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 It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy

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MessageSujet: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Lun 16 Mai 2016 - 21:17

William, Macy & Maxime
1er jour des vacances.

Its funny how, things work out.
Such a bitter irony like a kick right to the teeth.


Quand je repense à toutes ces fois où j’étais à deux doigts de laisser tomber. De lâcher. C’est tellement facile, tu regardes derrière toi, devant toi, et tu te demandes comment tu oses encore te tenir debout. Ce n’est pas qu’une affaire de destin, ce n’est pas la vie, ce n’est pas la fatalité, inscrite dans nos veines. Quand j’y repense, j’ai honte.

Ø


« Maxime ! T’as entendu !
— Hm… ? »

Je lève la tête, migraine implacable sous ma capuche, les yeux à moitié fermés je prie Macy du regard de ne pas crier. Moue désolée de sa part. J’oublie souvent qu’on a le même âge.

« On a des vacances !
— Quoi ? »

Redressement immédiat, j’ouvre les yeux et retrouve un peu plus de visuel sur mon environnement. Comment ça on a des vacances ? Et quand ? Et pourquoi ? Me tirer de cette école ? Enfin ! Je regarde Macy comme si elle était en train de me faire une blague mais son gigantesque sourire m’indique que ça n’en est pas une.

« Ça commence quand ? Combien de temps ?
— Aujourd’hui ! Maintenant et pour deux semaines ! Je vais chercher Wiwi !
— Je fais ton sac. »

Je me lève, elle aussi, William n’est pas encore levé ce matin. Je suis ravie et pour une fois je me sens prête à sourire un peu. D’ailleurs un semblant de rictus me déforme le visage. Je jette un regard circulaire à la pièce pour voir si Matéo n’est pas loin mais il n’est pas dans la grande salle. Il faut que j’aille le prévenir. Ce sera l’occasion pour lui de revoir ses parents et de finir ce qu’il a commencé. L’occasion de nous connaître à l’extérieur, et cette fois pas de course-poursuite contre des flics étrangers. Mains dans les poches je fais demi-tour et marche rapidement vers mon dortoir. Mon sac sera aussi léger qu’il peut l’être, je récupère quelques fringues, mes bouquins, briquet, clopes, photos, bijoux. Simplement l’essentiel pour moi, ma baguette dans la poche, je place le hoodie de Dean par-dessus mon pull et fais demi-tour pour m’occuper du sac de Macy. Contrairement à ce à quoi on peut s’attendre, Macy ne trimballe pas dix milliards de trucs. Et quand elle veut prendre toutes ses fringues elle fait sorte d’ensorceler ses bagages. Ceci dit c’est quand même toujours les mêmes qui portent ses sacs. Je pousse un soupir en pliant ses fringues.

Un soupir de soulagement. Nous en avions tous besoin. Chaque personne ici présente dans ce château a le droit de se poser quelques jours. Mais pour l’instant je ne pense pas aux autres, ni même à moi, je pense à Matéo, à Macy, Will, je pense à Kezabel et même Riley, je visualise le visage de Charleen, je pense à ce monde qui m’entoure, je me demande ce qu’ils vont faire. Etrange curiosité de ma part pour ceux qui ne concernent mon cercle très proche. Je sais ce que nous, pour notre part, allons faire. Une seule destination pour moi : Kristen. Elle ne nous attend pas aujourd’hui, ou pour être plus juste, elle nous attend toujours, alors elle sera prête malgré tout. Je sais que je peux compter sur ma sœur. J’envisage une fois arrivée d’envoyer un truc à mon frère pour qu’on puisse se voir en dehors du cadre proche de la maison familiale. Je dirais bien à Matéo de venir avec nous mais je sais qu’il a des choses à régler. Mes proches sont ceux de mes amis, alors je ne m’en fais pas pour William et Macy, je sais que nous serons ensemble pour deux semaines.

Je réfléchis tranquillement et des plans se montent tous seuls dans ma tête. Ça me plairait de retourner faire du skate avec mes potes, et même si ce n’est pas «sous le soleil californien peu importe. La perspective d’avoir des vacances, enfin une pause, me provoque des envies multiples. Je me projette sans problèmes dans ces deux semaines. Il faudra que Kristen rencontre Matéo, James aussi, et je suis sure qu’Alex l’appréciera. Pourquoi pas passer une après-midi avec lui, Riley et Kezabel. Enfin si elle le veut bien pour cette dernière. Un pincement au cœur, je détourne le sujet de mes pensées vers un autre moment pour garder cette espèce de légèreté qui me gagne à mesure que je remplis le sac de Macy.

D’ailleurs celle-ci débarque toute guillerette et entame son refrain habituel.

« T’as pas oublié mon…
— … t-shirt SF préféré non. C’est le premier que j’ai mis. »

Elle s’approche de moi et dépose un baiser presque volé sur mes joues. Pour une fois je ne dis rien, me contente de plier ses multiples jupes colorées et la laisse se démerder avec le reste de nos affaires. Deux sacs à dos, des vacances et mes proches. Le plus important c’est de les emmener eux.

Ø


« Tu me diras comment ça se passe avec tes parents. On se voit pendant les vacances ?
— Ouais je t’enverrais un message quand ce sera fait. Tu viendrais en Argentine ?
— Et prendre l’apparence d’un homard ? Pourquoi pas. »

Sourires entendus. On fume une cigarette sur le perron de l’école. Tous les quatre, nous attendons notre tour, prêts à partir comme la plupart des personnes présentes sur les marches du grand escalier de l’école. Je n’ai pas eu le temps d’envoyer un hibou à Kristen mais peu importe. C’est à Matéo de partir avant nous, je laisse donc mon meilleur ami partir, regard tranquille. Une fille, une brune au visage oscillant visiblement entre détermination et joie nous passe devant, s’excuse auprès de William alors qu’elle fait rouler sa valise sur son pied et se dirige sans plus tarder vers Leiv. Mon regard la suit puis tombe dans celui du médicomage. Elle accapare son attention presque aussi rapidement qu’elle a dévalé les escaliers mais j’ai tout juste le temps de lui adresser un signe de main. Pour le remercier du sac de plantes qu’il m’a fournit spécialement pour les vacances. Il semble sourire — étonnant — et redonne son attention à la fille qui discute en parallèle avec Ora.

« C’est à nous ! Maxime ! Bouge ! J’en peux plus ! AAAAH !
— Ça va, ça va, j’arrive. »

Macy attrape le bras de William et je jette le mégot de ma cigarette sous mon pied avant de les suivre d’un pas tranquille et serein.
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Lun 23 Mai 2016 - 12:24

William, Macy & Maxime
1er jour des vacances.



Lundi 13 Avril

- Will !! Debout ! On s’casse vite vite !
- Non pas l’école avec le Nutella, s’teuplè…
- William ! Réveille toi allez !

J’ouvre à peine les yeux et je me sens secouer comme un prunier, comme si j’étais un shaker pour cocktaïl. Je n’vois qu’un gros pot de Nutella qui me hurle qu’il faut aller à l’école en vitesse, sous peine de devoir prendre son bain dans cette grosse couche de chocolat pendant un mois.
Allez savoir pourquoi mais en cet instant, ça me paraît la pire chose qui puisse m’arriver.

- T’es chiant !
- Qu… J’ouvre grand les yeux, agitant les bras et les jambes dans tous les sens sous l’effet de l’eau glacée qui m’atterrit droit dans la gueule. PUTAIN ! Macy c’est quoi ton problème !

Ma conscience est alerte alors qu’un long frisson glacé me parcoure de part en part. Je secoue la tête, cheveux humides et m’enroule dans ma couette en m’asseyant en tailleur, yeux bouffis. Et surtout, la tête dans le cul.
J’déteste ce genre de réveil putain.

Elle est là, entrain de s’agiter dans tous les sens comme une pile électrique et mon cerveau peine à la suivre.
Tu vas trop vite bordel, ralentis.

- Faut que tu fasses ta valise ! N’oublie pas tes tee-shirts et laisse tes pulls moches ici ! Faut aussi que tu prennes tes devoirs quand même … AH ET LES BONBONS ! Oublie pas les bonbons de Pré-au-lard de la dernière fois ! Et…
- STOP ! Macy ralenti s’il te plait, j’te suis pas là. Je me masse les tempes, sourcils froncés. Un mal de crâne commence à se pointer alors qu’elle s’agite trop vite sous mon nez et surtout, qu’elle parle trop. Je n’comprends pas son engouement, ni ce jeu auquel elle joue. Pourquoi tu t’excites comme ça ?

Elle n’a pas le temps de me répondre qu’une flopée de camarade de classe débarque dans la chambre en hurlant de joie, riant à gorge déployée, sautant sur et par-dessus leur lit comme des dégénérés alors qu’ils commencent déjà leurs valises…
J’ai dormi combien de temps là pour qu’on en soit déjà aux vacances d’été ?
Macy me balance un tee-shirt propre à la gueule, celui qu’elle m’a achetée l’année dernière avec Captain America. Elle arbore un sourire lumineux, plein de vie.

- Le Directeur a annoncé qu’on avait des vacances. On part dans une heure et pour deux semaines ! Alors magne toi allez !!

Je bug.
J’ai l’impression qu’on me joue une mauvaise blague… Pourtant, il me suffit d’un regard dans le dortoir pour comprendre que non, j’suis pas en plein rêve. C’est la putain de réalité.
On se casse. Loin d’ici. Pour DEUX merveilleuses semaines.

Mon cœur s’emballe et je m’agite aussiôt, balançant mes pieds par dessus le lit, trébuchant sur une de mes baskets qui traine par là.

- T’as prévenu M..
- Elle le sait déjà, elle prépare nos sacs. Tiens ! Elle me balance le mien que j’attrape lourdement. Grouille toi de finir le tien, on se rejoint dans le Hall dans vingt minutes !

On se regarde avec nos yeux brillants, comme des gosses de six ans à qui on a annoncé un Noël avancé. Elle me saute dans les bras, m’embrasse brièvement avant de me serrer contre elle. Je la tiens dans le creux de mes bras, soudain porté par élan de bonheur. De joie. De bien-être. J’ai presque envie de chialer tellement je suis soulagé à l’idée de pouvoir revoir mes parents, revoir la Californie et putain… On retrouve enfin notre liberté.






Maxime discute avec Mateo et moi je supporte l’excitation disproportionnée de Macy. Mais ça ne m’agace pas, au contraire je suis aussi bavard qu’elle, large sourire aux lèvres. J’me suis pas sentie aussi serein et aussi bourré de bonheur depuis … Depuis une foutue éternité.
Je n’ai pas manqué d’aller souhaiter bonnes vacances à Riley mais aussi à Enzo malgré.. Ouais, malgré ça. Grande première, je suis même passé souhaiter mes salutations à Zachary. Je n’ai pas oublié Demolition Man, Kezabel et toute la clique de copains.
Et la vérité, c’est que je n’en peux plus d’attendre. J’aimerais déjà être en Angleterre devant la porte de chez Kristen, sentir l’éternelle odeur de ses pâtisseries à tomber tant ils sont délicieux, de m’affaler sur son canapé, de retrouver mes parents, ma chambre, ma Californie et son soleil brûlant.
Putain, vite. Que l’on se casse.
La perspective d’une liberté avec Maxime et Macy m’électrise.
Ca va faire plus d’un an que ça ne nous était pas arrivé, tous les trois ensembles.

- Aïe !
- Désolée !

Je sautille sur un pied alors que… qu’une nana qui ne me dit rien, m’adresse un sourire d’excuse et un bref signe de la main. Elle m’a roulée sur le pieds avec sa valine mais même ça, ça m’rend pas de mauvaise humeur. J’ai presque envie de la prendre dans mes bras pour danser la lambada du bonheur.
C’est mieux que la défonce.

- Jackson, Jefferson et Davis ?

Je me tourne vers Holt qui nous attend.

- C’est à nous ! Maxime ! Bouge ! J’en peux plus ! AAAAH !
— Ça va, ça va, j’arrive.
- Grouille !

Elle jette sa clope alors que moi-même je n’ai pas la patience de fumer. Je trépignerais presque. Macy attrape mon bras, Maxime nous rejoint après avoir jeter son mégot et je lui tend la main qu’elle attrape.
Je croise son regard, juste une fraction de seconde. Je sais que quelque chose se passe, un truc de spécial que l’on se communique elle et moi. Cette liberté, on l’attendait sans vraiment l’attendre, mais maintenant cette perspective nous donne des fourmis dans les doigts, des martellements de cœur à en faire danser le monde.

Je serre sa paume entre la mienne alors que Macy dicte avec précision l’adresse de Kristen, parlant d’une traite sans s’essouffler.

- Prêt ?

On acquiesce, je ferme les yeux et pense avec force à l’appartement de Kristen…
… Un crochet s’empare de mon nombril et me tire vers l’avant.
Je déteste cette sensation putain mais je l’oublie bien vite lorsque mes deux pieds touchent de nouveau le sol. Ca ne dure que quelques secondes, à peine, mais mon cerveau est étourdi et je titube légèrement, l’estomac à l’envers.

- Vous y êtes. C’est cet immeuble.

Groggy et nauséeux, je lève les yeux vers le bâtiment face à moi. Je le reconnais aussitôt et un sourire béats étire mes lèvres.
Putain, on y est. Pour de vrai.

- Allez ! Venez !! Macy nous tire par la main, ne tenant plus en place. Bonne vacances Monsieur Holt et merci !

Je n’ai même pas le temps de l’entendre répondre quoi que ce soit qu’elle a déjà tapée le code et pénétré dans le couloir.

- La vache, elle m’épuise bordel.
- J’t’entends ! On prend l’ascenseur ça ira plus vite.
- J’sais pas si je préfère les escaliers, a sauter partout tu vas nous le faire tomber en panne.

Elle me dresse son majeur, appuyant déjà frénétiquement sur le bouton pour le faire descendre.
Jusqu’à la dernière minute, je me suis dis que tout ne pouvait pas se passer aussi bien et que ces enfoirés débarqueront pile au moment où on touchait du doigt l’excellence du bonheur.
Et pourtant, on y est pour de bon. Nous sommes même déjà entrain de mettre un pied dans l’ascenseur où Maxime appuie sur le bon étage. Les portes se ferment, je redresse mon sac sur l’épaule en poussant un soupire de soulagement.

- Bordel. Des vacances… J’y croyais plus.
- On va pouvoir aller à la plage pour que je refasse mon bronzage !
- Et que Maxime puisse rougir un peu.

