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 Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo

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MessageSujet: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Jeu 31 Mai 2018 - 21:04

Tonight my head is spinning, I need something to pick me up
Margo & Ismaelle


■ Vendredi 18 Septembre 2015 ■

Tonight my head is spinning
I need something to pick me up
I've tried but nothing is working
I won't stop
I won't say I've had enough

Three Days Grace

Domicile de Leiv & Ismaelle – Norvège – Le matin

Il est 7h, le jour commence à pointer le bout de son nez et enroulée dans une robe de chambre épaisse j’observe le soleil prendre lentement possession du ciel. Ici la lumière est toujours magnifique, les matins sont exceptionnels, le soir un véritable cadeau dont je ne me lasse pas. A quelques mètres de là les chiens font leur tour dans le jardin, Artus – mon hibou – est perché sur l’appentis en bois et observe, les bras de Leiv viennent m’enserrer tendrement et je me repose contre lui en fermant les yeux, une tasse de thé fumant entre les mains. Pas de mots, juste l’instant, une pause. On vient de se réveiller, il va partir travailler d’ici une heure, je reprendrais mes activités en même temps. Pas de boulot officiel, non, mais un paquet de bouches à nourrir puisque certaines créatures dont je me suis occupée à Poudlard sont désormais résidentes permanentes ici même. Pour mon plus grand bonheur, c’est évident. Quatre Sombral, trois Hippogriffes, trois Abraxans. Ceux-là ont des ailes, j’ai pu les récupérer alors qu’ils ont fui Poudlard à leur tour. Les autres … Certains avaient été placés ailleurs avant la rentrée, d’autres sont malheureusement encore là-bas et je m’inquiète de leur sort tout autant que celui des élèves, des collègues, toujours coincés avec l’envahisseur.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Une silhouette gracieuse et silencieuse, grise teintée de beige, qui émerge des arbres et vole droit vers nous sous le regard perçant d’Artus déjà prêt à déployer ses ailes pour intercepter l’intrus qui ose entrer sur son territoire.

« Artus, doucement. »

Il n’est pas très sociable, il faut bien le dire, d’autant qu’il ne connait pas cette chouette lapone qui tient une lettre entre ses serres. Mon cœur tambourine, je l’admets, parce qu’au fond de moi une flammèche d’espoir se manifeste dans l’attente, l’espérance d’une bonne nouvelle. Je ne me précipite pas, mes doigts tremblent, Leiv déjà occupé à tendre une récompense à l’oiseau inconnu qui hulule de contentement.

L’espoir s’évapore et fait place aux questions dès l’instant où je lis les mots qui aussitôt s’effacent du parchemin.

Forêt de Sherwood (Partie Magique) – Angleterre – Dans la nuit

Il fait nuit depuis bientôt deux bonnes heures, je mets pied à terre pour la première fois depuis la fin d’après-midi. Aujourd’hui on a pris la décision de se déplacer en vol, à dos de Sombral plus exactement, pour parcourir plus de distance dans cette étendue magique interminable. Slalomer entre les arbres est devenu dangereux, tout le monde est fourbu, il est temps d’arrêter les frais.
L’équipe du jour : Margo, Kezabel et moi. 100% girl power comme l’a soulignée cette folle qui me sert de binôme explosif. Margo est une femme très occupée, d’autant plus ces derniers temps, alors ça me fait plaisir qu’elle soit là aujourd’hui – et puis j’ai l’impression que le courant passe bien entre elle et Kezabel. J’ai appelé Victoria ce matin, bébé n’a toujours pas décidé de pointer le bout de son nez. Rina continue de gérer comme une chef l’orphelinat qu’elle a monté en Espagne. Dimitri est passé hier à la maison et j’ai eu l’occasion de revoir Phaedre également, qui comme toujours dans son mystère énigmatique m’a apporté son aide à nouveau. Son ventre se développe, on aurait pu croire qu’être « entourée » de femmes enceintes me perturberait, me ramènerait à des douleurs passées, ça n’est pas du tout le cas. Ces enfants à naitre ne sont que bonheur et j’ai hâte de faire leur connaissance. Je vois Owen régulièrement, il était avec nous pas plus tard qu’hier lui aussi, toujours aussi loquace, toujours autant lui-même, et nos entrainements hebdomadaires sont une chose à laquelle je tiens. Mon corps et ma tête en ont besoin.
Tout ça pour dire que dans ces moments difficiles j’ai besoin plus que jamais de ces personnes qui font mon entourage. Leiv, mes parents et ma grand-mère inclus.

« Rentre Kezabel, il faut que tu te reposes. »

Elle avait déjà l'air fatiguée en arrivant à la maison, ça ne m'a pas échappé. Je ne sais pas si c’est pour protester qu’elle s’apprête à me répondre mais je la coupe, gentiment, doucement, dans son élan. Il fait nuit, ça devient dangereux, même si je déteste ça aussi parce qu’encore une fois j’ai le sentiment de l’abandonner, je sais que c’est le mieux à faire pour l’instant. Et elle le sait aussi.

« J’insiste. Je ramènerais Mila. Même les Sombrals sont épuisés. »
« D’accord. Demain ? »
« Je t’appelle demain matin. »

Les lumières de nos lumos éclairent un faible sourire sur mon visage comme le sien, l’instant d’après elle transplane et je me retrouve seule avec Margo et les trois Sombral. Mila, BlackCherry et Sinistros. Méphisto est resté avec les hippogriffes, encore trop jeune malgré son année presque et demi pour supporter le poids d’un humain. Peut-être que demain on prendra les hippogriffes, justement, pour alterner.
Demain, hier, avant-hier, après demain … J’en perds la notion des jours. Ça fait maintenant presque deux semaines qu’il a disparu, pas le moindre indice si ce n’est ce massacre d’une harde de daims le premier jour à quelques dizaines de kilomètres du manoir des Avery-Baker. Depuis, plus rien. Je scrute les journaux, m’assure qu’aucune attaque mystérieuse sur des humains n’a eu lieux. Tout ce que je constate c’est que les disparitions inquiétantes continuent si on en croit les réseaux encore propre.
Quand je ferme les yeux mon inconscient m’envoie des images que ma conscience refuse de voir, des possibilités, des souvenirs, le corps de Dwayne qui s’écroule pour nous protéger, celui de Keith étendu sur le sol froid du château, l’enfant sacrifié aux portes, tous ceux coincés là-bas qu’on n’a pas réussi à faire sortir et qui sont en train de subir je ne sais quoi ... Je suis de nature à ne pas perdre la foi, mais je ne sais plus où donner de la tête le moral commence à en prendre un sacré coup. Ma gorge se serre, l’épuisement me rend fébrile, j’ai l’impression de trembler, de me reposer sur BlackCherry pour ne pas m’écrouler, alors que j’adresse un sourire qui sonne faux à mon amie toujours présente.

« Tu viens manger un morceau à la maison ou tu dois filer ? »

Mais je ne peux pas craquer maintenant, je ne peux pas m'écrouler.

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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Lun 11 Juin 2018 - 18:50

Tonight my head is spinning, I need something to pick me up
Isma & Margo


■ Vendredi 18 Septembre 2015 ▬ Matinée ■

- 20, 21…Vous en êtes où avec le garçon ?...23.
- RAS.
- 26…Rien ? Du tout ?...27.
- Non, rien. Son ton claque plus sèchement que d’habitude. Sinon, j’t’aurai dit « Oui Jeremy, j’ai trouvé quelque chose ».
- 30.

Margo s’arrête, en sueur et reste en position assise. D’un geste las, peut-être nerveuse, elle frotte son nez du dos de la main avant d’essuyer son front. Jeremy ne se formalise pas de la façon dont son ancienne collègue lui a parlé, ne le prend pas personnellement. Il sait qu’elle est à cran avec les derniers évènements et même si elle ne laisse filtrer aucunes informations, elle ne doit pas chômer à la Garde.

- Ca va faire combien de temps ?
- Bientôt deux semaines. Une éternité en somme. Margo attrape la bouteille d’eau qu’il lui tend. Merci.

