AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 2164
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Lun 10 Avr 2017 - 0:35

►Where is my mind ? It's over. I'm over.◄
Enzo, Riley & Kezabel


Samedi 20 Juin – Fin de matinée

Astrée est allongée sur mon ventre, roulée en boule pour y dormir profondément. Ça ne fait même pas cinq minutes que je suis venue m’échouer sur mon lit comme une loque que je suis. Depuis ce matin je suis en sous régime énergétique avec l’impression d’être vide de tout. D’envie, d’énergie, de motivation.
Je lâche un profond soupire en me passant une main sur le front.

- J’vais jamais survivre à cette journée…
- Qu’est-ce qu’il y a mamie ? Ca y est, ce sont tes 60 ans qui ont eu raison de t…
- Astrée !
- WOW ! COUCHE LE LION !

Je me redresse rapidement pour calmer mon fléreur au poil hérissé, debout sur mon ventre, crachant sur Riley comme un chat voulant défendre son territoire.

- Eh, qu’est-ce qu’il t’arrive ? C’est rien, c’est Riley !

Elle la connait pourtant et même si ma meilleure amie n’est pas la personne qui aime le plus les animaux ici, Astrée l’a toujours très bien toléré dans ma chambre, sur mon lit. Je ne compte plus le nombre de fois où nous avons dormi ensemble… alors pourquoi cette réaction de défense ?
Je passe ma main dans son pelage, en douceur, pour la détendre un peu et elle finit par se calmer, se rassoir et ronronner. Je lève les yeux vers ma meilleure amie, sourire en coin.

- Avoue-le, t’étais prête à me faire une connerie !
- Même pas ! … Mais la prochaine fois j’y penserais. Enfin quand Simba Jr ne sera pas là !

Riley vient s’écrouler à mes côtés, de la même façon que je l’ai fait dix minutes plus tôt.

- Viens, on s’en va.
- Comment ça ?
- On prend nos sacs à dos et on va faire le tour du monde !

Je me tourne vers Riley, sourire aux lèvres.

- Bientôt ! Cet été, promis !
- M’ouais… Elle lâche un soupire de lassitude profonde. Blasée. Je crois que j’ai besoin d’air, de voir autre chose. Elle marque une absence avant d’ajouter. J’aime cette école mais j’ai hâte de partir, de quitter ces murs.
- Je sais. Je me retourne sur le dos contempler mon plafond que j’ai jonché de photos de nous, de famille et d’amis. Moi aussi.

Je comprends ce qu'elle ressent, ce qu'elle veut dire. Les yeux bloqués sur une photo de papa, d'Adam et de Shannon, je glisse ma main dans celle de ma meilleure amie.
Oui, vivement que l'on prenne le large. Au moins pour un temps.

¥


Samedi 20 Juin – Après-midi


- Eh, ça va ?
- Oui, oui. Juste un peu crevée.
- Tu es sûre que tu ne veux pas faire une pause ? Le but c’est pas de te pousser au malaise.
- Ca va Cameron, j’ai juste eu une mauvaise nuit. Laisse-moi deux minutes et ça ira mieux.

Il acquiesce, regard suspicieux, mais n’insiste pas. L’une des plus grandes qualités chez lui, à mon sens. Je suis en nage, les jambes tremblantes et surtout, une horrible nausée qui ne me lâche pas depuis ce matin. Je ne lui mens pas lorsque je lui dis que j’ai passé une sale nuit. Entre cauchemars et sueurs froides, j’ai fait au moins un aller-retour pour aller vomir mon repas de la veille.
A coup sûr, c’est ce pudding que j’ai avalé alors que je n’avais pas plus faim que ça.
Stop. Rien que l’image me donne la gerbe.
Je me redresse, m’essuie le visage avec une serviette et bois trois grandes gorgées d’eau avant de m’étirer les membres, en douceur. Je suis fatiguée, c’est un fait. Avec l’attaque des Détraqueurs, nous avons dû accentuer le nombre de garde tout en préservant nos heures de révisions. A côté de ça, il y a nos rôles de Préfets et de Préfets en chef à tenir, auprès des plus jeunes surtout. Pour les rassurer, les guider. C’est notre rôle d’être présent, d’être là pour eux. Je sais que je peux compter sur le soutient d’Elias les yeux fermés mais j’ai l’impression que ces derniers jours – ou peut-être dernières semaines – tout me semble plus difficile.
Et ça, ça m’apprendra à ne pas savoir ralentir le rythme !

- Voilà, c’est bon. J’suis prête !
- Sûre ?
- Quoi, t’as peur de me casser un ongle maintenant ?

Je le provoque, gentiment, sourire aux lèvres. Je me mets en garde et me prépare à recevoir les coups, à les parer, les encaisser et surtout à lui rendre. Parce que si la fatigue nait, le besoin de me défouler aussi. Besoin de frapper, d’extériorisé tout cet épuisement, toute cette colère de sentir la présence des Supérieurs planer au-dessus de nous, même via les Détraqueurs. Extérioriser aussi ce qu’ils m’ont fait ressentir les fois où je les ai approchés, de près ou de loin. Sans compter les examens qui approchent à grand pas.
Alors je frappe. Cameron me laisse faire, réceptionne mes coups comme un chef et n’en manque pas un. Je ne m’en formalise pas, mon but étant seulement d’évacuer le cumule de tout ce stress et de toute cette fatigue. Il n’y a pas de haine, de tristesse… en tout cas, pas celle que l’on croit. Au contraire, je ressens presque un soulagement profond à me libérer de cette façon. Je n’oublie pas ma nature, n’oublie pas que même si je peux faire preuve d’une extrême patience pour esquisser des croquis des heures durant, je peux aussi être nerveuse, voir teigneuse. Ressentir le besoin profond d’expulser ce qui peut me ronger même si ça n’a pas toujours été comme ça.

- Allez, fin du cours Hasting !
- Quoi, déjà ?
- Oui. Je n’ai pas envie que d’avoir tout donné aujourd’hui soit une excuse pour pas venir Samedi prochain.

Je lâche un rire amusé en acquiescent, souffle court. Je le remercie, une nouvelle fois. Pour sa patience, le temps qu’il me donne et tout ce qu’il peut m’apprendre depuis que nous avons commencé ces cours. J’ai noté un réel progrès, ne serait-ce que dans mes réflexes et concernant ma condition physique. Quoi qu’il en dise, Cameron est un excellent professeur en plus d’être un garçon profondément gentil. Je ne le remercierai jamais assez pour l’aide fourni psychologiquement. Plus d’angoisse dans les couloirs, plus de peur qui me pousse à me retourner tous les cents mètres. Tout ça semble avoir disparu, comme s’ils n’avaient jamais existé. Il m’a soulagé d’un poids énorme, m’a permis de vivre plus sereinement.

Je l’aide à ranger la salle et nous finissons par nous séparer. Ce n’est que lorsque je le vois disparaitre au détour d’un couloir que je me laisse tomber dos au mur, cherchant une inspiration calme. J’ai la tête qui tourne, les jambes qui tremblent, le cœur qui bat bien trop vite que la moyenne. Je le sens rebondir contre ma poitrine, résonnant dans ma gorge. Des palpitations à n’en plus finir. Je me penche légèrement en avant, pour retrouver mon souffle. Je secoue la tête, attend quelques secondes que le « mal » passe avant de me redresser.
Je dois retourner dans mon dortoir, pour réviser, mais là tout de suite… j’ai plutôt envie de faire un crochet par la salle commune des moldus.
Pour une raison bien précise : Emily.
Emily que je continue de voir, pour discuter comme nous l’avons toujours fait ou pour des choses bien plus intimes qui se réitères bien plus souvent que je ne l’aurai imaginé.

Après une poignée de minutes à retrouver mes esprits, je décide de bouger, toujours en tenue de sport et de descendre les escaliers vers le 4ème étage. Et après cette escapade, c’est Riley que j’irais voir. Pour l’aider à réviser, pour qu’elle m’aide à le faire. Elle m’ait d’un soutien précieux et j’essaie au mieux de le lui rendre la pareille. Comme nous avons pour habitude de le faire.
Et pendant que mon esprit vagabonde de cette façon, mon corps me lâche. En douceur. Sans que je n’en prenne conscience tout de suite. C’est d’abord une vague de sueur froide qui se glisse sur ma peau puis dans mes veines pour ensuite laisser place à de petites lumières qui dansent devant mes yeux, qui se glissent sur les pavés et les murs du château.

- Bordel.

Je trébuche légèrement sur la dernière marche et me rattrape de justesse au mur. Mes jambes flageolent, les bruits autour de moi semblent venir de très loin.
De trop loin.
Je cligne des yeux et dans un ultime réflexe, je me colle dos au mur et m’y laisse glisser, mon esprit m’ayant déjà lâché, perdant connaissance.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 17073
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins ▬ Owen A. Matthews ▬ Elijah C. Leroy



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Lun 10 Avr 2017 - 14:10

Samedi 20 Juin 2015 – Dans l’après-midi
Where is my mind ? It’s over. I’m over



Kezabel, Enzo & Riley


Samedi 20 juin – Dans la matinée


« Amortentia. »
« Philtre d'amour. Et c'est Maxime que tu devrais interroger là-dessus. »

J'essaie de garder un air très concentré tandis que mes doigts jouent avec les siens mais impossible de retenir mon sourire de sale gosse et s'il lève les yeux au ciel, je vois bien que lui aussi à envie de laisser faire ses zygomatiques. J’ai raté tout ça, j’étais en « vacances » chez mon cher Grand-Père à ce moment-là mais j’en ai entendu parler !

« L'Amortentia peut être identifiée grâce à sa couleur nacrée, sa vapeur qui s'élève en spirales et l'odeur attirante qu'elle dégage, qui est différente pour chacun en fonction … de ce qui nous attire du coup. Elle comprend entre autre des œufs gelés d'Ashwinde et est strictement interdite dans l'enceinte de l'école en dehors des cours de Potions. »
« Bien. Felix Felicis. »
« Couleur or. À haute dose, elle provoque des étourdissements, de l'imprudence et un excès de confiance. Procure temporairement une chance exceptionnelle qui peut durer plusieurs mois en fonction de la quantité qu'on ingère. »

Matinée studieuse mais matinée au lit parce que oui, c'est toujours sous les draps qu'on se trouve tous les deux et personnellement je ne suis pas pressé d’en sortir. Je ne sais même pas comment on en est arrivés à ça mais il m'interroge sur mes révisions et en l'occurrence sur les Potions qu'on apprend en 6ème année. Tout ça c'est loin pour lui mais il n'a absolument rien oublié. Espèce de tête d’ampoule. En ce qui me concerne je suis au taquet de toute façon. Les Potions, je maitrise. Oui, j’ai cette prétention et je l’assume parfaitement.

Je repousse les draps et m’absente une minute ou deux parce que la nature m’appelle mais quand je reviens, je ne tire pas tout de suite sur les rideaux pour retrouver ce cocon familier qu'est mon lit parce qu'une voix m'interpelle … et surtout ce qu'elle raconte, le ton qu'elle emploie. Un sourire étire mes lèvres, il est clairement amusé voir un peu moqueur – gentiment, d’autant que je suis clairement mal placé pour faire le moindre commentaire à ce niveau-là – parce que cette voix c'est celle de William et j'ai une petite idée d'à qui il s'adresse à vrai dire … Mes doutes sont vérifiés quand j'écarte légèrement le rideau et m'appuie contre un des piliers du lit, bras croisés sur le torse, le sourire qui s'élargit devant cette vision s'offrant à moi : Lune couchée sur le torse du Californien, manifestement très à l’aise, lui entrain de la papouiller et lui parler. Le plus improbable dans tout ça c'est qu'elle se laisse faire. Pire ! Elle ronronne et elle kiffe, ça se voit. J'ai tellement l'habitude de la voir détester ou ignorer et mépriser à peu près tout le monde que oui, ça me surprend parce que jusqu’ici il ne faisait pas tellement exception. Je suis SON humain, c’est SON territoire. Peut-être que ça reprendra demain, avec elle ça n’aurait rien d’étonnant, mais en attendant, aujourd’hui, j’me suis visiblement fait piquer ma place par mon chat ! Et par mon mec.

« T'as tout compris toi. Si tu t'entends bien avec mon chat c'est dans la poche. »
« Parce que t'en doutais encore ? »

Qu'il a tout compris et surtout que c'est un sacré malin ? Vaste blague … J'ai pas mis longtemps à cerner ce trait de caractère chez lui, croyez-moi, mais bien sûr, là, je plaisante.

« Tu sais bien que je suis un garçon naïf. »

Il sourit, je souris, Lune reste à sa place et je regagne la mienne en me glissant à nouveau sous les draps pour retrouver ce corps contre lequel je passe toutes mes nuits depuis quelques semaines maintenant. Une seconde j'embrasse l'épaule du Serdaigle et caresse son bras, la suivante je me joins à lui et grattouille sa Majesté Blanche sous le menton, faisant augmenter les décibels de ses ronrons alors qu’elle a les yeux totalement fermés d’extase.

« T'as jamais eu d'animal de compagnie ? »

Et la discussion s'engage à nouveau tranquillement. Ça dure encore un petit moment mais je fini par attraper ma montre sur la table de chevet pour regarder l'heure.

« J'ai proposé à Leah qu'on bosse un peu ensemble ce matin, va falloir que j'y aille. »

Elle a pas mal d'avance sur le programme concernant certaines matières mais avec ce qu'il s'est passé ces derniers jours je sens bien qu'elle a besoin de passer un peu plus de temps avec moi parce que ça la rassure. Loin de moi l'idée de la laisser tomber. Je sais que Caitlyn est là pour elle, qu'elle l'aide beaucoup et c'est quelque chose qui me rassure d'ailleurs mais ça n'est pas une raison. Pas de malaise, je ne me force pas.
Peut-être qu'on retentera les Patronus, c'est même très probable et je serai vraiment content pour elle quand elle y arrivera pour de bon. On n'apprend pas à se défendre à domicile ou dans les instituts privés, en tout cas elle n'a pas eu cette … opportunité ? Disons que dans cette famille on n'apprend pas spécialement aux femmes à se battre, ça n'est pas leur rôle vous comprenez, les hommes sont là pour ça … Mais je ne désespère pas de faire évoluer les mœurs, ils ont déjà imprimés pas mal de choses. Accepter et tolérer un neveu relativement très ouverts d'esprit sur beaucoup de sujets c'est déjà un énorme pas alors qui sait ? Je suis optimiste.

« J'vous laisse tous les deux, apparemment vous avez pleins de chose à vous dire. »

Si je me moque ? Oui, absolument. En attendant je suis douché, habillé et prêt à partir alors qu'il est toujours en train de caresser Lune, bien confortablement installé dans le lit. Et qu'elle ronronne toujours autant, bien confortablement installé sur lui.

« Hum ! Tiens, avant que j'oublie. »

Je fouille dans mon tiroir et en ressors le dernier National Geographic que j'ai reçu avant de le poser sur la petite table à côté du lit. Je sais qu'il y trouvera à coup sûr un tas de reportages et articles qui vont l'intéresser. Mon sac sur l'épaule, je me penche et dépose un baiser sur ses lèvres en passant mes doigts dans ses cheveux.

« A plus Doudou. »

Une dernière grattouille sur la tête de Lune puis c’est lui que je grattouille sous le menton …

« Oh mais oui, c’est bon ça hein ? »

… avant d’éclater de rire et de reculer rapidement pour éviter d’éventuelles représailles de sa part. C’est finalement tranquillement que je sors du dortoir, sourire aux lèvres, de bonne humeur, léger. Loin de cette obscurité dans laquelle on a tous flotté ces derniers temps.

#

Samedi 20 juin – Dans l’après-midi

« Saturation. J’peux plus. De l’air. »

J’ai le cerveau tellement en surchauffe que je n’arrive même plus à faire des phrases construites. Coudes sur la table, mains dans les cheveux, les yeux explosés et braqués dans le vide, mes jambes semblent s’agiter toutes seules là sous la table. Je rêve d’une vague. Ça fait une éternité que je n’ai pas pu aller surfer, à cause des Détraqueurs, et putain ça me manque mais je sais qu’il faut que je continue de prendre mon mal en patience et que je reste tranquille. Avec un peu de chance, la prochaine que je prendrai sera une vague Australienne, qui sait.
En attendant je laisse mes affaires en plan, laisse Malie et Josh en plan – avec qui je bossais dans la Salle Commune des Rouges  - et je dégage dans l’optique d’aller rejoindre l’extérieur histoire de prendre l’air un peu, de marcher pour me dégourdir les pattes avant de remonter et m’y remettre, peut-être aller voir Isma et les Créatures. J’en sais trop rien, on verra où me guident mes pas mais les révisions, là, je peux plus. Entre un peu de pratique avec Leah ce matin et les bouquins depuis la fin de la pauvre dej … Ce matin au pieu c’était marrant mais là, je sature vraiment et y a plus rien qui veut rentrer. Le prochain qui me parle de Snargalouf va me faire péter une durite …

Mains dans les poches, je descends les escaliers d’un pas rapide, comme impatient et plutôt content de pouvoir bouger enfin. Je me dis qu’en remontant je vais proposer à Malie et Josh qu’on passe un peu à la pratique, ça pourrait être une bonne idée, mais arrivé au Sixième étage …

« Keza ! »

… Tout ça me sort instantanément de la tête. Elle est là, les yeux clos, totalement inerte, sur le sol et à peine retenue par le mur contre lequel elle est appuyée. Je ne réfléchis pas et saute les dernières marches qui me restent pour foncer droit vers elle.
Une fois près d’elle, un genou à terre, je pose le révère de ma main sur sa joue et la secoue légèrement. Ses paupières s’agitent un peu, instantanément ça me rassure de percevoir un signe de vie chez elle. Je réagis totalement instinctivement et si j’avais un sweat, un pull ou une veste sur moi je la lui poserai dessus mais ça n’est malheureusement pas le cas alors je me contente de la manipuler en douceur, délicatement, jusqu’à l’allonger par terre dans une position où elle sera plus à l’aise. Je ne pense pas qu’on puisse parler de confort en l’état, bien évidemment, mais ça sera toujours mieux que la position dans laquelle elle se trouvait jusqu’ici et peut-être que le frais de la pierre lui fera du bien. Tenue de sport, hum ? Est-ce qu’elle a trop forcé ? Son corps est secoué de tremblement comme si elle avait froid mais pourtant elle me donne l’impression de bruler de l’intérieur. Quoi qu’il en soit, je garde mon calme, ça aussi c’est instinctif. Pas de Détraqueurs à l’horizon, en théorie ils ont tous été neutralisés et repousser en dehors des protections magiques mais sait-on jamais. S’ils sont la cause de son état …

« Hey, Keza. Réveille-toi, c’est pas l’endroit pour piquer un somme hein. »

Je tapote légèrement sa joue, pour essayer de la réveiller et elle me semble reprendre connaissance petit à petit. D’un Accio informulé je fais venir le premier objet que j’aperçois et lui relève les jambes pour lui poser les pieds dessus. Entre Maxence et Caem, je crois que visiblement j’ai appris de bonnes bases en premiers secours sans même m’en rendre compte tant tout ça me vient naturellement. Mimétisme, aussi, probablement. Et enfin, lentement, pas trop sûre d’elle et déboussolée j’ai l’impression, elle ouvre les yeux. Un soupir de soulagement m’échappe, c’est un sourire que je lui adresse et n’hésite pas une seule seconde à l’empêcher de se relever puisque c’est le premier réflexe qu’elle a.

« Bouge pas, attend que ça passe. »

Calme, doux, mais sans doute un peu ferme. Ça n’est pas calculé. J’attrape sa main et la garde dans la mienne dans un geste se voulant réconfortant, pour lui montrer qu’elle n’est pas toute seule, que je suis là, un visage familier. Je sais ce que ça fait d’émerger d’un malaise ou quelque chose comme ça, on a toujours un moment de flottement où on ne se rappelle pas de ce qui s’est passé alors on panique, on ne sait plus vraiment où on est. Je remarque qu’elle a une serviette avec elle, un truc éponge, sans doute pour le sport qu’elle a du faire alors je l’attrape et l’imbibe un peu d’eau grâce à un léger Aguamenti avant de la poser délicatement sur son front.

« Là, ça va te faire du bien. »

Je peux être une véritable brute, je ne contrôle pas toujours ma force ni ce corps relativement imposant que je me trimballe mais le moindre de mes gestes est instinctif, adapté. Ma voix l’est tout autant. Posée, rassurante et douce. Je m’assois par terre à côté d’elle, ne lâche pas sa main et lui parle, juste le temps qu’elle reprenne ses esprits. Elle commence déjà à reprendre des couleurs d’ailleurs. L’idée c’est de la conduire jusqu’à l’infirmerie juste au-dessus mais pour le moment, j’attends qu’elle reprenne un peu de force.

« Tu sais, si tu fais ça pour me rendre un peu d’estime de moi-même après le coup des Détraqueurs, c’est gentil mais te donne pas autant de mal. Mon égo de mâle survivra. »

Tentative d’humour ? Oui, absolument, pour détendre un peu l’atmosphère et lui faire penser à autre chose, détourner son attention et l’aider à se détendre.

« T’es vraiment pâle. Et brulante mais à la fois glacée. T’as froid ? »

Parce qu’elle le sait, en terme de chaleur, j’ai ce qu’il faut en stock. En attendant j’attrape son poignet et pose deux de mes doigts sur l’intérieur, pour chercher les pulsations de son cœur à même l’artère. Si je me concentrais suffisamment je pourrais l’entendre battre mais d’une, j’ai quand même mes propres émotions à gérer parce que mine de rien j’ai eu peur donc niveau concentration on repassera, il me faut du temps. Et de deux, j’aime pas trop faire ça, me servir de mes sens, je trouve ça un poil intrusif. En plus de ça, sentir ses battements à même ma peau aura un meilleur rendu. Et ça bat vite là-dedans, après une telle chute de tension je me serai attendu au contraire à vrai dire.

« J’suis pas médecin mais ton pouls est vraiment très rapide, je crois que c’est pas super normal, tu … »

D’abord, c’est comme un frémissement, un léger doute. Je fronce les sourcils et me dis que j’ai dû rêver alors j’insiste un peu. Ensuite, une autre information me parvient, un truc auquel je n’ai pas vraiment fait attention mercredi quand elle m’a sorti du traquenard dans lequel je me suis trouvé et qui aujourd’hui me revient en pleine face, comme une sonnette d’alarme. Cette fois c’est mon cœur que je sens accélérer, clairement, mais c’est bien le sien que je perçois toujours sous mes doigts, en direct de ses veines et à présent dans mes oreilles puisque mes sens ont décidé pour moi. Oui, son cœur bat vite, très vite. Le mien bat aussi très vite et tout aussi irrégulièrement que d’habitude. Et dans le lointain, assourdis mais bien présent, de plus en plus distinct à mesure que je me focalise dessus, un troisième battement. Un battement qui vient d’elle, qui résonne en elle. Et ce qui m’a effleuré les sens il y a trois jours me frappe comme une évidence à présent : Son odeur n’est plus la même. C’est léger, comme un petit quelque chose en plus, mais bien là et ça me saute à la conscience et à l’odorat désormais, ancré dans ma mémoire olfactive qui se souvient de certaines choses. Le visage d’Ismaelle m’apparait l’espace d’une seconde, je crois que le message est plutôt clair.
Lentement, très lentement, je relève le menton vers elle et croise son regard, complètement sonné alors qu’elle ne comprend pas ce qui se passe. Si je suis sûr de moi ? J’aimerai dire que non, je crois, mais depuis que je les ai totalement apprivoisées mes perceptions m’ont rarement fait défaut. Non, j’ai dû rêver, n’est-ce pas ? Je ne peux pas nier cette envie de prendre la fuite qui me traverse l’esprit l’espace d’une seconde, totalement dépassé par la situation, incapable d’assumer un tel poids, mais ça n’est pas ce que je fais. Je reste là, la tête qui tourne et les sens accaparés par ce que je perçois, le regard incapable de lâcher le sien alors qu’elle doit commencer à paniquer. Si c’est vrai, si c’est ça, est ce qu’elle sait ? Si ça n’est pas le cas, est ce que je dois lui faire part de ce qui se passe dans ma tête en cet instant ? Mes doutes, mes impressions, mes perceptions. Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas comment réagir ni quoi dire. Et puis peut-être que j’hallucine tout ça, après tout, que je l’interprète mal. Non ? Même le déni n’arrive pas à s’ancrer dans mon esprit.

J’entrouvre finalement la bouche mais aucun mot n’en sort.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2164
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Lun 10 Avr 2017 - 23:28

Un sifflement strident, l’impression de peser une tonne, d’avoir de la glace dans le sang pour venir vous geler de l’intérieur. Je n’arrive pas à ouvrir les yeux, je ne sais même pas où je suis. Ce qu’il s’est passé. J’ai froid et chaud à la fois, ma tête est lourde et ce noir qui enveloppait mon esprit se dissipe pour laisser place à une myriade de couleurs mélangés. La palette d’un artiste en pleine expression s’étale devant moi.
Je m’agite, j’ai l’impression que tout mon corps le fait et pourtant, ce ne sont que mes paupières qui cherchent lumières.
Une voix au loin attire mon attention, une voix que je ne reconnais pas tout de suite et la panique atteint des sommets. Je sens une partie de mon corps se soulever légèrement alors que j’ouvre enfin les yeux. Mon esprit est enlisé dans une mélasse épaisse d’incompréhension et l’angoisse remonte à la surface. Je cligne des paupières rapidement et commence à vouloir bouger, me relever, me lever tout court pour savoir ce qu’il se passe, où est-ce que je suis et surtout, avec qui.

- Qu’est-ce… non, attends…

Je bafouille des suites de mots qui n’ont aucun sens alors que je me redresse mollement. Je suis complètement paumée et déboussolée, j’ai envie de repousser la personne qui me retient prisonnière du sol, de l’envoyer se faire foutre de me toucher comme ça alors que…

- Bouge pas, attend que ça passe.

Sa voix suffit à me réveiller, à me filer un électrochoc qui me traverse la colonne vertébrale. Je me reconnecte aussitôt avec la réalité, comme si mon esprit venait d’être extirpé soudainement de ce liquide épais qu’était l’inconscient. Je cligne de nouveau les yeux et m’accroche à la main d’Enzo alors qu’il tient la mienne, au creux de sa paume brûlante.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Juste un murmure à peine audible que je n’arrive pas à sortir plus fort que ça. Je suis à la fois frustrée et paniquée de ne pas réussir à me remémorer ce qu’il s’est passé, ni même où est-ce que je suis. Je tremble de froid avec l’impression de bouillir de l’intérieur, je vis des extrêmes et des contrastes qui m’angoisse un peu plus à chaque seconde.
Alors je serre plus fort sa main qui finit par me lâcher pour s’occuper d’autre chose. Et cet autre chose, c’est ce linge mouillé qu’il pose sur mon front. Je fronce les sourcils et fouille dans ma mémoire, appréciant plus que je ne l’aurai cru ce tissu humide.

- Là, ça va te faire du bien.

Les souvenirs me reviennent dans un chaos douloureux, me donnant mal au crâne, avant que toutes les pièces ne se remettent en ordre.
Le cours particulier avec Cameron. Ca c’est ok, mais après ? Je me revois le voir partir plus loin… puis mon envie de rejoindre Emily. Mais surtout, cette sensation horrible de malaise. Certainement la raison pour laquelle je suis allongée sur le pavé glacée, jambes relevées. J’ai perdu conscience et en jetant un œil à l’escalier face à nous… J’me dis que j’aurai pu, accessoirement, me briser la nuque si je n’avais pas eu le réflexe de m’appuyer contre ce mur.
Je tourne légèrement la tête vers Enzo, ne luttant pas contre les gestes incroyablement doux qu’il manifeste à mon égard. Il a beau faire le malin parfois, jouer les gros durs aussi, il n’en reste pas moins un garçon absolument tendre et de le voir s’afférer comme ça autour de moi, aux petits soins, me touchent aux larmes que je ravale. Encore une fois, la fatigue.
Et encore une fois, j’ai trop forcée. Je ne vais tout simplement pas avoir le choix que de faire une croix sur certaines activités ou tout simplement ralentir la cadence.

- Tu sais, si tu fais ça pour me rendre un peu d’estime de moi-même après le coup des Détraqueurs, c’est gentil mais te donne pas autant de mal. Mon égo de mâle survivra.

J’affiche un sourire tremblant.
Décidément, il a toujours le mot pour rire celui-là… mais dans la pire des situations.

- Tu me vexes… moi qui me suis donné tout ce mal pour rien !

Je ricane avec un léger tremblement dans la voix mais commence à me sentir légèrement mieux, progressivement. Même si je déteste cette sensation de coton dans les jambes et de faiblesse dans tout mon organisme. Comme si je venais d’un coup d’être vidée de toute force et énergie.

- T’es vraiment pâle. Et brulante mais à la fois glacée. T’as froid ?
- Enzo, à t’occuper comme ça c’est moi qui vais finir par tomber amoureuse ! Nouveau rire avant de reprendre plus sérieusement, attendrie. C’est rien, je tremble à cause de la chute de tension. Ca ira mieux d’ici quelques minutes.

Rien que de sentir ses mains brûlantes sur ma peau m’aide déjà à obtenir une source de chaleur suffisante pour me sentir mieux, moins faible. Et même si l’envie de me relever et de rejoindre mon objectif initial, c’est-à-dire, la chambre d’Emily, se fait vraiment insistante, je prends mon mal en patience et reste allongée. Je sens que si je me relève maintenant, ça sera tout simplement pour mieux m’écraser le visage contre le pavé et m’y éclater le nez…

- J’suis pas médecin mais ton pouls est vraiment très rapide, je crois que c’est pas super normal, tu …
- Hm ?

Il ne finit par sa phrase et je n’y prête pas tout de suite attention. Yeux fermés, bras sur mon front… si je m’écoutais là maintenant, je dormirais. Oui, à même le sol. Le malaise m’a complètement décalquée, m’assommant d’un besoin presque vital de dormir.
Juste une minute, allez.
Je ne sais pas si c’est le silence d’Enzo ou son absence de mouvement qui me force à ouvrir les yeux lourds de fatigue et encore sonné parce qu’il vient de se passer mais je croise son regard. Et ce que j’y lis n’a plus rien de rassurant, ni d’apaisant.

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Pour le moment, pas de panique dans la voix, juste de la surprise. Je prends seulement conscience qu’il n’a pas fini sa phrase, coupé dans son élan par un détail qui m’a visiblement échappé. Je cligne plusieurs fois des yeux sans le lâcher du regard. Ou plutôt sans qu’Enzo ne me lâche du regard. Il n’a plus du tout la même expression que tout à l’heure, plus du tout la même assurance et ce silence qui persiste suffit à lui tout seul de me tirer la sonnette d’alarme.

- Enzo, qu’est-ce qu’il se passe. Un truc ne va pas ?

Avec qui ? Avec moi ? Pourquoi tu me fixes comme ça, comme si je venais de tomber du ciel, comme si j’étais devenu en un claquement de doigts la chose la plus étrange que tu ait pu voir jusqu’à aujourd’hui ?
Je me redresse, c’est plus fort que moi et même si la tête me tourne violemment et que le sang cogne à mes tempes, je me dégage de son étreinte, affolée. Il commence à m’inquiéter, à me faire peur... Et le délic.

- Qu'est-ce que tu as senti.

Ma voix est un poil tranchante. Plutôt autoritaire.
Parce que tu as senti quelque chose. Tout en toi le montre, tout en toi me le prouve. De sa posture à sa façon de réagir de me regarder.
Ma conscience me rappelle qu’il peut sentir des choses que je ne sentirais jamais. Qu’il peut comprendre, entendre, voir des choses qui ne seront visible pour moi que dix minutes plus tard. L’espace d’un instant je me dis qu’il a senti ma mort, là, sous ma peau. Qu’il la sent venir sous forme d’un cancer qui me ronge depuis trop de temps pour être guérie. Je divague complètement sur des terrains qui n’ont aucun sens mais qui me semblent si crédibles en cette seconde.
Je suis agacée. Non, irritée. De ne pas comprendre, de ne pas saisir ce qu’il se passe, ce qu’il se joue en cette seconde. Parce que la panique décuple toute paranoïa.

- Enzo, réponds s'il te plait. Ca se voit à dix kilomètres que ça n'va pas. C'est un Détraqueur ?

Je sors aussitôt ma baguette, prête à foutre une énième racler à ces saloperies même si j’ai la capacité énergétique d’une cuillère à café.
Presque plus aucune trace de malaise alors que je suis désormais assise, appuyée sur un bras, l’adrénaline me donnant le coup de fouet nécessaire pour désormais me relever.
Erreur fatale alors que je tiens à peine sur mes jambes et que je flanche, me rattrapant à l’épaule d’Enzo et le mur de justesse.

- Merde.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 17073
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins ▬ Owen A. Matthews ▬ Elijah C. Leroy



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Jeu 13 Avr 2017 - 20:01

« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Ma main est toujours enroulée autour de son poignet, mes doigts sont toujours posés à la base de son pouce et mes yeux toujours braqués dans les siens mais non, toujours rien. Je suis incapable de sortir le moindre mot. Ce qui se passe me dépasse totalement, je ne sais pas si je rêve, si j'hallucine ce que je crois percevoir et surtout, surtout, je ne sais absolument pas comment réagir. J'ai quasiment l'impression d'être en état de choc, en réalité. Si j'arrivai à rester suffisamment lucide je comprendrai qu'il n'y a pour le moment pas vraiment de panique dans sa voix mais je me doute bien que ça ne va pas durer. Pas quand je la regarde comme ça. Fuir ? Lui mentir ? Lui cacher ce que j'ai l'impression de percevoir ? J'en sais rien. Je sais pas. Je sais plus. Et là, dans le fond de son regard, au bout de quelques secondes, je capte le changement, comme un rouage actionné.

« Enzo, qu’est-ce qu’il se passe. Un truc ne va pas ? »
« Non, non non, c'est ... »

Encore une fois, je n'arrive pas à terminer ma phrase et putain je m'en veux, je voudrai être capable de réagir autrement mais tout ça me secoue bien plus que je ne le voudrai. Je baisse le regard à présent, après avoir secoué la tête comme pour reprendre mes esprits et fini par lâcher sa main, comme si ne plus être en contact direct avec elle, avec sa peau et les informations qu'elle m'apporte, pouvait m'aider à croire que tout ce qui vient de se passer n'a jamais eu lieu. Elle s'affole, s'écarte elle aussi et la culpabilité commence à faire battre le sang plus violemment dans mes veines. Seulement voilà, je me sens complètement largué, pris au dépourvu, incapable de savoir ce que je dois faire et comment je dois réagir. Et la panique nous gagne tous les deux, ça crève les yeux. Même en anesthésiant mes sens comme je le peux j'arrive encore à ressentir certaines évidences.

« Qu'est-ce que tu as senti. »

Sa voix est beaucoup plus ferme, son ton est tranchant, autoritaire mais si ça me fait sursauter sur l'instant, je n'y prête pas plus attention que ça. Tout simplement parce que je me ferme totalement. Je mets des œillères et oubli. J'aimerai. J'peux pas. J'peux pas accepter d'y faire face et encore moins le formuler. Je peux pas. Ça me bloque complètement, j'y arrive pas. C'est … Si je parle, si j'accepte, si j'affronte la réalité en assumant que ce que j'ai ressenti n'est pas que le fruit de mon imagination c'est toute sa vie qui bascule et j'ai pas la force ni le courage de prendre ça sur mes épaules. Je … Non, j'ai du me planter, dans trois minutes on en plaisantera et ...

« Enzo, réponds s'il te plait. Ca se voit à dix kilomètres que ça n'va pas. C'est un Détraqueur ? »
« Non, y a pas de Détraqueur, je ... »

J'peux pas me résoudre à parler mais j'peux pas non plus la laisser comme ça et en moi s'installe une lute que je ne contrôle même pas. J'ai la tête qui tourne, une envie violente de fermer les yeux pour les rouvrir et réaliser que tout ça n'a jamais existé. C'est lâche, j'en ai parfaitement conscience, mais sous le poids des émotions je ne suis pas en mesure de réfléchir autrement pour l'instant. Ce poids que je me retrouve à devoir porter sur les épaules, il est lourd … parce qu'au fond je le sais, il n'y a pas vraiment de place au doute. Je fais confiance à mes sens, j'ai déjà ressenti auparavant ce que j'ai ressenti il y a quelques secondes … Je sais parfaitement que je me voile la face quand je me laisse entendre que j'ai simplement pu faire une erreur de jugement.
Elle est assise, sa baguette en main, je ne l'ai même pas vu faire mais quand elle se relève ...

« Keza, tu devrais pas ... »

… Mes réflexes reviennent instantanément et je la rattrape alors qu'elle menace de s'écrouler.

« Merde. »

Sa main sur mon épaule, l'autre sur les murs, les miennes qui la retiennent comme elles peuvent alors que je me lève à mon tour et cette fois je sais, je sens, que je ne suis plus dans le même état d'esprit. Je ne dis pas que le choc est passé mais la voir comme ça … J'peux pas la laisser dans cet état, probablement entrain d'imaginer les pires scenarii parce qu'elle a parfaitement compris que j'ai senti quelque chose. Et j'ai pas le droit de lui faire ça. Il ne s'agit pas de moi, de mes états d'âmes mais d'être son ami. D'assumer ce que je n'ai rien demandé, ce que ma seconde nature me fait aujourd'hui comme cadeau « empoisonné » …

« Assis-toi, s'il te plait. »

Mes mains se posent sur ses épaule et je ne lui laisse pas vraiment le choix même si ma voix se fait calme, douce, malgré les trémolos qui peuvent la secouer par moment. Je la pousse doucement vers le banc qui se trouve à quelques mètres de là, la soutien et accompagne son corps quand elle s'assoie finalement. Je reste debout, les yeux clos une seconde, l'arrête du nez pincée entre deux doigts et une main sur la hanche, juste le temps de retrouver un peu de consistance, de faire le tri dans ma tête et retomber pleinement sur terre. Je sais ce que j'ai à faire, ce que je dois faire. Je pourrais laisser ça à quelqu'un d'autre en lui disant simplement d'aller à l'infirmerie, en lui laissant simplement entendre effectivement que j'ai ressenti quelque chose mais que je n'arrive pas vraiment à savoir de quoi il s'agit. Que ça n'est qu'une impression, une sensation … Mais sans trop savoir pourquoi, c'est pas ce que je fais. Peut-être parce que j'ai trop de respect, d'estime et d'affection pour elle pour lui mentir. Je ne me le pardonnerai pas.

« Écoute, j'suis pas sûr de moi, peut-être que j'me plante complètement. »

Si, je suis sûr, mais j'aimerai moi-même croire le contraire. En attendant je m'assoie à côté d'elle, pas aussi prêt que je l'aurai fait en temps normal, par instinct. Ça n'est pas de la peur, juste une intime conviction qu'elle a besoin de son espace et qu'en cet instant, elle ne me voit pas comme le gamin pour qui elle s'est prise d'une affection presque fraternelle au fil du temps. J'inspire, bloque, expire puis me lance. Tourner autour du pot encore plus longtemps est la pire des choses à faire.

« J'ai pas fait gaffe mercredi mais un truc m'a interpelé déjà, par rapport à ta fragrance. J'ai … enfin j'avais un peu la tête ailleurs, on va dire, alors j'y ai pas prêté plus attention que ça mais ... »

En cet instant d'hésitation, il se passe un milliard de choses dans ma tête et l'espace d'une seconde je me surprends à penser que ce que je m'apprête à lui dire pourrait très bien être … Une bonne nouvelle ? C'est censé l'être, non ? Mais là … Je n'ai pas la moindre idée de la manière dont elle va réagir mais je sais que quoi qu'il arrive, je dois terminer cette putain de phrase. Alors je prends mon courage à deux mains et j'y vais. Sans détour ou presque.

« Quand j'ai pris ton pouls tout de suite, j'ai eu l'impression de sentir et entendre deux rythmes cardiaques différents. Et j'parle pas du mien. »

Mes yeux plantés dans les siens, je ne fuis pas son regard cette fois, incapable de deviner la réaction qu'elle va avoir mais la bombe est larguée. Et je regrette, me disant que ça aurait du venir de quelqu'un d'autre. De neutre ou de plus proche mais je suis qui pour avoir pris cette décision ? Mon cœur rate un battement et très égoïstement, parce qu'il ne s'agit pas de moi, j'ai peur d'avoir fait une énorme erreur en lui avouant ce que j'ai ressenti. Une erreur qui la poussera à ne plus jamais me regarder de la même façon. Et ça me fait mal.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2164
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Sam 29 Avr 2017 - 14:49

Il n’y a pas de Détraqueurs, ok. Mais alors pourquoi cette réaction ? Qu’est-ce qui se trame autour de nous pour qu’il m’affiche cet air entre le choc et l’inquiétude ? Je le vois bien qu’il n’ose pas me le dire, qu’il n’ose même pas me regarder. Ça me ronge les sangs, m’inquiète plus que jamais alors qu’une multitude de scénarios me traversent l’esprit tour à tour.
Mais je n’ai pas le temps de m’y attarder. La tête me tourne de nouveau, mes jambes tremblent et je déteste me retrouver dans cet état de faiblesse. Pas que j’accepte difficilement de lâcher prise mais mon instinct m’indique que ça n’est pas le moment de flancher. Pourtant, mon corps cède seul, sans que je n’arrive moi-même à le retenir vraiment. Je me raccroche à son épaule et au mur, yeux plissés. Des sueurs froides me traversent la colonne.

- Assis-toi, s'il te plait.

Non, je n’ai pas envie de m’assoir, seulement que tu m’expliques enfin ce qui te terrorise/traumatise autant avant que je ne devienne complètement folle.
Je ne dis rien, incapable de le faire dans la précipitation alors qu’Enzo ne me laisse pas tellement le choix que de m’assoir sur le banc du couloir, mes mains agrippant les bords de la pierre fraiche. Je penche légèrement la tête en avant, respirant calmement, faisant le vide dans ma tête. Surtout, j’essaie de prendre de la distance avec la situation, pour mieux aborder les choses. Une à la fois. Je me concentre déjà pour ne pas refaire un malaise et je ne pense pas que ça arrivera cette fois. Je me frotte le visage avec les paumes, lâchant un soupire profond.
Il suffit que je relève mon regard vers Enzo pour me sentir de nouveau étouffé par un pressentiment. Qu’est-ce qu’il a bien pu sentir chez moi ? Je ne suis pas certaine que les Loup-Garous puissent sentir la mort venir, la maladie. A moins que si ? A cause d’une fragrance ? D’une odeur ?

- Enzo ?
- Écoute, j'suis pas sûr de moi, peut-être que j'me plante complètement.

C’est ça ? Je vais mourir. Non, il serait bien plus paniqué. Je n’sais pas, je ne sais plus bon sang.
Je serre les dents, continue de le regarder malgré mes yeux brûlants. Il vient s’assoir à côté de moi, imposant une certaine distance qui est la bienvenue alors que j’ai l’impression d’étouffer, d’imploser. Il prend ses inspirations et moi les miennes, luttant tous les deux contre quelque chose qui nous ronge.

- J'ai pas fait gaffe mercredi mais un truc m'a interpelé déjà, par rapport à ta fragrance. J'ai … enfin j'avais un peu la tête ailleurs, on va dire, alors j'y ai pas prêté plus attention que ça mais ...

Un poids commence à s’installer au creux de mon estomac, mes mains se crispent sur le bord du banc de pierre et je sens mes ongles racler contre la surface. Je m’accroche pour ne pas tomber, pour ne pas chuter en avant avec ce qu’il va me balancer au visage.
Je me vois déjà malade, devant aller d’urgence à St Mangouste pour suivre je ne sais quel traitement pour me maintenir en vie …

- Quand j'ai pris ton pouls tout de suite, j'ai eu l'impression de sentir et entendre deux rythmes cardiaques différents. Et j'parle pas du mien.

Mon regard se plante dans celui d’Enzo et je mets cinq bonnes secondes pour traduire ce qu’il est entrain de me dire. Cinq bonnes secondes pour comprendre la tournure et la teneur de sa phrase.
La violence du choc est d’une brutalité rare. Mon cœur explose contre ma poitrine, mon ventre se tord en un violent nœud douloureux et la nausée remonte d’un coup sec, menaçant de franchir la bordure de mes lèvres que je pince aussitôt. J’ai soudainement froid. Terriblement froid. Je sens les extrémités de mes membres tremblés sous le choc alors que je serre un peu plus mon emprise sur la surface. Refusant en bloc ce que je suis entrain de comprendre alors que mon cerveau, lui, me ramène toutes les pièces du puzzle et les emboitent une à une.
Un deuxième en cœur, là, non loin du mien.

- Non.

C’est juste un murmure, tremblant, lâcher d’une voix blanche d’une fille qui comprend soudainement toute l’ampleur de la nouvelle, de cette possibilité non désirée.
Je détourne mon regard pour le plonger dans le vide, repassant aussitôt les derniers évènements. Nausées, fatigue, changement d’humeur parfois. Seule ombre au tableau : L’absence de retard. J’ai eu mes règles il n’y a pas quelques semaines alors comment est-ce que je pourrais être…
Je refuse en bloc de l’admettre, d’accepter cette vérité.

- Impossible pour que ça soit ça. Je… non. T’as dû te planter, ça n'est pas possible. J’prends jamais de risque. Encore moins ces derniers temps.

Alors pourquoi ça ne me parait plus si impossible que ça ? Pourquoi est-ce que je sens encore cette inquiétude grandir, gonflé jusqu’à me foutre les larmes aux yeux.
C’est impossible.
IMPOSSIBLE MERDE !
Le vertige est violent, je m’appuie sur mon genou, passant une main tremblante sur mon front. Une colère sourde s’insinue en moi et elle n’est dirigée vers personne en particulier, juste vers la tournure de cette situation qui est tout simplement grotesque. Je comprends mieux la réaction d’Enzo, sa façon de se comporter, d’hésiter, de mettre un temps fou pour me lâcher le morceau. Et moi j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer correctement, de ne plus savoir marcher, parler, penser. Je ne sais pas combien de temps je reste dans le plus profond des néants, dans la perte de connaissance mentale alors que mon corps reste dans la même position, visage cachée, comme pour dissimuler une honte.
Mon absence de réaction est le reflet même de ce qu’il se passe au creux de mes pensées qui ont toutes foutues le camp avant que la vie ne revienne à mon cerveau. Entre le déni et l’inquiétude. C’est brutal, autant que tout à l’heure lorsque le sens de ses mots m’a paru soudainement claire.

C’est impossible. C’est une erreur, une simple erreur. Lui-même me l’a dit, il a très bien pu se planter. Et tout en moi se dresse en bloc pour accepter cette idée-là. Je me lève brutalement, clignant des yeux, mâchoire serrée avant de me diriger vers l’infirmerie. Hors de question que je ne reste une minute de plus à m’inquiéter pour rien, à me faire un sang d’encre pour quelque chose qui n’existe pas. Et même si je n’arrive pas à arrêter le tremblement de mes mains, même si ma conscience hurle de me calmer cinq minutes pour réfléchir à tête reposer sur les conséquences qui m’attendent possiblement, je n’y prête absolument aucune attention. J’en ai rien à foutre, je veux tout simplement qu’Helland me fasse un putain d’examen pour m’annoncer que j’ai une carence en fer, que je suis anémiée ou je ne sais quoi d’autres avant que je ne devienne folle.

Enzo se lève à son tour, pour me suivre.

- Non, j’veux rester seule. S’il te plait.

J’ai pas la force de contrôler les tremblements dans ma voix, ni celle de le repousser. J’entends sa voix qui m’articule des mots, des recommandations, des choses que je n’écoute pas, que je n’entends pas vraiment finalement. Je me vois grimper les marches, m’accrochant à la rambarde, plonger dans un profond silence de glace. Je bute contre toutes possibilités, plonger dans une léthargie jusqu’à ce que j’arrive devant la porte de l’infirmerie que je pousse violemment, brutalement. Je sais qu’Enzo est derrière moi, qu’il m’a suivi, mais je ne suis pour l’instant pas capable de réagir, focalisée sur un seul et unique but.
Je trouve Helland derrière son bureau, debout et raide comme un piquet. Mais surtout, contrarié de me voir débarquer comme ça sans l’ombre d’un respect pour le lieu.

- Mlle Hasting, c’est une infirmerie ici, pas un hall de gare.
- Je sais.

C’est sec, tranchant, c’est tout simplement pas le moment de me faire des remarques, des réflexions à la con.
Et tout ce que je constate, c’est que je ne suis plus la même, murer derrière une femme qui n’est pas moi.
Je ne sais pas s’il le sent, s’il s’en rend compte mais quelque chose change chez lui. Son regard, inquiet, soucieux, plus doux. Un poignard en plein cœur.

- Qu’est-ce qui ne va pas ?
- J’ai besoin d’un examen, d’un check up complet.

Ma voix tremble, je suis au bord des larmes et j’ai toutes les peines du monde à ne rien laisser s’échapper.

¥

Ça n’est pas un blackout mais ça y ressemble. Je vois des fragments d’images, de gestes, de paroles. Helland avec sa prise de sang, ses questions, mes réponses.
De quand datent votre dernier rapport ? Non protéger, j’entends.
D’il y a deux mois. Une fête pendant les vacances, des retrouvailles avec de vieux copains que je n’avais pas vu depuis des années. Un furieux besoin de vivre après l’épisode de Maxime, après tout ce qu’il s’était passé avec cette histoire d’empoissonnement. Juste vivre. La musique, la fête, les dansent et Noah. De l’alcool, une ivresse profonde qui m’a laissé quelques trous de mémoire le lendemain.

Voilà comment je me retrouve assise sur cette table d’auscultation, tout au fond de l’infirmerie avec un tube entre les mains. Un tube au contenue vert translucide. Parce que je ne voulais pas le croire, refusais en bloc la réalité, la vérité.
Je suis enceinte de deux mois pleins. Et c’est tout un monde qui s’effondre autour de moi. Toute une vie, de fondation. Mes piliers s’écroulent les uns après les autres dans un tremblement d’émotions incontrôlable et incontrôlé.
Et je me sens terriblement vide, comme plonger dans un néant infini qui ne cessera jamais de m’engloutir au fur et à mesure que les secondes passent. J’ai l’impression d’être désemparée, d’être complètement détruire de l’intérieur alors que je devrais me réjouir qu’une vie puisse grandir en moi. Pourtant, je n’y arrive pas. Trop lourd à porter, trop lourd à accepter. Je pense à un tas de choses et à rien à la fois.
Avortement, l’annoncer à mon père qui va très certainement me détruire, mes études, mes choix, mon avenir, ma carrière. Je n’sais pas par où commencer, par où réfléchir alors que ma seule envie est de me mettre en boule au creux de mon lit, de fermer les yeux et dormir pour me réveiller sur un lendemain où tout ça n’aurait jamais existé.

Je lève lentement mon regard vers la présence qui s’est manifesté près de moi et constate qu’Enzo est là. L’effet de sa présence est immédiat. Je me souviens avoir simplement prononcé son prénom lorsqu’Helland m’a demandé si quelqu’un m’accompagnait. Et maintenant qu’il est là, alors que je n’avais pas versé une seule larme depuis jusqu’ici, j’ai l’impression que toutes mes résistances menacent de s’ébranler.
Je le regarde, sourcils froncés et lèvres pincées avant d’ouvrir le creux de mon poing pour lui montrer le flocon porteur de tous mes maux.

- Le test est positif.

Je baisse les yeux vers le flacon et sens les premières larmes brûlantes rouler sur mes joues alors que je déglutis difficilement, pour réussir à respirer correctement, pour réussir à articuler quelques mots.

- Je suis désolée de te demander ça mais est-ce que tu peux aller chercher Riley, s’il te plait ?

Parce que j’ai besoin d’elle plus que jamais en cette seconde. La situation me parait brutalement similaire à celle que nous avons vécus il n’y a pas si longtemps et je ne sais pas si c’est l’ironie du sort ou autre chose mais ça ne fait qu’enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. J'ai l'impression que je ne pourrais jamais à faire le vide dans mon esprit et à réussir à coordonner correctement mes idées si Riley n'est pas là. Et plus je sens le besoin de sa présence, plus l'oppression grossit, grandit.

- Désolée que tu aies eu à m’annoncer ça.

Je ne lui en veux pas, ne lui reproche rien. Comment pourrais-je lui en vouloir ? D’autant plus que je sais et sens qu’il ne le vit pas bien, qu’iil aurait certainement préféré ne jamais avoir entendu et senti quoi que ce soit. Ma voix rocailleuse par ce trop long silence a du mal à s’articuler, les larmes n’arrangeant rien. Je porte ma main à mon visage, encercle le reste de mon corps de mon autre bras, faisant mille et un effort pour ne pas exploser en sanglot. En soi, ça n’a rien de grave. Je ne vais pas mourir, personne ne va mourir. Je ne suis pas malade et ma vie n’est pas en danger. Pourtant, en cette seconde, j’ai la sensation que ma vie justement, n’a plus aucun sens, aucune foutue logique.
Je ne sais pas combien de temps s’écoule entre sa présence et son absence, ni depuis combien de temps je suis là mais plus les minutes passent, plus la colère se réchauffe pour devenir brulante, enragée.
Comment est-ce que j’ai pu être aussi stupide ? Aussi inconsciente ? Non. Je ne l’ai pas été. Je suis persuadé avoir fait ça de façon protégée mais par contre, bien trop ivre pour se rendre compte d’un probable accident. Et maintenant j’ai la sensation de me retrouver pieds et poings liés à cause de ma connerie.
De notre connerie.
Parce que Noah devra être au courant, d’une façon ou d’une autre. Et même si tout ça est bien loin d’être un drame, d’être quelque chose de mauvais, je n’arrive pas à relativiser une seule seconde.
Tout se bouscule dans mon crâne, des voix hurlent, des situations me sautent au visage et j’explose brutalement. D’un geste rageur, j’éclate le flacon contre le mur, étouffant un cri de frustration, de colère noire. Ce seul geste suffit à laisser libre court à mes larmes et à mes sanglots que je lâche cette fois, sans retenue.
Jamais je ne me suis autant détesté.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 17073
Date d'inscription : 13/09/2009
Crédits : JunkieMouse ▬ Gif Tumblr
Double Compte : Ismaelle L. Stoneheaven ▬ Cameron S. Cassidy ▬ Riley S. Jenkins ▬ Owen A. Matthews ▬ Elijah C. Leroy



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3605-enzo-still-a-wolf-not-lonely-a
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Lun 1 Mai 2017 - 22:54

A l'instant même où les mots franchissent la barrière de mes lèvres, je sais que je n'aurai pas dû. Je regrette, j'ai envie de disparaître, mais pas une seconde je ne fuis son regard qui reste braqué dans le mien pendant ce qui me semble durer une éternité. Je viens de mettre un pied là où je n'aurai pas du seulement il est trop tard maintenant. Tout ce que je peux faire c'est accepter les conséquences de mon acte et mettre en sourdine ce que je ressens vis à vis de cette révélation. Parce que non, je n'en suis absolument pas indifférent mais clairement ça n'est pas ce qui prédomine chez moi actuellement.

« Non. »

Cette fois je ferme les yeux, dans un soupir, je ne peux pas faire autrement. Je cherche pas à fuir la réalité, la situation, mais qu'est ce que je peux bien faire d'autre alors qu'elle prend petit à petit la teneur de ce que je viens de lui faire comprendre ? Parce que oui, évidemment, elle a compris. J'aurai pas été capable de prononcer d'autres mots, des mots plus clairs. Est-ce qu'on peut revenir en arrière et effacer tout ça ? Ça ne changerait rien : Ici, maintenant ou plus tard, j'aurai fini par le sentir. Mais peut-être que j'aurai réussi à la fermer. C'était pas à moi de faire ça, pas à moi de lui annoncer ça. Un truc qui va chambouler sa vie, quoi qu'il se passe. J'avais pas le droit.
J'ai pas la moindre idée de ce qu'elle peut ressentir, je me doute simplement que ça doit être un incroyable bordel dans sa tête et ça aurait pu être une bonne nouvelle, elle aurait pu sauter au plafond, mais j'ai pas besoin de la regarder pour savoir que c'est pas le cas. Moi ? Je ne sais pas quoi en penser, de toute façon c'est pas comme si j'avais mon mot à dire sur la question, comme si j'avais ne serait-ce que le droit de ressentir le moindre truc vis-à-vis de ça.

Et je crois qu'au fond, je ne réalise de toute façon pas tellement.

« Impossible pour que ça soit ça. Je… non. T’as dû te planter, ça n'est pas possible. J’prends jamais de risque. Encore moins ces derniers temps. »

Je ne dis rien, je ne bouge pas. A partir de maintenant il n'est plus question de moi, ça n'a jamais été le cas de toute façon, mais c'est quelque chose qu'elle doit régler avec elle-même. Qu'elle me frappe si ça peut lui faire du bien, je ne me défendrai pas, je ne l'en empêcherai pas. Elle peut me hurler dessus, je laisserai faire aussi. Et dans tout ça j'en perds un peu le fil du temps, les yeux désormais rivés sur les pavés.
Il n'y a que lorsqu'elle se lève que je réagis, et c'est une réaction purement impulsive, instinctive. Elle n'a pour moi aucun regard, c'est comme si je n'existai pas mais quand elle comprend que je me lève et que je la suis, ses mots m'explosent au visage et surtout au cœur.

« Non, j’veux rester seule. S’il te plait. »

J'ai l'impression de me retrouver à nouveau face à William quand je lui ai avoué que ce Loup auprès de qui il avait vidé son sac la nuit passée, c'était moi. Ce regard, c'est presque le même, celui qui veut dire : Tu m'as volé quelque chose, t'avais pas le droit de faire ça. Je ne le voulais pas. Et il me fait un mal de chien. Foutue Lycanthropie.
Je sais bien qu'il ne s'agit pas de moi, je le sais putain, mais j'y peux rien si je vis ça comme un rejet de sa part. En même temps, je la comprends totalement – sur le fond, pas sur la forme évidemment et ça je ne le pourrais jamais – et je ne compte pas m'imposer, j'ai juste pas réfléchit, j'arrive visiblement pas à me résoudre à la laisser se balader toute seule dans les couloirs alors que je viens de la trouver inconsciente il n'y a pas cinq minutes. Et puis, il y a … ça.

« Tu le seras. J'veux juste m'assurer que tu arrives là haut sans encombre. »

Parce que oui, je pars du principe que c'est vers l'infirmerie qu'elle se rend comme ça, d'un pas rapide bien qu'encore fébrile. Je devrais respecter son choix, foutre le camp, disparaître de son champ de vision pour un moment mais j'arrive pas à m'y résoudre, c'est plus fort que moi. L'instinct. Ce putain d'instinct qui en cet instant m'étouffe à m'en empêcher de respirer correctement. Ou peut-être est-ce la douleur du rejet. Qu'est ce que tu peux être égocentrique gamin, égo-centré. Tu le dis toi même, il ne s'agit pas de toi.
Je la suis comme si j'étais son ombre, à distance respectable néanmoins et quand elle entre dans l'infirmerie je devrai mettre les voiles mais là encore ça n'est pas ce que je fais. Je reste planté là, à l'extérieur, les poings serrés et les yeux rivés dans le vide, droit sur la grande porte en bois derrière laquelle elle vient de disparaître.
Ce qui s'est passé entre le moment où elle est entrée et celui où Helland, impassible, est venu me chercher ? Rien. J'en ai de toute façon aucun souvenir. Je sais juste que je me suis assis sur un banc, j'ai posé mes coudes sur mes genoux, plongé mes mains dans mes cheveux, baissé la tête et fermé les yeux. C'est comme si … comme si je m'étais mis en veille. Une veille dont je ne sors que lorsqu'elle est à nouveau là, face à moi, malgré les nombreux pas que j'ai fais pour parvenir jusqu'à elle. Je sais même pas pourquoi je suis resté, je dois probablement être la dernière personne qu'elle a envie de voir actuellement. Je ne devrais pas être là. Pourtant elle ne me chasse pas, elle me regarde, sourcils froncés et ouvre son poing dans lequel se trouve un flacon qui contient un liquide vert translucide. Je ne sais pas ce que ça veut dire.

« Le test est positif. »

Un poids me tombe sur l'estomac, un long frisson me parcoure des pieds à la tête et j'ai l'impression de vaciller l'espace d'une seconde. C'est … un choc, ni plus, ni moins. Par ces mots elle confirme les doutes que je lui ai évoqué, elle rend la chose réelle et j'ai le sentiment de me prendre une claque en plein visage même si rien ne transparait. Le test est positif. Kezabel est … enceinte. Pas une seconde je ne me demande qui est le père de cet … Est-ce qu'on peut dire enfant ? J'en sais rien, tout ça me dépasse totalement. Ça ne me traverse pas plus l'esprit que Helland puisse penser que c'est moi puisque je suis là. Je ne me demande pas non plus ce qu'elle envisage de faire. Tout ça … Oui, ça me dépasse, il n'y a pas d'autre moyen d'exprimer la façon dont je me sens et sans trop savoir pourquoi, j'aimerai que ma mère soit là, dans cette pièce. Elle saurait quoi faire elle, elle saurait quoi dire. Je me dis que Kezabel doit surement ressentir la même chose, de quoi est-ce qu'on pourrait avoir le plus besoin que sa mère dans un moment comme ça ?
Mon cœur a raté un battement, mon souffle m'a semblé se couper quelques secondes et ses larmes me font mal. Une partie de moi ressent ce besoin intrinsèque de la prendre dans mes bras pour … la rassurer, la réconforter, lui apporter du soutien et une épaule sur laquelle pleurer mais je sais que ça n'est pas une bonne idée alors je reste immobile, à quelques pas, enfermant à l'intérieur de moi tout ce que je ressens. Elle n'a pas besoin de mes émotions en plus des siennes, clairement pas.

« Je suis désolée de te demander ça mais est-ce que tu peux aller chercher Riley, s’il te plait ? »
« Bien sûr. »

La voir comme ça … Je ne supporte pas d'avoir ne serait-ce qu'une part de responsabilité dans sa souffrance. Parce que oui, c'est de la souffrance qui transparait dans chacun de ses regards, dans chacune de ses larmes. Elle a l'air perdu, effondrée, en colère. Je vais sortir d'ici et aller chercher Riley, ensuite … J'en sais rien. Quelque chose commence à ramper dans mes veines, comme une envie sourde de hurler, de laisser sortir tout ce que je barricade en cet instant et qui m'étouffe. J'ai les poings serrés, je ne m'en rends même pas compte. Pas plus que mon regard qui s'est braqué dans le vide ni même ma respiration et mon rythme cardiaque qui s'accélèrent. Il faut que je sorte d'ici. Je n'aurai jamais du y entrer.

« Désolée que tu aies eu à m’annoncer ça. »
« J'aurai jamais du prendre cette liberté. J'avais pas le droit de faire ça. »

Les mots sortent d'eux-même, presque brutalement et je m'en veux à la seconde où ils m'échappent mais c'est trop tard.

« J'vais chercher Riley. »

C'est la meilleure chose que j'ai à faire, de toute façon, je le sais parfaitement. Je n'arrive pas à la regarder alors je m'en vais comme ça, déstabilisé par cette colère naissante qui s'empare de moi et toute cette tension qui m'oppresse. J'aurai aimé lui offrir autre chose, peut-être un sourire, un regard ou un geste rassurant, mais c'est de Riley dont elle a besoin, et c'est plus que normal.
C'est presque comme un fugitif que je sors de l'infirmerie, sans me retourner et plus le sol défile sous mes pas plus j'accélère. Je respire de plus en plus vite, mon cœur accélère, j'étouffe, j'ai chaud, je ne desserre pas les poings. Pas même après que l'un d'entre eux soit allé s'abattre contre une porte parce que je n'ai pas su faire autrement. Il faut … que je me calme. Mais il ne faut pas que je traine. Le corps agité, la tête qui tourne, le front contre le mur, je prends juste quelques secondes pour essayer de réguler ma respiration, comptant les secondes machinalement pour faire redescendre mon rythme cardiaque. Deux minutes. Un long et profond soupir. Je me remets en route. Je n'ai pas réfléchi à ma destination, j'avais juste besoin de fuir cette pièce, fuir la situation, mais à présent que mon esprit est plus clair j'hésite. Les possibilités sont très nombreuses, j'envisage de faire apparaître mon Patronus pour qu'il me guide jusqu'à elle quand j'aperçois Lukas qui monte vers je ne sais où. Je ne sais même pas à quel étage je me trouve.

« Lukas ! »

Il sursaute, il ne m'a pas entendu venir et je le sais, même si on se côtoie tous les jours depuis un bail et qu'il a enfin compris que je ne lui veux aucun mal, je sais qu'il aura toujours une petite appréhension vis à vis de moi. Peu importe, j'le changerai pas, il ne me changera pas, pour autant on s'entend bien et c'est pas vraiment le sujet.

« Tu saurais où est Riley s'il te plait ? »
« Euh oui, elle est entrain de travailler à la bibliothèque. »
« Merci. »

Simple, clair, net et concis. Je descends les marches quatre à quatre mais je me sens plus calme. Pas plus serein, non, mais … oui, ça fait toujours son petit effet de cogner dans quelques choses, n'en déplaise aux non-violents. J'entre dans la bibliothèque, la cherche du regard, croise celui de McEwen et le soutiens quelques secondes – autant dire que ça ne respire pas la sympathie de mon côté et qu'il n'affiche que du mépris du sien – jusqu'à ce que je repère la Serpentard assise à une table le long des fenêtres.

« Riley. »

Elle non plus ne m'a pas entendu arriver, elle n'a pas sursauté pour autant. Et il lui suffit d'un regard vers moi pour froncer les sourcils.

« Qu'est ce qui se passe ? T'as pas l'air bien Enzo ... »
« Kezabel est à l'infirmerie, elle m'a demandé de te prévenir. »

Ce qui était de l'interrogation, un peu d'inquiétude, se transforme immédiatement en quelque chose de plus fort et je me rattrape instantanément.

« C'est rien de … Elle n'est pas blessée. Elle a juste besoin de toi. »

C'est tout ce qu'elle aura, c'est tout ce dont elle a besoin. En un éclair elle se lève, laisse ses affaires là où elles sont et quitte la bibliothèque. J'en sors juste après elle, descends encore un étage et passe les portes du hall qui mènent à l'extérieur. J'ai pas fait un pas en direction du parc qu'une voix m'interpèle :

« Ryans, où est-ce que tu vas ? »

Je ne réponds pas, je ne me retourne pas. J'ai vraiment, vraiment pas envie de me lancer dans un débat maintenant, je veux juste qu'on me foute la paix.

« Ryans ! »

Cette fois je me fige, tous mes muscles se contractent et mes yeux s'assombrissent alors que je regarde droit devant moi. Fisher. Il a fallu que ce soit lui. N'importe qui, je me serai peut-être braqué aussi mais lui … Pas maintenant. Je me retourne, le regarde droit dans les yeux mais ne bouge pas. C'était quoi sa question déjà ? Où est ce que je vais ? J'en sais foutrement rien mais loin de ce château, autant que je le peux. Et loin de ta gueule, au passage.

« Chercher un truc dans les serres, pour Mademoiselle Wistinghausen. »

Pourquoi pas, après tout. Rien à foutre qu'il y croit ou pas mais je vois bien que Matthews ne gobe pas ça une seconde, lui qui se tient là aussi, près de son collègue, l'air presque dépité. M'étonnerait pas que ça ne colle pas tellement entre ces deux là. Holt doit être en repos, ils sont comme les deux doigts d'une main en temps normal ces deux là et très honnêtement j'aurai préféré l'avoir lui en face de moi. Il ne m'aurait pas pris la tête, je le sais. C'est pas son genre, il est bien plus … adroit dans sa communication, on va dire ça comme ça.

« On vous a demandé de ne pas vous déplacer seul jusqu'à nouvel ordre. »

Je perds mes nerfs, je crois que c'est plus qu'évident. Je sais qu'il a raison, que c'est son rôle mais d'une j'aime pas sa gueule et encore moins en cet instant, de deux, la dernière chose dont j'ai envie et besoin pour le moment c'est qu'on me dise ce que je dois faire ou en l'occurrence ne pas faire, surtout pas lui alors que le simple fait de voir sa face nourri mon envie de lui rentrer dedans pour qu'il me foute la paix. Je sais très bien quel risque je prends, j'suis pas près d'oublier ce qui s'est passé mercredi mais là, je le confesse, ça me passe au dessus de la tête.
Je fais un pas vers lui, le regard braqué dans le sien et tout le monde sait ce qui va se passer. Autant dire que je n'écoute pas la petite voix dans ma tête qui me dit de me calmer, de filer droit, d'être un gentil garçon qui évite les problèmes. Là, tout de suite, je m'en fous et qu'il soit Gardien n'y change absolument rien. Une voix que je n'ignore pas en revanche c'est celle qui s'interpose sans prévenir et me fait stopper immédiatement.

« Il n'est pas seul. »

Les deux Gardiens se retournent, il les dépasse et vient directement jusqu'à moi avant de leur faire face. Tout ce qui émane de lui en cet instant c'est un calme olympien, quelque chose que je ressens immédiatement quand sa peau entre en contact avec la mienne alors que sa main vient se joindre à la mienne. Je l'observe, ne dis rien, lui semble attendre une réaction des Gardiens et c'est Matthews qui l'ouvre en premier, coupant l'herbe sous le pied de Fisher.

« C'est bon. Parson et Gabrieli sont en faction là-bas. Évitez de trop trainer. »

Je laisse Will gérer, m'entrainer avec lui vers le parc, m'éloigner de ce gus que j'ai rêvé de démonter l'espace d'une seconde. Il est arrivé au bon moment, autant le dire, mais je n'y pense déjà plus alors qu'on s'éloigne tous les deux et que le Lac prend de plus en plus de place dans mon champ de vision même s'il est encore loin. C'est là que j'ai envie d'aller, en soi ça n'a rien d'une surprise quand on me connait. C'est pas l'océan mais ça reste de l'eau, y a pas grand chose qui me calme plus efficacement que ça.

« Je sais que tu l'as maté dans son treillis. »
« J'comptais emballer une belle rousse en plein milieu du hall mais quelqu'un s'en est déjà chargé récemment, j'voulais innover un peu. »

J'écrase un rire, regarde mes pieds une seconde et sens mon corps se détendre. Mes muscles se décontractent, je retrouve le sourire et le soupir que je laisse sortir est presque salvateur, comme s'il entrainait avec lui un peu de tension que j'ai accumulé trop rapidement pour pouvoir le gérer correctement. Et sa présence me fait du bien, vraiment.

« T'as vraiment un truc à chercher dans les serres ? »
« Non. C'est le premier truc qui m'est passé par la tête pour qu'il me foute la paix. »
« Ça et lui rentrer dedans. »

Sourire en coin, je regarde à nouveau mes pieds comme un gosse pris en flagrant délit d'une connerie qui ne peut pas s'empêcher d'en rire et là encore, ça me détend. Je ne dirai pas le contraire, c'est exactement ce que j'allais faire s'il n'était pas arrivé. Enfin j'imagine que Matthews m'aurait stoppé mais l'intention était là même si elle était totalement impulsive. Il commence à bien me connaître. En même temps, je me dis que j'ai du être aussi discret sur mes intentions qu'un buffle près à charger mais quand même. Et ces quelques échanges de « civilités » me permette d'avoir un sas de décompression avant de rentrer dans le vif du sujet.

« Je t'ai aperçu à la bibliothèque tout de suite, t'avais l'air … contrarié ? Ça va ? »

Je n'avais pas oublié Kezabel, je sais qu'elle va être le centre de mes pensées pendant un moment et j'ai toujours du mal à digérer ce qui s'est passé. Je m'en veux, j'ai peur, je ressens tout un tas de trucs mais ce qui prend le pas sur le reste c'est l'inquiétude à son égard. Je me rassure en me disant que Riley est avec elle maintenant, elle est entre de bonnes mains, celles dont elle avait besoin. Le reste, ça lui appartient.
Et moi aussi je me sens entre de bonnes mains. Je ne sais pas si j'aurai eu le réflexe d'aller le chercher, on ne se refait pas et j'ai toujours cette manie d'aller me planquer quand un truc ne va pas mais intérieurement je le remercie vraiment d'avoir débarqué et quand je comprends qu'il m'a suivi parce qu'il a capté qu'un truc clochait, je suis sincèrement touché. C'est … ça me fait du bien de sentir qu'il est là, qu'il fait attention à moi, c'est tout. C'est quelque chose de totalement réciproque. Je suis là, je fais attention à lui.

« C'est rien, t'en fais pas. J'suis monté en pression tout seul. »

J'aime pas vraiment cette situation où je me retrouve à lui mentir mais je sais, je devine, que s'il se trouvait à ma place il comprendrait. Même si je lui fais entièrement confiance, que je pourrais lui parler d'un milliard de choses sans craindre quoi que ce soit, là il ne s'agit pas de moi et c'est relativement délicat. A vrai dire, je ne sais même pas si je serai capable d'en parler.

« Mais j'suis content que tu sois là. »

L'emprise de mes doigts se raffermi un peu autour des siens, comme une manière d'illustrer par les gestes ce que je viens de dire. C'est pas calculé, simplement naturel et instinctif.

Je me permets quand même de lui expliquer que j'ai trouvé Kezabel évanouie dans le couloir et qu'elle est à l'infirmerie, que j'ai prévenu Riley parce qu'elle me l'a demandé, que ça me semblait évident de toute façon, mais sans rentrer dans les détails. Faire un malaise, ça arrive à tout le monde. Ça n'a rien d'improbable, surtout quand on sait qu'elle se démène comme une folle pour être sur tous les fronts, qu'elle a récemment été malade – et maintenant je comprends pourquoi – etc ...

« T'es d'accord si on va se poser un peu près du lac ? Sans Parson et Gabrieli. »

Ni personne d'autre. Traduction on fait le « mur », on s'en fout, parce que là tu vois j'ai juste besoin et envie de passer un moment seul et « loin » avec toi, ranger un peu dans un coin de ma tête tout ce qui vient de se passer. Débrancher. Juste passer un moment avec ce garçon à qui je tiens énormément, de plus en plus au fil des jours, des semaines, des mois même.

HRP:
 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7987
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Ven 12 Mai 2017 - 18:06

Samedi 20 Juin 2015 – Dans l’après-midi
Where is my mind ? It’s over. I’m over



Kezabel, Enzo & Riley


Samedi 20 juin – Dans la matinée

« J’vais jamais survivre à cette journée… »
« Qu’est-ce qu’il y a mamie ? Ca y est, ce sont tes 60 ans qui ont eu raison de t… »
« Astrée ! »
« WOW ! COUCHE LE LION ! »

Alors ça, je ne m’y attendais pas. Je viens de faire un semblant de bond en arrière sans pour autant quitter le lit, juste ce qu’il faut pour m’éloigner de cette créature infecte qui me crache dessus comme si j’étais le diable en personne. Elle me connait, on se cotoie sans avoir besoin de s’apprécier, sans se détester pour autant. Disons qu’entre elle et moi c’est comme une sorte de cohabitation teintée d’indifférence mais ça … Jamais elle n’a réagi comme ça avec moi jusqu’ici.

Et ça me vexe, oui, parfaitement.
Je boude.

« Eh, qu’est-ce qu’il t’arrive ? C’est rien, c’est Riley ! »

Ouais, c’est rien, c’est Riley … et toi tu vas finir en descente de lit si tu recommences un truc pareil. Elle se rassoie, l’air de rien, sous les caresses de sa maitresse et se remet à ronronner … J’hallucine. J’en ai encore le cœur qui bat et l’égo un poil agacé.

« Avoue-le, t’étais prête à me faire une connerie ! »
« Même pas ! … Mais la prochaine fois j’y penserais. Enfin quand Simba Jr ne sera pas là ! »

Je balance un regard noir dans la direction de la sale bête – c’est presque affectif –  et m’écroule à nouveau sur le lit, à côté de Kezabel, prête à jouer des coudes si jamais le roi lion renoue avec ses instincts sauvages à nouveau. Crois-moi, je griffe et je mords plus fort que toi espèce de  boule de poils. Néanmoins je la surveille quand même du coin de l’œil … Et l’espace d’un instant, sa réaction impulsive et sortie de nulle part me fait penser à moi. Je suis bien du genre à changer d’humeur sans prévenir, à réagir comme ça sans que personne ne comprenne pourquoi. Hum, aller, on oublie. On se comprend toi et moi en fait. Je passe l’éponge.

« Viens, on s’en va. »
« Comment ça ? »
« On prend nos sacs à dos et on va faire le tour du monde ! »
« Bientôt ! Cet été, promis ! »
« M’ouais… »

Soupir. Mains croisées sur le ventre et regard rivé vers le plafond que je ne vois pas vraiment. Mes pensées, elles, divaguent ailleurs. Loin. Dehors.

« Je crois que j’ai besoin d’air, de voir autre chose. »

Le monde, la vie, la liberté surtout. Autre chose que les murs de ce château où on risque notre vie un peu trop souvent. Je veux qu’on y aille sur cette île déserte, celle dont Keza et Enzo ont parlé l’autre jour, ce qu’elle s’est empressée de me transmettre comme image. Je veux qu’on y aille tous ensemble et qu’on oublie tout ça. Je veux partir faire le tour du monde avec ma meilleure amie et découvrir pleins de choses avec mon Gaucho.

« J’aime cette école mais j’ai hâte de partir, de quitter ces murs. »
« Je sais. Moi aussi. »

Je tourne la tête et la regarde, captivée par les photos au-dessus de nos têtes. Un sourire étire mes lèvres, j’attrape sa main et la serre dans la mienne. Oui, bientôt. Toi et moi. Les Boulettes à l’aventure !

#

Dans l’après-midi

« Alors pour cette histoire de saut en parachute … »

L’esprit léger, mes bras passés autour de son cou, je souris et ris comme une midinette. Je le taquine, l’embête, me projette clairement dans toutes ces choses qu’on a envie de faire ensemble sans me retenir une seconde, sans avoir peur de le faire fuir. Il ne pourra pas, je l’en empêcherai s’il essaie … Héhé. Je t’attacherai Vargas !
On se taquine, on se chamaille, on s’embrasse sans jamais se lâcher et puis vient le moment où je retrouve mon habit d’élève concernée par sa réussite scolaire et ses ambitions.

« Bon ! Il faut que je révise. Bonne après-midi Gràdh ! »

J’éclate de rire, le gaélique écossais est clairement moins sexy que l'espagnol. Baiser soufflé et je m’éloigne, grand sourire aux lèvres avant de tourner les talons, faisant basculer mes cheveux au passage dans un effet purement stylistique – Parce que je le vaux bien.

#

« Lukas … »

Je ne relève pas le nez de mon bouquin, ma plume continue de glisser sur mon parchemin mais le fait qu’il essaie de se barrer en douce ne m’échappe. Si je fous la paix à Mateo pour ce qui est des révisions, Lukas, lui, peut toujours courir.

« Mais j’en ai marre, j’y arrive plus, mon cerveau s’est transformé en gelée ! »

Le dépit est clairement évident dans le son de sa voix et un sourire étire mes lèvres alors que je n’ai toujours pas relevé la tête. Il doit prendre ça pour un laisser-passer, à raison. Je lui retomberai dessus plus tard. Hors de question qu’il rate ses examens cette année.
Lukas a quitté les lieux depuis quelques minutes, je suis de nouveau totalement concentrée sur mon travail si bien que je n’entends ni ne vois arriver cette grande silhouette familière.

« Riley. »

Je ne sursaute pas, relève simplement la tête et offre un sourire au Gryffondor, sourire qui s’estompe rapidement quand je discerne les traits de son visage. Il a l’air tendu, troublé, mes sourcils se froncent immédiatement alors que je me redresse et laisse tomber ma plume.

« Qu'est ce qui se passe ? T'as pas l'air bien Enzo ... »
« Kezabel est à l'infirmerie, elle m'a demandé de te prévenir. »

Un éclair de panique me traverse le regard et c’est tout mon corps qui se tend alors que mon esprit analyse la situation à grande vitesse. Kezabel à l’infirmerie, Enzo dans cet état, les voyants sont au rouge. J’imagine rapidement le pire, autant le dire, et ça doit se voir puisqu’il rattrape la situation.

« C'est rien de … Elle n'est pas blessée. Elle a juste besoin de toi. »

Il ne m'en faut pas plus, je ne réfléchis pas une seconde, laisse mes affaires en plan, le laisse lui en plan et prend la direction de la sortie. Les escaliers c'est quatre à quatre que je les monte jusqu'au 7ème étage et autant le dire je suis essoufflée en arrivant là-haut mais je ne m'arrêterai que lorsqu'elle sera là, sous mes yeux, à portée de main. Quand j'aurai eu le cœur net qu'effectivement elle n'est pas blessée. Et les questions tourbillonnent dans mon esprit, naturellement. Je n'entre pas là-dedans en terrain conquis, jamais, mais mon pas est rapide ça c'est certain. Comme toujours je ne cherche pas à cacher mes émotions, elles se lisent comme un livre ouvert dans mon regard et sur les traits de mon visage. Je ne la vois pas tout de suite, l'infirmerie est vide mais je fini par la trouver, légèrement en retrait, exactement là où j'étais assise il y a de ça deux semaines. Je franchis les derniers pas qui nous sépare, m'aperçois qu'elle pleure et me précipite vers elle.

« Hey, qu’est ce qui se passe ? Vu ton état et celui de ton messager, je t’avoue que je suis un peu en panique là. »

Une fois près d'elle je la prends dans mes bras dans réfléchir, angoissée mais calme, parce que je sais que c'est ce dont elle a besoin.

« Je suis là. »

Ma paume lui caresse le dos, j'essaie de ne pas la serrer trop fort par peur d'avoir raté un signal en l'observant de la tête aux pieds en arrivant. L'inquiétude, elle, grandi, puisqu'elle craque littéralement. Je m'écarte finalement, reste devant elle et lui prends les mains, pas du tout rassurée par cette situation. Tout ça se passe en l'espace de quelques secondes mais j'ai besoin de savoir.

« Qu’est ce qui ne va pas ? Dis-moi. Parle-moi Keza. »

Je crois qu'elle essaie mais n'y arrive pas, je passe ma main sur sa joue, tente de la calmer mais l'insistance se manifeste en moi quand bien même je fais ce que je peux pour la retenir. Et puis son regard glisse vers le sol, je le suis, ma main posée sur son avant bras que je sens trembler entre mes doigts. Des éclats de verre, voilà ce que je vois sur le sol. Pas beaucoup, l'équivalent d'un petit flacon je dirai, mais je ne comprends pas. Est-ce qu'elle s'est blessée avec du verre ? Non, Enzo m'a bien dit qu'elle n'était pas blessée et je lui fais confiance, du sang n'aurait pas pu lui échapper de toute façon. Je la regarde à nouveau, l'interroge du regard, c'est comme si elle se décomposait devant moi alors je regarde encore ces éclats de vert et constate qu'un liquide de couleur vert s'est répandu sur le sol. Est ce qu'elle a eu des résultats d'analyses ? Mais pourquoi ? Quand ? Comment ? Encore une fois j'imagine le pire, pense a une maladie grave et incurable, la panique s'intensifie … Jusqu'à ce que quelque chose se débloque dans mon esprit. Mon cœur s'emballe, je tourne la tête vers elle avec une lenteur exagérée.

« Kezabel … »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2164
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Mer 17 Mai 2017 - 1:45

Je vole en éclat, me brise en un million de morceau à chaque seconde écoulée. Impossible de savoir combien de temps s’écoule depuis qu’Enzo est partie, depuis combien de temps je suis là, visage entre les mains, pleurant en silence. Trop atterrée, choquée, secouée par la nouvelle.
Enceinte. Je suis enceinte. Je n’arrive pas à assimiler la nouvelle, à la comprendre, à prendre entièrement son sens. Mon esprit refuse en bloc la situation, si bien que je passe d’une réalité à un imaginaire. D’une prise de conscience à un déni le plus total. Comment est-ce que j’ai pu en arriver là ? A quel moment ais-je pu faire l’erreur qui m’ait aujourd’hui fatal ? Ce n’est pas comme si maman m’avait déjà briefé sur le sujet, que mon père l’avait lui-même fait. Et nos moments avec Riley, n’en parlons même pas. Ceux où l’on s’est promis de ne pas jouer les connes, de ne pas jouer les imbéciles.
La simple pensée de ma meilleure amie me creuse un vide énorme au ventre et me fait me recroqueviller un peu plus avec l’impression de chuter la tête la première dans un gouffre sans fond. Je me mords le point violemment pour ne pas hurler d’incompréhension, de folie. Je n’arrive pas à accepter l’inévitable. J’en suis déjà à un peu plus de deux mois, proche du non-retour.

Je me sens brutalement vide. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, seule responsable de cette situation. Je ne devrais même pas me mettre dans un état pareil, je n’avais qu’à faire attention, prendre mes précautions. Précautions que j’ai prises mais visiblement trop ivre, tout comme Noah, pour se rendre compte que le préservatif a tout simplement craqué.
Je ne pleure plus. Plus la force. Plus la volonté de rien. Choquée, encore.

Jusqu’à ce que j’entende des pas se précipiter jusqu’ici et à la seconde où j’entends le son de sa voix, mon cœur fait une embardé.
Je me suis redressée, lentement, pour la voir se ruer vers moi, m’adressant des mots que je ne comprends pas puisque d’un coup, mon corps s’éveille, mon cerveau avec. Et la réalité revient, plus brutalement que jamais.

- Je suis là.

Ces simples mots ont raisons de moi.
Je craque, littéralement. Fond en larmes, en sanglots profonds qui s’échappent de ma poitrine alors que je mes bras passent sous les siens pour ensuite accrocher ses épaules. Je m’y agrippe comme une désespérer, trouvant malgré tout un profond réconfort dans les bras de celle que je considère comme mon âme sœur, un des amours de ma vie. Personne dans ce château ne pourra m’apporter autant de sécurité que ses bras et je m’y perds, lâche tout ce que je retiens parce que je sais que contre elle, je ne risque plus rien.
Mais surtout, je relâche une certaine pression pour l’échanger contre une autre. Je relâche la nouvelle pour prendre conscience de tout ce que ça engendre pour moi derrière. Et je n’y arriverais pas sans elle, je le sais. Là, tout de suite, je ne suis pas foutue de me prendre en charge, de me gérer.
J’ai un enfant dans le ventre, un bébé entrain de grandir, de s’abreuver de ce que je lui offre et je suis entrain de pleurer cette nouvelle.

Je sens Riley s’écarter alors que je pleure toujours, ses deux mains sur mes épaules. Je sais qu’elle s’inquiète, qu’elle se demande certainement ce qu’il se passe, ce qui me rend dans un état pareil. Si j’étais à sa place, ça me rendrait bien plus que folle.

- Qu’est ce qui ne va pas ? Dis-moi. Parle-moi Keza.

J’essaie, je te jure que j’essaie. Alors que je la regarde droit dans les yeux, je secoue la tête à la négative, incapable d’articuler le moindre mot, la gorge coincée par les sanglots qui m’étreignent de l’intérieur, qui m’étouffent. Sa main sur ma joue, j’essaie d’y trouver un apaisement, une pause, mais n’y arrive pas. Mon corps est secoué de soubresauts que je n’arrive pas à contrôler alors que mon regard glisse vers l’endroit où j’ai jeté ce flacon maudit, porteur de cette nouvelle qui m’écrase, me prend à la gorge.
Elle ne comprend pas, comment le pourrait-elle sans que je ne le lui explique. Son regard émeraude revient à moi, je secoue légèrement la tête, me décompose un peu plus. Riley observe de nouveau le flacon, le liquide verdâtre… et je crois qu’elle comprend. Qu’elle saisit l’ampleur des dégâts, de la nouvelle.

- Kezabel…

Je serre les dents, me passe une main sur le visage en secouant de nouveau la tête.
Bon sang…
Je finis par acquiescer comme pour approuver son silence, les milles questions qu’elle doit certainement se poser en cet instant. Mais je ne la regarde plus, rongée par la honte, la culpabilité et mon irresponsabilité qui se répercute aujourd’hui sur ma vie. Parce que ça n’est pas rien, une vie.

- De deux mois.

C’est un murmure d’une voix rauque que j’articule, qu’elle seule peut entendre. Je regarde mes pieds qui pendent dans le vide avant de relever à demi mon visage.

- Je suis enceinte d’un peu plus de deux mois.

Et le fait de formuler l’évidence me rend les choses plus difficiles, plus réelles et plus concrètes. Les larmes affluent de nouveau, sans sanglots cette fois, juste une rivière de perles salées qui s’écoulent sur mes joues sans que je n’y puisse rien. L’angoisse refait surface, la peur profonde et puissante de voir votre vie basculer en un claquement de doigts. Quel que soit ma décision, comment est-ce que je vais annoncer ça à mon père ? Je n’ai que 21 ans. Seulement 21. Pas de situation, mes études ne sont pas terminées et je ne peux même pas prétendre pouvoir compter sur mon/ma conjointe puisque le concerné est à des kilomètres de moi, de ce monde. Je ne suis pas prête à vivre cette situation, ni à prendre la décision qui jugera de mon avenir et de ce .. fœtus.

- Pendant les dernières vacances, j’ai fait une soirée avec des potes d’enfances. J’ai retrouvé un ancien ami, Noah, tu te souviens ? Je t’en ai parlé un peu, pour … la nuit qu’on a passée.

Pas besoin de lui en dire plus, je lui ai tout raconté en détails, comme d’habitude… C’était après l’arrivée de Maxime venue m’annoncer le retour de Dean. Je ne sais pas si ça a été un élément déclencheur à ce besoin d’aller me perdre un peu lors d’une fête improvisée mais j’ai répondu à l’invitation sans l’ombre d’une hésitation. Et avant que ma meilleure amie ne pense que je n’ai pas eu la lucidité d’avoir au moins le réflexe de faire ce qu’il faut…

- On s’était protégé. Je m’en souviens parfaitement. Mais faut croire que nous étions trop saouls pour s’apercevoir d’un putain de problème en cours de route.

Et c’est clairement de l’amertume et de la colère qui transperce ma voix tremblante, criblée de larmes encore une fois. Plus j’en parle, plus la colère s’éveille. L’abattement passé, c’est autre chose qui nourris mes nerfs à fleur de peau. Et tant qu’on parle de nerfs… il n’y a plus vraiment de questions à se poser pour tout ce qui me chiffonnait ces derniers temps. Fatigue, nausée, vomissement, changement d’humeur, mes hormones un peu trop à l’affut parfois où Emily en a fait clairement les frais.
Emily.
Nouvelle prise de conscience que tout vole en éclat autour de moi. Ma relation avec Emily avortée – ce mot me donne l’envie de vomir -, tous mes projets pour cet été entre le tour du monde avec Riley, des choses que j’avais prévu, inconsciente de la situation qui m’attendais.

- Je… Je n’sais pas ce que je vais faire. Je sais même pas par où commencer. Mes deux mains accrochent le bord du lit, mon corps se balançant légèrement d’avant en arrière. J’suis perdue Riley. J’suis vraiment trop con putain ! Qu’est-ce que j’ai fait ?

Ma voix hausse légèrement le ton malgré la retenue que j’y porte, dents serrées.
J’aurai beau pleurer des heures entières, à me morfondre comme une idiote, ça ne changera rien à la situation qui me ronge de l’intérieur. Je sais que tôt ou tard il faudra assumer tout ça mais pour le moment je n’en suis clairement pas capable. Je ne suis capable de rien si ce n’est de glisser un regard paumé et humide vers la seule en qui me raccroche en cette seconde même si c’est la dernière chose dont elle a envie. Et pour ça aussi, je suis désolée.
Il y a deux semaines à peine, elle se retrouvait à ma place, dans l’angoisse et l’attente à ce que la nouvelle lui tombe dessus. Qui aurait cru que l’une d’entre nous allait vivre cet enfer ?
Mon corps soudainement trop lourd, je me laisse tomber sur le côté, contre elle, épaule sur son torse, tête sur son épaule. Sans rien dire, sans rien ajouter de plus. J’me sens vide, incapable. Un vrai déchet humain. La seule chose qui m’apaise à peu près pour l’instant est sa chaleur corporelle, sa présence. Je ne sais pas comment j’aurais géré la situation si Riley n’était pas là, si elle n’était pas avec moi.
Dis-moi, qu’est-ce que je vais devenir ? Et si la situation la poussait à s’éloigner de moi, de ne pas vouloir se trimbaler une amie enceinte, si je décide de le rester ?
L’éventualité même me brise le cœur et c’est en silence que je continue de pleurer, sans vraiment y pouvoir pour quelque chose.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7987
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Ven 19 Mai 2017 - 20:06

J’ai le cœur qui accélère, son silence est comme une confirmation évidente et l’espace d’un instant j’ai l’impression que le sol se dérobe sous moi avec une impression récente de déjà-vu. Parce que elle c’est moi et inversement. Elle acquiesce finalement, mettant fin à des doutes finalement inexistant dès que j’ai aperçu ces morceaux de verre joncher la pierre et surtout le liquide que contenait le flacon. Mon cœur a un raté cette fois. Non, c’est …

« De deux mois. »

… Impossible.

« Je suis enceinte d’un peu plus de deux mois. »

On n’est jamais préparé à ça, je ne pense pas. L’état dans lequel je me suis trouvé en début de mois quand cette possibilité a effleuré mon quotidien en atteste je pense largement mais cette fois c’est autre chose. Cette fois, ça n’est pas une fausse alerte. Ma meilleure amie … est enceinte … de plus de deux mois … Ce qui explique bien des choses et notamment son état ces derniers jours.

« Merde. »

Les yeux braqué vers elle, je ne la vois pourtant pas. C’est le seul et le premier mot qui m’échappe et j’en suis très largement désolée mais c’est comme … une réaction du corps, presque un soupir, comme si l'air avait besoin de quitter mes poumons. Je bloque, incrédule, secouée, me prenant cette information en pleine tête sans être capable de réellement l’intégrer tandis qu’elle se décompose, explose, submergée par toutes ces émotions que je devine à peine. Les larmes roulent sur ses joues, j’ai la tête qui tourne alors que mes propres souvenirs remontent en tourbillonnant à l’intérieur de mes pensées. Je n’ai aucun mal à imaginer ce qu’elle peut ressentir, toutes les questions qui doivent percuter son esprit en cet instant. Elles m'ont effleuré l'esprit il n'y a pas si longtemps que ça mais encore une fois … C'est un soupir de soulagement que j'ai pu pousser quand Helland nous a annoncé le verdict. Sans parler du fait que je n'étais pas seule et ...

« Mais … »
« Pendant les dernières vacances, j’ai fait une soirée avec des potes d’enfances. J’ai retrouvé un ancien ami, Noah, tu te souviens ? Je t’en ai parlé un peu, pour … la nuit qu’on a passée. »
« Oh … »

Je l’admets, ça ne m’a pas effleuré l’esprit une seconde. Pas que Kezabel soit du genre à enchainer les conquêtes alors oui je me souviens parfaitement de toutes mais ce garçon, ce qu’il s’est passé pendant les vacances, ça n’est pas remonté à la surface tout de suite. Pourtant, on a débriefé comme on le fait toujours et je l’ai charrié pendant des heures, de jours même ! Comme à chaque fois, évidemment.

« On s’était protégé. Je m’en souviens parfaitement. Mais faut croire que nous étions trop saouls pour s’apercevoir d’un putain de problème en cours de route. »

C’est comme si elle ressentait le besoin de se justifier et je sens parfaitement la colère naitre dans ses traits, dans ses veines, s’échapper par chaque pores de sa peau. Je la connais par cœur, je sais reconnaître les signes. Je n’ai qu’une crainte, et je pense qu’elle est avérée, c’est que cette colère soit dirigé contre elle-même. Contre ce garçon ? Très sincèrement je n’en ai pas grand-chose à faire de lui, pour le moment en tout cas. Mea Culpa. Je ne crois pas qu’elle lui en veuille de toute manière, Kezabel n’est pas du genre à rejeter la faute sur les autres. Il n’est de toute façon pas question de faute, absolument pas.

« Je… Je n’sais pas ce que je vais faire. Je sais même pas par où commencer. J’suis perdue Riley. J’suis vraiment trop con putain ! Qu’est-ce que j’ai fait ? »

Réaction immédiate et instinctive de ma part.

« Hey, hey ! Regarde-moi. »

Je me plante devant elle, déterminée, puis attrape son menton en douceur pour qu’elle lève les yeux vers moi, faisant fi de l'effet que son annonce provoque dans tout mon être. La rassurer, être là pour elle, avec elle, ça prend le pas sur tout le reste. Mes émotions ne sont clairement pas la priorité.

« T’as rien fait, d’accord ? Tu l’as dit toi-même, vous vous êtes protégés. C’est juste … Les accidents, ça arrive, c’est comme ça. »

Peut-être qu’on en est l’illustration parfaite, va savoir. Les parents ne nous disent pas tout, on ne pose pas nécessairement les questions non plus et finalement ça n'est pas ce qui compte. Accident ou pas, j'ai vu la façon dont la regarde son père, je vois la façon dont me regarde mes parents et tout l'amour qu'ils me portent. C'est valable pour Charleen et son père, pour Mateo et ses parents … Qu'est ce que ça peut foutre la manière dont on a vu le jour, si c'était le moment ou pas ? Mais ça n'est pas tellement la question, là, tout de suite … Ou peut-être que ça l'est totalement et cette idée me fait perdre l'équilibre l'espace d'une seconde.
Je prends une profonde inspiration, me redresse et attrape ses mains dans les miennes. Elle craque, je ne dois pas craquer, je dois rester solide pour nous deux et c'est précisément ce que je vais faire. Elle a besoin de moi, je réagirai exactement de la même manière si ça n'était pas le cas. Et encore une fois je capture son regard avec aucune intention de le laisser m'échapper. Je ne la braque pas, mon attitude est décidée mais douce, tout comme le ton que j'emploie et le son de ma voix.

« Ce que tu vas commencer par faire c’est prendre le temps d’encaisser la nouvelle, au moins quelques heures, quelques jours, parce que là t’es pas en état de prendre la moindre décision. »

Elle va devoir en prendre une c'est inévitable et je serai là à chaque étape mais pour le moment, c'est de souffler dont elle a besoin, encaisser la nouvelle. Je lâche une de ses mains pour passer mes doigts dans ses cheveux puis dépose un baiser sur son front avant de la prendre dans mes bras, me calant entre ses jambes, ne laissant plus le moindre espace entre elle et moi. Ma tête posée contre la sienne, je la serre avec force mais tendresse.

« Tu vas te reposer, essayer de te vider la tête et ensuite tu réfléchiras. Et je t’aiderai, d’accord ? On en parlera toutes les deux, tu peux en parler avec Helland aussi ou … »

Ou ? J'aurai pu dire Rina, par réflexe, mais quand bien même elle n'est plus là ça n'est pas à elle que j'ai pensé instinctivement avant de me souvenir ce qu'il s'est passé l'année dernière.

« Je sais pas si c’est une bonne idée de solliciter Ismaelle pour ça mais elle serait pourtant d’une grande aide je pense. »

Pourquoi ça ne serait potentiellement pas une bonne idée ? On a tous vu son ventre s'arrondir au fil des mois, on a tous fini par apprendre qu'elle avait du quitter le château précipitement pour revenir quelques semaines plus tard. Et c'est seule qu'elle est revenu. Il aurait pu y avoir plusieurs raisons mais les bruits de couloirs ont bien évidemment tourné rapidement dans le château. Alors non, je ne suis pas certaine que ça soit une bonne idée de lui en parler, peut-être que ça lui ferait de la peine même si je suis presque persuadée qu'elle répondrait présente sans rien laisser transparaitre ou presque de ses propres émotions. Qui d'autre ? Les choix sont assez limités malheureusement mais peut-être Kingsley ? On verra, chaque chose en son temps.
Ma main caresse son dos, je dépose un nouveau baiser sur sa tempe puis m'écarte légèrement avant de reprendre ses mains dans les miennes, un sourire se voulant rassurant sur les lèvres.

« Ton corps, ton choix. Hum ? Peu importe ce que tu décides, je te soutiens. A 100%. »

Qu'elle décide de le garder et je serai là, la meilleure des marraines de tous les temps ! Oui, je m'autoproclame, pas la peine de tenter votre chance. La meilleure marraine et la meilleure amie, à chaque étape, des nausées matinales – c'est déjà fait – aux envies improbables à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Si elle décide que c'est trop pour elle, trop tôt, trop … tout, alors je la soutiendrai exactement de la même façon sans porter le moindre jugement. Je ne suis actuellement pas plus en état qu'elle pour avoir un point de vue sur ce que serait la bonne décision. Il y a énormément de choses à prendre en compte, des pour, des contre, … J'ai parfaitement conscience qu'elle devra rapidement se décider mais … pas maintenant, c'est impossible. Ça n'est pas une décision qui se prend en un claquement de doigts

« T’es pas seule ma Boulette, t’es loin de l’être. On ne te laissera pas porter ce poids toute seule, j’te le promets. Je ne te laisserai pas le porter seule. »

Je serai là, en première ligne, pour supporter tes humeurs, tes rires, tes larmes, tes doutes et tout le reste. Je garderai ton secret si tu veux qu'il en soit ainsi, je t'aiderai à prendre ta décision, à décortiquer tout ce qui t'explose au visage en cet instant. Et même si ça doit rester entre nous deux, je sais pertinemment que d'autres veilleront sur elle par instinct. Il n'y a qu'a voir la façon dont s'est déroulé son anniversaire pour comprendre qu'elle est loin d'être seule et même si elle le sera indéniablement malgré nous tous, on fera tout ce qu'on peut pour l'aider à supporter ce poids pour qu'il soit moins lourd.

D'un geste plein de douceur et d'amour j'essuie sa joue du bout des doigts puis dépose un gros bisou au même endroit.

« Maintenant si tu le permets, je vais m’évanouir parce que ma meilleure amie est enceinte. »

J'ai dit ça en plaisantant, avec le sourire, parce que je ne pensais pas réellement ce que je disais mais pourtant … pourtant … je les vois ces petites étoiles qui dansent devant mes yeux, je l'entends ce sifflement dans mes oreilles … La nuit tombe soudainement alors que je me laisse choir contre le premier truc que je trouve histoire de ne pas m'écraser par terre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2164
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Mar 6 Juin 2017 - 8:18

Je suis dans un état déplorable, proche du pathétique. Je perds le fil de mes idées qui se déstructurent à chaque respiration et à chaque prise de conscience. Ce qu’est la vie, un enfant, les charges, les responsabilités, les mesures à prendre, un avenir à remanier selon cette existence qui n’a rien demandé.
Ou l’avortement. Terrible souffrance humaine dont je ne suis même pas certaine d’être prête à y faire face. Mais pourtant, dans un cas comme dans l’autre, je devrais faire un choix. L’idée même me panique, m’étouffe. A ça, s’ajoute la colère. Et cette dernière est unilatérale, se dirigeant vers ma propre personne. Peut-être un peu vers Noah qui n’est encore au courant de rien.
J’ai merdé. Salement merdé. J’ai envie d’hurler, de mordre mon poing à sang, de détruire la pièce autour de moi, de me laisser aller à exploser comme une bombe alors que je déblatère mes propres reproches.
Pourtant, une présence m’en empêche. Une personne. Certainement la seule capable dans ce château de réussir à me canaliser, à me tirer par les chevilles pour me replacer bien fermement sur terre. Alors quand Riley attrape mon menton en douceur et que nos regards se croisent, c’est comme un sceaux venant liés mes réactions, les scellés le temps d’un instant.

- Hey, hey ! Regarde-moi.

J’exécute sans broncher, les larmes ruisselant sur mes joues sans que je ne puisse les arrêter.

- T’as rien fait, d’accord ? Tu l’as dit toi-même, vous vous êtes protégés. C’est juste … Les accidents, ça arrive, c’est comme ça.

Oui, c’est vrai. Ca arrive et c’est comme ça.
Mais putain, Riley, je n’suis tellement pas prête à faire face à tout ça. Que ça soit un enfant ou un avortement, j’suis pas prête. Je ne voulais pas que ça tourne comme ça.
Ses mains dans les miennes, je m’y accroche, craque un peu plus puisque chaque seconde où la réalité s’impose, je me sens écrasé sous le poids d’un fardeau que je ne suis pas prête de porter.

- Ce que tu vas commencer par faire c’est prendre le temps d’encaisser la nouvelle, au moins quelques heures, quelques jours, parce que là t’es pas en état de prendre la moindre décision.

Elle n’a pas tort et n’étant pas en état de parler, je me contente d’acquiescer. Même si en cet instant, l’idée de prendre quelques jours supplémentaires m’affolent. J’ai jusqu’à quand exactement pour prendre une décision avant qu’il ne soit trop tard ? Est-ce que ça inclue que je dois sortir d’ici pour passer des examens ou Mr Helland s’en chargera ?
Et Noah ? Comment est-ce que j’vais lui annoncer ça sans prendre le risque d’attendre les prochaines vacances et que, par conséquent, il ne soit trop tard pour prendre une décision irrévocable ?

Je sors brutalement de mes pensées chaotiques lorsque les doigts de Riley glissent dans mes cheveux et ses lèvres sur mon front. Ses bras autour de moi sont un sanctuaire de plénitude, de ressource, de courage. De douceur également. Et je me laisse aller à cette étreinte alors que j’enroule mes bras autour de sa taille, mon front logé contre son sternum. Plus aucun espace ne réside entre nous et c’est ce qu’il me faut. Je m’accroche à elle comme à un rocher, à une bouée de sauvetage. Je n’aurai pas pu rêver mieux comme soutient, pas pu espérer mieux comme point d’ancrage pour ne pas perdre la raison, pour ne pas perdre pieds.
Sa tendresse diffuse une douce chaleur autour de mon corps qui semble brutalement courbaturé.

- Tu vas te reposer, essayer de te vider la tête et ensuite tu réfléchiras. Et je t’aiderai, d’accord ? On en parlera toutes les deux, tu peux en parler avec Helland aussi ou … Je sais pas si c’est une bonne idée de solliciter Ismaelle pour ça mais elle serait pourtant d’une grande aide je pense.

Je m’arrête une seconde de respirer. L’éventualité de demander de l’aide à Ismaëlle me freine, certainement pour les mêmes raisons qui poussent Riley à me dire que ça n’est peut-être pas une bonne idée. Et je ne sais pas si je serais moi-même prête à aller la voir après ce qu’elle a vu de moi, il y a quelques mois, quand Marcus a prit la décision de faire de moi sa proie.
Pourtant, l’idée est terriblement tentante. Comme si tous mes problèmes pouvaient y trouver sa solution. Mais jamais je ne lui imposerais ça. Riley et moi sommes probablement entrain de parler de la même chose. Nous ne sommes pas aveugle, nous avons rapidement fait une déduction qui paraissait inévitable et je préfère me ronger les sang encore dix jours plutôt que de lui imposer mes états d’âme alors qu’elle-même a perdu un enfant.
Je me sens brutalement… ingrate. Egoïste aussi. Pleurer ce qu’il m’arrive alors que des milliers de femmes paieraient chers pour être à ma place, pour avoir « ma chance ». Je sais que c’est complètement stupide comme réflexion, parce que je n’ai pas les idées claires et que les circonstances sont complètement différentes, mais c’est la première chose qui me vient à l’esprit alors que la main de Riley caresse tendrement mon dos.

Un baiser sur la tempe et elle me refait face, mes mains dans les siennes.

- Ton corps, ton choix. Hum ? Peu importe ce que tu décides, je te soutiens. A 100%.

Mes larmes reviennent au galop alors que je serres les dents pour les retenir, les ravaler.

- Merci Riley.

C’est tout ce que j’arrive à articuler, frôlant le sanglot, incapable d’en dire plus tellement ma gorge est obstruée. Je lui suis plus que jamais reconnaissante parce que je constate que malgré la panique, elle me fait du bien, elle me rassure plus que je ne pourrais réellement le voir. Elle me remet les idées en place, m’aide à ordonner tout ce qui se bouscule dans mon cerveau pour y voir plus clair. En douceur.
Je ne sais pas ce que je ferais sans elle, sans sa présence, sans ses mots. Bizarrement, tout me semble presque moins compliqué de l’entendre dire ça même si je prends malgré tout conscience du poids sur mes épaules.

Une chose à la fois. Une idée à la fois. Mais là, j’ai juste envie de me mettre la tête dans une bassine d’eau glacée, comme si ce geste pourrait me laver de toutes ces pensées qui m’obstruent de part en part. Je veux dormir deux jours entiers pour ne plus avoir à penser à rien.
Et comme en fond sonore, comme quelque chose que l’on voit et entend arriver de très loin, un constat se trame dans mon esprit. Un besoin vital. Un manque brutal.

- T’es pas seule ma Boulette, t’es loin de l’être. On ne te laissera pas porter ce poids toute seule, j’te le promets. Je ne te laisserai pas le porter seule.

Je ne pensais pas que ça me serait possible mais mes lèvres s’étirent en un sourire humide mais sincère. Aujourd’hui plus que jamais je prends conscience la chance que j’ai que de l’avoir dans ma vie.

- Je ne sais pas ce que je ferais sans toi, vraiment.

Parce que même si mon esprit est encore déstructuré, même si mon cœur est en miette, je me sens soutenue. Entourée. Par sa présence à elle mais de part ses mots, je comprends et entends qu’elle ne serait pas la seule à me soutenir. Je sais qu’elle dit vrai mais dans ce genre de situation, nous avons tendance à ne voir que l’obscurité. Mais encore une fois, Riley est ce phare, celui de ces marins perdus, ombre de mes idées, reflets de mes angoisses et les illumine de sa lumière pour que je puisse retrouver ma route.
En quelques minutes, en quelques gestes, en quelques mots, elle m’a faite du bien. Apaisée. En rien je n’ai oublié la peur profonde de ce qu’il m’attend mais je prends conscience que d’affronter ça à deux est bien plus facile, bien plus agréable…

J’accueille avec un plus large sourire, ce baiser que Riley me donne sur la joue tout en la gardant dans mes bras.

- Maintenant si tu le permets, je vais m’évanouir parce que ma meilleure amie est enceinte.

J’ai encore du mal avec cette « blague » parce qu’elle me ramène à la réalité, pourtant un rire léger m’échappe. Confus, humide.
Jusqu’à ce que je la vois perdre des couleurs, brutalement.

- RILEY !

Elle s’effondre aussi sec dans mes bras et c’est à peine si j’ai le temps de la rattraper alors qu’elle s’écroule de tout son poids. Je la retiens tant bien que mal, me sentant attirer vers l’avant, menaçant de finir tête la première sur le sol.

- MR HELLAND ! S’IL VOUS PLAIT !

Il accourt dans la seconde, réagit tout aussi vite, récupérant ma meilleure amie qui … s’est tout simplement évanouie. D’un coup sec. Sans que je ne vois quoi que ce soit venir. Helland la récupère dans ses bras avant de la placer sur le lit que je libère d’un coup de hanche, reposant les pieds au sol.
L’avantage c’est que j’en oublie ma propre nouvelle pour me concentrer sur Riley, inquiète.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Rien ! Enfin… Je le regarde agiter une lumière sur ses pupilles qui, visiblement réagissent très bien. Une pause, une seconde… Je crois que c’était trop d’émotions pour elle.

Il me regarde, surprit avant de reprendre sa rapide auscultation. Je m’approche de ma meilleure amie, prend sa main dans la mienne tandis qu’Helland tente de la réveiller.

- Mlle Jenkins, revenez parmi nous. Allez !

Il sort un petit flacon de sa poche qu’il agite sous le nez de Riley qui commence à froncer les sourcils, cligner des paupières. J’en oublie mes propres angoisses, mes propres peurs, alors que je l’observe se réveiller en douceur de son malaise, d’ouvrir les yeux et de capter où est-ce qu’elle est, comment, pourquoi.

- Eh bah alors, vous nous avez fichu une sacrée peur. Comment vous sentez-vous ?

Je la laisse répondre, sans la lâcher de mes yeux inquiets, sa main dans la mienne.

- Je dois admettre que de vous deux, je ne pensais pas que ça serait vous qui aurait été victime de malaise.

Je me fige, captant parfaitement ce qu’il veut dire par là mais essaie de ne pas en tenir compte. En réalité, il a raison. Moi-même je n’aurai pas pensé que Riley puisse avoir ce genre de réaction. Qu’elle hurle, frape et fracasse des choses, oui. Qu’elle insulte des pétasses, encore plus. Mais qu’elle s’évanouisse sous le choc ?

- Tenez, c’est du chocogrenouille. Mangez-la tranquillement, restez allongée dix petites minutes et vous irez mieux.

Il a rapidement fait le tour avant de se tourner cette fois vers moi.

- Il faut également que vous veniez me voir. Lorsque vous serez prête.

J’acquiesce et le regarde partir en silence avant de me concentrer sur ma meilleure amie, blanche comme une morte.

- Ne me refait plus jamais ça ! Tu m’as foutu une de ces trouilles ! Heureusement que j’ai eu le temps pile de te rattraper sinon tu terminais face contre terre avec certainement une reconstruction faciale à la clé !

J’essaie de dédramatiser la chose, d’en sourire même, malgré mes propres émotions. Encore une fois, l’avantage est que je me concentre sur autre chose que sur moi-même et honnêtement, ça me va pour l’instant. Je n’oublie pas ce que j’ai appris, n’oublie pas que j’ai… désormais une vie, qui évolue, grandit dans mes entrailles mais pour l’instant, c’est sur Riley que je veux me concentrer.

- Quand tu disais que tu ne me laisserais pas seule et que tu me soutiendrais à 100%... Pas de problème mais t’es pas obligé de prendre mes émotions avec, t’en fais pas.

Je lui souris avec tendresse, prenant pour la première fois conscience à quel point cette nouvelle à pu la secouer suffisamment pour en arriver là. Encore une fois, ça n’est pas son genre et j’admets avoir été surprise mais… je crois que si elle m’avait annonce ça de son côté, j’aurai pris les choses avec autant de cœur qu’elle. Elle est mon âme sœur, ma moitié, ma personne.
Et alors que je la regarde, je le sens monter en moi, dans ma poitrine… et un début de rire se manifeste pour ensuite se forger en fou rire. Certainement nerveux mais aussi….

- Désolée mais tu aurais du voir ta tête…
je ris de pus belle, mes nerfs lâchant clairement prise. Tu t’es effondrée comme un château de carte !

Et ça continue, un fou rire qui n’a peut-être aucun sens et complètement disproportionné vu la situation mais. .. ça me fait du bien, ça me permet de dédramatiser, de mettre mes émotions de côté juste pur 5 minutes.

- Bon sang, qu’est-ce que ça va être si un jour je t’annonce mon mariage.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7987
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Ven 16 Juin 2017 - 22:40

Le trou noir. Pouf. Plus personne. Comme ça, sans prévenir. Pourtant pour moi ça ne dure que quelques secondes, je n’ai aucune conscience de rien mais dès l’instant où je sens cette odeur, ces sensations m’envahir l’organisme, c’est … simplement comme si je me réveillai. Enfin, presque. J’ouvre les yeux, constate que je suis allongée et que deux paires d’yeux me scrutent avec intérêt et inquiétude pour l’une d’entre elle. Autant le dire, je ne comprends pas vraiment ce qu’il se passe, j’ai un mal fou à remettre les choses dans l’ordre, à comprendre où je suis et pourquoi.

« Eh bah alors, vous nous avez fichu une sacrée peur. Comment vous sentez-vous ? »
« Comme un lendemain de fête avec une énorme gueule de bois. »

Sans filtre, bonjour.

« Pardon. »

J’ai mal au crane, je me sens complètement sonnée et ma voix me parait horriblement trainante. J’ai du mal à articuler, à parler, à émerger tout simplement. Oui, comme un lendemain de fête bien arrosé. Trop arrosé.

« Je dois admettre que de vous deux, je ne pensais pas que ça serait vous qui aurait été victime de malaise. »

Instantanément je sens la main de Kezabel se crisper autour de la mienne, ça n’est d’ailleurs qu’à cet instant que je me rends compte qu’elle la tient. Et puis les pièces du puzzle se remettent en place. Je me souviens. Nouvelle montée d’angoisses face à la réalité. Vite, une pirouette.

« On est pleines de surprises toutes les deux. »

Faible sourire. Je crois que j’essaie de détourner notre attention à tous les trois mais je doute y parvenir réellement. Merde. Putain de merde. Kezabel est enceinte. Elle a … un petit truc vivant à l’intérieur d’elle. Elle est en train de vivre l’angoisse que j’ai vécu il y a de ça quelques semaines mais en pire. Parce que c’est la réalité. Bordel.
Mais pas de panique, elle n’a pas besoin de ça. Elle a besoin que je garde mon calme, alors c’est ce que je vais faire. Tout va bien. Tout va bien se passer. Et la prochaine fois que je tombe dans les pommes en réalisant ce qu’il se passe je m’arrangerai pour le faire toute seule dans mon coin histoire de ne pas l’inquiéter … Je ne pensai pas que les émotions me sècheraient comme ça, c’est presque déstabilisant.

« Tenez, c’est du chocogrenouille. Mangez-la tranquillement, restez allongée dix petites minutes et vous irez mieux. »
« Merci. »
« Il faut également que vous veniez me voir. Lorsque vous serez prête. »

J’attrape la Chocogrenouille et croque dedans sans trop réfléchir, observant Kezabel tout en me redressant légèrement. Vous espérez réellement que je vais tenir en place ? Faut pas rêver. Helland est parti, je n’ai pas vraiment fait attention à lui, tout mon intérêt focalisé sur ma meilleure amie.

« Ne me refait plus jamais ça ! »

Je sursaute comme une gamine prise en flag. Je ne m’attendais pas vraiment à me faire engueuler je dois bien le dire.

« Tu m’as foutu une de ces trouilles ! Heureusement que j’ai eu le temps pile de te rattraper sinon tu terminais face contre terre avec certainement une reconstruction faciale à la clé ! »
« C’était pour voir si tu suivais … »

Vous voyez la tête des chiens qui viennent de faire une connerie, qu’on voit dans pléthores de videos sur le net ? Et bien c’est exactement l’expression que j’affiche et si j’avais une queue, elle remuerait en cet instant. A la place je baisse la tête, mâchouille mon chocolat et esquisse un vague sourire. Au moins, pendant ce temps-là, elle ne pense pas au reste.

« Quand tu disais que tu ne me laisserais pas seule et que tu me soutiendrais à 100%... Pas de problème mais t’es pas obligé de prendre mes émotions avec, t’en fais pas. »
« On partage tout ! »

Sauf Mateo et Emily, évidemment, mais ça, ça coule de source. Et c'est consciemment que je ne prononce pas cette précision à voix haute. Je sais que Kezabel tient à Emily, entre elles c'est quelque chose de neuf et avec ce qu'elle vient d'apprendre, je n'ai pas envie de réveiller une source de stress supplémentaire alors que son attention me semble détournée de tout ça pour l'instant. Pas étonnant après le sketch que je viens de faire … Bref. Elle doit bien y penser, tout comme j'ai pensé immédiatement à Mateo quand j'ai eu la crainte d'être enceinte. C'est différent d'un certains côté évidemment mais d'une manière ou d'une autre, elle est concernée. Chaque chose en son temps, ça me ferait juste énormément de peine que Keza soit encore obligée de faire face à l'abandon de quelqu'un. Je ne blâme pas Maxime, ça n'est pas ce que je veux dire – Harry si, et ça n'a bien évidemment rien à voir avec le fait que je ne pouvais pas le supporter. Ahem – mais j'ai envie que ma Boulette soit heureuse.

Même quand elle se met à rire en se foutant ouvertement de moi … Pétasse. Elle est morte de rire cette morue ! Un putain de vrai fou rire s'il vous plait ! Je n'en reviens pas. Ingrate ! En réalité je suis incroyablement soulagée de la voir lâcher prise de cette façon, même si c'est sans doute en partie ses nerfs qui craquent.

« Désolée mais tu aurais du voir ta tête… Tu t’es effondrée comme un château de carte ! »
« Hey ! J’ai fait ça avec panache, ne me compare pas à un vulgaire château de carte oh ! »

Encore faible, je trouve néanmoins la force de lui claquer le bras du révère de la main. Faussement outrée, je ne cherche pas à retenir mon sourire pour autant.

« Bon sang, qu’est-ce que ça va être si un jour je t’annonce mon mariage. »
« Rien à voir. Je serai déjà en train de m’occuper du plan de table que t’auras rien capté. »

Et le pire, c'est que c'est très probablement la vérité.

« D'ailleurs je m'en suis déjà occupée. »

Je sais qu'on plaisante mais … une seconde, juste l'espace d'une seconde, je m'interroge : Est-ce que nos vies sont entrain de prendre un nouveau tournant ? On parle bébé – hypothétiquement – donc on se projette forcément d'une manière ou d'une autre – même inconsciemment je l'ai fait quand cette fausse alerte m'est tombée dessus. On parle mariage, même si c'est en rigolant … Je crois qu'on sort de l'adolescence, qu'on construit notre vie d'adulte petit à petit, sans même s'en apercevoir. C'est … Quelque part ça donne un peu le vertige.

Mais je n'en montre rien, chasse ça de mon esprit pour revenir à l'instant présent, continuant tout comme elle – pour l'instant – d'occulter la réelle raison de notre présence ici à toutes les deux.

« Et si tu prends quelqu’un d’autre que moi comme témoin, je me lève et parle maintenant, aucune chance que je me taise à jamais. »

A fond dans le personnage – qui n'en est pas tant un mais le reflet exact de ce dont je suis capable – je croise les doigts et lève le menton bien haut en tournant la tête pour ne plus la regarder. Pas besoin de poser mes yeux sur elle pour savoir qu'elle lève les yeux au ciel, amusée par le sale caractère et la bêtise de sa meilleure amie. Meilleure amie … Ce terme me paraît presque fade, presque pas à la hauteur. Elle est bien plus que ça.
J'arrête finalement de faire le pitre, avalant ma dernière bouchée de chocogrenouille que je viens de croquer. Un soupir m'échappe alors que je fixe le vide, je ne m'en rends pas vraiment compte. Le silence s'installe quelques secondes, je ne peux même pas dire que je me perds dans mes pensées puisque mon esprit me semble vide mais une petite alarme me ramène sur terre. Elle me souffle de ne pas laisser ce silence durer trop longtemps. Pour elle. Alors je reviens sur terre et lui souris, calmement.

« Je sais pas toi mais malaise ou pas, j’ai pas tellement envie de m’attarder ici. »

Helland pourra toujours me courir après, je trouverai un moyen de m'enfuir. Plus sérieusement, l'infirmerie n'est pas spécialement mon endroit préféré, il l'est encore moins depuis que Charleen a été empoisonnée. Je ne peux pas entrer ici sans penser à elle, sans la revoir au bord de la mort. Mais là il ne s'agit pas tellement de ça, d'elle. Sans offense petite sœur, évidemment.
J'attrape la main de Kezabel et la serre dans la mienne, essayant de ne pas en faire des caisses, de rester le plus naturelle possible. Je me sens fatiguée, un peu, mais je m'en fous comme de ma première chaussette. Je suis prête à rester éveillée pendant deux jours pour elle s'il le faut.

« Qu’est-ce que tu as envie de faire, là, maintenant, tout de suite ? C’est toi qui décide. »

...

« Enfin au moins en apparences. »

Insérer ici un grand, très large, sourire innocent.
Toutes dents exposées.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2164
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Lun 17 Juil 2017 - 12:01

- Rien à voir. Je serai déjà en train de m’occuper du plan de table que t’auras rien capté. D'ailleurs je m'en suis déjà occupée.
- Et tu m’explique comment tu pourrais faire ça sans marié ? E ça se trouve je ferais un mariage en très petit comité, à Las Vegas avec juste toi comme témoin et personne d’autre !

L’espace d’une seconde je m’oublie au travers l’humour qu’elle m’offre sur un plateau d’argent.
C’est exactement pour ce genre de chose que je sais à quel point Riley est mon âme sœur. Je n’ai pas besoin que d’une épaule pour pleurer mes problèmes, j’ai aussi besoin d’un lieu où m’oublier au travers des rires, des blagues à la con qu’elle seule réussit à me servir. Juste un instant, pour me couper de ce monde, de ce qu’il m’arrive. Pour décompresser et dépressuriser.

- Et si tu prends quelqu’un d’autre que moi comme témoin, je me lève et parle maintenant, aucune chance que je me taise à jamais.

De nouveau un sourire, des éclats de rire. Il est évident que si je décide un jour de passer cette étape, elle sera là, aux côtés d’Adam puisque ce seront eux mes témoins. Je ne me projette pas aussi loin, c’est tout simplement une évidence pour moi. Je n’imagine pas un seul instant ma vie sans la présence de Riley, de près ou de loin.
Je reviens à la réalité, m’assure qu’elle mange bien cette chocogrenouille pour qu’elle puisse reprendre des forces suite à ce malaise que je n’avais clairement pas vu venir. Je ne m’attendais pas à ce que le choc soit si violent pour elle et quelque part je m’en veux de ne pas avoir peut-être prit des pincettes pour lui dire… avant de prendre conscience que la grossesse dont on parle est tout simplement la mienne.
Les sueurs froides reviennent au galop, l’angoisse avec et je m’accroche discrètement au bord du lit pour ne pas que mes jambes se dérobent sous le poids de tout ce qui m’écrase. Je me sens brutalement oppressée de nouveau, souffle court, cœur battant.

- Je sais pas toi mais malaise ou pas, j’ai pas tellement envie de m’attarder ici.

C’est sa voix qui me ramène, qui me stabilise. J’ai longtemps imagé mon amitié avec Riley comme un phare, un port, un véritable guide lors des « nuits » bien trop sombres comme celle qui enveloppe mon esprit. Je retrouve le regard de mon âme sœur, puisque c’est ce qu’elle est, et m’accroche à son sourire, luttant de nouveau contre les larmes.

- Je sais pas toi mais malaise ou pas, j’ai pas tellement envie de m’attarder ici.
- Entièrement d’accord.

La réponse fuse. L’endroit ne me parait plus aussi rassurant qu’il ne l’était avant mais matérialise toute la source de mes angoisses et même si je sais que je vais devoir impérativement aller le consulter à un moment ou à un autre, ça ne sera pas aujourd’hui alors que mes pensées ne sont qu’un épais brouillard épineux. Je ne suis capable de prendre aucune décision, je ne suis même pas capable de savoir comment je me sens, ce que je veux.

- Qu’est-ce que tu as envie de faire, là, maintenant, tout de suite ? C’est toi qui décide. Enfin au moins en apparences.

Je ne peux m’empêcher de sourire face au sien, mutin, annonciateur de mille et une connerie qu’elle s’apprête à envisager si j’en faisais la demande.
Dire qu’il y en a qui tuerait pour avoir une amie comme elle.
Je me tourne et m’adosse au lit, y posant la moitié de mes fesses dessus tout en réfléchissant.
Non, je ne suis toujours pas capable de savoir ce que je veux, obnubilé par ce petit être qui est entrain de grandir au creux de moi. Une vie, un futur enfant. Mon estomac se retourne, de nouveau mon cœur s’affole.
Je ne suis pas prête. Pas prête d’affronter ça, pas prête d’y réfléchir. Je veux tout simplement fuir le problème, l’oublier ne serait-ce qu’une heure, deux, une journée et une nuit.
Je me tourne vers Riley, presque résolu.

- Fais-moi monter sur ton balai.

La demande est, je le sais, surprenante et venu de nulle part pour quelqu’un qui n’est pas friande de Quidditch et du vol sur balai tout court.

- Je veux qu’on décolle de la plus haute tour du château et que tu ailles le plus vite et le plus loin possible.

Injecte-moi un afflux d’adrénaline, de peur, d’excitation, tout ce qui pourrait noyer mes sentiments d’aujourd’hui. Je veux me jeter à corps perdu dans des sensations fortes pour oublier que d’ici quelques heures, voir demain, je devrais sérieusement me pencher sur la question, réfléchir à une décision que je ne suis pour l’instant pas prête de prendre.
Je me redresse, la laisse descendre de son lit discrètement pour ne pas que Helland ne puisse nous entendre. Si j’en fais cette demande à Riley c’est tout simplement parce que je lui fais entièrement confiance, que je l’ai déjà vu un million de fois sur un balai et que même si elle n’est plus du tout certaine de vouloir continuer ce sport, je la sais assurée et douée pour ça.
Mais avant qu’on ne mette les voiles, je me glisse dans ses bras, l’entoure des miens, tête sur son épaule.

- Promet moi que tu ne me lâcheras jamais.

Je sais déjà quelle sera la réponse mais j’ai besoin, de nouveau, de l’entendre. D’en ressentir cette chaleur rassurante au creux du ventre pour recouvrir cette peur qui me paralyserais presque. Ses mots, je les obtiens sans difficulté puisque nous le savons toutes les deux, il faudra bien plus que la mort pour nous séparer. Je suis certaine que même après avoir passé l’arme à gauche, nous serions capable de nous réincarner en fantômes pour devenir deux esprits frappeurs indissociables et venir terroriser tous les habitants de ce château.
Je n'ai plus envie de parler de tout ça, pas pour le moment. Je sais que j'aurai déjà suffisamment à en parler plus tard...
Nous guettons les activités d’Helland avant de prendre la poudre d’escampette comme si cela était interdit – alors que je suis quasiment certaine qu’il s’attendait à ce que l’on parte sans vraiment se manifester – et c’est hilare que Riley appelle son balai d’un accio pour qu’ensuite nous prenions le chemin de la tour d’Astronomie.
La boule au ventre mais l’adrénaline mettant le feu à mes veines, c’est à plein poumons que je hurle lorsque nous quittons le sol pour rejoindre les airs, mes deux bras fermement accrocher à la taille de Riley, comme un mort s’accrocherait à la vie.

- FIN POUR MOI -
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 7987
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar TAG + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   Jeu 27 Juil 2017 - 23:38

Elle sourit, ma mission est déjà en partie accomplie. Je n'ai pas de recette miracle à lui offrir, je ne prendrai pas non plus la décision à sa place et n'essaierai pas de l'influencer de quelques manières que ce soit. La seule chose que je peux faire c'est être là, la soutenir peu importe ce qu'elle traverse ou décide, et lui changer les idées si je sens que c'est ce dont elle a besoin. En l'occurrence, en cet instant, je pense que c'est précisément le cas et je crois qu'égoïstement, j'en profite également. Ma meilleure amie vient d'apprendre qu'elle est enceinte, que dans son ventre se développe un être vivant et que c'est à elle de décider de son sort … C'est un choc pour elle, s'en est un pour moi aussi alors oui, on a toutes les deux besoin de se changer les idées.

Désolée.

« Fais-moi monter sur ton balai. »

Sourcils arqués, je ne cherche pas à cacher ma surprise. Je crois que j'aurai pu m'attendre à tout et n'importe quoi mais ça ? Non, c'est bien la dernière chose que j'aurai pu imaginer sortir de sa bouche. Le Vol, le Quidditch, le Balai, c'est mon truc. Kezabel n'a jamais manifesté de réel intérêt pour tout ça, ça n'est pas une passion qu'on partage et je sais très bien que si elle est venue aux match c'est surtout pour m'encourager. Moi ou d'autres.

Passée la surprise c'est l'inquiétude qui se manifeste chez moi, comme un réflexe, l'instinct qui se met en marche. Dans … son état, partir voler … Non. Et pourtant ...

« Je veux qu’on décolle de la plus haute tour du château et que tu ailles le plus vite et le plus loin possible. »

Je la regarde, silencieuse, un soupir m'échappe alors que je regarde mes lèvres scellées quelques secondes. Certes mon instinct me pousse à refuser mais je crois que je comprends. Elle veut oublier, elle veut lâcher prise et ne plus penser à rien. Elle veut … un shoot d'adrénaline. Pour ne plus penser à rien, pour ne plus avoir conscience d'elle-même. Comment lui refuser ça ?
Elle s'écarte du lit et j'en descends, prenant garde à ce que Helland ne nous voit pas, qu'il ne nous entende pas non plus. Aucun mot ne franchi la barrière de mes lèvres, il s'agit d'un de ces instants dont la gravité me coupe tout loquacité.

Nouvelle phase de surprise quand elle vient se lover contre moi, pose sa tête sur mon épaule et m'entoure de ses bras. Je ferme les yeux, ma tête se pose contre la sienne et je la serre contre moi, faisant attention à ne pas le faire trop fort sans même m'en rendre compte. Cette situation me dépasse un peu, son comportement me désarçonne et sa demande me travaille toujours bien que je n'en montre rien mais s'il y a bien une chose pour laquelle je suis assurée c'est qu'elle est à la bonne place. Et que je ne suis pas prête de la lâcher, qu'elle peut rester là autant de temps qu'elle le voudra. Autant de temps qu'elle en aura besoin.

« Promet moi que tu ne me lâcheras jamais. »
« Je te l'promets. Peu importe ce qu'il se passera. »

J'embrasse sa tempe, caresse ses cheveux d'une main légèrement tremblante mais en aucun cas hésitante puis lorsqu'elle s'écarte c'est un sourire que je lui offre. Je retrouve un peu de consistance, je crois. Je fais ce qu'il faut pour qu'elle pense que c'est le cas, pour le moins.
Oui, peu importe ce qu'il se passera. Que notre duo devienne trio ou non, je serai là. Toujours. Cette amitié est en réalité bien plus que ça, rien ne pourra jamais la remplacer. Quand on a trouvé son âme sœur c'est pour la vie après tout, non ?

« Même si tu finis mariée au Prince Harry, la Reine Mère elle même ne pourra pas m'empêcher de venir te voir quand j'en ai envie. »

J'écrase un rire cristallin et la serre à nouveau contre moi après avoir embrassé sa joue cette fois.

« Je t'aime ma Boulette. »

Je n'imagine pas une seconde ma vie sans toi. Pas une seule, pas même un centième.

Lorsqu'on sort de l'infirmerie sur la pointe des pieds c'est comme deux fugitives, deux fugitives qui pouffent et éclatent de rire sans la moindre trace de discrétion une fois dans les couloirs. Helland ne nous aurait pas empêché de partir, il faut croire qu'on avait besoin d'un peu de piment, besoin de se croire aventurière en pleine évasion pour notre survie … Comme des enfants, ce que nous sommes encore au fond de nous malgré tout ce qu'on a pu vivre ces dernières années. Ils ne nous enlèveront pas ça, personne ne nous enlèvera jamais ça. Y compris cette nouvelle inconnue dans l'équation.

D'un Accio j'appelle mon balai et lorsque celui-ci arrive finalement c'est direction la Tour d'Astronomie qu'on se rend. Au fond de moi toujours cette inquiétude, cette volonté de refus que je fais taire. Kezabel grimpe derrière moi et s'accroche, le vide devant moi ne me fait pas peur alors je m'élance une fois certaine qu'elle est bien agrippée, non sans nous avoir entourée d'un sortilège de protection sans même le lui dire ni le lui laisser voir. Elle hurle, vidant tout l'air prisonnier de ses poumons, soulageant son être de ce qu'il doit porter, au moins l'espace quelques minutes passées dans les airs. Loin de tout, y compris de la terre ferme. Les silhouettes en contre-bas sont minuscules, j'en reconnais certaines mais me désintéresse rapidement d'elles sans vouloir offenser qui que ce soit. Cet instant n'appartient qu'à nous. Qu'à elle.

▬ FIN ▬
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Where is my mind ? It's over. I'm over. - Enzo & Riley.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» The self imposed limitations of the underdeveloped mind.
» 01. Losing your mind
» 1.04 Where is my mind ?
» Well it´s been days now And you change your mind again ... feat Amber Helheim
» I remember when, I remember, I remember when I lost my mind. ₪ 27 mars, 20h21

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Sixième Etage.-
Sauter vers: