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 Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]

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MessageSujet: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Mar 8 Aoû 2017 - 16:51



~ Dimanche 28 juin – Dans la matinée ~

Les traits tirés, les yeux cernés, Keith faisait face à une tasse de café derrière son bureau à la bibliothèque. Elle était ouverte aux élèves en ce dimanche matin et c’était au tour de Keith d’assurer la surveillance même s’il était persuadé au fond de lui qu’il n’y aurait pas foule. Les examens étaient terminés et peu étaient déjà en train de se questionner sur la suite, se contenant de hurler de joie. Il y avait cependant quelques têtes studieuses et le bibliothécaire ne put s’empêcher de les maudire. Il serait bien resté enfermé dans sa chambre ce matin-là. Il avait un horrible mal de crâne et il était particulièrement ronchon, il fallait bien l’avouer. Il avait passé une sale nuit. Il avait entendu des élèves se promener dans les couloirs toute la nuit sans réussir à les attraper. Il savait qu’ils faisaient la fête mais n’avait pas réussi à mettre la main sur une preuve et ses collègues lui avaient fait comprendre que pour une fois, on pouvait aussi lâcher du lest. Clairement, il avait du mal avec cette idée mais n’avait eu d’autre choix que de se plier à l’avis général. De toute façon, il n’avait pas la force de se battre. Keith avait donc fini dans sa chambre à maugréer et à siroter du whisky en s’imaginant au calme dans le petit village de ses parents. Résultat, il s’était endormi tard et alcoolisé, d’où le mal de crâne et l’envie terrible d’être seul. Mais non. Il était assis à son bureau, avec un café et des registres de prêts sous les yeux.

Café terminé = Tête toujours aussi embrumée. Dans un soupir las, Keith avait fini par se lever. La bibliothèque s’était vidée et il avait donc décidé d’en profiter pour aller se chercher un autre café. Il fermerait la porte temporairement, le temps d’aller remplir sa tasse, ça ne tuerait personne. Son mug à la main, Keith était donc en train de verrouiller la porte de la bibliothèque avant de s’avancer dans les couloirs. Il fonctionnait au radar et la progression de la matinée ne semblait pas avoir réussi à le sortir de la brume. Il ne vit donc pas les gosses de deuxième année qui courraient à toute jambe dans sa direction. L’un d’eux le percuta de plein fouet et la tasse que Keith avait à la main se brisa sur le sol. Le gamin se figea sur place et se répandit en excuses tout en bredouillant. Le bibliothécaire le fixa avec froideur sans ouvrir la bouche pendant de longues secondes. Il prit une grande inspiration puis, fermant les yeux comme pour ne plus voir les visages des gamins, il se décida enfin à parler.

« Dégagez avant que je vous étripe. »

Pédagogie et douceur, bonjour ! Les gamins s’excusèrent de nouveau mais ne se firent pas prier et débarrassèrent le plancher en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Keith s’accroupit alors pour ramasser les morceaux de sa tasse. Mais alors qu’il avait un genou au sol à se demander si la magie pouvait faire quelque chose pour réparer l’objet, il se rendit compte que non loin de là se trouvait ce cher Cassidy. Il devait très certainement avoir assisté à la scène. Le bibliothécaire le regarda quelques instants.

« À croire qu’il n’y a pas que vous qui me faites perdre mon calme. »

Keith sortit alors sa baguette magique de sa poche. Non pas pour agresser Cassidy, il avait passé ce stade depuis un moment déjà et notamment depuis qu’il avait cru crever à ses côtés. Non, il se contenta de lancer un feu puissant sur les débris de sa tasse qui furent transformés en poussière et se dispersèrent dans l’air. Keith se redressa alors. Tant pis pour sa tasse mais il n’était pas sûr de pouvoir renoncer à son café.

« À votre place, je ne me serai jamais engagé en tant que professeur, les supporter pour le plaisir, c’est suicidaire. »

Keith était tellement grognon qu’il avait besoin de cracher un peu sa haine. Il n’avait eu personne avec qui râler contre les gamins depuis ce matin alors Cassidy se transformait soudainement en une sorte d’exutoire. C’était légèrement absurde et alors qu’il réalisait ce qu’il était en train de faire, Keith ne put s’empêcher de se demander s’il n’avait pas encore un peu de whisky dans le sang. Il poussa alors un long et profond soupir et marmonna cette fois quelques mots mais seulement pour lui-même.

« Vivement que cette journée se termine… »
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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Sam 12 Aoû 2017 - 19:56

Dimance 28 Juin 2015 – Dans la matinée
Les enfants sont merveilleux



Keith & Cameron

Nuit blanche. Si j'ai fait la fête avec les autres ? Un peu, après tout c'est probablement la dernière fois qu'on a l'occasion de se retrouver tous ensemble, ici, pour ça. Mais comme souvent j'ai passé la majorité de la soirée, et de la nuit, posé dans les canapés a fumer des pétards, discuter, garder un œil sur ces sales gosses parce que je ne peux pas m'en empêcher.
Le château est plutôt calme ce matin, une moitié dort, l'autre cuve, quand ça n'est pas les deux combinés. Je n'ai jamais été un gros dormeur alors une tasse de café dans la main je déambule dans les couloirs en remontant vers mon dortoir tranquillement pour aller m'y poser un peu, ranger mes affaires, y mettre un peu d'ordre même si je n'ai pas grand chose comme possession. Ce que j'ai de plus important et précieux ne me quitte jamais, à savoir mon zippo et la chaine de mon frère. Et ma came, aussi, éventuellement.

