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 Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas

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MessageSujet: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Lun 4 Juin 2018 - 22:25

Some days I close my eyes and fade away
Lukas & Enzo


■ Lundi 28 Septembre 2015 ■

Domicile de Leiv & Ismaelle – Norvège – Avant la levée du jour

Je ne comprends pas ce que je fais dans les bois. C’est la nuit, je ne le vois pas mais je peux le sentir, le percevoir. Devant mes yeux un voile opaque, je marche les deux bras tendus devant moi, paumes ouvertes, pour éviter de me prendre un obstacle de plein fouet. Mes pas sont mal assurés, ils s’arrêtent quand je perçois une présence. Elle n’a pas d’odeur, j’entends juste son cœur qui bat et quelque chose à ses côté qui gronde et fait trembler ma cage thoracique. Elle parle mais je ne comprends pas ce qu’elle dit, je suis incapable de me souvenir de mon propre prénom mais cette voix, non, je ne l’ai pas oublié. Maman. Le voile se lève, elle est là devant moi, bras tendu, index pointé dans ma direction, un sourire plein de tendresse sur le visage. Je vacille, veux la rejoindre, ne prête pas la moindre attention à l’énorme bête sombre à ses côtés jusqu’à ce qu’elle lui donne l’ordre de fondre sur moi.

Un pas en arrière, la panique dans le regard, c’est trop tard.

« NON ! »

Bras devant le visage pour me protéger je me sens partir en arrière sous le poids de l’assaut. Tout est noir à nouveau, je me débats comme je peux, entravé par quelque chose, jusqu’à ce qu’une autre voix perce dans mon …

« Hey, hey, Enzo ! Enzo calme toi. »

… cauchemar.

« C’est moi, c’est Ismaelle. »

Juste un putain de cauchemar. Encore, un putain de cauchemar.

« Chut, tout va bien. Tu es en sécurité. »

Haletant, trempé de sueur, mort de peur, le cœur qui bat à cent à l’heure et les poumons en feu, emmêlé dans ce que je réalise être des draps, à moitié assis, je me découvre accroché à elle alors qu’elle passe sa main sur mon front et me tient fermement, me parle avec douceur.

« Là. Tout va bien. »

Les contours du présent, du réel, se dessinent. J’ouvre les yeux sur l’endroit où je me trouve, cette chambre faiblement éclairée par une chandelle qui lévite dans les airs. Et Lune, le poil hérissé, perchée sur une commode près de l’entrée. Le cœur d'Ismaelle qui bat trop rapidement derrière moi, contre moi. Sur le pas de la porte, silencieux mais attentif se tient Leiv.
Les secondes défilent, peut-être des minutes. Lentement, très lentement, la peur s’évapore emportée par la frustration, une certaine forme de honte, un peu de culpabilité et l’espérance de ne pas lui avoir fait de mal. Sur mes joues, dans mes yeux embués, des larmes silencieuses que je ne sens même pas. Les images s'estompent, deviennent floues, disparaissent. Un certain manque s'installe, comme un besoin oublié, sciemment mis de côté par autoprotection. C'est comme ça toutes les nuits ou presque.

Puis vient la colère. Sourde, lente, sinueuse telle un serpent, à la fois brûlante et glaciale. Colère qui ne me quittera pas de la journée à mesure que les effets de la Lune se fraieront un chemin en moi et amplifieront mes ressentis.

#

Domicile de Leiv & Ismaelle – Norvège – Dans la matinée

Ça ne fait qu'une semaine, laisse toi le temps. Je le sais mais aujourd'hui je n'y arrive pas et c'est complètement nerveux que je me tiens face à l'homme qui m'accueille sous son toit depuis 7 jours. C'était pas ça le plan à la base, ces deux là devraient être en voyage de noce ou en train de passer du temps avec Adrian.

« Je ne suis pas certain que ça soit une bonne idée Enzo. »
« S’il te plait. »

Ça fait quelques jours maintenant et les mots m’arrachent encore la gorge. Ils ne veulent pas sortir, je les force à le faire très rarement, n’en ressens pas l’envie la plus part du temps, mais aujourd’hui c’est différent. Leiv a prévu de se rendre à Londres pour refaire le plein de son cabinet je crois et je lui demande si je peux l’accompagner. Clairement, il n’a pas l’air emballé et je sais qu’Ismaelle réagira de la même manière. A raison, j'en ai conscience.

« Tu dois te reposer, tu le sais. »

Poings serrés, yeux fermés, mâchoires crispés, j’essaie de garder mon calme avec bien du mal je l’admets. J’en peux plus d’entendre ces mots alors que ça fait des jours que je me shoote à je ne sais pas trop quoi pour rester tranquille. Dormir, dormir, dormir … Dès que je ferme les yeux le cauchemar recommence. Parfois je regrette d'avoir retrouvé un semblant de conscience, c'était tellement plus simple de flotter dans le néant, pas vraiment présent, comme je l'étais les premiers jours.
Je peux plus rester là, dans cette vision paradisiaque, alors que dans ma tête tournent en permanence des idées noires. Une maison immense sur un décor de rêve, l’impression d’être en famille, tout ce dont j’ai toujours rêvé … Et pourtant il y a de la rage dans mes veines, énormément de frustration et de colère. Un peu de culpabilité, aussi.
Je peux pas, j’y arrive pas. Le moindre claquement de porte me fait sursauter, je déteste ce corps qui passe son temps à me dire merde alors que je commence tout juste à le ré-apprivoiser, qu'il se laisse à peine ré-apprivoiser. Il y a trois jours je tenais encore à peine sur mes jambes, je ne ressemble plus à rien, j'ai du mal à supporter qu'on me touche comme si ma peau ressentait ça comme une agression. Je veux me sortir de ça, me confronter au monde, aller trop vite comme d’habitude parce que dans ma tête les pensées défilent tellement rapidement que je n’arrive même pas à les identifier.

J'avais tout pour être heureux, le monde a porté de mains, des projets et des envies plein la tête.

« On ne sait toujours pas qui a … »
« Et alors quoi ? Tant mieux si ce salopard me voit debout. »

Glacials, tranchants comme une lame de rasoir, ces mots-là sortent sans difficulté et sans prévenir, mon regard braqué dans le sien. Et je m’en veux de décharger ça sur lui de cette façon mais je les pense, ces mots. J'ai failli crever, j'ai cru que j'allais finir seul dans ce trou, que mon agonie serait interminable à tel point que l'espace d'un instant j'ai été à deux doigts de lâcher prise. Mon corps et ma tête ont été saccagés, mon égo a servi de serpillère à une espèce de taré qui m’a humilié, encore une fois, et si je me retrouve face à cette personne un jour, qui qu’elle soit, je veux la faire souffrir comme elle m’a fait souffrir. Cet être m’a peut-être mis plus bas que terre mais si je peux lui montrer que je suis de nouveau debout, même si c'est foutrement bancale, alors oui, tant mieux.

« S’il te plait Leiv. J’en ai besoin. »

Je me radoucis un peu, presque suppliant sans pour autant plier l’échine alors que je tremble des pieds à la tête tant tout ça me demande encore des efforts. Je le sais, au fond de moi je le sais, je suis une bombe à retardement et mes idées ne sont sûrement pas très claires. Mes yeux plantés dans les siens, je ne cille pas. Ce soir c’est la Pleine Lune, je vois bien dans leurs prunelles à tous qu’ils flippent et j’en mène pas plus large. J’ai la trouille, je suis mort de trouille à l’idée de retrouver cette forme que j’ai côtoyé pendant trop longtemps, cette forme qu’on a souillé pendant des jours et des jours, cette forme qui m’a rapidement aspiré toute mon humanité.

Je l’avais totalement apprivoisé, on m’en a dépossédé et la perspective du face à face me fait trembler.

« Je suis désolé Enzo, un autre jour. Pas aujourd’hui. Et je pense qu’il est plus judicieux de commencer par plus sobre, le village près d’ici par exemple. »

Le coup part droit dans le mur, sans retenue, alors qu’il n’a même pas terminé sa phrase. La peau de mes jointures se déchire, face à moi Leiv garde un calme implacable. Ça boue, partout, dans ma tête, dans mes os qui me font mal, ma peau qui me tire, mes muscles qui se contractent, dans mon ventre qui est noué en permanence. Toute cette rage que je n’arrive pas à contenir, à calmer, que je n’essaie même pas de calmer. Que je n’arrive pas à digérer ni à expulser et qui me ronge du matin jusqu’au soir, du soir jusqu’au matin.
Le silence s'installe, mon cœur bat tellement vite que je n'entends même pas celui de l'homme qui se tient toujours là, droit, stoïque, pas insensible pour autant je le sais. Je suis clairement moins proches de lui que je ne le lui d'Ismaelle mais sa présence à lui aussi m'est essentielle, d'une grande aide. La pression redescend, un peu, mon rythme cardiaque se ralentit et l'adrénaline quitte mon organisme, me laisse planté là avec le poing défoncé et douloureux. Je n'identifie pas très bien cette impression mais j'ai le sentiment que d'une certaine façon ça m'a soulagé.

« Excuse-moi. »
« Viens, je vais te nettoyer ça. »

Je le suis sans discuter, le laisse faire sans essayer de me dégager, le remercie silencieusement et retourne « m'enfermer » dans la chambre que j'occupe depuis une semaine en attendant que le temps passe et qu'il soit l'heure. C'est la première fois depuis des mois, des années même, que ne suis pas heureux et impatient de retrouver Loup. Et ça me rend triste.

#

Chemin de Traverse ▬ Londres ▬ Début d'après-midi

Je le sais que je n’aurais pas dû faire ça, que c’est injuste et complètement stupide, mais je sais aussi que rien ni personne n’aurait pu m’arrêter. Ils m’ont fait confiance, ont tremblé pendant des semaines, m’aident chaque jour comme ils le peuvent, prennent soin de moi et je les trahis en récupérant ma baguette en douce, en disparaissant d’un claquement de Magie. Tout ça pour atterrir où ? Sur le Chemin de Traverse. Inconscience mêlée d’une envie brutale de revanche. Je n’espère secrètement qu’une chose : Que celui ou celle qui m’a rendu comme ça soit là, quelque part, qu’il m’observe. Qu’on se retrouve. Et qu’on en finisse. Je veux voir de la peur dans ses yeux, un sentiment d’impuissance, de la douleur et la compréhension que ça ne peut se terminer que d’une façon. Je le déteste de toutes mes forces de m’avoir amené à ressentir à nouveau ce genre de choses.

Même si je ne peux pas mettre de visage ni de voix sur cet être que je hais du plus profond de mes entrailles.

Ce que je n’avais pas anticipé, pas envisagé, ce sont mes sens qui s’agitent et ne savent plus où donner de la tête, encore fragiles et trop sollicités d’un coup. Brutalement. Cet endroit grouille de monde, de bruit, d’odeurs, de mouvement. Nerveux, j’avance les mains dans les poches, la capuche sur la tête, vouté mais le regard concentré sur tout ce que je croise.
Dans ma cage thoracique mon cœur s’emballe, je n’ai pas été en « compagnie » d’autant de monde depuis des semaines, le fait d’avoir perdu l’accès à mon humanité une bonne partie de ce temps m’a rendu à nouveau complètement sauvage. Pourtant j’essaie de me concentrer même si je ne vois pas vraiment tous ces visages autour de moi. Certains rient, d’autres pleurent, je patauge entre la peur et une agressivité qui se nourrit de chaque froissement de tissus, chaque collision, chaque contact que je peux avoir avec cette marée humaine qui m’étouffe. Les connexions sautent, un sifflement assourdissant agresse mes oreilles, ma vision se trouble et je perçois les battements de mon cœur pulser violemment le sang dans mes veines.
Je ne suis plus qu’une bête aux abois et lorsqu’une silhouette s’approche plus près que les autres, me suit, m’interpelle je crois, les connexions s’effacent finalement complètement pour laisser place à l’instinct, aux réflexes. Il n’aura suffi que de quelques pas plus rapides que les autres pour m’excentrer de l’artère principale et me retrouver dans une ruelle adjacente, un mouvement tellement rapide qui me fait tourner la tête et l’autre contre le mur, au bout de mon bras, mes doigts autour de sa gorge. Dans la mienne un grondement sourd, le regard sombre, celui d'un fauve échappé de sa cage, braqué dans le sien.

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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Sam 23 Juin 2018 - 20:29

J’étais tellement excité à l’idée de retourner sur le Chemin de traverse que j’avais eu de la difficulté à m’endormir le dimanche soir. Lorsque j’avais finalement retrouvé Morphée, je me fis réveiller par un sortilège qui, au lieu de jouer une douce mélodie, m’envoya plutôt un pichet d’eau froide en plein visage. Je m’étais éveillé en sursaut et dans la panique, ma tête avait brutalement heurté le contenant désormais vide qui était resté suspendu dans les airs. Je pris quelques secondes à me remettre de mes émotions avant de sauter en dehors de mon lit. Je jetai un bref coup d’œil à l’horloge avant de mettre les premiers vêtements qui me tombèrent sous la main (ou plutôt ceux qui était sur le plancher). Je sortis de ma chambre en trombes, croisant mon père au passage qui sortait de la salle de bain.

- Bon matin fiston ! Tu es debout tôt aujourd’hui… Je croyais que tu étais en congé.
- Salut pa ! Oui je le suis, mais j’ai des courses à faire ce matin ! Tu sais pour euh… Euh…

J’avais stoppé ma phrase aussitôt, ne sachant plus quoi dire.
La vérité c’était que je me rendais sur le Chemin de traverse afin de trouver le cadeau idéal pour l’anniversaire de mon père. Je voulais que ce soit une surprise totale. Je l’oubliais toutes les années et je voulais donc qu’il soit doublement surpris.

- Tu n’es pas obligé de te justifier Lukas. Si tu as envie d’aller magasiner, tu as le droit. Fais juste attention. Ne dépense pas tout l’argent que tu as reçu du boulot, d’accord ?
- Ne t’inquiète pas. Je reviens dans quelques heures ! À tout à l’heure !

J’offris un énorme sourire à mon paternel avant de prendre mon balai qui était resté près de la porte d’entrée. Je pourrais transplaner jusqu’à la maison de Suzy, mais je ne me faisais pas assez confiance. Parce que oui, Suzy venait avec moi. Suivant mon instinct, j’avais finalement décidé de l’invité au cinéma et notre sortie s’était déroulée à merveille. Elle n’avait jamais fréquenté ce genre d’endroit auparavant et elle s’était très bien amusée. Mon long discours sur le cinéma (que j’avais composé d’avance et pratiqué devant le miroir - aheum) l’avait vraiment étonné. Elle m’avait posé tout un tas de questions sur le sujet avec un appétit sans borne (tellement que j’avais fini par inventer des trucs parce que je m’y connaissais, mais jusqu’à un certain point…). Le Chemin de traverse était notre deuxième sortie officielle. J’y allais pour mon père et elle pour sa sœur qui avait besoin de nouveaux vêtements. Ça allait être une journée merveilleuse.

Nous transplanâmes de la maison de Suzy jusqu’au Chemin de traverse. Une fois le malaise passé, nous commençâmes à arpenter les différentes boutiques qui se présentaient à nous, à la recherche de nos perles rares respectives. Suzy glissa sa petite main dans ma (grande) paume et mes joues avaient aussitôt pris une teinte rosée. Je ne savais pas trop comment décrire notre relation puisque jusqu’à maintenant c’était le plus gros rapprochement qu’il y avait eu entre nous, mais je sentais qu’un truc se passait.

Nous avions fini par nous séparer. Suzy m’avait quitté devant une boutique de vêtements féminins en m’offrant un baiser sur la joue, me laissant seul sur le Chemin. Je n’avais toujours pas trouvé le cadeau idéal pour mon père et l’endroit devenait de plus en plus bondé en ce début d’après-midi. Pour être honnête, je commençais à perdre espoir sur ma trouvaille. J’avais déjà visité plusieurs magasins sans dénicher ce que je voulais vraiment. Je m’apprêtais à entrer dans une boutique de farces et attrapes lorsque mon regard fut attiré vers une personne en particulier.

Un énorme sourire se colla sur mon visage lorsque je reconnus Enzo se balader parmi la foule. Je l’appelai aussitôt en agitant mes deux longs bras dans les airs dans l’espoir qu’il se retourne. Je criai plus fort tout en poussant sans ménagement les gens qui me barraient la route. Quelques regards furieux furent jetés dans ma direction, mais je n’y prêtai aucune attention : j’étais concentré sur Enzo qui continuait de s’éloigner. Je marchai à grandes enjambées et bientôt, je vis la distance se raccourcir entre nous. Je n’arrêtai pas pour autant d’interpeler mon ancien camarade de classe qui ne se retournait toujours pas. Je ne perdais pas espoir.

Lorsque je le vis contourner un pâté de maisons pour se rendre dans une ruelle adjacente, je me mis à courir. Dès que je passai le dernier mur de briques, ma réalité bascula drastiquement. Je n’eus même pas le temps de me rendre compte de ce qu’il se passait que je me retrouvai placardé contre le mur avec une poigne de fer refermé autour de ma gorge. Un bruit d’étouffement s’échappa d’entre mes lèvres et mon regard se posa dans celui qui me fixait.

C’était Enzo, mais ce n’était pas Enzo.
Mon cœur s’emballa. Mes grandes mains crispées se refermèrent sur le bras qui me retenait prisonnier.

- Enzo… Tu me fais mal…

C’était la vérité. Je sentais mon oesophage s’écraser contre ses doigts et la douleur était atroce. Ma voix était faible, à peine perceptible. Mes yeux exprimaient de la panique tandis que toute force semblait avoir momentanément quitté mon corps. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. J’avais fait assez de bruit pour ne pas qu’il soit surpris, non ?

- Je ne voulais pas te surprendre…
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Mar 26 Juin 2018 - 17:43

J’ai l’air d’un prédateur, d’un taré sans doute un peu, mais la vérité c’est que j’ai peur. Ma réaction n’a été qu’une conséquence de la peur. La peur des autres. La peur de moi-même. Alors le fusible a sauté à nouveau, l’interrupteur a switché, les sensations que j’expérimente sont un joyeux bordel, un savant mélange de satisfaction, l’envie d’aller plus loin, et le sentiment qu’un truc ne va pas, que ça n’est pas bien. Quoi qu’il en soit la personne face à moi n’a pas de réel visage, pas de visage familier en tout cas.
Alors pourquoi est-ce que j’arrêterais ? Et si c’était lui ? Si j’avais au bout de mon bras celui qui m’a transformé en ce que je suis devenu ? Si c’était le responsable de mon état instable ? Celui que j’ai rêvé de tuer 1 000 fois, qui a saccagé mes repères, mon équilibre et les souvenirs auxquels je me raccrochais pour pallier l’absence de certaines personnes. Ma mère, pour ne citer qu’elle, celle que je vois dès que je ferme les yeux. Celle qui désormais n’est plus associée à des choses positives.

Je sens des mains s’accrocher à mon bras dans un geste défensif, presque de désespoir. Je perçois des battements de cœur de plus en plus rapide et l’odeur de la peur qui nourris mes perceptions, la violence qui circule à vive allure dans mes veines. Je peux sentir son sang pulser dans ses veines là sous mes doigts et sa respiration de plus en plus saccadée … C’est pas l’Animal qui déconne mais bel et bien l’Homme.

« Enzo… Tu me fais mal… »

Et alors ? Mais pourtant quelque chose se déclenche dans les rouages de mon esprit, comme un cliquetis, un message d’erreur peut-être. Sans réellement m’en rendre compte je desserre déjà mon emprise autour de cette gorge qui m’apparait de moins en moins étrangères sans pour autant devenir familière.

Pourtant je le sais au fond de moi, je le sens, je connais cette voix.

« Je ne voulais pas te surprendre… »

De la détresse, aussi bien physique que psychologique, et lentement mais sûrement les lumières s’allument à nouveau. J’ai le réel sentiment d’ouvrir les yeux, de retrouver la vue, mes esprits aussi et la conscience de moi-même, de ce qui m’entoure. De ce que j’ai devant moi. De celui que j’ai devant moi.

« Lukas ? »

Un simple prénom, deux syllabes, et pourtant ça sort difficilement. Je recule d’un pas, puis d’un deuxième, mon bras retombant lourdement le long de mon flanc alors que je le dévisage et que la gravité de mon geste s’impose à moi.

« Excuse-moi, j’suis vraiment désolé. Je … »

Blocage. Je ravale ma salive avec la sensation d’étouffer et recule encore d’un pas avant de rencontrer le mur derrière moi. Ce contact que je n’avais pas anticipé me fait sursauter, légèrement tourner le regard vers l’arrière avant de m’écarter des briques pour m’en détacher et reconcentrer mon attention sur mon ancien camarade de classe que j’ai mis trop de temps à reconnaitre. Les marques qu’il porte autour du cou en attestent, je tremble des pieds à la tête pour tout un tas de raisons.

« J’voulais pas te faire de mal. »

Et c’est sincère, réellement et profondément sincère. L'espace d'un instant j'ai voulu faire mal, oui, mais pas à lui en tant que personne. Je culpabilise, pourtant mon regard aussi paumé et désolé qu’il soit recommence à aller et venir entre lui et tout ce qui peut bien se passer autour de nous. Je dois avoir l’air d’un fugitif, peut-être d’un type qui n’a ni mangé ni réellement dormi depuis des jours, qui manque cruellement de repères et tient à peine sur ses jambes. Si j’ai trouvé la force de m’en prendre à lui de cette façon c’est uniquement « grâce » à l’adrénaline et maintenant qu’elle me quitte lentement j’ai le sentiment que je pourrais m’écrouler sur le sol. Pourtant l’instinct de survie et de préservation me maintient debout et continuera à le faire.
Ces derniers jours j’avais commencé à reprendre un peu mes esprits, j’essaie de puiser là-dedans pour avoir des réflexes normaux, chercher le comportement qu’un type normal devrait avoir. Je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit, je crois que c’est simplement l’énergie du désespoir qui me pousse à chercher et adopter des réactions basiques.

« Tu vas bien ? Qu’est c’que tu fais de beau ici ? »

C’est bidon, tout comme j’essaie de sourire mais c’est comme si je ne savais plus comment faire. J’ai pas parlé à qui que ce soit d’autre que Leiv ou Ismaelle depuis des semaines. Au départ parce que j’en étais dans l’incapacité physique tout simplement puisque coincé sous ma forme animale, ensuite parce que je n’ai réellement vu personne d’autre depuis que je suis redevenu humain. Je sais que certains sont passés parce que j’ai reconnu leur odeur dans la chambre où j’ai passé les premiers jours plongés dans le sommeil et la léthargie, aussi parce que j’ai croisé certains regards ou qu'on m'a laissé un objet, un mot. Jusqu'ici tout ça me semblait tellement abstrait.
Je n’ai pas cherché à ce que ça soit différent. Maintenant que je me retrouve là, face à un ancien camarade de classe qui me rappelle à quel point la normalité n’est pas cette espèce de sphère invisible dans laquelle j’évolue depuis un temps dont j’ai perdu la notion, je commence à prendre réellement conscience de certaines choses, notamment du fait que deux des personnes les plus importantes dans mon quotidien manquent à l’appel.
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Ven 29 Juin 2018 - 1:09

Malaise. Confusion. Douleur. Je me sentais envahi par tellement de sentiments à la fois que j’en avais presque mal à la tête même si la première souffrance se trouvait entre les doigts de mon ancien camarade de classe. La personne que j’avais devant moi n’était pas celle que je croyais être et je m’en étais rapidement rendu compte lorsque nos regards s’étaient croisés. Ses yeux semblaient être voilés comme s’il ne parvenait pas à me voir réellement. C’était très étrange et très angoissant comme situation. Je savais que ce n’était pas une très bonne idée de surprendre quelqu’un et encore moins d’imposer sa présence lorsque l’autre ne désirait pas nous voir. Enzo avait toujours été un peu… Sauvage ? Mais pas à ce point-là quand même. J’aurais sans doute pu tenter de me défaire de son emprise, mais je n’y parvenais pas. Tous mes réflexes étaient devenus inexistants et la seule chose que je trouvai à faire c’était de lui dire qu’il me faisait mal et que jamais je n’avais eu l’intention de le surprendre. Stupide sans doute, mais c’était tout moi. Incapable de me défendre devant une situation comme celle-ci. Si j’avais pu, j’aurais sans doute rebroussé chemin ou j’aurais essayé de me cacher. Sauf que là il n’y avait nulle part où aller. Tant et aussi longtemps qu’il décidait de me retenir prisonnier, j’étais à sa merci.

J’eus l’impression que quelque chose réanima son regard. Puis, il se mit enfin à parler.

« Lukas ? »

J’hochai vigourement la tête dans la mesure du possible. Il recula de deux pas avant de me libérer complètement. Je commençai aussitôt à tousser par réflexe avant de porter l’une de mes (grandes) mains autour de mon cou afin de le masser en surface. Bien que mon œsophage était désormais libre, il continuait de me faire un mal de chien. En réalité, la gorge au complet me faisait atrocement mal, bien que cette altercation n’est pas durée longtemps.

« Excuse-moi, j’suis vraiment désolé. Je … »

Je reportai mon attention sur Enzo qui semblait réellement mal à l’aise. Il semblait être revenu à lui-même. Malgré le fait que j’étais en mesure de comprendre que c’était lui et pas un autre, une partie de moi restait tout de même terrorisée. C’est pourquoi je collai mon corps encore plus contre le mur comme si j’avais peur qu’il m’attaque une fois de plus. Je ne trouvais absolument rien à dire. Même pas un truc genre « ah c’est bon, j’accepte tes excuses ». L’autre partie de moi voulait comprendre ce qu’il venait de se passer et surtout pourquoi. Nous nous étions quittés en bons termes lors de son anniversaire, non ? Peut-être était-ce parce que je ne lui avais pas apporté de présent ?

« Tu vas bien ? Qu’est c’que tu fais de beau ici ? »

Je fronçai les sourcils l’espace d’une seconde.

- Si je vais bien ?!

Ma voix était étrange. Un peu cassé comme si j’étais dans une grosse grippe d’homme lorsque la maladie est à son apogée. La partie terrifiée voulait absolument que ma bouche se taise, mais l’autre était désormais furax. Je ne voulais pas qu’il m’attaque une fois de plus, mais je ne voulais pas non plus qu’il fasse comme si de rien n’était.

- Qu’est-ce qui t’arrive au juste…? Tu es fâché parce que je ne t’ai pas acheté de cadeau à ton anniversaire ? Je croyais que c’était bon… Si tu voulais absolument un truc, il suffisait de demander, inutile de me sauter à la gorge comme ça…

Aussitôt que la dernière phrase eut finir de franchir le seuil de mes lèvres, je lâchai ma gorge afin de pouvoir lever mes deux paumes dans les airs en signe de totale soumission.

- Mais euh… Ne te fâche pas s’il te plaît je euh… Je veux juste comprendre pourquoi tu as fait ça… Je croyais que tu m’avais entendu, je t’ai appelé plusieurs fois déjà… J’ai pas fait exprès je te le jure !

Je ne savais plus où me mettre. Je voulais que mon corps se fonde dans le mur de briques, mais c’était malheureusement impossible.
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Ven 29 Juin 2018 - 17:58

« Si je vais bien ?! »

Je sais que je ne peux pas lui en vouloir d’avoir ce type de réaction et dans le fond c’est pas le cas, mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir agressé, de me poster sur la défensive. Il a tous les droits d’être en colère avec ce que je viens de lui faire, pas pour autant que je vais le remercier de me braquer. Et au-delà de ça, l’odeur de sa peur commence à me faire tourner la tête.

« Qu’est-ce qui t’arrive au juste…? Tu es fâché parce que je ne t’ai pas acheté de cadeau à ton anniversaire ? Je croyais que c’était bon… Si tu voulais absolument un truc, il suffisait de demander, inutile de me sauter à la gorge comme ça… »

Voilà comment je me retrouve à me faire enchainer dans une ruelle, un peu secoué je dois bien le dire, pas trop certain de comprendre de quoi il parle parce que les cases ont encore du mal à se remettre en place dans ma tête. Je me sentirais presque comme un gamin qui se fait engueuler et sans trop savoir pourquoi j’ai l’impression … Pas que ça me fait du bien, mais presque. Parce que c’est un truc normal, parce qu’il ne me regarde pas comme s’il avait l’impression que j’allais me casser en deux à tout moment. Y a pas de pitié à mon égard dans ses yeux, juste des émotions complètement adaptée à la situation. Je constate aussi qu’il a pas l’air plus choqué que ça par mon allure, mes traits tirés et mes kilos en moins. Pas très surprenant quand je cache tout ça sous mes fringues mais autant le dire, j’ai dû décaler les crans de ma ceinture. Malgré tout ça je constate que la totalité de mon caractère n’est pas mort, que la Pleine Lune agit peut-être un peu aussi, mais j’aime pas vraiment le ton qu’il emploi pour me parler. J’ai déconné, je sais, ça va.

« Je t’ai dit que j’étais désolé. »

C'est un peu froid, le regard sans doute pas beaucoup plus avenant, je réalise que « grâce » à cette conversation j’oublie un peu tout le reste, y compris la panique qui m’a poussé à prendre la fuite, complètement submergé par les émotions et la marée humaine. Les battements de mon cœur se calment un peu, je deviens moins à vif, moins à cran peut-être.
Je ne sursaute même pas quand il plante ces deux paumes devant moi, se rappelant visiblement qui il a en face de lui. Je suis un mec posé, enfin je l’étais, plus vraiment du genre à m’énerver pour rien ou à cogner le premier qui me prend la tête. Si mon cerveau débloque pas trop je crois me souvenir que malgré quelques incidents les rapports étaient plutôt bons entre nous deux, tranquilles. Seulement je ne suis pas du genre à me laisser marcher dessus non plus, en temps normal, et surtout avec la démonstration que je viens de lui faire je suppose qu’il se souvient que je peux aussi être instable et pas toujours de très bonne humeur. Je ré apprivoise mes sens avec lui, analyse plus ou moins consciemment l’état dans lequel il se trouve. Le malaise, toujours un peu de peur, je crois qu’il ne sait pas sur quel pied danser.

« Mais euh… Ne te fâche pas s’il te plaît je euh… Je veux juste comprendre pourquoi tu as fait ça… Je croyais que tu m’avais entendu, je t’ai appelé plusieurs fois déjà… J’ai pas fait exprès je te le jure ! »
« Je sais que t’as pas fait exprès, t’as aucun tort, tout est de ma faute. »

C’est toujours un peu compliqué de faire des phrases, en partie parce que j’ai simplement pas trop envie de communiquer et je dois clairement manquer d’enthousiasme en m’exprimant c’est certain. Paradoxalement je sens que ça me fait du bien, malgré tout. Ça me calme.

« C’est la Pleine Lune ce soir, j’suis un peu … beaucoup, nerveux. J’aurais pas dû sortir me balader c’est tout. »

Ça n’a rien d’un mensonge, je reste simplement très vague. Il mérite des explications, oui, mais il n’aura pas plus.
Et puis sans vraiment chercher à me brider, je me laisse aller à repousser les limites de mes sens. J’en ai été privé pendant ce qui m’a semblé une éternité, c’est comme réapprendre, les apprivoiser à nouveau. Son odeur, je la connais, elle est dans ma mémoire olfactive et j’ai simplement à raviver le souvenir. En revanche j’en perçois une autre, plus lointaine mais bien présente, inconnue, plus douce et moins musquée.

« Elle appartient à qui cette odeur sucrée et typiquement féminine sur toi ? »

Je ne cherche pas à savoir si j’ai l’air d’un cinglé, d’autant que je ne me suis pas approché de lui. D’un point de vue code sociaux je sais que ça ne se fait pas vraiment mais je suis détaché de ça. Je crois que j’ai peut-être l’air un peu ailleurs, peut-être que les potions que je bois tous les jours me font planer allez savoir. Ou alors j’ai définitivement le cerveau complètement cramé, fin de l’histoire.
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Jeu 5 Juil 2018 - 1:18

Je ne savais pas si je devais être fâché ou pas. Une partie de moi me disait que j’avais toutes les raisons du monde d’être outré par ce qu’il venait de se passer. Elle avait probablement raison. La colère était sans aucun doute une réaction tout à fait naturelle. Je ne savais pas si je devais avoir peur. Je connaissais Enzo depuis un petit moment déjà et je savais qu’il pouvait parfois être un peu impulsif, mais j’ignorais qu’il était capable de péter un câble comme ça. Il m’avait l’air un peu bizarre. Depuis la dernière fois que je l’avais vu à son anniversaire, il semblait avoir changé. Ce n’était que maintenant que je me rendais compte qu’il avait maigri et que son teint était curieusement pâle, sans parler des cernes bleutés qui s’étaient dessinés en dessous de ses yeux. Que s’était-il passé dans sa vie depuis que nous nous étions vus la dernière fois ? Je savais qu’il n’était pas retourné à Poudlard puisque je ne l’avais jamais croisé les quelques jours que j’avais été sur place, mais peut-être qu’un malheur s’était abattu sur lui entre temps. Comment pourrais-je le savoir ? Je n’étais pas vraiment proche d’Enzo et encore moins proche de son frère.

J’étais réellement mitigé. Enzo s’était calmé et il s’était excusé pour la seconde fois, mais de mon côté je ne savais plus sur quel pied danser. J’essayai seulement de comprendre ce qu’il s’était passé. J’avais sûrement raison de vouloir le savoir, non ?

« Je sais que t’as pas fait exprès, t’as aucun tort, tout est de ma faute. »

Au moins c’était clair pour ça. Il n’était pas fâché à cause de l’absence de présent. Je me détendis un peu et je me posai simplement contre le mur de briques. Je commençai à me calmer peu à peu. Il ne semblait pas vouloir me sauter de nouveau à la gorge, ce qui était une bonne nouvelle. Une partie de moi était certaine qu’il ne recommencerait pas. Je pouvais à nouveau me détendre même si ma gorge continuait à me brûler.

« C’est la Pleine Lune ce soir, j’suis un peu … beaucoup, nerveux. J’aurais pas dû sortir me balader c’est tout. »

Ceci expliquait peut-être cela. Pourtant il ne m’avait jamais paru aussi sauvage avant une pleine lune lorsque nous étions à l’école… Il était souvent absent le lendemain de la transformation ce qui était normal, mais avant… Peut-être avait-il simplement bien caché son jeu durant toutes ces années. Je le regardai d’un air un peu suspicieux comme si j’étais à la recherche d’une réponse supplémentaire. Connaissant Enzo il n’allait probablement pas dire autre chose.

« Elle appartient à qui cette odeur sucrée et typiquement féminine sur toi ? »

Alors là il me prit totalement au dépourvu. Mes yeux devinrent ronds et mes joues s’empourprèrent légèrement. Le Lukas à la recherche de réponse n’était plus. Si c’était une diversion pour fuir le sujet une fois de plus, il s’en sortait à merveille.

- Euh… Une collègue à moi… Elle est venue ici avec moi, mais on s’est séparé pour faire les boutiques. J’essaie de trouver un cadeau pour l’anniversaire de mon père et elle un truc pour sa sœur.

Je levai une fois de plus mes paumes ouvertes devant lui, mais ce n’était pas pour la même raison.

- Comme tu peux voir, je n’ai absolument rien trouvé jusqu’à maintenant même si ça fait un petit moment qu’on est ici… Disons que je ne suis pas habitué d’acheter un truc pour mon paternel, mais je veux vraiment lui faire plaisir cette année.

J’haussai les épaules avant de faire tomber mes bras dans le vide, les replaçant le long de mon (long) corps.

- Et toi pourquoi tu es ici ? Tu es venu te chercher un peu de médecine… ?

Je me ravisai aussitôt, offrant un regard inquiet à mon interlocuteur.

- Non, mais c’est juste que… enfin tu as vraiment l’air d’avoir passé de sales moments… Tu as vraiment maigri… Est-ce que tu as choppé un truc ?
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Lun 9 Juil 2018 - 12:12

Une simple question, un peu incongrue j’en conviens, et c’est tout son organisme qui réagit au quart de tour. Je ne regarde pas vraiment les expressions qui traversent son visage, le regard un peu perdu dans le vide, mais je peux deviner, imaginer, certaines réactions : Les joues qui rosissent, les yeux qui s’écarquillent de surprise, par exemple.

« Euh… Une collègue à moi… Elle est venue ici avec moi, mais on s’est séparé pour faire les boutiques. J’essaie de trouver un cadeau pour l’anniversaire de mon père et elle un truc pour sa sœur. »

Mensonge. Enfin, je crois. C’est peut-être la vérité mais il y a autre chose et ça le corps ne peut pas le cacher. Je le sens, je le perçois, dans les battements de son cœur qui accélèrent et tout ce qu’il dégage. Les émotions ont des odeurs, là encore je me refamiliarise avec et utilise clairement Lukas comme cobaye. Consciemment ou pas, ça m’évite de me concentrer sur moi pendant ce temps-là. Il n’y a encore pas si longtemps je l’aurais taquiné, aujourd’hui je me focalise seulement sur l’analyse de ses réactions et l’efficacité de mes sens. J’ai mis du temps à les apprivoiser eux aussi, le fait d’en avoir été privé pendant tout ce temps a peut-être enrayé la machine alors quelque part je suppose que j’essaie de m’assurer que ça n’est pas le cas.

« Comme tu peux voir, je n’ai absolument rien trouvé jusqu’à maintenant même si ça fait un petit moment qu’on est ici… Disons que je ne suis pas habitué d’acheter un truc pour mon paternel, mais je veux vraiment lui faire plaisir cette année. »

Reconnexion. Les mots retrouvent leur importance, plus ou moins, et ça me prend quelques secondes pour comprendre de quoi il parle. Son père … L’anniversaire de son père. Est-ce que je me souviens encore de la date de celui du mien, de père ? Je me souviens en tout cas que ça fait trois ans bien tassé maintenant que je n’ai pas pu lui offrir de cadeau pour l’occasion … Le 5 juin. C’est ça, le 5 juin. Le 3 mai pour Maman et le 13 mars pour Derek. Le 18 janvier pour moi.
Et parce que je reconnecte aussi avec les codes sociaux, je m’apprête à lui demander plus d’info sur les passions de son père, ce genre de trucs qui peuvent être des indices pour trouver un cadeau parce qu’à nos âges je suis pas certain que le dessin ou le collier de nouilles ça passe encore … Même si je suis presque sûr que ça ferait toujours plaisir à des parents, finalement.

Peu importe, parce qu’il me coupe l’herbe sous le pied de toute façon.

« Et toi pourquoi tu es ici ? Tu es venu te chercher un peu de médecine… ? »

Je ne suis pas certain de comprendre, en réalité je ne comprends pas pourquoi cette question ni son regard un peu inquiet. Je me connais, tôt ou tard cette lenteur a réagir finira par me rendre dingue et me fera péter les plombs mais pour le moment j’ai juste l’impression d’être complètement défoncé. Il y a pas cinq minutes j’étais une bombe à retardement, à présent qu’elle a été désamorcé je m’enfonce de plus en plus dans une sorte de léthargie que je ne contrôle pas et qui a, je crois, une espèce d’aura rassurante. J’imagine pourtant que trouver un juste milieu ça serait pas mal.

« Non, mais c’est juste que… enfin tu as vraiment l’air d’avoir passé de sales moments… Tu as vraiment maigri… Est-ce que tu as choppé un truc ? »

Flash. Ça arrive comme ça, sans prévenir, un peu comme les cauchemars. Juste quelques mots, c’est suffisant pour faire remonter les angoisses. J’essaie de les juguler comme je peux, parce qu’il le faut, parce que je suis libre à présent et que la personne qui m’a fait subir ça m’a abandonné à mon sort, me pense peut-être mort à l’heure actuelle. Alors je suis en sécurité, non ?

« Non j’ai … »

Mais à quoi bon mentir, chercher à masquer la vérité, prétendre que tout va bien alors que c’est écrit en gros sur mon visage et partout sur mon corps que ça n’est pas le cas ? Lukas est peut-être un peu perché mais il n’est pas idiot pour autant.
J’ai le sentiment que mon cœur va éclater et l’impression d’étouffer à nouveau mais me concentre, essaie de me focaliser sur ma respiration pour la calmer, pour me calmer. Bancale, pas très stable sur mes jambes, le regard de nouveau fuyant et l’attitude d’une bête prise en chasse, je me bats pour retrouver un peu d’aplomb.

Par instinct de survie plus que par fierté.

« Je … Oui, j’ai eu des problèmes récemment mais c’est pas pour ça que je suis là. Je … »

Tu quoi ? Vas-y, dis-lui que tu pètes un plomb et qu’on t’a complètement bousillé le cerveau, que tu t’es enfuies de l’endroit où t’es sans doute le plus en sécurité au monde pour venir te confronter à un mirage, que y a plus rien qui tourne rond dans ta tête et qu’à ce rythme tu vas finir par te foutre en l’air, t’en prendre à quelqu’un de manière irréparable ou te laisser crever de faim.

« Je cherche un truc pour mon frère. »

C’est faux, et on peut difficilement faire plus flou, mais c’est la première chose qui m’est venu en tête sous le coup de la panique.
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Sam 14 Juil 2018 - 19:36

La tension était retombée petit à petit et ce n’était que maintenant que je remarquais à quel point Enzo avait subi une métamorphose importante au niveau de son physique. Bon il ne lui manquait pas de jambes ni de bras, mais il n’avait plus la même corpulence qu’autrefois. Il avait énormément changé en l’espace de quelques semaines et si ça ne m’avait pas alarmé jusqu’ici, j’étais soudainement inquiet pour mon ancien camarade de classe. S’il avait toujours été naturellement bien en forme, il semblait désormais être plus vieux de cinq ans. Il avait l’air tellement épuisé que j’avais l’impression qu’il n’avait pas dormi durant des années. En d’autres termes : il n’avait pas l’air dans son assiette. Sur le moment je ne voyais pas ce qu’il avait pu vivre de son côté pour qu’il ait l’air aussi affecté. J’étais intrigué, mais aussi terrifié. Je n’avais pas envie d’apprendre une mauvaise nouvelle.

« Non j’ai … »

Je tendis l’oreille le plus que possible, impatient de connaître la suite.

« Je … Oui, j’ai eu des problèmes récemment mais c’est pas pour ça que je suis là. Je … »

Alors il n’était pas malade. C’était une bonne nouvelle en soi, mais cela n’expliquait pas la transformation drastique qu’il avait subie. Enzo avait toujours été mystérieux, mais il se surpassait cette fois-ci. Non je ne suis pas fier. Curiosité mal placée, tout simplement. Je ne pressai pas mon interlocuteur, demeurant silencieux de mon côté même si ma curiosité ne cessait de grandir.

« Je cherche un truc pour mon frère. »

Je retombai rapidement sur Terre. Je ne m’attendais pas du tout à ça et sur le coup, je me maudissais pour ne pas avoir pensé à Derek plus tôt. La raison pour laquelle Enzo était dans cet état était probablement due au fait que son frère était encore prisonnier du château. Il devait se faire un sang d’encre pour lui même si son aîné n’était pas un ange. Après tout… Ils restaient de la même famille. C’était vraiment horrible comme situation.

- Oh… Oui bien sûr c’est une bonne idée. Peu importe ce que tu trouveras, je suis certain que ça lui fera plaisir.

Pour être honnête, j’ignorais quel objet pourrait faire plaisir à Derek Ryans, mais Enzo devait connaître son frère bien plus que moi. Peut-être que ça lui remonterait le moral de savoir que quelqu’un pense à lui de l’autre côté du château. J’avais déjà eu mes problèmes avec l’aîné Ryans, mais il avait finalement évolué en quelqu’un de bien. Il avait toujours son sale caractère, mais si Derek n’avait pas été là lors de l’attaque je serais probablement mort.

Je ravalai difficilement ma salive tandis que ce souvenir douloureux remontait dans ma mémoire une fois de plus. J’en faisais parfois des cauchemars la nuit où je revivais encore la scène de notre fuite à travers les couloirs bondés de terribles actions. Adrianna tombait encore et encore et j’étais incapable d’aller la chercher. Le visage de Derek disparaissait derrière le mur de pierres encore et encore.

- Derek m’a sauvé la vie ce jour-là… S’il n’avait pas été là pour m’emporter loin de tout ça je ne serais pas en train de te parler en ce moment… J’ai vraiment essayé de le sortir à mon tour, mais tout a tellement été vite… Mais il voulait sortir… Je l’ai vu dans ses yeux qu’il voulait partir lui aussi… Je suis vraiment désolé qu’il soit encore là-bas, tu sais… Clairement il ne méritait pas ça même si… enfin même s’il a eu ses moments… Tu sais de quoi je parle…

Je tentais de faire taire ceux qui disaient que Derek Ryans était un enculé de la pire espèce. Le mec m’avait sauvé la peau deux fois et je n’étais pas près de l’oublier.

- Tu as eu de ses nouvelles dernièrement ? Est-ce qu’il va toujours bien ?
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Lun 16 Juil 2018 - 0:27

Derek. Mon frère. Absent de mon décor lui aussi et c'est comme si je le réalisais seulement maintenant. Mais je me souviens, je sais qu'il est parti à Poudlard quand est venu l'heure de la rentrée, je sais aussi que j'ai manqué de le mordre alors que le mal qui me rongeait commençait déjà à m'éloigner des miens et de moi-même. J'aimerais qu'il soit là, qu'il pose sa main sur mon épaule, la serre entre ses doigts et d'un seul regard me fasse comprendre que tout ira bien. C'est jamais vraiment arrivé, je crois, pourtant c'est bien de mon grand-frère dont j'ai besoin. Ça n'a jamais été simple entre nous deux, on n'est pas très doués en communication même s'il y a du mieux, mais il est l'une des personnes qui compte le plus pour moi sur cette foutue planète remplie de cinglés, sans doute celle qui compte le plus en réalité. Mon sang. Ma famille. Un lien indéfectible avec nos parents même s'ils ne sont plus là. Et bordel, malgré tous les efforts de Leiv et Ismaelle, dont je suis infiniment reconnaissant, ceux de Grand-Mère, même du Vieux ou d'Amelya, je serais prêt à donner une partie de moi pour qu'ils soient là eux aussi. Qu'on soit simplement tous les quatre et que tout ça n'est jamais existé.
Mais ce serait renier bien d'autres choses, bien d'autres personnes, et la vie est ainsi faite. On ne fait pas revenir les morts, c'est comme ça, alors on vit avec leur absence, on serre les dents dans les moments les plus difficiles et on attend que ça passe. Ou alors on cède, on prend la décision de les rejoindre mais par conséquent d'abandonner les autres.

Je n'ai pas vraiment l'esprit capable de réellement appréhender ce genre de choses pour l'instant, tout ce que je peux faire c'est encaisser les émotions comme elles viennent et faire au mieux pour les gérer. Et puis rentrer, accepter mon erreur, accepter la réalité et le fait que je ne suis qu'un jouet cassé, abandonné. Épuisé.

« Oh… Oui bien sûr c’est une bonne idée. Peu importe ce que tu trouveras, je suis certain que ça lui fera plaisir. »

La voix de Lukas me ramène sur terre, je ne fais pas vraiment attention à ce qu'il dit pour être tout à fait honnête mais en relevant les yeux vers lui je me rends compte qu'il a changé d'expression. Je ne comprends pas vraiment ce qui se passe, pourquoi il est soudainement comme ça, presque triste, inquiet peut-être,  mais ne me pose pas vraiment de question pour autant.

« Derek m’a sauvé la vie ce jour-là… »

C'est seulement avec ces mots-là qu'il capte réellement mon attention. Ce jour-là ? De quoi est ce qu'il parle ? D'un événement passé dont je n'ai pas connaissance, qui les concerne tous les deux ? Dans mes souvenirs ces deux-là n'ont jamais été amis, Lukas aurait tout au plus pu être un larbin pour Derek à une certaine époque j'imagine, mais visiblement certains détails m'ont échappé.

« S’il n’avait pas été là pour m’emporter loin de tout ça je ne serais pas en train de te parler en ce moment… J’ai vraiment essayé de le sortir à mon tour, mais tout a tellement été vite… Mais il voulait sortir… Je l’ai vu dans ses yeux qu’il voulait partir lui aussi… Je suis vraiment désolé qu’il soit encore là-bas, tu sais… Clairement il ne méritait pas ça même si… enfin même s’il a eu ses moments… Tu sais de quoi je parle… »

Et puis les mots défilent, les tremblements reviennent lentement, sournoisement, à mesure que le déni et le refus d'accepter de comprendre s'évaporent. Parce que le puzzle se rempli, les vides se comblent, les suppositions deviennent évidences, les peurs inavouées et oubliées se changent en vérité, en faits.

Encore là-bas …

« Tu as eu de ses nouvelles dernièrement ? Est-ce qu’il va toujours bien ? »

Je suis là, à le regarde fixement, les poings serrés et bras le long du corps. Dans ma gorge une boule opaque, dans mes yeux de l'humidité, dans mon cœur un trou béant en train de se former. Non. Non, impossible. C'est … Non. Il parle du passé, c'est tout. Pas de … Non. J'ai pas eu de nouvelles mais j'en ai eu de personne, j'ai pas cherché à en avoir, pas cherché à savoir ni comprendre pourquoi j'ai vu personne depuis qu'on m'a retrouvé. J'étais pas vraiment là, je … Non.

« De quoi … De quoi est-ce que tu parles Lukas ? »

Ma langue se délie, le nœud dans ma gorge m'oblige à forcer pour laisser sortir les mots et si je ne bouge pas d'un millimètre mon regard reste braqué dans le sien sans ciller non plus. Ils ont pas pu … Je … C'est moi, j'interprète mal ce qu'il dit, c'est tout.

« Qu'est ce qui s'est passé ? »

Le fais pas. Parce qu'à la seconde où tu casseras ce semblant de résistance que je m'efforce de contenir, à la seconde où tu fais éclater en mile morceaux ce truc derrière lequel je me protège, c'est ce qui me reste de mon monde qui s'écroule. Et moi avec. Alors tais toi. S'il te plait tais toi. Reprends ce que tu viens de dire et fais moi comprendre que c'est simplement encore une fois ma tête qui me joue des tours.
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Mer 18 Juil 2018 - 1:33

La dure réalité m’avait soudainement rattrapé. Je me trouvais parmi ceux et celles qui avaient réussi à échapper à l’enfer de justesse et il m’arrivait parfois d’oublier les prisonniers qui étaient restés là-bas malgré mes cauchemars récurrents. Ça faisait mal à chaque réveil, mais dès que je commençais à vaquer à mes occupations habituelles je parvenais à oublier le reste. Parler de ce sujet avec Enzo ou du moins l’évoquer, me replongeait dans cette espèce de dépression qui me prenait d’assaut à chaque fois que je pensais à Poudlard. Ces gens étaient littéralement emmurés contre leur gré et je ne savais que trop bien de quoi ces hommes étaient capables. Ils pouvaient éliminer tout le monde si ça leur chantait, et ce sans éprouver le moindre remords.

Je ne savais pas trop pourquoi je m’étais emballé en parlant de Derek de la sorte, mais je pense que c’était simplement pour mentionner à Enzo que son frère avait tenter de me sauver à sa manière. En fait il n’avait pas tenté : il avait réussi. J’en étais la preuve vivante. Peut-être que connaître ses petits détails pour le rassurer dans un sens même si c’était complètement absurde. Pour être complètement tranquille, il faudrait que Derek ait réussi à sortir à son tour par miracle, mais ce n’était visiblement pas le cas. J’étais cependant persuadé qu’il était encore vivant et qu’il allait bien. Après tout c’était Derek Ryans… Un mec puissant et insubmersible. Non… ?

« De quoi … De quoi est-ce que tu parles Lukas ? »
- Hein ?

Réaction immédiate.
Enzo avait l’air d’avoir reçu une douche froide et moi je plongeais désormais dans le néant. Il ne semblait avoir aucune idée de ce dont je parlais. Et du coup je commençai à me poser des questions.

« Qu'est ce qui s'est passé ? »

Complètement abasourdis par sa question, mes yeux se transformèrent en gallions.

- Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé à Poudlard… ? Pourtant tout le monde le sait, ç’a même été dans la Gazette, je crois… Avec monsieur Rivers et tout… ?

Comment avait-il pu passer à côté d’une nouvelle pareille surtout avec son frère à l’intérieur du château ? Son manque de connaissance me dépassait, mais ce qui me dépassait encore plus était l’éclat d’inquiétude qui régnait dans son regard. Normal s’il n’était vraiment pas au courant de rien. D’un geste maladroit, je me frottai la nuque. Je n’aimais pas être celui qui était porteur de mauvaise nouvelle et ça semblait être le cas.

- Pour faire court euh… Les supérieurs sont revenus en force et… Monsieur Rivers a été obligé de quitter le château… En fait je crois qu’il est littéralement porté disparu… et donc… Les supérieurs occupent désormais Poudlard, mais avec plus de puissance qu’autrefois et… Y’a eu un gros combat… Des gens ont réussi à s’enfuir, d’autres pas et euh… Derek est coincé là-bas…


Je baissai le regard.

- Des gens sont morts des deux côtés, mais je t’assure que Derek était bel et bien vivant quand j’ai réussi à sortir… Je suis sorti par l’entaille que ton frère a trouvée et quand je me suis retourné pour l’aider le mur était déjà en train de se refermer. On a pas eu le temps de rien faire… J’ai attendu un peu en pensant que le trou allait être de nouveau ouvert, mais rien ne s’est passé…

Je relevai les yeux vers Enzo et j’affichai une mine terriblement désolée. Je me sentais vraiment mal de lui dire tout ça, mais il devait connaître la vérité. J’ignorais s’il avait fait exprès de se tenir loin des nouvelles de Poudlard ou s’il avait vécu aussi loin des médias durant tout ce temps, mais c’était tombé sur moi.

- Je suis vraiment désolé Enzo…
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Ven 20 Juil 2018 - 11:17

« Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé à Poudlard… ? Pourtant tout le monde le sait, ç’a même été dans la Gazette, je crois… Avec monsieur Rivers et tout… ? »

Les mots défilent, me percutent, et c'est comme si je m'échappais de mon propre corps jusqu'à flotter au dessus, observant la scène comme un spectateur évadé de son enveloppe charnelle. Je peux entendre mon cœur battre, le sang cogner violemment dans mes tempes, la nausée qui me soulève l'estomac au fur et à mesure que les suppositions s'impriment dans mon esprit.
J'ai pas envie de savoir. Je ne veux pas que tu continues … Laisse moi dans mon déni, dans cette carapace bancale et effritée dans laquelle je me suis réfugié pour survivre. Encore une fois.

« Pour faire court euh… Les supérieurs sont revenus en force et… Monsieur Rivers a été obligé de quitter le château… En fait je crois qu’il est littéralement porté disparu… et donc… Les supérieurs occupent désormais Poudlard, mais avec plus de puissance qu’autrefois et… Y’a eu un gros combat… Des gens ont réussi à s’enfuir, d’autres pas et euh… Derek est coincé là-bas… Des gens sont morts des deux côtés, mais je t’assure que Derek était bel et bien vivant quand j’ai réussi à sortir… Je suis sorti par l’entaille que ton frère a trouvée et quand je me suis retourné pour l’aider le mur était déjà en train de se refermer. On a pas eu le temps de rien faire… J’ai attendu un peu en pensant que le trou allait être de nouveau ouvert, mais rien ne s’est passé… »

Je ne veux pas. Je ne peux pas. Je ne peux pas entendre tout ça, l'accepter. Je ne peux pas. Pourtant c'est violemment que je me retrouve propulsé à nouveau dans mon corps et ressens brutalement tous les impacts physiques que ses mots ont sur moi. J'en perds le souffle, mes battements de cœur accélèrent de manière irrégulière, à m'en faire mal, comme si l'organe lui-même essayait de s'échapper de ma cage thoracique.

« Je suis vraiment désolé Enzo… »

Je vacille, cherche mon air, et pas une seconde ne prête la moindre intention à l'expression de son visage, à ses propres états d'âmes. J'en suis incapable, tout ce que je peux voir ce sont les images que mon imagination balancent dans mon esprit alors que je me rattrape au mur derrière moi. Rivers, j'en ai rien à foutre. Les autres … Je ne suis pas capable de penser à qui que ce soit d'autre que mon frère.

T'avais pas le droit de me faire ça … T'as pas le droit de me laisser. Tu peux pas m'abandonner.

Un sifflement assourdissant s'invite dans l'équation, me fait grimacer, porter mes mains jusqu'à mes oreilles comme si ça pouvait l'atténuer. Tous mes sens explosent. Je pourrais presque entendre les battements de cœur de chaque personne passant au bout de la ruelle, toutes les odeurs qui se mélangent et me soulèvent l'estomac de nouveau avec violence. Rien dans le ventre. Juste l'impression d'étouffer. Et la vision de mon frère étendu sur la pierre, les yeux grand ouvert, du sang partout. Je pourrais presque en sentir l'odeur là aussi.

« Non. »

C'est impossible. Simplement encore une fois un putain de jeu, peut-être même que ça n'est pas Lukas là face à moi mais simplement celui ou celle qui m'a enfermé pendant un temps que je ne suis pas encore capable de déterminer, qui a joué avec moi, emprunté des visages que je ne connais, des voix que je connais trop …

« Tu mens. »

Mon corps n'est plus que volcan proche de l'éruption, secoué de violemment tremblements, pendant que ma tête bourdonne à m'en coller le vertige. Mes doigts glissent dans mes cheveux et s'y accrochent, poing serrés à m'en faire mal là encore, mâchoires serrées, et c'est sans prévenir que je me redresse et le pousse brutalement contre le mur avant de lui hurler dessus ...

« Tu mens Lukas ! Tais toi !»

… La rage et le désespoir imprimé sur les traits du visage.

« Tais-toi ... »

La peur dans le fond des yeux. Les gestes hésitants, la panique qui rend chaque mouvement erratique. La perdition. La chute.

« NON ! »

Plié en deux, quelques pas en arrière, le mur qui arrête ma chute, et l'air qui me manque. Tout me parvient au ralentis … Les sons, les mouvements, y compris les miens. Ma tête tourne, les souvenirs affluent trop brutalement, comme des flash aveuglant. Comment distinguer le vrai du faux ? Comment être certain que tout ça est réel ? J'ai l'impression de me noyer comme si l'air refusait d'entrer dans mes poumons alors qu'une eau factice les rempli mais comme un poisson hors de son bocal commence la lente agonie. J'étais plus fort que ça, je croyais l'être, mais tout s'effondre et moi avec. On m'a brisé, cette fois on m'achève.

Au fond de moi une petite voix … Est ce que ça a encore de l'importance ?

I tried so hard
And got so far
But in the end
It doesn't even matter
I had to fall
To lose it all
But in the end
It doesn't even matter

Linkin Park ▬ In The End

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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Dim 29 Juil 2018 - 22:35

Je ne parvenais pas encore à comprendre comment Enzo avait pu être aussi peu renseigné en ce qui concernait Poudlard. Si la présence des Supérieurs avait été inconnue du reste du monde durant leurs deux années de terreurs, la presse s’était déchaînée sur la prise en otage qui était survenue au début du mois. J’avais plusieurs questions pour Enzo à ce sujet, mais je préférai me centrer à lui parler des événements qui concernaient Derek. Plus je m’étais lancé dans mes souvenirs et plus mon camarade avait l’air bizarre. Après tout je ne lui apportais pas de très bonnes nouvelles, mais j’avais quand même peur de sa réaction finale. Son « bonjour » me faisait encore mal à la gorge et honnêtement je n’avais pas envie de passer un nouveau mauvais quart d’heure. Enzo était sans doute la personne la plus impulsive que je connaissais et malgré la distance que je mettais intentionnellement entre nous deux, je savais qu’il pouvait bondir dans ma direction quand il le voulait et surtout sans prévenir.

Il s’était raccroché au mur derrière lui et j’eus un pas d’hésitation dans sa direction. J’éprouvais énormément de sympathie pour lui, mais j’étais prisonnier de ma peur en même temps. Je ne savais pas comment réagir. Du coup je restai dans mon coin avec ce même air désolé d’accrocher sur mes traits. Soudain, il porta ses mains à ses oreilles comme s’il avait un bruit assourdissant dans l’air. Pourtant je n’entendais absolument rien d’anormal, mis à part le brouhaha des gens qui circulaient dans la rue adjacente.

- Enzo ? Est-ce que ça va ?

Cette fois-ci j’avais franchi les pas que je n’avais pas osé traverser pour aller rejoindre mon camarade.

« Non. »

Étrangement, je n’eus pas l’impression que cette réponse était adressée à ma question.

« Tu mens. »
- Quoi ? Mais non je ne…

Je m’arrêtai brusquement lorsqu’il se mit à trembler de la tête aux pieds comme s’il était dans une transe. Ou comme s’il faisait une crise d’épilepsie debout. J’étais quasiment certain qu’il allait faire un malaise tandis qu’il avait l’air d’un fou furieux. Je croyais qu’il allait s’arracher les cheveux lorsque ses mains s’ancrèrent dans sa tignasse. Je reculai aussitôt, mais je ne fus pas assez vite. Enzo me poussa et je retrouvai le mur sur lequel je me trouvais quelques secondes plus tôt.

« Tu mens Lukas ! Tais toi !»

Il me hurlait littéralement dessus et je le regardai avec des yeux ronds remplis de terreur. Je ne comprenais pourquoi il disait ça. J’étais trop effrayé pour lui répliquer.

« Tais-toi ... »

Je n’avais pas l’intention de dire quoi que ce soit.

« NON ! »

Cette fois-ci, ce fut un autre type de peur qui me prit d’assaut. Lorsque je vis Enzo se plier en deux et se reculer jusqu’à son mur j’eus réellement peur pour lui. Il semblait être prisonnier d’une puissante panique incontrôlable et je m’avançai vers lui jusqu’à ce qu’une voix connue m’interpelle.

- Lukas !

Je me tournai pour voir Suzy qui n’était qu’à un mètre de nous, regardant la scène sans comprendre ce qu’il se passait. Elle sortit sa baguette et je l’arrêtai d’un geste de la main.

- Va chercher de l’aide ! Tout de suite !

Elle me jeta un dernier coup d’œil inquiet avant de rebrousser chemin. J’ignorais quel genre d’aide Suzy allait ramener, mais en attendant je restais aux côtés d’Enzo. Lentement, je m’abaissai à sa hauteur (je du me pencher davantage pour être franc) avant de poser une main incertaine sur son dos.

- Je suis certain que Derek va bien… Toi et ton frère vous êtes des battants. Vous avez survécu deux ans aux supérieurs… Derek va tout envoyer balader ces enculés comme il l’a toujours… Enfin comme il… Tu comprends ce que je veux dire. Il va s’en sortir j’en suis sûr.

En étais-je réellement, à 100 % certain ? Bien sûr que non. Un accident était si vite arrivé et un sortilège en pleine gueule était encore plus vite lancé. Je tentais simplement de convaincre Enzo d’une réalité qui n’était peut-être pas vraie, mais c’était le moindre que je puisse faire pour l’instant.
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Mer 1 Aoû 2018 - 18:48

« Lukas ! »
« Va chercher de l’aide ! Tout de suite ! »

Je pensais que je connaissais tout ça, ce sentiment que le monde s'écroule partout autour de toi, ton monde, et que les personnes à qui tu tiens disparaissent les unes après les autres. J'ai vu mes parents mourir même si je n'en garde que très peu de souvenirs, le cri de terreur de ma mère restera à jamais gravé dans ma mémoire. J'ai vu le garçon que j'ai aimé s'écrouler sous mes yeux parce qu'il s'est interposé entre un sort et moi, et même si tout ça n'était qu'une mascarade la douleur que j'ai ressenti, la colère, la rage puis l'abandon de soi n'était pas feint. J'ai tremblé pour d'autres, j'ai tremblé pour moi, comme une danse éternelle qui ne semble pas vouloir s'arrêter et qui chaque fois se teinte de sang, de cris et de larmes.

Aujourd'hui, c'est mon frère que je perds.

Plus d'air dans les poumons, le sentiment qu'on vient de m'arracher le cœur pour jouer avec, l'impression d'être en train de me noyer, j'entends, je perçois, mais je coule, je chute. Je ne peux pas. Même plus la force de me dégager de ce contact, cette main sur mon épaule et les mots qui vont avec.

« Je suis certain que Derek va bien… Toi et ton frère vous êtes des battants. Vous avez survécu deux ans aux supérieurs… Derek va tout envoyer balader ces enculés comme il l’a toujours… Enfin comme il… Tu comprends ce que je veux dire. Il va s’en sortir j’en suis sûr. »

Des battants … Des survivants … Et si on était en bout de course tous les deux, hum ? A force d'en prendre pleins la gueule, d'être aux mauvais endroits aux mauvais moments ou de faire des choix qu'on pourrait contester, même les battants et les survivants finissent par lâcher prise un jour. Pourquoi est-ce qu'ils le laisseraient en vie ? Ça n'a pas le moindre sens. Pourquoi est-ce que lui ne foncerait pas dans le tas pour accomplir sa si belle vengeance, celle qu'il prépare depuis des mois dans sa solitude. Il m'a abandonné ce jour là, le jour où il a décidé que sa mort à elle ne resterait pas impunie. Est ce que je peux le blâmer pour ça ? J'ai déjà emprunté le même chemin, alors j'imagine que non. Est ce que j'arriverai à vivre avec ? C'est une autre histoire et là tout de suite, c'est trop, beaucoup trop, pour mes épaules qui ne sont plus capables de supporter tout ce poids. Celle de l'absence, celle de la peur, celle de tout un tas d'émotions qui me rongent le cœur comme une horde de rats affamés et pris au piège, comme un parasite bien décidé à ne s'arrêter que lorsqu'il ne restera plus rien.
J'ai l'impression que mon corps ne m'appartient plus, presque comme si j'allais me transformer, là, instantanément. C'est comme si mon enveloppe appelait cette transformation alors que ma tête elle la refuse catégoriquement et moi, petit humain fragile, je me retrouve écartelé entre les deux. Entre cette partie de moi furieuse et sauvage qui n'abandonnera jamais, fière et létale, puis l'autre, plus fragile, fatiguée, dont on a trop abusé.

J'entends un cliquetis dans ma tête, comme un rouage qui se débloque. Cette partie sauvage, furieuse, fière et létale de mon être n'est pas animale, aucune part de moi ne l'est vraiment en cet instant et quand je la sens déplacer sa fureur vers mon ancien camarade de classe je comprends. Il est là, juste là, le responsable. C'est à cause de lui que Derek n'a pas pu sortir, non ? S'engage alors un véritable combat à l'intérieur de moi, une lute contre cette facette de mon esprit qui réclame punition.
Et alors là, seulement là, tout se referme. Les portes et les fenêtres de ma conscience. Tout ce qu'il y a à l'intérieur rejette ce qui vient de l'extérieur, incluant la réalité, cette réalité que je ne suis pas capable de supporter. Cette réalité qui, si je la laisse continuer à m'étouffer de la sorte finira par me tuer. Ou tuer quelqu'un d'autre. Le tuer, lui ... C'est peut-être un dernier sursaut de vie j'en sais trop rien mais il suffit d'un battement de cœur, d'une respiration, le temps s'arrête puis la fuite s'impose. Je ne me vois pas repousser Lukas mais je sens que je le fais et si mes premiers pas sont hésitants, pas franchement droits et solides, les suivants se font plus francs.

Jusqu'à disparaître, courant comme si je pouvais échapper à tout ça en accélérant chaque mètres parcourus un peu plus. L'énergie du désespoir. L'adrénaline. Voilà ce qui me tient probablement encore debout alors que je disparais dans la masse incessante de vies que j'ai cherché à fuir quelques minutes plus tôt.

▬ FINI POUR MOI ▬
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MessageSujet: Re: Some days I close my eyes and fade away ▬ Lukas   Mar 7 Aoû 2018 - 1:34

Je n’aimais pas ce genre de situations parce que je n’avais aucune idée de comment gérer tout ça. Pour être honnête, je ne connaissais personne qui était en mesure « d’apprécier » être le porteur de mauvaise nouvelle. À moins d’être vraiment un sadique qui aimait voir les gens souffrir. Je ne m’étais jamais considéré comme étant près d’Enzo, mais je compatissais tout de même à sa douleur. Ne sachant pas trop quoi faire de ma personne, je m’étais dit qu’il avait peut-être besoin d’une présence et de quelques paroles rassurantes. Je n’avais pas eu de nouvelles de Derek même si Adrianna avait fini par m’écrire pour me dire qu’elle était saine et sauve. Et qu’elle ne m’en voulait pas de l’avoir laissé derrière même si ce n’était pas mon premier choix de l’abandonner à son sort. Quant à Derek, j’ignorais absolument tout de sa condition. Je pourrais toujours demander à Adrianna dans un prochain hibou, mais c’était maintenant que j’avais besoin d’avoir une réponse et non pas dans quelques semaines.

En attendant qu’il digère la nouvelle, je restais près de lui dans une certaine impuissance. J’attendais la venue de Suzy, espérant de tout cœur qu’elle parvienne au moins à trouver quelqu’un qui saurait peut-être quoi faire dans ces cas-là. Voyant qu’Enzo ne réagissait pas à mes paroles, je préférai garder le silence en gardant ma main dans son dos en guise de présence. Au bout d’un petit moment, il me poussa et je tombai sur les fesses, surpris par son mouvement soudain et précipité. Je le vis se mettre à marcher vers la rue d’un pas claudicant, presque comme s’il était soudainement saoul.

- Attends !

Je tendis le bras dans sa direction avant de me relever aussi vite que je le pus. Je marchai à grandes enjambées dans l’espoir de pouvoir le rattraper, mais dès que j’atteignis le chemin de traverse, il avait déjà disparu à travers la foule. Je jetai plusieurs coups d’œil rapide un peu partout, mais c’était comme s’il s’était déjà évaporé.

- Lukas !

Je me retournai pour voir Suzy qui arrivait en compagnie d’un homme plus âgé.

- Est-ce que ton ami est toujours là ? demanda-t-elle d’une voix précipitée.
- Non… Il est parti…
- Vous vous êtes battus ? demanda l’inconnu en désignant mon cou d’un signe de tête.

Ayant presque oublié les salutations brutales d’Enzo, je portai une main à mon cou avant de secouer la tête.

- Ce n’est rien. Une petite mésentente.
- Je suis médicomage. Vous êtes certain que vous ne voulez pas que je vous examine ?
- Non. Merci pour votre aide et désolé de vous avoir dérangé. Passez une belle journée.

Embarrassé, j’attrapai la main de Suzy avant de l’entraîner vers la foule. L’homme resta derrière nous sans nous suivre et je sentis le regard interrogateur de ma collègue sur moi.

- Lukas qu’est-ce que…
- Pas ici. Rentrons au Canada. Je t’expliquerai là-bas.

Elle hocha la tête avant de nous faire transplaner en Amérique.

THE END
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