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 Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]

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MessageSujet: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Jeu 18 Fév 2016 - 18:46

~Mardi 17 mars - Dans la soirée ~

Emily vivait dans une bulle. Depuis quelques jours, elle s’était enfermée dans son monde et tout lui passait clairement au-dessus de la tête. Elle n’avait revu ni Ricardo ni Ora depuis le 14. Ni les membres du groupe d’ailleurs. Certes Matthew n’était pas loin, dans le dortoir d’en face, mais elle l’évitait soigneusement. Pas par peur. Non, parce qu’elle était dans sa petite bulle et n’avait pas envie d’en sortir. Pas tout de suite. Alors elle allait en cours mais elle ne parlait pas. Elle restait là, à observer, à écouter, prendre des notes, à se défouler sur des sacs de frappe puis elle repartait comme elle était venue. En silence. Ce devait être perturbant pour certains, de voir Emily la joyeuse, Emily la fille toujours à l’ouvrir qui se retrouvait là silencieuse à arpenter les couloirs sans un regard plus haut que l’autre. Elle semblait complètement ailleurs, happé par un monde dont personne n’avait la clé. Même Kezabel n’avait pas réussi à la faire parler. La jeune femme préférait rester dans son coin pour le moment. Elle avait des pierres à remettre en place. Des petites choses à régler, doucement. Elle ne cherchait pas de solutions pour le moment. Elle cherchait juste à se reconstruire un peu. Parce que le 14 mars avait mis un bazar fou dans sa vie. Elle avait explosé. Elle en avait conscience. Elle avait eu des mots rudes, des mots difficiles. Mais c’était nécessaire. Elle l’avait dit à Stan quand il lui était apparu dans la salle des illusions. Elle n’y était pas retourné depuis. Ce moment avait doux pour elle. Magique, à part. Mais elle savait que ce n’était que faux. Qu’elle ne pouvait pas s’enfermer là-dedans. Qu’elle devait garder ça pour ce moment où elle avait eu besoin de respirer un grand coup. Maintenant c’était la vraie vie…

Ce silence, Emily aurait pu le garder encore longtemps. Elle mangeait, elle dormait, elle allait en cours mais elle se taisait. Et puis, ce lundi elle avait remarqué que Kyle n’était pas là. En cours, absent. Elle était allé voir dans son dortoir pour savoir s’il n’était pas malade. Rien. Son lit était vide. Tout avait disparu. Ems s’était éclipsée vite, pour ne croiser personne. Puis Cameron lui avait expliqué. Elle avait levé de grands yeux vers lui puis, était parti. Tout simplement. Kyle était parti. Mener sa vie, vivre sa passion. Cette nouvelle avait de nouveau plongé la jeune femme dans de longues réflexions. Pourquoi ne faisait-elle pas pareil ? Pourquoi ne pas partir d’ici et reconstruire autre chose ? Elle n’avait pas d’autre famille mais si sa famille se mettait à partir… Longtemps la cracmolle avait fixé le ciel. A se demander quel chemin elle devait prendre.

Et puis, le mardi soir, alors que le dîner était passé, allongée sur son lit, elle guettait. Oreilles grandes ouvertes, elle écoutait les bruits de pas dans le couloir. Elle les connaissait tous. Elle savait qui s’approchait rien qu’en entendant le frottement de ses pas sur le sol, le bruit de ses foulées. Elle n’attendait qu’une personne. La seule avec qui elle voulait enfin briser ce long silence. Cameron. C’était de lui dont elle avait besoin maintenant. A qui elle voulait raconter son histoire, avec qui elle voulait partager mais aussi écouter. Ems ne voulait pas juste parler et s’étaler. Elle ressentait finalement le besoin de chaleur humaine. Neutre. Une chaleur humaine toujours fidèle, sur laquelle elle pouvait toujours compter. Et après tout ce qu’il s’était passé, seul Cameron s’imposait dans son esprit. Alors, quand enfin elle pu reconnaître ses bruits de pas, elle se leva et entrouvrit doucement la porte de son dortoir.

“Cameron.”

Emily fut presque surprise d’entendre le son de sa voix. Un peu rocailleuse mais moins que ce qu’elle aurait pu penser. Le silence ne lui avait pas fait tant de mal que ça. En même temps, après le 14, elle n’était pas très en forme. Trop longtemps dehors dans le froid. Il avait fallut du temps à son organisme pour reprendre des forces et son silence avait peut être épargné sa gorge au final. Mais maintenant il fallait parler. Alors, elle avait appelé son frère par son prénom puis l’avait invité d’un geste à entrer. Derrière lui, elle avait doucement fermé la porte puis était allé s’asseoir sur son lit. Attendant qu’il fasse pareil. Les mots étaient souvent inutiles avec Cameron. Parce qu’entre eux c’était complètement différent. Il suffisait de quelques regards, de quelques gestes pour se comprendre. Ils le savaient. Elle leva alors les yeux vers lui, se plongeant dans son regard. C’était rassurant, ça lui faisait du bien.

”Tu veux bien rester un peu ce soir ?”

Avait-elle vraiment besoin de poser la question ? Elle préférait. Une pensée horrible lui avait traversé l’esprit. Sans Megan, sans Kyle, qui pouvait passer avant elle ? La jeune femme chasse cette idée de son esprit. Elle lui donnait envie de vomir. Et là n’était pas le sujet. Elle ne voulait pas être le centre d’attention de son frère. Juste partager une soirée avec lui. Juste, s’oublier en parlant avec lui, en se blottissant dans ses bras. Juste finir de reprendre ses forces. Il était le dernier élément. Après le silence, elle avait besoin de la tendresse de sa famille. Pas d’illusions, de faux semblants. Elle avait besoin de la tendresse et de la franchise d’un frère.

”Tu sais, je crois que j’ai foutu un sacré bordel la dernière fois.”

Emily afficha alors un léger sourire. C’était le moins qu’elle pouvait dire. Elle avait mis le bordel, dans les couloirs, dans le cœur de Ricardo et dans la tête d’Ora. Un sacré score. Avec tout ce qu’il se passait déjà, tout ce que le destin avait décidé de leur faire, pourquoi avait-elle rajouté son empreinte ? Ce n’était pas volontaire. Elle avait rude, méchante peut être et l’acceptait. Mais elle n’avait pas voulu faire une crise, elle s’était juste senti exploser. Et maintenant, elle expérimentait une sorte de calme inconnu. Un moment de vide qu’elle n’avait encore jamais appréhendé mais qui n’était pas effrayant. Non juste, différent. Et là, alors que Cameron était près d’elle, elle sentait qu’elle avait atteint une étape. Que de nouveau elle allait pouvoir parler, s’ouvrir et peut être, recommencer.
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Ven 19 Fév 2016 - 12:56

Mardi 17 Mars 2015 – Dans la soirée
Pourquoi tu t’fais du mal comme ça ?



Emily & Cameron

20h. Peut-être un peu plus. Je quitte la Grande Salle et retrouve un grand Gryffondor à la sortie.

« Alors ? »
« Alors j’pense qu’il va s’éclater là-bas. C'est son élément, au moins en partie. »


Il sourit et a mangé comme quatre – on n’a pas pris le repas ensemble mais je l’ai vu faire, je n’étais pas très loin – le moral est remonté en flèche depuis hier, encore plus maintenant qu’il a reçu une lettre de la part d’East Coast et ça fait plaisir de le voir comme ça. Ce qui fait tout autant plaisir c’est d’avoir des nouvelles du p’tit frère. Je sais qu’Enzo aura été sa priorité, c’est plus que normal, mais je compte bien lui demander des nouvelles de mon côté aussi en empruntant un des hiboux de l’école ou tout simplement celui d’Enzo, comme je le fais pour communiquer avec Jillian ou maintenant avec Shannon, la belle-mère de Kezabel. Au début ça fait bizarre, plutôt étrange comme poste non ? Mais depuis le temps je m’y suis habitué même si je n’utilise quasiment jamais de parchemin. Dimitri a le matos qu’il faut, du matos Moldu, c’est une chose à laquelle je m’accroche.

« Son premier jour s’est bien passé. Il dit que tout le monde à l’air gentil, que les Profs sont cool et tout aussi perchés que lui. »
« C’est pas étonnant ça. Ah ces artistes … »
« Ouais. »


Ils sont … dans une autre dimension.
Chacun son truc.

« Il a l’air super enthousiaste, ça fait plaisir à lire. Et il est content d’être avec Jill. En même temps j’vois pas comment ça pourrait être autrement. »
« C’est sûr. Pour avoir pas mal squatté avec elle aux dernières vacances, même si cette fille est barge, on peut pas dire qu’on se sente mal avec elle. C’est même tout le contraire. »



« Lui répète pas elle va prendre la grosse tête, elle passera plus les portes. »
« Oh t’inquiète pas, y a pas de risque ! Sinon on en entendra encore parler dans vingt ans. »


On en plaisante mais l’un comme l’autre savons parfaitement que tout ça n’est autre que la vérité. Oui, cette fille est un pilier pour nous tous, une personne très importante, c’est comme ça. Je vous présente le harem de Jillian Davis.

« Bon, c’est bien, c’est le principal. »
« Ça donnerait presque envie. »


Mains dans les poches, le pas lent, les escaliers comment à défiler sous nos pas sans qu’on y fasse réellement attention. Je tourne légèrement la tête vers lui, il a le regard porté droit devant. Envie ? Oui, c’est sûr. On fait tous des choix, lui comme moi, comme d’autres, avons choisi de rester encore un peu ici pour certaines raisons mais bien sûr que ça fait envie. Envie de trouver sa voie, de tirer un trait sur certaines choses aussi. Je ne m’en rends pas compte que cette fois c’est moi qui me suis perdu dans mes pensées, sa voix me ramène sur terre.

« Cam, ça va ? »

Il a l’air réellement soucieux, moi je me contente de sourire. Je n’essaie de duper personne, aujourd’hui n’est pas un jour avec mais ça n’est pas dans ma nature d’être expansif à ce niveau-là.

« Oui, pourquoi ? J’ai une sale tête ? »
« Non, c’est … C’est juste que j’suis là à te souler avec mes états d’âmes, peu importe lesquels, mais … »



« Ouais, t’as une sale tête. »
« P’tit con va. »


Une claque derrière la tête, deux rires, et mon bras enroule ses épaules alors qu’on continue à marcher, à monter les étages, chacun direction sa Salle Commune ou son dortoir.

