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 How to destroy Angels ▬ Leiv

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MessageSujet: How to destroy Angels ▬ Leiv   Lun 18 Avr 2016 - 14:32

Mardi 7 Avril 2015 – Dans la nuit, vers 1h30 du matin
How to destroy Angels




Leiv, Ismaelle & Enzo

Angoisse. Insomnie. Tension, palpable, partout. On le savait, dans le fond, on le savait qu'ils recommenceraient, qu'ils recommenceront toujours. A semer le doute, la peur, la haine, partout, tout le temps. C'est quoi le but du jeu ? Nous laisser le temps d'oublier, pour qu'on baisse les armes par habitude, par lassitude, juste le temps qu'on reprenne nos marques et notre envie de vivre ? Allez-vous faire foutre, je ne vous laisserais pas m'avoir encore une fois, jamais, plus jamais. Et votre plan, il est foiré, vous pouvez bien nous prouver par A+B que l'un des vôtres est entre ces murs, on lui fera la peau, comme on l'a fait a d'autres avant lui ou elle.
J'ai la rage dans le creux du bide, les tripes à l'envers, mais derrière toute cette hargne, toute cette colère, c'est belle et bien de la trouille qui se balade. J'en tremble depuis des heures, impossible de trouver le sommeil. Jusque-là rien d'étonnant, finalement. Ils te diront que ça n'a rien d'anodin, qu'on est que des gosses, que ces choses-là choquent, remuent, foutent complètement à l'envers. Dans ma tête c'est le bordel le plus complet, je revois Kim cracher tout ce sang et ça me ramène directement à Megan, à ce qu'il s'est passé il y a à peine un mois et demi de ça. J'ai pas eu le temps de m'en remettre, je croyais que c'était le cas mais putain non, j’ai juste fermé les yeux et rangé ça dans un coin. Et si Kim était morte elle aussi ? Comme ça, là, presque dans mes bras, recouverte de toute cette hémoglobine dont l'odeur me file encore la gerbe à l'heure actuelle. Qu'est ce qui m'a pris de l'entrainer aussi loin ? Ça aurait pu mal se terminer, encore une fois ... T'as peut-être pas les épaules assez larges pour supporter tout ça garçon, pose toi la question. C'est peut-être le coup de trop, l'annonciateur de l'apocalypse, ton ras le bol. Stop. Charleen, Rafael, Drew, Zach et d'autres. Des visages plus ou moins familiers, encore trop nombreux, et la hantise de ceux qui ont été épargnés. Cette fois personne de visé, simplement une putain de loterie. Bien sûr qu'on se dit que ça aurait pu être soi, évidemment, mais ça n'est pas le cas. J’te jure Kim, t’as intérêt à te sortir de ça totalement indemne parce que je compte bien te gaver d’autant de banana split que tu veux pour effacer ce goût amer qu’on a tous encore une fois dans le fond de la gorge.

Dans tout ça, comment ne pas penser à ceux, là dehors, qu'on a laissé partir, que j'ai laissé partir ? En dehors de cette boule qui me squatte l'estomac, j'ai un putain d'étau autour de la gorge, le genre de truc qui vous empêche de respirer correctement. J'ai malgré ça pleinement conscience que je n'ai aucun moyen de savoir s'ils vont bien : Kyle, Derek, en tête de liste, bien sûr, et puis les autres. Il faudra des jours avant de savoir, des jours putain ! Je vais devenir dingue, je le sais, à tourner comme un fauve en cage jusqu'à ce que la sentence tombe, jusqu'à être certain que tous ceux ici qui dorment à l'infirmerie ce soir vont s'en tirer.
Et elle, est ce qu'on en parle d'elle ? Est ce qu'on parle du fait que j'ai envie de chialer comme un gosse parce que j'ai la trouille putain, j'ai la trouille qu'elle s'en aille elle aussi. Faut que tu t'accroches Isma, t'as pas le choix, parce qu'ici tout le monde compte sur toi. Et moi j'suis pas prêt pour ça, j'suis pas prêt à accepter de te perdre, parce que te perdre toi c'est presque comme la perdre elle une deuxième fois et ça je ne veux pas. Je ne peux pas.

Ça fait des heures que je tourne en rond dans mon lit, je ne sais même pas pourquoi j'ai viré mes fringues et que je me suis couché. Je suppose qu'on est tous dans le même état, en vérité je n'ai adressé la parole à personne ou presque de toute la soirée. Je crois qu'on était tous trop secoués, on a juste tenté de se rassurer, de faire le tri, voir qui était toujours bien présent. Ils vont bien, ça rassure de les avoir sous les yeux, au moins eux. Cameron, Mateo, Caem, Kezabel et d'autres encore. Ils vont bien. Les autres iront bien aussi, tous. Charleen va s'en sortir et Riley pourra sécher ses larmes, idem pour Layla, et Killian, idem pour nous tous. Ça va aller, on va se relever, encore et toujours. Avec la peur au ventre peut-être mais on ne peut pas les laisser faire, on ne peut pas les laisser nous avoir encore une fois. On ne peut pas. On ne veut pas. Je ne m'improviserai pas résistant pour autant mais je l'admets, j'ai l'impression que cette fois ça me touche différemment.

Tu nous entends le Blizzard ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends, va te faire enculer.
Tu pensais que tu allais nous avoir hein ?
Tu croyais qu’on avait rien vu ?
Surprise connard !
[…]
Tu nous entends la Mort ? Tu nous entends ?
Si tu nous entends sache que tu nous fais pas peur, tu peux tirer tout ce que tu veux,
On avance quand même, tu pourras pas nous arrêter.
Et on laissera personne derrière, on laissera personne se faire aligner,
Tout ça c’est fini !

FAUVE

Vu l’heure, si les cours avaient été maintenus – et quelque part je regrette que ça ne soit pas le cas parce que je n’aurai pas été contre envoyer ma tête dans les étoiles l’espace de quelques heures – je serais en Astronomie en ce moment. Un coup d’œil sur ma montre m’apprend qu’il n’est pas loin d’une heure et demi du matin, je la repose sur le meuble de chevet dans un profond soupir avant de fixer le plafond et de jouer avec ma chaine, et son pendentif en forme de croix. Je pense à ma mère, je me dis qu’elle … Je sais pas, j’ai des pensées un peu stupides surement mais je me dis que peu importe où elle est, où ils sont, elle me protège. Je me dis aussi qu’elle peut peut-être étendre ça jusqu’à certains … Je me sens con de penser à des trucs aussi naïfs mais d’un autre côté j’aimerai tellement y croire réellement. Dans le fond, je me demande si ça n’est pas un peu le cas d’ailleurs. Après tout, on a tous besoin de se raccrocher à quelque chose il parait, non ? Pour certains c’est Dieu, d’autres préfèrent Merlin, moi je choisi mes parents, c’est tout, et je donnerai n’importe quoi encore une fois pour qu’ils débarquent tous les deux, que Maman me prenne dans ses bras et qu’ils me disent que tout ira bien. 18 ans, peut-être, et un paquet de vécu derrière moi, certes, mais toujours un gosse au fond de moi et je ne compte pas tirer un trait là-dessus tant que j’en serais capable. Ils sont passés pas loin de me prendre tout ça, probablement définitivement, mais je ne me suis pas battu autant que je l’ai fait pour les laisser gagner maintenant.

J’essaie de me tempérer, vraiment, de me raisonner, de me dire que ça n’est pas une bonne idée. J’essaie de rester en place, de ronger mon frein exactement comme ils doivent tous être entrain de le faire mais je ne tiens plus. Les draps et la couverture dégagent sur le côté et mes pieds se posent sur le tapis au pied du lit. Je remercie Loup de me donner cette vision a peu près potable dans le noir pour réussir à trouver mes fringues, les enfiler, remonter la fermeture éclair du sweat que m’a offert Grand-Mère la semaine dernière et une fois la capuche sur la tête je sors, en silence, avant de refermer la porte tout aussi silencieusement que mes pas dans l’escalier. Mains dans les poches du sweat, un peu tassé sur moi-même, c’est en douce que je m’échappe alors que quelques personnes sont dans la Salle Commune, au coin du feu, chose qui ne m’étonne pas. Ils ne doivent pas être nombreux ceux qui parviennent à dormir en cet instant, entre ces murs. Gardiens, Préfets, ils doivent être sur le qui-vive et je sais que quelque part c’est un caprice que je suis entrain de faire mais quand on a peur, on ne réfléchit pas. Et si je tombe sur Kezabel cette fois ? La décevoir deux fois de suite, impensable pour moi, même si cette fois les circonstances sont différentes, très différentes. Je ne sors pas me balader pour faire le malin, ou juste pour prendre l’air, non, je sors parce que ça me rend malade et que j’ai besoin de la voir, de l’entendre respirer, pour me rassurer. Elle, en priorité c’est vrai, mais elle n’est pas la seule qui occupe mes pensées actuellement. Ça ne me prend pas plus de trois minutes pour atteindre l’infirmerie, sans trop savoir si ça tient du miracle d’avoir réussi à atteindre mon but sans me faire arrêter. Je n’ai même pas essayé de me planquer pour ça, j’aurai accepté qu’on me dise de faire demi-tour, je crois, mais ça ne se produit pas. Je ne frappe pas, j’entre simplement par la porte qui est entrouverte et avance dans l’allée centrale tout ne jetant un coup d’œil à ceux qui sont là. Je ne suis pas le seul a avoir eu cette idée, quoi de plus normal quand un de ses proches est dans cette situation ? Si on écoute les murmures et les rumeurs, ils sont tous tirés d’affaire. J’y crois, parce qu’on ne nous mentirait pas là-dessus, mais je ne peux pas m’empêcher d’être méfiant malgré tout.

Je l’admets, ma gorge se crispe à nouveau quand des flash de la dernière fois me reviennent en tête et encore une fois je pense à Megan. Les tremblements qui m’avaient quitté progressivement reviennent, je bloque quelques secondes sur l’emplacement où elle a poussé son dernier souffle avant de faire face à Helland. Aucun défit dans mon regard, juste … J’en sais trop rien, je ne sais pas vraiment ce qu’il peut y lire et je n’arrive pas tellement a déchiffrer le sien non plus.

« J'suis désolé, je sais que j'ai rien à faire là mais ... Est c'que j'peux la voir, s'il vous plait ? Juste deux minutes. »

J'ai besoin de lui dire qu'elle peut pas s'en aller, qu'il faut qu'elle reste, et qu'on l'attend tous impatiemment. Que moi je l'attends, que Fenrir l'attend et qu’elle ne s’inquiète pas, j’ai été le nourrir et le faire sortir avant d’aller me coucher. Et qu'on n'est pas les seuls à l’attendre …
La dernière fois que je l’ai vu c’était ce midi, quand je l’ai aidé avec Taska dont elle devait prélever un peu de sang pour un examen de routine. Elle souriait, elle était pleine de vie … Elle était heureuse. J’ai juste besoin qu’on me dise que ça va continuer comme ça. Juste besoin d'être rassuré.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Ven 29 Avr 2016 - 15:32

►How to destroy Angels◄
Enzo, Ismaelle & Leiv


Dans la nuit de Lundi 6 à Mardi 7 avril

Nous étions tous dans l’urgence, l’infirmerie s’est retrouvée être une véritable fourmilière en l’espace de quelques minutes. Et à voir les corps venir petit à petit, je crois que nous avons tous eu un arrière goût de déjà-vu. En chaque victime je revois Megan que je n’ai pas pu sauver mais son image est bien vite effacée lorsque j’ai vu le patronus de Jules surgir dans l’infirmerie. Je me souviens du jour où elle me la montré, fière comme elle était, d’avoir réussi à former un Patronus parfait. Le coyote n’était pas l’animal que j’attendais venant de sa baguette mais à la réflexion, cela m’avait semblé évident. Et si à une époque j’étais plus que content et fier de le voir apparaître, cette fois-ci c’est l’horreur qui s’est emparé de moi.

