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 Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.

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MessageSujet: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Mar 16 Fév 2016 - 14:26

►Et nos coeurs défoncés.◄
Rosa & Charleen


Dimanche 22 Mars — Après le déjeuner

J’ai l’impression que ça fait une éternité que je n’avais pas déjeuné avec Riley et Lukas, j’en avais presque oublié à quel point il était bon de rire aux âneries et aux maladresses de mon camarade de maison ou à la spontanéité de ma sœur qui ne loupe jamais une occasion de charrier Lukas. Et je suis moi-même la première à le taquiner, me sentant bien plus légère depuis quelques jours, acceptant l’idée de me lâcher un peu, de respirer. Même si j’ai toujours ce poids qui me compresse à chaque fois que je croise le regard d’Ethan, comme en cette seconde.
Je me perds un bref instant alors qu’il me sourit, chose que je lui rends légèrement crispé.
Comment expliquer le fait qu’il fasse comme si de rien n’était ? Comme si je ne l’avais jamais embrassé ? Est-ce que je dois prendre ça pour un refus polis de sa part, dans le but de ne pas me blesser ? Qu’il souhaite simplement rester mon ami ?
Et moi, qu’est-ce que je veux vraiment ? Plus ? Rester tel quel, comme si je n’avais jamais eu cette impulsion ?
Je ne sais même pas réellement ce que je veux… Ou plutôt ce que je préfèrerais. Faire comme si de rien n’était comme lui et que nous restions amis ou d’aller le voir, le confronter, au risque de le perdre.

Un geste brusque de Lukas me ramène à la réalité alors que je le vois faire le malin et se louper pour trébucher de son banc et rencontrer le sol.
J’éclate de rire, rapidement suivit de Riley alors qu’il se relève, grognant pour la forme aussi rouge que la couleur des gryffondors. Je me replonge dans ce moment hors du temps qui me donne au moins l’impression que plus rien n’est si compliqué.


Riley et Lukas partent de leur côté alors que je termine mon dessert, bouquin sous le coude. Livre qu’Ethan m’a prêté il y a une semaine. Si je dis que, bêtement, j’y ai cherché un mot quelconque qui aurait pu me donner des indications sur la situation, est-ce que j’ai l’air d’une cruche.
J’ai l’impression que oui. Et de première en plus de ça.

Bizarrement, ne voir aucun signe nulle part me parait plus compliqué que je ne l’aurai cru. Et tout ça renforce l’idée qu’Ethan n’est plus qu’un simple ami… Ça aurait pu ne pas m’angoisser si je savais que c’était réciproque mais la vérité c’est que ça n’est pas le cas et qu’il va falloir que je me fasse à cette idée. Ça me donne des angoisses et la boule au ventre. Et ça me rend triste avec cette salle impression d’être stupide.
Je pousse un soupir alors que je tente de me concentrer sur la ligne de mon livre.

Je lève les yeux, comme si je pouvais reprendre ma concentration mais cette dernière se retrouve focaliser sur autre chose, un détail.
La jeune femme qui se déplace entre les tables vers la sortie vient de m’accorder un regard qu’elle fuit aussitôt avant d’accélérer le pas hors de la grande salle.
Mia.
Ethan.
Maintenant, Rosalyn ?
Dans un élan, je claque mon bouquin et le garde sous le bras, laissant mon dessert à l’abandon avant de trottiner vers la sortie. Que Mia ne veuille plus me parler, ok, je le digère même si sur le coup j’ai eu du mal à me faire à l’idée parce que je me dis que si j’avais réagis plutôt, peut-être que nous aurions pu éviter tout ça.
Mais il est hors de question que je laisse ma meilleure amie depuis ma première année dans ce château à faire face aux mêmes risques. Rosalyn ne me parle quasiment plus, recluse dans son coin, à se faire tirer par le bas par tant de raisons que j’ignore que s’en est frustrant. Elle ne veut plus rien me dire, ne cherche même plus à m’affronter. Pire que ça, elle me fuit comme la peste, comme tout à l’heure. Seulement, j’arrive à bout de patience. Il est hors de question que je la regarde plongée sans rien faire. Et si elle devenait comme Mia ? Si elle se laissait trainer du mauvais côté ?
Non. L’idée même que je puisse lui faire face en tant qu’ennemi m’est inconcevable.

Je pousse la porte de la grande salle, et la regarde courir dans les escaliers.
Premier avantage : La tour des Serdaigles est suffisamment loin pour que je la rattrape. Et je n’hésite pas une seule seconde pour lui courir après.

— Rosa attends !