La jeune femme prend quelques petites gorgées, évite de remplir son estomac de liquide. La séance de sport n’est pas terminée et d’un côté, ça n’est pas plus mal. Ça lui change les idées, lui permet de se défouler et quand on parle de se défouler… Ils vont enfin passer à la partie la plus amusante de la matinée.
La boxe.
Elle a l’impression qu’elle n’a pas eu un moment pour souffler depuis son retour de Poudlard et en un sens, c’est ce qu’elle est : l’énergie, vivre à 100 à l’heure, tout le temps, n’importe quand. Mais ces derniers jours sont lourds pour le moral. Que ça doit du côté de la Garde ou de la vie disons… personnelle. La prise de l’école par les Supérieurs a été un gros coup au moral pour tout le monde, y comprit les deux protagonistes de leur résistance qui pensaient certainement avoir plus de temps devant eux pour éviter une nouvelle invasion. Savoir tous ces gamins de nouveau coincés entre ces murs, aux prises d’un paquet de fou furieux aurait presque fait regretter à Margo d’être partie de là-bas.
Puis il y a eu la disparition d’Enzo. Même si elle ne le connait pas personnellement, elle est suffisamment proche de Cameron et d’Ismaëlle pour sentir leur détresse qu’elle partage. Ca reste un gosse. Un gosse disparu, bloqué sous sa forme lupine et pour qui, ne nous voilons pas la face, nous ne savons toujours pas s’il est encore en vie ou non.

- Tu sais qu’après 24/48 heures les c…
- Je sais ! Putain Jeremy j’suis pas venu ici pour parler de ça, d’accord ? Alors arrête de remuer la merde comme ça. Elle se relève, d’un bond, prit d’un élan de colère et surtout de frustration. Tu crois que j’suis pas au courant qu’on a une chance sur mille de le retrouver vivant ce gosse ? On n’a bossé ensemble pendant des années, vient pas m’apprendre mon job.
- Margo, c’est pas c’que j’ai dit.
- Non mais c’est ce que tu sous-entends.
- Dis pas de connerie, j’te disais j…
- Eh bien ne dis rien. Mets tes gants, ferme là et monte sur le ring avec moi.

Il soupire dans son dos alors qu’elle enfile rageusement ses gants de boxe, à bout de nerfs. Elle pourrait tenir encore trois semaines comme ça, elle est endurante, aucun problème pour ça. Mais la frustration est là, au creux du bide. De voir le visage assombrit de Cameron qui attend que quelqu’un l’appelle pour lui dire qu’on a retrouvé son pote. De voir celui d’Ismaëlle, tirée de fatigue, d’épuisement, à entretenir un espoir que certains auraient déjà tué en vu du temps qui passe et des informations qu’elles n’ont pas.
Jamais elle ne laisserait son amie d’enfance faire ses recherches seule et autant bénéficier du réseau de Margo pour donner plus de chance à leurs recherches, mettre tout le monde à la patte. Ce soir, elles y retournent accompagné de cette jeune femme, Kezabel, que Margo a déjà eu l’occasion de connaitre sur le terrain à Poudlard. Elle en veut, a de l’énergie à revendre et bien qu’elle soit émotionnellement impliquée, il est toujours bon d’avoir ce genre de coup de main. Trois pairs d’yeux, valent mieux qu’une… Même si, jusqu’ici, le résultat s’est avéré nul.
De quoi attisé le feu qui lui boue déjà les veines.

Beaumont monte sur le ring après avoir mit son protège-dent et se met en position face à un Jeremy qui, il le sait, va s’en prendre physiquement plein la gueule.

#

■ Nuit du 18 au 19 ▬ Forêt de Sherwood ■

Elle aurait clairement préféré se dire qu’elle est là pour jouer les Robins des Bois, à la recherche de sa belle Marianne et de distribuer l’argent des riches aux pauvres… Mais au lieu de ça, elle est encore assise le cul sur le dos d’un sombral pour la énième fois depuis plusieurs jours maintenant, sens aux aguets, à la recherche d’une masse sombre qui pourrait attirer son attention et prouver qu’Enzo est encore en vie, quelque part.

- J’ai pas encore eu l’occasion de te le dire mais « Félicitations ».
- Hm ? Kezabel se tourne vers Margo, cligne des yeux avant de percuter. Oh, merci.

Beaumont lui sourit, tendrement et c’est un peu bizarre de féliciter une gamine de son âge pour avoir réussit son entrée à la résistance quelques jours plus tôt. Mais elle fera une bonne alliée, elle en est certaine. Elle a déjà pu la voir à l’œuvre, lors des essaies et de ce qu’elle entend de ses collègues, cette nana en veut, est prête à tous les efforts possibles pour se donner corps et âme à la garde. Margo se dit qu’elle ferait une excellente garde du corps quand elle y pense.
Mais la soirée – ou plutôt la nuit – n’est pas aux prévisions d’avenir de Kezabel mais aux recherches.

Margo surveille du coin de l’œil les ombres de la forêt et même si ça lui coute d’admettre ça, ça ne sert plus à rien. Pas ce soir. Elle lance un regard entendu avec Ismaëlle et n’a pas besoin de plus pour se faire comprendre puisque visiblement son amie est d’accord avec elle. Elles finissent par retrouver le sol toutes les trois, Margo glissant du dos de son sombral pour retrouver la terre ferme avant d’octroyer une caresse à cet animal pour le moins original et étrange avec ce corps décharné.
Ismaelle discute rapidement avec Kezabel, la renvoi chez elle pour se reposer et ainsi être en meilleure forme demain pour reprendre leurs recherches. En vue de leur gueule à toutes les trois, ça n’est pas du luxe pour tout le monde que d’aller essayer de faire une nuit plus ou moins normal avant de se retrouver.
La jeune femme transplane et disparait, laissant Isma et Margo seules avec les sombral. Et de ce que voit l’ex-gardienne, c’est une femme épuisée, à bout de force et certainement de nerfs. Elle ne dit rien, ne se plaint jamais et en ça, elle est admirable. Mais elle sait également reconnaitre les signes de fatigues. Les gestes las. Les yeux qui clignent, qui picotent de voir que ça n’avance toujours pas et parce que nous sommes épuisés.
Son cœur se serre.

- Tu viens manger un morceau à la maison ou tu dois filer ?
- J’devrais filer mais un peu de compagnie ne me ferait pas de mal. Et si en plus de ça j’ai l’occasion d’avoir le droit à la bouffe de ton mari, j’vais certainement pas me faire prier.

Elle lâche un rire léger et spontanée, qui n’est peut-être pas de mise ici mais il est dans son caractère d’ajouter une note plus joyeuse à ce qui pèse déjà sur leurs épaules. En particulier sur ceux d’Ismaëlle. Jamais elle n’irait décrédibiliser la situation ou la prendre à la légère mais, bordel, elles avaient aussi besoin et le droit à un peu de légèreté. Même si ça ne dure le temps que d’une phrase.
Généralement, ça a plutôt son effet… Mais pas cette fois, pas ce soir. Elle le voit à son visage, crispé et tendu, qu’elle n’a ni le cœur de plaisanter ou que ce sourire, s’il y en a un, est forcé.

- Eh. Margo s’approche en douceur, le lumos toujours allumé au bout de sa baguette, éclairant leurs deux visages. Ca va aller ?

Non, ça n’ira pas. Question un peu conne mais Ismaëlle sait ce qu’elle entend par là. La jeune femme pose sa main sur l’épaule de son amie qu’elle serre doucement entre ses doigts.

- Ca fait combien de temps que tu n’as pas VRAIMENT dormi, Isma ? Que tu n’as pas pris du temps pour toi, pour souffler ?

Elle est consciente que dans sa tête, c’est la course contre la montre, que chaque minute de perdues, est un pourcentage de chance en moins de retrouver Enzo. Et quand bien même, elle n’a pas tort, elle sait que pour de meilleurs résultats, il faut aussi savoir laisser sa place pour au moins reprendre des forces.

- Tu devrais me laisser gérer ça avec Owen et Kezabel, demain. Tu seras plus efficace après une bonne journée et nuit de repos.

Même si elle connait déjà la réponse à cette proposition...
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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Mar 19 Juin 2018 - 18:47

« J’devrais filer mais un peu de compagnie ne me ferait pas de mal. Et si en plus de ça j’ai l’occasion d’avoir le droit à la bouffe de ton mari, j’vais certainement pas me faire prier. »

Je ne sais pas où je trouve encore la force de rire, sans doute l'énergie du désespoir, les nerfs qui tiennent par un dernier fil. Ténu. Fragile. Tellement mince. J'aimerai me calquer sur ce que Margo dégage, ce sourire, cette vie qu'elle transmet rien qu'étant présente dans une pièce, mais ce soir je n'y arrive plus. Ce soir je me sens tomber dans le gouffre de la douleur et de la fatigue, ce soir mes émotions si bien gérées jusqu'ici me laissent sur le bord de la route et se délitent. J'ai mal, j'ai peur, l'épuisement intensifie tout ce que je ressens et la forteresse est prise d'assaut, prête à s'écrouler alors que les douves sont franchies, les premiers remparts déjà abordés.

Et si j'essaie encore de sauver les apparences, peut-être pour me voiler la face encore un peu, il suffit d'un seul regard venant de sa part pour que tout se cristallise. Prêt à craquer.