Sourire. Un des gamins me double en cavalant comme un beau diable suivi de quelques uns de ses camarades. Ils ont le sourire accroché au visage, c'est communicatif. Je reconnais des deuxième années ...

« Dégagez avant que je vous étripe. »

... et la voix douce et mélodieuse de McEwen qui s'élève un peu plus loin quelques secondes plus tard.

Pas besoin d'être Einstein pour comprendre ce qu'il s'est passé, j'arrive juste à temps pour voir les gosses déguerpir et l'homme élu rayon soleil de l'année entrain de ramasser des débris sur le sol. Débris que je devine être une tasse. Je m'arrête à quelques mètres, il ne me voit pas tout de suite mais lorsqu'il doit sentir qu'on l'observe, il relève le regard et le fige dans ma direction. Cet homme m'a torturé, m'a marqué comme du bétail, m'a haït et a souhaité ma mort, a probablement voulu me la donné. Je connais la loi du talion, je l'ai déjà appliqué et pour lui j'ai eu envie de réitérer l'expérience mais de l'eau a coulé sous les ponts. Et puis il faut le dire, depuis qu'on a failli crever ensemble dans un bout de couloir, tout ça s'est un peu essoufflé. De mon côté comme du sien.

« À croire qu’il n’y a pas que vous qui me faites perdre mon calme. »
« Ils apprennent de leurs ainés, qu'est c'que tu veux. »

Si je compte le vouvoyer ? Non. En ce qui me concerne ça, n'est pas une marque d'irrespect. S'il n'apprécie pas, tant pis pour lui. Je ne me moque pas de lui, je m'amuse simplement un peu de la situation mais lorsqu'il sort sa baguette, bien que je n'en montre rien, mon sang se glace. Ça n'est pas la peur, c'est autre chose. J'aurai toujours une réaction épidermique face à cette objet, c'est comme ça. Ne me demandez pas d'être tranquille face à un si petit objet capable de choses comme il vient de lui ordonner, entre autres. Du feu, un feu suffisamment puissant pour réduire en cendre les débris qu'il a vraisemblablement décidé de laisser tomber finalement.

« À votre place, je ne me serai jamais engagé en tant que professeur, les supporter pour le plaisir, c’est suicidaire. »
« J'aurai plutôt dit enrichissant mais chacun son point de vue j'imagine. »

Il se redresse, râle, lâche un long et profond soupir. Je retrouve ma sérénité et mon sourire en coin, amusé.

« Vivement que cette journée se termine… »

Elle vient à peine de commencer, ça risque d'être long pour toi l'ami. Je me décide finalement à franchir les quelques pas qui nous séparaient et lui tend ma tasse à laquelle je n'ai pas encore touchée, pleine de café bien chaud, encore fumant. Le réceptacle ne l'est pas lui, j'imagine qu'on doit ça à la magie.

« T'as l'air d'en avoir plus besoin que moi. »

Il en fera ce qu'il voudra, qu'il accepte ou non ne changera rien à ma vie.

« Pourquoi venir bosser dans une école si tu ne supportes pas les mômes ? »

La question est réelle, aucune trace de sarcasme ou d'ironie dans le ton que j'emploie.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Mer 23 Aoû 2017 - 15:53

Keith avait beau être d’une humeur massacrante, il n’avait pas vraiment envie de massacrer quelqu’un. Ou alors seulement une cible facile comme ces gamins qu’il aurait pu briser en quelques coups de baguettes magiques et sans se salir les mains. Cassidy était un adversaire plus coriace et là, il n’avait pas les ressources pour le mettre à terre. De toute façon, cela faisait un moment déjà qu’il n’avait plus d’envie de meurtre chaque fois qu’il le croisait. Toujours était-il que ce satané moldu ne semblait pas pour autant décidé à faire profil bas face à lui. Les gamins apprenaient de leurs aînés ? Keith lui lança un regard froid, haussant légèrement un sourcil. Il avait le sens de l’humour malgré tout ce qu’il lui avait fait subir, il fallait bien reconnaître que c’était assez remarquable. De là à ce que cela suffise pour faire rire le bibliothécaire, il ne fallait pas exagérer non plus. Ce n’était pas trop son genre d’éclater de rire à la moindre vanne. Cassidy de son côté était beaucoup plus enclin à la plaisanterie et enchaîna en parlant de leur contact avec les gosses comme enrichissant. Cette fois, ce fut un haussement d’épaule de la part du bibliothécaire. Elle disait cela avant. Elle adorait son métier pour ça.

Tasse détruite, il allait maintenant falloir qu’il trouve une nouvelle tasse et prenne un nouveau café. Cette idée le déprimait d’avance comme si allait demander quelque chose à quelqu’un était insurmontable. C’est alors qu’une tasse de café apparut juste devant lui, tendue par Cassidy. Tient, il l’aurait presque oublié lui. Le bibliothécaire le regarda incrédule mais se saisit de la tasse, sans doute par automatisme. Le jeune homme lui indiquait qu’il pensait en avoir moins besoin que lui. Keith marmonna quelque chose qui devait ressembler à un remerciement et s’empressa de boire une gorgée. Le liquide était brulant mais il en avait clairement besoin et il ferma les yeux l’espace de quelques secondes comme pour mieux savourer ce breuvage salvateur. Mais Cassidy n’avait toujours pas disparu et il lançait même la conversation. Keith ne put alors retenir un léger rire cynique.