Je l’interpelle dans le futile espoir à ce qu’elle s’arrête et se retourne mais rien, comme si elle ne m’avait pas entendu. Ou comme si elle ne voulait pas m’entendre.
Je m’arrête un instant, fronce les sourcils et reprend ma course de plus belle.
Très bien.
J’accélère la cadence, je croise du monde que je bouscule sous des excuses murmurées alors que je continue à l’interpeller. Mon agacement s’accroit et cette situation me tape sur les nerfs. Pourquoi ne pas vouloir me voir ? Pourquoi refuser de m’affronter toi aussi.

Je ne la laisserai pas partir sans rien faire, sans avoir discuté avec elle et ce, peu importe les moyens que je dois utiliser pour ça.
Un couloir vide. Je plonge ma main dans la poche de mon jean ..

— Immobilus !

C’est traitre et je suis déjà bourré de remords mais j’en ai marre qu’elle me fuit, marre qu’elle fasse comme si je ne voyais rien. J’atteins Rosa pile entre les omoplates et son corps se fige aussitôt. J’accélère et accoure pour lui faire face, dents serrés et cœur battant aussi bien par l’effort que par la situation qui me met aussitôt dans un état de stress et d’agacement.

—Désolée, mais tu ne me donnes pas le choix si c’est le seul moyen d’avoir enfin une conversation avec toi !

Geste de la baguette et j’annule aussitôt le sort alors que je range ma défense dans ma poche. Je sais qu’elle risque d’être en colère, voir furieuse de voir que j’en suis à employer ces méthodes mais je ne voyais pas d’autres solutions. Je ne la laisserais pas fuir une énième fois.
Souffle court, je suis fébrile mais je tente malgré tout de garder tout mon aplomb face à elle.

— Tu comptes me fui encore combien de temps comme ça Rosalyn ? Tu crois que je suis stupide ou aveugle ?

Que je ne vois pas à quel point tu plonges vers le bas sans rien faire.
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Lun 29 Fév 2016 - 8:18

~ Et nos coeurs défoncés ~
Dimanche 22 Mars 2015 — Après le déjeuner
Charleen S. Thomson && Rosalyn W. Dawson
Je suis pas aveugle. Je vois bien les regards, les sourires un peu crispés de Chacha, mais je peux pas. Je peux pas parler de choses futiles, je peux pas faire comme si de rien n'était, et je peux pas la laisser me voir comme ça non plus. Ca m'empêche pas de l'observer de loin, souvent, et de m'en vouloir de mon silence, mais je peux pas. Je peux pas lui expliquer à quel point je panique alors qu'on s'est promis d'être fortes et d'apprendre à se défendre. Je peux pas lui avouer que j'ai le sentiment viscéral que tout ça ne sert à rien, qu'un jour ou l'autre, ils vont nous avoir, tous autant qu'on est, parce que rien ne les arrête, eux. Je peux pas lui montrer comme je suis lâche et pourtant, à la fuir comme ça, c'est bel et bien ce que je fais.

Je l'ai vue rire et discuter avec Riley et Lukas ce midi, et je suis heureuse qu'elle ait un autre cercle d'amis qui illuminent ses journées, parce que moi, je peux que les assombrir, et je veux pas lui faire ça. J'ai expédié le déjeuner, de toute façon, c'est pas comme si j'avais très faim, et je me suis faufilée vers la sortie, mais j'ai pas pu ne pas jeter un dernier regard vers la jolie blonde, chose que je regrette aussitôt, parce qu'il croise le sien, et que je suis pas vraiment capable de le soutenir. Je le détourne dans l'instant, et reprend ma route vers la sortie, plus rapidement qu'auparavant. Je fuis, encore. C'est peut-être pas une bonne solution, mais j'en vois pas de bonne, de toute façon.

— Rosa attends !

Je suis pas surprise, pour la peine, d'entendre sa voix derrière moi, mais ça m'empêche pas de poursuivre ma route. Non, Chacha, je peux pas. Je suis désolée, mais je peux pas. Je secoue la tête, terrée dans mon mutisme et poursuis ma route à vive allure dans les escaliers.

— Immobilus !

Je me retrouve bloquée, dans ce couloir vide, paralysée par ma meilleure amie, et je sens la frustration et une pointe de rage embuer mes yeux. T'avais pas le droit de faire ça. Oui, je te fuis, d'accord, mais ça, c'est encore plus petit.

— Désolée, mais tu ne me donnes pas le choix si c’est le seul moyen d’avoir enfin une conversation avec toi !

Elle m'a relâchée, maintenant qu'elle se trouve face à moi, et je serre les dents, tout comme elle apparemment. Echevelée par la course, le visage rougi par l'effort autant que la colère, on est belles, tiens ! En d'autres circonstances, on en aurait sans doute ri. Pas cette fois.

— Tu comptes me fuir encore combien de temps comme ça Rosalyn ? Tu crois que je suis stupide ou aveugle ?
— Ni l'un ni l'autre, c'est bien pour ça que je veux pas que tu me voies.

Mais c'est foutu à présent. Elle est là, face à moi, et je crois que tout se voit sur ma gueule.

— T'avais pas le droit de faire ça.

Mouais, ça sert à quoi de remettre ça sur le tapis, en réalité ? Pas grand chose, à part gagner du temps et éviter de répondre aux autres questions qui ne vont pas manquer de pleuvoir. Mais je vais pas au-devant d'elles, clairement. Je pourrais, mais j'en ai pas la moindre envie. Je voulais pas qu'elle me voie comme ça, je compte toujours pas l'accabler de tout ce qui m'obscurcit l'esprit et le coeur, depuis trop longtemps maintenant. Est-ce que je vais répondre aux questions qu'elle risque fort de poser ? A vrai dire, j'en sais rien. Je bouge plus, j'attends. Et je retiens autant que possible les larmes qui menacent de couler, autant de colère que de désespoir.


Dernière édition par Rosalyn W. Dawson le Jeu 30 Juin 2016 - 19:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Lun 7 Mar 2016 - 10:38

Je culpabilise déjà pour la méthode employée, la privant de son libre arbitre et de sa décision de me fuir, de ne pas me parler, de m’ignorer. Je m’en veux vraiment mais je ne décolère pas pour autant. Parce qu’en cette seconde, je me dis que j’ai tous les droits de moi aussi imposer ma décision après tant d’années d’amitiés. Rosalyn et moi avons TOUT partagé, des rires aux larmes, des peines de cœurs aux flirts, tout a été dit, avoué, confessé et à aucun moment je ne me voyais sans elle.
Puis tout a changé et il est hors de question que j’assiste à tout ça sans rien faire.  J’ai déjà Ethan qui fait comme si de rien n’était et je ne sais pas si ça me soulage ou si ça me blesse. Mia a définitivement changée de camp. Et maintenant Rosalyn qui me fuit ? Non, je refuse que ça se passe comme ça avec elle aussi. Surtout pas avec elle.

— Ni l'un ni l'autre, c'est bien pour ça que je veux pas que tu me voies.

C’est encore pire que de me croire idiote. Être consciente que je ne suis pas aveugle mais de consciemment me suivre, comme pour avoir la paix, comme pour que je la laisse respirer. Quoi, ma présence est trop imposante pour toi Rosa ? Pourquoi tu me fais ça à moi.
J’ai les larmes aux bords des yeux, le ventre noué, les mains tremblantes.
Je ne demande qu’à la retrouver. A retrouver cette jeune fille qui souriait la majeure partie du temps, qui m’accompagnait partout.

— T'avais pas le droit de faire ça.

Les sanglots m’oppressent la gorge, j’ai envie de vomir et d’hurler après elle. Je suis à la fois en colère et déçue, blessée et en rage. Qu’est-ce qu’ils ont tous à me fuir comme ça ? Pourquoi d’un coup, d’un claquement de doigts chacun d’entre eux décident que le mieux est de me prendre pour une imbécile et de faire comme si je ne comprenais rien.

— Parce que toi t’as le droit de me prendre pour une idiote peut-être ?

Ma voix tremble et n’a absolument aucune assurance. Les seuls sentiments qui y transpercent sont la peine et la colère. J’avais pas envie d’en arriver à ça avec elle, surtout pas avec elle. Rosalyn connait tout de moi et je l’aime profondément, elle est bien plus qu’une amie pour moi.
Raison de plus pour avoir ce goût amer au fond de la gorge et avoir la sensation qu’un centaure me piétine de part en part.

— T’as pas le droit de me fuir comme ça, t’as pas le droit de faire comme si j’existais pas juste pour pas assumer ce qu’il se passe.

Non, t’as pas le droit.
On s’était promise de se serrer les coudes. Que Rosalyn ait besoin de temps à elle pour se recentrer ne me pose aucun problème. Qu’elle refuse tout contact avec moi, c’est autre chose.

— On se connait depuis le début Rosalyn. T’es plus qu’une meilleure amie, on s’est promis de ne JAMAIS faire ça, de fuir, de se mentir ou même de s’ignorer. On est là pour se serrer les coudes, surtout quand ça n’va pas.

Je sens ma consistance dégringoler au fur et à mesure de mes mots alors que je fais face à l’évidence.
Peut-être qu’elle veut tout simplement claquer la porte, comme Mia l’a fait. Que je l’ennui, que je la saoul au possible au point de m’envoyer me faire voir et de me laisser là, comme une idiote, plantée sur le pavé du couloir.
Mes bras entourent mon torse, comme un instinct de protection alors que je tremble de partout, mes larmes s’échappant sans que je n’y puisse rien.

