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 You're my soulmate, whatever happens - Riley

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MessageSujet: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Lun 12 Mar 2018 - 10:24

You’re my soulmate, whatever happens.
EXORDIUM.
Dimanche 23 Août – Fin d’après-midi.

Assise en tailleur sur mon lit, je fais l’inventaire de tout ce que j’ai ramené du chemin de traverse hier après-midi. J’ai l’impression que tout s’est remit d’aplomb depuis l’étrange tremblement de terre de la dernière fois, même si certains bâtiments portent encore quelques légers stigmates comme si ces derniers étaient figés dans le temps, dans une éternel blessure.

- Ok… Tous les bouquins sont là, parfait.

Je porte en trois piles – oui trois – les livres de la nouvelle année qui arrive après avoir vérifier qu’ils étaient tous là et me penche maintenant vers les parchemins, les nouvelles plumes mais aussi les encres et autres matériaux qui me seront tout aussi utile là-bas. Je fais un véritable stock, refusant d’être prise au dépourvu si jamais nous nous voyons encore restreindre en termes de sortie. Je prévois de quoi dessiner, écrire aussi, beaucoup… Pas que je me mette à un nouveau roman mais si l’année dernière je n’avais « qu’à » mon père et mon frère à écrire, cette année sera différente.
Et j’en ai la boule au ventre. De quitter de nouveau ma famille, certes. Mais pas que.

Astrée dort au pied du lit, gardienne de mon existence depuis que je l’ai adoptée. Toujours présente et sur le qui-vive au à la moindre manifestation suspecte, au moindre danger approchant. D’une main distraite, je lui caresse le pelage alors que je fais mes comptes, rassemble le tout pour ensuite les transporter un à un dans ma valise consacrée à tout ce qui est matériel de cours mais aussi de divertissement.
Je m’y prends une semaine à l’avance et pour de multiple raison. La principale étant de me mettre déjà dans le bain, dans l’optique de ce nouveau départ qui se fera sans les personnes que j’aime et surtout, sans ma meilleure amie. Je me focalise sur ce que j’ai à faire, ne me laisse pas déconcentrer et boucle le tout deux heures plus tard. Je jette un coup d’œil à ma montre et je suis pile dans les temps pour aller prendre ma douche, m’habiller et prendre la voiture pour rejoindre Riley à Hyde Park, l’un des plus vieux parcs de Londres. Et j’ai tout prévu pour cette fin d’après-midi où l’heure du goûter va sonner.
Scones fait maison par mes soins, boissons fraiches et même de quoi écouter nos musiques favorites parce que cette après-midi j’ai décidé qu’on n’en avait strictement rien à foutre du monde alentours. J’ai envie de profiter avec elle, de ce que je refuse appeler « nos derniers » jours.
Je file à la douche, enfile une chemise claire et légère, un short, baskets et dévale les escaliers pour rejoindre la voiture … Avant de me dire que je serais tout aussi bien en vélo. Et que le temps est idéal pour ça. Il fait terriblement bon et j’ai envie de profiter de ce soleil, de cette légère brise qui me donne l’impression de me glisser dans un cocon de douceur. J’enfourche mon vélo, place mon téléphone sur un socle prévu pour ça et suis l’indication donné par le GPS, sac ensorcelé sur le dos.

Et je profite de la balade, profitant des pistes cyclables qui longes parfois quelques coins pleins de verdures, lunette de soleil vissé sur le nez. Mon cerveau divague et plus je me rapproche de la destination, mon plus cœur se serre.  
Je ne peux nier que rien que l’idée de la quitter d’ici quelques jours me tord l’estomac, me fout le moral en l’air. Ça ne change rien à ma détermination de retourner là-bas, à ma détermination d’achever mes études puisque cette dernière est farouche et rien ne me fera changer d’avis. Mais une année scolaire sans Riley ? Ça n’a plus de sens, plus la même saveur. Je me rassure en me disant que l’on s’écrira énormément, que l’on se reverra pendant les vacances mais même avec cette idée enfouie dans le crâne… j’ai du mal. Je ne peux pas nier que j’ai la trouille et ça n’est pas le fait de retourner sur les pavés de Poudlard qui m’angoisse mais l’éventualité de perdre ma meilleure amie, mon âme sœur.
Parce qu’elle va vivre elle aussi sa rentrée, se liée à d’autres, s’adapter à un autre rythme, à d’autres personnes et je sais que c’est terriblement égoïste que de penser ça mais j’ai peur qu’elle m’oublie. Parfois l’angoisse se fait plus sourde que certains jours et il suffit de planter mon regard sur ce bracelet qui orne encore et toujours mon poignet, d’y lire l’inscription pour me dire que notre amitié vaut tellement plus que ça, qu’une simple peur. Qu’elle a survécu à des choses coriaces, des évènements rudes pour toutes les deux… Alors ça n’est pas « simplement » une distance qui viendrait à tout briser, non ?
Et ce qui me tracasse aussi dans tout ça, est sa propre réaction. Même si, une partie de moi, se dit que quelque part elle doit s’en douter.

Les choses ont changé depuis l’avortement et il est presque normal et naturel pour moi que de reprendre les armes, mon badge de Préfète et de retourner là-bas. Finir mes études, me perfectionner dans la magie mais aussi au corps à corps, pour ensuite devenir Auror. Je ne pourrais jamais atteindre cet objectif en restant ici, je le sais et si pour ça il faut que je retourne là-bas alors je le ferais. Et ça ne sera pas sans douleur. Ça aussi, j’en ai conscience.
Riley n’est pas la seule personne qui me manquera… Je pense aussi à Emily. Me demande comment notre couple va survivre à ça mais je tente un maximum de rester positive. Pour deux. Pour trois même. Nous y arriverons.
Tout comme Riley et moi arriverons à se sortir de ça. C’est elle et moi contre le reste du monde.
Mais pour l’instant, une chose à la fois.

Je la trouve déjà avachi dans l’herbe, musique sur les oreilles et j’en profites pour m’approcher en douceur tout en sortant une petite bouteille d’eau de mon sac ensorcelé qui a prit soin de tout garder au frais. Je débouchonne et je retiens un fou rire alors que je commence à verser un filet d’eau fraiche sur son visage.
La réaction est immédiate, Riley réagit au quart de tour, sursaute, bas des bras, surprise et gueule comme un putois.
Riley Jenkins dans toute sa splendeur. Et moi j’éclate de rire parce que je ne me lasse jamais de l’emmerder, comme je ne me lasse jamais de la voir réagir aux extrêmes, prête à dégommer et à mettre le feu au monde entier pour l’affront qu’on lui a fait.

- Calm dooown la Tornade ! Tu n’vas pas te noyer, sexy Kezabel Malibu est là pour te sauver !

Et je lui saute dessus sans la prévenir, sac déjà par terre et je suis déjà a califourchon sur son dos.

- Allez pouliche, amène-moi vers l’infini et l’au-delàààà !

On rigole comme des idiotes. Bonjour nous avons 5 ans d’âge mentale mais on s’en fout.

- Et je t’interdis de dire que je suis trop grosse, je ne suis faite que d’amour et d’eau fraiche, tmtc biatch.

Je finis par descendre, je ne voudrais pas rompre ses vieux os – love ya – et je lui dépose un baiser sur la joue.

- J’espère que tu n’as pas oublié ta part de goûter à savoir la crème et la confiture pour mes magnifiques scones que j’ai fais maison.

Et que je sors de mon sac, grand sourire aux lèvres.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Jeu 15 Mar 2018 - 22:36

Dimanche 23 Août – Fin d’après-midi
You’re my soulmate, whatever happens



Kezabel & Riley

« Mais enfin vous êtes rentrées il y a deux jours ! Comment est ce que vous allez faire quand vous ne serez plus dans le même établissement scolaire ? »
« On vivra en colloc. Problème réglé. »

Stop. J'ai sorti ça avec naturel et désinvolture alors que je range quelques affaires dans mon sac, en vrac sur le plan de travail de la cuisine, piquant un grain de raisin au passage. Je sais que Maman plaisante, évidemment qu'elle plaisante, et même si j'ai répondu du tac au tac … En fait je crois que je le pense et elle est probablement entrain de se dire que quand j'ai un truc dans la tête … Vous connaissez la suite.

« Je t'aime ma petite Maman Chérie. »

Grand sourire innocent de ma part, elle lève les yeux au ciel et je m'approche pour lui claquer un bisou sur la joue avant de prendre mes clics et mes clacs pour courir jusqu'au Portoloin : Direction London Baby ! J'ai rencard avec ma Boulette. Enfin avant ça … Petit regard insistant … sourire en coin et salue de la tête presque solennel ...

« Madame Thomson. »

Et là je me sauve alors qu'elle me claque le derrière avec un torchon en riant et que Peter entre dans la cuisine pour me voir lui filer entre les pattes et claquer la porte d'entrée derrière moi en toute délicatesse comme je sais si bien le faire.

#

J'ai pas mal trainé à Londres pendant les vacances et j'y ai pris mes petites habitudes, ce qui en soit est une bonne chose puisque cette ville risque de devenir ma ville d'habitation prochainement. L'école dans laquelle je vais suivre ma prépa se trouve ici, dans le quartier magique, bien qu'elle soit spécialisée dans la mise à niveau scolarité magique/scolarité non magique. On ne va pas se mentir ça coûte une blinde – un peu comme Poudlard à la base ceci dit – mais les parents ont accepté de me la payé et en ce qui me concerne, je compte bien les rembourser jusqu'au dernier centimes. En attendant la rentrée ça n'est pas pour tout de suite, et c'est Kezabel que je viens rejoindre ici. On s'est donné rendez-vous à Hyde Park pour prendre le goûter ensemble et si effectivement on s'est quittées y a deux jours après avoir passées presque deux semaines ensemble en non stop à sillonner quelques coin d'Europe, c'est pas pour autant qu'on est soulées de se voir ! Jamais ça n'arrivera.
Je me la pète avec mon bronzage, j'ai adoré en montrer les marques à Mateo même si on ne s'est vu que rapidement, et je me balade tranquillement dans les rues après être arrivées par le même Portoloin que d'habitude, donc. Et j'arrive en avance, ou alors c'est Mlle Hasting qui est en retard parce qu'elle s'est arrêtée pour lécher le museau de sa girlfriend au passage la coquine. Je suis vraiment contente pour ces deux-là, elles se sont bien trouvés et j'adore Emily, on s'entend super bien.

Je décide de m'avachir dans l'herbe et de profiter du soleil. C'est sur que c'est pas l'Espagne ici mais les températures sont agréables et surtout, on est habitués. Musique dans les oreilles, yeux fermés, je suis à fond dedans et sans doute un peu trop détendue puisque je ne prête pas attention à ce qui m'entoure. Fatale erreur.

IL PLEUT !

Pas du tout en fait, mais ce filet d'eau s'invitant sournoisement sur mon visage m'a fait sursauter et comme toujours, j'ai eu un réflexe des plus calmes : M'agiter dans tous les sens en hurlant et en proférant menaces et insultes. Je suis une personne calme et mesurée. C'est pour ça que je suis déjà debout ...

« Calm dooown la Tornade ! Tu n’vas pas te noyer, sexy Kezabel Malibu est là pour te sauver ! » 

… et que cette pétasse me saute sur le dos comme si j'étais son fidèle destrier.

« Allez pouliche, amène-moi vers l’infini et l’au-delàààà ! Et je t’interdis de dire que je suis trop grosse, je ne suis faite que d’amour et d’eau fraiche, tmtc biatch. »
« Ouais, et d'un peu de Pasteis de Nata aussi hein ... »

De la fureur je passe aux éclats de rire et aux tacles en série. Une pouliche ? T'es sérieuse là ? Viens on va faire un concours, je suis sûre qu'avec ma grâce je vais rafler tous les prix. Elle descend de son perchoir et me claque un bisou sur la joue, je la pousse de l'épaule pour la forme et me laisse retomber par terre, assise en tailleurs, fouillant dans mon propre sac alors qu'elle en fait autant avec le sien.

« J’espère que tu n’as pas oublié ta part de goûter à savoir la crème et la confiture pour mes magnifiques scones que j’ai fais maison. »
« Tu m'prends pour qui Hasting ? »

La seconde d'après elle se retrouve avec une portion de la fameuse crème en question sur la face et sur la mienne de face un large, très large sourire.

« Tu vois, j'ai pas oublié la crème. Tu veux un peu confiture par dessus ? »

Elle me saute dessus, on continue à se chamailler en poussant des cris de folles attirant ainsi le regard sur nous sans ce soucier une seule seconde des autres. Et puis quand le calme revient je me retrouve étendue de crois sur l'herbe, à bout de souffle à cause de nos conneries. Va vraiment falloir que je me remette au sport, ça va plus du tout.

« Bon, tu t'es arrêtée en cours de route pour chanter la sérénade à ta douce sous la fenêtre de sa chambre pour être autant en retard ? »

C'est gratos, d'autant qu'elle n'est pas du tout en retard, mais je compte pas arrêter de l'emmerder.

« C'est trop court les vacances ... »

Soupir. Je regarde le ciel et joue avec des brins d'herbes de chaque côté de moi. Je n'ai rien vu passer, j'ai vécu des moments incroyables cet été et je n'ai pas envie que ça s'arrête. Parce que tout va changer, et même si par certains côté j'ai hâte d'avancer, par d'autres ça m'effraie.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Mer 28 Mar 2018 - 18:32

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
Ce qui me manquera le plus est je crois cette insouciance dont nous savons faire preuve lorsque nous sommes ensembles. Nous avons traversé le pire comme le meilleur, le plus sérieux comme le moins sérieux. Mais nous avons toujours su faire face toutes les deux, ensembles, sans jamais lâcher.
Mais maintenant ? J’ai l’impression de foutre tout ça en l’air et ça me donne l’envie de pleurer, tout simplement. Elle va me manquer, cruellement, plus qu’elle ne pourrait l’imaginer et si ma décision semble inébranlable, ça ne veut pas dire que ça n’est pas difficile et pas douloureux pour moi. Mais qu’en sera-t-il de Riley ?

- Tu m'prends pour qui Hasting ?

L’éclat de sa voix rappel mon esprit alors que je la regarde sortir la crème… dont une portion finit droit sur mon visage.
Je me crispe, fronce le nez et garde un œil fermé. Et elle sourit de toute ses dents la morue !

- Tu vois, j'ai pas oublié la crème. Tu veux un peu confiture par dessus ?
- J’sais pas… J’pense que tu devrais d’abord y goûter.

Sans prévenir je lui saute dessus dans un cri de guerre – et je me fous encore une fois de savoir si nous attirons l’attention de qui que ce soit dans ce parc – étalant la crème qu’elle m’a mise sur le visage, sur son front jusqu’à son nez. Ça ne s’arrête pas là, bien évidement. Elle prend sa revanche, me plaque au sol et je ne sais pas combien de temps nous continuons de nous chamailler comme nous le faisons là mais plus rien n’a d’importance que cette légèreté qui nous animes toutes les deux. J’ai l’impression de perdre dix ans, que plus rien ne compte, que le temps s’est figé pour cristalliser ce sentiment de liberté que je partage avec celle qui est sans conteste ma meilleure amie, mon âme sœur.
Et parce que les vacances nous ont empâtées toutes les deux, nous sommes déjà à bout de souffle comme si nous venions de parcourir le marathon… Ou alors on se fait beaucoup trop vieille pour ces conneries. Riley est étendue sur le dos alors que je suis perpendiculaire à elle, tête sur sa cuisse, essayant de récupérer mon souffle et un rythme de cardiaque correcte.

- Bon, tu t'es arrêtée en cours de route pour chanter la sérénade à ta douce sous la fenêtre de sa chambre pour être autant en retard ?
- Non, tu t’es trompé d’histoire je crois. Ce que tu me racontes là, c’est celle d’une certaine Miss Jenkins dont l’amant à voulu lui jouer un air de guitare pour l’impressionner et lui déclarer sa flamme… une véritable légende !

J’éclate de rire. Elle me cherche, elle me trouve mais c’est de bonne guerre, une véritable habitude entre nous. Le plus inquiétant serait que ça n’arrive plus.

- C'est trop court les vacances ...

Quelques mots suffisent pour me ramener brusquement à la réalité et voir ma tranquillité se briser.
Mon cœur se serre, mon estomac se crispe et une véritable boule d’angoisse tombe lourdement sur ma poitrine. Un de mes bras posés sur mes yeux pour me cacher du soleil – ou me donner un gramme de courage -, l’autre étendu sur l’herbe où mes doigts viennent en arracher quelques brins, j’essaie de rassembler tout ce qu’il faut pour le lui annoncer… Comment ? J’en sais rien. La seule chose que je sais c’est qu’avec Riley il ne faut pas tourner autour du pot, la faire poireauter mille ans avec des explications sans queue ni tête et encore moins y insérer de suspens.
Les vacances sont trop courtes oui. Surtout lorsqu’elles annoncent une séparation.

- Ouais…

Je prends une inspiration et cette fois me redresse. J’ai pas envie de fuir son regard lorsque je vais lui dire. Je n’ai pas envie de lui tourner le dos non plus, parce que je lui dois au moins un aveu et un comportement franc.
Je me tourne vers elle, assise en tailleur. Je sais qu’elle le voit déjà sur mon visage que la suite ne sera pas du même goût que nos chamailleries.

- Il faut que l’on discute de la fin des vacances justement.

Et ce que je vois s’imprimer sur son visage me semble encore plus douloureux qu’un couteau en plein cœur. Elle ne s’y attendait pas, je crois… ce qui rend les choses encore plus difficiles.

- Je sais que nous en avions déjà parlé, qu’il n’était pas question que ni l’une ni l’autre ne retourne là-bas à la rentrée.

Je sais qu’elle le sent, voit venir la suite.

- Mais il faut que j’y retourne. J’ai une boule dans la gorge, mon regard s’ancre dans le sien que je cherche. Au moins pour finir mes études.

Et je laisse planer un silence, pour lui laisser le temps d’engendrer ce que je viens de lui annoncer, de lui dire. Un mur que j’installe malgré moi entre nous deux.

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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Mer 11 Avr 2018 - 17:42

« Bon, tu t'es arrêtée en cours de route pour chanter la sérénade à ta douce sous la fenêtre de sa chambre pour être autant en retard ? »
« Non, tu t’es trompé d’histoire je crois. Ce que tu me racontes là, c’est celle d’une certaine Miss Jenkins dont l’amant à voulu lui jouer un air de guitare pour l’impressionner et lui déclarer sa flamme… une véritable légende ! »

Connasse.

« C'est trop court les vacances. »

Dit-elle en geignant, étendue de tout son long dans l’herbe, les yeux rivés vers le ciel, la tête de Keza sur ma cuisse et mes doigts jouant nonchalamment avec ses cheveux.
Le silence plane quelques secondes, je n’y prête pas tellement attention. Je ne vois donc pas les traits de ma meilleure amie se crisper un peu, pas plus que je ne ressens une certaine tension se former dans l’atmosphère comme une bulle, une aura, qui ne tardera pas à me percuter pourtant.

« Ouais… »

Soupir d’aise. Je la sens qui se redresse et relève la tête par réflexe, un peu intriguée. Elle s’assoie de manière à ce qu’on soit de face et je me redresse à mon tour, d’abord sur les coudes, sourcils froncés cette fois.

« Il faut que l’on discute de la fin des vacances justement. »

Pourquoi j’ai l’impression que ce qui s’annonce n’a rien d’un plan foireux pour me faire croire à un drame avant de se payer ma tête en me sautant dessus ? Pourquoi mon estomac se noue à la seconde même où je croise son regard et que je décide finalement de m’assoir en tailleur à mon tour, soudainement cruellement moins détendue que seulement quelques secondes plus tôt ?

« Je sais que nous en avions déjà parlé, qu’il n’était pas question que ni l’une ni l’autre ne retourne là-bas à la rentrée. »

Instinctivement, je retiens mon souffle, pressentant la sentence qui va tomber incessamment sous peu. Et qui va faire mal.

« Mais il faut que j’y retourne. Au moins pour finir mes études. »

C'est comme … un coup de poignard, une lame chauffé à blanc, un truc qui vous transperce de part en part avec une lenteur insupportable alors que vous sentez le sang battre dans vos tempes de plus en plus vite, de plus en plus froid. Et le silence, cette fois, c'est moi qui le laisse planer, simplement parce que je suis dans l'incapacité totale d'exprimer verbalement quoi que ce soit pour le moment. Je la regarde, ne la quitte pas des yeux, et ses mots résonnent dans ma tête comme une balle rebondissante coincée dans un espace qui l'empêche de s'arrêter. J'ai froid, puis chaud, oscille entre une angoisse grimpante et la colère qui se fraie un chemin dans mes veines.

Parce que je me sens trahie.

Quand Lukas m'a annoncé qu'il avait le choix de retourner à Poudlard j'ai essayé de prendre sur moi, ne pas m'énerver, ne pas me décharger sur lui. J'ai essayé d'accepter son choix même si j'ai détourné rapidement la conversation parce que faire l'autruche … c'est plus facile, et puis ça me laissait le temps d'essayer de le convaincre de changer d'avis. Ici il s'agit de Kezabel, je sais que rien ni personne ne pourra la faire changer d'avis tout comme je sais que les études ne sont pas la seule raison qui la pousse à prendre cette décision contre toute attente.
C'est la première fois que je ressens de la colère envers elle, que je lui en veux, et je ne sais pas du tout comment le gérer. Alors je me sors de ma torpeur, me racle la gorge comme si ça pouvait dénouer le nœud derrière lequel les mots sont coincés, et tente de … J'en sais rien, prendre sur moi ici aussi. Pour autant c'est impossible pour moi de desserrer le poing.

« Y a une part de moi qui comprend, vraiment. »

Parce que cette décision, celle de ne pas y retourner, a été extrêmement difficile à prendre pour moi donc oui, en toute sincérité, je comprends. Je chérie les études au plus haut point, le chemin que j'ai décidé d'emprunter aujourd'hui est néanmoins un itinéraire bis.

« Et j’aimerais te dire que je te soutiens mais c’est au-dessus de mes forces. »

Je perçois parfaitement les tremblements dans ma voix, les sanglots déjà présent et étouffés, les émotions négatives que je tente de juguler. Je m'en veux parce que je devrais la soutenir dans tous ses choix, mais là, ça, je n'y arrive pas. Parce que ça tombe comme ça, brutalement, et que je ne m'y attendais pas du tout. Il n'y a pas de bonne façon d'annoncer ce genre de choses à qui que ce soit, je le sais, mais oui, c'est brutal.

« T’avais déjà pris ta décision quand on est parties ? »

Quand on a pris nos sac à dos et qu'on a sillonné les routes d'Europe, les Capitales, qu'on s'est rapprochés encore un peu plus. Tu savais déjà à ce moment là que tu allais m'abandonner ?
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Mar 24 Avr 2018 - 23:18

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
L’attente me semble interminable, les secondes s’étirent, s’allongent et je n’obtiens toujours aucune réaction de ma meilleure amie. J’ai la boule au ventre, la gorge serrée, me sentant extrêmement mal à l’aise. Si déjà l’idée de devoir me séparer d’elle est une torture, le lui annoncé est encore pire que ce que je pouvais imaginer. Ses yeux clairs ne me quittent pas et j’essaie de soutenir ce regard que je tente de déchiffrer, sans fléchir. Je ne veux pas la fuir, jamais.
Personne ne pourrait me faire changer d’avis mais en cette seconde, un doute plane… Et si je venais à perdre Riley suite à cette décision ? Je me suis longtemps dis que rien ni personne ne pourrait se mettre au travers de notre chemin. Que ce soit de près ou de loin. Mais je ne sais pas si je serais capable d’aller rejoindre Poudlard en me disant que ma meilleure amie ne veut plus entendre parler de moi. C’est peut-être extrême en cheminement de penser mais je crois que la peur amplifie et exagère toutes émotions.

Et l’attente est insupportable, vraiment… parle-moi, s’il te plait.

- Y a une part de moi qui comprend, vraiment.

Je n’en ai jamais douté. Ou presque, je l’admets. Je me suis imaginé deux scénarios. Celui où elle comprend, avec calme et une étrange sérénité. Et celui où je l’imaginais hurlant de colère, de frustration, de déception.
Et en cet instant, j’ai peur de devoir faire affaire aux deux scénarios combinés. La compréhension mêlée d’une amertume froide. Je n’en sais rien, j’essaie de ne pas trop m’avancer, de ne pas penser et ressentir à sa place mais c’est compliqué.

- Et j’aimerais te dire que je te soutiens mais c’est au-dessus de mes forces.

Le tremblement de sa voix me suffit à sentir les larmes montées que je ravale aussitôt, essayant un maximum de ne pas rendre tout ça plus difficile que ça ne l’est. Je ne lui en veux même pas, ne lui reproche pas. Pourtant, j’ai besoin d’elle, de son soutient, de savoir qu’elle sera là quelque part mais je ne peux pas lui demander plus. Pas aujourd’hui. Demain, peut-être. Mes doigts triturent, maltraitent ce brin d’herbe sans que je ne la lâche pourtant du regard, que je la scrute.
Ma gorge se serre un peu plus.
Je connais cette femme par cœur, en ait apprit les moindres réactions, expression du visage. Impossible qu’il en soit autrement lorsque nous avons partagés plus d’un an de notre vie ensemble, sans jamais nous quitter ou presque. Et ses yeux, ce regard brillant, je le connais.

- T’avais déjà pris ta décision quand on est parties ?

Mon cœur se serre un peu plus.
Le roadtrip que l’on a effectué toutes les deux restera certainement mon meilleur souvenir de vacances. Juste elle et moi, nos sacs à dos et notre envie, besoin d’aventure, à sillonner les routes et capitales d’Europe. A boire, manger comme dix, rire pour rien, s’écrouler de fatigue et s’extasier devant des paysages que nous n’aurions jamais soupçonnés. Ce voyage à deux nous rapprochés, soudés, plus que ça ne l’était déjà avant. Riley est mon âme sœur, si je n’avais jamais imaginé jusqu’ici qu’il était possible d’être aussi lié, aussi proche, aussi attaché à quelqu’un, notre relation à toute les deux m’offrent le plus bel exemple.
Et c’est pour toutes ces raisons que la situation est encore plus douloureuse et délicate.

- Oui. Voix légèrement rauque parce que les larmes ne sont pas loin. Je ne t’en ai pas parlé avant parce que je ne voulais pas gâcher nos vacances.

Transparence, vérité. Jamais je ne lui mentirais. J’ai longtemps hésité à le lui dire, pesé le pour et le contre et j’ai finis par me dire que si je lâchais l’annonce avant, il y avait des chances pour que le séjour soit parasité par tout ce que cet aveu aurait pu engendrer de négatif.

- Je voulais qu’on en profite à fond avant ça.

Avant que je ne reparte là-bas et que l’on se retrouve séparer mais que je me retrouve potentiellement en danger entre les murs de ce château.

- Je ne te demande pas de me soutenir, je ne me le permettrais pas… Je déglutis difficilement. J’ai conscience que c’est brutal et soudain et je suis désolée pour ça mais je n’savais pas ni quand, ni comment te le dire.

Dans quel sens, à quel moment, comment. J’en sais rien. Et maintenant que c’est fait, je n’sais plus trop sur quel pied dansé, je n’sais pas ce qu’elle pense, si elle m’en veut ou non et je me vois mal le lui demander.

- Je sais juste que tu vas terriblement me manquer.

Cruellement. Au-delà de ce que je ne pourrais l’exprimer.

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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Lun 30 Avr 2018 - 14:22

« Oui. »

Juste un mot, trois lettres, et l'impression de se prendre un coup de poignard à la fois dans le dos et en plein cœur. Je sur-réagis, peut-être, mais je suis comme ça … Comment ils disent déjà ? Ah oui. Entière. Connerie. Ne me demandez pas de sauter de joie quand ma meilleure amie, plus que ça, mon âme sœur, m'apprend qu'elle m'a regardé droit dans les yeux pendant ce qui était un des plus beaux partages de notre vie commune alors qu'elle savait déjà qu'elle allait me dire au revoir. Pour retourner dans l'antre du diable, en plus de ça. Déjà Lukas c'était un coup dur, et à vrai dire je garde encore l'espoir qu'il change d'avis d'ici la semaine prochaine, mais Kezabel ? De cette manière, c'est réellement d'une violence qui me coupe le souffle.

« Je ne t’en ai pas parlé avant parce que je ne voulais pas gâcher nos vacances. »

Le rire qui m'échappe est clairement amer, presque cynique, et c'est bien la première fois que ça m'arrive la concernant. Quelque part je m'en veux d'ailleurs, parce qu'au fond de moi je sais qu'elle ne mérite pas cette réaction de ma part, qu'elle n'est pas du genre à prendre des décisions irréfléchies et que c'est forcément quelque chose qui lui tient à cœur. Pourtant ça n’atténue pas la douleur, et quelque part, la frustration.

« Je voulais qu’on en profite à fond avant ça. »

Et on en a profité, ça oui on en a profité. Ce genre de partages reste gravé dans la mémoire et soude des liens déjà très forts. J’aimerai me dire qu’elle a bien fait, que ça aurait été dommage de partir en ayant en tête cette date de péremption à nos journées passées ensemble, à pouvoir se voir sur un coup de tête, n’importe où, n’importe quand. Mais le reste alors ? Ce qui était censé venir après ? J’ai parfaitement conscience du caractère égoïste de ma réaction mais ça ne sont pas toutes ces choses qui m’inquiètent le plus. J’ai tiré un trait sur Poudlard en faisant la liste des raisons pour lesquelles ça tient – à mon sens – presque du suicide d’y retourner, excusez-moi de ne pas comprendre, de ne pas accepter, que les personnes que j’aime décident d’y retourner.

« Je ne te demande pas de me soutenir, je ne me le permettrais pas… J’ai conscience que c’est brutal et soudain et je suis désolée pour ça mais je n’savais pas ni quand, ni comment te le dire. »

J’ai beau essayer de me calmer, j’ai beau essayer de me tempérer, de me dire que la situation est tout autant compliquée pour elle voir plus, je n’arrive pas à gérer mes émotions. Partagée entre colère, peur et déception, les poings et les mâchoires serrées, je sens que la bombe ne va pas tarder à exploser et ses mots seront malgré eux l’étincelle trop proche de la fuite de gaz.

