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 I never promised you an open heart or charity ▬ Jeroen

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MessageSujet: I never promised you an open heart or charity ▬ Jeroen   Ven 6 Mai 2016 - 22:39

►I never promised you an open heart or charity◄
Jeroen & James


[FLASHBACK] ▬  Début mars, soirée

La fin de soirée est fraiche mais pas au point d’être transit de froid. Simplement enfoncé dans ma veste polaire, je continue ma ronde auprès d’Owen, toujours muré dans ce même silence qui ne nous a jamais gêné. Je dois admettre que même si ce garçon est aussi expressif qu’une plante verte au fond de la grande salle, il y a quelque chose qui est né entre nous, involontairement. J’ai appris que certaines choses n’étaient pas contrôlables et que pour parfaire ma couverture, je devais accepter que certaines personnes ici me seront plus proches que d’autres. Ca ne change pas que si demain les ordres sont de trancher la gorge de Matthews, je le ferais. Avec une pointe de regret, certes, mais les ordres sont les ordres.
Dans une autre vie, lui et moi aurions pu faire des partenaires parfait pour la mission que je mène depuis Septembre. Il y a une entente particulière avec lui, toujours silencieuse mais efficace. Et au moins, il ne me fracasse par le crâne avec un million de questions inutiles et ne parle jamais pour rien dire.  Et je n’oublie pas qu’il m’a tout de même sauvé la vie le jour où je me suis lâchement fait poignardé…

La garde se termine d’ici quelques minutes, la nuit débute bientôt et nous sommes prêt à laisser notre tour de garde aux prochains binômes.

- Alors, il paraît que tu as failli commettre un meurtre ?

Il me regarde, haussant d’un demi-millimètre son sourcil.
Croyez-moi, venant d’Owen c’est le maximum que l’on puisse obtenir de lui en terme d’expression.

- Un boursouflet en plus. Tu n’as vraiment pas de cœur.

Je le charrie et il le comprend à la seconde même où je termine ma phrase. Les rumeurs court vite dans ce château, surtout avec les langues bien pendues de toute cette marmaille trop bruyante. Si ça ne tenait qu’à moi et si j’en avais la possibilité, je ferais moi-même le ménage parmi toutes ces petites fientes de moldus, né-moldus et de sang-mêlés.
Il m’est donc venu aux oreilles de cette histoire de boursouflet, d’élevage de ces bestioles sans intérêts et d’altercation avec cet élève tout aussi inutile que ces choses poilus et trop bruyantes.
La conversation se poursuit en quelques mots jusqu’à ce que la garde se termine et que chacun d’entre nous regagne notre chambre pour enfin prendre du repos.
Depuis la dernière attaque, tout le monde est sur le qui-vive, en particulier « nous », les gardiens et les enseignants. L’erreur commise le mois dernier a du mal à être digéré.
Comment a-t-on pu laisser cette brèche s’ouvrir ? Qui était la taupe ? Est-il/elle repartie avec eux ? C’est ce que je tente de leur faire croire en n’appliquant aucune agression ce mois-ci, en restant sagement dans mon coin le temps de préparer leur nouvelle surprise. Le jeu se fait chaque semaine un peu plus serrer mais ce sont les règles. Plus tu avances sur l’échiquier, plus tu risques la vie de ton Roi.

Il est vingt-trois heures trente exactement lorsque j’entre dans la pièce où Jeroen ne devrait pas tarder à entrer. Nous n’avons pas particulièrement à faire lui et moi, mais au moins à parler. De la dernière attaque mais surtout, de la suite. La liste n’a pas été modifié comme je le voulais, menant Julian a être poignardée. Pas que ça me chagrine réellement, mais je doute que le petit Van Saade n’en sera pas du même avis.
Peu importe. Il faudra bien qu’il apprenne qu’en temps de lutte, même nos plus proches alliés peuvent y laisser leur peau.

Dans la peau de Matthews – ca a du bon d’être aussi proche de cet homme -, je patiente tranquillement, appuyé sur le bord d’une table, bras croisés sur le poitrine.
J’aimerais vraiment former Van Saade a un tas de chose mais ce garçon me paraît si déséquilibré et si proche de la rupture à chaque fois, que je doute que ça soit le moment.
Est-ce que ça le sera un jour ?
A lui de me le prouver.

