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 Let the river run ▬ Emily

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MessageSujet: Let the river run ▬ Emily   Mar 15 Mai 2018 - 19:03

Let the river run
Emily & Cameron


■ Samedi 19 Septembre 2015 – Dans la soirée ■

Prendre la fuite n'est clairement pas dans mes mœurs, absolument pas dans mes habitudes, pourtant c'est bien moi qui suis en train de courir dans l'immobilité et l'obscurité des rues, le cœur au bord des lèvres. Je peux me targuer d'avoir l'estomac bien accroché, d'être à l'épreuve des balles et de tout un tas d'autres conneries mais ça, j'ai pas su faire. J'ai pas su rester droit, stoïque, face au spectacle que j'avais sous les yeux et qui me pendait au nez depuis quelques jours. J’ai pas su faire face à quelque chose que j’ai pourtant cherché il y a encore pas si longtemps. J’ai pas su faire face à mon propre sang.
Y a bien longtemps que j'ai fait une croix sur tout ça, sur cette vision un peu idéale de la famille qu'ont tous les gosses. Sullivan a été mon père et ma mère en plus d'être mon grand-frère, il n'y a que lui qui a réellement eu de l'importance dans tout ce merdier et plus je m'éloigne toujours plus vite et perds mon souffle, plus je lui en veux de m'avoir abandonné lui aussi.
Parce que ça, j'ai pas les épaules assez larges pour l'encaisser. Complètement pris au dépourvu, déjà fragilité par avance, j'en ai perdu toutes mes fondations d'un coup, le genre de truc qui vous fout par terre brutalement, sans prévenir. Et pourtant je continue de courir comme un dératé sans réellement savoir où je vais. Simplement parce que je ne suis pas en capacité d'avoir un geste ou une pensée cohérente.

Aussi parce que je ne veux pas qu’il me rattrape.

C’est pas lui ma famille, pas elle non plus. Emily, Kyle, Jillian, Enzo, William, Dimitri ou Margo, ce sont eux ma famille, c’est avec eux que je me construis, me reconstruis, avec eux que je suis reparti de zéro parce que j’avais plus rien, parce qu’on m’a tout enlevé du jour au lendemain.

Les autres, ils ne font pas ou plus partie du décor depuis bien longtemps.

Ça m’aura pris une vingtaine de minutes avant de m’arrêter, à bout de souffle, sans même trop savoir où j’étais, sans faire attention au regard des gens, sans chercher à comprendre où j'allais. Mes proches le savent, je suis plutôt du genre à me planquer, m’isoler, me barricader dans le silence quand ça va pas. Si je fonctionne comme ça c’est parce que je sais que je peux le gérer tout seul et que je préfère, à de rares exceptions, mais ça n’est pour autant pas que je les tiens à distance ou cherche à les protéger, les épargner de je ne sais trop quoi. Ça ne veut pas non plus dire que je ne leur fais pas confiance. Je crois que c'est simplement de la pudeur, quelque chose comme ça et je sais bien que ce début d'année a été compliqué, je sais que j'ai fait une connerie, mais aujourd'hui tout va bien. Disons qu'on fait aller étant donné les circonstances générales et l'absence de certains, le doute et les angoisses.
Ce soir j’ai pas envie de me planquer, c’est même tout l’inverse, alors à l’instinct je suis une trajectoire bien précise : Celle qui me mènera à Emily. C’est elle que j’ai envie et besoin de voir, ma petite sœur, le pilier central de cette bulle que je me suis créé au fil des années et que j’appelle Famille.
Elle bosse ce soir mais vu l’heure je me dis qu’elle ne tardera pas à sortir. Loin de moi l’idée de débarquer pendant son service, d’autant que de la patience j’en ai à revendre, alors je me contente de me poser contre un muret en face du resto où je peux la voir évoluer de l’autre côté des vitres – le regard plein de fierté fraternel je l’admets. Quitter Poudlard n’a pas été une chose facile pour elle,  je suis heureux et fier de la voir trouver de nouveaux repères. Assis dans un coin où les réverbères ne m’éclatent pas trop les yeux je fume un pétard pour me détendre. Je sais très bien ce que je risque, à savoir pas grand-chose parce que les flics ne vont pas m'embarquer pour ça. De toute façon, je l'admets, ça me passe actuellement au dessus de la tête celle-ci étant préoccupée par bien autre chose. Ou complètement vide de tout, à contrario.

Je dois être un désastre visuel, je ne m'en rends pas bien compte à vrai dire. Ça n'a pas vraiment d'importance. Je sais qu'Emily captera rapidement qu'un truc ne va pas simplement parce que je n'ai pas l'intention de cacher quoi que ce soit. Si c'était le cas je ne serais pas là, ce dont j'ai besoin c'est de parler avec ma sœur parce que là, tout seul, à chaud, j'arrive pas à y voir clair et faire la part des choses. Même si c'est moi l'ainé, celui qui donne plus de conseils peut-être ou en tout cas n'en demande pas souvent, ça ne veut pas dire que je n'en ai pas besoin. Ou simplement d'une oreille attentive et d'une épaule sur laquelle poser ma tête un instant, le temps de reprendre mon souffle.
   
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Jeu 17 Mai 2018 - 21:38

Finalement, les choses finissent par se mettre en place. Les jours finissent par se succéder, par se ressembler presque. Comme si la vie finissait toujours pas trouver son chemin, par réussir à s’imposer face à tout. Le début de l’année scolaire avait été chaotique et Emily était passée par de multiples émotions. La peur de perdre Kezabel, son faux départ, sa colère… Et l’attaque à Poudlard, le retour de la peur. Même si Ems n’était pas dans les murs du Château, elle avait senti ce frisson de terreur l’envahir lorsqu’elle avait appris. Ils étaient de retours, ils étaient forts et elle savait ce que cela signifiait. Elle allait devoir rester sur ses gardes, faire attention à ceux qui pourraient parler d’elle à sa famille et la mettre en difficulté. Et puis, elle pensait à ceux dont on n’avait que peu de nouvelles, ceux qui étaient restés là-bas… Emily ne les oubliait pas mais indéniablement, elle avait commencé sa nouvelle vie. Après des recherches acharnées, elle avait réussi à trouver un travailler. Dans une brasserie, elle faisait la serveuse. Elle partait assez tôt le matin, passant des cafés aux repas du midi et finissant ses journées sur les bières de la fin d’après-midi. Cela lui convenait, elle prenait ses marques et s’y plaisait. Servir les clients, leur sourire, discuter rapidement avec certain… Le boulot était fatiguant et les premiers jours l’avaient un peu mises K.O. Mais elle s’y était fait et était heureuse dans son travail. Son patron était satisfait de ses progrès, elle avait appris rapidement même s’il lui restait quelques lacunes. Mais surtout, elle sentait qu’elle prenait peu à peu sa place dans ce monde.

Samedi, dans l’après-midi, Emily enfile un pantalon noir, un chemisier blanc et file au boulot. Son patron lui a demandé de faire un extra dans la soirée et elle a accepté. Un peu d’argent en plus, ce n’était pas de refus et elle n’avait pas de plan ce jour-là. Ems était heureuse de cette indépendance financière. Son patron avait accepté de lui faire une avance pour qu’elle puisse s’acheter des tenues pour le travail. Il n’avait pas posé de question sur le fait qu’elle n’ait aucune ressource que celles de son frère. Il l’avait sans doute prise pour une jeune révoltée qui avait quitté le foyer familial pour errer avant de chercher à se ressaisir. Ce n’était pas totalement faux et de toute façon, il lui était impossible d’expliquer la vérité. En tout cas, la bienveillance dont il avait fait preuve elle n’avait fait qu l’encourager à faire son travail avec application. Et elle était fière de dire à Cameron qu’elle pourrait l’aider pour le loyer, les courses… Elle voyait se dessiner devant eux une nouvelle vie. Un truc dont il n’aurait jamais osé rêver un an auparavant. Et grâce à ça, elle arpentait les rues de Londres le sourire aux lèvres.

La soirée avait été chargée mais Emily n’avait pas eu le loisir de voir le temps passer. Elle avait bien cavalé et était contente d’avoir le droit de porter des baskets noires simples pour le boulot. Même pas le temps d’une pause cigarette. Alors, quand enfin l’heure de fin de service fut arrivée et qu’elle put s’asseoir quelques secondes sur une chaise, elle poussa un soupir d’aise. Cela ne dura pas longtemps, elle aida ses collègues à ranger, faire le ménage. Finalement, le patron vint la voir avec ses pourboires de la soirée, le montant de son extra et lui souhaita une bonne soirée. L’esprit léger, Emily quitta la brasserie. Sur le trottoir, après avoir dit aurevoir à ses collègues, elle sortit son paquet de cigarettes, en glissa une entre ses lèvres et s’apprêta à sortir son téléphone pour voir si Kezabel lui avait écrit. Mais alors qu’elle rangeait tout juste son briquet dans sa poche, une silhouette attira son attention. Même dans l’obscurité elle le reconnaissait. Emily pressa alors le pas pour le rejoindre. Elle vint s’asseoir auprès de lui, sur le banc, soufflant doucement la fumée de sa cigarette.

« Dure soirée ? »

Sa cigarette entre ses doigts, Emily avait tourné son regard vers son frère. Cameron avait l’air fatigué, l’odeur qui planait autour de lui était celle du cannabis, Ems savait facilement la reconnaître. Pour qu’il soit là, à fumer en pleine rue, devant son boulot, c’était qu’un truc clochait. Elle n’était pas habituée à le voir comme ça et pourtant, les rares fois où c’était arrivé, elle l’avait tout de suite vu, compris. Elle n’allait pas le presser, pas lui faire la morale. Et elle resterait assise sur ce banc aussi longtemps que nécessaire. Elle sortit cependant de son sac une cannette de coca. Un collègue lui avait filé pendant le service pour la requinquer, elle n’avait pas eu le temps de la boire. Elle la tendit à Cameron, si jamais ça pouvait lui faire du bien. Avec ce qu’il fumait, il devait avoir soif de toute façon.

« Si besoin j’ai touché assez de pourboires ce soir pour te payer de l’alcool, même celui de l’épicerie du coin qui coûte un bras. »

Emily esquissa alors un doux sourire avant de tirer une nouvelle taffe sur sa cigarette. Elle laissa alors son dos s’appuyer sur le dossier du banc et plongea son regard dans le ciel. Trop de lampadaires pour qu’on puisse voir les étoiles. Il était noir encre. Ems le fixerait aussi longtemps que nécessaire. Elle savait qu’il n’était plus temps pour elle de parler, de raconter des conneries mais bien d’écouter. Et qu’importe si Cameron avait besoin de temps avant de réussir à formuler les choses. Elle attendrait.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Jeu 24 Mai 2018 - 22:08

J’ai juste à la voir débarquer comme ça, heureuse, épanouie, pour ressentir le poids du monde un peu plus léger sur mes épaules. Un jour je me dis qu’on deviendra peut-être des gens sains et qu’on arrêtera de fumer mais pas ce soir. Sa clope va se consumer en stéréo avec mon joint et ça sera très bien comme ça.

« Dure soirée ? »

Elle vient de s’assoie à côté de moi, je baisse mes yeux explosés sur le sol et lâche un rire bref, probablement un peu ironique.

« J’ai connu plus tranquille. »

Le silence et l’immobilité s’installe entre nous deux, elle me connait par cœur et sait que quelque chose cloche mais qu’en général j’ai besoin de temps pour laisser sortir ce qui coince ou me travaille. Je redescends doucement, mon cœur a fini de battre comme si je courrais un marathon et je la regarde distraitement s’agiter tout en tirant une nouvelle latte sur mon pétard. Elle finit par me tendre une canette de coca et sans trop savoir pourquoi je scotche un peu dessus. Je réalise seulement que j’ai la gorge sèche et que ce truc chimique au possible me fait vraiment envie là tout de suite.

« Si besoin j’ai touché assez de pourboires ce soir pour te payer de l’alcool, même celui de l’épicerie du coin qui coûte un bras. »
« Et qui va nous filer mal au crane pendant une semaine. »

Cette fois le rire qui m’échappe est plus franc et j’attrape la canette sans trop réfléchir, l’ouvrant et buvant plusieurs gorgées d’affilé avant de la lui rendre.

« Merci Tigresse. Mais garde tes pourboires pour offrir un cadeau à Kezabel à la prochaine Saint Valentin. »

Si je me moque ? Bien sûr que je me moque. Et bien sûr qu’elle me rendra.
Le silence retombe un peu, je me laisse aller contre le dossier et tout comme elle regarde le ciel sans réellement le voir. Jusqu’à ce que les mots prennent forme et éclatent de réalité.

« Je viens de me retrouver nez à nez avec ma mère. »

Et putain, je pensais pas que ça pouvait être aussi violent de prononcer ce mot. Mère. La concernant je suis passé par différentes phases tout au long de ma vie. Au départ elle me manquait, sans doute plus pour ce qu'elle représentait que pour la personne qu'elle était. En grandissant je l'ai oublié, puis détesté, pardonné, cherché, abandonné à mon tour. Je n'ai pas eu besoin d'elle pour me construire et je n'ai jamais ressenti le manque de parents autour de moi. J'avais mon frère, mes frères, et tout le reste de la communauté. En arrivant à Poudlard j'étais déjà plus un adulte qu'un gamin dans ma tête ou en tout cas j'étais en chemin et les choses qu'on a vécu là-bas ont accéléré le processus.

Aujourd'hui tout ça bascule et j'atterris à peine, coincé dans une sorte de statut quo mêlé d'un retour brutal en arrière sans savoir ce que je ressens vraiment. D'autant qu'elle n'est pas seule dans le décor.

« Elle est là, à Londres, avec deux autres gamins dans ses bagages et apparemment un nouvel abruti pour leur servir de père. Ou de beau-père. »

Je ne vais pas commencer à la juger, dans le fond je ne connais pas cette femme, mais difficile de ne pas avoir l'impression qu'elle répète le même schéma. Et alors quoi, elle va les larguer ceux-là aussi ? C'est pas l'impression qu'elle m'a donné et j'aurais aimé que ça ne me fasse rien, que ça ne me donne pas le sentiment d'être … un gosse abandonné qui voit sa mère voler au secours de son fils alors qu'elle ne l'a jamais fait pour moi.

« J’avais pas tellement prévu ça, surtout pas en ce moment, et je sais pas du tout comment le gérer. »

Penché en avant, coudes sur les genou, j'ai le regard dans le vide et la jambe droite qui s'agite nerveusement. Tout ça me travaille bien plus que je le voudrais et une part de moi à envie de faire comme si rien ne s'était passé, comme s'ils n'existaient pas. J'ai vécu sans eux toute ma vie, pourquoi je devrais prendre leur existence en considération maintenant ? Une famille j'en ai déjà une, j'en ai pas besoin d'une deuxième.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Sam 26 Mai 2018 - 15:23

Il avait laissé échapper un rire, Emily l’avait accompagnée, soulagée. Son rire n’était malsain, mauvais ou cynique, il était franc. S’il était encore capable de ça, c’était déjà une bonne chose bien qu’à aucun moment elle n’oserait sous-estimer la peine qu’il ressentait en cet instant. Mais il boit aussi, un peu de soda qu’elle lui a offert, un bon signe aussi. Elle récupère finalement la cannette des mains de Cameron et laisse à son tour glisser une gorgée dans sa bouche. Le soda plein de sucre le soir, ce n’est pas forcément la meilleure chose au monde mais autant dire que cela est le cadet de ses soucis. Son grand-frère quant à lui semble encore suffisamment lucide pour ne pas laisser passer une occasion en or de se moquer un peu d’elle. Emily ouvre grand la bouche, baisse lentement la cannette et lui donne finalement un coup d’épaule.

« Sois pas jaloux, j’te ferai un cadeau aussi pour l’occasion va. »

Dans un autre contexte, Emily aurait sans doute insisté encore plus, aurait fait une référence à la chérie de son frère et l’aurait fait tourner en bourrique. A moins qu’il ne prenne le dessus. Mais pas ce soir. Elle sentait bien que malgré les petites plaisanteries, il y avait des choses à ne pas oublier. Alors elle se contenta de ce sourire amusé et puis, du silence. Elle buvait distraitement quelques gorgées de soda tout en tirant sur sa cigarette. Le silence n’était pas complet, malgré l’heure tardive il y avait encore du bruit dans les rues, des véhicules, quelques conversations de gens de passage. Ems se rendait compte qu’elle trouvait ces sons rassurants, qu’elle les apprécierait. Elle n’aurait pas aimé en cet instant un silence total, sans trop savoir pourquoi. Sa cigarette se termine, Emily se penche pour l’écraser et la range dans son cendrier portatif. C’est à cet instant que la voix de Cameron se fait entendre. La jeune femme interrompt son geste quelques secondes pour relever les yeux vers lui. Sa mère ?

Le cendrier claque en se refermant. Emily le glisse dans sa poche alors que son regard est toujours posé sur le visage de Cameron. Lui fixe toujours le ciel. Ce n’est pas important, elle n’a pas besoin de l’avoir bien en face pour voir ce qu’il se passe sur son visage. Elle attend et il continue. Deux autres enfants, ses frères et sœurs donc par extension ? Emily ne dit toujours rien. Cameron se penche en avant, sa jambe bouge nerveusement, il a encore des choses à dire. La cannette tourne entre ses doigts. Les mots glissent finalement. Il a l’air perdu, il ne maîtrise pas la situation et ça le chamboule.

Emily s’assoit finalement en tailleur sur le banc, en face de Cameron. Elle se penche pour poser la cannette qui n’est pas vide aux pieds du banc. Ils en voudraient peut-être après. Son regard se perd sur le visage de son frère. Elle attend encore un peu, pour être sûre de ne pas l’interrompre. Et puis, finalement, elle tend une main et vient la poser avec douceur sur la jambe de Cameron qui ne cesse de bouger.

« Je pense pas qu’il y ait une bonne façon de gérer ce genre de choses. »

Si un manuel existait pour ce genre de situations, ils seraient preneurs. Malheureusement, ils allaient devoir faire avec leurs seules armes, maladroites peut-être, pas spécialement taillées pour mais c’était tout ce qu’ils avaient. Oui, ils. Parce que même si cette histoire concernait le passé de Cameron, elle l’accompagnerait jusqu’au bout. Il n’était pas venu ici pour rien. Il avait besoin d’aide, de soutien et c’était ce qu’elle devait lui fournir. S’il lui demandait de prendre ses distances, elle le ferait mais ça ne semblait pas être dans ses plans. Alors ils allaient gérer ça ensemble, à leur manière et à leur rythme.

« Elle t’a vue ou tu es le seul à l’avoir aperçue ? »

Emily sentait une foule d’émotions et de sentiments contradictoires l’envahir. Elle faisait au mieux pour ne pas les écouter, pour ne pas y prêter attention. Mais comment avait-il su pour les enfants ? L’avait-il vue avec ? Etait-ce un terrible hasard ou cette affaire était-elle un peu plus ancienne ? Difficile à dire et même si elle brûlait d’envie de savoir, de comprendre, d’avoir tous les éléments, elle savait qu’elle ne pouvait pas le brusquer, que cela ne lui apporterait rien de bon, bien au contraire.

« Tu sais s’ils sont à Londres depuis longtemps ? »

Depuis combien de temps la mère de Cameron pouvait-elle être dans les parages ? Emily sortit alors son paquet de cigarettes de ses affaires et en sortit une nouvelle qu’elle alluma. Les enchaîner, ce n’était pas bien mais ça l’aidait à se concentrer. Son regard n’avait pas quitté Cameron. Elle avait finalement retiré sa main de sa jambe, pour ne pas l’oppresser mais restait attentive au moindre signe. Elle l’aurait pris dans ses bras dans la seconde si ça avait pu lui donner des réponses.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Lun 4 Juin 2018 - 22:30

« Je pense pas qu’il y ait une bonne façon de gérer ce genre de choses. »

Je ne sais pas vraiment combien de temps s’est écoulé dans le silence, je redescends réellement sur terre une fois seulement après avoir senti sa main se poser sur ma jambe pour la calmer.

« Elle t’a vue ou tu es le seul à l’avoir aperçue ? »
« Nos regards se sont croisés, mais je sais pas si elle a capté, si le gosse lui a dit qui j’étais. »
« Tu sais s’ils sont à Londres depuis longtemps ? »
« Non, aucune idée. Enfin je sais plus, peut-être qu’il me l’a dit. »

Et c’est seulement à cet instant que je réalise qu’elle ne doit rien comprendre, qu’elle ne sait pas de qui je parle pour la simple et bonne raison que je n’en ai parlé à personne. Pourquoi ? Parce que c’est comme ça que je l’ai senti sur l’instant, je n’étais pas en mesure de faire le tri et prononcer certaines choses à hautes voix les auraient rendues réelles à mes yeux. J’étais pas prêt pour ça. Jusqu’à ce soir, sur le répondeur d’Enzo dans un message à rallonge qu’il n’entendra peut-être jamais et à Emily maintenant, alors qu’on est tous les deux assis sur ce banc.

« Je sais plus si je t’avais parlé du gosse au boulot qui me regardait bizarrement ? Un stagiaire qui est dans les locaux de temps en temps. J’ai fini par le confronter, ce genre de conneries ça me prend la tête donc s’il a un truc à dire il le crache, on en parle ou on en parle plus. Point. J’aurais peut-être mieux fait de m’abstenir sur ce coup-là. »

Un rire bref et teinté de cynisme, d’ironie, m’échappe. Il y a une part de moi qui réfute cette supposition, pour la simple et bonne raison que même si c’est un gros coup, que ça ébranle complètement mes fondations, il se passe autre chose. Au-delà de ça, je me rends compte que me rappeler ce foirage niveau présentation me fait presque sourire.

« Il a littéralement pété les plombs, a commencé à m’insulter, me cogner même, à me reprocher des trucs. Je comprenais rien à ce qu’il me disait jusqu’à ce qu’il parle de Sullivan. Là j’ai figé. Y a pas beaucoup de monde au courant de son existence dans ma nouvelle vie alors j’ai commencé à me taper une parano, en me disant que c’était un de ces tordus qui voulait s’amuser un peu avec ma tête. Ils l’ont déjà fait, ils ont déjà salis mes souvenirs, alors pourquoi pas recommencer hein ? »

Ça m’a aussi fait prendre conscience qu’on n’est pas forcément à l’abri dehors, que rester dans le coin c’était peut-être pas l’idée du siècle et la disparition d’Enzo n’en est qu’un rappel de plus. Abdiquer ? Plutôt crever.

« Je l’ai envoyé chier, on s’est séparés comme ça mais ça me travaillait trop alors je l’ai pris en filature, j’voulais juste … Juste être sûre qu’il me la faisait pas à l’envers. Mais y avait trop de détails dans son truc, le fait qu’il parle de Sulli, de mon père, de ma mère … Apparemment elle était enceinte quand elle nous a largué du jour au lendemain. »

Quand je repense à cette époque, que je centralise les vagues souvenirs que je peux en avoir, j’ai clairement un élan de sympathie envers elle. Rester cinq ans avec cette ordure, lui donner deux gamins … Je vais pas dire que je l’admire d’avoir tenu autant de temps ni même que je comprends mais quelque part ça me fait de la peine. D’autant plus quand ce que j’ai vu ce soir me donne l’impression que rien a changé dans sa vie finalement.

« Visiblement je viens de gagner un nouveau p’tit frère. Deux même, parce que y en a eu un autre après. »

Soupir. Un de 17 ans, l’autre … J’en sais rien, mais plus petit. Et pas du même père. Je dois avouer qu’il reste clairement abstrait pour moi à l’heure actuelle. Pas vraiment dans le décor.

« Ce soir j’ai voulu lui parler, cette fois c’est lui qui m’a envoyé chier, j’ai laissé couler. J’te jure, il a un putain de caractère de merde. »

Et là encore un sourire, qui me surprend moi-même tant il aurait presque tendance à être … Je vais pas dire affectueux, mais y a un truc. J’ai le syndrome du grand-frère, c’est un scoop pour personne dans mon entourage et les liens du sang n’y changent rien, ne lui feront pas gagner soudainement mon affection ou mon intérêt. Mais ouais, y a un truc, je peux pas le nier.

« Faut dire aussi que j’ai pas été super tendre, c’est vrai. »

Mais c’est lui qu’a commencé ! Tellement mon genre.

« J’suis resté posé à fumer une clope, j’ai entendu du bordel pas loin, j’ai été voir. Y avait le gosse par terre, dans les bras de sa mère. »

J’ai l’impression de me reprendre un coup dans le plexus en revisualisant la scène dans ma tête. Un nouveau soupir m'échappe, je tourne finalement lentement la tête vers celle qui, malgré l'absence de lien de sang, est la définition même de ma famille à mes yeux.

« J’ai pas de souvenirs clairs d’elle Ems, mais j’le sens au fond de moi. Je sais que c’est elle. »
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Mar 5 Juin 2018 - 21:58

Le gosse. Au début, Emily n’avait presque pas fait attention à cette étrange évocation, trop concentrée sur le cœur de ce que Cameron lui disait, sur le fait qu’il avait croisé le regard de sa mère sans pouvoir assuré qu’elle l’ait reconnue. En même temps, aussi atroce que cela puisse paraître, ce n’était pas forcément étonnant. Ems comme d’autres aurait aimé avoir cette vision idyllique du lien entre parents et enfants, comme dans les contes de fées où une mère reconnait son enfant, disparu depuis bébé, d’un regard. Elle ne croyait plus à ça depuis bien longtemps mais peut-être avait-elle perdu un peu trop d’espoir à ce sujet. Toujours était-il que c’était cet aspect de la prise de parole de son frère qui avait attiré son attention et non l’évocation du gosse. Sauf que ce dernier revint dans la phrase suivante, sous la forme d’un pronom cette fois. Deux fois de suite, ce ne peut pas être un malentendu. Emily fronce les sourcils, sans vraiment s’en rendre compte, alors que l’information remonte finalement dans son cerveau. Mais de qui il parle ? La question lui brûle les lèvres et si la situation la pousse à la prudence, elle sent qu’elle va craquer, qu’elle va demander. Cameron la devance cependant et reprend la parole. Il parle alors de quelqu’un à son travail. Ems le regarde, sans trop comprendre. C’était comme si une partie d’elle-même refusait de faire le lien. Parce qu’elle sentait ce qui allait venir. Un rire cynique se fit entendre du côté de Cameron. Emily tira alors nerveusement sur sa cigarette. Cela ne lui ressemblait pas. Plus maintenant en un sens. Elle se rend compte qu’elle tient sa clope avec un peu trop de fermeté et que lorsqu’elle la glisse entre ses lèvres, ces dernières la pince avec tant de force que le filtre est totalement déformé. Cameron reprend le fil de son histoire. Alors qu’elle entend qu’un type a cogné son frère, Emily sent une colère sourde s’exprimer en elle. Ca, c’est formellement interdit, qu’importe la raison. Il ne peut y en avoir de bonne. Mais sa colère est balayée par une toute autre émotion.

« De Sullivan ? »

Emily avait répété ces quelques mots plus pour elle que pour Cameron. Sullivan c’était son fantôme, son Stan et elle savait parfaitement ce qu’il pouvait ressentir quand son nom était évoqué. Il était sacré et tout le monde n’avait pas le droit de l’utiliser. Que ce gosse l’ait fait était étrange mais surtout de plus en plus inquiétant aux yeux de la cracmolle. Son regard se perd dans celui de son frère qui continue. Il est rare de le voir aussi bavard et Ems sent bien qu’il a dû en avaler un sacré paquet avant d’ouvrir les vannes comme ça. Emily elle va de surprise en surprise. Elle apprend finalement que Cameron a suivi le môme. Il l’a suivi ? Mais comment avait-elle fait pour ne rien voir ? Elle tire une nouvelle fois sur sa cigarette et se rend compte qu’elle tremble presque sous l’effet de la nervosité. Elle laisse alors tomber son bras au niveau de ses jambes, comme pour que tout ça échappe au regard de Cameron. Mais il est dans son récit. Et les mots qu’Ems redoutaient jusque-là finissent par tomber. Un frère. Est-ce cette nouvelle qui lui donne la nausée ou l’effet que cette dernière a sur elle-même qui l’écœure ?

Emily est incapable de dire quoi que ce soit et sans doute est-ce mieux ainsi. Parce que Cameron n’a pas fini. Il a évoqué les faits mais il y a encore bien d’autres choses à dire là-dessus. Ce qu’il ressent, lui, là tout de suite, après avoir pris son passé en pleine figure. Il est retourné voir ce gamin. Il voulait lui parler. Et lorsqu’il parle de son caractère, un sourire s’affiche sur son visage. Un sourire qu’Emily connait bien. Elle veut tirer sur sa cigarette mais cette dernière est terminée. Elle l’écrase vivement contre le banc et pense à sortir son paquet pour en prendre une autre. Cameron le remarquera-t-il ?

« Faut dire aussi que j’ai pas été super tendre, c’est vrai

- Mais tu n’es qu’amour et délicatesse pourtant ! »

Emily affiche un sourire amusé, un peu crispé certes et sort en même temps son cendrier de sa poche où elle glisse son mégot. Son paquet revient ensuite naturellement entre ses mains et elle commence à jouer avec le capuchon de ce dernier. Une gorgée de coca, comme si ça allait calmer son rythme cardiaque. Il parle alors de ce qu’il a vu, de sa mère, de ce gosse dans ses bras et cette fois, Emily est perdue. Sauf qu’avant qu’elle n’ait pu lui poser des questions à ce sujet, il lâche quelques mots qui lui donne l’impression qu’une pierre vient de lui tomber au fond de l’estomac.

« Tu aimerais lui parler ? »

Emily ravale toutes les émotions négatives qui se sont emparées d’elle ces dernières secondes. Cameron a l’air d’un coup si fébrile si… Enfantin. Oui, quand il parle ainsi de sa mère, quand il dit qu’il est sûr que c’est elle, il ne ressemble à rien d’autre qu’à en enfant. Un léger soupir passe la barrière des lèvres d’Emily et elle se rapproche un peu de Cameron comme si elle cherchait à plonger totalement dans son regard, à le sonder de l’intérieur.

« Si c’est vraiment elle… Je crois que tu devrais le faire. Aller la voir. Enfin, faut bien sûr écouter ce que tu ressens, si t’es prêt pour ça mais j’crois pas que tu te pardonnerais sur le long terme d’être passé à côté de cette occasion. »

La main d’Emily se pose cette fois sur le bras de Cameron qu’elle serre doucement. Un mince sourire se dessine sur son visage. Il le sait, elle lui prouve une fois de plus, rien qu’avec des gestes : quoi qu’il décide, elle est là. Elle le soutiendra, elle lui prendra la main ou lui donnera l’espace dont il a besoin. Elle fera tout, parce que c’est son frère. Rien qu’à elle ?

« Mais… Qu’est-ce que tu voulais dire quand tu as dit que tu as retrouvé le gosse dans les bras de ta… de sa… de votre… Enfin je sais pas comment l’appeler. »

A cet instant, Emily s’en voulut terriblement de sa maladresse. Pourquoi elle s’était embourbée toute seule dans cette histoire de pronom ? Elle espérait simplement que Cameron se concentrerait sur la question même si elle avait pour le coup brillamment agi pour que ce ne soit pas le cas…
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Jeu 14 Juin 2018 - 21:22

« Mais tu n’es qu’amour et délicatesse pourtant ! »

Et elle arrive à me tirer un sourire. Je me rends compte que je lui balance tout ça au visage sans la moindre préparation, alors même qu'elle n'en a jamais parlé jusqu'ici. Cette fille je la connais comme ma poche, je sais que ce genre de choses peuvent être, éventuellement, des sujets délicats. Pour autant j'aurais pas pu faire autrement. Fallait que ça sorte et il fallait que ça le fasse maintenant, avec elle. C'est à elle que j'ai ressenti le besoin de parler. A ma famille. A la personne dont je suis le plus proche sur cette foutue planète qui déraille.

« Tu aimerais lui parler ? »
« J'en sais rien. »

En l'état, c'est vrai, j'en sais foutrement rien. J'ai essayé de la retrouver, cherché un peu avec l'aide de Jill y a quelques mois et ça n'a rien donné. Je me suis dit que c'était écrit comme ça, c'est tout, parce qu'en plus de ça j'ai jamais eu besoin d'elle, jamais ressenti le manque d'elle ou alors seulement dans les premiers temps. Maintenant que je l'ai à portée de main je sais plus.

« Si c’est vraiment elle… Je crois que tu devrais le faire. Aller la voir. Enfin, faut bien sûr écouter ce que tu ressens, si t’es prêt pour ça mais j’crois pas que tu te pardonnerais sur le long terme d’être passé à côté de cette occasion. »

Elle a raison, je le sais, mais je crois qu'elle tape justement dans le mile en évoquant le fait d'être prêt. C'est trop frais, j'en ai encore les mains qui tremblent et les pensées qui se mélangent. Ça m'a fait un choc comme j'en avais rarement eu et j'étais loin de m'attendre à une telle réaction de ma part.
Un soupir long et profond m'échappe alors que je me laisse aller sous son contact. Sa main posée sur mon bras, son regard, le ton qu'elle emploi pour me parler, sont autant de choses qui m'aident à me détendre, à laisser passer un peu la tempête pour essayer d'avoir les idées un peu plus claires.

« Mais… Qu’est-ce que tu voulais dire quand tu as dit que tu as retrouvé le gosse dans les bras de ta… de sa… de votre… Enfin je sais pas comment l’appeler. »

Le rire qui m'échappe est plus fatigué qu'amer je crois, c'est un regard un peu las que je lui offre quand je tourne la tête vers elle et lui sourit.

« T'en fais pas pour ça, moi non plus je sais pas vraiment comment l'appeler. »

Ou la qualifier, tout simplement. Je parle de ma mère depuis tout à l'heure mais qu'est ce que ça veut dire au juste ? C'est juste un mot, qui a une signification forte pour certains et moins pour d'autre. Elle m'a mis au monde, m'a élevé pendant les cinq premières années de ma vie puis a disparu. Je ne me sens pas proche d'elle, je ne me sens pas proche de lui non plus. Même si tout ça est vrai et qu'on partage le même sang, ça ne compte pas plus pour moi que le fait de ne pas avoir ce lien précis avec Emily.

« Je sais pas trop ce qui se passait, j'ai l'impression qu'elle s'est interposée entre le gamin et … Son beau-père, probablement. J'ai cru comprendre que les vieilles habitudes ont la peau dure. »

Et quelle répète le même schéma qu'avec mon père. Je ne porte pas de jugement là-dessus, en tout cas j'essaie, mais à l'heure actuelle je ne me sens pas vraiment concerné.

« J'ai grandi sans elle, à ma connaissance elle n'a jamais cherché à me récupérer, me retrouver, et aujourd'hui elle a deux autres gamins. Elle a refait sa vie, a tiré un trait sur moi comme j'ai tiré un trait sur elle. »

Si je hausse les épaules ça n'est pas en me plongeant dans le déni pour autant. Ça m'a atteint de la voir tout comme ça m'a atteint de les voir ensemble tous les deux, elle présente pour lui. Dans les vagues souvenirs que je peux en avoir je pense qu'elle s'est toujours interposée comme elle le pouvait entre notre connard de géniteur et nous, Sulli et moi. Elle ne nous a largué qu'après sa mort au final et au je ne lui en ai jamais vraiment voulu je crois. Peut-être plus jeune, mais avec les années et quand il m'arrivait de penser à elle je me disais juste qu'elle avait été mère trop tôt, plongée dans un Enfer trop tôt, et qu'elle n'a simplement pas pu faire autrement.

« J'arriverai pas à avoir les idées claires ce soir. »

Nouveau soupir. Je me passe les mains sur le visage et l'y laisse reposer quelques secondes, coupé du monde, les yeux fermés, avant de retrouver le regard de ma petite sœur à nouveau.

« Mais j'avais besoin de t'en parler. »

Un sourire, ma main dans la sienne, et l'instinct du grand frère qui remonte à la surface.

« C'est toi ma famille Ems. »

Je resserre l'emprise de mes doigts autour des siens.

« Toi, Kyle, Jill, Enzo, Margo ... »

Entre autres et à moindre mesure, chacun à leur manière. J'dis pas qu'il n'y a de place pour personne d'autre, mais ils sont des étrangers pour moi pour l'instant, sans savoir si ça ira plus loin ou non, et les personnes que je viens de citer ont bien plus d'importance à mes yeux . On a vécu des choses ensemble à des moments de nos vies qui forgent des liens inégalables, c'est comme ça que je ressens les choses en tout cas.

« Si je t'en ai pas parlé plus tôt c'est que j'étais pas capable de le faire, et que je savais pas vraiment à quoi m'en tenir. »

La seule personne a qui j'en ai touché un mot est aux abonnés absent, c'est peut-être sûrement pour ça que j'ai vidé mon sac sur son répondeur. Parce que j'étais presque certain qu'il ne répondrait pas, qu'il n'entendrait pas ce message. Même si j'aurais aimé qu'il le fasse étant donné les circonstances.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Mar 19 Juin 2018 - 10:38

Il sourit et finit même par laisser échapper un rire. Il n’est pas aussi fulgurant, aussi expressif que d’habitude mais il est présent quand même et Emily sent un poids s’envoler de ses épaules. Elle s’était sentie con avec son histoire de pronom. Cameron la rassure, lui explique que lui aussi est perdu face à tout ça. Et y’a de quoi. Cette femme, si elle était vraiment sa mère, ne faisait plus partie de sa vie depuis des années maintenant. Comment alors continuer de l’appeler par ce mot si affectif ? Le lien du sang permet-il de remplacer des années de liens affectifs rompus ? Ems ne savait pas comment se positionner sur la question en réalité, d’autant qu’elle était elle-même pas si au clair que ça avec sa famille. Mais bref, ce n’était pas le sujet. Le sujet c’était Cameron qui se montrait fragile, fatigué. Mais bavard. Il ne se mure pas dans le silence, il explique ce qu’il a vu, ce qu’il ressent. Cette femme qui s’était sans doute imposée entre son gosse et un beau-père. Emily soupire malgré elle. C’est difficile d’imaginer cette femme replonger dans la violence, s’offrir une nouvelle vie pour reproduire le même schéma. Emily ne comprend pas mais une petite voix au fond d’elle lui souffle que ce n’est peut-être pas la faut de cette femme. Alors elle se force à ne pas juger même si les sentiments qu’elle a pour Cameron perturbent son objectivité. Lui semble plus clair, du moins sur certains aspects. Il a tiré un trait sur elle. Les mots sont durs et la main de la cracmolle se serre un peu plus sur le bras de son frère. Qu’il ait tiré un trait sur elle était une chose mais que sa mère l’ait fait elle aussi… C’était différent, perturbant. Il soupir et lève les mains vers son visage, déclarant qu’il ne pourrait avoir les idées claires ce soir. Ems esquisse un mince sourire. Elle aurait bien répondu quelque chose à ça mais se retient. Elle a réussi à lui tirer des sourires mais ce n’est pas non plus la peine de sortir pitrerie sur pitrerie. Alors elle attend, le regarde. Elle attend qu’il relance la conversation comme il l’entend, qu’il prenne le temps de respirer.

« Mais j'avais besoin de t'en parler. C'est toi ma famille Ems. »

La main dans la sienne, Emily la serre avec force. Elle lui sourit mais n’arrive plus à cacher cette lueur d’inquiétude dans son regard. Elle le sait, qu’ils sont une famille, qu’il ne l’appelle pas sa petite sœur juste pour se donner un genre. Il y a un lien entre eux que personne n’a besoin de comprendre. Ils sont de la même famille et ça pour toujours. Mais l’entendre dire dans ces circonstances lui fait du bien. Elle sait qu’il endosse en cet instant son rôle de grand-frère alors que c’est lui qui aurait besoin de réconfort. Elle s’en veut un peu mais accepte ces quelques instants parce qu’elle en a besoin. Elle sourit quand il parle des autres et encore plus en entendant le prénom de Margo. C’est bien qu’il est quelqu’un à ses côtés en ce moment.

« On a quand même une très belle famille ! »

Emily sourit. Sa famille à elle était moisie de l’intérieur. Rongée par la colère, la haine et l’envie de maîtriser le monde. Rongée par des idéaux sombres. Celle-ci était lumineuse, belle, courageuse et remplie d’espoir. Cette famille c’était tout ce qu’ils avaient et pourtant, quand elle pensait à eux, Ems ne pouvait s’empêcher de se dire qu’elle avait de la chance. Malgré tout ce qu’ils avaient vécu, ils avaient eu la chance de se trouver. Et c’était sans doute pour ça qu’ils étaient encore en vie.

« J’comprends Cam’, t’en fais pas. »

Oui, elle comprend qu’il n’ait pas pu lui parler plus tôt. Et l’important, c’est qu’il soit venu le faire quand la situation lui échappait, quand il ne se sentait plus assez fort pour tout gérer tout seul. Emily se redresse alors sur le banc et attire Cameron contre elle. Il n’a pas le droit de protester, elle le laissera pas faire. Elle entoure ses épaules de ses bras et le serre doucement contre elle, glissant sa main dans son dos dans un geste réconfortant et affectueux.

« Tu finiras par savoir comment te positionner face à tout ça… A un moment ce sera clair mais faut pas te précipiter. Faut laisser le temps aux choses de se faire. »

Emily avait glissé ces mots à l’oreille de son frère. Après toutes ces années, vouloir aller trop vite aurait été une bêtise. Elle savait très bien pourtant qu’à la place de Cameron elle aurait sans doute foncé tête baissée, voulant à tout prix tout régler immédiatement. Ça n’aurait rien donné de bon. Les deux parties allaient avoir besoin de temps pour encaisser la nouvelle. Ce soir-là en tout cas, Cameron ne pourrait pas aller plus loin dans sa réflexion. Il avait besoin de reposer son esprit. De le laisser voguer un peu.

Emily libère finalement son frère et au moment où il recule, elle lui ébouriffe les cheveux comme s’il n’était qu’un gamin. Elle le regarde ensuite l’air triomphant avant de se mettre à rire. Il sait maintenant, comment elle est, sa manière de passer du rire aux larmes en un claquement de doigt. Elle lui sourit doucement et se lève finalement d’un bond. Comme si la fatigue de sa journée de travail s’était miraculeusement envolée.

« Viens, on va faire un tour ! Ça nous fera du bien de marcher un peu et puis, j’crois que j’ai vu une mamie nous observer derrière ses volets. Avec nos têtes de délinquants elle va appeler la police si on reste là trop longtemps. »

Leurs têtes de délinquants… Emily avait presque oublié ça à Poudlard, le regard des gens dans la rue, les codes à adopter face à une société aussi vaste. Au Château, tout fonctionnait en cercle restreint, c’était différent. Il fallait tout réapprendre désormais, certains réflexes revenaient. Comme celui de se méfier des mamies qui vous observent derrière les volets… Emily ramassa alors la cannette qui traînait encore auprès du banc et tendit la main à Cameron.

« En plus j’bosse pas demain, on peut faire les fous toute la nuit. »

Ou simplement marcher en silence, laisser la nuit panser les blessures. Qu’importe le programme, tant qu’ils étaient ensemble.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Lun 25 Juin 2018 - 10:22

« On a quand même une très belle famille ! »

Et ça putain, je suis foutrement d'accord. Même si je peux passer des heures seul ou dans le silence, je le dis et je le répète je suis un animal sociable. Sans parler de ça, peu importe si mes débuts dans la vie ont été un peu foireux et que mes repères en terme de parents ont clairement été une cata, la famille a toujours été un truc primordial pour moi. J'en ai laissé une dernière moi, aujourd'hui je m'en suis créé une nouvelle et ce soir j'ai pas envie, plus envie, de penser à ce que ça implique de voir un fantôme du passer se pointer à nouveau le décor. Y compris en sachant qu'elle ne vient pas seule mais que le package comporte deux gosses de plus élargissant ainsi la fratrie à quatre garçons.

Félicitations Maman, t'as fait du bon boulot ...

« J’comprends Cam’, t’en fais pas. »

Je sais qu'elle comprend, j'en doute pas, tout comme je sais que même noyé dans mes propres ressentis je capte les siens. Les suppose et/ou les anticipe, pour le moins. Parce que je la connais par cœur et réciproquement. Parce que oui, c'est elle ma famille et pas un groupe d'étrangers qui se retrouvent soudainement sur ma route alors que j'ai rien demandé à personne.
Je ne cherche pas à résister quand elle me prend dans ses bras, quand bien même une partie de moi a toujours le réflexe de s'extraire de ce genre de contact. Mais si j'y reste, là, dans son étreinte, c'est bien parce que j'en ai envie. Juste me poser, me reposer, laisser partir tout ça de ma tête, fermer les yeux et oublier au moins l'espace d'un instant. J'ai eu ma dose pour ce soir, pour ces derniers jours.

« Tu finiras par savoir comment te positionner face à tout ça… A un moment ce sera clair mais faut pas te précipiter. Faut laisser le temps aux choses de se faire. »

J'acquiesce sans ouvrir les yeux, laissant un soupir s'échapper et emporter tout ça avec lui. Je laisserais le temps au temps et peu importe ce que ça donnera. Tout ce que je sais c'est que j'ai pas besoin d'eux, pour le reste on verra.
Je la laisse mettre fin à ce petit moment de pause et retrouver son sourire espiègle, bourré de connerie alors qu'elle m'ébouriffe les cheveux, c'est comme retrouver la normalité. Alors je lève les yeux au ciel, fausse blasé ou agacé, un petit sourire sur le coin des lèvres.

« Bah voyons. »

Et en un éclair la Tigresse est debout, pleine d'énergie. En ce qui me concerne je me sens complètement vide mais décidé de me nourrir de ça, de son peps habituel.

« Viens, on va faire un tour ! Ça nous fera du bien de marcher un peu et puis, j’crois que j’ai vu une mamie nous observer derrière ses volets. Avec nos têtes de délinquants elle va appeler la police si on reste là trop longtemps. »

C'est dans un rire que je déplie lentement ma carcasse, fatigué et las mais pas décidé à laisser tout ça prendre le dessus. Marcher, ça me semble être une bonne idée.

« Ouais. J'peux plus vraiment me permettre d'avoir des ennuis avec la justice maintenant, ça ferait tache sur mon dossier. »

Ma voix est encore un peu coincée, rocailleuse, et comme pour tacler un peu l'ironie j'ai presque envie de me faire un nouveau joint sous les yeux de Mamie – si tant est qu'elle existe réellement.

« En plus j’bosse pas demain, on peut faire les fous toute la nuit. »
« Ça me va. »

Marcher pendant des heures la nuit a longtemps été une occupation quasiment quotidienne pour moi et même si j'ai un rythme différent aujourd'hui, que je dors sans doute un peu plus je crois, c'est toujours quelques choses que j'aime faire. Et je sais qu'Emily sera une bonne comparse pour ça.
Mains dans les poches j'amorce le pas, sans direction particulière, mais une idée soudainement dans la tête.

« Ça te dit qu'on se tire à la mer demain ? Juste tous les deux. »

Pas parce que j'ai pas envie de voir qui que ce soit d'autre, juste parce que c'est pas parce qu'on partage un appart et qu'on se voit tous les jours qu'on n'a pas non plus le droit à des moments comme ça. Elle a coupé les ponts avec sa famille par la force des choses, c'est mon cas aussi, nos repas du dimanche midi on les fait tous les deux après tout. Et puis parce que sans trop savoir pourquoi j'ai envie de voir la mer.

« Je jetterais une pièce dans l'eau, peut-être que Poséidon ou je sais plus quel Dieu de la flotte nous fera une fleur et ramènera le chainon manquant de notre belle famille. »

Il y a toujours un sourire qui flotte sur mon visage alors que je regarde le ciel une seconde puis droit devant moi sans réellement fixer quoi que ce soit. J'ai arrêté de croire en Dieu depuis la mort de Sulli, arrêté de lui faire don de mon temps en tout cas, mais je crois que je serais prêt à refoutre les pieds dans une église pour lui demander de nous rendre Enzo.

« Et si t'es sage je t'achèterai une glace et te paierai un tour de manège. »
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Lun 25 Juin 2018 - 17:58

Faire l’andouille, c’était clairement la spécialité d’Emily. En ce sens, elle remplissait parfaitement son rôle de cadette, une petite boule d’énergie toujours prête à faire des conneries, toujours prête à rire, donnant l’impression d’être complètement insouciante. Elle était plus que ça, elle le savait, tout comme Cameron mais parfois, cela pouvait avoir du bon de la voir survoltée et insupportable. Son grand-frère joue le jeu, donne l’impression d’être blasé face à son attitude mais elle sait qu’en fait, il adore ça ! Elle se lève donc toujours en pleine forme et se laisse aller à rire, un peu trop fort peut-être, alors qu’il explique qu’il ne peut pas trop avoir d’ennuis avec la justice. Effectivement, pour un mec qui aide les mineurs à revenir dans le droit chemin, c’est pas le top. Et ce serait con que cette carrière lui file entre les doigts. Parce que ce métier lui allait comme un gant, parce qu’Emily était persuadée que certains de ses amis auraient pu avoir une vie meilleure s’ils avaient croisé sa route. Peut-être qu’un jour, elle l’emmènerait dans les rues d’Edimbourg pour qu’il aide des gamins paumés comme elle avait pu l’être. Ce serait une jolie manière de faire un pied de nez à la vie.

Ils commencèrent donc à marcher dans les rues globalement assez silencieuses. Ce n’était pas pour déplaire à Emily. Certes elle aimait l’agitation mais après une longue journée de travail, le calme lui faisait aussi du bien. Marcher ainsi, avec Cameron à ses côtés, c’était apaisant bien que les sujets évoqués précédemment n’avaient pas été des plus joyeux. Ce fut son frère qui reprit la parole en premier et les mots qu’il lâcha surprirent tant Emily qu’elle s’arrêta soudainement de marcher, ouvrant de grands yeux qu’elle tourna vers lui.

« Sérieusement ?? »

Ses yeux pétillaient, elle résistait à l’envie terrible de sauter d’un pied sur l’autre, de lui sauter dans les bras, de se mettre à courir dans tous les sens ou à crier. Cameron lui continua dans sa lancée avec ce calme qui lui était propre, parlant de lancer une pièce dans la mer. Les yeux d’Emily s’ouvrirent encore plus grand. Il ne plaisantait pas alors ? Et puis, il lâcha les mots magiques. Glace. Manège. N’y tenant plus, Ems se jeta alors sur lui sans ménagement et le serra fort dans ses bras.

« T’es le meilleur ! »

Elle finit par le lâcher, ça faisait beaucoup de câlins pour le même soir, il allait peut-être en avoir marre. Emily se remit alors à marcher, le pas encore plus léger. A vrai dire, elle sautillait presque dans les rues de Londres, un immense sourire bloqué sur le visage. Elle réagissait comme une enfant et cela faisait partie de son plaisir. Régresser un peu, profiter des petites choses auxquelles elle n’avait pas eu accès petite.

« Faudra que je trouve un seau et une pelle aussi ! Parce qu’on ne peut pas aller à la mer sans faire un magnifique château de sable ! Je suis sûre qu’à nous deux on peut faire un truc de dingue. Oh j’imagine déjà les glaces… J’espère qu’ils auront de la pêche. J’adore la pêche. Ou un truc au kinder, ça m’a toujours fait rêver ! »

Les images défilaient devant les yeux d’Emily. Elle pouvait déjà sentir le sable sur ses pieds, le vent caresser son visage, l’odeur si particulière de la mer. Elle s’imaginait déjà rire aux éclats sous le regard un peu fatigué de Cameron. Un moment rien qu’à eux… Ils habitaient ensemble mais chacun avait sa vie et un moment comme celui-ci resterait toujours précieux. Se calmant un peu, Emily tourna un visage souriant mais un peu moins survolté vers Cameron.

« Promis, j’arrête de m’agiter dans tous les sens et je vais être super sage pour pas que tu changes d’avis. »

Emily glissa alors ses mains dans son dos et entremêla ses doigts, se tenant alors des attitudes de petite fille modèle. Son cœur battait vite, elle était heureuse mais elle se contenta de sourire, calmant un peu son flot de paroles. Surtout que si elle continuait de s’extasier comme ça, elle risquait fort de réveiller la moitié du quartier sur son passage. Ahem, ça aussi ça pouvait leur attirer des ennuis. Trouble à l’ordre public. En réalité, ce chef d’accusation lui allait étrangement bien.

« En tout cas, y’a un truc qu’est sûr, personne ne pourrait rêver d’un meilleur grand-frère que toi. »

Et si les nouveaux venus dans la famille n’arrivaient pas à voir ça alors, elle leur mettrait des coups de pieds au cul, voilà tout. Oui oui oui, Emily pouvait aussi sortir les griffes et montrer les crocs, ce n’était pas pour rien que Cameron l’appelait la Tigresse.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Jeu 28 Juin 2018 - 22:42

« Sérieusement ?? »

L'avantage avec une personne comme Emily c'est qu'on lit en elle comme dans un livre ouvert. Quand ça ne va pas je le vois instantanément, même si elle tente de le cacher, alors quand elle est heureuse c'est exactement le même procédé et difficile de ne pas sourire face à une telle réaction. J'ai le sentiment d'avoir sous les yeux une gamine de cinq ans a qui on vient d'annoncer qu'elle part pour Disneyland. Je pourrais presque déjà la voir avec son saut et sa pelle. Juste une virée à la mer et voilà le résultat : Un bonheur évident dans les yeux de ma petite sœur. C'est peut-être tout bête mais ça me remet un peu de baume sur le cœur.

« Wow ! »
« T’es le meilleur ! »

Paquet surprise dans les bras, pour le coup j'ai rien vu venir mais autant l'admettre, la fatigue, la lassitude et surtout les pétards que j'ai enchainé amenuisent sans doute considérablement mes réflexes. De toute façon ça n'aurait rien changé, pas une seconde l'idée de la repousser ou m'écarter ne m'a effleuré l'esprit et je me laisse aller à ce nouveau câlin, les yeux fermés, les bras serrés autour d'elle en la soutenant, un soupir qui me soulage s'échappant dans la nuit.

« Je sais. »

Et nous revoilà en marche, sans but, tranquilles dans les rues de cette ville qu'on apprivoise au fil des semaines. J'aurais jamais imaginé vivre ici un jour et pourtant aujourd'hui je m'y sens comme chez moi. Oui, c'est la maison, à vrai dire je ne me vois pas vraiment ailleurs.
Mains dans les poches j'ai le pas lent mais pas traitant, l'esprit plus léger que tout à l'heure, pendant que la frangine sautille comme une gamine enjouée et impatiente. C'est frais, ça fait du bien. Je ne dis pas que tout le reste me sort de la tête mais ça me permet de presser sur pause et je compte bien fonctionne comme ça tout le reste du weekend si ma tête me le permet. J'en ai besoin. Et envie.

« Faudra que je trouve un seau et une pelle aussi ! Parce qu’on ne peut pas aller à la mer sans faire un magnifique château de sable ! Je suis sûre qu’à nous deux on peut faire un truc de dingue. Oh j’imagine déjà les glaces… J’espère qu’ils auront de la pêche. J’adore la pêche. Ou un truc au kinder, ça m’a toujours fait rêver ! »

J'éclate de rire, impossible de faire autrement. Même si je reste calme ça ne veut pas dire pour autant que je ne reçois pas toute son énergie. Et elle me fait du bien, cette énergie. C'est pure, ressourçant et le contraste entre nous deux m'amuse réellement. J'ai pas été des plus funs ces derniers temps, elle vit avec moi donc elle a du le supporter et je suis pas certain que les temps à venir soient plus simple alors elle mérite de pouvoir lâcher prise comme ça, elle mérite mes sourires et un peu de légèreté. Elle mérite que j'oublie tout le reste, les autres, pour me concentrer uniquement sur elle. Sur nous.