« Je sais juste que tu vas terriblement me manquer. »
« J’suis désolée j’peux pas faire ça. »

Je ne peux pas l’écouter me dire que je vais lui manquer alors que c’est elle qui a pris la décision de repartir. Ça n’est pas comme ça que ça devait se passer. On devait regarder vers l’avant, tirer un trait sur tout ça et prendre un nouveau départ. On devait le faire ensemble. On devait …
C’est brutalement que je me relève et attrape mes affaires. J’hésite une seconde, me mord la lèvre inférieure et ravale mes larmes en regardant droit devant moi, au-dessus d’elle, sans rien voir de spécifique, mais la seconde d’après et d’un pas rapide, rageur, je m’éloigne jusqu’à disparaitre.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Jeu 10 Mai 2018 - 0:14

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
- J’suis désolée j’peux pas faire ça.

Ses mots me tombent sur le coin de la figure, violemment. Ils me font l’effet d’un uppercut en plein estomac, ce dernier se tordant douloureusement sous l’effet du choc. Une sensation de glace se glisse le long de mes veines alors que je ne la quitte pas du regard et à la seconde où je vois Riley se mettre en mouvement, mon cœur sursaute tout comme le reste de mon corps.

- Non, Riley attends s’il te plait.

Elle a déjà attrapé ses affaires, ne m’écoute probablement pas alors que je suis déjà debout à mon tour, les larmes au bord des yeux, la gorge serrée, prête à la rattraper.
Pars pas, pas comme ça.

- Arrête, fais pas ça…

Elle ne me regarde pas, à déjà franchit les pas qui l’emmène loin de moi, loin de nous. Mon monde s’écroule, littéralement. Comme si le sol se dérobait sous mes pieds, que l’espace vert autour de nous s’effaçait pour laisser place à une épaisse brume coloré. Ce ne sont que mes larmes qui me brouillent la vue alors que je regarde sa silhouette s’éloigner d’un pas vif, rageur.
J’aurai préféré qu’elle me hurle dessus, qu’elle me dise qu’elle me déteste, qu’elle me colle une gifle. Tout plutôt que son départ brusqué, précipité, sans un regard vers moi.
Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas fondre en larme, un sanglot déjà présent au creux du thorax qui ne demande qu’à être libéré mais je ne peux rien faire contre ces larmes qui ruissèlent le long de mes joues non-stop, sans que je ne cherche même à les retenir.

C’est un désastre, bien pire que je ne me l’imaginais et je prends conscience à quel point la situation est plus blessante que je n’aurais pu l’envisager. Pour elle, pour moi. J’ai l’impression que plus les secondes s’écoulent, plus mes chances de perdre ma meilleure amie s’agrandissent. Et cette sensation perdurera sur les prochains jours…
J’ai remballé mes affaires d’un geste lourd, lent, avant de prendre la direction de la maison où je suis rentrée sans adresser un mot ou un regard à qui que ce soit avant de m’enfermer dans ma chambre pour la soirée. J’ai longtemps hésité et voulu lui envoyer un message, pour lui demander pardon, pour lui dire que je l’aime et que ne supporterais pas de perdre tout ce qu’elle représente pour moi mais je n’en fais rien. Lui laisse de l’espace. Du temps pour respirer.

Je lui laisse un jour.
Puis deux.
Et le troisième n’offre toujours aucun signe de vie. J’ai pris les devants en lui envoyant un message, lui laissant entendre que j’étais désolée, que j’aimerais que l’on se revoie pour en discuter dès qu’elle sera prête. Et les messages qui ont suivit n’ont été que bref, froid. Et à ce stade, je ne sais plus vraiment si je préfère ça ou ses silences.

Les jours passent, celui du départ approche dangereusement et même si mon esprit est plutôt bien occupé avec l’organisation et la préparation de mon voyage, des moments passés en famille, avec Emily, Riley reste presque absente et je sais d’avance que je ne partirais pas de cet endroit sans l’avoir vu au moins une dernière fois. Quitte à ce qu’elle m’en colle une, quitte à ce qu’elle me hurle qu’elle me déteste, qu’elle considère tout ça comme une trahison, je m’en fous. Je ne veux pas retourner là-bas sans l’avoir eu au moins une dernière fois en face de moi, sans avoir prit moi-même la chance de m’assurer que ma meilleure amie n’est pas partie, qu’elle reste là quelque part bien que boudeuse de me savoir sur le départ.

- Hey.

Shannon toc à la porte avant de l’avoir doucement ouverte. Je relève la tête d’un bouquin dont je n’ai pas lu trois lignes. Si jusqu’ici j’ai essayé de ne pas trop me focaliser sur la quasi-absence de Riley – même si en réalité, ça me travail plus que je ne l’admettrais -, ce soir, je n’y arrive pas. Je sens que derrière ses messages se cachet l’amertume, la colère et la déception mais surtout cette froideur persistante que je n’arrive pas à briser, quoi que je fasse.
Et ce soir, plus que jamais, elle me manque.

- Le dîner est prêt.
- J’ai pas trop faim. Je vais me mettre une assiette de côté.
- Laisse, je vais te faire ça.
- Merci.

Un sourire mais Shannon reste là, plante son regard clair sur moi.

- Toujours pas de nouvelles ?
- Si, un peu. C’est pas tellement la joie mais je sais au moins qu’elle va bien.

Je n’ai pas eu d’autre choix que de tenir ma belle au courant, pas après qu’elle m’ait vu rentrer en larmes la dernière fois. Et étrangement, tout est sortie. J’ai vidé mon sac, partagé mes doutes, ma culpabilité mais aussi cette angoisse que de voir son âme-sœur vous échapper. Si la distance instaurait chez moi un léger climat oppressant et angoissant, aujourd’hui il m’étoufferait presque. Je ne dis pas que je reviendrais sur ma décision, que je changerais d’avis mais… bref.

- Ca reviendra. Laisse-lui encore un peu de temps pour digérer la nouvelle. Vous êtes bien trop proches pour que tout se termine pour si peu.

Elle encadre le « si peu » de guillemet.

- Oui, t’as sûrement raison.
- Ne te tracasse pas trop. Tu as essayé de relancer la conversation ?
- Pas encore. Peut-être demain. Je pars bientôt et j’ai pas envie qu’on se quitte sur une embrouille.
- D’accord. Tu me tiendras au courant. Et si jamais tu as besoin, tu sais où me trouver.
- Oui. Merci beaucoup Shannon.

Elle me fait un clin d’œil, s’éclipse en douceur sans s’imposer plus. C’est ce que j’aime chez cette femme. Autant elle peut s’imposer d’une voix forte et taper du poing sur la table lorsqu’il le faut, autant elle sait également rester discrète, légère. Je suis contente qu’elle puisse enseigner à Cameron quelques filons de son métier.
Je lâche un soupire et laisse tomber le bouquin, mon regard lorgnant sur le téléphone.
Demain matin je saute le pas, lui envoi un message et demande à ce que l’on vois et si elle ne le veut pas, tant pis, c’est ce qu’il se passera malgré tout. Même si je dois traverser tout Glasgow de long en large et en travers.

Mais pas le temps d’attendre demain. Juste avant de me coucher.

« Hey Boulette ? J'ai filé directement chez Mateo en rentrant de chez mon oncle mais je rentre demain soir. On dine en famille, chez Maman et Peter. Par contre Papa part en déplacement donc j'aurais la maison pour moi, est ce que ça te dit de venir passer la soirée du 31 avec moi là bas ? Tu me manques. Je t'aime. Bisous »

Mon cœur bondit dans ma poitrine, un sourire s’affiche sans que je n’en prenne seulement conscience, tout comme cette larme qui roule le long de ma joue. Prise entre le soulagement et le désir violent de débarquer maintenant pour la prendre dans mes bras.
Mes doigts tapotent rapidement sur le clavier tactile de mon téléphone pour lui répondre par la positive, sans surprise. Je verrais avec Emily pour passer du temps avec elle juste avant de rejoindre Riley. Allongée, yeux rivés sur le plafond, le sommeil me frappe bien plus rapidement que ces trois derniers jours.

31 Août – Fin d’après midi

Les aurevoirs et les étreintes sont faites, je suis non loin du portoloin qui m’amènera directement chez Riley ou en tout cas, à quelques mètres de chez elle.
J’ai la boule au ventre, ma famille me manque déjà, mon quotidien là-bas également. C’est dingue à quelle vitesse nous nous réhabituons à ce que nous avions laissé. Mais je reste confiante, sereine, je reviendrais de toute façon pour les vacances et nous avons déjà vécu pire comme séparation et même si les séparations restent toujours un peu douloureuses, je reste positive en me disant que je reviendrais vite les retrouver.

Un sortilège pour rendre mes deux énormes malles beaucoup plus légères et transportables et me voilà devant le portoloin qui me conduit en un claquement de doigts à Glasgow, à cent mètres de chez Riley. Je marche d’un pas rapide, une pointe d’appréhension au creux du ventre parce que je redoute « les retrouvailles » autant que je les attends.
Devant la porte, je prends une inspiration sans vraiment m’en rendre compte et y frappe quelques coups. J’entends des pas s’agiter jusqu’à ce que le battant s’ouvre sur ma meilleure amie. Le temps se suspend une seconde, peut-être deux mais mes pas s’activent déjà vers elle et mes bras l’encerclent, l’attirent à moi dans une étreinte franche. Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas verser une larme mais je ne la lâche pas. Je refuse. Elle m’a bien trop manquée.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Lun 14 Mai 2018 - 20:56

« Non, Riley attends s’il te plait. »

Je ne peux pas.

« Arrête, fais pas ça… »

Pourquoi moi je devrais m’arrêter ? Pourquoi je devrais accepter de me stopper, faire demi tour et revenir sur mes pas quand toi tu n’as pas envisagé une seconde de le faire, que ta décision est déjà prise ? Pourtant ça n’est pas la colère qui me force à réagir comme ça mais bien la peine. J’y arrive pas, je ne peux pas affronter ça alors je fuis lâchement. Je la fuis lâchement.

Et ça dure des jours.

Des jours loin l’une de l’autre, d’abord passés dans le silence, puis dans la froideur de quelques vagues messages. Cette semaine de vacances en famille chez le frère de Papa tombe à pic, c’est une certitude, mais ça n’en est pas moins douloureux pour autant. Tout ça c’est contre nature et surtout complètement stupide de ma part. On en revient à la gamine pourrie gâtée qui fait un caprice, qui boude, qui parfois envoie les autres promener sans qu’ils ne comprennent pourquoi et je déteste ça. Tout comme je déteste l'idée d'avoir fait du mal à mon âme sœur et je sais pertinemment que c'est ce que j'ai fait en partant comme je l'ai fait, ce que je continue à faire en étant distante et froide jour après jour. Elle ne mérite pas ...
Ce que je déteste encore plus c’est l’idée de laisser ma meilleure amie retourner dans cet endroit de malheur. Lukas d’abord, maintenant elle ? Non. Je ne peux pas. Je ne peux pas envisager ne serait-ce qu’une seconde l’idée de la perdre et je suis persuadé que c’est ce qui arrivera alors ça me fait péter les plombs, imaginer des choses que je n'ose pas avouer.

Je ne les avoue pas non, mais elles me restent en tête et se précisent, se percutent, me hantent. Elles ne me sortent pas de la tête alors que je quitte la famille pour aller directement chez Mateo où je passe le weekend, en compagnie de ses parents et de lui bien sûr. J'oublie un peu tout ça, ressasse un peu moins, mais ça ne me sort jamais réellement de la tête et même si je sens, je sais, que je m'apprête à faire la plus belle connerie de toute ma vie, je sais aussi que rien ni personne ne pourra m'empêcher de la faire.

Lundi 31 aout 2015 ▬ Fin d'après-midi

Tout est prêt. J'ai rétabli le contact mais ma démarche n'était pas louable. Je m'exècre et pourtant rien ne m'arrête. Peut-être qu'une fois face à elle je laisserais tout tomber, que je retrouverais mes esprits, mais quand j'entends frapper à la porte il y a comme un brasier qui se déclare en moi, un foyer qui s'embrase … Non, je ne reculerais pas.
Elle peut lire en moi comme dans un livre ouvert, pourtant cette fois j'ai revêtu une poker face que je ne laisserais pas tomber. Pas de sourire quand j'ouvre la porte, une expression à la fois neutre mais beaucoup de choses qui passent par le regard et si l'immobilité s'installe Kezabel ne tarde pas à la briser. Mon cœur s'emballe, rate un battement et les larmes me montent violemment aux yeux alors que ma poitrine se compresse et que je la serre aussi fort que je peux contre moi. Je me suis enfermée dans la noirceur et la froideur ces derniers jours mais tout éclate quand elle est là, près de moi à nouveau. Quand la normalité retrouve son cour. Je serre les dents, ferme fort les yeux comme si je voulais simplement abandonner la réalité et me fondre dans cette étreinte.

Tu m'as manqué, tellement, tellement …
Je n'aurais jamais cru autant.

De Palmas

Et je ne suis pas prête à ce que ce sentiment soit permanent.

Alors j'essuie les quelques larmes qui menacent en m'écartant un peu, lui adressant un sourire presque timide tout en la laissant entrer. J'ai du mal à laisser sortir les mots, sans doute par peur de me trahir, par crainte de lui mentir. Je n'ai pas envie de me jouer d'elle pendant des heures, je veux … J'ai besoin que ça aille vite et même si dans ma tête me fustige une petite voix je l'enferme dans un recoin insonorisé.
J'attrape sa main, l'entraine avec moi vers le salon où nous attends la soirée idéale : Du gras, du sucré, des films de filles comme ils disent … Nos soirées préférées, mais celle-ci a déjà un goût amer dans ma bouche. Demain elle doit prendre le train et retourner droit vers l'Enfer … Demain elle le ratera ce train, et me haïra probablement pour le reste de sa vie. De notre vie.

« Coup de foudre à Nothing Hill et des tonnes de trucs pas sains à boire et à manger. »

C'est maladroit, complètement nerveux, je n'y arriverais pas. Tout ça ne nous ressemble pas, on ne marche jamais sur des œufs pour se parler mais je réalise que c'est la première fois depuis qu'on se connait qu'une telle chose se produit. Jamais l'ombre d'une dispute … alors du silence et de la distance ? Je n'ai clairement pas envie d'en parler, si j'oublie l'espace d'une seconde mes intentions j'ai simplement envie de faire l'autruche, comme si rien ne s'était passé, comme si on s'était quitté la veille ou presque.

Et j'essaie de contenir mes tremblements quand je lui tends une tasse de chocolat chaud fumant et recouvert de chantilly, une fraise tagada sur le dessus et des copeaux de cacao en haut de cet Everest de crème fouettée. L'odeur embaume toute la maison, je me noie déjà dans le sien sans la quitter des yeux alors qu'on est installée toutes les deux côte à côte dans le canapé, de biais, comme parée à papoter pendant des heures, rires comme on l'a toujours fait … Mais dès l'instant où ses lèvres viennent à la rencontre du liquide mon cœur s'emballe à nouveau. L'envie subite de faire marche arrière me donne une énorme claque qui me fait perdre l'équilibre, il est déjà trop tard.

Méfait accomplie.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Sam 26 Mai 2018 - 0:45

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
Si j’ai cru un instant n’avoir aucune réponse à l’étreinte que je lui donne, elle me détrompe rapidement en me serrant contre elle avec force. Visage enfoui dans son cou, j’ai l’impression de revivre, de respirer de nouveau et même si rien n’est encore fait, c’est pour moi bien plus que je n’aurai imaginé en venant ici. Ce simple geste me prouve à quel point elle m’a manqué, me manque. A quel point je ne supporte pas que l’on se tienne à distance comme on l’a fait. Et je sais que les prochains mois seront compliqués et difficiles mais, putain, j’ai besoin de toi Riley. Plus que jamais.

Nous finissons par s’écarter l’une de l’autre et elle comme moi avons du mal à ne pas fondre en larme parce que oui, je le vois ce geste rapide pour chasser les perles salées qui me menacent moi-même, là, au bord des yeux. J’ai une boule dans la gorgée, je suis partagée entre plusieurs émotions mais celle qui domine est sans conteste la joie de la revoir, de la retrouver.
Riley me laisse rentrer, je dépose mes affaires dans un coin du couloir où elles ne gêneront pas et je laisse la porte de la cage d’Astrée ouverte pour qu’elle puisse y sortir ou y rentrer à son aise, d’ici le voyage de demain.
Sa main dans la mienne, je me laisse entrainer vers le salon de son père où nous attend tout un tas de nourriture, de boisson, de quoi passer une véritable soirée entre meilleures amies, typiquement tout ce dont on raffole pour passer une nuit blanche, à discuter de tout et de rien, faire les cons, chanter, danser, raconter des histoires qui font peur, bitcher, refaire le monde…

- Coup de foudre à Nothing Hill et des tonnes de trucs pas sains à boire et à manger.


Mais ce soir, je ne nous sens pas à l’aise. Pas comme d’habitude. Quoi de plus normal ? C’est la première fois depuis que nous sommes proches que nous avons été en froid, que nous avons affronté une dispute qui, finalement n’en était pas vraiment une puisque ni l’une ni l’autre n’a réellement éclaté de rage. Mais… je sais pas, on n’a jamais connu ça. Jamais. Nous avons toujours su nous parler, nous dire les choses, qu’elles soient plaisantes ou non mais sans jamais nous disputer. S’il y a bien une chose que nous savons faire entre nous c’est discuter.
Alors pourquoi ce soir j’ai la sensation de marcher sur un terrain miné à chaque fois que je m’imagine ouvrir la bouche ?

- C’est parfait. J’espère que tu as de place, perso je meurs de faim !

J’essaie de réinstaurer une normalité, un climat plus serein, qui nous ressemble plus. Peut-être que c’est mal venu de ma part, que je ferais mieux de m’abstenir mais c’est notre dernière soirée entre nous avant mon départ. Je refuse de laisser passer l’occasion de passer un moment mémorable avec elle. Je ne sais pas si c’est vraiment efficace mais qui ne tente rien, n’a rien ?
Je m’installe dans le canapé, en biais pour lui faire face alors qu’elle me tend une … sacrée tasse de chocolat chaud. Bordel. Une véritable montagne de chantilly avec des fraises tagada, des copeaux de chocolat, délicatement posé sur le liquide fumant qui fait doucement fondre la crème.

- Wow… ça c’est du chocolat chaud de compet ! Tu devrais te reconvertir dans la création d’œuvre d’art en chantilly, tiens. Tu sais comme les gens qui font des nounours sur la mousse d’un café. J’ai jamais compris comment ils faisaient.

Je parle, encore. Peut-être trop. Pour combler le silence malaisant, gênant. Pour ne pas penser à demain. Pour profiter de ma meilleure amie. Pour la mettre plus à l’aise.
Je ne sais pas. Mais elle finit par prendre la parole alors que je prends la paille entre mes lèvres et bois une longue gorgée du chocolat qui est à température ambiante. Une fichue perfection pour mes papilles qui s’en délecte sous cette explosion de saveur. Je l’écoute, prend une autre gorgée. Cligne des yeux.

J’ai l’impression que la pièce devient … vaseuse. A moins que ça ne soit moi qui me sente vaseuse. J’essaie de rester focus sur ce que me dit Riley mais j’ai brutalement du mal à comprendre ce qu’elle me raconte. D’ailleurs, est-ce qu’elle est vraiment entrain de me parler ? Je prends une troisième gorgée de chocolat, me disant que c’est certainement une petite chute de tension après toutes ces émotions, cette semaine éprouvante. Mais plus les secondes passent, plus je me sens lourde. Déconnectée.
Je fronce les sourcils, dépose rapidement la tasse manquant de la renverser sur le sol.

- Attends. J’me sens pas très bien.

Je porte une main à mon front, soudainement fatiguée. Epuisée. Avec un besoin irrésistible de dormir. Je m’adosse au fond du canapé par réflexe et n’ai même pas le temps de regarder Riley qu’un noir complet s’installe.

#

Mardi 1er Septembre - Début d'après-midi.

J’ouvre difficilement les yeux, avec l’impression d’avoir du papier de verre sous les paupières. Je ne percute pas très bien ce qu’il se passe, ni où je suis. J’ai l’esprit complètement embrumé, comme un lendemain de gueule de bois carabiné où je ne sais même pas quelle heure il est, ni dans quelle pièce je me trouve.
Et bon sang, j’ai la sensation que ma tête pèse trois tonnes.

Je fronce les sourcils, me redresse lentement, doucement, pour constater que je suis dans un lit qui n’est pas le mien…

- Qu’est-ce que j’fous là ?

J’ai l’impression de me prendre un train en pleine vitesse dans les idées. Mes souvenirs reviennent en masse au fur et à mesure que je me redresse, m’assoit et constate que je suis encore habillé dans le lit de Riley. Mon cœur s’emballe, ma tête tambourine douloureusement. Je me souviens être venue chez ma meilleure amie pour y passer une dernière soirée avant mon départ. Je me souviens de toute cette nourriture, j’ai la vague sensation d’un chocolat chaud puis… plus rien. Noir complet. Jusqu’à maintenant.

- Putain ! Non, non, non…

Sursaut lorsque je constate la lumière du jour derrière les rideaux et le sol s’ouvre à mes pieds quand mon regard capte l’heure sur l’horloge numérique…
13h17.

Mon sang ce glace, mon cœur s’arrête. La réalité me revient en pleine gueule, me donne le vertige. Le Poudlard express devait partir ce matin à 9 heures pour nous mener vers une nouvelle année scolaire et je venais de louper ma seule entrée possible pour reprendre mes études. Rejoindre l’école.
La saveur sucrée d’un chocolat chaud me revient en mémoire et sa texture devient amer, acre. Je me lève d’un bond, beaucoup trop vite et me rattrape de justesse au bureau, juste deux secondes histoire de reprendre mes esprits avant d’ouvrir la porte à la volée.
Je ne peux pas y croire, me fait des idées. Je ne sais ce qu’il s’est passé, ce qu’il m’est arrivé mais je refuse de croire ce que mon instinct me hurle.

Je dévale dangereusement les escaliers et une silhouette surgit en bas, m’arrête net dans l’élan.

Riley est là, à quelques marches de moi.
Depuis un moment déjà j’ai pu constater que nous n’avions pas forcément besoin de se parler pour se comprendre, que souvent un regard suffisait pour faire passer bien plus d’émotions que n’importe quelle phrase aurait pu transmettre. Et ce que je croise dans ce regard clair, c’est de la culpabilité. Ce que je perçois dans ces traits tirés, crispés, c’est une tension qui émane entièrement d’elle. De sa posture, de sa façon de me regarder, de se tenir là.
J’ai le cœur en vrac, l’impression qu’un couteau se plante entre mes côtes. J’ai la sensation d’avoir du mal à respirer, que le malaise est là, pas très loin, tellement les émotions qui me traversent sont d’une violence inouïe.

- Dis moi que tu n’as pas fait ça.

La douleur est vive, insupportable. Mon corps entier tremble et c’est la première fois que lorsque je la regarde, une colère se manifeste. Une déception profonde, lourde et douloureuse. Je suis sur la brèche, les nerfs à vif, incapable de me dire que ma propre meilleure amie ait pu me jouer un coup en traitre comme celui-là. C’est ça. La trahison. Car au-delà de cette colère et frustration d’avoir loupé mon train pour rejoindre l’école, c’est à autre chose que je dois faire face. Un truc que je n’aurai jamais pu imaginer venant de Riley.
Alors lorsqu’elle dévie le regard…

- Regarde moi ! De la paume je frappe le mur qui me maintient, la vue brouillée par les larmes de rage, de… déception. Regarde moi et dis moi que tu n’as pas osée Riley.

Dis-moi que tu n’as pas osée saboter mon départ. Que tu n’as pas oser avorter mes propres choix.

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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Lun 28 Mai 2018 - 21:32

Mardi 1er Septembre - Début d'après-midi.

T’as pété les plombs Riley, t’as sérieusement pété les plombs. C’est le refrain qui tourne en rond dans ma tête depuis des heures, depuis que mon plan infaillible a fonctionné et que la culpabilité est venue me frapper de plein fouet. J’ai pas fermé l’œil de la nuit, une boule dans le ventre, la sensation d’avoir fait une connerie, d’avoir opéré la plus brutale des trahisons envers ma meilleure amie. Je devrais la soutenir, accepter son choix, le respecter … être une personne normale, avec des réactions normales, mesurées … Mais visiblement j’en suis incapable.
J’appréhende le moment où je l’entendrais descendre les marches, quand elle aura compris ce qu’il s’est passé, pourquoi elle s’est écroulée de sommeil dès l’instant où ce chocolat viennois absolument parfait a rencontré ses lèvres. Si je les veillée pendant de longues heures j’ai fini par redescendre dans le salon. Au creux du ventre une sensation atroce, l’envie de fuir, je n’assume pas du tout ce que j’ai fait et la perceptive des conséquences m’étouffent de plus en plus.

Pourtant, je le sais, pas une seconde je ne regrette de l’avoir empêché de monter dans ce putain de train. J’aurais simplement aimé en faire de même pour Lukas mais j’ai fait un choix. Peut-être que j’aurais simplement du saboter le Poudlard Express pour qu’il ne quitte jamais King’s Cross ou bien s’arrête en pleine voie, bien avant d’avoir atteint sa destination finale.

Et puis soudain mon cœur s’emballe, un gémissement plaintif s’étrangle dans ma gorge quand je perçois du mouvement à l’étage. Fautive, complètement cinglée, voilà comment je me perçois en cet instant quand la réalité vient me frapper de plein fouet : J’ai kidnappé ma meilleure amie. Les intentions étaient peut-être « louables » mais les faits laissent à désirer, ils sont graves. La sensation d’étouffer ne s’estompe pas, c’est même pire encore, mais pourtant quand j’entends ces pas mal assurés dans l’escalier je me rapproche, lui fais face.

Et son regard me glace le sang.

« Dis-moi que tu n’as pas fait ça. »

Elle me hait. En cet instant elle me hait et comment la blâmer ? Le poids de tout ce qu’elle ressent m’écrase, j’ai le malheur de baisser les yeux pour m’échapper de l’emprise des siens.

« Regarde-moi ! »

Sursaut. Sa paume s’abat violemment contre le mur et je fais malgré moi un pas en arrière. La seconde suivante, bras le long du corps, je serre les poings et l’affronte à nouveau. Mes émotions se nourrissent des siennes, je perds contact avec la réalité, une certaine réalité en tout cas. Complètement dépassée par tout ça … Par ce que j'ai créé.

« Regarde-moi et dis-moi que tu n’as pas osée Riley. »

La bombe explose, toute la tension gardée captive ces dernières heures, ces derniers jours, explose avec elle.

« Si j’ai osé ! J’ai osé comme t’as osé prendre la décision dans ton coin, me le cacher pendant des semaines et me balancer ça en pleine face sans prévenir une semaine avant de dire au revoir ! »

D’abord le feu …

« J’suis censée faire quoi ? Te laisser retourner là-bas et commencer à choisir quelles fleurs je mettrais sur ta tombe ? »

… ensuite la glace.

Mâchoires crispées j'en ai presque mal. Jamais le ton n'est monté entre nous, jamais je n'ai prononcé des mots de ce genre à son encontre et je n'aurais pas cru ça possible mais ma peur de la perdre m'a rendu complètement irrationnelle.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Ven 8 Juin 2018 - 19:18

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
Je tremble de partout, mon cœur tambourine violemment contre mes tempes et la seule chose qui me fait tenir debout c’est cette colère profonde, brûlante qui grogne au fond de mon ventre, qui s’apprête à rugir.
J’ai du mal à percuter ce qu’il s’est passé, ce que ma meilleure amie à osée me faire. A moi. Je n’comprends pas comment on en est arrivé là, j’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose. J’ai l’impression brutale et soudaine de ne plus la reconnaitre en cette seconde. Riley m’a faite louper mon train pour l’école et à l’heure qu’il est, il est trop tard pour moi pour pouvoir y retourner, pour pouvoir faire ma rentrée. Elle m’a volontairement poussée vers la porte de la sortie, sabotée mon avenir, mes études. Et plus je prends conscience des faits et des conséquences, plus ma colère menace d’exploser, dévastatrice.

Mais c’est la sienne qui surgit la première, qui éclate, s’exprime.

- Si j’ai osé ! J’ai osé comme t’as osé prendre la décision dans ton coin, me le cacher pendant des semaines et me balancer ça en pleine face sans prévenir une semaine avant de dire au revoir !

De toute ma vie, de toute cette année où nous avons forgés cette relation aussi intense que solide, je n’aurai imaginé que Riley puisse me blesser à ce point. C’est un long couteau qui s’immisce entre mes côtes et c’est douloureux. Plus que je n’oserais l’admettre.
Je me fige, me redresse lentement sans jamais la lâcher du regard, mes bras retombant lentement le long de mon corps secoué de tremblement nerveux. Les larmes, elles, s’invitent. Il n’y a rien de tristes dans ces dernières, pas maintenant. Pour l’instant ce n’est que l’expression d’une colère bien trop grande pour moi.

- J’suis censée faire quoi ? Te laisser retourner là-bas et commencer à choisir quelles fleurs je mettrais sur ta tombe ?

Deuxième coup de couteau en plein cœur et si je ne pensais pas que les mots pouvaient à ce point faire physiquement souffrir. Mon ventre se crispe comme chacun de mes muscles. Dans d'autres circonstances, dans une autre situation, ces mots là m'auraient suffit à laisser tomber cette dispute horrible, à baisser les bras. Ils m'auraient suffit pour pleurer, venir vers elle et la serrer contre moi pour lui promettre que rien ne m'arrivera.
Mais pas là. Pas cette fois.
Je n’arrive pas à croire qu’elle puisse être l’auteur de ces mots, de ces phrases qu’elle me jette au visage tout comme je n’arrive pas à croire qu’elle reste là, campé sur SA décision comme si la mienne ne comptait pas. Je lui en veux, plus que jamais et mon corps agit seul, sous l’assaut de cette colère qui ne cesse pas de m’étouffer, de prendre une place monstrueuse autour de nous. Je dévale les escaliers et j’explose, littéralement.

- Comment tu peux OSER me reprocher d’avoir voulu continuer mes études et d’en plus me faire porter le chapeau ? C’est CA ta putain d’excuse pour avoir pris cette décision A MA PLACE ?

Le ton monte et je suis là, plantée face à elle. Je connais son caractère, je sais à quel point elle peut s’emporter dans ses mots, ses gestes mais si tous ceux qui nous connaissent savent qu’elle est la puissance et moi la raison, cette fois, c’est une autre facette qui s’expose.

- Mais tu voulais quoi putain ! Que j’te le dise avant qu’on parte et qu’on tire la tronche à pleurer durant tout le séjour ? J’voulais qu’on en profite à fond, qu’on oublie un peu le reste juste quelques temps avant de te l’annoncer et c’est ça que tu m’reproches ? Tu n’avais PAS LE DROIT d’agir à ma place Riley ! Pas le droit de prendre cette décision pour moi !

Et plus je m’exprime, plus mon ton s’assèche, devient froid et implacable malgré le ton qui grimpe toujours un peu plus. Je la scrute, la regarde, les yeux humides, le visage certainement rougis de colère. Et plus je constate, plus la douleur se fait acide au creux du thorax. J’ai à la fois envie de pleurer et de rire face à l’énormité de la situation. Ma meilleure amie m’a tout bonnement kidnappée. Retenue prisonnière ici.
Ça n’a aucun sens bon sang.
Aucun.

- Et c’est EXACTEMENT ce que tu aurais dû faire. Me laisser retourner là-bas. Me parler. Plutôt que de me tirer la gueule pendant une semaine et à faire comme si je n’existais pas.

Et ces derniers mots sont jetés, dents serrées tandis que je tente sans succès de digérer cette trahison.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Jeu 14 Juin 2018 - 18:37

Le choc, la violence, les larmes. Les miennes comme les siennes. Elle est là, devant moi, sa colère m’explose au visage alors que les poings serrés je ne bouge pas.

« Comment tu peux OSER me reprocher d’avoir voulu continuer mes études et d’en plus me faire porter le chapeau ? C’est CA ta putain d’excuse pour avoir pris cette décision A MA PLACE ? »

L’envie de disparaitre se manifeste à mesure que les tremblements s’accentuent. C’est la première fois qu’on se dispute, la première fois qu’elle me hurle dessus de cette façon. A raison. Parce que je n’avais pas le droit de me comporter comme je l’ai fait je le sais.

« Mais tu voulais quoi putain ! Que j’te le dise avant qu’on parte et qu’on tire la tronche à pleurer durant tout le séjour ? J’voulais qu’on en profite à fond, qu’on oublie un peu le reste juste quelques temps avant de te l’annoncer et c’est ça que tu m’reproches ? Tu n’avais PAS LE DROIT d’agir à ma place Riley ! Pas le droit de prendre cette décision pour moi ! Et c’est EXACTEMENT ce que tu aurais dû faire. Me laisser retourner là-bas. Me parler. Plutôt que de me tirer la gueule pendant une semaine et à faire comme si je n’existais pas. »

Ou comment avoir le sentiment d’être une gamine immature. J’ai laissé mes émotions me dicter mes actes et ma peur panique de la voir disparaitre définitivement de ma vie, aujourd’hui je suis la raison pour laquelle elle va me tourner le dos puisque je l’ai trahi. Malgré ces faits la colère persiste chez moi mais les mots ne parviennent plus à sortir. Oui j’aurais voulu qu’elle m’en parle, je le lui reproche ce qu’elle me reproche sans peut-être réaliser cette vérité. J’ai mal agi, très mal agi, j’en ai conscience, mais ça n’efface pas sa propre trahison. Pas pour l’instant en tout cas. Je n’ai pas dit que je ne comprenais pas son raisonnement, simplement que je ne suis pas en mesure de l’accepter pour le moment.
On se toise quelques secondes dans le silence, nouée par les larmes, secouée par les tremblements, aucun mot n’est capable de sortir de ma bouche et je me retrouve presque intimidée face à la réalité, face à sa colère. Une minute à peine plus tard la porte d’entrée de la maison claque et je me retrouve seule, l’adrénaline quittant lentement mon organisme pour me laisser en pleure, effondrée sur le sol, à peine retenue par le mur derrière moi.

#

Il m’aura fallu plus d’une heure pour me calmer mais la décision que j’ai prise a été relativement rapide. Je ne peux pas rester là, noyée dans ma culpabilité, l’angoisse d’avoir tout gâché, le manque et tout un tas d’autres émotions qui m’étouffent. Deux coups de fil plus tard, le premier à Dimitri et le second à Mateo, c’est ma mère que j’appelle pour la prévenir. Les sanglots continuent de me rendre l’élocution compliquée. Quand elle décroche les larmes reviennent aussitôt.

« M’man ? Oui, c’est moi. Écoute, j’vais partir quelques jours chez un ami. Dans le Sud de la France. J’ai … »

Les yeux rivés vers le haut j’essaie de retenir le flux salé qui me brûle les yeux et m’empêche de parler. Elle sent tout de suite que quelque chose de va pas, bien sûr, ne serait-ce qu’à cause de ce que je viens de lui dire.

« Riley, qu’est ce qui se passe ma puce ? »

Si je tiens je ne le dois qu’à un miracle mais ça me prend quelques secondes avant d’être capable d’aligner deux mots de plus.

« J’ai fait une connerie Maman. Et Kezabel me déteste. »
« Je suis certaine que non ma chérie. Qu’est-ce qu’il s’est passé, raconte-moi. »
« Je peux pas. Pas tout de suite. Je le ferais je te promets mais là j’ai besoin de prendre un peu le large. »

Silence. Hésitation. Mais je crois qu’elle réalise la gravité de la situation ou en tout cas l’impact que ça peut avoir sur moi. Il s’agit de Kezabel.

« Bon. D’accord. Dis-moi au moins où tu vas s’il te plait. »
« Je … J’ai plus le nom du village en tête, je t’envoie l’adresse par sms. Promis. Et c’est la maison de Dimitri. »
« Ton ancien Professeur ? »
« Oui. »

Silence.

« Mateo vient avec toi ? »
« Non, j’ai besoin d’être seule. »

#

Dimanche 6 Juin 2015 – Sud de la France

« T’es sûre que ça va aller ? »
« Oui, promis, t’en fais pas. »
« Tu restes ici tant que tu veux, tu l’sais. »
« Merci. »

Gros câlinou, je gagne un bisou sur le front. Dimitri s’en va, retourne vaquer à ses occupations alors qu’il vient de passer une journée et une soirée avec moi. J’ai récupéré les clés il y a 5 jours et passé les premiers ici toute seule. Pour … réfléchir, on va dire ça comme ça. C’est pas la grosse patate c’est certain mais j’avais besoin de ça je crois, de me retrouver un peu toute seule, loin, pour me calmer, faire le point, essayer d’y voir plus clair et encaisser ce qu’il s’est passé. Je peux pas dire que Mateo soit super emballé par l’idée que j’ai pris la tangente pour en plus m’exiler avec un autre – c’est pas totalement le cas puisque Dim n’a été là que temporairement – mais il sait, il est au courant de ce que j’ai fait, l’idée de lui cacher ça ne m’a même pas effleuré l’esprit. Et sachant l’impact qu’une dispute avec Kezabel peut avoir sur moi il accepte. Je ne dis pas qu’il comprend mon geste ou me soutient, là n’est pas la question, mais point de vue conséquences je sais qu’il comprend pourquoi j’ai ressenti ce besoin de m’isoler.

« Jean-Jacques est là pour me protéger, tu peux partir tranquille accomplir ton destin ! »

Et je trouve en Dimitri la présence rassurance, neutre, dont j’ai besoin. Presque comme un grand-frère. Un bisou sur ma joue de sa part, un sur la sienne de la mienne, il s’apprête à partir.

« Au fait, tu l’ouvres quand ton Sex Shop sur le chemin de traverse ? »
« T’en fais pas, tu seras conviée à l’inauguration. »

Clin d’œil faussement aguicheur de sa part, il en rajoute des caisses pour les jouer les gros lourds alors qu’on sait très bien tous les deux l’homme qu’il est réellement. Un gros lourd, certes, mais une personne adorable et bien plus mature qu’il ne le laisse paraitre. Il faut le connaitre, c’est tout, et je suis heureuse de le compter parmi mes amis proches.
Le programme du jour ? Aller faire le marché dans le village d'à côté, prendre le temps, profiter des derniers instants que je passe ici parce que cette retraite ne peut pas durer éternellement. Entre autre parce que je vais bientôt commencer les cours. Si je pense à Kezabel ? Tout le temps ou presque. La situation ne peut pas rester comme ça et ces jours m'ont permis de laisser descendre la pression. L'une sans l'autre ? Impossible. Je sais que j'ai commis une grosse erreur, que j'ai complètement pété les plombs et je ne sais pas si elle pourra me pardonner mais tôt ou tard je m'excuserais, j'essaierai de renouer le contact avec elle. Je regrette mon geste, la manière en tout cas, parce qu'au fond de moi même si je m'en veux je ne peux pas m'empêcher d'être soulagée de la savoir loin de Poudlard. J'ai conscience de mon égoïsme, tout comme je sais que c'est sans doute reculer pour mieux sauter même si je continue de me voiler un peu la face. Je suis une bureaucrate, elle est femme d'action. Ce n'est un secret pour personne et si j'ai fermé les yeux là-dessus tout au long de l'année alors qu'elle enchainait les gardes au château, je ne peux plus le faire aujourd'hui.  

J'en suis à tâter des melons, à échanger des sourires avec le maraicher que je ne comprends pas vraiment puisque je ne parle pas du tout français – ça se résume à bonjour, merde, joyeux anniversaire – et qu'il n'a pas l'air très à l'aise avec l'anglais. Je ne l'aide pas avec mon accent Écossais c'est certain. On fini néanmoins par s'en sortir et je lui adresse un « merci » assez bien prononcé je pense, qui semble l'amuser sans être moqueur en tout cas.

Un pas, un deuxième, mon attention se concentre sur mon chemin droit devant moi, je me fige et mon sourire s'efface sous la surprise et toutes les émotions qui arrivent juste derrière. Le cœur qui s'emballe, un semblant de panique, les mains moites et l'improbabilité de la situation. Parce que j'ai devant les yeux ma meilleure amie, que je n'ai pas vu depuis des jours, avec qui je n'ai eu aucun échange. L'espace d'une seconde je me surprends à espérer qu'elle s'est renseignée auprès de mes parents, de Charleen ou Mateo pour savoir où me trouver.

« J’te jure que je t’ai pas suivi. Je ... »

Je bredouille, m'emmêle les pinceaux, absolument pas à l'aise. Mes mains en laissent tomber le melon que j'allais ranger dans un sac en toile et celui-ci s'éclate par terre. Sursaut.

« Merde ! »

Je détourne mon attention d'elle, consciemment ou pas, peut-être parce que j'ai besoin de reprendre mon souffle le temps de ramasser les pauvres morceaux de melon sur le sol jusqu'à m'en mettre pleins les doigts. Puis de nouveau l'immobilité, cette peur que je ressens face à elle n'a pas de sens, ça n'est pas normal. Ça n'est pas nous. Où est la Riley sûre d'elle ? Certainement pas ici pour le moment. Accroupis par terre j'essaie de luter pour contenir les larmes qui reviennent presque comme au premier jour de cette histoire et m'essuie le nez d'un revers de main avant de me racler la gorge sans pour autant me lever, sans toujours être capable de la regarder.

« J’ai eu peur et ça m’a fait vriller. »

Les mots sortent comme si ma gorge était du papier de verre. Pas parce que j'essaie de les retenir ni même que je ne souhaite pas qu'ils sortent, simplement parce que la situation de manière générale est douloureuse. Oui j'ai eu peur de la perdre et quand je dis ça, ça n'a rien à voir avec le fait qu'elle eut été dans une autre école que moi et qu'on ne puisse plus se voir tous les jours. Et oui j'ai complètement vrillé j'en ai conscience. Peut-être qu'elle a pris ça pour un caprice de petite fille pourrie gâtée mais j'en doute, elle me connait, elle sait que dans ma vie toute rose j'ai quand même la notion des réalités.
Alors lentement je me relève, observe mes mains poissée de melon l'espace d'une seconde avant de planter mon regard dans le sien.

« J’suis désolée. »

En toute sincérité. J'admets mes torts, à 100%, même si je ne regrette pas forcément la finalité.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Mar 26 Juin 2018 - 19:25

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
Les secondes s’écoulent et je n’obtiens aucune réaction de sa part. Je ne sais plus vraiment ce qui est le mieux à cet instant où j’ai la sensation que je vais exploser, hurler de rage, de colère, de déception. Je tremble, mon cœur tambourine violemment contre mes côtes et Riley reste là, cloitré dans un lourd silence que je ne laisse pas durer plus longtemps. Je dévale le reste des escaliers, passe à côté d’elle sans articuler un mot, sans un regard.
C’est trop pour moi, trop pour mes nerfs déjà à vifs et d’un geste brusque, je ramène mes affaires dans les couloirs, mettant rapidement mes baskets. Moins d’une minute plus tard je suis dehors, trainant rageusement ma valise jusqu’à une petite ruelle où je transplane jusqu’à chez moi. J’ai la nausée, le feu aux veines et mon cerveau s’active, tourne à plein régime. Est-ce qu’il y a une autre solution pour rattraper ma rentrée ? Me présenter demain par exemple ? Mais comment ? J’en sais foutrement rien, bordel. J’en sais rien parce que ce foutu train est le SEUL moyen d’accéder à l’école. Tranplaner devant les grilles me verra servi par un refus puisque personne n’est accepter en dehors de la rentrée, sauf cas exceptionnel. Et je doute que de raconter ma petite mésaventure qui aura engendrer ce retard leur convienne.
En somme mon année scolaire est foutue. Mon année est foutue tout comme le diplôme que j’espérais obtenir. Sans oublier mes actions là-bas, ce besoin viscéral au fond des tripes que d’être active, utile, prête à lutter contre les oppresseurs à  n’importe quel moment. Tous mes objectifs partent en fumée et la responsable me brise le cœur, plus que jamais. La violence de mes émotions me donne l’impression que rien n’est supportable, me donnant une envie de hurler presque vitale, comme si cela pouvait m’aider à dénouer ces nœuds qui se tissent dans mes tripes, à m’en rendre malade.

J’ouvre la porte de chez moi et la claque avec violence, trouvant mon père dans la cuisine que rejoint d’un pas rageur.

- Tu l’savais ?

Expression coupable, ses mains entourant une tasse de café. A croire qu’il est là depuis le début de la nuit. Mon sang ne fait qu’un tour, un énième couteau planté dans le cœur.

- Je suis désolé.
- DESOLE ?! Désolé de QUOI papa ! Comment vous avez pu être aussi égoïste putain !

Mon père a toujours été un homme de sang-froid, abordant les sujets en tempérant les caractères de chacun, essayant de se montrer juste. Passif de gendarme. Mais ce matin, il explose. Se mue en un père en colère, heurté de plein fouet par les mots de sa fille.
Il se redresse sèchement, manquant de faire tomber sa chaise en me pointant du doigt d’un air sévère.

- KEZABEL ! Ne me parle pas sur ce ton, je te préviens ! Je suis ton père, pas l’un de tes potes d’école !
- Je te parle sur le ton que je veux t’entends ? J’explose à mon tour, franchissant des limites que mon père à lui-même dépassé en m’infligeant cette trahison difficile à digérer. A partir du moment où vous vous êtes octroyer le droit de décidé pour moi, je te parle sur le ton que je veux ! Vous vous prenez pour qui ! Je ne vous appartiens pas, je n’suis pas un jouet que vous pouvez garder dans votre placard pour en faire ce que VOUS VOULEZ !
- C’est pour ton bien, bon sang ! Sa main claque sur la table alors que je suis là, à m’agiter, plus furieuse que jamais. Comment peux-tu croire un SEUL instant que j’allais accepter que tu retournes dans cette école de tarés où les élèves risquent leur vie tous les jours ! Oh ! Reviens sur terre, tu n’es ni dans un film, ni dans une de ces fictions où tu cours jouer aux héros. Et après c’est moi que tu traites d’égoïste ?

