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 We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel

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MessageSujet: We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel   Sam 14 Oct 2017 - 17:02

Jeudi 2 Juillet 2015 – Début d'après-midi
We are rockets pointed up at the stars



Kezabel & Riley

Ça y est, on y est : L'extérieur, la liberté et le début d'une nouvelle aventure. Le jour du départ, Poudlard s'est transformé en un immense cirque et je crois qu'il n'y a pas d'autres mots. Cette fois personne ne s'est désigné comme responsable des petites blagues faites à gauche et à droite et étrangement je crois les gars – et les filles – quand ils disent que ça ne vient pas d'eux. Sincèrement j'en viens à me demander si ça n'est pas la Magie du château elle-même qui s'est manifesté, comme pour nous dire au revoir. Ou les Elfes de Maison peut-être.
Les retrouvailles avec les parents ont fait tellement de bien, ça été difficile de dire Adieu à l'école mais maintenant que c'est fait, je suis sûre de moi. J'ai fait le bon choix. Papa approuve, Maman grimace un peu mais je sais qu'elle me fait confiance. On s'est retrouvés tous les trois pour parler de ça, de mes futurs projets, en se mettant d'accord sur le fait que cet été c'est relâche, une relâche plus que méritée. Les résultats qui ne tarderont pas à arriver le confirmeront j'en suis persuadée.

En partance pour Londres. Bisous !

J'envoie ce sms à Papa, c'est chez lui que je suis cette semaine, et transplane directement jusque dans le Centre de Londres. Ça n'est pas là que j'ai rendez-vous avec Kezable mais je suis un peu en avance et j'avais envie de revoir un peu la ville avant. Mes pieds foulent le pavé, le soleil est présent et je me sens vraiment bien. Heureuse et comblée. Je traverse Traffalgare Square quand mon téléphone sonne, un large sourire étire mes lèvres quand je vois le « nom » de la personne apparaître : Gaucho. Je lui ai envoyé un sms en me levant, comme je fais tout les matins … enfin comme je l'ai fait hier puisqu'on est dehors que depuis mardi finalement. Bref, c'est une habitude qui va devenir quotidienne, je le sais, et s'il n'a pas encore eu le temps de me manquer c'est parce que ça ne fait effectivement que deux jours et qu'on se voit ce weekend.

Je décroche, le bonjour que j'entends ressemble plus à un grognement qu'autre chose et mon sourire s'élargit.

« Laisse moi deviner : T'as fait la fête avec tes cousins toute la nuit, vous ne vous êtes pas couchés, t'es entrain de cuver. »
« Mas o menos. »

Il est en Argentine, il n'y a donc que 4h de décalage entre nous deux et autant le dire c'est plutôt pratique.

« T'es dans la rue ? »
« Oui, à Londres. Je vais rejoindre Keza. »
« Ok. Passe lui le bonjour de ma part. »
« Ça marche. Aller, va dormir, on se rappelle plus tard. Bonne nuit Gaucho. »

Il est 10h du matin là où il se trouve, oui, et alors ? C'était juste un petit coup de fil pour se dire bonjour, le genre de trucs tout bête qui font de moi la jeune femme heureuse qui se promène, légère, dans les rues de Londres. Et qui s'arrête face à un rassemblement de personnes entrain de regarder un petit groupe de danseur qui s'en donnent à cœur joie sur le parvis, près des fontaines. Je m'arrête et les prends en photo : Uniquement les touristes.

Regarde, ils sont tous venus ici pour m'acclamer. Je crois que c'est officiel : Je suis plus famous que toi, désolée !

Sourire sournois, le sms part vers Detective Jackson. Qui doit être entrain … j'allais dire se dorer la pilule sous ses palmiers californiens mais non, il doit surtout dormir … ou être dans le même état que Mateo. Quelle heure il est là-bas ? Recherche rapide sur le net directement à partir du téléphone : 6h du matin. Haussement d'épaules. Et le sourire s'élargit encore un peu plus.

#

Greenwich Village. J'en ai pleins les yeux. Cet endroit est absolument génial et même si ça m'a pris du temps d'y venir par les voies Non-Magique j'y tenais. J'avais envie, tout simplement, de voir le paysage défiler, les visages, etc … Retrouver le monde comme il tourne en dehors de Poudlard. Le parc s'étend sur des immensités mais c'est dans les ruelles que je marche, les yeux rivés sur tout ce qu'ils croisent avec émerveillement. Je n'ai jamais mis les pieds ici. Kezabel m'a donné rendez-vous dans un salon de thé dont elle a entendu parler, je la trouve assise en terrasse, un livre ouvert dans les mains.

« C'est super cet endroit ! »

Deux secondes plus tard elle est dans mes bras, on se sert l'une et l'autre comme si on ne s'était pas vues depuis des semaines. L'instant d'après elle se rassoit, je m'installe en face d'elle.

« Ça va toi ? Pas trop difficile de ne pas voir ma magnifique face tous les jours ? »

Il faut savoir que depuis mardi aucun jour ne s'est passé sans qu'on s'envoie au moins 10 messages. L'avantage du monde magique c'est que même en n'habitant pas au même endroit on peut se retrouver rapidement – dans le respect des lois bien entendu – et que certaines choses doivent se dire, certains moment doivent se passer, en étant face à face. La période n'est pas simple pour Kezabel, même si on parle de nos vacances, de tout, de rien, qu'on est juste heureuses d'être ensemble, il reste une ombre au tableau, quelque chose qui plane dans le fond de son regard et de ses silences. Je la connais par cœur.
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MessageSujet: Re: We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel   Lun 23 Oct 2017 - 0:36

► We are rockets pointed up at the stars◄
Riley & Kezabel






Mercredi 1er Juillet - Fin de matinée

Ça faisait une éternité que je n’avais pas été derrière un volant, à conduire tout court, privilégiant toujours le transplanage aux moyens moldus, par soucis pratique et de rapidité. Mais cette fois j’ai envie d’autre chose et c’est avec la radio et la fenêtre ouverte que je roule jusqu’à chez la personne qui sera le poids décisif sur ma décision.
J’aurai vraiment aimé en parler ne serait-ce qu’à Adam mais à la seconde où je les ai enfin retrouvés lui et mon père, j’ai rapidement compris que je n’en serais pas capable, pas tant que je n’aurai pas vu Noah. Pas tant que je serais décidé sur quoi que ce soit. Et étrangement, alors que je roule vers chez lui, je ne me sens pas si angoissée que je ne l’aurai cru. Presque paisible, comme si mon esprit se concentrait surtout ce que je vis en cet instant précis : La musique, la voiture, le soleil et cette brise agréable qui m’accompagne. Ces vacances que nous attendions tous avec tellement d’impatience qu’elles nous semblaient lointaines.
Et pourtant, elles sont enfin là.
Je monte légèrement le son de la radio, esquisse un léger sourire, profitant de ce moment d’accalmie entre mes innombrables pensées qui n’en finissent plus depuis des semaines, comme un chaudron en ébullition et qui menace de m’exploser au visage si je ne me calme pas un peu, si je ne me détends pas ne serait-ce qu’une poignée de minutes.

Je ralentis à l’entrée de la résidence et vérifie chacun des numéros jusqu’à trouver le numéro 19, garant la voiture que Shannon a acceptée de me prêter ce matin devant une petite maison qui ne paie pas de mine mais qui inspire la chaleur, la tranquillité.
Moteur coupé, les deux mains sur le volant, je prends une inspiration avant de plonger la main dans mon sac à main pour checker mon téléphone que j’ai réactivé si tôt de retour chez papa. Discussion avec ma boulette oblige !

J’ouvre le texto de mon frère avec une photo … d’Astrée et le gros chien d’Adam entrain de dormir mollement dans le jardin, l’un contre l’autre.

« Quand j’te disais que c’était une fausse caractérielle ! »

Je souris, attendri et lui répond rapidement avant de ranger mon téléphone dans mon sac, glissant ce dernier sur mon épaule. Une boule au ventre commence à éclore alors que je marche d’un pas décidé vers le perron de bois, poussant par la même occasion un petit portail bleu délavé et écaillé par le temps. Ce n’est que lorsque je frappe à la porte que je remarque mes mains tremblantes, nerveuses.
Cette démarche n’est pas évidente, parce que je ne sais pas à quoi m’attendre comme réaction tout comme je ne sais pas si je vais rester camper sur ma décision. La seule chose que je sais c’est que j’arrive bientôt à terme de la possibilité de me faire avorter et que ma discussion avec Noah sera décisif dans mon choix qui est déjà pourtant presque décidé.

Une femme d’un certain âge à la peau ébène m’ouvre, yeux tirés, visage épuisé.

- Oui ? Bonjour.
- Bonjour, je suis bien chez Noah Wells ?

Je ne sais pas ce qu’il se passe en cette seconde, ni ce que j’ai dit mais j’ai l’impression que quelque chose se fracture sur le visage de cette femme qui me rappelle le jeune homme dans la forme des yeux et du menton.
Elle acquiesce, sans un mot.

- Désolée de vous déranger, je suis une de ses amies, Kezabel. Sourire incertain avec l’impression horrible que quelque chose cloche. Pourquoi est-ce que je n’ai pas proposé à Riley de m’accompagner déjà ? Est-ce qu’il est là s’il vous plait ?

Les larmes de cette femme parlent d’elle-même et le malaise s’installe, s’insinue, silencieux.

- Je suis désolée jeune fille, Noah est décédé il y a un peu plus d’un mois d’un accident de voiture.