« Eh. Ca va aller ? »

Vague esquisse de sourire, regard sur le côté puis vers le ciel que je ne distingue pas dans l'obscurité, pas même les étoiles. Les larmes affluent sous mes paupières qui ne parviennent à les maintenir que par miracle. Ça n'est pas de la fierté mal placée, loin de là, seulement si j'ouvre les vannes maintenant je ne suis pas certaine de réussir à les refermer. Donc non, ça ne va pas aller. Ça ne va pas. Et sa main sur mon épaule, pourtant posée là en douceur, me fait sursauter, étouffer un hoquet et étrangler un sanglot.

« Ca fait combien de temps que tu n’as pas VRAIMENT dormi, Isma ? Que tu n’as pas pris du temps pour toi, pour souffler ? »

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je sais simplement qu'elle n'est pas la seule à me poser la question et qu'à la maison Leiv fait tout ce qu'il peut pour que je m'arrête, pour que je souffle. Même si je le fais physiquement ma tête n'arrête jamais, mes pensées ne cessent jamais de tourner. Je ne peux pas m'arrêter. Si je m'arrête tout ce que je parviens à maintenir à distance respectable me tombera dessus et m'ensevelira sous les décombres.

« Tu devrais me laisser gérer ça avec Owen et Kezabel, demain. Tu seras plus efficace après une bonne journée et nuit de repos. »

Je sais qu'elle a raison, bien sûr que je le sais, et je crois que quelque part je ressens une certaine forme de soulagement en entendant ses paroles. Ses consignes, presque un ordre dissimulé. Je ne me stopperais pas de moi-même, ils le savent tous très bien.
Nerveuse, tremblante, la vue brouillée et la gorge serrée, c'est BlackCherry qui me maintient debout alors que sur mes joues les grandes eaux prennent leur quartier même si je tente de les en empêcher. Et d'autres vannes s'ouvrent finalement.

« Dès que je ferme les yeux ils sont là, tous ces visages grimés par la peur ou la colère, coincés dans la mort pour certains. »

J'ai du mal à parler mais c'est comme si les mots ne pouvaient désormais plus se stopper. Les émotions, elles, s'entremêlent, se mélangent, parfois contradictoire. Parmi elles, la culpabilité. Vis à vis de ceux que j'ai laissé derrière moi et que je n'ai pas vraiment cherché à aider depuis.

« Dwayne s'est sacrifié pour qu'on puisse s'échapper, il est tombé juste devant moi et je n'ai rien pu faire. Juste avant c'est le corps de Keith que j'ai vu étendu sur le sol. Et les gosses j'en parle même pas. »

Mes idées sont confuses, mes tremblements s'intensifient tout comme le flux de larmes qui brûlent la petite entaille que j'ai sur la joue droite suite à une rencontre avec une petite branche un peu plus tôt dans la soirée. Mais les points serrés et mon regard braqué dans le sien c'est bien de la colère qui se manifeste également.

« J'aurais voulu les faire sortir Margo, tous, jusqu'au dernier. Ne pas les laisser là-bas avec ces cinglés. J'ai l'impression de les avoir abandonné. »

Et ça n'est pas une impression. Je sais que je n'étais pas la seule mais j'avais la responsabilité de ces mômes et je les ai trahis. Tout comme cet adolescent mort devant les grilles, pour rien, parce que ni Logan ni moi n'avons cédés à leur chantage. Je m'étais promis de faire tout ce que je pourrais pour ramener son corps à ses parents et leur fournir des explications mais j'ai failli à cette promesse aussi. La raison tient en quatre lettres, l'explication de notre présence ici ce soir, même s'il n'y est pour rien évidemment.
J'en perds le souffle, mon cœur s'emballe, ma respiration devient éradique mais le silence s'exprime cette fois avec une lourdeur insupportable. Jusqu'ici je ne me suis pas permis de m'arrêter, d'analyser la situation, toutes les options, ce qu'ils ont déjà sans doute tous envisagé. La fatigue et la lassitude est visible sur les visages de tout ceux qui tiennent à lui, je me suis efforcée de garder la face pour qu'ils s'accrochent mais ...

« Et lui, je ... »

Lentement, je me calme, le regard rivé sur l'obscurité et les lèvres trempées de larmes, un goût salé dans la bouche. Il s'écoule encore quelques secondes de silence avant que je ne vienne planter mon regard dans celui de mon amie.

« Je ne peux pas le perdre. »

Pourquoi lui plus qu'un autre ? Il y a des mots que je n'ai jamais prononcé, je ne saurais dire pourquoi, mais la réalité est flagrante pour ceux qui m'entourent je le sais. Je sais ce que ça fait de perdre un enfant, peu importe les raisons, les circonstances, l'âge ou le temps passé ensemble … Je ne veux plus jamais revivre cette douleur qui vous donne l'impression qu'on vous arrache le cœur avec une lenteur insupportable, juste pour garder la conscience de la souffrance jusqu'à la dernière seconde.

« J'ai le sentiment de l'abandonner lui aussi si je commence à perdre espoir. »

Mais les faits sont là. Les jours passent, toujours aucune trace, la fatigue s'installe ... Les premières heures sont les plus importantes, passé ce délai les chances de retrouver la personne disparue s'amoindrissent.
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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Ven 13 Juil 2018 - 12:14

Tonight my head is spinning, I need something to pick me up
Isma & Margo


- Dès que je ferme les yeux ils sont là, tous ces visages grimés par la peur ou la colère, coincés dans la mort pour certains.

Margo la laisse s’exprimer. C’est une chose qu’elle a apprit dans son job, lors de coup dur, quand l’on assiste à une scène ou une mission particulièrement compliquée. Laisser l’autre parler, vider son sac car même si vous n’avez pas les mots magiques vous pouvez au moins apporter le soutient silencieux, celui de l’écoute, de la présence.
Et Isma a besoin de crever l’abcès, de lâcher ce qui la pèse autant. Ça lui brise le cœur de la voir ainsi, gorge serrée.

- Dwayne s'est sacrifié pour qu'on puisse s'échapper, il est tombé juste devant moi et je n'ai rien pu faire. Juste avant c'est le corps de Keith que j'ai vu étendu sur le sol. Et les gosses j'en parle même pas.
- Je suis désolée sweetheart.

Elle lui décrit un véritable carnage, des corps tombant comme une série de dominos et Ismaëlle tremble un peu plus à chaque parole, chaque mot prononcé. Margo se demande même si elle ne devrait pas l’assoir un moment, juste le temps de parler et de se reprendre un peu. Elle ne connait pas les relations de son amie par cœur mais sait au moins que la mort du précédent chef de Margo et celle de son collègue l’a affecté. Qu’elle porte encore une fois tout ce poids sur ses épaules sans rien dire. Elle encaisse, encore et encore mais jusqu’à quand, hein ? Jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus et qu’elle leur claque entre les doigts ?

- J'aurais voulu les faire sortir Margo, tous, jusqu'au dernier. Ne pas les laisser là-bas avec ces cinglés. J'ai l'impression de les avoir abandonné.

Elle lui pose ses deux mains sur ses épaules, sentant son amie au bord de la rupture, prête à céder sous la pression de toutes ses émotions. Margo comprend se sentiment de ne pas avoir donné suffisamment, de ne pas avoir fait assez. D’avoir été peut-être lâche, pas assez réactive… Mais bordel, elles sont humaines et Ismaëlle a aussi une vie à sauvegarder. Un futur mari qui l’attend, une belle vie pleine de promesse et de bonheur qui n’attend qu’un « oui » pour se compléter. Elle s’est enfuit en faisant fuir le maximum de gosses mais elle ne peut pas porter le poids d’un monde sur les bras, pas seule. Pourtant, l’ex-gardienne ne dit rien, se contente de la soutenir un maximum sans la lâcher du regard.

- Et lui, je ... Je ne peux pas le perdre.

De nouveau leur regard se croise et Margo y lit toute sa détresse, son inquiétude. Ca lui serre l’estomac et le cœur, l’enrage un peu plus sur le fait que les recherches ne donnent rien pour la simple et bonne raison que même si son objectif est de retrouver ce garçon, elle aimerait aussi faire du mieux qu’elle peut pour apaiser ses douleurs.

- J'ai le sentiment de l'abandonner lui aussi si je commence à perdre espoir.

Elles sont toutes les deux face à une vérité qui les hantent, leur pèse … Celle que les premières 24 heures sont primordiales. Passées ce délai, les possibilités de retrouver la personne s’amenuisent, s’amoindrissent et les chances à ce qu’elle soit encore en vie, encore moins. Et après ces jours de recherches, ces nuits passées à n’avoir AUCUNES traces… toutes personnes censées et normales auraient céder, perdu espoir. Mais Margo se refuse de baisser les bras ce soir, ne se voit pas dire frontalement à Isma qu’il va falloir songer à cesser les recherches. Elle qui est d’ordinaire cash et réaliste, n’en a pas le courage ce soir.
Elle affiche un sourire un coin, prend son amie par la main et la dirige vers un endroit où s’assoir, se poser ne serait-ce que cinq minutes.

