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 Misery loves company ▬ Caem

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MessageSujet: Misery loves company ▬ Caem   Mer 4 Avr 2018 - 13:17

Mardi 8 Septembre 2015 – Dans la soirée
Misery loves company



Ismaelle & Caem

« Comment ça disparu ? »

Je n’ai pas dormi, passé la fin de journée d’hier et la nuit entière à m’occuper – avec d’autres bien sûr – de ceux qui ont pu sortir. Les abandonner en plein milieu de la forêt et simplement rentrer chez moi ? Impossible. Et puis j’ai reçu ce message alors qu’en fin de matinée j’allais finalement rejoindre un Portoloin, les sens aux aguets, pour retrouver ma maison et l’étreinte rassurante, nécessaire, de l’homme que j’aime. Aucune trace du loup ce matin quand le jour s’est levé : Ni dans la maison, ni dans le parc, ni dans le bois qui le borde. Aucune trace du garçon sous sa forme humaine non plus.

« Il est introuvable. Les hommes ont cherché partout dans la propriété toute la matinée et aucune trace de lui. »
« Vous êtes entrain de me dire qu’il s’est volatilisé ? »

Autant dire que j’ai les nerfs en pelote, prêt à lâcher, alors que je me tiens face à Peter Avery-Baker a qui je viens d’apprendre par la même occasion que son autre petit fils est désormais retenu à nouveau entre les murs de Poudlard – sans aucune certitude quant à sa survie. Je devrais être compatissante, garder mon calme, rester diplomate et proactive, positive … je n’y arrive plus.

« Vous foutez de moi j’espère ? »
« Mademoiselle Stoneheaven … »
« Vous m’aviez assuré que les protections de cet endroit était infranchissables, que quelqu’un veillerait sur lui à chaque moment. »

Bras tendus le long du corps, poings et mâchoires serrés, peut-être que je cède à la panique pour rien et qu’il est simplement tapi quelque part, entrain de jouer à cache-cache, mais instinctivement je le sens, je sais qu’il ne s’agit pas de ça.

Et le fauve en cage, ici, c’est moi désormais.

« Qu’est ce que je dis à Olivia, hum ? Qu’elle a perdu deux de ses petits-enfants en même temps, encore une fois ? »
« Ismaelle, calmez-vous s’il vous plait. Nous … »
« Non je ne me calmerais pas ! Il était censé être en sécurité ici, merde ! »

Le fauve explose, sort de son immobilité, laisse la glace se briser pour affleurer le magma en fusion conçu d’angoisse, de colère et de douleur. Point positif : Il empêche les larmes de couler.

« J’espère au moins que vous avez poussé les recherches un peu plus loin ? »

S’il a réussi à sortir, Merlin sait à quelle distance il peut se trouver à présent. Un loup peut parcourir des dizaines de kilomètres en une nuit, je vous laisse imaginer ce qu’il en est pour un Loup-Garou. Et dans quel état ? Sans parler du fait qu’il représente un danger pour les autres. Et si on l’avait aidé à sortir ? Si quelqu’un l’a enlevé ?

« Retrouvez cet enfant. »

Incisif, ferme et sans appel.

« Et Derek, vous n’avez donc pas réussi à le faire sortir ? »

L’immobilité revient et la glace recouvre le magma alors que mon regard se pose sur un homme présent ici que j’exècre : L’oncle des garçons, le mari d’Amelya. Travis Lloyd-Beckett. Son regard suffisant me donne envie de lui arracher les yeux mais c’est une lame chauffée à blanc qu’il vient de m’enfoncer dans le cœur.

« Ecoutez-moi bien vous. »

Sans ciller une seconde, sans la moindre trace de peur, je viens me planter devant lui.

« J’ai encore l’odeur du sang et de la peur collé à la peau, les hurlements et les pleures de tous ces enfants que je n’ai pas réussi à faire sortir de là-bas qui résonnent dans ma tête alors ne me cherchez pas. Et ne me faites pas croire que vous en avez quoi que ce soit à faire de Derek. »

Autour de nous personne ne semble bouger, j’ai personnellement oublié leur existence au profit de ce sale type qui ne mérite qu’une chose, se prendre mon poing en pleine figure. Mais je ne lui donnerais pas cette satisfaction.

« Je sais pertinemment que vous méprisez ce gosse depuis le départ alors croyez-moi, et ce malgré tout le respect que j’ai pour votre femme et votre beau-père, si j’apprends que vous êtes mêlé de près ou de loin à ce qu’il se passe vous aurez affaire à moi. »

Je ne parle plus de Derek mais bien d’Enzo, je sais qu’il l’a parfaitement compris. J’ai eu vent de certaines choses, ça ne m’étonnerait donc pas qu’il ait quelque chose à voir là-dedans et je ne compte pas le lâcher comme ça.

« Ce sont des menaces ? Sous mon propre toit ? »
« Explicitement. »

Ce duel de regard fini par être interrompu au bout de quelques secondes, aucun de nous deux n’a baissé les yeux.

« Je vais rentrer chercher mon chien et revenir pour voir s’il ne peut pas aider à trouver une piste. En attendant, rendez-vous utile. »

Sans attendre une seconde de plus je tourne les talons et transplane jusqu’à la maison. Ma maison. Que je n’ai pas vu depuis trop longtemps.

#

Rien. Aucune trace ou presque. Fenrir a trouvé quelque chose mais le sentiment a fini par disparaitre pour ses sens au bout de quelques kilomètres et c’est bredouille, épuisée, à bout de force, que je rentre encore une fois à la maison. Avec le poids sur les épaules de tout ce qui a pu se passer ces dernières … ces derniers jours en réalité.
Seulement si je m’écroule maintenant je ne suis pas certaine d’être capable de me relever mais m’épuiser à la tâche n’aidera en rien alors je capitule. Au moins pour ce soir. Un repas chaud, les mots tendres et les bras de Leiv, une douche brulante et malheureusement des images, des flash pleins la tête. Je ne suis pas certaine de réussir à trouver le sommeil ce soir.
C’est quand j’entre dans la chambre que j’entends ce bruit plus ou moins familier, que je reconnais comme étant une sonnerie de téléphone. Ni la mienne, ni celle de Leiv. Et mon cœur se serre quand l’évidence me saute aux yeux. Ce téléphone c’est celui d’Enzo. Je pensais que William l’avait, je ne sais pas trop comment il a atterri dans mes affaires et c’est un vague sourire que j’esquisse quand je vois son fond d’écran après avoir attrapé le petit objet. Un sourire triste, douloureux.

Je décroche après quelques secondes d’hésitation, voyant le prénom de Caem apparaitre. Quelque part ça me rassure, c’est une personne de plus qui a réussi à sortir de Poudlard à temps.

« Allo ? »

La voix du jeune homme me parvient et le nœud dans ma gorge s’épaissi.

« Bonjour Caem, c’est Ismaelle. Je suis désolée, Enzo ne peut pas te parler pour le moment, il … »

Cette phrase, je n'ai pas été capable de la terminer.

#

Il fait nuit, en Norvège comme ailleurs. Au moins sur une certaine partie du globe. La maison est calme et silencieuse. Fenrir dort, lui aussi fatigué de la grosse journée qu’il a passé. Leiv est dans son bureau et j’ouvre la porte pour laisser entrer le jeune homme que j’ai invité chez nous. Sur la table du salon, une théière et des tasses. Je ne lui ai rien dit au téléphone, simplement proposé de venir à la maison pour que je lui explique. Portoloin, transplanage, je l’ai guidé en lui faisant promettre de ne jamais révélé l’emplacement de cet endroit – notre petit coin de paradis bordé par les Fjord Norvégien.

« Bonsoir Caem. Entre, je t’en prie. »

Je l’invite à s’assoir dans un fauteuil ou sur le canapé, comme il le souhaitera.

