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 If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William

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MessageSujet: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Lun 12 Mar 2018 - 15:30

Jeudi 3 septembre 2015 - Dans la matinée (heure Anglaise)
If you've lost your way, I will leave the light on



Ismaelle & William

« Vous êtes certaine ? »
« C’est ce qui est le mieux, oui. »

A la fois fière, décidée mais fébrile, Olivia Ryans se tient face à moi dans le salon de la maison qui appartient depuis un peu plus de trois ans à deux de ses petits-enfants.

« Je ne peux pas lui assurer la protection dont il a besoin et il n’est pas proche de ses oncles et tantes ici, je ne veux pas qu’il se retrouve dans un environnement où il ne se sent pas en confiance. »

Je l’admets, j’ai quelques réticences, mais au fond de moi je sais qu’elle a raison. Que c’est ce qu’il y a de mieux à faire en attendant de trouver une potion, un sort, quelque chose, qui rendra à son petit-fils sa forme humaine. Et son esprit humain, aussi. Les jours passent, le Tue-Loup fait de moins en moins d’effet, Enzo fait des crises régulières et je le connais suffisamment pour voir qu’il lutte contre lui-même. Il s’épuise, ne comprend pas ce qui lui arrive, ça me tort le cœur de le voir comme ça.

« Il est évident qu’il ne peut rester seul ici, je sais que là-bas Amelya veillera sur lui. Il l’aime beaucoup. Et puis Peter a des torts c’est certain mais ils ont fait la paix et je sais qu’il regrette ses erreurs. »

Il me faudra sans doute un peu plus de temps pour faire confiance à cet homme mais j’ai confiance en son jugement à elle. Les relations entre les Ryans et les Avery-Baker sont cordiales à présent, Olivia et Amelya s’entendent bien, je sais que cette dernière veillera sur lui même si je n’ai jamais eu l’occasion de la rencontrer. Une intuition.

« Il y a tout ce qu’il faut là-bas pour le garder en sécurité le temps que l’on trouve une solution. »
« Bien. »

Et puis il y a les choses qu’on ne dit pas, qu’on ne formule pas, mais qui circule par des regards entendus. Enzo, malgré lui, représente un danger. Il a besoin d’être surveillé, malheureusement d’être maintenu captif également tout en gardant de la décence dans le procédé. Ironie du sort, il se trouve que son grand-père a déjà tout ce qu’il faut sur place. Un emplacement clos et protégé, un accès au parc lui-même protégé par des sortilèges infranchissables, un lieu que le garçon tout comme le loup connaissent déjà. Et des personnes prêtes à intervenir en cas de problème.

« J’ai une amie Maitre des Potions qui travaille dessus, on va trouver. »

Est-ce que j’y crois réellement ? Bien sûr, sinon à quoi bon ? La cause me tracasse toujours évidement mais pour le moment ce sont surtout les conséquences qui occupent mon esprit et la manière dont on pourrait régler le problème le plus rapidement possible.

« Et puis celui-ci a la tête dans ses bouquins aussi. »

Celui-ci ? William, au téléphone sur la terrasse, que je désigne d’un geste de menton, un sourire tendre sur le visage. On ne se connait pas bien tous les deux mais je le sens bien, je me prends d'affection pour ce garçon.

Direction le sous-sol et mon cœur se brise, mon estomac se noue, chaque fois que je fais face à cette vision. Voir cet enfant derrière les barreaux d’une cage me rend malade, même en sachant que les options sont limitées. Aujourd’hui il semble calme, roulé en boule dans le fond, dos à nous, ayant décidé lui-même de descendre ici et je sais très bien pourquoi : Pour éviter de faire du mal à qui que ce soit. C’est dans cet endroit qu’il se transforme à chaque pleine lune, il a aménagé les lieux à sa façon et j’imagine qu’il s’y sent sinon bien au moins en confiance mais cela reste une cage bien qu’elle fasse la taille d’une pièce.

« Hey mon grand. »

Accroupie devant les barreaux j’ai ma baguette à portée de main et garde une distance de sécurité malgré tout. Ses réactions sont imprévisibles, il pourrait tout aussi bien se jeter sur moi sans prévenir et avant même que je n’ai eu le temps de le voir venir. Il sait que je suis là, il a entendu, senti, mais aucune réaction de sa part.

« On va faire une petite balade mais je vais devoir t’endormir pour le trajet. Quand tu ouvriras les yeux tu ne seras plus au même endroit, d’accord ? On te transfère en Angleterre, chez ton Grand-Père. »

Est-ce qu’il comprend ce que je lui dis ? Je sais qu’il entend, qu’il écoute, mais quand la bête à le dessus difficile de savoir ce qu’il assimile.
Quand cette grande carcasse animale se déroule et se lève lentement je comprends que l’humain est au commande ainsi quand il s’approche doucement vers moi et viens chercher le contact je n’ai aucun mouvement de recul. Je n’imagine pas la frustration qu’il doit ressentir, à ne pas pouvoir s’exprimer. Ma main glisse sous sa mâchoire en pleine conscience des risques que je prends et je maudis ces barreaux de se mettre entre nous. Et derrière moi, légèrement en retrait, Olivia. J’entends la tristesse dans le son de sa voix et ne peut qu’imaginer tout ce que Enzo peut ressentir émaner d’elle. Elle a peur. Pour lui. De lui. Et elle s’en veut.

« Lune va rester avec moi mon chéri, je te promets de prendre soin d’elle et je viendrais te voir aussi souvent que possible. »

Un pas de plus. Cette fois ce sont clairement des sanglots que je devine coincés dans sa gorge. Elle est perdue, désemparée, elle culpabilise.

« Je sais que c’est la deuxième fois que je t’envoie là-bas, s’il te plait ne m’en veux pas. »

Le loup couine, lève les yeux vers elle comme si derrière la lassitude et l’épuisement Enzo voulait rassurer sa grand-mère. En écho à cette démonstration je me relève et me tourne vers elle, léger sourire sur le coin des lèvres. Cette situation la dépasse, je ne peux imaginer à quel point c’est difficile pour elle.

« Ne vous en voulez pas Olivia, c’est le mieux pour lui. Et pour vous. »

En toute sincérité.

« Il va falloir que qu’on y aille, j’ai rendez-vous à Poudlard ensuite. »
« Vous embrasserez Derek pour moi, voulez-vous ? »
« Bien sûr. »

Des bruits de pas dans l’escalier attirent mon attention, je ne peux qu’observer William descendre droit devant lui et sans s’arrêter, entrer dans la cage sans un mouvement de recul sous le regard effrayé de la plus âgée d’entre nous. Je n’en mène pas beaucoup plus large mais décide de faire confiance au jugement du jeune homme contre lequel l’imposant loup noir comme la nuit vient se reposer. Il lui parle, glisse ses doigts dans son pelage, je détourne mon attention pour retrouver le regard clair d’Olivia.

« Merci pour tout ce que vous faites Ismaelle. »
« C’est normal. »

Oui, ça l’est. Je ne peux pas faire autrement. Je ne le veux pas. Leiv comprend, il me soutient, il aide lui aussi à sa manière.

« Vous avez énormément d’affection pour ce garçon. »
« Je ferais tout ce que je peux pour le sortir de là, je vous le promets. »
« Je n’en doute pas. »
« Et je ne suis pas la seule. »

Le sourire qu’elle affiche à présent est plus serein, plus tranquille. Reconnaissant.

« Il me parle souvent de vous, vous savez. Vous êtes très importante à ses yeux. »
« Réciproquement. »
« Merci d’avoir été là. »

Je comprends qu’elle ne parle pas uniquement de ce qui se passe à présent mais qu’elle voit bien plus loin. Des mois, des années en arrière. Je ne laisse pas de place à l’émotion, mes réflexes de soldat refont surface je crois. La mission avant les émotions. Même si je ne me fais pas d’illusion, tôt ou tard je relâcherais moi aussi la pression.

« Passez le bonjour à Leiv et Adrian de ma part. »
« Je n’y manquerais pas. A bientôt Olivia. »

Mes mains dans les siennes, elle m’adresse un dernier sourire, s’approche de la cage et tend la main en faisant fi de ses craintes. Enzo s’approche en douceur, tachant de se faire plus petit qu’il ne l’est, puis passe sa tête sous les doigts de sa grand-mère. C’est un au revoir douloureux …

« Au revoir William. Passez à la maison quand vous le souhaitez, vous êtes toujours le bienvenu et ça me ferait plaisir de vous voir de temps à autres. »

… et bientôt elle n’est plus dans la pièce. Je crois que c’est trop difficile pour elle et je le comprends, le respecte.

« Tu es prêt ? »

Ça n’est pas au loup, à Enzo, que je m’adresse mais bien au jeune homme qui se tient toujours sur deux jambes à l’intérieur de cette … cage.

#

Une grande allée en gravier blanc qui crisse sous les chaussures, un immense jardin parfaitement entretenu, où rien ne dépasse, un manoir imposant qui laisse entrevoir derrière ses contours un immense parc, puis une forêt, le tout bordé par un mur à la fois végétal et de pierre. Nous avons pris d’abord le Portoloin jusqu’à Londres, puis ensuite transplanage en compagnie d’un homme que je suppose être au service du patriarche puisque aucun de nous deux n’avons jamais mis les pieds à la propriété où l’on se rend. Le décalage horaire ne me perturbe pas plus que ça, mon esprit est focalisé sur tout autre chose.
Nous voilà maintenant arrivés devant une immense grille en fer forgée qui s’est ouverte à notre entrée, un énorme loup endormi en lévitation à nos côtés – chose que je déteste. Sur le perron, deux personnes nous accueillent. Un homme d’un certain âge sans que ça ne transparaisse énormément et une femme plus jeune, au sourire avenant et aux grands yeux bleus. C’est l’homme qui s’avance en premier vers nous, vient à notre rencontre. Je ne me sens probablement pas plus à ma place ici que le jeune garçon qui évolue en silence à mes côtés sans s’éloigner du loup mais rien ne transparait ici non plus.

« Vous devez être Mademoiselle Stoneheaven. »
« Bonjour Monsieur Avery-Baker. »

Un signe de tête solennel est échangé, ainsi qu’une poignée de main. C’est la première fois que je rencontre cet homme et mes sentiments à son égard sont partagés. Si Enzo lui a sinon pardonné, est néanmoins passé à autre chose, j’ai visiblement un peu plus de mal que lui a tolérer le fait de kidpaner ses propres petits enfants.

« Je vous présente ma fille, Amelya. »
« Enchantée. »
« Également. »

Cette femme est magnifique et la ressemble entre elle et Lyla, la mère de Derek et Enzo, me frappe. J’ai vu des photos de la défunte chez les Ryans, c’est réellement flagrant. L’échange est poli, courtois, son attention se tourne vers mon compagnon de route.

« Tu dois être William ? Heureuse de faire ta connaissance. »

Elle lui adresse un sourire chaleureux, les deux hommes échangent ensuite un signe de tête. Je ne sais pas vraiment ce qu’il se passe dans la tête du jeune Américain actuellement, il reste stoïque.

« Venez. »

Et là encore, c’est vers les profondeurs du sol qu’on se dirige. Je n’ai qu’une hâte, et je doute être la seule, c’est de réveiller Enzo qui pour le moment dort – d’un sommeil paisible je l’espère. Tout comme j’espère ne pas en arriver à devoir le plonger trop souvent dans un sommeil factice si les choses ne s’arrangent pas. Quelques marches, une porte blindée, le lieu sent fortement la magie. La pièce est aménagée comme une sorte de chambre, un lieu de vie où un humain pourrait évoluer en tout cas, avec plus d’espace peut-être. Et pas de barreaux.

« Les barreaux ont été changé en sortilège de détention, j’ai supposé qu’il serait plus … à l’aise que dans une cage matérialisée. »

J’observe les lieux avec attention, encore une fois sais que je ne suis pas la seule, alors que l’homme poursuit sa description.

« Il y a un accès à l’extérieur ici, il sera ouvert en majeure partie la nuit ou quand les enfants ne seront pas là. Le parc est immense, il y a une partie boisée, le tout protégé par des sortilèges de protection et de dissimulation infranchissables. Il connait déjà le territoire. »

Pour des raisons que l’on connait tous ici, je pense, mais ça n’est pas le moment de revenir sur le passé.

« Il y aura une personne en permanence en faction devant la porte en cas de besoin, je veillerais à ce qu’il soit stimulé humainement parlant chaque jour et les visites sont les bienvenues. Je crois que ça peut aider et lui faire du bien. »

Il regarde William, je prends conscience que le sort de son petit-fils lui tient réellement à cœur. Parce que c’est un passe-droit silencieux, entendu. Ravi de voir qu’on avance tous sur la même longueur d’onde, ça évite des complications dont personne n’a besoin.

« Je crois qu’il aime lire, je me souviens que Clarisse lui a offert 20 mile lieux sous les mers et qu’il l’a dévoré. Si vous avez des idées de livres qui pourraient lui plaire, je me dis que lui faire la lecture pourrait être une bonne chose. »

Cette fois c’est Amelya qui prend la parole en s’adressant à nous deux. Je la sens hésitante, maladroite, mais voulant bien faire.

« Ou peut-être ensorceler les livres pour que les pages se tournent seules et qu'il lise lui-même. »

Puis son père qui enchaine.

« Est-ce que vous accepteriez que nous lui prélevions un peu de sang ? Pour essayer de déterminer la cause de … »

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase que William lui tend un flacon réfrigéré qu’il sort de sa poche, contenant déjà du sang d’Enzo. Evidemment qu’on y a déjà pensé et je ne crois pas m’avancer en me disant qu’il n’a pas spécialement envie qu’on lui en prélève plus. Moi non plus, soit dit en passant.

« A quoi est-ce que l’on doit s’attendre exactement ? »
« A vrai dire, je l’ignore. Certains jours il est très calme, d’autre très agité et l'animal prend clairement le dessus. Il ne semble pas y avoir de réelle raison à tout ça ou bien un lien avec un phénomène extérieur. Il faut malheureusement rester méfiant en tout temps, se protéger magiquement me semble la meilleure solution, tout en essayant au maximum de se comporter naturellement avec lui. Il lute mais l’animal prend de plus en plus de place, il se fatigue et le Tue-Loup commence à devenir de moins en moins efficace. La progression est rapide. Très rapide. »

Trop rapide.

#

Le tour du propriétaire est effectué, Enzo a été réveillé et je ne saurais pas vraiment dire ce qui se passe dans sa tête à l’idée d’être là. Les enfants n’étant pas au manoir pour l’instant il a le loisir de se détendre et se défouler les pattes dans le parc. Les habitants du lieu sont restés dans la grande bâtisse, j’avance dans les allées en compagnie de William qui comme moi observe cet environnement, cherche peut-être une faille, sans réellement quitter son petit ami des yeux très longtemps. Enzo, lui, semble reprendre calmement connaissance des lieux avec son regard de loup.

« Ça ne m’enchante pas vraiment de le laisser ici mais je crois que malheureusement, on est à cours d’option et qu’elle reste la meilleure. »

Je ne sais pas qui j’essaie de convaincre. Lui ? Moi ? Je tente de rester droite, de garder la tête froide, mais j’ai dans la poitrine un cœur qui bat, un cœur qui tremble pour ce gosse. Et comme pour me sortir de ces pensées que j’avorte immédiatement je me racle la gorge et me redresse.

« Si jamais tu as le moindre problème, et même si je sais que tu es parfaitement capable de le gérer par toi-même, dis le moi. »

Traduction : Si quelqu’un ici t’emmerde, il va le regretter.

« Je me méfis de ce Travis, le mari d’Amelya, comme de la peste. Mais elle j’aurais tendance à lui faire confiance. Enzo lui fait confiance. Quant au patriarche … Je ne sais pas vraiment. Il me donne l’impression de vraiment prendre les choses à cœur. »

Le silence s’installe un peu, j’observe le garçon de biais sans vouloir le gêner. On ne peut pas dire que je le connaisse énormément mais je commence à cerner les contours de la personne qu’il est. Il a passé des heures le nez dans les bouquins je le sais, tout comme je devine qu’il ne laisse entrevoir qu’à peine le quart de ce qu’il ressent. Peut-être pour se protéger lui-même je ne sais pas. On avance tous dans le flou, les faits sont assez récents finalement, et lorsqu’un papillon vient chatouiller les oreilles du gros loup devant nous je me laisse aller à un rire réellement amusé alors qu’Enzo secoue la tête et grogne, essaie de croquer la bestiole qui l’agace. Le rire est salvateur, je crois qu’on en a tous besoin pour détendre un peu nos épaules, rire qui s’intensifie quand cette grosse masse velue fait demi-tour et saute dans une fontaine jusqu’à s’y rouler avant de revenir vers nous et de s’ébrouer en s’arrangeant pour nous tremper de la tête aux pieds.

« Hey !!! »

Il jappe, lève le train arrière comme un chiot fier de sa connerie et file comme un gosse impétueux un peu plus loin. Petite parenthèse de bonheur simple qui fait du bien, c’est indéniable, et aussi une preuve que malgré son silence imposé, son calme … trop calme, il reste là, bien présent, bien lui-même. Qu’il se bat.
Et quand ma main vient chercher ma baguette dans ma poche pour me sécher je me souviens du petit objet qui s’y trouve et que j’avais oublié : La chaine en argent du jeune Australien, et son pendentif en forme de croix. L’objet qui lui est le plus précieux, qu’il ne quitte jamais si ce n’est lors des pleines lunes. Je la regarde une seconde, la tenant dans le creux de ma paume.

« Je l’ai trouvé sous un amas de meuble cassé. Que cette grosse brute a mis en pièce évidemment. »

Et il y a une raison au fait que je l’ai prise avec moi. Avec un sourire je la tends à William.

« Je me suis dit que tu aimerais peut-être la garder le temps qu’il puisse la porter à nouveau. »
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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Mar 10 Avr 2018 - 18:34

If you've lost your way, I will leave the light on
EXORDIUM.
- Et ça fait combien de temps ?
- Depuis le 29. La pleine lune quoi.
- Ok, j’vais voir ce que j’vais trouver de mon côté. Je peux peut-être pirater deux trois trucs pour choper des informations confidentielles.
- Chope ce que tu peux, tout ce qui pourra servir. J’vais chercher de mon côté, y a un million de bouquins chez sa grand-mère, j’vais certainement trouver des sujets.
- Ca va te prendre une éternité.
- Je sais mais j’ai pas tellement le choix. C’est pas sur internet que j’vais trouvé comment aider un loup-garou à retrouver sa forme humaine.

Les nerfs, la tension, ma voix est une lame de rasoir tranchante alors que Macy n’a rien demandé, fait tout ce qu’elle peut pour m’aider. Je m’en veux aussitôt, prend une profonde inspiration silencieuse alors que je me pince l’arrête du nez.

- Désolé.
- Tais-toi, idiot. J’vais en parler avec Maxime, voir si je peux lui prendre un peu de sang pour qu’on le donner à analyser. Tu t’souviens du prof qu’on avait rencontré en conférence des jeunes scientifiques là ?
- Joshua ?
- Ouais, j’lui ai envoyé un mail tout à l’heure. Peut-être qu’il voudra bien nous donner un coup de main.

Peu m’importe tant que quelqu’un nous aide à comprendre l’impossible.
Si au début je ne m’inquiétais pas, ça n’est plus le cas aujourd’hui. J’ai déjà bouffé des lignes de bouquins pour essayer de piger ce qu’il se passe avec Enzo, pourquoi est-ce qu’il reste coincé sous sa forme animale et ce que j’ai lu m’angoisse plus qu’autre chose… L’animal prenant possession de l’esprit humain chaque jour passé, le rendant un peu plus bête qu’homme jusqu’à faire disparaitre la conscience. Ca m’fout des frissons dans le dos.

- T’inquiète on va trouver. On n’est pas des têtes d’ampoule pour rien, puis avec notre réseau on trouvera un début de quelque chose à exploiter, ok ?
- Ouais… Je me passe une main sur le visage, déjà fatigué par la tension. Merci Macy, j’essaie de te rappeler dès que je peux.
- Passe à la maison dès que tu peux, j’me fais chier sans toi et j’en ai marre de tenir la chandelle avec les deux tourtereaux.

Elle exagère, abuse mais ça m’fait sourire un peu. Elle me manque, j’ai besoin de la voir parce qu’on pourra dire ce qu’on veut d’elle, elle a toujours le mot pour vous rassurer, pour vous remettre les idées bien droites. Et c’est exactement ce dont j’ai besoin.
Je suis déterminé, prêt à passer des jours et des nuits complètes à faire des recherches s’il le faut mais se ressourcer auprès de ses proches me parait indispensable. Je finis par raccrocher après quelques tendresses prononcer et me dirige vers le manoir que je vais déjà commencer à connaitre par cœur. Je l’exploite, l’arpente depuis quelques jours sous le regard bienveillant d’Olivia mais surtout j’essaie au maximum de montrer une présence humaine à Enzo, de lui parler, de garder son esprit d’Homme parmi nous. Et même si j’en dis rien, avoir Mlle Stoneheaven dans les parages est rassurant. Comme si sa simple présence me persuadait que quoi qu’il arrive, tout ça finira par prendre fin et de la bonne manière.

Mais pour l’instant, je suis une tête de mort, tendu mais surtout déterminé à ramener l’homme que j’aime à l’état d’homme. Je ne lâcherais rien, quoi qu’on en dise. Je descends les escaliers, regard droit et traverse cette pièce que je connais presque aussi bien que la bibliothèque et me dirige sans l’once d’une peur vers Enzo.
J’arrive pas à croire que quelques jours plutôt je touchais encore une peau bouillante, l’embrassait, l’entendait et qu’aujourd’hui mes doigts ne connaissent que le contact de son pelage noir comme la nuit. J’entends Ismaëlle et Olivia parler entre elles et ça n’est pas par désintérêt que je ne les écoute pas mais parce que je veux me focaliser sur lui pour l’instant.

- J’ai eu Macy au téléphone, elle a dit que si tu ne redevenais pas humain elle allait venir te tisser des tresses partout.

De l’humour parce qu’il reste lui, que je sais qu’au fond de lui ça le fait sourire, que parmi tout ce drame ça lui fait du bien d’entendre ce genre de connerie.
Le sérieux revient pourtant rapidement alors que mes doigts se perdent dans l’imposante fourrure, à l’encolure et que mon front touche le sien, déposant un baiser au-dessus de son regard paumé.

- J’te promet que j’vais te sortir de là, t’as compris ? J’ai une grosse tête bien pleine et j’vais te prouver que j’suis pas seulement bon à raconter des conneries. J’affiche un sourire presque pauvre mais sincère malgré tout. En attendant, faut que tu tiennes. Accroche-toi Peluche.

T’as pas le choix parce que j’te laisserais pas « disparaitre » comme ça, sans rien faire. Et avec tous ceux qu’il connait, j’suis certain qu’on va réussir à faire quelque chose, à le sortir de là. Je ne vois pas d’autres finalités que celle-ci. Je passe mes bras autour de son cou et y reste un instant pour lui donner mon odeur et moi, pour m’imprégner de la sienne même si cette dernière est largement différente. J’entends les deux femmes derrières moi se diriger vers nous et je me redresse, sans un mot mais surtout, sans le lâcher du regard.

- Tu es prêt ?
- Oui.

¥

Je ne pensais pas foutre les pieds ici aussi vite et si déjà la situation est complexe et me demande un sang-froid olympien, ce dernier est mise à rude épreuve en foulant les graviers de cette propriété. J’embarque aux côtés d’Ismaëlle et d’Enzo sur le territoire de ceux qui ne me tolère pas, autant être clair. Je sais quel regard il porte sur les personnes de « mon espèce » mais cette idée est aujourd’hui moins importante que tout le reste.
Enzo est endormi à nos côtés, en lévitation. J’aime pas ça mais au moins c’est moins stressant pour lui et il n’a clairement pas besoin de ça. A la seconde où je vois cet homme et cette femme, j’me sens comme un putain d’intru, sans raison apparente. Pourtant, je reste droit, visage et regard déterminé. Je reste aux côtés d’Enzo, ne le lâche pas un instant jusqu’à ce qu’ils s’approchent de nous.

Je rencontre enfin la famille maternelle dont la tante ressemble foutrement à la mère d’Enzo. La ressemblance est presque déstabilisante. Je les écoute échanger des politesses, ne me manifestent pas, préférant que tout cela soit expédié pour que nous puissions passer rapidement à la suite. L’idée de le laisser là me rend fou, me ronge clairement les nerfs mais je n’dis rien parce que je sais qu’on n’a foutrement pas le choix. J’aurai préféré le garder auprès de moi, de nous.

- Tu dois être William ? Heureuse de faire ta connaissance.

Je reviens à la réalité par cette politesse déjà un peu plus chaude, moins … stoïque.

- De même.

Je me tourne vers le grand-père, signe de tête. Ca sera suffisant pour le moment.
Il nous intime de le suivre et si je ne lâche pas Enzo c’est aussi auprès d’Ismaëlle que j’aime à évoluer, comme un ancrage rassurant. Nous franchissons une porte blindée pour nous introduire dans une pièce au sous-sol. Aussitôt mes yeux inspectent l’endroit dans ses moindres recoins.

- Les barreaux ont été changé en sortilège de détention, j’ai supposé qu’il serait plus … à l’aise que dans une cage matérialisée. Il y a un accès à l’extérieur ici, il sera ouvert en majeure partie la nuit ou quand les enfants ne seront pas là. Le parc est immense, il y a une partie boisée, le tout protégé par des sortilèges de protection et de dissimulation infranchissables. Il connait déjà le territoire.

J’écoute et même si je ne réagis pas, ça ne veut pas dire que je n’en suis pas moins attentif. J’ai presque du mal à l’admettre mais il sera plus à l’aise ici que là d’où nous venons. Ca m’arrache l’esprit, me tord l’estomac et quelque part j’ai presque envie de chialer que de le laisser ici. Comme si je l’abandonnais.
Un arrière goût amer, des souvenirs acides me reviennent, de ceux que j’aimerais à oublier là tout de suite.

- Il y aura une personne en permanence en faction devant la porte en cas de besoin, je veillerais à ce qu’il soit stimulé humainement parlant chaque jour et les visites sont les bienvenues. Je crois que ça peut aider et lui faire du bien.

Je reporte mon attention vers cet homme que j’aurai presque pu craindre ou mépriser mais contre tout ce que j’aurai pu imaginer, pas une seconde il ne semble malveillant ou réticent à me voir débarquer sur leur territoire. Je ne m’y attendais pas honnêtement, d’où la raison de cette couche de stress supplémentaire mais l’idée que je puisse venir ici quand je veux me rassure.

- Je crois qu’il aime lire, je me souviens que Clarisse lui a offert 20 mile lieux sous les mers et qu’il l’a dévoré. Si vous avez des idées de livres qui pourraient lui plaire, je me dis que lui faire la lecture pourrait être une bonne chose. Ou peut-être ensorceler les livres pour que les pages se tournent seules et qu'il lise lui-même.
- Est-ce que vous accepteriez que nous lui prélevions un peu de sang ? Pour essayer de déterminer la cause de …

Je n’attends pas la fin de sa phrase et lui présente un flacon.

- J’ai déjà entamé mes recherches.

Parce qu’il m’est impensable d’attendre sans rien faire, les bras croisés. Chaque seconde passée à attendre est une seconde en trop de perdue.

- A quoi est-ce que l’on doit s’attendre exactement ?

Ismaelle énumère ce que je connais déjà, tout ce que nous redoutons tous. Je serre les dents, lutte contre cette impression d’étouffer ici. Je l’admets, je m’impatiente parce qu’encore une fois, toute seconde perdue en est une en mois pour aller continuer de bucher sur le sujet, de comprendre, de faire des tests, des suppositions.
Un regard vers cette grande carcasse poilu et j’ai clairement l’impression de l’abandonner.

¥

Il gambade comme un lapin, se défoule les pattes, l’esprit certainement et pendant qu’il profite de cet instant de liberté, j’observe les lieux, les alentours, cherche une faille, un truc qui n’irait pas mais aussi, je l’admets, je respire et essaie de me détendre un peu, me sentant plus à l’aise aux côtés de mon ancienne prof que du patriarche de cette demeure.

- Ça ne m’enchante pas vraiment de le laisser ici mais je crois que malheureusement, on est à cours d’option et qu’elle reste la meilleure.
- Et elle l’est, de loin. Même si ça m’arrache la langue de l’admettre.

Je suis franc avec elle. Jamais je n’aurai imaginé quelques mois plutôt que nous serions là, tous les deux, à discuter normalement comme si nous n’avions jamais été l’élève et le prof de l’autre. Et si moi j’m’inquiète, je n’ose imaginer ce que ça doit être pour elle. Même si Enzo m’a déjà plus ou moins expliquer à quel point il tient à cette femme, il ne faut pas être sortie d’Harvard pour comprendre qu’ils sont très attachés à l’autre. Elle doit morfler, comme moi, comme nous tous mais pourtant elle ne dit rien, continue de marcher droit, presque sûre d’elle.

- Si jamais tu as le moindre problème, et même si je sais que tu es parfaitement capable de le gérer par toi-même, dis le moi.
- Merci.
- Je me méfis de ce Travis, le mari d’Amelya, comme de la peste. Mais elle j’aurais tendance à lui faire confiance. Enzo lui fait confiance. Quant au patriarche … Je ne sais pas vraiment. Il me donne l’impression de vraiment prendre les choses à cœur.
- Je ne comprends pas comment il est possible qu’une femme aussi bienveillante puisse passer sa vie avec un type comme lui. Enzo m’en a déjà parlé.

En réalité, je comprend dans le sens strict avec leur histoire de tradition de sang-pur et familiale mais j’comprends pas que l’on puisse laisser faire ça encore aujourd’hui. Cette femme, Amelya, si elle est aussi tendre et adorable que l’était la mère d’Enzo… Pourquoi est-ce qu’on lui inflige un type comme lui ?
Quand au grand-père, je pense que tout cela restera strict mais poli, sans débordement avec une entente commune : le bien être d’Enzo.

Mon attention est détourné par les rires d’Ismaëlle, suivi des miens de voir Enzo essayer de bouffer un papillon pour ensuite se jeter dans une fontaine et… AH PUTAIN l’enfoiré !

- Hey !!!
- T’as rien perdu de ta connerie hein !

Je ris, souris, en oublie les soucis l’espace d’une minute, comme si dès ce soir, il redeviendra humain… avant de faire de nouveau face à la réalité. Brutale et imposante. Je prends ma baguette et me sèche à mon tour, de nouveau noyer par un tas de question. Ca n’est pas dans mes habitudes, j’suis plutôt du genre à garder le cap, à continuer sur le fil des conneries pour dérider tout le monde et surtout dédramatiser la situation mais cette fois tout ça me dépasse et même si je n’en laisse rien paraitre, ça ne change rien à ce qu’il se passe dans mon crâne.

- Je l’ai trouvé sous un amas de meuble cassé. Que cette grosse brute a mis en pièce évidemment. Je me suis dit que tu aimerais peut-être la garder le temps qu’il puisse la porter à nouveau.

Je réceptionne sa chaine en argent dans le creux de ma main.

- C’est gentil, vraiment.

Gentil parce qu’elle aurait pu la garder pour elle, elle aurait été plus que légitime en vu de leur relation. J’suis tout jeune dans la vie d’Enzo, je n’suis là que depuis quelques mois contre plusieurs années alors clairement j’aurai trouvé ça plus que logique. Mais je n’en dis rien, me contente de sourire et de la passer autour de mon cou après une seconde d’hésitation. Simple précaution pour ne pas la perdre, pour la garde en sécurité.

- Je sais que votre rôle d’adulte c’est de faire genre que vous n’êtes pas inquiète et de garder les épaules droites mais vous avez-vous aussi le droit d’avoir vos doutes et de les exposer.

J’sais pas d’où ça sort, peut-être parce que j’ai appris à l’observer depuis que nous sommes tous les deux dans cette même situation où chacun s’inquiète en silence.

- Je mentirais si j’disais que je n’étais pas mort de trouille à l’idée qu’il reste comme ça mais je sais aussi qu’on a un max de moyen, qu’avec nos idées et nos contacts en commun on finira par trouver une solution.

C’est une question de temps et même si ce dernier nous manque, nous allons cravacher un maximum pour faire au mieux.
Nous continuons de marcher, parce que parmi tout ça, ça fait aussi du bien de prendre l’air et de profiter du soleil. Je crois que nous en avons tous les deux besoins.

- Comment à réagit Derek ? J’ai cru comprendre qu’il était quand même retourné à Poudlard malgré ça ?

Amertume ? Non sans déconner. Putain. Son frangin est bloqué et lui il fait quoi ? Il se casse quand même ?
J’ai de la haine, c’est vrai. Injustifiée, peut-être, c’est vrai aussi. Mais la fatigue prend le pas, l’angoisse aussi et même si je lui demande ça sur un ton calme voir presque plat, j’ai le feu au ventre.


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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Dim 15 Avr 2018 - 10:47

« C’est gentil, vraiment. »

J’ai cru percevoir une once d’hésitation, je ne me permettrais pas d’en tirer la moindre conclusion mais c’est avec un sourire à la fois tendre et légèrement triste que je le regarde passer l’objet autour de son cou. Ça n’est pas qu’il n’y a pas sa place, simplement qu’on préfèrerait tous les deux le voir sur quelqu’un d’autre.

« Je sais que votre rôle d’adulte c’est de faire genre que vous n’êtes pas inquiète et de garder les épaules droites mais vous avez-vous aussi le droit d’avoir vos doutes et de les exposer. »

La voix est calme, posée, l’inquiétude et la tension y transparaissent mais l’attention me touche. La tête tournée vers lui, ça n’est pas tellement de la surprise que j’affiche mais l’émotion est clairement palpable quoi qu’il en soit. Je le sais. Je sais que je peux tomber le masque devant lui pour la simple et bonne raison que ces derniers jours on a passé beaucoup de temps l’un avec l’autre et j’ai pu cerner le garçon solide qu’il est. Mais je crois que c’est surtout pour moi-même que je tiens le cap de cette façon, droite, d’apparence inébranlable. En silence, c’est d’un sourire que je le remercie. Je crois qu’on a tous les deux appris à communiquer de cette manière malgré nous et peut-être que je finirais par ouvrir un peu les vannes mais pour l’heure, j’ai trop peur de ne pas réussir à les refermer.

« Je mentirais si j’disais que je n’étais pas mort de trouille à l’idée qu’il reste comme ça mais je sais aussi qu’on a un max de moyen, qu’avec nos idées et nos contacts en commun on finira par trouver une solution. »

J’acquiesce, consciente qu’on se rassure comme on peut en gardant l’esprit positif et en l’exprimant pour rendre la chose plus réelle. Mais si on cesse nous-même d’y croire, à quoi bon ? L’énorme masse sombre qui se déplace avec fluidité un peu plus loin a besoin de nous, de bien des manières. Il est solide, j’ai confiance en lui, il fera tout ce qu’il peut pour nous donner le plus de temps possible mais même les esprits les plus braves et courageux ne sont pas invincibles.

« Comment à réagit Derek ? J’ai cru comprendre qu’il était quand même retourné à Poudlard malgré ça ? »

Là encore le ton reste monocorde, presque las, mais une infime crispation de mâchoires m’offre bien plus d’éloquence que ces quelques mots. Il est en colère, je peux le deviner. En colère contre Derek qui a choisi de retourner à Poudlard malgré tout. Je ne suis pas là pour faire l'avocat de la défense ni celle de l'accusation, simplement exprimer les faits tels qu'ils sont en restant neutre à ce sujet.

« Il s'inquiète, sincèrement. Je sais que Derek est … Derek, mais il tient à son frère. A sa manière, certes. »

Un rire bref m'échappe alors que je lève les yeux au ciel. En tant qu'être humain je ne crois pas que je comprendrais réellement ce garçon un jour mais j'ai fait le choix de laisser Enzo gérer cette relation. J'ai l'impression que le contact s'est amélioré entre eux et l'inquiétude de l'ainé m'a réellement paru sincère. J'ai vu le plus âgé de la fratrie au chevet du plus jeune lorsque celui-ci prenait son temps avant de revenir parmi les éveillés il y a de ça pas loin d'un an et demi maintenant et certains attitudes ne trompent pas. Derek n'est pas du genre à exprimer les choses, à se laisser à des démonstrations affectives, mais je suis certaine qu'il tient à son frère. Et que ça n'est vraisemblablement pas le grand amour entre William et lui, en revanche ... Je ne peux pas blâmer William pour ça, à vrai dire. J'imagine sans trop de peine la manière dont le plus âgé des Ryans a du l'accueillir.

« Il cherche une solution là-bas, avec l'aide du Maitre des Potions probablement, celle de Maxence qui en connait un rayon, peut-être Logan … La bibliothèque de Poudlard regorge d'informations et je crois que plus on est à chercher, plus on a de chance de trouver. »

En soi, je crois que c'est une bonne chose de disperser les efforts et que chacun cherche de son côté jusqu'à ce que l'un d'entre nous trouve une solution. Parce que oui, on y arrivera.

« Et puis tu sais, ces deux là trop longtemps ensemble au même endroit … ça serait sacrément problématique de se retrouver avec deux Ryans Lycanthropes vu leur caractère ... »

Je fais un peu d'humour, oui, insinuant clairement que ça finirait par dégénérer.

« D'ailleurs, parlant de Lycan, j’ai mis Savannah Goldsmith sur le coup comme je te l’ai dit mais j'essaie aussi de retrouver Jakob. C’était l’ancien Maitre des Potions, avant que Mademoiselle Roberts-Moore ne prenne le relais l’année dernière quand vous êtes arrivés. Enzo t’a peut-être parlé de lui mais il est Lycanthrope également et était un peu son mentor, d’une certaine façon. Je n’ai plus aucun contact avec lui mais je vais tacher de retrouver sa trace, je me dis que Potions & Lycanthropie mêlées ne peuvent que nous être utiles. Et dès que j’ai mis la main sur lui je vous mets en contact tous les deux. »

Bien sûr que mon cœur s’emballe un peu et que mon estomac se crispe à l’évocation de cet homme, pour bien des raisons, mais je fais abstraction de tout ça, l’esprit focalisé et concentré sur un seul objectif : Remuer ciel et terre s’il le faut pour rendre à ce jeune homme sa forme originelle.

« Certaines choses sont très abstraites pour moi mais me semblent bien claires en ce qui te concerne. C’est impressionnant tout ce que tu peux engranger, comprendre et retenir comme information. Est-ce que tu envisages de continuer les études ? »

Si oui, dans quelle branche ? Ca n’est pas formulé mais implicite. Si non, et pourquoi pas, qu’est-ce qu’il envisage d’autre ? Ou n’envisage pas. Je sais qu’il ne retourne pas à Poudlard, je ne crois pas qu’un retour à Salem soit envisagé non plus. Côté Non-Magique peut-être ? Je m’intéresse réellement, à lui tout simplement, puisqu’on a peut-être passé beaucoup de temps ensemble ces dernières heures mais jamais vraiment pris le temps de discuter et j’ai envie d’en apprendre un peu plus sur ce jeune homme. J’en ai eu quelques bribes déjà lorsque lui et Enzo sont venus à la maison en juillet alors que le plus jeune s’est fait retirer ses cicatrices par Leiv mais puisqu’on est là tous les deux, autant en profiter. Sans parler du fait qu’on a, lui comme moi, besoin de souffler et débrancher un peu de la situation, quand bien même il est actuellement difficile de se projeter vers l’avenir, cesser de vivre au jour le jour. Heure par heure.

Sans aucune offense pour le jeune australien qui nous réunit malgré lui, évidemment.

« Ça fait trop prof chiant comme question ça, non ? »

Je me laisse aller à un nouveau rire, quelque chose qui dénoue encore une fois un peu les épaules et allège l’atmosphère pesante dans laquelle on évolue.
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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Dim 29 Avr 2018 - 14:48

If you've lost your way, I will leave the light on
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- Il s'inquiète, sincèrement. Je sais que Derek est … Derek, mais il tient à son frère. A sa manière, certes.

J’acquiesce en silence, n’apporte aucun commentaire sur la question parce qu’effectivement, il le fait à sa manière, propre à son caractère de merde, fier comme un coq. Vous comprenez, lui c’est un « bonhomme », c’est certainement pas les tapettes dans mon genre qui pourra faire quoi que ce soit de concret.
J’aurai aimé pouvoir m’entendre avec lui, être limite complice pour faire un peu chier Enzo de temps en temps mais pour l’instant, c’est trop me demander que de me focaliser sur ma relation avec Derek. Mon homme est mon seul objectif.

- Il cherche une solution là-bas, avec l'aide du Maitre des Potions probablement, celle de Maxence qui en connait un rayon, peut-être Logan … La bibliothèque de Poudlard regorge d'informations et je crois que plus on est à chercher, plus on a de chance de trouver.
- C’est certain.
- Et puis tu sais, ces deux là trop longtemps ensemble au même endroit … ça serait sacrément problématique de se retrouver avec deux Ryans Lycanthropes vu leur caractère ...

Je lâche un sourire, un rire léger. Elle n’a pas tort… Vu la situation, il serait risqué de mettre à l’épreuve les nerfs de chacun vu l’état de nerfs de tous. Inutile de risquer un double homicide, hein.

- D'ailleurs, parlant de Lycan, j’ai mis Savannah Goldsmith sur le coup comme je te l’ai dit mais j'essaie aussi de retrouver Jakob. C’était l’ancien Maitre des Potions, avant que Mademoiselle Roberts-Moore ne prenne le relais l’année dernière quand vous êtes arrivés. Enzo t’a peut-être parlé de lui mais il est Lycanthrope également et était un peu son mentor, d’une certaine façon. Je n’ai plus aucun contact avec lui mais je vais tacher de retrouver sa trace, je me dis que Potions & Lycanthropie mêlées ne peuvent que nous être utiles. Et dès que j’ai mis la main sur lui je vous mets en contact tous les deux.

Mon regard glisse vers cette femme qui me donne l’impression – et ça n’est certainement pas qu’une impression… - de donner 90% de son temps, de sa vie, à ramener Enzo à son état d’humain. Je l’admire, sincèrement. J’ai rarement vu quelqu’un d’à la fois si déterminé et calme. Un réel exemple de sérénité même si je me doute qu’au fond, ça doit être tout autre chose.
Et parlant de ce fameux Jakob, j’en ai effectivement entendu un peu parler. Un homme taciturne mais doué dans ses fonctions. L’homme de la situation. Enfin, de CETTE situation.

- Je peux peut-être essayer de retracer sa vie, si vous voulez… Je ne sais pas quel genre d’homme il est en société mais toute personne laisse au moins une trace quelque part. Que ça soit pour payer, des impôts, une assurance. J’hausse les épaules sans trop m’étaler même si elle a déjà du comprendre que je ne baigne pas forcément dans la légalité… Enfin, tout ça pour dire qu’avec Macy, on peut se débrouiller pour vous aider à trouver quelques pistes.

Inutile de savoir comment, ça c’est notre truc. Moins elle en sait, mieux c’est, même si nous ne sommes pas non plus dans le cas d’un film d’action où Mlle Stoneheaven risque sa vie à être au courant de tout ça.
Pour Macy et moi ça sera un petit jeu d’enfant pour craquer ou débloquer quelques logiciels qui pourront nous aider à retrouver une trace de ce fameux Jakob.

- Certaines choses sont très abstraites pour moi mais me semblent bien claires en ce qui te concerne. C’est impressionnant tout ce que tu peux engranger, comprendre et retenir comme information. Est-ce que tu envisages de continuer les études ?

Cette fois mon sourire se fait plus large. Je ne sais pas si j’suis touché ou amusé de l’intérêt qu’elle me porte. J’ai jamais douté de la gentillesse de celle qui a été ma prof et même si ça reste un peu étrange d’avoir ce genre de conversation si familière avec elle, ça n’en reste pas moins agréable. Ismaëlle est une femme pleine de ressource, riche en savoir que je ne me lasse jamais d’écouter malgré ma grosse tête de Jimmy Neutron.

- Ça fait trop prof chiant comme question ça, non ?

Un rire m’échappe, je reporte mon attention vers elle.

- Non ! C’est gentil de vous intéresser. Et franchement ça fait du bien de parler un peu d’autre chose sans pour autant négliger le reste.

Parait que le cerveau a besoin de débrancher lui aussi, que parfois une bonne demi-heure d’ennui, à ne rien faire, lui fait du bien pour être beaucoup plus productif et efficace pour des tâches qui lui demande beaucoup de concentration. Bon là en l’occurrence il n’est pas question d’ennui mais de passer à autre chose, de l’aérer avec d’autres sujets moins dramatiques.

- Mes parents ont pondu une grosse tête au Q.I élevé, j’ai aucun mérite pour ça.

Parce que je n’ai même pas besoin de faire de multiples efforts comme certains qui doivent bosser d’arrachepied pour obtenir la moyenne ou de très bons résultats. J’ai juste à lire une fois la leçon et j’ai pigé. J’pige parfois même avant… J’suis même en avance parce que beaucoup trop curieux à lire des bouquins sur tout et n’importe quoi. Même des choses qui ne me serviront jamais dans la vie. J’sais pas d’où ça vient ce besoin de connaissance, d’en apprendre toujours plus. Peut-être que j’me dis qu’on a qu’une vie et qu’il y a un million de chose à voir, à connaitre et à découvrir et que j’préfère profiter au max pour voir le maximum de chose avant de claquer.

- J’sais pas trop où j’veux aller dans les études. Au départ j’étais pas chaud pour en faire de longues parce que j’ai pas envie de m’emprisonner dans une boucle qui m’empêchera d’avoir du temps pour exploiter d’autres domaines. J’ai envie de toucher à tout et de tout voir. Pas de consacrer 15 ans de ma vie aux mêmes études, aux mêmes choses, même si ça reste super intéressant pour certains domaines type la neurologie.

Un domaine qui restera toujours surprenant ne serait-ce que par l’évolution de l’homme en lui-même que par notre impossibilité d’exploité la totalité de notre cerveau. Bref, tout ça pour dire que j’sais pas quoi foutre de ma vie.

- J’avais pensé à devenir prof mais j’sais pas dans quel domaine. Puis après j’me suis dit « pourquoi pas » chercheur sans forcément visé de domaine précis. Franchement j’en sais rien, c’est compliqué de savoir où aller quand on a que 19 piges.

En réalité, je serais capable de me prendre de fascination pour l’ouverture d’un food truck pour avoir la possibilité de faire mille voyage et mille expérience. Après tout, y a pas de sous métier.

- Vous avez plus d’expérience que moi, vous avez pas un p’tit conseil à me donner ?

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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Mer 9 Mai 2018 - 13:21

Traquer Jakob par des méthodes typiquement technologique donc Non-Magiques ? L'idée est bonne, très intéressante, mais connaissant l'ours je ne suis pas certaine qu'elle soit concluante. Ceci dit, qui suis-je pour prétendre connaître cet homme ? Tout ce qui m'importe pour le moment c'est de développer le plus de moyen possible pour aider Enzo, aucune porte n'est donc à fermer et surtout pas sur des suppositions. Je me doute bien que tout ça n'a rien de légale et quelques années en arrière j'aurais peut-être tiqué, grimacé, mais cette Ismaelle n'est plus aujourd'hui. Il est clair que William et Macy ont mon feu vert – quand bien même je doute qu'un feu rouge de ma part aurait été un véritable obstacle. Il y a une détermination dans le fond de son regard qui brûle comme une flamme : Il fera tout ce qu'il peut pour ramener le garçon qu'il aime, peu importe les conséquences.
La discussion évolue un peu, dérive, par choix. Celui de s'accorder un peu de répit et de voir au delà des limites de cette propriété, au delà des limites de la situation. Nos deux têtes en ont besoin et je dois bien le dire, j'apprécie réellement de le voir rire. Mon côté un peu maternel qui ressort, probablement, mais comment faire autrement quand autant de temps passer ensemble fait naitre une réelle affection pour ce garçon ?

« Non ! C’est gentil de vous intéresser. Et franchement ça fait du bien de parler un peu d’autre chose sans pour autant négliger le reste. »

Sourire. Pour le moment tout va « bien », Enzo est maitre de lui-même, il est en sécurité, on a tous les deux le droit à cette pause tandis que celui qui nous a réuni malgré lui en fait autant non loin de là. A sa manière.

« Mes parents ont pondu une grosse tête au Q.I élevé, j’ai aucun mérite pour ça. »

Cette fois c'est moi qui laisse échapper un rire, réellement amusé par ce qu'il vient de dire.

« J’sais pas trop où j’veux aller dans les études. Au départ j’étais pas chaud pour en faire de longues parce que j’ai pas envie de m’emprisonner dans une boucle qui m’empêchera d’avoir du temps pour exploiter d’autres domaines. J’ai envie de toucher à tout et de tout voir. Pas de consacrer 15 ans de ma vie aux mêmes études, aux mêmes choses, même si ça reste super intéressant pour certains domaines type la neurologie. »

Ce que j'en déduis c'est qu'il est très curieux et intéressé par énormément de domaine. Malheureusement c'est vrai que beaucoup de secteur impose un cursus très long et qu'on ne peut pas vraiment s'improviser neurologue ou autre chose de très complexe dans ce genre-là. Bonne chose ou mauvaise chose, là, c'est un autre débat, mais je comprends les questions qu'il se pose. Avec ses capacités il pourrait s'ouvrir énormément de portes, c'est peut-être justement le « problème » dans le sens où il a beaucoup de possibilités et donc de choix potentiels.

« J’avais pensé à devenir prof mais j’sais pas dans quel domaine. Puis après j’me suis dit « pourquoi pas » chercheur sans forcément visé de domaine précis. Franchement j’en sais rien, c’est compliqué de savoir où aller quand on a que 19 piges. »

19 ans … Et une belle claque. Difficile d'imprimer que ces gamins sont aussi jeunes quand on les voit et quelque part c'est extrêmement triste d'en arriver à ce constat. Moi-même je me sens parfois bien plus âgée que je ne le suis et on sait tous à quoi ce sentiment est du, que ça soit me concernant ou les concernant eux.

« Vous avez plus d’expérience que moi, vous avez pas un p’tit conseil à me donner ? »
« Tu parles à une personne qui se demande encore comment et pourquoi elle a été embauchée pour être prof il y a de ça trois ans. »

Le rire que je laisse échapper cette fois est nettement plus franc, clairement amusé là aussi et plein d’ironie ou quelque chose comme ça. Est-ce que je me sens en mesure de donner des conseils d’orientation ? Et pourquoi pas après tout. Je peux lui parler de mon parcours, ça l’aidera peut-être à voir les choses à travers le regard de quelqu’un qui est passé par là avant lui. Et puis autant le dire, les mots sortent naturellement, parce qu’ils ont envie de le faire.

« Quand je suis sortie de Poudlard avec mon D.E.S.M.A.N. en poche j'étais un peu perdue. J'ai grandi enfermée entre chez moi et l'hôpital à cause d'un problème cardiaque. Les médecins ne me donnaient que très peu de chance de survie et par je ne sais quel miracle je leur ai donné tort à tous. J'ai pu être greffé, je suis passé de l'hôpital ou de chez moi à Poudlard alors quand il a fallu faire un choix et foncer vers l’avenir j'étais complètement inapte à prendre ma vie en main parce que je n'y connaissais absolument rien. »

Pas de pudeur ou de gêne, ce ne sont pas des sujets tabou pour moi et la cicatrice sur mon plexus parle de toute façon d’elle-même.

« J'ai fini dans l'armée, les casques bleus, ne me demande pas pourquoi. J'y ai servi 4 années. J'ai trouvé Fenrir lors de ma dernière mission en Centrafrique d'ailleurs. Aucune idée de ce que faisait un chien comme lui là-bas mais il était attaché et mal en point en plein milieu d'un village, destiné à être un chien de combat. Personne n'aurait pu m'empêcher de le ramener. »

Ceci étant un détail totalement hors propos mais sans trop savoir pourquoi, j’ai envie d’en parler. Je revois ce jeune chien complètement terrorisé, blessé … Je suis fière et heureuse de le voir évoluer aujourd’hui sans aucune séquelle de tout ça.

« J'y ai aussi fait la connaissance d'Owen, Owen Matthews, qui était Gardien à l'école ces derniers mois. Tu vois ? »

Complètement hors sujet ça aussi mais depuis combien de temps je n’ai pas eu une discussion normale et simple avec quelqu’un ? Je suis simplement incapable de me le rappeler. Un qui n’en manque pas une en tout cas c’est le grand loup noir qui s’immobilise à quelques mètres devant nous et tourne légèrement la tête en lâchant un grondement sourd tout en nous regardant de biais. Je pourrais paniquer seulement je connais l’oiseau, j’ai appris à reconnaitre les signes et je sais parfaitement qu’il n’est pas une source de danger en cet instant – juste un gros jaloux !

« Dis donc toi, c'est impoli d'écouter les conversations des autres ! Monsieur J’ai-l’ouïe-ultra-fine. »

Le sourire de William ne m’échappe pas, je crois que c’est une chose – sans offense Owen – avec laquelle il a déjà dû jouer vu la réaction immédiate de Zozo la Malice aka Mister Possessivité 2015 qui fait demi-tour et viens se frotter de tout son long contre le jeune Américain, le poil encore trempé, avant de repartir comme il est venu une nouvelle fois.
Je lève les yeux au ciel face à la réaction d’Enzo parce que je sais que derrière la blague se cache un fond de vérité – j’te connais espèce de loostik, si ça c’est pas du marquage de territoire je ne m’appelle pas Ismaelle Luna Stoneheaven – me moque gentiment mais ouvertement de William qui vient de se faire prendre à son propre jeu et se retrouve avec le pantalon parsemé de tâches d’eau…

« Très artistique ces motifs. »

… et reprends comme si de rien n’était une fois l’attention de ce dernier captée à nouveau.

« Bref ! J'ai décidé de quitter l'armée parce que ça n'était pas vraiment fait pour moi. J'y ai appris beaucoup de choses sur moi-même, ça m'a permis de me construire un peu, je ne regrette rien mais il était temps pour moi de passer à autre chose. Je suis donc retournée vivre chez mes parents, je ne savais pas trop quoi faire de moi et puis j'ai entendu parler d'un poste de garde-chasse qui se libérait à Poudlard alors j'y suis allée au culot, j'ai postulé. Je n'avais absolument aucune qualification si ce n'est mes 11 années d'études et pourtant, l'ancien Directeur m'a laissé ma chance. Je me suis retrouvée Professeur de SACM sans même comprendre ce qui m'arrivait. »

Quand j’y repense, tout ça me semble tellement lointain, presque dans une autre vie, mais les souvenirs reviennent et me font sourire.

« J'ai complètement improvisé, les débuts étaient un peu chaotiques. »

J’éclate de rire en revisualisant la gamine coincée que j’étais encore à l’époque même si ça ne fait pas si longtemps que ça dans les faits. Je me souviens aussi que la « tranquillité » des débuts n’a pas duré puisque ceux qui se sont auto proclamés Supérieurs ont débarqué quelques semaines plus tard. Ils n’ont pas leur place dans cette conversation et si une seconde je tourne la tête pour observer Enzo c’est parce que je me souviens parfaitement la première fois que j’ai remarqué ce sale gosse, à la même période.

« Tout ça pour dire que je suis devenue Prof un peu par hasard et que j'ai appris sur le terrain, je me suis formée au fil du temps, en apprenant de celui qui était là avant moi, etc ... Ma passion pour l'enseignement et les créatures s'est développée au fil des années … Et j'ai fini Directrice Adjointe encore une fois sans comprendre comment ni pourquoi. »

Je me demande encore parfois comment on a fait pour gérer tout ça, catapultés tous autant qu’on était dans un truc aussi lourd. Et tout ce palabre pour en arriver à la conclusion suivante – désolée si je t’ai perdu en route jeune homme !

« Je n'ai pas d'astuce ou de conseil à te donner si ce n'est de suivre ton instinct. Tu es encore jeune, tu as le temps de tester des choses, de te tromper, d'hésiter, de prendre le temps tout simplement. Et puis je crois que finalement c’est aussi une question de tempérament, pas vraiment d’âge. »

Certains recommencent tout de zéro tout au long de leur vie, d’autres en sont incapables.

« Ce qui me fait penser que je suis actuellement sans emploi officiel, d'ailleurs. »

Vague détail.

« J'ai un futur mari médecin, c'est pas très grave. »

Traduction : Il m'entretiendra avec son gros salaire ! 100% crédibilité. 100% faux air détaché et sourire en coin qui ne demande qu’à éclater. 100% cette conversation pleine de normalité fait énormément de bien.
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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Lun 28 Mai 2018 - 22:24

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- Tu parles à une personne qui se demande encore comment et pourquoi elle a été embauchée pour être prof il y a de ça trois ans.

Le rire est léger le mien qui suit aussi et encore une fois, ça fait du bien de pouvoir se détendre un peu, parler d’autres choses sans pour autant lâcher son objectif des yeux. C’est maintenant que je prends conscience que je ne me suis pas accordé un seul moment détente depuis qu’Enzo n’a pas reprit forme humaine. Il m’est inconcevable d’aller perdre du temps car chaque seconde passée à faire autre chose est une seconde perdue pour tenter de le ramener à nous. Il faut que je trouve et je trouverais.
Mais en attendant, je poursuis ma discussion avec Ismaelle. Pour être honnête, je ne me serais jamais vu me taper la discussion comme ça avec une de mes anciennes profs.

- Quand je suis sortie de Poudlard avec mon D.E.S.M.A.N. en poche j'étais un peu perdue. J'ai grandi enfermée entre chez moi et l'hôpital à cause d'un problème cardiaque. Les médecins ne me donnaient que très peu de chance de survie et par je ne sais quel miracle je leur ai donné tort à tous. J'ai pu être greffé, je suis passé de l'hôpital ou de chez moi à Poudlard alors quand il a fallu faire un choix et foncer vers l’avenir j'étais complètement inapte à prendre ma vie en main parce que je n'y connaissais absolument rien.


Mon regard glisse au fur et à mesure vers elle, entre la surprise et peut-être une part d’admiration. Les maladies ne sont pas marquées sur la gueule des gens au même titre que leur problème ou même une sexualité mais j’avoue que jamais j’aurai imaginé un passif comme celui-ci pour cette femme qui se tient à mes côtés. Réflexion un peu conne parce qu’en réalité je ne sais même ce que j’aurai imaginé.
C’est en silence que je continue de l’écouter, curieux.

- J'ai fini dans l'armée, les casques bleus, ne me demande pas pourquoi. J'y ai servi 4 années. J'ai trouvé Fenrir lors de ma dernière mission en Centrafrique d'ailleurs. Aucune idée de ce que faisait un chien comme lui là-bas mais il était attaché et mal en point en plein milieu d'un village, destiné à être un chien de combat. Personne n'aurait pu m'empêcher de le ramener.
- Wow mais vous avez eu combien de vie en fait ?

Non de dieu.
L’armée ? Casque bleu ? Bah putain. Ca explique peut-être pas mal de truc ceci dit, ce sang-froid face aux situation les plus critiques, ce sens de l’organisation, cette façon de respecter les lois tout en sachant quand est-ce qu’il faut les transcrire… quatre années dans l’armée, ça ne s’oublie pas d’un claquement de doigts.
Quant à Fenrir, c’est une belle histoire même si ça ne m’étonne pas. Là aussi, des choses s’expliquent comme la solidité de leur lien.

- J'y ai aussi fait la connaissance d'Owen, Owen Matthews, qui était Gardien à l'école ces derniers mois. Tu vois ?

J’ai un sourire large, spontané, voir taquin.

- Oh ouais, j’vois très bien.


Pour avoir déjà mater mille fois son boule, un peu que je le connais. Et quand j’entends Enzo grogner un peu plus loin, j’suis pas surpris.

- Dis donc toi, c'est impoli d'écouter les conversations des autres ! Monsieur J’ai-l’ouïe-ultra-fine.

- Fais pas ton jaloux ! J’y suis pour rien s’il porte bien les jeans.

La réaction ne se fait pas attendre puisque bien évidemment Môssieur j’marque mon territoire vient frotter son poil humide le long de ma jambe… et on parle pas d’un caniche là mais d’un grand loup qui étale donc tout son pelage mouillé de haut en bas de ma jambe. J’écarte les bras, grogne sans manquer de sourire parce que ce simple geste me creuse un peu plus le manque de lui.
Le manque de son toucher, le manque de l’avoir contre moi, de l’entendre, de le voir me faire chier. De le voir, tout simplement. Et si Ismaëlle ne détournait pas mon attention avec cette petite remarque taquine et amusée, je crois que j’serais déjà entrain de silencieusement chialer.

- Très artistique ces motifs.
- Il a des talents cachés pour le pointillisme visiblement.

Je me cache le visage, en me penchant pour m’eppouster même si ça ne sert à rien, juste le temps de me reprendre.

- Bref ! J'ai décidé de quitter l'armée parce que ça n'était pas vraiment fait pour moi. J'y ai appris beaucoup de choses sur moi-même, ça m'a permis de me construire un peu, je ne regrette rien mais il était temps pour moi de passer à autre chose. Je suis donc retournée vivre chez mes parents, je ne savais pas trop quoi faire de moi et puis j'ai entendu parler d'un poste de garde-chasse qui se libérait à Poudlard alors j'y suis allée au culot, j'ai postulé. Je n'avais absolument aucune qualification si ce n'est mes 11 années d'études et pourtant, l'ancien Directeur m'a laissé ma chance. Je me suis retrouvée Professeur de SACM sans même comprendre ce qui m'arrivait. J'ai complètement improvisé, les débuts étaient un peu chaotiques.


Un mot : Admiration.
Et sans s’en rendre compte, elle me fournit les clés, des réponses à certaines de mes questions. Ismaëlle a bien plus de chose à partager que je n’aurai pu l’imaginer et l’écouter me conter son expérience m’est bénéfique sur tout un tas de plan.

- Tout ça pour dire que je suis devenue Prof un peu par hasard et que j'ai appris sur le terrain, je me suis formée au fil du temps, en apprenant de celui qui était là avant moi, etc ... Ma passion pour l'enseignement et les créatures s'est développée au fil des années … Et j'ai fini Directrice Adjointe encore une fois sans comprendre comment ni pourquoi.

Et pas à un moment je ne parle, ne commente, parce que je l’écoute avec curiosité, passion et avidité. Le parcours de cette femme est impressionnant et me fout une véritable claque dans la gueule. Je n’saurais pas dire précisément pourquoi. Peut-être par son humanité et l’ampleur de tout ce qu’elle a accomplit en si peu de temps. Je n’sais pas son âge mais elle n’a pas l’air bien vieille, ça ne change pourtant pas toute cette expérience qui émane d’elle.

- Je n'ai pas d'astuce ou de conseil à te donner si ce n'est de suivre ton instinct. Tu es encore jeune, tu as le temps de tester des choses, de te tromper, d'hésiter, de prendre le temps tout simplement. Et puis je crois que finalement c’est aussi une question de tempérament, pas vraiment d’âge. Ce qui me fait penser que je suis actuellement sans emploi officiel, d'ailleurs. J'ai un futur mari médecin, c'est pas très grave.

J’éclate cette fois de rire, mains dans les poches.

- Vous avez trouvez le bon filon avec lui ! Il pourra vous entretenir jusqu’à la fin de vos jours et vous aurez tout le loisir de faire ce que vous voulez.


Même si je me doute que ça ne doit pas être dans son tempérament de se laisser entretenir, de passer de longues journées à ne rien faire. Suffit de voir comment elle tourne en rond pour le comprendre. Ca m'fait toujours super bizarre d'imaginer Mr Helland amoureux... je l'admets.
Nous continuons notre balade, je prends une inspiration et cette discussion me fait du bien. Semble me libérer d’un poids.

- J’dois admettre que je suis vachement admiratif… Envers vous j’veux dire.

Je n’ai aucun problème avec l’honnêteté dont je fais preuve. Ni même pudique. Les faits sont là, cette femme m’impressionne pour un tas de raison.

- J’étais loin de m’imaginer avec tout ce parcours à votre actif. Vous êtes une véritable femme d’action !

Qui doit probablement s’arracher les cheveux les jours où elle n’a rien à faire ou qu’elle se retrouve bloqué dans une situation comme celle où nous sommes. A devoir attendre les actions de chacun, chercher, attendre encore… Et a bien y réfléchir, ça va finir par me rendre frapper si j’peux pas faire plus.

- En tout cas, votre histoire est vachement inspirante… Et j’pense que je vais partir sur ça. Me laisser aller à mes envies, tester des trucs et voir ce qu’il adviendra. Bon faut pas trop que je déconne non plus parce que moi j’ai pas de petit ami médecin qui peut m’entretenir.

Je blague, c’est une évidence. Et je m’adresse à Enzo qui, je le sais, nous écoute d’une oreille.

- Eh t’entends ? Au lieu de te rouler le museau dans l’herbe là, tu veux pas devenir avocat ?

Nan me regarde pas comme ça, j’ai pas envie que la prochaine étape est que tu viennes me balancer dans la flotte je n’sais où. Et en vérité, j’m’en fou de ce qu’il deviendra plus tard. J’parle de son métier, tant qu’il fait quelque chose qui lui plait, qui le passionne même si ça se résume à faire la lecture à des p’tits vieux dans une maison de retraite, ça me va. Je rêve d’une vie épanouie, avec son lot de pression certes, parce que ça se saurait si la vie était simple. Si elle l’était, on ne serait pas là aujourd’hui, à se ronger les sangs.

- Félicitation pour votre mariage d’ailleurs. Vous comptez faire ça quand ? Vous avez déjà choisi la robe et tout ça ?

Ouais, j’discute mariage et robe avec ma prof, c’est quoi le problème.


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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Mar 29 Mai 2018 - 0:05

S'endormir à un endroit, s'éveiller dans un autre. S'endormir ses doigts dans mon pelage, s'éveiller avec sa présence toujours là. S'endormir … et ne pas savoir qui aura les commandes au réveil. Voilà de quoi est fait mon quotidien depuis quelques jours et la lassitude, la fatigue, commencent à prendre possession de moi. Je n'ai pas compris ce qui s'est passé, je ne comprends toujours pas. Mon corps d'Homme me manque, pour bien des raisons, et si d'ordinaire l'entente est cordiale, presque complice, entre Loup et moi, plus le temps passe et plus la lute s'installe. Quelque chose parasite notre lien, cet équilibre qu'on a mis du temps à construire, à bâtir tous les deux.

Je me sens partir et je ne peux rien y faire.

Ça ne fait que cinq jours, c'est finalement assez peu, mais suffisant pour avoir déjà manqué à plusieurs reprises de blesser une personne que j'aime. Moi qui déteste les barreaux, les cages, c'est pourtant là que je vais me planquer par peur du geste de trop. Les heures s'écoulent, la notion du temps qui passe devient abstraite, mes perceptions changent, s'effacent, se transforment et l'inquiétude dans les yeux de ceux que j'aime me rend triste.

Je me suis endormis chez moi, je me réveille à l'autre bout du globe. Cet endroit je le connais par cœur, n'y ai pas que des bons souvenirs, mais je sais pourquoi il est préférable que je reste ici en attendant qu'une solution soit trouvée. Parfois la frustration est tellement oppressante que j'ai l'impression d'étouffer. Je suis là, centre de l'attention, leur vie est pressée sur pause par ma faute et je ne peux rien faire là encore. Coincé dans ce corps je ne peux rien faire, pas même m'exprimer, les rassurer, les réconforter. Les larmes de Grand-Mère me brisent le cœur, la droiture d'Ismaelle me fait culpabiliser parce que je sais ce qu'elle met entre parenthèse. Et puis il y a William. Qui s'efforce de garder la face mais je vois bien dans le fond de son regard qu'il a peur. Je voudrais pouvoir le prendre dans mes bras, lui dire que tout ira bien, mais je ne peux pas. Je ne peux pas le toucher, je ne peux pas lui parler, et si ses mots et ses gestes me gardent présent, s'ils me font du bien, je ne peux pas lui rendre la pareil. Je me surprends parfois à avoir envie de le pousser dehors, qu'il voit autre chose que les barreaux de mes cages, autre chose que cette grosse masse dont il n'a pas peur – mais moi j'ai peur. Quand il s'approche sans trembler, sans se méfier, parce qu'il me fait confiance. J'ai peur du geste fatale, de la seconde qui fera tout basculer. Pourtant m'éloigner de lui me serait encore plus cruel je le sais. J'ai besoin de sa présence, sans lui j'ai le sentiment que je serais déjà parti, déjà un peu plus loin.

Je les observe du coin de l'œil et si je pouvais sourire je le ferais. Je sais ce que ça signifie pour moi d'être ici mais je sais aussi qu'ils vont pouvoir souffler. Et simplement, ça me rend heureux de les voir discuter comme ils le font, créant un lien qui n'existait pas réellement jusqu'ici.
Mes pattes foulent le sol de manière légère, je me sens tranquille et en profite puisque ces instants deviennent malheureusement de plus en plus rares. J'essaie de ne pas trop cogiter, ça n'apporte que des frustrations supplémentaires. Quelqu'un m'a fait ça, oui, mais qui ? Et pourquoi ? Ou alors est-ce simplement un accident ? Un dérèglement de ma Lycanthropie ? Je chasse tout ça de mes pensées en sautant dans une fontaine pour les arroser, en grondant de cette émotion purement humaine qu'on appelle possessivité, jalousie, quand il s'amuse à me provoquer. Au même titre que j'ai besoin des menaces de Macy risquant de me faire des tresses, j'ai besoin de ces petites choses qui me rappellent que je suis Humain quand je glisse sur une pente qui pourrait me le faire oublier. Et le fait qu'il porte ma chaine autour du coup ne m'échappe pas. Je ne pourrais pas décrire ce que ça me provoque. Je la lui ai confié pour la première fois lors de la précédente Pleine Lune, celle qu'on a passé tous les deux dans les montagnes, dans le Chalet de ma famille maternelle, mais aujourd'hui c'est différent. Qu'il en soit le gardien a quelque chose de fort à mes yeux.

Et tiens, voilà pour ton jean, ça t'apprendra à faire le malin Jackson.

« Eh t’entends ? Au lieu de te rouler le museau dans l’herbe là, tu veux pas devenir avocat ? »

Mais c'est qu'il en redemande.

Je sais bien ce qui se cache derrière ça, derrière son attitude comme la mienne, celle d'Ismaelle aussi. Je ressens des choses qu'ils n'expriment pas, que seul leur organisme laisse percevoir. Quand je suis comme actuellement en symbiose avec les deux phases de mon être j'ai les « avantages » de chacune. Les sens, l'instinct, les perceptions, et l'analyse que peut en faire l'Homme.
Une seconde j'hésite, tenté, puis me ravise, me contente simplement de l'observer avec dans le creux du cœur un manque que seul des mains et des lèvres pourraient assouvir. Et je sais que si je m'approche de lui en cette seconde, que je casse ce qu'il est en train de construire et qui lui sert de protection, je lui ferais plus de mal que de bien. J'ai envie et besoin de sentir son odeur, loger ma tête contre son ventre, l'entendre rire et prétendre l'espace de quelques secondes que tout va bien, que tout est normal, mais je m'abstiens. J'aimerais passer ma tête sous la paume d'Ismaelle et que par un geste rassurant, maternel, elle me transmette tout le réconfort qu'elle serait prête à me donner sans la moindre hésitation mais là encore je m'abstiens.

Une présence me sort de mes pensées, un regard en biais et un grondement sourd font s'éloigner celui qui envahit mon espace vital sans y être invité. Un des gardiens de la propriété. Je n'ai pas d'inimitié particulière à son égard, je suis même complètement indifférent à sa présence. Tant qu'il ne s'approche pas trop. Ni de moi, ni d'eux.
Il s'écarte mais n'existe déjà plus pour moi. J'ai les yeux rivés sur les deux silhouettes qui s'éloignent en continuant de discuter et laisse échapper un soupir. Les yeux mi-clos, la tête vers le ciel, sans trop savoir pourquoi c'est comme si j'appelais Loup. Parfois les émotions humaines sont trop difficiles à porter, j'ai simplement besoin d'un peu d'aide. La sienne. Et comme si les éléments avaient décidés de s'en mêler le vent tourne, m'apporte une odeur que l'homme ne trouve pas alléchante non mais le prédateur si. Un lapin, terré quelque part par là … Diversion efficace et nécessaire. Je débranche, connecte mes sens et pars en chasse. Je ne dis pas que je le tuerais, si j'arrive à m'en empêcher alors il pourra dormir sur ses deux oreilles tranquillement dans son terrier pour le reste de la journée.
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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Mar 29 Mai 2018 - 19:58

Il y a des rires qui réchauffent le cœur, c’est précisément le cas de celui-ci. Qu’il s’agisse du mien comme du sien.

« Vous avez trouvez le bon filon avec lui ! Il pourra vous entretenir jusqu’à la fin de vos jours et vous aurez tout le loisir de faire ce que vous voulez. »
« Exactement ! Ravie de voir que tu me soutiens dans ma démarche. »

Aucun de nous deux n’est sérieux, bien évidemment, mais c’est amusant de le prétendre. La détente n’est pas factice, elle est qui plus est accueillie avec une certaine forme de soulagement il faut l’admettre. Mes épaules me semblent moins lourdes, je crois que c’est le cas de celles du jeune homme également.

« J’dois admettre que je suis vachement admiratif… Envers vous j’veux dire. J’étais loin de m’imaginer avec tout ce parcours à votre actif. Vous êtes une véritable femme d’action ! »

Et qui aurait pu croire ça en m’ayant connu quelques années en arrière alors que je n’étais qu’une ado coincée ? Même moi j’ai du mal à réaliser. Pourtant c’est vrai, l’action fait partie de moi aujourd’hui et le sentiment d’impuissance me rend folle même si je ne le montre pas.
Sourire. Un peu de gêne, juste de quoi faire rosir mes joues et détourner le regard l’espace d’une seconde. Les compliments me mettent mal à l’aise mais je les accueille comme il se doit, avec plaisir malgré tout. Je ne me suis jamais réellement arrêtée dans mon quotidien pour regarder en arrière et faire le compte de tout ce que j’ai pu vivre et expérimenter jusqu’ici, maintenant que c’est fait je réalise l’étendu du parcours. Sans parler de ce que je n’ai pas évoqué, de plus personnel, qui a contribué à me construire aussi. Comme tout un chacun. Discuter de ça avec William me fait plaisir quoi qu’il en soit, et si ça peut l’aider à y voir plus clair alors c’est du bonus. J’en suis heureuse.

« En tout cas, votre histoire est vachement inspirante… Et j’pense que je vais partir sur ça. Me laisser aller à mes envies, tester des trucs et voir ce qu’il adviendra. Bon faut pas trop que je déconne non plus parce que moi j’ai pas de petit ami médecin qui peut m’entretenir. »

Cette fois c’est à moi de rire, bien consciente que là encore il n’y a pas une once de sérieux dans ses propos. Dans les derniers, en tout cas. Pour le reste, je suis curieuse de voir ce qu’il choisira de tester et compte bien suivre tout ça de près ou de loin.

« Eh t’entends ? Au lieu de te rouler le museau dans l’herbe là, tu veux pas devenir avocat ? »

Nouvel éclat de rire de ma part, regard indéchiffrable du grand loup noir qui ne bouge pas d’un poil. Je ne serais pour autant pas étonnée de le voir bondir d’un instant à l’autre dans notre direction pour mettre son cher et tendre par terre. En attendant, Enzo, avocat ? Et pourquoi pas ? Ce garçon peut faire ce qu'il veut quand il s'en donne les moyens mais je crois qu'on sait tous qu'il ne pourra jamais rester bien longtemps loin de l'océan. A moins d'en être forcé.

« Si je peux me permettre, entre ici et la partie Australienne … Je crois que pour te faire entretenir tu as trouvé un filon relativement plus conséquent que le mien. Je vais me renseigner pour voir s’il n’a pas un oncle célibataire tiens. »

Parce que je suis une femme vénale, c’est bien connu. Tout comme William m’a l’air particulièrement porté sur l’appât du gain. Ceci étant, bien évidemment, une totale ironie. Au cas où certains en douteraient.

« Félicitation pour votre mariage d’ailleurs. Vous comptez faire ça quand ? Vous avez déjà choisi la robe et tout ça ? »
« Merci beaucoup, c’est très gentil. »

Ça me touche, je suis toujours un peu … Disons que les choses se font tellement naturellement que je ne réalise pas vraiment ce que tout ça implique. Tout ce que je sais c’est que je suis incroyablement heureuse de la situation. Même si j’ai l’esprit un peu ailleurs en ce moment, concentré sur d’autres choses, j’ai vraiment hâte de devenir Mme Helland.

« On avait plus ou moins prévu de faire ça en septembre mais … Tu me diras, poser le coussin des alliances sur le dos d’un grand loup noir ça peut avoir son petit effet.  »

Je me laisse aller à un nouveau rire, imagine Adrian marcher aux côtés de cette grande silhouette sombre, non sans une pensée pour Alexander qui aurait eu sa place quelque part dans le schéma si la vie n’en avait pas décidé autrement. Mon regard se pose brièvement sur Enzo qui semble désormais avoir détaché son attention de nous et un sourire tendre s’invite sur mon visage.

« J’aimerais qu’il soit là. »

Sur ces deux jambes. Mais nous ne sommes qu’en début de mois et tout ça va s’arranger rapidement, il ne peut en être autrement.

« Et puis il y a la rentrée, Logan a besoin d’un coup de main pour la paperasse. Il aime tellement ça que je risque de trouver le château en flamme si je n’arrive pas à temps. »

Ceci n'étant, je crois, un secret pour personne. Mais bien sûr que j'exagère. Un peu.

« Je devais aller faire des essayages avec Margo mais ces trucs-là …Tu m’as bien regardé ? Je suis plus à l’aise en treillis plein de poussière. J’ai peur de ne pas supporter les sourires mielleux des vendeuses et une avalanche de robes qui ressemblent à des immondes meringues entre deux coupes de champagne. »

C'est tellement moi ! Quel dommage que nous n'ayons pas réussi à accorder nos agendas ... Oops ! Promis, je n'ai pas fait exprès.

« Je ne sais pas, je me dis que je vais peut-être porter la robe de mariée de ma mère, qui était celle de ma Grand-Mère avant, et la réajuster un peu pour la personnaliser. Ou alors on se mariera sur un coup de tête, habillés comme des touristes, chez le Pasteur du coin. »

Et pourquoi pas ? En gros, nous n’avons pas vraiment pris le temps de penser à organiser quelque chose et c’est peut-être un signe. Pas parce que ça ne nous tiens pas à cœur, bien au contraire, mais simplement parce que quelque chose en grande pompe ça n’est pas tellement à notre image. Je suis sortie de Poudlard, on a dû gérer le jugement pour la garde d’Adrian, l’achat de la maison, nos vacances, la reprise d’exercice de Leiv, trouver un remplaçant pour ce qui me concerne et placer certaines créatures, etc … Mais tôt ou tard mon homme du Nord je te passerai la bague au doigt.

« Je ne sais pas si on fera quelque chose de « grand », ou peut-être plus tard. Si c’est le cas tu viendras ? Ça me ferait plaisir. A Leiv aussi j’en suis certaine. Enfin sauf si tu continues avec tes « vous » par ci et tes « vous » par là. J’suis pas encore mariée, ne me sers pas du Madame et tout le bordel. Je veux du « tu » et du « Ismaelle ». Point. »

Non, vous ne rêvez pas, j'ai bien prononcé le mot bordel. J'entends Margo glousser d'ici ... Léger regard vers ma montre, malheureusement je vais bientôt devoir y aller mais cette conversation m’enchante réellement, tout comme le fait de découvrir un peu plus William.
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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Dim 17 Juin 2018 - 15:25

If you've lost your way, I will leave the light on
EXORDIUM.
Elle n’a pas tort… On peut dire qu’avec Enzo et sa fortune de gosse de riche, on risque de pouvoir assurer la richesse sur au moins deux générations si on se démerde bien. Vous croyez que j’suis là pour quoi, hein ? J’suis même pas crédible. S’ils savaient tous comme j’en ai rien à foutre de la thune, que j’pourrais me contenter d’une cabane au fond d’un jardin tant que j’ai la possibilité de pouvoir user d’un ordinateur craqué pour faire quelques-unes de mes magouilles avec Macy. Mais c’est le genre de détail qui ne se dise pas à une prof. Enfin, ancienne prof.
Ca fait bizarre de le penser, de le dire.

D’ailleurs, je me charge malgré tout de la félicité pour son mariage à venir parce que mine de rien, ça fait du bien ce genre d’évènement joyeux après tout ce qu’il se passe. Disons que ça permet de garder un peu les pieds sur terre et de pas péter les plombs face à toutes ces zones d’ombres.

- Merci beaucoup, c’est très gentil.

J’acquiesce en signe de réponse, lui offrant un large sourire sincère. J’suis content pour elle. Pour eux.

- On avait plus ou moins prévu de faire ça en septembre mais … Tu me diras, poser le coussin des alliances sur le dos d’un grand loup noir ça peut avoir son petit effet.
- J’dirais même que c’est carrément original.

Je dédramatise avec elle la situation parce que je me doute bien que si elle veut enfin se marier à l’homme qu’elle, elle aimerait avoir celui qu’elle considère comme un fils -de mon point de vue – à ses côtés.

- J’aimerais qu’il soit là.
- Moi aussi. Vous en faite pas, il sera bientôt là pour vous accompagner.

Plus que je ne l’admettrais même si Ismaelle parle certainement du mariage. Ou peut-être que j’me plante. Je n’en sais trop rien. Tout ce que je sais c’est que je le veux à mes côtés, dans mon lit, le sentir de nouveau. J’ai la boule au ventre, une autre coincée dans ma gorge qui me donne l’impression d’avoir du mal à trouver mon air parfois. C’est ce que l’on appel l’angoisse. Le manque, aussi. J’ai l’impression que plus les jours passeront, plus j’oublierais le parfum de sa peau mais cette éventualité est vite chassée, pour la simple et bonne raison qu’il finira par nous revenir. Vite.

- Et puis il y a la rentrée, Logan a besoin d’un coup de main pour la paperasse. Il aime tellement ça que je risque de trouver le château en flamme si je n’arrive pas à temps.

C’est bien ce que je disais, cette femme n’arrête JAMAIS.
Quand à Logan, j’ai pas d’avis sur la question. J’préfère pas en avoir.

- Je devais aller faire des essayages avec Margo mais ces trucs-là …Tu m’as bien regardé ? Je suis plus à l’aise en treillis plein de poussière. J’ai peur de ne pas supporter les sourires mielleux des vendeuses et une avalanche de robes qui ressemblent à des immondes meringues entre deux coupes de champagne.

