AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Pound the alarm ▬ Mateo

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Pound the alarm ▬ Mateo   Jeu 19 Jan 2017 - 12:52

Lundi 1er Juin 2015 – Le matin, avant les cours
Pound the alarm



Mateo & Riley

« Et c’est là que je lui ai dit … Mais enfin ! Prenez une chambre ! »

Non, ça n’est pas ce que j’ai dit à Dimitri, là je m’adresse à Sherlock Jackson et Jack Ryans qui sont entrain de se démontrer leur « affection » commune et réciproque contre un mur pas loin de l’entrée de la Grande Salle. Sans complexe. Et ça le fait sourire celui-là !

« C’est bien à toi de dire ça Princess J. »

Affront ! Tu le paieras de ta vie jeune insolent …

« Il a pas tort. Et il est plutôt bien placé pour te faire cette réflexion d’ailleurs, si mes souvenirs sont bons … »
« Hey, t’es avec moi ou contre moi toi ? »

Faux frère. Nan, fausse sœur. Façon de parler évidemment, j’suis pas vraiment sérieuse. Pas quand il s’agit de ma Boulette.

« Qu’est c’que tu fais ... ? »

Là c’est à Enzo que je parle, sourcils froncés, parce que je trouve qu’il s’approche un peu dangereusement de moi et … Ok. Normal. Autant je suis habituée à le voir faire des câlins et des bisous à Kezabel, autant quand c’est moi qu’il embrasse – sur la joue, je tiens à le préciser – c’est … presque déroutant. Dans le sens ou c’est inhabituel, pas que ça me perturbe d’une autre manière.

« Ça a des vertus apaisantes, tu verras. »

Je reste comme une cruche, immobile, à le regarder au départ pour fixer le vide finalement, sentant monter en moi un reflux d’émotions venu d’on ne sait où alors qu’il dit bonjour à Kezabel. Un peu sensible moi ce matin, non ? N’importe quoi. Reprends-toi, Riley.

« Tu crois que j'ai pas compris que c'est un moyen détourné pour me dire : Tais-toi, femme ? »

Ouais, voilà, comme ça, c'est mieux.

« Viens par-là espèce de harpie. Elle est intenable quand elle n'a pas mangé. »
« Mais! »
« A plus les garçons. »

Est-ce que je cherche à me débattre quand elle m'attrape la main et m'entraine avec elle ? Pas une seconde. A peine une minute plus tard on est assise l'une en face de l'autre, petit déjeuner en tête-à-tête alors qu'on a déjà passé la nuit toutes les deux puisqu'on s'est posées pour discuter hier soir et que je me suis endormie sur place, donc dans son lit. Et c'était cool. Comme toujours. Et comme toujours je me jette sur la nourriture comme une affamée. Fausse bonne idée que de se mettre entre la nourriture et moi le matin, sachez-le. Et fausse bonne idée de me bousculer en passant, aussi.

« Tu peux pas regarder où tu vas ? T’as cru que j’étais un rond-point ou comment ça se passe ? »
« Je … »
« Tss. »

Miss exécrable est dans la place, tout baigne.

« Dis donc, mais t’as tes règles toi ou quoi ? »

Réflexe absolument mature, je lui tire la langue mais mon sourire n'est pas bien loin, caché derrière. Elle est bien la seule à être en mesure de me supporter dans toutes mes humeurs. Même Mateo n'y arrive pas et … Je le comprends. Je crois que je suis encore pire avec lui qu'avec n'importe qui d'autre. Quand on aime, on ne compte pas ! Et je l'aime fort mon Gaucho ...

« Je sais que tu les as, on est calées. »

J'acquiesce en enfournant dans ma bouche une cuillerée de salade de fruits, sourire toujours présent et puis les connexions se font : Lentement mais surement. Si un mec m'avait balancé ça, il aurait eu le droit à une leçon de vie féministe. Quand ça vient d'une femme, c'est différent, encore plus quand il s'agit de Keza. Sauf que là, ça n'est pas tellement le problème. Le problème c'est que les informations commencent à fuser vers mon centre névralgique et que ce qui en ressort comme constat me fige totalement.

« Riley ? »

Impossible d’avaler quoi que ce soit d’autre, une boule s’est formée dans ma gorge et j’ai du mal à faire passer le petit morceau de pêche qui se retrouve coincé dans mon œsophage. La voix de ma meilleure amie me parait lointaine, tout ce que j’entends ce sont les battements de mon cœur, là, dans mes tempes. Partout dans mon corps qui fait caisse de résonnance. Et puis l’électrochoc, c’est comme si je me réveillais et braque mon regard dans celui de Kezabel. Si elle a parlé entre temps, je ne l’ai pas entendu.

« Je … Je viens de me rendre compte que j’les ai pas eu le mois dernier. Et que je devrais effectivement les avoir là ... Sauf que c’est pas le cas. »

J'en sais rien, j'ai pas pensé à tout ça, pas du tout, pas une seule fois. Certaines choses m'ont beaucoup occupées l'esprit et ... Dans ma cage thoracique, mon cœur s’emballe un peu plus. J’ai du mal à respirer, la panique se pointe et certaines évidences me sautent aux yeux. Je les étale à Kezabel, quitte a devenir parano, mais … Oui, on se protège, oui je prends la pilule, mais oui j’ai des sautes d’humeur régulières sauf que ça n'a rien d'exceptionnel ça, si ? Non pas de prise de poids mais ça, ça ne veut rien dire, non ? Pas d’incident à déclarer, ou peut-être que si, je sais plus. Ça aurait pu arriver, dans la précipitation, je …

#

« Merde, merde, merde … »

Besoin d’air, en urgence, parce que je n’arrive plus à rester calme, à réfléchir avec cohérence. Lucy est arrivée et j’en ai « profité » pour mettre les voiles, non sans – bien évidemment – prévenir Keza que j’allais juste … Qu’il fallait que je sorte d’ici. On a tourné tout ça ensemble pendant de longues minutes, j’ai fini par ne plus savoir quoi dire quand les larmes me sont montées aux yeux mais pourtant c’est un sourire que j’ai adressé à Charleen quand j’ai croisé son regard alors qu’elle est assise avec Rosalyn non loin de là. Félicitations, tu vas être Tata. Je vais avoir la nausée …

Et puis la collision, le choc frontal, quand je sors avec précipitation de la Grande Salle. Premier réflexe : Incendier cette personne ? Non.

« Pardon. »

Dit-elle en se passant une main nerveuse dans les cheveux après avoir reculé de quelques pas sous la force de l’impact, sans faire attention aux deux mains qui l’ont retenu. Jusqu’à ce que je regarde réellement cette personne …

« Mateo ?! »

Si mon cœur continue de battre de cette manière, je vais finir par faire un malaise, mais difficile de faire autrement quand on se retrouve face à LA personne la plus concernée par ce qui est entrain de se passer. En dehors de moi, évidemment.

« Je … »

Panique. Alerte générale. Je n’y …

« J’suis en retard. »

… arrive pas.

Les mots sortent comme une torpille débloquée de son socle et ils n’ont pas le moindre sens pour celui ou celle qui n’en a pas le contexte mais sur l’instant, je n’ai pas pu ni su réagir autrement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1008
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mar 7 Fév 2017 - 14:21

DIMANCHE 31 MAI - Soirée.



- J’m’en fou l’australien, y a pas que toi qui sais faire du skate !

Je lui choure sa planche à roulette et me lance, poussant sur ma jambe gauche pour prendre de l’élan. J’entends Enzo me lancer une de ses petites répliques fétiches et je lui lève un doigt bien haut, pour l’envoyer se faire foutre.
Il m’a dit que j’allais m’casser la gueule, je sais pertinemment que ça n’est pas vrai.
Un petit moment entre copain, histoire de décompresser un peu, même si c’est pour mutuellement se chercher des noises. Ca fait un bail que j’avais pas passé un temps à faire le con avec Enzo alors je ne vais pas me priver de l’emmerder encore un peu. Je fais un petit tour dans le couloir avec sa planche à roulette, m’essaie même à une petite figure à moitié réussie.
Il se fout naturellement de ma gueule et d’un geste du pied, je lui fais glisser sa planche jusqu’à lui.

- Tiens, essaie au lieu de rire comme un âne ! P’tit merdeux.

Je me retire, tire une clope de mon paquet et la coince entre mes lèvres. La flamme de mon Zippo la consume et je tire dessus pour en absorber les premières bouffées pendant qu’Enzo commence à prendre son élan. Je l’observe, appuyé sur un mur et ramène mes cheveux en arrière. Sont décidément trop long, faut que j’pense à les couper. Macy s’en fera certainement une joie mais j’suis pas certain de vouloir passer sous ses coups de ciseaux. Pas que j’lui fasse pas confiance mais j’ai peur qu’elle s’emballe un peu trop sur ma gueule.

- Wow ! Je me précipite vers Enzo qui vient de se prendre une gamelle monumentale. Hey, ça va, rien de casser ?

Il se redresse, grimace légèrement avant de se craquer les cervicales.

- Tu rigoles ou quoi ? Ca m’a à peine chatouiller.
- Bien évidemment. Je ricane et prend ma clope entre mes doigts. C’est ça de mater un peu trop longtemps un cul californien.

Il hausse un sourcil et je désigne Will d’un geste du menton, qui se trouve un peu plus loin complètement concentré sur un de ses bouquins.

- Tu crois que j’t’ai pas vu le mater ? T’es plus le même Ryans quand t’es amoureux. T’es trop dans les pétales de pâquerettes et dans les m’amours fous, câlins, bisounours.

J’évite de justesse le coup qu’il s’apprête à me donner, éclatant de rire au passage. Il sait que j’le fais chier, que j’aime ça et que j’vais certainement pas me priver avec tout ce qu’il m’a fait chier quand j’étais dans ma phase avec Riley.
On se charrie encore cinq bonnes minutes avant que je ne le laisse et que je n’aille retrouver Maxime. Qui est introuvable d’ailleurs.

- Macy ? Elle est où Jefferson ?
- J’sais pas, essaie dans le dortoir des Serdaigles.

Ah bah ouais, j’suis con. Dean est revenu, l’amour de sa vie, son futur mari. Nouvelle occasion de la faire chier. Entre elle et Enzo, j’ai deux cibles de choix. Mais l’un est plus violent que l’autre. C’n’est qu’un détail.
Je grimpe les marches, roule mon joint tout en prenant garde à n’pas me faire choper par l’un des profs. C’est Will qui a eu la générosité de nous filer à chacun une petite boule de cette merveille qui nous mène bien gentiment au 7ème ciel des défoncés. Et j’ai bien envie de partager ce joint avec Jefferson ce soir.
J’entre dans le dortoir des Serdaigles, tête baissée.

- Jef..

Je me redresse et bloque sur les vêtements épars autour du lit de Dean dont une culotte de Maxime qui traine par là.

- Putain, dégueu !

Je fais demi-tour, pas besoin de plus pour imaginer ce qu’ils sont entrain de foutre derrière les rideaux tirés. Je descends dans la salle commune, m’arrête devant un calendrier… Bah ouais, j’suis con moi aussi. Demain, c’esst Full Moon party et avant Full Moon Party, c’est Full Sex Party.
Et j’ai à peine foutu un pieds dans ma salle commune, un pieds dans les escaliers pour monter dans mon dortoir…

- Ah non putain ! La Sex Party c’est dans la piaule les mecs ! Faites chier !

Enzo une main sur le cul de Will. Will entrain de lui repeindre le fond de la gorge.
Ils éclatent de rire et je les envoi se faire foutre, majeur levé alors que je cavale dans mon dortoir. Font chier ces boulimiques du sexe.


¥

LUNDI 1er JUIN - Avant les cours, matin.



- T’sais hier, fallait pas fuir comme ça.
- Hm ?
- T’avais le droit de participer un peu si tu voulais.

Je me retourne vers William alors que je marche dans un couloir.

- Va t’faire foutre Jackson.
- J’sais pas toi mais moi j’adore la pleine lune.
- Non, sans déconner.
- J’comprends mieux pourquoi on voyait de moins en moins souvent Dean.
- J’ai pas envie de savoir…
- Trop tard, t’imagine déjà.

Fais chier ce con !
Il part en courant, les cheveux ébouriffés au possible. J’veux même pas savoir ce qu’il a foutu ce matin lui aussi. Ça pue le sexe à chaque détour de couloirs et j’serais un sale menteur si je disais que je n’avais pas envie de mon côté de me perdre auprès de mon Ecossaise.
Un vague sourire s’étale sur mes lèvres et je me dis qu’on a large le temps avant la reprise des cours et qu’elle n’est jamais contre une petite exploration d’une salle inconnue. J’accélère le pas, sac sur l’épaule et prend le prochain virage que je croise.

- Mierda !

J’étouffe un grognement douloureux en retenant la personne que je viens de percuter brutalement, m’apprêtant à gueuler… jusqu’à ce que je constate que ça n’est autre que Riley.
Hasard ou coïncidence ? Je n’crois pas.

- Pardon.
- Aucun problème, il va juste falloir te faire pardonner maintenant.

Large sourire aux lèvres, je garde mes deux mains sur ses épaules, prêt à la prendre dans mes bras mais je n’en ai pas le temps. Elle me fixe avec ses deux grands yeux clairs, complètement déboussolée, teint livide. Elle n’a rien de la tornade que je connais et j’ai l’impression qu’elle va me faire un malaise d’une seconde à l’autre.

- Mateo ?!
- Oui… Je fronce les sourcils. Jusqu’aux dernières nouvelles, c’est bien moi.

J’essaie de détendre l’atmosphère en lui offrant un sourire chaleureux, tranquille, taquin. Mais il percute un mur d’indifférence. Ou presque. Je ne la sens pas comme d’habitude. Riley est plutôt du genre vive et impulsive, en temps normal ça fait longtemps que j’aurai déjà goûter ses lèvres, voir le mur. Tout dépend de quel pied elle se lève. Et pour l’instant, tout porte à croire que c’était pas le bon ce matin.

- Je… J’suis en retard.

Je me redresse, surpris, à dix mille lieux de ce qu’elle pourrait essayer de me dire.

- Hein ? Je regarde ma montre trafiquée, celle que ma mère m’a donnée aux dernières vacances et hausse un sourcil. Non, tranquille. On a encore le temps avant que ça soit l’heure des cours.

Nouveau sourire, je veux pour m’approcher d’elle et la serrer contre moi mais son regard me clou sur place. Elle me fixe, m’évite, me fixe de nouveau. Et plus ça va, plus j’ai la sensation que quelque chose merde vraiment. Je pose en douceur une main sur son épaule tout en cherchant son regard.

- Hey, amor qu’est-ce qu’il y a ? T’es pâle comme une morte.

Je m’inquiète, j’le sens au creux de mes tripes que quelque chose merde sérieusement. Elle n’est pas comme d’habitude, c’est à peine si elle veut que je la touche, à peine si elle n’essaie pas de m’éviter physiquement. J’me fais peut-être des idées, complètement biaiser par cette impression désagréable au creux du ventre.
En retard.
Ses mots me reviennent en mémoire comme un rappel.
Puis comme une alerte.
Non, voir une mise en garde.
Mon cœur loupe un battement, mon sang se glace.
Respire mec, tu t’emballe, tu te fais des idées.
Et plus mes yeux scrutent Riley, plus je sens le malaise me gagner. La panique, le froid, le dénie, la colère. Je suis pris au piège entre un millier de sensation, essayant de ne pas céder à une panique inutile. Je retire ma main de son épaule par réflexe avant de lâcher d’une voix blanche, incertaine et à la fois compact.

- ... En retard, c’est-à-dire ?

Tout, mais pas ça.
Je sens l’édifice de ma vie, de la notre, s’ébranler, prête à s’écrouler comme un château de cartes.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 15 Fév 2017 - 14:59

« Hein ? »

Il regarde sa montre.
Il n’a pas compris.
Je vais tomber dans les pommes.

« Non, tranquille. On a encore le temps avant que ça soit l’heure des cours. »

T’as raison. On a le temps de devenir les heureux parents d’un enfant – ou plusieurs vas savoir – qui se tape l’incruste sans avoir été invité. Tu crois que c’est jouable d’aller chercher des couches avant d’aller en … Merde … J’ai quoi comme cours déjà ?

Je vais tomber dans les pommes.

Pourquoi on dit tomber dans les pommes d’ailleurs ? Ça ne veut strictement rien dire ! Et en plus ça doit faire mal. Ne me touche pas ! Tu vas me mettre enceinte. Avec toutes ces pommes, je vais faire une tarte, comme ça on pourra fêter la bonne nouvelle avec nos amis, ça sera chouette. Et nos parents … Maman va me tuer mais avant ça elle va te tuer toi … Et la tienne, qu’est-ce qu’elle va penser de moi ? Et Papa ! Je ne pense pas qu’il soit prêt à faire sauter un petit faon sur ses genoux.

Je vais tomber dans les pommes.

« Hey, amor qu’est-ce qu’il y a ? T’es pâle comme une morte. »

C’est parce que ce truc que j’ai dans le bide me pompe toute mon énergie et tout mon sang ! Non, j’ai rien dans le bide. Enfin si, mes organes et tout le bazar mais c’est tout. N’est-ce pas ?

Puis quelque chose change dans son comportement. Je suis à l’ouest mais je le vois, je le perçois, même si mon regard continue de fuir le sien sans que je ne réussisse à y faire quoi que ce soit. La tension est palpable dans l’air, l’atmosphère devient glaciale autour de nous, entre nous aussi je crois et je n’aime pas cette absence de chaleur habituelle. Vraiment pas. La panique s’est installée chez moi dès l’instant où j’ai compris que j’avais raté un truc mais là, c’est autre chose. Qui se rajoute.

« ... En retard, c’est-à-dire ? »

En retard c'est-à-dire tu vas prendre tes jambes à ton cou et te barrer le plus loin possible de moi à cause de ça et moi, je ne te laisserai plus jamais me toucher parce que voilà ce qui arrive quand on est un couple hétérosexuel. Ça fait des putains de chocapics ! J’suis pas prête à avoir des chocapics. Et Mateo … Quand je croise son regard ça me glace le sang. Y a un truc qui se manifeste à l’intérieur de moi, qui éclate, qui explose et qui fait très mal. C’est la première fois qu’il me regarde comme ça, comme si … Presque comme si je le dégoûtais. Presque comme si je venais de foutre sa vie en l’air avec seulement trois mots.

Je vais tomber dans les pommes.

« En retard comme je suis toujours calée sur Kezabel, tous les mois, c’est une science exacte et millimétrée mais là, c’est pas le cas. Comme ça ne l’était pas non plus le mois dernier parce que les Anglais ne sont pas venus chercher Jeanne d’Arc non plus sauf que j’avais tellement la tête ailleurs que j’y ai pas fait attention. »

Une main dans les cheveux, le regard complètement paniqué, les mots sortent de ma bouche en un vif torrent de désespoir. Je me sens en cet instant complètement larguée, affreusement coupable et à la fois révoltée, en colère à l’idée qu’on puisse penser que tout ça est de ma faute sans même savoir si une seule personne sur cette planète en arriverait à cette conclusion. La simple idée que cette pensée m’ait traversé l’esprit me rend furieuse. Tout ça s’emmêle, se démêle, s’emmêle à nouveau et je ne sais plus où donner de la tête. Mon bras retombe mollement le long de mon corps, mon regard est désormais bien ancré dans celui de Mateo et les larmes menacent de ressurgir à tout moment.

« En retard comme … C’est la merde. »

Je me suis tellement laissée embarquer par ce vent de panique que l’idée qu’il puisse s’agir d’une fausse alerte ne semble pas vouloir s’ancrer dans mon esprit. Et pourtant, pour l’instant, rien ne prouve quoi que ce soit, non ? Si ? Si je ne respire pas dans les trois secondes qui viennent, je tombe dans ces putains de pommes.

Parle-moi s’il te plait.
Dis quelque chose, n'importe quoi.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1008
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Jeu 23 Fév 2017 - 0:29

Retard.
Ce mot ne devrait même pas existé.
Je suis le pro des Retards pourtant.
Retard sur la vie, retard en classe, retard en cours.
Mais CE retard là ? Je l’ignore, fais comme s’il n’existait pas et fais surtout en sorte que JAMAIS il ne s’invite dans ma propre vie. Mais faut croire que d’être amoureux, ça vous fait faire du zèle comme un connard, à vous faire croire que votre petite vie restera toujours tranquille.
J’aime pas ce regard, j’aime pas cette panique et en cet instant, j’ai envie de faire demi-tour et d’me barrer en courant. Ca n’a rien de courageux, ça à tout de lâche, mais je commence à connaitre Riley et tout porte à croire que ce qu’elle va me lâcher en pleine gueule, aura toutes les allures d’une bombe.

Mais je n’bouge pas, j’attends. Je n’suis pas capable de bouger le moindre muscle, complètement tétanisée par une panique sourde te latente.

- En retard comme je suis toujours calée sur Kezabel, tous les mois, c’est une science exacte et millimétrée mais là, c’est pas le cas. Comme ça ne l’était pas non plus le mois dernier parce que les Anglais ne sont pas venus chercher Jeanne d’Arc non plus sauf que j’avais tellement la tête ailleurs que j’y ai pas fait attention.

Dans un autre contexte j’aurai pu rire. Mais là ?
Là, j’ai envie de crever. J’ai envie qu’elle se taise. J’ai envie de partir. J’ai envie de la prendre dans mes bras et de lui dire qu’elle ne s’inquiète pas, que c’est une fausse alerte. J’ai envie de fuir. D’oublier, de m’oublier. De boire. De fumer. De rire. De chialer. De crever, encore.
J’suis pas foutu de prononcer un mot, une syllabe, trop concentré pour pas perdre les pédales. Et si moi je suis statique, Riley ne tient pas en place. Chacun de ses gestes m’arrivent au ralenti, exagérément lent. Pas étonnant puisque pour moi, le temps s’est arrêté.

- En retard comme … C’est la merde.

La merde ? C’est pire que ça.
Riley, en retard.
Riley, enceinte.
Et moi, futur papa.
Un enfant, un bébé, un nourrisson, un fœtus, un embryon.

- Non.

Le temps revient à la normal mais pas mes idées qui commencent à s’affoler sur un champ de bataille. Je n’prends pas conscience de ma voix qui claque, peut-être un peu trop brutalement. Le choc, le déni, la peur, l’angoisse. C’est pas une grande nouvelle de savoir que j’ai pas toujours le tact qu’il faut, que j’ai pas toujours les bonnes réactions.
Encore moins quand je commence à comprendre que je risque d’avoir …

- Non, non, non. Doit y avoir une erreur.


Parce que ça n’peut pas être autrement, ça n’est PAS POSSIBLE qu’elle puisse être enceinte. PAS POSSIBLE que j’ai pu oublier de me protéger.
Putain, je déteste cette sensation d'être au pied du mur. Comme si, face à moi, je n'avais d'autre choix que de me prendre ce mur de béton en pleine gueule. Parce que c'est ça, si Riley dit vrai, j'vais pas avoir le choix que d'assumer et ça, putain de bordel de merde, j'suis pas prêt.
Pourtant, dans la folie d’un moment, dans la folie d’une nuit… Quand ça fait autant de temps que t’es avec ta nana, que tu l’aimes tous les jours un peu plus, que ça te prend en pleine nuit et que t’as qu’une envie, c’est de lui faire l’amour pour l’heure à venir, t’as pas forcément en tête de foutre quoi que ce soit sur Vargas Junior.
Et ma seule défense à tout ça, c’est le déni.

- C’EST une putain d’erreur. C’est pas possible, on a toujours fait ce qu’il fallait !

Ou pas.
Si. Non ? J’sais pas putain, ça s’embrouille là-dedans et je sens que je suis entrain de me noyer dans quelque chose de noire, de quelque chose de brumeux que j’aimerais côtoyer de plus près. Comme une sorte de coma.
J’ai la main dans les cheveux, j’m’en suis même pas rendu compte. Comme j’me suis pas rendu compte que j’ai la gorge sèche, le cœur qui se tape une cavalcade dans la poitrine et que mes mains se mettent à trembler.
Enceinte. Sans déconner.
J’suis déjà entrain d’imaginer la gueule de mes parents.
J’sais pas ce qui est le pire : De savoir qu’ils seraient très certainement aux anges et moi non ?

- T’en es sûre au moins ? T’as fait un test ? Plusieurs ?

On n’peut pas avoir foirer comme ça, on n’peut pas avoir été aussi con.
Et putain Mateo, ravale tes angoisses… t’es pas tout seul dans cette merde.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Jeu 23 Fév 2017 - 17:21

« Non. »

Mouvement de recul. Ce « non » claque dans l’air comme s’il me claquait au visage : Brutalement, sèchement et avec violence. Mes émotions sont sans dessus-dessous, j’ai beau me dire que lui aussi est sous le choc et d’autant plus avec la manière un peu brusque avec laquelle je lui annonce ça, ça n’enlève rien au coup que je viens de me prendre en plein thorax. Au moins, cette réaction a le don de me calmer instantanément mais je le sens, elle me pousse également à me refermer totalement, me renfermer sur moi-même et … Presque à me planquer derrière une paroi de glace qui givre mon organisme dans ses moindres recoins.

Aller, ravale tes larmes ma grande.

« Non, non, non. Doit y avoir une erreur. C’EST une putain d’erreur. C’est pas possible, on a toujours fait ce qu’il fallait !  »

Plus il parle, plus je me ferme. Je le jure, je fais des efforts, j’essaie de me mettre à sa place parce que … J’y suis à sa place bordel ! Mais cette réaction … Je ne m’attendais à rien, j’ai pas pris le temps d’y réfléchir parce que tout est allé trop vite et que j’en ai encore la tête qui tourne, le cœur qui bat à un rythme éperdu dans ma poitrine mais … Même si je n’attendais rien, je constate que j’aurai eu besoin d’autre chose. On est deux dans cette galère, on s’y est foutu tous les deux jusqu’à preuve du contraire et je ne suis pas plus sereine que lui sur le sujet. Je pense que ça se voit de toute façon et … Stop. Merde, Riley ! C’est ton homme, tu le connais, il … Respire. Pour l’instant t’en sais rien, tu sais pas, c’est juste un coup de flippe pour rien si ça se trouve mais … J’y peux rien, cette réaction … Elle me blesse.

Et elle me met en colère.
Une colère sourde, noire et glaciale.

Je déteste ressentir ce que je ressens en cet instant alors que mes yeux ne le quittent pas une seule seconde. Je déteste lui en vouloir de réagir exactement de la même façon que j’ai réagi à peine quelques minutes plus tôt et je déteste ne pas être capable de faire la part des choses mais là … c’est trop. Qu’est-ce qu’il croit au juste ? Que j’attendais que ça ? Que je l’ai piégé ? J’en sais rien si c’est une putain d’erreur, d’accord ? Je tombe de mon nuage moi aussi là tu vois, celui où on pense que ça n’arrive qu’aux autres. Celui où jamais tu n’imagines une seule seconde que ton petit ami puisse te regarder comme si tu étais en train de gâcher sa vie sans jamais te demander comment tu te sens, comment tu le vis. Tu trouves que j’ai l’air ravie par la situation là peut-être ? Félicitations ! Tu verras, ça va être génial. Je mourrais d’envie de trouver une solution pour m’empêcher de suivre mes rêves et aller au bout de mes objectifs, pour me noyer dans les biberons et les couches sales, pour ne pas pouvoir profiter un peu de la vie avec toi avant que la génétique nous rattrape si jamais ça doit arriver un jour. Et si tu te poses la question : Non, je n’y avais jamais pensé jusqu’ici. J’ai 20 ans putain ! Tu crois que j’ai envie de ça ?! Certainement pas quand tu me regardes comme ça.

Je ne serai pas la responsable, celle qui t’imposera cette erreur, comme tu le dis si bien.

« T’en es sûre au moins ? T’as fait un test ? Plusieurs ? »

Cette fois, je suis carrément piquée au vif et un rictus de dédain m’échappe. La seconde suivante je le bouscule d’un coup d’épaule pour passer et me barre sans un regard de plus, poings et mâchoires serrées par la colère, entre autres, les yeux toujours rougis par les larmes qui tôt ou tard vont vraiment finir par éclater. Je me sens presque trahis, déçue, toujours complètement paniquée même si ça ne se voit plus vraiment mais c’est bien la direction de l’infirmerie que je prends d’un pas rapide, déterminée à mettre ça au clair même si la peur du résultat me tord l’estomac.

Et je voudrais que Kezabel soit là parce que putain, j’ai besoin d’elle autant que j’aurai eu besoin de toi.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1008
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Jeu 9 Mar 2017 - 0:38

Le sale con arrogant que je suis se manifeste dans toute sa splendeur, dans toute sa beauté égoïste. Mes réactions sont bouillantes d’incompréhension, de colère, d’angoisse. Ce que je vois dans les yeux de Riley devrait me suffire pour me rappeler à l’ordre, pour me remettre les deux pieds sur terre, dans la réalité.
Mais mon refus d’entendre est tel que tout ça me glisse dessus.
Ou presque.
La vérité est que je suis parfaitement conscient de la blessée mais que je suis pour l’instant, incapable de faire quelque chose de bien, de correct. Que ça soit pour la rassurer, pour la consoler.
Comment pourrais-je en être capable alors que je suis moi-même un véritable néant ?

Impossible que nous ayons commit cette erreur. Impossible que ce genre de chose nous tombe sur le coin de la gueule, comme ça, sans prévenir.
Impossible, hein.
Et puisque je suis un connard jusqu’au bout qui, dans la colère et la peur, ne sait pas réagir de façon rationnel et humaine, j’enfonce le clou. J’insiste. Sans jamais lui demander comment elle se sent, comment elle vit tout ça de son côté. Sans jamais lui dire que… c’est pas grave, qu’on va faire avec, qu’on va bien réussir à gérer tout ça.
Non. Rien. Juste une quasi agression.

Mais c’est peut-être ce qu’il me fallait pour redescendre sur terre.
Riley me regarde avec le même dédain qu’elle me réservait lorsqu’elle me considérait comme le pire des connards que la terre ait jamais portée.
Et ça, c’est douloureux. Sûrement moins que ce que je lui ai fait ressentir dix secondes plus tôt même si je n’en ai pas encore conscience.
Elle se tire, me bouscule brutalement, sans un regard. Sans un mot.
Elle m’échappe. Ce que je viens de lui faire, de lui dire… Je me passe les deux mains sur le visage, les glisse dans mes cheveux.

- Mierda.

J’entends ses pas qui s’éloignent à la même vitesse que mon cerveau se désagrège sous l’afflux de toutes ses visions funestes. Un enfant. Riley enceinte. L’accouchement. Nous, parents. Je n’suis pas prêt.
Et elle non plus. Je ne m’en suis même pas soucier comme la putain d’ordure que je suis, trop occupé à gérer ma panique.
Je fais demi-tour, rapidement. Je ne la vois déjà plus mais je pique un sprint pour la retrouver à l’angle du couloir.

- Riley, attends !

Elle ne se retournera pas, je la connais par cœur. Ma main sur son épaule et je la force à me faire face. Je vois dans ses yeux toute la douleur que je lui ai procurer et ça me fout un coup au ventre, me déchire de l’intérieur et me fait sentir encore plus pourri que tout à l’heure. Une véritable putain d’ordure.

- Désolé, je sais que j’ai réagis comme un connard mais j’sais pas toujours faire autrement.

Ca n'excuse rien, je sais. J'fais ce que je peux.
Aucun filtre, comme à mes habitudes, puisqu’il y a des choses qui ne changent jamais.
Quand j’contrôle rien, quand tout m’échappe, je ne sais pas réagir autrement qu’en me dissimulant sous dix couches de merde.
Souffle court, j’essaie de prendre sur moi. Je m’en veux, c’est un fait mais j’ai encore du mal à réaliser. A prendre l’ampleur de cette situation.

- J’ai flippé, ok ? Je sais que toi aussi, je sais que t’as probablement envie de m’en coller une dans la gueule – et ça serait mérité – mais…

Je lâche un soupire, nerveux, entres mes mains. J’suis émotionnellement instable, entre deux bordures. Je finis par la regarder dans les yeux, les bras ballants.

- J’suis là, ok ? Quoi qu’il se passe, j’suis là.

Même si c’est la troisième guerre mondiale dans ma tête. Même si j’ai l’impression de crever à petit feu. Mais j’la laisserai pas. Je sais que j’suis lâche, que j’suis une ordure mais pas … elle. Pas avec elle. Je l’aime, c’est une évidence. Alors plutôt crever que de la laisser m’échapper.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Lun 13 Mar 2017 - 18:39

« Riley, attends ! »

Je ne me rends pas vraiment compte mais tout en essayant de retenir mes larmes – la rage aidant, on ne va pas se mentir – j’accélère le pas comme si je ne voulais pas qu’il me rattrape. Intérieurement c’est tout le contraire … J’ai envie qu’il m’arrête et me prenne dans ses bras, qu’il me rassure, qu’il me dise que tout va bien, que tout ira bien. Non, ça n’est pas une simple envie, c’est un besoin. Mais j’accélère néanmoins et ça n’est pas une question de fierté. Loin de là même. Il m'a terriblement blessé et je lui en veux alors là, maintenant, tout de suite, même si ce paradoxe reste valable, je n'ai pas tellement envie de l'avoir en face de moi. S'il faut gérer pour deux alors allons-y, je vais le faire.

Et très sérieusement, quand il me rattrape et que sa main se pose sur mon épaule, qu'il me force à lui faire face, je suis à deux doigts de me dégager brutalement et le repousser. Quelque chose m'en empêche, néanmoins. Peut-être le regard qu'il me lance.

« Désolé, je sais que j’ai réagis comme un connard mais j’sais pas toujours faire autrement. »
« Est-ce qu’il y a une date de péremption à cette excuse ? »

Oui le ton est acerbe, bien sûr qu’il l’est, et non je ne regrette pas mes mots même s’ils sont sortis impulsivement sous le coup des émotions. Je suis en colère, déçue, blessée. Je réagi comme une femme qui ressent ces choses-là. Assume, putain ! T’es grand, merde. Là, tu vois, j’ai pas tellement envie d’entendre ce genre de conneries. Je suis comme ça, je ne fais pas exprès, je ne sais pas faire autrement … Non j’ai pas envie d’entendre ça. Je ne vois pas pourquoi t’en serai pas capable, t’es pas plus con qu’un autre.

« J’ai flippé, ok ? Je sais que toi aussi, je sais que t’as probablement envie de m’en coller une dans la gueule mais… »
« Effectivement, oui. »

Oh ça oui j'ai eu envie de lui en coller une et d'ailleurs si je n'avais pas été vrillée par la douleur et le choc de ce qu'il a provoqué chez moi en réagissant comme il l'a fait, c'est très certainement ce qu'il se serait passé. Mon ton est toujours un peu cassant, c'est toujours impulsif mais … Plus calme. Pas apaisé pour autant mais c'est autre chose que la colère qui s'installe en moi ou plutôt qui revient petit à petit. Je le sens, mes yeux commencent à s'humidifier à nouveau dangereusement et il ne suffirait que d'un infime ...

« J’suis là, ok ? Quoi qu’il se passe, j’suis là. »

… déclic. Je bloque, l'espace d'une seconde, le dévisage, constate a quel point il est secoué et perdu lui aussi par son langage corporel. La seconde suivante j'éclate en larme, la gorge serrée par les sanglots, complètement malmenée par la peur à nouveau. J'ai besoin d'un refuge et ce refuge, spontanément, ce sont ses bras. Je franchis les quelques dizaines de centimètres qui nous séparent et vient me plaquer contre lui, mes mains accrochées à son T-shirt et le visage plaqué contre son torse. Secouée de part en part par toutes ces émotions qui, je le sais, sont partagées.

« J’veux pas. »

C'est un cri du coeur, une certitude. Non, je ne veux pas. Je ne veux pas d'enfant, pas maintenant, pas alors que j'en suis moi-même encore un certains jours. Je ne veux pas sortir de l'enfance plus que ce que je ne l'ai déjà fait. 20 ans … Certains sont peut-être prêts à cet âge là mais ça n'est pas mon cas et je le comprends très bien, ça n'est pas non plus celui de Mateo. On est trop jeunes, dans tous les sens du terme. Je ne veux pas qu'on se déchire, qu'on se perde … Et je ne veux pas être Maman. Je ne peux pas. On ne peut pas devenir parents.

« J’en ai pas plus envie que toi et je suis morte de trouille moi aussi. Je sais que t’as flippé, c’est normal, mais sois pas un connard s’il te plait. Pas maintenant. J’peux pas là. »

Ne me laisse plus jamais penser que tout ça c'est de ma faute et que j'ai gâché ta vie. Je ne le supporterai pas. Le ton est presque suppliant, je déteste être dans cet état là mais je n'essaie pas de paraître plus forte et détachée que je ne le suis. Pas devant lui. Pas pour ça.

« J'aurai pas du te le balancer comme ça, excuse moi. C'est juste … J'pensais pas tomber sur toi, j'ai complètement craqué en te voyant et c'est sorti tout seul parce que … Non j’suis pas sure, je viens juste de réaliser tout ça et j'ai complètement paniqué mais … »

Je parle vite, de manière saccadée, mes phrases sont entre coupées de souffles courts et de battements de cœur irréguliers. Je me suis détachés de lui sans m'en rendre compte mais une de mes mains reste accrochée à lui. Et si mon regard ne sait pas tellement où se fixer, s'il est presque fou par moment, c'est bien dans ses yeux qu'il se bloque finalement.

« Viens avec moi là-haut, s’il te plait. J’ai besoin de toi. »

Et en cette seconde, je le ressens, là, au plus profond de mon être : J'ai peur de le perdre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1008
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 29 Mar 2017 - 12:09

J’essaie de rattraper mes conneries comme je peux, j’essaie d’être responsable, adulte, de ne pas être lâche pour une fois dans ma vie.
Et pourtant, je lutte encore pour ne pas fuir, pour ne pas me détourner de cette réalité qui m’étouffe, qui m’accable de part en part. J’ai l’impression d’avoir une enclume sur la poitrine, sur les épaules. Comme si je ne pourrais plus jamais respirer de la même façon qu’avant.
Riley enceinte. Moi, futur parent. D’un gosse, d’une forme de vie. Ou alors, parents avortés.
Au choix, j’en sais rien, je ne sais plus grand-chose si ce n’est que je ne peux pas laisser filer Riley comme ça. J’ai mis un peu de temps avant de prendre conscience de mon égoïsme, avant de courir comme un dératé pour la rattraper.
J’suis pas le seul dans l’histoire, pas le seul à avoir la sensation que ma vie m’échappe, qu’elle file entre mes mains comme si je tentais de retenir de l’eau. Riley aussi est dans un état désastreux, complètement affolée et abattue parce qui est, d’origine, censé être une bonne nouvelle.

J’essaie de lui dire avec mes mots que j’suis là, que je ne la lâcherais pas, sans pourtant lui préciser qu’une part de moi essaie de me pousser à tourner le dos, à ignorer ce qu’il se passe. Une ombre de ce que j’étais, de l’homme que j’étais avant de changer en la présence de Riley, de Maxime, d’Enzo et d’autres gars et nanas de cette école. Ceux qui m’ont fait devenir quelqu’un de bien, de potable aux yeux du reste du monde.
Alors ne gâche pas tout. Pas une deuxième fois.
Je n’veux pas que Riley ne m’échappe, je ne veux pas qu’il soit trop tard. Ni pour moi, ni pour nous deux.

Elle éclate en sanglots dans mes bras et je sens toutes mes défenses se détruire les unes après les autres, explosant à tour de rôle dans ma poitrine.
Vulnérable. C’est le seul mot qui me vient à l’esprit en cette seconde où j’me sens plus fragile qu’un nourrisson apprenant à marcher.
Je la serre contre moi, avec force, peut-être un peu trop mais j’ai moi-même du mal à contrôler les émotions qui me transpercent de part en part. Qu’est-ce qu’on va foutre maintenant ? Comment est-ce que l’on va réussir à gérer ça alors que, concrètement, nous ne sommes encore que des gamins à l’aube de tout ce qu’ils leur restent à vivre. J’suis pas prêt.
Putain non, j’le suis pas.
Ses sanglots sont l’écho de ce qu’il se passe chez moi, même si je reste silencieux. Mâchoire serrée, c’est Tchernobyl à l’intérieur de mon crâne dont une migraine commence à élire domicile.

- J’veux pas.

Je sais.
Moi non plus.
Rien que l’idée d’être là, tous les deux, avec un gosse dans les bras me donne la gerbe.
Pas prêt. Pas maintenant, pas comme ça.
J’dis pas que j’en veux pas des gamins, j’dis juste que là, maintenant, ça n’est pas concevable. Ça n’a rien à voir avec l’amour que je porte à Riley, c’est juste que… Non. Merde.

Je ne l’affole pas plus, garde pour moi tous ces feux d’angoisses et me contente de la bercer en douceur, une main dans ses cheveux que je caresse tendrement, luttant contre mes propres peurs.

- Calme toi. J’suis là.

Mes mots ne servent certainement à rien mais c’est tout ce que je trouve à lui dire pour l’instant.

- J’en ai pas plus envie que toi et je suis morte de trouille moi aussi. Je sais que t’as flippé, c’est normal, mais sois pas un connard s’il te plait. Pas maintenant. J’peux pas là.

Je digère ce qu’elle me dit en serrant un peu plus fort la mâchoire.
« Sois pas un connard ».
J’essaie, vraiment. Si tu savais combien j’essaie.
Son ton est au bord du supplice et ça me fait d’autant plus mal que je prends conscience à quel point je l’ai blessé plus que je n’ai pu le faire depuis le début de notre relation, de notre rencontre.

- J’suis désolé.
- J'aurai pas du te le balancer comme ça, excuse moi. C'est juste … J'pensais pas tomber sur toi, j'ai complètement craqué en te voyant et c'est sorti tout seul parce que … Non j’suis pas sure, je viens juste de réaliser tout ça et j'ai complètement paniqué mais

- Eh Eh Riley ! Calme toi, c’est rien. C’est pas grave, c’est normal.

Putain, qui aurait cru que je puisse être si … responsable. Bordel de merde.
Je fais ce que je peux pour la rassurer, essaie de capter son regard pour qu’elle se calme, qu’elle respire. Je ne lui en veux pas même si sur le coup j’l’ai mal prit, c’est évident. Oui, j’aurai aimé apprendre ça de façon un peu plus… soft. Mais est-ce qu’il y a vraiment de bonne manière pour annoncer ce genre de nouvelle qui n’en est pas une bonne ? Pas pour nous, aussi horrible que ce genre de pensée puisse être.
Mais je retiens une chose : Elle n’est pas sûre. Peut-être que tout ça n’est qu’une fausse alerte. Qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter… Et peut-être est-ce ma part de lâcheté qui veut ça, mais je me raccroche à cette idée, me rassure en me disant que nous paniquons peut-être pour rien…

Je capte enfin son regard qu’elle accroche, presque désespérément.

- Viens avec moi là-haut, s’il te plait. J’ai besoin de toi.

Mes yeux la fixe, j’ai une boule dans la gorge et le cœur qui va certainement pas tenir le trajet…

- Oui, ok. Mes deux mains sur ses bras, j’affiche un air assuré, du mieux que je peux. J’te lâche pas. On.. On va y aller ensemble.

Et j’suis mort de trouille mais… on n’a pas le choix. J'peux pas la lâcher même si une part de moi me hurle de fuir. Mais j'le ferais pas, je ne sais pas si Riley sait à quel point je lutte pour chasser "mes vieux démons". Je sais que si je reste ici c'est principalement grâce à mes sentiments pour elle, parce que j'veux pas lui faire de mal et que j'veux pas la voir partir.
Je la prends dans mes bras, la serre contre moi. Une seconde. Plus, j’en sais trop rien mais j’en ai besoin avant de me lancer vers une vérité qui m’effraie plus que je n’aurai pu l’imaginer.
Qu’est-ce que j’vais dire à mes parents si ….
Non, qu’est-ce qu’ON va dire à nos parents.
Bordel de merde.

- Allez, viens. Je plante mon regard dans le sien et esquisse l’ébauche d’un sourire. Peut-être que ça n’est qu’une fausse alerte, il n’y a pas de raison.

Je la rassure autant que j’essaie de me rassurer moi-même alors que c’est l’hécatombe dans mon cerveau et que j’ai qu’une envie, plonger ma tête dans un bac de glace.
Je la prends par la main et la guide avec moi jusqu’à l’infirmerie. Tout le trajet se fait dans un silence de mort. J’suis pas capable de prononcer autre chose que ce que je lui ai déjà dit, j’essaie de faire le maximum pour ne pas la paniquer plus, pour paraitre confiant.
Le trajet me parait pour la première fois, bien trop rapide, comme s’il y avait soudainement un putain de raccourcie. Alors que j’suis pas prêt, je comptais sur le trajet pour me donner le temps de digérer, de me forger une carapace en béton mais force est de constater que lorsque nous arrivons devant la porte, je sens mes défenses s’écrouler en un claquement de doigts.
Je serre la main de Riley dans la mienne et lui accorde un regard similaire au sien. On a clairement la trouille mais on n’peut pas vraiment reculer.

- Tu préfères que j’t’attende ici ? J’peux venir à l’intérieur si tu veux.

Tout ce que tu veux, si ça peut t’aider.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 5 Avr 2017 - 13:33

« Oui, ok. J’te lâche pas. On.. On va y aller ensemble. »
« D’accord. »

En cet instant il est celui qui nous porte tous les deux, de mon côté j’en suis clairement incapable et croyez-moi, je sais les efforts qu’il fait. Je les devine sans aucun mal en tout cas. J'ai haït ce garçon pendant des mois mais aujourd'hui j'ai envers lui une confiance presque aveugle pourtant je sais que quelque chose comme ça pourrait le faire partir loin de moi et ça me colle une peur atroce dans l'estomac. Je crois que c'est d'ailleurs ce qui m'angoisse … Peut-être pas le plus, c'est probablement à la même hauteur que le reste mais … Je l'aime, ça n'a pas été simple de l'admettre, de l'accepter, mais maintenant c'est ancré en moi. Il est ancré en moi. Alors quand il me prend dans ses bras je m'accroche à lui comme une désespérée, serre mon poing autour du tissus de ses vêtements et ferme les yeux si fort que je m'en ferai presque mal. Je ne sais pas combien dur cette étreinte mais j'ai envie d'y rester, de tout oublier, de … faire comme si tout ça n'existait pas. Quand j'ouvrirai les yeux à nouveau, tout aura disparu. Déni. Je crois que c'est lui qui s'écarte en premier et je le retiens mais son regard capte le mien, il m'adresse un sourire … que je suis incapable de lui rendre.

« Allez, viens. Peut-être que ça n’est qu’une fausse alerte, il n’y a pas de raison. »

Juste plusieurs hochements de tête, c'est tout ce que je suis en mesure de lui offrir. Sa main attrape la mienne, encore un geste auquel je m'accroche et ce dans tous les sens du terme. Une fausse alerte … Oui, ça ne peut être que ça et … Non, je n'arrive pas à envisager qu'il puisse en être autrement. C'est une fausse alerte. On se met en route, les escaliers défilent sous nos pas et si sa main ne lâche pas la mienne – et réciproquement – la totalité du trajet se fait en silence. Il fait ce qu'il peut pour me rassurer, je ne lui en demande pas plus, je n'en attends pas plus. Je sais ce que ça lui coûte déjà même s'il a rattrapé le tir de manière vraiment remarquable. Tout ça ne m'échappe pas, mes émotions sont simplement trop à vif pour que je le notifie pour l'instant. Je n'ai pas vu défiler les étages, la porte est déjà là devant nos yeux et je ne suis clairement pas prête à la franchir. D'ailleurs, on reste comme ça tous les deux, immobiles et silencieux devant ce pas qu'on doit faire en avant pour être fixé une bonne fois pour toute. La panique explose à nouveau à l'intérieur de moi et les larmes recommencent à perler de mes yeux mais je garde le silence. Mon corps tremble, j'ai l'impression d'être à deux doigts de me liquéfier mais quand sa main serre la mienne je redescends un peu sur terre et nos regards se croisent. On est dans le même état mais sa présence m'est essentielle.

« Tu préfères que j’t’attende ici ? J’peux venir à l’intérieur si tu veux. »
« Je préfère que tu sois là, si ça te va. »

Faire ça seule ? Non, j'en suis incapable mais je ne le forcerai pas. Je crois que si c'est trop pour lui, j'enverrai mon Patronus chercher Kezabel. Pas pour remplacer Mateo ou par dépit, second choix, mais parce qu'elle est la personne que j'aimerai le plus avoir avec moi en cet instant.
Un long et profond soupir semble vider tout l'air que j'ai dans mes poumons et tout ça me semble prendre une éternité mais on fini par le franchir ce pas, ces pas, et plus on avance, plus j'ai le sentiment que mon cœur va exploser et moi avec.

« On aurait tous les deux préférés que Rina soit encore là, hum ? »

Vague sourire, tentative d'humour. Je sais qu'elle lui plaisait énormément physiquement et ça nous a valu quelques disputes d'ailleurs tout simplement parce que je suis très possessive et jalouse – c'est irrationnel, il n'a jamais fait quoi que ce soit pour me faire douter de sa fidélité mais on est comme ça tous les deux – mais clairement, oui, j'aurai préféré qu'elle soit encore là et que ça soit elle qui s'occupe de nous. Je n'ai rien contre Maxence, Takuma ou Monsieur Helland mais j'aurai été plus à l'aise avec elle. Avec une femme, tout simplement.
Pourtant je ne recule pas, n'hésite pas vraiment non plus, quand mon regard croise celui de l'infirmier qui se trouve là. Il avait l'air concentré sur ce qu'il faisait mais notre arrivée ne lui a pas échappé même s'il ne lève pas tout de suite les yeux.

« Bonjour Monsieur Helland. »
« Bonjour jeunes gens. »

Certains ont peur de lui, c'est vrai que ça n'est sans doute pas le mec le plus funky de l'école mais … Je sais pas, je trouve qu'il a un côté rassurant quelque part. Et puis de toute façon, il ne peut pas être mauvais si Ismaelle l'a choisi, ça me paraît impossible. Une seconde l'idée qu'elle soit là m'effleure l'esprit, peut-être que j'aurai aimé, que ça m'aurait rassurée ou mise plus à l'aise je ne sais pas trop. Quoi qu'il en soit, nous y voilà, ma main reste accrochée à celle de Mateo et je sais qu'il n'a pas l'intention de lâcher la mienne de toute façon. L'infirmier se lève, quitte son bureau et s'avance vers nous, un air très sérieux … professionnel sur le visage. Pas d'émotion particulière.

« Est-ce que tout va bien ? Vous êtes un peu pâles tous les deux. »

Nouvelle accélération du myocarde, cette fois c'est impossible de faire marche arrière. Je tourne vaguement la tête vers Mateo et sa main quitte la mienne pour venir caresser mon dos. Les deux miennes se joignent, nerveuse, alors que je regarde le sol une seconde.

« Je … On …Hum. »

Hésitante, affolée, un bras enroulé autour de la poitrine mais le poing serré.
Ça suffit maintenant, il faut y aller.

« Est-ce que c’est possible de faire un test de grossesse ? »

Moi je m’effondre, je pense que Mateo doit être tout aussi percuté que moi par ces mots qui signe la réalité de l’instant, une possibilité mise au grand jour, mais Helland, lui, ne cille pas une seconde et reste impassible. Un instant je me pose une question : Est-ce qu’il a l’habitude de ce genre de visite ? Dans un endroit comme ça, avec autant de personnes, autant de jeunes personnes … ça n’aurait finalement rien d’étonnant.

« Venez. »

Je cherche Mateo du regard, mes doigts s’enroulent à nouveau autour des siens parce que je ne veux pas le lâcher une seule seconde. Pourtant je le sens bien, je m’apaise un peu. Je crois que ça vient du calme de cet endroit et surtout de celui de l’infirmier. Ensemble on le suit donc jusqu’à un coin un peu plus reculé où il m’indique de m’assoir sur une table d’auscultation.

« Installe-toi ici. »

J’obéis sans dire un mot, les mains tremblantes et le cœur qui bat toujours à 100 à l’heure malgré tout.

« Tu as des symptômes qui pourrait laisser penser à une grossesse ? »

A chaque fois que ce mot est prononcé j’ai l’impression que je vais rendre mon diner de la veille mais je ne me démonte pas.

« Je vous avoue que j’ai paniqué un peu. On se protège, toujours, et puis je prends la pilule et ne l’oublie jamais. C’est vraiment pas une chose avec laquelle on plaisante tous les deux mais j’ai réalisé uniquement ce matin que ça fait presque deux mois que je n’ai pas eu mes règles. Je devrais les avoir là, depuis quelques jours. J’avais l’esprit un peu préoccupé ces dernières semaines alors je n’ai pas vraiment fait attention. »

Préoccupé par les soucis de Charleen mais aujourd’hui ça va mieux, nettement mieux. Le chemin ne va pas se faire un claquement de doigts mais je suis là et le resterait à chaque étape.

« J’ai énormément de sauts d’humeur même si c’est … Enfin ça c’est habituel on va dire. »

Vague sourire, tentative d'humour. Encore. Ça me gêne un peu de parler de tout ça à un « inconnu » mais il est là pour ça, c’est son métier, et j’imagine que rien ne le choque, qu’il en a vu d’autres. Je sais aussi que si la situation n’a rien de confortable pour moi elle ne l’est pas plus pour Mateo.

« Très bien. Je vais te faire une prise de sang, d’accord ? »
« D’accord. Merci. »

Il s’éloigne quelques secondes, une minute peut-être le temps de préparer ce dont il a besoin et quand il revient, me fait signe de m’allonger sur la table. J’obtempère mais ma main ne lâche pas celle de Mateo. Il pique, je ferme les yeux pendant qu'il fait ce qu'il doit faire mais les rouvre et les rive bientôt sur le plafond.

« On aura le résultat d’ici cinq petites minutes. »

Juste un signe de tête, il s’éloigne à nouveau et je craque, les larmes reviennent.
L’angoisse explose.

« J’veux pas te perdre. »

Et je n’arrive même pas à le regarder.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1008
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 12 Avr 2017 - 2:33

- Je préfère que tu sois là, si ça te va.

Non ça n’me va pas. Pas dans le sens où j’ai pas envie d’être avec elle mais plutôt que j’ai pas envie d’exister, d’assister à tout ça parce que j’me sens foutrement pas capable de tenir le choc si jamais Helland ou je n’sais qui d’autre du corps médical débarque pour me dire que…
Merde. Fais chier.
J’paierais cher pour que Maxime vienne me coller une belle tarde dans la gueule, histoire de me réveiller un peu. De me pousser un prendre mes cojones et d’assumer mon rôle jusqu’au bout en serrant les dents.

- Ca m’va. T’en fais pas.

J’passe mon temps à lui répéter ça, t’en fais pas. J’espère qu’au moins j’ai la chance d’être crédible parce qu’à l’intérieur de moi, j’suis au bord de la crise de nerf. J’ai l’impression d’avoir un poids mort sur le thorax.
Je serre un peu plus sa main dans la mienne, pour lui donner du courage. Pour ME donner du courage.

- On aurait tous les deux préférés que Rina soit encore là, hum ?

Je me tourne légèrement vers elle, ne peut m’empêcher de lui sourire. C’est une tentative comme une autre d’essayer de relativiser la situation, de la vivre autrement.

- Non, maintenant qu’elle sait que je n’regarde plus que toi, elle risquerait d’en être vexée.

Connerie. Elle s’en fout comme de l’an quarante de mon existence. Pas dans le sens où elle m’ignore mais plutôt que si j’essayais quoi que ce soit avec cette nana, elle me renverrait dans mon pieds avec une bonne vieille claque espagnol dans la gueule.
Ceci dit, c’que j’lui dit n’est pas tout à fait faux. Qui aurait cru qu’un jour, Mateo Estéban Vargas, n’ai d’yeux que pour une seule et unique femme ?
Femme qu’il risque de perdre à chaque seconde d’angoisse et d’attente parce que ce grand connard ne sait absolument pas comment il réagira si on lui apprend l’excellente nouvelle d’un début de vie.
Jamais je n’aurai cru dire ça un jour … mais nos disputes pour des conneries me manquent, là tout de suite.

C’est la voix de Riley qui me ramène à la réalité.

Bonjour Monsieur Helland. »
« Bonjour jeunes gens.

J’en mène pas large, ça se voit tout de suite sur ma gueule mais aussi, mon silence.
En plus de ça faut qu’on tombe sur Helland. Pas que j’ai quelque chose après ce type mais avec toutes les conneries que j’ai fais – et que je fais encore -, autant dire que je n’lui parait pas forcément sympathique aux premiers abords. Il serait foutu de me faire un discours sur les moyens de contraceptions, de long en large et en travers.
Respire Mat’. Respire.

- Est-ce que tout va bien ? Vous êtes un peu pâles tous les deux.
- Je … On …Hum.
- Disons qu’on a connu mieux.

C’est sortie tout seul, sans que je n’y réfléchisse alors que ma main est déjà dans le dos de Riley, pour tenter de l’encourager.
Et pourquoi c’est pas toi qui le demande ce test grossesse, abruti ? Pourquoi c’est pas toi qui fait le pas pour elle, histoire de lui enlever au moins ça des épaules ? Un regard vers Riley et je comprends que je dois ouvrir ma gueule. Elle est là, affolée, stressée et tendue au possible, un bras autour d’elle. Et moi ? J’suis comme un connard à attendre qu’elle crache le morceau. Sauf qu’elle n’est pas toute seule dans la merde et que j’ai mes responsabilités aussi. Alors bouge toi, merde.

- Est-ce que c’est possible de faire un test de grossesse ?

Elle lâche la bombe avant même que je n’ai pu ouvrir les lèvres. Et ça me fout un uppercut au creux de l’estomac. Violent. Presque douloureux. Qui soulève ma nausée déjà présente mais que je n’avais pas vraiment remarqué avec tout ce stress.
Je maintiens Riley contre moi, l’attire au creux de mon bras.

- Venez.

C’est partie, donc ?
Je croise le regard de Riley et reprend sa main dans la mienne pour lui transmettre tout ce que je ne suis pas foutu de lui dire en cette seconde. Nous suivons Helland, silencieux et je regarde Riley s’installer sur la table d’auscultation. Un tas d’image me traverse l’esprit et d’un coup, j’me demande ce qu’il va lui faire comme examen pour vérifier ça…
Nom de dieu. J’vais vomir.

- Tu as des symptômes qui pourrait laisser penser à une grossesse ?
- Je vous avoue que j’ai paniqué un peu. On se protège, toujours, et puis je prends la pilule et ne l’oublie jamais. C’est vraiment pas une chose avec laquelle on plaisante tous les deux mais j’ai réalisé uniquement ce matin que ça fait presque deux mois que je n’ai pas eu mes règles. Je devrais les avoir là, depuis quelques jours. J’avais l’esprit un peu préoccupé ces dernières semaines alors je n’ai pas vraiment fait attention. J’ai énormément de sauts d’humeur même si c’est … Enfin ça c’est habituel on va dire

Encore une fois, je la laisse parler avec l’horrible impression d’être inutile, de ne servir à rien. D’être une plante du décors, pas foutu de se bouger ou de l’ouvrir.
Ici, la situation est différente, certes. Qui mieux que Riley pourrait répondre aux questions du toubib quant à ses symptômes ?
D’ailleurs, que sont-ils ? J’ai connaissance uniquement du retard mais pas du reste. Dingue comme les règles peuvent vous foutre dans le plus grand des mal, finalement.
J’écoute avec grande intention Riley qui mentionne un esprit préoccupé. Avec ce qu’il se passait avec Charleen, il ne serait peut-être finalement pas si étonnant que ça ce retard. Si ? Non ? Je n’sais plus vraiment comment organiser mes idées, ni dans quel ordre penser. C’est un joyeux bordel que je ne contrôle plus. Je me cantonne à lui tenir la main, passer une main dans son dos et à rester là, derrière elle. S’il y a une chose que je peux faire correctement c’est de veiller sur elle et de ne pas la lâcher.
Pourtant mes esprits reviennent inévitablement à cette fois où on aurait pu ne PAS faire attention mais ça ne me revient pas. On a toujours fait hyper gaffe, précisément pour éviter ce genre d’ennuie.
Alors quoi ?

Très bien. Je vais te faire une prise de sang, d’accord ? »
« D’accord. Merci.

Il revient avec une seringue et de quoi lui prélever du sang. Tout le long, je reste à côté d’elle, la regarde avec tendresse et douceur. J’ai le cœur qui bat bien trop vite mais n’y prête pas attention et préfère me concentrer sur une seule chose à la fois. Et le plus important pour l’instant, c’est Riley. Helland termine ce qu’il a commencé et mon regard finit par glisser sur le tube de sang.
J’vais vomir.

- On aura le résultat d’ici cinq petites minutes.

Il tourne les talons et les larmes reviennent brutalement. Je me tourne vers Riley et la vois qui explose en larme, craque littéralement comme si nous venions déjà de lui annoncer la nouvelle.

- Eh, calme toi amor…
- J’veux pas te perdre.

Ils sortent comme un boulet de canon. Je passe mon temps à jouer les coqs en pleine basse-cours, à faire le fier, celui que rien ne touche. Pourtant, en cette seconde, mon cœur termine la tête à l’envers, mon estomac se noue et ses mots sont d’une telle détresse qu’ils me touchent. Je ne lui exprimerais jamais mes émotions comme elles me viennent mais elles sont réelles. Puissantes et troublantes.
Je viens me positionner face à elle, me glisse entre ses jambes avant de saisir son visage entre mes mains, prenant sur moi pour ne pas craquer à mon tour. Depuis tout à l’heure j’érige un mur de glace pour ne pas m’effondrer et je ne le ferais pas. Soyez-en certains.

- Regarde moi. Je la force à le faire en redressant ses yeux vers moi. J’suis là, j’vais pas partir.

Ca, elle le sait.
Tout comme je sais qu’elle parle certainement de l’après. Qu’elle doit se poser milles et une question sur le comment je vais gérer la situation si le résultat s’avère positif. Je ne peux pas dire qu’elle n’a pas raison de faire ça, qu’elle peut tranquillement fermer les yeux et se dire que j’vais pas bouger. Pas avec l’instabilité que je suis. Pourtant, en cette seconde… J’me sens presque capable de tenir la longueur. Il me suffit de croiser ce regard baigner de larmes et complètement paniqué pour savoir que oui, avec un bon coup de pieds au cul et un peu d’effort, je saurais tenir la cadence, le rythme. Le changement. J’veux pas être responsable de ces mêmes larmes, de cette même douleur. J’le supporterais pas.

- Quoi qu’il arrive et quoi que tu fasses, je n’te lâcherais pas, d’accord ?

J’esquisse un faible sourire et finit par la prendre contre moi. Cette fois, franchement. Mes deux bras l’enroulent fermement et je la maintiens. Pour qu’elle puisse souffler, pleurer, se rassurer, ce qu’elle veut si ça peut lui faire du bien. Je pose mon menton contre sa tempe et passe une main tendre dans son dos.
Je glisse mes lèvres vers son oreille et murmure, doucement.

- Te quiero, amor.

Je poursuis avec des « tout ira bien », « je suis là », « c’est bientôt terminé », en espagnol. Pas sûr qu’elle comprenne tout mais je sais qu’elle aime lorsque je luis parle en espagnol parfois, comme si mes mots avaient le pouvoir d’atténuer ses angoisses, ses peurs.
Je la garde toujours dans la même position, ferme les yeux et lâche ensuite.

- J’suis pas le meilleur gars de la planète sur qui t’aurai pu tomber pour ce genre de situation, vraiment. Mais j’suis au moins sûr de moi quand je te dis que je t’aime et que je ne te laisserais pas tomber.

J’ai presque envie de dire qu’il m’en faut plus pour me faire fuir, mais c’est faux. C’est exactement le genre de chose qui me pousse à la fuite, à avoir l’air de rien. Mais ici, la situation est complètement différente et surtout, Riley EST complètement différente à mes yeux. Une exception que je n’ai clairement pas vu venir et qui me surprend encore aujourd’hui.

- T’aura le droit de m’envoyer des Atlas en pleine gueule si jamais j’fais de la merde. J’t’en achèterais tout un stock.

Au cas où j’devienne un véritable connard. Même pour une heure. Les émotions sont capables de me faire faire des choses étranges dont je n’en comprends pas moi-même le sens parfois.
Je passe une main sur sa joue où mon pouce tatoué essuie une de ses larmes sur sa joue.
Tout ira bien. Tout va bien.
Il ne peut en être autrement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 12 Avr 2017 - 20:38

J’explose, j’implose, surement sous la pression et l’angoisse provoquée parce qu’il se passe actuellement alors que tout va si vite mais cette peur, elle est bien réelle et je sais qu’elle n’est pas totalement infondé. Je le connais, je sais qui il est, je sais qu’en cet instant il puise dans des ressources insoupçonnées uniquement pour moi mais je sais aussi qu’il ne pourra pas aller au bout de lui-même. Pas comme ça, pas pour ça. Et je m’en voudrai toute ma vie de l’avoir mis dans cette situation. Oui, j’ai peur de le perdre, cette peur irradie partout dans mon être et me ronge complètement les sangs.
Mes jambes basculent à nouveau dans le vide, je ne m’en suis pas rendu compte, peut-être que j’ai eu l’intention de partir mais ça n’est pas ce qui se passe. Il est là, face à moi, son corps faisant barrage et ses mains de chaque côté de mon visage. Son regard capture le mien, j’essaie de fuir une seconde par réflexe.

« Regarde-moi. »

Sa voix est douce mais ferme, j’obtempère sans rechigner. Ça n’est pas la première fois qu’il voit mes larmes, loin de là. J’ai beau avoir un caractère de merde, il ne se manifeste pas une seconde en cet instant. Tout ce dont j'ai besoin, en réalité, ça n'est pas de fuir mais qu'il me rassure et c'est ce qu'il fait. Comme toujours. Peu importe ce que ça lui coûte et je sais que ça lui coûte. Il planque ses propres émotions pour apaiser les miennes mais je n'ai pas la force de culpabiliser. Je sais que je lui en demande beaucoup, oh ça oui je le sais.

« J’suis là, j’vais pas partir. »

Il y a comme une nouvelle explosion au sein de ma cage thoracique, puis quelque chose de diffus s'y propage, presque une douce chaleur malgré le raz de marée et la tempête qui continue de s'agiter en moi. Mes larmes sont autant de vagues qui s'écrasent contre la jeté de mes angoisses, pourtant il suffit que je me plonge dans son âme pour m'envoler loin de ce vacarme. Presque à en oublier ce qui nous a conduit ici tous les deux. Et pourtant, j'ai la mauvaise impression de l'enchainer … On enchaine pas un homme comme lui, c'est impossible et surtout le meilleur moyen de le faire fuir. Notre histoire est-elle en train de se jouer ? Je sais que lui comme moi faisons notre possible pour se dire que non, on tiendra le coup, mais comment le savoir ? Qui peut dire que tôt ou tard, peu importe ce qui se passera, ça ne nous détruira pas ?

« Quoi qu’il arrive et quoi que tu fasses, je n’te lâcherais pas, d’accord ? »

Lèvres tremblantes, je m'en mords l'inférieure, les yeux toujours embrumés par l'humidité qui se coince sous mes paupières. Et je hoche la tête, sans doute un peu par automatisme mais surtout pour acquiescer. J'ai envie de le croire, j'en ai besoin et je sais, je sans, qu'il est sincère mais même lui n'a aucune certitude et ça aussi, on le sait tous les deux. Ça n'est pas une question d'avoir confiance en l'autre ou pas, c'est une question de connaître l'autre, tout simplement, mais quand ses bras m'offrent un refuge j'y plonge à corps perdu et les larmes reviennent de plus belle. Je ne l'ai jamais serré si fort, je le sais, pas même cette fois où il m'a sorti d'une des pièces un peu trop farceuse de cette école. Je le serre si fort qu'on pourrait croire que j'essaie de me fondre en lui et quelque part, c'est sans doute un peu le cas. Les sanglots m'étranglent, l'épuisement me gagne, la migraine commence à faire son entrée bien tranquillement mais le monde n'existe plus maintenant que je suis dans ses bras. Je ferme les yeux et n'envisage pas de les rouvrir de si tôt.

« Te quiero, amor. »

Et l'univers s'efface tandis que ses mots et sa voix me bercent. Ce qui m'insupportai fut un temps est devenu aujourd'hui le meilleur moyen de me calmer, si la situation n'était pas aussi grave je pourrais sourire en y pensant. Je m'apaise, me tranquillise, sans jamais le lâcher d'un millimètre. La tête posée sur son épaule, un soupir m'échappe et mes yeux regardent dans le vide sous le poids de l'épuisement bien présent maintenant.  Je l'écoute me parler, même si je ne comprends pas tout j'en saisi le sens. Il me réconforte et me rassure

« J’suis pas le meilleur gars de la planète sur qui t’aurai pu tomber pour ce genre de situation, vraiment. Mais j’suis au moins sûr de moi quand je te dis que je t’aime et que je ne te laisserais pas tomber. »

Je ne suis pas en état de prendre la teneur de ces mots comme ils le méritent mais ils ont néanmoins un impact fort sur moi, d'autant que pas une seconde, encore une fois, je ne l'ai met en doute. Et puis cette fois ...

« T’aura le droit de m’envoyer des Atlas en pleine gueule si jamais j’fais de la merde. J’t’en achèterais tout un stock. »

… c'est le sourire qui revient. Je m'écarte un peu, renifle toutes les trois secondes, m'essuie les yeux de manière brouillon alors qu'il est bien plus efficace que moi avec son pouce, là, sur ma joue. Je me sens un peu stupide, je ne peux pas le nier, avec cette envie d'aller me planquer dans un coin, de faire comme quand j'étais petite et que j'avais peur parce qu'il faisait trop noir dans ma chambre malgré les lucioles un peu partout. Je prenais ma préférée, celle qui faisait le plus de lumière, et me cachait sous ma couette où je lui parlais jusqu'à m'endormir. Être mère alors que j'en suis encore à ce stade ? C'est impossible. Impensable.

« T’es bête. »

C'est comme s'il n'y avait plus une seule once de force en moi mais sans me départir de mon sourire, tandis que les larmes cessent de rouler sur mes joues, je le pousse légèrement.

« Mais je note, ceci dit. »

J'ai l'impression de reprendre un peu du poil de la bête, j'arrive même à rire brièvement, mais je sais que c'est reculer pour mieux sauter parce que Helland ne va pas tarder à revenir, avec notre destin entre les mains. En attendant j'attrape une de celle de Mateo et joins mes doigts aux siens, le regard perdu dans le vide entre nous deux, un peu sonnée je l'admets.

« J’men fous que tu sois pas le meilleur gars de la planète pour ça ou autre chose, c’est toi que je veux. »

Toi et personne d'autre. Je le savais déjà, je n'y réfléchissais pas vraiment à vrai dire, mais imaginer ma vie sans lui ? Ça me paraît impossible. Je ne dis pas que je me projette dans le futur, professionnellement si mais pour le reste, je suis très heureuse en vivant au jour le jour. Pour autant, même sans imaginer quoi que ce soit, je sais que si je n'imagine pas ma vie tout court, je ne l'imaginerai pas sans lui si c'était le cas. Je le sens, c'est là, au plus profond de mes tripes et de mon cœur. On est encore très jeunes, dans tous les sens du terme, mais ce que je ressens pour lui je ne l'ai jamais ressenti pour personne et je le sais, nos fondations sont solides. Du bétons armé, alors qu'on a rien fait pour, rien demandé.

« Te quiero tambien. »

Je ne réfléchis pas, les mots m’échappent dans un soupir d’épuisement et je ne me pose pas de questions. Non, je ne vais pas me mettre à parler Espagnol mais à force de le côtoyer, bien sûr que j’en apprends quelques rouages sans même m’en rendre compte. Là, c’est sorti tout seul. Anglais, Espagnol, la langue n’a pas d’importance, c’est ce qu’ils signifient, ces mots, qui comptent. Ils ne franchissent pas souvent la barrière de ses lèvres, ils ne franchissent pas non plus souvent les miennes, mais à quoi bon ? Je ressens son amour pour moi chaque jour que je passe à ses côtés. Je n’ai pas besoin de mot pour avoir la certitude de tout ça, bien au contraire. Et croyez-moi, parler cette langue avec mon accent écossais ça n'a rien de sexy. C'est de toute façon loin d'être le but.
Nouvelle accélération du myocarde et je replonge immédiatement dans mes angoisses. Monsieur Helland revient, toujours avec cet air impassible qui ne laisse donc rien transparaitre, pas le moindre indice, alors qu'il est en train de feuilleter ce que je devine être mon dossier médical. Ma main ne laisse aucune chance à celle de Mateo, j'ai beau avoir moins de force que lui je pense sincèrement lui faire sans doute un peu mal mais je ne peux pas faire autrement. L'infirmier relève la tête, croise nos regards et s'attarde finalement dans le mien. Le verdict va tomber, j'ai l'impression de vivre ma vie en accéléré alors que mon sang bat violemment dans mes tempes.

« En dehors d’un petit kilo en moins par rapport à ton dernier passage ici, une légère carence en fer, tu es en pleine forme Riley. »

En pleine forme, c'est à dire ? Les yeux grand écarquillés je ne le lâche pas du regard tout comme je ne lâche pas la main de Mateo, devinant l'état dans lequel il se trouve lui aussi. C'est pas le moment de faire du suspens, s'il vous plait. Dites le nous une bonne fois pour toutes, qu'on en finisse, qu'on soit fixé.

« Et le test est négatif. »

C'est instantané, mes épaules s'affaissent et j'en perds le souffle, à deux doigts de tomber dans les pommes sous le poids du soulagement que m'apportent ces quelques mots. Comme si j'avais peur de tomber, mes doigts s'agrippent au rebord de la table d'auscultation sur laquelle suis toujours assise, le buste légèrement penché en avant. J'ai l'impression que je vais vomir, la tête me tourne et si je me penche encore un peu plus, je tombe. Un sifflement s'empare de mes oreilles, mon cœur s'emballe, j'ai chaud, puis froid, je tremble. Toute la pression retombe d'un coup, aspirant avec elle tous les scenarii que j'ai pu avoir en tête, me laissant là, complètement assommée, vidée. Ça prend du temps mais mon premier réflexe est de chercher le regard de Mateo. Il reste impassible, autant qu'il le peut, mais je sais qu'intérieurement il doit être encore une fois dans le même état que moi. Je n'ose pas vraiment le toucher, établir le contact entre lui et moi, pour l'instant, alors je relève les yeux vers le Directeur des Serdaigle et lui adresse un léger sourire.

« Merci Monsieur. »

Le reste est un peu flou, j'ai pourtant bien écouté tout ce qu'il m'a dit, les conseils qu'il m'a donné, alimentation équilibrée, sommeil important, cure de magnésium, de fer, etc … Continuer à bien se protéger, aussi, biens sur. Et si besoin, Kingsley. Tout ce que je veux maintenant c'est sortir d'ici et m'écrouler, ne plus jamais y repenser. Et rassurer Kezabel a qui j'envoie immédiatement mon Patronus pour l'informer une fois qu'on passe la porte de l'infirmerie dans l'autre sens. L'instant d'après, alors qu'on est dans le couloir, je saute au cou de Mateo, enroule mes bras autour de sa nuque et mes jambes autour de ses hanches en m'accrochant a lui comme si ma survie en dépendait.

« J’suis vraiment, vraiment pas prête à te partager. Ni à changer des couches ou annoncer à nos parents qu'ils vont devoir nous partager avec une nouvelle génération. »

Et je craque, à nouveau, mais cette fois les rires se mêlent aux larmes et dans ma frénésie nouvelle je commence à l'embrasser, une nouvelle étincelle dans le creux du ventre. Celle du désir … aussi incongru que cela puisse paraître. Un désir brulant, bouillant, quelque chose qui s'empare de chacune de mes veines alors que mes gestes à son égard se font de plus en plus appuyés.

« Je veux te garder pour moi seule. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1008
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Jeu 27 Avr 2017 - 20:15

J’sais pas comment gérer toute la situation mais j’fais ce que je peux, avec ce que j’ai entre les mains. C’est-à-dire, pas beaucoup de courage et une désorientation totale. Je lutte contre mille démons pour ne pas avoir à imaginer une situation où Helland débarque pour nous dire « Désolé les gars… c’est positif ». J’me refuse de visualiser cette possibilité, j’en suis tout simplement pas capable.
A la place, j’me contente de lui sortir une connerie histoire de détendre l’atmosphère, de nous détendre tous les deux en fait. L’effet est là, ce n’est qu’un sourire et une petite bousculade mais ça me va pour le moment.

- T’es bête. Mais je note, ceci dit.

Je me contente de sourire à mon tour, comme si j’étais soudainement vidé de toute énergie vitale. Je paierais cher pour pouvoir fumer un joint dans le parc, sans me soucier de rien.
Sa main dans la mienne me ramène à la réalité et je la serre, mes doigts entre les siens. Cette merde, on la vie à deux alors je n’la lâcherais pas.

- J’men fous que tu sois pas le meilleur gars de la planète pour ça ou autre chose, c’est toi que je veux.

Parfois j’me demande ce que j’ai vraiment de bien pour que Riley puisse réussir à me vouloir à ses côtés. J’ai rien pour moi si ce n’est cette gueule de branleur. J’ai un passé chaotique, un avenir plus qu’incertain, flou, des notes à chier même si ces derniers temps j’ai quand même pas mal remonté la pente… et j’ai surtout été le pire des connards que la planète puisse porter durant des années.
Pourtant, faut croire qu’elle arrive à voir ce qu’il y a de meilleur en moi et que quand elle me regarde, j’ai plus cette impression d’être un pourri, d’être une ordure. Mais quelqu’un d’autre qui peut peut-être réussir à faire quelque chose de bien. De positif. C’est certainement ce qui me donne la force de caractère pour ne pas fuir, pour ne pas faire preuve de lâcheté en cet instant. Ca et tout c’que je peux ressentir pour cette femme face à moi.

- Te quiero tambien.

Je m’approche d’elle et dépose un baiser sur son front, sentant une chaleur réconfortante au creux du bide. Ses mots me font du bien, c’est pas tellement un truc qu’on se dit tous les jours et c’est peut-être ce que j’aime finalement. Qu’il soit rare mais fort.
Mais tout redescend brutalement, comme une pierre au fond de mon estomac alors que j’entends Helland arriver derrière nous. J’ai la gerbe qui revient puissance dix, une boule dans la gorge et un stress brûlant qui me tambourine aux tempes. Je me tourne vers lui, restant toujours prêt de Riley et.. cet enfoiré n’affiche rien. Pas une expression.
Accouche-là ta nouvelle avant que je ne pète une durite, par contre.
Il feuillette son dossier médicale et chaque page me colle une claque et une pression supplémentaire. J’suis tellement à bout de nerfs que je n’sens même pas la douleur que Riley me provoque en me broyant la main comme elle le fait. Il nous regarde enfin.

- Alors ?
- En dehors d’un petit kilo en moins par rapport à ton dernier passage ici, une légère carence en fer, tu es en pleine forme Riley.

Abrège putain de bordel de merde.
Oui, j’suis contente d’apprendre qu’elle est en pleine forme c’est pas le problème mais s’il nous laisse un suspens à la con de deux secondes de plus, j’vais lui sauter à la gorge.

-  Et le test est négatif.
- Madré de Dios.

Je lâche un profond soupire alors que je me passe une main sur le visage, faisant quelques pas sur le côté sans vraiment m’éloigner de Riley qui semble elle aussi vidée d’un poids trop lourd pour nous deux. J’ai la tête qui me tourne, le cœur qui tambourine violemment contre les côtes et un putain de soulagement comme j’ai jamais ressenti de ma vie. Le genre de truc qui agit comme une drogue qui se propage dans les veines, les muscles, le cerveau et vous donne l’envie de sourire de bonheur comme un con.
Négatif.
Pas enceinte.
Pas d’enfant.
La vie devant soi.

Pourtant, rien ne transparait sur mon visage si ce n’est que cette main que j’ai passé, comme pour effacer toute mon inquiétude mais j’ai encore du mal à atterrir, à me rendre compte VRAIMENT que tout ça s’est finit, que nous n’avons plus d’inquiétude à nous faire.
Parce que quelque part réside au fond de moi la peur, me faisant comprendre pour de bon que je n’ai pas intérêt à jouer aux cons. Me faisant prendre conscience que ni elle, ni moi ne sommes prêt à ce genre d’évènement dans notre vie. Je vie un véritable combat d’émotions. Quelque chose gonfle dans ma poitrine, une prise de conscience de tout ce que nous avons à vivre elle et moi, ensemble, avant de passer un cap pareil. Si nous n’étions pas enfermés entre ses murs, je l’aurai embarqué dans la seconde à l’autre bout du monde pour nous isoler, vivre, profiter, rire, s’aimer, faire des trucs qu’on aurait jamais pensé faire.
Ouais, c’est ça. Vivre.
Mon regard croise le sien et j’acquiesce seulement, complètement atone et choqué par la puissance de cette bonne nouvelle.

- Merci Monsieur.

J’entends mais n’écoute pas vraiment.
Tout ce que je veux c’est me tirer d’ici, en vitesse. Partir loin de l’horreur que tout ça aurait pu être. Je laisse Riley gérer tout ce que Helland lui prescrit en traitement pour sa carence, l’entend nous dire continuer à bien se protéger – chose que je ne suis pas prêt d’oublier – et lui conseiller aussi d’aller voir Kingsley. J’suis même pas certain qu’il me le propose mais je n’en ai pas besoin. Plus maintenant que le soulagement est là.
Et enfin, nous sortons de l’infirmerie où je sens mes épaules se délester d’un poids supplémentaire. Riley lance un patronus adressé à Kezabel et je pense que j’vais pas tarder à faire de même pour Maxime, je crois que l’un comme l’autre on a besoin de vider notre sac et notre angoisse auprès de nos meilleurs potes respectifs.
Mais pas maintenant. Un pied dans le couloir et Riley est là, dans mes bras. Je la porte sans aucune difficulté alors que ses jambes s’enroulent autour de moi, ses bras autour de mon cou et un large sourire s’affiche sur mes lèvres. Enfin. Parce que ce qui gonflait en moi tout à l’heure, cette envie furieuse et brûlante de vivre, ressurgit soudainement. Je la serre contre moi sans aucune attention de la lâcher.

- J’suis vraiment, vraiment pas prête à te partager. Ni à changer des couches ou annoncer à nos parents qu'ils vont devoir nous partager avec une nouvelle génération.

Elle éclate de rire, pleure aussi et j’enchaine.  

-  Hors de question que j’te partage. Encore moins avec des petits gremlins avec ton caractère et le mien.

Jamais. Ou pas maintenant. J’en sais rien, c’est pas un truc à laquelle je pense et à laquelle je ne veux plus penser maintenant. Je veux juste me concentrer sur une chose : Elle. Personne d’autre, rien d’autre. Juste nous, ça me suffit amplement.
Mes idées sont raccourcis par ses lèvres qui ne font que grossir cette vague au creux du ventre. Un premier baiser, un deuxième plus intense et le feu se déclare brutalement. Cette vie qui me consumait tout à l’heure se mue en un amour profond, brûlant, viscérale alors que je la plaque au mur derrière elle, Riley toujours accroché à moi.

- Je veux te garder pour moi seule.

Je la regarde droit dans les yeux, un regard brûlant, intense, qui lui répond bien plus que mes mots. Mes lèvres capturent les siennes alors que je resserre mon étreinte autour d’elle. Mon corps entier la réclame, mon cœur la quémande et je cherche une porte à proximité. Rien à foutre de où on va, de où on est, en réalité, je la veux juste. Au plus profond et passionnément possible. J’ouvre, claque la porte derrière moi alors que mes lèvres la dévorent, nos baisers nous asphyxiant l’un et l’autre. Je la dépose brutalement contre une table, menaçant de nous faire tomber tous les deux mais je ne peux absolument rien retenir.
Je pensais sincèrement qu’après la peur que l’on vient de se coller, que j’allais refuser quelques heures, peut-être même quelques jours, tout acte charnel. Pas par manque d’envie, pas par absence de désir, mais peut-être par « traumatisme ». Pourtant, là en cette seconde, je désire Riley comme je ne l’ai jamais désiré auparavant. Je repense à tout ce besoin de vivre, à toutes ces choses que j’ai eu brutalement envie de faire après avoir pris conscience que nous avons frôlé de peu la catastrophe.


Souffle court, j’ai toutes les peines du monde à retrouver mes idées, le court du temps, de l’espace, d’une vie. Tout ce dont j’ai conscience c’est du corps brûlant de Riley contre le mien, tout aussi bouillant. Mon cœur menace d’exploser et je reste de longues secondes comme ça, sans bouger. Mon visage au creux de son cou, toujours serrer contre elle.
Mes lèvres embrassent sa peau, sa mâchoire puis de nouveau ses lèvres dont je m’empare tendrement, prenant mon temps. Tout mon temps. Je n’articule aucun mots, ne voulant pas briser ce qui vient de nous consumer au point de m’étourdir complètement, de me donner l’impression de décoller du sol.
Nous reprenons nos esprits, en douceur, avant que je ne finisse par murmurer encore essoufflé.

- Tu crois que Kezabel va en avoir pour combien de semaines de cauchemars si elle nous trouve comme ça ?

Un sourire et je l’embrasse de nouveau, passant ma main dans ses cheveux avant de lâcher.

- J’veux qu’on se tire cet été, rien que tous les deux. A l’autre bout du monde, faire des trucs qu’on a jamais fait, qu’on s’éloigne de tout ça, coupé de tout.

Besoin de souffler, d'oublier et de m'éloigner de ce qui nous a frôlé un peu plus tôt.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 3 Mai 2017 - 19:34

Des petits gremlins avec mon caractère et le sien … L’espace d’une seconde, mais vraiment d’une seconde et pas plus, je me surprends à imaginer ce que ça pourrait donner. Je ne donne pas cher de la peau de la ou du babysitter … Ça pourrait me faire sourire si je n’étais pas dans cet état de nerfs avancé, des nerfs qui lâchent complètement en réalité et la moindre des pensées que je pourrais encore à voir dans mon esprit disparait en un éclair alors que son désir percute le mien de plein fouet.



La douceur nous enveloppe, je me sens étourdis mais bien, sereine, comme libérée d'un poids. Je voudrai que cet instant ne se termine jamais.

« Tu crois que Kezabel va en avoir pour combien de semaines de cauchemars si elle nous trouve comme ça ? »

Juste un sourire alors que mes doigts glissent sur sa peau encore brûlante et humide, tout comme la mienne. Je n'arrive pas à retrouver mes esprits, je n'essaie même pas en réalité alors ça me prend un peu de temps pour réellement revenir sur terre.

« Je dirai a peu près 52. »

Nouveau baiser. Mes doigts effleurent son visage cette fois et vont se perdre dans ses cheveux devenus bien trop longs. Il me plait comme ça, ça n'a pas la moindre importance. Je m'imprègne de chaque trait de ce visage qu'il m'arrive parfois de regarder quand il dort. Il a l'air tellement moins dur quand il dort mais là c'est encore autre chose. Il ne m'inspire que de la douceur.

« J’veux qu’on se tire cet été, rien que tous les deux. A l’autre bout du monde, faire des trucs qu’on a jamais fait, qu’on s’éloigne de tout ça, coupé de tout. »

Je l'observe, ne dis rien, d'un calme olympien qui me berce au fur et à mesure que les secondes s'écoulent. Puis le froid, un peu, alors je cherche à me blottir contre lui, réclamant sa chaleur et sa tendresse, pour y trouver un sentiment de sécurité que je trouve chaque fois que j'en ai besoin. Mon visage va se nicher dans son cou, je le respire et embrasse sa peau tendrement.

« On pourra aller faire du cheval dans la Pampa ? »

Je ne sais pas pourquoi, ça vient de me traverser l'esprit.

« Je te ferai découvrir Glasgow, et l'Écosse. Il y a des endroits tellement beaux. Les Highlands par exemple, c’est … Merveilleux, magique ... Et très brumeux. »

Je souris, toujours nichée dans ses bras, contre sa peau.

« T’en fais pas Gaucho, je te tiendrais chaud. »

Pas un seul instant je ne cesse de caresser sa peau.

« Je crois que j’aimerai bien voir à quoi ressemble le Texas aussi. »

Silence.
Nouveau sourire caché.

« Si tu veux tout savoir, je suis déjà en train de m’imaginer habillée comme une Cow-Girl, un chapeau sur la tête, dansant comme une folle sur de la Country dans un bar. Oui je sais, pas besoin d’aller au Texas pour ça et c’est un poil cliché mais bon. »

Je ris, il rit aussi, puis on continue d'imaginer ce qu'on pourra faire, ce qu'on a envie de faire, parce que moi aussi je rêve qu'on s'en aille tous les deux, loin, coupés du monde. Saut à l'élastique ? Pourquoi pas. Saut en parachute !

#

On est resté enfermés un moment dans cette pièce, l'un contre l'autre, à faire des plans sur la comète, à rire, juste à être ensemble, rien que tous les deux, laissant tout le reste de côté. Le temps s'est écoulé à la fois lentement et trop vite, la matinée était déjà bien avancée quand on s'est décidé à sortir et la réalité est revenue toquer à notre porte. On a marché main dans la main sans réellement se demander où on allait, il a fallu aller en cours néanmoins – en ce qui me concerne en tout cas même si c'était rappé pour les deux premières heures. Histoire de la Magie. J'ai été particulièrement attentive alors qu'on aurait pu penser le contraire mais toujours un peu … ailleurs, comme sur un petit nuage de douceur où rien ni personne ne pourrait m'atteindre. Et puis le midi. Et puis Kezabel. Dès que je l'ai vu, j'ai filé droit dans ses bras et je l'ai serré fort contre moi sans aucune intention de la lâcher aussitôt. Là, un long et profond soupir m'a échappé, un soupir de bien être. Parce que je suis dans les bras de mon âme sœur après avoir passé un moment précieux dans ceux de l'homme que j'aime.

« Je sais que tu aurais fait une super Tata mais j’suis vraiment pas prête à te faire un neveu ou une nièce. »

Le visage enfouie contre son cou, je sens le sommeil m'envahir petit à petit. Je sais parfaitement que je pourrais m'endormir dans ses bras, comme ça, en un claquement de doigts. Parce qu'ils sont l'un des « endroits » où je me sens la plus en sécurité, la plus apaisée.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 1008
Date d'inscription : 20/02/2014
Crédits : AILAHOZ
Double Compte : Kezabel, Charleen, William, Ora, Dimitri, James, Leiv & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2616-mateo-e-vargas-o-forget-your-r
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mar 16 Mai 2017 - 19:24

Je la maintiens contre moi, respirant sa peau, l’effleurant de temps en temps de mes lèvres tout en profitant de cette pause dans le temps, du monde. Nous sommes passé tout près de la catastrophe et j’ai encore du mal à revenir à cette réalité où nous avons failli apprendre que nous allions être parents. Je ne sais pas ce que j’aurai fait si Helland était revenu avec ce test positif. J’aurai certainement chialer de frustration, de colère ou je n’sais pas quoi d’autre. J’inspire un grand coup, soulagé que nous ayons encore tout ce temps devant nous, tout ce temps pour profiter de nous et essentiellement de nous. Et c’est bien pour ça qu’éclot en moi le furieux besoin de me tirer loin d’ici. Je n’aspire qu’à ça : mettre les voiles. Loin de cette école de merde aux dangers constants. C’est pas une question de peur mais un besoin vital de vivre, d’emmener Riley loin d’ici pour aller voir des trucs qu’on a jamais vu, d’aller ouvrir une boutique de tatouage avec Maxime comme on en a déjà parlé, d’aller fumer des joints avec les copains à Los Angeles et de se faire une putain de fête autour d’un feu en Australie chez Ryans.
Alors dites moi ce qu’on fait encore ici putain.

- On pourra aller faire du cheval dans la Pampa ?
- Y a moyen, oui.

Je souris. Tout ce qu’elle veut temps qu’on se tire d’ici.
C’est ma mère qui m’a appris à monter à cheval, je n’suis pas un pro mais j’ai les bases. Je me souviens des nombreuses heures que nous passions avec Camélia, à faire de longues balades pour aller piquer-niquer dans des endroits que nous n’avions jamais trouvés avant. Le Texas est vaste tout comme l’Argentine, je ne compte plus les fois où nous sommes parties en vadrouille pour trouver des spots qui sont devenus pour moi des lieux de détentes, de refuge.
Je crois que l’une des premières choses que je ferais lorsque nous sortirons d’ici, c’est de passer deux jours là-bas, seul. Je ne dis pas que je n’ai pas fait le deuil de ma sœur depuis le temps mais j’admets que certains jours sont compliqués, difficiles. Encore aujourd’hui, elle me manque viscéralement et parfois, j’ai du mal à accepter l’idée que non, elle ne reviendra pas.

Je chasse ces mauvaises idées, c’est pas tellement le moment de chialer sur son sort, pas quand j’ai la femme que j’aime entre les bras, contre moi. S’il y a bien une personne dans ce château qui apaise mes plaies, c’est elle.

- Je te ferai découvrir Glasgow, et l'Écosse. Il y a des endroits tellement beaux. Les Highlands par exemple, c’est … Merveilleux, magique ... Et très brumeux.
- J’vais attraper la mort là-bas, non ?
- T’en fais pas Gaucho, je te tiendrais chaud.

Ses doigts continuent leur exploration sur ma peau qui frissonne de temps à autre à ce contact. Je ne me serais jamais imaginé autant apprécier le contact d’une seule et unique femme, honnêtement. Quand je me revois quelques années en arrière, volage, amoureux de toute la gente féminine, à aucun moment je n’aurai cru que je puisse éprouver toutes ces choses pour une seule personne.
J’embrasse légèrement ses lèvres dans un sourire. Aucun doute qu’elle me tiendra chaud. Le sexe n’est pas la seule chose qui maintient notre couple mais faut être honnête, elle comme moi sommes presque insatiables. Et ça me va comme ça.

- Je crois que j’aimerai bien voir à quoi ressemble le Texas aussi.
- Ca aussi, ça peut se faire.
- Si tu veux tout savoir, je suis déjà en train de m’imaginer habillée comme une Cow-Girl, un chapeau sur la tête, dansant comme une folle sur de la Country dans un bar. Oui je sais, pas besoin d’aller au Texas pour ça et c’est un poil cliché mais bon.

J’éclate de rire, parfaitement conscient que dans l’imaginaire collectif nous ne sommes que des bouseux, rednek, amoureux du rodéo et du country, se prenant pour les Cow-boy du 21ème siècle. Et si quelque part, ils n’ont pas tout à fait tort – les clichés ne sortent pas de nulle part – ça n’est pas le cas de tous. J’ai jamais aimé la country, encore moins les Cow-boy mais si ça peut lui faire plaisir… je ferais un effort.

- J’ai hâte de te voir chevaucher une machine de simulation du Rodéo tiens. On va voir si tu y es aussi habile que sur un balai.

De nouveau, un rire. De nouveau, je l’embrasse. Encore, tendrement, plus farouchement, le cœur apaisé. Rien à voir à tout à l’heure où j’ai bien cru crever sous la pression, sous l’angoisse. On imagine nos prochaines vacances, listant tout ce que l’on aimerait faire ensemble, visiter ou exécuter. Je n’sais même pas combien de temps on reste comme ça, à parler, à se toucher, se sentir. J’ai l’impression que ça faisait une éternité que nous ne nous étions pas retrouvé comme ça, dans cette bulle d’intimité particulière.
Rien à foutre des cours, des autres, du monde. Tout ce qui comptait se passait dans cette salle, entre nous. Jusqu’à ce qu’on ait l’obligation de retrouver le monde des vivants que je ne suis pas particulièrement heureux de retrouver. Certainement un effet secondaire de ce que nous avons vécu quelques heures plus tôt.
Je finis par quitter Riley après avoir marché dans les couloirs, sa main dans la mienne, la laissant filer derrière un baiser que je lui donne, chaud et tendre.

C’est vrai que c’est pas tellement le moment de louper les cours… mais j’ai pas envie. Je chope Maxime dans un couloir avant qu’elle ne se dirige en histoire de la magie.

- On sèche ? J’ai un truc à t’raconter.
- Ouais.

Pas plus d’une demi-seconde pour réagir, pour accepter malgré les jérémiades de Macy qui lui rappelle que les examens approchent et que si ça continue, elle va redoubler.
Mais Maxime s’en fout, parce qu’elle sent que j’lui ai pas dit ça pour trouver une excuse, pour plaisanter. Et s’il y a bien une personne à qui j’ai besoin d’en parler, là, maintenant, c’est elle. On se dirige vers les allées qui bordent le château alors que je nous prépare un joint, tranquillement. Je sais pas comment lui présenter ça mais je décide d’aller droit au but.

- J’reviens de l’infirmerie, Riley a dû faire un test de grossesse.

UNE seconde. Juste UNE. Et la gifle décolle directe, droit dans ma gueule.

- PUTAIN MAIS T’ES MALADE ! Elle est même pas enceinte !
- C’était en prévision de la suite. Au cas où.

Je me frotte la joue, yeux ronds.
Une putain d’emmerdeuse celle-là.
On n’pourra pas dire que j’me souviendrais pas de cette journée et que je ne vérifierais pas à cinq fois si j’suis bien protégé ou pas les prochaines fois.

- FIN POUR MATEO -
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2258
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mar 16 Mai 2017 - 20:08

Ca n’est pas rare qu’entre potes on se fasse des blagues parfois un peu stupides. Si l’une d’entre nous à une furieuse envie de quelque chose, des changements d’humeurs brutaux ou la nausée, ça nous arrive régulièrement de balancer bêtement et innocemment « Bah alors, t’es enceinte ? »
Et on en rit. Riley et moi en rions toujours parce qu’on sait que de 1 ) Ma meilleure amie est ultra vigilante et de 2) que je n’ai aucun risque de mon côté, mes relations sexuelles se cantonnant uniquement à Emily.
Donc, nous sommes théoriquement safe.
Théoriquement.

Mais quand Riley m’a exposée tous ces symptômes, paniquée. Je lui pose un tas de question, les unes après les autres histoires d’être au clair, de se lester d’une fausse alerte, d’une fausse angoisse… mais plus nous discutons, plus les choses semblent prendre des proportions alarmantes. Même moi qui ne suis pas concerné, j’ai la boule au ventre de voir ma meilleure amie dans un état de panique comme celui-là.
Plus aucune envie de rire sur le sujet ou même de faire la maline, seulement d’effacer cette angoisse de son visage, lui promettre que tout va bien se passer mais même ça je ne peux pas tant que ça n’est pas vérifié. On retourne la situation dans tous les sens, cherchant la faille, cherchant une explication crédible et concrète pour contrer l’idée qui surgit petit à petit comme une évidence.
Riley, enceinte ? Impossible. Il suffit de la regarder pour savoir que ça serait un désastre, une catastrophe pour elle. Et puis… nous sommes jeunes. Elle est jeune. C’est une femme qui a besoin de vivre, d’accomplir et de voir des choses avant d’envisager l’éventualité d’une maternité…

- Girls ! Je viens squatter avant les cours, faut que j’vous raconte un truc !

Mais à peine les fesses de Lucy posées sur le banc, Riley mets les voiles en s’excusant maladroitement qu’elle doit y aller.

- Riley, attends.
- Je… j’ai besoin de sortir, prendre l’air.

J’ai envie de la suivre, vraiment. Discrètement s’il le faut, mais de la voir détaler comme ça, les larmes aux yeux, la panique au bord des lèvres ? Non, je ne peux pas la laisser seule. Ca me fend le cœur, me retourne les tripes alors que je me rassoie, malgré moi, malgré l’envie furieuse de partir à mon tour pour la rejoindre.
Pourtant, je reste à ma place. Riley n’est pas du genre à refuser ma présence et si cette fois elle manifeste le besoin d’être seule pour un moment, je n’ai pas le droit de lui imposer l’inverse.

- Elle avait l’air mal, y a quelque chose qui va pas ?
- Non non, juste une broutille avec Mateo. Tu sais, les disputes tout ça.
- Aaaaah ! En même temps ils sont assez sanguins tous les deux.
- Ouais.

J’esquisse un sourire le plus naturel possible avant de reprendre mon petit-déjeuner que je n’ai même plus envie de toucher, inquiète.
Et le temps peut paraitre horriblement long lorsque nous sommes dans l’attente urgente de nouvelles. Surtout venant d’une personne qui compte autant pour moi que Riley. J’ai l’impression que les minutes défilent au ralenti, qu’elles s’éternisent sans que l’aiguille n’avance réellement sur l’horloge magique du château…
J’hésite même à partir à sa recherche mais me retiens. Si elle a besoin de moi, elle me le fera savoir. C’est ce que j’essaie de me foutre dans le crâne jusqu’à ce qu’un aura argenté vienne à moi. Et je le reconnais tout de suite.
Je m’approche rapidement, bousculant certaines personnes au passage, jusqu’à la biche qui se tient devant moi… Porteuse de bonnes ou de mauvaises nouvelles.

« Fausse alerte ».
Juste ça. Fausse alerte.
Et je lâche un profond soupir de soulagement, teinté d’un cri étouffé de victoire. Je sais, c’est horrible, vraiment. Surtout lorsque l’on sait que l’on parle d’une forme de vie… mais vu les circonstances, il y a de quoi être soulagé. Et ce n’est qu’à midi que je la retrouve enfin.
Je perçois Riley au loin, la cherche presque et c’est elle qui me trouve la première pour se ruer sur moi, droit dans mes bras que je lui ouvre aussitôt, l’emprisonnant dans une étreinte rassurante. Je la garde dans mes bras, fermement, y mettant tout mon amour pour elle, tout mon propre soulagement alors que je la sens évacuer le sien dans le creux de mon cou.

- Je sais que tu aurais fait une super Tata mais j’suis vraiment pas prête à te faire un neveu ou une nièce.

Je lâche un rire amusé malgré la situation en la serrant un peu plus contre moi, ma joue contre sa tempe.

- T’en fais pas, j’ai tout mon temps, même si tu pourras toujours compter sur moi pour t’aider, tu peux encore attendre dix ans si tu veux.

J’ai le sourire jusqu’aux oreille de soulagement pour elle, la gardant encore contre moi avec un besoin soudain de la protéger du monde, des autres, de cette angoisse qui lui a enlever toute joie de vivre en un claquement de doigts quelques heures plus tôt. Ce qui la touche, me touche. C’est comme ça, nous sommes comme liées, connectées, même si ça peut paraitre bizarre mais nous sommes tellement fusionnelles que je n’imagine pas une seule seconde ma vie sans elle, sans sa présence.

- Je suis tellement soulagée pour toi. Je lui embrasse la tête avant d’ajouter d’une voix douce, réconfortante. Allez, ça va aller maintenant.

Si la nouvelle aurait été tout autre, elle peut avoir la certitude qu’en dehors de ses parents et de Charleen, elle aurait eu en main le meilleur soutient possible. Jamais je ne la lâcherais, que ça soit pour enterrer un corps ou pour changer des couches culottes six fois par jours, je serais là. Et je le lui fais sentir par cet étreinte avant de me reculer, de lui embrasser le front et de lui offrir un sourire.

- Promet moi qu’on aura pas d’enfants avant AU MOINS le mariage !

J’essaie de détendre un peu l’atmosphère, glissant mes mains jusqu’aux siennes pour les prendre entre mes doigts, retrouvant cette un peu plus mon sérieux.

- Tu as pu en parler avec Mateo ?

Elle n’est pas obligée d’en parler et elle le sait mais je ne peux pas ne pas lui poser question.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 17 Mai 2017 - 19:41

« T’en fais pas, j’ai tout mon temps, même si tu pourras toujours compter sur moi pour t’aider, tu peux encore attendre dix ans si tu veux. »

Dix ans … Oui c'est bien dix ans, c'est très bien même. D'ici là si ça se trouve la science aura fait un bon incroyable en avant et les hommes pourront porter les bébés. Pourquoi est ce que je pense à ça ? J'en sais rien, ne me demandez pas d'être cohérente s'il vous plait. J'ai eu le temps de retomber en pression ces dernières heures mais le fait d'en parler à nouveau remue mes émotions et quelques angoissent remontent. Enceinte … Qu'est ce qu'on aurait fait si ça avait été le cas ? Je suis incapable de le dire et je crois qu'il ne faut de toute façon pas chercher à le savoir. De toute façon j'oublie tout ou presque là dans ses bras, je me relâche complètement et tous nos rêves, nos envies communes, m'explosent dans la poitrine. Hors de question de faire des enfants maintenant ! On a encore trop de choses à vivre. Je ne dis pas que ta vie s'arrête quand tu as une progéniture mais il faut l'avouer, ça doit devenir clairement moins pratique de vivre en tant qu'individu à part entière. Et puis merde ! On est trop jeunes. Je sais que mes parents m'ont eu très tôt mais … Là c'est vraiment trop tôt.

« Je suis tellement soulagée pour toi. »

Je reste le visage caché contre son cou mais un sourire étire mes lèvres. Son soulagement, je peux le sentir, tout comme je sens son emprise autour de moi, cette étreinte plus que familière dont je ne me lasse jamais. Cette fille … Je n'aurai jamais pensé qu'il était possible de construire une telle relation.

« Allez, ça va aller maintenant. »

Oui, ça va aller. C'était une fausse alerte et il n'y en aura plus jusqu'à … Nouvel ordre. Je me projette avec Mateo, nous deux c'est du solide et du sérieux, mais je ne me projette pas à ce point là. Qui sait de quoi demain sera fait ? On verra bien mais pas de bébés tout de suite s'il vous plait.

« Sérieusement, je me demande comment ont fait nos mères pour gérer ça. »

Je sais que je n'étais pas un accident, j'ai été créé en tout état de cause et parce que mes parents voulaient un enfant. J'ignore si c'était le cas pour Kezabel mais quoi qu'il en soit, pour avoir vu son père la regarder, je peux aisément dire que accident ou pas, elle a été plus que désiré. Je n'aurai jamais la chance de connaître sa mère mais parfois, quand elle me parle d'elle ou qu'elle me montre des photos, j'ai l'impression qu'elle est encore là.

« Promet moi qu’on aura pas d’enfants avant AU MOINS le mariage ! »
« J'suis prête à faire le pacte du sang ! »

Et le pire c'est que je suis sincère, je crois … Hey ! Wait a minute !

« Euh, attends … Mariage ? »
« Tu as pu en parler avec Mateo ? »

T'as raison, on s'en fiche du mariage. Sauf celui des parents !!! J'ai trop hâte. J'attrape Kezabel par la main et l'attire avec moi vers un banc sur lequel on s'assoie. Je ne lâche pas sa main pour autant et tant mieux si ça peut en faire ragoter certains au passage.

« Oui. En fait, je lui suis rentrée dedans en sortant de la Grande Salle juste après vous avoir quitté Lucy et toi. Littéralement rentrée dedans. Et j'ai paniqué, c'est sorti tout seul. Je lui ai dit que j'étais en retard. »

Si ça n'était pas encore aussi frais, je crois que je pourrais presque en rire.

« Il a pas compris tout de suite mais ... »

Non, je ne suis pas prête à en rire, pas quand je me souviens de tout ce qui a émané de lui quand il a compris. Pas quand je me souviens du regard qu'il a posé sur moi … Ce regard, il m'a brisé le cœur et j'en ai mal rien qu'en y repensant.

« J'veux plus jamais qu'il me regarde comme ça, comme si je venais de gâcher sa vie. »

Parce que c'est réellement ce que j'ai ressenti et ça aussi ça fait un mal de chien. Je sais qu'il a réagit comme il a pu et pas une seconde je ne lui en veux, si les rôles avaient été inversés qui sait quel regard j'aurai pu porter sur lui ? Je ne le juge pas mais je crois qu'il me faudra quelques temps pour oublier cette histoire.

« J'ai eu peur de le perdre, sincèrement. »

Oui, pendant un instant j'ai eu peur qu'on ne survive pas à ça.

« Mais on a pris sur nous tous les deux, il a été génial. Il est venu avec moi à l'infirmerie, il m'a rassuré comme il pouvait alors qu'il était à mon avis encore plus mort de trouille que moi. »

Je retrouve mon sourire sans m'en rendre compte, j'entends ses mots, je ressens ses caresses, son soutien … Simplement sa présence. Son Patronus ne sort pas de nulle part, Mateo est un esprit libre et sauvage. Je suis passée à deux doigts malgré moi de l'enfermer et il ne l'aurait pas supporter. On ne l'aurait pas supporté. On n'est pas prêt pour ça, c'est plutôt clair. Peut-être qu'un jour ça sera le cas, qui sait, mais pour le moment on a besoin et envie de vivre pour nous et uniquement nous. J'ai du mal à me rappeler vraiment depuis combien de temps on est ensemble tant tout ça me semble naturel, comme si je n'avais jamais été sans lui. Ça ne me fait pas peur de ressentir ça, je sais que ça n'enlève rien à mon individualité. A la sienne non plus. Il reste lui, je reste moi, mais on reste nous + Kezabel. JE PLAISANTE ! Le ménage à trois c'est Killian, Caem et Enzo. Chacun son truc. De toute façon, la colloc, c'est avec elle que je vais la faire. Et notre tour du monde. Ça n'a rien à voir, il est l'homme que j'aime, elle est mon âme sœur. Je ne m'imagine pas sans l'un ni l'autre et ce que peuvent bien en penser les gens m'indiffère au plus haut point. Tant qu'ils s'entendent – et c'est le cas – c'est tout ce qui compte pour moi.

« Et de soulagement on s'est envoyés en l'air. »

Sans transition bonjour !
Du coup là si ça se trouve je suis vraiment enceinte.
Je reviens, je vais faire un malaise.

Avant ça je vais d'abord sourire, le regard un peu perdu dans le vague, laissant tourbillonner en moi tout ce que je ressens pour ce garçon, me rappelant au passage comme j'ai pu le haïr pendant des mois. Si quelqu'un avait prédit ça … J'aurai éclaté de rire, c'est plutôt clair.

« Je l'aime tellement, il est … Parfait pour moi. »

Je le pense, réellement. Il n'est pas parfait, ça non, et je suis loin de l'être mais … heureusement. On s'ennuierait si c'était le cas.

« Et j'ai l'impression que ça nous a rapproché encore un peu plus. »

Soupir de bien être. Haussement d'épaules. J'assume totalement cette petite absence pleine de sentiments mais ...

« Ce qu'il y a de bien c'est que ça ne risque pas de t'arriver, la grossesse imprévue j'veux dire, la fausse alerte pour le moins,  vu qu'apparemment tu n'as plus d'yeux que pour Emily. Enfin d'yeux … pas sur qu'il soit vraiment question d'yeux dans cette histoire mais bon. »

Ben quoi ? Tu ne pensais pas qu'on allait parler que de moi quand même. Si ? Pas d'bol alors. Challenge enclenché : Garder un air détaché, sérieux et ne surtout pas sourire.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 2258
Date d'inscription : 27/05/2013
Crédits : Carter
Double Compte : Dimitri & Charleen & Mateo & William & James & Leiv



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2099-viens-decouvrir-les-printemps-
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mar 30 Mai 2017 - 23:29

Pacte du sang ? Quand elle veut ! Hors de question d’avoir des enfants avant au moins nos 30 ans ! … Bon, peut-être avant selon nos envies, les éléments extérieurs qui interviendront mais même si je ne lui dirais pas – ou en tout cas, pas pour l’instant – je pense que Riley sera la première à nous pondre un gosse aussi beau que ses parents et aussi hyper actif que sa mère … L’espace d’une seconde je me retrouve attendri devant cette image, imaginant dans un futur lointain une Riley radieuse, un bébé dans les bras. Je l’admets, ça pourrait presque m’émouvoir et me faire sourire bêtement mais ça c’était avant que je ne revienne à la réalité pour me rappeler de nos jeunes âges.
Et honnêtement, nous avons encore tellement de choses à vivre que je n’imagine pas un seul instant avec des enfants dans les pattes.
Encore heureux que c’était une fausse alerte pour elle, d’ailleurs. Je n’sais pas comment elle aurait fait pour gérer si ça n’avait pas été le cas mais quoi qu’il en soit, elle n’aurait pas été seule. Je me doute que Mateo ne l’aurait pas lâcher mais elle aurait également pu compter sur sa boulette. Envers et contre tout.

En parlant de Mateo, je lui demande des nouvelles. Si elle a eu cette fameuse discussion avec lui ou non…
Elle me prend la main et me tire vers un banc où nous nous asseyons. Elle garde mes doigts entre sa paume que je serre entre les miens, ne la lâchant à aucun instant. Ce simple contact me fait du bien et je n’hésite pas non plus à caresser le dessus de son pouce comme pour la rassurer, l’encourager.

- Oui. En fait, je lui suis rentrée dedans en sortant de la Grande Salle juste après vous avoir quitté Lucy et toi. Littéralement rentrée dedans. Et j'ai paniqué, c'est sorti tout seul. Je lui ai dit que j'étais en retard.

Je l’écoute attentivement, sans l’interrompre. Je sens bien qu’elle est encore chamboulée par tout ce stress et toute cette pression cumulée en si peu de temps, en quelques heures. Je lui laisse le temps de rassembler ses idées, ses mots, ses émotions.

- Il n’a pas compris tout de suite mais…

Mais ? Elle prend une pause, s’arrête quelques secondes. Je peux oser dire aujourd’hui que je la connais par cœur et que ce que je lis dans son regard, je « l’entends », le comprend. Blessée, peut-être choquée, mais ça lui reste là, au fin fond des yeux. Je serre sa main plus fort dans la mienne, essaie de l’encourager en douceur.

- J'veux plus jamais qu'il me regarde comme ça, comme si je venais de gâcher sa vie.

Je pince les lèvres, me redresse légèrement. Je peux voir sur son visage toute la douleur que ce regard en question a pu lui provoquer. Je côtoie généralement Mateo en cours et parfois, à l’extérieur, du fait qu’il sorte avec Riley depuis plusieurs mois maintenant, donc je ne peux pas dire le connaitre par cœur mais c’est pas un type qui se cache, qui n’assume pas ce qu’il est, son caractère et ses opinions. L’espace d’une seconde je les imagine tous les deux mais surtout lui, ses réactions, ce regard. Il est impétueux, a besoin de sa liberté. Apprendre brutalement que cette dernière risquait d’être avortée… je n’suis pas sûre qu’il ait bien réagit. Et même si ça puisse être compréhensible, je ressens une vague de colère contre lui, même si je ne dis rien, même si e ne le laisse pas paraitre.
Parce que dans cette histoire, il n’est pas le seul à en souffrir, n’est pas le seul à avoir senti la corde au cou, la panique le gagner. Mais si Riley est aussi calme, j’en déduis que ce grand idiot s’est au moins rattrapé, non… ?

- J'ai eu peur de le perdre, sincèrement. Mais on a pris sur nous tous les deux, il a été génial. Il est venu avec moi à l'infirmerie, il m'a rassuré comme il pouvait alors qu'il était à mon avis encore plus mort de trouille que moi.

Son sourire est communicatif. Voir ses lèvres s’étirer entraine aussitôt les miennes dans la même expression.
Bon, je n’aurai visiblement pas à aller lui en coller une, c’est déjà ça !
Je regrette de ne pas avoir pu être là pour elle, de ne pas avoir pu être présente en soutient, comme elle l’aurait très certainement fait pour moi. Mais je sais que chacun de nous avons notre place et que ce qui compte, c’est ma présence en cette seconde. Une présence chaleureuse que je lui transmet du mieux que je peux, rassuré de voir que Mateo a finalement su être le pilier nécessaire pour que Riley puisse traverser ça avec un soutient de taille.

- Et de soulagement on s'est envoyés en l'air.
- …. Quoi ?!

J’ai mis deux bonnes secondes avant de réagir, me redressant d’un coup, les yeux ronds comme des assiettes.

- Mais c’est pas possible, vous perdez pas de temps ! De vrais lapins hein !

Non mais laissez tomber, c’est à peine si elle m’écoute ! Regardez là, les yeux dans le vagues, sourire presque niais sur le visage… Certainement entrain de se remémorer ces instants bestiales avec l’impétueux Vargas.
Je lève les yeux au ciel, sourire amusée, presque attendrie de la voir si…. De la voir planer comme ça sur un nuage, le sourire dans le vague.

- Je l'aime tellement, il est … Parfait pour moi. Et j'ai l'impression que ça nous a rapproché encore un peu plus.

Si on m’avait dit, en début d’année, qu’ils en seraient là tous les deux, je crois que je ne l’aurai pas cru, sincèrement. Ils se haïssaient avec tant d’ardeur qu’il était difficile de les imaginer autrement qu’ennemis…
Et pourtant. Ils sont certainement ma plus grosse surprise cette année, la preuve que rien n’est acquis mais surtout que tout le monde peut changer. Mateo a fait un sacré bond en avant, laissant derrière lui ce côté connard qui lui collait à la peau partout où il passait. Et mieux, il rend heureuse Riley comme je ne l’ai jamais vu avant ça. Et c’est tout ce qui m’importe.

J’ouvre la bouche pour répondre à tout ça, à tout ce bonheur qui illumine clairement son visage…

- Ce qu'il y a de bien c'est que ça ne risque pas de t'arriver, la grossesse imprévue j'veux dire, la fausse alerte pour le moins, vu qu'apparemment tu n'as plus d'yeux que pour Emily. Enfin d'yeux … pas sur qu'il soit vraiment question d'yeux dans cette histoire mais bon.

… Mais me fait couper l’herbe sous le pied.

- Hey !

Je la pousse gentiment de l’épaule, faussement boudeuse alors que j’ai un sourire jusqu’aux oreilles alors qu’elle s’efforce de ne pas sourire, de ne pas perdre son sérieux alors que JE SAIS PERTINEMMENT que dans sa caboche d’écossaise, ça doit jubiler à foison. De toute évidence Riley n’attend qu’une chose : des informations. Même si elle en a déjà à la pelle. Mais surtout, j’imagine parfaitement sa joie et toutes les opportunités qu’elle pourrait avoir entre les mains si jamais ça devait aller plus loin avec Emily.
Le « pire » était que ma meilleure amie … en partie raison. Enfin, énormément raison. Je ne dirais pas que je suis amoureuse d’Emily mais il est clair que ce petit jeu entre nous, de passer d’une histoire d’un soir à des après-midi ensemble à discuter, rire, pour ensuite remettre le couvert. Je ne sais pas trop ce qu’il se passe ou plutôt, ne cherche pas à le savoir. J’aime le fait que l’on ne se complique pas la vie, que l’on ne cherche pas à savoir ce qu’il se passe mais que l’on se charge juste de profiter de l’instant présent. Et c’est exactement ce qu’il me va. Après Harry, Maxime… je n’ai pas envie de me prendre une nouvelle chute, une nouvelle claque. Je prends un maximum de recule et me contente de profiter. Emily est une belle personne qui m’apporte des instants qui me sont précieux. Et ça me va.

- Effectivement, il n’est pas question d’yeux… Je marque une hésitation, faussement pensive. Quoi que ça dépend des moments.

Du genre, elle passe dans un couloir avec un jean moulant et une petite chemise légèrement entrouverte.
Ahem.

- Mais en attendant, je peux faire ça autant que je veux, quand je veux, je suis safe sur la grossesse. En fait, c’est ça la solution à la surpopulation. Ne prenez plus la pilule, aimez le même sexe que vous !

Et j’active mes mains comme si j’étirais une banderole, comme si j’énonçais une pub avant d’éclater de rire.

- Et tu mens, je n’ai pas d’yeux QUE pour Emily. J’en ai aussi pour Chiara par exemple. Un peu.

On ne va pas se mentir… elle est loin d’être désagréable à regarder.
Je reprends mon sérieux sans avoir lâcher une seule fois sa main, non sans remarquer quelques regards en coin, à la fois surprit et peut-être un peu dérangé. C’est pas comme si j’en avais quelque chose à faire et c’est pas comme si nous n’en n’avions pas déjà joué, elle et moi, avant qu’elle ne tombe follement amoureuse de son prince charmant argentin…

- Bon c’est vrai que ces derniers temps… Je jette un regard vers Riley avant de lever les yeux au ciel. Oui bon okay. C’est comme ça depuis un petit moment déjà. Je hausse les épaules. Je n’sais pas où ça va mais je ne veux pas le savoir, je préfère laisser aller. Ca me va très bien comme ça.

Et puisque le sujet n’est pas moi, ni mes histoires de cœur, toute mon intention se tourne vers ma meilleure amie.

- Quant à toi, je suis heureuse pour vous deux, vraiment. Je marque une petite pause avant de me rapprocher d’elle, air sournois sur le visage. Par contre, la prochaine fois préviens moi que je sorte les violons, les pétales de roses, tout ça…

J’éclate de rire, la taquinant comme d’habitude mais ça, inutile de le préciser. Je passe un bras autour de ses épaules pour la serrer contre moi, ma tête contre la sienne, dans un geste réconfortant même si en soit, elle n’a peut-être plus besoin de réconfort. Elle semble avoir retrouvé le sourire, une certaine joie sur le visage qui la rend vraiment radieuse malgré l’épreuve vécue aujourd’hui.

- Allez c’est terminé maintenant. Et je crois que je suis presque soulagée d’apprendre qu’il a su être là même s’il n’a pas dû être tout en finesse… l’important c’est qu’il a su se prendre en main, pour toi, . pour vous deux. Je dépose un baiser sur sa tempe. En attendant, pour décompenser de tout ça… rien de mieux qu’un déjeuner dans le parc, avec un dessert au chocolat pour te remettre de toutes ces émotions. Ca te tente ?

Je me redresse légèrement, attendant son consentement avant de me lever et de m’étirer de tout mon long.

- Et du coup, maintenant que vous avez vécu les pires épreuves, vous comptez vous marier bientôt ?

Ca vaaaaa ! Ceci dit, je crois que elle tout comme moi préfèrerait entendre ça plutôt qu’une grosse imprévue. C’est bête mais… au moins ça n’est pas irréversible. Et puis, on serait les premières à fêter ça dignement.

- Crois moi que le jour où ça arrivera, je vais te faire le meilleur enterrement de jeune fille de cette planète bitch ! Mais en attendant, t’as pleins d’après-midi à passer avec ta boulette.

Pleins d’après-midi, de soirée, de nuits blanches aussi. Des road-trips, de moments innocents, adolescents. Des instants loin des responsabilités adultes avant que ces dernières nous rattrapent.
J’attrape la main de Riley et la tire vers moi, lui offre une dernière étreinte et l’amène aux cuisines rapidement, histoire que nous ayons le temps de nous poser un peu pour manger tranquillement au soleil mais surtout, pour lui permettre de respirer, se reposer de toutes ces émotions et lui rappeler qu’elle peut respirer, que toute notre jeunesse se trouve devant nous.

- FIN POUR MOI -
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 8151
Date d'inscription : 23/11/2011
Crédits : Avatar JunkieMouse + Gif by Tumblr
Double Compte : Enzo - Ismaelle - Cameron - Elijah - Chiara



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3327-you-can-stand-under-my-umbrell
MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   Mer 7 Juin 2017 - 22:03

« Hey ! »

Héhé. Réaction immédiate de sa part, aussi bien physiquement que verbalement, et moi j'éclate de rire parce que j'ai tapé dans le mile. Elle ne réagirait pas comme ça si c'était faux et de toute façon on ne me la fait pas à moi ! Cette fille je la connais par cœur, même si elle est bien plus douée que moi pour masquer ses émotions, simplement parce que c'est aussi dans son tempérament, je peux lire en elle comme dans un livre ouvert. Je jubile, elle ne peut pas s'empêcher de sourire. TOUCH DOWN ! Et oui, clairement, j'en oublie presque cette histoire de fausse alerte mais honnêtement, c'est pas plus mal. Tout ça c'est derrière nous maintenant.

« Effectivement, il n’est pas question d’yeux… Quoi que ça dépend des moments. »
« Oh t'inquiète pas, j'ai bien cramé que tu la mates comme un bon petit cupcake appétissant. »

Désolée Emily ! Je passe en mode charriage là donc … tu es un dommage collatéral. Ne m'en veux pas ! Je suis une gentille personne. Enfin, la plus part du temps.

« Mais en attendant, je peux faire ça autant que je veux, quand je veux, je suis safe sur la grossesse. En fait, c’est ça la solution à la surpopulation. Ne prenez plus la pilule, aimez le même sexe que vous ! »
« Ben voyons ! En attendant heureusement qu'on est là parce que si on devait compter sur toi, Emily, Enzo ou William, on serait mal barrés pour pérenniser la race ! »

C'est TELLEMENT politiquement incorrect ! Mais alors je m'en tamponne, si vous saviez. Tout ça c'est de la démesure, on s'amuse ni plus ni moins bien que le sujet de fond reste « sérieux » : Kezabel et Emily. Oh que non je n'ai pas fini de l'emmerder la Boulette et elle le sait très bien. Elle me connait par cœur elle aussi, naturellement.

« Et tu mens, je n’ai pas d’yeux QUE pour Emily. J’en ai aussi pour Chiara par exemple. Un peu. »

Grimace. OUI je l'avoue, je ne suis pas super fan de cette nana et ça n'a bien évidemment rien à voir avec le fait qu'elle a joué à la crapette avec mon mec – avant qu'on soit ensemble mais quand même. Ahem. Je la laisse tranquille mais elle est … trop exubérante pour moi, toujours dans la provocation, à se foutre de tout. En bref, je préfère que ma Boulette craque sur Emily mais bon, si ça doit être Chiara un jour alors soit ! De toute façon on ne parle pas de mariage. Pas encore.

« Bon c’est vrai que ces derniers temps… »

Elle me regarde, presque sérieuse, mon sourire s'étire sans que je ne réussisse à l'en empêcher. Je n'essaie pas réellement en fait, tout simplement.

« Oui bon okay. C’est comme ça depuis un petit moment déjà. Je n’sais pas où ça va mais je ne veux pas le savoir, je préfère laisser aller. Ca me va très bien comme ça. »

Mon sourire est toujours là mais il n'a plus rien de moqueur. Sincèrement, je suis contente pour elle. Après Harry, après Maxime, elle mérite un peu de répit à ce niveau là et je sens bien que ce qu'il se passe avec Emily – peu importe la définition exacte, ça n'est pas le plus important – lui apporte ça.

« Quant à toi, je suis heureuse pour vous deux, vraiment. »

Hey, c'est quoi ce regard là ? Non, non, non ! Pas de retournement de situation Madame ! Pas d'accord !

« Par contre, la prochaine fois préviens moi que je sorte les violons, les pétales de roses, tout ça… »
« Pétasse ! »

J'essaie de la repousser mais elle me rapproche d'elle et … Je me laisse faire, bien sur. Sa tête contre la mienne, je me laisse aller à son contact et laisse échapper un soupir d'aise.

« Allez c’est terminé maintenant. Et je crois que je suis presque soulagée d’apprendre qu’il a su être là même s’il n’a pas dû être tout en finesse… l’important c’est qu’il a su se prendre en main, pour toi, . pour vous deux. »

Mon sourire s'élargit à l'évocation de Mateo, elle dépose un baiser sur ma tempe. En cet instant j'ai le sentiment d'être totalement comblée. Je l'ai elle, je l'ai lui, ma petite sœur et mon petit frère sont près de moi, mes parents vont bien et se sont réconciliés, Maman et Peter vont se marier, je sais ce que je vais faire de mon avenir … Que demander de plus, sincèrement ?

« En attendant, pour décompenser de tout ça… rien de mieux qu’un déjeuner dans le parc, avec un dessert au chocolat pour te remettre de toutes ces émotions. Ca te tente ? »
« Carrément ! Je pourrais avaler un Hippogriffe. Un Hippogriffe au chocolat. »

Elle se lève, j'en fais autant, innocemment.

« Et du coup, maintenant que vous avez vécu les pires épreuves, vous comptez vous marier bientôt ? »
« Ah ah ah ! Ouais, la semaine prochaine et c'est Rivers qui va nous unir. »

Et je lui tire la langue avant d'éclater de rire alors qu'on marche l'une contre l'autre direction la Grande Salle pour faire le plein de vivre avant de tracer dehors.

« Crois moi que le jour où ça arrivera, je vais te faire le meilleur enterrement de jeune fille de cette planète bitch ! Mais en attendant, t’as pleins d’après-midi à passer avec ta boulette. »
« Owiii ! »

Gros câlin. Oui pour le câlin et oui pour les après-midi avec ma Boulette. On en a des tas de choses à faire, à vivre et à partager. J'ai envie de toutes les vivre et les vivre à fond !

« Enfin sauf celles que tu passeras à jouer à la bataille explosive avec Emily. »

BOUYA !

« Elle qui a l'air si sage, t'as pas honte de la dépraver comme ça ?! »

Se méfier des apparences, toujours. Oui, oui, je parle de tes apparences là, Mlle Anthon.

« Plus sérieusement, peu importe ce qu'il se passe et finalement c'est pas le plus important, mettre des mots là dessus, je suis heureuse pour toi Boulette parce que je vois bien que ça te fait te sentir bien. »

Mon bras entoure son épaule ...

« Profite. »

... et je lui claque un bisou sur la joue.

« J'accepte de te partager avec elle. »

Cool :porte:

▬ FIN ▬
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Pound the alarm ▬ Mateo   

Revenir en haut Aller en bas
 
Pound the alarm ▬ Mateo
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» MATEO A. VALDES ♦ You see them girls in the club, They looking at me
» JACAGE. (+) Come on ladies, come on ladies, one pound fish.
» Présentation : Mateo Aëndal
» Rail Fantôme, le train n'est plus... [Pv: Mateo]
» Soothing, I'll make you feel pure. Trust me, you can be sur ♠ Mateo

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Poudlard & ses alentours :: Hogwarts' Inside :: Rez-de-Chaussée. :: ─ Hall d'entrée-
Sauter vers: