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 Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen

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MessageSujet: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Jeu 11 Mai 2017 - 22:41

Vendredi 19 Avril 2015 – Dans la nuit du vendredi au samedi
Just a second, we're not broken just bent



Charleen & Elijah

Vendredi 19 Avril, fin de matinée

Isolement.

Je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça mais je crois que quelque part, j’en ai besoin. Depuis que j’ai complètement explosé en 1 000 morceaux dans les bras de Caem il n’y a pratiquement qu’avec lui que j’ai réellement passé du temps ces derniers jours. Je vais en cours mais je ne parle pas, ne m’agite pas comme d’habitude et me contente de sourire quand on me pose des questions. Pas envie d’en parler. Pas envie de parler tout court. Désolée tout le monde …
Je vais donc en cours, oui, à l’exception des cours de Botanique parce que je ne me sens pas capable d’être dans le même endroit que … qu’elle, mais pour le reste je suis présente. Au moins physiquement. Tout n’est plus que révision, de toute façon, quant aux examens … Difficile de me concentrer sur ça, je l’admets. Difficile de me concentrer sur quoi que ce soit en réalité.

« Eli, ça va ? »

Sursaut. C’est comme si je me réveillais, comme si on me sortait d’un rêve dont je ne me souviens pas. Ça n’est pas violent, c’est même tout ce qu’il y a de plus calme et doux. Inquiet, aussi, je peux le percevoir. Je dois avoir l’air un peu perdu je pense parce qu’il ressent le besoin d’apporter plus de précision. Et je n’ai pas répondu à sa question, je ne compte pas le faire.

« Le cours est terminé. »

Le cours ?

« Ah. Oui. Pardon. »

Oui, le cours. De Potions. Il est midi, c’est l’heure d’aller manger et je crois que je n’en ai pas trop envie.

« Tu veux que j’aille chercher Caem ? »
« Non ça va, c’est gentil. Merci Enzo. Je vais … »

En réalité, je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire. Je fixe le vide une seconde puis me souviens de sa présence alors je lui adresse un léger sourire tout en m’activant pour ranger mes affaires.

« A tout à l’heure. »

Pour la Métamorphose. Aujourd’hui non plus je n’ai pas le courage ni la force d’aller dans les Serres.

#

Vendredi 19, dans la nuit du vendredi au samedi

Vendredi soir. Normalement ce soir là le château est plein d'effervescence et comme beaucoup je n'ai pas envie d'aller me coucher. La présence des Détraqueurs a rendu tout le monde un peu méfiant mais au fil des jours il n'en reste – je crois – que très peu. Je pourrais dire que j'espère ne pas en croiser alors que je suis seule  parce que depuis samedi je n'arrive plus à invoquer mon Patronus mais même ça, la peur, me passe au dessus de la tête. Je me sens comme une coquille vide, épuisée, vide d'énergie. Vide d'émotions ? Non. Je ressens des choses, beaucoup de tristesse en réalité, mais mon mutisme et mon isolement sont un réel besoin. Je n'ai quasiment pas vu Lukas cette semaine et à vrai dire je crois qu'il n'a pas vraiment fait attention. Kezabel a essayer de communiquer avec moi, Charleen aussi bien sur, mais j'ai fuit en essayant d'être le plus polie possible et elles n'ont pas insisté. Les Professeurs ont bien vu que je ne suis pas comme d'habitude, je ne me suis pas ouverte à eux pour autant. A Elias non plus. Je sais que je fais peut-être de la peine à certaines personnes mais j'ai besoin de souffler. Si je me trouve en présence de l'une d'entre elle, alors tout remontera à la surface à nouveau et je ne m'en sens pas la force.

Pourtant …

Il est 23h30. Je suis roulée en boule sous mes draps depuis deux bonnes heures, muée dans le silence, immobile et seule. Rideaux tirés, espace insonorisés, c'est comme si j'étais sur une coquille de noix en pleine mer, une coquille de noix fermée, et je dérive loin de tout et tout le monde. Je l'ai voulu, j'ai désiré rester seule et loin des autres, et ça n'est même pas pour fuir la réalité mais simplement parce que je ne suis pas prête à en parler. Mais oui, pourtant, alors que mon regard fixe l'obscurité, je sens que quelque chose se fissure en moi.
Je n'y arrive plus. Je me sens seule, trop seule, j'atteins ce point critique où cet isolement devient un poids. Mes yeux se ferment, les visages de Daniel, Papa et Maman défilent sous mes paupières et je donnerai n'importe quoi pour être avec eux en cet instant seulement c'est impossible. Les minutes passent, défilent à une lenteur absurde, ce sentiment de solitude m'étouffe, m'oppresse. Je suis un animal sociable, j'ai besoin des autres et d'autant plus aujourd'hui alors que j'ai autour de moi des personnes formidables qui me regardent comme jamais personne ne m'a regardé en dehors de ma famille. Ils ne me jugent pas, m'acceptent telle que je suis, aussi épuisante que je peux l'être parfois. Et c'est exactement ce dont j'ai besoin en cet instant, pas … d'être seule. Encore. Plus jamais.

Les sanglots m'étranglent, un hoquet m'échappe alors que je cherche mon air en repoussant drap et couverture et m'assoie sur mon lit, comme à bout de souffle. Mon cœur bat à tout rompre et j'ai au creux du cœur, du ventre, cette envie de me mettre à courir comme une folle pour échapper à tout ça, tout ce que je ressens subitement sans savoir comment le gérer. Je sais que je n'y arriverai pas toute seule. L'idée d'aller chercher Caem me traverse l'esprit une seconde c'est vrai mais d'une, il doit être avec Killian, ou ses copains, et de deux un autre visage se présente à mes pensées. Un visage que j'ai rejeté injustement ces derniers jours. Je me lève sans attendre une seconde de plus, c'est pieds nus que je quitte le dortoir et m'engouffre – en pyjama – dans l'escalier qui me mènera à l'étage au dessus. J'entre sans frapper mais en douceur, autant que je le peux. L'endroit n'est pas vide, l'une des filles est assise sur son lit et révise je crois. Mon regard s'attarde sur elle une seconde alors qu'elle me dévisage sans rien dire, sans expression particulière dans les yeux. Peut-être un peu de surprise, ça n'a pas vraiment d'importance.
Le lit vers lequel je me dirige a les rideaux fermés et j'ignore totalement si son occupante est présente. Si ça n'est pas le cas, je ne sais pas ce que je ferai mais je ne suis pas capable de me projeter jusque là. Je m'arrête, effleure le rideau, hésitante.

« Charleen ... »

Il s'ouvre, ce rideau, et c'est un profond soulagement qui affaisse mes épaules. J'ai l'impression que je vais m'écrouler sur le sol, mon corps tout entier est secoué de tremblement et les larmes commencent à rouler sur mes joues. Du coin de l'œil j'aperçois Circée, assise sur le lit de sa maitresse, intriguée. En temps normal j'aurai fait un pas en arrière, autant à cause de la peur que des allergies mais tout ça ne m'effleure pas l'esprit une seconde. Mon poings se serrent autour d'un bout de rideau, je plonge dans le regard de ma camarade qui est devenue bien plus que ça au fil des semaines sans que je ne m'en rende réellement compte. J'ai trouvé en elle une amie, une confidente aussi, une personne qui me rassure comme peut savent et peuvent le faire. Sa douceur est un havre de paix et j'ai besoin de ce havre de paix.

« Est ce que je peux rester avec toi ? »

Si peu de mot et déjà besoin d'air. 

« S'il te plait. »
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Sam 13 Mai 2017 - 13:44

► Just a second, we're not broken just bent ◄
Elijah & Charleen


Jeudi 16 Juin, fin de journée

Je cours, traverse les couloirs à une vitesse qui me semble décuplée par mes émotions. Une joie puissante, intense, presque palpable dans l’air tout autour de moi. Je suis courbaturée, presque épuisée mais pourtant, en cette seconde, une énergie nouvelle me transporte aux travers les couloirs, descendant les escaliers trois par trois, manquant même parfois de trébucher sur un pavé.
J’ai le sourire jusqu’aux oreilles, le cœur qui va exploser à la fois de fierté et de bonheur. Ce qu’il s’est passé peut paraître tellement stupide pour certains que quelque part je me dit que j’en fais peut-être des tonnes pour pas grand-chose.
Mais comment ne pourrais-je pas être contente de ce qu’il vient de se produire ? Comment ne pourrais-je pas en être aussi fière ? Je ne l’ai pas vu venir, je ne m’y attendais pas mais quand j’ai assisté à ce spectacle… j’en ai encore le cœur qui palpite d’excitation, rien que d’y penser.

Je continue ma course folle jusqu’à la salle commune des Serpentard. Ça fait déjà trois lieux que j’arpente comme une folle furieuse à la recherche de ma sœur sans la trouver. Mais si j’en crois Lukas, c’est là bas que je l’y trouverais.
Essoufflée et le cœur battant, je passe difficilement la porte gardienne de leur salle, ayant trop de mal à articuler deux mots sans être entrecoupé par mon souffle que je tente de reprendre tant bien que mal. Pourtant, je ne m’arrête qu’une poignée de seconde, une main sur le point de côté qui vient de se former brutalement. Ça m’apprendra à ne pas être suffisamment sportive…
Mon regard brillant balaie la salle des yeux pour chercher Riley, puis grimpe les escaliers menant à sa chambre. Je débarque comme une petite furie, comme une mini-tornade à l’effigie de sa sœur. J’ouvre la porte sans frapper et la chercher. Et en parlant de sœur…

- Riley ! Faut … que j’te mo…montre un … truc….

