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 For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo

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MessageSujet: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Ven 16 Juin 2017 - 12:33

Vendredi 26 Juin 2015 – Fin d’après-midi, après les épreuves de la journée.
For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be



Mateo & Enzo

Au matin, avant le petit déjeuner

« Ouh ! Sexy. »
« Merci. T’es pas mal non plus Mlle Davis. »

Je me penche, elle passe ses bras autour de moi et j’en fais autant, ça ne dure qu’une seconde. Une simple étreinte pour se dire bonjour. A force de trainer avec un certain Serdaigle, on s’est forcément un peu rapprochés elle et moi ces dernières semaines et cette nuit c’est avec elle qu’il a dormi. Soirée entre frangins. Étrangement, je ne me visualise pas tellement faire ça avec Derek … Avec Jill si, par contre. Totalement. Sans aller jusqu'à dormir ensemble, peut-être. Sauf si on est trop bourrés. Une idée un peu saugrenue me traverse l’esprit, par rapport au fait qu’elles portent toutes les deux le même nom : Et si elles étaient de la même famille sans le savoir ? Je sais, ça n’est pas comme si Davis étaient un nom de famille rare – sans vouloir vous offenser Mesdemoiselles, évidemment – et l’une étant Anglaise, l’autre Américaine, bon … Enfin bref, encore une fois je digresse dans ma tête. Pardon !

Ils sortent de la Tour des Bleus, je sors de la Tour des Rouges, on se croise donc à mi-chemin plus ou moins par hasard.

« Bien dormis ? »
« Super ! En fait pas du tout, on a fait que de parler. Enfin surtout moi, comme d'habitude. »

J'adore cette fille, elle est ... parfois épuisante mais tellement rafraichissante. Et amusante bordel.

« Maintenant j’te le laisse, j’crois qu’il a perdu la moitié de ses neurones là de toute façon. »

Mains dans les poches, je relève la tête et lâche un rire amusé en posant mon regard sur William qui se tient là, à quelques mètres. Amusé le rire ? Oui, amusé mais satisfait. Parce que je suis en train d’obtenir exactement ce que je cherche : Lui faire perdre la moitié de ses neurones comme elle vient si bien de le dire. Il a ses armes, j'ai les miennes. Ce matin j'ai décidé de sortir le grand jeu, de frapper fort.

« Ça marche. A plus Macy. »

La petite blonde – et rose – s’échappe dans les escaliers, je la regarde une seconde s’éloigner avant de porter toute mon attention sur lui à nouveau. Dingue ce qu’une nuit loin l’un de l’autre peut faire son petit effet … Ça et la chemise blanche que je porte, dont les manches longues sont enroulées et remontées jusque sur mes coudes. Je ne me suis pas rasé depuis deux jours, mes cheveux ont la déstructuration parfaite du mec un peu négligé, qui vient de se réveiller et s’en fout de son apparence. Ma peau, elle, est déjà légèrement hâlée par le soleil et contraste très bien avec le blanc du tissu. Je porte juste un bermuda beige clair qui m’arrive jusqu’aux genoux, des converses basses ramenés de mon dernier passage à Londres – paie ta dégaine de touriste – et cette fameuse chemise qui met parfaitement en valeur le haut de mon corps, la ligne de mes muscles, suggérant sans rien montrer - si ce n’est légèrement le haut de mon torse à cause des premiers boutons défaits - ce qu'il connait déjà par cœur. Rajoutez à ça l’attitude détachée, je sais parfaitement qu’il aime ce qu’il a sous les yeux, que ça lui provoque tout un tas de sensations et que dans sa tête mile et un scenarii sont déjà en train de se jouer.

Maracas, c’est pas que j’ai envie de penser à toi en cette seconde, mais tu serais fier de moi Hermano.

Puis il est là, contre moi, ses mains me cherchent naturellement et les miennes glissent tranquillement sur ses hanches.

« Bonjour toi. »

Je le laisse faire mais dès l’instant où ses doigts tentent de s’aventurer sous le tissus je l’en empêche et m’écarte juste un peu.

« Hein, hein. Non. Pas touche. J’veux que ça te travaille toute la journée. »

Je ne m’en fais pas pour ses examens, très honnêtement. Même en pensant à moi, à nous, il s’en sortira comme un chef. Moi par contre … Ahem. Comment dire qu’en cet instant, ça me passe au-dessus de la tête. Une punition ? Non, c’est d’ailleurs tout le contraire. Un jeu, exactement comme il les aime même si une partie de lui doit me maudire en cet instant parce qu’il a très bien compris ce qui se trame. Et même si je n’en montre rien, mon corps exprime par mille et une façons les effets que tout ça me procure. Néanmoins, je garde le contrôle, une idée ferme en tête : Je veux le rendre fou, le faire languir au maximum comme il aime si bien le faire régulièrement avec moi lui aussi. Parce que je veux que ça explose quand viendra le moment et ce moment, c'est moi qui vais le choisir aujourd'hui.

Tout est lent, de ma façon de parler à mes gestes.
Mesurés.

« T’y auras le droit ce soir, pas avant. »

Je ne le quitte pas des yeux, pas un seul instant, me rapprochant à nouveau de lui en faisant glisser ma main autour de sa nuque alors que mes lèvres viennent effleurer son cou. Encore et toujours très lentement. Mon myocarde s’emballe. Je le respire et m’imprègne de son odeur. Maitre de la situation mais enivré par sa présence. Comme au premier jour mais d'une manière plus ... intime, plus complice, après tout ce temps à se familiariser l'un à l'autre.

« Loin de moi l’idée de t’épuiser alors qu’on a encore des épreuves à passer, ça s'rait pas très sérieux ... »

Je le regarde avec provocation cette fois, sourire carnassier en coin quand je me penche vers lui et ramène mon corps au plus près du sien sans pour autant réellement établir le moindre contact. Juste ce qu’il faut pour le rendre fébrile, pour sentir et entendre son cœur battre plus fort à mesure que le désir et l’envie naviguent plus vite dans ses veines. Mes lèvres se rapprochent des siennes sans jamais les toucher.

« J’vais te faire oublier comment tu t'appelles, William Caleb Jackson. »

Mes mains effleurent son corps, passent sous le tissus et frôlent la peau de ses hanches. Je joue, l'attise, l'allume allègrement, honteusement, le provoque par les mots, les gestes, sans jamais lui donner quelque chose de concret. Quelques soupirs dans le creux de son oreille, je lui murmure tout un tas de choses totalement indécentes, sur mes propres envies, les siennes, ce que je compte lui faire, ponctuées par un gémissement équivoque. Je sais ce qu'il aime, ce qui le fait planer au maximum tout comme il sait exactement où appuyer et comment s'y prendre pour me faire décoller.

Ce type me donne envie de faire des folies, de lâcher prise, d'être jeune et con sans me soucier des conséquences. De vivre à 100% sans trop me poser de questions. Il me donne envie de regarder droit devant moi. Et j'ai vraiment le sentiment qu'on s'est rapprochés ces derniers jours, après ce qu'il s'est passé la semaine dernière. Oui, je me sens plus proche de lui.

« Bon courage pour la dernière. A plus tard. »

Je dépose finalement un baiser sur sa joue en le lâchant complètement, m'écarte et range mes mains dans mes poches, sourire innocent sur le visage. L’instant d’après je disparais dans les escaliers en le laissant planté là, au milieu du palier, avec ses émotions. Je sais parfaitement dans quel état il se trouve, la vérité c’est que j’en suis extrêmement proche aussi et qu’il me faut prendre énormément sur moi pour ne pas faire demi-tour et le déshabiller, le dévorer sur place. Mais je tiendrai. En pensant à ma Grand-Mère – désolé Grand-Mère – ou à du flan. Pleinement satisfait de ce qu’il vient de se passer même si je sais pertinemment que je vais le payer tôt ou tard.

La passion, ça s’entretient. Encore un truc que j’ai découvert avec lui, un truc qu’on partage sans la moindre trace de doute.

#

Fin d'après-midi

C’est … terminé. Les examens, j’veux dire. Franchement, enchainer là-dessus après des semaines en compagnie de ces connards de Détraqueurs tout en se disant que c’est l’arbre qui cache la forêt donc en étant sur le qui-vive en permanence ou presque, il y a plus reposant. Et je ne parle pas du reste. Emotionnellement, mentalement, je suis sur les rotules mais ça ne m’empêche pas de ressentir cette petite excitation au creux du ventre, celle qui m’envoie des signaux du type : Année scolaire terminée. Examens passés. Vacances en approche – je l’espère. Enfin j’espère qu’on va enfin pouvoir se barrer d’ici, pour être plus clair mais comme tout le monde je prends mon mal en patience. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression que cet été va être … incroyable. Dans le bon sens du terme.

On débrief un peu avec Josh, Malie, Elijah et Lukas. Je demande à Ethan comment ça s’est passé pour lui, brièvement, dépose un bisou sur la joue de Kezabel en passant - avec qui je ne manquerai pas de débriefer aussi puisqu'elle m'a été d'une grande aide tout au long de l'année et je sais que ça l'intéresse de savoir comment je m'en suis sorti - alors qu'elle discute avec Lucy dans le hall …

« Et moi ? »

… Un pour Lucy aussi, donc, dans un échange de rires amusés et une tape sur mon épaule de sa part parce que j'ai levé les yeux au ciel comme si c'était un calvaire, pour la taquiner. Un dernier regard pour Kezabel, un regard qui n'a pas besoin de mot, juste un nouveau sourire.

Et c’est la direction de l’extérieur que je prends après avoir balancé mon sac sur mon épaule. Rester des heures enfermé dans une pièce remplie de monde même si c’est silencieux, concentré, immobile … Clairement j’ai besoin d’air donc oui, directement l’extérieur et je suis loin d’être le seul. J’ai pas vraiment d’objectif mais ça ne m’étonne pas de trouver Mateo affalé sur le canapé qu’on s’est permis de sortir hier, sans complexe, posé dans le fond de la cour et s’il vous plait, en plein soleil. J’esquisse un sourire et me dirige vers lui, mains dans les poches, pas tranquilles, jusqu’à ce que j’arrive à sa hauteur, laisse tomber mon sac par terre et m’affale à mon tour à côté de lui.

« Yo. Comment va Mate ? »

Ta vie, ton œuvre, ta femme, tes enfants et ton poisson rouge, les examens, le moral, etc ... Comme quoi, en trois mots, on peut dire pleins de choses. Faites pas attention, le manque de soleil provoque des carences chez moi. Je suis présentement entrain de rattraper le tir, mode solarium. Bim.
S’en suit un long et profond soupir mêlé d’aise, de soulagement et de satisfaction. J'imagine que lui aussi est épuisé après toutes les conneries qu'ils ont fait ces derniers jours. Certains en gardent encore les traces, personnellement j'ai rêvé cette nuit de ces petites bestioles insupportables qu'on a du se farcir avec Caem hier. C'était plutôt fun en réalité, j'ai juste eu l'impression d'être défoncé … Ouais, c’était fun. Vivement demain soir qu’on se la colle. Ce soir ? J’ai d’autres plans. Un p’tit trip en Californie qui va me prendre du temps. Beaucoup de temps.

« Putain de semaine. »



« Non. Putain de mois en fait. J’peux ? »

Il bloque. Moi ? Je ne réfléchi juste pas et je n’ai aucune intention de le faire. Ce que je lui demande c’est si j’peux tirer sur le pétard qu’il est en train de fumer pénard – aux yeux de tous, osef – et je ne sais pas lequel des deux est le plus surpris à vrai dire. Il me regarde intrigué, sourire en coin et sourcil arqué. Le mien, de sourire, s’élargit. Amusé.

« Ouais, je sais pas. M’demande pas. »

C’est jour de fête, soyons fou. Y a pas de raison particulière, j’ai juste envie, comme ça, sur le moment. Il me tend son joint et je tire une taffe, ma réaction est immédiate : Une magnifique grimace ! Et j’éclate de rire en manquant de m’étouffer tout en lui rendant son bien. Je tousse encore un peu, à moitié plié en deux, il me tape dans le dos en se foutant de ma gueule et je n’en attendais pas moins de sa part. Quand on aime on ne compte pas. Je sais à quel point tu m’aimes Maracas.

« C’est toujours pas mon truc visiblement. »

Difficile de retrouver une respiration calme et correcte quand on se marre en même temps qu’on s’étouffe. J’aime pas la fumée, j’aime pas la clope, j’suis pas particulièrement fan de l’odeur même si je m’en accommode quand elle est sur les autres – rassure toi Jackson, j'aime ton odeur – mais je ne serais jamais fumeur. Je pense qu’on est tous d’accord là-dessus. Chacun son truc.
Une fois la « crise » passée, je m’affale à nouveau dans le canapé. Mateo continue d’aimer passionnément son précieux bien, le silence s’installe et je ferme les yeux, laissant le soleil me caresser de ses rayons avec le plus grand des bonheurs. Encore un soupir d’aise pour la route. C’est pas l’Australie mais pour le moment ça fera l’affaire.

« Mec, le premier truc que j’fais en arrivant chez moi c’est fusionner avec mon hamac. »



« Nan. Session surf d’abord. Ça me manque trop. Et après je fusionne avec mon hamac. »

Je trouverai le temps de dire bonjour à mon frangin avant tout ça, éventuellement … ça va, je plaisante. Il aura la priorité s’il est là quand je rentre, promis, mais bordel, je donnerai cher pour pouvoir remonter sur mon surf. Ça fait clairement trop longtemps, j'ai pas pu y retourner depuis des semaines à cause de tout ce qu'il s'est passé. Mon Empire pour une vague, rien qu'une ça serait déjà le pied.

Je ne sais pas si c’est l’instinct ou mes sens qui m’ont fait ouvrir les yeux mais ça été presque instantané, dès qu’il a mis un pied dehors, là, par la porte du Hall. Mon homme. Je compte bien tenir ma promesse, celle non formulée mais très explicitement exprimée ce matin, mais pour l'instant je ne bouge pas. Je l’observe en silence, les observe plutôt, tranquille et amusé par ce que je vois. Il a l’air de chahuter avec Riley qui vient de sortir elle aussi et lui a sauté sur le dos pour y rester accrochée. Elle lui raconte je ne sais trop quoi qui les fait rire aux éclats. Je souris, c’est communicatif. Je crois qu'on a tous besoin de faire un peu les cons, de se laisser porter, pour redescendre sur terre en douceur après avoir mobilisé notre cerveau pendant 5 jours en non-stop et plus encore en incluant les révisions. Encore une fois, sans parler du reste.

« J’suis sûr qu’elle est folle de lui. Elles le sont toutes. »

Sourire amuse sur le visage, je ne pense naturellement pas un mot de ce que je viens de dire et mon absence de sérieux se transmet sans aucun mal. Enfin … En ce qui concerne Riley en tout cas parce que pour certaines autres c’est autre chose mais ça n’est pas le sujet en réalité. Exception faite d’Elijah qui a un passe-droit même s’il semblerait que son attention soit attirée par une autre personne ces derniers temps ... Là encore ça n’est pas le sujet. C’est juste qu’à les voir se marrer comme ça tous les deux, ça me provoque un p’tit truc agréable dans le bide. Je réalise encore une fois à quel point ma vie a changé, à quel point je suis … comblé par tout ça, ces personnes qui font partie de mon existence aujourd’hui. Ce gaillard au sang chaud assis à côté de moi inclus, bien évidemment. Je sais que pour lui aussi beaucoup de choses ont changé ces derniers mois et ce changement il se voit. Je crois qu’il est heureux lui aussi, apaisé de quelque chose, et quand je le vois regarder Riley comme ça, j’ai aucun mal à comprendre qu’elle joue un rôle majeur là-dedans. Je continuerai à l’emmerder avec ça, n’allez pas croire, et il en fera autant, mais je suis vraiment content pour lui. Pour eux.

Regarde-nous, regarde-les ... J’crois que c’est ça le bonheur. Ça en fait partie en tout cas.

« T'es mignon quand t'es amoureux, ça te va bien au teint. Continue de la regarder comme ça et t'auras plus besoin de manger de carottes pour avoir ce éclat sur le visage. »

Hey ! Je prends mon rôle du p'tit dernier de la bande très à cœur ! Celui du P'tit Con qui ne va pas tarder à se prendre un retour de flamme c'est évident. En attendant, je me marre comme une baleine. Et je n'ai jamais compris cette expression, soit dit en passant.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Lun 17 Juil 2017 - 23:40

►For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be◄
Enzo & Mateo



Yo, associé. Bien dormi ? »
« Laisse tomber, j’viens de croiser Ryans et son air satisfait, t’obtiendra rien de Jackson ce matin il a perdu ses neurones. »
« La ferme le Latin Lover.

Je ricane, le bouscule alors qu’il est à moitié débraillé comme d’habitude et qu’il semble particulièrement frustré.
Bah alors Jackson, c’est le feu au calbut et on n’peut rien y faire ? Peut-être qu’on aurait dû l’avertir que Ryans possède plus d’une corde à son arc…. Ou en l’occurrence, plus d’une flèche qui varie les plaisirs et les désirs mais laissant sa proie sur sa faim.

- T’en fais pas, sois un peu patient et bientôt ça sera le feu d’artifice dans ta culotte.

Le regard de glace que me balance William ne fait qu’accroitre mon éclat de rire alors qu’il me pointe du doigts.

- Joue pas trop la grande gueule le burritos… A ta place je n’dormirais que d’un œil.

Je lève mon majeur vers William, jetant un œil à Cameron qui est en retrait mais qui se charge bien de sourire, voir de rire, face à la situation. Toujours discret, toujours – presque – silencieux, il doit être épuisé de côtoyer des types comme nous.

- J’ai un truc pour toi Frangin Sudiste. Un nouveau test, cultivé avec amour et amélioré par les soins de notre petit chimiste de compet ici présent, à l’époque où il avait encore ses neurones.

Mais quand il parle, il fait mouche.  
Je ricane, William grogne sûrement une jolie pelle d’injure dans sa barbe avant de détourner son regard. C’est rare de le voir grognon comme ça mais le peu que ça arrive, ça vaut le détour de le charrier un peu. Surtout qu’avec un type comme lui, ça ne dure jamais vraiment longtemps.

- Tu nous en diras des nouvelles.  

Je me focalise de nouveau vers Cameron a qui j’adresse un large sourire tout en prenant le Saint Graal entre les mains. Je ne sais pas ce que foute ces deux branleurs, ni où, mais je m’en tape comme de l’an de guerre des Trolls puisqu’ils me ramènent toujours un petit cadeau qui vaut le détour… Et lorsqu’il me présente ça de cette façon, je sais d’avance que ce que je tiens dans la main, va m’emmener tout droit au pays de la détente.

- Merci, vous êtes mes deux héros de la journée. Il remplacera le champagne pour fêter la fin des examens
- Et ton redoublement.
- Ta gueule, Jimmy Neutron.

Je m’attarde encore un peu à discuter tranquillement avec les potes, les remerciant une nouvelle fois pour le cadeau donné que je conserve précieusement dans une boite cacher dans une double poche de mon pantalon et m’attarde ensuite aux toilettes.
Un regard vers les robinets…. Et mon sourire s’élargit.
Fin des examens, il faut bien fêter ça. D’un geste de la baguette, je trafique l’arrivée d’eau une première fois, avant d’y apporter ma petite touche améliorer.
Les Etats-Unis me manquent et toutes personnes ayant la chance de venir se laver les mains ici le comprendra très vite…

¥

Et tout est comme je l’aurai souhaité.
Fin des examens, spot tranquille à l’extérieur et au soleil, gentiment avachi sur le canapé que l’on a sorti à l’extérieur avec Enzo et surtout, une petite merveille au bout des doigts dont je tire une troisième latte, en douceur. Cette même douceur qui transporte mon esprit loin d’ici, dans un cocon de bien être, de tranquillité, serein comme je l’ai rarement été.
Ces mecs sont des purs génies et viennent de créer une véritablement merveille à fumer.

Je cligne des yeux lorsqu’une silhouette approche avant de reconnaitre Enzo et de lui adresser un large sourire pour finir par s’affaler à mes côtés.

- Yo. Comment va Mate ?
- Comme tu peux le voir c’est la grosse dépression…

Ironique jusqu’au bout des ongles, je lui adresse un clin d’œil, tirant de nouveau sur mon joint.

- Putain de semaine. Non. Putain de mois en fait. J’peux ?

J’arque un sourcil, me tournant vers Enzo. Pas le temps de rebondir sur ce qu’il me dit, trop choqué par sa demande. L’espace d’une seconde, je m’attends à ce qu’il éclate de rire pour me dire qu’il se fout juste de ma gueule mais visiblement non.
On dirait que le petit Ryan se lâche. Sourire en coin, j’appuie mon regard, comme une demande silencieuse du style « est-ce que tu es sûr de ça ? »

- Ouais, je sais pas. M’demande pas.
- Je n’savais pas que Jackson pouvait avoir une si mauvaise influence sur toi…

Dit-il en lui passant le saint Graal.
Chance pour lui, il tombe pile où je tiens entre mes doigts une véritable petite merveille et donc, ne risque pas de faire un badtrip derrière si jamais il venait en apprécier la douceur du…
… Du rien du tout, vu la gueule qu’il tire. J’éclate de rien à le voir tousser et se plier en deux, son corps essayant tant bien que mal de rejeter ce qu’il n’apprécie pas tellement.

- Moi qui croyais qu’un grand gaillard comme toi pouvais encaisser bien plus qu’une petite fumette…

Je le taquine gentiment, le bouscule et lui laisse le temps de reprendre ses esprits alors que je lui donne quelques tapes dans le dos, histoire qu’il retrouve un souffle. Dommage que je n’ai rien sous la main pour filmer ses yeux brillants et sa gueule toute rouge… Epique.

- C’est toujours pas mon truc visiblement.

On rit de plus belle alors qu’il cherche encore un souffle pour finalement retrouver notre position de gros flemmard au fin fond du canapé, mon joint toujours entre mes doigts. C’est pas un drame s’il n’aime pas ça, c’est même bien mieux pour lui, même si j’estime que parfois, de temps en temps, ce précieux peut avoir des effets bénéfiques sur la santé. A petite dose, certes.
Le silence fini par s’installer et je laisse ma tête aller sur le dossier du canapé, yeux fermés. Je profite de ce calme, de ce soleil qui réchauffe lentement ma peau. Ca me ramène à ces journées d’été chez moi ou chez mes grands-parents où je passais des heures à me laisser dorer la pilule sans broncher. Disons que j’suis pas tellement un mec d’action.
Enfin, ça dépend pour quoi.

- Mec, le premier truc que j’fais en arrivant chez moi c’est fusionner avec mon hamac. Nan. Session surf d’abord. Ça me manque trop. Et après je fusionne avec mon hamac.

Je visualise parfaitement le cadre puisque ce petit enfoiré possède un véritable territoire paradisiaque. Maison avec plage à proximité, sans – presque – personne pour t’emmerder… J’me demande ce que ça doit être d’avoir un coin comme ça pour des vacances. Juste soi et la solitude. Et l’espace d’une seconde, j’imagine cette possibilité mais en présence de Riley. L’image devient rapidement affreusement tentante, presque viscérale que de se tirer d’ici avec elle, loin de tout.

- Moi je fusionne avec la Pampa et la solitude. Silence. Et le hamac aussi, c’est vrai. C’est bien ça, le hamac.

Perdu au milieu de nulle part, un coin d’ombre, une bière, mes clopes…
Putain, qu’est-ce qu’on fout là déjà ?
Je sens Enzo se redresser légèrement et par instinct, j’en fais de même, ouvrant difficilement les yeux. C’est que j’aurai pu m’endormir ici pour une bonne sieste méritée après ces putains d’examens…
Mon regard se porte instinctivement sur la jeune femme qui déboule comme une tornade sur le dos de Jackson, envahissant son espace vitale sans se demander un seul instant si ça l’emmerde ou non. Du Jenkins tout craché…

- J’suis sûr qu’elle est folle de lui. Elles le sont toutes.
- Ou c’est lui qui est amoureux d’elle… m’étonnerais pas qu’elle réussisse à détourner les plus gays qu’elle croise.

Je ne m’en rends pas tout de suite compte mais j’esquisse un sourire presque attendri devant cette image mais surtout, devant la vie de cette femme. Quand j’ai débarqué dans ce château, je n’avais ni but, ni envie, si ce n’est que celle de me jeter à corps perdu dans l’oubli. Et quand je parle d’oubli, je parle d’excès. Sexe, alcool, joint… Faisant preuve d’un irrespect des plus totales, me foutant royalement des répercutions que je pouvais avoir sur certaines personnes.
Je voulais oublier une douleur que je ne pensais jamais surmonter. C’était comme vivre en permanence avec une main agrippant le cœur pour le serrer d’une poigne de fer. Entre l’agonie et la vie, me maintenant entre chacune d’elles pour ne jamais trouver l’ombre d’un repos. Le manque de Camélia était tout simplement aussi mortelle qu’a pu l’être sa putain de maladie.
Riley a été la suture sur la plaie béante. Et même si ma sœur me manque toujours aussi furieusement, la présence de cette femme m’a tout simplement appris à composer avec le manque, comblant les vides douloureux par son existence, ses sourires, son toucher, son amour. Elle m’a appris à accepter des choses qui me semblait insurmontables.  
Jamais je ne le formulerais mais en vu du chemin que j’avais emprunté, Riley m’a tout simplement sauvé la vie.
J’aurai aimé qu’elles se connaissent.

- T'es mignon quand t'es amoureux, ça te va bien au teint. Continue de la regarder comme ça et t'auras plus besoin de manger de carottes pour avoir ce éclat sur le visage.
- Hm ?

Je cligne plusieurs fois des yeux avant de revenir totalement à lui… J’avoue, j’étais clairement partie dans ma contemplation jusqu’à oublier qu’un monde continuait de tourner autour de moi, mais une fois que je capte…

- Ca va, ta gueule !

Je secoue la tête sourire en coin alors qu’il se marre comme un con. Branleur !
Joint entre les lèvres, j’en consume une nouvelle inspiration avant de lâcher la fumée sous forme de rond qui s’évapore dans la nature.

- Faut croire que même avec l’Ecosse nous pouvons retrouver notre éclat de jeunesse. Je marque une pause, lâche un rire. Putain, on dirait une pub touristique.

Avec Jenkins, retrouvez votre peau de bébé !
Désolé, le joint, vous savez…
Je m’étire et reviens à celui que je considère aujourd’hui comme un véritable ami. On s’est rendu compte au fur et à mesure des mois qu’un tas de choses nous rapprochaient finalement, bien plus que je ne pouvais l’imaginer. Nous ne sommes pas de nature à prendre tout au sérieux, à dramatiser les évènements mais le peu de fois où nous avons discuté, où l’on s’est confié, j’en garde un bon souvenir. J’ai appris à accepter que j’étais en droit d’avoir besoin des autres et Enzo fait partie de ce cercle restreint de personnes que je serais capable d’aller voir si je ressens l’envie de vider mon sac.

- En parlant de teint, je trouve que le soleil Californien te sied plutôt bien. Je me positionne de trois quarts vers lui, sourire de branleur aux lèvres. Ce sont les vacances de l’amour sous les palmiers ?

Interprétez la phrase comme vous le souhaitez et imagez le palmier si ça vous enchante…
Je n’suis pas aveugle et surtout, j’étais là en première ligne quand les choses se sont arrêtés entre Enzo et Kyle et que l’Australien a manifesté cette attraction viscérale avec William. A aucun moment je ne l’ai jugé, j’suis pas là pour ça. Comme le dirait mon père, on sera tout seul devant Dieu lors du jugement dernier, lui seul sera en droit de nous juger. Aujourd’hui, j’me dis que tout ça était un mal pour un bien… J’ai rarement vu Enzo aussi heureux. Il l’était avec Kyle mais encore une fois, c’était différent. Ici, je le sens plus apaisé, plus complet. Je n’sais pas si Will y est pour quelque chose mais Enzo a aussi beaucoup grandi, beaucoup évolué.
J’suis fier de toi gamin !
Ca va j’déconne…

- D’ailleurs, ce matin j’ai retrouvé un Jackson particulièrement grognon et à moitié débraillé… Qu’est-ce que tu as fait à notre pauvre William pour qu’il ait l’air d’avoir perdu la moitié de ses neurones ? Je jette un œil vers le Hall où ils se trouvent toujours là, tous les deux. Parce que j’espère que t’as de l’énergie à revendre, j’suis pas certain qu’il te laisse dormir tranquille cette nuit…
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Jeu 27 Juil 2017 - 0:33

Je l'ai perdu, c'est plutôt clair, et même si ça me fait sourire, même si je me fous gentiment de sa gueule parce que c'est presque une obligation, je trouve ça … Pas touchant, c'est pas le mot que je cherche, mais je comprends ce qui se passe dans sa tête je crois. Plus ou moins, sur le fond on va dire. La façon dont il la regarde traduit bien des choses si on prend le temps d'observer, ce que je fais, alors je lui laisse un peu le temps de se perdre dans ses pensées, dans ce qu'il a sous les yeux, amusé oui, et moqueur certes, mais compréhensif … bien qu'il n'en verra évidemment pas la couleur. Pas tout de suite en tout cas. Et je finis par le ramener sur terre au bout de quelques instant, tranquillement, même pas trop certains qu'il va m'entendre de là où il est.

« Hm ? »

Il semblerait que si. Il m'a entendu, pas écouté mais entendu. Si je m'en formalise ? Bien sur que non, ça ne fait qu'aider mon sourire à s'élargir de manière encore plus moqueuse. Et je ricane, encore, parce que c'est de bonne guerre et que le proverbe « qui aime bien châtie bien » montre encore en cet instant à quel point il est vrai et juste. J'aimai pas ce type au départ et c'était réciproque, ça a vraiment mal commencé entre nous mais aujourd'hui j'ai pas peur de le dire : Il fait parti de ces personnes qui comptent beaucoup pour moi. C'est un ami, un vrai, parfois un grand frère, parfois un pote de beuverie ou de connerie, parfois c'est moi qui lui apprend la vie à ma manière. Bref, un pote en qui j'ai entièrement confiance, un pote qui peut me faire entièrement confiance.
Il revient finalement un peu plus véritablement sur terre, en clignant des yeux, comme si c'était dur de retrouver le chemin ce que je peux comprendre là encore mais ça ne fait que me faire rire un peu plus. Et il s'en rend compte. Il était temps !

« Ca va, ta gueule ! »

J'éclate clairement de rire cette fois, en me laissant aller dans le canapé alors qu'il retrouve ses esprits en les perdants grâce à son joint. Bordel, je donnerai n'importe quoi – façon de parler – pour une bière, sérieusement.

« Faut croire que même avec l’Ecosse nous pouvons retrouver notre éclat de jeunesse. »

Dis donc l'ami poète … Je le regarde, un sourcil arqué, sourire en coin. Il stoppe et se laisser aller à rire, je l'accompagne dans son auto-sabotage.

« Putain, on dirait une pub touristique. »
« Très clairement. Mais méfies toi parce que ça donne envie d'y aller. »

Je ne dis pas ça pour moi, bien sur, et de toute façon cette conversation n'est pas vraiment sérieuse, mais oui, fais gaffe aux touristes qui auraient envie de visiter l'Écosse. Va pas finir en taule à cause d'eux parce que tu te seras sentis obligé de leur faire comprendre que la fameuse Écosse est en fait territoire annexé Argentin. Ou Texan. Enfin t'as compris. Et je me comprends.

« En parlant de teint, je trouve que le soleil Californien te sied plutôt bien. »

Et nous y voilà, le retour à l'envoyeur. Fallait bien qu'il arrive un jour, je crois que j'aurai presque été déçu si ça n'avait pas été le cas. Il se tourne vers moi, je n'arrive pas à retenir mon sourire et mon regard se pose brièvement sur … le soleil Californien … Putain si avec ça il chope pas encore plus la grosse tête celui-là.

« Ce sont les vacances de l’amour sous les palmiers ? »
« Jamais mis les pieds là-bas alors j'peux pas te dire. »

En Californie.

Je ne le regarde pas, me contente de hausser les épaules d'un air faussement détaché avec lequel je n'essaie de duper personne et surtout pas lui. Il a eu le résultat quasiment en live de ce qui s'est passé entre Liam et moi depuis le départ ou presque, c'est pas à lui que je vais cacher quoi que ce soit. Il me grillait déjà quand j'étais avec Kyle et s'en donnait à cœur joie pour me charrier, j'ai pas – plus – pour habitude de masquer ce que je ressens même s'il faut sans doute me connaître un minimum pour réaliser certaines choses mais j'assume tout ça.
Et puis, en fait, c'est quasiment lui qui m'a poussé dans les bras du Californien si on y réfléchit bien … Lui et une bonne dose d'alcool qui fout l’inhibition dehors, aussi. Faut pas rêver, j'y serai allé tout seul comme un grand. Peut-être pas à la maison, j'aurai peut-être pas eu le réflexe de lui dire de venir, mais dès l'instant où on se serait retrouvé ici … Ouais, non, faut pas rêver. Et ça me fait sourire de repenser à tout ce chemin parcouru en si « peu » de temps, bien qu'on l'ait pris, le temps. Et qu'on continue à le prendre.

« D’ailleurs, ce matin j’ai retrouvé un Jackson particulièrement grognon et à moitié débraillé… Qu’est-ce que tu as fait à notre pauvre William pour qu’il ait l’air d’avoir perdu la moitié de ses neurones ? »

Satisfaction.

Je l'ai constaté par moi-même mais entendre de la bouche de quelqu'un d'autre que j'ai clairement atteint mon but … Putain oui je jubile ! Ça valait le coup d'en passer par un peu de frustration de mon côté aussi, très clairement. Et sans parler de ça, c'est quand même quelque chose de très agréable de savoir qu'on fait autant d'effet à quelqu'un, surtout quand il s'agit de la personne qu'on a envie de mettre dans cet état. Bien sur que j'apprécie quand il me regarde avec envie, quand je sens ses yeux glisser sur moi et qu'il aime ce qu'il voit tout comme il aime ça lui aussi quand c'est moi qui le regarde de cette façon. C'est purement humain et normal comme réaction, tout le monde est pareil. Enfin je pense.

« Parce que j’espère que t’as de l’énergie à revendre, j’suis pas certain qu’il te laisse dormir tranquille cette nuit… »
« C'est précisément le but. »

Manipulation.

Ce sont les titres des nouveaux Twilight.

Cette fois c'est très clairement un sourire plus carnassier que j'esquisse en regardant droit devant moi avant de tourner lentement la tête vers Mateo pour lui faire face. Après une semaine comme ça, rien de mieux que de la terminer en beauté en passant une nuit torride et je sais parfaitement que c'est le meilleur moyen d'attiser le Californien tout simplement parce qu'il est tout aussi porté sur la chose que moi. J'aurai presque envie de dire … Peut-être même plus … Et ça putain, j'aurai jamais pensé que c'était possible. Ce mec est une véritable chaudière, il est insatiable mais ça n'est pas comme si j'allais m'en plaindre. Loin de là même. Et sans parler de ça, c'est simplement l'envie de l'autre qui se manifeste. Plus on fait l'amour, plus on en a envie.

Mais il n'y a pas que ça.

« Et c'est aussi un révère de médaille parce que Monsieur l'Intello s'amuse à me rendre dingue relativement souvent sauf qu'il commence à se rendre compte que j'apprends vite et bien. Et que je connais ses points faibles maintenant. Donc ce matin j'ai sorti le grand jeu et le soleil californien s'est « gentiment » fait éclipser par la lune australienne, en application directe du proverbe : La vengeance est un plat qui se mange froid. Il a juste eu très chaud avant d'avoir bien froid. »

C'est peu de le dire et j'en suis extrêmement fier.
Grognon, Jackson ? Fallait pas me chercher.
PS : Continue de le faire. Tu peux être sûr que je vais en faire autant.

« Et c'est pas la peine de faire de jeux de mots astraux-sexuels concernant l'alignement des planètes parce que j'te vois venir avec tes Santiags et ton Stetson, le Texan. »

Regard en biais.
Sourire en coin.

« Puis t'en fais pas pour mon énergie, j'en ai toujours à revendre quand il s'agit d'Astronomie. »

Restons dans le thème des étoiles, du système solaire, etc … Je nous sens bien partis sur cette nouvelle métaphore. C'est clairement pas un truc qui me passionne si on doit rester dans le sens propre et d'ailleurs je pense avoir foiré l'épreuve dans cette matière mais pour ce qui est du figuré … Toujours opérationnel et partant pour une éclipse avec mon soleil californien, qu'elle soit solaire ou lunaire. Dépend de l'humeur et des envies de l'un et l'autre maintenant que certains caps sont passés, des phases de la Lune un peu aussi. Et je me perds un peu dans mes pensées lubriques en l'observant alors qu'il discute toujours avec Riley un peu plus loin.
Ces pensées se tranquillisent, deviennent plus chastes, mais mes yeux ne le quittent pas. Je retrouve mon sérieux, repense à ce que Mateo vient d'insinuer avant qu'on parte dans des considérations purement sexuelles et un soupir m'échappe alors que mon sourire se fait plus doux. Plus sage.

« J'étais pas du tout parti pour me recaser, surtout pas aussi rapidement, mais c'est pas à toi que je vais apprendre que ça prévient pas quand ça arrive et que ça serait vraiment con de passer à côté d'un truc qui fait autant de bien. Et surtout à côté d'une personne avec qui on se sent aussi bien. »

Je le regarde, sans me moquer cette fois, parce que je sais qu'il comprend où je veux en venir et à quoi je fais allusion. J'ai vu le changement chez lui, l'apaisement qu'il semble ressentir depuis que Riley a trouvé sa place dans son existence. Cette femme le rend heureux, elle le repose je pense même si leurs prises de tête explosives dans les couloirs ont fait trembler le château plus d'une fois.

Tout comme leurs réconciliations …

Je ne transpose pas sur ce que je suis entrain de vivre mais ça s'en approche pourtant. Oui, je me sens bien avec William, très bien même, comme je ne m'étais pas senti depuis un moment. Avec lui tout est plus facile, reposant, apaisant et tellement simple. Il est … J'en sais rien, j'ai pas envie de comparer mais je sais que je trouve avec lui des choses qui ont pu me manquer par le passé sans que je ne m'en rende réellement compte sur le moment. On partage beaucoup de choses, son tempérament me plait énormément et ça me fait du bien de recevoir spontanément, de sentir que je n'ai pas toujours besoin de dire les choses pour qu'il les comprenne. Je suis quelqu'un qui donne beaucoup, spontanément justement, avec un gros instinct protecteur mais j'ai aussi besoin de recevoir, qu'on prenne soin de moi, besoin de me sentir en sécurité, protégé et ... Je ressens tout ça avec William.

Bref, on s'accorde vraiment bien je trouve et j'espère qu'il se sent aussi bien avec moi que je ne me sens bien avec lui. Je crois que c'est le cas.

