lettres mais un sens beaucoup plus large. Je sais à quoi il fait allusion, à quoi il pense, ce qu’il veut mais autour de ma gorge c’est un serpent invisible et constricteur qui s’enroule alors que je regarde le sol. Pourtant je me laisse faire quand ses mains viennent saisir le bas de mon sweat, étouffe un grognement de douleur et retient à peine une grimace quand je dois lever les bras pour le faire passer par-dessus ma tête et le retirer entièrement. La suite, c’est plus compliqué. Mes hésitations sont teintées de pudeur et d’une certaine forme de honte, simplement parce qu’au fond de moi je n’ai pas envie qu’il me voit … qu’il voit l’étendue des dégâts, que son regard se pose sur ce corps qui n’est même plus l’ombre de celui sur lequel glissait ses yeux et ses mains il y a de ça seulement quelques semaines. Peut-être qu'au fond de moi je sais, je devine, que ça ne changera rien pour lui, que ça ne fera sans doute pas de différence, mais le fait que lui l’accepte peut-être ne change rien au fait que pour moi c'est différent. Non je n’accepte pas l’image que je croise dans le miroir et exposer ça à d’autres yeux me comprime la cage thoracique au point de ressentir l’envie de dire non. Non je ne peux pas te montrer ça. Je ne veux pas. S'il te plait.
Mais je ne le fais pas. Je me fais violence et retire mes vêtements un par un alors que les vapeurs de l’eau chaude commencent déjà à réchauffer ma peau glaciale sans même la toucher. Ce corps je le cache, les bras devant le torse et le ventre, tassé sur moi-même, le regard fuyant aussi bien le sien que le miroir juste en face. Si mes canaux lacrymaux étaient encore capable de déverser quoi que ce soit je serais probablement en train d’essayer de retenir de nouvelles larmes. Il ne s'attarde pas dessus, je n'arrive pas à envisager les choses autrement qu'un dégoût pour ce qu'il voit. C'est ce que je ressens quand j'ai le malheur de me retrouver face à mon reflet.

Puis son corps nu rejoint le mien.

Je suis entré dans la douche, me suis glissé sous l’eau chaude comme un égaré en plein désert trouve réconfort dans un oasis. La blessure que j’ai au bras me rappelle à son existence malgré la cicatrisation déjà avancée, mon arcade laisse échapper quelques traces de sang séché de même que mes poings. J’ai fermé les yeux, ressentant les effets presque immédiats de cette douche, pour les ouvrir quand je sens sa présence avec moi dans la cabine. Ce corps, je ne l’ai pas vu depuis des semaines, je ne l’ai pas touché depuis des semaines. Il a changé lui aussi, je le constate en laissant glisser mes yeux sur lui quelques secondes avant de retrouver son regard. C’est timide, je n’ose pas encore le toucher, mais quelque chose semble déjà se dénouer en moi et le soulagement atteint une strate supplémentaire. Le première fois que ses mains se posent sur moi je ne peux réprimer un sursaut, presque un mouvement de recul, un léger frisson d'appréhension. J'ai perdu l'habitude, mon corps a souffert de douleur et de manque et je crois que lui aussi a besoin de temps, un peu largué dans ses perceptions.
Mais bientôt mes bras retombent le long de mon corps, je cesse de me protéger, de me cacher de lui. Vient ensuite d'autres frissons, quelques larmes invisibles sous le jet d’eau malgré tout, parce que tout ça … J’ai cru que c’était terminé, pour de bon. Mais ça ne l’est pas. Tout ça est bien réel, ses mains sur ma peau son réelles et je retrouve des sensations oubliées. Je le laisse me laver en silence, mon corps venant s’appuyer contre le sien, cherchant finalement le contact plus encore dans ce nouvel apprivoisement et enfin mes doigts glissent sur lui. Lentement, timidement là encore, fébrilement … C’est de la peur que je ressens au tout départ, celle que tout éclate, que tout disparaisse … qu'il disparaisse. Mais au fil des secondes je reprends confiance en la réalité.
Cette réalité me fait prendre conscience de ses réactions à lui, ce que je peux lire dans ses yeux, ses tremblements alors que ses mains continuent de glisser sur ma peau avec une douceur infinie. Ce que je vois et ressens me serre la cage thoracique, me fait rater un battement de cœur quand ses lèvres se posent sur les miennes brièvement. J’ai traversé l’Enfer, j’ai perdu espoir, je pensais ne plus jamais pouvoir goûter à ses baisers … Exactement comme il a dû ressentir les choses de son côté.

« Je t’aime. »

Sa voix éteint le brasier de colère avant même qu’il ne prenne réellement forme, mon corps se rapproche encore plus du sien et mes bras s’enroulent autour de lui. Mon visage vient glisser dans son cou, je ferme les yeux. Je ne suis pas capable de lui répondre pour l’instant. Pas parce que je ne ressens plus cet amour pour lui, oh non, simplement parce que je n’arrive pas, pour le moment, à l’exprimer de cette façon. Son odeur dans les capteurs olfactifs je me repose sur lui, embrasse sa peau et laisse une de mes mains remonter jusque dans ses cheveux alors que je le serre un peu plus contre moi. Je n’ai plus la moindre force, je sens ses côtes contre les miennes, la terre tourne comme la gravité menace de m’emporter avec elle mais je tiens bon. Rien ni personne ne pourra me faire lâcher cet homme que je tiens entre mes bras. Mon refuge, mon île de naufragé, ma bouée de sauvetage. Ma forteresse. En cet instant plus rien ni personne ne compte à mes yeux, si ce n’est lui. Et je ne m’excuserais pas pour ça.

« Tu te sens mieux ? »

Le visage toujours caché dans le creux de son cou, les yeux toujours fermés, l’eau qui ruissèlent sur mes épaules et tout mon corps, sur le sien, un bras autour de sa taille et l’autre autour de ses épaules pour le garder contre moi au plus près comme si ma vie en dépendait … Je hoche simplement la tête par l’affirmative. Parce que c’est la vérité. Je ne suis pas dans le déni ni dans l’oubli, j’ai seulement pressé sur pause parce qu’il m’a permis de le faire. Mon corps se réchauffe toujours un peu plus au contact de l’eau et du sien, j’aimerais lui merci mais là non plus ça ne sort pas. Alors je reste le silence s’installer entre nous, me noie dans sa présence, sa peau contre la mienne et nos deux cœurs qui battent presque l’un contre l’autre.

T’es là, t’es bien là.
Et je le suis aussi.

Les secondes défilent, des minutes peut-être je n’en sais rien. Mon visage quitte son refuge pour glisser contre le sien, mes lèvres effleurent sa joue et mon front se pose contre sa tempe. Un long et profond soupir m’échappe, je n’ai toujours pas rouvert les yeux.

« J’voulais pas t’embarquer dans ce cauchemar, j’voulais pas que tu souffres encore comme ça. J’suis désolé. »

Je n’ai jamais voulu tout ça, bien évidemment, je n’ai rien à me reprocher je le sais mais je ne cherche pas à retenir mes mots pour autant. S’il a souffert, et je sais qu’il a souffert, qu’il souffre encore, c’est parce qu’il s’est attaché à moi et qu’on m’a arraché à lui. Parce qu’il connait déjà cette douleur là et que bien souvent enfermé dans cette cage j’ai pensé à lui, à ça. il y a des tas de choses que j’ai envie de lui dire en cet instant, à quel point je me suis battu pour ne pas perdre pied et disparaitre quand sous mon autre forme j’étais encore avec eux, à quel point j’ai tout fait pour essayer de m’échapper une fois prisonnier de ce cinglé … Mais je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie, risquer de lui faire plus de mal encore parce que je devine à quel point c’est encore douloureux et difficile pour lui. Je le vois dans chacun de ses regards, cette petite lueur qui me fait comprendre qu’il a peur que je disparaisse à nouveau. Si tu savais comme j’ai peur moi aussi, comme cette sensation de jouer contre la montre ne me lâche pas.
J’ai abandonné, résigné j’ai accepté la mort, je l’ai même appelé pour enfin être délivré ou pour épargner un innocent … Ça non plus je ne le formulerais pas. Pour l’heure, je veux juste qu’il ressente ma présence, les battements de mon cœur, qu’il s’imprègne du fait que je suis en vie et que je ferais tout pour le rester.

« Je suis là. Je suis bien là. Fracassé et dans un sale état mais je suis là. »

Et je le resterais. Pour toi aussi il est terminé ce cauchemar mon amour. C’est terminé, je te le promets. Peu importe ce qu’il se passera ce soir je te reviendrais, je te le promets. Le monde ne peut pas s'acharner sur nous comme ça, pas plus qu'il ne le fait déjà.

