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 [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim

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MessageSujet: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Sam 16 Avr 2016 - 21:18

Lundi 6 Avril 2015 – Après 18h
Burn it down



Kim & Enzo

J'en peux plus. Il faut que je sorte, que je bouge, que je fasse quelque chose de moi, de mon corps, que j'élimine cette énergie en trop accumulée par une journée de concentration et d'immobilité ou presque. Ma seule activité physique du jour aura été de trier et ranger mes affaires ce midi, de monter et descendre les marches, et ça, ça craint. Si, le cours de SACM de ce matin a un peu sauvé la mise mais être autant enfermé … Heureusement que le dernier cours s'est passé à l'extérieur lui aussi. La Botanique, vraiment, c'est la surprise de ce semestre. On passera sur l'épisode foireux de la dernière Pleine Lune, celle du mois dernier j'entends – c'est moi où il se passe toujours un truc foireux pendant les Pleine Lune en ce moment ? Aux alentours en tout cas – mais pour le reste j'apprécie réellement la prof et sa manière de nous enseigner sa matière que j'ai l'impression de redécouvrir. Je sais que ça me servira, tôt ou tard, de savoir tout ça sur les plantes mais en ce qui me concerne je ne fais pas vraiment de parallèle avec le reste de la Magie. Je retiens les liens qu'elles peuvent avoir pour les Potions, le soin, etc … parce qu'il le faut si je veux avoir mon année et à terme mon diplôme de fin de cycle, mais ça n'est pas le but premier de la manœuvre. J'élargis d'ailleurs mes horizons par moi-même, lentement mais surement, en étendant mes recherches personnelles aux plantes typiquement Moldues.

Enfin bref, tout ça pour dire que je me suis concentré toute la journée, que je n'ai relâché ça que pendant la pause de ce midi, que ce soit dans mon rangement ou bien avec Kezabel, mais après avoir passé 4h supplémentaire à engranger des informations … Saturation. J'ai besoin de faire un truc qui ne me demandera pas l'utilisation de mon cerveau mais bien de mon corps, et je vous remercierai de ne pas faire de réflexion salaces, merci. Ça ne me traverse même pas la tête à vrai dire, non, moi ce que je visualise en cet instant c'est plutôt une étendue d'eau, des vagues, mon surf, et un gros kiffe de glisse.
C'est ce que j'étais réellement parti pour faire, c'est à dire rentrer au château après le cours pour monter récupérer ma planche, poser mon sac et l'échanger contre celui ensorcelé où je cache mes petits trésors mais en arrivant dans le Hall, j'ai changé d'avis. Pourquoi ? Parce que j'ai aperçu la silhouette de Mlle Collins et que je lui ai tout simplement sauté dessus.

« Hey Kim ! Viens faire un gros câlin à ton Zozo préféré, je sais à quel point t'adore ça ! »

Trois secondes plus tard elle se retrouve prisonnière de mes bras qui l'enserrent alors que j'arrive derrière elle et la prend par surprise, juste avant de lui coller un gros bisou sur la joue. Elle essaie de se dégager, je me prends l'arrière de son fauteuil dans le ventre, elle me frappe et moi je me marre comme un gosse qui aime clairement faire chier son monde. Kim fait partie de ces personnes qui détestent le contact, alors naturellement ayant compris cette faille dans le système je m'engouffre dedans chaque fois que j'en ai l'occasion. Alors que je me suis écarté de quelques mètres par instinct de survie et que je suis toujours entrain de me marrer comme le petit branleur agaçant que je suis, quelqu'un vient me proposer un chocolat ...

« Non merci, c'est gentil. »

… Que je refuse poliment parce que ma Maman m'a appris qu'on ne mange pas entre les repas … et que de toute façon le chocolat ça n'est pas tellement mon truc mais on s'en fout un peu de mes goûts, etc … Je m'aperçois que la jolie rousse, elle, n'a pas refusé alors je me rapproche, remettant correctement mon sac de cours sur mon épaule et me pointe devant elle, sourire en coin sur les lèvres.

« Ça vaut pas mes banana split ça, j'suis sur. »

Mais ça n'est pas pour vanter mes mérites de cuisto ou je sais pas quoi que je suis là, non, j'avais une idée en tête, en bonne pile électrique que je suis actuellement.

« Il fait jour de plus en plus tard, en plus il faut beau – ou presque – ça te tente d'aller faire un tour dehors … et pourquoi pas un p'tit basket ? »

Depuis le temps qu'on en parle, il serait peut-être temps ! C'est comme Caem avec le surf, va vraiment falloir que je pense à lui en parler dès que je le croise.

« Si tu me dis non juste par principe parce que ton égo de femme indépendante ne supporte pas ce super câlin que je viens de te faire, je te préviens, je t'y traine de force. »

Mais si, tu m'aimes.
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Dim 17 Avr 2016 - 23:07

Lundi 06.04.2015
Après 18h

Voilà le mois d’avril arrivé. Les jours passaient mollement, les examens approchaient rapidement, Kim se sentait un peu prise au piège par le temps qui avançait à la fois trop vite et trop lentement. Peu à peu, elle se sentait saturer. Son objectif restait là, devant ses yeux, et elle n’abandonnerait pas, mais elle n’était décidément pas faite pour les grandes études, ça ne lui plaisait pas. Elle avait besoin de s’amuser, de faire des conneries. En attendant, ça faisait plusieurs mois qu’elle jouait à la petite fille parfaite, comme si elle se prenait pour Ann. Vivement qu’elle ait son diplôme. Malheureusement, ce n’était pas pour tout de suite, elle n’avait même pas fini sa première année d’uni et elle n’avait même pas réellement commencé à aborder les sujets dont elle voulait faire son métier. Trop de théorie, c’était toujours comme ça aux débuts, elle le savait et elle s’y était préparée, et elle faisait avec, mais elle avait hâte que tout ça soit fini. Même le cursus médical semblait plus intéressant que le cursus littéraire qu’elle était obligée de suivre. Des cours de langues, des cours d’HDM, des cours de droit… Non, vraiment, c’était pas son truc, tout ça. Elle voulait des duels, des sortilèges d’attaque et de défense, elle voulait de l’action. Elle avait l’impression de se transformer en une vieille mamie. Et le fauteuil roulant n’aidait pas.

Envoyer des demandes d’apprentissage ? Elle y avait pensé, plusieurs fois même. Peut-être qu’avec le contexte donné, on serait reconnaissant de toute aide pour combattre les Supérieurs. Mais pas de bol, Poudlard était fermé, ce n’était pas cette année qu’elle allait pouvoir partir en mission avec un potentiel Maître en parallèle de ses études. Et elle ne voulait pas non plus quitter Poudlard maintenant qu’elle avait commencé. Il allait falloir qu’elle accepte son sort. Et qu’elle considère plus sérieusement une possible approche des Gardiens. Après tout, pourquoi chercher un Maître à l’extérieur si le Château rengorgeait d’Aurors et de fervents défenseurs ? Le problème, c’était que malgré sa force de caractère, elle se voyait mal se pointer devant leur chef en fauteuil roulant pour lui dire qu’elle voulait s’engager. Ridicule, oui, mais pour le coup, elle n’y pouvait pas grand-chose, c’était plus fort qu’elle. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle ne pouvait pas le cacher et tenter sa chance. Après tout, qui n’essaye rien n’a rien. Plus elle y réfléchissait, et plus elle se promettait de se prendre en main. Un jour.

Elle sortit de la salle de DCFM parmi les premières. Ce cours lui sauvait son lundi à chaque fois. C’était le dernier de sa journée, en plus, pour bien entamer la soirée. Elle aurait aimé que le niveau soit encore plus élevé, elle aurait aimé transpirer un peu et sentir son cœur battre plus fort, mais même si ce n’était pas le cas, elle appréciait l’option qu’elle avait choisie en n°1. Comme à son habitude, prévoyait de sortir dans le parc, c’était un des seuls endroits qui lui donnait l’impression d’un semblant de liberté. C’était Lundi de Pâques, et la nature le traduisait bien. Les feuilles bourgeonnaient sur chaque branche d’arbre, l’herbe retrouvait sa couleur verte, le soleil restait plus longtemps levé… Elle n’était pas une poète dans l’âme ou quoi que ce soit, non, elle voulait simplement forcer un peu sur ses bras et oublier qu’elle n’avait fait que léviter pendant toute la journée. Oui parce que mine de rien, c’était chiant : elle était paraplégique, pas fantôme ou détraqueur ! Bref. Elle arriva dans le hall au moment où tout le monde y transitait, que ce soit pour rejoindre la Grande Salle où le dîner n’allait pas tarder à être servi ou pour faire un saut à sa Salle Co’ avant d’aller manger. Soudain, elle entendit son prénom, mais elle n’eut même pas le temps de se retourner qu’Enzo lui sautait littéralement dessus, par derrière qui plus est, et l’entourait de ses grands bras.

« Hey Kim ! Viens faire un gros câlin à ton Zozo préféré, je sais à quel point t'adore ça !
- Ah, nan, dégage ! »

Elle se débattit, d’abord franchement puis simplement pour la forme tandis qu’un sourire excédé se formait sur ses lèvres. Il savait parfaitement à quel point elle n’aimait pas le contact, et c’était justement ça qui le faisait rire comme une andouille.

« Stop ! Arrête ça, ho ! Ça suffit ! »

Il colla un bisou sur sa joue qu’elle s’empressa d’essuyer du revers de sa main en ne cachant pas le moins du monde sa grimace de dégoût.

« Beurk ! Beurk beurk beurk – nan mais ça va pas ?! »

Elle s’ébroua.

« C’est bon, t’as fini ? Et ça le fait rire. Sale gosse. »

Elle leva les yeux au ciel en secouant la tête. En vrai, ça ne l’étonnait même plus, c’était toujours pareil avec Enzo, mais c’était toujours aussi marrant pour lui et désagréable pour elle, même si elle n’arrivait pas vraiment à lui en vouloir car elle savait pertinemment qu’elle aurait faite exactement la même chose à sa place face à quelqu’un comme elle. Bref. Elle réarrangeait son sweat quand elle se fit à nouveau interpeller.

« Salut, vous voulez des œufs de Pâques ? »

C’est qui, encore celui-là ? Elle se retourna, sans doute un peu brusquement, vers la petite brune qui tendait une boîte de chocolats.

« Non merci, c’est gentil.
- Moi oui !
- Je t'en prie, sers toi. »

Kim prit un œuf en adressant un sourire à la… heu, Poufsouffle ? Jaune et noir, oui, c’était Poufsouffle. Oui, elle avait encore du mal avec leurs maisons, et alors ?!

« Tu peux en prendre plusieurs, c’est les profs qui offrent !
- Ah bon ? Okay, merci du coup ! »

Et elle en reprit deux autres. Trois petits œufs de Pâques, c’était ce qu’il y avait de meilleur pour se remettre d’une attaque d’un Zozo hystérique !

« Ça vaut pas mes banana split ça, j’suis sûr. »

La brunette s’éloigna, les laissant continuer leur discussion.

« Ouais, ben depuis le temps que tu m’en as pas fait, j’en ai presque oublié le goût, de tes fameux banana split, voilà ! Et tu m’en dois au moins trois pour te faire pardonner toutes les fois où tu m’as fourbement assaillie. »

Et elle mit un œuf en chocolat dans sa bouche.

« Bon, qu’est ce que tu me voulais ? Ne me dis pas que tu m’as sauté dessus juste comme ça, parce que t’avais rien d’autre à faire ? »

Le tout dit avec un sourire en coin et des yeux pétillants de malice.

« Il fait jour de plus en plus tard, en plus il faut beau – ou presque – ça te tente d'aller faire un tour dehors … et pourquoi pas un p'tit basket ? »

Son sourire s’élargit. En voilà une bonne idée !

« Si tu me dis non juste par principe parce que ton égo de femme indépendante ne supporte pas ce super câlin que je viens de te faire, je te préviens, je t'y traine de force. »

Elle rigola. Il était l’un des seuls de cette école à savoir la faire rire. En réalité, ça n’était pas très difficile. Il fallait juste faire abstraction de son caractère bougon qu’elle affichait au quotidien et par lequel elle dissuadait les gens de venir vers elle un peu trop souvent à son goût.

« Pas besoin, tu sais bien que j’irais jusqu’au bout du monde avec toi s'il le fallait ! »

Elle tourna son fauteuil vers la sortie.

« En plus, j’allais justement faire un tour dehors. »

Un regard pour s’assurer qu’il était prêt à lui emboîter le pas et elle poussa sur ses roues.

« Que me vaut l’honneur de pouvoir enfin découvrir où se cache votre fameux terrain de basket secret ? »

Ils passèrent la porte de sortie et elle le suivit jusqu’à l’endroit en question, le sourire aux lèvres. C’était assez loin du château, et, même si elle avait de la force dans les bras et savait faire en sorte de ne pas trop ralentir ses compagnons de voyage malgré les terrains inadaptés à son fauteuil, elle sentit bientôt sa respiration et son cœur s’accélérer. Pourtant, elle ne se départit pas de son sourire, car c’était exactement ce qui manquait à sa journée et à sa vie en général ces derniers temps. Réchauffée, elle enleva son sweat en dessous duquel elle portait un débardeur noir, et, pendant qu’Enzo installait les lieux, elle déballa le deuxième œuf et le croqua.

« Oui je sais, c’est pas bien de grignoter entre les repas. »

Mais bon, pour le coup, avec le basket, elle allait les perdre, les quelques minicalories ! Elle décrocha son sac de la poignée droite de son fauteuil et le posa par terre, le recouvrant de son sweat et plaçant le dernier œuf en haut du tas. Elle le mangerait plus tard. Elle dirigea ensuite sa baguette sur son fauteuil dont les roues s’inclinèrent et dont le dossier rétrécit. Ainsi, elle aurait plus d’équilibre et de liberté au niveau des bras.