— Alors je comprends pas pourquoi tu fais ça avec moi. Tu juges que je ne suis pas apte à comprendre ? A être là ?

Dis moi les choses maintenant, histoire que je digère un fardeau supplémentaire.
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Dim 13 Mar 2016 - 10:53

Je suis pas surprise, pour la peine, d'entendre sa voix derrière moi, mais ça m'empêche pas de poursuivre ma route. Non, Chacha, je peux pas. Je suis désolée, mais je peux pas. Je secoue la tête, terrée dans mon mutisme et poursuis ma route à vive allure dans les escaliers. J'aime pas ça, j'aime pas ça du tout. Sa tête, ses yeux brillants, sa posture, la rage qui émane d'elle autant que la tristesse. Et c'est à cause de moi. Peut-être pas que, mais là, maintenant, c'est à cause de moi. Je m'en veux, tu sais ? J'aime pas cette distance, mais je veux pas te faire du mal en plus. Je sais que tu vas souffrir pour moi, et je veux pas de ça. Mais c'est trop tard, hein ? Elle a baissé sa baguette, et je bouge pas d'un poil, mais moi aussi, j'ai du mal à contenir les larmes.

— Parce que toi t’as le droit de me prendre pour une idiote peut-être ?
— Je te prends pas pour une imbécile.

Il y a des sanglots dans sa voix, et la mienne tremble tout autant. Non. Non non non, crois pas ça. C'est pas du tout ça.

— T’as pas le droit de me fuir comme ça, t’as pas le droit de faire comme si j’existais pas juste pour pas assumer ce qu’il se passe.

J'étouffe un sanglot. Comme si elle existait pas ? Mais non... non... Mais si j'y réfléchis bien, j'imagine que c'est ce que ça a l'air d'être. Pourtant c'est pas, pas ça du tout.

— On se connait depuis le début Rosalyn. T’es plus qu’une meilleure amie, on s’est promis de ne JAMAIS faire ça, de fuir, de se mentir ou même de s’ignorer. On est là pour se serrer les coudes, surtout quand ça n’va pas.

Je suis bloquée, incapable de trouver un mot à dire. Je sens bien qu'il faut que je m'explique, que je la détrompe surtout, parce que je peux pas la laisser croire que je veux plus d'elle autour de moi, c'est juste que je veux pas être un boulet qu'elle se traîne, et en ce moment, je vois pas comment ça pourrait pas être le cas. Mais c'est toujours contraire à la promesse qu'elle vient de me remettre dans la tronche, et je sais pas comment m'expliquer.

— Je...
— Alors je comprends pas pourquoi tu fais ça avec moi. Tu juges que je ne suis pas apte à comprendre ? A être là ?

Elle a refermé ses bras tremblant autour d'elle et moi je réprime un hoquet sanglotant.

— C'est pas ça du tout...

Je crois qu'il y a trente secondes, j'aurais presque pu venir pleurer sur son épaule, mais ses bras en armure autour d'elle ont eu raison de ce bref élan. Je me retrouve plantée devant elle, les bras ballant et tout aussi tremblante, à pas savoir comment dire les choses. Je me fais violence, pourtant, parce que je peux juste pas la laisser croire tout ce qu'elle est en train de me laisser entendre.

— Je sais bien que tu vas comprendre, et que tu vas être là, parce que ça va pas. Je sais aussi que tu vas le faire même si ça te fait mal, et que tu vas souffrir pour moi, à cause de moi. Encore plus...

Encore plus que c'est déjà le cas, et je refuse d'être un autre centre de douleur. Mais c'est déjà le cas, hein ? Quoi que je fasse, je t'empêcherai pas d'être mal, hein ? Les larmes ont fini par déborder de mes yeux, et j'ai relevé les mains sur mon visage pour les cacher. Je voulais pas qu'elle me voit comme ça, je voulais pas qu'elle souffre avec moi. Mais au final, on souffre toutes les deux toutes seules dans notre coin, c'est pas vraiment plus glorieux.

— Je suis désolée...

D'être une amie aussi pourrie, de pas être capable d'encaisser tout ce qui nous est tombé sur le coin de la gueule, de pas être assez forte pour me défendre non plus. J'ai essayé, tu sais ? Je croyais que j'y arriverai. A la rentrée, après Halloween, je croyais vraiment que ça marchait, que je devenais plus forte. Que je serai capable de te protéger, même. Mais j'en suis pas capable, regarde, je suis même pas capable de prendre soin de moi...


Dernière édition par Rosalyn W. Dawson le Jeu 30 Juin 2016 - 19:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Mer 16 Mar 2016 - 15:59

Tout ça n’a pas de sens, tout me dépasse et je ne comprends pas comment nous avons pu en arriver là elle et moi. Nous sommes là, à pleurer franchement, à se sentir démunie, perdue, en colère, rancunière. J’étais pleine d’assurance en lui courant après pour l’arrêter et pour que l’on se fasse face mais maintenant je me sens plus fragile que jamais, tremblante et fébrile. J’ai peur de ce que je peux entendre, peur de ce qui peut résulter de cette discussion et surtout, je suis aussi en colère que triste. Je lui en veux de me fuir comme ça, je lui en veux de m’avoir fait ça mais d’un autre côté, je donnerais n’importe quoi pour qu’elle me revienne, pour que l’on retrouve cette complicité qui nous appartenait.

— C'est pas ça du tout...

Alors qu’est-ce que c’est ? Dis-moi ce que tu as à me dire bon sang. Je suis prête à t’écouter des heures et des heures durant, à te regarder pleurer, à t’entendre hurler mais dis-moi, je t’en prie. Lâche prise.
Je garde mes bras autour de moi, ils m’offrent une sécurité que je n’ai pas. Une fraction de seconde, l’envie brutale de me blottir contre Ethan se manifeste… pour ensuite me raviser. Ethan qui ne me fuit pas mais qui fait comme si de rien n’était. Comme si ce baiser n’avait jamais exister. Je ne sais même plus où me retrouver dans tout ça.

— Je sais bien que tu vas comprendre, et que tu vas être là, parce que ça va pas. Je sais aussi que tu vas le faire même si ça te fait mal, et que tu vas souffrir pour moi, à cause de moi. Encore plus...

Je serre les lèvres alors que mes larmes continuent de couler sans que je n’y puisse vraiment quelque chose. Ce qu’elle me dit a du sens comme le contraire. Oui, je le ferais, n’est-ce pas ce que font les amis entre eux ? N’est-ce pas pour ça que nous sommes toujours meilleures amies même après sept années d’études dans la même école ? Moi je crois que si.
Mais j’aperçois une victoire dans tout ça : L’aveu qu’elle ne va PAS bien.
Bien sûr, qu’elle ne va pas bien.
Sa sœur est partie, il y a eu toutes ces attaques… à quel moment pouvons-nous être bien ? Nous ne réagissons pas tous de la même façon.

Est-ce que j’ai été égoïste ? A tro me concentrer sur ma petite vie avec Riley, Ethan et le reste de mes amis ? Est-ce que j’ai délaissé Rosalyn sans même le vouloir ?
Les larmes redoublent alors que je me passe une main sur le visage que je remonte jusqu’à mes cheveux. Elle, se cache tout court. Pleures entre ses paumes.
Pourquoi on se fait ça Rosa.

— Je suis désolée...

Quand je la regarde comme ça, aussi défaite, démunie, fragile, j’ai l’intime conviction que je vais la perdre. Qu’elle va disparaitre, qu’elle sera la prochaine sur la liste. Ou que quelque chose d’autre d’irréversible se produira et contre laquelle je n’y peux rien.
L’idée même que cela puisse arriver me parait insupportable, inconcevable. Pas ma Rose, ma petite fleur quand bien même elle pique parfois, je ne veux pas que l’on coupe cette tige qui la relie à mon jardin.

Je lâche un soupire tremblant, retenant un sanglot avant de me diriger vers elle et de la serrer contre moi. Dans un geste complètement spontanée et non calculé, je l’emprisonne de mes bras et cale mon visage contre sa tempe. Je la garde là, au chaud, contre moi pour qu’elle cesse de fuir, de me fuir.

— Reviens-moi s’il te plait. J’ai besoin de toi.

Dans mon quotidien, que ça aille ou non, j’ai besoin de toi.
J’ai toujours eu besoin de Rosalyn, même si parfois on se chamaillait ça ne durait jamais trop longtemps. Elle connait même ma famille comme si elle y avait toujours été. J’ai pas envie de la voir partir pour des broutilles ou parce que nous ne sommes pas capable de mettre notre fierté de côté et de se mettre à nue devant l’autre.
Je la garde encore, y mettant du cœur, comme si cela pouvait lui faire comprendre qu’il faut qu’elle arrête tout ce qu’elle fait. Qu’elle reprenne de zéro, au point de départ. Avec moi.

— Faut que t’arrête tout ça Rosalyn, que t’arrête de rester dans ton coin. Sinon moi j’sers à quoi ?

A rien. Tu auras beau dire ce que tu veux, ça n’en n’est pas moins la vérité. Comment veux-tu que je sois utile si tu ne me laisse pas l’occasion de t’aider ?
Je finis par m’écarter doucement, mes deux mains sur ses bras.

— On peut faire tout ça toutes les deux, on l’a déjà fait tellement de fois. Je n’peux pas t’aider si tu ne me laisse pas faire et moi j’peux pas rester comme ça sans rien dire. Mes doigts se crispent sur son pull alors que je peine à retenir un sanglot. Alors s’il te plait, fais plus ça et reste avec moi. J’ai besoin de toi mais entière. Les moments où tu me fais le plus de mal ce sont ceux-là, où tu me fuis et refuse à ce que je sois là.

Bien plus que si je t’aidais à panser tes maux.  



You are the avalanche
One world away
My make believing
While I'm wide awake

©Gabrielle Aplin — A While
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Dim 15 Mai 2016 - 18:32

Bien sûr que non, bien sûr que ce n'est pas ce qu'elle croit, j'en reviens même pas qu'elle puisse penser, dire ces choses-là, et ça me fait mal. Mais je l'ai cherché. A la fuir comme ça, je peux que comprendre qu'elle ait extrapolé tout un tas de raisons, mais non, bien sûr que non, ce n'est pas ça, ça ne pourra jamais être ça, pas elle, pas nous. Je suis en larmes quand je finis par lui répondre, par expliquer pourquoi je l'évite depuis tout ce temps. C'est sans doute idiot, oui, mais c'est pourtant ce que j'ai cru, que ça lui ferait moins de mal comme ça. Elle avait Riley, Ethan, de quoi être quand même heureuse, elle. Je voulais juste qu'elle ne subisse pas tout ça avec moi, mais c'était idiot, parce qu'elle ne pouvait pas être indifférente, elle ne pouvait pas ne pas s'en rendre compte. J'espérais, au fond, parce que c'aurait été plus facile, mais c'était se voiler la face. Et je suis désolée, réellement. Je suis désolée de nous avoir fait du mal alors que tout ce que je voulais, c'était te protéger de moi.

Chacha est venue me prendre dans ses bras, aussi tremblante que moi. Je sens ses bras se refermer sur moi, son visage contre le mien, et sa voix qui résonne doucement à mon oreille.

— Reviens-moi s’il te plait. J’ai besoin de toi.

Mes sanglots redoublent comme je referme à mon tour mes bras dans son dos, cale mon visage au creux de son cou. Moi aussi j'ai besoin d'elle, en réalité. J'ai besoin de nos discussions futiles sur les beaux gosses de l'école - enfin les miennes surtout - j'ai besoin de moments de rire, j'ai besoin qu'on se chamaille, qu'on se dispute, même, parfois, mais qu'elle soit là, toujours. Elwynn partie, la blondinette est ce qui s'apparente le plus à une famille pour moi ici. J'aurais jamais dû la garder éloignée de moi. Je peux pas revenir en arrière, mais si je pouvais, si seulement je pouvais... Là dans ses bras, je me rends compte à quel point ils m'avaient manqué. J'ai Rafael et Caitlyn, j'embête Doryan avec ses cours, et il y a un peu Aaron et Aiden aussi, mais personne ne la remplacera jamais, c'est juste impossible.

— Faut que t’arrête tout ça Rosalyn, que t’arrête de rester dans ton coin. Sinon moi j’sers à quoi ?

J'ai rien à répondre à ça. On sait toutes les deux ce que ça veut dire, et je peux pas prononcer ces mots-là. Parce que je veux pas qu'elle serve à rien, je veux pas qu'elle disparaisse de ma vie. Même si je l'ai tenue au loin un temps, elle était là, dans ma tête et dans mon coeur. Et je veux jamais qu'elle en sorte.

Elle s'est détachée de moi, légèrement, les mains sur mes bras, pour me regarder à nouveau. Moi je baisse le regard, honteuse autant de ces dernières semaines que de l'état dans lequel elle me voie. Je voulais pas qu'elle me voie comme ça, à la base, et j'ai du mal à passer outre.

— On peut faire tout ça toutes les deux, on l’a déjà fait tellement de fois. Je n’peux pas t’aider si tu ne me laisses pas faire et moi j’peux pas rester comme ça sans rien dire. Alors s’il te plait, fais plus ça et reste avec moi. J’ai besoin de toi mais entière. Les moments où tu me fais le plus de mal ce sont ceux-là, où tu me fuis et refuses à ce que je sois là.

Nouveau sanglot. Je suis désolée. Je suis désolée, je suis vraiment désolée. Je pourrais le dire un million de fois, là, ça changerait rien. Ca changerait pas ces dernières semaines, ça changerait pas ce qu'on a ressenti, toutes les deux. Je lui ai fait du mal, sans le vouloir, certes, mais ça n'empêche, et...

— Je m'en veux tellement... Je voulais pas te faire de mal... Pas à toi...