« Comment est-ce que tu te sens ? Tu as pu rentrer chez toi sans encombre ? »
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Lun 9 Avr 2018 - 10:38

Assis sur un lit, Caem sert Killian dans ses bras, en silence. Cela fait un moment qu’il n’y a plus de bruit entre eux. Il n’y a rien à dire, presque plus rien à exprimer. Ils sont tous les deux épuisés, aussi bien physiquement que moralement. Caem n’arrive pourtant pas à fermer les yeux, à dormir. Il s’accroche à sa petite-amie pour rester conscient, pour ne pas laisser les mêmes images l’envahir encore et encore. Ils sont sortis vivants de cet enfer, ensemble, mais tout le monde n’a pas eu cette chance. Ils ont réussi à rejoindre un Gardien qui menait un groupe vers l’extérieur. Ils auraient aimé en sauver plus, aider plus. Mais c’était au-dessus de leurs forces. Ils étaient trop forts et sauver leur peau était déjà un miracle. Alors ils se tiennent l’un contre l’autre, chez les Calgarry. Caem n’a pas bronché quand Killian a proposer qu’ils aillent chez elle. Il avait besoin d’un temps de calme et n’était pas encore prêt à affronter son petit frère et sa petite sœur. Il n’était prêt à rien de toute façon. En arrivant, il était resté plutôt silencieux, ne répondant que par des mots très courts. Il avait laissé le temps à Killian d’être avec sa sœur, sachant le lien fort qui les unissait. Puis, ils s’étaient retrouvés tous les deux. Et ils s’étaient serrés dans les bras l’un de l’autre sans parler. Parce qu’il n’y avait rien à dire. Ils avaient juste besoin d’un peu de calme, pour espérer panser leurs blessures. Juste un peu de temps, pour reprendre leur souffle.

Ils avaient fini par s’écrouler, happés par le sommeil, l’un contre l’autre. Ce fut un repos sans rêve, un sommeil profond, noir et sombre. Lorsqu’il se réveilla, Caem avait un goût amer dans la bouche. Il avait dormi longtemps pourtant, la matinée était déjà avancée. Il se leva alors lentement, tâchant de ne pas secouer trop Killian qui somnolait encore. Fouillant dans sa poche, il sortit alors son téléphone portable qu’il avait toujours sur lui, éteint. Il prit le temps de l’allumer. Un nombre hallucinant de messages l’attendaient. Dont certains de son père. Il le rappela alors aussitôt. Passé la colère, son père explosa en sanglots de l’autre côté du fil, lui expliquant qu’il s’était fait un sang d’encre, qu’il aurait dû le prévenir. Puis, il avait fini par s’apaiser, par demander des nouvelles de son fils. Caem resta évasif. Il rentrerait bientôt. Il avait juste besoin d’un peu de temps. Puis, il avait raccroché. Il s’était ensuite replongé dans ses messages. Il n’avait pas le courage de tous les lire et encore moins d’y répondre. Il remarqua cependant rapidement qu’il manquait un nom dans cette liste. Sans doute celui qu’il avait le plus envie de voir. Hormis Killian, il n’y avait qu’une personne qu’il envisageait d’approcher pour le moment.

En entendant la voix d’Ismaëlle au bout du fil, Caem avait senti sa gorge se serrer. Où était Enzo ? Peu d’informations hormis une invitation en Norvège pour plus d’explications. Caem n’avait pas hésité. Après avoir expliqué la situation à Killian et lui avoir promis qu’il reviendrait vite, Caem avait entrepris le voyage soigneusement expliqué par sa professeure. Tout le long, il se sentit angoissé, presque terrifié à l’idée de ce qu’il allait apprendre. Il avait appelé Enzo dans l’espoir de s’accrocher à lui, de pouvoir lâcher prise avec lui. Il l’avait appelé en se disant qu’il était de toute façon en sécurité chez lui, qu’il avait fait le bon choix en ne revenant pas à l’école à la rentrée. Et voilà que toutes ces certitudes étaient en train de s’effriter sans qu’il ne sache par quoi les remplacer.

La nuit s’était installée lorsque Caem toqua à la porte. Ismaëlle le saluant, l’invitant à rentrer ce qu’il fit, incapable pourtant de lui rendre son salut, les mots coincés dans sa gorge. Le jeune homme s’installe dans un fauteuil, balayant du regard la table sur laquelle se trouvaient des tasses et une théière. Ismaëlle le rejoignit rapidement, le questionnant sur son état. Caem se força alors à sortir de sa torpeur.

« J’étais avec Killian, chez elle. On a pu sortir entiers tous les deux. »

Caem esquissa ce qui aurait dû ressembler à un sourire mais qui avait plus l’apparence d’une grimace. Il n’avait pas encore la force de prétendre que tout allait bien, qu’il était plus fort que ça, qu’il savait quand et comment il allait s’en remettre. Pour l’instant, il avait l’impression d’être dans une nébuleuse, de ne plus trouver la lumière du jour. Mais ce n’était pas son histoire qui l’intéressait. Le ventre noué, il leva les yeux vers sa professeure, cherchant à trouver un indice sur son visage.

« Où est Enzo ? »

Parce qu’il n’y avait que cette question qui lui brûlait les lèvres depuis le début. Il l’avait lâché d’un ton plus abrupt qu’à l’accoutumée mais c’était parce que l’angoisse lui serrait le cœur. Il était épuisé, il avait cherché le réconfort de son ami et se retrouvait face à une porte qu’il n’était pas certain de vouloir ouvrir. Il avait posé la question, tourné la poignée et pourtant, il était terrorisé par ce qu’il risquait d’apprendre, de trouver derrière. Il n’y avait aucune raison pour que ce soit Ismaëlle qui ait son téléphone, pour qu’elle l’ait fait venir ici… Les idées fusaient dans l’esprit du jaune. Sa jambe se mit à bouger nerveusement, ses doigts se crispèrent. Même sa respiration se fit plus rapide. Il fallait qu’il sache, sinon il allait exploser.

« Dites-moi qu’il va bien… »

C’était un appel au secours, une supplique. Il fallait qu’Enzo aille bien…
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Lun 16 Avr 2018 - 18:29

« J’étais avec Killian, chez elle. On a pu sortir entiers tous les deux. »

Bien. J'étais là, jusqu'à ce que le dernier élève sorti soit ramené à bon port, mais certains n'ont pas attendus ou bien sont rentrés par leur propre moyen. Difficile de faire le compte. Bien trop facile pourtant de savoir qui est coincé à l'intérieur.
Mais son esprit est focalisé sur autre chose et comment lui en vouloir ? Les pensées qui naviguent dans sa tête sont les mêmes que les miennes, l'ignorance en plus.

« Où est Enzo ? »

La fatigue, l'angoisse, autant de tension qui transparait dans le son de cette voix, dans le regard et les traits du garçon. Et ma gorge qui se noue, violemment. La situation est extrêmement difficile mais impossible, in-envisageable de faire durer le suspens évidemment.

« Dites-moi qu’il va bien… »
« Je ne peux pas te dire ça Caem, je suis désolée. Je ne sais pas où il est. »

C'est direct, un peu abrupt, mais à quoi bon édulcorer la vérité, la réalité ? Non, je ne sais pas où il est ni même s'il est encore en vie à l'heure actuelle et cette simple pensée me serre brutalement le cœur. Oh je le sais qu'il n'est pas le seul dont j'ignore le sort mais sans dénigrer les autres, il ne s'agit pas du même lien. Je considère ce garçon comme … bien plus qu'un simple élève que j'ai eu pendant 3 ans dans ma classe alors oui, je tremble plus pour lui que pour les autres, aussi injuste cela peut-il être.
Mais je ne peux pas me permettre de craquer maintenant, simplement parce que Caem n'a pas toutes les cartes en main et que le jeune Lycan compte autant pour lui que pour moi. Il suffit de voir son regard, ses réactions. Il suffit de les avoir vu maintes et maintes fois tous les deux, dans les rires ou les mines graves. Le jeune Russe est un élément capitale, extrêmement important, dans la vie d'Enzo. Un meilleur ami, oui, mais ce lien prend une toute autre dimension quand on a traversé autant de choses ensemble et je sais que c'est leur cas. Que ça l'est encore aujourd'hui alors qu'ils ne peuvent pas être là l'un pour l'autre. Je ne connais pas bien Caem mais je connais Enzo presque parfaitement, je sais que ses amis lui apportent ce qu'il n'a pas pu trouver d'un point de vue familiale ces dernières années, qu'il le subisse ou le choisisse.

Alors je prends une profonde inspiration, ravale les larmes qui se font menaçantes, et continue de l'informer de la situation puisqu'il en ignore – je crois – même les prémices, le commencement.

« Peut-être que Derek t'en as parlé lorsque vous étiez à Poudlard mais au lendemain de la dernière pleine lune Enzo n'a pas retrouvé sa forme humaine. On ignore pourquoi, comment, mais il m'a fait promettre … pas verbalement bien sûr mais par le regard, les gestes, de ne pas te prévenir. Il ne voulait pas que ça influe sur tes choix ou que ça t'inquiète. »

Parce qu'on pensait avoir la situation en main, on pensait que ça serait temporaire ou que l'on trouverait une solution rapidement. Un sort, une potion, une herbe … Mais rien n'y a fait. La cause est plus ou moins certaines mais les questions persistent. Qui ? Pourquoi ? Le pannel de réponse est presque trop large finalement.

« On a du le rapatrier chez son Grand-Père pour des raisons de sécurité parce qu'il dispose d'infrastructure et d'une propriété adapté pour accueillir un … pour l'accueillir. Je ne vais pas te mentir, son état se dégradait au fil des jours. Le Tue-Loup n'agissait plus vraiment, il luttait beaucoup mais peu importe ce qui a déclenché ça, c'est très puissant et l'animal a commencé à prendre le contrôle dangereusement malgré tous ses efforts pour rester lucide. »

Et le voir luter de toutes ses forces contre lui-même a été une torture. Pour moi, pour sa grand-mère, pour William. Ça n'est pourtant rien à l'absence et le fait d'être complètement impuissant face à ce qu'il se passe puisque nous n'avons pas le moindre indice.

« Hier soir quand je suis allée là-bas pour prendre des nouvelles on m'a annoncé qu'il avait disparu. Il avait pris l'habitude de sortir la nuit, au petit matin il n'était pas rentré et aucune trace de lui dans la propriété pourtant supposée inviolable. »

Il a simplement … disparu. Par choix ? Si c'est le cas, celui de l'Animal ou de l'Homme ? En se sachant un danger pour les autres je sais qu'il aurait été capable de prendre cette décision. Avec un peu d'aide extérieure ? Intérieure ? Ça ne fait « que » 48h mais chacun sait à quel point elles sont primordiales ces premières heures, pourtant je me donnerais corps et âme à sa recherche jusqu'à ce que l'on sache. Peu importe la finalité.

C'est brutal et j'en ai conscience mais il n'existe pas de bonne façon d'annoncer ce genre de choses.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Mar 17 Avr 2018 - 10:07

La première réponse ne tarda pas à se faire entendre et ce fut un premier coup. Caem l’encaissa sans bouger, sans ciller alors que son souffle venait de se couper net. Elle ne savait pas où il était ? Mais pourtant, elle avait son téléphone et il était certain qu’il y avait quelque chose dans tout ça qu’il était le seul dans cette pièce à ignorer. Caem agrippe ses mains, joue avec ses doigts de manière plus brutale, plus forte qu’avant. Mais son regard lui, ne décolle pas du visage de sa professeure. Il attend la suite. Il veut savoir ce qui est réellement en train de se passer. Il voit bien la peine sur le visage d’Ismaelle et il ne peut nier que cela le touche. Pourtant, il n’arrive pas à rendre son regard moins sévère. Celui qu’il porte sur elle est profond, n’acceptant aucune fuite. Il devrait pourtant être compréhensif, la laisser respirer, avoir conscience que c’était sans doute aussi difficile pour elle. Mais pas cette fois. Non cette fois Caem n’arrivait pas à faire passer les moindres émotions avant les siennes. Parce qu’elles étaient trop fortes, trop puissantes, étreignant sa gorge comme s’il ne pouvait plus parler.

Ismaelle prit une profonde inspiration. Et les mots coulèrent de nouveau. Alors qu’elle évoquait Derek et le fait qu’il aurait pu l’informer de la situation, Caem aurait presque eut envie de rire. Mais il n’en eut pas la force. Il aurait été surprenant que le frère Ryans daigne lui livrer la moindre information. Peut-être était-ce son aigreur qui parlait en cet instant. Mais le sujet Derek ne l’intéressa pas bien longtemps. Parce que la suite lui bloqua toute capacité de réflexion. La suite l’accrocha à son siège, comme si une chape de plomb venait soudainement de lui tomber sur la tête.

Il ne voulait pas qu’il s’inquiète ?

Caem fut incapable de poser cette question à voix haute mais elle résonna dans son esprit encore et encore. C’était absurde et injuste. Et il était en colère, oui en colère qu’on l’ait jugé pas assez fort, pas capable d’accepter les choses. Pas capable d’apporter du soutien à Enzo… Enzo qui s’était lentement sentit happé par le loup en lui. Plus Ismaelle lui apportait de détails sur la situation plus Caem avait l’impression de nager en plein délire. L’attaque et maintenant ça ? Ce ne pouvait être qu’une mauvaise plaisanterie. Le destin ne pouvait pas s’acharner avec autant de rage. Pourtant si… Parce qu’Enzo avait disparu en une nuit, sans explication et qu’il était désormais coincé sous sa forme animale en pleine nature…

Le silence s’installa lentement entre Ismaelle et Caem. Ce dernier fixait désormais le sol, droit devant lui. Il n’avait toujours pas bougé de son fauteuil. Pour quoi faire en même temps ? Sa jambe avait cessé de bouger tout comme ses doigts. Il était immobile alors qu’en lui s’exerçait un combat violent entre ses différentes émotions. Il ne s’était pas senti si proche de la faille depuis des mois. Il avait repris le contrôle, dompté ses souffrances et avancé. Mais alors qu’il était venu chercher un soutien essentiel, on lui avait porté un nouveau coup. Violent, sec.

Un soupir profond s’échappa des lèvres de Caem alors qu’il attrapait sa tête entre ses mains. Les yeux clos, il cherchait quelque chose en lui pour l’apaiser. Quelque chose pour faire taire cette violence soudaine qui semblait tout ravager en lui. Ses doigts se crispèrent quelques instants sur son crâne. Il avait des flashs. De l’attaque. Des moments passés avec Enzo. De ceux qui n’étaient pas sortis de l’école. Caem finit par se lever du fauteuil et à marcher de long en large dans le salon d’Ismaelle. Il faisait de son mieux pour garder le contrôle, pour ne pas exploser. Pour rester lui.

« Je veux participer aux recherches. »

Caem s’était finalement immobilisé, cessant ses aller-retours. Sa voix avait résonné dans le salon, plus rauque, plus sombre aussi qu’à l’habitude. Il y eut un temps d’arrêt, un moment entre sa prise de parole et son regard qui se posa enfin sur Ismaelle. Légèrement tourné vers elle, son visage était dur. Il n’y avait plus de traces d’enthousiasme, de sourire, d’espoir. On y voyait les traits du jeune homme perdu, secoué d’un lieu à l’autre, à la recherche constante de ses repères.

« Il ne souhaitait peut-être pas m’inquiéter mais c’est trop tard maintenant. Et on ne peut pas rester là à attendre qu’il ressurgisse au petit bonheur la chance. »

Non, Caem n’attendrait pas. Il était pourtant doué dans ce domaine, il savait tempérer, calmer le jeu et faire comprendre aux autres que parfois, attendre n’était pas une mauvaise chose. Mais pas là. Enzo était en danger. Le monde extérieur était dangereux pour un Loup-Garou mais il était aussi un danger pour lui-même. Il fallait le retrouver au plus vite, il fallait tout mettre en œuvre pour qu’il ne passe pas une seule heure de plus à l’extérieur. Et Caem était prêt à partir dès maintenant aussi absurde que cela puisse être. Debout, non loin de la porte, il guettait la réaction d’Ismaelle.

« Je ne partirai pas d’ici tant qu’on ne m’aura pas impliqué dans un protocole de recherche. Qu’on le monte de toute pièces ou qu’il soit déjà prévu peu importe. »

La main tremblante de Caem était alors venue appuyer ses propos. Un simple doigt pointé vers le sol, se voulant ferme et insistant, voulant montrer sa détermination. Mais sa main tremblait irrémédiablement, sous l’effet des nerfs, sous l’effets de la fatigue et de l’angoisse.
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