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 I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo

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MessageSujet: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Jeu 10 Mar 2016 - 19:44

Mercredi 1er avril 2015 – Dans l’après-midi
I've heard it takes some time to get it right



Mateo & Riley

1er avril. C’est le bordel partout dans le château mais en ce qui me concerne je ne ressens absolument pas l’envie de faire des blagues. Ça doit se voir sur mon visage puisque jusqu’à présent personne n’a eu l’air de vouloir ne serait-ce que me coller un poisson dans le dos … Ou alors je ne m’en suis absolument pas rendu compte. Coup d’œil rapide dans une fenêtre … Non, rien à signaler visiblement. En temps normal, je n'aurai peut-être pas été la première pour faire des blagues mais j'aurai fait partie de cette masse en délire ça c'est certain, seulement voilà, depuis quelques jours, une semaine en réalité, ça n'est pas la grosse patate. Je ne dis pas que je ne souris jamais, que je ne m'amuse pas, etc … Parce que c'est totalement faux. Je n'ai pas arrêté de vivre, simplement certaines choses me pèsent sur le cœur, c'est tout. Ce matin j'ai pris mon petit déjeuner avec Lukas, Charleen, et Kezabel. Enzo n'était pas loin et Boulette l'a aidé à écrire une fausse lettre d'amour pour son frère : Même si je ne me suis pas prêté au jeu, ça ne m'a pas empêché d'être atteinte par leurs sourires et leur crise de rire communicatifs. Idem quand j'ai croisé le grand Rouge ce midi alors qu'il se grattait comme un malade parce que Mateo lui a mis du poil à gratter dans le caleçon. Je me suis retenue de lui demander comment il va, Mateo je veux dire, de même que je ne pose pas non plus la question à Kezabel qui le voit en cours tous les jours même si bien évidemment ça nous arrive d'en parler, ni à Will qui traine souvent avec lui, pas à Macy non plus et encore moins à Maxime.

On vient de terminer de manger, je traverse le hall toute seule, Keza est partie bosser avec Enzo, je déambule mains dans les poches, affichant un sourire tendre en apercevant Lukas qui se balade avec un … deux … trois … Non, quatre, quatre poissons accrochés dans le dos. Mon sourire s'élargit quand je me rends compte qu'il tente d'approcher la petite Elijah en douce pour lui en coller un à elle et ce sourire se transforme carrément en éclat de rire quand elle se met à hurler de surprise, qu'il trébuche et … qu'ils tombent tous les deux en pleins milieu du Hall.

« Cadeau. »

Sursaut. Main sur le cœur. Il esquive et il a bien raison parce qu'en général, les coups partent assez vite quand on me surprend comme il vient de me le faire. Il ? C'est Cameron, qui me tend un paquet ouvert dans lequel se trouve deux grands cookies aux pépites de chocolat. On recommence a se côtoyer régulièrement, c'est réellement quelque chose qui me fait plaisir, néanmoins je ne peux m'empêcher d'être suspicieuse et je pense que mon regard est suffisamment éloquent quand je me penche en grimaçant au dessus des gâteaux.

« Qu’est-ce que c’est ? »
« Ah, oui, c’est vrai, le 1er avril. Jour officiel de la méfiance. »


Il lève les yeux au ciel mais son sourire n'a rien d'agacé ou sarcastique.

« On a fait des cookies avec les deuxièmes années ce matin, tu connais mon gros appétit … »

Ce type est le seul homme au monde qui ne mange pas comme quinze, c'est vrai. J'exagère, je sais, il n'est pas le seul, mais c'est vrai qu'on a l'habitude des ventre sur pattes. Ça lui donne un autre côté relativement hors du commun, c'est tout. Sur beaucoup de points il n'est pas comme les autres, ça le rend apaisant à sa façon. Et ça pousse à la confiance, aussi. C'est sans doute pour ça que j'attrape un des gâteaux et le remercie.

« Merci Cameron, c’est gentil. »
« Prends le paquet, tu partageras avec qui tu voudras. »


Il me le colle carrément dans les mains et s'éloigne déjà.

« J’te laisse, j’ai cours. »
« Bon courage. »


Un signe de la main, de sa part, de la mienne, je le regarde monter les marches sans réellement le voir et poursuit moi-même mon chemin, toujours aussi calme. Non, ça n'est pas habituel, mais ça ne veut pas dire pour autant que c'est alarmant. C'est comme ça, c'est tout. La raison je la connais, j'y réfléchis suffisamment comme ça. Je ne me sens pas perdue, je ne me sens pas mal, je suis juste … un peu éteinte. Est ce qu'il me manque ? Bien sur qu'il me manque et croyez moi ça n'a rien de simple de se croiser tous les jours. Pourquoi est ce qu'on reste éloignés et silencieux comme ça ? A vrai dire, je n'en sais trop rien, je crois … Enfin je ne veux pas parler pour lui mais ça ne m'étonnerait pas qu'on est besoin de temps tous les deux, pour digérer, chacun de son côté. C'est un peu comme ça que je ressens les choses en tout cas, même quand je ressens l'envie de me blottir dans ses bras, chose qui arrive a peu près quinze fois par jour. Sans parler des questions que je me pose : Qu'est ce qui se passe réellement ? Est ce qu'on est toujours ensemble ? Est ce que c'est juste une pause ? Est ce qu'on est juste deux crétins ? Peut-être que c'est moi la crétine de l'histoire, tout simplement.

Je monte les étages sans trop m'en rendre compte, croquant dans ce grand cookie régulièrement, l'autre toujours dans le sachet, dans mon autre main, observant mon environnement, comme détachée. J'avais dans l'idée d'aller faire mes devoirs à la bibliothèque, c'est la trajectoire que je prenais jusqu'à ce que je m'immobilise en plein milieu du couloir, comme pétrifiée. La raison est simple : Il se tient là, face à moi, à seulement quelques mètres. Je ne sais pas comment on s'est débrouillé mais ça n'est pas arrivé une seule fois depuis notre dispute, résultat je me retrouve comme une cruche, plantée sur ses deux jambes, la bouche entrouverte, pleins d'émotions dans le cœur, dans le corps ...

« Salut. »

Est ce qu'on parle de ce geste débile et nerveux que je viens de faire ? A savoir tendre la main dans sa direction pour lui proposer le deuxième cookie que m'a donné Cameron.

« T’en veux ? »

Oui, après une semaine d'éloignement et de silence, c'est tout ce que je trouve à dire. J'aimerai vous y voir ...

Is it too late to say sorry ?
Cause I'm missing more than just your body
Is it too late now to say sorry?
Yeah I know that I let you down
Is it too late to say I'm sorry now?

Justin Bieber

ET OUI Môdame ! Nan c'est pas le titre de la chanson hein :bigsmile: Avoue quand même que c'est de circonstance :sors:
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Mar 15 Mar 2016 - 16:35

►I've heard it takes some time to get it right ◄
Riley & Mateo


Mercredi 1er Avril, avant le déjeuner

Si au moins un événement peut nous mettre un temps soit peu le cœur en fête, alors autant en profiter. Je me fais surtout engrainé par Maxime et le reste de la clique pour faire des conneries. Je suis d'ailleurs en pleine immersion dans ma mission et dans le lieu d'exécution … La salle commune des gryffondor. Enzo est là, à parler à je ne sais qui et c'est avec un sourire tranquille que je me dirige vers lui pour discuter de tout et de rien, se marrer un peu, être léger. Histoire d'avoir les épaules un peu moins lourdes et peut-être m'enlever ce goût amer qui ne me quitte plus depuis déjà quelques jours. Et ce n'est qu'au moment de le quitter que je déverse du poil à gratter dans le calbut'. Avec un large sourire en prime.

— Avec les compliments du chef ! J'y ai fourré des piments argentins.

C'est pas vrai mais une chose est sûre, c'est que ça va le démanger sévère pendant un petit moment. Douche ou pas douche, il a intérêt à se frotter sec s'il ne veut pas que ça lui grattouille le popotin jusqu'au lendemain...
Je me casse en courant, mains dans les poches avant de rejoindre Maxime qui me menace déjà du regard. Je lève les mains en signe de défense.

— Respire, j'ai prévu autre chose pour toi.
— T'as plutôt pas intérêt ouais.

Si j'avais eu la bonne idée de lui faire la même blague, pas sûr que je sois encore en vie pour aller manger présentement.
Direction la grande salle, toujours les mains dans les poches et j'écoute Macy discuté avec Maxime , toujours pourvue de son entrain habituel. Elle fonctionne non pas sur pile mais sur batterie à énergie solaire, elle ne s'arrête jamais mais cette fois, c'est avec tranquillité que je l'écoute raconter ses derniers mésaventures de poisson d'avril avec Will.
Regard sur le côté et je la perçois au fond d'un couloir, brièvement. Suffisamment pour me donner une légère crampe au bide et pour me renfrogner sur place. Je rentre ma tête dans les épaules, mains un peu plus enfoncées dans mes poches. La vérité est que j'me sens mal avec cette histoire. J'aurai eu pour premier réflexe de m'en foutre, d'envoyer tout balader et surtout, d'envoyer chier Riley pour m'avoir prit la tête pour si peu … mais force est de constater que les choses sont foutrement différentes parce que je n'ai ni envie de faire une croix dessus, ni l'envie de l'envoyer chier ailleurs. Je sais même pas ce que je dois faire. Si je dois aller la voir, si je n'dois pas le faire. J'ai encore ce goût amer au fond de la gorge alors que je la revois s'énerver dès lors où je mentionne Derek.

Je n'ai jamais autant détesté ce mec de toute ma vie.
Parce que j'aurai préféré ne jamais la voir réagir comme ça et parce que cette histoire m'a poussé à me comporter comme un véritable connard.

Déjeuner, je suis silencieux.
Et comme on n'peut rien cacher à Maxime...

— Tu comptes aller lui parler quand ?
— J'sais pas. Pourquoi ça devrait être moi qui devrait y aller de toute manière.

Elle se redresse, pose son verre de jus et se tourne complètement vers moi. Maxime possède le genre de regard bleu glace qui vous fige sur place et je le soutiens, curieux.

— Allez, retour du sale con arrogant ?

Elle lève un sourcil et je détourne le visage, en grognant.
M'fait chier avec cette histoire de sale con arrogant. Ca m'fait d'autant plus chier que c'est vrai et que c'est ma fierté plus qu'autre chose qui me donne la sensation d'être pieds et poings liés.

— Ca va, c'est pas la fin du monde. C'est pas  la dernière fois que vous allez vous prendre la tête. Vous êtes tellement relous tous les deux.
— Plus elle que moi.
— Grosse blague.

J'esquisse un sourire, léger. Parce que oui, grosse blague quand on sait à quel point je peux être chiant et stupide.
Deuxième vérité : j'aime pas me disputé avec elle.
Troisième vérité : Elle me manque.
Ca m'fait bizarre de me le dire.

Le repas se poursuit non sans connerie digne du 1er avril avant que nous quittions la grande salle pour le deuxième étage où nous nous arrêtons dans un coin pour fumer tranquillement. William et Macy sont entrain de gentiment se chamailler, j'ai vu Ryans partir avec Kezabel tout à l'heure, sûrement pour réviser. Et Maxime, toujours à côté de moi, pleine de silence. C'est un printemps comme je ne les aime pas. Et comme elle ne les aime pas non plus. On a beau dire ce qu'on veut sur elle, elle n'a pas aimé devoir dire à Hasting que ça devait s'arrêter là. Et moi j'aime pas me dire que j'suis déjà entrain de faire la gueule à Riley comme si j'avais 12 ans.
Ouais, mauvais printemps.
Mauvais semaine.

— Bon j'vais y aller, j'dois  réviser avec Will. Tu veux venir ?
— Non vas-y. Je vais aller faire un tour dehors.

Elle acquiesce en silence avant de relever son corps d'un mètre quatre vingt-cinq et de suivre les grumeaux alors que je me relève à mon tour, essuyant par réflexe mon jean. Mains dans les poches, je prend la direction opposé à la tour des Serdaigles. Je sais pas ce que je vais foutre dehors mais j'ai besoin de prendre un peu l'air. Peut-être pour réfléchir à comment j'vais démêler tout ça et arrêter de jouer aux cons.
J'approche des escaliers et relève la tête par pur réflexe.
Mon pas se stoppe net, mon regard en fait de même.

J'ai l'impression qu'un pavé me tombe au creux de l'estomac alors que je me retrouve à quelques mètres de Riley, face à elle, à la regarder comme un con et surtout sans rien dire.
Une semaine qu'on ne s'est pas adressé la moindre parole, le moindre geste si ce n'est que celui de se fuir. Une semaine que je ne l'ai pas touché, sentie ou même embrassé. J'ai le cœur qui vient de faire une embardé et je me redresse, histoire de me redonner un peu de contenance.
Toujours cette même fierté à la con avec le refus catégorique de laisser entrevoir quoi que ce soit alors que c'est le bordel dans ma tête. Et j'me sens encore plus stupide de la trouver incroyablement belle après une semaine sans l'avoir réellement regarder comme ça.

— Salut.
— Salut.

Voix enroué d'avoir peu parlé et surtout d'avoir la gorge pleine d'émotion diverse. Mains dans les poches je ne bouge pas et la regarde, ne sachant pas quoi lui dire. Pas le moindre mot me vient. Pourtant, j'ai un tas de chose à lui demander ou à lui dire. Si ça va, qu'est-ce qu'on fait, est-ce qu'on oublie, est-ce qu'on oublie pas, qu'elle me manque, accessoirement.

— T’en veux ?

Je fronce les sourcils alors qu'elle me tend quelque chose... Je m'approche d'un pas après avoir hésité une poignée de seconde. Mes yeux se posent sur l'objet en question.
Est-ce que c'est sérieux ?
Mon regard glisse du cookie à Riley, de Riley au cookie. L'espace d'une seconde, je me demande si elle ne se moque pas de moi ou si ce cookie n'est pas trafiqué pour une petite vengeance à la Jenkins. Excusez-moi mais j'ai le droit de me poser la question quand on sait toutes les crasses que l'on s'est faite.

— Ça dépend, t'as mis de l'arsenic dedans ?

J'ai l'ébauche d'un sourire sur les lèvres qui n'a rien d'amer ni de cynique, mais plutôt l'ombre d'une taquinerie. J'essaie de débloqué la situation à ma façon, comme je peux, parce que j'suis pas habitué à ce genre de chose. J'ai jamais été confronté à devoir des explications à ma copine ou quoi que ce soit d'autre dans le genre, encore moins à devoir présenter mes excuses parce que j'ai jamais eu de relation durable, sauf une fois avant la mort de Camélia.
Tiens, parlons-en de Camélia. Qu'est-ce qu'elle dirait si elle te voyait agir comme ça, grand con.

Je finis par m'approcher de Riley et par prendre le cookie entre mes mains. Je ne l'ai pas eu aussi proche de mois depuis plusieurs jours et ça me mets dans un état que j'ai du mal à décrypter. C'est presque encore pire que le soir où j'ai décidé d'aller la voir pour mettre toutes ces choses à plat.
Je regarde le gâteau, le bouge entre mes doigts avant de lâcher :

— Merci.

Je tousse dans le creux de ma main me sentant ridicule au possible avec ce truc entre les doigts. J'ai même pas faim et aucune envie de le manger. J'ai l'estomac noué, le cœur en bordel et le cerveau incapable d'aligner une pensée logique sur deux. Maintenant j'fais quoi ? J'me casse ? Merci pour le cookie et bisou ?
Nouveau regard vers Riley que j'ai envie d'emmener loin d'ici et je me rends compte que j'ai même plus envie de lui en vouloir de quoi que ce soit. Pourquoi est-ce que j'ai été tapé ce délire sur Derek déjà ?
Ah ouais, pour …
Bref. Qu'est-ce qu'on s'en fou. Il n'est même plus là et c'est pas comme si je risquais quelque chose au final. Non ?

Je me passe une main dans les cheveux, y fou sans le vouloir le bordel.

— J'suis désolé pour l'autre fois.

Je n'me rend pas compte que je tapote le cookie dans le creux de ma main, nerveux.
Ces excuses tiendraient presque du miracle venant de mes lèvres.
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Ven 18 Mar 2016 - 20:09

Salut. Salut. Ça va ? Oui, et toi ? Situation de merde, dialogue de merde. Tout ça n'a rien de naturel, c'est complètement ridicule et pourtant tellement évident. On a l'air de deux cons après être passés par la case « fauves prêts à se sauter à la gorge mutuellement », deux cons chez qui la pression est redescendu et pour qui les idées sont redevenues un peu plus claires, plus calmes en tout cas. C'est comme ça que je le vis de mon côté, du sien … Je ne peux pas en être certaines mais avec le temps j'ai compris qu'on réagissait souvent d'une manière similaire. Ça n'est pas la première fois qu'on se prend la tête : ça explose, ça fait du bruit, on se fait la gueule et une heure après on se fait un câlin en n'y pensant plus du tout. Cette fois on se retrouve encore une fois sortis de nos zones de confort puisque ça n'a pas duré une heure mais une semaine, et que la raison de cette dispute bien que démarrée par ma faute de manière complètement conne et déraisonné, est un peu plus … pas compliquée, ça n'est pas le terme que je cherche. Plus importante pleut-être ? Plus sérieuse, voilà, je pense que ça correspond assez.

Je sais que j'ai un milliard de choses à lui dire mais la seule chose qui sort c'est ça : T'en veux ? Salut ! On vient d'avoir une vraie dispute, on s'est pas parlé depuis une semaine et pour fêter ça je te propose un cookie. Pitoyable. D'un autre côté … Au moins ça débloque un peu le mutisme environnant, c'est déjà ça. Et ça le fait se rapprocher. Son air méfiant ne m'échappe pas, je ne comprends pas tout de suite alors que j'ai eu totalement la même réaction avec Cameron tout à l'heure mais me demander d'avoir une pensée cohérente en cet instant c'est trop. La seule chose sur laquelle je suis capable de me concentrer c'est sa présence et le fait qu'il fasse accélérer les battements de mon cœur simplement en se rapprochant comme il vient de le faire.

« Ça dépend, t'as mis de l'arsenic dedans ? »

J'ai envie de rire, je me retiens. J'essaie de me souvenir qu'on est en froid mais ça me semble tellement simple de faire comme si ça n'était jamais arrivé. Ça n'est pas nécessairement quelque chose que je souhaite seulement quand je le vois là devant moi le naturel revient au grand galop et rien ne semble avoir d'importance si ce n'est cet envie de rire avec lui. Je me calque simplement sur ses réactions, j'esquisse un semblant de sourire et lui répond d'une manière que j'espère tranquille et neutre alors que j'ai cette impression gênante que ma voix tremble.

« Moi non, mais c'est Cameron qui me les a donné alors peut-être que lui en a mis. Si c'est le cas ... »

Je baisse les yeux vers le cookie une seconde puis les relève vers lui en haussant les épaules. Si c'est le cas, je suis foutue parce que j'étais très précisément entrain d'en manger un mais je crois qu'on sait tous les deux qu'on peut faire confiance au Non-Magicien.

« Par contre j''ai bien essayé d'y faire rentrer un Atlas mais même avec conviction j'ai pas réussi. »

Cette fois j'ai encore un peu plus de mal à contenir mon sourire et ça doit se voir mais je n'ai pas envie qu'il pense que je prends tout ça à la légère parce que ça n'est pas du tout le cas. C'est juste un moyen de détendre l'atmosphère, comme il l'a fait juste avant je pense, et simplement une réaction instinctive, une sorte de private joke aussi, quelque chose qui tend à nous rapprocher volontairement ou pas.
Un nouveau pas vers moi, une nouvelle accélération du myocarde et une fois n'est pas coutume, même avec ma grande bouche habituel et mon sale caractère évident, je me sens toute petite alors je ne bouge pas, je le laisse faire, sans un bruit. Il attrape le gâteau et l'observe, toujours suspicieux malgré tout ?

« Merci. »
« Je t'en prie. »


Réponse trop rapide pour être sereine, mais ça n'a pas d'importance. Non, ça n'est pas une marque de politesse mais bien l'expression d'une certaine nervosité, c'est plutôt clair. Et maintenant, on fait quoi ? Tu continue de regarder ce cookie et moi le mien ? On trace notre chemin chacun de son côté ?

C'est mort, physiquement c'est mort, il ne se passe rien, mais intérieurement c'est le bordel. Je sens que la pression monte, je sens aussi que je n'ai pas de patience et que cette immobilité ne va pas durer, parce que je ne suis pas capable de ça, parce que je vais exploser, que ça va sortir comme ça va pouvoir mais à l'instant même où j'ouvre la bouche sans savoir ce qu'il va en sortir, il me devance.

« J'suis désolé pour l'autre fois. »
« C'est moi qui ai pété une durite, j'aurai jamais du t'agresser comme ça, c'était complètement stupide. »


Cette fois encore la réponse vient rapidement, à peine sa phrase terminé, et … ça n'est pas tellement une réponse puisqu'il n'a pas posé de question mais ici ça n'a rien de la nervosité qui s'exprime. C'est plutôt ce qui se passe au plus profond de mon ventre, il fallait que ça sorte. Bien sur je ne peux pas le nier, j'apprécie réellement qu'il s'excuse parce que je continue de penser qu'on a tous les deux nos torts dans cette histoire et je sais à quel point ça doit lui demander d'effort pour en arriver là. J'apprécie d'autant plus, en composant avec son caractère. Je lui en ai vraiment voulu ce jour là, les jours suivants aussi, jusqu'à ce que ça se calme et que le poids de son « absence » devienne plus lourd que tout le reste. Pourtant je n'ai rien fait pour aller vers lui, je sais, mais il n'est pas le seul à avoir sa fierté et à ne pas toujours savoir comment gérer une relation de couple. On apprend, on fait ce qu'on peut, pas vrai ?

« J'ai vraiment été trop conne, insupportable comme souvent et j'en ai conscience. Je sais aussi que je ne pourrais pas te promettre que ça ne se reproduira pas parce que tu sais aussi bien que moi que mon sale caractère m'en empêche. »

Je baisse les yeux un moment et ramasse le cookie que je n'ai pas terminé dans le sachet alors que lui n'a pas touché au sien.

« Pour le reste ... J'crois que ça serait pas mal qu'on discute, t'en pense quoi ? Y a visiblement un truc qui coince entre nous, un sujet qui fâche et … J'aimerai vraiment qu'on essaie de mettre ça au clair si t'es d'accord. »

Parce qu'on sait très bien tous les deux que ça n'est pas mon sale caractère le fond du problème.

« Parce que j'aime vraiment pas qu'on soit loin comme ça. »

Nerveuse, je me mords la lèvre inférieure et danse d'un pied sur l'autre. Fébrile, fragile. Ceux qui me connaissent savent à quel point je déteste me sentir comme ça mais je suis prête à l'accepter pour ce que ça représente.

« Tu me manques Mateo. »

Rire avec toi me manque, parler avec toi, t'attraper la main, t'embrasser, faire l'amour avec toi, juste être là, pas loin, même dans le silence. Tout ça me manque. Nous me manque … Mais l'abcès il est là, bel et bien là, et je pense sincèrement qu'il faut qu'on le crève parce qu'il finira tôt ou tard par créer des problèmes à nouveau si on laisse ça comme ça. Et j'ai pas envie de laisser ça comme ça de toute façon. J'ai pas envie de te laisser reprendre ta route sans moi.
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Mar 22 Mar 2016 - 15:40

— C'est moi qui ai pété une durite, j'aurai jamais du t'agresser comme ça, c'était complètement stupide.

Les mots sortent aussitôt après les miens et j’en suis le premier surprit. Tout lui vient d’une traite et j’arrête un instant de tapoter ce fichu cookie dans le creux de ma paume alors que je la regarde, sans rien dire.
Oui, elle a pétée une durite et ouais, j’ai pas compris ce qu’il se passait. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir commis une faute en parlant avec Daya et je n’avais pas l’intention d’en commettre une… Peut-être ne me fait-elle tout simplement pas confiance. Comment est-ce que je pourrais lui en vouloir vu mon passif ?

Mes excuses sont sincères mais elles me coûtent, pour la simple et bonne raison que j’ai une fierté encore pas habitué à ce genre de situation mais ça viendra. Maintenant qu’elles sont dites, je me sentirais presque soulagé. Tout comme je le suis de l’entendre me lâcher ça.
Cependant, ça n’change rien au fait que je me sente con et que j’ai envie d’arrêter tout ça, qu’on efface tout d’un geste de la main pour reprendre là où s’est arrêté avant cette dispute sans aucun sens…

— J'ai vraiment été trop conne, insupportable comme souvent et j'en ai conscience. Je sais aussi que je ne pourrais pas te promettre que ça ne se reproduira pas parce que tu sais aussi bien que moi que mon sale caractère m'en empêche.

Je souris, légèrement.
Oui, je le sais. J’ai bien conscience de son caractère à chier tout comme j’ai conscience du miens. Ca ne sera probablement pas la première dispute, ni la dernière… tout du moins, j’espère ?
J’en viens à m’inquiéter sur la suite, à me dire que finalement, elle va peut-être me dire qu’il serait mieux qu’on s’arrête et je me surprends à ne pas aimer l’idée. Voir même, à la repousser. Je reste planter là comme un idiot sans rien dire, attendant la suite. Parce qu’il y en aura une, qu’elle me plaise ou non.

— Pour le reste ... J'crois que ça serait pas mal qu'on discute, t'en pense quoi ? Y a visiblement un truc qui coince entre nous, un sujet qui fâche et … J'aimerai vraiment qu'on essaie de mettre ça au clair si t'es d'accord.

Je baisse la tête et détourne le regard en me passant une main sur le front.
L’idée ne me plait pas. Vraiment pas. C’est un truc que j’ai pas envie de remettre sur le tapis, ni dont je veux reparler parce que ça fait déjà des jours que je lutte pour m’enlever ces sales images de la tête.
Je ne veux pas reparler de Derek, de ce qu’elle a ressenti pour lui, de ce qu’elle a vécu avec. Je ne veux pas évoquer l’ombre de son existence et tout en moi rejette l’idée en bloc. Tout ce qui peut faire référence à ce type me révulse et me fou dans des états de nerfs qui me dépasse. Pourquoi lui ? Pourquoi est-ce que je fais une fixette sur ce type qui semblait avoir tout pour lui ?

— Parce que j'aime vraiment pas qu'on soit loin comme ça.

Je lève la tête, le cookie s’émiettant de nouveau au creux de ma main alors que je l’agite. Je suis nerveux.

— Tu me manques Mateo.

Ça me fait d’abord l’effet d’une douche froide puis d’un brasier, là, partout. Des pieds à la tête, comme un long frisson de plaisir qui se mue en un incendie qui vous consume en un claquement de doigts pour finalement redescendre.
Ses mots me touchent plus que je ne le montre et je me sens encore plus stupide, coincé dans cette situation. Je tousse dans le creux de ma main pour me donner contenance avant de lâcher, d’une voix enrouée et mal assurée.

— Tu me manques aussi.

Ce n’est pas le genre de mots que j’arrive à dire, ni le genre d’aveux. Lorsqu’il a fallu s’avouer que tout ça, ça n’était plus un test mais du sérieux, j’ai mis 15 ans avant de réussir à tourner une phrase correct et compréhensible. Je ne suis pas le genre de type à faire des déclarations joliment tournées, avec des mots de poètes. Je suis plutôt abrupte, sans délicatesse. Et là, oui, elle me manque. C’est une réalité que je ne réfute plus lorsque j’ai eu plus d’une fois envie de la coincer dans une salle pour ne serait-ce que la sentir contre moi, dans mes bras. Quand plus d’une fois j’ai eu envie de me glisser entre ses draps pour pouvoir la toucher, l’entendre soupirer ou l’embrasser. Quand plus d’une fois je voulais l’alpaguer dans les couloirs pour raconter une connerie, une nouvelle que j’ai faite pour le 1er Avril ou un nouveau truc qu’on aurait fait avec Maxime. C’est sûrement à ce moment-là que j’ai réalisé à quel point elle faisait partie de mon quotidien, de ma vie, de mes habitudes. Qu’elle était ancrée chez moi sans que je n’en prenne réellement conscience.

— J’aime pas cette situation. Je suis un vrai manche pour m’exprimer mais j’aime pas te savoir loin de moi. J’aime pas savoir que tu m’fais la gueule.

Ça ne me pourrie pas la vie mais ça me bouffe, ça me rend moyen. Dans un état que je supporte mal, une sorte de léthargie qui vous ronge le cerveau.
Je m’approche lentement et dépose le cookie dans son sachet.
Vraiment, je n’ai pas faim. Je suis incapable d’avaler quoi que ce soit.
Et elle ne sait pas à quel point j’ai envie de la toucher, en cet instant.

— On va dans une salle ? J’ai pas envie de parler de ça d’ici.

J’ai déjà pas envie d’en parler tout court. J’ai pas envie de repenser à ce mec, j’ai juste envie de l’oublier, de la prendre dans mes bras, de l’embrasser, de ne plus être là. D’oublier tout ce que l’on s’est dit. De jouer l’autruche.
Pourtant j’peux pas laisser ça comme ça. Moi j’le voudrais, elle non. Et j’me dis que ça doit être nécessaire au processus de réconciliation. J’en sais rien, j’ai pas l’habitude de tout ça, j’y connais tellement rien…
Nous n’allons pas très loin, juste dans une salle vide à proximité. Je ferme la porte derrière moi et j’ai l’impression de me retrouver dans la même situation qu’il y a une semaine… Mais sans les cris, sans la rancœur, sans la haine. Juste un malaise palpable. Un court silence s’installe alors que je marche quelques pas, main sur la hanche, l’autre dans les cheveux.

— Je ne te mentirais pas, j’ai pas envie de parler de lui, de vous. L’idée même de devoir remettre ça sur le tapis me rend dingue mais je n’ai pas non plus envie de laisser pourrir ça.

La vérité c’est que j’angoisse. L’idée qu’elle me parle de Derek me fou la trouille parce que je ne veux pas me rappeler leur corps, leur souffle. Elle a sûrement eu d’autre mecs dans sa vie, tout comme moi je ne me suis pas privée, mais lui ? Ça n’passe pas.
Derek est la représentation même de la réussite. Beau, quémander par les nanas à tour de bras, sûr de lui, bon dans ses études, bon partout. Il faisait ce qu’il voulait avec tout ce qu’il voulait… Et t’as des mecs comme moi. Pas de prestance, un casier judiciaire long comme son bras, une vraie merde en cours, voir, quasiment stupide, qui ne fera probablement pas grand-chose de sa vie.
Est-ce que c’est ça qui coince ? Cette dualité de valeurs ? De m’dire qu’à côté, j’suis rien qu’une petite racaille comme on nous appels ?

— Je n’veux pas te perdre à cause de lui.

Encore une fois, cet aveux est difficile pour moi. Je ne la regarde même pas tant c'est compliqué de sortir ces mots de ma bouche. Le pire étant que je les penses, sincèrement. Tout comme je pensais ce que je disais tout à l'heure, sur le fait qu'elle me manquait et qu'elle me manque encore.

Alors, parlons-en. Qu’on en finisse.

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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Mar 22 Mar 2016 - 22:12

Qu'est ce que j'attends de lui en cet instant ? Je ne dirais pas que je n'attends rien de lui parce que ça serait simplement mentir. Je sais ce que je veux entendre, ce que j'espère entendre, et même s'il ne se passe que quelques secondes avant que ses lèvres ne se descellent, ça me paraît être une éternité. J'ai un raté du cœur, la gorge complètement serrée, simplement parce que je ne sais pas à quoi m'attendre. Il a cette capacité a savoir rester impassible parfois, en total contraste avec cette impulsivité qui le caractérise en partie, en cet instant je n'arrive pas à le déchiffrer mais lorsque les mots sortent ...

« Tu me manques aussi. »

… mes épaules s'affaissent, littéralement, sans que mon regard le lâche une seule fois. Et je lute, sérieusement. Je lute contre cette envie de laisser tomber ce sachet que je tiens dans la main pour me jeter dans ses bras, lui dire que tout ça c'est complètement con, qu'on n'a pas à s'infliger ça, que rien d'autre n'a d'importance … Je ne le fais pas parce que ça n'est pas le cas : C'est important. Je n'ai pas envie que ça se termine aujourd'hui, ni demain. Tirer un trait sur ce qu'il s'est passé sans affronter le fond du problème c'est prendre le risque que ça explose une nouvelle fois, plus tard, peut-être plus fort cette fois. On peut encore rattraper le coup, pas vrai ? Peut-être que ça sera trop tard si on ferme les yeux  ...

