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 [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv

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MessageSujet: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Lun 10 Oct 2016 - 18:29

Samedi 16 Mai 2015 – Dans la soirée
Don't give up, I won't give up



Leiv & Ismaelle

We've got stamina ...
And I'm here for you

« J'ai l'air ridicule. »

Dans cette pièce, c'est à dire ma chambre, on est quatre : Lune, qui ne me prête absolument aucune attention, bien trop affairée à prendre soin de son pelage altier sans se soucier une seconde du fait qu'elle n'est pas chez elle – elle a l'habitude, Fenrir et moi aussi. Fenrir, donc, assis sur le sol, qui m'observe la tête penchée sur le côté, l'air dubitatif – Alerte à l'anthropomorphisme. Mon reflet et moi. Soupir. Autant le dire, je ne me sens absolument pas à l'aise. J'essaie de m'imaginer ce que Rina pourrait me dire, quel arrangement elle pourrait faire sur la tenue, la coiffure, etc … Je pense aussi à Vicky qui se dirait peut-être que j'ai de la chance de pouvoir rentrer encore dans une robe – parce que son ventre s'arrondit et que ça n'est plus possible pour elle. Elles me manquent toutes les deux, et bien évidemment pas que pour ce genre de choses.
Margo est passée tout à l'heure avant de prendre sa garde, elle m'a charrié gentiment comme toujours et ces instants me font réaliser à quel point je suis contente qu'elle soit là. Puis en cet instant, alors que je pense à mes amies, Dimitri vient squatter mes pensées lui aussi … Rassure toi Muffin, tu n'as absolument rien d'une femme mais … Tu es, malgré toi, un peu comme ma copine aussi toi aussi. Nouveau soupir. Je quitte le reflet du miroir, me retourne et observe une à une, tour à tour, les deux boules de poils présentes dans ma chambre. La première ne démontre toujours aucun intérêt pour ma personne, le second danse d'une patte sur l'autre en poussant de petits gémissements presque plaintif. Il a l'air content … Soit.

« Je suis obligée ? »

Fenrir jappe, je prends ça pour un oui. Lune s’étire et baille à s’en décrocher les mâchoires sous le poids surement harassant de son existence. Et oui je parle à des animaux. Ça n'est pas nouveau, je ne compte pas arrêter, même si ça me donne peut-être l'image d'une vieille folle.

#

Tout le monde est resté relativement discret quant au costume qu'il portera, ainsi je n'ai pas la moindre idée de ce que portera Leiv. De même qu'il ne sait pas que je vais débarquer dans la Grande Salle habillée comme une Dame de la Cour au Moyen Âge … Et si vous voulez tout savoir, il se trouve que malgré les grimaces que j'ai pu faire devant mon miroir tout à l'heure, je me sens particulièrement à l'aise dans cette robe. J'ai gardé mes cheveux détachés, ils sont pour l'instant cachés sous la capuche mais je doute qu'ils le restent très longtemps. J'ai participé aux jeux de cet après-midi, c'était vraiment un bon moment, quelque chose qui a permis à tout le monde de s'amuser, tous ensemble. Il a fallu s'organiser pour avoir le temps de tout préparer mais il y a toujours du monde pour prêter mains fortes ici, en cas de besoin, élèves et personnel confondus. Quand Enzo est venu m'aider à faire le tour des enclos tout à l'heure, on a évoqué Ora quelques minutes. J'espère de tout mon cœur que ça ira pour son frère. Elle n'est pas la seule à avoir quitté le château, sans parler de Rina, Juliet – la filleule de Leiv – a elle aussi quitté les lieux. A côté de ça, Leah nous a rejoint, Ivan également, et ils ne sont pas les seuls. Ce château observe toujours quelques allées et venues, que les raisons soient positives ou non. Même si c'est toujours triste de voir partir certains visages familiers et appréciés, le fait de voir que nos portes peuvent s'ouvrir plus « facilement » et surtout plus librement.

Une abeille, un pirate, des choses que je n'arrive pas tellement à identifier … Les costumes sont divers et variés, tout le monde ou presque a joué le jeu et je m'amuse de les voir tous vêtus de la sorte. Maintenant, on ne va pas se mentir, il y en a précisément un que je cherche du regard avec curiosité et impatience mais que je ne vois pas encore ...
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Ven 4 Nov 2016 - 14:59

Don't give up, I won't give up.
Isma & Leiv




Samedi 16 Mai - début de soirée

- Tu ne devrais pas être entrain d’essayer ta robe de bal ?

Je lève un regard sans expression vers mon ami John qui ne se prive pas de rire à sa blague, me donnant une petite tape sur l’épaule tout en contournant mon bureau. Je suis actuellement entrain de corriger les copies de mes élèves et parce que John est d’humeur taquine aujourd’hui, il se charge au passage de déranger ma série de stylo parfaitement alignée devant moi.
J’ai fais de nombreux progrès mais je ressens malgré tout une tension particulière lorsque je vois … ces objets de travers que je remet en place malgré moi. « Vivre » avec Ismaëlle m’aide particulièrement à prendre sur moi mais j’ai encore de nombreux efforts à effectuer.

- Plus sérieusement, quel sera ton costume de ce soir ? Il me regarde, avec insistance. Parce que bien évidemment, tu vas jouer le jeu mon ami, non ?

Je pose mon stylo sur mon bureau avant de lâcher un soupire, me tenant l’arrête du nez entre mon pouce et l’index.

- Ca n’est pas tellement mon truc… de me déguiser.
- Ca, je n’en doute pas. Mais ce soir, tu vas faire un effort.
- Est-ce que j’ai vraiment le choix ?

Tout son regard me dit que non. Je sais qu’Ismaëlle elle-même jouera le jeu… Mais honnêtement, un déguisement ?
Sous la demande de John, je le suis jusqu’à sa chambre où il dit avoir pour moi ce qu’il faut, à ma taille, fidèle à ma discrétion. Je lui fais confiance pour ne pas me donner entre les bras un costume de mille et une couleurs comme celui d’une licorne par exemple.
Jamais de ma vie je ne porterais ce genre de chose.

John sort de son armoire le fameux « costume » et après un regard rapide, je consens à accepter.
Aujourd’hui est un jour spéciale pour les élèves, une journée de détente, d’amusement, que nous avons voulu leur offrir pour qu’ils puissent vivre une journée de paix, sans responsabilités et sans obligation. Les activités ont eu leur petit succès et la suite de la soirée sera certainement du même acabit.
En attendant, je tiens à bout de bras le costume que je devrais porter … tout en me disant que ça aurait pu être pire.

¥

Debout devant ma glace, j’ajuste avec précision le nœud papillon qui orne mon costume.
James Bond. Parfaitement. Selon John, j’ai une classe british qui me sied bien – même si je ne suis pas anglais, soit – et qui ne peut que concorder avec mes manières habituelles. Je ne sais pas ce qu’il a voulu dire par là mais peut importe.
Je boutonne distraitement les manches de ma chemise et enfile ma veste de costume noir, réajustant les derniers détails tout en me disant qu’Adrian aurait été ravi de me voir revêtir ce genre de costume. Sans oublier Jules qui n’aurait pas manqué de m’envoyer un doux commentaire.
Ma filleule me manque mais je ne me mentirais pas : Je suis soulagé de la savoir loin d’ici, en sécurité, et surtout auprès de sa fille.
Nous comptons beaucoup de départ et je pense notamment à Katherine. Ne pas la voir revenir m’a donné une sensation étrange, une absence déplaisante. C’est en son absence que je prends conscience à quel point elle mettait tant de vie dans cette infirmerie, tant d’amour et de bonheur, de soleil. Tout ce que je lui souhaite c’est qu’elle soit heureuse là où elle se trouve aujourd’hui.

Je réarrange le cadre légèrement de travers sur le mur, avec une photo d’Adrian lorsqu’il venait juste de naitre, au creux de mes bras. Un sourire nostalgique étire mes lèvres et je sors de ma chambre, prenant soin de fermer à clef derrière moi.
Je ne sais absolument pas en quoi Ismaëlle sera déguisée mais je ne peux me cacher une certaine curiosité et impatience de voir quel sera son costume.

- Monsieur Bond !
- Q. Mains dans les poches, je me tourne vers John qui revêt la panoplie du scientifique et technicien fétiche du personnage que je représente. Pile à l’heure.
- Comme toujours. Je n’ai pas eu le temps de peaufiner ma dernière invention, il te faudra séduire Ismaëlle tout seul.

Il me donne une tape sur l’épaule, riant de sa propre boutade alors que nous nous dirigeons vers la grande salle. John me laisse pour rejoindre… Mlle Wistinghausen qui, sans surprise, ne porte aucun costume si ce n’est que son éternelle froideur et je cherche du regard celle qui comble ma vie aujourd’hui.
Je la cherche du regard parmi tout ce monde, croisant un pirate, un sherlock holmes un peu plus loin, une fleur géante et une dame de la cour du moyen-âge…

- Woaw. Je m’approche de la jeune femme qui n’est autre qu’Ismaëlle a qui je prends la main. Gente dame, vous êtes absolument ravissante.

Cette robe d’époque lui va à ravir et je ne tarde pas à lui faire un baise-main comme le ferait le gentleman Bond pour une demoiselle de la cours comme elle. Ismaëlle est sublime, tout l’ensemble lui va et je l’ai rarement vu aussi radieuse.

- Puis-je vous inviter à boire un verre ou votre cœur est-il déjà prit ? Je souris, jouant brièvement le jeu avant de glisser délicatement un rapide baiser sur les lèvres. J’ai l’air bien fade dans mon simple costume d’espion anglais.

J’ai déjà fais un énorme effort pour ça, ceci dit.

- Les activités ce sont bien passées de ton côté ? J'ai pu constater que personnes n'avaient perdu un oeil.

Je n’y ai pas participé. Enfin, pas totalement. Je ne suis pas doué pour ce genre de chose et je sais qu’Ismaëlle à plus la fibre que moi pour ça. Je me suis occupé de certaines organisations et surtout à ce que certains élèves ne se blessent pas et ne perdent pas un bras lors d’un jeu…
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Sam 19 Nov 2016 - 20:03

« Ça n’est rien Elijah, je t’assure. Regarde, rien du tout ! »

Cette gamine est tellement maladroite … Son quotidien doit être épuisant mais d’une elle ne le fait pas exprès et de deux, elle bien trop adorable pour lui en vouloir. Elle a passé quelques heures à l’infirmerie cet après-midi, veillée par Charleen, parce que la pauvre s’est pris un ballon en pleine tête pendant les jeux. Là, elle vient de renverser son verre sur ma robe et panique totalement mais il se trouve que c’est simplement de l’eau alors sincèrement, il n’y a pas mort d’homme. J’essaie de la rassurer comme je peux, je n’ai pas l’impression que ça soit très efficace mais elle fini par battre en retraite et quand je me retourne …

« Woaw. Gente dame, vous êtes absolument ravissante. »

… je fais face à James Bond, ni plus ni moins. James Bond qui m’offre un baisemain des plus flegmatique et me fait sourire d’autant plus. Petite courbette, vague révérence, je suis dans mon personnage mais surtout totalement charmé par mon homme du Nord. Sincèrement, j’ai beau le savoir scandinave, on jurerait un anglais.

« Merci Gentleman, je vous retourne le compliment. »
« Puis-je vous inviter à boire un verre ou votre cœur est-il déjà prit ? »
« Malheureusement je crains que vous n'arriviez trop tard Milord, il appartient à un homme du Nord ... »

Deux gamins, ni plus ni moins. Heureusement le ridicule ne tue pas et de toute façon, personne ne nous voit … Hormis les dizaine de regards posés sur nous, certes. Aucune importance. Ça n'empêche pas Leiv de déposer un baiser rapide sur mes lèvres et ça ne m'empêche pas plus de lui caresser la joue au passage. Lui comme moi sommes relativement pudiques mais une fois de temps en temps, une petite marque d'affection, ça ne fait de mal à personne. Bien au contraire.

« J’ai l’air bien fade dans mon simple costume d’espion anglais. »
« Mais non imbécile, tu es magnifique. Très classe. J'ai de la chance. »

Oh ça oui j'ai de la chance et pas seulement parce qu'il est absolument sublime dans ce costume. Je suis encore en phase d'acclimatation, être deux est quelque chose qui bouscule énormément mon quotidien mais Leiv rend les choses tellement simples. Parfois je presse sur pause, je le regarde, et c'est comme s'il avait toujours été là. Je n'imagine plus ce fameux quotidien sans lui. Je ne pense pas tellement à l'avenir, je crois que je n'en suis pas encore à ce stade, mais l'instant présent me rend vraiment très heureuse.

« Les activités ce sont bien passées de ton côté ? J'ai pu constater que personnes n'avaient perdu un oeil. »
« Je dois bien le dire, ça tient du miracle. »

Amusée, je lève les yeux au ciel tout affichant un sourire en coin. Entre les sports collectifs, les choses plus mentales, et connaissant les énergumènes qu'on a ici, sincèrement oui ça tient du miracle. Pas de blessés « grave » à déclarer !

« Mais oui, très bien ! Connor et Enzo ont même réussi à sortir tous les deux du Labyrinthe, ensemble, et sans s'être entre-tués. Comme quoi tout est possible. Il y a bien Elijah qui a été assommée par un ballon mais apparemment, si on fait abstraction de la belle bosse qu’elle a sur le front, tout va bien ! »

Grâce à notre super équipe médicale … et au fait que cette gamine a la tête dure. Je crois n'avoir jamais vu une adolescente aussi … Je ne sais même pas si le terme maladroite lui correspond, parce qu'elle ne le fait vraiment pas exprès. Heureusement que Leni a été lors de sa dernière crise d'allergie, comment est-ce que c'est possible d'oublier qu'on est allergique ? Oui elle est tête en l'air, certes mais … Peu importe, elle va bien, c'est tout ce qui compte.

« C'était vraiment une belle journée, on devrait faire ça plus souvent. Ça fait du bien à tout le monde. »

Les sourires, les rires, les visages illuminés, tout le monde à réellement l'air d'être enjoué et guilleret – ou presque, il y a toujours des récalcitrants à la bonne humeur mais chez certains ça semble être presque un art de vivre.

« Je te préviens, je ne sais absolument pas danser ! Et j'arrive à peine à mettre un pas devant l'autre avec cette robe. Par contre j'accepterai volontiers que tu m'offres un verre effectivement, Mister Bond. »

Les Elfes nous ont encore concocté des merveilles, que ce soit pour boire ou bien pour manger, et il se trouve que tout ce temps passé en plein air m'a ouvert l'appétit ! Est ce qu'un ou des petits malins se sont amusés à verser une fois encore de l'alcool dans le punch ? J'imagine qu'on ne va pas tarder à le savoir ...

#

Dimanche 17 Mai 2015

Journée en amoureux. Petit déjeuner tardif au lit et je sais à quel point Leiv a pris sur lui pour ce qui est des miettes dans les draps … Autant le dire, je me suis beaucoup amusée. Balade sous le soleil dans le parc, on se remémore nos vacances et profite de ce temps privilégié passé ensemble. Aujourd’hui je suis totalement off, même si bien entendu il ne se passe pas  un seul jour sans que je ne descende prendre soin des Créatures. Elles sont en repos elles aussi mais il faut bien les nourrir. Leiv est venu avec moi le matin, je me suis arrangé avec Enzo pour qu’il y fasse un petit tour en fin d’après-midi. Ora n’est certes plus là mais apparemment il a trouvé de la main d’œuvre pour venir avec lui d’après ce qu’il m’a dit. Je me demande qui va avoir l’immense honneur de rentrer les Niffleurs … Dans le pire des cas, Fenrir sera là en cas de besoin de toute façon. Il adore ça ! Courir après ces petites bestioles agitées comme un chien de berger qui rentre le troupeau à la Bergerie.
Cette journée ensoleillée me rappelle nos vacances, ça me laisse rêveuse et un peu envieuse je ne peux pas le nier mais pas une seule seconde je ne regrette mon choix d'être encore là et il est absolument hors de question de laisser cet endroit, ni – et surtout pas – ses habitants, tous autant qu'ils sont. Des choix de vie on en fait tous, Leiv a fait le sien également et je sais à quel point c'est difficile pour lui d'être loin de son fils. Adrian m'a envoyé un superbe dessin il y a deux jours, il trône fièrement avec tous les autres, sur le mur de ma chambre. Je suis pressée de revoir ce petit bonhomme. Si tout se passe comme prévu, les portes du château s'ouvriront à nouveau dans un mois et demi et je sais que je ne passerai pas deux mois loin d'ici, c'est impossible, mais l'idée d'être en vacances, d'aller voir mes parents, de partir avec Leiv et pourquoi pas Adrian, me donne le sourire quand je me laisser aller à y penser. Chaque chose en son temps. Pour le moment, c'est l'heure du thé dans le Patio ! Qui nous fait grâce de ses températures estivales.

#

Lundi 18 MAI 2015 – Au petit déjeuner

Et c'est reparti ; Nouvelle semaine. Je l'attaque avec le sourire et une bonne dose de motivation. Fenrir est sorti, les Créatures sont toutes soignées, j'ai fait le tour des enclos et vérifier que tout le monde va bien, à présent c'est l'heure du petit déjeuner et je meurs de faim ! Attablée avec les autres, Leiv à côté de moi, je me jette sur la nourriture tout en discutant avec lui. De tout, de rien, de la pluie, du beau temps, de petites choses, mais le tout avec un intérêt non feint. Puis c'est l'heure du courrier, les chouettes et les hiboux font leur entrée. J’aperçois rapidement celui que j'ai offert à mes parents il y a quelques années, un hibou moyen-duc du nom de Kortal, qui vient déposer une enveloppe à côté de mon assiette. Je reconnais l'écriture de Maman, un sourire s'esquisse immédiatement sur mon visage. Ces dernières vacances m'ont vraiment rapproché d'eux, ça me rend très heureuse. Je m'essuie les doigts avec ma serviette et attrape la fameuse enveloppe, l'ouvre et commence à lire. Elle me raconte les derniers cancans du quartier, comment sa cousine éloignée a mis son mari dehors, etc … Tout ça me fait rire, puis elle ponctue par une injonction a embrasser Leiv de sa part avant de laisser quelques lignes à Papa qui est aussi loquace sur papier qu'a haute voix.

« Tu as un bonjour de mes parents. »

Je lève la tête et la tourne vers lui, sourire aux lèvres, mais ce sourire disparaît rapidement quand je réalise l'expression qu'il a sur le visage et toute la tension qui émane de son corps. Mes sourcils se froncent automatiquement.

« Leiv ? »

Pas de réponse. Il est totalement focalisé sur la lettre qu'il a sous les yeux. J'hésite une seconde mais ma main vient se poser sur son bras presque aussitôt, comme pour le sortir de cette torpeur, réellement inquiète par ce qu'il dégage en cet instant. Une mauvaise nouvelle ? Tout ce que je sais c'est que chacune des molécules qui me composent ne supportent pas de le voir dans cet état et sont prêtes à tout pour au moins essayer de l'en sortir.

« Qu’est-ce qu’il se passe ? »
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Mar 27 Déc 2016 - 14:28

- Je dois bien le dire, ça tient du miracle. Mais oui, très bien ! Connor et Enzo ont même réussi à sortir tous les deux du Labyrinthe, ensemble, et sans s'être entre-tués. Comme quoi tout est possible. Il y a bien Elijah qui a été assommée par un ballon mais apparemment, si on fait abstraction de la belle bosse qu’elle a sur le front, tout va bien !

Je souris au fur et à mesure qu’elle me raconte ces mésaventures, tout en l’observant en silence. Ce costume lui va à ravir, rehausse chez elle une certaine grâce que certains ne lui devineraient jamais. Pourtant, je sais que derrière ses traces de terre sur le visage et ses mains usées par ses activités à l’extérieur, se cache une femme qui ne se soucie absolument pas de l’image qu’elle renvoi et elle a bien raison. Peut m’importe de savoir de comment nous pouvons la voir, tout ce qui m’importe c’est ce qu’elle est. Les vacances m’ont encore permit d’apprendre à connaitre d’autres facettes d’elle que j’apprécie un peu plus à chaque fois.

- Oui, Leroy est venu faire un tour de notre côté. Je crois qu’elle ne va pas tarder à grimper à la première place de la personne nous ayant rendu le plus visite.

J’ai rarement vu une jeune fille aussi maladroite. Que ça soit pour ses allergies, un coup donné sans le vouloir, sur la tête, dans le ventre, dans l’orteil que l’on suspect de casser mais qui ne l’est pas, d’un malaise parce que, dans un élan de joie, elle oublie de petit déjeuner avant un cours de sport… Son dossier est plutôt complet pour son âge, principalement pour de petits accidents. Ajoutez à ça qu’elle reste malgré tout une jeune fille brillante d’humanisme et de bonté. Une naïveté encore intouchée. Ou presque.

- C'était vraiment une belle journée, on devrait faire ça plus souvent. Ça fait du bien à tout le monde.

J’acquiesce. Il suffit de jeter un œil autour de nous pour sentir qu’une vague de bien être s’est abattue sur le château. L’espace d’un instant, nous pourrions presque croire que l’horreur n’a jamais frappée ses murs, qu’elle ne s’est jamais invitée comme une ombre meurtrière pour ôter la vie dans un plaisir non feint.
Ici, en cet instant, l’innocence revient au coin de leurs sourires, à l’illumination de leurs yeux et c’est tout ce qu’il nous suffit pour se sentir en paix ce soir, rassuré de nos efforts fournis depuis tout ce temps pour qu’ils puissent vivre ces quelques moments de paix bien mérités sans l’ombre des fantômes d’êtres chers perdus.

- Je te préviens, je ne sais absolument pas danser ! Et j'arrive à peine à mettre un pas devant l'autre avec cette robe. Par contre j'accepterai volontiers que tu m'offres un verre effectivement, Mister Bond.
- Ne t’en fais pas, je te guiderais même si je ne te promets pas une danse des plus parfaites.

Et ce, malgré des années d’apprentissage par ma mère qui tenait à ce que je sois à la pointe de la technique lors de mes futurs bals scolaires. Même si elle n’a malheureusement pas pu connaitre nombreux d’entre eux…

- Mais pour l’instant je me contenterais du verre et de ton récit. Je glisse un regard vers elle avant d’élargir mon sourire. Je tiens absolument à savoir d’où t’ai venu cette idée de déguisement.

Une idée qui lui va à ravir… Et qui, par la même occasion, me conviens plus que je n’aurai pu le croire.


¥


Dimanche 17 Mai.

Soirée animée, nuit calme et paisible pour un matin des plus doux.
L’espace d’une journée, je raccroche complètement et Merlin sait à quel point il m’est compliqué d’oublier les « patients », mes cours, les devoirs à corriger et tout ce que je dois effectuer comme autres tâches en tant que Directeur de ma maison.
Je me laisse aller à trainer un peu au lit en compagnie d’Ismaelle, prenant le petit déjeuner entre les draps malgré certaines secondes où mes tocs me revenaient violemment, luttant pour ne pas lui demander de sortir du lit afin d’épousseter chaque centimètre du drap de toutes les miettes que nous y mettions. Nous troquons ensuite cette grasse matinée improvisée contre quelques instants aux enclos et le reste de la journée sous ce soleil de printemps dont la chaleur nous caresse en douceur les épaules. Le froid Norvégien me manque régulièrement mais je mentirais si je disais que cette douce chaleur ne m’apportait pas un peu de baume au cœur. Nous revivons nos vacances par les souvenirs, les mots, les instants passés avec Adrian. Je paierais cher pour l’avoir à nos côtés, d’avoir mon fils à portée de vue, de contempler son émerveillement face à un lieu tel que Poudlard.
Entendre Ismaëlle parler de lui me provoque une étrange sensation agréable, comme si tout cela était normal, dans l’ordre des choses et c’est ainsi que je l’ai ressenti dès leur rencontre. Je n’avais pas ressenti cette sensation depuis des années, celle de me retrouver en famille, d’avoir enfin trouver cette dernière pierre à l’édifice.
Mon regard glisse vers Ismaelle que j’écoute me raconter une anecdote de sa jeunesse passée ici, en compagnie de la nouvelle gardienne, Mlle Beaumont. Je pourrais l’écouter parler durant des heures sans me lasser, à me laisser bercer par ce doux timbre de voix qu’est le sien. Mes sentiments à son égard ne sont plus un secret, ni pour moi, ni pour qui que ce soit d’autres, mais plus les jours passent plus ils se manifestent toujours un peu plus. Et je songe déjà aux prochaines vacances, songe déjà à demander à Ismaelle de venir nous rejoindre, Adrian et moi, au bord de la mer.
Comme je le lui ai promis.


¥


Lundi 18 Novembre.

Les mauvaises nouvelles ne s’apprennent pas à l’aube d’un ciel gris, d’un temps de pluie ou d’une humeur morose.
Elles s’apprennent au détour d’une journée où vous vous sentez presque intouchable, touché par ce bonheur quotidien qui, parfois, ressemble encore à un rêve éveillé. Elles s’apprennent dans ces instants d’invincibilités, où le regard d’une femme forge autour de vous une forteresse que vous pensiez presque inébranlable, où le bonheur d’un gamin, de toute une ribambelle de jeunesse, suffit à vous faire pensez : Tout cela n’était pas vain, parmi l’horreur, le bonheur bourgeonne enfin.

Je déjeune tranquillement, enveloppé dans une couverture de paix, discutant avec Ismaelle. Parfois avec Mlle Beaumont, parfois avec Dimitri qui nous donne régulièrement des nouvelles de Katherine même si j’en ai également de la femme qui se tient à côté de moi et dont ma main vient se poser dans un geste spontané et naturel sur son genou.
Un bruissement d’aile familier nous interpelle tous, suivit d’une nuée d’hiboux et de chouette qui survole nos têtes. Je guette d’un œil discret la venue du mien mais rien pour aujourd’hui. Ni attente, ni déception, je sais à quel point Adrian aime prendre le temps de répondre à mes lettres pour me fournir dans ses courriers des dessins, des objets qu’il trouve sur le chemin de l’école ou de l’affiche d’un film qu’il est partie voir.

Un Grand-Duc bat des ailes au loin et prend toutes ses précautions pour se poser vers moi, tendant majestueusement sa patte pour que je le libère de deux enveloppes qui me sont apparemment destinées. Je ne connais pas l’animal mais je sais reconnaitre sa grâce et son impérialisme dans cette façon de me regarder.
Paperasse pour l’appartement ? D’état civil ?
J’observe d’un œil machinal l’enveloppe couleur crème dont une écriture à l’encre émeraude, fine et gracieuse, y décore le papier avant de l’ouvrir.

Elle commence par des politesses mielleuses pour ensuite abattre le couperet, net, derrière ma nuque. Le monde se dérobe sous mes pieds, les bruits alentours disparaissent pour laisser place à un bourdonnement sourd. Plus rien n’existe, plus aucune présence. Juste ce sang froid. Glace au sein d’un corps embrasé de fureur.
Mon cœur tambourine furieusement, mes doigts se crispent autour du papier trop propre, trop parfaitement plié, courrier venu du petit monde mondain grassement payé des mains de la plus grande des traitresses.

Je me lève brusquement, ne prête aucune attention à qui que ce soit qui puisse me regarder ou m’interpeller. Un ouragan d’émotion me démantèle, pièce par pièce et c’est tout ce qui m’entoure qui se retrouvera en charnier si je ne disparais pas dans la seconde.
Mon monde brûle, se consume et pourtant c’est d’une droiture glaciale et presque sereine que je quitte la table puis la grande salle pour marcher d’un pas rapide vers ma chambre. Je ne vois ni passer les fantômes, ni ces 6 étages.
Je claque la porte derrière moi.
Et c’est l’explosion. Aucun cri, aucun hurlement. Juste des objets volants en éclats, une chaise rompue au sol, ma fureur qui éclate au grand jour, celle contenue depuis 4 années d’abstinences. Abstinence qui s’évapore pour laisser place à un manque brutal et violent alors que les émotions prennent le pas sur tout ce que je suis.
Des mots dansent devant moi, dansent dans mon crâne, aussi mortellement que la danse de Carmen lorsque j’ai commis l’unique pas de trop.

Avocat. Perte de votre garde. Fils. Adrian Helland. Effet immédiat jusqu’à l’audience juridique.

Cette putain veut me l’enlever, lui, mon propre fils. Pourquoi ?

- Espèce de garce !


La lettre écrite de sa main, de cette façon légère et penchée, est d’une précision qui est propre à Nora. Pas assez présent, mettre sa vie en danger alors qu’un fils m’attend à la maison est-ce digne d’un vrai père, Leiv ?
Tout n’est que violence autour de moi et si pas un mot n’est sorti de ma bouche jusqu’alors, ils éclatent enfin.

- Jamais tu ne me prendras mon fils, tu entends ? JAMAIS ! Va te faire foutre Nora !

Et sans prendre vraiment conscience de mes faits et gestes, mes mots sont destinés à un courrier se muant en beuglante, imprégnant chaque son et manifestation de ma rage traduit par d’autres objets volants en éclat. Par mon poing dans ce mur.
La faiblesse d’un ancien alcoolique reste ses émotions. Un coup dur et vous basculer brutalement vers les tréfonds de ce que vous étiez.
Rien ne m’ébranle, rien ne me fera plié en ce monde. Il a fallu qu’elle touche à ma seule faiblesse, il a fallu qu’elle caresse de ses doigts ma corde sensible pour me l’arracher brutalement, aussi violemment que si c’était ma chair. L’espace de quelques secondes, le pire se présente devant moi. La perte de sa garde, ne plus voir mon fils grandir, me l’enlever définitivement jusqu’à ce qu’il atteigne sa majorité. Tout s’éclaire, cette gentillesse feinte lors de notre dernière rencontre, ces sourires presque trop beaux pour être vrai, sa manière si souple de plier à mes exigences.
Tout était déjà calculé, trahi par ma propre honnêteté de la tenir informé de l’état du château.
Je ne sens ni douleur ni présence, mes deux mains contre le mur, mon poids reposant ma jambe gauche, tête baissée vers le sol. Des sanglots silencieux pointent à mes joues, basculant brutalement vers un gouffre que je pensais avoir définitivement quitté.
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Lun 2 Jan 2017 - 21:45

Je n'ai pas eu besoin de le regarder pour comprendre, pour ressentir, que quelque chose ne va pas. C'est inscrit là, dans chaque particule de mon être, comme si nous étions liés par un filin invisible mais d'une résistante égale à celle de l'or. La tension est palpable néanmoins, partout autour de lui, elle se lit sans peine aucune dans la tenue de ses épaules et les traits crispés de son visage. Je lui parle, je le touche, mais je n'existe pas. Est ce que je m'en formalise ? Pas une seule seconde. Ça n'est pas de moi et de mes ressentis dont il s'agit mais de lui, de ce qui le met dans cet état. Froid, glacial, comme jamais je ne l'ai vu jusqu'ici.

D'abord l'immobilité, puis elle se brise.

« Leiv ! »

Lorsqu'il se lève je n'existe pas plus que le reste de cet endroit et ses occupants mais là encore, aucune importance. Il part, sans un mot, sans un regard, droit comme un mur de glace façonné par des siècles d'ère glacière. Beaucoup le pense dur et froid comme cette fameuse glace mais il est de ceux dont le foyer brûle à l'intérieur et ne se laisse pas entrevoir facilement. Il suffit de l'avoir vu avec son fils pour comprendre quel homme chaleureux il peut être, quel homme chaleureux il est. Et cette chaleur je la connais tout autant, elle m'enveloppe d'une douceur rassurante et apaisante chaque jour qui passe depuis des semaines, des mois à présent, dans une simplicité et un naturel qui ne laissent pas de place aux interrogations.
L'inquiétude éclot en moi comme un essaim d'abeilles sortant de l'hibernation. Si je le suis du regard sans bouger, prise au dépourvu, interloquée, ça ne dure pas très longtemps. Je sens le regard intrigué de Dimitri se poser sur moi mais si ma main effleure son épaule une seconde, il n'obtiendra pas plus. A mon tour je me lève, le regard totalement focalisé sur le dos de cet homme qui s'éloigne dans un silence de plus en plus oppressant. D'instinct, mes gestes sont mesurés et tempérés, aucune panique ne transparait, pas de précipitation non plus. Je contourne la table des Professeurs et choisi d'emprunter une allée latérale pour sortir de la Grande Salle à mon tour sans attirer l'attention sur moi même si je ne peux que ressentir certains regards se poser sur moi. Mon cœur, lui, bat de plus en plus vite et une fois à l'abri de toutes ces paires d'yeux, j'accélère le pas … pour m'arrêter en plein milieu du Hall, impuissante. Rien. Personne.
Sursaut. Une présence, là, auprès de moi : On tire sur le pan de mon pull. Une des Elfes de Maison, les yeux pleins d'humidité, qui ne laisse pas échapper un mot mais tend son bras en direction des escaliers, index pointé vers l'étage d'au dessus, avant de baisser les yeux et faire un pas en arrière. Ma main se pose en douceur sur le sommet de son crane, remerciement silencieux, et je n'attends pas une seconde de plus pour entreprendre la montée vers, je l'imagine, sa chambre. Ou peut-être l'infirmerie. Il n'a que quelques secondes d'avance sur moi, il a beau être d'une très bonne constitution physique je n'ai pas arrêté les entrainements plus que matinaux avec Owen alors c'est sans perdre mon souffle que je monte les marches quatre à quatre sans marquer la moindre hésitation. Et je les compte, comme pour me concentrer sur quelques choses, encore une fois laissant l'instinct réfléchir pour moi et m'indiquer comment agir pour ne pas perdre … Quoi, au juste ? Mon calme ? Je l'admets, plus les marches défilent sous mes pas et plus l'angoisse, l'incertitude, font leur apparition. Je n'y cède pas pour autant et reste concentrée sur mon objectif : Retrouver Leiv. L'idée de le laisser partir comme ça sans essayer de le retenir ou sans le suivre pour m'assurer qu'il va bien ne m'a pas traversé l'esprit une seule seconde. S'il veut être seul, il me le fera savoir et je respecterai ce choix mais pour l'heure, je veux l'avoir sous les yeux.

Sixième étage, enfin. Le regard presque horrifié d'une paysanne dans l'un des tableaux n'a pas le don de me rassurer mais il me permet au moins de comprendre que je suis sur la bonne route et quand j'entends une porte claquer, les doutes deviennent certitude.
Il y a des choses que le corps et l'esprit ont gravé dans leur mémoire et n'oublieront jamais. La chair de poule s'empare de ma peau dès l'instant où des bruits de chocs violents me parviennent aux oreilles et mon cœur fait une embarder si bien qu'instinctivement, alors que ça ne m'était pas arrivé depuis ce qui me semble une éternité, je marque une pose et porte mes doigts jusqu'à mon cou pour chercher mon pouls.

« Espèce de garce ! »

J'étouffe un cri de surprise, ma main se crispe autour de mon bras et j'opère un mouvement de recul. Le premier depuis que j'ai quitté la Grande Salle à sa suite. Je sais ce qu'il se trouve derrière cette porte. Ce que je ne sais pas c'est si je suis capable d'affronter ça. L'Homme m'en a fait voir de toutes les couleurs, j'ai vu et vécu des horreurs mais une fois en particulier me revient en mémoire même si je m'en veux de ne serait-ce qu'effleurer le parallèle. Dans cette pièce, derrière cette porte, c'est un homme qui perd le contrôle. Une partie de moi se refuse catégoriquement à pousser cette porte, complètement transie par la peur et marquée à vie par un traumatisme qui ne disparaitra jamais vraiment totalement malgré le temps qui passe. J'inspire profondément sursaute à nouveau quand un bruit de verre cassé parvient à mes oreilles, puis porte mes doigts à la gourmette que je porte autour du poignet, celle qu'Alexander aurait du porter s'il avait vécu. Autant de geste réconfortant, en quelque sorte. L'air que je gardais dans mes poumons est libéré, dans un profond soupir, l'instant d'après et d'une pression sur la poignée, j'ouvre la porte.

« Jamais tu ne me prendras mon fils, tu entends ? JAMAIS ! Va te faire foutre Nora ! »

Tétanisée, bloquée dans l'entrebâillement de la porte, j'en ai les larmes aux yeux et les jambes qui tremblent alors qu'il envoie son poing dans le mur et que la violence de ses mots me parvient. De plein fouet. Avec tout ce qu'ils impliquent et qui lentement se fraie un chemin vers mon subconscient. Là, mes émotions changent, se modifient, évoluent, se font moins fébriles. Et si mes sourcils se froncent, je retrouve de l'aplomb. La peur s'envole, celle d'être enfermée avec un homme qui perd le contrôle de lui-même, pour laisser place à autre chose. Dont de la colère, là, sous-jacente, en dormance, mais bien présente.

« Leiv ... »

C'est moi.
Je suis là.

Un pas, mais pas plus. J'en ai besoin pour me sortir de cette torpeur, cette tétanie provoquée par cet éclat de violence dont il a fait preuve. Je déteste cette sensation, celle d'avoir eu peur de lui, parce oui c'était le cas et quelque part ça l'est encore mais une chose ne sort pas de mon esprit : Ça n'est pas n'importe quel homme, c'est mon homme. Et jamais il ne me fera de mal. Jamais. Je le sais, je le sens au fond de mes entrailles, dans mes veines, dans chaque battement de cœur. Jamais. Il est mon homme et je suis sa femme, je vais être là pour lui. Parce qu'il a besoin de moi. Il a besoin de ma peau sur la sienne et de ma voix. Il a besoin de mon calme et de mon soutien. Et je vais le lui donner, sans hésiter plus longtemps.
L'immobilité et le silence aident, je ne peux pas le nier, mais dès lors qu'un deuxième pas est franchi, plus rien ne me bloque. Je referme la porte derrière moi, en douceur et sans bruit, pour m'avancer finalement vers lui. Chaque geste est mesuré, pas calculé pour autant mais tempéré. Lentement, très lentement, je m'approche. A pas feutré mais suffisamment franc pour qu'il perçoive mon arrivée. Je ne veux pas le prendre par surprise, il doit savoir que j'arrive et avoir le choix : Me laisser l'approcher ou non. Je ne dis pas que je l'écouterai pour autant, ceci dit.
Et puis enfin, toujours aussi doucement, sans la moindre trace de pitié ou quoi que ce soit dans ce goût là, ma main se pose sur l'un de ses bras. D'abord immobile, puis elle exerce une légère pression. L'autre se pose dans son dos et le caresse en douceur. Au millimètre, tous les sens en alerte. Je suis là, je veux qu'il le sente. Je suis là pour lui et je le resterai. Je ne l'abandonnerai pas, même s'il me le demande. Je lui laisse quelques secondes, de longues secondes, pour appréhender et accepter ma présence, sans prononcer un seul mot. Présence silencieuse mais de plus en plus évidente. Mes mains glissent sur lui, à même sa peau dès qu'elles le peuvent, jusqu'à ce que l'une d'elle effleure sa joue comme elle le peut.

« Regarde moi. »

Tu peux me cacher ta détresse si c'est ce que tu veux, je le respecterai, mais ne compte pas sur moi pour sortir de cette pièce.

« Dis moi ce qui se passe. »

Si c'est ce que tu veux, là encore. Sache juste que je suis là. Pour toi. Je ne te lâcherai pas. Je ne partirai pas.
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Dim 29 Jan 2017 - 19:08

L’alcool, brûlante dans mon œsophage. Fluide dans mes veines. Apaisante sur ma conscience qu’elle enveloppera d’une douce torpeur, assommant mon cerveau, mes esprits, pour tout oublier. Cette peine et cette douleur qui s’immiscent comme deux lames de couteaux entre mes côtes, me plongeant vers un néant violent et étouffant.
Si Nora réussit à me prendre mon fils, que me restera-t-il ? Il a toujours été ma raison de vivre, mon sang, ma chair, une partie de moi. Les larmes roulent sur mes joues, mon corps tendu à son maximum avec l’impression que chaque muscle n’est qu’un amas de béton douloureux. La haine et l’angoisse me dévorent, me plongent dans de sombres idées qui ne sont guidées que par la colère pure que je ressens en cette seconde envers Nora. Je suis d’un très grand sang-froid mais s’il y a bien une chose sur cette terre qui puisse me faire péter les plombs, c’est mon fils. Et Nora, cette petite garce qui m’a manipulé comme le dernier des cons, vient de taper là où il ne faut pas, comme un enfant frapperait dans une fourmilière. Mon monde s’affole au même rythme que les battements de mon cœur, au même rythme qu’un tas de scénarios se profilent à l’horizon. Les lettres écrites de sa main dansent encore devant mes yeux, leur donnant un peu plus de réalité au fur et à mesure que les secondes s’égrènent.

Je n’ai pas senti venir Ismaëlle et, honnêtement, je suis déconnecté de toute vie autour de moi, de toute existence, jusqu’à ce qu’elle me rappelle sa présence par ses pas que j’entends derrière moi.
Le retour brutal sur terre est aussi douloureux que mon départ dans la haine. Un vide se creuse de manière effroyable en moi et ce n’est que lorsqu’elle pose sa main fraiche sur mon bras brûlant de colère que je ressens un besoin presque urgent de me raccrocher à elle.
Je n’ai aucunement l’habitude de m’appuyer sur qui que ce soit et je n’ai pu que compter sur moi-même durant de longues années, sans pouvoir me poser sur le soutiens de mon père lors de la mort de ma mère, lors de mon apprentissage en tant qu’animagui, lors de mes décisions et choix de vie. J’ai appris à me construire comme tel… Jusqu’à ce que Jules m’apprenne autre chose le jour où elle est venu me remettre les idées en place.
Peut-être est-ce ces dernières années d’enfer qui me pousse aujourd’hui à voir cette femme comme un salut, comme une possibilité de m’échapper, de trouver refuge autre que dans un verre au liquide ambré.
Et pourtant, le manque est tenace, brutale, violent, imposant.
Sa main dans mon dos.
L’alcool qui se manifeste.
Sa présence, physique.
Sa présence, mentale.
Je lutte en cette seconde entre deux extrémités doucereuses. L’une est sans danger, l’autre ruinerait ma vie. Le choix devrait être si simple et pourtant, je sens cette plaie qui se ré-ouvre, me persuadant qu’un verre règlerait tous ces problèmes qui viennent de me surgir en plein visage.
Une bataille s’engage entre le visage d’Adrian, celui de Nora et tous ces autres sentiments qui me perdent. Je suis déconnecté du temps et suis incapable de dire combien il s’en écoule avant de sentir les mains d’Ismaelle glisser sur ma peau. Elle me donne l’impression d’être cette corde que l’on tend à un condamné. Non pas pour se prendre avec mais pour remonter cette falaise que vous venez de dégringoler.
Sa voix m’extirpe des limbes, sa main sur ma joue. Je sens ses doigts sur ma mâchoire contractée, sur ma peau encore humide de mes larmes silencieuses. Ma pudeur ne vient pas de ces dernières mais de cette fragilité qui me transperce de part en part, au-delà de la haine que je peux ressentir en cet instant.

- Regarde moi.

Je ne la regarde pas, incapable de prononcer la moindre parole.
Que lui dire ? Que mon ex-femme est bien décidée à m’enlever mon fils et qu’elle possède entre ses doigts suffisamment d’éléments pour faire plier un juge à sa volonté ?

- Dis moi ce qui se passe.

Mes deux mains toujours contre le mur, tête penchée vers le sol, je tente de reprendre une respiration correcte, une stature, une armure mais il semble que cette dernière soit à mes pieds, lâchement.
A la seconde où je m’apprête à formuler ces mots, une violente colère me submerge, faisant éclore au creux de ma poitrine un impressionnant besoin de tout exploser autour de moi, une nouvelle fois. Je n’ouvre que mes yeux, pas mes lèvres. Un bouquin gît à mes pieds ainsi qu’un fragment de bois venant d’une chaise, peut-être. Je ne sais pas dans quel état j’ai mis cette chambre mais elle ne sera jamais aussi détruite que je ne peux l’être de l’intérieur.
Mon corps bouge enfin de sa léthargie pour un seul mouvement. Ma main droite lui tend cette lettre froissée que je tiens encore au creux de ma paume.
Lis là, je ne serais pas foutue d’en prononcer le moindre mot pour l’instant. J’ai beau déglutir, cette boule qui obstrue ma gorge ne disparait pas.
Les secondes s’écoulent alors que je devine Ismaëlle lire les lignes qui parcourent se maudit parchemin. J’en profites pour reprendre une respiration, une contenance. J’essaie de ne pas craquer une deuxième fois, de ne pas me laisser envahir par une nouvelle rage explosive.

- Elle veut me le prendre. Mon fils.

Je me passe une main sur le visage alors que cette fois, je me redresse avec l’impression d’être criblé de morceau de fer dans l’ensemble de mon corps.

- Elle a visiblement déjà tout prévu, tout préparé et ce, depuis que je suis allez la voir la dernière fois. Elle attendait juste le bon moment pour me planter ce couteau dans le dos.

Mes pas vont et viennent, une main sur la hanche, l’autre qui ramène légèrement mes cheveux en arrière pendant que je frotte nerveusement mon crâne. Je tremble, j’ai froid et chaud à la fois. Si ça ne tenait qu’à moi, je serais déjà devant la porte de sa maison pour lui faire entendre combien elle se trompe, pour lui faire entendre qu’il me faudra passer sur le corps si elle veut obtenir quoi que ce soit.
Je m’arrête de marcher en face d’Ismaëlle, le regard paumé, légèrement humide.

- Nora a toujours cherché à me faire payer un tas de chose depuis que l’on a divorcé. Je la regarde, la sonde, me rappelant sans peine qu’elle n’est au courant de rien. J’ai la sensation que cette fois cette petite garce y est parvenue pour de bon.

Mes mots sont durs mais également un reflet de ce qui mijote à l'intérieur de mon cerveau. Isma ne doit rien comprendre. Bien sûr que non, puisqu’elle ne sait de moi que cet alcoolisme rongeant mes neurones durant plusieurs années. Mais elle ne sait rien de Carmen, elle ne sait rien de ce soir où tout a basculé, elle ne sait rien de l’enfant que nous avons perdu. Et ce, par choix. Peut-être par peur de la voir me fuir, de la voir me considérer comme la pire des ordures, une image qui m’a déjà collé durant de longues années.
Et devant toutes cette oppression, devant toute cette angoisse et ces aveux qui ne lui ont jamais été formulé, le manque se manifeste de nouveau comme une urgence. Je suis conscients qu’Ismaëlle se posera ou se pose même déjà des questions concernant cette petite gueguerre qui perdure avec Nora et un instant, j’envisage l’éventualité de la perdre aussi.

Je transpire, la soif s’intensifie, le manque avec. Je me dirige d’un pas rapide vers la salle de bain où je me penche vers le lavabo pour m’asperger d’eau glaciale, espérant que cela me ramènera un peu plus à mon sang-froid habituel et me coupera l’envie de m’effondrer comme un gosse, comme pour laver de nouveau ce drap sale des erreurs qui m’étouffe à m’en donner la nausée.
Maudite soit ton existence Nora.
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Mar 7 Fév 2017 - 21:00

Silence étouffant, tension palpable mais patience infinie. Acceptation, aussi, celle d’envisager qu’il ne soit pas en état de me confier ce qui le ronge en cet instant. Ni maintenant, ni peut-être plus tard, mais si c’est le cas la copie sera à revoir. Le laisser comme ça, dans cet état ? Impossible, impensable. Si ça n’est pas moi, ça sera quelqu’un d’autre – probablement John qui est son ami – mais il ne restera pas coincé seul avec la raison de cette perte de contrôle. Mon cœur n'est pas prêt cesser de battre comme un fou, je sursaute à chacun de ses gestes mais je n'y peux rien, certains stigmates seront probablement toujours présent en moi. Je me sais capable de me défendre, là n'est pas la question, d'autant moins quand il s'agit de Leiv mais les ombres d'un passé pas si lointain sont tenaces.
Il me tend une lettre, j'hésite une seconde, peut-être deux puis attrape le papier entre mes doigts. La voilà, la raison de son malêtre – parce que oui, c'est ce qu'il transpire par tous les ports de sa peau, lui qui demeure toujours en contrôle, lui dont je ne sais pas tout même si je devine aujourd'hui de nouvelles fissures. Et les mots défilent sous mes yeux alors que l'une de mes mains ne le quitte pas, toujours posée dans son dos.

Je comprends. Oh oui je comprends à mesure que les mots forment des phrases, à mesure que le contenu de cette missive devient intelligible. Nora, son ex-femme, la mère de son fils.

« Elle veut me le prendre. Mon fils. »

En cet instant, il se passe plusieurs choses à l'intérieur de moi, des ressentis divers et qui ne me semblent pas être en phase les uns avec les autres. D'abord une sorte de gène, cette impression d'ouvrir seulement les yeux sur le fait qu'ils sont une famille malgré tout et que je suis un élément étranger à tout ça. Ensuite … une certaine marque de possessivité dont je ne me savais pas capable, parce que oui, il lui a appartenu mais a présent il est à moi. C'est fugace mais ça me traverse le corps de part en part et me surprend réellement. La compréhension, aussi, parce que même si je n'ai pas la chance d'avoir pu partager beaucoup de temps avec mon fils, je reste une mère, tout comme elle. Je me dis … qu'elle veut simplement ce qu'elle pense être ce qu'il y a de mieux pour Adrian, il ne peut en être autrement. Puis la colère, tout simplement, parce qu'on ne s'en prend pas à l'homme que j'aime de cette façon. Sournoisement, égoïstement. Elle le connait sans doute mieux que je ne le connais, ou peut-être différemment mais elle sait forcément qu'il a ses fissures comme tout un chacun et pourtant … pourtant ça, un coup de poignard dans le dos. Ni plus, ni moins. Je serre le poing, je n'en montre rien. Je n'ai pas le droit d'exposer mes ressentis personnel et je ne le ferai pas. Je peux juste être là, pour lui, s'il veut bien de moi à ses côtés.

Quand mes yeux se posent à nouveau sur lui, c'est un fauve blessé enfermé dans une cage que je perçois.

« Elle a visiblement déjà tout prévu, tout préparé et ce, depuis que je suis allez la voir la dernière fois. Elle attendait juste le bon moment pour me planter ce couteau dans le dos. »

Intervenir ? Non. J'agis simplement à l'instinct et pour le moment il me dicte de ne pas bouger, de garder le silence, alors je l'écoute. Il ne me parle jamais d'elle, je ne pose jamais de question non plus mais j'ai comme l'impression qu'il me manque des pièces du puzzle. Soit, il en a tout à fait le droit. Il ne sait pas tout de moi non plus, de ma vie, de mon passé. Les jours passent mais tout ça, nous, c'est encore récent. J'ai parfois l'impression qu'il a toujours été là, que ce qu'il s'est passé avant n'existe pas, mais des moments me rappellent que ça n'est pas le cas.

« Nora a toujours cherché à me faire payer un tas de chose depuis que l’on a divorcé. »

Pour la première fois depuis que je suis entrée dans cette pièce, son regard se plonge dans le mien et je ne cherche pas à l'esquiver. Bien au contraire. Oui, tout ça me déstabilisé, il me déstabilise, et je nage légèrement dans l'incompréhension mais … C'est Lui. Jamais je ne veux fuir son regard, pas quand je sens qu'il en a besoin et c'est le cas.

« J’ai la sensation que cette fois cette petite garce y est parvenue pour de bon. »

Les mots, le ton employé, tout est dur, froid, et c'est une facette de lui que je n'ai jamais vu jusqu'ici mais … Il s'agit d'Adrian, je lui trouverai toutes les excuses du monde rien qu'en sachant ça. Son fils. On essaie d'éloigner son fils de lui et c'est probablement la pire chose qu'il puisse exister sur terre. Je vois dans son regard toutes les émotions qui parcourent son être avec virulence en cet instant et je l'admets, je ne sais pas vraiment quoi lui dire ni même je dois dire quoi que ce soit. Tout ça me dépasse un peu mais sortir d'ici ? Ça ne m'effleure pas l'esprit une seule seconde. Nouveau sursaut. Il se remet en mouvement et se dirige d'un pas rapide vers sa salle de bain. Au départ, je me contente de le regarder faire sans un mot, sans un geste, sans un pas vers sa direction. Je l'observe quelques instant alors qu'il se passe de l'eau sur le visage mais au bout d'une minute, peut-être un peu moins, je quitte cette immobilité et m'approche de lui à nouveau. Des gestes lents, pas de gestes brusques, pas un mot plus haut que l'autre. Toujours aucun mot, d'ailleurs. À nouveau ma main caresse son dos, je pose mon menton sur son épaule, ferme les yeux et laisse échapper un profond soupir. Encore quelques secondes de silence, d'immobilité, puis je me glisse derrière lui pour l'enlacer en douceur. Il tremble, ses vêtements sont trempés, le voir dans cet état m'atteint en plein cœur parce que je me doute qu'il doit replongé vers de vieux démons en cet instant.
Je ne peux pas le laisser comme ça, c'est impossible, alors toujours sans un mot, toujours par des gestes calmes et lents, je l'invite à se tourner vers moi et pose ma main sur sa joue une seconde avant de lui faire comprendre de retirer ce tissus qui doit l'étouffer et lui coller à la peau de manière insupportable. Et j'en fais autant, après lui avoir enlever sa chemise j'entreprends de me défaire de mes propres vêtements et une fois totalement nue, je tourne les robinets de la douche jusqu'à ce que l'eau soit suffisamment chaude.

« Viens. »

Là, je lui tends la main, le laisse se défaire du reste de ses vêtements et l'attire avec moi sous le jet de cette eau qui sera, je l'espère, salvatrice. Apaisante, pour le moins. Et je prends soin de lui, je le laisse se reposer contre moi et frotte en douceur ce corps massif qui est le sien, ce corps que je connais par cœur, contre lequel je passe toutes mes nuits depuis des semaines, des mois maintenant. Avec un gant de toilette plein de mousse. Au fur et à mesure, je le sens se détendre ostensiblement sous mon toucher, se laisser aller, jusqu'à le prendre dans mes bras et passer mes doigts dans ses cheveux tout en le serrant contre moi. Juste ça, simplement ça. Le contact de l'eau et le mien.
J'ignore combien de temps on reste sous cette douche, ça n'a pas d'importance. Quand on en sort tous les deux, c'est pour s'enrouler l'un et l'autre dans une serviette blanche. Lui autour de la taille, moi au dessus de la poitrine. L'instant d'après, il s'assoie sur son lit et me semble terriblement épuisé. Je m'installe à ses côtés et passe mes doigts sur les contours de sa mâchoire inférieure.

« Est ce que tu veux en parler ? »

En profondeur, dire tout ce que tu as sur le cœur, exprimer tout ce que tu ressens. Et j'attrape une de ses mains, la serre entre les deux miennes, sans jamais quitter son visage du regard. Qu'il me regarde ou non, ça lui appartient.

« Tu n'es pas obligé, je comprendrai, mais sache que je suis là pour toi. D'accord ? Je t'aiderai de toutes les manières possibles, tout ce qui est à ma portée, si c'est ce que tu souhaites. »

Tu n'es pas obligé d'être seul face à tout ça.

« Je n'ai pas à prendre de partie et je ne le ferai pas, ça n'est pas … Il ne s'agit pas de moi. Je ne connais pas Nora et je n'ai pas le droit de la juger mais je serai là pour toi tant que tu me feras comprendre que c'est ce que tu veux. »

Non, je n'ai pas à intervenir ni interférer, mais je le soutiendrais de toutes mes forces sans ciller. Voilà ce que j'essaie de lui faire comprendre.
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Lun 13 Fév 2017 - 17:03

L’eau froide m’apaise à peine, à chaque geste sur mon visage c’est une nouvelle évidence et une nouvelle image qui s’impose. Je ne serais pas en mesure de relativiser ce matin ou même d’y voir très clair. Je me laisse stupidement submerger par les émotions, comme un étau.
J’étouffe. Tout m’étouffe.
Puis des bras autour de moi, de mon torse, qui dénouent ce nœud que j’ai au cœur de la poitrine, au creux du ventre. C’est lorsque je sens Ismaëlle contre moi que je prends conscience de mes tremblements, de mes mains, mes bras, mon corps entier qui est au paroxysme de la colère, prêt à se rompre.
Pourtant elle me rappelle que je ne suis pas seule et que si une femme essaie de me détruire, une autre, elle, tente de me reconstruire. Me faire aider n’a jamais été dans mes habitudes. Que ça soit pour mon alcoolisme et le reste, je refusais toute aide pouvant m’être apporter. Jusqu’à ce que Jules enfonce mes portes et m’oblige à me redresser. Sans oublier mon oncle. Mais depuis ? J’ai repris ma vie en main et l’ai reconstruit sur des bases fragiles, certes, mais les murs sont bien là. Et si quelques années auparavant j’aurai sincèrement pu repousser la présence d’Ismaëlle, ici, je n’en fais rien. Au contraire. Sa présence est un second souffle apaisant et j’aimerai oublier cette horreur au contact de ses bras.

Elle me tourne vers elle, j’ai du mal à affronter son regard. Pas en cette position de faiblesse que j’ai finalement du mal à assumer. Je me suis toujours promis de ne jamais lui laisser entrevoir mon passé. Pour nous préserver tous les deux et parce que ça ne m’intéresse pas de construire notre relation sur des bases aussi malsaine… Sa main sur ma joue m’apaise. Ses gestes me font comprendre de quitter ce que je porte, de me débarasser de chaque morceaux de tissu et bien que je ne comprenne pas tout de suite pourquoi, je m’exécute, trop atone suite à ce que je viens de déverser comme haine.
L’eau de la douche martèle le carrelage.

- Viens.

Je ne me fais pas prier et la rejoint sous l’eau chaude.
L’apaisement vient progressivement. Tout d’abord de cette chaleur que l’eau me procure sur mon dos, ma nuque, mes épaules. Puis, ce contact apaisant de ce gant mousseux sur mon dos. Je respire un grand coup, bloque l’oxygène avant de l’expirer en douceur. Essayant de contrôler ce flot de colère, de le canaliser, d’en faire quelque chose d’utile. Je me laisse aller à l’apaisement, minutes par minutes, baissant les bras et me laissant avoir par l’épuisement. Ma rancune ne me sort pas de la tête mais je vois les choses d’une autre façon, sous chaque geste d’Ismaelle se trouve une raison supplémentaire pour que je retrouve un semblant de sang-froid.
Puis viens son corps nu contre le mien que je garde presque jalousement contre moi. La sentir de cette façon m’aide à accepter cette fragilité qui me tiraille, la sentir peau contre peau me permet d’apercevoir un soulagement.
Le temps défile et je n’y prête aucune intention, préférant me noyer dans cette bulle d’oubli encore quelques minutes.
Les questions s’enchainent désormais.
Quelle procédure suivre ? Comment m’y prendre ? A-t-elle réellement le droit de prétendre à sa garde exclusive et de me séparer ainsi de mon fils ?
Une serviette autour de la taille, je sors de ce cocon de confort pour de nouveau affronter la réalité qui se trouve dans chaque objet brisé de cette chambre. Assis sur mon lit, la fatigue m’enveloppe d’un drap chaud, d’un épuisement lourd. Je sens les doigts d’Ismaëlle sur le contour de ma mâchoire, mes yeux dans le vague, reprenant petit à petit ce que j’ai laissé filé avec ma colère.

- Est ce que tu veux en parler ?

Je ne réponds pas tout de suite, la gorge sèche, la rancœur encore bien trop présente au travers de ma gorge.

- Tu n'es pas obligé, je comprendrai, mais sache que je suis là pour toi. D'accord ? Je t'aiderai de toutes les manières possibles, tout ce qui est à ma portée, si c'est ce que tu souhaites. Je n'ai pas à prendre de partie et je ne le ferai pas, ça n'est pas … Il ne s'agit pas de moi. Je ne connais pas Nora et je n'ai pas le droit de la juger mais je serai là pour toi tant que tu me feras comprendre que c'est ce que tu veux.

L’espace d’un instant, je ressens de la honte à lui infliger tout ça. Lui infliger l’homme que je suis, Nora, toute cette bataille qui, en me touchant, touche Ismaëlle. N’en a-t-elle pas déjà assez baver comme ça pour lui rajouter mes propres problèmes sur les épaules ? Comment pourrais-je supporter infliger tout ça à une femme si douce, si profondément gentille.
A cette femme que j’aime, plus que je ne l’ai jamais avoué.
Je finis par tourner mon regard vers elle. Un regard… triste, profondément désolé, je ne sais plus réellement quelles sont mes émotions en cet instant. Ma main récupère la sienne, l’emprisonne, peut-être un peu trop fort.
Ses mots me touchent plus que je n’aurai pu le croire. C’est certainement en cette seconde que je prends pleinement conscience de l’ampleur de mon amour pour elle.

Se ressaisir.
Ismaëlle est une femme intelligente et j’ai parfaitement conscience qu’elle s’est jetée dans cette aventure avec moi en connaissance de cause. Je digère ma culpabilité, essaie de la noyer avec autre chose.

- Désolé de me mettre dans cet état. Je ne voulais pas t’en faire pâtir.

Je sais qu’elle prend tout ça à cœur, je sais à quel point elle se sent concerné par tout ça et je la comprends plus que jamais ;

- Je sais que tout ça doit te paraitre un peu obscure. Je me passe une main sur le visage, exténué et finis par reprendre d’une voix rauque. Cette guerre stupide a commencé depuis que nous avons divorcé. Même un peu avant.

Est-ce que je suis prêt à tout lui avouer ? Je ne le sais pas. Notre relation a commencé sur de bases saines, sur une confiance que je ne veux pas briser et que je ne suis pas prêt à faire aujourd’hui. Nous avons tous nos secrets les plus noirs et je sais que ce dernier n’est pas utile à être révélé. Pas tout de suite.
Alors je me contente de lui raconter dans les grosses lignes, lui lâchant malgré tout un aveu.

- Nora est tombée enceinte quand Adrian avait à peu près cinq ans. Nous savions que c’était une petite fille. L’émotion m’obstrue la gorge, je tousse dans mon poing pour me donner contenance. A son 6ème mois de grossesse, Nora sentait que quelque chose clochait.

Je marque une pause, courte, suffisante pour me remémorer cet instant où mon ex-femme est venue me voir, visage livide, en panique. Je revois ses lèvres me murmurer qu’elle ne sentait plus notre future fille bouger, qu’elle voulait aller à l’hôpital.
Ma main toujours dans celle d’Ismaëlle, je continue de fixer le sol.

- Le bébé a fait un arrêt cardiaque, c’était fini. Encore une fois, les images. Les sons. Les voix. Les pleurs. Notre couple n’a pas survécu. Nous n’y avons pas survécu.

Et j’ai rencontré Carmen, pour un soir, une nuit. Parce qu’après plus de 6 mois de rejet, de silence, d’absence de Nora, je n’étais plus rien qu’un homme échoué. Et si ça n’était pas Carmen qui avait déclenché tout cela, je sais pertinemment que Nora m’aurait quittée. Je le sais, elle le sait, mais n’osera jamais l’avouer, préférant se servir de mon erreur comme toute explication à nos anciens problèmes.
Je secoue légèrement la tête, cligne des yeux, préférant ne plus repartir aussi loin dans mes souvenirs. C’est une part de moi que je veux oublier.

- Depuis c’est une bataille sans fin, de reproche, de coups bas. Je pensais que les choses s’étaient atténuées avec le temps mais j’ai eu tort. Je me redresse et tourne enfin mon regard vers Ismaëlle. Je vais arranger ça, je ne la laisserai pas me prendre mon fils. Je ne la laisserai pas détruire cette vie et cette famille que j’essaie de reconstruire avec Adrian, avec toi.

Ismaëlle le sait, je ne suis pas doué pour exprimer quelconque sentiment et je sais que ça nous va très bien comme ça. Mais en cet instant de faiblesse, je ressens le besoin d’exprimer deux trois choses, quand bien même ça ne sont pas de grands mots.
Je me tourne vers la jeune femme, prend son visage entre ses mains et pose mon front contre le sien, yeux fermés.
Je ne sais pas comment lui formuler à quel point je lui suis reconnaisant à ce qu'elle soit là, sa présence, son soutient. Je suis encore tremblant par moment, épuisé et fébrile. Mais...

- Je t’aime.
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MessageSujet: Re: [Event 16.05.2015] Don't give up, I won't give up ▬ Leiv   Dim 19 Fév 2017 - 21:27

Ce regard, si triste … Presque désolé … C'est un crève-cœur de le voir comme ça, broyé par tant d'émotions qui ont très certainement bien plus d'impact sur lui qu'il ne le montre. Je ne prétendrai pas le connaître par cœur et c'est la première fois que je le vois perdre le contrôle de cette façon, lui qui est toujours si droit, mais je le connais et le degré n'a pas d'importance. Il me semble si perdu, ébranlé, épuisé et j'aimerai faire plus qu'être simplement là mais je sais que ça n'est pas possible. Je ne suis pas là pour faire du zèle, je sais où est ma place et qu'elles sont mes possibilités. Sa main serre la mienne, avec force, je cille pas. Je ne le quitte pas des yeux non plus, pas une seule seconde. Il a besoin de temps, qu'il le prenne, autant qu'il voudra. Les cours, les élèves, ils attendront et en cet instant je n'y pense pas une seule seconde.

« Désolé de me mettre dans cet état. Je ne voulais pas t’en faire pâtir. »
« Ne t'inquiète pas pour moi. »

Je suis plus solide que j'en ai l'air mais surtout, surtout, ça n'est pas de moi dont il est question ici. Ça ne m'étonne pas de lui, cette réaction, le fait qu'il fasse passer mes états d'âmes presque avant les siens, qu'ils s'excusent pour tout ça, mais pas une seconde je ne lui donnerai raison pour ça. Il s'agit de son fils, la chair de sa chair, la prunelle de ses yeux. N'importe qui aurait réagi de cette façon ou d'une autre mais avec autant de violence. Ça m'a secoué, je ne vais pas mentir, ni à moi-même ni à lui, mais je ne lui en veux pas un seul instant. On le sait tous les deux qu'on a quelques morceaux fissurés à l'intérieur, lui comme moi, et bien sur c'est autre chose de le savoir et le voir mais s'il pense une seconde que ça puisse me faire fuir, il se trompe lourdement.

« Je sais que tout ça doit te paraitre un peu obscure. »

Effectivement, c'est un peu le cas, je n'ai pas toutes les cartes en mains et n'attends pas de lui qu'il me les donne. Ça n'est pas de l'indifférence, c'est du respect envers son vécu, son jardin secret, etc … Mais inutile de jouer les hypocrites, une part de moi à envie, presque besoin, de savoir. Pour mieux comprendre, peut-être.

« Cette guerre stupide a commencé depuis que nous avons divorcé. Même un peu avant. Nora est tombée enceinte quand Adrian avait à peu près cinq ans. Nous savions que c’était une petite fille. A son 6ème mois de grossesse, Nora sentait que quelque chose clochait. »

Cassure. Comme un bruit de fissure dans le lointain et si rien ne transparait sur mon visage alors que mon corps tout entier se fige, à l'intérieur c'est comme si mon être se brisait en un million de petites pièces avant de s'envoler, balayées par un courant d'air.
Ses propres émotions me semblent soudain lointaines, presque … inexistantes, alors qu'en moi s'engage une sorte de conflit que je ne saurai réellement décrire mais la douleur que je ressens en prenant toute la teneur de ses mots étouffe tout le reste et mon regard se braque dans le vide. J'ai l'impression que mon cœur cesse de battre et si en temps normal j'aurai ce réflexe de chercher mon pouls en portant mes doigts a mon cou, il n'en est rien. Statufiée. Stupéfiée. Et l'espace d'une seconde : En colère. Oui, l'espace d'une seconde je m'approprie sa souffrance, la fait mienne parce que je la connais trop bien et … la trahison flotte au dessus de mes épaules. L'espace d'une seconde, je lui en veux de ne pas m'avoir parlé de ça quand je lui ai parlé d'Alexander. Et c'est injuste, je le sais, mais la douleur provoque des réactions qu'on ne contrôlent pas.

Il ne me regarde pas, je ne le regarde plus.

« Le bébé a fait un arrêt cardiaque, c’était fini. Notre couple n’a pas survécu. Nous n’y avons pas survécu. »

Un étau se forme dans ma gorge, instinctivement je cherche le contact de la petite chaine en argent que je porte autour du poignet et je sens les larmes monter à mes yeux alors que je relève ostensiblement le menton comme si ça pouvait les faire disparaître. Et je n'ai pas l'impression qu'il … Je ne sais pas … Il ne peut pas avoir oublié ce que je lui ai confié mais en cet instant, c'est comme si ça n'avait jamais existé et je le sais, je le sais qu'il ne s'agit pas de moi, que je suis injuste, qu'il essaie juste de m'expliquer la situation au sens plus large pour que j'y vois plus clair mais ce que je ressens en cet instant est l'équivalent d'un coup de poignard en plein cœur. Je ne peux pas le nier.

« Depuis c’est une bataille sans fin, de reproche, de coups bas. Je pensais que les choses s’étaient atténuées avec le temps mais j’ai eu tort. »

Je sens son regard se poser sur moi et un instant j'ai envie de détourner les yeux mais je ne le fais pas. Il a besoin de moi, mes émotions sont malmenés mais … Rien de tout ça n'est volontaire, je le sais. Je le connais trop pour penser le contraire. Je dois me ressaisir. Pour lui. Parce qu'il a besoin de moi. Parce qu'il s'ouvre à moi et que je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Au fond de moi, je sens que quelque chose d'autre se débloque, quelque chose de totalement différent : La peur de le perdre.

« Je vais arranger ça, je ne la laisserai pas me prendre mon fils. Je ne la laisserai pas détruire cette vie et cette famille que j’essaie de reconstruire avec Adrian, avec toi. »

Famille. Voilà où le bas blesse. Voilà pourquoi j'ai peur. Il a Adrian, son fils, son sang mais si un jour il souhaite avoir un autre enfant ? Je sais qu'on n'en est pas là, que nous deux c'est encore jeune mais l'impression … qu'il a toujours été là alors oui, tout ça me traverse l'esprit. On ne remplace pas un enfant par un autre et je suis parfaitement bien placée pour le savoir mais … Pourquoi prendre le risque de construire une nouvelle famille avec une femme qui ne pourra probablement jamais lui donner un deuxième enfant si un jour c'est ce qu'il souhaite ? Je ne veux pas être celle qui lui brise le cœur parce que la grossesse n'aura pas fonctionné, parce que l'enfant n'aura pas survécu. Je ne veux pas être celle qui vit deux fois la même épreuve, je n'ai pas la force d'en prendre le risque. Ni pour lui, ni pour moi. Pas en sachant tout ce qu'il vient de m'apprendre. Et si nous non plus, on n'y survivait pas ? Lorsque ses mains saisissent mon visage en douceur je ne résiste pas mais la situation devient très difficile à gérer. Le fait qu'il ait les yeux fermés aide beaucoup, j'ai honte de le penser, mais je ne sais pas si j'aurai été capable de soutenir son regard alors que tout ça tourne à une vitesse folle dans ma tête et que ...

« Je t’aime. »

Stop. Arrêt sur image. Arrêt sur les sons, les sensations, les ressentis. Mes yeux s'ouvrent, j'ai pressé sur pause. Ses yeux sont toujours fermés, ça n'est plus le cas des miens et … C'est comme si tout se remettait en place à l'intérieur de moi, au ralentis, en douceur, juste … par ces simples mots. Mes mains glissent sur ses avant-bras, je le regarde même s'il ne me voit pas. Ça fait des mois que ça dure nous deux et au risque de me répéter c'est comme s'il avait toujours été là, comme si je me souvenais à peine comment c'était avant lui, mais ça … Non, aucun de nous deux n'a jamais formulé ces mots. Je les ressens, je ne me suis simplement jamais posé la question. Pour moi c'était évident, presque au delà de ça et je pense que c'est exactement pareil pour lui mais aujourd'hui, oui, ils remettent les choses en place. Dans l'ordre.

« Je t'aime aussi. »

Et je n'attends pas une seconde de plus pour passer mes bras autour de lui et me serrer contre lui, paupières closes à nouveau, pas sereine ni apaisé pour autant mais au clair dans mes ressentis. Ce sont des vérités, elles n'ont simplement pas leur place ici, aujourd'hui. Chaque chose en son temps.

« On traversera tout ça, ensemble. Comme une famille. Je te le promets. »

Je dépose un baiser sur sa joue puis resserre mon étreinte autour de lui, c'est autant de preuve de mon soutien, de l'importance qu'il a pour moi, des épreuves que je suis prête à affronter à ses côtés. En les prenant une par une. Personne n'a dit que la vie était facile, je crois qu'on est bien placé pour le savoir mais tant qu'on reste soudés, j'ai envie de croire que tout ira bien.

▬ FINI POUR MOI ▬
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