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 That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William

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MessageSujet: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Lun 6 Juin 2016 - 19:59

Mercredi 22 Avril 2015 – Fin de journée
That's how its supposed to be : Living young, wild and free




Mateo, William & Enzo



Our debut was a masterpiece
But in the end for you and me,
Oh, the show, it can't go on.
We used to have it all
But now's our curtain call
So hold for the applause
And wave out to the crowd
And take our final bow
Oh, it's our time to go.
But at least we stole the show

Parson James ▬ Stole the show

Alors ça y est, on y est, c'est … terminé ? On s'est regardé droit dans les yeux, je t'ai pris dans mes bras, un dernier baiser puis on s'est dit au revoir. Ça fait des minutes, des heures et mes ressentis en sont toujours confus mais je sais, je sens, qu'on a pris la bonne décision. J'avais la gorge prise dans un étau et les larmes coincées sous les paupières quand ta main a lâché la mienne et que je t'ai regardé partir, mais c'était bien un sourire sur mes lèvres, le même qui s'est posé tranquillement sur les tiennes. Un au revoir, oui, mais pas un adieu. Dans les faits, notre quotidien restera le même, je ne serais plus dans ton décor, tu ne seras plus dans le mien, mais aucun de nous deux ne sortira vraiment de la vie de l'autre. C'est juste … une porte qu'on va pousser chacun de son côté, sans réellement s'éloigner pour autant, pas totalement en tout cas.  

« Hey tu vas pas chialer quand même ? »

Derek. Derek et sa délicatesse, son tact naturel.

« Ça va, tu vas le revoir. T'as juste à transplaner ou passer par le Portoloin. »

Il n'est pas au courant. Sans trop savoir pourquoi, je ne lui ai pas dit qu'on s'était séparés, peut-être parce que même si je gère ça plutôt sereinement, je suis pas près pour autant à voir l'étincelle de soulagement qu'il aura dans le regard quand il l'apprendra. Il ne changera jamais qui il est et ça n'est pas ce que je lui demande, d'autant plus que … Je pense sincèrement qu'il aurait réellement de la peine pour moi mais … Non, je sais pas, j'ai pas envie de lui en parler, c'est tout. Ça fait un moment que je suis planté là, j'ai pas vraiment fait attention au temps qui passe à vrai dire. Mains dans les poches de mon short, regard rivé sur l'océan là devant moi à quelques centaines de mètres de la terrasse, de l'autre côté de la baie vitrée.

Les jours que Jill et Kyle ont passé ici ont été vraiment géniaux, j'ai rien à en redire si ce n'est qu'ils m'ont fait comprendre qu'un truc a réellement changé en moi et que … J'arrive pas trop à l'exprimer, mais les faits parlent d'eux même je crois. Jill l'a senti, on est partis tous les deux plusieurs heures pendant lesquelles on a discuté en marchant sur la plage, et c'est suite à cette discussion que j'ai su ce qu'il fallait que je fasse. J'ai pas attendu plus longtemps pour en parler avec lui, avec Kyle je veux dire, mais évidement – et même s'il a la tête dans les nuages la plus part du temps et qu'il est capable de rater des évidences plus grosse que cette maison – lui non plus n'était pas passé à côté. On en a énormément discuté, pour en arriver à cette conclusion : On se sépare. Pas parce qu'on ne s'aime plus, ça n'a rien à voir, juste parce que … la vie est faite comme ça. J'ai pas grand chose à reprocher à notre relation, pour ne pas dire rien, seulement nos vies respectives ont pris des chemins différents et j'ai pris conscience que j'avais besoin, envie, peu importe, d'autre chose. De plus. J'ai commencé à le sentir assez rapidement, mais je dois dire que le tournant majeur – si on ne tient pas compte du fait que mon regard glisse un peu trop sur les nanas ces derniers temps – ça été ce qui s'est passé avec Will la semaine avant de partir. Je me dis que ces vacances, elles tombent plutôt bien, et si vous vous posez la question : Oui, j'y ai repensé. La preuve, j'y pense encore. C'est pas constant, seulement ça me traverse l'esprit parfois. J'ai pas trop eu le temps de penser jusqu'ici, bien occupé entre la famille, les aller et retour, etc … Mais … Bref. Ce que je veux dire c'est que j'ai trop de respect pour Kyle, je ne veux pas lui faire de mal et je sais pertinemment que c'est ce qui risque de se produire si on continue comme ça alors même si ça n'est pas facile, je pense sincèrement que c'est la chose à faire. Je lui « rends » sa liberté, je reprends la mienne, et qui vivra verra. Hors de question qu'on coupe les ponts, ça c'est une certitude. S'il m'avait demandé de ne plus lui écrire, de ne plus le contacter, ne plus … jamais le voir, j'aurai respecté sa volonté, j'aurai essayé au moins, mais ça n'a pas été le cas. J'ai pas envie de perdre un ami, parce que c'est ce qu'il est, mon meilleur ami, et plus que ça bien sur mais aujourd'hui, officiellement, il n'est plus mon petit ami. Et ça me fout un sacré coup à l'estomac de le dire, de le penser en tout cas. Un coup au cœur, aussi, évidemment. Est ce que ça me fait grimacer de me dire qu'il va potentiellement se retrouver entre les mains de quelqu'un d'autre ? Ça serait mentir de prétendre le contraire mais j'ai largement pesé le pour et le contre. Je suis … quasiment en paix avec cette décision. Même si j'ai toujours ce sentiment d'être un incroyable connard qui quitte son mec parce qu'il a envie d'aller voir ailleurs. C'est peut-être un raccourcis mais globalement, c'est quand même un peu le fond du problème si on y réfléchi bien.

En attendant je ne vais pas rester là indéfiniment, planté devant cette baie vitrée, l'esprit à la fois vide et trop plein, pendant que mon frère prépare ses affaires parce qu'il part quelques jours de son côté. Je vais avoir la maison pour moi tout seul, j'arrive pas trop à savoir si j'en suis plutôt content ou effrayé. Toujours est-il que j'attrape mon sweat sans pour autant le mettre, et commence à mettre mes chaussures dans un but bien précis, quand il débarque dans le salon à nouveau, son sac dans la main.

« Tu vas où ? »
« Au cimetière. »


Amis de la grosse ambiance, bonsoir ! Mais pour moi ça n'a rien de triste.

« Et peut-être faire un tour en ville, sur le port, je sais pas trop. On verra bien. »
« Tu sais que tu risques de croiser des gens ? »


AHAH ! Est ce qu'on parle du nombre de personne que t'as croisé ces dernières semaines ou pas ? J'ai pas vraiment le courage de riposter, alors je laisse couler, parce que dans le fond on sait très bien qui est le véritable sauvage entre nous deux et que ça n'a pas la moindre espèce d'importance.

« Tu reviens quand ? »
« Samedi en fin de journée. »
« Ok. »


Ça me laisse trois jours entiers pour moi tout seul et je sais déjà en partie ce que je vais en faire. Les bouquins qui trônent sur mon bureau dans ma chambre en atteste. Biologie marine, tout un tas d'infos sur le domaine, équivalence Magique/Non Magicienne, j'ai de quoi faire. Sans parler du fait que j'irai surement rendre visite à Grand-Mère encore une fois, peut-être discuter avec Leah histoire de la faire changer d'avis, aviser avec Ismaelle sur le sujet, et surfer, à outrance ! Jusqu'à m'en faire mal. Faire le plein de soleil, de tranquillité, d'émotions pures que je ressens chaque fois que je suis ici, chez moi. Je me sens épuisé, comme si … tellement de choses lâchaient prise en moi ...

« Zozo ? »
« Hum ? »


Un verre d'eau dans la main, devant l'évier de la cuisine, je suspends mon geste et me retourne pour lui faire face. Ses yeux bleus me prennent en otage, pendant l'espace d'une seconde j'y vois ceux de notre mère mais surtout … ce regard, je ne l'ai pas vu souvent mais je sais ce qu'il représente. Il veut dire … quelque chose que des mots ne peuvent pas vraiment retranscrire je crois. Quand je vois ce regard je sais qu'au fond de lui il s'inquiète pour moi parce que son instinct lui indique qu'un truc cloche même s'il ne met pas le doigt dessus. Et ça me suffit, amplement.

« J'veux pas voir ton chat dans ma chambre. »

Un sourire étire mes lèvres, je ne nierai pas la montée d'émotions que je ressens en cet instant mais aucune chance que je le montre alors je rentre dans son jeu, sans difficulté, affichant mon air de sale petit con arrogant et sur de lui. Juste une façade, peut-être, mais ça me va bien comme ça. Je sais que ça lui va à lui aussi. On aura beau dire, on n'est pas frères pour rien.

« J'aurai pensé que passer un peu de temps avec Jill ça t'aurait détendu mais visiblement c'est pas le cas, t'es toujours aussi aigri. Faut passer la vitesse au dessus là hein ... »

Raté ! Et on ne lance pas d'objet à travers la maison ! Écoute ta mère un peu. Oui, même si elle n'est plus là. Je sais que c'est ce qu'elle aurait dit parce qu'elle l'a dit des centaines de fois à l'époque.

« Tu vas faire quoi ? T'as prévu de errer là tout seul comme une âme en peine en attendant que ton modèle dans la vie revienne pour te montrer comment devenir un homme ? »
« Hum, ouais, j'vais faire ça. T'as raison. J'pensais organiser une partouze avec les habitués du bar gays du coin sinon, ça te tente ? »
« Ah ta gueule ! »


Là dessus j'aurai toujours le dernier mot, il le sait mais il continue de tenter. A tes risques et périls, tu le sais aussi bien que moi frangin.

« J'vais bosser, un peu. Surfer, beaucoup. Peut-être voir un pote. »

D'où est ce que ça sort ça, au juste ? Est ce que j'ai réellement l'intention de voir un pote ? Oui. Et si je dis ça c'est en partie parce que sans m'en rendre compte j'ai mon téléphone dans la main – et le verre d'eau toujours dans l'autre – simplement parce que Jill vient de m'envoyer un … Merde … Comment ils appellent ça déjà ? Un MMS, voilà. Bref, une photo, de Londres … où il pleut. Et ça me fait sourire. J'ai pas à gérer ça tout seul dans mon coin si je ne le sens pas, c'est un peu à ça que j'ai pensé en fermant le message pour tomber sur un ancien message de Mateo sans trop savoir comment j'ai fait. Soyez indulgent, petit Sang Pur débute en la matière. Désolé mon pote, c'est possible que je t'appelle en renfort, sans parler du fait que ça me ferait juste plaisir de te voir et te faire découvrir l'endroit où j'ai grandi.

« Ça te pose un problème si j'invite quelqu'un ici pendant que t'es pas là ? »
« Qui ça ? Ton amant ? »
« Non, celui de ton ex. »
« Hein ?! »


C'est sorti tout seul là, j'avoue.

« Mateo. »
« Ah. »


Je sais, c'est le grand amour entre vous deux. Crois-moi que je ne lui proposerai pas de venir si t'étais là … Ou peut-être que si, parce que c'est chez moi aussi, mais je me comprends. L'idée c'est pas de faire la sécurité parce que vous risquez de vous sauter à la gorge à n'importe quel moment. Pas que je vous considère comme deux brutes épaisses incapable de se tenir hein ... Mais je vous connais les gars.

« Nan, t'es chez toi aussi, tu fais bien c'que tu veux. Tant que ça devient pas une auberge de jeunesse ici. »

Il boude. Tu boudes ! Je le sais. Moi je souris … toujours comme le p'tit con que je suis et qui adore emmerder son grand frère.

« Et c'est pas mon ex. »
« Aller dégage, j'en ai marre de voir ta face. A ce weekend. »


Quand on aime, on ne compte pas. J'aime tellement mon frère que je ne compte pas ce que je lui envoie en pleine face, au sens propre comme au figuré, et c'est plus que réciproque. C'est juste … bon d'avoir une relation normale avec lui, et oui ça en passe par là. On est aussi capable de se parler sans s'envoyer chier, même si là évidemment c'est juste pour déconner.

~*~

Derek a transplané, j'en ai fait autant non sans avoir nourri Lune avant de quitter la maison. Quand je disais que j'allais au cimetière c'était pas des conneries et à l'heure actuelle je suis assis sur l'herbe à côté de la tombe de Papa et Maman. Je leur parle, comme je le fais à chaque fois que je viens ici. Ça me permet de faire le vide, de tirer au clair certains trucs et simplement de passer un moment avec eux même si c'est sans doute bizarre dit comme ça. Il y a tellement de fois où j'aurai aimé qu'ils soient là, mais c'est comme ça et avec ça aussi je suis en paix maintenant.

« Vous croyez que j'ai pris la bonne décision ? »

J'ai peut-être l'air d'un cinglé qui parle dans le vide, mais pas de méprise, je sais bien qu'ils ne vont pas me répondre. Parfois je me suis demandé s'ils n'auraient pas pu rester quelque part, sous forme de fantômes, mais je suis bien content que ça ne soit pas le cas. Ça voudrait dire qu'un truc les retient ici, n'importe qui de sensé voudrait juste les savoir en paix. Je suis peut-être pas le mec le plus sensé de la terre mais c'est en tout cas ce que je souhaite.

J'étais prêt à partir, je me suis arrêté au bout de quelques pas et j'ai fait demi-tour. Ça n'est pas devant la tombe des parents que je suis venu me planter mais devant celle d'une autre personne de la famille … A qui je n'ai pas pu dire au revoir non plus, et que j'ai quitté en termes plutôt houleux à l'époque.

« Bonjour Grand-Père. »

Le patriarche. Un homme dur, droit, mais … présent pour sa famille. Un homme auquel je n'ai surement pas assez pensé ces dernières années. Un homme pour qui j'ai du respect, malgré tout.

« J'sais que toi et moi c'était pas tellement ... »

C'est con, mais je me sens nerveux. Se sentir nerveux devant une tombe … C'est pas comme s'il allait en sortir pour me regarder froidement et me dire que je fais honte à la famille … Mais ça ne m'empêche pas d'hésiter, de me passer une main dans le cheveux avant de relâcher mon bras qui retombe le long de mon corps dans un profond soupir.

« Enfin j'suis pas Derek, ça c'est certain, et j'crois pas qu'on aurait été sur la même longueur d'onde si t'étais encore là aujourd'hui mais j'voulais juste te dire ... Merci d'avoir été là. »

De ne pas m'avoir rejeté alors que j'étais devenu un monstre, de t'être occupé de moi comme tu l'as fait, de ne pas m'avoir … traité comme un sale gamin ingrat chaque fois que je fuguais pour rentrer à la maison parce que chez vous … ça n'était pas chez moi. Tu m'as aidé pour les premières transformations, t'as fait en sorte que je ne manque de rien, que je sois en sécurité, que les autres soient en sécurité. J'en avais pas conscience à l'époque, j'ai pas le souvenir de t'avoir dit merci pour tout ça ou peut-être jusque comme ça, à la volée, dans un bon jour. Je suis parti d'ici en colère parce que je vous en voulais à toi et Grand-Mère de nous éloigner de nos repères. Maintenant, avec le recul, je comprends pourquoi vous avez fait ça. Vraiment.

« J'te promets qu'on continuera de prendre soin de Grand-Mère, tu peux être en paix. Au moins pour ça. »

Et je pense que c'est le plus important, non ? Parce que pour le reste … Je ne changerai pas celui que je suis ni même ma façon de penser. Jamais. Pour personne.

~*~

Après le cimetière j'ai trainé encore un peu, sur le port, en ville, puis je suis rentré à la maison tranquillement. Ça fait maintenant une petite heure que je suis posé sur la terrasse, bien confortablement installé dans un des fauteuils, les pieds croisés sur la rambarde – ça aide d'avoir des grandes pattes – alors que le soleil se couche en douceur. Lune fait sa toilette dans le hamac, moi je bouquine en attendant Maracas a qui j'ai envoyé un message plus tôt, juste … pour lui dire les choses factuellement sans vraiment rentrer dans les détails et qui va débarquer probablement dans peu de temps par le Portoloin au dessus de la maison là dans les dunes. C'est pas pour jouer les psy que je l'ai « appelé » ni parce que j'ai besoin d'une épaule pour pleurer, juste parce que c'est les vacances, que certes c'est quand même un coup dur même si je le vis plutôt sereinement, que j'ai envie de voir mon pote tout simplement et de passer un moment avec lui, à refaire le monde, comme on s'est dit plusieurs fois qu'on ferait. Dommage que Caem ne soit pas là mais lui aussi viendra découvrir mon monde et on se le fera se périple tous les trois à travers nos pays respectifs histoire de casser la gueule à tout un tas de clichés. Et je commence sérieusement à avoir la dalle. Oui, c'était l'anecdote inutile du soir, je me sentais obligé.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 14 Juin 2016 - 15:46

►That's how its supposed to be : Living young, wild and free◄
Enzo & Mateo


Mercredi 22 Avril ▬ Dans la journée

- Allez, t’en es pas capable c’est ça ?
- Non, j’ai juste pas envie de me foutre dans la merde.
- Ooooh si c’est pas mignon ! Eh, Pablo ! Regarde comme notre cousin est devenu si rangé et si tendre.
- Hinhin, c’est l’amooooooooor qui lui a fait ravaler ses cojones !
- Vete a la mierda. On n’a plus dix ans, j’y suis pour rien si vous jouer encore dans la cours des bambinos.

Je râle à gueule ouverte contre ces deux connards qui n’arrêtent pas de m’emmerde depuis tout à l’heure. Peut-être parce qu’ils ont un peu raison sur un point : Je me suis calmé. Pourtant, ce qu’ils me demandent de faire c’est pas la mer à boire. Juste balancer des ballons remplit de peinture sur la gueule des flics en bas… et du prêtre.
Le truc, c’est qu’en réalité, ça m’amuse. J’le nie pas, faire des conneries de ce genre comme un gamin de dix ans ça m’éclate toujours autant… mais après avoir rencontré Jenkins Mère, requin du barreau, j’suis plus tellement sûr de vouloir prendre le risque de me faire prendre pour avoir un rapport collé au cul. Surtout qu’on est censé reprendre les cours d’ici quelques jours. C’est pas le moment de faire une connerie et de terminer en garde à vue pour louper la rentrer.

Putain, j’suis dans quelle dimension pour faire en sorte de pas louper les cours moi ?
J’ai changé. Merde. J’ai CHANGE !

- J’suis sûre que ta pote gothique à plus de cojones que toi et que elle, elle l’aurait déjà fait.

J’ai tellement envie de leur arracher les yeux à ces deux merdeux.

- Donne-moi ça crétin.

Je cède sous le regard moqueur de Luciano qui ricane, trop content de me voir baisser les bras et me saisir de ce ballon rempli d’œuf et de farine. Hors de question que j’y perde ma fierté et hors de question de leur don-ner raison que oui, Maxime l’aurait déjà fait depuis longtemps.
Quelques pas et je suis là, au-dessus de deux flics entrain de boire un café tranquillement. Sûrement la pause entre deux services mais je m’en fou. Je ne réfléchis pas, je me contente simplement de viser. Mes deux cousins sont toujours là, ils ne manqueraient ça pour rien au monde et s’il y a une chose sur laquelle je peux compter, c’est leur présence.
J’ai le cœur qui bat comme un tambour, comme avant, avec cette adrénaline qui flambe chacun de mes muscles.

- Allez, dépêche-toi.
- Deux secondes. Je vise, retiens mon souffle. Prêt ?

Je les sens acquiescer derrière moi et je lâche d’un coup le ballon remplit de toute cette merde. Le plastique éclate entre les deux et les asperges joyeusement de tout le contenu. Les premières secondes, un silence règne et enfin, les éclats de voix.
Nous n’attendons pas plus longtemps pour cavaler comme des gamins, descendant les escaliers quatre par quatre, sautant par-dessus une balustrade et maintenant, c’est la course au travers la ville. L’avantage que nous avons est qu’ils n’ont pas vu nos gueules mais nous devons à tout prix nous éloigner au plus vite et au plus loin pour éviter toute balance en chemin. Et c’est ce que nous faisons, slalomant entre les gens, passant par les petites ruelles que nous connaissons comme notre poche et j’ai l’impression d’avoir de nouveau 15 ans. Le cœur explose, l’adrénaline me donne un sourire béat sur les lèvres, me donnant l’air d’un demeuré.

- Plus vite !

J’ai perdu l’habitude des sprints de ce genre car même si je fais encore quelques conneries au château, le nombre de pièce mit à notre disposition nous permet de nous planquer rapidement. Là, les choses et le terrain change. Et c’est presque hilare que nous atteignons bientôt la propriété de notre grand-mère alors que ça doit faire depuis un petit moment que les flics ne sont plus à nos trousses.
C’était puéril de notre part de faire ça, c’était même complètement ridicule mais il est si bon de se sentir aussi vivant auprès des siens que je n’en ai plus rien à foutre.



¥



J’dirais pas que le texto d’Enzo est inquiétant – et j’ai presque envie de le félicité d’avoir utilisé un smiley – mais presque. Je sais que ça n'est pas un appel au secours, ni quoi que ce soit d'autre et qu'il doit sûrement avoir besoin de parler et qu'on passe du temps ensemble. Mais lui et Kyle, séparés? C'est le genre de truc à laquelle je ne m'attendais pas. Quand vous l'entendiez parler de lui, y avait un truc et quand j'y repense, c'est vrai que ce "truc" justement, semblait ailleurs, comme estompé.
Quoi qu'il en soit, s'il a besoin de moi, j'suis là. Je suis déjà en route pour prendre le Portoloin, sans l’ombre d’un sac dans les mains. Papier d’identité, portable et clés, c’est tout ce dont j’ai besoin sur moi pour aller rendre visite à mon capitaine pour la soirée. Et j’ai foutrement hâte de fouler le sable Australien, depuis le temps qu’on en parle.
Être en vacance me fait un bien fou. J’ai pu voir ceux que je voulais, aussi bien Maxime que Riley, sans oublier mes cousins et d’autres potes. Je ne sais pas comment vie Jefferson ces derniers temps mais je me tiens régu-lièrement au courant, que ça soit par transplanage ou par texto pour savoir comment ça se passe, comment elle se ré-apprivoise face à Dean.
Cette histoire est quand même un truc de dingue… Un véritable film avec cette fois, une bonne fin. C’est tout ce que je lui souhaite. J’admets avoir pensé qu’elle ne reviendra pas là-bas, que William et Macy resteront aussi probablement avec elle et même si Riley et Enzo se trouveraient encore au château, j’suis pas certain que je vivrais correctement l’idée d’être là-bas sans Maxime. C’est une sœur pour moi, une sorte d’alter égo mais si elle décidait de rester à Londres pour pouvoir rattraper le temps perdu avec Dean, j’le comprendrais.

Rien que l’idée me fout l’cafard alors je me focalise sur autre chose : Capitaine Ryans. Ah si, j’ai un sachet avec deux bouteilles de rhum. Quand même, j’vais pas venir les mains vides, surtout en ces circonstances.

J’arrive enfin vers le portoloin qui est sous la forme d’un vieux pot de fleur brisé dans une ruelle et l’agrippe aussitôt.
Une seconde et je sens un crochet me tirer par le nombril avec violence.
J’vais gerber. J’avais oublié à quel point la sensation était désagréable au possible et même si ça ne dure que très peu de temps, j’ai l’impression de vivre ce truc désagréable une éternité.
Plongeons, tête la première sur une surface mi-molle, mi-dure – comme ma b**e – et surtout, j’ai du sable plein la gueule. Dans la bouche et dans les cheveux.

- Mierda.

Je me relève, tangue un peu et crache au plus possible sable qui colle à mes lèvres en m’époussetant les che-veux et les vêtements.
Puis le déclic. Les bouteilles.
Je me retourne vivement et les retrouve trois mètres plus bas. Intactes. Je ne sais pas par quel miracle elles n’ont pas un pète. Je les ramasse, avec du sable encore sur la gueule que j’enlève d’un geste. Je prends le temps cette fois de regarder autour de moi et j’ai le droit à une véritable vision de rêve. L’océan, là, juste face à moi. Une maison que je devine être celle d’Enzo. Des dunes, du sable, de l’eau, du sable et de l’eau. Et une chaleur presque aussi lourde qu’en Argentine et qui me fait autant de bien.
Un mouvement en contrebas attire mon attention et je vois Enzo qui débarque. J’agite le bras, large sourire aux lèvres.

- Yo Capt’ain ! Je descends en prenant garde de n’pas me casser la gueule, j’vais éviter la catastrophe bis. Tu m’avais pas dit que c’était l’île de la tentation chez toi !

L’air de la mer me donne un vrai bol d’air frais et un vrai coup de fouet qui m’éveille aussitôt.

- C’est paradisiaque. J’comprendrais que tu veuilles finir le reste de tes jours ici vieux. J’arrive près de lui, accolade fraternel et amicale avant de lui tendre le sachet. Tiens, les jumelles. J’me demande comment elles ont fait pour survivre au transplanage avec la gamelle que j’me suis pris.

Je m’ébouriffe encore une fois les cheveux pour enlever les derniers grains de sable.

- Comment tu t'sens ?[/b]
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mer 15 Juin 2016 - 22:03

Ce sentiment de sérénité, ce calme … Je ne dis pas que je n’arrive pas à trouver le calme quand je suis à Poudlard – même si parfois, vu le contexte, c’est compliqué – mais ici, c’est totalement différent. Je n’ai pas le souvenir d’avoir fait un seul cauchemar depuis que j’ai remis les pieds dans cette maison, alors que mon sommeil est souvent agité ces derniers … ces dernières années, en réalité, même si ça se présente la plus part du temps par période, par vague..
Là, on entend les oiseaux de mer – même si la plus part vont se coucher actuellement – il y a toujours une petite brise qui fait bouger les herbes perdues au milieu du sable, et puis surtout, surtout, le ressac berce comme la meilleure des berceuses. C’est tout une ambiance qui me fait totalement décrocher, des odeurs, des bruits, des sensations et pleins de souvenirs … Ici je me sens bien, bien mieux que n’importe où ailleurs, et ce moment j’en profite à 100% même si mon esprit est parfois traversé par certaines choses, certains ressentis, et certaines personnes. Surtout une, en réalité, parce que malgré tout il me manque et ça me laisse une boule dans la gorge quand je me prends la réalité en pleine face. J’accepte, ça n’est pas pour autant que c’est facile. Je ne pourrais pas être détaché de ça en claquant des doigts, je ne me fais pas d’illusion, mais … ça va. Vraiment. C’est juste … la vie, c’est comme ça, on fait des choix. J’espère juste ne pas l’avoir blessé, la dernière chose dont j’ai envie c’est de lui faire du mal.

« Hey. Ben alors, qu’est-ce que tu veux ? »

Lune. Qui se pointe à pas de velours et saute sur mes genoux pour se taper l’incruste entre mon regard et le livre que je tiens encore à peine entre mes doigts. Elle s’installe sur mon ventre, ma position est apparemment totalement parfaite pour son confort puisqu’elle commence à ronronner immédiatement tout en palpant mon polo. Et moi, comme à chaque fois, je me fais avoir. Je laisse tomber mon livre que je pose sur la table basse et la caresse, la gratouille derrière les oreilles, sur la tête, sous le menton, un sourire tranquille sur les lèvres. Ronron thérapie, comme souvent. Parfois je me demande vraiment si elle ne ressent pas ce que je ressens et agit en conséquence. En réalité, j’en suis certain. Ça n’est pas comme avec un chien, elle n’est pas toujours très démonstrative et à clairement un sale caractère mais … je la trouve parfaite comme elle est, avec ses grands yeux bleus à demi fermés d’extase.

Un sourire, un rire amusé, cette quiétude est « bouleversée » par un bruit sourd suivi d’un magnifique « Mierda ! » qu’une oreille humaine n’aurait pas perçu à cette distance. Le vent m’a apporté l’information, on a de la compagnie, et pas n’importe laquelle.

« On a de la visite Mademoiselle, tiens-toi bien. »

Je l’attrape par-dessous les pattes avant et la soulève alors qu’elle proteste. Un bisou sur sa p’tite tête, je la pose à ma place – toute chaude – sur le fauteuil et descends les marches de la terrasse sans jamais perdre mon sourire. Mains dans les poches, pieds nus dans le sable, je contourne la maison et monte un peu sur le côté jusqu’à ce qu’il apparaisse dans mon champ de vision … Le fait qu’il soit recouvert de sable et entrain de se relever ne m’échappe pas, bien évidemment. Il agite le bras, j’en fais autant. Ça me fait vraiment plaisir de le voir dans ce décor et l’espace d’un instant j’aurai aimé que Papa et Maman soient encore là, pour pouvoir leur présenter toutes ces personnes qui font partie de ma vie aujourd’hui, à commencer par Mateo en l’occurrence puisque c’est lui qui débarque. En dehors de Jillian et Kyle, il est le premier. J’espère qu’il ne sera pas le dernier, soit dit en passant. Il y a tellement moyen de passer des bons moments ici.

« Yo Capt’ain ! Tu m’avais pas dit que c’était l’île de la tentation chez toi ! »
« C’était pour garder une part de mystère … Et puis y a pas vraiment de mots pour rendre correctement hommage à cet endroit. »


Il galère, ça me fait sourire mais non je ne me moque pas. Ça n’est pas parce que je suis né ici et que je suis habitué que je ne me casse plus la gueule dans le sable. Cet endroit, c’est potentiellement le bout du monde. Aucune autre maison à portée de vue, un chemin en terre pour accéder par la route malgré tout – qui se trouve officiellement devant la maison, entrée qu’on n’utilise quasiment jamais soit dit en passant – des dunes tout autour, un carré d’herbe sur le devant de la maison, la plage derrière, l’océan dans son prolongement, et puis des forêts de pins autour, d’autres arbres, idéales pour les nuits de Pleine Lune. Des parois rocheuses qui enclavent tout ça du côté de la plage … Le tout protégé par la Magie, il n’y a pas plus tranquille et coupé du monde, sans pour autant être trop éloigné des autres. Il suffit de faire à peine un kilomètre pour tomber sur les voisins, les parents de Jeenah, par exemple. Ensuite les maisons sont moins espacées. La nôtre est en bois, un peu de pierre, et pas très grande mais parfaite selon mes critères. Quatre chambres, enfin trois officiellement puisque l’une d’entre elle est en fait le bureau de Papa. Celle des parents est en bas, la mienne est en haut côté Océan – bien sur – avec de grandes baies vitrées sur tout le pan de mur et un balcon, celle de Derek est de l’autre côté mais ça lui va bien comme ça. L’Océan, il s’en tape. Disons qu’il y est plus indifférent que moi. En face de sa chambre, le bureau de Papa transformé à l’occasion en chambre d’amis, en face de la mienne c’est la salle de bain. Les parents en avaient une dans leur chambre. Et les toilettes, évidemment, ça peut toujours servir … En haut, et en bas. Il reste un espace libre à l’étage, qui donne accès à un balcon dans la continuité du mien, c’est là qu’on jouait quand on était petits. Enfin, c’est là où Derek me martyrisait à l’abri du regard des parents plutôt. Oui ! Je suis Caliméro. C’est injuste, mais c’est moi l’plus beau. Bref, je m’égare, mais cet endroit, cette maison … Eh j’ai oublié la cabane derrière la maison ! Avec l’établi de Papa ! C’est là qu’on entrepose les planches, enfin il n’y a plus que moi à le faire maintenant mais c’est un détail. Et c’est aussi là où on les fabrique. D’ailleurs, j’en ai commencé une nouvelle. J’ai pas encore la dextérité de mon géniteur mais ça viendra. Je trouve que je ne me suis pas trop mal démerdé sur la dernière avec laquelle je surfe sans problème, celle sur laquelle Kyle a déposé son talent. Et puis la pièce de vie … Ma préféré. Le salon d’un côté, avec de grandes baies vitrées qui donne sur la terrasse et l’océan en fond, puis la cuisine de l’autre, sans séparation, c’est une seule et même pièce, l’endroit où tout le monde passe le plus de temps dans cette maison. D’ailleurs le grand plan de travail surélevé est déjà pas mal encombré par mes bouquins et autres infos que j’ai pu trouver pour … mon avenir. C’est là que j’avais l’habitude de faire mes devoirs, comme si être avec mes parents, même avec Derek, de près ou de loin, était une évidence, un truc … nécessaire. Il y a des photos partout sur les murs, des peintures faites par Maman, … Quand je fais la liste de tout ça, je réalise à quel point j’aime cet endroit même si je n’en ai jamais douté une seconde.