C’est l’équivalent d’une gifle qu’il m’envoie en plein visage et je me redresse un peu plus, piquée au vif par ses propos, à insinuer que je ne suis qu’une petite égoïste n’ayant penser qu’à mes envies et non les leurs. Sauf que l’on parle de mon avenir, des mes choix. J’ai essayé de discuter avec lui, avec Riley. Sans succès. Et on me reproche aujourd’hui d’être furieuse de voir que l’on m’a littéralement kidnappé pour ne pas que je retourne à Poudlard ?

- Mais tu me prends pour qui papa ? Pour une gamine de dix ans ? Non, nous n’sommes pas dans un film papa mais cette guerre existe et elle court les rues sans que tu ne t’en aperçoives et c’est MON choix que de vouloir aider. MON CHOIX que de vouloir lutter en reprenant mes cours là-bas, en voulant m’y rendre utile.
- Il est hors de question que je te laisse aller te faire tuer comme ta mère.
- Je t’interdis de mêler maman à ça ! J’explose cette fois, le coupant presque dans son élan. Je tremble plus que jamais et je prends seulement conscience des larmes qui humidifie mon visage en feu. Je n’en reviens pas ça puisse venir de toi, de Riley. Vous n’avez pas le droit de décider de ma vie, de mon avenir. Tu comptes faire quoi ? M’enfermer dans ma chambre jusqu’à mes 40 ans ?

Quelqu’un se manifeste à mes côtés et dans cet élan de dispute je n’avais ni vu Shannon, ni Adam juste derrière moi, n’osant pas pénétrer dans la cuisine. Je n’y fais pas attention, trop remonter, voyant rouge aussitôt. Je sais que je ne redescendrais pas tout de suite et surtout que je ne veux rien entendre d’autre. Parce que ça n’est pas que le fait de ne plus avoir la possibilité de retourner à Poudlard qui me met autant hors de moi, c’est surtout cette sensation douloureuse de trahison venant de mon père.
Venant de celle que j’aime comme l’on aimerait une âme sœur. Ma propre meilleure amie.
Rien que cette idée me renvoi à de violentes émotions. Comme de violente vague sur la plage qui me ramènerait à chaque fois un peu plus de colère.

- Kezabel, calme-toi.
- Non, je ne me calme pas ! Je me retourne vers mon père, hors de moi. Tu sais quoi papa ? T’as tout gagné. Non, vous avez tous gagné. Vous n’voulez pas que j’retourne dans "cette école de tarés" ? Parfait. Mais si je ne peux pas aider à défendre ma cause et ma liberté là-bas alors je suis certaine que l’armée aura une place pour moi.

Je fais demi-tour, sans attendre ou même entendre ce que mon père commence à hurler alors que je prends la cage d’Astrée, une valise de vêtement et ouvre la porte à la volée pour en descendre les marches. Ni Shannon, ni mon père ne m’ont vu prendre au passage une paire de clés pendant sur le porte-clés de l’entrée. J’entends encore des éclats de voix dont je ne me soucis pas, mes pas pressés me guidant vers une ruelle alors que mes yeux sont brouillés de larmes.
Moins de cinq minutes plus tard, un portoloin m’emmène loin d’ici. Loin de tout.
Loin d’eux tous.

#

Dimanche 6 Septembre ▬ Sud de la France, matin

J’ai mis plusieurs jours à redescendre de cette tour de colère, de douleur et de frustration. Les premières heures ont été un calvaire entre les larmes, le besoin d’expulser une rage venue du fond du ventre et la première chose que j’ai faite en venant ici est d’aller courir sur la plage, au grand air malgré le temps un peu gris.
Je suis partie loin de Londre, loin de mes parents et de toute connaissance pour refaire le point sur ce qu’il s’est produit, pour me retrouver moi et surtout pour faire taire cette tempête menaçante déclenchée il y a quelques jours. Passé la colère, une tristesse profonde s’est invitée en repensant à ma dispute avec mon propre père, puis à celle avec ma meilleure amie. Car malgré toute la rancune que je peux ressentir pour elle, je ne peux empêcher ce manque d’elle qui éclot chaque jour par petite touche. Elle est une partie de moi, une âme sœur et ce qu’il s’est passé entre nous ce jour-là m’a donné l’impression de tout voir volée éclat. Je suis passé par « Je ne lui pardonnerais jamais », puis « Je lui en veux mais elle me manque » et aujourd’hui, je ne sais plus très bien.

Assise à la terrasse de la maison, tasse de thé à la main, je dessine de l’autre un paysage inconnu. Renouer avec le dessin pour de bon me fait du bien, m’apaise. J’en aurais presque oublié à quel point j’y trouve un réconfort et une plénitude qui m’avait tant manqué ces derniers jours.
Je me suis coupé de toute communication, n’envoyant qu’un message à Emily qui m’a malheureusement attendu à la gare pendant un certain temps, sans nouvelles de ma part. Je sais que j’ai été un peu froide, expéditive malgré moi mais … égoïstement, je n’avais envie d’échanger avec personne, bien que ça ne soit pas contre elle, loin de là. J’ai reçu plus appels de mon père, Shannon, Adam aussi a qui j’ai fini par répondre pour lui dire que j’allais bien. Aujourd’hui encore je me demande combien de temps je vais rester ici, si je suis vraiment prête à revenir chez moi après ce qu’il s’est passé. Je comprends leurs peurs et angoisses… mais j’aurai tellement préféré que l’on en parle, que l’on s’explique. J’ai l’image de Riley, en bas des escaliers, à la fois en colère, blessée et coupable de son acte. Nous revois dans un contexte qui ne nous ressemble pas. Et plus les jours passent, plus ma colère s’atténue pour laisser place à une lourde tristesse, presque une lassitude. Je digère tout juste de ne pas pouvoir retourner à Poudlard, me rendant compte également que le coup de l’armée balancer à mon père plus pour bêtement le blesser qu’autre chose était bien plus sérieux que je ne l’aurai cru ou voulu. J’ai besoin d’agir, d’être sur place sur le moment et non d’attendre en retrait. Je sais que certains sont mieux à d’autres places mais moi j’ai besoin de ça.

Je termine mon dessin, range soigneusement mon matériel et prend le temps de finir mon thé avant de retourner à l’intérieur de la maison et prendre la direction du petit village que je rejoints à pieds dans l’unique but de faire quelques courses. Mon programme de ces derniers jours ? Marché, sport, entrainement, repos. Plage, baigne histoire de me rafraichir un peu.
Sac en tissu en main, je m’accorde donc cette balade improvisée jusqu’au marché déjà bien rempli de monde. Que ça soit des visiteurs locaux ou des touristes. Chemise bleu pastel un peu plus large, retroussé jusqu’aux coudes, short en jean noir, basket, il fait suffisamment bon pour qu’il ne fasse ni trop chaud, ni trop froid. Température parfaite en somme.
Je me glisse entre les étables, m’arrête pour quelques légumes où mon français est bien meilleur que le premier jour. Les habitudes reviennent vite il parait.

Uppercut dans l’estomac, mon sourire se fige, puis s’efface. Je marque un léger geste de recul lorsque je la vois là, entre la foule qui s’anime autour de nous.
Riley est devant moi, en chair et en os et une fraction de seconde je me demande qui m’a lâchement balancé avant de prendre conscience qu’elle est aussi surprise que moi, aussi figée… aussi déstabilisée que moi.

- J’te jure que je t’ai pas suivi. Je ...
Le melon s’écrase au même rythme que mon cœur chute lourdement dans mon estomac. Merde !

Ma meilleure amie est là, face à moi. Par le plus grand des hasards. Et contrairement à ce que j’ai cru durant tous ces jours d’absence, la colère n’est pas présente. Contrairement à tout ce que je croyais, je pleure.  

- J’ai eu peur et ça m’a fait vriller.

Elle ne me regarde pas et moi, je ne bronche pas. Un sanglot me bloque la gorge alors mes larmes glissent silencieusement sur mes joues. J’arrive pas à savoir si je lui en veux encore ou non mais une chose dont je suis certaine, c’est le soulagement qui se diffuse au creux de ma poitrine de l’entendre, la voir alors que nous sommes resté 6 jours sans aucune nouvelle l’une de l’autre. Moi la première refusant de nouer quelque contact que ce soit. Je nous ai vu détruite, séparées, farouchement disputées pour des mois, des années peut-être. Parce que ce genre de trahison, je ne la pensais pas digérable. Mais quand je la vois là, en larme, fébrile, à nue, me fous un coup.
Ca n’est pas une peur banale dont elle me parle mais de celle qui vous font commettre des actes parfois insensés. Une chose que j’ai compris à m’isoler ici.

- J’suis désolée.

Je sais qu’elle l’est. S’il y a une personne qui a du mal à dissimuler ses émotions sur cette terre, c’est Riley. Et ici, tout son corps me hurle qu’elle est sincèrement désolée. Qu’elle regrette.
Je me suis souvent imaginer nos « retrouvailles » puisqu’il aurait bien fallu qu’un jour nous nous confrontions au moins pour … s’expliquer. Essayer de comprendre. J’ai imaginé de nouvelles disputes, des regrets, je me suis imaginé ne plus jamais nous revoir. Mais je ne m’étais pas imaginé ça. Ce hasard ou ce destin, appelez ça comme vous le voulez, de la revoir là. A l’improviste, absolument pas préparé et c’est ce qu’il nous fallait peut-être. Cet imprévu pour faire face à des émotions brutes, non contrôlés, non travaillés plusieurs heures à l’avance. Ici nous sommes toutes les deux déstabilisées et je ne m’attendais pas à être aussi bouleversée.

- J’ai passé des heures à me dire que jamais j’te pardonnerais et quand j’te vois là aujourd’hui, je me dis que peut importe ce qu’il se passe, je ne pourrais jamais passer cette foutue vie sans toi à mes côtés. Même si tu es impulsive et excessive.

En somme, je t’aime avec tes défauts. Même si parfois, tes réactions sont peut-être « trop », elles n’auront jamais le pas sur l’amitié qui nous lie toi et moi.
J’ai passé plus que des heures mais la voir aujourd’hui sans m’y attendre semble faire la lumière sur bien des questions.
J’ai les mains qui tremblent, le cœur qui palpite et je le sens déjà, je n’ai plus la volonté de me battre contre elle. Je n’ai plus l’envie non plus.

- Je n’veux plus jamais qu’un truc pareil nous arrive Riley.

Plus jamais de kidnapping. Mais surtout, plus jamais de disputes. Pas comme celle-ci. Qui ne se prend pas la tête un jour dans sa vie ? Ca arrive à tout le monde mais ce qu’on a vécu l’autre jour était différent. Plus violent. Presque menaçant.

- Je ne veux pas gâcher ce qu’on a parce que tu as eu peur de me perdre.

J’essuie doucement quelques larmes sur mes joues, gestes inutiles puisqu’elles sont suivit de beaucoup d’autres.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Sam 30 Juin 2018 - 0:09

Je ne sais pas ce qui nous attend, je comprends juste que rien de tout ça n'était calculé, qu'elle ne s'attendait pas plus que moi à ce que qu'on se croise aujourd'hui, ici, comme ça. Quelles étaient les probabilités ? C'en est presque déstabilisant mais ça n'est pas réellement ça qui me préoccupe pour le moment, pour dire vrai. Parce que j'ai peur, parce que je ne sais pas ce qui m'attend, ce qui nous attend. Le hasard ou destin a voulu que nos chemins se croisent mais ça n'efface pas ce que j'ai fait, ça n'efface sans doute pas non plus la rancœur qu'elle ressent envers moi ni même la déception, la trahison. Et je comprendrais.
Tout ce que je vois c'est que l'une comme l'autre sommes complètement dépassées, bouleversées, et même si je ne sais pas si c'est bon signe ou pas, malgré l'angoisse et la culpabilité, c'est bien du bonheur que je ressens au fond de moi. Celui de l'avoir là, face à moi, après des jours qui m'ont semblé durer des mois. Être loin d'elle ça n'est pas naturelle, comment ne pas imaginer qu'une année scolaire et bien d'autres encore auraient été supportables ? Pourtant je le sais, j'aurais du la laisser partir.

J'ai prononcé les premiers mots, la gorge bloquée par les sanglots, à présent j'attends. J'attends une réaction de sa part, peu importe laquelle, sans trop savoir ce qui va se produire ni même quel est son véritable état d'esprit vis à vis de nous. Alors quand elle ouvre la bouche je retiens mon souffle, sans me soucier une seconde des gens qui nous observent peut-être partout autour, dans cet endroit fabuleux et pleins de couleurs.

« J’ai passé des heures à me dire que jamais j’te pardonnerais et quand j’te vois là aujourd’hui, je me dis que peut importe ce qu’il se passe, je ne pourrais jamais passer cette foutue vie sans toi à mes côtés. Même si tu es impulsive et excessive. »

Mon cœur rate un battement, mon souffle se mélange et j'ai du mal à le retrouver, les larmes explosent, roulent sur mes joues et remplissent mes yeux. J'ai le jambes qui flageolent, les mains qui tremblent toujours plus, le soulagement qui me soulève la poitrine parce que ces mots, ils ne sonnent pas comme des reproches, c'est même tout le contraire. Je ne m'étais rien imaginé, je ne m'attendais à rien puisque j'étais certaine de pas la revoir avant … En réalité je n'en sais rien, j'ai simplement utilisé ce temps pour prendre du recul, me concentrer sur moi avant tout je l'admets, pour digérer ma connerie et les conséquences. Quand je repense à la façon dont on s'est hurlé dessus, aux mots qu'on s'est balancés à la figure … J'ai envie de me jeter dans ses bras pour ne plus jamais la lâcher.

« Je n’veux plus jamais qu’un truc pareil nous arrive Riley. »

Il y a un double sens derrière cette affirmation, je le sais, je le perçois, mais surtout je l'accepte alors que j'acquiesce d'un geste de la tête vif et répétitif. La lèvre inférieure coincée entre mes dents, presque à m'en faire mal. Les poings serrés, aussi, collés par le sucre du melon que j'ai laissé tomber.

« Je ne veux pas gâcher ce qu’on a parce que tu as eu peur de me perdre. »

Ça fait mal, je ne vais pas mentir, parce que c'est me mettre face à mon erreur, mais je l'accepte, je sais que c'est mérité et qu'elle a raison. Et je ne sais pas si je suis en train d'en faire une deuxième mais je ne peux plus, je ne tiens plus, et me précipite dans ses bras en l'entourant des miens, la serrant plus fort que je ne l'ai jamais fait.

« Tu m'as tellement manqué. »

Les yeux fermés, paupières serrées fermement les unes contre les autres, je craque complètement et me laisse aller, laisse évacuer tout ce que j'ai retenu pendant ces longues journées et interminables nuits. Kezabel n'est pas une simple amie, elle ne le sera jamais. Elle n'est pas une sœur non plus, pas juste ma meilleure amie. Kezabel c'est la rencontre d'une vie, une personne comme on n'a pas tous la chance de rencontrer je crois, un alter ego, une âme sœur tout simplement. Elle et moi c'est Meredith et Christina, en bien plus cool et en carrément moins médecins, en plus réelle aussi. Kezabel c'est ma Personne. Alors elle sans moi, moi sans elle ...

