AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Ven 11 Mar 2016 - 21:14

►Que ferais-tu par amour pour lui?◄
Gwen & James


Mercredi 1er Avril – Tard le soir.

Dans la chambre de Phaedre, assit sur un fauteuil, je lis un de ses nombreux ouvrages qu’elle me laisse à disposition sans hésitation. Mes yeux parcourent les lignes que je lis avec sérieux mais surtout avec grande intention. Cet ouvrage traite de la magie proche de la magie noire qui use également de la divination pour des choses beaucoup moins enfantines que ce qu’étudie les élèves ici. Je suis curieux, toujours prêt à en apprendre un peu plus bien que l’éducation de père a été très, très, enrichissante. Il n’a pas omit de m’éduquer sur un seul sujet ou thème, qu’il soit physique ou d’ordre éducatif. Mais il reste encore des zones d’ombres sur certaines choses que j’éclaircis au fur et à mesure, tout comme ce soir.

J’entends en fond la plume de Phaedre qui gratte sur les copies de ses élèves qu’elle corrige toujours d’une main de fer et ce n’est qu’après ce qui me semble être un long moment, que je commence à cligner des yeux pour glisser mon regard sur cette pendule qui orne sa chambre.

- Par Merlin, il est tard. Je n’ai pas vu l’heure passée.

Et je suis honnête. Être en sa compagnie de façon silencieuse ou non, m’octroie toujours ce plaisir d’être déconnecté du monde, dans une bulle à part où j’aimerai y partager bien plus que des paroles ou qu’un simple baiser…
Pourtant, je n’ai jamais tenté quoi que ce soit envers elle et m’en suis tenu à de simples baisers qui, parfois, se font plus enflammé que d’autres mais rien ne sera fait sans son initiative, sans son consentement. J’applique les manières qui appartiennent à nos familles et Phaedre s’épanouie de jours en jours à mes côtés. Et moi de même.
Je me lève de mon fauteuil et range son livre à sa place.

- Je suis désolé, je ne vais pas t’importuner plus longtemps.
- Tu ne m’importunes jamais James.

Elle se tourne vers moi, sourire aux lèvres. Jamais je ne l’avais vu sourire comme ça avant que nous nous rapprochions. Si mon premier plan était de la manipuler pour faire d’elle celle qui me donnera une descendance mais aujourd’hui, je dois admettre qu’elle a su me charmer au point d’avoir des sentiments particuliers pour elle. Et je ne m’en cache pas. Si je peux vivre cette relation de la manière la plus agréable qui soit, alors je ne vais pas m’en priver.
Je m’approche de Phaedre qui se lève et c’est avec ce même naturel et cette même douceur que je l’attire à moi et l’embrasse. Lentement. Longuement.
Je sens ses mains glisser sur mes bras alors que les miennes remontent le long de ses hanches. Une douce chaleur envahit nos corps et bien que le baiser se fait légèrement plus intense, Phaedre s’écarte en douceur, les joues légèrement rosies.

- Tu devrais y aller, tu vas être en retard pour ta ronde.
- C’est exact. Mon sourire s’élargit, je dépose un dernier baiser sur ses lèvres avant de m’écarter. Passe une bonne nuit. Je passerais te voir demain.

Je m’attarde encore quelques instants avant de quitter la pièce et me diriger vers mon secteur : les cachots. Pas besoin d’être deux pour ça et c’est bien pour cette raison que je profiterais de cette opportunité pour achever une tâche sur laquelle je travaille depuis déjà plusieurs semaines.
Il me faut cinq bonnes minutes avant d’arriver à destination et je débute ma garde, comme je suis censé le faire. Il commence à se faire tard mais tout a été planifié avec minutie. Je croise un de mes collègues, comme prévu, le salut et nous poursuivons notre chemin.
Ce n’est que lorsqu’il disparaît au détour d’un angle de couloir et après avoir compter dix secondes, que je pénètre silencieusement dans la salle de potion. A pas de velours, tel un félin, je me glisse entre les tables baguette en main, après avoir verrouillé la porte. Mon rythme cardiaque c’est légèrement accéléré et je maintiens un souffle régulier, silencieux.
Ce que je m’apprête à faire a été longuement mûrit et réfléchit avant que je ne me décide à me lancer dans cette tâche. Et Anton est un très bon prétexte pour cela. Si je veux mener à bien mon objectif, je n’ai pas d’autre choix que de faire ce que je m’apprête à faire.

Des bruits de pas et dès murmures agacés me parviennent dans l’arrière pièce où Gwen est sûrement entrain de s’afférer. Je suis les instructions d’Anton à la lettre puisque ce gredin la connaît bien mieux que moi.

Discrétion.
Rapidité.
Délicatesse.
Si tu lui fais le moindre mal, je te tue de mes propres mains mon frère.

Je pense que le message est clair.
Logé derrière le mur, je finis par prendre une inspiration…

- Conjonctivit.

Le murmure ordonne le sort qui atteint droit la jeune femme, ses yeux se collant subitement sans qu’elle ne puisse les ouvrir. Et parce qu’elle est apparemment douée de réflexe très aiguisé…

- Expelliarmus.

Sa baguette vole aussitôt dans ma main et je m’arrête là. J’emprunte aussi une voix plus enrouée, plus détachée mais aussi plus lente mais surtout, je laisse transparaitre mon accent Néo-Zélandais. Je brouille la seule piste qui pourrait me trahir ici : Ma voix.

- Je suis là de la part d’Anton.

… Son les premiers mots que j’annonce. Toujours sous ses conseils.
Gwen ne m’a jamais vu physiquement et il en était de même pour moi jusqu’à ce qu’elle arrive ici. Mais j’ai eu le droit à de très nombreux récits de la part de mon meilleur ami la concernant, sans qu’il ne manque de m’évoquer ses compétences en magie. Et à aucun moment je n’ai douté de sa parole, raison pour laquelle je reste planqué derrière ce mur, sans oser bouger pour l’instant.

Imprévisible est l’une de ses plus grandes caractéristiques parait-il…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 598
Date d'inscription : 08/12/2014
Crédits : /
Double Compte : Jeroen van Saade



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3032-gwen-the-things-we-lost#151833
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Dim 13 Mar 2016 - 15:36

Gwen ouvrit les yeux et resta un instant en pleine contemplation du plafond, sa feuille de notes sur ses genoux. Affalée dans son siège, entourée de piles de grimoires, ses pieds nus nonchalamment posés sur un chaudron retourné, elle mit quelques secondes à reprendre son souffle. Elle s'était encore endormie en travaillant. Non pas qu'elle travaillait beaucoup, mais le simple fait de devoir se concentrer sur la préparation d'un cours était rébarbatif. C'était un appel, pis, une obligation que de s'endormir. L'Amortentia était d'un ennui... Elle se serait toutefois bien passé du début de cauchemar qui l'avait réveillée. Elle se souvenait du regard d'Anton, de la sensation d'étouffement, de ses doigts sur sa gorge... se rendit compte que des larmes coulaient sur ses joues, sans sanglots. Elle les écrasa, posa ses documents sur le sol et s'étira pour réveiller ses membres engourdis et reprendre possession de son corps.

Il lui manquait, au point qu'elle commençait à perdre pied. Ce qui se passait ici était une charge émotionnelle qu'elle peinait à supporter, et l'absence de lettres de son amant commençait à lui peser sérieusement. Elle avait besoin qu'il la rassure, qu'il lui change les idées. Elle se leva, trempa les lèvres dans sa tasse de thé froid, se ravisa. Il était déjà tard mais elle enfila son châle pour faire quelques pas dans la pièce. Elle donna un coup de baguette pour que le bazar se range tout seul. Les piles de livres sur le point de s'effondrer se remirent en place, un chemin praticable apparut. Elle posa ses notes de cours sur son bureau et en fit le tour pour s'asseoir et bâcler sérieusement sa préparation pour le lendemain. Elle se releva presque aussitôt, prise d'un doute sur son stock d'ingrédients.