« Attends, j’peux juste essayer ? Ça fait trop longtemps que j’ai pas touché à une balle… Tu te moques pas ! »

Elle se souvint du panier de son quartier, sur la vieille place de jeux délabrée où ils traînaient, avec ses potes. Elle se souvint des longues heures qu’elle y avait passée, seule avec la balle, à essayer de viser ce panier qui était décidément bien plus haut que quand elle était valide. Après plusieurs mois d’inactivité, serait-elle de retour à la case départ ? Elle s’avança vers le panier, se plaça, dribbla quelques fois pour s’approprier la balle puis la saisit, visa, et la lança. Au moment où la balle quitta ses mains, la tête lui tourna un peu, et, l’espace d’une fraction de seconde, le noir se fit devant ses yeux. Elle porta sa main à son front pour se protéger de la luminosité du soleil, regardant la balle rebondir sur le coin inférieur droit du panneau et retomber par terre. Pas trop mal, pour une première fois. Mais son corps lui faisait bien savoir qu’elle avait perdu l’habitude. Elle récupéra la balle et la lança à Enzo, lui faisant faire un rebond sur la moitié de la trajectoire.

« J’arrive ! »

Elle alla chercher dans son sac sa bouteille d’eau. Elle but plusieurs gorgées, puis céda à la tentation et mangea le dernier œuf en chocolat, but encore un peu, posa la bouteille par terre et rejoignit Enzo sur le terrain.

« C’est bon, j’suis prête. »

Réhydratée, énergisée. Pourtant, alors qu’elle souriait à l’idée de redécouvrir ce sport qui faisait partie de ses préférés, elle sentait une lourdeur étrange engourdir ses membres et envahir son esprit…
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Ven 29 Avr 2016 - 16:27

Regardez-moi ça ! Tu sais que certains rêvent d’un simple contact avec moi, même d’une poignée de main, et toi tu dénigres mon bisou ? Tu ne sais vraiment pas apprécier les bonnes choses Kim Collins, vraiment pas, et puis de toute façon je sais très bien qu’en réalité t’adores ça. Je plaisante, je sais qu’elle n’aime pas, mais réellement en plus, sauf qu’en aucun cas je ne me vexe simplement parce que ça n’a rien de personnel … Et puis pour l’entendre me traiter de sale gosse, je serais prêt à prendre tous les risques de la terre. Et pour  la faire rire, aussi.
Quant aux Banana Split … On verra si elle est sage. Je vais finir par me reconvertir en cuistot si ça continue, entre les p’tits dej et les glaces. Et pourquoi ne pas ouvrir un hôtel tant qu’on y est ? Non, m’occuper des requins ça me va très bien, dommage qu’il n’y en ait pas dans le Lac que je puisse les observer et les étudier.

Bref, Kim, sa carapace, celle qui en fait une fille pas franchement abordable aux premiers abords alors qu’en réalité c’est quelqu’un d’adorable, de bavard – dans le bon sens du terme – et d’intéressant. J’adore passer du temps avec elle, je ne me priverai pas de le dire alors quand je l’ai vu là, ça a fait tilt dans ma tête, tout simplement.

Donc, viendra, viendra pas ? Est-ce qu’il faut des menaces ou pas ?

« Pas besoin, tu sais bien que j’irais jusqu’au bout du monde avec toi s'il le fallait ! »
« Ils disent tous ça. »


Et ils ont bien raison ! Parce que je suis une personne formidable. Ça va, si on n'a plus le droit de faire le malin, où va le monde ?

« En plus, j’allais justement faire un tour dehors. »
« Tu vois ! Les grands esprits se rencontrent. »


Demi-tour pour moi aussi, je lui emboite le pas et marche à côté d'elle alors qu'elle pousse sur les roues de son fauteuil pour avancer. Une fois je lui ai proposé de la pousser … Croyez-moi, je ne suis pas prêt de recommencer. Elle est comme ça, elle ne supporte pas qu'on l'aide, soit. Je ne sais pas si c'est quelque chose que je comprends ou non, je crois que je ne cherche simplement pas à le faire, préférant l'accepter comme elle est, avec sa fierté et son sale caractère. Ça ne m'empêchera pas pour autant de l'aider sans sa permission si un jour je me rends compte qu'elle galère vraiment mais qu'elle refuse de l'admettre et elle pourra bien me frapper, me hurler dessus autant qu'elle voudra, ça ne changera absolument rien. J'ai la peau dur, ça n'est pas elle qui va me faire peur.

« Que me vaut l’honneur de pouvoir enfin découvrir où se cache votre fameux terrain de basket secret ? »
« Si je te le dis, je serais dans l’obligation de t’éliminer. »


Air sérieux, regard en coin … sourire.

« C’est uniquement pour t’honorer de ma présence et comme j’avais envie de prendre l’air et de bouger, voilà. Et aussi pour fêter le fait que je sois allé voir un match de Quidditch de mon plein gré … et que j’ai presque apprécié ça. »

Le chemin jusqu'au terrain improvisé se fait tranquillement, en discutant de tout et de rien, jusqu'à ce qu'on arrive finalement. L'emplacement est toujours le même, derrière le stade, où deux des arbres servent de panier, où il existe une zone rectangulaire d'herbe suffisante pour avoir la taille d'un terrain de basket et où cette grosse pierre qui dort tranquillement au pied d'un des deux arbres devient un ballon quand la Magie opère. C'est exactement ce que je suis entrain de faire, mettre en place les métamorphoses pour changer cet endroit en paradis improvisé. Ça m'a pris du temps et beaucoup de travail, d'entrainement, pour les gérer correctement mais ça fait des mois maintenant que je les maitrise et en profite dès que j'en ai l'occasion. Quand je me retourne après avoir terminé d'installer les sorts je fais face à Kim, elle a enlevé son pull et mon côté mère poule refoulé a envie de lui dire qu'elle va attraper froid mais je me retiens. De toute façon elle me devance pour autre chose.

« Oui je sais, c’est pas bien de grignoter entre les repas. »
« Bof, t’as bien raison de te faire plaisir. »


On n'a qu'une vie après tout, non ? En quoi c'est un problème de manger un ou deux chocolats entre les repas si on en a envie ? Si c'est pour une question de calories … Déjà d'une elle a de la marge – même si je sais que ça la préoccupe – et de deux elle va en perdre là, maintenant, tout de suite. Je suis comme un gosse impressionné quand je la vois ensorceler son fauteuil dont les roues s'incline alors que la balle rebondis déjà entre le sol et ma main à intervalles régulières. Ça fait des siècles qu'on en parle de ce basket, maintenant qu'on y est je me demande comment ça va se dérouler. Moi j'ai mes deux jambes, ok, mais elle ? C'est simplement de l'intérêt, pas un jugement ou quoi que ce soit parce que je ne doute pas une seconde qu'elle en est capable. Je suis juste curieux, novice vis à vis de ça, mais je sais qu'elle sait ce qu'elle fait.

« Attends, j’peux juste essayer ? Ça fait trop longtemps que j’ai pas touché à une balle… Tu te moques pas ! »
« Non mais comme si c’était mon genre ! »

...

« Oui, bon, un peu, c’est vrai, mais promis j’me moque pas. Vas-y. »


D'un geste léger et pas trop rapide je lui lance la balle qu'elle réceptionne sans mal et s'en va vers le panier. Je l'observe, bras croisés sur le torse, attentif et concentré. Elle dribble un peu, sans doute pour reprendre ses marques j'imagine, puis tir. Le ballon ricoche contre un coin du tableau et retombe près d'elle. J'en profite pour retirer mon sweat à mon tour et le jeter sur le tas qui compose mon sac et ses affaires non loin de là. L'instant d'après elle me renvoie la balle.

« J’arrive ! »
« Ok. »


Je la laisse faire ce qu'elle veut ou doit faire et me tourne à mon tour vers le panier. Un dribble, deux, un lancé, ça rentre. Sourire. Oui je suis un véritable petit merdeux qui se la pète, et alors ? Qu'est ce que j'y peux si je suis doué ? Deuxième lancé, celui ci est là pour m'apprendre l'humilité parce que trop sur de moi je l'ai raté … et ça me fait sourire d'autant plus.

« C’est bon, j’suis prête. »

Ah les nanas, toujours à prendre des plombes pour se préparer … Oh oui frappez-moi ! Je suis un vilain macho.

« Comment tu veux procéder ? On fait d’abord des tirs au panier histoire de s’échauffer un peu et ensuite on passe aux choses sérieuses ? »

D'ailleurs, parlant de choses sérieuses ...

« Je t’avoue que je ne visualise pas vraiment le truc, et j’ai un peu peur que tu me pètes les genoux en me fonçant dessus comme une sauvage. Parce que j’te connais Collins ! »

Ok, les règles du basket stipulent bien qu'il ne doit pas y avoir ce genre de contacts mais personne n'est à l'abri d'une faute lancé dans son élan alors je préfère baliser un peu le truc avant qu'on se lance. Et non, évidemment je n'ai pas réellement peur qu'elle me pète les genoux ! Je lui fais confiance, je sais qu'elle sait parfaitement se gérer et qu'elle sait ce qu'elle fait ou doit faire. Je crois que c'est à ce moment là, quelques minutes après qu'on ait commencé à jouer en réalité, que je me rends compte qu'un truc cloche. Elle cligne des yeux trop souvent pour que ça soit normal, je vois bien qu'elle essaie de prendre sur elle mais ça commence à devenir flagrant qu'un truc la gène. J'attrape la balle dans un rebond et la garde entre mes doigts, soucieux, m'approchant d'elle les sourcils froncés.

« Kim, ça va ? »
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Lun 2 Mai 2016 - 19:46

Ca faisait des mois qu’ils parlaient de cette partie de Basket, depuis qu’ils s’étaient rencontrés en fait, et c’était si naturel qu’ils en avaient oublié son handicap. En réalité, le problème n’était pas le handicap en soi, mais surtout le fait qu’elle n’avait plus touché à une balle depuis qu’elle était arrivée en Écosse, et, rajouté au fauteuil qui n’était clairement pas là pour faciliter les choses, elle craignait avoir beaucoup perdu. Cette réflexion, elle l’avait occultée à chaque fois qu’ils avaient reparlé de leur projet, n’y pensant même pas, mais plus ils s’approchaient de l’emplacement du terrain, plus elle se disait que ça ne serait peut-être pas si facile que ça n’en avait l’air. Et, plus ils s’approchaient de l’emplacement du terrain, plus elle avait chaud, aussi. Ça aurait peut-être dû l’alerter, d’ailleurs, et elle aurait dû se poser des questions – elle qui d’habitude supportait assez bien les variations de température – mais elle le mit sur le compte de l’effort qu’elle avait dû fournir pour arriver jusqu’à là en fauteuil roulant, et se contenta d’enlever son sweat avant de manger un deuxième œuf en chocolat, par pure gourmandise, même s’il y avait toujours cette petite voix dans sa tête pour lui reprocher sa faiblesse. Oui parce que mine de rien, elle n’était pas toute maigre, et avec le peu de sport que son handicap lui permettait de faire, elle n’avait pas franchement moyen de perdre d’éventuelles calories excédentaires. Alors certes, ses bras étaient bien taillés, à force, mais le reste n’était de loin pas idéal. Ceci dit, elle évitait habituellement d’en parler trop, se contentait simplement de faire quelques remarques de temps à autre, la plupart du temps sur le ton de l’humour, tout en continuant à faire attention à ce qu’elle mangeait, sans pour autant trop se priver non plus.

« Bof, t’as bien raison de te faire plaisir. »

Clairement, elle n’était pas non plus du au point de se priver de tout et n’importe quoi. Des Banana Split’s, des chocolats, des desserts, ça avait toujours été son pêché mignon et elle ne comptait pas l’abandonner. Et, oui, elle attendait ses Banana Split’s de pied ferme. Mais d’ici là, elle se consolait avec des œufs de Pâques, ne se doutant pas le moins du monde que c’était probablement la pire chose à faire. Elle observa avec une certaine admiration, ou du moins un certain respect, les sortilèges que lança Enzo pour mettre en place le terrain, transformant les arbres en paniers, la pierre en balle et l’herbe en goudron, puis s’empara à son tour de sa baguette qu’elle pointa sur son fauteuil pour l’adapter au sport. Puis elle demanda à Enzo de lui passer la balle et de la laisser essayer, histoire de voir à quel point c’était lamentable, non sans lui interdire de se moquer au préalable.

« Non mais comme si c’était mon genre ! … Oui, bon, un peu, c’est vrai, mais promis j’me moque pas. Vas-y. »

Son sourire s’élargit. En vrai, elle s’en fichait s’il se moquait, elle savait bien qu’il le ferait sans pensées péjoratives et sans jugement. Elle se retourna ensuite, faisant face au panier, et effectua quelques dribbles avant de la poser sur ses genoux pour avancer de deux poussées, puis la reprit entre ses mains, la faire rebondir à nouveau sur le sol, la reposer sur ses genoux et ainsi de suite jusqu’à se retrouver à distance raisonnable du panier. Elle savait pertinemment qu’Enzo était en train de la regarder et cela la perturba légèrement au début mais elle ne tarda pas à l’oublier, concentrée sur ses retrouvailles avec ce sport. Pas évident, de se rehabituer à toutes les règles et à toutes les manip’s. D’autant plus qu’elle avait quand même passé la majeure partie de sa vie à le jouer en courant, donc l’histoire de la balle posée sur ses genoux n’était pas des plus évidentes à s’approprier. D’ailleurs, il allait falloir qu’elle en parle à Enzo, de toutes ces règles. Mais pour le moment, elle se laissait le temps de les redécouvrir. Elle saisit donc la balle, visa, et l’envoya de toutes ses forces vers le panier avant de fermer les paupières, aveuglée par la lumière et prise d’un léger vertige. Décidément, elle avait perdu l’habitude de regarder vers le haut ainsi, et de solliciter son corps de cette manière. Elle se ressaisit rapidement, cependant, et alla chercher la balle qui était retombée à côté du poteau après avoir ricoché contre un coin du tableau. Elle revint vers Enzo qui avait lui-aussi enlevé son sweat et lui lança la balle avant de se diriger à nouveau vers son sac duquel elle sortit une bouteille d’eau, convaincue que s’hydrater un peu suffirait pour éviter que son vertige ne se reproduits. Alors qu’elle buvait, elle observa l’Australien s’élancer à son tour vers le panier. Il marqua le point et elle détourna le regard pour ranger sa bouteille et déballer le dernier œuf qui lui restait. Un peu de sucres rapides en plus ne lui ferait peut-être pas tant de mal que ça, finalement. Elle se dépêcha de l’avaler et rejoignit Enzo sur le terrain.

« Comment tu veux procéder ? On fait d’abord des tirs au panier histoire de s’échauffer un peu et ensuite on passe aux choses sérieuses ?
- Ça me va !
- Je t’avoue que je ne visualise pas vraiment le truc, et j’ai un peu peur que tu me pètes les genoux en me fonçant dessus comme une sauvage. Parce que j’te connais Collins ! »

Elle entrouvrit la bouche, faussement offusquée.

« Comment ça ? J’vois pas de quoi tu parles, je suis profondément pacifiste et inoffensive, voyons. Peace and love ! »

Elle rigola.

« Plus sérieusement, c’est vrai que c’est un peu spécial de mélanger le basket normal et le basket-fauteuil. La grande différence, à part la taille bien sûr, c’est que je pose la balle sur mes genoux pour avancer. Mais, comme pour toi avec la règle du marcher, j’ai seulement le droit de pousser deux fois avant de dribbler à nouveau. Fais gaffe, deux poussées me font aller plus vite et plus loin que deux pas, même si t’as des grandes jambes. Mais t’inquiète, j’vais essayer de ne pas te rouler dessus ! »

Pour une tirade, c’était une tirade. Après s’être assurée qu’il n’avait pas d’autres questions avoir répondu aux éventuels doutes qui subsistaient, ils se lancèrent. Son cœur s’accéléra rapidement, plus rapidement qu’il ne l’aurait dû, et réalisa alors que quelque chose clochait, mais s’appliqua à s’en dissuader, prenant sur elle pour continuer à jouer. Ça faisait des mois qu’ils en parlaient, et surtout, ça faisait des mois qu’elle n’avait plus refait de sport, c’était normal qu’elle s’essouffle, qu’elle ait chaud, que son pouls accélère. Peu à peu, même l’accommodation de ses yeux devenait difficile, comme si tout allait trop vite, comme si le soleil tapait alors qu’il n’allait pas tarder à se coucher et qu’il commençait presque à faire sombre. Elle n’arrivait pas à garder la balle sur plus de deux dribbles, elle n’avait marqué aucun panier alors qu’Enzo en avait déjà mis trois ou quatre. Oui, quelque chose clochait. Pourtant, elle ne voulait pas se l’admettre et encore moins l’admettre à Enzo. Celui-ci ne tarda cependant pas à attraper la balle et à se tourner vers elle, l’air inquiet.

« Kim, ça va ? »

Elle s’appliqua à ne pas cligner des yeux, à ne pas montrer que l’arrivée soudaine d’oxygène à ses poumons lui fit presque mal.

« Oui oui, tout va bien. »

Elle réussit même à lui sourire et elle passa une main dans ses cheveux décoiffés comme si de rien n’était, attendant qu’il reprenne le match.

« C’est juste mon corps qui fait des caprices, ce flemmard ! »

Comment ça, les crampes qui commençaient à lui étrangler l’estomac étaient tout sauf des marques de flemme et de relâchement ? Elle rigola. Il fallait croire qu’elle avait assez persuasive, cependant, car il acquiesça et le jeu reprit. Mais, alors qu’elle essayait à nouveau, et en vain, de l’empêcher de marquer, elle fut prise d’un vertige plus fort que les autres et dût s’arrêter, crispant ses doigts autour des roues de son fauteuil comme pour se rattacher à la terre ferme tandis que le noir s’était fait devant ses yeux et qu’elle avait l’impression de tanguer. Lorsque cette sensation s’arrêta et qu’elle put à nouveau ouvrir les yeux, Enzo se trouvait devant elle, l’air encore plus inquiet que précédemment.

« Je… je vais aller boire un coup, j’crois. Je sais pas ce qui se passe, je suis désolée. »

Oui, elle était désolée. Cette soirée était censée être cool. Ca faisait si longtemps qu’ils en paraient, qu’ils s’enthousiasmaient à l’idée de se faire cette fameuse partie de basket. C’était pas censé se passer comme ça, elle n’était pas censée être si fatiguée, si malade, comme si elle avait chopé une gastro ou comme si elle avait ses règles. Elle se dirigea vers son sac, lentement, précautionneusement, et en sortit à nouveau la bouteille. Son cœur se mit alors à battre plus vite que jamais alors qu’elle avait l’impression de suffoquer, mais elle se força à boire comme pour arrêter un hoquet. Ce fut alors qu’elle remettait la bouteille dans son sac que le premier haut-le-cœur lui retourna l’estomac et elle plaqua ses mains sur son ventre, comme si ça pouvait l’arrêter. Elle jeta un regard vers Enzo et comprit qu’il n’était pas dupe.

« Ok, c'est pas normal, ya un truc qui cloche. »

Enfin, elle se l’avouait. Mais elle n’eut pas le temps de réfléchir plus qu’un second haut-le-cœur la pliait cette fois en deux et la faisait tousser. Une taux sèche, râpeuse, qu’elle parvint à arrêter, avant de reprendre son souffle et de se redresser. Oui, quelque chose clochait vraiment et c’était de plus en plus évident.

« Faudrait… faudrait ptêtre qu’on rentre… »

Parvint-elle à articuler, puis ce fut le combo. Un vertige aveuglant, un nouveau haut-le-cœur, une nouvelle quinte de toux. Cette fois, elle porta ses mains à sa tête, appuyant contre ses tempes alors que la douleur se propageait dans toutes les parties valides de son corps, et elle se pencha sur le côté pour cracher. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle aperçut sur le sol un caillot de sang…
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Jeu 5 Mai 2016 - 13:12

« Oui oui, tout va bien. »
« Hum ... »


Ceci est un « hum » absolument pas convaincu, peu importe le nombre de sourire qu'elle pourra m'adresser pour essayer de donner le change mais soit, je lui laisse le bénéfice du doute. Qu'elle ne s'attende pas pour autant à ce que j'arrête d'avoir un œil sur elle, et si ça n'est pas l'œil ça sera autre chose. L'ouïe, l'odorat, peu importe. J'ai plusieurs trucs en stock, personne ici n'est dupe à mon avis.

« C’est juste mon corps qui fait des caprices, ce flemmard ! »
« Ok. »


Non je n'abdique pas, je reste vigilant tout en me disant que c'est peut-être simplement moi qui m'inquiète trop, pour pas grand chose, alors oui je lui laisse le bénéfice du doute même si un signal d'alerte est clairement tiré de mon côté. Je n'y peux rien, c'est comme ça, je ne peux pas aller contre ce que ma moitié animal ressent et c'est elle qui est en éveil actuellement. Elle capte certains signaux, des signaux qu'un simple humain ne capterait peut-être pas. Si je m'approche encore un peu plus je percevrais son rythme cardiaque et quelque chose me dit qu'il est élevé, pas seulement à cause de l'effort physique. Je parierai sur un rythme irrégulier, d'ailleurs, et sur son visage j'arrive parfaitement à voir ses traits se crisper, signe évident  de douleur, de malaise, de malêtre. Non je ne suis pas médecin et je ne m'improviserai pas comme tel même si j'apprends certains trucs avec Caem de temps en temps, même si Maxence m'a filé des tuyaux à une certaine époque, je suis simplement observateur, sur des choses qui sont à la portée de tout le monde.

Enfin bref, on s'y remet, ça ne dure cependant pas très longtemps avant qu'elle ne s'arrête à nouveau. Cette fois je m'inquiète réellement, c'est comme si elle allait tourner de l'œil à tout moment alors je viens me positionner devant elle m'accroupis pour être un peu plus à sa hauteur sans pour autant la toucher. Elle ouvre les yeux, je ne cherche pas à dissimuler mon inquiétude. Ça n'est peut-être qu'un simple malaise, quelque chose qui passe facilement, seulement ce que je vois c'est qu'on est seuls, loin du château donc des autres. Jusqu'à preuve du contraire, personne n'aime savoir une personne appréciée mal en point.

« Je… je vais aller boire un coup, j’crois. Je sais pas ce qui se passe, je suis désolée. »
« Hey t'excuse pas. »


Il ne manquerait plus que ça, qu'elle s'excuse pour un truc qu'elle ne contrôle pas. Je me dis qu'on y va peut-être trop fort pour une première fois et que … Oui ok on se comporte tous les deux comme si son handicap n'avait pas la moindre espèce d'importance mais faire trop d'effort d'un coup comme ça, ça n'a surement rien de bon. C'est de ma faute, j'aurai … Je sais pas, j'aurai du la freiner un peu, peut-être, j'en sais rien.
Je m'écarte quoi qu'il en soit pour la laisser se diriger vers son sac et faire ce qu'elle a à faire sans jamais la quitter des yeux, une main sur la hanche et l'autre maintenant le ballon. Ballon que je laisse échapper quand je la vois se plier en deux. Une crampe à l'estomac ? Un haut le cœur ? Quand elle relève les yeux vers moi je comprends qu'elle non plus ne sait pas vraiment ce qu'elle a.

« Ok, c'est pas normal, ya un truc qui cloche. »

Deuxième crampe, plus violente celle là, et en une seconde je suis de nouveau accroupis à côté d'elle, une main sur son bras, l'autre posée sur son fauteuil. Je ne cherche pas à l'envahir, juste à lui montrer que je suis là mais ça n'est de toute façon en aucun calculé.

« Faudrait… faudrait ptêtre qu’on rentre… »

Nouveau haut le cœur, nouvelle quinte de toux … et cette odeur métallique qui me saute aux sens bien avant que la vue ne reçoive l'information.

« Effectivement, il faut qu'on rentre. »

C'est sans appel, là non plus aucunement calculé. Cette quinte de toux qu'elle vient d'avoir, les crampes qui la plie en deux, ce sang qu'elle vient de cracher sans le vouloir … Non, aucun risque que je la laisse rester là, aussi loin du château, quand bien même ça ne serait possiblement rien. Cracher du sang, ça n'est jamais bon signe en général, même si ça peut très bien être uniquement sa gorge qui se trouve être irritée pour une raison ou une autre. Seulement le combo … Il ne m'inspire pas confiance. Je ne pense pas être du genre à paniquer facilement mais je connais Kim, pour qu'elle en vienne à admettre qu'il faudrait rentrer c'est que ça n'est pas rien. Je sais qu'elle doit en minimiser les effets visuels, ce que je peux percevoir en la regardant, mais elle ne triche pas. Je n'ai aucunement l'intention de le faire non plus.
Je me relève donc et après avoir pressé ma main autour de son bras dans un geste instinctif, sans lui faire mal évidemment, je m'éloigne et rassemble nos affaires. Mon sac sur mes épaules, le sien accroché à son fauteuil, son sweat sur les genoux, le mien balancé en travers de mon épaule droite, je desserre les freins et commence à la pousser sans lui demander son avis. Direction le château. Je sais qu'elle va râler, je la connais trop, mais si elle est une véritable tête de mule, pas de bol pour elle, elle en a une autre sur le dos.

« Garde tes forces, c'est pas négociable. »

J'ai pris l'habitude avec elle d'être relativement … Ne me faite pas dire soumis, ça me file de l'urticaire. Disons juste que ça m'amuse qu'elle soit toujours entrain de faire appel à sa fierté et qu'elle ne fera jamais rien si elle ne l'a pas décidé donc bien souvent j'abdique et je la laisse faire, non sans arborer un sourire en coin la plus part du temps. Cette fois, désolé jolie rousse, ça ne se passera pas comme ça.

« Kim, pour une fois s'il te plait laisse de côté ta fierté de femme indépendante, forte, etc … Et laisse moi faire. »

Je ne compte pas les mètres qu'on a fait, tout ce que je sais c'est qu'au bout d'un moment je nous arrête et la contourne pour lui poser mon sweat sur les épaules. Elle tremble, se recroqueville de plus en plus sur elle même et quand j'aperçois les traits de son visage le mien se ferme un peu pour laisser échapper le moins possible d'émotions. Oui, je m'inquiète, réellement, mais au lieu de transmettre cette inquiétude je préfère lui sourire. Elle se retrouve donc avec ce gros sweat à capuche bordeaux, sur les épaules et moi je reprends ma place derrière, débloque à nouveau les freins et nous fais reprendre notre route.

« Enfile ça. Je ne connais rien de plus chaud. C'est un cadeau de ma Grand-Mère pour les lendemains de Pleine Lune, j'te jure que c'est efficace. »

Un cadeau qui m'a réellement touché, soit dit en passant, parce que je n'ai jamais plus froid qu'après une transformation retour mais ça n'est pas le sujet. Et par anticipation ...