La force du choc me force à me redresser, le visage légèrement plus haut, comme pour m’aider à respirer plus facilement, plus simplement. C’est violent, inattendu et pourtant ça explique ces semaines de silence suite à mes deux courriers envoyés.
Noah, mort. L’information a dû mal à monter, s’imprégner, s’intégrer.
Je prends conscience que ça fait certainement une bonne poignée de seconde que je n’ai rien dis, restant murée dans mon silence alors que cette femme, probablement sa mère, retient ses larmes avec la force maternelle, avec les derniers fragments de courage que son deuxième enfant lui donne à en juger par les baskets d’adolescents que je perçois derrière elle.

- Non… c’est moi qui suis désolée.

Je serre les dents pour ne pas fondre en larmes, pour ne pas tout simplement craquer.
J’étais venu ici pour obtenir des réponses et celle qui se présente à moi est d’une violence sans nom, au goût d’absence, de mort et d’évidence.
Parce qu’avant d’être la deuxième personne concernée par cette grossesse, Noah est avant tout un ami.
Etait.

Nous sommes deux femmes blessées par cette absence violente, à différents degrés, mais avec la même réaction. Le silence. Comme si les mots pouvaient à tout moment fracturer cette forteresse que nous luttons pour la maintenir debout, pour différentes raisons. Mon regard humide glisse vers ce visage meurtri d’une mère ayant perdu son fils. Je serre les dents à m’en faire mal à la mâchoire, ressentant le besoin urgent de fuir cet endroit, de rouler jusqu’à pas d’heure, d’oublier. Moi, Noah, cet enfant… Par Merlin.

- Est-ce que vous voulez rentrer ? Pour discuter ?

Oui. Pour évacuer, comprendre ce qu’il s’est passé. Comprendre pourquoi Noah a disparu du jour au lendemain de la surface de cette terre, en un claquement de doigts. Et peut-être permettre à cette femme de pouvoir le faire vivre un peu au travers d’histoires et autres souvenirs.
Non, parce que je ne veux pas m’infliger plus longtemps cette lente agonie et le lourd poids du secret qui pèse sur mes épaules. Est-ce que je devrais vraiment lui claquer au visage que je porte l’enfant de Noah et que je comptais avorter ? Lui enlever l’héritage de son fils décédé ?

L’étreinte de mon égoïsme m’étouffe et je cherche mille et une façon de fuir la situation sans donner l’impression d’être une petite peste ingrate qui se contrefou de la souffrance de cette femme dont je ne connais même pas le prénom.

- Je suis désolée, je ne sa…
- Ne vous excusez pas. Je comprends. Elle prend une inspiration. Trop tôt, non ?

Je me contente d’acquiescer, gorge serrée.

- Revenez quand vous voulez Kezabel.
- Merci Madame Wells.
- Eleanor suffira.

Elle sourit, ne verse pas une larme malgré ses yeux rougit de douleur.

- Prenez soin de vous.
- Vous aussi.

Je lui offre un dernier regard, un sourire tremblant et bancale sans plus m’épancher alors qu’à l’intérieur de moi se joue une réelle guerre d’émotions, d’explosions et c’est avec peut-être une peu trop de précipitation que je quitte les lieux sans même refermer le portail derrière moi, montant en catastrophe dans la voiture que je démarre aussi sec.
Pas une bonne idée de conduire, pas une bonne idée de le faire maintenant. Pourtant, j’allume le moteur et démarre, mains tremblantes sur le volant pour faire quelques mètres, quelques kilomètres peut-être, jusqu’à cette route de campagne. Je ne vois plus rien à part cet écran de larme qui me brouille la vue. Je gare le véhicule sur le bas-côté et explose, littéralement.

Je cogne du plat de la main le volant, une fois. Puis deux, peut-être trois, poussant un cri de rage, de fatigue, de frustration. A ce stade, je ne sais plus où j’en suis, ce que je ressens réellement. Je ne hurle pas que pour la mort de Noah mais aussi pour cette grossesse qui ne peut continuer. Pour cet égoïsme dont j’ai fait preuve face à Eleanor en lui dissimulant la vérité. Pour les Supérieurs qui nous ont menés la vie dure ces derniers temps, pour la fatigue, l’épuisement des gardes et pour toutes les merdes qui me tombent sur la gueule depuis le début d’année. Marcus, la peur, tout le reste.
Peut-être n’est-ce finalement pas un cri de rage qui s’échappe mais un hurlement qui me permet d’évacuer toutes ces choses, sans me soucier de savoir si quelqu’un m’entend ou me vois, me concentrant uniquement sur ma personne pour la première fois depuis ce qui me semble être une éternité, me concentrant seulement sur mes sentiments et non ceux des autres.

La colère expulsée, je me sens abattue, faisant face à la réalité sous un sanglot lent mais profond qui ne tarde pas à surgir. Bras sous ma poitrine, main sur mes yeux, je laisse échapper ce flot de larmes sans rien retenir, m’accordant pour une fois un véritable lâché prise.


And I'd be lying
If I kept hiding
The fact that I can deal

©️Lana DelRey - 13 Beaches


¥

Jeudi 2 Juillet - Début d'après midi

Je saute le repas, incapable d’avaler quoi que ce soit depuis hier soir, prétextant une mauvaise digestion d’un truc que j’aurai avaler hier. Seule dans ma chambre, je m’active pour me préparer, laissant mon portable en charge pour quelques minutes encore alors que j’enfile un jean suivit d’une chemise blanche légère que je rentre, retroussant les manches jusqu’aux milieux des avants bras. Je me concentre sur ce genre de détails stupides mais ça m’aide à ne pas perdre le fil de mes idées, de la journée et à ne pas me laisser aller à l’angoisse.
J’ai passé toute la nuit à réfléchir, ne dormant que deux-trois heures à peine, à ressasser le tout, tournant et retournant ma décision qui me parait être l’unique et la meilleure. Faisant une croix sur les idées que j’ai pu me faire de cette grossesse, de cette joie ressentie à l’idée de pouvoir accueillir un enfant dans mes bras pour, cette fois, faire face à une réalité plus dure mais aussi plus sûre, plus évidente.

Je vérifie mon sac à main, y glisse mon portable mais des coups à ma porte m’arrête net.

- Oui ?
- Hey. Mon père passe la tête dans l’entrebâillement de la porte qu’il finit par pousser. Tu sors ?
- Oui, je dois retrouver Riley à Greenwich. Coup d’œil à ma montre. D’ailleurs j’suis déjà en retard.

J’avance rapidement vers la sortie mais mon père me bloque le chemin en douceur. Je n’aime pas la tournure que prennent les choses, tout comme je n’aime pas l’air inquiet qu’il affiche.

- Attends attends, pas si vite. Je voulais discuter un peu avec toi avant.
- Est-ce qu’on peut plutôt en parler ce soir ? Il faut vraiment que j’y aille.
- Je suis certain que Riley peut attendre dix petites minutes.

Son regard est sans appel et m’oblige à pousser un soupir résigné, le cœur battant.
J’abdique, recule de quelques pas pour qu’il puisse entrer dans ma chambre, fermant la porte derrière lui. C’est peut-être stupide mais j’ai l’impression d’être prise au piège.

- Je sais que tu es grande, que tu as le droit de ne pas tout me dire. Mais depuis que tu es rentrée tu es distante, différente. Est-ce que tout va bien Keza ?
- Oui papa, je suis juste fatiguée, c’est le contre coup de passer à courir partout aux vacances.

Je tente un sourire pour le rassurer et tout en lui me dit qu’il n’y croit pas. Il m’observe, m’analyse, sachant pertinemment que l’ex gendarme en lui refait soudainement surface pour s’assurer que sa fille n’est pas entrain de lui inventer un bobard immonde.
Pourquoi en cette seconde j’ai l’impression que tout le monde pourrait lire sur mon visage « ENCEINTE » en rouge, en gros et en gras ?

- Je te vois peut-être que quelques mois par an mais je suis ton père et je sais quand tu mens. Il marque une pause où je ne bronche pas, les clés de la voiture en main que je serre dans ma paume, me concentrant sur cette douleur pour ne pas craquer. Pas maintenant. Mais est-ce que tu sais aussi que tu peux tout me dire ? Que l’on peut parler de tout… même des sujets un peu plus… intimes ?
- Intimes ? Comment ça ?
- Je parle de ce qu’il s’est passé avec ce type, Marcus.
- Non papa. Pas ça, pas maintenant s’il te plait.
- Keza..
- ça n’a rien à voir, d’accord ? Cette histoire est réglée, je suis passé à autre chose et ça va beaucoup mieux. Je marque à mon tour une pause, déglutissant difficilement. Et je t’assure que c’est un sujet que je ne préfère ne plus évoquer… S’il te plait.

On se jauge, il ne sait pas trop s’il doit me croire ou non mais j’essaie de garder un aplomb qui se veut rassurant, préférant au plus vite quitter cette maison et cette pièce qui me semblent étouffantes, invivables. Le poids du regard de mon père me donne l’impression de peser sur mon ventre, d’y sonder la vérité et que si je reste une seconde de plus, il finir par contre ce que j’essaie de suivre présentement. Ridicule.

- Je suis désolé pour Noah.

Je lâche un rire tremblant, un rire faux alors que je me frotte le front nerveusement.

