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 Misery loves company ▬ Caem

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MessageSujet: Misery loves company ▬ Caem   Mer 4 Avr 2018 - 13:17

Mardi 8 Septembre 2015 – Dans la soirée
Misery loves company



Ismaelle & Caem

« Comment ça disparu ? »

Je n’ai pas dormi, passé la fin de journée d’hier et la nuit entière à m’occuper – avec d’autres bien sûr – de ceux qui ont pu sortir. Les abandonner en plein milieu de la forêt et simplement rentrer chez moi ? Impossible. Et puis j’ai reçu ce message alors qu’en fin de matinée j’allais finalement rejoindre un Portoloin, les sens aux aguets, pour retrouver ma maison et l’étreinte rassurante, nécessaire, de l’homme que j’aime. Aucune trace du loup ce matin quand le jour s’est levé : Ni dans la maison, ni dans le parc, ni dans le bois qui le borde. Aucune trace du garçon sous sa forme humaine non plus.

« Il est introuvable. Les hommes ont cherché partout dans la propriété toute la matinée et aucune trace de lui. »
« Vous êtes entrain de me dire qu’il s’est volatilisé ? »

Autant dire que j’ai les nerfs en pelote, prêt à lâcher, alors que je me tiens face à Peter Avery-Baker a qui je viens d’apprendre par la même occasion que son autre petit fils est désormais retenu à nouveau entre les murs de Poudlard – sans aucune certitude quant à sa survie. Je devrais être compatissante, garder mon calme, rester diplomate et proactive, positive … je n’y arrive plus.

« Vous foutez de moi j’espère ? »
« Mademoiselle Stoneheaven … »
« Vous m’aviez assuré que les protections de cet endroit était infranchissables, que quelqu’un veillerait sur lui à chaque moment. »

Bras tendus le long du corps, poings et mâchoires serrés, peut-être que je cède à la panique pour rien et qu’il est simplement tapi quelque part, entrain de jouer à cache-cache, mais instinctivement je le sens, je sais qu’il ne s’agit pas de ça.

Et le fauve en cage, ici, c’est moi désormais.

« Qu’est ce que je dis à Olivia, hum ? Qu’elle a perdu deux de ses petits-enfants en même temps, encore une fois ? »
« Ismaelle, calmez-vous s’il vous plait. Nous … »
« Non je ne me calmerais pas ! Il était censé être en sécurité ici, merde ! »

Le fauve explose, sort de son immobilité, laisse la glace se briser pour affleurer le magma en fusion conçu d’angoisse, de colère et de douleur. Point positif : Il empêche les larmes de couler.

« J’espère au moins que vous avez poussé les recherches un peu plus loin ? »

S’il a réussi à sortir, Merlin sait à quelle distance il peut se trouver à présent. Un loup peut parcourir des dizaines de kilomètres en une nuit, je vous laisse imaginer ce qu’il en est pour un Loup-Garou. Et dans quel état ? Sans parler du fait qu’il représente un danger pour les autres. Et si on l’avait aidé à sortir ? Si quelqu’un l’a enlevé ?

« Retrouvez cet enfant. »

Incisif, ferme et sans appel.

« Et Derek, vous n’avez donc pas réussi à le faire sortir ? »

L’immobilité revient et la glace recouvre le magma alors que mon regard se pose sur un homme présent ici que j’exècre : L’oncle des garçons, le mari d’Amelya. Travis Lloyd-Beckett. Son regard suffisant me donne envie de lui arracher les yeux mais c’est une lame chauffée à blanc qu’il vient de m’enfoncer dans le cœur.

« Ecoutez-moi bien vous. »

Sans ciller une seconde, sans la moindre trace de peur, je viens me planter devant lui.

« J’ai encore l’odeur du sang et de la peur collé à la peau, les hurlements et les pleures de tous ces enfants que je n’ai pas réussi à faire sortir de là-bas qui résonnent dans ma tête alors ne me cherchez pas. Et ne me faites pas croire que vous en avez quoi que ce soit à faire de Derek. »

Autour de nous personne ne semble bouger, j’ai personnellement oublié leur existence au profit de ce sale type qui ne mérite qu’une chose, se prendre mon poing en pleine figure. Mais je ne lui donnerais pas cette satisfaction.

« Je sais pertinemment que vous méprisez ce gosse depuis le départ alors croyez-moi, et ce malgré tout le respect que j’ai pour votre femme et votre beau-père, si j’apprends que vous êtes mêlé de près ou de loin à ce qu’il se passe vous aurez affaire à moi. »

Je ne parle plus de Derek mais bien d’Enzo, je sais qu’il l’a parfaitement compris. J’ai eu vent de certaines choses, ça ne m’étonnerait donc pas qu’il ait quelque chose à voir là-dedans et je ne compte pas le lâcher comme ça.

« Ce sont des menaces ? Sous mon propre toit ? »
« Explicitement. »

Ce duel de regard fini par être interrompu au bout de quelques secondes, aucun de nous deux n’a baissé les yeux.

« Je vais rentrer chercher mon chien et revenir pour voir s’il ne peut pas aider à trouver une piste. En attendant, rendez-vous utile. »

Sans attendre une seconde de plus je tourne les talons et transplane jusqu’à la maison. Ma maison. Que je n’ai pas vu depuis trop longtemps.

#

Rien. Aucune trace ou presque. Fenrir a trouvé quelque chose mais le sentiment a fini par disparaitre pour ses sens au bout de quelques kilomètres et c’est bredouille, épuisée, à bout de force, que je rentre encore une fois à la maison. Avec le poids sur les épaules de tout ce qui a pu se passer ces dernières … ces derniers jours en réalité.
Seulement si je m’écroule maintenant je ne suis pas certaine d’être capable de me relever mais m’épuiser à la tâche n’aidera en rien alors je capitule. Au moins pour ce soir. Un repas chaud, les mots tendres et les bras de Leiv, une douche brulante et malheureusement des images, des flash pleins la tête. Je ne suis pas certaine de réussir à trouver le sommeil ce soir.
C’est quand j’entre dans la chambre que j’entends ce bruit plus ou moins familier, que je reconnais comme étant une sonnerie de téléphone. Ni la mienne, ni celle de Leiv. Et mon cœur se serre quand l’évidence me saute aux yeux. Ce téléphone c’est celui d’Enzo. Je pensais que William l’avait, je ne sais pas trop comment il a atterri dans mes affaires et c’est un vague sourire que j’esquisse quand je vois son fond d’écran après avoir attrapé le petit objet. Un sourire triste, douloureux.

Je décroche après quelques secondes d’hésitation, voyant le prénom de Caem apparaitre. Quelque part ça me rassure, c’est une personne de plus qui a réussi à sortir de Poudlard à temps.

« Allo ? »

La voix du jeune homme me parvient et le nœud dans ma gorge s’épaissi.

« Bonjour Caem, c’est Ismaelle. Je suis désolée, Enzo ne peut pas te parler pour le moment, il … »

Cette phrase, je n'ai pas été capable de la terminer.

#

Il fait nuit, en Norvège comme ailleurs. Au moins sur une certaine partie du globe. La maison est calme et silencieuse. Fenrir dort, lui aussi fatigué de la grosse journée qu’il a passé. Leiv est dans son bureau et j’ouvre la porte pour laisser entrer le jeune homme que j’ai invité chez nous. Sur la table du salon, une théière et des tasses. Je ne lui ai rien dit au téléphone, simplement proposé de venir à la maison pour que je lui explique. Portoloin, transplanage, je l’ai guidé en lui faisant promettre de ne jamais révélé l’emplacement de cet endroit – notre petit coin de paradis bordé par les Fjord Norvégien.

« Bonsoir Caem. Entre, je t’en prie. »

Je l’invite à s’assoir dans un fauteuil ou sur le canapé, comme il le souhaitera.

« Comment est-ce que tu te sens ? Tu as pu rentrer chez toi sans encombre ? »
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Lun 9 Avr 2018 - 10:38

Assis sur un lit, Caem sert Killian dans ses bras, en silence. Cela fait un moment qu’il n’y a plus de bruit entre eux. Il n’y a rien à dire, presque plus rien à exprimer. Ils sont tous les deux épuisés, aussi bien physiquement que moralement. Caem n’arrive pourtant pas à fermer les yeux, à dormir. Il s’accroche à sa petite-amie pour rester conscient, pour ne pas laisser les mêmes images l’envahir encore et encore. Ils sont sortis vivants de cet enfer, ensemble, mais tout le monde n’a pas eu cette chance. Ils ont réussi à rejoindre un Gardien qui menait un groupe vers l’extérieur. Ils auraient aimé en sauver plus, aider plus. Mais c’était au-dessus de leurs forces. Ils étaient trop forts et sauver leur peau était déjà un miracle. Alors ils se tiennent l’un contre l’autre, chez les Calgarry. Caem n’a pas bronché quand Killian a proposer qu’ils aillent chez elle. Il avait besoin d’un temps de calme et n’était pas encore prêt à affronter son petit frère et sa petite sœur. Il n’était prêt à rien de toute façon. En arrivant, il était resté plutôt silencieux, ne répondant que par des mots très courts. Il avait laissé le temps à Killian d’être avec sa sœur, sachant le lien fort qui les unissait. Puis, ils s’étaient retrouvés tous les deux. Et ils s’étaient serrés dans les bras l’un de l’autre sans parler. Parce qu’il n’y avait rien à dire. Ils avaient juste besoin d’un peu de calme, pour espérer panser leurs blessures. Juste un peu de temps, pour reprendre leur souffle.

Ils avaient fini par s’écrouler, happés par le sommeil, l’un contre l’autre. Ce fut un repos sans rêve, un sommeil profond, noir et sombre. Lorsqu’il se réveilla, Caem avait un goût amer dans la bouche. Il avait dormi longtemps pourtant, la matinée était déjà avancée. Il se leva alors lentement, tâchant de ne pas secouer trop Killian qui somnolait encore. Fouillant dans sa poche, il sortit alors son téléphone portable qu’il avait toujours sur lui, éteint. Il prit le temps de l’allumer. Un nombre hallucinant de messages l’attendaient. Dont certains de son père. Il le rappela alors aussitôt. Passé la colère, son père explosa en sanglots de l’autre côté du fil, lui expliquant qu’il s’était fait un sang d’encre, qu’il aurait dû le prévenir. Puis, il avait fini par s’apaiser, par demander des nouvelles de son fils. Caem resta évasif. Il rentrerait bientôt. Il avait juste besoin d’un peu de temps. Puis, il avait raccroché. Il s’était ensuite replongé dans ses messages. Il n’avait pas le courage de tous les lire et encore moins d’y répondre. Il remarqua cependant rapidement qu’il manquait un nom dans cette liste. Sans doute celui qu’il avait le plus envie de voir. Hormis Killian, il n’y avait qu’une personne qu’il envisageait d’approcher pour le moment.

En entendant la voix d’Ismaëlle au bout du fil, Caem avait senti sa gorge se serrer. Où était Enzo ? Peu d’informations hormis une invitation en Norvège pour plus d’explications. Caem n’avait pas hésité. Après avoir expliqué la situation à Killian et lui avoir promis qu’il reviendrait vite, Caem avait entrepris le voyage soigneusement expliqué par sa professeure. Tout le long, il se sentit angoissé, presque terrifié à l’idée de ce qu’il allait apprendre. Il avait appelé Enzo dans l’espoir de s’accrocher à lui, de pouvoir lâcher prise avec lui. Il l’avait appelé en se disant qu’il était de toute façon en sécurité chez lui, qu’il avait fait le bon choix en ne revenant pas à l’école à la rentrée. Et voilà que toutes ces certitudes étaient en train de s’effriter sans qu’il ne sache par quoi les remplacer.

La nuit s’était installée lorsque Caem toqua à la porte. Ismaëlle le saluant, l’invitant à rentrer ce qu’il fit, incapable pourtant de lui rendre son salut, les mots coincés dans sa gorge. Le jeune homme s’installe dans un fauteuil, balayant du regard la table sur laquelle se trouvaient des tasses et une théière. Ismaëlle le rejoignit rapidement, le questionnant sur son état. Caem se força alors à sortir de sa torpeur.

« J’étais avec Killian, chez elle. On a pu sortir entiers tous les deux. »

Caem esquissa ce qui aurait dû ressembler à un sourire mais qui avait plus l’apparence d’une grimace. Il n’avait pas encore la force de prétendre que tout allait bien, qu’il était plus fort que ça, qu’il savait quand et comment il allait s’en remettre. Pour l’instant, il avait l’impression d’être dans une nébuleuse, de ne plus trouver la lumière du jour. Mais ce n’était pas son histoire qui l’intéressait. Le ventre noué, il leva les yeux vers sa professeure, cherchant à trouver un indice sur son visage.

« Où est Enzo ? »

Parce qu’il n’y avait que cette question qui lui brûlait les lèvres depuis le début. Il l’avait lâché d’un ton plus abrupt qu’à l’accoutumée mais c’était parce que l’angoisse lui serrait le cœur. Il était épuisé, il avait cherché le réconfort de son ami et se retrouvait face à une porte qu’il n’était pas certain de vouloir ouvrir. Il avait posé la question, tourné la poignée et pourtant, il était terrorisé par ce qu’il risquait d’apprendre, de trouver derrière. Il n’y avait aucune raison pour que ce soit Ismaëlle qui ait son téléphone, pour qu’elle l’ait fait venir ici… Les idées fusaient dans l’esprit du jaune. Sa jambe se mit à bouger nerveusement, ses doigts se crispèrent. Même sa respiration se fit plus rapide. Il fallait qu’il sache, sinon il allait exploser.

« Dites-moi qu’il va bien… »

C’était un appel au secours, une supplique. Il fallait qu’Enzo aille bien…
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Lun 16 Avr 2018 - 18:29

« J’étais avec Killian, chez elle. On a pu sortir entiers tous les deux. »

Bien. J'étais là, jusqu'à ce que le dernier élève sorti soit ramené à bon port, mais certains n'ont pas attendus ou bien sont rentrés par leur propre moyen. Difficile de faire le compte. Bien trop facile pourtant de savoir qui est coincé à l'intérieur.
Mais son esprit est focalisé sur autre chose et comment lui en vouloir ? Les pensées qui naviguent dans sa tête sont les mêmes que les miennes, l'ignorance en plus.

« Où est Enzo ? »

La fatigue, l'angoisse, autant de tension qui transparait dans le son de cette voix, dans le regard et les traits du garçon. Et ma gorge qui se noue, violemment. La situation est extrêmement difficile mais impossible, in-envisageable de faire durer le suspens évidemment.

« Dites-moi qu’il va bien… »
« Je ne peux pas te dire ça Caem, je suis désolée. Je ne sais pas où il est. »

C'est direct, un peu abrupt, mais à quoi bon édulcorer la vérité, la réalité ? Non, je ne sais pas où il est ni même s'il est encore en vie à l'heure actuelle et cette simple pensée me serre brutalement le cœur. Oh je le sais qu'il n'est pas le seul dont j'ignore le sort mais sans dénigrer les autres, il ne s'agit pas du même lien. Je considère ce garçon comme … bien plus qu'un simple élève que j'ai eu pendant 3 ans dans ma classe alors oui, je tremble plus pour lui que pour les autres, aussi injuste cela peut-il être.
Mais je ne peux pas me permettre de craquer maintenant, simplement parce que Caem n'a pas toutes les cartes en main et que le jeune Lycan compte autant pour lui que pour moi. Il suffit de voir son regard, ses réactions. Il suffit de les avoir vu maintes et maintes fois tous les deux, dans les rires ou les mines graves. Le jeune Russe est un élément capitale, extrêmement important, dans la vie d'Enzo. Un meilleur ami, oui, mais ce lien prend une toute autre dimension quand on a traversé autant de choses ensemble et je sais que c'est leur cas. Que ça l'est encore aujourd'hui alors qu'ils ne peuvent pas être là l'un pour l'autre. Je ne connais pas bien Caem mais je connais Enzo presque parfaitement, je sais que ses amis lui apportent ce qu'il n'a pas pu trouver d'un point de vue familiale ces dernières années, qu'il le subisse ou le choisisse.

Alors je prends une profonde inspiration, ravale les larmes qui se font menaçantes, et continue de l'informer de la situation puisqu'il en ignore – je crois – même les prémices, le commencement.

« Peut-être que Derek t'en as parlé lorsque vous étiez à Poudlard mais au lendemain de la dernière pleine lune Enzo n'a pas retrouvé sa forme humaine. On ignore pourquoi, comment, mais il m'a fait promettre … pas verbalement bien sûr mais par le regard, les gestes, de ne pas te prévenir. Il ne voulait pas que ça influe sur tes choix ou que ça t'inquiète. »

Parce qu'on pensait avoir la situation en main, on pensait que ça serait temporaire ou que l'on trouverait une solution rapidement. Un sort, une potion, une herbe … Mais rien n'y a fait. La cause est plus ou moins certaines mais les questions persistent. Qui ? Pourquoi ? Le pannel de réponse est presque trop large finalement.

« On a du le rapatrier chez son Grand-Père pour des raisons de sécurité parce qu'il dispose d'infrastructure et d'une propriété adapté pour accueillir un … pour l'accueillir. Je ne vais pas te mentir, son état se dégradait au fil des jours. Le Tue-Loup n'agissait plus vraiment, il luttait beaucoup mais peu importe ce qui a déclenché ça, c'est très puissant et l'animal a commencé à prendre le contrôle dangereusement malgré tous ses efforts pour rester lucide. »

Et le voir luter de toutes ses forces contre lui-même a été une torture. Pour moi, pour sa grand-mère, pour William. Ça n'est pourtant rien à l'absence et le fait d'être complètement impuissant face à ce qu'il se passe puisque nous n'avons pas le moindre indice.

« Hier soir quand je suis allée là-bas pour prendre des nouvelles on m'a annoncé qu'il avait disparu. Il avait pris l'habitude de sortir la nuit, au petit matin il n'était pas rentré et aucune trace de lui dans la propriété pourtant supposée inviolable. »

Il a simplement … disparu. Par choix ? Si c'est le cas, celui de l'Animal ou de l'Homme ? En se sachant un danger pour les autres je sais qu'il aurait été capable de prendre cette décision. Avec un peu d'aide extérieure ? Intérieure ? Ça ne fait « que » 48h mais chacun sait à quel point elles sont primordiales ces premières heures, pourtant je me donnerais corps et âme à sa recherche jusqu'à ce que l'on sache. Peu importe la finalité.

C'est brutal et j'en ai conscience mais il n'existe pas de bonne façon d'annoncer ce genre de choses.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Mar 17 Avr 2018 - 10:07

La première réponse ne tarda pas à se faire entendre et ce fut un premier coup. Caem l’encaissa sans bouger, sans ciller alors que son souffle venait de se couper net. Elle ne savait pas où il était ? Mais pourtant, elle avait son téléphone et il était certain qu’il y avait quelque chose dans tout ça qu’il était le seul dans cette pièce à ignorer. Caem agrippe ses mains, joue avec ses doigts de manière plus brutale, plus forte qu’avant. Mais son regard lui, ne décolle pas du visage de sa professeure. Il attend la suite. Il veut savoir ce qui est réellement en train de se passer. Il voit bien la peine sur le visage d’Ismaelle et il ne peut nier que cela le touche. Pourtant, il n’arrive pas à rendre son regard moins sévère. Celui qu’il porte sur elle est profond, n’acceptant aucune fuite. Il devrait pourtant être compréhensif, la laisser respirer, avoir conscience que c’était sans doute aussi difficile pour elle. Mais pas cette fois. Non cette fois Caem n’arrivait pas à faire passer les moindres émotions avant les siennes. Parce qu’elles étaient trop fortes, trop puissantes, étreignant sa gorge comme s’il ne pouvait plus parler.

Ismaelle prit une profonde inspiration. Et les mots coulèrent de nouveau. Alors qu’elle évoquait Derek et le fait qu’il aurait pu l’informer de la situation, Caem aurait presque eut envie de rire. Mais il n’en eut pas la force. Il aurait été surprenant que le frère Ryans daigne lui livrer la moindre information. Peut-être était-ce son aigreur qui parlait en cet instant. Mais le sujet Derek ne l’intéressa pas bien longtemps. Parce que la suite lui bloqua toute capacité de réflexion. La suite l’accrocha à son siège, comme si une chape de plomb venait soudainement de lui tomber sur la tête.

Il ne voulait pas qu’il s’inquiète ?

Caem fut incapable de poser cette question à voix haute mais elle résonna dans son esprit encore et encore. C’était absurde et injuste. Et il était en colère, oui en colère qu’on l’ait jugé pas assez fort, pas capable d’accepter les choses. Pas capable d’apporter du soutien à Enzo… Enzo qui s’était lentement sentit happé par le loup en lui. Plus Ismaelle lui apportait de détails sur la situation plus Caem avait l’impression de nager en plein délire. L’attaque et maintenant ça ? Ce ne pouvait être qu’une mauvaise plaisanterie. Le destin ne pouvait pas s’acharner avec autant de rage. Pourtant si… Parce qu’Enzo avait disparu en une nuit, sans explication et qu’il était désormais coincé sous sa forme animale en pleine nature…

Le silence s’installa lentement entre Ismaelle et Caem. Ce dernier fixait désormais le sol, droit devant lui. Il n’avait toujours pas bougé de son fauteuil. Pour quoi faire en même temps ? Sa jambe avait cessé de bouger tout comme ses doigts. Il était immobile alors qu’en lui s’exerçait un combat violent entre ses différentes émotions. Il ne s’était pas senti si proche de la faille depuis des mois. Il avait repris le contrôle, dompté ses souffrances et avancé. Mais alors qu’il était venu chercher un soutien essentiel, on lui avait porté un nouveau coup. Violent, sec.

Un soupir profond s’échappa des lèvres de Caem alors qu’il attrapait sa tête entre ses mains. Les yeux clos, il cherchait quelque chose en lui pour l’apaiser. Quelque chose pour faire taire cette violence soudaine qui semblait tout ravager en lui. Ses doigts se crispèrent quelques instants sur son crâne. Il avait des flashs. De l’attaque. Des moments passés avec Enzo. De ceux qui n’étaient pas sortis de l’école. Caem finit par se lever du fauteuil et à marcher de long en large dans le salon d’Ismaelle. Il faisait de son mieux pour garder le contrôle, pour ne pas exploser. Pour rester lui.

« Je veux participer aux recherches. »

Caem s’était finalement immobilisé, cessant ses aller-retours. Sa voix avait résonné dans le salon, plus rauque, plus sombre aussi qu’à l’habitude. Il y eut un temps d’arrêt, un moment entre sa prise de parole et son regard qui se posa enfin sur Ismaelle. Légèrement tourné vers elle, son visage était dur. Il n’y avait plus de traces d’enthousiasme, de sourire, d’espoir. On y voyait les traits du jeune homme perdu, secoué d’un lieu à l’autre, à la recherche constante de ses repères.

« Il ne souhaitait peut-être pas m’inquiéter mais c’est trop tard maintenant. Et on ne peut pas rester là à attendre qu’il ressurgisse au petit bonheur la chance. »

Non, Caem n’attendrait pas. Il était pourtant doué dans ce domaine, il savait tempérer, calmer le jeu et faire comprendre aux autres que parfois, attendre n’était pas une mauvaise chose. Mais pas là. Enzo était en danger. Le monde extérieur était dangereux pour un Loup-Garou mais il était aussi un danger pour lui-même. Il fallait le retrouver au plus vite, il fallait tout mettre en œuvre pour qu’il ne passe pas une seule heure de plus à l’extérieur. Et Caem était prêt à partir dès maintenant aussi absurde que cela puisse être. Debout, non loin de la porte, il guettait la réaction d’Ismaelle.

« Je ne partirai pas d’ici tant qu’on ne m’aura pas impliqué dans un protocole de recherche. Qu’on le monte de toute pièces ou qu’il soit déjà prévu peu importe. »

La main tremblante de Caem était alors venue appuyer ses propos. Un simple doigt pointé vers le sol, se voulant ferme et insistant, voulant montrer sa détermination. Mais sa main tremblait irrémédiablement, sous l’effet des nerfs, sous l’effets de la fatigue et de l’angoisse.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Ven 4 Mai 2018 - 13:17

Il règne dans cette maison un silence de plomb qui la rend presque sinistre et pourtant, elle n’est qu’havre de paix. Leiv et moi y avons emménagé il y a de ça presque deux mois maintenant et malgré les semaines passées sur les routes d’Espagne et d’Europe entre temps je m’y sens déjà comme si j’y vivais depuis des années. Mon premier chez moi. Notre premier chez nous. Adrian est là souvent, il adore cet endroit tout autant que nous. Fenrir s’y plait beaucoup … et son fils l’adorera tout autant. Pour l’instant le chiot est encore chez Vicky et Ben mais je pense qu’un peu de vie dans cet endroit prochainement ne fera pas de mal.
Ça n’est pas le sujet mais ça me permet de reprendre un peu mon souffle et de laisser à Caem le temps d’encaisser les nouvelles. Il ne s’attendait pas à ça, je devine que c’est violent pour lui alors que pour nous les faits ont été plus ou moins progressifs. Pour autant j’étais plus ou moins dans le même état que lui hier lorsque j’ai appris que le jeune Australien avait tout simplement disparu.

Il se lève, je le regarde évoluer dans la pièce les épaules nouées par la tension, l’angoisse, la colère aussi je pense.

« Je veux participer aux recherches. »

Je ne peux pas prétendre connaitre ce garçon, pourtant je sais que je n’ai jamais entendu sa voix résonner de cette manière. Les traits de son visage sont tirés, très durs, ce sont des choses que l’on n’a pas l’habitude de voir chez lui et ça me ramène à tout ce que ces enfants vivent depuis trop longtemps, enchainant coup dur sur coup dur, traumatisme sur traumatisme. Ceux qu’on a laissé dernière nous à Poudlard ne sortent pas de mon esprit.

« Il ne souhaitait peut-être pas m’inquiéter mais c’est trop tard maintenant. Et on ne peut pas rester là à attendre qu’il ressurgisse au petit bonheur la chance. »

Je sais qu’il ne le fait pas dans ce but là mais ses mots, son attitude, me heurtent. J’y vois une certaine forme de reproche et ça me fait très mal mais je garde la face, épuisée, clairement dans une phase où la motivation générée par les émotions fortes et impulsives est au plus bas.

« Je ne partirai pas d’ici tant qu’on ne m’aura pas impliqué dans un protocole de recherche. Qu’on le monte de toute pièces ou qu’il soit déjà prévu peu importe. »

Ferme, aussi bien par les mots que par le langage corporel, la main tremblante et représentante de tout ce qu’il ressent, je me sens presque toute petite face à lui. Et puis je me ressaisie, retrouve mon pragmatisme et chasse mes propres émotions l’espace d’un instant pour en venir à nouveau aux faits. Désormais debout je me dirige vers la table de la salle à manger en lui faisant signe de me suivre et y déroule une carte sur laquelle je laisse glisser mon index pour tracer le chemin que l’on a pu suivre Fenrir et moi, entre autres.

« Il s'est enfuit vers le Nord, sa piste ne semble pas être déterminée d'avance mais c'est comme s'il courrait droit devant lui. Il pourrait se trouver à une centaine de kilomètres à présent et ce dans une étendue magique qui fait des milliers d'hectares. On a retrouvé les cadavres encore chaud d'une harde de daims auxquels il n'a presque pas touché ce qui laisse présager de qui à le contrôle sur qui actuellement. »

A l’extérieur rien ne transparait, à l’intérieur c’est le cataclysme. Il a lutté autant de temps qu’il a pu mais aujourd’hui, je crois que l’humain a entièrement laissé sa place à l’animal. Enzo n’aurait jamais fait une chose pareille, je le sais, tout ceux qui le connaissent le savent. Aussi horrible que cela puisse paraitre, si ça avait été des hommes j’aurais pu me poser la question, mais des animaux ? Non. Il les aime trop, les respecte trop pour se prêter à une telle boucherie gratuite. La forêt de Sherwood n’est pas si énorme pour les Moldus, s’il avait suivi le chemin non magique il serait à présent peut-être en Écosse. Puisqu’il évolue dans une étendue qui n’a pas plus de limite que le lac noir ou la forêt interdite, comment savoir où il peut se trouver ?

« Le point positif c’est qu’il n’y a quasiment pas d’habitations dans ce secteur. »

Autant dire les choses comme elles sont. Si la bête est au commande il va chercher en priorité de la chair humaine. Si cela se produit, je ne suis pas certaine qu’on parviendra à le ramener. Je sais qu’il a su encaisser certaines choses avec le temps, faire la paix avec lui-même, mais si ça se reproduit …

« J'ai cherché une bonne partie de la journée mais comme je te l'ai dit Fenrir a fini par perdre sa trace. Si tu veux, tu peux rester là cette nuit et on y retournera aux premières heures demain matin. Leiv nous sera d'une grande aide puisqu'il est Animagus, Leonberg, et j'ai contacté Jakob Hammerschmitt pour solliciter son aide également. Le Grand-Père de Derek et Enzo a des hommes à disposition mais je ne leur fais pas confiance à 100% puisqu'il y a de forte chance pour que ce soit l'un d'entre eux qui ait créé une brèche dans la barrière magique. Volontairement ou non. »

Encore une fois, claire, nette et précise. Factuelle. Pragmatique. Ça ne sert à rien de prendre des pincettes ni d’édulcorer la situation, Caem n'est pas un enfant. Essayer de le préserver ne rimerait à rien en l'état. Et le secret de Leiv, je sais que je peux le luidévoiler sans problème. Il ne m’en voudra pas.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Dim 6 Mai 2018 - 16:52

S’il avait pu se voir en cet instant, Caem ne se serait sans doute pas reconnu. Ismaelle était une femme à la fois forte et douce pour qui il avait énormément de respect. Elle avait tout fait pour les élèves de l’école et il savait que c’était d’autant plus vrai avec Enzo. Il n’avait aucune raison de mettre en doute le fait qu’elle ait fait tout son possible pour retrouver son ami et l’aider. Mais l’idée qu’il soit en pleine nature, en prise avec le loup le rendait dingue. Le fait qu’on l’ait tenu à l’écart, que tout s’enchaîne aussi vite, de manière implacablement dramatique… C’en était trop pour lui. Il avait su porter sur ses épaules des poids bien différents, apprendre à gérer ses émotions et celles des autres et à réellement venir en aide aux autres sans se laisser bouffer par leurs peines. Mais là c’était différent. Tout lui glissait entre les mains. En fait, rien n’avait été dans ses mains, à aucun moment. Alors face à Ismaelle qui était au cœur des choses, il avait monté le ton, peut-être plus contre lui-même. Parce qu’il n’avait rien vu, qu’il n’était que spectateur d’une situation qui n’aurait jamais dû se produire.

Heureusement, Ismaelle resta parfaitement calme, du moins en apparence et parvint à passer outre l’attitude à la limite de Caem. Elle se dirigea vers la table et l’invita à la suivre. Sans un mot, le russe lui emboita le pas et son regard se fixa immédiatement sur la carte qu’elle venait de dérouler. Son aînée commença alors à lui montrer le périmètre, lui expliquant où semblait aller Enzo et quels indices ils avaient pour aider à le situer. Alors qu’elle évoquait les daims retrouvés morts, Caem serra les dents. Ce n’était pas bon signe. Un meurtre pur et non pour se nourrir ? Ce ne ressemblait en aucun cas à Enzo. Ismaelle anticipa ses craintes en expliquant qu’il n’y avait quasiment pas d’habitations dans le secteur où il se trouvait. C’était une bonne nouvelle, pour Enzo et pour les gens autour. Mais ça ne faisait pas avancer les possibilités de le retrouver.

Rester pour mener des recherches ? Caem était reconnaissant qu’Ismaelle le lui propose même s’il aurait sans doute fini par souffler l’idée lui-même. Il ne releva même pas le fait que M. Helland soit un Animagus. Il était trop concentré sur les faits, son esprit tournait trop vite pour qu’il arrive à s’arrêter sur ces choses-là. D’autant que le russe sentit tout ses muscles se crisper alors qu’Ismaelle évoquait la famille d’Enzo. L’idée que ce soit quelqu’un de ce cercle qui ait pu le laisser sortir volontairement le rendait malade. Littéralement, cela lui filait la nausée. Heureusement qu’ils n’étaient pas face à lui, il aurait pu avoir une réaction stupide.

« Je vais rester ici. »

Caem avait lâché ces quelques mots, les yeux toujours rivés sur la carte devant lui. L’étendue à couvrir était tellement vaste. Il se sentit soudainement pris d’une sorte de vertige. Il se rendait compte qu’il ne savait pas comment il fallait s’y prendre. Ils allaient chercher, arpenter la campagne au hasard ? Lui seul, aurait été incapable de savoir par où comment. Lui seul, ne pouvait rien faire. Le russe ferma les yeux quelques secondes pour reprendre son souffle et calmer sa tête qui tournait. Cela faisait beaucoup, beaucoup en un temps très restreint. Tirant une des chaises qui se trouvait autour de la table, Caem se laissa finalement tomber lourdement dessus.

« Pardon de m’être emporté. »

Caem poussa alors un long soupir avant de passer une main sur son visage. Il n’avait pas mangé depuis longtemps, trop longtemps et son corps était en train de lui faire sentir. Il se sentait vidé, complètement épuisé. Il aurait sans doute besoin de sommeil pourtant, il sentait bien qu’il était incapable de dormir. Il n’y avait plus que les images de la bataille pour s’immiscer dans son esprit à chaque fois qu’il baissait la garde. Non, le visage d’Enzo lui apparaissait aussi. C’était un cauchemar. Sans même s’en rendre compte, Caem venait de se pincer le bras dans un geste presque enfantin. Comme si cela allait l’aider à se réveiller. Comme si tout cela pouvait être encore qu’un affreux cauchemar… Mais il devait accepter de voir la réalité en face : tout ça était bien réel. Poudlard était tombé une fois de plus aux mains des Supérieurs. Son meilleur ami avait disparu. Et il avait terriblement envie d’un verre.

« Je peux abuser et vous demander un verre d’eau ? »

Mais ce n’était pas le moment de se montrer faible. Il devait garder encore la tête froide. Se reprendre. Enzo devait pouvoir compter sur lui. Caem se tourna alors vers la carte qui se trouvait toujours sur la table et laissa son regard s’y perdre. Le périmètre était énorme mais le loup ne pourrait pas progresser éternellement. Il finirait forcément pas être stoppé par quelque chose ou quelqu’un… Le russe se perdit alors quelques instants dans ses réflexions, cherchant à savoir quel sort il pourrait utiliser pour faciliter les recherches, quelle technique serait la plus adaptée… Ne plus céder à la panique, retrouver ses esprits.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Ven 11 Mai 2018 - 18:36

« Je vais rester ici. »

Juste un hochement de tête, son air grave ne m’échappe pas et ça me choque encore de le voir comme ça mais l’heure n’est pas à s’arrêter là-dessus. C’est simplement que ça me rend triste de voir ces mines teintées d’inquiétude, de colère, des mines graves qui ne devraient pas l’être autant.

« Pardon de m’être emporté. »
« Ne t’en fais pas pour ça. »

Caem vient de s’assoir, comme si ses muscles avaient cessés de le porter, comme si le monde se dérobait sous ses jambes, et je ne peux que le comprendre pour avoir ressenti plusieurs fois la même chose ces dernières heures. Difficile d’encaisser tout ça, peu importe l’âge, peu importe le vécu, peu importe l’expérience. L’humain flanche au bout d’un moment, il en a besoin, et si ce n’est pas la tête alors c’est le corps qui envoie des signaux.

« Je peux abuser et vous demander un verre d’eau ? »
« Seulement si tu me dis tu. »

Je lui adresse un sourire tendre, pose une main sur son épaule l’espace d’une seconde et disparait dans la cuisines pour en revenir quelques secondes plus tard avec un verre d’eau et une assiette de nourriture froide que je dépose sur la table à côté de la carte toujours déroulée.

« Essaie de manger un peu. »

Je comprends que dans ce genre de situation le ventre se noue, la gorge ne laisse plus rien passer, mais c’est aussi une nécessité de garder des forces et ça en passe par la nourriture. Ainsi que le sommeil. Personne n’est efficace sans l’un ni l’autre. Si on doit marcher, courir, voler ou transplaner toute la journée demain alors il faut avoir le carburant nécessaire pour tenir la cadence.
Je m’éloigne juste un instant et reviens avec ma tasse de thé pour m’assoir à côté du garçon. Ses traits sont ceux d’un enfant désormais, un enfant perdu, et mon instinct se réveille au grand galop.

« On va le retrouver, d’accord ? »

J’entends ma voix, bien sûr, et je la perçois mesurée, douce, calme mais affirmée. Je mets sciemment mes propres inquiétudes de côté sans avoir à forcer quoi que ce soit et même si rien n’est certain, qu’est ce qui se passe si on arrête d’y croire ? Ca n’est pas se voiler la face, juste se donner de l’espoir. Pour lui, pour d’autres. etpar

« C’est pas la première fois qu’on le perd et tu sais très bien à quel point ce sale gosse a besoin d’attention et serait prêt à tout et n’importe quoi pour l’attirer sur lui. C’est juste sa dernière trouvaille. »

Un peu d’humour n’a jamais tué personne et les absents ont toujours tort. Au fond de moi je rêve de le voir débarquer avec son faux air outré qu’on puisse penser et dire une chose pareille à son sujet.

« Nous ne sommes pas sans ressources, il y a de la main d’œuvre, des gens de confiance, des personnes compétentes, on le retrouvera. »

Je mets volontairement sa famille de côté, j’en ai conscience, mais ça ne me dérange pas plus que ça. Il y a ses amis, les miens ou ceux de Leiv, et puis … J’ai toujours ce bout de papier dans l’un de mes tiroirs, cette liste laissée par Keith … Qu’il repose en paix. Je n’ai jamais réellement porté cet homme dans mon cœur mais je n’oublierai pas qu’il s’est sacrifié il y a de ça quelques jours seulement. Peut-être une vengeance personnelle, oui, mais ça n’a pas d’importance. Je sais que sa mort a sauvé quelques vies. Et cette liste, je sais aussi comment elle pourrait me servir, vis-à-vis de qui. De là à être prête à entrer dans ce genre de  procédé … Non. Pas pour l’instant en tout cas.

« Ou peut-être que c’est lui qui nous retrouvera, qui sait ? Il faut aussi qu’on lui fasse confiance. »

Je connais Enzo, je sais qu'il s'est battu et qu'il continuera de le faire. Même si le Loup est aux commandes, il essaiera d'inverser les rôles autant qu'il le pourra. Difficile d'évaluer ses chances de réussites mais je ne cesserai pas de croire en lui. Ça n'est pas le premier creux de vague qu'il affronte.
En attendant il n'est pas là et même si mon esprit le garde toujours dans un coin, même si je pense aussi à ceux qui sont enfermés à Poudlard, c'est Caem qui est devant moi. Un garçon qui comme d'autres a encore vécu un grand choc et se prend en plus en pleine face la disparition de son meilleur ami. Et son état m'inquiète.

« Si tu as besoin de parler Caem, d’évacuer des choses, j’ai la prétention d’être une oreille attentive. »

Une invitation ? Oui, clairement.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Dim 13 Mai 2018 - 20:41

Ismaelle reprenait le dessus dans cette conversation, restant calme, acceptant sans aucune réflexion les excuses de Caem. Il lui adressa un regard reconnaissant face à cela. Et lorsqu’elle lui demanda de la tutoyer, il lâcha même un léger rire. Pas aussi franc, pas aussi direct que ceux qu’il pouvait avoir l’habitude de faire mais c’était déjà ça.

« Je vais essayer… Mais je promets pas d’y arriver dès le premier coup. »

Caem reporta alors son attention sur la carte qui se trouvait devant lui tandis qu’Ismaelle avait disparue dans la cuisine. Il aurait dû se montrer poli et aller l’aider mais il n’en avait pas la force. Il valait mieux qu’il ne se lève pas trop vite pour le moment. Le temps de reprendre un peu le dessus, d’encaisser réellement tout ce qu’il venait de prendre dans la tête et de réussir à passer au-dessus. Même si au fond, il savait très bien qu’il ne dompterait tout ça qu’une fois que ce serait derrière lui. Qu’une fois qu’il verrait face à lui Enzo et son sourire de couillon. Son ancienne professeure revint alors à son niveau pour déposer quelques petites choses à manger et un verre d’eau. Il lui adressa un mince sourire et la remercia tandis qu’elle partait chercher sa tasse de thé. Le russe commença d’abord par boire la moitié du verre d’eau d’une traite. Son regard se posa sur l’assiette… Il n’avait pas faim. Il le savait, quand ça n’allait pas, il avait tendance à ne pas se nourrir. Mais il savait aussi que ce n’était pas la bonne option et il ne voulait pas refaire les mêmes erreurs que la dernière fois. Il tendit alors la main vers l’assiette tandis que la voix d’Ismaelle se faisait entendre. Il tourna le regard vers elle. Sa voix était maîtrisée, rassurante… Il n’avait qu’une envie : la croire sur parole. Elle lui arracha même un sourire alors qu’un morceau de fromage se glissait entre ses doigts.

« Il nous les fera toutes… Je vais vraiment finir par lui acheter une laisse et tant pis s’il le prend mal. »

Caem plaisantait bien sûr, Enzo n’apprécierait peut-être pas la blague et dans tous les cas, il savait qu’il n’aurait pas la force de la faire à son retour. Il se souvenait de la première fois… Il se souvenait comme sans Mateo il aurait sans doute fini plus bas que terre. Il se souvenait de comment ils avaient redécoré sa chambre pour son retour… Un nouveau sourire passa sur le visage du russe alors qu’il mettait le fromage dans sa bouche. Il mâchait lentement, avait l’impression d’avoir la bouche terriblement sèche et que cela lui prendrait des heures juste pour avaler ça.

Ismaelle reprit la parole de cette voix douce, rassurante, qui rappelait à Caem quelque chose de perdu depuis longtemps. Ils avaient de la ressource oui. Le russe prit une nouvelle gorgée d’eau alors qu’il venait tout juste de réussir à avaler sa première bouchée. Il allait les trouver en premier ? Si seulement il pouvait passer cette porte à cet instant précis. Tout balayer d’un revers de la main ou d’une blague vaseuse.

« J’ai confiance en lui… »

Plus qu’en n’importe qui. Killian et Enzo étaient les deux personnes sur cette terre en qui il avait une confiance aveugle. Il leur confierait sa vie sans même avoir besoin d’y réfléchir. Il avait terriblement confiance en lui mais absolument pas en le monde extérieur. Il était terrifié de ce qu’on pouvait lui faire. Il était terrifié de ce que le loup pouvait provoquer. Caem regarda de nouveau l’assiette alors que son ventre se nouait. Comme si la bouchée qu’il avait avalée était de trop. La nausée le guettait et il décida de se contente de boire de l’eau pour le moment. Et puis la voix d’Ismaelle se fit de nouveau entendre. Caem tenait le verre près de sa bouche. Il s’arrêta net. Parce qu’en entendant de nouveau ce ton, ces quelques mots ça l’avait frappé, comme une claque violente et l’espace de quelques secondes, il dévisagea Ismaelle comme s’il venait de voir un fantôme.

Il y eut un moment où le temps sembla suspendu. Caem fixait Ismaelle. Les traits de sa professeure s’étaient transformés l’espace de quelques secondes. Comme dans un flash. Comme dans un rêve. Il avait vu sa mère prendre sa place, l’air inquiet, l’air concerné… Et puis elle s’était effacée. Le russe avait cligné des yeux puis posé très lentement le verre devant lui.

« Je… Pardon… »

Caem baissa alors le regard, fixant la table. Oui c’était ça, ce ton bienveillant, ces mots réconfortant, cet air concerné… C’était ceux d’une mère à son enfant. Caem avait oublié à quel point cela lui manquait. Même malade, même alors qu’elle ne pouvait plus quitter son lit, sa mère n’avait jamais perdu cette façon de le regarder, de lui parler avec douceur. Il suffisait qu’elle pose une main sur son avant-bras, qu’elle lui adresse un sourire même lorsque son teint devenait trop pâle pour rendre ses sourires joyeux… Et malgré la bonne volonté de son père, il n’y avait pas ça entre eux, parce que leurs retrouvailles étaient trop fraîches. Et en cet instant, Caem aurait donné n’importe quoi pour s’enfouir dans les bras de sa mère et pleurer toutes les larmes de son corps comme il le faisait enfant.  Une boule se forma dans sa gorge et il se leva un peu plus précipitamment que voulu. Il dût s’arrêter pour prendre appui sur la chaise. Quelques secondes de pause avant qu’il ne se mette à marcher. Loin d’Ismaelle parce qu’à cet instant il sentait ses yeux le brûler.

« Je suis pas du genre à me confier… D’habitude, c’est plutôt moi l’oreille attentive. »

Caem s’était finalement tourné vers Ismaelle, il avait tenté de sourire mais sa voix était plus étranglée que prévu.

« Enfin, sauf avec Enzo… »

Avec Killian aussi bien sûr. Mais c’était différent. Enzo avait réussi à donner un grand coup dans les barrières qu’il avait dressé. Il l’avait mis à nu pour l’aider à se reconstruire. Et sans son soutien sans faille, alors que tout dérapait de nouveau, il se sentait terriblement fragile. Caem serra le poing qu’il vint placer devant sa bouche alors que les larmes lui montaient aux yeux. Les images défilaient dans son esprit, Enzo, sa mère, le regard bienveillant d’Ismaelle. Il aurait pu faire taire tout ça avec un verre d’alcool. Il tremblait et finalement, malgré tous ses efforts, les larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Serrant les dents, Caem se battait avec lui-même pour retenir un sanglot.

« J’y arriverai pas… »

A oublier la bataille, à chasses ses vieux démons… Il n’y arriverait pas tout seul.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Jeu 17 Mai 2018 - 14:27

Est-ce que j’ai dit quelque chose de mal ? Je réalise que je ne connais quasiment pas ce garçon, que je ne connais rien de lui ou presque – ce qui en soit n’est pas anormal puisque notre lien jusqu’ici s’en tenait à l’éternel Prof/Elève. Quoi qu’il en soit je ne me sens pas très bien quand je le vois réagir comme il le fait, complètement bloqué, presque … comme si mes mots l’avaient frappé violement et qu’il se retrouvait sonné, quasiment en état de choc.
Qu’est ce qu’il voit quand il me regarde de cette façon ? C’est la question que je me pose et ce silence, cette immobilité, commence à se faire oppressante parce que je ne comprends pas, culpabilise presque sans connaitre les raisons de cette réaction qui n’ont, je pense, en réalité rien à voir avec moi.

Finalement, enfin, le réveil. Et une certaine forme de soulagement en ce qui me concerne.

« Je… Pardon… »

J’aimerai lui dire que ça n’est rien, qu’il n’a pas à s’excuser, mais j’ai l’impression d’être moi aussi encore légèrement sous le choc alors aucun mot ne sort de ma bouche. Il baisse la tête, je l’observe en essayant de trouver une réponse à mes interrogations. Je me dis que parfois il ne faut simplement pas chercher à tout comprendre, qu’il faut juste l’accepter et s’adapter, réagir en conséquence et surtout à l’instinct. En l’état le mien me souffle de lui laisser le temps et c’est ce que je fais. Après tout, à subir choc sur choc comme il vient de le faire, pas étonnant que le poids du monde soit incroyablement difficile à supporter et peut-être que certaines choses remontent à la surface. Comme elles aiment à le faire dans les moments où l’on se sent le plus fébrile.
Ça me surprend de le voir se lever et malgré mon réflexe de vouloir le rattraper je n’en fais rien, décide de le laisser se gérer, de ne pas l’entraver. Je crois qu’elle essaie de se cacher, ses yeux brillants ne m’ont pas échappé. Parfois le corps a besoin de s’activer, comme si par ce procédé il essayait de tromper l’esprit, détourner son attention, alors là encore je le laisse faire et le regarde arpenter la pièce. Fenrir, que je n’avais pas entendu arriver, vient passer sa tête sous ma main et ce contact me fait beaucoup de bien. Son regard se pose un instant sur le garçon puis revient à moi, sa tête se pose sur mon genou. Les animaux ne parlent pas mais ils comprennent bien des choses, en expriment tout autant.

« Je suis pas du genre à me confier… D’habitude, c’est plutôt moi l’oreille attentive. »

Tentative de sourire de son côté, réussite du mien et l’étranglement des mots dans sa gorge ne m’échappe pas non plus.

« Enfin, sauf avec Enzo… »

Cette fois c’est la mienne qui se serre, chaque fois que quelque chose me rappelle son absence. Elle se serre d’autant plus quand je vois les yeux du garçon se remplir de larmes même s’il tente de toutes ses forces de l’empêcher. Cette vision me brise le cœur, je ne supporte plus de voir ces enfants souffrir, pleurer leurs proches, revivre sans arrêt les mêmes situations.

« J’y arriverai pas… »

Cette fois les larmes ne demandent pas leur reste, elles débordent de ses paupières et roulent sur ses joues d’enfants brisés. Presque adulte, pourtant si vulnérable en cette seconde. Fenrir émet un gémissement plaintif.

« Même les oreilles attentives ont besoin de se confier. Surtout elles d’ailleurs. Ne gère pas tout ça seul dans ton coin Caem, c’est dangereux. »

Faites ce que je dis mais pas ce que je fais ? Non, plus maintenant. Parce qu’il y a Leiv et que j’ai appris à me reposer sur lui, à lui parler, à lâcher du lest. Dimitri, Margo, Vicky ou Rina … Mes parents, ma grand-mère … Aujourd’hui j’ouvre bien plus facilement les vannes et si je ne le faisais pas avant ça n’était pas tellement par pudeur, plutôt par réflexe ou par déni. Parce que je m’efforce de rester forte pour garder une certaine forme de concentration, aussi. Pour autant je ne me fais pas d’illusion, et tout dépendra de la finalité de tout ça, la continuité, mais les œillères que j’ai sciemment posé autour de mes yeux finiront par tomber tôt ou tard.
Repoussant Fenrir en douceur je me lève et m’approche de Caem en douceur, le regard avenant mais sans pitié, suffisamment près mais pas trop.

« Regarde-moi. »

Je me permets, lentement, de poser mes doigts sous son menton pour lui faire relever la tête afin de pouvoir capter son regard et ne lui laisse pas vraiment d’autre choix que de le soutenir.

« Je sais que le lien entre Enzo et toi est important, que tu as posé ta confiance en lui et qu’il est devenu ton confident, une personne qui t’aide quand ça ne va pas. Je le comprends. Seulement il n’est pas là. Toi, moi, William, les autres, on va devoir faire sans lui pour le moment. »

C’est peut-être dur mais la réalité est-elle, on va tous devoir faire avec. Je ne sais pas si Logan est toujours en vie et malgré nos différents je m’inquiète pour lui. Je sais aussi que Maxence est toujours là-bas et ça m’inquiète autant que ça me rassure parce que les élèves vont avoir besoin de personnes comme lui. Moi aussi j’ai des amis restés derrière, d’autres sont morts et j’en ai la certitude. Ce sont tout autant de chocs qu’il nous faut encaisser, tout autant de traumatismes qu’il nous faut gérer, tout autant de questions auxquels on n’a pas de réponse, mais personne n’a dit qu’il fallait le vivre et l’expérimenter seul.

« Je suis là. Leiv est là. D’autres personnes peuvent l’être. Tu n’as pas à affronter ça tout seul. Je t’interdis de le faire. »

Mes paroles sont prononcés avec fermeté, j’en ai conscience, c’est fait délibérément.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Mar 22 Mai 2018 - 20:55

Ne pas tout gérer tout seul… Caem sentit une étrange amertume l’envahir en entendant les paroles d’Ismaelle. Ne pas tout gérer tout seul. Pourtant, c’était ce qu’il avait fait depuis le plus jeune âge. Il n’en avait jamais voulu à sa mère, partageant sa peine du plus profond de son être, portant sa peine jusqu’à ne plus avoir de souffle. Il aurait continué de le faire aussi longtemps que nécessaire. Parce qu’elle était parfaite, parce qu’un mot, un sourire de sa part lui faisait oublier la peur, les journées de travail, ses envies d’une vie scolaire normale… Il avait même pardonné à son père. Il lui avait pardonné d’avoir tout foutu en l’air, d’avoir renvoyé sa mère au Russie par la force de ses poings et de l’avoir laissée mourir à petit feu. Il l’avait pardonné parce qu’il avait vu le regard de ses enfants, de sa femme, il avait vu l’homme qu’il s’était battu à construire à partir de ses propres cendres. Il avait pardonné à tout le monde, avait refusé la colère et pourtant, c’était un goût acide qui remontait le long de sa gorge, brûlant sa langue au passage. Il avait toujours tout géré tout seul jusqu’à Killian, jusqu’à Enzo. Il s’était reposé sur son meilleur ami, pour la première fois, il avait ouvert entièrement son cœur et avait laissé un peu de son poids à quelqu’un d’autre. Mais sans lui, il avait l’impression de devoir tout porter de nouveau. Redevenir cet enfant docile qui encaisse. Mais parce qu’il ne savait pas à l’époque. Parce qu’il ne se rendait pas compte. Il aurait donné n’importe quoi pour ne plus gérer tout tout seul mais sans Enzo, il avait l’impression que c’était son destin, une obligation discrète.

Les larmes coulaient silencieusement sur ses joues, les retenir était impossible, il n’en avait plus la force. Il vit Ismaelle se lever, abandonnant son chien qui était venu chercher un peu de réconfort. Elle s’approcha de lui, il ne bougea pas. Elle lui demanda de le regarder et Caem laissa son regard se perdre dans celui de son ancienne professeure. Il sentit ses doigts sur son menton. Ce contact le troubla autant que la main qu’elle avait posée auparavant sur son épaule, autant que les paroles douces et rassurantes qu’elle avait eues envers lui. Comme hypnotisé, incapable de bouger, Caem la fixait, ne pouvant plus cacher le trouble ni la peine qui prenaient toute la place dans son regard. Les mots qu’elle prononça étaient durs alors qu’elle rappelait une fois de plus l’évidence, la réalité. Ils étaient seuls et devaient faire avec. Caem sentit sa gorge se serrer encore plus fort. Serait-il encore capable de parler ?

« Je suis là. »

Ce fut comme si la foudre venait de le frapper. Il vit les lèvres d’Ismaelle continuer de bouger pourtant il fut incapable de saisir la suite de ce qu’elle disait. Il n’avait retenu que les premiers mots qui l’avaient figé sur place. Une fois encore, dans ce ton ferme et doux à la fois, dans cette assertion il avait revu ce qu’il avait perdu à 16 ou peut-être même avant… La présence d’une mère. Une nouvelle fois, Caem resta interdit alors que le visage de sa mère et celui d’Ismaelle se superposaient. Puis finalement, sa mère se recula, laissant toute la place à Ismaelle. Elle avait un sourire paisible aux lèvres, les yeux pétillants, plein de malice et de douceur. Elle ne parlait pas, ne bougeait pas, mais Caem savait très bien ce qu’elle tentait de lui dire.

Lentement, le regard de Caem se décolla de celui d’Ismaelle. Il fit un pas, réduisant le dernier espace qui les séparait. Et son visage tomba lentement jusqu’à venir se poser sur l’épaule de la jeune femme. Les larmes silencieuses se transformèrent alors en sanglots. Tout son corps s’agitait nerveusement, sèchement. Ses mains virent finalement se glisser dans le dos d’Ismaelle auquel il s’accrocha, comme s’il allait tomber d’une minute à l’autre. Et les sanglots s’intensifièrent. Il sentait son cœur s’ouvrir à chaque larme versée, ses entrailles se tordre. Mais il sentait aussi tout cette peur, toute cette amertume sortir avec force de lui.

« Il peut pas me laisser… Pas lui… »

Pas encore. Les mots de Caem étaient entrecoupés de sanglots, à peine audible et pourtant, c’est le cœur de tout qui venait de sortir maladroitement. Il ne pouvait pas perdre quelqu’un d’autre. Il le savait, il ne s’en remettrait pas. Il ne pouvait pas perdre une des personnes en qui il avait le plus confiance sur cette terre. Enzo était sa famille. Killian était sa famille. Il ne supporterait pas de voir un autre membre s’évaporer comme sa mère avait pu le faire. Il était épuisé, faible, sur la faille… Alors il s’accrochait à Ismaelle qui lui était apparu comme un repère. Il laissait tout sortir pour la première fois depuis bien longtemps. Depuis trop longtemps. Il était incapable de parler alors que le flot de larmes ne s’arrêtaient pas. Il donnait sans doute un spectacle pathétique, Ismaelle ne devait pas comprendre ce qu’il se passait soudainement. Mais il n’avait pas la force de prétendre, d’afficher ce visage neutre et posé. Pas cette fois. Pas maintenant.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Dim 27 Mai 2018 - 23:25

Il ne s'agit que de secondes, le temps se suspend, s'arrête presque, mais je sais comment ça va se passer. En tout cas, je l'espère. Et Caem me donne raison alors que son corps vient s'écrouler contre le mien et que je le réceptionne sans une once de retenue ou d'hésitation. Je n'ai pas un adolescent entre les bras, pas plus qu'un ancien élève, mais un enfant perdu qui a besoin de lâcher prise et de le faire dans les bras solides et réconfortants d'un adulte. Je serais sans doute cet enfant moi aussi, plus tard, à un moment ou un autre, mais pour le moment je suis la béquille sur laquelle il peut se reposer et l'épaule sur laquelle il peut pleurer. Des larmes il en verse, vide son corps de ce trop plein, alors que les miennes menacent de franchir la barrière de mes paupières une fois encore.

Et dans ma tête un refrain, lancinant … S'il te plait, ne nous fais pas verser plus de larme. Reviens. Non il n'est pas le seul à rendre nos fondations fragiles en cette sombre période c'est évident mais dans ces moments là plus que n'importe quels autres ont a besoin de ses proches, besoin de les savoir en sécurité.

« Il peut pas me laisser… Pas lui… »

Mon étreinte se raffermie autour de ce corps parcourus de sanglots et de tremblements. Sur ma joue une larme s'évade de sa prison et je lève le regard vers le plafond pour empêcher ses sœurs de suivre le même chemin. Pas maintenant.

« Je sais qu'il fera tout ce qu'il peut pour ne pas te laisser. »

Pour ne pas nous laisser.

Peu importe le temps que ça dure, je lui laisse le temps dont il a besoin mais une fois que les larmes semblent se tarirent je retrouve cet air déterminé, ce ton un peu autoritaire, ferme pour le moins, mes mains sur ses épaules une seconde, une tasse d'un liquide fumante tendue vers lui la suivante.

« Bois ça, ça va détendre tes muscles et laisser ta tête se reposer un peu. Tu vas aller te coucher et je viens te réveiller demain matin aux premières heures. D'accord ? »

Ce soir on a besoin de fermer les yeux pour ne plus penser à rien. Je vais en faire autant, retrouver les bras de l'homme que j'aime et poser ma tête sur l'oreiller pour oublier l'espace de quelques heures que le monde et ses horreurs existent.

Demain est un autre jour.

Mercredi 23 Septembre ▬ Dans la journée

« Ismaelle ... »

Oops, les gros yeux. Je suis bonne pour en prendre pour mon grade … c'est donc tout naturellement que je n'arrive pas à me retenir de sourire.

« Mais regarde le ! Il est tellement heureux. »
« Ma chaussure ne peut pas en dire autant. »
« Certes. »

Mise en situation : On a accueilli le chiot depuis quelques jours et celui-ci a jeté son dévolu sur les chaussures de Leiv, bien évidemment. Il est actuellement allègrement en train d'en mâchouiller une sur la terrasse sous le regard intrigué de son père et celui, presque faussement, sévère de Leiv. Je sais bien que c'est compliqué pour lui même si ces T.O.C sont très clairement en récession. Moi ça m'amuse, autant le dire, une vrai gamine. Et ça fait réellement du bien de relâcher un peu la pression. Je vais néanmoins récupérer sa chaussure des crocs du prédateur sauvage – et surtout de sa bave – pour la lui tendre telle quelle : Trouée, trempée, plus vraiment de première fraicheur.

« Tiens Cendrillon, ta pantoufle de verre légèrement éraflée. »

Je suis au bord du fou rire, il faut le savoir. Les choses ont retrouvé un semblant de normalité, malgré tout. Ça ne va pas être facile mais l'attente insupportable à pris fin. Plusieurs visages ont défilés ici ces dernières heures, j'en attends un autre. Enzo est à la maison depuis un peu plus de 24h maintenant, je n'ai prévenu certains qu'aujourd'hui je le confesse. Pas par oubli, simplement par instinct.

Peu de temps après Caem émerge d'entre les arbres qui bordent la clairière, il est accueilli par un concert d'aboiements : l'un plus aigu que l'autre.

« Je te présente notre nouveau pensionnaire. »

Dis-je en lui désignant du menton la boule de poile de trois mois environ qui trouve déjà ses chaussures bien à son goût.

« C'est le fils de Fenrir et Maya, la chienne de Victoria votre ancienne Prof de sport et de Vol. Petit cadeau du printemps dernier. Qui n'a pas encore de nom. »

Mais je sais que le jeune homme n'est pas là pour ça alors je ne perds pas de temps avant de l'inviter dans la maison qu'il connait maintenant par cœur ou presque. Il y a passé des heures, que ce soit avec moi ou avec Leiv.

« Je dois te prévenir, ça va être compliqué de communiquer avec lui. »

Depuis qu'on l'a retrouvé Enzo n'a pas prononcé un seul mot, dans son regard se lit un mélange de terreur, de colère et d'incompréhension qui brise le cœur.

« Je ne sais pas ce qu'il a vécu, on a du le mettre sous calmant et il dort depuis 24h. Il a quelques phases de réveil mais elles sont courtes et la plus part du temps agitées. »

Il ne nous a pas reconnu tout de suite, quelque chose semble brisé à l'intérieur de lui et c'est comme s'il avait perdu des repères sensoriels.

« Je crois qu'il a un peu de mal à s'extirper de sa part animale. »

Et de Dieu ce qu'il a pu subir enfermé dans cet abri sous-terrain où on l'a trouvé, jusqu'où on a été mystérieusement guidées. Les questions sont multiples, l'absence de réponse peut facilement rendre fou mais pour l'heure ça n'est pas là-dessus que je me concentre.

Soupir.

« Mais il est là, il respire. »

Et si je croyais en autre chose que l'homme je remercierais Dieu, ou peut-être Merlin, de nous l'avoir rendu. Maintenant en haut des escaliers, Caem sur mes talons, je frappe à la porte de la chambre dans laquelle le jeune Russe a dormi le premier soir et qui est désormais celle de son meilleur ami. Pour combien de temps ? On verra. Olivia et Peter ne sont pas réfractaire à ce qu'il reste ici pour le moment, je ne suis personnellement pas prête à le laisser partir où que ce soit. Pas de réponse. Ça ne m'étonne pas mais au vue de ses réactions je ne veux en aucun cas le surprendre. Et lorsque j'ouvre la porte en douceur je ne suis pas surprise de le voir les yeux clos, position fœtal, Lune roulée en boule contre lui. Difficile de supporter une telle vision quand on a le souvenir d'un garçon plein de vie, de ses sourires taquins mais … oui, il est là. Il respire.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Lun 28 Mai 2018 - 16:08

Lâcher prise… Caem conseillait souvent aux autres de le faire, il était toujours prêt à ouvrir les bras pour accueillir quelqu’un ayant besoin de ça. Et pourtant, il se l’interdisait depuis trop longtemps. Face aux soucis mineurs, aux petites choses du quotidien, il se pensait suffisamment fort pour tenir le choc. Sauf que cette fois, c’était différent. Il ne s’agissait pas de petits soucis mineurs, de petites choses sans importance. Caem était confronté à la mort de certains de ses camarades de classe et à la disparition de son meilleur ami. Il était épuisé et à bout de nerfs. Il n’arrivait plus à tenir tout seul sur ses deux jambes. Il avait besoin d’un coup de main, il avait besoin d’un appui. En venant voir Ismaelle il s’attendait à trouver des réponses et des explications mais à aucun moment il n’aurait cru trouver une chaleur aussi réconfortante au creux de ses bras. Le russe avait rapidement trouvé quelque chose dans son regard. Une lueur qu’il pensait ne plus apercevoir. Dans sa voix aussi. Et finalement, il avait lâché. Caem avait ouvert les vannes et, serré contre Ismaelle, il expulsait tout ce qui lui broyait les entrailles. Il pleurait, sanglotait s’agrippant comme si sa vie en dépendait.

Combien de temps ? Combien de temps avait-il fallu pour qu’il se retrouve à court de larmes ? Pour qu’il ait l’impression d’être vidé complètement de son énergie. Lentement, son corps s’était séparé de celui d’Ismaelle. Il n’avait pas eu le temps de se sentir honteux, elle lui avait proposé une boisson pour se détendre. Il avait obéi, docilement et était allé se coucher. Il n’avait glissé qu’un regard à Ismaelle, un merci et s’était effondré sur le lit. Il avait dormi, d’un sommeil noir et sans le moindre rêve.

~ 23 septembre ~

« Je suis désolé Killian, je pouvais pas t’en parler avant… »

Ils sont assis sur le lit de Caem, dans sa petite chambre de bonne. Le russe tient son portable serré entre ses mains, il regarde le sol alors que sa petite amie le fixe du regard. Il a menti. Pendant des semaines, depuis le lendemain de l’attaque où il a disparu le matin sans prévenir, il lui a caché la vérité. Il lui disait aller fréquemment chez Ismaelle, pour parler avec Leiv, pour apprendre de son savoir en médicomagie avant de trouver une formation. Mais il n’avait jamais parlé d’Enzo. Ismaelle lui avait fait comprendre qu’il ne fallait pas ébruiter la situation. Caem avait ressenti l’envie, le besoin d’en parler avec elle. Mais il s’était tu. Sauf qu’il avait reçu un message de la part de son ancienne professeure. Il avait tenté de l’appeler pour finalement lui laisser un message pour savoir quand il pourrait passer. Et finalement, il avait pu parler à Killian. Il avait ouvert son sac juste avant de partir.

« Vas-y, on en reparlera plus tard. »

Caem se redresse, la regard quelques instants et finalement, il la prend dans ses bras. Il la serre avec tendresse, attrape son sac et sort en même temps qu’elle de la petite chambre. Il ne perd pas de temps et se dirige vers le portoloin. Désormais, il connait le chemin par cœur. Il arrive sur place en un temps record. Son cœur bat plus vite qu’il ne le voudrait. Il a encore du mal à réaliser. Il a l’impression d’être dans un épais brouillard. Caem avance parmi les arbres et il arrive à peine à la pleine lumière qu’il entend des aboiements joyeux. Dont un qui lui est inconnu. Le russe affiche un sourire en écoutant les explications d’Ismaelle.

« Il n’a pas de nom ? Mais c’est un crime ça ! »

Caem s’approche d’Ismaelle et la salue d’une légère étreinte. Il tend ensuite sa main à Leiv pour le saluer à son tour. Il donne une caresse au petit nouveau et à Fenrir avant de suivre Ismaelle. Il n’en faut pas plus pour qu’elle entre dans le vif du sujet. Le visage de Caem se referme légèrement, sous l’effet de la tension. Il a attendu ce moment depuis des semaines, il ne pensait qu’à la libération qu’il ressentirait le moment venu et pourtant, il sent que rien n’est encore dénoué en lui. Trop de questions sont encore en suspens, des questions qu’il avait préféré éluder tant qu’Enzo était porté disparu. Mais désormais, il se les prenait toutes dans la figure et il cherchait des repères. La présence d’Ismaelle le rassurait, comme à chaque fois. Depuis ce soir-là où il s’était effondré, il trouvait un grand réconfort à se côtés. Il n’avait plus laissé les larmes couler mais parce qu’il n’en avait plus besoin. Il lui avait montré ses sourires, ses bons côtés aussi. Mais il sentait au fond de lui, que s’il avait besoin de quelque chose un jour, il pouvait compter sur elle. Et cette présence lui faisait du bien.

Caem écoute attentivement les explications que lui donne Ismaelle sur l’état d’Enzo. Il ne parle pas, est dans un certain état léthargique. Le russe hoche lentement la tête, sentant son cœur se nouer. Ils le savaient, le retour serait difficile. Mais il représentait un tel espoir… Le russe hoche la tête mais ne sait pas quoi dire de plus.

La porte de la chambre qu’il avait temporairement occupée s’ouvre. Enzo apparaît, replié sur lui-même, Lune à ses côtés. Caem reste sur le seuil quelques instants, à l’observer. Il n’a pas vraiment l’air tranquille, il a simplement l’air assommé… Le russe demande une autorisation du regard à Ismaelle et finalement, s’avance lentement. Il finit par s’accroupir juste devant le lit. Il ne veut pas troubler son sommeil. Il ne le touche pas. Il se contente simplement de murmurer.

« Ça va aller maintenant. Je te le promets. »

Caem regarde Enzo quelques instants puis, finalement, décide de se relever et ressort lentement de la chambre, faisant le moins de bruit possible. Une fois dehors, il pousse un long soupir et se tourne vers Ismaelle.

« On sait ce qui lui est arrivé ? »

Caem n’ose même pas laisser ses pensées vagabonder. Il a peur, terriblement peur de ce qui a pu se passer. Et une part de lui n’a qu’une crainte… Qu’Enzo ne retrouve jamais sa joie de vivre.
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Mar 29 Mai 2018 - 22:42

Le voir comme ça, je ne m'habitue pas et je le sais, je ne m'habituerais jamais. Ça n'est pas la première fois, je l'ai déjà veillé pendant une semaine entière alors qu'il était entre la vie et la mort, mais cette fois c'est différent. Il est là, bien vivant, physiquement en tout cas.
Je crois que Caem est secoué par cette vision et quoi de plus normal ? Ils l'ont tous été. En dehors de Cameron qui le connait depuis plus longtemps, les autres sont finalement assez neufs dans la vie du garçon et n'ont, je crois, jamais eu l'occasion de le voir comme ça. Qui plus est ces derniers moi il était le synonyme d'un rayon de soleil, heureux, pleins de vie, toujours entrain de rire ou de sourire. Quand je croise son regard aujourd'hui j'ai le sentiment qu'on y a encore une fois éteint la lumière, la flamme qui y dansait impétueusement et avec vivacité.

Il faut du temps, c'est ce que j'essaie de me dire. Dieu sait ce qu'il a vécu, ça ne fait pas deux jours qu'il est là, on doit lui laisser du temps. Il doit se laisser du temps. Je connais l'oiseau, je sais que tôt ou tard il y a de fortes chances pour qu'il essaie d'aller plus vite que lui-même alors oui, je compte bien le surveiller de près. Pour l'heure il est la seule chose qui m'importe – on s'entend. Peu importe le nombre de hiboux qu'ils enverront.
Le jeune Russe s'active, ce mouvement me sort de mes pensées et cette fois c'est lui que j'observe. J'envisage de lui laisser un peu d'intimité mais j'ai du mal à me détacher de ce que j'ai sous les yeux. Caem regarde son ami, accroupis face à lui, confronté à cette image qui doit le bouleverser autant que moi. Je perçois sa voix mais ne comprends pas ce qu'il dit, ça ne me regarde de toute façon pas une seule seconde, puis tout en douceur sort de la pièce. Je ne referme pas la porte tout de suite, sans trop savoir pourquoi, peut-être parce que j'ai peur qu'il disparaisse s'il échappe à ma vue. C'est irrationnel, sans doute, mais j'ai tellement tremblé pour lui que je ne cherche pas à me défaire de ça.

« On sait ce qui lui est arrivé ? »

Bien sûr, les questions. Quoi de plus normal ? Il a envie et besoin de savoir, je l'entends parfaitement puisque ces questions également en boucle dans ma tête. J'ai quelques bribes de réponses, pas grand chose pour le moment à vrai dire.
D'un signe de tête j'invite le jeune homme à me suivre et laisse la porte de la chambre ouverte. Je sais que tôt ou tard Fenrir et le chiot viendront y faire un tour tout comme j'ai bien compris qu'être enfermé était un problème pour Enzo. Je ne veux pas qu'il se sente prisonnier en étant ici. On redescend, direction le salon où je m'assoie et lui intime d'en faire de même.

« On l'a retrouvé dans un abri sous-terrain en pleine forêt. Même avec le meilleur odorat du monde il nous aurait été impossible de le retrouver. Quelqu'un nous a guidé jusqu'à lui, vraisemblablement la personne qui l'a gardé prisonnier là-dedans. Combien de temps ? Pourquoi ? Qui ? Je n'en ai pas la moindre idée, j'ai simplement reçu une lettre anonyme avec les coordonnées géographique de l'endroit. La même personne qui a fait en sorte qu'il reste coincé sous son autre forme après la dernière pleine lune si c'est ce qu'il s'est passé ? Je ne sais pas, c'est une éventualité. Ce qu'il y a vécu ? Là encore c'est un mystère. J'ignore combien de temps il a passé sous sa forme animale, il était humain quand on l'a retrouvé. Physiquement en tout cas. »

Je n'y vais pas par quatre chemins, à quoi bon ? Ça n'est pas pour autant que les mots sortent facilement ni même que je me sens prête à lui décrire la totalité des faits. J'ai de la rage qui coule dans mes veines en y repensant, la même rage, la même haine, qui m'ont envahit quand on a poussé la porte de ce bunker et découvert ce qu'il s'y tramait. L'un de ses pires cauchemars … et qui sait ce que ce fous-furieux a bien pu lui faire subir. Pendant combien de temps.
Je n'ai pourtant pour l'instant pas le cœur à partir en croisade, il y a des experts sur le coup pour ça de toute façon. Tout ce que je veux c'est prendre soin de lui, autant que possible. Autant qu'il me laissera le faire.

« Il faut qu'on lui laisse le temps. »

J'adresse un sourire triste à Caem, je sais qu'il comprend.

« Pour le moment ce dont il a le plus besoin c'est de repos, de reprendre des forces, sans trop de sollicitation au début. Pour le reste on verra ensuite, un jour après l'autre. »

Je ne suis pas en train de chasser Caem ni de lui dire qu'il ne peut pas venir voir son ami quand il le souhaite, évidemment que non. Ils sont tous le bienvenu, je sais qu'ils sauront faire la part des choses et agir au mieux, tout comme Olivia et Peter. Mais je l'admets, je me sens actuellement comme une mère prête à sortir les griffes, capable de tout pour protéger son petit.

« Et il n'est pas encore au courant pour Derek. Pour Poudlard. »

Je sais qu'il comprend le sous-entendu. Pour l'instant ça me semble inenvisageable de le lui dire, j'ai trop peur de sa réaction. Il faudra le faire, le plus tôt sera le mieux, mais je préfère espérer le voir rebâtir des fondations solides avant. Il m'en voudra sûrement, c'est un risque que je suis prête à prendre et que je demande aux autres de prendre avec moi. Sans l'ombre d'une hésitation.

« Tu peux rester un peu si tu veux, attendre de voir s'il se réveille. »

Parce que pour autant je ne chercherais jamais à l'éloigner de lui, j'ai trop perçu sa détresse pour ça. Et si je semble couper court à la conversation, ne pas laisser de place aux questions, c'est simplement parce que je n'en ai pas les réponses.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Misery loves company ▬ Caem   Dim 3 Juin 2018 - 21:25

Avant même qu’Ismaelle n’ait pu entamer sa réponse à sa question, Caem avait senti son ventre se nouer. Il voulait savoir ce qui était arrivé à Enzo, il en avait besoin et pourtant, il avait terriblement peur de ce qu’il allait entendre. Peur de l’horreur que son ami avait pu traverser, peur aussi, quelque part, de ce que cela pourrait créer chez lui. De la colère sans aucun doute mais aussi peut être de la rage, une envie de vengeance… Il s’était préparé à cette idée dès qu’Ismaelle l’avait appelé. Il s’était juré à lui-même ne de pas se concentrer là-dessus. Parce que ça n’apporterait rien à Enzo pour le moment. Que la dernière chose dont il avait besoin, c’était sans doute de la violence. Alors, à peine sa question avait-elle été posée, qu’il avait cherché à contrôler sa respiration comme si cela lui permettait de contrôler tout le reste. Son regard s’était plongé dans celui de son ancienne professeure qui avait été un véritable appui pour lui durant tous ces longs jours d’attente.

Ismaelle commence à parler. Caem a les mains jointes devant sa bouche, les coudes posés sur la table. Il la fixe, il écoute, il enregistre chaque information. Son rythme cardiaque s’accélère et ses entrailles se serrent avec encore plus de force. Il n’y a que peu de détails en soit, que peu de choses qu’elle lui révèle, et il le sait très bien, parce qu’elle n’en sait pas beaucoup plus. Mais c’est largement suffisant. Cela suffit à entrevoir l’horreur. A comprendre que tout ça a été organisé par quelqu’un pour lui faire du mal et sans autre motif. Comment pouvait-on faire ça ? Piéger ainsi un être humain, qu’importe la forme sous laquelle il pouvait apparaître, calculer les choses avec tant de soin… C’était irréaliste. Pourtant, l’image d’Enzo recroquevillé sur le lit lui rappelait que tout ça était bien réel.

Cela fait déjà un petit moment qu’Ismaelle a arrêté de parler du calvaire d’Enzo. Caem ne reconnecte cependant que lorsqu’elle lui explique qu’il faut laisser du temps à Enzo. Le russe relève alors le regard vers elle, regard qu’il avait baissé sans même s’en rendre compte, s’étant plongé dans des pensées sombres. Caem hoche la tête. Il se doute bien qu’il va falloir du temps pour qu’Enzo se remette sur pied et même si, égoïstement, il aurait aimé retrouver son meilleur ami immédiatement, il sait qu’il va devoir patienter et prendre sur lui. Oui, il va devoir attendre encore, rester éloigné. Enzo avait beau tenir sincèrement à lui, il était certain que pour le moment, il n’était peut-être pas la personne qui pouvait l’aider. Le russe baisse alors ses mains sur la table, il se rend compte que ses phalanges ont blanchi.

« Oui je comprends. »

Caem esquisse un sourire à son tour. Il aurait aimé faire une légère blague, témoignant de son soulagement mais les mots d’Ismaelle résonnent encore dans sa tête. Il sent qu’il a besoin de temps pour assimiler, pour enregistrer mais surtout accepter. Enzo n’aurait certainement pas besoin que les visages de ses proches lui rappellent son calvaire au quotidien. Un soupir passa la barrière des lèvres de Caem. Un soupir de décompression, malgré tout. Ismaelle capta de nouveau son attention en lui révélant qu’Enzo ne savait rien encore pour son frère. Le russe se frotta les yeux de deux doigts. Un autre point épineux. Comme s’il n’y avait jamais de repos.

« Il le saura bien assez tôt. Je n’en parlerai pas devant lui. »

L’information était bien passée. Caem ne parlerait pas de l’attaque. Non, ce n’était pas à lui de lui annoncer que Derek était encore là-bas. Ou peut-être ? Il n’en savait rien. Mais pour le moment il se fiait totalement à Ismaelle. Elle saurait quand il aurait retrouvé assez de forces pour supporter l’idée que son frère était enfermé là-bas. Caem n’avait aucune sympathie pour Derek mais en cet instant, il se rendit compte qu’il n’avait même pas essayé d’aider le frère de son ami à sortir. Un étrange sentiment de culpabilité lui serra le cœur. Un nouveau soupir.

« J’aimerais bien rester un peu. Je ne vous dérangerai pas trop longtemps non plus, j’ai laissé Killian à Londres avec une multitude de questions. Quand j’ai reçu ton message pour me dire qu’il était revenu j’ai fini par lui expliquer qu’Enzo avait disparu tout ce temps… Elle a compris je crois, que j’ai gardé le silence, pour lui. Mais elle est aussi son amie et je crois qu’elle mérite que je rentre discuter de tout ça avec elle plus calmement. »

Killian et Enzo avait même peut-être sympathisé avant que la bromance ne commence. A Poudlard, à eux trois, ils formaient une sacrée équipe. Caem ne pouvait imaginer ce qu’elle pouvait ressentir face à ce mensonge qu’il lui avait servi pendant si longtemps… Il savait qu’il avait fait le bon choix, qu’en fait, il n’avait pas eu réellement de choix… Mais c’était lourd à porter et il était déjà prêt à supporter la colère de sa petite-amie. Ou plutôt, il espérait la subir. Comme si le fait de se faire engueuler un bon coup l’aiderait à avancer.
Caem se leva alors de sa chaise pour s’approcher d’Ismaelle. Il lui intima de se lever et la prit finalement dans ses bras. Il la serra en douceur contre lui.

« Merci pour tout. »

Un murmure glissé à son oreille. Merci de prendre soin d’Enzo de la sorte. Merci d’avoir été aussi forte pendant tout ce temps. D’avoir su le porter à bout de bras. Merci d’avoir endossé, malgré ta propre peine, cette figure maternelle dont il avait eu tant besoin.

« Je peux abuser et te demander une tisane ? Tu m’as rendu accroc je crois ! »

Cette fois, Caem recule et afficha un sourire à Ismaelle. Il y avait encore bien des questions en suspens, encore bien des blessures à panser. Il allait falloir être patient avant que la guérison de tout le monde ne s’opère. Mais il y avait enfin de l’espoir. Un peu de lumière. Et Caem ne la laisserait pas partir aussi facilement.

- Fini -
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