« Ça fait trois ans que je n'ai pas chopé le moindre rhume, ça ne va pas commencer maintenant. »

… Au cas où elle se risquerait à me dire que je devrais le garder parce que je vais attraper froid. Kim n'est pas tellement du genre mère poule mais … Je crois que c'est surtout un moyen de faire diversion, histoire qu'on garde notre calme tous les deux et l'esprit focalisé, concentré, sur autre chose que l'inquiétude qui grimpe à vitesse V.

Inquiétude qui explose quand à nouveau elle se penche en avant, pliée en deux, mais de manière plus intense cette fois.

« Kim ! »

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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Mar 17 Mai 2016 - 10:39

Si elle croyait qu’il lui suffirait de s’hydrater et de se reposer un peu pour s’en sortir, elle se trompait sur toute la ligne et elle cette réalité la frappa de plein fouet au moment où elle sentit ce goût ferreux si caractéristique dans sa bouche et vit que le corps que son organisme venait d’expulser n’était autre qu’un caillot de sang. Cracher du sang, ce n’était pas bon signe, non, ce n’était pas bon signe du tout. Et, comme si elle avait eu besoin d’en arriver là pour comprendre que quelque chose ne tournait pas rond, elle prit conscience de tous les signaux qui lui envoyait son corps depuis une bonne poignée de minutes. Les crampes qui lui tordaient l’estomac et qu’elle s’était efforcée d’ignorer avant de plier sous la douleur. Les palpitations effrénées de son cœur qu’elle avait simplement prises pour une manifestation normale de son manque d’entraînement, de même que son essoufflement. Ses vertiges violents, qu’elle avait essayé de chasser en buvant. La chaleur à cause de laquelle elle avait enlevé son pull au tout début alors même que le soleil se couchait. Tout s’emboîtait parfaitement dans son esprit, comme les pièces d’un puzzle dont il manquait le bloc principal. Encore penchée vers le côté, fixant sans vraiment le voir le caillot de sang qu’elle venait de rejeter, elle inspira profondément mais avec appréhension, comme craignant une nouvelle crise. Puis elle tourna la tête vers Enzo qui s’était accroupi devant elle et qui avait posé sa main brûlante sur son bras crispé. Elle se redressa lentement, s’appliquant à desserrer les mâchoires et à se détendre. Paniquer ne servait à rien. Pour lui autant que pour elle, la situation était assez alarmante comme ça sans que la terreur ne s’en mêle. Elle devait rester pragmatique, garder la tête froide et agir. À commencer par retourner au château.

« Effectivement, il faut qu’on rentre. »

Il se releva près avoir pressé sa main autour de son bras et se dirigea vers leurs affaires pour les rassembler tandis qu’elle essuyait les sueurs froides de son front et passait une main dans ses cheveux comme pour se donner une consistance. Elle enfila le sweat qu’il lui tendit en premier pendant qu’il accrochait son sac au fauteuil et jetait le sien sur son épaule. Elle n’avait certes jamais été aussi sage et calme qu’Ann, mais une chose était sûre, elle était probablement celle d’entre ses frères et sœurs qui gérait le mieux les circonstances difficiles. En même temps, à toujours se fourrer dans des situations impossibles, elle avait appris à s’en tirer. Bien sûr, aujourd’hui, Ann, Tom et Josh savaient tous faire face aux problèmes à leur manière, mais elle se souvenait encore des fois où elle avait pris les commandes pour les sortir de situations pas forcément évidentes, faisant preuve de sang-froid malgré sa spontanéité habituelle. Elle saisit donc sa baguette, déterminée à rentrer tant qu’elle le pouvait encore, et se préparait à faire léviter son fauteuil quand Enzo en saisit les poignées et, débloquant les freins, commença à la pousser en direction du Château, laissant le terrain de basquet tel quel.

« Attends… »

Tenta-t-elle de protester, d’une voix plus faible qu’elle ne l’aurait voulu.

« Garde tes forces, c’est pas négociable.
- Je peux encore me faire léviter, ça sera plus rapide.
- Kim, pour une fois s’il te plaît laisse de côté ta fierté de femme indépendante, forte, etc… Et laisse-moi faire. »

Elle fronça les sourcils. Elle n’aimait pas quand on lui reprochait sa fierté, ça lui donnait d’autant plus envie de n’en faire qu’à sa tête. Mais un nouvel emballement de son cœur lui rappela qu’elle avait probablement meilleur temps d’accepter l’aide qu’on lui proposait sans se faire prier. Profitant qu’il soit derrière elle et concentré à dévaler la pente, elle laissa libre cours à son malaise sans plus le cacher. Le paysage défilait à une vitesse folle devant ses yeux sans qu’elle n’arrive à en distinguer nettement les contours. Tout était flou, les couleurs se mélangeaient et les bruits l’assourdissaient. Sentant son cœur tambouriner frénétiquement contre sa cage thoracique, elle porta ses mains à sa poitrine et la comprima comme si ça pouvait le calmer, rétablir un rythme normal. Soudain, les secousses du fauteuil s’arrêtèrent, et ne restèrent plus que celles de son corps frissonnant. Étaient-ils arrivés ? Elle se rendit compte qu’elle avait fermé les yeux et les rouvrit brusquement. Enzo se tenait devant elle à nouveau. Que venait-il de lire sur son visage ? Il fallait qu’elle se ressaisisse, elle n’avait pas le droit de se laisser aller ainsi. Elle s’éclaircit la gorge.

« T’inquiètes, ça va aller… »

Elle aurait aimé lui sourire, mais ne parvint qu’à lui adresser un regard qui se voulait rassurant et plein de tendresse. Il déposa son sweat autour de ses épaules puis regagna sa place et reprit la route.

« Enfile ça. Je ne connais rien de plus chaud. C'est un cadeau de ma Grand-Mère pour les lendemains de Pleine Lune, j'te jure que c'est efficace. Ça fait trois ans que je n'ai pas chopé le moindre rhume, ça ne va pas commencer maintenant. »

Elle ne se le fit pas répéter deux fois et s’exécuta, non sans éprouver quelques difficultés dues à son fauteuil en mouvement, à ses vertiges et à sa faiblesse, si bien qu’elle se sentit comme prisonnière une fois le sweat mis. Elle avait l’impression d’étouffer et se trouvait fiévreuse. Peut-être n’était-ce finalement pas une si bonne idée d’enfiler ce sweat. Son ventre se resserra à nouveau. La douleur devenait insoutenable. Elle avait l’impression que son corps entier brûlait dans un mélange de braises et d’acide. Son estomac était un volcan en activité qui menaçait d’entrer en éruption à chaque minute qui passait alors qu’elle priait pour que ça ne soit pas le cas. Mais un nouveau haut-le-cœur le retourna, le souleva, comme un spasme intérieur, et elle se plia en deux, plaquant ses mains sur ses lèvres tandis que le goût du sang envahissait à nouveau sa bouche qu’elle se força à maintenir fermée.

« Kim ! »

Elle ferma les yeux, serra les mâchoires, se crispa toute entière si fort qu’elle se mit à trembler. Enfin, le fauteuil s’arrêta. Elle n’attendit rien et se pencha sur le côté pour cracher enfin le liquide visqueux qu’elle retenait entre ses dents et qui s’étala par terre. Dispersés dans la flaque vermeille, des tâches plus foncées, brunes, l’interpelèrent, et ce fut à ce moment-là qu’elle comprit. Les crampes d’estomac, les palpitations, les vertiges, les accès de fièvre, c’étaient tout simplement les signes d’un empoisonnement ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Elle essuya ses lèvres de son avant-bras, ne réalisant que trop tard que c’était la manche du sweat de Enzo qu’elle salissait.

« T’inquiètes, ça va aller. »

Again, oui, mais elle y croyait vraiment.

« Ne regarde pas, faut… faut juste que ça sorte. »

D’une main fébrile, elle saisit sa baguette et la pointa sur son ventre. Elle devait aider son corps à expulser le venin. Rassemblant toute sa force et sa détermination, elle prononça le sortilège destiné à la faire vomir et n’eut que le temps d’ouvrir à nouveau sa bouche que déjà elle rendait ses derniers repas enrobés de sang et de bile. Quitte à choisir, elle préférait risquer l’hémorragie digestive que laisser le poison se répandre dans son corps indéfiniment. C’était probablement trop tard, déjà, et elle se détestait d’avoir autant tardé pour reconnaître que quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Elle connaissait pourtant bien son corps et savait interpréter ses signaux, d’ordinaire. Combien de temps depuis qu’elle avait bouffé ces maudits œufs de Pâques jusqu’à ce qu’elle réalise qu’il fallait rentrer ? Cinq minutes ? Dix ? Car c’étaient sûrement les chocolats, elle ne voyait pas ce que ça pouvait être d’autre. Épuisée, elle resta un moment appuyée à l’accoudoir de son fauteuil, tentant de reprendre son souffle. Elle sentait son corps trembloter et elle lutta contre une profonde envie de pleurer. Ce n’était pas le moment. Ce n’était pas fini.

« Il… il me faudrait un… un Bezoar. »

Articula-t-elle en se redressant lentement pour se rasseoir droit dans son fauteuil.

« On dirait que j’aie été empoisonnée. »

Qu’il coure, qu’il prononce un accio, qu’il créé un patronus, peu importe, mais il lui fallait absolument un antidote, et vite. Déjà, un premier spasme la parcourait de la tête aux pieds et elle s’arc-bouta dans son fauteuil en s’y agrippant pour ne pas tomber. Un deuxième s’ensuivit et elle grogna de douleur. Le troisième lui fit lâcher prise et elle s’écroula par terre en proie à des convulsions.

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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Mer 18 Mai 2016 - 14:01

« T’inquiètes, ça va aller. »

Et mon cul, c’est du poulet ? Ça n’est pas le moment de perdre son calme, clairement, mais c’est relativement compliqué quand vous avez devant vous une personne à qui vous tenez, qu’elle va mal et que vous ne comprenez pas pourquoi. Pire, que vous ne savez pas quoi faire. Plus les secondes passent, plus les effets sont violents et même si j’ai vu et vécu un paquet de truc qui ont forgé mon sang-froid je sens bien qu’il s’effrite dangereusement. J’essaie pourtant de garder le cap comme je peux mais dans ma tête il se passe déjà un million de choses …

« Ne regarde pas, faut… faut juste que ça sorte. »

J’ai envie de lui dire que j’en ai vu d’autre mais je m’abstiens, ne sachant pas trop quoi faire de moi. Je comprends pourquoi elle me demande ça et ça n’est pas pour préserver ma pauvre petite personne. Je ne veux pas l’envahir ou la mettre mal à l’aise mais à côté de ça, la laisser ? Hors de question. Alors je reste là, à l’affut de la moindre réaction, sans pour autant être envahissant, pendant qu’elle fait ce qu’elle doit faire. J’ai envie de poser ma main sur elle mais je m’abstiens pour ça aussi, quand bien même c’est réellement aller contre ma nature. Ce sentiment d’impuissance ne me plait pas mais je sais que je dois rester à ma place et attendre. Le vent tourne, l’odeur du sang me chatouille les narines et je ferme les yeux par réflexe. Ça n’est clairement pas le moment de me laisser embarquer là-dedans et j’ai aujourd’hui suffisamment de maitrise de moi à ce niveau-là pour savoir que ça ne posera pas de problème.
Quand on connait Kim, comme je la connais en tout cas, croyez-moi, la voir comme ça, ça tord le bide. Elle a l’air épuisé, la douleur se lit sur les traits de son visage mais malgré ça elle trouve toujours le moyen de garder son air plein de maitrise, de fierté.

« Il… il me faudrait un… un Bezoar. On dirait que j’aie été empoisonnée. »

L’information monte à mon cerveau bien trop encombré pour réellement imprimer la nouvelle, sa supposition en tout cas, je n’ai cependant pas le temps de m’arrêter là-dessus que son corps réagit à nouveau.

« Kim ! »

En pire. En dix fois pire. Et je me laisse totalement envahir par la panique alors que je la rattrape comme je peux et amortis sa chute en la déposant sur le sol. Les crampes ont été outrageusement violente, maintenant tout son corps est secoué de convulsion mais heureusement pour moi, après avoir posé une main sous sa nuque en la maintenant comme je peux j’ai le réflexe que j’aurai du avoir depuis le début : Celui de faire apparaitre un Patronus pour aller chercher de l’aide. Je puise dans ce même souvenir à chaque fois, celui qui me ramène sur la plage devant notre maison à Lakes, celui dans lequel ma mère m’appelle sur le bord de la plage alors que je sors de l’eau et l’éclabousse en secouant la tête. Elle rit, ça me rend heureux …

« Expecto Patronum ! »

… et le gros loup argenté qui me sert de totem s’échappe dans un filet de lumière magique pour se former et se dresser devant moi, attentif.

« Besoin d'aide dans le Parc. Élève malade. Vite. »

Il n’attend pas plus longtemps et fonce vers le château, vers celui ou celle qu’il trouvera en premier, dans le corps enseignant, chez les adultes en tout cas. De mon côté je lâche ma baguette sans trop y faire attention et me concentre totalement sur Kim. J’essaie de la maintenir le plus possible pour qu’elle ne se fasse pas trop de mal.

« Reste avec moi. Reste avec moi Kim, ça va aller. Ça va aller. »

Ses yeux sont encore ouverts, j’arrive à y lire la peur alors je fais ce que je peux pour garder mon calme, j’essaie même de sourire mais aucun de nous deux n’est dupe et le temps me parait incroyablement long. J’ai une boule dans la gorge et cette sale impression de déjà vu, je n’arrive pas à ne pas penser à Megan, au fait que tout pourrait s’arrêter d’une seconde à l’autre et que Kim … Qu’elle … Non ! Non, impossible. Pas toi. T’as pas le droit, d’accord ? T’as pas le droit … Faut que tu t’accroches Kim, t’as pas le choix.

« Enzo ! »

Retour à la réalité. Je ne comprends pas tout de suite ce qui se passe, na sachant pas trop si j’ai rêvé ou pas mais quand je me retourne, j’aperçois cette silhouette familière qui approche en courant et un soupir de soulagement m’échappe. Quelqu’un a entendu mon appel, et ce quelqu’un c’est Dimitri. Réaction.

« Là ! »

On a fait un bout de chemin, le château n’est plus très loin et heureusement parce que qui sait combien de temps il aurait fait pour nous trouver si ça avait été le cas. Mais pourquoi, pourquoi ?! Pourquoi j’ai eu cette idée stupide ? J’ai déjà dû gérer des situations de crise et j’aurai continué à le faire s’il avait fallu mais je crois qu’il n’a pas idée du soulagement que sa présence me procure.

« C'est Kim. On est sorti après les cours pour aller faire un basket et elle a commencé à se sentir mal. Elle crache du sang, la douleur l'a complètement mise par terre. Elle a convulsé. »
« C'est un empoisonnement. »
« Pardon ? »
« Les chocolats. Elle a mangé des chocolats, non ? »
« Oui. Oui, quelques-uns. Deux ou trois je dirais. Elle est super gourmande. »
« Ils ont été empoisonnés. Elle n'est pas la seule victime. »


Blocage. C’était évident, ça m’a effleuré l’esprit bien sur mais je crois que je ne voulais pas l’admettre, ne surtout pas y penser et pourtant, nous y voilà, ça recommence, encore. Heureusement Dimitri ne me laisse pas le temps de partir dans ma tête et je m’accroche à sa présence comme à une bouée de sauvetage. Attentif et réactif. Si tu dois craquer garçon, c’est pas maintenant.

« Il faut qu'on l'emmène là-haut de toute urgence mais d'abord fais lui boire ça. C'est fait avec du Bezoar. »

Je ne réfléchis pas, j’agis et c’est tout. J’attrape la petite fiole et soulève la tête de Kim en douceur pour en verser le contenu entre ses lèvres. Elle ne convulse plus depuis quelques secondes, peut-être des minutes je n’en sais rien. J’ai essayé de la réveiller mais rien, absolument rien, et puis Dimitri est arrivé. Elle bouge un peu, j’inspire une grande gorgée d’air. Soulagement ? Un peu, même si ça ne signifie rien. Maintenant qu’est-ce qu’on fait ? Mes yeux cherchent ceux de notre Prof d’EDM, comme si j’avais besoin de garder ce contact pour réussir à tenir le coup, à maintenir le cap et je crois qu’il le comprend. D’un signe de tête il amorce notre départ en se relevant et se penche vers elle. Instinctivement j’avorte son intention, sans agressivité pour autant.

« J'vais la porter, ça va aller. »

J’y vais en douceur, encore une fois, passe un bras sous ses genoux et l’autre dans son dos puis la soulève. L’instant d’après on se dirige vers le château, elle dans mes bras, son fauteuil vide si ce n’est de nos affaires à tous les deux poussés par Dimitri. Et je la regarde, elle aurait presque l’air paisible …

« Accroche toi Kim, t'entends ? S'il te plait. »

Je n’encaisserai pas de te regarder partir comme je l’ai fait avec Megan. Mes fondations ne sont pas encore assez solides pour ça. Et je ne veux pas te perdre, tout simplement. Alors t’as pas le choix, tu t’accroches, et moi je m’accroche à toi pour éviter de penser à tout ce qui a pu se tramer avec les autres, ceux qui ont mangé ces putain de chocolats aussi.
Le chemin ne se fait pas en silence, Dimitri m’explique les effets de l’empoisonnement et je n’ose pas lui demander qui a été touché mais en arrivant finalement à l’infirmerie … Je pensais naïvement être au bout de mes peines, je l’espérais égoïstement en tout cas, mais j’étais loin du compte. Quand j’ai vu Charleen étendue sur un des lits mon cœur s’est braqué. Zach, Drew, Rafael … ça m’a fait quelque chose aussi. Puis Eliott. Et d’autres. Jusqu’à ce que je comprenne qui était la personne, une des personnes, qu’on avait planqué derrière un rideau. Là j’ai perdu le cap, réellement, j’ai perdu ma connexion avec le monde réel et c’est en marchant à reculons que je suis sortie de l’infirmerie après avoir laissé Kim entre de bonnes mains, comme un zombie, le T-shirt taché de sang et le regard dans le vide. Jusqu’à ce que je tombe sur Cameron un peu plus loin dans le couloir. L’échange n’a pas duré très longtemps, il m’a néanmoins remis les idées à peu près en place et j’ai filé vers la volière sans réfléchir une seconde de plus.

~*~

Mercredi 8 Avril 2015 – Pause du midi

Les journées sont longues, les nuits sont encore plus traitresses. Entre les cauchemars et les idées, pensées, que je devrais ne pas avoir, j’y arrive plus, je ne m’en sors plus. Y a trop d’inconnues dans mon équation, des choses qui m’embrouillent la tête, toujours pas de nouvelles ni de Jill et Kyle, ni de mon frère. J’ai beau essayer de me rassurer, de me dire que ces angoisses n’ont aucun sens et qu’il n’y a aucune raison pour qu’ils n’aillent pas bien, j’y arrive pas. Je me sens un peu seul, sans chercher la compagnie pour autant parce que tout le monde a déjà suffisamment à penser de son côté alors je passe mon temps libre aux enclos, je m’occupe, je gère Fenrir, et je bosse, enfin j’essaie. J’ai été courir, un peu, mais je ne suis pas remonté sur une planche depuis plusieurs jours. Je passe à l’infirmerie quotidiennement, vite fait, pour ne pas déranger, juste pour … prendre la température. Certains se sont réveillés, ça n’est toujours pas le cas de Charleen, ni de Kim et Ismaelle n’a toujours pas rouvert les yeux non plus. Ça fait … 36h, quelque chose comme ça, ils ont dit que ça prendrait plus de temps pour certains que pour d’autres mais … Je me suis moi-même retrouvé dans cette situation, deux fois, à l’exception qu’aucun médicament ou potion ne me maintenait dans le sommeil mais simplement mon corps : Le coma, on appelle ça. Je ne sais pas s’ils ressentent la même chose que lorsqu’on est dans le coma mais si c’est le cas je peux comprendre qu’ils prennent leur temps. J’ai mis une semaine avant de me décider à en sortir quand ça m’est arrivé, les deux fois. Pas trop certain de le vouloir réellement par moment. Tout ça c’est du passé.

« Joyeux anniversaire Cap’tain. »

Une tape sur l’épaule, un sourire qui ne trompe personne, en d’autres circonstances je crois que je lui aurai claqué un gros bisou sur la joue pour le faire chier mais personne n’a le cœur à rire ces jours-ci. Je voulais quand même le lui souhaiter, c’est chose faite. J’imagine qu’il passera la soirée avec sa clique, probablement avec Riley aussi dont la petite sœur ne s’est toujours pas réveillée. Ça fait bizarre de la voir si calme la Tornade Verte, elle est éteinte, ça en fout un coup supplémentaire au cœur. Je traine mes quilles, passe le temps comme je peux, allant en cours s’ils ont lieux et puis à la pause du déjeuner je mange rapidement, attrape une pomme et me dirige vers l’infirmerie pour y faire mon petit tour quotidien. L’idée ça n’est pas d’envahir l’espace, juste … Je sais pas, être là, les soutenir comme on peut, et attendre, espérer qu’ils ouvrent les yeux une bonne fois pour toute. La sécurité a été renforcée, encore une fois, et tant mieux, mais personne n’est tranquille pour autant. Ils ont réussi à nous casser à nouveau, de l’intérieur.

Ismaelle dort toujours, je soupçonne Helland de lui avoir administré une dose un peu plus forte qu’aux autres pour qu’elle se repose réellement et … si c’est le cas, je ne peux que l’encourager dans ce sens-là. Elle ne pense pas assez à elle, c’est un fait établi même s’il y a du mieux ces derniers temps et je pense que c’est en grande partie grâce à lui. Elle me manque, je suis pressée de la retrouver, de pouvoir lui parler, d’avoir la réelle sensation qu’elle est bien vivante mais elle a besoin de temps et c’est normal.
Je fini par m’assoir à côté de Kim, croquant dans ma pomme sans vraiment y faire attention, lui raconter des conneries, ma journée, etc … Je suis tellement distrait que je ne remarque pas tout de suite les deux pupilles qui me fixent : Les siennes. Parce qu’elle est réveillée, et ça met du temps à me monter jusqu’au cerveau. Je fini pourtant par sentir un regard posé sur moi alors je lève la tête et m’arrête en plein milieu de ma phrase, avec probablement un air prodigieusement con sur le visage quand je me stoppe, la pomme dans une main et la bouche entrouverte. Ça dure une seconde ou deux, au fond de moi j’ai envie d’exploser mais je me contiens et me contente d’arquer un sourcil, sourire en coin.

« J’ai toujours su que t’aimais te faire désirer. M'enfin j'suis certain que je te manquais trop, dis-le. »

Mon cœur bat à 100 à l’heure mais c’est nonchalamment que je croque dans ma pomme, mode petit branleur activé.

« Ou alors t’as ouvert les yeux juste pour me dire que je parlais trop, c’est ça ? »

Insérer ici un regard de chien battu – loup ! Pas chien. Oui, loup, si tu veux – qui redevient finalement sérieux et se transforme en sourire calme.

« J’suis content de te revoir parmi nous Kim. Comment tu te sens ? »
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Mer 29 Juin 2016 - 13:00

Empoisonnée. Elle avait mis du temps à se l’avouer, mais, désormais, cela ne faisait plus aucun doute : Kim avait été empoisonnée. Si elle en avait l’occasion, elle se serait maudite de n’avoir pas voulu écouter les signaux que lui envoyait son corps, d’avoir fermé les yeux sur les vertiges et les nausées. Mais elle n’avait pas le temps pour ça. Tout allait tellement vite, son état empirait de seconde en seconde, elle n’avait même pas le loisir de penser au fait qu’elle puisse être en train de mourir, que c’étaient peut-être ses derniers instants sur terre… Non, elle devait agir, et la première chose à faire, étant données les circonstances, était d’expulser le venin – ou du moins ce qu’il en restait, puisqu’une partie devait déjà avoir été absorbée et circuler dans son sang – de son ventre. Car elle n’avait clairement pas assez de forces pour rentrer au château ni pour créer un Patronus et l’envoyer chercher de l’aide, mais elle était encore capable de se faire vomir en utilisant un sortilège simple. Pour le reste, elle allait avoir besoin de l’aide d’Enzo. Mais elle n’eut que le temps de lui expliquer qu’elle avait probablement été empoisonnée, avant de sentir une nouvelle vague de symptômes déferler sur elle et la submerger entièrement cette fois-ci.

« Kim ! »

La panique semblait avoir pris possession de l’esprit d’Enzo, elle pouvait la lire dans ses yeux, l’entendre dans sa voix, la sentir dans ses mouvements, et même s’il tentait de la contrôler, elle voyait bien qu’il n’en menait pas large. Elle s’était toujours arrêtée à son image de grand gaillard solide, forgé par une vie dont elle ne connaissait rien, endurci par les épreuves qu’il avait endurées et qui ne regardaient que lui, mais elle voyait bien en cet instant qu’il n’était au fond encore qu’un ado – qu’un humain, surtout – avec sa dose de craintes et d’émotions. Allait-il comprendre qu’il allait devoir agir vite s’il voulait l’aider ? Allait-il réussir à retrouver son sang-froid et à prendre le relai ? Elle aurait tellement aimé répondre à son appel, lui montrer qu’elle l’entendait, mais elle n’avait plus aucun contrôle de son corps en cet instant. Prise de convulsions, parcourue de spasmes, elle se sentait comme parcourue d’un interminable courant électrique et essayait de retenir les grognements que lui soutirait la douleur cuisante de ses muscles contractés comme sous l’emprise d’une crise de tétanie.

« Reste avec moi. Reste avec moi Kim, ça va aller. Ça va aller. »

Elle le sentit la maintenir fermement au sol pour qu’elle arrête de convulser, elle le vit vaguement devant elle comme à travers une loupe maintenue trop près de ses yeux. Elle se sentit s’arc-bouter encore une ou deux fois sous le poids d’Enzo, puis la douleur s’estompa lentement, laissant place à l’engourdissement et à une sensation de lourdeur. Elle ouvrit la bouche et essaya d’articuler une réponse, mais ne s’entendit que baragouiner des bouts de phrases incompréhensibles tandis que le sang qui s’était accumulé dans sa bouche se déversait et coulait sur sa joue, son cou et son oreille. Elle tourna difficilement la tête vers le côté pour vider le liquide chaud et visqueux qui l’empêchait de respirer, puis le noir se fit devant ses yeux. Plongée dans une sorte de léthargie, n’arrivant pas à s’en extirper malgré les tentatives d’Enzo pour la ramener à la vie, elle ne sombra pas dans l’inconscience pour autant, mais resta coincée à mi-chemin entre le jour et la nuit. Elle pouvait sentir son cœur se contracter faiblement, difficilement, loupant un battement sur deux ou sur trois, et son corps frissonner, trembloter, étendu à même le sol. Elle avait froid.

