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 [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn

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MessageSujet: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Sam 15 Avr 2017 - 10:31

Samedi 13.06.2015
À l’aurore

Réveil en sursaut. Une fois n’est pas coutume, Caitlyn eut du mal à se repérer, mit du temps pour comprendre qu’elle était dans son lit et que le jour commençait à poindre, ranimant tranquillement la nature qui, bien qu’anormalement froide et sombre pour un mois de juin, continuait sa vie, imperturbable. Le cœur de la jeune femme battait la chamade, elle le sentait jusque dans son ventre, jusque dans sa gorge, et elle se recroquevilla dans son lit, enroulant ses bras autour de ses jambes et fermant les yeux quelques instants. Puis, une fois un peu calmée, elle passa une main sur son visage et les rouvrit. Elle bâilla. Plus le stress de son cauchemar se dissipait, plus une chape de fatigue se refermait sur elle, et elle se résigna à rester allongée dans son lit quelques minutes de plus, même si elle savait pertinemment qu’elle ne se rendormirait pas et que cela ne l’aiderait donc pas plus que ça tout compte fait. Finalement, elle s’extirpa de sous sa couverture, mollement, difficilement, comme rouillée, et se traina jusqu’à la douche pour laisser l’eau chaude la réveiller en douceur.

Ses rêves étaient toujours aussi terrifiants et toujours aussi inaccessibles à son esprit. Revivait-elle pendant son sommeil la torture qu’elle avait subie le soir de Noël et qui avait été effacée de sa mémoire mais dont son corps portait encore les cicatrices et son âme les séquelles ? Les mauvaises ondes dont était plein le château ravivaient-elles ces souvenirs enfouis et les incitaient-elles à remonter à la surface pendant la nuit ? Elle n’avait aucun moyen de le savoir, et elle préférait généralement ne pas s’attarder sur ces questions sans réponses, mais, ce matin-ci, le retour à la réalité avait été particulièrement difficile et elle ne pouvait pas s’empêcher de se demander à quoi c’était dû. Se distordant devant le miroir, elle inspecta comme à son habitude les marques sur la peau de son dos avant d’appliquer de la crème sur celles qu’elle trouvait indurées. Rafael l’aidait beaucoup à les accepter, mais elle avait toujours du mal à les assumer, elle n’était pas à l’aise avec. Elle déglutit, soupira, détourna le regard de la glace et s’habilla avant de descendre dans la Salle Commune.

D’habitude, elle n’attendait rien et allait manger, seule ou avec les quelques autres lève-tôt qu’elle retrouvait parfois dans la Grande Salle. Mais aujourd’hui, elle n’avait pas vraiment faim, et elle décida d’attendre que Leah se réveille en espérant que son appétit se manifeste d’ici là. Elle récupéra donc le livre de métamorphose qu’elle avait laissé sur le rebord de la fenêtre la veille au soir, s’empara de sa baguette, et commença à s’exercer à transformer la tasse vide qui était restée sur la table basse. Elle se débrouillait bien en sortilèges, mais la métamorphose lui était plus difficile, et elle était consciente du fait qu’elle allait devoir s’entraîner pour s’améliorer d’ici les examens. Concentrée, elle n’entendit pas les bruits de pas dans les escaliers ni la porte qui s’ouvrit puis se referma.

« J’aurais pu me douter que tu serais réveillée. »

Elle releva la tête, sourit.

« Rafael ! »

Il se tenait debout, immobile, à quelques mètres de la porte par laquelle il venait d’entrer et elle se leva de son fauteuil pour le rejoindre et déposer un bisou sur sa joue. Il l’attira contre lui et elle se blottit dans ses bras puis le laissa l’embrasser, répondant à son baiser. Seuls dans leur salle commune, c’était quelque chose qui n’arrivait pour ainsi dire jamais et ils ne comptaient pas se retenir d’en profiter. Puis elle lui demanda s’il comptait aller faire du sport et lui proposa de l’accompagner dehors. Elle aimait les joggings dans le parc à peu près autant que lui, et si, seuls, ils n’auraient pas eu le droit de sortir et se seraient vus contraints à rester au château et faire de la muscu en salle, à deux les Gardiens les laisseraient sans trop s’y opposer. Il acquiesça et bientôt les voilà en train de courir côte à côte à la lisière de la forêt interdite. Bizarrement, cela ne leur arrivait pas si souvent que ça, d’aller faire du sport ensemble – mis à part le Quidditch, bien sûr – mais c’était plutôt agréable. Et puis, ça leur permettait de prolonger cet instant d’intimité qu’ils avaient partagé avant de sortir, et ça aussi c’était plutôt agréable.

Samedi 13.06.2015
Dans la matinée

Pour le coup, l’appétit fut au rendez-vous lorsqu’elle descendit manger après être montée se doucher à nouveau. Un sourire flottant sur ses lèvres, elle s’assit en face de Leah et se servit un bol de céréales et une grande tasse de thé chaud qu’elle but avant de s’emparer de sa cuiller. Il ne restait presque plus rien de son réveil difficile, sauf peut-être une petite fatigue sous-jacente, qu’elle s’expliquait par la pression qui montait parmi les élèves du château et à laquelle elle n’échappait pas malgré la bonne humeur dont elle s’efforçait de faire preuve. Elle se resservit de thé, puis mangea une tranche de brioche, s’en coupa une pour le goûter, et remonta aux dortoirs avec Leah pour chercher leurs affaires avant d’aller s’installer à la bibliothèque pour réviser. Elle n’était pas vraiment fan des travaux de groupe, préférant que chacun aille à son rythme, mais ça ne voulait pas pour autant dire qu’elle avait besoin de solitude pour travailler, bien au contraire. Par contre, elle aimait prendre l’air régulièrement, et elle se leva donc de sa chaise en milieu de matinée et se tourna vers Leah.

« J’ai besoin de me dégourdir les jambes, tu veux venir ?
- Non t’inquiètes, je garde tes affaires. »

Sourire. Elle n’avait même plus besoin de demander. Emportant sa baguette et sa part de gâteau, elle s’éloigna après avoir adressé un signe de la main à son amie. Toilettes tout d’abord, puis salle sur demande, ou plutôt salle de musique puisque c’était régulièrement cette apparence que prenait la pièce magique lorsque Caitlyn s’y rendait. Elle se dirigea vers la chaine hifi, l’alluma, puis s’allongea dans le hamac accroché entre deux colonnes et resta un instant les yeux fermés à écouter la mélodie qui emplissait la salle, souriant sereinement. Décidément, elle s’accordait ce genre de plaisirs bien trop peu souvent. Ça lui rappelait son chez-soi, sa chambre, sa maison. Ils n’avaient pas de hamac, ni de chaine hifi, mais elle aimait s’étendre dans son lit avec son lecteur ou son portable et mettre la musique, à fond ou à bas bruit, pour ne rien faire d’autre que se laisser bercer pendant quelques minutes. Ça lui manquait. Son chez-soi lui manquait, sa famille lui manquait. Elle se releva, éteignit la chaine hifi, se dirigea vers le synthé. Elle en avait un quasiment pareil dans sa chambre, et s’entraînait chaque jour dessus. Elle s’assit sur le vieux tabouret, posa ses doigts sur les touches, ses pieds sur les pédales. Le silence était si reposant, et elle sentait s’accumuler en elle la pression, l’envie, la laissant monter jusqu’à atteindre son paroxysme et exploser.

Alors elle se mit à jouer. Ses doigts couraient sur le clavier, ses pieds actionnaient les pédales, son corps entier se mouvait au rythme de la musique qui émanait de l’instrument avec lequel elle ne faisait plus qu’un, qui était en quelques sortes le prolongement de ses doigts, de son âme. Elle jouait, enchaînant les morceaux qu’elle connaissait par cœur, improvisant les transitions. L’énergie qui se dégageait d’elle et de sa musique était enivrante et elle se laissait entraîner, comme portée au gré des vagues, déconnectant de toute forme de réalité, perdant toute notion du temps et de l’espace.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux à nouveau, elle se sentit à la fois vidée et pleine. Elle resta quelques instants assise sur son tabouret, écoutant les dernières notes résonner entre les murs de la salle, puis se releva et se dirigea vers la fenêtre. Mais au lieu du soleil éblouissant qu’elle aurait aimé voir en l’ouvrant, ce furent d’énormes silhouettes grises qui apparurent devant ses yeux, entrant par dizaines à travers une brèche dans la barrière magique qui entourait le château et se dispersant partout dans le parc. Le temps sembla se suspendre alors. Et puis elle dégaina sa baguette, la pointa en direction de la brèche, prononça le sortilège et laissa son Patronus rejoindre ceux qui se battaient déjà contre les Détraqueurs. Petit, frêle, son écureuil n’était pas aussi intimidant que pouvaient être les canidés, les fauves ou les animaux exotiques, mais ce n’était pas sa taille qui faisait sa force, mais bien sa puissance et celle des souvenirs auxquels elle faisait appel, alors elle le laissa aider autant qu’il le pouvait, tantôt courant partout pour boucher les trous, tantôt faisant face aux créatures des ténèbres. Et, alors que la lumière prenait lentement mais sûrement le dessus sur l’obscurité au niveau de l’ouverture, elle réalisa avec horreur qu’elle avait laissé Leah seule dans la bibliothèque et son sang ne fit qu’un tour.

« Merde ! Merde merde merde ! »

Elle retira immédiatement son écureuil du front, laissant ses semblables finir de gérer seuls, et le propulsa devant elle à toute vitesse alors qu’elle sortait en trombe de la salle sur demande et dévalait les escaliers quatre à quatre en direction du premier étage. Plus accessible que ça tu meurs : c’était presque en première ligne ! Elle arrivait au quatrième quand elle vit une ombre à sa droite et arrêta net sa course pour se retourner. Là, au milieu du couloir, un énorme Détraqueur planait à deux mètres au-dessus du sol et avançait vers l’aile des Moldus.

« Saloperie ! »

Les couloirs commençaient paradoxalement à se remplir, la panique se propageant comme la peste et embrouillant les esprits, poussant les proies à s’exposer au danger au lieu de s’en cacher. Si les Moldus sortaient également, ils n’auraient aucune chance. Elle fit un pas, puis un deuxième, et un troisième, accélérant derrière son Patronus qui s’élançait déjà aux trousses du Détraqueur et l’attaquait de dos, le forçant à s’éloigner des portes et à avancer jusqu’au bout du couloir puis à sortir par la fenêtre grande ouverte qu’elle s’empressa de refermer et de verrouiller. Elle avait eu de la chance sur ce coup-là, pas sûr qu’elle soit capable de repousser aussi facilement tous les Détraqueurs qu’elle pourrait croiser sur son chemin. Son cœur battant la chamade mais fière de sa réussite, elle fit à nouveau apparaitre l’écureuil qui lui servait de compagnon et fit demi-tour, se remettant à courir. Elle ouvrit une à une les portes des salles de l’aile, criant chaque fois le même message.

« Les Détraqueurs sont rentrés. Planquez-vous ou restez avec des sorciers qui sauront vous protéger ! »

Puis elle arriva aux escaliers et les descendit sans se retourner, priant pour qu’ils n’aient pas la mauvaise idée de l’emmener là où ça ne l’arrangerait absolument pas. Au fur et à mesure qu’elle se rapprochait du Rez-de-Chaussée, l’atmosphère devenait plus froide, plus sombre, et elle réprima un frisson, mais son Patronus toujours légèrement devant elle et parfaitement bien dessiné, lui éclairait le chemin et la réchauffait. Concentrée, déterminée, elle n’avait pas le loisir de penser à quoi que ce soit d’autre, ne pouvait pas se permettre de s’attarder sur les conséquences possibles et imaginables que pourraient avoir sur elle ces monstres. Elle ne réfléchissait pas, en vérité. Elle était passée en mode automatique, suivait son instinct, contournait sans s’arrêter les Détraqueurs qui croisaient son chemin, apparaissant dans son champ de vision et en disparaissant aussitôt sans avoir le temps d’entreprendre quoi que ce soit contre elle. Le mouvement, là était la clef, en tout cas pour cette fois. Tant qu’elle restait en mouvement, elle était protégée. Tant qu’elle courait, sans se retourner, sans les regarder, tant qu’elle avançait, guidée par le Patronus qu’elle continuait à alimenter en ondes positives, elle était hors d’atteinte. Et lorsqu’enfin elle débarqua dans la bibliothèque et rejoignit la table où elle travaillait, ce fut pour y trouver une Leah pâle, livide, et effarée. Biche prise au piège par une meute de loups.

« Leah !
- Caitlyn ! »

Si l’Anglaise avait presque crié, la voix de l’Australienne n’avait été qu’un murmure. Elle regarda autour d’elle. Aucun signe du bibliothécaire ni de qui que ce soit d’autre. Seule son amie était restée là à l’attendre et Caitlyn n’arrivait pas à savoir si tout le monde l’avait abandonnée sans lui poser de questions ou ça avait été son choix. Elle fronça les sourcils, attentive au moindre bruit. Aucun signe de Détraqueurs non plus, et elle rompit le charme, laissant son Patronus se dissiper. D’un coup de baguette, elle ferma les quelques volets et fenêtres ouverts, les barricada toutes, puis rangea ses affaires dans son sac et le mit sur son dos.

« T’es prête ?
- Comment ?
- On y va. »

Non, elle ne lui laissait absolument pas le choix. Il fallait qu’elles y aillent, qu’elles partent d’ici et rejoignent leur Salle Commune, leur dortoir, ou juste n’importe quel autre lieu où elles ne seraient pas seules. Parce que tant qu’aucun Détraqueur ne s’approchait d’elles, ça allait, mais s’il y en avait un, ou deux, ou trois, et qu’elles se faisaient encercler, prendre au piège, alors son écureuil aurait beau avoir été puissant pendant des heures, elle ne pourrait pas les sauver. Donc oui, il fallait qu’elles partent d’ici, la bibliothèque était probablement le lieu commun le moins fréquenté de toute l’école, surtout en cas d’attaque, et ce n’était pas là qu’elles pourraient compter sur l’aide de quelqu’un. Elle fit à nouveau apparaitre son écureuil.

« Attends. »

Elle se retourna.

« Quoi ?
- Enzo… »

Froncement de sourcils

« Il se débrouillera. »

Elles ne pouvaient pas se permettre de chercher tout le monde. En réalité, ça lui coûtait énormément de dire ce genre de choses. À peine quelques mois plus tôt, elle se serait sans doute élancée dans le hall à la recherche d’âmes en détresse, pour s’assurer que tout le monde était en sécurité. Les plus jeunes, les Moldus, tous ceux qui avaient du mal avec le sortilège du Patronus, mais aussi les professeurs, les gardiens et juste n’importe qui en mauvaise posture, c’est-à-dire potentiellement tout le monde. Mais aujourd’hui, elle avait Leah, et elle lui avait promis qu’elle l’aiderait, en plus de l’avoir promis à Enzo lorsqu’il la lui avait présentée puis plus ou moins implicitement lorsqu’il avait compris qu’elles étaient devenues amies. Elle avait une mission bien précise, et elle ne comptait pas y manquer, même si ça lui brisait le cœur que d’imaginer d’autres gens vivre le pire sans rien pouvoir faire pour les secourir. Alors elle prit l’Australienne par la main et se remit à courir. Étage après étage, escalier après escalier, Détraqueur après Détraqueur, l’ascension sembla prendre des heures, tant il leur fallut prendre de détours pour éviter de se retrouver prises au piège. Finalement, elles arrivèrent dans leur Salle Commune et s’écroulèrent sur les sièges, essoufflées.

Il leur fallut plusieurs longues minutes de récupération avant de pouvoir retrouver leurs esprits. Passant une main dans ses cheveux, Caitlyn regarda autour d’elle. La majorité des plus jeunes se trouvait là, ainsi que certains anciens. Mais Rafael manquait à l’appel, et elle sentit son cœur se serrer. La pression qui était redescendue lorsqu’elle avait enfin pu s’asseoir et souffler monta à nouveau et elle se releva. Elle demanda à une fille en septième année de l’accompagner faire le tour des dortoirs et vérifier que personne n’était seul dans son lit ainsi que fermer les fenêtres, profitant que certaines soient ouvertes pour estimer l’évolution de la bataille. Y retourner ? Elle était franchement tentée. D’autant plus que son Patronus était efficace, pour l’instant, et pouvait se rendre utile voire même sauver des vies alors autant le mettre à profit plutôt que de se planquer là à attendre que ça passe. Mais il y avait Leah alors elle ne savait pas trop quoi faire. Ceci dit, elle était en sécurité, alors peut-être comprendrait-elle que Caitlyn ait besoin de partir ? Elle prit le temps de se reposer, néanmoins, mais bientôt la voilà qui descendait les escaliers en colimaçon et rejoignait le front pour aider à repousser les Détraqueurs rentrés dans le château.

Samedi 13.06.2015
Dans l’après-midi

Au bout de ce qui leur sembla être une éternité, le combat sembla enfin prendre une tournure favorable aux attaqués qui parvinrent à reprendre le dessus et finirent par chasser les assaillants. Ils en profitèrent tous pour se ravitailler et reprendre des forces, les Elfes pouvant enfin leur servir le repas de midi avec plusieurs heures de retard. Mais l’atmosphère restait lourde, chargée de craintes et de méfiance, comme si tout pouvait recommencer, et en pire, d’une minute à l’autre. La barrière magique à peine reconstituée était sans doute encore fragile et rien ni personne ne serait jamais à l’abri tant que les Détraqueurs resteraient dans les parages à l’affût d’une brèche. Et qui disait brèche, disait risque de laisser rentrer non seulement les gardiens d’Azkaban, mais aussi ceux qui auraient dû y être prisonniers, et ça, personne ne l’oubliait. Mais chacun continuait à avancer, à vivre, malgré la pression insoutenable, malgré la terreur qui les dévorait de l’intérieur. Et tout le monde était sain et sauf, bien que passablement secoué par les événements. Leah avait retrouvé Enzo, Caitlyn avait retrouvé Rafael, leurs autres camarades étaient présents à l’appel eux aussi, les plus jeunes, les Moldus, les Professeurs, les Gardiens, tout le monde était au complet. Tout est bien qui finit bien ?

Non, bien sûr que non. La journée touchait à sa fin quand la barrière magique céda de plus belle. Une nouvelle brèche, une nouvelle entrée de Détraqueurs par dizaines. Une nouvelle vague de panique, aussi. Cette fois-ci, les deux Ravenclaw se trouvaient dans leur salle commune, discutant avec Enzo et d’autres qui se trouvaient là. Quand les premiers cris se firent entendre, ce fut comme une douche froide, comme un orage dans un ciel d’été, et ils se turent, puis se regardèrent, à la fois incertains et parfaitement conscients de ce qu’ils signifiaient. Tous les sens aux aguets, les muscles tendus et le cœur battant la chamade, Caitlyn resta un moment immobile, sans détacher son regard du visage de Enzo, comme pour espérer y lire le décours de l’attaque, tout en surveillant les réactions de Leah du coin de l’œil. Puis elle se leva et s’approcha de la fenêtre. Dehors, les géantes silhouettes noires arpentaient le parc comme des ombres. Serrant son poing autour de sa baguette, elle sentit une sorte de rage l’envahir, bien plus puissante que la détermination qu’elle avait pu ressentir précédemment.

Il fallait qu’elle fasse quelque chose. Elle ne pouvait pas juste rester là à attendre que ça se passe. Elle maîtrisait le sortilège du Patronus, elle devait l’utiliser et le mettre à profit de tous, pour débarrasser le château de ces horreurs qui s’étaient trompées de prison à garder. Elle avait peur, bien sûr qu’elle avait peur, pour elle et pour ses proches, et pour tout le monde dans cette école, mais c’était une raison de plus pour aller prêter main forte et aider à chasser définitivement les tortionnaires. Alors elle se détourna de la vitre, monta dans son dortoir, prit son balai dans une main, l’autre tenant toujours fermement sa baguette, et, après avoir pris congé auprès de ses amis, sortit en hâte de la Salle Commune et dévala les escaliers en colimaçon pour se retrouver au septième étage. Elle se pencha par-dessus la rambarde, pour voir d’innombrables Détraqueurs envahir les étages inférieurs et remonter de plus en plus malgré les Patronus qui s’efforçaient de les en empêcher. L’air était devenu bien plus froid, plus lourd aussi, et elle réprima un frisson avant de réaliser qu’elle avait oublié de faire apparaître son compagnon argenté. Elle y remédia sans plus tarder, bien qu’avec plus de mal qu’auparavant, les mauvais souvenirs ayant déjà commencé à repousser les bons de son esprit. Note à soi-même : sortir son arme avant de rejoindre la bataille, la prochaine fois ! Elle laissa son écureuil faire quelques tours autour d’elle pour la réchauffer, attendit qu’il soit assez puissant, puis l’envoya sur le Détraqueur le plus proche.

À rien ne servait de descendre au Rez-de-Chaussée où se trouvaient déjà la majorité des Gardiens et des Professeurs sans que cela ne suffise pour éviter que les Détraqueurs ne montent les étages ; autant rester au septième pour les attaquer par en haut et leur bloquer l’accès aux tours tant que c’était encore possible ! Mais cette fois, la bataille ne prenait pas la même tournure que la précédente. Ils avaient avoir plus de sang-froid et être mieux organisés, c’était comme si l’expérience qu’ils avaient acquise ne parvenait pas, ne suffisait pas, à compenser l’épuisement, physique et psychologique, dont ils souffraient et qui les handicapait. Pour chaque Détraqueur qu’ils parvenaient à vaincre, trois autres revenaient à la charge. Tenant toujours son balai pour assurer ses arrières au cas où elle ait besoin de fuir, la jeune femme continuait à alimenter son Patronus en énergie et en joie alors qu’il se battait un peu plus loin contre les créatures des ténèbres. Mais quand un Détraqueur se matérialisa sur sa droite, plus proche que tous ceux qu’elle avait eu à repousser, elle sentit son sang se glacer dans ses veines et le vide se faire dans son esprit. Elle fit un pas vers l’arrière, puis un autre, sans parvenir à détacher son regard de sa face informe, et appela son Patronus à sa rescousse. Mais un deuxième ombre apparut derrière elle, et une troisième arriva par la gauche.

Sans qu’elle n’eut le temps de comprendre quoi que ce soit, elle se retrouva encerclée par trois Détraqueurs comme sortis de nulle part. Son écureuil essayait tant bien que mal de les tenir à distance, elle le sentait faiblir et se savait prise au piège. Elle luttait, essayait de s’accrocher au maximum de bons souvenirs pour les empêcher d’être aspirés par les trous noirs qu’étaient leurs bouches, s’efforçait de ne pas succomber au doute et au désespoir. Comment en était-elle arrivée là ? Était-ce la fin ? Elle se sentait partir, sombrer, et elle avait froid, terriblement froid. Ce fut alors qu’elle aperçut une brèche, et elle enfourcha son balai puis plongea, se faufila entre leurs capes flottantes dans le vide et s’éloigna en trombe, laissant son Patronus, ou du moins ce qu’il en restait, aux prises avec les Détraqueurs pour les empêcher de se lancer à ses trousses. Avisant un couloir un peu plus à l’écart de l’agitation, elle y atterrit et se laissa choir, glisser le dos contre le mur, les bras et les jambes écartés, amorphe, le manche de son balai et celui de sa baguette simplement posés dans ses paumes ouvertes de part et d'autre de son corps. Elle avait besoin de souffler, de reprendre ses esprits. Elle ferma les yeux et appuya sa tête contre la pierre froide, accueillant presque avec gratitude le courant d’air frais qui lui balaya le visage…
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Lun 10 Juil 2017 - 20:53

Le moment affreusement attendu avait fini par arriver. La frontière avait lâché, laissant déferler sur eux les ténèbres ivres de la joie des Hommes, arrachée contre leur volonté.

Les mâchoires serrées, sur les remparts, il avait vu les ombres flottantes se braquer sur eux pour leur fondre dessus. Il n’était pas resté. Grognant entre ses dents grinçantes, il avait foncé à l’intérieur, oubliant les regards qu’on lui lançait. Pourquoi ? Bien des raisons le forçaient à agir comme ça, lui qui était pourtant le premier con à foncer au front. Mais là il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait agir comme ça. C’était du suicide, simplement. Et une autre suicidée avait besoin d’être évacuée avant de continuer son geste débile. Que faisait-elle là ? Sovahnn. Sovahnn et ses décisions idiotes. L’attrapant par le bras, qu’il lui broyait à loisir, il l’avait forcée à reculer et à courir. Et ils avaient battu en retraite, comme deux cons inutiles. Et elle lui avait échappé lorsqu’il avait aperçu Mack. Et elle était réapparu il n’aurait su dire combien de temps plus tard, pour lui sauver la mise. Il avait fini par tomber nez à nez avec des détraqueurs, bien sûr, mais plusieurs fois il avait su s’échapper, jusqu’à l’instant où il s’était trouvé bloqué dans un coin. Aculé, comme un pauvre lapin ou un renard dans un terrier en flammes. Aculé. Comme un con, tout simplement. Baguette à la main, il avait cherché, fouillé, raclé ses souvenirs conscient, cherché loin, avec la force du désespoir, réclamé le bonheur, invoqué la joie. Mais rien. Pas un pauvre filet d’argent. Le détraqueur s’était approché et l’air s’était fait glace ; cendres dans ses poumons. Il étouffait, son monde basculait, sa conscience vacillait, comme aspirée loin de lui. Et puis tout s’était arrêté d’un coup. L’air s’était engouffré de nouveau dans ses poumons, son cerveau avait repris conscience de son corps dans un cri de détresse affreux. L’âme griffée de malheur, il avait redressé le regard pour voir une petite blonde sur le détraqueur.
Un instant, il l’avait fixé, interdit, mais déjà, elle se redressait et lui attrapait le bras à son tour en gueulant quelque chose qu’il ne compris pas. Mais il suivit le mouvement dans un geste plus reflex qu’autre chose, dans une volonté ancrée de survivre.

« T’es sérieuse là ?! »
« Quoi ?! Ça a marché ? Bon, bah alors ? »

Ouais, ça avait peut-être marché parce qu’il n’y avait qu’elle pour faire une telle chose. Inconscience mon amie.
En attendant, avec son manque chronique et maladif de magie, elle lui avait sauvé la vie. C’était bien qu’il pouvait faire quelque chose dans ce goût là également non ? A vrai dire, c’était cette scène qu’il se repassait en boucle, actuellement, alors qu’au fond du couloir il voyait une forme au sol et un détraqueur au dessus, s’approchant, menaçant. Sovahnn n’était plus avec lui depuis longtemps. Entre temps il avait même eu le temps de réduire la gueule du frère d’Aileen. Frère censé être potentiellement mort et surtout très loin. Mais ça, ils verraient plus tard. Il perdait la notion du temps, à force de courir et de se battre de toute façon. Il lui semblait même que la trêve qu’il y avait eu n’avait été qu’un lointain rêve.

Mais là n’était plus la question. Humain. Détraqueur. Couloir. Lui. Equation somme toute assez simple.
Alors il avait choisi la même solution que Sovahnn…. sans réellement bien la sentir.
Fonçant droit sur le détraqueur, il l’avait impacté de plein fouet, le balançant sur le mur à côté de celle qui s’était avéré être Caitlyn, qu’il avait attrapé à son tour par l’épaule, la soulevant sans lui laisser le choix.

« Craque pas ! Debout, cours ! »

Pas assez de réactions : il lui en avait décoché une. Une baffe, pas si violente que ça, mais assez pour lui faire un choc.

« Bouge j’te dis ! »

Déjà, la menace se redressait et le givre les entourait, la joie se brisait mais il l’embarquait de force, avec toute la vitesse dont il était capable.

« J’te croise toujours dans des situations pourries en fait toi. T’as pas un petit patronus à nous pondre là comme ça vite fait ? »
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Lun 17 Juil 2017 - 14:15

Elle était juste complètement épuisée. Son cœur battait encore la chamade, sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration haletante, mais elle sentait ses membres fourmiller, trembloter, faibles et amorphes comme ceux d’une poupée en chiffons, en manque cruel de sucre, d’énergie. Elle avait besoin de repos, tout simplement. Elle ne voulait plus réfléchir, elle ne voulait plus courir dans tous les sens. Elle baissa sa vigilance tandis que ses muscles se détendaient et son rythme cardiaque redescendait à la normale. Ce couloir vide et à l’écart de tout était l’endroit parfait pour se poser l’espace de quelques instants, pour relâcher la tension, et elle sentit sa respiration se faire plus calme, plus profonde, comme quand elle sombrait dans un sommeil réparateur. Oui, une petite sieste, c’était exactement ce dont elle avait besoin en cet instant, et elle resta affalée par terre sur la pierre froide, les épaules et la tête appuyées contre le mur, les yeux fermés et les membres écartés, appréciant la fraîcheur de l’air sur ses vêtements humides et sa peau moite de sueur, seule.

Que n’aurait-elle pas donné pour avoir quelqu’un pour se battre à ses côtés, se soutenir et s’encourager mutuellement, s’entraider et se couvrir les arrières. Elle n’avait jamais vraiment eu besoin de qui que ce soit, s’était toujours débrouillée seule – tant qu’elle avait des amis qui rejoindre à l’école et une famille qui retrouver à la maison, cela lui suffisait amplement et elle insistait d’ailleurs pour régler seule ses soucis. Aujourd’hui, il lui arrivait de plus en plus souvent de se sentir perdue, comme si elle n’appartenait nulle part. Après tout, elle ne manquerait pas à grand monde si elle venait à disparaître. À Rafael, sans doute, mais il était fort, il s’en remettrait. À Aelie, aussi, mais elle avait sa vie maintenant de toute manière et Caitlyn n’en faisait pas partie. À Leah, peut-être, mais elles ne se connaissaient pas depuis si longtemps que ça au final. À Elias, par principe, mais il se porterait certainement mieux sans elle. Et puis à quelques autres, sans doute, mais pas beaucoup, donc tout compte fait, non, elle ne manquerait pas à grand monde… et si ce n’était pas la première fois qu’elle pensait ainsi, ce constat la frappait cette fois-ci avec une force nouvelle.

Elle n’avait plus envie de se battre. Elle sourit faiblement, et une larme coula le long de sa joue gauche, l’image de sa famille se dessinant sur ses paupières fermées. Elle avait juste envie que tout s’arrête. Elle ne comprenait pas tout à fait pourquoi elle pensait à eux en cet instant, probablement était-elle si épuisée qu’elle ne parvenait plus à contrôler les dérives de son esprit. Elle n’avait pas réalisé que le courant d’air froid si agréable était en train de lui glacer le sang, n’avait pas remarqué que le vide si reposant lui écrasait la poitrine. Respirant douloureusement, retenant des hoquets au niveau d’un nœud dans sa gorge, elle avait juste envie que quelqu’un la prenne dans ses bras et sèche les larmes qui emplissaient ses yeux, prêtes à déborder. Et au dessus d’elle, le Détraqueur aspirait peu à peu toute sa joie et toute son énergie sans même qu’elle ne s’en aperçoive.

Soudain, le bruit d’un impact juste devant elle lui tira un froncement de sourcils, aussitôt suivi d’une emprise ferme, brutale, à l’épaule qui la força à se redresser. Elle ouvrit les yeux, émergeant tant bien que mal de la sorte de transe dans laquelle elle avait commencé à plonger.

« Craque pas ! Debout, cours ! »

Elle ravala ses larmes et le regarda. Les mots claquaient comme des coups de fouet à ses oreilles, et la situation avait beau être parfaitement claire, elle ne comprenait pas.

« Alec ? Qu’est ce que… »

Derrière lui, le Détraqueur se rapprochait à nouveau, planant à un mètre du sol, énorme, et elle frissonna, les mâchoires serrées à bloc pour ne pas grelotter des dents. Il lui assena une baffe.

« Bouge j’te dis ! »

Elle sursauta, tous ses sens à nouveau en alerte, tous ses muscles à nouveau tendus, et se mit à courir sans attendre son reste, le suivant dans son élan. Mais les effets du Détraqueur envahissaient à nouveau son corps.

« J’te croise toujours dans des situations pourries en fait toi. T’as pas un petit Patronus à nous pondre là comme ça vite fait ? »

Un Patronus ? Elle regarda sa baguette autour de laquelle s’était refermée sa main lorsqu’Alec l’avait forcée à se lever. Elle l’avait complètement oubliée, tout comme elle avait complètement oublié qu’elle pouvait s’en servir. Submergée par toutes les émotions négatives qu’avait réveillées en elle le Détraqueur, elle pouvait remercier Alec d’avoir assez de perspicacité pour deux. Mais serait-elle encore capable d’effectuer l’unique sortilège qui pouvait les protéger de ces créatures des ténèbres ?

« Expecto Patronum. »

Un frémissement dans le creux de sa paume, un petit filet argenté, et puis plus rien. Son cœur manqua un battement et elle retint sa respiration.

« Merde, merde, merde, merde, merde... »

Il fallait qu’elle réessaye !

« Expecto Patronum ! Expecto Patronum ! »

Pareil. Toujours pareil.

« Putain j’y arrive plus ! »

Son cœur battait à nouveau la chamade, des gouttes de sueurs froides perlaient sur ses tempes et elle déglutit difficilement en levant vers le Slytherin des yeux à la fois paniqués et désolés. Fuyant à l’aveuglette le Détraqueur, ils venaient de heurter un mur et se trouvaient dans un cul de sac, pris au piège comme des lièvres par une meute de loups.

Vraiment, elle le croisait toujours dans des situations pourries. La dernière fois remontait à l’an dernier, les Supérieurs étaient encore là et c’était eux qu’elle fuyait. À moitié inconsciente sous l’effet de ses blessures et de l’épuisement, elle ne se souvenait que de flammes partout autour d’elle, et de Alec apparaissant comme par miracle pour l’en tirer, au nez et à la barbe des Supérieurs qui la poursuivaient. À y repenser, elle sentit un sourire étirer le coin de ses lèvres, avant de réaliser que c’était exactement ce dont elle avait besoin en cet instant et qu’elle devait absolument s’accrocher à ces souvenirs. Alors elle se concentra de toutes ses forces, se replongeant dans le contexte de sa fuite folle. Il fallait dire qu’elle avait fait fort, ce jour-là, à s’échapper des cachots dans l’état dans lequel elle était… et pire encore, à y retourner le lendemain pour aider Elias à faire pareil. Elle avait eu de sacrés coups de bol, aussi, et elle savait pertinemment que l’histoire n’aurait pas eu une fin si heureuse sans Jeroen et sans Alec, mais elle trouvait ça quand même assez drôle. Alors, malgré la proximité du Détraqueur qui n’était plus qu’à quelques dizaines de centimètres, elle sourit, ses yeux pétillant de malice, tandis qu’une boule de chaleur se formait dans son ventre et irradiait jusque dans ses doigts.

« Expecto Patronum ! »

Et, enfin, sa baguette se tendit, laissant un écureuil argenté parfaitement dessiné s’en échapper [omg, je viens de réaliser la magnifique métaphore pendant ma relecture XD] et repousser la gigantesque silhouette sombre, d’abord un peu, faiblement, timidement, puis complètement, la faisant disparaître dans un dernier râle terrifiant.

À nouveau à bout de forces, elle s’adossa au mur et soupira en se massant les tempes puis l’arrête du nez, les yeux fermés. Elle finit par passer ses doigts dans ses cheveux et rouvrit ses paupières, levant son regard à nouveau vers Alec avec un sourire gêné.

« Désolée… Ça va ? »
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Dim 15 Oct 2017 - 20:46

Besoin d’avancer. D’être plus fort que ça. Plus fort qu’une menace contre laquelle il ne pouvait rien. Savoir survivre, encore, même lorsque rien n’est gagné. Sovahnn marchait comme ça depuis son réveil alors pourquoi pas lui ? Cette rage au ventre, il la cultivait en cet instant. Il la nourrissait pour qu’elle grossisse, pour qu’elle consume cette angoisse sourde et froide que l’avenir lui inspirait. Parce qu’il doutait qu’il soit toujours là le lendemain matin. Il l’avait su dès que les détraqueurs avaient encerclé le château. Il n’avait pas d’armes pour se défendre. Lui qui avait toujours joué sur ce tableau se trouvait soudainement intégralement démuni.

Il n’était rien.
Rien qu’un petit être faible. Faible et démuni. Un enfant, rien de plus. Un gosse effrayé par les ténèbres.
Un gamin mort de trouille qu’on l’abandonne. Parce qu’il n’y avait personne pour le protéger en cet instant. Parce qu’il n’y avait plus personne. Parce que celle qui aurait dû le protéger contre toute menace était partie. Elle avait fuit. Elle l’avait laissé.

Et il était seul.

En haut de ce putain d’escalier de merde à faire le con pour attirer l’attention des parents tandis que sa sœur s’enfuyait dans les bois. Comme il s’était haï ce soir-là. Haïs ce faire ce qu’il fallait. Haïs de lui donner une porte de sortie pour fuir le cauchemar. Et comme il l’avait haï de le laisser là.

Nourrir la rage. Nourri le démon. Et avance. Avance sans jamais te retourner.
Car ils sont là, à tes talons, ces créatures ténébreuses qui prennent tout, qui pourrissent tout ce qu’elles touchent et qui arracheront chaque parcelle de ton âme, briseront chaque joie de ton existence et te laisseront là, déchu, détruit, inexistant.

A chaque foulée, le jeune homme focalisait sur ses forces mais à chaque pas, ses résistances se disloquaient un peu plus.

Pourtant il ne pouvait se laisser aller, il le savait. Il y avait des gens qui comptaient sur lui. Il ne pouvait simplement pas s’arrêter, se rouler dans un coin et simplement cesser d’exister. Ça n’était pas une option, c’était aussi simple que ça. Alors il s’était mis à utiliser les armes qu’il pouvait et ce, mêmes si celles-ci avaient un sacré arrière goût de désespoir.

« Alec ? Qu’est ce que… »

Ne pas s’écrouler. Et ne pas laisser les autres le faire non plus. Et ce, même si ça passait par l’étape violence physique.

« Bouge j’te dis ! »

Le Serpentard devait bien lui broyer le bras alors qu’il la forçait à se relever, sentant à chaque seconde qu’elle se reprenait.

« J’te croise toujours dans des situations pourries en fait toi. T’as pas un petit Patronus à nous pondre là comme ça vite fait ? »

L’ai hagard, elle se ressaisissait au fur et à mesure que leurs pas claquaient sur les pierres froides du château. L’ombre noire était de nouveau derrière eux, il le sentait à cette sensation de vide qui persistait et s’amplifiait à chaque seconde dans sa poitrine.

« Expecto Patronum. »

Putain de sort de merde qui ne marche qu’un coup sur deux.

« Merde, merde, merde, merde, merde... »

Et ce froid grandissant…

« Expecto Patronum ! Expecto Patronum ! »

Cette sensation d’abandon.

« Putain j’y arrive plus ! »

Le dernier regard de sa sœur. Ses pleurs dans la chambre tandis qu’il restait à l’écart, isolé, pleutre, hagard, inutile.
La vie de Mack quittant doucement son corps. Ses inspirations de plus en plus laborieuses. Son souffle qui s’arrêtait à chaque fois que le sien ne sortait plus d’entre ses lèvres.
Le sang partout, sur lui, dans ses poumons, dans sa gorge, l’étouffant, le brûlant, l’asphyxiant.

Les coups. L’humiliation. Leur rage. Leur déception. Son souffle excité.

« BORDEL CAI … »
« Expecto Patronum ! »

Alors que les lieux s’emplissaient d’un halo d’argent, la poitrine du jeune Rivers sembla se remplir de nouveau, desserrant un peu sa gorge, éloignant la nausée, les pensées du garçon s’étaient un peu déliées, s’éloignant de l’horreur dans laquelle elles le plongeaient une seconde plus tard. Alors qu’il revenait doucement à lui-même, Alec observa avec soulagement le détraqueur disparaitre les laissant seuls, hébétés, à bout de souffle, les yeux encore écarquillés d’un mélange d’angoisse et de délivrance.

« Désolée… Ça va ? »

Et il se mit à rire, d’un rire à moitié étranglé, se rendant compte à cet instant que ses yeux étaient un peu humides et que son cœur s’emballait à présent comme un fou.

« Oh ben oui, très bien même. J’pense que la prochaine fois tu pourras faire durer le suspens encore un peu plus longtemps. So dramatique. »

Ok, la fin était peut-être un peu amère sur les bords.

« Je maintien que ce sort… c’est vraiment d’la merde. »

Voilà. Conclusion au top.

« Bon et sinon, on s’fait quoi ? Un petit incendie ça on l’a déjà fait…. Mais faut avouer que ça pétait. C’était intense au possible. Prochaine fois je vote pour… une tornade. Minimum. »

Avec des requins dedans.

Remarquons qu’en attendant, il utilisait l’humour comme il le pouvait pour chasser cette sensation persistante de désespoir qui semblait déchirer sa poitrine. Et cette envie de vomir sa peine et ses larmes ne voulait pas encore s’effacer.
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Lun 16 Oct 2017 - 21:58

Le bordel. C’était le bordel le plus total, la catastrophe absolue. Pourtant, ils en avaient connu, des situations inextricables, mais se retrouver face à face avec un Détraqueur et coincés dans un cul de sac comme des rats sans personne pour venir les tirer de là, pour le coup, ça ferait certainement partie du top 10 des postures les plus mauvaises dans lesquelles Caitlyn avait pu se trouver.

Vraiment, la seule expérience similaire qui lui venait à l’esprit était celle de son dernier contact avec Alec, et elle s’accrochait de toutes ses forces à ce souvenir pour empêcher ses pensées les plus sombres de revenir à la charge. Il n’était pas spécialement heureux, et il était très maigre puisqu’elle n’avait pas tardé à perdre connaissance avec pour dernière image celle de flammes dansant partout autour d’elle, mais l’histoire dans laquelle il s’inscrivait, bien que tâchée de larmes et de sang, avait tout de même comme l’aspect d’une anecdote un peu cocasse, alors elle s’y agrippait comme à une bouée de sauvetage lors d’un naufrage.

Oui, c’était drôle de repenser à la manière dont elle avait réussi à glisser des mains aux Supérieurs, c’était drôle de rejouer dans sa tête toutes les étapes de sa énième descente aux enfers, bien plus terrible que les précédentes mais bien plus comique en même temps. Le sourire triomphant qui étirait ses lèvres alors qu’elle se remémorait tout ça était bien plus fort que toutes les ondes négatives qui émanaient du Détraqueur, et, au moment où elle leva la baguette en prononçant le sortilège, elle sut qu’elle avait gagné.

Son Patronus, à nouveau parfaitement dessiné, n’eut effectivement aucun mal à chasser la créature putride qui les enveloppait et qui s’éloigna avec un dernier râle comme venu de l’outre-monde, laissant place au soulagement, à la délivrance, et, épuisée, Caitlyn s’appuya dos au mur et s’accorda quelques minutes pour reprendre un peu ses forces.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux et se tourna vers Alec, ce fut pour voir le jeune homme manifestement encore sonné par le vide oppressant qu’il venait sans doute de ressentir. Elle avait réussi à s’y soustraire cette fois-ci, à y résister, mais il ne faisait aucun doute qu’il avait été en proie au même genre de réflexions déprimantes qu’elle un peu plus tôt, tout en en étant conscient, ce qui pour le coup n’avait pas été le cas de la jeune femme.

Elle lui demanda si ça allait. Pour toute réponse, un rire. Un rire nerveux, crispé, presque étranglé, mais un rire quand même. Et ses yeux pleins de larmes qui menaçaient de déborder alors qu’il reprenait son souffle comme s’il venait d’échapper aux griffes d’un gars en train de l’étrangler… Au vu de toutes les émotions qui émanaient du Slytherin, Caitlyn sentit son cœur serrer et elle pinça les lèvres sans le quitter du regard.

« Oh ben oui, très bien même. J’pense que la prochaine fois tu pourras faire durer le suspens encore un peu plus longtemps. So dramatique. »

Ce fut au tour de la Ravenclaw de rire alors, sincèrement amusée par le trait d’humour d’Alec, même si, vu l’amertume qu’elle décelait dans le ton de sa voix, elle se doutait bien que ce n’était pas là son but que de la divertir.

« Je te retourne le compliment. »

Elle n’avait aucun moyen d’être sûre, mais plus elle y pensait, plus elle avait l’impression de n’avoir échappé que de très peu au Baiser. Dans quel était l’avait-il trouvée tout à l’heure, étendue par terre ? Que se serait-il passé s’il était arrivé ne serait-ce que quelques secondes plus tard ? Elle n’était même pas sûre de vouloir le savoir…

« Je maintiens que ce sort… c’est vraiment d’la merde. »

Certes. En réalité, c’était l’effort de rassembler des bons souvenirs qui était difficile, plus que le sortilège en lui-même, surtout à quand c’était à l’encontre des mauvais et que ceux-ci étaient nourris par les Détraqueurs, mais elle ne releva pas.

« Bon et sinon, on s’fait quoi ? Un petit incendie ça on l’a déjà fait…. Mais faut avouer que ça pétait. C’était intense au possible. Prochaine fois je vote pour… une tornade. Minimum. »

Nouveau petit rire, amusé certes mais cette fois-ci, le cœur n’y était pas, et elle en répondit rien, laissant un silence s’installer et détournant le regard. Elle savait que si elle continuait à le fixer, à l’observer qui essayait de dissiper le malaise qu’il ressentait, elle ne tiendrait pas. Mais elle eut beau se faire violence, elle eut beau serrer les poings et piétiner sur place, elle finit par céder et franchir la distance qui la séparait de lui pour venir le serrer dans ses bras, comme le lui dictait son instinct.

Ce ne fut pas un simple câlin sans substance, ce fut un câlin intense, puissant, du moins c’est ainsi que Caitlyn le ressentit, puisant dans ses réserves et s’efforçant de transmettre au Slytherin toute l’énergie et toutes les ondes positives qu’elle était capable de rassembler en elle. Et plus elle partageait son soutien avec Alec, plus elle se sentait forte à son tour, entière. Lorsqu’elle se détacha de lui, un sourire serein flottait sur ses lèvres, malgré toute l’appréhension qu’elle ressentait vis-à-vis de la réaction que pourrait avoir le jeune homme.

« Merci. C’est la deuxième fois que tu me sauves la vie, et je me rends compte que je n’ai même pas pris le temps de vous remercier correctement, toi et Rivers. Enfin je crois. En tout cas si t’avais pas débarqué l’an dernier, je crois bien que je n’aurais plus été là depuis longtemps, et pareil aujourd’hui. Je sais pas comment tu fais mais faut croire que t’as un don pour apparaître au bon endroit au bon moment… »
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Mar 17 Oct 2017 - 11:15

La tension s’était apaisée avec la disparition du danger. L’air dans ses poumons, jusqu’ici raréfié semblait devenir plus frais et abondant. Après avoir frôlé le baiser du détraqueur, c’est le souffle de vie qui semblait reprendre possession de son corps et, avec lui, foule d’émotions bien différentes qui s’entrechoquaient en lui. Et les émotions, ça n’était pas forcément le truc d’Alec. Alors il avait rit et blagué, comme très souvent dans ce type de moments. Non, ça n’était pas totalement joyeux, loin de là, mais ça avait déjà le mérite de casser l’ambiance pesante qui aurait pu prendre possession des lieux maintenant que la créature les avait laissés.

« Je te retourne le compliment. »

Petit signe de la main vers elle.

« Tu marques un point ! »

En effet, elle était également passée à un cheveu du drame. D’autant qu’il n’était absolument pas le meilleur allié dans ce type de situations. Totalement incapable de produire un patronus, il n’avait jamais réussi à sortir ne serais qu’un filet argenté. Et pourtant ces derniers temps, il n’avait cessé de s’entraîner, harcelé par ses proches (comprendre : Mack). Mais rien n’y avait fait. Alors, oui, lorsque la barrière avait finalement cédé…. Disons qu’il n’était pas des plus efficaces.

« Je maintiens que ce sort… c’est vraiment d’la merde. »

Voilà.

« Bon et sinon, on s’fait quoi ? Un petit incendie ça on l’a déjà fait…. Mais faut avouer que ça pétait. C’était intense au possible. Prochaine fois je vote pour… une tornade. Minimum. »

L’effet attendu n’avait finalement pas eu lieu. Non. Ou plutôt pas exactement. Certes petit rire il y avait eu, mais rien de très sincère. Puis la jeune femme s’était contentée de le regarder étrangement alors qu’il se redressait, se frottant la nuque en déglutissant, repoussant avec difficulté les pensées affreuses qui traînaient toujours dans son esprit.
Et puis Caitlyn avait finalement lâché son mur pour venir le prendre dans ses bras. Comme ça, sans préambule. Fronçant les sourcils, le Serpentard était resté un instant interdit. Non, il ne s’attendait pas particulièrement à cette réaction. D’autant que leur relation s’avérait relativement étrange. Il lui fallu donc un petit instant avant de lui rendre son étreinte, un peu hésitant, un peu gauche. Bref, Alec.
Mais la situation elle-même était intense, compliquée, insupportable. Alors après les souvenirs et les pensées qui avaient pu le traverser plus tôt, il se laissa finalement aller, inspirant à fond, chassant l’horreur par le contact humain.

Encore. Oui.


« Merci. C’est la deuxième fois que tu me sauves la vie, et je me rends compte que je n’ai même pas pris le temps de vous remercier correctement, toi et Rivers. Enfin je crois. En tout cas si t’avais pas débarqué l’an dernier, je crois bien que je n’aurais plus été là depuis longtemps, et pareil aujourd’hui. Je sais pas comment tu fais mais faut croire que t’as un don pour apparaître au bon endroit au bon moment… »
« Alors ça c’est drôle parce que de mon point de vue, j’ai plutôt l’impression d’être toujours au mauvais endroit au mauvais moment moi…. »

Petit sourire mi charmeur mi amusé.

« T’es consciente que là, à l’instant, c’est pas moi qui t’ai sauvé la mise ou pas ? C’était plutôt l’inverse en fait. J’ai pas été des plus efficaces… donc t’as pas grand-chose à remercier. »
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Sam 28 Oct 2017 - 23:14

Un câlin. Oui, Caitlyn avait fait un câlin à Alec. Elle l’avait pris dans ses bras et l’avait serré contre elle, les paupières fermées, sans réfléchir davantage aux tenants et aux aboutissants de ce geste. Elle avait suivi son instinct, sans se poser de questions et sans lui en poser non plus, ignorant la petite voix dans son esprit qui lui rappelait qu’ils n’étaient plus aussi proches qu’ils avaient pu l’être par le passé et qu’il pourrait ne pas comprendre, ne pas apprécier. Tant pis s’il était hésitant, tant pis s’il était gauche. Elle lui avait fait un câlin parce qu’elle avait envie, et parce qu’elle avait besoin, tout simplement. Parce que c’était quelque part la meilleure chose à faire étant données les circonstances. Combattre le froid par la chaleur, la solitude par l’affection. Comment les ondes négatives d’un Détraqueurs pourraient atteindre ceux qui possédaient l’amour, l’amitié, la compassion ?  Ça n’était pas prémédité, ça n’avait rien d’une stratégie, ça ne faisait partie d’aucun plan, mais ça avait marché, et c’était l’essentiel. Ça leur avait fait du bien, à Caitlyn sans aucun doute mais à Alec aussi, elle l’avait senti. Elle l’avait senti se détendre, se laisser aller, accepter l’étreinte qu’elle lui imposait et même la lui rendre, puissante, l’espace de quelques instants.

Et puis elle l’avait libéré, s’était détachée de lui, remettant de la distance entre eux sans pour autant que les bienfaits de ce contact ne s’estompent. Après le froid mordant qui l’avait transpercée jusqu’aux os, il y avait maintenant dans le creux de son ventre comme une boule de chaleur qui diffusait des rayonnements doux et agréables vers ses extrémités, et le sourire qu’elle affichait était serein. Elle était heureuse d’être là, avec Alec. C’était la deuxième fois qu’il lui avait sauvé la vie, et elle lui en était infiniment reconnaissante, mais au-delà de ça, elle appréciait la compagnie du jeune homme qu’elle ne côtoyait plus du tout mais qui restait important à ses yeux.

« Alors ça c’est drôle parce que de mon point de vue, j’ai plutôt l’impression d’être toujours au mauvais endroit au mauvais moment moi… »

Une seconde d’hésitation, puis elle pouffa. Elle ne savait pas tellement à quoi il faisait allusion, si tant était qu’il faisait allusion à quelque chose, mais peu importait, au final. Elle secoua la tête comme pour dire "N’importe quoi !", mais il enchaîna.

« T’es consciente que là, à l’instant, c’est pas moi qui t’ai sauvé la mise ou pas ? C’était plutôt l’inverse en fait. J’ai pas été des plus efficaces… donc t’as pas grand-chose à remercier. »

Cette fois-ci, elle plaça sa réplique.

« N’importe quoi ! J’sais pas comment t’as fait tout à l’heure, mais t’as quand même réussi à m’arracher aux griffes de cette ordure, alors vas pas me dire que t’as pas été des plus efficaces. »

Elle leva les yeux au ciel.

« Ah mais attends, ya pas une histoire avec le chocolat pour dissiper les effets des Détraqueurs ? »

Elle glissa sa baguette dans la manche de son gilet et plongea ses mains dans ses poches pour en sortir les trois boîtes de chocogrenouilles qui s’y trouvaient. Oui, elle trimballait des chocogrenouilles sur elle. Dans son sac, dans ses vêtements… Pour le goûter, principalement, mais ce n’était pas la première fois qu’elles lui seraient utiles autrement qu’en tant que casse-croûte.

« Tiens, prends. »

Elle en tendit une à Alec et rangea l’autre, ouvrant la troisième pour manger la friandise qui se trouvait à l’intérieur. Et aussitôt que le goût du chocolat se fut répandu dans sa bouche, elle sentit comme une nouvelle bouffée de chaleur l’envahir.

« C’est vrai que ça fait du bien. »

Son sourire s’étira. Elle n’avait jamais vraiment eu l’occasion de vérifier ce qu’ils avaient appris en DCFM par rapport aux bienfaits du chocolat dans ce genre de situations. Désormais, elle savait que ça marchait.

« À part ça… c’est pas faux, t’as fait comment tout à l’heure ? Enfin je veux dire… tu m’aurais pas crié dessus pour que je "ponde" un Patronus si t’arrivais à le faire toi-même, du coup je suppose que c’est pas le cas, mais donc - comment t’as fait pour me libérer ? »
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Dim 12 Nov 2017 - 20:59

Tactile ? Oui, mais dans certaines situations uniquement. A vrai dire, le plus jeune des Rivers n’avait – comme le reste de la famille – jamais été particulièrement à l’aise avec les personnes capables de gestes tendres. Pourtant certaines le forçaient, encore et encore, et brisaient comme à coup de burin les barrières qu’il dressait autour de lui. Caitlyn était de celles-là. Du moins, elle l’avait été un peu, mais il avait fuit, et elle n’avait pas été aussi acharnée que certaines – comprendre Mack et Sovahnn. Non, il n’était pas à l’aise et, oui, pourtant, il était sans arrêt à la recherche de ce type de contacts, mais probablement uniquement lorsqu’il en était le décisionnaire. Un rapport avec les attouchements qu’il avait pu subir ou craindre enfant ? Très probablement en effet. Toujours était-il que, dans un sens, il les recherchait et en cet instant d’angoisse et de solitude, en ce moment où tous les souvenirs froids et cruels de son existence ressortaient, chaque fibre de son corps avait besoin de ce type de contacts. Alors malgré la gêne, il l’avait laissée faire et s’était laissé aller.

Bien entendu, c’était l’humour qui avait rapidement pris le pas lorsque ce contact s’était finalement rompu. D’autant que même sans problématique social, l’angoisse seule de la situation globale tendait de base à une utilisation obligatoire de l’humour comme moyen de protection futile mais nécessaire.

« N’importe quoi ! J’sais pas comment t’as fait tout à l’heure, mais t’as quand même réussi à m’arracher aux griffes de cette ordure, alors vas pas me dire que t’as pas été des plus efficaces. »
« Ouay… on va dire ça. »

Le détraqueur s’était sans doute laissé avoir par la surprise d’une attaque imprévue. Dans un sens, il ne devait pas y avoir énormément d’humains à être assez couillons pour faire un truc pareil ! à part Sovahnn. Et les débiles capables de l’imiter en désespoir de cause.

« Ah mais attends, ya pas une histoire avec le chocolat pour dissiper les effets des Détraqueurs ? »

Et elle s’était mise à fouiller ses poches devant le regard ahuri d’un Alec hébété.

« Nan mais t’es sérieuse, tu te balades avec des chocolats dans les poches ?! … J’en connais une qui t’aimerais bien tient…»

Ou du moins qui l’aurait bien aimé avant de manquer d’être tuée par sa gourmandise. Et par son débile d’ « ami » qui avait connement tenté de lui faire plaisir. En effet, Mack avait fait parti des victimes en avril dernier.

« Tiens, prends. »
« Ok. Merci… …. Ça fond jamais ?! »

Question con. T’en as beaucoup des comme ça ?!

La saveur sucrée du chocolat s’était rapidement diffusée sur sa langue tandis que la friandise fondait. Suivant du regard la grenouille qu’il avait libéré sans vraiment y penser, Alec n’arrivait, lui, pas réellement à focaliser sa concentration sur ce petit mieux qu’il ressentait pourtant bien. Bon, bonne idée. Personne n’a pensé à lancer un trafic de chocolat clandestin dans le château ? C’était le moment pourtant.

« C’est vrai que ça fait du bien. »
« Hm ! »

Merci pour cet étalage de ressenti.

« À part ça… c’est pas faux, t’as fait comment tout à l’heure ? Enfin je veux dire… tu m’aurais pas crié dessus pour que je "ponde" un Patronus si t’arrivais à le faire toi-même, du coup je suppose que c’est pas le cas, mais donc - comment t’as fait pour me libérer ? »
« Hm ? Oui nan moi et les patronus on n’a jamais été très copains. Au grand damn de certains. »

Mack, lui… son père et son précepteurs ? Les motivations divergent.

« Et… tu risques de te marrer mais je l’ai… comment dire ? Taclé ? Sovahnn avait fait ça un peu plus tôt, elle ne se sert que très peu de la magie alors.. je suppose qu’elle est la seule tarée à penser à ce type de méthodes. Disons que j’ai tenté. On sait jamais, sur un malentendu…. D’où l’idée de ne pas prendre racine. »

Et comme de fait, s’ils étaient restés là plus longtemps, la suite des évènements aurait probablement été plus tragique.

« C’est quand même con d’avoir des cours particuliers avec les meilleurs duellistes du château pour pas être foutu de pondre un connard de sort de sixième année. Bref. C’était quoi ta super pensée magique trop forte ? »

Vous la sentez l’amertume ?

C’était un malaise général qui existait derrière cette incapacité à se défendre.
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MessageSujet: Re: [Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn   Dim 19 Nov 2017 - 12:21

Forcer le contact physique ? Généralement, Caitlyn n’était pas de ce genre-là, non. Elle préférait laisser de l’espace et du temps, ne pas insister, ne pas s’imposer. Lorsqu’elle voyait que son interlocuteur n’avait pas envie qu’on le touche, elle gardait ses distances. Lorsqu’elle sentait qu’il ne voulait pas qu’on lui parle, elle se taisait. S’il n’avait pas envie qu’elle reste, elle partait. C’était aussi simple que ça. Enfin, en théorie, car en réalité, ça dépendait un peu. De la personne, de la situation, de beaucoup d’autres facteurs plus ou moins tacites… C’était souvent au feeling, et elle ne réfléchissait pas énormément mais faisait confiance à son instinct pour faire ce qui lui semblait être la meilleure chose à faire sur le moment.

Cette fois-ci, la situation était différente. Plus complexe, plus ambigüe. Le câlin qu’elle avait fait à Alec était à la fois un acte de soutien et un mécanisme de défense, en plus d’être une façon d’exprimer sa reconnaissance et son enthousiasme. Autant d’émotions mélangées qui avaient fait qu’elle n’avait pas pu se retenir de prendre le jeune homme dans ses bras et de le serrer contre elle. Comme d’habitude, elle n’avait pas réfléchi, elle avait agi par réflexe parce qu’elle en avait envie, tout simplement. Parce que c’était plus fort qu’elle. Parce que ressentir ce vide au creux de sa poitrine la mettait trop mal. Parce que voir la détresse dans les yeux de Alec la mettait trop mal. Et parce que ça aurait été ridicule qu’ils restent plantés là à tenter vainement de chasser le froid par l’humour, alors qu’il y avait un moyen tellement plus simple et plus efficace à portée de main.

Et puis, il y avait les chocogrenouilles. Elle n’avait jamais eu l’occasion de vérifier ce qu’elle avait appris en DCFM au sujet des effets thérapeutiques du chocolat sur les conséquences de l’attaque d’un Détraqueur, et elle ne s’en était d’ailleurs jamais plaint, mais c’était le moment de faire l’expérience.

« Nan mais t’es sérieuse, tu te balades avec des chocolats dans les poches ?! … J’en connais une qui t’aimerais bien tient… »

Elle releva les yeux vers lui et un grand sourire étira ses lèvres. Son air hébété, incrédule, était vraiment très drôle.

« Tu serais surpris de savoir combien de fois ils m’ont été utiles. »

C’était comme un paquet de mouchoirs, finalement, mais en mieux. Elle ne comptait plus le nombre de personnes à qui elle en avait offert, que ce soient ses amis ou des élèves croisés par hasard dans le parc ou dans les couloirs. Elle lui tendit une boite, refuser n’était pas une option.

« Ok. Merci… …. Ça fond jamais ?! »

Elle haussa les épaules, la bouche pleine de chocolat liquide. Manifestement, non, ça ne fondait jamais. Dire qu’elle ne s’était pas posé la même question aurait été mentir, mais quelque part, elle n’y avait jamais vraiment accordé trop d’importance. Intérieurement, elle s’expliquait cette propriété par le fait que le chocolat n’était pas directement en contact avec sa peau, puisque la boite contenait de l’espace vide… Mais elle n’allait pas se lancer dans des considérations physico-chimiques dans l’immédiat. Ce qui l’intéressait surtout était de savoir comment Alec avait fait pour se débarrasser du Détraqueur alors qu’il semblait ne pas maîtriser le sortilège de protection.

« Hm ? Oui nan moi et les Patronus on n’a jamais été très copains. Au grand damn de certains. »

Froncement de sourcils. Bien sûr, ça devait être assez inquiétant pour ses proches de savoir qu’il n’était pas en mesure de se défendre contre ces créatures des ténèbres, surtout depuis qu’elles rôdaient par centaines autour du château, mais elle avait comme l’impression qu’elle ne saisissait pas totalement la portée de sa remarque.

« Et… tu risques de te marrer mais je l’ai… comment dire ? Taclé ? Sovahnn avait fait ça un peu plus tôt, elle ne se sert que très peu de la magie alors… je suppose qu’elle est la seule tarée à penser à ce type de méthodes. Disons que j’ai tenté. On sait jamais, sur un malentendu…. D’où l’idée de ne pas prendre racine. »

Au fur et à mesure qu’il racontait sa technique, elle sentit ses yeux s’écarquiller et sa bouche s’ouvrir, abasourdie. Chacun son tour. Ceci dit, elle avait quand même une bien meilleure raison d’être choquée que lui tout à l’heure.

« Tu l'as taclé ? Mais t’es complètement dingue ? Tacler un Détraqueur ? C’est de la folie ! »

La pointe de reproche dans sa voix disparaissait derrière l’amusement et elle ne pouvait s’empêcher de sourire, de rire presque, à l’idée de malade. Le pire dans tout ça était que ça avait marché. En soi, c’était une stratégie comme une autre, et la fin justifiait les moyens, mais pour le coup… c’était assez incroyable. Tu m’étonnes qu’il se soit mis à courir l’instant d’après.

« C’est quand même con d’avoir des cours particuliers avec les meilleurs duellistes du château pour pas être foutu de pondre un connard de sort de sixième année. Bref. C’était quoi ta super pensée magique trop forte ? »

Elle s’interrompit un instant.

« Heu. Alors faut pas te moquer de moi c’était pas un souvenir super joyeux… mais j’ai repensé à l’autre fois, avec le petit incendie comme tu dis. »

Non, c’était pas joyeux du tout. C’était d’ailleurs du contexte dans lequel s’était déroulée cette situation que s’inspirait son épouvantard pour prendre sa forme actuelle. Mais…

« C’était quand même assez drôle, non ? Je veux dire… c’était tellement improbable, j’avais aucune chance contre eux quand ils sont débarqués pour me faire payer cette fichue dissertation d’EDM. Et pourtant, non seulement j’ai réussi à m’évader, mais j’ai même réussi à y retourner pour aider Elias à s’enfuir à son tour. C’est tellement ridicule. »

Elle secoua la tête. C’était fou, vraiment. C’était fou à quel point avec quatre petits coups de main et un gros coup de bol elle avait réussi à leur échapper. Elle, une pauvre gamine sans défense, face à des dizaines d’adultes sans scrupules. C’était l’ironie du sort.

« C’est toi qui m’y as fait penser. Quand t’as dit que tu me croisais toujours dans des situations pourries. »

Sourire hésitant.

« Généralement, je ne pense à rien de particulier, j’essaye juste de me sentir heureuse, là. »

Et elle porta son poing à sa poitrine.

« Mais cette fois-ci, j’ai eu du mal. Je crois qu’il a aspiré ma joie un peu plus que prévu, j’arrivais pas à… à juste être heureuse, tu vois ? J’avais trop peur, trop froid. Mais me moquer de l’incompétence dont ont fait preuve les Supérieurs ce jour-là, ça m’a fait du bien. Même s’il fait partie des pires jours de mon existence. »

Et elle lâcha un petit rire, presque plus un soupir qu’autre chose.
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[Event 13.06.2017] « Time to fight. » | Alec & Caitlyn
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