« C’était le meilleur endroit pour torturer des moldus dans ton genre. C’est devenu le meilleur endroit pour combattre les Supérieurs. Concours de circonstances. »

Ce que disait Keith était glaçant et surtout sa manière de le faire, de façon totalement détachée comme s’il parlait de la pluie et du beau temps. Sauf qu’il évoquait des moments de violence extrême et surtout face à quelqu’un qui en avait déjà fait les frais. Mais si ce genre de choses arrêtaient Keith, cela ferait un moment que toute l’école serait au courant… Alors oui, il avait lâché ça sans autre forme de procès. Il but alors une autre gorgée de café avant de planter son regard sur le visage de Cassidy.

« Mais je n’ai pas toujours haï les gosses. J’étais même professeur à l’Université. »

Et si Keith avait toujours été assez distant avec ses élèves, il était loin de les méprises. Certes il les secouait un peu et pouvait être très stricte mais il ne les haïssait pas pour autant. Il savait s’impliquer lorsqu’il voyait un gosse motivé, qui en voulait et qui était prêt à faire preuve de sérieux pour réussir ou simplement pour assouvir une passion. Son aversion pour les gamins n’était venue qu’avec l’aigreur. Car en soit, les enfants n’étaient responsables de rien. Il avait détesté les jeunes comme Cassidy parce qu’ils symbolisaient quelque chose. Les enfants eux n’étaient que des dommages collatéraux. Qu’un signe de plus qu’il était en train de se transformer en être aigri et épuisé.

« Par contre, je n’ai jamais aimé les petits branleurs. »

Est-ce que c’était une pique adressée à Cassidy ? Pas vraiment au final. Ce gosse, si Keith ne l’appréciait pas, était bien plus complexe que ce qu’il avait pu croire au premier abord. Il n’avait été d’abord pour lui qu’un réceptacle de haine mais avec le temps, il avait montré des traits de caractère que le bibliothécaire pouvait, dans une certaine mesure, appréciait. Il l’imaginait sur ses bancs d’Université. Il imaginait comme il aurait pu être froid et sec avec lui tout en caressant l’espoir de le faire réagir et de sortir le meilleur de lui. Enfin, c’était ce qu’aurait fait le Keith d’avant. Celui de maintenant était en train de se demander s’il ne devrait pas ajouter un peu de whisky à son café….
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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Ven 1 Sep 2017 - 21:44

Ce rire … Ce putain de rire cynique, je me rends compte qu’il sonne familier à mes oreilles et ne sais pas vraiment quoi ressentir vis-à-vis de ça. Je reste stoïque, placide, mais quelque part j’appréhende ce qu’il va me balancer. Parce que ça va venir, je le sais. Je … le connais. Et je me connais.

« C’était le meilleur endroit pour torturer des moldus dans ton genre. C’est devenu le meilleur endroit pour combattre les Supérieurs. Concours de circonstances. »

Un rire sec m'échappe, au moins ça a le mérite d'être clair. Ce que j'en pense ? Je ne vais pas dire que ça ne me fait rien mais sa franchise a quelque chose de … solide. Je n'ai pas peur de lui, je n'ai jamais eu peur de lui et je ne commencerais pas maintenant. Je sais qu'il ne me fera rien, sa provocation teinté de franchise n'est qu'une preuve de plus pour mon instinct même si elle fait remonter certains souvenir. Mon bras me démange, comme si ma peau pouvait sentir à nouveau la douleur juste là où il m'a marqué. Quelques années en arrière j'aurai probablement remué ciel et terre pour abattre cet homme, lui faire payer ce qu'il m'a fait, j'ai compris avec l'âge et l'expérience que la rancune et la vengeance ne mènent nulle part. Je crois que le simple fait d'être lui-même est une punition suffisante, il est son propre fardeau. Quelque part … On l'est tous. S'il avait du me tuer un jour je serai mort depuis bien longtemps et pourtant je suis là, face à lui, debout sur mes deux jambes et mon cœur qui bat toujours dans ma poitrine. Son regard et ses mots me glacent l'espace d'une seconde, la suivante je retrouve ma nonchalance.

« Mais je n’ai pas toujours haï les gosses. J’étais même professeur à l’Université. »

Étonné ? A vrai dire, même si j'arque un sourcil, finalement pas tant que ça. J'en sais rien, c'est peut-être sa dégaine, sa façon de fusiller du regard chaque personne osant commettre l'affront de ne pas traiter correctement un livre, … Plus je le regarde, plus je l'imagine dans une classe ou un amphi, enseignant … Je ne sais trop quoi. La littérature, un truc dans le genre je dirai.
Peut-être que ce type a été sympa, peut-être même qu'il a été heureux un jour. On se prend des claques, on change, je crois qu'on fait tous ce qu'on peut finalement. Comme on peut. Si je lui trouve des excuses ? Non, faut pas déconner, y a d'autres moyens d'exprimer sa rancœur envers la vie que de torturer des gosses qu'on rien demandé. J'ai juste plus envie de juger, ni même de réellement me préoccuper de tout ça.

« Par contre, je n’ai jamais aimé les petits branleurs. »

Cette fois c'est un rire clairement amusé que je lâche, fouillant dans ma poche pour en sortir mon paquet de clope et mon feu. Sans relever la tête totalement je le regarde, juste en levant les yeux, un sourire sur les lèvres. Les petits branleurs, hum ?

« Tu dois être content d'être dans le coin alors. »

Si je me sens visé ? Pas une seule seconde. En revanche, il faut le dire, ce château est rempli de « petits branleurs » chacun à leur manière et certaines de mes connaissances en font clairement partie. Faut pas leur en vouloir, ça aussi c'est un moyen d'expression après tout. Enfin … pour certains c'est carrément un art de vivre et je l'admets, ça m'arrive aussi d'avoir envie de leur coller des baffes. Personne n'est parfait.

« C'est difficile de se dire que t'as été un gosse toi aussi un jour. »

Oui, ça m'amuse, mais non, je ne cherche pas à le provoquer. Certains naissent vieux … D'autres le deviennent plus tôt que prévu aux yeux de certains et je sais que beaucoup le pensent en ce qui me concerne, sans vouloir juger pour autant.
Cigarette entre les lèvres, je l'allume avec mon zippo sans tenir compte du fait qu'on est à l'intérieur. J'aspire une taffe, recrache la fumée et garde ma clope entre les doigts alors que mon autre main à retrouver ma poche.

« T'étais comment ? »

Essayer de me peindre un portrait de lui enfant me fait sourire d'une manière inexplicable, sans aucune trace de condescendance ni de moquerie.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Mar 5 Sep 2017 - 12:56

La surprise sur le visage de Cameron fut évidente lorsqu’il apprit que Keith avait été enseignant à l’Université. Et oui, il fut un temps où il trouvait cela important de donner son temps pour aider les plus jeunes à apprendre et ensuite s’accomplir dans le monde. Mais ce qui retint surtout l’attention du bibliothécaire ce ne fut pas cette surprise mais plutôt le rire que le jeune homme fit entendre après sa dernière petite phrase. Il ne s’était pas attendu à ce qu’il rît mais surtout que ce soit lui qui le fasse rire. Keith n’était pas spécialement connu pour son sens de l’humour et sa capacité à faire rire les autres. Pourtant, c’était bien ce qu’il venait de faire en lançant cette remarque idiote et cela ne le laissa pas de marbre. Étrangement, il sentit quelque chose se produire en lui. Comme s’il redécouvrait ce que c’était que d’avoir un échange normal avec les autres êtres humains. L’homme n’aimait pas cette sensation qui lui faisait se poser des questions se reconcentra sur sa tasse de café et avala une gorgée. La boisson était chaude mais toujours aussi agréable. Cameron de son côté s’illustra une fois de plus par son art de la répartie et Keith ne lui répondit que par un regard. Même si oui, il fallait l’admettre, il était amusé par sa remarque. Oui, dans cette école, c’était le paradis du petit branleur et clairement le bibliothécaire avait cru faire des attaques un certain nombre de fois.


« C'est difficile de se dire que t'as été un gosse toi aussi un jour. »


Cette fois ce fut au tour de Keith de lâcher un rire amusé. Pas très sonore, pas très long mais clairement présent. Oui, cette réflexion de la part de Cameron l’amusait beaucoup. Et il imaginait bien que pour la majorité des élèves de cette école il avait toujours été un vieux aigri. Ils ne pouvaient très certainement même pas l’imaginer en dehors de ces murs et de cette bibliothèque qui était devenu son antre. Et se prendre ça en pleine face, c’était assez perturbant mais aussi amusant dans un certain sens. Cyniquement amusant. Il regarda alors Cameron allumer sa cigarette et fronça les sourcils sans pour autant faire de remarques. Il avait autre chose à faire que de perdre son temps avec ça. Tant qu’il ne fumait pas au milieu des bouquins… Il porta plutôt son attention sur la question de Cassidy. Il leva les yeux alors sur lui comme pour lui demander s’il était vraiment sérieux mais oui, s’il y avait une sorte de sourire sur son visage, on voyait bien qu’il se posait réellement la question. Keith regarda alors autour de lui comme s’il cherchait une issue alors qu’en soit, il n’en avait pas besoin. S’il voulait partir, c’était très simple. Pourtant, il se contenta d’avaler une gorgée de café et après ce silence plus ou moins long de reporter son regard sur Cameron.


« J’aimais lire avec ma mère et partir en mer avec mon père. À l’école j’avais pas mal d’amis, je ne faisais pas de vagues mais je savais m’amuser. Et j’étais Poursuiveur de l’équipe des Serdaigles. »


Keith ferma alors les yeux l’espace de quelques secondes et un petit rire, destiné à lui-même s’échappa de sa bouche. C’était drôle de revoir tout ça. Il y avait pensé en croisant Phaedre et en discutant avec elle. Elle faisait partie de cette époque de sa vie. S’y replonger une fois de plus lui faisait réaliser comme tout avait changé depuis. Mais surtout, il se rendait compte que depuis ce qui était arrivé à sa femme, c’était comme si le temps s’était figé. Il ne progressait plus, il n’avançait plus. Il avait l’impression d’être englué dans quelque chose et de ne jamais pouvoir en sortir. Sauf le jour où il déciderait de se laisser partir. Une nouvelle gorgée de café et cette fois Keith regretta avec encore plus d’amertume qu’il ne s’agisse pas d’alcool.