« Cette fois je prends mon temps, je laisse les choses se faire simplement et naturellement mais je sens bien que je m'attache. Beaucoup. Et plus on apprend à se connaître, plus ça se renforce. Réciproquement je crois. »

Si ça me fait peur ? Non, pas une seule seconde, bien au contraire tout comme je ne me sens pas faible ou vulnérable de l'admettre. Je ne me confierai pas comme ça à n'importe qui mais ça tombe bien, Mateo n'est pas n'importe qui.

« T'as bien fait de jouer les marieuses. »

Nouveau sourire en coin, j'écrase finalement un rire bref mais réellement amusé. J'aime lui rappeler qu'il a sa part de responsabilité dans tout ça quand il râle parce qu'il nous surprend au détour d'un couloir ou dans la Salle Commune, entrain de repeindre autre chose que les murs.

« Parlant de mariage, vous avez fixé une date ? »

Parce que quand même, fallait pas rester sérieux trop longtemps … Alors je le charrie encore une fois, et il me le rend encore une fois. Un petit moment comme celui-ci, tout ce qu'il y a de plus simple, en compagnie d'un pote, d'un ami, voilà ce que j'aime.

« Ça te fait pas un peu peur l'extérieur ? J'veux dire, on va tous foutre le camp au quatre coins du monde, ça va radicalement changer. »

Si je change de sujet ? Pas totalement. Disons que je l'élargis un peu, simplement parce que j'ai l'impression d'avoir besoin d'en parler. De mon côté, même si j'ai hâte de foutre le camp j'appréhende un peu. Me retrouver loin d'eux tous, ne plus les voir chaque jour, devoir vivre dans la maison réellement pour la première fois – sur le long terme – depuis qu'ils ne sont plus là … Oui, ça m'effraie un peu même si je sais que c'est juste une histoire de nouveaux repères à trouver. Pour nous tous.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Mer 9 Aoû 2017 - 1:14

- C'est précisément le but.
- Le contraire aurait été étonnant.

C’est l’histoire de deux baraques à frites qui se rencontrent sur une plage Australienne. Et PAF, ça fait des chocafrites !
Oui je sais, la sortie est au fond du couloir à gauche…

- Et c'est aussi un révère de médaille parce que Monsieur l'Intello s'amuse à me rendre dingue relativement souvent sauf qu'il commence à se rendre compte que j'apprends vite et bien. Et que je connais ses points faibles maintenant. Donc ce matin j'ai sorti le grand jeu et le soleil californien s'est « gentiment » fait éclipser par la lune australienne, en application directe du proverbe : La vengeance est un plat qui se mange froid. Il a juste eu très chaud avant d'avoir bien froid.

Je lâche un sifflement presque admiratif.

- La légende disait vraie… tu es une petite garce manipulatrice.

C’est le californien qui doit déchanter maintenant. Même si j’suis quasi certain qu’il lui filera la monnaie de sa pièce et ainsi de suite. Ils se sont tout simplement instauré un jeu qui n’a pas de fin, ni de gagnant, ni de perdant. En tout cas, pas avec ces deux-là.

- Et c'est pas la peine de faire de jeux de mots astraux-sexuels concernant l'alignement des planètes parce que j'te vois venir avec tes Santiags et ton Stetson, le Texan.
- Comment peux-tu imaginer ça de moi un seul instant…

Air faussement outré sur la gueule, main sur le cœur, Enzo a toutes les raisons du monde de penser ça de moi, justement.
Je ricane, comme un merdeux avant de me laisser tomber de nouveau dans le creux du canapé, finissant tranquillement mon joint.

- Puis t'en fais pas pour mon énergie, j'en ai toujours à revendre quand il s'agit d'Astronomie.
- Oh je m’en fais pas pour ça, un p’tit rail de Coke-fornie et tu auras bien vite la tête dans les étoiles pour franchir le palier « 7ème ciel ».

Et pas que la tête d’ailleurs mais j’vais pas en dire plus.
En attendant, celui qui est le plus perché des deux là tout de suite, c’est moi. Le silence revient et j’observe encore un instant Riley et William au loin, avant de laisser aller ma tête contre le dossier, fermant les yeux quelques secondes pour profiter de ces rayons de soleil. Je pourrais passer des heures comme ça, sans bouger, à juste profiter de l’extérieur pour ne penser à rien d’autre qu’au vide intersidérale de mon esprit.

- J'étais pas du tout parti pour me recaser, surtout pas aussi rapidement, mais c'est pas à toi que je vais apprendre que ça prévient pas quand ça arrive et que ça serait vraiment con de passer à côté d'un truc qui fait autant de bien. Et surtout à côté d'une personne avec qui on se sent aussi bien.

La voix d’Enzo me ramène au monde réel tout comme ses mots qui me font de nouveau ouvrir les yeux. Je me redresse légèrement, songeur. Jamais je n’aurai imaginé une seule seconde que je puisse en arriver à ce stade dans ma vie, à imaginer un lendemain avec la même personne, la même femme mais surtout à ressentir un véritable amour profond et sincère pour qui que ce soit. Même lorsque j’ai commencé ce petit jeu qui n’était à la base qu’une pure provocation face à l’irritation que Riley me provoquait, je n’envisageais pas un seul instant que tout dérape, que l’on en arrive là aujourd’hui. Je crois même pouvoir dire qu’elle a été ma plus belle surprise cette année.

Et je prends conscience qu’il doit en être de même pour Enzo. Pas le même parcours, ni les mêmes décisions, certes, mais je crois que ni l’un ni l’autre n’aurai pu imaginer ou même admettre ça un jour. Pourtant, tout s’est passé à une vitesse que ça m’en foutrait presque le tournis.

- Cette fois je prends mon temps, je laisse les choses se faire simplement et naturellement mais je sens bien que je m'attache. Beaucoup. Et plus on apprend à se connaître, plus ça se renforce. Réciproquement je crois.

C’est qu’il serait presque attendrissant là, comme ça. Et j’me fous pas de sa gueule – pour une des rares fois – parce qu’il a l’air tout simplement heureux dès qu’il parle de lui, d’eux. Reposé mais surtout serein, presque en paix avec lui-même. Jamais je ne me permettrais de faire la moindre comparaison – en réalité si parce que je reste un connard au fond – mais je le sens moins … tendu ? Je ne sais pas quel serait le meilleur terme pour désigner cet aura qu’il dégage mais c’est agréable et au fond, c’est presque rassurant de voir qu’il est enfin épanoui. En accord avec lui-même.

- T'as bien fait de jouer les marieuses.
- T’apprendras que j’ai toujours raison et que j’ai surtout le nez fin pour ces trucs-là.

Pour la crédibilité on repassera parce que ça n’est pas la même fierté que j’affiche quand je surprend ces deux cons au détour d’un salle ou d’un couloir, dans des situations pas toujours très décentes. Parfois entrain de s’explorer les glottes de Lascaux – et on applaudit les supers jeux de mots d’après minuit, s’il vous plait – ou à la queue-le-le.
Pas besoin d’un dessin, on s’en passera.

- Parlant de mariage, vous avez fixé une date ?
- Ouais ! Le même jour que l’adoption de votre chien et que la location de votre monospace…

On se renvoie la balle, comme à nos habitudes et avec le sourire s’il vous plait. Je le pousse gentiment, passant un bras autour de ses épaules mais cette fois, presque affectueusement. Je l’aime ce grand con, il est devenu bien plus qu’un pote et aujourd’hui, j’le considère sans hésitation comme un de mes amis les plus proches, parfois comme un frangin. Des choses nous ont réuni alors que tous nous opposait pour se rendre compte que, finalement, nous n’étions pas si différents…

- Ça te fait pas un peu peur l'extérieur ? J'veux dire, on va tous foutre le camp au quatre coins du monde, ça va radicalement changer.

Je m’étire en silence avant de me laisser retomber dans le fond du canapé, lâchant un soupire. Je prends le temps de réfléchir à ce qu’il est entrain de me dire, les yeux légèrement dans le vague mais surtout, en train de me visualiser la situation.

- Non. Je crois que j’ai hâte, au contraire.

Je me gratte l’arrière du crâne, écrasant mon mégot dans mon cendrier portatif.

- J’ai jamais été fait pour les études et encore moins quand ça se passe entre quatre murs et que j’ai juste le choix que de fermer ma gueule et d’y rester.

Si tout ne tenait qu’à moi, j’me serais déjà barra d’ici, sans diplôme. Je ne vise pas le maximum d’études puisqu’encore une fois, c’est clairement pas mon fort et si j’le fais c’est uniquement pour Camélia, pour au moins terminer mes 11 années avant l’université. Pour le reste … j’en sais trop rien.

- Après j’dis pas que ça ne me travaille pas. Je lève les yeux vers Riley que j’observe au loin et ça me frappe en plein cœur. J’crois que j’vais mettre un certain temps à m’habituer de ne plus l’avoir à proximité, par exemple. Je marque une pause avant de reprendre. Enfin, si j’arrive à m’y habituer.

Ce qui est beaucoup moins sur et sincèrement pas jouer d’avance. Me connaissant, il n’est pas exclue que je débarque un jour près de chez elle parce que j’suis sanguin, impulsif et que si j’ai décidé que je voulais la voir dans la seconde, j’le ferais.
Et parce que se sevrer d’une personne que l’on a l’habitude d’avoir au moins à porter de vue, tous les jours, H-24… Non, très peu pour moi.

- Et puis ça sera l’excuse pour organiser des soirées sur la plage avec les copains pour se revoir. Comme si on voyait pas assez la gueule de chacun ici, va falloir qu’on en rajoute une couche à l’extérieur.

C’est de l’humour, nous en sommes parfaitement conscient parce que je serais clairement l’un des premiers à rappliquer si une fête où tout le monde y serait réuni, s’organise.
Je finis par me redresser, bras sur les genoux.

- Je sais pas si je te l’ai dit mais j’crois que je t’ai jamais vu si serein depuis que je te connais. Et ça fait plaisir à voir parce que tout ça, tu le mérites.

Et quand je dis tout ça, je parle bien évidemment de toutes choses positives qu’il vit.

- C’est presque mignon de te voir cueillir tout ce bonheur comme si tu cueillais des pâquerettes J’éclate de rire, le poussant gentiment de l’épaule. J’suis content pour toi Captain Ryans.

Je reprends mon sérieux l’espace d’un instant, toujours mes bras sur les genoux. C’est vrai que ça va radicalement nous changer, un peu comme si on changeait d’école alors que finalement, ça ne sont que des vacances comme on en a déjà eu. En beaucoup plus longues. Mais pour la suite… Après les cours quand on va tous suivre nos chemins bien différents ? Je n’me fais pas de bile pour ça, je sais exactement qui je reverrais et qui je ne reverrais pas.

- Ca te stress toi tout ça ? L’idée qu’on se retrouve au quatre coins du globe.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Mer 9 Aoû 2017 - 20:43

Il s’étire, se laisse retomber dans le fond du canapé avec soupir et je lui laisse le temps de la réflexion qu’il semble en train d’établir … ou alors il est déjà trop perché et a déjà oublié que je lui ai posé une question. Je plaisante, je le connais et je sais qu’il n’est pas dans un état de plénitude suffisamment avancée pour ça. Patient, j’attends tranquillement qu’il réagisse et ça ne tarde pas à venir.

« Non. Je crois que j’ai hâte, au contraire. J’ai jamais été fait pour les études et encore moins quand ça se passe entre quatre murs et que j’ai juste le choix que de fermer ma gueule et d’y rester. »

Je me contente d’un signe de tête, sans jugement ni quoi que ce soit d’autre. Il a ses raisons, elles ne regardent que lui. Mais je comprends qu’il ait hâte de foutre le camp d’ici, de s’échapper de ces quatre murs comme il le dit. Ce gars a de la ressource, je ne m’en fais clairement pas pour lui mais si un jour il a besoin de quoi que ce soit, il pourra toujours compter sur moi.

« Après j’dis pas que ça ne me travaille pas. »

Son regard prend une direction que je n’ai pas besoin de suivre pour comprendre ce qu’il regarde ou plutôt qui : Riley. Emotionnellement on n’est clairement pas tous faits pareils mais même si ce sanguin de latino arbore souvent un air détaché de beaucoup de choses, on sait très bien quand on le connait qu’il a l’Ecossaise dans la peau et que leur histoire n’a rien d’un truc pour passer le temps. C’est pas pour jouer les romantiques ou quoi que ce soit mais malgré leur caractère de feu à tous les deux et cette relation plus qu’explosive parfois, leur lien a quelque chose de vraiment beau. Ils s’aiment, ça crève les yeux, ça se ressent dans leur regard et … Ouais, je trouve ça beau. Et fort. Alors j’imagine bien que l’idée de ne plus passer toutes ces jours en la sachant près de lui, idem pour les nuits, avec un océan entre eux deux, ça ne doit pas l’enchanter plus que ça. Et ça se comprend totalement.

« J’crois que j’vais mettre un certain temps à m’habituer de ne plus l’avoir à proximité, par exemple. »
« Ouais. »

Réponse vaguement absente de ma part alors qu’un soupir m’échappe quand mes yeux se posent finalement sur William. Légère pause de sa part à lui puis il reprend.

« Enfin, si j’arrive à m’y habituer. »

Un rire bref m’échappe, il n’a en réalité rien d’amusé.

« J’suis pas certain qu’on s’habitue à ce genre de choses. »

Ou alors c’est pas bon signe et j’en veux pour preuve la fin de ma relation avec Kyle. J’ai morflé quelques jours après son départ et puis … Je me suis fait à son absence, relativement « facilement » et plutôt rapidement. C’était un signe annonciateur. Je doute que Mateo et Riley en soient à ce stade tout comme je doute que la distance ébranle leur lien et leur relation. C’est même pas que j’en doute, je le sais. Ça se sent. Ils sont trop fusionnels pour ça, et d’une manière … différente de ce qui existait entre l’Américain et moi.
Pas envie de rentrer dans les détails, tout ça c’est le passé de toute façon et mon présent se trouve à quelques mètres plus loin sous mes yeux. Comment est-ce que ça va se passer de notre côté ? J’en ai pas la moindre idée. Notre relation est encore jeune même si je ressens que notre lien est déjà assez fort. On verra bien, je crois que c’est inutile de crier avant d’avoir mal de toute façon. On verra tous sur le tas.

« Et puis ça sera l’excuse pour organiser des soirées sur la plage avec les copains pour se revoir. Comme si on voyait pas assez la gueule de chacun ici, va falloir qu’on en rajoute une couche à l’extérieur. »
« J’te verrai jamais assez, tu l’sais bien. Un jour sans toi et je suis déjà en PLS. »

Je lui offre un regard de chien battu avant d’éclater de rire alors qu’il se redresse légèrement.

« Parlant de ça, j’me dis que j’ferai bien une bonne grosse teuf à la maison pour mon anniversaire que j’ai du coup jamais vraiment fêté. 18 ans ça s’arrose il parait alors autant le faire correctement en rattrapant pour tous les autres au passage même si c’est avec 6 mois de retard. »

Ou d'avance sur les 19, question de point de vue.

Pas que je dénigre notre cuite improvisée dans les cuisines après que tu te sois pointé complètement torché dans mon pieu Jackson, c’était franchement une bonne soirée, mais l’idée de fêter ça tous ensemble autour d’un feu de camp sur la plage … ouais, ça me plait bien. Avec 18 shots bien corsés pour n’oublier aucune année … Ils seraient bien du genre à me faire ce type de plan, je les connais. Tout comme je suis du genre à relever le défi, ils me connaissent.

« Je sais pas si je te l’ai dit mais j’crois que je t’ai jamais vu si serein depuis que je te connais. Et ça fait plaisir à voir parce que tout ça, tu le mérites. »

Celle-là, je ne m’y attendais pas. Je ne cherche pas à cacher ma surprise ni même l’émotion que ce qu’il vient de dire provoque chez moi. J’vais pas me mettre à chialer, c’est pas ce que je dis, mais ça touche c’est indéniable. Parce qu’il a raison, en plus de ça.

« C’est presque mignon de te voir cueillir tout ce bonheur comme si tu cueillais des pâquerettes. »
« Je t’ai pas dit ? A force d’avoir des fréquentations douteuses j’me suis mis à l’horticulture moi aussi. »

Il me pousse de l’épaule, on se marre comme les deux grands cons que nous sommes histoire de donner le change mais on sait très bien à quoi s’en tenir tous les deux.

« J’suis content pour toi Captain Ryans. »
« Merci, c’est gentil. »

Je ne compte pas en faire des caisses mais c’est sincère et je sais qu’il le sait.

« J’le suis aussi pour toi Captain Vargas. »

Parce que moi non plus je ne l’ai jamais vu aussi serein depuis qu’on se connait et que ça fait toujours plaisir de voir et savoir les copains heureux. Il a retrouvé ses parents, accepté la mort de sa sœur ou en tout cas c’est en cours et puis la Tornade Ecossaise a débarqué dans son quotidien. Pas étonnant qu’avec tout ça la vie soit moins lourde à porter. Le type que j’ai en face de moi n’est plus celui que j’ai rencontré de manière relativement sournoise il y a de ça presque un an maintenant.

« Allons cueillir des pâquerettes ensemble. »

Une petite touche d’humour, histoire de faire les cons, de donner le change encore une fois, tout en lui claquant gentiment la cuisse au passage.
Le calme revient tranquillement, un nouveau silence s’installe brièvement et c’est lui qui le brise cette fois.

« Ca te stress toi tout ça ? L’idée qu’on se retrouve au quatre coins du globe. »

A mon tour je me redresse, expulse un soupir et laisse mes doigts jouer avec un morceau de jonc séché et tressé que je trimballe dans ma poche parce que je l’y ai oublié. J’observe mes propres gestes, sans relever la tête.

« Un peu, oui. J’peux pas le nier. Je sais qu’il y a aussi des pâquerettes à cueillir en Australie mais … »

Je marque une légère pause puis relève le menton en tournant la tête vers lui.

« T’as raison quand tu dis que j’ai jamais été aussi serein depuis qu’on se connait parce que c’est le cas. J’ai enfin réussi à retrouver un équilibre, j’me suis jamais senti aussi bien dans ma peau en réalité et paradoxalement cet équilibre c’est ici que je l’ai trouvé et construit, avec vous tous. Toi, Caem, Kezabel, Cameron, Ismaelle, etc … Alors oui, ça me fait un peu flipper de devoir … voler de mes propres ailes maintenant. »

Attention, déclaration d’amitié.

« Ouais, c’est la séquence émotion visiblement. Désolé. »

Je souris mais tout ça je le pense, du plus profond de mon cœur. Je ne serai pas celui que je suis sans toutes ces personnes qui m’accompagnent depuis trois ans. Certains ont été simplement de passage mais ils ont tous joué un rôle là-dedans. J’me dis qu’avec certaines personnes ça ne changera rien. J’ai toujours des nouvelles d’Ora de temps en temps après tout mais l’exemple le plus flagrant qui me vient en tête c’est bien évidemment Jillian. Elle a quitté le château il y a un an, je me sens toujours aussi proche d’elle aujourd’hui, peut-être même plus encore, et pourtant on se voit une fois tous les deux ou trois mois.

« Y a aussi Liam, évidemment. C’est juste que … 17h de décalage horaire ça fait beaucoup, ne serait-ce que pour s’appeler ça va être galère. J’aurai quasiment un jour d’avance sur lui avec un décalage un peu foireux. »

En gros, quand il se couchera je me lèverai et inversement donc non c’est pas super pratique. Ton mec vit sa journée pendant que toi tu dors, tu vis la tiennes pendant qu’il est chez Morphée … Et en prime c’est même pas la même journée : On a vu plus ergonomique.

« Mais j’ai pas envie que ça s’arrête, c’est pas juste une p’tite aventure comme ça histoire de fêter la fin de l’année alors on s’arrangera. On se débrouillera. La Magie rend ça déjà moins compliqué alors y a pas de raison. On arrivera à trouver notre rythme. »

Et puis si c’est pas le cas alors c’est comme ça. J’ai pas envie d’en arriver là évidemment, et je ferai tout pour que ça fonctionne, je crois que lui aussi, mais parfois on ne peut pas vraiment lutter contre le sens du courant. C’est simplement la vie. On est ensemble depuis quelques semaines – officiellement. Officieusement ça fait un peu plus longtemps que ça mais ça reste peu de temps – alors je crois que cette séparation physique sera une sorte de test. Un jour après l’autre.
Quand je dis on je parle de Liam et moi bien sûr mais pas seulement. Je parle aussi de lui et Riley, c’est ce que transmet le sourire que je lui adresse même si je pense que de son côté il ne doute pas une seconde. Ça fait quelques mois qu’ils sont ensemble ces deux-là mais j’ai l’impression que ça a toujours été le cas, que ça fait des années. Quand on les voit ensemble c’est tellement évident … C’est certainement pas un océan qui changera quoi que ce soit.

Et puisque les vannes sont ouvertes … Désolé mon pote … Tu vas encore en faire les frais mais maintenant que la boite de Pandore n’a plus de couvercle …

« J’appréhende aussi un peu la cohabitation avec mon frangin, je m’en rends compte maintenant qu’on y est presque. Sans parler du fait que ça sera la première fois que je vis vraiment dans cette maison, sur le long terme, depuis que les parents ne sont plus là. »

Et la pointe au cœur que je ressens en cet instant n’est pas feinte, elle me prend même un peu par surprise. Kezabel et Caem vont retrouver leur père respectifs, William va retrouver ses parents tout comme Leah, Mateo, Riley et d’autres encore. Un instant j’ai une pensée pour Caitlyn qui est dans la même situation parentale que moi. Je n’envie pas ceux qui vont retrouver leurs parents, je suis simplement content pour eux et si bien sûr une part de moi aimerait être à leur place je n’en fais pas une affaire d’état ou un caprice d’orphelin. Orphelin oui mais pas seul pour autant. La première personne qui me vient en tête étant notre Grand-Mère, évidemment. La famille est grande et je crois que si j'appelle à l'aide certains viendront, rien que parce qu'on partage le même sang mais ...

« J’ai l’impression que je vais réellement me prendre leur absence en pleine gueule cette fois. »

Dans des petits gestes du quotidien, des responsabilités à prendre, un soutien qui n’est plus là ou simplement une présence rassurante. On va devoir gérer ça tous les deux Derek et moi alors que jusqu’ici on n’avait pas vraiment à le faire ou sporadiquement, un peu à l'arrache l'espace de quelques semaines. Après l’accident on a vécu chez nos Grand-Parents, puis chez Amelya et Travis en Angleterre, ensuite Poudlard … Ces trois dernières années j’ai pas vécu plus de deux ou trois semaines d’affilées dans cette maison et si on cumule je pense qu’on arrive péniblement à deux ou trois mois au total alors jusqu’ici j’avais pas à me soucier de tout ça. Cette fois y aura personne, on va devoir s’occuper de nous-même comme des grands. Et puis sans parler de l’aspect purement … domestique … Ça m’arrive encore régulièrement de ressentir le besoin d’aller me blottir dans les bras de ma mère quand j’ai passé une mauvaise journée … Ou simplement parce que j’en ai envie, sans raison particulière. Ça et certaines discussions que j’aurai aimé avoir avec mon père, quelques vagues à prendre ensemble aussi. Faire son deuil c’est une chose, ça n’efface pas le manque pour autant même si on le gère différemment et qu’on accepte.

A croire que Lune a réellement un sixième sens puisqu’elle débarque à ce moment-là de nulle part, se frotte contre mes jambes et saute sur mon ventre où elle se pose en ronronnant, sa tête tournée vers moi et ses pattes avant sur mon torse. Je la regarde, souris presque tendrement et commence à la caresser et lui grattouiller la tête, le menton, derrière les oreilles, faisant augmenter les décibels de ses ronrons. C’est parti pour la ronron thérapie.

« Te fous pas de ma gueule mais j’ai un peu l’angoisse d’être livré à moi-même. J’me sentirai presque comme un p’tit oiseau qui va tomber de son nid, pas trop certain d’être prêt finalement même si dans le fond il n’attend que ça. »

Prendre son envol, une bonne fois pour toute. Quitter cet endroit rempli de trop de souvenirs même si beaucoup sont bons. Avancer, construire. C’est pas comme si je reculai devant les obstacles de toute façon mais ça n’empêche pas d’appréhender. Après tout, j’suis encore qu’un gosse non ? Un gosse qui va devoir laver ses caleçons, faire les courses, se faire à manger et payer les factures ! Tout ça sans sauter à la gueule de son grand frère pour cause d’incompatibilité d’humeur éventuelle … Et réciproquement d’ailleurs. Derek a déjà pris ses marques et moi je vais débarquer comme une fleur dans son espace vital … Clairement, y aura des étincelles.

Bref, il est temps de grandir visiblement. Soit, grandissons alors.
Mais pas trop quand même.

« Promets-moi que si je commence à devenir la parfaite ménagère de moins de 50 ans t’interviendra. »

Cette fois c’est un rire plein d’autodérision que je laisse échapper, comme un énième réflexe d’autoprotection pour « dédramatiser » un peu la situation et donner le change. J’suis un bonhomme, ce genre de trucs ne m’atteint pas wesh ! Si, bien sûr que si, et malgré ce réflexe j’assume parfaitement mes émotions. De toute façon c’est comme pour tout le reste, ça fait déjà énormément de bien d’avoir laissé sortir tout ça même si c’est arrivé un peu sans prévenir.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Ven 1 Sep 2017 - 10:19

La discussion tourne autant autour de sujets sérieux que plus légers, se perdant sous les rayons du soleil mais surtout sous l’allégresse de la fin de nos examens où nous nous sentons enfin plus libres, plus apaisés. Pas que ce genre de truc me stress ou m’angoisse mais l’idée d’en être enfin débarrassé. Et comme pour fêter ça, je tire une nouvelle latte sur mon joint, certainement la dernière d’ailleurs puisque j’en arrive à la fin. La question qui franchit mes lèvres, je la pose calmement, tranquillement, ressentant moi-même parfois l’ombre d’un dérangement à l’idée de me dire que bientôt nous allons vivre au moins deux mois séparés de tous. L’idée est hyper étrange quand j’y pense. Quand tu es habitué à côtoyer toutes ces personnes tous les jours, y a de grandes chances d’être complètement déboussolés les premiers jours.

- Un peu, oui. J’peux pas le nier. Je sais qu’il y a aussi des pâquerettes à cueillir en Australie mais …
- En plus d’avoir à échapper à votre faune complètement flippante.

J’esquisse un sourire. Faut voir les bestioles qu’ils se coltinent là-bas putain.

-  T’as raison quand tu dis que j’ai jamais été aussi serein depuis qu’on se connait parce que c’est le cas. J’ai enfin réussi à retrouver un équilibre, j’me suis jamais senti aussi bien dans ma peau en réalité et paradoxalement cet équilibre c’est ici que je l’ai trouvé et construit, avec vous tous. Toi, Caem, Kezabel, Cameron, Ismaelle, etc … Alors oui, ça me fait un peu flipper de devoir … voler de mes propres ailes maintenant. Ouais, c’est la séquence émotion visiblement. Désolé.

Ricanement de ma part suivit d’un sourire, touché par ce qu’il me dit. Tout ça est bien évidemment réciproque puisque je suis moi-même bien différent de ce que j’étais en arrivant ici en début d’année scolaire. Finalement, lui et moi nous nous ressemblons sur certains points. Si j’ai pu moi-même retrouvé un équilibre c’est parce que mon entourage c’est peu à peu constitué de personnes comme lui, comme Riley ou comme Maxime. En seule réponse, je pose une main sur son épaule que j’étreint brièvement, pour manifester que je comprends parfaitement ce qu’il me dit là.

- Y a aussi Liam, évidemment. C’est juste que … 17h de décalage horaire ça fait beaucoup, ne serait-ce que pour s’appeler ça va être galère. J’aurai quasiment un jour d’avance sur lui avec un décalage un peu foireux. Mais j’ai pas envie que ça s’arrête, c’est pas juste une p’tite aventure comme ça histoire de fêter la fin de l’année alors on s’arrangera. On se débrouillera. La Magie rend ça déjà moins compliqué alors y a pas de raison. On arrivera à trouver notre rythme.
- T’en fais pas pour ça. Et puis vous pouvez transplaner comme bon vous semble, même si c’est simplement pour vous voir quelques heures. Je marque une pause, me laissant de nouveau aller sur le canapé. Mais j’comprends. Le début va être perturbant pour lui aussi j’pense.

Même si cette grosse tête n’est pas du genre à le montrer, j’imagine sans peine que ça va le faire chier au fond. Mais fourbe et malin comme il est, il trouvera certainement une solution pour pallier à ça.
Quand à moi… Mon regard glisse vers Riley qui s’est posée avec William pour discuter visiblement. Faut dire que le Texas et Glasgow, c’est pas tellement la porte à côté. Mais ici aussi on trouvera une solution, quitte à grimper de nouveau à sa fenêtre en toute discrétion et à l’improviste quand je n’aurai plus envie d’être patient…

-  J’appréhende aussi un peu la cohabitation avec mon frangin, je m’en rends compte maintenant qu’on y est presque. Sans parler du fait que ça sera la première fois que je vis vraiment dans cette maison, sur le long terme, depuis que les parents ne sont plus là. J’ai l’impression que je vais réellement me prendre leur absence en pleine gueule cette fois.

Je l’écoute sans broncher, sans l’interrompre, l’observant de là où je me tiens et devinant à sa simple posture le poids de son inquiétude. J’aimerai pouvoir lui dire que je comprends mais ça n’est pas tout à fait le cas. Camélia est morte et j’en ai atrocement souffert, ça n’est plus un secret, encore aujourd’hui son absence me pèse même si je réussis enfin à composer ma vie avec ce vide qui, parfois, me semble insupportable… Mais j’ai encore la chance d’avois mes deux parents présents, prêt à débarquer n’importe où au moindre signe de détresse de ma part. Je n’ose pas imaginer ce que j’éprouverais à l’idée de me dire que je ne les retrouverais pas en rentrant chez moi.
Je me redresse cette fois, m’asseyant à sa hauteur après avoir glissé le reste du joint dans mon cendrier de poche. J’ai de la peine pour lui. C’est pas de la pitié, pas mon genre mais vraiment une peine sincère. Nous ne pouvons pas retourner en arrière, ce qui est fait, est fait mais l’un n’empêche pas l’autre. Et alors que Lune vient à lui pour réclamer caresses et amours, je passe mon bras autour des épaules d’Enzo pour une brève étreinte encourageante, presque fraternel.

- Te fous pas de ma gueule mais j’ai un peu l’angoisse d’être livré à moi-même. J’me sentirai presque comme un p’tit oiseau qui va tomber de son nid, pas trop certain d’être prêt finalement même si dans le fond il n’attend que ça.
- Y a pas de raison que j’me foute de ta gueule pour ça. C’est tout ce qu’il y a de plus normal.

Qui ne se sentirais pas flippé, sérieusement ? Déjà que j’le suis moi-même parfois en m’demandant ce que je vais foutre de ma vie … Ca va être plus ou moins tout nouveau pour lui, d’après ce que je comprends, il va devoir composer un nouveau quotidien et même si sa grand-mère et son frère seront présents ça ne change rien au fait que ça peut paraitre tout aussi angoissant.

- Promets-moi que si je commence à devenir la parfaite ménagère de moins de 50 ans t’interviendra.

Mon rire fait écho au sien alors que je ressers mon bras autour de ses épaules.

- Tu serais tellement à croquer avec ton petit tablier de cuisine et ton petit tricot devant la cheminée pour les soirs de pluie… Moi j’dis que ça vaut au moins un calendrier pour les autres ménagères de ta région.

Je le charrie, le fais chier, mon rire retrouvant le sien de nouveau. Le pire étant que ce petit con serait presque capable de relever ce défi… Peut-être même que j’devrais lui lancer un cap ou pas cap de faire un truc de ce genre pour en faire cadeau à Will, pour Noël ou même son anniversaire. Juste pour déconner. Un peu comme les bouquins de « Martine ».
« Enzo fait des brioches », « Enzo va à la plage », « Enzo fait du tricot »… et je vous laisse devinez ce qui lui servira d’aiguille.

Je finis par lâcher ses épaules pour que ma main vienne s’échouer sur l’une d’entre elle, reprenant cette fois un peu plus mon sérieux.

- Si jamais à un moment tu sens que ça devient trop compliqué à supporter là-bas, hésite pas à me prévenir. Je t’accueillerais avec grand plaisir sur mes terres du Texas pour jouer aux cow-boys et au rodéo.

Je lui lâche ça avec une pointe d’humour mais il sait que je suis sérieux, sincère. Mes parents seront ravis de voir un autre de mes potes débarqués – ne serait-ce que pour constater que leur fils à bel et bien retrouvé un équilibre social… - et je sais aussi qu’Enzo pourrait peut-être y trouver… un certain réconfort. Enfin, ça n’est qu’une supposition.

- Des jours risquent d’être plus difficiles que d’autres, on peut rarement s’adapter à ce genre de choses facilement et d’un claquement de doigts… Donc si j’peux t’aider d’une quelconque manière à rendre ça plus supportable, appel moi. Ok ?

Inutile de chercher à savoir si j’suis sincère ou non. Je n’suis pas le genre de gars à mentir et à tourner autour du pot donc Enzo sait parfaitement que ma proposition est aussi solide que l’amitié qui nous lie.
Putain que c’est beau, je suis un poète refoulé.

- Mais en attendant, on a plein de trucs à organiser comme une putain de fête de fin d’année sur la plage avec un feu, de la bouffe et de la bière, sans compter tous les copains.

Et ça, ça fait plaisir. Ca donne le sourire et ça donnerait envie de prendre la valise et de se tirer sur le champ. J’sais pas pourquoi mais l’attente va être insupportable. Une intuition, comme ça.

- Tu vas t’en sortir comme un chef, laisse-toi juste du temps. Fais pas la même connerie que moi.
Ma main glisse dans sa superbe chevelure priceless, l’ébouriffe avant de la retirer et de reprendre. Et j’sais pas toi mais moi j’ai bien envie de faire gueuler Derek en laissant trainer des choses douteuses dans sa piaule…

Et mon sourire s’élargit … Est-ce que cette blague aurait un goût de vengeance ?
Si peu.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Ven 8 Sep 2017 - 22:11

« Tu serais tellement à croquer avec ton petit tablier de cuisine et ton petit tricot devant la cheminée pour les soirs de pluie… Moi j’dis que ça vaut au moins un calendrier pour les autres ménagères de ta région. »
« T'es con. »

Ça fait du bien de rire, vraiment, tout comme ça fait du bien de sentir son bras autour de mes épaules. Et oui, on joue les gros durs, les abrutis testostéronés et intouchables, mais on est comme tout le monde. Y a rien de plus efficace qu'une marque d'affection quand ça va pas et même si je ne suis pas au bord du gouffre, ce geste participe l'apaisement de mes angoisses.

« Ceci dit tout le monde rêve d'avoir une photo de moi dans son salon, une différente à chaque mois c'est carrément le must. »

Mes chevilles ? Toujours en pleine forme, merci.

« Je devrai faire un calendrier pour William tiens, histoire de lui rappeler régulièrement qu'il ne trouvera pas mieux sur les plages Californiennes. »

Je suis ta touche d'exotisme bébé, n'oublie pas ça. D'ailleurs t'es la mienne aussi. Ça claque d'avoir un mec Californien, non ? Si.

Je fais le malin mais dans le fond, je ne peux pas le nier, ça aussi ça me fait « flipper » quand bien même j'ai une totale confiance en lui. C'est pas lui qui me fait peur, c'est la vie, et j'ai beau ne plus être aussi possessif qu'avant ou en tout cas mieux le gérer, la simple idée qu'un autre que moi laisse glisser ses mains sur lui, ou le regarde avec un peu trop d'intérêt, de convoitise, ça fait accélérer mon rythme cardiaque. Méfiez vous les Californiens, loucher sur mon mec c'est comme m'empêcher de manger tranquillement mes céréales le matin : Un moyen très efficace pour me foutre de mauvais poil.

Enfin, encore une fois, on ne va pas pleurer avant d'avoir mal. Hum ? Un jour après l'autre, pour l'instant il est là, sous mes yeux, bientôt sous mes lèvres et sous mes doigts, sa peau contre la mienne, ses battements de cœur dans mes veines. Mes yeux n'ont pas envie de le quitter, la main de Mateo qui se pose sur mon épaule me ramène sur terre, là, avec lui, sur ce canapé.

« Si jamais à un moment tu sens que ça devient trop compliqué à supporter là-bas, hésite pas à me prévenir. Je t’accueillerais avec grand plaisir sur mes terres du Texas pour jouer aux cow-boys et au rodéo. »

Ça me fait un truc en plein myocarde, je me contente de sourire et baisser les yeux l'espace d'une seconde pour reprendre consistance parce qu'on est comme ça, trop fier pour exposer nos faiblesses. Ça n'a rien d'une faiblesse mais que voulez-vous, c'est un réflexe, presque de l'auto-protection. A l'intérieur je suis ému, touché, de la manière la plus sincère qui soit, rassuré aussi. A l'extérieur, j'ai juste un fin sourire sur le bord des lèvres et sans doute le regard un peu brillant. Parce qu'elles sont bien là les émotions, on en a conscience tous les deux je pense.

« Des jours risquent d’être plus difficiles que d’autres, on peut rarement s’adapter à ce genre de choses facilement et d’un claquement de doigts… Donc si j’peux t’aider d’une quelconque manière à rendre ça plus supportable, appel moi. Ok ? »
« J'le ferai. »

J'hésiterai peut-être un peu, par peur de déranger, mais je finirai par le faire. Et c'est con mais la simple idée de débarquer là-bas me projète des images dans la tête, des trucs qui me donnent envie de sourire. J'ai peut-être plus de parents mais j'ai une famille, Mateo en fait partie et même si je ne le formule pas tout de suite, lui aussi peut compter sur moi. Pour n'importe quoi.

« Ne serait-ce que pour jouer au cowboy. »

Si je suis sérieux ? Allez savoir ... Toi et moi isolés dans les montagnes, réfugiés sous une tente, déguisés en cowboy ... Hum ... Lili, tu sors ou j'te sors. Le remake de Brokeback Mountain c'est prévu mais sans les déguisements et surtout, avec Jackson.

Bon on peut revenir sur le sujet là ?!

« Merci. »

Du fond du cœur mais ça j'ai pas besoin de le dire.

« Mais en attendant, on a plein de trucs à organiser comme une putain de fête de fin d’année sur la plage avec un feu, de la bouffe et de la bière, sans compter tous les copains. »
« Putain oui. Démarrage des hostilités demain soir, sans la plage mais on va dire que c'est un entraînement. »
« Tu vas t’en sortir comme un chef, laisse-toi juste du temps. Fais pas la même connerie que moi. »

Il glisse sa main dans mes cheveux, c'est con mais ce geste a quelque chose de réellement fraternel, presque paternel en réalité. Et ça me fait sourire. La même connerie que lui ? Je sais de quoi il parle, pas besoin d'épiloguer, alors je prends ce conseil comme il se doit, avec sérieux, et surtout l'intention de le mettre en pratique. Je ne suis plus le gosse paumé que j'ai été par le passé, je n'emprunterai pas le même chemin, celui sur lequel j'ai pu marcher parfois. J'ai changé, appris, exactement comme Mateo à sa manière, selon ce qu'il a vécu, selon l'évolution de son existence. On a encaissé et on a décidé d'avancer.

« Et j’sais pas toi mais moi j’ai bien envie de faire gueuler Derek en laissant trainer des choses douteuses dans sa piaule… »
« Ah ouais ? Du genre un poster de toi grandeur nature avec écrit en gros : Elle est à moi. Hum ? »

Attaque personnelle, le sourire en coin du petit branleur qui n'y touche pas refait surface. J'ai pas tous les tenants et aboutissants de cette affaire, celle qui implique Derek, Mateo et Riley, mais je les connais tous les trois. Une fille, deux mecs, trois possibilités … Y en a une qu'on peut rayer immédiatement mais les deux autres, c'est là que ça coince. Je le taquine, je sais qu'il en ferait autant.

« Je commencerai déjà par oublier d'insonoriser la mienne, de piaule, quand Will viendra me raconter des histoires avant de dormir. »

Je ne le ferai pas, je le sais, sauf si dans l'urgence effectivement ça se produit parce que parfois on ne pense pas vraiment à ce genre de détails. Cette maison est autant la sienne que la mienne, l'idée c'est qu'on y vive en bonne intelligence sinon ça ne le fera pas mais pour ça, on va devoir faire attention tous les deux. Il a déjà ses marques, je vais devoir trouver les miennes et lui va devoir accepter ma présence comme je vais devoir composer avec la sienne. Là encore, on verra sur le tas … et si ça ne fonctionne pas alors on avisera.

« D'ailleurs j'ai sournoisement un peu hâte de voir sa gueule quand je lui apprendrai que je me suis recasé avec un mec. »

Il va être tellement heureux pour moi ! Fait étrange ou non, il n'y a pas la moindre trace d'amertume dans ma voix ni mes ressentis. Je suis passé au dessus de ça, je n'attends plus rien de lui. Je me contente de prendre mon frère comme il est, sans essayer de le changer, sans espérer qu'il m'accepte réellement comme je suis. Il fait avec, point barre. Je ne changerai rien à ma façon d'être mais profiterais des bons moments qu'on passera ensemble.

« Et j'ai un peu hâte aussi qu'il rencontre le mec en question … Je sens que ça va être drôle. »

On est aux antipodes là et je connais le Californien, je sais qu'il prend son pied à appuyer là où ça fait mal – façon de parler. Il surfe avec la limite, c'est un putain de malin, je sais que ça rendra Derek fou tout comme je sais qu'il fera tout son possible pour garder la face. Je crois que je vais me faire un stock de pop corn pour me poser dans un coin et observer ça. Je sais, c'est mal.

« Hey mais attends ! Non, mieux que ça ! »

Sans offense pour l’Écossaise et l'Américain.

« ... J'te rappelle qu'il s'est foutu plus ou moins tout seul dans le crane que toi et moi on s'envoie en l'air. »

Comment j'ai pu oublier ça ?! Je revois encore sa tête quand cette idée lui ai monté à l'esprit, comment est-ce qu'il a pu en arriver là, sincèrement ? Pas une seconde il ne s'est dit que si effectivement je m'étais envoyé en l'air c'était avec William alors qu'il sait qu'il est venu la dernière fois. Et pourtant … s'il savait … je crois qu'il ne mettrait plus un pied dans la cuisine, éviterait le canapé et ne prendrait plus jamais de douche dans la salle de bain du haut.

Et je revois sans aucun mal la face de Mateo quand je lui ai raconté ça ... Caem et moi on était mort de rire, je suis presque certain que notre Hidalgo préféré, lui, a failli vomir. Qu'est ce qu'il y a ? J'te plais pas c'est ça ?! Mon cœur est brisé.

« Oh aller ! Une belle photo de nous deux, ça lui ferait tellement plaisir ! Un truc bien dégoulinant de paillettes et d'arc en ciel. »

Ça t'irait tellement bien.
On serait tellement beaux.

« Bisou ? »

Regard humide, je bats des cils … puis me ravise – j'ai jamais été sérieux, je tiens à le souligner, et je sais qu'il n'aurait jamais fait ça de toute façon – retombe dans le fond du canapé et mes yeux se posent de nouveau instinctivement sur Riley et Will. Lune râle un peu, m'enfonce ses griffes dans la peau pour me faire comprendre que je bouge trop mais sans jamais arrêter de ronronner.

« Nan t'as raison, elle va me tuer. Lui aussi d'ailleurs, ça devient un peu trop une sale habitude. »

Elle ? Riley. Ça m'amuse, je l'agace régulièrement, la provoque en faisant de fausses avances à Mateo. Elle a beau savoir que c'est du flan, son caractère de feu se réveille automatiquement et telle un fauve elle sort les griffes. Quant à Liam, je vais peut-être éviter de rajouter une autre bouche au tableau des contacts récent de la mienne. Même si c'est un pote, même si c'est pour rire. Et même si je suis bien là, avec mon pote, mon chat, et le confort de ce canapé bien moelleux, j'ai très envie de retrouver le contact de la sienne, de bouche. Rien que le regarder ça me fait du bien, ça me rend heureux, ça me fait partir dans mes pensées et oublier tout ce qui se passe autour sans me poser la moindre question.

Sans transition, ou presque, bonsoir.

« Je sais que c'est loin d'être le grand amour entre Derek et toi, je resterai toujours en dehors de ça parce que … c'est mon frère, malgré tout, et que toi t'es … tu sais, Capitaine, Hermano ... »

Je tourne la tête vers lui, reprenant le fil de mes paroles et d'autres pensées sans prévenir mais sans violence, avec un sourire simple mais sincère sur le visage.

« Et puis ça ne me regarde pas, de toute façon, mais sa maison est aussi ma maison et tu peux y débarquer quand tu veux si t'as besoin. »

Je remplirai le bac à légumes de bières rien que pour toi Maracas.

J'ai dit plus ou moins la même chose à Caem, je le dirai à Kezabel, peut-être à quelques autres, si ça vient dans la conversation parce qu'ils sont parmi les personnes les plus proches qu'il m'ait été donné d'avoir dans ma vie. Tout ça, ça fonctionne dans les deux sens, ça me tient à cœur de le lui dire. Ça n'est pas parce que certaines choses paraissent évidentes que ça ne vaut pas la peine de les formuler. Il a peut-être toujours ses parents mais à lui aussi il lui manque un être essentiel, alors s'il a besoin de s'échapper un peu du manque et de l'absence, s'il a juste envie d'oublier, d'en parler, peu importe, et que c'est l'endroit où il a envie d'atterrir la porte sera toujours ouverte. S'il a juste envie de s'amuser ou ne rien faire, boire des coups, refaire le monde, prendre des vagues, ça fonctionne aussi.

« De toute façon t'en fais pas, ça sera toi le père des enfants de Riley. Derek et son tempérament d'ours des cavernes n'ont aucune chance, elle aime trop le feu de l'Argentine et dans les deux cas, je serai quand même Tonton Enzo alors ça me va. »

Dit-il avec un air de pas y toucher, toujours le même, sans le regarder, en continuant de caresser son chat mais sans réellement chercher à retenir le sourire qui se pointe sur le coin de ses lèvres.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Dim 24 Sep 2017 - 15:25

- Ah ouais ? Du genre un poster de toi grandeur nature avec écrit en gros : Elle est à moi. Hum ?
- Haha. Attend j’reviens, je vais mourir de rire. Petit con.

Quel branleur, putain.
J’ai pas forcément envie de me rappeler que ma nana s’est tapé Derek, plusieurs fois. Ni me rappeler l’une des plus grosses disputes que nous ayons eu à ce sujet, lorsque je l’ai vu l’accueillir à bras ouverts, me sentant d’un coup misérable à côté de cet aura qui prenait bien trop de place dans ce château, à vous en étouffer.
Les choses ont changées depuis et même si le sujet me fait toujours grimacer, disons que j’ai moins peur pour « ma place » que je n’aurai pu, il y a quelques mois.
Enfin, j’dis ça… attendons de voir quand j’aurai en face cette tête de con.
DESOLE. On n’s’entend pas, ça n’passe pas. J’crois que nous sommes trop grande gueule aux égos bien trop énorme pour pouvoir se supporter dans la même pièce. Pourtant, j’me dis que dans un autre monde, à une autre période, nous aurions pu être bon pote.

- Je commencerai déjà par oublier d'insonoriser la mienne, de piaule, quand Will viendra me raconter des histoires avant de dormir.
- Pfff… Allez, t’es même pas cap !

Je le charrie, sachant qu’il ne le fera pas au risque de se retrouver avec son frangin sur le dos même si, en soit, Enzo fait bien ce qu’il veut. Mais j’peux comprendre qu’il ne veuille pas commencer les hostilités alors qu’ils vivent tous les deux dans la même barraque.

- D'ailleurs j'ai sournoisement un peu hâte de voir sa gueule quand je lui apprendrai que je me suis recasé avec un mec. Et j'ai un peu hâte aussi qu'il rencontre le mec en question … Je sens que ça va être drôle.
- Merde, tu n’lui as pas dit ?

J’éclate de rire, rien qu’à imaginer la gueule de Derek qui s’attend peut-être que son petit frère ne se décide enfin à retourner mettre la tête entre deux boobs. Mais non, surprise ! Ce que j’aimerai être une petite souris ce jour là… C’est mesquin, mais j’assume. Et on ne va pas se mentir, Enzo semble prendre autant plaisir que moi – si ça n’est plus – d’arriver à ce jour là. Et avec un type comme William, Derek n’est clairement pas sortie de l’auberge. Sournois et vicieux comme il est, je ne doute pas une seule seconde que ce petit con va s’amuser de cette situation en subtilité, comme il sait si bien le faire.

- Hey mais attends ! Non, mieux que ça ! ... J'te rappelle qu'il s'est foutu plus ou moins tout seul dans le crane que toi et moi on s'envoie en l'air.
- Ouais alors pas obligé de me le rappeler. Je ricane, balayant d’un geste de la main ses mots. Putain mais où est-ce qu’il a été cherché ça, sérieux ! J’suis sûr que c’est toi avec tes conneries là !

Je le bouscule légèrement, toujours le rire aux lèvres, parce que je sais que ce branleur est du genre à faire croire n’importe quoi à son frère. Et qu’en plus de ça, ça lui ferait tellement plaisir d’injecter des images atroces dans le crâne de Derek, juste pour déconner.
Ces enfoirés de copains se sont bien foutus de ma gueule le jour où Enzo m’a annoncé ça. Ca s’paiera les mecs, vous allez voir !

- Oh aller ! Une belle photo de nous deux, ça lui ferait tellement plaisir ! Un truc bien dégoulinant de paillettes et d'arc en ciel. Bisou ?
- Dans tes rêves ouais ! Non ! Même pas dans tes rêves, surtout pas dans les tiens espèce de pervers !

Depuis combien de temps on n’avait pas ris comme ça ? Même si le joint aide à me détendre encore plus que je ne le suis d’habitude – j’ai l’impression d’être enveloppé dans du coton… - je sais que la présence d’Enzo y est pour beaucoup. J’aime passer du temps avec lui, de parler de tout et de rien, comme nous sommes entrain de le faire. Ca fait du bien de le retrouver un peu, seul à seul, entre potes. Avec les examens terminés, l’approche des vacances, tout est fait pour nous sentir bien, apaisés.

- Nan t'as raison, elle va me tuer. Lui aussi d'ailleurs, ça devient un peu trop une sale habitude.

Je glisse mon regard vers Riley, un sourire aux lèvres qui en dit long.

- Oh… tu peux continuer. Elle aime bien réaffirmer son territoire après ça en général.

Inutile de dire que j’apprécie tout particulièrement ces moments où elle me coince dans une salle, contre un mur ou dans une piaule pour me faire comprendre que je suis à elle et qu’elle compte bien me montrer tout ce qu’elle me provoque en quelques baisers et quelques gestes.
En parlant de ça, je n’irai pas contre la titiller un peu tout à l’heure …

- Je sais que c'est loin d'être le grand amour entre Derek et toi, je resterai toujours en dehors de ça parce que … c'est mon frère, malgré tout, et que toi t'es … tu sais, Capitaine, Hermano ... Et puis ça ne me regarde pas, de toute façon, mais sa maison est aussi ma maison et tu peux y débarquer quand tu veux si t'as besoin.

Je me tourne vers Enzo, quelques secondes songeur. J’me doute que ça ne doit pas être simple ni agréable de se retrouver le cul entre deux chaises quand l’un de tes meilleurs potes et ton propre frère ne s’entendent absolument pas mais je sais aussi que jamais je n’irai provoquer la merde si lui-même ne se prête pas à ce jeu et ne me cherche pas. J’pense pouvoir faire un effort, au moins pour Enzo. J’suis quelqu’un de civiliser, quand même.
Mais surtout, je prends note de ce qu’il me sous-entend et j’apprécie, plus que je ne saurais l’exprimer.

- Merci. Je tâcherais de ne pas l’oublier.

Une autre main sur son épaule pour appuyer mes mots, je sais que je pourrais toujours faire appel à lui, quoi qu’il arrive, à n’importe quel moment. C’est agréable, presque rassurant de ce dire qu’en cas de coup dur, il y aura toujours quelqu’un pour vous soutenir, sans trop poser de question.
Car si lui redoute son retour dans la maison qui l’a vu grandir alors que ses parents ne sont plus, je redoute de mon côté l’absence de Camélia. Je n’ai encore jusqu’ici, pas passé d’été chez mes parents, plus depuis qu’elle est morte. Et même si les dernières vacances m’ont permises d’avoir un aperçu, je ne peux pas nier que je suis nerveux de faire face à deux mois entiers.
Deux mois à me rappeler jours après jours qu’elle ne franchira pas la porte de ma chambre pour venir discuter avec moi, me demander d’aller faire un tour ou … Bref. Je verrais sur le tas. Je suis moins à plaindre qu’Enzo clairement.

- De toute façon t'en fais pas, ça sera toi le père des enfants de Riley. Derek et son tempérament d'ours des cavernes n'ont aucune chance, elle aime trop le feu de l'Argentine et dans les deux cas, je serai quand même Tonton Enzo alors ça me va.

HAHAHA.
Fou comme cette petite boutade peut vous glacer le sang et vous ramener à des souvenirs hypers désagréables. Si j’avais une bière en main, je l’aurais dégommé en trois gorgées, histoire de pas me laisser submerger par un malaise que je préfèrerais oublier.

- T’emballes pas trop parce que t’as failli l’être plus tôt que prévu.

Fallait que ça sorte je crois et c’est chose faite, sans prévenir, me surprenant moi-même.
J’suis pas le genre à parler de ma vie privée et ce qui nous est arrivé à Riley et moi, j’en ai parlé à personne mise à part Maxime qui m’en a collé une en pleine gueule, histoire que ça me marque pour de bon et que je ne refasse pas la même connerie.
J’crois que j’ai besoin de partager ça avec quelqu’un d’autre, en l’occurrence Enzo. J’lui fais confiance et même si je n’suis pas du genre à m’étaler… Ca fait quelques temps que l’angoisse est passé et même si Riley et moi sommes clairement passés à autre chose, ça ne change rien au fait que parfois j’y pense, que je me dis que tout ça s’est joué à presque rien.

- Il y a quelques semaines, Riley pensait être enceinte.

Je me passe une main nerveuse dans les cheveux avant de me réinstaller correctement, coudes sur les genoux. Je revois sans la scène dans ces moindres détails. Sa détresse, ma colère survenue de nulle part, presque dirigée contre elle alors qu’elle n’y était pour rien ou, au contraire, tout aussi fautive que moi.

- J’ai tellement réagis comme un connard que j’me demande encore aujourd’hui pourquoi elle ne m’en a pas collé une dans la gueule parce que ça aurait été clairement mérité.

Deux fois même.

- J’ai flippé, j’me voyais déjà responsable d’un gamin alors que j’savais même pas si c’était sûr ou non et on sait tous ici que j’suis pas le genre de mec qui réagit bien aux coups de stress et coups de pression. Ca n’excuse rien, ceci dit.

J’assume complètement le fait d’avoir merdé, comme le fait d’avoir mal réagit. J’me suis excusé mais je sais aussi que Riley a eu du mal à digérer le regard que j’lui ai lancé tout comme ma réaction en elle-même. Ce qui est compréhensible. J’m’en suis voulu, j’veux pas qu’elle croit que je l’ai détesté même si tout dans mon comportement tendait à prouver le contraire. J’ai juste flippé, mal réagit et me suis braqué comme un con.

- Bref, c’était une fausse alerte. Mais je sais pas ce que j’aurai fait si ça n’avait pas été le cas… Une main sur mon visage. Ca m’angoisse rien que d’en reparler. Et le pire… c’est que ça ne nous a même pas refroidi.

Pire, ça nous a échauffer. Clairement. C’est à rien y comprendre. En temps normal, ça aurait pu jeter un froid sur le désir sexuel, nous calmer pour quelques jours, voire quelques semaines, comme une sorte de traumatisme… au lieu de ça, on s’est barricadé dans une salle pour se dévorer l’un l’autre.

- Ouais je sais que t’es content de savoir ce genre de détail.

Cette fois j’arbore un sourire taquin, pour le faire chier et j’prends surtout conscience que ça m’fait du bien d’en avoir parlé. Même si je ne me suis pas penché plus que ça sur le sujet, le fait d’avoir tout simplement partagé mes angoisses et la situation semble me lester d’un poids.
Je me laisse tomber au fond du canapé, offrant de nouveau mon visage à la chaleur du soleil.
Vivement que l’on se casse d’ici.

- J’suis tellement pas près de dire adieu à mon rythme de vie. J’dis pas que j’aurai jamais de gamins hein mais… Trop de choses à faire, à voir. Et j’ai encore envie de profiter de ma vie tout court et aussi de celle avec Riley.

Je n’sais pas si ça durera sur les années parce que je n’aime pas prévoir un avenir qui a toujours été incertain et qui peut se retourner en un claquement de doigts contre vous mais je suis certain d’une chose : C’est que je veux que tout cela dure avec elle. Que l’on vive encore d’autres jours, semaines et mois, à profiter, s’aimer, tout simplement comme on le fait déjà. Elle me rend la vie simple, agréable. Elle me rend meilleur.

Je jette un œil en biais à Enzo, sourire aux lèvres.

- Je crois que ça m’a tellement foutu une claque dans la gueule que ça m’a donné envie d’en profiter encore plus que je ne le fais déjà. De vivre ce que l’on à vivre sans trop réfléchir.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Lun 25 Sep 2017 - 22:44

« T’emballes pas trop parce que t’as failli l’être plus tôt que prévu. »

Ou comment mettre les pieds dans le plat sans le savoir. Son visage se crispe, l'ironie se peint sur tout son langage corporel. Je l'admets, je me sens un peu con, pas encore trop certain de comprendre même si l'évidence est assez flagrante.

« Il y a quelques semaines, Riley pensait être enceinte. »
« Oh. »

Je ne vais pas dire que je me prends une claque mais très clairement je ne m'attendais pas à entendre ça sortir de sa bouche. C'est pas le genre de trucs auxquels on pense perché là-haut sur nos petits nuages d'insouciance, à prendre les jours les uns après les autres, à se découvrir, à essayer de garder une part d'enfance que le monde semble s'efforcer à nous enlever plus tôt que prévu. Et puis un jour vous percevez un deuxième battement de cœur dans les veines d'une de vos amies les plus proches, le lendemain l'un de vos meilleur pote vous apprend qu'il est passé pas loin d'être papa. Si je n'étais pas aussi sonné par la nouvelle, je pourrais presque sourire du timing entre Keza et Riley, même si visiblement pour au moins l'une des deux c'était une fausse alerte.
Je le sens encore nerveux, malgré ces semaines écoulés. Combien ? Aucune idée mais finalement une fois ce risque mis en évidence on se rend compte qu'il peut débarquer à nouveau à n'importe quel moment. Parce que les accidents ça arrive, malgré toutes les précautions qu'on peut prendre. Je pourrais dans le fond moi-même être père en devenir sans même le savoir parce que même si William est la seule personne avec qui je fais l'amour depuis des semaines, quasiment des mois, j'ai retrouvé la peau de plusieurs femmes avant de ne plus goûter qu'à lui sans la moindre trace de regret. Est ce qu'y penser fait monter le stress en moi ? J'admets que ça ne m'a jamais effleuré l'esprit jusqu'ici mais je crois que c'est trop abstrait pour réellement m'effrayer. Peut-être à tort.

« J’ai tellement réagis comme un connard que j’me demande encore aujourd’hui pourquoi elle ne m’en a pas collé une dans la gueule parce que ça aurait été clairement mérité. J’ai flippé, j’me voyais déjà responsable d’un gamin alors que j’savais même pas si c’était sûr ou non et on sait tous ici que j’suis pas le genre de mec qui réagit bien aux coups de stress et coups de pression. Ca n’excuse rien, ceci dit. »

Il a l'air amer, coupable, en colère contre lui-même. J'imagine sans trop de peine la façon dont il a pu réagir, je le connais bien à présent et je sais à quel point il peut être sanguin et impulsif mais malgré tout ce qu'il peut ressentir à son propre égard il me donne l'impression d'assumer complètement ce qu'il s'est passé, ses réactions, les faits dans leur globalité. Pas un seul instant je n'essaie de me mettre à sa place, c'est impossible, donc par conséquent je ne le juge pas. Aucune idée de la façon dont j'aurai réagi si j'avais été dans cette situation mais je peux imaginer le coup de pression, néanmoins, quand on doit voir sa vie défiler devant ses yeux et tous les changements qu'une telle annonce peut provoquer. Certes à terme ça peut être une bonne nouvelle mais il faut être prêt pour ça. Enfin, encore une fois je spécule, c'est tout ce que je peux faire.

Et j'écoute, parce que j'ai l'impression que ça lui fait du bien de vider son sac. Ses épaules me paraissent moins tendues au fur et à mesure qu'il laisse les mots sortir. Au passage une petite pensée pour Riley vers qui mon regard dérive quelques secondes, parce que si lui a flippé j'imagine qu'elle n'en menait pas large non plus.

« Bref, c’était une fausse alerte. Mais je sais pas ce que j’aurai fait si ça n’avait pas été le cas… Ca m’angoisse rien que d’en reparler. Et le pire… c’est que ça ne nous a même pas refroidi. »

Sourire. Rire bref. Je secoue la tête, amusé, sans perdre la teneur des faits. Ça n'est pas « grave » mais c'est important, pour eux. C'est pas parce que je ne risque pas de mettre William enceinte – et réciproquement – que je ne compatis pas ou ne ressens pas de l'empathie pour eux plutôt – Ceci était un cours de biologie pour les nuls.

« Ouais je sais que t’es content de savoir ce genre de détail. »
« C'est de bonne guerre. »

Vu le nombre de fois où tu m'as surpris n'importe où avec la main sur le cul du Californien – dans le plus décent des cas – je dirai presque que c'est mérité.

« Ceci dit je suis content pour toi. »

C'est dit sur le ton de l'humour mais je le pense réellement, ça aurait été dommage que ça les bloque même si ça aurait pu se comprendre. Ça doit rapidement devenir étouffant de se dire qu'on peut mettre sa femme enceinte malgré les multiples protections qu'on prend, du genre à tellement vous foutre la trouille que ça coupe l'envie, mais c'est aussi en partie comme ça que l'espèce humaine perdure j'imagine … Et je – Lili – citerais le Professeur Malcom dans Jurassic Park : La vie trouve toujours un chemin. Merci. Bonsoir.

« J’suis tellement pas près de dire adieu à mon rythme de vie. J’dis pas que j’aurai jamais de gamins hein mais… Trop de choses à faire, à voir. Et j’ai encore envie de profiter de ma vie tout court et aussi de celle avec Riley. »

Tu m'étonnes. On arrive enfin à une certaine stabilité tous autant qu'on est, d'une manière ou d'une autre, alors un peu de répit, juste le temps de se consolider, profiter, voir ce qui se passe … ça pourrait être cool. Des angoisses on en aura probablement toute notre vie mais chaque chose en son temps ça me semble pas mal. C'est pas parce qu'on a pris des grosses claques dans la gueule et qu'on a grandi un peu plus vite que prévu qu'on en est déjà à ce stade. Certains seraient peut-être prêts, peut-être que Kezabel va choisir de garder l'enfant qu'elle porte en elle, mais si Mateo n'est pas prêt pour tout ça il en a le droit. Quoi de plus normal que d'avoir envie de profiter de la personne qu'on aime et uniquement d'elle avant d'avoir – potentiellement – à la partager avec un autre être qui réclamera un paquet d'attention qui plus est ? C'est peut-être effectivement complètement abstrait pour moi tout ça mais ça ne m'empêche pas d'avoir un point de vue. De visualiser. Je ne ferai pas de parallèle avec ma propre existence aujourd'hui, je peux juste essayer de me mettre à leur place comme il a pu m'arriver par le passer de me visualiser plus loin avec Kyle. Je pensais faire ma vie avec lui, j'ai pas peur de l'admettre d'autant que plongé dans ma naïveté c'est ce que je voulais alors oui, j'ai vu plus loin, ça m'a effleuré l'esprit parfois. Maintenant c'est différent, je suis différent, et je ne regrette rien. Me projeter uniquement dans quelques semaines grand maximum ça me va très bien et ça ne rend pas mes sentiments pour William moins importants, moins forts. Eux aussi ils sont différents, c'est tout. Ça ne sert à rien de comparer et j'en ai pas la moindre envie. Je ne regarde peut-être pas loin devant mais je ne regarde pas du tout en arrière, c'est là pour moi le plus significatif.

« Je crois que ça m’a tellement foutu une claque dans la gueule que ça m’a donné envie d’en profiter encore plus que je ne le fais déjà. De vivre ce que l’on à vivre sans trop réfléchir. »

Je me rends compte que je me suis un peu perdu dans mes pensées, le regard dans le vague et les doigts plongés dans le pelage de Lune, la caressant toujours dans un geste mécanique. Je cligne des yeux, tourne la tête et croise son regard, son sourire. Le mien s'étire lentement, je redescends sur terre.

« Tu vois ce genre de frayeurs ça ne t'arriverait pas si tu couchais avec moi. »

Tu ne t'attendais décemment pas à autre chose de ma part, n'est-ce pas ? Mais je sais qu'il comprend que ça ne veut pas dire que je prends ses confidences à la légère. Il me connait, très bien à présent.
Un soupir m'échappe, je me sens calme, les ronrons de Lune me bercent, m'apaisent et cette conversation … J'en sais rien, elle soulève beaucoup de chose de son côté comme du mien mais elle me fait du bien.

« Plus sérieusement, même si je ne peux pas me mettre à ta place parce que ça ne m'est jamais arrivé, je comprends que t'aies flippé. Tout comme je comprends que tu ne sois pas prêt et que t'aies envie de la garder pour toi pour l'instant. Idem pour ta « liberté ». »

C'est pas un crime de ne pas être prêt, pour ça comme pour tout le reste, même si là il s'agit aussi et simplement d'en avoir envie ou non. D'autant que ça n'est pas une obligation, pas une fin en soi.
Prêt à s'engager, prêt à aimer, à l'accepter, à se donner, à fonder une famille et bien d'autres choses encore … Non, c'est pas un crime. On a tous le droit d'avoir besoin de temps et ceux qui vous diront le contraire sont des imbéciles. J'ai peut-être pas des années de bouteilles mais j'ai au moins ce recul là sur la vie, j'ai compris ça et je n'en démordrais pas.

« T'es clairement pas encore assez mature pour élever un gosse de toute façon. Regarde l'exemple que tu me donnes tous les jours. »

Parce que je ne peux pas m'en empêcher. Parce que je suis comme ça, à placer une connerie entre deux trucs sérieux pour détendre l'atmosphère et ne pas faire de tout ça un moment trop grave sans dénigrer une seule seconde tout ce qui a pu se dire, tout ce qui a été vécu.

« J'ai l'impression qu'elle t'a pardonné en tout cas. Et j'imagine que ce genre de chocs soit ça éloigne, soit ça rapproche et renforce le lien entre deux personnes. J'ai pas le sentiment que la première option soit la bonne en ce qui vous concerne ta Tornade Écossaise et toi. »

Il me dit que ça fait des semaines, honnêtement j'ai même pas capté qu'il s'était passé un truc susceptible de les mettre sous pression alors quand on les voit aujourd'hui, en sachant ça, je crois que c'est flagrant non ? Ils sont solides, complices, et même si les coups de gueule résonnent parfois entre les murs du château les sourires sont bien plus nombreux à mon sens.

« J'pense pas que j'aurai un enfant biologique un jour, j'ai … »

Je sais pas trop d'où ça sort, alors que le silence s'est installé à nouveau un petit moment, un moment passé à profiter du soleil et de la quiétude, du confort de ce canapé et des ronrons de mon chat, de la présence de mon pote à côté de moi. Je ne sais pas d'où ça sort, non, mais ça sort.

« Je suis pas super emballé par l'idée de prendre le risque de transmettre ma Lycanthropie à mon propre sang, à imaginer mon gamin se tordre de douleur une à deux fois par mois, à devoir luter contre lui même et parfois contre les autres. C'est … »

Un rire bref m'échappe, il n'a pourtant rien d'amusé même s'il n'est pas amer pour autant. Une seconde j'ai une pensé pour Ever, une autre pour Maxime, puis une pour Jakob. Je vis la Lycanthropie comme un don à présent, disons une particularité que j'ai totalement embrassé et sans laquelle je ne me sentirai pas complet malgré des jours plus compliqués que d'autres, mais il faut avouer que pour ça … Enfin c'est comme ça. C'est une science totalement inexacte, un peu le tirage au sort, mais je ne me sens – aujourd'hui en tout cas, même si je ne compte pas faire un enfant tout de suite bien sûr – incapable de tenter la chance. Aujourd'hui je le vis sereinement mais je n'oublie pas le chemin parcouru pour en arriver là alors même si les circonstances étaient certes particulières, ça ne change rien au fond. Et la douleur physique, elle, reste. Toujours. On l'accepte mais ça ne fait pas moins mal. Je ne crois pas que qui que ce soit ait envie de savoir son enfant entrain de souffrir le martyr, presque à avoir l'impression de crever tant c'est douloureux, sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Juste ... attendre que ça passe.

« Mais je crois que j'ai envie d'avoir ma propre famille un jour, y compris sans lien de sang même si j'aurai aimé le contraire. »

Pour que mon fils ou ma fille soit un petit bout de moi mais aussi un petit bout de mes parents, oui, je l'admets. Stop. Sourire. J'aurai tout le temps de penser à tout ça dans quelques années, quand j'aurai vécu ce que j'ai à vivre avant et que les questions se poseront réellement si elles doivent se poser. On en est tous là.

« Enfin on n'en est clairement pas là, de toute façon ma chère et tendre moitié a décidé d'adopter Elijah sans m'en parler, il m'a carrément fait un enfant dans le dos le salaud, après s'être fait passer la bague au doigt par un autre en prime, donc je vais aller me construire une panic room de ce pas et m'y enfermer en faisant vœux de célibat. »

La bague au doigt ? C'est la chevalière de Dean et évidemment que je plaisante. J'ai une fâcheuse tendance à la possessivité certes mais faut pas déconner non plus. C'est quelque chose d'important pour lui, pour eux, un truc que j'appréhende complètement même si je n'ai pas la prétention de comprendre leur lien. Je n'essaie pas de toute façon, c'est à eux, ça leur appartient. Dean, Maxime, Macy, Spencer et même Jude, pour moi c'est de l'ordre du sacré le concernant, quelque chose que je respecte énormément, un « endroit » où je ne mets pas les pieds sans y être invité si ça doit arriver. Il me fait sentir et comprendre que j'ai ma place dans sa vie, c'est tout ce dont j'ai besoin même s'il n'empêche que j'adore passer du temps avec Macy.

Et sans prévenir, j'attrape Lune sous les pattes avant, dépose un bisou sur sa tête alors qu'elle râle et la pose sur les genoux de Mateo où elle enfonce naturellement ses griffes en miaulant de mécontentement.

« Tiens, garde ta nièce. Ça te fera de l'entrainement pour quand tu seras prêt pour la paternité. Elle mange à 18h56 tapantes, ses croquettes préférées sont celles au thon et n'oublie pas sa pilule sinon c'est la grand-parentalité assurée pour ma gueule. Aller, bisou ! »

Sourire de branleur de retour sur mon visage, je suis déjà debout et m'éloigne en marchant à reculons. Deux doigts sur le front, je lui offre un salut et tourne les talons en laissant mon sac en plan au pied du canapé. On s'en fout, c'est pas comme s'il allait s'envoler. Ma destination ? Mon homme. Parce qu'il me manque et que j'ai envie de sentir sa peau, son toucher, sa présence tout simplement. Envie de passer un moment avec lui et rien qu'avec lui. Envie probablement partagée par Riley que je croise en cours de route, dans un échange de sourire silencieux mais éloquent. Amusé, aussi.

Va savoir Jackson, c'est peut-être toi, ma panic room.

▬ FINI POUR ENZO ▬

J'arrive plus tard avec Riley Wink
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Mar 3 Oct 2017 - 22:56

Sea, sex and sun. Je crois que dans la bande – au sens très large du terme parce qu'on n'est pas tous aussi proches les uns des autres mais néanmoins reliés d'une manière ou d'une autre – c'est exactement ce à quoi on aspire tous. Les examens sont terminés, l'année scolaire est terminée, cette discussion avec William m'a mise la tête bien ailleurs. Loin d'ici. Pour autant, alors que je me dirige vers Mateo après l'avoir quitté, que je croise Enzo en chemin dans un échange de sourires silencieux mais éloquent, je sais que pour rien au monde je ne souhaiterai être à un autre endroit. Et pour cause, les genoux de mon Gaucho sont la meilleure place de l'univers – Même si Lune les a peut-être abimés ... Ça tombe bien, c'est exactement là que je me laisse tomber quand j'arrive jusqu'au canapé où il se trouve affalé. Grand sourire, rire taquin, mes bras autour de son cou, je dépose un baiser sur sa joue.

« Tu piques. »

Fausse grimace, je passe ma main sur sa joue et y dépose un nouveau baiser. J'aime quand il est mal rasé, ça lui donne un air de bad boy négligé qui me fait craquer. Puis mon regard dévie vers William, toujours posé sur le muret que je viens de quitter, désormais Enzo entre ses jambes. Ils s'embrassent tranquillement comme si le monde n'existait plus. A vrai dire je pense que c'est précisément le cas pour eux en cet instant. Et ça me fait sourire presque tendrement.

« Je ne sais pas s'ils sont au courant mais je crois bien qu'ils sont amoureux. »

Il y a des regards qui ne trompent pas si on observe bien, des attitudes, un feeling, une complicité évidente qui s'est beaucoup renforcée ces dernières semaines. Je ne les connais par cœur, ni l'un ni l'autre, mais certaines choses se ressentent je touve. Mon regard se braque à nouveau sur Mateo. Après tout, si je l'ai rejoint ça n'est pas pour regarder d'autres hommes. Même s'ils sont très mignons et même touchants d'une certaine façon. Eux, Kezabel et Emily, Charleen et Elijah, d'autres encore, puis nous bien sûr mais on est presque un vieux couple finalement – ça n'a rien de péjoratif, bien au contraire. Tout ça pour dire qu'il y a de l'amour un peu partout dans l'air.

« En fait j'en suis sûre, intuition féminine. Mon radar ne foire que quand il s'agit de moi et que je ne veux pas l'admettre. Là, par exemple, il me fait croire que je suis complètement folle d'un espèce de vendeur de tacos arrogant et imbuvable. N'importe quoi ! »

Je le cherche, à mes risques et périls, ce qui me vaut un cri de surprise suivi d'un éclat de rire quand il menace de me faire tomber sur le sol avant de me rattraper pour me serrer contre lui. Et je m'y blottis, m'imprègne de sa chaleur et me laisse bercer un moment en fermant les yeux comme pour mieux profiter. Un long et profond soupir d'aise m'échappe, un léger sourire flotte sur mon visage, je me sens bien.
Quelques minutes comme ça puis je me redresse pour m'assoir finalement à côté de lui, gardant une jambe sur ses genoux tout en jouant avec l'une de ses mains.

« Vous aviez l'air d'avoir une discussion sérieuse Enzo et toi, ça va ? »

Pas que je veuille m'immiscer dans leurs confidences, je m'interroge simplement et préfère poser la question pour … être sûre que ça va, tout simplement. Je l'écoute me parler de ce dont il a envie de me parler puis une chose en entrainant une autre, le regard perdu dans le vague, je repense à ma discussion avec mon camarade de classe.

« William m'a dit qu'il ne pensait pas revenir à Poudlard après les vacances. »

Mon regard se pose à nouveau dans celui de Mateo.

« Il n'en a pas encore parlé à Enzo alors considère ça comme … un secret, le temps qu'il le fasse, même si je ne serai pas étonnée que notre « petit » Australien décide d'en faire autant. »

Je sais pas, ça se sent, comme une aura. On dirait qu'il a envie de bouffer le monde et ça n'est clairement pas ici que ça se passe. Il n'est pas le seul dans cette situation à mon avis, quoi de plus normal après ce qu'on a vécu ici et ce qu'on continue de vivre au quotidien. Et puis dans le fond, en ce qui le concerne, en ce qui concerne William, et d'autres, ça n'est pas chez eux ici. Ils sont là par concours de circonstances, pas par choix. Je percute que Mateo non plus n'est pas d'ici, même si lui est arrivé à Poudlard plus ou moins de son propre chef est-ce qu'il a réellement une raison et l'envie d'y rester ? Un frisson me parcoure à l'idée d'un changement qui se profile parce que, quelque part, c'est angoissant. Prendre une décision aussi importante, qui a un tel impact sur nos vies, ça n'est pas simple.

Mais je crois qu'il est venu l'heure d'aborder le sujet. J'étais sincère, je n'ai jusqu'ici pas vraiment pris le temps d'y penser mais une chose est sûre, j'ai besoin et envie de savoir ce que Mateo en pense de son côté.

« Il m'a posé la question, de savoir ce que moi je comptais faire. Je t'avoue que suis un peu perdue. »

Partir ? Rester ? Je ne sais pas. Je crois que même en pensant uniquement à moi, mon avenir, ça dépendra néanmoins beaucoup des autres.

« Et toi, est ce que tu y as réfléchi ? »
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Sam 7 Oct 2017 - 23:39

- Tu vois ce genre de frayeurs ça ne t'arriverait pas si tu couchais avec moi.
- Bordel…

T’es mignon mais j’ai pas envie de m’imaginer quoi que ce soit nous concernant, en tout cas pas dans ce sens.
Putain, tu pouvais pas te taire !

- Plus sérieusement, même si je ne peux pas me mettre à ta place parce que ça ne m'est jamais arrivé, je comprends que t'aies flippé. Tout comme je comprends que tu ne sois pas prêt et que t'aies envie de la garder pour toi pour l'instant. Idem pour ta « liberté ».

Je ne bronche pas, l’écoute seulement. Clairement non, je ne suis pas prêt pour ça et j’en ai bien prit conscience lorsque nous avons frôler la catastrophe. Je ne m’imagine absolument pas avec un gamin dans les bras, encore moins s’il s’agit du mien. Je n’suis pas prêt d’oublier cette sensation atroce de vide sous pieds et surtout de cette perte totale de contrôle, comme si l’ensemble de ma vie m’échappait.
Je ne veux plus jamais vivre un truc pareil tout comme je ne veux plus jamais regarder et parler sur ce ton à Riley.

- T'es clairement pas encore assez mature pour élever un gosse de toute façon. Regarde l'exemple que tu me donnes tous les jours.
- Pour une fois, je ne vais absolument pas te contredire.

Parce qu’il a raison et que même sa taquinerie est réaliste. Suffit de répertorier toutes les conneries faites cette année pour savoir que je ne possède pas l’once d’une responsabilité et maturité nécessaire pour m’occuper d’un gosse.

- J'ai l'impression qu'elle t'a pardonné en tout cas. Et j'imagine que ce genre de chocs soit ça éloigne, soit ça rapproche et renforce le lien entre deux personnes. J'ai pas le sentiment que la première option soit la bonne en ce qui vous concerne ta Tornade Écossaise et toi.

J’esquisse un sourire, reportant mon regard sur Riley au loin. Je n’sais pas comment j’aurai réagi si tout ça nous avait éloigné, si à cause de mes propres conneries elle s’était tiré pour faire une croix sur le gros connard que j’ai été. J’ai pris conscience de beaucoup de choses à retardement, je me dis que j’ai eu quelque part de la chance qu’elle ait bien voulu écouter mes excuses et les accepter.

- C’est le cas oui.

Toujours sourire aux lèvres, je songe aux sentiments que j’éprouve à son égard, ceux-là même qui ce sont exacerbés depuis cette grosse frayeur.

- J'pense pas que j'aurai un enfant biologique un jour, j'ai … Je suis pas super emballé par l'idée de prendre le risque de transmettre ma Lycanthropie à mon propre sang, à imaginer mon gamin se tordre de douleur une à deux fois par mois, à devoir luter contre lui même et parfois contre les autres. C'est …

Mon regard se tourne vers Enzo, l’écoutant attentivement.
Il y a ceux qui luttent pour éviter les grossesses surprises… et ceux qui aimerait peut-être un jour échanger leur place. Ca me fout les boules pour lui, sincèrement. Je me souviens avoir rapidement aborder le sujet avec Maxime qui, elle non plus, n’envisage pas d’avoir d’enfants biologique. Ca m’rend triste pour eux tout comme je trouve ça injuste qu’ils doivent faire une croix sur ça sans qu’ils n’y puissent rien.
Je n’ose pas interrompre le cours de ses pensées, préférant le laisser confier tout ce qu’il a à dire si besoin.

- Mais je crois que j'ai envie d'avoir ma propre famille un jour, y compris sans lien de sang même si j'aurai aimé le contraire.

- Tu sais, d’ici là peut-être que les toubibs auront trouvé un truc qui permettra le contraire. Après tout, vu les progrès qu’ils font tous les ans, la question se pose.

Peut-être même que c’est William qui trouvera la solution, allez savoir !

- Quoi qu’il en soit, je te la souhaite cette famille. Vraiment.

La vie nous a démontrer plusieurs fois que le sang ne fait pas tout et je suis certain qu’Enzo aimera son enfant comme si c’était le sien, peu importe d’où il vient et de qui il vient.

- Enfin on n'en est clairement pas là, de toute façon ma chère et tendre moitié a décidé d'adopter Elijah sans m'en parler, il m'a carrément fait un enfant dans le dos le salaud, après s'être fait passer la bague au doigt par un autre en prime, donc je vais aller me construire une panic room de ce pas et m'y enfermer en faisant vœux de célibat.

J’éclate de rire face à cette histoire d’Elijah et de Panic Room. Je n’suis pas certain d’avoir tout compris mais je n’ai aucune peine à imaginer Elijah, Will et Enzo réunit en une petite famille où Ryans finira certainement chauve avant l’heure…

- Eh, garde moi un peu de place dans cette pièce parce que si ces deux -là continue de se fréquenter après les études, on est clairement dans la merde.

Et ces deux là, je parle de Riley et Will, évidemment. Parce qu’ils ont l’air d’un peu trop bien s’entendre et que je n’serais pas surpris qu’ils nous la fassent à l’envers plus d’une fois. Ca serait parfaitement leur genre, surtout s’il s’agit de me faire péter un plomb pour Miss Jenkins.

- Put…’Chier !
- Tiens, garde ta nièce. Ça te fera de l'entrainement pour quand tu seras prêt pour la paternité. Elle mange à 18h56 tapantes, ses croquettes préférées sont celles au thon et n'oublie pas sa pilule sinon c'est la grand-parentalité assurée pour ma gueule. Aller, bisou !
- Non c’est mort ! Tu te démerdes avec ta gamine ! T’as fait, t’assumes !

Je brandis mon majeur en direction de ce petit con qui affiche un sourire satisfait sur le visage. Il se casse déjà pour rejoindre on-sait-qui et je regarde Lune qui reste sur mes genoux, les griffes bien plantées dans mes genoux.

- Bon, tu bouges ? Pas que j’t’aime pas mais j’crois que toi et moi ça va pas être possible. Je la pousse doucement des deux mains, n’osant pas trop la brusquer de peur qu’elle réagisse mal. Mais que dal, elle ne bouge pas d’un iota. Allez… m’oblige pas a. aaaaaaah. Je mords mon poing, retenant une insulte bien sentie envers Belzébuth qui vient de me planter ses griffes un peu plus profondément sur mes genoux pour sauter sur l’herbe. T’as fait exprès.

Je me frotte le tissu de mon jean, comme si ça pouvait faire quoi que ce soit. Mais pas le temps d’apaiser cette douleur que quelqu’un d’autres prend place sur ce même endroit.
Décidément mes genoux ont du succès.
Ok je sors.
C’est bien évidemment ma copine que je réceptionne, l’entourant aussitôt de mes bras, ses lèvres sur ma joue.

- Tu piques.
- Faut savoir ce que tu veux. Barbe ou pas barbe ?

Mon sourire s’élargit alors que je réceptionne un autre baiser au même endroit, gardant Riley contre moi, bien enfoncé dans le canapé. Il ne manquait plus qu’elle pour rendre cette après-midi meilleure qu’elle ne l’était.

- Je ne sais pas s'ils sont au courant mais je crois bien qu'ils sont amoureux

Je suis son regard et tombe sur Enzo et Will qui sont certainement entrain de se faire et se dire des mamours.

- Ils ne l’sont pas mais ça tardera pas.

C’est pas un secret, suffit de les regarder faire, évoluer ensemble pour comprendre qu’ils sont amoureux à en dégouliner de partout.
Ah il pouvait se foutre de ma gueule quand j’ai commencé à flirté avec Riley. Regardez-le maintenant à déborder d’amour, c’est à s’demander si des licornes ne vont pas tarder à apparaitre.

- En fait j'en suis sûre, intuition féminine. Mon radar ne foire que quand il s'agit de moi et que je ne veux pas l'admettre. Là, par exemple, il me fait croire que je suis complètement folle d'un espèce de vendeur de tacos arrogant et imbuvable. N'importe quoi !
- Hm ? Je t’ai toujours dis que c’était moi le mec de ta vie et pas ce pauvre branquignole.

Elle me regarde avec son air taquin, mutin et je la menace brutalement de la faire tomber sur le sol en la penchant vers le vide, ce qui se solde en cri, en rire et … étreinte. Riley vient se blottir dans mes bras et je l’y maintiens, tendrement et tranquillement. J’pourrais rester des heures comme ça avec l’impression d’être déjà en vacances. J’suis sûr que si je ferme les yeux, je peux me projeter loin de cette école au profit d’un lieu vachement plus agréable.
Avec ma nana contre moi.

Elle bouge à coté de moi, une jambe sur la mienne. Dommage, j’aurai bien fait une sieste là tout de suite.

- Vous aviez l'air d'avoir une discussion sérieuse Enzo et toi, ça va ?

Je la laisse jouer avec ma main, regardant de nouveau brièvement Enzo.

- Ouais. On a un peu parler de tout, des vacances, de ce qu’on voulait faire. Il appréhende un peu le retour chez lui. Tout comme moi j’appréhende de retrouver la maison sur long terme.

Je ne vais pas dans les détails mais Riley comprendra suffisamment avec le peu que je lui dis en cet instant. Je sais que l’absence de Camélia finira par me peser puisqu’entre passer une semaine chez soi et deux mois, il y a une large différence. Si ça me semble presque flippant pour moi, j’imagine que ça doit être bien pire pour Ryans.

- William m'a dit qu'il ne pensait pas revenir à Poudlard après les vacances. « Il n'en a pas encore parlé à Enzo alors considère ça comme … un secret, le temps qu'il le fasse, même si je ne serai pas étonnée que notre « petit » Australien décide d'en faire autant.

Mon regard dévie sur Riley, surpris et ne le cache pas. Je réprime un sourire parce que le hasard ou la coïncidence est étrange de constater que chacun dans notre coin, nous avons tout simplement aborder le même sujet… Et qu’Enzo et William sont visiblement sur la même longueur d’ondes. J’en connais un qui va être soulagé.

- Il m'a posé la question, de savoir ce que moi je comptais faire. Je t'avoue que suis un peu perdue. Et toi, est ce que tu y as réfléchi ?

Je m’attendais à ce que l’on aborde ce sujet à un moment ou à un autre mais pas si vite. Pourtant ça tombe sous le sens. Les vacances arrivent et il va falloir très rapidement se décider de ce que l’on veut. Et même si dans ma tête les choses sont quasiment actées, je ne peux pas m’empêcher de me dire que je devrais peut-être revoir mon jugement selon celui de Riley.
Parce que moi à l’extérieur et elle ici ? Faut pas rêver. Pas avec ce qu’il se trame. Je ne pourrais pas vivre un jour sans crever de frustration de la savoir dans ce château sans être au courant de rien. Les hiboux c’est cool mais à condition de ne pas être très regardant sur le délai de livraison…

Je prends une inspiration, glisse une main dans mes cheveux et soupire.

- Oui, j’y ai réfléchi même si c’est un grand mot. Ca m’a surtout paru évident.

Je glisse mes doigts entre les siens et me tourne légèrement vers elle, pliant un genou sur le canapé.

- J’suis pas certain de vouloir revenir ici non plus. C’est pas nouveau de savoir que j’suis pas fait pour les études et que j’ai rien à foutre ici. Je voulais finir au moins mon année pour mes parents mais avec tout ce qu’il se passe ici, j’pense que c’est sincèrement une grosse connerie de rester.

Et je respecte ceux qui le veuillent. Vraiment. Mais à mes yeux, à mon sens, c’est du pur suicide.

- Je sais pas trop où j’irai, ni ce que je ferais mais j’me vois pas durer ici. J’ai besoin d’aller où je veux, quand je veux et je ne te cache pas que retrouver cette liberté deux mois entiers me convaincra certainement en ce sens.

Je garde sa main dans la mienne, y caressant le dos de mon pouce. Je retrouve son regard que je capte.

- Mais j’suis pas non plus certains de réussir à vivre ma vie à l’extérieur si toi tu restes ici. Je sais que tu sais parfaitement te défendre et que t’as clairement pas besoin de moi pour ça mais j’vais devenir fou de pas savoir en live ce qu’il se passe et si tout va bien, à me demander tous les jours s’ils ne sont pas revenu reprendre le contrôle ici et si tu vas bien.

Je suis sincère et elle le sait, je n’ai rien à lui cacher et encore moins de raisons de lui mentir. L’idée même que je doive envisager la possibilité d’une séparation comme celle-ci est inconcevable. Mais quoi qu’elle choisisse, je la soutiendrais et elle le sait.

- Tu n’as même pas une toute petite idée de ce que tu veux ? Après tu as encore les vacances pour y réfléchir, peut-être que ça t’aidera à y voir un peu plus clair.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Mar 10 Oct 2017 - 22:36

Question qui tue ? Non, question qu'on se pose tous plutôt et question plus que légitime. Je ne le quitte pas des yeux, tranquille mais nourrissant une pointe d'appréhension même si au fond de moi je pense déjà connaître sa réponse. Sa main glisse dans mes cheveux, il soupire, je pose ma tête contre le dossier et lui sourit.

« Oui, j’y ai réfléchi même si c’est un grand mot. Ca m’a surtout paru évident. »

Nos doigts s'entrelacent, il me fait face, je reste attentive.

« J’suis pas certain de vouloir revenir ici non plus. C’est pas nouveau de savoir que j’suis pas fait pour les études et que j’ai rien à foutre ici. Je voulais finir au moins mon année pour mes parents mais avec tout ce qu’il se passe ici, j’pense que c’est sincèrement une grosse connerie de rester. »

Il a raison et quelque part ça fait mal de l'entendre, tout simplement parce que cette école n'a pas toujours été comme ça. J'ai vécu en ce lieux des moments inoubliables, sans aucun doute certains de mes meilleurs souvenirs, alors en arriver là aujourd'hui … Oui, ça fait mal.

« Je sais pas trop où j’irai, ni ce que je ferais mais j’me vois pas durer ici. J’ai besoin d’aller où je veux, quand je veux et je ne te cache pas que retrouver cette liberté deux mois entiers me convaincra certainement en ce sens. »
« Je sais. Je comprends. »

Parce que je le connais désormais presque par cœur et que je me réveille encore parfois étonnée de le voir tenir dans cette relation, la notre. Pas parce qu'il s'agit de moi, pas parce que je doute, simplement parce que rien n'aurait pu laisser envisager ça. Alors des murs ? N'en parlons pas.

« Mais j’suis pas non plus certains de réussir à vivre ma vie à l’extérieur si toi tu restes ici. Je sais que tu sais parfaitement te défendre et que t’as clairement pas besoin de moi pour ça mais j’vais devenir fou de pas savoir en live ce qu’il se passe et si tout va bien, à me demander tous les jours s’ils ne sont pas revenu reprendre le contrôle ici et si tu vas bien. »

Je ne dis rien, j'en suis incapable, mais la réciproque est vrai bien évidemment. J'aurai presque envie de lui dire qu'il a tort, que je ne sais pas « parfaitement me défendre » et que si je suis celle que je suis aujourd'hui c'est bien parce que j'ai été énormément épargnée par rapport à d'autres. Je ne me voile pas la face, face à des Sorciers sur-entrainé pour certains je ne tiens pas une minute. Exactement ce que j'ai dit à William il n'y a pas cinq minutes : Je ne suis pas un soldat. Je ne veux pas l'être.

« Tu n’as même pas une toute petite idée de ce que tu veux ? Après tu as encore les vacances pour y réfléchir, peut-être que ça t’aidera à y voir un peu plus clair. »

Soupir. De ma part cette fois. Je regarde le sol sans vraiment le voir, sans lâcher sa main, juste quelques secondes avant de retrouver son regard et de poser à nouveau ma tête contre le dossier du canapé. Il est là, le moment où tout bascule.

« Je crois que dans le fond, si, je sais ce que j'ai « envie » de faire. C'est simplement pas simple de l'admettre, l'accepter et le formuler parce que c'est un grand bouleversement et qu'il apporte quelques inconnues avec lui. »

Des inconnues qui portent des prénoms. Le reste, c'est secondaire.

« Je pense que les vacances ne feront que me confirmer que Poudlard c'est terminé. »

Mon cœur accélère, il opère un raté, je sens l'émotion m'envahir en prononçant ces mots. Voilà, c'est dit. C'est … terminé. Et j'en ai une boule dans la gorge.

« Je tire un trait sur neuf années de ma vie mais quand on voit comment se sont passées les trois dernières … T'as pas tort quand tu dis que c'est une connerie de rester. T'as même totalement raison. »

D'ailleurs si les parents savaient le quart de ce qu'il s'est passé ici jamais ils ne nous auraient permis de revenir.

« J'espère juste réussir à convaincre Keza et Charleen de ne pas revenir. »

Les voilà, mes inconnues. Elles ici et moi dehors ? Impensable. Mateo dehors et moi ici ? Ça l'est tout autant. Tous ici ou tous dehors. Tous dehors.

« Charleen je l'enfermerai dans sa chambre c'est pas un problème. Et je m'entends bien avec le père de Kezabel et son frère alors on devrait pouvoir s'arranger. »

Je ri, pourtant c'est bien une larme qui roule sur ma joue et que j'essuie du bout des doigts sans essayer de me cacher. Pas de lui. Une larme d'acceptation, de soulagement aussi quelque part, teintée d'un peu de peur devant ce renouveau qui se profile.

Je me racle la gorge, renifle et me redresse un peu pour m'assoir en tailleurs, de biais sur l'assise, pour rester face à Mateo.

« C'est ce qu'on se disait avec Will, y a pleins de possibilités à l'extérieur de toute façon et la plus part d'entre nous connaissons bien le monde Non-Magique alors … c'est presque comme une nouvelle aventure finalement. »

Haussement d'épaules, léger sourire. Ça n'est pas lui que j'essaie de convaincre parce qu'il l'est déjà, c'est moi que j'ai besoin d'encourager, de rassurer, même si je sais que c'est la bonne décision. Ça n'est pas facile pour autant, j'imagine que ça le deviendra au fil du temps et qu'il faut simplement passer le cap. Une fois à l'extérieur ça sera l'affaire de nouveaux repères à trouver et si on est tous ensemble, si on a la possibilité de l'être, je sais que ça sera plus simple. Je ne sais pas si c'est à cause de ce qu'on a vécu ici mais je sens que j'aurai toujours besoin de ces quelques personnes pour … me sentir bien. L'endroit importe finalement peu. Ma famille, mes amis, la possibilité d'atteindre mes objectifs personnels, voilà tout ce dont j'ai besoin. Ça et les bras de mon homme, exactement là où je vais me réfugier en cette seconde en venant me coller à nouveau contre lui.

« J'aimerai qu'on y soit déjà. Toi et moi dans la Pampa. Avec tous les copains dans une grande maison à y vivre ensemble pendant une semaine, même plus si on a envie. Loin de tout, loin du monde. »

Loin de l'horreur.

« Et au mariage de Peter et ma mère. »

Sourire. Qui s'élargit. Et me voilà à califourchon sur ses genoux sans prévenir, mes deux mains agrippées à son col.

« Je vais dire à ta mère que tu ne veux pas mettre de costard. Non ! Pire ! C'est à ton père que je vais le dire ! »

Dit-elle en tirant la langue telle un gamine impétueuse. Avant de s'assagir à nouveau. Je le répète, souvent femme varie il paraît.

« Comment ils vont d'ailleurs ? »

Je l'écoute me parler de ses parents, heureuse pour lui de le savoir désormais serein sur le sujet. Une pensée pour les miens au passage, j'ai vraiment hâte de les revoir. Et puis une pensée pour Camélia. Ce qu'il a dit tout à l'heure quand il a évoqué rapidement sa conversation avec Enzo ne m'a pas échappé et j'en ai très bien compris le sens. Je dépose un baiser sur ses lèvres, ma main posée sur sa joue, avant de le regarder dans les yeux et lui sourire.

« Tu sais que tu peux m'appeler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit si jamais parfois c'est trop difficile d'être là-bas. »

Je sais que je ne suis pas la seule sur qui il peut compter mais ça me semble important de le lui dire même s'il le sait déjà. Je ne le prendrai pas mal s'il choisit d'aller voir Maxime ou même Enzo, on ne lui apporte pas la même chose c'est tout. Et parce qu'instinctivement je ressens l'impulsion d'alléger un peu tout ça :

« Je viendrais te kidnapper et on ira boire des coups sur la plage à Los Angeles avec Will, Macy et toute la clique. Il a déjà des projets pour toi et moi d'ailleurs. Ça implique de courir nus avec des peintures de guerre sur le corps et de finir en bain de minuit sous la lune et les étoiles. »

Bien sûr j'oublie de lui spécifier que le passage de la nudité n'implique apparemment que moi et j'occulte également le passage sur Matthew et sa guitare. Par mesure de précaution ...
Je n'essaie pas de lui faire penser à autre chose, je lui offre simplement une porte de sortie s'il en a besoin. Il sait qu'il peut me parler de sa sœur quand il le souhaite mais je le connais, il a beaucoup de pudeur sur ce sujet comme sur d'autres. Ces pitreries sont ma manière de lui faire comprendre qu'il n'est pas obligé de s'exprimer là dessus s'il n'en a pas envie tout en lui laissant la porte ouverte pour le faire s'il en ressent le besoin. Je suis persuadée qu'il comprendra mon manège, si je le connais aujourd'hui très bien la réciproque est plus que valable.
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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Sam 28 Oct 2017 - 14:14

Cette discussion devait arriver à un moment ou à un autre, d’autant plus que nous approchons de la fin. Je mentirais si je disais qu’une part de moi n’espère pas que Riley m’annonce son départ. Au contraire. Je veux me tirer d’ici et dans l’idéal, j’aimerais que ça soit en me disant que Riley est à proximité. Même si un Océan nous sépare, je sais mais je pourrais au moins la revoir comme bon me semble et je n’aurai pas à m’inquiéter de savoir si ces enfoirés sont revenus et s’il lui ait arrivé quelque chose.

Pour l’instant, je me concentre sur ce qu’elle veut me dire, concernant son avenir, si elle possède malgré tout des envies à ce sujet… Contrairement à moi qui est dans le flou total.

- Je crois que dans le fond, si, je sais ce que j'ai « envie » de faire. C'est simplement pas simple de l'admettre, l'accepter et le formuler parce que c'est un grand bouleversement et qu'il apporte quelques inconnues avec lui.

J’comprends ce qu’elle veut dire et le manifeste en caressant tendrement le dos de sa main. C’est beaucoup moins compliqué pour moi qui ne suis pas d’ici même si j’ai trouvé en cette école une sorte de presque refuge. Mais pour Riley les choses sont différentes. Ca fait neuf ans qu’elle vit dans cette école 10 mois sur 12, il est évident que la perspective de tourner le dos à cette école est angoissante. Surtout aussi brusquement.

- Je pense que les vacances ne feront que me confirmer que Poudlard c'est terminé. Je tire un trait sur neuf années de ma vie mais quand on voit comment se sont passées les trois dernières … T'as pas tort quand tu dis que c'est une connerie de rester. T'as même totalement raison.

Et j’aurai préféré que ça ne soit pas le cas, d’autant plus lorsque je la sens vraiment bouleversée. Je sais que ça sera compliqué et qu’il lui faudra un petit temps pour s’adapter, surtout l’année prochaine si elle décide vraiment de partir mais j’serais là si elle a besoin d’un soutien moral.

- J'espère juste réussir à convaincre Keza et Charleen de ne pas revenir.

Concernant Charleen, je pense qu’elle n’aura pas trop de mal à la convaincre de ne pas revenir ici avec les derniers évènements vécus.
En revanche, pour Kezabel… J’en suis moins certains. Je n’suis pas aussi proche de Hasting que peut l’être Riley mais quelque chose me dit qu’il y a des chances pour que la Poufsouffle décide de rester. Encore une fois, ça n’est qu’une impression, Riley la connait bien mieux que moi.

- Charleen je l'enfermerai dans sa chambre c'est pas un problème. Et je m'entends bien avec le père de Kezabel et son frère alors on devrait pouvoir s'arranger
- T’es plutôt radicale.

En réalité, qu’est-ce qu’elle ne serait pas prête à faire pour ces deux femmes qui sont certainement les deux noyaux les plus important de sa vie, parents exclues ? Sa larme ne m’échappe pas et je la laisse gérer tout ça tranquillement, me contentant de glisser une main sur son genou lorsqu’elle se met en tailleur face à moi. Je sais à quel point ça la touche et même si j’suis pas très doué pour les mots, Riley me connait suffisamment pour savoir que mon silence ne veut pas dire que je m’en fou. Bien au contraire.

- C'est ce qu'on se disait avec Will, y a pleins de possibilités à l'extérieur de toute façon et la plus part d'entre nous connaissons bien le monde Non-Magique alors … c'est presque comme une nouvelle aventure finalement.
- Viens par là.

Je l’invite à venir se blottir contre moi, lui offrir une sorte de refuge, un cocon réconfortant pour lui faire comprendre que tout va bien se passer. Je suis beaucoup moins craintif qu’elle sur le sujet, peut-être parce que je sais que ma place n’est pas ici mais ailleurs et que j’ai déjà pris ma décision .Mais ça ne veut pas pour autant dire que c’est le cas pour tout le monde.

- Tout s’passera bien, il n’y a aucune raison du contraire. Il y a tellement de cursus, de fac, d’école que j’suis certains que y trouvera ton bonheur.

Le plus dur sera de s’y faire mais là encore, nous n’y sommes pas. Profitons d’abord de nos vacances, celles qu’on attend depuis dix plombes et qui nous feront à tous le plus grand bien.

- J'aimerai qu'on y soit déjà. Toi et moi dans la Pampa. Avec tous les copains dans une grande maison à y vivre ensemble pendant une semaine, même plus si on a envie. Loin de tout, loin du monde. Et au mariage de Peter et ma mère.

J’ai envie de lui répondre que bientôt nous aurons le droit à tout ça mais elle ne m’en laisse pas l’occasion en venant se foutre à califourchon sur moi, ses deux mains agrippant mon col. Elle a déjà le sourire aux lèvres et le miens ne fait que s’élargir.

- Je vais dire à ta mère que tu ne veux pas mettre de costard. Non ! Pire ! C'est à ton père que je vais le dire !
- Ca y est, tu sais qu’ils t’aiment bien donc t’en profites déjà pour te ranger de leur côté ?

Je lève les yeux au ciel, faussement agacé.
Et non, j’ai pas envie de foutre un costard mais parce que c’est le mariage de sa mère et de ce fameux Peter alors oui, j’ferais un effort de me coincer dans ces fringues un peu trop strict et étriqués pour moi. Et si ma mère se foutra de moi, mon père lui ne me laissera certainement pas partir à ce mariage sans un costume sur moi. Oh, l’honneur des Vargas doit être maintenue et ça serait bien trop mal poli pour lui que de faire cet affront.

- Comment ils vont d'ailleurs ?


Je pousse un soupire en ramenant ma tignasse en arrière, venant m’avachir sur le dossier du canapé.

- Ils vont bien, j’crois qu’il sont parlé de s’faire des vacances à trois mais je sais pas encore où mais ça fait longtemps qu’on a pas fait ça en famille.

Longtemps ? Depuis la mort de ma sœur en réalité. Ca serait les premières vacances que l’on fera sans elle. Rien que l’idée me tord le bide et me fait bader mais je n’en dis rien parce que j’vais pas commencer à me plaindre sur le sujet. J’vais m’y faire, me faudra juste du temps. Accepter la mort est une chose, l’absence en est une autre.

- Ma mère est partie faire des photos au Rwanda la semaine dernière, elle m’a dit que c’était aussi enrichissant qu’effrayant. Et mon père toujours entrain de faire filer droit des nouvelles recrues à l’armée. Il est rentré de mission il y a pas longtemps.

Je sais que beaucoup ont du mal à l’imaginer dans un cadre si strict… et pourtant. Ne jamais se fier aux apparences, surtout avec mon père.
J’accueille les lèvres de Riley en silence, trop content d’avoir ce petit moment de pause, d’accalmie. Quelque chose de doux et de tendre, tout ce que j’ai découvert avec cette femme.

- Tu sais que tu peux m'appeler à n'importe quelle heure du jour et de la nuit si jamais parfois c'est trop difficile d'être là-bas

Je n’m’attendais pas vraiment à ça et ma surprise se lit aussitôt sur mon visage alors que je regarde Riley sans rien dire. Je suis touché, un peu perturbé aussi. J’en ai un peu parlé avec Enzo et même si les degrés d’angoisse sont différents, il n’empêche que je sais pertinemment qu’à un certain moment des vacances, certaines choses deviendront compliquées ; Surtout si je dois revenir vivre chez mes parents le temps d’obtenir un petit appartement. J’suis pas encore habitué à son absence dans cette barraque.

- Je viendrais te kidnapper et on ira boire des coups sur la plage à Los Angeles avec Will, Macy et toute la clique. Il a déjà des projets pour toi et moi d'ailleurs. Ça implique de courir nus avec des peintures de guerre sur le corps et de finir en bain de minuit sous la lune et les étoiles.
- J’dis non pour la peinture de guerre mais c’est vrai que le bain de minuit serait presque tentant.

Voir tentant tout court… Pourquoi j’refuserais une occasion de voir ma nana nue, sincèrement ?

- Et t’auras pas besoin de me kidnapper pour ça, j’serais même le premier sur les lieux.

Parce que là où il y a soirée, il y a Vargas. Encore plus lorsqu’il y a les copains, la bande et tout le reste, que c’est pour se retrouver tous ensemble pour clôturer cette année qui a été plus que merdique sur bien des points – et positives, je n’oublie pas ma relation avec la femme que je garde près de moi, mes deux mains sur ses hanches – mais j’vais pas dire non sur l’occasion de tourner la page. Surtout avec eux !
Je me redresse légèrement pour venir chercher ses lèvres, ma main dans son cou pour quelques secondes.

- Merci, je manquerais pas de débarquer chez toi par la fenêtre si j’ai besoin de compagnie.

Je lance ça sur le ton de la plaisanterie mais je sais qu’elle comprend où je veux en venir et que mon remerciement est sincère. C’est un sujet que j’ai encore du mal à aborder et j’prends conscience que j’me suis jamais vraiment posé avec Riley pour lui parler de Camélia. Lui raconter mon enfance avec elle, nos vacances, quelle genre de grande sœur elle était, quelle genre de femme tout court elle était.
Je me perds un peu dans mes pensées, fixant un point de son con sans vraiment le regarder avant de lever mon regard dans le sien.

- Ca m’fait un peu flipper de vivre dans cette baraque sans elle.

Ca sort tout seul, spontanément, sans que je n’ai à forcer les choses.

- J’ai jamais fait plus de deux semaines, alors plusieurs mois … Je hausse les épaules. J’m’adapterais.

Parce que j’ai de toute façon pas le choix alors autant encaisser une bonne fois pour toute, qu’on en finisse, que la douleur passe.
L’une de mes mains fait des aller et venu sur son bras, presque distraitement, trouvant dans ce geste anodin un certain réconfort, comme une sorte de bouée de sauvetage à laquelle se raccrocher quand vous sentez que ça commence à être la merde.
J’agrippe sa nuque pour l’attirer de nouveau contre moi, retrouvant ses lèvres pour énième baiser que je prolonge, glissant mes mains sur ses épaules, puis ses hanches. Même après plusieurs mois de relation, Riley me fait toujours naitre cet étincelle au creux du ventre, diffusant une chaleur qui embrase mes veines, mes sens. Et les effets sont multipliés par douze lorsque je la sens aussi sensible et réactive que moi à ces simples gestes qui enflamme tout un monde autour de nous.
Je finis par rompre ce contact aussi passionné que tendre, gardant son visage près du mien.

- On va partir tous les deux, une bonne semaine loin de tout ça et après on verra pour les choses les plus sérieuses. J’effleure de nouveau ses lèvres, paisiblement. Mais en attendant, détente et vacances. Et je n’serais pas contre me retrouver seul avec toi quelques temps.

Sourire qui en dit long mais il est évident que je ne pense pas que cet aspect d’être « seul » avec Riley. J’pense surtout à ces moments tranquilles, que nous n’avons vraiment eu l’occasion de réellement avoir pas pour plusieurs jours d’affilés loin de tout et de tous. C’est pas un truc que j’aurai envisagé il y a 6 mois mais il faut croire que certaines choses changent un Homme.

- Après si tu veux pas, j’peux demander à Miss Equateur si elle veut m’accompagner dans une maison paumée dans la Pampa…

Et je le sens venir ce retour qui tentera d’effacer ce sourire taquin de sur ma gueule de petit con.


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MessageSujet: Re: For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo   Mer 1 Nov 2017 - 23:10

« J’dis non pour la peinture de guerre mais c’est vrai que le bain de minuit serait presque tentant. »
« Parait que le Pacifique n'est pas aussi chaud qu'il n'y paraît. »

Réflexion on ne peut plus sérieuse de ma part. Écossaise, certes, mais faut pas pousser. En dessous de 15° hors de question que j'entre là dedans. Même si je sais très bien qu'on m'y traînera de force, qu'on m'y balancera. Je les connais ces enfoirés !

« Et t’auras pas besoin de me kidnapper pour ça, j’serais même le premier sur les lieux. »

Sourire. Je me recentre et imagine avec une sorte d'impatience ce que tout ça pourrait donner. Une soirée tous ensemble sur la plage … Plus on en parle, plus ça devient quelque chose qui prend forme et je crois qu'on en a tous très envie. C'est marrant comme les choses changent, et vite. Il y a encore un an je ne connaissais quasiment aucune de ces personnes sans qui je ne me vois pas évoluer aujourd'hui. Charleen incluse, finalement. J'avais des amis, oui, mais pas comme aujourd'hui. Certes on n'est pas tous proches les uns des autres au même degré mais de liens en liens on se connaît tous et finalement ça donne une sacré belle brochette de personnes.

Et puis les vacances s'évaporent, les autres avec, lorsque sa paume glisse contre mon cou et ses lèvres sur les miennes.

« Merci, je manquerais pas de débarquer chez toi par la fenêtre si j’ai besoin de compagnie. »

Sourire, encore. Comment oublier cette incursion mémorable de sa part dans ma chambre pendant les dernières vacances ? Maman n'est pas dupe, je sais parfaitement qu'elle a deviné et il faut le dire, je ne suis pas très douée pour cacher des choses de toute façon. Derrière tout ça je ressens sa sincérité, tout ce qui m'importe c'est qu'il sache qu'il peut compter sur moi. Je ne pourrais jamais lui rendre sa sœur mais je peux l'aider à défaire les nœuds dans sa tête quand ils se forment, lui changer les idées, l'écouter me parler d'elle s'il en ressent l'envie et/ou le besoin, juste … être là. J'ai eu peur de perdre Charleen il y a de ça peu de temps, je n'ai pas la « prétention » de comparer nos deux histoires mais j'ai peu frôler ces ressentis l'espace d'une seconde, les imaginer en tout cas. Contrairement à la plus part de mes amis les plus proches j'ai la chance de n'avoir jusqu'ici jamais perdu personne – et je touche du bois – alors je me sens parfois un peu inutile, disons pas vraiment crédible, mais j'ai appris à composer avec, à trouver ma place, un moyen de les aider sans pour autant les comprendre. Ça n'est pas ce qu'ils attendent de moi, ça aussi je l'ai compris et accepté.

« Ca m’fait un peu flipper de vivre dans cette baraque sans elle. J’ai jamais fait plus de deux semaines, alors plusieurs mois … J’m’adapterais. »

Ma main effleure sa joue tandis que la sienne va et vient sur mon bras. Je dépose un doux baiser sur ses lèvres avant de lui sourire avec bienveillance.

« Laisse toi le temps. T'as déjà fait beaucoup de chemin. »

Je me dis qu'il y aura des jours plus difficile que d'autres, qu'elle brillera parfois par son absence, mais … le temps fait son œuvre, je crois. Lui, son père, sa mère, seront là les uns pour les autres, ils apprendront à vivre à trois sans pour autant oublier le quatrième élément de leur noyau familial.
S'en suis un nouveau baiser auquel je me laisse aller, le genre de baiser dont je ne me lasserai jamais alors que ses mains glissent sur mes épaules, se posent sur mes hanches, quand les miennes entourent son cou et sa nuque. Le monde cesse d'exister l'espace de quelques instants.

« On va partir tous les deux, une bonne semaine loin de tout ça et après on verra pour les choses les plus sérieuses. Mais en attendant, détente et vacances. Et je n’serais pas contre me retrouver seul avec toi quelques temps. »

Je m'apprête à lui rétorquer que de toute façon il n'a pas le choix mais le sourire qui commence à naitre sur ses lèvres m'interromps et me fait froncer les sourcils. Je te connais par cœur Vargas ...

« Après si tu veux pas, j’peux demander à Miss Equateur si elle veut m’accompagner dans une maison paumée dans la Pampa… »
« T'as raison, fais ça, ça sera plus simple pour moi de cacher les corps ou de les balancer aux équarrisseurs de la nature. »

Vautours et autres charognards, poissons divers, gros reptiles et j'en passe. L'embarras du choix ! Et oui j'y balancerai les deux !

« D'ailleurs t'as pas remarqué qu'on ne la voyait plus ces derniers temps ? »

C'est faux, bien sûr, mais la simple idée de la savoir enterrée en douce par Kezabel et moi dans un coin de la forêt me procure bien plus de plaisir qu'il ne le faudrait. Sourire sadique sur le visage, je le regarde de haut tout en arborant un air fier. Cet air se fait bien plus sournois quand je sors à mon tour une arme qui, je le sais, le fera rapidement déchanter. Et je m'excuse auprès du concerné, parce que je n'assume qu'à moitié.

« Si tu fais ça je vais passer une semaine à Liverpool chez Matthew. »

L'idée de mettre Derek sur le tapis m'a effleuré mais on n'est pas là pour raviver les braises de certains sujets sensibles. Même si pour moi ça ne veut plus rien dire, je sais que Mateo a plus de mal à passer le cap.

« Maintenant on va monter dans ton dortoir et tu vas te faire pardonner cet affront. »

Sans attendre je me lève et le chope par le haut de ses vêtements pour le forcer à se relever, sûre de moi et directive. Tu as voulu jouer mon grand, bien, assume ta prise de risque maintenant. En réalité, j'ai surtout envie de passer un moment avec lui, un de ses moments où l'esprit débranche et où la communication se fait par les corps. Je ne lui laisse pas le temps de réfléchir, je sais de toute façon très bien de quelle façon est câblée son cerveau et je doute sincèrement sur le fait qu'on parvienne jusque dans les Tours. La seconde d'après il m'attrape et me balance sur son épaule comme un homme des cavernes sans arrêter son chemin, j'éclate de rire en me débattant.

▬ FINI POUR MOI ▬
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For it is plain as anyone can see, we're simply meant to be ▬ Mateo
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