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 T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William

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MessageSujet: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Mar 3 Mai 2016 - 13:37

Mardi 7 Avril 2015 - Vers 1h30-2h du matin
T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas.



William & Enzo

C’est comme … un poids en moins sur les épaules, comme pouvoir respirer à nouveau normalement ou presque. La fatigue pointe maintenant son nez et je sais que dès l’instant où je retrouverais une position horizontale Morphée viendra me récupérer sans attendre mais j’en avais besoin, j’avais besoin de ça, besoin de vérifier par moi-même qu’elle est toujours bien là. Il reste des points d’interrogations dans mon équation mais je me sens au moins soulagé de ça et je crois que pour ce soir … ce matin, en réalité, ça sera suffisant.

Je viens de sortir de l’infirmerie, j’ai pris le temps de m’arrêter quelques secondes auprès de Kim pour lui promettre qu’on réussira à se le faire ce putain de basket et qu’elle aura le droit à tous les Banana Split qu’elle veut une fois sortie de ce cauchemar. Charleen, Zach, Drew, Rafael même si je le connais moins, Eliott de la même façon, j’ai eu un regard pour eux sans forcément m’arrêter pour autant. J’ai beau essayer de ne pas penser au pire, ça revient quand même dans ma tête, ces flash où j’entrevois mon frère et Kyle dans le même état … Mais c’est le château qui est visé, pas vrai ? Ceux présent à l’extérieur ne risquent rien, surtout pas quand quelqu’un veille sur eux et c’est le cas. Derek est en sécurité à la maison, des sortilèges le protègent alors ces connards n’ont aucun moyen de l’atteindre. Quant à Kyle, Jill est là, en espérant qu’ils lui foutent la paix à elle aussi, mais surtout Amelya a pris soin de forcer la main du Vieux pour emprunter un de ses hommes. Un garde du corps ? C’est quasiment ça. Ils ne risquent rien, ils vont bien. Tout ira bien.
Je remets ma capuche sur ma tête, c’est un automatisme, et mes mains glissent dans la poche ventrale de mon sweat. Je souris, comme un gamin, en pensant à un kangourou, à mes racines par extension, à la maison, et continue de grimper les marches jusqu’à l’entrée de la Tour des Gryff. Ne pas penser au sang qui tache désormais celui que Grand-Mère m’a envoyé et que j’ai reçu dimanche. Celui de Kim. Ne pas penser au sang qui a taché l’écharpe qu’Amelya m’a offert pour mon anniversaire. Celui de Megan. J’ai jeté l’écharpe, incapable de la porter à nouveau quand bien même elle serait propre, ma Tante m’en a envoyé une autre et j’y tiens, réellement. Le sweat, il est neuf, pas autant tâché et surtout Kim n’est pas morte alors … J’attendrais simplement qu’il soit lavé, que l’odeur ne soit plus présente, et je le remettrai. Je me raccroche à des détails, peut-être, des objets en tout cas, j’y peux rien, je crois que j’ai toujours été comme ça.

Le château est calme, même avec mes sens lupins, même en me concentrant, je n’entends aucun bruit ou presque. Mot de passe. La porte s’ouvre, je n’ai pas fait un pas dans la Salle Commune qu’une boule de poils blanche me saute dans les bras. Lune. Elle miaule, un peu, puis ronronne. Comme toujours sa tête se cale sous mon menton et mes yeux se ferment, un soupir m’échappe. C’est peut-être bête mais en cet instant sa présence me fait beaucoup de bien. Pour certain un animal n’a pas plus de valeur qu’un objet, pour moi c’est complètement différent. J’ai toujours été plus ou moins passionné par eux, pour autant Lune est le premier animal de compagnie que j’ai si on ne compte pas les Hiboux et Chouettes qu’on a tous eu à la maison. Elle est très importante pour moi, surtout dans un moment comme celui-là où la moindre trace de présence pèse dans la balance.
Ça ne dure pas très longtemps, elle finit par pousser sur ses pattes avant et me fait comprendre qu’elle veut retrouver sa liberté. Je la pose par terre, elle se frotte une seconde contre mes jambes puis lève la tête et miaule en me regardant.

« Tu veux sortir ? »

Nouveau miaulement. Je prends ça pour un oui alors j’ouvre à nouveau la porte et la laisse s’enfuir dans le château où elle passera probablement sa nuit à chasser. J’ai appris à ne pas avoir peur pour elle, elle vit sa vie de chat et avec tout ce qui s’est passé, elle est encore là aujourd’hui. Elle est née ici, bien que ça ne soit pas dans le château en lui-même mais dans la Cabane Hurlante, Poudlard c’est son territoire depuis maintenant … Deux ans je dirais. Je l’observe s’éloigner, un sourire attendri sur le visage, parce que je suis complètement gaga de mon chat et que ça n’est pas près de changer.

« Lâcheuse. »

T’aurais au moins pu rester avec moi pour la nuit. Oui, c’est un peu ça que ça veut dire, je n’aurai pas été contre sa présence je crois mais je respecte son besoin de liberté et surtout son instinct de chasseur que je comprends parfaitement.

Il n’y a que quand je me retourne et fais quelque pas dans la Salle Commune, dans le but de remonter dans mon dortoir, que je réalise une chose : La Salle n’est pas vide, je ne suis pas seul. Est-ce qu’il était déjà là quand je suis sorti tout à l’heure ? Aucune idée. J’aurai pu le sentir, le voir ou l’entendre, ça n’a pas été le cas mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il n’y était pas.

« Hey. »

Je l’admets, après notre conversation d’il y a … deux jours, ça me tord toujours un peu le ventre de le voir parce que je ne sais pas trop comment me comporter mais malgré ça, je sens bien que ça me fait quelque chose de voir un visage familier alors sans trop réfléchir je m’approche, mains dans les poches de mon jean après avoir rabaissé ma capuche sur mes épaules. Je m’arrête au bout du canapé dans lequel il est assis, face au feu, et m’immobilise en esquissant un sourire.

« T’en avais marre du Bleu ? »

Bonjour, Enzo Ryans, spécialiste en tentative de communication foireuse.

« Pas de malaise, j’dis pas ça pour te mettre dehors. »

Je crois que c’est là que ça me saute aux yeux, que je me rends compte que ça n’a pas l’air d’être la grande forme. Les connexions ne se font pas tout de suite dans ma tête, j'ai juste l'impression de réagir spontanément sans trop me poser de questions. C’est impulsif …

« J’me doute que j’dois pas être la personne que t’as le plus envie de voir mais si jamais t’as besoin de compagnie … »

… mais l’idée de foutre le camp en le laissant comme ça ne m’effleure pas l’esprit une seule seconde.
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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Mer 11 Mai 2016 - 16:10

► T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas.◄
Enzo & Will  


Mardi 7 Avril ▬ Dans la nuit

Premièrement : S’assurer que ses proches vont bien.
Deuxièmement : Rester avec eux, ne pas les lâcher. Sous aucun prétexte.
Troisièmement : Essayer de ne pas vomir. De colère, de peur, de nervosité.

Trois points importants qui deviennent dangereusement une habitude. C’est presque devenu un rendez-vous mensuel, un peu comme les menstruations finalement. En moins régulier et en beaucoup plus douloureux.
La comparaison est trash mais à une heure du matin et après ce qu’il vient de se passer, j’ai pas mieux en magasin.

Je ne saurais pas tellement définir l’état dans lequel je me trouve. Entre léthargie et dénie. Entre colère et ahurissement. Dire que nous étions bien là, tous les trois, à déconner tranquillement. La discussion avec Maxime m’a donné un coup de fouet au cul, m’a secoué les neurones. J’avais juste besoin de ça.
Sa présence, ses mots. Sa tendresse envers moi.
C’est rare venant d’elle et jamais nous n’avons douté de ses sentiments à nos égards malgré l’absence flagrante de démonstration. Parfois des regards ou la présence suffisent. Mais j’avais besoin de plus, de la sentir proche de moi, de m’accrocher et m’effondrer  l’espace de quelques minutes histoire de recharger les batteries. Je suis humain, pas un foutu robot qui fonctionne à l’énergie solaire. Ça se saurait. Je les porte toujours dans leur décision, j’ai toujours été la boussole du groupe pour les guider vers la bonne direction, pour les tempérer et les garder sur le bon cap.
Mais visiblement, certaines fois mes aiguilles se détraquent et j’ai besoin d’une aide extérieur pour retrouver recentrer mes quatre points cardinaux.

Macy et moi étions entrain d’élaborer un plan pour l’anniversaire de Mateo, Maxime agrémentant le tout d’idées aussi fantasques que possibles. A nous trois, on lui réservait un putain de truc dont il se souviendrait toute sa vie. On avait entendu parler de cette distribution de chocolat, Macy était même partie en chercher deux paquets.
Je ne sais pas par quel miracle nous n’avions pas ingurgité la moitié du paquet elle et moi, surtout quand nous savons à quel point nous pouvons être gourmand, et ce dès que nous les avions en main. Un coup de chance, peut-être que finalement il y a une bonne étoile au-dessus de nos crânes. Ma mère me disait souvent que nous avions tous un ange gardien, que ça soit un proche ou non, et que son but était de faire en sorte que nous accomplissions notre vie du mieux que nous le pouvions.
Alors je n’sais pas si le nôtre était complètement défoncé ou si c’était un ancien alcoolique, mais putain, il a mis un temps fou à revenir de centre de désintox pour enfin s’occuper de nous. Mieux vaut tard que jamais.
Mais visiblement, ceux des onze personnes à l’infirmerie ont décidés de se faire la malle, de prendre des vacances et d’envoyer se faire foutre ce putain de destin qui s’acharne sur cette école.  

Allongé dans le canapé face au feu de cheminée, yeux vers le plafond et bras derrière la tête, je me pose de sérieuses questions.
Est-ce qu’on doit VRAIMENT rester ici ? Est-ce qu’on doit s’acharner à revenir alors que ces enfoirés réussissent même à nous avoir grâce à de malheureux chocolats ? Est-ce qu’on ne serait pas plus en sécurité à l’extérieur ?
Je n’arrive plus très bien à savoir quand je sais que certains se font même choper dans la rue pour se faire éclater de ne pas avoir eu la « chance » d’être né dans une famille de joyeux consanguins.
Je ne trouve pas le sommeil et je n’ai même pas envie de le chercher. J’ai laissé Maxime et Macy dormir ensemble dans leur dortoir non sans avoir passer une majeur partie de la soirée avec elles.
Et après je suis allez le voir.
Le Petit Prince n’a cueillit ni rose, ni fait ami-ami avec un renard. Il a simplement pioché le mauvais chocolat et se trouve plongé dans un coma profond après avoir frôlé la mort.
Joyeuse histoire remasterisée en perspective, pas vrai ?
Je commence à me demander si une malédiction ne me colle pas au cul. Que toutes les personnes que j’approche de trop près, pour qui j’éprouve des sentiments confus, ne sont pas voués à trouver la mort.
Jude, Dean, Spencer, Zachary et Drew.

Quand je revois son visage blafard entouré de ses petites boucles blondes, j’ai le ventre qui se tord. Il aurait pu y passer pour de bon. Cet idiot trop naïf et trop perché dans son univers aurait pu mourir sous la cruauté de ce monde qui n’est pas fait pour lui. Il ne mérite pas ça, toute cette haine, toute cette merde. Ce qu’il mérite c’est retourner chez lui, visiter le reste du monde et créer des films de séries B sans queue ni-tête ou de gros blockbusters qui seront tellement fucked up qu’ils fonctionneront du tonnerre.
Comment est-ce qu’un mec aussi vrai que lui peut se retrouver à être souillé par des ordures pareilles ?
Et Charleen ? Sans déconner, cette gamine est plus gentille que gentille. Une crème, un amour. Et Ismaelle ? Et Kingsley ? Et le reste ? Personne ne méritait ça mais ça nous est tombé sur la gueule.
Et c’est toujours la même chose.
Encore et encore, inlassablement.
Personne n’est mort et putain, heureusement. Merde.
Et si ça Macy ou Maxime avait mangé de ces chocolats ? La peur me crispe l’estomac.

— Hey.

Je baisse les yeux vers mes pieds et je vois Enzo qui s’approche, mains dans les poches. Je n’l’ai pas entendu arriver, ni venir, complètement plongé dans mes réflexions philosophiquement défoncées à deux galions.

— Hep.

Paie ta loquacité.
Je me redresse et balance mes jambes vers le sol pour m’assoir, par réflexe de lui laisser de la place s’il le veut. Oui, je me souviens de cette nuit dans la forêt.
Oui, je me souviens de ce que je lui ai dit, de ce qu’il sait, de la façon dont je l’ai planté sans être méchant pour autant. Mais j’pouvais pas faire autrement, pas à ce moment-là. Mais ce soir, malgré la situation, je suis plus serein. J’ai toujours un peu les boules d’avoir vider mon sac comme ça et surtout de cette façon aussi pathétique mais…  j’y peux rien.
Ou plutôt, je n’y peux plus rien. Et j’devrais m’estimer heureux que ça soit tomber sur lui et pas sur une petite langue de pute.

— T’en avais marre du Bleu ?
— Ouais, j’avais besoin d’une couleur un peu plus chaude que celle qui me rappelle l’ère glaciaire.

Paie ta répartie. Lui comme moi hein, j’vois qu’on est aussi doué l’un que l’autre pour s’aborder ce soir. Un vrai festival de la communication. L’échange aurait pu être « Oh, t’as des chaussettes de différentes couleurs » et « Ouais, j’en avais marre de chercher leur jumelle sous mon pieu » que ça aurait été tout aussi transcendant.

— Pas de malaise, j’dis pas ça pour te mettre dehors.
—T’inquiète, je sais.

J’ai beau essayer, j’y arrive pas. D’avoir de la répartie, d’avoir une touche d’humour, d’avoir même le sourire. Ca fait trop d’un coup ce soir et je crois qu’on est tous dans la même merde avec ça. Je me passe une main dans les cheveux puis lève les yeux vers une grosse pendule.
Ouais bah pour rentrer chez moi, c’est foutu.

— J’me doute que j’dois pas être la personne que t’as le plus envie de voir mais si jamais t’as besoin de compagnie …

Main sur la nuque je me tourne vers lui, surprit.
Je mets un temps fou à réaliser qu’il doit être encore bloqué sur ce qu’il s’est passé la dernière fois et je le comprends. C’est peut-être surprenant mais sa présence ne me dérange pas, c’est même tout l’inverse. Avec ce qu’on a partagé lui et moi… autant être honnête, on est plus à ça près hein.

— T’as raison, peut-être que je préfèrerais parler au grand loup noir de la dernière fois. Au moins j’aurai pas l’air con si je décide de vider mon sac…

Et mon ton n’a rien de méprisant, mieux que ça, je ricane de ma propre connerie. J’aborde le sujet avec une facilité déconcertante mais vaut mieux ça que l’inverse. La discussion avec Maxime m’a aidé à faire le tri et j’ai moi-même digérer la pilule de mon côté. D’autant plus que ça n’est pas de sa faute à lui mais la mienne. Et uniquement la mienne.

— La personne que j’ai le plus envie de voir s’appelle Marie, tu la connais ? Nom de famille : Juanna. Mais je crois qu’elle a sérieusement décidé de me faire la gueule depuis que j’ai fait n’importe quoi avec elle.

Toujours sur le ton de l’humour alors que d’un signe de tête je l’invite à s’assoir à côté de moi.
En réalité, un peu de compagnie ne me ferait pas de mal. Et vu la gueule qu’il tire… Y a des chances pour que ça soit réciproque.
Je le regarde en biais et prend conscience qu’il a perdu quelque chose. Un truc, là, au fond du regard. Perdu pour gagner autre chose derrière. Je n’saurais pas dire quoi mais il a l’air…
Ouais, j’sais pas.

— J’suis désolé pour l’autre fois de t’avoir planté comme ça. Je ne pouvais pas te regarder en face avec tout ce que je t’avais dit, tout ce que je t’avais raconté. Premièrement parce que j’avais honte et que je me suis montré plus pathétique que jamais. Deuxièmement, parce que je ne parle jamais de ça à personne. J’ai pas l’habitude.

Quand je dis personne, je n’exagère rien. Seul le groupe est courant, point. Pas que j’ai honte, pas que ça soit trop douloureux –enfin plus maintenant – mais c’est surtout par pudeur. Et de toute façon j’suis pas le genre de gars a étalé sa vie comme on éventre un lapin.
Idem que les menstruations, j’ai que ça en magasin. Faut pas m’en vouloir.
J’esquisse un sourire avant de lâcher sur un air tout aussi taquin que tout à l’heure.

— Mais je dois dire que ton pelage est très soyeux.
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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Jeu 12 Mai 2016 - 12:54

Il a l'air surpris, chose qui me surprend, cercle vicieux finalement, jusqu'à ce que je me dise qu'il a peut-être simplement tiré un trait là-dessus et que je devrais sans doute en faire autant. Je sais des choses que je ne devrais pas savoir, il s'est passé ce qu'il s'est passé, on va tous les deux faire avec et puis c'est tout. Je crois que j'avais juste besoin de le recroiser histoire de clore le chapitre, tout simplement, et pourquoi pas le faire maintenant ? Je ne sais pas du tout ce qu'il fait là, peut-être qu'il attend quelqu'un mais si c'est le cas j'imagine qu'il me le fera savoir. Ce que je vois c'est qu'il ne me fait pas comprendre de dégager en tout cas, chose que j'aurai fait si ça avait été le cas sachant que mon lit est à quelques étages au-dessus seulement.

« T’as raison, peut-être que je préfèrerais parler au grand loup noir de la dernière fois. Au moins j’aurai pas l’air con si je décide de vider mon sac… »

Il ricane, je baisse les yeux en esquissant un sourire avant de relever le menton pour le regarder à nouveau.

« Désolé, va falloir attendre un mois pour ça. »

Je ne sais pas si on pouvait vraiment parler d'abcès mais s'il en existait un, je crois qu'il vient d'être crevé par cette trace d’humour teinté d’ironie. Pas de mépris, pas d’agression, juste … une forme de communication je dirais. C’est toujours mieux que de parler de la couleur des murs, non ? Ou de la météo.

« La personne que j’ai le plus envie de voir s’appelle Marie, tu la connais ? Nom de famille : Juanna. Mais je crois qu’elle a sérieusement décidé de me faire la gueule depuis que j’ai fait n’importe quoi avec elle. »
« Pour ça non plus j'vais pas te servir à grand-chose là tout de suite. »


Il pratique l'auto-dérision, ça ne m'échappe pas du tout et si je reste pragmatique, ça n'est pas sans sourire. Le pétard ça n'est pas mon truc, ça ne l'a jamais été, mais ça ne m'empêche pas de savoir à qui m'adresser pour en avoir, à commencer par Cameron. Cela étant, vu l'heure, je crois qu'aucun de nous deux n'envisage réellement d'aller réveiller qui que ce soit, et surtout pas pour ça.

Un signe de tête de sa part me fait comprendre que je suis la bienvenue dans son espace vital, d'autant plus qu'il a viré ses jambes du canapé quand je suis arrivé et je l'admets, si j'avais pour ambition d'aller me coucher, je me rends compte que ça me fait plaisir d'être tombé sur lui. Qui plus est, après une journée pareille, avec toutes ces émotions qu'on partage tous de près ou de loin, avec ce qu’il s’est passé il y a à peine trois minutes à l’infirmerie et dont je porte sans doute encore un peu les traces … Je lui ai proposé ma compagnie s'il en ressentait le besoin mais je crois que je ne serais pas contre passer un peu de temps avec quelqu'un moi aussi. Si c'est avec une personne que j'apprécie, que je connais plus ou moins, c'est encore mieux. Avec ce type le contact a toujours été facile, depuis le départ, même si finalement on ne se croise pas si souvent que ça.
Quoi qu'il en soit je contourne l'accoudoir et me laisse tomber à côté de lui dans le canapé. Mes mains restent dans mes poches mais mes pieds vont se poser, croisés, sur la table basse alors que mon regard se braque sur le feu sans réellement le voir. Il ne manque plus que le bruit du ressac ... Et si ma mère était là, y a longtemps que mes pieds auraient dégagé de la table. Cette pensée me fait sourire intérieurement, un soupir tranquille m’échappe.

« J’suis désolé pour l’autre fois de t’avoir planté comme ça. Je ne pouvais pas te regarder en face avec tout ce que je t’avais dit, tout ce que je t’avais raconté. Premièrement parce que j’avais honte et que je me suis montré plus pathétique que jamais. Deuxièmement, parce que je ne parle jamais de ça à personne. J’ai pas l’habitude. »

Lentement je tourne la tête vers lui, il ne me regarde pas vraiment et je peux le comprendre, j’imagine que même actuellement ça ne doit pas être le pied pour lui de remettre ça sur le tapis mais il a l’air relativement serein. Tant mieux.

« J'comprends. Mais sérieusement, t'excuse pas pour ça. »

Oui, je comprends, sincèrement, et ce pour tout un tas de raisons. Est-ce que je compte développer ? Non, pas comme ça en tout cas, pas maintenant. Je pense qu'il avait besoin de me dire ça et j'ai écouté, entendu, maintenant on peut sans doute officiellement passer à autre chose tous les deux même si ça n'effacera pas les faits.

Et c’est quoi ce sourire en coin, là, Jackson ?

« Mais je dois dire que ton pelage est très soyeux. »

Ok, je vois, tu veux glisser sur cette pente-là ? Pas de problème. Je lâche un rire bref, réellement amusé. Qu’il soit sérieux ou non ne change rien, je ne pense pas qu’on soit réellement là pour parler de mon pelage alors j’embraye sans réfléchir, laissant ma répartie se balader comme elle veut tout en me redressant un peu au passage même si le concept d’être affalé là-dedans comme un sac me plait pas mal.

« T'imagine pas les heures de soin pour en arriver à ce résultat. Ma virilité et moi te remercions chaleureusement. »

Vous avez l’image d’un gros – grand – loup noir chez le toiletteur là ? Ou bien simplement du grand gaillard que je suis entre les mains d’un coiffeur pendant des heures pour avoir le meilleur résultat possible. J’ai un truc avec mes cheveux, je ne m’en cacherai pas, mais à ce point-là … Aller, on a tous un p’tit côté précieuse. C’est pas de ma faute si mon capital génétique est plutôt sympa … Et mes chevilles vont bien, merci de poser la question encore une fois, c’est super avenant de votre part. On dit merci Maman et Papa pour avoir refilé à leur rejetons un pelage soyeux, enfin des cheveux je veux dire.
Et puis il y a ce truc qui me traverse la tête alors que je continue de sourire comme un con, imaginant des trucs farfelus dans ma tête tout en fixant le feu sans réellement le voir. Je me lève sans prévenir et reviens une dizaine de seconde plus tard avec un fond de bouteille de rhum et deux verres. Ici, c’est chez moi, et je connais par cœur les habitudes de mes camarades alcooliques. Celle-ci a survécu à la semaine dernière, c’est un miracle. Il n’en reste pas énormément, ça tombe bien, le but n’est pas de se mettre la tête à l’envers, juste de … J’en sais rien, se détendre un peu, décompresser, partager un truc convivial aussi peut-être. Les deux verres sont posés sur la table, rempli à hauteur égale jusqu’à épuisement du liquide dans la bouteille.

« C'est pas de la Marie Jeanne mais ça peut aider à dormir. C'est tout ce que je peux t'offrir en tout cas. »

Juste un verre, au coin du feu, dans le calme le plus total. Je n’insinue pas qu’on a besoin de ça pour aller mieux, juste que ça ne me parait pas si improbable sur l’instant. Je me repose à ma place, le laisse gérer ce qu’il veut faire et attrape mon verre avant de boire une gorgée calmement. Je garde le récipient dans ma main gauche, dézippe mon sweat de la droite et planque cette dernière sur mon ventre, à même la peau, sous mon T-shirt. Geste que je fais régulièrement, dans des moments comme celui-là, entre autres. Je sers de radiateur aux autres, pourquoi est-ce que je ne pourrais pas me servir de radiateur à moi-même au juste ?

« T'as pas eu l'air con tu sais, et si ça peut te rassurer, te consoler, j'ai fait la même avec un chien y a pas si longtemps, jusqu'à ce que je me rende compte que c'était un Animagus … »

Les mots sortent de manière très calme, entrecoupés d’une nouvelle gorgée, alors que mon regard reste braqué sur le feu, toujours sans réellement le voir. Je ne peux néanmoins pas m’empêcher de lever les yeux au ciel, léger sourire en coin, en évoquant ce qu’il s’est passé avec Helland sur le terrain de basket il y a de ça quelques temps. Je suis passé outre, il faut croire. Ça n’a rien d’étonnant en réalité, surtout pas après l’échange qu’on a eu tout à l’heure.

« Et t'étais pas pathétique non plus. »

Dans la définition la plus stricte du mot, peut-être, mais pas dans la vision que j'en ai en tout cas. Des moments comme ça on en vit tous, ça arrive, personne n'est infaillible. Je me doute qu’il n’a pas spécialement envie de revenir là-dessus et je n’épiloguerai pas plus mais … J’avais juste envie qu’il le sache, c’est tout. Tout ce que j’ai vu cette nuit-là c’est un type triste, qui a fait ce qu’il a pu pour en atténuer les effets. Qui pourrait lui reprocher ça ou le juger ? Certainement pas moi.

« Par contre à cause de toi j'ai perdu deux kilos. »

Et le ton redevient moins sérieux.

« D'une parce que tu m'as planté sans me nourrir le matin et d'autre part parce que je me suis fait subtiliser mon diner quand je t'ai ramené à la lisière de la forêt. Par un bien plus gros que moi, qui m'a rapidement fait comprendre que je ne faisais pas le poids en m'envoyant gentiment faire un câlin à un arbre. »

Le pire dans tout ça c’est que ça me fait marrer … Me battre avec une Accromentule me fait marrer, aussi … Pourtant je vous assure que je suis relativement équilibré comme garçon et que mon instinct de survie est bien présent.

« Je sais, c'est difficile à croire qu'on puisse trouver plus impressionnant. Mais il n'était pas aussi beau, ça me sauve. »

Ok, un Chien-a-Cœur, c’est canon. Cela étant je doute que lui ait le pelage soyeux par exemple … Non merci, je n’ai pas envie de sortir. Je suis bien là. Posé.

« Et si tu me dis que ça ne peut pas me faire de mal de perdre deux kilos, j’te préviens, je pleure. »

Et j’me mouche dans ta manche.
Très glamour, je sais.

La tête posée contre le dossier, bien confortable, un nouveau soupir m’échappe. Je ne me sens plus épuisé comme je l’étais tout à l’heure, je me sens … J’en sais rien, sans mettre de côté la gravité générale de la situation actuelle au sein du château, je crois que j’ai simplement appuyé sur pause. Je n’oublie pas les autres pour autant, loin de là, simplement qu’est-ce que je peux y faire ? Me morfondre pour être solidaire ? Partir en croisade contre l’envahisseur ? J’ai plus envie d’être révolté ce soir, cette nuit. Ne m’en voulez pas.

« Je viens de chialer dans les bras d’Helland. »

Je ne sais pas pourquoi je laisse échapper ça, comme ça, de but en blanc. Le ton est totalement neutre, c’est comme … simplement exprimer un fait. Est-ce que j’ai réellement envie d’en parler ? J’en sais trop rien. Ça m’a traversé l’esprit, j’ai pas réfléchi. Ça fait du bien de ne pas réfléchir, de ne pas se poser de question. C’est peut-être le contexte aussi, ce calme, qui me pousse à la confession. J’en sais trop rien. Ça n’a pas tellement d’importance de toute façon. Ça n’est juste en aucun cas parce que j’ai le sentiment de lui devoir quelque chose, pour qu’on soit sur un pied d’égalité après la pleine lune ou quelque chose comme ça. C’est juste … Oui, c’est juste comme ça, pas besoin de chercher plus loin.
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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Jeu 19 Mai 2016 - 15:21

- T'imagine pas les heures de soin pour en arriver à ce résultat. Ma virilité et moi te remercions chaleureusement.

Je lui fais un bref salut de la main, presque théâtral pour accentuer ses mots de remerciement. Si sa virilité est ravie d’apprendre qu’il possède des poils soyeux alors, haut les cœurs !
J’esquisse un sourire, essayant de prendre du recul sur tout ça. Sur ce qu’il sait, sur ce que je lui ai dit, sur ce qu’il s’est passé. Je n’compte pas rester sur cette histoire encore une heure, je tenais juste à m’excuser de ma réaction. J’crois qu’on a de toute façon pas besoin de ça avec ce qu’il vient de se passer. On a tous le cœur lourd et le moral dans les chaussettes, autant essayer de dédramatiser des choses moins graves, histoire de sourire un peu.
Enzo se lève, je suis son mouvement du regard, presque certain qu’il va me dire qu’il part se pieuté. Mais non. Mieux que ça, il revient avec une bouteille et des verres.
Là, tu m’parles. Et en plus de ça, il me sert.
Je n’dis pas que j’ai besoin de me saouler la gueule, mais un petit remontant ne me ferait vraiment pas de mal. Comme à lui je suppose.

- C'est pas de la Marie Jeanne mais ça peut aider à dormir. C'est tout ce que je peux t'offrir en tout cas.
- C’est déjà suffisant pour ce soir. C’est cool, merci.

Je prends mon verre sans demander mon reste et avale déjà une première gorgée que j’accueille avec une légère grimace. Le liquide me brûle le long de l’œsophage jusqu’à mon estomac et j’en ressens un plaisir intense. J’suis pas un alcoolique, j’suis pas accro, ça réchauffe juste le cœur et ça fait du bien. D’oublier un peu, l’espace d’un instant de ce monde de merde qui nous entoure. De cette tragédie qui nous frappe de nouveau. Mon regard glisse vers Enzo qui soulève son tee-shirt pour y mettre sa main.
J’veux pas faire le voyeur mais t’es sacrément bien foutu. Ceci dit, c’est pas comme si je le savais pas hein… Mes mains s’en souviennent encore.

- T'as pas eu l'air con tu sais, et si ça peut te rassurer, te consoler, j'ai fait la même avec un chien y a pas si longtemps, jusqu'à ce que je me rende compte que c'était un Animagus …
- Oh ? Je me tourne vers lui, sourire taquin aux lèvres. Au moins, t’étais pas défoncé toi…

Je ricane en buvant une autre gorgée. J’imagine sa gueule, entrain de vider son sac, de cracher tout ce qui lui pèse tout en pensant qu’il parle à Royal Canin… Jusqu’à ce que, surprise, j’comprends tout ce que tu es entrain de me raconter.
J’trouve ça fascinant les animagus. Moi aussi j’veux pouvoir faire ça. Je me demande de qui il parle mais je ne pose pas la question. Sans vraiment savoir pourquoi. Pourtant, je suis un sacré curieux mais il faut croire que ce soir je suis trop crevé pour y arriver.
Je bois une nouvelle gorgée, fermant les yeux un bref instant.

- Et t'étais pas pathétique non plus.
- C’est gentil.

Gentil d’me dire ça, d’essayer de m’y faire croire même si je n’ai aucun doute sur sa sincérité. Encore une fois, je me dis que j’ai eu une sacré chance de tomber sur lui et pas sur un autre…

- Par contre à cause de toi j'ai perdu deux kilos. D'une parce que tu m'as planté sans me nourrir le matin et d'autre part parce que je me suis fait subtiliser mon diner quand je t'ai ramené à la lisière de la forêt. Par un bien plus gros que moi, qui m'a rapidement fait comprendre que je ne faisais pas le poids en m'envoyant gentiment faire un câlin à un arbre.

Cette fois je me tourne totalement vers lui, une jambe sur le canapé, avec un air un peu ahuris sur la gueule. La première chose qui me choque c’est le fait qu’il mentionne une bestiole plus grosse que lui et la deuxième… Qu’il mentionne une bestiole tout court qui, visiblement, l’a agressé.

- J’veux pas te vexer mais… comment ça plus gros ?
- Je sais, c'est difficile à croire qu'on puisse trouver plus impressionnant. Mais il n'était pas aussi beau, ça me sauve. Et si tu me dis que ça ne peut pas me faire de mal de perdre deux kilos, j’te préviens, je pleure.

C’est dingue la façon dont il me parle de ça. Comme si c’était normal… Justement, tout ça EST normal pour lui. C’est son quotidien. Et en réalité, ce qui me fait le plus bizarre est sûrement le fait qu’il en parle avec autant de simplicité. J’ai tellement l’habitude que Maxime n’en dise rien, qu’elle esquive le sujet, qu’elle ne le mentionne JAMAIS, que de voir Enzo en parler comme ça… c’est assez étrange. Ils n’ont absolument pas la même manière de voir leur lycanthropie même si je comprends que Maxime ait du mal à l’assumer après ce qu’il lui ait arrivé.

- Non, t’en fais pas pour ça t’es très bien constitué. T’as tout ce qu’il faut, là où il faut.

Tsss. C’mieux que ça ouais. Le mec a des abdos en béton, une belle gueule, un regard de chat et en plus de ça, il est baraqué et mesure bien un bon mètre quatre-vingt-dix. Et à côté t’as moi, 1m75, un peu musclé mais sans que mes muscles ne soient soulignés. Faut pas rêver, c’est pas pour rien que Macy et Maxime me surnomme la brioche… J’ai rien d’une carrure Hollywoodienne alors autant dire que physiquement, j’rivalise absolument pas avec lui.

- Mais désolé pour ton repas... Promis, j'me rattraperais. Qui sait, si un jour on a des vacances, peut-être que j'pourrais me racheter en t'invitant dans un restaurant spécialisés dans les bons gros morceaux de viandes.

Ce n'est pas une parole en l'air. Quand j'y pense, ça pourrait être sympa.
Je bois une autre gorgée, puis une deuxième, appréciant l’effet presque immédiat que l’alcool me procure. La fatigue et la tristesse, ça aide.

- Je viens de chialer dans les bras d’Helland.

Nouveau regard ahuris, proche d’avoir l’air débile avec mes yeux ronds comme des soucoupes. Enzo ? Chialer dans les bras d’Helland ?

- Attends, on parle bien du même Helland là ? L’Ere glaciaire ? L’Iceberg ?

Le mec sans émotion, froid comme la pierre avec une droiture proche du balai dans le fion ? J’ai du mal à y croire… mais alors à les imaginer. Putain. Un tableau ultra bizarre que de voir Enzo dans les bras d’Helland dans un élan et un câlin affectif. J’me fou pas de lui hein, juste que je suis un peu sur le cul pour être honnête.

- Woaw… Alors là, si on m’avait dit ça un jour.

Notez que la première chose que je remarque n’est pas le fait qu’il ait pleuré, mais dans les bras de QUI il la fait.
Merci de ton égoïsme William. Bravo.
C’est pas contre lui, j’suis juste à deux à l’heure et j’réagis un peu dans le désordre, il ne faut pas m’en vouloir. Je prends deux nouvelles gorgées avant de reporter mon attention sur lui, toujours assit de travers sur le canapé, tourné vers Enzo.

- Sérieusement, c’est bien LE mec que je croyais dénuer de sentiments. Le genre de type qui, quand il hausse les sourcils, tu te fais pipi dessus parce que tu sais qu’il va te défoncer avec la puissance de son regard de glace.

Je parle en agitant une main, comme si je racontais une espèce de légende à la con. Ça me fait sourire, j’évite de penser à Drew à l’infirmerie, de penser à tous ceux qui y sont. J’évite de penser tout court à vrai dire. La seule chose qui me rassure c’est de savoir Macy et Maxime entrain de dormir profondément dans le même pieu.
Je reprends ma concentration en balayant mes conneries d’un geste de la main.

- Désolé. J’suis con. Je me passe une main dans les cheveux en y foutant le bordel, posant mon regard sur Enzo. Pourquoi tu pleurais ? C’est un peu direct, désolé. T’es pas obligé de répondre.

De toute façon, au point où nous en sommes…
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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Jeu 19 Mai 2016 - 23:03

Non, je n'étais pas défoncé, c'est vrai mais justement est ce que ça n'est pas pire ? Toi t'avais une excuse, moi pas. Enfin, c'est comme ça, je suis passé au dessus de ce truc maintenant et … Ouais, Helland connait une partie de ma vie, et alors ? J'ai confiance en ce type, c'est un fait établi en ce qui me concerne et de toute façon rester bloqué là dessus ne changera rien aux faits. Alors j'accepte. J'accepte comme Will a l'air d'accepter ce qu'il a fait dans la Forêt il y a deux jours. Ça va devenir une habitude de passer nos nuits ensemble visiblement.
Et non, t'en fais pas, je ne me vexerai pas même si tu me traites de gros indirectement … En même temps, j'ignore combien je pèse sous forme animale mais je me rapproche à mon avis des 200kg alors … Enfin ça n'empêche pas qu'effectivement il y a plus gros et ça m'amuse de le voir aussi surpris. Il a l'air d'un gamin impressionné, quelque chose dans ce genre là, comme si on lui racontait un truc dément sur les dinosaures ou je sais pas. Ça me fait sourire et dans tout ça j'en oublie de lui dire qu'il s'agissait d'un Chien-A-Coeur. Peut-être aussi parce que certains de ses mots me « bousculent » un peu. Je m'y suis habitué, c'est pas la première fois qu'il s'amuse à me mettre mal à l'aise même si cette fois c'est … Tu viens de me proposer un rencard là ou c'est moi ? Je plaisante, ça va. Ouais, peu importe. Hors propos. Et je crois que c'est là que j'ai lâché ma bombe. Réaction ? Elle est immédiate. Et encore une fois ça me fait sourire, ça me fait même rire alors que je bois une nouvelle gorgée en le regardant par dessus mon verre, la tête tournée vers lui.

« Attends, on parle bien du même Helland là ? L’Ere glaciaire ? L’Iceberg ? »
« Lui même. Mais garde ça pour toi s'il te plait. J'pense pas qu'il ait envie que ça s'ébruite ou j'sais pas. Et moi non plus soit dit en passant. »


Vague grimace. Alors quoi, tu veux préserver une réputation de gros dur Enzo Ryans ? Tu parles ...

« Woaw… Alors là, si on m’avait dit ça un jour. »

M'en parle pas, rien qu'en y repensant je me demande si c'est réellement arrivé en fait. Est-ce que j'ai rêvé ?

« Sérieusement, c’est bien LE mec que je croyais dénuer de sentiments. Le genre de type qui, quand il hausse les sourcils, tu te fais pipi dessus parce que tu sais qu’il va te défoncer avec la puissance de son regard de glace. »
« C'est un peu ça ouais. »


J'écrase un rire réellement amusé devant une telle image qui, je trouve, colle très bien avec l'impression qu'on peut se faire du personnage. C'est vrai qu'aux premiers abords il fait pas franchement avenant et que t'as juste envie de te tasser sur toi même jusqu'à disparaître histoire qu'il oublie ton existence. Il est impressionnant, c'est plutôt clair, mais …

« Mais … Je pense sincèrement que c'est un mec bien, peu importe ce qu'il dégage. »

… depuis quelques temps c'est une autre image de lui que j'ai. Si je me suis braqué la fois où j'ai vidé mon sac alors qu'il était sous sa forme animale, j'ai commencé à le voir autrement quand il est intervenu pour nous séparer Derek et moi. Avec ce qu'il s'est passé tout à l'heure, c'est plutôt clair, je ne vois plus ce type comme un Iceberg. Je dis pas qu'il est devenu les Tropiques non plus, faut pas déconner, mais je me comprends. Et non je ne dirais pas ce que je sais sur lui, que ça concerne l'Animagie ou Ismaelle. Mes lèvres sont scellées.

« Désolé. J’suis con. »

J'arque un sourcil, ne comprenant pas tellement pourquoi il s'insulte comme ça. Pourquoi tant de haine envers toi même ?

« Pourquoi tu pleurais ? C’est un peu direct, désolé. T’es pas obligé de répondre. »

Ah … ça.

« Non t'inquiète. Ça me paraissait juste bizarrement plus simple de balancer ça y a trois secondes. »

Je ne suis pas ceux qui n'ont aucun problème à se montrer … disons fragiles, dans une position de « faiblesse » alors admettre comme ça que j'ai pleuré et en plus devoir développer c'est plus si facile que ça en avait l'air. Personne ne m'oblige à le faire, à développer je veux dire, et surtout pas lui, mais j'en sais rien … C'est comme si je ressentais le besoin de vider mon sac à mon tour, comme il l'a fait l'autre nuit. Et sans trop savoir pourquoi je sais au fond de moi qu'il ne me jugera pas, que je peux y aller sans problème. Alors je me lance, sans trop réfléchir, et ça commence par me pencher en avant et relever le bas de mon jean jusqu'à mi-molet pour lui montrer la cicatrice qui orne ma peau : Le marquage de Taylor. Une trace qui signifie autant la vie que la mort. Quelque chose qui ne disparaitra jamais.

« La nuit où j'ai récolté ça, j'ai perdu mes parents. On a eu un accident et si j'ai survécu je ne le dois qu'à la Morsure. Eux n'ont pas eu cette chance malheureusement. »

C'est factuel. Pas de trémolos dans ma voix, il y a longtemps que j'ai fait mon deuil et que parler de ça n'est plus aussi difficile que ça pu l'être. Je ne cherche pas la pitié, j'ai juste un chemin tout tracé dans mes explications. Je rabaisse mon jean et me repose contre le dossier, non sans boire une gorgée au passage, les yeux un peu perdu dans le feu avant de me racler la gorge et de reprendre, jetant parfois un regard en coin vers lui.

« Suite à ça, Derek – mon frère – et moi avons été vivre chez nos Grand-Parents et puis au bout de quelques mois ils nous ont envoyé chez la sœur de notre mère, à Londres. J'avais 15 ans, j'étais mal dans ma peau, déraciné, j'en voulais à la terre entière résultat j'étais désagréable voir méchant avec tout le monde. Enfin bref, un véritable rayon de soleil quoi. »

Un rire bref m'échappe, je n'ai aucun mal à revoir le sale gamin que j'étais à l'époque. Habillé en noir des pieds à la tête, perdu dans des vêtements bien trop larges, la capuche en permanence sur la tête et le regard noir pour dissuader tous ceux qui osaient envisager ne serait-ce que faire un pas vers moi. Depuis j'ai pris 15 centimètres … et pas mal de bonne humeur. Enfin bref, parti sur ma lancé je continue, me tournant un peu vers lui, un genou plié sur le canapé pour être plus à l'aise. Effet miroir par rapport à lui, en fait.

« J'acceptais pas la mort de mes parents, encore moins en sachant que mon frère se comportait comme un véritable connard en me laissant penser qu'il me tenait responsable de ça. J'acceptai pas non plus d'être devenu un monstre et la cohabitation était très compliquée, conflictuelle. Elle l'a été pendant un moment, je dirais environ un an avant que ça commence à aller un peu mieux mais ça a pris du temps, et de l'énergie. Comme tout le reste en fait. J'acceptai pas d'avoir perdu tous mes repères et qu'on m'ait arraché à mon chez moi. A cause de tout ça j'acceptai personne dans ma bulle, les seuls à qui je parlais sans être absolument ignoble c'était les animaux. Évidemment ils me répondaient pas, tu t'en doutes bien. »

Nouveau rire bref, plein d'auto-dérision, c'est que ça me rendrait presque nostalgique même si je ne regrette pas du tout cette période là. Être en paix avec soi-même et avec … beaucoup de choses, c'est quand même un poil plus reposant pour vivre.

« Et puis y a eu Isma. »

Voilà où je voulais en venir. Oui, tout ça pour ça, et alors ? Moi aussi j'ai envie et besoin d'ouvrir les vannes parfois. Ceux que ça dérangent ne sont pas obligé de m'écouter – ou de lire, pour les yeux qui traineraient par là.

« Je sais pas pourquoi, peut-être parce que j'étais souvent fourré au terrain de SACM, mais elle ... »

Je garde mon verre dans une main mais l'autre ressort de sous mon T-shirt alors qu'un sourire tranquille et probablement plein … de tendresse peut-être, je ne saurais trop dire, étire mes lèvres sur le côté. J'agite un peu mon bras en parlant, allant visuellement de Will à la cheminée sans réellement la voir pour revenir sur lui, etc … Oui, je raconte ma vie, ça m'arrive de temps en temps, faut pas m'en vouloir.

« En fait elle s'est comportée avec moi comme tu le ferais pour apprivoiser un animal sauvage, tu vois ? Elle a pris le temps, elle a eu une patience en or alors que franchement … J'te jure, à sa place, j'me serais donné des claques je crois. Elle a respecté mon espace vital tout en s'approchant un peu plus à chaque fois et j'ai fini par l'accepter. Ça été la première personne avec qui j'ai créé des liens ici. Elle est réellement spéciale pour moi. Je me suis énormément attaché à elle, un psy te dirait surement que j'ai probablement fait un transfert mais je m'en fous, je tiens à elle et c'est tout ce qui m'importe. C'est pas juste une Prof pour moi, c'est ... C'est Isma, c'est tout. Je cherche pas une mère de substitution mais … Disons juste qu'elle a une place importante et primordiale dans mon existence. »

Comme tous les gens que j'y ai laissé entrer, chacun à leur manière. Un jour je partirai d'ici, et j'espère que ça ne sera pas les deux pieds devant, alors nos chemins se sépareront surement mais pour l'instant ça n'est pas le cas. Elle est là, je suis là, et même si je suis parfaitement capable de rester à ma place, quand on est juste tous les deux je m'accorde un peu plus de liberté. Et je sais que c'est réciproque même si je ne saurais pas expliquer pourquoi. Pourquoi moi et pas un autre ? Elle a de l'affection pour d'autres élèves, je le sais, mais … C'est différent. Je le sens, dans le fond de mes tripes, c'est comme ça. Il y a des choses qui rapprochent, ça tient peut-être de ça aussi. J'ai pas envie d'analyser ça, c'est comme ça, c'est naturel, et c'est tout.

« Elle m'a beaucoup aidé, elle a toujours été là pour moi y compris dans les moments les plus difficiles et tout à l'heure quand j'ai compris qu'elle était à l'infirmerie ça m'a ... »

Je bloque, un peu, fronce les sourcils, reste la bouche entrouverte quelques secondes alors que cette boule que j'avais dans la gorge pendant des heures revient se caler dans mon œsophage. C'est moins puissant, évidement, c'est plutôt comme … des réminiscences, présentes mais vagues. Pourtant l'émotion, elle, est bien là. Elle me fait baisser la tête et lâcher un profond soupir.

« J'ai eu la trouille, ça m'a complètement pété à la gueule. Je sais qu'on a tous eu l'occasion de crever cinquante fois ici, ou vous à Salem – et j'suis sincèrement désolé de ce qui s'est passé dans votre école, désolé aussi que certains ici ne vous aient pas vraiment très bien accueilli – mais c'est la première fois que j'ai vraiment imaginé qu'elle puisse disparaître. Et ça m'a foutu un gros coup au moral. »

Salem … Parfois j'ai honte, je culpabilise un peu de m'en sentir si détaché mais ça n'a rien de volontaire. Je n'étais pas là quand ils ont débarqué, j'étais en vacances entrain de passer du bon temps … Idem pour l'attaque du 25 décembre qui a eu lieu ici et ensuite … J'ai disparu de la circulation pendant un mois alors quand je suis revenu ici, c'était rentré dans les mœurs et … Disons que j'ai passé un peu de temps à retomber sur mes pattes.
Quant à Ismaelle, je pense que je n'ai pas besoin de le dire, mais la perdre elle … J'ai vraiment pas envie de revivre des sensations proches de celles que j'ai pu vivre il y a trois ans et même si tout ça parait très égoïste et égocentrique annoncé comme ça, je m'inquiète bien évidemment pour elle. Elle a vécu des choses difficiles, elle nous a toujours protégé, j'exagérais pas quand je disais qu'elle m'a sauvé la vie et je suis certain que je ne suis pas le seul dans ce cas là. Je le pensais quand je disais que cette femme est un Ange, parfois je me dis qu'elle devrait partir d'ici sans se retourner et prendre ce droit qu'elle a : Celui d'être heureuse. Seulement elle ne le fera pas, jamais, pas tant qu'on sera en danger. Je crois que tout le monde en a conscience.

« J'étais là, à tourner en rond dans mon lit, bouffé par l'angoisse, ça me rendait dingue. Alors j'me suis levé et j'ai été à l'infirmerie, pour la voir. J'avais juste besoin … Tu sais … D'être rassuré, de la voir respirer et qu'on me dise que tout va bien, qu'elle va s'en sortir. J'avais pas osé y remettre les pieds après avoir déposé Kim là-bas en fin d'après-midi, j'étais trop ... Bref. Helland était là et c'est ce qu'il a fait, il m'a dit qu'elle était tirée d'affaire, qu'ils l'étaient tous, et … J'ai craqué, nerveusement j'pense. Oui c'est ça, les nerfs qui lâchent, etc ... »

Haussement d'épaules. Je regarde le liquide dans mon verre qui fait des cercles alors que je tourne de récipient entre mes doigts dans un geste surement un peu nerveux. Je ne me sens pas super à l'aise, c'est u fait, j'aime pas me montrer fragile comme ça. Y a peu de gens devant qui je me permets ça et je ne sais pas vraiment ce que je pense du fait de rajouter un nom sur la liste. De toute façon c'est trop tard … et putain mais tu vas les fermer ces vannes garçon ?! Oui.

« Excuse moi, j'suis désolé de te balancer tout ça. Tu dois déjà avoir suffisamment à faire avec tes états d'âmes en plus de ça. »

A nouveau je me racle la gorge, un peu gêné c'est plutôt clair, me redresse légèrement dans le canapé sans pour autant en bouger et bois une nouvelle gorgée comme si ça pouvait faire passer cette sensation désagréable qui me colle à la peau. J'ai envie de disparaître, je crois que me faire aspirer entre deux coussins me conviendrais là, maintenant, tout de suite.

« Enfin bref, c'était pas non plus un gros câlin mais … ça fait du bien. »

C'était un peu étrange, c'est plutôt clair, mais sur le moment je ne pensais à rien d'autre qu'a elle et je crois que lui aussi. Quoi qu'il en soit, oui, ça fait du bien. Ça fait du bien de sentir une présence, ça fait du bien d'être réconforté parce que même si j'ai peut-être souvent l'air de ne pas en avoir besoin, en tout cas aux yeux de ceux qui ne me connaissent pas comme certains peuvent me connaitre, ça n'est pas le cas. Je suis fais comme tout le monde, j'ai simplement ma pudeur moi aussi.
Nouveau soupir, je repose ma tête contre le dossier et ferme les yeux quelques secondes. Juste … une pause, le temps de retrouver ma capacité à faire un peu d'humour histoire de détendre mon atmosphère et la sienne par la même occasion. Pendant quelques temps je n'ose pas vraiment le regarder, je l'écoute parler mais j'ai toujours été comme ça, à avoir besoin de temps pour tout un tas de trucs, parfois totalement stupides. On m'a longtemps pris pour une grosse brute parce que c'est l'image de moi que je voulais donner, pour me protéger du monde extérieur, des autres. Je ne pense pas que ce soit encore vraiment le cas aujourd'hui et je m'en tape mais le fait que je suis sensible, je l'ai toujours été et je doute que ça change un jour.

Combien de temps ça dure ?
Je n'en sais rien.

Tout ce que je sais c'est que je n'avais pas prévu ce qu'il s'est passé ensuite. Je ne sais pas d'où c'est venu mais quand j'ai tourné la tête vers lui, il s'est passé un truc. Il a posé sa main sur mon épaule, sans doute par compassion, soutien, quelque chose comme ça ? J'ai un peu perdu le fil. En tout cas j'ai suivi son geste du regard avec une lenteur démesurée – c'est en tout cas l'impression que j'ai eu – et c'est comme si une décharge d'électricité se baladait dans mes veines. J'ai relevé la tête, croisé son regard puis j'ai vu mon bras droit se soulever jusqu'à ce que ma main se pose sur la sienne, celle sur mon épaule. Ça n'est pas un geste tendre, juste … J'en sais rien. J'ai pas envie que tu l'enlèves, c'est tout. Normalement c'est le moment que tu choisis pour te barrer, parce que tu sens qu'un truc pas clair se trame, sauf que j'en suis incapable. J'en ai pas envie, tout simplement. Et j'arrive pas à me défaire de ce truc, ça me prend les tripes, ça fait accélérer mon myocarde et ma respiration alors que mes yeux restent braqués dans les siens. Elles sont bien là, les petites voix dans ma tête, mais elles ne sont pas seules et c'est là tout le problème. Y a tout un tas de flash avec elles … Des trucs que le corps n'a pas oublié lui, des trucs qui sont passés à la trappe mais qui se réveillent maintenant, sans prévenir. Ça fait presque un mois qu'on ne m'a pas touché, presque un mois que je n'ai touché personne et si ça m'a effleuré l'esprit dimanche matin l'espace de quelques secondes j'ai mis ça sur le dos de la Pleine Lune, comme pour Effy la veille. Mais là, comme ça, non. Et je me connais suffisamment pour savoir que le claquage au cerveau est proche sauf que je ne l'écoute pas, tout se passe en l'espace de quelques secondes. Mon verre c'est cul sec que je le termine et le repose sur la table dans un geste loin d'être tranquille. L'instant d'après mes doigts de la main droite s'enroulent autour de sa nuque et je le regarde, droit dans les yeux, juste l'espace d'une centième de seconde, avant de prendre ses lèvres de manière relativement virulente.

Et tout explose.

J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure, des sensations familières envahissent tout mon corps, ma température augmente significativement et les voix dans ma tête ne se taisent pas. Pourtant j'ai pas envie d'arrêter, même si c'est mal, pour lui, pour moi, pour … d'autres. J'ai pas envie de m'arrêter, j'ai juste envie de plonger à corps perdu là dedans, comme si ma conscience avait foutu le camp, secouée par trop d'émotions en peu de temps. Est ce que j'ai vraiment envie de me chercher des excuses ? Des raisons, éventuellement. Peut-être. Je sais que ce que je suis entrain de faire est mal mais il y a peut-être encore une chance pour qu'il ne rentre pas dans mon jeu après tout, non ? Oui, d'un côté je compte là dessus, de l'autre mon corps a juste envie de hurler, envie de sentir ses mains, comme la dernière fois, et sans m'en rendre compte mes doigts glissent de sa nuque jusqu'à son ventre pour se faufiler sous le tissus et remonter se poser fermement sur sa taille comme pour le rapprocher de moi alors que mon autre main serre vivement le dossier du canapé juste à côté de sa tête. A aucun moment je ne lâche ses lèvres, je déconnecte, accentue le contact même. Je ne sais pas de quoi c'est parti, ce qui a déclenché ça, et je m'en fous. Sur l'instant je m'en fous de tout, y a plus rien qui existe si ce n'est ce désir, cette pulsion, ce besoin primaire qui fait s'éteindre toutes mes connexions les unes après les autres.

T'as pas le droit de faire ça …
Je sais.

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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Jeu 26 Mai 2016 - 10:41

- Non t'inquiète. Ça me paraissait juste bizarrement plus simple de balancer ça y a trois secondes.
- J’comprends ouais.

Ça me rappelle bon nombre de discussion qui me paraissait très simple, jusqu’à ce que je doive donner des explications et m’épancher sur le sujet. Je n’suis pas d’un naturel très ouvert sur ma vie privée mais il faut croire que ça s’apprend selon les personnes que l’on fréquente.
Je le regarde remonter son jean pour me montrer son mollet où j’y vois une cicatrice arrondie.

- La nuit où j'ai récolté ça, j'ai perdu mes parents. On a eu un accident et si j'ai survécu je ne le dois qu'à la Morsure. Eux n'ont pas eu cette chance malheureusement.

C’est un peu comme une claque dans la gueule. Il me lâche ça avec un naturel qui me mettrait presque mal à l’aise ou, à contrario et égoïstement, me soulagerais presque de voir qu’il le vit « bien ». Ou qu’il arrive à vivre avec cette idée d’avoir perdu ses parents. Je n’dis pas que je n’aurai pas voulu avoir à le réconforter juste que c’est toujours délicat et compliqué d’essayer de bien faire dans cette situation.
Et j’m’attendais pas à ce genre de révélation. C’est pas comme si c’était écrit en gros sur sa gueule.

- Suite à ça, Derek – mon frère – et moi avons été vivre chez nos Grand-Parents et puis au bout de quelques mois ils nous ont envoyé chez la sœur de notre mère, à Londres. J'avais 15 ans, j'étais mal dans ma peau, déraciné, j'en voulais à la terre entière résultat j'étais désagréable voir méchant avec tout le monde. Enfin bref, un véritable rayon de soleil quoi.
- J’ai déjà connu un rayon de soleil de ce genre là, ouais…

Maxime a eu une grosse et longue période – qui dure toujours, c’est vrai – où seul le danger et l’interdit réussissait à lui foutres des étoiles dans les yeux. La déchéance est la seule chose qui anime son cœur et son corps et après on s’demande pourquoi je m’inquiète pour elle.
Je l’écoute attentivement, ne manquant pas de boire quelques gorgées d’alcool, et constate que comme nous, il n’a pas eu la vie toute rose. Loin de là. J’admets avoir un peu de mal à comprendre quel est le lien avec Helland mais je patiente en silence.

- J'acceptais pas la mort de mes parents, encore moins en sachant que mon frère se comportait comme un véritable connard en me laissant penser qu'il me tenait responsable de ça. J'acceptai pas non plus d'être devenu un monstre et la cohabitation était très compliquée, conflictuelle.

Dingue comme ces mots me donnent une impression de déjà vu…

- Elle l'a été pendant un moment, je dirais environ un an avant que ça commence à aller un peu mieux mais ça a pris du temps, et de l'énergie. Comme tout le reste en fait. J'acceptai pas d'avoir perdu tous mes repères et qu'on m'ait arraché à mon chez moi. A cause de tout ça j'acceptai personne dans ma bulle, les seuls à qui je parlais sans être absolument ignoble c'était les animaux. Évidemment ils me répondaient pas, tu t'en doutes bien. Et puis y a eu Isma.

Isma ? Je fronce les sourcils, un peu perdu dans ce qu’il me raconte parce que j’ai l’impression que c’est une information importante que j’aurai du capter juste en entendant ce mot « Isma ». Pourtant, rien me vient et je reste stoïque… et un peu con aussi.

- Je sais pas pourquoi, peut-être parce que j'étais souvent fourré au terrain de SACM, mais elle ...

La lumière se fait enfin à tous les étages et je percute qu’il me parle tout simplement de Mlle Stoneheaven, notre prof de SACM. Je n’comprends pas comment ça s’fait que j’ai pu mettre autant de temps avant de percuter mais je commence à reprendre le fil de la conversation de manière plus lucide et plus compréhensible. Je ne le pensais pas aussi proche d’elle mais d’un côté, je n’en suis presque pas étonné. Elle fait partie des professeurs qui vous donne envie d’étudier, d’être sympa avec elle et de lui filer un coup de main. Je n’sais pas, elle a un truc.
Et deuxième chose, je me rappelle qu’elle aussi a été touchée par les chocolats… Quand je capte le regard bourré de tendre d’Enzo, je commence moi-même à remettre les pièces du puzzle dans l’ordre.

- En fait elle s'est comportée avec moi comme tu le ferais pour apprivoiser un animal sauvage, tu vois ? Elle a pris le temps, elle a eu une patience en or alors que franchement … J'te jure, à sa place, j'me serais donné des claques je crois. Elle a respecté mon espace vital tout en s'approchant un peu plus à chaque fois et j'ai fini par l'accepter. Ça été la première personne avec qui j'ai créé des liens ici. Elle est réellement spéciale pour moi. Je me suis énormément attaché à elle, un psy te dirait surement que j'ai probablement fait un transfert mais je m'en fous, je tiens à elle et c'est tout ce qui m'importe. C'est pas juste une Prof pour moi, c'est ... C'est Isma, c'est tout. Je cherche pas une mère de substitution mais … Disons juste qu'elle a une place importante et primordiale dans mon existence. Elle m'a beaucoup aidé, elle a toujours été là pour moi y compris dans les moments les plus difficiles et tout à l'heure quand j'ai compris qu'elle était à l'infirmerie ça m'a ...

Je commence à comprendre ce qu’il essaie de me dire et ça me fait tristement sourire. Pas parce qu’il me dit qu’elle est devenue aussi importante pour lui – et effectivement, j’ai tout de suite eu le réfléxe de me dire qu’elle était comme une mère de substitution pour lui, mais c’est un détail – mais parce qu’elle se trouve désormais à l’infirmerie et qu’il a la trouille. Et je l’admets, ça m’fou mal pour lui. Le fait que Drew y soit me fiche déjà un coup mais j’ose imaginer ce que ça doit être pour lui. Ses parents sont déjà morts, son frère s’est tiré d’ici et son mec aussi… pas sûr que de voir en plus Ismaelle avoir frôlé la mort ne soit nécessaire à tout ça. Et puis, comment pouvons-vous avoir envie de faire du mal à une personne pareille ? Comme à Charleen et à tous les autres ?
Ca me fout en boule.
Nouvelle gorgée, je ne l’interromps pas. Tout ça lui fait du bien et si j’peux l’aider en l’écoutant, alors je le ferais.

- J'ai eu la trouille, ça m'a complètement pété à la gueule. Je sais qu'on a tous eu l'occasion de crever cinquante fois ici, ou vous à Salem – et j'suis sincèrement désolé de ce qui s'est passé dans votre école, désolé aussi que certains ici ne vous aient pas vraiment très bien accueilli – mais c'est la première fois que j'ai vraiment imaginé qu'elle puisse disparaître. Et ça m'a foutu un gros coup au moral.
- T’inquiète, on a tous vécu notre propre enfer. Que ça soit ici ou là-bas. J’esquisse l’ombre d’un sourire en haussant les épaules avant de reprendre. Mais je comprends ce que tu ressens, vraiment.

Parce que quand Jude est mort, je ne m’étais pas une seule fois imaginé que ça puisse arriver. Pas maintenant, pas de cette façon. Même chose pour Dean et Spencer.
J’espère sincèrement pour lui et comme pour tout le monde, qu’elle se remettra vite. Je ne sais pas par quel miracle nous avons pu éviter la mort cette fois-ci mais… bordel. On a eu chaud, c’était moins une. On en a tous conscience et c’est bien parce que nous sommes tous crevé que nous n’arrivons pas à ressentir cette colère qui devrait nous révolter.

- J'étais là, à tourner en rond dans mon lit, bouffé par l'angoisse, ça me rendait dingue. Alors j'me suis levé et j'ai été à l'infirmerie, pour la voir. J'avais juste besoin … Tu sais … D'être rassuré, de la voir respirer et qu'on me dise que tout va bien, qu'elle va s'en sortir. J'avais pas osé y remettre les pieds après avoir déposé Kim là-bas en fin d'après-midi, j'étais trop ... Bref. Helland était là et c'est ce qu'il a fait, il m'a dit qu'elle était tirée d'affaire, qu'ils l'étaient tous, et … J'ai craqué, nerveusement j'pense. Oui c'est ça, les nerfs qui lâchent, etc ...

Encore une fois, ses mots résonnent en écho chez moi et je comprends la façon dont il a pu vivre ça et dont il le vit encore maintenant. Je le regarde après avoir bu ma dernière gorgée d’alcool et mes yeux glissent de ses épaules imposantes à son visage un peu crispé, un peu tendu. Il en a bavé, sérieusement. Pour savoir ce qu’est la mort, je peux dire sans problème qu’il a eu de la chance d’être entouré et d’avoir les épaules suffisamment solides pour réussir à avancer malgré tout ça. Mais qui est à l’abri d’un craquage ? Suffit de me regarder pour savoir que ça peut nous péter à la gueule à tout moment et il n’y a rien de mal à ça, c’est complètement normal et naturel.
C’est humain.

- Excuse moi, j'suis désolé de te balancer tout ça. Tu dois déjà avoir suffisamment à faire avec tes états d'âmes en plus de ça. Enfin bref, c'était pas non plus un gros câlin mais … ça fait du bien.

Je suis toujours de biais sur le canapé, face à lui, épaule appuyée contre le dossier. Je balaie ses mots d’un geste de la main après avoir déposé mon verre sur la petite table basse.

- T’excuse pas pour ça, tu m’as bien écouté l’autre soir alors pourquoi j’le ferais pas ? Bon ok, du peu que j’me souviens je t’ai pas laissé le choix parce que j’étais affreusement collant et relou mais bref. Si ça peut te faire du bien d’évacuer, te gêne pas. Ca n’me dérange pas.

Je suis honnête, si j’peux aider en l’écoutant alors pourquoi pas ? Et il est lui-même ouvert à la discussion, je sais que si j’ouvrais moi-même les vannes, il m’écouterait sans broncher. C’est ce qui est le plus important, non ? Surtout dans ces moments comme ceux-là où on se trouve être mort de fatigue et lassé par toutes ces conneries de tentative de meurtre.

- Mais c’est bien, tu viens de me redonner espoir en Helland… Finalement, il est capable de ressentir des émotions. Je lâche un ricanement amusé avant de me rapprocher doucement vers lui, posant ma main sur son épaule. J’suis certain qu’elle va aller mieux… J’te le souhaite en tout cas. J’aime bien Ismaelle. C’est vraiment une chouette personne et…

Sa main se pose sur la mienne et ça me fiche une drôle de sensation dans le creux du bide. Je suis surpris par le geste mais je ne retire pas ma main de son épaule, pas quand une chaleur incandescente se propage tout le long de mon bras, pas quand je croise ce regard étincelant, presque carnassier.
Mes sens s’affolent quand ses doigts s’enroulent sur ma nuque… Mon cerveau se prend 2000 volt dans la gueule.

Ses lèvres s’accaparent les miennes avec une sauvagerie qui me rappelle brutalement cette nuit où je me suis trompé de lui et où je me suis clairement laissé porter par ses mains, parce qu’il présageait de me faire. On peut dire que je suis un passionné et que clairement, j’aime les bonnes choses de la vie, d’une existence. Surtout lorsque cette dernière c’est chargé de vous payer au prix fort ce droit de vivre.
Je ne cherche même pas à résister, s’est affligeant, presque honteux. Mais en cette seconde, le cerveau se met en off, par instinct de survie, par besoin. Par nécessité de se reposer et de se reposer seulement sur les instincts primaires et physiques qu’est le désir. Et le désir, je l’ai en plein dans le ventre qui explose en un feu d’artifice de souvenir.
Cette nuit où il a été décisionnaire, où il m’a fait espérer un tas de chose sans même s’en rendre compte qui, avec l’alcool, devenait presque nécessaire, me reviennent en pleine gueule et m’enflamme de la tête aux pieds. Mes lèvres s’entrouvrent pour chercher le contacte de sa langue et une agréable douleur se propage dans mes tripes alors que ses doigts se glissent sur la peau de mon ventre. Je perds le contrôle, ne cherche même pas à réfléchir alors que mes mains agrippement brutalement sa nuque. Enzo, lui, me rapproche fermement de lui par la hanche et je réponds à ce geste.
Mieux encore, je lui en donne plus.
Finit les chocolats empoisonnés, les parents décédés, Ismaelle, Drew et tout le reste.

Je le pousse par les épaules sur le dossier du canapé et me pose à califourchon sur ses genoux, mes lèvres dévorant toujours les siennes avec ferveur, affamé au possible d’en vouloir plus, d’accentuer ses gestes quasi-sauvage.
Mes mains glissent directement sous son haut pour toucher sa peau, l’effleurer, la sentir sous mes doigts fiévreux alors que mes lèvres se dirigent dans le creux de son cou que je dévore sans ménagement. Peut-être est-ce l’alcool, la fatigue et la lassitude des derniers jours, je n’en sais rien, mais je perds contrôle de tout et je ne me prive pas de laisser libre court au désir furieux qui tambourine entre mes côtes et dans le bas de mon ventre. La fièvre grimpe aussitôt et j’en demande plus. Plus vite. Quelque chose de vivant où l’on ne se pose pas de question, on l’on ne réfléchit pas et où nous laissons parler la bestialité de l’instant.
Je reviens à ses lèvres que je goûte lascivement, appuyant suffisamment mes gestes pour lui faire perdre la raison parce que c’est ce dont j’ai envie. Qu’il se perde et qu’il en soit dingue.

Mes mains se plaquent sur ses hanches et j’appuie outrageusement mon bassin sur le sien avant de glisser mes doigts jusqu’au bouton de son jean. A aucun moment je ne me dis que nous sommes en pleine salle commune et que n’importe qui peut débarquer.
Le bouton se défait avec légèreté, mes soupires se mue en un léger gémissement alors que je commence à glisser mes doigts vers le bas de son ventre, dangereusement, prête à passer la barrière du tissu sans aucune pudeur ni retenue.

Ma raison claque comme un fouet dans l’air et je m’arrête brutalement dès lors que le visage de Kyle me saute à la gueule. Mais aussi celui de Drew.
L’un n’est pas là, à l’autre bout du monde peut-être et est le petit ami de celui que je suis prêt à dévorer sur le champ.
L’autre est sur un lit d’hôpital, n’est pas mon petit ami mais, n’est pas qu’un pote non plus. Et la culpabilité me vole toutes raisons de vouloir m’abandonner à Enzo.

Je m’écarte brutalement de ses lèvres, de son corps entier, trébuche même en reculant pour retoucher le sol, manquant de me casser la gueule au passage. J’ai le haut en bordel, le jean j’en parle même pas – et ce, pour de multiple raison… -, les cheveux en pagaille et le feu aux veines. Et pas QUE aux veines.
Souffle court, je me passe une main dans les cheveux et m’écarte de plusieurs pas, une main devant moi.

- J’suis désolé. Je reprends mon souffle, je lutte pour ne pas lui sauter dessus et lui faire sa fête, je l’avoue. Mais J’peux pas faire ça. On peut pas, j’sais pas. C’est pas que j’en ai pas envie, pas la peine de te faire un dessin mais…

Je claque ma langue contre mon palais en signe de frustration et de protestation. C’est pas comme si c’était la deuxième fois que ça nous arrivait, pas comme si c’était le deuxième élan de conscience qui nous bousillait tout ce frétillement violent qui me donne des envies furieuses.
Peut-être que le pire dans tout ça est de savoir que je n’peux pas quitter cette putain de tour et que la pièce me parait soudainement trop étroite pour nous deux.
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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Ven 27 Mai 2016 - 18:18

Pas de résistance. Pas de rejet. C’est même tout le contraire et dire que je n’en ressens pas de la satisfaction serait mentir honteusement. Honteux, oui, c’est bien le mot. Honteux de voir à quel point l’escalade du désir se fait rapidement, furieusement, et réciproquement. C’est comme si j’avais enlevé la goupille sur une grenade, sans la lancer, alors c’est sur moi qu’elle explose. Et elle le fait littéralement … C’était égoïste de ma part d’attendre de la sienne qu’il gère la situation à ma place, qu’il me dise que non, ça n’est pas bien, que je fais n’importe quoi et j’en ai parfaitement conscience malgré mon esprit qui se détache de tout au fur et à mesure que les secondes passent et que le contact s’intensifie. J’ai glissé sur une pente de chaleur et d’envie en l’entrainant avec moi dans ma chute … Il n’a même pas essayé de se débattre.
Ça aurait pu être n’importe qui d’autre mais c’est pas le cas. C’est lui, parce qu’il était là, parce que malgré tout mes mains connaissent déjà ce corps en partie même si elles pensaient en toucher un autre. La vérité c’est que non, je me connais, ça n’aurait pas pu être n’importe qui. La fatigue, la lassitude, ce besoin de débrancher qu’on partage tous, oui ça a pesé dans la balance mais autant voir les choses en face … C’est la première véritable fois où je me montre aussi entreprenant et décisionnaire avec un autre que … Stop, ferme la, ne pense pas. Débranche. En cet instant c’est lui que je veux, pas un autre, pas une autre, même si je ne pense à rien, à personne, juste à l’instant présent et à ce qu’il me rend. C’est sans détour, sans aucune trace d’hésitation. Il sait ce qu’il fait, il sait ce qu’il veut, on en est au même stade. Alors je me laisse faire quand il me repousse contre le dossier du canapé et vient se poser sur moi, sans jamais quitter ses lèvres, pas quand il rentre dans mon « jeu » de cette façon.

Lâcher prise.
Par nécessité, par envie.
Débrancher.
Se laisser aller.

Mes mains glissent sur ses cuisses, remontent jusque sur ses hanches et s’y callent toujours avec cette fermeté dont je ne me défais pas. Ça n’arrivera pas, je le sais, c’est comme ça que je suis, c’est comme ça que je le veux. Un soupir m’échappe tant bien que mal, ses mains glissent sur ma peau là sous mon T-shirt et ça m’enflamme d’un cran au-dessus. Touche moi, enlève moi ce tissus que je ne supporte plus. Nouveau soupir. Ses lèvres quittent les miennes et prennent la direction de mon cou, je penche légèrement la tête sur le côté instantanément tandis que mes doigts remontent se poser autour de sa nuque, dans ses cheveux, quand les autres effleurent la peau de son dos et descendent se poser un peu plus bas. Je me sens partir, j’oublie tout, rien n’a d’importance si ce n’est ces vagues de plaisirs qui commencent à me rendre complètement dingue. Dans trois secondes il se retrouve sans son pull, sans son T-shirt, et je l’allonge sur ce putain de canapé pour lui enlever le reste et le dévorer.
Ouais, tu crois vraiment ? J’en suis plus aussi certain quand il plaque ses mains sur mes hanches de cette manière, vraiment plus. Encore moins quand il me fait des promesses non formulées en détachant le bouton de mon jean comme ça, m’embrassant à nouveau, baiser que je lui rends sans hésiter, avec virulence, toujours. Ça n’a rien de tendre, vraiment pas, et c’est comme que ça que ça va se passer. Fais ce que tu veux, fais-le maintenant. J’en peux plus de le sentir comme ça contre moi, et quand je l’entends gémir c’est encore pire. Ça me fait complètement perdre la tête, ça réveille l’Animal en moi mais aussi l’Homme. Le contact physique, charnel, ce type d’échanges … j’en suis accro et ne m’en suis jamais caché. L'abstinence ... Oui, ça créé des tensions et je ne ferais de dessin à personne, mais ça, là, comme ça … Et si quelqu’un se pointe ? Cette pensée ne m’effleure absolument pas l’esprit. Ni celle-là, ni aucune autre. Non, tout ce à quoi je pense ce sont ses mains, sa bouche, son corps, et cette envie bestiale de le posséder totalement. Dépêche-toi … J’en suis là, laissant échapper un soupir d’envie, mon bassin réclament le sien en se plaquant contre lui à son tour et si mes mains n’étaient pas déjà occupées ailleurs, l’une d’entre elle se serait probablement posée sur la sienne, pour l’encourager à continuer ce qu’elle entreprend. Ce qu’il entreprend.

Do you feel my heat
On your skin
Take off your clothes
Blow out the fire

Imany

Explosions successives de chaleur, le corps réagit au quart de tour, l'esprit se laisse porter ... Puis plus rien. C’est brutal, comme se prendre un mur à pleine vitesse avant tomber dans un lac complètement gelé. Ça en ferait presque mal et je suis quasiment certain d’avoir cherché à le retenir. Cette putain de prise de conscience, croyez-moi, je l’appréhende parce que je sais, je me doute, qu’elle va me tomber sur le coin de la gueule tôt ou tard.

« J’suis désolé. »

Je ferme les yeux, referme mon jean et retire nerveusement, brutalement, mon sweat que je ne supporte plus. J’étouffe, littéralement, coincé dans toute cette chaleur, coincé dans mon propre corps et tous ces ressentis.

« Mais J’peux pas faire ça. On peut pas, j’sais pas. C’est pas que j’en ai pas envie, pas la peine de te faire un dessin mais… »

Non, c’est pas la peine, effectivement. Est-ce que je suis amer ? Un peu, je ne le cacherai pas. Ça n’est pas contre lui, en aucun cas évidemment, mais plutôt contre la situation sans sa globalité et tout ce que je ressens en cet instant. De la culpabilité ? Le pire dans tout ça c’est que ça n’est pas ce qui prend le plus de place. J’imagine que ça viendra plus tard, ça se saurait si je n’étais pas du genre à me prendre la tête puissance maximale après tout. T’as trop de trucs dans le crane … ouais, c’est ça. Voilà ce qui se passe quand c’est plus le cas. Ce qui prend le plus de place actuellement c’est la frustration, clairement, une espèce de mécontentement que j’essaie de planquer derrière un visage fermé alors que je scrute le vide droit devant moi sans bouger. Non, ça ne me plait pas, ça ne me plait pas de plus le sentir là contre moi, ça ne me plait pas qu’il se soit éloigné comme ça. Je le sais, l’Animal en moi s’exprime à l’heure actuelle et non, il n’est pas content. Ça passera, je le sais, je dois juste lui laisser le temps de se calmer, me laisser à moi aussi le temps de me calmer et ça passe par cette … ce semblant d’absence pendant lequel je ne lui accorde aucun regard. Tout simplement parce que je ne me fais pas confiance en cet instant et qu’un seul coup d’œil dans sa direction pourrait, peut-être, tout changer.
Main dans les cheveux, penché en avant désormais, coude sur les genoux et tête baissée, le pied droit qui claque frénétiquement sur le sol, les yeux toujours clos, je cherche juste à retomber sur terre, à reprendre mon souffle, retrouver mes esprits. Je sais pas où je suis, je comprends plus rien, pourtant les évidences commence à affluer les unes après les autres dans ma tête, violemment. Mon rythme cardiaque ralentis, je retrouve une respiration normale, disons moins rapide, me racle la gorge et fini par me lever pour contourner le canapé et faire quelques pas dans la direction opposée. Dos à lui, je m’arrête au bout de quelques mètres, les mains dans les cheveux une seconde, puis sur la nuque où l’une d’elle reste accrochée tandis que l’autre se pose sur ma hanche.

Inspiration, blocage, expiration.

Mes bras retombent le long de mon corps et je me retourne pour lui faire face. C’est plus fort que moi, j’arrive pas à m’empêcher de le regarder des pieds à la tête. Il est en vrac, du haut jusqu’en bas, je dois l’être aussi. Et quand je dis en vrac, ça n’est pas seulement physiquement. Je baisse la tête une seconde puis relève juste le regard dans sa direction pour le confronter. Loin de moi l’idée de laisser ça comme ça. Avec quelqu’un d’autre, je me serais peut-être barré sans rien dire, mais j’ai trop de respect pour ce type.

« Un partout, balle au centre ? »

Vague sourire. Non, j’essaie pas de minimiser ce qui vient de se passer, juste … de dédramatiser un peu la situation même si c’est fait un peu maladroitement. Je ne considère pas ça comme un jeu. Et mes mains retrouvent leur écrin de tissus.

« J’vais les garder dans mes poches hein. »

Grimace de dérision, regard sur le côté puis je lève les yeux au ciel. Tentative d’humour, je crois. Je pense que c’est plus … Je sais pas, c’est comme ça, c’est tout. Je fais ce que je peux. Et putain on doit tellement avoir l’air con chacun à notre bout de la pièce comme ça. Je crois pas que ça ait le moindre intérêt en cet instant, pour lui comme pour moi. Nouveau soupir, je me pose contre la table derrière moi et croise les pieds dans une posture faussement décontractée. C’est le mieux que je puisse faire.

« T’as pas à t’excuser, c’est pas toi qu’a déconné. »

La dernière fois non plus ceci-dit, sauf si on tient compte du fait que tu t’aies pointé dans mon lit, sauf que t’as pas fait exprès. Et que t’étais totalement bourré. Ce soir, ok, je suis sans doute un peu fragilisé, on l’est tous, et oui j’ai eu besoin de réconfort, oui ça m’a complètement fait perdre pied de me sentir vibrer entre les mains de quelqu’un, mais c’est pas avec ce que j’ai bu que je me planquerai derrière cette excuse-là.

« C’est plutôt à moi de m’excuser, j’aurai … pas dû faire ça, c’était franchement pas classe, voir pas tellement, pas du tout en fait, respectueux. Que ce soit vis-à-vis de toi ou … Bref, j’devrais même te remercier. »

Ou de qui ? De ton p’tit ami ? Du sien – ou peu importe ce qu’il représente – qui est actuellement étendu sur un lit d’infirmerie après avoir frôlé la mort ? Non, franchement, y a pas à dire, la grande classe. Je pouvais bien me permettre de faire la morale à Doryan, j’me rends compte que je ne vaux pas mieux que lui et … J’aime pas trop ce constat. Ça vaut bien le coup de sortir de belles paroles, de se clamer fidèle … Putain mais il n’est pas parti depuis un mois et qu’est-ce que je fais ? Je saute sur un autre sans hésiter une seule seconde. Il se serait passé quoi s’il ne m’avait pas mis un stop, hein ? Est-ce que je me serais arrêté de moi-même ? Je crois que je n’aurai jamais la réponse à cette question et non je ne vais pas retenter le coup histoire de vérifier.

« Okay. »

Mes mains ressortent de mes poches, elles vont se plaquer sur mon visage que je frotte un peu comme si j’essayais de me réveiller ou un truc comme ça puis à nouveau je laisse retomber mes bras. Mes doigts s’accrochent à la table contre laquelle je suis posé. Légère poussée sur les bras, je m'y assoie finalement, me racle à nouveau la gorge et reprends avec un calme auquel je ne m’attendais pas. Je pensais … que je paniquerai, que la culpabilité me ferait perdre les pédales et pourtant … Rien. Je fais face à ce que je viens faire, à ce qui vient de se passer, en l’assumant, presque posément. Je dis pas, ça viendra peut-être plus tard. Surement.

« J’vais être honnête avec toi, je t’apprécie, t’es un gars bien du peu que j’te connais et sincèrement le peu de temps que j’ai pu passer avec toi j’ai toujours trouvé ça cool … même quand t’étais collant et relou … »

Ce qui n’était pas vraiment le cas en réalité mais c’est lui qui l’a dit. J’écoutais pas vraiment à ce moment-là mais je l’ai entendu. Et c’est encore un vague sourire que j’esquisse mais ça ne dure pas longtemps.

« Alors ça me ferait chier qu’on soit plus capables de se regarder dans les yeux à cause de ça. »

Ça. Ça, quoi ? Ça putain, c’est tout !

« Mais évidemment tu m’dois rien. »

Et puis surtout, est ce que j’en serais capable de mon côté ? Vaste débat. Et maintenant, on fait quoi ? J’en sais foutrement rien. Il est plus ou moins coincé là alors …

« J’sais pas si tu comptes bouger ou rester là, mais j’peux te descendre une couverture si tu veux. »

Pour dormir, te construire une cabane, t’en feras c’que tu veux. Et moi j’vais … j’sais pas. Je l’avoue, une part de moi à bien envie de foutre le camp d’ici, de me barrer mais pas en prenant la direction du dortoir parce qu’un truc me bloque clairement à ce niveau-là même si l’idée de prendre une douche froide ne me parait pas aberrante. Non, instinctivement j’aurai plutôt tendance à vouloir faire demi-tour, à sortir d’ici, pour rejoindre probablement la pièce où on a installé un sac de frappe avec Cameron et Mateo, et me défouler jusqu’à m’écrouler d’épuisement. Mon impulsivité peut encore frapper et me faire débloquer, de sorte qu’effectivement je me casse d’ici mais ma conscience est bien présente, je ne crois pas qu’elle compte se barrer de si tôt et elle me fait clairement comprendre que non, je ne dois pas quitter la Salle Commune parce que c’est interdit et que les Gardiens ont autre chose à foutre ce soir que de courir après des éléments récalcitrants. Sois un gentil garçon Enzo, respecte les règles. Dans ce cas je fais quoi ? Je reste là à le regarder dans le blanc des yeux ? Si j’avais pas joué au con on n’en serait pas là, pourtant je sens bien au fond de moi que je ne regrette pas, que je ne considère pas ça comme une erreur tout simplement parce que j’en ai eu envie, que j’ai pas menti ni triché. C’est comme ça, c’est tout, on n’y peut rien. Heureusement il a eu le déclic à ma place et nous a empêché d’aller plus loin parce que … J’ai pas envie de trahir qui que ce soit, mais j’peux pas le nier, ça me met face à des trucs auxquels je vais sans doute devoir penser. En attendant, ouais, je vais garder mes mains dans mes poches, ça m’évitera peut-être de les laisser glisser là où elles n’ont pas le droit d’aller. Rester là tous les deux et reprendre où on en était avant que ça dérape, continuer à discuter comme s'il ne s'était rien passé ? C'est pas spécialement une option que je mets de côté, je sais juste pas si c'est envisageable ... De mon côté comme du sien.
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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Lun 6 Juin 2016 - 10:59

J’ai le feu au corps, au cœur, j’ai cruellement envie de me jeter sur lui pour lui arracher ces foutus vêtements et goûter la saveur de sa peau comme l’autre fois, même si je ne savais pas que c’était lui. Mais là, la tension est telle que je n’ai pas envie de réfléchir mais seulement de me laisser porter par le désir primaire que j’éprouve pour lui.
Pourtant, faut croire qu’il me reste une raison et surtout, un moreau de responsabilité, là, quelque part, qui m’évitera de faire une connerie qui poussera Enzo à tromper son mec. J’admets ne pas toujours avoir de morale à ce sujet mais là, c’est différent. Je respecte ce mec et j’veux pas le pousser à la faute.

La tension palpite dans la pièce, je crève de chaud et j’me sens d’un coup mal à l’aise malgré ces pulsassions dans mon bas ventre. Il ne me regarde même pas, penché en avant, mains dans les cheveux, je n’sais pas par quel miracle je ne lui saute pas dessus pour lui faire oublier ce que je viens de lui dire.
Je me mors l’intérieur de la lèvre, ne bronche pas et ose espérer une quelconque réaction. Un mot, un regard, j’sais pas mais quelque chose.

Enzo se lève, je ne bouge pas et je m’en voudrais presque d’avoir eu ce furtif espoir à ce qu’il se jette sur moi pour me faire taire. Il contourne le canapé, établit une distance entre nous deux alors que mon corps entier hurle de le rejoindre, de connaitre cette violence particulière qui n’appartient qu’au désir impulsif.
On respire Will’, on respire. Tu ne feras rien de compromettant, rien qui pourrait vous foutre dans la merde tous les deux.

- Un partout, balle au centre ?

Je lève un sourcil, étonné. J’suis pas sûr de tout bien comprendre… Jusqu’à ce que la lumière se fasse à tous les étages.
Désolé, tu m’as court-circuité, il me faut du temps pour réparer la panne.

- J’vais les garder dans mes poches hein.

HAHAHAH.
Le fait pas, vraiment. J’suis certain qu’elles seront mieux dans les miennes.

- Vaut mieux avant que cette pièce ne devienne le lieu de tous les péchés.

Et quels péchés. Putain.
Douche froide, ça serait pas mal. Quelque chose de glacé dans le caleçon histoire de te couper toute envie qui traine encore dans chaque particule de mon corps et de cette pièce. J’esquisse un sourire, essayant de paraitre à mon tour décontracté. Ça peut l’faire, on l’a déjà fait une fois, pourquoi pas deux ?
Chaque geste qu’il fait prête à l’envie, à des idées franchement pas catholiques qui germent les unes après les autres pour se répandre comme de la mauvaise herbe. Moi, je ne bouge pas. Reste stoïque et je ne cherche même pas à me rhabiller.

- T’as pas à t’excuser, c’est pas toi qu’a déconné.
- Oui bon, j’t’ai pas franchement repousser non plus hein.

L’honnêteté est l’une de mes qualités et je n’ai aucune langue de bois en cet instant. Il faut être franc, à aucun moment je n’ai voulu le jeter, le repousser, pire j’en voulais plus dans l’immédiat. Et si j’ai fini par arrêter tout ça, ça n’est pas pour moi mais pour sa propre conscience à lui. J’sais que c’est un grand garçon, merci, mais j’ai pas envie qu’il se coltine des regrets sur le dos et que lui aussi, me voit comme une erreur. Même si je suis parfaitement conscient qu’Enzo est bien plus honnête envers lui-même que Zachary.
Et puis il y a Drew.
Voilà, le simple fait de l’imaginer sur son lit à l’infirmerie suffit à descendre ma température de 20 degrés, m’étouffant sous la culpabilité. Ça craint merde.

- C’est plutôt à moi de m’excuser, j’aurai … pas dû faire ça, c’était franchement pas classe, voir pas tellement, pas du tout en fait, respectueux. Que ce soit vis-à-vis de toi ou … Bref, j’devrais même te remercier.
- Ah tu crois ? Rire un peu nerveux. C’est bon, y a pas de mal. Ca arrive à tout le monde de dérapé. On est tous sous pression.

Mettons ça sur quelque chose de pardonnable, de rationnel. Ça aide à avaler les couleuvres sans avoir trop mal. C’est le propre de l’humain d’essayer de se chercher des excuses même si je sens au fond de mes tripes quelque chose de différent, que ça va bien au-delà du fait qu’on est tous crevé et qu’on a tous besoin de décrocher. Et honnêtement, j’préfère pas y penser. Pas là, pas tout de suite, pas comme ça.
Et je prends conscience que je n’ai pas bougé d’un iota. Je me décide enfin à reculer , croisant mes bras sur la poitrine pour les décroiser aussitôt et glisser mes mains dans les poches arrières de mon froc, complètement en bordel.

- Okay. J’vais être honnête avec toi, je t’apprécie, t’es un gars bien du peu que j’te connais et sincèrement le peu de temps que j’ai pu passer avec toi j’ai toujours trouvé ça cool … même quand t’étais collant et relou… Alors ça me ferait chier qu’on soit plus capables de se regarder dans les yeux à cause de ça. Mais évidemment tu m’dois rien.

J’acquiesce un peu pensif, réfléchissant à ce qu’il est entrain de me dire et j’me dis que moi aussi ça m’emmerderait qu’on arrête de se parler à cause de ce qu’il vient de se passer. Sachant que nous sommes visiblement d’accord sur le fait que ça ne devrait pas se reproduire et que ça n’arrivera pas, parce que nous sommes juste dans une situation qui fait que… ça devrait le faire, non ? Je ne suis pas le genre de type qui est rancunier ou qui s’arrêter ce sur « genre de détail », disons que ça m’emmerdera de devoir faire en sorte de ne plus lui parler.

- J’sais pas si tu comptes bouger ou rester là, mais j’peux te descendre une couverture si tu veux.
- Fais gaffe, tu deviens romantique vieux.

Je lance ça sur le ton de la blague alors que je m’ébouriffe les cheveux, sourire aux lèvres. Restons sur la continuité des mecs décontractés, à l’aise dans leur caleçon et pas du tout à l’étroit et en phase avec eux-mêmes. Je pense que c’est le meilleur que nous puissions faire de toute façon, le temps que ça passe et après tout redeviendra comme avant. Tout roulera comme sur des roulettes. Y a pas de raison pour que le contraire arrive.
Pourquoi est-ce que ça m’angoisse tellement ? La fatigue sûrement, surtout que je ne vois pas tout ça comme un drame… mais peut-être que ce soir la culpabilité y est pour beaucoup.

- T’as raison, ça serait con qu’on arrête de se parler à cause de ce qu’il vient de se passer. Je hausse les épaules, me décontracte et redeviens un peu plus serein. J’t’aime bien, t’es cool comme mec et même si tu parles beaucoup, c’est top de passer du temps avec toi.

Encore une fois, je le charrie. Il peut parler toute la nuit s’il le veut, c’est pas moi que ça gênera. J’ai suivi l’entrainement ultime du bavardage avec Macy, je suis blindé maintenant.

- Mais je ne passerais pas non plus les prochains jours en niant ce qu’il vient de se passer et en faisant comme si de rien n’était. Je ne dis pas que je le crierais sur tous les toits, c’est pas mon intention. Juste que c’est arrivé et que même si c’est pas classe, je ne le regrette pas forcément. J’écarte les bras comme pour embrasser la situation avec. Avec tout ce qu’il se passe, je ne vais pas me reprocher d’avoir eu des envies humaines. J’te l’ai dit, on est tous crevé, à bout de nerfs… on avait peut-être juste besoin d’un peu d’humanité.

Parce que ces connards se chargent de nous montrer l’autre côté du tableau, l’envers du décor, histoire de nous péter toutes illusions de bonheur à coup de hache. Je laisse retomber mes bras le long du corps pour finir par me passer les mains sur le visage, soudainement fatigué.

- En temps normal j’aurai rejoint ma tour malgré le couvre-feu mais j’crois pas que ça soit une bonne idée. Je n’ai pas envie d’emmerder les gardiens, ils ont autre chose à foutre que de s’occuper de petits merdeux comme moi qui ne veulent pas suivre le règlement. Je ricane et me laisse tomber comme un cachalot sur le canapé. J’vais dormir ici et pas besoin de couverture, t’en fais pas, le feu va me tenir chaud pour la nuit.

A défaut à que ce soit toi.
Et même si ça aussi, ça n’est pas très classe, je m’en excuse.
Je passe une main derrière ma tête et commence à fermer les yeux, sourire en coin.

- En tout cas, merci pour ton hospitalité. Mon sourire s’élargit. Bonne nuit la peluche.

C’est un compliment, sois en certain. J’essaie de prendre tout ça avec légèreté, de ne pas en faire un drame, ni une trop grosse histoire compliquée.
Et j’suis tellement crevé que je sens déjà les brumes de Morphée m’engloutir peu à peu, sans être certain d’entendre Enzo partir dans son dortoir. La seule chose que j’espère maintenant, c’est de ne pas laisser placer aux cauchemars chocolatés et empoisonnés.

▬ FIN POUR MOI ▬
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MessageSujet: Re: T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William   Lun 6 Juin 2016 - 13:42

Je vous jure qu’il y a des fois où j’échangerai bien ma peau de Loup pour celle d’un humain pur et simple. J’adore être ce que je suis, j’ai appris à m’y faire, à vivre avec et à l’apprécier même si ça n’est pas toujours évident au quotidien, même si j’en ai bavé avant d’en arriver à cette cohabitation presque harmonieuse. Le problème c’est qu’avec des sens plus développés qu’un humain lambda, des sens d’animal donc qui perçoivent des choses que l’humain ne perçoit pas, ça peut vite devenir plus compliqué à gérer. Les émotions ont une odeur, comme une marque, quelque chose qui émane du corps et se répand dans l’atmosphère. Cette pièce en est inondée, certaines émanent de moi, certes, mais d’autres s’échappent de son organisme et putain, c’est chimique cette connerie, y a des choses contre lesquelles on peut difficilement luter. Je ne rejette pas la faute sur Loup, sur mes perceptions, parce que je sais très bien que c’est l’humain qui a déclenché tout ça. Non, je dis juste que … ça n’arrange pas les choses et que j’ai du mal à détacher mes yeux de lui. D’un autre côté je ne cherche absolument pas à le faire parce que regarder une personne dans les yeux quand on lui parle, c’est simplement la moindre des choses. Et on en est tous les deux capables en cet instant. Y compris quand il me parle de pêchés et que ça réchauffe un peu trop la température dans mes veines. Je pense sincèrement avoir j’ai eu la bonne impulsion en m’éloignant comme je l’ai fait … même si mon corps lui n’est pas totalement d’accord avec cette vision des choses. Et mes doigts ne sont pas du tout en train de s’accrocher à la table de façon un peu trop intense pour être naturelle et réellement décontractée.

Ok. Stop.
On respire et on fait abstraction.
Tout va bien.

« Fais gaffe, tu deviens romantique vieux. »
« Ah la ferme. »


Si j’avais eu un truc dans la main, il aurait volé dans sa direction. Pas de méprise, ça n’est pas parce que je le prends mal, au contraire ça me fait sourire, ça me fait même rire. Et ça détend. Ça … concentre sur autre chose et ça aide à faire retomber la tension.

« T’as raison, ça serait con qu’on arrête de se parler à cause de ce qu’il vient de se passer. J’t’aime bien, t’es cool comme mec et même si tu parles beaucoup, c’est top de passer du temps avec toi. »

Et bim. Encore une attaque personnelle ? Je retiens. Avec le sourire, toujours, et mes muscles qui se détendent en écho.

« Oui enfin ça c’est uniquement quand tu me laisses en placer une mais évidemment t’en profite pour te lâcher quand je peux techniquement pas rétorquer alors forcément … »

Et c’est le moment où on se fait un calinou parce que tout va bien dans le monde des bisounours ? Ouais … Je crois pas que ça soit une bonne idée. Je plaisante, tout ce que je vois c’est que … Oui, y a toujours une part de … ce truc que j’arrive pas tellement à déterminer, qui m’envoie encore des signaux, mais dans l’ensemble je suis plutôt rassuré de voir qu’on a l’air de prendre les choses de la même manière, qu’on est … sur la même longueur d’onde, si je peux dire ça comme ça.

« Mais je ne passerais pas non plus les prochains jours en niant ce qu’il vient de se passer et en faisant comme si de rien n’était. Je ne dis pas que je le crierais sur tous les toits, c’est pas mon intention. Juste que c’est arrivé et que même si c’est pas classe, je ne le regrette pas forcément. »

Si j’avais le sourire jusqu’ici, je retrouve un air un peu plus grave, fronçant sans doute malgré moi les sourcils, et acquiesce à ce qu’il vient de dire. Je ne suis pas tellement certain de comprendre où il veut en venir, ce que ça exprime réellement de son côté mais … J’ai pas l’impression que ça aille à l’encontre de ce que moi j’envisage quoi qu’il arrive. A aucun moment je n’ai eu l’intention de nier ce qu’il s’est passé. Pour le reste …

« Avec tout ce qu’il se passe, je ne vais pas me reprocher d’avoir eu des envies humaines. J’te l’ai dit, on est tous crevé, à bout de nerfs… on avait peut-être juste besoin d’un peu d’humanité. »
« Peut-être, oui. »


Si t’avais l’air convaincu, ça fonctionnerait peut-être un peu mieux garçon … Oui, je me parle à moi-même, et alors ? Mais il a raison, c'est ... On est tous épuisés, à fleur de peau. Dans ces moments là on ... Bref, peu importe.

« Pas de problème. C’était pas mon intention non plus. »

Qu’il en parle à qui il veut, les faits sont là et je ne lui demanderai pas de garder ça pour lui ni de faire comme s’il ne s’était rien passé. Bien évidemment j’ai pas tellement envie que ça tourne dans tous le château mais ça n’est pas parce que j’ai honte, que je regrette, etc … Non, c’est plutôt parce que d’une part c’est de l’ordre du privée et que personne n’a besoin de savoir ce qui s’est passé, ça nous regarde tous les deux, et d’autre part … Si ça doit arriver jusqu’à Kyle, d’une manière ou d’une autre, j’aime autant qu’il l’apprenne par moi. Je pourrais formuler le fait que moi non plus je ne regrette pas forcément, je devrais le faire, pour lui, parce qu’une part de moi en a envie tout simplement, mais je m’abstiens parce que … Non, j’ai pas encore suffisamment confiance en moi pour ça, et pas confiance en lui non plus même si visiblement il a plus de maitrise que moi à ce sujet-là. Pour être tout à fait honnête, j’ai peur que le fait de prononcer juste ces quelques mots réenclenche ce qu’on a du mal à éteindre, tout simplement. Parce que j’en suis encore un peu trop au stade où l’avoir là devant moi me donne envie de franchir cette distance qu’on s’est imposés pour reprendre où on s’est arrêtés il y a seulement quelques minutes. Parce que mes mains ont un peu trop envie d’aller se glisser sous ses vêtements pour les lui enlever. Et parce que la culpabilité, les autres, le reste … Non, toujours pas. Pas autant que ça devrait l’être en tout cas. Ça serait tellement simple, de débrancher, de tout oublier l’espace d’un moment, de se laisser aller … Parce que j’en ai envie, j’ai envie de lui, ça m’a sauté à la gueule comme une évidence et même si le sentiment s’estompe un peu, j’ai encore des flash qui se baladent devant mes yeux pourtant bien ouverts. Ma raison est bien présente, et heureusement, elle a fini par se réveiller quand même et me pousse à rester tranquille, à me calmer, prendre de profondes inspirations en essayant de chasser tout ça pour redevenir un gentil garçon fidèle qui se tient à carreau. C'était juste un instant, juste une pulsion, ça arrive. Maintenant on passe à autre chose et demain on aura tout oublié ou disons que ça sera rangé dans un coin comme une anecdote dont on se servira peut-être pour se charrier de temps en temps. Allez savoir.

« En temps normal j’aurai rejoint ma tour malgré le couvre-feu mais j’crois pas que ça soit une bonne idée. Je n’ai pas envie d’emmerder les gardiens, ils ont autre chose à foutre que de s’occuper de petits merdeux comme moi qui ne veulent pas suivre le règlement. »

Pas de mots, juste un signe de tête. Lui, il disparait de mon champ de vision quand il s’écroule sur le canapé … et dire que l’idée de le rejoindre ne m’a pas traversé l’esprit l’espace d’une seconde serait mentir mais ça n’est pas la question.

« J’vais dormir ici et pas besoin de couverture, t’en fais pas, le feu va me tenir chaud pour la nuit. »

Cette fois c’est un semblant de rire nerveux qui m’échappent, quelque chose … de presque sarcastique alors que je regarde sur le côté sans rien chercher de particulier. Je m’ébouriffe les cheveux et redescends de mon perchoir, sans trop savoir quoi faire de moi même si la chose la plus cohérente à faire serait simplement de grimper les marches et d’aller me coucher. Tout simplement.

« En tout cas, merci pour ton hospitalité. »

Même si je ne te vois plus, pourquoi j’ai la vague impression que tu vas pas t’arrêter là et que t’es entrain de sourire comme un type qui se prépare à balancer une connerie ?

« Bonne nuit la peluche. »

Qu’est-ce que je disais ? J’ai déjà fait quelques pas, je baisse la tête en lâchant un rire bref, amusé, en la secouant avant de la relever pour regarder le plafond. Mes mains se glissent dans mes poches à nouveau, j’hésite, une seconde, et me file une claque mentale pour me remettre dans le droit chemin avant de prendre le risque de le quitter. Le droit chemin, pas lui. La peluche … Et mon sweat traine toujours sur le canapé … Tant pis, je le récupèrerai demain, ça n’a pas d’importance.

« A toi aussi. »

Direction l’escalier, je monte les marches sans me retourner, l’esprit encore un peu ailleurs quand j’entre en silence dans le dortoir. Pas besoin de lumière, je sais très bien ou se trouve mon pieu et les sens du Loup me permettent de voir à peu près dans le noir … Pourtant je ne m’écroule pas sur mon lit, pas tout de suite. Hésitation, encore ? Non, c’est autre chose, et un sourire étire mes lèvres avant que je ne me tourne vers l’armoire, l’ouvre, en sors une couverture et ressors de là toujours en silence. Je descends les marches tranquillement, relativement confiant et sur de moi par rapport à tout un tas de choses, et une fois sur la dernière marche, je me contente simplement de balancer la couverture dans sa direction, couverture qui atterri lourdement sur lui.

« J’te préviens, si tu me traites encore une fois de romantique, j’te perds dans la Forêt. »

Je ne m’attarde pas plus, remonte les marches avec un sourire sur le coin des lèvres, pour finalement m’écrouler à mon tour dans mon lit. Un soupir, long et profond, je m’égare un peu dans mes pensées c’est vrai, mais Morphée se charge de venir faire son boulot plutôt rapidement. Et efficacement.

▬ FIN ▬
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T'as compris le jeu petit merdeux ? C'est la roulette, tu choisis pas ▬ William
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