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 Speed of Sound [PV Kezabel]

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MessageSujet: Speed of Sound [PV Kezabel]   Dim 15 Oct 2017 - 17:42

~ Lundi 13 juillet – Début d’après-midi ~


Vacances. Cette fois encore les portes de l’école s’étaient ouvertes laissant la possibilité à la masse des élèves de sortir de l’école et de prendre du bon temps. Pour combien de temps ? La vraie question était là. Emily n’arrivait toujours pas à prendre de décision à ce sujet. Cette école n’était pas aussi sécurisée qu’elle avait pu l’être à une époque et recelait de nombreux souvenirs douloureux. Mais était-elle vraiment aussi dangereuse que le reste du monde ? Y avait-il un seul endroit où elle pouvait prétendre en sécurité ? Et que pouvait-elle faire en dehors de ce lieu ? Là-bas, elle recevait quelques cours, elle avait des amis, des connaissances, elle n’était pas seule. Alors oui, elle était perdue à ce sujet. Dans l’esprit de Cameron c’était bien plus clair et elle le comprenait même si là encore, elle refusait d’admettre. Il n’était pas possible à ses yeux qu’ils puissent être séparés à un moment ou un autre. Ils survivaient ensemble depuis le début, il était son point de repère. Elle n’avait nullement envie de vivre loin de lui. Alors elle penserait à tout ça plus tard, lorsqu’elle n’aurait vraiment plus le choix même si de nombreux éléments la poussaient à ouvrir les yeux.

Les deux frangins avaient tout de même quitté l’école ensemble pour trouver refuge chez Jillian et Kyle. Ce n’était pas la première fois et c’était comme une routine. Emily fut ravie de retrouver Kyle et de passer un peu de temps à discuter avec lui. Elle prit aussi du temps pour se promener dans la ville, découvrir, visiter. Pour autant, alors que Cameron lui cherchait des appartements et pensait à son avenir professionnel, il y avait autre chose qui tambourinait dans la tête d’Emily. Un visage qui venait régulièrement s’imposer à elle. Kezabel. Les deux jeunes femmes étaient partis en vacances avec la ferme intention de se voir, de passer du temps ensemble. Pour autant, il y avait un sujet qu’Ems avait soigneusement évité jusque-là : la grossesse de la jeune femme. Après son échange avec Cameron à ce sujet, la cracmolle s’était rendue compte qu’elle ne pouvait pas prendre de décision irréfléchie, qu’elle devait à ce sujet se comporter en adulte. Pour autant, jusqu’à maintenant, elle s’était contentée de se dire qu’elle souhaitait être avec Kezabel bien qu’elle ne soit pas prête à s’occuper d’un enfant. Alors elle essayait de se convaincre qu’elles pourraient continuer leur histoire ainsi ad vita eternam. Seulement, maintenant qu’elle était en dehors de Poudlard, c’était comme si sa petite bulle était en train de se fendiller. Ça ne pouvait pas être aussi simple. Elle aurait aimé mais il était certain qu’une fois le bébé présent, les choses seraient différentes. Il allait falloir qu’elles parlent. Emily devait se rendre à l’évidence, elle et Kezabel allaient devoir avoir une discussion sérieuse et cette idée l’effrayait légèrement.

La matinée était déjà un peu avancée quand son téléphone sonna. Emily était assise dans un canapé, en train de bouquiner tranquillement. Elle avait récupéré un téléphone portable en arrivant à Londres et s’était empressé de transmettre son numéro à Kezabel. Les jeunes femmes avaient régulièrement échangé des messages mais cela faisait quelques temps que la Poufsouffle était plus discrète. Si cela avait pas mal torturé l’esprit d’Emily, elle s’était jurée de ne pas paniquer pour rien et de laisser de l’air à la jeune femme. Cependant, quand elle vit le numéro de Keza s’afficher sur son téléphone, elle décrocha aussitôt. Un sourire naquit sur ses lèvres lorsqu’elle entendit sa voix. Pourtant, lorsque cette dernière lui annonça qu’elle devait lui parler, de nombreuses questions s’agitèrent dans l’esprit d’Ems. Elle fit cependant de son mieux pour ne pas le faire sentir et finalement, les deux jeunes femmes se donnèrent rendez-vous dans l’après-midi.

15h. Emily était assise sur le rebord en pierre qui logeait les bords de la Tamise. Ses jambes s’agitaient au-dessus du vide et son regard lui alternait entre la droite et la gauche, à la recherche de Kezabel. Elle était arrivée en avance, incapable de tenir en place chez Jillian et Kyle. Une cigarette entre les doigts, elle essayait de se concentrer sur le paysage qui s’offrait à elle pour ne pas regarder l’heure toutes les trois secondes mais ce n’était pas un exercice évident. Elle ne tenait pas en place alors que de nombreuses émotions contradictoires s’agitaient en elle. Sa cigarette fut consumée bien trop vite et le mouvement de ses jambes se fit de plus en plus rapide. Jusqu’à ce que…

« Hé Keza ! »

Emily avait levé le bras de manière un peu brusque pour signaler sa présence à Kezabel qu’elle avait distinguée entre d’autres silhouettes. La jeune femme descendit alors de son perchoir en vitesse pour partir à la rencontre de Keza qui avait elle aussi posé son regard sur elle. Son premier réflexe lorsqu’elle fut à son hauteur fut de déposer un baiser sur ses lèvres. Le fait qu’elles soient en public ne lui posait aucun souci. Non, elle aurait pu hésiter se demandant ce que Kezabel avait à lui dire mais l’envie était trop forte. D’ailleurs, malgré la multitude d’interrogations, un sourire franc et lumineux s’était dessiné sur les lèvres de la métisse.

« Comment tu vas ? Tu es très jolie aujourd’hui en tout cas. »

Ems tu t’affoles et t’as plus de filtre. Respire et calme ce rythme cardiaque qui devient de plus en plus rapide. Entre la joie, l’appréhension, la tension, la force des sentiments… Impossible de trier. Il n’en restait pas moins que le plaisir de revoir Kezabel demeurait l’émotion la plus forte.
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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Lun 23 Oct 2017 - 13:25

►Speed of sound◄
Emily & Kezabel


Lundi 13 Juillet – Matinée

Allongée sur mon lit, mes doigts gratouille distraitement le pelage d’Astrée alors que je fixe le plafond depuis plusieurs minutes, sans rien faire d’autres que de réfléchir, à tout, à rien. A Noah, aux adieux manqués, à Riley et tout le soutient qu’elle m’a apportée une semaine plus tôt et qu’elle m’apporte encore… Je ne sais pas si j’aurai réussi à franchir ce cap sans son aide, sans sa présence. Je ne sais pas où j’en serais si elle n’était pas là, si plus d’un an plutôt nous ne nous étions pas liées d’amitiés dans cette forêt lugubre. Je pense à mon père et à Adam qui ne cessent de m’accorder des regards inquiets depuis quelques jours, comme s’ils pouvaient sentir que quelque chose merdait, que je portais le poids d’un mensonge que je refuse d’admettre avec acharnement. Seule Shannon semble comprendre mon besoin d’espace, de liberté, se faisant plus discrète, poussant mon père à en faire de même… Je ne leur en veux pas. Je me met à leur place et je pense que je serais tout aussi inquiète si ma fille se comportait de la même façon que moi après des mois d’absences.
Ma fille.
Cette idée me tord l’estomac. J’ai fait le bon choix, je le sais. Il ne pouvait en être autrement, pas avec les circonstances et ma situation… Et une pensée en entraine une autre, un visage laisse place à d’autres traits plus apaisants, plus réconfortants.

Je cherche mon portable sur ma table de chevet et fait défiler d’un mouvement du pouce l’écran jusqu’à celui de mon répertoire où je m’arrête sur le prénom d’Emily.
Ca fait plusieurs jours que je ne lui ai pas donné de nouvelles, tout comme ça fait plusieurs jours qu’elle respecte mon silence. J’avais besoin d’espace pour me remettre de cet avortement, me remettre les idées en place tout court. Mais maintenant ? J’ai besoin de la voir… de lui dire la vérité, aussi. De lui faire comprendre que tout ça est réglé et que je suis peut-être enfin prête à poursuivre quelque chose que nous avons si joliment commencé à l’école. Parce que tout ça en vaut la peine.

Je lance l’appel, elle décroche et sa voix me procure une douce chaleur au creux du ventre jusque dans les doigts, laissant spontanément apparaitre un sourire sur mes lèvres. La conversation prend naturellement, comme si nous ne nous étions jamais quittées et nous nous donnons rendez-vous dans l’après-midi, près de la Tamise. Pour enfin se revoir depuis le début des vacances.
L’appel terminé, je laisse retomber mon portable sur mon lit, mon autre main toujours entrain de papouiller Astrée qui ne cesse de dormir à mes côtés.
Pour la première fois depuis plus de dix jours, j’ai l’impression de me sentir plus légère.

¥

Lundi 13 Juillet – Milieu d’après-midi

Encore une fois, pas de transplanage mais les transports en commun, pour profiter du beau temps et de la vie qui s’active tout autour de nous. Londres m’avait terriblement manqué, sa population avec. Les magasins, les bars, les restaurants, les parcs… tout ce qui nous manquait à l’école, un retour à la réalité qui continuait sans nous.
Robe légère sur le dos, je ne regrette pas de m’être laissé aller vu le beau temps que le ciel Londonien nous offre. Je ne sais pas si c’est le soleil qui me fait cet effet mais j’ai l’impression de me sentir plus légère, moins morose et angoissée que je n’ai pu l’être ces derniers jours. Et lorsque j’aperçois la silhouette d’Emily assise sur les rebords de pierre, mon cœur s’accélère et je prends conscience à quel point elle m’avait manquée.

- Hé Keza !

C’est avec un large sourire que je retrouve la jeune femme, pressant aussitôt le pas. Plus d’une semaine que l’on ne s’était pas vu, se laissant mutuellement avec des questions, des doutes et des craintes et… maintenant tout me parait presque plus simple. Mon cœur s’allège un peu plus lorsqu’Emily dépose un baiser sur mes lèvres, sans prévenir, avec une spontanéité qui me rendrait presque fébrile.