Et maintenant, j’en suis là. De retour à l’infirmerie mais pas avec Jules sur la table. J’aurai pu en être soulagé, vraiment, j’aurai pu. J’aurai pu si ça n’était pas été Ismaëlle que j’ai actuellement sous mes mains et à qui je lui fais ingurgité de l’antidote. Et la panique ne m’a pas quitté un seul instant entre John qui est plongé dans un profond coma réparateur, entre Ismaëlle que je garde sous mes mains et que je refuse de lâcher alors que je m’assure de toutes ses fonctions vitales sont correctes et qu’elle ne mourra pas comme je n’ai pas réussi à retenir Megan à la vie, mais aussi entre toutes les victimes que nous avons vu affluées.
Une dizaine touchée par le même mal, par la même gourmandise fatale. Mes gestes se font assurés, professionnels et je crois que je n’ai jamais été aussi heureux et soulagé de voir Katherine auprès de moi pour gérer tout ça. Il y a également Maxence et encore une fois, toute personne pouvant nous aider à gérer l’afflux des malades au moins jusqu’à ce que tout se stabilise. Je ne sais pas combien de temps s’écoule entre le moment où je m’occupe d’Ismaëlle et le moment où je me retrouve assis au bureau, visage entre les mains. J’ai la sensation que tout s’est déroulé en cinq minutes et ce n’est que lorsque j’ai vu la nuit engloutir l’ensemble de la pièce que j’ai pris conscience que nous étions sûrement en pleine nuit. Je n’en sais trop rien.
Je revois Jules qui me demande de la ramener auprès de Cosima. Je revois Katherine luttant contre le sommeil, je me revois moi-même auprès de John pour m’assurer que tout va bien, puis faire la même chose à chaque lit. Vérifier. Encore et encore. Chacun notre tour pour ensuite échouer auprès du lit d’Ismaëlle.

Je me mure dans une intimité forcée en fermant pour quelques instants les rideaux. Silencieux, droit, presque fermé, je la regarde dormir plongée dans un profond sommeil. Ils sont tous dans un coma profond qui durera au moins 24 heures pour permettre au corps de se reposer, de récupérer mais aussi pour permettre à la potion de Wistinghausen de faire son effet et de purger le sang de chacun. Je suis trop épuisé pour l’instant pour ressentir une quelconque colère, mon intention se concentrant uniquement sur leur état de santé respectif. Pour l’instant je suis face à Ismaëlle, endormie, plus belle que jamais malgré cette fatigue qui se lit sur son visage. Elle semble simplement dormir comme elle le fera chaque soir, soit dans sa chambre, soit dans mes bras. J’avais oublié la sensation que c’était que d’avoir une personne chère contre soi et la présence d’Ismaëlle est plus que bénéfique. Un apaisement qui me rend serein, presque complet.
D’un pas lourd mais silencieux, je viens m’installer sur une chaise à ses côtés. J’ai cru perdre John aujourd’hui. J’ai cru la perdre elle. L’idée même me tord les tripes mais je ne bronche pas, reste à ses côtés en me contentant de la regarder. Je mets un temps fou avant de réussir à esquisser le moindre geste, le premier étant de prendre sa main dans la mienne. Je trouve le bout de ses doigts trop froids à mon goût et les gardes au creux de ma paume comme pour lui fournir une source de chaleur qu’elle ne sent probablement pas.

Je sais qu’elle ne se réveillera pas mais m’accorder ce moment de pause me permet de souffler, de faire le point, de garder le cap. Même si je sais que tout devrait rentrer à la normal pour tout le monde, je ne peux m’empêcher de ressentir une légère inquiétude qui disparaîtra à la seconde où je la verrais ouvrir les yeux. Ce que je ressens pour elle est nouveau mais j’ai appris à composer avec, à m’y faire, à m’y habituer, si bien que tout me paraît naturel à présent et que je me rends compte plus que jamais de l’importance qu’elle a pour moi.  
Je pose une main sur son front pour vérifier pour la énième fois la fièvre qui est désormais retombée. Je me fais violence pour me lever et pour me pousser à quitter son chevet. Si je m’écoutais j’y resterais encore pour plusieurs heures, jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux mais je ne peux pas m’octroyer ce droit, pas avec au moins neuf autres victimes dans cette pièce. Je me lève et me penche pour déposer un tendre baiser sur son front.

- Reviens moi vite.

Un murmure à peine audible, ma voix tremble de manière imperceptible et c’est les épaules lourdes que je quitte son chevet pour rejoindre celui de John où Katherine s’y trouve déjà, vérifiant pour la énième fois ses constantes.

- Alors ?
- La fièvre a commencée à baisser. Ca devrait aller maintenant.

J’acquiesce en silence et m’approche d’elle et du chevet de John. Je le regard de Katherine sur moi.

- .. Et de ton côté ?
- Même chose. La fièvre est descendue. Il ne nous reste plus qu’à attendre.
- Bien, bien.

Le ton est nerveux, préoccupé. Nous sommes aussi soucieux l’un que l’autre et pour la première fois, je ne me sens pas aussi rigide que d’habitude. J’ai la sensation d’être trop fatigué de tout, les sentiments prenant le pas sur beaucoup de chose. Je garde pourtant le cap sur tout ça, sur toute la situation dans son ensemble. Nous ne pouvons pas nous permettre de lâcher prise maintenant.

- Heureusement que tu étais là aujourd’hui. Je ne sais pas ce que j’aurai fais sans toi.

Je lui glisse un rapide coup d’œil avant d’effleure d’un geste léger le dos de sa main, bien plus significatif que tous les mots que j’ai pu dire jusqu’ici.

- Va te reposer. Je prends le tour de garde. Je viendrais te réveiller d’ici quelques heures.

J’ai déjà géré une situation de crise sans elle mais John était avec moi, Ismaëlle aussi. Avoir Katherine à mes côtés pour m’occuper avec Maxence de tout ce monde m’a permis en quelque sorte de garder une certaine maitrise même si je sais ce que j’ai à faire, tout comme elle.
Nous sommes tous les deux épuisés et je la laisse prendre du repos alors je me penche légèrement vers John, sourire en coin.

- Promis, je m’occupe de ton chat.

Il me tuerait s’il apprenait que je laisserais volontairement Hyppolyte mourir de faim.
Je serre sa main dans la mienne avant de partir pour m’installer de nouveau a bureau, régler quelques formalités qui n’ont plus tellement de sens ce soir. Pourtant c’est ce qui me permet de me garder éveiller en plus du café que je viens d’ingurgiter mais aussi de me concentrer pour ne pas me perdre dans les angoisses et dans la colère qui menace à tout moment d’éclore. Je ne comprends pas que l’on puisse en arriver là… ni comment. Une taupe ? On y a tous pensé, Leni la première en me menaçant tout à l’heure, croyant que j’étais le responsable de l’empoisonnement de John, mon ami le plus cher.
Mais qui alors ? Je n’en sais pas plus que quiconque ici mais la seule chose que j’espère c’est que Rivers trouvera un moyen le déterrer et de le trouver. Nous ne pouvons plus continuer à vivre dans cette angoisse de mourir d’une seconde à l’autre.

Je pense bien évidemment à Adrian et me promet de lui écrire un courrier dès demain matin. Mon fils me manque, ce soir plus que jamais.

Le silence règne lourdement sur l’infirmerie où je peux parfois entendre quelques murmures, quelques lourds soupirs… Puis la porte de l’entrée qui grince doucement. Je me lève aussitôt, baguette en main, sur le qui-vive tout en restant discret et ce n’est que lorsque je vous la silhouette d’Enzo que je lâche un faible soupire.
Trop de tension. Trop d’angoisse.

Je m’approche de lui pour lui faire face et quand je croise son regard, ce n’est plus le jeune homme qui a pu parfois me tenir tête en silence avec cette étincelle de défi dans le regard ou de contrariété mais plutôt un gosse de 18 ans, perdu, fatigué, inquiet. Il perd en âge mais aussi en stature, l’inquiétude jouant sur tout ça.

- Enzo, il est tard.

Ce n’est ni un reproche, ni une remontrance, juste un conseil sous entendu d’aller se coucher, d’aller se reposer lui aussi car si nous en tant que soignants nous sommes épuisés, il en est de même pour les proches des victimes comme Enzo.

- J'suis désolé, je sais que j'ai rien à faire là mais ... Est c'que j'peux la voir, s'il vous plait ? Juste deux minutes.

Comment lui refuser ça ? Je sais qui il vient voir et je ne me vois pas lui dire de faire demi-tour, tout comme j’en est été incapable pour la jeune Jenkins plus tôt dans la soirée. Ils ont besoin de voir leurs proches, de s’assurer qu’ils vont bien et je sais de la bouche d’Ismaëlle qu’elle et Enzo ont un lien particulier, que ça n’est pas juste un élève qui vient rendre visite à son Enseignante.

- D’accord, mais pas longtemps. Elle a besoin de repos et toi aussi.

Ma voix est un murmure qui ne porte aucune trace de sévérité contrairement à mes habitudes. Ce que je fais là fais partie de mon métier et que l’on me croit ou non, ce genre de situation fait partie de mon quotidien. Rassurer les proches et les renseigner.
Je le guide en silence vers l’endroit où se trouve Ismaëlle derrière les rideaux que j’écarte et le laisse passer en premier.

Enzo mets un petit moment avant de s’approcher du lit et je le laisse prendre place comme il le souhaite, m’assurant de fermer le rideau derrière moi. Je compte bien le laisser seule avec elle comme je me suis retrouvé dans cet instant d’intimité avec Ismaëlle un peu plus tôt mais avant ça, je juge bon de rester juste une poignée de seconde, au moins pour le rassurer un minimum comme j’ai pu le faire pour les autres.

- Elle dort. Nous les avons tous plongés dans un coma artificiel pour qu’ils puissent récupérer tranquillement.

Je marque un instant de pause, glissant mon propre regard sur Ismaëlle. J’ai la gorge nouée mais n’en laisse rien paraître, barricadant chaque émotion derrière mon professionnalisme mais aussi derrière mon rôle d’enseignant, celui de rassurer Enzo.  J’ai dû intervenir lors d’une altercation avec son frère, j’ai du lui annoncer la mort de Megan, je l’ai entendu vider son sac alors qu’il pensait parler à un chien lambda… autant dire que nos rencontres n’étaient pas toujours propice au calme, je dois bien l’avouer.

- Mlle Wistinghausen a préparé une mixture qui aide le sang à se débarrasser de toute trace de poison. Ils sont tous sortis d’affaires, d’ici 24 heures ils pourront se réveiller.

Au mieux. Au pire, certains dormiront encore pour 36 heures au moins, tout dépend de l’organisme de chacun. Le plus important pour l’instant étant qu’ils ne soient plus en danger de mort.
Je fais un pas en arrière, m’apprêtant à quitter « la pièce » afin de laisser l’intimité qu’Enzo cherchait sûrement en venant ici.
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Lun 2 Mai 2016 - 16:34

De la douleur. De la douleur et de la peur, voilà, c'est ça. C'est ça que je lis dans son regard, exactement ce que je ressens moi-même, ce que ressentent tous ceux ici qui ont peur de perdre quelqu'un. Il se trouve que je m'inquiète pour d'autres personnes dans cette pièce, j'imagine que c'est son cas aussi ne serait-ce que parce qu'il les a pris en charge mais celle qui nous fait trembler tous les deux d'une façon relativement similaire, absolument pas volontairement évidement, c'est la même personne. Jamais je ne m'en suis mêlé, c'est vrai que j'ai pris l'habitude de taquiner Isma a demi mot avec ça parce que mes sens m'ont mis l'évidence sous le nez et que j'ai bien vu qu'elle avait changé dernièrement mais ça ne me regarde pas, ce qu'il se passe entre eux. Je suis juste conscient d'avoir en cet instant, face à moi, un homme qui tremble aussi pour elle. Est ce qu'il sait que je sais ? Est ce qu'il s'en doute ? Ça n'a pas la moindre espèce d'importance, parce que ça n'est pas pour ça que je suis là, juste parce que le gosse que je suis a besoin d'être rassuré.