Enzo, recentre-toi.
Oui, pardon.

« C’est paradisiaque. J’comprendrais que tu veuilles finir le reste de tes jours ici vieux. »
« N'est-ce pas ? »


Viens dans mes bras, grand fou.

« Tiens, les jumelles. J’me demande comment elles ont fait pour survivre au transplanage avec la gamelle que j’me suis pris. »
« Toi, tu sais comment m’parler. »


Parce que dans le sachet qu’il me tend, c’est deux bouteilles de Rhum qui se tiennent mutuellement compagnie … Moi je vous le dis, ça sent bon. Très bon même. Peu importe les circonstances, je suis simplement vraiment content à l’idée de passer une soirée avec mon pote et j’ai pas l’intention de me morfondre une seule seconde.

« Mais c’est que t’es mignon avec tout ce sable dans les cheveux ! »

Et je ne me prive pas pour lui ébouriffer les cheveux moi-même histoire de le faire chier un peu au passage.

« Comment tu t'sens ? »

J’esquisse un sourire plus tranquille, sans doute un peu triste, alors que ma main libre va se reloger dans ma poche et que je fixe le sable une seconde sans vraiment le voir. L’instant d’après je relève les yeux vers lui, mon sourire est toujours là.

« J’sais pas trop, un peu « bizarre » j’crois. »

Haussement d’épaules.

« Enfin ça va, j’suis pas au fond du trou, même plutôt serein en réalité. »

Et j’en culpabilise, c’est une certitude, mais c’est comme ça. J’ai pas envie d’en faire un mélodrame, les choses sont ce qu’elles sont et je pense que … J’ai fait les choses correctement, j’ai été réglo, honnête et sincère, respectueux aussi, sans parler du fait qu’on a pris le temps d’en discuter tous les deux et que finalement, même si je suis celui qui a mis le doigt dans l’engrenage, c’est une décision commune.

« Ceci dit, picoler pour oublier et oublier d’arrêter, j’pense que … Ouais, ça me plait pas mal comme programme. »

Parce qu’on ne va pas se mentir, dans ces moment-là, c’est un peu la solution idéale. C’est aussi s’exposer au risque d’avoir l’alcool triste mais … Avec Mateo dans le coin, je doute que ça se produise. Et ma main ressort de ma poche pour aller se poser sur son épaule, je le pousse un peu sans pour autant le lâcher, mon sourire n’est plus triste à présent.

« Content que tu sois là Maracas. »

Sincèrement.

« J’ai aucune idée de l’heure qu’il est mais j’ai la dalle, viens par là. »

Mon bras passe autour de ses épaules une seconde et une fois le chemin embrayé je le lâche et passe devant lui jusqu’à ce qu’on arrive sur la terrasse. Lune n’a pas bougé du fauteuil, elle toise Mateo une seconde puis nous tourne le dos à tous les deux dans un geste débordant de mépris. Encore quelques pas, nous voilà dans la maison, le salon sur la droite, la cuisine sur la gauche. J’écarte les bras légèrement et me retourne vers lui.

« Bienvenue chez moi. »

Je ramène du sable partout avec moi, même si j’ai laissé tomber le plus gros sur la terrasse, mais ça n’a pas d’importance. Maman râlerait, c’est sûr, et Papa la soutiendrait, mais tous les deux savaient pertinemment que je passerais un coup de balai sans rechigner, sans qu’on ne me demande rien. Détail, encore, mais je ne peux pas m’empêcher de penser à eux en quasi-permanence quand je suis ici.

« Ah et si jamais tu t’poses la question, Derek est pas là. »

Sourire et regard entendu. Mateo et Derek sous le même toit ? AHAH. Non. A Poudlard ça passait parce que c’est grand mais ici … Je ne prendrais pas le risque. En réalité, si, je le prendrais parce que c’est chez moi aussi mais je me comprends. Disons que le timing est plutôt bon. Enfin bref, direction le frigo parce que j’ai vraiment la dalle et puis surtout …

« T’en fais pas pour les jumelles, on va leur faire leur fête comme il faut mais avant ça … »

Je dépose les bouteilles de Rhum dans le congelo histoire de les refroidir au maximum – même si elles sont déjà bien fraiche – et ouvre le bac à légumes … qui est plein de légumes pour une partie, certes, mais surtout plein de bières.

« … les p’tites sœurs. »

Je décapsule les deux directement à la main par habitude et lui en tend une avant de lever la mienne pour trinquer.

« A la tienne hermano. »

Le verre s’entrechoque, mon sourire s’élargit.

« T’as vu ça un peu ?! J’espère que t’es fier ! »

Parce que moi je le suis ! Ok, avec mon accent Australien, rouler les « r » c’est … Ouais ça rend rien à côté de lui on est d’accord mais ça m’amuse, quitte à être ridicule, et je crois que c’est le principal. Et surtout ! Je retiens quelques mots d’espagnol ! Dont celui-là, qui veut dire frère. Et la première gorgée fait un bien fou. Dehors la nuit se pointe tranquillement, il ne fait plus aussi chaud que dans la journée, mais c’est toujours plus chaud qu’au Royaume Unis ça c’est certain, alors qu’ici c’est l’automne et là-bas un printemps bien avancé. On peut largement se balader en short et en T-shirt pendant encore un paquet d’heures. Ensuite, l’alcool prendra la relève.

« Je sais pas tellement quelle heure il était chez toi quand t’es parti mais ça te dit de faire griller de la barbaque au feu de bois ? »

Visualisez le tableau. Feu de camp dans le sable, de la bière, du Rhum, de la barbaque … Et vous êtes le plus heureux des hommes. Je pense que la décision est rapidement prise, alors en route, direction l’extérieur, juste un peu en contre-bas de la maison, au début de la plage, à l’abri du vent en plus de ça. Et grâce à la Magie il n’y a rien de plus simple que de faire partir un feu. C’est un truc qu’on avait l’habitude de faire avec les parents, habitude qu’on n’a pas perdu avec le frangin. Tout ça pour dire qu’on a un emplacement spécial prévu pour ça et qu’il marque encore des années de barbecue ou de soirée simplement passée au coin du feu. On a cheminée à l’intérieur mais en Australie on vit beaucoup dehors. Le must ça aurait été d’aller pêcher quelques poissons pour les faire griller eux aussi … Mais la viande, ça me va très bien en ce qui me concerne. Et Loup est plutôt d’accord avec ça.

« Alors, ces vacances, raconte. Ça se passe bien ? »

J’ai pas dit que je ne voulais pas parler de ce qui se passe de mon côté, je crois même que tôt ou tard j’aurai peut-être besoin de poser des mots là-dessus, de lui donner peut-être plus d’explications sans pour autant y passer des heures, mais il n’y a pas que de mon côté qu’il s’est passé des trucs notoires ces derniers jours et ça, ça ne m’échappe pas. Ça m’intéresse, tout simplement. Ce qui ne m’échappe pas non plus c’est le fait que je ne crois pas l’avoir déjà vu aussi serein, et ça fait vraiment plaisir.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Lun 27 Juin 2016 - 12:47

Je sais toujours comment parler aux gens. Même si c’est pas vrai parce que je suis né sans filtre entre le cerveau et la bouche. Mais faut croire que de temps en temps, je sais où est-ce qu’il faut viser pour attendrir. On est là pour se détendre, penser à autre chose mais aussi discuter un peu d’un sujet un peu tendu. Il n’a pas l’air en mauvaise forme, beaucoup déprimé que j’l’aurai cru pour être honnête et je n’sais pas si je devrais être inquiet ou soulagé. Cette séparation avec Kyle est aussi surprenante que de l’entendre dire que son frère est homosexuel. Désolé pour la comparaison, mais j’ai pas trouvé mieux.

Et parce que j’suis pas un pote en carton – en tout cas j’essaie -, je lui demande comment il se sent, si au moins il le vit bien.

- J’sais pas trop, un peu « bizarre » j’crois. Enfin ça va, j’suis pas au fond du trou, même plutôt serein en réalité.

J’acquiesce en silence, plutôt content de l’entendre dire ça. Je m’y attendais pas forcément mais peut-être que finalement, tout ça c’était la bonne décision pour lui. Pour eux. J’peux pas me foutre à sa place et je n’essaierais pas, seul lui peut juger de ce qui est bon pour lui alors je lui fais plutôt confiance sur sa décision. Et c’est vrai qu’il a l’air serein. En même temps, difficile d’être stressé avec un cadre pareil… Un vrai rêve éveillé.

- C’est le principal. Content de te l’entendre dire.
- Ceci dit, picoler pour oublier et oublier d’arrêter, j’pense que … Ouais, ça me plait pas mal comme programme.
- Je sais, j’suis un génie en la matière.

Quand il s’agit de faire des soirées, de se saouler et d’aider l’autre à oublier, j’suis un pro. Bien plus que pour donner des conseils ou pour étudier. Chacun son truc, j’suis quand même bénéfique pour les autres, la preuve. Il pose sa main sur mon épaule, j’ai le sourire jusqu’aux oreilles parce que putain, qu’est-ce qu’on est bien ici.

- Content que tu sois là Maracas.
- Content d’être là. Merci de m’avoir invité.

Même si j’aurai préféré pour toi, comme pour moi, que ça s’fasse en d’autres circonstances. Mais j’suis quand même content d’être là, vraiment. Ce sont des trucs que j’avais oublié avec le temps, le fait d’avoir de vrais potes sur qui compter, passer du temps avec eux, de n’pas être jugé.

- J’ai aucune idée de l’heure qu’il est mais j’ai la dalle, viens par là.
- Pendant les vacances, le temps n’existe plus. T’apprendras ça.

C’est une de mes philosophies lorsque je n’suis pas en cours et que je profite du repos durement gagné. Je n’ai plus aucune conscience du temps qui défile, ni des heures de dîner ou quoi que ce soit. Pendant les vacances, je vis au jour le jour, à l’instinct et selon mes envies. Si j’ai envie de bouffer à 15 heures de l’après-midi un gros steack frites pour ne manger ensuite qu’à une heure du mat’, je le ferais sans aucun problème.
Je me laisse entraîner par Enzo qui a passé son bras par-dessus mes épaules pour me lâcher une fois arrivé sur la terrasse. Y a pas à dire, cette baraque à l’air immense et surtout extrêmement bien placé. La mer juste en face, la plage, le calme et le silence, sans rire, c’est un coin de paradis. Je ne fais même pas attention à Lune et suis Enzo jusqu’à l’intérieur de sa maison.

- Bienvenue chez moi.

Un coup d’œil à gauche où se trouve une magnifique cuisine où j’imagine déjà la famille Ryans se faire un méga p’tit dej’, puis sur ma droite un immense salon où j’imagine cette fois, Derek et Enzo, dix ans de moins, se chamaillant comme des frangins le feraient, en sautant sur le canapé. Tout me laisse sans le vouloir un arrière-goût nostalgique que je ne lui montre pas parce que là, on s’en branle de savoir ce que ça m’évoque, tout ce qui compte c’est qu’on y soit bien. Et franchement, Enzo a hérité d’une superbe baraque pour faire sa vie et j’en suis heureux pour lui.

- Ah et si jamais tu t’poses la question, Derek est pas là.

Je tourne mon regard vers lui, lâchant un ricanement presque ironique.

- Dommage, j’étais venu juste pour lui.

Il sait que j’plaisante et que c’est certainement pas son frère que j’viens voir ici mais bien Enzo. Derek ? Lui et moi c’est la haine à l’état pure. Il me suffit en plus de ça de l’imaginer entrain de se taper ma meuf pour ressentir une violence que je ravale en me resituant dans la réalité. Et puis même, j’aime pas le personnage de base. C’est comme ça et on s’en fout, j’suis pas là pour ça.
J’entre dans la cuisine à la suite d’Enzo mains dans les poches alors qu’il dépose les bouteilles de Rhum dans le congélo.

- T’en fais pas pour les jumelles, on va leur faire leur fête comme il faut mais avant ça …les p’tites sœurs.
- Aaaaah ! toi aussi tu sais comment m’parler. J’attrape la bière qu’il me tend, large sourire aux lèvres. Merci Capt’ain.
- A la tienne hermano.
- C’est qu’en plus tu fais des progrès.
- T’as vu ça un peu ?! J’espère que t’es fier !
- Ouais mais tu peux faire mieux. Après avoir entrechoquée nos boissons j’articule. [i]Salud, hermano[/u]

Je prends une première gorgée et pousse un soupir de contentement. Je prend note du « hermano » qu’il m’a spontanément affublé et je ne le contredirais pas. Ca fait même plaisir de l’entendre dire ça.

- Rah putain, ça fait du bien par là où ça passe !

Comme si j’avais pas bu une bière depuis une éternité. D’autant plus que c’est pas chez mes parents que je me prive quand ma propre mère m’accompagne à l’arrière de la maison, dans le jardin, pour discuter de Riley, de Maxime ou même de son boulot de photographe.

- Je sais pas tellement quelle heure il était chez toi quand t’es parti mais ça te dit de faire griller de la barbaque au feu de bois ?
- Sérieusement, tu m’poses la question ? Plutôt deux fois qu’une ! Rien que d'y penser j'ai déjà les crocs.

J’ai un sourire jusqu’aux oreilles parce que je visualise déjà le tableau et j’pouvais pas espérer mieux en arrivant ici. J’avais complètement oublié à quel point les vacances pouvaient faire du bien pour peu que l’on soit entouré des bonnes personnes. Ces derniers jours j’ai enchainé avec Riley, Maxime et quelques cousins et copains, maintenant je termine le tout avec Enzo avant de passer mes derniers jours avec mes parents. J’ai rarement été aussi serein, aussi en phase avec moi-même au point d’avoir réussi à fouler les graviers du cimetière qui tient en otage ma Camélia. Les temps changent et je sais que mes proches comme Enzo y sont pour beaucoup.
Je le suis sur l’extérieur, bière à la main et profites à fond de cette brise qui fait un bien fou. J’espère que tout se passe aussi bien pour Maxime, d’après les dernières nouvelles nous sommes en nette progression. J’espère seulement que Macy n’éclaire pas plus le tableau que ça ne l’est réellement.

- Alors, ces vacances, raconte. Ça se passe bien ?

Si ça se passe bien ? J’aurai jamais cru dire ça un jour mais ça s’passe bien mieux que je ne l’aurai cru. Je réfléchis brièvement à tout ce que j’ai fait durant ces dix derniers jours et le sentiment majeur qui en ressort c’est une réelle sérénité.
Je lâche un soupire.

- Honnêtement ? J’pouvais pas rêver mieux. J’aurai même jamais cru dire ça un jour mais j’me suis jamais senti aussi bien qu’aujourd’hui. J’sais pas si c’est l’effet de l’air Australien, si vous avez une drogue dans votre oxygène mais j’me sens juste bien.

Un truc que j’connaissais plus après toutes ces années de chaos et de carnage dont je suis l’unique responsable et j’en assume la responsabilité sans aucun problème. J’ai merdé sur bien des points avec des personnes qui étaient essentiel pour moi et j’peux m’estimer heureux d’avoir pu rattraper le coche aujourd’hui.
Je bois une gorgée tout en suivant Enzo, attendant de voir si on doit sortir acheter la viande ou s’il a déjà tout prévu.

- J’ai retrouvé mes parents et même si je m’attendais à au moins me prendre une belle tarte dans la gueule, tout c’est bien passé. Très bien même. J’comprends pas comment j’ai pu me comporter aussi salement avec eux.

Je claque ma langue contre le palais, marmonne une insulte en espagnol directement dirigé vers moi-même et ma connerie. Bref, j’vais pas rester 150 ans là-dessus, ce qui est fait est fait de toute façon.

- On a rattrapé un peu le temps perdu, j’ai vu aussi Maxime qui est venu passé quelques jours en Argentine avec moi. Elle a foutue une branlée à l’un de mes cousins qui n’sait toujours pas qu’elle est lycan et qui ne digère pas le fait de s’être fait rétamer par une fille qui pèse deux fois moins lourd que lui.

Et j’en ricane encore quand je revois sa gueule déconfite, le nez pété. J’le plains pas, il est toujours d’une nature grande gueule à vouloir trop en faire, il l’a cherché. Depuis, il tire encore un peu la tronche mais ça lui passera une fois qu’il aura retrouvé sa dignité et sa fierté. Quant aux autres, ils en rient encore et me demandent quand est-ce que Maximus Brutus revient les voir.

- Et pour finir, j’ai fait la connaissance des parents de Riley. C’était une autre bataille mais si j’suis toujours là et toujours avec leur fille c’est que j’en suis pas ressortie totalement vaincue. Je hausse les épaules. C’était cool de la revoir à l’extérieur, ça change de contexte un peu, ça fait du bien. Et ses parents sont sympas même si sa mère ne fera pas l’impasse sur mon casier judiciaire en un claquement de doigts.

Encore une fois, je hausse légèrement les épaules, ne m’en souciant pas plus que ça. J’ai pas aimé son regard, j’ai pas aimé sa manière de me rappeler que j’avais un tas d’exploit derrière mon cul qui dorait incroyablement bien ma présence auprès d’un juge mais je l’ai bouclé et j’ai attendu que ça se détende un peu. Ca a fini par arrivé même si j’suis intimement convaincu que ça ne change rien au fait qu’elle voit en moi un délinquant. De toute façon, ça ne sont pas les souvenirs les plus importants que je retiens de cette anniversaire mais ce plutôt ceux de Riley souriante, vivante, en joie et que j’ai jamais vu aussi ravissante que ce jour. Si c’était à refaire, j’le referais. Et j’enverrais toujours ce même message à Maxime pour lui demander quoi faire parce que j’ai pas toujours les réponses à tout.

J’me tourne vers Enzo, tout en continuant de le suivre.

- Et toi, racontes. T’as l’air plutôt en forme malgré tout, c’est rassurant.

Et j’le pense sincèrement, ça n’est plus à prouver que je suis d’une franchise parfois déplacée. Mais j’me soucie de son sort, de savoir comment il a vécu le truc, de savoir comment il se sent aujourd’hui à part le fait d’être « bizarre ». Il a l’air de plutôt bien gérer sa vie sans Kyle même si tout ça est tout neuf, mais je préfère l’entendre dire lui-même. Histoire d’être sûr.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 28 Juin 2016 - 19:57

Derek et Mateo, la plus belle histoire d'amour du 21ème siècle … Je me demande sincèrement ce que ça donnerait si on les plaçait tous les deux au même endroit. Il y a Riley qui créé des tensions entre eux – pas volontairement, évidemment – mais il n'y a pas que ça. C'est plutôt clair que leur caractère respectif ne sont absolument pas compatibles et j'espère vraiment ne jamais avoir à me mettre entre eux pour les séparer mais je le ferais sans hésiter ça c'est certain. L'un est mon frère, même s'il a souvent été un immonde connard, et l'autre un pote que j'apprécie vraiment énormément, alors bien sur que non je ne prendrais pas partie, jamais, mais c'est pas une raison pour les laisser s'entretuer pour autant. De toute façon, y a peu de chance qu'ils se recroisent avant un moment, mais c'est pourtant pas négociable en ce qui me concerne, cette maison est autant la mienne que celle de mon frère – je la considère toujours comme celle des parents, soit dit en passant – Mateo sera toujours la bienvenue ici et je pense qu'ils sont suffisamment civilisés tous les deux pour se tenir en cas de cohabitation. Bref, la question ne se pose pas pour l'instant, c'est bien mieux d'apprendre l'espagnol en buvant une bière, face à la mer, en toute zénitude.

Et donc, ces vacances ?

« Honnêtement ? J’pouvais pas rêver mieux. J’aurai même jamais cru dire ça un jour mais j’me suis jamais senti aussi bien qu’aujourd’hui. J’sais pas si c’est l’effet de l’air Australien, si vous avez une drogue dans votre oxygène mais j’me sens juste bien. »
« Ça c'est simplement ma présence, cherche pas plus loin. »


Bien entendu j'arbore un air extrêmement sérieux en disant ça, avant de sourire en coin sans pour autant le regarder, laissant mes yeux trainer sur l'horizon tout en buvant une nouvelle gorgée alors que chaque parcelle de mon être s'imprègne de l'endroit et de ce qu'il dégage. Peut-être qu'on a effectivement une drogue dans notre oxygène … J'y crois pas, bien sûr, mais globalement c'est vrai qu'ici, j'ai toujours entendu dire qu'on était plus détendu que dans pas mal d'autres pays. Comment ne pas l'être avec un tel cadre ? L'Australie entière ne ressemble pas à ça mais c'est quand même un ressenti plutôt global je pense. On est détendu du calbar, c'est comme ça ! Et pour un gars comme moi qui a bien trop pensé ces dernières années, qui a bien trop bouffé tout un tas d'émotions, c'est doublement ressourçant d'être là. Je peux imaginer sans problème ce que ressent Mateo, que ça soit du à sa présence en Australie ou au reste. Vraiment.

« J’ai retrouvé mes parents et même si je m’attendais à au moins me prendre une belle tarte dans la gueule, tout c’est bien passé. Très bien même. J’comprends pas comment j’ai pu me comporter aussi salement avec eux. »

Nouvelle gorgée, suivi d’un sourire à son adresse. C'est vrai, je donnerai n'importe quoi pour pouvoir passer ne serait-ce que cinq minutes avec les miens mais ça n'est pas pour autant que je vais le juger. Oui je considère qu'il a de la chance de les avoir encore et que ça aurait été dommage de continuer à en être séparer mais je suis bien placé pour savoir que la famille ça peut rapidement devenir compliqué tout comme ça peut redevenir simple en un claquement de doigts. C'est comme ça, on n'a pas tous la même histoire, pas tous les mêmes fêlures ni la même façon de gérer les choses. Je ne me permettrais pas d'émettre un point de vue sur ce qu'il a vécu et comment il a géré ça, ça le regarde, tout ce que je compte faire c'est être content pour lui, sincèrement. J'imagine que c'est une insulte qu'il lâche, un mot que je ne comprends pas mais l'intonation parle d'elle-même. Il s'en veut, c'est sa manière de l'exprimer et je le laisse faire sans intention de l'interrompre.

« On a rattrapé un peu le temps perdu, j’ai vu aussi Maxime qui est venu passé quelques jours en Argentine avec moi. Elle a foutue une branlée à l’un de mes cousins qui n’sait toujours pas qu’elle est lycan et qui ne digère pas le fait de s’être fait rétamer par une fille qui pèse deux fois moins lourd que lui. »
« J'aurai bien aimé voir ça tiens. Ne lui dis jamais, c'est beaucoup plus drôle. »


Le rire amusé que je lâche est sincère, il fait écho au sien. Je ne connais pas Maxime, on ne se côtoie jamais, que ça soit humainement ou lupinement, et pourtant ça n'est pas comme si on n'avait pas de proches en commun. J’ai simplement le sentiment que je n’existe pas pour elle mais n’en ressent rien de particulier. Pour autant, j'ai déjà pu la voir à l'œuvre et je n'ai pas tellement de mal à visualiser la chose. Derrière tout ça, il y a une part de réflexion totalement lupine qui se manifeste chez moi. J'ai cru comprendre que la relation qu'elle entretient avec sa Lycanthropie n'est pas des plus harmonieuses et qu'elle n'a pas tellement envie que ça se sache. Peut-être que je me plante mais si c’est réellement le cas comme je le pense, c'est un truc que je comprends parfaitement. Je me demande souvent si j'aurai fini par sortir moi-même du placard, ce placard là en tout cas, si on ne l'avait pas fait à ma place. Quoi qu'il en soit, je ne penserais pas à sa place mais je me dis qu'elle n'a sans doute pas envie qu'il le sache de toute façon, celui a qui elle a rétamé la face. Et puis plus simplement, je trouve ça vraiment drôle d'imaginer un type que je visualise un peu du genre de Mateo, un genre qu’il a pu être en tout cas – sans jugement, c'est juste factuel – se faire remettre à sa place par une fille. On touche directement à la virilité là, et ça fait mal quand ça arrive. J'ai toujours un p'tit côté macho mais il ne se manifeste pas avec toutes les représentes de la gente féminine, mon instinct de survie est plutôt doué pour me faire comprendre à quel moment je peux être un connard ou pas … Est ce que ça va changer maintenant que le « Grand-Méchant-Loup » se balade sans laisse, sans collier et sans plaque où sont gravées les coordonnées de son propriétaire ? J'avoue ne pas en avoir la moindre idée, j'ai pas tellement pris le temps d'y penser. Toutes ces métaphores, ça n'a rien de sérieux, je préfère le préciser. Ce sont juste des images.

« Et pour finir, j’ai fait la connaissance des parents de Riley. C’était une autre bataille mais si j’suis toujours là et toujours avec leur fille c’est que j’en suis pas ressortie totalement vaincue. Je hausse les épaules. C’était cool de la revoir à l’extérieur, ça change de contexte un peu, ça fait du bien. Et ses parents sont sympas même si sa mère ne fera pas l’impasse sur mon casier judiciaire en un claquement de doigts. »

Aïe. Oui, je grimace, mais souris à nouveau aussitôt parce que la façon dont il le dit reste plutôt légère malgré tout. Je savais qu'il avait survécu à cette rencontre mais je n'en avais pas les détails. En même temps, il se doutait que ça risquait de coincer un peu et dans le fond c'est pas étonnant vu la carrière de la mère de Riley. Quand j’y repense … Avec Caem on en plaisante souvent et on ne se prive pas de le faire devant Mateo d’ailleurs mais il y a encore quelques mois de ça, jamais je n’aurai pensé que ce gars-là, qui se trouve à côté de moi, pourrait en arriver à rencontrer les parents de sa petite amie, surtout pas quand on tient compte du fait qu’ils ne pouvaient tout simplement pas se voir. Sans partir dans le sentimental, je trouve ça beau et plus que ça, je trouve qu’ils vont vraiment bien ensemble ces deux-là. Et puis ça fait simplement plaisir de voir ses potes heureux, que ça soit Mateo et Riley, ou bien Caem et Killian.

« Quand elle comprendra que t'es le gendre idéal, ça se tassera. »

Clairement, il y a un peu d’ironie ou de sarcasme là-dedans, de l’humour en tout cas, parce que Mateo n’a pas du tout l’allure du gendre idéal mais comme les Non-Magiciens le disent, l’habit ne fait pas le moine, et ça n’est pas parce qu’il ressemble plus à un délinquant qu’à un fils à papa bien sage qu’il ne rendra pas la Tornade heureuse. Y a qu’à la croiser dans les couloirs ou les voir tous les deux ensemble pour le comprendre, et les chiens ne faisant pas des chats je me dis que la mère de Riley finira par se rendre compte que certes c’est pas le type le plus fréquentable du globe et qu’il a fait des conneries, qu’il en fera surement encore d’autres, qu’il est tatoué de partout, etc … Mais que dans le fond c’est un gars bien, qui traite bien sa fille. Ça ne se fera peut-être pas du jour au lendemain et personne ne peut prévoir l’avenir mais c’est tout le mal que je lui souhaite en tout cas, qu’elle finisse par l’accepter pleinement sans le juger pour ce qu’il a fait mais pour ce qu’il est. Putain, c’est beau ce que je dis.

Enzo, tu sors.
On est déjà dehors.
La ferme, tu me fatigues.

« C'est cool, j'suis content pour toi mon pote. »
« Et toi, racontes. T’as l’air plutôt en forme malgré tout, c’est rassurant. »


Nous y voilà. Je ne sens pas monter l’angoisse ni d’émotions particulières. Un regard vers l’océan, un autre vers Mateo, une nouvelle gorgée, l’autre main dans ma poche puis un sourire tranquille. Je ne dis pas que ça ne me fait rien parce que ça serait mentir, j’ai ressenti tout un tas de choses pendant ces vacances, mais je gère ça vraiment calmement. Il y a encore pas si longtemps que ça ce type de réaction posée ne me ressemblait pas, c’est plutôt clair, mais il faut croire que j’ai pas mal … évolué, peut-être, ces derniers temps. Et je ne vais pas m’en plaindre. Inspiration, expiration, et c’est parti. Accroche toi, tu me connais, quand je suis lancé je ne m’arrête plus et pour le coup j’ai pas mal de choses à raconter.

« C'est un peu les vacances des surprises, j'te le cache pas. Tout change radicalement ou presque, c'est … Ouais, je sais pas trop comment je fais pour le vivre aussi sereinement pour être honnête mais je vais pas m'en plaindre. »

Puisqu’on arrive à destination je m’assoie sur un morceau de bois posé sur le sol, devant l’endroit où on fait le feu, et invite Mateo à en faire autant.

« J'ai d'abord passé deux jours à Londres, chez Jillian. Ça fait toujours autant de bien de passer du temps avec elle, elle m'avait vraiment manqué cette folle. Et de retrouver Kyle, aussi, bien sûr. Ensuite j'ai débarqué ici, retrouvé mon frère … Fidèle à lui-même. »

Jillian. Il ne la connait pas, il ne sait pas qu’ils ont quelque chose en commun parce que je n’en ai pas parlé, il sait juste que c’est ma meilleure amie, une fille que je considère comme ma sœur, et ça s’arrête là. Et quand j’évoque Derek, un rire bref m’échappe alors que je secoue la tête de droite à gauche puis de gauche à droite.

« Ça m'a fait du bien de le revoir lui aussi même si le fait d'être séparés nous va plutôt bien je dois dire. On s'est jamais aussi bien entendus. Bon il me traite de pédale à longueur de journée mais j'arrive à lui faire fermer sa grande gueule à chaque fois. Ça me fait plus rire qu'autre chose. »

Haussement d’épaules. Sincèrement, je m’en fous, parce que contrairement à une certaine époque il ne fait pas ça pour être désobligeant et que j’ai pris énormément de recul sur le sujet. Oui, je m’envoie en l’air avec un mec – enfin, m’envoyais en l’occurrence même si … Bref – et j’aime ça, et alors ? C’est pas parce qu’il vit comme un moine qu’on doit tous en faire autant et je compte bien profiter de la vie en faisant ce que j’ai envie de faire, quand j’en ai envie, avec qui j’ai envie. L’avis des autres je m’en tamponne, le sien y compris. Quand je dis que j’arrive à la lui faire fermer, je n’exagère pas. Il est le Maitre pour se faire prendre à son propre jeu. J’ai juste à glisser sur la même pente en y mettant bien des détails pour qu’il se barre en courant. Façon de parler, bien sûr, mais c’est l’idée. J’ai l’air de m’énerver ou d’en vouloir à mon frère, c’est pas le cas, je suis au-dessus de ça maintenant et c’est devenu presque qu’une private joke entre nous, quasiment … une marque d’affection même si c’est sans doute un peu étrange.

« On a attaqué directement sur un repas de famille chez notre Grand-Mère, avec toute la clique. Oncles, Tantes, Cousins, Cousines … Et ça s'est bien passé. J'y suis allé franco, j'ai un peu fait comprendre à tout le monde que je changerai pas celui que je suis pour leur faire plaisir et à part mon abruti fini de cousin, Bryton, personne n'a moufté. Une de mes cousines s'est même mis en tête de venir à Poudlard pour finir l'année et ses parents sont d'accord … D'après moi c'est une connerie mais d'un autre côté je la comprends, elle a un an de plus que moi et n'est jamais sorti de son cocon de Sang-Pur. »

Leah … Je l’avoue, je ne désespère pas de la faire changer d’avis mais on verra bien, pour l’instant je suis avec Mateo et j’ai pas tellement envie de me préoccuper d’autre chose. Quant au reste, foncièrement, ils n’ont rien à me reprocher. Personne ne sait que c’est fini avec Kyle, ça ne les regarde pas de toute façon mais ça ne change rien aux faits. Je fais ce que je veux de ma vie, si ça ne leur plait pas c’est pareil, mais je compte bien leur prouver que je ne suis pas un raté. J’ai des rêves, des ambitions, un but, et j’y arriverai. C’est tout ce qui m’importe. Ça ne rentre pas dans leurs normes ? Alors tant pis. Je ne me suis pas senti jugé ou montré du doigt, je n’ai pas non plus raconté ma vie en long en large et en travers mais ils sont au courant des grandes lignes et j’ai comme l’impression qu’ils ont simplement pris le parti de faire avec. Tant mieux.

« Bref, de ce côté-là, ça s'est bien passé. Après ça j'ai trainé quelques jours ici avec le frangin, on a été faire un tour en Tasmanie, c'était cool, et samedi dernier j'ai repris le chemin de Londres. Déjeuner avec ma Tante, les p'tits, Clarisse et sa petite sœur, Amy. Avec Jill et Kyle aussi du coup. Dimanche j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai été rendre visite au Vieux. »

Vieux = Grand-Père Maternel aka celui qui nous a littéralement kidnappé en fin d’année dernière et ce pendant un mois, sachant qu’on y serait peut-être encore si Amelya ne nous avait pas permis de nous échapper. C’est surréaliste, et pourtant … Pourtant oui j’ai pris le risque d’y retourner. J’avais des choses à lui dire. J’ai plus envie de m’emmerder avec de la rancune ou ce genre de trucs, lui aussi n’a pas d’autre choix que de faire avec celui que je suis s’il veut me garder dans sa vie et je sais que c’est le cas. Partant de ce principe, je ne vois pas pourquoi ça ne fonctionnerait pas. Je ne dis pas que je vais lui faire confiance du jour au lendemain et ça ne m’a empêché de ressentir toujours autant d’animosité envers Travis mais j’ai serré les dents, je l’ai ignoré, et ça s’est plutôt bien passé là aussi.

« On a mis les choses à plat. Et ça me fait franchement bizarre d'avoir une famille aussi grande, d'avoir des contacts avec tous maintenant et surtout des contacts plutôt positifs pour la plus part. Mais ça fait du bien. »

La famille a toujours été une notion importante pour moi-même si au départ je n’incluais finalement que peu de personnes à savoir mes parents, mon frère et mes grands-parents paternels. Trois d’entre eux sont morts aujourd’hui, c’est comme ça, c’est la vie, mais d’autres sont présents et c’est quelque chose qui me tient à cœur. Derek ne partage pas mon point de vue, je le sais et respecte ça. De son côté, il accepte le mien aussi.

« Jill et Kyle sont venus passer quelques jours ici, ils sont repartis tout à l'heure, un peu plus tôt dans la journée. C'était des bons moments aussi, et j'suis presque sûr qu'elle et Derek vont finir par me faire des neveux et nièces un jour. »

Mon frère est encore plus long à la détente que j’ai pu l’être, c’est peu de le dire, mais chacun son rythme, d’autant plus quand on tient compte de tout ce par quoi il est passé ces dernières années lui aussi et notamment récemment. Il va mieux, le fait d’être ici lui fait du bien, mais certaines blessures sont encore ouvertes. Ça se comprend. Quoi qu’il en soit, je sais que la présence de Jill a ravivé certaines choses et … Mouais, j’ai pas vraiment de mal à les imaginer ensemble – ENFIN – et pour du long terme à vrai dire. Je plaisante en parlant des neveux et nièces mais la vérité, c’est que ça me plairait réellement. Je me vois très bien entrain de faire sauter sur mes genoux un mini-Derek ou une mini-Jillian ! Ou les deux, d’ailleurs, même plus s’ils veulent. Ouaip, être Tonton ça me plairait bien mais bon, je dis ça, je dis rien.

Maintenant … je ne sais pas si on en arrive aux choses sérieuses mais clairement, pour moi, ça n’est plus vraiment aussi simple. Mettre des mots sur tout ça je l’ai déjà fait, avec Jill, avec Kyle évidemment, mais ça n’est pas pour autant que ça ne me fait plus rien à présent. Je me perds un peu dans mes pensées, je regarde ma bière sans la voir et fini par en boire une nouvelle gorgée, puis une deuxième, avant de me passer la main dans les cheveux pour finalement braquer mon regard vers Mateo. Un soupir m’échappe, relativement long et profond.

« Quant à Kyle ... Je sais pas, c'est ... J'étais vraiment heureux de le retrouver, j'étais content de le voir, de la première seconde à la dernière, mais ... Y a un truc qui s'est débloqué de mon côté, comme un cadenas ou je sais pas quoi. Un truc qui change rien au fait que j'ai toujours des sentiments pour lui, qu'on reste proches malgré tout mais … Nos vies ne sont plus calées sur le même rythme, il a pris un chemin différent du mien et le fait de plus être ensemble physiquement ça pèse surement dans la balance mais y a pas que ça. »

Non, il n’y a pas que ça, et je n’en suis pas très fier. En attendant c’est vrai, je l’ai laissé partir, chose que je n’aurai jamais faite il y a encore quelques mois parce que la simple idée de ne plus l’avoir sous les yeux quotidiennement me terrifiait. Je l’aurai suivi, j’en suis quasiment persuadé, mais ça n’est pas ce que j’ai fait pourtant. Je l’ai laissé partir et me suis rapidement adapté à la vie sans lui, physiquement parlant en tout cas parce que le contact autre n’a jamais été rompu. J’ai passé un cap, ma vie prend un tournant et la sienne un autre, on a chacun des projets, un quotidien différent et c’est vrai qu'au départ j’avais peur que la « fracture » vienne de lui mais finalement … Elle est venue de moi.

« J'ai un peu du mal à assumer, j'te le cache pas, parce que ça me donne un peu l'impression d'être un immonde connard mais voilà, les faits sont là. J'ai 18 ans, quand on s'est connu j'en avais à peine 16 et je compte pas les mois qu'on a passé séparés volontairement ou pas mais on a été ensemble pendant plus de deux ans et pendant plus de deux ans ma vie entière, mon énergie, j'ai mis tout ça dans cette relation. Je ne regrette rien, absolument rien, et si c’était à refaire je n’hésiterai sans doute pas une seconde, mais … on a vécu des choses vraiment pas simples, des trucs qui te cassent en mille morceaux, et pourtant on s'est toujours accrochés l'un à l'autre pour s'en sortir. Seulement maintenant que tout s'est un peu calmé ... Y a eu énormément de bons moments, je ne retiens pas que les pires loin de là, d'ailleurs je ne retiens que les meilleurs, enfin j'essaie, mais … J'ai pas envie de faire semblant, j'ai beaucoup trop de respect et d'affection pour lui, j'veux pas qu'il se retrouve dans le rôle du mec trahis ou je sais pas, parce que clairement, j'ai envie d'autre chose, de plus. »

Voilà, on y est, je l’ai dit. Et j’ai beau savoir que j’ai fait ça de manière propre et réglo, ça ne m’empêche pas de me considérer comme … Je sais pas … Enfin je ne me sens pas super classe d’avoir fait ça quand bien même je reste persuadé d’avoir fait si ce n’est le bon choix, au moins un choix en accord avec ce que je ressens.

« J'arriverai pas à garder mes mains dans mes poches, j'en ai pas envie. En un mois à peine j'ai déjà failli déraper deux fois et puis c'est là, dans ma tête, j'ai juste envie de bouffer la vie sans me poser de question. J'ai envie de m'éclater sans réfléchir, de profiter, faire des expériences, tout ça sans blesser personne et surtout pas lui alors voilà. »

Ouais, voilà, j’ai plus ou moins largué mon mec avec qui j’étais depuis plus de deux ans, avec qui j’ai grandi, avec qui je me voyais faire ma vie entière, parce que j’ai les hormones qui me démangent. La grande classe, y a pas à dire. Ça me tord le bide, non je ne me sens pas super à l’aise avec l’idée même si une part de moi relativise en se disant que j’ai fait les choses proprement, que ça ne tient pas qu’à ça, etc … Mais c’est pas pour autant que j’arriverai à le digérer en un claquement de doigts. Je ne suis pas tellement mon meilleur pote, mon plus grand fan, en cet instant, mais j’imagine que ça passera. Ça me prend quelques secondes avant de poursuivre, je me frotte le visage d’une main et m’agrippe la nuque avant de glisser ma paume sur mon ventre, sous mon T-shirt, comme j’ai souvent l’habitude de le faire. J'en sais rien, je crois que ce geste me rassure, un truc dans le genre.

« Il a bien vu qu'un truc « clochait », on a beaucoup discuté pour essayer de voir ce qui était le mieux pour nous deux, j'ai joué franc jeu avec lui et on a décidé de se séparer. L'idée du couple libre c'est pas mon truc, même s'il m'avait laissé aller voir ailleurs … Non, j'peux pas. C'est pas pour autant que je vais l'oublier ou couper les ponts, lui non plus j'pense, et puis j'en sais rien, c'est peut-être juste une phase, mais voilà, j'en suis là, même si je l'aime toujours, j'ai besoin de vivre à 100%, de le faire maintenant, tout en restant réglo avec lui. »

Parce que je le dis et je le répète, je ne veux pas lui faire de mal même si évidemment c’est le cas quand même. Je ne veux pas lui manquer de respect, le trahir, lui mentir et faire n’importe quoi dans son dos. Il mérite mieux que ça, il mérite que je sois sincère avec lui et le pire dans tout ça, c’est qu’il ne m’en veut même pas. Il comprend. C’est ce qu’il m’a dit, qu’il comprenait … Et je sais que c’est le cas mais … J’aurai sincèrement aimé lui offrir autre chose, mais voilà, c’est comme ça, la vie est comme ça. C’est pas qu’une histoire d’aller voir ailleurs, vraiment pas, c’est … un besoin de lâcher totalement prise, de faire un gros fuck à ces dernières années qui auraient pu me foutre à terre si j’avais pas réussi à survivre, à m’en sortir parfois par miracle très honnêtement. Il est la raison majeure pour laquelle je suis encore debout aujourd’hui et pourtant …

« J'en suis à un stade où j'veux pas dépendre de quelqu'un, et j'veux pas que quelqu'un dépende de moi. Même si c'est horrible de dire ça et qu'a aucun moment je me suis senti enchainé avec lui et qu'il m'a toujours rendu heureux même si on a eu nos divergences comme dans toutes les relations, j'ai besoin de ma liberté. »

Dire tout ça, le penser, l’exprimer, c’est pas facile et les mots ont du mal à sortir parce que les émotions se pointent. Je ne vais pas me mettre à chialer pour autant mais je l’admets, j’ai une boule dans la gorge, un truc qui m’empêche de respirer normalement. Alors je fais ce que pas mal de monde ferait à ma place en cet instant, pour sauver les apparences, je relève la tête même si je n’arrive pas à le regarder dans les yeux, je m’enfile une rasade de bière et lâche un rire nerveux, faussement détendu, vainement détaché, avant de tenter de donner le change.

« De toute façon maintenant que t'es casé, fallait bien que quelqu'un prenne le relais. Et j'crois pas qu'on puisse compter sur Caem. Heureusement d'ailleurs. Il est très bien avec sa Lionne. »

J'ai le corps qui s'agite, un sourire qui sonne sans doute à moitié faux et mes yeux se perdent un peu partout et nulle part à la fois mais je les laisse se caler sur le ciel quelques secondes, juste pour prendre le temps de faire un peu le tri dans tout ça, pour retomber sur mes pattes, accepter encore une fois l'évidence pour pouvoir revenir pleinement sur terre et surtout le faire de façon plus résistante. J'essaie pas de paraître plus fort que je ne le suis ni même de faire comme si ça ne m'atteignait pas, pas devant lui, c'est juste l'instinct de préservation qui me pousse à réagir comme ça, doublé au fait que j'ai pas envie que cette soirée ne tourne qu'autour de ça. Ça nous mettrait mal à l'aise tous les deux. Je suis un grand garçon, j'ai pris une décision comme on doit tous le faire parfois et je dois faire avec. C'est tout. Ça ne m'empêche pas d'être totalement réaliste face à ce qui se passe, à ce que je viens de dire, ce que je ressens. Des choix j'en ai fait pas mal ces derniers temps, en voilà un de plus, et j'ai parfaitement conscience que ma vie va changer encore d'un cran au dessus. Bien sur que quelque part ça me fait peur, évidemment, mais dans tout ce bordel émotionnel qui finalement n'en est pas tellement un, je reste axé sur une même trajectoire.

« J'dis pas, peut-être que dans trois jours j'aurai le sentiment d'avoir fait une connerie et que je serais au fond du trou mais j'pense pas. J'suis … Plutôt confiant dans le fait que c'était la bonne chose à faire, pour lui comme pour moi, même si c’est pas facile pour autant. »

Et ce, pour plusieurs raisons. On ne tire pas un trait sur une relation de plus de deux, avec tout ce qu'on a pu vivre, comme ça, en claquant des doigts. Même si je ne me projette pas, je sais qu'il y aura des jours plus difficiles que d'autres, je m'y attends en tout cas.

~*~

« Hey j'te préviens, t'as pas intérêt à sortir ton charme de latino à ma cousine. Sinon j'le dis à Riley tout de suite. »

Un bon pack de bières et les trois quart d'une bouteille de Rhum chacun plus tard, l'ambiance n'est plus vraiment la même et c'est peu de le dire … Le feu brûle tranquillement devant nous, il fait nuit et je n'ai absolument aucune putain d'idée de l'heure qu'il est mais je m'en tape, royalement en plus de ça. On s'est clairement fait péter le bide en faisant griller tout un tas de truc en direct au dessus des flammes pour la plus part, à l'arrache, et les litres d'alcool ont coulé à flot. Ils coulent toujours d'ailleurs. Je tiens à peine sur mes jambes, c'est du grand n'importe quoi, mais sur le visage j'ai un sourire qui ne me quitte pas. Les conneries fusent, j'arrête pas de me vanter que demain je pèterai la forme grâce à la Lycanthropie et que je ne suis absolument pas bourré … T'as raison tiens ! Je récupère plus facilement c'est une certitude parce que mon sang se régénère sans arrêt et dans les faits je ne devrais même pas réussir à être complètement torché comme ça mais heureusement, c'est pas le cas. Oui, heureusement, parce que ça serait foutrement pénible de ne pas pouvoir se prendre un bon caisson dans les règles de l'art. Mateo est dans le même état que moi, faut pas rêver, et je n'y vois clairement plus assez clair pour savoir qui de nous deux est dans un état pire que l'autre. J'arrête pas de rire, pour rien, pour tout, je ri tellement que j'en ai des crampes aux maxillaires et aux abdos mais bordel ça fait du bien. Tous mes muscles se détendent – si on fait abstraction des crampes du coup – je ne pense plus à rien si ce n'est au fait qu'on va bientôt être à sec. Pas de panique, vous pensez vraiment qu'il n'y a pas ce qui faut ici ? Vaste blague. Dans trois secondes j'attrape ma planche et je file dans l'eau … Probablement pour finir noyé, on est d'accord. J'ai essayé d'attraper une branche en feu tout à l'heure, juste pour le challenge, alors bien sur je me suis brulé et j'ai eu mal … Mais demain on n'y verra plus rien ou presque. En fait, j'en sais rien et je m'en fous. Ça pourrait presque passer pour un comportement autodestructeur, je vous assure que ça n'est pas le cas. Et je crois que le joint qu'il est entrain de se rouler me ferait presque envie. Je ne sais même pas comment il arrive encore à faire ça avec autant de dextérité vu son état mais j'imagine que ça tient à des années de pratique.

« Hey vas-y, fais-moi un tatouage ! Un kangourou ! »

Ami de la bonne idée, bonsoir !

« Ah putain c’est quoi ça ?! »

Parlant de kangourou, oui, je viens de faire un joli bond. Enfin joli, j'ai de sérieux doutes, mais j'ai fait un bond. La raison ? Un truc a vibré dans ma poche et le temps que ça monte au cerveau … Hey ! Y a de la hauteur, ok ?

« Ah … Oui, c’est vrai. »

Je ne tiens pas en place, c'est plus fort que moi, j'arrête pas de me balader autour du feu avec ma bouteille dans la main tel un … mec bourré, en fait. Tout ça pour dire que je galère à sortir l'objet du délit de ma poche, qui se trouve être le téléphone portable que Jill m'a fait acheter le premier jour des vacances. Vachement pratique ce machin, soit dit en passant, mais j'ai pas encore totalement l'habitude ni le réflexe. J'avais même totalement oublié sa présence.

« Rah mais viens là toi ! »

Oui en lui parlant j'imagine que ça fonctionnera mieux pour le faire sortir … Enfin j'y arrive finalement, et me demande au bout du compte qui peut bien m'envoyer un message à cette heure là … Même si en réalité je n'ai toujours aucune idée de l'heure qu'il est parce que je ne porte pas ma montre. En dehors de Mateo qui est là avec moi, le reste des personnes susceptibles de m'écrire ou m'appeler et ayant mon numéro sont toutes à l'autre bout de la planète donc question décalage horaire … Mais enfin on s'en fout, je me dis que c'est peut-être Jill, ou Keza, peut-être Riley qui m'envoie des menaces pour que je surveille son Gaucho comme elle l'appelle. Je pense à Kyle aussi, je l'admets, mais quand j'arrive enfin à ouvrir le message en question, il me faut clairement un temps de réaction. D'une parce que la lumière artificiel alors qu'il fait nuit c'est pas pratique, de deux parce que j'y vois plus clair depuis un moment, de trois parce que c'est un numéro que je ne connais pas, et de quatre … Parce que quand les mots se mettent à leur place et que je capte : Je bugue. Littéralement. Figé, des pieds à la tête, bloqué sur l'écran et ce que j'y vois.

« Yo la peluche ! T'as une place dans ton harem de doudous ? J'ai du temps pour passer te voir si t'es ok. J'suis curieux de voir si l'Australie vaut autant le coup que la Californie Wink Tchus. »

Je sais pas là, il se passe un million de trucs dans ma tête et à la fois rien du tout, mélange de vide intersidéral et … d'autre chose. On en parle de ce qui se passe dans mon corps ou pas ? Je me prends une claque, ni plus, ni moins, parce que ça me ramène deux semaines en arrière, brutalement. J'aurai pu douter, me demander de qui il s'agissait, pourtant instinctivement j'ai capté tout de suite. Des Californiens j'en connais deux, j'ai le numéro de l'un d'eux et jamais il ne m'aurait envoyé un truc pareil. Et puis ce surnom, la peluche … Y a qu'une seule personne qui m'ait appelé comme ça dernièrement, et pas dans n'importe quelles circonstances … J'y ai repensé, c'est vrai, mais avec tout ce qui s'est passé ces jours-ci, la présence d'autres personnes avec moi, le fait d'être occupé, et surtout … Bref, oui j'y ai repensé mais ça m'était un peu sorti de la tête sans vraiment le faire. En cet instant j'ai l'impression que toutes les sensations remontent les unes après les autres et je sais que cette vague de chaleur que je ressens ne vient pas du Rhum qui coule dans mes veines. Pas totalement, en tout cas. Je reste bloqué sur l'écran, pourtant ça n'est pas ça que je vois. Dans l'état où je suis, qui plus est, c'est ...

« Okay. »

Je ne m'attendais à rien en sortant ce téléphone de ma poche mais certainement pas à ça en tout cas, vraiment pas. Perdu ? Un peu, oui. Alors je secoue la tête, débloque et me racle la gorge, tachant d'arborer un air relativement neutre, détaché, quand je m'avance vers Mateo, ayant soudainement l'impression d'avoir dessaoulé d'une traite. Ou presque.

« Simple question comme ça, à la volée : A ton avis, quand une personne avec qui t’as failli coucher deux fois t’envoie ça … »

Sans filtre, je lui tends le téléphone d'une main, gardant ma bouteille dans l'autre, et m'exprime sur le ton de la conversation alors qu'il n'est – en théorie – absolument pas au courant pour la deuxième fois en question. S'il le sait, il ne m'en a pas parlé en tout cas. D'ailleurs, je ne suis même pas certain qu'il capte que ça vient de Will. J'ai rien à cacher, j'essaie même pas, je m'en fous. J'ai juste … besoin d'y voir un peu plus clair là. Il se serait passé quoi si j'avais été tout seul ? Aucune idée, c'est pas le cas alors ça ne sert à rien de se poser la question.

« … Y a un message subliminal ou c’est juste pour faire du tourisme ? »

Par contre il y a une question que je me pose : Est ce qu'il est au courant ? On n'a pas épilogué, pourtant c'était clair entre lui et moi. Mains dans les poches, pas de dérapage, par respect pour certaines personnes. On ne s'est pas recroisés depuis si ce n'est rapidement le jour du départ pour les vacances et j'ai même eu l'impression qu'il faisait ce qu'il pouvait pour m'éviter alors …  
Aujourd'hui, techniquement, je suis libre de faire ce que je veux. En théorie, lui, non. Enfin ... J'en sais rien, j'ai jamais cherché à approfondir. Je l'avoue, ça se mélange un peu dans ma tête, sans parler du fait que j'ai du mal à penser de manière cohérente quand tout ce que j'arrive à visualiser correctement c'est ce qu'il s'est passé dans la Salle Commune y a pas si longtemps, ou même la première fois, dans mon lit, même si c'était différent. Ça, et ce qui pourrait se passer ici s'il débarque ...
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 5 Juil 2016 - 14:39

- Quand elle comprendra que t'es le gendre idéal, ça se tassera.
- Justement, j’suis pas sûr d’être un jour le gendre idéal.

Et je n’suis pas sûr d’en avoir envie, en plus de ça. Tout ce qui compte pour moi c’est que tout se passe bien avec Riley, j’ai pas envie de tout faire foirer. Pas cette fois. J’considère que le plus dur est passé.
En attendant, j’profites de l’instant, de cet air Australien qui fait un bien fou, de ce moment avec l’un de mes potes les plus proches pour parler de sa vie, de ce qu’il s’est passé ces derniers jours avec Kyle aussi. Je l’ai entendu parler un bon nombre de fois de lui et tout semblait aller bien, jusqu’à aujourd’hui. Il semble si serein, ça fait plaisir à voir en vue des circonstances.

- C'est un peu les vacances des surprises, j'te le cache pas. Tout change radicalement ou presque, c'est … Ouais, je sais pas trop comment je fais pour le vivre aussi sereinement pour être honnête mais je vais pas m'en plaindre.

C’est sûr que ça pourrait être pire et il pique ma curiosité lorsqu’il parle de changement. Je m’assoie face à lui, sur un morceau de bois, on est visiblement arrivé. Je bois une nouvelle gorgée de bière, attentif.

- J'ai d'abord passé deux jours à Londres, chez Jillian. Ça fait toujours autant de bien de passer du temps avec elle, elle m'avait vraiment manqué cette folle. Et de retrouver Kyle, aussi, bien sûr. Ensuite j'ai débarqué ici, retrouvé mon frère … Fidèle à lui-même. Ça m'a fait du bien de le revoir lui aussi même si le fait d'être séparés nous va plutôt bien je dois dire. On s'est jamais aussi bien entendus. Bon il me traite de pédale à longueur de journée mais j'arrive à lui faire fermer sa grande gueule à chaque fois. Ça me fait plus rire qu'autre chose.

Les joies d’avoir un frère comme Derek. Tout en ouverture d’esprit.
Mais j’suis pas là pour juger, au contraire. Et puis, tant qu’Enzo le vit bien et que ça ne l’empêche pas de continuer sa vie comme il l’entend, on va dire que c’est le principal.

- On a attaqué directement sur un repas de famille chez notre Grand-Mère, avec toute la clique. Oncles, Tantes, Cousins, Cousines … Et ça s'est bien passé. J'y suis allé franco, j'ai un peu fait comprendre à tout le monde que je changerai pas celui que je suis pour leur faire plaisir et à part mon abruti fini de cousin, Bryton, personne n'a moufté. Une de mes cousines s'est même mis en tête de venir à Poudlard pour finir l'année et ses parents sont d'accord … D'après moi c'est une connerie mais d'un autre côté je la comprends, elle a un an de plus que moi et n'est jamais sorti de son cocon de Sang-Pur.
- C’est presque suicidaire ouais. Peut-être qu’elle peut tenter une autre école moins exposée ? Mais content de voir que ta famille a enfin compris le message.

Parce que vu les récents évènements, ça serait pas mal d’éviter d’autres morts ou de pousser des jeunes comme nous dans la fosse aux lions. Après, si c’est sa décision, personne ne pourra l’empêcher de suivre sa voie même si j’comprends Enzo lorsqu’il dit que c’est une connerie. Il y a tant de chose à voir pour se sortir de ce cocon familiale hyper restreint, semblable à des mormons coincé aux années 20, qu’une école en guerre et encore fracturée et tâchée de sang.
Quant à sa famille, je n’ai oublié ce qui m’a été raconté par ses soins et j’ai bien saisi à quel point ils pouvaient être des pourritures sans scrupules à l’idée de brider la vie d’un de leurs proches si ce dernier refuse de rentrer dans le moule.

- Bref, de ce côté-là, ça s'est bien passé. Après ça j'ai trainé quelques jours ici avec le frangin, on a été faire un tour en Tasmanie, c'était cool, et samedi dernier j'ai repris le chemin de Londres. Déjeuner avec ma Tante, les p'tits, Clarisse et sa petite sœur, Amy. Avec Jill et Kyle aussi du coup. Dimanche j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai été rendre visite au Vieux.

Ah. Le fameux. Le malade qui séquestre ses petits-enfants.
Je salue son courage semblable à un suicide vu ce qu’il s’est passé mais s’il est encore entier aujourd’hui, c’est que c’était la bonne décision. J’comprends mieux quand il me parlait de changement.

- On a mis les choses à plat. Et ça me fait franchement bizarre d'avoir une famille aussi grande, d'avoir des contacts avec tous maintenant et surtout des contacts plutôt positifs pour la plus part. Mais ça fait du bien. Jill et Kyle sont venus passer quelques jours ici, ils sont repartis tout à l'heure, un peu plus tôt dans la journée. C'était des bons moments aussi, et j'suis presque sûr qu'elle et Derek vont finir par me faire des neveux et nièces un jour.

Je ricane, buvant une gorgée de bière.

- M’en veux pas mais j’ai clairement du mal à imaginer Derek papa… Mais j’paierais cher pour le voir avec des bambins qui s’accrochent à ses jambes.

Et l’image me fait encore plus ricaner. Je l’aime pas, certes, mais j’lui souhaite pas non plus une vie de merde, du moins tant qu’il ne vient pas m’emmerder. Donc s’il peut avoir des gosses et un amour durable avec cette fameuse Jill, tant mieux pour lui. Même si imaginer un Derek amoureux est toujours assez étrange et compliqué.
Le silence s’installe, Enzo à l’air d’être partie ailleurs et je n’le bouscule pas, j’attends. Pensant moi-même à Camélia, Riley, Maxime et tant d’autres. Ceux qui ont su redonner un sens à ma vie, sans vouloir faire dans le mélodrame.

- Quant à Kyle ... Je sais pas, c'est ... J'étais vraiment heureux de le retrouver, j'étais content de le voir, de la première seconde à la dernière, mais ... Y a un truc qui s'est débloqué de mon côté, comme un cadenas ou je sais pas quoi. Un truc qui change rien au fait que j'ai toujours des sentiments pour lui, qu'on reste proches malgré tout mais … Nos vies ne sont plus calées sur le même rythme, il a pris un chemin différent du mien et le fait de plus être ensemble physiquement ça pèse surement dans la balance mais y a pas que ça. J'ai un peu du mal à assumer, j'te le cache pas, parce que ça me donne un peu l'impression d'être un immonde connard mais voilà, les faits sont là. J'ai 18 ans, quand on s'est connu j'en avais à peine 16 et je compte pas les mois qu'on a passé séparés volontairement ou pas mais on a été ensemble pendant plus de deux ans et pendant plus de deux ans ma vie entière, mon énergie, j'ai mis tout ça dans cette relation. Je ne regrette rien, absolument rien, et si c’était à refaire je n’hésiterai sans doute pas une seconde, mais … on a vécu des choses vraiment pas simples, des trucs qui te cassent en mille morceaux, et pourtant on s'est toujours accrochés l'un à l'autre pour s'en sortir. Seulement maintenant que tout s'est un peu calmé ... Y a eu énormément de bons moments, je ne retiens pas que les pires loin de là, d'ailleurs je ne retiens que les meilleurs, enfin j'essaie, mais … J'ai pas envie de faire semblant, j'ai beaucoup trop de respect et d'affection pour lui, j'veux pas qu'il se retrouve dans le rôle du mec trahis ou je sais pas, parce que clairement, j'ai envie d'autre chose, de plus.

J’ai comme la sensation qu’on arrive à une confession ou à quelque chose qui s’y rapproche. Je continue de l’écouter sans rien dire, intrigué parce qu’il va m’annoncer même si j’en comprends les prémices.
Ça sent le trop vécu d’un type qui aimerait vivre plus librement, vivre son âge et sa jeunesse comme bon lui semble.

- J'arriverai pas à garder mes mains dans mes poches, j'en ai pas envie. En un mois à peine j'ai déjà failli déraper deux fois et puis c'est là, dans ma tête, j'ai juste envie de bouffer la vie sans me poser de question. J'ai envie de m'éclater sans réfléchir, de profiter, faire des expériences, tout ça sans blesser personne et surtout pas lui alors voilà. Il a bien vu qu'un truc « clochait », on a beaucoup discuté pour essayer de voir ce qui était le mieux pour nous deux, j'ai joué franc jeu avec lui et on a décidé de se séparer. L'idée du couple libre c'est pas mon truc, même s'il m'avait laissé aller voir ailleurs … Non, j'peux pas. C'est pas pour autant que je vais l'oublier ou couper les ponts, lui non plus j'pense, et puis j'en sais rien, c'est peut-être juste une phase, mais voilà, j'en suis là, même si je l'aime toujours, j'ai besoin de vivre à 100%, de le faire maintenant, tout en restant réglo avec lui. J'en suis à un stade où j'veux pas dépendre de quelqu'un, et j'veux pas que quelqu'un dépende de moi. Même si c'est horrible de dire ça et qu'a aucun moment je me suis senti enchainé avec lui et qu'il m'a toujours rendu heureux même si on a eu nos divergences comme dans toutes les relations, j'ai besoin de ma liberté.

Bah putain, si c’est pas de l’aveu ça. Venu du fond des tripes, en plus de ça. Rien que dans sa façon d’parler, tu vois qu’il a besoin de vivre, de ressentir cette passion du nouveau, de se sentir libre, volage, tester sa curiosité, de tester les différentes flammes qui le consumeront. Et il sait à quel point j’peux le comprendre à ce sujet quand j’ai refusé de me caser durant autant de temps. Bon j’ai que 23 ans mais même. Toutes ces filles que j’ai vu défiler devant moi, dans mon pieu ou ailleurs, étaient clairement l’expression de mon besoin profond de liberté et de contrôle que je désirais sur ma vie.
Je comprends ce qu’il me dit, l’entend même et c’est vrai qu’en replaçant les choses dans leur contexte, se caser à 16 ans, vivre une relation aussi tumultueuse et profonde vous grandit un peu trop vite. Si bien qu’arriver à un âge plus mûr où les drames ne sont plus, nous ouvrons les yeux ailleurs que sur cette personne qui nous sauvait l’esprit et sur laquelle on se focalisait. Votre esprit s’ouvre à d’autres horizons pour prendre conscience que le monde ne tourne pas qu’autour de lui, qu’autour d’elle et que quoi que vous ressentiez pour cette personne, vous avez ce besoin viscéral et humain de franchir d’autres limites. Pour se tester mais aussi pour se connaitre soi-même, se découvrir.

- De toute façon maintenant que t'es casé, fallait bien que quelqu'un prenne le relais. Et j'crois pas qu'on puisse compter sur Caem. Heureusement d'ailleurs. Il est très bien avec sa Lionne.
- Eh, fallait bien qu’on inverse les rôles un peu de temps en temps ! Maintenant, ça va être à toi de m’entendre geindre sur ma nana parce que j’la comprends pas.

Après tout, c’est fait pour ça les potes non ? S’écouter et s’aider, même pour les trucs les plus cons. Et même si j’pouvais pas toujours faire grand-chose, j’ai jamais rechigné à écouter Enzo quand il en avait besoin, au contraire.
Et puis j’le vois bien qu’il est pas à l’aise, à s’agiter comme ça. Il sait qu’il a pris la bonne décision mais en attendant, c’est pas évident de s’faire à l’idée que c’est fini. Il lui faut juste du temps, ça viendra doucement.

- J'dis pas, peut-être que dans trois jours j'aurai le sentiment d'avoir fait une connerie et que je serais au fond du trou mais j'pense pas. J'suis … Plutôt confiant dans le fait que c'était la bonne chose à faire, pour lui comme pour moi, même si c’est pas facile pour autant.
- Alors te prends pas la tête mon vieux.

Je bois une gorgée de bière avant d’enchainer, m’exprimant avec la même franchise qu’il connait si bien aujourd’hui.

- Effectivement, peut-être que dans trois jours, dans trois mois ou dans trois ans, tu vas te dire que ouais, c’était peut-être pas une bonne idée. Mais en attendant, t’en es là, t’as besoin d’autres choses, t’as que 18 piges et tout un tas de trucs à vivre. Y en a qui n’sont pas fait pour ce besoin d’aventure, y en a à qui une personne suffit et c’est comme ça. Mais pour d’autres, c’est l’inverse. C’est humain, t’as besoin de vivre, de ressentir, de comprendre qui t’es en franchissant d’autres limites, en explorant des choses et des sensations que tu n’connais pas. Ca veut pas dire que t’aime plus Kyle et ça veut pas dire que tous les deux ça va devenir de l’histoire ancienne. Qui sait, peut-être que dans deux ans vous allez vous recroisez et vous dire que c’est bon, vous avez fait le tour et que vous êtes fait pour passer le reste de vos vieux jours ensemble.

Je débite mon opinion comme elle me vient, même si j’y connais que dal. Mais être de l’autre côté du miroir, être celui qui cumule les expériences pour vivre et se sentir libre, m’aide à avoir une certaine vision sur la situation que je n’aurai peut-être pas eu si j’avais été plus… disons, sage.

- T’as déjà été réglo, t’aurai pu rien dire et continuer à fricoter à droite à gauche sans lui en parler. Donc culpabilise pas pour ça, t’as failli déraper mais tu ne l’as pas fait. T’as tout arrêté avant que ça ne soit un carnage et ça, c’est honnête de ta part. Je bois une nouvelle gorgée avant de poursuivre. Mais maintenant, digère tout ça et vis, vieux. J’comprends que tu culpabilise mais tu vas apprendre à te rendre compte que c’est humain, que t’as peut-être besoin de passer par là pour ouvrir les yeux sur autre chose. C’est un coup dur sur le moment mais t’apprendras à t’y faire avec le temps.

Tout comme moi j’ai appris à m’faire à ce quotidien avec Riley. J’le dis honnêtement, j’étais pas sûr d’entre être capable. J’ai un lourd passif derrière moi et cesser vos habitudes d’un coup sec, comme ça, c’est pas une mince affaire. Pourtant, elle a su m’ouvrir les yeux, m’éveiller des choses qui aujourd’hui me font du bien et me comble. Je ne suis pas un visionnaire et l’avenir me fout la trouille mais pour l’instant, ça me va comme ça et je verrais bien où ça nous mènera. Tout comme je souhaite à Maxime de réussir à retrouver Dean correctement parce que cette nana là sans ce type, elle n’est plus la même.
Je termine cul sec mon reste de bière et plante la bouteille dans le sable.

- Maintenant que j’ai joué les philosophes avec mes grands conseils, on passe à la viande ? Pas que ça m’déplaise de jouer les grands sages mais sérieux, j’ai la dalle.




- Hey j'te préviens, t'as pas intérêt à sortir ton charme de latino à ma cousine. Sinon j'le dis à Riley tout de suite.
- T’as envie que j’crève sous les ongles de Jenkins ? No, gracias, je tiens à ma vie. Et puis, j’préfère réserver mon charme pour elle… parce que crois-moi, c’est efficace.

Holà, j’ai 3 grammes d’alcool dans le sang et j’me sens aussi léger qu’un oisillon porté par le vent.
J’ai au moins eu l’intelligence de me remplir l’estomac avant de boire autant. J’sais même plus à combien de verres ou de bouteilles je suis, tout c’que je sais c’est que j’suis bien plein, que j’ai la tête légère et qu’on est foutrement bien sur la plage, autour d’un feu avec son Bro’.
Et mierda, j’ai jamais aussi bien mangé.

On ricane comme des gamins, sans savoir réellement pourquoi en réalité et j’suis incapable de me rappeler de la dernière blague qu’on a fait y a pas deux minutes. Enzo tient pas sur ses jambes, moi ça va. J’tangue pas physiquement mais mentalement, j’suis complètement mort. Mais on s’en fout, ça fait du bien putain. L’genre de soirée qui vous fout à l’envers mais qui vous libère complètement l’esprit, comme si un chaman vous avait fait fumer un calumet de la paix ou de la défonce.
D’ailleurs, en parlant de défonce… Je sors une boule de shit et me prépare un petit joint, tranquillement. Et bien en plus. Des années d’expériences, que voulez-vous. J’aurai dû montrer à Maman Jenkins que j’étais au moins doué pour un truc, bourré en plus !

- Hey vas-y, fais-moi un tatouage ! Un kangourou !
- T’es sûr ? Parce que j’suis pas entrainé hein, ton kangourou risque de devenir un lapin boiteux ou un truc dans l’genre.
- Ah putain c’est quoi ça ?!
- Bah un joint …

Je lève mon regard vers Enzo, surprit qu’il ne reconnaisse pas ce que j’suis entrain de rouler sur mon genoux…

- Ah … Oui, c’est vrai.

Sauf qu’il parle pas de ce joint mais de son téléphone qu’il cherche comme un manchot dans sa poche.

- Rah mais viens là toi !

Je ricane et me fout clairement de sa gueule alors que j’continue mon œuvre d’art. J’ai un œil qui dit merde à l’autre mais j’y arrive. J’pourrais même le faire les yeux fermés. Un vrai pro j’vous dis.
Je jette un œil au feu et ça m’rappelle cette soirée qu’on a faite avec Maxime, à la Pampa Argentine. Juste elle et moi, bon et quelques cousins qui sont finalement partie pour nous laisser un peu d’espace mais c’était une foutue bonne soirée. Elle avait pas l’air bien, vraiment. Je sais pas si j’ai été de bon conseil avec elle mais j’espère. J’ai pas envie qu’elle revienne au château, la mort dans l’âme, perdue dans sa propre tête pour avoir rejeter Dean. Non. Faut qu’elle le pécho pour de vrai maintenant qu’il est en vie.

- Okay.
- J’savais que tu s’rais d’accord avec moi.

Je suis bien entrain de lui répondre comme s’il avait pu lire dans ma tête, oui.
Mais encore une fois, j’me plante. Il s’approche vers moi, téléphone en main.

- Simple question comme ça, à la volée : A ton avis, quand une personne avec qui t’as failli coucher deux fois t’envoie ça …

OHOH ! Vais-je enfin savoir l’identité de ce fameux « Twice » ? Parce que ouais, comme un con j’ai pas pensé à demander qui c’était tout à l’heure tellement j’étais perdu dans mes mots de grand sage Argentin.
Bref, j’prends le portable et dépose délicatement le joint sur la buche sur laquelle je suis assis. Je me frotte les yeux et lis.

« Yo la peluche ! T'as une place dans ton harem de doudous ? J'ai du temps pour passer te voir si t'es ok. J'suis curieux de voir si l'Australie vaut autant le coup que la Californie Tchus. »

- … Y a un message subliminal ou c’est juste pour faire du tourisme ?

J’ai un large sourire sur les lèvres et un air complètement con sur la gueule quand j’lève mon regard vers lui.

- Ca, ça dépend où est-ce qu’il a envie de faire du tourisme…. La Peluche.

Je ricane, gardant toujours le téléphone dans la main et me gratte la tête, comme si j’étais en pleine réflexion. J’sais pas qui c’est, mais ce numéro me rappelle quelque chose. Suffisamment pour que ça me fasse tilt et c’est sûrement quelqu’un qu’on a en commun, non ?

- D’abord, j’devine qui c’est. Parce que tu vois, ce p’tit numéro là, il m’dit quelque chose. Et des Californiens j’en connais pas cent cinq…. HOLY SHIT C’EST JACKSON !!

Je me redresse d’un coup, ça tourne violemment, je titube, je retrouve l’équilibre de justesse. Putain de bordel, c’est lui le Twice ? Putain j’en reviens pas. J’en ai jamais entendu parlé et maxime me l’aurait dit non ? P’t’être pas. Bref, c’est pas le sujet.

- Alors c’est lui que t’as failli bouffer deux fois de suite ? Mais t’es vraiment une coquine ma parole. Je le taquine et je trottine avec le téléphone dans la main, comme si j’avais dix ans. Et ça fait quoi si j’lui répond à ta place ?

J’vais pas le faire, bien sûr que j’vais pas le faire.
Ah bah trop tard.

- Oops… j’ai envoyé un smiley avec des cœurs à la place des yeux.

Et mon sourire est large parce que j’me dis que c’est pas grave, qu’au pire, ça veut dire oui et il ira danser la lambada avec un californien.
William, sérieusement. M’étonnera toujours.
Je lui rends son téléphone, toujours hilare alors que j’reviens m’avachir sur la bûche, allumant mon joint par la même occasion.

- Plus sérieusement, moi j’dis que si ça fait deux fois que t’as joué au doc’ avec lui, c’est qu’il y a moyen. Enfin j’crois, t’sais avec William, faut s’attendre à tout, c’est un p’tit fourbe.

Et pas qu’un peu. Faut l’voir à l’œuvre pour le croire. Je tire une première latte et esquisse un sourire de bien être. J’pouvais pas rêver mieux comme soirée. J’lui tend le joint au cas où il voudrait tester et continue.

- A ta place, j’dirais oui. T’façon, tu verras bien sur le tas ! L’alcool sème en moi des idées et des envies autant qu’elle sème des grammes dans mon sang. T’sais quoi, t’as qu’à lui dire de venir… regard sur ma montre. Il est trois heures de mat’, dis-lui de venir dans trois/quatre heures. Parce que ouais, faut pas que tu cèdes trop vite à sa réponse t’vois ?

J’raconte de la merde hein mais c’est pas grave.

- Puis on a encore plein d’chose à se raconter toi et moi.

Mon sourire s’élargit et Enzo sait parfaitement de quoi j’veux parler. Hors de question qu’il me raconte pas ce qu’il s’est passé avec JacksonTwice. Et j’comptes bien en informer Maxime mais shhhht.
D’ailleurs, pendant qu’Enzo écrit difficilement son texto, j’prends mon propre portable et sélectionne les messages. Je choisis Maxime et tape un truc, rapidement. J’sais pas j’me sens d’un coup expressif et sentimentale.

« Tu t’souviens quand tu m’disais que tu l’reverrais jamais et que t’avais pas la chance de pouvoir retourner le temps ? Moi j’ai envie d’te dire de n’pas rester là comme une connasse arrogante, fais quelque chose et n’gâche pas ton temps. Et contrairement à c’qui se dit… Il y a une deuxième chance alors foire pas tout. C’est TA chance, la tienne. Saisis là pendant qu’il est encore temps d’le faire.
Je t’aime hermana. J’te le redirais pas et ouais j’suis bourré mais ça veut pas dire que j’le pense pas.
PS : Sors couvert hein, j’pas envie que tu m’dises que j’vais être tonton aussi jeune, ça m’foutrais presque plus la trouille qu’à toi. »


Et j’envoie. Sans m’poser de question. Je sais déjà que j’le regretterais pas.




J’ai dû dormir… disons une heure ? Deux ? J’sais pas mais il est, selon ma montre, sept heures du mat’. Sept heures. Sans déconner. J’ai la tête comme un ballon et quand j’m’entends ricaner comme un idiot, j’ai bien l’impression que j’ai pas décuvée. Pas du tout en réalité.
Mais c’est pas grave.

Je mets un temps immonde à me lever. J’ai des brides de souvenirs de cette nuit et j’sais comment on a terminé ici mais on est dans sa maison. Enzo est endormi comme un gros loir sur le canapé et moi j’ai visiblement opté pour un tapis que j’trouvais douillet au moment d’me coucher.
Ça tourne encore, j’ai un sourire béat sur les lèvres et j’fouille les poches de mon jean pour m’assurer que tout est là. Papier, portefeuille, portable. Regard sur l’écran, j’ai des messages mais j’y fais pas gaffe pour l’instant. Je m’occupe d’aller vers Enzo et de le bousculer légèrement de l’épaule. Il grogne.

- Vieux, j’vais y aller hein. Faut que tu t’réveilles. La Californie va pas tarder.

Hein. PELUCHE. HAHAHA.
J’insiste encore. Il grogne, gromelle un truc que j’comprends pas.

- Merci pour la soirée bro’, c’était top. Faut qu’on refasse ça un jour. Oublie pas les capotes. Ciao.

Et j’ricane, sortant de la maison en titubant légèrement mais bien moins que tout à l’heure. J’attrape un morceau de brioche que j’trouve là, sur la table, un truc qu’on a dû avaler hier. J’ai un peu faim, j’suis un peu bourré et j’ai aussi un peu envie d’aller faire un tour à Glasgow.
Pas un peu. J’ai TRES envie d’aller faire un tour là-bas. Je visualise l’endroit que je veux, ferme les yeux et me sens violemment transporter.
Mauvaise idée quand on est fin bourré.



▬ FIN POUR MATEO (suite aux vacances de Riley :ga: ouais j'suis comme ça moi j'te fais des surprises) ▬
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mer 6 Juil 2016 - 23:34

« Alors te prends pas la tête mon vieux. »

Plus facile à dire qu’à faire. Je le pense mais ne le formulerai pas, d’une parce que c’est sans intérêt et de deux parce que … Pour une fois, justement, j’ai l’impression de ne pas me prendre la tête tant que ça.

« Effectivement, peut-être que dans trois jours, dans trois mois ou dans trois ans, tu vas te dire que ouais, c’était peut-être pas une bonne idée. Mais en attendant, t’en es là, t’as besoin d’autres choses, t’as que 18 piges et tout un tas de trucs à vivre. Y en a qui n’sont pas fait pour ce besoin d’aventure, y en a à qui une personne suffit et c’est comme ça. Mais pour d’autres, c’est l’inverse. C’est humain, t’as besoin de vivre, de ressentir, de comprendre qui t’es en franchissant d’autres limites, en explorant des choses et des sensations que tu n’connais pas. Ca veut pas dire que t’aime plus Kyle et ça veut pas dire que tous les deux ça va devenir de l’histoire ancienne. Qui sait, peut-être que dans deux ans vous allez vous recroisez et vous dire que c’est bon, vous avez fait le tour et que vous êtes fait pour passer le reste de vos vieux jours ensemble. »

En me décidant à en parler à Mateo je savais pertinemment qu’il comprendrait. Je ne dis pas que ça n’aurait pas été le cas des autres, Jill a parfaitement compris d’ailleurs, et Kyle aussi même si ça n'a rien à voir, mais lui … Pour moi c’était une valeur sure, en quelque sorte, mais si ça n’est pas pour entendre quelqu’un aller dans mon sens que je l’ai invité ici mais bien parce que j’avais envie de trainer avec lui, avec mon pote, tout simplement. Ce qu’il dit pourrait sembler bateau ou … Je ne sais trop quoi dans ce goût là mais pourtant c’est purement et strictement la vérité, et plein de sens. En tout cas ça trouve écho en moi, c’est le plus important. Il met des mots sur des ressentis que j’ai, ça aide, vraiment. Et l’idée que ça puisse être temporaire, j’en sais rien, je crois que quelque part ça me rassure un peu. Je plonge dans l’inconnu, la tête la première, alors l’idée d’avoir … J’en sais rien, comme une sorte … Pas un filet de protection mais … Peu importe. J’ai pas envie que Kyle sorte de ma vie, c’est tout, mais pour le moment j’ai juste besoin d’être rassuré je crois. Un truc dans le genre. C'est pas comme si je venais de décider d'arrêter de faire mon lit, le choix que j'ai fait entrainera et entraine déjà un gros changement dans ma vie alors c'est loin d'être rien. C'est loin d'être le truc le plus facile et rassurant qu'il m'ait été donné de faire.

« T’as déjà été réglo, t’aurai pu rien dire et continuer à fricoter à droite à gauche sans lui en parler. Donc culpabilise pas pour ça, t’as failli déraper mais tu ne l’as pas fait. T’as tout arrêté avant que ça ne soit un carnage et ça, c’est honnête de ta part. »

J’ai tout arrêté ? Avec Effy, oui, certes, et au prix de quelques efforts – sachant que je continue de mettre ça sur le dos de la Pleine Lune malgré tout, au moins en partie – mais avec Will ? Non. IL a tout arrêté, j’ai aucun mérite là-dedans si ce n’est d’avoir simplement gardé mes mains dans mes poches après ça alors que j’en avais absolument pas envie. Pourtant je ne suis pas là pour faire mon procès, parce que … D'une manière ou d'une autre, même si je m'en veux quand même, je n'ai jamais vraiment ressenti de réelle culpabilité, par rapport à mes gestes en tout cas. Peut-être que les choses auraient été différentes si j'avais passé un certain cap, surement même, mais ça n'est pas le cas. Peut-être que je me serais finalement arrêté de moi-même, qui plus est, ça je ne le saurais jamais. Je suis humain, c'est ça mon « crime » si jamais il fallait vraiment en désigner un. J'ai beau être plus ou moins en phase avec ça, on ne va se mentir pour autant, ça fait du bien de l'entendre.

« Mais maintenant, digère tout ça et vis, vieux. J’comprends que tu culpabilise mais tu vas apprendre à te rendre compte que c’est humain, que t’as peut-être besoin de passer par là pour ouvrir les yeux sur autre chose. C’est un coup dur sur le moment mais t’apprendras à t’y faire avec le temps. »

Parfois j’oublie qu’on a 5 ans d’écart. Je ne dis pas que je me sens plus jeune en cet instant parce que le partage d’expérience et les conseils entre nous ça marche dans les deux sens, surtout à ce niveau-là, mais on n’a pas le même vécu, pas la même vie, etc … Il a du recul sur certaines choses que je n’ai pas encore et sans doute inversement. On prend le chemin inverse tous les deux, ce qui est un changement pour moi aujourd’hui a changé pour lui aussi il y a quelques mois et je me doute bien que ça n’a pas été simple pour lui. Aujourd’hui ça m’a tout l’air de couler de sources entre lui et sa douce mais quand on a un tempérament comme le sien, devoir tirer un trait sur certains trucs … J’imagine que ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, c’est tout.

« Maintenant que j’ai joué les philosophes avec mes grands conseils, on passe à la viande ? Pas que ça m’déplaise de jouer les grands sages mais sérieux, j’ai la dalle. »
« Pourtant c’est tellement beau c’que tu dis, j’pourrais t’écouter pendant des heures. L'amour a vraiment fait de toi un homme nouveau … »


Est-ce que je me moque ? Bien sûr, mais gentiment, et surtout avec plein de reconnaissance.

#

Ce sourire … J’ai peut-être 3g dans chaque poche mais j’arrive encore à comprendre quand je vais en baver et surtout je réalise la connerie que je viens de faire …

« Ca, ça dépend où est-ce qu’il a envie de faire du tourisme…. La Peluche. »

Qu’est-ce que je disais ?! Je vais en entendre parler jusqu’à Noël de ce truc, c’est sûr.

« Ah ça va hein, on fait c’qu’on peut. Pas d’ma faute si j’ai le pelage soyeux. »

Parce que oui ça vient de là, mais je ne compte pas épiloguer là-dessus. Et on passera sur le fait que je souris comme un gland. Parce que oui, j’aime ce surnom, voilà. Mais ouais, où est-ce qu’il a envie de faire du tourisme, ça, c’est une bonne question. Parce que l’Australie c’est super vaste, que le climat n’est pas le même partout, etc … Par exemple actuellement dans l’Etat de Ryans il fait particulièrement bon, voir chaud …

« D’abord, j’devine qui c’est. Parce que tu vois, ce p’tit numéro là, il m’dit quelque chose. Et des Californiens j’en connais pas cent cinq…. HOLY SHIT C’EST JACKSON !! »

Je viens de faire un bond en arrière, clairement, parce qu’il m’a surpris ce con !

« Eh mais faut pas crier comme ça Monsieur ! Enfin, y a des gens sensibles ici, merde. »

Main sur le cœur comme pour appuyer mes dires et mon air faussement outré. J’ai le cœur fragile … AHAHAH. Mort de rire.

« Mais oui, c’est Jackson. »
« Alors c’est lui que t’as failli bouffer deux fois de suite ? Mais t’es vraiment une coquine ma parole. »
« Non, c’est pas … Enfin oui, mais non, pas cette f… »
« Et ça fait quoi si j’lui répond à ta place ? »
« Ça fait rien parce que tu vas pas le faire. Sinon j’te noie. »
« Oops… j’ai envoyé un smiley avec des cœurs à la place des yeux. »
« T’es sérieux là ? »


… Bien sur qu’il est sérieux et moi j’hésite entre aller m’enterrer dans un coin …

« Boh, c’pas grave. »

… ou balayer ça d’un geste de la main en haussant les épaules parce qu’au point où j’en suis de toute façon … Quand on est bourré, les perceptions ne sont pas les mêmes. YOLO ! Ou presque.

« Mais donne-moi ça quand même, on sait jamais, j’te connais. »

J’ai pas envie qu’il lui envoie une déclaration d’amour enflammée en se faisant passer pour moi, parce que je suis sûr qu’il en serait capable ce fourbe et que bon … Voilà. Je ne pense pas avec mon cœur là, ahum, sans vouloir être offensant pour qui que ce soit – et je doute que ça soit le cas. Parfois je m'arrête, je pense au fait que finalement, on y est, un autre mec aura réussi à mettre dans cet état. Je ne dirais pas que ça me fait bizarre, j'ai accepté ce fait assez facilement, mais ça me tiquer quand même. L'espace de cinq secondes en général, mais voilà. Je suis physiquement … sexuellement plutôt, attiré par un mec, soit. Si ça se trouve il y en aura d'autres, comment le savoir ? Ça serait sans doute le cours normal des choses d'ailleurs. Et les nanas ? Je ne crois pas que ça me soit passé pour autant. Bref, ça n'a pas la moindre espèce d'importance.
Je récupère finalement mon téléphone et relis le message, j’en sais rien, histoire d’être sûr que je n’ai pas rêvé peut-être. J’arrive pas trop à savoir ce que ça me fait, ni même à mettre au clair ce qu’il veut vraiment dire. Je suis peut-être entrain de partir loin dans mes délires alors qu’il veut peut-être réellement faire du tourisme et passer me voir en tout bien, tout honneur – cette expression est naze, soit dit en passant. C’est juste que … J’suis pas non plus aveugle ou totalement débile, j’étais pas tout seul l’autre soir quand ça a dérapé et … Ouais, bref. Je préfère me concentrer sur Mateo et son joins plutôt que de commencer à me prendre la tête.

« Plus sérieusement, moi j’dis que si ça fait deux fois que t’as joué au doc’ avec lui, c’est qu’il y a moyen. Enfin j’crois, t’sais avec William, faut s’attendre à tout, c’est un p’tit fourbe. »
« Hum. »


J’avais cru remarquer, un peu. Avant l’autre fois, c’est déjà arrivé qu’il me charrie à cause de ce qu’il s’est passé il y a quelques mois dans mon pieu et puis je sais pas, j’ai parfois eu l’impression que ça l’amusait de me mettre mal à l’aise sauf que … cette fois c’est différent, parce que s’il fait ça, s’il me cherche, il y a de fortes chances qu’il me trouve.

« Non merci. »

Je sais pas bien pourquoi je dis non à ce joins qu’il me tend, alors que j’en avais presque envie il y a seulement trois minutes.

« A ta place, j’dirais oui. T’façon, tu verras bien sur le tas ! »
« Sur le tas de quoi ? »
« T’sais quoi, t’as qu’à lui dire de venir… Il est trois heures de mat’, dis-lui de venir dans trois/quatre heures. Parce que ouais, faut pas que tu cèdes trop vite à sa réponse t’vois ? »
« J’suis pas certain, non … »


Je ne comprends rien à cette conversation … En même temps si je n’étais pas déjà entrain de réfléchir à ce que je vais répondre à ce message – ou entrain de penser à des trucs qui donnent chaud – ça serait peut-être plus simple.

« Puis on a encore plein d’chose à se raconter toi et moi. »

Hein ? Oh. Pas la peine de me faire un dessin, ce sourire qui s’élargit je le comprends bien en revanche et le mien suit le même chemin instinctivement, presque narquois et carnassier. Là, seulement, j'oublie mes pensées.

« T’es sur que t’es prêt pour ça, Capitaine ? »

Je sais à quel point il n’est pas toujours super à l’aise quand on parle de trucs entre mecs – ça n’a rien d’un jugement – alors s’il veut des détails … Clairement, je ne vais pas me gêner pour lui en donner ! Même si pour l’instant j’ai pas non plus des trucs hyper hot en stock même si c’est déjà suffisant pour me replonger dedans en y repensant, avec cet arrière-goût de trop peu que j’ai ressentis sur l’instant, quand ça a pris fin. Oui, j’ai pensé « pour l’instant », je vous laisse en déduire ce que vous voulez.
Je finis par me rassoir, Mateo est entrain d’envoyer un message je crois et moi … Je scotche devant mon téléphone quelques secondes, un peu coincé dans ma tête, ne sachant pas trop quoi faire. J’aime pas trop cette sensation d’avancer à l’aveugle en fait mais je me dis que, merde, on n’a qu’une vie, que j’ai rien à perdre, que j’ai signé pour ça alors allons-y. J’appuie sur répondre et me lance, tant bien que mal, parce que c’est pas simple d’écrire sur un truc si petit quand les litres de Rhum et de bières s’entrechoquent dans vos veines.

« Salut le Californien. Y a que Mateo dans mon harem pour l’instant (le smiley c'était lui) alors oui, y a de la place. En plus il n’a rien d’un doudou … Tu peux venir visiter l’Australien quand tu veux. Tu verras bien par toi-même que ça vaut le détour. »

Ça me prend environ quatre secondes avant de me rendre compte de ma boulette, ou de celle du correcteur orthographique plutôt …

« Et merde … »

Qui a inventé ce truc et sur quoi il se base au juste ? Bon, deuxième message pour corriger ou … ? Oui, histoire de sauver un peu les apparences mais si je l'entends d'ici se marrer.

« *L’Australie … »

Et puis un message en entrainant un autre, alors que je raconte un peu toute l’histoire à Mateo en arrêtant au fur et à mesure de boire sans trop y réfléchir, je finis par balancer à Will que je ne suis plus avec Kyle. On n’a qu’une vie, il interprètera ça comme il veut, mais sauf erreur de ma part il a rapidement compris comment l’interpréter … C’est juste factuel, s’il vient juste pour qu’on traine comme deux potes – si on peut se qualifier comme ça – pour découvrir l’Australie et comparer avec la Californie, ça me va, je serais quoi qu’il arrive content de l’accueillir ici et d’apprendre à le connaitre un peu plus. Je suis certain qu'on se poilera autant que c'est le cas maintenant avec Mateo. S’il vient aussi pour autre chose … On verra bien.

#

Jeudi 23 Avril 2015 ▬ Dans la matinée
(Heure Australienne)

« Vieux, j’vais y aller hein. Faut que tu t’réveilles. La Californie va pas tarder. »
« Hum. »


Je ne sais pas où je suis, je ne sais pas quelle heure il est et je ne sais pas qui ose me déranger pendant que je dors de cette façon. Qui est le coupable ?! Celui qui me fait l’affront de me bousculer comme ça alors que je ne suis que masse inerte posée je ne sais trop où tel un cachalot échoué sur une plage. C’était l’instant glamour. PS : La terre tangue. Ou alors je suis sur un bateau.

« Huuuuuuuuuuuuuuum, laisse-moi dormir Papa steuplait. Encore un peu et après j’range ma chambre. »
« Merci pour la soirée bro’, c’était top. Faut qu’on refasse ça un jour. Oublie pas les capotes. Ciao. »


J'ouvre un oeil pour me rendre compte qu'il fait totalement noir … C'est la nuit ? Non, j'ai juste la face dans un coussin et l'autre oeil qui refuse de s'ouvrir à la première demande tandis que les mots que j'ai entendu forment finalement des phrases intelligible dans ma tête.

« Quoi ? »

Je renifle, me frotte les yeux et tente de les ouvrir vraiment, la sensation d'avoir un marteau piqueur dans le cerveau. Je me redresse sur les coudes et cligne plusieurs fois des paupières avant de me rendre compte que tout est silencieux … et vide. Je me penche un peu sur le côté, c'est une très mauvaise idée puisque la seconde suivante je me retrouve étalé sur le sol, entre le canapé et la table basse, dans un grognement persistant. Je ne me suis pas fait mal, de toute façon même si c'était le cas je ne suis pas certain que je m'en rendrais compte étant donné l'état de mes perceptions en cet instant.

« Putain … »

J'ai énormément de mal à émerger, à me souvenir de la veille, à comprendre que Mateo était encore là il y a quelques minutes. Je décide d'ailleurs de laisser tomber, parce que j'ai encore envie de dormir.

« Ouais ben j’vais rester là, c’est bien aussi. »

Je tends le bras et attrape un coussin que je passe sous ma tête. On n'est pas si mal par terre, et puis ça n'est pas comme si c'était la première fois que ça m'arrive. Je tends l'autre bras et attrape mon téléphone qui est sur la table basse au dessus de moi, pour regarder l'heure.

« 7h, il est sérieux lui ? »

Qui de censé se lève à 7h du matin pendant les vacances alors qu'on a du se coucher il y a deux heures à peine ?! Vous voulez que je vous dise, ça serait l'appel de la Tornade que ça ne m'étonnerait pas. En y pensant je souris aux anges, comme un con, et mes yeux se referment. Je suis à deux doigts de me rendormir quand Lune se pointe … et me lèche les paupières. Grimace. Nouveau grognement. Pourtant je ne bouge pas et je la laisse faire jusqu'à finalement perdre ma patience au bout de quelques secondes.

« Lune, c’est super relou ça, t’es au courant ? »

Je la repousse d'un geste du bras sans doute pas très tendre et quand j'ouvre les yeux et croise le bleu glacial des siens, je sens une vague de mépris me foncer droit sur la gueule. Là, les choses se remettent encore un peu plus en place. Je comprends pourquoi j'ai entendu Californie dans mon sommeil … et capotes. Accompagné du ricanement familier de Maracas. Instant de bug, je regarde mon téléphone à nouveau et fouille dans les messages envoyés comme pour vérifier qu'il n'a rien fait pendant que je dormais. Parce qu'il en serait capable ! Sauf que je me rends compte que j'ai visiblement pas tellement eu besoin de son aide pour ça … Et le coussin fini sur mon visage, comme si j'essayai de me cacher. Ça dure trois secondes, je commence déjà à ne plus tenir en place alors il fini sur mon ventre et je tourne la tête vers Lune qui me dévisage toujours, couchée sous la table basse, à quelques centimètres de moi.

« Qu’est-ce qu’y a ? Tu penses que je suis un putain de salaud ? Hey ça va, j’ai rien fait encore hein, alors ne me regarde pas comme ça. J’égorge pas des souris et des lapins pour le plaisir, moi. »

Je vous jure que quand elle revient avec son pelage immaculé ... maculé de sang ... Elle est flippante. Mais sinon, pourquoi un salaud ? Parce que Kyle est parti il y a seulement quelques heures et que William débarque dans … Quand, d'ailleurs ? J'en sais rien, je sais plus ce qu'on s'est dit ni même si on a fixé une heure, à vrai dire. Je ne me souviens pas de tout ce qui s'est passé cette nuit, disons juste dans les grandes lignes. Je sais juste que j'ai la tête prodigieusement dans le brouillard – pour être poli – et que la baraque est un bordel sans nom. Gros soupir, je regarde le plafond, main sur le ventre, sous le coussin, à même la peau et encore un soupir. Puis je m'assoie, tant bien que mal, pas très stable, avant de me frotter le visage, me racler la gorge et de me hisser jusque sur le canapé. J'envoie finalement un message, décidant de rester pragmatique et de ne pas me laisser partir dans ma tête.

« Laisse-moi deux petites heures, c’est Bagdad ici. Rejoins-moi pour le p’tit dej. A tout à l’heure. »

J’ai du mal avec ce concept, clairement, et les smileys ça n’est pas mon truc. Quand je parle de concept c’est d’échanger comme ça par messages interposés. Pas que je n’aime pas ça, c’est super pratique, c’est juste que pour un type comme moi qui se base énormément sur le langage corporel, c’est assez compliqué de s’adapter. Alors j’imagine que je peux sembler froid, que ça peut paraitre impersonnel, mais ça n’est pas du tout le cas. J’ai beaucoup tourné ça dans ma tête, avec ou sans alcool, et on a finalement échangé quelques messages dans la nuit qui font que … voilà, mais là où je veux en venir c’est que j’ai envie qu’il vienne, je suis content qu’il le fasse et il le sait. Enfin je pense ?
Aller, Enzo, fais un effort … Ok. J’envoie finalement un smiley ET NON, pas celui avec des cœurs dans les yeux … Même si ça aurait pu être drôle. Trop tard, c’est celui avec le clin d’œil qui est parti. Maintenant on pose le jouet et on s’active. Le jouet, c’est le téléphone, et le programme il est clair, net et précis dans ma tête : Réussir à décoller du canapé, premièrement. Ensuite ouvrir toutes les fenêtres et portes de la maison parce que ça sent le chacal là-dedans. Pisser 3 litres, et ça je sais que vous êtes tous ravis de le savoir. Mettre des croquettes fraiches à Lune et changer son eau. Et lui faire un câlin, aussi, parce que j'ai envie et elle aussi. Prendre un café, noir, bien serré, histoire de me réveiller. Manger un truc vite fait. Me débarbouiller en vitesse, sauter dans mon short et aller prendre quelques vagues pour réellement me réveiller parce que c’est le meilleur remède à la gueule de bois que je connaisse même si je ne risque pas de faire de prouesses ce matin. C’est pas le but, j’ai juste envie de surfer, d’être dans l’eau, même si c’est seulement pour quelques minutes.

Mon programme je m’y tiens, une heure et demi plus tard je remonte la plage, la planche sous le bras, tranquillement. Montre au poignet pour surveiller l’heure, chaine en argent autour du cou parce qu’elle ne me quitte jamais, pas plus que la croix faite dans le même métal qui va avec. Je pose la planche contre le mur de l’établit et la rince au jet d’eau, la sèche en douceur, l’observe quelques secondes – le dessin de Kyle en l’occurrence – puis la range avec les autres, dans un soupir, avant de fermer le cabanon. Direction la douche, je ressors de la salle de bain propre comme un p’tit sous neuf – c’est beau c’que j’dis putain – et enfile des vêtements propres. Caleçon, Short qui m’arrive aux genoux, pas de T-shirt mais un sweat à capuche, manches relevées jusqu'aux coudes – c’est une manie que j’ai depuis longtemps, ce besoin d’avoir une capuche sur la tête n’importe quand. Il fait relativement chaud, surtout pour moi, mais ça ne me gêne pas de supporter ce tissus à vrai dire, d’autant qu’il n’est pas très épais et surtout pas zippé jusqu’à la pomme d’Adam non plus … Barbe de trois jours, instrument essentiel du vacancier. Ça et la couleur caramélisée de la peau qui a passé du temps dehors, sous le soleil. C’est les vacances, je m’en tape, je me raserai peut-être avant de retourner chez Grand-Mère histoire de lui faire plaisir. En redescendant je range deux ou trois trucs, j’ai déjà ramassé les cadavres de bouteilles qu’on a laissé dehors cette nuit, et finis par m’installer sur une chaise haute, les coudes appuyés sur le plan de travail de la cuisine qui sert aussi de table, le nez dans la doc que j’ai ramené sur certains programmes scolaires d’études supérieures, qu’elles soient Sorcières ou noms. Dans le domaine que je vise, j’entends. 6ème année, ok, j’ai le temps, mais je ne sais pas si j’ai envie de le prendre ou non, ce temps. J’en ai déjà « perdu » pas mal. Et ça ne coûte rien de se renseigner. Coup d’œil sur ma montre. Est-ce que je suis stressé ? Un peu, on ne va pas se mentir, le crayon que j’ai dans la main droite et qui s’agite frénétiquement en est un signe, de même que ma jambe qui se secoue, mais j’essaie de garder la tête froide et y parvient sans trop de mal, en restant concentré. Et en gratouillant la tête de Lune qui est venue se poser à côté de moi, sur le plan de travail, en travers d’un bouquin sur les requins. Elle a sous les pattes avant la gueule grande ouverte d’un énorme requin blanc … J’en sais rien, l’image m’amuse, elle me fait sourire. Ce truc ne ferait qu'une bouchée d'elle et pourtant elle garde l'air d'une Impératrice, comme si quoi qu'il arrive elle a le dessus sur … tout, et tout le monde, y compris ce léviathan des océans.

J’ai l’impression d’avoir un rencard … Et c’est la première fois que ça m’arrive. Zone de confort ? Là, tout de suite, connais pas. Zéro. Peanuts. L’attente ça ne me va pas, y a que dans l’action que je retrouverais mes repères et mon assurance. Et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne sais pas à quoi m’attendre et c’est pas une situation qui me rend très à l’aise, pour ne pas dire que je me sens vulnérable. J’ai simplement hâte de laisser faire mon instinct, c’est tout. Pieds nus sur les barreaux de la chaise, cheveux en pétard qui dépassent à moitié de la capuche que j’ai une fois n’est pas coutume sur la tête, les yeux rivés sur le papier, j’arrive à percevoir mon rythme cardiaque dans mes tempes et focus dessus sans réellement m’en rendre compte.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 12 Juil 2016 - 13:43

- Tu crois que ça y est ?
- Shhht. Moins fort, j’entends rien.

On est là, comme deux cons, oreilles collées contre le mur à essayer de percevoir des bruits suspects pour enfin avoir la confirmation si oui ou non, Dean et Maxime ont renoués des liens ou pas. S’ils arrivent à discuter, se comprendre, comme avant.
Et non, son ouïe ultra méga développé de loup-garou ne peut pas nous entendre puisqu’on a insonorisé notre chambre.

- Ils parlent.
- Oui, j’entends. Putain, Dean parle trop bas et Maxime articule pas.
- T’as encore ton truc que t’as chopé à la boutique de farce et attrape ?

Macy me regarde avec ses yeux de lutins facétieux et trottine jusqu’à son sac à dos pour me lancer une espèce de ventouse en forme de bout de trompette. Je la colle contre le mur et l’active d’un coup de baguette alors que Macy sort son super carnet d’observation où tout est noté. Les dates de rapprochement, quels sont ses rapprochements, rires, sourires, gestes ou quoi que ce soit d’autres.
On va ouvrir une boite de détective et croyez moi, aucunes informations ne nous échappera.

Les sons nous parviennent de façon amplifiée et on se regarde, bien trop content de notre petit coup de pute. Ca a commencé par James et Kristen que nous avons poussé vers la sortie où Macy leur a offert un bon pour aller dîner en amoureux – j’vous l’ai dis, rien ne nous échappe – pour ensuite enchainer sur une pièce de théâtre. Autant dire que James était aussi enthousiaste qu’un chien qu’on trainerait dans le bain de force. Mais vu que c’est pour Kristen et que personne sur cette terre n’a envie de faire du mal à cette femme.

Ensuite, Alex. Qui a approuvé notre jeu et qui s’est tiré aussi. Puis, nous. On a prétexté une sortie en « amoureux » pour en fait grimper par l’escalier de secours qui atterrit dans notre chambre pour jouer les espions en herbe.

Les bruits du film s’élèvent mais pas suffisamment fort pour couvrir la voix de Maxime et Dean….Qui ne parlent plus depuis un petit moment.

- Ils sont d’un ennuie.
- C’est comme assisté à un spectacle de sourd et muet.

Assit en tailleur sur le sol, on attend patiemment. En réalité, on s’fait chier. Macy est entrain de lire un bouquin et moi j'me tâte à envoyer un texto à Enzo pour lui demander si j'peux passer. Ca me prend comme une envie de pisser parce que j'me dis que j'aimerai bien voir à quoi ressemble l'Australie, son chez lui et aussi passer un peu de temps avec. Même si nos antécédents me pousseraient presque à dire que c'est une mauvaise idée. D'ailleurs, il doit être entrain de fricoter avec Kyle et j'me vois mal débarquer la bouche en coeur, comme si j'avais jamais eu envie de son mec.
Et fait plus étrange... l'idée de les voir tous les deux se faire des mamours me dérangent et me plait moyen.

Mais comme j'ai pas pour habitude de me prendre la tête et que j'me dis que de toute façon, dans le pire des cas, j'me casse, j'suis entrain de lui écrire un texto. J’ai simplement envie de le voir, de passer un p’tit moment en Australie, tranquillement.
Je pose mon portable, attend puis le reprend dès qu’il vibre… Pour y lire en réponse, un smiley avec des cœurs à la place des yeux.
Intéressant…

- C’est qui ?
- Enzo, j’lui ai demandé si j’pouvais passer.
- Et ?
- Il m’a répondu ça. Je lui tend le portable pour qu’elle puisse regarder et ne tarde pas à sourire jusqu’aux oreilles.
- Ca ressemble presque à un cri de joie dissimulé ça.

Mon portable vibre de nouveau, un second message apparaît.

« Salut le Californien. Y a que Mateo dans mon harem pour l’instant (le smiley c'était lui) alors oui, y a de la place. En plus il n’a rien d’un doudou … Tu peux venir visiter l’Australien quand tu veux. Tu verras bien par toi-même que ça vaut le détour. »

Visiter l’Australien ? Si ça c’est pas une putain d’invité’… Et j'ai cru comprendre que si lui n'avait pas l'air d'un doudou, moi oui.

« *L’Australie … »

J’esquisse un sourire amusé, presque tenté de jouer de ce petit lapsus…

« Lapsus révélateur. Mais j’voudrais pas que Kyle vienne m’étouffer avec ses pinceaux. »

- Qu’est-ce qu’il y a ?

Hallelujah, premier son de voix depuis dix minutes. Macy et moi nous nous redressons subitement, notre curiosité venant de prendre le pas sur toutes activités du moment.

- Rien. Message d’un abruti qui dit n’importe quoi parce qu’il est bourré.
- Ah ouais et c’est qui ce mec.

JALOUSIE POWA. Ca y est, le spectacle commence et nos sourires en disent large. Mateo vient peut-être de nous sauver la soirée.

- Mateo, j’t’en ai déjà parlé.

Froid. Sans émotion.
Elle fait tout foiré. Sérieux, va falloir penser à lui donner des cours de séduction ou d’approche, au moins ça. Et nos regards désespérer se croisent.

- Hum.
- Non mais il est sérieux. « Hum ». Will ce sont des manches, on n’peut pas leur donner un coup d’pouce ?
- Bah tu veux faire comment, aller les voir et faire « Oh les gars, c’est quand que vous vous roulez une pelle ? ».

Nouveau soupire.
On y arrivera jamais avec ces deux là bordel. Ca doit faire … presque une semaine et demi qu’il est revenu, que les choses se sont tassées, qu’il nous a expliqué tout ce qu’il s’est passé… Alors merde, il serait un peu temps qu’ils se bougent le cul.
Je soupire, m’appuie contre le mur et reprend là où j’en étais. Avec Enzo donc.
Qui m’annonce qu’il n’est plus avec Kyle.
Deux choses étranges se passent chez moi. La première, la désolation. Pour lui, j’veux dire. Enfin j’sais pas comment ça s’est passé ni pourquoi mais j’suis surpris et peut-être un peu triste pour lui. J’m’y attendais pas en fait.
La deuxième et c’est celle qui n’me rend pas tellement fier : L’impression d’y voir une porte d’entrée. Et étrangement, l’envie de me pointer là bas en Australie se fait bien plus imposante que tout à l’heure. Des images défilent, des sensations aussi et mon sourire s’élargit. J’devrais pas réagir comme ça, j’en ai même honte quelque part et j’me dis que j’devrais pas me pointer avec ce genre d’idée dans le crâne.
Ouais, non. Enzo doit sûrement penser à autre chose qu’à tout ça et j’suis vraiment qu’un putain d’enfoiré pour ressentir le besoin brûlant de concrétiser ce qu’il s’est passé la dernière fois.

- Will, écoute…

Je tends l’oreille à mon tour. Quelque chose à changer, des mouvements sur le canapé.

- Yeurk ! Enlève ça j’veux pas entendre !!!

Macy agite les mains en avant tout comme moi j’essaie de me dépatouiller pour arracher ce truc du mur alors que nous entendons clairement Dean et Maxime entrain de s’embrasser.
Non non et non.
Je réussi finalement à arracher la ventouse du mur et à la jeter à l’autre bout de la pièce, une grimace de dégoût sur le visage.

- Fouh. C’était moins une …
- Ouais, plutôt mourir que d’entendre ça.
- Ceci dit… Macy lève son regard de vainqueur vers moi. Ca veut dire qu’ils se sont enfin rabib….
- On est rentrés !!

Nos épaules s’affaissent alors que je pends mon visage entre mes mains. Kristen et James ont choisit pile ce moment-là pour rentrer.





Je sors de ma chambre, mains dans les poches de mon bermuda, lunettes de soleil sur le front.

- Tu vas où ?
- Tu veux pas l’savoir. Large sourire sur les lèvres. Alors, c’était comment cette soirée avec Dean.
- Cool.
- Cool … genre cool ? Ou genre Cool… Coooooool ?

Et mes sourcils se haussent du style « petite coquine » mais son regard noir me transperce comme la lame d’un couteau, me faisant lever les mains en l’air, ricanant comme un connard.

- Casse toi.
- OK ok. Bonne nuit !

Je dévale les escaliers, embrasse Kristen en lui promettant de revenir le lendemain ou le surlendemain au plus tard et sors dans la rue alors qu’il fait presque nuit noir. Non, il fait nuit noire. Et j’me les caille parce que j’me suis habillé comme s’il faisait 35° dehors sauf que j’suis pas encore en Australie.

D’ailleurs, je me dépêche à franchir deux rues avant de déboucher dans un cul de sac et m’emparer du portoloin. En un claquement de doigts je me sens tirer vers l’avant avec la sensation très désagréable d’avoir un crochet dans le nombril. Ca ne dure que quelques secondes avant que je ne touche enfin le sol, basculant en avant, prêt à dégringoler d’une petite colline. Je rattrape de justesse mon équilibre…

- Woaw. Mon sourire devient large, jusqu’aux oreilles alors que j’inspire une énorme bouffée d’oxygène. Ca, c’est c’que j’aime.

Un putain de soleil qui me tape directement sur la nuque, une petite brise légère, l’odeur salée de l’océan, le bruit des mouettes, le sable et cette putain de maison qui m’envoie du rêve plein la gueule alors que je la contemple de là où je suis. Sûrement là où vie Enzo. Je suppose.
J’me sens d’un coup nerveux. Partagé entre la joie réelle d’être là et l’incertitude quant à mon comportement. J’me dis qu’il aurai sûrement besoin de parler contrairement à moi qui me remet plutôt bien de ma « séparation avec Drew ». Dont je lui ai parlé tout à l’heure d’ailleurs.

Je descend la colline tranquillement, mains dans les poches, lunette sur la gueule et sourire tranquille sur le visage. J’pouvais pas être mieux qu’en cette seconde et j’me dis que dès que je rentre, j’embarque Maxime, Dean et Macy en Californie avant qu’on parte.
D’ailleurs, ma peau hâlée accueille très bien le soleil qui semble être aussi bon que chez moi.

La porte d’entrée est ouverte et me laisse la vue sur un énorme espace. J’comprends mieux pourquoi Enzo était nostalgique au château… Je toque deux coups brefs avant de m’annoncer.

- La Californie est arrivée, livraison à domicile.

Des bruits de pas et il est là, face à moi. Dire que je ne ressens rien serait un sacré mensonge, tout comme ignorer mon estomac qui se crispe et mon cœur qui s’emballe légèrement serait hypocrite.
Enzo à l’air d’aller bien mieux que je ne l’aurai pensé. Pas d’air morne sur le visage, pas d’air triste, juste … Enzo. Avec un teint beaucoup plus caramélisé que la dernière fois, soit-dit en passant.

- Hey la peluche ! Comment va ? Je m’approche, lui donne une accolade franche toujours avec le sourire. J’suis là pour voir si visiter "l’Australien" vaut vraiment le détour ou non.

A double sens ? Peut-être, j’en sais trop rien. C’est pas comme si j’étais du genre à calculer ma vie et mes actes.

- Mateo n’est pas là ?

Je redresse mes lunettes sur mon front parce que ma mère m’a toujours dit que c’était mal poli d’en porter à l’intérieur d’une maison.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 12 Juil 2016 - 21:48

Loup-Garou en carton. Je suis tellement concentré sur les battements de mon cœur et sur ce que mes yeux lisent sans réellement le voir que je ne l'entends pas arriver. Lune a bien tourné la tête mais je n'ai pas fait attention. Je n'ai pas entendu le Portoloin, j'ai juste capté des pas sur les marches de la terrasse quand il est arrivé au niveau de la porte et le temps que je redescende sur terre il frappait déjà. J'ai même pas eu le temps de comprendre et c'est sans doute mieux comme ça.

« La Californie est arrivée, livraison à domicile. »

L'effet de surprise, sans doute un peu, mais pas que ça, c'est plutôt clair. J'ai le coeur qui bat trop vite pour un rythme de croisière, ça ne m'empêche pourtant pas de descendre de mon perchoir et de faire quelques pas vers la porte, sourire aux lèvres, en dégageant ma capuche d'un geste de la main pas franchement calculé. Paraît que c'est plus poli pour s'adresser aux gens.

« J'ai failli attendre. »

Je ne perds pas mon sourire, loin de là, seulement me demander de ne pas le regarder de la tête aux pieds c'est visiblement trop. J'ai pas envie de commencer à stresser ou me prendre la tête. Il est là, pas besoin d'être Einstein pour comprendre qu'il me fait toujours ce même effet qui m'a frappé l'autre fois, que ça me fait bizarre de le voir là, dans l'encadrement de la porte arrière de ma maison, mais ça n'est pas pour autant que je vais faire un blocage là-dessus. Hors de question.

« Salut. »
« Hey la peluche ! Comment va ? »
« Plutôt bien, et toi ? »


Pas de mouvement de recul, simplement un peu de surprise. Je ne m'attendais pas à cette accolade mais je la lui rend sans trop y réfléchir, sans m'arrêter sur le fait que ma main s'est posée sur sa hanche l'espace d'une seconde. Ça va, c'est rien, le genre de trucs qu'on fait n'importe quand, avec n'importe qui qu'on apprécie j'entends. Je m'arrête pas non plus sur le fait que l'avoir physiquement proche de cette façon me rappelle certains souvenirs.

« Et bordel, va vraiment falloir que je te trouve un surnom. C'est pas possible là. »

J'en ai bien un en stock, Piseman pour ne pas le citer, mais … Non. Allez savoir pourquoi, je ne suis plus tellement à l'aise avec. Je finirai bien par trouver, je suis plutôt doué pour ça. Tous les gens de mon entourage ou presque s'en sont vu attribuer un. Est ce que je le considère comme un membre de mon entourage ? Oui, sinon il ne serait pas là. Amis ? Non, on se connait pas assez pour ça, mais je crois que je le considère réellement comme un pote maintenant. Avec tout ce qu'on a partagé, après tout … Et puis on s'entend bien, pas besoin d'en faire un débat.

« J’suis là pour voir si visiter "l’Australien" vaut vraiment le détour ou non. »
« Toujours. »


Il y arrive toujours, à me foutre mal à l'aise, même si c'est peut-être pas fait exprès. C'est pas un malaise désagréable, plutôt le genre de malaise qui ferait rougir sauf que je suis passé à un stade au dessus visiblement et que ça n'est pas tellement le malaise que je ressens là. Sous-entendu ? Difficile à dire. Alors je sauve les meubles, j'essaie de ne pas écouter ma tête, ni le reste, juste d'être … détendu et c'est tout. En rentrant dans son jeu néanmoins, celui de l'humour.

« C'est mal d'abuser de mon statut de débutant en matière de technologie. Fin bref, bienvenue en Australie. »
« Mateo n’est pas là ? »
« Nope. Vas-y, entre. »


Je m'écarte un peu pour le laisser s'avancer un peu plus dans la maison et laisse mes mains aller se loger tranquillement dans mes poches avant que l'une d'entre elle s'en ressorte pour aller ébouriffer mes cheveux dans un geste automatique et sans intérêt. Déçu qu'il ne soit plus là ? J'vais pas commencer à me poser ce genre de questions, clairement pas.

« Il a décollé super tôt ce matin … Je sais même pas comment il a fait. A 7h, y a 2 ou 3h, un truc comme ça … A mon avis il a filé voir sa femme et j'suis pas certain que ça se soit super bien passé si c'est le cas vu le décalage horaire et surtout l'état dans lequel il était. »

Pas de nouvelles, bonne nouvelle ? J'espère que t'es toujours en vie mon pote ...

« On s'est pris une caisse dans les règles de l'art hier soir, c'était assez épique. J'me souviens pas de tout à vrai dire. Et on a du se coucher … J'sais pas, vers 5h peut-être ? Aucune idée. J'sais juste que je lui ai demandé de me tatouer un kangourou … Et heureusement il l'a pas fait. »

Je secoue la tête, écrasant un rire en y repensant. J'aurai eu l'air fin avec un kangourou tatoué je ne sais pas trop où, surtout un kangourou qui ne ressemble … pas à un kangourou. Et puis à choisir, franchement, si un jour je dois avoir une marque encrée sur la peau, ça ne sera pas un kangourou c'est certain. Même si j'adore mon pays, je ne suis pas chauvin à ce point là. Je viens de me souvenir également que j'ai essayé d'attraper une branche enflammée … Et comme je l'ai dit sur le coup, j'ai déjà plus rien ce matin. Merci la Lycanthropie … Ou alors j'ai halluciné sur l'étendu des dégâts, ce qui est possible, mais de toute façon on s'en tape. Tout ça, ça a été interrompu par le message que Will m'a envoyé. Et quelques heures plus tard, il est là, chez moi, devant moi. Et on est seuls. Je sais pas, ça me saute aux yeux d'un coup et je sens bien que mon regard se perd un peu, que je le fixe sans même m'en rendre compte, sans trop le voir je crois, un peu perdu dans mes pensées. Les mots, eux, ils m'échappent. D'une manière relativement lente alors que je capte à nouveau son regard que j'avais lâché sans réellement faire attention.

« Tout ça pour dire que Mateo n'est plus là. Le frangin n'est pas là non plus. »

Et l'évidence se fait plus présente.

« C'est juste toi et moi. »

De même que les battements de mon cœur qui accélèrent, quand bien même je reste stoïque. Je ne sais pas si on appelle ça être sauvé par le gong, j'imagine que c'est une question de point de vue et j'ai un peu de mal à savoir quel est le mien actuellement mais tout ce que je sais c'est que Lune choisi ce moment là pour se manifester, en miaulant, et en s'étirant sur le plan de travail, faisant quelques pas en marchant bien sur la tête du requin blanc toujours immobilisé dans le livre et surtout sur toute la doc que j'ai laissé étalée là.

« Et Lune. »

Elle s'assoie finalement au bout du plan, miaule une nouvelle fois à mon attention et je me rapproche d'elle pour la gratter sous le menton l'espace de trois secondes. Ça me permet de reprendre un peu mes esprits, c'est plutôt clair, parce que je suis entrain de perdre le fil. J'adresse un sourire qui se veut tranquille au Californien, qui doit probablement être entrain de se dire qu'il a un type gaga de son chat devant lui, mais peu importe. Un soupir m'échappe au passage, juste un réflexe physique, comme le fait de le regarder à nouveau. C'est là, ancré dans mes tripes.

« Ça te va bien la Californie. »

Avec sa dégaine de touriste et les couleurs qu'a pris sa peau, il ne me laisse clairement pas indifférent. Pourtant je n'essaie pas de me voiler la face, peu importe la façon dont il est sapé, qu'il soit pâle comme la reine d'Angleterre … ça ne changerait rien à ce que je ressens en cet instant. J'ai le ventre noué, le cœur qui fait des salto arrière, parce que sa présence là dans mon espace vital me rend dingue. J'arrive pas à détacher mes yeux de lui, de même que ma tête est complètement envahi de flash, souvenirs ou pure imagination. C'est aussi simple que ça. Je ne savais pas à quoi m'attendre, j'avais aucune idée de comment je réagirais ni même ce que ça me ferait, maintenant je suis fixé … et pourtant j'essaie encore de détourner le truc.

« Tu veux visiter ? »

J'y crois pas moi-même. Je ne dirais pas que c'est sans fondement seulement je ne tiens pas trois secondes après m'être mis en marche vers le salon. J'immobilise, une main dans les cheveux, lui tournant le dos. Je reste statique comme ça peut-être trois nouvelles secondes ...

« Et puis merde, j'ai pas envie de tourner 150 ans autour du pot. »

Je débranche. Fini les conneries. J'ai pas envie d'aller contre ce que je ressens, c'est à dire beaucoup de choses, tout en laissant une part de culpabilité de côté. En ce qui me concerne, plus rien n'existe si ce n'est lui, moi, et cette pièce. Sans compter l'attraction que j'éprouve pour lui en cet instant, un truc qui m'embrase à retardement depuis qu'il a franchi le seuil de la maison. Aucune hésitation dans mes gestes quand je me rapproche de lui, pose une main sur sa hanche et le pousse en arrière jusqu'à ce qu'il se retrouve contre le mur. Je pose une main à plat à côté de sa tête, bras à demi tendu, tête penchée vers lui, à seulement quelques centimètres de son visage. Dans mes veines, une envie furieuse de l'embrasser, et plus encore. Bien plus. Je veux sentir sa peau. La toucher, la respirer, l'embraser. Et encore plus.

« J'ai envie de toi. Là, maintenant, tout de suite. J'ai envie de toi chaque fois que j'te vois depuis l'autre soir. »

Toujours pas d'hésitation quand je me rapproche un peu plus tandis que ma main jusqu'ici posée tranquillement bien que fermement sur sa hanche glisse dans son dos et descends encore un peu plus bas. Pression. Je ramène son bassin contre le mien de manière sans doute un peu vive et mes yeux ne quittent pas les siens. De là où je suis je peux ressentir toutes les réactions de son corps, y compris son rythme cardiaque. Je ne cherche pas à dissimuler les miennes, pas une seule seconde. Je ne sais pas ce qu'il cherchait vraiment en débarquant ici, tout ce que je sais c'est qu'il m'a trouvé moi. A voir ce qu'il compte en faire. J'ai parfaitement conscience du fait qu'il peut me remettre un stop, encore, quand bien même ça n'est plus un type en couple qu'il a contre lui et que de son côté, d'après ce que j'ai compris, c'est aussi le cas même si je n'ai jamais vraiment capté quelle genre de relation il pouvait avoir avec Drew. La vérité c'est qu'en cet instant , très égoïstement, ça ne changerait de toute façon rien pour moi. Je le veux, je suis en phase avec ça, les cartes sont entre ses mains maintenant.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 19 Juil 2016 - 15:11

- Nope. Vas-y, entre.

Je pénètre un peu plus dans la demeure de Ryans et laisse échapper un sifflement impressionné.

- La vache, ça fait beaucoup d’espace pour une personne !

J’ai l’impression de me retrouver chez Macy où elle nous appelait sans arrêt pour que la bande vienne combler tous ces espaces laissés vides par le départ de ses parents pour un énième voyage.

- Il a décollé super tôt ce matin … Je sais même pas comment il a fait. A 7h, y a 2 ou 3h, un truc comme ça … A mon avis il a filé voir sa femme et j'suis pas certain que ça se soit super bien passé si c'est le cas vu le décalage horaire et surtout l'état dans lequel il était.
- Même pas marié que le divorce va être demandé.
- On s'est pris une caisse dans les règles de l'art hier soir, c'était assez épique. J'me souviens pas de tout à vrai dire. Et on a du se coucher … J'sais pas, vers 5h peut-être ? Aucune idée. J'sais juste que je lui ai demandé de me tatouer un kangourou … Et heureusement il l'a pas fait. Tout ça pour dire que Mateo n'est plus là. Le frangin n'est pas là non plus.

En gros, nous sommes carrément seuls.
Allez savoir pourquoi cette perspective est assez plaisante.
Je me retourne vers Enzo, mains dans les poches, lunette de soleil vissé sur la tête, et j’affiche un sourire qui en dit large.

- J’comprends mieux cette tronche de « pas frais » ! Vous faites des trucs bizarres quand vous êtes tous les deux… ça en deviendrait presque suspect.

Bah alors Vargas, on s’est décidé de danser la lambada caliente avec un fessier ?
Je m’autotroll, exactement.
Je regarde Enzo de la tête aux pieds, m’apprête à lui lancer un petit quelque chose sur cette histoire de tatouage mais il me coupe l’herbe sous le pied.

- C'est juste toi et moi. Et Lune.

Je suis venu ici dans l’optique de profiter du paysage – dans tous les sens du terme, je dois bien l’avouer – mais aussi en me disant que je devrais probablement l’aider à remonter la pente après sa rupture avec Kyle. De l’aider à penser à autre chose, de lui remonter le moral avec mes conneries et peut-être même de le conseiller pour l’aider à y voir plus clair à démêler un peu ses idées probablement flous.
Pourtant… j’ai pas l’impression que cette visite va prendre cette direction. Une sorte de sensation étrange alors qu’il regarde son chat et que moi j’prends conscience que nous sommes effectivement absolument seuls. Le chat, je m’en fout – sans offense -, mes yeux sont déjà entrain de regarder Enzo en me demandant ce qui me passe par la tête de le mater comme ça alors qu’il vient tout juste de rompre.
Shame on me.

- Ça te va bien la Californie.
- Merci. J’affiche un sourire, touché par le compliment. C'est clair que ça change des couleurs qu'on essaie de prendre en Ecosse..

C’est pas là-bas qu’on profitera autant de la chaleur que chez moi ou qu’ici, en Australie où le soleil donne réapprovisionne en Vitamines D. Avoir des couleurs sur la gueule me change du teint un peu palot que j’ai récupérer à Poudlard.
Ceci dit, j’pourrais jamais faire pire que Maxime.
Mes yeux s’attardent sur Enzo et je me demande si sous ce sweat, sa peau est aussi caramélisée que le reste. Je repense à cette fois dans la salle commune où j’aurai pu cette fois réellement aller au bout des choses et la conjoncture actuelle fait que là, maintenant, j’aurai presque envie d’achever ce que l’on a commencé.
Non la réalité qui se manifeste depuis tout à l’heure est telle quel. J’ai envie d’achever ce qui a été commencé parce que tant que ça ne sera pas achevé, ça me restera au fond des tripes comme ça. J’suis plus avec Drew, Dean est revenu, j’ai envie de vivre. De respirer. De profiter. Et Enzo me provoque tout un tas de truc contre qui je n’ai pas envie de lutter.

- Tu veux visiter ?
- Quoi ? L’Australie ou l’Australien ?

Le sous-entendu est volontaire et je continue de le fixer, l’air de rien. J’suis pas lycanthrope, j’ai pas leur ouïe hyper fine pour entendre et/ou sentir certaines choses mais j’suis pas con pour autant. Y a un truc qui cloche dans son comportement depuis que je suis arrivé et si je ne m’appelle pas William si lui et moi ne sommes pas sur la même longueur d’onde.
Enzo me tourne le dos et je ne bouche pas, j’attends. Peut-être que je me plante mais mon instinct m’a rapidement apprit que ma marge d’erreur est bien faible à ce niveau. C’est comme ça, je sens le truc, je sens quand le courant passe dans les deux sens, quand il y a cette étrange connexion. Je l’ai senti pour Drew, je l’ai senti pour Zachary malgré ses réticences et je le sens là encore. Mais décuplé, quelque chose de profond et puissant.
Il y a l’attirance pour l’autre qui entre en ligne de compte parce que putain, il est clairement pas dégueulasse à regarder ou même à toucher. Mais y a autre chose. Un truc qu’on n’a pas achevé l’autre fois et qui reste là.

- Et puis merde, j'ai pas envie de tourner 150 ans autour du pot.

Je reviens sur terre et me retrouve rapidement contre le mur derrière moi.
C’est ce que j’appelle une explosion des sens.
La machinerie s’emballe, s’active, s’accélère. Mon cœur sprint comme un fou, mon désir explose au creux de mon ventre et mon sourire s’étire, carnassier. Sa main sur ma hanche, ses lèvres là, à quelques centimètres des miennes… J’suis là pour quoi déjà ?
Ah oui, pour finir ce qu’on a commencé. Parce qu’il ne s’agissait que de ça, j’aurai été un putain de menteur que de dire que je ne suis venu que dans le but de lui tenir la causette et de parler de sa rupture avec Kyle. C’est foutrement égoïste mais là, tout de suite, je m’en fous comme de l’an 40. Parler avec Enzo, c’est cool, lui-même est un type cool que j’apprécie vraiment.
Mais là ? J’veux juste qu’on se taise et qu’on passe à autre chose.

- J'ai envie de toi. Là, maintenant, tout de suite. J'ai envie de toi chaque fois que j'te vois depuis l'autre soir.

Un soupire m’échappe alors que sa main descend dans mon dos pour plaquer mon bassin contre le sien, sèchement, comme une invitation.
J’ai le cœur qui va exploser et mon sourire s’élargit alors qu’il accentue la pression entre nos deux corps. Ce qui me fait sourire comme ça ? Notre envie commune et parce que maintenant je sens que ça ne s’arrêtera pas, j’ai envie d’en profiter, de jouer, de le sentir aussi envieux que moi, comme en cet instant. Mes mains se posent sur ses hanches, sans prononcer le moindre mot. Je profite. De tout. D’être vivant. De le sentir aussi proche alors que si je laissais mon instinct s’exprimer, il se retrouverait déjà probablement contre le mur lui aussi avec un vêtement en moins.

Je les glisses sous son sweat pour rencontrer sa peau nue, brûlante comme jamais et qui m’électrise. Je remonte sur ses hanches, effleure sa peau pour ensuite venir dans le bas de son dos. Nos souffles s’écourtent, se mélangent sans un baiser mais inutile de faire quoi que ce soit pour comprendre ce que nous voulons.
Je suis surpris de me sentir presque soulagé de le sentir aussi près de moi. Aussi désireux.
Mes mains descendent à leur tour plus bas et je le plaque encore plus à moi, bassin contre bassin alors que je suis sur le point de l’embrasser, regard provocateur accroché au sien.

- Qu’est-ce que t’attends alors ?

C’est mieux qu’une provoc’, c’est une invitation claire et précise à ce que nous arrêtions de jouer aux mecs qui font genre que rien ne se passe dans cette putain de maison.
Mais avant qu’il ne réagisse, j’inverse les rôles et le pousse brutalement contre la table derrière lui, toujours sans l’embrasser. Il a beau être plus grand que moi, être plus baraqué, ça ne change rien au fait qu’il n’est pas le seul à pouvoir prendre l’ascendant sur l’autre dans cette situation. Ça ne change rien à mes envies furieuses de le dévorer sur place, de le sentir nu contre moi, de le pousser plus que jamais à terminer ce qu’on avait commencé.
Mais je lutte. Par plaisir masochiste de sentir ce désir douloureux mais divin m’englober de part et d’autre.



Je m’écarte légèrement, regard brillant, le cœur battant.

- Fais-moi visiter cette maison et à chaque pièce, tu en auras un peu plus.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mer 20 Juil 2016 - 14:03

Beaucoup d'espace pour une personne. Je ne relève pas, pourtant, ces mots trouvent un écho en moi et y résonnent. Ça me fait un pincement au cœur, toujours, parce que c'est plutôt clair que je la préférai pleine de vie cette maison et que j'aurai aimé, espéré, que ça ne change jamais ou pas aussi tôt en tout cas. Il y a des photos partout sur les murs, des parents, de Derek, de moi, de nous quatre tous ensemble. Cet endroit est rempli de souvenir et parfois, effectivement, je trouve qu'il y a trop d'espace même si elle n'est pas non plus énorme. Juste ce qu'il faut pour quatre personnes, en fait. A croire que les parents avaient vu juste quand ils l'ont fait construire. Je n'y suis quasiment plus et je me rends compte à quel point ça me manque. Heureusement Derek est là pour la faire vivre maintenant mais ça m'arrive, de temps en temps, d'imaginer ce que ça aurait pu donner si Papa et Maman étaient encore là. Je nous vois sans aucun problème prendre le p'tit dej tous les quatre sur la terrasse, faisant abstraction de tout le reste, avec pourquoi pas … Une petite sœur ? Je crois que j'aurai adoré ça. Et un chien, ça aurait été cool d'avoir un chien. Je ne vis pas dans le passé ni dans les regrets, j'ai appris à me faire à leur absence mais elle se fait toujours plus forte quand j'arpente les pièces de cette maison. J'ai encore du mal à entrer dans leur chambre certains jours, autant l'admettre, mais j'y passe tous les matins pour ouvrir les fenêtres. C'est comme … une sorte de rituel. Rien n'a bougé à l'intérieur, je ne crois pas que ça changera de si tôt et je ne sais pas de quoi demain sera fait, comment va évoluer ma vie, où je vivrais, etc … Mais cette maison … Je ne suis pas certain d'être capable de m'en séparer un jour. Elle représente trop de choses, j'y suis plus qu'attaché. Je crois que c'est le cas aussi pour Derek.
Sa remarque sur Mateo et le fait qu'on fait des trucs bizarres quand on est tous les deux, au risque d'en paraître suspect, ça me ramène sur terre en souriant et je continue mon speech … Jusqu'à ne plus en être capable. A quoi ça sert de se voiler la face ? Autant être honnête, que ça soit envers lui ou envers moi-même, et quand je vois et ressens ses réactions, son sourire qui en dit long, je me dis que mes impressions ne sont pas totalement à côté de la plaque. Je suis comme ça, j'ai pas toujours le réservoir plein de confiance en moi alors je m'avance pas sur ce genre de trucs, enfin pas toujours, mais là c'est clair, lui aussi en a envie. Autant dire que le désir que je ressentais déjà jusqu'ici grimpe d'un cran au dessus rien qu'à l'idée d'intégrer ce fait. La dernière fois que j'ai ressenti ça, c'est quand il ne m'a pas repoussé il y a quelques semaines, en tout cas pas tout de suite … Mais cette fois c'est en bien plus fort, plus puissant. Plus enivrant, aussi.

Ses mains se posent sur mes hanches, les miennes ne bougent pas. Je ne quitte pas ses yeux, aucun de nous deux ne franchis l'espace vraiment restreint qu'il y a entre nos lèvres … même si cette envie de l'embrasser ne me quitte pas une seule seconde. Je ne cèderai pas. On en est là. Parce que je le connais ce sourire, et ça me surprend de me faire cette réflexion d'ailleurs. Ses doigts glissent sous mon sweat, je ne réprime pas le soupir qui m'échappe alors que mes yeux se ferment l'espace d'une seconde. Mon myocarde s'emballe, mon souffle déraille complètement, il s'affole. Je ne sais pas par quel miracle tout reste aussi lent mais je ne peux pas dire que ça ne me plait pas. Ce que je ressens là, ça fait battre mon cœur à une vitesse qui me donne envie de hurler que je suis vivant. Et je voudrais qu'il continue de m'effleurer comme ça encore pendant des heures. Je ne cherche pas à comprendre ce qui se passe mais un truc me saute aux yeux, façon de parler bien sur : J'ai l'impression de relâcher tout l'air dans mes poumons après l'avoir gardé prisonnier trop longtemps. C'est comme … une sorte de soulagement, ça en serait presque perturbant. En réalité, ça l'est, totalement même. Mais je n'ai pas envie d'analyser ce que je ressens, je veux juste … ressentir. Ses mains descendent d'un cran à leur tour, d'une pression elles me rapprochent encore un peu plus de lui. Je sens son visage plus proche du mien, son regard est plein de provocation ...

« Qu’est-ce que t’attends alors ? »


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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Lun 25 Juil 2016 - 14:06

Nous y sommes. A ce dénouement tant attendu et tant désiré.

Ma proposition n’a rien d’un piège, au contraire. Presque une chance d’un jeu où nous pourrions nous perdre tous les deux dans le tourbillon d’un désir puissant et jouissif. J’ai le sourire large, les mains presque tremblantes d’envie mais je ne me défais pas de cette assurance que je lui montre. J’ai toujours été comme ça, en particulier avec Jude où je m’amusais à lui faire perdre les pédales tout en lui affichant cet air de petite allumeuse parfaitement conscient de l’effet qu’il provoque. Et j’aime ça, c’est mon truc à moi, le jeu. De n’pas me poser de questions, de vivre et de prendre ce que l’on me donne. Je n’ai jamais été un as des prises de tête, tout est pour moi une simplicité.
Dans cette situation où le fantôme de Kyle pourrait peser sur ma conscience et mes épaules, je suis complètement dénué de toute culpabilité même si ça n’se fait pas. Mais là tout de suite, c’est le cadet de mes soucis – sans offense, Kyle -, j’ai le cerveau à dix milles lieux de toute conscience humaine.
Nous sommes jeunes, nous sommes en vie et après tout ce que nous avons vécu, j’estime que c’est à juste titre que nous nous devons presque profiter des moments offerts.

Et admettons-le… faire grimacer Maxime lorsque je rentrerais, me plait assez.

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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 26 Juil 2016 - 20:10

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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Lun 8 Aoû 2016 - 13:16


Je l'attire face à moi, goutte de nouveau ses lèvres, toujours l'un contre l'autre.

- Mieux vaut tard que jamais... Mon souffle se glisse dans son cou que je mordille tout légèrement, bien plus calme que je ne l'étais tout à l'heure. Et franchement, ne jamais goûter à tout ça aurait été un crime contre l'humanité.

Tout ça ?
Lui. Tout entier. Dans tout ce qu'il représente en cette seconde parce que oui, Monsieur Ryans, vous êtes un sacré coup.
Autant appeler un chat, un chat. Je redescend sur terre, ma tête contre son épaule alors que je me cale doucement dans ses bras.
Oui, désolé. J'suis pas le genre de mec à tirer mon coup et à partir dans la foulée. Et putain, sa peau est si brûlante que j'en aurai presque chaud. Mon cerveau est en off et j'ai du mal à revenir à notre réalité, j'ai du mal à redescendre tout court mais je m'en fous, c'est pas ce que je cherche. Au contraire. Je préfère me laisser aller à profiter encore de ces quelques minutes complètement à l'ouest et drogué, comme si j'avais fumé un bon joint.
On évite les jeux de mots les copains, j'me suis fais la réflexion tout seul.
Un baiser sur sa clavicule, un autre sur ses lèvres et je le guide jusqu'au salon. Sur un coup de tête, sourire aux lèvres. Ma main dans la sienne, je le pousse sur le canapé gentiment, le force à s'allonger et je viens contre lui, pour une simple étreinte. Un peu à l'étroit, certes, mais tant pis.

- J'ai même pas besoin de couverture. J'comprends mieux pourquoi t'étais aussi bouillant que Maxime pouvait l'être.

Le fait qu'il soit loup-garou y est pour quelque chose et franchement, j'vais pas m'en plaindre.
Et j'ai déjà les yeux qui tombent de fatigue et ça c'est moche.

- Ca te gêne pas si on reste un peu comme ça ?

Dos contre son torse, je me cale comme si c'était mon pieu, contre ma peluche un soir d'hiver.
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 9 Aoû 2016 - 23:19



« Mieux vaut tard que jamais... »
« J’suis pas mécontent de pas avoir attendu plus encore. »


J’ai encore du mal à parler, ma voix est rauque, mon corps se sort difficilement de cet échange et mon esprit je n’en parle même pas. Mon front cherche le sien, j’effleure sa tempe du bout des lèvres, me repose un peu contre lui avec cette impression d’être à deux doigts de sombrer s’il ne me retient pas. Je sens son souffle dans mon cou, mes bras enroulent sa taille et mon front se pose sur son épaule. Instinctivement, je le serre contre moi sans me poser la moindre question. Je n’ai pas envie de le lâcher, surtout pas parce qu’on vient de faire l’amour et que chez certains, c’est suffisant pour se détacher comme si rien ne s’était passé. On a baisé, c’était cool, chacun a eu ce qu’il voulait alors maintenant on peut passer à autre chose et s’oublier mutuellement ? Non.
J’ai pas toujours été d’une tendresse à toute épreuve, certaines personnes et notamment la gent féminine pourraient en témoigner, mais là c’est différent. Ça l’était avec Kyle. Je ne suis pas en état de me faire ce genre de réflexions, je n’arrive pas à redescendre sur terre et en réalité ne tente même pas. Je crois qu’au fond de moi j’appréhende même un peu l’atterrissage et ce sentiment de plénitude totale qui suit ce genre d’échange n’a aucun égal ou presque. Une bonne vague, à la rigueur. Pour égaler celui-ci il en faudrait une vraiment particulière, presque parfaite, parce qu’on ne va pas se mentir, sans vouloir faire de comparaison fumeuse, j’ai rarement vécu un truc aussi intense.

« Et franchement, ne jamais goûter à tout ça aurait été un crime contre l'humanité. »

Il sourit, je le sens plus que je ne le vois. Sa tête sur mon épaule, il se blotti contre moi et je le serre plus fort, toujours à l’instinct. C’est comme un chat abandonné, qui a perdu l’habitude du contact. Au début il hésite, il a envie mais n’ose pas, puis il suffit d’une caresse, une deuxième, il reprend l’habitude, accepte et ne peut plus s’en passer. C’est peut-être totalement stupide de se faire une telle réflexion mais je m’en tape, c’est comme ça que je le ressens. Comme si son corps et le mien étaient deux chats abandonnés, plus capable de se défaire de ça, peu importe ce qu’est ce « ça » …

Ses lèvres rencontrent ma clavicule, puis les miennes, je le regarde et j’ai envie de lui demander pourquoi il s’écarte comme ça. Je ne sais pas pourquoi mais même si je plane complètement, en cet instant, je me sens vulnérable. Qu’est ce qui va se passer maintenant ? Est-ce que tu vas partir et me laisser ? Pourtant quand sa main attrape la mienne je sursauterai presque, ne sachant pas trop comment appréhender ce geste. Il tire sur mon bras et je le suis sans rien dire, sans jamais lâcher sa main, jusqu’à ce qu’il me pousse doucement sur le canapé, me force à m’allonger et vienne se caler contre moi. Mon bras passe par-dessus sa taille, ma tête se pose sur le coussin. Un soupir m’échappe, un soupir de fatigue je crois. D’ailleurs, mes yeux se ferment déjà.

« J'ai même pas besoin de couverture. J'comprends mieux pourquoi t'étais aussi bouillant que Maxime pouvait l'être. »
« Si je suis aussi bouillant, là, maintenant, tout de suite, c'est en grande partie dû à toi. »


Je réagis, un sourire timide se pointe mais j’ai l’impression de ne plus être vraiment là en réalité. Malgré ça, je le sens bien, j’ai l’impression de me sentir rassuré qu’il ne compte pas chasser ce qui vient de se passer d’un geste de la main, qu’il ne compte pas se barrer comme il est venu après avoir peut-être eu ce qu’il voulait. Je sais, je déraille, je pense trop. Stop. C’est sans doute l’épuisement qui me rend si fébrile, c’est tout, mais j’ai l’impression que mon corps tout entier lâche prise, comme apaisé. Et ma tête avec, finalement.

« Ça te gêne pas si on reste un peu comme ça ? »

Cette fois mon sourire s’élargit, s’étire en coin même, alors que ses propres mots me reviennent en mémoire. Je retrouve un peu de consistance, amusé par ce souvenir qui me semble dater d’une éternité alors qu’il ne remonte qu’à quelques semaines, à peine deux je crois même.

« Fais gaffe, tu deviens romantique vieux. »

Retour à l’envoyeur, et oui j’en suis fier. Ça me vaut un coup de coude dans les côtes mais ça me fait rire.

« De toute façon j'ai comme l'impression que j'ai pas trop le choix. »

Et quand je le sens qui s’éloigne de manière infime, comme prêt à se relever, ma main se plaque sur son ventre et je le ramène contre moi.

« Non, reste. »

J’veux pas que tu t’éloignes, que tu me laisses.
Ça ne me gêne pas si on reste un peu comme ça, c'est même tout le contraire.

« Mais faut que tu saches que je vais m'endormir. »

Ma main attrape la sienne, là, contre son torse.
Mes doigts s’entremêlent aux siens, les serrent doucement.
Je suis déjà entrain de partir, sans penser à rien ni à personne.

#

Une heure ? Deux heures ? 20 minutes ? Qu’est-ce que ça peut faire de toute façon ? J’ai dormi, lui aussi, et puis je me suis réveillé … et je l’ai réveillé. En douceur, ça commence par effleurer sa nuque du bout de mon nez avant de l’embrasser tranquillement.



Et mon ventre qui choisit le moment idéal pour se manifester en exprimant sa faim, le creux qui l’habite, dans un magnifique grognement sonore. Nos éclats de rire alors que je penche la tête en arrière sans le lâcher pour autant, le gardant là, sur moi.

« J’ai toujours eu un super sens du timing quand il est question d’être sexy et glamour, comme tu peux le constater. »

Mon rire se calme, je me laisse complètement aller contre le dossier du canapé, bien installé, le rapprochant de moi en enroulant son corps de mes bras alors que mon menton se pose sur son épaule. Encore un geste déstabilisant de naturel, spontané. Je pourrais facilement y prendre goût … Connerie, j’y ai déjà pris goût. Sa peau contre la mienne, son odeur, lui tout entier. Nous. Ce qui se passe quand on se trouve dans le même périmètre, un truc qui vous explose la vie en pleine face et vous fait oublier que le reste du monde existe.

« T’as faim ? J’veux dire, vraiment faim, de nourriture. »

Autant être le plus précis possible.

« Parce que si tu veux continuer la visite, personnellement va falloir que je mange un truc. En dehors de toi, j'entends. »

En plus de ça, t'es pas un truc.

On doit être proche de midi, peut-être même plus tard que ça, surement même, à vrai dire j’en sais rien et je m’en tape. Je m’en tape comme de savoir que la moitié de mes ancêtres étaient peut-être bien des prostitués et des bagnards. De ça, personne ne s’en vante dans la famille, étrangement. Je devrais en discuter avec Bryton tiens, je suis certain que ça serait une conversation très intéressante. Pourquoi je pense à ça maintenant ? Pourquoi je pense à mon cousin maintenant ? Aucune idée.
J'ai quasiment pas dormi depuis … un moment, juste quelques heures par ci, par là, et pratiquement rien dans le ventre depuis hier soir si ce n'est des litres d'alcool – Heureusement qu'on a dormi, d'ailleurs, parce que je ne pense pas que j'aurai été capable de tenir. Une carcasse comme la mienne ça se nourrit, et de toute façon l'exercice physique ça donne faim à tout le monde un moment ou un autre, non ?
Direction la cuisine, de nouveau, mais pas pour les mêmes raisons cette fois. Je récupère mon caleçon qui traine par là et l'enfile mais c'est tout le tissus que je mets sur moi. Question purement logistique parce que ça ne me pose pas le moindre problème de me balader à poil mais quand on veut manger, il faut cuisiner un minimum et … Hors de question que je prenne le risque de porter atteinte à certaines parties de mon corps.

Grosse fringale, c'est peu de le dire. Des œufs, du bacon, en souvenir du bon vieux temps, hum ? Je sors aussi deux bouteilles de bières du frigo, les décapsule, lui en tend une avant de trinquer avec lui et de la boire tranquillement quand tout est entrain de cuir. On discute, on se touche, on se cherche, on se teste, y a comme une aura de simplicité et de légèreté dans la pièce ou c'est moi ? C'est tellement léger que ça se termine en bataille de bouffe et quand je lui balance un morceau de bacon dessus, je finis par aller le chercher directement sur sa peau, avec ma langue. Résultat, des rires, deux cons qui se courent après dans le salon, qui grimpent les escaliers pour s'engouffrer dans une pièce avant de s'étaler sur le lit qui s'y trouve. Ça n'est pas ma chambre, ni celle de Derek. Celle des parents est en bas.



#

J’ouvre les yeux, il me faut un petit moment pour comprendre où je me trouve alors que je connais cette maison comme ma poche. Le bureau de Papa, transformé en chambre d’amis même si la plus part des meubles et de ses affaires sont toujours là. Au mur, un tableau que Maman a peint, un paysage. J’observe la pièce en silence, une main sous la tête, l’autre sur le ventre, étendu sur le lit. Seul ? Non. William est toujours là, juste à côté, allongé sur le ventre. Je ne vois pas son visage parce qu’il a la tête tournée dans l’autre sens mais sa respiration me fait comprendre qu’il dort profondément et ça me fait sourire, un sourire presque tendre. Non, en réalité, il l’est totalement.
Dans ma tête il se passe deux choses. La première : Je n’ai pas envie de le réveiller, pas quand il a l’air de dormir aussi bien. La deuxième : L’océan m’appelle. Je ne sais pas quelle heure il est exactement mais à la luminosité extérieure qui perce par la fenêtre ouverte, aux odeurs, à l’ambiance, je devine que le soir approche. Si je ne me plante pas, la marée est montante, c’est donc le moment idéal pour aller prendre quelques vagues. Ça n’a rien à voir avec lui mais je sens bien au fond de moi avoir besoin d’un peu de solitude, de me retrouver en tête à tête avec moi-même. Avec ma planche et les vagues, aussi, mais c’est presque un prolongement de moi finalement.
Ma décision est prise, je me lève en douceur, sans faire de bruit, et sors de la chambre avant de revenir une ou deux minutes plus tard, mon short de surf sur le derrière, un papier dans la main … et une peluche dans l’autre. C’est un chien, un truc que j’ai retrouvé dans le fond de mon armoire, peut-être mon doudou d’une époque j’en sais trop rien. Il n’est pas noir mais ça fera l’affaire, je suis certain qu’il comprendra l’allusion de toute façon. Il bouge, grogne un peu, mais ne se réveille pas. Je pose la peluche sur l’oreiller où reposait ma tête jusqu’ici, le mot par-dessus, et m’en vais après avoir esquissé un énième sourire, me retenant de lui caresser la joue – Parce que oui, j’en ai eu envie.

Parti surfer. Fais comme chez toi, je reviens vite.

C’est tout. J’ai failli lui rajouter de ne pas partir sans me dire au revoir mais qui je suis pour lui demander ça ? On n’a pas vraiment discuté emploi du temps, je ne sais pas du tout s’il a des « obligations » ailleurs ou simplement envie de rentrer chez lui, retrouver sa famille, ses potes, etc ... On verra bien s’il est encore là quand je reviendrais, chose que j’espère sans le formuler, on ne va pas se mentir. Je m’éclipse, ferme la porte derrière moi pour lui éviter de se retrouver avec une chatte blanche emmerdeuse sur la tronche à un moment ou un autre et redescends, sors de la maison, me dirige vers la cabane où se trouve l’établit, là où ma famille – mon père et moi en l’occurrence – entrepose les planches depuis plus de 20 ans. Je décroche ma planche, noire comme la nuit, laisse mes yeux se perdre une seconde sur le dessin puis attrape mon lycra. Direction le spot le plus proche, juste derrière l’avancée rocheuse à quelques centaines de mètres de la maison.

#

Session d’une heure, environ. C’est le pied, comme à chaque fois. Un sentiment de liberté que je ne retrouve nulle part ailleurs, un truc bien particulier, qui me colle à la peau et me file le smile pendant un moment. Le sourire, je l’ai en rangeant ma planche après l’avoir rincée et essuyée. Je l’ai toujours quand je rentre dans la maison et il s’élargit quand je me rends compte que le Californien est toujours là, posé tranquillement dans le canapé, entrain de regarder la télé. Moi j’ai les cheveux en vrac, à peine secs, et du sel partout sur la peau. Dehors, il vient de se mettre à pleuvoir, je suis passé entre les gouttes visiblement. Non, contrairement aux idées reçues, il ne fait pas toujours beau en Australie. Ni spécialement chaud. Toujours plus qu'au Royaume Unis, certes, mais on se comprend.

« Hey. Bien dormi ? »

La notion de temps n’a pas la moindre importance. Il est arrivé ce matin, à présent la nuit se pointe tranquillement. C’est les vacances, tout ça n’a pas la moindre importance.

« Tu regardes quoi ? »

Question lancée à la volée alors que je me dirige vers la cuisine … manquant de me casser la gueule au passage puisque sa majesté blanche a décidé de venir se coller dans mes jambes.

« Putain Lune, t’es relou. Deux secondes, ça va. »

Elle me regarde, miaule, ronronne, se frotte à mes mollets et les lèche même une seconde parce qu’ils ont un goût salé. Elle a faim, je comprends bien le message. Je la chope et la lève jusqu’à ce que sa tête soit au niveau de mon visage. Elle tend une patte et la pose sur mon nez en miaulant. Normal.

« Genre t’as pas déjà décimé la population de souris du coin en plus de ça. »

Son pelage demeure immaculée pourtant mais rien ne dit qu’elle n’a pas passé une heure à se nettoyer après avoir sadiquement assassiné une famille innocente de mulots. C’est un chat, ils sont comme ça. Un bisou sur sa tête, un câlin rapide, quelques grattouilles et je la repose par terre. Je lui mets des croquettes fraiches, elle se rue dessus. J’en profite pour lui changer son eau, m’en sert un verre que je descends d’une traite avant de le remplir à nouveau et prends le chemin du salon même si tout ça n’est qu’une seule et même grande pièce. Je sais pas pourquoi, en chemin j’ouvre un tiroir d’un des meubles et fouille dedans jusqu’à trouver une photo. Un rire m’échappe devant l’étendu des dégâts et je me pointe derrière le canapé, me penche un peu en avant, appuyant mes coudes sur le dossier à côté de sa tête. Je lui tends la photo et bois une nouvelle gorgée avant de me lancer dans les commentaires.

« Regarde ça. Y a quatre ans. Sexy hein ? J’suis sûr que t’aurais craqué pour cette musculature impressionnante et ce charisme de fou. Tant de sex-appeal ça en ferait presque mal aux yeux. »

Enzo Ryans. 14 ans. Épais comme un moustique avec 15 centimètres en moins, voir plus. Et les cheveux beaucoup trop long, soit dit en passant. On peut remercier la puberté … Et sans doute aussi la Lycanthropie, certes, mais quand je vois la carrure de mon père je me dis que même sans, je n’aurai surement pas gardé le stade moustique. J’avais pas encore de cicatrices à l’époque, je sais pas, ça me frappe là comme ça alors que d'un geste instinctif je touche celles qui me barrent le côté gauche du torse, juste au-dessus du cœur.
Je sais pas bien pourquoi je lui montre ça, j’ai pas réfléchis, j’avais juste envie. Ça m’amuse. Je relève la tête une seconde et observe la photo de mes parents qui est accrochée au mur juste en face, au-dessus de la télé qui n’est là que depuis la semaine dernière. Un soupir m’échappe, il n’a rien de triste, c’est juste … une réaction du corps.

« Parait que j’ai hérité de son sourire. »

C’est de ma mère que je parle, parce que c’est elle que je regarde en cet instant tout en triturant machinalement la chaine en argent et la croix qui se trouve au bout qu'elle m'a offert pour mes 15 ans, à peine deux mois avant de disparaitre. Elle ne me quitte jamais, sauf les nuits de Pleine Lune ou si par malheur je me retrouve à devoir gérer une blessure en lien avec de l'Argent qui rend mon organisme plus fébrile, plus sensible, douloureux même, comme ça pu être le cas dans le passé, quand j'ai hérité de ces « fameuses » cicatrices qui barrent mon torse. Ce symbole religieux ne représente rien pour moi, je ne sais pas vraiment s'il représentait quelque chose pour elle mais depuis quelques temps je me laisse penser qu'elle m'a offert cet objet ... Peut-être en se disant qu'il me protègerait, quelque chose comme ça. On se raccroche à ce qu'on peut, c'était juste une pensée parmi d'autres.

« A défaut des yeux bleus. On peut pas tout avoir, honneur à l’ainé. Faut bien un brouillon avant de créer une œuvre d’art de toute façon alors je pouvais bien lui céder ça. »

Le ton est bien plus désinvolte à présent, et comme pour illustrer ça je me redresse et arbore un air détaché, blindé d’assurance, sourire en coin. Tout ça, c’est de l’humour, un truc que j’adore répéter à Derek relativement souvent histoire de le faire chier. Je termine mon verre, le pose sur la table derrière moi et reprends ma position initiale, les coudes posés sur le dossier du canapé, mains croisés dans la continuité, tête tournée vers William, mon regard planté dans le sien de manière plus franche sans pour autant être « offensive ».

« Tu restes cette nuit ? »

Ça sort comme ça, spontanément ...

« J’aimerai bien que tu restes. »

… et sincèrement.

Puis sans prévenir, sans attendre, je me décale un peu jusqu’à être totalement derrière lui même si le dossier du canapé nous sépare encore. Mes mains se posent sur ses épaules, les massent quelques secondes, glissent le long de ses bras et je me penche jusqu’à être physiquement en mesure d’atteindre son cou que j’embrasse tranquillement alors qu’il penche la tête pour me laisser plus d’espace.

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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Lun 15 Aoû 2016 - 23:48

- Fais gaffe, tu deviens romantique vieux.
- Tu l’es devenu avant moi, ça n’compte pas.

J’ai déjà les yeux fermés, prêts à m’endormir.
J’avais oublié qu’en Californie c’est l’heure de me pieuter et après toute cette activité physique et émotionnelle aussi intense, j’ai tout mon corps qui se relâche au fur et à mesure. Comme vidé de toute énergie, dans le bon sens du terme.

- De toute façon j'ai comme l'impression que j'ai pas trop le choix.

Il n’a pas tord, j’me suis un peu incrusté et j’ai pas tellement demander l’autorisation.
Toujours à poil sur son canapé.
Mais j’comprendrais qu’il ne veuille pas éterniser ce moment. Même si ça me fait étrange après ce qu’on vient de partager.
Je m’écarte légèrement mais me retrouve dans la seconde plaqué contre lui, sa main sur mon ventre.
Et oui, j’ai un sourire presque satisfait sur la tronche.

- Non, reste. Mais faut que tu saches que je vais m'endormir.

Yeux fermés, sourire aux lèvres, je serre ma main dans la sienne et plonge aussitôt dans un sommeil sans rêve.
Profond, récupérateur.


¥


Je suis plongé dans une couche de douceur, quelque chose de chaud, où j’ai envie de rester des heures et des heures plongé dans ce sommeil épais de coton.


J’ouvre doucement les yeux et ricane quand j’entends son ventre gargouiller.

- J’ai toujours eu un super sens du timing quand il est question d’être sexy et glamour, comme tu peux le constater.
- Tu ne peux lutter contre la nature. Je sais que j't'ai trop dépensé.

Je le laisse se blottir contre moi alors que j’embrasse sa tempe.
J’en ai eu des plans culs dans ma vie – puisqu’ici… c’est un peu de ça dont il s’agit. Enfin pas un coup d’un soir ordinaire, ça j’peux pas le nier – mais tout me semble si différent. Et j’y prends déjà goût. A cette tendresse, à ces gestes qui apaisent et nous donne une bonne coupure avec toute cette horreur. Un moment hors du temps qui apaise nos angoisses.

- T’as faim ? J’veux dire, vraiment faim, de nourriture. Parce que si tu veux continuer la visite, personnellement va falloir que je mange un truc. En dehors de toi, j'entends.
- Je crève de faim ouais ! Je suis prête à me damner pour rebouffer ce que tu m’avais fait l’autre fois. Je souris, me lève et m’étire de tout mon long. L’avantage avec moi c’est que tu prends pas un gramme… même si les filles m’appellent la brioche. Faut croire que j’suis une brioche diet’.

Je pose mes mains sur mon ventre et palpe cette fameuse petite brioche que j’ai largement perdu avec le temps comparé à avant. Mais ce surnom m’est resté parce que je n’ai pas le corps d’un athlète, pas comme Enzo qui est foutrement bien dessiné.
Mon caleçon se retrouve de nouveau sur moi et je m’étire de nouveau, en profiter pour faire vraiment le tour du salon et de la cuisine que je range d’un coup de baguette parce que bon, tout c’bordel, c’est aussi un peu à cause de moi. Je laisse faire Enzo concernant la bouffe puisqu’il a l’air bien apprêté pour ça et pars me détendre un peu sur cette pseudo terrasse qui donne vue sur la mer.
Le décor fait rêver, sur certain point ça me rappelle la Californie et ces soirées passées sur la plage autour d’un feu. J’entends la mer qui s’agite doucement et j’ai envie de piquer une tête.
Mais pas le temps, pas quand je sens cette odeur de bacon qui m’appelle de la cuisine.
Mon ventre atteste de cette faim qui se manifeste brutalement et c’est le sourire aux lèvres que je rejoins Enzo.

- Cet attirail de p’tit cuistot te va très bien.

Et ce petit déjeuner est une tuerie.
De A à Z.
Des la bataille de bouffe, à la bataille tout court.
A se battre comme deux gamins, je le cherche comme un petit con que je suis et ça me rappelle, sans vouloir être glauque ou parler de sexe, à ce nos délires avec Spencer. Où c’était plutôt moi qui lui courrait après parce que connard s’amusait toujours à faire des trucs à la con sur mes fringues, à me piéger avec ces petits trucs à lui comme attacher mes lacets ensemble, à me mettre du sel partout sur ma bouffe… bref.
L’esprit est bon enfant, je me retrouve à éclater de rire comme un gosse en lui faisant des petits coups de crasses pour m’éclater.
De la cuisine a une chambre du dessus.

On est bien là, entre liberté et insouciance. A ne penser à rien d’autre qu’à ce que l’on veut sur l’instant.
Exactement le genre de rythme de vie dont je suis amoureux. Je n’ai jamais vécu autrement que par la spontanéité, les décisions prises sur le moment, comme partir camper pendant trois jours avec les copains, comme ça, sur un coup de tête. De bouger à droite, à gauche, sans se poser de question. Sans y voir le moindre problème.
Et c’est comme ça que j’aime à vivre. Comme ça que je finirais mes jours.


¥


Je dors comme un bébé.
Comme un putain de bambin après avoir tété le sein de sa mère et après avoir fait son petit rot d’après repas.
Sur le ventre, main sous l’oreille, je n’sais pas combien de temps je sombre comme ça dans ce sommeil chaud, légèrement caler sous un drap avant de me réveiller en douceur. J’pensais me sentir fatigué, épuisé, mais rien de tout ça ne pèse ni sur mes paupières, ni sur mes épaules. Au contraire, j’me sens foutrement en forme et prêt à affronter la journée.
Ou la nuit, j’sais plus très bien quelle heure il est mais je ne m’en formalise pas et me contente de me rouler sur le dos pour y découvrir du vide.
D’abord surprit, j’affiche bien vite un sourire lorsque je vois cette peluche dont je saisi rapidement la référence pour ensuite lire le mot qu’il m’a laissé.
Non, j’ai pas douté de sa présence puisqu’il est chez lui, il aurait été étonnant de le voir partir de son propre domaine. Par contre, il aurait pu craindre cette chose de moi. Après tout, j’pourrais partir comme ça, sans rien dire, prendre mes affaires et retourner en Californie après avoir tirer mon coup, comme on dit.
Mais chance pour lui, il n’est pas tomber sur le dernier des sombres connards de cette planète. J’suis pas ce genre de type, j’aime pas faire ce genre de crasse et de tout façon, j’suis bien là. Chez lui, en Australie. Avec l’Australien que j’ai visiter du Nord au Sud.

Je sors du lit, file à la douche et remet comme fringue uniquement mon caleçon avant de descendre et de choper un bol de céréale. Par réflexe, je regarde par la fenêtre tentant d’y voir Enzo en pleine mer mais ne l’y trouve pas, sûrement partie plus loin entrain de se taper la vague à défaut de se taper Wiwi La Brioche.
Je m’étire, reposé, bien.
Cet endroit est un havre de paix et j’pensais pas me retrouver si paisible ici.
Un coup de baguette et je nettoie tout, encore une fois. Faudrait pas m’prendre pour ta femme de ménage Ryans…
Ca va, j’déconne.

Je pose mon bol dans l’évier et allume la télé pour tomber sur une émission scientifique parlant de cellule souche pour le cancer et d’autres détails bien complexes, comme je les aimes.
J’suis tellement accaparé par l’émission que je n’entends pas Enzo qui revient de sa petite excursion sur les vagues.

- Hey. Bien dormi ?
- Comme un gros bébé. J’avais pas dormi comme ça depuis des lustres.

Je me tourne vers lui, large sourire aux lèvres pour le découvrir encore tout humide, cheveux en pétard et sûrement l’odeur de l’Océan collé à la peau.
Un coup d’œil derrière lui… Merde, c’est moi ou il pleut ? Et il commence à faire nuit ?
Shit. Le temps est passé à une de ces vitesses que j’ai rien vu venir.

- Une émission sur les cellules souches, la guérison du cancer et tout ça. Un truc scientifique.

Il se dirige vers la cuisine et moi je choppe mon jean pour prendre mon portable… Pas manqué. Quatre messages de Macy.

- t’es où ?
- tu t’protèges au moins ? Passe le bonjour à Enzo !
- j’crois que Dean et Maxime vont se marier à 60 ans à cette allure là.
- Donne des nouvelles, t’abuses ! J’en ai marre de tenir la chandelle :’(


Je souris et ricane, l’imaginant parfaitement entrain de tourner en rond ou de presser Dean, voir Maxime, de passer un peu plus vite le cap. Même si bon, la dernière fois, on avait bien compris qu’ils s’étaient définitivement retrouvés…
Mes doigts courent sur le clavier du téléphone et j’envoi un petit pavé à Macy pour lui dire que tout va bien, que j’me protège mais que j’vais commencer à être à court de préservatifs à cette allure – détail qu’elle sera RAVI de savoir et que je lui demande de partager avec Maxime -, que je reviens vite et que je pense fort à elle.
Et que je l’aime aussi.
Parce qu’elle est ma sœur.

Je sens Enzo arrivé derrière moi, s’appuyer contre le dossier alors que je range mon portable dans la poche de mon jean. Il me tend une photo que j’attrape, toujours posé au creux du canapé.
Holy.Shit.

- Regarde ça. Y a quatre ans. Sexy hein ? J’suis sûr que t’aurais craqué pour cette musculature impressionnante et ce charisme de fou. Tant de sex-appeal ça en ferait presque mal aux yeux.
- Bordel mec, on dirait un phasme ! J’éclate de rire, amusé devant un tel dossier d’Enzo à l’âge de .. 14 ans du coup. Ca va, tu restais mignon ! Y en a à l’adolescence qui ressemble à un mur crépi.

Genre moi ? Bon ok, j’étais pas plein de bouton partout, même si je n’y ai pas échappé, mais j’avais quand même une sale bouille de camé avec des cernes jusqu’aux narines et des joues joufflus.
J’vous dis, le surnom de brioche sort pas de nul part. J’étais bouclé comme un mouton, pataud comme jamais, puis j’ai grandi. Et j’me suis amélioré.

- Parait que j’ai hérité de son sourire.

Je lève mon regard vers le mur et remarque que ça n’est pas la première fois que j’vois ce visage puisque je l’ai vu sur d’autres photos, un peu partout dans le salon.

- J’trouve aussi. Je me suis fait la réflexion pendant que tu surfais. Par contre j’trouve que tu as la même tronche que ton père.

Du moins, de mon avis.
Après certains vont trouver des ressembles ailleurs.

- A défaut des yeux bleus. On peut pas tout avoir, honneur à l’ainé. Faut bien un brouillon avant de créer une œuvre d’art de toute façon alors je pouvais bien lui céder ça.
- J’trouve que pour un brouillon, ton frère s’en sort plutôt pas mal… Et un sourire taquin se dessine sur mes lèvres alors que je lève mon regard vers lui. Mais c’est vrai que l’œuvre final est vachement mieux.

Les deux frangins s’en tirent plutôt bien, ils sont visiblement un capital génétique avantageux quand je vois le visage de leurs parents respectifs. Mais j’ai une préférence pour Enzo, j’pense que ça n’est plus à prouver à l’heure qu’il est hein…

- Tu restes cette nuit ? Je tourne mon visage vers lui, un peu surprit par cette proposition. J’aimerai bien que tu restes.

Je ne m’y attendais pas. Pas que j’ai déjà réfléchis à quel moment j’allais partir de chez lui mais c’est généralement pas le genre de chose que l’on me propose dans ce type de situation.
Putain, quand j’parle comme ça j’ai l’impression d’être une pute, c’est n’importe quoi. Juste por souligner que j’suis pas habitué et si je m’en retrouve surprit, c’est agréable. Plaisant de voir que l’autre vous veut bien encore quelques heures.
Ca me change de Zachary tiens.




¥



On a été mangé un truc sur la plage, autour d’un feu, tranquillement. J’ai enfin pu profiter de la mer comme je le voulais en allant piquer une tête à pas loin de minuit, me foutant complètement de l’heure, de savoir combien de temps ça durerait. On a discuté, des minutes, des heures entières. De tout et n’importe quoi. De ses connaissances des fonds marins, moi de ma science bien trop développé pour mon âge. J’aime lui raconter des trucs, sur les étoiles, les planètes, le cosmos, la science, l’histoire. Toujours en simplicité, je ne fais pas dans les grandes pompes avec des mots qui n’est pas accessible à tous mais j’aime partager ce que je sais avec d’autres. Surtout avec un gars comme Enzo qui aime écouter, visiblement.
Puis la nuit. Puis l’étreinte. La dernière avant le départ, non pas moins farouche et endiablée, comme toutes les autres. Et enfin le repos. Le temps me semble être quelque chose d’asbtrait jusqu’à ce que je prenne mon portable le lendemain et que je capte qu’il est 16 heures en Australie… donc 7 heures à Londres. Ou un truc comme ça.

On est assit dehors, pile face à la mer et je laisse échapper un soupire.

- Ca m’emmerde de lâcher ce coin de rêve mais il faut que je pense à décoller d’ici avant d’y prendre racine et de devenir ton colocataire à vie.

Je ricane alors que je me passe une main dans les cheveux et m’étire de tout mon long. J’étais bien ici, vraiment. Que ça soit pour le paysage ou avec lui mais j’étais bien. Hors du temps, à ne penser à rien d’autre qu’à ce qu’on voulait. Le retour à la réalité n’est ni désagréable, ni brutal, mais j’ai aimé être ici avec Enzo.
Je finis par me lever.

- Tu m’accompagnes ?

Jusqu’au portoloin. Ca va, j’vais pas dans le drame et le romantisme, j’demande juste. Puis ce qu’il s’est passé entre hier et maintenant, ça n’a rien d’anodin. Enfin, c’était pas un truc comme ça pour passer le temps. Je n’dis pas que ça nous unis pour autant par les lois sacrés du mariage mais je ne compte pas faire comme si de rien n’était.
Je grimpe la dune aux côtés d’Enzo, mains dans les poches.

- T’as prévu quoi d’autres pour le reste de nos courtes vacances ?

Je l’écoute me parler de ses projets en silence, jusqu’à arriver au portoloin. Je jette un dernier coup d’œil à la mer et me tourne vers Enzo ;

- Merci pour cette visite approfondie de l’Australie. J’ai plus apprécié certains coins que d’autre, en particulier l’hémisphère Sud.

Clin d’œil. Je ne cesserais jamais d’être taquin et chiant, faut pas m’en vouloir.

- Plus sérieusement, c’était hyper reposant. J’comprends que tu ai envie de vivre ici.

Pour tout. Le cadre, le calme, la température.
Je m’approche d’Enzo sans prévenir et l’embrasse en douceur, tendrement. Je prends le temps avant de m’écarter, sourire aux lèvres, haussant un sourcil.

- T’inquiète, c’est pas une promesse ni une demande en mariage.

Juste une manière pour moi de conclure ce séjour plus que particulier.
Je sais et je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde à ce sujet, que tout cela ne nous engageait à rien. Nous étions juste deux types qui appréciaient passer du temps ensemble, par envie et désir, juste parce que c’était une réalité, un fait. Et que personnellement de mon côté, je n’suis pas du genre à me refuser ce genre d’interlude. Surtout quand l’envie est commune.
Quand à savoir si tout ça se reproduira… Je n’exclue absolument pas cette possibilité. Adviendra ce qu’il adviendra.


- FIN POUR MOI -
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MessageSujet: Re: That's how its supposed to be : Living young, wild and free ▬ Mateo & William   Mar 16 Aoû 2016 - 23:54

Je n’attendais rien en retour, j’ai fait ce que j’avais envie de faire sur le moment sans me poser de questions, sans arrière-pensées, mais je l’admets, j’aurai été déçu qu’il ne me rejoigne pas sous la douche. On ne va pas se mentir, quand je suis sorti de la chambre sans me retourner, c’était un peu – beaucoup – pour l’allumer, l’attiser, et ça a fonctionné. Moi aussi je peux me montrer manipulateur, malgré mon impulsivité chronique, et je n’ai pas été déçu du résultat, c’est le moins que l’on puisse dire.

Puis le reste de son séjour ici s’est passé dans un calme apaisant et ressourçant, le genre de truc qui vous fait oublier que le reste du monde existe. Ça repose l’âme, ça fait du bien. Oui, sa présence, ce qu’on partage dans son intégralité, me fait du bien.
Après cette escapade sous la douche on s’est rhabillés tous les deux, en partie au moins, et on est allés se poser sur la plage puisque par chance la pluie n’avait été qu’une averse, pour manger un morceau, autour du feu. L’heure tournait, aucun de nous deux n’y faisant attention. Il a été piquer une tête, je l’ai rejoint quelques minutes plus tard après l’avoir observé tranquillement sur le bord, un sourire tranquille sur les lèvres. On a discuté tout le reste de la nuit ou presque, posés, réchauffés par le feu parce que mine de rien les nuits sont fraiches malgré tout. Je lui ai parlé des fonds marins, des créatures habitant ce merveilleux milieu qu’est l’océan, de tout un tas d’autres animaux ou de l’environnement en général, probablement des étoiles pleins les yeux parce que rien ne me passionne plus que ça. Lui m’a parlé de pleins de choses différentes, mêlant parfois son savoir et le mien, et j’ai écouté avec avidité, curieux, intéressé, lui posant parfois des questions, clairement impressionné par tout ce qu’il sait. D’après ce qu’il m’a expliqué, il retient tout ce qu’il lit, tout ce qu’il voit, ce qui fait de lui une véritable tête. On a reparlé de l’émission qu’il regardait avant que je revienne de ma session de fin d’après-midi, j’ai écouté sans broncher, une pensée pour Jill et sa petite sœur, une autre pour Mateo et Camelia. La science, l’histoire, le système solaire et encore pleins d’autres thèmes, je n’ai pas vu le temps passer. C’était réellement enrichissant. Un moment vraiment agréable.

Le jour se levait déjà à l’horizon quand on est rentrés se coucher. Nos corps se sont de nouveau cherchés, puis trouvés, une dernière fois, toujours de manière intense, à l’instinct, à l'envie. On s’est finalement endormis, l’un contre l’autre, dans mon lit.

#

Vendredi 24 Avril 2015 – Fin d’après-midi

J’ai eu du mal à émerger, je l’admets. Dehors il fait jour, le soleil tape comme une fin d’après-midi tout simplement parce que c’est la fin d’après-midi. Je l’ai regardé se lever, les yeux à peine ouvert, un soupir m’a échappé et je me suis étiré comme un chat, toujours allongé, avant de pousser un long et profond soupir. Je me suis accordé un moment avec Lune, juste un câlin comme ça dans mon lit, comme tous les matins ou presque même si ça n’est pas le matin et puis je me suis levé, habillé, et je l’ai rejoint. On a grignoté un truc tout en allant s’assoir sur les marches de la terrasse, face à l’océan, dans le silence. Pas besoin de mots, on sait tous les deux ce qui va se passer.

« Ca m’emmerde de lâcher ce coin de rêve mais il faut que je pense à décoller d’ici avant d’y prendre racine et de devenir ton colocataire à vie. »
« J’pourrai pas t’en blâmer. »


Qui de censé refuserait de vivre ci, sincèrement ? J’ai bien conscience d’être particulièrement privilégié. Il s’étire puis se lève. J’en fais autant sans réfléchir. C’est l’heure et je le sens bien, j’ai dans le creux du ventre un truc que je n’explique pas tellement, comme un nœud, quelque chose de latent.

« Tu m’accompagnes ? »
« Hum hum. »


Mains dans les poches, je suis le mouvement, direction le Portoloin un peu plus haut sur la dune. Depuis tout à l’heure je lutte contre l’envie de mettre ma capuche sur ma tête parce que sans trop savoir pourquoi je ressens ce besoin que j’ai parfois de me protéger du reste du monde. Ou peut-être de la réalité, une réalité que je refuse de voir en face. Ça et la fatigue, aussi, parce que même si ça fait quelques minutes maintenant qu’on est levés, presque une heure sans doute, je ne suis toujours pas vraiment sorti de mon sommeil.

« T’as prévu quoi d’autres pour le reste de nos courtes vacances ? »
« Hum, je sais pas trop. J’avais en tête de bosser un peu mais je sais pas si je vais avoir le courage à vrai dire. Enfin ceci dit j’ai du tri à faire dans certains trucs histoire d’y voir plus clair et de savoir à quoi m’attendre si je dois rattraper un cursus non magique. »


On a discuté un peu de ça aussi cette nuit, de mes projets, mes ambitions, etc …

« Sinon j’vais profiter de ça, c’est plutôt clair, parce que le Lac ça dépanne mais franchement … »

Ça ? C’est l’océan, bien sûr.
Mon élément.

« Et mon frangin revient demain soir, j’vais passer du temps avec lui un peu j’pense. Dimanche midi on a un repas de famille chez notre Grand-Mère. Va falloir que je continue de briefer ma cousine si jamais elle ne change pas d’avis. »

Et voilà, on y est. Arrivés à destination. Je l’admets, je ne me sens pas très à l’aise, ne sachant pas trop quoi faire de moi. On se fait finalement face, je le remercie intérieurement d’être celui qui brise le silence parce que je n’aurai pas su quoi dire.

« Merci pour cette visite approfondie de l’Australie. J’ai plus apprécié certains coins que d’autre, en particulier l’hémisphère Sud. »

Il m’adresse un clin d’œil, ça me fait baisser les yeux, presque intimidé, non sans esquisser un sourire en coin néanmoins. Et je ne peux pas dire que ça ne me procure aucune sensation quand il évoque ce qu’on a partagé ces dernières heures. Je relève finalement le menton, un peu plus sur de moi.

« J’en conclu que ça vaut le détour alors ? L’Australie j’veux dire, bien sûr. »

Parce que de ce que j’en ai vu, c’est le cas concernant la Californie.

« Plus sérieusement, c’était hyper reposant. J’comprends que tu ai envie de vivre ici. »
« Tant mieux si t’as passé un bon moment. »


J’ai envie de lui dire que c’est réciproque mais ça ne sort pas. J’ai l’impression d’entrer petit à petit dans un certain mutisme qui ne va pas se débloquer comme ça, d’un claquement de doigts. Je me connais, quand je ne sais pas comment gérer une situation, je me renferme comme une huitre, surtout quand le retour à la réalité me guète et me fait peur. Je sors finalement une main de ma poche et m’ébouriffe les cheveux presque nerveusement … Mais tout semble se dénouer, au moins en partie, à l’instant où il fait un pas vers moi et m’embrasse sans prévenir. Là, le corps réagit, c’est naturel pour lui. Ma main se pose sur sa taille, tranquillement, et je réponds à ce baiser de la même manière que lui, c'est-à-dire avec tendresse, en douceur. Il s’écarte, me sourit, sourire que je lui rends alors que mon bras retombe le long de mon corps et que ma main va finalement se loger de nouveau dans ma poche.

« T’inquiète, c’est pas une promesse ni une demande en mariage. »

Un léger rire m’échappe, je regarde le ciel une seconde et puis me racle la gorge alors qu’il s’approche du Portoloin. Pas de promesse, non, et pas besoin d’analyser tout ça. Je ne m’en sens pas capable pour le moment de toute façon. C’était bien, plus que bien même, maintenant va savoir ce qu’il va se passer. Est-ce que ça se reproduira ? Un moment comme ça, ça me semble impossible, ici toutes les conditions étaient réunies pour transformer ça en un truc vraiment particulier mais … Quand bien même je ne me projette pas, je ne peux pas le nier, ça me plairait vraiment de remettre ça parce que mon désir pour lui est bien loin d’avoir disparu, au contraire même, et que sans parler de ça … Je sais pas, y a un truc. C’était pas juste comme ça, une fois. Enfin je me comprends. J’espère aussi que ça ne changera rien entre nous deux dans le sens où j’aime vraiment discuter avec lui, juste trainer comme ça, se marrer.
Je me sens un peu coincé dans ce corps trop grand pour moi, cette carcasse qui n’a pas de repère en cet instant. Une seconde j’ai envie de le prendre dans mes bras mais ne le fais pas, la suivante je lui adresse un dernier sourire et un signe de la main …

« Rentre bien. »

… Puis il disparait de mon champ de vision, me laissant là, seul, livré à moi-même, à cette tête trop pleine qui commence déjà à se remplir à nouveau alors qu’elle avait totalement débranchée pendant presque 48h.
Un soupir m’échappe, je fixe l’endroit où il a disparu sans vraiment le voir puis fait demi-tour, capuche à présent sur la tête, direction la terrasse puis l’intérieur de la maison où Lune m’attend. Je la prends dans mes bras et ferme les yeux, me laissant bercer par ses ronrons. Je me rends compte que j’ai peur du silence, peur de me retrouver seul, parce que ça n’est pas arrivé depuis … des lustres. Et ça ne me plait pas de ressentir ça. Je ne vais pas dire que j’ai hâte de rentrer à Poudlard même si je suis content de retrouver certaines personnes, mais je l’admets, je me retrouve presque impatient de voir mon frère rentrer à la maison. Tout me parait … trop vide. La solitude n’a jamais été un problème pour moi, seulement là, je sais pas, je crois que la réalité que je me prends en pleine face me chamboule un peu. Trop.
Je repose Lune sur le canapé et attrape mon téléphone qui est resté sur un meuble ces dernières heures sans que je n’y pense une seule seconde. Il est déchargé. Quand je le rallume, quelques messages finissent par apparaitre, dont l’un de la part de Mateo et ce con me fait rire.

« Alors, ça se passe bien en Californie ? »

Je réponds instantanément.

« La fusion avec le Victoria est validée. »

Je repose le téléphone, le laisse en charge, décide d’aller faire un tour dehors et me dirige vers l’eau où je trempe mes pieds, un soupir m’échappant devant l’absence totale de vagues. Je sais que ça peut être différent d’un spot à l’autre mais là j’y crois pas trop. Retour à la maison, j’attrape à nouveau le téléphone et appuie sur une des touches raccourcis du clavier. Ça sonne, la personne de l’autre côté décroche.

« Hey. »
« Alors mon p’tit loup, je te manque déjà, admets le. »
« J’avais juste envie d’entendre ta voix. Et oui tu m’manques. »


Jillian.
A qui rien n’échappe.

« Enzo … Qu’est ce qui se passe ? Ça va ? »
« Oui, oui ! Impeccable, tout va bien, t’inquiète pas. Juste un peu claqué. Et y a pas de vagues, ça craint. J’te dérange pas au moins ? »
« Si, affreusement. Tu interromps mon tête à tête avec ma soupe chinoise. »
« Pardon. »


Est-ce que je pense à Kyle alors que je l’appelle elle ? Oui. C’est … Je suis un peu perdu dans ce que je ressens, je l’admets, et passer de tout à rien quand on a vécu avec quelqu’un pendant plus deux ans – même si aux yeux de certains c’est peut-être rien – ça fait bizarre. J’imagine que c’est simplement de nouvelles marques à trouver, ça viendra.

« Alors, qu’est-ce que tu as fait de beau ces derniers jours ? T’as des nouvelles de ton frère au fait, ça se passe bien ? »
« Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, tu le connais. T’en as pas non plus ? »
« Chaque chose en son temps … »
« Ouais. »


Ce que j’ai fait ces derniers jours ? Je ne compte pas lui dire la vérité. Pas parce que j’ai honte de ce que j’ai fait, absolument pas, simplement pour ne pas la mettre dans une situation délicate même si ça me frustre un peu de ne pas pouvoir parler librement avec ma meilleure amie. Je sais qu’elle ne m’en voudrait pas, d’autant que je lui ai déjà raconté tout ce qu’il s’est passé avant, mais là, je sais pas, ça coince.

« Et sinon, rien de spécial. J’ai des potes du bahut qui sont passés, sinon j’ai profité des vagues, de la maison, tout ça. Je m’occupe. »
« C’est bien. »
« Et toi, les cours ? »
« Fidèles à eux-mêmes ! Ça dépend des Profs. »
« Admets-le, ça fonctionne quand même vachement mieux quand ils sont canons. »


La conversation se poursuit, on parle de tout et de rien, même de la pluie et du beau temps. Je me détends au fur et à mesure, ça me fait vraiment du bien de l’entendre. J’en avais besoin, sans trop savoir pourquoi. Puis la discussion se termine progressivement.

« Bonne nuit Loup. »
« Bonne journée espèce de folle. Je t’appellerai avant de repartir, ok ? »
« Ça marche. Fais de beaux rêves l’arsouille. »
« Si je rêve de toi, j’préfère autant ne pas aller dormir. »
« Non, si tu rêves de moi tu ne voudras plus jamais te réveiller mon cher. »
« Ah oui, c’est vrai, mais j’pense que mon frangin débarquera chez Morphée et ça ne sera pas bon pour moi … »
« Ne mettons pas la carriole avant le Sombral mon petit. »
« T’as pas tort, mais j’ai bon espoir. D’ici quelques années je devrais avoir des neveux et nièces je pense. »


Moi, je me marre, elle … elle me mettrait une claque derrière la tête si elle était sur place.

« Aller, c’coup-ci je raccroche. »

Et puis en fait non.

« Jill … »
« Oui ? »
« Je t’aime. J’suis content que tu fasses partie de ma famille. La version cool et bad ass de ma famille. »
« Je t’aime aussi Loup. Maintenant file te coucher, tu commences à devenir sentimental. »


Nouveau rire. Je raccroche, beaucoup plus détendu que je ne l’étais avant ce coup de téléphone. C’est ça qui me manque le plus à Poudlard je crois : Ne pas pouvoir avoir accès à l’extérieur et plus particulièrement aux personnes à qui je tiens et qui ne sont pas entre les murs du château. On est tous dans le même bateau, je ne dis pas ça pour me plaindre.
Enfin bref. Aller me coucher maintenant ? Il est encore tôt, et de toute façon quand je me pointe dans ma chambre … Je n’ai aucune envie d’aller me coucher. Le lit est encore un peu défait, je suis certain que l’odeur de Will est encore très présente et je n’arrive pas trop à savoir ce que ça me fait. Je ne suis pas triste ou déçu qu’il soit parti, seulement ça me fait bizarre qu’il ne soit plus là. Je me sentais bien quand il était là, c’est pas un truc que j’ai l’intention de nier.
Je me dirige finalement vers le balcon, reste dehors quelques secondes puis rentre à nouveau. Je ne tiens pas en place et ne sais clairement pas quoi faire de moi. Là, mon regard tombe sur une photo, encadrée, posée sur mon bureau, et je m’approche puis l’attrape. Kyle et moi, pendant les dernières vacances. Ça fout un sacré coup au moral, je me rends compte que je ne peux pas rester dans cette maison, j’ai l’impression d’étouffer à ressentir trop de trucs comme ça, des trucs convergents, divergents. Je repose le cadre, chope mon skate et après m’être assuré que toutes les portes et fenêtres sont fermées, transplane dans le centre-ville de Lakes. Je me laisse glisser tranquillement, regarde à droite et à gauche, m’arrête parfois pour regarder un truc plus en détail s’il attire mon attention et puis débarque finalement dans le skate-park, celui en extérieur. Il n’est pas bondé, y a juste quelques types et quelques nanas qui s’éclatent, et moi j’me pointe comme une fleur.

« Salut. Je peux ? »
« Fais comme chez toi mec. Moi c’est Carter, t’es nouveau dans le coin ? »


Il me tend la main, je la chope et la lui serre.

« Enzo, enchanté. Et non, j’ai grandi là mais ça fait un moment que j’ai pas eu l’occasion de revenir. J’fais mes études à l’étranger. »
« Ok, cool. Où ça ? »
« Royaume-Unis. »
« Ah. »
« Ouais, comme tu dis. »


On se marre tous les deux, pleinement conscient de ce à quoi il fait référence par ce « ah » parce que quand on grandi sous le soleil de l’Australie, c’est difficile de s’adapter à autre chose et le Royaume-Unis est plutôt réputé pour sa grisaille, son humidité.
Enfin bref, on n’est pas là pour parler météo mais pour glisser, chose que je fais sans me poser de question, me vidant totalement la tête. Ce type, Carter, est plutôt cool. On échange sur des techniques, je lui apprends à améliorer ses flips, lui me file des tuyaux pour amortir un peu plus l’utilisation du « mobilier urbain » et c’est vraiment un bon kiff. J’y reste deux bonnes heures avant de m’échapper, m’arrêter en chemin prendre un truc à manger et rentrer me poser devant un film … Devant lequel je m’endors comme un gros bébé, soit dit en passant.

#

Samedi 25 Avril 2015 – Dans l’après-midi

Comme d’habitude, c’est Lune qui m’a réveillé. Au départ je n’ai pas tout de suite réalisé que j’étais sur le canapé, heureusement la télé s’était mise en veille toute seule. La maison est toujours aussi vide, je le vis un peu mieux ce matin néanmoins même si ça me fait bizarre de ne pas me réveiller à côté de quelqu’un. A côté de William, surtout, autant dire les choses clairement. Petit déjeuner de champion, après une session de surf parce que les vagues sont revenues. Je me pose dans la cuisine et feuillette un album de photos tout en mangeant tranquillement, juste nous quatre, de notre naissance à la mort de nos parents. Depuis, rien. Je me dis que ça pourrait être sympa d’en rajouter quelques-unes alors c’est ce que je fais, je fouille dans les dernières et comble les vides. En fin de matinée, je vais faire un tour au marché. Je sais pas, une envie, comme ça.
Quelques heures plus tard, je suis assis dans l’herbe, au cimetière, devant la tombe des parents, une bouteille d’eau à côté de moi et un bouquin dans la main. C’est peut-être étrange, j’en sais trop rien, mais depuis que j’ai accepté leur mort et que j’ai eu l’occasion de revenir ici, c’est quelque chose que je fais régulièrement, quand j’en ai l’occasion en tout cas. Je suis calme, serein, tranquille et silencieux, jusqu’à ce que je sente une présence derrière moi. Je me retourne et fait face à une femme d’un certain âge, pas franchement avenante aux premiers abords, qui me regarde comme si j’avais la peste ou que j’avais commis un horrible affront. Hum, soit.

« Jeune homme, cet endroit n’est pas une bibliothèque. »

Son ton est acerbe, hostile, je ne sais pas pourquoi mais ça m’électrise des pieds à la tête et pas de la meilleure des façons. L’ensemble me fait me braquer aussitôt. Elle me juge, gâche un moment précieux pour moi, et ça me fait péter les plombs.

« Ah oui, vraiment ? J’avais pas remarqué. »

Le ton est glacial, tout comme le regard que je lui lance. Je me lève d’une traite, le bouquin dans la main, la surplombe complètement, la toise de haut volontairement.

« C’est interdit de vouloir passer un peu de temps avec ses parents ? »

L’odeur de sa peur vient me chatouiller les sens, elle recule d’un pas.

« Foutez-moi la paix. »

Je ne sais pas pourquoi je réagis comme ça, j’aurai pu simplement lui expliquer calmement que je ne faisais rien de mal, rien de dégradant, mais je suis partie tout de suite dans les tours, ça m’a atteint en plein cœur. Elle s’en va, choquée, effrayée, non sans me traiter de je ne sais trop quoi et moi je me rassoie ou plutôt je me laisse retomber par terre, dans un soupir. L’arête du nez coincée entre le pouce et l’index.

« Désolé, j’aurai pas dû m’énerver comme ça, je sais. »

A qui je parle ? A mes parents. J’ai toujours gardé l’habitude de leur parler, ça ne s’arrêtera pas maintenant. Elle m’a pourri m’a quiétude, j’ai pas envie de rester là alors que la colère circule dans mes veines donc je me relève finalement en me disant que je repasserai demain, avant de partir. Et puis je rentre à la maison. De toute façon Derek ne devrait plus tarder maintenant.

#

Samedi 25 Avril 2015 – Dans la soirée

Un bruit familier, là, à l’intérieur, comme un « ploc » que chaque sorcier connait parfaitement. Je ne réagis pas pour autant, mes yeux restent dans le vague et ma main continue de caresser Lune distraitement. Allongée sur moi, bien à son aise, elle ronronne à plein régime. Ça me berce.

« J'suis rentré. »

Toujours pas de réponse.
Je suis ailleurs.

« Enzo ? »

Là, seulement, en entendant mon prénom, je reviens sur terre et tourne la tête vers la porte.

« Là, dehors. »

Des bruits de pas, la silhouette de mon frère qui apparait. Il s’arrête, s’appuie contre l’entrebâillement et me regarde. Neutre. Je crois néanmoins deviner un léger sourire en coin sur visage.

« J'aurai du m'en douter. »

Se douter de quoi ? Qu’il me trouverait dans le hamac. J’aime tout dans cette maison mais c’est probablement l’endroit – si on peut appeler ça un endroit, j’en sais trop rien – que je préfère.

« Ça va ? »
« Oui, et toi ? C'était bien ? »
« Ouais. Intéressant. »


Il était parti suivre une sorte de formation, une présentation, pour son projet d’orientation. Tôt ou tard il reprendra les cours, chacun son rythme, il avait besoin de souffler. Je lui demanderai surement plus de détails plus tard mais en attendant je me bouge et m’extirpe du hamac – chose qui devrait être une discipline olympique tellement c’est casse-gueule même avec 18 ans de pratique derrière soi – sous les protestations habituelles de sa Majesté Lune.

« Je t'attendais pour manger. T'as faim ? »
« Un peu oui. T'as fait à manger ? »
« Affirmatif. »


Une fois bien debout sur mes jambes, je me rapproche de Derek et entre finalement à l’intérieur, direction la cuisine. J’ai même déjà mis la table, là, dehors, sur la terrasse, et je vois que ça ne lui échappe pas.

« Je sais, j'suis bon à marier. Ou alors c'est un truc de gay, bla bla bla. »
« J'allais juste te dire merci en fait. »
« Ah. »


Ou comment passer pour un con qui se victimise. Pour ma défense, j’ai des années de pratique derrière moi, ça ne s’évaporera pas comme ça. Je m’arrête une seconde sous l’effet de la surprise, le regarde, puis reprend mon chemin direction le four. Lui m’emboite le pas, tranquillement.

« Ben … De rien. »
« T'as fait quoi ? »
« J'ai fouillé dans les recettes de Maman, un truc avec du poisson. De la Dorade, achetée ce matin sur le marché. Dans mes souvenirs t’aime ça, non ? »
« Non, enfin oui j’aime ça, mais j'veux dire ces derniers jours. »
« Ah. »


Si tu savais … Mais t’as vraiment pas envie de savoir. Et moi j’ai du mal à retenir mon sourire en y repensant, autant être honnête. Je secoue rapidement la tête, de manière infime, discrète, et reprend mon visage sinon sérieux, au moins neutre.

« Ben, j'ai trainé par là, pas mal surfé aussi, potassé un peu tout ce que j'ai ramené comme doc, etc … Mateo est passé, un autre pote aussi. Enfin j'me suis pas ennuyé et ça fait vraiment du bien d'être là. »
« J'le connais ? »
« Qui ça ? »
« Ton autre pote. »
« J'sais pas. J'crois pas. Il vient de Salem, Jackson. William. Serdaigle. »
« Hum, non, ça me dit rien. Tu ne fréquentes pas assez de Serpentard, petit frère. »


Je lève les yeux au ciel, sourire amusé sur le coin des lèvres tout en ouvrant le four, un torchon dans l’autre main histoire d’éviter de me brûler. J’ai des amis ou des connaissances dans toutes les Maisons, sans distinction, et ça ne changera pas de si tôt. Ora, Riley, pour moi elles ne sont pas différentes des autres, en tout cas pas parce qu’elles sont chez les Verts.
Trois minutes plus tard on s’installe à table tous les deux, je lui pose finalement des questions sur son avenir, ce qu’il envisage, ces quelques jours où il n’était pas là, tout en mangeant tranquillement sur la terrasse, le bruit de l’océan dans les oreilles, bien décidé à m’imprégner de tout ça puisque c’est ma dernière soirée ici avant un moment. Même si j’ai hâte de retrouver mes amis, je n’ai pas envie de quitter la maison pour autant. Et ce connard – c’est affectif – va me manquer, je le sais.

« Zozo ... »
« Hum ? »
« Y a un truc que je capte pas. »


Je m’arrête dans mon geste, fourchette dans la main, et l’encourage d’un signe de tête à poursuivre. Il m’intrigue, c’est plutôt clair et je ne sais pas tellement à quoi m’attendre. Ça m’angoisse un peu, autant l’admettre.

« Pourquoi Johnson est pas resté plus longtemps ou pourquoi toi tu l'as pas rejoint à Londres pour finir les vacances ? Pas que ça m'intéresse vraiment mais bon … »

Nous y voilà, les pieds dans le plat. Je ne pensais pas qu’il se poserait des questions, il a toujours été très détaché de … pas mal de choses finalement. J’ai pas l’impression d’être injuste envers lui quand je pense qu’il s’en fiche relativement de ce qui peut ou a pu se passer dans ma vie, de ce point de vue-là en tout cas. Une chose est sure je ne m’attendais pas à ce qu’il me demande quoi que ce soit à ce sujet.
Un soupir m’échappe, j’avale ma bouchée et repose ma fourchette lentement sur le bord de mon assiette. L’estomac soudainement un peu noué, la gorge un peu serrée. Cible verrouillée. Bombe en phase d’être larguée.

« On s'est séparés. »
« Quoi ?! »


Surprise …

« Tu t'fous de moi là ? »
« Non. »
« Mais … Pourquoi ? C'était pas genre l'homme de ta vie et tout le bordel ? »


Si. Et tout le bordel. Il l’est peut-être encore, comment le savoir ? J’en sais rien, je sais plus, et j’ai pas … envie de me poser de questions. J’ai fait ce qu’il me semblait être à faire et c’est tout.
Je finalement lâche mes deux couverts et me laisse retomber dans le fond de mon siège, ma main droite allant se loger dans mes cheveux l’espace de quelques secondes. Nouveau soupir, mon avant-bras retombe sur l’accoudoir.

« La vie c'est pas figé Derek, j'vais pas te l'apprendre, et … Il se trouve que pour l'instant j'ai besoin d'une pause. Alors je sais pas ce que ça va donner mais pour le moment en tout cas, on prend des chemins différents, chacun va vivre sa vie de son côté et voilà. On va pas couper les ponts pour autant mais ... »

Je suis nerveux, ça se manifeste toujours de la même façon : Je ne tiens que difficilement en place et une de mes mains va s’agripper à ma nuque pendant que l’autre se glisse sous mon T-shirt, pour toucher ma peau, là, sur mon ventre.

« Écoute, j'vais pas te faire de dessin ni te parler de ma vie sentimentale pendant deux heures mais pour faire clair, j'ai … besoin et envie de vivre à 100%. On s'est connus super jeunes, ça n'a pas été tous les jours simples alors voilà, aujourd'hui je me réveille en ayant 18 ans et j'ai envie de vivre des choses, sans me poser de question. Et avant que tu penses que c'est une chance pour que je retourne dans le droit chemin, je t'arrête tout de suite, ça ne change rien à qui je suis. »

Traduction : Je ne suis pas 100 % hétéro, Kyle ou pas Kyle, et faudra bien t’y faire.

« D'accord. »

Est-ce qu’il est soulagé que ça soit terminé entre nous ? Il n’a jamais porté Kyle dans son cœur même s’il a fini par l’accepter. Est-ce qu’il est déçu que je mette les points sur les i quant à mon orientation sexuelle ? J’en sais rien. C’est comme ça et pas autrement de toute façon. Je me remets à manger, de manière un peu moins tranquille c’est vrai, mais en ce qui me concerne cette conversation n’ira pas plus loin. Et je crois qu’il est d’accord avec ce principe, pas besoin de le formuler.

« C'est bon ton truc. »
« Merci. »
« Une parfaite petite femme au foyer, effectivement. »
« Ta gueule enfoiré. »


Je me détends, souris, lâche un rire sec même, et ça me fait du bien. Grâce à ça je retrouve une contenance, c’est plutôt clair.

« J'préfère être une femme au foyer qui prend son pied plutôt qu'un vieil aigri plein de testostérone qui s'en sert pas. »
« En l'occurrence, ton pied tu le prends plus là. »
« Hum hum. »


Dit-il en finissant son assiette, son verre d’eau d’une traite, sourire en coin mal dissimulé tout en évitant soigneusement de croiser le regard de son grand-frère.

« Attends ... »

Je continue d’éviter son regard, j’ai foutrement envie de rire et ça se voit alors je me lève et commence à ramasser mes couverts dans mon assiette.

« Hey ça veut dire quoi ça ? »
« T'as terminé ? J'te laisse débarrasser, j'vais faire un tour. »
« Zozo ! »
« A plus tard ! »


Je m’enfui comme un lâche, c’est plutôt clair, mais la simple idée de le laisser en plan avec tout un tas d’idées dans la tête me fait mourir de rire alors c’est avec un large sourire que je m’éloigne, main dans les poches de mon short, d’un pas rapide. Où est ce que je vais ? Aucune idée. Pas surfer, il fait quasiment nuit, juste … me balader sur la plage, les pieds dans l’eau, pour profiter encore un peu de ça parce que demain ça sera terminé. J’en profite pour envoyer quelques sms, à Jill, à Keza, à Mateo aussi, juste comme ça, pour prendre des nouvelles, raconter une connerie, peu importe. Je prends des photos, dont une des derniers rayons de soleil au-dessus de l’océan, et je l’envoie à Will en lui disant que je suis certain que les coucher de soleil ne sont pas aussi beaux à Los Angeles. Il me traite de romantique. Je l’ai cherché. Ça me fait sourire.

Je ne pensais pas que ça prendrait cette tournure mais il se trouve que je ne suis pas rentré de la nuit et que le jour se levait déjà à l’horizon quand j’ai foulé à nouveau les marches du perron, au petit matin. Pourquoi ? Parce que pendant ma balade nocturne au bord de l’eau j’ai croisé d’autres êtres vivants, des humains, dont certains m’étant familier. Joffrey, en premier lieu, c’est sa voix que j’ai reconnu et c’est pour ça que je suis allé vers ce groupe de personnes assises autour d’un feu de camp dans une crique à deux ou trois kilomètres de la maison à peine. Lui, c’est mon pote d’enfance, le type avec qui j’allais prendre mes premières vagues en solo – sans la surveillance de mes parents – un des voisins. On a été à l’école ensemble, aussi, quand j’étais encore scolarisé en Australie. Notre maison n’est pas la seule sur cette partie de la côte, bien qu’elles soient toutes espacées et elles abritent toutes des familles de Sorciers. Comme eux.
Résultat, j’ai refait le monde avec eux, tous surfers, garçons et filles mélangés. Certains que je connaissais de vue … et puis Jeenah. On a discuté toute la nuit, les gars m’ont proposé de me joindre à eux au petit matin pour aller surfer parce qu’un super coef est annoncé alors j’ai dit oui, bien sûr, donc à tout à l’heure. Ça va surement me mettre un coup à l’estime puisqu’eux n’ont jamais arrêté de prendre nos vagues Australiennes mais aucune importance, au contraire, je prends ça comme un challenge.

Tout le monde a fini par s’éclipser au fur et à mesure de la nuit, au fur et à mesure des bouteilles vides aussi. Je me suis contenté de quelques bières sans jamais regarder l’heure et puis un départ en entrainant un autre, je me suis retrouvé seul avec Jeenah. A la base une copine de mon frère, et probablement une de ses « conquêtes » de l’époque. Toujours aussi belle, bien plus encore maintenant qu’il y a trois ans, même plus que l’été dernier j’ai l’impression. Grande, blonde, des jambes interminables … et celle qui a pris un malin plaisir à me faire rougir pendant toute mon adolescence avant de me coincer dans ma chambre un après-midi. Je n’ai jamais compris pourquoi elle avait fait ça, bien que je ne m’en plaigne pas une seconde évidemment, mais toujours est-il que c’est cette fille qui m’a pris ma virginité et que quelque part, j’ai l’impression que ça me rapproche d’elle. A l’époque elle me faisait clairement tourner la tête, elle le savait et elle en jouait. Aujourd’hui, c’est différent. On a parlé pendant des heures, je lui ai littéralement raconté ma vie sans même m’en rendre compte – faisant abstraction des trucs glauques, évidemment. Je lui ai parlé de Kyle, elle m’a posé des questions sur toutes les filles avec qui j’ai couché après elle, j’en ai profité pour lui demander pourquoi elle avait fait ce qu’elle a fait il y a trois ans et elle s’est contentée de me sourire en me caressant la joue. Je lui ai parlé de Will, aussi, de ce qu’il s’est passé avec lui ces derniers jours, et puis elle m’a demandé depuis combien de temps je n’avais pas touché une femme. Ensuite, de la raccompagner chez elle. Cette nuit-là, elle m’a donné l’occasion de me familiariser à nouveau avec un corps féminin, comme un élève appliqué je l’ai laissé me guider. Là encore, je ne sais pas vraiment pourquoi elle a fait ça mais est-ce que ça a vraiment de l’importance ?

#

Dimanche 26 Avril 2015 – Au petit jour

Quand je suis rentré à la maison le jour se levait mais à peine, Derek dormait encore. Je lui ai laissé un mot sur la table de la cuisine pour lui dire que j’étais passé en coup de vent puis reparti surfer, que je serais à l’heure pour partir chez Grand-Mère et je me suis changé. J’ai attrapé ma planche puis j’ai rejoint les gars sur la plage. Jo m’a chambré, il m’a demandé si j’avais passé la nuit avec Jeenah. Je n’ai rien dit. Et puis on a laissé tout ça de côté pour se concentrer sur l’essentiel. En cet instant, il est là mon essentiel, le leur aussi : Les vagues.
Dans ma tête, à ce moment-là, sur le pic de la vague, prêt à la descendre, debout, jambes fléchis en conséquence, les bras en équilibre, les odeurs, le bruit, les sensations … Je me suis pris la vie en plein thorax, à plein poumons. Je l’ai pris violemment, je me suis senti invincible et incroyablement vivant. Incroyablement moi-même. J’ai profité de chaque seconde mais pas comme si c’était les dernières, non, au contraire, plutôt comme si c’était les premières. Les premières d’une longue série. C’est ça, ma vie est une série de vagues. Une putain de session de surf. Parce que je l’ai décidé. Là, maintenant, comme si je venais de naitre, de pousser mon premier cri en remplissant à fond mes poumons de tout cet air marin. Ça brûle, ça fait mal, mais ça fait tellement de bien. Je voudrais que jamais ça ne s’arrête.
Je l’admets, quand je suis rentré à la maison après avoir déchargé mon essence vitale pendant plusieurs heures, j’ai commencé à ressentir les effets de la fatigue. Aucune importance. Derek s’est pointé sur la terrasse et m’a rejoint alors que je rinçais et bichonnais ma planche. Elle n’ira pas dans l’établi, je pars ce soir, c’est dans mon sac qu’elle va aller se reposer.

« T'as pas dormi là cette nuit ? »
« Non. J'ai croisé Jo et d'autres sur la plage hier soir et on a trainé, j'ai pas fait attention à l'heure. J'vais prendre ma douche et me changer. J'me dépêche. »
« Prends un truc à manger avant, t’es tout pâle. »


Juste un sourire, parce que cette réflexion m’a touché et je n’ai pas ressenti l’envie ni le besoin de rebondir dessus pour tourner ça en dérision. Alors j’ai écouté mon grand-frère, j’ai mangé un truc, posé en silence dans la cuisine, l’esprit tranquille, une main dans le pelage de Lune. Je n’ai pas senti tout de suite le regard de Derek sur moi mais quand j’ai relevé les yeux et que j’ai croisé son regard, il a capté toute mon attention.

« T'as l'air différent p'tit frère. »

Encore une fois, juste un sourire, le silence pendant quelques secondes, pas mal de sensations qui découlent de tout ça. Puis un soupir.

« J'vais prendre ça pour un compliment. »

Je ne sais pas si je suis foncièrement différent de celui que j’étais avant ces vacances, mais je suis certain que quelque chose a changé. Je me suis finalement éclipsé, direction la douche et je l’admets, j’ai revécu le fil de certains instants récents passés ici, avec une certaine personne. Je ne me suis pas éternisé pour autant, un quart d’heure plus tard j’étais effectivement prêt à partir, habillé et coiffé comme un gentil garçon, pas le moins du monde stressé à l’idée de me retrouver une nouvelle fois avec si ce n’est la totalité au moins une partie de la famille. Je ne dirais pas que plus rien n’a d’importance, c’est même tout le contraire, mais j’appréhende chaque seconde différemment. Avec une envie de sourire intarissable. Simplement parce que je me sens bien et que je m’estime chanceux d’avoir tout ce que j’ai. Mon regard s’attarde quelques secondes sur la photo des parents accrochés au mur, ils me manquent, j’aimerai pouvoir leur dire que leur fils est heureux, qu’il s’est enfin trouvé parce que je crois que c’est comme ça que je ressens les choses finalement. Ça n’est pas un manque qui fait mal, juste … une acceptation teintée de nostalgie.

« On y va ? »
« Ouais. »


Toutes les fenêtres de la maison sont fermées, on peut y aller. Il me chope le bras et trois secondes plus tard on se retrouve dans le jardin de Grand-Mère, marchant côte à côte mains dans les poches, tranquillement, en direction de la maison. Si tant est qu’on puisse appeler un truc aussi grand, une maison.

« Me dis pas que t’as couché avec Vargas. »

Je le savais. Je savais que tôt ou tard il craquerait même si je n’y ai pas tellement repensé depuis. Et ça me fait rire, bordel que ça me fait tellement jubiler de le laisser imaginer tout un tas de trucs, à commencer par celui-là. Du coup j’essaie de garder mon sérieux, je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas éclater de rire et regarde un peu le sol histoire de ne pas croiser son regard trop vite au risque de partir en fou rire et de faire exploser ma crédibilité.

« J’te dirais pas que j’ai couché avec Vargas. »
« Non mais Enzo, sérieusement ! »
« Tu sais l’amour ça s’commande pas Derek ! »
« Tu me fais marcher là, hein ? »
« Va savoir. Ça te plairait pas de l’avoir comme beau-frère ? Vous vous aimez tellement tous les deux ! »


Si Maracas était là, s’il entendait ça, il me tuerait probablement et Riley viendrait me finir parce qu’on ne touche pas à … comment elle l’appelle déjà ? Ah oui, son Gaucho. Et mon accent espagnol est vraiment à chier, soit dit en passant. Même en pensées c’est pitoyable.  Enfin bref, je ne compte pas lâcher le morceau, je ne compte pas mettre fin à ses doutes, parce que ça m’amuse vraiment trop. Et s'il comprend finalement, si Will arrive dans la conversation, je lui dirais simplement la vérité. Pas dans le détail, évidemment, pas la peine de lui faire faire un infarctus non plus ... Note à moi-même, éviter de penser à tout ça en plein repas de famille.

« Et mes neveux et nièces, est ce qu'on en parle ? »
« Avance plus vite on va être en retard. »


J'éclate de rire, naturellement.
Avec ça non plus je ne compte pas le lâcher.

Le déjeuner s’est bien passé et j’en ai profité pour demander son avis à Bryton sur le fait que nos ancêtres Australiens étaient potentiellement des prostitués et des prisonniers. Là encore, j’ai jubilé, on ne va pas se mentir. J’ai bien senti à quel point il prenait sur lui pour garder la face et comme une petite punaise que je suis, j’ai bien insisté, grand sourire sur les lèvres, histoire de le pousser un peu dans ses retranchements. Petit con. Oh oui je sais qu’il l’a pensé, et bien pire encore. J’aurai tellement aimé qu’il le formule à voix haute.
L’après-midi s’est déroulée tranquillement, j’admets m’être éclipsé un peu dans le jardin … pour faire une sieste. J’ai discuté avec un peu tout le monde, y compris avec Briana qui m’a parlé de sa grossesse pendant un moment et puis Derek et moi sommes rentrés à la maison. J’ai commencé à avoir une boule au ventre, partagé entre l’envie de retrouver mes amis et celle de ne plus jamais quitter cette maison, cet endroit, mon chez moi. Et mon frère, malgré tout. Et puis j’ai appelé Kyle. Là-bas c’est le matin, j’espère ne pas le réveiller.

« Hey. C’est moi. Je vais bientôt rentrer à Poudlard, j’voulais juste … juste te parler un peu avant de partir. »

Juste entendre ta voix, chose qui ne se produira plus avant un moment. C’était un peu étrange, je ne peux pas le nier, mais on a discuté pendant une vingtaine de minutes, il m’a raconté sa fin de semaine, je suis resté extrêmement vague sur la mienne – avec la sensation d’avoir le mot coupable écrit en majuscules et caractères gras sur le front, sans pour autant regretter quoi que ce soit une seule seconde – et puis on s’est dit au revoir. Il m’a passé Jill, ça été plus rapide mais on avait déjà pas mal discuté la veille. De toute façon je sais que je lui écrirais dans la semaine. A tous les deux je pense, d’ailleurs. Je l’admets, j’ai un peu peur que tous ces changements dans ma vie m’éloigne d’eux mais j’imagine que c’est comme ça, on verra bien.
Une accolade au frangin pour se dire au revoir. Rapide, sans sentiment exprimé, jamais ou presque. Nouveau Transplanage d’abord au cimetière, une dernière fois, puis chez Grand-Mère pour récupérer Leah. Lune dans sa caisse de transport, mécontente évidemment, mon sac magique sur le dos, je regarde quelques photos dans mon téléphone en attendant que tout le monde soit prêt. Grand-Mère me dit que c’est un engin du diable, ça me fait sourire. Et puis c’est l’heure du départ. Direction le Portoloin le plus proche, on se dit tous au revoir, les parents de Leah me font promettre de veiller sur leur fille. Une étreinte pleine de douceur pour Grand-Mère, et c’est parti. A bientôt l’Australie, tu vas me manquer.

▬ FIN ▬
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