« J’aime pas cette situation. Je suis un vrai manche pour m’exprimer mais j’aime pas te savoir loin de moi. J’aime pas savoir que tu m’fais la gueule. »

Est ce que je lui fais la gueule ? Ça été le cas, réellement, les premières heures, les premiers jours, puis ce sentiment s'est estompé, remplacé par d'autres. Quand une personne à qui vous tenez énormément commence à vous manquer sérieusement, vous avez cette tendance à oublier ce genre de choses. Je lui en ai voulu, c'est une certitude, et je suis presque certaine que c'était réciproque mais aujourd'hui mes idées sont claires. Et le voir comme ça, aussi calme … ça n'est pas naturel, tout comme ça n'est pas normal dans mon cas d'être aussi … immobile et silencieuse. Une Riley qui ne bouge pas, qui ne crie pas, ça n'est pas une Riley qui va bien. Je crois que c'est plus ou moins la même chose en ce qui le concerne, à sa manière, en moins hystérique évidemment. Il peut rester des heures sans bouger alors que ça m'est totalement impossible mais c'est un homme éteint que j'ai face à moi, et ça, non, ça n'est pas naturel.

« On va dans une salle ? J’ai pas envie de parler de ça d’ici. »

Juste un signe de tête, pour acquiescer, et je le suis sans discuter, le cœur tambourinant dans la poitrine à vitesse grand V. La porte se ferme, l'ambiance est lourde, presque oppressante, autant ne pas le nier. Je pose le sachet sur une table sans y faire attention, mon attention est totalement focalisée sur lui, c'est tout ce qui m'intéresse en cet instant.

« Je ne te mentirais pas, j’ai pas envie de parler de lui, de vous. L’idée même de devoir remettre ça sur le tapis me rend dingue mais je n’ai pas non plus envie de laisser pourrir ça. »

Ça va être … comme un pansement qu'on retire : Rapide, douloureux sur le coup, mais après ça ira mieux. N'est ce pas ? Je n'arrive pas à visualiser les choses autrement.

« Je n’veux pas te perdre à cause de lui. »

Si lui ne me regarde pas, de mon côté c'est autre chose. C'est comme … un électrochoc, violent, agressif, brutal … Mes yeux le fixent avec intensité le temps que l'information circule jusqu'à mon cerveau et que mes idées se remettent en place. Le reste est purement instinctif : En deux enjambées je suis près de lui, mes mains se posent de chaque côté de son visage et mes lèvres capturent les siennes. Je les laisse là, posées sur les siennes, immobiles, les yeux fermés, encore quelques secondes, avec la pleine conscience qu'il peut me rejeter à n'importe quel moment et que j'aurai sans doute du retenir ce geste mais ses mots m'ont plongé dans un état qui m'a poussé à agir comme ça. Et alors que je le libère de ce baiser, mes mains restent posées de chaque côté de son visage, mon regard se braque dans le sien avec intensité. Je crois que ma voix tremble, j'en suis même sure.

« J'suis désolée de t'avoir laissé penser que ça pourrait arriver. »

C'est un cri du cœur, ni plus, ni moins.
Et je n'arrive pas à le lâcher.

« J'te promets qu'il ne se mettra pas entre nous deux, je te le promets, d'accord ? Y a aucune raison valable pour ça et la situation géographique n'y est strictement pour rien. »

Pas une seconde cette idée ne m'a traversé l'esprit, pas une seconde depuis que j'ai accepté ce que je ressentais pour lui, Derek ne s'est insinué entre nous. Pas une seule fois. Mais d'une manière ou d'une autre je lui ai laissé penser le contraire, sans m'en rendre compte certes mais la culpabilité est bien présente. Mon souffle est court, les émotions sont virulentes, je parviens néanmoins à laisser retomber mes bras le long de mon corps puis à faire quelques pas en arrière. Il me faut quelques secondes pour reprendre consistance et surtout faire abstraction de sa présence, de ce corps que je n'ai pas du tout envie de quitter, de sa bouche qui ma cruellement manqué ces derniers jours.

« L'autre jour j'ai … très mal géré, j'voulais pas que ça sorte comme ça, aussi brutalement. Pourtant ce que je t'ai dit je le pensais, c'était la vérité pour moi. Oui ça m'a blessé qu'il parte sans dire au revoir même si dans le fond je le comprends tout à fait aussi, mais c'est un ami que j'ai vu, ou pas d'ailleurs, partir, pas un type pour qui j'ai des sentiments ni pour qui je traine un truc inachevé. »

Il faut que tu me crois, parce que c'est la seule et unique vérité, je te le promets. Et c'est vrai que je n'ai pas apprécié la façon dont il a parlé du Serpentard, de l'ancien Serpentard devrais-je dire, parce que personne n'aime qu'on traite quelqu'un qu'on apprécie de cette manière, mais je sais à quel point il est impulsif et ...

« Il s'est passé ce qu'il s'est passé, je pourrais pas l'effacer c'est comme ça, moi aussi j'ai un passé, mais quand je te dis que je suis parfaitement au clair avec ce que je ressens aujourd'hui, ça aussi c'est la vérité. »

J'ai les yeux humides, je peux parfaitement le sentir mais … soit, qu'est ce que ça peut faire de toute façon ? Les mots m'échappent et s'enchainent rapidement, ce sont clairement mes émotions qui s'expriment, les plus pures.

« Y a personne d'autre que toi qui m'intéresse. T'es pas parfait mais moi non plus putain, et j'crois que … Je sais pas … »

Un instant, juste un instant. Pause. Mains sur le visage, regard rivé sur le plafond. Soupir. Mon attention focalisée sur lui à nouveau, de même que mon regard. Je crois que c'est un sourire qui prend naissance au coin de mes lèvres mais je le retiens, par peur qu'il l'interprète de la mauvaise manière.

« On est tellement pareil sur certains trucs. »

Et pourtant ...

« Tu m'as jamais jugé parce que j'étais différente de toi sur d'autres plans, tu m'as accepté comme je suis et j'en ai fait autant, je l'espère en tout cas. »

Tu m'as accepté comme la fille à papa que je suis, sans jamais me faire sentir mal vis à vis de ça. Je ne me suis jamais vu dans ton regard comme une pauvre petite chose qui ne comprend rien à la vie parce qu'elle n'a rien vécu. Une fille sans balafre, sans cicatrice, alors que toi comme beaucoup ici n'y ont pas échappé. C'est un poids que j'ai parfois du mal à porter mais jamais tu ne m'as fait me sentir différente et à côté de la plaque à cause de ça. Jamais. Et tu ne peux pas savoir ce que ça représente pour moi. J'espère sincèrement en avoir fait autant pour toi mais je t'en supplie, dis le moi si ça n'est pas le cas. Te faire souffrir me rend malade.

« C'est comme ça que tu me plais, avec ton sang chaud, ton sale caractère qui est capable d'endiguer le mien, tes tatouages et ton arrogance, tous ces trucs qui feraient hurler ma mère. Qui rendraient mon père encore plus protecteur. »

Un rire bref et nerveux m'échappe, je baisse les yeux une seconde puis les plonge à nouveau dans les siens.

« Mais t'es pas juste ça, t'es bien plus. Tellement plus. »  

Nouveau silence, je soutiens son regard, sentant cette montée d'émotions qui me rend fébrile alors que je m'enroule de mes propres bras sans même m'en rendre compte.

« Tu es vrai, brut de décoffrage. Y a rien de lisse et de faux chez toi. T'essaie pas d'enjoliver le tableau, d'être quelqu'un d'autre. Y a juste des parties de toi que tu gardes à couvert mais on en est tous là. C'est ton droit le plus légitime. »

Et ces parties là tu as accepté de me laisser y accéder, à ton rythme, preuve évidente de la confiance que tu m'accordes. Confiance que tu n'accordes pas comme ça, à n'importe qui, je le sais. Confiance que j'ai mise à mal sans le vouloir. Je crois que c'est à ce moment là que l'évidence me saute aux yeux et je ne cherche pas à brider quoi que ce soit. J'ai l'impression que je n'y arriverai pas même si j’essayais, la vérité c'est que je ne réfléchis simplement pas et quand mes deux mains vont se loger dans mes cheveux ...

« J'suis entrain de tomber amoureuse de toi. »

… la bombe est larguée.

Peut-être que je le suis déjà totalement, peut-être que le processus est enclenché depuis longtemps seulement ... Je ne me suis jusqu'ici pas arrêtée pour me poser la question.
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Ven 25 Mar 2016 - 17:09

C'est tout nouveau pour moi et j'ai du mal à m'y faire. Pas parce que je n'en ai pas envie mais parce que je n'en ai pas l'habitude, je ne pourrais pas changer d'un claquement de doigts et je doute que c'est ce que veut Riley.
En réalité, je ne sais même pas ce qu'elle veut.
J'me sens terriblement con alors que mes aveux ont franchit mes lèvres. Ce sont des mots que je ne dis jamais et n'ai jamais dis à part à mes proches : Mes parents et Camélia. Maxime, à la rigueur et encore, nous sommes d'une pudeur qui nous clou toujours le bec. Mais là, devant Riley, j'essaie de passer au-delà de cette fierté qui me met bien trop souvent en faute et je n'ai pas envie de la perdre à cause de ça. A cause de lui, de Derek. Ce sont des angoisses que je n'ai jamais connu avant et maintenant je me rappelle pourquoi je prenais soin à tenir tout attachement loin de moi.
Trop de risque à s'exposer. Trop de risque à se retrouver paumé, vide et blessé. Des risques que je ne voulais pas prendre. Et elle est arrivée pour donner un grand coup de pompe dans tous ces piliers de vie pour me donner l'envie de tenter ma chance. Mais qu'est-ce que je suis à côté de ce type ? Rien. Je suis un minable dont les parents ne veulent même plus entendre parler de leur propre fils. L'absence de réponse à ma lettre est pire que si j'en avais une.
Alors pourquoi, toi, une nana bien sous toutes les formes, voudrait d'un pauvre type comme moi ? J'ai tout pour faire chier, j'en suis conscient et j'en suis le seul responsable.

Mes yeux restent fixés sur le sol alors que je lutte contre cette pudeur qui me hurle de quitter la pièce. Je me passe une main dans les cheveux.
Essaie pour une fois de ne pas être lâche. J'ai pas l'habitude de me sentir si peu confiant.

Je ne la vois pas venir mais ses deux mains attrapent mon visage et je n'ai pas le temps de réagir à ce qu'il se passe. La seconde d'après, ses lèvres sont sur les miennes et ça me fait l'effet d'une bonne nouvelle au creux du ventre. J'en aurai presque oublier à quel point ce contact est bon, doux, apaisant. Tellement rassurant. J'ai envie de la garder là, contre moi, après avoir lutter trop longtemps pour ne pas la toucher. Mes deux mains se posent sur ses hanches et je veux la serrer contre moi pour profiter de ce qu'elle m'insuffle. C'est une véritable claque dans la gueule pour moi de voir à quel point Riley m'avait manqué. A quel point je veux qu'elle reste.
Je m'apprête à l'emprisonner contre moi mais elle brise le contact, à contre cœur pour moi.
Peut-être que finalement, tout n'est pas perdu.

Elle garde au moins ses mains sur mon visage et je ne veux pas qu'elles me quittent. Leur contact me soulage. Son regard se braque dans le mien et je ne le lâche pas, essayant de digérer cette boule au creux de la gorge.

— J'suis désolée de t'avoir laissé penser que ça pourrait arriver.

Et moi j'suis désolé d'être aussi con.

— J'te promets qu'il ne se mettra pas entre nous deux, je te le promets, d'accord ? Y a aucune raison valable pour ça et la situation géographique n'y est strictement pour rien. 

Ma poitrine se soulage d'un poids que je ne sentais même plus à force d'être là. Toute mon arrogance envers ce type semble se désintégrer au fur et à mesure qu'elle me parle et qu'elle me regarde. Je ne décroche pas mes yeux des siens et j'suis pas foutu d'articuler un seul mot.
Même si je ne voulais pas la croire, je n'y arriverais pas tant son regard se fait farouche, franc, sincère. Riley est une femme expressive sous toutes les coutures et c'est bien ce qui me charme chez elle. Elle ne peut rien cacher, ni peine, ni colère. Ni joie, ni doute. Et là, je n'en vois pas l'ombre d'un seul, juste de la certitude.
Ses mains quittent mes joues, j'ai envie de les retenir.
Reste encore un peu ici, que je me reprenne. Que je rassemble un peu mon courage pour admettre tout ce qu'il se passe sous mon crâne. Je suis celui qui a peur, je suis celui qui doute. Qui l'aurait cru ? Pas moi. Pourtant, je suis devant le fait accompli.

Je ne veux plus parler de tout ça, de l'existence de Derek. Je veux juste me perdre sur ses lèvres et dans ses bras. Oui, même moi j'en ai besoin.

— L'autre jour j'ai … très mal géré, j'voulais pas que ça sorte comme ça, aussi brutalement. Pourtant ce que je t'ai dit je le pensais, c'était la vérité pour moi. Oui ça m'a blessé qu'il parte sans dire au revoir même si dans le fond je le comprends tout à fait aussi, mais c'est un ami que j'ai vu, ou pas d'ailleurs, partir, pas un type pour qui j'ai des sentiments ni pour qui je traine un truc inachevé.

Je lutte contre cette part de moi qui ne veut pas l'écouter, qui ne veut pas entendre parler de tout ça. Je fais abstraction, me concentre sur tout ça. Le pire étant que je la crois, je sais qu'elle ne me ment pas mais l'idée même que Derek ait pu poser ses mains sur elle me rendrait presque fou.
Alors, je me focalise sur autre chose. Ses yeux, sa bouche, son visage. Tout ce qui pourrait m'accrocher à la raison plutôt que de jouer les gros cons impulsifs.

—  Il s'est passé ce qu'il s'est passé, je pourrais pas l'effacer c'est comme ça, moi aussi j'ai un passé, mais quand je te dis que je suis parfaitement au clair avec ce que je ressens aujourd'hui, ça aussi c'est la vérité. 

Ses yeux brillent, s'humidifient.
Non, pleure pas, s'il te plait. Je sais que j'suis qu'un con et que j'aurai dû fermer ma gueule ce jour là.

— Y a personne d'autre que toi qui m'intéresse. T'es pas parfait mais moi non plus putain, et j'crois que … Je sais pas …

Le stress grimpe d'un cran, j'ai du mal à prendre mes inspirations.
C'est dingue à quel point je fais moins le fier lorsque les émotions entrent en jeu...
Je la regarde bouger alors que de mon côté, je ne lève même pas les bras, ne fait aucun mouvement. J'ai l'impression que je perdrais contenance si je faisais ça.

— On est tellement pareil sur certains trucs.  Tu m'as jamais jugé parce que j'étais différente de toi sur d'autres plans, tu m'as accepté comme je suis et j'en ai fait autant, je l'espère en tout cas.

Oui, c'est le cas. Parce que j'ai beau réfléchir, pas un seul moment Riley ne m'a fait sentir comme un raté qui ne savait rien foutre de sa vie que de sécher les cours et défier l'autorité. Pas un seul moment elle ne m'a jugé sur ce que j'étais alors que tant d'autres le feraient sans hésiter. Maxime et moi nous sommes l'archétype des petites frappes que nous jugeons d'un seul coup d'oeil. Et j'admets que nous ne faisons rien pour faire en sorte que ça change.

— C'est comme ça que tu me plais, avec ton sang chaud, ton sale caractère qui est capable d'endiguer le mien, tes tatouages et ton arrogance, tous ces trucs qui feraient hurler ma mère. Qui rendraient mon père encore plus protecteur.

Je souris légèrement en imaginant sa mère s'arracher les cheveux en me voyant. Dégaine peu soigné, barbe de deux jours, cheveux en bordel, tatouer de partout. Plus l'air nonchalant et c'est la cerise sur le gâteau.
Si c'est comme ça que je lui plais, alors pourquoi est-ce que je me sens fébrile.

— Mais t'es pas juste ça, t'es bien plus. Tellement plus.

Elle s'enroule de ses bras et moi je me redresse, légèrement.
Avoir de l'importance aux yeux d'une autre qui n'est pas votre sœur, ça aussi c'est une claque. Parce que je le sens venir, même si mes angoisses font que je le refuserais presque. Je me sens plongé dans un état qui me rend fou tellement je ne le comprends pas. Mon rythme cardiaque s'affole, je crève de chaud, j'ai les idées en vrac. Et elle est là, sans que je ne la touche, la sente. J'ai peur de ce que je vais entendre, de ce que je peux entendre. Peur de ce que ça pourrait me faire ou ne pas me faire.

— Tu es vrai, brut de décoffrage. Y a rien de lisse et de faux chez toi. T'essaie pas d'enjoliver le tableau, d'être quelqu'un d'autre. Y a juste des parties de toi que tu gardes à couvert mais on en est tous là. C'est ton droit le plus légitime.  

Mais ?

— J'suis entrain de tomber amoureuse de toi.

La plafond s'écrase sur mes épaules, sur mon crâne et les murs de cette pièce viennent de se resserrer aussi sec pour me donner l'impression d'étouffer en cette seconde.
Ma température corporelle fait des montagnes russes et mon rythme cardiaque n'est plus cohérent. Je sens mon cœur battre à mes tempes alors que l'envie de fuir me tire vers l'arrière. C'est presque de l'angoisse qui m'étreint alors que je suis complètement sonné parce qu'elle vient de me dire, pourtant conscient qu'un jour ou l'autre, ça arriverait. Je sais que lorsque tout à commencé, on s'était dit qu'on ne réfléchirait pas, qu'on laisserait faire.
Mais franchement, à quoi tu t'attendais mon vieux ?

Riley, m'aimer ?
L'idée est aussi jouissive que flippante.
Qu'est-ce que ça engendre ? Un tas de choses. Un tas de choses que je voulais éviter jusqu'ici.
On ne change pas un homme comme ça et je ne suis pas sûr d'y parvenir.
Pourtant, elle vient de débloquer des émotions refoulés, niés, ignorés. Et moi ? J'ressens quoi pour elle alors que j'ai pété les plombs à l'idée qu'elle puisse être encore amoureuse de Derek ? Alors que j'ai complètement craqué à l'idée de les imaginer ensemble, à l'idée qu'elle puisse me jarter pour lui ? A flipper tranquillement dans mon coin de la voir se tirer, de la voir m'oublier.

Bring your love baby, I could bring my shame
Bring the drugs baby, I could bring my pain
I got my heart right here
I got my scars right here

©The Weeknd ▬ Wicked Game.


Maintenant qu'elle vient de me larguer cette bombe en plein visage, ma propre évidence se manifeste, apparaît devant moi. C'est presque un soulagement même si je n'suis pas capable de savoir comment m'y prendre.
Le seul atout que je possède dans cette situation, c'est mon impulsivité...
A mon tour de franchir les deux pas qui nous sépare, d'une démarche lente, maladroite. Je me sens d'un coup trop étroit dans ce corps, trop fébrile avec ce myocarde qui se tape les cent mètres. Mes deux mains dans son cou, je l'embrasse.

Pas comme les autres fois. Pas comme la première fois. Pas avec fougue, ni avec passion.
Non, c'est autre chose. De plus doux, de plus lent. Où je prends mon temps de découvrir la texture de ses lèvres, de sa langue, de sentir son parfum. Un geste où je me donne sans faux-semblant et où je lâche prise, luttant pour la énième fois contre ma pudeur. Je m'abandonne à elle avec ce simple échange qui me colle des frissons le long des bras, qui me pousse à me retrouver et à m'accrocher à ce qu'elle vient de me dire. De peut-être arrêter de flipper tout seul dans mon coin, comme un lâche.
Je l'embrasse amoureusement.

Ça dure ce que ça dure, je ne veux pas y réfléchir. Je prends conscience à quel point il est bon de prendre ce temps de la découvrir par ce simple échange. C'est reposant et apaisant. Mes mains restent dans les creux de son cou, mon ventre crépite de mille et une sensation que je ne connaissais pas. C'est mieux que la défonce au joint. Mieux que l'ivresse alcoolisée.
Je rompt l'échange avec la même douceur, gardant ses lèvres à proximité des miennes avant de coller ma joue contre la sienne.

— Je t'aime.

Mon cœur explose, ma voix tremble et je serre les dents pour ne pas partir par angoisse et par pudeur. Alors même si je ne la regarde pas, même si je lui fais pas face, c'est toujours ça pour moi. Un premier pas qui peut paraître ridicule pour certains alors qu'il me coûte réellement pour moi.
Je n'ai jamais réfléchit sur mes sentiments pour elle bien que ça soit une évidence. Peut-être depuis déjà plus longtemps que je ne le croyais.
Lâcher prise n'est pas si mal, même si je me sens maladroit et aussi à l'aise qu'un manche. Mes mains quittent sa peau pour enfin la serrer contre moi. Tranquillement, l'entourant des mes bras pour la coller contre mon torse, mon visage dans ses cheveux. Une autre manière pour moi de ne pas perdre pieds et de m'adapter à ce que je viens de lui dire. Je ne sais pas si elle a conscience à quel point c'est difficile mais on s'en fou. C'est pas le plus important.

Elle m'avait manqué, vraiment. C'est tout nouveau, étrange, mais tout ça est presque un soulagement.
Je finis par m'écarter, glissant de nouveau mes lèvres sur les siennes, les effleurant. Je garde les yeux fermer avant de poser mon front contre le sien, puis ouvre enfin les paupières.

— Laisse moi un peu de temps pour digérer tout ça mais je te promets que je ne doute pas un seul instant de tout ce que tu m'as dis.

L'histoire de Derek ne peut pas s'effacer de mon esprit d'un claquement de doigts mais avec tout ce qu'elle vient de me dire, je sais qu'il suffit juste de laisser le temps faire son job et ça se fera tout seul. Je suis au moins sûr de moi sur ça.

— C'est comme ça que tu me plais aussi. En étant chiante, râleuse, impulsive, fière et en ayant un sale caractère. Mon sourire s'élargit alors que je reprends peu à peu consistance. Mais tu ne m'as jamais regardé comme un raté.

Pourtant, tu aurais eu toute les raisons de le faire.
Riley me plait pour un tas d'autres raisons et je le lui dirais, petit à petit.
Et merde, j'me sens tellement mieux. Comment font les autres pour faire tout ça aussi simplement ?
Je la garde contre moi avec la ferme intention de ne pas la lâcher. J'ai pas envie, j'veux qu'elle reste là.

— C'est vrai que je ferais hurler ta mère ?

Je ricane, encore un peu maladroitement mais c'est ma façon de garder le cap.
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Lun 28 Mar 2016 - 14:06

A ce stade, deux options : Soit je le fais fuir définitivement, soit je le fais revenir. Tout ce que je sais c'est qu'a aucun moment je n'ai hésité, à aucun moment j'ai regretté ou voulu faire machine arrière. Les mots sont sortis, reflet exact de mes pensées, de mes ressentis, et si je tremble ça n'est pas parce que j'ai peur. De sa réaction, oui, surement, mais pas de ce que je ressens. C'est là, c'est en moi, c'est accepté. C'était maladroit, sans doute, mais quand les émotions vous font parler c'est difficile de maitriser, de se maitriser. Est ce que je l'aurai fait si j'en avais eu l'occasion ? Peut-être, inconsciemment sans doute, mais ça n'aurait eu aucun sens. Et en cet instant j'ai l'impression d'avoir le souffle coupé, sans pour autant me sentir oppressée, bien au contraire. Je me sentirais presque libérée, avec cette envie étrange de sourire.
Mes yeux dans les siens, je ne cherche pas à esquiver. J'assume parfaitement ce que je viens de faire, à présent les cartes sont entre ses mains et si mon cœur battait déjà très fort jusqu'ici, j'ai l'impression désormais qu'il va faire exploser ma cage thoracique. Laisse lui le temps Riley, t'as conscience que c'est une bombe de grosse envergure que tu viens de lui claquer au visage, non ? Oui, bien sur, bien sur que oui … Je crois que je ne réalise pas trop encore … Ce que je ressens là, ce que je viens de faire, de dire, c'est la première fois. La seule et unique fois. La seule personne, tout simplement, et si je me retourne pour regarder en arrière … qui aurait pu prévoir ça quelques mois en arrière ? Si je n'étais pas aussi chamboulée ça pourrait sans doute me faire rire, au moins sourire. Quand je le regarde, là, statique devant moi, c'est d'une évidence extrême : Je ne suis pas entrain de tomber amoureuse de lui, non, je suis amoureuse de lui.

Stay awake with me
You know I can't just let you be
Stay awake with me
Take your hand and come and find me

London Grammar

Raté du cœur. Raté du souffle que je retiens alors qu'il sort de son immobilité et s'approche de moi. Ça n'est rien, à peine un mètre, et pourtant la distance me semble tellement énorme. Elle me laisse le temps de me mettre cette fois à paniquer, panique qui s'évapore dès l'instant où sa peau touche la mienne, dès l'instant où ses mains s'emparent de mon cou, dès l'instant où ses lèvres capturent les miennes et que mon myocarde explose alors que mes jambes ne me portent plus. Tu ne vas pas fuir, n'est ce pas ?
En cet instant je ressens des choses que je n'avais jusqu'ici jamais ressentis et je comprends, l'évidence me frappe. Cet échange n'est comme aucun de tous ceux qui ont pu avoir lieux jusqu'ici. Furieux, passionnels, tranquilles … Non, ça n'est pas ça. J'ai fermé les yeux à la seconde même où sa bouche s'est posée la mienne et mes mains se sont posées sur ses avant bras. Je n'existe plus, je n'ai plus conscience de mon corps, je ne suis qu'émotions. Ça fait mal de se sentir aussi bien, oui, physiquement ça fait mal mais cette douleur est d'une douceur extrême, quelque chose de réellement inconnu, de nouveau. Pour lui comme pour moi, j'arrive à le sentir, et ça ne rend les choses que plus intenses bien que l'immobilité s'impose à nous pendant un temps que je ne saurais compter, que je ne tout simplement pas à compter. Ça n'a pas la moindre importance, tout ce qui en a c'est le message, ce lien qui est entrain de nous enrouler, de se tisser autour de nous pour nous rapprocher l'un de l'autre. C'est comme ça que je ressens les choses en tout cas.

Il stoppe le baiser, je garde les yeux fermés, un peu sonné parce qu'il vient de se passer alors que sa joue se pose contre la mienne et qu'un sourire nait sur mes lèvres. Je suis bien loin de me douter que je ne serais pas la seule aujourd'hui à lâcher une bombe dont la déflagration nous mettra tous les deux par terre. De lui j'aurai pu attendre mile et une chose, mais ça ?

« Je t'aime. »

J'ouvre les yeux instantanément, totalement assommée par la surprise, c'est comme si on m'avait brutalement cogné dans le cœur mais là encore cette douleur n'est rien d'autre qu'agréable. Sa voix tremble, instinctivement je me doute à quel point ça doit être difficile pour lui de se retrouver dans cette situation qui doit le rendre vulnérable mais … Quand une personne comme lui prononce ces mots, qu'ils sont pour vous, pas une seconde vous pouvez en douter … et les accepter ne se fait pas immédiatement pour la simple et bonne raison qu'il faut en prendre la teneur, réaliser qu'on n'a pas simplement halluciné. Je n'ai pas halluciné, je le sais, et mon myocarde le sait lui aussi, il tambourine brutalement dans ma cage thoracique. Ce sont ses bras qui m'enserrent qui me sortent de ma torpeur et alors seulement je sors de cette immobilité, les miens s'enroulant autour de son cou alors que je me blottis contre lui, cette envie au creux du cœur : Ne jamais plus quitter ses bras. Jamais. Rester là, comme ça, contre lui, dans cette union plus intense encore que lorsqu'on fait l'amour, jusqu'à la fin des temps parce que plus rien d'autre ne semble avoir d'importance en cet instant. Dans ses bras je me sens en sécurité, comme jamais ça n'a été le cas. Est ce qu'il a conscience d'être le premier, le seul, à me faire ressentir ça ? Le premier à prononcer ces mots qui résonnent encore dans ma tête et partout dans mes veines, à m'en faire trembler les jambes, le corps tout entier. Cette dernière semaine passée loin de lui n'existe plus, tout ce qui s'est passé avant qu'on ne s'éloigne non plus et quand il s'écarte mes bras ne semblent pas décidés à le laisser faire. Je m'accroche à lui, je ne veux pas rompre ce contact, pas une seule seconde. Mes yeux s'ouvrent, pas les siens, ça n'a pas d'importance. Ma main se pose sur son visage et caresse sa joue, je le trouve incroyablement beau, plus que jamais là aussi, à travers mes yeux toujours humides. Ses lèvres effleurent les miennes, son front se pose contre le mien, je referme les yeux, passe mes bras autour de sa taille et prend une profonde inspiration. Un tel moment d'intimité, pour moi c'est totalement inédit.

« Laisse moi un peu de temps pour digérer tout ça mais je te promets que je ne doute pas un seul instant de tout ce que tu m'as dis. »

J'ai envie de lui dire qu'il peut prendre tout le temps dont il a besoin mais aucun mot ne parvient à sortir de ma bouche alors je me contente d'acquiescer d'un signe de tête tout en me rapprochant un peu plus de lui parce que je ne supporte pas d'être loin, ne serait-ce que d'un millimètre.

« C'est comme ça que tu me plais aussi. En étant chiante, râleuse, impulsive, fière et en ayant un sale caractère. »

Sa voix se fait plus assurée, je laisse m'échapper un rire bref en entendant ces qualificatifs alors que mon visage va se loger dans son cou. J'ai l'impression de sentir toutes ses tensions s'évaporer au fur et à mesure, en écho avec les miennes.

« Mais tu ne m'as jamais regardé comme un raté. »
« Parc'que t'en es pas un. »


Est ce que c'est réellement comme ça qu'il se voit ? Si c'est le cas alors ça me fait mal. Il n'est peut-être pas l'élève modèle, il en est même loin, et sa dégaine ferait changer de couloir bien des gens mais ça ne fait pas de lui un raté pour autant. Est ce que personne ne se rend compte à quel point il a changé ces derniers mois ? Sans pour autant oublier qui il est et j'espère bien qu'il continuera à ne pas oublier qui il est. Ce que je vois quand je le regarde c'est un homme qui se reconstruit, qui fait ce qu'il a à faire pour ça en essayant de passer outre sa fierté, aussi imposante que l'état du Texas lui même. Un homme qui a ses failles mais qui les cache comme si sa vie en dépendait, qui encaisse les crasses que la vie a pu lui faire et qui apprend à se rouvrir aux autres petit à petit. Un homme qui va de l'avant, à son rythme, même s'il ne s'en rend peut-être pas compte. Un homme qui a été capable d'accepter ses sentiments … Qui m'a appris à en faire autant. Mon homme.

« C'est vrai que je ferais hurler ta mère ? »
« J'crois même que tu devrais commencer à courir maintenant parce qu'à mon avis, elle a flairé le poisson. »


On ne peut rien cacher à une mère ... Nouveau rire bref, à mon tour je m'écarte un peu et enfin le regarde, yeux dans les yeux, sans jamais le rendre mal à l'aise, sans jamais le lâcher. Ce qui vient de se passer n'a rien d'anodin, c'est ancré en moi, imprimé partout sur ma peau, dans mon sang, indélébile. Unique. Pourquoi prendre le risque d'en faire trop ? De gâcher ce qu'on s'est donné ? Ça n'est pas lui, je le sais, je sais l'effort qu'il a fait et je me rends compte que ça n'est pas moi non plus. Alors à nouveau ma main caresse sa joue et je lui offre un sourire un peu perdu en le dévisageant tendrement avant de m'écarter un peu et d'attraper sa main pour jouer avec.

« Ma mère c'est … moi, avec 25 ans de plus. »

Donc en théorie plus de recul sur la vie, plus de sagesse, etc … Ce qu'apporte l'âge en somme.

« Mon père c'est le calme Olympien dont j'ai pas hérité, alors je te laisse imaginer comment elle est. »

Grand sourire crispé, je me rends compte que cette conversation non seulement m'amuse beaucoup mais m'en apprend aussi énormément. Sur moi-même, sur mes parents. Ma mère est loin d'être comme moi, capable de péter des câbles pour un rien en se mettant à hurler, elle est même la retenue personnifiée ne serait-ce que parce que son travail le lui a inculqué mais … Elle reste ma mère, prête à sortir les griffes si on touche à la chair de sa chair, et je m'en rends compte seulement maintenant. J'ai passé tellement de temps à la rejeter, à la repousser, que certaines évidences me sautent aux yeux à présent mais … Je prends un malin plaisir à « enjoliver » un peu le tableau par pur plaisir sadique envers Mateo.

« Avocate, avec un tas de principes, chaque chose doit être à sa place, etc ... »

Rappelle moi combien de longueur de bras fait ton casier judiciaire ?

« En y repensant ça m'étonne pas que ça ait claché entre elle et moi pendant toute mon adolescence. Mais elle tient à moi, j'le sais, je l'ai compris, donc … si tu la fait hurler un jour c'est simplement parce qu'elle s'inquiètera pour sa petite fille. Et à ce moment là … Bon peut-être que je la laisserai hurler un peu pour le fun … »

Parce que Riley Sarah Jenkins aime faire tourner les gens en bourrique et qu'on ne se sépare pas si facilement de ses vieilles habitudes. Néanmoins je reprends mon sérieux et lui adresse un sourire plus tranquille.

« A ce moment là je lui expliquerai que c'est pas parce que t'as toute la panoplie du mauvais garçon que tu es mauvais pour moi. Et là c'est mon père qui prendra le relais parce que peu importe ta dégaine, ton casier, tes résultats scolaires, tu pourrais bien être l'héritier du Trône d'Angleterre, tu touches à sa fille, donc tu dois passer au crible. »

Haussement d'épaules. La vérité c'est que je ne leur ai jamais présenté personne, tout simplement parce que hormis Rafael, je n'ai jamais vraiment eu de véritable histoire. Des crush, éventuellement, des histoires sans lendemain ou … juste comme ça, des choses qui n'ont pas aboutis, mais aujourd'hui je me rends compte que tôt ou tard, la question devra être considérée, non ? Un instant j'ai envie de lui proposer de venir au mariage cet été mais me ravise, simplement parce que je ne veux pas lui donner l'impression d'être soudain prisonnier de quoi que ce soit. Chaque chose en son temps.

« Les tiens, comment ils sont ? »

J'ose. Je sais que c'est un sujet sensible, quelque chose dont il ne parle pas beaucoup, de même que Camélia, ce que je comprends parfaitement et respecte, mais aujourd'hui, là, maintenant, j'ose. Parce que je l'aime suffisamment pour accepter de prendre le risque de lui faire du mal en évoquant le sujet, parce que je n'ai pas peur qu'il s'éloigne de moi à cause de ça. Il ne me doit rien, ça ne change rien, seulement … Oui, j'ose. Est ce qu'ils accepteraient une fille comme moi pour leur fils ?
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Lun 4 Avr 2016 - 16:24

Le myocarde cogne comme un fou en cage, j’ai l’impression de l’entendre battre et que les sons résonnent dans la pièce. Contre les murs, contre nous. Je me sens fébrile, fiévreux, les jambes tremblantes, la gorge sèche, un goût étrange sur le palais.
Un stress euphorique, jouissif, que j’ai rarement connu, voir jamais. Cette sensation d’être léger, d’être quelqu’un. Tout ça, je ne connais pas. Les sentiments que j’ai pour elle non plus. Tomber amoureux n’est pas dans mes cordes, pourtant aujourd’hui je m’en retrouve prisonnier. Et c’est bien la première fois que j’accepte avec joie d’être soumis à quelque chose qui me dépasse. Moi, l’indompté. Celui qui envoyait chier tout principe, qui refusait à une quelconque forme d’attachement.
Maxime a entamé le travail. Riley l’a terminé.

Retourner aux sources est un sentiment aussi étrange qu’intense.
J’aimerai garder Riley contre moi des heures durant, le temps de me donner quelques instants de répit, de repos, d’acceptation. Le temps d’ouvrir les yeux sur tout ça, de décrocher et de revenir à cette réalité qui me dépasse. C’est mieux qu’un joint, mieux que la coke, mieux que l’ivresse.
L’entendre dire que je ne suis pas un raté me fiche la boule au ventre.
Être quelqu’un aux yeux d’un autre, n’est-ce pas quelque chose dont nous avons besoin Maxime ? Nous, les échoués sur les quais de leur normalité. Nous, qui avons l’habit du pauvre et le regard des Rois, fiers, indomptés, conquérant. Cette façade que l’on se peint sur le visage comme une peinture de guerre, pour nous rendre plus agressif, plus hargneux et dangereux face à ceux que l’on considère ennemis. Pour nous rendre moins accessibles.
Est-ce que finalement nous avons besoin de ça pour se rendre compte de ce que l’on découvrirait si nous grattions cette couche de peinture.  

Le regard de cette femme, ses baisers, ses mots, ses mains, défont tout ce que j’ai construit au fil des années. Cette armure d’argile s’effrite au fur et à mesure où Riley défait des pans de ce que je suis en apparence, pour y découvrir l’intérieur de cette coque fragilisée par mon arrogance et mes conneries. Je prends un risque énorme en la laissant faire, un risque que je suis prêt à prendre, parfaitement conscience que si la chute se prononce un jour, je me casserais la gueule du 15ème étage pour arriver fracassé en bas des marches.

— J'crois même que tu devrais commencer à courir maintenant parce qu'à mon avis, elle a flairé le poisson.

Je me contente simplement de sourire, la rencontre avec sa mère me paraissant pour le moment abstraite. Je suis plongé dans un état d’euphorie léthargique qui me déstabilise mais qui n’en est pas désagréable pour autant. Moi qui flippais de la voir fuir sous mes mots, je suis désormais entrain de cuver mon ivresse amoureuse sous sa main et son regard tendre.

— Ma mère c'est … moi, avec 25 ans de plus. Mon père c'est le calme Olympien dont j'ai pas hérité, alors je te laisse imaginer comment elle est.
— Oh, j’ai l’habitude alors. Te côtoyer H-24, ça forge le caractère.

Et pas qu’un peu. Si je me prends l’équivalent d’une tempête dans la gueule au moins une à deux fois par semaine, je suis capable d’encaisser l’ouragant maternel qui m’attend… Même si en cette seconde, j’ai toujours du mal à me projeter à ce niveau-là pour l’instant.
Pas dis que je sois si serein le moment venu.

— Avocate, avec un tas de principes, chaque chose doit être à sa place, etc ...
— Avocate ?

Mon sourire s’efface ….
Là, ça pu clairement pour ma gueule.

— En y repensant ça m'étonne pas que ça ait claché entre elle et moi pendant toute mon adolescence. Mais elle tient à moi, j'le sais, je l'ai compris, donc … si tu la fait hurler un jour c'est simplement parce qu'elle s'inquiètera pour sa petite fille. Et à ce moment là … Bon peut-être que je la laisserai hurler un peu pour le fun …

Euh, ouais. Pas sûre qu’elle gueule juste parce qu’elle s’inquiètera mais sûrement parce qu’elle y verra plusieurs termes qui, aux yeux de sa mère, prendra un tout autre sens qu’aux yeux des autres. Du genre … Dégradation de lieu public, tapage nocturne, consommation de cannabis, ivresse sur la voie public, vol… Elle ne va pas être déçue du voyage si elle se met à lire mon casier judiciaire.
J’admets que ça me fou un peu les boules de me dire qu’elles pourraient entrer en conflits juste à cause de ça. Riley n’est pas au courant de la moitié de mes conneries et même si elles ne sont pas non plus horribles en soit, je n’ai pas envie que tout cela nous pète à la gueule dès le début.
Mes mains restent gentiment posées sur ses hanches, mon regard ne la lâche pas, sourire aux lèvres.

—  A ce moment là je lui expliquerai que c'est pas parce que t'as toute la panoplie du mauvais garçon que tu es mauvais pour moi. Et là c'est mon père qui prendra le relais parce que peu importe ta dégaine, ton casier, tes résultats scolaires, tu pourrais bien être l'héritier du Trône d'Angleterre, tu touches à sa fille, donc tu dois passer au crible.
— Là, tout de suite, je sais pas qui je préfère voir en premier…

Je lâche un rire bref, mi-amusé, mi-soucieux. On sait ce que ça fait avec des types comme nous qui fréquente des nanas comme Riley, on sait à quel point ça peut mal tourné. Pourtant je me raccroche à ce qu’elle a dit un peu avant, que ça n’est pas parce que je suis un « mauvais garçon » que je suis mauvais pour elle… La perspective me parait impossible mais parfois, j’ai peur de ce que je peux être. Je suis un connard, je le sais, c’est pas une nouveauté. Je n’ai plus qu’à espérer que ça ne soit jamais le cas avec elle, parce que je n’en ai pas envie et qu’elle ne le mérite pas.

—  Les tiens, comment ils sont ?

Je suis incapable de dissimuler les émotions qui me traversent aussi vite qu’une décharge électrique. Cette fois, la douleur est bien réelle et elle n’a absolument rien d’agréable. C’est comme sentir une main s’accrocher à votre nombril alors que vous êtes en pleine défonce, pour vous ramener d’un coup sec sur la terre ferme. Le choc est violent, brutale et me crispe de part en part.
Mes parents ? Ceux qui n’ont pas répondu à mon hibou depuis un mois ? Celui-là même que je n’ai pas revu depuis ? Ces parents que j’ai meurtris consciemment par simple douleur égoïste ? Ceux que j’ai lâchement abandonnés, comme un pauvre connard, comme un fils indigne, alors qu’il nous suffisait juste de partager cette même douleur qui nous a détruit tous les trois.

Je m’écarte en douceur. J’ai soudainement chaud, trop chaud, j’étouffe parce que je n’sais pas gérer ce genre d’émotion. Ca fait trop d’un coup. Pourtant, il serait peut-être temps de cracher le morceau et d’arrêter de mentir. Mieux vaut maintenant que dans deux mois, quand j’attendrais toujours ce putain d’hibou.
J’en suis venu à me demander si le mien n’était pas mort en chemin… Chose complètement crédible. Mais vu les circonstances, je m’accorde le bénéfice du doute. Et ce doute s’appelle : La rancune.
Je prends une inspiration silencieuse et me fait de mon pull, foutant le bordel dans mes cheveux, bras à l’air libre. C’est con et stupide, mais ça me donne déjà la sensation d’être moins oppressé.

— On ne se parle plus depuis l’été dernier, depuis que je suis arrivé en Angleterre en fait.

Et ça me ramène à ses vacances de merde passé chez ma tante, en compagnie de Chris. Ce connard psychorigide qui s’amusait à me rabâcher que je n’étais qu’une honte pour ma famille et qu’un petit bon à rien né dans le but de détruire la vie de mes parents. Me demandant au moins trois fois par semaine si je n’avais pas honte d’avoir détruite ma mère comme je l’ai fait en enchainant toutes mes conneries.
Le pire étant qu’il a en partie raison et qu’aujourd’hui, je m’en bouffe littéralement les doigts.

Je vais éviter à Riley toute cette histoire et me contente de lui répondre, les mains dans les poches, un air difficilement serein sur le visage du mec qui est clean vis-à-vis de tout ça.

— Mon père, Pedro, est militaire à l’armée de la marine et moldu. C’est de lui que je tiens mes origines argentines. S’en est un pure souche et mon père… c’est moi avec 24 ans de plus. Impulsif, charmeur, beau parleur. Difficile de croire qu’il est militaire hein.

Ouais, difficile. Pourtant, c’était le cas mais j’ai pas le souvenir d’avoir été élevé à la dur, quand bien même il soit borné et sanguin. Certes, il gueulait pas mal mais jamais il n’a été excessif. Je lui ressemble tellement que personne ne pouvait mettre en doute ma provenance.

— Et ma mère, Béatrice, sorcière et photographe professionnelle. Elle a toujours eu un caractère très indépendant. Ca a sûrement du jouer sur son besoin de liberté. Elle est partie assez jeune après avoir réussi à trouver un petit boulot auprès d’une agence de photo pour ensuite aller faire un grand tour du monde pour prendre des clichés « des merveilles de la nature » comme elle disait. Et même si elle a rencontré mon père assez tôt, il ne l’a jamais empêché d’exercer sa passion.

Je me passe une main dans les cheveux, arborant un sourire presque absent.

— Elle voulait à tout prix démontré qu’il était possible de gérer une vie de famille tout en gardant son indépendance. Elle a réussi. C’est pas le genre de femme à se laisser faire, j’pense que tu t’entendrais bien avec elle. Camélia était son portrait craché.

C'était même plus que ça.

— Mon père est du genre très taquin, pire que moi c'est pour te dire. Et ma mère… C’est l’archétype de la lionne. Sympa, tendre, mais si tu touches à ces gosses, elle te bouffe sans hésitation. Mais c’est jamais toujours tout blanc parce que quand ils se mettent à gueuler tous les deux, c’est mieux qu’une scène de théâtre.

J’impose un silence sans même le vouloir, me rendant compte que parler d’eux est beaucoup moins difficile que je ne l’aurai pensé malgré cette culpabilité et cette douleur qui se manifestent encore. Je braque mon regard dans celui de Riley, sourire un peu crispé au coin des lèvres.
Lui dire tout ça est important, pour mieux visualiser le tableau dans son ensemble. Et puis, au stade où nous en sommes, c’est une bonne chose même si je serais incapable d’aller trop loin dans mes explications.
Et que je le veuille ou non, ça me soulage un peu.  

— Si jamais j’arrive à réparer mes conneries tu pourras le constater par toi-même.

Ne pas lâcher prise.
Ne pas les abandonner, encore une fois.
Mon sourire s'élargit malgré tout.
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Jeu 7 Avr 2016 - 21:52

Ça forge le caractère … Tu m’étonnes que ça le forge. Avec le recul, je me demande sincèrement où est-ce qu’il a jusqu’ici trouvé autant de patience pour supporter mes embardées volcaniques. La plus part du temps je m’enflamme pour rien et c’est sans doute ça le pire. Je ne me souviens pas que j’étais aussi … aussi électriques et incontrôlable – hystérique, n’ayons pas peur des mots -  auparavant même si je sais avoir été une adolescente très difficile. Je crois que tout ça s’est accentué ces derniers mois, dernières années peut-être, sans trop que je ne sache réellement pourquoi ni comment. L’enfermement ? Peut-être. Je n’irai pas pousser l’analyse jusque-là, tout ce que je sais c’est qu’en cet instant, je me sens calme, très calme, apaisée même. Différente. C’est comme si j’avais atteint un nouveau stade, chose à la fois effrayante, euphorisante, mais qui me plonge dans un état de sérénité que je ne me souviens pas avoir déjà connu.

Est-ce que c’est ça, être amoureuse ?
Alors je le souhaite à la terre entière, là, maintenant, tout de suite.

Ces sensations disparaissent un peu quand je réalise que c’est bien de la douleur que je lis dans ses yeux. Est-ce que je regrette d’avoir posé ma question ? Oui et non. Oui parce que je n’aime pas le savoir mal, et non parce que c’est réellement quelque chose que j’aimerai savoir. Il ne parle que très rarement de sa famille, y compris de lui, et je n’ai pas l’intention de le forcer à quoi que ce soit mais je pose les questions, j’amorce un pont qu’il pourra choisir d’emprunter ou non. Instinctivement mon emprise sur lui se raffermie, comme pour essayer de lui apporter un peu de réconfort même si je suis en partie la source de son mal être actuel. Pas directement, je garde bien ça en tête, j’ai « simplement » mis le doigt dans un rouage qui grince un peu.
Quand il s’écarte je le laisse faire, je ne cherche pas à le retenir et l’observe en silence, dans le calme le plus total. Je suis impatiente, capricieuse, et j’ai encore tout un tas de défaut dans ce goût là mais je sais avoir les émotions à la bonne place quand il le faut. Je sais qu’il a besoin de temps, je le sens, et sans doute d’un peu d’espace.

« On ne se parle plus depuis l’été dernier, depuis que je suis arrivé en Angleterre en fait. »

Son est calme, ça n'a rien de brutal seulement je ressens parfaitement le poids des mots, de ses mots. Il n'essaie pas de mentir sur ce qu'il ressent, je sais qu'il en serait capable mais il ne le fait pas. J'en suis à un stade où, même si je pense pouvoir dire maintenant que je le connais bien, je n'ai clairement pas la moindre idée de la teneur de ses ressentis par rapport à ça. C'est un sujet qu'on n'a jamais abordé, ça fait pourtant des mois maintenant qu'on est ensemble mais on a pris le temps, on a respecté les silences de l'autre. En ce qui le concerne ça en faisait partie. Je reste tranquille, immobile, pas intrusive, silencieuse. C'est à lui de laisser sortir ce qu'il veut et prendre le risque de l'interrompre est la dernière chose que je veux.

