AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 House of the rising sun - Isma

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 852
Date d'inscription : 05/11/2014
Crédits : Me
Double Compte : Keza & Charleen & Mateo & Will & Dimitri & James & Ora



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2993-leiv-andreas-helland-crucifiez
MessageSujet: House of the rising sun - Isma   Jeu 7 Déc 2017 - 22:17

House of the rising sun
EXORDIUM.
13 Juillet -
Après midi

- Voilà. Normalement avec cette défense, tu devrais être tranquille.
- Sûr ?
- Leiv, je connais mon métier.

Je lève ma main en signe d’accord et d’excuse, me redressant sur le dossier de ma chaise.

- Ne t’en fais pas, elle n’a rien ou pas assez pour t’enlever Adrian. Tu n’es pas un mauvais père et il a tout pour être heureux. Ca suffira amplement au juge.
- Merci Oscar.

Ce dernier lui sourit en guise de réponse et commence à ranger ses dossiers, proprement, bien en ordre. Je ne peux pas nier qu’une boule d’angoisse se former jour après jour au point de me donner de mauvaise nuit et une anxiété que je ne connais que rarement, puisque même si je n’ai rien à reprocher, je commence sincèrement à craindre les atouts que Nora pourra sortir le jour de procès pour me planter un énième couteau dans le dos et m’enlever la garde de mon fils.

- Tu comptes retourner à Poudlard l’année prochaine ?
- Il y a des chances que non.
- Bien. Oscar tapote des doigts sur la surface brillante de la table de son salon. Que penses-tu de demander une « vraie » garde partagée ?
- Comment ça ?
- Si tu reviens vivres sur Londres, peut-être que tu pourrais prétendre à avoir la garde d’Adrian une semaine complète sur deux ? Et non un weekend par-ci par-là. Ça n’en sera que meilleur pour l’équilibre de ton fils.
- Ce n’est pas moi qui vais refuser cette opportunité.

Loin de là même. La perspective de pouvoir profiter de mon fils autant de jours est bien plus que je ne pouvais l’espérer. Je m’égare quelques secondes à m’imaginer ce quotidien, celui que je n’aurais jamais oser penser ne serait-ce qu’une seconde en vue des exigences de Nora. Mais je retrouve bien vite la réalité, conscient qu’il ne faut pas me bercer trop vite de belles illusions.

- Mais une chose à la fois.

Oscar acquiesce, sourire en coin.
Je ne pourrais jamais le remercier de façon suffisante pour ce service qu’il me rend. Gratuitement de surcroit. Inutile de négocier avec un Beattini, vous perdriez d’avance, même pour quelqu’un d’aussi têtu que moi. Je m’attarde boire un dernier café avec lui avant de jeter un œil à la pendule. Je le salut et me dirige à l’arrière cours où je transplane en toute discrétion, à l’abri des regards pour me présenter devant la porte de l’appartement de Jules après avoir monter quelques marches.

- Tu viens récupérer ton colis ?

Ma filleule esquisse un sourire alors que j’acquiesce, mes lèvres s’étirant dans la même expression. Je pénètre à l’intérieur où j’entends d’ici la voix d’Adrian racontant une histoire à Cosima.

- Il a été sage ?
- Avec moi ? Toujours, tu le sais bien.

Bien évidemment.

- Adrian ? Tu viens ?
- Attends je finis l’histoire pour Cosima ! Plus que … il coince sa langue entre ses lèvres, en pleine réflexion. Plus que 10 lignes et j’ai finis.

Je soupire et n’insiste pas, me retirant dans la cuisine avec Jules. Heureusement que, comme à mon habitude, j’ai prévu un longtemps d’avance avant l’heure de « rendez-vous ». Je m’installe sur l’une des chaises, posant mes bras sur la table parfaitement nettoyer.

- Tu veux boire quelque chose ?
- Non merci. Je jette un regard aux alentours. Ora n’est pas là ?
- Chez un ami pour l’après-midi.

J’acquiesce, en silence. Il est vrai que je ne le lui ai pas réellement formulé mais j’ai été heureux d’apprendre leur vie commune, encore plus de constater à quel point ce binôme fonctionne à merveille malgré leurs caractères respectifs incroyablement différents. Jules me semble plus sereine, plus reposée, presque épanouie entre sa fille et sa petite amie. Une vie de famille stable, loin des horreurs du château.
Et brusquement, je prends la décision que cet instant est le bon moment.

- Est-ce que tu veux être mon témoin ?

Jules lève les yeux du verre de jus qu’elle se verse, éclatant soudainement de rire.

- Hahahaha t’es con.
- Est-ce que j’ai l’air de plaisanter ?

Elle pose le pichet, les mains bien à plat sur la table alors qu’elle me fixe de son regard perçant. Son visage change d’expression alors que le mien, s’étire dans un demi-sourire.

- … Vraiment ? Genre… Vraiment ? Et t’as pas d’autres moyen de me dire que tu vas te marier ?!
- Ca veut dire oui ?
- T’as demandé à moi d’abord ?
- Comment ça ?
- Bah est-ce que j’suis la première à qui tu l’as demandé !
- Non… je fais mine de réfléchir. Tu es la troisième, les deux autres ont refusés. Je marque une pause. Jules, à ton avis ?
- Evidement que j’veux bien ! Patate !

Tac au tac, pas le temps de réfléchir. C’est tout Jules. Aucune émotion ne traverse son visage mais je la connais par cœur, depuis si longtemps, qu’il ne m’en faut pas beaucoup pour comprendre ce qu’il se passe derrière ce regard brillant. Elle contourne la table et me prend dans ses bras. Je la serre affectueusement contre moi avec une petite pointe de nostalgie que je n’avouerais jamais : Cette impression de tenir dans mes bras la petite fille qu’elle a été il y a quelques années.
Un silence tendre s’installe, mon sourire ne cessant jamais de s’élargir puisque je ne vois personne d’autre à mon bras pour m’accompagner à l’hôtel que cette jeune femme.

- C’est moi ou…
- J’t’ai rien demandé ! Contente toi de me faire un câlin… gros naze.
- Papa j’suis prêt ! Je sens la présence d’Adrian qui s’arrête net derrière nous. Pourquoi tata Jules elle pleure ?

¥

- Elle arrive quand ?
- Bientôt ?
- J’ai l’impression que ça fait déjà deux heures qu’on attend …
- Dis donc, je n’ai pas le souvenir que tu aies été aussi impatient de voir ton vieux père.
- N’importe quoi !

Je le charrie, nous nous chamaillons, trop heureux de passer du temps ensemble et d’attendre la femme que je compte épouser prochainement. Nouvelle que je n’ai pas encore annoncé à Adrian mais que je ferais après le procès. Nous attendons dans un champ, en périphérie de Londres, là où personne ne pourra surprendre l’arrivée d’Ismaëlle par portoloin qui devrait la faire atterrir non loin d’ici.
Il faut incroyablement bon et malgré l’angoisse du jour J, je sens mon cœur palpiter de joie intense de la revoir après ces longs jours passés à rester au château afin de régler les dernières formalités.

- Elle est làààà !

Je n’ai pas le temps de voir Ismaëlle émerger de la lisère de la forêt qu’Adrian court déjà dans sa direction afin de la serrer dans ses bras.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8065
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   Jeu 21 Déc 2017 - 18:18

Lundi 13 juillet 2015 – Dans l'après-midi
House of the rising sun



Leiv & Ismaelle

Ça y est, on y est, le grand pas en avant. Un dernier regard vers cet immense bâtisse, Fenrir à mes pieds, mes affaires toutes contenus dans un sac militaire qui me sert de valise depuis des années et Owen près de moi. Il est là pour me dire au revoir, mais à bientôt évidemment. Il a décidé de rester encore un peu, Lancaster a besoin de lui, mais j'espère bien qu'il se décidera à prendre l'air à un moment ou un autre lui aussi. Quitte à venir le chercher par la peau des fesses s'il le faut, je chargerais Rina de la démarche !
Un soupir m'échappe, il est pleins de multiples émotions mais le couinement plaintif de mon chien me ramène à la réalité. Il le sent, c'est l'heure du voyage, du déplacement magique … Et en général ça ne lui réussit pas vraiment. Cette fois j'ai décidé de l'endormir – magiquement, légèrement – pour ne pas qu'il soit trop perturbé mais je suis incapable de braquer ma baguette dans sa direction alors c'est aussi pour ça qu'Owen est là. Il joue le rôle du méchant, moi je serais là au réveil du chien pour le rassurer une fois à bon port.

« Prête ? »
« Vas-y. »

J'ai le cœur et l'estomac bien accrochés, j'ai vu et géré des choses qui feraient pâlir n'importe qui de normalement constitué sans ciller ou presque, mais quand il s'agit de mon chien … La moindre petite intervention me rend fébrile et je l'admets, alors qu'il s'écroule en douceur sur le sol, je détourne les yeux. J'ai beau savoir que ça n'est rien, que tout ira bien, c'est plus fort que moi.

« Merci Owen. »
« Je t'en prie. »
« Bon. Nous y voilà. »

C'est le moment gênant où on ne sait pas comment se dire au revoir alors on se contente de se prendre dans les bras quelques secondes parce que les mots, de toute façon, n'auront pas plus de valeur que ce geste. Je passe ma main sur sa joue, lui adresse un sourire plein de tendresse et d'affection.

« Tu sais ce qui t'attends si tu ne mets pas un pied dehors, n'est ce pas ? »
« Je le sais oui, je le sais parfaitement. »

J'éclate de rire, il lève les yeux au ciel. Je le bouscule du poing sur l'épaule et l'instant d'après réajuste mon sac sur mon épaule, fait léviter les 50-60kg de Fenrir jusqu'à moi et le serre dans mes bras avant d'attraper le Portoloin comme je peux.

C'est parti.

#

« Elle est làààà ! »

Banlieue de Londres. Une forêt et un champ de blé. L'atterrissage s'est fait en douceur, Fenrir traine un peu la patte et marche derrière moi, engourdis, alors que je viens de le réveiller. Mon sourire s'élargit en entendant la voix d'une jeune garçon qui court désormais vers moi, encore un peu plus alors que c'est son père que j'aperçois un peu plus loin.

Mais les réflexes sont bien là, il le faut, alors je tends le bras vers Adrian, paume levée vers lui, pour lui signifier de s'arrêter.

« Adrian, attends s'il te plait »

La raison ? Fenrir, bien sûr. Il a beau être une énorme boule de poils et d'amour, il n'en reste pas moins un énorme chien, avec un passé difficile, très protecteur et dans un état de faiblesse. Dans ce cas de figure il risque de ne pas apprécier une arrivée en fanfare, pas plus qu'une personne qu'il ne connait pas sautant dans les bras de sa maitresse.
Alors je m'accroupis et appelle Fenrir qui vient se lover contre moi, un regard un peu perdu glissé vers le jeune garçon arrêté à quelques mètres. Je m'assure que le chien est calme et fait signe à mon beau-fils qu'il peut reprendre sa progression.

« Viens, approche doucement. »

Il s'exécute, s'accroupit à son tour et tend la main à Fenrir qui le renifle calmement.

« Je te présente Fenrir. Il n'aime pas vraiment les voyages en Portoloin. »
« Il est trop beau ... »

Le regard plein de tendresse je regarde ces deux là faire connaissance alors que le plus âgé des deux Helland nous rejoint, l'air tranquille, néanmoins à l'affut. Il s'agit de son fils, c'est bien plus que normal et même s'il connait Fenrir, je comprends qu'il veille au grain. Une fois les présentations faites, deux trois léchouilles sur le visage et quelques éclats de rire qui ont le don de faire revenir le chien sur terre, ce dernier se précipite vers Leiv alors que je me redresse et prend finalement Adrian dans mes bras. Dans les faits on se connait à peine, on ne s'est vu que lors des dernières vacances, mais le feeling, un bon feeling, s'est installé immédiatement entre lui et moi.

« Je suis tellement contente de te revoir. »
« Moi aussi ! J'ai cru que tu n'arriverais jamais. »
« Laisse moi te regarder ? »

Je le prends par les épaules et m'écarte un peu, l'observe effectivement.

« C'est incroyable ce que tu as poussé en si peu de temps ! »

J'ai l'impression d'avoir rencontré un enfant il y a quelque mois alors que c'est quasiment un ado qui se tient devant moi. Et tandis que Fenrir revient à la charge et s'intéresse à ce nouveau venu, je me dirige vers celui qui fait battre mon cœur un peu plus fort que tous les autres. D'une manière différente, en tout cas. Lentement mes bras vont enrouler sa taille et je me love contre lui.

« Toi aussi je suis heureuse de te revoir. »

Je retrouve ses lèvres un instant puis niche mon visage contre son torse, les yeux fermés, lâchant un soupir de bonheur alors que je me sens … à la maison. Là, dans ses bras.

« Tu m'as manqué. »

Les rires et jappement que j'entends derrière moi ne font que renforcer cette sensations et je profite de cet instant hors du temps, je m'y abandonne totalement quelques secondes, avant de finalement m'écarter un peu sans totalement quitter Leiv du contact physique puisqu'un de mes bras reste autour de sa taille. Mon regard, lui, va de l'un à l'autre.

« Alors, dites moi les hommes, quel est le programme ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 852
Date d'inscription : 05/11/2014
Crédits : Me
Double Compte : Keza & Charleen & Mateo & Will & Dimitri & James & Ora



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2993-leiv-andreas-helland-crucifiez
MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   Mar 2 Jan 2018 - 14:47

House of the rising sun
EXORDIUM.
Je les observe tous les deux,  ces retrouvailles un peu particulière où Fenrir se retrouve pour la première fois face à Adrian. Ismaëlle adopte aussitôt un comportement doux, patient, comme à son habitude. Je reste un peu en retrait, les observe en silence, les laisse se retrouver tranquillement.

- Viens, approche doucement.

Je vois Adrian qui s’accroupit, tend la main vers Fenrir et attends, patiemment. Je lui fais confiance, je sais qu’il saura faire exactement ce qu’Isma lui demande et qu’il prendra le temps d’attendre que l’animal s’habitue à lui-même si le chien ne semble pas plus effrayé que ça. Peut-être juste un peu curieux.

- Je te présente Fenrir. Il n'aime pas vraiment les voyages en Portoloin.
- Il est trop beau ...

Je ne saurais pas expliquer pourquoi mais cette image m’attendrit presque. J’aimerai en faire un cliché afin de figer ce moment et l’espace d’une seconde, j’oublie presque que le jugement se déroule dans deux jours ainsi que le stress qui le concerne. J’ai entièrement confiance en Oscar mais une part de moi ne peut s’empêcher d’angoisser à l’idée que Nora réussisse à trouver un énième stratagème pour me l’arracher.
Mais je ne veux pas ternir cette journée, tout ce que je souhaite c’est profiter.

Je les laisse se retrouver, discuter, échanger. J’ai la sensation que c’est comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Ma future femme et mon fils réunie, tout ce que je pouvais espérer pour ces vacances. Je reste toujours en retrait, à les regarder en silence, comme à mes habitudes, discret. Et tandis qu’ils vivent leur retrouvaille, je vis les miennes avec Fenrir qui finit par accourir vers moi et que j’accueille en me baissant légèrement vers lui, sourire aux lèvres.

- Bonjour mon grand. Pas trop groggy ?

Certainement que si, bien conscient qu’Ismaëlle a dû l’endormir au moins pour le voyage pour qu’il ne puisse pas en souffrir ou prendre le moindre risque. Quoi qu’il en soit, il a l’air en pleine forme alors que je gratte l’arrière de ses oreilles. Je ne dirais pas que j’ai un lien particulier avec cet animal mais presque, sachant pertinemment que le fait d’être un Animagus canin aide au processus.
Dose d’attention donnée, Fenrir me délaisse pour retrouver mon fils, nouvelle curiosité à son égard de voir un bipède prompt à venir jouer avec lui et courir dans un champ. L’animal laisse place à sa maitresse, celle qui sera dans quelques temps ma future femme. Mes lèvres s’étirent en un sourire franc, sincère, trop heureux de la retrouver enfin après ces deux semaines d’absences loin de moi. Quant bien même les élèves sont en vacances, il restait un tas de chose à faire pour elle là-bas, bien plus que de coutume puisqu’elle décide de partir définitivement de cet endroit. Je sais ce que ça lui coûte, que la démarche a été bien moins facile qu’elle n’ait pu le montrer. Poudlard est sa maison – était… -, Ismaëlle y a vécue les moments les plus importants de sa vie et il ne lui a pas été aisée de devoir passer à autre chose. Je ferais mon maximum pour l’aider à digérer ça et à intégrer ce « nouveau » monde qui s’offre à elle ou plutôt, ses nouvelles possibilités.
Mais en attendant, je l’accueille dans mes bras, sourire aux lèvres, sentant les siens autour de ma taille.

- Toi aussi je suis heureuse de te revoir.

Je l’embrasse, tendrement, bien trop heureux de l’avoir enfin ici avant de la serrer contre moi. Un nœud invisible se défait au creux de mon estomac, de soulagement, de bonheur, je ne saurais trop comment identifiée ce sentiment paisible. Peut-être est-ce l’idée que nous nous retrouvons enfin définitivement pour un été sous le signe de la détente, de profiter l’un de l’autre, de nous trois – quatre, mes excuses Fenrir – sans se soucier de quoi que ce soit d’autres que notre bonheur.

- Tu m'as manqué.
- Tu m’as manqué aussi.

Sincèrement. Je ne pensais pas pouvoir retomber amoureux même si dit comme ça, j’ai l’impression d’être un cliché mais l’ensemble des derniers évènements de ma vie me poussaient à penser qu’il valait mieux rester ce vieil ours solitaire plutôt que de commettre de nouveau l’irréparable.
Mais cette femme à absolument tout changer. Ma vie, mes émotions, la perspective que j’avais d’un avenir. Je me sens plus complet. Plus vivant.
Nous restons dans les bras de l’autre quelques instants encore, avec en fond les rires d’Adrian et les jappements de Fenrir qui me tirent un sourire au coin des lèvres. Ismaëlle s’écarte légèrement, toujours un bras autour de ma taille tandis que le mien passe autour de ses épaules, la gardant ainsi contre moi.

- Alors, dites moi les hommes, quel est le programme ?

Adrian se redresse et accourt vers nous, Fenrir sur ses talons.

- On va aller manger un burger ! J’ai TROP faim ! Puis après on va t’emmener près des ports de St Katherine ! Tu vas voir, c’est super beau et j’connais un endroit où la glace est trop bonne.

Il est emballé, heureux et l’espace d’une seconde l’ombre revient sur mes épaules sans que je n’en laisse paraitre la moindre trace, déglutissant en silence. Je me refuse de le laisser m’échapper tout comme je refuse à ce qu’elle ne m’enlève mon fils et ce bonheur à porter de bras.

- Allez vient Fenrir ! On y va ! Toi aussi tu vas manger un truc super bon tu vas voir !

Adrian ne laisse pas le temps à ses émotions de s’apaiser, profitant pleinement de toute cette dose de joie qui le comble et me comble également par extension. Il est déjà entrain de courir au travers champs, Fenrir sur ses talons. Je lâche un rire amusé alors que je tourne mon visage vers Ismaëlle.

- Ca fait 24 heures qu’il est intenable, je ne l’arrête pas.

Et même si ça me fait mal de l’admettre, je sais aussi que ça n’est parce qu’il n’a pas tout à fait conscience que le jugement est pour bientôt, qu’il n’assimile pas que les choses vont arrivées bien plus vite qu’il ne peut le penser et lorsque je le vois ainsi, heureux, comblé, je n’ai en aucun cas la volonté de lui rappeler la réalité d’une vie dont il ne devrait même pas se soucier. Je dépose un baiser sur le front d’Ismaëlle préférant me focaliser sur sa présence.

- Je vais devoir le ramener chez sa mère ce soir.

Refus de la part de Nora à ce qu’il ne dorme à la maison, comme si j’allais me servir de ce temps-ci pour bourrer le crâne de mon fils de connerie qui pourraient le monter contre sa propre mère. Une part de moi à hâte d’en finir avec toute cette histoire stupide et sans fin.
Je ne m’attarde pas pour autant plu sur le sujet, préférant me concentrer sur la présence que je tiens toujours contre moi avant de glisser ma main dans la sienne, suivant de près les deux énergumènes qui ne cessent de chahuter un peu plus loin.

- Comment ça s’est passé là-bas ? Tu as trouvé la perle rare pour prendre la relève ?

Et surtout, est-ce qu’elle tient le choc ?
Ce ne sont pas des mots que je prononce, pas pour l’instant mais ma main dans la sienne et le regard que je lui porte sont des portes ouvertes à l’aveu si l’envie se fait présente, parfaitement conscient que l’on ne peut pas faire une croix sur sa vie en un claquement de doigts. Je feras au mieux pour la soutenir, lui rendre la vie plus facile mais en attendant, nous procédons étape par étape et Ismaëlle doit prendre tout le temps qu’il lui faut pour cela.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8065
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   Jeu 11 Jan 2018 - 19:12

« On va aller manger un burger ! J’ai TROP faim ! Puis après on va t’emmener près des ports de St Katherine ! Tu vas voir, c’est super beau et j’connais un endroit où la glace est trop bonne. »

Difficile de ne pas éclater de rire face à tant d’enthousiasme. D'autant que …

« Il n’est pas encore un peu tôt pour le burger ? »

Mon bras toujours autour de la taille de Leiv, j'ai le regard posé sur son fils qui ne semble aucunement déstabilisé par le fait qu'on soit encore en plein milieu de l'après-midi. Fenrir a mes pieds, tout excité qu'il est par cette nouvelle rencontre mais encore un peu sonné, mes doigts glissent affectueusement dans son pelage. Adrian, lui, respire le bonheur et la joie de vivre. Joie de vivre contagieuse.

« Mais la glace à St Katherine ça me va ! »

Je ne connais que très peu Londres, je le réalise aujourd'hui, alors découvrir cette belle ville un peu plus et avec ces trois là de surcroit, je signe immédiatement bien sûr. Et puis sérieusement … Un lieu comportant le prénom Katherine est forcément un lieu super, non ?

« Allez vient Fenrir ! On y va ! Toi aussi tu vas manger un truc super bon tu vas voir ! »

Nouvel éclat de rire alors qu'il démarre en trombe, Fenrir sur les talons, tous les deux lancés à pleine vitesse dans à travers le champ de blé. L'image est belle, magnifique même. Terriblement apaisante. Ces moments me font prendre conscience que … c'est ma vie maintenant, même si j'ai encore parfois du mal à le réaliser. Encore plus aujourd'hui alors que je tourne, en partie, une page importante de mon existence. Ça n'est pas la première, peut-être pas la dernière, mais pas des moindres et des plus simples ça c'est évident.

En attendant, j'en connais deux qui vont bien dormir cette nuit.

« Ca fait 24 heures qu’il est intenable, je ne l’arrête pas. »

Il me sourit, sincèrement heureux de voir son fils explorer à ce point ses émotions positives, insouciant comme doit l'être un enfant de son âge, mais je perçois bien l'ombre qui plane dans son regard bleu glacé. Une ombre qui porte un prénom, celui de Nora. Et tout ce qu'elle entraine dans son sillage. J'en veux à cette femme sans même la connaître, pour autant une part de moi voit en elle aussi une mère. Elle fait vivre un enfer à Leiv mais jamais je n'ai eu l'impression qu'elle en fait pâtir son fils. Je ne l'excuse pas pour autant, j'espère seulement qu'ils arriveront à sortir tous les trois de ça sans trop de dommages. Quoi qu'il en soit, quoi qu'il arrive, je serais là.

Leiv dépose un baiser plein de tendresse sur mon front, je lui offre un sourire et me blottit contre lui alors qu'on se met en marche pour rattraper nos deux joyeux compères.

« Je vais devoir le ramener chez sa mère ce soir. »

Sa main glisse dans la mienne, je renforce ce contact de mes doigts et l'observe. Son ton est détaché mais je sais bien que le sujet l'atteint plus qu'il ne le montre et c'est plus que normal. Je respecte sa pudeur, peut-être sa volonté de ne pas y penser pour le moment mais loin de moi l'envie de passer à côté de quelque chose.

« D’accord. »

Sourire. Je porte sa main à mes lèvres et l'embrasse avant de laisser nos deux bras liés retomber doucement et reprendre leur mouvement de pendule. Les rires d'Adrian et aboiement de Fenrir font vibrer l'atmosphère d'une vague perpétuelle de joie, de cet enthousiasme d'apparence inébranlable, et je m'en nourris.

« Comment ça s’est passé là-bas ? Tu as trouvé la perle rare pour prendre la relève ? »

Est ce que ça fait mal ? Non, pas vraiment, ça n'est pas tellement de ça dont il s'agit. Ça me bouscule bien sûr et ça ne se fera pas en un seul jour c'est évident mais en parler ne me plonge pas dans un état de tristesse ou d'appréhension. J'ai fait un choix, je suis entrain de faire un choix, et ça n'est pas le premier. Sans doute pas le dernier non plus.

« Pas encore. J’ai une piste mais il va falloir que je creuse un peu et j’envisage de chercher encore quelques profils. Ça sera sans doute un peu plus simple à l’extérieur d’ailleurs mais j’aurais sûrement des allers-retours à faire. »

Je ne confierais ces créatures qu'à une personne en qui j'ai confiance à 100% et même si une partie d'entre elles sont à demi sauvages, donc libres et évoluant dans la Forêt et ses alentours, elles ont pris l'habitude de rester près des enclos et « servent » de sujets d'études. Je pense notamment à Taska, Crash et Patrouille, les hippogriffes, ou bien Mila, ses parents, son petit frère, les Sombrals … Ils appartiennent tous à un groupe plus large mais … Oui, je l'admets, l'idée des les déplacer m'a effleurer. Je ne peux néanmoins pas les arracher à leur lieu de vie, leur territoire et s'il y a du danger alors ils s'éloigneront. Ils ont toujours eu ce réflexe et très honnêtement, je m'inquiète bien moins pour eux que pour les élèves.
Ça, c'est une autre paire de manches et chacun va devoir faire son choix, en connaissance de cause. C'est en ça qu'il est le plus difficile pour moi de quitter cette école, tout en sachant que certains vont y rester, y revenir, alors que le danger plane toujours au dessus des tours. Il est partout, là dehors, mais en étant dispersé c'est autre chose.
Ce sont des pensées qui tournent beaucoup dans ma tête mais je ne peux pas décider pour les autres je le sais bien. Je me console en me disant que beaucoup des personnes à qui je tiens le plus ont fait le choix du départ mais je garde en moi l'impression d'abandonner. D'une certaine façon. De la culpabilité ? Oui, j'en ressens c'est certain, mais dans tout ça je sais au fond de moi qu'il n'aurait pu en être autrement. Pas avec les nouveaux paramètres dont je tiens compte dans mon quotidien et une certaine envie d'autre chose. D'avancer. Tant que le monde nous le permet encore. On le dit, souvent de manière péjorative c'est vrai mais, l'espoir fait vivre. C'est une chose en laquelle je crois profondément.

« Mais ça va, ne t'en fais pas. »

Lui offrant un sourire qui se veut rassurant, je lui caresse la joue de ma main libre dans un geste plein de tendresse sans en faire trop.

« Toi, comment tu te sens ? »

Ça n'est pas que je n'ai pas envie de parler de moi, mais que dire de plus ? Je sais qu'il y aura des moments plus difficiles que d'autres mais celui-ci n'en est pas un et je veux m'assurer que l'homme que j'aime, qui traverse une épreuve compliquée dont l'issue demeure incertaine, va si ce n'est bien au moins pour le mieux étant donné les circonstances.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 852
Date d'inscription : 05/11/2014
Crédits : Me
Double Compte : Keza & Charleen & Mateo & Will & Dimitri & James & Ora



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2993-leiv-andreas-helland-crucifiez
MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   Mar 23 Jan 2018 - 18:17

House of the rising sun
EXORDIUM.
- Pas encore. J’ai une piste mais il va falloir que je creuse un peu et j’envisage de chercher encore quelques profils. Ça sera sans doute un peu plus simple à l’extérieur d’ailleurs mais j’aurais sûrement des allers-retours à faire.
- D’accord. Si jamais tu as besoin d’aide pour quoi que ce soit, n’hésite pas.

Peut-être que je peux me renseigner auprès de mes connaissances qui pourraient lui trouver la perle rare. Enfin si elle le souhaite. Je sais qu’elle préfère gérer tout cela seule puisqu’elle sait exactement ce dont elle a besoin ou non. Elle tient énormément à toutes ces créatures dont elle s’est occupée durant plusieurs années et je peux comprendre qu’elle ne souhaite pas les confier à n’importe qui. Il y a encore énormément de choses à régler pour elle, pour cette nouvelle vie qui s’offre à elle. Les débuts lui seront peut-être compliquées, surtout lors de la rentrée mais tout cela se fera progressivement, à son rythme.
Mais pour le moment, je compte lui faire profiter de cette liberté nouvelle et de lui faire vivre autre chose, de vraies vacances en famille qui, j’espère lui feront du bien.

- Mais ça va, ne t'en fais pas.

Je lui souris à mon tour, accueillant son geste avec tendresse. Je n’en doute pas et encore une fois, il lui faudra certainement un peu de temps.

- Toi, comment tu te sens ?

Mon sourire faiblit mais je ne perds pas la face. Je refuse de me laisser abattre ou de lâcher prise ne serait-ce qu’une seconde. Ismaëlle est au courant de ce qu’il m’attend, de ce face à face que je vais devoir affronter quoi que je dise d’ici 48 heures pour conserver la garde de mon propre fils. L’anxiété n’est pas quelque chose de commun chez moi mais lorsqu’il s’agit d’Adrian, les choses changent considérablement. Je refuse que qui que ce soit ne vienne interférer dans notre vie, notre relation père/fils, que cette personne soit mon ex-femme ou non.

- Bien. Je ne pensais pas dire ça un jour mais je suis ravi d’être en vacances.

Je n’ai pas arrêté d’enchainer depuis plusieurs années, ne m’offrant que peu de moment de repos et ces derniers n’étaient qu’avec mon fils. Mais cette femme contre moi m’a appris à profiter de chaque instant mais surtout de lâcher prise progressivement, de laisser de temps à autre le travail de côté, mes tâches d’enseignants pour décompresser et profiter des choses simples de la vie comme la présence de ma future femme et de mon fils.

- Oscar, le frère de Juliet, a préparé le dossier. Il m’assure que la défense sera suffisamment solide.

Mon regard se dirige vers Adrian qui joue toujours avec Fenrir que nous entendons japper, certainement de joie de pouvoir se défouler avec un enfant. J’hésite une petite seconde, culpabilisant de lui infliger ce genre de discussion aussitôt alors que nous venons tout juste de nous retrouver.

- Il m’a aussi proposé de prétendre à une véritable garde partagée. D’avoir Adrian une semaine sur deux.

Et j’hésite, sincèrement. Pas parce que je n’en ai pas envie, loin de là, mais parce que je crains un coup en traitre de Nora. Je la connais par cœur malgré les années de séparations passées et je sais à quel point elle peut être prête à tout pour obtenir la garde de son enfant.
Je finis par balayer tout cela d’un geste de la main, air d’excuse sur le visage.

- Désolé, nous parlerons de tout ça plus tard. Je prends Ismaelle dans mes bras avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Pour le moment, profitons du reste de la journée.

Avant de le ramener chez Nora et de ne plus le revoir jusqu’au jugement.

- Boooon ! Les amoureux faut qu’on se dépêche pour la glace !

Je lève les yeux au ciel, glisse ma main dans celle d’Ismaëlle et nous rejoignons Adrian qui trépigne d’impatience, ne tenant plus en place.
Les premières heures de retrouvailles débutent enfin alors que nous nous baladons dans les ruelles, profitant du beau temps présent pour discuter, prendre le temps de déambuler parmi les touristes déjà présents mais aussi en passant par certains quartiers colorés et animés. J’observe Ismaelle et Adrian s’entendre comme les deux doigts de la main et reste toujours impressionné à quelle vitesse ils se sont tous les deux entendu. Comme s’ils se connaissaient depuis bien plus longtemps que quelques mois.
Les heures filent à une vitesse que je ne mesure pas, profitant de la présence d’Isma et d’Adrian, allant jusqu’au bord de l’eau, sur les quais pour aller manger cette fameuse glace sur les docks de St Katherine.

- Je dois le ramener avant le repas. Est-ce que tu veux m’accompagner ou tu préfères que je te dépose à la maison avant ?

Je ne lui infligerais et ne lui obligerais à aucun moment de faire face à Nora ou même de supporter ce côté-ci de ma vie. Elle n’a aucune obligation de l’accepter et je le comprendrais.
Nous sommes installés sur un banc, dans un parc, non loin des docks alors qu’Adrian profite de l’espace avec Fenrir qui, je le sens, va très bien dormir ce soir. J’ai la sensation que nous vivons hors du temps, que cette journée pourrait s’étirer à l’infini sans que ça ne me pose problème. Jusqu’à ce que la réalité vienne frapper de nouveau, en pleine face. Je ne saurais l’expliquer mais tant que cette épreuve ne sera pas passée, je n’arrive pas à voir au-delà, à nous imaginer en vacances, ailleurs, juste tous les trois ou même tous les deux pour une semaine, voir deux. Je n’arrive pas à imaginer des journées en famille, ni d’accompagner Adrian à sa prochaine rentrée. Oscar est un très bon avocat mais je sais aussi que parfois, ça n’est pas suffisant.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8065
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   Lun 29 Jan 2018 - 22:18

Il sait très bien où je veux en venir, quelle ombre plane au-dessus de son être tout entier et qui ne peut pas m’échapper. Ne pas poser la question ? Non. Je veux savoir, qu’il me parle, exprime ses angoisses et les partage avec moi pour que je puisse le soutenir du mieux que je le pourrais.

« Bien. Je ne pensais pas dire ça un jour mais je suis ravi d’être en vacances. »
« Oh ça risque de durer environ 3 jours de plus et tu en auras déjà marre. »

Une trace d’humour, pour détendre un peu l’atmosphère et puis simplement parce que je le connais bien. On est différent sur certains points, comme tout un chacun bien sûr, mais il est aussi mordu de son travail que je ne le suis. Enfin … l’étais … Je réalise en cette seconde que je suis, plus ou moins officiellement, sans emploi. Mais chaque chose en son temps, ça n’est pas comme si j’allais m’ennuyer dans les semaines à venir malgré ce fait.

« Oscar, le frère de Juliet, a préparé le dossier. Il m’assure que la défense sera suffisamment solide. »

Simple hochement de tête, pas de commentaire. Je ne connais pas Oscar personnellement mais je lui fais confiance, c’est dans ma nature. J’essaie de garder dans cette histoire un rôle où je gère la présence et le retrait à la manière d’une équilibriste. Ça ne me regarde pas, je n’ai pas à prendre partie ni à juger de quoi que ce soit, mais il n’empêche que j’espère de tout mon cœur que Leiv obtiendra ce qu’il veut. D’autant plus en sachant que malgré les crasses de Nora il n’essaiera jamais de l’éloigner de son fils.

« Il m’a aussi proposé de prétendre à une véritable garde partagée. D’avoir Adrian une semaine sur deux. »
« Ça serait super. »

Non ? Je ne saurais dire, il me semble un peu perplexe, sur la réserve. J’imagine qu’il a ses raisons pour ça et je n’envisage pas de remuer ce qui doit déjà tourner en boucle dans son esprit. Le jugement est dans deux jours, il ne sera pas tranquille avant ce cap passé, je le sais. Rien de plus normal étant donné l’enjeu.

« Désolé, nous parlerons de tout ça plus tard. »
« Très bien. Mais seulement si tu cesses de t’excuser, surtout quand c’est moi qui te pose des questions. »

Je me laisse aller dans ses bras, profitant de la chaleur qu’il dégage et de ce sentiment de bien-être et de sécurité que j’éprouve à être contre lui.

« Pour le moment, profitons du reste de la journée. »
« Bien Docteur. »
« Boooon ! Les amoureux faut qu’on se dépêche pour la glace ! »

Sourire. Éclat de rire. Sa main glisse dans la mienne et nous voilà en route vers cette fameuse glace. Dans mon cœur et mon esprit flotte une pensée pour Alexander, j'imagine une seconde ce que serait ce moment s'il était là lui aussi. Minuscule. Ça ne me rend pas triste de penser à lui, je pense avoir fait mon deuil à présent même si une part de moi restera toujours meurtris de cette perte mais même si personne ne le remplacera jamais je me sens incroyablement heureuse et comblée en cet instant. Avec mes hommes.

#

Le soleil ne nous quitte pas, les éclats de rire et les sourires non plus. Fenrir ne sait plus où donner de la tête, pas toujours très rassuré par cet environnement qu'il ne connait pas vraiment. Quand il n'est pas avec Adrian, il marche à mes pieds. Gardien fidèle et protecteur cherchant le réconfort en ma présence. Et cette fameuse glace …

« Je dois le ramener avant le repas. Est-ce que tu veux m’accompagner ou tu préfères que je te dépose à la maison avant ? »

Assis sur un banc dans un parc, mon attention va de Adrian et Fenrir qui jouent tous les deux comme des diables à Leiv. Si mon sourire ne disparaît pas, il change néanmoins, se fait plus doux peut-être, alors que ma main vient chercher la sienne et que je m'installe de biais pour pouvoir le regarder.

« Je pense que c’est mieux si Fenrir et moi on rentre. »

Ce moment va être difficile pour lui, très difficile, et j'aimerai sincèrement être là pour lui, mais j'ai peur que ma présence ne fasse qu'aggraver la situation.

« J’ai pas envie que la moindre petite chose pèse dans la balance potentiellement du mauvais côté, il faut que tu mettes toutes les chances de ton côté. »

Le ton n'est pas grave mais il est sérieux, même si c'est une pointe de malice qui brille dans mes yeux à présent.

« Et je ne suis pas certaine d’être capable de rester civilisée face à Nora. »

J'ai pour habitude de garder pour moi tous les ressentis que je peux avoir à l'égard de cette femme, d'une part parce que je ne la connais pas personnellement et donc ne me permets pas de la juger, et d'autre part parce que c'est la mère d'Adrian. J'ai du respect pour son statut de mère, j'en ai effectivement moins pour la femme et c'est sans doute la première fois que je le laisse entrevoir.

« Je vais jouer la parfaite petite femme au foyer et te préparer un bon repas ! »

On y croit tous ! C'est une plaisanterie, évidemment, parce que la cuisine et moi … Non, clairement, il sait très bien qu'il n'a pas misé sur le bon cheval en terme d'intérieur mais ça n'a pas l'air de le déranger plus que ça, à mon plus grand bonheur.

« J’ai prévu de rendre visite à mes parents demain, si ça te dit de venir avec moi. »

Parce que mine de rien, ils me manquent et j'ai vraiment hâte de les revoir. Oui, c'est sans transition alors qu'on se lève du banc, et alors ? Et parce qu'Adrian doit sentir qu'on est entrain de se dire au revoir, je fais face à sa bouille de gamin déçu.

« Tu ne viens pas avec nous ? »
« Non, pas cette fois. Je crois que Fenrir a besoin d’un bon bain et surtout d’une bonne dose de sommeil. Regarde-le. »

Effectivement c'est beaucoup d'émotions et de nouveauté pour ma boule de poil et je crois que quelque part, ça va aussi nous faire du bien de nous retrouver tous les deux. Pas parce que la présence de Leiv et Adrian est envahissante, bien sûr que non, mais c'est également beaucoup d'émotions pour moi et je ressens légèrement le besoin de presser sur pause. Même si c'est pour me retrouver enfermée entre les murs d'un appartement, chose dont je n'ai pas vraiment l'habitude. Plus de travail, plus de maison … Je me sens la bienvenue chez Leiv, évidemment, et je le serais chez mes parents aussi, mais … Oui, beaucoup de choses à intégrer.

« On se revoit vite mon grand. »
« Oui ! »

Un câlin pour la route. Pour le plus jeune mais aussi pour le plus âgé, un léger baiser en plus. Leiv me laisse les clés, je sais que j'arriverai à me repérer pour trouver son appartement que je connais déjà et je les regarde partir. Je ne rentre pas tout de suite, Fenrir et moi nous accordons une dernière balade le long de la Tamise avant de rentrer.

#

Mercredi 15 Juillet 2015

Nous y voilà : Le jour J. Leiv est anxieux, qui ne le serait pas à sa place ? Il n'a pas très bien dormi et alors qu'il réajuste sa veste pour la cinquième fois au moins devant le miroir, je m'interpose et prends les choses en mains. Il est nerveux, ces tocs ressortent plus que d'ordinaire alors j'essaie de le tranquilliser comme je peux. Mes deux mains posées à plat sur son torse, je le regarde et m'adresse à lui d'une voix douce et calme.

« Est-ce que tu veux que je t'accompagne ? Je peux attendre à l’extérieur ou même rester ici si jamais tu penses que c’est mieux comme ça. Je comprendrais. »

A 100%. Il joue gros aujourd'hui et son fils passe avant tout, je resterais en retrait le temps qu'il faudra si ça peut jouer en sa faveur.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 852
Date d'inscription : 05/11/2014
Crédits : Me
Double Compte : Keza & Charleen & Mateo & Will & Dimitri & James & Ora



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2993-leiv-andreas-helland-crucifiez
MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   Ven 9 Fév 2018 - 23:35

House of the rising sun
EXORDIUM.
- Je pense que c’est mieux si Fenrir et moi on rentre. J’ai pas envie que la moindre petite chose pèse dans la balance potentiellement du mauvais côté, il faut que tu mettes toutes les chances de ton côté.

Je n’en suis pas surpris de sa décision et cette attention qui peut pourtant paraitre légère, me touche. Je sais à quel point Ismaëlle fera tout ce qui est en son pouvoir me faciliter les choses, pour rendre tout ça plus simple mais aussi pour effectivement mettre toutes mes chances de mon côté. Elle n’a encore jamais rencontré Nora mais il me semble que le portrait que je lui ai peint il y a quelque temps lui suffit pour comprendre que tout pourrait être utilisé pour jouer en sa faveur le jour du jugement.
Je me dis que ça n’est pas l’unique raison de son besoin de rester éloigné, que tout ça est tout nouveau pour elle et qu’l lui faudra du temps pour intégrer tout ça. Nouvelle vie, nouveau rythme.

-  Et je ne suis pas certaine d’être capable de rester civilisée face à Nora.

- Evitons d’ajouter un meurtre à la liste alors.

Je tente de garder un air détaché, d’en blaguer, de m’en « amuser » même si j’ai le cœur lourd en vérité. J’essaie pourtant de passer au-dessus, de garder un minimum de sérénité pour être à mon top devant le tribunal. De toute façon ça n’est certainement pas la période pour ces deux femmes pour se rencontrer, d’autant plus que je suis absolument certains qu’elles ne pourraient s’entendre. Fut un temps, une époque, je suis certain que leur caractère aurait été parfaitement compatible. Puis le temps passe et surtout, les épreuves s’imposent.

- Je vais jouer la parfaite petite femme au foyer et te préparer un bon repas !
- Ou on peut aussi se prévoir un restaurant.

Petite boutade en rapport à sa constante maladresse lorsqu’il s’agit de faire la cuisine. Fait qui m’amuse, qui m’attendri et je ne cesserai jamais de saluer ses efforts même si la finalité est la même à chaque fois : Moi derrière les fourneaux. Ce qui ne me dérange absolument pas, trouvant dans ces moments de conception un instant de pause, qui me coupe du monde tout comme peut le faire la médecine. Adrénaline en moins.

- J’ai prévu de rendre visite à mes parents demain, si ça te dit de venir avec moi.
- Je ne sais pas, il me reste pas mal de chose à préparer pour Mercredi. Je marque une pause, gardant sa main dans la mienne. Je crois que j’ai besoin de rester concentré sur le dossier.

Je serais incapable de me focaliser sur ses parents tout comme je serais incapable de profiter correctement. Loin de moi l’envie de leur faire défaut et surtout de leur manquer de respect. J’offre un regard désolé à Ismaelle, parfaitement conscient que la situation n’est pas évidente pour elle également.

- Je te promets que l’on se rattrapera après tout ça.

Et ce ne sont pas des paroles en l’air, elle le sait parfaitement.
Nous marchons en direction d’Adrian qui nous rejoint, sentant le départ approcher.

- Tu ne viens pas avec nous ?
- Non, pas cette fois. Je crois que Fenrir a besoin d’un bon bain et surtout d’une bonne dose de sommeil. Regarde-le.

Je les observe plus que je ne les écoute, c’est vrai. Mais j’ai besoin de m’imprégner de cette simple image d’eux deux, discutant tranquillement sans aucune ombre au tableau, sans qu’aucune angoisse n’interfère dans leur discussion. Adrian et Ismaëlle se disent au-revoir avec une tendresse qui me touche mais que je ne montre pas, éternelle renfermé et inexpressif que je suis mais ça ne m’empêche pas de serrer ma future femme dans mes bras, déposant un léger baiser sur ses lèvres et m’imprégnant furtivement de sa présence réconfortante avant de partir déposer mon fils chez sa mère.
Le trajet ne se fait pas en silence, bien au contraire. Adrian me pose un tas de question sur Isma, les vacances que l’on prévoit et je lui réponds avec le même enthousiasme – ou presque – jusqu’à ce que nous arrivons chez Nora.

- Pile à l’heure, comme d’habitude.

Je ne lui répond pas, me contente de lui jeter un regard froid. Je lui en veux, terriblement. Pour oser me faire ça, pour oser me planter ce couteau dans le dos dont la douleur ne se tari pas. Je prends Adrian dans mes bras, le serre un peu plus fort que d’habitude et lui promet de revenir vite le chercher. Un baiser sur ma joue, un je t’aime glisser qui me donne une boule d’émotion au fond de la gorge et je le regarde disparaitre derrière sa mère qui reste à l’extérieur, fermant la porte derrière elle.

- Leiv, attends.

Elle descend les marches de son perron impeccable. Je lui tourne déjà le dos, n’ayant qu’une hâte : retrouver les murs de mon appartement et fuir ce maudit endroit. Une fraction d’hésitation et je me retourne pour lui faire face.
Encore aujourd’hui, je me demande comment nous avons pu en arriver là, nous qui étions si proches, si complices. Je sais que la destruction de notre relation, au-delà de celle d’un couple j’entends, est en partie ma faute. Mais maintenant ? Après toutes ces années à avoir trimer comme un moins que rien devant elle pour lui montrer que j’étais peut-être un mauvais mari mais un excellent père ?

- Je suis désolée pour tout ça. C’est pour son bien, tu le sais.
- Pour son bien ? Je m’emporte d’une voix froide, implacable. Tu peux me détester si tu le veux, me haïr, me cracher au visage mais tu n’as aucun droit de mêler Adrian à tout ça.
- Arrête. Ça n’a rien à voir !
- Ah oui ? J’en doute. Pour quelles autres raisons tu m’aurais planté ce couteau dans le dos à part que de vouloir m’en faire un peu plus baver ?

Elle ouvre la bouche, la referme, sa beauté froide se crispant sous cette discussion qui n’a aucun sens. J’ai le feu aux veines, le cœur qui martèle contre mes côtes. Entendre raison, ne pas s’emporter. Les mots d’Oscar me reviennent et j’inspire profondément, silencieusement.

- Je n’ai de toute façon rien à te dire jusqu’à Mercredi.
- Oh s’il te plait, Leiv ! Comme si nous avions l’habitude de faire selon les règles d’une loi.
- Maintenant, oui. Depuis que tu essaie de m’enlever mon fils Nora. Un dernier regard froid. On se revoit devant le juge.

Je tourne les talons, marche d’un pas rapide et sec.
La réalité est beaucoup plus lourde que je ne l’aurai aimé et même mon retour à la maison auprès d’Ismaëlle peine à me dénouer les épaules, à me détendre.
Si Nora m’enlève la présence de mon fils, je ne répondrais de rien. Juge ou non.

¥

Rien en va. Ni dans cette pièce et encore moins dans ce costume qui semble se froisser à chacun de mes gestes. Une plissure. Une manche plus longue que l’autre. Un bouton de travers. Le col de ma chemise mal équilibrée. Tous les défauts me sautent au visage alors que je suis certain que d’un point de vue extérieur, nous n’avons pas vu costume plus impeccable.
L’angoisse refait sortir mes tocs et c’est un véritable cauchemar. Le moindre objet de travers, la moindre poussière ou tâche qui traine me sautent aux yeux et me rend dingue. Ismaëlle en pâti et j’en suis désolé, essayant au mieux de réfréner mes automatismes mais tout est devenu compliqué ces dernières 48 heures.

Mes poings se serrent, ma mâchoire se crispent alors que je réajuste pour la cinquième fois cette fichue veste. Ismaelle s’interpose entre mon reflet et moi, réajustant elle-même le col avant de glisser ses deux mains sur mon torse.

- Est-ce que tu veux que je t'accompagne ? Je peux attendre à l’extérieur ou même rester ici si jamais tu penses que c’est mieux comme ça. Je comprendrais.

Je m’en veux de lui faire subir toute cette pression, toute cette tension qui ne lui revient pas, qu’elle ne mérite pas. Je lâche un soupire et ferme un instant les yeux avant de planter mes iris clairs dans les siens.

- J’aimerai que tu m’accompagnes mais je pense qu’il est préférable que tu restes ici. Je glisse mes mains sur ses hanches pour la garder contre moi. Je me connais trop bien, ça va être un véritable enfer et je refuse de te faire subir tout ça même si je sais que tu as largement les épaules pour y faire face.

Mais c’est une question de principe, de respect. Elle en bave déjà suffisamment avec mes tocs, avec mon anxiété qui ressort malgré moi alors il est hors de question de lui infliger quoi que ce soit de plus.

- Ca ne devrait pas prendre plus d’une ou deux si nos avocats arrivent à s’entendre.

SI ils y arrivent… Connaissant Nora, je suis à peu près certains qu’elle ne lâchera rien, qu’elle luttera jusqu’à ce que l’on lui dise que plus rien d’autres n’est possible.
Je prends une nouvelle inspiration, posant mon front contre le sien, yeux clos.

- Je ne sais pas ce que je ferais si tu n’étais pas là.

Mes lèvres rejoignent les siennes, pour un baiser tout en tendresse, un peu tremblant mais exprimant bien mieux que mes mots ma reconnaissance et mon amour à son égard.
Je fini par me redresser, plantant de nouveau mon regard dans le sien.

- J’ai prévu d’annoncer notre mariage à Adrian après tout ça. J’aimerai qu’on le fasse tous les deux, si tu es d’accord.

C’est pour moi une évidence, une normalité. Ismaëlle fait partie de notre famille désormais, bien plus qu’elle ne peut l’imaginer et parler de notre mariage m’aide à m’apaiser, à retrouver un semblant de sérénité avant de partir d’ici.


Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8065
Date d'inscription : 05/03/2010
Crédits : Avatar Forevertry ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Enzo ▬ Cameron ▬ Jeremiah (parti) ▬ Taylor (mort) ▬ Riley ▬ Victoria



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3324-i-m-not-snow-white-ismaelle
MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   Jeu 15 Fév 2018 - 16:14

C'est douloureux. Ça l'est pour lui, parce qu'il doit prendre une décision et il n'a pas besoin de prononcer les mots pour que je comprenne. Ça l'est pour moi, parce que je dois accepter de rester sur la touche.

« J’aimerai que tu m’accompagnes mais je pense qu’il est préférable que tu restes ici. »

Juste un sourire et j'acquiesce. C'est ce qui me semble aussi être la meilleure idée, pas la plus agréable mais bien la meilleure.

« Je me connais trop bien, ça va être un véritable enfer et je refuse de te faire subir tout ça même si je sais que tu as largement les épaules pour y faire face. »

J'ai envie de lui dire que ça n'est pas à moi qu'il doit penser mais à lui, que la question n'est pas de se préoccuper de ce que je subis mais de ce qu'il se joue d'un point de vue bien plus large, mais je me contente de ne rien dire, de le regarder, d'acquiescer encore une fois.

«  Ça ne devrait pas prendre plus d’une ou deux si nos avocats arrivent à s’entendre. »
« D'accord. Je garde mon téléphone avec moi de toute façon. »

En sonnerie, volume à son maximum pour être certaine de ne pas le rater, et le vibreur en plus. Cette affaire affecte énormément Leiv pour des raisons plus qu'évidente et si elle m'affecte en tant que sa compagne, je ressens aussi l'angoisse d'un point de vue personnel. Simplement parce que je me suis attachée à Adrian. J'essaie de rester neutre, de me protéger comme je le peux, mais difficile d'aller contre ce que l'on ressent.

« Je ne sais pas ce que je ferais si tu n’étais pas là. »
« Tu aurais moins de choses à ranger. »

Tentative d'humour ? Oui. Qui se solde par un baiser exprimant bien des choses, plus que des mots, y compris la fébrilité qui se manifeste chez moi et que je tente de contenir depuis 24h. La journée passée chez mes parents hier a ouvert quelques brèches, je n'ai pas réussi à les refermer mais je ne veux pas que Leiv s'en aperçoive. Pas maintenant.

« J’ai prévu d’annoncer notre mariage à Adrian après tout ça. J’aimerai qu’on le fasse tous les deux, si tu es d’accord. »
« Bien sûr. »

Les larmes qui me montent aux yeux et que j'essaie là encore de brider, bien sûr qu'elles sont pleine de bonheur. Mais pas seulement. Et dans le fond, je crois que je n'ai pas vraiment envie de parler de ça maintenant, alors qu'il plane autour de nous tout autre chose. La vie ne reprendra pas son cour tant que ce pourquoi Leiv est aussi angoissé ne sera pas réglé, ce qui est naturel et que je comprends, mais je n'ai pas la force ce matin d'aller sur ce terrain là.
Alors je ferme les yeux et je l'embrasse à nouveau, glisse ma main sur sa joue et me serre contre lui quelques instants, dans le silence. Je veux être forte pour lui qui se bat déjà contre lui-même. Je n'ai pas le droit de craquer. Pas maintenant. Je ne le veux pas.

« Je vais passer la matinée chez Victoria et Benjamin. Appelle moi quand tu veux. »

Je ne le pousse pas dehors évidemment mais à quoi bon faire trainer ? Sa place est là-bas et je n'y ai pas la mienne. C'est ainsi.

#

« Hey ! »

Un sourire. Changer d'air. Revoir un visage familier qu'on n'a pas croisé depuis des mois. Serrer dans ses bras une amie chère sous le regard amusé de son mari.

« Mais regarde toi ! Tu es radieuse ! »
« Isma, j'ai l'air d'une baleine, sois un peu honnête avec moi s'il te plait. »
« Je n'arrête pas de lui dire qu'elle est magnifique. »
« Il n'arrête pas de me mentir. »
« Elle n'arrête pas de me hurler dessus et pourtant je l'aime toujours. »

Benjamin lève les yeux au ciel, Victoria lui donne un coud de coude dans les côtes et j'éclate de rire. Certaines choses parfois changent, se froissent, s'éloignent … puis se reconstruisent. Ils ont traversé des heures sombres tous les deux mais quand je les vois aujourd'hui, futurs parents, épanouis, heureux, difficile de ne pas plonger dans leur bonheur. Derrière tout ça, une pensée pour Dimitri. Fugace puisque ça n'est pas le propos mais l'envie d'aller lui rendre visite rapidement. A Rina, aussi, évidemment. Et puis un jappement, un deuxième, mélange de noir et de blanc. Maya et Fenrir sont eux aussi très heureux de se retrouver visiblement, provoquant de nouveaux éclats de rire chez leur humain respectif.

#

Le sourire je l'ai eu pendant un moment, puis Benjamin nous a laissé « entre filles » comme il a dit. En réalité il est parti répondre au dernier caprice de sa femme, enceinte de 6 mois à présent. Victoria en a profité pour me cuisiner et j'ai lâché prise, ouvert les vannes, tout dévoilé. D'un point de vue personnel, les changements dans ma vie professionnelle, sociales aussi, amoureuse bien sûr. Les doutes, les incertitudes sur certains points, les caps difficiles comme les heureuses nouvelles. Puis ce qui se joue aujourd'hui, avec tout ce qui en découle.

Les yeux rivés vers le plafond, humides, un mouchoir dans la main en prévision, j'ai la gorge nouée et la voix qui tremble, les paupières pleines d'humidité.

« C'est juste … J'ai l'impression … Je me sens tellement inutile. Et je m'en veux parce qu'une partie de moi se sent comme la cinquième roue du carrosse dans tout ça. »

Cette fois c'est fichu, à la seconde même où ces mots franchissent la barrière de mes lèvres j'éclate en sanglot et il ne faut pas plus de deux secondes à mon amie pour venir prêt de moi et passer un bras autour de mes épaules. Je ne cherche pas à résister, je laisse tomber la pudeur et ce qui me pousse souvent à rester une sorte de bloc de béton armé aux yeux des autres alors que je ressens, comme tout le monde, beaucoup de choses. Que j'encaisse moi aussi mes propres chocs. C'est un réflexe, quelque chose que j'ai développé avec les années, les choses qui me sont arrivées. Et Victoria me laisse vider mes larmes sur son épaules, une de ses mains caressant doucement mon dos alors que mon corps entre en contact avec son ventre arrondis. Je mentirais si je disais que ça ne me fait rien, bien sûr que je pense à certaine chose chaque fois que je crois une femme enceinte.
Les secondes s'écoulent et la fontaine se tarie, me laissant hébétée, fatiguée, mais quelque part soulagée, sous les yeux de cette femme qui comme quasiment toutes celles que je côtoie aujourd'hui cache une douceur infini derrière un caractère survolté. Elle fera une mère exceptionnelle, j'en suis convaincu. Et Benjamin un très bon père. Je me ressaisi un peu, m'essuie les joues puis les yeux, me mouche évidemment, jette un regard vers le jardin où Fenrir et Maya sont allongés tous les deux dans l'herbe après avoir joués comme des fous pendant de longs instants. Cet endroit respire l'apaisement, je réalise que je m'y sens bien.

« Isma, c'est normal que tu ressentes ça et tu n'a pas à culpabiliser d'accord ? En plus je le vois bien que tu ne lui en veux pas. »
« Non, pas une seule seconde. C'est juste la situation, il n'y peut rien. »

Évidemment qu'il n'y peut rien et évidemment que je ne lui en veux pas. Dans cette histoire il souffre bien plus que moi, vit avec la peur de perdre son fils qui est la prunelle de ses yeux. Et tout est entrain de se décider maintenant, en ce moment même.

« C'est beaucoup de choses à gérer en même temps et je crois que j'avais besoin d'en parler. Merci Vicky. »

Ma main attrape la sienne et je la serre entre mes doigts, de l'autre elle balai mes mots d'un geste et m'offre un sourire réconfortant.

« Accroche toi, ça sera bientôt terminé et les choses vont se décanter petit à petit. Tu trouveras un nouveau quotidien, une nouvelle place pour toi, où tu te sentiras aussi utile qu'à Poudlard j'en suis certaine. »

Je lui rends son sourire et hoche la tête, réellement apaisée par ses paroles. C'est ça le problème quand vous ne vous ouvrez pas : Les mots que vous avez besoin d'entendre, les gestes que vous avez besoin de sentir, ils ne peuvent pas venir.

« T'étais pas aussi calme dans mes souvenirs, c'est louche. »
« Peut-être que la maternité m'attendrit ... »

Un léger silence s'installe, plane, alors qu'on se regarde toute les deux. La seconde suivante on éclate de rire devant l'absurdité d'une telle réflexion. Soyons sérieux, on parle de Victoria. Une femme capable d'insulter et frapper un meuble parce qu'elle s'y serait cogné l'orteil ou la hanche. Une chose est sûre la tension est légèrement descendue en moi mais l'attente reste difficile. Je me savais incapable de la supporter seule, je suis heureuse d'avoir composé le numéro de mon amie.

« Tout ce que j'espère c'est qu'elle ne réussira pas à lui enlever son fils. »

Et comme un coup du destin, mon téléphone se met à sonner.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: House of the rising sun - Isma   

Revenir en haut Aller en bas
 
House of the rising sun - Isma
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [UploadHero] House of the Rising Sun [DVDRiP]
» house of the rising sun (sallie)
» CNN: Food prices rising across the world
» Ki manti sa -a ???- Rapport de Freedom House /sujet fusionne
» Young Haitian MD named White House fellow

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Londres :: Est de Londres :: ─ St Katharine Docks.-
Sauter vers: