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 « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn

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MessageSujet: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Ven 29 Avr 2016 - 10:40



Kezabel & Caitlyn
« Every step that I take is another mistake to you. »


Mardi 07.04.2015
Avant l’aube


Interventions autorisées sur demande.

Elle ouvrit grand les yeux dans la nuit. Immobile dans son lit, les mains le long du corps, les jambes étendues, mais tous les sens aux aguets, elle sentait son cœur tambouriner contre sa cage thoracique tandis que sa poitrine se soulevait au rythme effréné de sa respiration. Elle déglutit difficilement et s’efforça de ralentir la cadence de ses poumons, puis porta une main à son front moite de sueur et la passa sur son visage. Lentement, elle bougea de quelques centimètres ses autres membres pour les sortir de cette torpeur qui la paralysait. Elle soupira. Ce n’était qu’un rêve. Un cauchemar comme elle en faisait souvent. Sauf que d’habitude, elle n’en émergeait pas brutalement au milieu de la nuit. Elle restait comme prisonnière de son sommeil jusqu’au petit matin, et n’avait au réveil pour seul souvenir de ses visions nocturnes que les gouttes de sueur qui perlaient à son front et collaient ses cheveux à ses tempes. Elle se retourna avec lassitude. Elle s’était apaisée et elle aurait voulu pouvoir se rendormir, mais elle savait pertinemment qu’il suffirait qu’elle ferme les yeux pour revoir à nouveau sous ses paupières les ombres qui hantaient ses nuits. Car cette fois ci, elle se rappelait du moindre détail de ce qu’elle venait de vivre dans son inconscient. Ce n’était pas très étonnant, en même temps, vu ce qu’il s’était passé la veille. Cette fois-ci, aucune liste, aucun plan. C’était une simple question de hasard, une loterie. Une putain de loterie. Des jeunes tout à coup pris de crampes puis de spasmes et de convulsions, crachant du sang partout autour d’eux, devant les yeux terrifiés de leurs compagnons démunis. Elle revoyait la panique se déployer et se répandre comme une trainée de poudre, elle revoyait l’infirmerie se remplir à nouveau. Elle revoyait le visage vert et inanimé de Rafael, l’écume dans les coins de ses lèvres, le filet de sang qui coulait sur son menton. Un haut le cœur la secoua et elle se roula en boule dans son lit. Peu à peu, elle sentait le dégoût et la colère, la rage, monter à sa tête, prenant le dessus sur la peur et le chagrin.

Il fallait qu’elle se rendorme. Il devait être autour de deux heures du matin, elle ne pouvait pas passer encore six heures à se torturer l’esprit de la sorte. Quitte à refaire des cauchemars, quitte à se réveiller en nage, mais au moins, le temps passerait plus vite. Elle ferma les yeux. Son corps plongea peu à peu dans les eaux de l’inconscient, mais resta à la surface et se laissa porter par les vagues. L’image de Rafael s’imposa à nouveau à son esprit. Il l’attirait contre lui, la plaquait contre un mur, l’embrassait avec fougue puis la soulevait et elle s’accrochait à lui en resserrant ses cuisses autour de ses hanches. Il déposait des baisers sur son cou, sa poitrine, son ventre, l’électrisant tandis qu’elle s’arc boutait, les yeux fermés de plaisir. Soudain, la porte de la salle s’ouvrit brutalement, interrompant leur instant d’intimité. Ils étaient trois. Trois hommes vêtus de longues capes noires, le visage caché par leur capuche. « Twain. Et... et toi. Vous allez nous suivre. » Flashback. Les yeux écarquillés de stupeur, elle comprit qu’elle revivait exactement la même chose qu’en juillet dernier avec Elias. « Non, arrêtez, il n’a rien fait, vous n’avez pas le droit de lui faire du mal ! » Elle sortit sa baguette, la pointa dans leur direction. Ils éclatèrent de rire. « C’est avec ça que tu comptes te défendre et sauver ton chéri ? » Elle baissa les yeux et vit qu’elle tenait dans sa main sa baguette cassée en deux. Elle déglutit difficilement, les larmes lui montèrent aux yeux. Elle se campa devant Rafael, et recula en le repoussant vers la fenêtre. Il fallait qu’il saute, qu’il appelle son balai, qu’il s’envole le plus loin possible. Alors, sorti de nulle part, William apparut entre les Supérieurs et elle s’arrêta, ouvrit la bouche, hébétée. Elle vit leur sourire carnassier. Ils le poussèrent dans sa direction et elle se précipita pour le rattraper tandis qu’il tombait après avoir fait quelques pas. « William ! Qu’est ce que vous lui avez fait ?! » Un sortilège fusa de leur baguette et atteignit Rafael en plein fouet. Elle se releva d’un bond et se précipita pour le rattraper à son tour alors qu’il s’écroulait, secoué de spasmes et de convulsions. Un caillot jaillit de sa bouche, suivi par un flot de sang. « NON ! Rafael ! » Elle releva la tête pour toiser avec haine les trois Supérieurs qui ricanaient. Posant la tête de Rafael sur le sol, elle se rua sur eux, aveuglée par la rage mais ils disparurent.

Elle ouvrit les yeux, émergeant brutalement de son rêve, assise dans son lit. Les larmes coulaient sur son visage et porta ses mains à ses yeux, laissant les sanglots secouer sa poitrine pour évacuer toutes ses émotions. Une fois calmée, elle essuya ses yeux dans sa couverture, passa ses doigts dans ses cheveux pour les recoiffer un tant soit peu et s’assit au bord de son lit, tendant le bras pour attraper le réveil posé sur sa table de chevet. Il affichait 3h36. Elle le reposa et prit une profonde inspiration. Puis, elle sortit de son lit et ouvrit sa valise. Elle savait parfaitement qu’elle ne pouvait plus rester couchée, qu’elle soit réveillée ou non. Si elle voulait arrêter de penser, il fallait qu’elle fasse quelque chose, qu’elle occupe son corps. Comme en automne, quand elle allait s’entraîner au Quidditch ou aux Duels pendant des heures pour s’épuiser et se changer les idées. Elle enfila un pantalon de jogging, un t-shirt, un pull, puis prit sa baguette dans une main et sa paire de baskets dans l’autre et quitta le dortoir. Une fois dehors, elle mit ses baskets, cacha sa baguette dans la poche centrale de son sweat, s’attacha les cheveux en queue de cheval et s’engagea dans le parc. Elle marcha d’abord lentement, puis accéléra le pas jusqu’à se mettre à courir tranquillement. Elle laissa ses jambes la guider vers la Forêt Interdite dans laquelle elle s’enfonça sans hésiter. Les arbres défilaient autour d’elle tandis qu’elle enjambait leurs racines tortueuses, ne pensant plus à rien d’autre qu’à sa vitesse, à sa liberté. Elle ne s’arrêta que lorsqu’elle arriva à la clairière qu’elle reconnut et qu’elle commençait désormais à bien connaître pour y avoir plusieurs fois débouché, même si cela faisait bien plusieurs mois qu’elle n’avait pas décidé de courir dans la Forêt Interdite. Elle s’adossa contre un arbre et leva les yeux vers le ciel étoilé. Elle les ferma ensuite, respirant profondément l’air humide du bois, écoutant la brise qui parcourait les feuilles des arbres et le ruisseau qui traversait la clairière en son centre. Mais soudain, un bruit inhabituel vint perturber la quiétude qui régnait alentours. Un craquement de branches, et un second juste après, puis plus rien. Elle rouvrit les yeux, attrapa sa baguette dans sa poche et retint son souffle. Elle n’avait encore jamais croisé d’animaux dans la Forêt Interdite, mais elle savait que si c’en était un, elle avait meilleur temps de rester immobile et de ne pas faire de bruit…
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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Ven 6 Mai 2016 - 11:42

►Every step that I take is another mistake to you◄
Caitlyn & Kezabel


Mardi 7 avril – Avant l’aubre

La fatigue commence à se faire sentir dans chaque recoin de mon corps. Que ça soit mes yeux qui brûlent, mes muscles tendus ou mon déficit de l’intention, je sens que le besoin de dormir arrive en même temps que l’aube. Enfin… D’ici une heure, peut-être deux. J’ai perdu la notion du temps mais j’essaie de ne pas en tenir rigueur, me concentrant plutôt sur mon environnement.

- Tu tiens le coup ?

Je me redresse, me frotte un œil l’air de rien et me tourne vers mon binôme Gardien. Nous avions autorisation de participer à la protection à condition d’avoir un « âge » requis, de savoir correctement maitrisé les sorts de défenses, d’attaques et de protections mais aussi de trouver un gardien qui se portera garant de vous. Monsieur Holt a eu l’amabilité d’accepter ma présence de temps en temps et c’est vers lui que je me tourne, sourire d’excuse aux lèvres.

- Oui oui. Mais j’avoue que je me demande comment vous faite pour tenir toute la nuit comme ça…
- Question d’entrainement. C’est un rythme à prendre et un bon café avant de commencer, ça aide beaucoup.

Il esquisse un sourire tout en restant alerte à l’environnement autour de nous.

- Vous savez quelle heure il est ?
- Pas loin de quatre heure je pense.

Quatre heure… ?
Ok Keza, on tient le coup ok ? T’es jeune, t’es en forme, t’as la pêche et surtout t’as envie d’en découdre alors c’est pas le moment de lâcher.
La fatigue commence à me donner froid, de long frissons parcourant ma colonne vertébrale mais ne laisse rien paraître, hors de question que je perde la face. Je sautille d’un pied sur l’autre, me passant une main sur le visage avec le ferme espoir que ça m’aidera à me réveiller. Je ne serais pas contre un petit coup de jus du genre… Riley qui surgit de nul part. Jusqu’à ce que je me rappelle que non, Riley ne surgira pas, qu’elle doit essayer de récupérer de ces dernières nuits agitées et qu’elle passera son temps libre avec Charleen. J’ai connu Riley dans des états extrêmes, nerveux, enragés mais jamais je ne l’avais vu comme ça. J’ai eu vent de son altercation avec Melvin, de cette perte de contrôle au point de le frapper à plusieurs reprises en plein visage.
Si je m’inquiète pour elle ? Bien sûr que oui. J’essaie au maximum d’être présente sans trop envahir son espace mais elle sait qu’elle peut compter sur moi pour quoi que ce soit, en attendant je m’évertue de lui changer un peu les idées, en douceur.

Mais ça sera après cette garde qui n’en fini plus et au moins cinq bonnes heures de sommeil écrasant.
Le gardien se redresse subitement et j’en fais de même, plus par réflexe qu’autre chose tout en serrant plus fermement ma baguette dans le creux de ma main. Je n’ose pas prononcer le moindre son quand je le vois aux aguets, sourcils froncés.

- Attends moi là.
- Où est-ce que vous allez ?
- J’ai entendu du bruit plus loin. Garde l’œil ouvert d’accord ? Ca doit être une accromentule un peu trop aventureuse.
- Ok.

Ok ? C’est tout ce que je trouve à dire parce que je sens une vague de stress s’abattre sur mes épaules mais je garde le cap. Je me souviens avec distinction les mots que j’ai balancé au visage de Connor et plus j’y réfléchis, plus je me dis que cette solution est une évidence.
Devenir Auror est un travail de longue haleine et je compte bien mûrir l’idée, me renseigner et pourquoi pas, commencer à me pencher un peu plus sur une intensification de quelques matières. Je crois que j’ai rarement été aussi déterminée qu’aujourd’hui, encore plus avec toute cette horreur qui nous tombe sur le coin de la figure a répétition.
Et j’essaie de me focaliser sur ces idées pour ne pas laisser l’angoisse m’engloutir. Une garde dans le parc, c’est pas mal. Mais à l’orée de la Forêt Interdite, c’est mieux question adrénaline. Et le fait de me retrouver toute seule aide clairement à me foutre un coup de jus droit dans le cerveau. Et pour ça, il ne faut pas rester immobile, comme me l’a enseigné le Gardien. Je fais alors quelques pas, à droite, à gauche, sans m’éloigner du large périmètre à surveiller. J’y reste en plein cœur, parcourant les arbres, évitant de me casser la figure sur des rochers ou racines, baguette bien serrer au creux de la main.

Je sursaute brutalement, me crispe et me met en position de défense à la seconde où j’entends des craquements de branches tout autour de moi. Mon cœur s’emballe, mon cerveau se prend un coup de jus d’adrénaline et ne met qu’un quart de seconde avant de s’éveiller et d’être en alerte. Je retiens mon souffle et surtout, ne bronche pas. Je ne demande pas qui est là, ni appelle le nom du Gardien, me gardant bien de manifester ma présence au cas où qu’une bête sauvage soit dans le coin.
Je serais presque nostalgique de cette nuit où Riley et moi avons fait connaissance entre les arbres de cette forêt et auprès d’une accromentule qu’Enzo a joyeusement démembré.

Puis plus rien. Ou presque.
Mon regard est attiré par une ombre, une forme humaine précisément. Je plisse le regard, m’attendant à voir un gardien revenir vers moi mais lorsque son visage traverse un léger halo lumineux, mon cœur se crispe et mon estomac se contracte.
Une élève. Et plus précisément Caitlyn.
Je ne sais pas ce qui est le pire : Le fait que pour le deuxième fois, elle enfreigne le règlement ou qu’elle soit consciemment entrain de courir droit dans la forêt interdite.
A quatre heure du matin.

Un cocktail d’émotion me traverse l’esprit et je n’arrive clairement pas à y faire le tri.
Colère, inquiétude, ahurissement et ingratitude.
C’est comme ça que je prends son acte, comme de l’ingratitude. Avec les derniers évènements, je n’arrive pas à comprendre ce qu’elle vient foutre ici, à courir et en plus, à s’enfoncer dans la forêt interdite.

Mon pas emboite le sien aussitôt. Mon rôle est clair : Protéger mais aussi, empêcher quiconque de s’enfoncer stupidement dans cette forêt qui grouille de danger. En particulier la nuit.
Baguette en main, je fonce droit à sa suite avant qu’elle ne s’enfonce trop loin pour se mettre plus en danger qu’elle ne le fait déjà. Je comprends mieux la frustration d’Elias et ça sera encore un peu plus le cas si elle devait me renvoyer boulé comme elle l’a fait avec lui. Sauf que cette fois, ça n’est pas face à son ex qu’elle sera mais à moi.
Je m’enfonce un peu plus, suivant sa direction en espérant qu’elle n’ait pas eu la brillante idée de slalomer un peu partout. Je la trouve bien plus vite que je ne l’aurai cru, là, bien installée contre un arbre. Je crois que je me suis rarement sentie aussi en colère qu’en cet instant. Mon pied se pose sur une branche, la craque et Caitlyn réagit aussitôt, baguette en main. J’accélère le pas et sors d’entre les arbres, gardant ma propre baguette au creux de ma paume.

- Bon sang, j’peux savoir ce que tu fou ici ? Il est quatre heures du matin, t'as rien à faire là.

Mon ton n'est pas aimable et je pense que personne n'en tiendra rigueur vu la situation grotesque dans laquelle nous sommes. Ma voix ne s’élève pas plus fort que je ne le voudrais, essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas attirer toute la population des bestioles de cette forêt.
Le cœur battant à tout rompre, je reste malgré tout sur le qui-vive, comme Holt me l’a apprit.
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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Jeu 2 Juin 2016 - 10:39

Pourquoi tous les mecs qui sortaient avec elle finissaient à l’infirmerie, au juste ? Pourquoi toutes les personnes dont elle se rapprochait se faisaient prendre pour cible et attaquer ? Devait-elle vraiment s’isoler, quitter ses amis, renoncer à ses sentiments, pour qu’ils soient tous hors de danger ? C’était presque égoïste et prétentieux de penser comme ça, mais elle ne pouvait s’empêcher de se voir comme la cause de tous les malheurs qui arrivaient à ses proches. Si seulement elle n’avait pas chanté, en juillet. Si seulement elle n’avait pas écrit cette fichue dissertation en EDM qui avait valu à Elias sa première, et seule, descente aux cachots. Elle le revoyait, roulé en boule dans un coin de la pièce, baignant dans son sang, les traits tirés et les yeux effarés. Elle le revoyait trembler en se relevant, grogner de douleur à chaque pas qu’il faisait, avant de s’écrouler dans ses bras, comme mort. Et elle revoyait leurs sourires carnassiers alors qu’ils dirigeaient leurs baguettes sur lui et qu’elle assistait, impuissante, attachée au mur, à la torture de son copain dont le seul crime avait été celui de sortir avec elle à l’époque. Ils avaient mis fin à leur relation entre temps, mais cela n'avait pas empêché leurs tortionnaires de le poignarder dans le but de l’atteindre elle, but qui avait clairement été atteint, car, même s’ils n’étaient pas aussi compatibles qu’ils ne l’avaient cru au départ, le Préfet des Huffle comptait toujours énormément aux yeux de la belle brune et elle culpabilisait à chaque fois qu’il souffrait à cause d’elle.

Rafael, dans tout ça ? Il avait beau être moins fragile qu’Elias, moins vulnérable en quelques sortes, il était tout aussi innocent et le voilà qui se battait pour vivre, pour survivre, contre le poison contenu dans des œufs de Pâques. C’était le hasard, certes, ça aurait pu être elle, ça aurait pu être Connor ou Melvin, ça aurait pu être n’importe qui, sans aucun lien avec elle, mais le fait était que Rafael avait failli mourir le lendemain même de leur petite romance, et cette coïncidence avait le don de la rendre folle. Peu importait qu’il soit né-moldu et ami avec bien d’autres dissidents qu’elle, deux arguments qui faisaient déjà de base pencher la balance en sa défaveur. Peu importait que ce début de relation qu’elle sentait naître, ou plutôt renaître, entre eux soit parfaitement secret et le resterait. Ce qu’elle voyait, là, en l’état actuel de la chose, c’était qu’il avait frôlé la mort à peine 24h après qu’elle l’ait embrassé. Quand elle l’avait appris, son sang n’avait fait qu’un tour, mais elle avait plus ou moins réussi à garder son calme, et tout remontait à la surface en cet instant comme une bombe à retardement qui lui explosait à la figure. Dans son esprit, ses souvenirs se mélangeaient à son imagination, les scènes défilaient dans le désordre sur ses rétines comme des flashs qui l’assaillaient de toutes parts et elle se sentait au bord du craquage. Et ses yeux s'embuaient à nouveau alors qu’elle réalisait que ses cauchemars étaient revenus à la charge aussitôt qu’elle avait arrêté de courir.

Le craquement d’une branche l’extirpa de ses pensées et elle ravala ses larmes, concentrée, retenant son souffle, tendant l’oreille, tous les sens aux aguets et prête à dégainer sa baguette d’une seconde à l’autre. Peut-être était-ce de ça qu’elle avait besoin, finalement ? Sortir ne suffisait pas, courir ne suffisait pas, elle avait besoin du danger, de la peur. Elle fut presque déçue, alors, lorsqu’elle vit la silhouette de Kezabel se détacher de l’ombre et s’avancer vers elle. Face à la préfète, elle était clairement en situation d’infériorité, mais ce n’était pas franchement pareil. Elle détendit ses muscles crispés, se laissa à nouveau peser contre l’arbre, sortit sa main de sa poche en y laissant la baguette et baissa les yeux. Elle devait vraiment être maudite pour tomber sur un préfet les deux nuits où elle avait affreusement besoin de sortir. Heureusement, ce n’était pas Elias cette fois-ci. Ou malheureusement ? Elle repensa à leur altercation, à la colère qu’elle avait ressentie lorsqu’il était parti, blessé et déçu, envers lui mais aussi envers elle, lui en voulant d’être si susceptible et borné, s’en voulant d’être si agressive. Ils ne s’étaient pas reparlé depuis, elle avait l’impression qu’il évitait soigneusement de se retrouver face à elle, et elle ne se sentait pas franchement la force de s'imposer à lui, quand bien même elle aurait voulu et réellement aimé s’excuser et s’expliquer avec lui.

« Bon sang, j’peux savoir ce que tu fous ici ? Il est quatre heures du matin, t’as rien à faire là. »

Kezabel venait d’arriver devant elle et l’engueulait à voix basse. Génial. Le pire était qu’elle ne pouvait pas franchement lui en vouloir. À sa place, probablement qu’elle aurait fait pareil. Elle déglutit et se renfrogna. Qu’est-ce qu’elle foutait là ? Elle avait envie de tout sauf de lui expliquer quelle sorte de démons l’avait chassée de son lit à une heure pareille. Elle lui avait déjà déballé son sac un jour, elle s’en rappelait. Elle ne connaissait même pas son nom, à l’époque, et ne l’avait découvert que lorsqu’elle avait été promue préfète, mais elle se souvenait parfaitement de ce jour de juillet où elles s’étaient foncées dedans et où elle avait craqué, n'arrivant plus à retenir ses pleurs et à cacher ses peines. Cette fois-ci, elle ne craquerait pas. Elle n’avait pas besoin de sa pitié, elle n’utiliserait pas ses cauchemars comme une excuse pour pardonner son escapade nocturne et pour lui éviter une engueulade. Elle serra les mâchoires, autant pour ne pas répliquer sur le même ton, acerbe et furieux, que pour ne pas montrer sa tristesse. Il allait falloir qu’elle prenne sur elle, qu’elle assume.

« J’avais besoin d’air. »

Le fait qu’elle devait chuchoter l’aidait à garder un ton parfaitement neutre. C’était un fait qu’elle énonçait là, même si, en son for intérieur, elle le ressentait à la fois comme un aveu et comme un reproche. Ca répondait parfaitement à la question de la préfète sans pour autant en dire trop. Elle passa une main dans ses cheveux. Elle aurait pu s’excuser, elle aurait pu lui dire qu’elle allait retourner se coucher, mais elle ne le fit pas. Cela n’aurait servi à rien car Kezabel n’était pas prête à accepter ses excuses ni à la laisser partir. Elle avait envie et besoin de l’engueuler, de cracher son venin, Lyn le sentait, et elle n’allait pas l’en empêcher. Elle n’avait pas la foi de faire sa rebelle. Comme une enfant prise sur le fait par ses parents, elle écouterait, penaude mais têtue, les reproches et les remontrances qu’elle avait à lui faire et qui ne se firent pas attendre. Elle assumait les conséquences de ses actes, comme à chaque fois, même si elle n’en donnait parfois pas forcément l’air. Mais lorsqu’un bruit suspect parvint à son oreille, elle ne put que réagir en fronçant les sourcils et en l’interrompant.

« Shht. »

Elle n’oubliait pas qu’elles se trouvaient dans la forêt interdite. Le silence se rétablit, mais elle détourna malgré tout son attention de Kezabel, tous les sens aux aguets. Et, quelques temps plus tard, un nouveau bruit lui parvint, plus proche et plus distinct. Elle porta un doigt à ses lèvres, tandis que son autre main s’emparait à nouveau de sa baguette et la sortait de sa poche cette fois. Puis elle attrapa le bras de Kezabel et l’attira à côté d’elle contre l’arbre avec force. Tout ça n'étaient que purs réflexes, et elle suivait son instinct sans se poser plus de questions. Préfète ou pas, aînée ou pas, cela n'intéresserait absolument pas les bestioles qui rôdaient dans la forêt interdite. Et ça aurait pu être Stoneheaven ou Rivers que ça ne l'aurait pas intéressée non plus et qu'elle aurait pu agir de la même manière. Même si pour le coup, ils auraient sans doute réagi dix fois plus tôt qu'elle, mais si pour une raison ou pour une autre ça n'avait pas été le cas, elle n'aurait pas hésité à les tirer brutalement contre un arbre ou à les pousser vers le côté. Elle était quasi sûre que quelque chose était là, à quelques mètres d’eux, et ce n’était pas vraiment le moment de faire des chichis…

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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Lun 20 Juin 2016 - 12:56

L’ingratitude. Premier sentiment à se manifester depuis que j’ai mis un pied dans la forêt pour aller la chercher. Ça aurait pu être n’importe qui d’autre dans cette forêt, ma réaction aurait été la même. Les gardiens se démènent à assurer notre sécurité, nous les y aidons et certains ne trouvent rien de mieux que d’aller jouer les fanfarons en plein cœur d’un endroit bourré de bestioles dangereuses qui pourraient lui arracher le crâne en un coup de patte. Et je suis certaine qu’elle n’est n’y la première, n’y la dernière et oui, je l’admets, ça me met en rage. A quoi bon risquer nos vies si c’est pour qu’ils se jettent consciemment dans la gueule du loup ?

Je l’engueule à voix basse, sans retenue. C’est mon rôle mais aussi parce que je ne vais certainement pas jouer les mamans poules devant autant d’inconscience. Je garde ma baguette en main, prête à agir s’il le faut, gardant tous mes sens aux aguets. J’attends sa réponse, mes yeux braqués sur elle. Elle se renfrogne, je le vois à son attitude mais je ne démords pas, ne baisse pas les yeux et ne me calme pas pour autant. La seule chose que je veux c’est que nous sortions de ce nid à problème pour poursuivre la discussion plus loin.

- J’avais besoin d’air.
- Tu te fous de moi ?

Parce que ça y ressemble. Ça ressemble à un gros foutage de gueule en règle pour être honnête. Vouloir prendre l’air n’est pas le problème, non. Ce qui pose soucis c’est de vouloir le faire en pleine forêt interdite à quatre heures du matin.
Par Merlin, qu’est-ce qu’il lui ait passé par l’esprit ?

- Et tu n’as pas trouvé d’autre endr…
- Shht.

Caitlyn n’a pas besoin de me demander de me taire, le bruit m’ait parvenue en même temps qu’elle et c’est brutalement que je m’interromps, figée. Je ne bouge pas d’un millimètre pour le moment, attentive, sondant mon environnement mes doigts crispés sur ma baguette. Chaque manifestation autour de nous est un danger potentiel et mon regard scrute les environs avec une vivacité que je pensais endormie avec l’ennuie tout à l’heure. L’adrénaline pulse dans mes veines et je me laisse portée par Caitlyn contre l’arbre, essayant au maximum de faire le moins de bruit possible. Ne serait-ce qu’en respirant.
Dos contre l’écorce, je lève les yeux et tente au mieux de calmer les battements de mon cœur. Tout ça me rappelle de sales souvenirs même s’ils sont la naissance d’une amitié incroyable avec Riley mais je dois admettre que si je pouvais éviter de me retrouver de nouveau à faire une course poursuite avec une accromentule… Ça m’arrangerait. D’autant plus que mon rôle monte désormais un cran au-dessus. Je suis préfète et j’aide les gardiens, mon devoir est de protéger et surveiller. Avec Caitlyn à mes côtés, les enjeux changent, s’amplifient. Je suis responsable d’elle et de sa vie, qu’elle sache se défendre ou non. Je ne la vois pas comme un poids mais comme une baguette supplémentaire pour nous sortir de ce pétrin… Parce que les bruits de pas sur les branches indiquent clairement que nous sommes dans une situation noire de danger.
Ma colère retombe comme un soufflet, mon instinct de survie prend aussitôt le dessus.

Je glisse mon regard vers Caitlyn et je crois que l’on comprend toutes les deux dans quelle merde nous sommes quand le bruit se rapproche de plus près, là, derrière notre dos. Pour le moment, impossible d’identifier à quelle créature nous avons à faire.

Un grognement suffit à me tétaniser sur place.
Mon cerveau se bloque une fraction de seconde avant d’agir par instinct de survie, pour ma vie mais aussi pour celle de Caitlyn qui se trouve toujours à côté de moi.

- Cours !

Je la pousse brutalement en avant et balance un sort juste derrière moi, prenant à peine le temps de me retourner mais un couinement m’offre au moins la satisfaction de savoir que je n’ai pas loupé le chien-à-cœur. Car c’est ce qui nous poursuit. Et si je n’ai pas pris le temps d’attendre, c’est parce que je sais qu’ils repèrent leurs victimes grâce aux battements de leur cœur et, à moins d’être un psychopathe, je ne pense pas que ni elle, ni moi, avons un rythme cardiaque acceptable.
Je la vois juste devant moi et surtout, j’entends un grognement sourd et profond derrière moi. Prenez moi pour une folle mais j’aurai presque espérer y voir une accromentule. Au lieu de ça ce sont de lourd pas derrière moi de ce chien géant qui n’attend qu’une chose : Faire de nos cœurs son petit déjeuner.
L’adrénaline fuse dans mes veines et je tire sur les muscles de mes jambes pour courir aussi vite que possible. Chance ou hasard, Caitlyn est une très bonne sportive grâce au Quidditch et je suis au moins tranquille sur ce point, elle suivra la cadence.
La panique est là, palpable, je crains qu’à tout moment nous nous fassions rattraper, déchiqueter et tuer, et c’est ce qui risque d’arriver si nous ne trouvons pas rapidement une solution. A moi toute seule, je ne peux pas l’avoir et quand bien même Caitlyn est là, je doute qu’à nous deux nous réussissons à nous défaire d’un chien enragé et affamé.
J’évite au mieux les racines, les branches et tous autres obstacles qui ralentiraient ma course mais rien n’empêche des ronces de déchirer le tissu de mes vêtements, entaillant sûrement ma peau au passage. Peu importe, je ne sens rien, pas maintenant. Je gardes au maximum un œil sur la jeune femme devant moi.
J’ai le feu au ventre, le feu aux veines le sang bat à mes tempes. Un sort provenant probablement de Caitlyn fuse, suivit d’un des miens. Pourquoi est-ce que j’ai l’intime conviction que ça ne servira à rien.
Je n’ai ni le temps de réfléchir, ni le temps de me poser des questions. La seule chose qui m’oppresse aujourd’hui est d’entendre le galop du chien nous rattraper plus vite que nous ne courons au travers cette forêt maudite.


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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Jeu 14 Juil 2016 - 11:21

« Tu te fous de moi ? »

Quelque part, Caitlyn avait presque envie de dire la même chose. Croiser un Préfet en pleine excursion nocturne deux fois de suite, si ça n’était pas du foutage de gueule, alors elle ne savait pas qu’est ce qui l’était. Elle se sentait presque comme si quelqu’un s’amusait à jouer avec elle et son destin. Mais elle était en tort, et elle n’avait pas la foi ni l’envie de voir la situation dégénérer comme avec Elias la dernière fois, donc elle ne répondit rien. Si elle était sortie à quatre heures du matin, c’était parce qu’elle avait besoin d’un peu d’air frais, et non d’une dispute avec prise de tête. Elle ne comptait pas vraiment ignorer Kezabel, elle n’était pas en train de lui faire la gueule comme un suspect qui s’enferme dans son mutisme à l’interrogatoire, mais pour le coup, elle sentait que lui répondre, même honnêtement – surtout honnêtement, en fait, car non elle ne se foutait pas de sa gueule –, ne ferait que l’énerver encore plus. Alors, elle se contentait de soutenir son regard, sans arrogance et sans défi mais dans l’expectative, prête à encaisser ses réprimandes.

« Et tu n’as pas trouvé d’autre endr… »

Sauf que la forêt interdite n’était pas franchement le meilleur endroit pour engueuler quelqu’un, même à voix basse, et lorsqu’un bruit parvint à ses oreilles, Caitlyn n’hésita pas une seconde à interrompre la préfète au milieu de sa phrase puis pour l’attirer dos contre l’arbre auquel elle était collée. Baguette dégainée, tous les sens aux aguets et son cœur battant la chamade, elle retenait sa respiration alors que les craquements de branches se rapprochaient. Elle capta le regard de Kezabel qui ne contenait plus aucune trace de colère envers elle. Face au danger, elles avaient très clairement meilleur temps de s’allier, d’unir leurs forces. Alors, lorsqu’un grognement leur confirma que la bête était tout près, Kezabel poussa Caitlyn en lui hurlant de courir puis lança un sort derrière elle avant de lui emboîter le pas. Et l’animal poussa un couinement douloureux puis se lança à leur poursuite.

Courant le plus vite qu’elle pouvait, Caitlyn bénissait les heures passées à s’entraîner, que ce soit sur le terrain de Quidditch ou dans le parc, ou même dans la salle de sports. Elle ne réfléchissait pas, ne pensait plus à rien d’autre qu’à sa course effrénée à travers la forêt interdite. Les cauchemars qui l’avaient chassée de son lit étaient bien loin en cet instant, et même si c’était son but au départ en s’engouffrant dans la forêt interdite, elle n’était finalement plus très sûre que ça en vaille vraiment la peine. Mais c’était trop tard ; elle voulait du danger et de l’adrénaline, elle était servie. Elle jeta un regard par-dessus son épaule. Kezabel la suivait de près, l’air tout aussi paniqué qu’elle, et, quelques mètres plus loin, un énorme chien-à-cœur affamé les pourchassait. Elle sentait les branches la griffer aux joues et aux bras alors qu’elle ouvrait la marche et essayait de leur frayer un passage à travers les ronces et les broussailles, mais n’y accordait aucune espèce d’importance. L’essentiel était de ne pas ralentir, de ne pas s’arrêter, de ne pas trébucher.

Sans arrêter de courir, elle se retourna à moitié et pointa sa baguette sur la créature. Elle était capricieuse, rigide, détestable sous tous ses aspects comme l’avait sans doute été son propriétaire initial, mais cela faisait maintenant des semaines que Caitlyn s’entraînait avec et elle avait appris à la maîtriser sur des sorts simples, alors cette fois, c’était l’occasion ou jamais pour la tester sur des sorts plus difficiles. Il suffisait d’un peu de concentration, de détermination, d’autorité. S’il y avait une chose qu’elle avait comprise à force d’essayer d’apprivoiser cette nouvelle baguette, c’était qu’elle ne pouvait pas se permettre de lui faire confiance et de lui laisser trop de liberté, car elle n’en ferait qu’à sa tête. Alors, elle calculait tout, maîtrisait tout, la cadrait de sorte à ne lui laisser aucune autre possibilité que celle de lui obéir.

« Everte statis ! »

Et le sort fusa, accompagné d’une petite détonation. Il atteignit le chien-à-cœur de plein fouet et le propulsa vers l’arrière, même si beaucoup moins fort que ça n’aurait été le cas sur un être humain et avec sa propre baguette. Elle lui manquait atrocément – le petit frémissement au creux de sa main, la chaleur à l’intérieur de son bras et de son ventre, la complicité, tout. Elle n’avait jamais réellement eu besoin de trop la cadrer, leur entente était si parfaite qu’il lui arrivait parfois de ne pas savoir qui d’entre elles avait été à l’origine de certains sortilèges. Énorme avantage en cas de danger, que ne pas devoir penser à maîtriser une baguette en plus de tout ce à quoi elle devait penser. Une branche un peu plus acérée déchira tout un pan de son pull ainsi que de son t-shirt et lui entailla le flanc droit, la rappelant à la réalité de sa course. Elle entendit Kezabel lancer un sortilège à la suite du sien et la bête poussa un gémissement plaintif bientôt suivi d’un mugissement enragé qui lui glaça le sang.

« KEZABEL ! »

Stop panique, il fallait qu’elles se ressaisissent. Qu’elles communiquent, déjà, et qu’elles réfléchissent. S’il y avait une chose dont elles pouvaient être sures, c’était qu’elles n’allaient pas tenir longtemps à ce rythme. Elles étaient deux, elles pouvaient se séparer, la bête n’aurait comme choix que celui de suivre une seule d’entre elles et l’autre pourrait en profiter pour l’attaquer par derrière. L’inconvénient de ce plan, c’était que le chien-à-cœur était certes seul, mais ce n’était pas l’unique bête qui rôdait dans la forêt interdite, et elles seraient mal barrées si elles avaient chacune une créature à leurs trousses. Donc mauvais plan. Elle émit un petit cri surpris lorsqu’elle aperçut au dernier moment une branche plus basse que les autres et l’évita de justesse en se baissant. Alors, elle eut une idée à laquelle elle n’avait pas pensé et qu’elle aurait dû avoir dès le départ.

« Il faut grimper sur un arbre ! »

Là, devant elle, à quelques mètres, il y en avait à nouveau un dont les branches étaient assez basses. Elle accéléra, puisant au plus profond de son être pour y trouver la force, puis, arrivant à l’arbre, les poumons en feu, elle força sur ses bras pour se hisser sur la première branche, puis sur la deuxième, avant de constater que les suivantes étaient trop haut. Elle croisa le regard à Kezabel, tout aussi terrifiée qu’elle.

« Utilise ta baguette ! »

Et, joignant le geste à la parole, elle pointa sur elle-même sa baguette, tentant le tout pour tout.

« Ascendio ! »

Une détonation plus forte que les autres, des étincelles, de la fumée, puis Caitlyn commença s’élever lentement et elle poussa un soupir de soulagement, tendant les bras pour attraper la branche supérieure, quand soudain elle se sentit propulsée vers l’arrière et retomba lourdement par terre quelques mètres plus loin. Le souffle court, la douleur irradiant dans son corps, la panique reprenant possession de son esprit, elle resta quelques secondes immobile, sonnée par le choc, puis se releva en hâte, vacilla dangereusement, et contourna l’arbre devant lequel elle se trouvait pour s’y adossa, tétanisée. Elle savait que se cacher ne lui servirait pas à grand-chose, puisque les chiens-à-cœur repéraient leurs victimes grâce aux battements de leur cœur, mais elle avait besoin de souffler et de retrouver son sang-froid. Elle se décolla de l’écorce et regarda l’arbre au pied duquel le chien-à-cœur se cabrait, essayant d’atteindre la Hufflepuff qui se recroquevillait sur une branche à quelques centimètres plus haut. Combien de temps lui restait-il avant que la créature ne décide d’abandonner et de se ruer sur elle ? Ce qu’elle s’apprêtait à faire n’était pas très intelligent, mais elle avait besoin que Kezabel l’aide à atteindre les hauteurs à son tour, alors elle se détacha encore un peu plus de l’arbre et l’appela.

« Keza ! »


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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Mar 26 Juil 2016 - 9:22

Un arrière-goût de déjà vu.
Un arrière-goût amer qui me met face à l’éventualité de mort. Puisque ne nous sommes ni dans un film, ni dans un livre. La réalité nous fait face et elle ne présage rien de bon ce soir. Je ne sais pas quelles sont nos chances de survie face à un Chien-à-cœur mais entre deux coups d’adrénaline et de baguette, je pense à l’éventualité d’une fin.
Un tas d’image me passe dans la tête et j’essaie au mieux de me concentrer sur ma tâche présente.
Survivre. Et faire en sorte que Cait aussi.

La lisière de la forêt ne doit plus être si loin et même si je suis une bonne sportive, mon cœur commence à ne plus pouvoir me faire tenir un rythme correct. Les galops de l’animal se font plus oppressants, plus présents, là derrière nous. Mes sorts fusent, ceux de Caitlyn également. Nous essayons au maximum de gagner du temps pour le repousser et survivre mais plus notre course se poursuit, plus le doute s’installe pour laisser place à la rage de vivre.

- Everte statis !

Le sort de ma camarade bleue fuse et passe juste à côté de moi pour atteindre le chien que j’entends couiner de douleur. Il prend cher depuis tout à l’heure et j’en suis désolée mais c’est sa survie ou la notre.
C’est notre chance de pouvoir gagner du temps supplémentaire.

- Stupéfix !

La bête s’assomme en prenant mon sort en pleine tête, poussant un gémissement douloureux, alors qu’elle s’apprêtait à reprendre sa course. De quoi nous laisser quelques précieuses secondes supplémentaires afin que nous puissions prendre la fuite rapidement et donc, survivre à cette nuit qui ressemble à un véritable enfer.
Ou pas.
Le chien à cœur pousse un hurlement à vous tétaniser et à vous glacer les sangs au point d’entendre le cri de Caitlyn de loin, comme noyé dans un accouphène, comme si elle se retrouvait à une centaine de mètre de moi. Et si je ne trouve pas une solution tout de suite, nous allons y passer toutes les.
Baguette en main, je poursuis ma course et m’arrête de justesse face à une branche basse que j’ai failli me prendre en plein visage.

- Il faut grimper sur un arbre !

Un coup d’œil aux branches et j’acquiesce alors qu’elle me hurle quelque chose que je n’entends pas, trop concentrer à me viser avec ma propre baguette alors que ma camarade en fait tout autant. Et ce sont deux sorts différents qui jaillissent de notre bouche.
Si Cait penche pour l’ascendio, de mon côté je prends mon élan et effectue un saut sous Elasticus qui me permet au moins de sauter suffisamment haut pour atteindre les premières branches où je m’y tiens maladroitement.
J’ai la sensation d’être guider par quelqu’un, d’être une marionnette vouée à subir ce qu’il se passe sans réelle occasion de tout envoyer se faire foutre. Je cherche Caitlyn du regard que je ne vois toujours pas percher sur une branche pour finalement la voir prête à saisir la branche alors que l’animal arriva droit sur elle dans la seconde.
J’ai tout juste le temps de jeter un sort qui explose entre eux deux et déloge la jeune femme de son point d’attache mais qui écarte également l’animal qui était à deux doigts de lui éventrer l’abdomen, affamé comme jamais.
Et maintenant ?
Je n’sais pas. Caitlyn est introuvable, le chien à cœur est là, à mes pieds entrain de tenter vainement de m’atteindre pour faire de moi son repas nocturne, probablement alléché au plus haut point d’entendre nos cœurs battrent si vite d’angoisse et d’effort. L’avantage ici est que cette bestiole se concentre sur moi et laisse probablement le temps à Cait de s’enfuir loin d’ici, chose que j’espère qu’elle fera dès qu’elle en aura l’occasion.
De mon côté, je me débrouillerais. Pour monter plus haut dans l’arbre, pour alerter les gardiens des alentours ou même attendre le jour s’il le faut. Mais j’me débrouillerais.
Auto-persuasion.

- Keza !

Ou pas.
Le chien à cœur réagit aussi et fonce droit sur la jeune femme qui se détache d’un arbre, sortie de nul part.

- Immobilus !

Il se fige et je ne réfléchis pas plus longtemps, poussée par une adrénaline qui n’en finit pas.

- Elasticus ! Le sort atteint Cait et je la presse. Saute, dépêche toi !

Elle prend son élan, saute, manque de se louper face à la puissance du saut et je l’attrape de justesse à la seconde où le chien à cœur reprend vie et l’entière possession de ses moyens. Je l’aide à grimper sur la grosse branche où j’ai élu domicile et la colle contre le tronc d’arbre, essoufflée.
Et j’attends. Une seconde. Puis deux. Et mise à part l’animal qui hurle de rage sous nos pieds, s’excitant toujours plus de nous voir là, prêt à nous bouffer, j’ai la sensation que rien ne vient perturber la scène. Il ne peut nous atteindre. C’est l’occasion de souffler. De réaliser.
De se reprendre.
Je prends conscience d’une douleur aux côtes et à la cuisse où mon jean est partiellement déchiré, probablement par les ronces des bois et essaie tant bien que mal de reprendre mon souffle court alors que je regarde l’animal en bas qui se débat.

On aurait pu y passer.
Sérieusement. On aurait pu. Et même si ça n’est pas le cas, il s’en est fallut de peu.
Pourquoi ? Je serres les dents, tente de garder mon calme pour ne pas gueuler contre Caitlyn derrière moi.

Mon regard glisse en bas, vers cet animal qui rôde autour du tronc, probablement à la recherche d’une solution pour venir nous dévorer toutes les deux. Je passe une main tremblante sur mon visage, lâchant un soupire de soulagement et d’exaspération à la fois. Holt doit déjà être entrain de me chercher partout.

- Periculum.

Baguette vers le ciel, un jet d’étincelle rouge en jaillit là haut, en hauteur pour signaler notre emplacement. Hors de question que nous prenions un risque supplémentaire à descendre d’ici pour se remettre dans la gueule du loup. Les gardiens sauront quoi faire, sauront nous débarrasser du chien à cœur qui rôde toujours.
Je me tourne finalement vers Caitlyn.

- Ca va ? T’as rien ?

Première assurance que je dois avoir. Je l’écoute, l’ausculte d’un regard vif et précis, m’assurant qu’elle ne porte aucunes blessures graves ou je n’sais quoi d’autres.
Et non, je ne lui gueulerais pas dessus maintenant parce que c’est pas le moment même si l’envie ne me manque pas et que, sincèrement, elle mériterait presque une gifle pour lui faire prendre conscience de sa connerie de ce soir. Le principal pour le moment est qu’elle est en vie et surtout, entière. Je n’ai pas envie de me réjouir face au tandem que l’on vient de former, ni face à notre rapidité de réaction face au danger. Je veux simplement me tirer d’ici et rejoindre mon lit pour ne plus jamais refoutre mes pieds ici.

L’adrénaline commence à retomber et j’attends patiemment que la cavalerie débarque avec sûrement un James Holt qui sera fou furieux de nous voir coincer ici.
Doigts crispés autour de ma baguette, je veille à ce que rien d'autre ne se décide de faire de nous, son encas.
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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Dim 14 Aoû 2016 - 0:40

Fichue baguette de merde ! Cela faisait maintenant des semaines, des mois que Caitlyn s’entraînait avec, qu’elle l’apprivoisait sort après sort, mais elle restait aussi capricieuse qu’au premier jour. Surtout dans des situations comme celle-ci, des situations d’urgence où elle avait autre chose à faire que de se concentrer pour la maîtriser. C’était une habitude à prendre, certes, et ça dépendait de beaucoup de choses – certaines personnes préféraient sans doute avoir le contrôle de leur baguette même en cas de crise – mais Caitlyn avait toujours été contente de pouvoir faire confiance à sa baguette, et n’aimait pas le principe de devoir la surveiller H24 comme si elle allait la trahir. Forcément, avec une baguette qui non seulement n’était pas la sienne mais qui en plus avait appartenu à un Supérieur, le risque de se faire tromper était bien plus élevé, et il suffisait d’un instant de relâchement de sa part pour que sa baguette en profite et le lui fasse regretter, elle le savait. Donc elle contrôlait et supervisait tout, ça perdait son charme, tout prenait beaucoup plus de temps, et il suffisait d'un infime écart dans sa concentration pour qu'elle perde la main.

Kezabel n’aurait même pas eu besoin d’envoyer de sort pour éloigner le Chien-à-cœur qui lui arrivait dessus, le caprice de sa baguette aurait suffi. Oui parce que si le soulagement qu'avait ressenti Caitlyn à l’idée d’enfin pouvoir atteindre une des branches hautes de l’arbre avait fait sauter le cadenas qui maintenait la porte menant aux réflexes et caprices de sa baguette fermée, la peur soudaine de se voir éventrée sans ménagement l’avait grande-ouverte et incitait très clairement le bout de bois à s’y engouffrer. Donc le voilà qui interrompait le sortilège qu’il était en train d’effectuer et envoyait sa propriétaire valser quelques mètres plus loin, comme pour lui rappeler une fois de plus qu’elle ne pouvait pas lui faire confiance et qu’elle n’était pas digne d’utiliser une baguette de Supérieur. Quelque part, cela lui avait sans doute sauvé la vie, et peut-être avait-ce même été l'intention, mais avait-ce vraiment été nécessaire de la propulser ainsi vers l'arrière, alors qu'il aurait été tellement plus simple de la faire léviter ne serait-ce qu'un peu plus haut encore pour lui permettre de se réfugier sur une branche ? Non, en l'état actuel des choses, Caitlyn n'arrivait tout simplement pas à ne pas en vouloir à da baguette, aussi ingrat de sa part que cela puisse paraître.

Elle aurait peut-être dû fuir, prendre ses jambes à son cou et rejoindre le château pour chercher de l’aide, profitant du fait que le Chien-à-cœur soit concentré sur une proie inatteignable pour lui, à savoir, sur Kezabel. Mais cette possibilité ne lui avait même pas traversé l’esprit, puisque s'il y avait bien une chose qu’elle s’efforçait de faire depuis tout à l’heure, c’était se serrer les coudes avec son aînée, dans l’éventualité où l’une d’elles se retrouve en danger et ait besoin de l’aide de l'autre. Elle savait pertinemment qu’avec une baguette qui n’était pas la sienne, elle ne ferait pas long feu si le Chien-à-cœur décidait de changer de cible et se mettait à la poursuivre, ou si par malchance elle tombait sur une autre bestiole en chemin. Et mine de rien, Keza non plus n’était pas à l’abri d’un éventuel malheureux retournement de situation. Donc oui, le meilleur avantage qu’elles avaient pour le moment, c’était celui d’être deux.

Bien sûr, elle était consciente qu’elle était en quelques sortes à l’origine de tout ça, puisqu’elle s’était aventurée seule et de son plein gré dans la forêt interdite. Si Kezabel n’avait pas décidé de l’y suivre, elle n’aurait pas eu d’autre choix que celui de se débrouiller seule avec sa baguette capricieuse et la question de l’avantage d’être deux ne se serait pas posée donc ses réactions auraient probablement été différentes. Mais en l’occurrence, elles étaient effectivement deux et elles avaient plutôt intérêt à le rester. Alors, au lieu de se mettre à courir pour sortir de la forêt, elle se détacha de l’arbre derrière lequel elle s’était cachée pour reprendre son souffle et ses esprits, et appela la préfète, attirant au passage l'attention du Chien-à-cœur sur elle.

« Repulso ! Atakunto ! Everte statis ! »

Les sorts jaillissaient de sa baguette mais manquaient cruellement de puissance, ne provoquant que des petites secousses chez l'animal qui lui fonçait droit dessus, prêt à faire d’elle son encas.

« Immobilus ! »

Le sortilège de Kezabel atteignit la bête en plein fouet et l’immobilisa parfaitement sous les yeux hébétés, presque admirateurs, de Caitlyn.

« Elasticus ! Saute, dépêche-toi ! »

Elle ne se le fit pas dire deux fois et prit son élan pour sauter le plus haut possible, poussée par sa rage de vivre et l’adrénaline qui pulsait dans ses veines. La puissance de l’envol fut telle qu’elle dépassa de plusieurs dizaines de centimètres la branche sur laquelle s’était réfugiée la préfète et elle tendit les bras dans le vide, cherchant désespérément un point d’accroche. La gravité reprit possession de son corps et elle commença à retomber mais fut rattrapée in extremis par Kezabel qui referma sa main autour de son poignet, interrompant sa chute, puis l’aida à se hisser sur la branche où elle avait élu domicile avant de la coller dos contre l’arbre alors que le Chien-à-cœur se démenait comme un fou-furieux à peine quelques centimètres en-dessous. Le souffle court, le cœur battant la chamade, elle prit quelques secondes pour respirer un bon coup, yeux fermés, puis les rouvrit, inspira profondément, et, déterminée, pointa sa baguette sur l'animal qui hurlait sous leurs pieds.

« Petrificus totalus ! »

Le sort s'écrasa sur la tête du Chien-à-cœur qui se figea puis retomba lourdement par terre. C'était probablement le sortilège le plus avancé qu'elle effectuait avec cette baguette depuis qu'elle l'avait reçue, et elle avait l'impression qu'elle ne lui avait jamais aussi bien obéi. Imprédictible, c'était le cas de le dire. Un coup elle se montrait faible et inutile, la fois d'après elle dégageait une puissance inespérée... Caitlyn resta interdite, comme ayant du mal à y croire, puis s'adossa contre l'écorce et soupira, comme vidée de toute son énergie.

« Je ne m'aventurerais pas à descendre pour autant... »

Elle enleva tant bien que mal son sweat qui l'opprimait, grimaçant sous la douleur du mouvement. Instinctivement, plus par réflexe que par réel raisonnement, elle l'attacha autour de sa taille et le serra au maximum pour comprimer son flanc droit qu'elle sentait vaguement endolori. Puis elle se tourna vers sa camarade et la regarda, l'inspecta, attentivement. De l'extérieur, elle s'appliqua à garder un air épuisé, cachant son inquiétude, mais elle était sincèrement préoccupée par l'état de santé de la préfète, d'autant plus que c'était clairement par sa faute qu'elles en étaient arrivées là. Des griffures plus ou moins superficielles lui barraient le visage et les avant-bras, sa respiration semblait la faire souffrir, et son jean déchiré s'imbibait peu à peu de sang frais issu d'une plaie plus profonde que les autres. Elle la vit passer une main tremblotante sur son visage, soupirer, puis pointer sa baguette vers le haut.

« Periculum. »

Et des étincelles rouges illuminèrent le ciel encore sombre, indiquant leur localisation aux Gardiens pour qu'ils puissent venir à leur rescousse. Tant mieux, Caitlyn n'avait plus tellement le courage de redescendre dans l'immédiat. Peu à peu, l’adrénaline retombait, la panique laissait place au soulagement puis à l'épuisement et enfin à la douleur. Elle prit conscience des signaux de détresse que lui envoyait son corps de toutes parts. Son œil gauche était enflé, tuméfié, et le reste de son visage la brûlait, ainsi que son cou et ses bras, mais cette douleur était infime par rapport à celles, cuisantes, autour de ses pieds et sur son épaule gauche, ni celle, lourde et profonde, au niveau de son flanc droit. Elle passa une main sous son pull pour constater que la plaie sous ses côtes était plus large qu'elle ne le croyait puis l'en ressortit moite de sang et resserra rapidement son bandage improvisé. Elle retroussa ensuite le bas de son jogging, découvrant précautionneusement ses chevilles où les ronces et les broussailles avaient entaillé sa peau et mis sa chair à vif, et entreprit d'enlever les débris qui y étaient restés coincés, serrant les mâchoires pour contenir des gémissements de douleur.

« Ça va ? T'as rien ? »

Elle releva les yeux, croisant le regard soucieux de Kezabel, et secoua la tête.

« Non non, t'inquiètes. Quelques petites égratignures, rien de grave. »

Elle haussa les épaules, l'air plus décontracté que jamais. Minimiser, encore et toujours. Ça devenait sa spécialité. Après tout, elle avait vécu pire, comme blessures, n'est ce pas ? Oui, ils avaient tous vécu bien pire pendant les deux années d'occupation du Château par les Supérieurs et rares étaient ceux qui n'en portaient pas des cicatrices, que ce soit sur le corps ou dans l'âme. Alors certes, elle venait pratiquement d'échapper à la mort, mais pourtant, c'était comme si elle avait du mal à s'en rendre compte, comme si elle ne pouvait pas s'empêcher de le prendre à la légère. Mourir dans les crocs d'un Chien-à-cœur, ce serait quand même un sacré coup du sort, pour quelqu'un qui avait survécu à des fous-furieux depuis bientôt trois ans. Quant à ses blessures, non seulement étaient-elles véritablement insignifiantes par rapport à celles dont elle se souvenait des cachots, mais en plus - et surtout - elle ne comptait pas imposer à Kezabel le rôle de soignante en plus de son rôle de surveillante. Surtout, qu'elle ne se mette pas à vouloir la soigner ; fierté mal placée peut-être, mais elle avait fait une bêtise et elle comptait en payer le prix, et non s'apitoyer sur son sort et implorer ni même accepter l'aide de qui que ce soit. Cela étant, elle concevait aisément que l'occasion se prêtait parfaitement à l'évaluation et aux soins de base de leurs blessures et qu'il fallait en profiter au maximum, avant que d'autres péripéties ne leur tombent sur le coin du nez, donc elle s'empressa de retourner la question à Kezabel.

« Et toi ? Lumos. Fais voir ? T'inquiètes, je compte pas m'improviser médecin avec cette baguette. »

Tout en parlant, elle avait allumé l'extrémité de sa baguette, en la pointant préalablement dans le vide au cas où elle décidait de faire des siennes, puis s'était penchée sur la cuisse de la préfète. Une grosse tâche de sang entourait l'endroit où le tissu de son jean avait été déchiré, de même que sa peau, probablement par une branche particulièrement pointue et solide.

« Ça fait mal ? Faudrait faire un garrot. »

Elle n'insista cependant pas davantage, laissant la préfète gérer ses blessures comme elle l'entendait tandis qu'elle en faisait de même de son côté. Elle rapprocha la source de lumière de ses chevilles qui s'avèrent plus ensanglantées qu'elle ne le croyait et finit de les nettoyer rapidement. Puis elle écarta du revers de sa main les cheveux qui tombaient devant son visage et recula sur la branche de sorte à pouvoir à nouveau s'adosser au tronc de l'arbre. Elle resta quelques instants sans rien dire, observant sans vraiment la voir Kezabel qui s'affairait devant elle, puis elle baissa les yeux et déglutit avant de prendre la parole, mal à l'aise.

« Je suis désolée. »

Elle soupira.

« Je voulais pas te compliquer la tâche et encore moins te mettre en danger. J'ai pas réfléchi, c'était imprudent de ma part. »

En plus d'être interdit. Le pire dans tout ça, c'était sans doute que si c'était à refaire, elle le referait certainement. Il y avait des erreurs desquelles elle n'apprendrait jamais, desquelles elle ne voulait pas apprendre. Même si elle avait failli mourir et Kezabel aussi par sa faute, même si elle allait se faire engueuler et punir pour avoir ainsi transgressé les lois et tenté le diable, cela ne l'empêcherait pas de s'aventurer à nouveau dans la forêt interdite si elle en ressentait le besoin. Mais en attendant, ses excuses étaient sincères et elle s'en voulait vraiment d'avoir été à l'origine de tout ça...
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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Mer 17 Aoû 2016 - 23:47

- Non non, t'inquiètes. Quelques petites égratignures, rien de grave.

Rien de grave. Tout est relatif.
Nous avions eu une chance folle, inespérée même, de s’en sortir avec si peu de blessures et tous nos membres rattachés à notre corps.
Le souffle encore court, mon cœur tambourine toujours avec force contre mes côtes alors que je prends conscience au fur et mesure de cette chance que nous venons d’avoir. Et le chien-à-cœur en bas me le rappelle suffisamment.

Je jette malgré tout un œil plus attentif à Caitlyn malgré cette colère latente qui, au fur et à mesure, prend une place suffisamment imposante pour sentir mon sang bouillir de nouveau. Elle n’a rien, je suis rassurée, vraiment. Parce qu’elle a beau avoir commis l’une des plus grosses erreurs de sa vie, je ne lui souhaite pas pour autant du mal. Mais l’adrénaline chute brutalement et mon esprit remet les pièces du puzzle en place.

- Et toi ? Lumos. Fais voir ? T'inquiètes, je compte pas m'improviser médecin avec cette baguette.
- Pas besoin, je n'ai rien. Pareil, quelques égratignures.

La réalité est que je suis incapable de prononcer plus de syllabes, de mots, que je ne le fais déjà. Mâchoire serrée, cœur battant, colère au ventre, j’essaie tant bien que mal de prendre sur moi pour ne pas lui dire désormais ses quatre vérités. Si un chien-à-cœur attend toujours à ce que l’on soit son petit déjeuner et ce, juste à quelques mètres de nous, c’est entièrement la faute de son irresponsabilité que je ne pensais pas si … stupide et maladive.
La nuit nous entour, ou plutôt, le jour qui commence à naitre au-delà des cimes et que nous apercevons à peine.
Il fait frais, je suis épuisée après avoir une nuit blanche complète dans les jambes et l’agacement se joint à moi pour m’irriter un peu plus.

Sous la lueur du Lumos, j’observe mes propres dégâts. Coupures éparses, brûlure ci et là de mon corps après le frottement de peau contre l’écorce d’un arbre durant ma course, mais surtout une tâche de sang énorme sur ma cuisse, là où le jean se trouve être déchiré.

- Ça fait mal ? Faudrait faire un garrot.

J’inspecte, écarte en douceur les morceaux de tissus pour constater la profondeur des dégâts. Je retiens une grimace et un frisson douloureux couplé au froid ambiant et secoue la tête, négativement.

- L’artère n’est pas touchée, ça ne sert à rien. Je vais juste faire un point de compression pour arrêter le sang.

Inutile de se la jouer à la Urgence ou je ne sais quelle série TV moldu et improvisé des gestes que je ne connais pas.
Je m’adosse contre le tronc d’arbre, défait une manche de mon manteau pour déchirer avec l’aide de ma baguette, le tissu de mon vêtement qui me servira « d’éponge » le temps de pouvoir me faire soigner par Katherine. Ou Monsieur Helland. La personne que je trouverais à l’infirmerie, en somme.
En douceur, j’appuie sur la plaie pour compresser et arrêter le sang de couler. La douleur est là, se concentrant désormais en un seul point alors que, quelques secondes plus tôt, elle me donnait l’impression d’être diffuse partout dans mon corps, mes muscles, mes cellules. Je serre les dents et me concentre à appuyer, suffisamment fort pour arrêter cette pseudo hémorragie alors que l’animal en bas, s’excite toujours de ne pas nous voir descendre ou chuter brutalement.

- Je suis désolée.

Ma colère me prend à revers et je me crispe, en silence.
Mâchoire serrée, je n’ai pas envie d’entendre ses excuses. Ca n’a rien d’un caprice, ça n’a rien d’une mauvaise volonté mais en cette seconde, je l’admet, je n’ai pas envie de l’entendre parler pour m’expliquer POURQUOI elle était dans cette fichue forêt à quatre heures du matin.

- Laisse.
- Je voulais pas te compliquer la tâche et encore moins te mettre en danger. J'ai pas réfléchi, c'était imprudent de ma part.
- Imprudent ? Tu crois ? Il fallait y penser avant. C’était suicidaire Caitlyn.

Je ne pouvais pas trouver mieux pour qualifier cette décision stupide d’aller vagabonder dans la forêt interdite comme elle le ferait dans une clairière au royaume des fées, d’une voix froide et tranchante.
Mon regard se braque sur la jeune femme, sévèrement. Maintenant que nous sommes plus ou moins hors de danger et que nous attendons les « secours », l’adrénaline retombe et ma raison reprend les commandes. Je prends note de ses excuses, je les notes, les entends et tout le reste mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas me contenter de ça alors qu'elle a risquée sa propre vie, bêtement.

- Tu t’attendais à quoi, sincèrement ? On ne nous répète pas suffisamment, à chaque début d’année, qu’il ne faut PAS mettre un pied dans cette foutue forêt ? Mais en plus, à quatre heures du matin ? C’était plus qu’imprudent, c’était stupide et irresponsable.

Ma main toujours appuyée sur ma plaie, mon point de pression se fait plus fort sans que je ne m’en rende compte, trop focalisée sur Caitlyn et ce que je suis entrain de lui sortir comme sermon. En même temps, est-ce qu’elle pensait sincèrement que j’allais me contenter de lui dire « C’est bon, ça n’est pas grave, c’est oublié. Le plus important c’est que nous soyons en vie ».
Non. Nous ne sommes pas dans un fichu film, nous avons failli y passer toutes les deux. Tout ça pour quoi ? Pour une ballade nocturne ?
Bon sang, ça me rend folle de rage.

- Je pensais que tu avais un minimum de maturité. Les gardiens, les profs et les élèves volontaires risquent leurs vies pour vous assurez une meilleure sécurité possible, ils n’ont pas besoin à ce que vous vous jetiez dans la gueule du loup, bordel. Je montre du doigt le chien-à-cœur qui tourne en rond autour de l’arbre. Tu vois ça ? Si je n’avais pas été là, tu t’imagines qu’il se serait passé quoi ? Nous ne sommes pas dans un film où tout finit bien dans le meilleur des mondes, nous avons eu une sacré chance de nous sortir vivante de tout ça.

Les mots sortent brutalement, sans filtre et j’estime être encore suffisamment retenu comparer à ce que je voulais lui sortir avant que cette bestiole nous prenne en chasse.
Je pense à Monsieur Holt, à cette probable colère qu’il affichera dès lors qu’il débarquera avec les renforts et à tout le reste.
Je lâche un soupire désabusé et lassé, me passant une main sur mon visage crispé de colère et de rancune. Nous aurions pu mourir. Toutes les deux. Et si je ne l’avais pas vu pénétrer dans cette forêt ? Si j’étais arrivé trop tard ?
Je ne veux même pas imaginer le résultat et ce qui aurait découlé de ce drame plus qu’évident.

- Sincèrement, je me fiche de savoir si tu voulais prendre l’air ou non. Il y a je n’sais combien d’hectare de parc alors ne viens pas me dire que tu n’y avais pas la place suffisante pour y respirer au lieu de venir ici, en offrande aux bestioles de cette forêt.
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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Jeu 6 Oct 2016 - 19:05

« Laisse. »

Complètement crispée, tendue comme la corde d’un arc, Kezabel serrait les mâchoires et son visage affichait une expression fermée pour tenter vainement de cacher, de retenir, la colère qui bouillonnait en elle et qui menaçait d’exploser à tout instant. Son regard était dur et son ton était sec, et Caitlyn sentait qu’elle mourait d’envie de cracher son venin, mais elle n’allait pas reculer ni se défiler devant la perspective de passer un mauvais quart d’heure. Kezabel était certes en colère, elle était même carrément furieuse, mais elle avait parfaitement raison de l’être. La Raven assumait et assumerait jusqu’au bout les conséquences de ses actes et si elle insistait, refusant de laisser tomber, ce n’était pas pour provoquer la Préfète mais bien parce qu’elle était consciente du fait qu’elle n’échapperait pas à une leçon de morale bien méritée ou du moins justifiée et qu’elle tenait à s’excuser sincèrement. Bien sûr, cela ne voulait pas dire qu’elle ne recommencerait pas si elle en ressentait le besoin, mais Kezabel n’était pas obligée de savoir ce détail et cela ne réduisait en rien sa franchise, donc elle s’excusa malgré l’avertissement de la Huffle. La réponse fusa du tac au tac.

« Imprudent ? Tu crois ? Il fallait y penser avant. C’était suicidaire Caitlyn. »

Elle serra les dents. Elle était comme une enfant en train de se faire sermonner et qui s’enfermait dans son mutisme en attendant que l’orage passe. Oui, un loquet venait de s’abaisser dans son esprit et elle réalisa qu’elle ne dirait très certainement plus rien jusqu’à ce que Kezabel ait fini ses remontrances. À moitié penaude, à moitié indifférente, elle savait bien que les mots durs la Préfète étaient justifiés et qu’elle les méritait amplement, mais elle savait aussi qu’elle avait tout intérêt à ne pas les laisser l’atteindre. Si, piquée au vif, elle s’avisait de rétorquer quoi que ce soit, cela risquait fortement de partir en engueulade et c’était la dernière chose dont elles avaient besoin en cet instant.

« Tu t’attendais à quoi, sincèrement ? On ne nous répète pas suffisamment, à chaque début d’année, qu’il ne faut PAS mettre un pied dans cette foutue forêt ? Mais en plus, à quatre heures du matin ? C’était plus qu’imprudent, c’était stupide et irresponsable. »

Si Kezabel avait plus ou moins réussi à maîtriser le ton de sa voix et à rester calme jusque-là, elle était clairement en train de s’enflammer, et ce n’était que le début. Caitlyn baissa légèrement la tête, courba l’échine, essayant d’oublier les décharges douloureuses qui émanaient de ses blessures. Kezabel avait raison sur toute la ligne, elle en était consciente. Elle n'espérait pas spécialement qu’elle l’épargne, la ménage ou quoi que ce soit, mais elle réalisait de plus en plus qu’elle allait devoir faire preuve d’un peu plus de patience et d’humilité que prévu.

À quoi elle s'attendait ? Certainement pas à ce que quelqu’un la suive, la réprimande, la sauve puis continue à la sermonner. Kezabel avait beau être parfaitement en droit de lui en vouloir et de le lui faire bien comprendre, Caitlyn avait juste envie qu’on lui fiche la paix.

« Je pensais que tu avais un minimum de maturité. Les gardiens, les profs et les élèves volontaires risquent leurs vies pour vous assurer une meilleure sécurité possible, ils n’ont pas besoin à ce que vous vous jetiez dans la gueule du loup, bordel. »

Elle serra les mâchoires et ses traits et jusque-là détendus se tirèrent et se durcirent. Probablement que Kezabel avait à nouveau raison, mais cette fois-ci, le morceau avait plus de mal à passer que les fois précédentes. La faire culpabiliser restait la meilleure manière de la punir, Elias l’avait bien compris et il n’était manifestement pas le seul, alors l’allusion à l’investissement et au sacrifice des gardiens, professeurs et élèves volontaires ne la laissait clairement pas de marbre. Quant au commentaire concernant son manque de maturité, elle ne prétendait certes pas être la personne la plus sage du château, même si certains semblaient penser le contraire dur comme fer, mais elle ne se considérait franchement pas comme immature pour autant, alors se l’entendre dire n’était pas ce qu’il y avait de plus facile, et, n’ayant ni l’envie ni la force de se prendre la tête avec Kezabel, elle dût faire un effort pour se retenir de lui rétorquer qu’elle n’était personne pour la juger ainsi. Heureusement, la préfète n’avait pas franchement prévu de la laisser l’interrompre et ne tarda donc pas à reprendre la parole, désignant le chien-à-cœur du doigt qui, récemment réveillé du Petrificus qu’elle lui avait jeté, s’était mis à tourner en rond autour de l’arbre sur lequel elles étaient perchées.

« Tu vois ça ? Si je n’avais pas été là, tu t’imagines qu’il se serait passé quoi ? Nous ne sommes pas dans un film où tout finit bien dans le meilleur des mondes, nous avons eu une sacrée chance de nous sortir vivantes de tout ça. »

Ne pas lever les yeux au ciel, ne surtout pas lever les yeux au ciel. Dans la pénombre qui les entourait, probablement que Kezabel ne l’aurait même pas remarqué, mais Caitlyn préférait ne pas prendre le risque d’alimenter sa colère. Cela ne l’empêchait pas d’être exaspérée par le ton dramatique qu’elle employait. Elle voyait bien, pourtant, qu’elles venaient d’échapper belle à un prédateur qui aurait pu les dépecer avec ses crocs et que ce n’était que par pure chance qu’elles avaient survécu, mais elle avait juste envie de minimiser le danger de la situation qu’elles venaient de vivre.

Elle frissonna. L’adrénaline était retombée depuis quelques temps, et la fatigue commençait à se faire ressentir vraiment. Son pull attaché autour de sa taille servait de bandage à la plaie qui barrait son flanc droit et son t-shirt seul ne suffisait pas à maintenir son corps à une température respectable. Le tissu imbibé de sang à cet endroit ainsi qu’au niveau de son épaule gauche contribuait à la refroidir et, retenant un grognement de douleur, elle ramena ses genoux contre sa poitrine dans l’espoir de conserver un tant soit peu de chaleur.

Kezabel poussa un soupir de lassitude et passa une main sur son visage encore empreint de colère avant de reprendre la parole.

« Sincèrement, je me fiche de savoir si tu voulais prendre l’air ou non. Il y a je n’sais combien d’hectares de parc alors ne viens pas me dire que tu n’y avais pas la place suffisante pour y respirer au lieu de venir ici, en offrande aux bestioles de cette forêt. »

Mais Caitlyn ne l’écoutait plus vraiment. La douleur devenait vraiment trop intense, et elle porta la main à son flanc, fermant les yeux alors qu’elle appliquait une pression au niveau de la profonde entaille qu’y avait laissée une branche qu’elle n’avait pas réussi à éviter pendant sa course. Ses blessures à l’épaule, au visage, aux bras et aux chevilles la picotaient avec plus ou moins d’intensité, mais c’était clairement celle au flanc qui la handicapait le plus et si elle continuait à serrer les dents, ce n’était plus pour s’empêcher de répondre à Kezabel mais bien pour tenter d’oublier la douleur.

« Je suis vraiment désolée. Bon, je sais que m’excuser ne changera plus rien à ce qui s’est passé, mais je le regrette vraiment. »

Enfin, ce qu’elle regrettait surtout, c’était de s’être fait prendre en flagrant délit et d’avoir mis en danger autrui.

Elle sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine, comme s’il percevait sa détresse physique et émotionnelle. Pour le coup, elle ne dirait pas non à ce qu’on vienne les chercher pour les emmener au château, et le plus vite serait le mieux.

« Je ne voulais pas te mettre en danger, vraiment. »

Elle passa sa main libre sur son visage puis serra entre son pouce et son index l’arrête de son nez, gardant un instant les yeux fermés, avant de les rouvrir et les plonger dans ceux de Kezabel.

« Merci de m’avoir aidée. »

Elle avait beau être agaçante avec son discours et son attitude de responsable, il n’en restait pas moins qu’elle avait contribué à lui sauver la vie.
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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Jeu 3 Nov 2016 - 2:24

Mes mots ne lui plaisent pas mais c’est bien la dernière chose dont je me soucis en cette seconde. Il suffit simplement que je me remémore à quel point nous avons failli y passer toutes les deux pour prendre conscience que tout ce que je lui claque en pleine figure est complètement justifié. La peur parle, la colère aussi mais je me suis vraiment inquiétée pour elle, pour son sort et même si je lui en veux profondément d’avoir été aussi stupide en s’aventurant là-dedans, tout ça aurait pu être pire si je n’avais pas eu le temps de l’aider à se tirer de là. Pire, de la voir mourir.
L’idée même m’enflamme mais je me maitrise au maximum. Inutile de lui sortir un deuxième sermon de quinze parchemins.

Mes mots s’évanouissent, ma colère stagne mais ne s’amplifie pas. En revanche, la fatigue m’arrive comme un coup de massue en pleine figure.
Ne pas baisser sa garde, rester alerte. Sait-on jamais qu’un autre animal comme une accromentule décide à venir nous rendre visite…
Souffle court, je m’adosse au tronc derrière moi en passant une main tremblante de stress sur le visage que je salis certainement un peu plus. Peu m’importe. Tout retombe, d’un coup. Brutalement. Comme si les mots crachés m’avaient servi à expier toute cette haine et cette colère ressenti sur le moment. Pourtant, elles sont toujours présentes, tout comme l’incompréhension de voir une jeune femme comme Cait risquer aussi bêtement sa vie. Mais je n’ai plus ni la volonté, ni la force de la renvoyer dans ses retranchements. Et c’est sûrement la raison pour laquelle je ne réponds pas à la réplique qui suit.

- Je suis vraiment désolée. Bon, je sais que m’excuser ne changera plus rien à ce qui s’est passé, mais je le regrette vraiment.

Je serre les dents, prend une inspiration, me contente de la regarder.
Elle a raison, les excuses ne serviront à rien mais prendre conscience que l’on a merdé est une bonne chose… Même si je ne suis pas assez aveugle pour voir à quel point elle a certainement envie de me renvoyer me faire foutre moi et mes responsabilités.

- Je ne voulais pas te mettre en danger, vraiment.

Je le sais mais je suis incapable de le formuler, une boule de stress dans la gorge que j’avale en silence. Les nerfs retombent et se délient.

- Merci de m’avoir aidée.
- Je n’allais pas non plus te laisser mourir.

Ce n’est pas une attaque mais une évidence, quoi que balancer sur un ton peut-être un peu trop froid, un peu trop sec. Je ne le contrôle pas forcément, pas en cet état encore d’urgence et je le regretterais sûrement demain.
Je laisse un silence plané, ni lourd, ni dérangeant. Certainement nécessaire. Puis, je me redresse et m’approche d’elle avant ma baguette que j’illumine faiblement.

- Montre moi tes blessures.

Mon ton s’est considérablement radoucit au point d’avoir la sensation d’entendre une autre personne, une autre voix s’élevée. Comme si cette dernière n’était plus la mienne. Qu’elle le veuille ou non, je l’ausculte d’un œil rapide et vif malgré la fatigue qui me pèse. Mais une plaie en particulier m’interpelle : le flanc. Une profonde entaille qui pisse le sang sans qu’elle ne s’en plaigne et ne dise rien. Pour une jeune femme au lourd passif comme le mien, est-ce que c’est si surprenant que ça de préférer se taire plutôt que d’exposer cette plaie béante représentative de notre état psychique ?
Comme si c’était le moment de partir dans un débat philosophique Keza.

- C’est profond, je vais t’arranger ça le temps que l’on te soigne correctement. Je lève mes yeux vers elle, l’imaginant déjà protester. A aucun moment elle n’a grogner face à ce que je lui balancer mais je ne suis pas dupe et je sais pertinemment que la jeune femme préfèrerait mille fois s’en sortir seule plutôt que de dépendre de quelqu’un. Désolée mais il est hors de question que je ne te laisse te vider de ton sang.

Le terme est un peu fort mais façon de parler. Je pointe ma baguette vers Cait’ et murmure une formule pour que le sang cesse de couler et que la plaie se fige, voir se referme légèrement, le temps que Katherine ou Maxence puissent la prendre en charge.
Un sortilège explose en bas et une lumière bleue se diffuse en une sorte de bulle maitrisant l’animal furieux. Par réflexe, je me suis légèrement accroupie, pointant désormais ma baguette vers le bas alors que je venais tout juste de terminer mon sort sur Cait’.

- Hasting ?
- Ici !

Monsieur Holt et sa voix aux intonations de miracle.
Et la suite contribue à évincer cette furtive joie de voir les secours débarquer.

Holt demande bien évidemment des comptes, des explications pour lui avoir foutu une trouille bleue et du pourquoi du comment j’ai subitement disparu de mon poste de garde. Les explications fusent, Caitlyn y contribue, les remontrances suivent. Je serre les dents pour ne pas répliquer quoi que ce soit, encaisse quelques remarques sans rien dire, je laisse la Bleu gérer de son côté jusqu’à ce que Holt nous renvoi dans nos quartiers.

- Emmenez-là à l’infirmerie et avisez Mr Helland de ce qu’il s’est passé. Je pense que votre Directeur de Maison serait intéressé de connaître vos frasques de si bon matin.

Il s’adresse à Caitlyn, la fusillant d’un regard noir et ce rapport est une chose que je ne pourrais contredire ni détourner. J’acquiesce en silence, resserre mon manteau autour de moi, frissonnante de fatigue. Il nous a sortie de cette forêt avec l’aide d’un collègue et nous sommes désormais en train de fouler l’herbe du parc. Mes muscles me sont douloureux, tirant dans mon dos comme si une main invisible me forçait à courber l’échine.
Je ne souhaite qu’une chose : prendre une douche bouillante et dormir pendant des heures afin d’oublier tout ça.

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MessageSujet: Re: « Every step that I take is another mistake to you. » | Kezabel & Caitlyn   Mer 14 Déc 2016 - 23:58

Non, les mots de Kezabel ne plaisaient absolument pas à Caitlyn. Clairement qu’à sa place, elle aurait réagi exactement de la même manière, pourtant. Elle aurait suivi le dissident dans la forêt interdite, l’aurait réprimandé, lui aurait imposé son aide au moment où le Chien-à-Cœur les aurait attaqués et aurait recommencé à le sermonner dès qu’ils auraient été tirés de l’affaire pour lui faire comprendre sa bêtise et son inconscience. Mais, autant elle n’aimait pas quand Doryan ou Connor ou qui que ce soit d’autre l’appelaient « Miss Parfaite », autant elle détestait être dans la situation dans laquelle elle se trouvait actuellement, à savoir celle de l’enfant désobéissant pris en flagrant délit et par conséquent en train de passer un mauvais quart d’heure. Son ton dramatique et condescendant à la fois, son air supérieur, responsable et profondément déçu, tout en Kezabel avait le don de l’exaspérer au plus haut point et elle avait juste envie lever les yeux au ciel et de pousser des soupirs de lassitude. Mais elle se retenait, car si la Préfète la trouvait stupide et irresponsable, elle ne l’était pas au point de ne pas reconnaître ses erreurs et les assumer jusqu’au bout, donc elle comptait bien prendre sur elle et encaisser ses remontrances sans broncher. Quitte à devoir rester coincée là sur cette branche avec elle jusqu’au petit matin. Et elle sentait bien que Kezabel aurait pu continuer à parler avec la même colère pendant des heures, mais elle finit par comprendre que continuer à l’engueuler n’apporterait pas grand-chose de plus. La Raven profita alors de l’accalmie pour s’excuser et la remercier de son aide, plus par politesse qu’autre chose, ne souhaitant pas paraître complètement désintéressée et ingrate.

« Je n’allais pas non plus te laisser mourir. »

La réponse fusa du tac au tac, à la fois sur le ton de l’évidence et pleine de reproche. Mais Caitlyn ne releva pas. Malgré sa détermination à écouter la Préfète attentivement jusqu’à la fin, sa concentration s’émiettait chaque seconde un peu plus au fur et mesure que sa douleur au flanc se répandait dans son corps, et elle avait de plus en plus de peine à enregistrer aussi bien le fond que la forme de ce que la Huffle lui disait. La seule chose dont elle avait envie en cet instant était de pouvoir rentrer au chaud et de prendre soin de sa blessure. Si elle avait été en possession de sa baguette, elle aurait depuis longtemps prononcé le fameux « Vulnera Sanentur », auquel elle s’était si bien entraînée par le passé, pour arrêter le saignement et refermer les berges de la plaie. Elle lui manquait tellement, et ce sentiment, mêlé à la douleur, lui embua les yeux de larmes qu’elle eut du mal à retenir de couler sur ses joues. Immobile, les mâchoires serrées, les bras crispés autour de ses jambes, elle avait oublié toute exaspération vis-à-vis de Kezabel et ne se concentrait plus que sur sa respiration, espérant que cela rendrait la douleur plus supportable. Le silence qui les entourait était apaisant, libérateur, et, fermant les yeux, elle appuya sa tête contre le tronc de l’arbre. Le mouvement de la Préfète la tira de son état de veille et elle reprit la parole d'une voix beaucoup plus douce qu'elle n'avait pu l'être jusque là.

« Montre-moi tes blessures. »

Elle fronça les sourcils mais se laissa faire pendant que Kezabel l’inspectait à la lumière faible de sa baguette. Forcément, ce qui devait arriver arriva, et elle remarqua bien vite la plaie qu’elle avait au flanc droit.

« C’est profond, je vais t’arranger ça le temps qu’on te soigne correctement. »

Le ton était sans appel et le regard qu’elle lui adressa venait renforcer cette intransigeance.

« Désolée mais il est hors de question que je ne te laisse te vider de ton sang. »

Si elle s’était écoutée, probablement qu’elle aurait à nouveau levé les yeux devant tant de drame. Pourtant, Kezabel n’avait pas tort de parler d’hémorragie puisque le pull qu’elle avait attachée autour de sa taille était imbibé de sang à l’endroit où il était en contact avec la plaie, mais Caitlyn ne se sentait absolument pas à l’aise avec toute cette attention centrée sur elle. Cependant, refuser de se faire soigner, par fierté ou pour quelle autre raison que ce soit, aurait été tout aussi pathétique et, tout comme elle n’avait pas voulu s’abaisser à lui demander des soins, elle ne comptait s’abaisser à en refuser. Mais elle n’oubliait pas que Kezabel avait elle-aussi écopé de son lot de blessures.

« Occupe-toi d’abord des tiennes, de blessures. »

Elle désigna la cuisse de Kezabel où le bout de manche qui faisait office de compresse était tout aussi ensanglanté que le pull de Caitlyn sur son flanc.

« S’il te plaît. »

Rajouta-t-elle, et elle le pensait vraiment. Elle ne se faisait pas d’illusions, elle savait bien qu’elle n’échapperait pas à la baguette de Kezabel si celle-ci décidait de la prendre en charge, mais si elle pouvait éviter de lui donner l’impression de se sacrifier pour elle, cela rendrait son aide beaucoup plus facile à accepter.

À peine Kezabel en eut-elle terminé avec la Raven qu’un sortilège détonna en dessous d’elles et une bulle bleue vint emprisonner le Chien-à-Cœur.

« Hasting ?
- Ici ! »

Un Gardien. Caitlyn enfila son pull avec précautions, chaque étirement du côté droit envoyant des décharges douloureuses dans le reste de son corps mais elle ne broncha pas. Pas plus qu’elle ne broncha quand, une fois toutes les deux descendues tant bien que mal de leur perchoir et après avoir expliqué ce qui s’était passé au Gardien, elle dût affronter une nouvelle session de remontrances. Tête baissée, mâchoires serrées, elle était repassée en mode encaissement et marchait, tête baissée, en direction du parc. Et, exactement comme plus tôt, elle ne manqua pas de lui présenter ses excuses lorsqu’elle en eut l’occasion, mais il ne sembla absolument pas les prendre en compte.

« Emmenez-la à l’infirmerie et avisez Mr Helland de ce qu’il s’est passé. Je pense que votre Directeur de Maison serait intéressé de connaître vos frasques de si bon matin. »

Il lui lança un dernier regard noir et elle courba l’échine un peu plus encore avant de suivre Kezabel en vers le château. Elle était loin de se douter que ce n’était pas la première fois que ce Gardien l’envoyait à l’infirmerie, même si les circonstances étaient diamétralement opposées. La seule chose à laquelle elle pensait en cet instant, mise à part la douleur, était la déception de cette escapade qu’elle avait voulu libératrice et rassérénante et qui s’était avérée être tout le contraire. Elle s’était changé les idées, ça oui, elle mettre d’autres personnes en danger était un bien trop gros prix à payer et elle s'en voulait presque plus qu'elle n'était déçue, dégoûtée du tournant qu'avaient pris les événements.

~ The end ~


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