« Mon père, Pedro, est militaire à l’armée de la marine et moldu. C’est de lui que je tiens mes origines argentines. S’en est un pure souche et mon père… c’est moi avec 24 ans de plus. Impulsif, charmeur, beau parleur. Difficile de croire qu’il est militaire hein. »

Un sourire s'esquisse sur mon visage, je n'essaie même pas de le retenir. Qui pourrait croire qu'un garçon comme Mateo a été élevé par un militaire ? Quand on y réfléchis bien … ça pourrait pourtant prendre tout son sens mais je n'ai pas assez de morceaux du puzzle pour en tirer la moindre conclusion. Lui qui aime tellement l'autorité … Impulsif, charmeur, beau parleur … On se demande bien a qui il a pu refiler tout ça tiens. Pedro. Pedro Vargas ? Tout ce que je sais, c'est qu'en cet instant, j'imagine cet homme et … d'instinct je me sens toute petite. Et impressionnée, quand bien même je ne l'ai pas en face de moi. Je me demande aussi si Mateo lui ressemble, physiquement parlant.

« Et ma mère, Béatrice, sorcière et photographe professionnelle. Elle a toujours eu un caractère très indépendant. Ca a sûrement du jouer sur son besoin de liberté. Elle est partie assez jeune après avoir réussi à trouver un petit boulot auprès d’une agence de photo pour ensuite aller faire un grand tour du monde pour prendre des clichés « des merveilles de la nature » comme elle disait. Et même si elle a rencontré mon père assez tôt, il ne l’a jamais empêché d’exercer sa passion. »

Mon sourire naissant n'en est plus un, c'est carrément un sourire émerveillé et je n'ai pas peur de le dire. Le portrait qu'il me présente de sa mère est absolument … Je n'arrive même pas à trouver les mots. J'adore la mienne, malgré la période difficile qu'on a eu toutes les deux dont j'étais la plus responsable, et je ne cherche pas à faire la moindre comparaison mais ...

« Elle voulait à tout prix démontré qu’il était possible de gérer une vie de famille tout en gardant son indépendance. Elle a réussi. C’est pas le genre de femme à se laisser faire, j’pense que tu t’entendrais bien avec elle. Camélia était son portrait craché. »

… Comment ne pas envisager cette femme comme un modèle quand on connait mon caractère ? Elle m'impressionne elle aussi, c'est une évidence, mais … son parcours, sa façon de voir la féminité … Aucun son ne sort de ma bouche, je pense que le visuel est suffisamment éloquent quoi qu'il arrive. Et ça me plait énormément d'en apprendre plus sur sa famille, ses parents, même sa sœur. J'aurai adoré pouvoir la rencontrer mais quand il me parle d'elle, même si c'est juste en prononçant son prénom, j'ai l'impression qu'elle est toujours un peu là. Pour lui, surement, beaucoup.

Il reprend la parole, j'en profite pour aller m'assoir à côté de lui, sur la table contre laquelle il est appuyé.

« Mon père est du genre très taquin, pire que moi c'est pour te dire. Et ma mère… C’est l’archétype de la lionne. Sympa, tendre, mais si tu touches à ces gosses, elle te bouffe sans hésitation. Mais c’est jamais toujours tout blanc parce que quand ils se mettent à gueuler tous les deux, c’est mieux qu’une scène de théâtre. »
« Hum … ça me rappelle vaguement quelque chose ça … »


Regard en coin, sourire taquin. Je sais qu'il a parfaitement compris l'allusion. C'est marrant, j'ai beau chercher, je n'ai quasiment pas de souvenir de mes parents s'engueulant. Je crois qu'en réalité ça n'est que très rarement arrivé parce que Papa n'est pas du genre à hausser le ton et que Maman a toujours été attachée aux apparences. Leur divorce n'a pas été violent, il l'a été pour moi parce que je ne l'ai pas digéré ou en tout cas j'ai mis du temps, mais contrairement à leur gentille petite fille sage – ahem – ces deux là ne sont pas réellement des impulsifs sanguin, même si Maman à son caractère. Je crois … je crois que je tiens plus de ma Grand-Mère finalement … Même si pour le coup j'espère vraiment ne pas devenir comme elle … Les femmes de cette famille ne sont pas un cadeau, je vous le dis !
Un silence s'installe, je le respecte. Il me regarde, je lui souris, là je me rends compte que passer les premières émotions un peu difficile, je crois que ça lui fait du bien d'en parler. Mateo n'est pas du genre à se confier facilement, qu'on le veuille ou non, ça devient lourd a porter au bout d'un moment alors je pense pouvoir imaginer qu'il se sent soulagé. Je n'ai jamais été comme ça, je ne cache pas mes émotions parce que j'en suis incapable de même qu'ouvrir les vannes est une choses qui vient très rapidement pour moi, mais ça ne m'empêche pas de le comprendre. Et de respecter sa façon d'être.

« Si jamais j’arrive à réparer mes conneries tu pourras le constater par toi-même. »

Mon sourire, celui qui lui est entière destiné, ne me quitte pas. Je passe mon bras sous le sien et l'enroule avant de poser mon menton sur son épaule et de me blottir un peu contre lui. Mes yeux se ferment un instant, un long et profond soupir m'échappe, il n'a rien de négatif et j'espère pouvoir transmettre à mon Texan Argentin un peu de cet apaisement que je ressens. Le temps me semble s'être arrêté, tout est calme, silencieux, ça fait beaucoup de bien. Est ce que j'angoisse à l'idée qu'il évoque l'idée de me présenter à ses parents ? Non. Je crois que je suis au dessus de ça pour l'instant et c'est sans doute pour ça que je ne rebondis pas là dessus. Je crois que c'est aussi un moyen pour ne pas lui mettre la pression, à lui, quant à sa « réparation » de conneries comme il le dit. Je ne veux pas qu'il saute les étapes ou se force, certainement pas pour moi. C'est quelque chose qu'il doit faire pour lui, lui seul.

« Ma mère se remarie cet été, avec le père de Charleen, Peter. »

Je me redresse un peu, pour mieux le voir, puis replace une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de reprendre le cours de mes mots.

« Au fait, ils s’appellent Moïra et David. Mes parents j’veux dire. Mon père aussi est Moldu. Et ma mère est Sorcière. Et Avocate, oui. Mon père lui est passionné de musique, surtout le vieux rock des années 60-70 … Il m’a plusieurs fois menacé de me déshériter si je continuais à écouter Lady Gaga à fond dans la maison. »

Un rire amusé s'échappe tranquillement d'entre mes lèvres. Je l'entends encore me demander, la voix rempli de dépit, pourquoi j'inflige une telle chose à mes oreilles … et ça m'amuse beaucoup.

« Il bosse dans un cabinet d’architectes. »

Mon père est simplement un homme normal, avec une vie normale, mais pour moi il est tout ou presque. Très sincèrement la personne que j'aime le plus sur terre. Ma main effleure le collier que je porte autour du cou sans que je ne m'en rende compte. Il me manque, parfois j'ai peur pour lui, mais je continue de vivre et d'assumer ma décision d'être revenue ici malgré ça.

« J’me dis … que si jamais tu as l’occasion de les rencontrer avant, et si ça te tente, tu pourrais venir au mariage toi aussi. »

Et bien voilà, c'est fait, je me suis lancée. Je ne peux pas le nier, j'ai toujours cette petite pointe d'appréhension dans le ventre, une légère peur qu'il se sente pris au piège et qu'il décide de fuir mais mon instinct me souffle que cette fois c'est différent et que si j'y vais en douceur, si je ne brûle pas les étapes – ce que je n'ai pas l'impression de faire – alors ça passera.

« C’est pas du tout une obligation et de toute façon c’est pas tout de suite mais … voilà. Je propose, tu disposes. Y aura Keza, évidemment, Charleen bien sûr, Lukas, peut-être Ethan si je ne l’ai pas écharpé avant pour avoir pris le cœur de ma frangine pour un paillasson. »

Riley … Pardon. Mais qu'est ce qu'il est nouille celui-là sérieusement ! Il mériterait de se faire secouer les puces. Les mecs de 16 ans …

« Tu te doutes bien que tout ça c'est juste une excuse pour te voir en costard. »

De nouveau mon menton se pose sur son épaule et c'est un grand sourire faussement innocent que je lui adresse. C'est simplement pour « détendre » un peu l'atmosphère, pour rendre les choses un peu moins formelles. Et puis parce que c'est en partie la vérité, on ne va pas se le cacher.

Je reprends mon sérieux, laisse planer un peu de silence à mon tour et puis finalement me lance dans le grand bain.

« Qu’est ce qui s’est passé avec tes parents ? »
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Jeu 14 Avr 2016 - 10:52

Ça me fait étrange de parler de tout ça, de mentionner mes parents, leurs vies, leurs professions, comme si tout allait bien entre eux et moi. Et c’est l’impression que ça me donne quand j’en parle à Riley et je l’admets, ça fait un bien fou de parler d’eux sans me mettre en rogne ou exploser de culpabilité. C’est toujours là, je m’en veux encore et m’en voudrais toujours, encore plus si je n’arrive pas à recoller les morceaux mais ça me fait du bien de sentir, l’espace d’un instant, autre chose que tout ce poids écrasant.
Ils me manquent.

Riley est à côté de moi, son bras enroule le mien et elle se serre contre moi, sans rien dire. Je la laisse faire, sourire en coin. Il est loin le stress de tout à l’heure, loin l’angoisse de la voir partir ou de me voir me liquéfier sur place juste pour avoir dire ces quelques mots. J’me sens mieux, plus léger.

— Ma mère se remarie cet été, avec le père de Charleen, Peter.

Je me redresse légèrement et tourne mon regard vers elle, sourire aux lèvres.

— Ah ouais ? Félicitations alors.

Je me souviens des mariages dans la famille et j’en garde un très bon souvenir. Festif à n’en plus pouvoir, des rires, de la joie, du bonheur. Bref, une fête comme elle doit l’être.

— Au fait, ils s’appellent Moïra et David. Mes parents j’veux dire. Mon père aussi est Moldu. Et ma mère est Sorcière. Et Avocate, oui. Mon père lui est passionné de musique, surtout le vieux rock des années 60-70 … Il m’a plusieurs fois menacé de me déshériter si je continuais à écouter Lady Gaga à fond dans la maison.

J’me sens con de pas lui avoir retourné la question, de pas lui avoir montrer que je m’intéressais à ses propres parents… Et j’me rends compte que c’est d’un égoïsme et d’un nombrilisme assez costaud. J’suis vraiment qu’un con, c’est pas gagné pour scander le slogan « Le changement, c’est maintenant ! ». D’autant plus que ça n’est pas parce que ses parents ne m’intéressent pas mais parce que j’ai des réflexes à chier concernant la nature humaine.

Bref. Moïra l’avocate acharnée et David, le papa poule un poil trop protecteur. C’est enregistré. Je note pour la musique aussi même si je n’en suis pas un fin connaisseur. Pas comme Macy ou Maxime.

— Il bosse dans un cabinet d’architectes.
— Ah ouais… ils n’blaguent pas tes parents en termes d’ambitions.

Je dis ça en riant mais c’est quand même la vérité. Avocat, cabinet d’architecte, autant dire que ça n’a rien à voir avec ce que je connais déjà. Ce sont des métiers assez prestigieux et je comprends mieux la psychorigidité de Riley dans ses études… Ce qui n’est pas un mal, loin de là. J’devrais même être un peu plus soigné moi-même sur ça. C’est pas gagné, j’le sais mais j’ai fait des progrès. Kezabel pourra en attester.

— J’me dis … que si jamais tu as l’occasion de les rencontrer avant, et si ça te tente, tu pourrais venir au mariage toi aussi.

Je bloque et bug, le regard braqué sur Riley sans que je n’ouvre le bouche. Faut dire que ça fait pas mal d’émotions en très peu de temps. Mon aveux de mes sentiments pour elle, mes parents, les siens, leur rencontre, etc… Mon cerveau a du mal à suivre derrière.
Le mariage est pour cet été, on a le temps de voir venir, de s’apprivoiser un peu plus… l’idée me tente. C’est stupide, mais c’est pour moi l’occasion de montrer une certaine valeur à ses yeux. De montrer que j’suis pas qu’un type comme ça, prit au coin d’un couloir pour combler un vide affectif. Pas que je doute de la parole de Riley, loin de là, mais c’est pas tellement explicable.

— C’est pas du tout une obligation et de toute façon c’est pas tout de suite mais … voilà. Je propose, tu disposes. Y aura Keza, évidemment, Charleen bien sûr, Lukas, peut-être Ethan si je ne l’ai pas écharpé avant pour avoir pris le cœur de ma frangine pour un paillasson.

Riez si vous voulez mais de savoir qu’il y aura Kezabel me rassurerait presque à me dire qu’au moins, je connaitrais quelqu’un d’autre que Riley. Charleen et Lukas, je les connais moins… mais Ethan, notre dernière entrevue a été assez corsée. Et visiblement, il ne s’est toujours pas bougé le cul avec Charleen, pire encore, il a de toute évidence foiré sa manœuvre…

— T’es une vraie sorcière.

Parce qu’on pourra dire ce qu’on veut, à sa place je ne douterais pas de la parole de Riley. Encore moins si l’on touche à sa frangine. Je ne sais pas ce qu’a foutu Ethan mais j’espère pour lui que quoi que ça soit, ça n’était pas intentionnel s’il n’a pas envie de mourir sous les coups de Jenkins.
Sous l’impulsion, elle agit parfois de manière… très étonnante.

— Tu te doutes bien que tout ça c'est juste une excuse pour te voir en costard.

Etonnant tiens.

— Parce que tu crois que la perspective de te voir en robe ne serait pas une excuse pour moi de venir ?

Le mariage c’est l’open bar des tenus soignés mais surtout, carrément sexy. D’ailleurs, ça me rappelle qu’avec un de mes cousins, nous nous étions mis dans la tête de s’incruster à un mariage au hasard. On a enfilé des costumes, s’apprêtant un minimum pour passer dans la foule et nous avions pioché un mariage au pif et ce, dans l’unique but de la bouffe gratos mais aussi pour la pêche aux filles. C’est moche mais c’était l’un de nos énièmes stratagèmes pour venir jouer les séducteurs… Et ça fonctionnait pas mal.

Mon regard glisse dans celui de Riley, son sourire taquin sur les lèvres, j’essaie de savoir si oui ou non il serait une bonne idée d’y aller.
J’ai envie, vraiment, mais devoir faire face aux 150 questions sur qui je suis, ce que je veux faire, comment je m’en sors dans mes études… sans compter que je devrais arborer une certaine tenue dite irréprochable.
L’angoisse.

— Qu’est ce qui s’est passé avec tes parents ?

Envolé le mariage. Envolé les questions. Envolé l’angoisse.
Bonjour la claque dans la gueule.

Je recule mon visage d’un faible geste de surprise avant d’esquisser un sourire maladroit et crispé. Je détourne le regard pour le planter droit devant moi. J’me sens hyper mal à l’aise même si ça n’est pas tellement une surprise… fallait s’y attendre après notre discussion, non ?
Et vu la pente que nous avons entamée… autant en finir.

— C’est un peu compliqué.

Et en vrai, je me tasserais presque sur moi-même par instinct. Parce que j’assume mal ce que j’ai fait, ce qu’il s’est passé et mon acte de lâcheté pure et simple. Ça sera quitte ou double. Soit elle le prendra « bien », soit elle verra en moins l’immonde connard que je suis et adieu les je t’aime et les mariages. Et ça, ça fou les boules quand tu vois un édifice de sécurité tout juste se construire devant toi.
Mieux vaut maintenant que trop tard.

— J’étais très proche de Camélia. Je la suivais vraiment partout, je l’exaspérais mais on était très complices. C’était ma grande sœur, elle était l’exemple que je voulais suivre. Bref, on était une vraie fratrie à nous deux.

Je suis moins serein que tout à l’heure parce que je suis entrain de remuer toute cette merde à pleine mains. Et ça ne fait pas du bien, non. Ça me colle une boule dans la gorge et me donne une sensation de lourd malaise. Parce que quand tu racontes une histoire, c’est un peu comme une BD. T’y vois les images, les actions et pas toujours les meilleures.

— J’ai commencé à déconner quand les médecins nous ont annoncé que nous ne pouvions rien faire d’autre qu’attendre qu’elle décède. Je l’ai clairement pas supporté et j’accumulais les conneries entre deux recherches pour trouver des instituts spécialisés qui pourraient peut-être l’aider. Je t’assure que l’espoir c’est pas toujours la meilleure chose que tu puisses avoir. Moi, ça m’a détruit.

Je reste à ma place et me gratte le front nerveusement, constate que je tremble des mains et les cales aussitôt sur la table sur laquelle je suis appuyé. Les images sont là, à flasher dans mon crâne par intermittence. J’ai même encore l’impression de sentir l’odeur de mort et de maladie qui flottait dans l’hôpital et dans sa chambre.

— On était là, tous les trois autour d’elle à attendre la fin. C’était insupportablement long. T’es comme un con devant ta sœur et tu n’sais pas si tu as « hâte » que ça se termine pour ne plus la voir souffrir comme ça ou si tu as envie que ça ne change jamais, qu’elle te reste souffrante mais en vie.

C’est vraiment un état d’esprit et d’être aussi insupportable que la mort qui l’emporte sur un proche.
Je ne me rends pas vraiment compte à quel point je suis nerveux. Tout ça, Maxime le sait déjà mais l’avantage que j’avais lorsqu’on en a parlé, c’est que j’avais bu un peu et que c’était plus facile pour moi de délier les mots pour les lui cracher.
Mais ici, c’est à nu que je me fou et c’est pas ce que je préfère le plus. Pourtant, j’me sens pas pris au piège ou même oppressé. Par pour les même raisons que si ça avait été quelqu’un d’autre à la place de Riley. J’me dis que c’est maintenant ou jamais que de lui montrer des parts de moi qu’elle ne veut peut-être pas, que c’est maintenant qu’il faut qu’elle sache et pas dans trois mois, dans un an.

— J’étais croyant avant. Je sors mon chapelet de dessous mon pull. C’est celui de Camélia, je le garde parce que c’est le sien. Peut-être aussi pour me rappeler tout ce que j’ai détesté à cette époque.

La magie et la foi.
Quoi qu’il représente, je saccagerais celui ou celle qui ose y toucher.

— Elle est morte en Novembre, je l’ai pas supporté. Et si j’avais déjà commencé à déconné, là je suis complètement partie en vrille. J’ai presque fait toutes les conneries possibles et je t’assure que si ta mère fourre le nez dans mon casier judiciaire, elle risque de ne vraiment pas apprécier ce qu’elle y verra.

Ça aurait pu sonner comme une blague mais ça n’est pas le cas. Je détourne enfin mon regard vers le sien et esquisse de nouveau un sourire gauche, tendu.
Je n’ai pas tué – sauf si on compte l’enfoiré de Noel -, ni violé, ni détruit la vie de quelqu’un. Mais pas sûr qu’elle apprécie de voir les délits de violence, d’ébriété ou de dégradation.

— J’étais incontrôlable, j’en ai fait baver à mes parents, je leur ai reproche de ne pas avoir fait ce qu’il faut pour aider Camélia et j’ai été jusqu’à leur claquer dans la gueule que tout ça, c’était de leur faute. Au lieu de les aider à remonter la pente et moi avec, j’ai tout fait pour faire l’inverse. Les tirer vers le bas avec moi. Ils m’ont donc envoyé en Angleterre, loin de tout ça, des fréquentations que je pouvais avoir que ça soit à Salem ou à l’extérieur, en espérant que je me reprenne et me retrouve ici. Et comme je suis un connard jusqu’au bout, je ne leur ai plus reparlé depuis que j’ai foutu un pied au pied. Que ça soit par courrier ou tout autre moyen de communication, j’ai fait le mort.

Dans les grosses lignes, c'est ça.
Je ne sais pas si je me sens soulagé ou oppressé. Peut-être ni l’un ni l’autre. J’ai le ventre qui se tord dans tous les sens parce que je prends des foutus risques à lui dire tout ça, à lui raconter la merde que j’ai créé et que j’ai semé derrière moi. Je prends le risque à ce qu’elle me méprise, qu’elle me déteste et qu’elle me jette comme la dernière des merdes. Le pire étant que je n’lui en voudrais même pas de faire ça même si c’est aujourd’hui une évidence que je le vivrais mal.
Quand je lui ai dit qu’elle ne m’a jamais regardé comme un looser ou un paumé, c’était pas du flanc, c’était pas exagéré. Elle redore l’image que je me suis faite et que j’ai construite de ma propre personne, racolant les morceaux brisés.
Pour une fois, je me sens comme quelqu’un de presque bien.

— Je t’avais dit que j’étais pas forcément un gars bien.

Et dire que je ne suis pas angoissé serait un sacré mensonge.
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Sam 16 Avr 2016 - 13:12

C'est marrant mais je me rends compte que je ne parle finalement pas beaucoup de mes parents, pas en profondeur disons, parce que je les évoque régulièrement bien sur. Ça fait un moment que je n'ai pas présenté leur portrait à quelqu'un et j'ai cette impression étrange, une impression qui me donne le sourire, celle de les redécouvrir. Ça me fait du bien, ça me rend légère, et surtout ça me fait prendre conscience de la chance que j'ai. Beaucoup de personnes autour de moi on perdu au moins un membre de leur famille, quasiment tous mes amis proches en réalité, Mateo inclus, alors oui croyez-moi je prends conscience de la chance que j'ai de les avoir encore tous les deux. Quant à leur statut professionnel … C'est vrai qu'une mère avocate et un père architecte … J'aime pas trop l'image que ça renvoi de moi même si je n'ai pas à avoir honte de ça et ça n'est pas le cas, c'est juste que … Oui, j'ai du mal avec cette image de petite fille privilégiée que je dois dégager partant de ce constat. Ma mère est ambitieuse, elle m'a transmis ce trait de caractère et m'a mis la pression une partie de mon adolescence vis à vis de ça, parce qu'elle ne voulait pas que je me dirige vers une carrière Moldue, mais on a su passer au dessus de ça et à présent j'ai hâte de lui dire ce que j'envisage. J'attends de l'avoir face à moi, pour lui faire la surprise. Concernant Papa je sais qu'il m'encouragera et me supportera peu importe mon choix, sauf si je décide de devenir Gogo Danseuse ou impresario de Lady Gaga.

De mes parents et ma petite vie parfaite – ceci est de l'auto-dérision, même si une part de moi le pense réellement parce que je ne peux pas m'empêcher de comparer avec mon entourage, même si c'est mal et je le sais – on glisse vers les siens et je me décide à poser la question qui me démangeait, en douceur, sans aucune agression, parfaitement prête à encaisser un blocage de sa part ou néanmoins un refus d'en parler. C'est beaucoup d'un coup, j'en ai conscience, de même que j'ai conscience de le pousser dans ses retranchements en lui faisant du mal au passage. Je l'ai pris par surprise, je m'en rends compte, alors je lui laisse le temps, le libérant de mon « emprise » au passage pour lui laisser également un peu d'espace. Loin de moi l'idée de l'étouffer et c'est pourtant l'impression que j'ai, malgré son sourire.

« C’est un peu compliqué. »

J'ai envie d'attraper sa main, je me retiens.

« J’étais très proche de Camélia. Je la suivais vraiment partout, je l’exaspérais mais on était très complices. C’était ma grande sœur, elle était l’exemple que je voulais suivre. Bref, on était une vraie fratrie à nous deux. »

Je ne sais pas à quoi elle ressemblait, pourtant je me fais une idée d'elle chaque fois que j'y pense alors en cette instant je la visualise, je les visualise, tous les deux, et mon cœur se serre. Ça n'est pas ma douleur, ça ne m'empêche pas d'en partager au moins une partie. Parce que je sais que cette histoire s'est mal terminée.

« J’ai commencé à déconner quand les médecins nous ont annoncé que nous ne pouvions rien faire d’autre qu’attendre qu’elle décède. Je l’ai clairement pas supporté et j’accumulais les conneries entre deux recherches pour trouver des instituts spécialisés qui pourraient peut-être l’aider. Je t’assure que l’espoir c’est pas toujours la meilleure chose que tu puisses avoir. Moi, ça m’a détruit. »

Il tremble, moi j'ai les larmes qui me montent aux yeux et j'aimerai vraiment, vraiment ne pas réagir aussi émotionnellement parce que je n'ai pas envie qu'il le prenne mal. Je ne peux pas me mettre à sa place ne serait-ce que l'espace d'une seconde, d'un millimètre. Je ne comprendrais jamais ce qu'il a ressenti, ce qu'il ressent encore, mais j'ai mal pour lui, mal de le voir comme ça, mal de savoir qu'il a du vivre autant de douleur.

« On était là, tous les trois autour d’elle à attendre la fin. C’était insupportablement long. T’es comme un con devant ta sœur et tu n’sais pas si tu as « hâte » que ça se termine pour ne plus la voir souffrir comme ça ou si tu as envie que ça ne change jamais, qu’elle te reste souffrante mais en vie. »

Je le regarde, j'observe le langage de son corps, les traits de son visage, sans jamais faire un geste, sans être trop envahissante, sans dire un mot. Je le laisse vider ce sac qui semble horriblement lourd à porter. Est ce qu'il en a déjà parlé à quelqu'un au moins ? Comment est ce qu'on peut vivre avec autant de choses aussi difficiles sur le cœur ? Encore une fois j'ai envie de le toucher, de lui démontrer que je suis là, que ma présence est tout ce que je peux lui apporter comme réconfort mais que, peut-être, c'est déjà ça. Mateo n'est pas de ceux qui montrent ce qu'ils ressentent alors le voir comme ça c'est toujours quelque chose de particulier, une chose que je commence à appréhender de mieux en mieux parce qu'on s'habitue l'un à l'autre tout simplement et que ça n'est pas la première fois qu'il s'ouvre à moi de cette façon même si c'est certainement la plus intense. J'espère simplement qu'il se sentira un peu plus léger après avoir laissé sortir tout ça, peut-être plus serein, qu'il en ressortira quelque chose de positif, peu importe ce que c'est.

« J’étais croyant avant. C’est celui de Camélia, je le garde parce que c’est le sien. Peut-être aussi pour me rappeler tout ce que j’ai détesté à cette époque. »

C'est son chapelet qu'il me montre à présent, celui qu'il porte autour du cou en permanence et concernant lequel je n'ai jamais posé de question. Je comprends maintenant pourquoi il semble y attacher autant d'importance. Peut-être un peu pour sa signification spirituelle malgré tout mais surtout parce qu'il appartenait à sa sœur. Je n'ai jamais osé le toucher, ce qu'il vient de m'apprendre me laisse penser que ça ne sera jamais le cas. Il représente trop de choses pour lui, des choses personnelles, ce que je respecte totalement.

« Elle est morte en Novembre, je l’ai pas supporté. Et si j’avais déjà commencé à déconné, là je suis complètement partie en vrille. J’ai presque fait toutes les conneries possibles et je t’assure que si ta mère fourre le nez dans mon casier judiciaire, elle risque de ne vraiment pas apprécier ce qu’elle y verra. »

Pour la première fois depuis le début de son récit il me regarde et je ne fuis pas son regard, je ne crois même pas avoir la moindre réaction particulière. Il sourit, pas moi, parce que je sais qu'il ne plaisante pas mais en cet instant rien ne m'effraie, rien ne me stresse, et surtout pas la réaction de ma mère quant à son casier judiciaire. Je n'ai aucune idée de ce qu'il a pu faire, je sais à quel point il est sanguin en revanche, à quel point il n'aime pas l'autorité, mais de là à me figurer ce qu'il a bien pu faire comme conneries … Non, je ne sais pas, et ne compte pas partir dans des suppositions quelconques. Pas plus que je n'ai l'intention de le juger pour ça, simplement parce que ça n'est pas mon genre. Je ne juge pas les gens sur ce qu'ils ont fait dans le passé, dans un passé où je ne les connaissais pas qui plus est, je crois que c'est quelque chose que je peux affirmer sinon je n'aurai jamais développé de l'affection pour Derek, ni même apprécié de m'amuser avec Julian, considérer Enzo comme un ami, etc … Est ce que tu essaies de me faire peur, de me faire fuir ? Parce que ça ne fonctionnera pas, je te le dis tout net.

« J’étais incontrôlable, j’en ai fait baver à mes parents, je leur ai reproche de ne pas avoir fait ce qu’il faut pour aider Camélia et j’ai été jusqu’à leur claquer dans la gueule que tout ça, c’était de leur faute. Au lieu de les aider à remonter la pente et moi avec, j’ai tout fait pour faire l’inverse. Les tirer vers le bas avec moi. Ils m’ont donc envoyé en Angleterre, loin de tout ça, des fréquentations que je pouvais avoir que ça soit à Salem ou à l’extérieur, en espérant que je me reprenne et me retrouve ici. Et comme je suis un connard jusqu’au bout, je ne leur ai plus reparlé depuis que j’ai foutu un pied au pied. Que ça soit par courrier ou tout autre moyen de communication, j’ai fait le mort. »

Avalanche de mots, de ressentis, que j'engrange, jusqu'à la conclusion.

« Je t’avais dit que j’étais pas forcément un gars bien. »

Oui, c'est une conclusion, voilà pourquoi enfin je sors de mon silence et de mon immobilité. Première réaction ? Je me laisse glisser de la table jusqu'à ce que mes pieds retouchent le sol et viens lui faire face, une seconde, avant de passer mes bras autour de son cou et de le serrer contre moi en douceur.

« Dis pas des choses comme ça. »

Mes yeux se ferment, je le serre un peu plus fort, me blottit contre lui à tel point qu'on pourrait croire que j'essaie de fusionner mais je n'écoute que mon instant et prendre une profonde inspiration, me laissant porter par ce nouveau silence, son odeur, sa chaleur et les battements de son cœur qui sont extrêmement rapides. Intérieurement je me fais une promesse : Je ne le lâcherai, je ne le laisserai, qu'une fois qu'ils auront ralentis. Je fini néanmoins par m'écarter un peu mais sans le lâcher pour autant. Mon regard se braque dans le sien, ma main droite se pose sur sa joue, toujours avec cette douceur qui contraste réellement avec la Tornade que je suis la plus part du temps. Je ne réfléchis pas, à aucun moment, tout ça n'est pas calculé, c'est purement instinctif.

« C'est quoi être un gars bien ? Ne rien ressentir ou barricader ses émotions et faire comme si rien ne te touchait ? T'as vécu quelque chose de difficile, et je comprends que tu t'en veuilles par rapport à tes parents mais laisse toi au moins le bénéfice du doute, le droit à l'erreur. T'as fait ce que t'as pu et peut-être que t'avais besoin d'en passer par là. »

Je le dis et le répète, je ne pourrais jamais me mettre à sa place mais je peux essayer de visualiser, au moins un peu, et c'est réellement comme ça que je perçois les choses. Il a beau marcher la tête haute, avoir une fierté de latino à ne plus pouvoir passer les portes, il reste un homme, avec ses forces et ses faiblesses. Comment attendre de quelqu'un qui souffre un comportement irréprochable ? Oui, il a fait du mal autour de lui, il s'est vengé sur ceux qui restait, et il ne pourra jamais effacer ça, mais est ce qu'on peut réellement le blâmer pour ça ? Moi non, à aucun moment, parce que ça n'est pas mon histoire. Si quelqu'un peut le juger, lui en vouloir, ce sont ses parents et personne ne dit que ça sera facile, ça n'est jamais facile de faire face à ses torts, si tant est qu'on puisse appeler ça comme ça, mais ils ont souffert eux aussi, ils ont perdu leur fille au même titre qu'il a perdu sa sœur. Ils ont aussi perdu leur fils en cours de route … je ne les connais pas mais je me dis qu'ils doivent être plus tristes qu'en colère, non ? Ça n'a strictement rien à voir mais quand j'ai fait vivre cet enfer à ma mère pendant plusieurs années, avec le temps j'ai fini par comprendre que je l'avais plus blessée qu'autre chose. Ils nous ont donné la vie, on est la chair de leur chair, leur sang … Je sais qu'ils ne sont pas tous de bons parents mais si je me fis à l'image que Mateo m'a donné d'eux ...

« Peut-être que tu devrais faire un nouveau pas vers eux ? Je peux t'aider si tu veux. »

HRP:
 
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Mer 27 Avr 2016 - 16:31

La conversation prend une tourner à laquelle je ne m’attendais pas et ça va bien au-delà des aveux de mes sentiments. C’est un mot qui parait banale pour les autres mais qui, pour moi, est une véritable torture à avouer. Je ne me suis pas forcé, pas dans le sens où je lui ai menti. Ce que je lui ai dit est vrai : Je l’aime. Je ne peux plus m’en cacher, ni le nier, mais je ne pourrais pas lui dire une second fois, pas avant un moment.
Maintenant, c’est face à mon histoire avec mes parents que je me trouve. Je lui avoue la vérité, lui expose mes erreurs que j’assume sans fierté et je prends le risque de lui montrer une part de moi que j’aurai préféré dissimuler. Mais force est de constater que je ne changerais pas et même si je me suis assagi avec le temps, il y a de fortes chances que le naturel revienne au galop. Je préfère qu’elle sache dès maintenant à quoi s’en tenir…

Je ne l’ai pas sentie tout de suite bouger et je suis surpris de sentir ses bras autour de mon cou pour ensuite me retrouver contre elle. Une étreinte que nous échangeons dans un moment particulier et qui, par conséquent, prend une toute autre saveur. Encore une fois, c’est différent. Je n’ressens pas les choses de la même manière et je me laisse complètement aller contre elle en passant mes bras autour de Riley, la serrant un peu plus fort contre moi. Ce contact me fou un coup au cœur et me donne le vertige, un sensation de vie qui fait foutrement du bien.

— Dis pas des choses comme ça.

Pourtant, je sais que je n’exagère rien et que je ne fais pas dans le dramatique. Je suis un sale type qui a foutu sa merde là où il le pouvait, sans forcément de remord. Certains diront que ce qui compte c’est ce que nous sommes aujourd’hui et ils n’ont pas tords, mais je n’suis pas à l’abri de me faire rattraper par ce que je suis. Maxime et moi sommes dans le même bâteau même si ce sont pour des raisons différentes.
Malgré tout, ses mots me font du bien même si je ne l’admettrais pas. Je la sens se serrer un peu plus contre moi et mon étreinte se resserre elle aussi. Mon cœur s’emballe sous toutes ces émotions que je ne connais pas et ne contrôle pas. J’ai conscience que ce moment est privilégié et que ça n’est pas tous les jours que je me laisserais aller à une démonstration d’affection pareille. Mais pour l’instant, j’en profite, pleinement. Je respire l’odeur de ses cheveux, mon nez contre sa tempe et je ne bronche pas, ne prononce pas un mot. Je pense à tout ce qu’il s’est dit mais surtout je pense à mes parents, aux siens. Les miens que j’ai peur de perdre, les siens dont je redoute un peu le jugement. J’ai pas envie qu’ils me regardent comme un raté même si c’est un peu vrai dans le fond. Mais surtout, j’ai pas envie de lui faire honte à ce foutu mariage… Sûrement l’une des raisons qui me bloque en cette seconde.

C’est étrange de la sentir si calme mais j’me rends compte que j’aime ce côté-là de sa personnalité. Surprenant mais agréable. J’ai bien envie de la garder comme ça pour encore quelques heures mais Riley finit par s’écarter en douceur en levant son regard vers moi. Qui aurait cru que ça serait toi ? Vraiment, j’veux pas faire dans le cliché mais j’étais loin de me douter que quiconque éveillerait ce genre de chose chez moi.

— C'est quoi être un gars bien ? Ne rien ressentir ou barricader ses émotions et faire comme si rien ne te touchait ? T'as vécu quelque chose de difficile, et je comprends que tu t'en veuilles par rapport à tes parents mais laisse toi au moins le bénéfice du doute, le droit à l'erreur. T'as fait ce que t'as pu et peut-être que t'avais besoin d'en passer par là.

J’avais jamais vu les choses sous cet angle. J’y avais même jamais vraiment pensé, acceptant sans broncher le fait d’avoir foiré et de m’être comporté comme un connard. Riley a raison sur une chose : J’ai le droit à l’erreur. Et quand j’y repense, je me demande si vraiment je peux m’octroyer ce droit après toutes les merdes que j’ai faite… Mais concernant mes parents, elle n’a peut-être pas tords. Je sais pas si j’avais besoin d’en passer par là mais j’ai clairement une chance qu’ils comprennent. Ou pas. J’en sais rien, ça m’angoisse. Ces conneries me foutent une pression de malade à laquelle je ne m’attendais pas. Et j’en assume l’entière responsabilité, sans broncher. Je suis peut-être un connard sans tact et parfois sans compassion mais je reste au moins honnête sur ce terrain…

— Peut-être que tu devrais faire un nouveau pas vers eux ? Je peux t'aider si tu veux.

Un bref sourire étire mes lèvres et je crois que je suis attendri. Comme un con. J’me sens complètement idiot.
Je tousse au creux de mon poing avant de replacer ma paume sur sa hanche avec la ferme intention de la garder près de moi. J’aurai jamais cru en arriver là avec elle, ça me parait encore dingue. Tout comme le fait de parler de mes parents, de ce qu’il s’est passé, de ce que j’ai fait… Ca n’arrivera pas deux fois alors, ouais, autant en profiter.

— La vérité c’est que j’ai déjà fait un premier pas vers eux il y a presque deux mois mais qu’ils ne m’ont jamais répondu.

Je me revois refaire cent cinquante fois cette maudite lettre jusqu’à ce que je me retrouve à tout écrire d’une traite, envoyant tout ça à l’arrache avant que je ne change d’avis…

— Mais plus j’y pense… plus je me dis que mon hibou a dû mourir en chemin. Et je suis complètement sérieux dans ce que je lui dis. Il est censé revenir une fois que le courrier est déposé, non ? A moins que mes parents ne le retiennent en otage, je ne vois que ça.

Est-ce que c’est un moyen de me rassurer ? Peut-être, j’en sais rien. En tout cas, je ricane, essayant de passer à autre chose qu’à tout ce poids qui m’écrase les épaules. Lui en parler m’a fait du bien, vraiment. Pour la première fois depuis une éternité, j’ai vraiment eu l’impression de partager quelque chose avec quelqu’un, quelque chose de réelle. Un peu comme avec Maxime cette fois où nous avons parlés de deux trois trucs nous concernant autour d’une bière.
Je fixe Riley un instant avant de poursuivre d’un ton tranquille, bien plus que tout à l’heure où je me sentais carrément à nu.

— Tu sais pour le mariage… J’dis pas non, je veux simplement y réfléchir avant. Je veux vraiment venir mais je préfère d’abord régler cette histoire avec mes parents. D’autant plus que je suppose qu’avant de pouvoir me pointer en costard à ton bras, il faudra que je passe l’étape du barreau…

Idée peu séduisante mais qui m’arrache malgré tout un sourire taquin. Je ne me fais pas d’illusion, tout ne se fera pas d’un claquement de doigts. Je m’attends même à ce que ça foire complètement et allez savoir pourquoi, j’ai bien plus l’impression que j’ai moins de chance de gagner l’approbation de sa mère que de son père. Je suis sincère concernant le mariage, l’idée d’y aller avec elle me touche et me donne envie de franchir le pas mais je ne pourrais pas accepter sereinement temps que je n’aurai pas réparé mes conneries avec mes parents et temps que je n’aurai pas rencontré les siens pour au moins prendre la température.

— Je te propose qu’on attende de voir comment je me débrouille pour conquérir le cœur de ta mère et on avise ?

Histoire de voir si Maman Jenkins ne me traquera pas avec une carabine…
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MessageSujet: Re: I've heard it takes some time to get it right ▬ Mateo   Ven 29 Avr 2016 - 16:15

Le Mateo d'avant, celui qu'il est encore parce qu'on ne change jamais totalement et que ça fait simplement partie de lui, j'en ai eu quelques aperçus quand il a débarqué ici et qu'on s'est plus ou moins tout de suite pris le bec parce qu'il était insupportable et … que j'étais ce que je suis toujours, une impulsive chronique à tendance hystérique qui réagit au quart de tour. Celui qu'il a été dehors, j'en ignore tout si ce n'est ce qu'il vient de me confesser mais est ce que ça change quoi que ce soit à ce que je ressens pour lui ? Non. J'imagine que le temps nous apprendra si ça peut fonctionner ou pas, s'il finira par me faire fuir ou l'inverse pour une raison ou une autre, mais pour l'instant tout ce que je vois c'est un garçon qui n'est pas mauvais, qui a juste encaissé des choses difficiles comme il a pu. Je ne suis peut-être qu'une pauvre petite fille naïve mais j'ai plutôt tendance à faire confiance à mon instinct et ce dernier me souffle très clairement que ce garçon n'est pas un danger pour moi et que peu importe la facette de lui qu'il me montrera, il m'en faudra beaucoup pour tourner les talons. Je suis irrémédiablement attachée à lui, du genre d'attachement qui n'éclatera pas en un claquement de doigts, sans parler de mon sale caractère qui parfois peut être une force. Je n'essaierai pas de le changer, et j'ai confiance, réellement. Son honnêteté me va néanmoins droit au cœur, bien sur, mais non ça ne me donne pas envie de m'éloigner, je crois même que c'est bien tout le contraire.

Tout ce qui se passe ici, dans cette pièce, en cet instant, n'a absolument rien d'anodin et pourtant je me surprends réellement à garder ce calme plat qui me caractérise depuis le début de notre conversation. Pourtant des choses j'en ressens, énormément même, mais je crois que je réagis instinctivement et que cet instinct, encore et toujours, me dicte de réagir comme ça et pas autrement alors inconsciemment peut-être je l'écoute et lui obéis. Ce que Mateo est entrain de faire est difficile, une seule étincelle et tout peut s'évaporer, c'est quelque chose dont j'ai conscience alors je me tiens tranquille. Quelque chose me dit que je dormirais profondément cette nuit … On ne peut pas encaisser autant de choses sans en être affecté et même si c'est du positif, c'est éprouvant. Pour l'instant je n'en ai strictement rien à faire, tout ce que je veux c'est l'aider du mieux que je peux, lui apporter ma présence, mon soutien, peu importe ce dont il a besoin même si c'est d'air, pour pouvoir gérer ça par lui-même, ce que je comprendrais totalement. Et ce sourire … Il est contagieux ce sourire, il me fait vibrer des pieds à la tête ce sourire,  même s'il ne dure qu'une seconde ou deux.

« La vérité c’est que j’ai déjà fait un premier pas vers eux il y a presque deux mois mais qu’ils ne m’ont jamais répondu. Mais plus j’y pense… plus je me dis que mon hibou a dû mourir en chemin. Il est censé revenir une fois que le courrier est déposé, non ? A moins que mes parents ne le retiennent en otage, je ne vois que ça. »

J'acquiesce d'un signe de tête sans prononcer un mot, pour confirmer ce qu'il pense puisque c'est effectivement comme ça que fonctionne les Hiboux : Ils reviennent toujours vers leur propriétaire une fois leur tache effectuée, avec ou sans courrier de réponse. S'il n'est pas revenu, c'est qu'il a eu un problème en cours de route, ou bien que ses parents le retiennent comme il le dit mais … Je ne sais pas, j'ai du mal à me dire qu'ils pourraient faire ça quand bien même je ne les connais absolument pas. Est ce que ça veut dire qu'il va retenter le coup ? Je crois que oui mais cette décision lui appartient et je n'y mettrais pas plus les pieds. Il sait, il sait que je suis prête à l'aider et je pense sincèrement qu'il me le demandera s'il a besoin de moi pour ça, d'une manière ou d'une autre. Quand bien même ça serait uniquement pour lui prêter ma chouette.
Le silence s'installe entre nous, il me regarde et je ne cherche pas à esquiver, bien au contraire. Un soupir m'échappe, de ces soupirs qui vous soulagent. Tout est redevenu léger, c'est en tout cas l'impression que j'ai et je ne compte pas briser cette quiétude de si tôt. C'est lui qui reprend finalement la parole, je perçois dans sa voix la tension qui a disparu et un sourire m'échappe.

« Tu sais pour le mariage… J’dis pas non, je veux simplement y réfléchir avant. Je veux vraiment venir mais je préfère d’abord régler cette histoire avec mes parents. D’autant plus que je suppose qu’avant de pouvoir me pointer en costard à ton bras, il faudra que je passe l’étape du barreau… »

A son tour il sourit, moi c'est carrément un rire bref que je lâche en visualisant cette option. Très bon choix de mot, Monsieur Vargas, vraiment. Pour le reste, je comprends parfaitement qu'il veuille régler la situation avec ses parents avant d'affronter les miens et ça n'est pas dans mes plans de lui mettre quelconque pression à ce niveau là. S'il ne se sent pas prêt le moment venu alors soit, ça sera comme ça, mais on ne va pas se mentir, l'idée qu'il soit là ce jour là, un jour important pour moi, ça me ferait énormément plaisir. Je ne nierai pas que l'entendre dire qu'il veut vraiment venir fait battre des ailes un millier de papillons dans mon estomac … Ma plus grande hantise est de finir par l'enchainer malgré moi, je sais que si je fais ça consciemment ou non je le perdrais et c'est un risque que je ne veux pas prendre. Pas maintenant qu'on en est à ce stade là tous les deux, pas maintenant qu'il prend autant de place dans ma vie, qu'il représente ce qu'il représente.

« Je te propose qu’on attende de voir comment je me débrouille pour conquérir le cœur de ta mère et on avise ? »
« Ça me va. »


Le ton est beaucoup plus léger, de son côté comme du mien, et les sourires se font plus francs, moins timides, plus relâchés. Ce qui se passe n'a rien d'anodin mais je crois qu'on a besoin tous les deux de redescendre un peu de ces hauteurs sur lesquelles on vient de se hisser mutuellement. Sa famille, la mienne, notre histoire, cette dispute stupide de la semaine dernière, nos sentiments réciproques. Tous ces aveux …
Un profond soupir m'échappe et je ne réfléchis pas à mes gestes, je me laisse simplement faire, je me laisser aller. Mes mains jusqu'ici posées sur sa taille remonte le long de son torse et se posent de chaque côté de son cou, je l'embrasse. Un baiser doux, calme, lent, un baiser rempli de tout ce que je ressens pour lui. Mes bras s'enroulent finalement à nouveau autour de son cou et mon visage se nicher contre le sien, mes yeux se ferment, les mots sortent en douceur et avec sincérité, me faisant vibrer des pieds à la tête.

« Je t'aime aussi. »

Je reste comme ça, immobile, resserrant mon emprise autour de lui pour accompagner ces mots que je prononce pour la première fois. Papa, Maman, peut-être mes Grand-Parents, probablement les animaux de la famille quand j'étais petite, mais en dehors de ceux-là, je ne les ai jamais prononcé pour personne, simplement parce que je ne les ai pas ressenti. Aujourd'hui c'est le cas, je le ressens pour lui et je le dis. Je crois que de son côté comme du miens ça restera assez exceptionnel mais je n'ai pas besoin de mot pour m'imprégner de ses sentiments. Je les sais présents, sincères, bien réels, et ça me suffit.

Je ne sais pas combien de temps il s'écoule dans ce silence, cette immobilité, ce moment de paix et de quiétude qui me plonge dans un état de sérénité incroyable. Je fini par m'écarter, ma main droite attrape la sienne et mes yeux cherchent le contact des siens alors que je lui souris à nouveau.

« On va faire un tour ? »

On pourrait rester des heures dans cette pièce, on pourrait aussi se retrouver d'une autre manière, plus physiques, et ça n'est pas que je n'en ai pas envie bien sur mais ça n'est pas la priorité en ce qui me concerne. Je crois que j'ai juste envie de surfer encore un peu sur cette vague de calme, tout en me disant qu'il est fort probable que nos pas nous guident vers son dortoir. La chaleur et la fièvre ne sont pas au rendez-vous, pas comme elles ont pu l'être à de nombreuses reprises, mais ça n'enlève en rien le désir que j'éprouve, celui de toucher et goûter à nouveau sa peau. L'envie est différente, c'est tout.

« Faut que je t'expose pour montrer à toutes les intéressées éventuelles que c'est pas la peine, qu'elles perdent leur temps à te loucher dessus. »

J'arbore un air sérieux une seconde, peut-être deux, avant de relever le regard vers lui et d'esquisser un sourire des plus innocents … Faussement innocent bien évidemment.

« La version officielle c'est simplement que j'ai envie de passer du temps avec toi. »

Pour rattraper cette semaine passée loin de toi.

▬ FIN ▬
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