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 Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]

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MessageSujet: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Ven 8 Avr 2016 - 14:09

Dimanche 5 avril - Aux alentours de 15h

Le réveil en douceur aux côtés de Jeroen, du temps passé avec lui. Des moments peut être trop niais pour certains mais agréables. Un moment plus délicat sans doute, celui où elle avait croisé Emily. Ju' avait pris sa lettre, sans trop de poser de questions et étaient allé la déposer sur le lit de Ricardo. Elle lui laissait la découvrir seul, dans l'intimité. Mais comptait bien revenir le voir ensuite, pour en parler, pour savoir ce qu'il y avait sur ce parchemin mais surtout dans quel état il était. Jamais elle ne le laisserait seul face à ce qu'il était en train de se passer. Parce qu'elle savait qu'il était solide et qu'il ne montrerait rien mais il restait humain… Puis, après le déjeuner, un rendez-vous avec Jack. Rien de déplacé bien évidemment. Depuis qu'il lui avait redonné l'envie de faire des conneries, ces deux là se voyaient assez régulièrement. Ils discutaient, échafaudaient des plans machiavéliques et en exécutaient certains. Au début, il avait essayé d'obtenir plus de Julian qui l'avait gentiment recadré. Il n'y avait que Jeroen maintenant pour elle de ce point de vue là alors il pouvait essayer tant qu'il voudrait, ça ne fonctionnerait pas. Il avait fini par l'accepter et ils pouvaient enfin être amis sans prise de tête. Du coup, ils avaient décidé de se retrouver avant d'aller au match ensemble où Jeroen se joindrait peut être à eux. En tout cas, ils avaient devant eux un bon moment de connerie. Les deux adolescents avaient donc commencé par s'asseoir dans le parc et faire l'inventaire de tout ce qu'ils pourraient faire comme conneries dans un avenir proche. Le Château devenait bien trop sérieux et ils se sentaient comme investis d'une missions : celle de remettre un peu de joie dans tout ça. Bien sûr, le fait de ne pas pouvoir sortir du Château limitait le matériel à leurs dispositions mais ils savaient faire preuve d'une certaine inventivité. Ils s'étaient donc bien marrés, arrosant tout ça avec un peu de bière. Puis l'heure du match s'était rapprochée et ils avaient décidé de prendre la route du stade.

Mauvaise idée.
Elle n'en était pas capable.

Alors que le stade se dessinait devant eux, Julian sentit que ses jambes étaient en train de trembler. Au début, elle pensait que c'était la fatigue, ou du moins, elle essayait de s'en convaincre. Jusqu'à ce qu'elle s'arrête, net. Jack mit quelques secondes à s'en rendre compte. Il s'arrêta, se retourna et la regarda, surpris.

« Bah alors Ju' ?

- J'ai oublié un truc dans mon dortoir, je reviens. »

En cet instant, Julian remerciait toutes ses fois où elle s'était entraînée à mentir. Jack la regarda peu convaincu puis, fini par hausser les épaules et reprendre sa route. La rousse se mit d'abord à marcher en contresens. Évitant les gens, se frayant un chemin dans la foule de ceux qui voulaient réellement aller voir le match. Son pas se fit de plus en plus rapide. Puis, elle se mit à courir. Aussi vite qu'elle le pouvait. Dans quelle direction ? Difficile à dire, elle même ne le savait pas vraiment. Elle sentait juste qu'elle avait besoin de courir. Sa vue était légèrement troublée par des larmes ce qui la rendait folle de rage. Alors elle courrait encore et encore.

Julian n'était pas une grande sportive pourtant ce ne fut ni le manque d'air ni la fatigue de ses muscles qui l'arrêtèrent. Elle avait couru à ne plus pouvoir jusqu'à trébucher. Une racine la stoppa nette et la jeune femme se retrouva face contre terre. Elle resta quelques secondes allongée sur le sol, sans bouger alors que son souffle saccadé semblait être le seul signe de vie aux alentours. Finalement, la rousse finit par pousser sur ses bras et se relever. Elle était au beau milieu de la forêt interdite. Elle s'épousseta, essayant d'enlever la terre qui venait de s'inviter sur ses fringues. Un regard à droite, à gauche. Personne. Elle essuya d'un geste de rage les dernières traces de larmes qu'il y avait encore sur son visage. Elle n'en revenait pas. C'était incompréhensible. Oui elle faisait encore des cauchemars le soir mais elle ne pensait pas que… Qu'elle serait incapable de retourner dans le stade. Elle avait ressenti une intense douleur à l'endroit où le couteau s'était planté la dernière fois puis le besoin de courir, aussi vite que possible. La jeune femme souleva alors son haut pour regarder ses cicatrices. Elles étaient nettes, rien de réouvert, pas d'inflammation… Tout dans la tête. Elle poussa alors un long soupir et songea qu'elle avait peut être intérêt à retourner sur ses pas et à quitter la forêt avant que quelqu'un ne la trouve ici. Seulement, avant même qu'elle n'ait le temps de faire un pas, un craquement se fit entendre. Par réflexe, Julian sortit alors sa baguette, se tourna vivement en direction du bruit et pointa son unique arme.

« Qui est là ? »

Julian sentit l'adrénaline monter en elle. Certes elle aimait faire des conneries mais la forêt interdite ne traînait pas sa réputation pour rien.

« Montrez-vous ! »
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Dim 10 Avr 2016 - 22:49

Dimanche 5 Avril 2015 – Vers 15h
Pretend that I am strong but I'm weak as a child



Julian & Cameron

C'est … pas la grosse patate aujourd'hui. La raison ? Raccourcis faciles, tout simplement. On est dimanche, aujourd'hui a lieu un match de Quidditch et j'aimerai vraiment ne pas penser à ce qu'il s'est passé pendant le dernier mais c'est au dessus de mes forces. Douleur fantôme ou pas, la cicatrice que je traine dans le dos me chatouille depuis que j'ai ouvert les yeux et je préfère vous passer les détails de ce qu'il se passe dans ma tête. Évidemment que j'y pense, évidemment que je suis partagé entre pleins d'émotions différentes, incluant une forme de colère sourde, mais je vais faire en sorte de me focaliser sur autre chose, tout simplement, et d'attendre que ça passe.
J'ai mal dormi, à peine quelques heures, alors au bout d'un moment j'ai décidé d'arrêter les frais et je me suis levé. Petit déjeuner, quand même, malgré le fait que je me sois plus forcé qu'autre chose et puis en milieu de matinée j'ai pris la direction de la Tour des Gryff, juste pour m'assurer que l'un d'entre eux est bien rentré à bon port et surtout en un seul morceau. Vu l'état dans lequel il était hier, je préfère voir par moi-même alors c'est ce que je fais, je me pointe dans la Salle Commune des Rouges. J'en connais le mot de passe, chaque fois qu'il change l'un ou l'autre m'en informe. Pourtant une fois à l'intérieur ça n'est pas un Rouge que je croise en premier ...

« Hey, Lukas ! »

… mais un grand Jaune.