Elle perçut une présence étrangère, une conversation, des émotions. Précipitation, stress, angoisse… La main d’Enzo, toujours placée sous sa nuque, lui souleva la tête et elle sentit le goulot d’un récipient en verre appuyé contre ses lèvres avant qu’un liquide ne s’immisce dans sa bouche. Elle se força à déglutir, à avaler la substance qu’on lui administrait, mélangée à son propre sang. Un nouveau haut-le-cœur lui retourna le ventre et elle eut la sensation de se noyer alors qu’elle forçait son corps à accepter ce liquide qu’il tentait de rendre. Elle se sentit soulevée, sa tête tombant en arrière. Secouée dans tous les sens, elle avait l’impression de voguer dans un océan déchaîné, sujette aux vagues qui s’entrechoquaient tandis que la tempête faisait rage au-dessus d’elle.

« Kim, t’entends ? S’il te plaît. »

Alors qu’elle se sentait couler, la voix d’Enzo qui prononçait son prénom la ramena une dernière fois à l’air libre, avant qu’elle ne se fasse submerger à nouveau. Pour de bon cette fois-ci.

* * *

Lundi 06.04.2015
Dans la nuit

Lorsqu’elle remonta à la surface, rien ne fut plus pareil. Bien que les yeux fermés et les sens débranchés, elle percevait le monde extérieur et l’atmosphère qui y régnait, et c’était totalement différent de ce dont elle se rappelait. À la fois plus paisible et plus tendu. Comme si la tempête était passée et que l’on s’apprêtait à évaluer les dégâts. Combien de temps s’était-il écoulé ? Combien de temps avait-elle passé dans les profondeurs de l’océan ? Elle se sentait comme un corps mort que les eaux avaient rendu au monde. Elle flottait, sans bouger ni faire de bruit, mais il lui arrivait d’avoir comme des flashs de lucidité ponctuant son sommeil. Elle se sentait alors comme dédoublée, ou comme si son esprit sortait de son enveloppe corporelle et l’observait de haut, la surveillait alors qu’elle était plongée dans le coma, réalisait qu’elle subissait le même sort que Kat depuis 6 ans, bientôt 7. Ce n’était pas la première fois qu’elle était inconsciente, mais elle sentait que c’était différent de la fois d’avant, dont elle ne conservait aucun souvenir. Car cette fois-ci, elle n’était pas réellement inconsciente. Elle n’avait aucune notion du temps ni de l’espace, mais elle était bien là, derrière ses paupières fermées, derrière son masque de sommeil. Alors, comment le vivait Kat ? Pouvait-elle aussi percevoir son entourage ? À quel point discernait-elle les mouvements, les visages, les paroles ? À quel point était-elle consciente de ce qui lui arrivait ? Prisonnière de son corps inerte, Kim n’avait aucun moyen de leur montrer qu’elle était en vie et qu’elle comptait bien le rester. Peut-être était-ce pareil pour Kat, au final.

Elle n’aurait pas su dire quelle heure ni même quel jour il était, elle avait l’impression d’avoir passé une éternité ballottée au gré des vagues et des courants, plongeant parfois dans les profondeurs d’un sommeil tantôt profond tantôt agité, remontant ensuite à la surface sans jamais vraiment faire naufrage ni toucher la terre ferme, quand un contact tendre sur son front fit converger toutes ses différentes réalités et les rassembla en une seule. Elle sentit son cœur se mettre à tambouriner dans sa cage thoracique et ses pupilles s’élargir sous ses paupières fermées tandis que des mots doux parvenaient à ses oreilles. Il lui promettait qu’elle finirait par se réveiller, qu’ils iraient jouer au basket, qu’elle recevrait des Banana Split. Enzo. Il était là, tout près, mais pourtant si loin. Et, l’instant d’après, plus rien. Alors, le noir se fit à nouveau autour d’elle, et elle s’enlisa dans les profondeurs d’un sommeil lourd et écrasant.

* * *

Mercredi 08.04.2015
Dans la matinée

C’était donc ça qu’ils avaient vécu pendant 2 ans ? C’était donc ça qu’ils avaient enduré chaque jour ? La peur, la souffrance, le désespoir. Des ados, des gamins, cibles ou témoins, victimes dans tous les cas, de la haine et de la cruauté d’hommes aveugles et sans scrupules. Kim découvrait enfin sur son propre corps ce qu’avaient pu subir ses semblables sous l’occupation des Supérieurs et ça avait le don de la révolter encore plus. Elle s’était réveillée pour de bon quelques instants plus tôt, constatant après avoir ouvert les yeux qu’elle se trouvait à l’infirmerie et qu’elle n’était pas la seule dans son cas. Bien qu’encore incapable de trop bouger ni parler, elle avait assez d’énergie pour réfléchir à tout un tas de choses et ne s’en privait pas, repensant à son rêve de devenir Auror ainsi qu’à la proposition qui avait été faite aux élèves adultes de renforcer les rangs des Gardiens. Mais au bout de quelques instants, elle sentit ses forces la quitter peu à peu et ses paupières se fermèrent alors qu’elle sombrait à nouveau dans les bras de Morphée. Son sommeil fut plus tranquille et plus reposant que les précédents. Au bout d’un moment, pourtant, des mots parvinrent à ses oreilles. Une voix qu’elle connaissait bien et qui semblait parler dans le vide, lui racontant des choses dont elle ne parvint pas à saisir le sens au départ mais qu’elle finit par comprendre. Elle ouvrit les yeux sans faire de bruit, et les posa sur Enzo, qui, assis à côté d’elle, une pomme à la main et la tête baissée, lui racontait sa vie. Après quelques minutes, cependant, il releva la tête vers elle, s’interrompit en plein milieu d’une phrase, et se figea, interdit. Ils se fixèrent, l’espace d’une ou deux secondes, puis il releva un sourcil et eut un sourire en coin.

« J’ai toujours su que t’aimais te faire désirer. M’enfin j’suis certain que je te manquais trop, dis-le. »

Elle sourit à son tour, amusée, et cessa de retenir sa respiration. C’est ça, fais ton malin ! Elle ouvrit la bouche pour lui répondre mais aucun son ne sortit de sa gorge. Il croqua dans sa pomme comme si de rien n’était.

« Ou alors t’as ouvert les yeux juste pour me dire que je parlais trop, c’est ça ? »

Cette fois-ci, elle ricana devant la tête qu’il tira. Quel zozo, celui-ci, c’était le cas de le dire !

« Tu dis n’importe quoi. »

Quatre mots prononcés d’une voix rauque, râpeuse, un peu trop grave, mais prononcés malgré tout. Et, qu’on la croie ou non, aussi renfrognée qu’elle puisse l’être parfois, cela lui faisait un bien fou d’enfin pouvoir parler.

« J’suis content de te revoir parmi nous Kim. Comment tu te sens ? »

Il était devenu sérieux, serein… presque trop à son goût.

« Roh ça va, t’en fais tout un drame, c’est pas moi qui ai disparu de la circulation pendant un mois cet hiver ! »

Ou comment éviter de répondre à quelqu’un qui lui demandait de parler d’elle. Elle n’était pas une petite chose fragile, pas besoin de la choyer comme une poupée en porcelaine ou comme un chaton traumatisé. Il avait beau lui avoir certainement sauvé la vie, ce n’était pas pour autant qu’elle le laisserait s’inquiéter pour elle.

« Alors, ils sont où ces Banana Split ? »

À son tour de jouer à la maligne. Grand sourire. Hé non, elle n’avait pas oublié !

« En vrai, bien sûr que tu m’as manqué. »

Elle leva les yeux au ciel. Oui, c’était un sacrifice de sa part que de lui avouer ça, et elle ne s’en cachait pas, mais c’était sincère et il le méritait bien !

« Bon, qu’est-ce que j’ai loupé, dis-moi ? On est quel jour, pour commencer ? »

S’appuyant sur ses bras, elle se releva dans son lit et s’adossa au mur derrière elle après y avoir appuyé son coussin.

« Et toi, comment tu vas ? Mais pour de vrai. »

Pas comme elle, quoi. Sauf qu’elle, elle allait bien, mais lui, il aurait beau faire le clown, elle voyait bien qu’il n’en menait pas large, et pour une fois, elle n’avait pas franchement envie de ne pas s’y mêler.

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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Jeu 30 Juin 2016 - 20:36

« Roh ça va, t’en fais tout un drame, c’est pas moi qui ai disparu de la circulation pendant un mois cet hiver ! »

Et bim ! Dans ta face Enzo Ryans.

« Touché. »

Je ne me laisse pas démonter pour autant, de même que je ne compte pas épiloguer sur ce qu’il s’est passé pendant ce mois, la raison de mon absence, etc … Ca n’a rien à voir avec un quelconque manque de confiance en elle, j’ai simplement pas envie de remettre ça sur le tapis. Peu de personnes sont au courant et quelque part je tiens à ce que ça reste comme ça, d’autant plus que … Oui, je sais pas, il y a surement une part de pudeur là-dedans mais je n’ai pas envie de revenir là-dessus, d’autant plus qu’en ce qui me concerne, j’ai tourné la page. J’ai disparu, certes, mais je suis revenu. Vivant, en un seul morceau, un peu secoué au départ mais tout va bien aujourd’hui. A ce niveau-là en tout cas.

« Mais ça ne change rien aux faits et t’arriveras pas à détourner la conversation. »

Je sais qu’elle n’aime pas parler d’elle, être le centre de l’attention, ce genre de trucs, et je respecte totalement ça parce que là-dessus on est un peu pareil – je sais, j’adore être le centre d’attention quand il me prend l’envie de faire le malin mais ça n’a rien à voir avec ce genre de sujet personnel, profond. Elle a quand même failli mourir, ça n’est pas rien, mais je comprends qu’elle tente de dédramatiser la situation, vraiment. Je reste inquiet, c’est comme ça, après tout ça n’est pas comme si j’avais eu peur de la voir disparaitre dans mes bras elle aussi … Notez l’ironie dans cette phrase. Elle n’aime pas qu’on la prenne en pitié – c’est pas le cas – ou qu’on la considère comme une petite chose fragile mais il y a une différence entre s’en faire pour rien et le contexte dans lequel on navigue tous en ce moment.

« Alors, ils sont où ces Banana Split ? »
« J’me suis dit que cette fois j’allais attendre que tu te réveilles et que tu les ferais avec moi. »
« En vrai, bien sûr que tu m’as manqué. »
« Je sais. »


Kim, Kim, Kim … On ne la changera pas, et tant mieux, parce que même si elle a un véritable caractère de cochon – et c’est peu de le dire – elle en reste ultra attachante. Et on ne me changera pas non plus ! Ni moi, ni mon côté petit branleur plus qu’assumé.

« Bon, qu’est-ce que j’ai loupé, dis-moi ? On est quel jour, pour commencer ? »

Elle ne tient pas en place. Est-ce que ça m’étonne ? Pas une seule seconde. Est-ce que j’ai envie de lui dire de ne pas bouger ? Oui, mais je m’abstiens, je sais très bien ce qu’elle me répondra. Si elle a envie de s’assoir alors qu’elle le fasse. Je suis bien mal placé pour faire le moindre commentaire sur le sujet de toute façon.

« Et toi, comment tu vas ? Mais pour de vrai. »

Pour de vrai ? Je pète la forme ! Ça ne se voit pas ? Je n’espère pas duper qui que ce soit, je ne cherche même pas à le faire mais sincèrement, comment je me sens ? On s’en fout, c’est juste pas la question. Ça n’est pas moi qui suis passé à deux doigts de la mort. Je ne cherche pas à esquiver sa question mais ça ne m’empêche pas de lever les yeux au ciel, non sans esquisser un sourire en coin, avant de me lever sans rien dire tout en croquant une nouvelle fois dans ma pomme. Je m’éloigne quelques secondes, laisse couler mon regard sur les autres, ceux que j’ai en visu, juste un peu, et reviens silencieusement vers Kim, avec un verre d’eau que je lui tends.

« Pour commencer, tu vas me boire ça et c’est pas négociable. »

Elle fronce les sourcils, naturellement, parce qu’elle déteste qu’on s’occupe d’elle mais pas de bol, elle est tombé sur le mauvais gars pour ça et on en a parfaitement conscience tous les deux. J’ai pas l’intention de la couver ni de l’étouffer, mais ce verre d’eau elle va le boire. Tranquillement, je me rassois et roule des épaules comme pour les dénouer un peu avant de reprendre.

« Ensuite, on est mercredi midi. Ça fait donc environ 36h que tu es dans les bras de Morphée. Je commençais à être jaloux de lui, à vrai dire. »

Ben quoi ?

« Mais Helland, Rina, Maxence et Takuma vous ont donné à tous de quoi vous faire dormir le temps que vos organismes se remettent totalement de l’attaque du poison. Certains sont encore en sommeil, d’autres sont déjà réveillés. Tout le monde est tiré d’affaire quoi qu’il en soit. »

Tout le monde, ça indique qu’elle n’a pas été la seule à être touchée et ça je doute qu’elle en ait conscience pour le moment. Quand on est arrivés ici avec Dimitri lundi, elle avait – je crois – perdu connaissance ou en tout cas n’avait pas suffisamment de conscience pour capter ce qu’il se passait, pas dans les détails en tout cas. Ils l’ont endormi presque aussitôt, elle n’a pas rouvert les yeux depuis. Pas à ma connaissance en tout cas. On me l’aurait dit, je pense, enfin si quelqu’un avait vu. Je passe ici tous les jours, Helland me l’aurait dit, tout comme il me le dira quand Ismaelle aura repris conscience elle aussi. Quant à Kim, elle me demandera surement tôt ou tard qui sont les autres en question mais pour l’heure …

« Et si tu veux vraiment savoir comment je vais, c’est pas la grosse éclate, mais comparativement à ceux allongés ici, j’ai pas à me plaindre. »

Je baisse les yeux une seconde, hésite un peu puis relève le regard vers elle.
Presque timidement. Sourire en coin malgré tout.