C’est à se demander si je ne vais pas m’évanouir sous l’effort que je viens de fournir intensément, entre l’excitation et ma course. Elle ne comprend pas, me demande de me calmer et c’est à peine si je l’entends tant mes oreilles bourdonnes. Mais jamais mon sourire ne se défait de mon visage, encore moins avec ma Riley en face, la principale concernée par ce que je veux lui faire partager.
Je prends sur moi, inspire un grand coup, les deux mains sur les hanches. Je laisse planer quelques secondes avant de prendre ma baguette dans ma poche, geste tremblant d’impatience.

- Regarde.

Je ne fais pas attention aux autres filles de la chambre s’il y en a, mon intention est focalisée uniquement sur ma sœur et sur ce que je m’apprête à lui montrer.
Un geste de la baguette, un expecto patronum murmuré et aussitôt, une aura argentée jaillit de celle que je considère comme une fidèle alliée.
Rien de compliqué pour ce sortilège, pas lorsque votre cœur n’est qu’un nid de bonheur et de fierté. Je n’ai même pas à puiser bien loin pour obtenir un souvenir et sentiment heureux qui m’aideront à former un patronus parfait. Il me suffit simplement de me rappeler ce qu’il s’est produit il y a une vingtaine de minutes pour me sentir bercer par un sentiment de pur bonheur.
Et il est là.
Ou plutôt, Elle est là, devant moi. Brillante d’une aura plus que jamais argenté et puissante, le dortoir totalement baigné d’une lueur incroyable.

- Il a changé. Sourire jusqu’aux oreilles, je me tourne de nouveau vers Riley. Mon patronus a changé.

Puisque ça n’est plus une chevrette qui se forme désormais mais une magnifique biche. Pas aussi imposante et charismatique que celle de Riley mais pourtant, elle dégage quelque chose que je définirais de presque de palpable.
Si je suis si exultée, si enthousiasme et surtout si fière, c’est tout simplement parce que mon patronus vient de prendre la forme d’une entité que je respecte plus que jamais, pour qui j’éprouve la plus profonde affection. Depuis que Riley m’a parlé de son propre patronus, de l’histoire de son collier dont le pendentif représente le même animal, je vois ma sœur dans chacune des biches que je croise. Elle me rappelle sa douceur, cette assurance qu’elle me donne parfois et je suis parfaitement consciente que si aujourd’hui mon patronus à murit, c’est en grande partie grâce à elle. Mais surtout, le fait qu’il prenne la forme de son animal totem est une marque profonde d’amour et de respect que j’éprouve envers ma sœur dont je croise le regard brillant, presque larmoyant.
Je termine dans ses bras, logée dans une étreinte chaleureuse alors que je lui raconte en détail comment ça s’est produit, animée par l’excitation.

Un détraqueur nous a pris en traitre avec un camarade de classe, Joel. Je me souviens être à ce moment-là plongée dans un état d’esprit presque serein, confiante. Nous commencions presque à avoir l’habitude de devoir faire face à ces horreurs, à n’importe quel moment de la journée mais… Il y avait quelque chose de différent. Peut-être à cause de tout ce qu’il s’est passé avec Ethan, l’inquiétude que j’éprouve envers Elijah, le manque aussi… je ne sais pas, mais ça fait peut-être sens après tout.
Je ne me suis pas démontée, prenant mon courage à deux mains pour lui faire face en fouillant au plus loin un souvenir heureux, brillant, avant de formuler mon patronus qui a jaillit de ma baguette, bien plus grand et bien plus imposant que je ne l’attendais.
Rien que d’y repenser, que de me souvenir, mon sourire s’élargit, regard posé sur Riley.
Je n’ai jamais été aussi fière de notre fraternité qu’en ce jour.


¥


Mais un bonheur n’est jamais vraiment complet lorsque qu’une personne qui vous ait chère semble brisée.
Ca fait déjà plusieurs jours que je l’observe sans rien dire, sans la brusquer, sans trop envahir son espace. Mais je ne peux pas ignorer l’inquiétude qui me ronge un peu plus chaque jour. Je n’aurai jamais cru que son propre malheur aurait pu avoir un impact si lourd sur moi. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé et malgré mes maigres tentatives pour l’approcher, comprendre, je n’en sais toujours pas plus. Comment est-ce qu’une personne aussi vive, pleine de joie de vivre qu’Elijah peut aujourd’hui, se retrouver aussi éteinte ?
Elle me manque. Cruellement. Ces dernières semaines, ces derniers mois, ont été suffisamment intenses pour nous rapprocher toutes les deux. Une amitié certaine, une véritable bouffée d’oxygène. J’aime la voir rire, me poser un million de question sur tout un tas de chose avec la même curiosité qu’une enfant. Mais j’aime aussi son sérieux parfois, sa gentillesse profonde et pure, son humanité, sa joie de vivre.
Alors que t’est-il arrivé depuis ce jour où les Détraqueurs sont arrivés ?
J’ai été demandé conseils à Riley et à Kezabel qui m’ont toutes les deux dites la même chose : Lui laisser du temps. Mais ce temps me parait interminable lorsque je la vois se ternir un peu plus chaque jour. Je ne suis pas blessée, ni vexée. Je n’en ai de toute façon pas la volonté, pas avec elle. Mais plus les jours défilent, plus je me fais un tas de films aussi effrayants les uns que les autres. Et s’il lui était arrivé quelque chose de grave dont elle ne veut pas parler ? Si quelqu’un lui avait fait du mal ?
L’idée même me fait naitre quelque chose de nouveau au creux du ventre. Une colère sourde, brûlante. Prenant le pas sur l’inquiétude.
Et si je pense à ça maintenant c’est parce que je l’observe depuis ma place, au fond de la bibliothèque. Elle étudie, assidument. Comme nous tous dernièrement pour la dernière ligne droite des examens. Mais encore une fois, elle semble … changée.
J’hésite longuement à aller la voir. Essayer encore une fois, juste pour lui arracher un sourire qui illuminera ses grands yeux noisette. Mais j’ai à peine esquisser un geste que Caem s’approche d’elle. Une connexion semble naitre de ces deux personnes et je rabaisse mon bras, lentement.
De nouveau, une sensation étrange au creux du ventre. Une sensation que je ne cherche pas à décrypter par pur instinct de préservation.
Peu importe, tant qu’elle aille bien. Tant que quelqu’un dans cette école peut encore lui insuffler un souffle de vie.


¥


Vendredi 19 Avril 2015 – Dans la nuit du vendredi au samedi


- Bon, je vais lire un peu avant de dormir.
- Ok ! Je vais continuer un peu de bûcher sur ça et je me couche aussi. Merci de m’avoir filé un coup de main, j’ai cru que j’allais jamais comprendre la différence entre nombre intime, de réalisation et d’expression.
- De rien. J’ai mis deux jours avant de comprendre et maintenant je m’amuse à faire ça sur les prénoms de toute la classe…

Gabrielle ricane, amusée alors que je me lève de son lit pour rejoindre le mien.

- Bonne nuit.
- Merci, toi aussi Charleen.

J’agite la main et ouvre mes rideaux pour m’asseoir sur mon matelas, refermant derrière moi. Circée est là, roulée en boule pour finir par s’étirer à ma venue, venant chercher quelques gratouilles que je lui donne, sourire aux lèvres. Je passe cinq bonnes minutes assises en tailleur à lui procurer une vague de câlin qu’elle accueille en ronronnant. Ce simple geste m’a toujours détendue, apaisée. C’est devenu une sorte de rituel depuis plusieurs années maintenant où je passe un petit temps à la gratouiller avant d’aller me coucher. La séance câlin terminée, je me glisse sous ma couette et prend le livre posé sur ma table de chevet.

« Miss Peregrine et les enfants particuliers ».

Je ne l’ai pas encore commencé mais c’est papa qui me l’a envoyé il y a quelques jours avec un petit mot me racontant qu’il l’a trouvé près des poubelles et que la couverture lui a plu. Je n’ai pas encore lu la quatrième de couverture, préférant me laisser la surprise du sujet aborder, du héros et de tout ce que contiendra l’histoire.
Je m’apprête à ouvrir le bouquin mais un murmure m’arrête net dans mon geste.

- Charleen…

Mon cœur s’arrête une fraction de seconde alors que je reconnais sa voix, même murmurer. Je me redresse, pose mon livre et ouvre lentement le rideau.
Je n’ai pas le temps de me sentir soulager de quoi que ce soit que mon estomac se tord devant ses larmes qui surgissent à la seconde où elle croise mon regard.

- Eli, qu’est-ce qu’il y a ?

Je me redresse, à genoux sur mon lit, observant la personne dont je me suis certainement le plus rapprochée ces derniers temps se briser devant moi. Et ça me touche, profondément. Presque brutalement. Elijah est là, devant moi, triturant le rideau du bout des doigts. Je ne l’ai jamais vu si… triste. Si marquée. Et ça me rend silencieusement folle. Venant d’une personne aussi vive et joyeuse qu’elle, la moindre trace de tristesse, de douleur, se trouve être décuplée fois dix. Fois cent.

- Est ce que je peux rester avec toi ? S'il te plait.

Ce n’est que parce que Circée se mouve derrière moi que je me rappelle sa présence avant de percuter deux choses. La phobie d’Elijah pour les chats mais surtout, son allergie. Je saisis ma baguette, effectue deux sortilèges. Le premier pour éradiquer toute traces de poils sur mon lit et le deuxième entourant Circée d’une bulle invisible… Chose qu’elle apprécie moyennement puisqu’elle se redresse, boudeuse, avant de descendre du lit pour aller certainement s’allonger sur le bord de la fenêtre de la salle commune.
Désolée... mais mon intention n’a pas le temps de vraiment s’en soucier, me promettant de m’en occuper dès demain en me faisant pardonner à coup de gratouille. Mes sens sont entièrement focalisés sur Elijah que je prends aussitôt par la main, en douceur.

