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 It won't do you no good - Riley

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MessageSujet: It won't do you no good - Riley   Lun 15 Jan 2018 - 3:19

It won't do you no good
EXORDIUM.
Vendredi 10 Juillet

Quelques coups secs contre le bois massif de la porte du bureau et une voix grave, autoritaire s’élève derrière la pièce capitonnée qui sert de QQ à Howard Señor. Maggie en pousse le battant, droite comme un « i » et visage légèrement redressé. Mais pas trop. Son père déteste lorsqu’elle lève le menton, ce dernier ayant l’impression que cette petite garce tente de le défier, le provoquer, lui, Bartholomey Howard.
Mais ça fait bien longtemps que Maggie a comprit l’enjeu d’un tel risque, d’un tel affront. Elle est loin d’être stupide et sait parfaitement que temps qu’elle caresse son imbécile de père dans le sens du poil, cet homme qui se persuade un peu plus chaque jour qu’il réussira à maintenir la personnalité de sa fille enfermée dans cette prison d’apparence dorée. Mais tout n’est qu’une question de temps et si Maggie ne tente rien aujourd’hui, ça n’est pas par peur de son père mais plutôt pour celle de la vie de son frère. Le seul être au monde à lui soulever quelconque intérêt que l’on pourrait appeler humanité. Le reste ne compte pas, n’a aucune valeur à ses yeux. Et si tout ne tenait qu’à elle, son père se retrouverait déjà le ventre à l’air, les tripes déversées dans ce bureau si propre et si rangé.

Bartholomey lève ses yeux aussi clairs que ceux de sa fille sur cette dernière qui se présente à lui, devant son bureau, mains jointes. Elle attend l’autorisation de pouvoir s’adresser à lui, un geste de la tête, une éducation qu’il lui a inculquée lorsqu’elle est revenue de cette douce nuit d’été, les mains en sangs.
Un geste du menton, l’accord est donné.

- Père, m’autorisez-vous à accompagner Mère sur le Chemin de Traverse ?
- Pourquoi cela ?
- J’aurai besoin de quelques ingrédients et de livres afin d’approfondir mon apprentissage en Potions.
- Pourquoi ne demandes-tu pas à Klay ?
- Parce que j’apprécie le travail bien exécuté.

Sous-entendu : Cet elfe de maison est un incompétent. Elle se fiche de savoir si ce dernier en sera d’ailleurs – injustement – puni ou non. Ça n’est pas son problème. Elle souhaite simplement fouler les pavés du Chemin de Traverse, même si pour cela elle se coltiner la présence de sa faible mère qui, elle se le demande, ne sait pourquoi elle n’a toujours pas attenté à sa propre vie.

- Je dois également choisir une tenue de soirée pour la fête qui sera donnée à l’honneur de nos deux années d’union avec Hippolyte.

Cette fois le regard de son père daigne lui accorder un véritable intérêt.

- Est-ce que tu es heureuse avec lui ?
- Oui Père.
- Mensonge.

Bien évidemment mensonge. S’il y a une personne capable de rivaliser avec l’intelligence et la clairvoyance de Maggie ici, c’est bien Bartholomey. Raison supplémentaire pour ne pas brûler les étapes trop vite avec lui.

- Mais j’apprécie l’effort. Il semble que tu aies retenues certaines leçons depuis la dernière fois.

La dernière fois qui remonte à deux ans désormais. Déjà. Maggie ne bronche toujours pas, attend, patiemment. Même si un tas de chose la démange, comme lui dire que ce n’est que partie remise, qu’à un moment où à un autre, les petits chats et chiens du coin ne lui suffiront plus à satisfaire ces fourmis qui, parfois, s’éveillent, claquant contre les murs de son cerveau.

- Tu as autorisation mais ne t’avise pas un seul instant de faire faux bond à ta mère. Samuel risquerait de passer une très mauvaise nuit, sois en sûre.
- Entendu, Père.