J’éclate de rire, me prenant un coup dans l’épaule.
Même elle, est aux anges. Ca se voit, ça se sent dans son regard, dans son petit sourire presque jamais présent.
J’ai envie de la prendre dans mes bras.

- On va faire quoi pendant deux semaines ? J’veux faire les magasins. ET MANGER UN MACDO !

Elle étire ses bras vers le ciel en tournant sur elle-même. Mon estomac répond présent alors que j’y pose ma main, ricanant comme un gosse.
Je glisse un œil vers Maxime, soudainement détachée. Et j’ai l’impression que plus nous montons les étages, plus elle semble mal à l’aise. Ailleurs ou contrariée.
Les portes s’ouvrent, Macy détale comme un lapin.
Nous la suivons de prêt dans le vieux couloir un peu terne avec une peinture écaillée.

J’appuie sur la sonnette, Macy en rajoute une couche en frappant trois coups à la porte.

- Hey molo, tu vas l’affoler pour rien !
- Mais j’veux la voiiiiiir ! Kristen ouuuvreeee !

Maxime n’est plus là, pas mentalement en tout cas. Elle fronce les sourcils et je la connaît suffisamment par cœur pour savoir que quelque chose ne va pas et la gêne.

- Eh. Je cherche son regard. Ca n’va pas ?

Elle n’a pas le temps de me répondre, la porte s’ouvre.
Sur un .. grand… très grand black. Tout en muscle.
Une putain d’armoire Ikea.

Macy se coupe dans son élan et recule presque d’un pas alors que je me sens brutalement mal à l’aise.

- Euh… Désolé. Dis-je un peu hésitant devant ce regard glaciale qui se fixe aussitôt sur Maxime. On est bien chez Kristen Jefferson ?

Des bruits de pas accourent vers l’entrée et je reconnais sans peine la voix de la principale concernée. Celle de cette sœur si différente de mon amie, le jour et la nuit. Le Yin et le Yang.

Nous sommes enfin « à la maison ».
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Lun 23 Mai 2016 - 12:28

« Vous y êtes. C’est cet immeuble.
— Merci. »

J’ai à peine le temps de remercier Holt que Macy nous tire par la main pour nous emmener à l’intérieur. Elle est presque plus ravie que moi de retrouver ma sœur c’est dire. Je suis sure que le plus d’heureux d’entre nous c’est bien sur William qui va pouvoir alimenter sa brioche tout le temps qu’il voudra durant son séjour chez nous.

« La vache, elle m’épuise bordel.
— J’t’entends ! On prend l’ascenseur ça ira plus vite.
— J’sais pas si je préfère les escaliers, a sauter partout tu vas nous le faire tomber en panne. »

Je les écoute et marche tranquillement derrière eux alors qu’ils se chamaillent déjà. Macy fait un fuck à William qui comme d’habitude n’en a rien à foutre et moi je me sens juste bien, tranquille, sereine. Retrouver l’extérieur du château anglais me fait un bien fou, c’est terrible. Je ne veux plus voir les pierres de ce château ni même y penser pendant ces deux semaines qui ont intérêt d’être fabuleuses. Macy appuie de toutes ses maigres forces sur le bouton de l’ascenseur, j’enlève ma capuche de ma tête et nous entrons à l’intérieur. Mon petit sourire ne me lâche pas, esquissé sur le côté de mes lèvres. J’appuie sur le bouton de l’étage qui nous mènera aux multiples délices culinaires de ma grande sœur et c’est parti.

« Bordel. Des vacances… J’y croyais plus.
— On va pouvoir aller à la plage pour que je refasse mon bronzage !
— Et que Maxime puisse rougir un peu.
— On va faire quoi pendant deux semaines ? J’veux faire les magasins. ET MANGER UN MACDO ! »

Ça ne m’avait pas choqué jusque-là mais plus l’ascenseur monte les étages plus je perçois une odeur particulière qui me titille l’odorat. Une odeur que je croyais avoir disparu outre-tombe justement à cause de moi. C’est étrange. Mon pull n’a jamais exhalé cette odeur de cette manière mais je me dis que, peut-être, c’est moi qui fabule. Trop heureuse de rentrer chez moi, peut-être que je respire enfin correctement et voilà que je me mets à sentir l’odeur de Dean de manière plus exacerbée. Je pousse un soupir pratiquement inaudible, comme pour me rassurer. Puis les portes de l’ascenseur s’ouvrent.

C’est moi qui sort la première et qui d’ailleurs fronce les sourcils quasi en même temps. Mon petit sourire s’efface et je fais les premiers pas, c’est moi qui les guide vers l’appartement de Kristen qu’ils ont déjà visités d’ailleurs mais à ce stade là je ne les écoute plus. On s’arrête face à la porte de chez Kristen et je n’entends plus rien que les battements de mon cœur qui s’affolent. Etrange. Cette odeur persiste, pire, maintenant qu’on est là, j’en perçois d’autres, celle-ci plus forte. Et si je ne suis pas vraiment étonnée de percevoir l’odeur de mon frère qui a du déjà venir des milliers de fois, qui est peut-être parti il y a peu, ni celle de James, celle de Dean… celle-là, non. Je ne comprends pas. Ils frappent et je suis absorbée par mes pensées, tente de trouver une réponse au pourquoi je le sens, comme s’il était passé par-là il y a peu de temps.

« Eh. Ca n’va pas ? »

Je n’ai pas le temps d’articuler que la porte s’ouvre sur James. Ni Will ni Macy ne le connaissent alors ils se reculent.

« Euh… Désolé. On est bien chez Kristen Jefferson ? »

James me fixe et son regard est étrange. Je ne réagis pas tout de suite, me contente de l’observer en retour. Celui qui m’a servi de mentor pendant ma première année de louve a un regard dépassé. J’imagine que mes deux potes y voient de la colère, mais pas moi. J’ai vu sa colère, je l’ai goutée plus d’une fois, provoquée une centaine mais ce n’est pas de la colère qui se lit sur son visage mais un mélange de stupeur et de panique. Lui qui a un sang-froid digne de son statut militaire. Derrière lui j’entends la voix de Kristen, beaucoup plus légère et aigue que la mienne mais je n’arrive pas à bouger. Mon regard ne bouge pas de celui de James et j’en oublie presque la présence de Macy qui se rapproche de moi, ce que j’imagine être inconscient de sa part.

Il y a un truc qui cloche.

« Kristen ? »

Elle apparaît toute petite à côté de James et je mets une seconde avant de détacher mon regard de celui de mon mentor pour le déplacer dans celui de ma sœur. Mes sourcils se froncent davantage à la vue des traits à la fois réjouis et… inquiets de ma sœur. Sa première réaction est de s’approcher des jumeaux pour les serrer dans ses bras parce qu’elle sait très bien que je déteste les contacts. Mes yeux retournent vers ceux de James mais en fait… En fait je n’attends pas, je contourne ma sœur et mes amis, puis James, pour entrer à l’intérieur de l’appartement que je connais très bien.
Trois pas et je me retrouve dans le salon. Je m’arrête net alors qu’une silhouette se détache du canapé et se redresse. J’ai un mouvement de recul, entre soulagement, joie et… perplexité.

« Alex ? Qu’est-ce que tu fous là ? »

Lui par contre n’a pas la timidité de ma sœur et s’approche de moi. Si je fais un bon mètre quatre-vingt huit, lui en fait quatre-vingt quinze alors il me dépasse un peu. Ses bras m’enlacent aussitôt et d’ailleurs c’est plus fort que moi, les miens font le même geste, mes yeux se ferment mais tout mon corps, lui, crie au secours. Dans mon cerveau c’est le bordel, j’ai les intestins qui se tordent pour deux choses. D’abord parce que sa présence m’avait manquée plus que jamais et que j’avais presque oublié la force de ce contact, mais aussi parce que c’est sur lui plus que jamais que l’odeur de notre pote perdu semble s’être attachée.

Mon frère me lâche, fait plusieurs pas en arrière, je crois que les autres sont entrés à l’intérieur et arrivent dans le salon. J’ai l’impression que le temps se suspend alors que je capte que l’odeur reste, encore, plus fort là dans cet appartement. Depuis que j’ai passé le couloir à l’extérieur de l’appart, ça m’obsède. Je sais maintenant que ce n’est pas mon hoodie alors pourquoi suis-je apte à la respirer aussi subtilement ? J’ai les sourcils froncés et regarde autour de moi.

« On n’était pas au courant…
— Nous non plus, on a été prévenu ce matin, un gardien de Poudlard vient de nous déposer. »

Mon regard se pose sur chacun des meubles, rien n’a bougé. J’ai l’impression de devoir de devoir résoudre une énigme, un pourquoi. Alex non plus n’a pas l’air complètement à l’aise. Je ne comprends pas, mon visage se tourne une première fois vers James qui me jauge puis vers ma sœur qui serre ses deux mains l’une contre l’autre. C’est quoi cette tension qui règne là, entre nous ? Dans cet appartement ? Je me tourne un peu à ma gauche et capte le regard de mes deux amis, eux non plus n’ont pas de réponses. Je déteste attendre, je déteste patauger. Mon cœur bat un peu trop vite, je suis méfiante.

« C’est quoi le problème, là ? »

Je finis par élever la voix.

« Alex ? Qu’est-ce que… »

Respire.
Un électrochoc semble se répercuter du bas de mon dos, le long de ma colonne jusqu’au creux de ma nuque et je me retourne avec violence. La grande silhouette qui s’extrait du couloir, posée sur une béquille… J’ai l’impression de faire une chute de trente étages, je me sens faiblir, le cœur qui tombe au fond de l’estomac. Je vais mourir.
Respire.

Black out.

« MAXIME ! »
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Lun 23 Mai 2016 - 12:38

Je n’sais pas trop comment me positionner, je suis difficilement impressionnable mais là, ce type me clou les deux pieds au sol et je suis incapable de bouger. Il est grand, large, a un regard de glace qui me coupe en deux et je sens Macy se retirer un peu en arrière, vers Maxime.
J’la comprends, j’ai moi-même envie de me terrer dans un trou de souris pour ne pas avoir ce regard sur moi. Je n’ai pourtant pas l’impression que l’on se soit trompé de porte, Maxime nous l’aurait dit et je reconnais trop l’odeur familière de cet appartement pour me mettre le doute.

Mais quand Kristen apparait enfin, je suis soulagé.
Une demi-seconde.

La sœur de Maxime est une boule d’énergie, de joie, de candeur et de gentillesse pure. Vraiment. Je n’ai jamais vu une personne aussi profondément adorable que Kristen et ce, sans qu’aucune once de méchanceté ne vieille tâché ce caractère immaculé. Nous revoir est toujours une source profonde de bonheur pour elle mais revoir Maxime lui fait atteindre un paroxysme de joie qu’elle seule peut lui fournir.
Pourtant, j’ai l’impression qu’à la seconde où elle nous voit tous les trois devant sa porte, elle se prend une barrière de métal en plein visage, se stoppant net à côté du Géant. Et si dans un autre contexte j’aurai pu être fasciné par leur différence de taille, je reste bloqué sur la réaction mesurée de Kristen. Mesurée et inquiète.

- Kristen ?

Elle finit par s’approcher de nous, pour nous serrer dans les bras. Macy, voilée par la puissance de son enthousiasme, ne fait attention à aucun détail et saute littéralement sur la sœur de Maxime pour la serrer contre elle. Je ne me prive pas d’une étreinte franche et affectueuse de mon côté mais je n’arrive pas à me détacher de ce sentiment profond de malaise. Comme si quelque chose la dérangeait, elle qui est toujours si heureuse de nous voir.
Peut-être le choc. Peut-être l’imprévu et l’inquiétude qui ont découlé de ces longs mois d’absence. D’autant plus que ça fait une éternité que nous ne l’avons pas vu.
Presque un an.

- Mon dieu, ça me fait plaisir de vous voir tous les trois ensembles.
- Nous aussi Kristen. Je la garde encore un peu contre moi, décidant que RIEN ne laisserait mon bonheur se gâcher. On s’est dit que ça faisait trop longtemps qu’on n’était pas venu t’enquiquiner pendant tes pâtisseries.

Elle rit, Macy ne la lâche plus et la tire par la main. Un malaise persiste mais j’essaie de fermer les yeux.
Pourtant, je ne suis pas stupide, ni aveugle. Un truc se trame dans l’air que je ne sens pas mais une part de moi refuse de se pencher sur la question. J’essaie même de sourire à ce type que je ne connais pas…

- Vous êtes vachement grand. J’ai cru qu’on s’était trompé d’appart’ !
- Oh, c’est James. Un ami à nous, de longues dates.

Est-ce que je dois notifier ces joues qui rougissent légèrement sous le « un ami » à nous ?
Mon regard glisse aussitôt vers Macy qui a le même réflexe. Un battement de cil, un sourire. Nous nous sommes compris et notre mission est déjà toute écrite.
Ça va être la pêche aux infos…

- Alex ? Qu’est-ce que tu fous là ?

On arrive pile au moment où les deux frangins/frangines se prennent dans les bras, un peu émus, un peu déboussolés. Je n’sais pas combien de chance on avait d’arriver pile le jour où Alexander était aussi de visite mais faut croire que pour UNE FOIS, la chance nous sourit.
Ouais. A pleine dent même. Ça fait du bien, bordel.

Je dépose mon sac dans le coin de la pièce, m’étire de tout mon long mais Macy fronce les sourcils, reste en retrait. Son regard reste planté sur un point fixe que je n’arrive pour l’instant pas à voir. Je tords le cou une demi-seconde mais rien.

- Macy ? Je chuchote près d’elle, inquiet. Qu’est-ce qu’il y a ?

Un signe du menton, douteux, méfiant. Je suis cette fois son regard et un pavé me tombe dans l’estomac.
Une paire de basket a été rangée dans la précipitation sous une table, là-bas au coin de la pièce. Et cette paire me saute à la gueule aussi violemment qu’une accromentule.
De grosse vans épaisses, grises, tachetés de boues et de trace couleur rouille. Je ne fais plus attention à Maxime et à son frère qui se séparent de leur étreinte, je ne les ai même pas écoutés.

- C’est quoi le problème, là ?

Parce qu’un problème, il y en a un.
Qu’est-ce que fou la paire de Vans de Dean ici ? On la reconnaitrait entre mille, il y a même le petit dessin de Macy sur le côté. Il y a une chose que nous ne pouvons pas nous faire, à elle et moi : Nous tromper. Nos cerveaux plus gros que la moyenne et notre sens du détail affuté comme une lame, ne nous laisse rien au hasard.
Tous mes sens se mettent en alerte, alors que ma sœur a déjà la main dans la poche de son jean, reculant d’un pas.

