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 Let the river run ▬ Emily

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MessageSujet: Let the river run ▬ Emily   Mar 15 Mai 2018 - 19:03

Let the river run
Emily & Cameron


■ Samedi 19 Septembre 2015 – Dans la soirée ■

Prendre la fuite n'est clairement pas dans mes mœurs, absolument pas dans mes habitudes, pourtant c'est bien moi qui suis en train de courir dans l'immobilité et l'obscurité des rues, le cœur au bord des lèvres. Je peux me targuer d'avoir l'estomac bien accroché, d'être à l'épreuve des balles et de tout un tas d'autres conneries mais ça, j'ai pas su faire. J'ai pas su rester droit, stoïque, face au spectacle que j'avais sous les yeux et qui me pendait au nez depuis quelques jours. J’ai pas su faire face à quelque chose que j’ai pourtant cherché il y a encore pas si longtemps. J’ai pas su faire face à mon propre sang.
Y a bien longtemps que j'ai fait une croix sur tout ça, sur cette vision un peu idéale de la famille qu'ont tous les gosses. Sullivan a été mon père et ma mère en plus d'être mon grand-frère, il n'y a que lui qui a réellement eu de l'importance dans tout ce merdier et plus je m'éloigne toujours plus vite et perds mon souffle, plus je lui en veux de m'avoir abandonné lui aussi.
Parce que ça, j'ai pas les épaules assez larges pour l'encaisser. Complètement pris au dépourvu, déjà fragilité par avance, j'en ai perdu toutes mes fondations d'un coup, le genre de truc qui vous fout par terre brutalement, sans prévenir. Et pourtant je continue de courir comme un dératé sans réellement savoir où je vais. Simplement parce que je ne suis pas en capacité d'avoir un geste ou une pensée cohérente.

Aussi parce que je ne veux pas qu’il me rattrape.

C’est pas lui ma famille, pas elle non plus. Emily, Kyle, Jillian, Enzo, William, Dimitri ou Margo, ce sont eux ma famille, c’est avec eux que je me construis, me reconstruis, avec eux que je suis reparti de zéro parce que j’avais plus rien, parce qu’on m’a tout enlevé du jour au lendemain.

Les autres, ils ne font pas ou plus partie du décor depuis bien longtemps.

Ça m’aura pris une vingtaine de minutes avant de m’arrêter, à bout de souffle, sans même trop savoir où j’étais, sans faire attention au regard des gens, sans chercher à comprendre où j'allais. Mes proches le savent, je suis plutôt du genre à me planquer, m’isoler, me barricader dans le silence quand ça va pas. Si je fonctionne comme ça c’est parce que je sais que je peux le gérer tout seul et que je préfère, à de rares exceptions, mais ça n’est pour autant pas que je les tiens à distance ou cherche à les protéger, les épargner de je ne sais trop quoi. Ça ne veut pas non plus dire que je ne leur fais pas confiance. Je crois que c'est simplement de la pudeur, quelque chose comme ça et je sais bien que ce début d'année a été compliqué, je sais que j'ai fait une connerie, mais aujourd'hui tout va bien. Disons qu'on fait aller étant donné les circonstances générales et l'absence de certains, le doute et les angoisses.
Ce soir j’ai pas envie de me planquer, c’est même tout l’inverse, alors à l’instinct je suis une trajectoire bien précise : Celle qui me mènera à Emily. C’est elle que j’ai envie et besoin de voir, ma petite sœur, le pilier central de cette bulle que je me suis créé au fil des années et que j’appelle Famille.
Elle bosse ce soir mais vu l’heure je me dis qu’elle ne tardera pas à sortir. Loin de moi l’idée de débarquer pendant son service, d’autant que de la patience j’en ai à revendre, alors je me contente de me poser contre un muret en face du resto où je peux la voir évoluer de l’autre côté des vitres – le regard plein de fierté fraternel je l’admets. Quitter Poudlard n’a pas été une chose facile pour elle,  je suis heureux et fier de la voir trouver de nouveaux repères. Assis dans un coin où les réverbères ne m’éclatent pas trop les yeux je fume un pétard pour me détendre. Je sais très bien ce que je risque, à savoir pas grand-chose parce que les flics ne vont pas m'embarquer pour ça. De toute façon, je l'admets, ça me passe actuellement au dessus de la tête celle-ci étant préoccupée par bien autre chose. Ou complètement vide de tout, à contrario.