Je ris ouvertement parce que l’image me fait rire et c’est vrai que j’imagine mal Ismaëlle dans cette tenue mais après tout… pourquoi pas ?

- Après rien ne vous empêche de vous marier dans un joli tailleur pour femme. J’suis certain que ça existe pour les mariages.

Et pourquoi pas, bis ? Pourquoi est-ce que l’on devrait s’obliger à porter une robe pour un mariage ? Moi j’dis qu’on devrait avoir le droit de porter ce qu’on veut parce que c’est pas le vêtement qui fait l’union.
Putain c’est beau c’que j’dis.

- Je ne sais pas, je me dis que je vais peut-être porter la robe de mariée de ma mère, qui était celle de ma Grand-Mère avant, et la réajuster un peu pour la personnaliser. Ou alors on se mariera sur un coup de tête, habillés comme des touristes, chez le Pasteur du coin.

De nouveau je ris. L’idée n’est pas si bête s’ils n’ont pas envie de s’attarder à faire de grande cérémonie ou de mariage immense avec un grand truc derrière. Bref, peut-être qu’ils ont envie d’un truc plus intimiste et ça se respecte. Comme ceux qui veulent et voient les choses en grands. Ce sont LEUR moment, ils ont le droit de goupiller ça comme ils le souhaitent.

- Je ne sais pas si on fera quelque chose de « grand », ou peut-être plus tard. Si c’est le cas tu viendras ?

Premier instant de surprise alors que je me tourne vers elle, haussant les sourcils. Ouais j’admets ça me surprend un peu. Beaucoup à vrai dire. Et j’sais pas pourquoi j’me sens heureux et touché comme un gamin.

- Ça me ferait plaisir. A Leiv aussi j’en suis certaine. Enfin sauf si tu continues avec tes « vous » par ci et tes « vous » par là. J’suis pas encore mariée, ne me sers pas du Madame et tout le bordel. Je veux du « tu » et du « Ismaelle ». Point.

Cette fois je baisse légèrement la tête, large sourire sur le visage.

- Ouais mais désolé, c’est pas évident de passer de prof à … connaissance plus familière. Va m’falloir du temps pour décoller l’image de l’enseignante.

Mais j’suis certain que ça me prendra beaucoup moins de temps que je ne le laisse entendre et que je vais même prendre goût à côtoyer cette femme au grand cœur, d’avoir un million de conversation sur tout et n’importe quoi avec elle. Nous agissons ici en binôme, en duo et honnêtement, ça fait du bien de sentir un allié derrière soi quand nous sommes, comme ici, en terrain non-conquis.

- Mais je veux bien faire au moins l’effort pour le « tu » si ça peut m’donner un billet en première loge pour te voir pleurer de bonheur et pour pouvoir Mister Freeze sourire, épris de sa future femme.

P’tit con, oui, tu peux le dire, tout à fait. Je ricane, gentiment moqueur alors qu’en réalité, j’suis clairement content pour eux. On en discute, on charrie aussi un peu jusqu’à ce que le réflexe nous reprenne tous les deux de regarder l’heure.

- J’suppose qu’il va falloir qu’on bouge ? J’attends confirmation de sa part et acquiesce en silence. C’était cool de discuter de tout ça tous les deux. Et ça fait du bien de te savoir pas trop loin. Merci pour tout, vraiment.

Sans prévenir, je la prends dans mes bras parce que cette femme mérite tout l’amour d’un monde, toute l’affection qu’elle se doit de recevoir.
C’est rassurant. Apaisant. Je ne m’en cache pas, je n’ai pas à le faire et surtout n’en éprouve aucune honte. Et maintenant que je me reprend la réalité en pleine gueule je songe à tous les sujets que je vais devoir éplucher dans les prochaines heures, à toutes les recherches que je vais étudier avec Macy juste à côté qui me filera un coup de main même si je le lui interdit.

- J’reviens. Je m’écarte de quelques pas avant d’appeler d’une voix plus forte. Enzo ?

Le concerné se reconnait avec un moment de battement qui me fait vriller le cœur. J’ai toujours la flippe que d’une seconde à l’autre il ne sache plus qui il est, où il est. Que son côté humain disparaisse au profit du loup qui l’habite. Enzo trottine jusqu’à moi alors que je fais une partie du chemin jusqu’à pouvoir toucher son pelage, un genou au sol pour l’avoir en face de moi.

- Faut qu’on y aille mais j’reviens dès que j’le peux ok ? Mes doigts glissent sur sa fourrure mais c’est sa peau que j’veux toucher. C’est lui que je veux voir. Sentir. Entendre. Une nouvelle boule dans la gorge éclot, mon regard dans le sien. J’craquerais pas, il a pas besoin de ça. Je prends un moment d’inspiration avant de lâcher d’une voix plus tremblante que je ne l’aurai voulu. Je t’aime. Tu me manques.

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MessageSujet: Re: If you've lost your way, I will leave the light on ▬ William   Lun 18 Juin 2018 - 12:30

« Ouais mais désolé, c’est pas évident de passer de prof à … connaissance plus familière. Va m’falloir du temps pour décoller l’image de l’enseignante. »
« Je te pensais moins farouche William. »

Et Bim ! Oui, je suis contente de moi. Un souci ? Qui a dit que Ismaelle Luna Stoneheaven – bientôt Helland – ne savait pas être une peste de temps à autre ? Je n’ai rien à prouver et ça n’est pas ce que je cherche, je me prends simplement d’affection pour ce garçon et aime à le taquiner. Enfin ceci dit, ça veut dire quoi ça « l’image de l’enseignante » ? …

« Mais je veux bien faire au moins l’effort pour le « tu » si ça peut m’donner un billet en première loge pour te voir pleurer de bonheur et pour pouvoir Mister Freeze sourire, épris de sa future femme. »
« Non mais dis donc jeune homme ! »

Et la claque d’un revers de main part directement contre son épaule alors qu’un air outré prend ses quartiers sur mon visage. Le sourire qui l’accompagne atteste du fait que je ne prends pas mal ce qu’il vient de dire, en réalité ça m’amuse clairement et c’est de bonne guerre. Mister Freeze … Bon, je l’admets, ça m’est arrivé au début de lui donner des qualificatifs du même genre mais chut ! C’était avant de le connaitre, mon homme du Nord.
Cette légèreté fait du bien, c’est indéniable, mais lentement et sûrement la réalité et le temps qui s’écoule nous rattrapent tous les deux.

« J’suppose qu’il va falloir qu’on bouge ? »
« En ce qui me concerne je vais devoir y aller, oui. »

J’hésite à lui dire qu’il peut rester ici plus longtemps s’il le souhaite, simplement parce que même si je rechigne clairement à laisser Enzo « seul » ici je crois aussi que William a besoin de changer un peu d’air. Il peut revenir ici quand il le veut, c’est le message que nous a transmis le patriarche, en attenant il me semble une bonne chose qu’il prenne un peu le temps de souffler même si je ne me fais pas d’illusion : Il aura le nez dans ses bouquins aussitôt.

« C’était cool de discuter de tout ça tous les deux. Et ça fait du bien de te savoir pas trop loin. Merci pour tout, vraiment. »

Dire que je ne suis pas surprise par le geste serait mentir mais tranquillement je me laisse aller à ce contact. Loin de moi l’idée de lui refuser ça, je ne le connais peut-être pas encore très bien mais malgré sa maturité évidente il reste un enfant d’une certaine façon, un enfant qui a besoin de ça. Doublé d’un homme qui tremble pour celui qu’il aime et dont il est physiquement privé d’une certaine manière. Alors c’est une main rassurante qui vient doucement caresser son dos l’espace de quelques secondes. Je suis personnellement concernée, touchée affectivement, par la situation bien sûr mais en cette seconde l’empathie me transmet tout ce que lui ressent et mon instinct me dicte ma conduite. Je ressens le besoin de le rassurer, d’apaiser un peu ses angoisses.

« Ce garçon il est fait en acier, aussi bien physiquement que mentalement. L’acier ça peut plier mais ça ne casse pas. »

Je ne le regarde pas, ma tête posée contre la sienne, une légère humidité qui s’invite dans le regard et qui rend mes yeux brillants je le sais. Ces mots je les pense, dur comme fer. Je sais qu’il n’est pas invincible mais il a en lui une force et une rage de vivre qui l’ont maintenu parmi nous à plusieurs reprises ces dernières années. Pourquoi cette fois serait différente ?
Je m’écarte de lui en douceur et me laisse aller à un geste maternelle rapide pour ne pas nous mettre tous les deux dans l’embarras. Juste une main qui glisse furtivement sur sa joue et un sourire tendre.

« J’reviens. »

J’acquiesce d’un signe de tête et le laisse s’éloigner en me permettant de l’observer encore un peu.

« Enzo ? »

Mon regard dérive vers le grand loup noir occupé à je ne sais trop quoi un peu plus loin. L’espace d’une seconde j’ai l’impression de lire de l’interrogation dans ses prunelles mais l’instant d’après il rejoint le jeune Américain. C’est à ce moment-là que je détourne le regard, simplement pour leur laisser un peu d’intimité. L’image est touchante, attendrissante presque, elle devient malheureusement triste quand on connait toute l’histoire. La lourdeur de la situation disparait dans un éclat de rire et des protestations, quand je me retourne c’est pour trouver William étalé par terre, Enzo qui glisse sa truffe sur son ventre et sous ses vêtements en ayant parfaitement conscience qu’il le chatouille. Est-ce qu’il est en train de rendre leur séparation plus « simple » ? Lui donner une dernière image moins grave ? Je pense que oui. Je me laisse aller à un rire alors qu’il lui lèche le visage et s’affale sur lui de tout son poids.

« Laissez-les, il n’y a aucun danger. »

C’est plus ou moins vrai, j’en ai conscience, mais la simple idée de mettre un terme à ce moment me donne la nausée. A qui je m’adresse ? A l’un des hommes du grand-père d’Enzo qui ne sait visiblement pas vraiment sur quel pied danser et s’approche un peu trop près, inquiet pour la sécurité de William. Pour ma part, je ne tremble pas une seule seconde et cet instant est précieux. Ils en ont besoin tous les deux.
Quelques secondes plus tard le grand loup noir se redresse, j’aurais presque pu entendre d’ici le soupir d’aise qu’il a dû laisser échapper dans un instant de pause rien qu’à eux. Ça n’est pas l’idéal, bien sûr, mais c’est déjà ça. Désormais c’est vers moi qu’il s’avance, l’air de rien, la langue pendante et la bonhommie qui lui donne un air de gentil toutou – pardon.

« Je te préviens Champion, si tu tentes quoi que ce soit tu finis en descente de lit. »

Parce que je le connais l’animal ! Sans vouloir faire de vilain jeu de mots.

« Viens par-là. »

A mon tour je m’accroupis face à lui et il se contente de s’assoir face à moi. Son museau vient effleurer mon cou et sa tête se pose sur mon épaule une seconde, mes doigts glissent sur son encolure. Je n’aime pas l’idée de le laisser, surtout ici où en dehors de sa tante éventuellement il n’a pas de visage familier, vraiment familier, à portée de conscience dans les moments où il en ressentira le besoin. Et puis derrière tout ça l’angoisse de ne pas le retrouver en revenant la prochaine fois, si le mal qui le ronge prend le dessus définitivement. Mais inutile de rendre ça plus compliqué que ça ne l’est. Pour tout le monde.

« Je reviens vite, d’accord ? D’ici là essaie de ne pas trop faire tourner tout ce monde en bourrique. »

Il reste Enzo, sous cette forme ou une autre et il nous l’a encore prouvé à plusieurs reprises aujourd’hui donc j’espère bien qu’il les fera tous tourner en bourrique. Et dans un sourire sournois je désigne William d’un signe de tête.

« Sauf celui-là, lui tu as le droit c’est un jeune impertinent. »

Et ton oncle qui est un sale con. Oops !

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