« Ça va, t’en fais pas pour moi. »
« J’ai pas besoin de ton autorisation pour ça tu sais. »
« Je sais. »
« J’veux juste que tu te prives pas de m’envoyer balader quand je deviens trop lourd, ni que t’oublies que c’est pas parce que j’ai 5 ans de moins que toi que je dois toujours être le bébé dont tu t’occupes. »


C’est un grand garçon, je le sais, tout comme je sais qu’il n’est pas seul ici et qu’il a suffisamment de recul sur pleins de choses pour être capable de prendre soin de lui, mais on ne se refait pas, c’est comme ça. Derek a démissionné de son rôle de grand frère pour des raisons qui le regardent, à aucun moment je ne lui jette la pierre, mais sans trop y réfléchir je prends le relais, chose que je fais déjà depuis un moment à vrai dire.  Il n’est pas Kyle, il n’est pas Emily, mais il fait quand même parti de ma famille.

« Je sais qu’il t’a demandé de veiller sur moi. Dis-toi juste que c’est pas à sens unique et que tu peux compter sur moi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, d’accord ? »
« J’le sais Enzo, t’en fais pas. Mais c’est gentil. »


Moi non plus je ne suis pas seul, j’en ai conscience seulement … J’en sais rien, c’est ma façon de gérer, c’est tout. Néanmoins je récupère mon bras et replonge ma main dans ma poche, lâchant un soupir tout en regardant mes pieds sans vraiment les voir.

« Ça va. Y a juste des jours plus difficiles que d’autres c’est tout. »

Des jours où j’aimerai trouver un sens à tout ça et où je n’y arrive pas. Des jours où j’aimerai que cet anneau que je porte désormais autour du cou soit encore au doigt de sa propriétaire. Des jours où j’aimerai que ça ne soit jamais arrivé, et qu’elle soit toujours là. Des jours où j’aimerai ne pas me sentir nostalgique de ma vie passée, de la présence de mon frère. Juste … des jours sans, comme pour tout le monde.

« Ça te dit d’aller tirer quelques balles demain après-midi ? »
« Ouais, carrément, pourquoi pas. »


On parle basket, ça me plait.

« Préviens ceux que tu veux, on s’fera un match. J’vais faire pareil de mon côté. »
« Yep ça marche, on fait ça. J’pense qu’on peut déjà compter sans problème sur Mateo, j’lui en parlerai si j’le croise en remontant. »


Quatrième étage.
Nos routes se séparent là.

« Aller, à demain Oncle Sam. »
« A demain P’tit con. »


Est-ce que j’ai peur qu’un jour il en ait marre que je l’appelle comme ça et qu’il m’en mette une ? Non. Parce que ça n’arrivera pas. Parce que c’est affectif et qu’il le sait … Et qu’il n’a pas besoin d’excuse pour m’en mettre une, que je lui rends dans la seconde. Pas de malaise, on ne se bat pas vraiment, on ne se frappe d’ailleurs pas sauf quand ma main claque derrière sa tête parce qu’il ne peut pas s’empêcher de dire des conneries. On est juste des mecs et on s’amuse, c’est tout. Qui n’a jamais joué à la bagarre ? Et oui, même Papi Cassidy se prête au jeu, qu’est-ce que vous croyez ?

J’hésite. Un moment je me dis que j’irai bien me poser dans notre Salle Commune à nous, les Moldus, puis je me ravise. Quand je passe devant le dortoir d’Emily je regarde la porte, là aussi j’hésite puis reprend mon chemin. On s’est très peu vu ces jours-ci, simplement la veille rapidement quand elle m’a demandé où était Kyle. Je sens qu’elle a besoin d’espace alors je le lui laisse mais quelque chose cloche et ça ne m’échappe pas. Ce qu’il s’est passé ce weekend, ce concert, cet hommage … Je crois qu’il a retourné beaucoup de choses, le fer dans la plaie de mon côté, autre chose du sien peut-être. Tout ce que je sais c’est que je lui laisse ce temps dont elle semble avoir besoin, je sais où est ma place, et je sais qu’elle sait que je suis là. Elle viendra me voir quand elle sentira que c’est le moment, quand elle en aura besoin.

Je n’ai pas entendu la porte s’ouvrir, en revanche cette petite voix a raisonné dans mes oreilles comme un cri assourdissant et je me suis immobilisé aussitôt.

« Cameron. »

Un sourire se dessine immédiatement sur mon visage et lentement je me retourne. Une signe de sa part, pas de mots, ils sont bien souvent inutile. Je ne change rien à mon comportement, j’entre sans rien dire et la suis jusqu’à son lit sur lequel je m’assoie à mon tour, l’observant en silence. Le corps parle bien plus que les cordes vocales.

« Tu veux bien rester un peu ce soir ? »
« Je sais pas, j’ai un planning hyper chargé … »


Sourire en coin, un sourire pour appuyer cette touche d'humour mais surtout un sourire plein de tendresse. J’aime cette gamine comme si elle était mon propre sang et ça me frappe de plein fouet ce soir. Je le savais déjà, bien sur, mais ce que je ressens en cet instant est réellement très fort.

« Tu sais, je crois que j’ai foutu un sacré bordel la dernière fois. »
« Viens par-là. »


Je n’attends pas une seconde de plus, je ne réfléchis pas, mes bras vont la chercher et la ramènent contre moi. Je la serre fort, ma tête se pose sur la sienne, mes yeux se ferment et j’inspire un grand coup, bloque, puis relâche tout l’air que j’ai emmagasiné dans mes poumons. Ces démonstrations physiques entre nous sont assez rares, question de caractères, mais quand ça arrive elles ont un sens particulier. Ça n'est jamais au hasard. Je ressens qu’elle a besoin de moi, de ça, et c’est un besoin partagé. J’ai perdu beaucoup ces derniers temps, voir Kyle partir et ne plus l’avoir dans mon décor est aussi quelque chose d’important. Mais elle est toujours là.

Juste une pause, un moment de silence, d’immobilité et puis j’embrasse le dessus de sa tête avant de me reculer un peu pour capter son regard.

« Tu veux en parler ? »
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Dim 21 Fév 2016 - 11:24

Ce sourire lui faisait du bien. Il était simple, discret et pourtant, il dégageait quelque chose de si doux, de si coloré. C’était comme si en souriant ainsi, le jeune homme lui transmettait une chaleur rassurante qui venait se loger au creux de sa poitrine et lui permettre de ne plus trembler de froid. De plus ressentir cet étau glacial du vide, de la peur et de du doute s’emparer d’elle. Avec ce sourire, Cameron lui apportait déjà du réconfort. Et puis, il savait aussi alterner entre le sérieux et l’humour. Quand elle venait se confier à lui, elle savait que le pathos ne prendrait pas trop de place. Qu’il serait là pour l’écouter, pour la réconforter mais sans jamais tomber dans l’extrême. Et pour quelqu’un comme Emily pour qui l’idée d’être en demande était très dur à accepter c’était essentiel. Alors quand il lui parla de son planning chargé, elle se laissa aller à un grand sourire. Elle savait que ce n’était pas sérieux, elle savait d’ailleurs avant même de poser la question qu’il allait accepter. Alors elle amorça le sujet, comme pour tester. Et ce fut comme une explosion en elle. Quand il l’attira dans ses bras, Ems s’accrocha doucement à lui et ferma les yeux. Depuis le 14 on ne l’avait plus prise dans les bras de cette façon. Elle n’avait pas pensé que ça aurait pu lu manquer, que c’était peut être ce dont elle avait besoin. Non cela lui paraissait complètement absurde. Et pourtant, alors que Cameron la serrait tendrement contre lui, elle se sentit de nouveau bien et vivante. Elle avait besoin de son frère et même s’il souffrait sans doute tout autant qu’elle en ce moment, elle ne devait pas le fuir. Elle avait fini par comprendre que ce n’était pas soit lui soit elle. Ils pouvaient chacun prendre soin de l’autre quelles que soient les circonstances. Être toujours là, plus fort à deux que chacun dans son coin, avec sa souffrance et son obscurité.

Lorsque leurs corps se séparèrent, Emily rouvrit les yeux et son regard se posa de nouveau dans celui de son frère. Elle avait l’impression de s’être presque endormie, d’avoir récupéré des forces comme après une très longue nuit. Pourtant, c’était simplement quelques secondes, et ce baiser sur sa tête lui avait rappelé qu’elle était aussi celle qu’on pouvait aimer et protéger sans pour autant avoir peur à chaque mot de la briser. Oui, cet humour et cette tendresse étaient ce qui la faisaient tenir. Quand il lui demanda si elle voulait parler des récents événements, la jeune femme fixa le sol. Oui elle le voulait. Elle avait senti sa voix se délier et elle savait qu’il était temps pour elle d’exprimer tout ça. Mais il fallait réussir à le faire. Il ne lui restait que la dernière étape. Elle pouvait le faire. Ems prit alors une grande inspiration et releva le regard vers Cameron. Il avait un air calme.

« Ils ne m’avaient rien dit pour le concert. Ils ont fait ça dans mon dos. »

Emily ne serra pas les poings, ne serra pas les dents. Elle n’était plus au stade de la colère du moins comme elle l’avait pu l’exprimer face à Ricardo et Ora. Elle n’avait plus envie de frapper ou de hurler. Elle ne digérait toujours pas cet épisode, cela lui faisait toujours un horrible creux au fond de l’estomac, une désagréable impression de vide et de trahison mais elle n’était plus dans le même état de colère. Pourtant, elle savait bien qu’une partie de son problème était là. Pas tout mais une partie. Ça avait été l’élément déclencheur, ce qui avait fait qu’elle avait littéralement explosé dans ce couloir et ce n’était pas pour rien. Elle savait bien que cela faisait un moment qu’elle était dans un équilibre fragile, que tout n’était pas bon en elle. Que cette ombre s’avançait de plus en plus jusqu’à noircir une partie de son cœur. Mais elle ne pensait pas en être arrivée à ce stade. Elle croyait avoir encore de la marge, elle pensait pouvoir tenir encore. Mais non. Elle s’était trompée. La jeune femme s’était leurrée elle-même et avait dû en assumer les conséquences.

