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 L'Après - Aileen

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MessageSujet: L'Après - Aileen   Ven 4 Mar 2016 - 18:08

Dimanche 22 février 2015


L’après.

C’est cette période complexe dans laquelle tout semble n’être qu’illusion. Comme si rien de ce qu’ils avaient vécu ne pouvait correspondre à la réalité. Et pourtant, c’est l’instant où l’on doit tout accepter, où l’on est censé prendre du recul, accepter, agir de manière réfléchie et non plus sous le coup de l’adrénaline. Et pourtant, on est idiots dans l’après. Touchés, blessés, nous sommes toujours dans cette volonté de comprendre, de donner des excuses, de trouver ce qui a été fait, mal fait, trop fait et ce qui a été oublié. On cherche les failles, on distors les rancœurs. On remue encore et encore le couteau dans la plaie, on balance le sel et on tourne une nouvelle fois. L’après, c’est cet instant où l’on oscille entre rêve, réalité et deuil. C’est là que l’on se rend compte qu’il ne faut pas rester figer, et avancer. Mais pour cela, il faudrait encore accepter ce qu’il s’est passé. Hors si sous le feu de l’action, le directeur, comme d’autres, avait agit, il y avait surtout eu le choc. L’instant où, alors qu’il ne pouvait plus rien faire qu’attendre que les blessés se remette, que les corps soient évacués… à cet instant, il ne savait plus. Tout avait semblé s’abattre sur lui en masse. Il fallait comprendre et accepter, agir en conséquence.

Mais il restait bloqué. Au début, il s’était contenté de repasser ces dernières heures en boucle dans son esprit. Aileen tout d’abord, puis l’arrivée de Maxence et finalement Alec. Encore et encore. Les soins, les actes. Les cris, les pleurs. Les accusations, l’angoisse.
L’après.

Et puis il en était arrivé aux semaines qui avaient précédé tout ça. Ce qu’il avait vu sans réellement voir, ce qui était passé sans qu’il n’en prenne connaissance, ce qu’il aurait pu faire bien en amont pour arrêter ça. Les erreurs, les projets, les bourdes, les fissures dans leurs plans. Comment en étaient-ils arrivés là ? Quand la haine était-elle montée ? Quand ?

L’avant.

Il était ensuite remonté bien avant ça. A l’arrivée des Supérieurs. Aux meurtres. Aux secrets, aux responsabilités.
Et puis encore avant.

Avant tout ça. Avant Poudlard, avant leurs rêves brisés, avant la déchéance, avant la peur.
Avant ça, il y avait quoi ?
Personne n’avait vu ce qui se préparait ? Il devait y avoir des prémices tout de même ? Les  préambules, l’amorce de la guerre ? ça ne vient pas de nulle part et depuis toutes ces décennies passées à s’entre-tuer les Hommes n’étaient-ils pas capables d’apprendre de leurs erreurs ? La nature n’avait-elle jamais mis au point des techniques pour éviter les massacres ? à moins que ceux-ci ne soient nécessaires à notre survie au final.
Comment ?

Comment pouvait-il y avoir une normalité à tout ça ? à tous ces drames, à tous ces morts. Ces pères qu’il avait probablement lui-même arraché à leurs familles ? Ces proches désespérés, en larmes et en cris, la vengeance aux lèvres.
Comment la disparition d’une jeune femme, d’une enfant d’une gamine, aimée de tous pouvait-elle avoir une logique, une norme ? Y aurait-il jamais une fin à tout ça ?

Des générations et des générations s’étaient probablement déjà posé ces questions-là. Partout dans le monde, la détresse état universelle, la sensation de se battre pour quelque chose qui en vaut la peine et la peur de ne pas vaincre aussi.
S’ils étaient tous motivés par la même chose, comment arrivaient-ils systématiquement à ça, quelque soient les siècles ?

Près de lui, Aileen s’était agitée, l’arrachant de ses pensées. Ça ne lui ressemblait pas, et pourtant le directeur avait passé beaucoup de temps là, dans l’infirmerie, à voir les gens, leurs peines, leurs souffrances. Eh puis à les voir se remettre, doucement.
Mais il fallait agir, il le savait. Alors le temps qu’il ne passait pas là, il le passait à améliorer la sécurité, à réfléchir sur leurs différentes possibilités. A aller de l’avant, malgré lui.

Elle s’ébranlait, gesticulant par mouvements saccadés, gémissant. Posant sa main sur son bras, il l’avait interpelée sans que ça n’ait le moindre effet. C’était Sovahnn qui attendait, assise sur une chaise, un peu à l’écart, qui avait fini par se lever, prenant la main de la Serdaigle, sous le drap, l’appelant doucement, lui assurant que tout allait bien, glissant une main sur son visage, l’arrachant du sommeil.
C’était probablement ce qu’il aurait dû faire ce dit-il en serrant les mâchoires en silence.

Ça n’était pas la première fois qu’elle se réveillait. Pas la première fois que ce retour à la réalité s’avérait compliqué et pas la première fois que les cauchemars la tenaillaient. Et ça n’était pas la première fois qu’il se sentait totalement impuissant et incapable.

Sovahnn s’assit sur le lit alors qu’il enveloppait Aileen d’un regard qui se voulait tendre.

Pourtant, il se leva, lançant avant de s’éloigner :

« Il faudrait qu’on parle… »

Le regardant passer la porte de l’infirmerie, Sovahnn enserra son amie de ses bras.

« Dakota vient juste de partir, c’est dommage.. ça va toi ? »

Et puis, comme si elle s’assurait qu’il ne revenait pas dans la minute, déjà prêt à entendre ce qu’elle avait l’intension de dire, elle ajouta :

« Je ne sais pas si le voir se dépêtrer avec des émotions humaines est drôle ou complètement pathétique. »

Avant d’ajouter avec un sourire rassurant,

« Il ne te lâche pas tu sais. J’crois que dès qu’il le peut, il est là, sans trop savoir quoi faire, certes. Mais il est là.

Traduction : je doute qu’il est conscient que sa phrase fait très « on doit parler, il faut qu’on se sépare », mais je doute que ça soit ça.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Dim 6 Mar 2016 - 20:29

Dimanche 22 février 2015
Une semaine, jour pour jour que l’attaque avait eu lieu. Elle s’était sentie proche de la mort ce jour-là, pourtant ça n’avait pas été la première fois que cette faucheuse était venue la titiller… Mais c’était la première fois que la métamorphomage le vivait ainsi. Blessée dans sa chair, la violence de l’acte, le regard de Dakota puis celui de Marek qui était venu se perdre dans ses prunelles affolées… Tout ça lui avait fait prendre conscience que sans une intervention rapide, elle ne s’en sortirait pas et c’était cette réalité qu’elle s’était prise violemment : elle ne voulait pas mourir et le clamait haut et fort ! Elle n’avait que peu de souvenirs de la suite, comme si tout devenait peu à peu flou, comme si pour se protéger, son esprit s’était mis en veille le temps que tout se calme. Lorsqu’elle était revenue à elle, les lieux avaient changés, elle semblait sur un nuage ou dans une sorte de brume. Son esprit tournait au ralenti et il lui avait fallu un temps assez important pour reconnecter avec le monde réel. Takuma était là, tout comme Dakota, Sovahnn et Jordane, leurs visages marqués par l’inquiétude et peut-être le soulagement de la voir émerger après deux jours de sommeil plus ou moins forcé. Ce jour-là, elle n’avait pas tenu très longtemps, épuisée, ankylosée et le légèrement endolorie au niveau de sa blessure, elle n’avait déjà plus cette sensation d’oppression au niveau de la poitrine, un bon début.

Son état s’était amélioré les jours passant, ses proches aidant, la Métamorphomage tentait de retrouver le sourire et de passer à autre chose. Tenter car en réalité, il y avait toujours ce fond anxieux qui la tiraillait et l’empêchait de se dire qu’elle avait eu de la chance, même si clairement c’était le cas. Ce retour à la réalité lui était toujours brutal, elle avait été poignardée, en pleine foule et avec une telle détermination qu’elle ne pouvait s’empêcher de frissonner en y repensant. Elle n’avait pas su tout de suite pour Megan, ni même pour cette fameuse liste qui la rangeait dans la catégorie des personnes visées, celles qu’on abat pour atteindre les pièces maitresses d’un échiquier. Au fond d’elle, la jeune femme avait toujours su les risques, mais aujourd’hui elle prenait conscience du poids qu’elle pouvait représenter pour lui, un point faible non négligeable, une faiblesse… La détestait-il pour ça ? Sûrement, du moins elle imaginait.

Endormie, le sommeil qui l’avait accompagné n’avait rien de salvateur cette fois encore. Agité, tourmenté, ce même cauchemar revenait encore et encore. Et s’ils revenaient ? Et si son frère avait subi le même sort… Et si ses proches étaient les prochains sur la liste ? S’ils se servaient d’elle pour l’affaiblir ? Cette oppression revenait, pesante et étouffante, ce goût métallique au creux de ses lèvres et lui qui la laissait mourir. La Serdaigle se noyait, respirait avec difficulté lorsqu’on était venue la tirer de ses angoisses. Une main sur son bras, une voix lointaine, mais c’était finalement une présence plus marquée qui l’avait réveillée et sortie définitivement de ce cauchemar. Lorsqu’elle avait ouvert les yeux, Sovahnn était là et Marek également. Il lui avait fallu un petit laps de temps pour calmer son souffle et renouer avec la réalité. Elle était en vie, et c’était le principal. Tout allait bien et…

« Il faudrait qu’on parle… »

Peut-être pas en fait… La belle n’avait rien dit, l’avait juste suivi du regard alors qu’il s’éloignait, passant finalement la porte de l’infirmerie sans rien ajouter. Aussitôt, une boule d’angoisse était venue lui nouer la gorge et l’estomac. Ce genre de phrase, ça n’avait rien de bon en général, elles étaient souvent suivies d’une conversation désagréable lourde de conséquence…

« Dakota vient juste de partir, c’est dommage.. ça va toi ? »

Elle avait laissé Sovahnn l’étreindre, essayant de lui offrir un sourire aussi vrai que possible, malgré ce retour à la réalité trop brutal.

- Je crois oui… Toujours le même cauchemar. Merci…
« Je ne sais pas si le voir se dépêtrer avec des émotions humaines est drôle ou complètement pathétique. »

Alors là tu vois, j’en sais rien ! Tentant elle aussi un sourire, l’Ecossaise ne savait décemment pas à quoi s’attendre si elle allait le rejoindre.

« Il ne te lâche pas tu sais. J’crois que dès qu’il le peut, il est là, sans trop savoir quoi faire, certes. Mais il est là. »

Déglutissant difficilement, la jeune femme ne se sentait pas de prendre le risque d’essuyer une rupture ou des reproches là tout de suite. C’était trop tôt, surtout que Marek n’était pas connu pour son tact…

- Je sais…

Oui elle savait qu’il avait été présent, auprès d’elle et sûrement pas uniquement étant donné qu’Alec était lui aussi touché, mais elle avait conscience du fait qu’il soit venu régulièrement. Soupirant face à ce mur qu’elle risquait de se prendre dans quelques minutes, la jeune femme avait fixé son amie, avec ce regard annonciateur de : « Tu peux m’rendre un service ? ».

- Sovahnn je… j’suis pas prête à essuyer une rupture sans y être préparée… Ni à me prendre des reproches si ça devait être le cas… Tu… Tu voudrais pas aller…

- S’il te plait…

Le voir pour moi et je sais pas me préparer si jamais c’était vraiment ce à quoi je pense et… Si c’est vraiment ça, lui dire qu’il y mette les formes pour m’épargner un minimum… Oui elle imaginait le pire c’est vrai, mais sérieusement, vous vous attendez à quoi vous après un… « faudrait qu’on parle »…
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Jeu 17 Mar 2016 - 0:11

« Je ne sais pas si le voir se dépêtrer avec des émotions humaines est drôle ou complètement pathétique. »

Le même cauchemar qui revient encore et encore. Il y avait malheureusement fort à parier qu’il continue de la hanter pendant bien longtemps celui-là. D’ailleurs elle n’était pas seule à faire ce genre de mauvais rêves récurent, Sovahnn était également touchée par ce mal traitreusement répandu au château. Elle l’avait simplement prise dans ses bras, lui apportant secours et réconfort comme elle pouvait. Elle se sentait affreusement inutile, surtout compte tenu de ses pauvres et faiblardes capacités en magie… alors quitte à ne pas être très efficace dans le ‘pendant’, elle cherchait quoi faire pour aider un peu dans l’’après’.

« Il ne te lâche pas tu sais. J’crois que dès qu’il le peut, il est là, sans trop savoir quoi faire, certes. Mais il est là. »
- Je sais…

C’est bien déjà. Parce que là, il fallait avoir énormément foi en cette certitude pour ne pas être persuadé qu’une rupture se profilait à l’horizon.

- Sovahnn je… j’suis pas prête à essuyer une rupture sans y être préparée… Ni à me prendre des reproches si ça devait être le cas… Tu… Tu voudrais pas aller…

Voilà, c’est ce que je dis. Attends : quoi ?

- S’il te plait…
« Qu… Nan mais c’est probablement pas ça. S’il te fait des reproches, il se prend ma main dans la gueule. »

Tu ne ferais pas ça.

« Non, j’ferais pas ça. »

C’est évident.

« Tu me demandes de faire tampon entre vous deux pour qu’il évite de péter une pile comme la dernière fois et que ça se termine en crise violente c’est ça quoi ?! … Super. Allons parler au prof âcre de DCFM, ex maître de maison flippant des verts et actuel non moins terrorisant directeur, incapable du moindre sourire non profondément moqueur ou cruel ou de la moindre délicatesse humaine. Faisons ça. »

Tu le sens que j’insiste lourdement pour ne pas le faire.

« T’es sûre hein ? Tu ne te ravises pas ? La dernière fois que je lui ai parlé frontalement, c’était pour l’engueuler quand même ! »

Lui maraver la gueule. C’était ça le terme adéquat.

D’un autre côté, justement, quitte à l’avoir déjà fait, elle pouvait bien lui tenir de nouveau tête pour éclaircir les choses. Surtout qu’il y avait largement de quoi l’agacer profondément dans leur relation. Et, justement, son comportement actuel avait de quoi l’agacer. Et que dire d’Alec qui ne lui adressait pas plus la parole ??

« Ouais nan, t’as raison j’y vais. On aurait dû avoir Jordane sous la main cela dit. »

Dans le genre capable de lui tenir tête et de lui faire entendre raison elle…. Je suis débile. Profondément débile. Merde.

« … Mouais, mauvais plan c’est ça ? Oubli c’était con, pardon, j’voulais pas… J’vais.. j’y vais. »

Eh beh t’es bien partie toi dans le genre bourdes à ne pas faire dans des histoires de triangles amoureux !
D’un autre côté, la rousse était tellement discrête sur la question que malgré la fureur d’Aileen, elle avait réussi à oublier cet énorme, gros, {strike]caillou[/strike] détail.
Bientôt, elle sortait de l’infirmerie, sentant se poser sur elle le regard lourd de Logan, adossé sur le mur d’en face.

« Monsieur je… peux ? »

L’air dubitatif qu’il lui avait lancé, la jaugeant du regard n’était pas tout à fait pour la mettre à l’aise. Lui adressant un petit sourire coincé et franchement pas naturel, elle espérait jouer en sa faveur… tout en se demandant bien comment elle pouvait être naturelle dans cette histoire sans être pec-sec.

« Ben disons qu’en règle général, quand tu t’adresses à moi c’est plutôt mauvais pour mon matricule… »

Il fallait bien avouer que ça lui était arrivé…. Et qu’elle ne lui avait pas tout à fait donné le temps ou le droit de réagir autrement que dans son sens. D’un autre côté, il s’agissait à chaque fois de vie ou de mort et puis… elle s’était clairement cachée derrière une assurance feinte et un ton impératif pour éviter de perdre contenance. Ce qui risquait de se passer de nouveau d’ici peu d’ailleurs… parce que c’était la seule manière dont elle savait le prendre.

« Ben justement… ça ne me regarde pas, je sais mais… vous comptez la plaquer là ? »

La tronche qu’il avait tirée en la fixant suite à sa question avait fait frémir la jeune femme, plus tout à fait sûre de sa place ici.

« En effet, ça ne te regarde pas. »

Bien bien. Ça, elle l’avait compris. Et pourtant, elle restait fermement plantée là, dans le couloir à le fixer. Hors de question de bouger et de laisser tomber, elle savait trop bien comment il était, et comment était Aileen. Et là, elle n’avait pas la volonté d’affronter ses maladresses, surtout que celles-ci s’avéraient de plus en plus monumentales au fur et à mesure que la situation devenait critique. Alors si interprète elle devait être, interprète elle serait.

« Parce que vous ne comptez pas répondre ? Nan parce que la fuite de la conversation n’est pas une option en fait. »

Ne me regarde pas comme ça, je suis sérieuse.
Pendant un certain temps, pourtant, il l’avait prise de haut avec son regard sombre qui n’accepte en aucun cas d’être dirigé. Eh bien, tu ravales tout ça mon grand, là tu es surtout le petit ami pas doué de mon amie à moi. Et tu fais bourde sur bourde. C’est violent. Non, vraiment.

« C’est quoi ce plan au juste. »

Lâchant un soupir exaspéré, il s’était retourné, faisant mine de retourner dans l’infirmerie, pourtant la petite blonde s’était interposée, bloquant le passage de son bras, claquant le plat de sa main sur le mur, dans le but ultime de se donner une contenance…. Vous avez noté l’utilisation du terme « petite » pour désigner la Poufsouffle ? En effet, en cet instant, Sovahnn se sentait fluette, petite et ridicule. Elle se sentait comme une araignée ayant tissé fièrement une toile entre deux murs, et se la faisant briser en une fraction de seconde par un félin guilleret.

« D’accord, tu lui laisses le temps de fuir c’est ça ? »
« T’es vraiment mauvais avec les femmes en fait… »
« Ah j’ai perdu le ‘vous’ tient ! »

Oups.

« OK, désolée… est-ce qu’on peut mettre la hiérarchie deux minutes de côté et imaginer simplement que tu es le petit ami de ma meilleure amie qui a failli mourir sous nos yeux deux minutes ? Et on va imaginer que, dans ce cas de figure, je n’ai pas vu la grimace quand j’ai prononcé les mots petit et ami. On peut imaginer ça deux minutes ou pas ? »

...

Pendant de longs instants, la jeune femme l'avait sentit la juger, comme si son regard perçant se plantait à l'intérieur de ses entrailles, jaugeant de sa bonne foi ou non et de ce que ça pourrait lui apporter à lui d'écouter une môme qui ne se sent plus. C'était un peu l'idée de la manière dont elle percevait ce regard noir braqué sur elle.

« Vas-y, pond-moi ta connerie qu’on avance. »

... J'vais pas dire merci à ça.
COMMENT ELLE FAIT ? Damn.

« D’accord. Bon, elle va mal, elle a peur, elle ne sait pas comment se positionner par rapport à toi, tu la snob, et lui dis un truc qui fait très « on va rompre » deux secondes avant de sortir sans un mot. »

Il s'était redressé, réagissant à ses paroles, mais, sachant parfaitement que si elle le laissait parler et lui rabâtre le claquet, elle l'avait perdu, et ça n'était pas son but immédiat.

« Je sais. Je sais que c’est de la maladresse. Je sais que ça n’était pas voulu, que tu ne cherches pas à la mettre mal à l’aise et que tu voudrais pouvoir la calmer et la rassurer, mais c’est pas possible, parce que la situation craint et que tu ne sais pas faire ça. Donc ne m’envoie pas chier, parce que le passé a déjà montré que la communication sentimentale en cas de crise, c’était pas vraiment votre truc à vous deux. Alors à moins de vouloir gérer une guerre ET un couple en déroute, PITIE, laisse-moi jouer le hibou. »

Dakota, je pense qu’après ça, tu peux me désigner une médaille. Ne serais-ce que pour avoir débiter tout ça en le regardant et sans bégayer. Parce que là je suis assez fière !
....
Une bombe va-t-elle exploser ? Suspens !

« Non, je ne comptais pas rompre. »

Ah ! Non !
... Mais encore ?
Argument ?
Contre argument ?
Développement ?
Disons que c’est déjà un début de communication.

« Et donc, quelle est cette grande conversation angoissante et nébuleuse ? »
« Savoir tout ce qu’elle sait de cette histoire de rumeurs, de son coup de faiblesse et tenter de déceler les résidus d’un sortilège d’oubli. »
« Un… HEIN ?? »
« Un obliviates. »
« Oui nan mais oui mais… hein ??? »

Développe bon dieu !!

« J’ai peur que la taupe l’ai prise à part et lui ait effacé les souvenirs. »
« Oh pu…. Ah ouais rien à voir avec le couple alors. »
« Rien. Enfin… façon de parler. »
« Donc l’idée c’est vraiment que tout ça est dû au fait que vous soyez ensembles. »
« C’est vrai que question tact, toi, tu sais y faire… »
« Pardon. »

Re-oups.
Clairement moqueur, il la fixait avec un demi-sourire qui lui fit énormément penser à Alec. Il y avait de toute évidence bien une affiliation entre eux deux, en cet instant, c’était flagrant.

« Bon ben voilà. C’est pas plus compliqué que de parler avec Alec en fait. »

J’ai dit ça à haute voix ?

« Il va comment ? »
« J’sais pas il parle pas ! »

Elle se retournait à peine qu’elle l’entendit rire de bon cœur dans son dos. Etonnée, la jeune femme se retourna pour voir un petit éclat d’amusement simple dans ce regard habituellement si affreusement indéchiffrable. Ne pouvant s’empêcher de rire de l’absurdité de cette fin d’échange, la blondinette se dit que finalement, il y avait peut-être derrière ces airs de brute bourrue un petit quelque chose de plaisant.
Elle avait dû bien creuser, Aileen, pour sortir de ce petit rien une personne à aimer.

« Bon, j’reviens je vais lui dire. Le mieux ça serait.. »
« Que je ne bouges pas et que j’attendes qu’une gamine fraichement de retour dans le monde des vivants reviennes pour m’autoriser à aller communique avec l’espèce humaine ? »



« C’est ça ! »

La jeune femme s’était rapidement retrouvée assise en tailleur au bout du lit de son amie, lui offrant un air dubitatif teinté d’une pointe d’ironie évidente.

« Il a de l’humour en fait ! … J’aurais pas cru. »

Il faut avouer que ça a de quoi perturber !

« Il ne veut pas te lâcher. »

Oui, elle s’était dépêchée de le préciser.

« Par contre moi j’hésite ; parce que je ne ferais pas ça tous les jours. »

Bien que je sois assez fière de moi.

« Bien que je sois assez fière de moi. »

Oui, après réflexion, ça n’était pas honteux à exprimer à haute voix.

« Il a peur que tu ais été en contact avec l’ordure qui a ouvert les portes aux Supérieurs et qu’il t’ai interrogée avant d’effacer ta mémoire. J’en déduis donc qu’il a peur des risques que tu cours mais aussi de ce que tu ais pu dire. Et aussi je sais qu’il t’aime et qu’il a peur de te mettre en danger, qu’il est mal à l’aise face au regard des autres et qu’il ne sait pas comment faire pour te rassurer et te montrer qu’il voudrait être là. Il ne sait pas se détacher du rôle qu’il s’est lui-même donné, a peur de ce que ça peut donner et ne veut surtout pas te mettre plus en danger que ça…. et ne sait pas se dépêtrer de tout ça. Et non, il ne l’a pas dit comme ça, non. »

Sans blagues ?

« Ok, j’ai peut-être LEGEREMENT surexploité ses non dits. »

Léger.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Lun 28 Mar 2016 - 17:27

« Qu… Nan mais c’est probablement pas ça. S’il te fait des reproches, il se prend ma main dans la gueule. »

Oui la belle l’avait vu venir cette réaction, celle qui crie : « t’es sérieuse, tu veux vraiment que j’aille parler à ton mec et… ????! »

« Non, j’ferais pas ça. »

Oui bizarrement je m’en doute ! Quoique je l’ai déjà fait et ça fait du bien mais là n’est pas la question… S’il te plait Sovahnn… J’ai envie de pleurer là rien qu’à l’idée que j’vais sûrement me prendre une rupture officielle et même si je sais que notre histoire n’est sûrement pas vouée à durer pour la vie, mais pour l’instant c’est un truc plutôt positif sur lequel je m’appuie un tantinet pour pas me dire que… ma vie s’écroule doucement mais sûrement !

« Tu me demandes de faire tampon entre vous deux pour qu’il évite de péter une pile comme la dernière fois et que ça se termine en crise violente c’est ça quoi ?! … Super. Allons parler au prof âcre de DCFM, ex maître de maison flippant des verts et actuel non moins terrorisant directeur, incapable du moindre sourire non profondément moqueur ou cruel ou de la moindre délicatesse humaine. Faisons ça. »

Il est pas si horrible que ça Sovahnn… Bon ok la description est assez bonne et là tout de suite j’ai une  nausée profonde due à l’angoisse qui va me prendre ! Tu le vois dans mon regard là tout de suite que l’angoisse est en train de me tétaniser et que je sais pas comment me sortir de cette situation ?!

« T’es sûre hein ? Tu ne te ravises pas ? La dernière fois que je lui ai parlé frontalement, c’était pour l’engueuler quand même ! »
- S’il te plait…

Pitié ! J’ferai tout c’que tu veux, promis si tu me rends ce service !

« Ouais nan, t’as raison j’y vais. On aurait dû avoir Jordane sous la main cela dit. »

Oui parlons de Jordane, elle est tellement plus douée que moi pour converser avec Marek, et peut-être même plus douée dans d’autres domaines si on écoute toutes les rumeurs débiles qui circulent en ce moment et… bordel !

« … Mouais, mauvais plan c’est ça ? Oubli c’était con, pardon, j’voulais pas… J’vais.. j’y vais. »

La métamorphomage avait acquiescé, soulagée quelque part que Sovahnn finisse par accepter, même si elle était consciente de l’envoyer au casse-pipe, et consciente aussi que ça risquait d’envenimer les choses car Marek le prendrait sûrement mal et qu’il l’enverrait certainement sur les roses et au final ça ne ferait qu’aggraver cette putain de discussion à laquelle elle n’échapperait de toute évidence pas !

- Merci…

Vraiment, sincèrement… Merci ! Et la jolie blonde ici présente avait fini par rejoindre Marek et l’angoisse en elle n’avait fait que croitre ! Incapable de rester allongée plus longtemps, la Serdaigle s’était levée, s’autorisant doucement quelques pas sans trop s’éloigner. Takuma lui avait dit qu’elle pourrait quitter l’infirmerie bientôt, chose plus qu’intéressante car elle aspirait à retrouver sa salle commune et à quitter l’espace confiné et aseptisé de ce lieu pourtant sécure. Attrapant de quoi se rafraichir un peu, la jeune femme sentait son anxiété atteindre des sommets au fil des minutes qui s’égrainaient. Est-ce que Sovahnn s’en sortait ? Si ça s’trouve, elle avait fui, ce qu’elle aurait aisément compris et… bordel j’vais m’effondrer si j’continue d’hyper ventiler de la sorte ! En prime sa poitrine la tiraillait encore et cela même avec les soins qu’elle avait pu recevoir. La magie faisait des merveilles, mais pas des miracles et si elle continuait à tourner en rond elle allait faire une attaque ! C’était le moment où Sovahnn avait fait son retour que la belle s’était finalement assise, prise d’un semblant de vertige. C’est dingue à quel point la perspective d’une discussion avec lui m’angoisse… C’est pas humain une chose pareille, un peu plus et je déclenche un zona !

« Il a de l’humour en fait ! … J’aurais pas cru. »

Silence de sa part, la jeune femme avait la bouche trop sèche pour répondre et la boule qui lui nouait le corps l’empêchait tout bonnement de sourire.

« Il ne veut pas te lâcher. »

Un soupire avait passé ses lèvres, mais trop léger pour libérer toute cette tension, il fallait bien l’avouer. Entre ce cauchemar et ce retour à la réalité, il allait falloir un petit temps pour qu’elle redescende.

« Par contre moi j’hésite ; parce que je ne ferais pas ça tous les jours… Bien que je sois assez fière de moi. »

Cette fois, un semblant de sourire avait réussi à se faufiler sur ses lèvres. Comme quoi, avec un peu de temps elle réussirait à se détendre, si si j’vous assure !

« Il a peur que tu ais été en contact avec l’ordure qui a ouvert les portes aux Supérieurs et qu’il t’ait interrogée avant d’effacer ta mémoire. J’en déduis donc qu’il a peur des risques que tu cours mais aussi de ce que tu ais pu dire. »

Wait, wait, wait… comment ça en contact avec celui… et effacé ma mémoire ? Mais c’est impossible… Oui la jeune femme avait du mal à y croire, il n’y avait rien eu pour lui mettre la puce à l’oreille, rien qui pourrait laisser croire qu’elle avait été manipulée et…

- C’est de la folie, comment…

Et pourtant c’était possible, si on avait manipulé ses souvenirs, alors quel rôle avait-elle pu jouer dans les récents évènements ?! Qu’avait-elle pu dire au juste ?

« Et aussi je sais qu’il t’aime et qu’il a peur de te mettre en danger, qu’il est mal à l’aise face au regard des autres et qu’il ne sait pas comment faire pour te rassurer et te montrer qu’il voudrait être là. Il ne sait pas se détacher du rôle qu’il s’est lui-même donné, a peur de ce que ça peut donner et ne veut surtout pas te mettre plus en danger que ça…. et ne sait pas se dépêtrer de tout ça. Et non, il ne l’a pas dit comme ça, non… Ok, j’ai peut-être LEGEREMENT surexploité ses non dits. »

Là c’était un sourire, crispé certes, mais néanmoins amusé qu’elle avait laissé transparaitre, car en effet… C’était sûrement plus Sovahnn qui parlait que Marek ! Et c’était quelque part une chance que des traducteurs l’aguillaient de temps à autres car le passé avait prouvé à maintes reprises qu’elle n’était pas la plus à même de déchiffrer les « non-dits » chez lui… Et pourtant, il lui semblait avoir gagné en maturité depuis quelques temps, à croire que les coups finissent par faire grandir.

- S’il t’avait dit tout ça, je crois que je me serais plus inquiétée pour lui que… pour cette fameuse conversation…

Se rapprochant de son amie, la belle l’avait serrée dans ses bras, reconnaissante vraiment vis-à-vis de ce qu’elle venait de faire.

- Merci Sovahnn… J’te revaudrai ça !

Se reculant un peu, la jeune femme avait soufflé un bon coup, espérant évacuer ainsi une partie de ses tensions.

- Tu penses que c’est possible ? Que j’ai pu être manipulée sans m’en rendre compte ? C’est complètement insensé…

Se passant une main dans les cheveux en dégageant son visage, l’Ecossaise tentait de se rappeler d’un fait, d’une discussion, mais rien ne lui revenait à l’esprit.

- Et si c’était le cas, tu penses que…

J’aurai pu dire des choses qui ont contribué à l’attaque ? Prise de doutes, la jeune femme s’était levée, faisant quelques pas. L’idée qu’elle puisse être en partie responsable la tétanisait. Comment je vais le voir d’ailleurs ? J’me pointe là-bas et on s’assoit autour d’un thé ? Tu sais très bien en toi-même que le plus gros de la « discussion » se fera, disons… de façon moins conventionnelle.

- Il va me détester…

Pour ma faiblesse et pour tout ce qu’elle engendre sur lui !
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Dim 8 Mai 2016 - 23:02

Communiquer. Cela peut paraître bête pour certains, élémentaire peut-être, naturel sûrement, simple dans bien des cas. Et pourtant, ça n’était rien de tout ça pour bien des gens. Communiquer c’est s’ouvrir, c’est dire des choses que l’on voudrait garder pour soi ou que l’on ne pense même pas à exprimer. Communiquer c’est se poser les bonnes questions aux bons moments et savoir se connaître, repérer ses faiblesses, ses failles mais surtout les accepter. Sovahnn avait passé des mois, des années à écouter les autres se déchirer, à entendre les non-dits, à souffrir les erreurs, les paroles inadaptées. Elle n'avait pu que laisser faire, écouter les autres se déchirer. Sans être apte à aider ou tenter quoi que ce soit. Alors, là, en effet, la jeune femme ne pouvait faire autrement que d'accepter d'aider son amie et ce même si ce faire l'inquiétait au plus haut point. Elle savait à quel point ils étaient capables de se déchirer, de se blesser, de se tuer quand ils étaient tout deux blessés, incapables de savoir s'exprimer clairement sans ambigüité. Elle savait à quel point ils savaient se montrer maladroits dans leurs dires. Capable de briser tout ces liens qu'ils avaient pourtant réussi à tisser tout le long de ces mois. Car, oui, ils avaient mis bien trop de temps à réussir à s'apprivoiser pour briser ça une nouvelle fois. Les autres lui avaient expliqué ce qu'il s'était passé la dernière fois au réveil. Les cris, les larmes, les paroles glaciales et les mots qui blessent. Le malaise général dans la pièce... Ils étaient capables de refaire la même chose, elle le savait. Non pas qu'elle connaisse Logan, mais Aileen, c'était le cas. Et la jeune femme était désemparée, blessée, atteinte dans tout ce qu'elle avait encore jusque là de repères. Elle ne pouvait gérer tout ça, tout ce qui lui tombait dessus en peu de temps et ce fait expliquait certains comportements étranges qu'elle avait pu avoir. Mais est-ce qu'il n'y avait réellement que ça ? à présent que le directeur avait mis ça sur le tapis, oui, la jeune femme en doutait et il y avait de quoi ! Et si rien de toutes ses absences, de ses instants de fatigue n'était lié au hasard ? Et si tout cela provenait d'actes bien plus graves que de simples insomnies ???

- C’est de la folie, comment…

Oui, c'était peut-être de la folie. Ça aurait même pu clairement être de vagues divagations d'un esprit perturbé. Oui, tout ça n'aurait pu être une vaste blague. Ça aurait pu s'il n'y avait pas eu ces attaques. S'il n'y avait pas eu les rumeurs concernant Aileen, Logan et Jordane. Ça aurait pu, s'il n'y avait pas déjà eu des morts dans cette histoire et si Logan avait naturellement été un grand farceur reconnu. Mais ça n'était pas le cas. Tout ça ne la faisait absolument pas rire. Et pour cause ! Il pouvait y avoir bien trop de réalité qu'elle ne l'apprécierait dans tout ça. Alors oui. Oui, peut-être qu'Aileen avait pu être manipulée. Oui, après tout. On faisait pire que ça en temps de guerre. Avec e recul, ça n'avait rien de particulièrement aberrant. C'était juste... Réel. Loin des livres où des films lors desquels ces actes pouvaient être anodins, classiques, banals. Non, il s'agissait de la réalité, de ce que, eux, vivaient au jour le jour. Il s'agissait de leur réalité à eux, de leurs vies. Et elles s'imprégnaient de noirceur un peu plus chaque jour. Après tout, si certains étaient capable d'enfermer des jeunes, de les tester, de les manipuler, de faire disparaitre les quelques piliers de leur existence... s'il paraissait normal à un moment donné que les enseignants qui auraient dû veiller sur eux disparaissent les uns après les autres... pourquoi est-ce que l'idée qu'une personne pourrait effacer la mémoire de quelqu'un après l'avoir cuisinée serait si improbable que cela ? Mis à part le fait que la personne en question était l'une de ses plus proches amies ?

Si accepter cette possible vérité était à ce point compliqué pour elle... alors qu'est-ce que ça devait être pour la première concernée ?! La jeune femme avait commencé par être éberluée et la jeune poufsouffle n'avait vu qu'une chose à faire : séparer les nouvelles. Commencer par ce qu'elle savait sur son couple et tenter de la faire rire au passage. C'était déjà une première chose. Ainsi, elle aurait quelques instants pour encaisser cette possibilité là. Surtout que... l'idée même qu'elle ait pu vivre quelque chose et ne pas s'en souvenir car quelqu'un lui avait volé sa mémoire... Sovahnn trouvait cette idée parfaitement répugnante. Comme lorsque l'on comprend que l'on a vécu un viol plusieurs jours après les faits. C'était un peu l'effet qu'une telle nouvelle lui faisait. Alors, oui, elle s'était concentrée sur le fait de parler de Logan, de ce qu'il avait dit et ce qu'il n'avait pas dit. De ce qu'il pensait et ressentait alors que, oui, elle supposait beaucoup de ce qu'elle disait. D'ailleurs la jeune femme avait volontairement forcé le trait spécialement pour arracher ce petit sourire qui avait fini par fleurir sur les lèvres de la métamorphomage. Oui, elle avait au moins réussi à lui tirer ça. Vu la situation, la jeune femme estimait que c'était déjà un début prometteur.

- S’il t’avait dit tout ça, je crois que je me serais plus inquiétée pour lui que… pour cette fameuse conversation…
« Ouais tu m’étonnes… »

Aileen s’était rapprochée d’elle, l’enlassant, reconnaissante.

- Merci Sovahnn… J’te revaudrai ça !
« T’en fais pas c’est normal. Tu l’aurais fait aussi… »

Si j’avais des supers relations dans le goût de la tienne et pas des relations un peu étranges avec des amis et un début de relation avec ton frère disparu depuis beaucoup trop longtemps. Oui, elle lui avait parlé du baiser. Ça avait prit du temps mais le sujet avait fini par venir sur le tapis.
La jeune femme s’était reculée, inspirant profondément alors que Sovahnn gardait une main sur son dos, la caressant distraitement.

- Tu penses que c’est possible ? Que j’ai pu être manipulée sans m’en rendre compte ? C’est complètement insensé…
« Pas tant que ça… à vrai dire ça serait même plutôt logique. Archi inquiétant et horriblement traumatisant mais tristement logique. C’est pas pour rien qu’il n’a pas arrête de te faire chier. Les premières personnes que je cuisinerais pour avoir des infos sur le directeur, c’est toi et Alec. »

Elle avait utilisé volontairement le titre de Logan pour bien souligner l’importance de la situation.

- Et si c’était le cas, tu penses que…

… Que dire ?

- Il va me détester…

« Mais non ! »

Enfin, si, peut-être. A vrai dire ça n’était pas tout à fait impossible.

« Il s’inquiète pour toi et pour la suite voilà tout. »

Et elle aussi s’inquiétait pour tout cela et pour le reste.


« Tu sais je pense que tu devrais aller lui parler. Il attend mon signe. Tu veux que je le donne ? Ou que je passe un autre message avant… »




« A force de repousser ce moment tu te fais encore plus de mal… »

Petit sourire encourageant.


« Après je peux rester à distance avec une sarbacane si tu veux que je l’assomme…. ‘faut juste que je trouve une sarbacane quoi, c’est le seul souci… »

Oui, la réalité lui échappait trop, elle cherchait simplement un moyen pour rendre la situation un peu moins… pire.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Dim 29 Mai 2016 - 11:27

Elle était loin cette petite vie tranquille et sans encombres, loin cette enfance somme plus classique et sans vagues dans laquelle l’Ecossaise avait grandie. Aujourd’hui elle se retrouvait mêlée à des histoires de manipulation d’esprit comme on pouvait en trouver dans les livres et si tout ça lui paraissait totalement fou, la belle était forcée d’admettre que l’idée faisait son chemin dans son esprit au fur et à mesure que les secondes et les minutes s’égrainaient ! Et pourtant l’admettre lui faisait peur, car si elle avait failli mourir une semaine plus tôt, d’autre n’avait pas eu sa chance et avait succombé à cet acharnement ! Quel rôle avait-elle joué dans toute cette attaque ?! Jusqu’à quel point était-elle responsable de ça ?

Remerciant Sovahnn de s’être mouillée pour elle, la Métamorphomage tentait de se faire à l’idée qu’une partie de ses souvenirs lui avait été arraché, s’imaginant peu à peu des actes qui lui glaçait le sang. Que lui avait-on fait pour la faire parler ? Quel moyen répugnant le coupable avait-il utilisé pour briser ses barrières.

« Pas tant que ça… à vrai dire ça serait même plutôt logique. Archi inquiétant et horriblement traumatisant mais tristement logique. C’est pas pour rien qu’il n’a pas arrête de te faire chier. Les premières personnes que je cuisinerais pour avoir des infos sur le directeur, c’est toi et Alec. »

C’était logique et si elle avait été un tant soit peu moins impliquée, l’évidence lui aurait sauté aux yeux bien plus vite, mais le déni dans le cas présent agissait plus comme un acte salvateur qu’autre chose. S’appuyant sur Sovahnn encore un peu, la jeune femme appréciait ce contact amical, cette chaleur humaine qui la préservait, ne serait-ce qu’un peu d’une conversation qu’elle avait toujours envie de fuir comme la peste. D’autant que oui, si elle avait bien été manipulée, il la détesterait pour sa faiblesse. Il la détesterait pour la danger qu’elle représentait pour lui, pour les autres, car elle n’était pas assez forte pour résister à une attaque poussée, elle en était consciente, lui aussi. Elle n’avait rien d’une Sorcière puissante capable de fermer son esprit et pouvant résister à un assaut sur sa personne durant des heures. Et Sovahnn avait beau lui clamer le contraire, l’Ecossaise pouvait lire entre les lignes et c’était avec une certaine amertume entre les lèvres qu’elle imaginait déjà le regard de Marek.

« Il s’inquiète pour toi et pour la suite voilà tout. »

Et pour ce que j’aurai pu dire sur lui sans même en être consciente.

« Tu sais je pense que tu devrais aller lui parler. Il attend mon signe. Tu veux que je le donne ? Ou que je passe un autre message avant… A force de repousser ce moment tu te fais encore plus de mal… »
- Tu en as déjà assez fait comme ça…

Elle aussi avait souri alors que Sovahnn reprenait la parole.

« Après je peux rester à distance avec une sarbacane si tu veux que je l’assomme…. ‘faut juste que je trouve une sarbacane quoi, c’est le seul souci… »
- Qui sait, Maxence a peut-être ça dans ses placards pour… Les cas les plus sauvages !

Quoi on sait jamais, pour endormir les grands fauves faisant preuve de rébellion quant aux instructions médicales de repos forcé. Et non, là je ne vise absolument pas l’un des Rivers ! Toute ressemblance avec des personnes réelles serait purement fortuite ! Expirant fortement pour se donner du courage, la jeune métamorphomage avait regardé son amie, essayant de puiser tout le courage qu’il lui fallait pour aller affronter ses actes. Bizarrement, elle avait la curieuse sensation d’aller à l’échafaud, exposée en place publique pour expier ses fautes : SHAME !

- Reste juste dans les parages pour me récupérer une fois qu’il aura terminé de fouiller dans mes souvenirs.

Non elle n’était pas dupe, cette discussion risquait fortement d’être la plus douloureuse des conversations qu’elle aurait avec lui et c’était sûrement pour ça qu’elle tâchait de repousser l’échéance où elle sentirait son crâne se fendre et ses souvenirs lui échapper. Se redressant, la jeune femme avait jeté un coup d’œil aux autres patients allongés dans les différents lits de l’infirmerie. Savoir qu’elle pouvait être en partie responsable la rendait malade.

- Souhaite-moi bonne chance !

Il lui faudrait au moins ça pour affronter la douleur qu’elle s’apprêtait à subir, même en étant volontaire. Passant la porte, elle l’avait vu là qui attendait et l’angoisse qu’elle avait tenté de contenir jusqu’ici et qui lui nouait finalement la gorge avait semblé s’effacer ou du moins en partie. L’envie de savoir si oui ou non tout ça était réel, si oui ou non quelqu’un avait pénétré son esprit sans qu’elle n’en garde aucun souvenir.

- J’te cacherai rien ! Je n’sais pas si tes doutes sont fondés, ni même s’il y a un risque pour que je sois en partie responsable de tout ça…

Et si c’est le cas, je n’sais pas comment je vais vivre avec ça sur la conscience…

- Mais j’veux savoir si cette ordure m’a manipulée !

Malgré ses mots, une angoisse restait palpable, et depuis que Sovahnn lui avait évoqué les doutes du nippon, cette idée se faufilait dans son esprit.

- J’te demanderai juste une faveur : je ne veux pas être pleinement consciente quand tu entreras dans ma tête…

Oui elle lui demandait clairement de la droguer s’il le fallait, car il le savait malgré toute la volonté du monde son esprit se battrait contre l’intrusion et ça ne ferait que rendre l’acte insupportable pour elle.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Mar 7 Juin 2016 - 21:26

- Tu en as déjà assez fait comme ça…

C’était probablement vrai. Elle en avait probablement déjà fait beaucoup en allant s’adresser au directeur de l’établissement pour tenter de les aider à démêler leurs problèmes de couples. Mais voilà, non, elle n’en avait pas fait assez. Parce qu’elle n’avait rien vu elle non plus. Parce qu’elle s’était inquiétée plusieurs fois de l’état de son amie mais qu’elle n’avait jamais imaginé qu’un truc aussi grave pouvait se préparer dans leurs dos à tous. Parce qu’elle avait trouvé que son amie déraillait quelques fois mais qu’elle avait bêtement mit ça sur le fait que son frère venait de disparaitre. Peut-être qu’elle-même ne pensait qu’à ça ? Qu’au fait que l’homme avec qui elle nouait des liens de plus en plus intimes et agréables venait de se faire enlevé et ne reviendrait sans doute jamais. Qu’il était aux mains de personnes qui ne reculaient devant rien et qu’il serait probablement utilisé de la pire manière qu’il soit. Et s’il était torturé ? Et si on le menaçait si Logan ne capitulait pas, et eux avec ? Et s’il ne lâchait rien et que Jake mourrait ? Et s’il laissait faire et que les Supérieurs les envahissaient de nouveau ? Et si … ? Il y avait probablement eu trop de choses affreuses qui lui étaient passé par le crâne alors. Toujours était-il qu’elle n’avait rien vu, qu’elle n’avait rien vu voir.
Et si elle avait réagit ? Et si d’autres avaient réagit ? Est-ce que tout cela aurait pu être évité ? Ou non ? Et qu’en était-il de leur avenir ? Qu’est-ce que les évènements présents signifiaient pour leur futur à tous ?
Alors non. Non, elle n’en avait pas fait assez. Elle ne pourrait jamais réparer ça.

- Qui sait, Maxence a peut-être ça dans ses placards pour… Les cas les plus sauvages !

Elle avait rit. Imaginant Alec en bête sauvage, la jeune femme avait rit, parce qu’il n’y avait que ça à faire pour rendre les choses vivables. Parce qu’aucune autre possibilité n’était viable et que, là, ils avaient besoin de force et de confiance pour avancer. Aileen en avait besoin. Elle n’avait pas besoin de voir son amie s’écrouler à son tour. Elle n’était pas la plus touchée, elle n’avait pas chut, une lame enfoncée en elle. Elle… elle avait volé. Elle avait gagné, profité de sa joie. Merde, elle avait été heureuse alors que ses proches risquaient leur peau. La majorité de son cercle le plus proche avait été touché directement ou non. Elle était en plein dedans. Et elle avait exulté. Pas longtemps. Mais c’était arrivé. Avant qu’elle ne se rende compte de ce qu’il se passait sous ses pieds et qu’elle déchante. Littéralement parlant.
Alors oui, elle riait. Quoi faire d’autre ? Elle rirait tant qu’elle saurait que les autres avaient besoin d’elle, besoin d’y voir de la force, du soutien, du courage. Tant que les autres auraient besoin d’une épaule et d’un peu d’espoir, elle ferait ce qu’elle pourrait.

- Reste juste dans les parages pour me récupérer une fois qu’il aura terminé de fouiller dans mes souvenirs.
« Je t’attends avec une petite cuillère, aucun souci. »
- Souhaite-moi bonne chance !
« Bonne chance. »

Elle n’en avait pas sur elle mais l’humour aurait voulu qu’elle en sorte une de sa poche en cet instant et la brandisse fièrement. Ça n’était pas le cas.

Un petit sourire aux lèvres, elle avait fait un dernier signe à son amie alors que celle-ci s’éloignait d’elle, prête (ou non) à aller affronter son passé… et son compagnon.
Assise en tailleur sur le lit de son amie, son regard était venu courir le long des autres matelas. Tout ça était peut-être un peu de leur faute. De leur faute à tous, mais surtout de la leur. Son champ de vision s’arrêta quelques instants sur la couche vide où un Alec forcé au sommeil avait séjourné quelques temps. Lèvres pincées, elle ne put retenir un sanglot.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Jeu 9 Juin 2016 - 13:30

Adossé contre le mur, le regard perdu dans le vague, Logan attendait sagement, se demandant un peu comment il en avait fait pour en arriver là. Il lui semblait que rien n’allait comme il faudrait et qu’il se trouvait dans une foutue impasse dont il ne savait trop comment se sortir. Alors, oui, il finissait par déléguer comme il pouvait. Il laissait couler et restait en retrait, conscient qu’il était particulièrement doué pour rentrer dans le lard des gens pile au moment où il ne le fallait surtout pas. Angoissé, rongé par la culpabilité, il savait être particulièrement irritable. La dernière fois, en effet, il avait fait exactement ce qu’il aurait dû éviter et Sovahnn le lui avait majestueusement rappelé. Alors, oui, il la laissait faire. Elle savait bien mieux parler à son amie que lui et sa brusquerie n’avait pas sa place actuellement. Aileen était bien assez secouée comme ça. Lui aussi d’ailleurs. Ils n’avaient vraiment pas besoin d’une nouvelle dispute entre eux à cet instant. Sérieusement, il se sentait déjà largement assez mal, incapable et dangereux comme ça. Il avait trop à se reprocher actuellement, pas besoin d’en rajouter. Si elle était dans cet état, c’était de sa faute, y compris pour la mort de Megan, y compris pour les attaques des autres et notamment de son cousin. Alors, oui, ce crétin faisait son fort, il avait d’ailleurs déjà disparu de la circulation et le directeur savait parfaitement qu’il avait besoin d’un peu plus d’espace que ce que l’infirmerie lui apportait. Mais non, ils n’allaient pas bien. Personne ici n’allait bien d’ailleurs.

- J’te cacherai rien ! Je n’sais pas si tes doutes sont fondés, ni même s’il y a un risque pour que je sois en partie responsable de tout ça…

Logan s’était retourné, étonné d’entendre la voix d’Aileen proche de lui sans qu’il n’ait rien entendu approcher. Comme quoi, il était réellement parti loin dans ses pensées pour le coup. La jeune femme portait les marques de son agression récente. On ressentait la fatigue dans sa manière de se tenir, dans l’expression de son visage, dans ses traits tirés… mais ses yeux reflétaient ce qui le rassurait un peu : de la détermination et juste ce qu’il fallait de colère.

- Mais j’veux savoir si cette ordure m’a manipulée !

Elle avait peur pourtant. Elle était angoissée, épuisée de tout ça et inquiète de la suite et de ce qu’il pourrait trouver. Il savait ce que ça faisait, il le savait parfaitement car l’avait subit toute son enfance jusqu’à ce qu’il finisse par se fermer à toute intrusion, par compartimenter son esprit et le façonner en un véritable labyrinthe, ne laissant personne, ou presque, accéder à ce qu’il avait décidé de laisser caché. Et pourtant il y avait toujours la douleur intense. Alors il comprenait bien que ça paniquait la jeune femme, à vrai dire, ça le paniquait aussi, petit. Il l’avait laissée parler, sentait que toute sa détermination pouvait s’écrouler s’il l’arrêtait dans sa lancée.

- J’te demanderai juste une faveur : je ne veux pas être pleinement consciente quand tu entreras dans ma tête…

Petit sourire. C’était vrai voyons mais qu’il était bête ! Pourquoi n’avait-il pas pensé à ça plus tôt ! La droguer, mais quelle est bonne cette idée !

« C’est vrai, c’est idiot, pourquoi n’y ais-je pas pensé plus tôt ? »

L’ironie était palpable.

« Comme tu veux. On va trouver ça. »

C’était largement faisable et il le savait parfaitement. Cette possibilité lui intimait d’ailleurs qu’il y avait dans cette école des choses dangereuse pour eux tous puisqu’en effet, réalisables.

« Merci. »

Il savait ce que ça demandait pour elle et comme cette démarche était compliquée, surtout après ce qui avait pu se passer ces dernières semaines mais aussi lors du dernier douloureux réveil dans cette infirmerie ; à savoir, le sien. Il avait été violent face à ses propos à elle, intolérant et royalement con dans l’ensemble. Alors oui, rien de tout cela n’était facile.
Nb : Dans toutes les prochaines négociations, si Ismaelle ou Maxence n’étaient pas disponibles, il passerait par Sovahnn (non).

« Il y a par contre une chose qu’il va falloir te foutre dans le crâne : quoi qu’il se soit passé, non, t’es pas responsable de tout ça. »

Il ne savait comment exprimer ça. A vrai dire, ça n’était même pas réellement clair dans son esprit à lui. Mais elle n’aurait jamais rien fait consciemment. De plus, il savait parfaitement depuis un moment qu’il faudrait la blinder, il n’avait jamais réussi à la secouer assez pour qu’elle en comprenne l’importance. C’était lui qui était responsable de tout ce foutoir. Lui qui ne savait pas prendre les décisions qui s’imposaient, si dures soient-elles.

« Ça peut être mieux de faire ça dans mon bureau.. »

A l’abri des regards, de manière intimiste, tout ça. Avant qu’on ne dise que le directeur drogue ses élèves… Il paraitrait que ce genre de pratiques était déjà courantes chez les Rivers, d’après ce qu’il avait pu entendre dire, alors autant ne pas enfoncer plus encore le clou.

Ils s’étaient donc entendus pour faire les choses ainsi et, bientôt, Logan la rejoignait près de l’entrée. Ce ne fut qu’à cet instant qu’il se rendit compte que leur présence à deux dans ses locaux datait de l’annonce de la disparition de Jake il y avait de cela un bon moment. Il lui semblait qu’il y avait une éternité qu’ils avaient eu cette conversation quelque peu… piquante, sans se revoir ensuite.

« J’aurais peut-être dû choisir un autre lieu. »

Ils entrèrent.
Ces lieux qui avaient été témoins de leur intimité lui semblaient soudainement un peu sordides. S’asseyant sur l’accoudoir d’un fauteuil, il déposa une petite fiole sur une table de coin.

« Ecoutes, je suis désolé pour tout ça… »


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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Lun 27 Juin 2016 - 23:41

- Reste juste dans les parages pour me récupérer une fois qu’il aura terminé de fouiller dans mes souvenirs.
« Je t’attends avec une petite cuillère, aucun souci. »
- Souhaite-moi bonne chance !
« Bonne chance. »

Son amie souriait, pourtant Aileen sentait que l’atmosphère était pesante. Elle n’avait pas encore réellement pris le temps de savoir si Sovahnn allait bien, trop épuisée, perturbée, son agression était encore trop présente dans son esprit et il fallait avouer qu’elle avait beaucoup de mal à faire la part des choses et maintenant les doutes de Marek… Elle lui en demandait peut-être trop, pourtant la belle ne voulait pas que la jolie blonde se sente coupable pour autant. Non elle n’avait rien vu, tout comme Takuma, tout comme elle et son entourage et c’était ça le plus flippant. Y avait-il eu des signes ? La métamorphomage avait beau chercher dans sa mémoire, remonter aussi loin… rien ne lui revenait, c’était peut-être qu’il n’y avait finalement rien d’alarmant.

La jeune Serdaigle s’était donc rapprochée du nippon, sentant peu à peu cette tension diminuer au fur et à mesure qu’elle prenait conscience qu’elle voulait savoir. Il avait eu l’air surprise de la voir débarquer, debout alors que son corps réclamait encore du repos malgré cette semaine passée à l’infirmerie, malgré cela, elle était belle et bien là. Consciente que dans les minutes qui suivraient, elle s’écroulerait sous la douleur lorsqu’il entrerait dans sa tête.

« C’est vrai, c’est idiot, pourquoi n’y ais-je pas pensé plus tôt ? »

La jeune femme s’était presque attendue à l’un de ses sarcasmes et une part d’elle-même avait même préparé un argumentaire à sa demande, mais il avait coupé court assez rapidement répondant à sa demande.

« Comme tu veux. On va trouver ça. »

Le soulagement avait dû se lire sur son visage, car c’était un soupire qui avait passé ses lèvres. De savoir qu’elle ne serait pas en pleine possession de ses esprits la rassurait bizarrement. Elle n’avait pas répondu, mais son léger sourire exprimait sa gratitude.

« Merci. »
- C’est le moins que je puisse faire.

C’était étrange, à croire qu’un mur les séparait, elle avait cette étrange sensation d’être une empotée face à lui, à ne pas savoir quoi dire, quoi faire.

« Il y a par contre une chose qu’il va falloir te foutre dans le crâne : quoi qu’il se soit passé, non, t’es pas responsable de tout ça. »
- J’espère…

Sincèrement, elle espérait ne pas être responsable de ce capharnaüm ni de ce désastre sans nom.  

« Ça peut être mieux de faire ça dans mon bureau.. »

Elle avait acquiescé d’un signe de tête. Faire ce genre de chose dans un couloir, ou dans un endroit peu isolé ne lui plaisait pas des masses. D’autant plus si elle était à moitié dans les vapes lorsqu’il fouillerait dans sa tête… Bon dieu, il allait entrer dans ses souvenirs… soudainement l’angoisse était revenue… Violente et sa bouche s’était asséchée sans qu’elle ne puisse le contrôler ou l’empêcher. Elle avait donc dégluti difficilement alors qu’elle prenait la direction de son bureau. Le chemin lui avait semblé prendre une éternité et la fatigue se faisait douloureusement ressentir au niveau de sa poitrine. Elle aurait dû se trouver soulagée d’arriver enfin, mais c’était un sentiment étrange de malaise qui l’avait envahie et pour cause, la dernière fois qu’elle était venue, on lui avait appris que son frère était porté disparu. L’Ecossaise n’avait eu aucunes nouvelles depuis et si elle n’oubliait pas, elle avait fini par « accepter », façon de parler.

« J’aurais peut-être dû choisir un autre lieu. »
- Ca va aller. Laisse-moi juste une minute…

Il lui avait fallu quelques secondes pour accepter de franchir les portes du bureau, revivant la scène, les mots. Un autre lieu aurait peut-être été plus approprié c’est vrai, mais elle devait passer au dessus de ça pour avancer. Une fois à l’intérieur, son malaise était revenu, comme si venir ici n’avait plus rien de naturel.

« Ecoutes, je suis désolé pour tout ça… »

Retour sur terre et la belle reportait son attention sur Marek assis non loin d’elle, une petite fiole à proximité. Soupirant pour faire redescendre cette pression qu’elle se mettait toute seule, la métamorphomage s’était approchée.

- J’aurais pas du te rendre responsable de sa disparition… Tu avais raison, Jake est assez grand pour prendre ses décisions. Je crois que j’avais besoin d’un coupable pour…

Ne pas avouer que la fautive c’était elle. Après tout, il était revenu pour elle, pour sa sécurité. Et aujourd’hui, s’ils étaient ici c’était parce qu’elle avait sûrement merdé. Réprimant une envie de s’effondrer, la jeune femme s’était concentrée sur des faits plus actuels.

- Qu’est-ce qui te fait penser qu’on a pu me manipuler ? Tu sais j’ai cherché, mais je ne me souviens de rien qui puisse laisser penser qu’on est entré dans ma tête.

Sérieusement, ça laisse des traces ce genre de chose, non ?! C’est douloureux et… Elle espérait encore que tout cela soit faux.

- Comment ça va se passer ? Tu me poses des questions et si ça ne donne rien, on passe à l’étape supérieure ?

Un sourire, tentative vaine pour tenter de dédramatiser la chose, mais c’était peine perdue. Elle avait juste besoin qu’on la rassure, sur le comment du pourquoi, car à cet instant, elle était juste angoissée, et le temps n’aidait pas franchement.

- Et ça ? Qu’est-ce que ça va me faire ?
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Mer 29 Juin 2016 - 18:01

« Comme tu veux. On va trouver ça. »

Elle est soulagée. Soulagée de ne pas avoir à affronter ça. Une nouvelle fois. Après tout, la toute première fois qu’il avait eu recours à ce genre de méthodes, elle n’était aucunement consciente. Il avait fait ça pour la toucher, son âme, son être, celle qu’elle était là, tout au tréfonds de sa conscience. Celle qui partait, qui fuyait, qui s’écroulait. Celle dont il avait besoin de la présence pour la sauver. Lui sauver la vie.
En une fraction de seconde, tous ces moments étaient remontés à la surface. Vampire, loup, erreurs… Combien de fois ce genre de situations plus ou moins désespérées avaient vu le jour ? Combien de réactions blessantes pour l’éloigner ? Et combien de fois avait-il échoué ? Combien de fois avait-il baissé les bras pour lui permettre d’être auprès de lui. Pour quelques petits moments de bonheur volé qui n’avaient à présent pas réellement grands sens. Elle lui manquait, bien sûr. Mais il n’aurait jamais dû en être ainsi. Elle aurait tellement économisé si elle était restée loin de lui. Si elle avait simplement accepté son rejet. Mais ça n’était pas le cas  et à chaque pas en arrière, chaque coup, chaque blessure, elle faisait un pas en avant de plus pour le rejoindre dans ses ténèbres. Pour quelqu’un qui se disait largement allergique à la douleur, lui trouvait qu’elle avait une sale tendance à la rechercher.
Il le savait pourtant. Il avait assez prit dans son existence à ce moment là pour savoir qu’il était toxique. C’est un fait. Un fait immuable, pas un détail que l’on peut oublier quelques fois, mettre de côté quand cela nous arrange. Et c’était pourtant ce qu’il avait fait, maintes et maintes fois. Ça n’était pourtant pas leurs relations conflictuelles qui avaient changé quelque chose. Non, ils avaient continué dans leur spirale destructrice. A se faire mal.

« Il y a par contre une chose qu’il va falloir te foutre dans le crâne : quoi qu’il se soit passé, non, t’es pas responsable de tout ça. »
- J’espère…

Elle ne pensait pas ainsi. Elle avait raison. Oui, elle était responsable, au même titre qu’il n’était, parce qu’ils avaient été deux à jouer avec le feu dans cette putain de relation qui n’aurait jamais dû être. Ça, ça n’aurait dû concerner qu’eux. Mais ça n’avait pas été le cas. Et il était coupable, mille fois coupable du reste. Parce qu’il était le feu aux poudres. Il était celui qui s’était précipité, profitant de la pagaille générale jusqu’au bureau du directeur. Il était celui qui avait profité que des gosses se fassent tuer pour prendre la vie à son tour. Arracher la couronne au souverain, les clés du château au directeur. Il avait prit les lieux par la force. Qu’est-ce qu’il espérait au juste ? Un plan B pour la suite ? Oui, son bluff avait marché, mais c’était à peu près les seules choses qui avaient roulé dans toute cette histoire. Le monde était infesté, truffé, vérolé. Qu’y avait-il encore pour eux, là, cachés derrière les murs de leur forteresse ? Qu’est-ce qu’il espérait réussir à présent sans support à l’extérieur ? Il avait provoqué tout ça. Il avait tracé une cible sanglante sur son front et sur celui de tous les adultes, de tous les gosses de ce château. Et il n’avait pour les défendre que des putains d’armes rouillées, percées, médiocres.

« J’aurais peut-être dû choisir un autre lieu. »
- Ca va aller. Laisse-moi juste une minute…

Encore une erreur, pour changer !
Il aurait été simple pourtant de leur permettre de s’enfermer dans une salle neutre et sans histoire passée. Mais non, il n’avait pas réfléchi et avait proposé une idiotie. Pâlotte, Aileen fixait les lieux, plongée dans une réalité à laquelle elle cherchait à échapper depuis trop longtemps déjà. Elle était mal. Tout le monde le savait, il le savait. Elle était mal à cause de tout ce qui s’était passé, comme tout un chacun. Mais elle allait mal car son frère avait disparu, pris par des enfoirés qui lui faisaient ils ne savaient quoi. Logan ne se faisait aucune illusion quant à l’état de son ancien ennemi. Tout cela lui semblait pourtant si loin à présent, ces querelles d’enfants idiots et bouffis d’orgueil ! Il était resté muet un moment avant de s’écrouler dans un fauteuil pour enfin s’excuser, hésitant, auprès de la jeune femme plongée dans ses sombres pensées. C’étaient de grands yeux un peu perdus qui s’étaient posés sur lui en cet instant. Retour brutal à la réalité. Lui s’était trouvé mal à l’aise, avait cherché quelque chose à dire sans réellement savoir si des excuses étaient réellement la bonne chose à faire.
La belle avait fini par soupirer, épuisée par la situation, l’épreuve à venir, l’attaque, la convalescence et probablement également par ses pensées morbides. Beaucoup de choses. Beaucoup trop à gérer et à affronter en peu de temps. Beaucoup se seraient déjà écroulées à sa place. Mais elle tenait, en équilibre sur un fil, avec tout le peu de forces qu’il lui restait. Mais elle tenait.

- J’aurais pas du te rendre responsable de sa disparition… Tu avais raison, Jake est assez grand pour prendre ses décisions. Je crois que j’avais besoin d’un coupable pour…

Un petit sourire était passé sur ses lèvres. Elle avait toujours eu un sacré don pour le surprendre par un certain altruisme au moment où il s’y attendait le moins. Ses paroles lui faisaient du baume au cœur, le soulageaient d’une certaine culpabilité par rapport à elle bien que son avis concernant la situation ne changea pas d’un iota. Une seconde, il n’eu en tête qu’aller la serre contre lui et oublier toute cette histoire. Chose idiote et impossible. Elle n’aurait probablement pas supporté son contact. Quoi qu’elle semblait plus épuisée qu’autre chose et se serait peut-être laissé aller malgré leurs contacts récents. Peut-être. Peut-être qu’elle l’attendait. A vrai dire il n’en savait rien, et lui-même était fatigué de tout ça. Il aurait aimé lâcher prise, cesser de prendre des décisions, cesser d’être fort, cesser d’être adulte ou humain et simplement se laisser aller au néant, quelque part, dans un coin. Au lieu de ça, il était resté immobile dans son fauteuil, comme si celui-ci pouvait le protéger de l’extérieur, des réactions de la Serdaigle et de ses propres pensées.

- Qu’est-ce qui te fait penser qu’on a pu me manipuler ? Tu sais j’ai cherché, mais je ne me souviens de rien qui puisse laisser penser qu’on est entré dans ma tête.
« Différentes choses qui ont été dites. Et puis cette attaque… soit ils ont frappé sans être sûrs, ce qui ne m’étonnerait pas tant que ça… mais j’en doute. »

Il avait lâché un soupire lasse à son tour. Ces derniers temps, il oscillait entre rage et épuisement.

« Et puis, j’ai jamais dit qu’il était entré dans ta tête, dans le sens où… ben via la légimencie. Plutôt dans un sens plus traditionnel. J’me demande s’il ne t’a pas fait parler par un moyen ou un autre pour finalement t’effacer la mémoire, ce qui expliquerait ces passages à vide que tu as pu avoir. On aurait dû faire des séances de préventions pour reconnaître les symptômes post-obliviates… On aurait dû faire tellement plus à vrai dire. »

Il se rendait compte au fil des jours qu’ils auraient pu prévoir certaines choses. Bien sûr, ils n’avaient aucun moyen de savoir ce qui allait se passer, tout anticiper étant forcément impossible.. mais ils auraient dû en faire plus. Il y avait des cours en plus, de la prévention sur certains sujets, l’apprentissage de la médicomagie qui aurait pu être plus développée. Si seulement Phaedre avait pu voir tout ça…
On ne refait pas le passé. On ne peut que ruminer ce qui aurait pu être mis en place pour éviter que certains ne tombent.

- Comment ça va se passer ? Tu me poses des questions et si ça ne donne rien, on passe à l’étape supérieure ?
« C’est l’idée. »

Sachant qu’il avait plutôt en tête de passer directement à la dite étape. Il n’attendait pas grand-chose de mieux que ce qu’il avait déjà pu obtenir. A savoir… pas grand chose.

- Et ça ? Qu’est-ce que ça va me faire ?
« Anesthésiant, psychoanaleptique, hypnotique et un poil psychotrope sur les bords. En gros, t’as plutôt intérêt à me faire confiance, parce que tu risques de planer très haut après avoir prit ce truc. Et le retour à la réalité sera moyen. »

Il avait dit ça d’un air particulièrement sombre.

« Et tu n’as aucune envie d’en connaître la provenance. C’est… sale. Et organique. »

Hey c’est bio ! =D
Carrément crade… mais bio !
Voilà, ceci était une tentative de sa part d’humour vu la situation et son état potentiellement maniaco-dépressif de ces derniers temps. Il avait exprimé le tout avec une petite grimace bien sentie suivie d’un sourire amusé un peu figé.

« Sérieusement, c’est pas top. Ça n’est pas en une prise que tu iras mal hein, mais le retour au sol risque de faire mal et j’ai pas… super envie que tu te lances dans ce genre de trucs. Mais c’est tout ce que j’ai. Et dans tous les cas, t’auras plus jamais aucune chance de retomber là-dessus. M’enfin au moins, ça devrait assez t’anesthésier pour que tu ne souffres pas trop de … l’intrusion. »

Comme c’est joliment dit.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ces jours-là ? Ces fois où Dakota et les autres t’ont trouvé distante, fatiguée, à côté de la plaque, où tu as fait des malaises ? Tu te souviens de ces journées ? »
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Jeu 30 Juin 2016 - 0:01

C’était peut-être lâche de sa part de vouloir fuir cette souffrance. Lâche de ne pas faire face à ses erreurs, mais la Serdaigle n’avait pas le courage de sentir son crâne se fendre, ni même de sentir ses idées lui échapper lorsqu’il piétinerait ses souvenirs pour y trouver des réponses concrètes qu’elle ne pouvait lui donner. Qu’est-ce qui l’avait poussée à s’enticher de la sorte, où les choses avaient commencé à sérieusement merder, quand la limite avait-elle été atteinte, le point de non-retour franchi. Trop longtemps et malgré cette distance qu’il y avait entre eux depuis près de deux mois maintenant, elle payait les pots cassés, tout comme d’autres.

Peinant quelque peu à franchir les portes du bureau, elle avait cette triste sensation de revivre cette annonce. Ce vide intense qu’elle avait ressenti en apprenant que son frère avait disparu. Ne s’imaginant pas tout de suite le pire, mais à présent que le temps avait fait son travail… La belle ne se faisait plus d’illusion, et ses espoirs de le revoir en vie s’amenuisaient, comme une triste réalité dont elle refusait encore en partie l’existence. C’était ce qui l’aidait à garder la tête hors de l’eau. Ce qui la poussait à être là face à ce qui l’attendait. Ce qui la poussait à s’excuser pour sa réaction en cherchant à le rassurer. L’être humain est un animal social, elle avait toujours été du genre à prendre appui sur son entourage pour s’étayer, pour surmonter les difficultés et ses peines. Et si elle avait fui son contact après l’annonce de la disparition de Jake, elle n’aspirait finalement qu’à une chose à présent, ressentir ne serait-ce qu’une once de chaleur de sa part. Elle avait pris conscience réellement de ce manque lorsqu’il l’avait embrassée et serrée contre lui. Mais si elle voulait faire ce pas vers lui, la simple hypothèse qu’il puisse la repousser un peu trop violemment l’empêcher de passer le cap. Sovhann, bordel pourquoi je t’ai pas embarquée avec moi, parce qu’elle serait devenue dingue avec votre incapacité à communiquer ? Probable !

« Différentes choses qui ont été dites. Et puis cette attaque… soit ils ont frappé sans être sûrs, ce qui ne m’étonnerait pas tant que ça… mais j’en doute.  Et puis, j’ai jamais dit qu’il était entré dans ta tête, dans le sens où… ben via la légimencie. Plutôt dans un sens plus traditionnel. J’me demande s’il ne t’a pas fait parler par un moyen ou un autre pour finalement t’effacer la mémoire, ce qui expliquerait ces passages à vide que tu as pu avoir. On aurait dû faire des séances de préventions pour reconnaître les symptômes post-obliviates… On aurait dû faire tellement plus à vrai dire. »

Mais on ne refait pas le monde avait du conditionnel, les choses étaient faites à présent et c’est vrai qu’elle aurait pu se poser plus de question sur ces absences, mais le contexte était trop propice. Tout comme elle aurait dû l’inciter à la blinder comme il le faisait pour Alec, même si l’idée lui faisait froid dans le dos tant elle savait dans quel état pouvait ressortir cet imbécile de ces cours privés. Elle avait donc acquiescé, c’était plus logique en effet, effrayant et plus qu’inquiétant car dans ce cas, elle ne saurait probablement jamais ce qu’elle avait pu dire ou faire, ni même ce qu’on avait pu lui faire pour qu’elle parle si tel était le cas !

« C’est l’idée. »

Elle repoussait l’échéance, clairement, bien sûr elle n’était pas dupe, se doutait bien qu’il n’espérait pas de réponses de sa part malgré toute la bonne volonté dont elle pourrait faire preuve.

« Anesthésiant, psychoanaleptique, hypnotique et un poil psychotrope sur les bords. En gros, t’as plutôt intérêt à me faire confiance, parce que tu risques de planer très haut après avoir prit ce truc. Et le retour à la réalité sera moyen. Et tu n’as aucune envie d’en connaître la provenance. C’est… sale. Et organique. »

Son sourire avait au moins eu le mérite de la faire sourire, et c’était déjà une bonne chose quand on voyait l’état de stress dans lequel elle était.

- Une partie de plaisir à venir en somme… J’ai toujours voulu savoir ce que ça faisait de planer vraiment, c’est l’occasion. Et puis… J’ai déjà un lit réservé à l’infirmerie alors… autant en profiter.

Pardon c’est de mauvais goût oui je sais, et c’était presque un sourire amer que la belle laissait paraître. Quoi elle aussi pouvait faire preuve d’humour noir par moment et puisqu’elle s’apprêtait à mettre les deux pieds dans un territoire totalement inconnu et visiblement dégueulasse sur tous les bords… Autant le prendre à la rigolade.

« Sérieusement, c’est pas top. Ça n’est pas en une prise que tu iras mal hein, mais le retour au sol risque de faire mal et j’ai pas… super envie que tu te lances dans ce genre de trucs. Mais c’est tout ce que j’ai. Et dans tous les cas, t’auras plus jamais aucune chance de retomber là-dessus. M’enfin au moins, ça devrait assez t’anesthésier pour que tu ne souffres pas trop de … l’intrusion. »

La perspective qu’elle puisse tomber accro ne lui avait même pas effleurée l’esprit en réalité, enfin si légèrement mais, on ne tombe pas accro au bout d’une seule prise, si ?

- Marek, la question de la confiance ne se pose même plus… Je t’ai demandé de me droguer… Pour que tu puisses entrer dans ma tête…

Pour moi c’est une sacrée marque de confiance, pour toi je sais pas… mais pour moi… C’est une belle preuve ! Un énorme pas vers lui alors qu’elle s’apprêtait à se livrer, sans barrières et sans filet, alors oui elle lui faisait confiance, sinon elle ne l’aurait jamais suivi jusqu’ici.

- Je prends le risque… J’ai pas envie de te détester encore… J’suis épuisée… J’ai plus la force.

Tellement épuisée et seule aussi malgré tout le monde présent autour d’elle.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ces jours-là ? Ces fois où Dakota et les autres t’ont trouvé distante, fatiguée, à côté de la plaque, où tu as fait des malaises ? Tu te souviens de ces journées ? »
- Je crois que… y a eu ces histoires de rumeurs qui circulaient sur nous… C’était tellement puéril que j’y ai pas plus prêté attention que ça.

Sérieusement quel genre de neuneu pouvait croire une seule seconde que ce genre de rumeur était fondée ? Et qui était assez stupide pour les répandre ! La réponse était toute trouvée, mais ce genre de chose la rendait toujours dingue. Essayant de puiser dans ses souvenirs, la belle peinait à recoller les morceaux, trop flou, trop lointain.

- Le jour où j’ai fait un malaise, Declan était là… Il… il voulait que je sorte avec lui je crois. J’me souviens d’une conversation un peu floue et puis j’me suis évanouie.

C’était gênant, vraiment en y repensant. Soupirant, elle avait l’impression que ce genre d’information ne lui servirait en rien. Repousser l’échéance était idiot de sa part, elle le savait, mais la peur fait faire des choses irréfléchies parfois.

- Je suis désolée… Je sais que tout ça ne t’aide pas… Mais j’ai beau chercher, je ne me rappelle pas.

Et ça la rendait malade… Malade de ne pas savoir si oui ou non elle avait pu donner des informations à cette ordure et malade de se sentir corruptible et fragile. Se rapprochant un peu plus de lui encore, elle avait saisi la fiole, regardant son contenu avec un léger dégout en se rappelant de la grimace du nippon… Ne pas imaginer le goût que ça pouvait avoir, c’est mieux.

- Je dois tout prendre ? Et ça agit rapidement ?

En fait des questions, elle en avait des tonnes, mais il était peut-être temps d’agir.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Sam 16 Juil 2016 - 17:16

- Une partie de plaisir à venir en somme… J’ai toujours voulu savoir ce que ça faisait de planer vraiment, c’est l’occasion. Et puis… J’ai déjà un lit réservé à l’infirmerie alors… autant en profiter.

Il n’était pas fan de ce plan. C’était un euphémisme que d’affirmer une telle chose. Non, il n’appréciait pas la situation dans laquelle il était mis, mais c’était quelque chose de général et Logan avait bien compris qu’il lui était impossible à présent de s’extirper de là. Il devait faire avec. Comme eux tous. Alors oui, il se trouvait face à un certain nombre de choix pour lesquels aucune des possibilités d’action ne lui convenait vraiment. Face à Aileen, il aurait aimé agir autrement, cependant, il n’en avait pas la possibilité. Pire encore, il ne savait pas forcément comment faire ! Alors oui, ils en étaient là.

« Super plan. Bonjour la réputation que je vais finir par avoir auprès de Maxence moi. Rajoutons « drogue ses élèves et ses proches » à la liste. On n’est plus à ça près ! »

Pas qu’il ait grand-chose à foutre de ce que l’on pourrait bien penser de lui. A vrai dire, c’était surtout lui-même qui n’appréciait pas ce qu’il voyait de lui-même. Il fallait croire qu’il avait finalement plus d’éthique qu’il ne le pensait.
Non, vraiment, il n’appréciait ni la situation, ni ce qu’elle impliquait, ni sa propre attitude. Pourtant, il ne voyait as comment agir autrement et laissait un total champ libre à Aileen quant à ses choix. Après tout, il ne pouvait lui imposer les siens et avait accepté de faire les choses à sa manière. Pourtant, rien de tout ça ne semblait avoir de sens.

« Sérieusement, c’est pas top. Ça n’est pas en une prise que tu iras mal hein, mais le retour au sol risque de faire mal et j’ai pas… super envie que tu te lances dans ce genre de trucs. Mais c’est tout ce que j’ai. Et dans tous les cas, t’auras plus jamais aucune chance de retomber là-dessus. M’enfin au moins, ça devrait assez t’anesthésier pour que tu ne souffres pas trop de … l’intrusion. »
- Marek, la question de la confiance ne se pose même plus… Je t’ai demandé de me droguer… Pour que tu puisses entrer dans ma tête…
« Hm.. »

Ça aurait probablement dû lui faire plaisir, le rassurer sur leur relation. Mais il ne savait plus quoi penser de tout ça. Plus tard, peut-être que cette phrase reviendrait à son esprit et qu’elle lui permettrait de se rendre compte qu’en effet, il lui fallait une belle dose de confiance en lui pour décider d’agir comme elle le faisait. Pourtant, en cet instant, il n’était plus vraiment sûr de rien. Clairement, il détestait devoir faire tout ça. Mais ils n’avaient pas le choix. Ni elle, ni lui. Alors ils devaient se plier aux règles de leur réalité.

- Je prends le risque… J’ai pas envie de te détester encore… J’suis épuisée… J’ai plus la force.

Cette fois, il n’avait pu s’empêcher de lâcher un petit rire amusé. Un rire jaune.

« C’était donc ça qu’il fallait faire, merde alors, si j’avais su… »

Tout ça le ramenait des semaines en arrière, des mois même si l’on voulait extrapoler. Et, oui, il y avait quelque part là dedans une certaine dimension amusante. De l’humour noir, bien sûr, vu la situation, mais cynique comme il l’était, il ne pouvait s’empêcher d’y voir quelque chose d’amusant.

Et puis, bon. Il fallait bien oser ces fichues questions auxquelles il cherchait réponses avec tant d’ardeur sans avoir l’impression de se rapprocher un tant soit peu du but.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ces jours-là ? Ces fois où Dakota et les autres t’ont trouvé distante, fatiguée, à côté de la plaque, où tu as fait des malaises ? Tu te souviens de ces journées ? »
- Je crois que… y a eu ces histoires de rumeurs qui circulaient sur nous… C’était tellement puéril que j’y ai pas plus prêté attention que ça.
« Celles dont Jordane est venue me parler donc ? »

Il aurait dû l’écouter. Oui, il le savait, elle le lui avait bien assez répété, avec ce regard enflammé qui semblait vouloir le foudroyer sur place. Mais les choses étaient ainsi. C’était fait. Elle avait été la seule à tirer la sonnette d’alarme. Et il n’avait pas écouté.
- Le jour où j’ai fait un malaise, Declan était là… Il… il voulait que je sorte avec lui je crois. J’me souviens d’une conversation un peu floue et puis j’me suis évanouie.
« Ça… c’est assez dérangeant. »

Pas étonnant qu’elle ne soit pas forcément venue lui en parler. Et s’il y avait eu extorsion d’informations puis utilisation du sortilège d’oublie, c’était un très bon moyen pour noyer le poisson. Et si poisson, il n’y avait pas… ce qu’elle avait vécu restait, aux yeux de l’enseignant, quelque chose de particulièrement glauque qui ne lui plaisait pas le moins du monde. Après ce genre de propositions, elle n’avait pas trouvé étrange de se sentir mal, d’avoir des souvenirs flous et autre ? Sérieusement ?

- Je suis désolée… Je sais que tout ça ne t’aide pas… Mais j’ai beau chercher, je ne me rappelle pas.
« Et c’est bien ce qui m’inquiète. Sérieusement, un mec te fait des avances, tu ne te souviens pas bien de la conversation, et tu fais un malaise… et ya rien qui te choque là dedans ? »

Et son ton particulièrement furax et prêt à réduire en poussière le type en question, ça t’aiguille ?

« On va tirer tout ça au clair. »

Et il n’était vraiment pas sûr de vouloir connaître le fin mot de cette histoire.

- Je dois tout prendre ? Et ça agit rapidement ?
« Cul sec. Ça agira en quelques minutes à peine. Ensuite, tu te replonges dans ce qu’il s’est passé ce jour-là. Tes sensations, le visage des personnes que tu as croisé, les odeurs que tu as sentis, chaque détail, n’importe quoi, tu t’y raccroches. Tu m’aiguilles. Le but c’est de me permettre de trouver tout de suite ce que je cherche. »

Il n’était pas là pour lui voler ses souvenirs, pour prendre ce qui ne lui appartenait pas. Il n’était pas là pour lui faire du mal et faire quoi que ce soit sans son consentement. Pourtant, le principe même de la légimencie était tendancieux. Alors oui, il lui donnait un maximum d’informations pour qu’il fasse vite et soit le moins intrusif possible.
Si cela était possible.

Cette fois-ci.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Sam 6 Aoû 2016 - 12:25

« Super plan. Bonjour la réputation que je vais finir par avoir auprès de Maxence moi. Rajoutons « drogue ses élèves et ses proches » à la liste. On n’est plus à ça près ! »

Une légère grimace avait marqué son visage. Il n’avait pas vraiment tord sur ce coup-là… Et plus les minutes s’égrainaient et plus elle sentait que l’idée qu’elle lui imposait un peu, ne lui plaisait pas des masses.

J’irai leur dire que c’était mon idée et que tu as tout fait pour m’en dissuader !

Un sourire, mais dans le fond, l’épisode à venir n’avait rien de drôle… Elle aurait certainement préféré ne pas avoir à faire ce choix, mais dans le fond, c’était sûrement la meilleure façon de faire. Aileen avait confiance en lui, en ses capacités, même si elle avait longtemps joué à mettre en doute ses facultés magiques… Ce temps lui paraissait si lointain, comme si elle avait dû plonger dans un monde d’adulte du jour au lendemain sans passer par la moindre transition… Son innocence avait volé en éclat, ses rêves brisés. Elle n’avait plus grand chose à voir avec celle qu’elle était quelques années plus tôt. Elle ne serait plus la même après cette nouvelle attaque.

  « C’était donc ça qu’il fallait faire, merde alors, si j’avais su… »

Sourire amer… Oui elle était épuisée. Épuisée de se battre face à son envie d’être auprès de lui. Épuisée de le repousser alors qu’elle avait besoin de lui. Alors mettons les pieds dans le plat sans plus tergiverser. Ils auraient tout le temps plus tard pour jouer les incompétents sentimentaux.

« Celles dont Jordane est venue me parler donc ? »

D’un signe de tête, la jeune femme avait acquiescé. Des rumeurs débiles et d’une bassesse sans égal jusqu’à présent… Uniquement destinées à blesser les personnes concernées et faites pour envenimer les choses. Lorsqu’elle avait su cela de la bouche de Doryan, elle en avait été plus qu’agacée. Tout cela prenait des proportions trop énormes, on plongeait dans les bassesses de l’être humain et venant de sa part, la Serdaigle avait douté, à peine le temps d’en discuter avec Jordane car au fond d’elle, la Métamorphomage savait que rien n’était fondé… Comment croire une seule seconde que Marek, l’homme qui se confiait le moins sur Terre, ou tout du moins dans ce château au moins, aurait pu évoquer des histoires aussi puériles au détour d’un couloir… Lui qui n’était même pas capable d’admettre qu’il avait des sentiments pour elle ?! C’était stupide, alors non elle n’avait pas pris la peine de venir le voir, car à ce moment-là, ils ne se fréquentaient déjà plus vraiment… Si ce n’est durant les cours, pas de quoi sauter de joie.

Ma fierté en a un peu pris un coup en apprenant que tu t’ennuyais sérieusement avec moi.

Blague mise à part, ce genre de remarque n’est jamais ultra plaisante à entendre qu’on se le dise !

- Le jour où j’ai fait un malaise, Declan était là… Il… il voulait que je sorte avec lui je crois. J’me souviens d’une conversation un peu floue et puis j’me suis évanouie.
« Ça… c’est assez dérangeant. »
- Je suis désolée… Je sais que tout ça ne t’aide pas… Mais j’ai beau chercher, je ne me rappelle pas.
« Et c’est bien ce qui m’inquiète. Sérieusement, un mec te fait des avances, tu ne te souviens pas bien de la conversation, et tu fais un malaise… et ya rien qui te choque là dedans ? »

Forcément dit comme ça avec le recul, si… Bien sûr qu’il y avait de quoi être choquée et perturbée. C’était d’ailleurs ce qui avait attiré l’oeil de Dakota, mais elle avait bien vite calmé le jeu et fait taire les doutes. Face au ton qu’il employait et son attitude, la jeune femme s’était sentie un poil jugée, ce qui en soit n’était pas forcément faux…

Remet ça dans le contexte aussi… Jake avait disparu, on n’avait aucune nouvelle… J’ai pas réussi à dormir pendant des jours à cause de ça… J’étais…

Dans un geste de réassurance, elle avait croisé les bras avant de finalement venir se passer une main sur le visage, frôlant ses cheveux au passage. Elle en avait passé des nuits à tourner en rond, incapable de trouver le sommeil. Ça ajouté à leur éloignement brutal, il y avait de quoi douter sur sa capacité à tenir le choc et un malaise n’était pas vraiment exceptionnel à ses yeux.

J’aurai dû venir te voir, ou en parler à Ismaelle…

Mais pour dire quoi ? Qu’un élève de ma maison m’avait demandé de sortir avec lui et que j’avais fait un malaise suite à ça ? Sérieusement ?! C’est le genre de chose qui nous semble sans importance sur le coup ! Du moins ça avait été le cas pour elle !

« On va tirer tout ça au clair. »
- Je dois tout prendre ? Et ça agit rapidement ?
« Cul sec. Ça agira en quelques minutes à peine. Ensuite, tu te replonges dans ce qu’il s’est passé ce jour-là. Tes sensations, le visage des personnes que tu as croisé, les odeurs que tu as sentis, chaque détail, n’importe quoi, tu t’y raccroches. Tu m’aiguilles. Le but c’est de me permettre de trouver tout de suite ce que je cherche. »

Le stress qui monte, elle avait pris la fiole, se demandant sérieusement si elle n’était pas en train de devenir cinglée. Marek avait raison, c’était certainement la pire idée qu’elle ait pu avoir au cours de ces derniers mois. Inspire… Expire… Tu as confiance en lui, sinon tu n’serais pas là. Elle angoissait clairement et si le calme qu’elle avait pu retrouver quelques minutes auparavant était bien là, celui-ci avait disparu dès lors que ses doigts avaient touché la fiole. Prenant place dans l’un des fauteuils, la Métamorphomage avait regardé l’enseignant.

Reste le temps qu’il faut… Je veux savoir ce qu’il… Ou elle m’a fait !

Quoiqu’en fait, elle n’était peut-être pas prête à savoir qu’elle était responsable ou du moins en partie, mais elle voulait savoir, pour avancer sans que le doute persiste ! Malgré l’angoisse, elle signait pour ça, confiante qu’il n’en doute pas ! D’une traite, elle avait avalé le contenu de la fiole, non sans grimacer quant au goût. Ce truc était clairement immonde et un haut de coeur avait presque manqué de la faire vomir. Après cela, sur les conseils de l’enseignant, la Serdaigle avait cherché à se plonger dans ses souvenirs le temps que tout cela fasse effet… Le visage de Declan, sa gêne, son malaise alors qu’il tentait de lui avouer ses sentiments… L’angoisse qu’elle avait ressenti lorsqu’ils s’étaient isolés dans la remise. Ses questionnements vis à vis de sa potentielle relation avec Marek… Une discussion plus ou moins floue dans ses souvenirs et puis sa chute et son malaise. Sa vision s’était floutée, elle se sentait vaseuse soudainement, comme si son esprit marchait soudainement au ralenti. Il lui avait semblé que son coeur s’était emballé pendant un court moment, faisant s’accélérer sa respiration, la Serdaigle ne se sentait pas bien, tandis que la drogue continuait d’agir, s’insinuant un peu plus. Les sons s’étaient mués en un sifflement assourdissant et puis ses sensations s’étaient faites plus discrètes, comme si son corps pesait une tonne… Elle avait sombré, emportée par la drogue qui embrumait ses sens, laissant ainsi au nippon un total accès à ses souvenirs et donc à ses doutes, ses angoisses qu’elle ne pouvait refouler. Sans compter qu’il risquait de se prendre les récents évènements qui ne cessait de la hanter, souvenirs trop frais pour qu’elle réussisse à les camoufler complètement. Sa peur de mourir, sa crainte qu’il ne la laisse en plan, son angoisse d’être celle qui était responsable.

Indic pour ton rp:
 
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Jeu 15 Sep 2016 - 13:04

J’irai leur dire que c’était mon idée et que tu as tout fait pour m’en dissuader !
« Faisons cela. »

Son ton était clairement cynique. Concrètement, il n’en avait pas grand-chose à faire. Cela faisait même bien longtemps qu’il avait cessé de s’arrêter à ce que les autres pouvaient bien penser et dans sa position il n’aurait su dire s’il s’agissait là d’un avantage ou d’un moyen de fuite.
Tout comme elle, il avait surtout plusieurs fois tenté de jouer sur le facteur humour afin de détendre cette atmosphère pesante. Il fallait dire qu’il y avait eu trop de choses à affronter, trop d’ascendeurs émotionnels, trop de non dits et de non osés, entre eux, ces derniers temps pour que quoi que ce soit se fasse naturellement en cet instant. Chacun était bloqué par les frayeurs de l’autre et ils se sentaient bloqués dans une position inextricable.

Ma fierté en a un peu pris un coup en apprenant que tu t’ennuyais sérieusement avec moi.


Petit rire.
Il n’avait rien trouvé à répondre. Il fallait bien avouer qu’en effet, la probabilité qu’il s’exprime sur un tel sujet était plus que nulle. Néant total. A vrai dire, quelque part, qu’Aileen n’y ait pas prêté la moindre attention avait quelque chose de rassurant. Lui-même n’avait pu que rester coi  face à l’absurdité de l’affirmation, tant au niveau du propos que de la forme voire même de l’intension. Aberrant, ça n’était rien de lus, ainsi que rien de lus de des conneries d’adolescents qui se chargent de faire parler des figures de leur quotidien. Comme si celui-ci n’avait pas assez de matière dans sa réalité brute ! Quant à l’implication de Jordane… disons que cela ne remontait pas le niveau. Le problème, c’était qu’en effet, derrière les débilités d’adolescents, il y avait une réalité bien plus dangereuse et emprunte d’une vérité menaçante. Et celle-ci, ils n’y avaient pas prêté assez d’attention, tous, de telle sorte à ce que l’ensemble des informations capitales se noient dans un brouillard de désintérêt.
Que pouvaient-ils y faire de toute manière ? Oui, ses mots ou son ton avaient probablement été un peu durs et il s’en était aperçu en voyant la jeune femme se justifier de ses actes. Pour tout dire, il était probablement plus en colère envers lui-même qu’envers elle. C’était elle qui s’était trouvée blessée dans l’histoire, pas lui. Et elle qui s’était trouvée entre les mains de la taupe sans qu’il ne s’en rende compte et, ça, ça lui était intolérable !

Remet ça dans le contexte aussi… Jake avait disparu, on n’avait aucune nouvelle… J’ai pas réussi à dormir pendant des jours à cause de ça… J’étais…
«  À bout, oui, je sais excuse moi. »

C’était juste qu’elle s’était mise en danger et IL l’avait mise en danger quelque part et ça le rongeait. D’autant plus que même dans un autre contexte, une telle situation pouvait être inquiétante alors, oui, ça aurait dû faire réagir quelqu’un ! Et quelqu’un qui ne se mette pas à trembler de tout son corps dès qu’il s’agit de l’affronter lui !

J’aurai dû venir te voir, ou en parler à Ismaelle…
« Ou à Maxence ou à n’importe qui de confiance. Faut que tu fasses attention à toi… et que tu te méfies plus des autres ! »

Encore une fois, il manquait de finesse dans ses propos. Un peu trop directif et sectaire. Pourtant, il n’y avait là que l’angoisse de ce qu’elle avait pu vivre, et la frustration de ne plus rien à pouvoir.

« On va tirer tout ça au clair. »
- Je dois tout prendre ? Et ça agit rapidement ?
« Cul sec. Ça agira en quelques minutes à peine. Ensuite, tu te replonges dans ce qu’il s’est passé ce jour-là. Tes sensations, le visage des personnes que tu as croisé, les odeurs que tu as sentis, chaque détail, n’importe quoi, tu t’y raccroches. Tu m’aiguilles. Le but c’est de me permettre de trouver tout de suite ce que je cherche. »

Le stress montait en elle, il le voyait bien et, d’après son propre pouls, elle n’était pas la seule dans ce cas-là. Entre l’incertitude du bien fondé de cette méthode et la peur de ce qu’il risquait de trouver dans son esprit d’ici peu, pour tout dire, le directeur ne faisait pas vraiment le fier. Et puis il y avait là quelque chose d’intimement gênant qu’il n’aurait su définir exactement. Quelque part, la violence dont il avait fait preuve la dernière fois était plus rassurante pour lui. Là, la jeune femme lui vouait une confiance totale et il n’était pas tout à fait sûr de la mériter. De plus et pire encore, là, elle serait partie. D’une certaine manière, il serait seul pour affronter tout ça.

Reste le temps qu’il faut… Je veux savoir ce qu’il… Ou elle m’a fait !
Hochement de la tête.
« Entendu. »

Logan lui avait adressé un petit sourire d’encouragement. Il n’était pas tout à fait sûr qu’il avait réussi à y mettre tout ce qu’il aurait aimé lui dire ; à quel point il savait qu’elle en faisait beaucoup en cet instant et qu’il était fier de cet effort, à quel point elle était courageuse et admirable d’avancer ainsi en ces temps troubles, et à quel point il ferait tout pour limiter la souffrance. Mais tout ça était trop compliqué à exprimer. Et surtout, concernant le dernier point, il ne savait pas tellement plus qu’elle ce qu’il faisait, alors il n’était pas tout à fait en position de promettre quoi que ce soit.
Une nausée plus tard et quelques minutes passées et, déjà, les pupilles de la jeune femme se dilataient. Doucement, elle glissait en dehors de sa propre conscience.

« Concentre-toi sur la journée, tes sensations, le moindre souvenir.. »

Une manière de servir de catalyseur, de déclencheur également.
Il ne se rendit compte qu’à cet instant qu’il lui avait prit la main, la sentant lâcher prise tout doucement et glisser vers un autre état.

Le directeur avait laissé passé une petite minute de plus avant d’ouvrir son esprit et de l’étendre jusqu’au sien, fragilisé, relâché. Y entrer s’était fait sans heurts, à peine avait-il ressentit un léger sursaut réflexe de sa part alors qu’il franchissait ses défenses, oubliant son propre esprit, là, en arrière. Il se laissa porter, espérant que la jeune femme se centre bien au maximum sur les faits de cette journée mystérieuse. Mais la première chose à laquelle il avait été confronté c’était la peine immense et des souvenirs de Jake alors qu’elle était plus petite. Les rires, la connivence. Et puis les images avaient changées tandis qu’il se trouvait porté vers une tout autre journée.


*- Oh ben si on met de côté ce stupide devoir, disons que ça va. Ca a au moins le mérite de m’occuper l’esprit pour éviter de trop penser à Jake…*

L’impression de perte s’était plaquée à lui, comme un étaux comprimant son âme. D’où les souvenirs de Jake, il était intimement mêlé à cette journée là.


*- Je… En fait, j’voudrais te parler d’un truc. Mais …pas ici.*

L’image  devenait plus précise. Les traits du jeune homme, la température de l’air, le contact de la pierre sur les murs, les intonnations..

*- Ok, mais je n’ai pas beaucoup de temps.*

La conversation qui avait suivie, malgré une attention soutenue, il ne s’y était pas attardée. En effet, cet échange n’était pas des plus intéressants, surtout à cause de la suite !
Tout était devenu obscure soudainement. A peine avait-il pu apercevoir un geste vif de la part du gamin. Focus, creuser. Il fallait qu’il aille plus loin, qu’il trouve et, cette fois-ci, l’enseignant sentis la conscience de la jeune femme se rebiffer à cette intrusion, à cette recherche contre nature, impossible, épuisante. Aller raccrocher, chercher des souvenirs enfouis, supprimés, révélait du tours de force et n’était agréable ni pour l’un ni pour l’autre. Mais il lui fallait aller plus profond et, droguée, la jeune femme ne lui prêtait pas la résistance qu’elle aurait eu en temps normal. C’était peut-être une bonne idée finalement.

*… petite catin de Rivers. *

Il y était ! Cette voix aurait pu être la sienne comme celle de n’importe qui. Elle n’avait pas de substances, pas d’existence propre, comme si elle n’appartenait à personne. Mais elle avait le mérite d’exister. Et vu les propos, il touchait du doigt exactement ce qu’il cherchait. Se focaliser là-dessus, la tenir pour ne plus la laisser partir, l’extirper des ombres, sortir les informations…

*…de Rivers et de ses manières pour protéger ce château ?..*


Ça, ça ne sentait pas bon. Il était ardu pour l’enseignant de rester accroché aux sensations de la jeune femme sans activer les siennes, sans relâcher l’attention et laisser ses propres émotions reprendre leurs droits, ce qui ne manquerait pas de le faire quitter l’esprit de la belle brune.

*Licornes*

Cette fois, c’était elle qui parlait, il n’y avait pas le moindre doute. Pourtant le cynisme qui s’y accrochait lui ressemblait peu et, en lui, se mirent à exploser nombre d’émotions brutales. La peur, la panique, la révolte…
Les ténèbres, elles, se dissipèrent un peu, laissant place à une petite pièce sombre et une ombre devant lui. Il la sentait se débattre, chercher à s’échapper sans réel moyen d’y parvenir.

*..drastiques *

Le mot avait claqué dans l’air, emprunt d’une charge émotionnel énorme. Lorsqu’il était apparu, il était froid, sans âme, mais avait déclenché une réaction brutale, animale, dans l’esprit de la jeune fille. Qu’est-ce qui était drastique ?! Que lui avait-il dit ?
Oui, il, car l’ombre se dessinait doucement et il devenait évident qu’il s’agissait d’un homme.
Homme.

*..Homme qui n’a plus rien à perdre…*

Elle faisait des liens, forçant ses souvenirs à refaire surface.

*…subir tout ça…*

Une nouvelle fois, la charge émotionnelle fut énorme et, dans l’obscurité, un éclair apparu, comme un éclat lumineux frappant un objet.

*… La mort ne vient pas tout de suite.
…. ce jouet sur toi…*

*… je ne dirais rien !*

Les échanges s’intensifiaient tandis qu’il poussait toujours plus avant, s’attardant à délier les liens, à arracher ce qui restait caché pour l’extraire de son subconscient.

*…tomberont, un à un. Puis ça sera le tour de la langue.*

Ce qui ressortait n’était autre que ce qu’elle avait gardé le plus près de sa conscience, ce qui l’avait la plus marquée, ce qui était réactivé par l’angoisse qui transpirait à chaque souvenir remobilisé.

*LAPIN*

Un mot improbable qui choquait par son invraisemblance. Pourtant, il avait claqué dans l’air, prenant un aspect métallique alors qu’il résonnait, comme s’il frappait chaque mur de la petite pièce, rebondissant comme un écho.  

*veux entendre...*
*l’insignifiance de sa sœur*

Remords. Ils avaient empli sa conscience, violents, destructeurs, bourrés d’angoisse, de terreur.

*…son ordure de frère et Walter..*

Cette fois, il avait failli vasciller et se trouver expulser par ses propres réactions émotionnelles. Ses propres remords. Mais elle avait hurlé, d’une voix stridente, avec toute sa conviction, comme si ces quelques mots étaient tout ce à quoi elle se raccrochait. Et comme pour le premier écho, les sons résonnèrent tout autour d’eux.

*AUCUNE CHANCE !!!*

Mais l’image s’en allait déjà, laissant en lui une sale impression de malaise. Comme s’il était sale, couvert d’une couche gluante qui lui collerait à la peau, comme si elle l’infectait de l’intérieur.

*- Aileen ? Aileen réveille-toi !*

L’image redevenait normal,  les sensations également, comme si rien d’anormal ne s’était passé.
Il lui avait été compliqué de retrouver le contrôle et, durant quelques temps, le directeur s’était échiné à chercher plus loin, à repasser encore et encore les souvenirs qu’il avait extrait, ceux qui les entouraient et, à bout de force, il avait fini par se laisser glisser en dehors d’elle, de sa conscience.
Son bureau, ses sensations lui étaient revenues avec une puissance brutale tandis que s’y mêlaient celles d’Aileen, explosant dans son esprit.

Lâchant la main de la jeune femme, il s’était laissé tomber au sol dans un cri animal, un gémissement rauque, désespéré. Bourré de remords, d’angoisse, de tous ces sentiments qui s’animait en elle mais aussi en lui, il s’était adossé à son fauteuil, seul éveillé dans ce bureau, déchiqueté par des émotions qui n’étaient pas toujours les siennes.

Le souffle court, il était resté là quelques temps avant d’exploser de rage, faisant brutalement face à la réalité. Logan avait alors tout retourné autour de lui, évacuant comme il le pouvant, frappant les murs dans un cri de fureur.
Il lui avait fait du mal, elle avait résisté.
Il l’avait menacée.
Et des choses avaient été dites.

Et elle s’était trouvée seule pendant tout ce temps.

Logan s’était éloigné un moment. Lorsque la jeune femme revint à elle, il était à la fenêtre, ruminant, ne se rendant pas compte que, derrière lui, les paupières de la belle paillonnaient alors qu’elle refaisait surface. Un verre à la main, absorbé dans la contemplation du parc, il cherchait à tout remettre dans l’ordre, à assembler le puzzle, à trouver le visage de cette ombre toxique.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Sam 5 Nov 2016 - 17:47

C’est une idée de merde. Lui et moi en sommes conscients. Une idée de merde qui me sert juste d’excuse pour ne pas avoir à affronter la réalité, car la simple idée de subir cette invasion de nouveau me glace. Pire, elle me terrifie. La douleur qui risquerait de s’immiscer dans tout mon être me rendrait complètement folle, sans compter que s’il a raison… Il devrait fouiller et s’acharner à briser chaque barrière que je pourrais lui mettre. Non je n’avais aucune envie de subir cette torture, pourtant il fallait que je sache. Que lui soit fixé sur ce que j’avais fait ou dit.

« À bout, oui, je sais excuse moi. »

A bout, épuisée, triste… Oui finalement à bout résumait bien les choses. J’avais baissé le regard un instant. Dakota avait pourtant tenté de me faire parler, mais sans réussir à obtenir gain de cause. C’était juste de la fatigue, quoi d’autre. C’était naïf de ma part, mais le mal était fait.

« Ou à Maxence ou à n’importe qui de confiance. Faut que tu fasses attention à toi… et que tu te méfies plus des autres ! »
- Je sais…

Oui je sais tout ça, et crois-moi je suis du genre méfiante, trop dès lors qu’on m’approche et qu’on entre dans ma bulle. C’est ce qui m’agace le plus dans cette histoire, à croire que j’avais endormi mes sens, ma raison alors que cette situation aurait dû m’angoisser cruellement. Plus de souvenirs, la confusion et j’avais juste étouffé tout ça. Alors il était temps d’affronter, temps de comprendre et d’assumer les erreurs que j’avais pu faire.

- Reste le temps qu’il faut… Je veux savoir ce qu’il… Ou elle m’a fait !
« Entendu. »

Son sourire, je le prends et m’y rattache. Je ne suis pas sûre d’en saisir toutes les subtilités qu’il a bien voulu y glisser, mais j’arrive à le prendre comme une marque de fierté et quelque part ça me rassure, juste assez pour que j’avale le contenu de la fiole. L’effet ne tarde pas, quelques minutes tout au plus et je me sens glisser.

« Concentre-toi sur la journée, tes sensations, le moindre souvenir.. »

Sa main dans la mienne, je m’y rattache, mais rapidement là aussi je lâche prise alors que ma vue se brouille. Je m’apaise, mes angoisses disparaissent le temps d’une inspiration. Mon corps s’enfonce dans le fauteuil, lourdement et le monde qui m’entoure n’est plus que distorsion fantaisiste et somnolence. J’essaie de faire ce qu’il me dit, me concentrer sur la journée en question, mais je perds pieds rapidement, déconnecte. J’ai cette sensation de flottement alors que des flashs lumineux et sonores me font grimacer. Je suis loin pourtant, mes émotions se bousculent dans un étrange mélange que je n’arrive plus à discerner. Entre illusion et souvenir réel, tout se mélange, s’embrouille. Des bribes de mots. Des rires. Des angoisses à n’en plus finir.

Lorsque je reviens, je suis tout d’abord éblouie. Je n’ai aucune idée du temps qui s’est écoulé entre le moment où j’ai plongé et l’instant présent. Ma vue me joue des tours et j’ai finalement toujours cette sale impression d’être dans une sorte de brume nauséabonde. Sans bouger d’un pouce tant mon corps me semble cotonneux, je me resitue, essaie de me rappeler. Mon crâne me fait mal, comme si on n’avait martelé mon cerveau, qu’on m’avait secouée violemment et j’ai du mal à aligner deux petites idées. Je me sens épuisée, lessivée et nauséeuse tant et si bien que lorsque je bouge, je suis prise de vertige. J’ai la bouche pâteuse et je ne sais plus ce que je fais ici. Ma vue finit par se stabiliser, j’ai toujours aussi mal au crâne, des bribes me reviennent mais je n’ai aucune idée de leur véracité. Dans un léger mouvement de tête, j’avais pu constater le chaos qui régnait dans le bureau, chose qui n’avait pour ainsi dire rien de rassurant. L’espace d’un instant je me mets à angoisser, s’il a eu cette réaction, c’est qu’il a trouvé quelque chose. Et mon regard finit par se poser sur lui, lointain, perdu dans ses pensées, sa proximité me manque soudainement alors que mon angoisse monte.

- J’ai parlé ?

Je déglutis difficilement, mes souvenirs se bousculent, chaotiques eux aussi et je ne sais plus les discerner. Dis-moi que mes craintes sont infondées, que je ne suis pas celle qui a déclenché tout ça.

- Marek dit-moi ce que tu as vu…

J’ai la nausée rien qu’à l’idée qu’il parle, mais l’ignorance et le doute me tuent plus encore.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Sam 5 Nov 2016 - 20:22

Elle avait peur de la douleur, lui de la réalité.

La jeune femme avait fait l’autruche, elle avait refusé d’admettre ce qui avait u se passer, elle en avait même peut-être oublié une partie en quelque sorte volontairement. Les faits lui faisaient peur à lui, et il y avait de quoi. Alors, vu la situation, ils auraient dû l’inquiéter elle aussi. A moins qu’elle ait été influencée. A moins qu’elle ne veuille réellement pas se souvenir car elle avait des raisons particulièrement bonnes d’enfouir tout ça loin de sa conscience. Quelle que soit la raison, elle ne lui plaisait définitivement pas.

Alors il était entré. Ils avaient mis leur plan merdique à exécution et il avait agit comme il le devait. Avec logique et rationalité. S’il les avait fait taire ces deux-là ? Honnêtement, en cet instant, il aurait probablement ouvert les portes, et aurait transplané très loin, accompagné de ses proches. Et il aurait laissé le sang couler. Il aurait fermé les yeux.
A la place, il avait ouvert le troisième, celui qui lit dans l’âme, à travers l’inconscient, en dépit des oublis.
Si elle refusait d’affronter, lui se prendrait la vérité en pleine face. Il chercherait pour la trouver, qu’importe le mal qu’il ferait ce faisant.

Et du mal, il en avait fait.

A lui-même, en premier lieu. La rage bouillonnant en lui avait explosé à peine était-il sorti de l’esprit de la jeune femme, et les céphalées qui l’avait engloutis n’y avaient rien changé. Brisant ce qui lui passait sous la main au passage, il avait fini par s’écrouler, secoué d’un sanglot muet qu’il ne pouvait exprimer que tant qu’Aileen était inconsciente.
Car il lui ferait de mal à elle.

Et tout ce qui arrivait à Jake était sa faute. A lui. Uniquement à lui.

Tout comme le mal qu’elle avait subit ne trouvait pas d’autres responsables. Il aurait dû être lus attentif car il savait ce qui se passerait. Il n’avait cessé de l’en renseigner, de l’avertir. Mais il n’avait pas été là. Et ses peurs, sa douleur, sa panique, tout vibrait encore en lui. Ses fautes.
Une réalité s’imposa alors qu’il était encore au sol : à quel point la jeune femme avait pu changer. Elle n’était évidemment plus celle qu’il avait rencontré, ils ne seraient pas ensembles si tel avait été le cas. Mais voilà, ces transformations – à son contact ne pouvait-il as s’empêcher de penser – étaient-elles une bonne chose ? Comment aurait-elle été s’il n’y avait pas eu de lien entre eux, avec la présence des Supérieurs ? S’en serait-elle mieux sortie ? Probablement. Elle aurait été invisible parmi les invisibles. Un peu plus loin du centre de la cible comme elle l’était actuellement.
Loin de cette force qui la caractérisait pourtant actuellement.

Il lui avait fallu un certain temps pour se calmer, pour baisser en pression, se relever, prendre une potion contre ce mal de crâne qui le mettait dans un état second, s’assoir et attendre. Au début, il l’avait fixée, elle, mais rapidement, c’était la réflexion qui avait prit le dessus.
Ainsi, il ne l’avait pas vue émerger et l’avait regardée d’un air presque hagard lorsqu’elle avait prit la parole, elle-même écartelée entre le besoin de prendre du repos et la peur de ses découvertes.

Ainsi, elle ne se rappelait pas. C’était à lui de lui dire, d’être honnête, de lui transmettre ce qu’il avait découvert et ce que ça impliquait pour elle et Jake.
Et sa première question était éloquente : elle savait parfaitement que ce qui s’était passé n’avait en effet rien d’une anecdote.

- Marek dit-moi ce que tu as vu…

Pas le choix.

Mi-grimaçant, il s’était levé, tentant de lui adresser un sourire qui se voulait sincère mais qui s’était révélé bien amoindri.
Il n’avait rien dit sur le moment, s’était contenté de l’embrasser.

« Non, tu n’as rien dit. »

Il s’était éloigné quelques secondes pour lui tendre la potion dont il avait vidé de moitié la fiole quelques temps lus tôt.

« Pour ton crâne. Il ne doit pas être mal non plus. »

Dans le genre marteau-piqueur.

Se laissant retomber dans le fauteuil, il avait poussé un large soupir.

« Du moins pas de ce que j’en sais. Par contre, oui, il t’a chopé, t’as menacée, ça c’est une certitude. Et tu t’es jouée de lui autant que tu l’as pu. »

Comment dire « bravo » ?
C’était quelque chose qu’elle n’aurait pas fait quelques mois ou années à fortiori plus tôt. Et il en était impressionné. Pas qu’il ne pensait pas qu’elle réagirait ainsi mais… disons qu’il en était touché – et blessé en même temps-.

Petit sourire.

« Tu l’as menacé aussi je crois. »

En mon nom probablement je pense, et/ou en celui de Jake.

« J’suis désolé… d’être la cause de tout ça… »

Il ne la regardait plus, incapable d’affronter son regard.

« Il a menacé Jake aussi je crois. Ou lui ou un autre de tes proches. »

Mais vu la situation : lui sûrement.

« D’où la panique, la peine et les menaces. »



« Ah et je pense que tu lui as dit comment certaines personnes de ce château ont disparu. Genre mon frère. »

Tué de ma main.

L’une de mes failles.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Sam 12 Nov 2016 - 21:49

Les images me reviennent, par flash essentiellement, par bribe de sensation pour le moins désagréables… Il y a l’angoisse, la peur, la culpabilité. Pas une once de bien être ne s’échappe et cette réalité me fait peur. Une grosse part de mon esprit, de moi la rejette en bloc. Je crois qu’en fait, j’essaie juste de me rassurer, de me dire que Marek n’a rien trouvé, qu’il s’était fourvoyé et qu’au final ses craintes étaient tout bonnement infondées. Mais j’ai beau espérer, je le vois à son regard, sa posture ; au désordre qu’il y a dans cette pièce : il sait, il a vu et je me déteste déjà pour ce que j’aurai pu dire ou faire. Cette situation est insupportable et j’ai besoin de savoir si ce que je ressens au fond de mon être est bien la réalité.

Il fallait que je sache, qu’il me dise… Qu’il m’avoue. J’étais assez forte pour savoir, assez forte pour surmonter et dépasser tout ça. Je l’espérais, après tout ça ne serait pas le premier coup que je me prenais et j’avais cette douloureuse impression que je savais mieux les encaisser à présent. Comme si ma peau et mon esprit avait fini par s’endurcir au fil des années à subir les brimades des supérieurs, les rumeurs, les coups. En regardant en arrière, le changement était évident, Jake l’avait tout de suite remarqué : je n’étais plus la petite fille, juste une jeune femme forcée propulsée dans le monde adulte de façon un peu brutale.

Marek avait fini par se lever, se rapprochant de moi. Au fil des pas qui nous séparaient, je sentais presque ma respiration se brimer. Comme si le monde manquait de s’écrouler sous les révélations qu’il allait me faire. J’angoisse, pire je me sens trembler alors qu’il n’est plus qu’à quelques pas. Il m’embrasse, et je ne sais pas si c’est pour me rassurer ou pour m’annoncer le pire. Je profite juste du moment, ses lèvres m’avaient manquées, je n’irai pas dire le contraire tout comme son contact.

« Non, tu n’as rien dit. »

Je respire, soulagée par sa révélation. Ma main se porte à mon visage, j’ébauche presque un sourire. Si je n’ai rien dit, c’est que je n’étais pas responsable. Que ce poids sur mes épaules pouvait s’effacer. Pourtant ces sensations me collent, m’étouffent, comme une seconde peau dont je n’arrive pas à me séparer. Il s’éloigne pour finalement me tendre une potion que je prends sans véritablement hésiter. La confiance, ça fait longtemps que je la lui ai accordée.

« Pour ton crâne. Il ne doit pas être mal non plus. »
- Merci.

Il a raison sur ce point, le moindre mouvement semble tirer sur mes cervicales. Je me sens totalement coincée, engoncée dans une sorte d’étau qui refuse de me lâcher. Comme si mon cerveau avait doublé de volume et se retrouvait à l’étroit dans ma boite crânienne. Je ne parle d’ailleurs pas d’une voix forte de peur que celle-ci résonne. Sans plus tarder, je porte la fiole à mes lèvres, n’espérant pas de miracles, mais qui sait une petite amélioration quant à mon état.

« Du moins pas de ce que j’en sais. Par contre, oui, il t’a chopé, t’as menacée, ça c’est une certitude. Et tu t’es jouée de lui autant que tu l’as pu. »

Je déglutis difficilement, les flashs de souvenirs me revenant en mémoire. Je n’avais donc rien imaginé, mes sensations étaient bien réelles. Ce type m’avait eue, menacée… Je me mets à craindre sérieusement, je flippe à l’idée qu’il ait pu réellement me faire quoique ce soit sans que je n’en garde aucun souvenir.

« Tu l’as menacé aussi je crois. »
- J’en doute…

Je serais incapable de faire ce genre de chose même sous la menace. Trop peur des retombées que ça pourrait avoir. Tu l’as sûrement cru, mais c’est impossible. Oui je doutais sérieusement que ses dires puissent être véridiques. Alors oui j’ai du mal à le croire.

« J’suis désolé… d’être la cause de tout ça… »
- C’est eux la cause de tout ça.

Il fuit mon regard et il y a là quelque chose qui m’effraie.

« Il a menacé Jake aussi je crois. Ou lui ou un autre de tes proches. D’où la panique, la peine et les menaces. »
- Ils ont Jake... C'est ma faute.

Mes larmes montent sans même que je n’arrive à les contrôler. C’était une partie des bribes que je refoule le plus et qu’il me confirme ses craintes me donne une putain de gifle au coin de la figure. Une part de moi l’a toujours su, même si je l’ai nié autant que possible, ça ne pouvait en être autrement et je crois que de tout, c’est la pire chose qu’il puisse m’avouer. La culpabilité m’assaille de nouveau, je bascule vers l’avant. Mes mains retenant ma tête un peu au dessus de mes genoux. C’était un cauchemar ? Non il y avait pire encore.

« Ah et je pense que tu lui as dit comment certaines personnes de ce château ont disparu. Genre mon frère. »

Le coup de grâce. Cette fois, c’est moi qui fuis son regard. Je tente de me redresser, puis de me lever, manque de tomber tant mon monde tourne pour plusieurs raisons. Son frère dans un premier temps, sa simple évocation me remémore une peine et un malaise trop peu enfouis, les restes de drogue sûrement encore présents, le fait que mon frère est certainement mort ou pire... et puis ça : j’ai parlé, et ça me tue. Finalement je contre la nausée et m’éloigne juste un peu malgré la fatigue et le mal de crâne qui ne me lâche pas. Je finis par souffler un :

- J’suis désolée…

Ce poids dans ma poitrine vient titiller ma récente blessure. Faite pour l’atteindre lui. Je ne suis qu’un dommage collatéral sans grand intérêt. Juste un pion, une carte qu’on choisit d’abattre pour mieux le faire tomber lui. Jake, c’était pour m’atteindre, me faire parler et ils ont réussi… Le coup de poignard, pour révéler sa faiblesse. Je me sens assaillie d’une culpabilité qui transpire par chacun de mes pores, Jake est certainement en train de subir les pires atrocités par ma faute. Un sanglot passe mes lèvres tandis que j’ose à peine lever mon regard vers lui. Bien trop dévastée, je dois l'agacer en prime alors j'essaie de me montrer forte, de refouler mes larmes. J'inspire, ferme les yeux, mais le mal passe difficilement malgré mes efforts. Mon corps parlent pour moi, ma posture, mon attitude.

- Désolée d’être à ce point une faiblesse.

Car je sais en être une, et je sais également à quel point tu dois me détester pour ne pas avoir été capable de résister. J’ai envie de fuir, d’être loin, de disparaitre plutôt que d’affronter ses éventuels reproches.

- Je comprendrai si tu veux que…

Non en fait cette simple idée me serre la poitrine, me tord l’estomac et je n’arrive même pas à terminer ma phrase. Qu'il me rejette, me déteste.

- Je sais que tu me détestes… J’suis tellement désolée.
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Jeu 24 Nov 2016 - 10:19

Ça le tuait. Cette situation, ses méandres, ses impasses, tout ça  le détruisait littéralement. Incapable de prendre du recul, il se prenait tout ça de face, conscient qu’il n’avait fait que mettre en danger des gens qui comptaient à ses yeux et incapables de leur prodiguer la protection qu’ils méritaient au sein même du château. Cette école aurait dû être un lieu sécurisé après le départ des Supérieurs. L’extérieur révélait des dangers qu’il ne pouvait pas gérer mais ici…. Et pourtant, non, les gens tombaient ici aussi, et ses proches étaient particulièrement visés. Le but était de lui faire céder les portes, bien sûr, il le savait parfaitement, tout comme il savait qu’Ismaelle était touchée de la même manière. Mais voilà, en cet instant, il était surtout affecté de se prendre la réalité en pleine face, de savoir qu’Aileen avait été agressée et qu’il n’avait rien vu, que quelques uns avaient sonné l’alerte mais sans que personne ne réagisse. Elle s’était retrouvée seule avec cet individu, dans une pièce et à sa merci sans que personne ne lui vienne en aide. Et surtout pas lui. Et elle avait résisté.
Alors, oui, il était en colère, mais pas contre elle. Pas actuellement. Pas alors que ses cris résonnaient encore dans son crâne et que les palpitations affolées de son cœur transparaissaient encore dans le sien. Il était entré en elle, avait ressenti ses craintes, ses angoisses, tout ce qu’elle avait été à ce moment-là. Et ça, il ne pouvait passer outre. C’était en lui actuellement, dans ses veines, dans son être. Alors, oui, même si elle avait parlé, en cet instant, c’était comme si ça n’était pas le cas. Il savait ce qu’elle avait enduré, même si rien n’était clair pour lui, la sensation étouffée qui lui restait suffisait à calmer son tempérament.

Plus encore, en cet instant, il était conscient qu’il aurait été injuste de sa part de l’attaquer sur ce qu’elle avait dit ou  fait alors que s’il n’était pas entré dans sa vie, elle n’aurait probablement pas eu à subir tout ça. Et pour ça, il en était désolé au-delà de tous les mots.

- C’est eux la cause de tout ça.
« Bien sûr.. »

Bien sûr. C’était le cas et il le savait très bien. Il y avait peut-être là une des forces de leurs ennemis d’ailleurs. Leur faire oublier qui est le vrai coupable. La preuve avec la réaction d’Aileen à son annonce suivante. Elle qui venait pourtant de lui rappeler qui était à l’origine de tout ça l’oubliait de nouveau tandis qu’elle se sentait en cause.

« Il a menacé Jake aussi je crois. Ou lui ou un autre de tes proches. D’où la panique, la peine et les menaces. »
- Ils ont Jake... C'est ma faute.

Elle s’était mise à pleurer, le déchirant un peu plus. Incapable d’agir comme il l’aurait fallu, Logan était resté figé là, à serrer les mâchoires, sans savoir comment apaiser sa peine. Oui, il se sentait con, d’autant que cette réalité lui avait toujours semblé si évidente qu’il n’avait pas envisagé qu’Aileen l’ait refoulée pour éviter de l’affronter.

« Ah et je pense que tu lui as dit comment certaines personnes de ce château ont disparu. Genre mon frère. »

Elle s’écoule, il l’enfonce, sans trop savoir pourquoi et comment cette phrase est sortie. Peut-être qu’elle réclamait d’éclater au grand jour. Peut-être avait-il voulu, quelque part lui faire mal. Peut-être avait-il été touché par sa souffrance et avait laissé la sienne sortir sans filtre.

Toujours était-il que le mal était fait.

Elle chavire, son monde instable bascule. Elle s’éloigne. Il se tait et ne bouge pas.

- J’suis désolée…

Logan n’osait plus vraiment la regarder, déchiré entre sa peine, sa haine, ses doutes et son incapacité totale à savoir réagir. Il aurait voulu fuir, voulu s’extirper de cette merde, cette situation affreuse dans laquelle il s’enlisait sans savoir comment la résoudre. Il aurait voulu ne plus entendre ses sanglots, deviner ses larmes et comprendre sa douleur. Voulu faire taire la sienne. Voulu détruire leurs mondes.

- Désolée d’être à ce point une faiblesse.

Il avait fermé les yeux une seconde, se détournant un peu, cherchant son souffle.

- Je comprendrai si tu veux que…

Que quoi ?
Que tu sortes. Oui.
Qu’on se quitte comme ça. Non.

- Je sais que tu me détestes… J’suis tellement désolée.

Inspirant à fond, il s’était forcé à se retourner, à l’affronter, à la voir, déchirée par cette conversation, par ces révélations, par ce qu’elle avait subit et ce qu’elle devrait garder en mémoire à présent.

« Je ne te déteste pas.. »

Trouve tes mots.

« Aileen, il y a un temps ou son regard aurait probablement suffit à te faire parler. Ses menaces ou bien l’idée même de ce qu’il pourrait te faire. J’étais… je sais ce que tu as ressentis, ça me brûle encore actuellement, j’peux pas l’oublier. »

C’est pas clair c’est pas clair..

« Je te connais. Je sais à quel point ça a dû être dur. Et tu as réagis à l’inverse de ton instinct, ou du moins de ce qu’il était il y a quelques temps. Tu t’es battue, tu as refusé de dire quoi que ce soit, tu t’es moquée ou t’as baratiné je ne sais pas. Et je crois que tu l’as menacé, et j’me demande même si ‘est pas en mon nom. Dans tous les cas tu… T’es pas une faiblesse. Tu te serais pas battue comme ça si c’était pas le cas. »

Ça va ça ou c’est pourri ??

« Ils ont menacé ton frère… c’est normal d’avoir parlé. »

J’aurais probablement fait la même chose s’il s’était s’agit de toi.

Mais ça, il ne le dirait pas, c’était déjà bien trop évident, pas besoin d’en informer plus encore les murs.

« C’est eux qui l’ont et eux qui font leurs choix. Ça n’est donc pas ta faute, rien que la leur. Tu fais ce que tu peux… et puis, rien ne dit que c’est pas du bluff pur et dur. »

Mouais.
Depuis quand es-tu un vendeur de rêve ?

Depuis que je fatigue..
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Lun 9 Jan 2017 - 23:40

Refouler l’évidence pour éviter de sombrer. Je pense que j’ai toujours su au fond de moi que Jake était entre leurs mains. J’ai juste fait en sorte que cette pensée ne devienne pas réelle. C’était plus facile de penser qu’il avait juste… disparu. Qu’il puisse être parti, avoir eu un accident. Tout mais qu’il soit tombé entre leurs mains. C’était juste insupportable et en prendre conscience me donner juste envie de hurler. Je craque, c’est trop. Les souvenirs qui m’envahissent, mon frère, ma faiblesse. Et la culpabilité grandit, s’émancipe, me fait plier.

« Je ne te déteste pas.. »

Oh si, et si ça n’est pas le cas, ça finira par arriver quand tu réaliseras le mal que j’ai fait. Que je t’ai fait en parlant. Parce que ce que j’ai dit finirait forcément par ressortir, quand l’occasion se présentera et ça le mettrait à mal. Pire, cela risquait de mettre des innocents en danger. C’est un trop plein d’émotions qui me submerge. Mon crâne me fait toujours aussi mal et les larmes ne viennent rien arranger. Il me regarde enfin, accepte de m’affronter et je ne sais même pas comment soutenir son regard. Je suis épuisée, physiquement, émotionnellement, psychologiquement. Je suis littéralement vidée et je n’ai qu’une envie fuir cette réalité bien trop cruelle.

« Aileen, il y a un temps où son regard aurait probablement suffit à te faire parler. Ses menaces ou bien l’idée même de ce qu’il pourrait te faire. J’étais… je sais ce que tu as ressentis, ça me brûle encore actuellement, j’peux pas l’oublier. »

Les souvenirs me balayent dès lors qu’il les évoque. Il tente de me rassurer, de me faire déculpabiliser. Je ne m’imagine pas à sa place, vivre les souvenirs d’un autre, les encaisser. Être dans ma tête n’a certainement rien de bien sain. Surtout depuis que je le fréquente. J’dois avoir un grain, j’suis certainement en train de virer barge.

« Je te connais. Je sais à quel point ça a dû être dur. Et tu as réagis à l’inverse de ton instinct, ou du moins de ce qu’il était il y a quelques temps. Tu t’es battue, tu as refusé de dire quoi que ce soit, tu t’es moquée ou t’as baratiné je ne sais pas. Et je crois que tu l’as menacé, et j’me demande même si ‘est pas en mon nom. Dans tous les cas tu… T’es pas une faiblesse. Tu te serais pas battue comme ça si c’était le cas. »

Je l’écoute sans rien dire, relève la tête vers lui. Ses mots, je ne sais pas s’il les pense ou alors s’il cherche juste à me faire déculpabiliser. Mais ça fonctionne, au moins en partie et ça me fait du bien.

« Ils ont menacé ton frère… c’est normal d’avoir parlé. »

Ca je suis certaine qu’il ne le pense pas, enfin je crois… Non en fait je n’en sais rien, je ne sais plus. Je ne sais plus rien. Je passe ma main dans ma nuque, j’ai l’impression que mon corps est encore engourdi de par les drogues que j’ai ingérées et le passage de Marek dans ma tête.

« C’est eux qui l’ont et eux qui font leurs choix. Ça n’est donc pas ta faute, rien que la leur. Tu fais ce que tu peux… et puis, rien ne dit que c’est pas du bluff pur et dur. »

Je souris sur cette dernière remarque. Et un léger soupire passe en même temps mes lèvres.

- Toi-même tu ne penses pas que ça puisse être du bluff… J’me suis juste voilé la face trop longtemps.

Soyons réaliste une seconde, ça ne tient pas la route autrement.

- Merci…

Pourquoi ? Pour les mots choisis, pour pas m’avoir jetée. Pour m’épargner les critiques ou les reproches et les sarcasmes, même si c’est pour un temps.

- J’ferais mieux de partir.

Je suis trop mal à l’aise. J’suis épuisée, j’crois que j’ai besoin de me retrouver seule. De lâcher tout et  je sens que c’est ton cas. Après tout ça, je devais être la dernière personne qu’il veuille côtoyer.

- J’peux juste te demander de me raccompagner ? Ou alors appeler Sovahnn, j’me sens pas la force. J’suis encore groggy…
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MessageSujet: Re: L'Après - Aileen   Jeu 12 Jan 2017 - 23:43

Pourquoi et comment réagissait-il ainsi ? Oui, d’ordinaire il savait être dur et injuste, notamment auprès de la jeune femme et notamment dans ce type de situations. Il l’avait été tellement souvent, prenant à contre courant son besoin d’être chérie et rassurée. Mais là non. Peut-être parce que la douleur était trop forte pour qu’il agisse ainsi sans la briser. Peut-être en avait-il conscience. Il s’agissait probablement de son escapade dans son inconscient. Encore bardé des émotions de la jeune femme, son propre ressentis se trouvait décuplé, malmené, attendris. Il sentait ses forces et ses faiblesses mais, surtout, les siennes se trouvaient au diapason. Le directeur était fatigué. Fatigué de se battre, de s’acharner sans arrêt, dans chacun des aspects de son existence. Epuisé de perdre, de donner des coups dans le vide. Aujourd’hui, il était ébranlé, vidé, miné. Désarmé, il se sentait chavirer mais n’avait pas la force de redresser la barre. Il se contentait de laisser faire, simplement, de se faire embarquer par la marée. Rien qu’une seconde.

- Toi-même tu ne penses pas que ça puisse être du bluff… J’me suis juste voilé la face trop longtemps.
« J’ai peut-être envie de faire l’autruche un peu à mon tour. »

Lâchant un soupire, il avait parfaitement conscient que, non, ça n’était pas du bluff. Il aurait simplement aimé lâcher prise quelques instants et laisser faire plutôt que d’être sans arrêt celui qui tire la sonnette d’alarme et prend les décisions les plus merdiques qui soient.

- Merci…

Pourquoi ? Il n’en avait pas d’idées précises mais cela ne le perturbait pas, comme si, dans le fond, il savait ce qu’elle voulait dire. Lui offrant un demi-sourire fatigué, il s’était contenté de hocher la tête. Pour une fois, il sentait comme les réminiscences du lien qui les unissait. Dommage qu’il ait fallu ça pour qu’ils ne se sente plus si éloignés. Dommage que ça pose problème. Pire : dommage que ça ne semble plus avoir la moindre importance.

Après tout, elle avait peut-être raison. La haine viendrait plus tard.
Là, il était trop éreinté pour ça.

- J’ferais mieux de partir.

De nouveau, il opina du chef sans rien dire. Oui, c’était peut-être mieux. Lui-même souhaitait être seul mais redoutait de la laisser en proie à ses démons.

- J’peux juste te demander de me raccompagner ? Ou alors appeler Sovahnn, j’me sens pas la force. J’suis encore groggy…
« Bien sûr. Je t’emmène, je la préviendrais au passage, j’te laisse pas seule actuellement… »

Il craignait tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Cependant, tous deux le savaient, il n’était pas du meilleur réconfort qu’il soit, Sovahnn ferait probablement ça bien mieux que lui et ce, même si Aileen ne voulait pas parler. Elle saurait quoi faire. Lui la mettrait mal à l’aise plus qu’autre chose. Il y avait trop de passif. Trop d’actuel. Trop de tout à vrai dire.
Se mettant en route, il l’avait soutenue, s’attendant presque à chaque seconde qu’elle vacille. Avant de passer la porte, Logan avait fait apparaître son patronus, celui qui avait changé d’apparence à la seconde même où Aileen était tombée, pour enregistrer un message à l’attention de la Poufsouffle.
Quand ils sortirent du bureau, alors même que le lion s’était élancé depuis quelques minutes à peine, elle attendait dans le couloir, assise en face de l’entrée dissimulée. Fidèle au poste, elle les avait accompagnés, Logan ne désirant pas la laisser gérer seule Aileen si celle-ci faiblissait à cause de la drogue et de… tout le reste.
Et puis, il les avait laissées, retournant dans son bureau pour s’y écrouler, mâchoires serrées ; le cœur lourd.

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