- C’est rien… On n’se parlait plus beaucoup. Avec les cours, nos vies, etc…

Je mens, encore une fois. Je n'sais pas s'il le voit ou non mais je n'ai pas la force de me pencher un peu plus sur le sujet, la gorge encore serrée de cette nouvelle dont personne ne m'a tenue au courant, pas même l'un de mes amis du coin.
Il acquiesce en silence, affichant un sourire désolé que je ne préfère pas voir plus longtemps. Et toujours ce silence trop lourd, gênant, presque insupportable que je brise au plus vite, secouant légèrement les clés dans le creux de ma paume.

- Papa, il faut vraiment que j’y aille cette fois.
- Oui. Il s’approche sans prévenir et me prend dans ses bras, me déposant un baiser sur le sommet de ma tête alors que je ferme les yeux, retenant violemment un flot de larmes qui me menace déjà. Je t’aime ma chérie.
- Je t’aime aussi p’pa.

Fuir. Vite. Tout de suite. Ce n’est pas contre lui, ni contre l’amour qu’il me donne en cette seconde mais je ne peux pas rester plus longtemps dans cette pièce et dans ces bras, pas si je veux garder la face et ne pas m’effondrer dans la seconde. Et comme s’il lisait dans mes pensées, mon père s’écarte légèrement pour prendre la direction de la sortie, ouvrant ma porte, léger sourire aux lèvres.

- Passe le bonjour à Riley de ma part.

J’acquiesce et à la seconde où il ferme la porte je lâche un soupire tremblant, ma respiration s’accélère. Je porte le dos de ma main à ma bouche, l’autre sur ma hanche et serre les dents pour ne pas craquer, encore une fois. Chose qui me menace à chaque heure passée ici. La seule chose que je veux en cette seconde c’est retrouver Riley. Son assurance, sa joie de vivre, sa présence, celle qui me maintient fixe, debout, tête sur les épaules.
Celle qui m’aidera à maintenir le cap jusqu’au bout.

Maman ne m'a jamais autant manquée qu'à ce jour.

¥

- C'est super cet endroit !

Cet endroit, c’est Greewich Village. Un endroit presque dépaysant qui nous ferait oublier que nous nous trouvons à Londres en plein milieu de la civilisation alors que nous sommes au cœur de la faune et de la flore, entre les jardins fleuris et les ruelles paisibles, les bars, les salons de thé comme celui où je suis assise en terrasse, accueillant ma meilleure amie dans mes bras comme si ça faisait des semaines que nous ne nous étions pas vu. Il ne se passe pas un jour sans que nous ne nous donnions des nouvelles par texto.

Elle s’installe en face de moi et je retrouve ma place, sourire aux lèvres.

- Ça va toi ? Pas trop difficile de ne pas voir ma magnifique face tous les jours ?

Je lâche un soupire entre le désespoir et la tragédie, m’affalant sur mon siège.

- Tu plaisantes ? C’est un calvaire ! Comment puis-je vivre encore plus longtemps sans ma muse…

Je laisse échapper un rire amusé avant de prendre une commande auprès du serveur qui vient à notre rencontre. J’opte pour un thé fruité et une part de gâteau aux noisettes et je laisse Riley faire sa propre commande, l’observant en silence.
Pour l’instant, je profite de ces quelques instants de tranquillité, presque d’innocence. Je m’en veux de devoir l’obliger à interrompre ce sourire, cette joie de vivre qu’elle dégage d’être enfin en vacances, de retrouver ses proches pour mes propres problèmes.
Ma dose d’égoïsme m’étouffe et me fais déjà flancher, me perdant dans le vague alors que Riley me rappelle à l’ordre. Je ne devrais pas lui infliger un truc pareil mais je ne me vois pas affronter ça seule. Je ne peux pas.

- Désolée. J’esquisse un sourire et me redresse, gorge serrée. Et toi ça va ? Comment vont tes parents ?

Inutile de préciser que ce manège ne va pas durer, qu’elle va répondre à la question par principe ou tout simplement m’envoyer dans les roses en me promettant de répondre à la question plus tard, quand j’aurai craché le morceau…

- Ok, ça sert à rien de faire trainer les choses… Le serveur arrive, nous dépose notre commande et s’en va, nous laissant de nouveau seules. Je me redresse, lâche un soupire tremblant. J’ai réfléchis de ce dont on a parlé avant les vacances et j'ai pris ma décision… J’peux pas faire ça, Riley.

Je les sens déjà arriver ces larmes qui me menacent depuis ce matin, que mon père a failli faire jaillir en quelques mots et une étreinte. Je serre la tasse de thé brûlante entre mes mains, fermant quelques secondes les yeux pour me concentrer et ne pas perdre le fil. Je ne sais même pas par où commencer et lui expliquer tout ça sans être cash. Est-ce qu’il y a de toute façon une autre manière de faire. Je n’en suis même pas sûre.

- Je suis passée chez Noah hier matin, je voulais lui en parler et lui dire que je ne comptais pas le garder. C’est sa mère qui m’a ouvert. Je marque une courte pause, le temps de respirer. Si j’avais pas de nouvelles sur mes deux courriers c’est parce qu’il est … décédé il y a un mois et demi. Dans un accident de voiture.

Le formuler une seconde fois à voix haute me fait prendre conscience de la réalité qui me dépasse, brutale, qui me rappelle à quel point les choses peuvent changer et disparaitre brutalement, d’un claquement de doigts. J’ai soudainement trop chaud, je m’appuie sur une de mes mains, me frottant nerveuse la tempe.

- J’pourrais jamais y arriver. Je n’peux pas garder un enfant que je ne serais pas capable d’élever, pas à mon âge, pas avec ma situation. J’peux pas lui infliger ça en plus d’avoir un père qui est mort.

Ma voix criblée de larmes tremble dangereusement. En plus de la peine, c’est la colère qui s’y mêle. Ni envers Riley, ni envers Noah ou le destin macabre mais moi-même.
Non, je ne peux pas. Parce que j'ai encore tout un avenir à construire et que plus je regarde le résultat que cette grossesse peut engendrer, plus je me rends compte à quel point je risque de passer à côté de choses que je ne veux pas voir disparaitre. Ma colocation avec Riley, notre tour du monde, ma relation avec Emily... Emily tout court. A qui j'ai envoyé quelques messages jusqu'à ce que j'apprenne la mort de Noah et que je sois depuis complètement à côté de la plaque malgré mon désir furieux de la voir et de chercher un quelconque réconfort. Mais pour le moment, celle qui m'apaisera le plus, quoi qu'elle dise, se trouve en face de moi.

- J’ai même pas réussi à dire à sa mère que j’étais enceinte de Noah, encore moins que je compte avorter d’un enfant qui aurait pu continuer de faire vivre son fils.

Je parle avec les mains, les agitant comme pour accentuer mes paroles qui n’en n’ont pourtant pas besoin vu ma détresse actuelle. Mon corps entier tremble sous les nerfs qui relâchent même si le plus gros a été évacué hier matin dans la voiture.

- Maintenant je me trouve égoïste d’avoir fait ça et d’en plus de t’infliger une ambiance de merde alors qu’on commence à peine nos vacances. Je sais que tu es là pour ça, t’es ma meilleure amie mais moi, quelle amie je fais en te bousillant ton début de vacances avec mes propres conneries ?

Je n’élève pas un seul moment la voix, serrant les dents pour retenir toute cette rage que je m’auto-inflige, prenant conscience de mes actes, à jouer les girouettes comme une ado de 14 ans qui ne sait pas ce qu’elle veut. Et qui en plus de ça, le cache aux yeux de sa propre famille, les fuyant comme la peste de peur qu’ils ne l’apprennent.
Je retiens les larmes, me passe une main tremblante sur le visage comme pour essuyer mes émotions qui ne partirons pas aussi vite. Puisque si je suis là, c’est pour une bonne raison et pas seulement pour chercher le soutient dont j’ai besoin auprès de mon âme sœur et meilleure amie.
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MessageSujet: Re: We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel   Mar 24 Oct 2017 - 17:31

« Tu plaisantes ? C’est un calvaire ! Comment puis-je vivre encore plus longtemps sans ma muse… »
« Mais je te le demande. »

Dit-elle le plus sérieusement du monde alors que le serveur arrive pour prendre la commande. Je ne sais pas trop de quoi j'ai envie, opte pour un Earl Grey classique et un cheesecake sans coulis parce que c'est sacrilège tandis que Keza est un peu plus exotique et originale que moi sur ce coup-là. Exotique et originale, oui, mais absente. Je remercie le serveur et penche la tête sur le côté pour attirer son attention.

« Allo la planète Hasting ? »
« Désolée. »

Elle sourit, inutile de dire que je n'achète pas du tout. Je la connais par cœur et même si elle est bien moins « livre ouvert » que moi pour ce qui est de ses émotions, j'ai appris à lire entre les lignes avec le temps. L'instinct, tout simplement, parce qu'on est connectée. Comme deux âmes sœurs, ni plus, ni moins.

« Et toi ça va ? Comment vont tes parents ? »
« Bien, super. Ils sont heureux de nous avoir retrouvés et les préparatifs du mariage battent leur plein. »

Mais la moitié voir les trois quart de ton cerveau ne sont absolument pas focalisés sur ce que je viens de te dire, ni même ce que tu viens de me demander. Je le sais, je le sens, et pas l'ombre d'une once d'agacement en moi. Kezabel n'est pas du genre à se voiler la face, à tenter de masquer les apparences. Pas avec moi, pas sur le long terme. Je n'ai pas l'intention de la pousser, je sais que ça va finir par sortir tôt ou tard et même si je ne brille pas par ma patience légendaire, je sais reconnaître les signaux. Ceux qui me font comprendre que ça n'est pas le moment de la braquer. Sans parler du fait que j'ai ma petit idée sur la question.