Je suis incapable de la regarder dans les yeux. Je suis une piètre amie, là, hein ? Comment ça se fait que t'es encore là d'ailleurs ? Je me rends pas tout à fait compte qu'au fond, il y a cette petite voix, tout au fond de moi, qui me susurre que si ma propre soeur m'a laissé tomber, pourquoi ça serait pas le cas des autres, hein ? Pourtant elle est là. Chacha est toujours là. Comment je ferais si c'était pas le cas ?

— Moi aussi j'ai besoin de toi...

Un murmure, penaude, je suis incapable de parler à voix intelligible, incapable de relever la tête. Il y a longtemps que ma fierté s'est faite la malle. Pourtant c'est la vérité. J'ai besoin d'elle. Je l'ai repoussée, oui, mais seulement parce que je croyais que c'était mieux pour elle. Au final, je l'ai faite souffrir, et je me suis enfoncée dans ma propre douleur en la coupant de moi. Mais c'est un fait, moi aussi j'ai besoin d'elle, j'ai besoin de son réconfort, de nos bêtises, de ses sourires. Tout comme elle affirme avoir besoin de moi. Même si à cet instant, j'arrive pas à comprendre pourquoi, parce que j'ai franchement pas été à la hauteur, là...


Dernière édition par Rosalyn W. Dawson le Jeu 30 Juin 2016 - 19:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Ven 3 Juin 2016 - 11:43

— Je m'en veux tellement... Je voulais pas te faire de mal... Pas à toi...

Ça n’est pas grave, plus maintenant. Toute ma colère et ma frustration est retombée brutalement, depuis la seconde où je l’ai entendu sangloter contre moi. Je n’peux plus lui en vouloir, je n’en ai pas envie. J’ai l’impression que sa douleur est la mienne, qu’elle se répercute contre mes côtes et que nous touchons enfin quelque chose qui réparera tout ce qui a été fissuré sans que l’on y fasse réellement attention.
Je tiens sincèrement à Rosalyn, elle est pour moi comme une sœur alors je refuse de la laisser tomber. Elle a beaucoup trop d’importance à mes yeux pour que je ne le fasse.

- C’est rien. Pleure pas, aller.

Alors que je suis moi-même entrain de verser de nouvelles larmes libératrices.
On va s’en sortir, dis ? Dis-moi que noter amitié ne partira pas en fumer comme ça, pas après tout ce qu’on a vécu toi et moi. On vaut plus que ça, on est plus forte que ça. J’en suis certaine, là, au fond de moi. Tout ce que Rosa est entrain de vivre, n’est pas irrémédiable et je suis là pour l’aider à lui montrer un aspect différent de la vie.
Moi aussi je suis terrifiée, morte de trouille et je sais que c’est en grande partie grâce à Riley que je peux aujourd’hui me tenir droite à nouveau, avec moins de peur au ventre et plus de courage au cœur. Ethan y est également pour beaucoup, si bien que je peux désormais faire face à l’idée d’affronter un danger sans me pétrifier de peur à l’avance.
Je veux aider Rosalyn à remonter la pente à présent. Je ne veux plus qu’on se cache quoi que ce soit, que l’on s’évite ou s’ignore. C’est ridicule, stupide, nous n’avons pas le temps pour ça.

— Moi aussi j'ai besoin de toi...

Ce simple murmure me donne du baume au cœur, me réconforte même dans l’idée que non, tout ne s’arrêter pas là. Il n’y a aucune raison.
Je la prends de nouveau dans mes bras, la serre contre moi, mon visage dans ses cheveux. Ça me fait du bien de l’avoir, de la toucher, de la sentir contre moi comme nous le faisions avant. C’est maintenant que je me rends compte à quel point elle m’avait manqué.

- Je ne te laisserais pas, je te le promets.

Je ferais du mieux que je peux pour rester à ses côtés et ne jamais la laisser tomber.
Nous restons de nouveau comme ça, sans bouger, profitant de ce moment de tendresse qui me fait du bien. Qui nous fait du bien. Comme une étreinte réparatrice de nos cœurs défoncés. Je pourrais rester de longue minute comme ça, à profiter de ce moment de douceur que je chérie profondément et en silence. Je finis par m’écarter de nouveau, sourire mouillé aux lèvres, mais un sourire quand même.

- Maintenant, on arrête nos bêtises et on ne se lâche plus, d’accord ?

Plus jamais, terminé. Tout ça n’est qu’une perte de temps, on le sait mieux que personne toi et moi que demain, tout peut changer sans que nous n’y puissions rien.
Je la prends par la main avec tendresse, essayant de lui offrir tout mon optimiste, au possible.

- Ca te dit qu’on rattrape le temps perdu toi et moi ? Au patio ? Qu’on discute un peu de tout ça. Autant continuer sur notre lancée, non ? Et puis, j’ai plein de chose à te raconter.

Sur tout. Sur moi, sur Riley, sur Ethan, car quand bien même Rosalyn est restée ma meilleure amie, nos confidences se sont fait rares ces derniers temps. Et je suis certaine qu’une petite mise à jour s’impose pour nous deux. D’autant plus que j’ai besoin de la retrouver, seule, pour que l’on partage un moment rien qu’à nous.
Je patiente, attendant sa décision. Quoi qu’elle veuille, je m’en fiche. La seule chose que je désire profondément est qu’elle reste à mes côtés, comme elle l’a toujours fait.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    Jeu 30 Juin 2016 - 21:13

On est toutes les deux en train de pleurer, on doit avoir l'air malines tiens... Mais je voudrais pas une seconde effacer ça, parce que c'est aussi ce qui fait qu'on se retrouve, je crois.

— C’est rien. Pleure pas, allez...

Un pâle sourire étire mes lèvres. Et toi alors ? N'empêche que j'arrive pas à arrêter les larmes, mais là, dans ses bras, elles commencent à se calmer, je sens bien que je suis un peu plus sereine que j'ai pu l'être auparavant. J'ai besoin d'elle, ça a toujours été, et les mots passent mes lèvres sans que j'y réfléchisse vraiment.

— Je ne te laisserai pas, je te le promets.

Oh si tu savais comme ces mots me font du bien ! Est-ce que je peux y croire ? J'espère, vraiment. Parce qu'El devait pas partir et pourtant... pourtant elle n'est plus là, et on a eu beau se chamailler douze millions de fois parce qu'elle couvait trop sa petite soeur et que j'avais besoin d'indépendance, sa présence me manque énormément. J'ai le sentiment d'avoir été abandonnée, et je sais pas comment gérer ça. Est-ce que c'est, aussi, pour ça que j'ai repoussé Chacha ? Est-ce que j'avais autant peur qu'elle aussi, s'en aille, que de la faire souffrir ? J'en sais rien, je réfléchis, même plus vraiment à ça. Je la serre contre moi, et c'est tout. Tout ce dont j'ai besoin en ce moment. Et je voudrais presque qu'il ne s'arrête pas. On finit pourtant par s'écarter l'une de l'autre, doucement, sans pour autant se lâcher réellement.

— Maintenant, on arrête nos bêtises et on ne se lâche plus, d’accord ?

Je hoche la tête. Bien sûr que je suis d'accord.

— Promis.

Un sourire, plus lumineux que les précédents. Elle a pris ma main, doucement, et je l'ai serrée dans la mienne.

— Ca te dit qu’on rattrape le temps perdu toi et moi ? Au patio ? Qu’on discute un peu de tout ça. Et puis, j’ai plein de choses à te raconter.
— J'adorerais ça.

Et je suis parfaitement sincère. Mais je devrais même pas mettre de conditionnel en fait, parce que y a pas d'hypothèse ou de condition : on va rattraper le temps perdu. Le patio, ça marche pour moi, mais n'importe où en fait. Tant que je suis avec elle : c'est tout ce qui importe.

— Je te suis. J'ai toujours adoré les potins en plus...

Une boutade, un sourire, je serre un peu plus sa main, la suit vers le patio. Comme si elle ne le savait pas, en plus... Mais bien sûr qu'elle sait. On se connaît par coeur, après tout. Et on est parties pour des heures à ce rythme-là. Elle me parle de sa soeur, d'Ethan, et je passe par un tas d'émotions différentes au fur et à mesure de son récit. J'ai bien vu qu'il y avait quelque chose entre eux, j'ai bien vu leurs regards, je les ai vus ensemble. C'est pas parce que je me suis éloignée que je n'ai plus fait attention. Je l'écoute attentivement, réagis, des fois vivement, des fois plus modérément. J'espère que ça va aller dans le bon sens, entre eux. Sinon il va entendre parler de moi, mon camarade bleu. Moi je sais pas si j'ai grand chose à raconter, et pourtant, voilà que je lui parle des garçons qui m'entourent. Aaron et Aiden, dont je me retrouve un peu plus proche que j'aurais cru. Rafael et Doryan. Le Quidditch, mes dessins. Tout. Depuis combien de temps j'avais pas fait ça ? Trop longtemps... Beaucoup trop longtemps. C'est anodin, et à côté de ça, on sait très bien qu'il y a toute l'horreur qui nous entoure, mais on en a besoin, elle comme moi. Et pendant quelques dizaines de minutes, on a pu être à nouveau deux adolescentes se racontant les derniers ragots et je crois que c'était tout ce dont j'avais besoin.

¤ Terminé ¤
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MessageSujet: Re: Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.    

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Et nos coeurs défoncés. — Rosalyn.
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