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 [USA] New york, New York ▬ Kim

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MessageSujet: [USA] New york, New York ▬ Kim   Mar 2 Jan 2018 - 14:15

Samedi 25 juillet 2015 – Début d’après-midi / Heure de NYC
New york, New York



Kim & Enzo

Samedi 25 juillet 2015 – Lakes Entrance – Dans la soirée / Heure Australienne

« Non mais t’es sérieux ?! Tu te barres encore ?! »

Eclat de rire général, y compris devant de moi, face à la réaction de Joff, qui a l’air réellement choqué et presque mécontent.

« En aout tu fais rien. »
« Oui Papa. »

J’ai devant le visage un index accusateur, il faut le savoir. Mais sur les lèvres un sourire en coin qui ne me quitte pas alors que je bois une nouvelle gorgée de ma bière. On est un petit groupe installé autour d’un feu sur la plage, profitant d’une soirée douce après une longue session dans les vagues. Je connais certains visages, d’autres moins, mais me sens à ma place. A l’aise.

« Enfin si, en aout j’me barre avec ma planche sous le bras. »
« Ouais bah au moins t’auras pas le décalage horaire dans la gueule. Enfin moins. »
« Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? J’ai tant de cernes que ça ? »
« Mais non en plus ! C’est ça le pire. »

Ce sont les gênes Ryans ça, tu peux pas test …

« Tu bouges tant que ça ? »
« Il a la moitié de ses potes à l’autre bout du monde et son mec en Californie ! »

Le pire c’est qu’il s’insurge vraiment ! Difficile de ne pas éclater de rire à nouveau, surtout quand il se tourne vers moi après avoir répondu à ma place à la question de Isaac.

« T’aurais pas pu trouver plus simple franchement ? »
« Non. J’fais ça exprès pour voir à quel point tu tiens à moi. »

Je lui colle un gros bisou sur la joue, un bras autour de ses épaules, alors qu’il se débat et grogne. Faussement renfrogné. Je retrouve avec lui ce que j’avais avec Josh dans le dortoir ou même Aiden, Aaron et Harper. Une espèce de franche camaraderie comme on dit. Et c’est cool.

« Et tu vas où demain ? »
« New-York. »
« Ah quand même. »
« Mais y a pas de vagues là-bas. Et trop de voitures. »

Dire que je n’y ai pas pensé serait mentir tout comme je ne nierai pas que ça m’angoisse un peu mais ça ne m’empêchera pas d’y aller. Je prends même ça comme … une espèce de challenge personnel. Si ça se trouve d’ici un mois, même moins, quand je partirai faire mon tour de l’ile, je serais capable de faire du stop au lieu de transplaner d’un spot à un autre.

« J’vais voir une amie. Et après direction la Californie. Là-bas y a des vagues il parait. »
« Mouais … »

Encore une fois, éclat de rire général. On est très chauvins, c’est un fait, alors toutes les autres vagues du monde ou presque ne peuvent rivaliser avec les notre évidemment.

« Et tu reviens quand ? »
« J'te manque déjà ? »
« Oui. »
« Je sais pas trop encore. J’ai un truc à faire en Europe après. »

Un vrai globe-trotteur, c’est ce qu’ils disent et je me rends compte que d’une certaine façon ils ont raison. Et ce constat me plait. J’aime le cocon de la maison, mes repères ici, ceux que je peux avoir en Angleterre d’une certaine façon, mais j’adore découvrir autre chose, bouger, etc … Et j’ai la chance de pouvoir le faire grâce à ces amis que j’ai un peu partout dans le monde effectivement.

« Au fait ! Il est cool ton pote là, Caem. »

Nouveau sourire. Nouvelle gorgée.

Ce sourire-là est calme mais il renferme pleins de choses. Je suis heureux d’entendre ça, c’est tout. J’ai pas deux mondes, j’en ai un seul. Une famille, des amis aux quatre coins du globe … et un chat que je vais laisser à mon frangin pendant une semaine … Oops.
En attendant je pense à Caem dont les chevilles tripleraient de volume s’il entendait ça et me promet intérieurement d’embarquer Joff à Londres avec moi la prochaine fois que je vais y faire un tour.

#

Samedi 25 Juillet 2015 – New York – Début d’après-midi – Heure Américaine

Chez moi c’est dimanche matin, il fait à peine jour et je viens de prendre un petit déjeuner de champion après avoir calé dans mon sac de quoi tenir une semaine en terme de vêtements et autres planches, etc … D’abord New York, ensuite la Californie pour quelques jours puis l’Europe. Et le chalet. J’ai des crépitements dans les veines en pensant à tout ce qui va se passer ces prochains jours, pour différentes raisons à chaque étape. De l’impatience, un peu d’appréhension, aucune trace de doute néanmoins.
Le Portoloin me dépose dans une ruelle d’un quartier sorcier et là je me prends une vague de vie en pleine tête. Je me sens … complètement perdu et autant le dire, quand on a pris l’habitude de trainer sur une plage relativement vide une bonne partie du temps, débarquer ici c’est comme se retrouver propulsé dans une fourmilière. J’ai les sens aux aguets, complètement stimulés par tout et n’importe quoi alors que ça semble aller à une vitesse folle partout autour de moi. Je me guide comme je peux, demande mon chemin s’il le faut, et une fois du côté Non-Magique de la barrière c’est comme se prendre une grosse claque. Je l’admets, pendant un quart de seconde j’ai l’envie express de faire demi-tour pour retrouver le calme plat de la maison et de ma plage.

Mais je ne le fais pas.

Les voitures, les klaxons, les gens pressés et mes yeux qui ne savent pas où se poser tant il y a de choses à voir. Et je ne parle pas des odeurs. Autant le dire, quand je commence à retrouver un peu de calme en m’éloignant de tout ça je respire un peu mieux et c’est donc naturellement que je sors mon skate de mon sac ensorcelé pour glisser sur les trottoirs ou bords de route pour me rendre à destination. Liam m’a montré comment utiliser le GPS sur un téléphone, c’est comme ça que je me guide jusqu’à chez Kim et si j’hésite une seconde avant de frapper à la porte une fois arrivé à bon port, ça ne dure pas plus longtemps. C’est une femme qui vient m’ouvrir, souriante et avenante, Kim avec quelques années de plus. Enfin, une version souriante et avenante de Kim … Ça c’était gratos.

Et parce qu’on m’a bien élevé …

« Bonjour jeune homme. »
« Bonjour Madame. Je suis bien chez la famille Collins ? »

Oui, c'est écrit sur la boite aux lettres. Et alors ?

« Absolument. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »
« Je m’appelle Enzo, Enzo Ryans. Je suis un ami de Kim. »

Je ne sais pas si Kim l’avait prévenu ou non mais ça n’a pas vraiment d’importance. Mon charme de gentil garçon poli et bien élevé opère, on discute quelques secondes avant qu’elle ne m’indique le chemin pour rejoindre sa fille qui, sans surprise, est partie se défouler sur un terrain de basket en contre-bas de chez eux.

« Tu descends la rue sur deux blocs et tu verras, tu ne pourras pas les louper. »
« Merci beaucoup. »

Je salue Mme Collins d’un sourire et d’un signe de la main et me perche à nouveau sur mon skate pour suivre la direction qu’elle m’a indiqué. Effectivement, on ne peut pas les rater. J’entends avant de voir, un sourire nait immédiatement sur mon visage quand je perçois la voix de Kim percer entre toutes, bien plus forte, plus vindicative aussi. Et quand je tourne à l’angle de l’immeuble c’est pour tomber sur un groupe de personnes en plein match de basket, une de mes rouquines préférées au centre du terrain avec toute l’agressivité que je lui connais.