- Comment tu vas ? Tu es très jolie aujourd’hui en tout cas.

Je lâche un rire amusé, touchée par ce qu’elle vient de me dire. Ses yeux brillent, son sourire ne fait qu’agrandir le mien. Comment est-ce que j’aurai pu passer à côté de tout ça, à côté de tout ce qu’elle me fait ressentir en cette seconde ? Emily me provoque une multitude de choses aussi positives les unes que les autres et de la revoir là, dans un contexte différent de l’école ne fait que me convaincre que je ne veux pas faire une croix sur elle, sur ce que nous avons construit.

- Ca va beaucoup mieux maintenant. Et toi ? Je la contemple quelques secondes, souriante. Et vous l’êtes tout autant Miss Anthon.

J’accentue mes mots, sa main dans la mienne pour lever son bras, comme pour mettre aux yeux du monde ce qu’elle est en toute simplicité. Je lâche un rire amusé, nouant mes doigts aux siens pour revenir vers elle et la prendre dans mes bras, logeant mon visage dans son cou, mes deux bras autour d’elle. Je profite de ce moment de tendresse que je nous offre, soudainement prise d’une envie de pleurer. De joie, je crois. De soulagement peut-être. Avec une petite pointe de tristesse que je n’admettrais pas.

- Tu m’as manquée.

Un murmure qu’Emily seule peut entendre avant que je ne vienne trouver ses lèvres pour un échange plus long, plus tendre, finissant par m’écarter légèrement, mes bras toujours autour de son cou.

- Je te connais, je sais que tu te poses un million de question sur ce dont je veux te parler. J’esquisse un sourire un peu gêné, m’écartant cette fois définitivement pour lui laisser un peu d’espace. Viens, il y a un parc pas loin où l’on pourra discuter.

Je glisse ma main dans la sienne et l’entraine rapidement vers Battersea Park où nous trouvons un coin reculé de tous, dans un renfoncement d’arbre alors que plusieurs joggers courent le long de la tamise et que des familles s’y baladent également. Ici, nous sommes tranquilles, nous pouvons discuter de tout sans être dérangé. D’autant plus que je ne veux pas lui infliger cette attente plus longtemps. Je ne suis pas stupide et je commence à bien la connaitre, je sais qu’elle doit se poser mille questions sur la grossesse, sur mes choix, les siens et que si je lui ai demandé de venir ici cette après-midi ça n’est pas seulement pour le plaisir de la revoir.
Nous nous asseyons sur l’herbe, je reste à proximité d’Emily me mettant légèrement en face d’elle.

- Je ne vais pas te faire attendre plus longtemps. Sourire désolée, j’enchaine. D’abord je voulais m’excuser pour le silence radio des derniers jours mais j’avais besoin de remettre certaines choses en place, d’un peu d’espace pour faire le point. Merci d’avoir respectée ça.

Ma main glisse sur la sienne que je serre entre ma paume. Tout le monde n’aurait pas compris, certains auraient chercher, fouiner, insister sans vraiment comprendre que j’avais juste besoin de me retrouver pour ne pas faire les choses de la mauvaise façon. Je ne remercierais jamais assez Emily pour l’avoir compris et d’avoir su restée à sa place.
Je prends une légère inspiration en glissant mes deux mains sur mes genoux, ramenant une mèche de cheveux de mon chignon derrière mon oreille.

- La deuxième chose, c’est que j’ai pris ma décision concernant la grossesse… je me gratte machinalement le front, nerveuse. Je sais que je t’avais laissé entendre que je la mènerais certainement jusqu’au bout mais certaines circonstances m’ont faite changer d’avis.

Des circonstances plus que décisives, autant être honnête.

- J’y ai mis un terme au début des vacances. Sourire tremblant au coin des lèvres, le fait d’en parler reste encore douloureux malgré tout. D’où mon silence… J’avais besoin d’un peu de temps pour l’accepter mais c’est terminé.

Terminé. Plus de grossesse, plus d’enfant à la clé. Et quand bien même je sais que c’est la meilleure décision que j’ai prise, je ne peux m’empêcher de ressentir une pointe douloureuse au creux du cœur et du ventre. Douleur que je dissimule derrière un sourire rassurant, laissant entendre à Emily qu’elle possédait désormais toutes les cartes en mains nous concernant, si elle souhaite bien évidemment poursuivre tout ça sur un plus long terme..

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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Lun 23 Oct 2017 - 14:59

Revoir Kezabel s’était laissé s’emballer les multiples émotions qu’elle avait en elle depuis plusieurs jours maintenant. C’était effrayant, intense et pourtant, Emily n’aurait aimé être ailleurs pour rien au monde. La revoir, souriante, debout, c’était déjà un immense soulagement. Elle avait respecté son silence oui mais dans son esprit ça avait fusé à toute allure. Et puis, surtout, au-delà de tout ça, elle lui avait manqué. Lorsqu’elle attrapa sa main pour lever son bras et lui dire qu’elle aussi était jolie, Emily accompagna son rire de bon cœur. Au fond, cela la touchait d’entendre ça. Ems n’était pas en conflit avec elle-même, avec son corps mais il arrivait parfois qu’elle ne l’accepte pas complètement. Dans les yeux de Kezabel elle se sentait belle et ça, c’était une bouffée d’air énorme. Et puis, enfin, être dans ses bras. Emily la serra fort contre elle. Quelque chose lui disait qu’elle devait le faire, que Keza avait besoin de ça. Elle sourit en l’entendant lui dire qu’elle lui avait manqué.

« Toi aussi… »

Deux murmures échangés, loin de tout, comme si elles étaient seules. Et puis un baiser. Ems ferma les yeux et se laissa aller à cet échange plein de tendresse. Pendant quelques instants elle n’était plus à Londres au bord de la Tamise mais dans une autre dimension avec pour seule compagnie Kezabel. Elles seules contre le reste du monde. Si ça ne tenait qu’à la cracmolle, elle serait restait ainsi encore et encore pourtant lorsque la jolie blonde se détacha d’elle elle ne résista pas, laissant son regard se perdre sur son visage puis dans ses yeux. Est-ce qu’elle se posait des millions de questions ? Bien sûr que oui. Pour autant, elle avait peur de les prononcer, d’affronter les conclusions qu’elles pourraient amener. Alors Ems se contenta d’hocher la tête et d’attraper la main de Kezabel alors qu’elle l’entraînait vers le parc. Une partie de la jeune femme aurait aimé pouvoir mettre tout ça de côté pendant un temps. Elle aurait aimé la prendre encore une fois dans ses bras, l’embrasser de nouveau et ne pas avoir de conversation qui pourrait tout changer. Ems voulait juste sentir qu’elle et Kezabel n’étaient qu’une au moins pour quelques temps encore… Mais elle suivit sans opposer la moindre résistance. Emily s’assit à côté de Kezabel, affichant un sourire légèrement crispé. Pas un mot. Ce n’était pas elle de commencer, elle devait écouter.

« C’est normal… »

Emily afficha un sourire compréhensif. Elle aurait aimé faire une petite blague, dire que c’était surprenant de sa part, qu’elle avait su contrôler son anxiété habituelle mais rien ne sortit. Elle sentait bien qu’il y avait autre chose à venir. Quelque chose de plus lourd, quelque chose qui n’appellerait certainement pas de petite plaisanterie. Alors, après avoir serré la main de Kezabel dans la sienne, elle la laissa filer, sentant bien qu’elle était mal à l’aise. Il devait se passer bien des choses dans sa tête. Emily tritura son paquet de cigarettes dans sa poche mais ne le sortit pas. En entendant le mot grossesse, Emily sentit chacun de ses muscles se raidir, sa respiration se bloqua sans même qu’elle ne s’en rende compte. Pourtant, elle ne fit pas un geste, pas un mouvement. Elle était suspendue aux lèvres de Kezabel. Quelque chose l’avait fait changer d’avis ? Son cœur rata un battement. Et puis les mots tombèrent, comme un couperet. Emily sentit son cœur repartir soudainement mais vite, bien trop vite.

« Oh… »

Ce n’était pas une réponse satisfaisante pourtant, complètement sidérée par ce qu’elle venait d’entendre c’était la seule chose qu’Emily avait été capable de dire, d’articuler. Un simple son. Elle regarda Kezabel quelques secondes avant de réussir à se secouer, à reprendre le dessus. Elle ne pouvait pas rester là comme ça sans rien dire face à ce qu’elle venait de lui dire.

« Je… Enfin… Comment tu vas ? »

Emily tendit alors une main qu’elle vint poser délicatement sur celle de Kezabel. Elle avait terriblement envie de la prendre dans ses bras pourtant, elle se retint. Elle ne savait pas qu’elle voulait et surtout, elle ne voulait pas empiéter sur son espace vital. Ems ne pouvait le nier, elle avait ressenti une énorme joie en entendant ça. Pourtant, cette joie était coupable. Coupable parce qu’il était certain que prendre une telle décision n’était jamais simple, que ce qui avait fait changer d’avis à Keza n’était pas anodin… Bref, la jeune femme en face d’elle était sans doute en train de vivre une épreuve difficile et elle n’avait pas le droit de sauter de joie. De se réjouir. Même si au fond d’elle, elle savait que cela signifiait que leur histoire avait une nouvelle chance. Ems s’était dit qu’elle ferait de son mieux pour rester avec elle en dépit du bébé, sans y faire attention. Mais ça n’aurait jamais marché jusqu’au bout et maintenant que l’enfant n’était plus dans l’équation, elle y voyait beaucoup plus clair. Pour autant, elle n’avait pas le droit de laisser la place à ses propres émotions, pas pour le moment.

« J’imagine que ça n’a pas dû être simple… Si tu veux en parler je suis là mais si tu préfères ne rien me dire, je comprendrais aussi. »

Bien sûr qu’Emily avait envie de savoir, de comprendre. En elle c’était un flou total, un mélange d’émotion. Son empathie lui faisait ressentir la détresse de Kezabel et en même temps, elle sentait enfin l’horizon se dégager pour elle. Elle était secouée par cette nouvelle mais au final, elle savait qu’il en ressortirait du positif. Pour Keza, c’était plus complexe, la route serait sans doute plus longue. Mais Emily ne la lâcherait pas. Ça elle pouvait l’assumer, elle le savait. Elle avait les épaules pour ça, la force nécessaire pour la tenir à bout de bras si c’était nécessaire. Elle avait envie de se battre pour elle et si pour cela elle devait rester dans l’ignorance alors elle l’acceptait sans souci. Emily sentait que pour Kezabel, elle était prête à mettre de côté bien des choses, qu’elle pouvait moduler certains aspects de sa personnalité.

« Est-ce que je peux te prendre dans mes bras ? »

Emily avait parlé d’une voix douce. Elle avait envie d’accueillir Kezabel contre elle, de pouvoir passer sa main dans ses cheveux, la rassurer, lui dire que ça irait, qu’elle avait la force en elle pour survivre à tout ça. Elle voulait lui faire sentir qu’elle était là pour elle mais ne voulait pas s’imposer. Elle avait pris sur elle pour ne pas suivre uniquement ses impulsions et être toujours à l’écoute de Keza. Elle lui devait bien ça…
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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Lun 23 Oct 2017 - 18:51

Compréhensive, à l’écoute, patiente. Emily représente autant de caractéristique qui m’apaise, dont j’ai besoin en cet instant. Elle ne m’interrompt, me laisse lui expliquer la situation pour qu’elle comprenne un minimum ce qu’il se trame parce que ça a toujours été comme ça entre nous. Pas forcément de secret, un dialogue ouvert et du temps pour s’apprivoiser. Mais je sais que cette fois, les choses sont différentes pour nous deux. Ma grossesse a été un sujet qui a été … volontairement mit de côté entre elle et moi, peut-être par peur de devoir accepter une vérité que nous ne voulions pas voir, que nous avions peur de regarder en face. Une vérité qui nous aurait peut-être mener aujourd’hui à ne pas nous retrouver… Je sais que ça lui a foutu la trouille, une personne normale se serait certainement tirée comme un fou pour ne pas avoir à subir cette responsabilité indirectement donnée. Mais pas Emily… J’ai senti une résistance tout en la conservant auprès de moi.
Mais aujourd’hui, les choses changent et même si j’ai encore du mal à m’y faire, même si je digère à peine la situation, j’ose espérer que tout bougera dans le bon sang.

- Oh…

Je reste silencieuse, la regarde, attends. Stressée, certes, mais j’essaie d’être patiente pour qu’elle-même puisse comprendre ce qu’il vient de se passer, ce que je viens de lui dire et d’indirectement lui faire comprendre.

- Je… Enfin… Comment tu vas ?

Sa main sur la mienne me serre le cœur, me comprime l’estomac et de nouvelles larmes menacent de surgir alors que je déglutis en silence.
Comment je vais ? Je ne sais plus très bien. Trop de choses se sont produites en trop peu de temps et j’ai énormément de mal à faire le tri entre tout ce qu’il s’est passé depuis. Cette grossesse a été un uppercut d’une violence inouïe qui a, du jour au lendemain, chamboulé tout mon avenir. J’ai commencé à tracer ce dernier en fonction d’un futur enfant, d’imaginer quelle serait ma vie si j’acceptais le coup du sort qui venait de me tomber dessus… Je suis passé de tout ça à une brutale liberté de conscience, à un vide et un quotidien où je n’ai plus à me demander comment j’envisage cet avenir que j’avais moi-même biaisé.

Mon esprit se recentre sur Emily, j’hausse les épaules, sourire tremblant aux lèvres.

- Ca va, ça va, t’en fais pas. Il me faut juste encore un peu de temps je crois.

J’en suis même certaine. Suffit de voir mes cauchemars, de voir à quel point ça me tourmente à longueur de journée.

- J’imagine que ça n’a pas dû être simple… Si tu veux en parler je suis là mais si tu préfères ne rien me dire, je comprendrais aussi.

Je lève mon regard vers elle et comprend à quel point j’ai de la chance de l’avoir à mes côtés, d’être tombé sur elle. Emily aurait tellement pu m’envoyer me faire foutre avec mes histoires à la con et mes problèmes, elle aurait pu dès le début me mettre un stop et me demander de tout arrêter. Et quand bien même j’en aurai cruellement souffert, je n’aurai pu que comprendre sa réaction.
Et pourtant ? Elle est encore là. Toujours
Je ne sais pas si je rêve ou si je fabule mais j’ai la sensation de percevoir une nouvelle étincelle au fond de son regard. Je ne serais pas surprise si elle était soulagée d’apprendre qu’il n’y aurai plus le poids de la grossesse entre elle et moi, je ne pourrais que comprendre mais pourtant, elle ne dit rien. Respectant ma propre douleur.

- Est-ce que je peux te prendre dans mes bras ?

Mon regard se redresse vers elle, surprise. Ce n’est que maintenant que je prends conscience qu’une première larme s’échappe sur ma joue, que mes mains se crispent entre elles et que j’ai la mâchoire serrée pour ne pas exploser en sanglot comme une enfant de dix ans.

- Je n’attends que ça, Ems.

Ses bras se referment presque aussitôt sur moi et je m’y accroche, en douceur, poussant un soupir de soulagement face à ce contact rassurant, réconfortant. Je me rapproche de manière à être caler contre elle, ma tête dans son cou et laisse les larmes s’échapper toutes seules, en silence. Je profite de ce contact chaud, bienveillant et la serre un peu plus fort contre moi.
Elle m’a manquée. Cruellement. Je ne pensais pas à ce point mais de l’avoir à mes côtés en cet instant précis alors que ma vie est un vrai foutoir me fais prendre conscience que mes sentiments ont bien plus évolués que je ne voudrais l’admettre.
Je reste blotti là, acceptant cette forme de soutient, me laissant aller jusqu’à me sentir plus apaisée. Je n’sais pas combien de temps nous restons comme ça mais peu importe, je m’en fou, je veux juste profiter de la présence d’Emily.
Je finis par m’écarter légèrement, essuyant d’une main tremblante les dernières larmes sur mes joues tout en restant près d’elle, sans réellement rompre le contact.

- Désolée… J’ai encore un peu de mal à m’y faire. C’est con parce que c’est mon choix. Il me faut juste un peu de temps pour digérer tout ça mais dans l’ensemble… Ça va.

Je ne suis pas à plaindre non plus, certaines femmes ayant des conditions bien plus compliqué que la mienne. Et puis, la situation est tout simplement de ma faute, j’ai merdé, mal réfléchis et mal envisagé.

- Riley était avec moi donc ça a rendu la situation un peu moins dure que ça ne devrait l’être. Je plonge mon regard dans le sien avant de poursuivre. Je ne sais pas pourquoi je me suis mise en tête de le garder mais c’était … stupide. J’ai aucune situation, je n’ai pas fini mes études, je n’ai que 21 ans et un tas de chose à vivre encore. Ma colloc’ et mon tour du monde avec Riley, mes projets d’études…

Toi.

- J’ai appris la mort d’un ami, le père de… Je montre machinalement mon ventre, incapable de dire bébé. Bref. Je crois que ça m’a aidé à me remettre les idées en place même si j’avais déjà plus ou moins pris conscience que j’étais entrain de faire une belle connerie.

Je n’ai aucune honte à le dire ou à l’assumer. Je ne suis pas parfaite, je ne suis pas la nana qui prend toujours les meilleures décisions. Preuve en est aujourd’hui où j’ai complètement foiré sur ce coup-là.

- Tout comme ça aurait été une belle connerie de faire une croix sur toi. Mon regard se braque dans le sien alors que je cherche l’une de ses mains, nouant mes doigts au sien. Je sais qu’à terme les choses n’auraient peut-être plus fonctionnées et je ne veux plus l’envisager. J’ai besoin de toi, j’aime être avec toi Emily et je n’ai pas envie de te laisser partir. Encore moins maintenant.

Encore moins maintenant que les choses se sont clarifiées, que nous n’avons plus cette histoire de grossesse qui vient parasiter notre relation. Une de mes mains glissent sur sa joue et mes lèvres trouvent les siennes, spontanément, presque avec un soulagement. Je m’y attarde, goutant de nouveau à cette sensation de douceur, de bien être, qui se mue lentement en une passion qui m’avait manqué et que je n’avais pas ressenti depuis plusieurs jours, voire semaines, l’esprit trop occupé et focalisé sur des choses négatives. Mon cœur accélère, ma main glisse dans son cou pour maintenir en douceur ce contact qui me fait sentir légère, bien, vivante, tout simplement.
Une sorte de sanctuaire de paix que la jeune femme m’offre sans compter.
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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Lun 23 Oct 2017 - 22:02

Pour une fois, Emily avait envie de remettre la parole de Kezabel en doute. Alors que cette dernière était en train de lui dire qu’elle allait bien, qu’elle avait juste besoin de temps, la cracmolle sentit un doute s’étendre en elle. Bien sûr que le temps aurait un effet positif sur sa souffrance, Ems ne remettait en aucun cas cela en cause. Mais elle sentait qu’elle n’allait pas aussi bien qu’elle voulait le faire croire et le contraire aurait d’ailleurs été étonnant. Elle ne voulait sans doute pas s’apitoyer sur son sort, ne pas affoler Emily. Mais aux yeux de cette dernière, il semblait impossible qu’elle puisse aller réellement bien. Pour autant, elle n’insista pas, pas immédiatement. Kezabel se confierait plus amplement quand elle en sentirait le besoin, ou la force peut être. Avant ça, Ems voulait lui montrer qu’elle était là, présente. Qu’en aucun cas elle ne la laisserait seule face à cette épreuve, de la manière dont elle le souhaitait. Alors, en douceur, sans être intrusive, Emily lui avait demandé si elle pouvait la prendre dans ses bras. Elle en mourrait d’envie, c’était le premier instinct qu’elle avait eu mais qu’elle n’avait pas osé laisser parler. Mais maintenant que la jeune femme lui donnait le feu vert, il n’y avait plus de raison de résister. Elle l’attira alors doucement à elle et la serra tendrement dans ses bras. L’un autour de son corps, l’autre qui venait se perdre dans ses cheveux, l’avant-bras devant son visage comme pour la protéger de l’horreur du monde. Elle la tint contre elle alors qu’elle sentait les sanglots monter. Emily déposa de temps en temps des baisers sur son crâne, laissant sa main caresser tendrement ses cheveux. Quelques mots réconfortants. Beaucoup de douceur. Le temps s’efface.

Quand finalement Kezabel se détache d’elle, Emily posa un regard tendre sur elle, affichant un sourire qui se voulait rassurant. Elle l’aida à essuyer les dernières larmes mais fronça légèrement les sourcils en l’entendant dire qu’elle allait bien une fois de plus et surtout, qu’elle s’excusait de s’être laissée aller l’espace de quelques instants.

« Tu as aussi le droit de ne pas aller bien qu’importe que ce soit justifié ou non à tes yeux. »

Le ton d’Emily était ferme parce qu’elle voulait que Kezabel comprenne cela, que jamais elle ne serait jugée parce qu’elle se laissait aller. Cependant, il restait doux et son sourire n’avait pas quitté son visage. Elle n’avait pas à se cacher, pas avec elle. Kezabel lui expliqua alors que Riley avait été présente pendant l’avortement. Ems hocha la tête en silence. C’était une bonne chose et le contraire l’aurait étonné. Ces deux-là formaient un duo très fort, comparable à ce qu’elle vivait avec Cameron en un sens. La jeune femme était heureuse de savoir qu’elle n’avait pas été seule pour affronter cela. Quant à la remise en cause de sa décision première… Emily s’abstint de tout commentaire. Au fond d’elle, elle était d’accord avec ça mais Cameron avait réussi à lui faire comprendre aussi que Kezabel avait dû ressentir des choses qui ne s’expliquent pas, qu’elle seule avait pu comprendre. Alors elle ne reviendrait pas dessus, il y avait des choses qui lui échappaient et elle avait enfin accepté cette idée. Et puis, ce furent surtout les mots qui suivirent qui bloquèrent Emily. Kezabel parla du père de l’enfant, de son décès. Ems n’arrivait pas à saisir la nature de la relation qui unissait Keza à cet homme. Elle refusait d’écouter la pointe de jalousie en elle, peut-être qu’elle en reparlerait plus tard, quand le sujet serait moins sensible. Maintenant, elle se devait surtout d’être à l’écoute de Kezabel et de cette souffrance qui était indéniablement là.

« Je suis désolée Kezabel, vraiment… »

La perte de quelqu’un, c’était toujours une épreuve. Emily était bien placée pour le savoir. Tous étaient bien placés pour le savoir. Elle serra alors doucement la main de la jeune femme dans la sienne. Tant de poids sur ses épaules, comment pouvait-elle prétendre aller bien ? Elle était forte et jamais Ems ne remettrait cela en cause. Seulement, ce qu’elle avait dû vivre en l’espace de quelques jours seulement était trop fort pour n’importe quel être humain. Mais avant qu’Emily ne puisse creuser le sujet et encourager Kezabel à se laisser aller, à ne pas se cacher, elle la prit totalement de cours. Les mots qu’elle prononça laissèrent Ems interdite l’espace de quelques secondes. Ses lèvres sur les siennes la ramenèrent à l’essentiel. À ce qu’elle ressentait au fond d’elle, à ce qui avait le plus de sens dans tout ça, plus que les mots. Emily répondit à ce baiser avec tendresse mais avec envie aussi. C’était un courant chaud qui était en train de se répandre en elle, de réactiver son cœur, d’éveiller chacun de ses sens. Ce baiser lui donnait envie de disparaître une fois de plus et d’oublier tout ce qu’il y avait autour d’elles. Elle ne le brisa qu’une fois à cours de souffle pour plonger son regard dans le sien, gardant son visage tout proche.

« Je te laisserai pas Keza… T’as pas idée du bien que tu me fais. »

Sur ces mots, Emily retourna embrasser Kezabel avec toujours cette fougue mêlée à de la douceur. Une main dans ses cheveux qu’elle caressait avec tendresse. En cet instant, tout explosait en elle. Encore une fois, elle fut submergée par les émotions, par l’idée que peut-être elles ne devraient pas s’embrasser comme ça, ici, après ce que Keza venait de dire. Mais elle était incapable d’écouter tout ça. Elle profita de chaque sensation, de chaque seconde. Elle lui disait aussi, toutes ces choses qu’elle ressentait pour elle. Toute cette énergie qu’elle avait su lui insuffler. Kezabel la rendait plus vivante que jamais, plus forte aussi et ça, elle devait le comprendre. Elle devait le ressentir. Peut-être qu’au final, cela pourrait l’aider aussi à avancer.

« On est ensemble et c’est pas prêt de s’arrêter. Je suis là pour te consoler et pour faire l’idiote aussi si t’en as besoin. »

Emily laissa alors échapper un petit rire, entre la nervosité, l’émotion. Son regard perdu dans celui de Kezabel, elle sentait d’étrange picotement dans ses yeux. Elle se refusait à pleurer et ce qui montait en elle, c’était de la joie. Une émotion forte, une vague qui pouvait tout renverser sur son passage. Elle ne saurait l’analyser complètement mais elle savait que tout cela était lié à Kezabel. Que tout cela était grâce à Kezabel. Elle voulait le ressentir encore et encore. Le vivre à fond et surtout, ne pas en perdre une seule miette.

« Tu veux toujours qu’on parte en week-end ? »

Emily se mordit alors légèrement la lèvre inférieure. Elle n’avait pas pu retenir cette phrase qui lui tournait en tête. Kezabel n’était sans doute pas au meilleur de sa forme et elle devait avoir besoin de sa famille, de Riley. Pourtant, en cet instant, la cracmolle avait juste envie de l’emmener loin de tout. De partir avec elle dans un coin en pleine nature ou simplement loin de ce qu’elles connaissaient. De l’emmener pour que les heures leur appartiennent et qu’elles oublient le reste du monde l’espace de quelques temps. Emily le ressentait au fond d’elle, il n’y avait qu’une personne avant elle qui lui avait donné cette envie de s’envoler…
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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Sam 28 Oct 2017 - 14:21

J’écoute ses mots dis avec une certaine fermeté sans pour autant être trop dur, trop froide. Je les écoute mais ne les relève pas et ça ne veut pas pour autant dire que je ne les prend pas en compte.

« Avoir le droit d’aller mal ».

Un concept que j’ai tant dénigrée, me refusant de me laisser abattre, de me laisser aller à pleurer, à déprimer, me disant qu’il y a toujours pire que moi et que de toute façon, je n’ai clairement pas le temps d’en arriver là. Et je sais que la mort de maman y est pour quelque chose. Je n’aurai pas ce cheminement de réflexion si je n’avais pas dû m’occuper d’Adam, de gérer ses propres larmes et son propre deuil, si je n’avais pas dû être d’une certaine façon, une béquille pour mon père pour éviter à ce qu’il ne plonge plus bas que ce qu’il a pu le faire. Je n’accuse et ne reporte la faute sur personne, c’est simplement un constat qui m’a explosé au visage le jour où j’ai dû faire face à mes vieux démons, à ma propre mère. Ce jour où j’ai littéralement pété les plombs, hurlant, cognant, jusqu’à ce ne plus avoir l’once d’une force pour me débattre. Là où j’ai pris conscience que mon deuil n’avait jamais été fait et que depuis la disparation de ma mère, j’avais pris soin de marcher avec des œillères.
Ce jour où Emily était d’ailleurs là. Pour me calmer, me soutenir, m’ouvrir aussi les yeux.

Et aujourd’hui ? Elle l’est encore. Toujours fidèle au poste même si les choses ont depuis changées.

Alors ce droit, j’ai du mal à me l’accorder mais pourtant oui, je vais mal. C’est un fait, une évidence et rien que de me le dire me soulagerait presque. Je vais mal parce que je suis tombée enceinte, que j’ai vu mon avenir réduit en poussière, que j’ai songé à finalement garder l’enfant, construisant une autre sorte d’avenir. Et maintenant, l’avortement. La mort de Noah. Ce vide étrange au creux de mon ventre alors qu’il ne bougeait pas encore.
Je sais que tout est dans la tête et pour l’instant, ça n’est effectivement pas la grande forme. Riley a été formidable avec moi, du début à la fin et même encore aujourd’hui où elle met un point d’honneur à me faire rire ou sourire.
Aujourd’hui, c’est au tour d’Emily de me fournir cette sensation de bien être avec ce baiser que nous échangeons, à laquelle elle répond avec la même tendresse et envie qui me fait l’effet d’un shoot d’adrénaline dans le veines.
Depuis combien de temps n’avais-je pas ressenti ça ? J’ai l’impression que ça fait une éternité que mon corps n’a pas ressenti l’envie, le désir, la passion, sa propre vie. Je me perds complètement dans ce simple geste, ma main toujours dans son cou, souffle court. C’est Emily qui met fin à l’échange et j’en reste légèrement sonné, sans pour autant que nos visages s’écartent plus que ça, laissant seulement la place pour nos deux regards qui se jaugent, s’ancre l’un dans l’autre. Et en cette seconde, quelque chose de fort se passe. Quelque chose que je ne saurais expliquer.

- Je te laisserai pas Keza… T’as pas idée du bien que tu me fais.

Non, j’ai pas idée mais … par merlin qu’il est bon d’entendre le bien que l’on fait à l’autre.
La puissance de ses mots et celle de son geste me transportent de nouveau je n’sais où. J’oublie complètement le parc, le fait que l’on soit en public et que le baiser commence à devenir bien plus intense et intime mais honnêtement, je m’en fous. Plus rien ne compte que ses lèvres et les sensations qu’elle me fait redécouvrir, me rendant presque fébrile d’un coup, le cœur battant à tout rompre. Je veux continuer à ne plus penser à rien d’autre qu’à ça, qu’à ses frissons le long de mes bras et cette explosion de chaleur au creux de mon ventre.
Tout ça à un goût de retrouvaille presque inattendue.

Le baiser prend de nouveau fin et je dois cligner plusieurs fois des yeux pour revenir sur terre, à nous, prenant conscience que mes deux mains enlaçaient son cou pour maintenir tendrement le contact.

- On est ensemble et c’est pas prêt de s’arrêter. Je suis là pour te consoler et pour faire l’idiote aussi si t’en as besoin.

« On est ensemble »
Mon cœur bondit dans ma poitrine, accélérant mon rythme cardiaque alors que j’affiche un sourire, tendre, apaisé.
Jusqu’ici nous n’avions jamais vraiment mit de mots et même s’il était pourtant évident que quelque chose de fort était entrain de se construire, ni elle ni moi n’avons affirmer cette situation en ce sens. Et de l’entendre de sa bouche me provoque une explosion de sensations et de chaleur au creux des reins, me faisant presque oublier à quel point je me sentais pourtant presque vide en venant la rejoindre. Cette simple réaction de ma part me met tout simplement face à la réalité : Je ressens pour Emily des choses bien plus forts que je ne voudrais l’admettre. Des sentiments suffisamment présents et puissants pour me pousser à ne vouloir personne d’autres qu’elle alors qu’il y a quelques temps, nous ne nous imposions aucunes limites sans pour autant que ces dernières soient franchies.

- Tu veux toujours qu’on parte en week-end ?

Un déclic, un seul. Et tout me parait évident.
Je sais qu’il me faudra du temps pour digérer les choses, pour me remettre moi de tout ce qu’il s’est passé depuis et du choc que la grossesse et l’avortement m’a provoqué… Mais là, tout de suite, j’ai besoin d’une chose : L’imprévisible. Vivre. Ne pas réfléchir. Peut-être que c’est simplement un contre-coup, que ça me passera d’ici une heure ou un jour mais je me redresse lentement alors que mes mains glissent sur les bras d’Emily.

- Et si on partait maintenant ?

Ça tombe de nulle part, comme un cheveu sur la soupe, sans prévenir. Pourtant, ça me parait si simple, évident et … presque nécessaire.

- Comme ça, sans réfléchir ? Rien que nous deux. On pourrait aller dans la maison de vacances dont je t’ai parlé, en France, j’ai juste à demander les clés à mon père.

Mon père qui va certainement pas comprendre ce qu’il se passe, qui va tirer une gueule de dix kilomètres de long … et pourtant je ne crois pas qu’il s’interposera. Je sais qu’il sent qu’un truc ne v pas, que quelque chose cloche et si je lui explique que j’ai besoin de partir là-bas, il comprendra.
Enfin, presque. Peut-être que le soutient de Shannon sera nécessaire dans cette discussion.
Pour l’instant, ça n’est pas ça qui prime, ce n’est qu’à mes yeux un détail qui peut facilement se résoudre si j’accepte de m’ouvrir ne serait-ce qu’un peu face à mon père. Non, ce qui prime c’est le moment, ce que je suis entrain de proposer à Emily.

- On peut partir trois, non quatre jours où on oublie tout. Je pourrais même t’emmener une journée en Espagne si tu veux, voir même l’Italie ou tout simplement restée dans le sud de la France. Tout ce que tu veux visiter on le fera… Je marque une pause, le souffle légèrement court par toutes ces émotions qui me traversent. J’ai juste envie de partir avec toi, maintenant. Pourquoi attendre quand on a la possibilité de le faire dans l’immédiat ?

Encore une fois, je dois checker mon passeport de transplanage mais là encore, je sais que cette dernière est à jour, ne serait-ce que pour aller voir Riley en Ecosse. Pour Emily il suffira d’une pièce d’identité, d’un courrier de ma part en cas de contrôle et on est bon.
Non vraiment, rien ne nous empêche de le faire si ce n’est la peur de prendre des risques, la peur de vivre. Et j’ai besoin de ne pas réfléchir, de ne plus le faire. De vivre à 100 à l’heure, peut-être. J’en sais rien et je ne veux pas chercher à le savoir. Je me concentre simplement sur la jeune femme qui se tient face à moi, à qui je prends ses mains entre les miennes, plantant mon regard brillant d’excitation et d’émotions à la fois dans le sien.

- Toi aussi tu n’as pas idée à quel point tu me fais du bien Emily. Je n’ai pas été aussi bien avec quelqu’un depuis trop longtemps et j’ai envie que l’on en profite.

J’accentue mes mots d’un nouveau baiser qui ne fait qu’intensifier ce feu qui me consume déjà, entre l’excitation d’un imprévu et le désir et sentiments qu’elle m’évoque.

- J’ai envie de passer du temps juste avec toi. Loin d’ici, loin de tout ça. Je marque une courte pause, mes yeux toujours dans les siens. Qu’est-ce que tu en penses ?

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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Ven 3 Nov 2017 - 12:26

Proposer de partir était un peu une folie, Emily en avait conscience. Mais une voix au fond d’elle lui disait de ne plus réfléchir, de ne pas chercher à comprendre et juste, suivre son instinct. En cet instant, ce dont elle avait envie, s’était de s’envoler avec Kezabel et d’oublier tout. Seulement, il fallait bien avouer que pour elle ce serait forcément plus simple. Elle n’avait rien d’aussi pesant à porter que la jeune femme, elle se sentait bien. Sa vie de l’extérieur pouvait paraître certes assez chaotique mais à ses yeux, les choses n’avaient jamais été aussi limpides et claires. La seule ombre au tableau, c’était cette proposition de Cameron de quitter définitivement Poudlard et de s’installer avec lui à Londres. Mais ça, elle avait encore du temps pour y penser. Cela faisait si longtemps qu’elle enfouissait cette question au fond d’elle, qu’elle refusait d’y répondre réellement qu’elle l’avait presque oubliée. Alors oui, elle était toute prête à partir et à vivre une parenthèse idyllique. Seulement pour Kezabel ce ne pouvait pas être aussi simple et à peine avait-elle posé la question que la jeune femme sentit une légère angoisse monter en elle. Est-ce qu’elle ne s’était pas trop emballé ? Est-ce que Keza ne risquait pas de se renfermer face à ce manque de tact ? Pourtant, Emily n’eut pas le temps de se monter trop la tête. Alors que son regard était plongé dans les yeux de la jolie blonde, cette dernière la scia complètement sur place. Maintenant. Ems ouvrit de grands yeux. Ce mot résonnait dans sa tête, elle ne s’y attendait pas. Non vraiment pas. En réalité, elle n’aurait jamais osé espérer ça. Kezabel enchaîna cependant en lui parlant de la maison de son père en France. Les yeux d’Emily se mirent à briller. Elle ouvrit la bouche pour répondre mais la referma aussitôt. Elle était sans voix alors que des dizaines d’images défilaient dans sa tête. Ces images se firent de plus en plus précises alors que Keza lui donnait plus d’information. 4 jours avec la possibilité de tout voir, tout visiter. 4 jours juste entre elles. Emily sentit son cœur s’affoler alors que la jeune femme lui déclarait qu’elle voulait juste être avec elle.

« Pourquoi attendre… »

Emily avait répété les mots de Kezabel, les lâchant dans un murmure, dans un souffle. Elle n’arrivait pas à décoller du regard de Keza. Elle ne savait pas si les yeux de la jeune femme brillaient fort ou si c’était les siens qui se reflétaient. Et puis, son cœur rata un battement, son souffle se coupa quelques secondes. Elle n’avait pas été aussi bien avec quelqu’un depuis longtemps… Emily se jeta à corps perdu dans le baiser que lui offrit Kezabel. Alors que les mots lui manquaient jusque là, elle lui transmettait dans cet échange tout ce qu’elle n’avait pas encore réussi à lui dire. La tête lui tournait tant les émotions qu’elle était en train de ressentir étaient fortes. Pour autant, à aucun moment elle n’envisageait de s’arrêter pour reprendre son souffle, de mettre un terme à cette ivresse folle. Folle mais merveilleuse. Alors que leurs lèvres se séparaient, la voix de Kezabel se fit encore entendre et Emily fut incapable de réprimer l’immense sourire qui se dessinait alors sur son visage.

« Alors on y va… »

Emily laissa alors échapper un rire, un rire nerveux lié à toutes ces émotions, à ce cœur qui ne voulait pas ralentir l’allure, à ce regard qui lui donnait l’impression que soudainement, tout était possible.

« Oui, on y va. Cameron comprendra. On y va. »

Oui bien sûr, Emily préviendrait Cameron. Elle n’allait pas disparaître sans lui laisser un mot. Il risquait sinon de s’inquiéter de s’imaginer le pire. Car après tout, Ems n’était pas forcément plus en sécurité à l’extérieur. Elle savait que sa famille était toujours à sa recherche et qu’ils attendaient la bonne occasion pour la faire disparaître de la circulation et mettre un terme à sa révolte qui ne faisait que nuire de plus en plus à leur réputation. Alors oui, elle préviendrait Cameron mais en aucun cas, elle ne se laisserait dévorer par la peur. Au final, Emily n’avait jamais pu partir comme ça, s’en aller en suivant ses impulsions. Elle avait toujours été enchaînée quelque part et si elle pouvait sembler impulsive, elle ne s’était jamais laissé aller à quelque chose d’aussi fou. D’aussi soudain. Cette idée l’angoissait peut-être un peu mais elle en avait tellement envie que cette part d’elle était complètement silencieuse.

Sans prévenir, Emily se leva alors brusquement et se mit à faire quelques pas. Dans son cerveau, les idées fusaient à une telle vitesse qu’elle cherchait à y mettre un peu d’ordre et pour ça, elle était incapable de rester calmement assise. Pourtant, il n’y avait là pas d’anxiété, pas de crainte. Non, son visage était toujours illuminé par un immense sourire et chacun de ses gestes ne faisait que témoigner de l’excitation qui l’habitait, de cette envie de mordre la vie à pleine dents et d’enfin, reprendre le contrôle sur tout ce qui lui avait échappé pendant trop longtemps.

« Il faut juste que je passe chez Jill’ et Kyle, j’attrape un sac et on s’en va ! »

Emily était déjà en train de faire la liste de ce qu’elle prendrait. Un petit sac à dos, juste quelques vêtements et voilà tout. Juste de quoi tenir le choc, le strict minimum pour être totalement à Kezabel. Même sa guitare ne serait pas du voyage. Ems voulait partir vers quelque chose de nouveau, elle voulait emmener Keza avec elle dans une bulle et oublier toutes ses habitudes. Elle voulait être avec elle, vivre au jour le jour, être seulement naturelle, elle-même.

« J’ai l’impression que mon cœur va sortir de ma poitrine. »

Toujours aussi agitée, Emily retourna alors auprès de Kezabel et lui attrapa la main pour la poser sur sa poitrine. Pour qu’elle sente son cœur qui battait à cette allure incroyable. Pour qu’elle mesure l’impact de ses paroles, de sa présence sur elle. L’impact de ce rêve qu’elle lui proposait soudainement. Parce que oui, Ems se rendait compte que cette idée, c’était tout ce à quoi elle aspirait. Quand elle avait pensé à Kezabel pendant ces vacances, elle s’était toujours imaginée avec elle, loin de tout. Et là, ça allait être possible. Elle déposa alors un baiser sur ses lèvres, rapide et fort.

« Je t’aime. »

Le mot était sorti tout seul, avec un naturel déconcertant. Emily elle-même ne se rendit compte de ce qu’elle venait de dire quelques centièmes de secondes après l’avoir dit. Elle s’immobilisa alors, regardant Kezabel. Elle ne pouvait pas revenir en arrière et ne le voulait pas. Les mots étaient sortis sans qu’elle ne calcule parce qu’elle le ressentait au plus profond de son être.
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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Lun 6 Nov 2017 - 23:05

Son sourire laisse présager ce qu’il y a de mieux. Ce qu’il y a de plus agréable. Annonciateur de bonheur, de tranquillité.

- Alors on y va…

Mon cœur explose de bonheur alors que je me redresse, piquée au vif par une joie pure et sincère. Partir sur un coup de tête, loin d’ici, juste toutes les deux pour se retrouver après ces jours de stress, d’angoisse et aussi de séparation.

- Oui, on y va. Cameron comprendra. On y va.

Son sourire s’élargit, le mien ne fait que suivre le même mouvement alors que je sens mon regard brillé de … bonheur, de satisfaction, tout simplement.
Tout ça est réel, je ne l’invente pas, ne le simule pas non plus. Et pendant qu’Emily se lève, je me contente de la regarder vivre, bouger, et exister. Cette femme m’a redonnée goût à des choses qui m’avaient pourtant blessées sur long-terme, me poussant à des remises en question sans fin, me demandant si je n’étais pas moi-même un problème. Emily me prouve tous les jours que peut-être, les choses peuvent enfin s’améliorer à ce niveau-là. Que je peux peut-être partager quelque chose avec quelqu’un sans que ça ne parte dans le drame, sans les démons qui remontent sans prévenir. Juste un bien être simple et naturelle, une sorte de symbiose dans nos envies. Et en parlant d’envie, c’est elle que je veux en cette seconde. De sa personnalité à son corps tout entier. Un feu brûlant irradie mes veines, me faisant prendre conscience à quel point mon cœur bat à tout rompre contre mes côtes de bonheur. Je veux la retrouver dans son entièreté, vite.

- Il faut juste que je passe chez Jill’ et Kyle, j’attrape un sac et on s’en va !
- Aucun problème, il faut de toute façon que je chope d’abord mon père pour la clé, que je fasse moi aussi mon sac… et on est tout bon.

Son visage ne cesse d’être radieux, de s’illuminer de secondes en secondes et l’espace d’un instant je prends conscience que je suis… en partie responsable tout comme Emily est responsable de ce bien être qui se diffuse de mon ventre à mon thorax.
Je fais un rapide calcul dans ma tête des choses à faire avant de partir. Consulter le compte en banque, choper mon père pour les clés et surtout… lui expliquer pourquoi je pars si soudainement et avec qui – la partie la plus sensible à mon sens -, faire mon sac avec le strict minium – pas besoin de milles choses pour 4/5 jours et… Les papiers. Surtout ne pas oublier les papiers. Puis  créer le portoloin pour partir loin d’ici, en France, au soleil près de la mer. Ou ailleurs si l’envie nous en prend.
Ma tête pense à mille chose à la fois, se passent milles images que je languis de réaliser.

Emily revient vers moi et j’éclate de rire de la voir si enjouée, si enthousiaste. Un côté enfantin ressort d’elle, quelque chose d’attendrissant et de tout simplement adorable.

- J’ai l’impression que mon cœur va sortir de ma poitrine.

Elle pose ma main sur son cœur que je sens effectivement battre à tout rompre sous mes doigts, un long frisson me traverse le corps entier de faire face à toutes ces émotions qui sont désormais palpables. Mon sourire s’élargit, je cligne des yeux et m’apprête lui dire que non, ça n’est pas le moment qu’il se fasse la malle parce qu’on en a encore besoin. Que j’en ai encore besoin…
Mais pas le temps pour les mots, son geste me désarçonne brièvement, accueillant ses lèvres contre les miennes dans un léger sourire.

- Je t’aime.

Ses mots me sidèrent, me prennent complètement de court. J’ai la sensation que mon cœur s’arrête de battre l’espace d’un instant, juste une milliseconde qui donne l’impression que le sol se dérobe sous vos pieds. Mes yeux s’ancrent dans les siens, avec l’impression de ne pas avoir correctement entendu ces deux mots sortis d’entre ses lèvres que j’aime tant embrasser.
Deux mots que je n’ai pas vu venir et qui font éclore en moi un florilège de sensation, une fleur de bonheur qui me met toutes les évidences en pleine face. Des mots que je n’ai jamais entendu qui que ce soit dans le fonds, pas de cette façon-là j’entends. Ils prennent un tout autre sens, quelque chose de presque plus beau, de transportant. Une bulle de bonheur entre les côtes pendant que ce moment de latence, de surprise s’éternise malgré moi.

- Je t’aime.

Un sourire qui s’affranchit, qui s’agrandit et je retrouve amoureusement ses lèvres. Dans un élan d’affection qui prend un tout autre sens, maintenant que mes émotions semblent s’assumer, s’autoriser une réalité que je n’avais jamais vraiment chercher à regarder en face. Et la révélation est d’autant plus agréable que je prends plaisir à me répéter ces simples mots qui ont un impact conséquent sur ce que je suis, ce que je ressens. Ces mots sortis de sa bouche. Ils me font un bien fout, sont les derniers pansements dont j’avais besoin pour me sentir de nouveau bien. Riley y a fortement contribué, ma famille sans le vouloir, Enzo aussi que j’ai revu dernièrement. Emily apporte sa pierre à l’édifice et tout me parait aussi clair que simple. Mes sentiments à son égard sont aussi réels que sincères et mon sourire contre ses lèvres ne fait que le prouver un peu plus. Tout comme mes bras autour de son cou sans jamais cesser de l’embrasser, sans jamais lutter contre ce feu ardent qui explose contre ma poitrine. Je ne me soucie pas du regard des autres parce qu’ils n’ont plus aucune espèce d’importance.

Je me laisse emporter et ce n’est que par manque de souffle que je me stoppe, me rendant compte de la proximité et de l’ampleur de notre baiser emporter par mes sentiments. Je finis par poser une main sur son thorax, là où je sens son cœur pulser à vive allure, tout autant que le mien.

- J’crois qu’il vaut mieux qu’on s’active.

J’affiche un sourire d’excuse, les joues légèrement rougis par les émotions alors que je me lève et l’aide à en faire de même. Je ne redescends pas complètement sur terre, porter par l’éventualité de ce départ. Si on le pouvait, je nous ferais transplaner sur le tas…

- Je te laisse passer chez Jill et Kyle pendant je rentre chez moi préparer mes affaires. Je peux pas te faire transplaner jusque là-bas parce que j’y ai jamais mis les pieds. Envoi moi un texto quand tu es prête, je viendrais te chercher par portoloin. OK ? Ah, et n’oublie surtout pas tes papiers d’identités, on en aura peut-être besoin pour le passage des frontières si on décide de bouger ailleurs.

Je lui explique tout ça alors que nous sommes déjà entrain de prendre le chemin de nos retours respectifs, bien trop pressés de mettre les voiles pour s’attarder plus longtemps ici. J’ai le sourire jusqu’aux oreilles et le cœur qui palpite encore sous le coup des émotions, de tout ce qu’il se passe. Je viens de nouveau capturer ses lèvres, brièvement cette fois.

-  A tout à l’heure ?

J’attends son approbation et dépose un tendre baiser sur ses lèvres.

- J'ai hâte.

Je tourne les talons rapidement, le cœur en fête. Clairement. Je suis sur un petit nuage et l’espace d’une seconde j’ai peur que ça soit un effet secondaire du « traumatisme », du genre les nerfs qui lâchent, qui signifient que je suis tout simplement entrain de péter les plombs sans m’en rencontre compte. Pourtant, plus j’y réfléchis et plus je me dis que, je suis tout simplement heureuse. Soulagée. Oui, soulagée que les choses reprennent leur court et d’être avec Emily, d’avoir posés ces mots précieux sur ce que l’on vit.
Je dégaine mon téléphone portable lorsque je suis dans le bus qui me mènera jusqu’à chez moi, envoyant un message à Riley pour la prévenir que j’ai un tas de truc à lui raconter – oui déjà, même si ça fait que trois jours qu’elle est partie – et que j’pars à mon tour en vacances avec Emily. Avec le big smile en smiley en prime histoire de bien appuyer les faits. Et j’imagine déjà son air hystérique… et ça aussi, ça me donne le sourire.

Etape 1 – Compte en banque. Check. Tout est ok, suffisamment pour m’accorder 4 jours de pure liberté.
Etape 2 – Le sac. Check. Tout y est. Quelques vêtements, mes papiers. Un bouquin si jamais. Et mon vieil MP3 qui n’a toujours pas rendu l’âme.
Etape 3 – Embrasser le petit frère qui joue à la console dans sa chambre. Et oui, je lui dis pour Emily, lui promettant de tout lui raconter alors qu’il m’affiche un sourire radieux.