« J'veux plus jamais qu'on se dispute comme ça. Plus jamais. »

Et nous voilà, à pleurer dans les bras l'une de l'autre, à se tremper les épaules de larmes, à se moucher sur les manches parce que de toute façon, on s'en fout, on s'est vu dans les pires moments, y compris quand l'une tenait les cheveux de l'autre au dessus de la cuvette des toilettes après une soirée trop arrosée. Et j'étais pas prête à tirer un trait là-dessus.
Le temps semble se suspendre, je ne sais pas vraiment combien de temps on reste comme ça, jusqu'à ce que le flot de larmes se tarisse un peu quoi qu'il arrive. De son côté comme du mien. Puis on se retrouve assises sur un muret non loin de là, un peu timide, pour ma part en tout cas, mais sa main dans la mienne, pas décidée à la lâcher de si tôt. Un long et profond soupir m'échappe, le silence persiste encore un peu, je crois qu'on a juste besoin d'un peu de temps pour atterrir. Ou peut-être est-ce simplement moi, je n'en sais trop rien. Je me sens à la fois épuisée, soulagée, mais aussi nerveuse d'une certaines façon. Parce qu'il y a des choses que je dois dire, et je crois que j'ai peur qu'elles fassent ressurgir nos blessures et la rancœur. Pourtant je me lance, parce que je sais que c'est important.

« Je sais que j'aurais du accepter, respecter ta décision et te laisser partir, que j'aurais du t'encourager, te dire que tu serais la meilleure de toute façon et que le château serait entre de bonnes mains avec toi. »

Un sourire, un rire bref, une mèche de cheveux replacée derrière une oreille dans un geste fragile, le goût salé encore dans la bouche. Puis le sourire s'estompe.

« J'ai pas pu. »

Le sol devient d'une fascination incroyable, évidemment je ne le vois pas, et sur mon T-shirt un fil dépasse, se retrouve victime de mes doigts nerveux. Je ne me défile pas, relève la tête et capte son regard à nouveau. La carte de la franchise je vais la poser sur la table, en douceur, dire les choses comme je les ressens parce que c'est important je pense. Elle en fera sûrement de même.

« J'peux pas m'empêcher de penser que cet endroit est devenu un piège et j'ai pas su supporter l'idée que tu t'y retrouves coincée. Comme avant. Ou pire. »

Ça ne me tranquillise pas plus de savoir Lukas là-bas, c'est même peu de le dire, parce que oui je le pense dur comme fer : Cette école est dangereuse, un enjeu bien trop important aux yeux d'hommes et de femmes dont la fierté a été chahutée quand ils se sont fait mettre à la porte par, en partie, une bande de gamin révoltés. Ils ont tenté trop de fois de revenir pour abandonner, je le sens au plus profond de mes tripes. Seulement voilà, aujourd'hui ça va bien au delà de ça.

« Mais je sais aussi qu'il faut que j'accepte l'idée que l'époque où je fermais les yeux est terminée et que tôt ou tard tu deviendras le soldat que tu es déjà au fond de toi. »

Oui je suis impulsive, excessive, mais la vérité, même si je ne veux pas toujours la regarder en face, j'ai conscience de son réel visage. Nos chemins ne vont peut-être pas se séparer mais nos vies ne seront plus les mêmes, plus calées sur le même rythme. J'ai mes ambitions et elle a les siennes, ses convictions surtout. Je ne suis pas aveugle, j'ai bien vu à quel point elle s'est investie dans toutes les gardes qu'elle a faite au château ces derniers mois. J'ai fini par m'y habituer, je crois, mais ça me faisait trembler de la savoir dehors, possiblement en première ligne. Tôt ou tard je crois que ça sera son quotidien. Et moi, et bien … Je ne sais, je serais sans doute assise derrière un bureau, en train de plaider dans un tribunal je l'espère. On grandi, on fait des choix, on s'émancipe et c'est difficile quand on a vécu des choses aussi fortes, quand on a passé tout ce temps soudés les uns aux autres. A partir de maintenant tout sera différent. Ni mieux, ni moins bien, juste différent.

« Je suis pas comme toi, j'le serais jamais, alors … Je t'attendrais et c'est tout. »

Sourire timide, haussement d'épaules, j'ai de nouveau les larmes aux yeux et les essuie dans un geste un peu trop vif pour être serein, agrémenté d'un nouveau rire bref. Puis d'un regard vers le ciel, comme si ça pouvait changer quelque chose, donner le change. Un peu.

« J'suis désolée d'avoir fait foirer ta rentrée et ton année scolaire. Peut-être que tu peux encore avoir accès à l'école, en passant par Ismaelle ou je sais pas ? »

Non je n'ai pas envie qu'elle y aille, on le sait très bien tous les deux, mais je sais aussi que oui, c'est son choix, et je dois le respecter. L'accepter.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Jeu 12 Juil 2018 - 17:45

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
Son corps percute le mien dans une étreinte spontanée, aussi expressive qu’elle et mes bras l’entourent aussitôt. Comme s’ils ne demandaient qu’à combler ce vide qui s’est installé et qui n’avait rien à faire là depuis plusieurs jours déjà. Mes larmes redoublent de plus belle et je la serre aussi fort que possible, étouffe un sanglot sur son épaule.
J’ai l’impression de respirer de nouveau.

- Tu m'as tellement manqué.
- Toi aussi, si tu savais.

Plus que jamais et plus que je n’oserais et saurais l’exprimer. Je sais que beaucoup se sont posés des questions sur la nature de notre relation, que des rumeurs ont parfois circulés parce que oui, nous sommes extrêmement proches. Parce que cette nana est mon âme sœur, une part de moi qui me rend meilleure, complète. Elle est ce phare dans toutes ces tempêtes qu’un être humain peut parfois traverser. Certains iront jusqu’à dire qu’ils ont une bonne étoile.
Moi j’ai Riley. Tout simplement. C’est peut-être presque romantique, voir dramatique mais je m’en fou tellement de quel œil les autres pourraient voir tout ça. Je ne vais certainement pas cacher le fait que je ne peux pas imaginer ma vie sans elle. Je la veux à tous les instants les plus forts de ma vie, comme les moins intenses. Je la veux à chaque pas, aussi infimes qu’ils soient. Et même sur une part au fond de moi lui en veut d’avoir prit cette décision à ma place, je ne peux pas stupidement briser ce lien que nous avons toutes les deux. Pas pour ça.

Je la sens lâcher prise dans mes bras et je me redresse, la soutient, la maintient. Nous sommes le roc de l’autre et je ne la lâcherais pas.

- J'veux plus jamais qu'on se dispute comme ça. Plus jamais.

Je secoue la tête dans la négation, signifiant que moi non plus je ne veux plus jamais que nous nous disputions de cette façon. Mais je suis incapable de le formuler, cette boule d’émotions dans la gorge qui ne se déloge pas. Beaucoup de choses se passent en cette seconde, dans cette simple étreinte. J’ai la sensation que malgré la violence de nos propos, de notre dispute, notre lien se renforce.
Ca pleure, ca se mouche sur les tissus mais on s’en fiche, le monde n’existe plus de toute façon, il y a juste nos retrouvailles qui compte. Quand je la vois là, en face de moi, j’ai l’impression qu’une fichue éternité nous a séparé. Je prends à peine conscience du temps que nous passons dans les bras de l’autre avant de prendre une direction plus éloignée où je nous guide, connaissant le coin par cœur désormais. Assises sur un muret, nos mains nouées, nous ne nous lâchons plus. Epaule contre épaule, le silence est là, presque timide … et j’admets ne pas oser le briser. Peut-être pour repousser l’échéance encore quelques secondes, le temps de la retrouver, de me retrouver. De poser les deux pieds sur terre pour faire face à la suite.

- Je sais que j'aurais du accepter, respecter ta décision et te laisser partir, que j'aurais du t'encourager, te dire que tu serais la meilleure de toute façon et que le château serait entre de bonnes mains avec toi.

Riley rompt le silence la première et mes doigts se serrent autour des siens. Je me promets de l’écouter, de ravaler cette rancune qui flotte encore quelque part malgré ces quelques jours de reculs. Et ses mots me touchent même s’ils soulèvent un problème que nous avons confronter et que nous devons encore affronter. Mon sourire relève légèrement la commissure de mes lèvres avant de s’évanouir, en douceur.

- J'ai pas pu.

Je sais et je le comprends mieux désormais… mais j’ai besoin qu’elle m’explique malgré tout. J’ai besoin qu’elle me le raconte avec ses propres mots.

- J'peux pas m'empêcher de penser que cet endroit est devenu un piège et j'ai pas su supporter l'idée que tu t'y retrouves coincée. Comme avant. Ou pire.

J’acquiesce, toujours en silence. Je comprends sa peur, son angoisse parce que Riley a malheureusement raison. Notre école n’est plus une école mais piège qui se refermera sur nous dès la seconde où nous y mettrons un pied. Une fois à l’intérieur, chaque heure est à risque, avec cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes… Mais malgré ces aspects-là, j’avais besoin d’y retourner, comme si ma place était là-bas.

- Mais je sais aussi qu'il faut que j'accepte l'idée que l'époque où je fermais les yeux est terminée et que tôt ou tard tu deviendras le soldat que tu es déjà au fond de toi.

Ses mots me frappent, me remuent et ne font que confirmer toute cette remise en question qui s’est établit chez moi depuis que j’ai pris du recul ici. Riley sera toujours plus impulsive, plus sanguine que moi. Parfois, je me dis qu’elle représente l’audace que je n’ai parfois pas, à trop réfléchir les choses, à être trop cérébrale… Alors de nous voir toutes les deux aux opposés de ce que nous sommes, elle avocate et moi, soldat ? C’est presque une blague, une situation comique et inattendue.
Mais que ma meilleure amie pose des mots aussi directs et concrets me remettent certaines pendules à l’heure et prendre conscience de certaines choses.

- Je suis pas comme toi, j'le serais jamais, alors … Je t'attendrais et c'est tout.

Mon cœur se serre, se briserait presque s’il le pouvait parce que je prends conscience à quel point je lui ai fais du mal avec un seul choix, une seule décision. Certes, ça ne justifie pas son acte mais ça justifie toute sa réaction. Parce que même si depuis le début je ne dis rien, je serais folle de rage, aveugle de colère, si l’on m’arrachait Riley pour l’exposer au danger.
Je serre les dents pour ne pas pleurer plus, pour ne pas lâcher prise et pourtant c’est tout ce que j’ai envie de faire en cet instant : Pleurer, tout simplement. Evacuer tout ce que nous avons cumulé durant ces quelques jours. Pleurer parce que je l’aime, que je tiens à elle et que je ne retrouverais jamais une personne comme elle dans ma vie.

- J'suis désolée d'avoir fait foirer ta rentrée et ton année scolaire. Peut-être que tu peux encore avoir accès à l'école, en passant par Ismaelle ou je sais pas ?

Je secoue la tête, sourire aux lèvres, regard vers le sol.

- Non. Même si je le pouvais, je ne le ferais pas.

Et ça peut paraitre contradictoire, surprenant vu à quel point je tenais à revenir là-bas. Mais les choses ont radicalement changé depuis que l’on s’est disputé, depuis que j’ai pris du recul en venant ici. Les raisons de ce revirement ? Je lui en parlerais après. Chaque chose en son temps. Pour le moment, moi aussi j’ai des choses à lui dire.

- Je vais avoir encore besoin d’un peu de temps pour digérer le geste mais je ne peux clairement pas t’en vouloir pour ta réaction. Je le sais, tout au fond de moi, que si qui que ce soit sur cette terre devait te mettre toi en première ligne, je deviendrais folle de rage. Quitte à te ramener moi-même ici, avec moi. Parce que je ne supporte pas plus l’idée de te perdre que toi.

Mes yeux s’humidifient aussitôt sans qu’aucunes larmes ne coulent. Sur le coup j’ai naturellement été aveuglé par la colère, la déception et la douleur du geste. Blessée à ce que l’on décide pour moi, à ce que l’on ne me laisse pas faire mes propres choix. Mais avec du recul, je ne dis pas que j’aurai fais la même chose mais ma colère et ma peur auraient certainement été les mêmes.

- Tu as tous les droits d’être en colère, d’avoir peur, de m’en vouloir. Mais je crois que j’aurai préféré affronter une énorme dispute plutôt que ce que tu as fait.

Mon regard se tourne cette fois vers elle, les larmes sont encore là et cette fois j’ai du mal à les contenir. Je prends une inspiration, ramenant sa main vers moi, l’englobant de mon autre paume.

- Mais J’aurai dû te parler de tout ça bien avant et ne pas te prendre de court comme je l’ai fait. Pour que l’on puisse en parler, envisager d’autres solutions plutôt que de te poser une sorte « d’ultimatum » à quelques jours de la rentrée. Je suis vraiment désolée d’avoir été si égoïste. Je n’ai pas pris conscience… Ou plutôt j’ai été trop lâche pour faire face à ce que je te faisais en partant.

Je l’admets sans peine, sans honte parce que c’est une réalité. Je ne dis pas que Riley est la seule et unique fautive dans cette histoire même si le geste est extrême et complètement dingue. Mais je crois que nous nous sommes toutes les deux laissées dépasser par les évènements et les émotions. Je ne me cherche aucune excuse, laisse même planer un silence laissant le temps à ma meilleure amie d’engendrer ce que je lui dis et ce qui me pèse.


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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Dim 15 Juil 2018 - 23:21

« Non. Même si je le pouvais, je ne le ferais pas. »

De l'étonnement ? Je ne sais pas trop. Du soulagement ? Oui, c'est certain. Je m'efforce de ne pas le montrer mais mon cœur s'emballe. J'imagine qu'elle a ses propres raisons mais qu'on me pardonne, oui, je suis heureuse d'entendre qu'elle a changé d'avis et pris une autre décision. Probablement mûrement réfléchis, je suppose.

« Je vais avoir encore besoin d’un peu de temps pour digérer le geste mais je ne peux clairement pas t’en vouloir pour ta réaction. Je le sais, tout au fond de moi, que si qui que ce soit sur cette terre devait te mettre toi en première ligne, je deviendrais folle de rage. Quitte à te ramener moi-même ici, avec moi. Parce que je ne supporte pas plus l’idée de te perdre que toi. »

Et c'est le grand retour des larmes.

D'une parce que ses mots me touchent au plus profond du cœur, de deux parce qu'ils ravivent la blessure d'une certaine façon. Je comprends parfaitement qu'elle aura besoin de temps, je l'accepte, je me dis que c'est d'ailleurs peut-être mon cas aussi parce que même si je me sens honteusement coupable ça n'enlève pas le fait que je lui en ai voulu aussi.
Mais elle et moi c'est pour la vie, main dans la main comme c'est le cas en cet instant qui nous dépasse un peu toutes les deux, peu importe les chemins qu'on prendra. Oui ça va changer, je le sais, j'ai ouvert les yeux, mais ça ne veut pas dire que c'est terminé. Jamais.