Spectateur attentif et amusé, je m’approche et m’appuie de l’épaule contre un poteau, bras croisés, attendant de voir si elle finira par me repérer. Je la découvre dans son élément, sans surprise son fauteuil n'est clairement pas ce que je vois en premier tant elle est à l'aise pour évoluer.
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Ven 2 Fév 2018 - 18:57

Mardi 30.06.2014
Dans la matinée


« … What the fuck ? »

Sourcils froncés, mâchoires serrées, poings fermés et regard meurtrier, Kim n’était visiblement pas de bon poil. Ou comment confirmer toutes les rumeurs qui courraient par rapport à sa mauvaise humeur permanente. Pourtant, elle n’avait pas vraiment une mine renfrognée en temps normal, mais il y avait ce truc dans son attitude, dans sa façon d’être, qui avait l’air de faire fuir les gens avant même qu’ils n’aient l’idée de vouloir l’approcher et ils préféraient l’éviter comme si c’était marqué "accès interdit", "attention chien méchant" ou "danger" sur son front. Enfin, sauf les jours où il fallait vraiment qu’on lui foute la paix, forcément : ces jours-là, tout le monde semblait particulièrement enclin à vouloir nouer contact avec elle, comme si la menace disparaissait miraculeusement au moment même où ses traits se tiraient et où son regard se durcissait. Aujourd’hui, heureusement, son état d’énervement était manifestement tel que personne n’eut l’idée de se mettre en travers de son chemin alors qu’elle descendait les étages en direction de la Grande Salle en lévitant sur son fauteuil roulant qui brillait de mille feux.

Elle aurait pu rester au lit toute la journée, elle aurait pu se cacher et fuir les regards des autres, bien sûr, mais elle était beaucoup trop furieuse pour ça. Qui que soit l’instigateur de cette blague de mauvais goût, elle ne lui ferait certainement pas le plaisir de se renfermer sur elle-même et de laisser couler sans rien faire. Alors elle avait quitté son dortoir, était descendue dans la Salle Commune qu’elle avait traversée comme une tornade, avait rejoint la Grande Salle sans adresser un regard à personne et s’était installée à une table en laissant aux élèves déjà assis le soin de lui faire de la place en hâte. Elle sentait leur regard à la fois amusé et craintif sur son fauteuil roulant illuminé, elle sentait leur envie de rire derrière leurs traits livides. Oui, ils avaient très bien compris que ce n’était pas le bon jour pour la contrarier et qu’elle n’hésiterait pas à incendier quiconque oserait ne serait-ce que réagir un peu trop face à la farce dont elle avait été victime.

Chiara. Alors même que sa colère semblait assez puissante pour étouffer toutes les pensées de son esprit, le prénom de Chiara ne cessait de résonner dans son crâne. C’était Chiara, c’était elle qui avait ensorcelé son fauteuil pour qu’il ressemble à une boule de disco et clignote de toutes les couleurs partout où elle allait. C’était Chiara, c’était sûr. C’était tellement son genre, et elle devait être en train de se péter de rire dans un coin en l’observant fulminer. Il fallait qu’elle en ait le cœur net. Il fallait qu’elle la trouve, qu’elle la confronte et qu’elle lui dise ses quatre vérités. Mais alors qu’elle sortait de table, elle vit la brune arriver dans la Salle Commune avec des images de Zach sur tous les vêtements qu’elle portait et elle comprit qu’elle était tout autant une victime qu’elle-même, et certainement pas la coupable. Ce constat la détendit un peu. Elle n’était pas la seule cible de ces petits plaisantins. Bientôt, elle aperçut un garçon entouré de balais volants, et un autre en costume de Batman, et finalement plein de gens qui, même s’ils n’étaient sans doute pas aussi furieux qu’elle, n’en étaient pas moins impuissants face aux sortilèges qui les hantaient.

***

Samedi 25.07.2015
Dans l’après-midi


Elle était rentrée à New York ce jour-là, avec son fauteuil luminescent et son reste de mauvaise humeur qui avait fini par se dissiper sous les taquineries de ses frères qui n’avaient pas peur de se faire rembarrer et qui savaient pertinemment que permettre à leur tête brûlée de sœur de se décharger sur eux était la seule manière de la calmer.

« Je sais que t’es à l’autre bout du monde mais je croyais que Noël était en même temps là-bas qu’ici. »

Elle les avait insultés pendant un bon quart d’heure, déversant sa rage et son venin alors qu’ils ne se départissaient pas de leurs sourires en coin narquois et moqueurs, provocateurs. Et puis elle avait fini par se détendre et rire de son malheur en levant les yeux au ciel et en balayant leurs derniers commentaires d’un geste de la main, non sans continuer à les insulter plus pour la forme qu’autre chose. Sales gosses. Elle était bien contente de les retrouver.

L’ambiance était restée bonne depuis son arrivée. Sa sœur était arrivée dans la soirée, prévenue de son retour mais n’ayant pas pu se libérer de son travail avant. Ils avaient dîné tous ensemble, puis s’étaient à nouveau dispersés et elle était restée seule avec ses parents dans la maison familiale. Dès le lendemain – et avec un fauteuil de nouveau normal, heureusement – elle était allée rendre visite à Kat, retrouvant l’atmosphère imperturbable qui l’entourait et qu’elle avait un peu oubliée depuis la dernière fois qu’elle l’avait vue. Et puis elle avait retrouvé les jeunes du quartier, et c’était comme si elle n’était jamais partie. Rien n’avait changé. Les métiers, les familles, oui, mais en dehors de ça, c’était toujours les mêmes têtes, les mêmes plans.

Trois semaines s’étaient écoulées ainsi, entre les repas en famille, les sorties à l’improviste, et les matches de basket. Et sur le terrain, la Kim ronchon n’existait pas. Quiconque qui ne la connaissait pas aurait pu la prendre pour une toute autre personne en la voyant une balle à la main après l’avoir vue dans son fauteuil flashy. Regard vif, sourire aux lèvres, cheveux flamboyants, transpirant dans son débardeur et ses shorts masculins, elle maniait son fauteuil avec verve et esquivait ses adversaires pour venir marquer des paniers, assumant aussi bien les avantages que les désavantages de sa condition. Elle avait eu du mal à s’y remettre au début, mais avait rapidement retrouvé ses réflexes et sa compétitivité, égalisant le niveau des gars avec lesquels elle jouait. Et ce fut l’un d’eux qui, en plein milieu du match, s’arrêta et, à la fois moqueur et menaçant, lança :

« Hé, Kim, ya un beau gosse ça fait dix minutes qu’il est en train de mater. »

Demi-tour, les sourcils froncés, Kim reconnut immédiatement l’imposante silhouette de Enzo et son regard s’éclaircit instantanément.

« T’es con. »

Rétorqua-t-elle en jetant la balle dans le ventre de Mike, au grand amusement de toute la clique.

« Allez ça joue ! Tu viens ? »

Il ne fallait pas attendre de Kim qu’elle prenne le soin de faire les présentations. Après tout, Ils n’étaient pas à un dîner officiel mais sur un terrain de basket, et les prénoms n’avaient aucune importance. Elle ne doutait pas une seule seconde qu’Enzo saurait s’intégrer à une équipe sans aucun problème, alors non, elle n’allait pas s’encombrer avec des formalités. Bientôt, les voilà en train de jouer à nouveau avec toute la passion qui leur était propre, et elle vit l’Australien échanger des high five avec ses coéquipiers à chaque panier qu’il marquait ainsi que serrer quelques mains tendues et répondre à des prénoms par le sien. Le match fut serré mais l’équipe gagnante fut finalement la sienne et elle ne cacha pas son enthousiasme. Puis elle alla retrouver Enzo, rayonnante et , laissant le reste de l’équipe entre eux.

« T’es arrivé quand ? Comment t’as fait pour nous trouver ? »

Cette fois-ci, il avait pas intérêt à la prendre dans ses bras et encore moins à lui coller un bisou sur la joue !
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Mar 20 Fév 2018 - 13:39

Retrouver Kim sur un terrain de basket ? Non, clairement, ça n’a rien d’étonnant. Une des seules et uniques fois où on a tenté le coup s’est avéré être un véritable cauchemar et ça m’arrive encore d’y penser parfois mais la vie continue. J’ai pas d’angoisse à la voir évoluer sur le bitume comme elle le fait, je ne suis pas entrain de me dire que d’une seconde à l’autre elle va se plier en deux et commencer à cracher du sang. Je me dis simplement qu’elle a l’air dans son élément, et que comme chaque personne que j’ai croisée depuis le début des vacances, j’ai l’impression de la redécouvrir. Oui, juste en l’observant, mais justement. Ça me saute aux yeux, il y a un truc différent. Je ne connais pas la Kim d’avant l’accident et dans le fond ça n’a pas la moindre espèce d’importance mais je crois que c’est un peu comme ça que je l’imagine.

Et oui, je suis un putain de stalker … Non, juste un mec qui s’amuse d’avoir son amie sous les yeux sans qu’elle ne se rende compte de rien. D’ailleurs si je suis grillé ça ne vient pas d’elle.