Et je crois qu'il le comprend.

« D’accord, mais pas longtemps. Elle a besoin de repos et toi aussi. »

Est ce que j'aurai accepté un refus de sa part ? Je n'en sais rien, je n'ai pas la moindre idée de la façon dont j'aurai pu réagir si ça avait été le cas mais je ne peux pas le nier, si mes épaules s'affaissent c'est simplement parce qu'elles se libèrent d'un poids que je n'arrivai plus à porter tout seul. C'est difficile d'être seul pour gérer ça, ça non plus je ne le nierai pas. Quand on a eu l'habitude de pouvoir s'appuyer sur quelqu'un, avec la possibilité de poser sa tête sur une épaule accueillante et se laisser aller dans des bras réconfortant, c'est difficile de faire sans. Mais je fais sans, comme je peux, en essayant de ne pas penser au pire ni à l'extérieur. Je me sais capable d'encaisser de nombreuses choses, je crois que je n'ai rien à prouver à personne à ce niveau et surtout pas à moi-même mais je me sens parfaitement sur la corde raide. C'est peut-être aussi pour ça que j'ai tellement besoin de la voir, de constater par moi-même qu'elle au moins va bien, qu'elle est bien là, bien en vie … et que ça va aller, n'est ce pas ?

« Merci. »

Ma gorge se desserre un peu, les mots sortent difficilement et je baisse les yeux pour lui répondre sans trop savoir pourquoi. Ça ne me ressemble pas, ça n'est pas dans mes habitudes mais depuis des heures je suis dans une sorte d'état second dont je peine à me sortir. État de choc, c'est ce que j'ai entendu. Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ? Je n'en ai pas la moindre idée mais je sens bien que c'est différent cette fois et le petit garçon qui se balade toujours quelque part en moi a besoin d'un visage familier. J'ai des amis ici, ça n'est simplement pas pareil. Ni plus, ni moins, simplement différent. Ma mère ne va pas débarquer pour me prendre dans ses bras, mon Père ne posera pas sa main sur mon épaule en me disant que tout ira bien. Mon Grand-Père ne me dira pas que je dois être fort, ma Grand-Mère ne posera pas sa main sur ma joue parce qu'elle est trop loin pour ça et mon Grand-Frère ne me lancera pas un de ses regards perçants qui veulent dire pleins de choses quand on le connait bien. Kyle ne passera pas ses bras autour de moi, il ne m'aidera pas à m'endormir. Je me rends compte en cet instant à quel point la famille est une notion importante pour moi, le symbole qu'elle représente, et sans parler de ceux pour qui je tremble encore à l'heure actuelle, pour qui je n'arrêterai de trembler que lorsque j'aurai eu des nouvelles, j'ai au moins la possibilité de me rassurer ne serait-ce qu'un peu en en entendant les battements de cœur de cette femme qui a pris beaucoup de place dans mon quotidien ces dernières années. Elle n'est pas ma mère et ne le sera jamais, ça n'est pas la question, elle est simplement une personne importante, qui malgré elle et malgré moi a trouvé sa place dans un recoin où un profond vide stagnait. Progressivement, naturellement. Les autres, ceux qui sont encore en vie, je les retrouverais tôt ou tard. N'est ce pas ?
J'ai pris l'habitude de détester cet endroit pour certaines raisons mais en cet instant il est tellement calme et silencieux qu'il en serait presque rassurant, apaisant. Je le suis sans faire de bruit, sans aucun geste brusque, sa la moindre trace de précipitation alors que mon cœur tambourine à grande vitesse dans ma cage thoracique. Il écarte des rideaux et me laisse passer avant lui, je lui adresse un signe de tête en le dépassant et prend une profonde respiration quand mes yeux se posent enfin sur Ismaelle. Je m'arrête, incapable d'aller plus loin sans trop savoir pourquoi, peut-être par pudeur, alors que mes yeux ne la quittent plus. C'est comme si elle dormait, tout simplement, d'un sommeil presque serein. Elle n'a pas l'air d'aller mal, elle n'a pas l'air de souffrir. Ça me prend quelques secondes mais je fini par m'approcher un peu plus, hésitant c'est vrai, ne sachant pas trop ce que je peux me permettre en sa présence ou non. Je n'ai pas peur de lui, de ce qu'il pourrait penser, c'est au delà de ça je crois, totalement impersonnel. Pourtant il émane de cet homme quelque chose qui me maintient calme, c'est quelque chose que j'ai assimilé au fil du temps et pour quoi je ne me pose pas tellement de question. On n'est pas parti du bon pied, c'est plutôt clair, mais c'était de ma faute. J'hésite encore un peu mais pourquoi résister ? Ma main droite vient s'enrouler en douceur autour de son poignet, dès l'instant où mes doigts se posent sur ses veines je sens son pouls et mes yeux se ferment. La boule que j'avais dans la gorge explose.

« Elle dort. Nous les avons tous plongés dans un coma artificiel pour qu’ils puissent récupérer tranquillement. »

J'écoute, j'enregistre chaque information mais mes yeux restent braqué sur le visage d'Ismaelle qui me semble réellement paisible. Rien ne bouge chez elle si ce n'est sa cage thoracique qui se soulève à intervalles régulières. Son sommeil est apaisé, comme celui de tous les autres présents dans l'infirmerie ce soir, alors qu'ils souffraient tous le martyr quelques heures auparavant seulement. Ils n'ont pas réussi cette fois, n'est ce pas ? Ils n'ont pas réussi à prendre encore une fois l'un de nous. Pas ici en tout cas. Et pas elle.

« Mlle Wistinghausen a préparé une mixture qui aide le sang à se débarrasser de toute trace de poison. Ils sont tous sortis d’affaires, d’ici 24 heures ils pourront se réveiller. »
« D'accord. »


Ce ne sont peut-être que des mots mais ils sont efficaces. S'ils le sont autant c'est simplement parce qu'ils sont prononcés par une personne en qui j'ai confiance, malgré ce qu'il s'est passé il y a quelques semaines. J'ai confiance en cet homme, sans trop savoir pourquoi, c'est juste comme ça. Et j'ai confiance en Mlle Wistinghausen parce que même si elle n'est pas la femme la plus avenante du monde, elle sait ce qu'elle fait. C'est instinctif, c'est comme ça, ces deux là ont mon entière confiance et s'ils ont pris les choses en charge alors tout va bien se passer.

« J'me suis occupé de Fenrir, vous pourrez le lui dire quand elle se réveillera ? J'veux pas qu'elle s'inquiète, au moins pour ça, pour lui. »

Les mots sortent comme ça, d'eux-même, je sens bien au fond de moi qu'ils sont là pour donner le change même si je les considère réellement utiles néanmoins. Il me donne des informations, je lui en donne aussi, des informations que je juge – à mon niveau – importante. Pourtant ma voix est enrouée, je doute qu'il ne s'en rende pas compte. Je ne sais pas si lui se rend compte en revanche que je ressens des choses émanant de lui malgré sa stature impeccablement sous contrôle. C'est le professionnel qui parle, mais le langage du corps envoi bien d'autres informations lui, des informations qu'on capte plus facilement en ayant des sens différents de ceux d'un humain normal.

« Il a mangé et il est sorti. Et je le sortirai demain matin avant d'aller en cours. J'irai m'occuper de ses créatures aussi. J'verrai avec Ora si jamais j'ai besoin d'un coup de main. J'sais qu'une fois réveillée elle tiendra pas en place alors …  »

Je ne termine pas cette phrase, elle reste en suspens alors que mon regard croise le sien et le soutien quelques secondes, jusqu'à ce que je le baisse à nouveau et le reporte sur le visage d'Ismaelle. Elle est là, elle va bien, elle est tiré d'affaire. Son cœur bat, elle respire, je suis rassuré. On aurait pu en rester là, il allait d'ailleurs sortir je crois et sans trop savoir pourquoi je n'ai pas l'intention de rester plus longtemps mais encore une fois les mots sont sortis tout seul, bien que plus difficilement cette fois.

« Elle m'a sauvé la vie. »

Je ne le regarde pas, j'en suis incapable, mais ça n'est plus vraiment elle que je regarde non plus. Ce que j'ai devant les yeux ce sont des souvenirs, des moments passés ensemble, depuis le premier jour. Ce temps qu'elle a passé a essayer d'apprivoiser l'être sauvage que j'étais en arrivant ici, toutes ces fois où elle a pris des risques pour m'aider, les fois où elle a été là, où elle m'a laissé être là, les fois où elle m'a soigné, et puis les fois où elle m'a littéralement sauvé la vie. Si je suis celui que je suis aujourd'hui, si je suis toujours en vie, elle fait partie des personnes grâce à qui c'est arrivé. Cette femme c'est plus qu'un être humain, cette femme c'est un ange. Ni plus, ni moins. Et moi j'en ai les larmes qui me montent aux yeux, larmes que j'essuie d'un révère de manche nerveux parce qu'exposer mes faiblesses est quelque chose que je me refuse, quoi qu'il arrive, à de rares exceptions près. Non pleurer n'est pas une faiblesse, ressentir non plus, mais ça fragilise, c'est tout. Je crois que tout ça c'est surtout de la pudeur en réalité.

« Elle mérite pas tout ça. On ne devrait pas avoir envie de faire du mal à une personne comme elle. »

Personne ne mérite ça, bien sur, aucun de ceux qui sont étendus à côté en tout cas, mais je ne pense qu'à elle en cet instant, c'est comme ça. Je tourne finalement la tête et renifle, juste le temps de me ressaisir un peu, juste le temps de souffler. Un soupir m'échappe, il me permet de lâcher un peu de lest alors que la fatigue vient me saisir en douceur. Ça n'est qu'a ce moment là que je parviens à le regarder droit dans les yeux. Je reste comme ça, silencieux, immobile, quelques secondes, avant d'ouvrir les vannes à nouveau.

« J'suis là depuis deux ans et demi, j'peux pas dire que je connaisse tout d'elle mais y a une chose dont j'suis certain c'est qu'en deux ans et demi je ne l'ai jamais vu aussi heureuse. »

J'ai ressenti le besoin de le lui dire, sans trop savoir pourquoi, sans en avoir la légitimité surement, mais c'est trop tard de toute façon. Je sais qu'il n'est pas étranger à son état, certaines choses se ressentent. Je ne sais pas si je qualifierai ce moment de gênant ou pas mais je décide d'y mettre un terme en me raclant la gorge, histoire de me redonner un peu de consistance et en libérant le poignet d'Ismaelle, non sans un dernier regard pour elle, avant de faire un pas sur le côté, près à partir.

« Merci de m'avoir laissé la voir. »

HRP:
 
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Mar 10 Mai 2016 - 15:16

Mon but est de le rassurer et de lui faire comprendre qu’elle ne risque plus rien désormais. Je sais que ça ne servira qu’à apaiser l’angoisse, pas à la faire disparaitre. Même moi en ayant conscience des risques et des chances de guérisons, je reste soucieux et le restera jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux.
Il y a longtemps que je n’avais pas ressenti tout ça, longtemps que je n’avais pas été aussi attaché à quelqu’un de cette façon. Plus j’observe Ismaëlle qui semble plongée dans un sommeil paisible, plus j’ai la certitude de beaucoup de choses.
Je porte un regard sur ce garçon qui lui tient la main, l’image d’un fils et sa mère se rapproche le plus de ce que je vois en cet instant.

— J'me suis occupé de Fenrir, vous pourrez le lui dire quand elle se réveillera ? J'veux pas qu'elle s'inquiète, au moins pour ça, pour lui.
— Je n’y manquerais pas.

Ma voix enrouée a du mal à percer le silence mais elle se fait suffisamment entendre pour Enzo. Il essaie certainement de noyer la vie quotidienne au drame, pour essayer de continuer à vivre malgré tout et se raccrocher à l’espoir que tout reprendra son cours, naturellement et que rien ne fera obstacle à tout ça. Je sais à quel point Ismaelle est attaché à Fenrir et je sais aussi que l’idée qu’Enzo s’en occupe, la rassurera.
Avec tout ça, j’admets ne pas y avoir eu l’ombre d’une pensée. Je devrais culpabiliser et c’est un peu le cas, mais le temps m’a semblé être un sablier qui s’égrène à une vitesse vertigineuse, tout s’est passé si vite que j’en oublie parfois ma propre existence dans ce décors.

— Il a mangé et il est sorti. Et je le sortirai demain matin avant d'aller en cours. J'irai m'occuper de ses créatures aussi. J'verrai avec Ora si jamais j'ai besoin d'un coup de main. J'sais qu'une fois réveillée elle tiendra pas en place alors …

Encore une fois, il n’a pas tords. Je m’apprêtais à l’arrêter pour lui dire que j’irais l’aider ou que je prendrais la relève au moins durant ses cours mais tout ça semble tellement lui tenir à cœur que je n’ose pas interférer dans tout ce dévouement. Parfois, c’est une bonne thérapie que de se perdre à l’occupation, d’autant plus lorsque tout cela concerne une personne qui vous est chère.
Nos regards se croisent, j’acquiesce légèrement et Enzo se tourne de nouveau vers Ismaelle. Je déglutis en silence, repense à Megan, à ce jour où j’ai dû leur annoncer la mort de cette enfant. J’ai eu beaucoup de mal à me détacher de cette culpabilité qui m’a rendu malade. C’est le lot de tout corps médical que de perdre des patients, mais là, tout était différent. Et je ne suis pas certain que je l’aurai supporté si Ismaelle n’avait pas survécu.

— Elle m'a sauvé la vie.

Mon regard glisse sur le dos d’Enzo, en silence. J’ai failli lui répondre « à moi aussi » mais les mots n’ont pas voulu franchir la barrière des lèvres. Je ne connais pas grand-chose de son passé ici, ni de ce qu’Ismaelle a fait pour lui ou inversement, mais je n’ai pas besoin d’en être informé pour saisir la teneur de leur lien, de l’affection qu’ils se portent.
Je le regarde s’essuyer les yeux d’un revers de manche et mes résistances s’effritent. Je n’ai jamais vu Enzo aussi à nu que ce soir et je crois que nous en sommes tous à un stade où la pudeur n’est plus.
Je paierais cher pour avoir Adrian contre moi, de l’avoir sous les yeux et de le tenir dans mes bras.

— Elle mérite pas tout ça. On ne devrait pas avoir envie de faire du mal à une personne comme elle.

Non, elle ne le mérite pas. Ni elle, ni qui que ce soit dans cette pièce et si Enzo se pose la question de savoir comment pourrions-nous avoir envie de faire du mal à une personne comme elle, je me demande moi, comment est-il possible d’en arriver à un stade qui vous pousse à commettre des atrocités pareilles. Comment pouvons-nous à un moment de notre vie ressentir ce plaisir intense que de détruire la vie des autres par le crime.
J’aimerai lui dire qu’il y a malheureusement des choses contre lesquelles nous ne pouvons rien mais j’en suis incapable. Je ne veux pas le couper dans son élan, ni dire quelque chose qui n’a plus tellement de ce sens ce soir. Personne n’a envie d’entendre que la vie est ainsi faite, même moi en tant que médecin je ne suis pas prêt à tenir ce genre de discours. Que chacun prenne le temps qu’il lui faut pour accepter tout ça.

Mon regard croise le sien et je reste toujours aussi droit, toujours aussi serein. Fatigué, certes mais pas aussi inquiet que je ne l’étais il y a trois heures. Elle s’en sortira, je le sais et je ferais ce qu’il faut pour ça.

— J'suis là depuis deux ans et demi, j'peux pas dire que je connaisse tout d'elle mais y a une chose dont j'suis certain c'est qu'en deux ans et demi je ne l'ai jamais vu aussi heureuse.

Ses mots me provoquent une avalanche d’émotions que je ne peux dissimuler. Les traits de mon visage de modifie en une expression surprise, un peu sonnée mais surtout touchée. Ce qu’il me lâche là, comme ça, me désarçonne plus que je ne l’aurai cru.
Pendant de longues années je me suis cru incapable de bien des choses. Récupérer Nora, savoir m’occuper de mon fils, d’être un homme bien, de pouvoir refaire ma vie, de pouvoir aimer de nouveau. Lorsqu’Ismaëlle a commencée à faire sa place dans ma vie, j’ai songé un million de fois de raccrocher et de prendre mes distances, de la tenir loin de moi pour éviter que ce même schéma ne se reproduise. Pourtant… Il n’a jamais été aussi pour moi que de l’avoir à côté de moi, de sentir son regard se poser sur mon dos et plus récemment, de l’avoir contre moi le soir, pour la nuit. De l’entendre respirer, de l’entendre vivre. Ce sont des choses que je redécouvre avec elle.
Pourquoi attendre que l’autre menace de disparaitre pour prendre pleinement conscience de toutes ces choses ?

Le fait de savoir que je peux lui procurer un bonheur similaire à celui qu’elle me donne me rend… heureux. Complet. Je ne saurais pas l’expliquer. Je sais seulement que ma gorge se crispe, que je déglutis.

— Merci de m'avoir laissé la voir.
— Attends.

Je l’arrête juste avec un mot, souffler dans un murmure qui se veut respectueux en vue des lieux dans lequel nous nous trouvons.
Mon regard s’attarde sur Ismaëlle avant de me tourner vers Enzo pour lui faire face. Ce garçon est aussi grand que moi et c’est sans baisser le visage que je le regarde droit dans les yeux.

—Tu comptes beaucoup pour Ismaëlle, bien au-delà de la relation élève/enseignant. Je ne t’apprends peut-être rien mais rare sont les journées où elle ne te mentionne pas.

Ma voix reste toujours un murmure suffisamment audible pour Enzo, sans que je ne baisse les yeux.

— Je ne sais pas ce qu’elle a fait pour toi, ni vraiment les épreuves ce que vous avez endurés tous les deux.

Je marque une pause et sans m’en rendre compte, l’atmosphère se défait de cette barrière qui s’impose toujours naturellement entre un enseignant et son élève. Ici, nous ne sommes qu’un homme et un adolescent, face à face, touchés par les mêmes maux.

— Tu lui as sauvé la vie à ta façon. Elle a besoin de toi. Ne cesse jamais de veiller sur elle comme tu le fais.

Malgré la nuit qui plane sur l’infirmerie, cette dernière est suffisamment éclairée pour que je puisse voir l’expression de ses yeux. Brillants de larmes. Toute coquille se fracture en cette nuit où nos proches sont de nouveaux touchés et avec tout ce que je sais sur lui suite à ses confidences involontaires, je prends conscience aujourd’hui plus que jamais, de l’importance qu’Ismaëlle a pour lui. Elle a été son point d’ancrage pour beaucoup de chose. Ce qui lui arrive l’affecte comme si elle était sa mère. C’est tout du moins, le point de vue que j’en ai.
C’est un geste lent, non calculé et qui ne se produira qu’une fois. Ma main sur son épaule, je l’attire en douceur contre moi pour une étreinte un peu raide mais sincère.
Ca n’est plus un élève ce soir, mais un gamin paumé qui tremble à l’idée de perdre cette femme qui semble dormir paisiblement.
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Jeu 12 Mai 2016 - 12:53

« Attends. »

Je m’immobilise, instantanément, et relève le regard vers lui en fronçant les sourcils non pas parce que je m’agace mais parce que je suis surpris. Cet homme ne me donne pas l’impression d’être un grand bavard, sans parler du fait que je ne suis qu’un élève, qu’il ne me doit rien, alors oui ça m’étonne et je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre de sa part. Je suis venu ici parce que j’étais complètement rongé par l’angoisse, parce que j’avais besoin d’être rassuré et c’est chose faite ; Maintenant j’envisage simplement de retourner tranquillement me coucher et le laisser faire ce qu’il a à faire, probablement surveiller toutes ces personnes qui dorment d’un sommeil artificiel. Il a les traits tirés, je me demande s’ils fonctionnent par garde, s’il va ne serait-ce que fermer les yeux au moins une heure d’ici à ce que le soleil se lève … Je ne sais pas exactement ce qu’il peut ressentir pour Ismaelle mais pas besoin d’être Einstein pour comprendre qu’il tient à elle, son langage corporel le laisse entendre clairement quand on sait qu’ils sont liés d’une manière ou d’une autre, même s’il peut s’avérer être assez inexpressif. A sa place, est ce que je fermerai l’œil ? Pas tant que Morphée n’a pas décidé que je n’avais plus le choix et que mon corps me lâche totalement.
Il la regarde elle, je le regarde lui, le silence plane quelques secondes et un soupir m’échappe juste avant qu’il ne capte mon regard. Je ne cherche pas à esquiver, quand bien même mes yeux piquent encore un peu et que je n’aime pas spécialement me dévoiler de cette façon. Je ne saurai pas l’expliquer mais cet homme ne représente pas une menace pour moi, c’est même tout le contraire. J’aurai pu me braquer totalement après ce qui s’est passé, à plusieurs reprises, de mes confessions à l’altercation avec mon frangin, mais non, rien de tout ça. Il m’inspire le respect et la confiance, je n’ai absolument aucune volonté d’aller contre ça. J’accepte, mieux, ça me fait du bien et je le sens. Ça fait du bien de sentir qu’on n’est pas seul, qu’on est entouré d’adultes qui sont là pour prendre soin de nous et c’est l’impression qu’il me donne, à sa manière. J’ai trop essayé de m’en sortir par moi-même sans jamais me reposer sur les autres, surtout pas sur des étrangers, et si j’ai laissé Logan s’immiscer dans ma vie, tout comme Maxence a une époque ou même Jakob, aujourd’hui ces relations ne sont plus vraiment d’actualité. Je ne cherche pas un père de substitution, personne ne pourra jamais remplacer celui qui m’a élevé et dont je suis le sang et la chair, mais je suis un gosse de 18 ans, un gamin, et des figures comme ça … Je crois que j’en ai besoin. En plus de ça, si Isma lui fait confiance, c’est clairement quelque chose qui pèse dans la balance en ce qui me concerne.

Je me sens relativement serein, soulagé, c’est un fait, mais ça n’empêche pas mon cœur d’accélérer quand il ouvre la bouche à nouveau, toujours dans un murmure.

« Tu comptes beaucoup pour Ismaëlle, bien au-delà de la relation élève/enseignant. Je ne t’apprends peut-être rien mais rare sont les journées où elle ne te mentionne pas. »

Est-ce que je m’attendais à ça ? Je ne saurais pas le dire, mais c’est comme se prendre une onde de choc en pleine poitrine. Des mots, rien que des mots, mais des mots sincères et pleins de sens. Ma relation avec Ismaelle n’a jamais été quelque chose dont je parle avec qui que ce soit, c’est simplement naturel, entre nous, et aucun de nous deux n’a cherché à la qualifier. Entendre de la bouche de quelqu’un d’autre ce genre de choses c’est … c’est comme avoir le cœur dans un étau, mais d’une manière positive. Ça fait mal, parce que c’est puissant et qu’on n’est jamais prêt pour ça je crois mais ça m’atteint en plein dans la cage thoracique. La bouche entrouverte, ravalant difficilement ma salive, aucun son ne m’échappe et mes yeux restent ancrés dans les siens alors qu’une nouvelle fois mon rythme cardiaque accélère. L’émotion, c’est ça qui me submerge à nouveau, et ça me rend fébrile. Cette femme a dans ma vie une place plus qu’importante, je ne suis jamais vraiment arrêté là-dessus tellement c’est simplement naturel, mais en prendre la teneur de cette façon, ça me bouleverse. D’autant plus quand je prends conscience à quel point c’est réciproque, si j’en crois ce qu’il me dit, et je le fais.

« Je ne sais pas ce qu’elle a fait pour toi, ni vraiment les épreuves ce que vous avez endurés tous les deux. »

Je soutiens son regard encore quelques secondes mais quand les larmes commencent à remonter je baisse la tête et la tourne vers celle qui dort paisiblement à côté de nous. La voir aussi immobile, ça n’est pas naturel, pas normal. Pas pour moi en tout cas. Pourtant, d’un certain côté, c’est rassurant. Je sais qu’elle serait prête à tout pour les autres, humains ou pas, qu’elle se plie en quatre pour ce château, mais elle n’est pas infaillible. Est-ce qu’il sera celui en mesure de le lui faire comprendre ? Tout ce que je sais c’est que je pense ce que j’ai dit : Je ne l’ai jamais vu aussi heureuse. Et putain de merde, elle est probablement la personne sur terre qui le mérite le plus, ce bonheur.
Je ne rebondirais pas là-dessus non plus, je ne pense pas que ça soit ce qu’il attend de moi de toute façon mais c’est … trop douloureux ? Je ne crois pas qu’il s’agisse réellement de ça, j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit de pudeur. Oui je lui fais confiance, il sait déjà énormément de choses sur moi qui plus est et ne s’en est jamais servi à mauvais escient, je n’ai jamais ressenti la moindre trace de pitié ou de jugement dans son regard, mais de là à me confier là sur ça … Non. De toute façon j’ai le sentiment d’être incapable de desserrer les mâchoires pour laisser sortir le moindre mot. J’ai peur pour elle, lui aussi tremble pour cette femme, aucun mot n’est nécessaire pour l’exprimer, et en ça, je crois qu’on se rapproche en cet instant. Ça ne durera pas, il sera de nouveau Professeur, médecin, probablement dès demain, sans pour autant être dans la même case que les autres. Il aura la sienne, propre, même si je n’arrête pas de dire que je déteste les cases. Ça n’est pas la même chose. Ismaelle a la sienne, ça n’a rien de négatif ou péjoratif.

« Tu lui as sauvé la vie à ta façon. Elle a besoin de toi. Ne cesse jamais de veiller sur elle comme tu le fais. »

Nouveau coup au cœur, j’aurai pu croire que c’était terminé mais il m’a prouvé le contraire. Tout ça réveille chez moi une incroyable envie de fuir mais pourtant je ne me défends pas, et quand bien même j’ai un mouvement de recul, je ne cherche pas à lutter contre ce qui est entrain de se passer alors que mes paupières ne parviennent plus à retenir l’humidité qui s’y est installé. Je voudrais lui dire que je n’arrêterai jamais de veiller sur elle, pas tant que nos quotidiens seront liés en tout cas, mais je n’ai plus la force de prononcer le moindre de mot. Un vague hochement de tête, c’est tout ce que je peux lui offrir alors que je pose mon regard sur le mur à côté, sans le voir, incapable de le regarder dans les yeux dans ma forteresse s’écroule petit à petit alors qu’un poids évident libère mes épaules. Elles sont larges, ça ne rend pas indestructible pour autant. Et là, je me fissure, ni plus, ni moins. D’une manière qui, je pense, n’a rien de négative même si j’ai un peu de mal à l’appréhender. Je n’ai pas envie de jouer les gros durs, juste celle d’être sincère avec ce que je ressens. Sa main sur mon épaule doit lui apprendre à quel point je tremble des pieds à la tête mais le fait est que je me laisse aller, parce que je n’arrive pas à faire autrement, parce que je n’ai pas envie de faire autrement. Et je craque, je laisse les larmes rouler sur mes joues alors que mes yeux se ferment, m’imprégnant de ce contact sans me poser de question, sans bouger. Je lâche prise, en silence, et c’est comme si toute mon énergie s’éclipsait lentement, me laissant un peu perdu, vide, mais soulagé. Je ne sais pas si j’en avais besoin, je sais juste que ça me fait du bien et c’est tout. Je ne cherche pas à analyser la situation, pas de parano, rien, juste l’instant. Un instant bref, sans doute unique, plein de pudeur, dont on ne parlera jamais. Quand je m’écarte et qu’il en fait autant je regarde le plafond dans le voir tout en essuyant mes yeux à nouveau sans chercher à me cacher. Aucun mot, je n’en ai pas pour exprimer ce que je ressens, en majeur partie de la gratitude. Tout ce que je peux lui donner c’est un vague sourire, un signe de tête, et je repasse de l’autre côté du rideau, les mains accrochés à mes manches dans lesquelles elles sont quasiment rentrées en totalité, le pas un peu fébrile. Je me sens épuisé, mais soulagé. Direction le dortoir mais avant ça je m’arrête auprès de Kim et l’observe une seconde avant de déposer un baiser sur son front, suivi d’un murmure à son adresse.

« Tu me frapperas quand tu te réveilleras, parce que tu vas le faire, te réveiller j’veux dire. Et on ira se le faire ce putain de basket. Et t’auras tous les Banana Split du monde si tu veux. »

Ma main s’attarde sur son bras une seconde, l’instant d’après je passe la porte de l’infirmerie sans me retourner.

▬ FINI POUR ENZO ▬
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Mar 17 Mai 2016 - 17:49

Mercredi 8 avril 2015 – Dans l’après-midi
How to Destroy Angels



Leiv & Isma

L'agitation, l'angoisse, la douleur, la panique, puis plus rien. Le trou noir. Le néant ? Pas exactement. C'est comme … Comme flotter au-dessus des nuages. Bien sûr je n'ai jamais flotté au-dessus des nuages parce que même si la Magie permet bien des choses, inutile de prendre des risques inconsidérés pour autant. Disons juste que c'est une image, la façon dont on peut envisager la quiétude. C'est calme, silencieux et paisible, comme si rien ni personne ne pouvait m'atteindre là où je suis. J'en profite, je ne le nie pas, l'idée de redescendre … Oui bien sûr j'y pense mais je me dis que ça peut attendre. Qu'est-ce qu'il s'est passé au juste ? Tout ça est un peu confus dans mon esprit, je ne me souviens pas vraiment ou plutôt je ne parviens pas à me concentrer sur autre chose que cette impression paisible qui m'entoure. Instinctivement les signaux d'alertes se manifestent en moi, ils sont mis en sourdine avec une facilité déconcertante.
Ces phases de semblant de conscience sont relativement rare mais n'ayant absolument pas la notion du temps c'est difficile de savoir où je peux me situer dans l'espace-temps. Je ne sais même pas où est véritablement mon corps … Parce que non, il n'est pas dans les nuages évidemment, et sans trop savoir pourquoi je sais, je sens, que je ne suis pas morte.
J'aurai pu l'être. Pour certains, ceux qui ont fait … ce qu'ils ont fait, j'aurai dû l'être. Moi, d'autres, n'importe qui cette fois ? Est-ce que nos vies ont si peu d'importance ? Pour eux, peut-être, mais depuis quand ce qu'ils pensent, souhaitent, défendent, nous intéresse ? Je me souviens, ça revient par bribes, vaguement. Les chocolats, un cadeau empoisonné. Un cadeau venant de qui ? Comment ? De l'intérieur ? Sentiment d'urgence. Je dois me réveiller, il y a tant à penser, à vérifier, à protéger … Puis de nouveau le trou noir. C'est comme si mon esprit et mon corps s'alliaient pour m'empêcher d'avoir conscience de la réalité, comme s'ils me disaient : Chut. Pause. Repose-toi. Prends le temps. Alors je les écoute et je replonge, perdant à nouveau la notion de tout si ce n'est cette douce chaleur qui m'enveloppe, ces nuages irréels … Tout va bien.

Des jours, des heures, des minutes … Je suis incapable de le dire. Je sais que j'ai commencé à avoir conscience de mon environnement petit à petit. Des impressions, des sensations, des flash colorés et lumineux sous les paupières puis l'impression de ressentir une certaine agitation, des présences, d'entendre des voix aussi, naturellement. Mais ça n’est pas encore l’heure … Encore une fois ce sentiment d’urgence vient me saisir, encore une fois mon organisme le fait taire – ou peut-être est-ce autre chose – et je replonge dans les bras de Morphée, qui me dépose à nouveau sur mon nuage.

J’ignore combien de fois tout ça s’est produit, tout ce que je sais c’est que j’ai ressenti le moment où les choses allaient changer. J’ai senti que c’était différent, tout, les sensations, les sons, les odeurs, l’impression de comprendre enfin sans réellement réussir à mettre le doigt dessus. Les faits me sont revenus en tête les uns après les autres, je suis passé par tout un tas de phases, de la panique au calme le plus plat, quand j’ai compris où j’étais : L’infirmerie. Ce qui m’a tranquillisé, c’est le calme et le silence qui règnent dans cet endroit. Pas de panique, pas de tension latente ou disons quelque chose d’acceptable en tout cas, qui ne me fait pas bondir hors de ce lit sur lequel je suis allongée … depuis combien de temps ? Ma conscience est en plein combat, entre la culpabilité et la résignation. Une partie de moi ne supporte pas l’idée que je sois là, à ne rien faire, sans savoir ce qu’il se passe pour tous les habitants du château. L’autre … Accepte, tolère, et se dit que c’est nécessaire. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est comme avoir un ange sur une épaule et un démon de l’autre mais on s’en rapproche peut-être un peu. Pour faire court et simple : Je suis partagée, entre mes responsabilités et mon propre bien-être. Ils ne sont pas livrés à eux-même, c’est ce que je me dis, mais … Est-ce qu’il y a eu beaucoup de victimes ? Est-ce qu’ils s’en sont tous tirés ?

Lentement, petit à petit, la lumière entre mes paupières se fait plus forte. Je commence à percevoir un peu mieux mon environnement à mesure que mes yeux s’ouvrent. Je n’aurai jamais pensé que cela pouvait demander autant d’effort pour un geste si infime. Et quand je perçois cette présence là près de moi, quand les contours de cette silhouette se font plus clairs, un sourire étire faiblement mes lèvres. Il est fébrile, je le suis aussi. Mon corps n'est pas douloureux mais c'est comme s'il tournait au ralenti. Je me sens épuisée. Les premiers mots peinent à sortir, il ne s’en rend pas compte parce qu’il ne me regarde pas, concentré sur je ne sais quoi … Et je n’aurai jamais cru que mon cœur pouvait battre de cette façon pour quelqu’un, rien qu'en le voyant …

« Vous avez l'air si sérieux, Monsieur Helland ... »

J’ai la gorge sèche, les mots se fraient un chemin comme ils peuvent mais ça n’entache pas mon sourire. Je crois. Et fidèle à moi-même, naturellement, j’essaie de me redresser sans réellement y parvenir.

« Je suis certaine que tu plairais beaucoup à ma mère avec cet air si mystérieux de bel homme inaccessible. »
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Lun 30 Mai 2016 - 16:15

Enzo finit par partir après avoir pleuré, après avoir craqué, me laissant seul ici. Planté dans ce carré d’espace où Ismaëlle se trouve endormie. Loin dans un coma artificiel lui permettant de retrouver ses forces, permettant à son corps de récupérer ce qu’il a perdu avec ce poison dans les veines. Et moi j’aimerais que tout cela ne soit qu’un cauchemar.
Je suis complètement épuisé, lessivé par les évènements, par les émotions et pour la première fois depuis longtemps, j’ai du mal à composer avec tout ça. Je me passe les deux mains sur mon visage, lâchant un soupire de lassitude profonde alors que mon regard glisse sur cette femme que je n’avais pas vu venir, à un détour de mon existence. Je fais quelques pas vers elle et prend le temps de la regarder.
Elle a l’air si paisible que je pourrais presque croire que tout cela n’est pas arrivé, que personne n’est venu ici proche de la mort et qu’elle ne fait que dormir. Je caresse son front d’un geste tendre, prenant pour la énième fois ses constantes et finit par me pencher en avant, déposer un baiser sur son front. Je m’attarde quelques secondes sur cette peau chaude et me redresse, sa main dans la mienne. Je suis incapable de prononcer la moindre parole, me contentant d’agir avec de petits gestes comme ceux-là, pour lui faire sentir ma présence là où elle se trouve.

Je reste un long moment dans cette position, veillant sur elle au mieux même si j’aurai préféré empêcher ça. Je sais ce qu’il se serait produit si Jules n’avait pas été là et je ne préfère pas l’imaginer. Penser de nouveau à ma filleul me tord les tripes et je me résous à sortir d’entre ces rideaux dans le but de laisser Ismaëlle se reposer, même si elle ne me sent pas près d’elle. Je sais qu’elle se réveillera bientôt, que tout ira mieux une fois qu’elle ouvrira les yeux mais je ne peux m’empêcher de me sentir profondément inquiet et soucieux.
Je franchis les rideaux et retourne à mon bureau où Katherine s’y trouve, finissant de remplir quelques papiers à ma place.

- Je vais finir Katherine, va dormir un peu.
- Non, je n’y arriverais pas. Autant rester ici à être utile.

Je n’ai pas la force de la contredire et égoïstement, j’apprécie l’idée qu’elle reste avec moi cette nuit. Nous ne sommes pas seuls, le reste du corps enseignant est là mais je n’ai pas cette relation que j’entretiens avec Katherine, avec les autres. C’est particulier, surtout depuis que je l’ai accompagné à l’hôpital pour son cancer. Depuis s’est créé un lien que je qualifierais de tendre. Une affection particulière malgré ses manies de vouloir tout déranger derrière mon passage.
Mais c’est son territoire alors je me contente de grommeler dans mon coin.

- Il va nous falloir autre chose que du café si on veut tenir la nuit.
- Parle pour toi.

Je lève mes yeux brillants et brûlants de fatigue vers Katherine qui esquisse l’ébauche d’un sourire.

- Je n’ai peut-être plus 20 ans, mais je sais tenir une garde.
- On verra ça.

Un défi se lance, un défi fatigué mais utile pour ne pas sombrer de fatigue face à tous nos malades. Et à deux, tout me semble bien plus supportable.


¥


Les heures défilent, les journées s’égrènent avec une lenteur à vous rendre fou. Nous avons au moins le soulagement de voir les premiers réveillés comme Zachary Disemba et Benjamin, atrocement endoloris mais en forme et en meilleure santé. Mais Ismaëlle n’est pas décidée à vouloir s’éveiller et quoi qu’elle en dise, je sais que son état joue sur l’humeur de Katherine. Mais aussi le mien. Je garde malgré tout la face, essaie d’être détendu, optimiste. Je me concentre notamment sur Jules, la surveille de près et de loin afin de m’assurer de son bien être aussi bien physique et mentale. J’ai beau être affreusement occupé, je ne la laisse pas pour autant tombé. Les élèves restent sur le qui-vive, certains deviennent paranoïaques tout en essayant de ne pas céder à la panique. Et aujourd'hui, plus que jamais, nous devons rester attentifs au moindre signe inquiétant.
Les visites s’enchainent dans un silence presque totale, chacun respectant le bien être de l’autre mais nous n’oublions pas ceux qui viennent pour des « petits bobos », comme le dit si bien Katherine. Tout le monde a besoin de nous, sur tous les fronts et si l’état d’Ismaëlle m’inquiète, il en est de même pour John que j’aimerai voir éveillé au plus vite. J’alterne entre ma présence auprès de lui et auprès d’elle, passant une heure avec chaque, le plus souvent possible.
J’étouffe un bâillement dans le creux de mon poing et me dirige vers la petite salle de bain de l’infirmerie où je croise mon reflet. Teint cireux, barbe naissante et cheveux légèrement décoiffés, je n’ai plus rien de cet homme bien droit dans ses chaussures sans un pli sur sa chemise. J’entreprends de faire une petite toilette, ne prenant pas le temps de me raser pour autant puisqu’il faut encore administrer des vitamines aux endormis puisque c’est à mon tour. J’enfile un tee-shirt propre avant de prendre la direction des lits où, tour à tour, je vérifie les constantes mais aussi si l’un d’eux s’est réveillé durant notre courte absence. Je retiens avec précision chaque visage, chaque prénom et entreprend même de leur souhaiter le bonjour lorsque je pénètre dans ce carré d’intimité. Comme si cela pouvait les maintenir à la réalité.

Je m’attarde auprès de John et lui glisse un cocktail de vitamines dans les veines, puis jette la seringue dans une poubelle prévue à cet effet.

- Je ne promets pas que ces vitamines te redonneront ta jeunesse d’il y a 20 ans, mais ça t’aidera à aller mieux…

Faire une blague à un homme dans le coma à quelque chose d’étrange mais je m’y suis adapté au fur et à mesure du temps qui défile devant vous. Pour tromper l’ennui, pour s’imaginer une compagnie quand Katherine s’est absentée pour une courte sieste ou une douche.
Je termine mon tour avec Ismaëlle à qui j’administre à elle aussi une dose de vitamine aidant le corps à retrouver son tonus mais aussi à le nourrir de tout ce qu’elle ne peut ingurgiter elle-même. Je jette le matériel et cette fois, m’installe à ses côtés. Katherine a pris la relève, me laissant ainsi deux bonnes heures devant moi pour patienter ici, livre en mains. Je suis incapable de ne rien faire, il me faut une occupation, sinon je deviendrais fou. Je n’aime pas perdre mon temps, encore moins regarder les heures défilés sans que je ne m’occupe l’esprit et c’est avec un livre de John que je me plonge dans une lecture profondément passionnante, tout en restant auprès de la femme que j’aimerais sentir et serrer contre moi, comme beaucoup de nuits ces derniers temps.

Mes yeux parcourent les lignes, mon cerveau essaie de retenir les informations qui peinent à s’assimiler sous le poids de la fatigue. Mais je persiste en silence, tournant lentement et doucement les pages.

- Vous avez l'air si sérieux, Monsieur Helland ...

Je relève brusquement la tête vers Ismaëlle, mon cœur explose dans ma poitrine, déversant un liquide glaciale dans mes veines. J’ai cru à une hallucination, au pur fruit de mon imagination épuisée… pourtant, c’est bien elle qui me parle, yeux semi-ouverts. Son sourire me réchauffe le cœur, recolle chaque morceau de mon être brisé et m’apporte un lourd soulagement que j’accepte à bras ouverts. Je suis fébrile, mes mains tremblent alors que dépose mon livre sur le matelas.
Elle est réveillée. Elle est enfin revenue.

Ma main attrape déjà la sienne alors que je me penche vers Ismaelle, debout sans m’en rendre compte. Mes yeux s’humidifient légèrement mais je ravale aussitôt cette boule qui m’obstrue la gorge.

- C’est tellement bon de te voir ouvrir les yeux.

Ma main glisse sur ses cheveux, j’ai l’envie furieuse de la serrer contre moi mais je freine mes envies, de peur de la blesser plus qu’elle ne l’est déjà ou de la faire souffrir un peu plus. Pourtant, tout en moi hurle de la sentir, de l’avoir contre soi.

- Je suis certaine que tu plairais beaucoup à ma mère avec cet air si mystérieux de bel homme inaccessible.

Je souris, fébrile et m’assoit à ses côtés, sur le bord du matelas. Je ne détache pas mon regard de ses yeux, de sa bouche, de son sourire, de la couleur de ses iris. Tant de détails qui manifestent son éveil, le fait qu’elle soit sortie d’affaire pour de bon. Le soulagement est intense, prenant, vivant et je ne peux retenir mes mains qui glissent en douceur sur son visage que je touche entre mes doigts. L’émotion est là, présente, elle martèle mon cœur et mes côtes. Dans un geste un peu maladroit et tremblant, mes lèvres se nouent aux siennes pour un tendre et doux baiser, comme si je craignais de la briser. En cette seconde, je me fout de savoir si quelqu’un nous verra, si quelqu’un nous entendra. Tout ce qui est compte en cette seconde est de la voir réveillée, vivante. La voir respirer, l'entendre parler, la regarder respirer.
Mes lèvres quittent les siennes et mon front se pose contre le sien. Je lâche dans un souffle soulagé, gardant mes yeux fermés.

- Bon sang, tu m’as fichue une de ces peurs…

Elle ne saura probablement jamais à quel point son état a pu me toucher, me déstabiliser et fracturer toutes ces barrières qui faisaient de moi un homme froid, aux premiers abords. Mes mots ne sont que la faible expression de ce que j’ai pu ressentir du moment où je l’ai vu se faire trainer ici par Jules, à maintenant où je la tiens entre mes mains, réveillée.
Je m’apprête à m’écarter pour me soucier de son état, m’assurer qu’elle va bien, qu’elle n’a besoin de rien…

- Madré de dios…

Je m’écarte vivement d’Ismaëlle, comme un enfant prit sur le fait, main dans le bocal à bonbon de sa mère. Je pose trop vivement mes mains sur mes genoux, sourire faussement détaché sur les lèvres. Et ce que j’ai pris pour une exclamation de nous voir aussi proche, se retrouve bien vite balayer par l’expression soulager de Katherine qui ne prête pas une seule fois attention à mon existence, focalisée sur Ismaëlle qu’elle serre dans ses bras, en douceur, sans manquer de lui déposer un tendre baiser sur la joue.

- C’est tout ce que je voulais. Repose-toi maintenant.

Elle lui accorde une dernier geste affectueux avant de faire demi-tour, les yeux brillants, le sourire aux lèvres. Complètement ragaillardit. Katherine s’éclipse, non sans me lancer un regard en coin que je devine déjà d’ici mais me concentre sur Ismaëlle à qui j’accorde un regard d’excuse. Je sais qu’elle préfère que tout cela reste secret, que personne ne le sache, mais je suis incapable de faire semblant. Pas aujourd’hui, pas maintenant. Pas avec ce soulagement qui balaie brutalement toute ma fatigue.

- Il était temps que tu te réveilles, Katherine devenait bien trop grognon. Je tente une petite touche d’humour un peu maladroite avant de poursuivre, gardant sa main dans la mienne. Comment te sens-tu ? Tu as besoin de quelque chose ?

Tout ce que tu voudras, tant que tu gardes ce sourire à tes lèvres et que tu restes désormais éveillée.
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Ven 3 Juin 2016 - 18:48

Le réveil est un peu difficile, on ne va pas s'en cacher, d'autant plus quand la réalité revient faire surface. Je m'extirpe de ce brouillard pourtant sans forcer, m'accrochant à quelque chose de positif sans pour l'instant penser au reste et ce quelque chose de positif, sans vouloir dire qu'il est une chose bien sur, c'est lui. Leiv. Oh non il n'est pas un homme très expressif c'est vrai mais croyez-moi qu'en cet instant ses yeux, son regard, m'apportent milles et une informations, milles et une émotions. Sa main se pose sur la mienne, elle en prend possession en me procurant la sensation d'un écrin de chaleur et de douceur. Immédiatement, instinctivement, et bien que mes forces ne soient pas très réactives, mes doigts s'y agrippent. Il sourit, est ému, mon cœur s'emballe un peu plus … et ça ne me fait pas peur. En cet instant il est le centre de mon univers, l'ancre qui me maintient à flot et me donne envie de rester éveillée.
Je le laisse faire, je le laisse m'inspecter parce que c'est exactement ce qu'il est entrain de faire pourtant je sais, je sens, que ça n'est pas le médecin qui réagit mais bel et bien l'homme, tout simplement. Sa main caresse mes cheveux, mon visage, et je ne le quitte pas des yeux. Yeux qui se ferment dès l'instant où ses lèvres se posent sur les miennes dans un geste devenu naturel au fil des jours, des semaines, mais qui aujourd'hui semble avoir un goût, un sens particulier. Celui du soulagement, je crois. Quand son front se pose sur le mien, j'ouvre les yeux à nouveau et mes doigts glissent sur sa joue mal rasée. Il a l'air tellement épuisé … Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi, au juste ?

« Bon sang, tu m’as fichue une de ces peurs… »
« Je suis désolée. »


J'en conviens, ça n'est pas de ma faute bien sur, mais vous savez ce genre de réaction, de réponse, c'est presque un automatisme. Et le rideau s'ouvre à la volée, la réaction de Leiv ne m'échappe pas. En ce qui me concerne, je n'y accorde pas d'importance, surtout pas quand il s'agit de Rina. Et Merlin sait si je suis heureuse de voir ce visage là aussi. Toi aussi tu as les traits tirés ma belle, est ce que vous avez pensé un peu à vous ? Bien sur que non. Cette question je ne prendrais même pas la peine de la poser. Mon coeur tambourine toujours autant là dans ma poitrine, en temps normal c'est quelque chose qui m'aurait surement angoissé un peu, à cause des greffes, de cette peur déraisonnée – ou pas – que je garde en moi malgré les années qui ont passé sans le moindre dommage à ce niveau là. Aujourd'hui tout ça me passe au dessus de la tête, je n'ai même pas ce réflexe d'aller chercher mon pouls comme j'ai l'habitude de le faire quand je le sens qui s'emballe celui là.

« Madré de dios… »
« Hola Guapa. »


Et la voilà, contre moi, me serrant dans ses bras, soulagée elle aussi. Pardon de vous avoir fait aussi peur à tous les deux. Elle dépose un baiser sur mon front, ma main effleure son bras et je lui adresse un sourire plein de cette tendresse que je ressens pour elle. Quand je les regarde tous les deux … J'ai le mot famille qui se peint en lettre d'or dans mon esprit. Je l'admets, ça me déstabilise un peu, mais d'une bonne manière. D'une manière qui pourrait vous faire pleurer, presque de soulagement là encore. Parce que vous n'êtes pas seul, parce que vous comptez pour quelqu'un et que quelqu'un compte pour vous.

« C’est tout ce que je voulais. Repose-toi maintenant. »
« Si, Commandante. »


Non je ne suis pas devenue bilingue mais au contact de Rina je noue des liens avec mes racines, ça stimule mes origines je crois et ça me plait vraiment. Nos familles ne viennent pas du même continent mais c'est la même langue que nos grand-mères parlent. Je suis née en Irlande, ça ne m'empêche pas d'être attachée au Venezuela.
Guapa n'est déjà plus là, l'ouragan espagnol a fait un passage en douceur et je surprends le regard plein d'excuse de Leiv quand mes yeux se reposent sur lui après avoir suivi la progression de mon amie jusqu'à ce qu'elle disparaisse totalement de mon champ de vision. Est ce que je lui en veux, à lui ? Pas une seule seconde. D'une parce qu'on parle de Rina, qu'elle sait déjà très bien ce qu'il se passe, et de deux parce que … Je m'en fiche, totalement. Je ne pense pas devenir une grande fan des démonstrations d'affection en public pour autant mais peu m'importe que qui que ce soit devine qu'entre lui et moi il ne s'agit pas simplement d'une relation professionnelle ou amicale. Je n'arrive pas vraiment à appliquer un terme à ce qu'il représente pour moi, aucun ne semble me convenir alors je n'en choisi pas. Il est ce qu'il est, il représente ce qu'il représente. Je tiens à lui, et c'est tout.

« Il était temps que tu te réveilles, Katherine devenait bien trop grognon. »

A nouveau mes doigts se serrent autour des siens, un léger rire amusé m'échappe.

« Comment te sens-tu ? Tu as besoin de quelque chose ? »
« Atrocement dans le brouillard, un peu douloureuse, mais ça va. »


Mon sourire ne me quitte pas, sans trop que je sache pourquoi. Je sais pourtant que la situation est grave mais c'est comme si je ressentais le besoin d'avoir … juste un peu de répit, avant de foncer à nouveau tête baissée dans la réalité. J'ai parfaitement conscience de ce qu'il s'est passé, je me souviens, par vague bribes, mais je me souviens.

« Je veux bien quelque chose à boire s’il te plait. »

Quelques secondes plus tard il me tend un verre d'eau, que j'attrape en le remerciant et que je vide quasiment d'une traite en me rendant compte à quel point j'avais soif, à quel point j'avais la gorge sèche. Je ne sens pas tellement mon corps, j'ai ce sentiment désagréable de ne plus avoir la moindre force, au point de ne pas pouvoir me lever et c'est détestable. Je crois que c'est à ce moment là que je commence à réellement refaire surface, j'imagine que les traits de mon visage doivent se crisper.

« Dis-moi que tout le monde va bien … »

Le regard un peu dans le vide au départ, je relève les yeux vers lui.
Mon sourire n'est plus là.

« Quel jour on est ? Qu’est ce qui s’est passé depuis ? »

Et j'attrape à nouveau sa main, fermement – l'intention est là en tout cas même si la force, elle, ne l'est pas –  lui lançant un regard presque insistant.

« Reste près de moi. Je m’en moque qu’on nous voit. »
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Lun 13 Juin 2016 - 13:46

- Atrocement dans le brouillard, un peu douloureuse, mais ça va.

Je fais toujours en sorte de garder le cap, de ne pas faire une sortie de route, c’est une chose que je ne peux pas me permettre dans mon métier mais le fait de voir Ismaëlle réveillée me redonne un regain de courage et de volonté. La fatigue s’efface, sûrement pour mieux revenir plus tard, mais pour l’instant je suis parfaitement éveillé bien que fatigué. Ma concentration se focalise sur ce sourire, sur sa présence, sur la vie qu’elle représente. Je reste près d’elle sans bouger, m’autorisant le droit de décrocher quelques minutes avant de repartir au front pour soigner ceux qui restent encore endormis.
Je sais qu’il reste encore beaucoup à faire puisqu’après que les victimes auront été soignés et remit sur pieds, il faudra que l’on pense tel un visionnaire pour anticiper toutes nouvelles attaques. Ou tout du moins limiter les dégâts. C’est d’une frustration quasi-insupportable de devoir se dire que parfois, nous devons attendre le pire pour pouvoir envisager le meilleur.
J’aimerai effacer chacune de ces douleurs d’un geste de la main.

- Je veux bien quelque chose à boire s’il te plait.
- Bien sûr.

Je me détourne légèrement vers ma gauche, prend le pichet et remplit un verre entier du liquide frais et limpide que je lui tends ensuite, précautionneusement. Ismaelle le vide presque en une seule fois, comme déshydratée. Elle ne l’est pas pour la simple et bonne raison que nous nous sommes assurés à ce qu’ils soient tous correctement hydratés mais le poison et le coma a considérablement asséché les parois de leur gorge et de leur bouche dans son ensemble, donnant ce sentiment addictif de boire un verre d’eau au plus vite.
Je n’articule pas un mot, la laissant boire son verre, la laissant décompressé et revenir à la réalité en douceur. Je m’assure par de simple regard si tout va bien, si elle n’a pas de mauvaise réaction et surtout, si son corps ne manifeste rien de particulièrement inquiétant.
Puis, les traits de son visage se modifient, se crispent.

- Dis-moi que tout le monde va bien …

Je m’avance vers elle pour la rassurer mais je n’en ai pas le temps.

- Quel jour on est ? Qu’est ce qui s’est passé depuis ?
- Doucement, ma voix est douce, tendre, presque un murmure. Calme-toi.
- Reste près de moi. Je m’en moque qu’on nous voit.

Ses derniers mots accompagnés de ce geste ferme et insistant auraient le don de briser toutes les barrières d’un homme. Je me fige une demi-seconde, sa main dans la mienne, partagé entre le bonheur de l’entendre dire ça et l’inquiétude lorsque je vais devoir lui annoncer qu’elle n’est pas la seule concernée. Je connais suffisamment la jeune femme pour savoir à quel point elle prend à cœur la vie des élèves, comme nous tous ici puisque nous avons pour rôle de les protéger, de prendre soin d’eux et de veiller à ce qu’ils ne leur arrivent rien. Encore une fois, nous avons échoué malgré nous. La seule « fierté » que nous pouvons tirer de ce drame est que tout le monde est en vie…

A sa demande, nous avons toujours fait en sorte de ne pas nous exposer aux yeux de tous et ça me convenait. Je n’avais pas envie de divulguer une partie de ma vie privée aux élèves, ni à qui que ce soit d’autre. Ce qu’il s’y passe ne regarde que moi. Mais après avoir failli la perdre, ma perception des choses changent et je n’ai plus envie de gâcher un seul instant à me cacher des autres. La vie est courte, je devrais le savoir après avoir vu passer des patients dans des états des plus bénins aux plus graves, alors pourquoi irais-je la gâcher en dissimulant ce que je ressens pour Ismaëlle ? Je repense également à Jules et mon cœur se serre.

Mon premier geste est celui de m’assoir au bord de son lit et de l’embrasser de nouveau, ce n’est plus une envie mais une nécessité. Le besoin profond et intense de lui montrer ce que j’éprouve pour elle d’un geste tendre, doux, où je m’y attarde, peu importe de savoir si l’on me regarde ou non. Une part de moi s’en affole par pudeur tandis que l’autre, lutte pour s’exposer, pour s’apaiser. Elle m’a terriblement manqué et mon impuissance s’évapore doucement lorsque je comprends qu’elle a besoin de moi. De cet homme qui passait des heures à culpabiliser silencieusement de ne pas avoir pu faire plus.
Une de mes mains dans son cou, je finis par me redresser, sourire aux lèvres et surtout, la laissant respirer pour ne pas la brusquer.

- Je ne vais nulle part, soit tranquille.

S’il faut rester la nuit entière près d’elle, je resterais. Peu importe la fatigue, elle est moindre comparée à ce qu’il s’est passé, à ce qu’elle représente. J’entends Katherine un peu plus loin, si ses gestes passent inaperçu à l’ouïe des autres, ils sont pour moi reconnaissable puis partie intégrante de mon quotidien. Je l’entends ranger des boites, en douceur pour venir se rassoir au bureau.
Nous avons tout donné ces dernières heures, elle aussi mérite un véritable repos.

Je me concentre de nouveau sur Ismaelle, prêt à passer à un sujet beaucoup plus sérieux et beaucoup moins agréable à entendre. Et si ça ne tiendrait qu’à moi, je lui épargnerais ce discours fataliste mais je n’ai aucun droit de la préserver de quoi que ce soit. Car au-delà de la femme qui a su me toucher, je parle également à l’enseignante qu’elle est mais aussi à la Directrice Adjointe de cette école.

- Est-ce que tu te souviens d’avoir mangé des chocolats avant de te sentir mal ?

Je prends mon temps, la laissant réfléchir, se souvenir et après assimiler.

- Il y a eu une distribution dans le Hall Lundi, presque tout le monde a été se servir mais seulement quelques paquets étaient empoisonnés. Tu as eu l’un d’entre eux, tout comme une dizaine d’autres personnes. C’est Jules… Juliet, qui t’as ramené ici.

Parce que la fatigue joue aussi sur ma vigilance, je laisse échapper une certaine tendresse en prononçant le nom de ma filleul dont je finirai par révéler l’identité à Ismaelle un peu plus tard. Je n’ose imaginer ce qu’il serait arrivé si Jules n’avait pas été là à ce moment précis.
J’enchaine personne aussitôt, connaissant que trop bien sa capacité à s’inquiéter de ses élèves dont j’en comprends toutes les raisons.

- Personne n’est décédée. Ces mots me font tiquer mais je n’en montre rien. Je marque une pause avant d’ajouter. Et Enzo n’a rien eu, il est venu te rendre visite tous les jours et m’a chargé de te dire qu’il s’occuperait de Fenrir et du reste.

J’ai désormais pleinement conscience de l’importance de ce garçon à ses yeux mais je sais aussi qu’elle porte intérêt à tout autre élève dans ce château, à un degré différent. Je lui laisse le temps d’ingérer l’information avant de lâcher le nom des victimes, comme une liste funeste que l’on annonce après un crash ou à un attentat.

- Dans ton cas il y a eu, Zachary Disemba, Kim Collins, Drew Parker, Eliott Grisham, Raphael Paley, Mackensie Blackburn et la petite Charleen Thomson. Je marque une nouvelle pause, pour reprendre un souffle mais aussi pour lui laisser le temps d’assimiler tout ça. Chez les adultes, toi, Benjamin, Emmy et John. Ils vont tous mieux, certains se sont réveillés et d’autres dorment encore, le temps de récupérer. Tu as dormis deux jours, nous sommes Mercredi.

Deux jours interminables.
Je me veux rassurant mais je ne passe pas non plus par quatre chemins. Parce que ça n’est pas mon genre et parce qu’Ismaelle déteste à ce qu’on la prenne avec des pincettes.

- On ne sait pas comment ces chocolats sont entrés, ni comment c’est arrivé. Je ne sais pas non plus ce qu’a prévu Rivers pour le moment, j’imagine qu’il passera te voir pour discuter de tout ça un peu plus tard.

Tout ce temps où je lui explique, ma main ne lâche pas la sienne et je ne la quitte pas du regard. Je sais que tout ça fait beaucoup à entendre et qu’il faudra probablement du temps pour assimiler.

- En attendant, même si je sais que c’est compliqué, il va falloir que tu te reposes. Le poison était puissant et même s’il n’est resté que très peu de temps dans ton organisme, ça lui a suffi à pomper toute ton énergie.

Ma main se pose tendrement sur sa joue tout en lui esquissant un sourire tranquille et encourageant. Rester positif est le mieux que nous puissions faire pour le moment, Katherine et moi.
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MessageSujet: Re: How to destroy Angels ▬ Leiv   Mer 15 Juin 2016 - 9:28

C’est ce que je veux, au plus profond de mon être, qu’il reste près de moi et n’en bouge pas. C’est à lui que je m’accroche en cet instant, au sens propre comme au figuré, chose que j’apprends à faire au fil des jours, des semaines qui passent. Tout est encore un peu confus dans mon esprit, je viens d’ouvrir les yeux et cette sensation d’être dans le brouillard ne se dissipera pas en un claquement de doigts j’imagine mais … Pour moi c’est une certitude, je m’en moque qu’on nous voit. Je ne suis pas du genre à revendiquer quoi que ce soit ou bien à crier haut et fort sur les toits ce genre de choses, je suis clairement novice en la matière en plus de ça mais pour nous, pour lui, pour moi … Je crois qu’on en est arrivés à un stade où on a pris le temps de s’apprivoiser, et c’est précisément pour ça que je tenais à ce qu’on garde ça pour nous. Je me comprends, et je sais, je crois, qu’il comprend aussi.
Ces gestes, ces attentions, cette présence dans mon espace vital restreint, parfois j’ouvre les yeux et je ne réalise encore pas vraiment ce qu’il se passe. Parfois c’est simplement … totalement naturel, et ça tend à le devenir totalement. Si je ne suis pas très expressive et réactive je m’en excuse, tout est encore un peu flou pour moi, mais l’intention est bien là elle, de même que les effets que ça me procure. Il y a un homme dans ma vie … Et je n’ai pas l’intention de le laisser en sortir, encore moins de le fuir.

« Je ne vais nulle part, soit tranquille. »

Une part de moi culpabilise un peu de demander autant d’attention de cette façon, surtout quand je réalise à quel point il a l’air épuisé, mais … Je n’ai pas l’intention de faire autrement. J’ai besoin de lui, et besoin qu’il me parle. De tout ça. Son air soudainement plus grave ne me dit rien qui vaille mais j’essaie de m’accrocher au fait que ce côté sérieux fait partie de sa personnalité.

« Est-ce que tu te souviens d’avoir mangé des chocolats avant de te sentir mal ? »

Les chocolats, oui, je m’en souviens. C’est là, bien présent, j’ai bien tous mes souvenirs quand bien même c’est un peu confus.

« Il y a eu une distribution dans le Hall Lundi, presque tout le monde a été se servir mais seulement quelques paquets étaient empoisonnés. Tu as eu l’un d’entre eux, tout comme une dizaine d’autres personnes. C’est Jules… Juliet, qui t’as ramené ici. »

Une dizaine … Une dizaine d’autres personnes … Les choses se remettent un peu plus nettement en place dans mon esprit, je revois parfaitement Juliet venir jusqu'à moi alors que j'étais prise de vertiges et de tremblements. Je me souviens avoir pris le chemin de l'infirmerie avec elle … et puis le trou noir. Réaliser que ça n'était pas anodin me donne des sueurs froides, plus encore quand j'ouvre les yeux sur le fait que je n'ai malheureusement pas été la seule a en pâtir.

« Personne n’est décédée. »

C'est un soulagement, on ne se le cachera pas, mais j'ai vu certaines choses dans ma vie qui me permettent d'attester une chose : Parfois, la mort n'est pas ce qui peut arriver de pire. Ça n'est pas là-dessus que je me concentre, je pense à Megan bien sûr, et je sais que Leiv y pense aussi, mais aujourd'hui personne n'ira la rejoindre et c'est là-dessus que je dois me concentrer, chose que je tente de faire. Maintenant, ce que j'ai besoin de savoir, ce sont les noms de ceux qui ont été victime de ces chocolats. Là, dans ma poitrine, ce cœur n'a de cesse de battre de plus en plus fort.

« Et Enzo n’a rien eu, il est venu te rendre visite tous les jours et m’a chargé de te dire qu’il s’occuperait de Fenrir et du reste. »

Je retiens mon souffle, une seconde, peut-être deux, avant de pousser un léger soupir sans quitter Leiv des yeux. Ce garçon n'est pas le seul à qui je pense, bien évidemment, mais le savoir hors de danger … c'est important pour moi. Ma main serre un peu plus celle de Leiv, dans son regard je comprends qu'ils ont échangé pendant … Mon absence. Ça n'est pas la première fois, les raisons n'ont pas toujours été très positives mais cette fois, c'est différent. Pour le reste, je n'en attendais pas moins du jeune Australien. Disons que ça ne m'étonne pas de lui.

« Merci. »

Le fait qu'il me donne cette précision n'est pas anodine, j'en ai conscience, alors c'est avec un léger sourire que je le remercie. Le savoir hors de danger lui est une chose, de même que Leiv ou Rina que j'ai vu à l'instant, mais les autres … Qui ? Dans quel état ? Comment ? Pourquoi ? Déjà mon cerveau tourne à plein régime et je ne cède pas à la panique mais … Il y a fort à faire, immédiatement.

« Dans ton cas il y a eu, Zachary Disemba, Kim Collins, Drew Parker, Eliott Grisham, Raphael Paley, Mackensie Blackburn et la petite Charleen Thomson. »

Mes yeux se ferment, je prends une profonde inspiration avant de bloquer l'air et de le relâcher après quelques secondes. Ce que je ressens en cet instant, c'est tout simplement de la colère. Comment peut-on décemment s'en prendre à des enfants ? Parce que c'est ce qu'ils sont, peu importe leur âge. Des jeunes adultes, peut-être, mais ça ne change rien aux faits. Je visualise parfaitement leur visage, quand celui de Charleen se matérialise, ma colère redouble. Cette enfant pourrait représenter l'innocence à l'état pur ...

« Chez les adultes, toi, Benjamin, Emmy et John. Ils vont tous mieux, certains se sont réveillés et d’autres dorment encore, le temps de récupérer. Tu as dormis deux jours, nous sommes Mercredi. »

J'engrange les informations comme je peux, sans tenter de brider mes émotions pour autant. Leiv me connait bien maintenant, je suis presque certaines qu'il les perçoit, qu'il sait ce qui se passe dans ma tête, au moins dans les grandes lignes. John est un ami proche de Leiv, encore une fois il s'est occupé de tout le monde et je me doute qu'il n'a pas été le seul mais … Est ce qu'il a pris le temps de souffler ? Est ce que quelqu'un s'est assuré qu'il allait bien ? Je suis certaine que Rina a veillé, au moins de loin, mais j'en viendrais presque à culpabiliser de ne pas avoir été … en état. Et Benji … Je ne peux pas m'empêcher de penser au fait que j'aurai pu me réveiller … au bout de deux jours … Pour apprendre qu'il était trop tard pour certains de ces visages familiers … Deux jours … Quel poison est aussi fort pour nécessiter autant de temps ? C'est à la fois court et terriblement long. Mais surtout, d'où sort ce poison ? Ces chocolats ?

« On ne sait pas comment ces chocolats sont entrés, ni comment c’est arrivé. Je ne sais pas non plus ce qu’a prévu Rivers pour le moment, j’imagine qu’il passera te voir pour discuter de tout ça un peu plus tard. »

L'horreur du monde, l'horreur des Hommes … Comment un être aussi insignifiant peut-il être capable du pire comme du meilleur ? Qu'est ce qui a pu rater dans le processus quand on sait que les autres espèces, à de rares exceptions, se contentent de vivre leur vie en suivant leur instinct, sans dérive, en agissant uniquement  pour leur survie ? Si ça ne tenait qu'à moi, je serais dans le bureau de Logan d'ici les cinq prochaines minutes … Mais ça ne tient pas qu'à moi, pas complètement, et … c'est quelque chose que je suis prête à entendre.

« En attendant, même si je sais que c’est compliqué, il va falloir que tu te reposes. Le poison était puissant et même s’il n’est resté que très peu de temps dans ton organisme, ça lui a suffi à pomper toute ton énergie. »
« Je pense que tu me connais à présent suffisamment pour savoir que tu ne pourras pas me garder ici très longtemps. »


Nos mains restent liées, il n'y a absolument aucune agression ni dans ma voix, ni dans mon regard. Tout ceci est simplement et purement factuel. Une autre chose qui est factuelle, c'est le fait que je ne suis pas en état de prendre tout ça à bras le corps, pas maintenant. Pas en ayant ces douleurs plus ou moins fantômes un peu partout et une capacité relativement limitée à garder les yeux ouverts. Quelque chose me dit que si je tente de me lever, mes jambes ne me porteront pas … Alors j'abdique, sans même essayer de me battre. Je ne veux pas lui causer plus de tracas, il n'en a clairement pas besoin. Ni lui, ni Rina, ni Maxence ou Takuma. Personne. Et moi non plus.

« Mais je comprends, je … Je vais me tenir tranquille, au moins quelques heures … Jusqu'à demain matin si ça peut te rassurer. D'accord ? J'ai conscience que c'est pour mon bien. J'ai aussi conscience que je ne servirais à rien si je n'ai pas pris le temps de me remettre un minimum d'aplomb, donc ça serait contre-productif. »

Sans parler du fait que je suis bien loin d’être la seule à « faire tourner » ce château et je doute que les choses ne soient pas déjà en marche. C’est dans ma nature de vouloir être sur le front, et je me découvre de plus en plus leader par la force des choses mais … Il faut savoir être raisonnable, rester en retrait le temps d’être réellement efficace. J’essaie de voir ça le plus clairement possible, avec ma tête, pas avec mes émotions.

« Merci Leiv, du fond du cœur. »

Ma tête repose sur l’oreiller, une puissante vague d’épuisement vient me saisir et je n’essaie pas vraiment de luter. Est-ce que je vais fermer les yeux à nouveau et repartir avec Morphée sans savoir quand je les ouvrirais à nouveau ? C’est une possibilité, j’imagine, mais en cet instant je ne me concentre que sur lui, sur ce visage dont les traits sont tirés par la fatigue, sur ce regard bienveillant teinté d’inquiétude qui ne me lâche pas. Une évidence me saute au cœur : J’ai besoin, et envie, de le sentir contre moi.

« Viens. »

L’endroit n’est pas adapté, j’en ai parfaitement conscience mais … Peu importe. Ma main tire faiblement sur la sienne pour l’attirer vers moi, je compte bien me blottir dans ses bras en continuant d’oublier le monde encore un peu. Juste un peu.

▬ FIN ▬
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