« Promis, j’arrête de m’agiter dans tous les sens et je vais être super sage pour pas que tu changes d’avis. »
« Qui te dit que c'est pas déjà fait ? »

Je pense être en cet instant aussi crédible qu'elle avec son air de petite fille sage qu'elle va garder environ, aller, douze secondes grand maximum avant d'exploser à nouveau. Je prends les paris. Mais la demoiselle est pleine de surprise.

« En tout cas, y’a un truc qu’est sûr, personne ne pourrait rêver d’un meilleur grand-frère que toi. »

Je pense être un type plein de pudeur, c'est dans mon tempérament, alors je ne montre pas réellement ce que je ressens en entendant ces mots et me contente de regarder le sol une seconde en esquissant un fin sourire mais la réalité c'est que d'une, ça me touche, de deux, ça me fait comprendre que mon quotidien risque de changer et que j'aurais peut-être de nouveaux paramètres à prendre en compte.
Je débloque, passe un bras autour de ses épaules et me contente de déposer un bisou sur sa tempe sans rien dire de plus. Ce soir, cette nuit, demain, il n'y a qu'elle qui compte. Les autres paramètres en question on verra ça plus tard.
Le reste du trajet se fait plus ou moins en silence et quand je dis qu'il n'y a qu'elle, je m'autorise simplement une exception. Je ne sais même pas trop dans quel quartier on se trouve à vrai dire, on a récupérer la Tamise, on l'a longé un moment, mais quand on passe devant une petite église et que je constate que la porte est ouverte je repense à la réflexion que je me suis faites un peu plus tôt et m'arrête. Hésitant, j'observe l'entrée quelques secondes puis me tourne vers elle.

« Si ça t'ennuie pas, juste quelques minutes. »

J'ai pas besoin de lui faire un dessin, s'il y a bien quelqu'un qui me connait et qui comprend sûrement ce que  j'ai dans la tête c'est bien elle.

« Tu peux venir si tu veux. »

J'ai pas l'intention d'y rester des heures, pas plus que je compte taper la causette avec la voisin du dessus ni même envisager de me remettre à pratiquer. J'ai juste … J'en sais rien, je le sens comme ça, c'est tout. Alors j'entre, un peu hésitant, pas trop certain, presque comme un cambrioleur ou un type qui aurait perdu son droit d'accès. Tout est illuminé par les cierges un peu partout, c'est extrêmement silencieux, reposant en réalité et je constate que l'endroit n'est pas vide puisqu'une femme est en train de se recueillir sur l'un des sièges pas loin de l'autel.
J'observe d'abord ce qu'on appelle la maison de dieu, du sol au plafond en passant par les vitraux, me remémorant certains fragments de mon enfance, de mon adolescence même. Là d'où je viens la Foi est une chose sacrée, j'ai grandi bercé par ça. Ce soir je vais simplement me contenter d'allumer un cierge en pensant à l'un des membres de ma famille, m'assoir quelques minutes dans le silence, peut-être effleurer l'idée de demander à celui qui nous regarde d'au dessus s'il peut pas faire quelque chose. Juste un coup de pouce. Pour lui, mais aussi pour nous. On n'est pas censé disparaître à cet âge là, pas quand on a la vie devant soi, pas quand on manque à ceux qui restent, qui attendent.

« On rentre chez nous ? »

C'est à Emily que je m'adresse bien sûr, une fois à l'extérieur, sur le parvis quelques minutes plus tard. Je crois que j'ai envie de retrouver notre cocon, notre maison.

Somewhere I belong.
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MessageSujet: Re: Let the river run ▬ Emily   Sam 30 Juin 2018 - 20:05

Emily regarde Cameron quelques secondes avec ses yeux de chat potté avant d’éclater de rire. Non, il n’a pas changé d’avis. Il en est incapable tout comme elle ne sera jamais une petite fille sage et parfaite. Et tant mieux pour eux deux, sinon, la vie serait bien ennuyeuse. Alors ils repartent avec le sourire, la tête pleine d’images, se voyant déjà au bord de l’eau. Cette journée serait parfaite et Emily sentait bien qu’elle allait avoir du mal à trouver le sommeil. Qu’importe ce serait pour la bonne cause. Et puis, perdue dans ses pensées, dans la douceur que Cameron lui apportait, elle avait lâché quelques mots. Sincères, du plus profond de son cœur. Il devait le savoir. Il devait avoir conscience qu’il était un excellent grand-frère surtout maintenant qu’il allait peut-être se confronter à une nouvelle fratrie. Il ne devait jamais douter, pas à cause d’eux, pas à cause de ce nouveau coup de pute que la vie lui faisait. Cameron était la meilleure chose qui lui soit arrivé à Poudlard. Sans lui, elle n’aurait jamais réussi à garder la tête haute avec tant de force. Sans lui, elle ne serait peut-être même pas de ce monde. Cameron ne répond rien mais il n’y a pas besoin de mots. Elle voit son regard se perdre sur le sol, ce mince sourire… Et puis son bras autour de ses épaules. Ems afficha alors un immense sourire.  Un baiser sur sa tempe et elle rit légèrement. Elle se laisse ensuite entraîner, guider comme elle l’a toujours fait à ses côtés. Une famille plus forte que tout.

Leurs pas les mènent au hasard dans les rues, le calme s’installe. Malgré l’excitation et les émotions, Emily a arrêté de sautiller partout. Elle observe, elle sourit, elle marche tranquillement. La fatigue gagne peu à peu son corps mais elle ne dit rien, elle retrouvera son lit bien assez tôt. Ils passent alors devant une église et le regard de Cameron semble être accroché. Il s’arrête et lui demande si elle veut bien qu’ils prennent une pause. Elle hoche la tête en souriant et finit par le suivre mais en gardant une certaine distance. Elle veut le laisser vivre ce moment seul, c’est ce dont il a besoin. Emily s’arrête dans l’entrée de l’église et observe. Elle ne connait pas bien ces lieux, n’a pas trop l’habitude de s’y rendre. Elle profite du calme mais aussi de la beauté du lieu. Des cierges permettent de se rendre compte de la complexité de l’architecture. Elle ne croit pas en Dieu mais se laisse emporter par l’atmosphère qui règne, sentant un vent de sérénité prendre possession d’elle.

« On rentre chez nous. »

Avec un sourire, Emily reprend les mots de son frère. Ils sont sur le parvis, il y a quelque chose sur leur visage, un calme certain. Ils se remettent lentement en route et sur le trajet le silence s’installe de nouveau entre eux. Un silence réconfortant, agréable. Emily s’allume une dernière cigarette. Elle a trop fumé ce soir, il va vraiment falloir qu’elle fasse quelque chose pour ça. Mais pas maintenant, non pas tout de suite. Pour l’instant elle ne veut pas réfléchir, prendre de bonnes décisions. Elle veut juste savourer ce sentiment de paix profonde. Elle sait qu’après la mer, après le rêve des questions viendront l’assaillir. Elle sent que l’annonce de cette découverte familiale ne la laisse pas indifférente. Non, cela provoque même de vives réactions en elle. Mais ces dernières attendront, encore un peu.

Emily glisse la clé dans la serrure de l’appartement et ouvre la porte. Elle laisse Cameron entrer, la lumière de la lune filtre et des lampadaires par les fenêtres et leur permet de ne pas se heurter aux meubles sans allumer une lumière qui serait trop agressive. Ems s’approche de son frère et dépose un baiser sur sa joue.

« Bonne nuit. »

Un murmure, elle sent le sommeil l’envahir déjà. Peut-être finalement, qu’elle parviendra à se reposer. Son corps le réclame en tout cas.

- Fin -
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