« Et quand j’ai entendu la musique… Je sais pas, quelque chose a sauté dans mon cerveau. J’ai mis une droite à Ricardo. Et je lui ai dit des choses horribles. Que je pensais peut être pas entièrement mais… J’avais l’impression qu’on venait de me voler une partie de moi. »

Ce groupe faisait partie d’elle. C’était indéniable. Emily avait été là lors de sa constitution, depuis le début elle avait porté fièrement l’étendard de ce mouvement. Elle avait chanté dans cette salle le jour de la Libération. Non, elle n’était pas étrangère à tout ça et si elle n’avait pas le droit de réclamer la possession d’un groupe qu’ils avaient construits ensemble, indéniablement, il faisait partie d’elle. Alors oui, elle avait réellement eu l’impression qu’on lui avait arraché. Avec violence. Comme ça d’un coup, on avait décidé pour elle qu’elle ne devait pas savoir, que c’était mieux. Que la route pouvait continuer. Que la résistance ne s’arrêtait pas parce qu’elle était faible. Et c’était peut être ça aussi. Se rendre compte que ce qui donnait du sens à sa vie ne dépendait pas de son souffle. Elle le savait très bien pourtant, mais ça avait été comme une claque violente, comme un réveil soudain qui s’approchait depuis longtemps mais qu’elle n’avait jamais essayé de voir.

« Après qu’ils t’ont attaqué j’ai dit que je n’étais plus capable de me battre. Que je voulais laisser ça de côté. Parce qu’on sait très bien tous les deux que s’ils ont essayé de te tuer, c’était pour m’atteindre. C’était marqué sur cette liste. Et je peux pas accepter de te mettre en danger. Parce que t’es ma famille. Parce qu’ils partent tous mais pas toi. »

Ce n’était pas un reproche envers qui que ce soit. Mais une constatation. Trop étaient partis. Tués pour certains, d’autres ayant préféré prendre leur envol et Ems ne leur en voulait pas. Bien au contraire. Kyle avait eu raison de penser à lui, de se mettre à l’abri. Même s’il allait lui manquer, indéniablement, elle était heureuse de savoir qu’elle n’aurait plus à guetter, à se demander s’il allait passer une journée de plus. Car même s’ils étaient partis, ils le savaient maintenant : ils pouvaient revenir à tout moment. Surtout après leur dernière provocation.

« J’ai cru pendant longtemps être plus forte que tout ça. Mais ça m’a littéralement dévorée de l’intérieur. Et je me rends compte que je n’ai jamais été aussi forte et solide que je voulais le croire. Tant qu’ils étaient là, tant que la machine était en route, je ne pouvais pas flancher alors je ne voyais rien. Mais maintenant que les attaques sont plus rares mais tout aussi violentes je comprends… »

Emily sentit alors son regard se perdre dans le vide.

« Je comprends qu’ils ont pris des petits morceaux de moi, jour après jour. »
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Lun 22 Fév 2016 - 18:18

« Ils ne m’avaient rien dit pour le concert. Ils ont fait ça dans mon dos. »

Pas d’expression particulière sur mon visage malgré la surprise. Je lui ai laissé le temps dont elle avait besoin pour redescendre sur terre et je ne m’attendais pas à ces mots-là. J’ai peut-être froncé un peu les sourcils et plissé les yeux c’est possible, pour plusieurs raisons, mais la surprise a réellement pris le pas sur le reste. Je ne peux pas le nier, la formation de ce groupe m’a au départ un peu fait grimacer. D’une parce que je l’ai appris par « hasard » et de deux parce que mon côté grand frère protecteur a sonné le signal d’alarme. J’ai cependant rapidement compris à quel point c’était important pour elle tout comme j’ai accepté sans rien dire le fait qu’elle s’en éloigne. Ce sont ses choix, on en fait tous, c’est personnel.

« Et quand j’ai entendu la musique… Je sais pas, quelque chose a sauté dans mon cerveau. J’ai mis une droite à Ricardo. Et je lui ai dit des choses horribles. Que je pensais peut être pas entièrement mais… J’avais l’impression qu’on venait de me voler une partie de moi. »

Ne souris pas Cameron, ça serait totalement inapproprié. Je l’admets, j’en ai eu envie pendant un quart de seconde mais je ne l’ai pas fait, captant parfaitement la gravité de la situation. Ça n’aurait pas été un sourire de satisfaction,  juste une part d’amusement dû à une sorte de private joke je dirais. Elle sait parfaitement que ça a été compliqué pour moi d’accepter la savoir avec quelqu’un, avec ce type en l’occurrence que j’ai pris en grippe instantanément sans aucune raison valable. Je ne me suis jamais occupé de leur histoire pour autant, je n’ai pas l’intention de le faire, ni maintenant, ni jamais.
La façon dont il a été affecté par tout ça ne m’intéresse pas, c’est peut-être moche mais c’est comme ça. Je n’ai jamais eu à faire à lui, les choses se sont faites comme ça alors je n’ai aucun affecte le concernant mais quand ça affecte Emily là c’est autre chose et même si elle garde un ton calme, je sens bien que tout ça la perturbe. Tout ça va bien au-delà d’une dispute d’amoureux, et c’est probablement rien de le dire. Ça n’est que mon avis, cela étant.

« Après qu’ils t’ont attaqué j’ai dit que je n’étais plus capable de me battre. Que je voulais laisser ça de côté. Parce qu’on sait très bien tous les deux que s’ils ont essayé de te tuer, c’était pour m’atteindre. C’était marqué sur cette liste. Et je peux pas accepter de te mettre en danger. Parce que t’es ma famille. Parce qu’ils partent tous mais pas toi. »

Je continue de la regarder droit dans les yeux, à aucun moment je ne l’interromps mais le soupir qui m’échappe exprime beaucoup de choses à lui seul. Ça n’est pas de la colère, loin de là, jamais à son encontre. Il y a juste des choses que je vais lui dire dès qu’elle aura terminé de vider ce sac qui semble l’étouffer.

« J’ai cru pendant longtemps être plus forte que tout ça. Mais ça m’a littéralement dévorée de l’intérieur. Et je me rends compte que je n’ai jamais été aussi forte et solide que je voulais le croire. Tant qu’ils étaient là, tant que la machine était en route, je ne pouvais pas flancher alors je ne voyais rien. Mais maintenant que les attaques sont plus rares mais tout aussi violentes je comprends… »

Et je crois que tu n’as pas idée d’à quel point je me retrouve dans tes mots, petite sœur.

« Je comprends qu’ils ont pris des petits morceaux de moi, jour après jour. »
« Le point positif c’est qu’il t’en reste encore, des morceaux. »


Réponse du tac au tac, sourire, et je lui pince la taille.

« Rien que là déjà, regarde. »

Elle sursaute, mon sourire s’élargit.

« Tu vois. »

Juste un peu de répit, pour elle comme pour moi. J’ai parfaitement entendu tout ce qu’elle vient de dire seulement moi aussi j’ai besoin de retomber un peu sur mes pattes avant de lui faire savoir la façon dont je vois les choses, dont je les ressens. C’est sans doute pour ça que je m’installe un peu mieux, de façon à l’avoir bien en face de moi et sans réfléchir j’attrape sa main tranquillement. Inspiration, blocage, expiration.

« J’me suis écroulé avant toi. C’est un truc que j’ai décidé d’accepter et je ne peux que te conseiller de faire pareil. Plus tu lutteras, moins t’accepteras, plus ça sera difficile. Y aura toujours quelqu’un pour t’empêcher de tomber trop bas ou en tout cas pour t’aider à le faire le plus possible en douceur, dans le pire des cas à te relever, j’te le promets. »

Et si ça n’est pas moi ça sera quelqu’un d’autre. Je serais là tant que je le pourrais, c’est la seule promesse que je peux faire à ce niveau-là et elle le sait. Et ma main resserre son emprise autour de la sienne alors que je cherche son regard de manière sans équivoque, ne lui laissant aucune possibilité de le fuir.

« Emily, arrête. Arrête ça. Arrête de te sentir coupable pour ce qu’il s’est passé le mois dernier. Oui ils ont mis ton nom et le mien sur cette foutue liste, et alors ? Comme s’ils avaient besoin de ça pour faire de nous des cibles. Comme toi, comme Kyle, Matthew, Dakota et Drew, je suis une cible à cause de mon sang. Je suis une cible parce que je leur ai tenu tête, parce que je suis toujours vivant, parce que j’ai des amis Sorciers, parce que j’ai détourné du droit chemin une Sorcière. »

Et dire que ma gorge ne se serre pas en cet instant serait mentir. Ça ne m’empêche pas de poursuivre pour autant.

« Ils ont attaqué Megan pour atteindre Derek, ça aurait très bien pu être à cause de moi. Ils ont attaqué Kyle pour atteindre Enzo, même chose, de même qu’ils auraient pu t’attaquer toi pour m’atteindre moi et des combinaisons comme ça j’suis certain qu’on pourrait en faire encore un paquet. Tout ce qu’ils voulaient en faisant ça c’est foutre le bordel, là, dans nos têtes, entre nous. Les laisse pas faire ça Ems, j’te l’interdit. »

Ça va faire un mois, ça me tue qu’elle soit encore entrain de ruminer ça même si bien sur je la comprends. Je pense simplement avoir un certain recul qu’elle n’a pas encore mais j’espère qu’elle le trouvera vite parce que ça me rend sincèrement malade qu’elle se retourne le cerveau pour ça. Je vais bien, je m’en suis physiquement parfaitement remis mais je sais aussi que je ne peux pas lui en vouloir de réagir comme ça, quand bien même j’ai envie de la secouer pour lui dire de laisser tomber, que ça n’en vaut pas la peine. Ça ne veut pas dire que j’ai baissé les bras pour autant, même si moi-même je ne comprends pas comment j’ai pu réagir à tout ça avec autant de calme, mais c’est comme ça.

« Même si tu leur as dit que tu laissais tomber, ou que tu prenais du recul, ils auraient dû t’en parler. Lui au moins aurait dû t’en parler. »

Changement de sujet. Et c’est à mon tour de baisser les yeux alors que ça cogite dans ma tête. Je le pense, je pense sincèrement qu’il lui devait ça, tous, tout comme je pense que les choses auraient peut-être été différentes s’ils ne l’avaient pas mise de côté.