« J’veux plus être loin de toi comme ça. Jamais. »

Dans un mouvement maladroit, pris d’un léger vertige sans doute dû à l’épuisement, ma main droite se pose sur sa joue après avoir glissé sur ma chaine qu'il porte autour de son cou - ça ne m'a pas échappé - et la gauche vient entourer sa nuque. Mon regard cherche le sien une seconde, je capture finalement ses lèvres avec une fébrile intensité. Presque comme un noyé qui reprend finalement son souffle, un geste quasiment vital.
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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Sam 13 Oct 2018 - 18:06

You could put an ocean between our love, It won't keep us apart
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Je sais, ou plutôt, j’imagine, que tout ça prendra du temps. Pour qu’il se reconstruire, en priorité. Pour que l’on se retrouve par la suite. Sa maigreur ne m’échappe mais surtout elle ne me repousse pas. Elle est simplement horrifiante de par les actes responsables de son état. Depuis que je sais qu’il est en vie, plusieurs fois j’ai eu l’envie d’aller buter le coupable. Ou la coupable. Plus rien ne me surprendrait. Mais maintenant que je l’ai avec moi, au creux de mes bras, je veux seulement que tout s’arrête et se mette sur pause pour pouvoir profiter de sa présence, de ce cœur qui bat sous ma paume et de ne plus paniquer à l’idée qu’il puisse disparaitre du jour au lendemain.
Enlacés l’un contre l’autre, nous ne sommes pas décidés à nous détachés et je pourrais rester des heures entières sous l’eau, comme ça, sa tête au creux de mon cou, mes lèvres sur l’orée du sien. Mes bras l’encerclent désormais, une volonté farouche de le protéger de tout et de tous qui m’habite. Je le sens acquiescer à l’affirmatif et mes lèvres se déposent une nouvelle fois en un baiser, un simple impacte. Je n’sais pas combien de temps on reste comme ça mais putain, que ça fait du bien. A en chialer de soulagement. De bonheur. Enzo est le premier à se décider de bouger, légèrement, sa lèvre contre ma joue, son front contre ma tempe.

- J’voulais pas t’embarquer dans ce cauchemar, j’voulais pas que tu souffres encore comme ça. J’suis désolé.

Je secoue vivement la tête, pour l’arrêter, pour qu’il se taise.

- Sht. Dis pas ça, c’est pas ta faute ok ? Et celui qui a le plus souffert ici, c’est pas moi.

J’veux pas qu’il pense à moi, là tout de suite. J’veux pas qu’il s’ajoute ça sur les épaules, à se faire du mourront pour moi, à s’inquiéter de comment j’ai pu vivre et voir les choses. Ca me touche, c’est pas la question, je sais que c’est dans sa nature de s’inquiéter des autres avant de se soucier de lui mais là, maintenant, je veux qu’il s’occupe de lui. Parce que du chemin à faire, il va en avoir. Du courage, il va lui en falloir. Et c’est maintenant que ça commence, dans cette douche, pour qu’il se reconstruise avec pour armes pour l’instant, de simples gestes tendres et mon amour en armure.

- Je suis là. Je suis bien là. Fracassé et dans un sale état mais je suis là.

Je serre les lèvres, les dents, contre son cou.
Je suis encore entrain de chialer mais je ne le montre pas, le dissimule à son regard derrière toutes ces gouttes d’eau qui ruissèlent sur mon visage.
J’veux qu’il reste là, oui. Vivant. Près de moi. Et ça ne tiendrait qu’à moi, je lui demanderais de rester ici quelques jours mais je suis parfaitement conscient que ça n’est pas possible. De part la pleine lune pour commencer et parce qu’Ismaëlle préfère certainement l’avoir sous les yeux après ce qu’il s’est passé. Mais putain, l’injustice de toute cette merde me frappe un peu plus fort et j’en ai plein le cul d’avoir toutes ces emmerdes sur le dos. Comme si on n’pouvait pas respirer plus de quelques semaines sans être en paix.

- J’veux plus être loin de toi comme ça. Jamais.

Son baiser, je le réceptionne avec un soupir de soulagement. Comme une douleur que l’on apaise, que l’on tait. Un nouveau souffle insufflé après s’être arrêté de respirer pendant trop longtemps. Intense mais fébrile, tremblant presque. Mais vivant. Plus vivant qu’il ne l’a été. Le baiser de ceux qui se retrouvent après avoir cru à la fin. Désespéré.
Mes mains glissent sur ses hanches osseuses mais que j’agrippe pour m’accrocher à lui, sans vouloir le quitter un seul instant. Mon cœur bat comme un dingue, une douce chaleur que je croyais morte s’élève de mon ventre à mon cœur et la raison pour laquelle je me recule c’est pour reprendre mon souffle. Sentir ses lèvres de nouveau, sa langue contre la mienne, éveille un million de papillon, de vie et je ne me lasserais jamais de cet état de plénitude qui nous manque tant.
Mes mains remontent le long de son corps pour entourer son cou de mes bras.

- Jamais. Je ne le permettrais pas, plus.

Que celui qui s’y essaie tâche de se planquer pour de bon. Et de ne jamais ressortir.
Mon front contre le sien, je viens de nouveau chercher ses lèvres, pour un baiser plus intime mais pourtant sage, calme. Criblé de chaleur et de tendresse.

- J’ai cru crever sans toi.

Ces mots m’échappent, peut-être cru mais sincères, véritables. Yeux fermés, je prends une inspiration silencieuse avant de poursuivre en levant mon regard sur lui.

- Si ça ne tenait qu’à moi, je te garderais ici pour trois semaines.

J’affiche un léger sourire, essaie de rendre tout ça plus léger sans qu’Enzo ne puisse manquer cette fragilité qui perce mon regard.

- On va se retrouver, que tous les deux. Peut-être pas tout de suite mais bientôt. Mais avant ça, on va te remettre debout. Ok ? Ca va prendre du temps mais on va t’y aider.

Un baiser sur son front, son nez, sa joue, son cou. Je le respire, le touche, le sent, m’enivre de lui. Je donnerais n’importe quoi pour prolonger ce moment mais je sais que l’instant touche à sa fin et si ma crève le cœur que de devoir y mettre un terme, je n’en montre rien. Il n’a pas besoin de ça, que je rende les choses plus difficiles et compliqués. Il a besoin de positif, de personne qui tienne les rennes, au moins le temps qu’il se remettre sur pieds. Et je serais de ceux-là, quoi qu’il m’en coûte.
Je prends le temps de lui laver le dos, encore un moment de tendresse qui n’appartient qu’à nous et que je vole au temps pour ensuite à ce que nous descendions de la douche et que je le laisse seul un instant pour aller chercher quelques fringues. Un baiser et je pars en direction de ma chambre, serviette autour de la taille, cheveux en pétard.

J’ai envie d’une clope, bordel.

Je chope un sweat qui m’appartient, un de mes vieux tee-shirt pourri mais qu’il aime bien et revient dans la salle de bain.

- Tiens. Pas d’bol pour toi, t’es pas tombé sur le mec adepte de la fashion week mais ça devrait faire l’affaire.
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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Lun 15 Oct 2018 - 0:24

Je sais pas pourquoi, l'espace d'une seconde l'idée qu'il me repousse m'a effleuré l'esprit. Pour des raisons à la con, sans doute, mais ça n'a plus d'importance dès l'instant où j'ai le sentiment de retrouver un peu de chaleur pour la première fois depuis des semaines. Sa peau, ses lèvres, sa langue, ses mains sur moi … Il y a une certaine peur latente dans ce baiser, beaucoup de soulagement, juste l'instant présent. Si ses mains agrippent mes hanches pour me maintenir contre lui, les miennes ne lâchent pas non plus leur point d'ancrage et lorsqu'il s'écarte c'est comme manquer d'air à nouveau. Paradoxe. Ses mains remontent le long de mon corps, les miennes descendent et je croise les bras autour de sa taille tandis qu'il entoure mon cou des siens.

Front contre front.

« Jamais. Je ne le permettrais pas, plus. »

Ce sentiment d'urgence qui nous anime fait battre son cœur et le mien de manière rapide, pourtant quelque chose change dans l'atmosphère. Dans mon atmosphère. Comme si ce nouveau souffle d'air avait insufflé avec lui une certaine forme de paix, de calme, malgré ces réactions en chaine. Mes mains glissent sur sa taille, descendent jusqu'à ses hanches, l'espace de quelques secondes j'oublie toutes ces choses qui m'ont maintenu à l'écart ces derniers jours, ces réflexes que j'aurais pu avoir en refusant tout contact physique. Mon apparence, en cet instant, j'en ai plus rien à foutre. Tout ce qui m'importe c'est lui. Nous. Tout ce qui passe à travers ce nouveau baiser et une certaine assurance que je retrouve. Temporairement, peut-être, mais le monde, le reste, tout ça cesse d'exister.

« J’ai cru crever sans toi. »

Il a les yeux fermés, fébrile, blessé, les miens restent grand ouverts et je le regarde. Sans ciller. Je me souviens parfaitement de la façon dont j'ai réagis la première fois qu'il m'a laissé entendre l'importance que j'ai pour lui de cette manière. J'ai paniqué. J'ai merdé. J'ai juste fait comme j'ai pu. Aujourd'hui tout est différent et ces mots ne me font pas trembler, pas même pour ce qu'il implique au delà de notre lien. Je ne dirais pas que les rôles s'inversent, j'en ai pas la capacité, mais en cette seconde je suis instinctivement fort pour nous deux. Et j'accepte. Sans culpabilité, sans peur. Je devine à quel point ça été difficile, je sais que ces mots il ne les prononce pas à la légère, qu'ils sont le reflet exact de la vérité.

Everything is dark.
It's more than you can take.
But you catch a glimpse of sun light.
Shinin', shinin' down on your face.
Your face, oh your face
Oh, you're in my veins

Andrew Belle

Quand il ouvre finalement les yeux et pose à nouveau son regard dans le mien, ma main vient caresser sa joue. L'eau continue de nous rouler sur la peau, je n'y fais pas vraiment attention. Tout ce qui m'importe c'est ce cocon, cette bulle qu'il a réussi à créer pour nous deux et que je parviens désormais à faire vivre avec lui.

« Si ça ne tenait qu’à moi, je te garderais ici pour trois semaines. »
« Si ça ne tenait qu'à moi j'hésiterais pas une seconde. »

A rester. Peu importe le temps. Le plus possible pour rattraper tout ce qu'on nous a volé. S'il sourit, j'en fais autant. S'il est fragile, je le suis aussi. Le temps joue contre nous mais je n'ai plus la force ni la volonté de ressentir la moindre frustration, la moindre colère,  la moindre injustice. C'est comme ça, aucun de nous deux n'a le choix, alors autant profiter de cet instant de répit qui nous laissera assurément l'un comme l'autre épuisé par le poids des émotions, de tout ce qui se relâche dans ce moment rien qu'à nous. Je ne veux pas gâcher la moindre seconde avec toi.

« On va se retrouver, que tous les deux. Peut-être pas tout de suite mais bientôt. Mais avant ça, on va te remettre debout. Ok ? Ca va prendre du temps mais on va t’y aider. »

Cette fois c'est moi qui baisse le regard, rompt le contact visuel, mis face à ses évidences que j'aurais presque pu oublier l'espace d'une seconde, d'un battement de cœur. L'espace d'une caresse, d'un baiser. Je ne me voile pas la face, si je n'en montre rien je lui suis reconnaissant. Juste un mouvement de tête, pour acquiescer, et de nouveau je me laisse aller à son contact. Le temps s'arrête, le monde cesse de tourner, le silence est comme une berceuse et chaque contact de sa peau sur la mienne, de ses lèvres, de ses mains, sont comme une petite renaissance.
Quand tout s'arrête, quand il faut quitter cet écrin de chaleur plus humaine qu'autre chose, je me sens étourdis. Un baiser rapide sur mes lèvres, il me laisse, j'ai du mal à le laisser quitter la pièce je l'admets. Du mal à le laisser me quitter … Et de nouveau je me retrouve face à moi-même, face à ce reflet dont je ne sais plus quoi penser. Mes doigts glisse un instant sur mon tatouage, puis sur la coupure au milieu de mon bras gauche, un soupir m'échappe. Je n'ai même plus la force de paniquer face à cette lune dont je ne peux esquiver les effets. J'en ressens les prémices depuis de longues heures, mon corps et ma tête ont la gentillesse de m'accorder un break et j'y plonge les deux pieds joint. Le temps qu'il revienne j'ai enfilé mon caleçon et mon jean, le reste de mes vêtements reste au sol avec les siens et c'est un sweat et un T-shirt à lui qu'il me tend.

« Tiens. Pas d’bol pour toi, t’es pas tombé sur le mec adepte de la fashion week mais ça devrait faire l’affaire. »

Ce sourire qui se peint sur mon visage, il est sincère, naturel, bien plus léger que les précédents. Encore timide, certes, mais au delà de ce que j'aurais pu imaginer étant donné les circonstances et la journée que je viens de passer. J'ai … besoin de souffler, de n'exister qu'ici, maintenant, sans penser à rien d'autre ni personne. Ce droit je le prends, il n'y a de toute façon rien que je puisse faire pour changer quoi que ce soit. Mon frère, ce qui m'attend, … Rien. J'ai devant moi, enfin, l'homme que j'aime et jusqu'à ce qu'on soit obligé de se séparer il restera la seule et unique personne sur terre à mes yeux.

« J'cherche encore quotidiennement c'que j'peux bien t'trouver. »

Je ne triche pas. Ce sourire en coin est bel et bien réel.

« Merci. »

J'attrape le T-shirt et le déplie pour le regarder, un sourcil arqué. Il y a de ça quelques semaines jamais je n'aurais pu espérer rentrer là-dedans, j'vais pas dire que je suis heureux de ma condition mais tout ce que je vois, là, maintenant, c'est que je vais avoir sur moi un peu de lui. Et que je ne serais pas obligé de remettre mes vêtements tachés du sang de cet inconnu dont j'ai déjà oublié l'existence et du mien.

« Tu sais que dans l'histoire c'est toi qui perd au change en voulant faire de moi un campeur du dimanche. J'me fais renier par ma famille, y a plus d'héritage. »

Pas d'bol pour toi, on m'a pas enlevé mon humour de merde. On l'sait tous les deux que dans cette pièce personne ne se soucie réellement de tout ça et qu'on a régulièrement l'air aussi destroy l'un que l'autre ... Même s'il en tient une couche, c'est vrai, mais ça fait parti des raisons pour lesquelles il me plait.
En attendant j'enfile son T-shirt dans lequel je suis légèrement à l'étroit parce que je n'ai pas perdu la carrure de mes épaules mais ça n'a pas la moindre importance. Et j'écarte les bras, comme pour lui demander son avis, lui montrer ce que ça donne, par auto-dérision sans doute mais aussi pour continuer de glisser sur cette vague bien plus légère qui permet de respirer plus facilement.

« Ça fait ressortir mes yeux, non ? »

Ben voyons. Dans la foulée je mets son sweat et presque immédiatement, j'en attrape le col pour me le coller sur le nez en fermant les yeux. Je sens la lessive, mais je sens surtout sa fragrance à lui qui persiste dans les fibres du vêtement et que seul des sens plus développés tels que les miens, même bridés, peuvent capter.

« J'suis pas prêt de les lâcher. Ton odeur sur moi, j'la veux pendant 48h minimum. »

C'est dit sans que je n'ouvre les yeux, d'une voix calme mais sérieuse, déterminée. D'ici moins de deux heures je vais être obligé de les retirer, intérieurement je me fais la promesse de les remettre dès que j'aurais repris forme humaine. Parce que je vais reprendre forme humaine.
Ce odeur familière, aimée, je viens la chercher à sa source à nouveau en l'enroulant de mes bras, glissant mon visage dans son cou où je dépose un baiser.

« Je t'aime. Et merci. »

D'être là. De prendre soin de moi. De passer au dessus de tes propres angoisses et douleurs pour apaiser les miennes parce que je ne suis pas dupe tu sais, je te connais.
Si ma main s'égare quelques secondes de sa taille à son torse après m'être rapproché de lui, si mon front se pose contre le sien et que mes lèvres se posent en douceur sur les siennes, mes doigts finissent par venir glisser contre la chaine qu'il porte autour du cou. J'en attrape le pendentif, essaie de mettre de côté les sentiments contraires que cet objet fait naitre en moi actuellement, puis retrouve son regard.

« Tu veux bien m'la garder encore quelques heures ? J'aime bien la voir sur toi. »

C'est comme si tu portais un peu de moi. Oui c'est vrai, pour moi c'est un symbole important et je n'ai pas peur de le dire, de le montrer. C'est aussi une promesse informulée.
Mon regard se perd quelques instants sur ce qui nous entoure, ce que je peux voir de l'autre côté de la porte ouverte, l'extérieur par une fenêtre un peu plus loin … Tout me semble aller au ralenti, ça n'est peut-être pas une impression mais est ce que ça a de l'importance là encore ? Tout ce que je sais, c'est que quelque chose vient chatouiller mes pensées tout autant que mes sens.

« J'me sens bien ici, en sécurité. »

Fait. Ce depuis le premier jour. Aujourd'hui encore plus que d'habitude.

« Mais j'crois que j'aimerais bien voir l'océan. »

Mes yeux retrouvent les siens encore une fois, je me sens calme, presque serein. Délesté de quelque chose.

« Tu veux bien ? Qu'on aille se poser un peu sur la plage. »

Il sait le rapport que j'entretiens avec cet élément. Il sait que je ne peux jamais en être très loin sauf à en être forcé comme ça été le cas ces dernières semaines. Ça n'est pas mon océan, pas ma partie en tout cas, le Fjord ne l'est pas non plus, mais ici les vagues vont et viennent contre le sable et le rivage tout comme elles le font de l'autre côté, chez moi. Je crois qu'en plus des battements de son cœur j'aimerais me laisser bercer par ce bruit familier qui lui aussi m'a beaucoup manqué.

Juste une pause, dans ses bras, l'horizon à perte de vue si on regarde droit devant nous.
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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Mar 6 Nov 2018 - 12:38

You could put an ocean between our love, It won't keep us apart
Enzo & Will

Moi aussi j’ai bien envie de lui demander ce qu’il peut bien me trouver parce que j’ai certainement pas le gueule et le physique du canon de beauté de 1ère classe mais… j’ai au moins l’intelligence. Ceci dit, Macy dit que j’suis le plus beau alors si Macy le dit, c’est que c’est vrai. Non ?

- Tu sais que dans l'histoire c'est toi qui perd au change en voulant faire de moi un campeur du dimanche. J'me fais renier par ma famille, y a plus d'héritage.
- T’en fais pas pour l’héritage, j’ai tout prévu.

Parce que c’est connu, si j’reste avec toi c’est pour la thune.
Et j’suis ravi de voir que son humour de merde est toujours là, bien présent et qu’il réussit à en faire preuve malgré le moment. Ca prouve que cette petite douche et ce petit cocon de douceur lui a fait du bien. Du moins, c’est ce que j’en déduis. Je me sens moi-même plus apaisé, plus tranquille. J’dirais pas que c’est la méga forme mais il y a du mieux. Il enfile mon tee-shirt et, désolé, mais malgré le moment, malgré les émotions lourdes, ce mec ne peut pas m’empêcher d’évoquer cette chaleur infatigable chez moi, surtout lorsqu’il met un de mes tee-shirts qui le met clairement en valeur.

- Ça fait ressortir mes yeux, non ?
- Honnêtement ce ne sont pas tes yeux qu’il met en valeur mais plutôt ce pourquoi je ferais l’impasse sur le petit dej’ de ma mère.

Epaules carrées, musculature évidente malgré les derniers traumatismes, ce mec me rend dingue et contre ça, je n’peux rien y faire. Il enfile le sweat, le renifle et ça me fait sourire. C’est exactement ce genre de petites choses qui m’ont manqués, banales et simples mais suffisantes pour me faire sourire.

- J'suis pas prêt de les lâcher. Ton odeur sur moi, j'la veux pendant 48h minimum.
- J’peux aussi mettre plus de parfum si tu veux.
- Je t'aime. Et merci.

Je reste dans ses bras, son visage dans mon cou et l’enveloppe en douceur, me serrant un peu plus contre lui.

- Je t’aime.

J’aimerai qu’il reste là, qu’il n’y ait pas cette pleine lune ce soir, de le garder avec moi pour la journée, pour la nuit mais il va falloir s’y faire. J’inspire silencieusement son odeur, dépose un baiser sur sa tempe, un autre dans son cou, jusqu’à ce qu’il s’écarte légèrement et que je goûte de nouveau à ses lèvres, mes deux mains glissant sur ses hanches que je ne veux pas lâcher. Je le sens jouer avec sa chaine en argent, son pendentif, celui que je n’ai jamais quitté.

- Tu veux bien m'la garder encore quelques heures ? J'aime bien la voir sur toi.
- Je comptais pas m’en séparé, tout du moins jusqu’à ce que tu la réclame.

Ma main s’égare sur sa nuque dont j’effleure la peau, les cheveux. Le laissant se perdre sur les environs, redécouvrant la maison, la douceur et la chaleur que cet endroit dégage. Un vrai cocon.

- J'me sens bien ici, en sécurité. Mais j'crois que j'aimerais bien voir l'océan. Tu veux bien ? Qu'on aille se poser un peu sur la plage.
- Ca marche. Après ça j’te raccompagne là-bas, ok ?

Jusqu’au bout, j’veux être là. Dans la mesure du possible. Et je pense que ça rassurerait Isma de le savoir accompagné, surtout après tout ce qu’il s’est passé. Je le laisserais de lui-même expliquer ce qu’il veut expliquer, lui laissant l’espace dont il a besoin.
Je passe mes bras autour de son cou, dépose un premier baiser sur ses lèvres. Chaste. Puis un seconde qui s’appuie naturellement, qui s’embrase en douceur, redécouvrant certaines saveurs, certaines sensations qui me déclenchent un frisson le long de ma colonne, ma main s’égarant sur son torse que je dessine sous ma paume.

- Tu m’as manqué. Si jamais t’as besoin de quoi que ce soit ce soir, cette nuit, tu m’appelles et je rapplique.

Et je suis sérieux. Pas de blague. Plus de distance, plus de silence. Je le veux au plus près, au plus proche.

- J’te préviens, je t’amène là-bas mais c’est pas une raison pour profiter de mater des culs tous les deux mètres.

Un autre baiser suivit d’un sourire.
Qu’il est bon de te retrouver.