- Alex ? Qu’est-ce que…

Mon cœur s’arrête.
Macy cesse de respirer.
Maxime se tourne brutalement, le sang quitte son visage.

Nos trois réactions en chaine, simultanées, naissent à l’unisson et se bousculent les unes contre les autres. Elles prennent une place folle dans la pièce, à nous en étouffer.
A nous en tuer de douleur.

Combien de fois l’avons-nous rêvé.
Combien de fois l’avons-nous espéré, imaginé.

Mon estomac se soulève, la pièce tourne brutalement autour de moi, au bord du malaise. J’ai le cœur qui martèle mes côtes à m’en faire terriblement mal. Le sang à mes tempes couvre l’ensemble de mon ouïe.
Je rêve. Je cauchemarde. Je sais pas, mais tout ça n’est pas vrai, n’est pas réel.
Un mort apparait dans l’encadrement de la porte. Un mort que j’ai vu se faire déchiqueter sous les crocs de Maxime, même si ses souvenirs étaient saturés et brouillés au possible, je n’ai laissé aucune place au doute.
Un mort appuyé sur une béquille, un mort qui se redresse et plante son regard bleu glace sur nous. Tour à tour. D’abord Macy qui lâche un sanglot. Puis moi qui ne respire plus. Et enfin Maxime.

Dean ne devrait pas être là. Il est mort. Décédé. Disparu. Il ne peut pas respirer ni se tenir debout, il ne peut pas être là.
Putain,  non. Il ne peut pas être là. Et la seule raison pour laquelle il se tient devant nous me saute à la gueule.
C’est un putain de traquenard. Un piège.

- MAXIME !

Jefferson se jette sur le faux Dean alors que Macy et moi dégainons nos baguettes simultanément.
Ces putains d’enfoirés nous ont suivi jusqu’ici, j’en suis certains. Tout ça était trop beau, était trop étrange. Tout ce malaise, cette retenue, ces regards en chien de faïence, gênés, perturbés.

- LACHEZ LA !

Macy est la première à jeter un sortilège sur James et Alexander et Kristen a tout juste le temps de le dévier avant qu’il ne les atteigne. C’est la folie furieuse entre les murs. Maxime hurle,  rugit comme jamais à s’en arracher les cordes vocales pendant qu’ils essaient de retenir la bête qui prend possession d’elle. Si je n’étais pas au bord du malaise, j’aurai presque cru croire que le Loup que je vois en superposée avec elle, est réel.
Ils l’enferment dans une pièce, là, juste à côté de là où se trouvait Dean et claque la porte avec violence, la scellant avec un sort.
J’ai l’impression qu’il s’est passé une demi-heure entre l’instant où il est apparu et celui où Maxime s’est retrouvé enfermé, alors que seule une poignée de seconde s’est écoulé. Une seule qui leur a suffi de prendre le dessus.
Ma baguette se pointe sur eux, tremblant de colère, prêt à me battre jusqu’à en crever s’il le faut mais ils ne m’auront pas. Ils ne toucheront pas ma sœur, ils ne tueront pas Maxime.

- BOUGE PAS !!

Je hurle vers le faux Alex, parce que ça ne peut-être que ça. Ils sont tous sous polynectar et échafaudait un plan pour ce jour où nous reviendrions tous les trois. Parce que s’ils ne peuvent pas nous avoir au château, ils nous auront à l’extérieur. La paranoïa nous contamine jusqu’à la moelle et Macy est aussi tendue que moi, prête à leur crever les yeux s’il le faut.

- Will, on va vous expl…
- Ta gueule ! Je pointe de nouveau ma baguette vers lui, furieux et tremblant. Qu'est-ce que vous leur avez fait putain. Relâchez là, tout de suite.

Maxime hurle, une immensité de meuble semble trouver la mort derrière la porte et nos cœurs se déchirent alors que Dean se redresse de sa chute, celle occasionnée par la haine de notre amie.

- Posez vos baguettes, d’accord ?
- Vous êtes qui ?

La voix ferme et déterminée de Macy résonne et claque comme un fouet.

- Quoi ? Alexander semble sincèrement surprit mais nous savons comment fonctionne ses fils de chiens. C’est nous Macy. Alex et Kristen.
- Nous la faite pas à l’envers. Tu crois qu’on n’connait pas vos petits jeux à la con de la chasse à la souris ?

J’ai peur. De mourir, là, tout de suite. Parce que c’est ce qui va arriver.

- Qu’est-ce que vous avez fait des vrais Kristen et Alex ?
- Macy, ma chérie, c’est nous. Je te jure sur tout ce que j’ai de plus chère que c'est bien nous.

Elle pleure, je pourrais presque la croire tellement cette petite conne joue bien la comédie.
Mais Macy vise juste… qu’est-ce qu’ils ont fait des « vrais » ? Ils sont morts, c’est ça ?
Sur la vie de Macy, si jamais ils touchent à un cheveu de Maxime, je les crève tous à tour de rôle.

- Relâchez Maxime.
- Will…
- J’VOUS DIS DE LA RELACHER ! Ou je vous jure que je vous tue tous, un part un.

Dents serrées, je n’ai pas l’ombre d’une hésitation dans le regard alors que nous avons tous les deux nos baguettes pointées sur eux. Pourtant, ni Kristen, ni James ou même le faux Dean ne pointent les leurs vers nous. Et la première à marquer sa soumission est Kristen qui jette la sienne sur le canapé, sans l’ombre d’une méfiance.

- William Caleb Jackson né le 5 Octobre 1995 à Los Angeles. Tu connais Macy Davis depuis que vous êtes enfants. Maxime et Spencer vous surnommait les grumeaux parce que vous êtes inséparables. Tes parents, Paul et Marie sont chrétiens et tu es fils unique.
- Merci pour le cours d'histoire mais tout le monde peut choper ce genre d’informations pour peu qu’on le veuille.
- Tu es sorti avec Jude quand tu avais 17 ans. Ce prénom sorti de sa bouche tremblante de larmes me détruit le cœur en miette. Il a été… frappé à mort. Sous tes yeux. Et Macy, tes parents sont toujours en voyage, tout le temps. Tu m’as dit un jour, dans cette même pièce, que nous étions toute ta famille et que tu aurais donné cher pour que je sois ta mère.
- MAIS IL EST CENSÉ ETRE MORT MERDE ! Macy explose alors qu’une larme roule sur ma joue, lèvres pincées. Elle montre Dean du doigt qui n’a pas bougé, pas bronché depuis le début. On le sait ! Il est mort, putain !
- William ?

La voix de Dean, caverneuse, éraillée et granuleuse enveloppe la pièce et me transperce le cœur. Mon regard humide se tourne vers lui en même temps que ma baguette. Il s’approche, le regard déterminé mais aussi … triste. Dean ne parle jamais mais Dean, regarde. Il a ce regard qui parle toujours pour lui, avec cette profondeur à vous en faire chialer de peine et de pitié. Il est tout aussi grand que le vrai, tout aussi baraqué mais pourtant, il semble plus fin, amaigri.
Epuisé, lessivé. Comme un mec qui en a bavé pendant de longs mois avant de retrouver sa vie d’avant.

- Ma chaine en argent, tu l’as ?
- Quoi ?
- Ma chaine. Est-ce que tu l’as ?

Comment il sait ça putain.

- Regarde sur le fermoir. Il y a deux ans j’ai fait graver chacune de vos initiales dessus.

Le doute commence à s’installer… J’aurai pu dire qu’ils ont fouillés la mémoire de Dean mais ma raison et ma logique gardent la main sur ce qu’il se passe : Comment auraient-ils pu alors qu’il est censé être mort ? C’est un détail que lui seul peut savoir et dont je n’en avais pas connaissance.
Ni James, ni Alex n’ont bronché, toujours sur le qui-vive d’un quelconque pétage de plomb de notre part. Et un détail me saute aux oreilles…
Plus personne ne cri dans la pièce à côté. Comme si Maxime nous écoutait.

Je jette un bref regard à Macy qui me le rend, hésitante. Elle finit par se glisser derrière moi, toujours la baguette pointée sur eux sans que moi-même je ne baisse la garde. J’ai les jointures blanches, endoloris et les membres tremblants. Je n’ai jamais été aussi tendu, aussi profondément apeuré par le sort qui peut m’attendre d’ici une poignée de seconde.

Je sens les doigts frais de Macy tirer sur le col de mon tee-shirt pour trouver le fermoir de la chaine.
Ce n’est que lorsque je l’entends laisser échapper un lourd et profond sanglot que mon cœur lâche prise devant l’impossible et que mon corps vacille brutalement sur le côté.
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Jeu 26 Mai 2016 - 21:16

Lorsque j’ouvre les yeux, je comprends.
Par terre, avachie sur le sol comme un pantin sans vie, je comprends ce qu’il s’est passé. D’abord l’œil droit, puis le gauche, je les fais tourner sur l’environnement détruit qui m’entoure. J’observe. Tourne la tête. Une vive douleur se déroule de mon cou à mon épaule et je laisse échapper un grognement sourd. Encore un. Je me souviens.

Regard à droite, regard à gauche. Je n’entends rien qui vient de l’extérieur, que ce soit de l’autre côté de la porte ou de la fenêtre à ma droite. Rien. Je n’entends rien que mon cœur affolé qui tambourine contre ma cage thoracique. J’essaie de me redresser, des étoiles dans les yeux, deuxième douleur dans le bras, je comprends que je me suis fait très mal, au bras droit. Mouvement en arrière, je me cale contre le mur, écarte un ou deux débris pour me laisser la place. Tout mon corps semble être courbaturé. Un acouphène s’égrène dans mes oreilles depuis que j’ai ouvert les yeux. Je ne me sens pas bien, pire encore, je me sens faible. Mon corps tremble tout seul et je n’ai aucun pouvoir sur ces sursauts. Tout est silencieux, le monde entier se tait, me laisse à l’écoute des différents points douloureux que j’abrite et que je découvre au fur et à mesure de mes mouvements. Repli des jambes : douleurs dans le tibia. Je grogne.

Je jette un œil à la pièce. A ma gauche des bouquins et du bois cassés s’entremêlent en tas informe sur le sol. Par-dessus jeté négligemment le hoodie de Dean. En face de moi du bois encore, une trace de poing dans le mur. Un autre meuble explosé au sol, de la céramique, du papier, tout ce qui était présent dans ce bureau est détruit ou jeté. Je baisse les yeux vers mes mains, les traces de sang sur la moquette proviennent de mes poings. Je me rends compte que ma vue est brouillée. Petit à petit je récupère le toucher, mes sensations. Je sais maintenant que mon visage, mes joues notamment sont humides, ma gorge elle, en revanche, est rêche et j’ose à peine ouvrir la bouche pour vérifier si c’est douloureux ou non d’émettre un son. Je ramène mes genoux contre ma poitrine et croise mon reflet dans un morceau de miroir au sol. Je n’avais pas senti cette coupure sur ma lèvre, ce que je croyais être des larmes sur mes joues, c’est du sang qui glisse de mon front. J’ai du m’éclater la tête contre le coin d’un truc.

J’éloigne le miroir d’un geste incertain. Je serre les lèvres. Je voudrais disparaître à ce moment précis. Maintenant que l’acouphène s’est assourdi je peux entendre des voix qui viennent du salon j’imagine. Je ne peux comprendre ce qui se dit, mais j’entends. Mon ouïe me permet de reconnaitre les timbres de voix différents. L’un d’eux me brise le cœur, et fait exploser à nouveau toutes les maigres barrières que mon esprit s’est mis instantanément à reconstruire dès lors que j’ai ouvert les yeux. Je me replis sur moi-même, préfère oublier ce que j’entends, m’éviter ce cauchemar à nouveau car non, ce n’est pas un rêve, non, je n’y crois pas.

Ce n’est pas Dean là-bas, de l’autre côté du mur, ce n’est pas lui qui discute avec mes deux meilleurs amis, avec ma famille et mon mentor. Ce n’est pas lui. Je sens ma poitrine se serrer et j’étouffe. Je n’arrive plus à respirer correctement, tout mon corps se tend à nouveau et j’en souffre. Je m’asphyxie, trop de choses difficiles à gérer. Je ne songe même pas à tenter de calmer la vague de colère, de peur, de déception qui me noie. J’aurais préféré rester dans l’inconscience.

Je reste là, un temps infiniment long selon moi, recroquevillée contre la seule partie de meuble qui semble être encore debout dans cette pièce. Je vois que ma baguette est là, de l’autre côté de la pièce, et je ne sais par quel miracle est intacte entre les morceaux de lampes et les bibelots au sol.

Si ce n’est pas Dean, qui est-ce ? Ai-je vraiment senti son odeur ? Comment est-ce possible alors que c’est moi-même qui l’ai tué ? William l’a vu, William a récupéré mes larmes pour témoigner de ma culpabilité. Je n’y crois pas et pourtant quelque part, quelque chose à l’intérieur de moi crève de vouloir que ce soit vrai. Je ne sais pas quoi faire. Je reste là, sans vie, sans aucun souffle, immobile, observant le gilet de Dean comme une malédiction, fuyant mes reflets dans les morceaux de miroir, observant chaque autre détail comme la preuve que cet endroit est réel, que je ne suis pas encore dans les vapes, tombée dans les pommes à cause de toutes ces conneries, à cause de ma colère, ma violence, la force avec laquelle je me suis arrachée les cordes vocales et des morceaux de peau. Je crève de froid. Je voudrais pouvoir maitriser mon corps mais la seule chose qui semble être bouillant c’est la flotte qui s’échappe par mes paupières. Je me sens fragile, à nue. Je bloque. Rien de tout ça n’est possible.

« Je reviens. »

Mon visage se fige sur la porte. J’ai entendu Alex. Je l’ai entendu. Il veut entrer ici, c’est ça ? Il veut pénétrer cet endroit et moi, non, moi je ne suis pas prête. Je ne suis pas prête à affronter cette fiction ou cette réalité, je n’en suis pas capable. Mon cœur se serre, la panique m’étreint. Mon corps semble se délier sous l’angoisse et je me redresse certes avec difficulté mais le plus vite possible. Une fois debout je me sens lourde. Mon malaise m’a pris toutes mes forces et je me sens incapable de faire ce que je m’apprête à faire mais pourtant il le faut bien. J’entends des pas qui se rapprochent et tout mon système se met en alerte. D’un geste sec je récupère mon sweat –mon sweat…- et ma baguette et d’un geste fébrile je déverrouille la fenêtre pour me faufiler à l’extérieur. Par chance et pour avoir fait le mur un nombre de fois incalculable durant mon « année d’apprentissage », je sais qu’un escalier de secours est juste de ce côté de l’immeuble. Je remonte la capuche sur mon crâne et une fois à l’extérieur j’ai simplement le temps d’entendre la voix d’Alex s’élever bruyamment. Je ne fais pas demi-tour, non, je m’échappe, je veux respirer, ici je ne peux pas, j’ai besoin de temps alors je m’en vais. Tout simplement. Je n’ai rien laissé là-bas que des débris.

ø


Je n’ai pas transplané tout de suite non. J’ai préféré attendre, marcher dans les petites rues de Londres, éviter tout ce qui ressemble de près ou de loin au monde sorcier. Je n’avais rien avec moi. Je n’avais pas mes papiers, juste mon portable, quelques pièces de monnaie et ma baguette. Rien. Et ça m’a permis de laisser aller. Je ne me suis même pas arrêtée pour écouter de la musique, rien, j’ai juste… marché. Sans répit pendant une bonne partie de la journée. Je n’ai pas eu faim, ni eu soif. Je n’ai fais que marcher comme un fantôme dans les rues de Londres les plus éloignées du domicile de Kristen. Si James retrouvait ma trace… Non. Je n’ai rien fais d’autres que détailler l’architecture, regarder les gens, observer les différentes ambiances des quartiers de cette ville que je commence à connaitre.

Je ne sais pas comment j’ai fait pour tenir toutes ces heures à marcher avec le plomb présent dans mon corps. Je ne sais pas. Mais à un moment donné je ne me suis plus sentie capable de rester là. Je savais qu’ils ne me chercheraient pas très longtemps, conscients, me connaissant, que je n’ai pas besoin d’être trouvée et qu’il ne s’agit pas d’une fugue mais d’une retraite. Nécessaire à ma stabilité mentale. J’ai erré sans but et sans réfléchir simplement pour m’effacer, ne plus avoir à porter ce mon propre corps.

Fin d’après-midi, je commence à ne plus en pouvoir. J’ai envie de faire quelque chose mais je ne suis pas sure que cela soit le bienvenu. Pourtant… pourtant je sais, que cela me ferait du bien. Je le sais. Je vais chercher un paquet de cigarette et sans plus réfléchir, transplane enfin.

ø


Je tourne depuis vingt minutes dans un petit quartier un peu plus extérieur au centre-ville de Londres. J’ai atterri pas vraiment au bon endroit, mes souvenirs d’où habite Kezabel me sont flous, je ne me suis basée que sur ce qu’elle m’a dit et ai transplané à un endroit que je connais plus ou moins. Et puis à un moment alors que je suis passée trente fois devant je me suis rappelée quelque chose. Ne m’a-t-elle pas dis que son jardin était blindé de plantes entretenues par son père ? Un jardin plein de jolie plante se trouve à trente mètres de moi. Il est pratiquement cinq heures et demi et j’en peux plus. Je tente ma chance. Deux minutes plus tard je me trouve dans l’allée du jardin de la potentielle maison de Kezabel et me dirige vers sa porte. J’hésite une minute. Reste une deuxième plantée là puis commence à me dire que ça fait bizarre d’attendre là sans toquer alors je finis par enlever ma capuche et toque trois coups.

Mains dans les poches j’attends deux secondes avant qu’on m’ouvre. Une nana aussi grande que moi, les cheveux aussi noirs que les miens m’ouvre la porte. Je reste un instant en suspens, mon regard glisse sur le mec à côté d’elle, plus jeune. En fauteuil roulant. Je ne crois pas m’être trompée mais…

« Excusez-moi, je suis bien chez Kezabel ? »

Je reste interdite. Je suis gênée.

« Je sais qu’elle m’attend pas mais… »
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Mar 31 Mai 2016 - 20:19

►It's funny how things work out such a bitter irony◄
Maxime & Kezabel


Lundi 13 Avril ▬ Matinée

- Premier truc que je fais en arrivant c’est te bombarder de sms qui ne veulent rien dire, ok ? Embrasse ton père et Adam pour moi. J’ai hâte de te retrouver Boulette, tu m’manques déjà.
- Toi aussi tu me manques déjà. Je la serre fort dans mes bras, au plus possible avant de lui déposer un gros bisou sur la joue. Passe le bonjour aussi dans ta famille. J’te préviens, j’veux un sms dès que t’arrive ! Tiens, envoie moi une photo de Charleen et toi devant ta maison ! Avec les sourires, s’il vous plait.

J’éclate de rire, excitée comme une puce, ne tenant clairement plus en place.
Des vacances. Un cadeau inespéré, que l’on attendait plus. J’ai encore du mal à y croire et je ne réaliserais que lorsque je serrerais Adam et papa dans mes bras. Pour l’instant, c’est vers Charleen que je me tourne et que j’attire vers moi, sourire aux lèvres.

- Et toi, repose-toi bien ! Et oublie pas, si jamais ta sœur joue les sorcières avec Ethan, appel moi.

Un clin d’œil, je me fiche ouvertement de la tronche de Riley. L’euphorie du moment rend tout ça plus agréable, plus beau, presque parfait. Comme si rien de tout ça n’était arrivé, comme si nous n’étions pas tous entrain de nous remettre d’un traumatisme à peine survenue.
Je profite de la présence de ma meilleure amie non sans avoir manqué de souhaiter bonnes vacances à Enzo un peu plus tôt. Sans oublier Lucie, Emily et surtout Ora que je verrais sûrement durant les vacances.

- Hasting ?

Un dernier câlin pour les filles, un bisou et je me dirige d’un pas léger vers la gardienne qui m’attend. Je croise le regard de Maxime qui est venu me souhaiter bonne vacance toute à l’heure. Je pense que les choses sont réglées, pour de bon. Suffisamment pour ne plus avoir la boule au ventre dès que je la croise.
Je lui fais un salut de la main avant de prendre le bras de la gardienne et de lui donner l’adresse de la maison.
La maison. J’ai le cœur qui s’emballe, qui palpite, je suis déjà au bord des larmes. Comme si la fatigue s’apprêtait à quitter mes épaules pour laisser place à une totale liberté. Je ferme les yeux et me sens brusquement porté vers l’avant. Je me concentre, visualise mon chez moi et mon estomac se soulève. Je fais abstraction, me fixant sur un unique but : retrouver ma famille.

Mes pieds touchent de nouveau le sol, mes paupières s’ouvrent.
A la vue du jardin, mon cœur explose dans ma poitrine. Je reconnaitrais ma maison entre mille mais surtout, il n’y a qu’une personne pour avoir fait un jardin aussi riche. Ma vue se brouille, je sens mon sang battre à mes tempes. Le soulagement intense de revoir la bâtisse me donne des envies d’explosion de joie, de hurler de bonheur, d’exprimer tout ce trop plein d’émotions qui, pour le moment, ne réussit qu’à me faire pleurer.

- Bonne vacance Hasting.

Je me tourne vers la jeune femme a qui je rends ce même sourire chaleureux tout en la remerciant. Elle disparaît et je cours déjà jusqu’à mon portillon que je pousse sans ménagement, ma valise en main qui fait un bruit monstrueux dans cette rue silencieuse. Je me fiche de savoir si je suis bruyante, je me fiche de lâcher consciemment ma valise dans l’allée. Là, maintenant, je me fiche de tout. La seule chose que je veux, c’est retrouver ma famille sur le champ.
D’un geste un peu trop brusque, j’ouvre la porte à la volée, souffle court.

- Adam ? Papa ?

Silence de mort. Ca ne dure qu’une seconde avant qu’un énorme chien me saute dessus, aboyant avec fureur. Et ça n’est pas n’importe quel chien…

- KEZA ?? Merde ! Bruit de chute, le chien refuse de me laisser passer, tous crocs dehors. RANTANPLAN COUCHE !

Rant…Rantan quoi ?!
Le chien obéit et s’en va, sans me prêter la moindre attention et je n’attends pas une seconde pour le suivre, direction la chambre de mon frère que je trouve entrain de se hisser sur son lit, fauteuil au sol. Il n’a que le temps de me voir avant que je ne coure sur lui, dans ses bras, le plaquant au matelas par la même occasion.
Mon frère est là, contre moi, dans mes bras. Mon petit Adam que je ne pensais pas revoir avant un moment maintenant. Je le sens pleurer de joie, tout comme moi je ne me retiens pas de verser quelques larmes de bonheur de le retrouver enfin. Il me serre contre lui avec force et je lui rend la même passion fraternel qui nous lie.

- Tu m’as tellement manqué.
- Toi aussi. Je finis par m’écarter, m’asseyant sur le lit tout en essuyant mes larmes d’un geste tremblant d’émotion. C’était pas prévu, on a apprit ce matin qu’on avait le droit à des vacances.
- Sérieux ? Combien de temps ?
- Deux semaines.
- Deux ?! Putain c’est génial ! Il me serre de nouveau contre lui, les yeux brillants de bonheur. La vache, la tronche de papa quand il va te voir !!
- Il est pas là ?
- Non, il bosse et Shannon aussi mais ils seront là vers 16 heures je crois. Il me regarde, de la tête aux pieds, une main dans ses cheveux. Tu parles d’une surprise bon sang.
- Et toi alors… Je prends son visage entre mes mains, l’auscultant comme un médecin. Je rêve où tu deviens un homme ? Regarde moi ça, t’as même de la barbichette !

Il ricane alors que je lui pince la joue, taquine. Mon regard est attiré par une présence près de nous, assise à nous regarder.
Un Samoyède blanc comme neige se tient là, attendant sûrement l’ordre d’Adam avant de pouvoir pénétrer dans la chambre.

- Depuis quand on a un chien ?
- Depuis Janvier ! Il est beau hein ?
- Magnifique. Je m’approche du chien qui me renifle et qui finit par se laisser caresser en douceur. Par contre… Rantanplan ... C’est son vrai prénom ?
- Il claque non ?

Je le regarde, volontairement moqueuse avant de lâcher.

- Tu sais que Rantanplan est certainement le chien le plus lent et le plus bête de la BD ?
- Eh insulte pas mon gros nounours ! Allez vient mon gros. L’écoute pas, elle raconte n’importe quoi.
- Il n’y a vraiment que toi pour lui donner un nom pareil.

Rantanplan – je n’arriverais jamais à m’y faire – ne se fait pas prier pour accourir auprès d’Adam et de sauter sur son lit, lui faisant des mamours à n’en plus pouvoir.
Je reste bien toute la fin de matinée à discuter avec mon frère, de tout, de rien, il m’évoque vaguement la lettre que papa à reçu pour cette histoire avec Marcus. Sujet que j’évite presque aussitôt, lui faisant comprendre que ça n’était pas le moment. Je sais qu’il s’inquiète et qu’il doit se poser un milliard de question mais … pas maintenant. Je veux profiter, ne pas penser à celui qui m’a pourrie l’existence pendant plusieurs semaines, voir plusieurs mois.
Je me concentre sur sa vie à lui, ses études, ses flirts. Nous sommes désormais entrain de manger dans la cuisine, il ne doit pas être loin de 15 heures mais on s’en fou. Moi particulièrement. Plus de notion de temps aujourd’hui, juste le bonheur d’être en famille.

- Tiens d’ailleurs… tu as un bisou de Riley.
- Aaaaaah la femme de ma vie.
- Désolé Don Juan, mais tu arrives trop tard ! Son cœur est prit.
- Quoi ?! Il pose sa main sur son cœur, exagère une douleur insurmontable. Elle a brisée ma vie !
- Rien que ça ?

On éclate de rire, sachant qu’il n’est pas sérieux et que ça n’était qu’un jeu entre eux.

- Adam ? On est rentré !

La voix de mon père me rajeunit de dix ans, fait palpiter mon cœur et je n’attends pas pour descendre de ma chaise et attendre à ce qu’il entre dans la cuisine, Rantanplan aboyant de joie à la vue de mon père et de Shannon.

Elle est la première à rentrée dans la pièce, bloquant complètement sur ma présence et j’ai du mal à savoir si ce que je vois est une réalité ou une illusion.
Un large sourire sur son visage, des yeux brillants d’abord de surprise puis de joie, tout en elle exprime un sincère soulagement de me voir ici.

- Bon sang… ma fille.

Mon regard se détache du sien pour se loger dans celui de mon père qui m’attire déjà contre lui avec force. Ses bras puissants et paternels me procurent un bien être que je n’avais pas connu depuis une éternité. Et le schéma se répète. Larmes, effusions de joie, tendresse et retrouvaille. Même Shannon se permet de me prendre dans ses bras, avec tendresse. J’en suis déstabilisé mais n’en montre rien, me laissant aller.
Juste pour une fois, oublier toutes les tensions, toutes les peurs et les obligations et se retrouver dans la peau d’une gamine de dix ans.




Je trifouille mon téléphone portable qui est désormais réactivé, envoie même plusieurs photos de moi, d’Adam et de Rantanplan. Inutile de préciser qu’elle s’est elle aussi moqué – gentiment – de son prénom et que mon frère s’en est faussement vexé.
Allongé sur son lit, j’attends qu’il mette en place sa console pour se faire une partie. Nous sommes en fin d’après-midi et j’aimerai que le temps continue de s’égrener aussi lentement.

- J’reviens je vais m’chercher un goûter, tu veux un truc ?
- Prends moi juste un paquet de gâteau.
- Ca marche.

Je le regarde partir et je prends conscience à quel point il a… grandit. Pire, il est baraqué.
Mon frère est baraqué. Drôle de sensation, drôle de prise de conscience qu’est l’évolution de son propre frère. J’entends d’ici quelqu’un frapper à la porte mais n’en tiens pas rigueur, complètement absorbée par cette photo que je viens de trouver sur la table de chevet de mon frère.
Lui et une fille. Une rousse, jolie, avec un grand sourire illuminé… J’hésite entre froncer les sourcils d’étonnement ou de sourire bêtement, déjà prête à le taquiner.

- Excusez-moi, je suis bien chez Kezabel ?

Je lève la tête, mon cœur loupe un battement.
Ce timbre de voix est comme celui de Shannon : reconnaissable et particulier. Et surtout, je le connais mieux qu’on ne pourrait le penser.

- Je sais qu’elle m’attend pas mais…
- Oh oui, aucun problème ! Entre donc.

Je n’ai pas bougé d’un poil du lit de mon frère, toujours assise, regard braqué sur la porte de la chambre. Seulement, un couloir et un angle me séparent de la porte d’entrée et j’essaie de me réveiller.

