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 No place for them. ▬ John

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MessageSujet: No place for them. ▬ John   Mar 17 Mai 2016 - 15:03

►No place for them.◄
John & Charleen


Nuit du Vendredi  10 Avril au Samedi 11 Avril ▬ Infirmerie

J’oscille entre cauchemars et sommeil sans rêve. J’oscille entre les instants de bonheur où je suis avec Riley, Ethan, Rosalyn et d’autres encore, et ces instants où je me retrouve seule dans mon lit, avec pour seule compagnie l’angoisse.
Comme ce soir.

Je me suis réveillée et je n’ai plus dormis, ou presque. Si Rina ne m’aidait pas avec quelques breuvages, je ne sais pas si je réussirais à fermer l’œil. Mais ça fait presque deux heures – ou plus, je perds la notion du temps – que les lumières sont éteintes pour nous forcer au repos mais à aucun moment la fatigue ne me force à fermer les yeux. Pourtant, je me sens épuisée. Vraiment. Mon corps est encore douloureux, ma tête est lourde, mes muscles sont crispés comme si j’avais couru durant des heures sans jamais m’arrêter. Mais l’angoisse perpétuelle cloue mon esprit dans cette réalité que j’aimerai fuir parfois. Seulement, dès que mes paupières se ferment, ce sont des flashs qui m’agressent, qui me pique comme un dar pour me tenir éveillée.
Je me revois parfaitement entrain de vomir ce sang, je me rappelle avec une trop grande facilité la sensation que j’avais de partir, de croire que j’allais mourir. C’était là, dans mon cœur et dans mon corps, je le savais que c’était la fin tant la douleur me détraquait, me brisait. L’évidence me soufflait même à me laisser aller pour que tout aille plus vite et je l’ai souhaité. Sincèrement.
Puis plus rien. Le reste n’est que brouillon, les éclats de voix de Riley, ses mains sur mon front, les couleurs, les sensations. Tout ce mélange et c’est Riley qui m’a éclairée sur ce qu’il s’est passé.

Un empoisonnement par ces fameux chocolats que j’ai mangé avec tant de gourmandise.

Mon regard glisse sur le plat encore fumant qui réside à ma droite et que je refuse de toucher. Pas parce que je n’ai pas faim mais parce que la peur et le traumatisme me persuade que mon corps ne réclame aucune forme de nourriture. L’idée même de planter ma fourchette dans cette purée et de l’avaler, me tétanise. Et si c’était empoisonné ? Qui peut le savoir. Qui peut se douter que ça ne recommencera pas et que je ne frôlerais pas la mort de nouveau.
Je replace ma tête sur l’oreiller alors que Circée est là, tout contre moi en ronronnant. Riley me dit qu’elle n’a quitté mon lit que pour aller chasser et prendre un peu l’air. Mes doigts glissent sur sa fourrure épaisse d’écaille de torture et je pince les lèvres. Retenant mes larmes.

J’ai failli mourir. J’ai failli partir pour de bon. Failli rendre papa malheureux, Riley avec. Ethan aussi. Et d’autres. J’ai failli ne plus jamais connaitre la sensation de respirer, de sentir mon cœur battre sous mes doigts. J’aurai pu partir comme ça, ne plus jamais me réveiller. Ça aurait été tellement simple, juste avec ces chocolats. Le pire est que je ne suis pas la seule dans ce cas-là. Presque une dizaine de personnes m’entoure, frappée par le même mal.

Est-ce qu’ils ont eu la même peur que moi ? Est-ce qu’ils se sont sentis mourir comme moi ? Comment est-ce qu’ils le vivent aujourd’hui ?
Mes mains tremblent, j’ai la peur au ventre et plus je regarde mon plat, plus je refuse de le voir plus longtemps ou même d’en ingurgité ne serait-ce qu’une bouchée. Mon cerveau tourne à plein régime, me rappelle la douleur ressentie et qui m’a littéralement terrassée, l’envie pressante de perdre connaissance ou de disparaitre. Combien de temps tout ça va durer ? Et la prochaine fois, qu’est-ce qu’il va m’arriver ? La prochaine fois sera peut-être la bonne pour moi et je disparaitrais dans des conditions pires que celle-ci. Pire encore, je verrais peut-être mourir Riley sous mes yeux.
Pourquoi restons-nous ici, alors ? Pourquoi rester dans un lieu où ils veulent nous voir mort ?
Plus je réfléchis, plus mon cœur palpite violemment. Il frappe si fort entre mes côtes que j’ai l’impression qu’il résonne dans l’ensemble de la pièce. D’atroces images défilent devant mes yeux et un sanglot m’échappe, puis un deuxième. Je ne me soucie pas de savoir si on m’a entendu ou non, je me laisse simplement aller à l’angoisse alors que je me revois, morte. Ou que j’imagine Riley à ma place.
J’étouffe, j’ai mal.
J’aimerais simplement tout oublier d’un claquement de doigts.
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MessageSujet: Re: No place for them. ▬ John   Mar 17 Mai 2016 - 23:49

CHARLEEN & JOHN
NUIT DU 10 AU 11 AVRIL
INFIRMERIE

NO PLACE FOR THEM


Ah…
Aaaah…
Ce sont les premiers mots qui semblent émerger dans l’esprit de John alors qu’il se réveille. Pour la troisième fois peut-être, mais il se réveille. Son corps, lourd, endolori, ne semble pas vouloir reprendre de sa force aussi facilement que son esprit le voudrait. Deux jours et demi qu’il s’est enfin sorti de son coma, mais John ne peut toujours pas faire un réel effort sans grimacer et geindre. Alors qu’il ouvre péniblement les yeux dans l’obscurité de l’infirmerie, John se dit qu’il mangerait bien un morceau, bien que l’idée lui fasse un peu peur dans l’état actuel des choses.

Un mouvement de tête vers la droite, un autre vers la gauche. Le psychomage de l’école se remet en douceur du choc affreux que son corps a subi. Force est de constater qu’il n’a plus vingt ans et que l’effet de l’empoisonnement l’a plus que simplement amoché. Chaque fois qu’il bouge, une douleur musculaire se réveille dans le membre demandé.

Un soupir s’échappe de ses lèvres. Quelle heure est-il déjà ? Fait-il réellement nuit ? Le silence qui règne dans la pièce lui permet de deviner le grattement très léger d’un stylo ou d’une plume sur un parchemin. John arrête d’essayer de bouger quelques secondes, histoire de s’imprégner de ce bruit et de deviner qui écrit, et avec quoi. C’est sa manière à lui de réintégrer la réalité, analyser, observer, c’est sa façon de se rassurer sur ses capacités mentales et de ne pas penser à ces fichus chocolats qu’il a goulument ingurgité. Car chaque fois qu’il y pense, c’est la même chose, la même colère, la même peur, le même souvenir qu’il voit passer devant ses yeux et qui ravive la douleur brûlante dans sa poitrine. Chaque fois que John s’approche de ce souvenir dans sa tête, il ressent à nouveau toutes les étapes de souffrances par lesquels il est passé et avec ça, l’angoisse qui va avec.

Il ferme les yeux, pousse un autre soupir et imprime le mouvement régulier. Trop régulier, lent, maitrisé. On ne gribouille pas, on note avec rigueur et patience. Ce n’est pas une plume, c’est un style. La plume fait trop de bruit, elle gratte trop et surtout, elle fait possiblement trop de tâche. John sourit dans l’obscurité. S’il se lève, s’il arrive à se lever, ce qu’il n’a toujours pas fais depuis son réveil, alors il parie avec lui-même qu’il verra son ami médicomage.

Perdu dans ses pensées analytiques, John n’avait jusque là pas entendu, pas remarqué. Et pourtant, il l’entend maintenant, ce léger son éloigné. Ça lui fait perdre son sourire, ses sourcils se froncent. Un sanglot. C’est un sanglot, qui s’échappe d’une jeune poitrine, d’un enfant. Il tourne la tête vers la droite et tente de saisir d’ou vient le bruit. Une forme obscure, indistincte, un peu plus loin semble bouger au rythme des sanglots. John fronce à nouveau les sourcils. C’est un enfant qui pleure, il en mettrait sa main à couper. S’il se rappelle bien, s’il fait l’effort de fouiller dans ses souvenirs un peu trop flous il pourrait se rappeler qu’il s’agit de Charleen Thomson. Mais tout ce qu’il arrive à se dire c’est qu’il s’agit d’une enfant, blonde, gentille et sage. Le psychomage semble sentir son cœur s’alourdir à l’écoute des sanglots. Maintenant qu’il les entend, il ne peut pas les ignorer, ce serait cruel.

Le vieux papachat pose une main à gauche de lui, puis à droite, et tente de faire abstraction de la douleur qui l’électrocute chaque fois qu’il bouge quelque chose. Visage crispé, souffle court, John se dit qu’il n’a pas d’autres choses à faire que de mettre un terme à cette connerie de léthargie. Il doit se lever, c’est un fait. Et cinq longues minutes plus tard il est douloureusement assis sur son lit.

Lorsqu’il lève les yeux c’est pour tomber dans ceux de Leiv qui s’est levé et est maintenant bras croisés.

« Recouches-toi. »

Il lève une main en signe de pause, temps mort. Chaque mouvement est une douleur en plus. Quelle plaie. Il va falloir te remettre au sport papy. C’est ce à quoi pense John alors qu’il se sent incapable de faire les quelques pas qui le séparent du lit de la petite blonde en sanglot.

« Ça va, je gère, papa. »

Un mince sourire se loge sur les lèvres du psychomage mais pas sur celle du médicomage qui fait quelques pas pour s’approcher.

« Non je t’assure. C’est bon. Je me recouche. »

Leiv s’arrête. John le regarde puis baisse la tête vers une chaise. Bonne idée, ça mon ami. D’un geste lent et fébrile il récupère sa baguette et se mobilise pour faire du fauteuil qui sert à Wistinghausen d’assise quand elle vient le voir (aussi surprenant que ça puisse paraître), un fauteuil précaire, mais roulant. Pas bien équilibré. Mais tant pis, ça lui suffira. D’un geste tout aussi lent que les précédents, John se dépose plus ou moins délicatement sur le fauteuil. C’est l’étape la plus compliquée, ensuite il lui suffit de faire tourner les roues en silence puis s’approcher de la jeune fille.

Dès lors qu’il est dans l’espace vitale de la petite blonde, John s’approche en douceur. Son corps recroquevillé se soulève au gré des sanglots et le psychomage en oublie les douleurs dans ses bras et son torse. Quelques centimètres ajustés, le vieil homme à chat se retrouve à la hauteur de Charleen. Visage tranquille, regard neutre mais bienveillant, il penche la tête avec un petit sourie après avoir attrapé un mouchoir au passage.

« Charleen c’est ça ? »

Il se rappelle maintenant qu’il voit son visage, celui-ci même qu’elle semble vouloir lui cacher. Elle baisse les yeux et se retient de pleurer alors qu’une seconde plus tôt son corps était secoué de tremblements.
Il lui tend le mouchoir et il remarque alors une boule de poil logée tout contre la jeune femme et qui le fixe, elle aussi.

« Que t’arrive-t-il jeune fille ? J’espère que cette petite boule de poil ne te pique pas toute la place au moins. »
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MessageSujet: Re: No place for them. ▬ John   Mer 25 Mai 2016 - 11:05

Je n’ai pas entendu arriver la personne qui glisse jusqu’à moi et c’est en sursautant que je relève la tête, surprise par cette « intrusion » alors que je suis déjà sur le qui-vive, angoissée jusqu’à la moelle. Mais le soulagement revient lorsque je croise le regard d’un des professeurs du château, Monsieur Kingsley. Je ne le connais pas beaucoup, voir pas du tout, mais j’ai déjà entendu parler de lui comme un excellent psychomage.

Je me sens prise au dépourvu et me rétracte sur moi-même, tête rentré dans les épaules alors que j’essuie d’un geste maladroit et précipité les larmes sur mes joues. J’ai du mal à ravaler mes sanglots, à les arrêter. J’ai du mal à relativiser et à ne pas céder sous l’angoisse qui pèse lourd sur mes épaules, celle qui me donne l’envie furieuse de rentrer chez moi, de retrouver papa et de rester dans ses bras pour une journée entière. Je glisse mes yeux vers Monsieur Kingsley, soudainement intimidé pour lui lancer un regard d’excuse. Mes épaules sont toujours secouer de petit hoquet sanglotant que je peine à retenir.
Son regard glisse sur moi, comme une grande couverture chaude et rassurante et son sourire grossit mes larmes dans la ma gorge. Cette bienveillance me touche en cet instant où tout en moi n’est que fragilité.

- Charleen c’est ça ?

J’acquiesce en silence, incapable de prononcer le moindre mot, la moindre parole. Ma gorge est un étau douloureux qui, si j’ouvre la bouche, déversera un torrent de larmes.
Je me sens perdue, paniquée, épuisée, lassée. Je suis effrayée comme rarement je l’ai été et rien que la vue de ce plat fumant me donne la nausée. Il est hors de question que j’avale quoi que ce soit qui n’est pas de mes mains.
J’attrape d’un geste lent et douloureux le mouchoir qu’il me tend, tout en acquiesçant en signe de merci. Je sèche mes larmes et me mouche en douceur, grimaçant sous la douleur des muscles qui se crispent tous à l’unisson.

- Que t’arrive-t-il jeune fille ? J’espère que cette petite boule de poil ne te pique pas toute la place au moins.

Ma tête se tourne lentement vers Circée qui n’a pas bougée, toujours couchée près de moi mais les yeux grands ouverts sur Monsieur Kingsley. Elle le jauge, observe cet humain qui s’approche de moi afin d’évaluer son taux de confiance. Je me suis toujours demandée si elle n’avait pas du sang de Fléreur dans les veines tant elle me parait lucide et intelligente. L’avoir près de moi m’offre un réconfort dont je ne me séparerais pour rien au monde.
Je glisse mes doigts tremblant dans son pelage avant de secouer la tête par la négative, en douceur. Tous les muscles de mon cou me font atrocement mal.

- Non. Même si parfois elle ne se gêne pas pour me gêner pendant mes devoirs en se couchant sur mes cahiers.

Comme si elle me murmurait d’arrêter de travailler pour passer ce temps-là à lui faire des papouilles et des caresses derrière les oreilles. Cette image à au moins l’avantage de me faire légèrement sourire pour revenir à Monsieur Kingsley. Ma voix tremble, entrecoupée de hoquet sanglotant que je retiens tant bien que mal, consciente qu’il faut peut-être que je réponde à sa question. C’est un professeur je ne veux pas qu’il croit que je l’ignore ou que je me fiche de sa quiétude.
Je finis par hausser les épaules, caressant toujours Circée et luttant contre les larmes qui me viennent de nouveau.

- Je n’sais pas trop Monsieur. Je n’arrête pas de penser à ce qu’il s’est passé et … je serre les dents, me tassant un peu plus sur moi-même tout en baissant la tête. Je crois que j’ai peur que ça recommence. Ma sœur m’a racontée ce qu’il s’est passé, on a failli mourir.

Ces derniers mots se meurent dans ma gorge alors que je ne lutte plus pour retenir mes larmes. Je suis tellement fatiguée que je suis incapable d’avoir un contrôle sur mes émotions, ce qui est peut-être la raison de cette confidence. La présence de Monsieur Kingsley m’apporte une sécurité qui me fait du bien, qui m’apaise. Il a toujours eu un sourire mignon, gentil, et une voix toute douce qui me bercerait presque.

- Pourquoi est-ce qu’on reste ici ? Ils vont revenir, nous faire comme la dernière fois et nous séquestrés. Ou nous tuer. Et j’ai pas envie de mourir. J’ai pas envie de voir ma sœur mourir. Je n’veux plus que ça arrive.

L’angoisse prend trop de place, j’ai l’impression d’étouffer et chacun de mes mots se perlent de sanglots qui se déversent en larmes.
Une main sur mon visage, l’autre serrant avec force le mouchoir, j’ai honte mais je suis incapable de pouvoir faire face à tout ça, je ne m’en sens plus capable.
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MessageSujet: Re: No place for them. ▬ John   Sam 11 Juin 2016 - 22:55

La jeune fille bouge à peine comme si elle était paralysée. John comprend qu’elle essaie de retenir ses larmes et pourtant il aimerait que ça ne soit pas le cas. La voir dans cet état lui brise le cœur mais il ne cesse pourtant d’arborer ce sourire simple et léger qu’il a depuis qu’il est arrivé. Il se veut rassurant, à l’écoute, comme il l’est toujours avec les enfants qui viennent le voir. En l’occurrence c’est lui qui s’approche mais il ne comptait pas ignorer les pleurs de la jeune femme. D’ailleurs elle semble se tourner vers la petite boule de poil. Elle glisse sa main vers l’animal pour lui caresser le dos et John sourit un peu plus. Il comprend la tendresse que la jeune femme vaut à son animal de compagnie et, John fait partie de ceux qui sont conscients de la force émotionnelle de ces créatures. Rien n’est fait au hasard. Alors si le chat est près d’elle aujourd’hui c’est qu’il a compris que sa maitresse avait besoin d’elle.

« Non. Même si parfois elle ne se gêne pas pour me gêner pendant mes devoirs en se couchant sur mes cahiers. »

John laisse échapper un léger rire entre ses lèvres, en connaissance de cet état de fait pour vivre lui-même avec un chat capricieux, demandeur et en manque perpétuel d’attention de la part de son maitre qui lui est pourtant complètement dévoué. Son chat est la créature vivante avec laquelle il a passé le plus d’années de sa vie et il n’est pas près de le laisser partir comme ça. Son Hyppolite.

La jeune femme revient chercher son regard et c’est tout naturellement qu’il lui rend, attentif, dans l’espoir d’essayer d’apaiser ses maux. Les sanglots qui découpent ses phrases le rendent triste. Il est conscient de la difficulté que certains enfants ont a communiquer. Il connaît Charleen de loin et jusque-là il n’avait jamais vu ce type de regard sur son visage. Toujours aimable, souriante, agréable, polie et respectueuse. Une gamine en somme qu’il aime bien, dynamique et bonne élève. Il met donc de côté ses considérations de prof et met l’humain psychomage en avant.

« Je n’sais pas trop Monsieur. Je n’arrête pas de penser à ce qu’il s’est passé et … Je crois que j’ai peur que ça recommence. Ma sœur m’a racontée ce qu’il s’est passé, on a failli mourir. »

Le professeur ne bouge pas. La jeune fille qu’il a sous les yeux lui donne l’impression de ne pouvoir avouer sa peur sans honte. Il l’observe baisser la tête, se rétracter. Ses larmes reviennent de plus belle et d’un geste doux et lent le vieux psychomage lui tend à nouveau un mouchoir de sa poche. Il ne bouge pas plus, de la brusque pas, laisse le temps se tasser. Il n’est aucunement impatient et si l’enfant doit pleurer une heure encore alors sera là en silence à côté, tentant comme il peut de faire son travail, lui-même les traits tirés. Il ne peut que comprendre les angoisses de cette élève. Lui aussi a failli y passer et dire que cela ne lui a pas filé des cauchemars serait mentir. Son corps en pâti encore et sa fatigue se ressent encore dans chaque mouvement qu’il essaie de faire.

Lorsque l’enfant semble se reprendre un peu, elle revient vers lui alors qu’il caressait à son tour, tout doucement la tête de l’animal en silence. Il sait y faire après avoir dompté son affreux chat. Et celle-ci semble apprécier d’être grattée derrière les oreilles. Le regard du papachat retombe dans celui de charleen alors qu’elle élève à nouveau difficilement la parole.

« Pourquoi est-ce qu’on reste ici ? Ils vont revenir, nous faire comme la dernière fois et nous séquestrés. Ou nous tuer. Et j’ai pas envie de mourir. J’ai pas envie de voir ma sœur mourir. Je n’veux plus que ça arrive. »

La petite vit des montagnes russes et alors qu’elle était calme une demi-seconde plus tôt, elle retombe dans les gros sanglots dès la fin de sa phrase qui se noie dans sa gorge serrée par les larmes.
Le sourire du psychomage s’affaisse mais cette fois-ci il ne compte pas la laisser toute seule dans ses pleurs. Son angoisse semble être montée d’un cran, main sur son visage et l’autre serrant son mouchoir avec force. La main qui caressait le petit animal se pose sur l’épaule de Charleen qu’il serre doucement. Il reste un moment comme ça, à l’encourager à se laisser aller, à ne pas retenir dans des murmures rares et doux jusqu’à ce que les larmes commencent à se tarir. Il revient enserrer ses doigts ensemble puis pose élève enfin la voix dans le silence.

« Tu n’as pas à avoir honte d’avoir peur, de pleurer, d’éprouver toutes ces choses et de les exprimer Charleen. Tu as vécu quelque chose de grave et c’est bien que tu te laisses aller. C’est bien aussi que tu en parles. »

Sourire aux lèvres, il l’observe et observe son chat qui en fait de même depuis le moment où il est arrivé. Il, enfin elle, ne semble pas vouloir le lâcher du regard.

« C’est normal de réagir comme ça. Je comprends que tu aies peur mais nous sommes là, on fait de notre mieux pour vous éviter de revivre ce genre d’événement. Malheureusement et malgré tous nos efforts, nous avons échoué. Et pour ça je suis désolé Charleen. »

Il n’est pas plus sérieux qu’à cet instant. Au-delà de leurs vies, celles des enfants sont à protéger davantage et ils ont tous échoués dans cette mission pour ce mois-ci. Il leur doive sécurité et protection mais ils se sont loupés complètement. La taupe est encore là, il le sait, mais il ne va pas lui rappeler ça.

« Nous allons faire de notre mieux, tu ne mourras pas Charleen, et ta sœur non plus. L’équipe enseignante et moi te le promettons. Et puis je doute que ton petit monstre me laisse tranquille sinon. J’ai l’impression qu’elle veut me manger. »

Son sourire augmente à nouveau. Il la regarde avec cette bienveillance habituelle, naturelle, qu’il garde toujours au fond des yeux. Son regard glisse sur le côté et il tombe nez à nez avec l’assiette que Katherine a déposé pour la jeune femme bien des minutes plus tôt.

« Tu ne veux pas manger ? Ça te ferait du bien, tu as besoin de force, pour retourner en cours, et montrer à tous ceux qui ne sont pas de bonnes intentions que tu es plus forte que ça. Mais en attendant, il faut manger. Est-ce que cela t’aiderais si je commençais ? »
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MessageSujet: Re: No place for them. ▬ John   Mar 21 Juin 2016 - 12:07

- Tu n’as pas à avoir honte d’avoir peur, de pleurer, d’éprouver toutes ces choses et de les exprimer Charleen. Tu as vécu quelque chose de grave et c’est bien que tu te laisses aller. C’est bien aussi que tu en parles.

Sa main sur mon épaule, sa voix et ses mots, m’apportent un réconfort. Une petite bulle de douceur qui me manque en cet instant où je prends toujours un peu plus conscience la gravité de la situation.
J’ai failli mourir. Perdre la vie. Ne jamais revoir les miens. Comme tous ceux présents autour de moi. Je me demande à quoi se sont jouées nos vies, à quel détail, à quelle action.
Je pleure encore, sentant une petite boule de chaleur éclore au creux de ma poitrine quand j’entends Mr Kinglsey me dire ces choses qui vont dans mon sens, qui me font comprendre que tout ce qu’il se passe dans ma tête est peut-être normal et que je n’en ai pas à en avoir honte. Je n’en suis pas tout de suite convaincue mais de l’entendre me fait un bien fou.
Il est psychomage, ce monsieur doit savoir de quoi il parle, non ?

En parler ? Je ne sais pas. J’ai peur que ça me ressasse toutes ces choses que je veux fuir et ne plus voir en face. Ces douleurs et ce sang, cette peur et cette panique. Et lui, comment s’est-il sentie quand tout ceci s’est déclenché ?

- C’est normal de réagir comme ça. Je comprends que tu aies peur mais nous sommes là, on fait de notre mieux pour vous éviter de revivre ce genre d’événement. Malheureusement et malgré tous nos efforts, nous avons échoué. Et pour ça je suis désolé Charleen.

Je lève mon regard vers mon professeur. Il semble si fatigué, si déçu, que j’en ai mal à la gorge. Même après avoir frôlé la mort, il est entrain de se soucier plus de nos vies à nous que de la sienne, il est entrain de culpabiliser pour tout ça, ce qu’il appelle être un échec. Je me sens bête, je ne sais pas quoi lui dire. Pourtant, j’ai envie de lui parler, de lui dire que sans eux, nous serions probablement déjà tous morts. Que sans eux et ma soeur, je ne serais pas revenu à Noël. J’ai confiance en mes professeurs, je sais tous leurs efforts et le voir comme ça me rend triste, me faisant presque oublier ma propre peine.

- Nous allons faire de notre mieux, tu ne mourras pas Charleen, et ta sœur non plus. L’équipe enseignante et moi te le promettons. Et puis je doute que ton petit monstre me laisse tranquille sinon. J’ai l’impression qu’elle veut me manger.

J’arrive à lâcher un petit rire amusé, qui ressemble presque à un hoquet de larmes mais ça n’est pas le cas. Ou alors, un peu.

- Seulement si vous me faites du mal et ça n’est pas le cas. Alors aucun danger.

Circée est protectrice et présente, j’ai rarement vu un chat aussi proche de son maitre mais j’ai la chance d’avoir un animal de compagnie absolument adorable. Peut-être parce que je l’ai depuis qu’elle est toute jeune et que je ne l’ai jamais lâchée. J’ai la sensation qu’elle ressent beaucoup de chose, notamment mes états d’esprits et qu’elle agit en conséquence. Mes doigts se perdent de nouveau dans sa fourrure que je caresse distraitement.

- Tu ne veux pas manger ? Mon regard glisse vers l’assiette encore fumante grâce au sort de Katherine. Ça te ferait du bien, tu as besoin de force, pour retourner en cours, et montrer à tous ceux qui ne sont pas de bonnes intentions que tu es plus forte que ça. Mais en attendant, il faut manger. Est-ce que cela t’aiderais si je commençais ?

Je fixe l’assiette sans rien dire, inspectant son contenue comme si ce dernier était dangereux. Ses mots, je les entends. Ses encouragements aussi. Mais l’idée même que de devoir enfourner ne serait-ce qu’une seule cuillère me rend déjà malade d’angoisse. Je ne veux pas manger, je n’ai pas faim et encore moins lorsqu’il s’agit de manger un plat dont je ne connais pas la provenance.
Mes doigts triturent nerveusement la couette, fixant toujours l’assiette avant de détourner vivement mon regard.

- Je n’ai pas faim, merci Monsieur.

Non, je n’ai pas faim. J’ai la boule au ventre, l’estomac complètement détraqué et une nausée qui se présente soudainement. Je sais que Mr Kingsley a raison, je sais que je devrais me nourrir ne serait-ce qu’un peu mais l’idée même me tétanise et me terrorise.

- Vous n’avez pas à vous excuser. Vous risquez votre vie tous les jours pour nous, ce sont eux les coupables, pas vous. Je m’arrête un instant, préférant me concentrer sur autre chose que sur cette assiette fumante qui devrait pourtant me soulever un grognement de famine, mais rien. Après l’attaque de Noël, je ne serais pas revenu sans des enseignants comme vous. Je sais que l’on peut vous faire confiance, que vous faites déjà tout pour assurer nos vies… Et ce n’est pas en vous que je n’ai pas confiance. Que nous n’avons pas confiance.

C’est en eux parce que j’ai conscience que malgré tous les efforts donnés par nos professeurs, les Supérieurs pourront revenir s’ils le veulent vraiment, quoi que l’on fasse. C’est ça qui me terrorise, pas le reste.
Je lâche un soupire en me frottant les yeux pour de nouveau détourner mon regard vers le plat que je fixe comme une horreur.
Je sais que Monsieur Kingsley a raison mais à l’heure actuelle, je n’y vois qu’une nouvelle chance de me faire piéger et de mourir pour de bon.
Combien de temps cela va-t-il durer ?

- J’veux bien essayer… mais j’fais quoi si vous n’allez pas bien ? Si c’est encore empoisonné ?

Ce qui est peu probable, je sais. Pas ce soir en tout cas, pas après ce qu’ils ont fait, ils ne se risqueraient pas à retenter une chose pareille. Enfin, je crois.
Une part de moi à honte d’accepter cette condition qui risque aussi de tuer Mr Kingsley. Fatiguée et las, je baisse de nouveau les yeux.

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MessageSujet: Re: No place for them. ▬ John   Lun 11 Juil 2016 - 11:21

Charleen observe le plat avec méfiance alors qu’elle triture la couverture avec ses doigts. John s’efforce de garder son air léger et son sourire doux mais note mentalement tous les signes de l’angoisse de l’enfant à qui il fait face. L’enfant, l’adolescente plutôt. Mais pour lui, tous les ados de cette école sont plutôt des enfants à ses yeux.

« Je n’ai pas faim, merci Monsieur. »

Il tique. Il se doute qu’elle n’a pas forcément faim mais il se dit aussi que si elle ne mange pas, elle s’affaiblira et sa convalescence durera bien trop longtemps. Elle a besoin de force, son corps s’est déjà assez privé de manger pendant le temps de son coma.

« Vous n’avez pas à vous excuser. Vous risquez votre vie tous les jours pour nous, ce sont eux les coupables, pas vous. » Il sourit un instant face à la douceur des mots de cette élève. Chacun réagit à sa manière, certains élèves sont en colère, d’autres dégoutés et ne rêvent que de partir, Charleen est en proie à l’angoisse. Aucune réaction n’est à blâmer, comment demander à des enfants, des êtres humains, de gérer toutes ces conneries sans aucune appréhension, sans haine et sans peur ? Impossible. Si l’adolescente blonde comme les blés avait été en colère, il serait resté quand même. Apporter un soutien aux esprits tourmentés, c’est la mission que s’est donnée John en postulant ici.

« Après l’attaque de Noël, je ne serais pas revenu sans des enseignants comme vous. Je sais que l’on peut vous faire confiance, que vous faites déjà tout pour assurer nos vies… Et ce n’est pas en vous que je n’ai pas confiance. Que nous n’avons pas confiance. »

John lui sourit un peu plus, accueillit positivement ses dires. Il ne veut pas la brusquer alors ne l’interrompt pas dans son schéma de pensée et pourtant, il en aurait des choses à dire. Si la jeune femme tire sa force de sa confiance envers ses enseignants et c’est honorable. Ses mains restent croisées et posées sur le bord du lit et il ne la quitte pas des yeux.

« J’veux bien essayer… mais j’fais quoi si vous n’allez pas bien ? Si c’est encore empoisonné ? »

Il cligne des yeux. Ah, vraiment ? Un sourire radieux s’étend sur son visage tandis que la jeune femme revient vers le plat surement concocté par les elfes, toujours chaud et fumant, plutôt alléchant aux yeux du psychomage. Il se redresse avec une grimace et élève la voix d’un ton calme mais avec une pointe d’engouement pour la décision de l’adolescente.

« Je suis sur et certain qu’il n’y aura aucun problème. Tu sais à mon avis Katherine vérifie tout ce qui entre et sort de cet endroit. Tu sais elle est toujours souriante et gentille mais, tu ne l’as jamais vue sermonner Mr Helland, elle est si stricte qu’elle ferait peur même à lui… »

Il lui dit ça sur le ton de la confidence et laisse échapper un léger rire avant de reprendre son sérieux. Il récupère le plat, et constate une seule fourchette. Il fait un quelques centimètres en arrière et fait un signe de la main à Leiv qui semble… toujours à l’affut. Le médicomage se rapproche et John lui demande, pas trop fort pour ne pas réveiller les autres endormis, une deuxième fourchette. Il revient vers Charleen tranquillement.

« Si je fais la grimace c’est simplement parce que mes vieux os sont trop lourds à porter ! »

John attrape la fourchette tendue par Leiv, qui s’en va aussi silencieusement qu’il n’est arrivé, et plante une première fois le couvert dans l’assiette. Il porte une première bouchée à ses lèvres et bien qu’il n’ait pas faim il mastique sa première bouchée avec un sourire.

« Ces elfes de maison m’étonneront toujours… C’est délicieux. Allez, à ton tour. Commence petit, par ce que tu trouves le plus attrayant. Tu n’es pas obligée de tout manger, quelques bouchées feront l’affaire. D’accord ? »

John lui sourit et lui tend sa fourchette, l’encourageant du regard à manger à son tour.
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MessageSujet: Re: No place for them. ▬ John   Lun 18 Juil 2016 - 11:05

Je me rends compte à quel point nous avons l’air différent ce soir, Monsieur Kingsley et moi.
Je suis complètement terrorisée, à deux doigts de pleurer, proche de la panique à l’idée de le voir s’écrouler de nouveau suite à un empoisonnement venu de nul part.
Et Monsieur Kingsley, lui, affiche un énorme sourire, comme si je venais de lui annoncer une excellente nouvelle. Comme si lui dire que je suis d’accord pour faire une tentative lui est bien plus suffisant que quoi que ce soit d’autre. C’est un homme généreux, foncièrement bon alors pourquoi se trouve-t-il ici, parmi nous, à souffrir tout autant que nous ? Je ne comprends pas comment nous pouvons nous en prendre à un homme comme Monsieur Kingsley. C’est peut-être ce qui me pousse à me faire violence pour me redresser mais aussi pour essayer de manger une cuillère de cette mixture qui m’attend. Si ça peut le rendre un peu heureux, je peux bien essayer.
Juste un peu. Une bouchée.

- Je suis sur et certain qu’il n’y aura aucun problème. Tu sais à mon avis Katherine vérifie tout ce qui entre et sort de cet endroit. Tu sais elle est toujours souriante et gentille mais, tu ne l’as jamais vue sermonner Mr Helland, elle est si stricte qu’elle ferait peur même à lui…

Je me surprends à rire doucement, me crispant sous une légère douleur alors que j’imagine Monsieur Helland terrorisé face à Katherine. Le médicomage est tellement impressionnant que j’admets avoir du mal avec cette idée tout comme j’ai du mal à imaginer Katherine en colère ou stricte. Je me dis que nous sommes tellement habitué à les voir sous une certaine facette que nous en oublions parfois la profondeur de ce qu’ils sont réellement, au quotidien.

Monsieur Kingsley discute brièvement avec Monsieur Helland alors que mon regard se plante dans le plat qui m’attend.
J’ai le cœur qui bat à 100 à l’heure, le ventre noué et ma main se crispe sur le drap. Je n’suis pas sûre d’y arriver, rien que l’idée me tétanise mais je tente de reprendre contenance lorsque le psychomage revient à moi, sa propre fourchette en main.

- Si je fais la grimace c’est simplement parce que mes vieux os sont trop lourds à porter !
- Vous n’êtes pas si vieux que ça, si ? Enfin, on ne dirait pas.

Je tente un sourire un peu maladroit, pour éviter de penser à la prochaine étape de cette situation mais aussi parce que je suis honnête. C’est vrai qu’il a bien quelques rides au coin des yeux et des lèvres mais c’est tout et en plus, ça lui donne un air plus jovial, plus chaleureux. Ca lui va bien.

Mon regard se braque sur ses gestes où il cueille la nourriture de sa fourchette et me retiens à la dernière minute de ne pas le stopper dans son geste pour lui demander de ne pas faire ça, de ne pas manger, soudainement étouffée par une bouffée d’angoisse où je me revois souffrir, cracher du sang, demandant à Riley de ne pas me laisser.
Mr Kingsley engloutie sa nourriture, la mastique… et j’attends. Guette chacune de ses expressions, murée dans un stress incroyable.

- Ces elfes de maison m’étonneront toujours… C’est délicieux. Allez, à ton tour. Commence petit, par ce que tu trouves le plus attrayant. Tu n’es pas obligée de tout manger, quelques bouchées feront l’affaire. D’accord ?

J’acquiesce tout en déglutissant.
C’est d’une main tremblante que je m’empare de ma fourchette, sans le lâcher du regard. Je guette la moindre goutte de sueur, le moindre rictus de douleur. Mais son regard reste toujours aussi brillant que tout à l’heure et son sourire, hisse ses lèvres avec cette même expression rassurante.

- Mais… vous vous sentez bien ? Vous n’avez pas mal au ventre ni rien ?

Je continue de le scruter comme une nouvelle curiosité mais toujours rien. Je me rappelle que lorsque j’ai ingurgité ces chocolats, la douleur a été intensément forte quelques secondes ou quelques minutes après.
Encore une fois, je me sens coupable que Mr Kingsley prenne ce risque pour moi mais il semble si serein et si confiant que je commence à me dire que j’exagère tout ça, que je l’amplifie à la hauteur de mes angoisses.

Mon regard se tourne vers l’assiette où après de longues secondes d’hésitation, je tends le bras dans une grimace pour y piocher un petit morceau de poulet, à peine plus grand qu’une phalange.
Commencer petit.

- J’me sens pas très bien.

Je fixe le morceau de nourriture au bout de ma fourchette, dégluti de nouveau et ferme les yeux avant de l’enfourner rapidement, sans réfléchir, comme si c’était un aliment que je ne pouvais tolérer.
Le contact même du morceau de poulet me donne la nausée, un long frisson me parcoure l’échine et j’essaie d’aller vite. Très vite. Comme si tout ça pouvait m’éviter d’atroce souffrance, de mourir ou je n’sais quoi encore. Je mastique une fois, deux fois, et avale avant de lâcher un soupire tremblant.
Circée ne m’a pas quitté du regard et vient se blottir contre moi dans un geste rassurant et doux. J’essaie de ne pas paniquer, de ne pas me mettre à pleurer stupidement et tente du mieux que je peux de dissimuler les tremblements de ma main.

Et j’attends. Quelques secondes, puis une minute.
Un regard étonné et soulagé se lève vers celui de Mr Kingsley qui à l’air de sentir toujours aussi bien que tout à l’heure.

- Je… Je crois que ça va. Ma main se pose sur mon ventre. Je n’ai pas mal, je n’ai toujours pas faim non plus mais je me sens bien.

Et j’en suis soulagée, comme si un étau se desserrait de mon cœur et de mes poumons. J’ai l’impression de pouvoir de nouveau respirer correctement, de me sentir presque en sécurité sous le regard de Mr Kingsley qui, en cet instant, n’est plus un psychomage mais un homme presque au regard paternel.

- Vous continuez de manger avec moi ? J’ai l’impression que ça m’aiderait un peu. J’hésite. Beaucoup, en fait.

Un sourire timide, un peu hésitant mais je me permet de le lui faire la demande après ce que nous avons vécu et après l’aide qu’il m’a fournit.
Une bouchée supplémentaire pour lui. Une de plus pour moi. Puis une autre et nous arrivons à quatre bouchées avant que je ne puisse plus continuer, partager l’angoisse et la nausée de ne plus pouvoir ingurgiter plus de nourriture. J’ai l’estomac crispé et le lui fait comprendre d’un sourire désolé.

- Je ne peux pas aller plus loin… Je commence à avoir mal au ventre. Je me frotte le visage, soudainement épuisée et vidée de toute énergie et me laisse glisser un peu plus au fond de mon lit. Merci de m’avoir aider Monsieur. C’était vraiment gentil de votre part. Je suis désolée que vous ayez été touché par tout ça, vous ne le méritez pas.

C’est l’angoisse qui remonte à la surface mais que je maitrise pour une fois si ce n’est les tremblements incontrôlables dans ma voix.
Il est si gentil que de le savoir dans le même état que moi me parais inhumain.
J’ai 17 ans mais à l’heure actuelle, j’ai la sensation d’en avoir 5 de moins et son regard paternel me rappelle mon propre père que j’aimerai avoir là, avec moi, pour une étreinte et me perdre dans ses bras.

- J’ai entendu certains élèves qui parlaient de vous, que vous avez énormément voyager… C’est vrai ? C’est quoi votre plus beau souvenir ?

Caler dans mon lit, allongée sur le côté avec Circée contre mon ventre, mon regard glisse vers Mr Kingsley qui n’est pas obligé de me répondre mais j’ai l’impression que la simple évocation de ses voyages suffit à illuminer une nouvelle son regard clair et rassurant.
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