L’atmosphère s’est considérablement détendu à la maison depuis que Riley m’a aidé à remonter la pente en douceur, naturellement tranquillement. Cette fois les choses vont dans le bon sens et je n’aspire qu’à une chose : que ça continue.

Etape 4 - Papa. En cours…

- P’pa, tu te souviens quand tu me disais que si j’avais besoin de la maison de vacance cet été, je pouvais y aller quelques jours ?

Il sort la tête de son occupation – une maquette qu’il prend soin de construire, nouvelle passion – avant de se redresser, sourire en coin.

- Ah ? Tu veux aller y faire un tour avec Riley ? Je croyais qu’elle était en vacances avec son homme.
- Comment tu sa… Arf. J’ai tendance à oublier que Peter et toi vous êtes devenus BFF de la quarantaine.

Il ricane, j’en fais de même alors qu’il se redresse pour se diriger vers l’un des tiroirs à bordel de la cuisine. Là où on fourre tous ce qu’on arrive pas à foutre ailleurs.

- Tu veux partir quand ?
- … Maintenant ?
- Wow. Comme ça, sur un coup de tête ?

Je hausse les épaules, plantant un regard tendre et résolu dans le sien.

- Oui. Il parait qu’on ne vit qu’une fois.

A son tour mon père affiche un sourire. Je sais ce qu’il pense, ce qu’il se dit. Certainement qu’il est soulagé de me voir de nouveau avec le sourire, avec les traits plus légers, plus tranquille qu’il y a une semaine. Comment refuser à sa fille de partir quand elle retrouve enfin un petit bonheur au creux du regard ?

- Donc ? Tu y vas avec qui ?
- Quelqu’un.
- Oui ça j’me doute. Il se retourne et me jette les clés, sourire taquin aux lèvres. Quoi t’as peur que ton vieux père sache que tu vas batifoler sur les côtes françaises ?

Je lève les yeux au ciel.
Touché.

- J’ai surtout peur que mon vieux père ne me fasse passer un interrogatoire gênant.
- Est-ce que j’peux au moins savoir comme il s’appelle ?

J’affiche un sourire en coin, taquine à mon tour. Je m’approche de lui, lui glisse un bisou sur la joue avant de lui accorder un clin d’œil.

- Emily. A dans quaaaatre jouuuurs !

Je cavale dans le couloir où j’enfile mon sac sur l’épaule, ouvrant la porte d’entrée dans la foulée :

- Bisous à Shannon ! Je t’envoie un sms quand on est arrivé !
- Tu t’en sortiras pas comme ça Kezabel Hastings !

J’éclate de rire, déjà dans l’allée, lunette de soleil vissée sur le nez. Le principal dans tout ça, c’est que j’ai entendu son sourire d’ici.

¥

Une demi-heure plus tard et je me présente au point de rendez-vous donné par Emily où le portoloin est déjà créer. J’ai jeté sur mon dévolu sur une vieille roue de vélo cabossé et abandonné sur le bas-côté d’une maisonnette laissé à l’abandon. Le départ est prévu pour dans dix minutes et je l’admets, je regarde nerveusement ma montre alors que je sais parfaitement qu’Emily ne sera pas en retard.
Et si elle avait changé d’avis ? Si elle avait pris conscience que tout ça va bien trop vite pour elle ? Je me stress certainement pour rien, stupidement même mais je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’elle a 1000 raisons de se dire que je suis totalement cinglée d’avoir pris cette décision de l’embarquer sur un coup de tête, en une heure à peine…
J’ai le cœur qui bat à mille à l’heure, je me sens fébrile, comme une collégienne qui attend son rencard… Mais pourtant, jamais mon sourire ne me quitte. Pas une seule seconde.
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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Sam 11 Nov 2017 - 11:33

Le regard plongé dans celui de Kezabel, Emily attendait une réaction et étrangement, elle n’avait pas peur. Elle ne pouvait pas prétendre qu’elle savait comment la jeune femme allait réagir, elle ne pouvait avoir aucune certitude et pourtant, aucun sentiment de peur ne lui vrillait l’estomac. Elle attendait, impatiente, bouleversée, mais presque sereine. Les mots étaient sortis avec une telle évidence de sa bouche qu’elle se rendait compte que la situation ne pouvait pas être plus compliquée que cela. Ce n’était pas nécessairement vrai pourtant, ce raisonnement était limpide dans son esprit et pour une fois, elle eut raison de ne pas s’inquiéter. Le souffle d’Emily se coupa net alors que Kezabel lui déclarait à son tour ses sentiments. C’était étrange, c’était bouleversant, son cœur lui battait avec tellement de force, sa tête lui tournait. Ems aurait presque pu croire qu’elle allait tomber dans les pommes sous la vague d’émotions qui venait de la submerger. Elle s’abandonna alors littéralement au baiser de Kezabel. Une de ses mains se posa sur son épaule et elle s’y accrocha alors qu’elle répondait à son baiser avec fièvre. Elle n’arrivait que partiellement à comprendre l’agitation qu’il y avait en elle. De l’amour, du désir… L’envie de la serrer contre elle, de disparaître dans un monde où personne ne pourrait les rejoindre. Emily était d’ailleurs déjà partiellement transportée dans ce monde et ce ne fut que lorsque Kezabel mit fin à leur échange qu’elle se rappela qu’elles étaient au milieu d’un parc en plein Londres. Elle lâcha alors un léger rire face à leur emportement. Elle se doutait que ses joues avaient dû prendre une teinte légèrement rougeâtre et que son regard brillait sans doute de désir mais cela l’amusait. Ems se mordit la lèvre en sentant Keza poser la main sur son torse, exposant alors son cœur qui battait à tout rompre. S’activer ? Emily hocha la tête. Elle avait raison. Les deux jeunes femmes se levèrent et alors qu’elles marchaient déjà dans le sens du retour, Kezabel apporta une série d’informations à Emily. Cette dernière, qui avait encore un peu de mal à reconnecter avec la réalité hocha la tête à chaque fois, signifiant qu’elle avait compris mais ayant en réalité besoin d’un peu de temps pour analyser tout ça. Elles durent se séparer momentanément et Ems eut peur, l’espace de quelques secondes, que la magie s’efface.

« Moi aussi… »

Oui, elle avait hâte. Un dernier baiser et Emily regarda Kezabel s’éloigner. Son cœur ne cessa pas de battre à vive allure. Bien au contraire. Un grand sourire se dessina alors sur les lèvres de la jeune femme qui se mit à courir aussi vite que ses jambes le lui permettaient. Elle n’avait jamais été une grande adepte de la course à pieds et de l’endurance et pourtant, cette fois, elle n’écoutait pas son corps. Les poumons en feu, les joues rouges, elle débarqua dans l’appartement de Jillian et Kyle complètement essoufflée. Ils étaient tous là, Cameron compris et ils la regardèrent légèrement surpris. Elle attrapa alors la main de son grand-frère qui était dans le salon et l’entraîna sans lui donner plus d’explications ni lui demander son avis dans la pièce qui leur servait de chambre.

« On part quelques jours avec Kezabel. T’inquiète pas hein, on va faire attention, on va dans sa maison de famille. Ça peut paraître être irréfléchi mais en fait ça l’est pas. Enfin, pas vraiment. Je lui ai dit… »

Emily parlait à une vitesse hallucinante sans réellement s’en rendre compte. Cameron lui la regardait avec des yeux ronds et finit par l’interrompre.

« Doucement Tigresse, je comprends rien. »

Emily se laissa alors aller à un rire nerveux. Elle devait bien avouer que son discours devait paraître un peu décousu. Prenant une grande respiration, elle parvint à se calmer partiellement et à reprendre le fil de son discours de manière un peu plus logique et ordonnée.

« Kezabel m’a appelée aujourd’hui. Elle voulait me parler et au début, j’avais vraiment la trouille. Elle voulait me dire qu’elle avait changé d’avis. Elle a avorté. »

Ems sentit alors une légère boule se former dans son estomac. Elle se rendait compte de la violence de ce qu’avait subi Kezabel. Elle l’avait ressenti au début mais avec ce qu’il s’était passé ensuite, ça lui était presque sorti de la tête. Une sorte de doute s’installa alors en elle. Et si elle avait joué sur la fragilité émotionnelle de Keza ? Pourtant, cette dernière avait l’air sûre d’elle… Les émotions se bousculaient dans sa tête, soudainement troublée Emily aurait pourtant dû s’en douter. Elle se connaissait maintenant, elle savait qu’avec elle, l’immense joie pouvait vite tourner, simplement sur un détail, une prise de conscience logique ou non. Mais alors que de nouvelles images défilaient dans sa tête, Cameron s’approcha d’elle. Il glissa sa main sur son menton et la força à relever le visage vers lui. Elle vit son air rassurant et reprit finalement la parole.

« Elle voulait pas me montrer la peine que cela lui faisait mais.. Elle avait besoin de changer d’air et on a décidé de partir ensemble, de voir autre chose. Tu crois que j’ai mal agi ?

- Si elle t’a dit que c’était ce qu’elle voulait, alors non. »

Emily afficha alors un sourire et vint se blottir quelques secondes dans les bras de Cameron. Elle se recula finalement.

« Je lui ai dit que je l’aimais… Et elle m’a dit qu’elle m’aimait… »

Un sourire tremblant s’afficha alors sur le visage d’Emily. Surplus d’émotions, son côté cyclique frappait une fois de plus et une larme coula sur sa joue. Elle était faite de joie. Cameron lui sourit et effaça cette larme du pouce. Ems ferma les yeux quelques instants. Il était là, son fantôme. Stan était là et il approuvait. Il n’y avait pas de colère chez lui. Non, bien au contraire…

Emily avait attrapé rapidement un sac et était en train de jeter rapidement dedans de quoi survivre quelques jours à savoir des vêtements propres, des sous-vêtements et une trousse de toilette. Rien de plus. Elle sautait d’un pied sur l’autre, s’agitait dans tous les sens sous le regard amusé de Cameron qui se tenait dans l’encadrement de la porte. Soudain, elle se figea.

« Merde, merde, merde… J’ai un gros problème ! Non non non non ! »

Emily se mit alors à s’agiter dans tous les sens et une fois encore, ce fut Cameron qui parvint à la canaliser l’espace de quelques instants pour qu’elle lui explique ce qui la faisait soudainement paniquer.

« Keza m’a dit de prendre mes papiers d’identité mais j’en ai pas. Mes parents me les ont jamais donnés. »

La panique était en train de s’installer chez Emily. Elle n’avait pas du tout pris ce problème en compte jusque-là. Quand Kezabel lui avait parlé de ça, elle était trop euphorique pour analyser ses mots et le sens qu’ils pouvaient avoir. Elle venait tout juste de réaliser. Elle était à deux doigts de céder complètement à la panique et à partir dans tous les sens quand elle réalisa que Cameron avait quitté la pièce. Il revint très vite accompagné de Jillian. Elle était la solution. En quelques coups de baguette magique elle fabriqua un faux passeport moldu. Cela ne passerait pas aux yeux des sorciers mais aux yeux des moldus, impossible qu’ils fassent la différence. Plus de problème.


Son sac sur son épaule, Emily s’était remise à courir pour rejoindre Kezabel au point de rendez-vous. Elle était presque en retard avec tout ça et clairement, il ne fallait pas que ce retard se concrétise. Elle arriva finalement dans les temps et s’arrêta essoufflée devant Keza qui l’attendait, lunettes de soleil sur la tête.

« Je suis là ! »

Souriante, Emily tâcha de reprendre son souffle alors que Kezabel lui désignait leur outil de voyage. Une roue de vélo. Quand l’heure fixe sonna, elles attrapèrent ensemble la roue. Le voyage ? Emily préféra oublier cette partie de l’aventure. Certes elle aimait bien les sensations et avait déjà eu affaire à de sacrées émotions avec la magie mais là, c’était un peu trop fort pour elle. L’atterrissage ne se fit pas vraiment en douceur puisque la métisse fut projetée au sol et atterrit lourdement sur le dos. Elle se redressa avec difficulté alors que Kezabel de son côté arrivait tout en douceur.

« Magie 1 – Emily 0 »

Malgré tout, Emily n’avait pas perdu son sourire, loin de là. De nouveau sur ses pieds, elle se massa rapidement le bas du dos avant de se laisser embarquer par ce qu’elle avait sous les yeux. Les deux jeunes femmes étaient au milieu d’un champ. Si on ne voyait pas encore la mer, on sentait son odeur. Le ciel était d’un bleu immaculé. Emily ferma les yeux l’espace de quelques secondes, juste le temps de prendre une profonde inspiration.

« On y est. »

Emily se tourna alors vers Kezabel, un immense sourire aux lèvres. Elle s’approcha d’elle et glissa sa main dans la sienne. Elle n’arrivait pas à croire ce qui était en train de se passer. L’enchaînement des événements était tout simplement fou. Mais pourtant, le soleil qui était en train de lui réchauffer le visage était bien réel. Oui, elles y étaient.
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MessageSujet: Re: Speed of Sound [PV Kezabel]   Sam 18 Nov 2017 - 15:25

Des bruits de pas d’une course effrénée non loin de ma rue attire mon attention et c’est une Emily rouge vif et essoufflée que je retrouve devant moi, mes lèvres s’étirant dans un sourire de soulagement.

- Je suis là !
- Pile à l’heure. Allez viens !

Je lui fais signe de me suivre près de la roue de vélo et m’explique, comprenant que là comme ça, ça pouvait paraitre… étrange.

- ça sera notre portoloin. Je jette un coup d’œil à ma montre. T’es prête ? A trois, tu prends l’objet en main tu y restes bien accroché. Après, laisse-toi porte toute seule pour l’atterrissage.

J’esquisse un sourire rassurant, ne sachant pas si c’était là pour elle une première fois ou non et surtout consciente que l’atterrissage justement risquait d’être un poil compliqué pour elle. Je garde mes yeux rivés sur l’heure et même si je me contiens, je trépigne mentalement d’impatience. Je n’ai qu’une hâte : partir d’ici. Quitter Londres pour quelques jours et me retrouver seule avec Emily.
Le compte à rebours commence, nos mains attrape la roue et le voyage commence aussi rapide que dans mes souvenirs. Je ne perds visiblement pas mes vieilles habitudes puisque c’est avec douceur que j’atterris, les deux pieds bien au sol en plein milieu d’un champ non sans manquer d’éclater de rire en voyant Emily sur le dos.

- Magie 1 – Emily 0
- Aaah je sais pas, je te donnerais quand même un demi-point pour cet atterrissage tout en classe.

Je m’approche d’elle, sourire aux lèvres et m’assure qu’elle ne s’est pas faite mal. Disons que ça serait vraiment trop bête alors que l’on vient d’arriver. Je réajuste mon sac sur l’épaule et me tourne vers l’horizon, essayant de me repérer mais surtout, retrouvant tout un flot de souvenir, le cœur battant, sourire aux lèvres. J’ai passé de nombreuses vacances par ici et pas une seule fois je n’en tire de mauvais souvenirs, au contraire. Je n’y suis pas encore venu avec Riley mais je pense que lors de notre roadtrip on viendra y faire un tour… Mais surtout, c’est ici que j’ai passé mes plus beaux étés avec ma mère et le reste de ma famille.

- On y est.

Je me tourne vers Emily que je n’ai jamais vu aussi radieuse qu’en cet instant. Je noue mes doigts aux siens lorsqu’elle glisse sa main dans la mienne.

- Oui. Je me penche vers elle pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Suivez le guide Mlle Anthon.

Je l’entraine avec moi vers notre gauche et il ne faut marcher que dix petites minutes avant de rejoindre une route puis cinq minutes supplémentaires pour rejoindre la maison. Et tout le long du trajet, nous pouvons entendre les signes caractéristiques de la mer… Mouettes, odeur, bruits des vagues au loin. Mes parents ont volontairement choisi une maison un peu reculée du centre-ville mais suffisamment proche à vélo ou en voiture pour pouvoir accéder aux courses et au reste. Et puis honnêtement… avec le transplanage, autant dire que quoi qu’il arrive, nous ne sommes pas tellement coincés ici.

- C’est la maison là-bas. Je désigne une petite bâtisse aux couleurs bleu pastel. Et la maison d’à côté ce sont des amis de la famille mais ils ne viennent que fin Juillet pour le reste des vacances, on sera assez tranquille.

Pour le moment, elle ne voit que les deux maisons de dos, entourée d’un muret. Ce qu’elle ne sait pas et ne s’attend peut-être pas, c’est la vue qu’elle trouvera lorsque nous arriverons devant. Les deux maisons se trouvent en haut d’une bute, non loin du champ où nous avons atterri et plus nous approchons, plus je commence à percevoir le jardin fleuri. Mon cœur se serre non pas de tristesse mais de nostalgie et de joie de voir que papa le fait toujours entretenir. C’est le seul « héritage » qu’il nous reste de maman.
Nous arrivons vers la petite porte de derrière qui nous mène à l’arrière cours. Tour de clé, je la laisse entrer la première. Je laisse Emily contempler les fleurs qui orne l’arrière du jardin, endroit idéale pour une sieste et/ou une lecture.

- C’est l’un des jardins de ma mère, elle adorait les fleurs.

J’esquisse un sourire tranquille, prenant conscience à quel point il est bon de réussir à l’évoquer sans souffrir, sans me sentir aussi vide que je ne l’étais en début d’année, n’oubliant pas qu’Emily a d’ailleurs été témoin de mon lâcher prise.
Le bruit des vagues se fait plus présent et mon sourire ne cesse de s’élargir alors que je guide Emily, sa main dans la mienne. Nous contournons l’édifice et sans un mot, je la guide sur le perron de bois et me tourne vers l’horizon. Elle peut ainsi désormais contempler la vue imprenable que nous avons sur la mer et sur la plage à moins de 10 minutes de marches. Je pourrais presque avoir les larmes aux yeux de retrouver cet endroit mais aussi pour ce sentiment d’allégresse où je me sens… juste parfaitement bien. Sans une seule ombre au tableau, pas une peur ni une seule angoisse. Juste un bonheur à l’état pur en présence d’une personne que j’affectionne particulièrement. Que j’aime, tout simplement.

- La maison a toujours appartenu à la famille de ma mère du coup on vient souvent passer nos vacances d’été ici quand on peut.

Et maintenant que je suis majeur et vaccinée, je peux même y accéder toute seule alors pourquoi ne pas en profiter ? Je laisse Emily contempler encore un peu la vie, la laisse elle-même prendre plaisir à cette nouvelle liberté parce que je ne suis pas dupe. Je sais que tout ça est nouveau pour elle, qu’après le cauchemar vécu à l’école et auprès de ses « parents », elle a eu de rares occasions de goûter à une VRAIE liberté.

- Et rassures-toi, le lieu est protégé. Tu ne risques absolument rien ici.

Maman a toujours veillée à notre sécurité avec des sortilèges qu’elle m’a enseignés par la suite et si à l’époque de mes seize ans j’avais une certaine difficulté à pouvoir assurer la relève, ça n’est plus le cas aujourd’hui. Et je veux qu’Emily se sente bien, à l’aise, en sécurité. Je ne veux que rien n’entache ce tableau.

- Allez la touriste ! Je te fais visiter la maison.

Je la fais passer par toutes les pièces, de la grande salle à manger avec baie vitré donnant sur le jardin, de la cuisine qui elle, donne sur une petite terrasse face à la mer. Sans oublier les chambres du haut. Celle de mon père, de mon frère et la mienne. Ou plutôt, la nôtre.

- Et je vous présente votre suite, Mademoiselle.

Ravis de voir que je n’ai pas perdu mon français.
La chambre n’a pas bougé. Mes dessins et ceux de ma mère sont toujours là, ornant une partie des murs, un lit que je pourrais facilement élargir avec un coup de magie, un petit bureau et une bibliothèque ornée de quelques livres que je gardais pour les vacances.

- Enfin… Notre suite en fait.

Je lâche un rire amusé et m’approche d’elle pour encercler son cou de mes bras, venant l’embrasser en douceur, tranquillement, bien que ces flammes de tout à l’heure ne m’aient jamais réellement quittées.

- Alors, ça te plait ?
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