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 Disappear, without a trace ▬ Maggie

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MessageSujet: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Lun 30 Avr - 14:14

Disappear, without a trace
Maggie & Enzo


■ Mardi 8 Septembre 2015 ■

Peut-être que j'aurais du sentir plus tôt qu'un truc clochait, peut-être que la transformation un peu difficile aurait du m'alerter, peut-être que mon envie brutale de sang aurait du tirer la sonnette d'alarme. J'ai eu mal comme rarement c'est arrivé ces dernières années, presque comme si c'était de nouveau les premières fois.  Je ne sais pas si c'est ça qui m'a fait déconnecter mais j'ai hésité à sortir, pas trop sûr de moi, pas trop confortable dans ma double peau et les sensations que j'avais l'impression de ne pas vraiment maitriser. Tout ça a fini par passer, je me suis dit que ça venait peut-être de la fatigue accumulée ces derniers … mois, à force de sauter d'un continent à l'autre sans arrêt. Rien que cette fois là … Australie, Royaume-Unis, États-Unis puis retour en Australie, tout ça en l'espace de quelques heures et juste avant une Pleine Lune. Peu importe. J'ai tracé ma route dans l'obscurité pour rentrer avant le petit matin comme je le fais à chaque fois et les prémices de la transformation inverse n'ont pas tardé à se pointer tranquillement, puis brutalement, à me plier en deux et me faire hurler de douleur ou serrer les mâchoires en attendant que ça passe. Comme à chaque fois. A une différence près : Malgré la présence des effets dû au Changement, je n'ai pas retrouvé ma forme humaine. Pas à l'heure prévue, pas quelques heures plus tard, pas plus que quelques jours après.
Au début je me sentais perdu. Évoluer de jour sous forme lunaire a quelque chose d'excitant les premiers instant mais ça ne dure pas, surtout pas quand on lit l'inquiétude dans le regard des autres, encore moins quand les connexions commencent à sauter. J'ai commencé à enregistrer des petites pertes de contrôle au bout de quelques jours, comme … un interrupteur, un … comment ils appellent ça déjà ? Un plomb qui saute, un fusible, quelque chose dans ce goût là. Un instant je suis Homme, celui d'après je suis Animal.  Et l'Animal n'est pas présent avec de louables intentions.

Disappear, without a trace. A treasure lost, I can't replace.
The only piece that still remains is in these scars, is in this pain.
I want to save it all, I want to take it all, my heart is holding on

Red ▬ Gone

A plusieurs reprises j'ai représenté un danger pour les autres. Derek, William, Ismaelle, Grand-Mère … Voilà pourquoi je me suis retranché de moi-même dans la cave, l'endroit où je me transforme habituellement. Au bout de quelques jours on m'a expliqué que je ne pouvais pas rester là et c'est sans réelle réaction que j'ai accepté mon sort : Retourner là où on m'a gardé captif il y a quelques mois, chez le Vieux. Pour retrouver un territoire que Loup connait déjà, qu'il assimile à une prison, et si j'essaie de le tempérer je sens bien que mes forces s'épuisent, que je n'arrive plus à garder le contrôle sur de longues durées. Un instant tout peut très bien se passer, le suivant je deviens une bête assoiffée de mort et de sang qui ne distingue plus le bien du mal, qui ne distingue plus ses proches d'une proie alléchante. Jusqu'à ce que les connexions s'effacent, disparaissant les unes après les autres. Jusqu'à ce que l'Homme abdique, à bout de force, incapable de résister et qu'il se laisse emporter. Le Tue-Loup ne fait plus effet, mon organisme l'a assimilé trop rapidement, le mal qui me ronge m'emporte loin des miens à une vitesse folle et je ne peux que le sentir m'arracher à mes repères. A mon humanité. Même leur voix, leurs gestes, leur présence rassurante et apaisante n'y peuvent plus rien. On murmure, on s'inquiète, les regards sont parfois fuyants autour de moi. Les instant de lucidité deviennent rares, mes émotions se détachent, se transforment. L'épuisement, la faim, les dernières forces, la dernière lute. L'abandon inévitable.

When I'm gone, when I fade away, is the air I breathe my only legacy ?
In the dark, I am a flame. A passing light, all in vain.
I feel the pull, I feel a change. It's over now, it slips away

Red ▬ Gone

#

ON/OFF
The light fades away

#

Il n'a plus vraiment conscience du temps qui passe. Combien d'heures se sont écoulées depuis la dernière lune ? Combien de jours ? Des semaines ? Le Loup n'a pas ces notions-là, il ne se repère qu'à l'odeur du sang qui coule dans les veines des êtres vivants qu'ils croisent, qu'ils côtoient malgré lui. Il ne se repère qu'à la luminosité lui indiquant l'heure propice à la chasse, celle privilégiée pour le repos et les barrières qu'on lui impose, qui le rendent fou. Il n'est plus que bête sanguinaire, éprise de liberté, prête à tout pour s'échapper. Prête à tout pour tuer. L'être humain, l'odeur la plus alléchante qui envahit tous ces sens du matin jusqu'au soir, du soir jusqu'au matin. Une seule seconde d'inattention de l'un d'entre eux pourrait être fatale. Le garçon a laissé entière place à une créature létale, un danger pour ceux qu'il aime même s'il les a oublié. L'un après l'autre, lentement mais sûrement, pour ne plus voir que des étrangers et surtout des proies potentielles. Il se sait, se sent, prisonnier et ne tolère plus cette mise en cage perpétuelle. Surveillé, épié, ils ne se doutent pas qu'ils sont ceux que lui surveille, épie, à l'affut du moindre pas de trop, d'une attention détournée. L'un d'eux repose actuellement sur un lit quelques étages plus haut, une marque de griffure lui lacérant le visage, pourtant fortuné d'avoir échappé à la morsure – et probablement une mort lente et extrêmement douloureuse – qui aurait suivi si personne n'avait été là pour repousser la bête. Qui n'en est que plus frustrée.

Imprudent ...

Les failles il les cherche, se jouant parfois du regard plein de compassion que lui lance le plus âgé de tous. Il est malin, rusé, futé, totalement sauvage et imprévisible mais paradoxalement manipulateur. Prêt à tout. Cet homme ne l'intéresse pas, ceux qu'il aimerait sentir sous ses crocs sont bien plus jeunes, bien plus tendres … Bien plus inaccessibles. Il ne les voit pas, jamais, mais il les sent. Ces odeurs il les connait, les a déjà côtoyé, les a déjà convoité. Pourtant cette nuit signera le début d'autre chose. Ils ne l'ont pas laissé sortir la veille, furieuse erreur. Lorsque les portes s'ouvrent sur l'obscurité et la fraicheur de l'extérieur il fonce droit vers le premier être vivant qu'il trouve mais se trouve violemment éjecté par un faisceau lumineux très agressif. Il gronde, grogne, se relève et toise cet être insignifiant dont il ne ferait qu'une bouchée s'il n'avait pas ce ridicule objet dans les mains. Pourtant, une part de lui reste prudent, presque craintif, assimilant cet objet à la douleur. Alors il se détourne et disparaît dans les ténèbres, pour répéter inlassablement le même schéma. Tester, parcourir tout le territoire, chercher une brèche, ou bien se rapprocher des humains pour tenter une nouvelle fois d'en avoir un par la surprise. Et son pelage aussi noir que l'encre semble fait pour ça, il faut bien le dire.

Il ne le sait pas encore mais cette nuit, après avoir eu le dessus sur le garçon qu'il n'entend même plus murmurer dans son esprit et contre qui il a luté pendant des jours, il obtiendra satisfaction. Il ne se demande pas pourquoi, il ne se demande pas comment, tout ce qu'il sait c'est que là, à cet endroit précis et pas un autre, il ne ressent que très peu le picotement qui le tient à distance de barrière invisible le reste du temps. Ça sent l'humain mais aucun n'est suffisamment proche pour représenter un obstacle … Stupides bipèdes. Alors il tente, il fonce, transperce le voile d'un bond et malgré une légère brûlure c'est bien la saveur de la liberté à laquelle il goûte enfin. Il court, droit devant lui, à pleine vitesse, parce que c'est ce que son instinct lui intime de faire : S'éloigner le plus possible. Il ne s'arrêtera qu'une fois certain d'être assez loin et parce que son organisme revient le chatouiller. Il a faim. Il veut tuer. A défaut d'hommes il décime une harde de daims dont il ne mange pas la moitié, abandonnant les carcasses encore fumantes derrière lui avec un désintérêt évident, poussé par un besoin immuable, comme quelque chose qui l'appelle. Des champs, des étendus boisés, voilà ce qu'il traverse au petit trop le pelage encore souillé du sang de ses victimes, agacé par l'absence de la Lune qui ne fait grâce de sa présence que par un simple quartier. A peine. Il ne le sait pas mais c'est dans un large, très large domaine magique qu'il évolue. Très peu d'habitations, toutes entourées de grands murs et de hautes grilles, toutes protégées par les mêmes sortilèges qui auraient dus l'empêcher de s'échapper.
Le jour se lève, il a parcouru une quarantaine de kilomètres dans la nuit sans ressentir les effets de la fatigue mais décide de disparaître dans l'obscurité d'une grotte après avoir lapé l'eau clair d'une rivière pendant de longues minutes. A son entrée c'est un concerto strident qui l'accueille, une colonie entière de chauve-souris apeurées qui agace le grand loup noir au plus haut point. Il en attrape une entre ses crocs, en plein vol, et la broie avant de l'avaler comme si elle n'était rien. Les autres s'empresseront de s'enfuir pour ne pas revenir ou bien se feront à la présence du prédateur qui ne compte pas bouger avant d'avoir profité d'un repos nécessaire. Un brin de toilette, sa tête se pose sur ses pattes avant, il s'endort. Quelque part dans les abimes de son esprit de bête se cache le jeune garçon à la fois effrayé et en colère, qui tente encore parfois de luter, sans succès. Lorsque la nuit revient quelques heures plus tard le loup se remet en chasse, toujours poussé par cet instinct qui lui intime de ne pas s'arrêter. Il ne faut pas qu'ils le retrouvent. Il en tuera d'autre, ça n'a pas d'importance, mais la frustration de n'avoir croisé aucun humain depuis la veille le rend irritable. Il est entrain de vider un énorme sanglier - dont les défenses auront laissé au loup un beau souvenir sur le flanc droit -  de ses entrailles chaudes pendant que celui-ci s'agite encore dans de derniers sursauts de vie alors qu'un bruit, une sensation, quelque chose attire son attention. Une patte puissante et possessive sur sa proie il relève la tête, les crocs perlé de sang et de chair, le regard ambre et sombre rivé sur la source de cette impression. Son regard brille, un grondement sourd et satisfait s'échappe de sa gorge.
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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Ven 25 Mai - 13:25


Disappear, without a trace
Le manoir semble bien terne depuis le départ d’Aiyana, comme si la vie avait quitter ces couloirs, ces pièces, ces tableaux. Sa cousine n’était peut-être pas un exemple de joie de vivre aux yeux de tous, n’était pas de celle qui exhibait leurs émotions en hurlant bêtement sans raison pour exprimer une joie, une peine. Elle était le calme et le silence, l’apaisement. Elle savait faire un choix, savait compartimenter ses émotions pour un choix meilleur. Et ne plus l’avoir dans la demeure familiale a été un véritable crève-cœur, plus qu’elle ne l’aurai imaginé. Affronté Hyppolyte était moins insupportable, l’envie d’enserrer sa gorge de ses doigts fins, moins tentant.

Aujourd’hui, chaque nuit est une nouvelle tentation de le faire mourir une bonne fois pour toute pour ne plus avoir à subir ses assauts répétés non consentis, de ne plus avoir à supporter sa présence, de sentir son souffle lourd contre sa peau de porcelaine.
Et lorsque l’on parle du loup…

Les pas lourds de son mari se font entendre jusqu’à la rejoindre dans leur chambre, Maggie assise devant sa coiffeuse. Elle lève les yeux sur le reflet d’Hyppolyte qui la scrute sans rien dire, de cet air morne, froid.
Frustré

- Tu n’es pas encore prête ?
- Bientôt.
- Plus vite.

Voix acide, acerbe.
Hyppolyte est un homme fier, à l’égo bien trop grand pour loger dans un seul manoir. Il ne supporte pas que qui que ce soit le remette en cause, que ça soit sur sa virilité, ses talents de sorcier, sur sa personnalité ou sa façon de gérer son couple, sa vie. Alors quand Maggie lui a encore présenté un flacon bleu pâle la veille, stérile, au lieu d’un vert translucide, Hyppolyte ne l’a pas supporté. Le coup est parti, suivit d’un deuxième. Pas foutu de me sauter correctement. Pas foutu de me donner UN fils. UN SEUL. La jeune femme n’a pas bronché, à simplement cueillit les deux violentes gifles en silence, sans larmes. Se concentrant sur le goût métallique se répandant délicieusement jusqu’au fond de sa gorge.

Hyppolyte s’approche d’un pas rapide, agrippe le menton de sa femme entre ses doigts glacés pour le diriger vers lui.

- Cache moi ça correctement.

Il lance un regard dédaigneux sur le bleu qu’il lui a infligé la veille et là relâche brutalement, sèchement.

- Et baisse tes putains d’yeux.

Maggie n’obéit pas, ne lâche pas le regard sombre de son mari qui fulmine, encore ivre de la veille. Comment était-il possible qu’un homme en bonne santé comme Hyppolyte ne réussisse pas à mettre enceinte sa propre femme ? Comment est-ce qu’un sang-pur comme lui pouvait ne pas réussir à engendrer une descendance ? Le problème ne venait pas de lui mais d’elle, il en était persuadé. Pourtant, ses parents lui avaient assurer une fertilité plus que correct. Alors d’où venait le problème ?
Hyppolyte fulmine, tremble d’une colère sourde, violente et la jeune femme ne doit son salut qu’aux pas pressé de sa mère qui raisonne dans le couloir adjacent.
Maggie regarde son mari quitter la pièce pour laisser place à Suzanne, sa propre mère. La jeune femme l’ignore, fait de nouveau face à son miroir, tournant légèrement le visage vers la gauche et laisser apparaitre le bleu qu’elle n’a pas encore dissimulé.

Elle applique un baume qu’elle a elle-même fabriqué alors que l’ombre de Suzanne s’étend sur elle.

- Que s’est-il passé ?
- Le test était négatif.

La femme pousse un soupir non d’horreur mais de lassitude, désespérée que sa fille n’engendre pas. Elle-même a été sévèrement puni lors de la mise au monde d’un fils défaillant, anormal. Le couple Howard a misé énormément d’espoir sur leur fille, malgré cette personnalité sombre, à part qu’elle laisse parfois entrevoir… Cette gamine est une malédiction.

- Redouble d’effort Maggie. Après tout ce que nous avons fait pour toi, pour une fois, fais les choses correctement.

Le regard assassin que glisse la jeune femme vers sa mère la pétrifie, lui colle un long frisson le long des avant-bras. Suzanne se recule par instinct de préservation, peut-être par peur aussi parce qu’elle n’oubliera jamais cet été 2013 où sa propre fille est rentrée, sourire fou, robe tâchée de sang.
Bartholomey n’a pas tort, le diable a prit possession de cet enfant.

- Hâte toi. Nous allons être en retard.

Suzanne s’éclipse, Maggie sourit.
Sa mère est d’un pathétisme affligeant, minable. Pas étonnant que son père n’éprouve plus aucun amour pour elle. Sa fierté à elle est d’au moins se dire qu’elle ne deviendra jamais si pathétique, qu’elle s’élève déjà au-dessus de leur misérable existence qu’elle finira par détruite. Tout comme elle détruit chaque chance d’engendrer un enfant en avalant après chaque rapport une pilule du lendemain.

#

La soirée chez les Avery-Baker a été annulé et les rumeurs vont vite pour peur que l’on sache trainer ses oreilles au bon endroit, auprès des bonnes personnes. Pour peu que l’on sache user des bons stratagèmes.
L’excitation de Maggie n’a pas cessé de grimper les échelons dès lors qu’elle a comprit et entendu qu’un certain Loup-Garou prisonnier de sa forme animal se trouvait quelque part dans le manoir familial. D’entendre et de comprendre que sa potion a fonctionné, au-delà de toutes espérances. Qu’Enzo est prit au piège. Elle a longuement réfléchi à toutes les manières de l’atteindre, de lui rendre « visite », se demandant si elle n’allait pas user de la bonne entente qu’elle entretenait avec Amelya. Cette femme l’a vu grandir, la connait peut-être pas aussi bien qu’elle le pense mais cela suffira amplement pour pouvoir peut-être faire une tentative de contact. Pouvoir admirer l’étendu de la situation, pouvoir admirer ce loup prisonnier.

Mais Enzo dépasse encore une fois toutes ses attentes, attise sa curiosité, la fascine.
Ca fait des jours qu’elle attend ce moment, des semaines. Et enfin, l’opportunité se présente, s’offre à elle.

Le loup est en liberté, sa part d’ombre peut enfin s’exprimer. Les fourmis se présente par million, là, au creux de son crâne, comme une invitation. L’ensemble du manoir dort profondément, Maggie a enfilée des vêtements souples, agréables et surtout pratiques pour le périple qu’elle s’apprête à faire.
Le sachet de cuir attaché à sa ceinture devrait contenir suffisamment de poudre pour la nuit, de quoi le suivre à la trace. Et la confection n’a pas été sans risque ni sans dommage. Il lui a fallut s’y prendre à trois reprises pour la réussir, sans compter une fois où son père a faillit la prendre sur le fait et une autre où une goutte de bave de crapaud de trop à faillit faire exploser les sous-sols du manoir.

Point de départ : L’orée du manoir des Avery-Baker.
Maggie prendre une petite poignée de poudre translucide qu’elle éparpille d’une formule et attend que cette dernière face effet, installé sur un balai qu’elle a rendu discret. Et c’est lorsqu’elle perçoit un scintillement rouge rubis qu’elle peut enfin commencer sa route. La jeune femme répète ce cheminement sur plus de 40 kilomètres, suivant à la trace le Lycanthrope, perdant parfois sa route avant de la retrouver après dix minutes de recherche.
Howard n’a jamais ressenti une excitation si puissante, si vive. Elle la sent palpité au creux de ses reins, dans ses veines qui bouillonne d’adrénaline.
Puisque pour la première fois, Maggie chasse. Elle chasse l’animal et non l’inverse. Prend le rôle dominant sans qu’il ne se doute de rien. Et surtout, la concrétisation de tous ses efforts et stratagèmes arrivent enfin à terme, sa récompense n’est pas loin, celle qu’elle a durement chercher à acquérir. Et ça n’est pas le moment de se déconcentrer, de se laisser porter par l’excitation et la satisfaction alors que rien n’est gagné. C’est exactement le genre d’erreur que commette les plus stupides.
Ne pas se reposer sur ses acquis.

La poudre continue sur un long chemin que Maggie entreprend de suivre soigneusement, concentrée sur sa tâche jusqu’à ce qu’enfin l’orée rouge stagne un peu plus loin. La jeune femme descend en altitude, pose ses pieds au sol et traque encore une fois sa proie.
Jouissif, orgasmique.
Après toutes ses années à taire ses besoins les plus sanglants, à jouer la prudence, elle va enfin pouvoir laisser libre court à toute ce dont elle est capable, pouvoir étudier de plus près ce spécimen qui la fascine tant. Qui lui rappelle son premier passage à l’acte. Rien que d’y penser, un long frisson de plaisir lui traverse les entrailles. Pourquoi s’emmerder avec du sexe conjugal lorsque nous pouvions connaitre quelque chose de plus intense encore ?
Maggie a pris soin d’emprisonner toute odeur corporelle dans une bulle magique et invisible qui l’entoure. Si Enzo doit la sentir, ça sera par les sons. Parce qu’elle veut qu’il l’entende approcher, à pas feutré. Qu’il la guette. Elle s’est tellement préparée pour ce moment qu’un échec la rendrait folle de rage, la ferait vriller pour de bon. Il ne peut pas lui échapper, ne peut pas fuir. A partir de maintenant, Enzo lui appartient.

Les grognements, les viscères farfouillés par un museau s’entend non loin mais pas suffisamment près pour l’apercevoir. Son cœur palpite, ses pupilles se dilatent alors qu’elle approche un peu plus. A pas de loup.
Mais dis-moi Enzo. Qui de nous deux ce soir est le prédateur et la proie.
Et enfin, elle l’aperçoit alors qu’il est là, impérieux, patte autoritaire et possessive posée sur sa proie. Sans surprise, il l’a depuis longtemps senti, bien avant qu’elle ne puisse apercevoir cette robe noir ébène, luisante. Maggie a envie d’y fourrer ses doigts, de sentir la douceur de ce pelage, de glisser sa main vers l’encolure et y sentir le sang battre, puissant.
Howard admire l’homme/animal. Ou plutôt l’animal/homme à ce stade. Est-ce que le loup a rongé l’esprit de l’humain ? Est-il absolument maitre de tout ? Elle le saura, le découvrira en temps voulu.
Pour l’instant, elle contemple cette existence qui sera bientôt sienne, scrute cette puissante stature qui s’apprête à fondre sur une nouvelle proie à l’odeur bien plus alléchante qu’un vulgaire gibier. Tout n’est qu’une question de seconde…

… Et Maggie attend peut-être la seconde de trop. Ou non. Elle ne saurait vraiment dire si elle flirt consciemment avec le danger mon son cœur explose dans sa poitrine à la seconde où Enzo se rue dans sa direction. Baguette dégainée, elle touche le flanc droit de l’animal de son sortilège d’endormissement qui fait lourdement chuter la carcasse dans un léger tremblement.
Le silence revient, Howard se fige, sa respiration en suspens. Elle peut sentir son sang battre à ses tempes, son cœur cogner furieusement contre sa poitrine. Aucun bruit ne vient perturber le moment quasi-religieux de cette réussite.

#

Sa mère aurait pu être fière de voir que Maggie n’a rien perdu de son éducation en matière d’accueil, de réception.
Tout était prêt pour recevoir l’imposant animal qu’elle a dû faire flotter sur de nombreux kilomètres, entre les arbres, jusqu’à sa cache qui se trouve en plein cœur d’une forêt, un endroit sécurisé seulement occupé par la faune et la flore. Un lieu sous-terre, une sorte d’ancien bunker qui a certainement appartenu à une famille moldu. Des survivalistes, probablement.

La jeune femme est assise sur une chaise en bois, droite comme un « i », impatiente.
Enzo est là, face à elle, encore endormi. Il n’imagine pas le temps que tout cela lui a pris… Fabriquer cette cage, en tester les résistances, les failles, en faire quelque chose de suffisamment solide pour résister aux assauts furieux de l’animal prit au piège. Elle a malgré tout eu la décence de lui laisser une couche et une gamelle d’eau, son but n’étant pas de l’épuiser tout de suite. Au contraire. Ce qu’elle veut, c’est tester sa résistance.
Pour mieux détruire certaines fondations.

La cage est un poil exigu mais ça fait partie du programme. La pièce en béton est éclairée par une lampe que Maggie a alimenté en énergie magique et rien ne décore les murs, ni l’espace. Aucun repère de temps, de jours écoulés. Un univers stérile, histoire de commencé avec des bases. Elle se chargera d’incorporer quelques éléments au fur et à mesure des jours passés.
Et elle attend encore une bonne dizaine de minute avant de voir une patte tressauter, les muscles rouler sous le pelage encore luisant.
Sortilège de cécité qui ne lui laissera qu’un brouillard gris devant les yeux. Sortilège d’inhalation d’odorat où sa truffe ne sentira rien d’autre que du vide, que du rien. Maggie frisonne déjà d’excitation de voir Enzo se réveiller, privé de ses sens. D’entendre, de voir la panique éclater au sein de sa prison.
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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Lun 28 Mai - 22:27

Il est là, face à lui, l'objet qu'il a tant convoité ces dernières heures, ces derniers jours … Poupée faite de chair et de sang, l'humain inespéré, la fin de la frustration. Pourtant quelque chose ne va pas, il peut le percevoir. Le sentir ? Non. C'est comme si cet être sorti d'un rêve n'avait pas d'odeur. S'il a capté son arrivé c'est simplement grâce à l'instinct, le bruit peut-être aussi. De là où il se trouve il entend son cœur qui bat et là encore quelque chose ne va pas. Aucune trace de peur, pas plus olfactive qu'audible. Oh son myocarde s'affole, oui, mais c'est bel et bien de l'excitation qu'il perçoit émaner d'elle …
Les détails humains ne lui sautent pas aux yeux. Si l'Homme était encore quelque part, présent, conscient, il se demanderait ce que fait une si frêle jeune fille au beau milieu de la forêt en pleine nuit. Pourquoi une jolie poupée aux beaux cheveux blonds et aux yeux semblable à des perles se promène sur le territoire du Prédateur ? La bête ne voit que l'opportunité de combler un vide, un besoin, l'assouvissement de la violence à l'état brute et la fin du manque. Il veut son sang, il veut sa chair, le sanglier a peine mort n'a plus aucun intérêt pour lui alors qu'il se lèche les babines et qu'on grondement sourd, impatient, presque un ronronnement de satisfaction, remonte dans sa gorge pour faire trembler la nuit.
L'observation et la surprise touchent à leur fin, le meurtre n'attend pas. Il s'imagine déjà broyer les os, déchirer la chair tendre, elle sent tellement bon … D'un bond et sans prévenir il saute par dessus le cadavre encore chaud qu'il délaisse et fait fi du picotement sur son flanc droit, là où la défense du son comparse animal a laissé son emprunte. Plus rien d'autre n'existe, il n'y a plus qu'elle.
Une légère frustration le chatouille quand il s'aperçoit qu'elle n'a pas la moindre réaction, aucun mouvement, pas une seule étincelle de peur dans les yeux. C'est plus amusant quand ils hurlent, quand ils courent, quand ils pensent encore pouvoir s'en tirer et échapper à la puissance létale du monstre. Puis cette frustration fugace se transforme en colère alors qu'il voit ce petit objet de malheur associé à la douleur. Pourtant ça ne l'arrête pas, il fonce et laboure brutalement mais agilement le sol de ses pattes imposantes, locomotive sans conducteur lancée à pleine vitesse.

La lumière fuse, la douleur le surprend en plein élan tel un courant électrique qui parcoure tout son être et bientôt l'énorme masse noire comme une nuit sans lune s'écroule lourdement sur le sol, immobile. Ce théâtre où le Loup n'aura été que marionnette n'aura durée qu'une poignée de seconde, mais il est loin d'être au bout de ses peines.

Loin d'être au bout du spectacle dont il devient, malgré lui, l'acteur principal.

#

Combien de temps s'est écoulé depuis ce black out qu'il n'a pas eu le temps de comprendre ? Ses perceptions sont différentes de celle de l'Homme, il se peut très bien que des heures soient passées, ou seulement des minutes, peut-être un jour … Tout ça n'a pas d'importance. D'abord un frémissement, puis le corps se réveille lentement mais sûrement.
Là encore ses sens perçoivent quelque chose d'anormal, pour la simple et bonne raison que deux d'entre eux sont totalement annihilés. Il a beau forcer ses paupières à s'ouvrir, il ne voit rien. Il a beau inspirer profondément l'air autour de lui, il ne sent rien. Sous sa langue pendante, une matière qu'il connait trop bien et qu'il hait par dessus tout. Il reconnaitrait son goût et son toucher entre mile. Une respiration calme, des battements de cœur qui le sont tout autant si ce n'est cette excitation qu'il perçoit de nouveau : Il n'est pas seul, il le comprend.
Une sensation d'oppression l'envahit, vient ensuite la panique alors qu'il tente de se relever bien trop rapidement pour y parvenir. S'en suit un gémissement plaintif, un bruit de ferraille désagréable lorsque ses pattes maladroites rencontrent quelque chose sur le sol près de lui. Ses coussinets perçoivent de l'eau qui coule lentement sur ce sol stérile et sans âme. Il recule, trébuche sur autre chose qu'il n'identifie pas, retombe lourdement sur le sol.
Ce sont les nerfs, l'instinct, qui prennent la relève. La masse imposante et sombre se jette sur le côté et rencontre violemment ce qu'il identifie comme une autre sensation familière. Il grogne, couine, fonce droit devant lui, recommence sur les côtés, tente désespérément de trouver une issue. Peine perdue, il n'en existe aucune, l'être qui le regarde se débattre s'en est bien assuré. L'animal devient fou, continue de se jeter contre les parois de sa prison, il mord les barreaux sans résultat, encore fragile sur ses pattes et privé de deux de ses sens.

Ce sont l'adrénaline, la rage et la peur qui lui permettent de se tenir sur ses pattes.
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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Dim 10 Juin - 18:04

Disappear, without a trace
Maggie & Enzo


Le temps est à l’observation.
L’animal s’éveille, en douceur, reprenant conscience avec la réalité et malgré ses yeux ouverts, il ne voit rien. Malgré son museau humide légèrement redressé vers le ciel, il ne sent rien. Lui faisant certainement perdre ses repères. C’est ce que Maggie se plait à imaginer et c’est la réaction du loup qui lui donnera raison.

Il se redresse vivement, percevant certainement que quelque chose ne va pas, que rien n’est normal. Ni dans le fait qu’il se soit retrouvé endormi et encore moins dans celui d’être privé de ses deux sens primordiaux. Il s’agite, s’emmêle les pattes, bouscule la gamelle d’eau qu’elle lui a consciencieusement donner pour qu’il puisse à un certain moment se désaltérer. Le contenu se déverse sous ses griffes qui claquent sur le sol cimenté, lâchant un gémissement plaintif.
Il lui transperce le cœur d’un frisson agréable. Et dire que ça n’est que le début de ce qui sera SON moment à elle. Celui dont tout le monde cherche à la priver. Et à le voir trébucher, retomber lourdement sur le sol, Maggie sourit. Presque avec tendresse.
Combien de temps va-t-il mettre pour comprendre qu’il est enfermé ?
Combien de temps avant qu’il n’explose ?

C’est comme si Enzo l’entendait, répondait à ses envies. Il craque, s’inquiète, s’énerve. Sa masse sombre imposante se jette contre les barreaux de la cage qui ne tremblent pas mais dont le bruit assourdissant retenti dans chaque recoin de cette pièce. Un grognement sourd s’élève de sa poitrine, suivit d’un couinement, avant de recommencer droit devant lui avec la même rage, la même ferveur de celui qui ne veut pas finir en cage.
Howard admire cette masse imposante, admire cette force surnaturelle qui s’étale devant son regard fasciné. Et Enzo se charge de lui donner bien plus qu’elle n’aurait espérer pour cette première « rencontre ». Il grogne de nouveau, couine, jappe peut-être, parmi tout ce boucan, difficile de savoir réellement. Mais sa détresse remplit l’espace au fur et à mesure qu’il devient fou à se jeter de tous les côtés, espérant pouvoir retrouver Liberté.
Mais rien ne se brise, rien ne défaille si ce n’est que son imposante stature qui commence sensiblement à faiblir. Maggie observe ce spectacle encore un temps, s’en abreuve, comme une drogue. Juste le temps de patienter pour la prochaine fois. Car il y en aura une. Plusieurs.
Elle sent son cœur battre dans sa poitrine, sent cette chaleur agréable se répandre dans ses veines, étirer son sourire. Depuis le temps qu’elle attendait cela… Elle ne peut nier cette fierté qu’elle ressent de l’avoir piéger bout à bout, même si l’avoir là était presque inespérée. Le processus a été long, laborieux, mais ça en valait la peine. Elle le sait.

Enzo lui appartient enfin, est à sa merci. Un long frisson d’excitation lui parcoure les avant-bras.

Sans un mot, c’est dans un dernier regard devant cette lourde masse qui se jette de nouveau contre les barreaux que la jeune femme s’éclipse, ses pas claquants sur le sol jusqu’à s’éloigner définitivement, remontant à la surface et fermer d’un coup de baguette magique cette lourde porte en béton armée sur le sol. Elle la recouvre de feuille morte, de terre et la rend totalement invisible pour qui voudrait chercher.

Pour la première fois en deux ans, sa nuit sera bercée de douces images qu’elle se repassera en boucle infiniment.

#

Jeudi 10 Septembre ▬ Après-midi

Jour de réunion pour Bartholomey, jour du thé pour Suzanne qui est certainement actuellement dans le grand salon d’une de ses « chères amies » pour partager les derniers ragots sur les familles, discuter de leurs enfants mariés ou non, sur les prochains couples qui seront formés.
Maggie s’en fout. Maggie est déjà en pleine forêt après s’être assuré que Samuel ne serait pas seul. Elle n’a aucun mal à retrouver le lieu et ainsi, rouvrir la porte.
Elle a volontairement laissé presque 48 heures s’écouler entre la capture de l’animal et sa venue. Pour moralement et physiquement l’affaiblir. La faim, la soif, l’épuisement, le cauchemar, la désorientation. Elle veut tester ses limites, tester à peu près tout ce qui pourrait être testable pour être honnête.

La jeune femme ferme la lourde porte au-dessus d’elle et descend avec précaution les escaliers, traverse le sombre couloir et débouche sur cette pièce dont l’odeur désagréable et acre atteste de son absence de 48 heures. D’un geste de la baguette, elle nettoie l’emplacement de la cage où se trouve le loup noir. Ses gestes se font plus las mais sont encore vifs malgré tout. La rage, l’adrénaline certainement, peut-être même l’espoir de trouver une faille à cet emprisonnement.
Maggie pointe le bout de sa baguette sur sa propre gorge, effectue un sortilège sans en prononcer le mot et esquisse un sourire.

- Bonsoir Enzo.


Elle le perturbe, le perd pour deux raisons.
« Bonsoir » au lieu de « Bonjour », tout simplement. Lui donne une fausse indication de temps.
Puis, la voix empruntée. Celle de Derek qu’elle a mainte et mainte fois entendu. Et si elle l’utilise, c’est pour une raison bien précise. Elle veut maintenir l’humain, quelque part mais aussi marquer son esprit au fer rouge, poser le doute dans ce dernier quant aux possibles actions de son frère.
Les rumeurs vont toujours bon train entre les familles de sang-pur et même si elle n’a pas pu glaner grand-chose, elle sait au moins que les deux frères n’ont pas toujours été en très bon terme.

- Si j’ai fait ça, c’est pour notre bien. A tous les deux.

Elle teste, tâte le terrain. Attend de voir si l’animal réagit ou non, s’il n’en croit pas un mot ou l’inverse. Maggie est curieuse de voir à quel point la conscience humaine pourrait ressurgir après tant de temps passer sous l’enveloppe du loup.

- Confundo.
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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Ven 15 Juin - 22:34

Voilà ce qu’il se passe lorsqu’on enferme une bête sauvage : Elle commence par perdre tout contrôle d’elle-même, cherche un moyen de s’en sortir quitte à se blesser mortellement. Un coyote dont la patte serait coincée dans le piège d’un trappeur ira jusqu’à s’arracher celle-ci si ça peut le libérer. Ici, privé de deux de ses sens, privés de perceptions primordiales, privé de deux repères essentiels, les réactions sont décuplées.
Le Loup a beau tenter de trouver une issue de toutes les manières possibles, de tous les côtés, rien ne plie sous son poids, rien ne cède, si ce n’est peut-être l’une ou plusieurs de ses côtes. Il y met toutes les forces qu’il a en sa possession, jusqu’à faiblir par la force des choses, encore assommé par le sommeil factice dans lequel on l’a plongé. Sous le regard patient et le silence de son geôlier dont il entend toujours la présence par les battements de son cœur et sa respiration.

Mais aucune odeur pour l’identifier. Pas de visuel non plus pour le graver dans sa mémoire.

De nouveau pris par la folie de l’instinct de survie, par la panique qui l’oppresse, il n’entend pas les pas qui s’éloignent, la présence qui disparait. Il ne réalise sa solitude que lorsqu’un bruit lourd attire son attention : Celui d’une porte qui se ferme.

#

Aucune notion de temps. Ni des heures, ni des jours, ni de la course du soleil ou de la lune dont il ne ressent aucun des effets. Il a lutté pendant de longues minutes encore, peut-être des heures, jusqu’à ne plus être capable de se lever, les os brisés, la gueule en sang. De nouveau le sommeil l’a emporté, nul ne sait pendant combien de temps. Ici, dans sa prison, aucun bruit ne vient lui donner le moindre repère. Hermétique, isolé. Pas de repère visuel non plus puisqu’on lui a voilé les yeux, ni même olfactif alors que son flair a été annihilé.
L’humain ne revient pas, il n’a pas perçu sa présence depuis … Impossible à déterminer, le temps défile différemment pour lui. Longtemps, il lui semble, à moins que le garçon refasse surface lentement et commence à lui transmettre des notions dont il ne dispose pas. La faim s’invite, la soif également alors qu’il a essayé de l’étancher un tant soit peu en léchant le sol sur lequel il évolue. Enfin, évoluer … ceci étant un bien grand mot étant donné la surface ridicule dans laquelle il est enfermé. Il a essayé à nouveau de forcer le passage, de chercher une faille, rien n’y a fait. Les festins qu’il a opéré avant de finir dans cet endroit dont il ignore tout lui permettent de tenir, le manque d’eau sera rapidement un problème en revanche et la désorientation commence déjà à faire son effet. Le fait d’être privé de la vue et l’odorat n’arrange rien, cela le protège néanmoins de l’âcreté de l’odeur ambiante dont il est malgré lui en partie responsable.

Étendu sur le flanc, les yeux clos, ses oreilles s’agitent alors qu’elles perçoivent ce bruit qu’il a déjà entendu. Il l’identifie à la cause de son enfermement, dont il recommence à entendre les battements de cœur, de plus en plus proche. Malgré sa faiblesse évidente il est déjà debout, face à la source de ce rythme cardiaque qu’il ne voit pas, les crocs dévoilés, oreilles couchées sur le sommet du crâne, poils gonflés sur l’échine. Son instinct lui dicte de ne pas le montrer mais il souffre. Ses mâchoires claquent dans l’air à plusieurs reprise, il grogne, ne fait pourtant pas un pas de plus. L’envie de chair se mêle à la rage.

« Bonsoir Enzo. »

C’est la première fois qu’il entend le son d’une voix depuis un moment, sa réaction est immédiate et sans aller jusqu’à se détendre, les mimiques d’agressivité disparaissent pour laisser place à la surprise. Il ressent quelque chose qu’il ne parvient pas à identifier, une certaine familiarité dans l’un des mots, dans le son de cette fois. A l’intérieur de lui quelque chose tambourine contre les barrières de sa conscience, de plus en plus fort, jusqu’à lui faire secouer la tête comme pour chasser cette intrusion dans ses perceptions … Pourtant sous cette enveloppe d'ordinaire forte et létale, bien que réduite à l’impuissance, se manifeste le garçon doublement pris au piège. Dans cette cage, puisqu’il a deviné que c’était l’objet responsable de son entrave, et dans son propre corps – une des versions de son propre corps. Cette voix il la reconnait, ce prénom il le reconnait. Bonsoir ? Il ne sait pas, ne s’en préoccupe pas pour le moment, lutant de toutes ces forces pour percer la barrière invisible qui l’empêche d’être lui-même. D’être humain. Les émotions affluent de toute part et l’étouffent. La peur, la colère, le manque, une certaine forme de doute, de déception et de tristesse auxquels il ne veut pas céder puisque ça ne peut être vrai. Pas lui  … Pas son propre frère … Pas son propre sang. Pas encore.

« Si j’ai fait ça, c’est pour notre bien. A tous les deux. »

Le Loup ne comprend pas les mots, l’Homme non plus. Il se fait des projections, des possibilités, des hypothèses, tout ça faisant couiner l’animal d’une douleur non physique qu’il ne comprend pas alors qu’il danse d’une patte sur l’autre, soudainement agité. La prise invisible sur son échine pour le tranquilliser n'est pas encore assez puissante pour avoir un réel effet, l'humain lutte du peu de force qu'il lui reste, qui lui reviennent, mais ça n'est pas suffisant.

« Confundo. »

La tête lui tourne, les émotions et pensées deviennent tourbillon indistinct, c'est comme si le sol se dérobait sous ses pattes. Il titube, perd le peu de repère qu'il a pu réussir à construire, sa tête cogne contre les barreaux de la cage dans un bruit sourd et la grande masse sombre s'écroule sur le sol. Ses pattes brassent le vide, c'est comme être coincé sous la surface de l'eau sans savoir quelle direction prendre pour retrouver l'air. Il grogne sa frustration mais son esprit s'enlise dans une chute factice qu'il ne comprend pas. La conscience semble pourtant revenir chaque seconde un peu plus, celle de l'humain, créant un maelström de ressentis chez cet être complexe. Un seul corps, deux enveloppes qui laissent place l'une à l'autre en temps normal, deux esprits qui parfois s'accordent, parfois s'affrontent. Pourtant une seule et même entité, unique, mais en constante dualité.

And it finds me
The fight inside is coursing through my veins
And it's raging

Red ▬ Fight Inside
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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Ven 29 Juin - 9:58

Disappear, without a trace
Maggie & Enzo


Elle le regarde consciencieusement s’agiter comme un pantin désarticulé, maladroit, comme si une force invisible le poussait à droite, puis à gauche. Ses griffes percutent le sol dans un crissement désagréable, sa tête frappe violemment les barreaux de sa prison et la lourde masse sombre s’écroule au sol, continuant de s’agiter de façon presque ridicule. Maggie s’assoit délicatement sur la chaise qui n’a pas bougé de place, unique meuble de la pièce. Elle observe cette scène à la fois minable et fascinante. Ce qu’elle veut avec cet être vivant, c’est de tester ses limites. Essayer de tâtonner, de trouver la frontière entre l’homme et l’animal. De voir jusqu’où l’humain est capable de résister à l’emprise lupine. Elle l’a vu tout à l’heure ce sursaut lorsqu’il a entendu la voix de son propre frère. Enzo est une véritable expérience, une découverte. Celle qu’elle n’a jamais eu l’occasion de mettre en œuvre. Et Maggie sait d’ores et déjà que le besoin de tuer se fera sentir. Que le besoin de plonger ses mains de porcelaine dans cette chair bouillante et sanguinolente lui donnera des frissons d’envie à en avoir mal au ventre.

Mais elle ne s’exécutera pas. C’est une promesse qu’elle se fait. Elle veut faire monter l’envie, la faire mijoter. La frôler du bout des doigts sans jamais l’atteindre jusqu’à ce que le point culminant s’avère inévitable. Et là, elle frappera une autre vie, la fauchera et le plaisir n’en sera que plus puissant.
Un véritable orgasme.

Pour le moment, elle se concentre sur l’animal qui continue de s’animer maladroitement dans le vent jusqu’à ce que Maggie décide de mettre fin à son léger calvaire. Elle compte l’affaiblir, l’user aussi bien physiquement que mentalement. Elle a entendu dire et lu que les Lycanthropes guérissent plus vite que la moyenne. Mais est-ce toujours le cas quand l’esprit et le corps sont eux-mêmes épuisés ?
Howard prend le temps de l’observer, retrouver plus ou moins un équilibre bien qu’il n’y voit toujours rien, qu’il ne sente rien.

- Je me suis toujours dis que tu étais le pire frère que j’aurai pu avoir.

Elle articule ses mots, sa voix trafiquée toujours porté par les intonations de Derek.

- Faible, stupide, indigne de notre famille.

Elle veut que la blessure s’imprime au fond de son cerveau, que l’humain entende ce message jusqu’à peut-être s’exprimer dans un comportement bien différent de celui déjà adopté. Et c’est sans plus de cérémonie qu’elle prend une nouvelle fois la direction de la sortie, le laissant là avec ses questions, ses idées noires ou peut-être simplement le vide. La peur. L’incompréhension.

Vendredi 12 Septembre ▬ Tard le soir

Quatre jours, bientôt cinq, qu’il est retenu ici, enfermée. Maggie a eu toutes les peines du monde à se débarrasser de son mari ce soir, se voyant obligé de lui donner satisfaction entre ses cuisses pour que ce dernier s’écroule sur le côté, repu de ses besoins primaires et ainsi s’endormir comme une masse. Elle a pris une bonne demi-heure sous la douche, presque à se frotter à sang pour ne plus avoir la sensation des mains dégueulasses de cet abruti sur son cœur, sur sa peau. Son épiderme est à vif mais elle n’en a cure, elle préfère la douleur – agréable qui plus est – à cette sensation d’oppression invisible qu’à son mari sur elle.
Donc, quatre jours. Sans manger. Elle lui laisse malgré tout de l’eau pour qu’il puisse au moins s’hydrater. Elle sait que la faim est un besoin vital qu’il est dur d’affronter. Mais la soif ? Elle est pire que tout, vous conduisant à la folie, la douleur physique où vos muscles se crispent, s’assèchent, déshydrater. Et elle a besoin d’Enzo en « bonne » condition mentale pour ce qui suivra cette nuit.

Maggie profite de cette balade en forêt pour apprécier le silence des lieux, comme si le monde lui appartenait. Ses pieds foulent le sol d’un pas feutré jusqu’à ce qu’elle atteigne la lourde porte qu’elle soulève d’un sortilège. Cette fois sa voix est inconnue à ses oreilles, une intonation quelconque prise à une personne au hasard, bien qu’elle ne compte pas beaucoup plus parler. Echelle descendue, Maggie retrouve l’animal allongé sur le sol, visiblement affaiblit.

- Enzo ?

Il redresse à peine les oreilles. C’est le bon moment pour jauger sa force physique, pour enfin observer cette guérison si rapide, pour en tester les limites.

- N’oublie pas de bien t’hydrater. Mourir de déshydrations est certainement la pire des tortures.

Elle se demande si le garçon au fin fond de lui l’entend ou non. Maggie a veiller de laisser sa gamelle toujours à la même place afin qu’il puisse savoir plus ou moins se diriger, faire de cette cage presque un milieu familier, tout comme elle s’est assuré d’un sortilège que le récipient se remplisse toujours un peu.
Maggie s’assoit sur sa chaise, droite comme un « i », toujours avec cette tenue impeccable, cheveux correctement coiffés.

- Sectumsempra.

Le sortilège fuse et le couinement de douleur lui colle un agréable frisson le long des bras. Sa douleur la transperce de plaisir, lui fait éclater un million de papillon au creux du ventre. Il gémit, se crispe, tremble même, elle n’en sait trop rien pour le moment, se contente simplement de le regarder tituber, voir s’effondrer. Les forces lui manquent, la volonté avec, peut-être. C’est ce qu’elle jugera au fur et à mesure de son expérience. D’un murmure, elle cesse le sortilège, jugeant que le loup est suffisamment blessé comme ça et laisse cette fois les plaies s’écouler.
Et Maggie attend, patiemment, sagement, que ces dernières se referment. Elle veut voir de ses propres yeux ce phénomène si extraordinaire mais surtout, elle veut constater d’elle-même le temps que cela prendra dans son état actuel. Peut importe le temps qu’elle devra rester ainsi à l’observer.

Les heures passent, il doit être pas loin de trois heures du matin et l’animal ne bouge plus, allongé près des barreaux. Il y a quelque chose de dangereux dans cette fascination qu’elle voue au Loup, au garçon. Une chose qui la pousserait presque à l’inconscience, à franchir le « pas de trop » parce que plus elle le regarde, plus elle a envie de toucher, sentir, respirer. Glisser ses mains dans ce pelage rendu poisseux par le sang coagulé, en respirer l’odeur qui se mélange à la douleur et à la peur.
Et pourquoi pas ? Il semble dormir profondément.
Ou être entrain de se laisser mourir.
Maggie patiente encore quelques minutes pour être certaine qu’Enzo ne bouge pas. La jeune femme se lève en douceur de sa chaise, franchit les quelques pas qui la sépare de la lourde masse qu’elle peut atteindre au travers les barreaux. Les yeux rivés vers les plaies, Howard se pense prudente vigilante, sans prendre conscience qu’à la seconde où sa main frêle, pâle, passe entre les deux barreaux de fer, elle venait de s’offrir d’elle-même au danger.

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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Mar 3 Juil - 20:04

C'est un réel combat qui s'engage à l'intérieur de cet être captif. Prisonnier, il l'est doublement. Enfermé derrière les barreaux de cette cage qu'il devine, perçoit mais ne voit pas. Enfermé dans son propre corps, puis dans sa tête. Difficile de cohabiter dans un espace aussi réduit, dans un esprit envahit d'émotions diverses qui ne sont pas toutes humaines.
Cette voix qu'il a perçu aura été le déclencheur d'une nouvelle lutte chez l'Humain, comme un rappel à l'ordre, une remise en question peut-être aussi. Pourquoi avoir arrêté de se battre ? Il ne l'a pas fait sciemment, le poison qu'on lui a fait boire à son insu aurait sans doute du le faire totalement disparaître bien plus tôt s'il n'avait pas cette force de caractère à vrai dire. En cet instant, alors que ce corps et cet esprit ne parviennent plus à se maintenir à l'équilibre et perdent tout repère, c'est des décombres qu'il sort, animé d'une nouvelle force, d'une nouvelle rage. Peut-être que l'Homme retrouve des forces alors que la Bête, elle, s'épuise. Difficile à dire.
Ce sont les mots qui l'ont réveillé, et il n'est pas au bout de ses peines, mais pour l'heure cette sensation de ne plus distinguer l'endroit de l'envers cesse. Étendu sur le flanc, il bat des pattes dans le vide encore quelques secondes avant de laisser son corps se reposer entièrement. Juste quelques instants. Toujours pas de vue, toujours pas d'odorat, privé de ces deux sens il est quasiment impossible de réellement se créer de réel repère mais il s'accrochera à ce qu'il pourra, poussé par la colère.

Lentement, le loup s'efface.

« Je me suis toujours dis que tu étais le pire frère que j’aurai pu avoir. »

Flash. C'est violent mais il ne bouge pas. Violent parce que de nombreux souvenirs remontent à la surface et envahissent son centre névralgique. Violent parce que ces mots, il a longtemps eu l'habitude de les entendre et que chaque fois, même s'il n'en montrait rien tant qu'il le pouvait, ils lui donnaient l'impression de sentir une lame chauffée à blanc lui pénétrer l'abdomen avec lenteur.

« Faible, stupide, indigne de notre famille. »

Un grondement sourd prend naissance dans sa gorge alors qu'il se redresse, reprend un appuie qu'il souhaiterait plus solide sur ses pattes. L'étroitesse de la cage ne lui permet pas de se défouler, de faire fonctionner ces muscles qui ont besoin d'être poussé à l'effort extrême. Le manque d'eau, de nourriture, l'absence quasi totale de repère spatio-temporels sont autant de choses qui l'affaiblissent mais ces mots, cette voix … Ils rouvrent des plaies cicatrisées par le temps et un amour fraternel inébranlable que la Bête ne comprend pas.

Ensuite revient le silence, puis la solitude. Une solitude que l'Animal expérimente avec indifférence la plus part du temps mais une solitude qui rallume tous les perceptions de l'Homme une à une.

#

Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint
Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore
Tu es infiniment nombreux
Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche
Et tous les autres ensembles
Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile
N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré
Parce que tu es en vie
Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être

Blizzard ▬ FAUVE

Juste un battement de cœur, un clignement de paupières, une inspiration.

#

ON/OFF
Then the lights came on again


#

Je sais pas ce que je fous là, je sais pas comment j'ai atterri ici ni même depuis combien de temps je suis en train de pourrir dans cette cage. Tout ce que je sais c'est que j'y suis pas venu de mon plein gré et que ça fait sans doute un moment que je me fais balader par un être vivant, faire de chair et de sang, donc je ni entendu la véritable voix, ni vu le visage, ni perçu l'odeur. Autour de moi il y a des barreaux, aucune issus possible, juste une vague couche pour dormir, un vieux morceau de tissus et une gamelle vide. La pièce est saturée d'odeurs, l'air y circule mal, l'humiliation est totale. La fierté de l'homme refuse de se comporter comme un putain de clébard mais l'instinct de survie prend le dessus. Parce que putain non, je crèverais pas ici, pas comme ça, pas comme le pantin d'un putain de taré qui s'amuse à bouger mes fils comme ça lui chante. J'ai compris bien des choses depuis que j'ai émergé à nouveau, notamment que la lutte était loin d'être terminée.

Et pourtant
Nous sommes de ceux qui n'renoncent pas
Des chiens enragés, des teigneux, des acharnés
Nous sommes de ceux qui comptent bien d'venir capable de tout encaisser
Nous sommes de ceux qui établissent des stratégies dans l'obscurité
Pour reprendre la main, jouer selon leur propres règles et forcer le destin

De ceux ▬ FAUVE

J'ai des blackout total, je sais que je ne me souviens pas de tout ce qui a pu se passer, que ce soit ici ou dehors, avant ça chez le Vieux. Comment j'ai fait pour sortir alors qu'il semblait sûr de lui quant à la solidité des sortilèges qui entourent sa propriété ? Je m'en suis échappé une fois avec de l'aide, seulement cette première fois la personne qui m'a permis de mettre les voiles était bien intentionné.
J'essaie de ne pas gaspiller mes forces, reste immobile la plus part du temps mais les pensées humaines sont la pire des tortures. Parce que je pense à tout ce qui me fait défaut, au monde extérieur qui continue de tourner là dehors, aux miens qui me manquent à en crever. Privé de liberté, malheureusement pas celle de penser. Certains moments ça me permet de tenir je le sais, d'autres j'ai juste envie de me laisser partir, de laisser revenir la deuxième partie de moi-même qui ne s'encombre pas de tout ça. Des autres. J'aurais chialé mile fois si j'avais la possibilité de le faire, tout ce que je peux faire c'est attendre, ne pas céder à la tentation de me jeter à nouveau sur ces entraves. Le mental, c'est ce qui me sauvera je le sais, parce que j'arrive pas à me résoudre, à me dire qu'ils ne me cherchent pas et qu'ils finiront par me trouver. Les premiers temps j'ai cru l'espace d'un instant que je pourrais peut-être trouver un moyen de m'échapper, privé de deux mes sens, affaibli, j'ai décidé de mettre un peu de côté cet espoir pour le moment.

On se lève un matin sans cette odeur rance, sans cette odeur d'encore
On se rend compte que la souffrance vaut toujours mieux que la mort
C'est moins définitif aussi
J'ai pas envie j'ai pas envie j'ai pas envie j'ai pas envie
Qu'on trace encore le périmètre de ma vie
Il m'reste encore quelques kilomètres et quelques envies

Azulejos ▬ FAUVE

Alors je pense à toutes les choses que je pourrais faire une fois dehors, celles que j'ai eu la chance de faire avant, tout ce que j'ai eu la chance de vivre, de voir, tout ce que j'ai prévu de faire et qu'on ne me volera pas. Je pense  à eux, je me demande ce qu'ils font, quelque part je m'en veux de leur infliger ça – encore – et je me dis qu'il faut que je tienne. Si je ne le fais pas pour moi alors c'est pour eux que je dois le faire. Pour mon frère, pour pas qu'il perde encore un membre de sa famille. Pour l'homme que j'aime, parce que faut pas que ça recommence, j'peux pas envisager une seule seconde lui faire subir ça à nouveau parce qu'au fond de moi je le sais, il s'en relèvera pas. Et putain, t'as la vie devant toi alors fais pas le con. Parce que je vais revenir, je m'en fais la promesse si j'peux pas te la faire à toi. Tu me manques, j'te jure t'as pas idée à quel point, même si penser à toi ça me fait un mal de chien. Penser à vous, tous. C'est une torture dans les moments où je me sens le plus seul. Y a pas un bruit dans ce trou à rat, c'est aseptisé, silencieux, morbide. J'exècre cette forme sous laquelle je suis coincé, parfois je me surprends à essayer de sortir de mon propre corps mais bien sûr c'est impossible. Et puis de temps en temps j'ai l'impression de devenir cinglé. J'entends des voix, j'ai l'impression de percevoir un rayon de lumière mais reste bloqué derrière ce voile opaque, pense sentir une odeur … Quedal. Tout ce que je perçois c'est le froid de ce sol qui devient mon meilleur ami, celui des barreaux de cette putain de cage que je peux simplement imaginer.
Je hurle à la mort comme on dit, parce que ça soulage, mais ça ne change rien. Des fois qu'on m'entendrait ? Mais personne ne vient donc je m'étends à nouveau sur ce sol et j'attends. Qu'il se passe quelque chose, tachant de faire taire mes idées les plus sombres. La rage est le conducteur auquel j'essaie de rester accroché mais j'suis pas un surhomme, juste un putain de gosse cloitré entre les mailles de sa double conscience, prisonnier d'une autre cage matérialisée et à la merci d'un pervers. Juste un mec fatigué de voir le schéma se répéter.

Je vais m'accrocher, je vous le promets.

#

La faim me tiraille, à m'en faire mal au ventre. Je me résous à boire cette flotte comme un putain de chien parce que c'est pas en étant trop fier que je vais survivre je le sais. L'humiliation est déjà présente, de toute façon, alors à quoi bon enfoncer le clou ? Je tiendrais le coup, je ferais tout ce qu'il faut pour ça.

Est ce qu'on est le jour ou la nuit ? J'en ai pas la moindre idée, même les effets de la Lune ont fini par s'estomper, faussé parce qu'être coincé sous cette forme est contre nature de toute façon. Des heures ? Des jours ? Des semaines ? J'en ai pas la moindre idée, je sais même pas si je suis conscient en continue. Je ne bouge pas, étendu sur le flanc, mais mon cœur s'affole dès l'instant où le bruit parvient jusqu'à mes oreilles. Partagé entre la peur et l'excitation. J'ai pas la moindre idée de ce qui se passe dans la tête de celui qui me maintient ici de force, je sais pas ce qui m'attend, et pour avoir déjà expérimenté la folie de l'Homme je sais à quel point certaines pourritures redoublent d'imagination. Quel est le but, la démarche ? Pourquoi je suis ici ? Est ce que je suis simplement un jouet, ou une expérience ? Ce sont les questions que je me pose régulièrement, précisément en cet instant, alors que mon corps reste immobile mais à l'affut. J'essaie d'analyser ce que je peux, la manière dont cette personne se déplace, la légèreté de ses pas qui peut me donner des indices sur sa corpulence.

« Enzo ? »

J'ai envie de gronder mais je me retiens. Si je pouvais parler peut-être que je lui hurlerais de fermer sa putain de gueule, qui qu'il soit, qu'il a pas le droit de prononcer mon prénom. Que ça, mon identité, ça n'appartient qu'à moi et qu'il ne me la prendra pas. Puis je me demande si quelqu'un que je connais, ce qui serait logique puisqu'il sait qui je suis. Cette voix, je ne la reconnais pas, je suis simplement soulagé que ça ne soit plus celle de mon frère. Il a peut être essayé de semer le doute dans mon esprit mais si j'ai pu montrer une seconde de faiblesse, j'ai finalement blindé ma volonté. On n'a peut-être pas une relation idéale lui et moi mais plus jamais mon frère ne me ferait ça. Plus aujourd'hui. T'arrivera pas à me faire croire le contraire espèce de pourri … Maintenant viens, approche toi … Si tu savais ce que je rêve de te mettre en pièce, morceau par morceau ...

« N’oublie pas de bien t’hydrater. Mourir de déshydrations est certainement la pire des tortures. »

Tu veux savoir ce que c'est la pire des tortures ? C'est d'être là, à quelques mètres, et ne pas pouvoir te broyer les os. C'est se dire qu'on va peut-être crever loin des siens, en arriver à souffrir physiquement du manque. Juste une main dans le pelage, juste une odeur familière, je demande pas la lune …

« Sectumsempra. »

La douleur me traverse le corps avec violence, fauché dans le cour de mes pensées. Envolées la haine et les envies de vengeance ou bien celles un peu plus douces, ne reste plus qu'une souffrance non maitrisable, semblable à des milliers de décharges électriques. Aucune chance de d'appaiser quoi que ce soit, même si je me lève ça ne change rien et ma peau se déchire de part et d'autres. Je peux ressentir mon sang qui s'écoule et vient se coaguler au pelage noir d'encre qui recouvre tout mon corps. Certaines choses peuvent vous mener rapidement à des comportements irrationnels, la douleur en fait partie et même si j'ai entière conscience que ça ne me soulagera pas une seule seconde, je ne peux retenir cet élan qui me pousse à me jeter à nouveau contre les barreaux de la cage. J'ai l'impression d'entendre mes tissus se déchirer, des gémissements et cris gutturaux coincés dans ma gorge, impuissant. La souffrance physique est une chose que j'appréhende peut-être plus « facilement » que nombre de personnes pour la simple raison que mon corps se brise entièrement deux fois par mois, aussi parce que ces dernières années j'ai eu l'occasion de croiser des personnes relativement portées sur le sujet et que mon corps en a souvent fait les frais. Résistant, oui, mais pas insensible. Alors peut-être que ça me prend quelques minutes, peut-être que je serre les mâchoires, mais je finis par m'écrouler sur le sol, emporté par l'inconscience, baignant dans une marre de sang.

Est ce que c'est la fin ?
Peu importe, parce que ça soulage.

#

Juste le silence, encore et toujours le silence. Depuis combien de temps je suis là, de nouveau étendu sur le flanc, baignant dans mon propre sang ? Je n'en ai pas la moindre idée. La seule chose dont je suis certain c'est que je ne suis pas seul. Chaque parcelle de mon corps me brûle, mes chairs à vif, le sang qui poisse mon pelage et tire ma peau, mais ma concentration est totalement focalisée sur le rythme régulier du deuxième cœur qui bat dans cette pièce. Il est encore là, immobile et silencieux, se régalant sans doute du spectacle. Les yeux clos, je perçois une légère vibration dans l'air et mon instinct se réveille. Un crissement que je devine être les pieds d'une chaise raclant sur le sol alors que son occupant se lève, quelques bruits de pas … des pas qui se rapprochent. Viens, encore plus près … Les battements de cœur s'intensifie d'excitation, il raisonnent dans ma boite crânienne et ma cage thoracique et nourrissent mes propres sensations. Je n'ai pas le droit à l'erreur, je le sais, mais endiguer la haine à l'état brut qui prend possession de mon être tout entier n'est pas tache facile. Je dois être patient, attendre le bon moment, parce que je sais qu'il va venir. Jusqu'ici il n'a pas fait la moindre erreur, le cycle prend fin à la seconde où l'énergie du désespoir réveille mes réflexes et m'aide à refermer mes mâchoires brutalement sur son bras. L'instant d'après et faisant fi de la douleur je suis debout, tire brutalement vers moi avec toutes les forces qu'il me reste même si elles sont peu nombreuses, entend sa tête cogner contre les barreaux faisant naitre une incroyable satisfaction dans tout mon être. Il est là, à ma merci, et je ne compte pas laisser passer ma chance. Je n'oublie pas que j'agis à l'aveugle mais pourtant l'une de mes pattes plongées en avant à travers les barreaux atteint sa cible. Je le sais par deux façons : Le hurlement de douleur qui cette fois s'échappe de mon geôlier, puis la sensation de la peau de son ventre qui se déchire sous mes griffes.

Ma seule frustration : Ne pas pouvoir sentir l'odeur de son sang.

Nous sommes de ceux qui continueront à courir
Comme s'ils étaient poursuivis par des balles
Qui desserreront jamais les mâchoires sauf pour sortir les crocs

De ceux ▬ FAUVE
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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Jeu 19 Juil - 14:20

Disappear, without a trace
Maggie & Enzo


L’inconscience de celle qui met un point  d’honneur à tout contrôler, l’erreur de celle qui pensait avoir penser à tout, qui pensait être maitre sur cette partie d’échec où l’adversaire semblait affaiblit, cruellement mort de l’intérieur. Mais en tant qu’esprit dysfonctionnel, en tant qu’être humain à part, Maggie a omis une chose de son équation : la rage de vivre. A moins que ça ne soit un acte désespérer pour avoir le dessus sur son bourreau.
Howard n’a pas le temps de réfléchir, ni de réagir et ça l’impressionne de voir cette masse sombre agir si vite après tous ses jours sans manger, buvant à peine. Le garçon à l’intérieur de lui n’est pas mort, elle le sait, le voit dans ses yeux brillants d’une haine qu’elle ne saurait mesurer pour l’instant puisque l’urgence renverse toute tendance.

Ca n’est pas sans protection qu’elle a tendue le bras au travers les barreaux pour un besoin vitale mais stupide, qu’elle aurait pu s’éviter… les crocs d’Enzo se referme brutalement sur la cuirasse improvisée d’Howard qui est suffisamment solide mais pas suffisamment épaisse pour lui épargner une douleur vive qui lui retourne l’estomac. Ses yeux bleus s’agrandissent de surprise mais aussi d’un sentiment qu’elle ne connait que trop peu : la peur. Elle se sent violement tirer vers l’avant, son front heurtant les barreaux avec force, faisant naitre une énième douleur qui lui traverse le crâne, comme un million d’aiguille suivit du même nombre d’étoiles qui dansent devant ses yeux. Mais Maggie n’a pas le temps de se perdre dans son inconscience. Un hurlement de douleur qui se mue en une rage meurtrière rugit de sa gorge si délicate. Ses poumons se vident de tout air, son ventre est pris d’un feu douloureux et poisseux qui la fait se courber. Son instinct se met en marche, entre en scène en un claquement de doigts. C’est lui ou elle et son choix est déjà fait.
Baguette en main, un sortilège surgit et heurte le loup de plein fouet, au niveau du flanc, pour l’envoyer valser contre le mur derrière lui. Maggie tombe en arrière, sa baguette roule et rebondit sur le sol jusqu’à la chaise qu’elle occupait un peu plus tôt. Un gémissement douloureux lui échappe, rampant sur le sol en arrière, sur ses deux coudes. La jeune femme se redresse et constate les dégâts. Si les barreaux n’avaient pas été là pour limiter la blessure, elle serait déjà à genoux, tripes à l’air, pendantes sur le sol… Ses vêtements sont en lambeaux, ses blessures saignent abondamment et elle est là, main tremblante sur ses plaies, la tête qui lui tourne. Incapable de se redresser pour le moment.
Faible.
Victime.
Un cadenas saute, vrille, au cœur de sa folie. Une rage bouillonnante, celle qu’elle conserve précieusement, qu’elle dompte tous les jours que Merlin fait, éclate en elle. Un cri de frustration et de haine lui échappe, retentit et se répercute sur chaque mur de cette pièce, lui injectant un sursaut d’adrénaline dans les veines. La jeune femme se redresse à genoux, saisit la chaise d’une main et l’explose violement contre les barreaux de cette cage qui porte encore les traces de cette lutte qu’elle n’a pas vu venir. Sa colère n’en est que plus violente, que plus forte. Une chose qu’elle n’avait encore jamais connue jusqu’ici. Son cœur tambourine comme un fou contre ses côtes, son esprit vrille, prend la tangente vers un état qu’elle exècre, qu’elle s’était jurée de ne pas côtoyer. Mais de passer du statut de bourreau à victime, d’être à genoux au sol face à cette bête qu’elle aimerait entendre hurler de douleur, s’agiter sur le sol dans son propre sang, ouvre des portes qui lui étaient encore jusqu’ici inconnue.

On ne soumet pas un psychopathe. On ne soumet pas l’indomptable.

- Tu m’as trahi Enzo et pour ça, je te jure sur tout ce que tu as déjà perdue que tu en paieras le prix fort.

Elle crache ces mots entre ses dents, acerbes, acides. Maggie est désormais accrochée aux barreaux, à genoux, face à ce loup sonné, qui peine à se remettre debout.

- Passes tes dernières à prier pour tout ceux en qui tu tiens, à souhaiter qu’ils ne soient pas à ma merci dans les prochaines heures.

Et elle n’a jamais été si honnête, si pleine de promesse. Car elle sent au bout de ses doigts poindre le besoin de répandre le sang, de semer le chaos, de laisser éclater ce qu’elle laisse endormie au fond de son cœur depuis des années. C’est une lutte colossale qui s’engage entre elle et ses envies, ses besoins vitaux, ceux qui la pousserait à l’immobiliser, à entrer dans cette cage et à le tuer, le faire souffrir, le dépecer, ouvrir ses entrailles pour y plonger ses mains et ses bras jusqu’aux coudes.
Maggie obtiendra le sang pour vengeance, quoi qu’il lui en coûte.

#

Dimanche 14 Septembre

- Fingal.
- Oui, Miss Howard ?

L’elfe apparait dans un claquement à peine sonore à ses côtés, Maggie assise à la droite de son père.

- Ma viande est trop cuite.
- Pardonnez-moi. Nous l’avons pourtant cuite à votre convenance, comme à vos habitudes.

Elle pousse son assiette vers son elfe qui lui est attitré depuis plusieurs années maintenant, sans lui adresser un seul regard.

- Plus saignante.
- Bien, Miss.

Fingal ne bronche pas, s’éclipse avec son assiette sous le regard étonné mais silencieuse de ses parents.
Maggie dégluti, fixe son verre sans broncher, fermée. Les premiers symptômes se sont déclarés hier, un appétit inhabituel, une envie profonde de viande saignante, à peine cuite. Ce n’était plus une envie mais un besoin qui lui tiraillait les entrailles. Son ventre est beaucoup moins douloureux à force d’onguents, de sortilèges qu’elle a exercée une bonne partie de la journée et qui lui laisse pour le moment deux cicatrices de tailles moyennes et une plus petite en dessous du nombril, toutes boursoufflées et rosées.

- Serais-tu souffrante ?

Maggie relève brusquement le visage vers sa mère qui l’observe d’un air suspicieux. Peut-être inquiète. Ce qui serait une grande première.

- Non, je vais bien.
- Es-tu sûre ? Tu es livide.
- Je viens de te dire que oui.

Le ton est froid, acerbe, irrité. Suzanne ouvre de grands yeux et déjà, une douleur vive s’empare du poignet de la jeune femme. Son visage se crispe et Maggie plante ses yeux clairs dans ceux de son père.
Et si elle a pour habitude de baisser les yeux, pour sauvegarder sa survie et celle de son frère, cette fois la jeune femme ne fléchit pas, laisse cette part d’ombre surgir. Elle ne sait pas d’où lui vient cette irritabilité, cette inconstance de caractère, elle qui maitrise et garde ses émotions en cage d’une poigne de fer. Maggie n’a ni l’envie de lutter, ni l’envie de baisser les yeux.

- Ne parle pas à ta mère sur ce ton, Margareth.
- Sinon quoi, Père ?

Sa poigne se resserre sur le poignet frêle de Maggie qui au lieu de grimacer, affiche un sourire mauvais, relevant le coin de ses lèvres charnues. Bartholomey fronce les sourcils de surprise et effectue un léger mouvement de recul, suffisamment pour que sa fille s’en aperçoive et se sente pousser d’un regain de confiance. La jeune femme se penche légèrement en avant, pose ses doigts fins sur la main de son propre père et y plante ses ongles. Avec force.

- Lâche moi. Tout de suite.

Son ton est acerbe et pour la première fois de sa vie, Bartholomey éprouve un sentiment de peur, d’angoisse qui lui serre les entrailles. Sa poigne lâche sa propre enfant qui se dégage d’un geste lent. Maggie se lève et ne vois pas la gifle arriver.

- Ne t’avis plus jamais de me parler sur ce ton. Apprends-toi à te tenir sinon je me chargerais personnellement de ton cas, mon enfant. Et si pour cela je dois te trainer en laisse dans ce manoir, je le ferais.

Un goût métallique envahit sa bouche face au geste d’une telle violence, que son corps chute lourdement sur le sol.
En laisse. Soumission. Acceptation.
Maggie a l’impression de sentir un animal rugir au creux de ses tripes, qu’une bête inconnue et sans nom s’apprête à lui donner des impulsions meurtrières. Elle s’imagine sauter sur ce père qu’elle n’a jamais aimé, planter ses ongles dans cette carotide qu’elle rêverait d’arracher à mains nues. Mais au lieu de ça, la jeune femme s’éclipse en silence, sort la grande salle à manger pour rejoindre sa chambre où Fingal l’attend déjà avec un morceau de viande fumante mais surtout saignante. L’elfe déguerpi aussitôt, laissant la jeune femme face à ce repas qui éveille en elle une faim profonde.
Elle le mange avec appétit, sa joue encore cuisante, ses yeux fixant un point vide. Maggie est inquiète de ce que cette blessure pour lui infliger de plus. Après lecture dans ses bouquins sur les lycanthropes, elle se demande si elle ne deviendra pas l’un d’eux. Il lui a fallut plus de 24 heures pour découvrir que non, elle ne ressentira que quelques effets. 24 heures d’angoisse à l’idée de se métamorphoser en cet espèce, chaque mois à chaque pleine lune.
Plutôt crever que d’être soumit à cette part animale, celle qui la pousserait certainement jusqu’à Azkaban.

#

Lundi 15 Septembre

Elle a tout d’abord songé à pousser ses recherches, à s’attaquer à ses proches. Avec un peu de bon sens, d’intelligence, il lui aurait été facile de trouver une amie, un membre de la famille, à trainer jusqu’à ce sanctuaire qu’elle s’est créée. Mais Maggie a finalement opté pour une autre solution, une autre expérience. Sa colère ne l’a toujours pas quittée, cette irritabilité non plus et c’est sans ménagement qu’elle traine par les cheveux ce corps frêle sur la terre battue, humide de cette nuit particulièrement fraiche pour un mois de Septembre. Son ventre la lance encore de temps en temps mais sa magie est suffisamment efficace pour avoir refermer les plaies, sans compter sur les pommades qu’elle applique matin, midi et soir et qui accélère considérablement la guérison.
Mais les plaies ont beaux être refermées, Maggie ne s’est jamais sentie si fatiguée, si épuisée. D’humeur parfois massacrante, elle fait face à des moments de lassitudes, son organisme poussant au repos forcé. Le weekend a été rythmé par des heures de sommeil considérable et ce soir encore, elle sent l’épuisement tiraillée ses muscles. C’est la haine et la rage qui l’anime en cette seconde. Elle veut pousser l’animal au paroxysme de la souffrance, au summum de la torture psychologique et physique.
Munis de gants en latex, la jeune femme s’est enveloppée d’une bulle à peine visible, dissimulant toute odeur corporelle de sa part. Elle pousse la lourde porte du bunker et laisse tomber le corps un mètre plus bas qui gémit de douleur. Elle se fout de sa souffrance, le pire reste à venir.

Sa main enroule la cheville du gamin qu’elle traine sur le sol parfaitement propre. L’endroit à été récuré au centimètre près, imbibé de javel afin, d’encore une fois, éliminer toute odeur venant de sa part. Et si la magie ne l’avait pas aidé, cette tâche lui aurait prit facilement deux jours pleins. Deux jours de perdus qu’elle n’aurait pas pu se permettre. Et c’est sans un mot qu’elle immobilise l’animal d’un geste froid avant d’ouvrir la porte de sa cage et de disposé dans un ultime effort le corps de l’enfant dans un coin de cette prison. Son regard s’attarde sur le loup qui ne voit et ne sent toujours rien. Elle aimerait tant le toucher, lui crever elle-même les yeux et le rendre aveugle jusqu’à la fin de ses jours…
Maggie sort de la cage, ferme la porte et se recule de trois pas. Elle prend quelques secondes pour imprimer cette scène au fin fond de son esprit avant d’agiter de nouveau la baguette. Tout d’abord Enzo retrouve sa mobilité.
Nouveau coup de baguette… Ses sens lui reviennent de plein fouet, peut-être même que cela l’étourdi, elle n’en sait finalement rien. Tout ce qu’elle peut deviner c’est qu’il doit actuellement avoir la nausée de cette odeur de javel où, après quelques secondes ou minutes, l’odeur de ce pouilleux lui arrivera jusqu’aux narines. Mais pas seulement. L’odeur du sang se mêlera à tout ça… Plusieurs entailles lui barrant l’intérieur des cuisses, des bras et du ventre.
Si vous souhaitez faire disparaitre un être humain, il faut toujours s’en prendre à ceux qui n’ont plus rien. Les sans abris entre autres… c’est comme les putes. Tout le monde s’en fout, personne n’y prête la moindre attention, comme s’ils faisaient partie du décor. Ce gamin, personne ne le cherchera. Encore moins son père qui git actuellement au fond d’une grotte et dont Maggie a pris l’apparence pour ce soir à coup de polynectar.

Toujours debout au milieu de la pièce, elle observe l’animal de ses yeux sombres, baguette ranger dans sa poche. Il lui reste plus qu’à contempler la torture et voir à quel point Enzo saura résister ou non face à ce repas frais et de choix après plusieurs jours sans manger la moindre miette.

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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Lun 23 Juil - 19:33

Le goût du sang, de son sang, je me damnerai pour y goûter, pour le sentir couler dans ma gorge mais cette ordure a eu l'idée ingénieuse de protéger ses bras. Si j'avais eu plus de force, non seulement je l'aurais mordu jusqu'au sang quand bien même ça n'était pas mon intention première mais surtout je lui aurais broyé l'os jusqu'à ce qu'il cède. Rien que pour l'entendre hurler encore et me nourrir de sa douleur. Privé de mon odorat je n'ai même pas la satisfaction d'en sentir l'odeur mais je sais que je l'ai blessé au point que ce liquide poisseux et vital au goût et à la fragrance métallique doit déjà être en train d'imprégner ses vêtements. Peut-être que je signe mon arrêt de mort mais je ne partirais pas sans me battre ni sans un léger frisson de vengeance qui m'électrise tout le corps.

Marqué à vie.
Jamais tu ne m'oublieras.

Chaque mouvement me déchire la peau un peu plus, m'arrache mes dernières parcelles de vie, puis c'est l'éclat dans l'obscurité constante. Ce que je devine être un sortilège me percute en plein flanc et m'envoie valser violemment contre les barreaux du fond de la cage alors qu'un cri de souffrance meurt étouffé dans ma gorge quand je retombe sur le sol, baignant à nouveau dans mon propre sang désormais séché sur le sol. Les ténèbres m'enveloppent en douceur à nouveau, efface la douleur, me pousserait même presque à sourire si je le pouvais tant l'entendre exprimer le mal que je lui ai fait m'apporte satisfaction. Est ce que j'ai pu l'atteindre suffisamment pour lui faire perdre connaissance ? Je n'en ai pas la moindre idée mais le silence s'installe finalement. J'ai le sentiment d'être sur un bateau, quelque chose qui tangue, ma conscience s'évapore lentement et pourtant instinctivement je lutte encore pour rester présent.
Puis la colère explose, elle me berce, je me réjouis de l'entendre perdre cette droiture si parfaite qu'il, ou elle, a toujours affiché depuis le départ. Aucune émotion palpable, jamais, si je disposais de mon odorat peut-être que j'en aurais capté quelques unes. Si je pouvais l'observer peut-être que son langage corporel m'apporterait plus d'information … mais nul besoin de ça quand j'ai la satisfaction d'avoir brisé cette retenue aseptisée. Dans un entre deux, entre conscience et inconscience, entre vie et mort possiblement, je ne sursaute même pas alors que l'expression de cette rage résonne dans cet endroit clos saturé de ma présence.

Mais rien ne se passe, rien ne vient. Pas de punition … J'ai côtoyé bien des esprits tordus pour savoir que si la mort ne vient pas me faucher je vais payer le prix de ce que je viens de faire. Mais ça n'a pas d'importance. En cet instant, ça n'en a pas.

« Tu m’as trahi Enzo et pour ça, je te jure sur tout ce que tu as déjà perdue que tu en paieras le prix fort. »

Les voilà, les menaces. Et moi, je flotte dans un univers presque agréable. Je ne ressens plus rien.

« Passes tes dernières à prier pour tout ceux en qui tu tiens, à souhaiter qu’ils ne soient pas à ma merci dans les prochaines heures. »

Le voilà, le prix fort, il n'aurait pas pu tomber plus juste. Chaque fois que je me suis retrouvé dans ce genre de situation, c'est toujours pour mes proches que je me suis battu. Je n'ai pas peur de me sacrifier, je l'ai sans doute trop fait ou pas de la bonne manière en gardant le silence parfois mais je suis ainsi fait et je ne changerais pas je crois : Les miens passent avant moi. Sachant que la plus part du temps, c'est de ma faute, parce qu'on veut m'atteindre, qu'ils souffrent ou sont menacés. Ça pourrait paraitre égocentrique, je préfèrerais avoir un égo démesuré qui me pousse à imaginer tout ça croyez-moi. Ils ont essayé de me briser pour me récupérer, pour mon Sang-Pur, pour ma particularité, aujourd'hui ça recommence même si la véritable raison m'échappe puisque cette personne n'a pas l'air animé par ce genre de motivation. Peu importe puisque la finalité est la même.
Alors oui, les toucher eux pour m'atteindre moi est la chose qui me détruira le plus c'est une certitude, quelque chose d'ancestral et qui ne m'est pas réservé évidemment. Mais je n'ai plus la force de réagir, plus la force de me relever et d'attaquer à nouveau alors qu'il est là, tout près, que la colère et la rage le rendent fébrile et inattentif … Je n'ai plus la force et l'obscurité m'enveloppe à nouveau dans toute son ironie, cette ironie qui me prive de la lumière du jour, de la vue tout simplement, depuis un temps que je suis incapable de déterminer.

#

« Macy … Les tresses c'était uniquement si je restais coincé en mode peluche. »
« Ouiiiiii, je sais ! Mais tes ch'veux sont trop fluffy. »

Assis sur une chaise dans la cuisine, je lève les yeux au ciel et un soupir m'échappe malgré le sourire qui reste présent sur mon visage alors que debout derrière moi la petite blonde – et rose – s'éclate avec mes cheveux. En face, appuyé contre le plan de travail, mon petit ami se fend la gueule en silence tout en lançant des grains de raisin en l'air jusqu'à les attraper au vol directement avec la bouche. Et il est plutôt doué le salaud.

« Regarde Wiwi ! Il est mignon comme ça, non ? »
« Adorable. »
« Faux frère. »
« J'suis son frère à elle, pas l'tien. Désolé Love. »

Je lui adresse une belle grimace, qu'il me rend avec son air de sneaky bitch habituel. Macy, imperturbable, continue de massacrer ma virilité en toute tranquillité. Il faut qu'on me le dise : Comment est ce qu'elle fait pour réussir à faire ne serait-ce qu'une tresse avec mes cheveux ? Ok ils ont une certaine épaisseur mais quand même ! La vrai question est la suivante : Pourquoi je me laisse faire ? Essayez de dire non à ce petit bout de bonne femme, on en reparlera.

« Heureusement que j'suis pas ton frère d'ailleurs, t'aurais l'air malin. »

William contourne le plan de travail avec son flegme habituel et se plante à côté de moi. Je relève les yeux vers lui, rêve silencieusement de lui arracher son sourire. La seconde d'après il donne un grain de raisin à Macy et m'en tend un que j'attrape et avale sans demander mon reste.

« Encore plus malin qu'avec ces trucs sur la tête. »
« C'est ça, fous toi de ma gueule. Rien à foutre t'es le prochain, tu vas voir ce que je vais te faire avec mes doigts de fées. »
« Je veux rien savoir ! »
« Moi ça m'intéresse. Développe ? »
« Capillairement ! Bande d'obsédés. »

Mais ça ne m'empêche pas de le choper par les hanches et le faire s'assoir sur mes genoux sans lui demander son avis.

« Ça t'arrange bien toi aussi que j'sois pas ton frère. »
« Vrai »

Le regard que je lui lance est suffisamment éloquent pour qu'il comprenne à quoi je pense, celui qu'il me rend l'est tout autant. Sourire en coin, je le regarde droit dans les yeux  et laisse planer un léger silence. Macy chantonne distraitement en continuant à jouer avec ma tignasse.
C'est sans le quitter des yeux que j'approche mon visage du sien et viens chercher le grain de raisin qu'il a entre les lèvres avec les miennes. Puis c'est sa lèvre inférieure que je garde prisonnière, mes yeux toujours plantés dans les siens, jouant avec sa bouche, une main sous son T-shirt. Le regard que je lui offre cette fois signifie une chose évidente : T'as pas idée de tout ce que je pourrais te faire avec ma bouche et mes mains … Hum, si, je crois que t'en as une petite idée et qu'au rythme où bat ton cœur je pense que tu serais pas contre une démo. J'avoue, j'oublie un peu tout le reste, y compris sa frangine. C'est mal. Ça ne m'empêche pas de lui glisser une main autour de la nuque, s'en suit un baiser un peu plus appuyé qui apporte une source familière de chaleur dans tout mon corps et le sien que je sens déjà se réchauffer sous mes doigts, malgré ses vêtements et les miens. Ça réchauffe le corps, ça réchauffe le cœur aussi ...

« Hey, j'suis encore là ! »

… Jusqu'à ce que Macy se manifeste et nous fasse éclater de rire tous les deux.

« Pourquoi il faut toujours que tu gâches tout Enzo ? »

Les rires s'effacent et se taisent, les sourires s'affaissent et disparaissent à la seconde où cette voix grave résonne dans la pièce. Aucun de nous trois ne l'a entendu arriver, aucun de nous trois ne l'a vu arriver, mais l'ambiance n'est plus la même et le regard qu'il pose sur moi fait grimper le niveau de gravité d'un cran au dessus. Instinctivement je pousse William à se lever pour en faire autant et me place devant lui, lui même se plaçant instinctivement devant Macy. Face à moi, une paire d'yeux d'un bleu glacial. D'un bleu glaçant. Toute la légèreté qui régnait ici à peine quelque seconde plutôt s'est envolé, la tension sature la pièce et nous écrase les épaules à tous.

« Si je fais ça c'est pour nous deux. »
« Derek ... »

Paume en avant, c'est un pas prudent que je fais en avant. Prudent et pleins de questions, parce que je ne comprends pas ce qu'il fait là, qu'elles sont ses intentions, même si intérieurement je les devine. Je n'ai pas le temps de réfléchir, pas le temps de faire un geste supplémentaire, un sortilège informulé me pousse sur le côté et me fait perdre l'équilibre. Pas suffisamment pour me faire tomber, suffisamment pour m'écarter de Will et Macy, me laissant le chant de vision large pour voir cette lueur verte foncer droit sur eux ...

« Avada Kedavra ! »
« Non ! »

… et la seconde suivante je me réveille en sursaut.

Haletant, aveugle, privé de mon odorat, les repères emmêlés dans mon esprit confus … Juste un cauchemar … Une putain d'inception liée a ce que ce salopard m'a fait vivre jusqu'ici. Ça me prend quelques secondes pour réaliser réellement où je me trouve, et sous quelle forme. Partagé entre angoisse, colère, tristesse et malgré tout du soulagement.

Les secondes passent, puis les minutes, les heures, les jours … Les semaines ? Je n'ai pas la moindre idée du temps qui passe, mais je ressens ses effets. Je rationne mes prises d'eau, mon corps cri famine. Mes muscles commencent à me faire mal, le silence m'assourdis, me rend parfois fou, mais je n'ai quasiment plus la force de me lever. Les blessures que le sortilège qu'on m'a lancé se sont refermées tant bien que mal, je crois, mais le sol garde les traces de mon sang quand bien même je ne peux pas le voir ni le sentir. Je le sais.
L'esprit confus, la tête qui tourne, je ne comprends pas tout de suite que le cauchemar n'est pas la seule chose qui m'a réveillé. Un bruit sourd, je crois … Je ne suis plus vraiment certain que ce que je distingue est la réalité ou le fruit de la démence qui commence sans doute à me gagner lentement à cause du manque de … tout. Ce cauchemar a commencé comme un rêve, il laisse certes beaucoup de peine dans son sillage mais surtout un trou béant dans mon cœur. J'en viens même à me demander si ça n'est pas une énième manipulation mais pas le temps d'y pense plus, quand bien même mes mouvements sont plus que limités, je sens qu'on m'entrave à nouveau magiquement. Brutalement.

Et mon cœur de s'emballer.

Je ne vois pas, je ne sens pas, mais j'entends. Je perçois ce bruit familier … celui d'un corps que l'on traine sur le sol. La cage qui s'ouvre. L'instinct qui se réveille et me pousse à vouloir me projeter en avant pour m'échapper, mordre et griffer une nouvelle fois, tuer probablement, mais j'en suis dans l'incapacité la plus totale. Nul besoin de mes sens pour comprendre ce qu'il se trame, si mon visage était humain la peur pourrait sans doute aisément s'y lire.
Porte fermée. Mobilité retrouvée. Angoisse latente. Colère étouffée. Et violemment quelque chose change dans l'atmosphère. Je ne comprends pas tout de suite que ce sont mes sens qui reviennent. Simultanément. La lumière revient, les formes sont floues et les couleurs pas vraiment nette mais ma vue revient petit à petit. C'est le cas aussi de l'odorat et celui-ci se retrouve rapidement agressé par le mélange d'odeurs présentes dans l'espace. De la javel, elle sature le lieu que je découvre visuellement pour la première fois. Les barreaux se matérialisent de manière plus nette alors que je me plaque péniblement contre eux dans le fond de la cage. Oui, je découvre mon enfer, enfer qui prend des allures de déjà vu quand je devine ce frêle corps dans un recoin de la cage.

Et mon geôlier.  

Je ne connais pas ce visage, je ne l'ai jamais vu, et mon instinct me pousse à me méfier. Est-ce sa réelle apparence ? Tout ce que je sais c'est qu'il s'est magiquement protégé pour qu'aucune fragrance n'émane de lui. Pour autant, je le sais, son visage restera gravé dans ma mémoire.
Tremblant sur mes quatre pattes j'analyse l'endroit, cherche la moindre issue possible, ignore sciemment la petit corps déposé dans un coin non sans me dire qu'il faut être une sacré pourriture pour trainer un enfant jusqu'ici. Et mon instinct se retrouve partagé. Entre celui de l'homme et celui de la bête. Je cligne des yeux pour accommoder mes yeux à la lumière, retrouver une vision claire, nette, il en va de même pour mon odorat qui m'apprend que, par chance, ce garçon que je devine du même âge que Victor n'est pas lui. Il s'agite, reprend conscience, ce n'est qu'à ce moment là qu'une chose me frappe avec virulence : Il saigne. L'homme n'aspire qu'à une chose, protéger ce petit être fragile. La bête, elle, n'écoute que son ventre qui hurle du vide qui le creuse et cet attrait naturel, ancestral, pour cet être qui n'est à ses yeux qu'une proie. Un gémissement plaintif m'échappe, je me vois en train de danser d'une patte sur l'autre, tiraillé, assailli de flash, de souvenirs depuis « longtemps » enterrés. Pas oublié pour autant.
Une cage. Des jours de captivité. Une punition. Pas de Tue-Loup. Cette innocente jeté dans ma cage juste avant la Lune. C'est dans ce qu'il restait d'elle que je me suis réveillé le lendemain et j'en rêve encore certaines nuit. On ne guérit pas de ces choses là, on ne peut pas, on peut juste faire la paix avec une chose irréversible et essayer d'aller de l'avant.

Et si tout recommence ? Comment survivre à ça une deuxième fois ?

Mais la faim m'affaiblit et je le sens, là, tout près, juste sous la surface, prêt à reprendre le contrôle à chaque instant si je baisse la garde ne serait-ce qu'une seconde. Et la tentation grandi …

« Papa ... »

Plus il bouge, plus son sang s'écoule, plus l'odeur en sature les lieux. Pas d'échappatoire possible pour lui, pas d'échappatoire possible pour moi, et un auditoire que je rêve de démembrer … Pièce par pièce …

« Papa laisse moi sortir, s'il te plait. »

Il est là, s'accroche aux barreaux, encore tout sonné qu'il est, et je devine que l'être qui se tient face à nous n'est sans doute pas son père. Qui ferait subir ça à son propre enfant ? Pourtant j'ai depuis longtemps saisi que cette pourriture est capable de tout.
L'enfant ne m'a pas encore vu, s'il se retourne actuellement il devra faire face à un loup noir décharné, au poil terne, collé par le sang séché. Il devra faire face à une bête affamée qui ne rêve que d'une chose : plonger ses crocs dans son jeune corps. Mais il fera face à un homme qui lutera jusqu'à son dernier souffle pour empêcher que ça se produise. Alors tant bien que mal je me fais immobile, concentre ma rage et ma faim sur l'être abjecte qui nous a réuni derrière ces barreaux. Et cette maitrise explose en un hurlement, celui de l'enfant qui a fait l'erreur de se retourner. L'odeur de sa peur excite le prédateur et je n'arrive pas à me retenir, à contrôler cet instant qui me pousse à lui sauter dessus pour le plaquer sur le sol froid de notre prison. Il n'essaie pas de se débattre, se recroqueville sur lui même, cache son visage de ses bras et tremble comme une feuille morte. Ses sanglots me brise le cœur, mais la faim me fait perdre la raison, et sans réellement m'en rendre compte je me retrouve en train de lécher le sang qui perle de ses bras …
Le goût de son sang rend l'animal complètement fou mais donne la nausée à l'humain. Le combat fait rage à l'intérieur de cette enveloppe dans laquelle je suis coincé depuis un temps indéterminé maintenant mais je puise dans mes dernières forces pour juguler cette envie de plonger mes crocs dans sa chair pour assouvir la faim, pour calmer la douleur d'un ventre vide, pour apaiser le prédateur. J'ai la tête qui tourne, lèche encore les cicatrices, glisse ma truffe sur son ventre et lèche encore, puis sans prévenir me jette contre les barreaux dans un geste de désespoir. Il est hors d'atteinte, le responsable de cet enfer. Mes mâchoires peuvent claquer dans sa direction elles ne l'atteindront plus jamais parce qu'il ne fera pas deux fois la même erreur. Alors je m'écarte brutalement, rencontre les barreaux du fond de la cage, m'agite nerveusement, lutte contre cette envie furieuse de dévorer cet enfant qui désormais hurle de terreur. Lui et moi ne sommes pas si différent, si ce n'est qu'il ne tentera probablement pas de me faire du mal ni de m'enlever un bout de chair pour apaiser sa faim. En tout cas, pas tout de suite.

Si la seule solution pour m'empêcher de le tuer est de me faire du mal alors soit, qu'il en soit ainsi. S'il faut pour ça que j'épuise mes dernières forces pour luter contre moi même, qu'il en soit ainsi. Une partie de moi a envie d'attraper cet enfant et de l'attirer dans le fond de la cage pour le garder contre moi, le réchauffer, lécher ses plaies jusqu'à ce qu'elles arrêtent de saigner et cicatrisent puis le réconforter mais mon instinct humain me fait comprendre que le moindre signe « d'attachement » pour lui serait une erreur. Alors cette fois c'est ma tête que j'envoie violemment contre les barreaux, et je continuerais jusqu'à perdre connaissance. Jusqu'à ne plus représenter de danger pour lui. Mon instinct de survie est toujours présent, mon besoin de retrouve les miens l'est lui aussi plus que jamais, mais je commence à me dire que je ne sortirais jamais d'ici, que la seule délivrance qui s'offrira à moi est celle dont on ne revient pas. Et je refuse d'emporter cet enfant avec moi pour satisfaire les besoins d'un pervers. Je ne me le pardonnerai jamais. Si je disparais, il n'aura pas non plus d'emprise sur ceux que j'aime, alors c'est sans doute mieux comme ça.
Je me serais battu jusqu'à la mort pour vous retrouver mais si ça veut dire prendre le risque d'emporter une autre âme avec la mienne, prendre le risque qu'on s'en prenne à vous ... Je ne peux pas.

Pardonnez-moi.
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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Mar 7 Aoû - 18:55

Disappear, without a trace
Maggie & Enzo


Debout, elle attend patiemment, logé dans un corps d’homme bien plus grand qu’elle. Maggie observe avec attention et précision ce qui se déroule et se déroulera sous son regard. Si Enzo est là, c’est avant tout pour servir ses curiosités, ses expériences sur un phénomène qui l’obsède presque. Les loups-garous sont une espèce particulière, qui recèle de secret et elle n’a jamais ressenti plaisir aussi intense que de plonger ses mains dans les tripes encore chaude ce jeune animal, il y a quelques années. Mais cette fois, elle veut tester la résistance physique et mentale, prenant des notes après ses petites séances, notant la position de la lune afin de savoir si oui ou non cette dernière pouvait avoir une influence sur la forme physique du loup, sur la disparition de l’esprit humain lorsque ce dernier se retrouvait coincé avec sa part animale.
Et des découvertes intéressantes, elle en a fait et si ses ambitions n’étaient pas tout autre, elle se ferait un plaisir de le garder ici, indéfiniment pour en étudier chaque recoin de sa magie.

Mais pour le moment, elle jauge sa résistance mentale et physique face à la faim. Mais pas que.
Face à l’humanité, également. Maggie veut savoir à quel stade il en est, où est le jeune homme en lui et si ce dernier aura la suffisamment la force de rejeter sa faim bestiale que de sentir ses crocs mordre cette chair fraiche et tendre, sentir le sang chaud ruisselé le long de sa gorge sèche.

Le gamin commence à se réveiller, à ouvrir lentement les yeux, s’agite. Et le loup réagit, hésitant, marchant sur une patte, puis sur l’autre. Le voilà confronté à la tentation la plus vile en vu de son état et Maggie ne peut s’empêcher de sourire cette fois. Un simple rictus qui exprime bien plus que quiconque ne pourrait l’imaginer. La satisfaction éclot a creux de son ventre de pouvoir assister à une scène aussi fascinante et intéressante.

-  Papa ...

Le gamin reconnait l’enveloppe charnelle, ne comprend certainement pas pourquoi son père adoré l’a enfermé dans cette cage. Ou plutôt, pourquoi il ne fait rien pour l’en sortir. Et la jeune femme se délecte d’avance rien qu’à imaginer sa peur lorsqu’il constatera qu’il n’est pas seul dans cette cage.

- Papa laisse moi sortir, s'il te plait.

Pas un mot de la part du « père » qui, bras le long du corps, se contente d’observer en silence. Et d’un regard, elle le guide vers l’ombre qui se stabilise derrière lui, luttant certainement de toutes ses forces pour ne pas sauter sur sa proie.
Le hurlement qui sort de ce gamin vient du fond des tripes, du fond du cœur. Une peur sincère et profonde qui procure à Maggie un sentiment de joie intense, lui offrant une longue série de frisson plus qu’agréable. Mais rien n’égale le sentiment de puissance et de satisfaction que de voir le corps du loup se tendre et se jeter sur sa proie, cédant une première fois à ses pulsions. Les épaules du gosse tapent contre le sol froid et Maggie penche légèrement la tête pour assister à cette scène, s’accroupissant un instant. La proie se recroqueville, chiale comme jamais il n’a dû chialer de toute son existence et contrairement ce à quoi s’attendait Howard, Enzo se contente de lécher le sang sur les plaies, de fouiner avec son museau sous les tissus mais pas de crocs sur la peau, pas de bruit de chair déchirée…
Et à la seconde où Maggie pense voir l’animal ouvrir grand la mâchoire pour gober ce bout d’humain, l’homme reprend le dessus avec une violence inouïe et fascinante. Enzo se jette contre les barreaux de la cage, comme si une force invisible l’y avait poussé avant de reculer tout au fond, au plus loin de l’humain qui, elle le sait, il convoite avec force. Et l’enfant hurle de plus belle, prenant conscience de tous les risques qu’il court en restant dans cette cage avec ce qu’il doit considérer être comme un monstre.

Maggie assiste alors à une scène qu’elle n’avait pas prévue. Un évènement qui la fait se relever, lui donnant l’envie furieuse de s’approcher de la cage sans pour autant le faire. Dans des élans violents et déterminés, Enzo jette son crâne contre les barreaux une première fois. Puis une deuxième. Chaque coup semble un peu plus fort, plus brusque et la jeune femme ne tarde pas à comprendre la finalité de ses gestes. Et elle est si fascinée par ce sursaute de conscience humaine qui prend largement le dessus sur la bête qu’elle en oublierait presque de l’arrêter avant qu’il ne se tue. Car c’est exactement ce qu’il essaie de faire, se tuer. Peut-être pour échapper à tout ça, pour échapper à la tentation insupportable de tuer ce gosse qui chiale de plus belle. En soit, elle pourrait laisser Enzo glisser vers la mort mais de 1) S’il doit mourir, ça sera de sa main à elle. De 2) ça n’est pas les plans d’Howard avec ce garçon. Ce qu’elle veut, c’est qu’il se souvienne de tout ça, de tout ce qu’il a vécu. Que tout ça reste bien gravé dans son cerveau, son corps.

Un geste de baguette et elle l’immobilise avant qu’il ne porte le coup de trop et ouvre la cage pour récupérer l’enfant qui ne comprend rien. Inutile de le laisser plus longtemps, Maggie sait pertinemment qu’à la seconde où Enzo réouvrira les yeux, il retentera de fuir, d’une façon ou d’une autre. Alors à quoi bon ? Et pour être honnête, elle a déjà vu bien plus qu’elle ne l’avait espérée.

#

Jeudi 18 Septembre

Elle n’est pas partie sans lui laisser de quoi manger, un pauvre lapin capturer sur le chemin du retour mais ça lui sera suffisant pou ne pas mourir de faim car encore une fois, elle a besoin de ce garçon en vie. Deux jours se sont écoulés depuis l’épisode du gamin qui est définitivement partie rejoindre son père et Maggie estime qu’il est temps pour elle de mettre fin à toute cette petite expérience, bien qu’elle aurait aimé faire durer le plaisir encore un long moment.
Assise sur la baignoire de la salle de bain, elle change délicatement ses pansements imbibés d’onguents et constate que les cicatrices se referment déjà… Tout comme les symptômes commencent seulement à s’atténuer légèrement. Elle a toujours cette faim de viande saignante, ces changements d’humeur mais au moins la fatigue a disparu, lui redonnant sa vitalité d’humaine.

Ce n’est que lorsque la nuit tombe qu’Howard rejoint leur cachette, son repère et pour l’occasion, Maggie réserve à celui qu’elle a haït durant ces quelques jours post-blessure un cadeau de taille. Elle n’a pas digéré le coup qu’il a réussi à lui infliger, elle n’a pas digéré cette faiblesse dans laquelle Enzo l’a plongée et pour cela, il allait payer. Et cette fois, pas physiquement. Pas directement.

Maggie trouve l’animal allongé, roulé en boule, de nouveau privé d’odorat et de vue. La jeune femme le contemple de loin, ne refera pas la même erreur deux fois, prenant deux bonnes minutes pour le scruter avant de se décider d’ouvrir la bouche.

- Tu sais ce qu’il y a plus terrible dans cette histoire, mon chéri ?

Elle laisse sa phrase en suspens et la réaction ne se fait pas attendre.
L’humain revient en lui, doucement, mais sûrement, suivant cette voix comme l’on suivrait la lumière au bout d’un tunnel.
Maggie use de sa tendresse, de cette maternité qu’elle laisse transparaitre dans ses mots, le tout bercé par la voix de cette femme qui a mit au monde le jeune homme et qui réside désormais six pieds sous terre. Bientôt ou déjà à l’état de squelette. Howard a dû user de patience, de stratagème pour pouvoir acquérir le timbre et les mots de Mère Ryans et pour cela, ils pouvaient tous les deux dire merci à Amélia.
Elle veut lui faire payer, finir tout cela en apothéose.

- Tout ça ne me fait pas regretter de ne plus être de ce monde.

Et tout en disant cela, Maggie garde une voix calme, posée, reposante. Et c’est ce qu’il y a de plus terrible lorsque les mots sont violents, que la voix soit si « platonique ».  

- Regarde qui tu es devenue. Regarde ce que tu es devenue. Un monstre sanguinaire.

Howard joue sur le bluff, se disant qu’un être comme lui n’a pas pu passer tout ce temps dans la peau d’un Loup sans commettre d’impaire. Pas lorsqu’il a tenté de se tuer pour ne pas dévorer ce gamin. Maggie se gorge des réactions, des gémissements plaintifs, de cette douleur qui remplit cette pièce et qui pourrait presque avoir une odeur. Il est incroyable que même après tout ce temps coincé sous sa forme lupine qu’Enzo ait encore des réactions humaines.

- Heureusement que ton père n’est pas là pour voir ça.

Soupire désappointer et Maggie achève le travail de quelques mots bien choisit. Elle veut qu’il paie, qu’il souffre. Que son âme humaine ressente cette douleur brûlante et cuisante qu’elle ne connait pas. Elle veut se l’imaginer pleurant, hurlant, souhaitant la mort plutôt que la déception de sa propre mère.

- Ne compte pas sur moi pour t’accompagner Enzo, pas après tout ce que tu as fait. Tu as tout ce que tu mérites : Rester seul ici et attendre patiemment que la mort veuille prendre la peine de cueillir l’âme monstrueuse que tu es devenue.

Howard se délecte encore quelques secondes de ce moment si particulier, si intense pour elle. Se délecte de tout ce travail réalisé, de tous ces efforts donnés et qui ont donnés leurs fruits. Au-delà de ses espérances. Enzo a été bien plus que divertissant. Sans d’autres mots, Maggie tourne les talons et quitte cette pièce non sans un dernier regard avant de retrouver l’air libre, de prendre soin de bien fermer le sas derrière elle. Et ça ne sera que quelques jours plus tard qu’elle estimera tant de conduire un proche bien choisit jusqu’à cette cachette secrète lavée de toute preuve…

▬ FIN POUR MOI ▬

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MessageSujet: Re: Disappear, without a trace ▬ Maggie   Mar 7 Aoû - 22:46

Je crois … que je ne cherche même plus à comprendre. J'ignore complètement depuis combien de temps je me trouve enfermé ici ou même entre les murs d'une autre conscience, celle de la bête qui n'est actuellement pas vraiment d'accord avec ma réticence à dévorer ce gosse pour enfin faire taire la faim. Mais je crois que tout ça n'a plus d'importance, de même que les motivations de mon geôlier qui depuis le début prend un plaisir sadique à jouer avec moi, tester mes résistances, mon mental et j'en passe. C'est pas comme ça que j'envisageais de quitter ce monde, et surtout pas si tôt, surtout pas en abandonnant les miens, mais ce ne sont pas des sensations qui me sont étrangères et peut-être qu'au fond ça facilite un peu la tache. Encore quelques coups et je sombrerais, je ne sentirais plus rien. L'enfant sera je l'espère sorti de cette cage ou à défaut, souffrira d'une mort un peu plus douce je l'espère que d'être déchiqueté vivant par un monstre assoiffé de son sang et de sa chair. J'entends son cœur qui bat, je le perçois dans mes propres veines, dans mes tempes que je continue d'exploser contre l'acier qui ne plie pas, ne cède pas, et la tentation me brûle les entrailles presque aussi solidement que l'inanition.

Jusqu'à ce que tout s'arrête subitement.

La suite est un peu confuse, ma tête tourne, je m'écroule sur le sol dès l'instant où mon corps est libéré de ces nouvelles entraves magiques. Je crois que l'enfant disparaît, qu'il est tiré hors de ma prison, le néant m'emporte à nouveau et je n'essaie pas de luter. J'ai le vague souvenir de m'être jeté sur une source de nourriture sans réellement me rappeler exactement de quoi il s'agissait, je sais simplement que ça n'était pas assez et que plus le temps passe, moins les phases de conscience, de réveil, sont nombreuses. Difficile à dire en ayant perdu toute notion … de tout, presque de soi-même. J'essaie de m'accrocher malgré tout comme je peux, mais une question ne sort plus de mon esprit : A quoi bon ?

#

Je ne sais plus vraiment à quel moment c'est arrivé, ni même si je rêve ou si c'est simplement mon corps qui lâche pour de bon mais je ne sens à nouveau plus rien, pas plus que je ne vois. Et je suis presque certain que l'odeur de la mort flotte partout dans cette … pièce, peu importe, cet endroit. Cette tombe, en réalité. Ma tombe. J'aurais été près à me sacrifier pour éviter à ce petit humain de finir en pièces détachées, à présent je n'ai plus la force de rien.
Roulé en boule dans un coin de la cage je ne relève même pas la tête, bouge à peine les oreilles, lorsque les bruits plus ou moins familiers de la porte qui s'ouvre me réveillent. Peut-être que je rêve, ou que je délire, de toute façon quelle importance. Je sais qu'on m'observe, je le sens, comme un léger picotement sur la nuque, je n'ai plus non plus la force d'avoir peur, de me demander ce qu'il va me faire subir aujourd'hui. De l'argent ? Pourquoi pas. Je suis même étonné qu'il n'est pas eu cette idée à vrai dire.

« Tu sais ce qu’il y a plus terrible dans cette histoire, mon chéri ? »

Je crois que j'aurais pu m'attendre à tout, j'aurais pu me laisser aller à une énième torture sans broncher, mais ça … ça … Pas une seconde ça n'a effleuré mes pensées et lorsque cette voix parvient jusqu'à mes oreilles je réalise qu'il m'était encore possible d'avoir plus mal. Mentalement, psychologiquement, et physiquement. Et pourtant … Il est là, à peine visible, à peine présent, le petit garçon qui s'accroche à ce timbre familier et qui lui manque tellement, à cette sonorité pleine de tendresse. Il est là, il appelle sa mère, la réclame, espère déjà sentir ses bras réconfortant se refermer autour de lui comme avant. C'est un ange venu le délivrer, c'est ça ? Me délivrer. M'emmener avec lui. Avec elle. C'est la fin, je suis déjà parti sans même le réaliser et la délivrance se présente enfin. Je sens mon corps tout entier se détendre mais ...

« Tout ça ne me fait pas regretter de ne plus être de ce monde. »

… je ne suis plus qu'un tas d'os recouvert d'une fourrure rêche, emmêlée, clairsemée, l'animal a perdu de sa superbe et l'orphelin hurle de douleur. Tout mais pas ça. Pas elle. Pas comme ça. Parce que l'Ange se transforme en Démon et la punition est pire que tout ce à quoi j'aurais pu songer.

« Regarde qui tu es devenue. Regarde ce que tu es devenue. Un monstre sanguinaire. »

L'esprit n'a plus la force de luter, plus la force d'ériger des barrières de protection pour ne pas tomber dans ce piège, pour garder autant de lucidité  qu'il l'a fait quand il … elle … a utilisé la voix de Derek. Les mots sont d'une telle violence qu'un hurlement empli de chagrin et supplice s'échappe de ma gorge. Elle est morte, depuis maintenant plus de 3 ans, mais je ne suis plus en mesure de faire la part des choses. J'ai beau être convaincu que jamais, jamais elle n'aurait prononcé ces mots à mon encontre je ne suis plus en mesure de luter contre leurs effets.

« Heureusement que ton père n’est pas là pour voir ça. »

Alors lentement mais sûrement, je sens mon esprit qui se referme, laisse place au seul être encore capable de me protéger de ce qui sera très probablement le dernier assaut. Le coup de grâce. L'abandon, le véritable cette fois.

« Ne compte pas sur moi pour t’accompagner Enzo, pas après tout ce que tu as fait. Tu as tout ce que tu mérites : Rester seul ici et attendre patiemment que la mort veuille prendre la peine de cueillir l’âme monstrueuse que tu es devenue. »

Je voudrais qu'elle arrive maintenant, qu'elle me fauche une bonne fois pour toute pour que plus jamais personne ne puisse me faire de mal. Peu importe si c'est pour atterrir au milieu des flammes de l'Enfer, rien ne peut être pire que ce dernier affront.
Je lui laisse toute la place, l'appelle, hurle de douleur et de désespoir pour qu'il se presse, m'enferme dans son contrôle et efface l'humain, ses émotions, ses sentiments et ressentis, une bonne fois pour toute en attendant le dernier souffle.

Ne plus exister. Lâcher prise. Disparaître.

#

La mort tarde, comme un chat tarde à achever une souris, c'est comme si elle se délectait de chaque seconde et plus le souffle devient difficile, plus elle ralentis sont arrivée. Chaque respiration devient une torture, le loup émet un sifflement rauque chaque fois que l'air quitte ses poumons. Son cœur bat au ralentis mais il bat encore. L'humain a de nouveau disparu, au profit de cette bête à l'agonie qui n'a elle non plus, plus la force de se battre et attend la libération.
Elle arrive, cette libération, mais pas sous la forme à laquelle il s'attendait. Ce sont des sensations familières, il les connait tout comme l'homme ne peut les oublier. Ça commence par des frissons, des crampes, puis les os qui se brisent les uns après les autres, les muscles qui se déplacent, la peau qui s'étire et aspire le pelage souillé, sec, de l'animal presque mort. Au bout d'une heure c'est désormais le corps d'un homme qui se tient au milieu de cette cage, nu et tremblant comme au premier jour, des larmes qui lui brule les yeux pour différentes raisons. Il a retrouvé la vue, l'odorat, sa conscience humaine aussi malheureusement et désormais plus rien n'est à sa portée pour se préserver de la réalité. Elle avait raison, il le sait : il va rester seul ici et attendre que … la mort vienne cueillir son âme. La transformation a puisé dans ses dernières forces et pourtant un dernier sursaut de vie s'empare de lui. Il rampe sur le sol, sa main s'enroule fébrilement autour d'un barreau, à nouveau il sombre.

Un jour. Deux jours. Trois jours. Il n'entend pas les bruits de pas précipités, les voix qui l'appellent, la lumière qui glisse sur son corps replié sur lui-même. Vivant ? Mort ? Sauf ? Et si c'était trop tard ?

I'm watching myself
Drifting away
A vision so darkened
I cannot stay
I'm reaching out wide
Trying to catch myself before I fall
Too little too late
Can you save me ?

Raign ▬ Don't let me go

▬ FIN ▬
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Disappear, without a trace ▬ Maggie
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