- Déjà, tu vas commencer par souffler. Te reposer. Et ça n’est pas un choix que je te donne, compris ? Être concernée est une chose, se laisser bouffer par tout ça en est une autre.

Hors de question qu’elle la laisse continuer dans un état pareil. Margo sait que son amie est faite de roc, qu’elle est solide et résistante mais cette fois, les évènements se cumulent, la dépassent et comme tout être humain sur cette planète, elle a besoin de souffler, de se poser. Se ressourcer auprès de l’homme qu’elle aime, dans un cadre plus serein et moins stressant que des balades nocturnes à la recherche d’un gosse disparu.

- Je comprends ta frustration Isma, vraiment, mais tu as fait de ton mieux. Tu as protégé ses gamins au péril de ta vie un nombre incalculable de fois et la dernière fois n’as pas fait exception. Mais il faut que tu acceptes que tu ne puisses sauver tout le monde. Je sais que c’est pas agréable à entendre mais arrête de te faire autant de mal, de te flageller comme ça quand tu es la première à foncer tête baisser. Tu donnerais ta vie pour ces gosses mais il va falloir aussi commencer à penser pour toi et à toi. Et crois-moi que ces putains d’enfoirés n’emporteront pas tout ça au paradis.

Elle se montre catégorique, déterminée, peut-être un peu cash mais en aucun cas il n’y a une once d’agressivité dans sa voix. Bien au contraire. Elle se fait douce, attentive parce que la santé d’Ismaëlle la concerne autant que son état moral. Margo sait à quel point il est difficile de se sentir si impuissant, que c’est le genre de truc qui vous bouffe de l’intérieur à vous en faire péter les plombs. La jeune femme saisit les mains de son amie entre les siennes et pose sur elle cette fois un regard plus doux.

- On finira par retrouver sa trace. Et si d’ici deux semaines nous n’avons toujours rien, nous envisagerons d’autres solutions, d’autres moyens. Mais en attendant, tu vas aller dormir, manger, prendre une bonne douche et profiter de ta famille. Je me charge de la suite jusqu’à ce que tu nous reviennes en forme.

Un sourire encourageant et un clin d’œil pour donner un peu plus de légèreté à la situation. Elle la laisse craquer, se laisser aller parce qu’elle en a tous les droits.

- Tu craques si t’as envie, tu pleures si t’as envie, tu baisses même les bras trois heures si ça peut te soulager mais ça ne signifie pas que tu l’as abandonné. Ça signifie juste que tu es humaine et non une machine. Que toi aussi tu as besoin d’une pause pour reprendre sur les chapeaux de roues.


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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Jeu 19 Juil 2018 - 16:36

Je le vois dans ses yeux, elle non plus n'est pas dupe, sans doute beaucoup moins que moi puisque d'une part c'est son métier, d'autre part elle n'a pas l'affecte que je peux avoir dans cette sombre histoire. Enzo pour elle n'est que le sale gosse un peu trop charmeur qui s'est amusé à lui offrir des sourires, un ami proche de Cameron, une personne importante dans ma vie. Elle n'est lié à lui que par d'autres personnes et j'en arriverais presque à l'envier tellement cette réalité potentielle me fait peur et me fait mal.
Ce soir je n'y arrive plus, alors je la laisse me prendre par la main et m'assoir sur quelque chose que je n'identifie pas vraiment. Je crois qu'il était temps, les quelques pas effectués pour atteindre cette assise m'ont semblé bien trop fragiles.

« Déjà, tu vas commencer par souffler. Te reposer. Et ça n’est pas un choix que je te donne, compris ? Être concernée est une chose, se laisser bouffer par tout ça en est une autre. »

Je déteste cette situation, cette faiblesse qui envahi chaque parcelle de mon être parce que je n'en peux plus, mais je sais qu'elle a raison. M'épuiser à la tache ne changera pas les choses, ça ne changera rien, et peut-être que demain j'aurais la force de regarder les choses en face, la force de voir dans leur regard qu'ils doutent, acceptent certaines évidences que je ne veux pas regarder frontalement pour le moment.

Et puis il y a ceux qui restent, qui passent au second plan malgré eux, et ça n'est pas juste.

« Je comprends ta frustration Isma, vraiment, mais tu as fait de ton mieux. Tu as protégé ses gamins au péril de ta vie un nombre incalculable de fois et la dernière fois n’as pas fait exception. Mais il faut que tu acceptes que tu ne puisses sauver tout le monde. Je sais que c’est pas agréable à entendre mais arrête de te faire autant de mal, de te flageller comme ça quand tu es la première à foncer tête baisser. Tu donnerais ta vie pour ces gosses mais il va falloir aussi commencer à penser pour toi et à toi. Et crois-moi que ces putains d’enfoirés n’emporteront pas tout ça au paradis. »

Je ne cherche plus à retenir les larmes qui roulent sur mes joues et embuent mes yeux, ma vision, alors que j'acquiesce à chacune de ses phrases. Je ne sais pas si ça me fait du bien d'entendre ça, je ne sais pas si ça me soulage, ma peine est encore trop récente, les blessures trop à vif. Je crois que c'est surtout ses derniers mots qui agissent comme une sorte d'électrochoc, en réalité. Non, ils ne l'emporterons pas au paradis … Margo me ramène sur terre en m'attrapant les mains et mon regard se pose dans le sien. J'y vois une femme forte, déterminée, il est évident pour moi que j'ai énormément d'admiration pour elle mais cette fois c'est aussi la douceur que je perçois.

« On finira par retrouver sa trace. Et si d’ici deux semaines nous n’avons toujours rien, nous envisagerons d’autres solutions, d’autres moyens. Mais en attendant, tu vas aller dormir, manger, prendre une bonne douche et profiter de ta famille. Je me charge de la suite jusqu’à ce que tu nous reviennes en forme. »

Les sanglots redoublent d'intensité et j'acquiesce encore une fois. Je n'ai pas la force de luter, pas la volonté non plus, je crois que l'idée d'avoir envie et besoin de souffler commence à se frayer un chemin lentement mais sûrement dans mes veines et mon esprit. Ma famille … Oui, c'est injuste pour Leiv même si je sais qu'il comprend et est aussi concerné que moi, c'est injuste pour Adrian même si on fait notre maximum pour le préserver, injuste pour mes parents aussi même si je tiens à les laisser à distance de tout ça pour les préserver, les protéger. Injuste pour moi, peut-être aussi.

« Tu craques si t’as envie, tu pleures si t’as envie, tu baisses même les bras trois heures si ça peut te soulager mais ça ne signifie pas que tu l’as abandonné. Ça signifie juste que tu es humaine et non une machine. Que toi aussi tu as besoin d’une pause pour reprendre sur les chapeaux de roues. »

Nouveau hochement de tête, cette fois ce sont les grandes eaux et je passe les minutes suivantes dans les bras de mon amie a évacuer ce trop plein d'émotions, de fatigue, jusqu'à ce que le flux de larmes se tarissent, jusqu'à ce que l'épuisement me fasse pousser un long et profond soupir de lassitude alors que j'essuie mes yeux et mes joues d'un revers de main dans un geste lent trahissant sans mal le peu de force qu'il me reste.

Mais lâcher prise m'a fait du bien.

« Je vais passer la journée chez mes parents demain. »

Le sourire que je lui adresse est faible, fatigué, mais sincère et bien présent malgré tout. Je proposerais à Leiv de venir avec moi, bien sûr, et à Adrian si ça le tente même s'il est chez sa mère pour l'instant. Mes parents l'adorent, je crois que c'est réciproque d'ailleurs. Je n'oublie pour autant pas tous ces visages qui me hantent, ces âmes qui ont besoin d'aide toutes autant qu'elles sont, mais les mots de Margo sont plus que justes.

« Je … Je vais lâcher du lest, tu as raison. J'en ai besoin. »

Ça ne durera peut-être que 24h, il ne faut pas rêver, mais je sais aussi que dans les jours à venir si rien ne se passe, si rien ne change, je devrais ouvrir les yeux sur certaines évidences. Ça ne veut pas dire que je perds espoir pour autant, je m'y refuserais toujours, mais un indice, un tout petit rien, quelque chose … ça ne serait pas de refus.

