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 [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek

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MessageSujet: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Mar 31 Oct 2017 - 22:50

Mardi 30 juin 2015 – Fin de journée, heure Australienne
Home sweet home



Derek & Enzo

« Je vais essayer de trouver un téléphone ou quelque chose comme ça une fois dehors. »
« Juste un téléphone ça suffira, a priori t'auras pas besoin d'un « quelque chose comme ça »
« Mais ! »

Elle me frappe l'épaule du plat de la main, j'éclate de rire. Je ris, oui, souris, impatient de retrouver la maison et pressé de rentrer mais j'ai une partie du cœur ici et c'est difficile de quitter cet endroit, surtout ceux qui le peuplent. Et elle en fait clairement partie. Ça me fait quelque chose de me dire qu'elle ne m'ébouriffera plus les cheveux comme elle vient de le faire quasiment tous les jours même si je sais qu'on se reverra. Ne serait-ce que lorsque le futur Monsieur Stoneheaven m'enlèvera mes cicatrices. Je sais qu'elle sera là, je n'ai même pas besoin de le lui demander.

« Aller, file. Essaie de ne rien te casser ni te noyer. »
« Promis. »

Je promets d'essayer, seulement. Le reste … On verra bien ! C'est le destin !

« A bientôt Isma. »
« A bientôt Champion. »

S'en suis une étreinte qu'on n'éternise pas mais qui suffit à transmettre à chacun ce que ressent l'autre. Je me laisse même aller à lui poser un baiser sur la joue et sa main glisse sur la mienne une seconde.

« Tu vas me manquer sale gosse. »
« Toi aussi. »

Un dernier sourire, une dernière grattouille à Fenrir qui va me manquer aussi, et je m'éloigne. Fenrir n'est pas la seule créature qui va me manquer, j'ai pris le temps d'aller dire au revoir à Mila, Taska et tous les autres bien sûr.

« Hey ! Le communiste ! Viens faire un bisou. »

Caem, évidemment, avec son super sortilège qui lui colle aux basques depuis ce matin et lui fait péter les plombs. Lui, d'autres, on a beau savoir qu'on se reverra, ça n'enlève en rien le petit pincement au cœur qui nous chatouille tous ou presque. Mateo, Kezabel, Riley, Kim, Cameron aussi bien sûr. Je sais que lui, ça sera différent. On en a conscience tous les deux, une page s'est tournée. Pour autant, ça me fera toujours plaisir de le revoir quand on en aura l'occasion, parce que j'imagine que ça se produira sans doute. Mes camarades de classe ou de maison, Killian et j'en passe. Charleen, Elijah. Puis Caitlyn, que je croise en compagnie de ma cousine. On échange tous quelques mots, les sourires sont présents partout. Un instant je repense à l'animal sauvage que j'étais en débarquant ici il y a trois ans … Il y a eu du chemin de fait depuis et c'est peu de le dire.

« On se voit chez Grand-Mère. »

Un bisou sur la joue de Leah. On va partir en même temps mais la destination finale n'est pas tout à fait la même. Quoi qu'il en soit je suis certain ou presque de la croiser chez notre Grand-Mère dans les jours à venir, effectivement.
Et puis le plus dur, on ne va pas se mentir, même si là encore je sais parfaitement qu'on se reverra et rapidement. Inutile de dire qu'on a passé un moment tous les deux entre deux rangements de valise après avoir appris qu'on partait ce matin mais nous y voilà, le moment « fatidique » comme on dit. Et j'ai pas tellement envie de le faire trainer. De toute manière, on s'est déjà dit au revoir, à notre façon.

« On va s'épargner les au revoir déchirant et larmoyant, je vais partir comme un sale con arrogant et détaché en prétendant que ça ne me fait rien. D'accord ? »
« Qu'est ce que tu fous encore là Ryans ? »

Sourires en coin et provocation, comme toujours ou presque, mais je n'ignore pas mon myocarde qui bat un peu plus vite qu'il ne le devrait. Tout comme le sien. Et le sérieux revient, un peu. Pas trop.

« Je t'envoie un message quand j'suis arrivé. »
« Ça marche. »

Juste un baiser rapide sur ses lèvres, ma main sur sa joue une seconde.

« Rentre-bien. »

Et on se voit vite.

Dernier sourire, dernier regard, pour ce hall que je ne reverrais plus, la vieille pierre, les vêtements pleins de couleurs qu'on a accroché en haut du panneau d'affichage avec Caem pour laisser notre marque ici. Un soupir. Je suis loin d'avoir uniquement des bons souvenirs ici mais j'ai fait la part des choses, je ne garde que le meilleur. Aujourd'hui je pars sans me retourner, en paix avec tout ça. Aujourd'hui je rentre chez moi. Pour de bon.

#

Lakes Entrance. Victoria. Sud-Est de l'Australie. Là-bas, au Royaume-Unis, c'est la fin de matinée et ici … le soir. Il fait déjà presque nuit. Perché sur la dune, la caisse de transport de Lune dans une main, un sac dans l'autre, un autre sur le dos, je regarde l'océan, puis l'horizon, après avoir laissé glisser mes yeux sur la maison légèrement en contre-bas. La maison … Je suis chez moi. Arrivé par Portoloin comme toujours, tout est calme, un peu frais puisque c'est l'hiver dans cet hémisphère, silencieux si ce n'est le ressac. Il y a de la lumière, Derek est là. Paraît qu'ils ont prévenu les familles quelques heures avant, je ne sais pas s'il est au courant que la tranquillité qu'il a eu pendant deux mois va prendre fin … et ce pour un bon moment. J'appréhende, je ne le nierai pas, parce qu'on n'a pas partagé le même espace depuis trois mois et demi si on fait exception des deux semaines de vacances en avril et qu'on va se retrouver dans la même maison du jour au lendemain sur du long terme. Il ne sait pas encore que je ne compte pas retourner à Poudlard, on verra bien ce que tout ça donnera de toute façon. Malgré une certaine forme d'inquiétude je suis heureux de le revoir. Mon frère. Mon sang. Qui n'a pas la moindre idée de ce qui a pu se passer dans ma vie ces dernières semaines ou presque … Il ne va pas être déçu … Oui, je l'admets, ça m'amuse.
Un sourire de sale gosse étire le coin de mes lèvres, je décide d'ouvrir la caisse du chat pour la libérer tout de suite et la regarde secouer les pattes le temps de se réhabituer au sable. Je vire mes pompes, tout bon Australien qui se respecte passe les deux tiers de son temps pieds nus. Un dernier coup d'œil sur l'océan, je l'admets ça me démange mais c'est la direction de la maison que je prends en descendant tranquillement la dune plus ou moins chargé comme une mule. Ça ne se voit pas puisque l'un de mes sacs est magique mais j'ai la dedans entre autres mon skate et ma planche de surf. Une de mes planches de surf. Note à moi-même : Bricoler des escaliers pour descendre du Portoloin à la maison et à l'inverse remonter. C'est les vacances, je vais avoir le temps et des fourmis dans les mains autant que dans les jambes.

Le sable sous les pieds puis quelques herbes folles qui chatouillent et enfin le bois, les planches de la terrasse. La porte s'ouvre, je laisse tomber mon bardas par terre non sans laisser glisser mon regard une seconde sur mon hamac qui n'attend plus que moi, et la suivante je me retrouve face à mon frère.

« Salut vieille branche. »

Sourire en coin, encore.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Sam 4 Nov 2017 - 0:22

HOME SWEET HOME

(ft. Enzo Ryans)


Ces derniers mois passés à la demeure familiale m’avaient été bénéfiques et essentiels. Il m’aurait été tout simplement impossible de continuer mes études après la tragédie survenue au mois de février. La blessure était encore béante dans mon cœur, mais je devais aller de l’avant. Les cours ne commenceraient pas avant deux mois et je pouvais encore profiter de ces instants d’accalmie avant de me replonger la tête la première dans mes études. Je tombais désormais avec une année de retard. Je devrais reprendre ma dixième année depuis le début, mais je savais que si j’étais resté j’aurais quand même échoué les tests. Non pas que je n’étais pas prêt ou pas assez intelligent, mais les circonstances voulaient qu’il me fût impossible de pouvoir penser à autre chose que ce cadavre sanglant et encore tiède de Megan sur le lit de l’infirmerie…

Loin du brouhaha habituel de l’école et de ces visages familiers que je croisais pratiquement tous les jours dans les corridors, l’ambiance était très différente dans la demeure familiale. Grand-mère m’avait tenu compagnie comme elle l’avait pu, mais elle avait rapidement compris que j’avais besoin d’être seul afin d’exorciser ce trop-plein d’émotions qui bouillait en moi. C’était donc plutôt moi qui me dirigeais vers elle lorsque l’envie me prenait, mais ces moments étaient plutôt rares. Je profitais du calme de la plage et du bruit de l’océan pour parvenir à retrouver un certain équilibre. Je pouvais passer des heures étendues dans le sable à me faire brûler par le soleil tandis que mon esprit vagabondait vers les différents souvenirs qui me hantaient. Doucement, je commençais à songer à mon avenir et aux perspectives que mes différents choix m’offraient. J’aurais pu ne jamais vouloir revenir à Poudlard, mais je tenais beaucoup trop à l’idée de devenir auror un jour. Seuls les plus doués pouvaient exercer ce métier et je savais que j’avais encore des choses à apprendre. De plus, mon retour me permettrait sans doute de pouvoir venger Megan. L’école semblait toujours être dans la ligne de mire des Supérieurs et je comptais bien leur offrir un enjeu de taille. Je savais que je n’étais pas le seul qui en avait marre d’eux et si j’étais assez persuasif, je trouverais peut-être des alliés de taille dans ce nouveau défi. Le nom de van Saade était le premier qui me venait en tête. Jenkins en deuxième. Qui sait, peut-être voudrait-elle y participer ?

Plus le temps avançait et plus j’étais excité par mon retour à l’école. Je me sentais plus prêt que jamais à terminer une fois pour toutes cette dixième année et mettre mon plan à exécution. Il ne me restait plus qu’attendre que ces vacances se terminent pour que je puisse réaliser mon retour en terre écossaise. En attendant, je me permettais davantage de sorties en ville où je passais le plus claire de mon temps à arpenter les rues sans but précis. J’allais parfois chez ma grand-mère afin de lui rendre visite et pour l'aider dans ses tâches ménagères comme un gentil petit-fils. Elle avait été d’un support implacable durant ces dernières semaines et c’était ma manière à moi de la remercier.

En ce 30 juin, j'attendais de la grande visite. Grand-mère m’avait appris qu’Enzo allait me rejoindre à la maison sans doute pour la plus grande partie des vacances. Cette nouvelle m’avait redonné le sourire. J’avais pu le voir au mois d’avril et notre rencontre m’avait fait du bien. À ce moment, j’étais encore assez fragile, mais je me souviens que notre conversation m’avait été bénéfique.

Maintenant que je me sentais en meilleure forme, j’avais hâte de pouvoir le revoir. Je mourrais d’envie d’avoir quelques mises à jour sur Poudlard et sur les activités qui avaient pu s’y dérouler durant mon absence. Et aussi pour avoir des nouvelles d’Enzo. Les choses semblaient avoir bougé de son côté alors qu’il avait poursuivi sa vie d’étudiant.

J’étais en train de lire un bouquin lorsque j’entendis la porte arrière s’ouvrir puis se refermer. Sans même me poser de question, je me levai de table avant de me diriger d’un pas rapide vers le bruit. Je m’arrêtai lorsque je le vis déposer ses choses sur le sol avant que son regard ne croise le mien.

« Salut vieille branche. »
- Hey.

Mes lèvres s’étirèrent en un sourire sincère.

Il n’avait pas changé d’un poil (jeu de mots !) depuis que je l’avais vu en avril. Il m’avait l’air en forme, quoique peut-être légèrement fatigué.

- Tu arrives juste à temps pour le repas. T’avises pas de critiquer parce que c’est moi qui a cuisiné.

Je me dirigeai lentement vers lui avant de baisser les yeux sur ses bagages. On aurait dit qu’il avait apporté toute sa garde-robe avec lui. Je savais que mon frère allait passer tout son été à essayer de capturer des vagues et je ne voyais pas vraiment l’intérêt de ses valises bien remplies.

- Tu déménages ou quoi ?

J’eus un petit rire.

- T’as les bagages d’une fille qui compte changer de look toutes les cinq minutes. C’est quoi, t’as amené ta niche aussi ?

Oui parce que même si j’acceptais désormais mon frère et son « don », je n’en étais pas au point de cesser de me moquer de lui pour ça. Ça sortait tout naturellement et je me fichais complètement qu’il le prenne mal. Moi, je me trouvais drôle. J’en avais tellement en tête que je pourrais écrire un livre sur les diverses blagues ou commentaires à placer pour un loup-garou. Imaginez un peu le tas de galions que ce truc pourrait me rapporter…

Enfin, bref.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Dim 5 Nov 2017 - 23:56

« Hey. »

J'ai le cœur qui bat rapidement, plus que d'ordinaire j'entends, je ne le nierai pas. Avec Derek je ne sais jamais à quoi m'attendre mais ce sourire, ce qu'il dégage, j'ai l'impression qu'il est sincère. Sincèrement heureux de me revoir. Et ça me soulage, c'est plutôt évident. On va partager cette maison, vivre ensemble au quotidien, c'est quand même mieux si ça se passe bien, non ? A voir ce qu'il est capable d'encaisser ou non, et inversement, mais ça seul l'avenir qu'il soit proche ou pas nous le dira.
Le premier cap est franchi, je crois qu'on s'observe un peu et j'accepte l'inspection autant qu'il accepte la mienne. Il a l'air d'aller bien, pas de changement physique à déclarer j'ai l'impression. J'oublie pas qu'il a pris une grosse claque avec le décès de Megan il y a quelques mois.

« Tu arrives juste à temps pour le repas. T’avises pas de critiquer parce que c’est moi qui a cuisiné. »

J'arque un sourcil, sourire en coin. Je viens de prendre mon p'tit dej, il y a quelques heures à peine à cause du décalage horaire, mais aucune importance. D'une j'ai toujours de la place pour un peu de nourriture parce que je mange comme quinze et de deux, j'ai envie de retrouver un truc aussi simple qu'un repas avec mon frangin. Si en prime je peux le faire chier un peu au passage alors c'est tout bénef. Tu viens de me tendre une perche là, sache-le.

« Tu déménages ou quoi ? »

Je suis son regard et jette donc un coup d’œil à mes bagages posés sur le sol alors qu'il lâche un rire amusé. Il ne le sait pas encore mais il tape dans le mile et ça me procure encore une sorte de sensation que je ne saurai pas vraiment décrire. Je suis encore dans l'entre deux, rien de plus normal étant donné que je n'ai pas quitté le château depuis plus de dix minutes.

« T’as les bagages d’une fille qui compte changer de look toutes les cinq minutes. C’est quoi, t’as amené ta niche aussi ? »

Et nous y voilà … Aucun doute, la personne que j'ai en face de moi est bien Derek et non un usurpateur. Pas que l'idée m'ait effleuré l'esprit une seconde mais si ça avait été le cas, j'en ai désormais la preuve formelle. Si je me formalise ? Non. Je lève simplement les yeux au ciel et me laisse aller à un sourire avant de rétorquer du tac au tac.

« Ma niche ça va être ta chambre quand j'aurai abattu les cloisons pour m'en faire une plus grande. »

Dit-il d'un air détaché en regardant Lune passer comme une flèche entre eux-deux pour se ruer sur sa gamelle et miauler de mécontentement parce que celle-ci n'est pas à sa place. Impatiente. Mon attention ne reste pas focalisée sur elle mais se recentre sur Derek et mon sourire s'élargit alors que je franchis les quelques pas qui nous séparent.

« Arrête un peu d'être un gros con, on le sait que t'as un humour de merde alors viens plutôt faire un câlin à ton p'tit frère adoré. »

Et je n'attends pas, le choppe en passant un bras autour de ses épaules pour le coincer sans lui laisser la moindre chance, sourire de branleur sur les lèvres. Ma main libre vient ébouriffer ses cheveux et j'abuse pleinement de mon avantage physique sur lui quelques secondes avant de m'arrêter, sans le lâcher pour autant.

« Enfin, petit ... Y a de quoi se demander lequel des deux est l’aîné. »

Bond sur le côté pour éviter les représailles, j'éclate de rire. Il continuera à me tailler sur ma lycanthropie, sur mon « orientation » sexuelle parce qu'il se trouve très drôle, parce que ça l'éclate et, je le sais, parce qu'il s'en contre-fou que je puisse le prendre mal ou non. Je ne sais pas jusqu'où ou jusqu'à quand je serai en mesure de le supporter, il y aura sans doute des jours où je le tolérerais moins, mais tant que ça sera le cas, il aura le droit à un retour de bâton de ma part, avec le sourire, et il le sait. Son âge, le fait qu'il soit plus petit que moi, j'ai encore d'autres cordes à mon arc et n'hésiterai pas à m'en servir parce que c'est comme ça que ça fonctionne entre … frères, tout simplement. Entre nous en tout cas.
Je me calme finalement, observe la pièce en laissant mes yeux glisser partout autour et prend réellement conscience de l'endroit où je me trouve. Chez moi. A la maison. Là où j'ai grandi. Mais sans les parents. La seconde suivante je secoue la tête comme pour retrouver mes esprits et me perche sur un meuble de la cuisine, jambes pendant dans le vide.

« Pour répondre à ta question, oui, je déménage. Donc j’emménage. »

Haussement d'épaules.

