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 Rp de Bertie Crochue - N°5

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MessageSujet: Rp de Bertie Crochue - N°5   Mer 30 Nov 2016 - 16:08


Rp de Bertie Crochue – N° 5
Spicy !


Gwen / Keith

@Gwen Roberts-Moore vous mangez tranquillement vos friandises avec gourmandise malgré les derniers évènements. Le sachet est posé là, vous ne vous souciez pas de garder un œil sur ce dernier et partez rapidement aux toilettes avant de revenir bouquiner/travailler tranquillement. Vous replongez la main dedans, et mangez trois à quatre bonbons d'affilés... Avant de hurler de douleur. Bizarre que des bonbons soient aussi .... épicés. @Keith M. McEwen entend les cris et intervient ou bien est responsable de cette blague.

A savoir:
 ✦ Pas de date précise, c’est à vous de la définir.

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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Sam 17 Déc 2016 - 23:04

Le mardi 12 mai 2015 ▬ dans la soirée

La bibliothèque était calme. Quelques rares élèves bûchaient encore à cette heure tardive, studieux et concentrés, penchés sur d'énormes grimoires aux pages cornées. L'odeur du papier, de l'encre, le grattement des plumes sur les feuilles de parchemin neuf... Il n'aurait plus manqué que la chaleur d'un feu de cheminée pour que la maître des potions veuille passer sa vie dans ce sanctuaire du savoir. Les températures s'adoucissaient de jour en jour, mais quel individu normalement constitué pourrait résister à un foyer crépitant et à un bon fauteuil ? Gwen traversa une rangée d'étagères, laissant ses doigts délicats courir sur le dos de quelques livres traitant de botanique avancée, mue par le besoin de vérifier des informations sur une plante pour un cours avec les 9ème année et l'absence d'envie de courir après un expert en botanique dans le château. Tout animal social put-elle être, elle préférait largement s'isoler, le nez entre les pages patinées d'un grimoire, bien planquée dans un recoin du domaine de son grand ami McEwen.

Elle était habillée d'une robe sombre liserée d'or, de qualité et relativement discrète. Ses cheveux étaient maintenus par sa baguette magique, et des mèches s'échappaient du chignon avec élégance. Les chaines fines autour de son cou disparaissaient entre ses seins. Comme d'habitude, les clefs, les alliances, et une pierre montée en pendentif. Cette pierre était un cadeau de l'ami d'Anton dont elle ne se séparait pas, offert au moment où la direction de l'école avait décidé de lire dans la tête des enseignants pour retrouver l'espion qui vivait parmi eux. La jeune femme n'avait jamais été aussi attentive à ce qui se passait autour d'elle, et faisait constamment tous les efforts du monde pour agir normalement. Normalement n'étant pas synonyme, pour elle, de discrètement... L'espion devait s'arracher les cheveux en essayant de la baby-sitter dans son dos.

Parlant des alliances, parce que tout revenait toujours un moment ou un autre aux alliances, son fiancé l'avait portée un moment, son alliance, et elle aussi, lorsqu'ils avaient été réunis pendant les vacances. Ça lui avait fait un bien fou. Le sentir, le tenir contre elle, discuter de vive voix, enfin. Sans filtre, sans intermédiaire pédant imposant ses propres petites règles. Une semaine pratiquement passée seuls, isolés dans une chambre d'auberge, sur les canapés ou dans l'immense lit. Un ami d'Anton leur avait rendu visite pendant cette semaine, mais c'était bien le seul contact qu'ils avaient eu avec des personnes de leur connaissance à cette période. Son homme avait su les isoler pour qu'ils soient tranquilles, allant jusqu'au nécessaire sortilège d'assourdissement pour pouvoir s'ébattre toute la nuit sans que les voisins n'en soient incommodés. Mais tout ça lui semblait déjà si loin... ça faisait déjà plusieurs semaines. Elle aurait aimé que cela dure un peu plus.

En se mordillant la lèvre, la jeune femme extirpa deux livres de leurs emplacements respectifs, avisa une table vide un peu en retrait. Elle posa son sac au pied de sa chaise, en sortit un rouleau de parchemin, sa plume d'écriture favorite du moment – offerte par son père, une magnifique plume azur aux reflets argentés – et un paquet de dragées, étape capitale du processus de réflexion. Elle ouvrit ensuite le premier livre, ramena une mèche derrière son oreille et commença à compulser le contenu de l'ouvrage. Prenant quelques notes de temps à autre, piochant par la même dans son sachet, réfléchissant en observant les autres lecteurs assis plus loin.

Au bout d'une bonne demi-heure de ce manège, elle commençait déjà à piquer du nez. Accoudée à la table, elle relisait la même phrase pour la septième fois lorsqu'elle finit par se rendre compte de son état. Elle ne pouvait pas se permettre de passer la nuit à la bibliothèque pour un simple cour. Après un instant de réflexion, un regard autour d'elle aux tables occupées, elle repoussa les livres sur un coin de la table, attrapa sa sacoche et sortit pour aller se rafraîchir aux toilettes.