Ce sont des couleuvres qu’elle avale et digère sous cette menace qui embrase ses veines. Elle s’est légèrement redressée, a de nouveau serré les dents sans ajouter un seul mot supplémentaire jusqu’à ce que Bartholomey lui donne enfin autorisation de quitter les lieux et donc, cette conversation.
Maggie fulmine en silence, prenant la direction de ses quartiers, ceux qui ont été aménagés pour sa vie de mariée, de couple. Elle ne prend pas la menace de son père au hasard puisque ce n’est que de cette façon qu’il tient sa fille droite, dans les rangs. Mais un jour, les choses changeront. Tout n’est qu’une question de temps et de patience. Et de la patience, Maggie en a à revendre.

¥

Suzanne semble trainer son corps plus qu’elle ne marche. Il fut un temps où sa mère était jolie, d’une beauté à se crever les yeux à vouloir conserver pour unique et dernière vision son visage d’ange. Si elle avait pu hériter du don de semi-vélane, elle serait encore aujourd’hui à l’apothéose de son charme, de sa beauté éclatante. Mais les sévices et violences fréquents de son mari commence à sérieusement entamer ses traits fatigués, épuisés.
C’est tout du moins la constatation que se fait Maggie en contemplant le visage tiré de sa mère dont les traits de vieillesse sont dissimulés derrière une couche de maquillage ensorcelé, lui donnant dix ans de moins.

- Je vais aller chercher les ingrédients.
- Ne tarde pas trop. Il faut également aller te prendre cette robe, que tu sois au moins digne pour cette soirée.
- Oui.

Pas un mot de plus, Maggie se détourne de Suzanne et s’éloigne d’un pas rapide. Et ça n’est pas tant pour fuir la présence de sa mère mais pour suivre un instinct, une vision tombée du ciel, un hasard qu’elle bénirait presque.
Elle a repéré sa présence dix bonnes minutes après son arrivée sur le Chemin de Traverse. Longue chevelure brune, air espiègle, vive, pressée. Elle n’a visiblement pas changé si ce n’est que l’âge a forgée une beauté plus qu’évidente. Maggie a senti ses tripes se crisper, se retourner et ne saurait réellement exprimer cet émotion qui l’a gagné alors qu’elle a revu ce visage tant apprécier de ses années scolaires.
Du plaisir ? De la joie ? Un truc qui s’en rapproche, elle en est certaine. Et c’est tout en discrétion qu’elle s’est chargée de la suivre, de la repérer parmi la foule par pur plaisir de se savoir dans son sillage sans qu’elle n’en soit consciente. Riley a été un élément majeur de sa vie, de son enfance passée au sein de Poudlard et même si la jeune femme parlait régulièrement pour rien dire, raconter ses coups de cœur stupides et sans intérêt, elle a permise à Maggie d’y trouver un point d’ancrage, un repère dans cette société qu’elle a dû apprendre à connaitre, repérer les émotions, les façons de réagir au quotidien même si encore aujourd’hui, certaines choses la dépassent encore.

Deux années qu’elles ne s’étaient plus vue. Deux années qu’elle avait perdu la trace de cette précieuse personne pour qui elle portait un intérêt particulier. Puisqu’au fil des années, Riley était devenu sienne, au plus loin de son esprit, elle lui appartenait. Silencieusement.
Attendre, patiente, jusqu’à ce qu’elle arrive enfin à une intersection de rue et Maggie se manifeste, l’air de rien. Un signe posé sur son chemin, une présence qui revient marquer son territoire.
Les deux corps se bousculent presque brutalement, Maggie reculant de quelques pas.

- Désolée ! Je ne regardais pas où… Moment de pause, d’arrêt complet, figé sur le visage de Riley Sarah Jenkins qu’elle semble soudainement redécouvrir. Par Merlin ! Riley ?

Et un large sourire étire ses lèvres rosées, jouant la parfaite comédie de l’amie retrouvée, de ces retrouvailles impromptues et improvisées.
Que l’on lui décerne l’oscar de la meilleure comédienne sur le champ, je vous prie.
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MessageSujet: Re: It won't do you no good - Riley   Jeu 18 Jan 2018 - 8:47

Vendredi 10 juillet 2015 – Dans la journée
It won't do you no good



Maggie & Riley

« Charleen ! On va rater le début de la séance ! »
« J'arrive ! »

Elle dévale les escaliers comme une folle, manquant de se casser la figure au passage et je la rattrape au vol alors qu'on rit toutes les deux comme deux débiles, enchevêtrée l'une dans l'autre. Il y a de ça encore quelques mois je n'aurais jamais imaginé qu'on puisse en être là et pourtant, regardez nous aujourd'hui, la sororité à l'état pur.

« A ce soir les filles, passez une bonne journée.
« Merci M'man. »
« Merci Moyra ! »

La porte claque derrière nous et nous voilà entrain de piailler, à ce raconter ci et ça, rien ni personne ne venant spécialement se glisser dans notre conversation. On parle des parents, d'un fou rire qu'on a eu la veille, ces petites choses de la vie de famille qui vous rendent le quotidien plus joli et vous grave de ses souvenirs, qu'ils soient périssable ou non.
Première étape, donc, le cinéma, mais pas n'importe où. Cette journée on a décidé de la passer à Londres. Pourquoi ? Aucune idée. Parce qu'on avait envie, c'est tout. Quant au film qu'on va voir ...

« En fait ce film, c'est ta biographie. »
« Hey dis donc ! »

… c'était Vice-Versa. Le personnage principal s'appelle Riley et je dois bien le dire, dans le genre crise d'ado … Oui, bon, ok. Chut.

« Mais ouais … Pas faux. »

J'éclate de rire, pas vraiment vexée, surtout d'accord pour admettre que oui, effectivement, il y a un peu de moi dans cette autre Riley. Profitez en, je ne serais pas tous les jours autant de bonne foi !

« J'ai un truc à aller chercher sur le Chemin de Traverse, ça t'ennuie si on fait un détour tant qu'on est là ? »
« Non pas de souci. J'en profiterais pour regarder les bouquins de droit magique. »

Et c'est reparti, direction le quartier sorcier cette fois, en passant par le Chaudron Baveur bien entendu. Par Merlin, qu'est ce que je hais cet endroit. Il me file la chair de poule.

#

Fleury & Bott. Le temple du livre scolaire, j'y passerai des heures ! Puis Dumalley Fils, autre temple du genre littéraire. Je rejoins à présent Charleen, on s'est donné rendez-vous devant l'une des animaleries, je vais en profiter pour acheter des friandises pour Monkey que je vais lâchement abandonner pendant une semaine à partir de demain. Enfin, lâchement … Il sera avec Charleen et honnêtement, je crois qu'il est bien plus heureux avec elle qu'avec moi … Enfin sauf quand Circé est de la partie mais ça n'est qu'un détail.

Et puis c'est le choc.

« Désolée ! Je ne regardais pas où… »

Mon sale caractère et moi nous apprêtons à gentiment faire comprendre à cette personne à cause de qui j'ai fait valdinguer tous mes livres qu'on ne percute pas Riley Sarah Jenkins sans se prendre une soufflante quand ...

« Par Merlin ! Riley ? »
« Maggie ?! »

D'abord la surprise, comme une sorte de stupeur, un truc qui vous fige l'espace de quelques secondes. Une fois ces secondes passées, le corps et l'esprit se remettent en marche.

« Oh merde ! »

Au diable la moitié de mes bouquins toujours sur le sol, je laisse parler ma spontanéité et attrape la jolie blonde pour la serrer dans mes bras. Inutile de préciser que l'émotion que je ressens fortement en cet instant est de la joie. L'étreinte ne dure que quelques instants, lorsque je m'écarte c'est en gardant mes mains sur ses épaules, sourire enchanté sur le visage. Elle n'a pas changé d'un poil, toujours cet air de poupée de porcelaine.

« Mais ! Wow ! Ça fait combien de temps ? Qu'est c'que tu deviens ? »

Combien de temps, je le sais, bien sûr, mais ce sont les mots qui sortent emportés par l'allégresse. On a passé nos premières années d'école ensemble et puis un jour, elle n'est pas revenue à la rentrée. On s'est perdues de vue, je l'admets elle a fini par sortir de mes pensées mais je suis réellement heureuse en cet instant et l'avoir devant moi fait remonter tout un paquet de souvenirs. Notamment des discussions interminables le soir dans notre dortoir. J'avais Elwynn, ma meilleure amie pour la vie – en tout cas c'est ce que je pensais dur comme fer à l'époque – mais Maggie était sans doute la fille de ma classe avec qui je m'entendais le mieux. Pourtant, quand on voit nos différences de caractères, ça peut surprendre. Elle si douce, discrète et silencieuse. Moi si … moi.

« En tout cas t'es toujours aussi belle ! »

Sincèrement, il y a de quoi être jalouse. Regardez là ! Une poupée, exactement.
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MessageSujet: Re: It won't do you no good - Riley   Jeu 25 Jan 2018 - 22:41

It won't do you no good
EXORDIUM.
Le hasard est une chose qui lui échappe encore mais elle ne peut que constater que ce dernier se manifeste parfois pour les bonnes choses et bonnes personnes.
Et Riley est l’une d’elles. La jeune femme a animé sept ans de sa vie. Sept ans. Ce n’est pas rien. Ca n’est pas parce qu’elle ressent parfois le besoin d’égorger quelques chats de temps en temps – et elle se souvient de chacun d’eux, sans exception – qu’elle n’est pas un poil ému de la voir aujourd’hui.
Mais peut-être pas pour les mêmes raisons que Riley qui ouvre de grands yeux.

- Maggie ?!

Non, c’est Mr Andrews.
Quelques secondes passent, le temps à Riley de percuter et que la lumière se fasse à tous les étages…

- Oh merde !

Maggie éclate de rire, élargit ce sourire déjà présent tout en la fixant de ses grands yeux bleu océan… Mais elle ne s’attendait certainement pas à ce qui suit, le corps de Riley contre le sien. Howard déteste les étreintes, quelle qu’elles soient, ne supporte aucun contact physique et nous pourrions aisément mettre ça sur le compte des sévices affligés par son propre père.
Mais pas cette fois où Maggie sent quelque chose se diffuser au creux de sa poitrine. Un déclic sous la forme d’une chaleur qui l’englobe brutalement. Ça n’est ni lent, ni diffus mais violent, comme une gifle mais en plus agréable. Bien trop agréable. La jeune femme laisse son corps parlé et prolonge de quelques secondes l’étreinte où le monde lui ouvre ses bras. Son parfum lui chatouille les narines, une odeur de lessive qui lui fait pensé au printemps. qu’elle inspire en silence, à plein poumons, tout comme elle se gorge de cette chaleur humaine qu’elle lui procure.
Un flash lui voile le regard, furtif, qui ne dure qu’une seconde à peine. Vermeille, tacheté.

- Mais ! Wow ! Ça fait combien de temps ? Qu'est c'que tu deviens ?

Maggie avait en revanche oublié à quel point sa voix était si aigüe et sa présence si imposante. Des souvenirs lui reviennent, à la chaine. Ceux passés dans le dortoir où Riley discutait, racontait sa vie, ses amours, ses amis aussi, quel était le nouveau mec le plus craquant du mois et bla et bla et bla. Un ramassis d’inutile que Maggie s’efforçait d’écouter parce que visiblement, c’est ce que faisait toutes bonnes amies qui se respectaient.

- En tout cas t'es toujours aussi belle !
- Tsss. Ne dis pas n’importe quoi, tu t’es regardé ?

Non, c’est toi la plus belle ! Arrête, tu sais bien que c’est toi.
Quelle connerie, bon sang.
Ceci dit, Maggie ne ment pas lorsqu’elle insinue que Riley est devenue une jolie jeune femme tout en beauté, souriante et pleine de vie. Howard conserve la main de son amie dans la sienne comme pour mieux la regarder sans ne jamais se défaire de ce sourire plus que ravi.

- Je ne peux même pas dire que tu n’as pas changée.

Puisque c’est faux. Ses traits sont toujours là mais Riley a clairement gagné en assurance et en féminité. Ceci dit, Maggie n’est pas en reste non plus.

- Et ça fait beaucoup trop longtemps. Deux années au moins.

Deux ans et quelques semaines qu’elles se sont perdues de vue, qu’elles ne se sont plus données de nouvelles. Enfin presque. Il y a bien eu les quelques mois où des lettres se sont échangées mais avec son père derrière son existence, à tirer les ficelles, Maggie n’a pas pu très longtemps continuer ce lien, cet échange, se retrouvant pieds et poings liés à devoir abandonner la seule amie qu’elle possédait.

- Sinon, toujours la même. Si ce n’est que je suis mariée depuis deux ans maintenant et que j’ai un peu poursuivi les études à la maison. Tu sais, histoire d’avoir le minimum en bagage.

Elle ment, ne lui précise pas que ces deux années ont été l’opportunité de se gorger de savoir à n’en plus pouvoir, prenant même de l’avance sur son cursus de base et ce, sous le regard attentif de son père. Il sait sa fille dangereuse, il la soupçonne instable et pas normal mais il sait aussi qu’elle ne le touchera pas. Tout du moins, il en est persuadé. Et si cette gamine ne peut lui faire honneur en étant un homme, elle peut au moins lui donner la satisfaction d’être brillante et intelligente.
Maggie ne s’étale pas plus longtemps sur sa vie privée puisque n’est, pour elle, pas le fruit de sa curiosité. Loin de là.
Son regard bleu se plonge dans celui de Riley, lui offrant son plus beau sourire.

- Bon et toi alors, raconte-moi tout. Tu es encore à Poudlard ? Tu fais toujours chavirer autant de cœur ?


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MessageSujet: Re: It won't do you no good - Riley   Mer 31 Jan 2018 - 22:28

« Tsss. Ne dis pas n’importe quoi, tu t’es regardé ? »

Juste avant de sortir, oui. Pardon. C'est bête et je me croyais immunisée contre ce genre de choses mais le fait est que le compliment sous-jacent fait plaisir à mon égo. Faible humaine que je suis.

« Je ne peux même pas dire que tu n’as pas changée. »

Je laisse échappé un rire, à la fois amusé et presque gêné, alors que ma main toujours dans la sienne je regarde le sol une seconde en remettant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille gauche. C'est d'un ridicule … Mais tout ce qui m'importe en cette seconde c'est la surprise et la joie de revoir cette fille avec qui j'ai partagé beaucoup de choses et surtout beaucoup de temps. On a évolué dans la même classe et le même dortoir pendant des années, de nos 11 ans à … Je ne sais plus vraiment mais ce sont des années charnières dans une vie alors quelque part elle a compté, participé à l'évolution de celle que je suis aujourd'hui. En l'occurrence, une fille qui a changé effectivement. J'ai grandi, me suis affinée aussi, devient à mon plus grand étonnement de plus en plus féminine mais pas trop ! Parce ce qu'il ne faut pas déconner non plus. Je deviens … une femme, en fait. Tout simplement. Putain ça fout les boules. Pardon pour la grossièreté.
Mais regardez-la … Belle, blonde, rien qui ne dépasse … Je pourrais être agacée par cette fille voir moqueuse je l'admets puisque je n'ai pas vraiment l'habitude des gens tirés à 4 épingles mais plus des destroy … J'veux dire, regardez Mateo … Et William, champion du monde toute catégorie du stylisme ! Mais elle ne m'inspire rien de tout ça.

« Et ça fait beaucoup trop longtemps. Deux années au moins. »

Au moins. Plus, en réalité, et malheureusement mes repères chronologiques ne sont pas vraiment ce qu'on peut appeler positifs mais je n'ai pas envie de penser à tout ça, de revenir en arrière. L'instant présent, c'est très bien. Ça et ce qu'elle a pu vivre depuis le jour où l'on s'est quittées. Il y a bien eu quelques correspondances au départ mais le temps et le quotidien en ont eu raison. C'est comme ça, c'est la vie et c'est tout. Avec certaines personnes des années de séparation ne changent rien et se retrouver c'est comme si on s'était quitté la veille. Ici, ça semble être le cas. En tout cas ma joie de la voir n'est pas feinte.

« Sinon, toujours la même. Si ce n’est que je suis mariée depuis deux ans maintenant et que j’ai un peu poursuivi les études à la maison. Tu sais, histoire d’avoir le minimum en bagage. »
« Oh, wow. Félicitations ! »

Enfin … Je crois ? Le doute m'habite une seconde, une seconde durant laquelle la réalité des familles de Sang-Purs me percutent. Je pense à Warren, marié de force avec une femme qu'il n'aime pas, aux frangins Ryans qui ont échappé de peu au même délire moyenâgeux, et la simple idée que Maggie puisse être la victime d'une telle connerie me donne la nausée. Mais elle a l'air ravissante, épanouie, alors instinctivement je dirais que ça n'est pas le cas. Je ne sais pas trop. Et puis cette histoire d'école à la maison ... Je sais pas, je ne peux pas m'empêcher de trouver ça triste mais j'imagine qu'il y a des choses que je ne comprends pas et ne comprendrais sans doute jamais.

« Bon et toi alors, raconte-moi tout. Tu es encore à Poudlard ? Tu fais toujours chavirer autant de cœur ? »
« Mes chevilles Maggie, mes chevilles ... »

Et un magnifique roulement des yeux, un !

« D'autant que … en général c'est plutôt mon cœur à moi qui a chaviré mais passons. Vile flatteuse va ! »

C'est ça aussi de tomber amoureuse tous les quatre matins, d'un garçon différent ... Mais aujourd'hui je suis vraiment amoureuse et je vois la différence. Évidemment.

« J'étais encore à Poudlard jusqu'à fin juin effectivement, je valide ma 9ème année du coup, mais je n'y retournerais pas à la rentrée. J'ai d'autres projets. »

Évasive ? Un peu. J'ai accepté, me suis faite une raison, mais ça ne veut pas dire que je suis 100% à l'aise avec tout ça et surtout, j'ai peur de pousser trop de portes, celles qui me pousseront à lui parler des raisons de mon départ.

« J'ai envie de faire du droit, alors comme toi je vais explorer d'autres options pour apprendre. D'autres horizons. »

Ça ne sera pas les cours à la maison contrairement à elle mais c'est une façon plus ou moins explicite d'expliquer de quelle manière va se faire mon changement de parcours.

« D'ailleurs en parlant de droit ! »

Mes livres, qui sont toujours éparpillés par terre et que je m'empresse de ramasser pour les loger dans mon sac ensorcelé tout en poursuivant la conversation sur un ton léger, sourire aux lèvres.

« Sinon je suis avec quelqu'un depuis quelques mois et ça se passe vraiment bien … Je t'arrête tout de suite, pas de mariage en vue ! »

Et me voilà entrain de rire comme une bécasse, c'est n'importe quoi – A croire que l'espace d'une seconde j'ai eu 14 ans à nouveau …  – jusqu'à ce qu'autre chose me traverse l'esprit.

« Sauf celui de ma mère et du père de Charleen. »

Surprise ! Ou pas. Maggie a assisté à l'arrivée de Charleen dans ma vie – bien qu'on partageait déjà la même école – dans ma famille plus spécifiquement et elle en est donc restée au stade où c'était … compliqué. Où j'étais une petite peste égoïste, surtout, mais l'erreur est humaine et je pense avoir fait ma rédemption depuis.
Alors elle ne doit pas vraiment comprendre le sourire certes un peu timide sur mon visage mais qui laisse transparaitre une grosse dose de bonheur et d'impatience. D'une parce que je suis aux anges que Maman et Peter se marient, de deux parce que je suis folle de joie à l'idée que Cha' et moi devenions « officiellement » sœurs. Ça peut paraître con mais je crois que c'est un truc qui compte pour toutes les deux. Pour tous les quatre.

« On est devenues très proches toutes les deux.  D'ailleurs je suis venue avec elle aujourd'hui, elle a une course à faire mais elle ne doit pas être bien loin. »
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MessageSujet: Re: It won't do you no good - Riley   Ven 9 Fév 2018 - 23:26

It won't do you no good
EXORDIUM.
- Oh, wow. Félicitations !

Elle imagine que oui, « félicitations » même si cette union est loin d’être le cocon de bonheur que l’on pourrait imaginer. Elle n’a pas envie de s’épancher plus sur sa vie, préférant largement se concentrer sur celle de Riley, sur ce qu’elle est devenue depuis tout ce temps passé loin de l’autre.

-Mes chevilles Maggie, mes chevilles ... D'autant que … en général c'est plutôt mon cœur à moi qui a chaviré mais passons. Vile flatteuse va !

Une vraie trainée. A toujours changer de cible, à en aimer un le lundi, le délaisser pour celui de la semaine d’après… Elle n’en finissait pas d’avoir ses coups de cœurs, d’être sous le charme. Un véritable cauchemar à écouter lorsque Maggie y repense.
Howard se contentant de lâcher un petit rire tout en retenue, sourire toujours accrocher à ses lèvres pulpeuses.

- J'étais encore à Poudlard jusqu'à fin juin effectivement, je valide ma 9ème année du coup, mais je n'y retournerais pas à la rentrée. J'ai d'autres projets.
- Ah oui ? Lesquels ?

Le cœur de la blonde s’emballe légèrement. Riley, ne pas retourner à Poudlard ? Maggie voit ici une chance de pouvoir renouer à cette existence qu’elle a finit par chérir à sa manière au fil des années. Certes, Jenkins l’agaçait sur bien des plans mais les années ont joué en sa faveur, métamorphosant la jeune femme aux yeux d’Howard qui a finit par la considérer comme une personne différente, un lien particulier les unissant. Se disant que toute cette histoire finirait dans le sang mais de la plus belle des manières. Pas vulgairement, pas comme si Maggie n’était qu’un animal sanguinaire. Non, elle comptait bien lui offrir une fin digne de ce nom.
Jusqu’à ce qu’on leur impose cette absence. Mais aujourd’hui se présente peut-être la chance de pouvoir reprendre les choses là où elles se sont arrêtées.

- J'ai envie de faire du droit, alors comme toi je vais explorer d'autres options pour apprendre. D'autres horizons. D'ailleurs en parlant de droit !

Le droit ? Elle l’imagine bien mal au barreau mais il faut croire qu’il faut s’attendre à peu près à tout aujourd’hui. Maggie l’aide à ramasser les quelques bouquins qu’elle a fait tomber avant de lui tendre.

- Le droit t’ira très bien. Maitre Jenkins.

Elle s’en amuserait presque.
Riley termine de ranger ses bouquins dans son sac, reportant son attention sur son amie d’adolescence.

- Sinon je suis avec quelqu'un depuis quelques mois et ça se passe vraiment bien … Je t'arrête tout de suite, pas de mariage en vue ! Sauf celui de ma mère et du père de Charleen.

Quand Maggie lui a demandé de ses nouvelles, elle ne s’attendait pas à … tant. Elle avait oublié à quel point Riley pouvait se montrer bavarde et étaler sa vie sans retenue, écrasant l’existence des autres par des blablas inutiles.
Ou peut-être pas si inutile que ça. Pas à en juger par cette flamme qui s’anime au creux des entrailles d’Howard. Quelque chose s’éveille en elle, une part d’elle endormie – ou forcer d’être endormie – et contre qui elle peut difficilement lutte. Des crépitements se manifestent et elle reconnait sans la moindre hésitation cette sensation qu’elle a déjà pleine vécue une fois. Juste une fois.

Deux choses l’interpellent. Ce petit ami dont elle semble amoureuse en vu de la façon dont elle en parle mais aussi l’existence de Charleen. Maggie se souvient parfaitement de cette petite blonde que Riley ne pouvait supporter pour la simple et bonne raison qu’elle allait devoir accepter la venue d’une demi-sœur dans sa vie. L’égoïsme dont elle a fait preuve était affligeant, tout comme cette colère et rancune éprouvée envers cette petite blonde aussi douce qu’un agneau.

- On est devenues très proches toutes les deux. D'ailleurs je suis venue avec elle aujourd'hui, elle a une course à faire mais elle ne doit pas être bien loin.

Nouvel assaut, nouvelle sensation qui se glisse autour de ses bras, de sa gorge.
Et ce qu’elle entend au loin, n’est pas le bruit constant de la foule mais autre chose, de plus petits, de plus entêtants. Les fourmis font leur entrée. Elles s’agglutinent autour du cerveau de Maggie, se font entendre, se font sentir. Et la jeune femme sait pertinemment ce que cela signifie.
Mauvais timing.
Beaucoup de chose lui déplaisent dans cette conversation, notamment ce nouvel amour qui semble avoir germé entre les deux sœurs. Maggie ne saisit pas toute l’ampleur de ce qu’il se passe, pas tout de suite. Elle ne fait que constater ce sentiment désagréable qu’on lui vole quelque chose d’important, qu’on lui dérobe sa place. Et a lui déplait. Enormément.
Pourtant, son masque est toujours là, présent. Sourire factice, regard rieur alors qu’elle emprunte un air presque surprit.

- Oh ? Tu t’es finalement entichée du rôle de grande sœur ?

Les mots ont le même effet qu’une boule épineuse entre ses lèvres alors qu’elle articule.

- Félicitations pour vos parents.

Pour concrétiser cette union que tu méprisais tant il n’y a pas si longtemps. Que tu détestais, haïssais par-dessus tout.
Et maintenant ? Les voilà comme cul et chemise.
Maggie prend conscience d’une chose… Que si son départ précipiter de Poudlard l’avait bien plus affecté qu’elle ne l’avait pensé, il n’en était rien de Riley. Visiblement, cette dernière n’avait pas tardé à la remplacer. Rapidement qui plus est.
Le sentiment qui la traversent sont multiples et variés, presque déstabilisant et lorsqu’une chevelure blonde débarque, tout s’éclaire enfin.

- Fiouh ! J’ai mis un temps fou à te retrouver avec tout ce monde !

Charleen, donc. Ce petit être de femme qui se colle aussitôt vers Riley, posant une main affectueuse sur son bras et un baiser sur sa joue comme si elles ne s’étaient pas vu depuis dix ans. Le lien qui unit les deux nouvelles sœurs se voit à des kilomètres, tout comme cet amour qu’elles se portent mutuellement.
Le regard de Maggie scrute la nouvelle arrivée, l’analyse, la contemple et la méprise en même temps. Elle respire une joie de vivre palpable, quelque chose de fort, d’imposant. Que Howard trouverait presque beau, qu’elle aimerait figer dans l’instant. C’est ça. Figer ce sourire si serein, sincère. Figer ce visage pour en garder la parfaite image jusqu’à la fin.
Mais surtout, elle respire l’innocence pure.

- Tu as trouvé tout ce qu’il te fallait ?

Charleen jette un œil à Riley puis glisse son regard vers Maggie, s’excusant presque aussitôt.

- Oh pardon ! Je vous coupe, j’avais pas vu !

Adorable. Détestable.

- Non, aucun problème. Ta grande sœur me parlait justement de toi.

Les joues de Charleen rougissent, le sang affluant aussitôt sous la peau rosée. Sang qu’elle aimerait voir glisser le long de sa gorge d’albâtre.

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It won't do you no good - Riley
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