« Hé, Kim, ya un beau gosse ça fait dix minutes qu’il est en train de mater. »

Sourire. D’une parce que mon égo est satisfait par cette remarque. De deux parce que je sais pertinemment comment Kim va réagir alors qu’elle tourne la tête vers celui qui s’est adressé à elle, après m’avoir jeté un coup d’œil.

« T’es con. »

Qu’est-ce que je disais ? Un éclat de rire franc secoue tout mon corps alors qu’elle envoie brutalement le ballon en plein dans le ventre du type en question. Je ne suis pas le seul à rire de la situation d’ailleurs, loin de là. Et puis son attention se projette à nouveau sur moi.

« Allez ça joue ! Tu viens ? »

Sans plus de cérémonie. Si je me fais prier ? Pas une seconde. Je laisse mes affaires sur le bord du terrain et entre sans jouer les farouches, trouvant rapidement ma place au sein des équipes déjà formées tout en prenant bien soin d’être dans celle adverse par rapport à la rousse effrontée. C’est bien plus amusant comme ça.
Les présentations sont faites rapidement, on échange nos prénoms et je ne retiens pas tous ceux des autres mais rapidement le ballon nous fait oublier toutes ces formalités. Je trouve mes marques, me sens intégré comme si je faisais partie du décor et bientôt les paniers s’enchainent d’un côté comme de l’autre. Le jeu est rapide, vif, ça me plait beaucoup et me fait oublier rapidement l’endroit où je suis, ce sentiment de trop grand, de trop vite, que j’ai ressenti en débarquant tout à l’heure par le Portoloin. Les high five s’enchainent eux aussi, se mêlent aux éclats de rire et aux protestations, puis le match prend fin. C’est l’équipe de Kim qui a gagné, inutile de dire qu’elle jubile et que la fierté rayonne sur les traits de son visage.

Je m’éloigne finalement des autres dans de dernières poignées de main et rejoint mon amie sur le bord du terrain. J’ai le cœur qui pulse mais ma récupération est bonne, néanmoins je suis complètement débraillé. Comme tout le monde.

« T’es arrivé quand ? Comment t’as fait pour nous trouver ? »
« J’ai juste eu à suivre tes protestations sonores et tes mots doux à l’adresse de tes co-équipiers. »

Pause. Sourire en coin. J’attends le coup que je vais probablement finir par me prendre en plein ventre d’une seconde à l’autre. Vas y, cogne, c’est toi qui te fera mal parce que ce qu’il y a là-dessous tu vois, c’est du béton armé.

« Je suis passé chez toi, c’est ta mère qui m’a dit où te trouver. »

En toute simplicité. Certaines choses absolument normales pour la majorité de la planète commencent à le devenir réellement pour moi aussi. D’ici deux jours c’est à la porte des parents de Will que je vais frapper et là, ça ne va pas être le même délire … Mais pour le moment c’est l’heure de provoquer Kim, une de mes occupations favorites.

« J’lui ai sorti mon comportement de gentil garçon, fils bien élevé, tout ça. Je crois que je lui ai tapé dans l’œil et qu’elle espère secrètement que je devienne son gendre. »
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Lun 12 Mar 2018 - 20:51

Ca faisait du bien d’être en vacances, clairement. Loin de sérieux des cours et des examens, loin de l’environnement toxique du monde magique… loin des responsabilités, tout simplement. Finalement, Kim ne tenait qu’à retrouver son insouciance, sa nonchalance vis à vis du monde des grands. Elle restait la gamine qu’elle avait toujours été, hyperactive et garçon manqué à souhait, bagarreuse et tête brûlée plus que n’importe lequel de ses amis ; donnez lui un ballon et un panier de basket, vous n’entendrez plus parler d’elle pour le restant de votre vie. Alors oui, ça faisait beaucoup de bien d’être en vacances, et s’il y avait une chose dont elle était sûre désormais, c’était qu’elle ne retournerait pas à Poudlard à la rentrée.

Elle ne s’attendait pas spécialement à voir Enzo débarquer ce jour-ci. Elle lui avait donné son adresse et lui avait dit qu’il passait quand il le voudrait, et ça s’était arrêté là. Alors non, elle n’avait pas fait en sorte de rester chez elle pour pouvoir l’accueillir lorsqu’il sonnerait à la porte, n’avait pas passé sa matinée à la cuisine pour préparer des gâteaux à lui proposer au goûter, n’avait même pas pris la peine de surveiller son portable au cas où il l’aurait appelée pour lui demander le chemin. Et, sur le terrain de basket, maniant son fauteuil avec toute la dextérité qui lui était propre et se donnant à fond au point d’en dégouliner de sueur, le soleil ardant n’aidant pas, elle n’avait certainement pas vu qu’un grand gaillard baraque et basané l’observait depuis quelques temps déjà.

Si les mecs auraient été prêts à l’aider éconduire un imposteur – pourvu qu’elle les laisse, s’entend – , ils furent tout aussi prompts à l’accepter comme un des leurs lorsqu’elle l’invita à rejoindre le terrain, non sans avoir accueilli par des éclats de rire l’insulte qu’elle lança à celui qui l’avait rendue attentive à la présence de l’Australien. Le match reprit, tout aussi naturellement que s’il n’avait jamais été interrompu, puis prit fin, et oh que oui elle fut fière d’avoir gagné. Comme à chaque fois d’ailleurs. Elle n’était pas une mauvaise perdante pour autant – enfin, en général – mais elle n’allait certainement pas se priver de la joie que lui procuraient les victoires. Au grand amusement de ses amis, d’ailleurs, et elle en était bien consciente, mais ça ne faisait que l’encourager à se donner encore plus à fond dans ce qu’elle faisait.

Après avoir échangé des high fives et des tapes dans le dos avec toute la clique, elle rejoignit Enzo au bord du terrain, le cœur encore effréné mais le souffle déjà un peu moins court, et s’enquit des détails de son arrivée qu’elle avait si royalement occultée.

« J’ai juste eu à suivre tes protestations sonores et tes mots doux à l’adresse de tes co-équipiers. »

Elle réprima un sourire qui aurait été amusé, s’appliquant à feindre le mécontentement et le poussa avec force pour lui faire perdre l’équilibre et l’éloigner d’elle.

« Tu vas voir ce que c'est vraiment, des protestations et des mots doux. »

Rétorqua-t-elle du tac au tac, sur le ton de la menace. Tandis qu’il reprenait sa place initiale en riant, elle remonta son débardeur pour s’essuyer le visage dedans puis refit son chignon qui s’était défait pendant le match.

« Je suis passé chez toi, c’est ta mère qui m’a dit où te trouver. »

Elle acquiesça. Elle s’en était doutée, au fond, mais elle avait préféré s’assurer qu’il n’ait pas rencontré de problèmes sur la route. Et tendre le bâton pour se faire battre par la même occasion. Parce que bien sûr, il n’avait pas fini !

« J’lui ai sorti mon comportement de gentil garçon, fils bien élevé, tout ça. Je crois que je lui ai tapé dans l’œil et qu’elle espère secrètement que je devienne son gendre. »

Elle plissa les yeux, prise au dépourvu.

« Alors là ça devient grave. Qu’est ce que vous avez tous avec vos sous-entendus à la noix ? »

D’abord Mike qui lui assurait que Enzo la matait, maintenant Enzo lui-même qui prétendait être le gendre idéal aux yeux de sa mère… Rien à voir avec son statut de célibataire, elle savait bien qu’ils y accordaient tout aussi peu d’importance qu’elle, mais n’empêche que c’était un peu relou !

« Bon je sais pas toi mais perso je ne dirais pas non à une douche. Et puis ensuite on peut aller, je sais pas, se balader dans le quartier ? On peut toujours revenir sur le terrain, aussi, plus tard. Histoire de compenser pour la dernière fois. »

Sa première et sa seule véritable expérience de la folie des Supérieurs. Empoisonnée par pur hasard, elle avait bien failli y passer ce jour là, et ça aurait certainement été le cas si Enzo n’avait pas été là pour la ramener au château. Elle n’était pas spécialement traumatisée, cela dit, et évoquait l’événement avec désinvolture. Elle lui adressa un regard plein de provocation, et prit le chemin de la maison, saluant d’un signe de main le reste de la clique. En rentrant, elle se dirigea tout d’abord vers la cuisine et s’enquit :

« Tu veux boire ? »

Elle n’attendit pas sa réponse cependant, remplissant déjà deux grands verres d’eau, et lui en tendit un en portant l’autre à ses lèvres. Puis elle le reposa et reprit la parole.

« Ya des choses à manger un peu partout dans les armoires ou dans le frigo, tu hésites pas à te servir si t’as faim. Ya une salle de bains en haut, moi je vais en bas, les linges sont dans l’armoire.
- Kim ?
- Ah tiens, maman. Tu connais Enzo, du coup. On passe juste se doucher vite fait.
- Bien sûr. Fais comme chez toi, c’est pas très grand mais il y a tout ce qu’il faut. Tu manges avec nous ce soir ? Tu restes pour la nuit ? »

Abandonnant Enzo aux soins de sa mère, elle fila sous la douche. La magie l’aidant pour ses transferts, se laver était finalement presque aussi rapide qu’avant, et elle ne perdait du temps que pendant le déshabillage et l’habillage. Ayant transplané dans sa chambre enroulée dans sa serviette pour récupérer des vêtements propres, elle ouvrit la porte en attendant de pouvoir intercepter Enzo lorsqu’il sortirait de la salle de bains.

« Ici ! »

Sourire.

« Ça a été ? »
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Mer 21 Mar 2018 - 14:13

« Alors là ça devient grave. Qu’est ce que vous avez tous avec vos sous-entendus à la noix ? »
« Ce qu'on a c'est qu'on adore t'entendre râler Kim. »

Sans vouloir parler à la place de son pote mais je suis à peu près certain que c'est exactement pour ça qu'il la fait chier lui aussi. Si je me moque d'elle ? Assurément. Mais gentiment, bien sûr.

« Bon je sais pas toi mais perso je ne dirais pas non à une douche. Et puis ensuite on peut aller, je sais pas, se balader dans le quartier ? On peut toujours revenir sur le terrain, aussi, plus tard. Histoire de compenser pour la dernière fois. »

Elle évoque ça avec désinvolture, en ce qui me concerne je ne relève pas mais ça me crispe l'espace d'une seconde de repenser à ça. Chacun est comme il est, chacun gère comme il peut. Quoi qu'il en soit je ne suis pas là pour repenser à tout ça mais profiter de cet après-midi en sa compagnie, dans son environnement. D'ailleurs en parlant de ça ...

« Tu veux bien me faire découvrir ta ville un peu ? »

Tant qu'à être là, autant voir un peu ce que ça donne à New-York City même si j'en ai déjà eu un aperçu. Trop de bruit, trop de monde, trop de mouvement, certes, mais quand même. C'est con de venir jusqu'ici pour s'arrêter à ça, non ?
Un salue à l'attention des autres, je marche à côté d'elle tranquillement alors qu'on papote de tout et de rien. Si elle rentre comme ça chez elle, naturellement – encore heureux – on ne peut pas dire que je me sente super à l'aise tout simplement parce que je suis un grand timide mais je la suis dans la cuisine sans trop avoir l'air d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Je l'ai vu évoluer avec aisance dans le château, ça me frappe encore plus ici dans un espace beaucoup plus restreint bien qu'aménager en fonction de ses besoins.

« Tu veux boire ? »

Pas le temps de réagir, ni même de réellement descendre de la lune où je me trouvais clairement en découvrant ce nouvel environnement, que je me retrouve avec un verre dans les mains.

« Merci. »

Et ça fait du bien, autant le dire, parce qu'on s'est bien dépensés et qu'il fait vraiment bon dehors, pour ne pas dire chaud.

« Ya des choses à manger un peu partout dans les armoires ou dans le frigo, tu hésites pas à te servir si t’as faim. Ya une salle de bains en haut, moi je vais en bas, les linges sont dans l’armoire. »
« Kim ? »
« Ah tiens, maman. Tu connais Enzo, du coup. On passe juste se doucher vite fait. »
« Bien sûr. Fais comme chez toi, c’est pas très grand mais il y a tout ce qu’il faut. Tu manges avec nous ce soir ? Tu restes pour la nuit ? »

J'ai … rien compris à ce qu'il vient de se passer. Un moment Kim est là et me fait un récap détaillé de sa maison, l'instant sa mère débarque et en fait autant. L'une a disparu sans sommation ou presque, l'autre me regarde avec un sourire en attendant probablement que je réponde à ses questions. Moi je reste planté là, un peu con, le verre toujours dans la main. J'ai emménagé ici et je m'en suis pas rendu compte ou … ? Non parce qu'à la base j'étais juste venu passer l'après-midi avec une copine et là on me propose carrément le gîte et le couvert, douche incluse.

Reconnexion des neurones.

« J'vais pas pouvoir rester pour la nuit non mais manger avec vous, avec plaisir. Merci Mme Collins. »

Elle acquiesce d'un signe de tête et repart comme elle est venue, je reste comme un idiot seul dans la cuisine entrain de me dire que la situation est surréaliste. Et en grand coincé de mon état, je me sens un peu gêné autant le dire.
J’hésite un peu et puis je me dis que de toute façon, j’vais pas rester là à attendre que ça se passe, qu’une bonne douche effectivement ça fera du bien, donc je tâtonne, reste gêné parce que c’est la première fois que je fous les pieds ici et que j’ai pas l’habitude de tout ça. Je la prends, cette douche, en continuant de n’être pas trop à l’aise je l’admets. Hey j’ai pas pour habitude de me foutre à poil chez les autres ! C’est surtout que là ça m’a carrément pris au dépourvu et que c’est pas comme si j’avais prévu de m’installer ou rester quelques jours ... Peu importe.

« Ici ! »

J’ai pas mis un pied en dehors de la salle de bain – je me suis rhabillé, évidemment, au cas où certains auraient un doute – que j’entends la voix de Kim qui m’interpelle. Que je suis comme si elle était le Fil d’Ariane – J’ai un peu de culture, et oui. Et surtout un mec avec une grosse tête qui m’apprend pleins de choses sur pleins de sujets dont la mythologie grecque, parfaitement. On a des conversations très sérieuses parfois, souvent même, faut pas croire.

« Ça a été ? »
« Vous êtes plutôt cool chez les Collins, j'ai l'impression d'avoir été adopté sans même avoir eu le temps de dire ouf. »

Et comme ponctuation à cette phrase, un rire, alors que j’entre dans la chambre de Kim puisque c’est là qu’elle se trouve. Enfin j’imagine que c’est sa chambre, qu’est ce qu’elle y ferait si ça n’était pas le cas ? Parce que c’est indéniablement une chambre.

« Est ce que ta mère pense qu'on est ensemble ? »

Ça c’est juste parce que j’aime larguer des bombes sans prévenir et l’air de rien. Oui parce qu’en même temps, sans pour autant faire comme chez moi, j’observe et découvre les lieux en tournant sur moi-même.

« Sympa ta chambre. »

Selon quels critères ? Les miens, voilà.

« Hum ! Je t'ai ramené un truc. »

Ayant gardé mon sac avec moi – Pourquoi ? C’est une bonne question – je fouille dedans et en ressors un objet que je tends à Kim. Ce que c’est ? Un boomerang, recouvert de peintures aborigènes. Un truc bien Australien.

« Tu te débrouilles pas trop mal avec un ballon de basket alors j'me suis dit que ça devrait le faire. Au pire tu l'accroches à un mur de ta chambre et tu penses à moi chaque fois que tes yeux se posent dessus. »

Tout dans la provocation, avec le sourire du p’tit con insupportable que je suis sur le coin des lèvres, naturellement. Je ne sais pas si elle sera en mesure d’utiliser cet objet en étant privée de ces deux jambes mais je me dis, pourquoi pas ? En plus de ça avec la façon dont je viens de lui exposer les choses je suis à peu près certain qu’elle va prendre ça comme un challenge et tout faire pour y arriver. Et il arrivera. J’ai pas vraiment de doute là-dessus en réalité.

« J'compte sur ta présence dans deux semaines, c'est pas négociable. Comme ça j'pourrais t'apprendre à lancer ce truc si tu veux, sur la plage on risque moins d'assommer quelqu'un que dans la rue ou même un parc. »

Sur la mienne, de plage, en tout cas. Enfin la mienne, on s'entend, elle n'est pas à moi mais pas forcément accessible à beaucoup de monde. C’est pas le truc que je fais en permanence mais j’ai recommencé il n’y a pas longtemps et je trouve ça plutôt cool pour se vider la tête, se concentrer sur un seul truc. Ça détend et ça passe le temps en attendant les vagues.

« Tu vas faire quoi à la rentrée ? »

Sans transition, bonjour.
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Ven 30 Mar 2018 - 20:25

« Ce qu'on a c'est qu'on adore t'entendre râler Kim. »

Forcément. Elle leva les yeux au ciel mais sourit, excédée et amusée à la fois. Elle avait l’impression de n’attirer que les gens qui aimaient se moquer d’elle et la faire tourner en bourrique. Il allait décidément falloir qu’elle s’y fasse. En réalité, cela faisait bien longtemps qu’elle avait l’habitude qu’on la charrie à tout bout de champ, mais elle n’arrivait tout simplement pas à faire autrement que réagir exactement comme ils le voulaient, à savoir en s’indignant et en rouspétant.

« Sale gosse. »

Et elle lui mit une tape dans le bras en le poussant à nouveau pour l’éloigner d’elle comme tout à l’heure. Et puis elle lui proposa de passer se doucher, et suggéra qu’ils pourraient ensuite se balader un peu ou même revenir sur le terrain s’ils en avaient envie.

« Tu veux bien me faire découvrir ta ville un peu ? »

Regard un peu surpris, elle ne s’attendait pas spécialement à ce qu’Enzo veuille jouer les touristes mais soit, elle pouvait comprendre qu’il veuille profiter de sa présence à New York pour visiter un peu.

« On peut faire ça ! Par contre je t’avoue que je suis un peu nulle comme guide. T’as quelque chose de particulier en tête ? »

Non parce qu’à part le quartier et l’hôpital où reposait Kat, elle ne connaissait pas grand chose de sa propre ville, et ce n’était sans doute pas ce à quoi il faisait allusion quand il lui demandait de lui la faire découvrir. Quoique ?

Toujours était-il qu’ils quittèrent le reste de l’équipe sans trop de cérémonies, et elle l’emmena chez elle sans se soucier de savoir s’il se sentait à l’aise ou non. En réalité, elle ne s’était jamais réellement souciée de ce que ressentaient ses amis lorsqu’elle les invitait. Elle partait du principe que sa maison était aussi la leur, tout simplement. Alors, occultant totalement le dépaysement que pouvait ressentir Enzo, elle lui tendit un verre d’eau et vida le sien avant de lui faire un rapide état des lieux et de le laisser aux soins de sa mère.

Ils étaient comme ça, chez les Collins. Ils étaient comme ça chez un peu tout le monde dans le quartier en réalité. Une grande famille, sans gène, sans retenue. Elle aurait été parfaitement à l’aise de débarquer sans prévenir chez n’importe lequel des gars avec qui elle traînait dans le quartier et jouait au basket et de faire comme chez elle, tout comme elle l’aurait laissé agir comme bon lui semblait dans sa maison à elle. Et Enzo ne faisait pas exception. Même si en y réfléchissant, elle ne serait peut être pas si à l’aise que ça de venir chez lui…

« Vous êtes plutôt cool chez les Collins, j'ai l'impression d'avoir été adopté sans même avoir eu le temps de dire ouf. »

Un sourire ravi illumina son visage tandis qu’il riait de la situation. Manifestement, il ne s’était pas attendu à ce genre d’hospitalité. Peut-être qu’il aurait préféré une immersion plus lente, plus progressive, avec davantage de formalités…

« T’aurais voulu remplir et signer un formulaire de consentement ? »

Clairement, elle le provoquait, se moquait gentiment de lui – pour une fois que c’était ça et pas l’inverse ! D’ailleurs, il ne tarda pas à reprendre le dessus sur elle.

« Est-ce que ta mère pense qu’on est ensemble ? »

Le pire, c’était qu’il le disait vraiment comme si de rien n’était, alors qu’il était en pleine contemplation de sa chambre.

« T’es con. »

En réalité, elle savait bien que sa mère n’attendait que le moment où deuxième fille lui présenterait enfin un garçon. De toute la fratrie, Kim était la seule à n’avoir pas encore trouvé l’âme sœur, mais ça ne l’intéressait pas. Pas pour le moment en tout cas.

« Sympa ta chambre. »

Il avait fini d’inspecter les lieux et s’était retourné vers elle. Elle lui sourit, puis regarda rapidement à droite à gauche comme pour s’assurer qu’elle connaissait les lieux avant de répondre :

« Merci. »

Comme l’aurait dit sa mère, ce n’était pas très grand mais il y avait tout ce qu’il fallait. Une armoire, une étagère, une table et un lit. Sa chaise de bureau et son pouf avaient fini respectivement chez Tom et Josh après son accident pour faire un peu plus de place à son fauteuil. La fenêtre donnait sur le chemin de fer et laissait entrer la lumière du jour. Rien de très exceptionnel en somme, mais elle ne manquait de rien.

« Hum ! Je t’ai ramené un truc. »

Et le voilà qui fouillait dans son sac pour en sortir un boomerang artisanal, un véritable stéréotype Australien, qu’il lui tendit et qu’elle prit plus par automatisme qu’autre chose, un peu prise de court par le geste.

« Tu te débrouilles pas trop mal avec un ballon de basket alors j’me suis dit que ça devrait le faire. Au pire tu l’accroches à un mur de ta chambre et tu penses à moi à chaque fois que tes yeux se posent dessus. »

Alors sans hésiter, elle lui lança le boomerang dessus de sorte à ce qu’il le reçoive dans le ventre. L’objet avait beau être synonyme de Karma, la loi de cause à effet, on récolte ce que l’on sème, et ce genre de choses (https://youtu.be/GBmktRSuDX4?t=385), la distance était beaucoup trop courte pour qu’il lui retombe dessus !

« J’compte sur ta présence dans deux semaines, c’est pas négociable. Comme ça j’pourrais t’apprendre à lancer ce truc si tu veux, sur la plage on risque moins d’assommer quelqu’un que dns la rue ou même un parc. »

Pour le coup, Kim fronça les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir.

« Ya quoi dans deux semaines ? »

Non parce qu’il lui parlait comme si elle était censée savoir de quoi, une histoire de présence à la plage, mais elle avait surtout l’impression qu’il se trompait d’interlocuteur ou qu’elle avait loupé un wagon. D’autant plus que le fait de ne pas avoir le droit de négocier rajoutait une dimension assez importante, donc elle n’avait vraiment pas envie d’acquiescer sans savoir dans quoi elle s’engageait.

Et puis elle poussa sur les roues de son fauteuil avec vigueur, sortant de sa chambre et traversant le couloir non sans s’assurer qu’Enzo la suivait, lévita pour descendre les escaliers, et ouvrit la porte d’entrée en criant, plus pour la forme qu’autre chose :

« A ce soir Maman ! »

Sans attendre de réponse de sa part, elle sortit devant la maison avec l’Australien et bientôt les voilà à nouveau dans les rues du quartier. Sans transition, il reprit la parole pour demander :

« Tu vas faire quoi à la rentrée ? »

Et elle se tourna vers lui, un peu surprise de l’entendre lui poser cette question et ne sachant pas tellement quoi répondre tout de suite, mais finissant par jouer la carte de l’humour.

« La rentrée ? C’est quoi ça ? »

Sourire en coin. Ben quoi ?

« Non en vrai je sais pas. Faudrait que je me prenne un peu en main mais là j’ai juste envie de ne rien faire du tout. »

Elle avait beau avoir de l’ambition et de la détermination, il lui arrivait aussi d’avoir des temps morts et c’était manifestement le cas en ce moment même. Elle ne perdait pas de vue son objectif, mais elle n’avait plus envie, du moins pour l’instant.

« Du coup je pense que je vais juste rester à la maison, peut être que je trouverai un petit boulot, et j’vais juste… je sais pas, laisser faire le destin, voilà ! Et toi ? T’as prévu quoi pour ces vacances ? Enfin, à part venir me rendre visite parce que tu n’arrives plus à vivre sans moi ? »

Rentrer dans le jeu. Même si elle réagissait au quart de tour à chaque fois qu’il la taquinait à ce sujet. Après tout, c’était pas pareil de l’évoquer d’elle-même !

« Bon du coup on va où ? »

Non parce qu’ils étaient arrivés au croisement avec la grande rue. Et si les ruelles du quartier étaient relativement dénuées de circulation, celle-ci s’était intensifiée progressivement alors qu’ils en sortaient et ils se retrouvaient désormais face à un débit de voitures relativement important. L’arrêt de bus était à quelques mètres plus loin sur leur droite, le passage piéton à leur gauche…  Il n’avait qu’à dire et elle pourrait l’emmener partout où il le voudrait ! Quitte à ce que ce soit au septième ciel +out+
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Jeu 5 Avr 2018 - 13:27

« Ya quoi dans deux semaines ? »
« Tu verras bien. Et dans mon monde à moi y a que des poneys quand on reçoit un cadeau on dit merci, on frappe pas la personne qui te l’a offert. »

Je la taquine, encore, d’autant que je suis presque persuadé de lui avoir envoyé un message pour la prévenir comme je l’ai fait avec tous les autres. Peut-être qu’elle ne l’a pas reçu, mais je compte bien la faire mariner un moment avant de cracher le morceau quoi qu’il arrive. Juste parce que ça m’amuse. Le caractère de cette nana est à inscrire au guinness book, sincèrement.
Et sans se démonter elle pousse sur les roues de son fauteuil et sors de sa chambre sans même me prêter la moindre attention. Je pourrais bien m’écrouler sur son pieu et piquer un somme, je crois que ça ne changerait strictement rien. Je vous jure que parfois faut être de bonne constitution parce que moi ça me fait marrer mais je suis presque certain que ça en vexerait certains. A mon avis.
Pour autant je vais pas rester planter là alors je balance le boomerang sur son lit et la rattrape en trottinant, large sourire sur le visage, alors qu’elle franchit la porte d’entrée.

« A ce soir Maman ! »

Ouais, à ce soir Maman.

« La rentrée ? C’est quoi ça ? »

Hein ? Ah, oui. Ma question. Que j’ai posé quand on était encore dans sa chambre mais visiblement la joueuse de Miss Collins en a décidé autrement :face:

« Non en vrai je sais pas. Faudrait que je me prenne un peu en main mais là j’ai juste envie de ne rien faire du tout. »
« C’est un peu le principe des vacances. »

Mains dans les poches, haussement d’épaules, sourire. Encore et toujours. Il fait vraiment bon, ça fait du bien de ressentir les rayons du soleil parce que l’Australie c’est sympa mais ça reste quand même l’hiver là-bas en ce moment. Mais pendant que je photosynthétise tout en marchant tranquillement à côté d’elle je m’étonne néanmoins un peu de sa réponse. Ceci dit j’en suis un peu, beaucoup, au même stade. J’ai des ambitions, des projets sur le long terme, mais pour le moment j’ai clairement rien de prévu pour dans un mois si ce n’est ne pas retourner à Poudlard. Que ça soit au Royaume-Unis ou ailleurs ils sont finalement nombreux à avoir déjà prévu le coup mais il faut croire que Kim et moi, on prend simplement le temps de vivre un peu. Je me dis que si les parents étaient encore là ils me pousseraient sans doute un peu plus mais je crois qu’ils me feraient confiance aussi, ça se saurait si j’étais du genre à ne rien foutre de ma vie. Et je pense que là-dessus on se ressemble un peu avec la rouquine au sale caractère qui avance à côté de moi.

« Du coup je pense que je vais juste rester à la maison, peut être que je trouverai un petit boulot, et j’vais juste… je sais pas, laisser faire le destin, voilà ! Et toi ? T’as prévu quoi pour ces vacances ? Enfin, à part venir me rendre visite parce que tu n’arrives plus à vivre sans moi ? »
« Me morfondre parce que tu me manques trop ? »
« Bon du coup on va où ? »
« Et sinon, tu comptes me laisser répondre à une question avant d’en poser une autre ? »

Je me marre, encore, non sans laisser mon regard se promener alentour … sans repérer quoi que ce soit de familier ou presque et pour cause, les grandes villes je connais moyen. Enfin si, Londres, mais on est à New York ici et c’est clairement pas le même délire.

« J’en sais rien moi, c’est toi qui vis ici, qui connais les endroits les plus sympas et tout le bordel. »

T’es un guide touristique en carton Kim Collins. Qu’est ce qu’il y a d’incontournable à voir ou à faire à New-York ? C’est une bonne question. J’avoue que je ne me suis pas vraiment posé la question ni renseigné avant de venir puisque mon objectif premier c’était de la voir elle mais si on y réfléchit bien …

« Statue de la Liberté ! Ou non, le grand parc là … Central Park ? Oui, c’est ça. Central Park. »

Ben quoi ? Je suis un touriste, je veux faire des trucs de touristes, mais si jamais elle n’est pas dans le délire c’est pas un souci, on peut juste se balader et parler, trainer dans le coin, manger une glace – j’adore les glaces.
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Jeu 12 Avr 2018 - 20:16

« Tu verras bien. Et dans mon monde à moi y a que des poneys quand on reçoit un cadeau on dit merci, on frappe pas la personne qui te l’a offert. »

Kim fronça les sourcils. Elle ne comprenait plus rien. Comment ça, elle verrait bien ? Vraiment, elle devait avoir loupé une info parce qu’elle ne voyait absolument pas de quoi il parlait, et il semblait convaincu qu’elle était au courant. Mais elle choisit de mettre cette histoire de côté, et se contenta de répondre du tac au tac.

« Ouais ben dans mon monde à moi, on peut faire ce qu’on veut avec les choses qui nous appartiennent… y compris frapper la personne qui nous les a offertes. Mais merci. »

En réalité, elle appréciait le geste, énormément même, et ce bien qu’elle ait été quelque peu prise au dépourvu sur le moment. Quant au fait qu’elle le lui ait balancé dessus, ça aurait pu être n’importe quoi d’autre en soi. Mais manque de bol, c’était justement le boomerang qu’Enzo lui avait offert qui se trouvait dans sa main à ce moment là et ça avait été un réflexe presque irrépressible que de le lui jeter dessus lorsqu’il avait recommencé avec ses allusions. Ce sale gosse.

Et puis elle sortit de sa chambre, NON SANS s’assurer qu’il la suivait, descendit les escaliers en lévitant, et ils quittèrent la Maison Collins, s’engageant de nouveau dans les ruelles du quartier Irlandais du Woodside, pour en sortir cette fois-ci. Ce fut alors qu’il lui demanda ce qu’elle prévoyait de faire à la rentrée, sans transition, et sans préciser qu’ils se trouvaient encore dans la chambre de la rousse. Rousse qui fut un peu prise au dépourvu par cette question, ayant oublié l’existence même du concept de rentrée, mais qui finit par avouer qu’elle ne savait pas, et qu’elle n’avait même pas réellement envie de savoir.

« C’est un peu le principe des vacances. »

Voilà ! Elle était tout à fait d’accord avec Enzo – logique, puisqu’il était justement d’accord avec elle ! Marchant à côté d’elle, les mains dans les poches et le fermant de temps en temps les yeux comme pour bronzer, il semblait parfaitement détendu et content de l’être. Elle se força à réfléchir un peu, à dire des mots qu’elle n’avait pas encore osé prononcer réellement, alors-même que c’était très clair dans sa tête, comme par peur de ne plus avoir le choix une fois qu’ils auraient franchi ses lèvres. Et puis elle lui retourna la question, en profitant pour faire à son tour la blague qu’il lui faisait à tous les coups.

« Me morfondre parce que tu me manques trop ? »

Grand sourire. Non cette fois-ci elle ne s’offusquait pas, au contraire, elle jubilait. Quel sale gosse, ce sale gosse ! Bien sûr, elle n’aurait pas dit non à savoir ce qu’il avait réellement prévu de faire pendant les vacances, mais elle se contenterait de cette réponse ! D’autant plus qu’ils arrivaient justement au croisement fatidique où il leur faudrait décider par où poursuivre leur périple, et elle lui demanda ce qu’il s’imaginait concrètement en voulant visiter sa ville

« Et sinon, tu comptes me laisser répondre à une question avant d’en poser une autre ?
- Et sinon tu comptes répondre à mes questions avant de me reprocher que je ne t’en laisse pas le temps ? »

Non parce qu’elle la lui avait déjà posée, cette question là, tout à l’heure, et il avait choisi de l’occulter alors qu’il ne s’étonne pas qu’elle la lui repose ! Eh non, elle n’avait pas oublié, la rouquine !

« J’en sais rien moi, c’est toi qui vis ici, qui connais les endroits les plus sympas et tout le bordel. »

Haussement de sourcils… Il s’imaginait vraiment qu’elle connaissait sa ville sur le bout des doigts ? Il se trompait lourdement. Quelque part, même si elle avait toujours vécu dans la mégalopole, elle était une fille de la campagne dans l’âme. Elle se contentait de son quartier comme d’un village, considérait ses voisins comme sa famille, et les endroits les plus sympas à ses yeux étaient les rues et les parcs où elle trainait avec ses amis, alors non, elle n’avait aucune idée des endroits touristiques qu’elle pouvait faire visiter à Enzo.

« Statue de la Liberté ! Ou non, le grand parc là … Central Park ? Oui, c’est ça. Central Park. »

Hm. Certes, la Statue de la Liberté, elle aurait pu y penser elle-même. Central Park aussi. Elle eut un petit rire.

« Ah ouais, t’es vraiment un gros touriste en fait ! »

Elle se garderait bien de dire qu’elle avait fait exactement la même chose pendant les vacances de XXX en allant visiter Thomas à Londres.

« Okay, la Statue de la Liberté, Central Park… En gros on va à Mahattan ! Suis moi, on prend le métro ! Et je compte sur tes muscles pour m’aider avec le fauteuil ! »

Elle tourna à l’angle de la rue, avançant sur le trottoir et se frayant un chemin parmi les autres passants qui préféraient s’écarter plutôt que se faire rouler sur les pieds par son fauteuil. C’était pratique, mine de rien. Ce qui l’était moins, c’était les escaliers pour descendre dans la bouche de métro, raison pour laquelle elle avait par avance demandé de l’aide à Enzo. Oui, Kim, demander de l’aide, tout à fait. Elle le laissa se placer avant elle sur les escalators puis s’y engagea à reculons de sorte à ce qu’il puisse prendre les poignées de son fauteuil et le maintenir à l’horizontale, ses roues de devant en équilibre sur une marche et ses roues de derrière dans le vide.

« Parfait, merci ! Ça sera plus facile pour remonter, promis ! »

Puis ils arrivèrent à la machine et elle leur acheta des billets. Elle était loin de s’imaginer qu’il n’était pas rare pour des sorciers de ne jamais avoir emprunté les moyens de transport moldus et qu’Enzo puisse être complètement dépaysé. Quant à la foule, elle avait beau avoir un tempérament de campagnarde, elle évoluait avec aisance dans le flux de gens, et là non plus, elle ne se préoccupait pas tellement du vécu qu’en avait son ami. Peut-être s’en rendrait-elle compte plus tard, mais dans l’état actuel des choses, elle agissait et ne prenait pas tellement le temps de s’intéresser au reste ! Ce ne fut qu’une fois entrés dans le métro qu’elle se tourna à nouveau vers l’Australien.

« Voilà, bienvenue dans le métro New-Yorkais ! »

Elle avait dû forcer pour se faire une place, les gens étaient tous obnubilés par leurs téléphones ou perdus dans leur musique, mais pressés et stressés dans le même temps, et ne s’intéressaient encore moins à leur entourage qu’elle. Elle haussa les épaules, un peu dépitée. Voilà pourquoi elle préférait ne pas sortir de son quartier natif ! Malgré la conversation toujours aussi légère qu’à leur habitude, le trajet fut assez long et pas franchement agréable avec la chaleur et la promiscuité, mais leur arrêt finit par arriver et ils sortirent du métro et remontèrent à la surface de la Terre où ils furent accueillis par un soleil éblouissant. Central Park s’étendait pas loin et ils reprirent la route jusqu’à y arriver.

« Ladies and gentlemen, I give you… CENTRAL PARK ! »

Et pas loin d’eux, un guide commençait son discours de façon similaire à la sienne devant un groupe de touristes chinois ou japonais. Elle se retourna vers Enzo tout en continuant à avancer et lui adressa un petit sourire complice. Non, un grand sourire ouvertement moqueur, en fait, et totalement assumé !

« Bon j’ai aucune idée de l’histoire de Central Park, yaurait fallu Ann pour ça, mais si ça te va, on peut juste faire un tour ! Ya pas mal de promeneurs de chiens mais c’est sympa. Et de coureurs... d'ailleurs on peut faire la course aussi ! Ou juste s’allonger dans l’herbe et bronzer. »

J’te proposerais bien une glace mais j’suis pas devin, désolée !
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Sam 14 Avr 2018 - 20:08

Interventions MJ N°9


Aaaah les JOIES du métro New-Yorkais ! Si Kim y est habitué, Enzo se prend un ouragan d'odeurs et de bruits aussi désagréables qu'étouffants. Après ce véritable supplice, Central Park ressemble à un havre de paix pour le jeune lycanthrope qui, suite à la question de son amie, préfère qu'ils s'éloignent dans un coin plus isolé du parc le temps de retrouver l'entièreté de ses sens agressés.
Les deux jeunes gens trouvent sans peine un coin d'herbe inoccupée, à l'écart du monde et des touristes, là où personne ne viendra les ennuyer que ça soit par la présence ou les bruits. En plus de ça, jour de chance, une animation en plein milieu du parc à rameuter une grosse partie des occupants, curieux de voir ce petit spectacle de musique improvisée.
Quoi de mieux que ce soleil, ce presque silence et les vacances pour profiter des retrouvailles entre amis... Il ne manquerait plus que quelques bières pour terminer ce tableau presque parfait. Mais la vie se résume aussi aux aléas, au hasard mais, surtout, la vie n'attend pas. Et c'est exactement ce qui arrive à cette femme profitant de ce temps formidable pour marcher un peu, non loin des deux jeunes gens qui n'y prête pas la moindre attention.

Cette femme, Alexia, âgée de 32 ans est enceinte jusqu'au cou et malgré ce que l'on pourrait dire ou croire, ça n'est pas parce qu'elle est enceinte de 8 mois et demi qu'elle est impotente et ne peut pas profiter de rayon de soleil et du parc. C'est d'ailleurs consciemment qu'elle s'est dirigée vers la partie la moins occupée de ce dernier, voulant profiter d'un silence presque reposant. Pas de MP3, pas de téléphone portable, rien qui pourrait entraver cette balade qui n'a que pour but de la décontracter. Mais quelque chose vient perturber cette balade, un détail qui lui fait arrêter net sa progression. En douceur, Alexia se rapproche d'un arbre à moins de dix mètres de ce qu'elle prend pour un couple de jeune gens et s'y appuie souffle en douceur tandis qu'une douleur commence déjà à s'immiscer dans ses reins.

- Excusez-moi ? Jeunes gens ?

Enzo et Kim se retournent…

- Je crois que je viens de perdre les eaux. Je crois que mon bébé arrive.

Et les occupants du parc les plus proches, se trouvent à une centaine de mètres d’eux.
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MessageSujet: Re: [USA] New york, New York ▬ Kim   Lun 16 Avr 2018 - 14:24

« Ah ouais, t’es vraiment un gros touriste en fait ! »
« Absolument. »

Ça serait quand même con de venir dans une des villes les plus célèbres du monde et s’en foutre, non ? Ok je vis dans ma petite bulle depuis 18 ans mais quand même, faut pas déconner.

« Okay, la Statue de la Liberté, Central Park… En gros on va à Mahattan ! Suis moi, on prend le métro ! Et je compte sur tes muscles pour m’aider avec le fauteuil ! »
« Euh … »

Ouais, euh. Le métro. Celui-là je ne l’avais pas anticipé et si je reste planté comme un con l’espace de quelques secondes alors que Kim s’est déjà mis en marche, je la rejoins rapidement, un peu inquiet je ne peux pas le nier. C’est pas la première fois que je prends les transports en commun … ça sera juste la deuxième. Autant le dire, le tramway à Portland j’en garde pas spécialement un bon souvenir mais la vie est faite de challenge et la majorité de mes proches évoluant dans un monde plutôt éloigné de la magie la plus part du temps, il va falloir que je m’adapte. Mission acceptée.
Je découvre l’environnement avec des yeux curieux, quand on se pointe dans la bouche de métro je commence à stresser un peu ne serait-ce qu’à cause du fait de disparaitre sous terre mais j’ai l’esprit focalisé sur Kim pour l’instant. Pas de réflexion quand elle me demande de l’aide, j’exécute ses consignes sans moufter alors qu’on descend ce truc … cet escalier qui descend tout seul.

« Parfait, merci ! Ça sera plus facile pour remonter, promis ! »

Juste un sourire. Je deviens silencieux c’est vrai mais mes sens sont très sollicités. La vue, l’ouïe, l’odorat … ça bouge beaucoup, il y a pleins de monde, des bruits très forts, des odeurs … multiples, et je dois calibrer tout ça, mes ressentis, mon instinct de bête sauvage qui se manifeste. J’observe, je l’admets un peu méfiant malgré moi, laisse Kim gérer la logistique et la suis sans rien dire.

Et nous voilà dans l’antre du diable … Oui, rien que ça.

« Voilà, bienvenue dans le métro New-Yorkais ! »
« Chouette. »

Je garde les mains dans les poches et un faux air décontracté mais la vérité c’est que je me sens nerveux. Les gens ont l’air rivés sur leur bouquin ou sur le téléphone, la présence de Kim est un point d’ancrage pour moi mais même si je lui offre un sourire il n’est pas aussi enthousiaste qu’il pourrait l’être pour quelqu’un de totalement à l’aise. Je sursaute chaque fois que quelqu’un m’effleure, réprime un grondement quand on me colle trop, les odeurs j’en parle pas, autant dire que ma patience et mon self contrôle sont mis à l’épreuve alors je rive mon regard vers l’extérieur quand on remonte à la surface de temps à autre et me concentre sur ce que je vois à l’extérieur, ou sur les battements de mon cœur. Je n’ignore pas Kim sciemment, le trajet se passe dans le silence de manière plus ou moins naturelle bien que teinté de quelques échanges de temps en temps.

Autant le dire, je respire à nouveau et dans tous les sens du terme quand on sort enfin de cette boite et des profondeurs de la terre pour retrouver l’air – pas vraiment pur mais l’air quand même – et le soleil. Je me rends compte que cette ville à tendance à m’étouffer un peu, les immeubles sont très hauts, les rues sont larges mais tout ça me semble serré. Pour autant, je suis heureux d’être là et de découvrir et quand on entre finalement dans un immense écrin de verdure, là, je me détends totalement.

« Ladies and gentlemen, I give you… CENTRAL PARK ! »

J’entends un chien qui aboie comme s’il était en train de jouer, des canards qui m’ont l’air de râler comme si quelqu’un les dérangeait, des gens qui rient, le couinement des roues d’une poussette non loin de nous et la voix de Kim qui me ramène sur terre.

« Bon j’ai aucune idée de l’histoire de Central Park, yaurait fallu Ann pour ça, mais si ça te va, on peut juste faire un tour ! Ya pas mal de promeneurs de chiens mais c’est sympa. Et de coureurs... d'ailleurs on peut faire la course aussi ! Ou juste s’allonger dans l’herbe et bronzer. »
« Pas grave, j’aime bien les chiens. »

T’en fais pas Lune, tu restes ma préférée … Mais je ne garantis pas que tu restes enfant unique toute ta vie.

« Ça t’ennuie si on se met un peu au calme avant de se mêler à nouveau à la foule ? Je t’avoue que le métro c’était un poil violent. »

J’ai pas tellement envie de faire la course, juste de me promener au calme, observer, discuter avec elle de tout et de rien. Ce parc a l’air immense et ça donne envie d’en découvrir tous les secrets mais pour le moment, une petite balade, ça ira très bien. Et si on trouve un point d’eau alors là, ça sera le must.

« J’me demande si Los Angeles ça va être pareil. »

Si ça m’inquiète ? Pas vraiment. Là-bas il y a l’océan de toute façon et pour le coup, au moins pour cette fois, ça n’est pas tellement pour y faire du tourisme que j’y vais.

« Tu me demandais ce que je faisais de mes vacances, et bien je profite de mon chez moi, je traine un peu à Londres, je surfe, je bricole, je passe un peu de temps en famille ou avec les copains et lundi je rencontre les parents de William. »

Dans la cité des Anges. Tu parles, t’as rien d’un ange Jackson, t’es même tout l’inverse. Et ça me va très bien comme ça.
Oui, je trouvais qu’il n’y avait pas assez de monde pour se payer – gentiment – ma tête alors j’en parle aussi à Kim.

#

Au fil des minutes, on se retrouve posés sur l’herbe tous les deux, dans un coin tranquille, et je m’amuse à jouer les sales gosses, comme toujours, en lui balançant des brins d’herbe de manière régulière et agaçante. Jusqu’à ce qu’une présence se manifeste et fasse s’agiter mes sens immédiatement même si je n’en comprends pas la signification instantanément puisque je l’entends, la perçois, avant de la voir.

« Excusez-moi ? Jeunes gens ? »
« Bonjour. »

Une jeune femme se tient là, appuyé contre un arbre … enceinte jusqu’au cou – heureusement que cette expression n’est pas à prendre littéralement, soit dit en passant.

« Je crois que je viens de perdre les eaux. Je crois que mon bébé arrive. »
« Euh … Ok … Wow. »

Panique à bord ? Étrangement, pas vraiment. Je jette un regard à Kim en même temps que je me lève instinctivement et me dirige vers la jeune femme. Autour de nous, personne. C’était le but en venant jusqu’ici et j’admets me poser la question l’espace d’une seconde : Qu’est-ce qu’une femme enceinte à ce point-là vient faire toute seule par ici ? Mais on n’est pas là pour juger et quand j’arrive près d’elle, je me sens un peu fébrile. D’une parce que je ressens beaucoup de choses de part mes perceptions différentes, de deux parce que … Putain, comment on gère une femme prête à accoucher ? La seule fois où je me suis retrouvé à devoir gérer un cas comme ça c’était pour un Sombral et autant dire que j’ai légèrement flippé, jusqu’à ce qu’Isma débarque et prenne les choses en main. Et Méphisto est né. Sauf que là, on parle d’un bébé humain … Permission de tomber dans les vapes ? Refusée.

« Allongez-vous. On va appeler les secours. »

J’en sais rien, c’est qui me semble la meilleure chose à faire alors que je l’aide en lui prenant les bras et en la soutenant par la taille. Elle n’a clairement pas la force de rester debout et je suis pas certain que la position assise soit une bonne idée, j’en sais foutrement rien, alors j’agis à l’instinct et c’est tout. Le côté appel des secours, logistique, etc … Je laisse Kim gérer, complètement focalisé sur la jeune femme qui se laisse faire, sans doute moins paniquée que moi même si je n’en montre rien. Enfin j'essaie.

« Vous voulez que j’appelle votre mari ? »
« Non. Ça ne sert à rien. Il doit être avec sa secrétaire à l’heure qu’il est. »

Changement d’ambiance. Ou comment mettre les pieds dans les plats, avec de l’élan. Sa voix est devenue tranchante comme une lame, je me sens incroyablement con et cherche un peu de soutien, quelque chose, n’importe quoi, dans le regard de mon amie alors que la jeune femme est désormais allongée sur l’herbe, mon sweat sous la tête.

« Parlez-moi, ça me tranquillise. Vous avez une jolie voix, elle est très douce. »

Toi tu ne m'as jamais entendu chanter ... Comment ça c'est pas le moment de faire ce genre de réflexion ?

« Merci. »

Elle semble être redevenue un agneau, moi je rougis comme un con, légèrement dépassé par la situation. Comment dire que c’est encore pire quand elle m’attrape la main et la serre entre ses doigts.

« Vous avez la peau si chaude … »
« Je suis resté longtemps au soleil. »

Réflexe. Alors que ça n’a rien à voir mais je suis pas certain que ça soit le bon moment de lui annoncer qu’elle est entre les mains d’un Loup-Garou, du style un peu nerveux dès qu’il est question de sang. Alors faut pas accoucher maintenant madame … Non, vraiment pas.

« C’est agréable. »

Et bien … tant mieux si ça peut vous apaiser un peu.

« Comment vous vous appelez ? »
« Elle c’est Kim et moi c’est Enzo. Et vous ? »
« Alexia. Enchanté Kim et EnzaaaAAAAHHH ! »

Perçage de tympans, broyage de main. J’étouffe un « putain » en serrant les dents alors qu’elle y met toute ses forces mais quand j’ouvre les yeux à nouveau pour les planter dans ceux de Kim c’est légèrement inquiet.

« C’est normal ça ? »

Qu’elle se mette à hurler en se crispant violemment. C’est pas très discret et elle risque de paniquer mais faut pas trop m’en demander non plus, je fais ce que je peux. Ça veut dire quoi ? Que c’est une contraction ? Et ça arrive comme ça, pouf, sans prévenir ? Je sais pas, j’en sais rien, ça me dépasse totalement.

Sortez-moi de là s’il vous plait …

« Ne me laissez pas. »
« On ne bouge pas, promis. »

Ouais, non, sortez la elle de là. Moi je vais continuer à prendre sur moi et sacrifier ma main, pas de problème.
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