« Les choses changent. Et il faut arrêter de croire qu’on peut revenir en arrière, simplement oublier. »

Non, lui ne pouvait pas oublier. Ne pourrait jamais oublier la lumière qui s’était éteinte du jour au lendemain dans les yeux de sa femme. Son corps sans vie. La rage dont elle avait été victime sans raison. Il ne pourrait jamais oublier parce que depuis, il avait l’impression qu’on lui avait arraché la partie de lui qui était destinée au bonheur. Ne lui laissant qu’un amas de colère.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Sam 9 Sep 2017 - 10:56

Qui aurait pu croire que lui et moi serions à même d'avoir une conversation tout ce qu'il y a de plus normale, voir banale ? Et pourtant, c'est précisément ce qui est entrain de se passer. Je lui pose des questions, il y répond et ça s'arrête là mais il m'en faut plus que ça pour me sentir lésé. Qu'importe qu'il s'intéresse à celui que je suis ou pas, en ce qui me concerne je suis réellement curieux d'en apprendre plus sur l'homme qu'il a été ou qu'il peut être.

Et le tout, sans la moindre trace de rancœur.

Je ne me fais pas d'illusion, ce type ne deviendra jamais mon meilleur pote et c'est pas le but, je ne cherche rien, j'agis simplement sans me poser de question. C'est pas mon genre d'analyser, de tergiverser ou de tourner des trucs en boucle dans ma tête. Quand j'ai un truc à dire je le dis, si c'est à lui que j'ai envie de parler alors pourquoi m'en priver ? Il n'y a rien de plus simple, il s'agit juste d'une conversation au détour d'un couloir. Pas besoin de chercher plus loin.
Je vois bien qu'il se demande si je suis sérieux, peut-être qu'il s'imagine que c'est une machination de ma part pour le faire parler, peut-être à des fins néfastes. J'imagine qu'avec notre passé commun j'en ferai autant mais je suis passé au dessus de tout ça. Libre à lui de tracer sa route, je m'en remettrai, ça ne changera rien à ma vie.

Nouvelle taffe pour moi, nouvelle gorgée de café pour lui.

« J’aimais lire avec ma mère et partir en mer avec mon père. À l’école j’avais pas mal d’amis, je ne faisais pas de vagues mais je savais m’amuser. Et j’étais Poursuiveur de l’équipe des Serdaigles. »

Un sourire étire mes lèvres et un sifflement m'échappe. De l'admiration ? Non, faut pas déconner, mais c'est la grosse surprise admettez-le. Keith McEwen sur un balai ? Dans une équipe ? Quand le voit errer seul en permanence ici, maintenant, envoyant chier tous ceux qu'il croise, renfermé et méprisant … C'est difficile à croire. Alors l'imaginer entouré, entrain de s'amuser … Clairement, c'est difficile à visualiser. Pourtant je ne remets pas ces paroles en doute, il n'a absolument aucun intérêt à me raconter des cracks et je crois qu'il ne se donnerait tout simplement pas cette peine. Après tout, qu'est ce qu'il peut bien en avoir à foutre de l'image que je me fais de lui ? Quant à ses parents, je l'admets, je suis étonné qu'il les mentionne, qu'il m'en parle, parce qu'on touche à quelque chose de réellement intime je crois. Les miens n'ont jamais été de réels parents et je ne les ai finalement que très peu connu mais je vois bien comment fonctionne le monde, les familles. Je vois bien comment lui fonctionne. J'ai devant moi un être humain, jusqu'ici ça n'était pas tellement flagrant.

« Les choses changent. Et il faut arrêter de croire qu’on peut revenir en arrière, simplement oublier. »

J'ai bien vu, au fil des secondes, cette légère étincelle venue de nulle part disparaître à nouveau petit à petit. Il est parti dans ses souvenirs, je crois que certains ne sont pas des plus joyeux, et c'est son visage fermé que je retrouve. Mon attitude à moi n'a pas changé, je reste détendu, une main dans une poche et l'autre qui tient ma cigarette, le regard concentré sur lui.

« Fais une croix dans ton calendrier, je suis assez d'accord avec toi. »

Un rire bref et amusé m'échappe, je ne tourne pourtant pas ce qu'il vient de dire, ni ce que je viens de dire, à la dérision. Si je ne devais faire le parallèle qu'avec mon existence, alors oui, je suis assez d'accord avec lui. Ma vie aujourd'hui ne ressemble en rien à celle qu'elle était il y a seulement trois ans de ça. J'ai eu des regrets, j'ai eu envie de la retrouver cette vie, puis j'ai accepté, oublié, pour ne vivre que l'instant présent. Aujourd'hui je regarde un peu vers l'avant, juste un peu, sans jamais me retourner. J'ai tiré un trait sur beaucoup de choses, je ne suis plus le même et je l'accepte. C'est comme ça.

« On m'a arraché à ma vie en me balançant dans cet endroit, j'en ai construit une nouvelle et je ne regarde plus en arrière. Pour autant je n'oublierai jamais mon frère. Certes rien ne me le ramènera mais faire le tri dans ce qu'on laisse derrière soi ne me paraît pas infaisable. »

Je ne sais pas pourquoi j'ouvre les vannes comme ça mais pourtant j'en rajoute une couche. Et je n'essaie pas de lui donner une leçon, je tiens à le préciser.

« Je n'oublierai pas non plus Megan, mais j'ai décidé d'oublier ceux qui lui ont pris la vie. Tes anciens potes, ceux qui peuvent revenir à tout moment finir le boulot. Toi et moi inclus. »

Le pire dans tout ça c'est que mon ton reste neutre, sans émotion particulière. Oui, on peut crever demain, tout peut recommencer, mais j'ai pas envie de passer le reste du temps qu'il me reste à me dire que ça va arriver. J'avance, je fais le tri dans ce que je veux garder ou non. Je ne dis pas que c'est la chose à faire, simplement que c'est ma manière de fonctionner. J'ai inconsciemment eu envie d'abandonner il y a quelques mois, c'est plus le cas et ça n'aura été qu'un court instant. Je ne dis pas que je suis le plus heureux des hommes mais je me lève tous les matins sans me poser de question, sans chercher réellement quoi que ce soit. Je n'attends rien de la vie, certains pourraient trouver ça triste mais ça ne veut pas dire pour autant qu'elle n'a pas d'intérêt à mes yeux.

« Et redevenir prof à l'université, c'est pas une option que tu envisages ? »

Même si selon toi on ne peut pas revenir en arrière, oublier. A mon sens ça n'est pas vraiment revenir en arrière, pas totalement. D'ailleurs il pourrait très bien le faire ici s'il tient à rester entre ces murs.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Mar 12 Sep 2017 - 22:15

Le sourire et le sifflement de Cameron n’avaient pas échappé à Keith. Il aurait été difficile de faire autrement en même temps. Pour autant, Keith n’eut pas de mouvement de recul face à ça, il ne chercha même pas à se soustraire à la présence du jeune homme. Non, il se contenta de l’observer, lui-même amusé même si bien sûr cela ne se voyait nullement sur son visage. Il avait conscience qu’il y avait un terrible décalage entre ce qu’il avait été plus jeune et ce qu’il était maintenant. Il avait pris un sacré virage et il se doutait bien que le retour en arrière n’était pas possible. Il en avait fait le deuil et de toute façon, il était sûr de ne pas avoir l’énergie pour le faire de toute façon. Il n’était plus assez vif, assez fort pour pouvoir redevenir un homme heureux de vivre. Et tant pis. Les choses changent et on ne peut pas revenir en arrière. Ce qu’il venait de dire à Cameron, il le pensait du fond du cœur. Pour une fois, il crachait le fond de sa pensée de manière simple et sans aucune animosité. Et il n’était apparemment pas le seul à avoir décidé d’être honnête. Le jeune Cassidy déclara qu’il était d’accord avec lui et se mit même à rire. Keith de son côté n’en était pas encore là mais clairement, cela était un peu perturbant de voir ce gamin sur la même longueur d’ondes que lui. Ce n’était pas comme s’il aurait pu envisager cela quelques temps auparavant…

Le bibliothécaire était toujours figé devant Cameron. À l’observer, à siroter son café et surtout, à vivre cet instant malgré son aspect complètement irrationnel. Et il n’était pas au bout de ses surprises puisque ce fut au tour de Cameron de dévoiler un peu de sa personne et ça non plus, Keith n’aurait jamais pu l’imaginer. Il lui parla de ce deuil qu’il avait fait lui aussi, d’avoir accepté que sa vie d’avant était terminée. La différence était sans doute que lui semblait avoir décidé de réellement avancer. Alors que Keith, bien qu’il ait accepté avoir changé, il restait enchaîné à ce passé. Il définissait toute sa vie. Cameron parla de Megan et Keith baissa les yeux sur son café l’espace de quelques instants. Cette gamine avait été un dommage collatéral mais était-il bien placé pour la pleurer ? Lui qui avait au final causé des souffrances terribles pendant des mois.


« Ils savent finir le travail. »


Pourquoi dire cela ? Parce qu’en entendant Cameron dire cela, Keith avait revu sa femme. Ou plutôt, son corps. Il s’était rappelé ce qu’il avait fait à l’hôpital psychiatrique et comment ils avaient complètement anéanti tout espoir qu’un jour elle puisse retrouver la raison. Ils ne faisaient pas les choses à moitié et Keith était persuadé qu’ils finiraient pas le tuer. Mais s’il arrivait à en éliminer suffisamment avant alors, il accepterait son sort. Keith aurait pu continuer à remuer ces idées sombres en regardant son café noir. Il avait tendance à se perdre de plus en plus souvent dans les méandres de ses pensées. Mais Cassidy lui posa une nouvelle question. Le bibliothécaire releva alors la tête et fixa Cameron quelques instants. Il resta silencieux, immobile. Son visage ne témoignait de rien jusqu’à ce que ses lèvres se mettent à trembler et que finalement, il se mette à rire.

Le rire de Keith dura pendant quelques instants, il finit par placer sa main devant sa bouche, fermer les yeux et chercher à reprendre son souffle. Il manqua de se renverser du café dessus. Finalement, il retrouva un visage complètement austère ce qui créant une transition assez brutale.