- Viens.

La question ne se pose pas, jamais je ne la repousserais. Encore moins dans son état qui ne cesse de m’inquiéter, me poussant à me poser mille et une question que je ne formule pas.
Je ferme les rideaux derrière moi, agitant de nouveau ma baguette pour nous entourer d’une bulle d’insonorisation. Je ne veux pas qu’elle se sente observée ou oppressée, préférant préserver une certaine dose d’intimité. Je ne peux ignorer le soulagement profond de la voir ici, près de moi. Je sais que c’est égoïste mais ces derniers jours je l’ai vu tant de fois… s’éloigner que j’ai cru plus d’un instant de la voir disparaitre, définitivement. Alors je ne peux pas refouler ce soulagement de la voir face à moi, même si l’inquiétude et la douleur prennent le pas sur le reste.
Ses larmes ne me laissent pas indifférentes, c’est même tout l’inverse.
J’ouvre une partie de la couverture pour qu’elle vienne s’allonger et la rabat sur ses épaules alors que je m’installe à côté d’elle pour la prenne naturellement et tout en douceur dans mes bras. Sans un mot pour l’instant. Sa fragilité est palpable, au travers ses larmes, au travers ses traits que je devine dans une peine ombre que j’ai laissé avec une seule petite boule de lumière qui éclaire à peine nos deux visages.
Mes bras l’enserrent contre moi, tendrement, alors que je la sens pleurer un peu plus. Ça me déchire de l’intérieur, me brise le cœur mais je ne bouge pas, me contentant de lui offrir ce que je peux pour l’instant. Ma présence et une tendresse que je lui donne à cœur ouvert. Allongées l’une contre l’autre dans un silence presque apaisant, je passe une de mes mains dans ses cheveux, mon visage contre sa tempe.

- Reste autant de temps que tu veux.

Pour la nuit. La journée. Des jours si tu le souhaites. Peu m’importe tant que tu te sentes bien. Mieux.
Je ne sais pas combien de temps s’écoule depuis son arrivée, depuis que je la tiens contre moi comme ça mais … je ne peux pas ignorer cette chaleur rassurante. Son corps contre moi, apaisant. Comme une bouffée d’oxygène de la sentir de nouveau. Je continue de passer ma main dans ses cheveux, sans un mot, attendant qu’elle s’apaise, qu’elle se calme. Je ne sais toujours pas ce qui peut la rendre dans cet état depuis déjà plusieurs jours mais je n’ose pas lui poser la question pour le moment, préférant lui laisser du temps.

- Tu m’as manquée.

Je la serre inconsciemment un peu plus fort, sans pour autant lui faire du mal. J’ai peut-être changée, évoluée depuis… mais je n’en reste pas moins sensible, émotive. Mes mots ne sont que l’expression d’une vérité que j’ose formulée dans un murmure. Espérant qu’ils la rassureront un peu, lui redonneront du baume au cœur.
J’attends de nouveau quelques secondes avant de lâcher dans un nouveau murmure, en douceur.

- Tu n'es pas obligé d'en parler mais je suis là si tu as besoin. D’accord ?

Je ne la forcerais de rien. Si elle préfère ne jamais me dire ce qui la ronge je l’accepterais, mais je veux seulement qu’elle sache que si ce jour se manifeste, je serais présente. Que je peux également lui apporter soutient dans le silence et dans les gestes.
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Dim 14 Mai 2017 - 0:18

« Viens. »

Ces gestes, je ne les ai qu'à peine vu mais les mots, le mot, il parvient à mes oreilles et résonnent partout dans mon corps, faisant s'affaisser mes épaules de soulagement. Je ne veux pas être seule, je ne veux plus l'être. Je ne peux plus. Circée n'est plus là, Charleen m'a attrapé la main et ce simple geste fait affluer les larmes un peu plus. Un peu de douceur, de chaleur, une présence.
Je me laisse guider comme un pantin incapable de réagir si on ne tire pas ses fils, en réalité je m'en remets totalement à elle parce que j'en ai besoin, j'ai besoin que quelqu'un décide pour moi, s'occupe de moi, et instinctivement c'est elle que je suis venue chercher. Je me glisse alors sous les couvertures, m'allonge sur le côté et la laisse me recouvrir. Je n'en suis pas encore au stade où j'arrive à apprécier ces gestes comme je le devrais, ma tête est un incessant bourdonnement mais ce que je ressens c'est un peu de répit. Ça vaut pour moi tout l'or du monde. Je veux juste … me reposer, oublier l'espace d'un instant, lâcher prise et ne plus vraiment être là. Ne plus vraiment être moi. Quand elle me prend dans ses bras je viens me blottir contre elle, chercher la chaleur qu'elle dégage, ce cocon de protection qu'elle m'offre même s'il fait couler mes larmes en discontinu.

« Reste autant de temps que tu veux. »

J'aimerai la remercier mais j'en suis incapable, les mots ne parviennent pas jusqu'à mes pensées, ils ne peuvent pas franchir la barrière de mes lèvres demeurant entrouverte pour m'aider à respirer comme je peux. Je craque mais d'une autre manière. Il y a eu la violence puis l'explosion, s'en est suivi le silence et l'isolement, à présent c'est autre chose encore. Du soulagement, je peux le sentir aussi bien que je sens sa main dans mes cheveux, aussi bien que je m'imprègne de sa présence. Je me sens protégée, en sécurité, c'est comme si plus rien ne pouvait m'atteindre. Enfin, j'ai le sentiment de pouvoir fermer les yeux en me disant que tout ira bien alors sans m'en rendre réellement compte je m'accroche à elle, les yeux clos et le visage enfouie contre elle.
Le temps s'écoule, j'ignore à quelle vitesse, dans le silence et je m'apaise, un peu, me calme. Ma respiration s'est peu a peu calée sur la sienne, mon cœur a cessé de me donner l'impression qu'il allait s'échapper de ma cage thoracique et je ne pleure plus. Je ne peux pas dire que je me sens bien mais je me sens mieux, c'est indéniable.

« Tu m’as manquée. »

Mes yeux s'ouvrent, je le sais c'est une expression de surprise que je dois avoir sur les traits du visage. Je ne m'attendais pas à entendre ces mots, je ne pensai pas avoir pu provoquer ce sentiment chez elle et c'est bien de la culpabilité qui vient rampé quelque peu dans mes veines alors qu'elle me serre plus fort contre elle. L'idée de lui avoir fait ne serait-ce qu'un peu de mal, peut-être, me fait monter à nouveau les larmes aux yeux.

« Je suis dé...désolée ... »

C'est sincère mais je sais que je n'aurai pu faire autrement, je n'aurai pas pu venir la voir, faire comme si rien ne s'était produit. Je n'aurai pas pu non plus lui raconter tout ce qui s'est passé. J'avais besoin de cet éloignement, besoin de souffler, besoin d'être centrée sur moi.

« Tu n'es pas obligé d'en parler mais je suis là si tu as besoin. D’accord ? »

Après la culpabilité, les remords d'une certaine façon, c'est un vent de panique qui vient s'emparer de tout mon être. J'ouvre la bouche, braque mon regard sur l'obscurité sans pour autant chercher à me détacher d'elle, à m'éloigner de cette étreinte rassurante, mais aucun son n'en sort et je ne nierai pas cette envie, presque un besoin, fugace néanmoins, de prendre la fuite.
Je ne peux pas, pas maintenant. Je ne suis pas prête. Je voudrai juste … juste fermer les yeux et rester là, m'endormir dans ses bras, sentir que je ne suis pas seule et juste ça. C'est très égoïste de ma part j'en ai parfaitement conscience mais c'est tout ce que je peux faire pour le moment.

« Est-ce qu'on peut ... juste rester comme ça ? »

J'ai peur qu'elle m'en veuille, cette idée fait naitre un frisson au centre de ma nuque, frisson qui se propage tout le long de ma colonne vertébrale.

« Demain. »

Je n'ai pas la certitude que ça sera plus facile demain, je ne peux pas le lui promettre mais en cet instant, alors que je me rapproche d'elle et cherche son contact réconfortant un peu plus, j'aimerai juste fermer les yeux et m'endormir. Me laisser happer par cette impression de pause dans ma spirale, une pause qui cette fois me permet réellement de souffler.

Et je ne tarde pas à m'endormir, en réalité.

#

C'est un long et profond sommeil qui m'a accompagné tout au long de la nuit, un sommeil comme je n'en ai pas côtoyé depuis des jours et des jours. Un sommeil apaisé, quelque chose que je ne dois qu'à sa présence je le sais et quand j'ouvre les yeux, lentement, pas trop certaine de l'endroit où je me trouve au départ, je suis rassurée de voir qu'elle est toujours là. J'ignore totalement quelle heure il peut bien être, je crois simplement que le soleil est présent et qu'il perce dans le dortoir. Je mets du temps à émerger, avec cette impression étrange d'avoir la tête coincée dans un nuage alors que mon poing est refermé autour du haut de pyjama de Charleen. Chose dont je ne me rends pas compte alors l'y laisse. Encore quelques secondes, le temps de réussir à réellement prendre conscience des choses, de me redresser aussi, et quand je parviens enfin à m'assoir, je jette un regard sur le lit, les yeux à peine ouverts.

« Circée n'est pas revenue ? »

Je ne la vois nulle part et dire que ça ne me rassure pas serait mentir mais je m'en veux de la priver de sa maitresse, et de priver Charleen de son animal de compagnie. Je réalise seulement maintenant que je n'ai pas éternué une seule fois et mon nez ne semble pas vouloir me chatouiller, ma gorge ne me pique pas non plus bien qu'elle soit un peu sèche. Ma mémoire se ravive, je me souviens des gestes de mon amie quand elle m'a invité dans ce refuge hier soir.
Ce matin je me sens reposée pour la première fois depuis des jours et sortir de cet état de sommeil est très difficile. Être ici me semble naturel, peut-être un peu trop puisqu'après tout je ne suis pas chez moi. Je devrai la remercier mais j'ai comme l'impression de planer complètement. Je crois que si je repose ma tête sur l'oreiller, je dors à nouveau. Je redécouvre des sensations toutes simples mais oubliées.

« Merci de m'avoir permis de rester, ça m'a fait beaucoup de bien d'être avec toi. »

Je lui souris, maladroitement, un peu fébrile. Oui, ça m'a fait énormément de bien, je me suis sentie bien dans ses bras, comme protégée du reste du monde, enfermée dans une bulle douce, chaude et rassurante.

« Toi aussi tu m'as manqué. Beaucoup. »

Je baisse les yeux une seconde puis la regarde à nouveau. Je ne m'en rendais pas compte sur le coup, j'avais réellement besoin d'être seule mais ces derniers temps on s'est beaucoup rapprochées toutes les deux et passer une journée sans avoir un moment avec elle … c'est presque devenu invraisemblable.
Je sais que tôt ou tard viendra le moment des confessions, de la grande révélation, des questions peut-être mais je ne réfléchis pas à mon geste, je me rapproche d'elle et l'enroule de mes bras, me serrant fort contre elle. Une chaleur apaisante se diffuse immédiatement dans mon corps, je ferme les yeux et sans m'en rendre compte la respire. Cette odeur, elle est devenue familière, elle m'a accompagné toute la nuit. Elle sent vraiment bon. Même son odeur est douce. J'aimerai rester comme ça encore un moment et ça n'est pas parce que je refuse d'affronter la réalité, c'est simplement parce que je m'y sens bien.
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Dim 14 Mai 2017 - 18:11

Je ne voulais pas la faire culpabiliser en lui disant qu’elle m’a manquée, je ne voulais pas lui faire du mal et je me dis que j’aurai peut-être dû me taire. Il ne faut pas qu’elle s’excuse et je le lui fais comprendre en la serrant un peu plus fort contre moi. Ça me fait tellement de bien de la sentir là, proche.
Ma voix s’articule de nouveau mais je promets que je ne la force de rien. Elle pourra me raconter tout ça demain, dans une semaine ou même dans deux mois, ça n’est pas grave. Le plus important pour le moment est de lui apporter le soutient et le réconfort dont elle a besoin. J’espère être à la hauteur, je fais de mon mieux en tout cas.

- Est-ce qu'on peut ... juste rester comme ça ?
- Bien sûr que oui.

Si je peux l’aider seulement en étant là alors ça me va. Pour la première fois j’ai la sensation d’être utile, de ne plus être cette petite fille fragile qui n’arrivait à rien d’autre qu’à angoisser. Je fais encore des cauchemars, parfois il m’arrive de pleurer en repensant à tout ça que j’ai vécu avec l’empoisonnement mais je me gère mieux. Tout ça c’est grâce à Riley, Mr Kingsley mais aussi à cette personne que je tiens contre moi. Et maintenant que nos sommes là, jamais je n’aurais pensé que d’être contre elle puisse être si… doux et agréable.

- Demain.
- Quand tu voudras.

Ne t’en fais pas, je te promets que tu as le temps que tu veux.
Je la sens se rapprocher un peu plus et j’ai la sensation de rougir légèrement, sans vraiment comprendre pourquoi. Pourtant je ne me sens pas gênée par sa présence… au contraire. Je suis bien là, avec elle, contre elle. J’ai le cœur qui bat plus vite et j’ai peur qu’elle ne le sente, qu’elle ne le remarque parce que si elle me demande pourquoi il bat si fort, je ne saurai pas quoi lui répondre.
Je me focalise sur elle, sa douleur et ses besoins et continue en silence de lui caresser les cheveux jusqu’à ce que je sente son corps se détendre et que son souffle devienne plus régulier. Mon étreinte se resserre légèrement alors que je pose mon menton contre son front, quelque part intimidée par cette proximité qui me provoque une douce chaleur au creux du ventre.
Paupières closes, je me laisse bercer par sa respiration et trouve le sommeil rapidement, lâchant un léger soupir de bien être .

¥

Un sommeil de plomb, un sommeil sans rêve. Juste un cocon agréable, chaud, tendre, me donnant l’impression d’être de retour à la maison, dans mon lit, logée dans une bulle de sécurité. Je crois que j’aurai pu continuer à dormir longtemps comme ça si je n’avais pas senti Elijah s’éveiller à mes côtés. J’ouvre péniblement les yeux sans pour autant me sentir épuisée. Je suis juste… bien. Un reveille illuminé par sa présence.

- Circée n'est pas revenue ?

Je me redresse, me frottant doucement les yeux de la paume de la main.

- Non, elle a dû passer la nuit dans la salle commune, près du feu.

Certainement bien plus confortable qu’ici. Je m’étire lentement , étouffant un bâillement dans le creux de ma main. EIijah a l’air d’aller mieux, tout du moins physiquement. Plus reposée, plus sereinement aussi. Et de la voir comme ça me rassure un peu je crois. C’est peut-être tout ce dont elle avait besoin pour se ressourcer un peu ?

- Merci de m'avoir permis de rester, ça m'a fait beaucoup de bien d'être avec toi.
- C’est rien, tu aurais fait la même chose pour moi. Je marque une petite pause, sourire aux lèvres. Je suis contente que tu sois venue.

J’ai envie de lui demander si ça va mieux, si elle se sent moins triste mais j’ai peur de faire une gaffe, de lui remuer des choses qu’elle n’a pas envie de remuer.
Son sourire fait naître le mien. Il est beau, ce sourire. Presque timide et fébrile. Il me touche quelque part.

- Toi aussi tu m'as manqué. Beaucoup.

Je lève mon regard vers Elijah, bloquant quelques secondes sur ses mots. Je ne m’attendais à rien lorsque je le lui ai dit hier soir mais ça me touche, je suis presque soulagée de l’entendre dire ça quand je croyais ne plus lui être indispensable. Je n’ai pas le temps de lui répondre qu’elle s’approche de moi pour me prendre dans ses bras, me serrant contre elle. Les miens s’enroulent autour d’elle, posant mon visage contre le sien, un sourire aux lèvres.
Ces retrouvailles nous font du bien à toutes les deux, c’est l’impression que j’en ai et à aucun moment je n’ai envie de me défaire de cette étreinte qui me provoque le même effet que cette nuit : un apaisement chaleureux.
Mon corps entier s’éveille, prenant conscience de sa présence, de cette proximité et de nouveau mon cœur s’emballe. J’ai l’impression que dans ce geste pur d’affection et d’amour, l’ambiance change, devenant plus intime. Comme si nous partagions quelque chose que nous seules pouvions comprendre.

Je me serre un peu plus contre elle, me nourrissant de la chaleur qu’elle me procure. Je suis bien là, contre elle. J’aimerai que ça dure encore juste un peu. Ma main passe dans son dos, remonte le long de sa colonne pour glisser sur son épaule. Pour une fois je n’ai plus envie de me poser de question, je veux seulement profiter de ce qu’il se passe.

Je ne sais pas combien de temps nous restons dans les bras l’une de l’autre mais j’ai la sensation qu’au fur et à mesure que nous restons comme ça, quelque chose dans l’atmosphère. C’est léger mais suffisamment fort pour me donner un frisson agréable. Nous finissons par nous écarter, doucement, ma joue glissant contre la sienne et je croise son regard, là, tout proche. Son souffle sur ma peau, mon cœur qui s’emballe à grande vitesse, mon ventre qui se tord d’une chaleur agréable et intimidée. Je… ne comprends pas ce qu’il se passe. Ne le vois pas venir. Ou peut-être que si mais que je ne me l’avouais pas jusqu’à maintenant.
Je ne réfléchis plus à mes gestes, ne cherche pas à en prendre le contrôle, j’entends juste mon cœur qui bat trop fort dans ma poitrine et je reste figé dans ce regard brillant qui me capture. Impossible de savoir de qui vient le premier pas mais un infime geste suffit pour sentir ses lèvres contre les miennes. D’abord un effleurement, puis un contact plus franc tout en restant doux. Une explosion de saveur se déclenche dans ma poitrine, un vrai feu d’artifice éclate dans mes veines, dans mon cœur, partout en moi. Un feu d’artifice de bonheur. Électrisé du ventre à la nuque, un agréable frisson me parcoure les bras puis le dos, mon cœur battant avec force dans mes oreilles. J’ai les joues en feu, les mains posées sur ses épaules, tremblantes. Je ne réalise pas vraiment ce qui se passe, je ne réalise pas vraiment que c’est Elijah que je sens là, contre moi, lèvres contre lèvres.
Ou plutôt si, j’en prends pleinement conscience. Et c’est ça qui me donne autant de chaud aux joues, qui me rend si fébrile, comme si toute mon assurance n’existait plus.
C’est un nouveau souffle qui me transperce de part en part, presque un soulagement que je reniais depuis des semaines maintenant. Je sens son parfum, la douceur de ses lèvres est un sanctuaire pour mon cœur que je pensais meurtri. C’est comme s’il retrouvait un semblant de vie juste avec cette forme de tendresse.
La réalité me rattrape brutalement alors que je percute mes émotions, de mon corps entier qui hurle de bonheur par ce contact, comme s’il l’attendait depuis longtemps. J’ai le souffle coupé alors que je me recule lentement, assommé par la vague d’émotions qui s’est écrasée contre ma petite personne, mais surtout, j’appréhende la réaction d’Elijah.
Et malgré mes joues rouges et brûlantes, malgré mon cœur endiablé dans entre mes côtés, je prends conscience de tout un tas de chose qui me viennent naturellement, presque comme une évidence alors que je la regarde, mon visage à quelques centimètres du sien.
Je n’étais pas préparé à ce revirement de situation, à ça… je ne me suis jamais posée de question sur ma sexualité, tout ça me semblait évident, lucide. Mais maintenant ? Mon monde se renverse brutalement, bousculé par ce qu’il vient de se passer mais surtout par mes multiples émotions à son égard. Si hier soir j’avais parfaitement conscience de la force de notre rapprochement ces derniers temps, c’est encore plus le cas en cette seconde où tout prend un sens nouveau. Je me sens presque bête de voir à quel point ça me parait naturel et si… agréable. Ca ne m’avait jamais fait cette sensation. Comme des millions de petits papillons dans le ventre qui s’éveillent d’un coup. Entre la magie et la peur, l’excitation et l’appréhension.
Et je ne suis pas capable de détacher mon regard du sien, figé comme un animal prit entre les phares d’une voiture, déglutissant en silence en attendant la moindre trace d’une réaction de sa part.
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Lun 15 Mai 2017 - 23:16

En la prenant dans mes bras de cette façon, je ne crois pas chercher du réconfort. C'est ce que je voulais hier soir, c'est pour ça que j'ai débarqué ici les émotions sans dessus-dessous et c'est ce qu'elle m'a donné sans posé de question tout au long de la nuit en ne me lâchant pas une seule seconde. Cette fois c'est différent, je crois que c'est en partie pour la remercier d'être là, pour m'excuser de l'avoir laissée de côté ces derniers jours, de l'avoir maintenu à l'écart alors qu'elle n'a rien du comprendre. Je suis sincère en lui disant qu'elle m'a manqué même si je ne m'en rendais pas vraiment compte, l'esprit complètement absorbé par cette chose qui me colle encore au cœur et pèse sur mes épaules tout en me paraissant un peu moins lourd, moins présent en réalité. Quand je ne pensai pas à ça, mes pensées étaient focalisées sur les cours, les examens ou bien simplement le vide. Oui, le vide. Ce sont les moments que je préférai, quand je ne pensais plus à rien. Ils n'étaient pas réellement nombreux ces moments. Et puis ceux passés avec Caem aussi, un peu.
Je ne sais pas si je suis quelqu'un de tactile ou non, mes parents ne sont pas spécialement câlins – même si je n'ai jamais manqué de rien avec eux et surtout pas d'amour et d'affection. Dani ? C'est mon grand frère, il est presque adulte, jeune adulte même, faire des câlins à sa petite sœur n'est pas vraiment dans ses priorités et on passe plus de temps à faire des trucs qui bougent ensemble que de se démontrer notre affection certaine et réciproque. Mes amis ? Jusqu'ici on ne peut pas dire que j'en avais des tonnes et ces derniers mois c'est comme si tout ça explosait. Je dirai que si je ne suis pas câline, c'est simplement une habitude parce que dire que je n'aime pas ça serait mentir. Comme tout le monde, non ? Je n'y réfléchi pas outre mesure, je sais juste que je me sens bien, là, avec Charleen, en la serrant dans mes bras alors qu'elle me serre dans les siens. Je me sens apaisée, à la bonne place. Cette nuit, je me suis sentie protégée, coupée du monde, importante pour quelqu'un, suffisamment pour qu'elle m'offre ce qu'elle m'a donné.

Une pause dans ma tempête.

Et puis vient cet instant où quelque chose me semble changer dans l'atmosphère, dans ce qui émane de mon amie. Je ne sais pas combien de temps on peut rester comme ça, lovée l'une contre l'autre, elle dans mes bras et moi dans les siens, je ne sais pas non plus qui de nous deux met fin à cette étreinte. Pour la première fois depuis des jours, j'ai envie de sourire, d'un sourire encore sans doute un peu timide mais sincère. Puis je croise son regard, perçois quelque chose dans ce bleu que je ne comprends pas vraiment. Mon corps et mon esprit sentent qu'il se passe quelque chose mais ne parviennent pas à mettre le doigt dessus. J'ai l'impression que le monde s'est arrêté de tourner, qu'il n'y a plus que son regard qui existe et qu'il me captive complètement. Je n'arrive pas à m'en défaire mais pourquoi est ce que je le ferai ? Je m'y sens bien. Mon cœur bat très vite, comme s'il avait décidé de me rappeler à quel point je suis vivante. Je me demande ce qu'il se passe en cet instant dans l'esprit de Charleen, elle a l'air … différente ? Quelque chose flotte dans l'air, un quelque chose qui diffuse une douce chaleur au creux de mon ventre et fait s'emballer mon cœur un peu plus. C'est comme si j'avais des fourmis partout dans le corps, ou des papillons peut-être, je …

Oui.
Ce sont des papillons.

Et ils s'envolent tous en même temps dès lors que les lèvres chaudes de mon amie rencontrent les miennes sans que je n'ai compris comment c'est arrivé, ni si c'est venu d'elle, de moi ou peut-être de nous deux. Ça n'a pas d'importance.
J'ai fermé les yeux automatiquement et dès l'instant où ma vue se coupe, c'est comme si mes autres sens étaient exacerbés. Le goût, puis le toucher. L'odorat … L'ouïe aussi un peu … Je découvre des sensations qui me sont totalement inconnues et curieuse, les analyse les unes après les autres. Avec Elias, je n'ai pas ressenti ça. Ça n'était pas désagréable mais c'était … différent. Je sens ses mains posées sur mes épaules, les miennes posées sur ses jambes sans réellement y faire attention. La douceur de ses lèvres me donne envie de sourire, les papillons s'emballent et virevoltent partout dans mon ventre. C'est comme si une bulle de chaleur explosait à l'intérieur de moi pour s'engouffrer dans chaque vaisseaux sanguin et envahir la moindre parcelle de mon être. Ça ne dure qu'un instant mais je le décortique tellement qu'il me semble s'étendre sur des heures et des heures, comme si la notion du temps avait tout simplement cessé d'exister. Comme tout le reste. A l'exception de nous deux.

Et puis il prend fin, ce baiser. Encore une fois j'ignore si ça vient d'elle, de moi ou de nous deux. Encore une fois ça n'a pas d'importance. Je garde les yeux fermés un moment, lèvres entrouverte, me souvenant de chaque sensation les unes après les autres et c'est presque comme si je pouvais encore la sentir, sentir cet impact si doux. Un soupir m'échappe, comme si je relâchai tout l'air de mes poumons après l'avoir gardé captif malgré moi ces jours-ci. Et puis j'ouvre les yeux, enfin, portant mes doigts à mes lèvres sans y faire attention alors que mon regard retrouve celui de Charleen et que j'esquisse lentement, très lentement, un sourire. Je mets un peu de temps avant de reprendre mes esprits, avant de me rendre compte que ma camarade me regarde … comme si elle venait d'avoir une apparition. Ses joues sont teintées de rose, j'ai envie de rire. Pas un rire moqueur, juste un rire amusée par son expression. Et mon sourire s'élargit, comme rarement il ne l'a fait depuis un moment. Un léger rire m'échappe alors que je m'assoie en tailleurs face à elle. Pas l'ombre d'une trace de panique en moi, pas de questionnement ou d'angoisse, juste le bonheur simple né de ce geste.

« C'était doux. Et chaud. »

Les papillons font une embardée et semble voler tous ensemble, en cœur, en harmonie, dans une suite de cercles parfois rapides, parfois plus lents. Un nouveau rire cristallin m'échappe, je me dandine un peu comme pour m'installer un peu mieux, absolument pas perturbée par ce qu'il vient de se passer. Je viens d'échanger un baiser avec elle et j'ai aimé ça. J'ai aimé ce que j'ai ressenti. Curieuse, je me demande si les sensations seraient les mêmes si on recommençait. Est ce que c'est la première fois pour elle ? Est ce qu'elle a déjà embrassé un garçon ? Une fille ? Je me demandai s'il y avait une différence, j'en ai ressenti une mais je crois que c'est simplement parce que c'était deux personnes différentes. Ce que j'ai ressenti là, ce que je ressens encore, je ne l'ai pas ressenti la première fois.

Et puis seulement, au bout de quelques secondes à revivre ce moment dans ma tête pour le détailler dans sa totalité, je me rends compte que Charleen n'a toujours pas bougé, qu'elle me regarde toujours de la même manière. Je fronce les sourcils, inquiète, penche la tête sur le côté et cherche son regard, ayant l'impression qu'elle a comme … Perdu le contact ou quelque chose comme ça.

« Est ce que ça va Charleen ? »

Ma main droite vient effleurer son bras dans un geste calme et doux.
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Mer 17 Mai 2017 - 20:09

« Allo Lola, comme un garçon, c’est la première fois pour moi que tes yeux me font…»

Je ne quitte pas son regard, le cœur battant la chamade, mes joues rosies par tout ce que ce geste m’a fait ressentir mais aussi par cette pointe de timidité qui se profile alors qu’Elijah reste encore quelques secondes les yeux clos, lâchant un soupire que je juge… d’apaisé ? Je ne sais pas, je ne sais pas comment réagir, ni ce qu’il se passe dans sa tête et lorsque je la vois toucher ses lèvres du bout des doigts, mon stress grimpe d’un cran.
J’ai peur de sa réaction, de peur de ce qu’il va suivre, si bien que j’ai l’impression de retenir mon souffle alors que j’ai rarement connu quelque chose d’aussi agréable, d’aussi doux.
Mes yeux captent les siens, nos visages encore proches même s’ils le sont bien moins que tout à l’heure. Je ne sais même plus si mon cœur bat d’angoisse ou de bonheur. J’ai la tête qui tourne, l’estomac qui tourne bien trop vite sur lui-même alors que je me pose un tas de questions aussi effrayantes les unes que les autres.
Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Qu’est-ce qu’il m’a pris de faire ça ? Est-ce que ça veut dire quelque chose ?
Le temps se suspend, mes mains glissent sur ses bras alors que je me recule un peu plus pour finir sur ses avant-bras, que je n’ose pas quitter. Comme si le moindre geste trop brusque risquait de briser toute cette alchimie née de cet échange venu de nulle part, comme si tout pouvait se rompre avec un mot qu’il ne faut pas, un mauvais regard, une mauvaise posture. Je ne sais pas comment faire, s’il faut faire la même chose qu’avec un garçon ou non… La réponse me parait plus qu’évidente mais je n’ai jamais ressenti ça pour une fille, ni vécue ça. Pourtant, avec Rosalyn nous sommes extrêmement proche mais jamais nous ne nous sommes embrassées comme nous venons de le faire avec Elijah. Et même si c’était arrivé, je ne suis pas certaine que j’aurai ressenti tous ces papillons au creux du ventre.
J’ai chaud, terriblement chaud et l’attente me parait insoutenable…

… Jusqu’à la naissance de son sourire qui fait éclore en moi un soulagement chaud et diffus. Elijah ne cesse d’élargir cette expression que je ne lui ai pas vu depuis si longtemps, que je pensais avoir vu disparaitre pour toujours tant son malheur paraissait insoutenable. Et lorsqu’elle éclate de rire, je me détends instantanément, la regardant s’installer en tailleur juste en face de moi.

- C'était doux. Et chaud.

Je rougis de plus belle, prise au dépourvue.
Elijah a le don de tout rendre tellement plus simple, de plus vivant et de plus joyeux que j’en suis complètement déstabilisée. La question de savoir si elle a aimée ne se pose désormais plus. J’ai des papillons dans le ventre, qui crible désormais mon cœur d’un bonheur que je n’ai pas vu venir, presque évident. Comme si c’était normal qu’Elijah me provoque toutes ces émotions positives et presque ingérables à mon niveau. Plus je l’entends rien, plus je me dis que ça ne pouvait pas être autrement.
Il me fait du bien, ce rire. Me rend joyeuse, vivante. Il me rassure aussi de la voir si pleine de vie et c’est en cette seconde que je prends encore une fois conscience à quel point elle m’a manquée. Elle, son existence, sa joie de vivre, sa spontanéité, sa douceur et sa candeur tout simplement adorable et qui me donne encore envie de la serrer contre moi.

Je ne prends pas conscience du temps qui passe, ni de mon comportement alors que je reste là à l’observer, la contempler en silence dans cette soudaine joie de vivre qui lui va si bien.
Sa main sur mon bras et sa voix me sortent d’une torpeur que je n’avais pas vu m’englober.

-  Est ce que ça va Charleen ?
- Hm ?

Je cligne des yeux, revenant à la réalité qui est tout aussi chaude et agréable que mes propres pensées. Là, dans ce cocon de douceur, je n’échangerais ma place pour rien au monde. Une bulle de sécurité, de bonheur, de tendresse que nous ne partageons qu’entre nous, qui n’appartient qu’à nous.
Cette fois, c’est à mon tour de sourire. Vraiment. Je le sens s’élargir alors que je me redresse doucement et que j’ose, malgré le cœur battant, de glisse ma main sur son bras puis dans la sienne, saisissant ses doigts entre les miens dans un geste d’affection et douceur pure.

- Oui. Je hausse les épaules, ramenant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Je crois que ça fait longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien.

Je suis sincère, malgré les angoisses qui me tiraillent le cerveau, mes pensées, je suis bien avec elle. Bien tout court.
Les questions ne manquent pas de me rattraper. J’ai pas l’impression qu’elle prenne vraiment conscience de tout ce qu’il se passe et au fond de moi, j’ai peur qu’elle ne se dise que tout ça n’est qu’un test, un geste pour voir ce que ça fait d’embrasser une fille alors que de mon côté, l’envie de réitérer l’expérience ce manifeste mais pas pour savoir ce que ça fait, mais pour revivre la puissance des émotions que ça m’a procurer et parce que… j’apprécie vraiment le contact de ses lèvres contre les miennes.

- C’est juste que j’ai eu un peu peur que tu m’en veuilles. Désolée, c’est arrivé comme ça. J’en avais juste envie.

Je m’exprime un peu maladroitement et ne remarque que maintenant que je n’ai toujours pas lâchée sa main. C’est horrible cette sensation de ne pas savoir quoi faire. J’ai l’impression d’être empotée, d’avoir perdue toute faculté de réfléchir et d’agir correctement.
Même Elijah à l’air dix fois plus à l’aise que moi, totalement sur un nuage !

- Ca ne m’avait jamais fait ça avant. C'était... intense. Et doux, oui.

Je continue dans ma lancée, tentant le tout pour le tout. Même avec Ethan pour qui j’avais pourtant des sentiments avant, je n’ai pas le souvenir que le baiser que je le lui ai donné n’ait été aussi « intense » en émotions. Peut-être parce que ces émotions justement, n’étaient pas partager, alors que là… J’ai l’impression que nous sommes dans la même longueur d’ondes. Que nous baignons toutes les deux dans des émotions statiques, vives et pleines d’étincelles.
Il suffit aussi de l’observer pour se sentir moins sous pression. Elijah sourit comme avant, les yeux brillants d’un bonheur non dissimulé et il est clairement communicatif au point que je me dis que peut-être, rien de tout ça n’est compliqué.
Je lâche un léger soupir de soulagement, préférant repousser toutes les questions que je me pose pour profiter de l’instant présent, de tout ce qu’il peut se passer sur ce lit, derrière ces rideaux, à l’abri de tous les regards. J’aime ce cocon intime, chaud et rassurant et je ne voudrais échanger ma place contre rien au monde.

- Et je crois que je pourrais recommencer cent fois que ça me ferait toujours cet effet là.
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Mer 24 Mai 2017 - 18:36

« Hm ? »

Allo la Planète Charleen, ici la Terre ! Il faut redescendre maintenant. Ou pas, parce que c’est bien aussi d’être dans les étoiles et je crois que quelque part, j’y suis encore un peu moi-même. Ça change de ces dernières heures, ça fait beaucoup de bien.
Elle cligne des yeux, revient doucement sur la planète et ça me fait sourire de la voir comme ça. Ça m’amuse sans que je ne cherche à le cacher, je n’ai pas peur de la vexer, ça ne me traverse pas l’esprit à vrai dire. Et puis elle sourit, un sourire qui s’élargit et entraine le mien sans que je ne cherche à le retenir. Elle est là, de retour, et sa main glisse sur mon bras dans un geste que je suis du regard. Si je m’étonne, m’offusque ? Non, bien sûr que non, je souris de plus belle et la laisse faire sans avoir l’idée de l’interrompre une seule seconde. Elle m’attrape la main, ses doigts se nouent au mien, je continue de suivre tout ça des yeux et mon sourire ne me quitte toujours pas. A vrai dire, j’en oublie tout le reste, totalement focalisée et envahie par cette vague de douceur, cette envolée de papillons et les embardées de mon cœur qui propulse de la chaleur dans tout mon corps. Rien de tout ça ne me semble inapproprié ou dérangeant, je sais que ça sort de l’ordinaire mais je le vis, le ressens avec enthousiasme, sans me poser la moindre question.

« Oui. »

Hum ? Oh ! Oui. Si je ne m’en pose pas à moi, je lui en ai posé une à elle et je l’admets, j’avais déjà oublié. Je relève le menton vers elle, la regarde en souriant de plus belle et n’envisage pas une seconde de dénouer mes doigts des siens. En fait, ça non plus je n’y pense tout simplement pas.  

« Je crois que ça fait longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien. »

Je ne pensais pas que c’était possible mais mon sourire semble s’élargir encore un peu plus. Ça me fait plaisir de savoir qu’elle se sent bien, parce qu’elle est mon amie et je me suis inquiétée de la voir … un peu absente, quelque chose comme ça. Sans que je ne m’en rende réellement compte, mes yeux quittent les siens et descendent jusqu’à sa bouche, qu’elle entrouvre pour parler à nouveau ou simplement pour respirer peut-être. J’ai envie de recommencer, de l’embrasser à nouveau, parce que j’ai vraiment aimé ça. Le goût, le toucher, les sensations … Comme des chatouilles partout sous la peau et surtout dans le ventre. J’ai l’impression d’être en train de planer, un peu comme Cameron et William quand ils fument leur truc. Est-ce qu’ils ressentent la même chose ? Non, je ne crois pas, ça doit être différent. Embrasser Charleen me semble bien plus attrayant en cet instant et je crois que c’est précisément ce que je m’apprête à faire à nouveau sans même m’en rendre compte une fois de plus mais elle m’arrête dans mon élan en prenant la parole à nouveau.

« C’est juste que j’ai eu un peu peur que tu m’en veuilles. Désolée, c’est arrivé comme ça. J’en avais juste envie. »
« Oh non ! »

Je lâche sa main et me redresse sur mes genoux, puis m’assoie sur mes pieds en posant mes mains sur ses genoux.

« Non, il faut pas t’excuser ! Et surtout ne pas croire que je t’en veux. »
« Ça ne m’avait jamais fait ça avant. C'était... intense. Et doux, oui. »

Je ne saurai pas vraiment expliquer pourquoi, ni comment, mais ce fait, ses mots, ont sur moi un impact … presque électrique. J’ai adoré ce baiser, je ne sais pas si c’est parce que c’est elle ou parce qu’il est l’un des premiers, le premier avec une fille en tout cas, mais je suis heureuse qu’il ait été avec elle. Je n’explique pas, ne cherche pas à le faire, me contentant de vivre et ressentir tous ces petits frétillements dans mon corps comme dans ma tête. Il est clair que je ressens une certaine excitation en l’entendant me dire qu’elle n’a jamais ressenti quelque chose comme ça avant, qu’elle a trouvé ça intense et doux elle aussi. L'espace d'un instant je m'interroge, me demande combien de personne elle a pu embrasser, si c'était uniquement des garçons ou bien s'il y a eu des filles ? Mon seul point de comparaison, c'est Elias. Est ce qu'elle a déjà embrassé Elias ou l'inverse, tiens ?

« Et je crois que je pourrais recommencer cent fois que ça me ferait toujours cet effet-là. »

Et les papillons s’envolent à nouveau, dans un tourbillon de crépitement, comme des mini feux d’artifices partout dans mon ventre. J’ai les yeux qui brillent et le sourire qui repart de plus belle, espiègle, presque impatient. C’est comme si j’avais une envie de sucre spontanée, comme si elle était … un paquet de bonbons de pleins de couleurs, rien que des couleurs chaudes. Je n’hésite pas et me penche vers elle jusqu’à toucher ses lèvres avec les miennes à nouveau. Cette fois j’intensifie un peu le contact, instinctivement, l’esprit complètement débranché pour laisser place aux réflexes du corps, aux pulsions et aux envies. J’analyse le geste pour en savourer l’entièreté, par curiosité, mais pas pour ce qu’il signifie. Je sais juste que j’aime ça, beaucoup, que ça me procure des sensations que je ne connaissais pas jusqu’ici. Mes lèvres bougent un peu contre les siennes, j’explore, goûte, sans réaliser que ma main glisse sur sa cuisse, la remonte et s’accroche finalement au tissus de son haut. J’enregistre chaque réaction de mon corps comme un électrocardiogramme, je comprends donc que mon cœur s’emballe, qu’une boule de chaleur explose dans mon ventre et se diffuse partout dans mes veines. Je crois que j’ai la tête qui tourne un peu.

Et je sais aussi que je la trouve incroyablement jolie quand nos visages s’écartent, lentement, et que j’ouvre les yeux à nouveau. Elle a les joues toutes rosies, le regard brillant, l’air un peu hagard. Moi j’ai le souffle court et les membres qui tremblent. Je me sens fébrile mais vraiment très bien, un peu sonnée … et ça me fait rire à nouveau.

« Je sais pas si j’aurai assez de souffle pour recommencer cent fois. »

Je peux parier que le rouge me monte aux joues, c’est peut-être pour ça que j’attrape son oreiller et me cache le visage dernière l’espace d’une seconde alors que mon sourire explose sur mon visage et que me yeux se ferment contre le tissus.

Et je ris, encore.

« Je trouve ça … vraiment génial. C’est … Wow. »

Je ne dirai pas que c'est un fou rire mais j'ai du mal à m'arrêter de glousser. Gênée ? Non, toujours pas. Je crois qu'on pourrait employer le terme émoustillée plutôt. C'est comme découvrir quelque chose d'incroyablement excitant et qu'il ne faut pas faire trop de bruit pour ne pas attirer l'attention. Comme si on voulait en garder le secret. Comme … faire une bêtise – pas une grosse – dans le dos de ses parents.
Je laisse finalement l'oreiller retomber entre nous deux et pose mes mains dessus en adressant un sourire à Charleen. Je ne sais pas trop ce qu'elle pense de tout ça, elle est si calme, tellement plus calme que moi. Ça a toujours été le cas mais j'ai appris à la connaître et je sais que ça n'est pas quelque chose de négatif. Puis ça ne me dérange pas, je me dis juste que je dois vraiment la fatiguer parfois. Comme je fatigue a peu près tout le monde.

Le calme revient chez moi aussi alors qu'un profond soupir m'échappe. Pas de lassitude, je crois que c'est juste pour remettre un peu d'ordre dans mon souffle alors que je m'installe à nouveau en tailleur. Et puis comme ça, sans prévenir, alors que je baisse un peu les yeux sans regarder réellement quoi que ce soit, les mots m'échappent. Le plus naturellement du monde.

« Mlle Winstinghausen est ma mère biologique. »

Sans transition, bonjour.
Ascenseur émotionnel ? Bonjour aussi !

Bienvenue dans le monde sans filtre de Elijah ...
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Lun 26 Juin 2017 - 15:15

J’ai le cœur qui cogne fort contre mes côtes et mon sang qui … pétille dans mes veines. Comme ces bonbons granuleux que l’on met sur la langue et qui explose en un micro feu d’artifice sucré dans la bouche. Je suis trop sonnée pour comprendre ce qu’il se passe depuis tout à l’heure et je ne suis pas certaine d’avoir envie d’analyser tout ça. La seule chose que je peux certifier c’est que ça me plait. Enormément. Ce baiser mais aussi ces légers contactes que nous avons depuis tout à l’heure. Nos doigts qui se nouent, nos peaux qui s’effleurent, ses deux mains sur mes cuisses alors que je lui explique que j’avais juste peur qu’elle m’en veuille…

- Non, il faut pas t’excuser ! Et surtout ne pas croire que je t’en veux.

Mon sourire s’élargit. Enfin, si c’est encore possible. Je n’arrive pas à faire autrement, pas quand je croise ce regard pétillant et que je suis face à cette spontanéité. C’est exactement tout ce qui constitue mon affection pour elle. Je sais que certains la trouve… « lourde », comme ils disent, parce qu’elle parle trop, bouge tout le temps dans tous les sens et qu’elle a toujours un million de question à poser. Mais c’est exactement pour ça que j’aime passer du temps avec elle mais aussi pour ça qu’elle m’a terriblement manquée durant ces derniers jours où elle a préféré prendre ses distances. Nous sommes le jour et la nuit mais c’est ce qui fait de mon quotidien, quelque chose d’encore plus chaleureux.

Et plus je la regarde, plus je me sens poussée des ailes. Je ne sais pas si ce sont ses sourires qui me donne cette dose de courage pour réussir à lâcher que je pourrais recommencer cent fois de l’embrasser, que l’effet serait toujours le même. Aussi intense, neuf, pétillant. Ce quelque chose qui vous fait sourire bêtement, comme Riley lorsqu’elle a commencée à sérieusement sortir avec Mateo.

Je prends une inspiration qu’Elijah me vole en un claquement de doigts.
La surprise de son geste ne plane qu’une seconde à peine avant que mon cerveau ne prenne conscience qu’à nouveau, nos lèvres se réunissent. Mais cette fois, il y a quelque chose de différent, de moins timide. Un léger changement qui me fait battre le cœur plus fort, me noue le ventre et fait naitre une chaleur brutale entre mes entrailles. J’en ai la tête qui tourne lorsque nos lèvres s’entrouvrent, que je goûte à des saveurs bien plus douces et bien plus… intimes.
Sa main glisse sur ma cuisse et mon corps réagit tout seul, sans que je n’ai besoin de lui indiquer quoi que ce soit… Et pour une fois, je me laisse aller et prend exemple sur Elijah. Je débranche complètement, ne réfléchis plus et me redresse sur mes genoux pour me mettre un peu plus à sa hauteur, la laissant s’accrocher au tissu de mon haut. Mes mains se sont posées sur ses hanches, instinctivement tout en remontant dans le creux de ses reins, épousent leurs formes alors qu’un frisson m’électrise.
Je n’entends plus nos souffles, seulement les battements de mon cœur. Je n’en reviens pas de ressentir autant de chose à la fois, comme si je voulais tout d’un coup mais que d’un autre côté, je voudrais prendre mon temps. Des indécisions qui se mêlent aux gestes spontanés, naturels, comme si mon organisme avait attendu ça depuis longtemps. J’aime ce qu’il se passe, j’aime ce que je ressens, ce que je sens sous mes doigts. J’ai envie de sentir sa peau, juste légèrement, pour savoir si elle est aussi douce que ses lèvres dont je raffole.

Je cligne plusieurs fois des yeux lorsque l’échange s’arrête, sentant toujours son souffle sur ma peau pour ensuite la regarder, la détailler. Elijah a le souffle court, les joues rouges et se trouve à peu près dans le même état que moi : Complètement désorientée. Je crois qu’elle me fait un peu perdre le nord.

- Je sais pas si j’aurai assez de souffle pour recommencer cent fois.

Cette fois, un rire m’échappe pendant que je me rassoie sur mes talons, lâchant ses hanches que mes mains emprisonnaient toujours en douceur. Elijah s’empare de mon oreiller pour s’y cacher et en cet instant, je la trouve encore plus attendrissante.
J’ai quelque chose qui fourmille au creux du ventre, entre l’interdit et le nouveau, comme si je jouais un tour à quelqu’un, que je n’en avais pas le droit mais que je prenais le risque. Je ne saurais pas expliquer la sensation et je ne cherche pas à le faire, me laisse simplement aller à vivre toutes ces émotions à fond, comme si tout pouvait s’arrêter d’un coup et qu’il fallait que j’en profite un maximum avant que tout ça ne s’échappe.

- Je trouve ça … vraiment génial. C’est … Wow.

Elle rit encore et je l’accompagne, plus en douceur, encore un peu sonnée par ce qu’il vient de se passer et visiblement incapable d’articuler deux mots sans buguer.

- C’est vrai que je ne pensais pas que ça serait si…

Je ne trouve pas les mots, bloque quelques secondes avant de lâcher un rire tout en haussant les épaules. Je ne veux pas chercher à en trouver, comme pour garder un certain mystère et pour ne pas briser cette magie dont je ne veux pas me séparer. Je me sens comme sur un petit nuage, apaisée et excitée à la fois. A moins que je ne plane vraiment. Ca me parait presque irréel et pourtant, il me suffit de me souvenir du dernier baiser qu’elle m’a offert pour prendre conscience que non, tout ça est réel, que je n’ai rien inventée et surtout que je ne me fais pas de fausses idées.
Je me rassoie en tailleur, ramène mes genoux contre moi et les englobe de mes bras alors qu’Elijah s’installe face à moi, ses deux mains sur l’oreiller. Un silence s’installe alors que je l’observe sans ouvrir la bouche, la trouvant encore plus jolie que d’habitude avec ses yeux pétillants et ses joues légèrement rosées par toutes ces émotions qui nous traversent.

- Mlle Winstinghausen est ma mère biologique.

Je cligne plusieurs fois des yeux avant de me redresser, d’un coup. C’est comme être dans des montagnes russes où, d’un coup, vous vous trouvez coincé dans une chute que vous n’aviez pas vu venir, suivi d’un grand huit. Mais ça n’est pas du plaisir que je ressens, seulement l’effet de mon estomac qui se contracte et de mon cœur qui me tombe dans la poitrine.
Elijah m’avait parlé il y a quelques temps de son adoption qu’elle a apprise durant les dernières vacances… mais jamais je ne me serais douté que sa mère biologique était dans cette école et encore moins que cette personne serait cette femme froide qui terrorise la plupart d’entre nous.

- Merde…

L’injure m’échappe, profondément choquée. Pas une seule seconde je ne doute de sa parole ou ne la remet en cause. Son visage en dit long sur la vérité et il suffit de me remémorer son état des jours précédents pour savoir que c’est certainement la cause de tout ça, de sa tristesse, de cette aura sombre qui l’englobait.

- Mais… c’est sûr ?

Je suppose que oui, ma question est peut-être – voir certainement – un peu bête mais le choc de la nouvelle est tellement intense qu’une part de moi voudrait presque pour elle que tout ça ne soit qu’une erreur.

- Comment est-ce que tu l’as su ? C’est elle qui est venue t’en parler ?

Comment ? Pourquoi ? J’ai, je l’admets, un tas de question qui me traverse l’esprit mais je me freine, me retiens. Je ne veux pas la brusquer et qu’elle se ferme d’un coup comme une huitre alors que durant tous ces jours je me suis demandé ce qui la rendait si triste. Je préfère qu’elle prenne son temps, qu’elle m’avoue ce qu’elle souhaite par sa propre volonté plutôt que de se forcer ou qu’elle ne se braque.
Spontanément, une de mes mains vient se poser sur la sienne, comme un encouragement, lui montrer que je suis là. Je visualise désormais la chose, Mlle Winstinghausen comme … mère. Et mon esprit cherche seul des ressemblances entre les deux femmes qui viennent se matcher, presque comme une évidence maintenant que je sais la vérité.
Bon sang… Quelles étaient les probabilités pour que dans le monde entier, Elijah se retrouve nez à nez plus d’une fois avec celle qui l’a abandonnée, quelle qu’en soit les raisons ? Je n’ose imaginer sa surprise, voir sa peine… En attendant, je patiente, sa main toujours dans la mienne, oubliant rapidement l’allégresse qui m’occupait l’esprit quelques secondes plus tôt pour laisser place à l’écoute, la présence et la compassion pour mon amie.
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MessageSujet: Re: Just a second, we're not broken just bent ▬ Charleen   Lun 3 Juil 2017 - 17:54

Je n’arrive pas tellement à savoir ce que je ressens, là, maintenant que je viens de larguer ma bombe sans sommation, sans réellement y réfléchir et surtout sans transition. Charleen est sans nulle doute une des personnes dont je me sens le plus proche ici alors lui en parler me parait simplement évident. J’avais besoin de temps, quelques jours que j’ai passé murée dans le silence et l’immobilité, ou avec Caem, mais c’est elle que je suis venue cherchée cette nuit quand ça n’allait pas. J’ai ressenti le besoin de la voir, d’être avec elle, et cette nuit passée dans ses bras m’a fait le plus grand bien même si à présent les papillons se sont envolés.

« Merde… »

Je crois qu’elle est choquée, surprise ça c’est certain, et ça pourrait presque me faire rire si la situation n’était pas aussi … Grave ? Je ne sais pas trop. Cette femme est ma mère biologique … Non, elle est ma génitrice et c’est tout. De mère je n’en ai qu’une et ça n’est pas elle, c’est celle qui m’a élevé. Point à la ligne.

« Mais… c’est sûr ? »

Aucun test ADN ne l’a prouvé, j’aurai très bien pu mal comprendre, mais tout en moi hurle que oui, c’est sûr. Ne serait-ce que par la réaction qu’elle-même a eue quand on s’est trouvées face à face dans ce couloir. Alors je hoche la tête en signe d’affirmation. Parce que je le sens, tout simplement.

« Comment est-ce que tu l’as su ? C’est elle qui est venue t’en parler ? »

En cet instant, je regretterai presque d’avoir abordé ce sujet. Il y a quelques instants il me semble que nous étions sur une sorte de petit nuage, j’ai oublié le monde et toutes ces émotions bouleversantes l’espace de quelques temps. Et ça m’a fait du bien. N’allez pas croire que je me sois servie d’elle pour voyager un peu hors de tout ça, ce qui s’est passé avant ça était purement et simplement spontané, délicieux aussi, pur et sans aucun lien. Je ne me sers pas des gens, surtout pas de Charleen.
Néanmoins, quand sa main attrape la sienne, c’est différent. Je n’oublie pas nos papillons mais ils s’envolent un peu plus loin et c’est la présence rassurante et chaleureuse d’une amie que je serre entre mes doigts. Je baisse la tête, mes cheveux tombent devant mes yeux et un soupir m’échappe.

« J’ai surpris une conversation entre elle et Mlle Hunt qui a … deviné ? »

Relevant le menton, j’esquisse ce que je devine être une grimace d’interrogation. Je n’ai pas suivi les cours de Mlle Hunt donc je n’y connais pas grand-chose en Divination. C’est d’ailleurs pour remédier à ça que j’allais la voir mais ça n’est pas le sujet.

« Elle a ressenti quelque chose en tout cas. J’aurai du partir, c’est pas bien d’écouter aux portes mais ça m’a interpellé et même si elle n’a pas explicitement prononcé mon nom ni mon prénom j’ai fait le lien avec moi tout de suite. »

Tout correspond. Une jeune fille aux environs de 16 ans, qui parle le langage des rêves, la tête dans les étoiles. Et étonnamment, fait précis, allergie notoire à l’arachide … Ce sont les mots exacts de Mlle Hunt, je ne les ai pas oublié.

« Je me suis enfuie, Mlle W. m’a couru après et j’ai bien vu dans son regard quand on s’est toisées que c’était … vrai. »

Je serre le poing, par réflexe, tout comme je serre les mâchoires. Raviver ce que j’avais oublié l’espace d’un instant me brûle comme la première fois et la violence revient elle aussi, là, partout dans mon sang, circulant dans mes veines. La chaleur que je ressens cette fois n’a plus rien à voir, elle est nettement moins agréable. Mes traits se tirent, mes muscles se tendent, je ne regarde plus mon amie.

« On ne s’est pas reparlées depuis, je ne suis pas retournée à ses cours. Je ne veux rien avoir à faire avec elle. »

Et je m’en veux, parce que le ton est sans appel, un peu brusque même. La dernière chose dont j’ai envie c’est de déverser cette colère que je ressens visiblement encore sur Charleen comme je l’ai déversé sur d’autre. Et je ne veux pas pleurer, encore. Je veux juste … ne plus y penser, ne plus en parler, faire l’autruche le temps qu’il le faudra, même si c’est pour toujours.

Et on dirait que mon ventre l’a compris parce qu’il se met à gargouiller comme s’il avait faim. En réalité, il a faim, et pour cause, j’ai très peu mangé ces derniers jours. En cet instant j’ai l’impression de retrouver l’appétit, c’est une sensation qui me fait énormément de bien, qui me fait très plaisir.

« On va prendre le p’tit dej ? »

Et encore une fois c’est sans transition. Mon sourire revient immédiatement ou presque. J'espère ne pas la blesser en réagissant comme ça, peut-être qu'on en reparlera si jamais un jour je me sens prête mais ... Pas aujourd'hui. Je crois qu'elle ne m'en voudra pas, je l'espère en tout cas, mais une chose dont je suis sûre c'est qu'elle m'a manqué et que je n'ai pas envie qu'on se sépare tout de suite.

Et que j'ai peut-être encore envie de l'embrasser.

▬ FINI POUR MOI ▬
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