Je dois être un désastre visuel, je ne m'en rends pas bien compte à vrai dire. Ça n'a pas vraiment d'importance. Je sais qu'Emily captera rapidement qu'un truc ne va pas simplement parce que je n'ai pas l'intention de cacher quoi que ce soit. Si c'était le cas je ne serais pas là, ce dont j'ai besoin c'est de parler avec ma sœur parce que là, tout seul, à chaud, j'arrive pas à y voir clair et faire la part des choses. Même si c'est moi l'ainé, celui qui donne plus de conseils peut-être ou en tout cas n'en demande pas souvent, ça ne veut pas dire que je n'en ai pas besoin. Ou simplement d'une oreille attentive et d'une épaule sur laquelle poser ma tête un instant, le temps de reprendre mon souffle.
   
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Jeu 17 Mai 2018 - 21:38

Finalement, les choses finissent par se mettre en place. Les jours finissent par se succéder, par se ressembler presque. Comme si la vie finissait toujours pas trouver son chemin, par réussir à s’imposer face à tout. Le début de l’année scolaire avait été chaotique et Emily était passée par de multiples émotions. La peur de perdre Kezabel, son faux départ, sa colère… Et l’attaque à Poudlard, le retour de la peur. Même si Ems n’était pas dans les murs du Château, elle avait senti ce frisson de terreur l’envahir lorsqu’elle avait appris. Ils étaient de retours, ils étaient forts et elle savait ce que cela signifiait. Elle allait devoir rester sur ses gardes, faire attention à ceux qui pourraient parler d’elle à sa famille et la mettre en difficulté. Et puis, elle pensait à ceux dont on n’avait que peu de nouvelles, ceux qui étaient restés là-bas… Emily ne les oubliait pas mais indéniablement, elle avait commencé sa nouvelle vie. Après des recherches acharnées, elle avait réussi à trouver un travailler. Dans une brasserie, elle faisait la serveuse. Elle partait assez tôt le matin, passant des cafés aux repas du midi et finissant ses journées sur les bières de la fin d’après-midi. Cela lui convenait, elle prenait ses marques et s’y plaisait. Servir les clients, leur sourire, discuter rapidement avec certain… Le boulot était fatiguant et les premiers jours l’avaient un peu mises K.O. Mais elle s’y était fait et était heureuse dans son travail. Son patron était satisfait de ses progrès, elle avait appris rapidement même s’il lui restait quelques lacunes. Mais surtout, elle sentait qu’elle prenait peu à peu sa place dans ce monde.

Samedi, dans l’après-midi, Emily enfile un pantalon noir, un chemisier blanc et file au boulot. Son patron lui a demandé de faire un extra dans la soirée et elle a accepté. Un peu d’argent en plus, ce n’était pas de refus et elle n’avait pas de plan ce jour-là. Ems était heureuse de cette indépendance financière. Son patron avait accepté de lui faire une avance pour qu’elle puisse s’acheter des tenues pour le travail. Il n’avait pas posé de question sur le fait qu’elle n’ait aucune ressource que celles de son frère. Il l’avait sans doute prise pour une jeune révoltée qui avait quitté le foyer familial pour errer avant de chercher à se ressaisir. Ce n’était pas totalement faux et de toute façon, il lui était impossible d’expliquer la vérité. En tout cas, la bienveillance dont il avait fait preuve elle n’avait fait qu l’encourager à faire son travail avec application. Et elle était fière de dire à Cameron qu’elle pourrait l’aider pour le loyer, les courses… Elle voyait se dessiner devant eux une nouvelle vie. Un truc dont il n’aurait jamais osé rêver un an auparavant. Et grâce à ça, elle arpentait les rues de Londres le sourire aux lèvres.