« Mais si vous le trouvez, appelez moi. Il me fait confiance, on ne sait pas dans quel état il peut être et je ne voudrais pas qu'il panique ou ... »

Stop, Isma. Débranche. Ils savent. Elle, Owen, ils savent. Et puisque rien d'autre ne pourra être fait ce soir, puisque tout le monde est fatigué, je réitère mon invitation, direction la maison. Non sans un merci, pour tout, glissé à son oreille dans une dernière étreinte.

#

Lundi 21 Septembre 2015 ▬ Dans la matinée

Weekend off. Je m'y suis tenue et je pense que mon corps m'en remercie. Je n'avais pas autant dormi depuis des lustres, passer la journée chez mes parents m'a permis de sortir un peu d'un quotidien relativement lourd ces derniers temps et j'ai mise de côté certaines choses l'espace de quelques heures sans culpabiliser. Ou presque. Dimanche a été une journée pour Leiv et moi, uniquement nous deux, sans forcément parler pendant des heures, simplement être ensemble. A la maison, en promenade le long du Fjord avec les chiens, des choses simples de la vie mais les plus ressourçantes.
Ce matin je me suis levée en même temps que lui, on a pris le petit déjeuner ensemble avant qu'il ne parte au travail et intérieurement, en le regardant disparaître, j'ai ressenti cette envie mise de côté elle aussi ces derniers temps : Porter son nom et une alliance à l'annulaire gauche.

« Fenrir ? »

Les vêtements déjà dans un état discutables, je sors de la grange où je viens de faire le tour des box et appelle mon chien qui me répond par un jappement. Il trottine jusqu'à moi et comprends mon intention sans que je n'ai besoin d'en dire plus.

« Tu ramènes Mini-Toi et on va faire un tour ? »

Nouveau jappement. Sa queue bat l'air joyeusement et cette fois l'aboiement qu'il laisse échapper est différent. Quelques secondes plus tard son fils accoure sur ses grosses pattes encore maladroites, un chausson de Leiv dans la gueule … Encore. Mon éclat de rire est cependant interrompu par un hibou qui sort de la forêt et vole silencieusement vers la maison. Je ne connais pas cette oiseau, m'interroge quant au contenu de la lettre qu'il transporte entre ses serres. S'agit-il du même type de courrier que j'ai reçu il y a trois jours ? Venant des mêmes personnes dont je ne sais rien de l'identité ? Il n'y a qu'un moyen de le savoir et même si ça n'est peut-être pas rationnel mon cœur s'emballe alors que je franchis les pas qui me séparent de la terrasse en bois sur laquelle est posé le hibou en question – Par chance Artus dort profondément dans son abri.
Le hibou en question ne consent à me donner la lettre qu'après avoir reçu une récompense, le chiot essaie de l'attraper au passage mais n'obtient qu'une grosse frayeur quand l'oiseau d'une taille conséquente menace de l'attaquer en sifflant. Je le regarde s'éloigner et réagit au quart de tour. Un Stupefix plus tard l'oiseau s'écrase à terre et je m'empresse d'aller le ramasser, pour le mettre en lieu sûr mais captif. Je déteste faire ça mais hors de question de le laisser repartir s'il peut être la source du moindre indice. Peu importe ce que cela concerne, finalement.
Une fois que c'est fait me voilà seule devant cette enveloppe vierge que je n'ose pas ouvrir par peur de ce qu'elle contient. Je l'observe quelques secondes et me décide, enlève le cachet dans un geste nerveux et en sort un parchemin sur lequel se trouve une suite de caractères. Des chiffres, des lettres, des signes de ponctuations ...

« Qu'est ce que ... »

Des coordonnées géographiques. J'ai passé 4 années dans l'armée Moldue, je reconnais sans aucun mal ce genre de choses et mon premier réflexe, aussi rapide que fébrile, est de courir dans la maison pour attraper mon téléphone et envoyer un sms à Margo. Pourquoi ne pas l'appeler ? Parce que même si étant en mission elle ne prendra jamais le risque de tout faire foirer à cause de son téléphone je ne veux pas prendre le moindre risque.
Ensuite commence l'attente, interminable. Même si rien ne prouve que tout ça ne soit pas quelque chose de tordu, quelque chose qui n'a rien à voir, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est relié à lui. Je ne veux pas laisser l'espoir s'insinuer en moi trop facilement mais il est pourtant en train de bouillir dans chacune de mes veines.
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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Lun 30 Juil 2018 - 13:26

Tonight my head is spinning, I need something to pick me up
Isma & Margo


Elle n’est pas étonnée de la sentir enfin lâcher prise pour de bon, de voir et d’entendre les sanglots qui s’évacuent. Elle pourrait même dire qu’elle est soulagée de savoir qu’Ismaëlle se laisser aller. Ce genre d’émotions, ça vous bouffe de l’intérieur, vous ronge comme un parasite donc vous n’arriveriez pas à vous débarrasser jusqu’à ce que vous pétiez les plombs. Et c’est là, le plus dangereux, c’est ici qu’en général le point de non-retour vous pète littéralement à la gueule, vous fait vriller pour vous plonger tête la première dans une profonde dépression, dans la folie, dans elle ne sais quoi d’autre. Et elle ne souhaite pas ça à son amie et s’il avait fallu que Margo la pousse à bout pour qu’Isma décide enfin à hurler, pleurer, voir la cogner, elle l’aurait si cela pouvait l’amener à évacuer toutes ces émotions négatives.

Impossible de dire combien de temps elles restent là, dans les bras de l’autre où même Margo sent sa gorge se serrer par moment. Elle ne connait pas bien ce garçon mais ça reste pour elle une vie à sauver, à trouver et surtout, son amie est dans un état qui la brise silencieusement, bien qu’elle n’en dise rien.
Ismaëlle se redresse finalement sous le sourire de Beaumont.

- Je vais passer la journée chez mes parents demain.
- Très bonne idée.

Histoire de prendre du recul, de changer d’air, de décors et malgré tout de s’éloigner de toute cette pression qui n’en finit pas.

- Je … Je vais lâcher du lest, tu as raison. J'en ai besoin.
- J’ai toujours raison, tu le sais bien.

Petite touche d’humour sortie spontanément, accompagné d’un sourire plus large. Elle est ravit de l’entendre prendre cette décision, de voir qu’elle sait s’écouter, écouter son corps et son esprit qui lui hurlent visiblement de mettre tout cela sur pause.

-  Mais si vous le trouvez, appelez moi. Il me fait confiance, on ne sait pas dans quel état il peut être et je ne voudrais pas qu'il panique ou ...
- Hey… ça va aller. Tu as ma parole que si on trouve quoi que ce soit, tu seras la première prévenue, ok ?

Elle a sa parole. Que ça soit un indice ou une quelconque trace, Owen et elle se chargeront de la prévenir sur le champ quoi qu’il arrive. Ismaëlle le comprend, se détend et c’est sans avoir besoin d’insister que Margo la suit jusqu’à chez elle, ne serait-ce que pour souffler une petite heure.

#

■ Lundi 21 Septembre ▬ Matinée ■

- Ca va ?
- Ouais.

Margo est encore en nage, les mains légèrement tremblantes, appuyée contre le mur qui s’effrite sur ses fringues salit. Le cœur tambourine, le sang bat à ses tempes et une nausée la prend aux tripes. Elle en a vue des horreurs, celles qui restent gravées dans votre tête à vous faire naitre les pires cauchemars lors de vos courtes nuits humides et troublées. Mais là ? Le summum de l’inhumain.
Jusqu’ici les missions de la garde se sont trouvés être « simples » : glaner les informations, identités, garder un œil sur untel ou untel. Rien de bien sorcier, rien de trop tragique. Jusqu’à cette nuit où le petit groupe de Shadow envoyé pour débusquer une planque. Aïsha l’observe de ce regard si indéchiffrable que Margo passe des jours à dérider, ne serait-ce que pour la voir esquisser un rictus qui ressemblerait à un sourire. Mais cette fois, Beaumont est loin de faire le pitre et Parson n’a aucunement l’envie de jouer les rabat-joie. Elles ont toutes les deux la boule au ventre, le souffle encore court du combat qu’elles viennent de mener.

Tout s’est passé si … vite et surtout, ils ne s’attendaient pas à autant d’effectifs ennemis. Mais le pire reste cette découverte. Des gamins morts et décharnés, empestant la pièce depuis on ne sait combien de jours, servant certainement à des expériences ou autres méfaits que Margo ne tient pas à savoir. Pas pour l’instant.

- Notre job est fini ici. Rentre chez toi te reposer.