« Oh salut Cameron ! »

Ce gamin a le sourire en permanence, c'est assez génial. Néanmoins je ne peux pas m'empêcher au fait que ces dernière semaines, ça n'était pas toujours le cas. Je sais très bien pourquoi, parce qu'il aimait beaucoup Megan et que sa mort l'a vraiment touché. Alors oui ça fait mal de se prendre ça dans la gueule, à croire qu'aujourd'hui tout et tout le monde m'y fera penser.

Accepter, attendre que ça passe.

« Ça va ? »
« Oui, très bien, et toi ? Tu viens au match ? »
« Je … Je sais pas encore. »


Je garde le sourire, en tout cas j'essaie, pour la simple et bonne raison que je n'ai pas la moindre envie qu'il me demande comment je vais ou qu'il en vienne lui aussi à faire les raccourcis faciles que j'ai eu dans le crâne une bonne partie de la matinée déjà. Et de la nuit, probablement. Et puis ça n'est pas pour ça que je suis là de toute façon mais pour un truc bien précis.

« T'as pas vu Enzo dans le coin par hasard ? »
« Euh non, j'étais passé discuter avec Adrianna mais je ne crois pas l'avoir vu non. »
« Ok, merci. J'vais monter voir dans son dortoir. A plus tard Lukas. »
« A tout à l'heure au stade ! »
« Ouais, ouais. »


Réponse fuyante, c'est clair et net, et avant qu'il ne s'en rende compte – même si je doute qu'il le fasse – je m'engouffre dans les escaliers et rejoint le dortoir des 6ème année. Il est un presque 11h … et Enzo est là, endormi profondément sous ses couvertures. J'entre à peine, je voulais simplement m'assurer qu'il était bien là, et qu'il va bien, ce qui semble être le cas. Sa respiration est calme et régulière, ça me suffit pour me tirer un sourire ...

« T'as raison, dors. »

… et faire demi tour … en manquant de marcher sur Lune qui s'est matérialisé entre mes pieds sans prévenir et qui me regarde avec son air méprisant, comme d'habitude.

« Oh ça va toi hein. Sale bête. »

Je ne lui ferais jamais de mal, mais non, je ne l'aime pas et c'est réciproque.

~*~

J'ai hésité, un peu, c'est vrai, mais quand j'ai commencé à suivre le mouvement vers le stade je me suis finalement arrêté en cours de route. Je peux pas, c'est aussi simple que ça. Je ne veux pas prendre le risque de croiser ces regards, ceux qui sont remplis de pitié. Oui ma petite amie a été tuée, oui j'ai failli crever ce jour là, et je suis loin d'être le seul, mais la dernière chose dont j'ai besoin c'est qu'on me le rappelle.
Alors j'ai fait ce truc totalement stupide, après avoir sorti un pétard de ma poche, allumé et fumé la première taffe près du terrain de SACM, je me suis engouffré sous le couvert des immenses arbres de la Forêt Interdite. Je n'ai pas réfléchit, je me suis simplement laissé porter par mes pas et c'est là qu'ils m'ont mené. Ma tête dans un éclair de conscience m'a fait remarquer que je n'avais pas mis les pieds ici depuis un sacré paquet de temps, tout ce que je retiens c'est qu'en cet instant j'ai l'esprit vide, calme, presque serein.

C'était le cas jusqu'à ce que j'entende ce bruit, ces pas, quelqu'un qui coure. Réaction instinctive et immédiate de ma part, instinct de survie, je me suis plaqué derrière un arbre et j'ai observé. Visage et silhouette familiers ? Oui et non. On s'est croisés comme on croise des dizaines et des dizaines de personnes quotidiennement dans cette école mais je n'ai pas le souvenir d'avoir déjà échangé avec elle. Tout ce que je sais, c'est qu'elle aussi était à l'infirmerie il y a un mois et demi, pour les mêmes raisons que moi. Est ce qu'aujourd'hui elle est là pour les mêmes raisons que les miennes aussi ? Tout ce que je vois c'est qu'elle a l'air paniqué, au point de ne pas regarder où se posent ses pieds pour finir face contre terre. Je vais pour faire un pas en avant, pour voir si elle va bien, par réflexe, mais me ravise presque aussitôt sans trop savoir pourquoi. Peut-être simplement pour respecter son espace vital, son intimité. Elle pleure, elle a pleuré, et mes yeux se posent sur sa cicatrice quand elle soulève son T-shirt, la mienne me rappelle à son existence instantanément, quand bien même je sais très bien qu'il s'agit d'une douleur fantôme.

« Qui est là ? »

Une seule erreur, celle d'avoir baissé mon attention l'espace d'une seconde, ça aura été suffisant pour attirer son attention. J'ai marché sur une branche morte, sans même me rendre compte que j'avais vacillé au point de faire un pas en arrière pour retrouver mon équilibre.

« Montrez-vous ! »

Je décide de ne pas attendre une seconde de plus et comme une vieille habitude, c'est les mains en l'air, au niveau de ma tête, que je sorsde ma cachette pour lui faire face. Tranquillement, sans geste brusque ...

« Désolé, je ne voulais pas te faire peur. »

… et avec un ton on ne peut plus calme. L'instant d'après une de mes mains va se ranger dans ma poche et l'autre se porte à mes lèvres, je tire une nouvelle taffe et en recrachant la fumée désigne son bras tendu d'un signe de tête, ou plutôt sa baguette en réalité.

« Ça t'ennuierait de baisser ça s'il te plait ? Ça me rend un peu nerveux vos trucs. »

Ceci n'est pas un manque de respect envers leur baguette magique … seulement une preuve encore évidente de ma réticence éternelle couplée à de mauvais souvenirs. Je sais que c'est en partie grâce à la magie, à des baguettes magiques donc, que je suis toujours en vie aujourd'hui mais je ne crois pas que je changerai un jour à ce niveau là.

« Moi aussi ça me picote aujourd'hui. »
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Lun 11 Avr 2016 - 17:00

Le cœur battant, Julian scrutait la forêt, attendant que quelque chose en sorte. Quoi ? Elle ne savait pas. Elle avait naturellement l’espoir que ce soit quelqu’un ou au moins un être capable de comprendre son langage. Parce qu’elle se voyait mal expliquer sa présence ici, sur le territoire d’une créature qui n’avait peut être pas envie de la voir. Alors elle observait, inquiète, un peu effrayée aussi. Son visage pourtant était fermé et exprimait plus de la colère qu’autre chose. Alors qu’en soit, elle ne l’était pas. C’était juste son moyen de défense, pour ne pas apparaître comme une jeune fille faible que l’on peut facilement avoir. Enfin, si c’était une bête sauvage qui sortait de là… Ju’ eut le temps de se faire mille scénarios dans la tête. Pourtant, il ne se passa que quelques secondes. Que quelques minuscules secondes avant que la personne responsable de craquement apparaisse. Mains en l’air, au-dessus de la tête, joint à la bouche, autant dire qu’on était loin de l’horrible monstre que la rousse s’était figuré. Surtout qu’elle connaissait ce visage. Le prénom par contre impossible à retrouver mais le visage oui. C’était un ami d’Emily et il était à l’infirmerie lors du dernier match. Drôle de coïncidence. Lorsqu’il s’excusa de la petite frayeur, Julian secoua négativement la tête. Il n’y était pour rien en somme, elle avait juste était prise par un élan de paranoïa. Qui ne semblait pas l’avoir totalement quittée d’ailleurs puisque ce ne fut que lorsqu’il lui demanda de baisser sa baguette qu’elle se rendit compte qu’elle l’avait effectivement gardée prête à l’utilisation. Elle s’exécuta alors, ne pouvant s’empêcher de tiquer sur le fait que ça le rende nerveux. Elle l’aurait étripé pour une telle réflexion auparavant. Maintenant ? Maintenant elle s’en fichait comme de l’an 40, ça ne provoquait pas même un picotement de colère. Rien, le vide complet. Peut être qu’elle devrait s’inquiéter d’une telle réaction ? Ou tout simplement accepter qu’elle avait décidément changée même sans savoir ce qu’elle était devenue.

Julian rangea alors sa baguette dans sa poche arrière puis poussa un long soupir. Lui tirait sur son joint, tient, ça au moins ça devait détendre plus que de courir comme une tarée jusqu’à trébucher sur une racine. Racine sur laquelle d’ailleurs la jeune femme avait décidée de porter son regard. Elle n’avait même pas remarqué qu’elle n’avait pas prononcé un mot en direction du jeune homme. Se contentant d’accepter sa présence. Sauf qu’elle fut poussée à relever la tête et à le regarder quand il reprit la parole. Une boule s’était formée dans sa gorge.

« Je vois pas de quoi tu parles. »

Réflexe habituel de défense. Julian n’aimait pas être vue en état de faiblesse et surtout pas qu’on le souligne. Sauf que là, c’était complètement idiot. Elle ne pouvait pas se cacher, prétendre que cela ne lui faisait rien de se rappeler qu’elle avait été poignardée dans ce fichu stade au point de manquer de mourir. Surtout face à quelqu’un qui avait vécu quelque chose de similaire. Elle poussa alors un long soupir.

« Excuse-moi je suis un peu à cran… Comme tu le dis si bien, ça picote. »

Julian posa alors instinctivement sa main à l’endroit où le couteau était entré dans sa chair. Elle se rappelait de tout. Elle aurait aimé avoir un choc post traumatique qui lui aurait tout fait oublier. Même si elle prétendait le contraire. Même si elle s’était battue pour retrouver sa mémoire une fois dans sa vie. Se rappeler qu’elle avait été attaquée oui mais pas tous les détails, toutes les sensations. Ca avait été un véritable cauchemar et elle n’avait juste pas envie de le revivre. Cela n’était pas difficile à comprendre, non ? Alors oui, elle s’était crue plus forte que cette journée mais était peu à peu en train de se faire rattraper.

« Ca t’aide à tenir le choc ? »

Julian avait montré du regard le joint que le jeune homme en face d’elle était en train de consommer. Elle savait que ce genre de trucs pouvait aider mais n’avait pas testé dans de telles circonstances. En même temps ce n’était pas comme si ça arrivait tous les jours… La rousse recula alors et alla s’asseoir dos contre un arbre. C’était idiot mais la présence de son camarade et les sujets évoqués lui avaient fait oublier pendant quelques instants qu’ils étaient toujours dans la forêt interdire et qu’il serait pertinent de rester un minimum sur leurs gardes. Mais il y avait déjà bien trop de choses qui se bousculaient dans sa tête. Elle ne pouvait pas tout gérer, tout assimiler en même temps. Alors forcément elle faisait des choix, une sorte de tri sélectif naturel et la forêt interdite était passée à la trappe. La jeune femme passa une main dans ses cheveux et fixa le sol, un peu plus loin avant de se décider à reprendre la parole.

« Et sinon tu fais quoi ici ? Parce que c’est pas l’endroit le plus serein qui existe dans les environs… »

Julian adressa alors un sourire à son camarade. Quitte à être là avec lui, autant parler un peu. Et surtout, sans qu’elle n’ose se l’avouer, partager ce moment avec quelqu’un qui comprenait sans même qu’elle ait besoin de parler lui faisait du bien. Parce que oui, parfois elle était fatiguée de devoir expliquer, décrire. Parfois, elle avait juste besoin de sentir qu’on la comprenait, même si cela se faisait dans le plus grand silence.
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Jeu 14 Avr 2016 - 19:49

Entre un flingue sur la tempe, une lame sur la gorge ou une baguette braquée vers moi le choix est vite fait. Une arme a feu peu s'enrailler, un couteau dépend de la dextérité et de la volonté de son porteur, il y a donc des failles possibles. Je sais qu'un sortilège peut être foiré, que le détenteur de la baguette peut se planter, mal viser, etc … Mais je ne m'y ferais jamais, c'est comme ça. Sur la peau je garde des cicatrices qui me viennent des deux autres, la Magie, elle, ne laisse pas de trace, elle est bien plus fourbe que ça. Quand tu te prends une balle tu crois que tu vas crever tellement t'as mal, ça fait couler ton sang, idem pour une lame et ces enfoirés se sont bien chargés de me le rappeler dernièrement, mais la Magie peut te retourner le cerveau d'un seul mot, sans le moindre effort. Elle est fourbe, trop facile, jamais je n'aurai confiance parce que ça peut toujours mal tourner et qu'en tant que Moldu comme ils nous appellent, je ne pourrais strictement rien y faire. On ne peut pas faire compression sur la Magie, les points de sutures ne servent à rien …
J'ai pourtant pleine conscience d'être étranger ici, malgré les années qui passent et pendant lesquelles j'ai trainé et continue de trainer mes quilles ici. Critiquer la Magie et rester ici ? C'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité, je le sais, tout comme je sais qu'un jour ou l'autre je partirai d'ici sans jamais me retourner en tirant un trait définitif sur tout ce qui a pu se passer ici – si j'en ai la chance et qu'on ne me crève pas d'ici à ce que je prenne ma décision – hormis sur les liens que j'ai pu créer parmi les personnes que j'ai croisé entre ces murs. Certaines en tout cas, que je peux sans doute compter sur les doigts d'une main, peut-être deux. J'ai arrêté de m'attacher réellement depuis un moment, ça aussi j'en ai pris conscience et ça me va très bien comme ça. Il y a un mur entre les autres et moi, à de rares exceptions, un mur qu'ils ne voient pas parce que ça ne m'empêche en rien de communiquer ou de m'investir … seulement avec moi d'affect qu'autrefois.

Face à elle je garde mon calme, par instinct, parce qu'elle me donne l'impression d'être un fauve pris au piège, un animal hésitant entre les deux choix dont il dispose : La fuite ou l'attaque. Qu'elle fuit si elle veut, je ne tiens pas spécialement à ce qu'elle m'attaque en tout cas mais pour ça j'aurai peut-être du éviter de l'ouvrir étant donné sa réaction.

« Je vois pas de quoi tu parles. »

Ça me va, t'as pas de compte à me rendre.
Pas plus que je n'ai à me mêler de ce qui ne me regarde pas.

« Excuse-moi je suis un peu à cran… Comme tu le dis si bien, ça picote. »
« Pas de problème. »


J'essaie de visualiser, dans un autre contexte, si j'étais encore là bas … J'aurai surement braqué mon arme dans sa direction sans réfléchir une seconde de plus, juste par simple précaution. Quand on a frôlé la mort, quand on a tremblé pour sa vie plus de fois qu'on ne peut le compter, est ce que ça n'est simplement pas totalement normal comme réaction ? On appelle ça l'instinct de survie, peu importe si ça attente à la sécurité des autres. Elle ne m'a rien fait, aucune atteinte ne m'a été portée, alors non, pas de problème.

« Ça t’aide à tenir le choc ? »

Je ne comprends pas tout de suite à quoi elle fait référence, en suivant son regard j'esquisse un sourire. Ce truc est le prolongement de mon bras depuis tellement longtemps que parfois j'en arrive à l'oublier. Je fume moins que quand j'avais 15 ans, je me suis acheté une capacité de réflexion entre temps et je sais parfaitement que ce truc est un danger pour les capacités cognitives, qu'il fait sauter les conclusions, qu'il endommage la mémoire – pas besoin d'avoir fait de brillantes études pour ça, il suffit juste de se renseigner un minimum, par curiosité, pourquoi pas. Est ce que ça m'aide à tenir le choc ? Je prends quelques secondes avant de répondre, le regard perdu dans le vague, avant de relever la tête vers elle, un léger sourire en coin qui n'a rien de cynique ou de sarcastique. Il est simplement tranquille, sincère.

« C'est pas tellement le but de la manœuvre, sincèrement j'en sais rien si ça aide ou pas. C'est dans mes habitudes depuis des années. »

Entre temps elle s'est assise contre un arbre, j'ai tiré une nouvelle latte et j'en ai fait autant, contre l'arbre juste en face, deux ou trois mètres entre nous deux sans réellement le chercher. Le danger potentiel, je n'y pense pas une seconde.

« Et sinon tu fais quoi ici ? Parce que c’est pas l’endroit le plus serein qui existe dans les environs… »

Profonde inspiration rapide réflexion, l'évidence me saute finalement aux yeux alors que je relâche l'air capturé par mes poumons.

« Je crois qu'inconsciemment j'ai du chercher l'endroit où je risquais le moins de croiser quelqu'un. »

C'est raté, certes, et ça me fait lâcher un rire bref d'ailleurs, mais elle fait partie de ceux qui comprennent, qui ont vécu la même chose à un « détail » près, en tout cas récemment et au sein du château – parce que je ne connais pas sa vie, pas même son prénom, alors affirmer qu'elle n'a perdu personne récemment, je ne permettrais pas – et quelque part j'ai l'impression que ça me fait du bien. Je ne dénigre pas les autres, les miens, seulement même s'ils ne le font pas exprès, je peux voir par instant cet éclat dans leurs yeux quand ils se rappellent. Je n'avais pas le courage d'affronter ça, pas aujourd'hui. Encore moins de la part d'inconnu, soit dit en passant.

« T'en veux ? »

Le joins coincé entre le pouce et l'index, je le tends vers elle en guise de proposition, d'invitation. Là dessus, je n'ai jamais été radin.

« Cameron. »

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Lun 18 Avr 2016 - 12:25

En demandant à son camarade si le fait de fumer des joints l’aidait, c’était un peu comme si elle cherchait une solution. Un moyen pour surmonter les jours les plus difficiles. Les jours où les souvenirs vous reviennent à al figure avec violence. Où vous avez l’impression que si vous osez fermer les yeux, vous aller revivre encore et encore la même scène. Julian ne pouvait en général supporter ça très longtemps. Avoir la sensation de mourir encore et encore, se sentir partir sous les yeux de Jeroen et se dire que tout ça a été trop court. La rousse fuyait ses moments comme la peste mais ils finissaient toujours pas revenir, quand elle s’y attendait le moins, quand elle pensait avoir tout surmonté, être forte et prête à tout encaisser. Une sorte de coup bas qui venait lui couper les jambes et lui donner l’impression qu’elle ne pourrait jamais repartir. Alors si une petite chose pouvait l’aider… Mais apparemment le jeune homme ne s’était jamais posé la question et ne devait par conséquent pas ressentir forcément d’effets dans ce sens là. Julian lui adressa un sourire. Elle ne jugeait clairement pas le fait qu’il consomme régulièrement. Elle, elle buvait comme un trou à chaque fois qu’elle avait l’occasion de le faire alors clairement, elle n’allait rien dire. Elle le regarda alors s’asseoir alors qu’elle lui demandait ce qu’il faisait ici. En entendant sa réponse, elle ne pu retenir un léger rire, un peu sec, un peu jaune mais pourtant, sincère en un sens.

« C’est raté… Mais c’est drôle, parce que je pense que c’est exactement le même phénomène qui m’a amenée ici. »

Sur le coup, Julian n’avait pas réfléchi, elle ne s’était même pas rendu compte de où elle allait. Ses jambes l’avaient simplement portée jusqu’ici sans qu’elle ne comprenne. Mais maintenant qu’elle y était et que Cameron soulignait ce point-là.. Tout semblait évident. Elle s’étiat senti étouffer et avait eu besoin de partir, de s’isoler pour pouvoir évacuer. Parce qu’elle ne voulait pas sentir les regards pleins de pitié sur elle. Elle voulait juste oublier et non revivre encore et encore la même chose. Parce qu’elle savait bien que cette lame, elle ne l’oublierait jamais. Comme elle n’oublierait jamais le regard que Jeroen avait posé sur elle ce jour là… Elle irait sans doute le voir après, quand elle se serait réellement calmée. Parce qu’elle ne voulait pas encore lui imposer sa souffrance. Lui aussi avait douillé ce jour là et quelque part, parfois, elle se sentait coupable de s’appuyer aussi fort sur lui. Perdue pendant quelques instants dans ses pensées, la jeune femme reconnecta avec la réalité quand son camarade lui tendit son joint puis se présenta. Julian l’attrapa entre ses doigts.

« Merci. Julian, enchantée. »

La rousse tira alors une longue bouffée et recracha la fumée dans un soupir de soulagement. Oui ça faisait du bien, d’une certaine façon. Peut être pas réellement, peut être que le contre coup serait pire mais elle s’en fichait royalement. Sur le moment, cela semblait correspondre exactement à ce qu’elle voulait, à ce dont elle avait besoin. Elle tira deux autres lattes avant de le rendre à son propriétaire, le remerciant une nouvelle fois. Elle aurait dû se prévoir une flasque d’alcool. Il était d’ailleurs étonnant de sa part que, sachant que le moment ne serait pas nécessairement évident, elle n’y ait pas pensé. Enfin, elle pouvait survivre sans indéniablement. Et puis, si elle allait voir Jer’ en puant l’alcool, il risquait peut être d’être un peu fâché.