▬ FIN POUR MOI ▬

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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   Mar 6 Nov 2018 - 18:21

« Ca marche. Après ça j’te raccompagne là-bas, ok ? »

Juste un hochement de tête comme réponse, sans jamais me détacher de lui ni m’écarter d’un millimètre. Sa paume, ses doigts sur ma nuque, dans mes cheveux, son autre main sur ma hanche, mes deux bras toujours autour de lui, je pourrais rester comme ça des heures. J’aimerais rester comme ça des heures. Ne plus avoir à le quitter pendant un temps indéfini sans être rattrapé par l’appel de la Lune qui fera de moi un autre. Qui nous séparera.  Mais pour le moment j’en profite, me laisse porter par cette douceur, cette chaleur humaine et cette tendresse que mon corps tout entier réclame, tout comme ma tête.
Ses bras passent autour de mon cou, les miens l’encerclent au niveau de la taille pour le ramener un peu plus contre moi si tant est que ça soit possible, je réceptionne une première fois son baiser en fermant les yeux et le lui rend naturellement. Puis une seconde, plus appuyée, différente, dans une certaine continuité. Je perçois les battements de son cœur qui accélèrent, le sang dans ses veines qui circule plus rapidement, les frissons sur sa peau nue sur laquelle mes mains glissent alors que sa paume caresse mon torse par-dessus le tissu de son propre sweat. Ces sensations, je les ressens aussi. En temps normal, les jours de pleine lune sont pour le moins … animés, entre nous. Plus que les autres jours. Aujourd’hui ma tête et mon corps sont trop épuisés, ailleurs, pour ressentir les choses de cette manière mais cette fébrilité mêlée d’intensité, cette petite flamme qui vacille à l’intérieur de moi, je sais très bien ce qu’elle signifie.

Tout comme je sais que je ne suis pas prêt pour ça.

« Tu m’as manqué. Si jamais t’as besoin de quoi que ce soit ce soir, cette nuit, tu m’appelles et je rapplique. »
« Promis. »

J’ai l’impression d’avoir la tête qui tourne, l’esprit confus, sans réellement me rendre compte que je le garde de manière quelque peu possessive contre moi. Clairement, j'ai du mal à redescendre sur terre.

« Si tu veux passer demain, trainer un peu avec moi même si je serais sûrement hors service. »

J’aimerais qu’il soit là quand j’ouvrirais les yeux, oui. J’aimerais qu’on puisse prendre le temps de profiter d’un moment rien qu’à nous, me blottir contre lui sans rien dire et juste m’imprégner de sa présence. Je ne sais pas si je vais retrouver ma forme humaine, je n’en ai aucune certitude même si les signaux ont l’air bons, même si les autres ont l’air confiant, surtout Leiv qui m’a fait « subir » un paquet de tests ces derniers jours. On verra, je préfère ne m’attendre à rien, essayer pour le moins, pour ne pas être déçu par le résultat s’il devait aller à contre sens de cet espoir.

« J’te préviens, je t’amène là-bas mais c’est pas une raison pour profiter de mater des culs tous les deux mètres. »

Il m’embrasse, je laisse échapper un rire amusé. Il sourit, je me plonge dans son regard, une étincelle d’espièglerie dans le fond du mien. Fatigué, oui, mais taquin. Et heureux de retrouver ces petites choses qui aujourd’hui ont plus de saveur que n’importe quel autre jour. Heureux de le retrouver lui. Nous.

« J’vais voir c’que j’peux faire, t’as qu’à pas habiter dans un endroit où les nanas se sentent obligées d’être en deux pièces toute l’année. »

Tu me cherches, tu me trouves. Et je le repousse, gentiment, attend qu’il se tourne pour aller récupérer ses fringues ou en prendre des nouvelles puis attrape le nœud de sa serviette en douce – serviette qui se détache l’air de rien de sa taille pour rester dans ma main et le laisser complètement nu sous mes yeux. Un sourire satisfait et encore une fois taquin prend ses quartiers sur mon visage alors que mon regard glisse jusqu’à une certaine partie de son anatomie désormais offerte à ma vue.

« Le seul qui m’intéresse c’est celui-là. »

Je retrouve finalement son regard et lui lance sa serviette avant d’être tenté de la lui claquer gentiment sur les fesses. Ou simplement tenté par autre chose, que je ne maitrise pas encore et qui, quelque part, m'effraie je crois.

Alors on donne le change, pour l'instant.

« Maintenant rhabille toi, tu vas prendre froid et c’est pas une tenue décente pour sortir espèce d’exhib. »

Dit-il en respirant une nouvelle fois le col du sweat qu’il porte sans même s’en rendre compte. Les mots, eux, sortent tout seul.

« J’veux pas que quelqu’un d’autre que moi te voit comme ça. »

Il faut croire que certaines habitudes ont la peau dure ...

▬ FIN ▬
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MessageSujet: Re: You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William   

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You could put an ocean between our love, It won't keep us apart ▬ William
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