« Je sais pas vraiment ce que je ressens vis-à-vis de ce truc, cet hommage. J’peux pas m’empêcher de penser que les trois quart d’entre eux ne lui ont jamais adressé la parole, qu’ils ne la connaissaient pas et ça me met en colère. Elle aurait pas aimé être un symbole, j’le sais. J’ai l’impression qu’ils lui ont volé quelque chose en faisant ça et j’ai beau savoir que ça partait d’une bonne intention … J’y peux rien, j’suis en colère. »

La voilà, cette gêne qui me coinçait la gorge depuis quelques jours et que je n’avais jusqu’ici pas verbalisée. Maintenant que c’est fait j’ai l’impression que mes sentiments vis-à-vis de ça se décuplent et je ne sais pas quoi en penser. Je ne sais pas ce qu’elle en pense non plus.
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Ven 26 Fév 2016 - 19:22

Les mots étaient sortis avec une fluidité qu’elle n’aurait pas soupçonnée. Au final, tout lui était venu naturellement. En même temps, elle ne se confiait pas à n’importe qui mais bien à Cameron, celui avec qui elle se sentait capable de tout partager. Mais tout ça l’avait tellement dévoré de l’intérieur, elle avait tellement eu l’impression de mourir étouffée pendant quelques temps que oui… Elle était en un sens surprise de s’entendre parler avec tant de fluidité. Elle qui avait préféré garder le silence. Elle qui s’était égarée pendant si longtemps. Et qui était encore perdue d’ailleurs. Parce que si maintenant elle pouvait mettre des mots sur les choses ce n’était pas pour autant que tout était réglé. Mais c’était une étape. Une bonne étape elle le savait. Qui ne serait pas simple. Peut être qu’encore une fois elle allait pleurer, elle qui pourtant se refusait à ça à la base. Peut être. Mais cela ne pourrait être que positif. Au final, c’était nécessaire de parler. Alors elle lui avait tout dit. A ce frère qu’elle avait voulu un temps épargner. Parce qu’Emily devait l’admettre, sans lui, sans son soutien, elle n’était pas aussi forte. Elle avait besoin d’être rassurée. Mais elle avait aussi besoin de sa capacité à la faire rire en toute occasion. Quand il déclara qu’il lui restait au moins des bouts d’elle-même, la jeune femme tourna la tête vers lui et sursauta finalement, retenant un petit cri de surprise quand il lui pinça la hanche. Sérieusement ? Cameron ? Elle le regarda interdite quelques secondes avant de finalement se mettre à rire et, au passage parce qu’il le fallait bien quand même, lui mettre une petite tape sur le bras. Bah quoi, on ne touche pas une dame comme ça voyons !

« T’es vraiment un sale gosse ! »

Et son éclat de rire se transforma en sourire affectueux et reconnaissant. Parce que ça lui faisait du bien d’entendre son propre rire. De se dire qu’elle était encore capable de ça, que tout n’était pas mort en elle-même si pendant un temps, elle aurait bien pu le croire. Son sourire s’estompa alors tout doucement tandis que Cameron s’installait en face d’elle. Elle sera doucement cette main qu’il avait jointe à la sienne. Un simple contact. Un moment de répit. Puis les mots se firent de nouveau maîtres du moment. S’écrouler ? Emily avait l’impression de l’avoir déjà fait. Une première fois face à Caitlyn puis dans ce couloir le jour du concert. Elle avait pété les plombs. C’était bien s’écrouler ? Mais peut être qu’elle avait lutté comme le disait Cameron. Peut être qu’elle n’était pas allée au bout du processus… Elle posa alors son regard dans celui de son frère qui continua dans les sujets sérieux. Au début, elle voulu protester alors qu’il lui demandait de ne plus s’en vouloir à cause de l’attaque mais elle n’en eut pas la force, plus l’envie. Parce que ce qu’il disait lui allait droit au cœur. Parce que si elle se bouffait sincèrement à cause de cette histoire, ça lui faisait du bien d’entendre ça. Qu’on lui dise que finalement elle n’était peut être pas la seule responsable. Qu’il lui dise. Elle sentit un léger picotement dans ses yeux qui s’accentua quand il parla de Megan. Elle serra plus fort la main de son frère. Et une larme vint doucement couler le long de sa joue. Elle s’était interdit de pleurer Megan devant lui mais là, elle n’avait plus la force de lutter. Elle ne la connaissait pas aussi bien que lui mais suffisamment pour avoir la rage au ventre à l’idée qu’elle soit partie si vite. Qu’ils leur ait retiré une personne de plus… Mais jamais ils ne les sépareraient, jamais ils ne pourraient affaiblir ça.

« Ils ont foutu le bordel dans ma tête, ça ils ont réussi. Mais ils n’auront jamais la force de nous séparer, de nous empêcher de survivre ensemble… »

Non jamais. Personne ne pouvait faire ça. Oui Kyle était parti par exemple mais ça n’avait rien à voir. Il vivait sa vie, au contraire, il leur montrait qu’ils n’avaient pas pu le détruire. Qu’il était prêt à démarrer quelque chose de nouveau et c’était fort. Ems et Cameron eux continueraient à rire ensemble, à se serrer les coudes et surtout, à passer épreuve après épreuve. Comme ils l’avaient toujours fait. Elle ne pouvait pas promettre de toujours garder la tête haute, de toujours être forte. Non. Mais elle pouvait promettre qu’elle ne laisserait aucune distance s’installer entre eux, qu’elle resterait toujours sa sœur et que, quoi qu’ils puissent faire, elle ne s’éloignerait pas de lui. Même si l’idée lui avait traversé l’esprit ce fameux jour.

Emily essuya alors la larme qui avait réussi à s’échapper de ses yeux. Elle avait toujours une boule dans la gorge, un poids au fond de l’estomac mais elle ne voulait plus pleurer. Du moins pas tout de suite. Cette larme avait été au final bien plus salutaire que de nombreux sanglots. Peut être que d’autres allaient suivre mais pas tout de suite. Cameron reprit alors au sujet du concert. Lui aussi pensait qu’ils auraient du lui en parler, surtout Ricardo. Ems baissa la tête. Cela lui faisait bizarre qu’il dise ça. Ou plutôt, si elle partageait son avis, elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’elle avait tout de même dérapé sur certaines choses… Mais ce n’était pas en lien. Ne pas tout mélanger surtout. La voix de son frère la tira de toute façon de ses réflexions. La jeune femme releva alors la tête vers lui. Alors il ne savait rien au sujet de leur hommage pour Megan ? En même temps, il aurait été compliqué de lui poser la question. Et Ems aurait sans doute été au courant de tout ça… Bref. Elle l’écouta attentivement et caressa doucement la paume de sa main de son pouce.

« Je comprends… Mais elle sera forcément un symbole. Parce qu’il est difficile de se souvenir de tous les moldus et sorciers qui sont tombés pendant l’Occupation, pendant la Bataille. Mais elle, elle est partie alors que certains se croyaient plus forts que tout… »

Emily poussa alors un léger soupir. Ils avaient tous fini par y croire. Par se dire qu’ils avaient réussi à se sauver, qu’ils avaient gagné la guerre. Mais non. A chaque fois ils revenaient et frappaient plus fort. Et Megan symbolisait cette limite qu’ils avaient finalement franchie. Et elle comprenait que Cameron refuse ça, mais elle était aussi persuadée qu’on ne pourrait pas arrêter ça.

« Mais c’est pas important. Parce que ce qui compte ce n’est pas qu’ils utilisent sa mort pour trouver l’énergie pour se battre. L’important c’est que là, elle n’ait pas changé. Que là, elle soit toujours avec toi, qu’elle soit vivante telle qu’elle était réellement et non telle qu’ils voudront bien la présenter. »

Tout en parlant, Emily avait appuyé sa main sur le torse de son frère, au niveau de son cœur. Elle aurait pu lui dire qu’il avait raison d’être en colère, aller dans son sens et ne pas chercher plus loin. Mais elle n’était pas juste une camarade. Non, elle était sa sœur et savait qu’elle pouvait lui dire les choses. Megan était et serait toujours un symbole. Elle avait redonné peut être de la force à certains. Mais Cameron ne pouvait pas accepter, comprendre ça. Pas tout de suite en tout cas et il n’y avait rien de plus normal.

« Le jour du concert, après tout ce qu’il s’est passé je suis allée voir Stan… Dans la salle des Illusions. Je l’ai vu, j’ai senti son souffle dans mon cou, je l’ai entendu… Parce qu’au fond de moi il est toujours vivant. Parce qu’il sera toujours là. Qu’importe ce que les autres ont pu en faire, un drogué parmi d’autres peut être. Au fond de moi, il est toujours tel qu’il a toujours été. »

Emily afficha alors un léger sourire. Oui, c’était douloureux de voir Stan et de se dire que ce n’était qu’une illusion. Et pourtant, ça lui avait fait du bien, ça l’avait apaisé. Parce qu’elle avait fait son deuil. Quand Cameron serait prêt peut être qu’elle l’emmènerait. S’il était prêt à accepter ça parce que ça pouvait être juste une source de souffrances pour certains, elle en avait conscience.
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Ven 4 Mar 2016 - 18:21

Ils ont foutu le bordel dans sa tête, dans la mienne, dans celle de beaucoup de gens et peut-être qu'un jour ils arriveront à nous séparer définitivement, par la mort très probablement, mais elle a raison : Ils ne nous empêcheront pas de survivre ensemble tant qu'on le pourra. Je trouve sincèrement qu'on s'en sort pas trop mal pour des gens ayant vécu autant de traumatisme, et c'est le cas justement parce qu'on est là les uns pour les autres. On n'a pas réussi à sauver tout le monde, c'est comme ça et on ne pourra rien y changer, mais on est toujours là nous, debout, en vie, un peu cassé certes mais on respire et aucun de nous n'a perdu foi en la vie. Kyle en est un exemple flagrant, il a eu le courage de prendre son envol sachant tous les risques encouru, s'éloignant volontairement – physiquement – d'Enzo après tout ce qu'ils ont vécu, pour leur faire le plus beau doigt d'honneur de l'existence : Vivre. Comme s'ils n'avaient pas la moindre importance. Et nous dans tout ça ? On va a notre rythme, tout simplement, mais on reste debout malgré tout et qui sait, on fera peut-être parti du prochain wagon ? On verra bien.

Malgré tout ça il y a des douleurs qui mettent un sérieux coup à l'endurance, à la résistance, et ce qu'il s'est passé ce weekend aura eu le don de les réveiller. Je viens de dénouer un nœud mais je ne suis pas certain que ça me soulage, néanmoins les mots sortent, les émotions s'expriment. Je viens de retourner la situation en faisant de moi le centre d'attention, ça n'était pas calculé mais je ne peux pas le nier : Sa présence et son contact me font du bien. S'il y a bien une personne auprès de qui je peux parler de ça c'est elle. Dimitri peut-être aussi, pour des raisons différentes, mais je pense sincèrement qu'ils sont les seuls. Et si je sais aussi que si ça me fait souffrir moi, ça ne l'épargne pas elle non plus parce qu'elle aimait beaucoup Megan, elle la connaissait de mieux en mieux au fil du temps, certainement plus que la moitié, les trois quarts même, des personnes présentes dans ce château. Comment est ce qu'ils ont pu nous laisser nous à l'écart de ça ? Je l'admets, j'ai du mal à le comprendre et le concevoir. Le reste, la résistance, ça me passe totalement au dessus de la tête.

« Je comprends… Mais elle sera forcément un symbole. Parce qu’il est difficile de se souvenir de tous les moldus et sorciers qui sont tombés pendant l’Occupation, pendant la Bataille. Mais elle, elle est partie alors que certains se croyaient plus forts que tout… »

Elle a raison, sur toute la ligne et j'en ai parfaitement conscience mais aussi égoïstement que ça peut être, les autres, je m'en fous. Je l'ai dit à Mateo tout à l'heure, sans même m'en rendre compte j'ai arrêté de m'attacher aux gens et ça implique aussi me détacher du sort des autres. Il y a des exceptions bien sur mais elles sont rares et surtout pour la plus part il s'agit de personnes que je connais depuis des années maintenant. Ça ne me plait pas spécialement d'être devenu comme ça mais je ne fais rien pour luter contre pour autant. Je m'en fous qu'ils aient besoin d'un symbole, qu'ils foutent la paix à ma p'tite amie et en trouve un autre. Les morts c'est pas ce qui manque dans cette putain de baraque. Me raisonner ? Là, tout de suite, j'en ai pas la moindre envie.

« Mais c’est pas important. Parce que ce qui compte ce n’est pas qu’ils utilisent sa mort pour trouver l’énergie pour se battre. L’important c’est que là, elle n’ait pas changé. Que là, elle soit toujours avec toi, qu’elle soit vivante telle qu’elle était réellement et non telle qu’ils voudront bien la présenter. »

Là ? Dans mon cœur. C'est ce qu'elle a voulu dire en posant sa main sur mon torse, geste qui m'a fait relever les yeux vers elle jusqu'à ce qu'ils captent son regard. Oui elle est là, dans mon esprit aussi, symbole pour les autres ou pas, hormis Derek personne ne peut prétendre la connaître aussi bien que moi. J'imagine que ces pensées pleine de rancœur finiront par disparaître, s'apaiser néanmoins, mais pour le moment ça n'est pas l'heure pour ça. J'ai déjà expérimenté le deuil, y compris pour une mort violente, je sais que ça prend du temps, je sais que les émotions qu'on ressent sont contradictoire même si jamais, absolument jamais, je ne comparerais réellement Sullivan et Megan, la façon dont ils sont partis et ce qu'ils représentaient chacun pour moi. Ça n'a strictement rien à voir.

« Le jour du concert, après tout ce qu’il s’est passé je suis allée voir Stan… Dans la salle des Illusions. Je l’ai vu, j’ai senti son souffle dans mon cou, je l’ai entendu… Parce qu’au fond de moi il est toujours vivant. Parce qu’il sera toujours là. Qu’importe ce que les autres ont pu en faire, un drogué parmi d’autres peut être. Au fond de moi, il est toujours tel qu’il a toujours été. »

Elle sourit, moi je me calme, et ma main serre la sienne un peu plus fort par instinct. Stan. Son Stan, celui qu'elle connaissait contrairement à beaucoup d'autres qui ont eu le jugement facile. Je connais l'existence de cette pièce, Kyle m'a évoqué la fois où il y est entré pour suivre Enzo, quand ils étaient séparés l'année dernière. Il a « rencontré » les parents du Gryffondor … Je sais aussi que c'est sans doute cette pièce qui a été le déclencheur pour Derek, ce qu'il y a vu en s'y faisant trainer par son frère. Maintenant Emily et Stan ? Je comprends le message qu'elle essaie de me transmettre seulement ...

« Je pense pas que je sois prêt pour ça, sans savoir si je le serais un jour à vrai dire. J'ai vu Sulli à Halloween et ça ne m'a pas vraiment plus. J'suis pas tellement fan de ramener les morts comme ça, c'est … Je sais pas, ça me plait pas. J'veux pas de ça je crois. »

Le ton est calme, ça n'a rien d'un jugement puisque je respecte complètement son choix d'avoir été chercher ce qu'elle a trouvé dans cette pièce seulement au même titre que je n'ai pas vraiment accroché ce midi quand Mateo a évoqué sa sœur et Megan supposément entrain de nous surveiller d'où elles sont … C'est quelque chose qui me traverse l'esprit parfois, concernant Sulli surtout même si avec les années j'ai un peu perdu cette habitude mais … Non, vraiment, j'aime autant laisser les morts là où ils sont, c'est à dire partis.

« Ça t'a fait du bien de le voir ? »

A voir l'air serein qu'elle affiche en l'évoquant je pense que oui mais ça n'est pas parce qu'il s'agit de ma sœur et que je la connais par cœur qu'elle ne peut pas me cacher ce qu'elle ressent réellement. Volontairement ou pas.

« Et t'en es où avec Ricardo là ? Tu l'as revu depuis ? »

C'est pas tellement des choses dont on parle tous les deux, ça ne rentre pas franchement dans nos conversations frangine/frangin, mais tout ce qui la concerne m'intéresse et j'ai envie de savoir dans quel état d'esprit elle se trouve, pour ça comme pour le reste. Naturellement si elle me fait comprendre qu'elle ne préfère pas en parler avec moi je comprendrais, mais au moins j'aurai posé la question.
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Mar 8 Mar 2016 - 16:56

Sentir sa main se serrer dans la sienne c’était comme un rappel. Comme si soudain on lui disait de nouveau qu’ils étaient bien vivants, bien ensemble et qu’ils allaient pouvoir tou affronter. Qu’il souffrait indéniablement mais qu’il demeurait prêt à se raccrocher. Elle pouvait être sa bouée, elle voulait l’être. Même si dans son esprit c’était actuellement un bazar sans nom, même si elle-même n’était pas trop sûre de ce qu’elle allait faire de son avenir… Ensemble ils étaient plus forts. Ensemble tout allait mieux. Alors aimer sentir cette main se serrer contre la sienne. Elle se disait aussi que ses mots avaient de l’impact, qu’elle arrivait à le faire respirer un grand coup. C’était important, essentiel. Il fallait qu’il sache qu’il n’était pas tout seul. Que la colère et la peine seraient sans doute ses camarades de route pendant un long moment mais qu’elle aussi serait là. Toujours. A ses côtés. Parce qu’entre eux il y avait quelque chose que personne ne pouvait expliquer. C’était aussi simple que ça. Ils se comprenaient, parce qu’ils avaient vécu des choses similaires ou tout simplement parce que leurs sentiments l’un pour l’autre étaient si forts qu’ils passaient au-delà des mots. Voilà tout ce que représentaient ces deux mains qui se serraient.

Emily adressa ce sourire tendre à Cameron. Pour lui montrer qu’elle savait encore le faire, que même dans l’ombre ils pouvaient trouver un peu de réconfort. Lorsqu’il reprit la parole, elle hocha doucement la tête. Elle comprenait parfaitement ce qu’il était en train de dire. Elle avait senti le besoin de le faire et savait qu’elle pouvait le faire parce qu’elle arrivait à la fin de son deuil. Mais Cameron n’en était pas au même stand et ils demeuraient différents. Lorsqu’il évoqua Sullivan, elle caressa doucement sa main. Lui aussi avait ce fantôme toujours là pour veiller sur lui. Elle espérait juste que la liste ne continuerait pas à s’allonger. Qu’un moment tout ça allait s’arrêter, se calmer et qu’ils pourraient enfin regarder les vivants plus que les morts. Oui vraiment il le fallait. Perdue dans ses réflexions, elle garda son sourire quand son frère lui demanda si voir Stan lui avait fait du bien. Indéniablement oui. Mais le souci était peut être que ce soit le cas. Qu’elle ait eu ce besoin viscéral de le sentir là, tout contre elle alors qu’elle savait bien qu’il était définitivement partie, que ce n’était qu’une illusion. Le regard d’Ems se perdit alors dans le vide.

”Oui… Vraiment. Même si je ne suis pas sûre que ce soit réellement sain ou réellement une bonne chose… Ça m’a fait du bien.”

Emily lâcha alors un léger rire. Elle n’était peut être tout simplement pas complètement saine d’esprit. Penser ainsi la faisait rire. Ce qui pouvait amener à penser qu’elle était encore plus dingue mais… La réalité c’était qu’après tout ça elle était complètement perdue. Qu’elle se rendait compte d’à quel point elle avait masqué certaines choses, certaines émotions. D’à quel point son équilibre était finalement assez fragile. Mais c’était peut être un mal pour un bien. Pendant ces jours de silence elle s’était mise à réfléchir et s’était rendu compte qu’elle le faisait finalement presque assez sereinement. Comme si finalement, la remise en question n’était plus un souci en soi. Juste une étape, quelque chose de nécessaire qu’elle devait affronter. La demoiselle se leva alors de son lit pour attraper ses cigarettes qui étaient posées plus loin. Elle revint s’asseoir alors que Cameron lui demanda si elle avait revu Ricardo. La jeune femme laissa alors échapper un rire sec puis s’alluma sa cigarette. Elle souffla doucement la fumée, s’amusant à essayer de faire des ronds puis se décida enfin à parler.

“Non. Et à vrai dire notre dernière entrevue était vraiment pas reluisante. ”
Non vraiment pas. Mais il manquait à Cameron des éléments pour réellement comprendre toute l’histoire. Ils n’étaient pas du genre à déblatérer des heures sur leurs vies sentimentales respectives. Et clairement, elle savait qu’elle ne lui parlerait pas de tout ça comme elle avait pu en parler avec Kezabel par exemple. Mais si elle ne lui disait pas ça, il ne pouvait pas suivre le cheminement de l’histoire et malgré tout, elle avait besoin de partager une partie de ça avec lui. Pas les détails, pas ses aventures hormonales. Non, juste le fait que tout était compliqué et qu’encore une fois, elle se sentait en phase de reconstruction. Ou plutôt de constatation de destruction.

“Un peu avant le concert, j’ai faillit coucher avec une fille. Elle était là quand je lui ai mis une droite et que je lui ai tout craché à la figure… Je lui ai dit ce qu’il s’était passé entre elle et moi.”

Est-ce qu’Emily se sentait honteuse ? En y repensant, elle se rendait bien compte qu’elle avait été agressive et pas très diplomate. Mais elle ne regrettait pas pour autant. Parce qu’il aurait fallut que toutes ces choses sortent un jour ou l’autre. Et qu’elle ne digérait toujours pas cette histoire de concert. Non vraiment pas. Ems continua de tirer sur sa cigarette avant de reporter son regard vers Cameron. Il ne la jugerait pas, elle le savait très bien. Elle savait aussi qu’il avait eu du mal avec l’idée qu’elle soit avec un mec mais qu’il ne laisserait pas tout ça interférer.

“Bref. C’est le bordel.”

Emily adressa alors un petit sourire à Cameron. C’était le moins qu’elle pouvait dire. En ce moment c’était vraiment le bordel dans sa vie. Mais lui était stable. Il y avait Kezabel aussi au final, qui semblait être un nouveau point d’ancrage. Mais ses autres repères avaient une nouvelle fois volé en éclats et elle devait bien l’accepter. La question qui se présentait à elle maintenant était de savoir sur quelle base elle allait se reconstruire. Parce qu’avant de songer à rebâtir quoi que ce soit, elle devait s’assurer que le sol était bien solide et qu’elle n’allait pas encore une fois s’effondrer comme un château de cartes. Une tâche difficile, elle le savait bien. Mais elle prendrait le temps nécessaire. Et peut être qu’elle se laisserait le temps de vivre entre temps, mais ça, c’était encore une autre histoire.

“Mais sinon je suis ta gentille petite soeur toute sage.”

Emily échappa alors un léger rire. Un peu de légèreté, c’était nécessaire.
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Ven 11 Mar 2016 - 13:05

« Oui… Vraiment. Même si je ne suis pas sûre que ce soit réellement sain ou réellement une bonne chose… Ça m’a fait du bien. »

Est-ce que j’en arriverai à ce stade aussi un jour ? Difficile à dire seulement je crois qu’au fond je ne le souhaite même pas. Que ça soit sain ou pas, une bonne chose ou pas, l’important est que ça lui ait fait du bien et c’est tout. Des questions j’en ai d’autres, que ça soit la concernant elle, me concernant moi, mais parmi toutes celles-là je choisi de passer aux vivants. Eux sont toujours là, ils sont bien réels, comme nous. Je l’admets, c’est surtout à ça que je m’accroche, à eux même si comme je l’expliquais à Mateo tout à l’heure la majorité n’ont pas tellement d’intérêt pour moi parce que j’ai arrêté de m’attacher aux gens, et c’est sans doute pour ça que mes interrogations prennent cette direction. Je préfère laisser Stan, Sullivan et Megan en paix, là où ils sont.

Emily se lève, je la regarde faire et scrute son sourire quand elle revient s’assoir à côté de moi : Difficile à décrypter et pourtant très parlant. Je me surprends à avoir de lui dire qu’elle ne devrait pas fumer ici, qu’elle devrait laisser cette saloperie qui nous intoxique à l’extérieur, je ne sais pas tellement pourquoi. C’est sa chambre, elle fait bien ce qu’elle veut. Je me rends bien compte qu’elle prend le temps avant de répondre, un temps que je lui laisse sans jamais la quitter du regard, jusqu’à ce qu’elle se lance finalement.

« Non. Et à vrai dire notre dernière entrevue était vraiment pas reluisante. »

A partir de là on navigue à vue, sur un chemin non balisé, pour elle comme pour moi. Est-ce qu’elle va poursuivre sur sa lancée ? Ça ne tient qu’à elle même si je le sens bien, au fond de moi, je commence à freiner des quatre fers. L’instinct peut-être ? Ce qui la concerne m’intéresse forcément seulement en tant que grand frère, même s’il n’y a aucun lien de sang entre nous, c’est plus fort que moi : Je ne peux pas la voir comme une adolescente de 19 ans, avec tout ce que ça implique. Il m’a déjà fallu du temps pour appréhender, assimiler, le fait qu’elle soit avec quelqu’un mais en parler ? Cameron, t’es vraiment une petite nature … Je sais, j’y peux rien, je gère beaucoup plus facilement une blessure par balle que d’écouter ma frangine me parler de sa vie sentimentale, et alors ? Personne n’est parfait.

« Un peu avant le concert, j’ai faillit coucher avec une fille. Elle était là quand je lui ai mis une droite et que je lui ai tout craché à la figure… Je lui ai dit ce qu’il s’était passé entre elle et moi. »

Voilà ! Voilà pourquoi mon instinct me hurlait de me taire. Non je n’ai pas du tout envie d’admettre que ma Tigresse a une vie sexuelle, point final. Et je fais une syncope si je veux, d’accord ?
Blague à part – et évidemment qu’il y a une part de vérité dans mon délire mais passons – même si elle doit bien voir que je me décompose ça ne m’empêche pas d’être suffisamment pragmatique et concerné pour garder mon sérieux et l’écouter. Pas une seule seconde l’idée de la juger ou juger ses actes ne me vient à l’esprit, pourquoi est-ce que je le ferais ? Certes, elle a failli tromper Ricardo mais comme la définition du verbe faillir l’indique, ça n’a pas eu lieu. Avec une fille, oui, et alors ? Ça se saurait si c’était quelque chose qui me déstabilise. Elle a mis une droite à son mec – c’est qu’il devait le mériter. Cameron ! Pardon. Ou pas. Tout ce que je retiens c’est qu’elle a été honnête, avec elle tout comme avec eux, même si effectivement …

« Bref. C’est le bordel. »

… Comme elle le dit c’est le bordel.

« Mais sinon je suis ta gentille petite soeur toute sage. »
« Mon Dieu mais pourquoi j’ai posé cette question … »


Dit-il en se laissant tomber sur le lit.

« J’crois que je m’y ferai vraiment jamais. »

Ça ne m’empêche pas de rire devant cette situation, la nôtre, celle de l’instant présent, pas la sienne de manière globale parce que je me doute que malgré tout ça doit la travailler. Je fini par tourner la tête vers elle, sans pour autant me redresser, et lui adresse un sourire tout en lâchant un soupir.

« T’as pas fait les choses à moitié. »

Ça n’est pas une critique, ni un jugement, juste l’exposition d’un fait, chose qu’elle comprend très bien à mon avis.

« Tu sais, j’ai aucun partie à prendre là-dedans parce que ça ne me regarde tout simplement pas et peut-être que t'as pas spécialement envie ou besoin de mon avis mais … Fais ce que t’as envie de faire Ems, pense à toi. J’te dis pas de faire souffrir qui que ce soit mais ça je sais que c’est de toute façon pas ton genre, pas gratuitement en tout cas. »

La vie est trop courte … Oui, ça sonne un peu comme ça c’est vrai mais c’est la vérité, je le pense et je l’encourage réellement à penser à elle

« Et puis ce sont des choses qui arrivent, c’est tout. »

Dommage pour Ricardo, tant mieux pour eux s’ils se réconcilient – si c’est ce que veut Emily – ou tant mieux pour cette fille si c’est plutôt vers elle que la frangine décide d’aller. Je lui fais confiance, on a tous un parcours, on fait tous des sorties de route. On appelle ça vivre, c’est aussi simple que ça.

« Au moins, l’avantage avec moi, c’est que t’auras jamais à te prendre la tête pour savoir ce que tu ressens ou ce que tu veux. Parc’que t’as pas l’choix. »

Ton vrai frère, pas ce connard qui partage le même sang que toi.
Mais ça n’est pas le sujet.

« T’es obligé de m’aimer inconditionnellement même si j’suis le mec le plus chiant de la terre. »

Dit-il en lui pinçant la taille une nouvelle fois, sachant pertinemment que les représailles ne vont sans doute pas tarder … Je n'essaie pas d'esquiver le sujet, j'ai simplement dit ce que j'avais à dire et si elle souhaite en parler encore avec moi j'écouterai mais je ne pense pas être la personne la mieux placée pour ce genre de sujet. Je crois aussi savoir qu'elle à d'autres personnes que moi avec qui discuter de ça, plus facilement peut-être. J'ai au moins un prénom en tête, en tout cas.

« Au fait, ça te tente un basket demain après-midi ? »
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Lun 14 Mar 2016 - 11:50

Emily ne parlait jamais vraiment de sa vie sentimentale avec Cameron et elle savait que c’était un sujet plus délicat pour lui. Pourtant, ce n’était pas pour autant qu’elle se sentait bloquée ou dans l’incapacité de le faire. En cet instant il avait eu envie, besoin de lui expliquer les choses. Parce que si elle ne lui avait pas expliqué tout ça, il n’aurait pas pu comprendre. Il serait nécessairement resté à côté de tout un ensemble de choses et elle avait besoin de le tenir informée. Pas par obligation, non loin de là. Juste parce qu’elle aimait que son frère puisse partager certaines choses avec elle. Seulement, en parlant, elle avait bien senti que ce n’était pas évident pour lui et avait donc rattrapé les choses avec le sourire et une touche d’humour. La réaction de Cameron ne se fit pas attendre. Quand il se laissa tomber sur le lit en demandant pourquoi il avait posé la questions, Ems éclata de rire. Oui elle imaginait bien que pour lui, l’idée qu’elle ait des relations sexuelles devait être assez délicate. De même que si les romances de la vie de son frère l’intéressaient, elle n’avait clairement pas envie d’en connaître les détails. La jeune femme avait donc ri de bon coeur avant d’adresser un petit regard d’excuses à son frère. Même si elle savait bien qu’il ne regrettait pas vraiment. Ce n’était pas non plus comme si elle lui avait décrit la scène… Ou qu’elle avait insisté sur le fait que ça c’était passé sur le lit sur lequel il venait de s’étendre… Hum. Elle allait garder ça pour elle. La métisse sourit donc à son frère quand il dit qu’il ne s’y ferait jamais avant de faire une petite grimace quand il souligna le fait qu’elle n’avait pas fait les choses à moitié. Oui elle devait bien avouer que sur ce coup, elle avait plutôt fait fort. Emily tira alors une dernière fois sur sa cigarette avant de l’écraser dans un cendrier sur sa table de chevet et de reporter son attention sur Cameron. Lorsqu’il reprit la parole, un sourire doux resta bloqué sur les lèvres de la demoiselle. Cela lui faisait du bien qu’il lui dise de telles choses. Elle savait qu’il ne la jugerait jamais mais qu’il était aussi tout à fait capable de lui dire si elle avait déconné ou si elle s’égarait. Ses mots l’aidaient à relativiser, à se dire qu’elle avait besoin aussi de profiter et que tout ça pouvait trouver une solution. Elle hocha alors doucement la tête avant de rire quand il évoqua le fait que ça arrivait.

“Oui c’est sûr mais je pensais pas que ça m’arriverait à moi… Enfin, maintenant c’est fait comme qui dirait... “

Oui c’était fait et elle ne pouvait pas revenir en arrière. En avait-elle vraiment envie ? Elle était tellement en colère contre Ricardo après le concert qu’elle s’était dit qu’elle aurait dû céder à Ora dès le début. Peu à peu elle reprenait un peu de mesure. Non jamais elle ne le tromperait c’était certain mais peut être avait-elle besoin de prendre un peu ses distances. Pour respirer. Pour se sentir femme et libre un temps avant de pouvoir s’engager émotionnellement dans quelque chose… Elle n’aurait pas cette réponse en un clin d’oeil et irait sans doute consulter Kezabel une nouvelle fois pour y voir plus clair. Mais au moins, la culpabilité et la rage commençaient enfin à s’atténuer.

Le sujet était maintenant passé et les deux larrons pouvaient retourner à des choses plus légères. Cameron en tout cas ne se fit pas prier. Lorsqu’il déclara qu’avec lui c’était différent, elle arqua un sourire avant d’exploser de rire quand il déclara qu’elle devait de toute façon l’aimer inconditionnellement. Ah oui, vraiment ? Il était comme ça ? Emily faillit lui faire une petite réflexion pour s’amuser mais elle n’eut pas le temps de le faire qu’il se décida à lui pincer la hanche une nouvelle fois. non mais oh ! Sans plus attendre, la jeune femme se jeta alors sur son frère pour le chatouiller. Elle riait à s’en faire mal au ventre et savait qu’elle finirait par perdre la lutte. Elle avait beau être sauvage, au corps à corps elle ne faisait pas le poids. La demoiselle finit donc par s’écrouler à côté de son frère, le souffle court et le sourire aux lèvres.

“Mais oui je t’aime à la folie même si t’es qu’un sale gosse.”

Emily se tourna alors et déposa un petit baiser sur la joue de son frère. Elle fixa alors le plafond, perdue dans ses pensées. La période qui venait de passer avait été assez difficile. Elle avait cru manquer d’air et perdre pied à plusieurs reprises. Mais grâce à Kezabel, grâce à Cameron elle sentait qu’elle pouvait être plus forte que tout ça. Les problèmes de fond n’était sans doute pas réglés et demanderaient plus de temps mais elle avait au moins compris une chose… Elle devait essayer de vivre un peu. De trouver ce qui la rendait heureuse. Sinon elle n’y arriverait jamais. Sinon elle se laisserait noyer encore et encore. La jeune femme était un peu apaisée maintenant, même si cela ne durait que quelques minutes, ça lui allait. Cameron lui proposa alors un basket et elle se redressa aussitôt.

“Mais carrément ! Tu as des partenaires en tête ? “

Ems avait un grand sourire et les yeux qui brillaient. C’était con mais aller se défouler c’était le genre de choses qui la mettait en joie. Elle aimait faire du sport alors en faire avec son frère, c’était un programme qui lui allait complètement. Bon, elle allait devoir se donner à fond et se battre comme une lionne mais ça vraiment ce n’était pas un très grand souci. Autant dire qu’elle avait plutôt l’habitude et qu’elle savait comment faire. La jeune femme se leva alors et se mit à s’étirer. Non ils n’allaient pas jouer tout de suite mais en parler lui avait rappelé que rester dans la même position plus de deux minutes n’était vraiment pas dans ses habitudes.

“Va falloir que tu t’entraînes papy par contre, à ton âge, faudrait pas que l’effort soit soudainement trop brutal !”

Emily tira alors la langue à son frère, un air taquin campé sur le visage. Cameron était loin d’être vieux et mal en point physiquement mais bon, elle ne voulait pas que ses chevilles explosent alors entre deux déclarations d’amour, il fallait bien le secouer un peu.
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Jeu 17 Mar 2016 - 18:33

Une bagarre, comme deux gosses, parce que c'est ce qu'on est malgré tout et je la remercie de me le rappeler chaque fois qu’elle en a l’occasion, la plus part du temps probablement sans s’en rendre compte. Un frère et une sœur en prime, et c'est exactement comme ça que ça doit se passer. Avec Sullivan ça nous arrivait régulièrement même si c'était nettement plus musclé. Ces moments-là passés avec lui ne deviennent pas abstraits avec le temps qui passe, ils restent bien ancrés dans ma mémoire seulement ils ne me manquent pas. J'ai fait mon deuil depuis longtemps, ça va faire huit ans qu'il est mort, j'ai tourné la page. Je ne dis pas que ça ne me rend jamais nostalgique évidemment mais ça ne me rend pas triste en tout cas. Avec Kyle ? Non, ça ne s'est jamais produit, tout simplement parce que son caractère n'est pas … comment dire ça … Il est différent, c'est tout, et ça n'est pas quelque chose qu'on a partagé mais il n'en a pas moins de valeur à mes yeux pour autant. Un autre avec qui ça m'arrive régulièrement en revanche c'est le Loup-Garou du campus et avec lui, je ne me fais pas prier, loin de là même. Pratique d'avoir un pote qu'on n'a pas peur de casser … Je plaisante ! Quoi que … Pas tellement en réalité. Je citerai bien Kezabel aussi mais ça n’a pas tellement la même teneur, c’était plus ou moins la même chose avec Megan, ça restait de l’ordre de l’entrainement. Bien sûr, avec Megan c’était encore quelque chose d’autre et ça nous arrivait de perdre notre sérieux seulement contrairement à Sullivan, je n’ai pas encore tourné la page, pas totalement, pas au moins de ne plus ressentir cette oppression dans la poitrine quand j’y pense même si les souvenirs me font sourire malgré tout.

Ça n’est pas une question de savoir qui est le plus fort, qui aura le dessus – parce qu’on le sait très bien tous les deux n’est-ce pas, héhé – mais plutôt tirer un trait sur le négatif, le ranger dans un coin sans oublier d’en tenir compte parce que c’est important, mais simplement passer à quelque chose de plus léger. C’est nécessaire, d’une continuité habituelle qu’on aurait pu perdre au fil du temps et des évènements mais à laquelle on s’accroche. Ça passe aussi par la projection au lendemain, des plans organisés, à savoir aller s’amuser sur un terrain de basket improvisé en l’occurrence. Je n’étais pas certain de sa réaction, à vrai dire c’était totalement stupide de ma part.

« Mais carrément ! Tu as des partenaires en tête ? »

Grand sourire, les yeux pétillants, voilà comment on aime voir les gens à qui on tient. Vivant, tout simplement, et dans tous les sens du terme. Même si ça implique qu’ils se transforment en sales gosses insupportables …

« Va falloir que tu t’entraînes papy par contre, à ton âge, faudrait pas que l’effort soit soudainement trop brutal ! »
« Hey mais vous allez me lâcher avec ça bande de p’tits merdeux ! »


Bien qu’un peu rouillé, c’est vrai, parce que cette position allongé, étendu, est propice a l’assoupissement, surtout après de telles émotions, ça ne m’empêche pas de me relever rapidement et de commencer à lui courir après dans le dortoir, pour finalement réussir à la choper et à la coincer dans mes bras en la soulevant du sol. C'est vrai, parfois, souvent ces derniers temps, j'ai l'impression d'avoir atteint un certain âge, de ne plus être ce qu'un type de mon âge devrait être, celui que j'étais encore il n'y a pas si longtemps. Alors effectivement, même si je sais qu'elle me chambre, qu'ils me chambrent tous en m'appelant comme ça ou en employant d'autres termes dans le même style, il y a une part de vérité. Pas pour juger, pas pour dénigrer, surement pas volontaire non plus et ça ne me blesse de toute façon pas du tout, mais simplement inconsciemment je pense. Je suis en décalage sur quelques points avec une bonne majorité d'entre eux, je n'ai pas la prétention d'être plus mature, simplement peut-être un peu … différent ? Ça n'a pas d'importance de toute façon, ça ne change rien au fait que les gens qui s'amusent de ça sont ceux qui me connaissent le mieux, ceux que j'apprécie le plus. Mes amis, tout simplement. Ma famille, en la personne de cette petite morveuse de 19 ans que j'aime comme si on partageait le même sang.

« Vous allez voir, j’vais vous mettre une branlée monumentale à tous autant que vous êtes les minots. »

Je continue à la balader comme ça pendant quelques secondes et la balance sur son lit tel un sac à patate, dans un sourire, avant de m’installer à nouveau mais sur le ventre cette fois, son oreiller sous le menton, bras croisés sous le dit-oreiller.