« Tu as tous les droits d’être en colère, d’avoir peur, de m’en vouloir. Mais je crois que j’aurai préféré affronter une énorme dispute plutôt que ce que tu as fait. »

Difficile de ne pas baisser les yeux, mais je me fais presque un devoir d'affronter son regard et les faits avec. J'ai merdé, pété les plombs, fait n'importe quoi et elle a raison sur toute la ligne. On aurait du se parler, je n'aurais pas du laisser mes émotions prendre le dessus. Maintenant c'est fait, je ne peux pas revenir en arrière, effacer ma connerie – dont je ne regrette pas les conséquences, je l'admets – et agir autrement. Je sais que je ne devrais pas me réjouir et ça n'est pas totalement ce que je fais mais je ne peux pas non plus nier ce soulagement toujours présent dans mes veines à l'idée qu'elle ne retourne pas là-bas. Dans ce havre de paix transformé en Enfer, dans ce piège qui tôt ou tard se refermera.

Si Lukas pouvait changer d'avis lui aussi et faire demi-tour.

« Mais J’aurai dû te parler de tout ça bien avant et ne pas te prendre de court comme je l’ai fait. Pour que l’on puisse en parler, envisager d’autres solutions plutôt que de te poser une sorte « d’ultimatum » à quelques jours de la rentrée. Je suis vraiment désolée d’avoir été si égoïste. Je n’ai pas pris conscience… Ou plutôt j’ai été trop lâche pour faire face à ce que je te faisais en partant. »

C'est peut-être idiot, malvenu de ma part, je ne sais pas, mais l'entendre dire que je ne suis pas la seule à avoir une part de responsabilité dans notre désastre me fait du bien. Pas parce qu'il s'agit d'un concours dont on compte les points, pas non plus pour soulager ma conscience, simplement parce que oui, elle m'a fait mal en agissant comme elle l'a fait et j'apprécie qu'elle le reconnaisse.
Alors dans un long et profond soupir j'essuie les larmes de mes yeux et de mes joues d'un revers de ma main libre, l'autre ne voulant aucunement lâcher la sienne. Pas maintenant que je l'ai retrouvé. J'ai conscience que tout ne redeviendra pas comme avant d'un claquement de doigt mais le destin, le hasard, que sais-je encore, nous a permis de crever l'abcès principal. Reste à reconstruire à présent, sur de nouvelles fondations. Sans trop savoir pourquoi j'ai le sentiment qu'elles seront plus solides que les précédentes.

« C'est pas pour rien qu'on est des Boulettes toi et moi. »

C'est maladroit, c'est nerveux, mais c'est sincère tout comme le rire encore tremblant que je laisse échapper fébrilement.

« Et ta main va rester coller à la mienne à cause du melon je crois. »

Sérieusement c'est dégueulasse comme sensation mais hors de question que je la lâche. Pas tout de suite. Pas après … tout ça, tous ces jours passés dans l'incertitude et la peine, la culpabilité, le manque et la tristesse tout simplement. On en avait besoin toutes les deux, j'en suis convaincu, et peut-être que ça va encore être un peu le cas quelques temps, on verra, mais en attendant … Non, pas tout de suite.

« Même la vie a pas voulu qu'on reste éloignées alors tu vois, peu importe les chemins qu'on choisira toutes les deux, ça changera rien. Je serais toujours là, et je sais que tu le seras aussi. »

Et si un jour on doit se dire adieu, quand on devra se dire adieu parce qu'inévitablement ça arrivera un jour, alors on se retrouvera … Je sais pas, dans un monde parallèle, en réincarnation, au Paradis … Aucune importance, on se retrouvera. En attendant peut-être qu'on peut juste se dire qu'on profite de chaque instant, qu'on poursuit nos rêves et ambitions avec le soutien de l'autre même si parfois ça fait mal. Peut-être qu'on peut juste se dire qu'on fera de notre mieux pour y arriver.

« Est ce que t'as réfléchis à ce que tu voulais faire du coup, si tu as décidé de ne pas rejoindre l'école ? »

Je marche un peu sur des œufs, je l'admets, j'avance timidement parce qu'aborder ce sujet c'est ramener un sujet difficile sur le tapis et en agissant comme je l'ai fait, j'ai compromis … pas son avenir, je n'irai pas jusque là, mais son année scolaire, ses ambitions premières. Je ne me sens pas nécessairement la légitimité de lui poser cette question mais il n'empêche que la réponse m'intéresse. Je me surprends aussi à vouloir lui demander si notre volonté de s'installer en collocation tient toujours mais instinctivement je me dis que c'est sans doute un peu tôt pour poser cette question là.
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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Jeu 2 Aoû 2018 - 17:32

You’re my soulmate.
EXORDIUM.
Voilà. J’ai vidé mon sac, plus ou moins. Lui ait dit ce que j’avais à dire. Ca fait mal, quelque part, ça me tord un peu les tripes mais ça soulage, grandement. Que ça soit de lui dire combien j’ai été blessée tout comme de lui présenter à mon tour mes excuses. Je veux que tout cela s’arrête, cette tension entre nous, ce froid que nous avons laissée s’étendre. Je veux retrouver ma meilleure amie même si je suis parfaitement conscience qu’il me faudra du temps pour digérer tout ça mais je ne doute pas une seconde que nous saurons rapidement nous retrouver. Il ne peut en être autrement.

- C'est pas pour rien qu'on est des Boulettes toi et moi.

Un sourire étire mes lèvres, mon regard encore humide planté dans le sien.

- C’est vrai.
- Et ta main va rester coller à la mienne à cause du melon je crois.
- Je m’en fou, c’est le prix à payer de m’avoir retrouvé. Coller, telle des siamoises.

De l’humour, de la légèreté, nous en avons toutes les deux besoins. Encore une fois, nous sommes conscientes des conséquences mais est-ce que cela vaut la peine de se laisser plomber jusqu’à la fin ? Non. Pas maintenant que tout a été dit, avoué. Je ne lâcherais pas sa main, elle ne lâchera pas la mienne. Et c’est une belle représentation de nos vies que sont nos mains collées et nouées l’une à l’autre. Si nous arrivons à passer au-dessus de cette épreuve, je suis certaine que nous saurons en gérer beaucoup d’autres.
Pour être honnête, Riley m’a beaucoup trop manquée. Si j’en prenais conscience ces derniers jours malgré la douleur et la colère, c’est d’autant plus évident aujourd’hui en me sentant presque … complète.

- Même la vie a pas voulu qu'on reste éloignées alors tu vois, peu importe les chemins qu'on choisira toutes les deux, ça changera rien. Je serais toujours là, et je sais que tu le seras aussi.
- Jusqu’à ce que la mort nous sépare, Mlle Jenkins.

Et je dois admettre que sur le coup, je ne croyais pas au hasard. Si je n’avais pas vu la surprise de Riley, si je ne l’avais pas vu si scotchée, je ne me serais pas dis à quel point la vie veut nous réunir au point à ce que l’on se retrouve par le plus grand des hasards au plein cœur d’un marché français. C’est presque trop gros pour être vrai… Et pourtant.
Je ne cherche pas plus loin, je prends cela comme un signe évident qu’il va falloir passer outre certaines choses, que le destin a prévu d’autres plans pour nous, pour cette amitié qui a prit naissance une belle nuit de pleine lune. Allez savoir, nous sommes nés dans un univers de magie, peut-être que cela veut dire quelque chose, que nous sommes liés elle et moi par quelque chose qui nous dépasse complètement.
L’idée me déclenche une chaleur au creux du cœur et ça fait du bien. Vraiment.

- Est ce que t'as réfléchis à ce que tu voulais faire du coup, si tu as décidé de ne pas rejoindre l'école ?

Retour à la réalité mais c’est moins brutal que ce que j’aurai pu penser. Je lève un instant le regard vers ce ciel incroyablement bleu, affichant une moue songeuse.

- J’ai pensé à l’armée. J’y pense toujours d’ailleurs mais je ne suis plus trop sûre de moi. J’ai l’impression que ma place est là-bas, en tout cas pour le moment.

Je ne dis pas que c’est mon plan de carrière, que je ferais ça toute ma vie mais pour le moment c’est ce qui me semble le mieux et le plus adaptée à mes besoins et envies. J’ai conscience des dangers que cela m’apporte, des risques aussi et que finalement, pour Riley, ça ne sera peut-être pas mieux que l’école. Le seule avantage que nous aurons sera de pouvoir se voir régulièrement.

- Il faut que je sois dans l’action, que j’agisse. Que je sois sur le terrain. Je hausse les épaules. Avec du recul, je ne sais pas en quoi je serais douée, je ne sais pas non plus ce qui me fait envie pour un futur proche si ce n’est que je veux lutter et servir la cause

Me sentir utile, ne pas rester dans l’ombre les bras croisés. Je ne le supporterais pas, j’ai besoin d’être au courant, de donner de ma personne pour voir les choses bougées. Chacun son tempérament et le mien a prit un tournant lorsque ma mère s’est retrouvé assassinée lors d’un raid de ceux que je veux voir tomber aujourd’hui.

- Et puis… je vais avoir besoin d’argent si je veux assurer notre colocation.

C’est un sourire qui étire mes lèvres, lui rappelant que, certes, je lui en ai voulu et je lui en veux encore un peu aujourd’hui… mais qu’encore une fois, tout ça ne vaut pas la peine de tout foutre en l’air, de réduire notre amitié à cette « simple » dispute. Nos projets tiennent toujours, en tout cas de mon côté et je me dis que vu les circonstances il peut être bien que je le lui montre que c’est le cas.

- En attendant… je ne sais pas ce que tu as de prévue mais ça te dirait de passer deux trois jours avec moi dans la maison de vacances, juste toutes les deux ? Il y a un petit supermarché pas loin si tu veux faire les provisions de bières, pizzas et autres cochonneries en tout genre.

Elle n’est pas obligée d’accepter, elle le sait mais là encore, je me dis que ça serait peut-être bien que l’on se retrouve pour discuter, renouer, déconner, retrouver doucement nos habitudes. Elle, moi et la plage avec la mer, une tranquillité qui pourrait faire du bien, apaiser les rancunes. Je veux tout simplement continuer d’évoluer dans ce cadre quasi paradisiaque à mes yeux, calmer mes esprits puisqu’une discussion s’imposera avec mon père à mon retour. Mais une chose à la fois, comme on dit.
Mon regard se braque dans celui de Riley, sourire en coin, attendant une réponse que j’espère bien évidemment positive.

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MessageSujet: Re: You're my soulmate, whatever happens - Riley   Jeu 2 Aoû 2018 - 19:32

Je lui laisse le temps de la réflexion, ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre c'est vrai. Dans ma naïveté je nous voyais suivre toutes les deux des cours à l'université après avoir fait une équivalence comme je fais pour se remettre à niveau pour ce qui est de l'apprentissage non magique mais j'arrête de me voiler la face. Elle n'ira pas en école d'art ni même en école d'infirmière ou que sais-je encore, pas après … tout ça, tout ce qui s'est passé ces dernières années. Spécifiquement celle-ci j'ai l'impression. Je ne saurais pas dire pourquoi mais j'ai le sentiment qu'on a tous changé ces derniers mois. Et nos ambitions avec.

« J’ai pensé à l’armée. J’y pense toujours d’ailleurs mais je ne suis plus trop sûre de moi. J’ai l’impression que ma place est là-bas, en tout cas pour le moment. »

Je mentirais si je disais que ça ne me fait rien, bien sûr, et elle n'est pas dupe, mais je me contente d'acquiescer en affichant un léger sourire. Au moins à l'armée elle ne sera pas enfermée et malgré tout ça fait une énorme différence. En plus de ça, je trouve que ça lui va bien. Oui, en toute sincérité et en mettant de côté mes angoisses. C'est son choix, son avenir, je dois respecter ça et je m'y tiendrais.

« Il faut que je sois dans l’action, que j’agisse. Que je sois sur le terrain. Avec du recul, je ne sais pas en quoi je serais douée, je ne sais pas non plus ce qui me fait envie pour un futur proche si ce n’est que je veux lutter et servir la cause. »

Un soldat, qu'est ce que je disais. Elle sur le terrain et moi dans un bureau, finalement peut-être que ça fera une super équipe tout ça. Et peut-être que je devrais lui souffler l'idée d'entrer plutôt dans la police ou l'ordre des Aurors, comme ça elle attrapera les méchants et moi je les ferais tomber au plus bas niveau sanction disciplinaire et peine de prison. Oui j'étais partie pour défendre surtout les femmes c'est vrai mais petit à petit mon horizon s'élargit lui aussi. Et de toute façon l'un n'empêche absolument pas l'autre.

« Et puis… je vais avoir besoin d’argent si je veux assurer notre colocation. »
« Tu m'en diras tant. »

Cette fois je lève les yeux au ciel, parfaitement consciente que dans l'histoire je vais très certainement être la petite fille à Papa et Maman dont les parents paient le loyer parce que je n'aurais simplement pas le temps de travailler à côté. Je sais dans quoi je m'engage, à voir sur le long terme parce qu'être entretenue … Jusqu'ici je n'y faisais pas tellement attention, à présent ça commence à devenir un souci pour moi. Je sais qu'ils le feront avec le coeur et sans sourciller, c'est clairement à moi que ça pose problème. Et dans tout ça, l'étincelle dans le fond du regard, la petite flamme dans le ventre et dans le cœur, à la simple évocation de notre collocation. Je pensais cette idée partie en fumée, pour être tout à fait honnête, mais plus que jamais j'ai cette envie de partager à nouveau le même toi qu'elle et que cette fois, il ne soit rien qu'à nous. C'est un projet qu'on a de longue date et j'y tiens, même si j'y serais seule parfois parce qu'elle sera … ailleurs, sur ce fameux terrain, en formation ou que sais-je encore. Je m'y ferais. Ou j'appellerais Mateo en larmes parce que j'ai peur toute seule. C'est une éventualité, on ne va pas se mentir.

« En attendant… je ne sais pas ce que tu as de prévue mais ça te dirait de passer deux trois jours avec moi dans la maison de vacances, juste toutes les deux ? Il y a un petit supermarché pas loin si tu veux faire les provisions de bières, pizzas et autres cochonneries en tout genre. »
« Et un bon gros match de foot. »

Dis-je en me tapotant le ventre avec la paume. Pizza, bière et foot ! Il n'y a pas une coupe du monde en ce moment ou un truc ? Peu importe parce que ça fait du bien de rire, de retrouver un peu de légèreté même si aucune de nous deux n'oublie ce qu'il s'est passé. Mais on a mis les choses à plat et maintenant, on se retrouve. Rien ne pourrait me rendre plus heureuse en cet instant.

Et ma main n'a toujours pas lâché la sienne.

« Je suis chez Dimitri, pas très loin d'ici, mais … oui, ça me plairait vraiment qu'on passe quelques jours ensemble. »

Rien que nous deux. Loin de tout, de tout le monde et de la réalité du quotidien. Loin des changements qui vont se produire. Juste une pause avant d'affronter tout ça. Ensemble, toujours, même si on se retrouve parfois physiquement séparées et que j'aurais peur pour elle je le sais. Je dois la laisser déployer ses ailes. Je vais la laisser déployer ses ailes.

« L'avantage des pizzas c'est que si ça tombe par terre ça ne s'éclate pas et on ne s'en fout pas partout. »

Référence à mes mains que je regarde, mes vêtements aussi, avant d'éclater de rire un peu plus franchement cette fois.

▬ FIN ▬
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