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 How I Got Lost {Derek}

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MessageSujet: How I Got Lost {Derek}   Jeu 5 Aoû 2010 - 18:42

Lorsque j’ai rouvert les yeux, j’ai senti toute cette chaleur autour de moi. J’ai perçu une larme s’échapper d’entre mes paupières que j’avais refermé aussitôt, ma rétine ne supportant pas la forte luminosité qui m’éblouissait violemment et m’empêchait de prendre conscience de mon environnement. Une larme de douleur, due à la lumière. Une seule, unique. La seule que je puisse encore verser, totalement vide de liquide lacrymale à force d’en avoir versé pendant des heures probablement. J’étais allongé, je crois. C’est en tout cas l’impression que j’avais, ne percevant pas grand chose d’autre que cette lueur aveuglante et la chaleur qui s’insufflait par tous les pores de ma peau. J’ai laissé passer quelques minutes comme ça, immobile, sans tenter de faire le moindre mouvement. Des questions plein la tête. Où suis-je ? Qu’on-t-il fait de moi ? Pourquoi cette lumière ? Et surtout, où est Kyle ? Pourquoi est ce que je ne sens pas sa présence près de moi ? Où est il ?! Puis mes souvenirs sont revenus, embrouillés, à peine clairs. Son corps, inerte, sans vie. Mon cœur qui se déchire. Mes cris. Mes larmes. L’Imperium. Tout s’est remis en place dans mon esprit mais les questions subsistaient toujours. Qu’avait il fait de son corps ? Et depuis combien de temps étais-je partie dans les limbes ? J’étais perdu, entrain de céder à la panique, alors j’ai tenté de me relever. Quand mes doigts se sont ancrés dans le sol, j’ai tout de suite assimilé la nature du terrain. Du sable. Du sable ? Est ce que j’étais réellement allongé sur du sable ? Pourquoi du sable ? Je ne me souvenais pas avoir déjà vu de sable dans l’enceinte de l’école. Même autour du Lac, bien que je n’en ai jamais fait le tour, celui ci étant bien trop grand si tant est qu’il est une fin. J’ai pressé les grains dans mes poings. Il était chaud. Il était doux. Exactement comme dans mes souvenirs d’Australie. Et ce bruit lointain, assourdissant mais pourtant étrangement familier auquel je n’avais pour le moment prêté aucune attention. Qu’est ce que … ? Je me concentrais, toujours incapable d’ouvrir les yeux. Je ne comprenais pas ce qui se passait et l’angoisse allait grandissante alors que j’étais totalement vide d’énergie pourtant. Mes gestes étaient lents, pénibles. J’avais mal à la tête, et mal au cœur, pour d’autres raisons non inhérentes à la fatigue.
Je devais ouvrir les yeux. C’était la seule solution pour comprendre et avoir des réponses à presque toutes mes questions. J’entrouvrais alors les paupières, lentement, pour que mes yeux s’habituent en douceur. En cet instant j’étais heureux d’avoir les yeux foncés. Des yeux clairs n’auraient jamais supporté une luminosité aussi intense. J’avais mal mais je persistais malgré tout. Au départ, je n’ai vu que du blanc, puis une tâche de bleu dans le lointain, avec ses volutes indistinctes qui se détachait entre le sol et l’horizon. Je me suis redressé, jusqu’à m’asseoir tant bien que mal. J’ai replié les genoux vers moi, sur le sable, pour les faire passer sous mon corps de façon à me maintenir à quatre pattes sur ce qui était effectivement du sable. Un sable extrêmement fin comme je n’en avais connu que dans un seul endroit. Nouvelle pression sur mes paupières, et tout devient plus clair. Ce bruit, j’en connais la source. Cette lumière, j’en connais la source. Devant moi, l’océan. Sous moi, la plage. Et au dessus, le soleil, en plein zénith. Tout s’est expliqué d’une traite. Et lorsque j’ai pris conscience de ça, je me suis retourné vivement, pour vérifier l’improbable. Pourtant, elle se tenait bien là. Grande et fière, faisant face à l’Océan Indien totalement déchaîné. La plage, ma plage, était déserte. Pas un bruit. Pas âme qui vive. Mon regard se perdait sur les courbes familières de cette grande terrasse de bois si caractéristique. Papa l’avait construit, avec l’aide de ses deux fils. Maman avait fait la peinture, avec l’aide de ses deux fils elle aussi. A l’époque où nous étions encore une famille. A l’époque où ils n’étaient pas morts. A l’époque où Derek me supportait encore. A l’époque où j’étais encore « vivant ». Mon cœur avait beau battre la chamade là dans ma poitrine, je n’avais goût à rien. Et pourtant, j’avais atterri par je ne sais trop quel miracle à l’endroit que je désirais retrouver le plus au monde. Chez moi. Ma maison. Ma plage. Mon Océan. J’ai détaillé la charpente et les murs dans leur moindre détails, jusqu’à ce que je me rende compte que la porte était ouverte. Mes sourcils se sont arqués, puis froncés, lorsque j’ai perçu une ombre qui se déplaçait à l’intérieur. Encore une fois, je ne comprenais pas. Qu’est ce que je faisais là ? Qui était dans ma maison alors que personne n’est sensé s’y trouver depuis la mort de mes parents. Grand Mère, peut être ? J’ai arrêté de réfléchir et j’ai tenté de me relever, pour aller vérifier par moi même. Premier essai. Echec cuisant. Je me suis écroulé sur le sable brûlant en grognant sous le poids de la souffrance. J’ai attendu, une seconde, puis une deuxième et encore une. Deuxième essai. J’y étais presque. Troisième, et ce fut le bon. Debout, pour la première fois depuis un long moment visiblement, j’ai vacillé, sentant les fourmis se répandre dans mon corps à mesure que le sang y reprenait sa circulation normale. J’ai observé partout autour de moi, la plage vide, l’Océan énervé mais magnifique. J’ai hésité. Rejoindre la maison, ou me jeter dans l’eau comme un poisson trop longtemps privé de son milieu naturel ? La curiosité l’a emporté sur le besoin presque vital que j’avais de retrouver cette sensation qui me manquait cruellement depuis des mois. Elle allait devoir me manquer encore un peu. Je me suis mis en marche, très laborieusement, jusqu’à ce qu’au bout d’une longue minute qui m’avait semblé interminable, mes pieds touchent enfin la première marche de bois fin. J’ai fermé les yeux, la main agrippé à la rambarde. Je suis chez moi. Voilà les mots qui me sont venu en tête avec un mélange de sensations envahissantes. Chez moi. Seul. Abandonné de tous ou presque certes, mais chez moi. Loin de l’enfer. Loin de … Lui. Loin de ma vie, de mon cœur, de mon amour. Loin de toute raison de continuer à respirer. Une boule s’est forgé dans ma gorge mais alors que j’allais me laisser tomber sur les marches sans intention de me relever avant d’avoir laisser toute ma tristesse se répandre sur le monde, j’ai entendu des voix à l’intérieur. Nouvelle interrogation. Qui sont ces gens dans ma maison. Nouvelle émotion. Une sorte de colère cette fois. J’ai repris ma route, déterminé à avoir le fin mot de l’histoire. Les escaliers, aussi court soient ils, m’ont paru interminables. J’ai traversé la terrasse. J’ai poussé la porte pour qu’elle s’ouvre un peu plus qu’elle ne l’était déjà et j’ai franchis le seuil en rivant mon regard vers la gauche comme par réflexe. La cuisine, l’endroit où il y avait toujours au moins une personne lorsque nous vivions encore ici. Maman qui cuisinait en chantant. Papa qui bricolait un nouveau meuble. Derek ou moi, qui aidions nos parents, qui faisions nos devoirs sur le plan de travail juste pour être près d’eux. La pièce de vie finalement. Lorsque j’ai rivé mes yeux sur le centre de la pièce, mon cœur s’est arrêté de battre.

Trois silhouettes plus que familières. Des silhouettes que je n’aurais jamais du revoir.

- Maman …

Mon estomac s’est tordu tandis qu’une nouvelle larme tentait désespérément de couler sur l’une de mes joues creusées par les sillons des précédentes. Un murmure. Ma voix tremblait tellement. Impossible. C’était impossible.

- Maman !

Ça a été plus fort que moi, j’ai rassemblé mes dernières forces et j’ai franchis les quelques mètres qui me séparaient d’elle pour me jeter dans ses bras. Peu importe si c’est un rêve. Peu importe si je suis mort. Elle est là. Je la sens. Je l’entends respirer. Et même si désormais je la dépasse en taille, chose qui n’était pas le cas quand elle est partie, je suis toujours son petit garçon. Je n’arrive plus à la lâcher. Et sa voix, j’ai besoin d’entendre sa voix, si douce, si rassurante. Je t’en pris maman, parle moi. Dis moi que tout va bien, que tout va s’arranger, que tout ça, ce n’était qu’un mauvais rêve.

« Enzo, mon chéri. On attendait plus que toi. Calme toi mon bébé. Tout va bien. Je suis là. Je t’aime mon petit surfer silencieux. Chut … »

Elle a pris mon visage entre ses mains et a déposé un baiser sur mon front en se dressant sur la pointe des pieds. J’ai tourné la tête, et j’ai vu mon père, il me souriait, puis mon grand père, l’air plus sérieux mais serein. Je ne comprenais pas, ne voulais pas comprendre. Et si c’était le paradis, je voulais y rester. Même si malgré tout ça, il me manquait encore quelque chose. J’avais ce vide au fond de moi qui n’arrivait pas à se combler malgré leur présence à tous les trois.
C’est alors que ma mère a repris la parole.

« Quelqu’un t’attends là haut mon cœur. Ne le fait pas languir, il s’ennuie de toi je crois. »

Pardon ?

Je l’ai dévisagé, incrédule. Est ce que … ? Un regard vers mon père, et vers son père à lui, ils discutaient de je ne sais pas trop quel sujet mais ne faisaient pas attention à nous. J’ai de nouveau interrogé ma mère du regard, elle m’a souris et d’un signe de tête m’a montré l’escalier. Je n’avais plus qu’un seul nom en tête. Kyle. J’espérais tellement. Peut être même trop. Tant pis, je prends le risque de me faire des illusions, je veux en avoir le cœur net et peu m’importe ce qu’il se passe ici. Je sais qu’ils sont tous morts, que je le suis probablement aussi dans ce cas. Si j’ai raison, alors tant mieux, parce que c’est ce que je veux si c’est pour être avec eux.
Je n’ai pas pris le temps de serrer mon père et mon grand père dans mes bras. De toute façon, ce n’est pas une chose que l’on fait chez les Ryans. Avec ma mère oui, mais pas avec les autres hommes de la famille. Je ne sais pas vraiment pourquoi. La fierté, très certainement. Quoi qu’il en soit, j’ai de toute façon l’éternité pour le faire à présent. Alors j’ai marché rapidement, traversant la maison en notant que rien n’avait changé depuis notre départ. Les escaliers m’ont semblé moins dur à grimper, comme si j’étais porté par une motivation bien plus forte que l’épuisement et la douleur qui secouaient mon corps de tremblements. L’adrénaline. Je suis passé devant la chambre de mon frère, vide, j’ai eu un pincement au cœur. Arrivé devant la porte de la mienne, qui était entrouverte, je me suis arrêté pour reprendre ma respiration. Dans ma poitrine, mon cœur n’avait jamais battu aussi fort. Ma main sur le bois, j’ai poussé en fermant les yeux. Lorsque je les ai ouvert à nouveau, j’ai constaté que ma chambre n’avait pas changé non plus. Ma planche était posée dans un coin et sur les murs des cadres représentant l’Océan. Des photos de la famille, d’amis, d’animaux en tout genre. Une photo attira particulièrement mon attention, si bien que j’en oubliais presque pourquoi j’étais là, que je m’attendais à y trouver quelqu’un que je ne voyais toujours pas. Une photo de Derek et moi. Tous les deux dans le jardin de nos grand parents, le sourire aux lèvres. C’était au dernier printemps que nous ayons connu en Australie. J’attrapais le cadre entre mes doigts et inspirait longuement avant de laisser l’air faire le chemin inverse. Mon frère. Que j’aimais, malgré tout. Que je ne reverrais plus jamais.

« Enzo ? »

Je sursautais, ne m’attendant pas à être surpris dans ma propre chambre. Et quand je me retournais, il était là, me souriant comme il avait l’habitude de le faire pour me rassurer.

Kyle.

Ca n’a pas pris une seconde avant que je le serre contre moi si fort qu’il a du en avoir mal. Pourtant je n’étais pas décidé à le lâcher. Je ne pouvais pas. Je ne voulais pas. Pas maintenant que je l’avais près de moi après avoir eu peur de le perdre définitivement.

- Je t’aime, si tu savais comme je t’aime.

Et comme j’avais moi l’habitude de le faire, je le couvrais de baisers, sans jamais agrandir l’espace entre nos deux corps. Toute la pression retombait d’un coup et je me sentais partir, comme si mes jambes ne voulaient plus, ne pouvaient plus, me maintenir debout. Je suis effectivement tombé, mais sur mon lit. Kyle a éclaté de rire et s’est couché sur moi alors que je reprenais rapidement mes esprits. Je me perdais dans son sourire et l’enlaçais par crainte qu’il ne m’échappe une nouvelle fois.

« Je suis là. Je vais bien. Je t’aime moi aussi. Chouette ta chambre. Je t’y retrouve bien là. »

C’est vrai qu’elle était représentative de celui que j’avais pu être par le passé, et que j’étais toujours, quelque part là enfouie au plus profond de moi. Je me sentais tellement bien d’être là, avec lui, sans me poser de question concernant l’acceptation de ce garçon que j’aimais au sein de ma famille. Ma mère semblait l’avoir accepté comme s’il était son propre fils. Quant à mon père et mon grand père, ils ne paraissaient pas s’en être soucié plus que ça. Je partais donc du principe que c’était ok.
Le silence s’installa alors que je regardais Kyle comme si c’était la première fois que je le voyais. Il fallait que je sache, malgré tout.

- On est mort, hein ? C’est ça ? On est au Paradis ?

Je n’avais pas spécialement envie de mourir, mais s’il faut ça pour être avec toi alors je t’en prie, dis oui. Il gardait toujours le sourire aux lèvres, alors dans ma tête encore une fois, le raccourcis fut vite pris. On était bel et bien au Paradis et rien ni personne ne pourrait venir nous séparer maintenant. Comment est ce que je suis mort ? Je m’en moque pas mal. Tout ce qui m’importe c’est d’être près de lui, près de ma famille, même si mon frère et Jillian me manqueront.

« Ecoute, c’est pas aussi simple que ça. Je suis mort. Je suis là, avec tes parents, ton grand père, mais toi … Toi, tu ne peux pas rester Enzo. Tu es juste entrain de rêver. »

Quoi ? Non. Non, non, non. Tu plaisantes. Tu me fais une blague là Kyle mais elle n’est pas drôle tu sais. Regarde moi, est ce que j’ai l’air de trouver ça amusant ? Je t’assure que ce n’est pas le cas. Et pourquoi tu continues de me sourire comme ça ? Qu’est ce que, non ! Je ne veux pas que tu m’embrasses, je veux que tu me dises que j’ai raison, que tu me racontes des conneries juste pour me faire marcher.

« Adieu mon amour. »

Ses lèvres se sont posées sur les miennes. J’ai gardé les yeux grands ouvert jusqu’à ce que le néant emporte tout sur son passage. Plus de Kyle. Plus de chambre. Plus de famille retrouvée. Rien que l’obscurité.

~*~

Je me suis réveillé d’une traite, un cri restant étouffé dans le fond de ma gorge. J’avais l’impression d’agoniser. Je me suis assis en faisant basculer mes jambes dans le vide. Les coudes sur les genoux, la tête baissée et le visage dans les mains, je tremblais de tout mon corps.

- Un rêve. Un putain de rêve !

Oui, rien qu’un rêve. Qui s’est envolé avec mon espoir de le revoir un jour, la réalité m’ayant rattrapé bien plus vite que je ne l’aurais souhaité. J’aurais tellement voulu que ce soit réel. Lui et moi, pour l’éternité. La chaleur des bras de ma mère. Le regard bienveillant des deux piliers de la famille Ryans. Ma maison. Ma plage. L’Océan. Mon idéal. Envolé d’un claquement de doigts. Me laissant reposer ici avec un goût amer dans le cœur. Je tuerais pour qu’il cesse de battre ce myocarde.
Je n’ai pas bougé de la journée, pleurant les dernières larmes qu’il m’étaient encore possible de verser. Revivant sans cesse les mêmes images, celle de la veille - Enfin je crois que c’était la veille, à vrai dire je n’en sais rien - Celles de Kyle, de son visage sans expression et de son corps sans vie.
Personne n’a ouvert cette foutue porte. Je ne savais même pas où j’étais, mais je m’en foutais royalement. Ici ou ailleurs, qu’est ce que ça changeait au fond ? Rien. Absolument rien.
Je voulais juste attendre que le temps passe et qu’il m’arrache à cette existence dont je ne voulais plus entendre parler. A l’intérieur, j’étais déjà mort.
La journée a passé, puis la nuit. Un nouveau jour s’est levé, je ne dormais toujours pas, par peur de retomber dans un traquenard qui me ferait croire à une autre réalité. Malheureusement, l’épuisement a pris le contrôle de mon corps et je me suis effondré comme une masse sur le lit. Ce sont les cauchemars qui ont fait leur entrée, fracassante, comme toujours. Kyle. Les Supérieurs. Le Loup. Mes parents. Le Professeur Hammershmitt. Le Professeur Hammershmitt ?! C’est quoi ces conneries ? Pourquoi est ce que je rêve de lui maintenant ? Pourtant c’était très clair. Je le voyais parfaitement sourire en indiquant à cet espèce d’ordure qui avait pris la vie de celui qui faisait battre mon corps, l’endroit dans lequel nous nous étions enfuis. Ce visage qu’étrangement je souhaitais oublier à défaut de le tuer lui aussi. Je n’avais même pas envie de me venger, je voulais juste disparaître moi aussi. N’être plus qu’un souvenir dans quelques esprits et retrouver ce monde parfait qu’il m’avait été donné de goûter deux nuits passées. Est ce que ce Prof nous avait dénoncé ? Après tout, n’était-ce pas lui qui m’avait indiqué cet endroit, la Cabane Hurlante, comme un sanctuaire, un repaire de Loups Garous. Mes poings se serraient alors que je venais juste d’émerger d’un sommeil épuisant rempli de visages tous plus familiers les uns que les autres. Un traître. Je n’avais aucun moyen d’en être sur, mais je n’arrivais pas à m’enlever cette idée là de la tête. Je lui avais donné ma confiance ! Encore une fois, j’ai été stupide. Et si Kyle est mort, c’est de ma faute. Ma faute. Uniquement de ma faute. MA FAUTE !
Une nouvelle fois j’ai perdu le contrôle. Je me suis relevé comme une furie et j’ai frappé tout ce que j’avais à ma portée. Les murs. Le peu de meubles qu’il y avait. J’ai retourné le lit en hurlant comme un sauvage. Je me suis dirigé vers la fenêtre mais bien évidemment, elle avait été scellée par un sort. Lorsque je me suis retourné, mon regard a été attiré par des morceaux de parchemins qui traînaient par terre alors quelque peu calmé, je me suis approché et j’en ai ramassé un. En le déroulant, je me suis confronté à une chose à laquelle je ne m’attendais pas. Moi. C’était moi sur ce dessin. Moi sur tous les autres. Moi, moi, et encore moi. Des expressions différentes. Des postures différentes. Mon cerveau n’a pas mis bien longtemps avant de faire le lien. J’ai tout lâché et j’ai tourné sur moi même pour observer la pièce, chose que je n’avais encore pas fait. Hébété. Perdu. Le cœur brisé, si tant est que ce soit possible de faire pire. Mon visage s’est figé dans un rictus de douleur quand j’ai pris conscience de l’endroit où je me trouvais.

Sa chambre.

Posant mes deux mains sur ma tête, je me suis recroquevillé dans un coin pour ne pas avoir à supporter ce spectacle plus longtemps. Comment peut on être aussi cruel ? M’enfermé dans sa chambre, avec ses affaires, son souvenir, alors que seulement 48h plus tôt, il l’assassinait devant moi, me tuant par la même occasion. Nouvelle crise de larmes, de tremblements. Nouvelle crise de souffrance. Et rien, absolument rien à quoi me raccrocher. Rien, ni personne. Tout me rappelait son absence. Je n’osais plus bouger de peur de faire une nouvelle trouvaille qui me ramènerait à son souvenir. Au bout d’une heure, poussé par un élan de folie, je me suis relevé et j’ai fouillé partout dans la pièce à la recherche de quelque chose qui me permettrait d’en finir définitivement. C’est là que j’ai remarqué l’emplacement de ce qui avait du être un miroir avant d’être brisé ou tout du moins retiré de la pièce. Du verre, ça coupe. Dans ma tête tout était clair, c’est avec ça que Kyle avait tenté de fuir la vie. C’est avec ça, que j’aurais aimé en faire de même. Mais il ne restait plus rien. Pas même un tout petit morceau tranchant. Rien. Aucune possibilité de mourir dans les prochaines minutes. Tout ce qui aurait pu me permettre de me flinguer avait été ensorcelé. Les draps. Tous les trucs un peu coupant. Tout. Encore une fois, je perdais les pédales et me jetais sur la porte comme un animal.

- C’est pas vrai ! Sortez moi de là ! J’veux pas rester ici. Laissez moi sortir !

Si elle n’avait pas été sous la protection d’un sort elle aussi, je pense sincèrement que j’aurais pu la détruire aux vues de la force de conviction que je mettais à m’acharner sur elle.
Au bout de plusieurs minutes, alors que je commençais à manquer de souffle et de virulence, la porte s’est ouverte à la volée, m’envoyer m’écraser sur le sol quelques mètres plus loin.

« On se calme fillette. Fallait y penser avant de jouer les héros et les fugueurs avec ton petit ami. Regarde ce que t’as gagné en faisant ça. Il est mort, et toi t’es prisonnier, enfermé dans la chambre de celui que t’as aimé en prime. La vie est belle pour toi. Aller mange ! »

J’ai voulu me relever pour lui faire ravaler ses mots, mais un simple mouvement de baguette et un regard dissuasif m’en ont empêché. Alors je suis resté par terre.

- Non ! Laissez moi crever de faim. Qu’est ce que vous avez fait de lui ?!

Oui laissez moi crever de faim. J’en ai rien à foutre de votre bouffe. Je crois que je n’aurais de toute façon rien pu avaler tant mon estomac était noué. Pour toute réponse, j’ai eu le droit à une exclamation bruyante suivi d’un rire sarcastique et hautement désagréable. Le Loup a repris possession de mon corps et s’est jeté sur cet enfoiré en le poussant violemment, faisant tomber la nourriture qu’il m’apportait au passage. Je crois qu’il ne s’attendait pas à ce que je sois capable de réagir aussi rapidement, et honnêtement, moi non plus, seulement je n’avais pas vraiment l’esprit ouvert à ce genre d’interrogations stériles. J’avais juste besoin de me calmer les nerfs.

« Je t’ai dit de te calmer Ryans ! Ca suffit ! »

Une nouvelle fois, je me retrouvais sur le sol, me tenant le poignet parce qu’il avait malheureusement amortis ma chute par réflexe. Probablement une simple foulure. Je me sentais vulnérable sans ma baguette. Qu’est ce qu’ils avaient bien pu en faire d’ailleurs ? Quelle importance encore une fois. Je n’en aurais pas besoin là où je veux aller. Je me redressais et lui adressais un grand sourire carnassier, trahissant mon état de folie, tout en le fixant droit dans les yeux.

- Va te faire foutre. J’me calmerais pas !

Oh ça non. Je vais laisser toute ma rage et mon désespoir sortir sur toi. Tu vas souffrir comme il a souffert.

« Impero »

Comme si être prisonnier de cette pièce ne me suffisait pas …

« Voilà, t’es un gentil petit Loup. Bon garçon. La prochaine fois, t’as intérêt à te tenir à carreau, je ne serais pas aussi tendre. »

Il m’a forcé à manger puis m’a abandonné là sur le sol comme un vulgaire objet sans valeur.

~*~

Le même cirque pendant les jours qui ont suivi. Et puis lassé, j’ai commencé à me calmer, n’ayant plus la moindre réaction. Je me débrouillais pour manger le moins possible mais lorsqu’ils s’en apercevaient, ils me mettaient sous Imperium et me forçait à me nourrir. Je ne comprenais pas pourquoi ils tenaient tant à ce que je reste en vie. Je sentais mes forces s’amenuiser mais j’étais encore trop vivant à mon goût.
Au bout de quelques jours, j’ai reçu la visite de mon frère. Je ne lui ai pas accordé le moindre regard, restant prostré sur le lit, le sweat que j’avais laissé à Kyle dans les bras. Il a essayé de me parler, je lui ai fait comprendre que je n’en avais pas la moindre envie, et il n’a pas insisté.
Certains jours, je m’activais, prenais les parchemins de Kyle et griffonnais quelques gribouillis sans formes distinctes. Jusqu’au jour où j’ai attrapé un encrier et plongeant mes mains dedans, j’ai dessiné un Loup gigantesque sur le mur, près de la fenêtre, de façon à ce qu’il puisse prendre les rayons de la Lune.

~*~

Deux semaines, je crois, que je survis comme ça, malgré moi, alors que je n’ai qu’une envie, celle de mourir pour stopper toutes ces souffrances qui me pourrissent la vie depuis trop longtemps. Mais même ça, je n’y ai pas le droit. On me nourri de force, on me maintient en vie contre mon gré. Je crois que cette fois ci, j’ai touché le fond. Le vrai. Et peu à peu je perds ma conscience. Je deviens fou. Fou de douleur.
Alors je reste là, comme un con, roulé en boule sur le lit de Kyle, serrant le sweat que je lui avais donné contre moi, dans l’espoir qu’il se passe quelque chose, n’importe quoi. Le temps n’est plus qu’une notion abstraite pour moi, mais je le trouve interminable.

Et tandis que je m’endors, la porte s’ouvre en grinçant. Je ferme les yeux, pour ne pas voir le visage de celui ou celle qui viendra m’enfoncer encore un peu plus bas aujourd’hui.

J'espère que vous venez pour me tuer.
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MessageSujet: Re: How I Got Lost {Derek}   Mar 10 Aoû 2010 - 20:23


[- How I Got Lost -]


Je ne m’étais jamais senti aussi seul de toute ma vie. J’avais décidé de me couper du reste du monde. Mes acolytes semblaient s’inquiéter à mon sujet mais je ne leur disais pas un mot sur mon état mental. Je me sentais perdu et complètement dépayser. Mais surtout, j’avais cet énorme sentiment de culpabilité qui me rongeait de l’intérieur. Je revoyais sans cesse la scène où je donnais un horrible choix à mon frère et je n’arrivais pas à m’en défaire. J’avais réussi, l’espace d’un instant, à tout oublier lors d’un de mes cours d’étude sur les moldus. Aillant cru qu’il serait bien de nous faire une petite démonstration, notre enseignant avait été repêché trois moldus sur le quatrième étage afin de les prendre comme prisonniers dans notre salle de classe. Quelle surprise lorsque j’avais découvert que l’un des captifs n’était nul autre que Kyle Johnson, probablement l’être que je détestais le plus dans tout le château. Je le rendais pour seul responsable de la dure séparation que je vivais avec mon jeune frère. Je le rendais responsable pour la perte de mes parents et celle de mon grand-père. Me disant qu’il devait payer pour tous les crimes commis par ses semblables, j’avais demandé la permission de rester après le cours pour lui en faire voir de toutes les couleurs. C’était la seule fois, depuis des jours, que j’avais retrouvé un semblant de bonheur et de réalité. Mais aussitôt que j’avais quitter la salle, tout m’était retombé dessus d’un coup et j’avais alors de nouveau perdu ma respiration. Puis les jours suivant mon altercation avec les trois moldus, j’avais continué d’arpenter les corridors à la recherche d’Enzo. Naturellement, toutes mes recherches ne donnaient absolument rien.
Coupé du monde oui, mais seul deux exceptions jaunes faisaient plus ou moins parti de mon quotidien. Je n’avais jamais cessé de voir Megan, qui m’était d’un grand soutient pendant cette période sombre qui occupait toutes mes pensées. Toujours au rendez-vous pour m’écouter parler pendant des heures de mes souvenirs avec mon cadet, elle ne m’avait jamais fait faux bond et ne m’interrompait jamais. Un petit ange discret qui était toujours là pour moi, sans jamais ne rien demander en retour. Enfin… Tout ce qu’elle voulait était que je répande des histoires complètement fausses et abracadabrantes à son sujet sauf qu’elle ne m’avait jamais dit pourquoi. J’étais intrigué par sa situation car la connaissant depuis longtemps et personnellement, elle n’était rien de ce que je racontais aux autres. Elle était la première de mes rayons de soleil. La deuxième exception était bien sûr Jillian Davis, toute aussi poufsouffle que l’était Megan. Étrange, je préférais traîner avec ces deux filles qui étaient censées être mes ‘’ennemies’’. Pourtant, à part ces deux là, je n’avais pas envie de voir personne d’autre. Quoi qu’il en soit, j’avais continué à voir Jillian suite à notre rencontre au terrain de quidditch. Je l’avais ensuite vu par hasard dans un couloir et je n’avais pas pu m’empêcher de m’excuser pour l’étrange comportement que j’avais eu. C’était ainsi que ça avait commencé. Sauf que les sujets étaient complètement différents que ceux avec Megan. On évitait soigneusement celui sur Enzo alors que je savais qu’on avait envie de s’en parler. Les lèvres me brûlaient à chaque fois que je voulais lui demander si elle avait vu des nouvelles. Mais sa mine triste me répondait à la place de ses mots. Elle souffrait de son absence, tout comme moi. Cela me donnait donc une raison de plus pour redoubler d’efforts concernant mes recherches. Si Enzo était de retour dans sa vie, elle serait sans doute un peu plus heureuse…

Et moi, je me demandais quelle sorte de personnage j’étais devenu cette fois-ci. J’avais le cœur un peu trop sensible à mon goût, étant prêt à retrouver un mec pour ma gouverne mais aussi pour une fille. Était-ce pour essayer que ça fonctionne autrement qu’en amitié entre ces deux là ou encore n’était-ce qu’un geste de bonté, charitable, juste parce que ça bouille me mettait le cœur en pièces? Ce connard d’organe battait un peu très vite à mon goût à chaque fois que j’apercevais la brune et je dois dire que je n’aimais pas trop cette sensation.
Ce sentir vivant, ce n’était pas trop mon truc.



Encore un réveil comme tous les autres. Encore un matin comme les précédents. Je n’allais pas bien. J’étais de mauvais poil sans aucune raison apparente et lorsque l’on m’adressait la parole, je ne répondais plus. Même mon corps ne répondait pas pour moi. Ils commençaient à me fuir. Ceux de ma propre maison de ne me regardaient même plus en face. J’étais devenu comme l’un de ses fantômes qui sont prisonniers des murs. J’avais l’impression de naviguer entre deux dimensions, ne distinguant même plus la réalité de mes rêves qui étaient devenus des cauchemars. J’assistais à mes cours seulement par obligation car je ne suivais absolument pas les leçons que donnaient les enseignants. Même que le nouveau professeur des potions, monsieur Hammerschmitt, me retena après l’une de ses interminables classes pour me demander si tout allait bien et si j’avais des nouvelles de mon frère. Naturellement, je lui avais péter un câble, lui disant que ce que je vivais ne le regardait pas et que la vie de mon frère ne devrait pas autant l’intriguer. J’étais parti en claquant la porte si fort derrière moi que je cru qu’elle allait tomber sur le sol.
Je n’étais plus que l’ombre de Derek Ryans. Tout son pouvoir et toute l’influence qu’il avait pu avoir sur le monde extérieur n’existaient plus.

Mais ce jour là fût légèrement différent, contrairement à ce que je m’attendais.

Alors que j’étais à l’extérieur, près du saule cogneur, le dernier endroit où j’avais vu mon frère l’un des supérieurs que je connaissais bien me surpris dans mes pensées. Il s’avança vers moi et même si je n’avais pas nécessairement envie de le voir, je ne fis aucun pas pour le fuir. Peut-être avait-il de bonnes nouvelles à m’apporter ou encore une nouvelle mission pour moi? Bah qui sait… Après tout, faire autre chose que d’aller en cours ne pouvait pas me faire de mal.
Sans plus d’information, il me demanda de le suivre et je m’exécutai sur le champ. Nous entrâmes à l’intérieur du château et je continuais de garder l’œil ouvert, au cas où je croiserais celui que je cherchais tant. Mais aussi, je regardais aux alentours pour m’assurer que Jillian ne soit pas dans les parages. Je n’avais pas envie qu’elle me voit avec un supérieur. Je lui dévoilerais ainsi mon vrai visage et je voulais qu’elle continue à croire que je n’étais qu’un gentil jeune homme inoffensif et non pas un meurtrier qui déteste les moldus pour mourir. Elle devait être la seule dans tout ce château à croire à ce conte de fée et c’était bien ainsi.
Heureusement, durant notre escapade, nous ne croisâmes personne, à croire que les cours venaient tout juste de débuter. Il m’avait conduit jusqu’au quatrième étage et instantanément, je pensais à ce Johnson. J’allais encore voir sa seule gueule d’hypocrite? J’en avais marre surtout qu’à chaque fois, il me faisait penser à mon frère. Les deux faisaient la paire dans mon esprit, je n’arrivais pas à faire autrement. Et aussi, je revoyais sans cesse cette horrible image du chêne où les deux s’enlaçaient en s’embrassant…
Justement, lorsque l’on s’arrêta enfin, cette scène me prit d’assaut et je prenais sur moi pour ne pas vomir sur les chaussures du supérieur. Ce dernier me souriait et me pointa du doigt la porte devant laquelle nous nous étions arrêtés. Je le regardais, intrigué, alors qu’il sortait sa baguette de sa poche.

Lentement, dans un grincement infernal, la porte s’ouvrit et sans attendre les instructions de l’adulte qui m’accompagnait, je m’engouffrais à l’intérieur. Une forte odeur de moisi et de renfermé me prit d’assaut et je réprimais une grimace de dégoût. L’intérieur de la pièce était très sombre et je du attendre quelques secondes avant que mes yeux s’habituent à cette nouvelle ambiance. Puis, peu à peu, je distinguais quelques formes dont une commode et un lit, sur lequel il semblait avoir une masse informe dessus. Sur le sol, je retrouvais des rouleaux de parchemin qui se trouvaient dans un coin et je fronçai les sourcils. Qu’est-ce qu’il se passait au juste? Je me retournai vers le supérieur qui me fit signe de continuer à avancer. J’avançai de quelques pas, rivant de nouveau mes yeux sur le lit qui m’intriguait de plus en plus. Quelqu’un était couché dessus, c’était ça la masse informe. Une fois arrivé à côté, je me penchai légèrement et je reconnu aussitôt mon frère. Surpris, je restai quelques secondes à le regarder sans rien faire. Les paupières closes, il semblait dormir mais j’en doutais fortement. Je commençai à le secouer et ses yeux s’ouvrirent instantanément. J’étais tellement heureux de le retrouver que mon corps se mit à trembler de la tête aux pieds. C’était bien la première fois que je tremblais pour autre chose que de la colère. Le sourire accroché sur mon visage, je n’étais pas capable de lui dire un mot. Il y avait trop de choses qui voulaient sortir et dans ma tête, tout allait beaucoup trop vite pour moi.
Alors que je m’attendais à des retrouvailles dignes d’un film, il m’envoya balader. Inutile de vous dire à quel point j’ai été blessé par son attitude. Je me résignai rapidement, l’air sérieux étant de retour et je disparaissais de la chambre sans attendre plus d’explications. Et lorsque la porte se referma sur moi et le supérieur, je sortais ma baguette à mon tour et menaçait l’homme avec un regard mauvais.


-Qu’est-ce que vous avez fait à mon frère?

Le supérieur eut un rire.


-Je vous en prie monsieur Ryans, gardez votre calme. Venez, marchons un peu et je vous expliquerais tout en détails. C’est une histoire très intéressante, vous verrez.

Je me résignai, rangeant ma baguette et je le suivis, l’oreille attentive.
Ce que j’appris me déstabilisa littéralement. Même moi je n’aurais jamais pensé à un plan aussi malsain et cruel.

Lors de la dernière pleine lune, Enzo avait tué le maître supérieur sous sa forme lupine, faisant donc de lui un véritable meurtrier. Je savais pour l’histoire de la fille mais là, son geste était intentionnel, je le savais. Kyle avait, par je ne sais trop quel moyen, retrouvé la mémoire au sujet de mon frère. Je commençais à comprendre pourquoi tous les supérieurs de cette école avaient les yeux rivés sur ce moldu. Je devais bien l’avouer, il avait des capacités vraiment surprenantes. Enfin bref, ils s’étaient tous les deux enfuit vers la cabane hurlante, croyant qu’il s’agissait là d’une porte de secours. Ils avaient dans l’idée de partir de l’école, chose que je trouvais complètement ridicule. Enzo avait donc été à ce point aveuglé par son crétin de petit ami? J’ignorais ce qu’il avait pu lui dire pour le convaincre mais si je mettais de nouveau la main sur lui, j’allais lui dire deux ou trois mots. Les supérieurs, aillant appris la mort de leur maître, avaient fait des pieds et des mains pour les retrouver, sachant que c’était soit l’un ou l’autre qui avait tué leur gourou. Ils les ont donc piégé à la cabane où une altercation a suivie, naturellement. Kyle avait une fois de plus montré sa résistance hors du commun et comme ils avaient ‘’peur’’ de lui et qu’ils ne voulaient pas le tuer, ils ont décidé de monter une petite mise en scène improvisée. Un sortilège trompe l’œil avait été lancé sur Kyle, qui ne donnait plus aucun signe de vie alors qu’il était simplement dans un état second, une sorte de coma. Donc Enzo à cru qu’il était mort alors que la réalité était tout autre. À partir de ce moment là, il était devenu incontrôlable et ils l’ont soumis à l’imperium et l’ont conduit dans la chambre de son petit ami, au quatrième étage. Donc, la pièce que je venais tout juste de quitter.

N’en croyant pas mes oreilles, j’avais cessé de marcher, regardant l’homme qui me faisait face à présent, un sourire malicieux sur ses lèvres.


-Mais… Où est Johnson…?

-Vous vous souvenez de votre cours sur l’étude des moldus? À ce moment là, tout cela c’était déjà produit. Vous ne trouviez pas qu’il avait une mine affreuse?

Oui effectivement, comme l’oublier. Son corps en entier criait souffrance alors que dire de son visage. Il avait l’air d’avoir vieillit de dix ou quinze ans en l’espace de quelques semaines. Il avait exactement le même air qu’Enzo.

-Nous l’avons mis aux cachots en attendant et nous lui avons fait croire que votre frère s’était fait tué après qu’il ait perdu conscience. Il a mordu à l’hameçon comme nous le souhaitions. Et maintenant, nous avons une mission pour vous Derek. Vous avez toujours souhaité travailler en paire avec votre cadet, n’est-ce pas?

J’acquiesçais, tentant de cacher toute la surprise qui devait se lire sur mon visage.

-C’est le moment idéal. Il est extrêmement vulnérable à cause de tout cela. Et nous le voulons dans notre équipe lors de nos chasses aux moldus. Avec son talent précieux il nous serait très utile. Mais vous êtes le seul qui peut le convaincre de rejoindre nos rangs et nous savons à quel point vous pouvez être persuasif lorsque vous voulez quelque chose. Donc dans deux semaines, je reviendrais vous cherchez et vous aurez à le ramenez avec vous dans le monde des vivants.

Sur ces dernières paroles, il me laissa seul dans mes pensées.


J’avais compté tous les jours, attendant ce moment avec impatience. Sachant où il était et pourquoi il était là, je n’avais qu’une envie et c’était d’y retourner. Et à tous les soirs, je passais au quatrième étage en cachette, passant devant la porte de la chambre de Kyle, sachant que mon jeune frère s’y trouvait. J’avais très hâte d’aller lui parler d’homme à homme et j’avais déjà réfléchi à ce que j’allais lui dire pour le convaincre. Ma mission n’était pas facile mais j’avais confiance en moi : je pouvais y arriver. Il le fallait de toute façon et je voulais prouver au monde des supérieurs que je valais quelque chose. De plus, c’était l’un de mes rêves qui allaient se réaliser. Je m’avais toujours vu avec mon frère à mes côtés, étant deux êtres dangereux qui terrorisait tout le monde. Et si ça se trouvait, c’était ce qui allait se produire.
J’avais revu Megan et Jillian pendant ces deux semaines mais je n’en avais parlé à aucune d’entre elles. Je voulais réserver la surprise à Jill et quant à Megan… Elle aurait désapprouvée mon attitude, j’en suis certain. Et du coup, j’aurais pu dire adieu à tout ces moments physiques que nous partagions alors c’était hors de question.

La journée finalement arrivée, j’attendais patiemment le supérieur avec le cœur qui battait la chamade. J’étais excité comme une jeune fille qui s’apprête à aller au bal. J’avais très envie de revoir mon frère et j’espérais qu’il ait meilleure mine, même si j’en doutais. L’homme arriva et me reconduisit au même endroit que la dernière fois, chemin que je ne connaissais que trop bien. Encore une fois, la porte s’ouvrit devant moi et le décor était toujours le même. Enzo était de nouveau sur le lit, inactif et le supérieur nous laissa seuls, refermant la porte derrière moi.
Je m’approchais du lit.


-Enzo…?

Je l’appelais d’une voix faible, voir même timide afin qu’il ne me réserve pas le même accueil que la dernière fois.
Doucement, je m’assoyais sur le matelas et posai mes deux mains sur mes genoux, le regard toujours rivé vers la masse informe. J’avais tellement de choses à lui dire que je ne savais pas par où commencer. Je devais surveiller mon langage et mes paroles car connaissant son état instable, je pouvais aussi bien frapper dans un mur. Donc pour le début, je nous laissai de nouveau dans le silence, attendant qu’il me donne un signe de vie.

Après tout, peut-être n’était-il pas encore prêt à obtenir mon pardon et à me pardonner?
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MessageSujet: Re: How I Got Lost {Derek}   Mar 17 Aoû 2010 - 12:55

Est ce que j’ai réellement envie qu’on m’achève ? Oui. Je n’ai plus rien qui me retient ici. Mes parents ne sont plus là. On m’a arraché le seul être qui a su réchauffer mon cœur après leur disparition. Mon frère ne veut plus entendre parler de moi et bien qu’il soit venu me voir, en ce qui me concerne je n’ai plus rien à lui dire. C’est en partie de sa faute si Kyle est mort. Je ne vois pas comment je pourrais lui pardonner ça. Le professeur en qui j’aurais du avoir le plus confiance m’a trahis, et Ismaelle a déjà eu trop de problème à cause de moi j’en suis certain. Il me reste grand mère, et Jillian, mais je ne me sens pas la force de rester pour elles. C’est très égoïste, mais c’est comme ça. Mon cœur saigne, mon âme pleure. J’ai trop mal pour continuer à vivre. La vie sans Lui n’a plus aucun intérêt. Je persiste et je signe. Et peu importe ce qu’on écrira sur ma pierre tombale, je sais que j’ai été aimé au moins une fois dans ma vie. Bien sur je fais abstraction de ma famille, ce n’est pas la même chose. Bien que Kyle soit devenu ma famille, avec le temps. Il était mon meilleur ami, mon amour, mon amant. Il était celui avec qui j’avais décidé de fuir pour recommencer une nouvelle vie. Juste lui, et moi. Pour la vie. Pour toujours.
Seulement on nous a volé ça. Ils nous ont parqué, enfermé, torturé. Ils nous ont séparé, plusieurs fois. Ils nous ont traqué, puis nous on retrouvé. Ils l’ont assassiné et je suis mort en même temps que lui. Je n’ai plus de larmes à offrir pour étancher ma peine. Je ne suis pas triste, je suis effondré. Je n’ai plus de lumière dans mon obscurité. Je me cogne contre les murs. Je ne suis pas capable de trouver une issus, même s’il y en a une. Je ne veux pas m’en sortir. Je ne veux pas me relever et continuer d’avancer, parce que sans Lui, tout ça n’a aucun sens.

Alors oui, je vous en prie, achevez-moi qui que vous soyez.

~*~

Pelotonné sur le lit, en position fœtale, j’avais entendu la porte s’ouvrir. Les voix à l’extérieur étaient trop indistinctes pour que je puisse me faire une idée de qui cela pouvait bien être. Par réflexe, j’ai resserré mon emprise sur le vêtement que je tenais désespérément contre moi et entre mes doigts. Bien sur qu’il n’avait plus son odeur, ni même la mienne. Il sentait le renfermé, comme toute cette pièce, comme moi, mais je n’arrivais pas, ne voulais pas m’en défaire. Comme si ce bout de tissus insignifiant était la seule chose qui me raccrochait encore à lui. Parce que plus les jours passaient, plus son souvenirs devenait flou dans mon esprit. Certains traits de son visage s’effaçaient. Je perdais le ton de sa voix, ses intonations. Son sourire devenait flou. Ses yeux, ses cicatrices. J’avais l’impression que plus j’essayais de retenir tout ça, plus ça m’échappait. Et ça me rendait encore plus fou que je ne l’étais déjà. Fou de douleur, rongé par la souffrance qui me détruisait sans relâche depuis 15 longs et interminables jours.
La porte s’était refermée et j’entendais des pas se rapprocher du lit. Instinctivement, je me recroquevillais encore un peu plus sur moi même et fermais les yeux plus fort encore. J’aurais voulu me boucher les oreilles mais j’étais incapable de lâcher le sweat.

J’aurais peut être du.

« Enzo…? »

Mon prénom. N’importe qui ici était susceptible de le connaître y compris les supérieurs, mais je savais pertinemment à qui appartenait cette voix plus que familière qui l’avait prononcé comme un murmure. Je n’ouvrais pas les yeux. Le visage tourné vers le mur, je me contentais d’enfouir mon visage dans le vêtement que je tenais fermement. Je ne sais pas s’il avait perçu ce faible mouvement mais je ne voulais pas le voir. Je voulais qu’il s’en aille, qu’il tienne sa promesse de tirer un trait sur moi. Cet appel avait été un simple murmure et pourtant il résonnait encore dans mes oreilles comme un cri assourdissant.
Je ne le voyais pas mais je savais qu’il y allait à tâtons. Le moindre de ses gestes était mesuré, ainsi lorsqu’il s’est assis en douceur sur le matelas, je n’ai pas sursauté, m’y attendant finalement. J’ai relevé un peu plus mes genoux vers le haut de mon corps, de peur qu’il ne me touche. J’étais devenu encore plus sauvage en deux semaines que je ne l’avais été pendant toute ma vie. Je n’avais pas peur qu’il me frappe, bien au contraire, je crois même que j’aurais préféré. Non. J’avais parfaitement compris au ton de sa voix qu’il n’était pas là pour ça. Je ne voulais surtout pas qu’il me balance sa pitié et sa compassion au visage. J’étais faible, et n’avais donc en théorie pas la force de réellement péter un plomb, mais connaissant mon impulsivité et mon instabilité, je savais que je ne pouvais pas compter sur moi. Je n’ai rien dit. Je ne lui ai pas accordé le moindre regard pendant cinq bonnes minutes, et il n’a pas bougé. Il n’a pas prononcé un seul mot non plus. Comme s’il attendait que je fasse un geste à son attention. Comme s’il attendait que je l’invite dans ma bulle.

Il me connaît par cœur, il sait très bien que je vais craquer à un moment ou à un autre. Pourtant, j’aurais pu garder le silence des jours durant. Je n’avais pas prononcé le moindre mot depuis une semaine, et reprendre la parole me semblait assez compliqué, comme si je ne savais plus vraiment comment faire. Alors que la pièce était envahis par les seuls bruits de nos respirations, j’ai finalement ouvert la bouche.

- Toi aussi t'es venu me regarder souffrir comme les gamins qui lancent des cacahuètes aux singes dans les zoo ? Si c'est le cas, vas-y régale toi.

Le son, les mots, ont eu du mal à sortir. Une voix rocailleuse, qui m’a brûlé la gorge. Je n’avais pas ouvert les yeux en revanche, histoire de rester un peu coupé du monde. Je ne savais plus vraiment où me situer et je sentais que j’étais entrain de perdre toute volonté. Malgré tout le mal qu’il avait pu me faire, directement ou indirectement, je me reprenais notre fraternité dans la gueule et j’étais pris d’une violente envie de laisser exploser tout mon mal être sur lui en cherchant son contact. Est ce qu’il m’aurait repoussé ? Je n’en avais pas la moindre idée. Je me sentais tellement seul depuis que Kyle m’avait arraché, je crois que j’aurais été près à n’importe quoi pour ne plus ressentir ça pendant ne serait-ce que trente malheureuses secondes. Quoi de mieux que mon frère pour m’aider ? Même s’il était en partie la cause de tous nos malheurs. Mais puisque désormais il n’y avait plus de nous, plus de Kyle et Enzo, et que je n’avais pas le droit de mourir, est ce que je ne pouvais pas m’accorder un peu de faiblesse et rechercher le réconfort auprès d’un de mes bourreaux ?
Malgré tout ça, je gardais toujours énormément de rancœur en moi, mais mon état fragile, aussi bien mentalement, psychologiquement que physiquement m’empêchait d’être capable de réfléchir correctement, de voir les choses d’une manière claire et objective.

J’ai finalement amassé assez de force pour bouger et me redresser. Je n’ai pas lâché le sweet pour autant. Mes gestes étaient lents, et pénibles, mais au bout d’une minute de calvaire, j’ai finalement réussi à m’asseoir en tailleur sur le lit et à regarder mon frère droit dans les yeux, chose qui ne s’était pas produite depuis des semaines et des semaines. Peut être même plus d’un mois.

- Qu'est ce que tu veux Derek ? Me dis pas que t'es venu pour t'excuser quand même. Je croyais que j'existais plus pour toi. Tu te souviens non, de ce que tu m'as dis ? J'ai pris tes mots aux pieds de la lettre tu sais.

Je devais faire peur à voir. J’avais perdu du poids, mon teint était pâle au possible d’après ce que j’avais pu en voir lorsqu’ils me permettaient une excursion sous Imperium à la douche, des fois que j’essaierai de m’enfuir ou de me noyer. Bande de crétin.
Malgré moi, je commençais à gronder. Un grondement sourd, qui prenait naissance dans le fond de ma gorge. Je fixais toujours Derek, mais ce bruit caractéristique au Loup ne lui était pas vraiment destiné. Dans ma tête, je revivais simplement le fil des évènements pour la énième fois et ça me rendait malade. J’aurais voulu chasser tout ça de mes pensées mais c’était impossible. Elles étaient tout le temps là, même dans mon sommeil, surtout dans mon sommeil. J’étais épuisé de me réveiller en sursaut toutes les heures ou presque. Le manque de nourriture et de sommeil était probablement entrain de me tuer, mais ça n’allait pas assez vite à mon goût. J’avais des cernes dignes d’un des plus beaux films de zombie et je sentais que mon regard se perdait dans le vide à mesure que je grondais toujours. N’importe qui de sensé aurait eu peur. Est ce que mon frère avait peur de moi à ce moment là ? J’aurais aimé, honnêtement. Que les rôles s’inversent un peu, pour une fois. Plus rien ne me donnait satisfaction depuis quelques temps alors que ça, je crois que ç’aurait été un véritable plaisir. Un plaisir dangereux sûrement, mais je n’en avais plus rien à foutre de toute façon.
L’image de Kyle s’est imposé à moi violemment, pour je ne sais trop quelle raison et mon grondement a cessé d’un coup alors mes yeux s’ouvrait toujours plus grand, me donnant probablement des airs de fous. Je tremblais, mais ne lâchais toujours pas le vêtement que je remontais vers ma poitrine tout en le serrant toujours plus fort, si fort que le sang dans mes mains avait grand peine à circuler. Je me sentais partir, me balançant d’avant en arrière la bouche entrouverte et les yeux grand écarquillé comme un lapin pris dans les phares d’une voiture. Et puis cette larme qui est venu rouler sur ma joue, elle m’a fait péter un plomb.

Je me suis immobilisé, j’ai libéré une de mes mains pour attraper le bras de mon frère que j’ai serré avec ma maigre force et j’ai de nouveau cherché le contact de ses yeux.

- Pourquoi vous me laissez pas crever, hein ?! J'en peux plus. J'ai trop mal. Mais ça tu t'en fous, ça t'arrange même. Il est mort, t'es content ?! Comme papa. Comme maman. Comme Grand Père. Je pensais que j'avais eu ma dose mais finalement, non. La vie est pleine de surprises.

Tu la connais cette douleur pourtant Derek. Tu la connais par cœur. Celle de perdre quelqu’un qu’on aime plus que sa propre vie. Nos parents. Notre aïeul. Ça t’a déchiré l’âme à chaque fois, je le sais. Tu n’en montrais rien, et on en parlait jamais, mais je sais que ça t’a fait plus de mal que tu ne veux bien l’admettre sous tes airs supérieurs et inatteignables.

Je riais, comme un dément, alors que sur mes joues les larmes se faisaient toujours plus nombreuses. Une marque de faiblesse, encore une chose indigne d’un Ryans. J’attendais les reproches qui n’allaient probablement pas tarder à tomber mais peut être l’avais je pris au dépourvu. Peut être qu’il ne s’attendait pas à me voir dans un état si inquiétant.
Je riais oui, mais je ne trouvais pas ça vraiment drôle. Et il ne m’a pas fallu très longtemps pour éclater complètement. J’ai lâché le bras de Derek pour finalement enrouler le haut de mon corps avec mes propres bras et j’ai recommencé à me balancer, cachant mon visage derrière mes genoux que j’avais remonté jusqu’à mon visage. Moi qui pensait ne plus avoir de larmes à pleurer, celles ci me brûlaient pourtant aussi fort que les toutes premières.

- J'veux que ça s'arrête. J'y arrive plus.

Oui je veux que ça s’arrête. Tue moi Derek. Fais le pour moi. Laisse moi partir, ne me retiens pas de force ici. Je te demande une dernière fois de me considérer comme ton frère, comme ton sang, comme ta famille. Libère moi de cette prison de chagrin. Libère moi.

Par désespoir et épuisement, je me suis finalement penché en avant jusqu’à m’écrouler près de mon frère. Ma tête est venu se poser sur son genou et je me suis recroquevillé sur moi même tout en serrant toujours aussi fort le sweat que je n’étais pas déterminé à lâcher de si tôt malgré tout.

- J'veux plus jamais rien ressentir de toute ma putain d'existence !

Une prière décousue entre deux sanglots.
Un appel au secours.

Tu es tout ce qu’il me reste.
Je devrais te haïr du plus profond de mes entrailles, mais comme toujours je n’y arrive pas.
Tu le vois je suis faible, bien trop faible pour mériter de porter le même nom et le même sang que toi. J’ai tous les torts, alors considère moi comme tu considères les autres.

Ecrase la vermine.
Détruit là.
Achève-moi.
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MessageSujet: Re: How I Got Lost {Derek}   Mer 25 Aoû 2010 - 14:44

C’était probablement la deuxième fois dans toute ma vie que je cherchais autant mon frère. La première fois était celle de lorsque j’avais commis un meurtre non prémédité. Car oui, j’avais tué quelqu’un de mes propres mains à l’aide d’une autre élève de serpentard. J’avais fait la chose qu’il ne fallait pas faire, celle qui va faire que je vais me retrouver en enfer. Et plutôt que de garder ça pour moi, j’avais arpenter les corridors de cet endroit jusqu’à temps que je tombe finalement sur mon jeune frère. Hanté par le fantôme du moldu que j’avais sauvagement agressé, je sentais l’urgence de pouvoir me confier à quelqu’un. Et la seule personne à qui je pouvais bien raconter mes petits problèmes personnels était Enzo. J’avais fini par le retrouver, après des jours de recherche et je lui avais tout dit. Il s’était contenté de m’écouter et de me regarder dans ma phase de paranoïaque sans jamais me juger. C’était bien avant que j’apprenne qu’il avait une relation secrète avec un moldu. Alors que notre fraternité semblait être de retour, tout avait basculé et c’était rendu pire qu’avant. Je lui souhaitais tous les malheurs possibles, n’étant pas capable de faire comme lui avait fait. J’avais le jugement trop facile, contrairement à lui qui ne m’avait jamais rien reprocher concernant mon meurtre. Je n’avais pas su être compréhensif et j’avais préféré le rayer de ma vie afin de tout recommencer à zéro. M’éloigner de lui comme avant, faire comme si je n’avais jamais eu de frère. Prendre la solution facile plutôt que de faire semblant que tout allait bien. Je lui avais imposé un choix sans me soucier de ce qu’il pouvait ressentir. J’avais un cœur de pierre, il avait toujours fait parti de moi mais avec mon frère, c’était différent. Sois il pouvait devenir encore plus fort, soit il pouvait se transformer en argile. Et c’était ce qu’il s’était produit une fois de plus avec lui. C’était après coup, après que toute mon impulsivité soit passée que je m’étais rendu compte de la gravité de mon geste. On ne pouvait pas renier un membre de notre famille avec de simples paroles. Encore moins lorsque ce membre était le plus proche et le dernier que vous aviez. Je regrettais profondément mon geste et souhaitait réparer mon erreur, tout recommencer encore une fois. Je n’étais pas prêt à excuser ses attitudes étranges et son amour envers son moldu mais je voulais être de nouveau à ses côtés. J’étais de nouveau dans mes recherches et il était toujours introuvable. À croire qu’il s’était envolé avec son moldu.

Et voilà que du jour au lendemain, j’ai de ses nouvelles et qu’on me mène directement à lui sans que j’aille plus d’explication. Je ne l’avais jamais vu dans un état aussi pitoyable. Il était encore plus amoché que lorsque je le visitais sur son lit d’hôpital après l’accident de voiture de nos parents. Plus attristé, plus maigre, comme s’il se laissait mourir. Couché sur ce lit, dans cette chambre qui ressemblait beaucoup trop à un cachot, il me faisait plus que pitié. J’ignorais ce qu’il l’avait mis dans cet état mais je n’avais pu m’empêcher d’avoir un énorme pincement au cœur. Tous mes regrets me fouettaient de nouveau et je m’en voulais terriblement de ne pas avoir été là comme lui l’avait été pour moi. La peur au ventre et la colère plein l’esprit, j’avais voulu savoir ce qu’il s’était passé. Qui d’autre que moi avait réussi à le mettre dans un état aussi pitoyable? Il ne voulait pas me voir et me l’avait fait clairement comprendre. Je n’avais pas eu d’autre choix que de baisser les bras, étant incapable de lui en demander plus. Je lui devais au moins bien ça, après tout le mal gratuit que j’avais pu lui causer. J’avais quitté les lieux sans demander mon reste et j’avais demandé plus d’informations au supérieur qui m’accompagnait.

Et quand j’y repense, ses paroles flottent encore dans ma tête. Elles sont restées là jusqu’à temps que je sois de nouveau dans cette chambre, face à ce même lit où mon frère est toujours couché, dans la même position que la dernière fois. Leur plan était malsain, cruel mais brillant. Ils avaient finalement réussi à les séparer tous en les gardant en vie. Leur rêve avait soudainement prit fin sans qu’ils l’aient demandés et ils étaient maintenant tous les deux à la merci de tous ses supérieurs qui voulaient la fin de leur union. D’une part, ça m’arrangeait mais de l’autre, je ne pouvais m’empêcher d’avoir de la peine pour mon jeune frère qui semblait réellement être en détresse. Seul un regard dans sa direction avait suffit pour que je parvienne à comprendre toute sa souffrance. Il semblait vivre sa première peine d’amour mais je savais que ce n’était pas son premier ‘’deuil’’. Il était vraiment amoureux de son moldu et même si je ne trouvais aucune logique, je me disais qu’il ne devait pas y en avoir. Le cœur avait ses raisons que la raison elle-même ignorait. Je savais qu’Enzo n’avait pas fait par exprès pour tomber dans les filets de Kyle et si tout cela était réciproque, ils avaient simplement étalé cela au grand jour. Si je n’aurais pas eu accès à la pensine, jamais je n’aurais eu mot de cette relation secrète. Seulement, les supérieurs m’avaient de leur côté et voulaient que je fasse tout en mon pouvoir pour les séparer. Ils me manipulaient à leur guise et je me laissais faire sans jamais dire mon mot. Sous le coup de l’impulsion je ne m’en rendais pas trop compte mais après un certain recul, je comprenais que je n’étais qu’un pantin qui ne leur offrait aucune difficulté. Je réagissais trop bien, je devenais exactement ce qu’ils voulaient. Moi qui n’avait jamais aimé qu’on me dise quoi faire, je me laissais bercer par eux sans aucune réticence de ma part. J’ignorais pourquoi mais j’obéissais aux ordres sans jamais poser de question, leur laissant paraître que je n’étais qu’un atout de plus qui ne comprenait pas ce qu’il se passait, mais je me disais que je devais avoir mes propres raisons.
Disons simplement que… Quand le sujet principal était mon frère, j’étais toujours de la partie.


Le cœur toujours battant, assis sur ce matelas inconfortable, mains sur les genoux, je devais avoir l’air d’un ange avec mes yeux bleu de l’Océan Indien. Un garçon model, un élève qui dirigeait les autres dans le droit chemin lorsqu’ils avaient des difficultés. Mais tout cela n’étaient que des apparences. À l’intérieur, j’étais le diable, le démon incarné. Surtout pour ce que je m’apprêtais à faire. Mentir et jouer la carte de la tristesse pour l’amener de mon côté. Je devais le faire car j’étais en mission et je prenais tout cela au sérieux. Car dans quelques instants, tous mes rêves allaient devenir réalités. J’avais toujours désiré que mon frère marche à mes côtés et que le nom des Ryans soit craint des autres. Les supérieurs m’offraient cette opportunité et je n’allais pas la laisser passer sans rien faire.
D’un autre côté, j’étais réellement chagriné pour Enzo. J’avais envie de le retourner pour qu’il se retrouve face à moi, le serrer contre moi et lui dire que tout allait bien. Que tout cela n’était qu’une mise en scène et que son Kyle était toujours en vie, quelque part dans le château. Que j’allais le mener à lui et que j’allais finalement accepter leur relation. Parce que je l’aimais et que je souhaitais qu’il soit heureux. Parce que je mettais mon orgueil de côté et que j’accueillais ma famille les bras ouverts et ce, peu importe les différences. Peu importe qu’il soit lycanthrope, qu’il soit gay et que ce soit avec un moldu. Lui dire que j’étais désolé pour tout ce que je lui avais fait et qu’il ne méritait pas toute cette méchanceté gratuite. Lui dire que je n’avais jamais fait de mal à Jillian et que ce n’était plus mon intention de lui en faire.

Mais je n’allais pas faire cela. J’allais m’en tenir au plan de départ tout en faisant attention à mes paroles et à mes actes.
Je ne voulais pas le perdre une nouvelle fois.



J’attendais toujours un signe de vie de sa part et j’avais l’impression que des secondes étaient des heures. J’appréhendais toujours sa réaction et je me faisais des scénarios afin d’être prêt à toute éventualité. Après tout, Enzo était un grand impulsif, tout comme moi, alors j’avais fini par m’y habituer. Le temps passait et je n’avais toujours rien. Je savais que j’allais devoir mettre ma patience à rude épreuve car le connaissant, il pouvait tenir pendant des jours juste pour me mettre en rogne. Mais à la vue des circonstances, j’allais prendre sur moi et attendre. J’en profitai pour faire un tour d’horizon de la chambre. Des parchemins roulés jonchaient le sol et sur l’un des murs il y avait une tâche distincte. Comme si un cadre ou un miroir avait déjà été accroché là. Sinon le reste était bien simple : aucune fenêtre, aucune porte sauf celle d’entrée, un lit et une commode dont certains tiroirs étaient à demi fermés. Je parvenais à voir quelques vêtements et je doutais qu’ils appartiennent à Enzo. À croire qu’ils l’avaient enfermé dans une chambre qui n’était pas la sienne. Et puisque nous étions sur le quatrième étage, je me doutais que cette pièce devait appartenir à Kyle. Pourquoi l’avoir placé là, ça je l’ignorais. Peut-être pour remuer le fer dans la plaie un peu plus longtemps. Les supérieurs avaient tous des esprits tordus, c’était bien connu.
Ils l’avaient bien eu. Ça, c’était claire comme de l’eau de roche.


- Toi aussi t'es venu me regarder souffrir comme les gamins qui lancent des cacahuètes aux singes dans les zoo ? Si c'est le cas, vas-y régale toi.

La voix brisée de mon frère me tira de ma rêverie. Je tournai la tête en sa direction. Il n’avait pas bouger d’un poil, seules ses lèvres s’étaient entre ouvertes pour me dire ces quelques mots.
Ses paroles m’avaient blessées mais je le méritais après tout le mal que je lui avais fait. Et puis, il devait se demander qu’est-ce que je faisais là, assis sur ce lit où il devait être couché depuis des jours, peut-être même des semaines alors que la dernière fois qu’on s’était vu je lui avais dit que j’avais décidé de le rayer de ma vie puisqu’il ne voulait pas se débarrasser de son moldu. Peut-être même qu’il s’en fichait. Que tout ce qu’il attendait était le coup de grâce pour arrêter de souffrir alors que la raison de ma présence était tout autre. Se doutait-il seulement de ce que les supérieurs préparaient pour lui? Savait-il qu’ils désiraient qu’il se batte à leurs côtés pendant des chasses nocturnes et sanglantes? Oui, il devait s’en douter. Depuis l’arrivée de son don, il attendait toujours un message de leur part. J’en étais certain.
Je ne répondis pas à sa question. Je n’étais pas là pour l’enfoncer encore plus bas qu’il ne l’était déjà.

Puis, après quelques instants, je le vis s’animer. Péniblement et lentement, il se releva avec grand peine, jusqu’à se redresser complètement dans le lit pour me faire face. Je remarquais qu’il tenait entre ses mains un sweet qui semblait lui appartenir. Pendant une fraction de seconde, je fronçai légèrement les sourcils à la vue de ce vêtement, me demandant à quoi il jouait. Mais son apparence générale fit adoucir mes traits. Il avait énormément changé, un peu comme Kyle lorsqu’il était venu dans notre classe. Il avait perdu beaucoup de poids et je ne l’avais jamais vu aussi pâle. D’énormes cernes se creusaient en dessous de ses yeux qui avaient perdu tout leur éclat de vie. Il avait une mine à faire peur et je ne l’avais jamais vue dans un état aussi pitoyable. Et tant dit qu’il me regardait dans les yeux, moi, je détournai le regard, incapable de le soutenir plus longtemps. Une nouvelle vague de culpabilité s’emparait de moi.
Moi qui savait la vérité à propos de toute cette mise en scène.
Moi qui lui avait fait tout ce mal.
Le méchant et vilain grand frère qui…


- Qu'est ce que tu veux Derek ? Me dis pas que t'es venu pour t'excuser quand même. Je croyais que j'existais plus pour toi. Tu te souviens non, de ce que tu m'as dis ? J'ai pris tes mots aux pieds de la lettre tu sais.

Si je m’en souviens, quelle question. Mais je t’en prie, arrête. Ne me fais pas souffrir plus longtemps. Tu vois bien que je me sens coupable, non? Je ne suis même pas capable de te regarder en face. Surtout pas en sachant que tout ce que tu te dirais dans les prochaines minutes sera un énorme mensonge tissé comme une toile d’araignée pour que je mette à terme ma mission. Je suis un écoeurant, un vrai lâche et probablement que je ne mérite même pas de vivre pour te faire endurer tout cela. Je t’en prie, ne me rend pas la tache encore plus difficile qu’elle ne l’est déjà. Tu vois bien que je perds tous mes moyens, non? J’essais de te montrer que je ne suis pas un émotif mais j’ai bien de la difficulté à me contenir là…

Les mains toujours posées sur mes genoux, mes doigts se serrèrent autour de mes articulations jusqu’à me faire mal. La mâchoire serrée, je me refusais de prononcer le moindre mot, aillant l’impression que j’allais faire une erreur à tout moment. Je devais laisser mes sentiments de côté et faire le cœur de pierre. Jouer le masque de l’indifférence ou bien lui accorder de la fausse attention, ce que j’étais bien incapable de faire pour le moment. J’avais beau être un salaud, il y avait quelques petites choses que je comprenais en ce bas monde.
Il s’agitait à côté de moi. J’ignorais ce qu’il faisait mais je me sentais toujours incapable de le regarder et de lui répondre, préférant attendre qu’il prenne de nouveau la parole.
Et justement, peu de temps après, il arrêta de bouger et je sentais une main froide et faible agripper mon bras. Par réflexe je me tournai de nouveau vers lui, pour lui faire face et je remarquai aussitôt qu’il y avait une larme qui perlait sur sa joue. Mon cœur se brisa en mille miettes mais je tentai de ne rien lui démontrer.


- Pourquoi vous me laissez pas crever, hein ?! J'en peux plus. J'ai trop mal. Mais ça tu t'en fous, ça t'arrange même. Il est mort, t'es content ?! Comme papa. Comme maman. Comme Grand Père. Je pensais que j'avais eu ma dose mais finalement, non. La vie est pleine de surprises.

-La ferme.

J’avais répondu du tact au tact d’une voix que je n’aurais voulu pas être aussi dur. Moi qui ne voulait pas remuer le fer dans la plaie, c’était plutôt lui qui me torturait. Le fait qu’il ramène la mort de grand-père sur ma conscience, c’était trop pour moi. Pour mes parents, j’avais commencé à m’habituer à leur absence peu à peu mais pour cet homme, ce n’était pas la même chose. Même si encore une fois je n’en démontrais rien, son absence me faisait un mal de chien et j’étais toujours aussi en colère contre ceux et celles qui avaient osés lui faire du mal.
Il se mit à rire comme un dément et j’avais une sensation de déjà vu. J’avais l’impression d’avoir déjà vécu ça ou du moins, je savais parfaitement ce qu’il ressentait. Les larmes commencèrent à couler sans répit sur son visage et j’ignorais quoi faire et quoi lui dire. Les mots me brûlaient les lèvres mais je ne pouvais rien dire. Car sinon, j’allais échouer et j’allais être renier par les supérieurs. Tout le travail que j’avais accompli pour eux depuis le début allait se transformer en vent et je n’avais pas l’intention que cela arrive à cause d’une émotion un peu trop forte.
Il se plaça en boule sur le lit et je détournai une fois de plus le regard, incapable d’en supporter d’avantage. Mes doigts continuaient de serrer mes genoux et je me mordais la joue, levant les yeux au plafond. Que pouvais-je bien faire dans ces cas là? Attendre que ça passe tout en restant patient? Puis soudain, mon esprit se dirigea vers Jillian. J’aimerais tellement qu’elle soit là, avec moi. Elle saurait comment réagir pour l’apaiser, contrairement à moi qui a la fâcheuse impression d’empirer les choses.


- J'veux que ça s'arrête. J'y arrive plus.

Bordel, ferme là!

Je fermai les yeux pour ne plus voir la réalité en face. Plus ça allait et plus c’était trop. J’avais envie de m’enfuir en courrant de cette pièce pour ne plus avoir à supporter tout cela. Je me demandais encore comment je faisais pour rester immobile à l’écouter se plaindre de son malheureux sort.
Il bougea de nouveau et je continuai de garder les yeux fermés. Jusqu’à temps que je sente sa tête se poser sur l’un de mes genoux et je baissai la tête, ouvrant finalement les paupières. Il pleurait comme un enfant égaré, serrant toujours le sweet contre lui comme s’il s’agirait d’or.


- J'veux plus jamais rien ressentir de toute ma putain d'existence !

La gorge nouée et le cœur une fois de plus brisé je levai lentement ma main tremblante avant de la posée dans les cheveux de mon frère. Ses larmes mouillaient mon jean et dans ma tête, tout défilait à une vitesse alarmante. Moi qui étais entré avec une grande confiance, elle s’était rapidement dissipée. Il m’avait littéralement pris au dépourvu et toutes mes idées se bousculaient. Je devais garder à l’esprit que j’étais en mission et que je devais rester fort dans ce moment aussi difficile.

-Écoutes…

Je bloquais déjà. Ce n’était pas dans mes habitudes mais je voulais prendre tout le temps qu’il fallait. Je n’avais pas le droit à l’erreur et la pression commençait déjà à me rendre fou. Moi qui croyait la gérer parfaitement…

-Je comprends parfaitement ce que tu peux ressentir et c’est normal de péter les plombs. Je sais que tout ce que je te dis ne peut pas te ramener ton moldu mais…

Encore un blocage.
Aller Derek, soit fort.
C’est impératif, il le faut.


-Tu te souviens quand nous avons appris la mort de grand-père? Je ne démontrais pas grand-chose mais je souffrais. À l’intérieur de moi, c’était le chaos. J’ai moi aussi pété les plombs et tu sais ce que j’ai fait? C’est à que j’ai tuer le moldu. Par pure vengeance. Parce que je croyais que ça allait me libérer. Mais je n’ai fait qu’empirer mon cas. Et ensuite, j’ai fermé les yeux sur tout le monde. Un peu comme toi, je me suis isolé et je ne voulais plus parler à personne.

Je marquais une pause.

-À personne sauf une exception.

Je retirai ma main de ses cheveux et le prenais doucement par les épaules pour le forcer à se redresser et ainsi me faire face de nouveau. Ce fût difficile mais avec une force qui venait de je ne sais où, je réussissais à l’asseoir et je continuais de le soutenir afin qu’il ne tombe pas de nouveau. Il était mou comme une guenille et semblait complètement vidé de son énergie. À croire qu’il n’avait pas dormi ni manger depuis plusieurs jours. Je le regardais de nouveau dans les yeux, beaucoup plus déterminé et sûr de moi que je ne l’étais un peu plus tôt. Mon cœur s’était calmer et mes tremblements aussi. Les larmes continuaient de perler sur ses joues et j’affichais une mine triste.

Je ne joue pas la comédie Enzo. Je suis vraiment désolé pour toi.
Je m’excuse d’avance pour mes gestes et ceux des supérieurs à ton intention et celle de Kyle.
Et si tu découvres toute la vérité un jour, j’espère que tu me pardonneras et que tu comprendras mon geste. Je fais tout cela pour toi et pour moi. Pour raviver la flamme de notre relation fraternelle.


-Tu as toujours été là pour moi lorsque j’avais besoin de toi. C’est à mon tour de te venir porter secours. La famille, c’est fait pour ça. Et en sachant que celle-ci s’éteint de plus en plus, je veux que l’on préserve les traditions des Ryans en se soutenant mutuellement et ce, peu importe l’occasion.

Je lui adressai un léger sourire.

-Je suis venu te sortir de ce trou à rat. T’as quand même pas l’intention de te laisser crever ici, non? Je sais que pour l’instant tu en veux au monde entier et que ton seul désir est de quitter cette vie qui est devenue trop difficile mais tu sais quoi? Moi je te laisserais pas tomber. Et Jillian non plus.

Je savais qu’il allait sûrement s’agiter en entendant le prénom de Jillian alors je me ravisa aussitôt, prenant mes précautions.

-Ne t’inquiètes pas, elle va très bien. Je ne lui ai rien fait. C’est un petit ange, comment voudrais-tu que je lui fasse du mal. Je commence à la connaître, disons que je passe pas mal de temps avec elle… Tu me manquais terriblement et elle était la seule qui me rattachait un peu à toi… Et ton absence la fait souffrir. On n’en parle jamais mais ça se voit dans ses yeux qu’il lui manque un élément essentiel dans sa vie…

Et si tu pourrais changer d’orientation sexuelle et vouloir te mettre en couple avec elle, ce serait le summum. Je sais que je t’en demande un peu trop mais c’est comme ça que je vois les choses. Même si me ferait royalement chier et que je ragerais probablement en silence, je serais prêt à faire ce sacrifice. Tout pour que tu sois plus heureux et que tu oublies définitivement ce Kyle qui n’a fait qu’envenimer et pourrir nos vies et notre fraternité.
Mais bon, tout cela est un autre chapitre qu’on verra une fois sorti d’ici.


-Y’a des gens qui tiennent à toi en dehors de cette chambre. Et moi le premier. Tu es mon frère Enzo. Mon sang, mon cœur et ma plus proche famille. Je veux que tu te reprennes en main. Je sais que ça ne sera pas facile mais j’ai bien l’intention de t’offrir tout mon soutient. Je veux que tu marches à mes côtés. Je veux qu’on développe une complicité.

Je veux qu’ils craignent le nom des Ryans.
Je veux terroriser des moldus avec toi et leur démontrer que nous sommes plus forts.

Je veux mener à terme cette foutue mission qui était beaucoup plus facile à dire qu’à faire.
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MessageSujet: Re: How I Got Lost {Derek}   Ven 27 Aoû 2010 - 12:34

Il m’a demandé de la fermer. Je ne l’ai pas écouté, continuant de laisser sortir ce que j’avais sur le cœur. Des délires d’un type qui se laisse mourir. J’étais trop faible pour avoir peur de quoi que ce soit. Pire, je recherchais cette délivrance que personne ne voulait m’offrir. Je ne demandais pourtant pas grand chose, juste qu’on me laisse quitter ce monde. Encore une chose à laquelle je n’avais pas le droit. Je n’avais pas eu le droit d’aimer, parce que la personne que j’avais choisi, bien que je ne considère pas cela comme un véritable choix, n’avait aucun droit elle non plus. Notre relation était un mélange de multiples interdits, des tabou. Une relation entre un sorcier et un moldu. Une relation entre deux personnes du même sexe. Trop de chose qu’ils n’acceptaient pas. Mais il n’y avait pas que ça. J’avais compris avec le temps que Kyle était important pour eux, et en m’immisçant dans sa vie, je le détournais de leur chemin. Parce que je lui redonnais espoir alors qu’il le voulait plus bas que terre et dans tous les sens du terme.
Je ne comprends pas pourquoi ils l’ont tué. Peut être qu’ils ont fini par trouver un nouveau cobaye aussi résistant que lui, ou que ce petit jeu du chat de la souris les avait finalement lassé. Pourquoi ils m’ont épargné alors ? Est ce que je suis précieux à leurs yeux ? Moi, non. Ce qu’ils veulent c’est le Loup et ça j’en suis convaincu. Je l’ai toujours su. J’attendais dans la crainte, et lorsque les barreaux de cette cage se sont refermé sur moi l’autre fois, j’ai compris que le répit était terminé. Voilà deux semaines que je suis maintenu captif et qu’on m’empêche de fuir par tous les moyens y compris la mort. Je ne sais pas vraiment ce qu’ils attendent.

Je me noyais dans le silence qui nous oppressait tous les deux, et mes larmes continuaient de couler, emportant avec elle mes dernières forces. J’estimais avoir rempli ma part du marché en ouvrant la bouche pour faire le premier pas vers lui. Il n’avait peut être pas apprécié ce que j’avais pu dire mais j’avais tout laissé sortir comme ça me venait. Ça n’avait pas grand sens, c’était brouillon, mais c’est ce que je ressentais sur le moment. Ma tête sur son genoux, je m’accrochais toujours au vêtement alors que sa main, tremblante, se posait dans mes cheveux. J’ai fermé les yeux plus fort à ce contact. Certes il me rassurait. Certes j’en avais besoin. Mais il me rappelait celui qui malgré lui m’avait brisé le cœur alors qu’on avait brisé sa vie.

Parle moi Derek. Je t’en supplie, dis quelque chose, n’importe quoi, pour m’empêcher de partir à nouveau.

« Écoutes … Je comprends parfaitement ce que tu peux ressentir et c’est normal de péter les plombs. Je sais que tout ce que je te dis ne peut pas te ramener ton moldu mais … »

Est ce que je préférais ces mots là au silence ?
Non.
Finalement, non.

Tais toi. Je t’en supplie, tais toi. Ne me parle pas de lui. Jamais. Je ne veux pas t’entendre prononcer son nom, évoquer son souvenir. Rien de ce qui peut le concerner de près ou de loin ne doit sortir de ta bouche. Tu vas le salir. Vous allez tous le salir. Et ça je ne le supporterai pas. Je ne vous laisserai pas faire. Je vois son visage dès que je ferme les yeux. Je sens son odeur partout. Je l’entends, je lui parle. La faiblesse me donne des hallucinations et pour rien au monde je ne voudrais que ça s’arrête. Si c’est tout ce que je peux avoir de lui, si c’est tout ce qui me reste alors je veux garder au moins ça. Je suis le seul détenteur de son souvenir et je ne laisserai personne me voler ça.
Alors effectivement tu ne pourras pas me le ramener, et même si tu le pouvais, tu ne le ferais pas. Parce qu’il n’était pas assez bien pour toi. Parce qu’il n’y avait pas de pouvoir en lui. Parce qu’il représentait tout ce que tu as toujours méprisé et tu n’as pas su gérer le fait que ton petit frère tombe dans ses filets. Pourtant je suis bien tombé et avec le sourire en plus. J’étais bien dans ses filets, je ne m’étais jamais senti aussi bien. Ça tu ne le comprendras jamais. Je ne te demande même pas de comprendre, je veux juste que tu ne me parles pas de lui.

- Ne me dis pas que tu comprends ce que je ressens. C’est faux. Tu ne peux pas comprendre. Et effectivement tu ne pourras pas me le ramener.

Alors ferme la toi aussi.

Juste un murmure étouffé entre deux sanglots.
Je ne sais même pas s’il a compris à vrai dire.

Non tu ne peux pas comprendre. Ça n’a rien à voir avec ce que j’ai pu ressentir après l’accident et la mort de papa et maman. Ce n’est pas la même douleur. Je crois qu’elle fait plus mal encore. La perte de nos parents m’a fragilisé, elle m’a rendu sombre et distant. La perte de Kyle me rend fou. C’est le coup de trop mais ça personne ne veut le comprendre. Personne ne peut le comprendre. Il n’y a que moi qui le vit de l’intérieur, alors épargne moi tes sermons et ton soutien stérile. Ne fais pas comme si tu te mettais à ma place parce que tu ne peux pas le faire. Cette souffrance est mienne elle aussi. Tu ne peux pas me la prendre. Et ne fais pas comme si tu souffrais de ça, parce qu’au fond de toi je suis certain que tu es soulagé, que ça t’enlève un poids sur les épaules.
Je ne suis pas entrain de dire que ta vie est un rêve, je te connais, je sais que tu n’es pas bien en ce moment. Je le vois sur ton visage. Peut être même que la peine que tu ressens pour moi est sincère, mais je pense avoir le droit plus que légitime de garder une part de réserve face à ce que tu pourras bien me dire, même si je vois bien que tu es hésitant, tu cherches tes mots, comme si tu ne voulais pas me blesser ou je ne sais trop pourquoi.

« Tu te souviens quand nous avons appris la mort de grand-père? Je ne démontrais pas grand-chose mais je souffrais. À l’intérieur de moi, c’était le chaos. J’ai moi aussi pété les plombs et tu sais ce que j’ai fait? C’est là que j’ai tuer le moldu. Par pure vengeance. Parce que je croyais que ça allait me libérer. Mais je n’ai fait qu’empirer mon cas. Et ensuite, j’ai fermé les yeux sur tout le monde. Un peu comme toi, je me suis isolé et je ne voulais plus parler à personne. »

Bien sur que je m’en souviens. Qu’est ce que tu crois ? Que j’ai arrêté de voir le monde extérieur après que Kyle soit entré dans ma vie ? C’est un peu vrai, j’ai eu tendance à oublier qu’il existait autre chose que nous deux, mais je n’ai pas oublié Grand Père. Je ne t’ai pas oublié toi, alors que de ton côté tu m’avais rayé de ta vie. Je sais que tu as pété un plomb. Je sais aussi pourquoi tu as tué ce Moldu. Tu l’as tué pour la même raison que j’ai poussé ce Supérieur à se jeter dans le vide. Par vengeance. Parce qu’il représentait à tes yeux l’un de ceux qui avaient tué notre aïeul. Ton geste je ne le cautionne pas, parce que ce garçon était un innocent. Je ne suis pas entrain de dire que ce que j’ai fait est mieux, seulement je m’en suis pris directement à la personne qui m’a fait du mal, qui a fait du mal à Kyle et à plein d’autres encore. Je ne me vois pas comme un sauveur ou un justicier, parce que j’ai agis par pur égoïsme. Je l’ai fait pour moi. Et je l’ai fait pour lui. Les autres, ça n’avait pas vraiment d’importance. Disons que c’était comme une sorte de bonus. Mais ça n’a servi à rien …

Parfois je me sens l’âme d’un kamikaze. J’aimerai me rendre près d’eux, ceux qui ont pris la vie de celui que j’aime. J’aimerai les exterminer tous jusqu’au dernier, me battre, les éliminer jusqu’à ce que l’un de leur sort m’atteigne et m’emporte moi aussi dans le néant. Seulement je suis enfermé depuis si longtemps que je n’ai plus aucune notion de la réalité. Je n’ai plus d’envie, pas même celle de le venger, de me venger, de nous venger.

« À personne sauf une exception. »

C’est moi cette exception ? Je ne te comprendrais jamais Derek. Tu passes ton temps à me mépriser, à me faire du mal et dès que quelque chose ne fonctionne pas, ne va pas, dans ta petite vie d’apparence parfaite, c’est vers moi que tu te tournes. Et moi comme un con je t’accueille toujours les bras plus ou moins ouvert.

Sa main quitta mes cheveux et j’eus un violent frisson. J’étais transit de froid et la simple présence de son toucher me gardait en vie. J’avais l’impression que je pouvais perdre conscience à tout moment. Alors je me laissais manipuler comme une poupée de chiffon lorsqu’il a attrapé mes épaules. Il m’a redressé, m’a fait m’asseoir. J’ai ramené mes jambes contre moi et j’ai continué de serrer le sweat sans jamais le lâcher alors qu’il me maintenait toujours. Comme s’il avait compris que je risquais de m’effondrer. J’ai relevé la tête pour finalement garder mon regard dans le sien. Ses yeux bleus me perçaient l’âme et je voyais ma mère à travers eux. Elle n’aurait pas voulu me voir comme ça. Elle n’aurait pas voulu que je me laisse mourir. Elle aurait voulu que je me relève, que je me batte et que je continue d’avancer. Elle aurait voulu que je vive pour elle, pour Papa, pour Grand Père et puis pour Kyle. J’ai froncé les sourcils, continuant de dévisager mon frère sans vraiment le voir, et mes larmes ont cessés de couler.

« Tu as toujours été là pour moi lorsque j’avais besoin de toi. C’est à mon tour de te venir porter secours. La famille, c’est fait pour ça. Et en sachant que celle-ci s’éteint de plus en plus, je veux que l’on préserve les traditions des Ryans en se soutenant mutuellement et ce, peu importe l’occasion. »

Et le pire dans tout ça, c’est que tu t’en rends compte.

Il m’a sourit.
Je n’ai pas répondu.

« Je suis venu te sortir de ce trou à rat. T’as quand même pas l’intention de te laisser crever ici, non? Je sais que pour l’instant tu en veux au monde entier et que ton seul désir est de quitter cette vie qui est devenue trop difficile mais tu sais quoi? Moi je te laisserais pas tomber. Et Jillian non plus. »

Instinctivement je me suis agité et mon regard s’est fait plus insistant. Il m’a stoppé directement dans mon élan alors que l’inquiétude naissait en moi.

Pour le reste, et bien si j’avais l’intention de crever ici.

« Ne t’inquiètes pas, elle va très bien. Je ne lui ai rien fait. C’est un petit ange, comment voudrais-tu que je lui fasse du mal. Je commence à la connaître, disons que je passe pas mal de temps avec elle… Tu me manquais terriblement et elle était la seule qui me rattachait un peu à toi… Et ton absence la fait souffrir. On n’en parle jamais mais ça se voit dans ses yeux qu’il lui manque un élément essentiel dans sa vie… »

Il aurait voulu me faire culpabiliser qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Et moi j’avais honte, honte de ne rien ressentir. Honte de m’en foutre. Parce que dans mon esprit, et ce même si Jillian était l’une des personnes les plus importantes pour moi, je ne pouvais, ne voulais pas rester pour elle. Je m’en sentais incapable. Le seul pour qui je pouvais faire ça, c’était mon frère. Et je me disais que Kyle n’aurait pas voulu que je me laisse mourir non plus. Non. Il aurait voulu que je vive, parce qu’à travers moi il aurait subsisté une part de lui. Seulement jusqu’ici je ne me sentais pas capable de continuer d’avancer sans lui.

J’ai baissé la tête et j’ai soupiré.

« Y’a des gens qui tiennent à toi en dehors de cette chambre. Et moi le premier. Tu es mon frère Enzo. Mon sang, mon cœur et ma plus proche famille. Je veux que tu te reprennes en main. Je sais que ça ne sera pas facile mais j’ai bien l’intention de t’offrir tout mon soutient. Je veux que tu marches à mes côtés. Je veux qu’on développe une complicité. »

Nouveau regard.
Blessé, intrigué.
Confus.

Et t’as pensé ne serait-ce que cinq secondes à ce que je pouvais bien vouloir moi ? Je suis ton frère, mais t’as mis 16 ans à t’en rendre compte. Ta famille. Ton sang. Ton cœur. Le mien est brisé à jamais. Il n’est plus en état de marche et pourtant, il t’aime toujours. Tu m’expliques comment c’est possible ça ? Me reprendre en main … Comment tu veux que je fasses ?! Qu’est ce que tu veux que je fasses ? Que je me lève, que je sorte de cette pièce et que j’agisse comme si rien ne s’était passé ? Que j’oublie cette douleur, cette perte qui me pousse à vouloir mourir ? Il est parti avec un morceau de moi. Je ne serais plus jamais le même. Et très franchement, non seulement je n’ai aucune envie de me relever, mais en plus de ça, je suis certain d’en être incapable.
Ton soutien. Marcher à tes côtés. Une complicité. C’est tout ce que j’ai toujours voulu mais tu m’as toujours rejeté, et maintenant que je suis plus bas que terre, tu viens me ramasser ? Je ne comprends pas.

Je me suis dégagé de lui, et prenant appuie sur mes bras faibles j’ai reculé jusqu’à ce que mon dos rencontre le mur derrière moi. Ma tête est allée rencontré la pierre, j’ai fermé les yeux un instant avant de le dévisager une nouvelle fois. Dans mon esprit tout se mélangeait. J’avais une impression étrange au fond de moi, comme si j’étais entrain de changer, comme si je me réveillais. Ses mots avaient visiblement eu plus d’impact sur moi que ce que j’aurais pu penser.
Je me suis raclé la gorge avant de me lancer dans un discours à cœur ouvert. J’ai compris qu’il était temps pour moi de lui dire tout ce que je gardais au fond de moi depuis des jours, de semaines, des mois et même des années. Le sweat contre mon ventre, je l’ai serré plus fort avant de me lancer, avec une nouvelle détermination dans mon regard vidé de ses larmes.

- Pourquoi maintenant ? Pourquoi t’as attendu aussi longtemps avant de me tendre la main ? Alors que j’ai eu besoin de toi pendant des mois. Je sais que tu souffres de la mort de Grand Père, et je sais que tu ne supportes pas que j’évoque le sujet mais va falloir t’y faire parce que j’ai beaucoup de choses à te dire. Cette douleur là que tu ressens, tu la connaissais déjà avant, parce que je ne suis pas idiot Derek, je sais que la mort de nos parents t’a affecté même si tu t’entêtais à ne rien en montrer. Et bien j’en ai souffert le double puisque tu m’as rendu responsable de ça. Tu ne peux pas savoir à quel point tu m’as fait du mal. Non ! Laisse moi terminer, ça fait trop longtemps que je garde ça pour moi. T’as vu le changement en moi. Je me suis complètement refermé, encore plus que je ne l’étais déjà avant. Je me suis arrangé pour que tout le monde m’ignore ou me déteste, alors que toi tu faisais tout pour avoir de l’attention. Personne ne savait qui j’étais ni même que j’existais et ça m’allait très bien comme ça. L’accident m’a traumatisé en lui même, j’en ai fait des cauchemars pendant dans semaines. J’avais peur, tout le temps. Ajoute à ça la disparition de papa et maman, la morsure et le fait que je sois devenu un monstre. J’étais entrain de sombrer et toi tu m’enfonçais la tête sous l’eau. Malgré tout ça, j’ai continué de t’aimer, de ne pas te juger, de t’aider quand tu avais besoin de moi. Je ne le regrette pas, parce que tu es mon frère et que je ferais n’importe quoi pour toi.

Non je ne le regrette pas. Parce que même dans les pires moments, ceux pendant lesquels je t’ai détesté de toute mon âme, j’ai toujours su que je t’aimais et que je finirais par te pardonner parce que je n’ai jamais voulu que tu sortes de ma vie. T’es mon repère, mon lien du sang. J’ai besoin de toi, et je me rends compte maintenant que c’est réciproque. Toi aussi tu as besoin de moi grand frère, bien plus que tu ne le penses. La preuve, c’est vers moi que tu cours dès que tu as un problème. Ouvre les yeux, et arrête d’essayer de me chasser de ta vie dès que quelque chose dans ce que je fais ou dis ne te plait pas.

J’ai pris une petite pause histoire de reprendre mon souffle mais j’étais bien loin d’avoir terminé en vérité. J’ai jeté un regard vers le Loup que j’avais dessiné sur le mur, bien qu’il ne ressemblait plus à grand chose à cause de l’humidité, et j’ai puisé dans ses forces à lui. Mon homologue animal. Ma plus grande force. Celui auquel j’aurais du me raccrocher dès le début et je le comprends maintenant.
Après avoir capté de nouveau l’attention de Derek, j’ai repris. Me sentant plus fort maintenant que lui aussi s’était ouvert à moi d’une certaine façon.

- T’as pas compris mon nouveau changement. Tu ne l’as pas accepté, alors que tu aurais du parce que je ne m’étais jamais senti aussi heureux. Tu aurais du être content pour moi, que je retrouve enfin le sourire, mais non, t’as tout fait pour nous séparer. Toi et eux. Et vous avez réussi. Maintenant, je dois vivre parce qu’on ne me laisse pas le choix. Je dois vivre avec une moitié de moi en moins. Je vais redevenir un fantôme, une coquille vide. Je vais débrancher mon cerveau et essayer ne plus penser parce que je sature d’avoir à souffrir de la perte de tous les gens auxquels j’ai le malheur de m’attacher. Je vais brûler ce qui me reste de cœur, et n’en garder qu’une infime partie pour l’être que je devrais pourtant détester le plus au monde : Toi. Tu devras prendre soin de Jillian, parce que moi je n’en ai plus la force. Je veux que tu sois mon seul contact avec la réalité, avec mon humanité. Et je veux que tu saches que malgré tout ce que tu pourras penser, dire ou me reprocher, je l’aimais, et je l’aime encore. Je l’aimerais toute ma vie et ce peu importe qu’il soit … - Je fermais les yeux, me reprenant cette réalité un peu trop violemment dans le cœur - … qu’il ai été, un Moldu et un garçon. Je ne l’oublierai pas mais tu ne m’entendras plus jamais parler de lui. Je te le promets. Et je t’interdis de ne serait-ce que de l’évoquer. T’as pas le droit de faire ça.

Non tu n’as pas le droit. Et comme tu le vois, il n’y a pas que toi qui a des exigences. Si je dois vivre, je veux le faire à ma façon. Faîtes de moi ce que vous voulez je m’en moque, mais sur ce que je viens de t’exposer, je ne fléchirais pas.
Je m’écartais du mur en regardant droit devant moi. Mes pieds touchèrent le sol pour la première fois depuis un long moment. Mes muscles s’étaient atrophiés et je n’étais pas certain de pouvoir tenir debout autrement que sous Imperium mais j’étais déterminé à sortir le plus rapidement possible de cette chambre qui ne représentait à mes yeux qu’un cauchemars de plus. Assis sur le rebord du lit j’ai déposé le sweat sur l’oreiller. J’ai gardé mes doigts enroulés autour du tissus un moment, jusqu’à ce qu’une larme unique ne vienne s’écraser sur le coin de mes lèvres.

Adieu Kyle.
Je t’aime.
Depuis toujours.
A jamais.
Même si la mort nous a séparé, il reste de toi, en moi, comme une emprunte indélébile.

Voilà ce que signifiaient mon geste et cette perle salée.

J’ai lâché le vêtement et du revers de la main, j’ai essuyé mes yeux et mes joues lacérées par le sel. J’ai puisé au fond de moi pour trouver des forces, m’appuyant une nouvelle fois sur le Loup puisque lui seul pouvait encore me donner cette opportunité. Je me suis levé. J’ai eu mal, partout. Mon visage s’est crispé dans la douleur et j’ai vacillé mais je ne suis pas retombé. J’ai fait un pas, puis un autre, tant bien que mal mais je n’ai pas eu d’autre choix que de me rattraper contre un meuble pour ne pas m’écrouler sur le sol.

Et j’ai plongé un regard froid en direction de mon frère.

- Maintenant je veux sortir d’ici tout de suite et ne plus jamais y remettre les pieds. Peu importe ce que ça me coûtera, je suis près à tout pour quitter cet endroit et m’anesthésier à défaut de pouvoir disparaître. T’as gagné, encore une fois. Tu gagneras toujours.

Et si c’est un piège alors tant pis.
Je le laisse se refermer sur moi.
Je n’ai plus grand chose à perdre, si ce n’est toi mon frère.
Quant à moi, je me suis déjà perdu depuis longtemps.

Tu veux de la complicité. Tu en auras. Tu veux que je marche à tes côté. C’est d’accord. Tu auras tout ce que tu voudras de moi. Je serais le petit frère exemplaire, celui dont tu as toujours rêvé. Je te regarderais faire du mal aux autres, peut être même que je prendrais exemple sur toi qui sait. Tout ce que je veux, je te l’ai dit, c’est ne plus rien ressentir. Et je sais que cette voie que j’ai fuis pendant des mois est la seule qui pourra m’apporter ce que je recherche.


C’est décidé, j’enferme Enzo dans sa cage et je libère le Loup.


Merci Clémence pour ce merveilleux Gif ♥
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How I Got Lost {Derek}
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