« Ok, ça sert à rien de faire trainer les choses… »

Je retiens mon souffle, je l'admets, l'angoisse commençant à se frayer un chemin dans mes veines. Je remercierai presque le serveur pour son interruption, juste le temps de … j'en sais rien, fais une pause avant d'affronter la réalité. Je lui adresse un sourire, il s'en va, ma main droit s'enroule autour de ma tasse brulante et toute mon attention se repose sur ma meilleure amie.

« J’ai réfléchis de ce dont on a parlé avant les vacances et j'ai pris ma décision… J’peux pas faire ça, Riley. »

Mon rythme cardiaque s'emballe, je ne la quitte pas des yeux mais tout mon corps se crispe, y compris ma main autour de la tasse qui me brule. Je n'arrive pas à la lâcher. J'ai vécu sur mon petit nuage ces quelques jours, je dois bien l'avouer, me planquant derrière les retrouvailles en famille et cette sensation de liberté à laquelle je prends déjà goût, mais ce sujet me propulse dans des sphères pleines de points d'interrogation. Ça m'angoisse, c'est aussi simple que ça. Quand elle m'a annoncé vouloir garder l'enfant je me suis retrouvée complètement perdue entre différentes visions de l'avenir, sans savoir vers laquelle regarder. Et là tout s'écroule d'un coup, avec un arrière goût de soulagement que je ne peux pas nier même si j'en ai honte. D'autant plus quand je perçois les larmes envahir son regard.

« Je suis passée chez Noah hier matin, je voulais lui en parler et lui dire que je ne comptais pas le garder. C’est sa mère qui m’a ouvert. »

Pause.
Quelque chose cloche.

« Si j’avais pas de nouvelles sur mes deux courriers c’est parce qu’il est … décédé il y a un mois et demi. Dans un accident de voiture. »

Cette fois il s'arrête, mon cœur, et me tombe directement droit dans l'estomac. C'est brutal, inattendu, je ne sais pas comment le gérer, comment … appréhender cette nouvelle information non négligeable dans cette équation inextricable. Et je ne sais pas quoi dire à Kezabel, je suis littéralement dans l'incapacité de formuler la moindre phrase. Simplement sous le choc, je crois. Ça n'aurait pas été une bonne idée de l'interrompre de toute façon, alors ravalant ma salive et sans la quitter des yeux, je la laisse poursuivre.

« J’pourrais jamais y arriver. Je n’peux pas garder un enfant que je ne serais pas capable d’élever, pas à mon âge, pas avec ma situation. J’peux pas lui infliger ça en plus d’avoir un père qui est mort. »

Ces mots je les ai pensé, jamais prononcé, jamais assumé non plus. Cette fois plus de soulagement mais une certaine forme de culpabilité mêlée à une douleur aiguë dans le ventre qui font naitre une boule dans ma gorge. Pourquoi est ce qu'il a fallu que ça lui arrive, à elle ? Pourquoi ? Elle n'a sans doute pas déjà assez encaissé peut-être ? Non, visiblement, le destin s'est apparemment dit que ça serait amusant d'en rajouter une couche. Je me rends compte que je suis en colère, une colère non ciblée puisque c'est de la faute à personne, mais une colère triste et noire. Brulante et à la fois glaciale. Ça me tue de la voir comme ça, sans imaginer réellement une seule seconde ce qu'elle peut bien ressentir. Foutez lui la paix putain.

« J’ai même pas réussi à dire à sa mère que j’étais enceinte de Noah, encore moins que je compte avorter d’un enfant qui aurait pu continuer de faire vivre son fils. Maintenant je me trouve égoïste d’avoir fait ça et d’en plus de t’infliger une ambiance de merde alors qu’on commence à peine nos vacances. Je sais que tu es là pour ça, t’es ma meilleure amie mais moi, quelle amie je fais en te bousillant ton début de vacances avec mes propres conneries ? »

Sérieusement ? Elle est vraiment sérieuse ? Le mode tornade s'active l'espace d'une seconde mais je le tempère, le met en sourdine immédiatement avant de l'engueuler pour ce qu'elle vient de dire. Au lieu de ça je lui offre un sourire, me redresse, relève le menton et opte pour un regard faussement détaché.

« Une amie en carton mais ça on le savait déjà. »

Puis mon sourire se radoucit, un soupire m'échappe et je n'attends pas une seconde de plus avant de me lever pour rapprocher ma chaise de la sienne. L'instant d'après je la prends dans mes bras et la serre fort, comme pour lui offrir un refuge, un endroit où elle pourra vider toutes ces larmes qui lui brouillent la vue et qu'elle retient depuis tout à l'heure.

« Viens là. »

Lâche prise. Je me doute qu'elle a déjà du en évacuer un paquet, si ça n'est pas le cas – parfois c'est possible, quand on est en état de choc – alors elle peut le faire maintenant. Et je l'admets, c'est aussi un moyen pour moi d'encaisser tout ce qu'il vient de se dire. Parce que ça va être à mon tour de parler, d'être là, de lui apporter le réconfort dont elle a besoin et lui remettre en tête la certitude qu'elle n'a rien d'une amie en carton. Ma tête posée contre la sienne, je ferme les yeux un instant et la berce. Lentement, passant ma main dans son dos calmement presque comme une mère le ferait avec son enfant. Quelle merde. Une mère, hum ? Elle aurait bien besoin de la sienne en cet instant. Mère. Le « qualificatif » qui met du plomb dans l'aile à tout ce qui est entrain de se passer dans sa vie. Elle n'a plus la sienne et doit faire un choix concernant elle-même.

« Je suis désolée pour Noah. »

Je ne la lâche pas, pas tout de suite, déposant un baiser sur sa tempe avant de reposer ma tête contre la sienne pour la garde contre moi encore un peu. J'ai … pas envie de la relâcher dans le monde pour le moment. Instinctivement. Reste là, encore un peu. Ici tout va bien. Presse sur pause, je veille sur toi.
Et puis les minutes passent à mesure que la fontaine se tarie, la laissant complètement épuisée, probablement à bout de nerfs. Je desserre un peu mon étreinte, lui laissant la décision de s'en détacher ou non.

« Je t'aurai hurlé dessus si tu ne m'avais pas « infligé une ambiance de merde », c'est compris ? Tu ne bousilles pas le début de mes vacances. Ce serveur le fait en osant mettre du sucre sur la table, par contre. »

Je me laisse aller à un rire léger, il est simplement là pour détendre un peu l'atmosphère, lui perdre de souffler. Me permettre de souffler, aussi. Cela étant, je suis sérieuse, depuis quand on met du sucre dans son thé en Angleterre ? Hérésie.
Je m'écarte un peu, attrape finalement ses mains entre les miennes et cherche son regard après avoir remis une mèche de ses cheveux derrière l'une de ses oreilles.

« Ta réaction n'a absolument rien d'égoïste Keza, c'est même totalement le contraire. Tu ... »

J'inspire, cherche un peu d'air.

« Le lui dire aurait été pire. »

Juste un sourire. Triste, mais un sourire. Je sais qu'elle saura où je veux en venir. Apprendre à cette femme que son fils a laissé un peu de lui sur cette terre avant de disparaître mais que ce petit morceau de lui va s'en aller aussi ? Ça aurait été, je pense, pire que tout. Égoïste de choisir de ne pas le garder ? Non. L'inverse aurait pu l'être, pour les raisons qu'elle a elle-même énoncé. Ça aurait pu marcher, d'ailleurs elle peut encore hésiter, changer d'avis, mais on se serait serré les coudes, on aurait adapté nos vies. On … aurait fait des sacrifices. Oui, je le pense, parce que je sais que si cet enfant entre dans nos existences il faudra revoir nos plans. Ne pas le garder est probablement l'option la plus « facile » pour l'avenir mais c'est aussi la plus difficile pour le cœur et l'âme. Enfin, tout ça ne sont que des suppositions, à aucun moment je ne peux ne serait-ce qu'effleurer ce qu'elle ressent. Je la trouve extrêmement courageuse, encore une fois.

« Tu te souviens ? Ton corps, ta décision. Personne d'autre n'a le droit de juger de quoi que ce soit ni de prendre la moindre décision à ta place, d'accord ? T'as pas à culpabiliser, pas une seule seconde, pas vis à vis des autres en tout cas et ce peu importe ton choix. »

Je serre un peu plus ses mains dans les miennes, cherche son regard et le capte avec un peu plus d'insistance mais toujours autant de douceur. Il faudra qu'elle accepte les réactions des autres parce qu'elle n'aura pas le choix, mais la décision doit être prise uniquement en fonction d'elle. Et de cet enfant. A ce stade, est ce qu'on peut réellement parler d'un enfant ? La question prête peut-être à controverse mais je me la pose néanmoins. D'autant que, je le sais, elle arrive au terme, peu importe sa décision elle va devoir la prendre rapidement. J'ai bien compris ce qu'elle m'a dit, qu'elle ne pouvait pas, mais ça n'est pas à moi de l'influencer d'une manière ou d'une autre. Je ne peux qu'attendre qu'elle confirme, ou non, pour agir en conséquence mais être là quoi qu'il en soit.

« Je suis là. »

Encore une fois douce, mais déterminée.

Je suis là, si tu as besoin de moi. Tu peux compter sur moi. Pour te tenir la main, t'écouter, te prendre dans mes bras, t'accompagner quelque part si c'est ce qu'il doit se passer. Peu importe, je suis là, c'est tout ce qu'il faut retenir.
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MessageSujet: Re: We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel   Sam 28 Oct 2017 - 15:22

- Une amie en carton mais ça on le savait déjà

Je réussis à lâcher un ricanement entre mes larmes, sanglot silencieux, image d’une peine sourde et violente. J’ai l’impression que je pourrais devenir folle d’une seconde à l’autre, qu’en un claquement de doigts tout pourrait psychologiquement basculer. Je me suis déjà retrouvé dans des états critiques, notamment à cause de Marcus mais cette fois c’est encore différent. Une vie grandit à l’intérieur de moi, une vie qui aurait pu être mon enfant et que je décide d’écourter. Je ne sais même pas si à ce stade, le cœur est déjà construit et en activité … Et pour être honnête, je ne préfère pas le savoir. Je ne veux pas rendre tout plus compliqué que ça ne l’est déjà. Je mentirais si je disais que ça ne me crève pas le cœur de faire ça puisque, l’espace de quelques jours, j’ai souhaité le garder, faisant face à un soudain besoin de maternité, l’instinct maternel en éveil.
Aujourd’hui les choses sont différentes et même si je sais que c’est la meilleure décision, je ne peux pas m’empêcher de me sentir à la coupable et stupide. S’ajoute à ça la mort de Noah… Je perds complètement pieds…

… Ou pas. Puisque ce phare que je perçois depuis plus d’un an est encore là, toujours aussi brillant par sa présence parfois silencieuse, discrète. Et il ne m’a jamais lâché, a toujours été intensément lumineux lors de mes moments de détresse, où je pensais être perdu jusqu’à ce que je l’aperçoive. La lueur d’espoir pour tout marin d’une vie parfois houleuse.
Riley me prend dans ses bras avoir s’être rapprochée et je ne montre aucune résistance, trouvant un réconfort immédiat au contre de cette structure de tendresse qu’elle m’offre. Une muraille contre le monde, contre la douleur et la réalité. Elle m’encercle et c’est comme si j’étais soudainement protéger de tout ce qui m’entoure.

- Je suis désolée pour Noah.

Je me contente de me serrer contre elle, un peu plus que je ne le fais déjà et lâche prise, complètement, pour la deuxième fois en deux jours. Cette fois les circonstances sont différentes, ce n’est pas l’expulsion de rage ou de détresse, mais bien ce trop plein de larmes que je tente de ravaler pour garder la face devant ma famille. Cette fois, aucun masque, aucun besoin de jouer un double jeu, je peux simplement me laisser aller à ce que je veux, à ce dont j’ai besoin. Riley ne me jugera pas, je pourrais passer trois heures à pleurer comme une enfant dans ses bras qu’elle ne me dirait rien si elle pense que ça me fait du bien.
Quant à Noah… Je suis frustrée de tant de choses. La première étant peut-être d’avoir été trop saoule à cette putain de soirée pour me remémorer ce qui étaient les derniers instants passés avec lui. Je ne passerais pas des heures à me demander pourquoi lui, pourquoi comme ça, la mort de maman m’a suffisamment appris à ce sujet pour savoir que ce genre d’évènement peut nous foudroyez, tous autant que nous sommes.
En revanche, ce que la mort de ma mère ne m’a pas appris c’est comment gérer cet avortement à l’horizon, comment gérer cette grossesse inattendue. Comment gérer ses propres choix. Je ne dis pas que mon père ne pourrait pas le faire, je sais à quel point il sait être présent et à l’écoute mais … j’sais pas. Cette fois j’aurai bien besoin de ma mère, tout simplement. C’est presque ces gestes à elle que Riley m’offre en me berçant et m’embrassant de temps en temps la tempe.
Bordel… Qu’est-ce que je ferais sans elle ?

Les larmes se tarissent en douceur, lentement mais surement après avoir passé en revu chaque chose qui me tordaient le cœur. La fatigue s’abat sur mes épaules brusquement et c’est mains tremblantes que je me redresse légèrement, prenant conscience que je reste encore debout uniquement par les nerfs. Je ne me détache pas vraiment, restant encore un peu dans cette position de réconfort que seule Riley pouvait m’offrir.

- Je t'aurai hurlé dessus si tu ne m'avais pas « infligé une ambiance de merde », c'est compris ? Tu ne bousilles pas le début de mes vacances. Ce serveur le fait en osant mettre du sucre sur la table, par contre.

Un rire entrecoupé des dernières larmes m’échappe. Je me redresse tandis que Riley cherche mon regard qu’elle trouve, humide, remettant une de mes mèches derrière mon oreille. Je me sens des plus misérables et je dois certainement avoir la tête d’une citrouille fripée mais je m’en contrefous, surtout devant elle.

- Tu es à Londres… donc beaucoup de touriste. Je pense qu’ils s’adaptent à la demande. Pauvre serveur.

Serveur qui n’est d’ailleurs pas Londonien, suffit d’écouter son accent à couper aux couteaux pour savoir qu’il est probablement d’origine étrangère. Italien ? Espagnol ?
Je me recentre sur ma meilleure amie qui ne me lâche pas du regard, me redressant un peu plus pour m’adosser contre le dossier de ma chaise, gardant une de ses mains dans la mienne.

- Ta réaction n'a absolument rien d'égoïste Keza, c'est même totalement le contraire. Tu ... Le lui dire aurait été pire.

Je sais qu’elle a raison. Comment aurais-je pu infliger à cette pauvre femme une souffrance supplémentaire ? Ça aurait été comme mettre du sel sur une plaie, comme remuer un couteau dans une blessure déjà bien trop ouverte.
Je prends une inspiration et expire en douceur, essayant de calmer mon rythme cardiaque encore bien trop rapide à mon goût. Je revois le visage d’Eleanor, meurtri par la peine, par l’absence de son fils et mon cœur se comprime. La vie est parfois d’une telle injustice.

- Tu te souviens ? Ton corps, ta décision. Personne d'autre n'a le droit de juger de quoi que ce soit ni de prendre la moindre décision à ta place, d'accord ? T'as pas à culpabiliser, pas une seule seconde, pas vis à vis des autres en tout cas et ce peu importe ton choix.

C’est ce que j’avais besoin d’entendre, ce dont j’avais besoin tout court. Je sais que je vais affronter certains regards et certaines réactions qui me déplairont et qui seront peut-être même douloureuses. Mais même si j’ai le choix, garder cet enfant est de la pure folie. J’ai retourné le problème dans tous les sens, me disant qu’au pire des cas, mon père et Shannon seront là pour m’épauler… mais me connaissant, j’insisterais pour me débrouiller seule. Donc abandonner des études. Prendre un job. Un appartement. Accoucher. Nourrice. Couches. Biberons. Et même si l’aspect de tenir un nourrisson qui est le mien dans mes bras est séduisant, je me refuse d’imposer ce mode de vie précaire à un gosse qui n’a pas demandé à vivre ou à subir ce genre de quotidien.
Et la décision doit être prise rapidement, j’le sais. Je n’ai pas tardé à passer quelques coups de fils avant de rentrer à la maison hier…

- Je suis là.

Déterminée mais d’une douceur exemplaire, Riley est l’amie que tout le monde devrait avoir, sincèrement. Parfois je doute le lui rendre aussi bien mais j’espère qu’elle a conscience de la beauté humaine qu’elle représente.
Je crois que je l’aurai bien plus vexée si je n’avais pas réclamé son aide aujourd’hui que l’inverse… Et c’est pour ça que je me redresse légèrement, toujours ses mains dans les miennes, pour lui faire cette fois face.

- Et j’ai besoin de toi.

Sincèrement. Je ne vois pas qui d’autres sur cette planète pourrait mieux m’aider que Riley. Je fouille dans mon sac et en sort mon portefeuille pour lui donner une petite carte en carton blanche et verte, avec en logo le sceptre du serment d’Hippocrate qui ne laisse que peu de place aux doutes.
Je me racle doucement la gorge dans le creux de mon poing avant de reprendre.

- Je suis passée dans une clinique hier en fin d’après-midi… J’ai rendez-vous demain matin. Ils m’ont pris « en urgence » vu le délai.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire ou imaginer : Ni regard réprobateur, ni réflexion. Mais une prise en charge douce, où ils ont pris le temps de m’expliquer la procédure, pris le temps de me demander si j’étais réellement sûre de ma décision, qu’il y avait peut-être d’autres options qui me conviendrait le mieux et tout cela dans un calme presque apaisant et compréhensif.

- J’ai déjà rencontré un médecin et dois en rencontrer un autre demain. Si j’ai bien compris je vais juste être hospitalisé quelques heures… Elle m’a expliquée que ça ne durait que quelques minutes et que ça ne serait pas trop douloureux vu que j’aurai une anesthésie locale.

Je sais que cette discussion est un peu étrange mais j’ai besoin d’expliquer pour prendre conscience, pour me rassurer aussi quelque part. Comme si les mots donnaient corps à la réalité tout en m’offrant une certaine sécurité dans les yeux de Riley. Je sais pas, c’est une sensation étrange et j’espère juste ne pas la mettre mal à l’aise.
Je me souviens des explications de ce médecin qui m’a expliquée de quelle façon elle allait s’y prendre et un long frisson de dégoût me traverse les bras. Ça me parait si… barbare et en même temps nécessaire.

- Papa et Adam ne sont au courant de rien. Ni de ça, ni de la grossesse tout court et je ne suis pas certaine d’être prête à le leur dire un jour, honnêtement.

Par pudeur, culpabilité, honte ou tout simplement parce que je ne veux pas affronter certains regards de pitiés, de peine, voulant passer à autre chose le plus rapidement possible sans avoir quoi que ce soit qui me rappelle ce que je vais bientôt exécuter.

- J’ai besoin de toi pour aller là-bas. Je pourrais pas le faire toute seule Riley, je n’en suis juste pas capable. Je me mords la lèvre inférieure, nerveuse. J’ai peur de flancher et de me défiler. Je suis désolée de t’imposer ça mais … J’affronterais tout ça avec bien plus de courage si ma boulette est à mes côtés.

Ma main serre de nouveau la sienne, je suis sincère, elle le sait, inutile de le préciser.
Nous représentons tous ces binômes, couples fard que l’on voit dans les films, les séries, les bouquins. Thelma et Louise, Starsky et Hutch, Tic et Tac, Minus et Cortex, ce que vous voulez mais un duo indéfectible. Les boulettes envers et contre tout et tous. Je ne pourrais pas faire tout ça sans elle, sans son soutien moral. Et même si je sais que c’est beaucoup demandé, j’ose le faire parce que c’est aussi respecter notre amitié que d’accepter de demander son aide.

- Je veux en finir. Vite.

Je ne veux plus subir ce stress, cette angoisse qui m’oppresse et même si le choix est difficile, je ne veux pas attendre plus longtemps de peur de changer d’avis mais surtout parce que je ne sais pas combien de temps je vais tenir comme ça, sur les nerfs.
Je n'oublie pas non plus que nous étions à deux doigts d'inverser les rôles il y a quelques temps quand Riley a eu cette fausse alerte, cette fausse frayeur. Et je sais que j'aurai réagis comme elle le fait maintenant, présente envers et contre tout pour la soutenir.
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MessageSujet: Re: We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel   Ven 3 Nov 2017 - 15:32

« Et j’ai besoin de toi. »

Pression ? Un peu, par la force des choses, mais tout ça est simplement naturel. Je suis sérieuse quand je dis que j'aurai été furieuse qu'elle me tienne à l'écart, à moins d'avoir une excellente raison ou préférer gérer ça avec quelqu'un d'autre – j'aurai boudé, faut pas rêver, on ne se refait pas.
Je la regarde faire, fouiller dans son sac alors que je bois une gorgée de thé après m'être légèrement écartée pour qu'on retrouve toutes les deux un peu d'espace pour se mouvoir. Elle me tend une petite carte blanche et verte, je comprends instantanément de quoi il s'agit, avant même de l'avoir saisi entre mes doigts et regardé plus en détail.

« Je suis passée dans une clinique hier en fin d’après-midi… J’ai rendez-vous demain matin. Ils m’ont pris « en urgence » vu le délai. »

Je me contracte un peu, un frisson me parcoure des pieds à la tête et mon regard quitte la petite carte pour se poser dans le sien. C'est déjà compliqué pour moi, alors elle ? Je n'ose pas imaginer une seule seconde ce qu'elle ressent. Probablement un mélange de peur, de culpabilité et d'impatience teinté de soulagement. Je crois que c'est la façon dont je me sentirais. Et j'espère qu'ils l'ont bien traité sinon ça va barder.

« J’ai déjà rencontré un médecin et dois en rencontrer un autre demain. Si j’ai bien compris je vais juste être hospitalisé quelques heures… Elle m’a expliquée que ça ne durait que quelques minutes et que ça ne serait pas trop douloureux vu que j’aurai une anesthésie locale. »

Je ne peux pas le nier, mon estomac se crispe une seconde et j'en ressens la nausée me monter dans l'œsophage. Kezabel me parle de ça avec calme, je peux comprendre qu'elle ait besoin d'exprimer tout ça, peut-être pour se rassurer. Alors j'écoute, la laisse m'expliquer le procédé, ce qu'elle va … subir demain, en plus de tout le reste. Je lui souris, pose ma main sur la sienne et me comporte normalement, cachant les réels effets que tout ça a sur moi. Ça ne lui rendrait pas service, bien au contraire, je sais parfaitement comment elle réagirait : Elle s'inquiéterait et me ferait passer avant elle. Alors je serre les dents, prends une profonde inspiration et intègre, digère.

« Papa et Adam ne sont au courant de rien. Ni de ça, ni de la grossesse tout court et je ne suis pas certaine d’être prête à le leur dire un jour, honnêtement. »

J'ai presque envie de lui dire de ne pas le faire, jamais. A quoi est-ce que ça servirait ? Mais la décision lui appartiendra quoi qu'il arrive, évidemment. Peut-être qu'un jour elle ressentira le besoin de leur en parler mais pour le moment, tout ce que j'espère, c'est qu'elle recule au moins l'échéance. Parce que ça aura un impact sur eux, donc sur elle, et je crois qu'elle a déjà suffisamment à gérer pour l'instant, non ?

« J’ai besoin de toi pour aller là-bas. Je pourrais pas le faire toute seule Riley, je n’en suis juste pas capable. J’ai peur de flancher et de me défiler. Je suis désolée de t’imposer ça mais … J’affronterais tout ça avec bien plus de courage si ma boulette est à mes côtés. »
« Arrête de t'excuser. »

Elle est incorrigible, c'est pas possible. Elle ne m'impose rien du tout, ça me paraît simplement normal, logique, ferme et définitif. Je serai là, évidemment, exactement comme je l'ai promis et en aucun cas je ne me force. En aucun cas elle m'impose quoi que ce soit. Sans parler du fait que je ne pourrais plus me regarder dans la glace si je tournais le dos à ma meilleure amie quand elle en a le plus besoin. Pour elle j'irai planquer le cadavre des 3D dans la Forêt Interdite ! On a fait la course contre une Accromentule toutes les deux, ça vous soude pour la vie ce genre de choses.

« Je veux en finir. Vite. »      

Je n'attends pas une seconde de plus pour serrer sa main dans la mienne et lui adresser un regard franc, déterminé, comme si je prenais les choses en main et quelque part c'est exactement ce que je fais. Elle a besoin de ça, besoin de moi, que je sois forte pour elle et je vais l'être.

« Je vais dormir chez toi, si c'est possible. Et on ira demain matin, ensemble. J'te lâche pas d'une semelle d'ici là et je serais là aussi après, autant de temps qu'il le faudra. »

Si ça doit durer des jours alors soit, ça n'est pas un problème. Je dois retrouver Mateo ce weekend mais il comprendra. Hors de question que je la laisse si elle a encore besoin de moi. J'aurai tout autant besoin d'elle, besoin d'être là pour elle en tout cas.

#

On a trainé à Greenwich. Au salon de thé, dans les rues, dans le parc, puis on est rentrés chez elle. J'ai prévenu les parents, envoyé un message à Mateo pour le prévenir que je l'appellerai plutôt demain … et dès l'instant où la porte s'est ouverte, je lui ai fait des infidélités. Je plaisante, bien sûr, mais dès que j'ai vu Adam et comme à chaque fois qu'on se croise, c'est le show. Au départ c'était pour agacer Kezabel, maintenant c'est devenu un rituel. C'est donc totu naturellement que je vais m'assoir sur ses genoux et passe mes bras autour de son cou.

« Hey ! Salut beau gosse, je t'ai manqué ? »
« Et comment ! Je pense à ma future femme tous les jours en me languissant. »

On éclate de rire, je lui claque un bisou sur la joue et c'est parti pour une soirée chez les Hasting, une soirée pendant laquelle rien ne transparait. Un repas normal, en famille, avec Adam bien sûr mais aussi leur père et Shannon qui a su trouver sa place au sein de ce noyau apparemment. Foncièrement, et malgré une certaine ombre planante au dessus de Kezabel et de moi par extension, c'était une chouette soirée. Ça me fait réellement plaisir de les revoir, encore plus plaisir de voir que mon père et celui de Kezabel sont devenus de bons amis. De potes même j'ai l'impression … Deuxième jeunesse messieurs ? Ok je sors.

#

Kezabel n'a pas très bien dormi, je l'ai gardé dans mes bras toutes la nuit et quand le réveil a sonné j'ai continué, jusqu'à ce qu'elle se lève. Le démarrage a été silencieux, Adam dormait encore quand on est parties, les parents étaient déjà au travail. J'ai pris un café sur la route, on a roulé en écoutant de la musique et c'était un moment à la fois étrange et plein de choses positives. J'ai eu envie qu'on ne s'arrête pas, qu'on file droit devant nous musique à fond et fenêtres ouvertes, qu'on parte à l'aventure. C'est avec un sourire que j'ai tourné la tête vers elle alors que mes yeux encore légèrement endormis se sont posés sur elle.

« Je t'invite à manger un bon gros burger ce midi. »

Même si je doute qu'elle ait beaucoup d'appétit.

« D'ailleurs, tu sais quoi ? Si ça te dit, on roule jusqu'à la mer dès que tu sors et on passe le reste de la journée là-bas juste toutes les deux, avec le soleil. On fera les mouettes. »

Je ne sais pas si elle sera réceptive, de même que j'ignore dans quel état de fatigue elle se trouvera mais j'agis à l'instinct.