Elle traversa le couloir jusqu'à sa salle de classe pieds nus, persuadée qu'elle ne croiserait pas grand-monde à cette heure-ci ; et puis ça ne se voyait quasiment pas sous sa robe. La salle était plongée dans une demi pénombre tranquille. Tandis qu'elle s'approchait du réduit où elle rangeait son matériel, son orteil fit la rencontre du pied d'un chaudron. Le coup de foudre remonta dans toute sa jambe et elle couina de douleur. Par Merlin ! Le karma n'était pas avec elle ce soir. Elle lança un regard noir au chaudron, posa sa baguette sur une table pour se masser le pied et termina le chemin en marmonnant des insultes toutes plus désuètes les unes que les autres. La douleur s'apaisa tandis qu'elle se concentrait sur son objectif. Épines de porc-épic, racines d'asphodèle... yeux de poisson nageant dans leur liquide verdâtre... Elle sortit un pot de verre contenant une poudre couleur nuit dont l'étiquette indiquait « Poudre d'obscurité instantanée ». Depuis quand c'était là ? Elle haussa les épaules, reposa le pot et repartit à la recherche du bocal perdu, non sans se disperser dès qu'elle trouvait un pot dont elle avait oublié l'existence.

Elle était en train de secouer une fiole remplie d'un liquide orangé lorsqu'elle sentit ses yeux se fermer brusquement. Elle se figea. Certes, elle pouvait s'endormir facilement, mais ça... c'était l'oeuvre d'un sortilège, rien de moins. Elle se retourna à moitié lorsqu'elle entendit le raclement de sa baguette sur le bois de la table, baguette qui n'était pas censée se mouvoir seule à l'autre bout de la pièce. C'était un bien mauvais tour qu'on lui jouait là, c'était même un comportement menaçant... Elle referma soigneusement son armoire, la fiole toujours dans la main, puis elle tâtonna autour d'elle. Ses doigts rencontrèrent la hanse d'un chaudron qu'elle souleva dans l'objectif de l'envoyer valser au hasard au moindre bruit...

- Je suis là de la part d'Anton.

Elle interrompit son geste. Gwen, yeux fermés et rougis par l'inflammation due au sortilège, resta un instant silencieuse. Un accent Néo-zélandais, voix enrouée, il semblait se trouver dans la pièce d'à côté. Elle n'aurait su identifier l'homme mais il n'y avait pas trente-six personnes qui puissent venir « de la part d'Anton ». C'était l'ami d'Anton, l'espion qui sévissait au château depuis quelques mois. Après un instant d'hésitation, elle balança quand même le chaudron qui percuta le mur d'en face et fit un bruit d'enfer qui lui donna quelques indications de son emplacement dans l'espace. L'entrée était donc un peu plus à sa droite... direction vers laquelle elle se tourna, l'air pas commode du tout.

- Non mais vraiment ! Quel paltoquet !

Comprendre « grossier personnage ». Gwen avait juré sur un ton excédé, sans vraiment hausser le ton. Une telle conversation n'avait pas intérêt à être épiée, même si elle imaginait que l'homme avait pris ses précautions avant de venir. De là à s'empêcher de râler face à cette intrusion en règle... n'en demandons pas trop. Elle se déplaça d'un pas et son orteil retourna embrasser un coin de meuble cette fois-ci. Elle serra les dents pour retenir un gémissement, la douleur pulsant maintenant dans tout le pied. Elle allait finir par se le casser définitivement et elle n'avait pas que ça à faire que d'aller à l'infirmerie pour se faire réparer l'orteil.

- Ce n'est pas très gentleman comme façon de procéder. Vous allez me faire le plaisir d'arrêter les âneries et de me rendre ma baguette avant que je vous balance d'autres choses au visage.

Au hasard, certes, mais la potion fumigène qu'elle pensait avoir dans la main ferait du dégât de toute façon. Et oui, elle n'était même pas sûre de ce qu'elle risquait d'envoyer au visage de l'ami d'Anton, mais ça ne la dérangeait pas le moins du monde. Elle frotta ses paupières, sentant des larmes d'irritation s'échapper. Ça picotait très désagréablement. Un coup de baguette aurait pu mettre fin au sortilège mais désarmée, il aurait fallu qu'elle puisse chercher un antidote à l'aveuglette... Tout de même. Anton savait pourtant qu'elle détestait être séparée de sa baguette : il aurait pu prévenir son camarade qu'il s'exposait à bien plus qu'une petite colère. C'était bien pire que la priver de ses yeux ; elle se sentait nerveuse, incomplète, menacée, et plus il mettrait de temps à la lui rendre, plus le stress allait grimper. Elle porta sa main à son collier, s'accrochant à la présence rassurante des deux alliances, et fronça les sourcils.

- Qu'est-ce qui justifie une visite à une heure pareille ? Il va bien ?

Son ton s'était radouci, mais l'inquiétude était palpable dans sa voix. S'il venait lui annoncer qu'il était arrivé quelque chose à l'homme de sa vie... Non, c'était impossible. Anton était immortel. Incassable. C'était Anton. Et un ami à lui ne se serait pas comporté avec une telle indélicatesse s'il s'était passé quelque chose de grave. Elle tâtonna jusqu'à effleurer le bois d'une étagère, cherchant un ancrage dans la pièce, restant sur la défensive ; et il y avait de quoi...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Jeu 17 Mar 2016 - 12:39

Je suis au mieux les recommandations d’Anton et même avec ça, je sens que la jeune femme n’est absolument pas prête à baisser les armes ou à ne plus bouger.
Quoi de plus normal lorsque l’on se retrouve attaqué sournoisement ? Mais je ne voyais pas d’autre solution possible lorsque cette dernière risquait d’être interrogé et son esprit fouillé. Je n’ai pas d’autre choix que d’apparaitre à visage différent ou face à ses yeux fermés, endoloris, mais qui l’empêche de me voir en cette seconde.
Toujours planqué derrière le mur, je palpe ma poche arrière pour être certain de ne pas avoir oublié des éléments importants à cette discussion mais me trouve coupé net dans ma réflexion par un bruit assourdissant contre le mur…
Coup d’œil.
Cette malade vient d’envoyer un chaudron droit devant elle.

— Eh ! Moins de bruits !

La partie s’annonce compliquée si Gwen ne fait pas le moindre effort pour se tenir tranquille. Pourtant elle sait que son mari n’est pas tout blanc et qu’un de ses copains rôdent dans le château. Je sais aussi que cette femme est d’une intelligence fine et sournoise et je me demande encore comment Anton s’en sortira pour officialiser une relation déjà pourrie à la racine de son existence.
Mais soit, ça n’est pas mon problème.

— Non mais vraiment ! Quel paltoquet !

J’hausse les sourcils.
Paltoquet ?
Ce sont le genre d’expression de ma mère ou de mon père… c’est-à-dire de la génération d’avant. Pas de la nôtre.

— Le moins que l’on puisse dire c’est que vous avez un vocabulaire assez fleurit.

Il la vouvoie, par respect. Parce qu’elle n’est pas une femme parmi tant d’autres mais celle de son ami. Que ce dernier l’aime à en crever et que par conséquent, je lui dois une forme de politesse que je manifeste tout naturellement.
Je me penche discrètement pour l’observer et la regarder faire un pas de côté, n’ayant pas le temps de la prévenir qu’elle s’éclate l’orteil contre le coin d’un meuble. Gwen serre les dents, attends, patiente sûrement que la douleur disparaisse et moi c’est son calme que j’attends.

— Ce n'est pas très gentleman comme façon de procéder. Vous allez me faire le plaisir d'arrêter les âneries et de me rendre ma baguette avant que je vous balance d'autres choses au visage.

Oui, je sais pour la baguette Anton mais comment veux-tu que je puisse procéder efficacement si ta femme peut me réduire la cervelle en bouillit d’un sort ?
Je suis obligé de prendre mes précautions parce que si Anton m’a parlé de son sale caractère, j’ai pu également le voir en action ici, à Poudlard. Et cette femme est imprévisible.
Je n’ai pas le temps de lui répondre, qu’elle enchaine.

— Qu'est-ce qui justifie une visite à une heure pareille ? Il va bien ?

Sa voix se radoucit, presque tremblante d’inquiétude et cette émotion me fait sourire. Si Anton voyait ça, il en chialerait de bonheur. Incroyablement à quel point il était devenu niais depuis qu’il la côtoyait.
Je la regarde évoluer en douceur, s’accrochant à une étagère, restant sur ses gardes.
Vrai qu’elle était belle, cette jeune femme. Voir, magnifique. Gestes et attitudes gracieuses même dans la plus inconfortable des situations, Gwen savait rester digne. D’ailleurs, la jeune femme ne s’entend-t-elle pas avec Phaedre ? Il manquerait plus que ça qu’elles soient amies. Chose qui ne serait pas impossible, je pense même que Phaedre aimerait sa présence quoi qu’un peu désaxée parfois.

— Si vous me le permettez, je vais entrer, vous installez sur une chaise et nous pourrons discuter tranquillement de tout ça. D’accord ?

Cet échange ressemblerait presque à une négociation pour la libération d’un prisonnier.
Pourtant, il n’en est rien. J’ai des choses à lui dire, un tas de choses à dire vrai. Tout d’abord, Anton. Ce fut ma promesse, celle de rassurer sa chère et tendre et surtout, de lui dire d’arrêter d’envoyer ses foutues lettres qui risque à tout moment de nous porter préjudice.
Mais pas que.

J’ai en mains les cartes pour lui proposer un marché qui lui sera difficile de refuser et je ne me permettrais pas cela si l’enjeu n’était pas de taille, si Anton n’avait pas au moins donné son accord.
Il m’a certifié qu’elle serait prête à m’aider si cela pouvait l’aider lui.
Je reste collé à mon mur et penche de nouveau la tête pour la regarder et lui parler. J’emprunte une voix calme, toujours modifié de légers accents Néo-Zélandais et d’intonation différente de ma voix habituelle.

— Et pour vous prouver ma bonne foi, j’ai ici avec moi les réponses à vos 23 courriers laissé sans suite que vous envoyez depuis mi-février.

Oui, 23. Exactement.
Cette femme est folle, je l’ai toujours dis à Anton et elle ne manque pas de chien, ni de caractère. Elle l’a presque harcelé de ne voir aucune réponse de lui. Fort heureusement, rien de compromettant dans ces courriers qui auraient pu être inquiétant.

— Et pardonnez-moi mes manières peu gentleman, mais je ne peux faire autrement. Si vous aviez votre baguette avec vous, j’aurai eu une chance sur deux de finir la tête explosée par l’un de vos redoutables sorts. Je marque une pause. Anton me faisait énormément d’éloge sur vos talents de sorcières.

La brosse dans le sens du poil, redorer et caresser légèrement son égo pour qu’elle s’apaise, se calme et qu’enfin, elle me laisse l’approcher pour que nous puissions parler de manière plus sérieuse, elle et moi.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 598
Date d'inscription : 08/12/2014
Crédits : /
Double Compte : Jeroen van Saade



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3032-gwen-the-things-we-lost#151833
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Dim 10 Avr 2016 - 22:05

Deux mesures de peur, trois d'agacement, une pincée de douleur et la fatigue comme source de chaleur, chez une femme comme Gwen, ça menait forcément à un mélange explosif. Pour une femme de la Haute, distinguée comme il faut, elle avait sa manière d'évacuer ses tensions une bonne fois pour toute. Elle était en compagnie d'un ami d'Anton ; en soi, le terrain était connu, presque rassurant – presque – mais un bon jet de chaudron ne fut pas de trop. Elle réfléchirait plus tard à la portée de son geste et au fait que c'était un comportement de roturière ou, au mieux, de femme mal baisée. Ce qui n'était pas tout à fait faux. Non pas qu'Anton n'assurait pas, au contraire, mais ce bougre d'âne n'était pas là, laissant une fiancée frustrée à envoyer des chaudrons sur ses amis. Elle se fit évidemment rappeler à l'ordre sur un ton qu'elle n'apprécia pas ; de toute manière, le château entier savait qu'il valait mieux ne pas s'approcher lorsqu'on entendait des bruits suspects – explosions et chutes de chaudrons, même combat - provenir de son cabinet d'expérimentations.

- Le moins que l’on puisse dire c’est que vous avez un vocabulaire assez fleurit.

Elle ouvrit la bouche, la referma. Cela faisait longtemps qu'on ne lui avait pas dit ça d'une manière aussi... distinguée. Parce qu'il parlait bien, l'ami d'Anton, sous cet accent néo-zélandais forcé. Ce n'était pas un vulgaire pantin des Supérieurs mais bien quelqu'un d'expérimenté, sorti tout droit de la Haute lui aussi. Elle repensa vaguement aux amis dont il parlait souvent... et chassa l'idée aussi vite qu'elle était arrivée. Si elle cherchait à identifier l'homme, elle risquait plus qu'une conjonctivite impromptue. L'histoire d'amour entre son orteil et le meuble détourna bien vite ses pensées sur autre chose et l'aida en quelque sorte à reprendre ses esprits. Ses menaces ne reçurent aucune réponse. Si elle ne s'était pas calmée, elle aurait certain cherché un autre chaudron à balancer, mais la Roberts-Moore était de retour dans toute sa splendeur et sa dignité de quasi-sang-pur-à-un-ancêtre-près. Puis ce fut au tour de la Roberts-Moore-bientôt-Hall de sortir prendre l'air avec son lot d'inquiétudes pour son amant.

- Si vous me le permettez, je vais entrer, vous installer sur une chaise et nous pourrons discuter tranquillement de tout ça. D’accord ?

Elle fronça les sourcils, soudain indécise sur la conduite à tenir. La situation lui échappait totalement. Elle n'était pas réellement en mesure de demander quoi que ce soit et il le lui faisait savoir avec un tact tout à fait respectable, surtout après ce qu'elle lui avait au visage. Elle avait certainement fait preuve d'excès en balançant ce chaudron, mais sous le coup de l'émotion, elle avait eu besoin de ce geste pour retrouver un semblant de sang-froid. Devait-elle capituler ? L'homme, lui, semblait toujours caché derrière le mur, craignant certainement pour sa vie. Mais Gwen s'était calmée, il était hors de danger à présent – si tant est qu'il n'était pas porteur de mauvaises nouvelles. Le cas échéant, elle déclinait toute responsabilité quant au chaos qui pouvait en résulter.

- Et pour vous prouver ma bonne foi, j’ai ici avec moi les réponses à vos 23 courriers laissé sans suite que vous envoyez depuis mi-février.

Elle desserra à nouveau les lèvres mais aucun son ne sortit. Il avait... elle ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou s'énerver franchement. Anton avait continué de lui répondre et les lettres étaient là, mais l'homme les avait interceptées, faisant ni plus ni moins de la rétention tandis qu'elle se faisait du mouron pour rien. S'il avait tenté de les ouvrir sans connaître le sortilège qui protégeait leurs échanges, le contenu avait sûrement disparu...

- Et pardonnez-moi mes manières peu gentleman, mais je ne peux faire autrement. Si vous aviez votre baguette avec vous, j’aurai eu une chance sur deux de finir la tête explosée par l’un de vos redoutables sorts. Anton me faisait énormément d’éloge sur vos talents de sorcières.

Oh la grossière tentative de charme... qui porta ses fruits. Elle marqua un silence avant de poser sa fiole sur l'étagère, marquant la fin totale des hostilités. Ça faisait beaucoup d'informations à intégrer d'un coup et elle avait intérêt de s'asseoir si elle ne voulait pas y perdre un deuxième orteil. Elle soupira imperceptiblement puis tendit sa main en avant, gardant pour elle la colère et la frustration qui bouillonnaient en elle.

- Bien. Je m'en remets à vous.

Voix calme, expression neutre, illisible. Elle capitulait en acceptant d'offrir une confiance aveugle – dans tous les sens du terme – à cet inconnu. Parce qu'elle ne connaissait les amis d'Anton que par les récits qu'il en faisait ; n'importe qui aurait pu arriver, lui dire qu'il connaissait l'homme en usant de beaux mots, elle se serait certainement laissée faire. Heureusement, ce n'était pas monnaie courante et personne n'avait intérêt à se présenter comme tel, surtout qu'elle avait la possibilité de vérifier par la suite auprès de son amant qu'elle n'était pas en train de se faire rouler dans la farine...

- Veuillez pardonner mon... emportement. Je ne suis pas habituée à ce type d'introduction.

Ses excuses lui arrachaient la gorge mais elle n'en montra strictement rien. S'il fallait passer par cela, alors soit, elle ravalerait sa fierté et la peur d'être écartée de sa baguette. Ne restait qu'une dignité sans faille apparente, une illusion. Port de tête droit, souffle mesuré, peut-être un peu trop régulier pour être naturel, aux aguets quand même. Lorsque sa main entra en contact avec la paume chaude de l'homme, elle frissonna. Une poigne ferme, assurée, à la peau légèrement rugueuse. L'art et la manière de tenir la main à une dame était là. Elle se laissa guider jusqu'à une chaise où elle s'assit avec un certain soulagement, se baissant un instant pour masser son pied endoloris. Niveau indisposition, la jauge était à son maximum mais elle supporterait, pour Anton. Lorsqu'elle estima aux bruits environnants qu'il s'était assis à son tour, elle reprit la parole.

- ... ces lettres ? Vous les avez lues ?

Elle ne voulait pas sembler trop pressante mais la question lui picotait la langue depuis qu'il avait annoncé posséder sa correspondance privée. Elle pouvait tolérer de ne pas connaître l'identité de l'homme le plus dangereux et le plus recherché du château, mais pas qu'il sache tout ce qu'elle avait mis dans ses courriers – d'autant plus qu'avec Anton, elle se débridait sur tous les sujets dont on ne parle pas en société. En lisant une vingtaine de lettres, on pouvait facilement deviner l'étendue de tout ce qui se passait dans la chambre à coucher, et ce qui est dans la chambre à coucher est supposé y rester. C'est l'objectif d'une chambre à coucher. Et d'une correspondance privée.

- J'imagine que vous n'êtes pas là uniquement pour me les remettre en mains propres ?

Il ne se serait pas donné autant de mal pour des bouts de papier qu'il pouvait glisser sous la porte. Et elle pressentait étrangement qu'elle allait en prendre pour son grade...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Lun 18 Avr 2016 - 16:13

Tout est millimétré et si avant je me permettais quelques extras et quelques plaisirs innovateurs, aujourd’hui je me retrouve à devoir prévoir deux à trois coups d’avance pour ne pas me laisser surprendre. Et si je m’occupe de Gwen ce soir, je m’occuperais du reste d’ici peu. Avant le nouvel éclat. Je ne peux plus prendre des risques inconsidérés où je profitais de la confusion, de leur négligence et de leur stupidité. Bientôt, le jeu va se corser et en ça, je me dois de tout préparer et peaufiner sans rien omettre. Je m’y attèle chaque jour, chaque soir, chaque nuit. Je suis un maitre en la matière, le meilleur et je ne me laisserais pas aller à l’échec, pas après tout ce que j’ai abattu comme travail jusqu’à aujourd’hui.

Mais ce soir, je me dois de m’attirer les faveurs d’une des meilleures de ce château. Phaedre étant déjà conquise, Gwen doit désormais passer sous ma coupe et qui mieux qu’Anton pouvait m’y aider ? Celui que je considère comme un frère malgré son choix plus que douteux en terme de sang, celui que je connais depuis déjà des années, celui qui m’aiderait les yeux fermés et inversement. Je n’ai aucun remord à user de ça pour faire céder Gwen et j’ai cru comprendre qu’elle serait prête à tout pour aider son cher et tendre.
C’est avec un sourire que je la regarde tendre une main en avant, hissant ainsi le drapeau blanc.

— Bien. Je m'en remets à vous.

Je n’en reste pas moins méfiant et hésitant. Toujours derrière le mur, je ne décroche pourtant pas mon regard de l’Enseignante en Potions, m’attendant à tout instant à un revirement de situation de sa part. Elle est intelligente et imprévisible, je n’ai pas envie de tout foutre en l’air à cause d’une négligence de ma part.

— Veuillez pardonner mon... emportement. Je ne suis pas habituée à ce type d'introduction.
— Ne vous en fait pas. C’est déjà tout pardonnez, je peux comprendre que cette manière de vous abordez est peu commune.

Mon sourire s’élargit et je me décide enfin à me décoller du mur pour la rejoindre d’un pas lent et assuré. Malgré la situation, Gwen ne se défait pas de sa superbe, mieux encore, elle l’affirme. Port de tête droit, dos tout aussi dressé, elle tient à garder la maitrise sur sa grâce et sur sa fierté qu’elle transmet par le langage du corps.
Et c’est tout à son honneur.
Je glisse ma main dans la sienne et la serre fermement entre mes doigts comme on me l’a toujours apprit, pour la guider vers une chaise avec prudence. J’y vais en douceur, prenant garde à ce qu’elle ne se cogne aucun orteil contre un quelconque obstacle mais aussi pour éviter une chute qui réduirait certainement sa dignité à zéro.
Je la laisse s’installer tandis que je m’empare moi-même d’une chaise que je place en face d’elle et où je m’y installe tranquillement.

— ... ces lettres ? Vous les avez lues ?

Un sourire étire mes lèvres.
Moi ? Lire les courriers salaces et déplacés que doit lui envoyer Anton ? Je préfère que l’on me crève un œil plutôt que d’y lire les lignes détaillées qu’il doit lui faire parvenir… Quoi qu’avec Gwen, les instants charnels ne doivent pas être des plus banals mais bien des moments inventifs, bestiales, passionnés et jouissif. Je me surprends à divaguer sur l’image de Phaedre que je me suis imaginé lorsqu’elle prenait cette douche, le soir du bal, et je ne serais pas contre goûter quelques nuits avec elle.
Mais patience. Prendre son temps.

— J'imagine que vous n'êtes pas là uniquement pour me les remettre en mains propres ?
— Anton ne m’a visiblement pas menti à votre sujet.

Elle est futée, intelligente et loin d’être naïve. Logique aussi. Puisque j’aurai très bien pu les lui remettre plus discrètement avec un mot supplémentaire lui demandant de retenir ses pulsions pour demander autant de fois à Anton pourquoi il ne lui répondait pas… Mais j’ai effectivement plusieurs choses en tête la concernant.
Je me redresse un peu plus sur ma chaise avant de prendre la parole d’une voix apaisée, voir doucereuse.

— Je n’ai lu aucune lettre et connaissant vos caractères respectifs, je préfère ne pas m’y risquer. De plus, ça ne m’intéresse aucunement.

Pourquoi ça le serait ? Intéressant je veux dire. Pour Gwen et Anton, sûr que ces lettres ont toutes leurs valeurs. Pour moi, non. Tout ce qui pourrait m’intéresser, Anton me le transmet directement.
Je la fixe malgré le fait qu’elle ne puisse me voir et poursuis sur le même ton.

— Je vais effectivement avoir besoin de votre aide… et vous du mien.

J’esquisse un sourire qu’elle ne peut voir mais ne lui laisse pas le temps de réagir.

— Vous vous en douterez, moins vous en savez, mieux vous serez protéger. Et avec les derniers évènements, il vous faut rester au maximum discrète.

Je ne fais pas référence à l’anniversaire mais ça y ressemblerait presque. Et je n’y suis qu’à moitié pour quelque chose car si tout n’avait tenu qu’à moi, je n’aurai jamais pris ce risque. Mais vu que j’en devais une à Anton… l’amour des frères, que voulez-vous.

— Vous devez absolument arrêter d’envoyer des lettres à Anton. J’ai cru comprendre qu’ils accentuaient la surveillance à ce niveau et ni vous, ni moi, n’avez envie que qui que ce soit tombe sur vos courriers piégés ou ensorcelés qui pourraient éveiller les soupçons au château.

Et encore moins avec le prochain évènement que je préparer où la surveillance va se décupler et restreindre de façon assez drastique mes moyens de communications.

— Si vous le souhaitez, je peux lui faire passer quelques lettres, de temps en temps mais bref, passons, nous en reparlerons après. Et je n’hésite pas à aller droit au but, dès le début. Il me semble que vous possédez un ingrédient peu conventionnel… du Mycène des marais, est-ce que cela vous parle ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 598
Date d'inscription : 08/12/2014
Crédits : /
Double Compte : Jeroen van Saade



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3032-gwen-the-things-we-lost#151833
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Ven 29 Avr 2016 - 21:09

S'en remettre à quelqu'un, Gwen avait des difficultés à le faire. Ce n'était pas naturel chez une femme de sa trempe, aussi indépendante et sûre d'elle, aussi fière aussi. On lui avait toujours appris à ne faire confiance qu'à elle-même et aux siens, et l'espion n'était pas un des siens. Il parlait au nom d'Anton mais un discours rapporté n'est jamais autant digne de confiance que la demande réelle. Cela devait se voir qu'elle prenait sur elle de ne pas alimenter la méfiance. Elle savait surtout que plus vite elle coopèrerait, plus vite elle récupérerait sa baguette et ainsi, ses défenses. Quitte à s'abaisser à s'excuser, oui, non sans une pointe de critique dans la voix.

- Ne vous en faites pas. C’est déjà tout pardonné, je peux comprendre que cette manière de vous aborder est peu commune.

Il aurait pu lui-même faire semblant de s'excuser de ses propres manières, même de manière tout à fait hypocrite. Cela lui aurait valu un bon point. Au lieu de cela, il donnait à la miss la responsabilité de son comportement face à une agression... Gwen réprima une remarque acerbe et attendit que les pas s'approchent d'elle pour venir prendre sa main. Parfois, mieux vaut jouer la taiseuse et faire plaisir aux hommes qui aiment à croire qu'ils dominent la situation. Et elle savait même sans le voir qu'en face d'elle se tenait un dominant, un membre de la Haute qui ne devait pas aimer qu'on lui tienne tête. Le degré de fierté mal placé pouvait toutefois varier : il pouvait ressembler à Anton, garçon plutôt flexible face à une femme de caractère, ou à ses frères qui, eux, n'acceptaient aucune forme de résistance, encore moins venant d'une femme au sang impur.

Au final, mieux valait ne pas opposer plus de résistance. Elle ne voulait pas tester les limites de l'espion. Ce n'était pas de la peur, juste de la prudence, bien entendu... Elle se laissa donc guider, ayant au moins confiance en la capacité de l'homme à ne pas l'envoyer dans un meuble malgré le boxon qui régnait dans la salle. Elle s'assit, massa un instant son pied avant de croiser les jambes avec une pudeur maîtrisée. Elle croisa ses doigts sur sa cuisse et posa la question qui lui brûlait les papilles depuis qu'il avait fait mention des lettres d'Anton. Il ne répondit pas tout de suite, aussi continua-t-elle sur sa lancée, peu désireuse d'orienter la discussion vers le contenu exact des lettres.

- Anton ne m’a visiblement pas menti à votre sujet.

C'était sûrement un compliment quant à sa perspicacité, mais cela signifiait surtout qu'il avait réellement quelque chose de particulier à lui demander, une demande qui ne pouvait se faire à découvert. C'était bien l'espion qui lui parlait, et non un collègue ou l'ami d'Anton. Elle se tendit en entendant le craquement du bois lorsqu'il se redressa sur sa chaise.

- Je n’ai lu aucune lettre et connaissant vos caractères respectifs, je préfère ne pas m’y risquer. De plus, ça ne m’intéresse aucunement.

Son ton avait un quelque chose de désagréable, chargé de sous-entendus, mais Gwen fut soulagée de se l'entendre dire. Il n'avait rien lu de leurs échanges. Leur honneur était sauf ; bien sûr, elle se doutait bien que Anton avait déjà parlé d'elle, sachant que les garçons aiment à se vanter de leurs performances auprès de leurs pairs... mais comme on dit, verba volant, scripta manent. Les paroles s'envolent, les écrits restent. L'écrit donne une autre dimension aux choses et il était plus simple de se défendre contre des dires que contre un texte de sa main stipulant qu'elle... eh non, vous ne saurez jamais, désolée. Il ne lui laissa pas le temps de souffler.

- Je vais effectivement avoir besoin de votre aide… et vous du mien. Vous vous en douterez, moins vous en savez, mieux vous serez protéger. Et avec les derniers évènements, il vous faut rester au maximum discrète.
- J'aurais bien aimé suivre votre conseil et rester discrète, s'il m'avait été donné d'avoir le choix.

Réflexion légèrement amère. La critiquer pour les imbécilités orchestrées par son amant ? C'était déplacé. D'ailleurs, elle avait failli oublier de proférer quelques remontrances au traître à ce propos. Elle ouvrit la bouche pour lui envoyer une remarque bien sentie, tant pis pour la retenue cette fois, mais il la devança à nouveau, lui coupant l'herbe sous le pied.

- Vous devez absolument arrêter d’envoyer des lettres à Anton. J’ai cru comprendre qu’ils accentuaient la surveillance à ce niveau et ni vous, ni moi, n’avez envie que qui que ce soit tombe sur vos courriers piégés ou ensorcelés qui pourraient éveiller les soupçons au château.

Elle referma la bouche et resta un instant sans bouger. Elle n'y avait pas pensé. Tomber sur un courrier vide est mieux que de tomber sur des informations compromettantes, mais il suffisait après tout que quelqu'un l'ait vu à la volière ou qu'on la relie à son hibou... Quelle inconsciente elle avait été ! Toutefois, se faire prendre en faute par quelqu'un d'autre ne lui plaisait pas, encore moins lorsqu'on lui demandait de ne plus parler avec son amant...

- J'aurais cessé s'il me l'avait demandé, et si vous n'aviez pas intercepté mes courriers.

Non, elle n'aurait pas cessé avant de se faire remonter sérieusement les bretelles, mais il n'avait pas besoin de savoir qu'elle était d'une mauvaise foi incommensurable à cet instant précis. La miss n'aimait pas être prise en faute, jugée sur ses actes. En tant que grande gamine multipliant les bêtises dans le dos de tout le monde, elle détestait se faire prendre...

- Si vous le souhaitez, je peux lui faire passer quelques lettres, de temps en temps mais bref, passons, nous en reparlerons après. Il me semble que vous possédez un ingrédient peu conventionnel… du Mycène des marais, est-ce que cela vous parle ?

Il avait demandé cela de but en blanc, passant du coq à l'âne sans l'once d'une hésitation. Elle porta sa main à son cou et toucha la chaîne au bout de laquelle la clef de son armoire à potions pendait. Cachée sous son vêtement, la clef magique n'en restait pas moins relativement facile à attraper pour l'individu. Le Mycène des marais, évidemment, cela lui parlait. Elle connaissait presque tous les ingrédients connus à ce jour, au moins de nom, et elle possédait ledit ingrédient dans son stock. Comme bon nombre d'ingrédients rares, ils pouvaient être utilisés à bon et à mauvais escient, aussi eut-elle un instant d'hésitation où elle réfléchit à la démarche à suivre. Fournir un espion, c'était risquer de se mêler à des choses auxquelles elle ne voulait pas avoir affaire. C'était participer à des exactions... mais était-elle censée seulement savoir ça ? N'avait-elle pas tout intérêt à rester dans son innocence ? Pourtant, elle avait déjà commencé à chercher dans sa mémoire les potions utilisant le Mycène. Réflexe professionnel...

- Je connais le Mycène des marais, bien entendu. Un ingrédient plutôt cher et prisé par les bons maîtres de potions...

L'argent et le talent en potions... Nul besoin d'être bon en divination pour deviner qu'elle possédait les deux et que donc, elle possédait l'ingrédient en question dans sa panoplie d'alchimiste folle. Elle ne l'avouait qu'à demi-mot, mais il comprendrait très bien l'allusion. Elle n'était toutefois pas décidée à sortir sa clef pour le laisser accéder à son matériel. Elle était toujours aveuglée par ce fichu sortilège, et elle refusait catégoriquement que l'homme puisse farfouiller de lui-même dans ses affaires. Dans le fratras qui composait son armoire, il y avait de tout, des potions non identifiées, des liquides dangereux à manipuler et des essais pas vraiment aboutis... Pas question que quiconque aient accès à ce genre de choses.

Elle avait à peine recommencé à faire un stock après la perte du contenu de son armoire de Salem, mais elle ferait mieux de détruire certains mélanges et de cacher autant d'ingrédients interdits. Elle risquait sa carrière, mais surtout, elle risquait la vie des inconscients qui chercheraient à lui soutirer des ingrédients – et elle n'était pas dupe, il y avait toujours plusieurs élèves pour tenter le coup chaque année. La belle soupira et passa sa main dans ses cheveux, nerveuse. Elle reprit rapidement le tripotage de sa chaîne, la clef toujours cachée entre ses seins.

- Qu'est-ce que vous entendez par « lui faire passer quelques lettres » ?

Réorienter la conversation, reprendre le contrôle. Elle ne supportait pas qu'il la manipule avec ses façons de parler et les informations qu'il lui donnait ainsi au compte-goutte...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Ven 6 Mai 2016 - 23:30

- J'aurais cessé s'il me l'avait demandé, et si vous n'aviez pas intercepté mes courriers.

Quel choix avais-je à ce moment là ? Aucun.
Sauf si je désirais que l’on intercepte ses courriers après qu’une dizaine de personnes se soient fait troué comme de vulgaire morceau de viande qu’ils étaient. Rien de tel pour une suspicion qui aurait poussé n’importe quel professeur censé de venir l’interroger sur le champ. Ils ne savent rien de moi, certes, mais ils auraient pu remonter jusqu’à Anton. Et de Anton remonter jusqu’à moi.
J’avais pensé qu’elle aurait compris que ça n’était PAS le moment d’envoyer des lettres enflammées à son amant mais visiblement, la passion et l’inquiétude ont prit le pas sur la raison si légendaire de Gwen.

Nous passons à la partie de la conversation la plus intéressante, voir, la plus compliquée. Lui demander un ingrédient aussi puissant que le Mycène des Marais et aussi rare éveillera sûrement bien des questions chez elle et j’étais prêt à y répondre… enfin, dans la mesure du possible.
Lorsque je la vois passer une main sur son cou, là, sur cette chaine que je perçois dans la lueur des lumières de la salle.
Est-ce une clé au bout ?
Je ne connais rien de sa salle de potion, ni de son bureau. Un million de question se bousculent mais je me contente d’user de mes atouts : L’observation, la déduction. Et mon regard se balade d’éléments en éléments, enregistrant la position des meubles, le contenu, la façon dont ils sont exposés. Une armoire recélant des produits trop dangereux et rares ne sera pas mit en avant comme pourrait l’être une armoire contenant des potions sans danger et sans intérêt.

- Je connais le Mycène des marais, bien entendu. Un ingrédient plutôt cher et prisé par les bons maîtres de potions...
- D’où ma question.

Parce que je sais que Gwen ne fait jamais les choses à moitiés et que par simple déduction de caractère, je me doute qu’elle ne se contente pas de simples petits ingrédients pour colorer les potions en classe.
J’attends patiemment qu’elle se décide à me dire où se trouve l’ingrédient, mais elle ne semble pas prompt à négocier, pas tout de suite. Le soupire qu’elle pousse n’est pas signe d’abdication mais plutôt de résistance. Peut-être même d’exaspération.
Mais toujours ce même réflexe : tenir entre ses doigts cette chaine en argent.

Je pourrais la subtiliser rien qu’avec un geste de la baguette mais je ne tiens pas à ouvrir les hostilités, pas tout de suite. Elle cèdera, en temps et en heure, mais elle cèdera.

- Qu'est-ce que vous entendez par « lui faire passer quelques lettres » ?

Je souris, amusé.
Elle ne perd pas le nord, ni la notion de l’échange. Si elle doit me donner un ingrédient, ça ne sera pas sans un contrepartie. Et l’inverse sera la même. Pas de lettres, sans contrepartie.
Toujours droit sur mon siège, je lui répond en douceur, de mon même timbre de voix.

- Je vous l’ai dis, moins vous en savez, mieux c’est.

Et Merlin sait que je prend un énorme risque à prendre contacte avec elle.

- J’ai simplement la possibilité de faire ça sans me faire prendre et sans que qui que ce soit ne puisse lire le contenu de vos lettres.

Cette armoire est l’un de mes plus grands atouts pour faire passer quelques accessoires/ingrédients entre Poudlard et l’extérieur, sans que je ne risque quoi que ce soit. Sans que la mission ne soit mise en péril plus qu’elle ne l’est déjà au quotidien.

- La fréquence serait de deux fois par mois, voir trois. Plus, serait trop risqué.

Anton pourra enfin assouvir ses besoins d’amour avec son amante et je m’en retrouverais soulagé de mon côté de ne pas lire ses plaintes sur le fait qu’elle lui manque et qu’il se sentirait presque dépérir de ne plus recevoir de lettres qui le sermonne comme elle sait si bien le faire.

- J’aurai besoin de dix grammes de Mycène des marais qu’un élève vous aura malheureusement volé d’ici quelques jours.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 598
Date d'inscription : 08/12/2014
Crédits : /
Double Compte : Jeroen van Saade



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3032-gwen-the-things-we-lost#151833
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Dim 17 Juil 2016 - 21:16

Si Gwen avait été dans la tête de James à ce moment-là, elle lui en aurait soufflé une. Sa raison légendaire ? Quelle idée. Gwen se croyait imprenable et elle agissait comme tel. Certes, elle avait ses réflexes deprotection mais elle avait toujours cru ses échanges avec Anton à l'abri, comme si tout ce qui le concernait était forcément sécurisé, invisible et hors de portée de quelconques mortels. Commencer par la sermonner n'avait peut-être pas été la meilleure idée qui soit, même si l'espion n'avait pas quinze solutions. Il avait bien fallu commencer par présenter ce qu'il lui donnait en échange avant de demander le service lui-même, pour la calmer, lui donner l'impression de ne pas être au pied du mur, lui faire croire qu'elle gardait le contrôle. Ce n'était pas le cas mais elle le crut. Son fonctionnement de pensée n'était pas si alambiqué que ça, au fond.

- D'où ma question.

Question à laquelle elle avait répondu. Elle jouait au jeu du plus stupide mais il ne la suivait pas. Il n'avait pas deviné qu'elle en possédait ? Grand bien lui fasse. Ou peut-être avait-il compris le sous-entendu, mais s'attendait à plus d'informations. La quantité, l'emplacement du bocal... que d'informations pas bien compliquées. Du fait de la rareté du mycène, elle n'en avait pas beaucoup, et elle l'avait rangé avec le reste, dans son armoire, au milieu d'ingrédients basiques, de potions dangereuses et de trucs qui n'avaient rien à faire là comme un peigne à cheveux ou des boutons. Croire qu'elle avait eu le réflexe de cacher tout ce que son bureau recelait de plus dangereux était lui donner un peu trop de crédit, car elle se rendait à peine compte du danger en question.

- Je vous l’ai dis, moins vous en savez, mieux c’est.

Exaspérant. Il avait raison mais Gwen détestait cela. Anton lui cachait un pan entier de sa vie pour cette même raison. Pour la garder en sécurité et lui éviter des questions morales qui mettraient à mal sa santé mentale. Son côté caractériel avait envie de s'échapper et d'agir de manière inconsciente mais elle se contint en continuant de tripoter sa chaine, ainsi qu'un pli de sa robe de sa main libre.

- J’ai simplement la possibilité de faire ça sans me faire prendre et sans que qui que ce soit ne puisse lire le contenu de vos lettres. La fréquence serait de deux fois par mois, voir trois. Plus, serait trop risqué.

C'était peu, mais vu le silence forcé de ces derniers temps, c'était beaucoup. Et leurs échanges seraient définitivement sécurisés. Elle n'aurait plus à se cacher pour aller à la volière ni à utiliser des hiboux étrangers. L'espion avait gagné. Restait à négocier les termes du contrat.

- J’aurai besoin de dix grammes de Mycène des marais qu’un élève vous aura malheureusement volé d’ici quelques jours.
- Ainsi que d'autres ingrédients ? Les jeunes, ce n'est plus ce que c'était. Ils deviennent intelligents lorsqu'il s'agit de comettre des méfaits envers leurs enseignants.

Ce n'était pas à prendre comme un compliment, juste comme une confirmation de la version à maintenir auprès des autres professeurs. Elle allait lui donner le mycène, mais...

- Je ne vous donnerai pas la clef. Moi, et moi seule, irai chercher ce que vous me demandez dans ma réserve. Ce n'est pas négociable.

Son ton était devenu catégorique. Il pouvait revenir sur sa proposition ; même s'il la menaçait d'intercepter chacun de ses courriers, en somme, s'il la menaçait de la couper d'Anton... elle ne cèderait pas sur ce point-là. Il ne prenait pas de gros risques à la laisser prendre elle-même ce dont il avait besoin, au point où il en était. Le placard où elle rangeait des ingrédients aussi rares recelait des dangers qu'elle aurait mieux fait de mettre plus à l'abri, certes, mais elle avait la présence d'esprit de ne pas laisser quelqu'un comme lui y avoir un accès libre. S'il tentait de les lui subtiliser par la force, il en prendrait pour son grade et il serait obligé de disparaître plusieurs jours le temps que les traces disparaissent de son visage : les nouveaux sortilèges de protection font des merveilles, même contre les plus grands sorciers de ce siècle – et elle ne doutait pas que l'homme en faisait partie.

- Et c'est bien malheureux, mais il me semble qu'il me reste moins de dix grammes. Chaque feuille compte, et je n'achète jamais de grandes quantités de ce type d'ingrédients. Ça ne supporte pas le transport...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 767
Date d'inscription : 18/05/2014
Crédits : Nalex
Double Compte : Kezabel, Charleen, Mateo, William, Ora, Leiv, Dimitri & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2742-james-l-holt-o-you-can-run-but
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Mar 26 Juil 2016 - 11:34

– Ainsi que d'autres ingrédients ? Les jeunes, ce n'est plus ce que c'était. Ils deviennent intelligents lorsqu'il s'agit de comettre des méfaits envers leurs enseignants.

Ravis de voir qu’elle consentait à jouer le jeu.
De toute façon, avait-elle réellement le choix en vu de sa position ? Certes, Anton n’apprécierait pas à ce que je ne lui fasse le moindre mal ou même à ce que je ne la tue mais… Il est aussi conscient que si sa petite amie sang-mêlée venait à commettre la moindre bavure, elle en paierait le prix fort. Femme d’un frère ou non.
Notre Ordre était ainsi, avec ses règles strictes. C’était comme ça et pas autrement. Et tout le monde – ou presque – se pliait sans réellement broncher à cette idée au risque de se voir lâcher dans la fosse aux lions, Aka, aux autorités et donc, à Azkaban. Ou au mieux, de rencontrer la mort plus tôt que prévue.

Mais Roberts-Moore est une femme très intelligente, suffisamment pour savoir qu’elle ne doit en aucun cas commettre un seul faux pas.

– Je ne vous donnerai pas la clef. Moi, et moi seule, irai chercher ce que vous me demandez dans ma réserve. Ce n'est pas négociable.

Si la est sa seule exigence, je pense que nous pouvons nous arranger. Quand bien même je n’ai jamais eu dans l’idée d’aller fouiner dans sa réserve – même si l’idée est incroyablement séduisante – j’aimerais éviter de devenir borgne avec les multiples sorts de protection qu’elle a dû placer devant cette fameuse armoire.
A son ton, j’en juge qu’elle sait ce qu’elle veut, peu importe les menaces qui planent au-dessus de sa jolie tête blonde. Elle a du cran, c’est indéniable, mais ça ne suffit pas toujours pour faire face. Je ne suis pas son ennemi même si j’aurai pu, mais il faut croire que son statut auprès d’Anton et sa probable fidélité lui permet d’obtenir une certaine assurance et sécurité.

– Et c'est bien malheureux, mais il me semble qu'il me reste moins de dix grammes. Chaque feuille compte, et je n'achète jamais de grandes quantités de ce type d'ingrédients. Ça ne supporte pas le transport...

Je me cale dans mon siège, mes yeux parcourant son visage légèrement crispé par le sort que je lui ai envoyé.
Un rapide calcul s’effectue au creux de ma tête, afin de savoir si moins de dix grammes suffiront à porter ses fruits lors de ce jour si bénit que sera cette journée de Pâques improvisée.

– Le temps me manque pour vous demander de vous faire livrer quelques grammes supplémentaires alors je me contenterais de la totalité de votre stock.

Et de ça, elle n’en a pas le choix si elle souhaite continuer de recevoir des nouvelles de son cher et tendre.
Je réfléchis mûrement à la recette avant d’ajouter.

– Ajoutez donc trois grammes d’aconit napel. Ca sera amplement suffisant pour ce que je souhaite en faire.

Sûrement l’une des plantes les plus mortelles pour l’homme.
Et c’est le but. Peut-être de ne pas tous les tuer d’un coup – quoi que… l’idée n’est pas si gênante que ça – mais en tout cas quelques-uns. Ou au moins de semer la peur chez eux comme l’on sèmerait des graines dans leur cerveau. Celles de la peur, de l’angoisse, de la haine également. Celle des sorciers envers les moldus puisque c’est bien à cause d’eux que nous en sommes là aujourd’hui. Si leur très cher directeur entendait raison et décidait enfin à laisser aux sorciers ce qui leur revient… peut-être que nous pourrions consentir à lever le pied.

– Il me faut ces ingrédients pour demain matin, 7 heures. Dans la première salle du cachot, dixième pierre en partant du bas, côté droit de la porte. Déchaussez là et mettez-y ce qu’il me faut.

Je divise le paquet de lettre en deux, comme une liasse de billet et lui dépose sur les genoux une partie.

– Vous y trouverez la deuxième partie demain soir. Vers 23 heures. J’esquisse un sourire qu’elle ne peut pas voir mais qu’elle peut sûrement entendre dans ma voix. Désolé, mais je dois me donner une certaine assurance.

Même si je suppose que ça n’est pas réellement une valeur mais si je ne vois ce que j’ai demandé, Gwen se doute sûrement qu’une petite surprise l’attendra. Grande sorcière ou non, je possède au moins l’avantage de l’effet de surprise.

– Et si la curiosité vous prend de vérifier qui je suis en surveillant le couloir, je le saurais. Tout comme si l’envie vous prend d’en parler à qui que ce soit.

Ca n’est pas une menace, juste un fait.
Même si je ne suis pas assez stupide pour venir chercher ce « colis » sous mon « vrai » physique.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 598
Date d'inscription : 08/12/2014
Crédits : /
Double Compte : Jeroen van Saade



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t3032-gwen-the-things-we-lost#151833
MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   Lun 12 Sep 2016 - 11:56

Ce qu'Anton appréciait chez Gwen, c'était sa discrétion. Elle ne posait pas de questions, ne s'intéressait pas à ses activités délictueuses ; elle voyait les cicatrices nouvelles sur son corps, elle percevait la lueur sombre dans son regard lorsqu'il était sérieux, mais jamais, au grand jamais, elle ne le forçait à en parlait. D'un côté, ne pas savoir la préservait de tout conflit intérieur entre sa foi en l'humanité et son amour pour un homme dangereux. C'était plus simple. Mais surtout, cela la protégeait. Elle se défaisait de toute responsabilité quant aux conséquences des exactions des Supérieurs, et elle ne laissait aucune prise pour que les Supérieurs eux-mêmes ne puissent pas la toucher. Anton l'avait fortement influencée dans ce sens mais à la base, elle était ainsi. L'hypocrisie et le silence comme moyen de survie. Le monde était dangereux, et aussi innocente qu'elle puisse être, elle le savait. D'où un relent de caractère qui lui fit dire que non, l'espion n'aurait pas accès à son armoire directement. Et pas la quantité souhaitée. Disait-elle la vérité sur son stock ? Sachant qu'un seul et même ingrédient peut être poison et contrepoison... Rien n'était moins sûr, mais il n'aurait pas de moyens de le vérifier.

- Le temps me manque pour vous demander de vous faire livrer quelques grammes supplémentaires alors je me contenterai de la totalité de votre stock.

Son ton était sans appel. Elle semblait ne pas avoir le choix, mais comme elle n'avait pas donné la quantité exacte qu'elle possédait, l'ordre n'avait que peu de valeur. Elle haussa les épaules pour montrer son assentiment. Elle n'aurait effectivement pas le temps de se faire livrer quoi que ce soit s'il en avait besoin rapidement, et cela pourrait attirer l'attention. Elle n'avait aucune raison impérative d'utiliser une grande quantité de tels ingrédients, et dépenser des gallions là-dedans l'agaçait.

- Ajoutez donc trois grammes d’aconit napel, ajouta-t-il. Ça sera amplement suffisant pour ce que je souhaite en faire.

Malgré son calme apparent, la jeune femme blêmit nettement. Elle ne pouvait plus faire semblant et fermer les yeux sur les desseins de l'inconnu. L'aconit napel était un poison réputé pour les humains. Ce que l'homme souhaitait en faire, ce n'était rien de moins qu'une potion mortelle. La quantité ne permettait pas une hécatombe, mais une seule mort serait de trop sur la conscience de la jeune femme, car en acceptant cette requête – ou plutôt, en n'essayant pas de s'y opposer –, elle devenait responsable. Mais n'avait-elle pas passé des années à fermer les yeux alors qu'elle aurait pu, peut-être, convaincre Anton d'épargner quelques-unes de ces victimes ? N'avait-elle pas déjà du sang sur les mains, rien que par le contact avec le corps d'un homme dont la magie s'assombrissait jour après jour ? Elle ne put s'empêcher de prendre son visage entre ses mains dans un geste de protection, avant de s'accrocher nerveusement à sa chaîne. Elle pourrait préparer quelques contrepoisons... mais cela pourrait attirer l'attention si elle semblait devancer l'empoisonnement, et cela pourrait mettre l'espion dans une colère noire...

- Il me faut ces ingrédients pour demain matin, 7 heures. Dans la première salle du cachot, dixième pierre en partant du bas, côté droit de la porte. Déchaussez-la et mettez-y ce qu’il me faut.

Elle avala sa salive en enregistrant les informations dans un coin de son esprit. Elle ne pouvait plus se leurrer : elle était sous l'emprise d'un homme dangereux. Malgré ses petites résistances puériles, il pouvait lui demander ce qu'il voulait. Elle prenait peu à peu conscience que les Supérieurs n'étaient pas tous comme son amant qui, lui, ne lui aurait jamais demandé une aide aussi directe. Il ne l'aurait impliquée pour rien au monde. L'homme posa un paquet de lettres sur ses genoux serrés. Elle posa une main dessus pour qu'elles ne tombent pas et, en quelque sorte, pour se rassurer. Anton était là, avec elle, dans ces feuillets...

- Vous y trouverez la deuxième partie demain soir. Vers 23 heures. Désolé, mais je dois me donner une certaine assurance.
- Vous aurez ce que vous voulez.

Elle l'aurait fait de toute façon. Pour Anton, elle l'aurait fait. S'il lui avait demandé en personne, elle n'aurait même pas tant rechigné. Par amour, elle pouvait aller loin, beaucoup trop loin ; c'était peut-être difficile à appréhender pour quelqu'un d'extérieur à leur relation. Mais le plaisir qui transparaissait dans la voix de l'homme l'agaçait. Il avait une telle suffisance en lui qu'elle lui aurait bien fait ravaler ses propos, si elle l'avait pu.

- Et si la curiosité vous prend de vérifier qui je suis en surveillant le couloir, je le saurai. Tout comme si l’envie vous prend d’en parler à qui que ce soit.
- Vous m'insultez. Je ne suis pas aussi stupide. Rendez-moi ma baguette et allez-vous-en avant que je ne change d'avis.

L'espion posa sa baguette sur le coin d'une table, non loin d'elle, mais suffisamment pour qu'il puisse prévoir quand elle s'en emparerait. Il prenait des précautions jusqu'au bout. Les poings serrés sur sa liasse de lettres, Gwen attendit sans plus un mot qu'il sorte de la pièce et referme la porte derrière lui. Lorsqu'elle fut enfin seule, elle tâtonna un instant pour retrouver sa baguette, se lança un contre-sort pour récupérer la vue et se frotta les yeux pendant un instant, avant de se mettre à jurer à voix haute.

- Coprolithe ! Fot-en-cul ! Je lui en donnerais de l'assurance !

Choquée par son propre langage, ou peut-être par ce qui venait de se passer, elle se tut et son regard retomba sur les lettres. Elle aurait voulu qu'Anton soit là pour la rassurer...
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen   

Revenir en haut Aller en bas
 
Que ferais-tu par amour pour lui? - Gwen
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un message d'amour pour la Saint Valentin...
» Je ferais n'importe quoi pour toi. [Kyoko]
» Pour l'amour d'une blonde... [Pv Aaron]
» Un petit mot d'amour!
» ☾ on était parti pour s'aimer d'un amour pour 6 vies

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Poudlard & ses alentours :: Hogwarts' Inside :: Catacombes et escaliers :: ─ Salle des potions :: ─ Bureau et chambre du professeur des potions-
Sauter vers: