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 Don’t give up, I won’t give up ▬ William

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MessageSujet: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Ven 8 Juin 2018 - 12:42

Don’t give up, I won’t give up
William & Cameron


■ Lundi 21 Septembre 2015  ■

Londres ▬ Fin de journée (Heure Anglaise)

J’peux pas tout gérer en même temps, c’est impossible, je ne m’en sens pas capable. Ce qu’il s’est passé samedi soir à ouvert une brèche et j’ai eu besoin de m’éloigner un peu pour tenter de la colmater, pour retrouver un peu mes esprits. Ce que j’ai fait ? Passer la journée d’hier à la mer avec la frangine dans la continuité de notre discussion de la veille au soir. On a pris le train pour rejoindre la côte et on s’est baladés sans forcément parler, juste tous les deux. J’avais besoin de ça, d’un peu de normalité, de couper dans le quotidien et prendre un peu distance avec certaines choses.
Le retour de celle qui m’a engendré dans le décor, la découverte d’un p’tit frère, même de deux, et l’absence qui commence à un peu trop se prolonger d’un autre … Deux semaines qu’on est sans la moindre nouvelle, deux semaines à le chercher sans trouver la moindre trace, potentiellement trois semaines qu’il est coincé sous son autre forme … Certains jours sont plus compliqués que d’autres.

18h. Je rejoins Jill à la terrasse d’un café après le boulot histoire de continuer sur ma lancé et simplement parce que ça nous arrive de temps en temps. On ne refait pas le monde, on évite un peu les sujets qui fâchent, et puis ça me prend comme une envie de pisser.

« Ça te dit d’aller faire un tour en Californie ? »

Elle me regarde, surprise, pas trop sûre de comprendre je crois.

« Là, maintenant ? »
« Oui. »
« San Francisco ? »
« Los Angeles. »

Pas besoin de lui dire pourquoi, ni pour qui.

« Toujours aucune nouvelle ? »
« Non. Et je considère lui avoir laissé assez de temps. »

Elle me regarde quelques secondes, ne dis rien, esquisse finalement un sourire en terminant son verre.

« Alors sors ton bikini ma poule, on va se dorer la pilule à L.A. »

#

Los Angeles ▬ Dans la matinée (Heure Californie)

Les joies du Portoloin. Je hais ce truc mais je hais encore plus le silence radio dans lequel je le laisse planer depuis des jours, peut-être même des semaines maintenant. Je sais pas ce qu’il a dans la tête, ça m’inquiète autant que ça me fout en rogne. Je sais bien qu’il a sa clique, aucune idée de s’il leur a fermé la porte au nez à eux aussi, mais tant pis, j’ai besoin de l’avoir sous les yeux, de comprendre, de savoir. Si je lui en veux ? Oui. Si je suis là pour lui prendre la tête ? Non. J’en sais trop rien à vrai dire.

« Tu sais où il habite ? »
« Pas vraiment. J’ai jamais mis les pieds chez lui mais ses parents sont dans l’annuaire. »
« Ok. Tu veux un sac pour vomir ? »
« La ferme Davis. »

Elle se paie ma tête évidemment, me lance un baiser soufflé, je serais presque vexé si c’était pas le cas.

« Je te laisse y aller, appelle moi quand tu veux, je vais me balader dans le coin en attendant. »
« Ça marche. Merci Jill. »
« Qu’est-ce que tu ferais sans moi … »
« Je te l’demande ! »

On serait tous perdu sans toi … Peut-être pas à ce point-là, faut quand même pas lui donner trop de crédit parce qu’elle ne sentira plus pisser, mais faut avouer que l’avoir près de soi est quelque chose de non négligeable et je sais pertinemment que derrière ses sourires se cachent tout autant d’angoisses. Parce que son petit frère est perdu dans la nature, parce que l’homme qu’elle a aimé est coincé avec des tarés dans un vieux château de pierre tout comme certains de ses amis.

La technologie et ses petits miracles me permettent de suivre le GPS sur mon téléphone jusqu’à arriver à destination. Une jolie petite maison Californienne où il a l’air de faire bon vivre. Et je réalise que j’ai jamais foutu les pieds dans cette ville, à vrai dire. Pourquoi pas pousser en passant un coup de fil à Drew pour voir s’il est dans le coin mais pour l’instant c’est pas vraiment ce qui me préoccupe.
J’hésite pas, pousse le portillon et me pointe devant la porte. Je sonne, une femme au visage avenant m’ouvre la porte quelques secondes plus tard.

« Bonjour. Je peux vous aider ? »
« Bonjour Madame. Vous êtes bien Madame Jackson ? »
« Oui tout à fait. »
« Excusez-moi de débarquer comme ça, je m’appelle Cameron et je suis un ami de votre fils. »
« Oh, oui. Il m’a déjà parlé de toi. Enchanté de faire ta connaissance Cameron. »
« Moi aussi Madame. »

Elle a le sourire d’une maman comme on aimerait tous en avoir je crois.

« Est-ce que William est là ? »
« Il … »

Et ce sourire s’assombrit un peu. Elle sait. Ce qu’elle sait exactement je n’en sais rien, pas plus que je n’ai la moindre idée de l’état d’esprit dans lequel il se trouve réellement à vrai dire. Si elle hésite un peu, ça ne dure pas très longtemps.

« Il m’a demandé de n’ouvrir à personne mais je crois que ça lui ferait du bien de voir un visage familier. Il est dans sa chambre, au premier étage. »
« Merci beaucoup. »

Elle me fait entrer et m’indique à quelle porte je dois frapper pour arriver jusqu’à celui que je considère aujourd’hui comme un membre de ma famille. Sa porte n’est pas fermée, je viens me poser l’épaule contre l’entrebâillement, mains dans les poches, et j’attends sa réaction. Je ne suis pas là pour arriver en terrain conquis. Pour le moment, le terrain, je le tâte. Mais on ne va pas se mentir, ça me soulage de le voir, même si clairement c’est pas vraiment le visage des meilleurs jours que j'ai face à moi. Personne ne pourra le blâmer pour ça.

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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Lun 18 Juin 2018 - 22:28

Don’t give up, I won’t give up
Cameron & Will



■ 17 Septembre 2015 ▬ Après-midi ■

Debout, clope entre les doigts, mes yeux fixent les inscriptions sans réussir à m’en détacher. Je secoue légèrement la jambe, nerveux, stressé. Paumé. J’ai l’air d’un clodo avec mon tee-shirt trop grand et tâché, mon short élimé et ma barbe de quelques jours. Les cheveux, on n’en parle même pas. Aucune tenue, aussi bien vestimentaire que physique parce que là, actuellement, j’suis bancale. Comme si le poids d’un monde m’écrasait les épaules. Mon monde. Jusqu’à me les affaissés, me donnant cet air abattu que j’croise parfois dans un miroir quand j’prend la peine de jeter un coup d’œil.

- Il est plus là, Jude.

Enzo n’est plus là. Enzo a disparu. D’un claquement de doigts, du jour au lendemain. Evaporé dans la nature sans que quiconque ne sache réellement expliquer ce qu’il s’est passé mais surtout, sans que personne ne réussisse à me dire où est-ce qu’il pourrait être. Rien. Un vide qui s’est étendu au fil des jours où j’ai essayé de garder la tête haute, à chercher partout où je pouvais, à utiliser les moyens moldus avec l’aide de Macy, ceux magiques aux côtés d’Ismaelle.
Trois jours.
Cinq.
Deux semaines.
Et on en est là. Sans indice. Sans nouvelle. Aucune trace.
J’ai chialé. Juste chialé. J’ai même plus la force de gueuler, de frapper les murs comme j’ai pu le faire lorsque Jude est mort. J’ai plus la force d’espérer, d’attendre. De l’attendre lui.
Enzo est mort. Et une partie de moi avec. Comme si un couperet invisible m’avait sectionné en deux pour me donner cet éternel sensation de manque qui ne sera jamais comblé. Et depuis, c’est la rage qui me hante autant que la lassitude. J’suis en colère contre sa famille à la con qui n’a pas su le garder en lieux sûr. J’suis en colère contre son connard de grand-père qui m’affichait ses airs de « T’inquiète bonhomme, je sais c’que je fais » alors que non putain, il savait pas. J’suis sûr qu’il savait pas. Personne savait mais ils ont tous fait semblant comme des putains d’adultes bien éduqués qu’ils sont, pour leur putain de concours de bite, pour montrer qui saura mieux qu’un autre gérer la situation.
Allez tous vous faire foutre. Allez tous crever, au fond de votre trou doré.

- Tu crois que j’suis maudit ?

Mes yeux me piquent, ma jambe se secoue plus fort. J’ai le cœur au bord des lèvres.

- Ouais, j’ai une putain de malédiction qui fait crever tous les mecs dont j’suis amoureux. Je jette rageusement mon mégot d’une pichenette sur le chemin de terre alors que je tourne le dos à la tombe de Jude. Au bord des larmes. Prêt à craquer. Putain d’merde.

Une main tremblante sur le visage et je m’accroupis, toujours dos à la pierre bien entretenue par ses parents tous les deux jours. Je craque. Je chiale. Encore. Laisse échapper un sanglot lourd qui me coince la gorge, incapable de rester debout. Mes jambes ne me tiennent plus et je me laisse tomber sur le sol, assit, recroqueviller et crispé alors que les larmes se font plus violentes et présentes. Ca m’fait mal, j’ai l’impression de crever chaque jours que Dieu fait. Ils me manquent, tous les deux. Mais surtout, Enzo me manque. A en crever. Au point d’avoir l’impression que j’vais pas tenir le coup. Pas une deuxième fois.

- Pas une deuxième fois, putain. Pas une deuxième.

J’ai l’air d’un enfant de dix ans. Ou tout simplement d’un jeune adulte sur la brèche qui a l’impression qu’un monde entier s’écroule, se dérobe à ses pieds. Un type qui a envie de se jeter gueule la première dedans pour oublier, inhaler cette horrible douleur qu’il connait trop bien.
J’agrippe sa chaine que je porte encore autour du coup, prêt à l’arracher de colère. De désespoir. Mais je m’y résout pas. Ça voudrait dire que tout ça est terminé pour de bon et j’peux pas putain. J’peux pas.
Un râle, ou peut-être un cri, m’échappe, m’arrache la gorge, ma main se jette avec violence en avant pour balancer une pierre trouvée là, fracassant un morceau d’écorce d’arbre au passage. Me fracassant moi.

#

■ Dimanche 20 Septembre 2015 ▬ Heure du dîner ■

- Mon chéri, le repas est prêt.
- J’pas faim maman.

Pas faim depuis plusieurs jours ou semaine. Une perte de poids conséquente en vu de la gueule émacié que j’affiche.
Elle est là, dans l’encadrement de la porte. Petite mais capable de soulever un monde entier entre ses mains. Mais le mien s’effrite entre ses doigts depuis déjà plusieurs jours, impuissante.
J’ai la gueule dans un bouquin qui traite d’un sujet neurologique. Le seul moyen pour penser à rien.

- Juste un peu, s’il te plait Will.

S’il y a une personne au monde contre qui je n’arrive pas à cracher ma colère, c’est ma mère. Elle est ma fragilité, celle qui lorsqu’elle s’approche, détruit mes remparts de quelques pas vers moi. Exactement comme elle est entrain de le faire. Et les larmes pointent déjà, ma main vient automatiquement se loger sur mes yeux comme si j’pouvais empêcher le flux salé de s’écouler.

- Viens par là. Elle passe ses bras autour de mes épaules, pose son menton sur le sommet de mon crâne. Je suis là mon garçon. Je suis là.

Nouveau sanglot. Des nouveaux « Il me manque », des « J’veux qu’il revienne, j’veux pas que ça recommence », à répétition. J’ai le mal de lui, je crève de son absence et essaie parfois de me remémorer l’odeur de sa peau que je finirais par oublier comme tout le monde. Parce que le temps va passer, estomper les souvenirs et ce, même si j’essaie avec ardeur de les conserver. La chaleur de ses bras, l’écho de son rire et bientôt, c’est sa voix qui disparaitra. Il ne sera plus qu’une ombre, une image floue. Un énième fantôme.

#

■ Lundi 21 Septembre 2015 ▬ Dans la matinée ■

Macy est l’une des seules personnes à m’approcher, à venir me rendre visite malgré mes refus, même si c’est pour passer du temps en silence. En dehors de ça, je n’ai vu personne. N’ai parlé à personne. Mon portable est éteint depuis un moment, parce que j’veux plus lire tous ces messages, plus me confronter à cette réalité que j’digère pas. J’veux juste qu’on me foute la paix, qu’on me laisse tranquille.
Qu’on me laisse cuver à ma façon.
J’ai perdu la notion du temps, la notion de tout. Gueule toujours vissée sur mon bouquin, j’ai au moins la possibilité d’effacer le monde entier par tous ces termes scientifiques que j’avale, digère et engrange rapidement. Et justement, en parlant neurologique et tout le bordel, j’me suis toujours demandé ce qui pouvait nous donner cette sensation d’être « vu » quand nous avons nous même les yeux ailleurs. Comment le cerveau pouvait détecter cette présence souvent invisible, avec la sensation qu’un regard reste figé sur votre nuque. Parce que c’est exactement ce qui me colle un frisson léger sur les avant-bras. D’un geste lent, las, je lève mon regard et mon cœur s’arrête un instant.

Cameron est là, calé dans l’encadrement de la porte de ma chambre et j’sais pas depuis combien de temps. Mais surtout j’sais pas ce qu’il fait là parce que j’ai bien dit à ma mère que j’voulais voir PERSONNE. Et quand j’ai dit personne, j’entends tout le monde.

- T’es là depuis quand ?

J’ai pas envie de le voir et ça n’a rien à voir avec lui. J’le déteste pas, j’lui en veux pas. J’ai juste pas la force de me confronter à qui que ce soit… encore moins à quelqu’un qui va me ramener tout ça dans la gueule.

- Tu voulais un truc ? Désolé, mon tel est HS.

Semi-vérité, semi-mensonge. J’affiche une nonchalance involontaire, moralement épuisé.
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Ven 22 Juin 2018 - 15:44

J'irai pas jusqu'à dire que je ne le reconnais pas mais c'est la première fois que je le vois comme ça et on peut le dire, peu importe mes intentions, ce que je ressentais vis à vis de tout ça, tout s'éclate dès que je croise son regard et tout ce que je peux y lire. L'épuisement, la lassitude. Je sais qu'il a passé un temps monstre dans ses bouquins, sur internet, partout où il a pu chercher, quand Enzo était encore parmi nous mais coincé sous sa forme animale. Je sais aussi qu'il a passé beaucoup de temps avec lui, en partie pour essayer de le garder conscient de l'Homme, pour ne pas que la Bête gagne trop de terrain même si de ce que j'en sais au fil des jours c'était de plus en plus compliqué. Puis il a disparu, comme ça, du jour au lendemain alors qu'il était en lieu sûr. Je me souviens de Ismaelle furieuse, je me souviens de William qui a pris les choses à bras le corps … jusqu'à s'éloigner. Jusqu'à ne plus donner le moindre signe de vie.

Et c'est pour ça que je lui en ai voulu.
Parce que j'ai considéré qu'il avait abandonné.
Qu'il l'avait abandonné.

« T’es là depuis quand ? »
« Dix secondes, maximum. »

Il a les yeux explosé par la fatigue, complètement asséchés de tristesse, sa voix est morne et même si je desselle une légère forme d'agacement que j'affilie à ma présente, j'ai le sentiment d'avoir une coquille vide devant moi. Je crois que c'est à ce moment là que je me rends compte à quel point embarqué dans mes propres émotions j'ai été à côté de la plaque en débarquant comme ça. Et en ressentant ce que j'ai ressenti à son égard. J'ai perdu un pote, plus qu'un pote presque un petit frère, un membre de ma famille quoi qu'il arrive. Quand je dis perdu je reste au sens géographique du terme parce que je peux pas admettre une seule seconde que ça ne se limite pas à ça. Lui, c'est l'homme qu'il aime qu'il a perdu, et je réalise seulement maintenant que c'est pas la première fois. On n'a jamais vraiment parlé de ça, je crois que ça s'est juste rapidement manifesté au détour d'une conversation et très brièvement, un truc qui laisse entendre qu'on partage quelque chose qu'on aurait aimé ne pas avoir à partager. C'était sensiblement la même chose avec Mateo concernant sa sœur et mon frère. Je ne sais pas comment il s'appelait, je ne sais pas non plus vraiment ce qu'il s'est passé, je sais juste que comme la vie m'a arraché Megan, elle lui a arraché son petit ami à l'époque.

Et aujourd'hui elle recommence.

« Tu voulais un truc ? Désolé, mon tel est HS. »

A présent face à lui je me sens con, je regrette presque d'avoir franchis cette porte jusqu'à me souvenir que c'était pas l'unique objet de ma présence et qu'avant même de lui en vouloir pour quoi que ce soit, c'est l'inquiétude qui prime. Parce que même si je devrais peut-être parfois, j'suis pas du genre à laisser les gens à qui je tiens de côté sans être certain qu'ils vont bien. Autant que faire ce peut en tout cas.

« Prendre des nouvelles. Voir si t'avais besoin de quelque chose. »

Et te faire des reproches, parce que j'ai été vraiment con de penser de cette manière.

Le ton est calme, je reste à l'entrée de sa chambre et ne fais pas un pas de plus. Peut-être que je repartirais d'ici sans y être entré, juste comme ça, d'ici trente seconde parce qu'il m'aura demandé de partir. Je vois clairement qu'il a pas envie de me voir et je le prends pas personnellement, je comprends que je le ramène à des choses qui lui pourrissent déjà la vie probablement du matin jusqu'au soir, du soir au matin. Putain mec, t'as perdu combien de kilo au juste ? Ça me fait mal de le voir comme ça et le sentiment d'impuissance qui vient me coller à la peau me file la rage au creux du ventre même si j'essaie de garder toutes ses émotions sous clé. Ça ne ferait qu'empirer les choses, personne n'a besoin de ça et surtout pas lui.

« J'ai pas la moindre idée de ce qu'il se passe dans ta tête et ça me fait flipper, si tu veux tout savoir. »

Même s'il est là, chez lui, que ses parents sont là et qu'ils veillent au grain j'en suis certain. Parfois il suffit d'une seconde. Parfois on n'arrive pas à garder ceux qu'on aime avec nous malgré tous les efforts qu'on peut faire. Si j'ai peur de le perdre lui aussi ? Oui, clairement.
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Sam 14 Juil 2018 - 12:53

Don’t give up, I won’t give up
Cameron & Will

– Dix secondes, maximum.

Je ne réagis pas plus que ça, acquiesce seulement, mâchoire serrée. J’parais froid mais je ne m’en soucis pas parce que je ne suis pas en mesure de prendre en considération mon environnement. Et c’est foutrement égoïste de ma part quand on sait le lien que Cameron et Enzo entretenaient… mais j’y arrive pas. J’peux pas.
J’attends qu’il parle, réponde à ma question. J’le vois bien qu’il est inquiet mais je sais pas quoi lui dire, j’me vois pas lui offrir un méga sourire d’accueille en mode « Hey ça va ? quoi d’neuf ? La forme ? ». Tout comme moi, il ne l’a pas la forme. Lui aussi est crevée, lui aussi a les épaules lourdes et pour la première fois depuis des années, j’me sens pas capable de supporter le poids du malheur des autres. J’ai honte, quelque part. On devrait tous se soutenir, se serrer les coudes mais j’en suis foutrement incapable.

- Prendre des nouvelles. Voir si t'avais besoin de quelque chose.


J’ai besoin qu’on m’le ramène. En vie.
J’ai besoin qu’on m’appelle pour me dire que j’me plante complètement et qu’il n’est pas mort à son tour.
Voilà ce que je veux. Quand vous perdez quelqu’un, vous vous retrouvez toujours confronter à ce sentiment d’impuissance, d’injustice, qui vous creuse un fossé dans le bide. Celui de l’impossibilité. Non, il ne reviendra pas. Ils ne reviendront pas. Ni lui, ni Jude, ni Spencer.

- C’est gentil mais ça va, j’ai besoin de rien.

Enorme mensonge dont je ne jauge pas la crédibilité sous mes mots plats, vides.
Je me reconcentre sur mon bouquin dont je ne lis pas une ligne, notifiant par ce simple geste qu’il peut partir, retourner auprès de ses proches, continuer sa vie. Pendant que j’essaie de lutter contre ce démon qui me bouffe le cœur.

- J'ai pas la moindre idée de ce qu'il se passe dans ta tête et ça me fait flipper, si tu veux tout savoir.

Je retiens un soupire entre mes dents, serre un peu plus la mâchoire. J’ai aucune patience, aucune volonté d’écouter, d’acquiescer, de jouer le gentil p’tit Will conciliant, au sang-froid. Et c’est foutrement injuste que ça soit diriger vers lui mais j’ai cette putain de colère qui gronde au fond de mes tripes, celle qui effleure mes nerfs, qui menace de les faire céder à tout moment. Je me passe une main sur le visage, une main tremblante que je  perçois pas.

- Si tu veux tout savoir, il ne s’y passe rien.

Les mots m’échappent, claquent, d’un ton plus sec que je ne l’aurai voulu. Si je m’écoutais, je couperais les ponts avec tout ceux qui me rappellent Enzo, par instinct de survie et de préservation. Parce que je sais pas si je serais capable d’encaisser une seconde fois cette putain de douleur qui m’a collé au cœur des mois. Des années. Et rien que d’y penser, j’ai de nouveau envie de chialer mais rien ne va parce que je ne fais que ça, de chialer. Verser des larmes à n’en plus pouvoir, en essayant de me remémorer son odeur, sa voix, ses traits. Tout ça disparaitra au fur et à mesure du temps et ça me rend malade.

- Qu’est-ce que tu veux que j’te dis Cam ? Qu’est-ce que t’as envie d’entendre ? Que j’suis triste et que j’me morfond ? Ouais, c’est l’cas. J’ai envie de gerber H-24, j’ai envie de dormir H-24 parce que j’supporte pas de vivre ces putains de journées en me disant que ça recommence.

Ma voix tremble et ma patience s’effrite déjà. Pour rien. Alors qu’il ne m’a rien dit d’agressif, se soucie juste de ma gueule et j’suis pas foutu de l’en remercier, j’suis pas foutu de ressentir une once de reconnaissance. Parce que comme je l’ai dit : Il ne se passe plus rien chez moi à part ce vide qui ne sera recombler que dans plusieurs années.

- J’ai plus envie d’entendre ces putains de discours comme quoi il ne faut pas perdre espoir et tout votre baratin à la con. Pensez ce que vous souhaitez, ce qui vous rassure le plus mais moi j’peux plus.

J’peux plus me dire qu’il est quelque part, en vie et qu’on ne le retrouve pas. J’arrive plus à me dire qu’il respire toujours parce que je ne veux pas continuer plus de temps à vivre dans un espoir qui ne vient pas, dans l’attente de le voir débarquer sur le perron de cette maison. Il me manque, à en crever mais c’est presque un instinct de survie pour moi que de me confronter à la réalité que personne ne veut voir et admettre.
Et de nouveau, je me retourne vers mon bouquin. Pas pour lui dire qu’il peut se tirer cette fois, mais pour dissimuler ces larmes qui finissent par se pointer au coin de mes yeux.

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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Mer 18 Juil 2018 - 12:33

« Si tu veux tout savoir, il ne s’y passe rien. »

Il a la main qui tremble et les mâchoires serrés, comme s'il contenait difficilement toutes ses émotions et c'est exactement ce qu'il est en train de faire. Je comprends mon erreur en le voyant comme ça, je réalise que je n'aurais jamais du traverser ce putain d'océan et ce continent tout entier parce que le simple fait de se retrouver face à ma gueule fait trembler la forteresse derrière laquelle il s'est réfugié.

« Qu’est-ce que tu veux que j’te dis Cam ? Qu’est-ce que t’as envie d’entendre ? Que j’suis triste et que j’me morfond ? Ouais, c’est l’cas. J’ai envie de gerber H-24, j’ai envie de dormir H-24 parce que j’supporte pas de vivre ces putains de journées en me disant que ça recommence. »

Mâchoires serrées, gorge nouée, poings fermés toujours dans mes poches, ses mots sont comme des lames de rasoir qui déchire ma peau et balafre mon cœur. J'ai la prétention d'avoir la plus part du temps les bonnes réactions quand il s'agit de mes proches, cette fois j'ai tout foiré du début jusqu'à la fin. Et pourtant, derrière mon silence se planque toujours une part de colère et l'envie de l'attraper par les épaules, de le secouer en lui hurlant que c'est pas fini et qu'il n'a pas le droit de lâcher prise. Qu'il n'a pas le droit de l'abandonner.

« J’ai plus envie d’entendre ces putains de discours comme quoi il ne faut pas perdre espoir et tout votre baratin à la con. Pensez ce que vous souhaitez, ce qui vous rassure le plus mais moi j’peux plus. »

Je ne sais plus si c'est de l'amertume ou de la tristesse, probablement un mélange des deux et d'un tas d'autre chose, mais je comprends aussi qu'en étant ici je fais plus de mal que de bien. Lui ne fait déjà plus attention à moi mais je vois bien dans le langage de son corps que c'est comme se prendre un coup de tison brulant dans le cœur pour lui que de remuer cette merde encore et toujours.

« J'aurais pas du venir, excuse moi. C'était égoïste de ma part. »

Je fais demi-tour, me désolidarise de l'entrebâillement de sa porte et fait un pas avant de me stopper, sans le regarder pour autant.

« Si jamais t'as besoin, ou juste envie, tu sais où me trouver. »

Je crois … Je crois que c'était important que ça soit dit, j'en sais trop rien, mais je reprends ma route et descend les escaliers comme un mort vivant, réalisant au dernier moment que sa mère est là, juste en bas, sans doute un peu inquiète. Concernée, en tout cas. Et elle capte immédiatement que ça ne s'est pas très bien passé. Elle a mal pour son fils et pourtant tout ce que je vois dans son regard malgré peut-être un espoir déçu, c'est de la douceur.

« Il ne faut pas lui en vouloir, il a déjà perdu beaucoup. »
« Je comprends. »

Et c'est vrai. Je n'ai pas dit que j'acceptais, mais je comprends.

« Voudrais tu un café ? Ou un thé, j'ai de la citronnade au frais si tu préfères quelque chose de froid. »
« Non, je ... »

Les mots restent en suspens quelques secondes. Je sais que la meilleure chose que j'ai à faire c'est foutre le camp d'ici mais quelque chose me retient et je crois que ça n'a rien à voir avec William ou presque. Je ne m'attends pas à le voir descendre, je ne m'attends pas à ce qu'il me court après, je m'attends juste au silence assourdissant qui va reprendre. Si je prends cette décision c'est parce qu'au fond de moi, je le sens, j'en ai besoin, besoin de saisir la main qu'elle me tend.

« Un café, ça sera parfait. Merci Madame Jackson. »

Elle m'offre un sourire, l'un de ces sourires que seule une mère peut offrir, et je me souviens seulement maintenant avoir croisé la mienne pas plus tard qu'il y a deux ou trois jours. Je ne sais pas du tout ce que je ressens vis à vis de ça pour le moment. D'un signe de tête elle m'invite à la suivre et sans dire un mot je m'assoie à la table de la cuisine. Les yeux rivés dans le vague, je ne fais que la percevoir alors qu'elle s'affaire autour de moi, déposant deux tasses sur la nappe qu'elle remplie d'un liquide noir et fumant. Mes deux mains viennent entourer la tasse, ça me brûle mais quelque part ça fait du bien et quand mon regard commence à se promener sur les murs, les meubles, la vue qu'on a par la fenêtre, je pense à celui qui m'a amené jusqu'ici malgré lui. Si un sourire s'invite sur mon visage c'est parce que je me souviens quand il m'a parlé de son premier séjour ici, je me souviens de la petite étincelle dans ses yeux. Il s'est senti bien ici et je sais très bien pourquoi.

« Tu étais proche de lui ? »

Elle est là, assise face à moi, un sourire et un regard bienveillant sur le visage, moi je retombe lentement sur terre. Il fait mal ce « était », ce passé employé comme si désormais tout était terminé.

« On a vécu ce genre de moments qui rapprochent, vous savez. Il est … presque comme un p'tit frère, un membre de ma famille pour le moins. »

Elle acquiesce et ne dis rien de plus, je me demande si elle a eu le temps créer un lien avec lui, si a elle aussi ça lui fait quelque chose.

« Je prie pour lui, chaque jour. »

Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose de chaud, presque d'agréable, se diffuse lentement dans mon organisme. Prier … je n'ai jamais vraiment cru que ça pourrait arranger quoi que ce soit en toute honnêteté, ou peut-être à l'époque, mais je crois surtout que je suis prêt à utiliser toutes les choses qui pourraient faire pencher la balance vers une issue favorable. Alors c'est un rire amusé qui m'échappe quand je repense à samedi soir.

« Ce sale gosse a réussi à me faire entrer dans une église alors que j'y avais pas mis les pieds depuis des années. »

Je n'y suis pas resté longtemps, j'ai simplement ressenti le besoin d'y entrer alors qu'on marchait depuis un moment dans la rue avec Ems, en silence. Le silence, il a été le maitre mot de cet interlude, il est aussi ce qui s'installe quelques secondes actuellement alors que la première gorgée de café me brûle la langue et la gorge mais que je ne cille pas.

« J'aimerais ne pas ressentir cette rancœur vis à vis de votre fils, vraiment, mais je lui en veux. Et je m'en veux encore plus de ressentir ça, d'avoir retourné le couteau dans la plaie en débarquant ici. »

Je ne suis qu'à peine capable de la regarder en avouant ces faits.

« Je crois que c'est sa façon de se protéger. Il fait ce qu'il peut. Les blessures n'étaient qu'à peine cicatrisées et les voilà grande ouvertes à nouveau. »
« Je sais. Je comprends. Vraiment. C'était stupide de ma part de forcer les choses comme ça, j'aurais peut-être simplement du chercher à vous appelez vous ou Macy pour avoir des nouvelles. »

Oui je comprends, parce que moi aussi j'ai perdu à plusieurs reprises des gens que j'aimais. Ça n'est ni un concours ni quoi que ce soit dans ce genre là, j'ai parfaitement conscience qu'on ne gère pas tous de la même façon, mais je peux réellement comprendre. Et sans trop savoir comment ni pourquoi je me retrouve à vider mon sac.

« Mon frère est mort il y a sept ans, même si j'ai fait mon deuil il me manque toujours énormément. J'ai perdu une amie proche en début d'année, plus qu'une amie en réalité. Brutalement elle aussi. Je comprends tout ça. »

Le ton n'est pas vindicatif, je ne cherche pas non plus à me justifier ou à être pris en pitié. Loin de là.

« C'est juste … Je peux pas me résoudre à cesser d'espérer et je crois qu'égoïstement j'avais besoin qu'il en fasse autant. Peut-être pour que ça soit moins lourd, j'en sais trop rien. »

Oui, peut-être qu'il est finalement là le fond du problème même si je n'en avais pas du tout conscience jusqu'à maintenant.

« Il est solide, c'est un battant, et je le connais, je … Je sais que s'il tient le coup c'est pour nous qu'il le fera, plus que pour lui, alors je peux pas me résoudre à ... »

Tant qu'on n'aura pas la preuve qu'il est vraiment plus là j'arrêterais pas de considérer qu'il est toujours en vie, et qu'on finira par le retrouver, ou que lui nous retrouvera, mais je dois accepter que chacun gère comme il peut et qu'attendre quoi que ce soit de William c'est injuste. Complètement injuste.
En attendant je serre les dents et j'essaie de luter mais elles sont là pourtant, retenues tant bien que mal sous mes paupières, ces putains de larmes contre lesquels j'ai luté déjà un paquet de fois depuis des semaines. Alors j'affiche un sourire tremblant et je détourne le regard, lâche un rire bref et m'essuie les yeux d'un revers de main nerveux en reniflant. J'ai pas ouvert les vannes depuis le début, il faut que menace de craquer devant la mère du type qui est à deux doigts d'éclater en millions de petits morceaux tellement il a mal, sous son propre toit.

« Désolé. »
« Ce n'est rien. »

Sa main se pose sur la mienne et la serre, je ne sais pas par quel miracle je n'explose pas. Alors je serre un peu plus les dents, regarde le plafond et attend que le « pire » passe. Ça n'est pas de la fierté, sans doute simplement un réflexe ancré en moi. Personne n'aime pleurer devant les autres.

« J'ai plus vraiment l'habitude d'être face à une Maman, il faut croire que vous avez un pouvoir magique pour délier les langues. »

Encore un rire, pour moi comme pour elle, et ça fait du bien à vrai dire. Ça délasse un peu. Cette femme … Je n'ai jamais vraiment couru après les figures maternelles mais elle a tout ce dont on pourrait rêver comme Maman. Je ne la connais pas, mais c'est l'impression qu'elle donne et quelque part je me sens rassuré, soulagé, de voir que Will ne s'est pas coupé d'elle. Il n'a pas eu le réflexe de fuir cet endroit, de fuir ses parents, et c'est … une bonne chose, je crois.

« Un Papa peut-être ? »
« Non, c'est mon frère qui m'a élevé. »

Pas de parents dans le décor. Et rien en moi ne transmet d'amertume, de tristesse ou quoi que ce soit dans ce genre là alors que je bois encore quelques gorgées.
Je n'ai jamais été en guerre contre ça, mes parents ne m'ont jamais manqué et c'est dans ce genre de moment que je vois les choses plus clairement. Ce petit frère sorti de nulle part, ces petits frères, celle qui m'a donné la vie … Je ne suis vraiment pas certains d'avoir une place pour eux dans mon existence aujourd'hui. Je ne suis pas certain de le vouloir, tout simplement, parce qu'il ne représente rien.

« Mais ça ne m'empêche pas d'avoir une famille, pas besoin des liens du sang pour ça. »

Pas besoin de les citer, ils savent tous très bien qui ils sont. Ma véritable famille. D'ailleurs en parlant de famille ...

« Je suis venu avec une amie, je devrais y aller pour ne pas la faire attendre trop longtemps. Merci beaucoup pour votre accueil, pour le café, et désolé d'avoir débarqué à l'improviste comme ça. »
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Dim 29 Juil 2018 - 17:37

Don’t give up, I won’t give up
Cameron & Will

Je suis fatigué, à bout. Parfois j’me lève en me demandant comme je réussis à me mettre debout quand j’ai l’impression d’être terriblement vide de tout. D’émotions positives, d’envies, de désirs pour quoi que ce soit si ce n’est de dormir. Et encore, je pourrais apprécier cet instant de vie s’il n’était pas parsemé de cauchemars récurrent.
Je sens que Cameron est toujours là, dans l’encadrement de la porte et une part de moi s’en veut de lui faire péter ça à la gueule quand lui-même doit être à bout d’avoir perdu un ami qui lui était cher.
J’parle d’Enzo au passé. Une lame de plus s’enfonce entre mes cotes, mes larmes lâchent prise.

- J'aurais pas du venir, excuse moi. C'était égoïste de ma part.

Oui, tu n’aurais jamais dû, au moins pour toi. Pour t’éviter cette scène incroyablement ridicule de sens. Pour t’éviter de t’en prendre en quelque sorte plein la gueule parce que je sais, qu’en ces circonstances, il est important de pouvoir compter sur les copains, sur des gens proches qui sont à même de comprendre ce que l’on ressent. Mais là, j’en suis incapable tout autant que de le regarder sans me mettre à sangloter. Et le bordel revient dans mon crâne, la lutte aussi et ça m’épuise d’autant plus. Je n’ai plus aucune force pour lutter contre et avec qui que ce soit.
Je l’entends se décoller de l’embrassure de la porte sans que je ne bouge, crispé et tendu comme un morceau de bois, prêt à rompre, poing serré contre mon visage.

-  Si jamais t'as besoin, ou juste envie, tu sais où me trouver.

J’reponds pas. J’peux pas répondre. Si j’le fais, je vais hurler, exploser. Sa simple visite me replonge tête la première dans toutes ces émotions que je tente comme je peux de canaliser, d’atténuer. Et à la seconde où il part, je me crispe un peu plus. Je n’ai pas l’envie de le rattraper et encore une fois, ça n’est pas contre lui. J’ai juste besoin qu’on me laisse en paix, qu’on arrête involontairement de me foutre le nez dans la merde. J’entends les pas de Cameron dans l’escalier et je me lève, d’un pas lourd mais précipité pour fermer la porte de ma chambre. Elle claque légèrement sans que je n’y mette quelconque violence et cette fois, c’est vers mon lit que je me dirige. Je reste debout devant une poignée de seconde, la main dans mes cheveux avant de tirer un sac à dos sous le lit. Je l’ouvre et prend le tee-shirt qui y réside depuis déjà un moment.
Je m’allonge sur le matelas, face au mur, dos à la porte de ma chambre et me recroqueville légèrement, le tissu contre ma bouche, mon nez. Son odeur explose en mille saveur dans mes narines mais aussi dans mon cerveau où crépitent un million de souvenir qui me tuent, me crèvent le cœur. J’ai ce tee-shirt depuis notre excursion loin de tout et de tout le monde, un weekend à nous dans le chalet de ses grands-parents. J’l’ai gardé, parce que c’est dans notre habitude de garder des fringues de l’autre sans forcément le vouloir. Ce tee-shirt, j’le sors rarement, préférant le conserver dans ce sac où l’odeur d’Enzo y flotte. J’aime pas me replonger dans ça, c’est comme si j’étais un ancien camé qui ressortait sa pipe à crack… mais aujourd’hui, c’est trop pour moi. J’peux plus, je veux graver cette odeur une dernière fois.
J’veux qu’il revienne, j’veux que ça soit lui qui frappe à la porte de cette putain de chambre, qu’il vienne dans mon dos et m’encercle de ses bras.
Ma respiration s’accélère au fur et à mesure que mon esprit se heurte à l’impossible et je plonge mon visage dans ce tissu roulé en boule où j’y lâche un cri de rage étouffé, le corps recroqueviller, serrant le tee-shirt entre mes poings. Rageusement, tremblant. Jusqu’à ce que plus un gramme d’air n’occupe mes poumons.
Un cri qui se mue en un sanglot silencieux alors que j’inspire une bouffée d’air, un million d’aiguille qui me gerce la gorge. Plonger dans ce néant, je n’entends pas les pas précipités qui martèlent les planches cirés de l’escalier.
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Mar 31 Juil 2018 - 0:08

J'ai le cœur lourd. Lourd d'avoir blessé un type a qui je tiens et de ne pas avoir été pour lui une source de réconfort. Plutôt une lame tournée dans une blessure à vif. Lourd d'avoir plongé dans le tréfonds de mes pensées pendant cette discussion avec sa mère. Lourd de sentir l'espoir qui se fait la malle … Le fait de ne pas savoir, de ne rien savoir, ça tue. Ça laisse trop de place à l'imagination.
C'est pas la première fois qu'il disparaît, en trois ans j'ai vu ce gosse encaisser plus de choses que la majeure partie des gens dans une vie entière et pourtant il a toujours réussi à s'en sortir. Une putain de bonne étoile, un mental d'acier, un organisme résistant aussi sans doute et je commençais même à me dire que la Faucheuse avait réellement un truc contre lui. Dans le fond je trouve ça d'une telle tristesse … Parce qu'il y a lui, certes, mais est ce qu'on parle de son grand-frère ? Est ce que d'ici la fin du mois on se rendra compte que … D'abord deux, puis un troisième, et maintenant le dernier ? Leur famille est immense, mais le noyau dur … Est ce qu'il existe toujours ? Je sens bien que tout ça se mélange avec mes propres maux, ma propre « famille » dont je pensais être le seul survivant d'une certaine façon.

Connerie.
J'ai pas envie de penser à eux pour le moment.
Ni à lui, ni à elle.

Ça fait deux heures que j'ai quitté la maison des Jackson et pourtant je suis encore à Los Angeles. Je sais pas tellement pourquoi, j'ai pas envisagé une seule seconde que Will puisse sortir de son silence et cherche à me rattraper. Ça me tue de lui avoir fait du mal comme ça, je m'en veux énormément et c'est d'autant plus frustrant de savoir que je ne peux rien faire pour arranger les choses. Ne pas pouvoir aider les personnes à qui je tiens est pour moi réellement difficile et réaliser que ma simple présence est une source de souffrance c'est dur à encaisser. Bref, j'ai juste ressenti le besoin de m'isoler un peu, de marcher sans trop faire attention à ma destination, d'essayer de me vider la tête.
Désormais posé au bout d'un ponton, les yeux rivés dans le vague face à l'océan, une clope entre les doigts, je regarde passer les vols de pélicans. Il y a quelques types allongés sur des planches un peu plus loin, en train d'attendre des vagues qui n'ont pas l'air décidé à venir. On dirait une bande de phoques en train de se laisser bercer par les flots, ça aurait presque l'air agréable mais comme je suis un Californien en carton, j'ai jamais été super pote avec l'eau, le soleil, ce genre de trucs typiques d'ici. Non, ça c'est son truc à lui et je refuse de l'évoquer au passé même si ce passage express chez William m'a foutu une grosse claque au moral et à l'espoir.
Je me dis qu'il doit commencer à se faire tard là-bas, de l'autre côté de l'océan, et qu'il est sûrement temps de rentrer. Au fond de moi j'en ai pas tellement envie, je me surprends même à me dire que quitte à être là ça serait peut-être bien d'aller rendre visite à Sullivan. San Francisco c'est pas non plus la porte à côté mais l'idée de monter dans un train ou un avion sans réfléchir me tente. Je pourrais m'arranger, avec Jill, avec le boulot … Mais quand je sors mon téléphone de ma poche arrière c'est comme une chape de plomb qui me tombe sur l'estomac. Plusieurs appels manqués. D'Ismaelle. De Margo.

Mais pas de messages.

Il y a certaines choses qu'on n'annoncent pas par message. Ni vocal. Ni écrit. Mon cœur s'emballe dans ma cage thoracique, ma cigarette se consume dans l'immobilité alors que je fixe l'écran comme s'il était la chose la plus effrayante au monde. J'ai peur de rien. Je ne dis pas ça pour passer pour un surhomme, c'est simplement la réalité. Je connais le deuil, je connais la souffrance, je sais ce que ça fait de perdre quelqu'un ou de voir un proche souffrir. Je n'ai pas peur de mourir non plus. Il y a des choses qu'on comprend par un regard mais je suis seul face à un putain d'écran et visiblement ça change toute la donne. Alors je reste là comme un con, me laissant tomber sur le premier banc à ma portée, la gorge sèche. Je l'admets, je me vois déjà en train de frapper à nouveau sur cette porte blanche, faire face au visage de sa mère, devoir lui annoncer que son fils avait raison.
A quoi bon reculer l'échéance ? A quoi bon trembler devant un objet aussi petit ? A quoi bon refuser d'affronter la réalité ? Ça ne changera rien aux faits, quoi qu'il se passe, même si ces appels n'ont strictement rien à voir. Permettez moi d'en douter.
Liste d'appels. J'appuie sur le dernier numéro à m'avoir appelé et porte le téléphone à mon oreille dans un geste qui me semble être au ralentis. Une sonnerie, je peux entendre le sang battre dans mes tempes. Deux sonneries, la nausée se pointe. Trois sonneries, je serre le poing. Elle décroche, je ne dis rien, il n'y a rien à dire. Et peu importe combien de temps dure ce silence, il me semble interminable. Je retiens mon souffle ...

« On la retrouvé. Il est vivant. »

… puis me laisse tomber brutalement sur le banc à nouveau sans avoir le moindre souvenir de m'être relevé juste avant.

#

Vivant. Humain, au moins physiquement. Dans un sale état mais en sécurité. C'est tout ce que j'ai retenu, tout ce que j'ai transmis à Jill comme info avant de me mettre à courir comme un cinglé sans même réfléchir une seconde de plus. Il n'est pas joignable, j'ai pas le numéro de chez lui ni même celui de Macy, j'ai pas le réflexe d'appeler qui que ce soit d'autre alors j'avale les kilomètres, poumons en feu, trouvant cette course effrénée presque grisante finalement. Ça fait une éternité que j'ai pas couru comme ça, presque comme si ma vie en dépendait et oui, c'est quelque part un peu libérateur. Et putain j'avais pas le souvenir d'avoir marché aussi longtemps mais ne lâche rien. Je ne prends même pas le temps de réellement me réjouir de la nouvelle, je sais que je garderais de la pudeur et surtout une certaine prudence jusqu'à l'avoir sous les yeux, jusqu'à constater par moi-même l'étendu des dégâts. Parce qu'il y en a, apparemment.

Mais il est vivant.

Enfin la petite maison pavillonnaire apparaît dans mon champ de vision. Les derniers mètres sont les plus difficiles, je défonce presque le portail en arrivant et manque de m'écrouler sur le perron en ratant une marche. Et je frappe, bien plus fort que je ne le devrais je le sais, j'en culpabiliserais presque quand le visage presque paniqué de la mère de Will apparaît par la porte à demi ouverte. Puis la surprise.

« Cameron ? »

J'essaie de parler mais je n'y arrive pas, à bout de souffle les mots ont du mal à sortir.

« Qu'est ce qui se passe mon garçon ? »
« Il est vivant. Elles l'ont retrouvé. »

Comme moi je crois qu'elle ne percute pas tout de suite, puis enfin, au bout d'une seconde ou deux, la lueur apparaît dans son regard. Il est déterminé, ce regard, et c'est presque un ordre qu'elle me donne en m'ouvrant la porte pour la deuxième fois de la journée.

« Monte. »

Je ne me fais pas prier, la remercie d'un signe de tête et m'engouffre à l'intérieur, grimpe les marches deux par deux. La porte est fermée, je frappe une fois, me retiens de justesse d'entrer et tente de me calmer.

« Will ? »

Je me laisse une seconde, une deuxième, des secondes que je lui laisse à lui tout autant mais il ne répond pas. Ça peut paraître con, mais je me rends compte que je ne sais tout simplement pas comment lui annoncer ça. Ça semble simple et pourtant, ça ne vient pas naturellement. Le fait de le faire à travers une port, le regard de sa mère posé sur moi en bas de l'escalier, ça n'est pas que ça met la pression mais j'en perds mes repères l'espace de quelques instants c'est tout.

« C'est moi, c'est Cameron. Écoute j'veux pas t'emmerder vieux mais, j'viens d'avoir Isma au téléphone. »

Le pire dans tout ça c'est que je sais même pas s'il m'entend. Peut-être qu'il dort, peut-être qu'il a insonorisé sa piaule, peut-être même qu'il s'est barré par la fenêtre qu'est ce que j'en sais. Alors je me sens un peu con certes mais je tente quand même et puis on verra bien.

« Elles l'ont retrouvé. »

Juste un battement de cœur.
Une inspiration.

« Il est vivant. »
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Jeu 16 Aoû 2018 - 23:34

Don’t give up, I won’t give up
Cameron & Will

Je n’ai senti que l’étreinte de ma mère qui, au bout d’un certain temps, a dû se demander ce qu’il s’était passé. Si j’encaissais « le choc ». Elle m’a retrouvée dans la même position que lorsque Cameron est partie : Allongé sur mon lit, tourné vers le mur, tee-shirt d’Enzo contre mon visage. Je somnole entre rêve et cauchemar, entre retrouvaille et disparition. Et contrairement à ce que j’aurai pu m’attendre, ce n’est pas Jude qui hante mon esprit mais Spencer. Lui et sa bouille ronde à la coupe afro dont il mettait des heures à en prendre soin, comme une sorte de petit rituel. « Ca m’calme ». C’est ce qu’il disait, lui qui était toujours hyper actif.
Mes songes sont brouillons, un amas de couleur, de douleur, de cris aussi, tout ce qu’il y a de plus désagréable à voir défiler sous ses paupières closes. Mon seul moment de paix fut lorsque ma mère est silencieusement venue déposer un baiser sur ma tempe, sa main sur mon bras. Aucun mot n’a été échangé, il n’y en a pas besoin. Pour dire quoi ? Que ça fait encore beaucoup trop mal pour que je réussisse à faire face à nos potes communs ? Que j’ai presque envie de tout oublier, tant c’est insupportable. Et c’est peut-être ce que je devrais faire parce que je ne sais pas si je réussirais à un moment, à gérer ce vide qui se creuse un peu plus.

Le temps apaisera tout, c’est ce que l’on répète toujours aux endeuillés. Mais combien de jours, de mois encore à avoir cette impression de couteau entre les côtes, une douleur sourde dans la poitrine comme un poids qui ne se retirera jamais.


Tu m’as laissé comme ça, comme un homme à la mer.
Partie dans la fumée, oui, mon cœur échoué.

(c)Saez ▬ Le gaz


Prostré dans cette même position, je refuse de bouger, espérant enfin trouver un peu de repos. Juste quelques minutes, une accalmie avant que les ombres ne reviennent me peser.
Regard dans le vide, fixé sur le mur, mon esprit vagabonde entre souvenirs et solutions. Je n’ai plus la force de pleurer et n’en a de toute façon pas l’envie. Mes yeux sont rougis et secs, je songe un instant à me prendre un joint. Histoire de vider ma tête, d’avoir cette impression de légèreté même si ça ne dure pas très longtemps. Peut-être que ça n’est pas l’idée du siècle vu mon état psychologique, que je risque un gros bad… Et après réflexion, je ne ferais de toute façon pas ça ici. Si je dois me fumer un joint, j’irai faire ça avec les filles, sur la plage. Pas la peine d’infligé ça à mes parents en plus de mon pathétique état.

J’entends vaguement du mouvement en bas, n’y prête pas attention, pas plus que ces pas précipités dans les escaliers qui finissent par se stopper nets devant ma porte close. Quelqu’un y cogne, je ne réagis pas.

- Will ?

Encore ? Cette fois la colère monte d’un seul jet, sans passer par la case « relativiser ». J’ai envie de lui gueuler de dégager d’ici, que j’sais pas dans quelle langue j’dois lui dire de me FOUTRE LA PAIX. Ma rage est complètement démesurée mais de là à en avoir conscience, c’est autre chose. Je me suis redressé aussi sec sur mon lit, prêt à bondir sur la porte pour lui faire comprendre d’une autre façon que la seule chose que je veux, c’est que l’on me laisse cuver la mort de mon mec. Putain de merde.

- C'est moi, c'est Cameron. Écoute j'veux pas t'emmerder vieux mais, j'viens d'avoir Isma au téléphone.

Montagnes russes. Mon cœur chute brutalement sur la moquette de ma piaule.
Non. Non, non.
Ta gueule, ne dis rien. J’veux pas l’entendre. J’veux pas écouter à quel point j’avais raison de crever en silence entre ces quatre murs. J’ai le cœur au bord des lèvres, j’vais gerber. La douleur est indescriptible, me semble insurmontable malgré toutes ces journées à me préparer psychologiquement à ce que ce jour m’arrive fatalement au coin de la gueule.

- Elles l'ont retrouvé.

Un acouphène se forme, mon cœur loupe un battement. La chambre entière tourne beaucoup trop vite. Assis sur le lit, les deux pieds bien encrés au sol, je suis au bord du malaise. Littéralement. Mon souffle s’accélère, je secoue mollement ma tête.
Impossible. La brutalité des émotions me donne une migraine subite, palpitant juste au-dessus de mon regard froncé.

- Il est vivant.

Vivant.

Vivant. Le cœur qui bat. Le souffle qui s’égrène le long de ses lèvres entrouvertes, légèrement rosées par la vie. L’état de choc est d’une violence inouïe. Certains passent du désespoir au soulagement avec un large sourire, prêt à hurler au monde entier sa revanche, sa joie. Prêt à marcher sur tout ce qui entraverait leurs chemins pour retrouver l’être aimé.
Moi, c’est une chute de quarante étages que je vis, que je subis. Mon cerveau a dû mal à assimiler l’état émotionnel dans laquelle cette nouvelle me plonge, tête la première. C’est là que le corps agit de lui-même, que la « survie » prend le dessus. C’est là que je pourrais comprendre à quel point Enzo semble être mon complémentaire, ma moitié, celui qui m’est destiné. Cette moitié de cœur vide pulse brutalement, me tire de ma léthargie. C’est cette partie de moi qui me fout sur mes deux jambes, manquant de m’étaler comme de la merde sur le sol avant d’ouvrir la porte, fébrile.

Je le vois dans son regard que la vérité y pétille, presque irréelle tant les jours écoulés nous poussaient un peu plus vers le scénario le plus obscure. Mon souffle est court, mes mains tremblent et je dois avoir l’air d’un taré avec cet air mal rasé, les cheveux en bataille et les yeux à moitié sortis de leurs orbites.

- Où est-ce qu’il est ?


Je ne reconnais pas cette voix grave, complètement bancale, nouée d’émotions. Presque caverneuse. J’attends qu’il me réponde et je dévale les escaliers, Cameron a m’a suite après lui avoir marmonné un « viens, on y va » presque désordonné. Je ne prends même pas la peine de dire quoi que ce soit à ma mère et c’est simplement parce que j’ai l’esprit focalisé sur un seul objectif : Le voir par moi-même. J’ai du mal à percuter, à croire à cette réalité. Non, à ce putain de miracle tombé de nulle part, comme une énième façon de nous torturer à nous faire croire à l’irréalisable.
Et je le jure sur ce que j’ai de plus cher que je fous le feu au monde si la vie ose me duper, ose me pousser dans les bras de l’espoir pour mieux m’écraser le cœur contre le bitume.

- ‘Y a un portoloin ici.

J’ai traversé d’un pas de course une rue perpendiculaire à la nôtre avant de trouver ce frisbee complètement troué et inutilisable. D’un coup de baguette je programme l’heure de départ et ces trois minutes me paraissent les plus longues de mon existence. J’ai la boule au ventre, j’ai l’impression de ressembler à un camé en manque de sa dose.

- T’es sûr qu’il l’est ?

En vie. Dis-moi que t’es sûr. Dis-moi que t’en es totalement certain.
Ma question est conne, j’le sais mais j’peux pas m’en empêcher. Pas après tout ce que j’ai encaissé depuis que j’me suis fais à l’idée que j’le reverrais plus jamais. Les trois minutes arrivent à terme et le portoloin nous tire vers l’avant pour nous propulser vers un tout autre climat qui me prend aux os. La maison des Stoneheaven-Helland est là, à quelques mètres. J’ai l’estomac à l’envers, la tête qui tourne mais je fonce droit devant d’un pas déterminé. Fenrir aboie, le monde tourne. N’existe plus. Je n’ai que lui en tête. Que son odeur. Le battement de son cœur. Et à la seconde où je croise le regard d’Ismaëlle sur le perron, mes jambes flanchent, incapable de me tenir plus longtemps debout.
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Ven 17 Aoû 2018 - 18:12

Je crois que je m’attends à peu près à tout, y compris à me prendre une droite dès l’instant où cette porte à laquelle je fais face s’ouvrira. Si elle doit s’ouvrir. Et elle s’ouvre, au bout de quelques secondes, mon regard planté dans le sien sans ciller. Je n’essaie pas d’imaginer ce qui se passe dans sa tête, la mienne est actuellement sous clé je crois. Comme si j’agissais en pilote automatique. Peut-être parce qu’au fond moi j’ai peur de la chute, peut-être parce que j’ai du mal à y croire et que je reste prudent. Instinct de préservation. Je range mes émotions dans un coin pour m’assurer que celle de mon pote vont pas exploser et le laisser éparpillé en mille morceaux sur le sol.

« Où est-ce qu’il est ? »
« Jørpeland. »

Pas besoin de lui en dire plus, il connait déjà les lieux et sait très bien que je parle de chez Ismaelle et Leiv. Je n’ai pas beaucoup plus d’info à lui donner, de toute façon il ne m’en demande pas et dévale déjà les escaliers. Je l’admets, je m’attends à ce qu’il s’écroule à chaque instant et reste attentif au moindre de ses pas. Et s’il n’a pas un regard pour sa mère, je fais comprendre à cette dernière par un signe de tête que je gère, je garde un œil sur son fils. Quoi qu’il arrive. Et elle me remercie d’un sourire inquiet, teinté d’une part de soulagement je crois.
Je reprends à peine mon souffle après ma course folle alors oui, je l’admets, j’ai un peu du mal à le suivre. Je vais mettre ça sur le dos de la clope et les pétards, aussi, un peu, mais qu’est-ce qu’on s’en fout de toute façon. Il y a un truc qui donne à ce type une énergie évidente et clope ou pas clope, attachement ou pas, je sais très bien ce qui se trame.

« ‘Y a un portoloin ici. »

Ici. Dans une ruelle pas très loin de chez lui. Pas celui par lequel j’ai atterri, celui-là est un vieux frisbee défoncé et si je scotche dessus c’est parce que la tension palpable m’empêche de faire autrement. J’ai pas envie de prononcer le moindre mot, c’est inutile, et dans le fond j’en ai juste pas envie parce que mes propres émotions bien que mises de côté sont de toute façon bien présente. C’est peut-être l’homme qu’il aime, mais moi aussi je l’aime ce gosse et j’ai peur de ce qui nous attend.

Alors je flotte entre soulagement, retenue et angoisse.

« T’es sûr qu’il l’est ? »

Devant moi j’ai un type à cran, presque un drogué en pleine crise de manque, une bombe à retardement. Qu’est-ce que je peux lui dire ? J’ai le sentiment que le moindre mot peut faire office d’allumette. Dans ma tête je me dis que j’en serais sûr une fois que je l’aurais sous les yeux, tout comme lui, mais qu’on peut faire confiance à Isma ou même Margo et que jamais elle ne m’aurait dit ça si ça n’était pas vrai. Mais je me dis aussi que tout peut basculer en une fraction de seconde, que même si son cœur est solide rien n’empêche qu’il s’arrête sans prévenir et nous lâche avant même qu’on arrive, ce genre de retournement de situation qu’ils aiment caler dans les films pour faire chialer tout le monde à la fin.
Alors je regarde Will droit dans les yeux et je mets tout ça de côté, ne réponds pas, lui fait simplement comprendre par mon silence et ce regard que j’en suis au même stade que lui et il en tirera les mêmes conclusions que moi j’imagine.

Les minutes qui s’écoulent ensuite me semblent interminables, lourdes de silence, jusqu’à cette sensation désagréable à laquelle je m’habitue malgré tout. Et de la Californie et son soleil, ses heures du milieu de journée, on passe au soir Norvégien qui vous fait frissonner. Il me faut quelques secondes pour retrouver mes esprits, Will fonce déjà vers la maison et je marche sur ses traces encore une fois tant bien que mal. Le chien aboie, Ismaelle s’avance sur le perron, je n’ai pas le temps de réfléchir et rattrape in extremis mon compatriote pour l’empêcher de s’effondrer sur le sol en après avoir précipité mes derniers pas.

« J’te tiens. »

Dans tous les sens du terme. T’auras beau te murer dans le silence ou m’en foutre plein la gueule si ça te chante, j’te lâcherai pas.
Et Isma se précipite vers nous, croise mon regard, pose sa main sur sa joue et lui offre un regard d’une tendresse infinie. L’espace d’une seconde j’ai envie de disparaitre, de plus encaisser tout ça, juste d’oublier l’existence tout entière dans une étreinte chaude et rassurante. Une étreinte, c’est ce qu’elle offre à William en le soutenant à son tour.

« Ça va aller. »

Mais c’est moi qu’elle regarde par-dessus son épaule, alors qu’elle lui caresse le dos et maintient sa tête de son autre main presque comme s’il était un enfant qu’on sort en douceur d’un cauchemar. Un pas en arrière, la gorge serré dans un étau, mon palpitant bat sourdement dans ma cage thoracique. Je la regarde lui prendre le visage entre ses mains alors qu’il semble avoir retrouvé un peu d’aplomb, de solidité sur ses deux jambes pour le moins.

« Il est en sécurité maintenant. »

Elle a pleuré, ça se voit, et putain qui sait ce qu’elles ont pu voir là-bas, mais le sourire qu’elle lui offre est d’une sincérité à l’épreuve des balles.

« Viens. »

Je sais que ça s'adresse aussi à moi, je m'en formalise pas. Elle lui prend la main délicatement et je me demande où cette femme trouve une telle force de caractère, d’autant plus quand on sait à quel point elle même est touchée par la situation, par le lien qu’elle a créé avec Enzo. Regarde ce que tu fais de nous p’tit con, t’as pas honte de nous foutre dans des états pareils ?
Ismaelle entraine William avec elle à l’intérieur et je suis le mouvement sans rien dire. Dans le salon je m’aperçois que Jill est déjà là, elle discute – ou peut-être qu’elles se parlent en silence j’en sais rien – avec Margo, le chiot a leurs pieds. Juste un regard, un vague sourire, l’envie d’être dans les bras d’Heidi pour souffler puis les marches qui défilent sous mes pieds sans que je n’en ai réellement conscience.

Je ne sais pas à quoi m’attendre, je crois que je m’en suis fait une vague idée mais dès que je fous un pied dans la piaule je me prends un coup dans l’estomac. Leiv est là, en train de vérifier je ne sais trop quoi et sous les couvertures je devine cette silhouette que je désespérais de revoir depuis des semaines. Une perfusion au bras gauche, juste au-dessus de ce tatouage dont il était tout content et fier de me parler il y a de ça un mois à peine et que je n’avais jusqu’ici pas eu l’occasion de voir si ce n’est en photo. Pâle comme un linge, les joues creusées, fraichement lavé et noyé dans des sapes qui ont l’air bien trop grandes pour lui on devine l’étendue des dégâts. Il a la peau sur les os, plus aucune couleur sur le visage, pas un mouvement. Rien. Quedal. Une vision pareille c’est à vous en filer la nausée et je devine qu’on a la « chance » d’avoir échappé au pire. Je me surprends à fixer mon regard sur sa cage thoracique, incapable de faire un pas de plus, pour être certain qu’il respire bien parce que ce que j’ai sous les yeux pourrait facilement passer pour un corps sans vie et ce que ça fait naitre chez moi va au-delà de ce que à quoi je m’attendais.
De la haine, à l’état brute. Une espèce de violence venue de je ne sais où qui me fait serrer les poings et oublier tout ce qui se passe dans cette pièce, toutes les autres personnes présentes. J’aimerai prendre ça avec soulagement, lui dire qu’il nous fait chier et que deux comas en trois ou quatre ans c’était déjà bien assez, que c’est pas la peine d’en faire un troisième parce que son cerveau est déjà bien assez attaqué comme ça en m’attendant à ce qu’il esquisse un sourire en coin sans ouvrir les yeux pour me balancer un truc bien à lui, qui nous filerait le smile à tous et détendrait cette atmosphère étouffante. Mais rien, juste ce putain de bip à la con qui indique que oui, son cœur bat. Faiblement, mais il bat. On est où putain ? Dans un foutu hôpital ? Je crois entendre Leiv expliquer deux ou trois trucs, parler d’hypothermie, de déshydratation, d’inanition mais pas de blessures internes apparemment, juste des traces de lésions effacées par une transformation assez récente. Son corps qui réagit bien aux soins, qui se réchauffe lentement mais sûrement malgré le peu de force qui lui reste. J’imagine que c’est une bonne nouvelle mais non j’arrive pas à me sentir rassuré, soulagé.

Comment on en arrive à ça ? Comment on peut ne serait-ce qu’effleurer l’idée de faire subir ça à un gosse ? J’ai pas tout le fin mot de l’histoire mais j’ai bien compris que c’était moche et qu’il s’était pas fait ça tout seul. Et si cette fois c’était la fois de trop ? Peut-être qu’il est costaud, peut-être qu’il a une putain de bonne étoile et une dose de chance incroyable, mais c’est pas un surhomme pour autant et là, ça commence à faire beaucoup. T’étais quoi dans tes vies antérieures mon pote ? Un putain de dictateur ? En cette seconde je donnerais n’importe quoi pour avoir le ou les coupables entre les mains, pour régler ça à coup de pied dans la mâchoire, en plein ventre, jusqu’à leur faire exploser la rate et les laisser dans l’agonie comme ils l’ont fait avec lui. Je me pose sérieusement la question, même si son corps s’en remet et le médecin dans la pièce à l’air confiant là-dessus, comment il va se sortir de ça psychologiquement ? Pourtant va falloir que tu t’accroches, t’as pas le choix. Va falloir que tu nous reviennes, encore, entier et pas seulement physiquement parce que t’as la vie devant toi et tu vas la vivre exactement comme t’avais prévu de le faire avant toute cette merde. T’entends ?

Quand je vois ses doigts bouger de manière infime et ses paupières qui s’agitent sans pour autant s’ouvrir, je redescends un peu, irais presque jusqu’à sourire d’autodérision d’avoir effleuré une seconde l’idée qu’il puisse être en train de lire dans mes pensées.
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Dim 16 Sep 2018 - 15:40

Don’t give up, I won’t give up
Cameron & Will

C’est à peine si j’entends les murmures de Cameron et d’Ismaelle, ceux qu’ils m’adressent d’un ton rassurant, chaleureux. Mon esprit flanche, mes jambes avec, épuisé de flirter avec le désespoir, l’abattement et les cauchemars. La seule chose qui me maintient encore dans la conscience est cette étreinte chaude et rassurant que cette femme que je ne connaissais pas autant quelques mois plus tôt me procure. Sa main dans mon dos, comme une caresse, quelque chose qui me remonte en haut, me donne une fébrile stabilité.
Ses deux paumes chaudes se posent de part et d’autre de mon visage pour capter mon regard, y trouvant les dernières forces qu’il me faut pour ne pas m’écrouler de tout mon long sur l’herbe fraiche.

- Il est en sécurité maintenant.

Mon cerveau a du mal à encaisser la réalité, ce miracle qui nous tombe dessus de nulle part après plusieurs jours passer dans l’ombre des doutes, au cœur des cauchemars qui ont fini par me pousser vers l’inévitable déduction que je ne le reverrais jamais. C’est brutal, presque impossible à encaisser pour l’instant. Pourtant, je la suis lorsqu’elle me demande de venir avec elle, me tenant par la main et j’ai l’air certainement l’air d’un gamin de dix ans, complètement paumé. Je capte quedal à ce qu’il se passe, aux personnes qui se trouvent dans le salon, à Cameron qui me suit pourtant de près. J’ai l’impression que le temps ralenti et prend consistance pour s’épaissir et s’étendre dans l’espace, rendant la progression beaucoup plus longue qu’elle ne devrait l’être.
J’ai la peur au ventre de ce que je pourrais découvrir et ça arrive bien plus vite que je n’aurai pu l’imaginer.
Je marque un mouvement de recul, mon souffle se coupe et tout se remet à tourner là-dedans.

Un garçon est là, sous des draps propres, logé dans des fringues bien trop grandes pour lui. Et à première vue, malgré Leiv qui s’applique à vérifier des constantes, il a tout l’air d’être mort. Pâle, joues creuses, allongé sur le dos alors qu’une perfusion lui trou la peau, ma première pensée est qu’ils m’ont menti. Deux fois.
Ca n’est pas Enzo .Et si c’était lui, il m’a l’air plus mort que vivant.
Je suis planté là, yeux ouverts sur une réalité qui me brise en deux, la douleur si violente qu’elle pourrait me courber si le choc n’était pas si violent, si assourdissant. Le tatouage qu’il porte au bras suffit à me faire comprendre que c’est bel et bien mon petit ami qui est là, allongé entre ces draps, la respiration à peine perceptible. Si je ne m’attendais pas à entendre un jour qu’il était vivant, je ne m’attendais pas non plus à la violence de cette image qui me pousse à imaginer les pires scénarios de torture au monde.

Le bip de ses constances devient assourdissant, insupportable, tout comme cette image, cette ambiance, cette situation. Ca ne peut pas être lui, là, dans ce lit, au bord de la mort. Je n’entends pas Leiv qui nous parle, qui nous explique certainement les détails de son état que je n’arrive pas à assimiler, figé dans cette vision d’horreur pure.
Je chiale comme une merde depuis je ne sais combien de temps, tremble comme une feuille, mes jambes flageolent de nouveau. Et surtout, mon estomac se soulève brusquement alors que je porte une de mes mains à ma bouche.
Qui a pu le rendre dans cet état ? Pourquoi ? Je ne sais pas si je veux connaitre les détails, car déjà la haine s’insinue, se glisse. Brûlante et douloureuse. Comment a-t-il pu arriver à cet état de cadavre décharné ? Comment a-t-on pu le pousser à ce point pour qu’il ne soit que l’ombre d’un corps ? Mes larmes redoublent et je ne peux pas supporter plus longtemps cette vision d’horreur inhumaine, je suis incapable de me prendre tout ça en pleine gueule. Encore moins alors que je le croyais mort, que je pensais devoir réapprendre à vivre une vie sans sa présence. C’est trop pour mon esprit fracassé et sans vraiment prendre conscience, je sors de la pièce en titubant, me cognant contre les murs, manquant de chuter dans les escaliers. Je crois voir une tête blonde ou brune, j’en sais rien, j’en ai rien à foutre, j’veux juste prendre l’air cinq minutes. Seulement cinq minutes.
L’air frais me fouette le visage, me donne une énorme claque dans la gueule mais pas suffisamment pour calmer ce qui se trame chez moi. Je fais quelques mètres avant de m’appuyer sur la barrière et de vomir tout ce que je n’ai pas. Une bile acide s’écrase sur l’herbe alors que je continue de chialer, moi qui pensait ne plus pouvoir. Je ne sais pas si c’est du soulagement ou de l’horreur mais tout ce que je sais, c’est que j’ai besoin de partir, de respirer, de retrouver un point d’ancrage. J’ai besoin de gueuler, de chialer encore, de laisser partir tout ce qui me rend fou depuis trop de temps.
Mon esprit subit un black out, incapable de me souvenir de comment j’ai fait pour fuir cet endroit de malheur où Enzo est en vie, fracassé, violenté, moi qui croyait avoir perdu mon amour. Incapable de me souvenir de ce que j’ai fait tout court, du temps qui s’est écoulé, incapable de ressentir quoi que ce soit d’autre que cette implosion qui se répand dans les bras de Macy et de Maxime qui m’entourent, en silence. Une impression de déjà-vu collée aux murs.

▬ FIN POUR MOI ▬



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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   Lun 1 Oct 2018 - 12:07

Un jour de plus, peut-être une heure de plus, et il serait mort. J’ai vu ce gosse jongler avec la mort tellement de fois que j’ai fini par m’imaginer qu’il y échapperait toujours et pourtant, à le voir là, comme ça, c’est difficile d’imaginer qu’il puisse se réveiller un jour. Plus mort que vivant, physiquement, alors j’ose à peine imaginer ce qui se passe du côté psychologique.
Perdu dans mon observation silencieuse et mes propres pensées j’en oublie tout le reste, j’en oublie les autres. J’en oublie celui que je suis allé chercher jusqu’à l’autre bout de la planète.

« William … »

C’est la voix d’Ismaelle qui me ramène sur terre, me fait quitter cette bulle dans laquelle je me suis enfermé avec Enzo ces dernières secondes. Sur son visage c’est de l’inquiétude que je lis, quand je me retourne complètement je comprends pourquoi. Il est là, presque aussi pâle que l’Australien, tremblant, le regard totalement perdu, affolé, et déjà il recule pour sortir de la pièce.
En temps normal je me serais précipité vers lui, je l’aurais soutenu pour ne pas qu’il se cogne contre les murs de cette façon, je l’aurais accompagné pour ne pas qu’il risque de s’écrouler dans les escaliers et faire une mauvaise chute … Mais rien. Je le regarde faire sans bouger, jusqu’à ce qu’il disparaisse de mon champ de vision. Un mouvement attire mon attention, c’est Ismaelle qui elle se précipite en dehors de la chambre. Pour le rattraper ? J’en sais rien. Sûrement. Pour l’aider, en tout cas, de ça je suis certain. Une autre chose dont je suis certain c’est que je ne suis pas capable de décrocher de mes ressentis pour m’occuper de ceux des autres et même si je ne reste pas insensible à la réaction de mon compatriote et ami, je ne peux pas sortir de cette pièce. J’en suis incapable. L’espace d’un instant je me sens vide émotionnellement, les yeux rivés vers la porte par laquelle il a disparu, sans me demander ce qui se passe exactement dans sa tête.

Je comprends juste que c’est trop pour lui.

« Qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’il a exactement ? »

Et mon attention se concentre sur Leiv, resté dans la pièce avec moi. L’air grave, bras croisés sur le torse, concentré, je lui pose toutes les questions qui me passent par la tête – y compris celles auxquelles il a déjà répondu – en le regardant droit dans les yeux. Cet homme m’a sorti d’un sale moment il y a quelques mois de ça, je ne peux pas dire que je le connaisse très bien mais je sais qu’il me dira les choses telles qu’elles sont.

« Est-ce qu’il va s’en sortir ? »

Mais l’endormi ne semble pas vouloir que cette discussion parvienne à son terme.

J’avais perçu quelques mouvements, c’est vrai, mais j’étais loin d’imaginer le voir ouvrir les yeux aussi rapidement, réagir aussi rapidement surtout. C’est le bip qui s’emballe qui nous a alerté, quand j’ai tourné la tête vers Enzo c’est pour le voir jeter sa perfusion d’un geste vif après l’avoir arrachée en essayant de se défaire des draps … comme un animal sauvage pris au piège qui essaierait de s’échapper.
Ce genre de vision, quand il s’agit d’un proche, ça vous brise le cœur. C’est pas un gosse plein de vie que j’ai sous les yeux en cet instant mais un être qui a peur, qui est terrorisé. Il ne nous reconnait pas, ça se voit dans son regard, un regard complètement affolé. Il ne sait pas où il est, il ne sait pas comment il a fait pour atterrir là, je peux imaginer ce qu’il ressent, les questions qu’il se pose … S’il est encore là, parmi nous. Physiquement oui, je reconnais ce corps meurtris, mais à l’intérieur ? Est-ce qu’il est encore là ?
Je ne sais pas vraiment comment on en est arrivé à ça, lui endormi à nouveau, sous calmant, la perfusion de nouveau dans le bras et ma main dans ses cheveux alors que je suis assis sur le lit à ses côtés. A mon tour je commence à avoir besoin d’air alors après l’avoir embrassé sur le front, lui avoir soufflé de s’accrocher et revenir mais de prendre le temps dont il a besoin, j’échange un regard entendu avec Jill qui est remontée il y a un temps que je ne saurais déterminer. Je sors finalement de la pièce.

J’ai l’impression que chaque pas est d’un automatisme, d’une lenteur interminable. J’avance comme un zombie sans trop savoir où je vais. Will n’est plus là, Ismaelle est sans doute quelque part dans la maison avec Leiv. Tout est calme, silencieux, immobile. Arrivé en bas de l’escalier je m’arrête, une main sur la rambarde, ne sachant pas trop quoi faire de moi. Jusqu’à ce que Margo entre dans mon champ de vision. Sans un mot je me dirige vers elle, trouve le réconfort de ses bras dans lesquels je me laisse aller. Deuxième fois de la journée que je verse des larmes, celles-ci je ne cherche pas à les retenir. J’en ai besoin, j’ai besoin qu’elles sortent peu importe ce qu’elles signifient.

▬ FINI ▬
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MessageSujet: Re: Don’t give up, I won’t give up ▬ William   

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