« Ca t’arrive d’être en colère quand on te pose des questions sur tout ça ? Ou qu’on te montre une empathie démesurée ? »

Julian avait plusieurs fois eu envie de faire taire les gens. Elle s’était en général contentée d’écourter les conversations. Mais parfois, elle avait eu envie de hurler, de frapper, de leur dire de se la fermer, tout simplement. Parce qu’ils étaient tous là, à demander des détails pour ensuite faire des petits yeux mouillés… Ca l’écoeurait. Ca lui donnait envie de vomir. Même si elle ne comprenait pas pourquoi. Ca allait au-delà du fait d’être vue comme une victime, au-delà de sa fierté. C’était l’impression qu’on lui volait son histoire aussi, sa vie… C’était étrange et si parfois, elle se demandait si cette histoire n’avait pas fini de lui faire péter les plombs, elle espérait trouver un peu de réconfort chez quelqu’un qui avait vécu la même chose. Le besoin parfois, de retrouver un semblable… Peut être que c’était pour ça que certains moldus semblaient avoir tissé des liens si forts entre eux, après ce qu’il avait vécu… Ju’ se mit alors à rire. Quand elle repensait à tout ça, elle se rendait compte comme la situation était absurde voire comique. Elle qui avait tout fait pour pourrir la vie de ces gens, voilà qu’elle était passée de l’autre côté et qu’elle se mettait à se plaindre. Non sérieusement, c’était très fort. Quand son hilarité se calma, elle posa son regard sur Cameron.

« Je suis désolée mais tout ça est tellement absurde… »

Les événements n’étaient pas drôles, des gens étaient morts mais… Mais ça lui semblait tellement dénué de sens que le rire lui paraissait être la seule chose appropriée. Ce n’était peut être pas le cas de Cameron et il allait peut être mal prendre sa réaction mais elle ne pouvait pas se soucier de tout. Après tout elle ne le connaissait pas, tant pis si elle le vexait. Bien sûr, elle aurait préféré continuer leur discussion sur tout ça, mais elle n’avait pas changé du jour au lendemain et n’était pas devenue la bonne samaritaine qui se soucie des autres alors qu’elle ne sait rien d’eux.

« En réalité, je devrais aussi m’excuser parce que tu vois, je fais partie de ceux qui ont fait que ta vie a été un enfer pendant deux ans. Et maintenant, on est dans le même panier. Avoue que c’est assez drôle. »

Julian… Elle n’avait pas pu s’en empêcher. Elle aurait pu se contenter de se taire, de discuter simplement mais non, elle était obligée de mettre ça sur la table. Ca ressemblait à du masochisme, c’était étrange et stupide. Mais elle avait ressenti le besoin de le dire et il semblait que les quelques bouffées qu’elle avait prise ne l’aidait pas à maîtriser ses instincts.
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Mar 19 Avr 2016 - 20:48

« Merci. Julian, enchantée. »

Thérapie par l'oublie ? En ce qui la concerne il y a peut-être un peu de ça, au moins en cet instant, même si une taffe n'a jamais fait décoller personne à ma connaissance. Ou alors je fume depuis tellement de temps que j'en ai perdu la notion, c'est possible aussi. Tout ce que je vois c'est que ça la soulage, au moins l'espace de quelques secondes, son soupir en atteste alors que sur mon visage un léger sourire sans doute un peu amusé s'esquisse. Je la laisse en paix, le silence s'installe, j'en arrive même à fermer les yeux et reposer l'arrière de ma tête contre le tronc qui sert d'appui à mon dos. Elle peut le terminer si elle veut, ça n'est clairement pas un problème pour moi. Le silence, le calme, ça me suffit pour m'évader l'esprit, mais je ne le refuse pas quand elle me le rend et tire aussitôt une nouvelle latte avant de relâcher l'air de mes poumons dans une volute de fumée à l'odeur facilement reconnaissable. Tout ça, ça n'est ni plus ni moins que de la Botanique quand on y pense … Je sais, j'ai le raccourcis facile. Ne me demandez pas d'avoir les idées claires à 100%, à moins qu'elles ne le soient totalement bien au contraire. Julian, donc. Enchanté également.

« Ça t’arrive d’être en colère quand on te pose des questions sur tout ça ? Ou qu’on te montre une empathie démesurée ? »

Silence. Nouvelle taffe. Je garde l'air et la fumée un peu plus longtemps, les yeux rivés vers la cime, comme si j'avais besoin de tourner sa question dans ma tête avant d'y répondre. C'est un dans un soupir que j'expire, repliant un genou pour ramener ma jambe droite vers moi tout en posant mon coude sur le bas de ma cuisse. Les questions, j'ai fait en sorte de les éviter, sauf quand elles sont sorties de la bouche d'Ems, d'Enzo ou de Mateo, de personnes comme ça qui n'ont pas besoin de se justifier, qui s'inquiètent simplement et savent lire et surtout écouter les silences. Je les ai rassuré sur mon état, ils n'ont plus jamais insisté. Alors oui, bien sur, parfois je sais qu'ils y pensent et ça se voit dans leur regard, mais … Je me rends compte que la chose à laquelle je pense n'est pas celle à laquelle elle fait surement référence. Tout comme elle j'ai été perforé, on m'a planté un couteau dans le dos au sens propre du terme et si Roberts-Moore n'avait pas débarqué McEwen et moi y passions sans aucune doute, mais … ça n'est clairement pas ce qui m'occupe le plus les pensées. Ce jour là quelque chose a surpassé cette douleur, une douleur à laquelle je me suis habitué qui plus est pour l'avoir déjà ressentie auparavant. Cette chose qui l'a surpassé, elle ne laisse pas de cicatrice sur la peau, c'est bien plus insidieux et même si je suis déjà passé par là le jour où Sulli a laissé échapper son dernier souffle dans mes bras, même si je ne me suis pas écroulé, ça ne veut pas dire qu'aujourd'hui je n'en souffre pas. Ça n'est pas invivable, ça n'est pas violent non plus, c'est juste … lancinant je dirais.
J'en étais là dans mes déductions quand je l'ai entendu rire et si j'ai tiré une énième taffe c'est avec les sourcils froncés cette fois. Pas un rire bref, non, on se rapproche plus du fou rire là et clairement, je pense que ça se voit plus ou moins sur les traits de mon visage qui ont du se fermer un peu, il n'est pas partagé. Peut-être que si je savais pourquoi ça serait différent mais je ne capte pas réellement de signaux susceptibles de me mettre sur la voie pour le moment. Elle se calme, j'écrase mon pétard contre le tronc avant de ranger le mégot dans ma poche, tête baissée comme pour observer mon geste mais regard levé vers elle. Attentiste, sans doute un peu froid.

« Je suis désolée mais tout ça est tellement absurde… »

Je bloque, la seconde d'après j'effectue un geste de la tête qui signifie quelque chose comme : Développe ?

« En réalité, je devrais aussi m’excuser parce que tu vois, je fais partie de ceux qui ont fait que ta vie a été un enfer pendant deux ans. Et maintenant, on est dans le même panier. Avoue que c’est assez drôle. »
« Je sais pas si drôle est le qualificatif que j'aurai employé. »


Elle a les yeux qui brillent, ça n'a rien à voir avec les larmes qu'elle a séché plus tôt, je pense reconnaître les effets du joint et je me dis que c'est peut-être ça qui a délié sa langue. Peut-être aussi que je me plante totalement mais ça n'a pas la moindre espèce d'importance. J'ai répondu du tac au tac, pas d'un ton enjoué certes mais pas d'une froideur extrême non plus. Est ce que je suis surpris ? Un peu, bien sur, mais … Et alors ? Elle a retourné sa veste ? Elle n'est pas la seule dans ce cas là et la détester par principe ne changera rien.

« Ironique, peut-être, en tout cas le karma se fout bien de notre gueule à tous. »

A présent j'en suis a jouer avec un brin d'herbe sec que je casse en plusieurs morceaux sans y faire attention, sans la regarder elle non plus. Le vide, voilà ce qui me captive actuellement. Ça dure quelques secondes, je relève finalement le menton vers Julian et reprend la parole.

« Et pour répondre à ta question, si, ça m'arrive d'être en colère, souvent même, sauf que mes proches me connaissent suffisamment pour faire attention à ça et que les autres … J'en sais rien, on me pose pas vraiment de question en réalité. »

Les gosses l'ont fait, les plus jeunes, quand certains l'ont su mais eux c'est différent. Ça n'est pas de la curiosité malsaine, elle est tout ce qu'il y a de plus pure et sincère. Les autres … Ma gueule de déterré a du les en dissuader j'imagine.

« Ce qui me dérange le plus c'est l'étiquette, celle du mec dont la copine s'est fait sauvagement assassiner. »

Je ne suis pas le seul dans ce cas là et je sais que ça leur passera mais je ne le vis pas bien, c'est un fait.

« J'ai même pas pu lui dire au revoir parce que j'étais hors service quand elle a été amené à l'infirmerie, et tu vois, les autres, leur regard, oui ça me met hors de moi mais c'est pas ce qui m'emmerde le plus dans cette histoire. »

Je ne sais pas pourquoi tout ça sort comme ça, en réalité je n'aime pas en parler mais … C'est comme ça, ça sort et c'est tout. Je ne cherche pas de la pitié, surtout pas. Je ne cherche rien.

« On est juste des pantins, coincés dans un cirque de puces, les dommages collatéraux de la connerie humaine qui n'aura jamais de fin. Des comme nous y en a eu d'autres, y en aura encore d'autres. Tout ce qu'on peut faire c'est essayer de continuer à vivre en attendant que ça soit définitivement la fin. »

Amen.
Pourtant c'est un sourire amusé qui étire mes lèvres à ce moment là.

« Désolé si tu pensais tomber sur quelqu'un susceptible de te redonner le sourire. »

Je crois que c'est plutôt rappé avec ce genre de discours … Mais je vous assure, non, je ne suis pas dépressif ni suicidaire. Juste … relativement réaliste je pense, peut-être un peu défaitiste malgré tout certes mais croyez-moi ou non, je continue d'avoir foi en l'humain parce que ça n'est pas parce que certains d'entre nous sont des pourritures finies qu'on l'est tous. Je crois que c'est une simple histoire de nuance et de rationalité tout ça, finalement.

« Pourquoi t'étais de leur côté ? »

C'est pas une agression, simplement une question, illustration d'une réelle curiosité.
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Lun 25 Avr 2016 - 12:35

Julian n’aurait pas du rire et dire ça, elle le savait très bien. Elle avait déjà suffisamment d’ennemis comme ça, ce n’était pas la peine de rajouter quelqu’un à la liste. Elle savait bien que si elle pouvait faire des conneries, s’amuser un peu, sur ce sujet elle avait plutôt intérêt à faire profil bas. Elle avait été attaquée pour ce qu’elle était menacée et avait clairement compris, après les derniers événements, qu’elle était sur une sorte de siège éjectable. Que cette putain d’épée de Damoclès au-dessus de sa tête pouvait tomber bien plus tôt que prévu. Et pourtant, elle n’avait pas pu s’empêcher de faire comprendre à Cameron qu’il pourrait avoir toutes les raisons du monde de s’en prendre à elle… Génial. Et apparemment, il ne trouvait pas ça très drôle. Il répliqua assez rapidement, un peu sèchement peut être. Julian haussa les épaules. Même si sa réaction était légitime, elle n’allait pas se décontenancer pour autant, se mettre à faire la petite fille honteuse, ce n’était pas son genre. Il enchaîna en parlant de karma et Ju’ afficha un mince sourire. Oui, il avait raison sur ce point. Elle devait avoir un sacré mauvais karma. C’était un retour de flammes mais assez violent tout de même qu’elle encaissait depuis plusieurs mois maintenant. Comme si elle ne pouvait rien faire d’autre que l’accepter… La rousse posa une main au sol, prête à prendre appui dessus et à se relever, certaine que Cameron n’aurait pas envie de discuter plus longtemps avec elle. Mais elle avait tout faux. En entendant le son de sa voix, Julian releva la tête vers lui, ne cachant pas sa surprise. Il évoqua alors le fait qu’il soit effectivement en colère puis parla de sa petite copine. Alors c’était lui… Le mec de Megan… Oui en effet, elle se doutait bien que les gens devaient le regarder d’une certaine façon et elle-même aurait pu le faire. Peut être même qu’elle n’aurait pas parlé de la même façon si elle avait su. Elle garda cependant le regard bien fixé sur lui et écouta la suite. Cette colère qu’il semblait contenir comme il pouvait. Il n’avait pas pu lui dire au revoir ? Julian n’imaginait même pas ce qu’il avait pu ressentir. Si on lui enlevait Jeroen… Elle ne dit cependant rien. Parce qu’elle n’avait rien à dire. Parce que des paroles pseudo réconfortantes, il avait dû en entendre des milers et comme il le faisait bien comprendre, de la part de quelqu’un comme elle, une inconnue, ça n’avait aucun intérêt. Cameron lui par contre continuait à vider son sac. Des pantins ? Un nouveau sourire narquois naquit sur les lèvres de la jeune femme.

« Tu ne crois pas si bien dire… »

Julian savait bien que des cas comme eux il y en avait eu plein. Et elle savait bien aussi qu’ils n’étaient que des petits rouages d’une grande machine. En ayant fait partie des deux camps, elle le comprenait d’autant mieux. On l’avait utilisée quand elle était servile et maintenant, elle servait d’exemple. Elle était cette traîtresse qui avait cru pouvoir usurper son sang, qui avait cru pouvoir se retourner sans que cela n’ait de conséquences. Et maintenant elle payait. Un pantin. C’était bien ça. Cameron s’excusa alors de ne pas être très drôle et elle lâcha un léger rire.

« T’inquiète, j’ai toujours eu du mal avec les clowns. »

Elle sourit puis se concentra sur le sol. La voix de Cameron lui fit relever la tête. Bonne question mon grand. Pendant quelques instants, Julian avait cru qu’il avait oublié la révélation qu’elle lui avait faite. Que ça lui était sorti de la tête mais non. D’un autre côté, ça prouvait qu’il avait accepté de lui parler quand même, en tout état de cause, ce qui n’était pas trop mal pour elle. Mais la question qui venait de tomber était assez compliquée. La rousse laissa planer le silence quelques instants avant de se décider à parler.

« J’ai été élevée dans une famille de sang-pur et si mes parents n’étaient pas très virulents sur ce sujet, dans mon entourage certains l’étaient vraiment. Et quand ils sont arrivés… Je connaissais ce discours, je connaissais ce milieu. C’était ce qu’on m’avait toujours dit. Alors j’ai suivi. »

En y réfléchissait, Julian n’avait pas cherché plus loin que ça. Elle avait toujours dit partager les idéaux des Supérieurs, les admirer mais en réalité, elle n’avait pas fait de vrai cheminement intellectuel. Elle était juste restée dans sa zone de confort.

« Ils mettaient en avant ce que j’étais et surtout, ils me donnaient un sentiment d’appartenance. Je crois que c’est aussi simple que ça. »

Son regard fuyant se planta de nouveau dans celui de Cameron.

« Je me cherche pas d’excuses. J’ai suivi aveuglément, j’ai été violente, mauvaise et y’a rien à redire là-dessus. Même encore maintenant je ne sais pas trop où j’en suis par rapport à tout ça. Mais une chose est sûre, ils savent très bien avoir les jeunes comme nous. »

Qui cherchent un camp, une identité, qui se lancent dans des choses qui les dépassent sans s’en rendre compte, étant persuadés de mener une sorte de croisade moderne pour le bien de l’humanité. Julian se rendait compte maintenant comme elle avait été embobinée. Cela semblait si simple… Maintenant ? Maintenant elle savait qu’elle avait eu tord mais ne savait toujours pas quoi penser. Parce qu’on ne se reconstruit pas d’un embrigadement en un claquement de doigt. Même quand les anciens amis menacent de vous tuer. Et passent à l’acte.

« Et le pire, c’est que je me suis éloignée d’eux pas par convictions. Non, une nouvelle fois, juste parce que j’ai compris qu’en fait, mon sang me plaçait du mauvais côté. »

Pas la peine de rentrer dans les détails. Mais Julian voulait être claire : elle n’était pas une héroïne qui avait été prise d’un horrible retour de conscience. Non, juste une adolescente paumée qui en voyant son identité remise en cause, avait compris qu’elle ne pouvait plus rester dans le même camp. Elle passa alors nerveusement une main dans sa nuque avant de pousser un long soupir.

« Et si je suis pas un ange, je m’excuse sincèrement si j’ai pu te faire du mal ou à un de tes proches. J’attends pas de pardon divin mais je crois que je peux au moins faire ça. »

Julian sourit puis reporta son attention sur la pelouse. Elle était bien bavarde mais peut être pour la bonne cause.
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Mer 27 Avr 2016 - 13:17

J'imagine que je dois avoir l'air d'un corps mort, du type blasé que plus rien ne semble atteindre et pourtant, pourtant, des émotions j'en ressens. Je ne les extériorise simplement pas, c'est comme si j'avais oublié comment faire. Je ne panique pas, je me dis que ça reviendra tôt ou tard et que de toute façon aujourd'hui n'est probablement pas le moment idéal pour ça mais cette discussion en fait circuler quelques unes néanmoins, la colère en fait partie. Cette colère aurait pu être dirigée contre cette fille après un tel aveux de sa part et je crois que c'est en partie le cas mais pas au point de remuer le passer et lui faire des reproches. Au lieu de ça je préfère essayer de comprendre, pourquoi elle a suivi ce troupeau là et pas l'autre. Comme ça, par curiosité, par intérêt sans doute aussi un peu. Pas envers elle précisément, plutôt envers tous ceux qui ont fait ce choix, pour avoir un aperçu je crois. Elle aurait pu se débiner, se braquer, mais ça n'est pas ce qu'elle fait. Non, elle rassemble ses mots je crois, laissant planer un court silence, avant de prendre la parole pour m'expliquer, pour apporter une réponse à ma question formulée sans retenue ni appréhension.

« J’ai été élevée dans une famille de sang-pur et si mes parents n’étaient pas très virulents sur ce sujet, dans mon entourage certains l’étaient vraiment. Et quand ils sont arrivés… Je connaissais ce discours, je connaissais ce milieu. C’était ce qu’on m’avait toujours dit. Alors j’ai suivi. »

Un soupir m'échappe, juste une réaction du corps, je crois que je comprends. Qu'est ce qu'il y a de plus normal que de reproduire ce qu'on connait ? Est ce que ça n'est pas ce qu'on fait tous d'ailleurs ? Si je ne devais prendre qu'un exemple, celui qui me saute aux yeux, ça serait Derek. Et pourtant … pourtant non, il fausse clairement les cartes de ce semblant d'évidence qui n'en est finalement pas une. Oui il vient d'une famille de Sang Pur mais ses parents n'étaient pas des radicaux. Le reste de la famille ? Si j'en crois ce que je sais, ce que j'ai appris, et je le fais, ils sont du genre élitiste certes mais au point de vouloir exterminer la vermine ? Je crois que leur Grand-Père était un peu plus plus intense que les autres à ce niveau là, mais si lui fausse les cartes, que dire de son frère ? Il n'y a pas de chemin tout tracé, on peut choisir de ne pas le suivre en tout cas.

« Ils mettaient en avant ce que j’étais et surtout, ils me donnaient un sentiment d’appartenance. Je crois que c’est aussi simple que ça. »

Les deux genoux repliés, coudes posés à leur sommet et mains croisés entre, je hoche la tête sans aucune trace de jugement dans le regard. Ça n'est pas un procès, pas de mon côté en tout cas mais peut-être qu'elle est entrain de faire le sien. En ce qui me concerne c'est simplement une discussion. Ce sentiment d'appartenance, je peux comprendre, réellement. Si on regarde le tableau de façon grossière, ça n'est qu'une guerre de gang à grande échelle, alors qui je suis pour juger de ça ? Moi aussi j'ai choisi mon camp, j'ai choisi de commettre des choses sans doute discutables pour ma famille, pour les gens qui ont pris soin de moi, pour mon frère. Je l'ai fait pendant des années, je n'essaie pas d'effacer tout ça.

« Je me cherche pas d’excuses. J’ai suivi aveuglément, j’ai été violente, mauvaise et y’a rien à redire là-dessus. Même encore maintenant je ne sais pas trop où j’en suis par rapport à tout ça. Mais une chose est sûre, ils savent très bien avoir les jeunes comme nous. »

Lavage de cerveau, embrigadement, c'est le même topo depuis des siècles et on se fait tous avoir comme au premier jour. Nous on est les gentils, eux, ce sont les méchants. C'est comme ça, noir et blanc, sans nuance. C'est en tout cas ce que certains pensent et veulent transmettre comme convictions. Parfois il faut du temps pour se rendre compte qu'on ne partage pas tel ou tel point de vue, du temps pour s'en défaire, pour avoir le courage de claquer la porte. On change, on évolue, on comprend … et on fait des choix.

« Et le pire, c’est que je me suis éloignée d’eux pas par convictions. Non, une nouvelle fois, juste parce que j’ai compris qu’en fait, mon sang me plaçait du mauvais côté. Et si je suis pas un ange, je m’excuse sincèrement si j’ai pu te faire du mal ou à un de tes proches. J’attends pas de pardon divin mais je crois que je peux au moins faire ça. »

Elle sourit, moi je l'observe, la détaille même, cherchant dans mes souvenirs si effectivement j'ai déjà eu affaire à elle ou non, si Emily, Kyle ou n'importe qui d'autre a déjà eu affaire à elle. Ça n'est pas le cas me concernant, je crois, les concernant eux … Je n'en sais rien. Je ne sais pas tout ce qu'ils ont vécu ni avec qui, parce que même si j'ai toujours essayé de prendre soin d'eux comme je pouvais, je n'ai pas pu toujours être là et ils se sont bien gardé de tout me raconter. Chose que je peux totalement comprendre et accepte. Je me racle finalement la gorge et me redresse sans vraiment y faire attention, mes yeux cherchent les siens et les accrochent sans émotion particulière.

« Je ne me souviens pas que ça été le cas mais j'apprécie. »

c'est sincère, réellement. Ça n'effacera pas ce qu'elle a pu faire à d'autre, au même titre qu'aucune excuse n'effacera jamais ce que j'ai pu faire endurer à certains dans ma vie d'avant. Elle n'est peut-être pas un ange mais ça n'en est pas un non plus qu'elle a face à elle actuellement. Et puis sans prévenir je me relève, prenant appuie sur le tronc derrière moi, sur le sol, avec mes mains, avec mes bras. Une profonde inspiration, un long soupir, je fais un pas puis m'arrête et regarde le sol en glissant mes mains dans mes poches.

« On vient de tous de quelque part. Tout le reste c'est une question de choix. »

De biais, je tourne la tête vers elle et esquisse un semblant de sourire, un peu perdu dans mes pensées je l'admets.

« Bonne fin de journée Julian. »

Non je ne la juge pas, disons que j'essaie, mais rester ici à discuter du bon vieux temps avec elle pour autant ? Non. En cet instant je regrette trois choses : Que Kyle ne soit plus entre ces murs, que Emily est soit probablement au match et Enzo entrain de dormir. Je crois que j'aurai aimé passer un peu de temps avec les miens. Jill aussi me manque. Peut-être que je vais monter dans mon dortoir et lui écrire, pourquoi pas ? A Kyle par extension d'ailleurs. Ou alors essayer de toper Will pour m'en griller un autre. Un autre nom me vient en tête, une autre personne que je pourrais aller voir et qui me paraît soudainement évident finalement : Dimitri. Oui, je vais faire ça, je vais chercher Dim.

▬ FINI POUR MOI ▬

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Pretend that I am strong but I'm weak as a child [PV Cameron]   Lun 2 Mai 2016 - 11:44

Au début, Julian avait pensé que Cameron allait l’interrompre. Qu’il lui demanderait de se taire ou qu’il lui renverrait un regard tellement mauvais, tellement agressif qu’elle aurait eu l’impression de devoir faire un effort surhumain à chaque minute pour parler. Sauf que ce ne fut pas le cas. Il était calme et attentif. Il écoutait sans chercher à lui renvoyer une image négative et oui, c’était perturbant. Cependant, la jeune femme avait beau ne pas comprendre cette réaction, ne pas savoir comment la prendre, cela lui faisait un bien fou. Parce qu’elle pouvait parler, elle pouvait s’exprimer et sortir des choses qui prenaient peu à peu du sens. Parce que c’était aussi en mettant des mots sur tout ça qu’elle parvenait à mieux comprendre ce qu’elle même ressentait, ce qu’elle voulait ou non. Cependant, quand elle arriva à la fin de son discours et qu’elle sentit le regard de son camarade sur elle, elle se sentit complètement démunie. Maintenant qu’elle avait tout dit, tout balancé, elle avait l’impression de ne pas pouvoir affronter le regard de Cameron. Alors elle resta là, fixant l’herbe et sentant ce regard rythmer sa respiration. Rapide et un peu angoissée. Elle ne bougea cependant pas, ne fit pas un geste stupide ou déplacé par élan de fierté. Elle attendit, tout simplement. Il se décida alors à parler et la rousse releva vivement la tête, surprise. Ils n’avaient pas eu à faire l’un à l’autre, soit, c’était une bonne nouvelle. Mais elle s’en fichait un peu, enfin, c’était surtout la seconde partie de sa phrase qui l’avait réveillée. Il prenait ses excuses ? Elle était sur le cul. Elle se serait attendue à toute sorte de réactions mais clairement pas à celle là. Elle le regarda alors se lever, complètement incrédule, presque incapable de réagir. Ce qui se passait en cet instant lui semblait être totalement réaliste. Et la suite le fut tout autant. Ce sourire et les mots qu’il employait… Comme s’il comprenait qu’elle se soit laisser embarquer même s’il désapprouvait. Comme s’il lui donnait la possibilité de vraiment changer de cap et de se débarrasser de ce qui pesait sur elle depuis si longtemps.

« Merci… »

Julian avait balbutié ça. Cameron n’avait peut être pas entendu vu comme elle parlait bas mais c’était bien à lui que ce remerciement était destiné.

« Au revoir. »

Cette fois, sa voix se fit un peu plus forte et elle le regarda s’éloigner sans bouger. Ce qu’il venait de se passer… Julian détourna finalement son regard de l’endroit où Cameron venait de disparaître. Elle leva alors les yeux vers le ciel. Avait-elle la possibilité de tout recommencer ? Depuis qu’elle avait appris la vérité sur ce qu’elle était, la rousse s’était contentée de se replier sur elle-même et de se fermer aux agitations du monde extérieur. Incapable de prendre parti, incapable de savoir où elle en était vraiment et surtout, quel rôle on pouvait accepter de lui assigner. Mais les propos de Cameron… Ils l’avaient touchés, indéniablement. Comme, elle s’en rendait compte maintenant, le fait qu’Emily n’ait jamais cherché à lui renvoyer son passé à la figure. Est-ce que le monde lui donnait une seconde chance ? La rousse sentit alors un sourire se dessiner sur ses lèvres. Peut être. Finalement, peut être…

La jeune femme aurait pu rester longtemps assise dans la forêt, plongée dans ses pensées. Sauf qu’un hurlement étrange de bestiole se fit finalement entendre et la fit sursauter. La rousse réalisa alors que pas mal de temps s’était écoulé depuis le départ de Cameron et qu’elle était toujours dans un endroit clairement pas très sécurisé. Elle se releva alors rapidement, s’épousseta et décida de quitter les lieux. Ce n’était pas la peine de s’attirer des ennuis, de quelque nature qu’ils soient. Et puis, elle avait besoin de voir quelqu’un. Oui, maintenant qu’elle avait tourné tout ça dans sa tête, elle avait envie de retrouver Jeroen, de lui en parler ou peut être juste, de profiter de sa présence, tout ça bien ancré en elle. La jeune femme sortit donc d’un pas rapide de la forêt, limite en courant. A la lisière, elle s’assura qu’aucun préfet ou gardien ne traînait dans les parages puis se dirigea vers le Château. Là, elle ne perdit pas son temps et prit immédiatement la direction de la salle commune des Serpentards. Ignorant les regards outrés, elle fila dans le dortoir des garçons et alla s’écrouler sur le lit de Jeroen. Allongée, sourire aux lèvres et mains derrière la tête, elle l’attendit patiemment.

- Fini -

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