En attendant, j’attends de voir s’il se présentera suite à la trouvaille de cette boule en métal qui ne s’est ouverte qu’à son contact, contenant l’invitation à me rejoindre.
Comme un bon chien éduqué qu’il est.
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MessageSujet: Re: I never promised you an open heart or charity ▬ Jeroen   Dim 24 Juil 2016 - 16:00

Début mars.

Une bille de métal enfermée dans son poing. Toute la sainte journée. Il ne l'avait pas lâchée, détendant à peine ses phalanges pour laisser circuler le sang ou porter son sac de cours. Ça n'avait pas alerté ses amis ; il faut dire que, nerveux, Jeroen avait tendance à serrer le poing dans le vide, de manière compulsive, et de ne pas s'en rendre compte avant d'attraper une crampe carabinée. Et sa nervosité, on pouvait la mettre sur le compte de tout et n'importe quoi : une mauvaise nuit, des soucis familiaux, sa relation avec Julian que beaucoup imaginaient chaotique... Ses proches faisaient leur propre tambouille de conjectures et lui pouvait continuer de grommeler dans son coin. Tout le monde était content. Une journée normale pour tout le monde. Jeroen se laissa fondre dans la foule, à peine plus dans un autre monde que d'habitude. Il mangea à côté de ses collègues dans la Grande salle, embrassa sa belle et lui souhaita une bonne nuit. Il prit sa douche et remit des vêtements de jour, t-shirt noir et jean, simple, discret, plus maniable qu'une robe de sorcier.

Il devait faire acte de présence auprès des autres pendant une bonne heure encore. Dans le dortoir, ça discutait autour d'un verre clandestin, de choses et d'autres, des cours qui n'en finissaient pas, des examens, de la prof de potions dont certains rêveraient qu'elle leur donne des ordres pour autre chose que la potion à faire. Tout un programme. Comme d'habitude, il ne participait que ponctuellement à ces échanges, assis un peu en retrait. L'ambiance était agréable mais il ne pouvait s'empêcher de trouver ce genre de réunions un peu... décalé. Par rapport à ce qu'il vivait, c'était presque déplacé, mais c'était ainsi que tournait le monde. C'était triste, pour lui et ceux qui continuaient de pâtir de la situation globale. Lorsqu'il vit l'heure, il termina son verre d'un trait – pas assez d'alcool pour le rendre saoul, évidemment – et se leva pour prendre un sweat dans sa malle.

- Wah, t'as vu l'heure un peu ? Te fais pas chopper Jerry. Tu vas te prendre Hunt en pleine poire.
- Range cette bouteille avant de venir me mettre en garde...

L'ami qui avait interrompu la discussion en le voyant se lever fit la moue. Jeroen enfila sa veste barrée du logo d'une école inconnue du monde moldu – la mode – et soupira, avant de leur fournir un petit sourire forcé.

- Besoin d'air. Je ne tarde pas trop, promis.
- Ouais hein. J'veux pas avoir à annoncer ta mort héroïque contre le serpent à ta veuve éplorée !

Ricannements alcoolisés dans la pièce. Taper quelques mains pour la forme, avant de sortir discrètement du dortoir et de traverser la salle commune comme une ombre. Sa baguette dans sa poche, il se dirigea rapidement vers le lieu de rendez-vous, tout en faisant attention à ne pas être suivi ou même repéré. Il n'utilisait même plus de sortilège Lumos, à force d'évoluer dans l'obscurité des couloirs du château. C'était évidemment plus facile pour éviter les gardiens, jeu de cache-cache moyennement sympathique quand on a des choses à cacher justement. Triste de voir à quel point sortir pendant le couvre-feu avait perdu de son parfum excitant depuis sa jeunesse. Capuche sur la tête, il se sentait plus fugitif que jeune rebelle en mal de sensations fortes...

Il arriva bientôt devant une porte entrebâillée, vérifia les alentours, puis poussa la porte sans un bruit. Il referma derrière lui et avisa l'homme appuyé sur une table au fond de la salle. C'était un gardien. Owen Matthews de son nom, un homme lunatique, taiseux, d'après ce qu'il avait pu observer. Pourtant, cet homme avait une lueur dans son regard, une position particulière... c'était presque une marque de fabrique chez son maître-chanteur. Sa manière d'être était la seule chose qui le rendait repérable sous le masque des visages qu'il volait. Sa manière de le regarder, cette condescendance, cette assurance... ses mots choisis avec soin...

C'était la deuxième fois qu'il utilisait un visage de gardien. Ça n'étonnait pas Jeroen : facile de prendre possession de l'apparence de personnes que l'on retrouve partout, qu'importe l'heure, et qui sont supposés protéger et non pas comploter. Mais avec ces bestiaux, mieux valait restait sur ses gardes. Il rangea la bille ensorcelée dans sa poche et passa sa main ankylosée dans ses cheveux pour les ramener en arrière. Il regarda un instant le sol.

- Ça tombe bien, je voulais vous voir.

Il releva les yeux, le regard brûlant, le temps que l'espion lui donne une preuve que c'était bien lui – on n'est jamais trop prudent. Lorsqu'il l'eut, il se relâcha à peine. Il bouillonnait de l'intérieur mais il devait garder son calme pour ne pas faire une connerie qu'il regretterait.

- Pourquoi Julian était-elle sur votre liste ? lâcha-t-il de but en blanc.

Il était venu avec une question, une seule, et il comptait repartir avec une réponse. C'était tout ce qu'il attendait de cet échange. Il était prêt à tout encaisser mais il devait savoir pourquoi l'homme n'avait pas tenu ses engagements. Pourquoi Julian avait-elle été poignardée ? Pourquoi avait-il dû l'amener à l'infirmerie, quasiment exsangue, alors qu'il avait obéi jusqu'ici ? Le fait que ce ne soit qu'une obéissance de surface n'était pas censé avoir d'impact sur son engagement. Au contraire, Jeroen s'était senti trahi, signe qu'il mettait quand même de l'espoir dans ce qu'il consentait à faire pour l'espion. Pour fouler du pied tout ce qu'il était, il avait besoin d'une assurance, pas de promesses non tenues. Il continuerait de rechigner à la tâche dans tous les cas, mais s'il avait son garde-fou, il obéirait quand même à la fin...

- Ça me met en colère. C'était une sanction ? Une erreur ? Vous avez pourtant besoin qu'elle reste en vie. Vous le voulez autant que moi.

Sinon, il perdait un moyen de pression de taille, le moyen de pression le plus palpable et immédiat. Jeroen s'était avancé au centre de la pièce. Extérieurement, la colère ressortait froide, glaçante même. Comme lorsqu'il avait lancé le sortilège de Sectumsempra dans la foule pour toucher l'agresseur de Julian. Froid et efficace comme la morsure du canon d'un pistolet. Il faisait toutefois un effort incommensurable pour ne pas prendre sa baguette et menacer l'homme de le tuer sur le champ. Il se rebellait, oui, il remettait en question l'autorité, mais ça ne l'empêchait pas de savoir qui avait le contrôle dans cette pièce. Ça ne l'empêchait pas d'en avoir peur.
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MessageSujet: Re: I never promised you an open heart or charity ▬ Jeroen   Dim 7 Aoû 2016 - 22:48

Comment retourner l'esprit humain.
Comment inverser toutes ces tendances, tous ces principes, toutes ces conventions sociales inculquées depuis l'enfance.
Comment réussir à le laver de ces données erronées pour le remettre à neuf ?

Maltraité l'esprit.
Revenir à lui, dans la douceur.
Le soulager de sa peine et de sa douleur.
Venir à lui comme un héro, le messie, celui qui le lave de toutes ces complications, de toutes ces peines. De toutes ces angoisses.
Celui qui fera de Jeroen un jeune homme en sécurité, allégé de cette souffrance constante qu'il garde sur ses épaules comme un poids mort.

La porte s'ouvre. L'acteur entre en scène. L'un des protagonistes de cette machinerie.
Vêtue d'un simple vêtement noir et d'un jean, Jeroen se présente avec sobriété.

- Ça tombe bien, je voulais vous voir.
- Les grands esprits se rencontrent. J'écarte les mains, en signe de bonne surprise. Je vois que tu n'as pas perdu ta ponctualité.

Mais quelque chose change brutalement dans le regard du manipulé, du complice. Des yeux brûlants de haine, de rage. Quelque chose de profond et d'imposant, qui rend le jeune homme plus présent dans cette pièce, plus sombre aussi.
En cette seconde, il possède un véritable regard de tueur. D'assassin. D'un homme prêt à tout, prêt à trancher ma jugulaire ou à me faire subir les pires atrocités.

- Pourquoi Julian était-elle sur votre liste ?

Ah... Julian, Julian, Julian...
Cette petite née-moldu sans importance. Cette vermine, cette moins que rien qui a pourtant réussi à retourner le cœur de notre si solide Jeroen pour le rendre si faible. Si pathétique.

- Ça me met en colère. C'était une sanction ? Une erreur ? Vous avez pourtant besoin qu'elle reste en vie. Vous le voulez autant que moi.

Je l'écoute, le regarde s'avancer au centre de la pièce. La brûlure se mue en une froideur meurtrière qui clouerait presque n'importe qui sur place.
Mais pas moi.
Pourtant, je sens sa haine d'ici. La haine de son cœur amoureux, si faible, si insignifiant lorsqu'il s'agit de sa chère et tendre Julian.
Qu'elle meurt m'importe peu même si cela pourrait effectivement compromettre quelque peu mon plan concernant Jeroen. Celui de le maintenir gentiment assit et obéissant tant que son os reste intacte et intouché.
Or, ça n'est pas le cas. Pas aujourd'hui.

- Tu m'en vois si désolé... souhaites-tu une étreinte? Du réconfort ? Ironique, j'écarte de nouveau les bras.Bienvenu dans le monde des grands mon garçon.

Mon sourire s'élargit, devient presque aussi mauvais que froid alors que je me redresse, droit.
Comme l'arme d'un scorpion prêt à fondre sur son adversaire, sa victime.
Je m'approche à mon tour pour lui faire face, sans le lâcher un seul instant du regard.

- A quoi est-ce que tu t'attendais ? A ce que ta vie se déroule sans drame ? Sans bavure ? A ce que ton implication dans tout ça ne te coûte jamais rien ? Je secoue la tête, désabusé. Besoin qu'elle reste en vie est une bien grande expression pour une aussi insignifiante et petite personne. J'espère qu'au moins cet événement t'aura apprit à prendre conscience à quel point tu es faible avec cette jeune femme dans les parages.

Un ton froid. Autoritaire. Sans appel.

- Si tu t'attendais à ce que tout se passe bien, détrompe toi. Le risque zéro n'existe pas et tu devrais t'estimer heureux qu'elle soit encore en vie. Tâche de te contenter de ça. Mon regard se plante dans celui du jeune homme comme deux lames de couteaux transperçant son âme. Maintenant, arrête de pleurnicher sur le sort de Julian et concentre toi. Il serait temps que tu grandisses un peu.
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MessageSujet: Re: I never promised you an open heart or charity ▬ Jeroen   Dim 25 Sep 2016 - 0:28

Qu'est-ce qui nécessite des années entières pour être créé, et quelques minutes pour être détruit ? L'oeuvre d'une vie, une maison, un corps. Un esprit. Devenir et rester quelqu'un de bien avait été l'affaire d'une lutte de tous les jours depuis des années, et tout était en train de s'effondrer. Les murs se fissuraient depuis un moment déjà, mais à présent, Jeroen regardait les fuites sans plus vraiment essayer de les colmater. Il connaissait ses faiblesses et il savait que ce n'était pas seul, dans ces conditions, qu'il pourrait maintenir l'illusion. À présent, il savait qu'il n'y avait plus grand-chose à faire d'autre que se laisser aller et tenter de sauver le cœur-même de son être en le confinant à son maximum. Enfermer l'humanité et la compassion, n'en garder qu'un fantôme pour continuer de faire illusion et servir de soupape de sécurité, devenir quelqu'un d'autre. Qu'est-ce que c'était ? La peur de faire face à la mort, l'excitation de la violence, un foutu complexe de Stockholm ? Grandir ou régresser, avancer ou s'embourber... Tant que personne ne serait en capacité de le tirer de la pente sur laquelle il glissait de plus en plus vite, ça n'avait pas d'importance.

- Les grands esprits se rencontrent. Je vois que tu n'as pas perdu ta ponctualité.

La source de tout. Jeroen savait comment ça fonctionnait, le cerveau, et pourtant il s'était fait avoir. L'homme en face de lui, qui lui apparaissait sous les traits d'un gardien, était là pour faire ressortir l'animal en Jeroen, en faire un chien d'attaque duquel il enlevait la muselière quand ça lui chantait. Mais un chien d'attaque est une chose instable. Il voulait que l'élève laisse sortir sa part de violence. Eh bien elle sortirait. Il avait eu peur pour Julian, peur à un point aussi élevé que lorsqu'on avait menacé sa famille, peut-être même plus. Et il voulait comprendre. Comprendre pourquoi cela était allé si loin. Elle avait failli mourir, et lui, il avait tué un assassin à la solde des Supérieurs. Est-ce que l'espion était seulement au courant de ce geste ? En tout cas, alors que Jeroen crachait son venin, il ne réagit pas, loin d'être impressionnable. Le serpentard admirait presque son sang-froid.

- Tu m'en vois si désolé... souhaites-tu une étreinte ? Du réconfort ? Bienvenu dans le monde des grands mon garçon.

Jeroen sentit une nouvelle bouffée de colère le prendre à la gorge. S'il avait pu, s'il en avait eu la force morale, physique et magique, il se serait jeté sur lui pour le démolir, arracher son masque avec ses ongles, lui faire ravaler ses mots en lui défonçant la mâchoire. Sauf qu'il s'était arrêté et qu'il ne bougea pas lorsque le gardien se redressa de toute sa hauteur. Il ne bougea pas lorsque l'homme s'approcha à son tour. Il y avait la rage, mais il y avait surtout ce sentiment si pur de peur qu'un homme comme lui est capable d'insuffler dans l'esprit de ses victimes. Et la peur était la plus forte. L'instinct de survie.

- A quoi est-ce que tu t'attendais ? A ce que ta vie se déroule sans drame ? Sans bavure ? A ce que ton implication dans tout ça ne te coûte jamais rien ? Besoin qu'elle reste en vie est une bien grande expression pour une aussi insignifiante et petite personne. J'espère qu'au moins cet événement t'aura apprit à prendre conscience à quel point tu es faible avec cette jeune femme dans les parages.

Il aurait dû s'y attendre, mais la réponse lui fit un choc. Il avait l'impression de manquer d'air, tout à coup. Non, ce n'était pas vrai. Il n'était pas faible, Julian le soutenait, elle était là pour lui, là pour le garder parmi les vivants, pour le maintenir à la surface sans qu'elle n'ait conscience qu'il était prêt à plonger... Il aurait voulu ne pas entendre ça, se barricader, mais il n'en eut pas le temps. Il se prit la violence de ces remarques en pleine figure. Jeroen n'avait pourtant jamais eu cette sensation de n'être rien face à quelqu'un. Il n'était même pas en état de rationaliser. Il aurait dû s'y attendre, mais ce relent de foi en l'humanité lui faisait plus de mal que de bien au bout du compte.

- Si tu t'attendais à ce que tout se passe bien, détrompe toi. Le risque zéro n'existe pas et tu devrais t'estimer heureux qu'elle soit encore en vie. Tâche de te contenter de ça. Maintenant, arrête de pleurnicher sur le sort de Julian et concentre toi. Il serait temps que tu grandisses un peu.

Si ça n'avait pas été Jeroen et son self-control hors du commun, il se serait liquéfié sur place. Au lieu de cela, il prit conscience de ses poings serrés, de ses jambes qui tremblaient et ne tenaient que parce qu'il avait verrouillé ses articulations. Il se mordit la lèvre et baissa les yeux. Pas en état de supporter la force de ce regard, en plus de l'aura que dégageait cet homme sous son enveloppe corporelle empruntée. Lorsqu'il arriva à reprendre la parole, sa voix ne transparaissait plus la même véhémence.

- J'ai besoin d'un minimum de sécurité pour pouvoir me concentrer. Si mes actes mettent en danger Julian ou n'importe lequel de mes proches, je serai dans l'incapacité d'agir en pleine possession de mes moyens.

Il se cachait derrière les mots à présent. Il se cachait derrière une demande presque implorante, alors qu'il n'était pas en faute. Mais face à cet homme, impossible de remettre les choses à leur place. Si le gardien décidait de casser une vitre pour s'amuser, il pourrait remettre la faute sur Jeroen sans que celui-ci puisse se défendre. Après tout, la manipulation, si elle est bien menée, peut mener à contrôler complètement un esprit pour lui faire penser ce que l'on veut...

- Peut-être que vous, vous pouvez regarder votre famille se faire tuer sans broncher, si c'est pour votre cause. Pas moi. C'est ma limite. Ma capacité d'empathie n'est pas aussi détraquée que la vôtre, c'est comme ça. Si vous voulez continuer de profiter d'un chien en état de marche, il va falloir que vous acceptiez ça.

Il recula d'un pas, sans relever les yeux, dans un geste de soumission sans équivoque.

- Je voulais juste dire ça. Faites-en ce que vous voulez.

Il pouvait bien critiquer, insulter, amadouer le jeune homme, ça ne le changerait pas d'un coup. À la limite, il pouvait obtenir un résultat sur le long terme, mais ça restait risqué de le démolir en espérant pouvoir le reconstruire à son gré. Il n'y aurait peut-être plus rien à réparer à la fin.
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