« Je ne me suis jamais posé la question pour la simple et bonne raison que je pense qu’il n’y aura pas d’après. »

Keith but alors une nouvelle gorgée de café surtout pour apaiser sa gorge qui n’était plus habituée au rire. Cette situation était absurde et il s’en rendait compte maintenant. Au final, quand il y réfléchissait il était comme déjà mort. Il était en train de se jeter à corps perdu dans une vengeance qui n’avait au final que peu de sens. Et pourtant, c’était la seule chose qui le maintenait encore en vie. Il allait agir comme un kamikaze, partir à l’attaque une dernière fois et presque, espérer mourir pour ne plus jamais avoir à souffrir.

« Il faut savoir accepter quand on a fait son temps. »

À l’entendre, on aurait pu croire qu’il avait 90 ans ce qui lui arracha une sorte de sourire. Il n’était pas si vieux que ça clairement, et il en avait conscience. Pourtant, il avait l’impression d’avoir sur les épaules le poids de très longues années. Il avait l’impression que son corps et son esprit en avaient déjà trop vus et qu’ils ne tiendraient plus très longtemps. Il était fataliste face à cela et l’acceptait avec un naturel déconcertant. Il avait renoncé depuis très longtemps.

« Et laisser la place aux jeunes. »

Une nouvelle touche d’humour du côté de Keith, à croire qu’il fallait faire une énorme croix dans le calendrier. Ou tout simplement qu’exprimer à voix haute cette résignation l’aidait presque à voir les choses plus calmement. Enfin, pour le moment, il ne fallait pas non plus s’emballer. Bientôt, il serait prêt à hurler de nouveau sur des mioches, pas de panique.
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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Dim 24 Sep 2017 - 11:33

Ils savent finir le travail … Tu m'en diras tant. Permets moi néanmoins d'en douter, jusqu'à preuve du contraire toi comme moi comme beaucoup d'autres sommes toujours en vie et pourtant, pourtant, je crois qu'on aurait difficilement pu parier là-dessus. Oui il y a eu des pertes, mais combien de survivants à côté ? Est ce que la négativité de cet homme fait naitre un peu d'optimisme chez moi ? Je dirai simplement que ce sont des faits. Réels et actés. On se ressemble sur certains points, différents sur d'autres … Quoi de plus normal au final ?
Et puis cette question de ma part à son encontre. Je ne m'attendais pas à cette réaction de sa part, si tant est que j'attendais quoi que ce soit à vrai dire. D'abord l'impassibilité, on aurait pu croire à en semblant de surprise mais il n'exprime rien. Le silence, l'immobilité, aussi bien chez lui que chez moi malgré ce geste automatique de porter la cigarette à mes lèvres pour inspirer un peu de poison quotidien comme j'en ai l'habitude depuis des années. J'ai arrêté de compter. Chacun ses vices.

Puis le rire.

Je n'exprime rien non plus mais en réalité, je suis sinon surpris au moins décontenancé. Pour seule réponse à mon interrogation je n'ai – pour le moment – qu'un fou rire, fou rire qui rend cet homme encore plus dangereux qu'il n'en a l'air le reste du temps. Ne me faites pas croire qu'il s'agit d'un rire amusé … Mais peut-être que je me trompe. Et ça dur, de longues secondes, peut-être des minutes je n'en sais rien, jusqu'à ce que son visage se ferme à nouveau. Sans la moindre trace de transition ou presque. Ce type affiche de nombreux symptômes de la folie et pourtant, je ne crois pas que ça soit le fond de son « problème ». Il me fait simplement penser à un homme en bout de course, qui a abandonné la moindre idée d'un demain, d'autre chose, d'une amélioration, d'un changement ou d'un simple pas en avant.

Et je me surprends à trouver ça triste quand bien même je ne suis pas de ceux qui attendent et espèrent grand chose de l'existence. Ma manière d'appréhender les choses ... Disons que je la juge différente.

« Je ne me suis jamais posé la question pour la simple et bonne raison que je pense qu’il n’y aura pas d’après. »

Je ne suis pas certain de bien comprendre. Après quoi ? Après leur retour, parce que tôt ou tard ils vont revenir ? Après ... L'année scolaire ? Ses paroles sonnent comme une lettre d'adieu, presque de suicide. D'abandon, quoi qu'il en soit, ou d'acceptation. De résignation.

« Il faut savoir accepter quand on a fait son temps. »

Je tire une nouvelle taffe et recrache la fumée vers le haut tout en l'observant, toujours sans prononcer un seul mot. Avoir fait son temps ... Je veux bien croire que ça n'est pas nécessairement une question d'âge mais difficile de ne pas se dire qu'il est encore bien trop jeune pour avoir de telles pensées. Encore une fois, je me dis qu'il a pu m'arriver de ressentir les choses plus ou moins comme ça mais le fait le voir sur un autre, quelque part, ça permet d'ouvrir les yeux, de prendre conscience.
Tout ce qui émane de lui en cet instant ressemble à de la fatalité, j'ai devant moi un homme qui a accepté un sort sans visiblement envisager qu'il puisse y avoir autre chose, plus loin, un changement, un frémissement. Soit, c'est son droit après tout.

« Et laisser la place aux jeunes. »

Sourire. Je secoue la tête, amusé, si on veut.

« T'as pourtant pas l'air proche de la décrépitude. Mais j'imagine que lorsqu'on dit que c'est dans la tête ça doit être vrai. »

Haussement d'épaules et nouveau silence. Silence après avoir tiré la dernière latte sur ma clope, l'avoir écrasé contre un mur et rangé le mégot dans le cendrier de poche que Will m'a fait. Puis un soupir.

« Les jeunes auront toujours besoin des plus âgés pour leur montrer la route. »

Sur mes lèvres cet éternel fin sourire, je le regarde droit dans les yeux sans ciller. Je ne lui confierai sans doute pas mes gosses sachant ce que je sais, ayant vécu avec lui ce qu'on a vécu, mais ce que je viens d'avancer je le pense et il en fera ce qu'il voudra. En ce qui me concerne, ce sera le mot de la fin. Mains dans les poches, je reprends ma route sans ajouter quoi que ce soit. Il en fera ce qu'il voudra.

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MessageSujet: Re: Les enfants sont merveilleux [PV Cameron]   Jeu 28 Sep 2017 - 17:04

Oh oui, l’âge c’était bel et bien dans la tête. Keith se sentait vieux et usé. Il avait parfois l’impression que le poids des années était excessivement lourd alors que d’un point de vue purement objectif, il était encore jeune. Il ne voyait d’ailleurs lorsqu’il croisait des personnes de son âge comme Phaedre. Ou encore quand il pensait à ses parents. Ils avaient le double de son âge et pourtant, il les voyait encore vivre longtemps. Ils avaient en eux la flamme, l’envie d’affronter le temps qui s’écoule et d’en faire quelque chose à eux. Ils étaient heureux et en ça, ils étaient jeunes. Lui par contre était au bord du fossé alors qu’il n’avait eu que peu de temps pour vivre. C’était dans sa tête, il en avait conscience. Il était complètement décrépi de l’intérieur, pour reprendre les termes de Cassidy. Et pour ça, il n’avait même pas eu besoin de se pourrir les poumons avec la cigarette ! Keith jeta un regard à ce petit objet de mort que le jeune homme tenait entre les doigts mais il resta silencieux. Peut-être qu’il devrait s’y mettre après tout, cela semblait apporter de la sérénité aux fumeurs et vu qu’il n’avait pas l’intention de faire de vieux jours… Encore fallait-il qu’il apprécie puisque l’odeur avait plutôt tendance à l’insupporter et il fut plutôt ravie de voir le jeune homme la terminer, l’écraser et ranger le mégot dans ce qui ressemblait à un cendrier.


« Les jeunes auront toujours besoin des plus âgés pour leur montrer la route. »


Keith laissa ses yeux se poser dans ceux de Cassidy, les mots résonnants encore dans sa tête. Pourquoi lui dire cela ? Il chercha quelque chose dans son regard mais ce dernier était aussi impassible que le sien. Et de toute façon, le bibliothécaire savait pertinemment qu’il n’était pas le meilleur pour sonder les âmes des gens. Toujours était-il qu’il ne voyait rien dans ce regard mais que les mots qu’il avait entendus n’étaient pas anodins. C’était comme si Cameron l’encourageait à se battre, voulait lui glisser qu’il avait encore une place dans ce monde et qu’il ne devait pas croire qu’il était obligé de s’effacer. Et ça, ce n’était pas logique. Même si entre les deux hommes les tensions s’étaient calmées, depuis qu’ils aient frôlé la mort, Keith ne voyait pas comment ce môme pourrait souhaiter autre chose que de le voir disparaître. Il avait cru comprendre qu’il n’en était pas à souhaiter sa mort (ce qu’il trouvait très surprenant d’ailleurs) mais tout de même. De là à lui adresser des paroles… Presque réconfortantes, il y avait un monde.

« Un vrai humaniste… »

Keith avait fini par lâcher ces mots alors que le regard de Cassidy s’était défait du sien et qu’il entreprenait de reprendre sa route. Il y avait une pointe de moquerie dans ses propos et pourtant, elle n’était pas sincère. Keith se moquait parce qu’entendre ça le perturbait. Il ne comprenait pas qu’un gosse comme lui puisse, même par principe, souhaiter qu’il ne disparaisse pas complètement. C’était étrange. Et pour cacher son trouble, il crachait son cynisme. C’était un mécanisme de défense qui avait mille fois fait ses preuves. Le bibliothécaire ne put cependant s’empêcher de se dire que c’était futile comme comportement d’autant que Cameron était déjà en train de partir sans demander son reste. Dans un soupir, Keith se retourna finalement vers Cassidy.


« Au fait, merci pour le café. »


Oui, Keith venait de dire merci. Qu’on marque ce jour d’un rocher blanc parce que définitivement, il s’y était passé trop de choses anormales pour qu’on l’oublie… D’ailleurs, il était temps de retourner à la routine parce que sinon, ça allait devenir vraiment inquiétant. La tasse de café toujours en main, Keith décida donc de reprendre la direction de la bibliothèque de laquelle il s’était absenté. Quand il arriva devant la porte, deux élèves attendaient. Ils ne firent aucune remarque et Keith ne put s’empêcher de se dire qu’ils avaient été plutôt avisés d’agir ainsi. Il prit ensuite place à son bureau et sirota son café en essayant de nouveau de se concentrer sur un bouquin. Le miracle de la caféine semblait heureusement enfin faire effet.


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