- Je suis Shannon, l’amie de son père.
- Et moi Adam. Son frère. T’es sa copine ?

Je n’sais pas si ce sont les derniers mots de mon frère qui me donne clairement un coup de jus mais je me redresse aussitôt, trottinant vers le couloir où je ne fais que confirmer que non, je ne rêvais pas.

- Maxime ?

Nos regards se croisent et la première chose que je me demande : Pourquoi ?
Pourquoi est-ce qu’elle est là ? Un problème ? Elle est en danger ? Elle a quelque chose à m’annoncer ?
Ca n’est pas un malaise qui s’étale, là, devant nous, mais plutôt une inquiétude. Parce que choc ou pas, mon regard n’en reste pas moins aiguiser et capte chaque détail de son visage. Entaille sur sa lèvre, ses doigts écorchés, bleus sur le front… Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

- Euh, désolée. Shannon, Adam, je vous présente Maxime, une camarade de classe.
- Hinhin… une camarade.

Je foudroie Adam sur place d’un regard noir avant de reporter mon attention sur Maxime qui n’a pas bougé d’un centimètre.

- Bon, on va vous laisser ! Shannon brise le malaise avec un large sourire, claquant doucement dans ses mains avant de prendre Adam par les épaules. Et toi tu viens avec moi, j’ai besoin de toi dans la cuisine.

Il ne manque pas de me glisser un regard souriant avant de pousser sur les roues de son fauteuil, suivant Shannon de près, fermant la porte de la cuisine derrière elle. Je n’attends pas plus longtemps pour m’approcher de Maxime, soucieuse, ne réfléchissant pas à mes actes. Je prends sa main abîmée entre mes doigts, relevant mon regard vers le sien, bleu, brillant, fatigué.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu vas bien ?
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Dim 12 Juin 2016 - 22:01

« Oh oui, aucun problème ! Entre donc. Je suis Shannon, l’amie de son père.
— Et moi Adam. Son frère. T’es sa copine ?
— Euh…
— Maxime ? »

Je lève enfin la tête. Je n’ai fais qu’un pas à l’intérieur de la maison de Kezabel et je me sens déjà complètement déboussolée. Je sais d’ores et déjà que je n’aurais pas du venir, c’est une mauvaise idée. Elle retrouve surement sa famille. Sa belle-mère. Son frère… handicapé. Quelle abrutie. J’ai envie de faire demi-tour mais quelque chose me cloue le bec. Comme le côté loquace de son frère et le fait que je n’arrive inconsciemment pas à bouger, immobile. J’ai l’impression d’être à deux doigts de défaillir et lorsque je rencontre le regard de Kezabel cette impression est trois milliards de fois exacerbée. Notamment parce que je suis chez elle. Et que je n’aurais pas du.
Je suis fatiguée. Je n’arrive pas à prononcer un seul mot.

« Euh, désolée. Shannon, Adam, je vous présente Maxime, une camarade de classe.
— Hinhin… une camarade. »

Mon regard ne bouge pas du visage de Kezabel comme si j’y trouvais la force de rester sur mes deux jambes. Je ne fléchis pas, immobile comme une baguette de bois dur, les mains dans les poches. Je me sens mal à l’aise. J’ai envie de courir loin d’ici mais quelque chose semble retenir mes pieds au sol.

« Bon, on va vous laisser ! »

Le clap de fin que « Shannon » laisse échapper me fait sursauter sur place. Je ferme les yeux une demi-seconde avant de retomber dans le regard de Kezabel. Encore. J’ai la foutue envie de chialer, fais chier. La tête tourne.

« Et toi tu viens avec moi, j’ai besoin de toi dans la cuisine. »

Les deux personnes qui m’ont ouvert s’éloignent et Kezabel s’approche. J’ai l’impression de faire un pas en arrière mais mon corps ne bouge pas d’un poil, non, il reste droit comme un piquet. La première chose qu’elle fait c’est prendre ma main dans la sienne et l’observer. Je baisse les yeux vers ma main enflée qui commence à bleuir. Évidemment je n’ai pas pensé à ça. De quoi ai-je du avoir l’air en toquant ici ? Avec cette marque de sang sur mon arcade et la capuche à moitié défaite ? J’ai envie de me donner une claque.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu vas bien ?
— Euh… »

Seconde articulation de la journée. Je suis complètement épuisée. L’après-crise est toujours fatal d’ailleurs chacun de mes mouvements me donne l’impression de faire une erreur. C’est peut-être pourquoi je ne bouge pas.
Après un long moment de contemplation hébétée, je finis par relever les yeux vers Kezabel. Relever est un bien grand mot mais peu importe dans ce contexte.

« Je… suis désolée Kezabel. J’aurais pas du venir. Je veux pas te déranger, avec ta famille, j’ai pas réfléchis. »

Je lui enlève ma main des siennes et me remets enfin en mouvement, passe mes mains dans mes cheveux et finis par les poser sur mon visage. Soupirer. Un long moment. Replacer mes mains dans mes cheveux.

« Je savais pas trop où aller… Peut-être que tu veux que je parte. Laisse tomber, je vais y aller en plus… »

Tilt dans mon cerveau alors que je laisse mes bras retomber le long de mon corps. Je me sens dépitée. Les larmes qui me montent aux yeux finiront par me trahir alors je me tourne sur le côté. Je cherche un sac que je n’ai pas, mes yeux tombent sur mon t-shirt tâché de sang. D’un geste qui me semble rapide mais qui doit être totalement lent je resserre mon gilet un peu plus contre moi.

« En plus j’ai oublié Bobby là-bas… »

Mon portable vibre dans ma poche arrière-droite. Je le sors en vitesse, l’éteins. Regard vers la porte. Puis regard vers Kezabel.

« … Je suis désolée, je n’ai pas envie de rentrer maintenant. Je peux rester cinq minutes le temps de trouver une idée ? »

Main sur mon cou, je suis mal à l’aise et au bout du rouleau. Il me faut souffler deux minutes dans un cadre extérieur. Oublier. Eloigner toutes les pensées qui m’éclatent à la gueule.
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Jeu 16 Juin 2016 - 12:39

Sa main entre mes doigts, je n’aurai pas imaginé un seul instant la voir franchir le seuil de ma maison et encore moins dans un état pareil. Et c’est ce qui m’alerte en cette seconde. Fatiguée, pour ne pas dire épuisée, lèvre fendu, bleus sur le visage, entaille de part et d’autre du visage mais aussi une main bleuit et gonflé, la première horreur qui me traverse est qu’elle a été maltraité par quelqu’un. Sa famille ? Un ami ? Un mec ou une femme dans la rue ? Pas Maxime, je la connais suffisamment pour savoir qu’elle sait se défendre alors, quoi ? Un million de question me traverse l’esprit alors que j’affiche encore cette expression de surprise. Pourquoi est-elle ici et pas avec Will et Macy ? Car c’est ce qui m’inquiète le plus. Ses réflexes suivent un ordre précis, je le sais, je l’ai vu. En première position, Macy et William. En deuxième, Mateo. Je l’ai vu partir avec les jumeaux…
Et son tee-shirt... J'ai du mal à me défaire des tâches de sang qui s'y trouve. On a essayé de la tuer? de lui faire du mal?
Bon sang, qu’est-ce qu’il s’est passé.

La question, je la lui pose, évitant de m’emballer sur des spéculations.

- Euh…

Je cherche son regard et ne le capte que de longues secondes après qu’elle se soit décidée à lever très légèrement ses yeux vers moi dont leur couleur me happe immédiatement.

- Je… suis désolée Kezabel. J’aurais pas du venir. Je veux pas te déranger, avec ta famille, j’ai pas réfléchis.

Je n’ai pas le temps de réagir, qu’elle retire déjà sa main de la mienne. Je ne l’ai jamais vu dans un état pareil. Complètement déboussolée, complètement perdue. Elle perd en cet instant toute une stature qu’elle maintenait au château, une force silencieuse infranchissable. J’ai l’impression d’assister à la chute de ses murailles.
Ses mains sur son visage et je constate encore un peu plus l’horreur des dégâts.

- Je savais pas trop où aller… Peut-être que tu veux que je parte. Laisse tomber, je vais y aller en plus…  
- Non Maxime, attend.

La scène est surréaliste. Elle lâche prise, morceau par morceau, elle se désagrège sous mes yeux, quelque chose d’inconcevable venant d’elle. Et c’est ce qui rend ce moment si particulier, si intense et si inquiétant. Nous sommes censés être en vacances, censés être entrain de profiter de nos proches, de ces moments de libertés que nous venons à peine d’obtenir. Ça ne fait que quoi… cinq heures ? Six ? Que nous sommes hors des murs du château ?
de nouveau, mes yeux glissent sur son tee-shirt et j'essaie au maximum de ne pas m'attarder dessus même si mon angoisse grossit toujours un peu plus dès que j'y vois une de ces tâches.
Est-ce qu’ils se sont faits attaqués en chemin ? Est-ce qu’ils ont enlevés Macy et William ?
Mon regard glisse aussitôt vers la porte derrière elle, m’apprêtant à voir débarquer un fou furieux à tout moment. Et si Maxime n’était pas aussi fragilisé, je serais déjà entrain de la bousculer de question.
Au lieu de ça je garde un sang-froid et une douceur qui me caractérisent depuis déjà des années. Et entr’apercevoir ces yeux brillants me tord l’estomac. Elle resserre son gilet autour d'elle.

- En plus j’ai oublié Bobby là-bas…
- C’est pas grave pour Bobby. Je suis sûre que quelqu’un s’en occupera en attendant.

« Là bas », « en attendant », « quelqu’un ». Je marche complètement à l’aveugle. Je me contente de lui répondre posément, doucement.
Je m’approche prudemment d’un pas, réduisant l’espace qu’elle a à peine créée sans pour autant l’étouffer de ma présence. Quelque chose vibre mais ne sens rien dans ma poche. C’est finalement Maxime qui sort son portable en vitesse et l’éteint précipitamment.
Est-ce que tu es entrain de fuir quelqu’un ?

Elle plante son regard dans le mien et je plonge dans un océan profond de douleur et de fatigue. J’ai l’impression que mon cœur me tombe dans l’estomac.

- … Je suis désolée, je n’ai pas envie de rentrer maintenant. Je peux rester cinq minutes le temps de trouver une idée ?

Je saisis l’urgence, je ne suis pas stupide. Après avoir traversée des années de crise avec Adam suite à la mort de maman, je sais un minimum reconnaitre lorsque quelqu’un se sent tout simplement paumée.

- Tu peux rester autant de temps que tu veux, Maxime. Cinq minutes ou cinq heures, peu importe, ça ne pose aucun problème.

Et je ne pense pas que Shannon ou même papa y trouveront un inconvénient. De toute façon, ils se rendront rapidement compte à quel point Maxime occupe peu d’espace. Que ça soit physiquement ou vocalement parlant.
Je tente un sourire, essayant de me rassurer avec l’idée que si vraiment Macy et William avaient un problème, elle ne serait pas là à me demander de rester ici, ne serait-ce que cinq minutes. Je ne sais pas de quelle idée dont elle a besoin pour se sortir d’une situation qui, elle aussi, m’échappe, mais elle peut compter au moins sur moi et sur ce toit pour trouver un refuge et ce, autant de temps qu’elle le souhaite.
Ce qui m’inquiète d’avantage c’est qu’elle puisse être entrain de fuir sa propre maison. Est-ce que quelqu’un représente  un danger pour elle là-bas ?

- Viens avec moi.

Je l’intime à me suivre avec une légère pression sur son bras avant de glisser naturellement ma main dans la sienne. Mon geste n’a rien de maternelle bien qu’il soit doux, c’est plus une aide pour aider une personne qui semble avoir mille et une difficulté pour bouger ne serait-ce que les jambes et à faire un pas devant l’autre. Je la mène au travers un couloir aux couleurs chaudes où quelques cadres y sont accrochés. Des photos de moi plus jeune, d’Adam, de papa et de maman et même de Shannon. Face à nous un autre couloir en perpendiculaire que je franchis pour aller à son extrémité gauche, là où se trouve ma chambre.
Je l’y fais entrer, tenant la porte.

- Tiens, attend moi ici. Je reviens tout de suite, fais comme chez toi.  

Je désigne mon lit d’un geste de la tête et attend qu’elle entre dans la pièce avant de partir d’un pas rapide vers la salle de bain. Je suis moi-même surprise de ce sang-froid qui m’habite, de cette panique qui ne vient pas. Je n’sais pas si ce sont les cours de Self-Défense donnés par Cameron qui me permettent de me gérer ainsi mais je ne suis pas mécontente du résultat.  J’ouvre plusieurs placards avant de trouver ce que je veux et reviens dans ma chambre où je trouve Maxime, assise sur mon lit. Je ferme la porte derrière moi et viens m’assoir face à elle sur ma chaise de bureau, tout en déposant compresse, désinfectant et tout le reste sur ma table de nuit à ma gauche.
Nous trouvons malgré nous une bulle d’intimité, un endroit où la pression peut au moins redescendre de quelques crans.

- Laisse-moi regarder ça. Je scrute son visage, léger sourire au coin des lèvres, prenant en douceur son menton du bout des doigts pour regarder de plus près les entailles. Je vais juste désinfecter. Je m’occupe de ta main après.

Je ne sais pas si elle m’écoute mais pour la connaitre un minimum, je préfère la prévenir des actes qui vont suivre. Je prends du coton que j’imbibe de désinfectant et m’occupe de son front d’abord. Mon regard glisse de l’entaille à ses yeux brillants, au bord des larmes. Maxime pleurer est sûrement l’une des choses les plus rares venant d’elle.
Je m’applique d’abord en silence avant de lâcher dans un murmure, sans la presser pour autant.

- Raconte-moi ce qu’il s’est passé. Je tamponne avec précaution son front, essuyant le sang par la même occasion. Un silence s’écoule, je suspends mon geste pour reprendre sur le même timbre de voix. Je ne t’oblige pas à tout me raconter tout de suite mais dis-moi au moins si tu es en danger ou si quelqu’un te veux du mal Maxime.

Je suis inquiète, je ne m’en cache pas. Peut-importe les antécédents que nous avons, Maxime a une place particulière dans ma vie et je ne compte pas l’en déloger.
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Mer 22 Juin 2016 - 21:48

« Tu peux rester autant de temps que tu veux, Maxime. Cinq minutes ou cinq heures, peu importe, ça ne pose aucun problème. »

Mon esprit commence à s’échapper, je ne réponds pas. Mes muscles me font un mal de chien. Je ne sais pas quoi dire, quoi faire, j’attends, je l’observe et à la fois ne la vois pas. Un acouphène léger s’installe comme un fond musical désagréable au creux de mes tympans. Je suis épuisée.

« Viens avec moi. »

Je me laisse complètement faire. Le geste qu’elle fait, je sens qu’il m’irrite. Mon moi-même habituel refuse catégoriquement ce genre de contact et pourtant je suis bien trop faible à cet instant, à deux doigts de me briser en deux, pour effectuer quelconque pression. Ça m’agace, je n’ai pas envie d’être approchée ni encore moins touchée, mais après tout, c’est moi qui suis venue ici, demandant de l’aide. Puisque c’est cela, je demande de l’aide, je suis perdue. Je ne sais pas quoi faire. Pourquoi je me suis tournée vers elle ? Aucune idée. Je n’ai pas envie de réfléchir à tout ça. De toutes façons je suis trop fatiguée.

On avance et je ne saurais dire quel est le chemin que nous prenons pour aller jusque… sa chambre j’imagine. Elle me lâche la main, je respire et entre, comme un robot, pas fichue d’aligner deux pas droits.

« Tiens, attends moi ici. Je reviens tout de suite, fais comme chez toi. »

J’observe atour de moi, suis la trajectoire de son regard qui tombe sur son lit. Une surface pour dormir, c’est tout ce dont j’ai besoin je crois à cet instant. J’ignore consciemment les vives douleurs qui remontent de ma main à mon cou de manière répétitive, comme des aiguilles infiltrées sous la peau. Elle s’éloigne et je ne m’en rends pas compte tout de suite, me contente de m’approcher du lit pour m’asseoir.

« Laisse-moi regarder ça. »

Quoi ?

« Je vais juste désinfecter. Je m’occupe de ta main après. »

Un battement de cil, un rien, je ne sais pas, mais j’ai sursauté, surprise de la voir de retour. Ce qu’il s’est passé pendant son absence ? Rien, j’imagine, je n’ai pas du bouger, mon cerveau s’est simplement éteint l’espace de ces quelques longues secondes, comme pour s’économiser sur la longue durée. Mon regard se plante dans le sien et je m’y accroche pour ne pas fermer les yeux et dormir tout de suite. Je sens la fatigue peser sur mes épaules et mon corps est vouté. Elle s’assoit et je comprends qu’elle va faire ce dont elle m’a prévenu quelques secondes plus tôt.

Le coton qu’elle pose sur mon front, je le sens à peine. Le produit pique mais ça n’est presque rien face à la douleur qui irradie de ma main. Elle se réveille maintenant encore plus puisque je ne bougeais pas jusque-là. Je bouge un doigt et retiens un souffle endolori.

« Raconte-moi ce qu’il s’est passé. Je ne t’oblige pas à tout me raconter tout de suite mais dis-moi au moins si tu es en danger ou si quelqu’un te veux du mal Maxime. »

Je sens que mon visage reste inexpressif. A ses mots je sens néanmoins les larmes redoubler et je lutte pour ne pas les faire tomber. Je n’ai pas envie de pleurer devant elle d’ailleurs mes yeux quittent les siens. Se concentrer. Ne pas tomber. Ma fierté me crie haut et fort de ne pas laisser tomber mes dernières armes, malgré la fatigue et les nœuds dans les muscles. C’est une lutte silencieuse. Mon cœur bat a une vitesse déraisonnable. Sa main s’approche de moi et cette fois-ci, je ne peux pas. Je lève le bras, la stoppe dans son geste. Je ne peux plus être touchée, comme si à un simple contact j’allais exploser, en dix millions de petits morceaux sur le sol de sa chambre. Ma main tremble, je ferme les paupières une seconde et l’eau dévale sur mon visage. Mon autre main efface le plus vite possible les preuves de ma fatigue. Jamais je ne me serais laissée allée de cette manière. Pas devant elle. Pas comme ça. Pas aussi lâche, perdue, débile, insensée. Pas maintenant, pas six heures après notre départ et nos premières vacances.

Mais il était là. Et cette idée me brûle les poumons.

« Ça va… Enfin je sais pas. Je suis pas en danger, je suis juste… fatiguée. »

L’oreiller à côté de moi semble… bien trop tentant, mon esprit ne veut plus qu’une chose, s’arrêter deux minutes. Je me recule de quelques centimètres, les yeux lourds, pose ma main endolorie, bien trop bleue et immobile pour être normale, contre mon ventre et finis par laisser tomber. Par me laisser tomber, littéralement, en douceur, quelques mots sortent de ma bouche mais j’ai l’impression de ne pas m’entendre moi-même tant je baragouine.

« Tu veux bien que je me pose deux minutes ? Juste deux minutes. »

ø

Un œil. Puis deux. Je suis dans l’obscurité. Les meubles qui se détachent des ténèbres ne ressemblent pas aux miens. Je fronce les sourcils et peu à peu les souvenirs affluent, flous, indistincts. Je sais où je suis.
La force du silence est reposante. Mon visage est sec. Je n’ai toujours pas bougé mais je sens que mon corps a bien pris parti de ce sommeil. Je ne sais pas quelle heure il est, je suis toujours fatiguée mais rien à voir avec l’épuisement total qui m’a poussé à m’endormir sur le lit de Kezabel sans même demander correctement la permission. Je sais aussi pourquoi je suis là mais mon esprit refuse catégoriquement de me mettre cette idée sous les yeux. La force du déni est incroyable.

Je reste cinq minutes immobile avant de me décider à me lever. Chose un peu difficile, ma main qui s’est arrêtée de gonfler se remet à me lancer dès lors que je me redresse. Je sais très bien que mon corps lupin travaille déjà à réparer le bordel que j’ai causé en me brisant surement une phalange ou deux, ou je ne sais quoi d’autre. Peu importe.
L’odeur du sang me titille le nez alors que je bouge, me redresse, et j’ai envie de jeter mon t-shirt par la fenêtre… aux volets fermés. Je fronce les sourcils. Tout me semble complètement absurde, je suis à côté de la plaque et pourtant étrangement sereine.
Comme je le disais : la force du déni est incroyable.

Je fais quelques pas et me laisse guider par mon instinct. J’ouvre doucement la porte, sors avec prudence. Je me demande si je ne devrais pas fuir, partir, sans bruit. Passer par la fenêtre ou par la porte d’entrée, peu importe, mais ne pas faire de bruit et rendre à Kezabel les instants tranquilles qui lui étaient destinés avant que je ne vienne foutre le bordel en tapant à sa porte.

Ça, c’est ce qui me traverse l’esprit alors que je débouche sur une pièce que je pensais être l’entrée et qui est au final… la cuisine. Mon visage change de couleur (ce qui veut dire, blanchit plus qu’il n’est déjà blanc) alors que j’interromps une discussion entre Shannon et Kezabel. Je m’arrête et les observe, tour à tour. Je n’me sens pas à ma place, et j’attends un certain moment avant de m’éclaircir la gorge.

« Désolée, je voulais pas vous interrompre. »

Je ne sais clairement pas quoi faire. Je suis là, et ne sais pas comment me débrouiller avec mon grand corps qui prends trop de place, ma main bleuie contre ma cuisse, m’efforçant de paraître calme, mes cernes pesant sous mes yeux.

« Désolée de m’être endormie aussi. J’étais super fatiguée… Enfin, bref. Je vais peut-être y aller. »
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Lun 4 Juil 2016 - 14:50

Je suis sur le qui-vive. La seule option que je vois devant moi est celle qui annonce un danger imminent. Maxime ne serait pas dans cet état sans raison et les seules personnes que je connais capable d’une atrocité pareil, sont ceux qui ont tenté de tuer par empoisonnement une poignée de personne au château. Est-ce que les Supérieurs sont à ses trousses ? Si oui, pourquoi ? Pourtant, elle ne semble pas inquiet plus que ça mais plutôt, amorphe. Partagée entre la léthargie et les larmes qui emplissent ses yeux qu’elle détourne des miens. Si ces ordures doivent venir jusqu’ici, je les attends. Je ne lâcherais plus rien, c’est terminé. Maxime est une personne qui a son importance dans mon entourage et même si j’ai aujourd’hui réussi à me détacher de ce sentiment qui me poussait à vouloir plus de sa personne, je suis désormais en phase avec tout ça. Elle reste une personne proche, quelqu’un possédant un aspect particulier à mes yeux. Un lien que je ne saurais expliquer.

J’attends sa réponse, le plus patiemment possible alors qu’une boule d’angoisse commence à prendre naissance au creux de ma gorge. Je prends un nouveau morceau de coton, l’imbibe d’alcool et je tends de nouveau ma main cette fois vers ses lèvres.
Son bras se lève pour repousser mon geste dans un refus que je digère en silence, abdiquant face à sa volonté qui se manifeste d’un coup. Je fronce les sourcils, reste silencieuse et patiente alors que ma main retombe sur ma cuisse.

Les larmes arrivent enfin et j’ai l’impression qu’un troupeau de centaure piétine mon cœur qui se crispe sous cette image inédite. Si ça n’est pas les Supérieurs qui lui ont fait ça… Est-ce que c’est simplement UNE personne ? Un homme ? Qui l’aurait touché de force ? Ses gestes me rappellent ceux que j’ai adoptés lorsque Marcus a tenté de me souiller. La voir pleurer me tord l’estomac mais je retiens tout geste de réconfort qui pourrait la braquer. Aucun son ne franchit mes lèvres et je sais que je n’ai de toute façon pas pour obligation de parler. Et tant mieux, car j’en serais incapable en cette seconde où sa faiblesse et sa douleur s’affichent avec une pudeur qui se traduit dans un geste un peu désordonné, celui qui essuie ses larmes qui ne cessent pas. Comme un ruisseau sur sa peau laiteuse mais abîmée.

- Ça va… Enfin je sais pas. Je suis pas en danger, je suis juste… fatiguée.

Je la suis du regard alors qu’elle se recule et se laisse littéralement tomber contre mon oreiller, sa main gonflée et bleuie contre son ventre.

- Tu veux bien que je me pose deux minutes ? Juste deux minutes.

Un murmure qui me parvient à peine et dont je ne prends pas la peine de lui répondre puisqu’elle s’est déjà écroulée de fatigue. Comme une masse. Comme si ça faisait bien trois jours qu’elle n’avait pas pu fermer l’œil.
Assise sur ma chaise, je la regarde, toujours sans avoir bougé d’un millimètre. Figée entre l’horreur et la surprise mais surtout écrasée par les 150 questions qui se bousculent dans mon cerveau. Pas une seule expression ne traverse le visage de Maxime qui, pour la première fois depuis qu’elle est arrivée à la maison, semble se détendre, ses traits se relâchant sous le sommeil écrasant qui l’a déjà emportée loin d’ici.

Je me lève en douceur et dépose tout le matériel de soin sur mon bureau. D’un geste lent, je rabats mes rideaux sur les fenêtres où, à l’extérieur, un soleil radieux règne, en total contraste avec l’ambiance de cette chambre. Je reviens vers Maxime et, en douceur, je ramène ses jambes sur mon lit, sans me soucier de savoir si elle garde ses rangers ou non. Peut m’importe. Baguette désormais en main, je la pointe sur sa main bleuit, gonflé et qui commence à se strier de tâches violacés. Je ne sais pas si elle est brisée ou même fracturée mais la seule chose que je sais et peux faire, c’est réduire les hématomes. Je prononce la formule en un murmure, range ma baguette dans le creux de ma poche et la regarde un instant dormir. Mes yeux me transmettent dans les moindres détails cette image que j’ai d’elle. La seule et unique fois que je la vois aussi apaisée, écrasée par le sommeil.




Je suis dehors, entrain de murmurer les sorts de protections que certains Gardiens m’ont appris et que j’applique aujourd’hui chez moi. En toute discrétion et à l’abri des regards, je continue de faire le tour, traçant des croix en murmurant les formulations, concentrée sur ma tâche. Si ça n’est pas les Supérieurs qui sont à ses trousses, c’est quelqu’un d’autre. Et je refuse de mettre ma famille en danger tout comme je refuse à ce qu’il ou elle vienne chercher Maxime pour venir l’achever. Tant que je n’aurai pas d’explication, je garderais cette muraille magique debout et comme à l’école, ma baguette ne quittera pas ma poche.

- Est-ce que j’ai des raisons de m’inquiéter ?

Je sursaute, je n’ai pas entendu Shannon arrivée derrière mon dos. Je lui accorde un regard en biais, bref et termine ma dernière formule avant de ranger celle que je considère comme la prolongation de mon bras droit.

- Plus maintenant. Moldus ou sorciers inconnus de mon entourage peuvent se présenter ici, ils ne pourront pas rentrer. Désolée pour tout ça, j’aurai dû te prévenir.
- Pas de problème. Elle est assise sur le perron, fumant une cigarette tranquillement. Cette jeune fille est une amie à toi ? Elle a des ennuis ?

Deux choix s’offrent à moi : Eluder ou dire la vérité. Mes yeux rencontrent ceux de Shannon, aussi clair que ceux de Maxime et je ne vois aucune raison de lui cacher quoi que ce soit. Ça ne serait pas… honnête.
Je viens m’adosser à côté d’elle, contre le mur, mains derrière le dos.

- Maxime est une amie, oui. Quant à savoir si elle a des ennuis, je ne le sais pas moi-même.
- Elle ne t’a rien dit ?
- Juste qu’elle n’était pas en danger. Je tique légèrement. J’ai l’impression qu’elle s’est battue. Ou qu’elle s’est fait battre. Je n’en sais trop rien, elle n’est pas du genre à se laisser faire mais là, elle me parait complètement épuisée, un peu au bord du gouffre.

Je parle à Shannon tout comme je me parle à moi-même, comme si ça pouvait m’aider à y voir plus clair. De comprendre quelque chose qui m’aurait échappé. Je suis soucieuse, je n’vois pas comment je ne pourrais pas l’être quand je sais que je ne suis pas la première personne qu’elle viendrait voir en cas de problème.

- Elle est repartie ?
- Non, elle s’est endormie comme une masse. On ne s’est quitté que depuis quelques heures et j’ai l’impression que ça fait trois jours qu’elle erre dans Londres sans avoir dormis.
- Kezabel, Shannon se dresse cette fois de son 1m80, bras croisés sur la poitrine. Si jamais elle a de sérieux ennuis, dis le moi. J’ai des contacts, je peux faire en sorte que toute cette situation trouve une solution rapidement, crois-moi. Quelqu’un la bat tu crois ? Un membre de sa famille ?

Je ne sais pas si j’en suis rassurée ou complètement effrayée.

- Euh… Non. Enfin j’sais pas, j’ai jamais posé la question pour être honnête.
- S’il faut que j’emploie quelques moyens pas très légaux, j’ai aussi des contacts. Je n’ai que quelques coups de fils à passer pour me renseigner et pour agir, tu n’as qu’à me le dire.
- Hein ? Non non ! Je me redresse, agitant les mains devant moi. Ne fais rien, ça.. j’vais lui parler. Ça ne sera pas nécessaire, c’est gentil.

Je rêve où elle était prête à employer des hommes de mains pour faire le sale boulot ?
Ok, j’exagère peut-être un peu mais son regard ne laisse place à aucun doute, juste de la détermination.

- D’accord. Elle sourit, elle en serait presque effrayante. Shannon remonte ses lunettes sur ses cheveux avant de m’inviter à la suivre à l’intérieur. Allez viens, je vais nous faire du thé.

Je suis du regard cette femme aussi grande que Maxime, aussi brune et aussi tatouée… Elle force mon respect et de la voir aussi prête à nous aider sans connaitre Maxime me touche. Mais sérieusement… A quoi Shannon était-elle prête pour la sortir de là ?




Les heures passent, mes yeux ne cessent de faire des allers-retours vers l’horloge. Presque trois heures qu’elle dort. Est-ce que je dois aller la réveiller ? D’instinct, je me dis que ça n’est pas une bonne idée. A la place, j’ai jouée aux cartes avec Adam qui, s’il ne savait pas que la situation était peut-être grave, m’aurait envahi de questions pour savoir qui était cette mystérieuse Maxime qui, bizarrement, portait le même prénom que la jeune femme dont je lui ai parlé dans l’une de mes lettres.
Son talent d’observateur est presque agaçant.

- Je viens d’avoir ton père au téléphone, il a été retenu par un client. Il rentrera un peu plus tard que prévu.
- D’accord, je lève mes yeux du bouquin que j’étais entrain de feuilleter. Tu lui as dit pour Maxime ?
- Seulement qu’une amie à toi était là.
- Merci.

Si je crains la réaction de mon père face à Maxime ? Oui. Déformation professionnel de gendarme, même s’il ne l’est plus. Je ne veux pas avoir à faire face à des regards bourrés de préjugés ou à des suspicions plus que douteuses pour elle. Ça n’est pas le moment et je n’ai pas la force de lutter face à ça. Pas en ce premier jour de vacance.

- Au fait, tu eu des nouvelles de l’ami dont je t’ai parlé ? Cameron ?
- Oh oui ! Nous avons échangés quelques lettres, je l’ai renseigné sur ce qu’il voulait savoir. Il me parait assez motivé. Je ne sais pas ce que ça donnera pour la suite mais je lui ai dit que s’il avait besoin d’en parler en live, il pouvait venir passer me voir si l’envie lui prenait.

J’acquiesce en souriant. Effectivement, avoir rancardé Cameron sur Shannon pour des questions professionnelle n’était pas une mauvaise idée de ma part.
Shannon reprend le fil de la conversation sur la scolarité d’Adam puis s’engage sur la mienne, pour savoir comment ça se passe dans cette fameuse école qu’elle ne connait que depuis quelques mois mais s’arrête de parler pour glisser son regard vers l’encadrement de la porte de la cuisine. Je suis le mouvement et vois Maxime, réveillée et… Son visage me parait plus clair. Plus net.

- Désolée, je voulais pas vous interrompre.
- Aucun problème, nous étions entrain de parler scolarité… C’est pas tellement un sujet passionnant pour des vacances.

C’est Shannon qui brise la première le silence alors que je me lève, prête à rejoindre Maxime.

- Désolée de m’être endormie aussi. J’étais super fatiguée… Enfin, bref. Je vais peut-être y aller.

Et c’est ce qu’elle s’apprête à faire. Durant une fraction de seconde, j’hésite, ne sachant pas qu’elle est la démarche à suivre dans ce genre de situation. Un coup d’œil vers Shannon me suffit à me décider et elle avec.

- Nous allions justement commander des pizzas. Si tu veux rester dîner, ça serait avec plaisir. Shannon nous accorde un sourire tranquille avant de poursuivre. Je vais aller chercher les prospectus et demander à Adam ce qu’il veut manger. Vous avez le temps d’en parler et de vous décider, ce gamin est tellement gourmand qu’il va encore mettre un bon quart d’heure avant de réussir à faire un choix.

Elle quitte la cuisine, toujours ce même sourire aux lèvres et je la remercie silencieusement pour ce qu’elle est entrain de faire. Shannon me surprend de jour en jour et je m’en veux presque de l’avoir considérer comme une sorte de parasite, à Noël dernier.
J’accorde un sourire tranquille à Maxime.

- Reste pour la nuit, repose-toi ici tranquillement, d’accord ? Comme ça tu aviseras demain matin ce que tu veux faire. Mais pour l’instant, prends un peu de repos, le temps qu’il faudra.

Je ne sais pas pourquoi, ni pour qui, mais la seule chose que je peux affirmer c’est qu’elle en a besoin en vue des cernes violacées sous ses yeux. Mon ton n’est pas tranchant bien au contraire.

- Ça te dit qu’on aille se poser dans le jardin derrière ? Il fait encore beau, autant en profiter un peu.

Et peut-être qu’elle sera plus à l’aise si nous sommes isolés dans un endroit où règne l’air frais et où elle ne se sentira pas oppressée. Je la guide par une porte qui mène directement au salon où j’ouvre la baie vitrée et l’invite d’un geste à pénétrer dans le jardin fleuri. Mon père n’a pas chômé depuis la dernière fois. Des fleurs magnifiques et en tout genre parsème les quatre coins du grand jardin et j’en reconnais certaines étant les préférés de ma mère. Un petit arbre se trouve un peu plus loin où nous nous installons souvent Adam et moi pour parler, lire, dessiner, prendre du repos. Je lui montrer le recoin d'un geste du menton.

- Va t’installer là-bas si tu veux. Je nous ramène quelque chose à boire.

Je fais rapidement demi-tour, ouvre la porte du frigo et en tire une bouteille de coca bien fraiche – faisons dans la simplicité – et prend deux verres avec moi. Je me retourne et Shannon entre au même moment.

- On va passer un peu de temps dans le jardin.
- Ok, tiens. Choisissez et dites-moi ce que vous voulez, j’appellerais après.
- Merci Shannon. Pour tout ça j’veux dire.
- Ne me remercie pas. Allez file.

Je m’exécute, me promettant d’en discuter un peu plus longtemps avec elle dès lors que le temps nous le permettra. Je traverse le salon, pénètre dans le jardin en refermant la baie vitrée derrière moi et pars rejoindre Maxime pour venir m’assoir à côté d’elle. Je cale les deux verres dans l’herbe et lui tend les prospectus.

- Tiens, choisis ce que tu veux. Je remplis les verres pendant qu’elle fait son choix mais n’ose pas rentrer dans le vif du sujet tout de suite. Dormir t’as fait du bien ? Je n’sais pas si c’est la lumière mais j’ai l’impression que tu as moins d’écorchure et de bleus que tout à l’heure.
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Lun 11 Juil 2016 - 13:26

« Nous allions justement commander des pizzas. Si tu veux rester dîner, ça serait avec plaisir. Je vais aller chercher les prospectus et demander à Adam ce qu’il veut manger. Vous avez le temps d’en parler et de vous décider, ce gamin est tellement gourmand qu’il va encore mettre un bon quart d’heure avant de réussir à faire un choix. »

Je laisse mon regard tomber dans celui de Kezabel, toujours sur le départ, prête à faire les derniers pas qui me séparent de la porte. Je ne sais pas quoi faire alors je reste immobile ces quelques secondes ou les deux femmes dans la cuisine se remettent à bouger. Je n’ai pas l’impression d’avoir énormément de choix, et pas non plus celle d’être ne position de lutter. Tout mon corps semble vouloir s’arrêter un moment.
Je n’ai pas envie de retourner chez Kristen et je ne sais pas encore où aller pour l’instant. Ma main me lance, je l’observe, elle est déjà moins bleue mais… mais c’est pas encore fameux. Je la pose conte mon ventre et lorsque je relève la tête, Kezabel s’est approchée de moi.

« Reste pour la nuit, repose-toi ici tranquillement, d’accord ? Comme ça tu aviseras demain matin ce que tu veux faire. Mais pour l’instant, prends un peu de repos, le temps qu’il faudra. »

Je l’observe, elle reste calme et souriante, je ne sais pas comment elle fait.

« Ça te dit qu’on aille se poser dans le jardin derrière ? Il fait encore beau, autant en profiter un peu. »

Je ne réplique rien, la laisse faire. Je crois que j’ai abandonné l’idée de me battre pour aujourd’hui, je me laisse complètement faire, je suis bien trop fatiguée et honnêtement j’ai besoin de repos. Je n’ai pas encore envie de penser au côté égoïste de mes actions, après tout, elle vient de retrouver sa famille et je m’incruste avec du sang sur mon t-shirt.

Je la suis dans sa maison, passe une main sur mon visage fatigué et grimace quand je touche les endroits violacés. Elle finit par ouvrir une baie vitrée qui arrive directement sur un jardin assez fleuri, à l’écart, à l’ombre et au soleil à la fois. Je dois avouer que cet endroit me paraît tout de suite agréable. C’est calme. Elle me montre un endroit un peu plus loin, sous un arbre.

« Va t’installer là-bas si tu veux. Je nous ramène quelque chose à boire.
— Ok. »

Elle fait demi-tour et je reste un instant plantée là où je suis, observe les environs. C’est apaisant ou en tout cas ça donne envie de s’apaiser. Je finis par m’exécuter et m’approcher de l’arbre qu’elle m’a désigné pour m’asseoir en dessous. Je grimace quand je cogne mon genou contre ma main mais n’émet aucun son.

Ce n’est pas un secret, j’aime les espaces extérieurs. Je ne suis pas quelqu’un qui reste très longtemps sous un toit malgré les cours. J’ai besoin d’être dehors, d’avoir la sensation de pouvoir disparaître et m’échapper sans danger. Une impression de liberté. Comme si mon cerveau était sur off, je me permets de prendre une grande inspiration, remonte mes cheveux d’une main et les place sur mon épaule.

« Tiens, choisis ce que tu veux. »

Léger sursaut. Je ne l’ai pas entendue ni même sentie arriver, complètement dans mon monde, tentant de réguler ma respiration.

« Dormir t’as fait du bien ? Je n’sais pas si c’est la lumière mais j’ai l’impression que tu as moins d’écorchure et de bleus que tout à l’heure. Qui t’as fais ça ? »

Je laisse échapper un petit rire parce que c’est plus fort que moi. Pas de sarcasme, pas d’ironie, je ne me moque pas non plus. Mais non ce n’est pas la lumière et pourtant j’aimerais bien que cela soit le cas. Je pose ma main non-abîmée sur mon genou, triture quelques brins d’herbe puis récupère le prospectus que j’observe tranquillement, plutôt distraitement. Je loupe la plupart des infos, préoccupée par autre chose.

« Vous êtes surs que ça vous dérange pas ? J’veux dire… C’est un peu égoïste de ma part, désolée. »

J’évacue sa question sur ma cicatrisation plus rapide que la normale, laisse mes yeux reposer sur le prospectus. Je n’ai pas très faim en réalité. Voir pas du tout mais je me dis que s’ils mangent une pizza je vais rapidement avoir faim quand elles arriveront alors fais le tour de ce qu’ils proposent. Je choisis rapidement parce que de toutes façons je ne suis pas très fun et change rarement de choix, pose mon doigt sur l’élue de mon repas et puis refile le prospectus à Kezabel ensuite et reviens triturer l’herbe de mes doigts. Elle choisit, se lève et retourne voir Shannon pour les informer de nos choix et revient dans le jardin.

« C’est ta belle-mère et ton frère, Adam, c’est ça ? »

Je lui montre du menton la femme aux longs cheveux bruns et multiples tatouages, presque aussi grande que moi (à mon avis elle fait bien un bon mètre quatre-vingt mais je la dépasse toujours de quelques centimètres, sentiment familier) qui est à l’intérieur et discute avec l’ado en fauteuil roulant.

Je reste un long moment silencieuse, la laisse me répondre tandis que je l’écoute. Je ne suis pas complètement à côté de la plaque, pour l’instant. Il se passe quelques minutes où aucun son n’est émit de mon côté comme du sien, et ça me permet d’entendre les oiseaux de manière assez précise. Cet endroit semble un peu hors du temps, isolé, c’est agréable. Peut-être que c’est pour ça que je me décide enfin à l’ouvrir. J’estime qu’arriver comme ça et ne pas lui donner d’explications serait plus que déplacé. Je prends déjà assez de place, ce qui me semble déjà une grossière erreur de ma part et un poids pour eux, qui se retrouvent tranquillement.

« Personne ne m’a fait ça, c’est moi. »

Je tourne mon visage vers elle et lui montre du regard ma main encore posée contre mon ventre, que j’évite de bouger un maximum. Loup-garou certes mais faut pas déconner tout ne se remet pas en quelques heures.

« J’ai eu une sorte de crise de violence en arrivant chez moi. Enfin… »

Je passe une main dans mes cheveux, les repousse à nouveau sur mon épaule droite pour être tranquille, ne pas les avoir dans les yeux.

« Tu sais quand je te disais que tu ne sais pas grand-chose de moi, c’était vraiment pas pour rien. Y’a pas mal de choses que j’évite de dire, parce que personne n’a besoin de savoir ça mais… Enfin, j’estime que je te dois bien ça. »

Je sens malgré tout que ma gorge s’assèche et si mon visage est bizarrement teinté d’indifférence, lui parlant sur un ton qui serait semblable à celui sur lequel je dirais « il fait beau », je ne le suis pas du tout en réalité.

« Je suis atteinte d’un trouble explosif intermittent. TEI. C’est un trouble du comportement qui se caractérise par des colères impulsives extrêmes, souvent violentes et disproportionnées par rapport à une situation. Ça me conduit à des crises de colère assez terribles, comme celle-là. Helland me file un truc pour m’aider à gérer ça, mais c’est un trouble mental, ça se règle pas comme ça. »

J’esquisse une grimace, hausse les sourcils, désabusée.

« J’étais de Salem avant mais j’ai quitté l’école, je suis venue ici à Poudlard pour vivre chez ma sœur. J’ai laissé William, Macy et Spencer seuls en partie à cause de ça, sans vraiment rien dire et aujourd’hui je retrouve une vieille connaissance, qui était censée être morte. Qui était très, très importante pour moi, que je n’ai pas pu oublier alors que ça fait un an et demi. »

Je sens mon corps se tendre et les larmes revenir mais je me contiens. Je ne détourne pas le regard. Je ne ferais pas les choses à moitié aujourd’hui et j’ai besoin de m’entendre dire toutes ces choses au-delà de lui avouer des vérités à demi-mots.

« Je suis partie parce que je croyais l’avoir tué, le soir de ma première transformation. Je suis lycanthrope et je croyais que c’était moi, ce soir-là. »

Mon souffle s’écourte, mon ton s’affaisse de lui-même quand j’évoque la lycanthropie. Mon regard reste dans le sien. Je ne lui en voudrais pas de flippe mais pourtant mon instinct me dit que ça ne sera pas forcément le cas.

« Il est réapparu aujourd’hui. Ça m’a fait débloquer. Je sais c'est pas très reluisant, désolée. »
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MessageSujet: Re: It's funny how things work out, such a bitter irony. ø Will & Macy   Lun 18 Juil 2016 - 15:22

Elle rit, j’ai l’impression d’avoir loupé un wagon mais n’en tient rigueur, me contentant de l’observer. C’est pas tellement l’image que je me faisais d’un début de vacance mais ça n’est pas pour autant que je suis mécontente de la voir. Encore une fois, je prends conscience que sa venue ici est en quelque sorte exceptionnelle. C’est pas tellement le genre de Maxime de venir auprès de moi pour chercher un quelconque réconfort ou même soutient. Il y a William, Macy et Mateo pour ça… mais visiblement, elle en est à un stade où aucun des trois ne peut lui prêter main forte.

- Vous êtes surs que ça vous dérange pas ? J’veux dire… C’est un peu égoïste de ma part, désolée.
- Sûre, ça n’pose aucun problème, te tracasse pas pour ça. Je balaie tout ça d’un geste de la main. Et t’excuse pas.

Je l’encourage d’un sourire et la laisse aller à son rythme. Elle me paraît encore tellement fatiguée et au bout du rouleau que je me demande si ça n’est peut-être pas mieux de l’inviter à aller se recoucher pour la nuit…
Toujours ces questions sans réponse mais je ne la presse pas, j’ai appris que c’était le meilleur moyen pour la braquer. Je me contente de la laisser choisir sa pizza avant que je ne jette mon dévolu sur une quatre saison pour ensuite aller voir Shannon en ouvrant la baie vitrée du salon.

- Ca pour elle et ça pour moi. Merci beaucoup.
- Pas de problème, je t’appelle quand la livraison sera faite.
- Elle reste mangée ici ?
- Oui, elle va probablement rester la nuit aussi.
- Aucun problème.

Je la remercie une nouvelle fois et retrouve ma place auprès de Maxime.

- Voilà, c’est commandé.
- C’est ta belle-mère et ton frère, Adam, c’est ça ?

Je tourne par réflexe mon regard vers le salon où on les voit discuter tranquillement alors qu’Adam est entrain de jouer avec … Rantanplan. Je n’arriverai jamais à me faire à ce prénom.

- Oui, c’est mon cadet. Il a 17 ans mais il me donne l’impression d’en avoir 20 avec sa carrure. C’est incroyable à quel point il a changé en quelques mois, j’ai la sensation que ça ne s’arrêtera jamais. D’ailleurs, désolée pour tout à l’heure. Il a tendance à être trop franc et spontané.

J’aurai pu rajouter « parfois » mais il a toujours été comme ça. Plus depuis qu’il s’est retrouvé bloqué dans ce fauteuil, comme si c’était sa manière à lui d’accepter ce qu’il vivait de la meilleure des façons possible.
Mon regard capte les fleurs que papa à planté et à fait fleurir en la mémoire de maman et rien ne vient perturber le silence si ce n’est les oiseaux aux alentours. Je ne le brise pas, respectant ce moment de tranquillité où la sensation de me trouver ailleurs qu’à Londres est omniprésente. C’est l’une des raisons pour laquelle j’aime autant les jardins. Ils ont toujours eu cet effet apaisant sur moi, cette faculté à me couper du monde et du temps. J’y passerais des heures sans m’en lasser et j’en viens presque à regretter de ne pas avoir apporter mon matériel à dessin avec moi.

- Personne ne m’a fait ça, c’est moi.

Je capte son regard qui glisse vers sa main encore bleue mais moins gonflée que tout à l’heure. Mes yeux restent figés une fraction de seconde avant de retrouver les siens, pas sûre de comprendre ce qu’elle essaie de me dire.

- J’ai eu une sorte de crise de violence en arrivant chez moi. Enfin… Tu sais quand je te disais que tu ne sais pas grand-chose de moi, c’était vraiment pas pour rien. Y’a pas mal de choses que j’évite de dire, parce que personne n’a besoin de savoir ça mais… Enfin, j’estime que je te dois bien ça.

Je n’ose pas l’interrompre de peur de la couper dans son élan mais je pense que mon visage exprime suffisamment bien ce que je pense actuellement. Une sorte de reconnaissance mêlée à de l’étonnement puisque pour moi, elle ne me doit rien. J’ai l’impression qu’elle s’apprête, sans le savoir, à m’expliquer pourquoi elle et moi, ça n’était tout simplement pas possible.

- Je suis atteinte d’un trouble explosif intermittent. TEI. C’est un trouble du comportement qui se caractérise par des colères impulsives extrêmes, souvent violentes et disproportionnées par rapport à une situation. Ça me conduit à des crises de colère assez terribles, comme celle-là. Helland me file un truc pour m’aider à gérer ça, mais c’est un trouble mental, ça se règle pas comme ça.

La surprise se lit clairement sur mon visage et encore une fois, je n’ose pas dire quoi que ce soit, essayant d’encaisser ce qu’elle me raconte parce que quand Maxime évoque des colères impulsives, violentes et disproportionnées, cette description fait écho chez moi à des situations dans laquelle elle s’est retrouvée. Et la première qui me vient à l’esprit : Mateo. Ca n’a jamais été dit clairement mais je ne suis ni aveugle, ni naïve.
C’est en me remémorant l’aspect de son visage que je constate l’étendue de la violence dont elle peut faire preuve.

- J’étais de Salem avant mais j’ai quitté l’école, je suis venue ici à Poudlard pour vivre chez ma sœur. J’ai laissé William, Macy et Spencer seuls en partie à cause de ça, sans vraiment rien dire et aujourd’hui je retrouve une vieille connaissance, qui était censée être morte. Qui était très, très importante pour moi, que je n’ai pas pu oublier alors que ça fait un an et demi.

L’histoire de Maxime, je l’ai mainte fois imaginé avec le peu d’informations que j’avais. Mais cette fois, elle brode elle-même un décor, une situation, qui m’en apprend plus sur ce qu’elle est, d’où elle vient, ce qu’elle a vécue.
Elle m’évoque Spencer dont j’ai déjà vaguement entendu parlé. Elle me parle de cette personne censée être morte mais qui, finalement, est de retour. Je commence à saisir les fragments du tableau, d’en comprendre mots par mots, le sens. Nos regards ne se quittent pas, une certaine « communion » où la confidence se créée via une Maxime tendue à la voix presque tremblante.

- Je suis partie parce que je croyais l’avoir tué, le soir de ma première transformation. Je suis lycanthrope et je croyais que c’était moi, ce soir-là.
- Attends, quoi ?
- Il est réapparu aujourd’hui. Ça m’a fait débloquer. Je sais c'est pas très reluisant, désolée.

Si tout à l’heure j’emmagasinais en silence, cette fois je ne peux pas retenir ces quelques mots soufflés, presque murmurés. Ca fait beaucoup d’élément en très peu de temps. Je passe de rien à … presque tout. De la raison de ses crises, à son départ de Salem, passant par sa lycanthropie pour finir par la possibilité d’un meurtre.
Mon cerveau a du mal à faire face à toutes ces informations qu’elle vient de me débiter, j’ai du mal à y voir clair et surtout à prendre conscience de la teneur des informations, de leur importance. Et je ne me rends pas compte que je reste là, à la fixer, lèvres pincées, sans prononcer le moindre mot.

Lycanthrope ? C’est automatique, mon cerveau tourne à plein régime et je cherche tous les signes qui m’ont échappés durant tout ce temps. J’essaie de recoller les morceaux dans l’ordre chronologique, prenant conscience que Maxime est un lycan depuis le début. Nos nuits me reviennent avec une précision déconcertante où je la revois être… comme affamée. Se refusant à laisser aller ses ongles dans mon dos. Est-ce que ça expliquerait toutes ces nuits flamboyantes ? Je sais plus si c’était aux alentours de la pleine lune, j’ai pas un agenda sexuel incrusté dans mes cellules grises mais autre chose me saute aux yeux.

- Ta cicatrice. Ton tatouage, j’veux dire, c’est ça ?

Je me souviens parfaitement de ce soleil sur la hanche, que j’ai vu un tas de fois et où Maxime se refusait de me répondre clairement sur le sujet.
Sa morsure était là, sous mes yeux, tout comme un tas de signe évident sans que je ne percute ce qu’il se passait.

- Désolée. J’ai… Ca fait beaucoup à intégrer là comme ça, d’un coup.

Je me passe une main dans les cheveux sans vraiment savoir quelle réaction avoir. J’essaie de faire le tri et ça n’est franchement pas glorieux.

- Keza ! Les pizzas sont là !
- Attends, j’arrive.

Sauver par le gong.
C’est la seconde de délivrance où je peux bouger, m’extirper de ma propre léthargie face à ce que je viens d’apprendre. A aucun moment je ne la juge mais il faut me laisser le temps pour encaisser tout ça. Et les quelques pas pour aller chercher les deux boites de pizzas que Shannon me tend est tout ce dont j’avais besoin pour me refaire une mise au point sans le regard pesant et troublant de Maxime. J’ai pas envie qu’elle pense que je suis entrain de la juger comme une criminelle ou comme un monstre parce que ça n’est pas le cas mais… il me faut encore quelques secondes pour digérer tout ça.

- Tout se passe bien ?
- Oui, elle m’a … plus ou moins expliqué ce qu’il s’était passé.
- Alors ?
- Rien de grave. Juste du surmenage.
- Sûre ?

NON.

- Oui, t’en fais pas Shannon.

Elle acquiesce, me sonde.
J’ai fuis un regard, c’est pas pour m’en prendre un autre entre les deux yeux derrière. Surtout pas celui de Shannon qui a l’habitude de faire face à de jeunes adultes qui lui mentent en permanence pour dissimuler leur problème.

- J’y retourne. Encore merci pour les pizzas.

Je fais demi-tour et reviens à Maxime en lui tendant sa boite.

- Voilà. Repas servi. Je m’assoie face à elle, sur l’herbe, reprenant un peu plus contenance. C’est perturbant de se dire que la veille je ne savais rien sur toi et qu’aujourd’hui, je me retrouve avec un tas d’information que j’ai encore du mal à assimiler.

Je ne prends pas tout ça à la légère mais ça ne m’empêche pas de lui sourire tout en ouvrant ma propre boite de pizza dont l’odeur vient me chatouiller l’odorat aussitôt.
Toujours concentrée sur Maxime, je reviens à tout ce qu’elle m’a dit.

- Tout ça n’est peut-être pas reluisant mais ça n’est pas comme si tu étais une mauvaise personne, comme si tu avais choisi tout ça. Il y a une différence entre vouloir et perdre le contrôle, et avec ta lycanthropie et ton TEI, je suppose que ça n’a pas du t’aider dans tout ça.

Je n’ai pas oublié ce qu’elle m’a dit, pas oublié qu’elle m’a parlée de cette personne qui lui était chère et qu’elle pensait avoir tuée lors de sa transformation. C’est juste délicat à aborder. Mais en plus de ça, délicat à l’assimiler pour moi. Je ne vois pas ça comme un meurtre même si ça y ressemble. Seulement, sous leur forme de Loup-Garou, comment pouvons-nous les considérer comme de vulgaire meurtrier sanguinaire alors qu’ils n’ont plus toutes leurs capacités et leur maitrise de soi ? C’est un sujet tellement délicat. Je ne vois plus Maxime de la même façon, c’est un fait, mais ça n’est pas pour autant que je la vois comme quelqu’un que j’ai envie de fuir et dont j’ai peur.

- Tout ça explique pas mal de chose en réalité. Et désolée, je sais pas par où commencer avec tout ça… Ni comment réagir. Mais je peux au moins te dire c’est que je ne suis pas là pour te juger et que je n’en ai de toute façon pas envie. La seule chose que je constate clairement c’est que tu en as suffisamment bavée, pas besoin de subir un procès en plus de ça.

Je n’dis pas que je suis insensible à tout ce qu’elle me dit mais on est pas là pour juger, pour l’accuser de je ne sais quoi. Oui, certes, elle m’a fait comprendre qu’elle a failli tuer quelqu’un mais ça n’est pas comme si c’était sa faute, non ? Sur le coup, c’est dur à encaisser et même encore maintenant, j’ai du mal. La seule solution que j’entrevoie dans tout ce bordel c’est de démêler les informations et les détails pour mieux cerner ce qu’il s’est passé.

- Je comprends que tu ai débloqué, je ne suis pas moi-même pas certaine que j’aurai réussi à rester calme à ta place si j’avais vu ma mère revenir d’entre les morts comme ça. TEI ou non. Mes yeux restent braqués dans les siens avant d’ajouter. Cette personne en question, est-ce que c’est Dean ? J’enchaine aussitôt face à son regard étonné. J’en ai juste entendu parler très vaguement, par Macy ou William. Je n’sais plus.

Je n’ai pas envie que les grumeaux s’en prennent plein la tête à cause de moi et de ma spontanéité même si je pense que nous ne sommes plus à ça près de toute façon.
Et ce fameux Dean résonne chez moi comme l’écho d’un souvenir presque désagréable.

- C’est lui le quelque chose dont tu n’arrivais pas à te défaire quand nous avons discuté la dernière fois ? Aucun reproche dans ma voix, juste un constat. Je suis en paix avec la situation, je peux maintenant aborder le sujet sans trop de mal. Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Et puis, fait non négligeable… Dans tout ce merdier, si Dean est revenu, peut-être est-ce là sa chance de pouvoir revivre de nouveau ?
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