Lorsqu'elle revint une petite dizaine de minutes plus tard, les grimoires n'avaient pas bougé. Elle reprit donc sa place, sortit de nouveau sa plume et recommença à prendre des notes avec une application renouvelée. Elle attira le paquet de dragées à elle et y plongea la main pour prendre quelques dragées, qu'elle fit glisser l'un après l'autre entre ses lèvres. Lorsqu'elle croqua le premier, elle ne se rendit pas tout de suite compte du goût, qui vint s'attaquer à ses papilles gustatives de manière tout à fait impromptue. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle mit sa main devant sa bouche. Ce qui suivit fut une suite de couinements de détresse tandis qu'elle tentait de s'éventer avec sa main, ne sachant que faire. Recracher n'aurait pas été distingué du tout, mais avec ses petits bruits, elle avait commencé à attirer l'attention autour d'elle. Par la barbe de Merlin, ce n'était pas censé être un paquet de dragées surprises !
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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Lun 2 Jan 2017 - 12:48

~Mardi 12 mai – Soirée ~

Les heures passent et se ressemblent. Beaucoup. Pour Keith, la vie était devenue une sorte de monotone répétition. Après le départ des Supérieurs et une fois qu’il avait compris qu’il lui faudrait de la patience pour appliquer sa vengeance, tout était devenue calme. Peut-être même un peu trop. Parfois, il avait l’impression de ne voir sa vie que de loin. Parfois, le soir en allant se coucher, il n’arrivait plus à se remémorer sa journée, ne sachant plus quel élément attacher à ce jour ou à la veille. Une éternelle répétition. Et en même temps, à quoi de plus pouvait-il aspirer ? Parfois, quand il avait l’esprit « léger », il se prenait à se dire qu’il devrait peut-être s’engager dans une retraite religieuse. Laisser tout ça de côté et laisser sa vie se dérouler doucement, jusqu’à ce qu’elle s’arrête. Sauf que la haine refaisait toujours surface à un moment. Un rêve de sa femme, une allusion, un simple mot et il se rappelait pourquoi il était encore dans cette école à attendre que le temps passe. Alors il se remettait à attendre. Encore et toujours. Ennuyeux ? Oui très certainement. Mais ce n’était qu’un détail futile. Un simple fait comparé à tout le reste. Condamné à s’ennuyer jusqu’à la vengeance finale, jusqu’à l’explosion de haine et à la libération. Au moins, l’ennui l’apaisait un peu. Il avait tellement de temps pour ruminer sa haine en privé, qu’il parvenait à rester stoïque devant les autres. Toujours aussi froid et distant mais moins explosif, plus retenu.

Cette journée passé assis à son bureau à la bibliothèque n’avait pas différé du reste. Le regard perdu, Keith avait observé les élèves. Parfois, il se plongeait dans la lecture d’un ouvrage mais il n’était pas toujours suffisamment concentré. Un effet indésirable de l’ennui sans doute. Dans l’ensemble, les élèves avaient été assez calmes. Ils commençaient à comprendre qu’ils avaient tout intérêt à ne pas lui chercher des noises. S’ils restaient calmes, ils pouvaient s’en sortir. Cela lui allait parfaitement. Qu’on commence enfin à respecter son autorité. Bon, il y avait toujours les petits rebelles qui cherchaient à montrer leur importance en s’opposant à un ancien supérieur notoire. Mais ça, il s’en fichait. Pire, ça faisait un peu d’animation dans ses journées alors bon… Il ne s’en plaindrait presque pas. Oui tout cela devenait bien triste mais c’était ainsi. Il vivait parce qu’il le fallait et non plus par un quelconque épicurisme. Au moins, son verre de whiskey ce soir serait là pour le faire s’enivrer un peu. Ah les petits plaisirs de la vie…

Alors que la journée tirait à sa fin, Keith se leva finalement de son bureau. C’était l’heure de sa petite tournée habituelle. Le plus gros des élèves était parti, il pouvait donc se promener dans les rangées, inspecter les tables et voir si tout était bien à sa place. Il remit en place les quelques livres mal rangés avec un grognement de mécontentement puis passa à l’inspection des tables. Mais alors qu’il s’acharnait à effacer d’un sort les gravures qui avaient été faites dans le bois, d’étranges bruits attirèrent son attention. Baguette en main, sourcils froncés, Keith s’approcha de la source. Il s’apprêtait à hausser le ton alors que le bruit s’intensifiait. Mais quelle ne fut pas sa surprise de tomber nez à nez avec… Melle Roberts-Moore. Le visage rougi, les yeux pleins de larmes, elle agitait sa main devant sa bouche. Keith accéléra alors le pas pour arriver à son niveau.

« Mais enfin que vous arrive-t-il ? »

Le bibliothécaire finit par remarquer le paquet de dragées posé sur la table. Il fronça alors les sourcils. L’épisode des chocolats était bien sûr toujours dans la tête de tout le monde. Pourtant, il aurait été surprenant qu’un nouvel empoisonnement survienne et surtout que celui-ci provoque une telle réaction. Pour autant, comme plusieurs de ses collègues, il avait désormais une fiole d’anti-poison classique toujours sur lui, juste au cas où. Il la tendit donc à sa collègue qui saurait la prendre si elle le jugeait approprié. Pour autant, une certaine intuition lui fit remplir un verre d’eau à l’aide d’un sort basique qu’il tendit aussi à sa collègue.

« Vous feriez mieux de respirer, le rouge n’est pas la couleur qui vous va le mieux. »

L’avantage avec Keith, c’était qu’il était capable de rester calme face à de nombreuses situations. Plus les secondes s’écoulaient et plus il était persuadé que tout cela n’était qu’une mauvaise blague. Il se rassurait donc sur la santé de sa collègue et préférait prendre le tout avec distance. Il jeta tout de même un sort aux quelques élèves curieux qui trainaient encore par là pour qu’ils se retournent et arrêtent de fixer leur professeur comme si elle n’était qu’un vulgaire animal de foire.

« La bibliothèque va fermer. »

Keith avait dit cela haut et fort. Autant se débarrasser définitivement des gêneurs. Et puis, il avait bien le droit de faire ce qu’il voulait dans sa bibliothèque. Non ? Tant pis, il le faisait quand même.
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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Dim 12 Fév 2017 - 0:38

- Mais enfin que vous arrive-t-il ?

Le contrôle de soi, c'est ne pas répondre lorsqu'on a la bouche en feu ; soit elle aurait craché des flammes – il existait des bonbons de ce genre, les gamins en raffolaient –, soit ses glandes salivaires auraient relâché les grandes eaux. Elle couinait peut-être comme une cinglée mais c'était là sa limites quant au fait de s'asseoir sur sa fierté quand on est en mauvaise posture. Elle releva un regard larmoyant vers Keith. Elle avait très certainement dû le déranger dans son travail. Par ailleurs, elle avait rompu la quiétude de la bibliothèque... honte sur elle et sur sa famille sur deux générations. La miss se sentit comme une sale gamine lorsqu'il fronça les sourcils, avisant les bonbons. Oui, manger des bonbons dans une bibliothèque, oui. Elle n'était pas sortable la petite Roberts-Moore, ces derniers temps, mais elle avait ressenti le besoin d'activer ses mandibules pour secouer ses neurones quand elle travaillait et cela, elle l'assumait.

Keith lui tendit une petite fiole, qu'elle prit sans cesser de trépigner sur place. Après un instant de latence, long comme un dernier cours de semaine avec une classe chahuteuse, elle finit par prendre le verre d'eau que lui tendait à présent le bibliothécaire. Main serrée autour de la fiole pleine, elle ravala sa salive ainsi que les morceaux de bonbons qui étaient en train de l'étouffer, puis elle s'enfila le verre d'eau d'un seul trait. Avant de serrer les dents et de grimacer. Beaucoup de goûts très forts étaient accentués avec l'eau, et celui-ci faisait visiblement partie du lot.

- Vous feriez mieux de respirer, le rouge n'est pas la couleur qui vous va le mieux.

Elle déposa le verre sur la table avec toute la délicatesse dont elle était encore capable, posa la fiole à côté, et entreprit de s'éventer avec sa main en essayant de reprendre son souffle et d'altérer le goût dans la bouche. Ses papilles gustatives allaient être anesthésiées pendant quelques heures, elle en était persuadée. Si elle retrouvait le coupable, elle lui ferait avaler un tas de choses dont elle avait toujours voulu savoir si ça pouvait tuer un humain, et de quelle manière bien ignoble. Cette petite raclure de bidet comprendrait son erreur... Keith lança un sort pour amener les élèves à regarder autre chose que leur pauvre maître des potions en train de se ridiculiser.

- La bibliothèque va fermer.

Gwen prit sa baguette et ses cheveux cascadèrent sur ses épaules. D'un geste fluide, sans prononcer un mot, elle jeta le même sort que Keith pour remplir son verre d'eau et le but un peu plus lentement, retenant un haut-le-cœur. Ces blagues étaient très malvenues. Toutefois elle appréciait grandement le geste de son collègue ; fermer l'espace pour elle, c'était beaucoup.

- Pardonnez-moi pour le grabuge... Je ne sais pas quel petit coquebert a osé toucher à mon paquet alors que je m'étais absentée...

Après un instant de répit, elle s'empara du sachet et prit un bonbon, qu'elle porta à son nez pour en percevoir l'odeur. Le test gustatif n'avait pas été fatal, elle voulait juste vérifier...

- Rien d'alarmant...

Elle reposa le bonbon dans le sachet et se laissa aller en arrière sur son siège, le visage toujours rougie par la chaleur de son corps stressé par l'agression que sa langue subissait.

- On m'a toujours dit que le rouge ne me seyait pas...

Elle sourit, mais une large s'échappa et roula sur sa joue. Son corps lui jouait des tours en réagissant sans sa permission. C'était agaçant. Elle en avait marre de ne pas pouvoir contrôler ses réactions, d'autant plus quand elles étaient démesurées. Pour un ou deux bonbons épicés... Elle passa sa main sur son visage et désigna la fiole posée sur la table. Sa voix était toujours basse, légèrement enrouée, et elle n'avait de cesse d'avaler sa salive. Le goût était tenace.

- Anti-poison ?
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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Mar 14 Fév 2017 - 11:42

Keith avait eu raison de ne pas céder à la panique. Même s’il voyait bien que Gwen était dans une situation très désagréable, il semblait évident que sa vie n’était pas en danger. D’ailleurs, même si elle serrait la fiole d’anti-poison assez fermement dans sa main, elle n’y avait pas touché. Elle s’attaqua d’abord au verre d’eau. Apparemment, il n’apaisa pas autant le feu dans sa bouche que souhaité. Keith aurait dû y penser, on ne boit pas de l’eau quand on a mangé trop de piment. Mais bon, c’était toujours mieux que rien. Et apparemment, Gwen était peu à peu en train de se remettre. Ses muscles étaient moins crispés et bien que ses joues soient toujours rouges, il semblait bien que la situation n’allait pas en s’aggravant. Un bon point. Cela lui permit de détourner son attention de sa collègue quelques instants pour jeter un sort aux élèves trop curieux. Il trouvait ça fatiguant, ce besoin de toujours se mêler de la vie des autres, de toujours chercher à avoir des informations sur des choses qui ne nous concernent en aucun cas. Il ne comprendrait jamais. Keith observa alors Gwen remplir le verre d’eau à son tour pour le boire de manière plus tranquille. Elle était définitivement en bien meilleur état que quelques secondes auparavant. La crise était donc passée. Gwen fut même capable de parler avec son habituel langage fleuri. C’était toujours amusant de voir quelle expression farfelue elle était capable d’utiliser avec tant de naturel. Une vraie snob d’une certaine mesure mais clairement, le bibliothécaire ne s’arrêtait plus à ça désormais.

« Aucune idée non plus mais ce genre de comportement sera très sévèrement puni. Pire encore si on découvre l’identité du coupable sans qu’il n’ose se dénoncer de lui-même. »

Keith avait volontairement parlé bien fort. Pour que les derniers élèves présents l’entendent. Il avait alors balayé la salle du regard et bien senti que certains se décomposaient face à son regard. Un bon point. Les élèves ramassèrent alors rapidement leurs affaires, comprenant que le bibliothécaire n’avait pas annoncé la fermeture du lieu en l’air. Pendant ce temps, Gwen avait senti les bonbons et l’avait rassuré sur ce qu’ils contenaient. Rien d’alarmant certes mais toute cette histoire demeurait une blague de très mauvais goût. Keith s’était alors dirigé vers la porte de la bibliothèque. Après avoir vérifié que plus aucune personne n’était présente à par eux, à l’aide de la magie, il avait verrouillé la porte et était retourné auprès de Gwen. Elle était encore capable de faire de l’humour, elle n’était donc définitivement pas assommée par le poison. Keith remarqua la larme sur sa joue mais fit comme si celle-ci n’existait pas, se doutant que sa collègue n’avait nullement envie qu’on insiste sur un potentiel état de faiblesse. Le bibliothécaire attrapa alors une chaise et s’assit tranquillement dessus, posant ses avant-bras sur la table alors que Gwen portait son attention sur la fiole qu’il lui avait tendue auparavant.

« Effectivement. Avec ce qu’il s’est passé, il faut croire que ce genre d’objet devient indispensable. »

Keith avait dit ça avec son habituel calme. Il se doutait bien que les Supérieurs allaient varier les modes d’attaque. Pas toujours la même chose, pas toujours les mêmes cibles. Mais autant ne pas se faire avoir deux fois de la même façon. Le bibliothécaire n’avait nullement envie de mourir seul comme un idiot empoisonné au détour d’un couloir. Ce serait gâché, gâcher une chance de se venger, de partir en faisant des dégâts. Donc non, ça ne pouvait pas lui convenir. Alors autant être armé contre ça. Et puis officiellement il devait aussi être apte à porter secours aux élèves et autres membres du personnel. Le ferait-il ? Il y a quelques mois la réponse aurait été non. Maintenant ? Il n’était pas encore certain de la réponse.

« Je suis cependant surpris que vous n’ayez pas vérifié vos aliments avant de les manger. Sans offense, mais on imagine toujours que les maîtres des potions sont les plus prudents. »

Encore une fois, le ton neutre de Keith montrait bien qu’il n’y avait aucune moquerie dans ses propos. Il comprenait bien que Gwen ne se soit pas inquiétée alors qu’elle s’était juste absentée quelques instants. Mais oui, les clichés avaient forcément la vie dure et dans l’imaginaire collectif, les spécialistes des potions étaient plus méfiants… De même que les bibliothécaires passaient leur temps à lire. Ce qui n’était pas complètement faux. Mais pas seulement. Enfin Keith n’était très certainement pas le meilleur exemple. Niveau ermitage il avait atteint des sommets que sans doute ses confrères ne côtoyaient pas. Et heureusement pour eux d’ailleurs. Parce que oui la vie de Keith pouvait être passablement ennuyeuse. Beaucoup auraient sans doute abandonné.

« C’est dommage tout de même, vos bonbons avaient l’air plutôt savoureux à l’origine. »

Mais serait-ce une tentative d’humour de la part de Keith ? Peut être, à en juger par le léger rictus qui avait secoué sa lèvre supérieur. Rien de très significatif, il ne fallait pas non plus être trop exigeant. Mais il était détendu, pas sur ses gardes, pas énervé. C’était déjà un bon point. Et puis, l’absence soudaine des élèves, le calme relatif qui venait de s’installer dans la bibliothèque aidait sûrement. Il était dans son élément sans qu’il n’y ait de perturbateurs et c’était agréable. Ou dû moins, cela lui permettait d’être dans un état relativement neutre. La neutralité, sa grande amie… Celle qui l’empêchait peut être ces derniers temps, de se rapprocher du commun des mortels.
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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Dim 12 Mar 2017 - 20:27

C'est fou, ces mécanismes de survie que le corps est capable de mettre en œuvre face à des situations jugées dangereuses. Pour évacuer un corps étranger, un tas de réactions existaient, toutes plus curieuses les unes que les autres. Dans le cas présent, la salivation excessive ayant pour rôle de protéger les papilles gustatives d'une brûlure certaine. Ce n'était pas élégant face à un danger si relatif, mais il fallait bien admettre que ça fonctionnait – cela aurait été bien plus efficace, d'ailleurs, si elle avait accepté de recracher le bonbon mis en cause, mais il ne fallait pas trop en demander à une bourgeoise de son espèce. Dans tous les cas, le pire désagrément qu'elle devrait subir suite à cette ingestion serait très certainement des maux de ventre vite résolus avec quelques herbes et huiles médicinales que tout bon sorcier se doit d'avoir dans son placard... Mais c'était vexant, très vexant, qu'un élève ait pu lui faire une farce de si mauvais goût. Le terme était par ailleurs tout à fait approprié.

- Aucune idée non plus mais ce genre de comportement sera très sévèrement puni. Pire encore si on découvre l’identité du coupable sans qu’il n’ose se dénoncer de lui-même.

Malgré cette menace prononcée à haute voix, personne ne se dénonça. Ils pouvaient s'y attendre ; lorsque miss Roberts-Moore s'énervait réellement, son vocabulaire fleuri ne suffisait pas à atténuer l'effroi qu'elle pouvait faire (sciemment) naître dans leurs esprits. Quant au courroux de Keith, sa réputation le précédait au point qu'il en tout à fait avait perdu le contrôle. Gwen n'en avait pas eu connaissance avant de le rencontrer, confiant sa vie à ce parfait inconnu au caractère bien trempé, elle s'en était rendu compte par la suite : le bibliothécaire était un de ces chiens mauvais et ingérables. Une réputation méritée, assurément, mais cela occultait tout un pan de sa personne qui aurait mérité qu'on s'y attarde.

Autour du nœud de mauvaise humeur qui entourait les deux adultes, les élèves se mirent à ranger leurs affaires avec précipitation pour quitter les lieux. Et, enfin, ils furent seuls. Porte verrouillée, le bibliothécaire s'installa en face d'elle. Ils étaient enfermés en tête à tête mais malgré le passif de l'homme, elle se sentait complètement en sécurité. Elle pouvait enfin se concentrer sur l'anesthésie générale de sa bouche sans avoir peur de tirer la langue devant un élève – cela aurait été tout à fait inapproprié, n'est-ce pas. Elle écrasa la larme sur sa joue et souffla un grand coup.

- Effectivement. Avec ce qu’il s’est passé, il faut croire que ce genre d’objet devient indispensable.
- Il ne l'a pas toujours été ? Après une seconde de réflexion, elle se reprit. En tant que maître des potions, en tout cas, j'ai toujours plusieurs anti-poisons sur moi, et ce depuis mon plus jeune âge... Il a fallu que j'ingère une quantité colossale de potions plus ou moins réussies afin de m’entraîner à en deviner les ingrédients.

Elle en avait fait voir de toutes les couleurs à l'infirmière qui officiait à Salem à l'époque où la deuxième miss Roberts-Moore sévissait dans les couloirs. Et elle avait changé de couleur à plusieurs reprises, aussi. Mais jamais rien de grave, bien heureusement... Elle touchait du bois !

- Je suis cependant surpris que vous n’ayez pas vérifié vos aliments avant de les manger. Sans offense, mais on imagine toujours que les maîtres des potions sont les plus prudents.
- Ah, oui... Effectivement, j'aurais peut-être dû. J'ai manqué d'attention.

Elle n'avait jamais prêté une attention démesurée à ce qu'elle mangeait. Certes, elle avait ses périodes où la nourriture saine et équilibrée l'attirait comme une mouche batifolant autour d'un steak abandonné sur une table depuis deux jours – le festin d'une mouche, pas de Gwen – mais la nourriture à Poudlard était tout à fait satisfaisante et elle ne se sentait pas en danger. Elle ne l'était pas, en danger, en fait. Elle n'avait rien à craindre d'un poison administré par l'espion qui sévissait dans le château, car d'une part, il avait comme consigne de ne pas la blesser, et d'autre part, il était venu lui demander les ingrédients dont il avait besoin pour le poison en question. Autant dire qu'elle n'avait pu s'empêcher de concocter un contre-poison adapté juste après son entrevue avec lui. Heureusement, les maîtres de potions n'avaient pas une réputation de traîtres (big up Severus), elle aurait été inquiétée dans cette affaire... Mais non, il ne s'était rien passé, elle s'était contenté de donner des remèdes pour sauver les pauvres gens qui avaient mangé les chocolats en cause et tout s'était – relativement – bien terminé.

- C’est dommage tout de même, vos bonbons avaient l’air plutôt savoureux à l’origine.

Sortie de ses pensées par cette blague inattendue, Gwen releva les yeux vers Keith et se mit à pouffer, d'un petit rire nerveux et incontrôlable. Et le petit sursaut de la lèvre de l'homme quand il avait dit ça... Il n'avait vraiment pas la tête du comique de service, ce qui rendait la situation d'autant plus cocasse.

- Pour tout dire, ils n'étaient pas exceptionnels. J'avais simplement besoin de sucre. Toutefois, je connais un confiseur exceptionnel à Salem... Si je retrouve l'usage de mes papilles un jour...

Qui continuaient de picoter désagréablement... Elle prit son sac sur ses genoux, lança un Accio informulé mais rien ne vint dans sa main. Alors elle reposa sa baguette et son sac et sentit les larmes lui monter aux yeux. Était-ce les bonbons ? Ou l'évocation de Salem ? Elle penchait pour la seconde option... Elle prit les alliances à son cou et s'y accrocha à s'en blanchir les phalanges, regard tourné vers les rangées de livres.

- C'est calme, n'est-ce pas, finit par souffler à voix basse.

Loin de l'agitation du monde, la tension en chute libre...
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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Lun 13 Mar 2017 - 14:29

Non, Keith n'avait pas toujours eu de l'anti-poison sur lui contrairement à sa collègue. Si sa profession à elle le justifiait, lui avait été très loin de tout ça. Professeur à l'Université Moldue, il n'y avait aucune raison pour qu'il s'équipe de cette manière. D'autant qu'à l'époque, il était tout simplement loin d'être aussi méfiant. A l'époque, il vivait sa vie simplement, sans imaginer la noirceur du monde ou plutôt, sans croire qu'elle pourrait un jour se loger à l'intérieur même de lui. Keith avait toujours eu les pieds sur terre malgré son côté rêveur et il savait que le monde n'était pas un endroit tout doux exempt de violence. Mais jamais il n'aurait cru... Peut être que c'était son absence de méfiance qui l'avait conduit là. Peut être que c'était son incapacité à dénicher le mal qui avait fait que sa femme avait tout perdu. Difficile à dire. Mais oui, il se rendait soudainement compte qu'il devait désormais être sur ses gardes. Qu'il était passé d'une vie simple et paisible à une guerre permanente. Contre le monde mais aussi contre lui-même. Tout avait changé et l'anti-poison en était presque un symbole. Heureusement cependant, cette fois, le manque d'attention de Gwen n'avait mené qu'à une vague plaisanterie. Pas amusante et un peu dérangeante mais ce n'était qu'une simple plaisanterie. Quelque chose qui aurait pu faire partie de son ancien monde d'ailleurs. Les blagues des étudiants... S'il n'avait jamais été un professeur plein d'humour, Keith aurait réagi différemment à une autre époque. Il aurait puni mais aurait été capable d'un peu plus de second degré. Désormais, il avait l'impression d'être trop desséché pour ça.

Pour autant, à chaque fois qu'il se retrouvait face à sa collègue, il y avait quelque chose qui se rallumait. Il avait connu cela aussi alors qu'il avait recroisé la route de Phaedre. Comme si quelque chose au fond de lui cherchait à se réveiller, mais avec grande peine. Keith ne cherchait pas à analyser cette partie de lui, il se laissait simplement porter, par bribes. Et là, c'était exactement ce qu'il avait fait avec cette petite touche d'humour qui semblait si improbable, tant en décalage avec l'homme. Pourtant, cela n'empêcha pas Gwen de rire et Keith la regarda, incrédule. C'était lui qui avait provoqué ce son ? Cette mélodie plutôt joyeuse ? Un peu nerveuse certes mais... Le bibliothécaire resta immobile quelques instants, à fixer les lèvres de Gwen, sa bouche qui venait de produire ce son... Keith se reprit alors que Gwen parlait. Il porta alors son regard, de manière plus polie, vers les yeux de la jeune femme. Elle venait à son tour de faire un peu d'humour. Pourtant, quelque chose dans son visage semblait en décalage avec ses mots. Il la regarda effectuer un sort sans résultat, attraper son sac. Son corps cherchait à dire quelque chose... Alors qu'elle attrapait les alliances autour de son cou avec ferveur, Keith comprit qu'il ne se faisait pas d'idées et que, pour une fois, il avait réussi à saisir, du moins grossièrement, les émotions de quelqu'un.

« Ne vous laissez pas engloutir par le silence. »

Keith sortit alors sa baguette de sa poche et, d'un geste souple, il ensorcela le verre d'eau qui se trouvait sur la table pour le transformer en petite radio. Il l'alluma et une mélodie douce, mêlant du piano et du violon se fit entendre. Elle était un peu nostalgique, peut être qu'elle n'aiderait pas à effacer cette tristesse du regard de Gwen. Mais au moins, le silence n'était plus. Il arrivait parfois à Keith de ne plus supporter le silence, de ne plus supporter de trop entendre son propre souffle. La musique était souvent le meilleur remède, comme il n'avait personne avec qui briser ce vide.

« Il vous manque, n'est-ce pas ? »

Keith ne savait que peu de choses de la vie privée de Gwen et en aucun cas il ne se serait permis de s'y immiscer. Mais elle avait évoqué, une fois devant lui, alors que son état laissait à désirer, qu'elle était fiancé. Ce devait être dur, de savoir l'être cher loin quand tout déraille autour de soi. Keith rit intérieurement à cette pensée. Il aurait été rassuré de savoir Loreena loin de tout ça. Il l'imagina alors, assise au bord de la fenêtre, un livre à la main. Vêtue simplement d'une chemise de nuit, révélant ses jambes, un rayon de soleil lui caressant le visage et ce sourire... Keith poussa alors un profond soupir. Cette image, il la refusait en général. Il ne la laissait pas s'imposer à lui. Elle était trop douloureuse. Ils auraient pu être heureux, ils auraient dû l'être. Mais elle était partie et il était devenu un monstre. C'était ça, la conclusion de toute cette histoire.

Keith se leva alors de sa chaise et s'approcha de Gwen. Son regard d'abord sur le sien, il ne le quitta qu'une fois à sa hauteur pour poser sa main sur son épaule. Keith avait oublié ce que c'était qu'un geste tendre, qu'un geste encourageant. Pourtant cette main sur l'épaule de la jeune femme, c'était un signe de soutien. Il voulait lui faire comprendre qu'il n'aimait pas voir cette tristesse dans son regard. Mais lui, avait les yeux fuyants, perdus dans le vide. Gwen était une femme de la haute, guindée, très loin de lui. Pourtant, il avait cette impression qu'ici, quelque chose les rapprochait. Alors il serra doucement sa main sur son épaule.
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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Mar 4 Avr 2017 - 20:24

Eh oui. ces habitudes qui lui semblaient si logiques, si familières, n'étaient pas les mêmes chez tout un chacun. À Salem, dans la grande maison familiale, il y avait toujours cette petite armoire encastrée dans le mur, en bois massif, dans laquelle ses parents entreposaient des fioles d'antidotes et de remèdes divers. C'était toujours utile dans une famille influente et dénigrée par une certaine caste soi-disant supérieure, car s'ils n'avait pas eu à déplorer de meurtres ces dernières décennies, les générations précédentes avaient eu moins de chance. L'armoire était souvent fermée durant toute leur enfance, pour qu'elle et sa fratrie n'aillent pas y faire un tour en cachette, mais ils avaient appris chacun leur tour le sortilège d'alohomora et elle était peu à peu restée ouverte quelques jours, puis quelques semaines. Par la suite, les menaces des Hall les avaient mis sur le qui-vive. Ça s'était vite apaisé, d'une certaine manière, mais à présent, l'accès à l'armoire n'était restreint que par un sortilège empêchant tout inconnu de l'ouvrir, et n'importe quel Roberts-Moore pouvait accéder à son contenu.

Anton fonctionnait dans le même état d'esprit ; il avait toujours un tas de choses sur lui, fioles, parchemins... bien dissimulées, mais quand elle le déshabillait, elle enlevait un à un tous ces éléments de son attirail du parfait Supérieur. Les poisons et leurs antidotes, le veritaserum qu'elle lui concoctait elle-même quand elle en avait l'occasion ; elle les reconnaissait entre milles, ces potions-là. Parfois elle décrochait même un morceau de glace à l'ennemi de l'intérieur d'une chemise – il était vraiment équipé. Pour elle, c'était normal, habituel, une sorte de preuve qu'elle était adulte. Elle en avait oublié que pour le commun des mortels, cette méfiance n'allait pas de soi. Qu'à toujours regarder autour de peur d'être poignardé dans le dos, on pouvait alimenter la peur plutôt que de se rassurer.

De la même manière, elle aurait dû mieux surveiller ses aliments mais là aussi, c'était une question d'habitude. Elle était toujours équipée pour faire face à toutes sortes d'attaques mais les rares fois où elle avait réellement craint d'être blessée, ça n'aurait pas été par un moyen aussi fourbe que le poison – non pas qu'elle pensât elle-même que c'était fourbe : c'était son métier, tout de même. Mais les Hall n'avaient pas tous le calme froid d'Anton ; lorsque l'un d'eux était énervé, n'importe qui aurait invoqué tous les dieux anciens pour pouvoir disparaître de la pièce en un seul morceau. Keith effrayait pas mal de gamins mais eux, c'était un cran au-dessus. Eux, les Supérieurs. Même Keith les craignait, il suffisait de voir ses réactions lorsqu'on parlait de ces gens-là. S'il montrait les crocs, c'était parce qu'il les craignait, parce qu'il connaissait leur potentiel de destruction.

Qu'est-ce qu'elle foutait avec Anton, déjà ? La question se posait rarement mais quand elle refluait dans son esprit, avec la voix de son père qui l'avait tant de fois proférée, elle en venait à avoir des doutes sur elle-même. Ce n'était jamais bon. Déjà parce que ça renforçait un peu plus son lien avec Anton, ce qui était en général l'inverse de l'effet désiré, et ça la mettait dans des états d'angoisse qu'elle maîtrisait mal.

Le regard de Keith tomba l'espace d'un instant sur les lèvres de la jeune femme, tandis qu'elle riait, ou plutôt qu'elle tentait de relâcher la pression sans en avoir trop l'air. Elle le remarqua seulement quand il remonta vers ses yeux, comme par une espèce de pudeur inhabituelle pour le personnage. Ce regard-là, c'était celui d'Anton quand elle babillait sur sa journée et qu'il se concentrait de toutes ses forces pour ne pas l'interrompre d'un baiser. Elle s'accrocha de plus belle à leurs alliances.

- Ne vous laissez pas engloutir par le silence.

Ça lui fit l'effet d'un choc. La boule lovée dans le creux de son estomac se souleva, s'étendit comme on souffle dans un cercle de savon pour matérialiser une bulle. Elle tint bond, yeux obstinément ouverts et concentrés sur les livres, l'esprit bourdonnant. Le silence. Elle l'aimait ce silence, et pourtant il y avait ces moments où le moindre flottement semblait receler une noirceur de fond de puits qui tentait de vous avaler dans ses entrailles. Ces moments habituellement sereins où tout à coup, la nostalgie et la solitude s'épandent comme on libérerait un gaz mortel dans une pièce. Suffoquant. Elle n'arrivait même pas à répondre, à rebondir avec sa fougue habituelle. Keith transforma le verre d'eau en une petite radio de laquelle s'échappa bien vite une musique douce.

- Il vous manque, n'est-ce pas ?

Même la mélodie sembla lourde de tristesse. Ce n'était pourtant pas un air vraiment triste, plutôt de ceux qui produisent des sensations différentes selon le moment où on l'écoute. Cette fois-ci, la boule prenait trop de place, diluant toute la saveur d'un bon morceau. Elle en avait le souffle coupé. Elle l'avait tenue longtemps éloignée, cette sensation d'étouffement si typique, mais il arrivait un moment où il fallait que ça sorte. Elle n'aurait juste pas imaginé que ce soit devant un collègue. Ça n'arrivait pour ainsi dire jamais. L'homme s'était levé, s'était approché, et sa main s'était posée sur son épaule, et ce contact, ce fut tout ce qu'il fallait pour faire éclater la bulle qui menaçait de blesser pour de bon.

Sans réfléchir, elle rompit le peu de distance qu'il restait entre leurs deux corps et posa son front contre le ventre de Keith. Derrière le tissu de ses vêtements, il y avait la chaleur de sa peau, cette chaleur humaine dont elle manquait tellement ces derniers temps. Là, collée contre lui, dans cette bibliothèque vide, ses épaules tressautèrent tandis qu'elle pleurait comme une madeleine mais même ça, elle n'était pas fichue de le faire comme tout le monde, il fallait que ce soit contenu, maîtrisé, presque imperceptible. Au bout d'un instant elle chercha la main que l'homme avait posée sur elle pour s'y accrocher.

- Je pensais être plus forte que ça... Je voudrais être plus forte que ça...

Un cran de sa retenue habituelle venait de sauter alors que le piano et le violon continuaient leur mélodie.

- J'aimerais que tout soit plus simple. C'est vraiment une façon de penser d'enfant, n'est-ce pas ? On n'a jamais tout ce qu'on veut. Mais enfin...

Si au moins elle pouvait échanger avec Anton indépendamment de son acolyte en planque dans le château, tout serait déjà bien plus simple. Elle ne se retiendrait pas dans ses lettres de peur que cet inconnu aux méthodes un peu trop brusques à son goût y fourre son nez. Il lui enverrait moins de ces lettres dans lesquelles il parlait à mi-mots de leur mission sacrée. Au moins, elle pourrait continuer de faire semblant que leur histoire était normale, pas plus palpitante qu'un Roméo et Juliette sans le suicide final.

- Même parler de lui, ça me semble déplacé, ici. Non pas que j'apprécie m'étendre sur ma vie privée, mais, je ne sais pas. Je n'aime pas Poudlard. Je ne m'y sens pas chez moi...

Elle passa sa main libre sur son visage pour essuyer les larmes qui trempaient ses joues, sans s'écarter. En quelque sorte, cette position qu'un esprit mal tourné aurait jugé inopportune la préservait du regard de Keith. Un voile léger pour se protéger d'un homme qui, pourtant, semblait lui-même jouer le rôle d'un protecteur...
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MessageSujet: Re: Rp de Bertie Crochue - N°5   Dim 9 Avr 2017 - 12:19

Keith avait agi sans réfléchir mais face au regard triste de Gwen, ça s'était imposé à lui. Il s'était levé sans prendre plus le temps de réfléchir, il avait posé sa main sur son épaule et alors qu'il la serrait avec douceur, il réalisait peu à peu ce qu'il était en train de faire. Pourtant, il ne chercha pas à fuir, par immédiatement en tout cas. Peut être que c'était une erreur de montrer ainsi de la compassion pour une collègue. Peut être que c'était un signe de faiblesse qui lui coûterait cher par la suite. Et alors ? Avait-il réellement quelque chose à perdre pour se méfier des conséquences de ses actes ? Peut être qu'il devait simplement suivre ce que son instinct lui disait de faire. Après tout, il n'était désormais plus qu'un animal. Animal qui n'avançait que parce que ses instincts les plus primaires l'invitaient à prendre telle ou telle décision, telle ou telle direction. Un animal sauvage et furieux qui devait juste suivre son instinct. Après tout, cela rendait les choses bien plus simples.

Pourtant, Keith ne ce serait jamais attendu à la réaction de Gwen. Il aurait pensé qu'elle se serait contenté de reprendre ses esprits, de le remercier ou de détourner l'attention de ce moment qui risquait de la déranger. De les déranger, elle et son statut. Mais bien au contraire. Les quelques centimètres qui les séparaient encore furent bientôt rompus et Keith senti la tête de la jeune femme se poser contre son ventre. Il sentit alors son souffle contre son haut et pourtant, il filtrait, entrant presque en contact avec sa peau. Il sentit alors son sanglot, son corps qui s'agitait mais toujours avec retenue. Et cette main sur la sienne... Le souffle du bibliothécaire se bloqua alors pendant quelques instants. Animal sauvage, peu habitué à ce genre de sensations. Savait-il encore mettre des mots dessus ?

« Vous êtes et vous serez toujours l'enfant de quelqu'un. »

Pourquoi dire cela ? Le visage de son père, le visage de sa mère... La main de Keith se crispa alors lentement sur l'épaule de Gwen. Il serait toujours leur enfant et il savait que s'il retournait les voir, même aujourd'hui, même après tout ce qu'il avait fait, elle le prendrait dans les bras. Et son père, homme discret poserait sans doute sa main sur son épaule comme lui-même le faisait actuellement. Il serait alors l'enfant qui pourrait hurler face à l'injustice du monde. Même en silence, simplement en serrant sa mère dans ses bras. Ils seraient toujours un peu des enfants et pourraient toujours rêver d'un monde bien plus idyllique. Gwen n'échappait pas à la règle. Alors elle pouvait lâcher les armes face à lui et redevenir une enfant, l'espace de quelques minutes. Pourquoi tant de solicitude de sa part ?

Elle ne se sentait pas chez elle ? Une idée saugrenue passa dans la tête de Keith qu'il balaya rapidement. Il resta quelques instants à fixer les étagères en face de lui, incapable d'articuler quoi que ce soit. Sa main était toujours posée sur l'épaule de Gwen et il ne pouvait détacher son attention de ce contact qu'il sentait contre son ventre. C'était le contact le plus intime qu'il avait eu avec quelqu'un depuis si longtemps... Cela réveillait en lui un autre instinct, un qu'il croyait avoir enfermé le jour où il avait déposé Loreena à l'hôpital. Qu'il croyait avoir enterré le jour où il avait appris qu'elle était partie. Alors pourquoi maintenant ? Pourquoi sentir cette femme, à la recherche de soutien, là contre lui affolait autant ses sens ? Devait-il prendre la fuite ou suivre une fois encore son instinct ?

Keith tourna alors sa main, celle qui se trouvait jusque là sur l'épaule de Gwen pour venir attraper la main de la jeune femme qui l'avait rejointe. Lentement et avec douceur, il se décala légèrement pour être de nouveau bien face à Gwen mais voir aussi son visage cette fois. Sa tête ne reposait plus contre lui et oui, quelque part, ce contact lui manquait. Sa main libre vint alors entourer le menton de sa collègue pour la pousser à relever la tête. Ses yeux étaient emplis de larmes mais cela ne le dérangeait pas. Ne lui faisait pas ressentir l'habituelle pitié mêlée de dédain que lui inspiraient tous ses élèves en larmes. Non cette fois c'était différent.Le bibliothécaire se pencha alors et son visage fut bientôt très proche de celui de Gwen qu'il tenait toujours entre ses doigts.

« Pourquoi gâcher tout ça ? Pourquoi vous priver de celui que vous aimez si ce que vous ressentez est si fort ? Pourquoi attendre qu'il soit trop tard ? »

Keith ne comprenait pas, ne comprenait plus. Pourquoi Gwen vivait-elle si loin de son fiancé ? Pourquoi ne pas tout abandonner alors qu'ils avaient une possibilité de vivre ensemble et d'être heureux. Une possibilité que lui avait perdue depuis bien longtemps. Il aurait tant donné pour pouvoir s'enfuir avec Loreena. Conseillait-il à Gwen de partir pour rejoindre son fiancé et arrêter de se soucier de ce monde ? Peut être. A moins que....

« N'attends pas qu'il soit trop tard... »

Keith avait parlé dans un souffle, approchant encore son visage de celui de Gwen. Il sentait son souffle contre sa peau, il pouvait presque effleurer ses lèvres des siennes. Pourquoi attendre qu'il soit trop tard ?

Keith se redressa finalement, relâchant le menton de Gwen et s'éloignant d'un ou deux pas, lui tournant le dos.
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