« Poudlard c'est terminé pour moi. J'y retournerai pas. »

Ma décision est prise, rien ni personne ne pourra me faire changer d'avis. En attendant je n'ai pas la moindre idée de la façon dont mon frère va réagir à cette annonce. Comme à d'autres, d'ailleurs.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Mar 7 Nov 2017 - 18:48

J’étais vraiment ravi de pouvoir revoir mon petit frère. Mine de rien, ma vie avait plutôt été vide depuis que j’étais de retour à la maison. J’avais été habitué d’être entouré de gens, même si mes relations n’étaient pas toujours des plus saines et me retrouver soudainement seul avait été un certain choc. Partir de l’école avait été ma décision personnelle et je n’avais pas eu à justifier mon choix lorsque j’avais plié bagage. Cette solitude m’avait été nécessaire et lorsque je n’en pouvais plus, je m’étais réfugié chez ma grand-mère qui m’avait toujours accueilli les bras ouverts. Le hic était que je m’ennuyais d’être entouré de jeunes de mon âge. Lorsque mes parents avaient été tués, notre vie avait drastiquement changé et pour ma part, j’avais perdu les amis que je m’étais faits par le passé. Les contacts avaient été rompus et après plusieurs mois d’absence en Australie, je n’avais pas osé retourner voir les autres. Je savais à quel point les gens pouvaient changer en vieillissant et une partie de moi avait peur d’être déçue face aux autres. De mon côté je savais que j’avais également subi des changements dans ma personnalité. C’était tout à fait normal après tout ce que j’avais vécu depuis l’accident. Mais ça, les autres ne le savaient pas. Et pour être honnête, je n’avais pas envie de leur en parler non plus. Ces gens n’existaient plus pour moi.

Revoir mon frère était donc tout à fait bénéfique pour moi. Il amenait un vent de fraîcheur avec lui. J’avais hâte qu’il m’apprenne des nouvelles sur l’école, sur les événements qui avaient pu se dérouler depuis notre dernière rencontre. Je tentais de rester à l’affût un minimum étant donné mon retour dans quelques semaines. Je voulais être aux faits pour être mieux préparé face aux différents combats que j’allais mener. Trouver des alliés n’allait pas être une tâche facile, mais je croyais en ma belle gueule et en mes convictions pour tenter d’amasser le plus de gens possible de mon côté. Déjà une bonne partie de l’école n’arrivait pas à supporter ces hommes et leurs actions donc ma cause était peut-être gagnée d’avance. C’était du moins ce que j’espérais.

J’observais mon cadet tandis qu’il venait tout juste de débarquer à la maison. Je n’avais pu m’empêcher de lui faire des plaisanteries faciles. C’était comme ça, je n’y pouvais rien. Même si j’acceptais de plus en plus le fait qu’il était devenu différent, ça restait un sujet de moquerie. Sans doute était-ce ma jalousie qui ressortait d’une manière moins abrupte, plus subtile. Il aurait toujours une longueur d’avance sur moi, que je le veuille ou non. Mettre un peu d’humour était ma manière de dédramatiser et je pense qu’il avait fini par comprendre mon petit stratège.

« Ma niche ça va être ta chambre quand j'aurai abattu les cloisons pour m'en faire une plus grande. »

Chez les Ryans, on n’avait pas la langue dans notre poche de manière générale. Je m’étais attendu à ce qu’il me réponde dans la même optique que mes plaisanteries. Un énorme sourire étira mes lèvres. Je devais l’avouer : c’était très bien envoyé. Je n’en attendais pas moins de sa part. Il s’approcha lentement de moi et je ne bougeai pas d’un millimètre.

« Arrête un peu d'être un gros con, on le sait que t'as un humour de merde alors viens plutôt faire un câlin à ton p'tit frère adoré. »

À peine avait-il terminé sa phrase que son bras s’enroulait autour de mes épaules sans que je n’aie le temps et la force de réagir. Désormais coincé au creux de son coude, je fis la grimace. Je tentai de le repousser, mais je n’eus aucune chance : à un simple bras, il me maîtrisait sans problème. Je sentis sa seconde main se foutre à plat dans mes cheveux avant d’y foutre le bordel.

- Hey ! m’exclamai-je en guise de protestations.

Il poursuivit son petit manège durant quelques secondes avant de finalement abandonner ma tête qui devait être dans un état lamentable.

« Enfin, petit ... Y a de quoi se demander lequel des deux est l’aîné. »

Pour toutes réponses je secouai lentement la tête. Il savait parfaitement m’atteindre là où ça faisait le plus mal. Il savait à quel point je détestais lorsqu’il me remettait sa forme et sa force physique sous le nez. Tout comme je savais à quel point il détestait que je plaisante à propos de son ancienne relation avec Johnson ou encore les boules de poil qu’il devait cracher après chaque pleine lune mensuelle. De vrais frères quoi.

Il se détacha de moi tout en riant, visiblement fier de sa petite blague. De mon côté, je tâchai de me repeigner les cheveux grâce au bout de mes doigts tout en gardant mon éternel sourire en coin. Je passais l’éponge pour nos retrouvailles. De toute manière, je l’avais bien cherché.

« Pour répondre à ta question, oui, je déménage. Donc j’emménage. »

Il haussa les épaules et je fronçai légèrement les sourcils.

« Poudlard c'est terminé pour moi. J'y retournerai pas. »

Cette fois-ci, j’haussai les sourcils de surprise.

Je ne m’attendais pas du tout à cette déclaration et j’étais franchement choqué. Je me contentais simplement de le regarder avec un air sérieux. J’attendais de voir s’il allait flancher, s’il allait se mettre à rire avant de m’avouer que tout ceci était une blague, mais il ne faisait absolument rien. Il demeurait muet devant moi et il avait également retrouvé son sérieux. Les plaisanteries étaient déjà terminées.

Une odeur de pizza vient chatouiller mes narines et je fis signe à mon frère de me suivre dans la cuisine.

- Je pense que la bouffe est prête.

Je tournai les talons avant de me diriger dans la cuisine tout en essayant de garder mon calme. C’était une bombe qu’il venait de me lancer et même si je mourais d’envie de connaître les raisons derrière cette décision, je devais prendre le temps de réfléchir avant de parler. Je n’avais pas envie de me prendre déjà la tête avec lui alors qu’il venait à peine d’arriver. Il allait probablement passer une bonne partie de l’été dans la maison familiale et ce n’était pas avec une mauvaise ambiance que ces vacances allaient être joyeuses.

J’ouvris la porte du fourneau avant de jeter un coup d’œil à la pizza qui cuisait lentement à l’intérieur. Je poussai un petit soupir avant de refermer la porte et de me retourner vers Enzo.

- Encore quelques minutes.

Je plaçai mes mains à plat sur le comptoir avant d’ancrer mes yeux dans ceux de mon frère.

- Avant que je commence à poser trop de questions sur ta décision... Tu as décidé de continuer tes études ailleurs ? Tu veux retourner à notre ancienne école ?

Je faisais bien entendu référence à notre premier établissement scolaire, ici en Australie. La question des études était plus qu’importante à mes yeux. Je n’avais pas envie que mon jeune frère abandonne alors qu’il ne lui restait que quelques années pour avoir officiellement terminé ce que le ministère attendait de nous. Je n’avais pas envie qu’il devienne un décrocheur scolaire et qu’il finisse sa vie à servir du café à des moldus.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Mer 8 Nov 2017 - 13:04

Nous y voilà, première révélation. J’aurai pu préparer le terrain, lui parler de tout ça par courrier, mais à quoi bon ? Je préfère avoir ses réactions en direct, qu’on en discute face à face. Je l’observe donc, analyse ses réactions qu’elles soient visibles, physiques ou sensorielles, et ce qui en ressort dans un premier temps c’est la surprise. Pour ne pas dire le choc. Puis le silence, un silence teinté de sérieux. Ensuite, il me donne l’impression de se fermer et là je comprends que l’heure n’est plus à la plaisanterie.

« Je pense que la bouffe est prête. »

Je le laisse faire, ne bouge pas de mon perchoir mais un soupir m’échappe. Je connais mon frère comme le fond de ma poche, même mieux, je pense savoir plus ou moins ce qu’il est entrain de penser même si … Je crois que je m’attendais à autre chose. Peut-être même à du soulagement de sa part quant à l’idée de me voir quitter cet endroit qui a failli me coûter la vie plusieurs fois. Et ma santé mentale. L’espace d’une seconde je me sens presque oppressé d’être ici seul avec lui.

« Encore quelques minutes. »
« Ok. Merci. »

Maintenant on passe aux choses sérieuses. Il se retourne et pose ses mains à plat sur le plan de travail, son regard s’ancre dans le mien et je ne cille pas.

« Avant que je commence à poser trop de questions sur ta décision... Tu as décidé de continuer tes études ailleurs ? Tu veux retourner à notre ancienne école ? »

Traduction : Est-ce que je compte abandonner les études ? Je sais à quel point la réussite est importante pour lui et en passe par cette case. Les diplômes, l’excellence, l’apprentissage, etc … Je sais aussi que j’ai déjà une liste longue comme le bras – à ses yeux – de tares vis-à-vis du regard du monde sur notre famille et notre nom. Est-ce que je suis entrain de lui coller une honte supplémentaire sur le dos ? Je crois qu’il se pose sincèrement la question même s’il ne le formule pas mais dans tout ça je me surprends à penser qu’il s’inquiète peut-être simplement de mon avenir.

« Oui. Et non. »

Oui je compte continuer mes études ailleurs, enfin je l’envisage. Non je ne compte pas retourner dans notre ancienne école.

« Le fait est que même si on fait abstraction de la menace constante qui flotte au-dessus de cette école et de tous les mauvais souvenirs que je peux y avoir, je m’ennuie. Intellectuellement et scolairement parlant. »

C’est un fait, ce que j’apprends dans ce cursus magique ne m’intéresse pas pour la majorité des cours. J’ai toujours été en décalage avec le reste de cette famille, je crois que ça n’est un secret pour personne, mais avec le temps qui passe je me désolidarise de plus en plus de la Magie. Et je sais pertinemment que ça risque de ne pas lui plaire.

« J’ai bossé comme un fou cette année pour avoir les meilleurs résultats possibles, pour moi, sans aussi un peu pour prouver à ceux qui me prennent pour un crétin qu’ils se trompent, seulement à quoi ça va me servir ?  J’ai des plans, des envies, et la Magie ne pourra pas m’apporter ça ou alors dans trop longtemps. »

Même si je voulais poursuivre et me spécialiser à l’université ça me prendrait encore des années, des années pendant lesquels je passerai encore mon temps à m’endormir en HDM, à réagir en DCFM plus par réflexe qu’autre chose, à apprendre des Sortilèges qui certes sont cool pour la plus part mais … J’ai pas envie de bâtir ma vie de cette façon, c’est tout.

« Je vais sûrement continuer mes études, oui. Où ? Je ne sais pas encore. Quand ? Idem. Pour le moment j’ai besoin de souffler et … partir un peu à l’aventure, voir autre chose. Mais j’veux entrer dans le vif du sujet et pas attendre encore 5 ans à me faire chier à apprendre des trucs qui ne m’intéressent pas avant de pouvoir me spécialiser dans ce qui me plait. »

J’ai 18 ans, l’impression d’en avoir un paquet de plus parfois, celle d’avoir vécu trop de choses et à la fois pas assez. J’ai besoin de foncer tête baissée et me concentrer sur du concret, me lever tous les matins en me disant que je vais faire un truc qui me plait parce que j’aurai pris ma vie en main. Pour moi et pour personne d’autre.

« Je veux apprendre tout ce que je peux sur le monde marin, l’océan, ses habitants. Et je veux que ça me serve à quelque chose, apporter ma pierre à l’édifice de sa préservation et sa protection. Voilà ce que je veux faire de ma vie et je veux que ça commence maintenant. »

Pas être un putain de soldat qui attend qu’une nouvelle catastrophe se pointe. Je ne suis pas naïf, je sais très bien ce qui se trame dans le monde Magique, que ça aura une influence sur tout le reste et que je ne suis pas forcément à l’abri pour des tas de raisons mais si tout ça doit s’arrêter demain alors je ne veux pas avoir de regret et juste … vivre normalement le temps que je le pourrais. Sortir, passer du temps avec mes amis, mon petit ami, apprendre des choses, découvrir le monde extérieur pour de bon, me construire un nouveau quotidien et profiter. Juste … oui, avoir une vie normale pour un gosse de mon âge.

« Et j’en ai marre d’être enfermé, à me demander ce qui va me tomber sur le coin de la tête ou sur celui des gens à qui je tiens. »

Lui inclus. D’autant que je ne sais pas du tout ce qu’il envisage pour lui et compte bien lui poser la question dès que je peux mais en attendant c’est à moi de jouer carte sur table même si clairement, j’appréhende sa réaction. Je l'appréhende, oui, mais avec un certain recul que je n'avais pas avant. Un certain détachement, aussi.

« Je sais que ça ne va sûrement pas te plaire mais il y a de forte chance pour que je rejoigne le système scolaire Non-Magique. »

Si je reprends le chemin de l’école alors oui, ça sera probablement celui-là. Je sais que je vais en baver pour me mettre à niveau, j’ai déjà commencé à tâter le terrain, mais les gens qui me connaissent et me soutiennent savent que je suis déterminé, décidé et travailleur quand je veux atteindre mon but. Et prêt à demander de l’aide en cas de besoin, ce qui sera évidemment le cas.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Jeu 9 Nov 2017 - 16:08

Le retour de mon frère prenait finalement une tournure inattendue, surtout après la nouvelle qu’il m’avait annoncée. Poudlard était plus ou moins libérée de l’emprise des supérieurs même si elle restait tout de même l’une de leurs cibles préférées. L’attaque du mois de février prouvait que les hommes en noir ne nous avaient pas oubliés. Je savais que quelques étudiants avaient continué de prêter allégeance à distance, mais ils étaient beaucoup moins nombreux qu’autrefois. Quant aux adultes qui résidaient à l’école, je me doutais bien que certains d’entre eux travaillaient pour les supérieurs dans le plus grand des secrets, ce qui plaçait les élèves dans une fâcheuse position. Je connaissais les risques que je prenais en retournant au château, mais je souhaitais tout de même y retourner. Pour mon frère, s’en était fini visiblement. Le fait de savoir qu’il ne serait plus là laissait un certain vide en moi. Nous n’avions jamais été réellement séparés durant nos études et même si nous n’avions pas forcément de bonnes relations entre les murs de l’école, son absence allait être marquée.

Sauf qu’à ce moment-là, c’était le moindre de mes soucis. La rentrée scolaire n’allait pas avoir lieu avant la fin de l’été. Ma principale préoccupation à la suite de cette nouvelle était de savoir ce qu’Enzo envisageait pour son futur rapproché. Je savais que je n’avais aucune influence sur ses décisions, mais je désirais tout de même connaître ses intentions. Sa volonté de partir de Poudlard entraînait certaines conséquences sur son avenir et je voulais savoir jusqu’où ça irait. Je voyais mal un Ryans devenir un homme à tout faire ou un simple commis d’un magasin quelconque.

« Oui. Et non. Le fait est que même si on fait abstraction de la menace constante qui flotte au-dessus de cette école et de tous les mauvais souvenirs que je peux y avoir, je m’ennuie. Intellectuellement et scolairement parlant. »

J’haussai légèrement les sourcils face à cette nouvelle surprise. Je savais qu’Enzo avait toujours eu un peu de difficulté en classe, mais il était toujours parvenu à s’en sortir pour les examens et les différents tests. Il avait échoué sa sixième année, mais il avait réussi à se rattraper lors de la seconde fois. Les cours n’étaient pas toujours intéressants, peu importe l’année d’étude, mais j’étais tout de même parvenu à surmonter cette petite embuche. Le professeur aidait parfois à rendre la matière plus agréable. Mais dans mon cas, ce qui m’avait toujours sauvé, était cette détermination à toujours vouloir exceller. Je voyais les études comme une sorte de compétition où les meilleurs résultats parvenaient toujours à accomplir quelque chose de grand. Je visualisais mon but de devenir auror et cela me donnait encore plus envie de me surpasser. Seuls les plus forts parvenaient à faire ce métier et c’était tout ce que je voulais. J’ignorais si mon frère possédait cette fibre du but ultime et ça commençait à m’inquiéter. Il n’y avait rien de plus motivant qu’un rêve pour venir à bout de ces années difficiles.

« J’ai bossé comme un fou cette année pour avoir les meilleurs résultats possibles, pour moi, sans aussi un peu pour prouver à ceux qui me prennent pour un crétin qu’ils se trompent, seulement à quoi ça va me servir ? J’ai des plans, des envies, et la Magie ne pourra pas m’apporter ça ou alors dans trop longtemps. »

Plus il avançait dans ses explications et plus l’inquiétude grandissait en moi.
Quels étaient ces plans et ces envies que la magie ne pouvait pas lui apporter ?

« Je vais sûrement continuer mes études, oui. Où ? Je ne sais pas encore. Quand ? Idem. Pour le moment j’ai besoin de souffler et … partir un peu à l’aventure, voir autre chose. Mais j’veux entrer dans le vif du sujet et pas attendre encore 5 ans à me faire chier à apprendre des trucs qui ne m’intéressent pas avant de pouvoir me spécialiser dans ce qui me plait. »

J’hochai lentement la tête même si je ne parvenais pas à capter tout ce qu’il me disait. Le simple fait qu’il mentionnait son désir de poursuivre ses études me donnait une certaine satisfaction. J’ignorais durant combien de temps il souhaitait faire une pause, mais c’était déjà une bonne nouvelle en soi.

« Je veux apprendre tout ce que je peux sur le monde marin, l’océan, ses habitants. Et je veux que ça me serve à quelque chose, apporter ma pierre à l’édifice de sa préservation et sa protection. Voilà ce que je veux faire de ma vie et je veux que ça commence maintenant. »

J’haussai une fois de plus les sourcils, surpris d’entendre finalement ses désirs. Le monde marin, vraiment ?

« Et j’en ai marre d’être enfermé, à me demander ce qui va me tomber sur le coin de la tête ou sur celui des gens à qui je tiens. »

Ça, je pouvais parfaitement le comprendre puisque je me trouvais désormais dans cette situation. Depuis la mort de Megan, je n’avais plus envie que mes proches souffrent à cause de mes choix et cela s’appliquait aussi à mon frère. Même si je savais que son absence allait me peser, elle allait également me soulager. Le savoir loin de cette école assurait sa sécurité. Je savais qu’il pouvait se défendre tout seul. Il avait survécu au moment où les supérieurs étaient les plus forts et Merlin savait comment ils (nous) lui en avaient fait baver.

« Je sais que ça ne va sûrement pas te plaire mais il y a de forte chance pour que je rejoigne le système scolaire Non-Magique. »

Attends…

- Quoi ?!

Je m’étais totalement redressé face à cette annonce encore plus inattendue. Instinctivement, ma mâchoire s’était serrée à cette simple phrase. Réflexe de surprise et de colère. Je détaillais mon frère des pieds à la tête comme si je souhaitais voir un signe chez lui qui m’indiquait qu’il ne faisait que jouer avec moi. Il restait pourtant bien calme et sérieux ce qui m’apprenait qu’il disait bel et bien la vérité.

Son intention était donc de quitter l’école afin d’aller dans le monde des moldus ?

- Il faut que je… Attends.

Je m’arrêtai en secouant légèrement la tête.

Je devais mettre mes idées en place avant de raconter n’importe quoi sous l’effet de la colère et de me prendre la tête avec lui. J’avais l’impression qu’il faisait exprès pour que ça tourne au vinaigre entre nous, mais je n’avais pas l’intention de le laisser nous pourrir l’ambiance.

Prendre sur moi était difficile. Je n’avais pas l’habitude de réfléchir avant de parler, particulièrement lorsque ça concernait mon frère, mais je faisais l’effort. Mes mains s’étaient refermées en poing et mes yeux étaient baissés sur le linoléum tandis que je réfléchissais à vitesse grand V. Je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il se passait dans sa tête et j’avais l’impression qu’il avait pris cette décision à la va-vite. Que s’il quittait le monde magique, il quitterait également la menace perpétuelle des supérieurs et de leurs plans meurtriers. À moins qu’il…

- Tu fais ça à cause de Johnson ? Tu t’es remis avec lui, c’est ça ? Non ne répond pas.

J’avais l’air de me parler tout seul, mais ça m’importait peu sur le moment. Je tentais simplement de mettre mes idées au clair alors que l’idée qu’il soit de nouveau en couple avec Johnson semblait être l’explication la plus possible. Enzo avait toujours été beaucoup plus ouvert d’esprit que moi et je savais qu’il s’intéressait plus à la vie des non-magiciens que moi je pouvais le faire. Qu’il soit revenu avec lui me laissait indifférent. Ce qui m’inquiétait c’était qu’il quitte le monde magique pour rejoindre cet univers gris et sans étincelles.

Je tentais de garder une voix calme, mais je n’y parvenais pas vraiment. Je devais avoir l’air tendu, mais je ne pouvais pas vraiment faire autrement étant donné la situation dans laquelle me positionnait Enzo.

- Je ne comprends pas ce que tu souhaites appendre dans leur système scolaire… Tu m’as dit que tu t’intéressais au monde marin… En quoi leur éducation pourra t’aider alors que je suis certain que tu trouverais ce que tu cherches ici dans notre monde ?

Protéger l’environnement était une cause honorable. Il devait bien avoir des écoles spécialisées dans notre monde pour ça, non ? Je n’arrivais tout simplement pas à faire le lien entre ses plans d’avenirs et sa décision.

- Tu comptes travailler dans le monde des moldus et c’est pour ça que tu veux une qualification non-magicienne ? Et finalement je veux savoir pour Johnson.

Il devient bien y avoir quelque chose de plus qui l’attirait dans cet univers. Quelque chose que je ne saisissais pas.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Jeu 9 Nov 2017 - 23:00

« Quoi ?! »

Nous y voilà. A vrai dire je ne m'attendais pas vraiment à une autre réaction de sa part même si j'ai peu l'espérer un peu. Je reste calme, stoïque en apparence et toujours perché sur le meuble mais dans ma poitrine mon cœur accélère. J'avais pas tellement envie que ça se passe mal dès le départ mais dans le fond, au moins, on sera fixé l'un et l'autre. Derek est très fort pour masquer ses émotions mais contre leur odeur il ne peut rien faire, pas plus que contre mes sens qui les captent sans aucune difficulté. Il est en colère.

« Il faut que je… Attends. »

Soupir. Silence. Il prend sur lui, essaie de se calmer peut-être, de faire le tri dans ce que je viens de lui dire. Les vieux démons ça ne s'effacent pas comme ça, ça ne s'oublient pas comme ça, les siens comme les miens. Je me suis surpris à me penser égoïste de lui faire subir ça mais ça, c'est ma vie. Mes choix, mes décisions, mes envies. Et je ne fais rien de mal à personne.
Poings serrés, yeux baissés vers quelque chose qu'ils ne voient pas, je le laisse à sa concentration sans pour autant le quitter du regard. J'aimerai que Papa et Maman soient là. J'ai beau savoir que c'est impossible, qu'on n'en serait pas là aujourd'hui s'ils étaient toujours en vie, leur présence me fait défaut et je suis presque certain que c'est un sentiment qu'on partage Derek et moi. Maman me soutiendrait, j'en suis certain. Papa ? Naïvement ou pas je pense aussi. Mais ils ne sont plus là.

« Tu fais ça à cause de Johnson ? Tu t’es remis avec lui, c’est ça ? Non ne répond pas. »

Cette fois c'est moi qui ne cherche pas à contenir ma réaction. Il me coupe l'herbe sous le pied, ça me surprend donc je ne réponds pas mais sa question me prend totalement au dépourvu, me surprend et me fait froncer les sourcils. Est ce qu'on en est réellement là ? Est ce qu'il pense réellement que mes choix sont en fonction de Kyle ? A vrai dire, je le sais, par le passé ça aurait pu être le cas alors finalement et après réflexion ça ne m'étonne pas plus que ça. Je crois qu'il ne se rend pas compte qu'il n'a plus la même personne face à lui mais je ne peux pas le blâmer pour ça. On ne s'est pas vu depuis des mois. La tension n'a de cesse d'augmenter dans la pièce, j'essaie de ne pas l'ingérer comme je peux mais avec la Pleine Lune dans deux jours c'est d'autant plus compliqué, autant le dire.

« Je ne comprends pas ce que tu souhaites appendre dans leur système scolaire… Tu m’as dit que tu t’intéressais au monde marin… En quoi leur éducation pourra t’aider alors que je suis certain que tu trouverais ce que tu cherches ici dans notre monde ? Tu comptes travailler dans le monde des moldus et c’est pour ça que tu veux une qualification non-magicienne ? Et finalement je veux savoir pour Johnson. »

Nouvelle accélération du myocarde. J'ai cette foutue impression de revenir des années en arrière, à l'époque  où mon frangin me terrorisait, et ça ne me plait pas du tout. Je sens bien que la colère commence à circuler dans mes propres veines alors que ce constat me saute à la gorge. Je ne veux plus être ce gamin paumé, ce gosse qui tremblait devant son grand frère. Et ça me fait chier de me dire que l'appréhension m'a traversé l'esprit quand de Kyle et ce qu'il représentait mes pensées ont dérivé vers William et ce qu'il représente pour moi aujourd'hui. J'étais serein, peut-être naïvement j'en sais rien, mais je ne le suis plus vraiment. J'aurai juste aimé que ça se passe bien mais sans trop savoir pourquoi je me dis … que c'est impossible, qu'on est simplement devenu incompatible. Et ça fait mal. Derek est ce qu'il est, je suis ce que je suis, mais on a le même sang qui coule dans les veines. Celui de nos parents.
Je serre les poings une seconde et tente de me concentrer sur ma respiration pour ne pas céder à toutes ces émotions, pour me recentrer, me calmer. Mes yeux se ferment une seconde et je descends de mon perchoir, m'appuie contre le meuble et pose mes mains sur le rebord que je serre sans le vouloir sous les effets de la tension. Restons pragmatique. Inspiration.

« Le monde sans Magie est bien plus étendu, il s'y passe beaucoup plus de choses et en ayant un pied dans les deux c'est beaucoup plus d'opportunités et de savoir pour moi, d'expériences. Je ne veux pas me contenter d'étudier les créatures magiques, j'veux connaître les requins sur le bout des doigts, les tortues de mer, la migration des baleines, etc ... »

Des choses qui lui semblent peut-être futiles, j'en sais rien, mais c'est simplement mon essence même.

« J'ai juste envie et besoin d'avoir une vie normale Derek et j'ai pas l'impression que c'est ce que je trouverais avec la Magie. Elle m'en a trop fait baver. J'en ai de toute façon toujours été beaucoup plus détaché que toi et tu le sais. Et je ne calcule pas tout ça, c'est juste instinctif. C'est tout. »

Je me rends compte que si le début de mes explications se sont faites sur un ton légèrement vindicatif, elle se termine sur un ton presque … triste. C'est la vérité, ça me fait de la peine qu'il ne comprenne pas. Ça me ferait presque encore plus de peine de me dire que je ne le comprends pas non plus. On ne se comprend pas.

« J'te l'ai dit, j'veux plus être enfermé. Nulle part. Pas même dans ma propre vie ni dans ma propre tête. »

Hors de question que je retourne à Poudlard, pas avec tout ce qui s'y est encore passé ces dernières semaines. Les empoisonnements, les Détraqueurs et tout ce qu'ils ont apporté avec eux, la promesse de voir ces pourritures revenir … J'peux plus. D'abord Salem, ensuite Poudlard, et après ? Quelle école tombera ? Le monde magique est infesté par la vermine et traitez moi de lâche, de déserteur, si ça vous chante mais je ne remettrais pas les pieds là dedans. Et ne dénigrez pas mes ambitions, mes rêves, mes aspirations.

« J'fais pas ça à cause de Kyle ni personne d'autre, je le fais pour moi. Parce que c'est ce que je veux. Ça n'a rien d'un coup de tête si c'est ce que tu penses. »

C'est même une décision murement réfléchie. J'en ai parlé à pas mal de monde, j'ai même commencé à bosser dans mon coin pour rattraper mon retard et ça en parallèle des cours magiques. Je ne sais pas quel tracé je vais emprunter exactement, peut-être que les études ne seront pas la solution, pas le seule en tout cas, mais j'irai jusqu'au bout. J'ai pas peur de remonter mes manches et mettre les mains dans le cambouis comme ils disent, j'ai la passion dans le sang, l'envie de bouffer le monde dans les veines et d'aller au bout de ce que je veux. Pour moi. Si je me plante, qu'est ce que ça change ? Ça ne me fait pas peur. Si je me casse la gueule alors je me relèverai, comme je l'ai toujours fait. Et si je change d'avis entre temps, si je trouve une autre voie, alors soit. Ça ne regarde que moi, je ne demande rien à personne.

Et parce que je ne compte pas esquiver :

« Et pour répondre à ta question, non, on ne s'est pas remis ensemble. »

Je ne baisse pas les yeux, mon attitude n'est pas agressive mais je reste droit malgré mon cœur qui palpite dans ma poitrine et ce pour plusieurs raisons. L'une d'elle étant simple : J'ai peur de la réaction qu'il va avoir tout simplement parce que j'ai peur de celle que je vais avoir en réponse à la sienne.

« J'ai quelqu'un d'autre dans ma vie depuis quelques mois si tu veux tout savoir. Il s'appelle William. »
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Jeu 16 Nov 2017 - 1:57

Une chose était certaine : les choses avaient changé depuis la dernière fois que j’avais vu Enzo. Du moins de son côté. Plus la conversation avançait et plus je me retrouvais confronté à des nouvelles auxquelles je ne m’attendais pas. Je prenais sur moi afin que les choses ne partent pas dans tous les sens et pour une fois, je le laissais s’exprimer. Il semblait en avoir énormément sur les épaules et visiblement, il en avait beaucoup à dire. Du coup je le laissais me parler de ses plans, de ses envies, de ses visions. On ne partageait pas les mêmes, loin de là même, mais je tenais à savoir ce qu’il se passait dans sa tête. Sauf que je me retrouvais face à quelque chose de complètement inattendu qui me laissait pris au dépourvu.

Une autre chose était certaine : je voulais mettre tout ça au clair. Comprendre pourquoi il désirait ces changements dans sa vie. L’idée que Johnson était revenu dans le décor m’avait effleuré l’esprit et je n’avais pas pu m’empêcher de lui poser la question franchement. Je n’avais pas envie des cachoteries. Je voulais la vérité même si elle faisait mal.

« Le monde sans Magie est bien plus étendu, il s'y passe beaucoup plus de choses et en ayant un pied dans les deux c'est beaucoup plus d'opportunités et de savoir pour moi, d'expériences. Je ne veux pas me contenter d'étudier les créatures magiques, j'veux connaître les requins sur le bout des doigts, les tortues de mer, la migration des baleines, etc ... J'ai juste envie et besoin d'avoir une vie normale Derek et j'ai pas l'impression que c'est ce que je trouverais avec la Magie. Elle m'en a trop fait baver. J'en ai de toute façon toujours été beaucoup plus détaché que toi et tu le sais. Et je ne calcule pas tout ça, c'est juste instinctif. C'est tout. »

Pour ça il avait parfaitement raison : il avait toujours été beaucoup plus détaché que moi pour tout ce qui concernait les moldus, leurs manières de fonctionner et leur monde en général. Le fait de se rapprocher de cette réalité pouvait lui apporter une certaine richesse qu’il ne pourrait pas acquérir dans notre monde. Je le comprenais. Mais est-ce qu’avoir une « vie normale » signifiait systématiquement de blâmer la magie et de lui tourner le dos ? Nous n’avions pas été chanceux avec les supérieurs. Enfin lui plus que moi. La magie et son monde n’étaient pas mauvais en soi : c’était les sorciers qui faisaient n’importe quoi. Il allait retrouver la même chose du côté des moldus. La cruauté, la haine et l’intolérance étaient des concepts qui existaient dans leur univers et qui étaient utilisés de la même manière que le reste. Il ne pourrait pas vivre sa lycanthropie dans le monde des moldus parce que ça ne serait pas accepté. Ce l’était difficilement dans notre monde originel, comment allait-il faire pour ses transformations mensuelles ? Et si jamais il se retrouvait en cruel besoin de magie, comment ferait-il pour l’utiliser dans le monde moldu ? Il y avait énormément de questionnements qui me rongeaient déjà, mais ce n’était pas à moi d’y répondre. Enzo devrait trouver ses solutions tout seul.

« J'te l'ai dit, j'veux plus être enfermé. Nulle part. Pas même dans ma propre vie ni dans ma propre tête. »

J’hochai la tête, mais sans vraiment adhérer à cette idée. Je le faisais parce que ça lui faisait plaisir. Je continuais de croire qu’il se trompait, mais il allait le découvrir de lui-même.

« J'fais pas ça à cause de Kyle ni personne d'autre, je le fais pour moi. Parce que c'est ce que je veux. Ça n'a rien d'un coup de tête si c'est ce que tu penses. »
- D’accord. J’espère juste que tu seras bien préparé à toutes les éventualités que tu pourrais croiser sur ta route.

Parce que leur monde était très différent du nôtre, mais ça, il le savait déjà. Il était un grand garçon, il allait se débrouiller comme tel.

« Et pour répondre à ta question, non, on ne s'est pas remis ensemble. »

Étais-je soulagé par cette réponse ? En réalité ça me laissait assez indifférent. Que Johnson revienne dans notre famille ne m’aurait pas spécialement dérangé. Après tout, ils avaient été ensemble assez longtemps que je n’aurais jamais cru leur séparation possible, mais la vie en avait voulu autrement. Au moins Enzo avait semblé se remettre assez facilement de cette rupture.

Une bonne odeur commençait à flotter doucement dans la cuisine, annonçant la cuisson avancée de la pizza. Malgré tout, la tension continuait d’être palpable dans la pièce. Mon frère s’était positionné en face de moi et gardait son air sérieux, ce qui annonçait une autre nouvelle. J’en étais pratiquement certain.

Et je n’avais pas eu tort.

« J'ai quelqu'un d'autre dans ma vie depuis quelques mois si tu veux tout savoir. Il s'appelle William. »

Cette fois-ci, mes sourcils se haussèrent dramatiquement et mes yeux s’écarquillèrent. Si j’avais eu un truc dans la bouche, il se serait retrouvé sur le sol.

- Quoi ?!

Ma voix était étranglée par la surprise et par le choc de cette dernière nouvelle. Encore une chose à laquelle je ne m’étais pas attendu et qui venait encore plus me chercher que tout ce qu’il avait pu me dire au départ. J’aurais encore préféré qu’il poursuive son étrange lubie avec Johnson plutôt qu’un autre mec dont j’ignorais complètement l’existence. Cette nouvelle relation démontrait que non seulement il s’était bel et bien remis de sa rupture, mais qu’en plus il…

- Mais je croyais que tu n’étais pas gay ! Que ton histoire avec Johnson c’était qu’une passade parce qu’il était moldu ou je-sais-pas-quoi…

Je n’avais jamais réellement compris leur relation, ni pourquoi Enzo s’était autant entiché de lui. Peut-être était-ce parce qu’il voyait un certain exotisme en lui à cause de sa nature ou peut-être était-ce à cause du fait que Johnson n’avait jamais semblé être terrorisé ou dégoûté par sa nature. De toute manière, les fondements de cette fréquentation m’importaient peu. Ce que je voulais savoir, ce que je voulais comprendre c’était pourquoi un autre mec était entré dans sa vie alors que Johnson était le « cas à part » et que ce n’était plus le cas.

J’étais irrité et complètement dépassé par les événements.

Il me décevait. Vraiment.

- J’ai vraiment l’impression que tu le fais exprès Enzo. On dirait que tu fais exprès pour être différent des autres alors que tu l’es déjà. On dirait que tu fais tout depuis que tu es là pour me mettre hors de mes gonds et tu sais quoi ? Félicitations, tu as réussi !

Parce que cette nouvelle était de trop. Parce que je croyais que cette histoire était terminée, mais elle ne l’était pas. Parce que j’avais maintenant la responsabilité de la descendance familiale. Parce que je comprenais que mon frère était tourné vers le sexe opposé et que rien ni personne ne pourrait le faire changer d’avis.

- T’as autre chose de génial à me dire ? Bah va s’y c’est le moment ! Tant qu’à ça, dis-moi que t’es devenu séropositif parce que tu as bouffé un pédé contaminé !

Mes mains avaient commencé à trembler.
J’avais déjà oublié l’odeur de pizza qui flottait doucement dans la cuisine.

J’avais oublié qu’entre nous, ça n’avait jamais fonctionné.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Ven 17 Nov 2017 - 18:48

« Quoi ?! »

Sursaut. Soupir. Je ferme les yeux, c’est instinctif. Mécanisme de protection ? J’en sais trop rien, peut-être, je ne cherche pas à me voiler la face pour autant mais ressens de plein fouet toute la naïveté dont j’ai fait preuve en pensant que … Je sais pas … que les choses avaient changé, que ça serait plus ou moins facile. Je sais que ça fait beaucoup de choses cumulées et que d’entrée de jeu je ne lui laisse pas vraiment de répit mais autant y aller cash, histoire qu’il sache à quoi s’en tenir. D’autant … que je ne fais rien de mal même si ça en devient presque difficile à croire au fil de ses réactions.

« Mais je croyais que tu n’étais pas gay ! Que ton histoire avec Johnson c’était qu’une passade parce qu’il était moldu ou je-sais-pas-quoi… »

Je rouvre les yeux subitement, sourcils froncés, prenant conscience que pendant tout ce temps j’ai été stupide de croire qu’il acceptait. Dans le fond je le savais, je m’en doutais, mais il arrivait à passer outre et ça m’allait comme ça, je n’en demandais pas plus. Cette fois c’est fait, c’est dit, il attendait simplement que ma « lubie » se tasse et que je me range enfin du bon côté. Seulement voilà, surprise, c’est pas le cas et je recommence mes travers. Avec un autre.
A quoi je m’attendais ? Un simple « J’suis content pour toi frangin. » ? Apparemment, et même moi ça me surprend d’avoir effleuré cette idée ne serait-ce qu’inconsciemment. J’ai juste fermé les yeux sur la réalité, parce que j’étais loin, parce que j’étais sur mon petit nuage à des milliers de kilomètres, et elle me rattrape brutalement ce soir cette réalité. Ça fait mal de ressentir cette déception émaner de lui, le choc, la colère. Parce que je ressens tout ça, parce que c’est contagieux aussi. Je serre les dents, je serre les poings, j’ai presque envie de faire demi-tour, me plaquer les mains sur les oreilles et retrouver ce que j’avais à Poudlard en oubliant tout ça. Le monde à l'envers.

Je suis sensé me sentir bien chez moi, j’ai juste l’impression de ne pas y avoir ma place.

« J’ai vraiment l’impression que tu le fais exprès Enzo. On dirait que tu fais exprès pour être différent des autres alors que tu l’es déjà. On dirait que tu fais tout depuis que tu es là pour me mettre hors de mes gonds et tu sais quoi ? Félicitations, tu as réussi ! »

Dans ma tête les choses se mélangent, je n’arrive plus vraiment à savoir, percevoir, ce que je ressens réellement. Entre la colère et la résignation, entre la blessure et l’envie de relever le menton, de garder la tête haute sans ciller. Face à mon frère devant lequel je me sens tout petit en cet instant alors que je le dépasse facilement d’une tête et que ma carrure pourrait laisser planer le doute sur lequel des deux est né avant l’autre. Je pensais avoir pris du recul sur tout ça, je m’étais visiblement fourré le doigt dans l’œil et jusqu’à l’os. Résultat c'est entrain de m'éclater brutalement en pleine gueule. Faut croire que j'étais pas prêt pour ça.

Et dire que je pensais avoir tout vu, tout entendu ...

« T’as autre chose de génial à me dire ? Bah va s’y c’est le moment ! Tant qu’à ça, dis-moi que t’es devenu séropositif parce que tu as bouffé un pédé contaminé ! »

Cette fois les mots me percutent violemment, de plein fouet, mais rien ne bouge. Figé. Mes yeux glissent jusqu’à ses mains que je vois trembler tout en sachant ce que ça signifie et à travers mon cœur, mon ventre, ma gorge, s’est inséré une barre de fer chauffée à blanc. Il est là, le poids des mots, ceux dont la brutalité vous percute si fort que le corps met une éternité à réagir.

État de choc.

Le regard désormais dans le vague, les bras le long du corps, je cherche mon air. Je me sens comme coincé dans un étau qui se referme de plus en plus, m’écrase, m’oppresse … J’ai besoin d’air. Besoin de quitter cette pièce, cette maison, cet endroit. Besoin de m’éloigner de lui, de tout, de nous. J’en ai entendu des saloperies dans ma vie mais celle-là, et sans trop savoir pourquoi, est sans doute celle qui me fait le plus mal. Peut-être parce qu’elle ne concerne pas que moi même si je suis incapable de réagir, de me débattre, de me défendre. Peut-être parce qu'elle est salissante, pleine de dégoût de sa part. Je crois qu’au fond de moi j’aimerai être en colère mais rien ne se passe, c’est le calme plat sur l’oscilloscope, presque comme si mon cœur s’était simplement arrêté de battre.

État de choc, oui.

Lentement, je reprends mes esprits, je crois que rien ne transparait réellement de cette absence, ce quasi blackout dont j’ai fait preuve mais quand mon attention et mon regard se pose à nouveau sur Derek …

« Merci d’avoir géré le repas mais j’viens à peine de terminer mon p’tit dej, j'ai pas super faim là tout de suite. Ne m’attends pas. »

… les mots qui m’échappent le font d’une manière neutre, calme. Presque absente. Morte. Ça n'a pas de sens, en d'autre temps je lui aurais certainement sauté à la gueule comme je l'ai fait il y a de ça quelques mois mais au lieu de ça je le remercie, lui parle poliment, comme s'il ne venait pas tout juste de balancer une horreur camouflant à peine toutes celles qui n'ont pas franchit la barrière de ses lèvres.

« J’vais faire un tour. »

Je n’attends pas plus, je n’attends rien, s’il essaie de me retenir, s’il me parle, je ne le perçois pas, ne l'écoute pas. Quelques pas vers la porte et j’attrape mes affaires, d’autres vers l’escalier et j’y disparais pour déposer mes sacs dans ma chambre. J’observe les lieux, les photos sur les murs et les meubles, ma première planche toujours fixé au-dessus de mon lit … Rien n’a changé et cet endroit qui est mon repère ne m’apporte pas le réconfort que j’aurai pu espérer y trouver malgré ses odeurs et son ambiance familière. J’attrape mon téléphone dans un tiroir, le recharge d’un sortilège et enfile un de mes sweat. Un hoodie, le noir, celui que Liam préfère et ce sans y faire attention. Zip remonté, capuche sur la tête, je sors et redescends les marches en glissant mes mains dans mes poches. La seconde suivante je traverse la grande pièce principale où Derek se trouve toujours mais ne lui accorde pas un regard avant de disparaitre par la porte de derrière.
Retrouver l’extérieur c’est comme retrouver de l’air dans les poumons, comme se réveiller, comme une sorte de soulagement mais aussi le choc de voir revenir toutes les sensations et émotions mises en sourdine ces dernières minutes passées dans le silence. Je marche, j’avance droit devant moi, pieds encore chaussés dans le sable. Il fait de plus en plus sombre, mon cœur accélère à chaque pas, je descends jusqu’à la plage les mâchoires serrés et accélère sans même m’en rendre compte.
Pompes virés, je les garde dans les mains. Jean remonté jusqu’au-dessous des genoux et l’eau qui va et vient jusqu’à mes mollets à mesure que le ressac fait son boulot. Je respire mieux, un peu, avance sans direction précise. Je ne fais pas attention au temps qui défile, à la nuit qui est totalement là, il n’y a que la lune déjà presque pleine qui compte pour moi en cet instant mais même elle ne parvient pas à me calmer, à débloquer ce nœud qui s’est formé dans ma gorge depuis tout à l’heure et nourrit la tension qui grimpe, grimpe et grimpe encore, jusqu’à ce que je m’épuise en courant aussi vite que je le peux, jusqu’à ce que mon poing vienne s’abattre violemment et trois fois de suite sur la paroi rocheuse d’une petite falaise quand je m’arrête à bout de souffle. Geste de rage, de frustration, j’étouffe un cri de douleur quand la peau fine de mes jointures se déchire alors que les mots de mon frère résonnent encore dans ma tête avec brutalité. Et ne semblent pas vouloir en sortir. Des mots parmi tant d'autres et pourtant ils me font plus mal que tous les autres. Peut-être parce que j'avais oublié, occulté.

Alone when I'm all alone I take my smile off
But your heartless words have left me scars
[…]
So I scream and shout to make you leave
But you're still here, you keep judging me

Loic Nottet ▬ Million Eyes

L’odeur de mon propre sang vient me chatouiller l’odorat. Je craque, explose, arrête d’essayer de retenir les larmes qui ne demandent qu’à sortir depuis sans doute pas loin d’une heure maintenant. Pourtant je les essuie dans un geste nerveux, vif, avant de grimper sur les hauteurs et de me poser finalement, face à l’océan plus ou moins tranquille, seulement éclairé par la lumière du soleil qui se reflète sur la lune et me donne suffisamment de luminosité pour y voir comme en plein jour ou presque. J’échange quelques messages avec Will, ne lui dis rien de ce qui se passe ici, de l’état dans lequel je me trouve. Je l’appellerais plus tard, je lui dirais tout, mais pour l’instant je ne peux pas, ne veux pas. Je le sais, mes dernières forteresses s’écrouleront à la seconde où j’entendrais sa voix et j’en ai pas la force, pas le courage pour le moment. Il doit … être entrain de profiter des retrouvailles avec ses parents et je ne veux pas lui gâcher ça, prendre le risque de le voir débarquer ici pour, au choix, sauter à la gorge de Derek ou me prendre dans ses bras. Probablement les deux, en réalité. Je dois régler ça comme un grand, je le sais et c'est bien ce que je compte faire mais j'étais pas capable de rester dans cette maison, de rester près de mon propre frère. Pas la seule famille qui me reste, non, mais la plus proche. Et c'est pour ça que ça fait aussi mal. Ce que pense Bryton ou Travis j'en ai rien à foutre, ce que pense le Vieux ça me passe au dessus, ce que pense Derek … me touche, malgré tout le recul et la distance que je pensais avoir pris ces derniers mois.
Je mentirais si je disais que ça ne me fait rien, que je n’ai pas les larmes à nouveau sur le bord des paupières en imaginant tout ça parce que un énorme me manque me perfore de part en part. De l’envie ? De la jalousie ? Non, juste une profonde tristesse mêlée malgré tout de joie pour lui, pour tous les autres qui retrouvent leur famille et avec  qui ça se passe bien. Ça n'est clairement pas comme ça que j’imaginais mon retour en Australie, j’en lâche même un rire plein d’amertume quand cette pensée passe dans mon esprit. J’aurai donné n’importe quoi pour voir mes parents m’attendre sur le pas de la porte avec un sourire, pour me jeter dans leur bras, et ça fait d’autant plus mal après cette discussion foireuse avec Derek.

Mais c'est comme ça, on a déjà eu trois ans pour s'y faire et ça n'est pas comme si c'était la première claque qu'on se prend.

Stop bullying me
You're messing up my head
Can't get rid of me, I'm a part of it
[…]
I'm going crazy
From this inner voice that won't leave me
You'll have to bear me
Cause I'm stuck in your mind, I'm sorry

Loic Nottet ▬ Poison

Soupir. Je me passe une main dans les cheveux et l’y laisse, entre ma tête et la capuche. Mon souffle et mon rythme cardiaque se sont calmés, mes idées se remettent en place lentement mais sûrement. Je crois que je reprends du poil de la bête, trouve un peu de recul dans l'isolement et le silence, le calme de la nuit. C’est en regardant les vagues venir s’échouer et repartir sur le sable légèrement en dessous que l’idée me vient en tête. Le sang sur ma main a séché.
Ce sont des gestes lents que j’opère alors que je retire mes vêtements un par un. Le sweat, le T-shirt, le jean, pour ne garder que le caleçon. Je descends de mon perchoir les bras enroulés autour de moi-même, frissonnant sous les effets du froid. C’est l’hiver après tout, même les Lycans ont froid en hiver, y compris en Australie et surtout quand ils sont quasiment à poil. Autant dire que l’eau est glacée mais ça ne me fait pas reculer pour autant. J’y entre lentement, serre les dents, pour finalement m’y élancer complètement.

Et je nage, je nage, je nage …

C’est comme si l’eau me lavait de tout, comme si je rembobinais tout ce qui vient de se passer pour le vivre autrement, l’accepter, l’encaisser, et voir les choses différemment. Ce contact avec l’eau m’apaise, il me fait énormément de bien même si le sel brûle mes éraflures. Une minute en apnée, je recommence, ne pense à rien, fait le vide le plus complet avant de ressortir au bout d'un moment, me rhabiller et reprendre le chemin de la maison sans croiser personne évidemment. L’appréhension est là bien sûr mais je n’hésite pas quand j’entre à nouveau dans cet endroit qui nous a vu grandir tous les deux après avoir marché les quelques kilomètres du retour. Je me sens épuisé physiquement, moralement, mais prêt à faire ce que je m'apprête à faire. Ça n’est pas offensif, je ne suis pas là en terrain conquis ni avec l’intention de déclencher une guerre, d’imposer mon point de vue de manière brutale ou de lui faire comprendre qu’il peut aller se faire foutre. Je me sens calme, stressé oui mais calme et si un soupir m’échappe quand j’abaisse ma capuche et dézippe mon sweat, je capte le regard de mon frère sans tergiverser.

« Écoute … »

Attention captée. Je m’assoie sur une des chaises hautes à côté du plan de travail et me lance de manière patiente sans pour autant avoir l’intention de peser mes mots ou de les enjoliver. Je vais simplement lui dire ce que j’ai sur le cœur maintenant que je me sens en état de le faire. Pas un mot plus haut que l'autre, juste des faits qu'il acceptera ou non et j'agirai moi aussi en conséquences.

« J’vais pas m’excuser d’avoir des envies, des rêves, des ambitions qui sont différentes de ce que tu souhaiterais ou espèrerais pour moi. Ou pour toi. J’vais pas non plus m’excuser d’être ce que je suis, en l’occurrence un Lycanthrope et non pas un monstre, ni de me sentir bien, d’avoir rarement été aussi heureux et épanoui, avec une personne que j’adore et qui se trouve effectivement être un homme. »

Je ne cille pas, ne baisse pas le regard, n'hésite toujours pas mais reste calme quand bien même mon rythme cardiaque accélère un peu.

« Je suis ce que je suis Derek, je ne cherche pas à être différent des autres ni même à te faire sortir de tes gonds ou te causer du tort. Il s’agit de moi, pas de toi. Je cherche juste à être moi-même, à m’accepter, être bien dans ma peau et c’est le cas, à faire des choses que j’aime et qui me passionnent, pour lesquels je suis doué, à m’éloigner de ce qui a failli me détruire pour avancer, construire, continuer à me reconstruire, juste … vivre. J’y peux rien si ça ne te plait pas, si c'est pas en accord avec ta vision des choses, du monde, parce que peu importe ce que tu diras ou penseras, ça ne changera jamais celui que je suis. C’est à prendre ou à laisser parce que je ne me façonnerais pas en fonction de toi ni de personne d’autre. Mais ça ne change rien au fait que je suis ton frère et que je le serais toujours. Réciproquement. »

Je devrais sûrement le haïr, la vérité c'est que je ne le comprends pas plus que lui ne me comprends. Pourquoi est ce qu'il reste borné sur ce genre de trucs qui n'ont à mon sens pas le moindre intérêt ? Qu'est ce que ça peut foutre si je me sens plus à l'aise dans le monde sans magie ? Ça ne veut pas dire pour autant que je tourne totalement le dos à ce dernier. La magie fait partie de moi mais je trouve de l'intérêt aussi ailleurs et c'est enrichissant. Non ? Qu'est ce que ça peut foutre que je sois amoureux d'un homme alors que la seule chose qui compte vraiment c'est que cette personne, peu importe son sexe, me rend heureux ? Et quand bien même ça n'aurait pas d'impact émotionnel, si c'était juste physique, qu'est ce que ça changerait ? Il est où le mal à se faire du bien ? Qu'est ce que ça peut foutre que je change de peau une à deux fois par mois ? Pourquoi se prendre la tête comme ça ? Non, je ne comprends pas c'est certain. Est ce que le regard des gens joue là dessus ? Je ne pense même pas mais peut-être que je me trompe.

Le réel problème ne vient pas du fait que je suis différent des autres, après on est tous différents les uns des autres. Non ? Le réel problème vient du fait que je suis différent de lui et c'est là que ça coince. Je suis … tout ce qu'il exècre. Un pd, un monstre, vendu au monde Moldu. Oui, je suis tout ça, en d'autres termes, mais je suis surtout et par dessus tout, ton frère. Ton sang. Ta famille.

« Et que je ne mérite pas que tu me parles ni me traites comme tu le fais. »

Aucune divergence d'opinion ne peut justifier ça, j'ai mis des années à le comprendre et il m'arrive parfois encore d'en douter, de passer outre, mais ça suffit les conneries. Qu'il ne soit pas d'accord c'est une chose, ça ne l'empêche pas de rester civilisé.

« Maintenant si t’arrive à faire abstraction du fait que ton p’tit frère n’est pas exactement comme tu voudrais qu’il soit, sache qu’il aimerait bien savoir ce qui se passe dans la vie de son grand frère, comment il se sent et ce que lui aussi envisage dans l’avenir qu’il soit proche ou lointain. »

Encore une marque de naïveté de ma part ? Non. Je sais parfaitement à quoi je m'expose mais c'est sincère malgré tout. J'ai pas envie de lâcher prise, quitte à me prendre une nouvelle claque. Traitez moi de maso mais ce type, ce putain de connard homophobe rongé par l'intolérance, c'est mon frère.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Dim 19 Nov 2017 - 22:44

Le véritable Moi était revenu au galop avant même que je n’aie le temps de me calmer. Il avait réussi à aller chercher la corde sensible qu’il n’aurait pas dû atteindre. Le fait de savoir que mon frère était encore dans sa folie de vouloir être avec d’autres mecs me mettait complètement hors de moi. Je ne comprenais pas ce qu’il pouvait trouver à notre sexe alors que les femmes avaient tant à offrir sur plusieurs plans. Se mettre en couple avec un autre homme compromettait la procréation en plus d’être extrêmement dégoûtant. Je ne saisissais pas la raison qui le poussait constamment dans les bras de d’autres mecs.

Dans ma colère, les mots avaient franchi mes lèvres avant même que je n’aie le temps de tourner ma langue sept fois. Bien sûr que je ne souhaitais pas que mon frère soit contaminé par la maladie mortelle du sida, tant connue pour toucher les homosexuels. Bien sûr que je ne croyais pas réellement qu’il allait m’apprendre cette nouvelle, mais l’exagération m’avait paru être la seule sortie de secours dans cette conversation qui ne faisait que s’enfoncer de plus en plus. J’ignorais s’il essayait de m’atteindre d’une quelconque manière, mais si c’était le cas, ses manigances avaient parfaitement fonctionné.

J’étais resté de mon côté du comptoir malgré mon envie de frapper sur tout ce qui se trouvait autour de moi. Ma respiration s’était légèrement accélérée tandis je sentais d’imperceptibles tremblements remonter le long de mes avant-bras. J’attendais patiemment la réaction de mon frère qui restait totalement immobile de l’autre côté du plan de travail. J’ignorais à quoi m’attendre et une partie de moi souhaitait qu’il me saute à la gorge dans un élan de colère. C’était habituellement la réaction que j’attendais après avoir craché mon venin.

Sauf que là, absolument rien ne se produisit.
Même que sa réaction me laissa totalement ahuri.

« Merci d’avoir géré le repas mais j’viens à peine de terminer mon p’tit dej, j'ai pas super faim là tout de suite. Ne m’attends pas. »

Hein ?

Je fronçai les sourcils et j’eus un léger mouvement de recul comme si je tentais d’esquiver un coup invisible. J’essuyais ma propre défaite. Son manque de protestation me laissait complètement abasourdi. Ce n’était pas le Enzo que je connaissais. Celui que je connaissais n’aurait jamais hésité à m’envoyer une mince basse à son tour en guise de réplique. Il n’aurait jamais hésité à m’envoyer un coup quelconque. Son absence de réaction me faisait presque encore plus mal.

« J’vais faire un tour. »

Et juste comme ça, il m’abandonna dans la cuisine.

Je le suivis des yeux tandis qu’il retournait sur ses pas pour aller prendre ses bagages laissés à l’entrée. Je le vis disparaître au coin de l’escalier avant de l’entendre monter à l’étage. Je l’entendis s’activer au-dessus de ma tête et je devinai qu’il devait être dans sa chambre. De mon côté je ne bougeais toujours pas comme si je m’attendais à ce qu’il dévale les escaliers à toute vitesse pour finalement me mettre la droite que je guettais encore. Peut-être était-ce parce qu’une partie de moi croyait que je la méritais. Ce que je lui avais dit était de la méchanceté pure et non réfléchie. Je l’entendis redescendre les escaliers et mes yeux repérèrent aussitôt sa silhouette lorsqu’il fût au rez-de-chaussée. Il se rapprocha de moi sans vraiment me voir avant de s’éclipser à l’extérieur de la maison par la porte principale.

Je restai stoïque durant quelques secondes, m’attendant à entendre de nouveau la porte s’ouvrir, mais rien ne se produisit.

Plongé dans l’incompréhension la plus totale, mes tremblements de colère cessèrent tandis que je rejouais la scène dans ma tête. J’étais sérieusement en train de me demander si une entité quelconque avait pris possession du corps de mon frère. Je ne parvenais plus à reconnaître mon frangin dans ses actions. Le Enzo que je connaissais était le plus souvent impulsif et pas du genre passif. Que se passait-il ? Avait-il acquis un nouveau statut de maturité en l’espace de quelques mois ? Avait-il bu une potion qui le rendait détaché de tout ? Avait-il mal entendu ce que je lui avais dit ? Cette dernière supposition me paraissait improbable. Il avait très bien compris. Où était le problème ?

Je m’activai finalement à mon tour en ouvrant de nouveau la porte du fourneau avant d’en extirper la pizza qui était dorée à point. Je coupai quelques pointes que je mangeai sans vraiment les goûter. Mon esprit se retrouvait dans une autre dimension, alors que des questionnements concernant mon frère ne cessaient de me hanter. Avait-il vraiment changé à ce point ou était-il réellement possédé par une autre personne ?

Je terminai mon repas avant de nettoyer la vaisselle à la manière d’un zombie. Mon frère n’était toujours pas rentré à la maison, mais je n’étais pas inquiet sur son retour. S’il avait pris le temps de monter ses affaires à l’étage, cela signifiait qu’il comptait toujours passer l’été ici à la maison. De toute manière, il n’avait nulle part où aller compte tenu de son départ prématuré de Poudlard. Il avait sans doute l’option de pouvoir retrouver son nouveau petit ami, mais je n’osais pas trop penser à cette idée.

Après avoir terminé les corvées ménagères, je restai dans la cuisine. Je m’étais définitivement calmé et je pensais encore à la manière abrupte dont s’était terminée notre conversation. Je n’étais plus en colère contre lui, j’étais plutôt anxieux. Je voulais apporter de la lumière sur la manière dont sa réaction avait un tel impact sur ma personne. Plus que tout je voulais comprendre ce qu’il se passait dans sa tête. Nos divergences d’idées étaient grandes, tout comme nos valeurs, mais si pour une fois on arrivait à se comprendre, ça ne serait pas si mal.

Lorsque j’entendis la porte s’ouvrir, je levai la tête, mais je ne bougeai pas de la cuisine. Assis au comptoir, je le vis me rejoindre. Je ne fus pas étonné par ses cheveux humides. Quelque part cette familiarité me rassurait, puisque ça prouvait que c’était bel et bien mon frère que j’avais en face de moi et non pas un parfait inconnu. Je ne bougeai pas d’un poil tandis qu’il s’installa en face de moi.

« Écoute … »

Je lui donnai toute mon attention en gardant un air sérieux.

« J’vais pas m’excuser d’avoir des envies, des rêves, des ambitions qui sont différentes de ce que tu souhaiterais ou espèrerais pour moi. Ou pour toi. J’vais pas non plus m’excuser d’être ce que je suis, en l’occurrence un Lycanthrope et non pas un monstre, ni de me sentir bien, d’avoir rarement été aussi heureux et épanoui, avec une personne que j’adore et qui se trouve effectivement être un homme. »

Je gardai mon calme. Je le laissai évacuer ce qu’il souhaitait me dire tout en gardant le silence comme j’avais pu le faire au départ.

« Je suis ce que je suis Derek, je ne cherche pas à être différent des autres ni même à te faire sortir de tes gonds ou te causer du tort. Il s’agit de moi, pas de toi. Je cherche juste à être moi-même, à m’accepter, être bien dans ma peau et c’est le cas, à faire des choses que j’aime et qui me passionnent, pour lesquels je suis doué, à m’éloigner de ce qui a failli me détruire pour avancer, construire, continuer à me reconstruire, juste … vivre. J’y peux rien si ça ne te plait pas, si c'est pas en accord avec ta vision des choses, du monde, parce que peu importe ce que tu diras ou penseras, ça ne changera jamais celui que je suis. C’est à prendre ou à laisser parce que je ne me façonnerais pas en fonction de toi ni de personne d’autre. Mais ça ne change rien au fait que je suis ton frère et que je le serais toujours. Réciproquement. »

Nous étions encore au point de départ. On avait déjà eu cette discussion, mais il fallait l’avoir encore parce qu’à chaque fois, ça tournait au vinaigre entre lui et moi. Rares étaient les fois où nous avions pu parler comme des individus civilisés. J’étais probablement celui qu’il fallait blâmer puisque j’étais souvent celui qui était l’investigateur du bordel causé, mais je n’y pouvais rien. Merlin m’avait façonné avec des idées qui ne correspondaient pas forcément aux critères des autres. J’avais été fabriqué avec des défauts qui en faisaient grimacer plus d’un, mais qui faisaient partie intégrante de ma personnalité enflammée.

« Et que je ne mérite pas que tu me parles ni me traites comme tu le fais. »

J’eus envie de baisser les yeux, mais je ne le fis pas.
Un fond de culpabilité s’installait en moi, mais je refusais de le laisser paraître. Je n’étais pas un faible. Bien sûr que je regrettais mes paroles, mais à quoi s’était-il attendu ? Que je le prenne dans mes bras en le félicitant pour choisir une nouvelle vie loin de moi en compagnie d’un autre imbécile que je devrai accepter au sein de ma famille ? S’il s’était complètement métamorphosé en l’espace de quelques semaines, ce n’était pas mon cas. J’étais resté le même bon vieux Derek avec ses répliques mordantes et son penchant pour la normalité.

« Maintenant si t’arrive à faire abstraction du fait que ton p’tit frère n’est pas exactement comme tu voudrais qu’il soit, sache qu’il aimerait bien savoir ce qui se passe dans la vie de son grand frère, comment il se sent et ce que lui aussi envisage dans l’avenir qu’il soit proche ou lointain. »
- Honnêtement à quoi ça sert ?

Les mots étaient sortis dans même que je ne les commande alors que la réalité commençait à me prendre d’assaut.

- Tu vas foutre le camp loin de moi alors vraiment je ne vois pas pourquoi je te dirais mes plans. Tu me connais assez pour savoir ce que je vais faire.

Je savais qu’il n’avait pas dit ça en l’air. Je savais que ma situation l’intéressait, mais je ne parvenais pas à pouvoir lui répondre franchement. Principalement parce que savoir qu’il ne reviendrait pas à l’école me faisait terriblement chier. J’aurais aimé qu’il soit à mes côtés lors de mes futures chasses. J’aurais aimé le croiser encore dans les corridors même si cela aurait impliqué que je rencontre son nouveau petit ami. J’aurais aimé pouvoir garder un œil sur lui même s’il était capable de se défendre seul.

Il savait déjà quels étaient mes plans de toute manière. Il savait que j’allais retourner à Poudlard. Il savait combien les études étaient importantes pour moi. Il devait bien se douter que je n’allais pas baisser les bras sur le combat que j’avais commencé avant de quitter momentanément ce maudit château. Même si le tueur de Megan avait été tué, il n’en demeurait pas moins que ces fils de putes continuaient à courir les rues et il était hors de question que je les laisse faire. J’allais tuer ces enculés jusqu’à ce qu’une réelle justice soit rendue à ma défunte meilleure amie.

Quitte à y laisser ma vie.

- J’espère juste que tu resteras sur tes gardes même si tu te trouves de l’autre côté de la frontière magique. Ces salauds sont toujours à l’affût et j’imagine que tu restes l’une de leurs cibles même si tu ne seras physiquement plus à Poudlard.

M’excuser ? Oui c’était une idée, mais elle ne me correspondait pas. Admettre mes erreurs était pire que tout et je préférais éviter le sujet plutôt que de tourner le fer dans la plaie. De toute manière, il m’avait dit ce qu’il avait sur le cœur non ? Je l’avais écouté et c’était bien assez. Il n’était pas obligé de savoir que je regrettais mes paroles ou mes réactions trop vives.

- Ton nouveau copain… Il va te suivre ? C’est un sorcier ou un moldu ?

Non je ne me renseignais pas réellement sur qui était ce fameux « William ». Je voulais simplement savoir si mon frère allait être entouré de quelqu’un qui allait pouvoir intervenir en cas d’agression magique ou si c’était encore un être indésirable à protéger. J’ignorais combien de fois Enzo avait risqué sa peau pour sauver Johnson et je n’avais pas envie que ce genre de situation se reproduise. S’il était avec quelqu’un qui était capable de se défendre, c’était déjà ça de gagner à défaut d’être un hétérosexuel.

C’était ma manière à moi de démontrer que je tenais à lui sans vraiment y mettre des mots clairs et précis. À défaut de ne plus l’avoir à proximité je me préparais mentalement à ce qu’il affronterait dans les prochains mois et avec quel effectif. Je n’avais pas envie de le perdre en dépit de tous ses défauts et de ses terribles choix. Perdre Enzo signifierait perdre une partie de moi-même et c’était quelque chose à laquelle je n’avais pas envie de penser.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Mar 21 Nov 2017 - 22:30

« Honnêtement à quoi ça sert ? »

Si ma réaction de tout à l’heure ou plutôt ma quasi absence de réaction l’a déstabilisé, cette fois c’est moi qu’il prend au dépourvu avec la sienne. Je fronce les sourcils, me racle la gorge et me redresse un peu, attentif, légèrement dans l’incompréhension. Parce son ton reste calme et qu’il m’a écouté de bout en bout je n’ai pas l’impression que la discussion va reprendre une tournure agitée mais ça n’enlève rien au fait que je ne sais pas vraiment où il veut en venir.

« Tu vas foutre le camp loin de moi alors vraiment je ne vois pas pourquoi je te dirais mes plans. Tu me connais assez pour savoir ce que je vais faire. »

Il se passe un truc, là, comme un pincement entre mes côtes. Malgré moi ou pas je me protège, active un énième mécanisme de défense, mais j’ai pourtant l’impression d’avoir lu quelque chose entre les lignes. Est ce qu'il … Enfin je comprends qu'il pense que je vais m'éloigner de lui mais est ce qu'il est déçu ou quelque chose comme ça ? Y a un truc qui a changé dans son attitude et ça je peux le sentir, le percevoir, mais j'ai toujours ces vieux réflexes de ne pas y plonger trop vite par peur de me prendre une énième claque en pleine gueule. Pourtant je le sens presque vulnérable en cet instant, comme si de manière détournée il s'ouvrait un peu, qu'il laissait entrevoir quelques parcelles de ce qu'il ressent vraiment au fond de lui.
Quant au fait que je le connaisse assez pour savoir ce qu'il va faire … Malheureusement, oui, j'en ai bien peur. Ça me saute à l'esprit maintenant qu'il met le doit dessus mais la vérité c'est que jusqu'ici je n'y ai simplement pas pensé. Je l'ai … considéré comme acquis et je n'ai pensé qu'à moi. Je n'estime pas avoir eu tort ou raison, j'ai simplement vécu au jour le jour sans voir plus loin que ce qui se passait sous mon nez et dans ma vie là-bas, à Poudlard. Sans pour autant ne pas penser à lui, à ce qu'il pouvait traverser, mais je me comprends.

« J’espère juste que tu resteras sur tes gardes même si tu te trouves de l’autre côté de la frontière magique. Ces salauds sont toujours à l’affût et j’imagine que tu restes l’une de leurs cibles même si tu ne seras physiquement plus à Poudlard. »

Et ça non plus, je n'y pensais pas. Je ne voulais pas y penser. J'irai pas jusqu'à dire que ces derniers mois ma vie a été un long fleuve tranquille parce que c'est faux mais malgré les incursions de ces salopards, malgré tout ce que ça a pu remuer, je me suis projeté en avant sans peindre une seule fois leur présence sur mon tableau. Et pourtant, je sais que Derek a raison, que le monde de la Magie est entrain de vivre un truc pas net et que j'ai encore potentiellement une cible en plein milieu du front. Est ce qu'ils viendront me chercher jusqu'en Australie ? Est ce qu'ils m'ont oublié ? Est ce qu'ils vont recommencer à s'en prendre aux gens que j'aime pour m'atteindre et essayer de me détruire, m'asservir, me foutre dans une cage et me traiter comme une bête ? Ou simplement me tuer, pour en finir. Et lui dans tout ça ? Qu'est ce qu'il risque ? Je suis entrain de me prendre une potentielle réalité en pleine face et ça fait mal. Ça fait chier. J'aurai égoïstement voulu qu'il passe à autre chose, qu'il oublie tout ça lui aussi, mais il a raison : Je le connais assez. Et j'ai été naïf, j'ai surtout porté des œillères volontairement même si ça m'a parfois explosé au visage ou m'a fait sursauter en pleine nuit.

« Ton nouveau copain… Il va te suivre ? C’est un sorcier ou un moldu ? »

Je n'étais pas rendu compte que j'étais parti dans mes pensées, les yeux perdus sur la surface du plan de travail et les doigts entrain de triturer nerveusement un truc qui trainait là. Sa question me surprend, je relève la tête et le dévisage en ayant un peu de mal à réellement revenir sur terre et à comprendre l'objet réel de ce qu'il me demande. Je décide … de ne pas me poser plus de questions que ça et de répondre simplement mais je note quand même qu'il inclus Will dans l'équation, en spécifiant bien qu'il s'agit de mon petit ami, qu'il fait donc partie de ma vie et mon quotidien, même si je me doute bien qu'il ne m'invite pas à parler de lui, de nous. C'est déjà énorme.

« Sorcier. »

Pas d'expression particulière sur le visage, le ton est neutre, je suis légèrement penché en avant, les coudes posés sur le « meuble », plus aussi tendu que je pouvais l'être quelques minutes plus tôt. C'est juste … une conversation. Sans cris, sans larmes, sans saloperies, sans coups qui partent.
Est ce que ça change quelque chose qu'il soit Sorcier ou Moldu ? Oui, clairement, je le sais. Mais à quelle mesure ici ? Ça j'en sais rien. J'ai du mal à le déchiffrer.

« Il vit en Californie, il était à Salem jusqu'en décembre dernier et là il est rentré chez ses parents et va rester là-bas. On est quelques-uns à avoir décidé de ne pas revenir à Poudlard à la rentrée à vrai dire. »

Je me sens calme, épuisé ça c'est certain, mais détail dont tout le monde se fout : Je commence à avoir la dalle. Je crois que c'est seulement à ce moment là que je réalise ce qu'il m'a demandé juste avant. Est ce qu'il va me suivre ? Là encore je ne suis pas certain de comprendre réellement la question mais je fais le parallèle avec Kyle. Il est presque certain que si on était encore ensemble aujourd'hui il m'aurait suivi ou je l'aurai suivi, on ne se serait probablement pas séparés géographiquement et ce pour tout un tas de raisons. Cette fois c'est différent, je ne vis pas du tout cette relation comme j'ai vécu la précédente, William est très différent de Kyle, sa vie, son entourage l'est aussi, je suis très différent de celui que j'ai pu être à l'époque même si ça ne remonte pas à si longtemps que ça mais ça n'enlève rien à mes sentiments pour ce garçon ni aux siens à mon encontre. On a une relation équilibrée, chacun son individualité, etc … On se verra quand, où et comme on pourra même en étant chacun à une extrémité du globe. Et là on peut dire merci la Magie de faciliter les « transports » d'un point à un autre parce que Los Angeles/Lakes Entrance par Portoloin … c'est une minute à peine, quasiment instantané.
Je ne regrette rien de ces deux ans passés avec Kyle, j'ai vécu et ressentis des choses incroyables et j'aurais toujours énormément d'affection pour lui, il restera une personne spéciale, mais ça me paraît inconcevable aujourd'hui d'être à nouveau aussi fusionnel et dépendant d'une personne, d'une relation. J'en ai plus envie. Et je suis très heureux pour lui qu'il ait pu prendre son envol, réaliser son rêve et avancer lui aussi. On était heureux ensemble, dans la mesure du possible vu les circonstances, je crois qu'on est aujourd'hui heureux l'un sans l'autre. Heureux l'un pour l'autre. J'ai pas encore eu l'occasion de lui parler de William mais je le connais, je sais qu'il sera content pour moi et si je devais apprendre qu'il a lui aussi un nouveau petit ami alors certes, ça me ferait sans doute un peu étrange sur le moment, mais je sais que je serais moi aussi content pour lui. Tout ce que je lui souhaite c'est d'être bien dans sa vie et bien dans sa peau, d'être heureux tout simplement.

« C’est pas … On n’a pas du tout la même relation que j’avais avec Kyle et il n’a pas du tout le même caractère ni la même façon d’être. Moi non plus j'suis plus vraiment le même, j'vis plus les choses de la même manière. »

Haussements d'épaules. Je ne m'étalerais pas plus mais qu'il sache au moins à quoi s'attendre. Will ne va pas venir s'installer ici avec moi, je ne vais pas non plus aller vivre aux Etats Unis ni nulle part ailleurs. Je suis ici chez moi, je suis rentré chez moi et pour l'instant c'est ici que je suis, que je vais rester. Seul.

Enfin, avec lui, mon frère, c'est tout.

Je ne le regardais pas vraiment en disant ça, le regard fixant mes doigts qui continuent de jouer avec le petit objet que je triture depuis tout à l'heure et que je découvre être en fait un morceau de jonc séché que je traine avec moi depuis un moment sans trop savoir pourquoi. Ça n'a pas d'importance. Un soupir m'échappe, je relève le menton et mes yeux cherchent les siens.

« J’vais pas foutre le camp loin de toi Derek. Sauf si tu me pousses à le faire. »

Des menaces ? Non, juste des faits. Je n'ai aucune envie de m'éloigner de lui même si je sais que ça ne sera pas toujours facile parce qu'on est devenu au fil du temps de plus en plus différents. J'ai avancé, pas lui, et ça n'est pas un reproche ou un jugement mais simplement un constat. Il n'empêche que je ne supporterais plus ce que j'ai pu supporter par le passé et si effectivement la cohabitation devient trop tendue alors je mettrais les voiles. Je l'ai dit et je le pense, il est mon frère et il le sera toujours mais ça ne lui donne pas le droit de me traiter comme il a pu le faire. On va devoir composer l'un avec l'autre, je sais que je vais moi aussi devoir faire des efforts, faire en fonction de lui, etc … On verra bien ce que ça donnera mais sans parler d'une proximité géographique, j'ai pas envie de m'éloigner mentalement, émotionnellement, de lui. Il est ce qu'il est mais … oui, c'est mon frère.

« Et puis c’est pas parce que j’ai un pied dans le monde Non-Magique que je vais tirer un trait sur celui dans lequel j’ai grandi. Je peux très bien en avoir un de chaque côté et en réalité c’est déjà le cas depuis des mois. »

J'ai passé mes dernières vacances à aller et venir entre ici et Londres, à trainer dans des coins Non-Magiques, etc … Et je crois bien être le seul dans mes amis les plus proches à avoir le Sang-Pur et à avoir grandi coupé du monde comme on l'a fait. Ils ont tous un pied dans les deux mondes, que leurs parents soient Sorciers ou non, qu'ils le soient eux-même ou non. C'est devenu ma normalité, tout simplement. Je ne sais pas si Derek l'acceptera ou le comprendra réellement un jour mais dans le fond ça n'est même pas ce que je lui demande. J'peux pas lui demander quoi que ce soit, attendre de lui quoi que ce soit, alors que je lui impose ma façon d'être. Ça serait un peu se foutre de la gueule du monde et la tolérance fonctionne dans les deux sens après tout. Je suis ce que je suis, oui, mais il est ce qu'il est et tant qu'il ne me fait pas de tort directement, volontairement, ou aux autres personnes à qui je tiens, je dois l'accepter moi aussi.

« Mais si je comprends bien … Tu veux retourner à Poudlard, c’est ça ? »

Je me redresse un peu, le ton reste toujours aussi calme de même que l'attitude générale. J'ai compris, oui, j'ai fini par ouvrir les yeux même si ça me fait chier. Je pensais qu'il … J'en sais rien, qu'il retournerait dans notre ancienne école parce que je sais que les études sont importantes pour lui. Je me disais qu'il suivrait peut-être des cours dans un institut privé, avec un précepteur à domicile, tous ces trucs qu'on fait chez les Sang-Purs traditionnalistes et les familles aisées comme la notre. Beaucoup de nos cousins n'ont jamais mis les pieds dans une école, après tout. Leah en a découvert les « joies » en venant à Poudlard avec moi pour terminer l'année, c'était un monde totalement inconnu pour elle jusqu'ici.
Oui, je pensais que ça se passerait comme ça, que j'allais rentrer et qu'on se débrouillerait tous les deux ici mais je comprends que ça n'est pas comme ça que ça va se passer parce qu'il ne s'agit pas seulement des études.

« Et venger Megan. »

Pas un mot plus haut que l'autre, si je deviens nerveux c'est simplement parce que je prends seulement conscience de tout ce que ça implique. Je ne lui reproche rien, j'ai déjà emprunté ce chemin alors je ne me permettrais pas, ne le blâmerais pas pour ça, mais ça me fait chier parce qu'il va foncer droit vers le danger. Il a toujours voulu être Auror, ça serait arrivé tôt ou tard mais ...

« J’suppose qu’il n’y a rien que je puisse dire ou faire pour te dissuader de foncer là-dedans ? »

Est ce qu'il y a quelque chose que je peux faire pour éviter d'avoir à fleurir une nouvelle tombe ? Oui, je l'ai pensé, j'vais pas m'excuser pour ça. J'vais pas m'excuser d'avoir peur de perdre mon frère parce que c'est une possibilité s'il s'engage dans ce combat parce qu'on sait très bien tous les deux de quoi sont capables ces pourritures. Est ce que je serais capable de le laisser partir là dedans tout seul ? Est ce que je serais capable de rester en retrait ? D'être à des milliers de kilomètres sans savoir s'il va bien ? J'peux pas m'empêcher de me dire que j'ai encore deux mois pour le faire changer d'avis et essayer de l'encourager, en douceur, à passer à autre chose et à regarder vers l'avenir d'une manière différente.

Finalement, tu vois, c'est toi qui va foutre le camp loin de moi.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Dim 26 Nov 2017 - 3:39

L’atmosphère s’était détendue dans la maisonnée et entre nous. Si tout avait pu partir en live dès la seconde où il aurait décidé de venir me retrouver après sa petite escapade, les choses avaient plutôt prit la forme d’une conversation sérieuse en plus d’être devenue une prise de conscience qui me peinait plus qu’autre chose. Le retour à la réalité était plus abrupt et plus brutal que je ne le croyais. Si au départ j’avais surtout été surpris par ses choix, je m’apercevais que cette nouvelle année scolaire ne serait pas comme les autres. Parce que non seulement elle ne serait pas là, mais lui non plus. J’allais mettre les pieds sur un terrain connu, mais entouré d’inconnus ou d’individus qui avaient plus ou moins d’importance à mes yeux. Ils avaient réussi à m’arracher ceux qui comptaient réellement pour moi, les uns après les autres. S’ils croyaient avoir réussi à me détruire par leurs manigances, ils se trompaient. Derek Ryans n’abandonnait pas aussi facilement et ça, ils ne tarderaient pas à le savoir. Ils n’avaient pas encore réussi à m’enlever ma soif de vengeance et ma baguette magique et ils allaient vite découvrir que me laisser en vie était la pire erreur qu’ils avaient pu faire.

Ce n’était pas encore le moment de penser aux représailles même si ces idées ne me quittaient jamais réellement. C’était plutôt le temps de montrer la maturité que j’avais réussi à acquérir de mon côté malgré mes paroles parfois blessantes et non réfléchis. Il n’en demeurait pas moins que j’étais désormais capable d’écouter mon frère et de le tolérer à ma manière et de lui démontrer à ma façon que son départ subit m’atteignait. Je faisais des efforts pour ne pas lui dire combien son idée d’échapper au monde magique me répulsais et que j’aurais préféré le garder à mes côtés lors de la grande bataille dont je rêvais depuis trop longtemps. Mais nous étions de jeunes adultes désormais et nos décisions nous appartenaient. Sans parents dans les parages, il était encore plus facile de faire des choix que l’on n’aurait jamais cru possible. J’allais me jeter dans la gueule du loup et il allait plonger dans la mer non magique des moldus. Chacun ses rêves, chacun ses ambitions.

Je décidai de rester évasif sur mes propres plans. J’étais comme un livre ouvert pour mon frère, même si je ne disais rien. Je retournai même la conversation dans son sens afin d’en apprendre davantage sur son futur rapproché. Quels allaient être ses alliés dans sa nouvelle vie, histoire que je sois un peu plus au fait concernant sa sécurité. Il était capable de se défendre seul. De ça je n’en avais jamais douté, mais je préférais le savoir bien entouré malgré tout. Ces connards pouvaient surgir de n’importe quel coin noir et sous n’importe quelle forme.

« Sorcier. »

J’hochai lentement la tête tandis que je prenais note de cette nouvelle information.
Bien. Au moins il serait capable d’interagir en cas de besoin.

« Il vit en Californie, il était à Salem jusqu'en décembre dernier et là il est rentré chez ses parents et va rester là-bas. On est quelques-uns à avoir décidé de ne pas revenir à Poudlard à la rentrée à vrai dire. »

Je notai que mon frère avait un truc pour les Américains plus spécifiquement. Pourquoi ? Je n’en n’avais aucune idée et je n’avais pas forcément envie de savoir, mais c’était un constat. Pour le reste, je n’étais pas vraiment surpris d’apprendre que certains avaient décidé de quitter le château. Maintenant que le voile des supérieurs était plus ou moins levé sur cette école, c’était le moment où jamais de changer d’établissement ou de décider de faire autre chose. J’allais sûrement devoir refaire la liste des alliés auxquels j’avais déjà pensé lorsque j’allais remettre les pieds dans cet endroit maudit. Si ça se trouvait Van Saade et Jenkins auraient aussi foutu le camp pour reprendre les études ou refaire leur vie ailleurs. C’était une possibilité que je n’avais jamais envisagé jusqu’à ce qu’Enzo me parle de ses projets. Il fallait dire que je m’étais assez éloigné de la réalité qu’apportait Poudlard. Avec la libération des supérieurs, ça changeait la donne.

« C’est pas … On n’a pas du tout la même relation que j’avais avec Kyle et il n’a pas du tout le même caractère ni la même façon d’être. Moi non plus j'suis plus vraiment le même, j'vis plus les choses de la même manière. »

Je redescendis sur Terre alors que mon frère me parlait un peu plus ouvertement de sa nouvelle relation. Il haussa les épaules et moi je restai de marbre. Ce n’était pas forcément quelque chose qui m’intéressait déjà que je n’approuvais pas forcément cette liaison, mais s’il avait envie d’en discuter il verrait assez vite que ça tournerait en sens unique. Je n’avais pas l’intention de commenter quoi que ce soit, parce que je savais que je serais incapable de me tenir, mais j’étais prêt à faire des efforts pour l’écouter.

« J’vais pas foutre le camp loin de toi Derek. Sauf si tu me pousses à le faire. »

Ce n’était pas forcément ce à quoi je m’attendais, mais j’étais rassuré que le sujet de son petit ami soit clos. Non parce que pour être honnête, j’aurais pu l’écouter, mais j’ignorais combien de temps j’aurais pu tenir.

Enfin. J’ignorais comment il voyait les choses de son côté, mais du mien, j’avais l’impression que c’était effectivement ce qu’il allait faire : s’éloigner de moi. Il voulait conquérir le monde sans magie, un univers dans lequel je n’oserais jamais mettre un pied. Non seulement parce qu’il représentait absolument tout ce que je détestais, mais parce qu’en plus ça ne m’intéressait absolument pas. Le simple fait qu’il me parle ouvertement de sa volonté de « découvrir » ce que ces êtres insipides avaient à offrir me démontrait qu’il se détachait lentement, mais sûrement de moi. Je n’allais jamais le suivre. Ce qu’il allait faire n’allait jamais m’intéresser. C’était peut-être égoïste, mais c’était ce que je croyais.

« Et puis c’est pas parce que j’ai un pied dans le monde Non-Magique que je vais tirer un trait sur celui dans lequel j’ai grandi. Je peux très bien en avoir un de chaque côté et en réalité c’est déjà le cas depuis des mois. »

Seul l’avenir nous le dirait.

« Mais si je comprends bien … Tu veux retourner à Poudlard, c’est ça ? »

Il se redressa sur son siège.
Je me contractai sur le mien.
Alors j’avais eu raison de le laisser deviner ou pas ?

« Et venger Megan. »

Je lui fis mon éternel sourire en coin lorsque j’entendis cette phrase pleine de vérité sortir de sa bouche. Je n’avais jamais eu l’intention de cacher mes projets. Œil pour œil, dent pour dent. C’était comme ça que ça fonctionnait dans mon livre à moi. Tu m’arraches quelque chose, je vais te le rendre en cent fois plus pire.

« J’suppose qu’il n’y a rien que je puisse dire ou faire pour te dissuader de foncer là-dedans ? »

Je secouai lentement la tête alors que je sentais déjà l’éclat de la douce vengeance briller dans mes iris. C’était un sujet qui m’animait, qui me passionnait presque. C’était probablement maladif et malsain, mais c’était ce qui me permettait de ne pas flancher, ce qui me maintenait encore en vie. C’était une adrénaline qui coulait dans mes veines de manière constante et qui s’éveillait dans les moments opportuns. J’étais déjà impatient de pouvoir la mettre à exécution lorsque j’allais retrouver les hommes et les femmes qui allaient se retrouver sous ma baguette meurtrière.

Ils allaient ramper, ils allaient saigner, ils allaient souffrir, tout comme elle. Je rêvais déjà aux nombreuses tortures que j’allais leur infliger avec un bonheur non dissimuler. Je voulais tous les entendre me supplier avant de finalement les voir mourir dans leur médiocrité. J’allais me tordre de rire au-dessus de leurs cadavres encore tièdes et leurs visages tordus dans la douleur et la peur. Oui j’étais un être ignoble et capable des pires atrocités lorsque je devenais posséder par cette espèce d’entité qui me transformait en véritable monstre ambulant.

Ils n’avaient qu’à ne pas me l’arracher.

- Quand je te disais que tu me connaissais assez pour savoir mes plans…

Je pouffai légèrement de rire tandis que les images machiavéliques et sanglantes disparaissaient peu à peu de mon esprit. Chaque chose en son temps. J’étais encore en vacances et il était encore près de moi.

- J’ai toujours le même plan d’avenir. Mes ambitions n’ont pas changé. Je ne me vois pas faire autre chose qu’être auror. C’est un métier qui me conviendra parfaitement et le seul dans lequel je serai bon de toute manière.

J’haussai les épaules à mon tour. L’admettre ne me dérangeait pas. C’était exactement tout ce que je voulais faire. Ça impliquait de la magie, des chasses à l’homme, de la violence, du sang-froid, de l’intelligence et j’en passe. J’étais fait pour ce job : j’étais persuadé.

- Je n’essaie pas de te dissuader d’aller dans le monde moldu et d’aller étudier tes créatures marines alors s’il te plaît, fais la même chose pour moi.

On ne pouvait pas toujours tout avoir dans la vie. Je tentais de lâcher prise et il devait le faire aussi. Bien sûr ma situation impliquait plusieurs dangers et c’était sans doute la raison pour laquelle il aurait voulu argumenter sur mes choix. C’était quelque chose que je pouvais comprendre. La famille Ryans était plutôt restreinte et nous avions assez perdu d’êtres chers pour en perdre un autre, mais il devait me laisser partir. Je devais faire mes propres conneries. Je devais goûter à ma propre médecine. Je voulais me surpasser et réaliser ces rêves étranges et sadiques qui me hantaient depuis des mois.

Il rêvait d’eau.
Je rêvais de sang.

Je me levai de mon siège.

- Tu as faim ? J’ai pas mangé toute la pizza.

Je me tournai vers le comptoir derrière moi avant de prendre le plat dans lequel se cachaient les dernières pointes.

- En plus je l’ai préparé comme un chef. Franchement je m’étonne. Faut dire que grand-mère m’a montré un tas de trucs cet hiver.

J’enlevai le couvercle du plat avant de passer la bouffe sous le nez de mon frère histoire qu’il hume un peu la bonne nourriture que je lui tendais. Faire ce geste ne servait strictement à rien d’autre qu’à l’inciter de manger un peu puisque je savais qu’il devait les sentir depuis le moment où il était entré à l’intérieur de la maison.

- Mange.

Je déposai le plat en face de lui avant de reprendre ma place sur mon siège initial.

- Tu as des plans plus précis pour cet été ou tu vas surfer durant tout le temps que tu seras ici ?
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Lun 27 Nov 2017 - 21:40

On tourne en rond. Cette conversation, je ne compte plus le nombre de fois où on a pu l’avoir mais j’ai l’impression que cette fois … Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est différent mais je crois qu’on a tous les deux gagné quelque chose, sans doute un peu de maturité, et il faut croire que ça change un peu la donne. Ce qu’il m’a balancé au visage tout à l’heure reste coincé en travers de ma gorge mais à quoi bon revenir là-dessus ? Le fait est que je ne changerais pas, ni moi ni mes plans … et lui non plus, alors autant passer à autre chose.
Mais ce sourire, cet éclat dans ses yeux … Je n’ose même pas imaginer les images qui défilent actuellement dans sa tête. Je sais de quoi est capable mon frère, je sais ce qui l’anime et si naïvement j’ai pu envisager que, comme moi, il décide d’avancer et laisser tout ça derrière lui, je crois que j’abdique à présent. J’arrête de me voiler la face …

« Quand je te disais que tu me connaissais assez pour savoir mes plans… »

… parce que je viens de taper en plein dans le mile. Si un rire bref lui échappe, c’est un soupir qui affaisse légèrement mes épaules alors que je ne le quitte pas des yeux. Un soupir dans lequel je devine une part de résignation. D’acceptation. Pour l’instant en tout cas et probablement parce que je me sens assommé par la fatigue et les émotions.

« J’ai toujours le même plan d’avenir. Mes ambitions n’ont pas changé. Je ne me vois pas faire autre chose qu’être auror. C’est un métier qui me conviendra parfaitement et le seul dans lequel je serai bon de toute manière. »

Il hausse les épaules, je hoche la tête. Là-dessus je n’ai rien à dire, ne compte rien dire, simplement parce que c’est son objectif et que je le respecte totalement. Seulement … Oui, je l’admets, ça me démange de lui dire qu’il y a d’autres écoles pour ça, qu’il n’est pas obligé de retourner à Poudlard où tôt ou tard une nouvelle catastrophe aura lieu.

Il n’était pas là - et tant mieux ! - quand des chocolats empoisonnés ont tourné dans l’école, frappant au hasard, manquant de peu de nous prendre encore quelqu’un. Je revois Ismaelle plongée dans ce coma artificiel et j’en ai une crampe à l’estomac comme si c’était la veille. Elle parmi d’autres. Il n’était pas là non plus quand les Détraqueurs ont percé la protection magique pour nous faire vivre un Enfer pendant plus d’une semaine. Il n’était pas là quand j’ai senti toute la joie de vivre me quitter alors que deux d’entre eux m’ont pris au piège et que je n’arrivais plus à faire sortir un Patronus. Je n’y pense plus vraiment mais je le sais, si Kezabel n’avait pas débarqué de nulle part pour me sauver les miches je ne sais pas dans quel état je serais aujourd’hui. Et tout ça, c’était il y a moins d’un mois. J’ai pris cette décision étrange de rester à l’école quand lui et Kyle sont partis, je ne regrette pas parce qu’il n’y a pas eu que du négatif et que je voulais terminer mon année, entre autres, mais je réalise maintenant à quel point c’est presque suicidaire. Ils s’acharnent, c’est presque un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de perte ces derniers mois même si le décès de Megan est déjà trop, beaucoup trop. Parfois j’ai l’impression de sentir encore l’odeur de son sang, j’ai pas oublié, alors je n’ose même pas imaginer ce que ressent Derek qui en plus de ça garde tout pour lui. J’ai essayé de lui tendre une perche tout à l’heure, il ne l’a pas saisi. J’en ai fini pour ce soir c’est plutôt clair mais je retenterais sûrement, quitte à me faire envoyer balader.

« Je n’essaie pas de te dissuader d’aller dans le monde moldu et d’aller étudier tes créatures marines alors s’il te plaît, fais la même chose pour moi. »

Un instant je le regarde droit dans les yeux, silencieux et immobile, celui d’après je baisse la tête et pousse un énième soupir.

« C’est juste. »

Il a raison, je dois respecter son choix comme il respecte le mien et ce même si j’ai peur de le perdre. Evidemment que j’ai envie d’être égoïste mais je sais que je ne dois pas le faire, que je dois juste … accepter qu’il poursuive son but comme je le fais de mon côté. Je dois accepter la décision de Caem aussi, par exemple, alors que ça ne m’enchante pas plus de savoir qu’il va retourner là-bas lui aussi. Entre autres personnes.
Il se lève, ça me sort de mes pensées et je suis son mouvement du regard, encore un peu ailleurs. Ça fait beaucoup pour un premier soir, pour lui comme pour moi je pense.

« Tu as faim ? J’ai pas mangé toute la pizza. »

Les angoisses demeurent, les questions avec, mais j’ai envie de souffler, de débrancher, plus le courage d’affronter la réalité pour ce soir alors je décide d’écouter mon ventre qui se manifeste et laisse mon odorat faire son boulot en rejoignant mon frère dans la direction qu’il prend. Celle qui met un terme à la conversation, au sérieux, à tout ce dont on aura le temps de penser pendant deux mois finalement. En deux mois les choses peuvent changer.

« En plus je l’ai préparé comme un chef. Franchement je m’étonne. Faut dire que grand-mère m’a montré un tas de trucs cet hiver. »

Cette fois c’est bien un sourire qui étire mes lèvres, un sourire légèrement moqueur autant le dire, amusé pour le moins. Derek aux fourneaux, c’est pas tellement un truc auquel je m’attendais on va être honnête deux secondes mais finalement c’est assez logique. Il faut bien qu’il se nourrisse après tout. Et sans trop savoir pourquoi ça me fait plaisir de partager ce moment simple avec lui d’autant que je lui suis réellement reconnaissant d’avoir pensé à mon estomac et quelque part, préparé mon arrivée. Ça me donne l’impression qu’il m’attendait et mon p’tit cœur mou apprécie la démarche. On n’a jamais réellement eu une relation simple tous les deux alors des instants comme ça je les prends tous à hauteur de ce qu’il m’apporte.

Et hop, mouvement de recul dans un rire surpris quand il passe le plat sous mon nez. Ça sent foutrement bon.

« Mange. »
« Oui chef. »

Il pose le plat entre nous deux, se rassoie, je passe en mode sale gosse/petit branleur et retrouve définitivement mon sourire en tirant un trait sur le reste.

« T’essaie de m’engraisser pour me foutre sur le barbec ? »

Je suis certain que je suis bon à manger, ceci dit, mais je préfère rester entier si ça ne dérange personne. Aller … J’suis prêt à laisser un bout de cuisse à mon frère si jamais un jour il meurt de faim.

« Tu as des plans plus précis pour cet été ou tu vas surfer durant tout le temps que tu seras ici ? »

Nouveau soupir. Nouveau sourire. Je garde les paupières closes un moment et retire finalement mon sweat non sans réaliser que les fibres du tissus retiennent prisonnière l’odeur de Will. Il a dû le porter récemment, je ne m’en suis pas vraiment aperçu. Encore un sourire, toutes ces petites choses m’apaisent et j’attaque, me jette sur la pizza comme un affamé avant de me laisser retomber contre le dossier de ma chaise dans une expression de bonheur gustatif non feinte.

« Hum … Ok. C’est une tuerie. »

Main sur le ventre, la bouche encore à moitié pleine, aucun doute sur la satisfaction que je ressens en cet instant. J’ai envie de lui dire que si jamais il change d’avis en cours de route et que Auror ne s’avère plus être son but, son ambition, il pourra toujours devenir pizzaiolo mais si je me serais permis ça avec n’importe qui là je m’abstiens. Instinctivement. Pas maintenant. Naturellement c’est une autre connerie qui sort … Faut pas trop m’en demander non plus. Quand je me détends le naturel revient au galop.

« T’es bon à marier, ça y est. »

Je lui claque l’épaule du plat de la main par-dessus le plan de travail et retourne à ma dégustation sans jamais cesser de sourire. Je me rends compte que j’avais bien plus faim que ce que je ne le pensais maintenant que mon estomac s’est dénoué de beaucoup de choses.

« Mon ventre et mes papilles te remercient chaleureusement. »

D’ailleurs, je me resserre sans plus de cérémonie. J’ai de la masse à entretenir, qu’est-ce que vous voulez. Et puis finalement, je me souviens de sa question et entreprends d’y répondre. Mes plans pour cet été …

« J’pense que je vais passer la journée avec Grand-Mère demain et jeudi c’est la Pleine Lune donc je vais sûrement passer la journée à l’eau et vendredi je végète. J’irai sans doute faire un tour à Londres ce weekend, entre autres pour voir Jill. Après j’ai trop rien de fixé. Je sais juste que je vais aller en Californie mais je sais pas encore quand et j’vais aussi sûrement partir un p’tit moment tout seul avec ma planche sous le bras pour faire le tour des spots de l’île mais idem, pas encore fixé de date. »

Je ne rentre pas dans les détails, c’est pas nécessaire.

« Sinon voir les copains, Will, surfer, faire la sieste dans le hamac, aller faire un tour dans les montagnes pour profiter de la poudreuse aussi parce que ça fait longtemps, passer du temps avec Grand-Mère et avec toi si ça te dit. Hum ! Et j’me suis mis en tête de bricoler et installer des marches en bois pour descendre du Portoloin jusqu’à la maison. Ça m’a pris tout à l’heure. Un truc simple mais ça sera toujours plus pratique pour descendre de là en étant chargé parce que le sable c'est un poil casse-gueule. Si tu veux m’aider t’es la bienvenue. Enfin si t’es ok pour qu’on fasse ça évidemment. »

C’est sa maison autant que la mienne, les décisions sont à prendre à deux.

« Ah et j’vais me faire enlever mes cicatrices. Pas celle de la Morsure, les autres. »

Celles que j’ai sur le torse, faites par de l’argent et de la main de Kyle sous l’emprise d’un Imperium dont le lanceur est aujourd’hui mort et enterré. Celles qui me rappellent chaque fois que je croise mon reflet dans un miroir que les blessures les plus tenaces sont pourtant celles qui ne se voient pas. J’ai plus envie de les voir, je veux qu’elles disparaissent. Ça fait partie de mon processus d’avancée, de ma manière de tourner la page. Et tout ça sort sur le ton de la conversation.

« Tu te souviens de Helland, le doc ? Enfin, infirmier … En réalité j’ai jamais trop capté quel poste il occupait réellement mais bref, c’est lui qui va s’occuper de mon cas. J’lui fais confiance. D’ailleurs lui et Ismaelle vont se marier. »

Aucun lien, ou presque. Disons que le fait qu’il soit si proche de cette femme que j’aime presque comme une mère pèse sans doute un peu dans la balance, plus ou moins consciemment.

« Et toi, t’as des plans ? »

Dit-il en continuant de se régaler après avoir été se chercher un verre d’eau tout en ignorant les miaulements de la chatte blanche qui réclame à ses pieds. Baguette dans la main, sort lancé sans même regarder, sa gamelle sort d’un de mes sacs et se remplie de croquettes toute seule. Les miaulements cessent, elle aussi ronronne de satisfaction en se remplissant la panse. Tel maitre, tel chat, y en a juste un des deux qui a meilleur caractère que l'autre. Je vous laisse juge.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Sam 2 Déc 2017 - 23:11

Nous savions désormais à quoi nous en tenir en ce qui concernait les prochains mois. Il avait ses plans à l’extérieur de Poudlard et j’avais les miens. Il était certain qu’être loin de mon jeune frère allait être quelque chose d’étrange, mais ce n’était pas comme si nous étions inséparables non plus. Nous avions nos moments où nous avions besoin de l’un et l’autre, mais nous pouvions également passer des semaines sans nous voir. Ces derniers mois nous l’avaient bien prouvé. Je n’avais pas souffert de son absence et j’étais quasiment certain que c’était pareil pour lui. Peut-être était-ce dû au fait que nous n’avions jamais été réellement fusionnels tous les deux. En dépit des drames familiaux que nous avions pu vivre, nos différences de personnalités penchaient sûrement dans la balance de notre détachement. Les hiboux existaient toujours pour nous mettre au courant de certaines informations et autres nouvelles. Il allait s’en tirer de son côté tout comme j’allais m’en tirer du mien.

En attendant, on pouvait toujours profiter de la présence (et des conneries) de l’autre. Après la discussion sérieuse venait le temps des choses plus légères. C’est pourquoi je bifurquai légèrement vers un sujet plus tranquille, voire même anodin : les vacances. Après tout, l’année scolaire était officiellement terminée et il n’était pas encore temps de nous séparer. Rien de mieux que de discuter des prochaines semaines autour d’une bonne pizza, non ?

« T’essaie de m’engraisser pour me foutre sur le barbec ? »

J’eus envie de lui dire que c’était lui qui mangeait les hommes à cause de son penchant sexuel et de son statut de lycanthrope, mais je me fermai la gueule et me contentai de lui sourire. Je savais à quel point il avait un estomac sans fond et je m’étais simplement douté que sa petite marche santé lui avait probablement ouvert l’appétit. Bah oui j’étais devenu un grand frère bienveillant. Dommage que les gens à qui ça aurait pu faire plaisir étaient tous morts…

« Hum … Ok. C’est une tuerie. T’es bon à marier, ça y est. »

La bouche encore pleine de sa dernière pointe de pizza, il m’offrit une tape sur l’épaule. Cette fois-ci je pouffai de rire.

- Merci. J’attendais juste ta bénédiction pour me confirmer que j’avais réussi la recette de grand-mère.

Quoique je n’eusse jamais douté de moi. Il avait simplement suffi de choisir les bons ingrédients et de suivre à la lettre le parchemin avec la recette pour compléter le tout. Grand-mère m’avait dit que la cuisson était également importante dans la réussite de la pizza, mais ce n’était pas vraiment compliqué. Ces petits cours de cuisine improvisés allaient m’être utiles pour toujours même si je n’avais jamais envisagé de me faire moi-même à manger un jour. Que ce soit à l’école ou à la maison j’avais été habitué d’être nourrit sans vraiment me soucier du reste. Seules les collations étaient de ma responsabilité. Les repas équilibrés et riches en nutriments étaient soit la tâche de mes parents, soit celles des elfes de maison, pas la mienne. Ces derniers mois ma vision de l’affaire avait changé. J’avais dû faire des efforts si je ne voulais pas dépenser tous mes galions dans des restaurants quelconques durant ma réclusion.

« Mon ventre et mes papilles te remercient chaleureusement. »
- Ça me fait plaisir, vraiment. Je préférais que tu y goûtes juste pour avoir droit à ta pluie de compliments.

Pour une fois que mon frère m’en faisait, je n’allais certainement pas cracher sur ses bons mots.

« J’pense que je vais passer la journée avec Grand-Mère demain et jeudi c’est la Pleine Lune donc je vais sûrement passer la journée à l’eau et vendredi je végète. J’irai sans doute faire un tour à Londres ce weekend, entre autres pour voir Jill. Après j’ai trop rien de fixé. Je sais juste que je vais aller en Californie mais je sais pas encore quand et j’vais aussi sûrement partir un p’tit moment tout seul avec ma planche sous le bras pour faire le tour des spots de l’île mais idem, pas encore fixé de date. Sinon voir les copains, Will, surfer, faire la sieste dans le hamac, aller faire un tour dans les montagnes pour profiter de la poudreuse aussi parce que ça fait longtemps, passer du temps avec Grand-Mère et avec toi si ça te dit. Hum ! Et j’me suis mis en tête de bricoler et installer des marches en bois pour descendre du Portoloin jusqu’à la maison. Ça m’a pris tout à l’heure. Un truc simple mais ça sera toujours plus pratique pour descendre de là en étant chargé parce que le sable c'est un poil casse-gueule. Si tu veux m’aider t’es la bienvenue. Enfin si t’es ok pour qu’on fasse ça évidemment. Ah et j’vais me faire enlever mes cicatrices. Pas celle de la Morsure, les autres. »

Euh ok.
C’était un peu plus détaillé que ce dont je m’étais imaginé.

D’abord, j’eus un pincement au cœur en entendant le prénom de Jillian sortir de sa bouche. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vue, mais c’était peut-être mieux comme ça. Moins j’en savais sur son état et son statut et plus elle était en sécurité. Je pouvais demander des nouvelles à Enzo, mais je ne le faisais pas. Je n’avais pas envie de replonger dans une nouvelle morosité alors que je me remettais à peine de la perte de Megan.

Ses plans concernant le reste des vacances étaient vagues, mais démontraient que ça allait être bien rempli, chose qui ne m’étonnait pas réellement. Enzo avait toujours su se faire un tas d’amis malgré lui et il gardait contact avec eux en dépit des vacances qui pouvaient conduire à certaines séparations. C’était tout le contraire de moi. Mes amis se comptaient sur une main et je n’avais pas gardé contact avec eux depuis que j’avais quitté Poudlard. J’ignorais même si les cousins Tveit allaient reprendre leurs études là-bas.

Pour l’effacement de ses cicatrices, j’avais élevé un sourcil en l’air. J’étais surpris qu’Enzo se soucis de quoi son physique avait l’air, mais ce n’était peut-être pas la raison pour laquelle il souhaitait se départir de ces morceaux d’histoires qui le constituait. Peut-être qu’il voulait simplement tirer un trait sur le passé et c’était sa manière à lui de le faire.

« Tu te souviens de Helland, le doc ? Enfin, infirmier … En réalité j’ai jamais trop capté quel poste il occupait réellement mais bref, c’est lui qui va s’occuper de mon cas. J’lui fais confiance. D’ailleurs lui et Ismaelle vont se marier. »

Helland, oui. Il était là lorsque…
Une image de Megan couchée dans le lit de l’infirmerie tâchée de sang me revient en tête.
Non Derek. Focus.
Mariage.
Qui ?

Je ne réagis même pas à la dernière nouvelle alors que l’éclair mental qui venait de me traverser me travaillait toujours. Comment un simple nom avait réussi à me bouleverser autant en une fraction de seconde ? Quelqu’un que j’avais à peine vu dans ma vie à Poudlard ?

« Et toi, t’as des plans ? »

J’entendis la question qu’il me posa, mais je n’eus aucune réaction. Je le sentis se lever sans vraiment le voir. À quelques pas de nous, sa chatte eut un miaulement, mais je ne tournai pas la tête vers elle. Je fixai le vide alors que l’image de Megan se dissipait peu à peu.

- J’ai pas vraiment réfléchi à la question.

Ma voix était évasive, mes yeux aussi.

Il vint se rasseoir en face de moi avant de continuer à manger la pizza avec autant d’avidité.

- J’ai eu pas mal de temps à tuer alors du coup ce que j’avais envie de faire je l’ai déjà fait. Mais je pensais sûrement rendre visite à Megan. Je ne suis pas encore allé au cimetière, mais j’aimerais le faire avant que l’école recommence. Sinon je vais probablement ouvrir mes bouquins histoire de me remettre un peu dedans et ne pas trop être perdu. J’ai pas vraiment d’autres projets.

J’haussai les épaules et je recentrai mes yeux sur lui. Je devais avoir l’air triste ou sans intérêt, mais ce n’était pas forcément le cas. Je me foutais de ne pas avoir de contacts avec les autres. Je n’avais jamais été un solitaire, mais le deuil m’avait donné le goût d’être seul. Je n’avais pas envie d’avoir l’air triste et faible devant les autres. Je me sentais mieux oui, mais il y avait des moments (comme celui-là) plus difficiles.

- Je suis d’accord pour les marches. Ce serait plus pratique surtout quand on arrive avec des courses ou des bagages. Je t’aiderai.

Je n’étais pas un bricoleur, mais je m’étais bien transformé en cuisiner alors pourquoi pas ?

- Et ouais on pourra faire quelque chose ensemble si tu veux. Je ne te suivrai peut-être pas dans les montagnes ou dans l’eau, c’est pas mon délire, mais on trouvera bien quelque chose à faire. Autre que le bricolage je parle.

On avait encore tout l’été devant nous pour y penser.
Il suffisait simplement se trouver un moment et faire aller notre imagination. Qui sait, peut-être que l’on pourrait se faire une séance cuisine ? Ça pourrait être drôle.
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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Mar 5 Déc 2017 - 13:45

J’ai … assommé mon frère. Non, en réalité je doute qu’il s’agisse de ça même si je me suis lancé dans un plan plus ou moins – trop – détaillé de ce que je compte faire de mon été. J’ai plutôt le sentiment d’avoir déclenché quelque chose à un moment, sans trop savoir quand ni comment ni pourquoi, mais je vois bien qu’il n’est plus avec moi. Je vois surtout que « l’endroit » où il se trouve n’est pas vraiment synonyme de bonheur et joie de vivre, de bons souvenirs peut-être même.

« J’ai pas vraiment réfléchi à la question. »

Il me répond, il n’est pour autant toujours pas vraiment là. Je me contente de l’observer en silence, ne sachant pas trop comment réagir. Si c’était quelqu’un d’autre je poserais sans doute la question mais quand il s’agit de Derek j’ai souvent, pour ne pas dire toujours, une part de réserve. Simplement parce que je ne sais pas comment m’y prendre. Ici mon instinct me dit de le laisser faire, le laisser venir, mais je vois bien qu’il est parti loin dans ses pensées. Evasif, absent, ça c’est certain. Perdu ? Oui, mais où ? Qu’est-ce que j’ai dit pour le plonger là-dedans ? Je pense à Megan, naturellement, parce que c’est à mon sens bien de la tristesse que je lis dans le fond de son regard.

Je continue de manger mais autant l’avouer, le cœur n’y est plus vraiment, il l’est moins en tout cas. Puis lentement, je le sens qui revient sur terre, avec moi, qu’il s’échappe du monde dans lequel il s’est retrouvé quelques instants bien que son regard reste planté dans le vide.

« J’ai eu pas mal de temps à tuer alors du coup ce que j’avais envie de faire je l’ai déjà fait. Mais je pensais sûrement rendre visite à Megan. Je ne suis pas encore allé au cimetière, mais j’aimerais le faire avant que l’école recommence. Sinon je vais probablement ouvrir mes bouquins histoire de me remettre un peu dedans et ne pas trop être perdu. J’ai pas vraiment d’autres projets. »

Je n’ai pas de réaction particulière autre que hocher la tête, lui hausse les épaules et me regarde à nouveau. Son ton est las, ça ne m’échappe pas, mais ça n’est pas ce qui me capture le plus l’attention et loin de là. Le fait qu’il verbalise sa volonté de rendre visite à Megan, qu’il parle de ça ouvertement quand bien même en affichant une sorte de détachement, voilà ce qui me saute aux yeux et sans trop savoir pourquoi, quelque part, je sens bien que ça me soulage. Je n’en montre rien, je ne veux pas prendre le risque de le braquer ou qu’il se renferme, mais les moments où Derek laisse entrevoir sa vulnérabilité sont très, très rares. Ça me permet de jauger, de savoir à peu près dans quel état il se trouve, à quel stade de son deuil il en est, et d’agir avec lui en conséquence.

« Je suis d’accord pour les marches. Ce serait plus pratique surtout quand on arrive avec des courses ou des bagages. Je t’aiderai. Et ouais on pourra faire quelque chose ensemble si tu veux. Je ne te suivrai peut-être pas dans les montagnes ou dans l’eau, c’est pas mon délire, mais on trouvera bien quelque chose à faire. Autre que le bricolage je parle. »

Nouveau hochement de tête, je termine ma dernière part de pizza et me laisse retomber dans le fond de ma chaise dans un soupir, verre d’eau à la main.

« On pourra peut-être emmener Grand-Mère en balade quelque part aussi, ça fait longtemps qu’on n’a pas fait un truc tous les trois. Je vais essayer de trouver des idées et on en reparle, ok ? Et demain soir c’est moi qui fait à manger. A mon tour de te faire rêver et de m’occuper de ta panse. »

Et de toi.

« Tu parlais de tes bouquins mais si jamais t’as besoin de quelqu’un pour t’entrainer et pratiquer, je suis ton homme. »

On n’a pas le même niveau, certes, mais je ne suis pas manchot pour autant. En plus de ça je sais me défendre, me protéger et encaisser les coups, ou les sorts. Et je n’ai pas peur d’avoir mal, aussi. Clairement je suis entrain de lui proposer d’être son punshing ball magique mais je le vis bien. Je sais qu’il n’aura pas peur d’y aller franco, qu’il ne se retiendra pas ou disons le stricte minimum, mais ça ne me fait pas peur et si je peux lui rendre service, si ça nous permet de partager un truc, alors je persiste et je signe.

« Tant que tu ne portes pas atteinte à ma déstructuration capillaire. »

Sourire en coin, celui du petit branleur qu’il connait par cœur, je me passe une main dans les cheveux et lui lance un regard presque provocateur. L’instant d’après je termine mon verre d’eau d’une traite et claque ma main sur la table en me levant.

« J’suis claqué, je vais aller me coucher, mais merci encore pour la pizza. Elle était super bonne. »

C’est la vérité. Toutes ces émotions m’ont complètement mis à plat et j’ai presque hâte de retrouver et reprendre mes marques dans ma chambre. Dans la maison de manière générale. Je prends le temps de faire ma vaisselle, l’essuyer et ranger tout ça à sa place, le temps de choper Lune pour lui faire quelques misères – des grattouilles, des bisous, ce genre de trucs qu’elle adore mais seulement quand elle l’a décidé – avant qu’elle ne s’échappe par la chatière pour aller passer le reste de la nuit à chasser. Et moi c’est la direction des escaliers que je prends, d’un pas tranquille, jusqu’à m’arrêter aux pieds, une main sur la rambarde et la tête légèrement tournée vers l’arrière.

« Je sais que c’est pas tellement ton genre et qu’on n’a jamais vraiment fonctionné comme ça toi et moi mais si t’as besoin de parler, ou de quoi que ce soit, je suis là. N’hésite pas. »

Je n’attends pas plus …

« Bonne nuit. »

… et dans un vague sourire un peu gêné – parce que faut pas croire, j’suis pas plus à l’aise que lui dans la démarche même si elle est sincère – je monte les marches et m’enferme dans ma chambre. Mon premier réflexe ? Balancer mon sweat sur mon lit, ouvrir la fenêtre et me poser quelques minutes sur le balcon pour écouter encore une fois le bruit du ressac et profiter du calme de la nuit en fermant les yeux. Deuxième réflexe : M’affaler sur mon lit, prendre mon téléphone et appeler William qui décroche après quelques sonneries.

« Ça va ? J’te manque pas trop ? »

Il ne voit pas mon sourire bien sûr mais il le devine et entre dans mon jeu, me balançant qu’il ne voit pas du tout qui je suis ni pourquoi je l’appelle. Je lui raconte le déroulé des retrouvailles avec le frangin, lui me parle de ses parents, ses palmiers, son soleil … et je finis par m’endormir au bout d’un moment, le téléphone contre l’oreille et mon petit ami au bout du « fil » …

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MessageSujet: Re: [AUSTRALIE] Home sweet home ▬ Derek   Jeu 7 Déc 2017 - 20:32

Une petite discussion entre frangins. Tout ce qui avait de plus normal. Pourtant cette normalité m’était étrangère. Il était si rare que nous parvenions à parler comme des êtres civilisés (en particulier dans cette maison) que j’avais l’impression de flotter dans un monde parallèle. Nous étions là, lui entrain de s’empiffrer de pizza et moi à m’égarer sur un souvenir douloureux tandis que le sujet des vacances se trouvait au cœur de notre conversation. Si son été allait être chargé, le mien promettait d’être plus tranquille. Entre mes envies de me replonger dans le bain de la 10ième année que je n’avais jamais terminée et celle d’aller me balader dans un cimetière d’un village perdu en Angleterre, mes vacances s’annonçaient tranquilles. Je gardais l’esprit ouvert concernant d’éventuelles sorties ou autres surprises du genre, mais je n’avais pas tellement envie d’aller me promener à l’autre bout de la planète pour profiter d’un paysage quelconque. Je n’étais pas à la recherche d’aventures. Je n’avais pas envie de voir des personnes en particulier. Peut-être était-ce parce qu’une partie de moi avait muri ou simplement parce que je ne me sentais pas encore assez prêt pour affronter le monde entier.

Cela ne voulait pas dire que je n’étais pas d’accord pour faire une sortie en famille. Loin de la même.

« On pourra peut-être emmener Grand-Mère en balade quelque part aussi, ça fait longtemps qu’on n’a pas fait un truc tous les trois. Je vais essayer de trouver des idées et on en reparle, ok ? Et demain soir c’est moi qui fait à manger. A mon tour de te faire rêver et de m’occuper de ta panse. »
- Ouais d’accord ça pourrait être sympa. Elle m’avait aussi parlé de faire un truc à trois pendant que tu étais encore au château. J’essaierai de trouver des idées aussi de mon côté. Et… J’ai vraiment hâte de voir ce que tu vas me préparer.

Je lui offris un sourire sincère. J’ignorais comment il se débrouillait en cuisine, mais si ça se trouvait il avait lui aussi appris quelques petites choses essentielles de son côté.

« Tu parlais de tes bouquins mais si jamais t’as besoin de quelqu’un pour t’entrainer et pratiquer, je suis ton homme. Tant que tu ne portes pas atteinte à ma déstructuration capillaire. »

Cette fois-ci, mes yeux s’ouvrirent grands.
J’avais vraiment compris ce qu’il venait de me dire ou j’étais entrain d’halluciner ?

- Attends… T’es sérieux là ? Tu me donne vraiment le droit de pouvoir pratiquer sur toi ? Dans le sens de pouvoir te balancer plein de sortilèges et contrattaquer mes sorts ?!

J’étais comme un gamin le matin de Noël. J’avais déjà attaqué mon frère par le passé, mais ce n’avait jamais été consenti. Disons plus que c’était plus de l’intimidation qu’autre chose. Avoir la possibilité de pouvoir recommencer tout en aillant son accord c’était… Un cadeau, carrément.

- Ce n’est pas moi qui va dire non ! C’est certain qu’on se fera un entraînement ou deux quand tu auras le temps cet été.

Je marquais déjà ça sur mon calendrier.
En attendant…

« J’suis claqué, je vais aller me coucher, mais merci encore pour la pizza. Elle était super bonne. »

Il s’était levé et je l’avais suivi dans son mouvement.

- De rien, ça m’a fait plaisir.

Et ça venait du cœur pour une fois.

Je le regardai s’activer d’une manière absente tandis qu’il prenait soin de nettoyer sa vaisselle. Mon esprit s’était égaré sur la manière dont j’allais m’occuper pour le reste de la soirée. Je n’étais pas vraiment fatigué et aller rejoindre mon lit n’était pas une priorité. C’était le moment idéal pour ouvrir les bouquins. Je vis mon frère s’éloigner vers les escaliers qui menaient à l’étage lorsqu’il s’arrêta au pied de la première marche.

« Je sais que c’est pas tellement ton genre et qu’on n’a jamais vraiment fonctionné comme ça toi et moi mais si t’as besoin de parler, ou de quoi que ce soit, je suis là. N’hésite pas. Bonne nuit. »

Je lui fis un petit signe de tête. Je prenais son invitation. Qui sait, peut-être qu’un jour j’allais être capable de m’ouvrir à lui comme il parvenait parfois à le faire.

- D’accord. Bonne nuit.

Je lui fis un dernier signe de la main et je le vis disparaître tandis qu’il montait les escaliers.

Je bougeai à mon tour avant de me diriger aussi dans ma chambre. Je choisissais le premier livre sur lequel je tombai avant d’observer le titre. Un bouquin de potions. Je m’installai à mon bureau de travail avant de pousser un soupir et d’ouvrir le livre pour en reprendre ma lecture. Je sorti également un rouleau de parchemin vierge ainsi que mon encrier et ma plus récente plume afin de prendre des notes. Rattraper cette année n’allait pas être de tout repos, mais je comptais la reprendre en main avec des résultats exemplaires.

THE END
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