« J’ai eu peur, c’est tout. »

Vulnérable, c’est comme ça que je me sens en cet instant alors c’est sans doute pour ça que je me redresse, sans pour autant me relever, et arbore un air un peu plus sur de moi, plus détaché, sans pour autant paraitre totalement insensible à la situation.

« J’tiens à toi espèce de râleuse, j’ai vraiment eu la trouille que tu … »

Que tu meurs, là, dans mes bras. Voilà les mots que je n’arrive pas à laisser sortir, parce qu’une boule entrave ma gorge, de même que certains souvenirs relativement récents qui remontent à la surface.

« Megan … J’ai fait ce que j’ai pu sauf que ça n’a pas été suffisant. Elle était encore en vie quand on la amené ici avec Kyle mais … à peine et … »

Et quoi ? Rien. Je sais que je n’aurai pas pu faire plus, ni plus vite, et que ça n’aurait probablement rien changé. Je sais aussi que Helland a fait tout ce qu’il a pu pour la sauver mais c’était déjà trop tard. Ça l’était avant même que son assassin arrête de s’acharner sur elle. Ce que je ressens en cet instant est un mélange de colère, d’angoisse et de tristesse. Des émotions qui n’ont pas leur place ici, maintenant, alors je me racle la gorge et tente de retrouver un peu mes esprits.

« J’attends des nouvelles de mon frère et de Kyle, j’crois pas que j’arriverai à être vraiment serein tant que ça ne sera pas le cas même si l’attaque visait les personnes dans le château. Mais je m’occupe, ça me permet de pas trop penser. Ismaelle fait partie des victimes alors je m’occupe de Fenrir, des Créatures, tout ça. Ora me file un coup de main, elle assure aussi quelques cours comme elle l’a déjà fait la dernière fois, le temps qu’Isma reprenne du service. »

C’est … ça fait bizarre, en réalité, de se retrouver à la place de celui qui attend. Deux fois, deux fois j’ai fait attendre mes proches parce que j’étais dans le coma et même si cette fois c’est différent, un peu, je comprends ce qu’ils ont pu ressentir. C’est juste un aparté, une pensée, comme ça, mais j’ai sincèrement hâte de les revoir tous debout même si je ne les considère pas tous au même degré.

« J’ai eu super peur pour elle aussi. »

Et je ne serais vraiment tranquille que lorsqu’elle aura ouvert les yeux elle aussi mais je comprends qu’elle ait besoin de temps, et de repos.

Qu’est-ce que je peux bien dire de plus ? Je pourrais lui dire que je me sens un peu seul, que c’est pas toujours simple de gérer ça dans mon coin, que Kyle me manque, que j’ai l’impression d’être un gosse paumé mais qui garde quand même la tête hors de l’eau comme il le peut, que je suis un peu secoué par certains trucs … Tout ça, c’est hors propos. J’ai pas non plus envie de partir en délire paranoïaque sur le fait qu’on est potentiellement en danger au sein même du château à l’heure actuelle parce que personne ne sait d’où venaient ces putains de chocolats et parce qu’on a tous ou presque conscience qu’ils peuvent frapper à nouveau à peu près n’importe quand. Nos vies à tous sont en danger, c’est un fait, mais si on reste bloqués là-dessus on devient cinglé.

« Enfin bref, ici vous allez tous « bien ». »

Et parce qu’elle se pose surement la question :

« Isma a été touchée, donc, puis Kingsley aussi. Charleen, Eliott, Rafael chez les Serdaigles … Drew, Zach, Mackenzie Blackburn … La Prof de Vol et puis Cartwright aussi. »
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Jeu 21 Juil 2016 - 21:06

« Touché. »

Kim pinça imperceptiblement les lèvres et serra les mâchoires. Blesser Enzo n’avait pas été son intention, clairement pas, mais une fois de plus, son manque de tact avait refait surface et elle n’avait pas su tenir sa langue. Il l’avait faite se sentir inconfortable, mal à l’aise, par ses questions trop insistantes et son air trop grave, et elle avait réagi sans réfléchir aux conséquences, comme si la fin justifiait les moyens, en répondant du tac au tac, sur la défensive. Elle n’aimait pas quand on la considérait comme une petite chose fragile, même sa famille n’avait pas le droit de se faire du souci pour elle. Il suffisait qu’on montre un tant soit peu d’inquiétude et elle se refermait comme une huitre ou sortait les crocs. S’ils voulaient se tracasser, grand bien leur fasse, mais elle n’était pas obligée de le savoir. Oui, elle avait failli crever, mais ça n’avait pas été le cas donc c’était pas la peine d’en faire toute une histoire, elle allait bien, n’avait besoin ni d’aide ni de compassion, alors qu’on la laisse vivre sa vie tranquillement et tout le monde serait content. Ceci dit, même si elle ne se sentait pas d’humeur à s’excuser, elle s’en voulait quand même d’avoir appuyé là où ça faisait mal.

« Mais ça ne change rien aux faits et t’arriveras pas à détourner la conversation. »

Elle leva les yeux au ciel : oh que si, elle allait la détourner, la conversation !

« Alors, ils sont où ces Banana Split ?
- J’me suis dit que cette fois j’allais attendre que tu te réveilles et que tu les ferais avec moi.
- Deal ! »

Grand sourire. Elle n’allait pas oublier.

« En vrai, bien sûr que tu m’as manqué.
- Je sais. »

Elle sourit à nouveau, d’un air plus doux mais pas moins sincère. Tant mieux s’il savait, car elle n’était pas vraiment du genre à déclarer son amour à tout bout de champs aux gens auxquels elle tenait. Cette fois, elle sentait que c’était un moment adéquat pour rappeler à Enzo qu’il comptait beaucoup à ses yeux, mais ça ne serait probablement plus le cas avant longtemps. Fidèle à elle-même, elle ne tarda pas à commencer à s’activer, s’asseyant dans son lit et s’enquérant de ce qu’elle avait loupé. Puis elle reprit un air plus grave, plus sérieux, pour lui demander comment il allait. Car une des dernières choses dont elle se souvenait avant son blackout était qu’il n’en menait pas large, et ça avait l’air d’être toujours le cas, sourire narquois en coin ou pas, alors elle avait beau ne pas aimer jouer aux drama queen ou voir les autres jouer aux drama queen – d’autant plus si elle en était la cause, ou plutôt le prétexte –, elle n’était pas insensible pour autant, et pour le coup, elle ne pouvait tout simplement pas faire comme si de rien n’était. Elle eut un sourire lorsqu’il leva les yeux au ciel et le suivit du regard alors qu’il s’éloignait sans rien dire en croquant dans sa pomme, mais fronça les sourcils lorsqu’il revint vers elle avec un verre d’eau à la main.

« Pour commencer, tu vas me boire ça et c’est pas négociable. »

Elle saisit le verre et le vida non sans cacher son mécontentement. C’était bien parce que c’était lui, et parce qu’elle s’en voulait toujours pour ce qu’elle lui avait dit tout à l’heure, et parce qu’elle voulait qu’il réponde à sa question, mais qu’il ne lui prenne pas l’idée de s’imaginer qu’il allait pouvoir la bichonner ainsi très souvent. Il se rassit et elle déposa le verre sur sa table de chevet puis croisa les bras sur sa poitrine.

« Ensuite, on est mercredi midi. Ça fait donc environ 36h que tu es dans les bras de Morphée. Je commençais à être jaloux de lui, à vrai dire. »

Elle ne lutta pas contre le sourire amusé que lui soutira la remarque d’Enzo mais secoua tout de même la tête.

« Mais Helland, Rina, Maxence et Takuma vous ont donné à tous de quoi vous faire dormir le temps que vos organismes se remettent totalement de l’attaque du poison. Certains sont encore en sommeil, d’autres sont déjà réveillés. Tout le monde est tiré de l’affaire quoi qu’il en soit. »

Hm. Elle n’était donc pas la seule victime. Elle aurait pu s’en douter, et ce serait mentir que de prétendre que ça n’avait pas été le cas, mais entendre Enzo confirmer ses pressentiments ne la laissait pas certainement de marbre. Qui d’autre avait fait les frais des œufs de Pâques empoisonnés ? Car c’était sûrement les œufs de Pâques, elle ne voyait pas ce que ça pouvait être d’autre. Et qui était à l’origine de cette attaque ? Les questions se bousculaient dans son esprit et elle se rendait de plus en plus à l’évidence qu’elle aurait bien du mal à rester sans rien faire après tout ça.

« Et si tu veux vraiment savoir comment je vais, c’est pas la grosse éclat, mais comparativement à ceux allongés ici, j’ai pas à me plaindre. »

Elle repoussa toutes ses interrogations dans un coin de son esprit et se focalisa sur Enzo. Ce sale gosse avait beau faire son malin la plupart du temps, il n’en restait pas moins un gosse, justement. Il relativisait, dédramatisait, et c’était probablement la meilleure chose à faire, mais elle sentait qu’il était loin de prendre tout ça à la légère. Il détourna les yeux pendant une fraction de seconde avant de les braquer à nouveaux dans les siens.

« J’ai eu peur, c’est tout. »

Tu m’étonnes. Pour le coup, elle aurait presque voulu le prendre dans ses bras, en dépit de toute son aversion pour les contacts. Mais elle ne bougea pas ni ne le quitta du regard et il se redressa, arborant un air plus confiant, plus dur, comme pour reprendre le contrôle de ses émotions.

« J’tiens à toi espèce de râleuse, j’ai vraiment eu la trouille que tu …
- Je sais. »

Oui je sais. Moi aussi j’ai eu peur, même si je n’ai pas forcément eu le loisir de m’en rendre compte sur le moment. Je fais tout pour ne pas y penser, mais on va pas se mentir, on sait très bien tous les deux qu’il ne manquait pas grand-chose pour que j’y passe.

« Megan… J’ai fait ce que j’ai pu sauf que ça n’a pas été suffisant. Elle était encore en vie quand on l’a amenée ici avec Kyle mais… à peine et… »

Elle eut un pincement au cœur, alors que la colère, la rage, envahissaient son esprit. Quel genre de personnes infligeait ce genre de choses à des gamins ? Elle avait envie de déchirer quelque chose à défaut de pouvoir déchirer quelqu’un. Le problème avec Kim c’était qu’elle pouvait s’avérer être d’une bonne oreille, mais qu’elle n’était généralement pas de très bon conseil. Alors, elle resta là, sans rien dire, sans savoir quoi lui répondre, les yeux lançant des éclairs, et les poings serrés.

« J’attends des nouvelles de mon frère et de Kyle, j’crois pas que j’arriverai à être vraiment serein tant que ça ne sera pas le cas même si l’attaque visait les personnes dans le château. Mais je m’occupe, ça me permet de pas trop penser. Ismaelle fait partie des victimes alors je m’occupe de Fenrir, des Créatures, tout ça. Ora me file un coup de main, elle assure aussi quelques cours comme elle l’a déjà fait la dernière fois, le temps qu’Isma reprenne du service. »

Ismaelle… À l’évocation de ce prénom, Kim n’avait pas tout de suite compris de qui il parlait, mais lorsqu’il mentionna les Créatures ainsi que l’aide d’Ora, elle réalisa que c’était de Mlle Stoneheaven qu’il était question. La prof de Soins Aux Créatures Magiques et co-directrice de Poudlard avait elle-aussi été empoisonnée, conférant à l’attaque des proportions bien plus impressionnantes.

« J’ai eu super peur pour elle aussi. »

Elle fronça imperceptiblement les sourcils. Elle n’avait jamais réellement réalisé à quel point Enzo tenait à la jeune femme. Après tout, elle ne le connaissait pas énormément. Elle ne savait pas quel était son passé, ses origines, ses amis. Elle connaissait seulement quelques facettes de son caractère et une partie de ses centres d’intérêt, mais elle ne lui avait jamais réellement posé des questions sur lui et sur sa vie privée.

« Enfin bref, ici vous allez tous « bien ».
- Oui.
- Isma a été touchée, donc, puis Kingsley aussi. Charleen, Eliott, Rafael chez les Serdaigles… »

Connais pas, connais pas, connais pas….

« Drew, Zach, Mackenzie Blackburn… »

Toujours pas.

« La Prof de Vol et puis Cartwright aussi. »

Stop.

« Emmy et Ben ? »

Ces deux-là, elle les connaissait. Elle déglutit, s’appliquant à prendre sur elle, à ne pas laisser transparaître la panique qui venait de submerger son esprit. Enzo lui avait dit plusieurs fois que tout le monde allait "bien", donc elle n’avait pas de soucis à se faire, n’est-ce pas ? Pourtant, elle ressentait une furieuse envie de se lever et d’aller aux chevets de ses deux amis. Étaient-ils encore dans le coma ou avaient-ils déjà quitté l’infirmerie ? Elle savait qu’Enzo ne la laisserait pas sortir de son lit de si tôt, donc elle n’essaya même pas, mais elle se promit qu’elle irait les voir le plus tôt possible, probablement dans la soirée-même.

« Ils ont intérêt à se réveiller rapidement si ce n’est pas déjà le cas. »

Non, elle n’était définitivement pas une drama queen, et si elle avait laissé la terreur l’envahir pendant quelques instant, elle n’avait pas tardé à reprendre le contrôle sur elle-même et sur ses émotions.

« Et je suis sûre que Kyle et Derek vont bien. Tu me tiens au courant quand ils te donneront des nouvelles. »

Quant au reste… elle était contente d’avoir pu l’écouter, et elle était heureuse qu’il lui ait dit tout ça, mais elle n’était vraiment pas douée pour rassurer les autres, donc elle ne se voyait pas franchement revenir sur tout ça. Lui dire de ne pas avoir peur lui paraissait tellement puéril ! Pas de méprise, elle était loin de considérer la peur de son ami comme ridicule, mais elle ne savait pas gérer ce genre de choses. C’était typiquement le rôle de Ann, pas le sien. D’ailleurs, parlant de Ann…

« Les familles ont été averties ? »

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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Ven 22 Juil 2016 - 0:20

J'en ai marre, je sature, je suis fatigué. Comme tout le monde, je sais, mais oui j'en ai marre d'avoir peur, d'être en colère, de trembler pour les gens que j'aime, marre de tout ce bordel à la con alors que tout pourrait être simple et juste normal si cette bande de malades mentaux se rendait compte qu'ils sont totalement à côté de la plaque. Je fais quoi moi s'ils me prennent mon frère, hein ? T'es pas seul, Enzo. C'est probablement ce qu'on me dira et c'est vrai mais il est la seule famille proche qui me reste, le dernier véritable lien que j'ai avec nos parents et que si je le perds lui … J'ai fait mon deuil de Papa et Maman depuis le temps, certes, mais ça ne veut pas dire qu'ils ne me manquent pas et devoir se construire sans eux, chose que j'ai fait parce que je n'ai pas eu le choix, ça donne parfois un résultat un peu bancale. Je ne veux plus de tout ça, je ne peux plus. Les envies de meurtres, le passage à l'acte, la vengeance, la violence, les cris, les larmes et le goût du sang … J'y arriverai pas, j'y arriverai plus, alors putain, PUTAIN, mais foutez nous la paix bordel ! Trouvez-vous une autre passion que venir faire chier les gens qui ne demandent rien d'autre que vivre normalement et tranquillement. Mettez-vous au yoga, à la pêche, aux dominos même si ça vous chante, mais arrêtez d'être des enfoirés de première qui nous transforment en ce qu'on ne devrait pas être. Il y a tellement d'ardoise que je voudrais effacer … Des trucs que j'ai coincé dans tous les recoins de ma tête que j'ai pu trouver … Et pourquoi il est parti ? Pourquoi il m'a laissé là ? Pourquoi ils m'ont laissé là, tout seul ? Parce qu'ils sont mieux ailleurs, parce que c'est pour leur bien et que j'aurai sans doute du en faire autant. On devrait tous en faire autant … Seulement la simple idée de les laisser gagner … ça non plus j'y arrive pas, étrangement. C'est pas quelque chose que je ressentais jusqu'ici. Les autres ? C'était pas tellement mon problème tant que ça ne touchait pas ma sphère la plus proche parce que j'ai pas tellement eu le temps de penser autrement ces dernières années. Aujourd'hui je crois que ça change un peu, sans doute en partie parce que tous ceux qui formaient cette sphère proche ne sont plus entre ces murs à présent, ou éloignés de moi pour d'autres raisons, simplement le cours de la vie par exemple. J'en sais rien, je sais plus. J'ai envie de baisser les bras, de jeter l'éponge et à la fois de la leur balancer en pleine gueule à ces connards, de toutes mes forces. D'autant que ma sphère proche … elle est loin d'être vide pour autant aujourd'hui ...

J'ai ça dans le creux du cœur, ça se bouscule dans ma tête et tout se mélange, mais je ne suis pas là pour péter un plomb et me laisser submerger par des émotions que je trouve un peu trop envahissantes. Ça va, ça vient, c'est pas stable et j'aime pas ça. J'aime pas cette arrière-goût amer aux relents de retour en arrière … Alors je m'accroche à ce que je peux, en l'occurrence à la présence de Kim, là, devant moi, et aux noms que je laisse sortir presque machinalement de ma bouche.

« Emmy et Ben ? »

Je … crois ? Oui, il me semble, mais si elles les appellent par leur prénom c'est qu'elle les connait ? J'en sais rien et à vrai dire, je ne sais pas trop de qui se compose le cercle de connaissance de Kim … Quand on passe du temps ensemble c'est tous les deux et je dois bien avouer que le reste du monde, les autres, on n'en parle pas tellement. On se connait finalement pas beaucoup mais on parle de pleins de choses. Je crois que ça nous va comme ça à tous les deux en fait.
Je sais très bien ce qu'elle est entrain de faire en tout cas, sauf qu'elle oublie un détail : C'est un Lycan qu'elle a en face d'elle, et un Lycan qui se trouve à une distance suffisamment proche pour ressentir ce qu'elle tente de camoufler, à savoir son inquiétude et autres émotions qui laissent une trace olfactive dans l'atmosphère. Je ne ferais cependant pas de commentaire, c'est son droit de vouloir garder ça pour elle, sans doute par pudeur ou quelque chose comme ça. Je respecte ça. Je ne sais pas quoi lui dire de plus que ce que je viens de lui dire de toute façon. Certains dorment, d'autres non, mais ils sont tous tirés d'affaire et c'est le plus important. Je ne suis pas en mesure de lui dire s'ils font partis des éveillés, j'imagine qu'un membre du corps médicale pourra lui donner cette information rapidement. Et point positif : Ils sont au même endroit qu'elle, donc tout près, donc accessible facilement.

« Ils ont intérêt à se réveiller rapidement si ce n’est pas déjà le cas. »

J'ai envie de lui dire que parfois on a besoin de temps, certains plus que d'autres, mais je comprends sa réaction. Pour avoir attendu qu'elle ouvre les yeux, pour être entrain d'attendre qu'Ismaelle en fasse autant, oui, je comprends. Tout comme je comprends ceux qui dorment encore.

« Et je suis sûre que Kyle et Derek vont bien. Tu me tiens au courant quand ils te donneront des nouvelles. »
« Ça marche. »


C'est con, mais ça me fait du bien d'entendre ça, même si c'est le monde à l'envers parce que ça n'est pas elle qui devrait être entrain de me réconforter mais l'inverse. Alors le sourire que j'esquisse, bien que timide, il est sincère.

« Les familles ont été averties ? »
« Je … J'en sais trop rien. Je t'avoue que j'ai pas tellement pensé à poser la question. »


Toutes ces questions auxquelles je ne suis pas en mesure de répondre, j'imagine qu'elle pourra les poser à la personne qui s'avance vers nous à présent. Cette personne, c'est Leiv Helland, et bien sur je repense à ce qui s'est passé l'autre nuit, à ce qu'il a dit et fait, des mots et des gestes que je n'oublierai pas. Je lui adresse un sourire et me lève, je comprends qu'il est temps pour moi de partir et de laisser faire les grands. J'ai pas envie de trainer dans leur pattes, ils n'ont pas besoin de ça.

« Je vais vous laisser. Je repasserai te voir plus tard si tu veux. Et écoute ce qu'ils te disent ! »

Ces derniers mots, ils sont prononcés avec une fermeté exagérée, index tendus vers elle, sourire sur les lèvres néanmoins. La vérité, c'est que j'y trouve une sorte de porte de sortie même si je n'en suis pas très fier, mais rester ici ? J'en ai plus la force, je me sens oppressé, j'ai besoin d'air et de chasser de mon odorat toutes les odeurs qui se trouvent dans cet endroit. Elles sont atténués, avec les jours qui passent, mais celles du sang et de la peur n'échappent pas à mes sens.
Je récupère mon sac en silence et salue Kim d'un signe de la main accompagné d'un clin d'œil. Pour Helland, un dernier regard, qu'il me rend avec un léger signe de tête. On se comprend, c'est comme un pacte silencieux. Ismaelle n'est toujours pas prévenue mais il me le fera savoir quand ça sera le cas et qu'il jugera que c'est le bon moment.
Je m'éloigne, sans me retourner, sans regarder devant moi, et c'est une sorte de mouvement de recul que j'opère quand quelqu'un va pour entrer quand moi je sors. Je bloque, l'espace d'une seconde, quand je me retrouve face à William. J'imagine qu'il vient voir Drew et j'ai honte mais il y a une part de moi qui l'envie, qui les envie tous les deux. Je chasse tout ça de ma tête, lui adresse un vague sourire et lui tient la porte avant de m'enfuir de tout ça une bonne fois pour toute sans un regard en arrière. Quelques minutes plus tard je balance mon sac au pied de mon lit et le reste de ma pomme par la fenêtre – l'appétit totalement coupé. J'ai dans le creux du ventre une envie de frapper quelque chose et mes poings se serrent comme pour illustrer cette envie mais je me laisse tomber sur le matelas, fixe le bois du lit une seconde, deux, peut-être plus, puis me redresse et fouille dans le tiroir de ma table de nuit. Ce que j'en ressors, ce que je cherche, ce sont des photos. De Kyle, dont la présence me fait vraiment défaut en cet instant. De Derek, de qui j'ai désespérément besoin d'avoir des nouvelles. Et de mes parents, qui me manquent atrocement en cet instant.
Je donnerai n'importe quoi pour me retrouver là-bas, chez-nous, à nouveau, quelques années en arrière, pour être avec eux. Je donnerai n'importe quoi pour sentir une paire de bras enrouler mon corps et ressentir une chaleur réconfortante envahir mon être tout entier jusqu'à en oublier que le monde existe, même l'espace de quelques secondes seulement.

▬ FIN ▬
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   Dim 24 Juil 2016 - 17:31

Les familles avaient-elles été averties ? Non parce que si c’était le cas, Kim avait fort à parier qu’elle n’allait pas tarder à recevoir un charmant courrier – une beuglante, quoi – de la part de sa mère. Elle l’imaginait parfaitement, avec un air furieux au visage mais les yeux terrifiés, en train de l’engueuler pour avoir tenu à retourner à Poudlard après les vacances de Noël et tous les événements qui les avaient agrémentées. La chute de Salem puis la bataille à Poudlard, deux arguments qui, d’après Maman Collins, auraient dû suffire pour décourager tout le monde de remettre les pieds dans cette maudite école de sorcellerie écossaise. Mais ça n’avait pas été le cas et Kim n’était de loin pas la seule à y être revenue. Future Auror oblige, après tout. C’était presque une question de fierté, à ce stade-là. Elle se plaignait de n’avoir pas encore trouvé d’emploi, ce n’était pas en fuyant le danger qu’elle allait y remédier. C’était son but, son rêve, et elle comptait tout donner pour l’atteindre. Alors, sa mère aurait beau la sermonner et la supplier, elle ne rentrerait pas à la maison de si tôt.

« Je … J'en sais trop rien. Je t'avoue que j'ai pas tellement pensé à poser la question. »

Elle hocha la tête. Parfois, elle s’en voulait presque. Elle savait qu’une bonne partie des gosses coincés à Poudlard l’étaient justement parce qu’ils n’avaient plus de famille donc nulle part d’autre où aller. Parce que Poudlard était la maison d’une bonne partie ces gamins brisés puis reconstruits tellement de fois qu’ils en avaient perdu le compte. Elle, contrairement tellement de monde, avait une famille, un chez soi, un endroit où rentrer, et pourtant, elle avait fait le choix de renoncer à tout ça et venir à Poudlard. C’était injuste.

Après tout ce qu’Enzo venait de lui dire, de lui avouer, elle se réalisait qu’elle ne le connaissait finalement quasiment pas. Elle ne savait rien de sa vie privée, de sa famille, de son passé. Elle connaissait les noms de quelques-uns de ses amis et proches, et elle connaissait quelques-uns de ses goûts et loisirs, mais c’était tout. Ils ne parlaient pas tant que ça de leurs vies privées, quand ils trainaient ensemble. Il venait de se confier en partie à elle, et ça lui faisait plaisir même si elle n’était pas franchement le prototype de l’amie qui faisait office de psy, mais elle réalisait qu’il avait entrouvert là une porte donnant sur l’inconnu. Pourtant, quelque part, elle sentait comme s’ils se cotoyaient depuis une éternité, tellement leur entente était parfaite. Ils étaient sur la même longueur d’onde, c’était le cas de le dire. Pas au même stade de leur vie, mais cela n’avait aucune espèce d’importance, car leurs caractères étaient si compatibles qu’ils ne se posaient pas de questions.

« Je vais vous laisser. Je repasserai te voir plus tard si tu veux. Et écoute ce qu'ils te disent ! »

Elle sourit, amusée. Il était en train de la gronder, avec son ton intransigeant et son doigt pointé sur elle ? Elle savait parfaitement à quoi elle faisait allusion, tout comme il savait parfaitement que cela ne servait à rien. Elle sortirait de son lit dès qu’elle en aurait l’occasion, et elle irait voir Emmy et Ben, ainsi que les autres, à leurs chevets. Puis elle commencerait à s’activer, comptant bien quitter l’infirmerie d’ici le lendemain matin au plus tard. Elle était comme ça, la rouquine. Condamnée à rester assise jusqu’à la fin de sa vie, mais jamais inactive, et bien décidée à ne jamais se laisser abattre, à ne jamais s’avouer vaincue. Ils auraient beau lui intimer de rester tranquille, elle n’en ferait qu’à sa tête et Enzo le savait très bien.

« Ça marche. Fais pas de bêtises ! »

Elle lui adressa un regard malicieux, et le voilà qui disparaissait après lui avoir fait un signe de la main et un clin d’œil. L’infirmier apparut dans son champ de vision et lui prit quelques contrôles de routine : température, tension, pouls… Elle se laissa faire. La bête sauvage et farouche qu’elle avait toujours été avait compris que se montrer sage pouvait parfois s’avérer plus efficace pour parvenir à ses fins. Avec un peu de chance, le corps soignant constaterait bientôt qu’elle était en bonne santé et la laisserait sortir sans poser de questions.

~ The end. ~
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MessageSujet: Re: [Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim   

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[Event 06.04.2015] Burn it down ▬ Kim
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