« Si t'as pas trop peur je conduirais. »

Vous voyez comment je suis dans la vie ? Et bien ma conduite est pareille … Keza en a déjà fait les frais et même si ça la fait rire de me voir insulter les autres automobilistes, je sais que ça la rassure quand c'est elle qui tient le volant. Je ne vois pas du tout pourquoi …
Nous y voilà finalement. On sort de la voiture en silence et j'en fais le tour pour la rejoindre. L'instant d'après ma main attrape la sienne et je serre ses doigts entre les miens.

« Prête ? »
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MessageSujet: Re: We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel   Ven 10 Nov 2017 - 12:53

- Je vais dormir chez toi, si c'est possible. Et on ira demain matin, ensemble. J'te lâche pas d'une semelle d'ici là et je serais là aussi après, autant de temps qu'il le faudra.

Je ne lutte pas, n’en a ni l’envie, ni la force. C’est tout ce dont j’ai besoin, de sa présence bout à bout. Riley est d’un soutient inébranlable, envers et contre tout et encore une fois, je prends conscience à quel point ce genre d’amitié n’est que trop rare. Ca ne fait qu’un an que l’on se connait, que l’on se côtoie et j’ai l’impression que ça fait une éternité. On a traversé tout un tas de chose, aussi bien de son côté que du miens et à aucun moment, nous ne nous sommes abandonnées. Aucun.

- Interdiction de ronfler, sinon tu dors dans le jardin.

Tentative de blague, de dérider mon propre visage crispé par l’angoisse. Je la serre de nouveau dans mes bras, lui murmure un merci, brutalement soulagée.
Thé avalé, gâteau englouti, on opte pour une ballade dans les rues de Greewich pour ensuite aller se poser un peu dans le parc, parlant d’autres choses que ce qu’il se passera demain. Il n’y a pas que ça dans ma vie, ni dans la sienne. L’avoir à mes côtés me fait un bien fou tout comme cette balade que l’on prolonge tranquillement, à se raconter des conneries, notre retour à la maison, ce que l’on veut faire cet été pour ensuite rentrer chez moi.
Inutile de prévenir mon père tant il adore Riley et je ne parle même pas de Shannon… Et encore moi d’Adam…

- Hey ! Salut beau gosse, je t'ai manqué ?
- Et comment ! Je pense à ma future femme tous les jours en me languissant.
- Par Merlin, je vais vomir…

Eclats de rire, taquinerie, comme si tout était normal pour l’espace de quelques heures et ça me convient parfaitement comme ça. Je sais qu’ils font ça pour m’emmerder même si c’est clairement devenu un jeu désormais, jeu à laquelle parfois je me prête.
Les retrouvailles, le repas, la soirée. Les discussions à sourire sans feindre pourtant, une concentration à maintenir. Rien ne transparait, ni de moi, ni de Riley. Une normalité presque grisante qui devient une réalité pour quelques heures alors que mon père s’amuse à nous raconter ses blagues de papa, que Shannon nous raconte quelques anecdotes amusantes malgré son métier. Je n’ai ni la boule au ventre, ni le cerveau à l’envers, juste un pur plaisir de tous les retrouver, avec ma meilleure amie en prime qui ne se prive pas de rire aux éclats face aux blagues complètement nulles de mon père… qu’il s’est apparemment empressé de raconter à celui de Riley.
Aucune ombre au tableau, celle-ci n’a ressurgit que durant la nuit, sournoise, insidieuse.

Elle pèse sur ma poitrine, me donnant l’impression de manquer d’air, d’avoir du mal à respirer tranquillement. Et malgré les bras de Riley pour la nuit complète, j’ai vu les heures défilées, immobiles contre son torse, les yeux rivés sur l’horloge numérique de ma table de chevet. Je stress, j’angoisse, me remet même en question quelques secondes avant d’être rattraper par la réalité. La mort de Noah, mon incapacité à élever un enfant. A chaque fois que je flanche, je me rappelle tous les aspects négatifs qui attendront cette nouvelle vie.
Des cauchemars suivent, plus glauque les uns que les autres, comme si c’était ce moment où mes angoissent se décident de ressurgir en même temps, toutes ensembles.
Le réveil sonne, je l’arrête mais ne me lève pas. Je profite de ce silence, de la chaleur des bras de ma meilleure amie contre laquelle je suis toujours calée, sans bouger. La lueur du jour transperce légèrement les rideaux et les volets, éclairant faiblement ma chambre qui est plonger dans un silence de plomb.
Nous y sommes. Je ferme les yeux, inspire en silence et me lève. A la seconde où mon pied se pose sur le sol, j’agis mécaniquement, sans réfléchir. Je veux que l’on en finisse. Vite.
En moins d’une heure nous sommes dans la voiture où je prends le volant, où nous écoutons de la musique, on discute. On s’arrête en chemin pour que Riley puisse prendre un café et nous repartons sur la route… Si je n’avais pas cette ombre planante sur mes épaules, je crois que je n’aurai pas cessé de conduire, filant sur des chemins au pif, que l’on choisirait au hasard sans réfléchir pour voir où tout ça nous mène. Pourtant, le trajet n’est ni insupportable, ni angoissant… il est juste étrange et agréable. Entre l’angoisse mais le plaisir d’avoir Riley à mes côtés, et peut-être une pointe d’impatience de terminer cette épreuve qui me donne la nausée.

- Je t'invite à manger un bon gros burger ce midi. D'ailleurs, tu sais quoi ? Si ça te dit, on roule jusqu'à la mer dès que tu sors et on passe le reste de la journée là-bas juste toutes les deux, avec le soleil. On fera les mouettes.

Je tourne brièvement mon regard vers elle, surprise avant d’afficher un sourire… presque soulagé.

- C’est parfait, ça me va. Je sais déjà où je vais t’emmener.
- Si t’as trop peur je conduirais.
- Hum… Je tiens à ce qu’on reste en vie toutes les deux donc le volant sera pour moi.

Je lâche un rire crispé, mais un rire quand même. Je m’impose une normalité, pour réguler la pression. Mais ça, c’était avant d’arriver sur le parking et de faire face à l’établissement. Je coupe le moteur et descend de la voiture, sac à main sur l’épaule, les clés de la voiture entre mes doigts que je triture nerveusement. C’est la main de Riley qui me tire de mes idées, de ma fixation.

- Prête ?

Je prends une inspiration, déglutis en silence.

- Je crois que je ne le saurais jamais mais j’ai envie d’en finir vite.

Je serre un peu plus fort sa main entre les miennes, ferme les yeux et avance. D’un pas décidé, la boule au ventre, l’envie de vomir se faisant plus pressent. Mais à aucun moment je ne flanche, même lorsque je mets un pied dans le centre médical qui mettra fin au cauchemar.


¥


C’est terminé.
Allongée sur le lit depuis maintenant deux heures, je fixe le plafond en silence. Riley est partie chercher un café juste à côté, à quelques mètres d’ici, après la visite du médecin pour un contrôle. Tout s’est bien passé, l’anesthésie perd de son effet et je me sens… étrange. Entre le soulagement et le vide. L’apaisement et la culpabilité. Je n’arrive pas à savoir comment je me sens, ni ce que je veux, ni si ça va. Comme si j’étais positionné sur une onde blanche, sans son, sans émotion. Ni choquée, ni triste, ni quoi que ce soit. Juste plate de toute sensation. C’est à la fois reposant et perturbant. L’océan d’inquiétude à disparu, l’ouragan des colères également. Il n’y a plus de grossesse, plus d’angoisse à se faire… plus de bébé à la clé, plus d’enfant tout court.
Une larme roule sur ma joue, une seule, que j’essuie d’un geste rapide. Se faire à l’idée s’avère un poil plus compliqué que je ne l’aurai espéré ou cru sans pour autant en être détruite. Je suis juste touchée par la situation et par mon geste. Mes émotions ne sont plus si loin finalement. Je sais que c’était la bonne solution, la bonne prise de décision et même si une part de moi se trouve attristée, je ne le regrette pas pour autant.
Et ce n’est que lorsque je vois Riley revenir dans la chambre que mon cerveau se remet en route et me remet en place, face à la réalité. Toutes ces ombres au tableau qui me hantaient, m’angoissaient, disparaissent au profit d’un avenir plus clair, plus sûr et moins flippant. Comme mon tour du monde avec ma meilleure amie, une possible colocation, toutes les deux. Et tous les autres projets que nous avions prévus deviennent soudainement réalisables, sans aucun obstacle.

- Le médecin dit que je me remets vite et bien, il est parti chercher les papiers une ordonnance. On va pouvoir bientôt partir.

Une autre larme m’échappe sans que je n’y fasse attention et c’est la réaction de Riley qui m’en fait prendre conscience.

- Non, non ça va, t’en fais pas. Je crois que c’est juste le contrecoup… J’essuie rapidement ces perles salées qui se perdent dans mon sourire. Je culpabilise mais je crois que je suis surtout soulagée. Même si une part de moi à honte de se dire ça.

Ce sont des sentiments étranges, différents qui se mélangent ensemble et qui donne un cocktail vraiment bizarre, honnêtement. Je n’ai qu’une envie, partir d’ici, quitter les lieux et ne plus jamais y remettre les pieds. Je veux que l’on remonte dans cette voiture avec Riley et que l’on roule jusqu’à n’en plus finir en chantant à tue-tête. Je veux juste vivre, oublier, « me remettre » en scelle au plus vite pour ne pas avoir à réfléchir à tout ça.

- Et j’ai vraiment très faim… Donc si tu n’as pas changé d’avis pour le burger, j’aimerai bien qu’on en mange un dans un restau au bord de la plage. Je désigne en grimaçant légèrement son gobelet en plastique. Promis ils ont de vrais boissons et cafés.

Je marque un instant de pause alors que je me redresse pour m’assoir sur le lit. Aucune douleur, aucune sensation désagréable, comme si ça ne s’était jamais produit… Je marque une pause avant de relever mon visage vers Riley, sourcils froncés.

- Je sais que c’était la bonne décision, que c’était ce qu’i
l y a de mieux à faire mais je crois qu’il va me falloir quelques jours pour digérer.


Je prends sa main dans la mienne, en douceur.

- Merci d’avoir été là, j’aurai pas pu faire tout ça sans toi.
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MessageSujet: Re: We are rockets pointed up at the stars ▬ Kezabel   Jeu 16 Nov 2017 - 22:54

« Je crois que je ne le saurais jamais mais j’ai envie d’en finir vite. »

Pas un mot de plus, juste un sourire et ma présence, ma main qui serre plus fort la sienne en même temps que son propre geste. Comme si on pouvait être prête pour ce genre de choses. Le premier pas c'est elle qui le fait et si on avance au même rythme c'est bien elle qui donne le tempo et le contrôle. Je n'imagine pas une seconde la façon dont elle se sent, je ne peux pas, mais je sais qu'en ce qui me concerne j'ai le cœur qui bat très vite et l'estomac dans le fond de la gorge.

#

Je crois que je viens de passer les minutes les plus longues de toute ma vie si on fait abstraction de l'attente suite à l'empoisonnement de Charleen et ma fausse alerte d'il y a quelques semaines. Pour eux c'est quelque chose de routinier, les membres du personnel étaient on ne peut plus calme et si j'ai gardé le mien, si je n'ai pas cédé à la panique, c'est en grande partie grâce à eux. Je n'ai pas pu rester avec Kezabel tout du long, ce que je peux comprendre, mais attendre dans un couloir d'hôpital ou de centre médical peu importe est une sensation que j'espère ne pas avoir à revivre de si tôt pour ne pas dire jamais si c'est possible. J'ai eu envie, besoin, d'en parler je l'admets, mais à qui ? Personne n'est au courant et je ne compte pas trahir le secret de ma meilleure amie. Alors je me suis occupée comme j'ai pu jusqu'à pouvoir la retrouver. Tout ça me semble surréaliste, j'ai du mal à imprimer, à me dire qu'un instant elle portait la vie en elle et celui d'après … ça n'est plus le cas. Je sais qu'on me lit comme un livre ouvert et que les émotions sont très vivantes et présentes sur mon visage et dans mon attitude la plus part du temps mais je suis presque certaine que cette fois je m'en sors plutôt bien pour garder tout ça sous couvert. Par instinct, je crois, sans trop savoir pourquoi. Sûrement pour ne pas qu'elle se concentre sur moi parce que je sais pertinemment que c'est ce qu'elle ferait.
J'entre à nouveau dans sa chambre, café à la main et lui offre un sourire en venant m'assoir dans le fauteuil à côté du lit où elle est installée. J'en ai presque honte mais c'est bien du soulagement que je ressens en cet instant alors que je prends conscience que … tout est terminé. C'est comme si nos vies, notre vie, avait mise sur pause le temps d'un instant et qu'à présent tout rentrait dans l'ordre, qu'on pouvait reprendre où on s'était arrêté. Nos projets, aussi divers et variés qu'ils soient, ces soirées improvisées, la fête jusqu'à n'importe quelle heure du jour et de la nuit … Oui, j'ai honte, mais oui, je suis soulagée.

« Le médecin dit que je me remets vite et bien, il est parti chercher les papiers une ordonnance. On va pouvoir bientôt partir. »
« D'accord. »

Nouveau sourire, une gorgée de café, une grimace. Ce truc est dégueulasse et je suis à deux doigts d'éclater de rire quand je m'aperçois qu'une larme roule sur sa joue et qu'elle n'est pas la première. Je m'apprête à me lever pour aller vers elle mais elle m'interrompt, cette fois un sourire sur son visage à elle.

« Non, non ça va, t’en fais pas. Je crois que c’est juste le contrecoup… Je culpabilise mais je crois que je suis surtout soulagée. Même si une part de moi à honte de se dire ça. »

Mon cœur se serre un peu parce que je ne peux pas lui dire que je ressens la même chose qu'elle. D'une part parce que je ne l'assume pas vraiment et d'autre part parce que je ne m'en sens pas la légitimité ou quelque chose comme ça. J'ai dans le creux du ventre l'irrépressible envie et la hâte qu'on se casse d'ici toutes les deux, main dans la main, en laissant tout ça derrière nous même si c'est égoïste. Même si je me doute que ça ne sera pas aussi simple de passer à autre chose pour elle que pour moi.

« Et j’ai vraiment très faim… Donc si tu n’as pas changé d’avis pour le burger, j’aimerai bien qu’on en mange un dans un restau au bord de la plage. Promis ils ont de vrais boissons et cafés. »  

Regard plein de dégout vers mon gobelet, j'éclate de rire.

« Je crois qu'on peut de toute façon difficilement faire pire. »

Je crois d'ailleurs que je ne vais pas le terminer, ça risquerait de me couper l'appétit. On dit qu'il vient en mangeant, j'espère que ça sera le cas parce qu'avec l'estomac noué comme il est ça risque d'être compliqué mais on a une heure de route pour s'éloigner de tout ça. Dans tous les sens du terme.
Kezabel s'assoie finalement, je la regarde faire puis pose mon gobelet sur la petite table avant de me lever et m'approcher d'elle.

« Je sais que c’était la bonne décision, que c’était ce qu’il y a de mieux à faire mais je crois qu’il va me falloir quelques jours pour digérer. »
« C'est normal, alors accorde les toi ces quelques jours. Hum ? »

Tête penchée, regard levé vers elle, lèvres pincées sur le côté … Je la connais, elle le sait, mais quelque chose me dit que cette fois elle saura écouter son corps et son esprit. Sa main attrape la mienne, j'observe ce geste avec un sourire et un soupir.

« Merci d’avoir été là, j’aurai pas pu faire tout ça sans toi. »
« La question ne se posait pas. »

Mes doigts jouent avec les siens distraitement, je secoue et balance doucement nos deux bras alors que la tension quitte peu à peu mes épaules et mon corps tout entier. Je ne serais pas étonnée d'avoir des courbatures demain matin. Et sur mon visage, c'est un sourire légèrement sournois qui prend naissance ...

« Et puis vois le bon côté des choses, tu vas pouvoir recommencer à picoler maintenant. »

Trop tôt pour faire ce genre de blague ? Blague avec un fond de vérité, au demeurant. Possible, mais c'est sorti tout seul et la seconde d'après je me rapproche encore un peu plus et la prends dans mes bras, la serre fort contre moi en fermant les yeux.

« T'es probablement la personne la plus forte et courageuse que je connaisse Kezabel Everleigh Hasting. »

Et Merlin sait si je le pense, oh oui je le pense, mais tandis que je lui démontre une certaine forme d'admiration par la parole et les gestes ...

« Et c'est moi qui conduit ! »

… j'en profite pour lui voler les clés de la voiture qui dépassent de son sac posé juste à côté et m'écarte comme une gamine fière de sa connerie avant de courir vers la porte, les deux mains plaquées sur les oreilles.

« La La la j'entends rien. Je t'attends dans la voiture ! »

Et oui, je me barre, la laisse plantée là et m'échappe comme la voleuse que je suis. Elle me retrouve peu de temps plus tard, assise derrière le volant, grand sourire aux lèvres, avec aucune intention de quitter cette place. Elle fini par se résigner, on prend la direction de Brighton et c'est parti pour l'aventure.

« Pousse toi de là avec ton suppositoire à camion, vieille bique ! »

Le klaxon est mon meilleur ami, les appels de phares aussi, mais ce que j'aime par dessus tout c'est insulter les autres conducteurs même si bien sûr ils ne m'entendent pas. Une heure de route, une heure de rire, de musique à fonds, de karaoké improvisé. Une heure de liberté totale et de hurlements à cause de ma conduite tout aussi sportive que dangereuse diraient certains. Je ne vois, en ce qui me concerne, absolument pas où est le problème. Puis lorsqu'on arrive enfin à destination je me gare devant le front de mer et sors de la voiture comme une folle.

« Viens ! »

J'ai envie de courir, de sentir le vent sur mon visage et dans mes cheveux, et c'est précisément ce que je fais en fonçant droit vers un groupe de mouettes posées là tranquillement sous le soleil. Bien sûr elles s'envolent, je feins la déception.

« Mais les filles ! Attendez ! »

Connasses. Oops ! Non, je n'oublie pas ce qu'il s'est passé ce matin mais ça, faire n'importe quoi pour la faire rire, c'est ce que je sais faire de mieux. Elle a des médicaments à prendre, moi je lui offre autre chose qui je l'espère est tout aussi bénéfique et apaisera son âme. Et tandis qu'elle me rejoint finalement, je l'accueille avec un sourire carnassier.

« La dernière dans l'eau est un vieux scroutt à pétard. »

C'est La Manche, même en été elle est glacée, mais je suis 100% prête à relever le défis et m'élance en direction de l'eau sans attendre.
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