La jeune femme acquiesce sans broncher. Elle ne lâche jamais rien, tient toujours à accomplir ses tâches de A à Z mais elle sait également dire stop. Et là, tout de suite, il en va de sa santé mentale et physique de tourner le dos à cette horreur, laissant la lourde tâche de rassembler les preuves, indices ou tout autre chose à l’équipe qui les précèdes.
Aïsha affuble l’épaule de la blonde d’une tape amicale, réconfortante avant que Margo ne transplane loin d’ici, dans une ruelle non loin de chez elle. La nuit a été longue, horrifiante mais elle n’a aucunement l’envie de dormir, même lorsqu’elle retrouve les murs de son appartement qui est enfin a peu près correctement aménagé. Mains encore tremblantes, elle se dirige vers le lavabo où elle se sert un grand verre d’eau fraiche qui a au moins le mérite d’apaiser ses intestins crispés. Elle respire à fond, s’apaise en silence, seule dans cette cuisine. C’est un long travail qui lui fait du bien, détend ses muscles, apaisent ses nerfs, quant bien même ça n’efface pas toutes ces images horrifiantes. Sans parler de l’odeur. Un miracle qu’elle n’ait pas gerber une bile acide en entrant dans la pièce avec ses confrères et consoeurs.

Aussi égoïste que cela puisse paraitre, Margo tente d’oublier ce qu’ils ont vu pour aujourd’hui, afin de prendre du recul. Elle ne nie pas, loin de là, mais il lui faut évacuer cette horreur, la remplacer par autre chose de plus positif ou par une occupation. Son premier réflexe est de prendre son téléphone portable pour y lire quelques messages dont un d’Ismaëlle qu’elle ouvre en premier.
Son sang ne fait qu’un tour, son cœur loupe un battement et en un claquement de doigts, une dose d’adrénaline s’injecte aussitôt dans ses veines. Elle pianote rapidement sur le clavier, envoie le sms et lâche son téléphone pour prendre celui qu’elle utilise pour le taff. Un vieux nokia incassable mais surtout intraçable. Elle ne prend pas la peine de se changer ou de se doucher, chope un fruit qu’elle gobe en quelques bouchées sur le chemin des escaliers qu’elle dévale pour déboucher en bas de son immeuble. Ruelle, ombre, l’air claque comme un coup de fouet et Margo se prend la fraicheur de la Norvège dans la gueule malgré son gilet en Kevlar.

- ‘de dieu.

Il caille, bordel de sombral.
Margo se précipite jusqu’à la demeure des futurs Stoneheaven-Helland et Fenrir la reconnait aussitôt lorsqu’elle franchit le portail pour trouver son amie, sur le pas de la porte.
Elles se jaugent, se regardent, se demandent si elles font bien d’espérer quelque chose même si Margo se fait plus mesurer, plus tempérer. Sans préambule, dans l’urgence et parce qu’elle voit bien qu’Ismaëlle ne tient plus.

- Montre ?

Elle a l’air fine avec ses fringues dégueulasses, ses cheveux attachés n’importe comment mais elles s’en foutent toutes les deux.
Isma lui tend le courrier où Margo ne met pas plus de trois secondes pour comprendre que ce sont des coordonnées géographiques qu’elles ont sous les yeux. L’adrénaline pulse dans son corps, cœur battant tandis que son regard scrute ce parchemin où les chiffres et lettres n’ont pas été écrite à la main. Elle pointe sa baguette sur le papier.

- Aparecium.

Rien n’apparait, pas de messages cachés, pas de trace d’encre.

- Tu n’as eu que ça avec ? Tu l’as reçu comment ?

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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Jeu 2 Aoû 2018 - 0:28

De la patience, j'en ai à revendre. Je ne tiens pas en place c'est vrai mais ça n'a rien à voir avec la patience et quand on a travaillé quelques années avec des animaux et des enfants c'est un trait de caractère dont on ne peut pas se passer. Pourtant cette fois, réellement, c'est difficile. Je n'ai aucune idée de quand Margo verra mon message et je ne tiens pas à prévenir qui que ce soit d'autre pour le moment. Owen sera mon second choix, ou bien Dimitri, mais je ne préviendrais Leiv que plus tard – simplement parce que … Je ne sais pas, je crois que j'essaie de le protéger, tout simplement. Je ne prétends pas qu'il en a besoin mais c'est comme ça, je réagis à l'instinct. Et même si Caem et Kezabel ont été particulièrement présents ces dernières semaines je ne veux pas les impliquer dans une chose dont l'issue est complètement incertaine. William ? C'est hors de question. Sa souffrance et son désespoir m'ont brisé le cœur, son silence est un cri de douleur assourdissant. S'il y a quelque chose à lui annoncer alors ce sera fait, je le ferais, en temps et en heure.
Peut-être que je m'emballe, peut-être que ça n'a rien à voir, peut-être que c'est encore un message de cette mystérieuse « organisation » qui souhaite entrer en contact avec moi. Oui, peut-être, mais je le sens dans le creux de mon ventre, il ne s'agit pas de ça. L'espoir trouble possiblement mes pensées, en entache ma clarté de jugement, je fais ce que je peux pour rester sinon détachée au moins de garder la tête et le sang froids au maximum.

Et puis les questions. Les milliards de questions. Pourquoi des coordonnées géographiques ?

Tout ça s'évapore quelques instant quand mon téléphone émet un bip familier. Je me précipite pour l'attraper et lire le message qui s'affiche sur l'écran. Margo. Qui sera là d'une minute à l'autre et dont j'écoute les directives. C'est son métier, elle a bien plus d'expérience que moi et son aide me sera précieuse tout autant que son amitié.
Lorsqu'elle arrive c'est d'abord le silence qui s'installe, un silence par lequel on communique sans besoin de mots. Je sais que je suis émotionnellement impliquée et que mes idées ne pourront sans doute pas être 100% claires tout comme son sang froid restera imperturbable. Encore une raison pour laquelle sa présence m'est précieuse.

« Montre ? »

Sans attendre une seconde de plus je lui tends le parchemin et la laisse faire. Pendant ce temps je l'observe, prends conscience de son état mais pas de place pour la culpabilité pour le moment. Plus tard, sûrement, mais pour l'heure mon esprit n'est focalisé que sur une seule et unique chose. Un seul et unique but. Je le sais, la chute peut être terrible, mais je suis prête à prendre le risque.

« Aparecium. »

Rien ne se passe.

« Tu n’as eu que ça avec ? Tu l’as reçu comment ? »
« Oui, juste ce bout de parchemin. Et il est arrivé avec un hibou que je ne connais pas. Je l'ai enfermé dans notre volière au cas où. Si jamais il peut nous apporter le moindre indice sur son expéditeur. »

J'y crois pas trop, en toute honnêteté, mais je ne laisserais absolument rien passer. Ma priorité est de retrouver Enzo, ensuite, de retrouver celui, celle ou ceux qui sont responsables de son état et de sa disparition. Il n'a pas pu s'échapper seul, il n'a pas pu disparaître dans la nature aussi vite et sans laisser de trace comme ça … C'est … Je ne veux tirer aucun plan sur la comète, mais à force de côtoyer le pire chez l'Homme on en vient à avoir le réflexe d'imaginer ce qu'il pourrait y avoir de pire.

Elle est là, la peur, elle me tiraille les entrailles à m'en faire mal, mais la détermination est bien plus forte. Peu importe la finalité, je ne pourrais trouver la tranquillité sans avoir étudié toutes les pistes et si ça doit me mettre en danger alors soit.

« Je sais que ça peut-être un piège, qu'on ne sait même pas vraiment de quoi il s'agit et que ça peut-être n'importe quoi d'autre, mais j'ai besoin d'en avoir le cœur net. »

Rien ni personne ne pourra m'empêcher de me rendre à ce point précis pour voir ce qu'il s'y passe. Absolument rien ni personne. Et je pense qu'elle le sait.

« On peut appeler plus de monde si tu penses que c'est nécessaire. Owen ou Dimitri, par exemple. J'ai besoin de ton jugement là dessus Margo, parce que telle que tu me vois je vais foncer tête baissée quoi qu'il arrive et j'ai conscience qu'on aura peut-être un comité d'accueil. »

Je ne suis pas suicidaire, je pense avoir déjà prouvé que j'étais parfaitement capable de me défendre mais prudence est de mise, de ça j'ai parfaitement conscience aussi. Et en toute sincérité, je ne sais pas ce qui est le mieux. Le fait d'être peu nombreux permet plus de discrétion j'imagine, mais plus de baguettes valent mieux que pas assez.
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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Mar 14 Aoû 2018 - 16:46

Tonight my head is spinning, I need something to pick me up
Isma & Margo


Elle en oublierai presque – presque… - ce qu’elle a vécue quelques heures plus tôt tant l’adrénaline pulse de nouveau dans ses veines. Un putain de shoot qui vous réveille, bien mieux qu’une claque dans la gueule.

- Oui, juste ce bout de parchemin. Et il est arrivé avec un hibou que je ne connais pas. Je l'ai enfermé dans notre volière au cas où. Si jamais il peut nous apporter le moindre indice sur son expéditeur.
- T’as bien fait. Même si ce connard a dû être prudent.

Les idées fusent dans son cerveau, son regard toujours perdu sur cette série de chiffre qui ne peut-être autre chose que des coordonnées géographiques. Quelque chose gronde dans le cœur de Margo, un sixième sens, quelque chose qui lui souffle qu’il ne faudrait pas perdre plus de temps à chercher midi quatorze heures.

- Oui, juste ce bout de parchemin. Et il est arrivé avec un hibou que je ne connais pas. Je l'ai enfermé dans notre volière au cas où. Si jamais il peut nous apporter le moindre indice sur son expéditeur. On peut appeler plus de monde si tu penses que c'est nécessaire. Owen ou Dimitri, par exemple. J'ai besoin de ton jugement là dessus Margo, parce que telle que tu me vois je vais foncer tête baissée quoi qu'il arrive et j'ai conscience qu'on aura peut-être un comité d'accueil.
- La réalité voudrait surtout que tu restes ici et que tu ne viennes pas avec moi. Tu es trop personnellement impliquée dans tout ça.

Parce qu’elle connait ce gosse depuis longtemps, qu’elle le considère bien plus qu’un simple élève. Les protocoles d’interventions resteront gravés dans ses veines, peu importe le métier qu’elle fait aujourd’hui, elle a ça dans le sang et elle le sait. Et son instinct lui souffle quelques directives, comme celle de garder Isma à l’abri ici, au cas où. Elle n’a aucun doute sur le potentiel de son amie d’enfance pour réussir à se défendre, bien loin de là. C’est une excellente et brillante sorcière aux épaules solides mais si cette dernière pense au comité d’accueil, Margo pense surtout à ce qu’elles pourraient trouver là-bas… Et elle ne parle pas d’ennemis.

- J’ai aucun doute sur tes capacités et ton professionnalisme et tu le sais mais si je t’amène avec moi mais promet moi que tu ne feras rien de fou ok ? Quoi qu’il se passe, quoi que l’on voie, tu restes à côté de moi.

Elle attend qu’Isma acquiesce, lui promette de respecter cet accord. Margo lui fait entièrement confiance, aveuglément même, mais elle ne supporterait pas qu’il lui arrive quoi que ce soit à cause d’une décision irréfléchie. Les deux femmes fonctionnent avec brio en tandem, le passé a prouvé ce fait plus d’une fois lorsqu’elles ont combattu côte à côté à Poudlard et ici, la jeune femme sait qu’encore une fois, il pourrait être utile de profiter de cette visible symbiose sur le terrain pour être deux fois plus efficace.

- Ce sont des coordonnées géographiques et s’il doit y avoir un comité d’accueil, il ou elle doit s’attendre à ce que l’on débarque en grande pompe, avec du soutient. Margo relève son regard vers Ismaëlle. Elle a rarement été si sérieuse dans sa vie. Je vais passer quelques coups de fils pour prévenir deux trois collègues de l’histoire, les avertir d’où est-ce que l’on va. Je me charge de tout ça. En attendant, prépare un sac à dos avec une trousse de soin. Je sais qu’on a la magie avec nous mais… juste au cas où. Prend aussi une bouteille d’eau.

Elle donne des directives, elle pourrait même se dire qu’elle est mal placée pour le faire. Elle n’a pas envie de commander Isma et ça n’est pas ce qu’elle fait mais il leur faut aller vite, consciencieusement malgré l’urgence. Margo échange un regard entendu avec sa précieuse amie avant de se saisir de son téléphone à carte et de passer quelques coups de fils. Le premier se trouvant être Jérémy, sans surprise.

#

- Ca devrait être par là.

Impossible de transplaner dans un coin qu’elles ne connaissent pas mais les deux femmes se retrouvent en pleine forêt, quelque part en Angleterre. Ça fait un bon quart d’heure qu’elles marchent, suivant ce GPS moldu agrémenté de quelques sortilèges pour leur donner l’indication exacte de ces coordonnées géographique.

- T’as bien ta baguette ?

Question stupide, question conne, mais l’instinct, l’humain, a besoin d’être rassurée par de simples mots même s’ils ne sont qu’évidence. Elle a suivi les conseils de Jérémy, ne prévenir personne d’autre que lui et un autre collègue. Margo a rapidement fait un détour par chez lui pour choper un autre gilet en kevlar qu’elle a donner à Ismaelle pour qu’elle puisse le glisser sous ses vêtements. Juste au cas où.
La forêt est vaste et n’importe qui pourrait se trouver aux environs mais Fenrir fait déjà le tour et Margo a entièrement confiance entre le lien de l’animal et sa maitresse. Il saura les prévenir si un danger rôde.

- Regarde.

Elles sont pile à l’endroit indiquée et ce qu’elles trouvent, ça n’est un corps, ni une embuscade. C’est même pire encore.
Une croix en bois est plantée au sol, bien droite, presque intemporelle. Le cœur de Margo s’accélère mais elle ne se précipite pas, se contentant pour l’instant d’agiter sa baguette afin d’y déceler quelconque piège, quelconque sortilège qui pourraient leur faire regretter leur précipitation. Et ce n’est qu’une fois certaines que rien de potentiellement dangereux ne se trame qu’elles s’abaissent toutes les deux pour y lire des inscriptions.

- D’autres coordonnées géographiques ?

Elle demande son avis même si la réponse leurs paraissent évidentes. Certainement. Un putain de jeu du chat et de la souris et pour Margo, il ne fait aucun doute : Quelqu’un joue avec elles. Le regard de Beaumont se baisser au pieds de cette croix. La terre est fraichement retournée, formant un petit amas où elle y plonge ses ongles déjà sales, sans hésitation. La boite qu’elle y trouve est simple. En bois, peinte de noir, elle s’ouvre d’une simple pression sur le couvercle.

- C’est quoi ces conneries.

Elle en sort un objet rectangulaire, plat et lumineux. Mais surtout, ce qui l’inquiète ce sont les chiffres qui y défilent. Un compte à rebours. On aurait pu croire à une bombe, que le piège est là, juste sous leurs pieds pour simplement leur exploser la gueule… mais les inscriptions « 00h – 49min – 35s » laisse présager tout l’inverse. Surtout lorsqu’elles extirpent de la boite, une mèche de cheveux appartenant au jeune homme tant recherché depuis plusieurs jours.

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MessageSujet: Re: Tonight my head is spinning, I need something to pick me up ▬ Margo   Hier à 22:06

« La réalité voudrait surtout que tu restes ici et que tu ne viennes pas avec moi. Tu es trop personnellement impliquée dans tout ça. »

Droite comme un i, mon regard braqué dans le sien sans ciller, je ne peux qu’acquiescer puisqu’elle a entièrement raison. J’en ai conscience et à sa place je réagirais de la même façon qu’elle, avec du recul et de la prudence, en essayant d’insinuer que, peut-être, elle ferait mieux de laisser les autres gérer. Et puis c’est son boulot, aussi. Mais dans ses yeux il y a autre chose, une éventualité que je ne peux concevoir même si elle flotte dans un recoin de ma propre tête chaque jour un peu plus.

« J’ai aucun doute sur tes capacités et ton professionnalisme et tu le sais mais si je t’amène avec moi mais promet moi que tu ne feras rien de fou ok ? Quoi qu’il se passe, quoi que l’on voie, tu restes à côté de moi. »

Mes mains tremblent, je peux sentir l’humidité envahir le dessous de mes paupières. Peu importe ce que l’on voit, hum ? Oui je sais à quoi elle fait référence et l’espace d’un instant c’est de la colère que je ressens. Pas envers elle, bien sûr, mais envers la situation. Je sais qu’il est possible que ce jeu macabre se termine par une vision d’horreur, je le sais, tout comme je sais que certains ont baissé les bras face à cette possibilité trop lourde depuis quelques temps – et je n’en veux à personne, qu’on soit clair là-dessus. Est-ce que je suis prête pour ça ? Non, bien sûr que non, mais j’ai besoin d’en avoir le cœur net une bonne fois pour toute sans pouvoir promettre quoi que ce soit quant à la façon dont je gèrerais tout ça.

« Je ne peux pas te promettre ça Margo. »

Les mots sortent dans un mélange de fébrilité et de glace, cette fois mes poings sont serrés.

« Mais je te promets de faire tout ce que je peux pour garder mon sang froid. Et obéir à tes instructions. »

J’ai été soldat, obéir à des « ordres » n’est pas un problème pour moi quand je sais qu’ils sont bons et je ne doute pas qu’ils le seront. Elle a mon entière confiance. Pour le reste … Oui, je ferais ce que je peux et je sais qu’on fonctionne très bien ensemble toutes les deux.

« Ce sont des coordonnées géographiques et s’il doit y avoir un comité d’accueil, il ou elle doit s’attendre à ce que l’on débarque en grande pompe, avec du soutient. »

Je l’écoute avec attention, cette fois il ne s’agit plus d’amitié mais d’une mission d’intervention. Son professionnalisme a un impact direct sur mes réactions, elles se calquent dessus. Elle sait ce qu’elle fait, c’est son domaine, je la suivrais aveuglément et écouterais ses instructions.

« Je vais passer quelques coups de fils pour prévenir deux trois collègues de l’histoire, les avertir d’où est-ce que l’on va. Je me charge de tout ça. En attendant, prépare un sac à dos avec une trousse de soin. Je sais qu’on a la magie avec nous mais… juste au cas où. Prend aussi une bouteille d’eau. »
« Bien. »

Une seconde s’écoule à peine avant que je n’entre dans la maison et attrape un sac où je place la trousse de secours toujours prête – elle peut servir à la fois pour les humains et les créatures, on l’a rempli ensemble avec Leiv – une bouteille d’eau, un peu de nourriture au cas où, deux capes de protection contre les intempéries et la gamelle portable de Fenrir. Parce que oui, il sera du voyage. Je n’ai pas envie de l’exposer à quelconque danger mais il connait l’odeur du garçon par cœur et sera un allier de taille. Avec ça j’emporte par réflexe quelques vêtements, ceux d’Enzo qu’Olivia m’a fait parvenir quand je le lui ai demandé.

#

« Ça devrait être par là. »

Nous préparer n’a pas pris beaucoup de temps et si Margo a prévenu certaines personnes de confiance j’ai appelé Owen de mon côté et puis Leiv, bien sûr, à qui je ne peux pas cacher ça. Il doit savoir où je me trouve si jamais il arrive quelque chose, question de confiance et d’évidence puis je garde dans un recoin de ma tête la possibilité pour qu’on ait besoin d’un médecin. Pour le reste c’est silence radio et j’essaie de ne pas penser aux personnes qu’il faudra prévenir si jamais cette mascarade se termine de la manière que je redoute le plus.

« T’as bien ta baguette ? »

Pour seule réponse un hochement de tête, puisqu’à vrai dire je n’écoute pas réellement. Mon esprit est focalisé sur … trop de choses, je le sais bien. Margo en tête, son GPS dans la main, je la laisse ouvrir la marche tout en gardant un œil plus qu’attentif sur Fenrir qui encercle le périmètre instinctivement. Si quelqu’un approche il nous préviendra, il le sentira avant nous. Ça fait maintenant de nombreuses minutes que l’on marche à la recherche de ce point exact. J’essaie de rester calme mais à l’intérieur chaque pas me fait bouillir un peu plus. Les émotions qui m’envahissent forment un maelstrom assourdissant, la colère et la peur en tête de liste. Margo a raison, je n’aurais pas dû venir, mais personne n’aurait pu m’en empêcher.

« Regarde. »

Je n’ai pas réalisé tout de suite qu’elle s’était arrêtée, il ne suffit que d’un pas de côté pour sentir mon cœur s’arrêter face à cette vision qui me fige des pieds à la tête. Là, plantée dans le sol, une croix en bois. Ce n’est ni un calvaire ni une ode à la mort du fils de Dieu mais bel et bien ce qui ressemble à une tombe. Je perçois les mouvements de mon amie, devine ce qu’elle est en train de faire, mon regard n’arrive pas à se détacher de l’objet alors que Fenrir vient passer sa tête sous ma main comme s’il avait senti que quelque chose n’allait pas. Bien sûr qu’il l’a senti. Et bien sûr que quelque chose ne va pas.
Il y a des inscriptions sur cette croix, j’attends le feu vert de la tireuse d’élite et me penche en même temps qu’elle pour y lire une nouvelle suite de chiffre et de lettres que je reconnais aussitôt là encore.

« D’autres coordonnées géographiques ? »
« On dirait bien. »

Je serre tellement les mâchoires que les débloquer pour laisser sortir ces trois mots me fait mal. Au pied de l’objet la terre est fraichement retournée et sans me détendre pour autant je laisse un soupir m’échapper en réalisant qu’il est bien trop petit pour contenir un corps, qu’il soit animal ou humain. Margo y plonge la main avant que Fenrir ait eu le temps de se mettre à creuser et en ressort une petite boite qu’elle ouvre sans attendre.

« C’est quoi ces conneries. »

A l’intérieur se trouve un objet que je n’identifie pas vraiment, une sorte de boitier, mais lorsque je vois les chiffres défiler sous nos yeux l’évidence se fait plus franche. Un compte à retours. Ça pourrait être une bombe, un piège qui nous est destiné, mais lorsque Fenrir laisse échapper un couinement tout en plongeant sa truffe dans la boite et que je réalise ce qu’il y a senti mes yeux se ferment l’espace d’une seconde tandis que je serre les poings avec force. Il pourrait être à n’importe qui ces cheveux, mais mon chien n’aurait pas réagi de cette manière s’il n’appartenait pas au garçon que l’on cherche désespérément depuis de trop nombreux jours. En moi la tempête gronde, l’orage et les vagues se font plus puissantes.

Quelqu’un s’amuse avec nous, s’est probablement amusé avec lui, et ce compte à rebours ne laisse présager rien de bon.

« On n’a pas de temps à perdre. »

Le ton est froid, sec, le regard est dur et les traits tirés.

#

Une nouvelle étape, des coordonnées trouvées au dernier moment et dont le réceptacle a explosé à terme du compte à rebours. A l’intérieur de cette nouvelle boite, d’autres coordonnées … J’ai l’impression de devenir folle.

« Merde ! Merde ! Merde ! »

Je perds patience, ce jeu terrible nous entraine d’indice en indice et mes nerfs menacent de lâcher dangereusement à chaque arrêt. Si un jour je tiens l’auteur de cette mascarade entre mes mains … Oui, bien sûr l’espace d’un instant j’ai des pensées obscures. Elles se temporisent, un peu.

« Je veux que cette pourriture moisisse dans une cellule d’Azkaban pour le reste de sa putain d’existence. »

Mais par-dessus tout, je veux le retrouver. Lui, ce garçon supposément au bout de ce fil d’Ariane qui n’en finit pas à mesure que la journée défile. Les signes de fatigue sont bien présents, aussi bien physique que mentale, la plus part du chemin se fait dans le silence et j’ai l’estomac bien trop noué pour réussir à manger quoi que ce soit. Margo me force, m’encourage, ça me fait du bien malgré tout.

Et puis finalement, d’autres coordonnées nous amènent jusqu’à une sorte de clairière où la luminosité peine à passer. Il commence déjà à faire sombre, rien d’apparent sur le sol, rien dans les arbres, jusqu’à ce que Margo trouve le passage. Une trappe, un accès au sous-sol, j’en ai le cœur au bord des lèvres et ne suis pas capable de rester à l’extérieur quand elle me dit de le faire après être entrée avant moi. Ce qui me frappe en premier est l’austérité de cette … pièce ? Mais surtout l’odeur, acre, envahissante, qui me force à plaquer ma main sur mon le bas de mon visage à la première effluve alors que je descends les marches Lumos activé.

« Par Merlin, qu’est-ce que c’est que c’est que cet endroit ? »

Une sorte de bunker sous terrain, quelques étagères plus ou moins vides, sans doute l’abri d’un survivaliste laissé à l’abandon. Un endroit aseptisé, silencieux … jusqu’au cri étouffé que je retiens quand cette vision que – je le sais, instantanément – je n’oublierais jamais s’expose à mes yeux et à mon cœur. Si je me fige Fenrir lui s’élance et je suis incapable de le retenir. Les larmes sont déjà là, coincées sous mes paupières, accompagnées de tremblements qui me secouent tout le corps tandis que mes yeux glissent sur cette silhouette nue recroquevillée sur elle-même, enfermée dans une cage, laissant présager tout ce qu’il a pu y subir.
Il est là, sous sa forme humaine, la peau parsemée de marques laissant deviner quelques blessures déjà refermées, les côtes saillantes … Je ne vois pas son visage, je ne reconnais pas ce corps décharné, mais je le sais, je le sens dans mes tripes. C’est lui. Et la seule raison qui m’empêche de me précipiter vers cet enfant réside dans le fait que la peur me paralyse les jambes.

Celle d’arriver trop tard.

« Je t’en supplie, dis-moi qu’il respire encore. »

Les émotions me serrent la gorge, m’étranglent, j’ai du mal à respirer.
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