La soirée avait été chargée mais Emily n’avait pas eu le loisir de voir le temps passer. Elle avait bien cavalé et était contente d’avoir le droit de porter des baskets noires simples pour le boulot. Même pas le temps d’une pause cigarette. Alors, quand enfin l’heure de fin de service fut arrivée et qu’elle put s’asseoir quelques secondes sur une chaise, elle poussa un soupir d’aise. Cela ne dura pas longtemps, elle aida ses collègues à ranger, faire le ménage. Finalement, le patron vint la voir avec ses pourboires de la soirée, le montant de son extra et lui souhaita une bonne soirée. L’esprit léger, Emily quitta la brasserie. Sur le trottoir, après avoir dit aurevoir à ses collègues, elle sortit son paquet de cigarettes, en glissa une entre ses lèvres et s’apprêta à sortir son téléphone pour voir si Kezabel lui avait écrit. Mais alors qu’elle rangeait tout juste son briquet dans sa poche, une silhouette attira son attention. Même dans l’obscurité elle le reconnaissait. Emily pressa alors le pas pour le rejoindre. Elle vint s’asseoir auprès de lui, sur le banc, soufflant doucement la fumée de sa cigarette.

« Dure soirée ? »

Sa cigarette entre ses doigts, Emily avait tourné son regard vers son frère. Cameron avait l’air fatigué, l’odeur qui planait autour de lui était celle du cannabis, Ems savait facilement la reconnaître. Pour qu’il soit là, à fumer en pleine rue, devant son boulot, c’était qu’un truc clochait. Elle n’était pas habituée à le voir comme ça et pourtant, les rares fois où c’était arrivé, elle l’avait tout de suite vu, compris. Elle n’allait pas le presser, pas lui faire la morale. Et elle resterait assise sur ce banc aussi longtemps que nécessaire. Elle sortit cependant de son sac une cannette de coca. Un collègue lui avait filé pendant le service pour la requinquer, elle n’avait pas eu le temps de la boire. Elle la tendit à Cameron, si jamais ça pouvait lui faire du bien. Avec ce qu’il fumait, il devait avoir soif de toute façon.

« Si besoin j’ai touché assez de pourboires ce soir pour te payer de l’alcool, même celui de l’épicerie du coin qui coûte un bras. »

Emily esquissa alors un doux sourire avant de tirer une nouvelle taffe sur sa cigarette. Elle laissa alors son dos s’appuyer sur le dossier du banc et plongea son regard dans le ciel. Trop de lampadaires pour qu’on puisse voir les étoiles. Il était noir encre. Ems le fixerait aussi longtemps que nécessaire. Elle savait qu’il n’était plus temps pour elle de parler, de raconter des conneries mais bien d’écouter. Et qu’importe si Cameron avait besoin de temps avant de réussir à formuler les choses. Elle attendrait.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Jeu 24 Mai 2018 - 22:08

J’ai juste à la voir débarquer comme ça, heureuse, épanouie, pour ressentir le poids du monde un peu plus léger sur mes épaules. Un jour je me dis qu’on deviendra peut-être des gens sains et qu’on arrêtera de fumer mais pas ce soir. Sa clope va se consumer en stéréo avec mon joint et ça sera très bien comme ça.

« Dure soirée ? »

Elle vient de s’assoie à côté de moi, je baisse mes yeux explosés sur le sol et lâche un rire bref, probablement un peu ironique.

« J’ai connu plus tranquille. »

Le silence et l’immobilité s’installe entre nous deux, elle me connait par cœur et sait que quelque chose cloche mais qu’en général j’ai besoin de temps pour laisser sortir ce qui coince ou me travaille. Je redescends doucement, mon cœur a fini de battre comme si je courrais un marathon et je la regarde distraitement s’agiter tout en tirant une nouvelle latte sur mon pétard. Elle finit par me tendre une canette de coca et sans trop savoir pourquoi je scotche un peu dessus. Je réalise seulement que j’ai la gorge sèche et que ce truc chimique au possible me fait vraiment envie là tout de suite.

« Si besoin j’ai touché assez de pourboires ce soir pour te payer de l’alcool, même celui de l’épicerie du coin qui coûte un bras. »
« Et qui va nous filer mal au crane pendant une semaine. »

Cette fois le rire qui m’échappe est plus franc et j’attrape la canette sans trop réfléchir, l’ouvrant et buvant plusieurs gorgées d’affilé avant de la lui rendre.

« Merci Tigresse. Mais garde tes pourboires pour offrir un cadeau à Kezabel à la prochaine Saint Valentin. »

Si je me moque ? Bien sûr que je me moque. Et bien sûr qu’elle me rendra.
Le silence retombe un peu, je me laisse aller contre le dossier et tout comme elle regarde le ciel sans réellement le voir. Jusqu’à ce que les mots prennent forme et éclatent de réalité.

« Je viens de me retrouver nez à nez avec ma mère. »

Et putain, je pensais pas que ça pouvait être aussi violent de prononcer ce mot. Mère. La concernant je suis passé par différentes phases tout au long de ma vie. Au départ elle me manquait, sans doute plus pour ce qu'elle représentait que pour la personne qu'elle était. En grandissant je l'ai oublié, puis détesté, pardonné, cherché, abandonné à mon tour. Je n'ai pas eu besoin d'elle pour me construire et je n'ai jamais ressenti le manque de parents autour de moi. J'avais mon frère, mes frères, et tout le reste de la communauté. En arrivant à Poudlard j'étais déjà plus un adulte qu'un gamin dans ma tête ou en tout cas j'étais en chemin et les choses qu'on a vécu là-bas ont accéléré le processus.

Aujourd'hui tout ça bascule et j'atterris à peine, coincé dans une sorte de statut quo mêlé d'un retour brutal en arrière sans savoir ce que je ressens vraiment. D'autant qu'elle n'est pas seule dans le décor.

« Elle est là, à Londres, avec deux autres gamins dans ses bagages et apparemment un nouvel abruti pour leur servir de père. Ou de beau-père. »

Je ne vais pas commencer à la juger, dans le fond je ne connais pas cette femme, mais difficile de ne pas avoir l'impression qu'elle répète le même schéma. Et alors quoi, elle va les larguer ceux-là aussi ? C'est pas l'impression qu'elle m'a donné et j'aurais aimé que ça ne me fasse rien, que ça ne me donne pas le sentiment d'être … un gosse abandonné qui voit sa mère voler au secours de son fils alors qu'elle ne l'a jamais fait pour moi.

« J’avais pas tellement prévu ça, surtout pas en ce moment, et je sais pas du tout comment le gérer. »

Penché en avant, coudes sur les genou, j'ai le regard dans le vide et la jambe droite qui s'agite nerveusement. Tout ça me travaille bien plus que je le voudrais et une part de moi à envie de faire comme si rien ne s'était passé, comme s'ils n'existaient pas. J'ai vécu sans eux toute ma vie, pourquoi je devrais prendre leur existence en considération maintenant ? Une famille j'en ai déjà une, j'en ai pas besoin d'une deuxième.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Hier à 15:23

Il avait laissé échapper un rire, Emily l’avait accompagnée, soulagée. Son rire n’était malsain, mauvais ou cynique, il était franc. S’il était encore capable de ça, c’était déjà une bonne chose bien qu’à aucun moment elle n’oserait sous-estimer la peine qu’il ressentait en cet instant. Mais il boit aussi, un peu de soda qu’elle lui a offert, un bon signe aussi. Elle récupère finalement la cannette des mains de Cameron et laisse à son tour glisser une gorgée dans sa bouche. Le soda plein de sucre le soir, ce n’est pas forcément la meilleure chose au monde mais autant dire que cela est le cadet de ses soucis. Son grand-frère quant à lui semble encore suffisamment lucide pour ne pas laisser passer une occasion en or de se moquer un peu d’elle. Emily ouvre grand la bouche, baisse lentement la cannette et lui donne finalement un coup d’épaule.

« Sois pas jaloux, j’te ferai un cadeau aussi pour l’occasion va. »

Dans un autre contexte, Emily aurait sans doute insisté encore plus, aurait fait une référence à la chérie de son frère et l’aurait fait tourner en bourrique. A moins qu’il ne prenne le dessus. Mais pas ce soir. Elle sentait bien que malgré les petites plaisanteries, il y avait des choses à ne pas oublier. Alors elle se contenta de ce sourire amusé et puis, du silence. Elle buvait distraitement quelques gorgées de soda tout en tirant sur sa cigarette. Le silence n’était pas complet, malgré l’heure tardive il y avait encore du bruit dans les rues, des véhicules, quelques conversations de gens de passage. Ems se rendait compte qu’elle trouvait ces sons rassurants, qu’elle les apprécierait. Elle n’aurait pas aimé en cet instant un silence total, sans trop savoir pourquoi. Sa cigarette se termine, Emily se penche pour l’écraser et la range dans son cendrier portatif. C’est à cet instant que la voix de Cameron se fait entendre. La jeune femme interrompt son geste quelques secondes pour relever les yeux vers lui. Sa mère ?

Le cendrier claque en se refermant. Emily le glisse dans sa poche alors que son regard est toujours posé sur le visage de Cameron. Lui fixe toujours le ciel. Ce n’est pas important, elle n’a pas besoin de l’avoir bien en face pour voir ce qu’il se passe sur son visage. Elle attend et il continue. Deux autres enfants, ses frères et sœurs donc par extension ? Emily ne dit toujours rien. Cameron se penche en avant, sa jambe bouge nerveusement, il a encore des choses à dire. La cannette tourne entre ses doigts. Les mots glissent finalement. Il a l’air perdu, il ne maîtrise pas la situation et ça le chamboule.

Emily s’assoit finalement en tailleur sur le banc, en face de Cameron. Elle se penche pour poser la cannette qui n’est pas vide aux pieds du banc. Ils en voudraient peut-être après. Son regard se perd sur le visage de son frère. Elle attend encore un peu, pour être sûre de ne pas l’interrompre. Et puis, finalement, elle tend une main et vient la poser avec douceur sur la jambe de Cameron qui ne cesse de bouger.

« Je pense pas qu’il y ait une bonne façon de gérer ce genre de choses. »

Si un manuel existait pour ce genre de situations, ils seraient preneurs. Malheureusement, ils allaient devoir faire avec leurs seules armes, maladroites peut-être, pas spécialement taillées pour mais c’était tout ce qu’ils avaient. Oui, ils. Parce que même si cette histoire concernait le passé de Cameron, elle l’accompagnerait jusqu’au bout. Il n’était pas venu ici pour rien. Il avait besoin d’aide, de soutien et c’était ce qu’elle devait lui fournir. S’il lui demandait de prendre ses distances, elle le ferait mais ça ne semblait pas être dans ses plans. Alors ils allaient gérer ça ensemble, à leur manière et à leur rythme.

« Elle t’a vue ou tu es le seul à l’avoir aperçue ? »

Emily sentait une foule d’émotions et de sentiments contradictoires l’envahir. Elle faisait au mieux pour ne pas les écouter, pour ne pas y prêter attention. Mais comment avait-il su pour les enfants ? L’avait-il vue avec ? Etait-ce un terrible hasard ou cette affaire était-elle un peu plus ancienne ? Difficile à dire et même si elle brûlait d’envie de savoir, de comprendre, d’avoir tous les éléments, elle savait qu’elle ne pouvait pas le brusquer, que cela ne lui apporterait rien de bon, bien au contraire.

« Tu sais s’ils sont à Londres depuis longtemps ? »

Depuis combien de temps la mère de Cameron pouvait-elle être dans les parages ? Emily sortit alors son paquet de cigarettes de ses affaires et en sortit une nouvelle qu’elle alluma. Les enchaîner, ce n’était pas bien mais ça l’aidait à se concentrer. Son regard n’avait pas quitté Cameron. Elle avait finalement retiré sa main de sa jambe, pour ne pas l’oppresser mais restait attentive au moindre signe. Elle l’aurait pris dans ses bras dans la seconde si ça avait pu lui donner des réponses.
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