« Bref, c’est Zozo qui m'a proposé ça tout à l'heure, il va sans doute ramener Mateo, peut-être Riley par extension du coup. Et peut-être Kezabel encore par extension, ça ne m’étonnerait pas. Ça ne m’étonnerait pas non plus que le p’tit ramène sa pote Rouge, Killian, peut-être Rafael … Je sais pas trop au final, j’pense que ça sera la surprise mais ça peut être sympa. J’vais en parler aux gars aussi, pourquoi pas. Au pire on fera un tournoi et bien sûr c’est l’équipe dans laquelle je serais qui gagnera. »

A mon tour je tire la langue, oui, du haut de mes 23 vieilles années j’en suis encore capable bande de sales mômes.

« Je jouais déjà au basket dans la rue que vous étiez encore en couche les mioches. »

Comment ça je joue avec ma vie ?
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Ven 18 Mar 2016 - 17:41

Il paraît que la violence, c’est mal. Que les jeux de mains sont des jeux de vilains. En un sens, Emily aurait sans doute était la première à défendre cette vision des choses. Sauf lorsqu’il s’agissait de se jeter sur son frère et de lui faire subir une attaque de chatouilles. Parce que bon là, forcément, ce n’était pas le même débat. Et puis, ce n’était pas non plus comme s’ils étaient vraiment violents. Ems avait beau être une crevette, elle savait se défendre et si ces deux là se mettaient réellement à être violents, ça pouvait devenir assez moche. Non il se contentait de retomber en enfance et de jouer comme des imbéciles à se faire la guerre. La jeune femme avait fait ça avec Stefen bien des années auparavant. Quand il croyait encore qu’elle était digne de leur rang. Avant qu’elle ne devienne la risée de toute une famille. Mais elle ne pensait nullement à lui dans ce moment avec Cameron, elle ne comparait en rien les deux instants. Parce qu’avec Cameron, elle était heureuse, elle faisait ça en sachant que ce qui les unissait ne pourrait jamais mourir. Et cette petite guerre était un peu le symbole de ce lien qui les unissait depuis leur première rencontre. La cracmolle retrouvait le sourire à son contact, rien à dire là-dessus. Alors elle continua la guerre même verbalement. En le traitant de vieux. Parce qu’au final, à force de jouer le grand frère et le papa avec tout le monde, il allait finir par être marqué le pauvre… Sauf qu’apparemment elle n’était pas la première à lui parler de son âge et elle eu le droit de se faire traiter de merdeuse. Emily afficha alors une moue faussement choquée. Mais elle n’eut pas le temps de jouer la carte de la fille outrée puisque son frère avait décidé de se ruer sur elle. Elle se mit alors à courir dans le dortoir, morte de rire. Cameron finit par l’attraper et alors qu’elle se retrouvait tenue comme un sac à patate, la jeune femme était à moitié en train de manquer d’air tant elle riait. Les grognements de son frère ne firent qu’accentuer son hilarité.

“Mais oui papy, mais oui !”

Elle poussa soudain un petit cri de surprise alors que Cameron venait littéralement de la lancer sur son lit. Emily se remit à rire et regarda son frère s’installer à côté d’elle sur le lit. Tout en reprenant son souffle, elle imita sa position et tourna la tête vers lui, les joues légèrement rougies mais le regard pétillant. C’était comme si son cerveau avait soudainement fuité et que, d’un coup, elle avait oublié tout ce qui la troublait, tout ce qui la rendait malade, triste. Pouf. Tout ça avait disparu pour laisser place à un moment plein de douceur. Et il n’y avait pas à dire, ça n’avait pas de prix. Elle écouta alors avec attention Cameron lui faire la liste des participants. A part Kezabel, elle les connaissait tous simplement de vus. Mais ça lui ferait du bien, de voir du monde, d’élargir son cercle un peu. Elle avait besoin de nouveaux horizons, de gorger ses poumons d’air et de ne plus être coincée dans de vieilles histoires.

Emily se remit à rire en voyant Cameron tirer la langue, elle lui lança alors un petit regard interrogateur.

“T’essaye de faire croire que t’es jeune en me tirant la langue comme ça ?”

Oh c’était juste une petite provocation en plus, comme ça, histoire de rire. Par réflexion, la cracmolle ramena tout de même ses bras près de son corps, comme pour se protéger d’une éventuelle contre-attaque. Cameron quand à lui fit comprendre qu’il jouait au basket avant même qu’ils soient capables de le faire. Cette fois, Ems ne perdit pas une seconde.

“Et nous on jouera encore quand tu seras incontinent.”

Très fière d’elle, Emily laissa échapper un léger rire. En réalité, ils avaient peu d’écart et quand Cameron serait un vieux papy, elle ne serait sans doute pas dans un meilleur état. Mais ils pourraient s’asseoir ensemble sur un banc, regarder les gens passer, raconter des histoires idiots. Elle les imaginait facilement comme deux vieux toujours aussi jeunes dans leur tête. Elle espérait en tout cas qu’ils vieilliraient ainsi, ensemble. Elle voulait y croire, du plus profond de son âme.

“Blague mise à part, le basket c’est pas mon sport de prédilection mais faudra que tu me prennes dans ton équipe si tu veux gagner, y’a pas plus féroce que moi et tu le sais.”

Grand sourire de la part d’Emily. Cameron l’avait surnommée la Tigresse, ce n’était pas pour rien, non ? La jeune femme pouvait cependant aussi être douce comme un agneau et il était bien placé pour le savoir. Elle s’approcha alors encore un peu de son frère pour venir se caler contre lui et ferma les yeux. Elle était bien là. Elle se sentait en sécurité, apaisée. C’était comme si dans les bras de Cameron, plus rien ne pouvait lui arriver, plus rien ne pouvait l’atteindre. Une barrière protectrice en un sens. Elle poussa alors un long soupir mais pas de lassitude non, signe de son bien être.

“J’espère que Kezabel viendra, c’est ma pote maintenant. Et ouais je sociabilise, je me fais des amis, comme les gens normaux. T’es bluffé hein ?”

Ems avait alors rouvert les yeux, elle regarda Cameron avec un grand sourire puis alla nicher sa tête contre lui. Elle ferma de nouveau les yeux. Le temps s’était arrêté. Il fallait que ce moment dure encore et encore, qu’il ne s’arrête jamais. Enfin si, pour qu’elle puisse lui montrer de quoi elle était capable sur un terrain de basket mais bon.
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MessageSujet: Re: Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]   Sam 19 Mar 2016 - 22:36

« Et nous on jouera encore quand tu seras incontinent. »
« Anh ! Tu oses ! Insolente ! »


Et en plus elle en est fière ! La vérité c'est … qu'elle peut être fière, son sens de la répartie est quelque chose d'aiguisé, et on sait tous très bien d'où elle tient ça évidement : De son super grand-frère ici présent. Maintenant j'avoue que c'est idée d'incontinence ne me branche pas trop et me fait clairement grimacer. Au risque de paraître glauque, j'espère avoir passé l'arme à gauche avant d'en arriver là, sincèrement, mais je pense avoir encore un peu de marge devant moi, non ? Je me surprends à me demander où on sera quand on sera vieux, et étrangement je ne me demande pas si on le sera un jour ou pas, ça sonne apparemment comme une évidence et moi-même ça me surprend.

« Blague mise à part, le basket c’est pas mon sport de prédilection mais faudra que tu me prennes dans ton équipe si tu veux gagner, y’a pas plus féroce que moi et tu le sais. »
« Là dessus je ne dirais pas le contraire. Par contre va falloir manger un peu de soupe parce que t'es quand même pas tout près du panier là ... J'veux bien croire qu'une Tigresse ç'a une bonne détente mais bon, faut quand même avoir une base quoi … »


Tu ne pensais quand même pas que tu allais t'en tirer comme ça, n'est ce pas ? Qui aime bien châtie bien comme on dit, je pense qu'aucun de nous deux n'a besoin de prouver à l'autre à quel point cet adage ou peu importe ce que c'est, est consommé sans modération. Et JE SAIS, ce sont les vieux qui disent qu'il faut manger de la soupe pour grandir, ça va.

Ça ne l'empêche pas de venir se blottir contre moi, au même titre que ça ne m'empêche pas de l'accueillir à bras ouverts, au sens propre comme au figuré. Bien calée, calme, les yeux fermés, elle me fait sourire alors que mon bras passe par dessus elle dans un geste tendre et protecteur. Je n'ai jamais été quelqu'un de très tactile, les moments comme celui-ci n'en sont que plus importants et on en a conscience tous les deux je pense mais ça n'a pas la moindre importance. Je ressens la confiance qu'elle a en moi, confiance réciproque, mais je ressens surtout mon rôle et le sien. En peu de temps lors de cette discussion elle a été la femme qui prend son envol, la petite peste insolente, l'amie qui écoute et réconforte, et la revoilà petite sœur tout simplement. Petite sœur, elle n'a jamais cessé de l'être évidemment, et les autres facettes de sa personnalité sont simplement en veille, mais en cet instant il n'y a plus rien d'autre qui existe que ce lien familial tissé de toute part qui nous unis depuis le début ou presque.

« J’espère que Kezabel viendra, c’est ma pote maintenant. Et ouais je sociabilise, je me fais des amis, comme les gens normaux. T’es bluffé hein ? »
« Putain j'y croyais plus, j'pensais que j'allais devoir me coltiner ta garde exclusive jusqu'à la fin de mes jours ... »


Alliant le geste à la parole je lâche un profond soupir en retombant totalement sur le dos … et me pli en deux quand elle me frappe directement dans l'estomac, étouffant un rire au passage. Elle n'a pas frappé fort, je sais très bien qu'elle est capable de bien pire que ça mais l'idée ça n'est pas de se faire du mal, juste de continuer à se chercher et de sauter sur toutes les occasions possibles … Sans oublier pour autant d'être sérieux malgré tout. Et sans attendre je la reprends dans mes bras alors qu'elle enfouie son visage à nouveau dans le creux de mon cou. Sa présence, sa chaleur, elles me font du bien.

« J'ai cru comprendre ça effectivement. C'est bien, j'suis content pour toi, en plus Kezabel est vraiment une fille cool. »

...

« Quoi ? On n'a plus le droit de dire cool depuis 2008 ? »

Papy pratique l'autodérision, bien sur.

« Je sais pas si tu mérites un câlin sale gosse. »

Sourire. Yeux fermés à mon tour. Je resserre mon emprise sur elle et prends une profonde inspiration avant de relâcher l'air de manière lente.

▬ FIN (?) ▬
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Pourquoi tu t'fais du mal comme ça ? [PV Cameron]
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