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 [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]

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MessageSujet: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Lun 1 Fév 2016 - 18:04

~Samedi 14 Mars - Soirée ~

Parfois on se sent juste à côté des choses. Comme un spectateur qui voit les actions défiler devant ses yeux, qui capte les sons, qui ressent les émotions et pourtant… Qui ne participe jamais. Keith avait désormais l’impression d’être un témoin. Ni oppresseur ni rebelle, il voyait le monde se battre, se déchirer devant lui. Il avait un camp, en un sens, mais par défaut. Aucune lutte n’était encore réellement la sienne. Il ne se battait que pour lui-même, ne défendait que son besoin de vengeance, son envie de rétablir une justice. Ou plutôt, ce qu’il avait établi comme justice et qui ressemblait plus en réalité à un combat à mort. Mais là n’était pas le débat. Ce jour là, alors que la rage de vivre et la colère semblaient s’être de nouveau exprimées dans le Château, il s’était contenter d’observer. Il avait entendu ce chant résonner au fond de ses entrailles et, ayant vécu longtemps avec une professeur d’Histoire, il ne pouvait que savoir à quoi il se rapportait. Il avait entendu l’émotion dans la voix de ceux qui portaient la mélodie, de ceux qui l’avaient rejoint. Il avait vu les regards humides de ceux qui n’étaient pas encore totalement remis, qui voulaient se battre maintenant, malgré les blessures, malgré la souffrance. Et puis, il avait vu ce message envoyé vers l’extérieur, cet acte de résistance prendre de l’ampleur jusqu’à devenir un défi. Il avait vu tout ça sans jamais y participer. Il avait compris que c’était l'achèvement d’une déclaration de guerre, que les Supérieurs n’auraient plus aucune raison de laisser cette école en paix. Parce qu’elle refusait de se taire, parce qu’elle voulait informer le monde entier. En un sens, ça arrangeait ses affaires, il aurait bien plus de facilité à s’approcher de ceux qu’il voulait éliminer. S’ils ne venaient pas à lui en premier. Mais ça n’avait pas d’importance. Il avait regardé tout ça d’un œil absent. Pas de colère, pas de violence. Juste de la constatation. Poudlard avait décidé de prendre son destin en main, de ne plus courber l’échine et c’était une bonne chose quelque part, il ne pouvait le nier. Il respectait, sans pour autant être en accord. Il observait. Oui, maintenant Keith n’était plus acteur de ce combat violent entre un monde traditionaliste et un monde ouvert. Il n’était qu’un pion, avec des intérêts bien particuliers qui pouvait de temps en temps faire un peu pencher la balance. Et cela lui convenait parfaitement.

La première véritable réaction qu’il laissa échapper fut un long soupir à l’annonce de l’organisation d’une petite fête dans la Grande Salle. Les élèves étaient heureux, certains professeurs aussi d’ailleurs. Les plus pédagogues diraient que c’est important de pouvoir se lâcher après ce genre d’événement. Lui voyait ça comme une contrainte. Une fois encore il allait devoir surveiller les jeunes gens, faire acte de présence. Il aurait bien aimé rester toute la soirée dans sa chambre mais une brève discussion avec un Gardien lui avait fait comprendre que tout cela n’était pas négociable. Et en plus, il fallait qu’il fasse un effort vestimentaire. Là-dessus Keith avait haussé un sourcil, croyant à une blague avant d’aller enfiler une chemise, un nœud papillon et une veste. Il ne détestait pas ce genre de vêtements mais ne les aimait pas non plus. Seulement, si c’était le prix à payer pour qu’on lui foute la paix alors il acceptait. Il avait donc rejoint la Grande Salle, vêtu de noir et de blanc, pour effectuer son petit tour de surveillance en espérant qu’on le laisserait retourner s’isoler le plus vite possible.

Après quelques minutes, il aperçut Phaedre, un peu plus loin avec James, l’un des gardiens et adressa un sourire à sa collègue. Depuis leur discussion dans la bibliothèque, quelque chose de tacite s’était renouée entre eux. Le rappel d’une certaine sympathie. Il irait d’ailleurs très bientôt prendre le thé dans le bureau de sa chère ancienne camarade. Après tout, avec elle ce n’était pas une corvée. Il la laissa cependant profiter de la compagnie du gardien, se demandant d’ailleurs au passage ce qu’il pouvait bien y avoir entre eux. Sans s’y attarder. Il n’était pas une commère et n’était pas vraiment du genre à se mêler de ses histoires là. Il fit alors un détour vers le buffet où il se servit un jus de citrouille. Cette boisson n’était réellement pas sa préférée mais il avait soif et un verre dans les mains lui donnerait un peu d’occupation. Le bibliothécaire alla ensuite se placer dans un coin de la salle, observant d’un air impassible les adolescents se trémousser sur la musique ou rire à gorges déployées. C’était étrange que cela ne le touche en aucun cas. Ni colère ni joie. Rien. Mais il avait fini par s’habituer. Après la rage aveugle, il s’était vidé. Une sorte de coquille vide qui regardait le monde tourner autour de lui, sans trop savoir comment y prendre part, et ce n’était pas comme si cela le dérangeait outre mesure au final. Il était… Indifférent.

Le regard absent de Keith fut cependant finalement capté par une silhouette. Qu’il connaissait bien, peut être un peu trop d’ailleurs. Elle était toujours sur son chemin, surtout quand il était en danger de mort. Était-ce un mauvais présage pour cette soirée ? Il n’en était pas encore à ce stade de la superstition mais ça n’allait pas tarder si ça continuait ainsi… Enfin, toujours était-il que dans ce paysage assez difficile à ses yeux, la présence de Gwen était quelque chose à laquelle il pouvait se raccrocher. Il s’approcha donc de sa collègue.

“Un tel événement n’est pas trop populaire pour vous Melle Roberts-Moore ?”

Il aurait pu lui dire bonjour simplement ou encore la complimenter sur sa tenue. Mais ce n’était pas ainsi entre eux. Il n’oublierait jamais la façon qu’elle avait eu de défendre son rang social. Il ne lui en voulait pas. Non il trouvait cela presque amusant. Même si elle avait tout intérêt à éviter la moindre remarque déplacée sur son statut à lui ou plutôt sur celui de ses parents.

“Je suis cependant ravi de vous croiser dans un contexte plus apaisé que les fois précédentes. A croire que vous n’attirez pas que des bains de sang.”

C’était de l’humour bien sûr. A la Keith certes, pas très sympathique mais c’était sa façon à lui de communiquer. Et puis, au moins, son ton de voix était calme, presque cordial. C’était déjà une belle avancée.
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Lun 15 Fév 2016 - 15:52

Gwen resta un instant sans bouger, la pointe de la plume suspendue au-dessus de la feuille. La goutte d'encre, fatiguée d'attendre, fuit la plume et s'étala sur le parchemin en une petite tache noire. La jeune femme soupira et posa la plume sur le côté dans un geste démesurément lent. Elle avait trop de choses à dire, et en même temps, ça ne voulait pas sortir. Elle se retrouvait devant son incapacité à communiquer, et elle ne pouvait pas y faire grand-chose. De quand datait la dernière lettre d'Anton ? Il lui manquait. Elle tâchait de travailler pour s'occuper l'esprit. Son armoire commençait à se remplir de nouvelles potions  complexes. Elle passait le plus clair de son temps libre au-dessus de son chaudron ou le nez dans un livre. Parfois, elle sortait faire un tour dans le parc, observer les jeunes s'entraîner au Quidditch. Emmy n'était jamais vraiment loin et c'était une bonne occasion de discuter. Ces sorties mises à part... Elle continuait de s'activer dans son rôle d'enseignante mais au fond, elle s'ennuyait un peu, les élèves étaient trop préoccupés par ce qui se passait dans le château ces derniers temps et elle peinait à attirer leur attention. Et Anton qui ne répondait pas à ses messages.

Gwen se leva de son siège et ajusta son châle sur ses épaules. Sa baguette maintenait ses cheveux en place. Elle quitta la pièce, ferma soigneusement la porte derrière elle et se dirigea vers la Grande Salle. La nuit n'allait pas tarder à avaler le monde, les plongeant dans une obscurité sereine et apaisée. Au détour d'un couloir, elle s'arrêta et regarda autour d'elle. Un chant. Un chant qui s'éleva dans le château, vibrant d'espoir, d'un désir de vivre presque violent. Gwen resta debout au milieu de ce couloir vide le temps que la chanson finisse, sans s'y joindre mais sans la fuir non plus.  Puis elle vit des formes argentées filer dans les couloirs, filer devant elle sans s'arrêter et quitter le château pour diffuser le chant. Cri d'espoir, ou déclaration de guerre ? L'enseignante frotta ses yeux humides, renifla doucement et prit le temps de remettre de l'ordre dans ses émotions avant de rejoindre ses collègues.

Les élèves décidèrent de prolonger l'événement en organisant une soirée concert. Gwen n'aimait pas cette profusion de sentiments dont ils faisaient preuve. Sa pudeur l'empêchait de montrer de telles choses. Elle avait toujours appris à garder ses sentiments de révolte pour elle-même, à se taire, à jouer l'hypocrisie. Ne pas se faire remarquer, ne pas montrer des faiblesses que d'autres pourraient vouloir exploiter. Elle resta en retrait des discussions. Comme d'habitude, elle refusait de prendre parti dans les débats. C'était bien trop sensible : un mot de travers et elle pouvait risquer sa place, ou pire, si quelqu'un doutait d'elle. Elle retourna finalement dans sa chambre pour se préparer à la soirée, contrainte de faire un peu de surveillance de tout ce petit peuple. Les grandes soirées chez ses parents et son beau peuple lui manquaient presque.

Devant son miroir, elle détacha délicatement la chaîne autour de son cou et la nettoya d'un coup de baguette. Puis elle l'enroula plusieurs fois autour de son poignet gauche et glissa son annulaire dans la bague la plus grande. Avec la chaîne qui ajoutait à l'épaisseur de son doigt, l'anneau d'Anton était parfaitement à sa taille. Elle le plaqua contre ses lèvres l'espace d'un instant, inspira et expira lentement, puis elle quitta la salle d'eau pour enfiler une robe longue et noire comme une nuit sans lune, des bottines en cuir, un par-dessus au liseré d'or. Elle tira ses cheveux sur le côté. Anton disait que cette coiffure lui faisait penser à cette espèce de mode bizarre chez les moldus, mode consistant à raser une partie du crâne et à laisser la longueur de l'autre côté. Il faisait la moue mais Gwen savait qu'il trouvait cela joli. Lorsqu'il s'agissait d'elle, il aimait tout, de toute façon. Sa baguette glissée dans une poche cachée de sa robe, elle serra une dernière fois l'alliance d'Anton et revint dans la Grande Salle, où tout s'était déjà mis en place.

Ce n'était pas la mort, toutefois. Elle pouvait bien rester dans un coin et observer les jeunes se presser sur la piste, devant le groupe de musique de l'établissement, veillant à ce qu'aucun supplément alcoolisé ne soit ajouté aux boissons par exemple. Elle aurait bien fait péter un petit feu d'artifice d'intérieur mais vu le tollé qu'avait soulevé le cadeau d'Anton pour son anniversaire, elle ne se risquerait même pas à proposer. C'était dommage, elle avait trouvé une recette d'explosif festif plutôt intéressante et quasiment sans danger. Alors qu'elle sentait son esprit vagabonder hors de la salle, elle vit Keith s'approcher d'elle, engoncé dans un costume et tenant un jus de citrouille à la main. Portrait étrange, complètement décalé, qui lui soutira un petit sourire.

- Un tel événement n’est pas trop populaire pour vous Melle Roberts-Moore ?
- Eh bien, mon cher, je ne suis très certainement pas devenue enseignante pour mener une vie mondaine...

Et Merlin savait qu'elle aurait pu se contenter de se pavaner dans ses soirées fréquentées exclusivement par du sang pur. Lorsqu'il se fut arrêté à sa hauteur, elle se planta devant lui, contente d'avoir un peu de compagnie, et ajusta mécaniquement le nœud papillon du bibliothécaire. Elle attrapait les mêmes réflexes que sa mère. Un tapotement sur la poitrine de l'homme et elle s'écarta, ravie d'avoir pu effectuer sa petite action inutile de la soirée.

- Je suis cependant ravi de vous croiser dans un contexte plus apaisé que les fois précédentes. A croire que vous n’attirez pas que des bains de sang.

Elle ne se départit pas de son sourire, mais dans sa poitrine, son cœur se serra. Elle fit discrètement tourner son alliance autour de son doigt et lança un regard circulaire à la Grande Salle pour se donner une contenance.

- J'attire bien des choses, vous savez. Et ne parlez donc pas de malheur, sieur McEwen. Nous sommes là pour nous détendre et non pour ressasser.

Elle lui accorda un regard et un demi-sourire un tantinet mesquin étira ses lèvres. S'il voulait lancer les hostilités, après tout, elle pouvait tout aussi bien jouer le jeu...

- Vous semblez d'ailleurs à votre aise. Ne vous dérangez surtout pas pour moi, vous mourez visiblement d'envie d'aller danser.

Il semblait surtout complètement fermé à tout contact extérieur, comme à son habitude. Il devait être là par obligation, sinon elle ne voyait pas ce qu'il fichait ici. Dans un même temps, la miss non plus n'était pas au meilleur de sa forme, mais en se forçant un peu, elle pouvait feindre de s'amuser jusqu'à pas d'heure. La musique était plus énergique qu'en début de soirée, lorsque le groupe avait joué un morceau en mémoire des morts.

- Vous avez passé une bonne semaine ?

Commençons doucement...
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Mar 16 Fév 2016 - 12:37

Il devait bien l’avouer, Gwen était une jeune femme charmante. Son regard avait longtemps été incapable de capter la beauté des femmes. Parce qu’il voyait cela comme une trahison. Il avait simplement l’impression qu’à chaque fois qu’il posait ses yeux sur quelqu’un du sexe opposé, il donnait un coup de poignard en plus dans la poitrine de sa défunte femme. Et c’était une sensation qui lui broyait le coeur. Maintenant c’était différent. Il ne se voyait pas se remettre avec une femme. Non, il n’envisageait rien de tel. Mais il était capable de regarder Phaedre, de regarder Gwen et de se dire qu’elles étaient resplendissantes. Qu’elles avaient quelque chose de plus. Chacune à leur manière. Phaedre était glaçante et envoûtante. De celles qui vous charment d’un regard en coin, d’un petit sourire que vous n'auriez jamais pu envisager. Gwen était différente. Plus jeune, plus lumineuse aussi peut être. Son sale caractère et ses manières donnaient un mélange détonnant. Oui, même si le bibliothécaire était souvent agacé par ses petits airs, il devait bien avouer qu’elle dégageait quelque chose de particulier. Ses collègues avaient dû d’ailleurs déjà s’en soucier. Il avait bien remarqué qu’une bonne partie d’entre eux avaient autant de mal avec leurs hormones que les adolescents. C’était leurs affaires. Il s’en fichait royalement à vrai dire. Lui, il se contentait de constater. Et d’observer doucement le corps de cette jolie jeune femme, discrètement mis en avant dans une belle et longue robe noire. Parfaite pour une soirée mondaine même si sa collègue signifiait avoir choisi sa profession certainement pas pour retomber dans ce monde. Amusant. Keith aurait presque pu sourire mais il fut stoppé dans son élan par Gwen qui vint remettre son noeud papillon en place. Quelle étrange démarche. Le bibliothécaire ne bougea pas. Quand elle lui donna une tape sur le torse avant de se reculer, apparemment fière de son acte, il devait bien avouer qu’il avait été déstabilisé. Depuis combien de temps une femme ne s’était-elle pas tenue si proche de lui ? Même s’il n’avait aucune arrière pensée, même si son désir semblait anesthésié, cela lui avait procuré une sensation étrange…. Qu’il préférait oublier. Ce ne devait pas être important de toute façon. Ne pas se laisser emporter par des choses futiles.

Keith avait donc repris la parole. Il la regarda attentivement alors qu’elle tournait une bague autour de son doigt. Une alliance ? Lui ne portait plus la sienne. Enfin, seulement dans l’obscurité de sa chambre, quand il était seul. Parce qu’il ne voulait pas salir la mémoire de Loreena en parlant d’elle, en expliquant ce qu’il était devenu après tout ça. Elle demeurait avec lui en permanence mais il n’était pas prêt à le montrer. Mais qu’en était-il pour Gwen ? Il n’avait jamais remarqué ce détail. Il ne fit cependant aucune remarque, ce n’était pas ses affaires, elle évoquerait le sujet si elle le souhaitait, tout simplement. Et puis, ils étaient là pour se détendre comme elle le disait si bien. Keith avait beau ne pas vouloir forcément ressasser, il devait bien avouer que c’était difficile. A chaque fois qu’il la croisait, ça tournait plutôt mal. Elle devait bien le reconnaître. Mais non, elle préférait le taquiner. Lui, danser ? Il ne pu s’empêcher d’arquer un sourcil.


“Je vois que vous n’avez pas perdu votre sens de l’humour. La danse n’est pas réellement mon domaine. Je laisse ça à ceux qui savent en tirer du plaisir.”


Parce que non vraiment, il n’était pas fait pour ça. Déjà avant Keith n’était pas réellement du genre à se déhancher sur le dancefloor. Plusieurs fois il avait été aventureux pour faire plaisir à sa femme. Elle joyeuse et pleine d’énergie qui trouvait toujours du plaisir dans le fait de faire corps avec la musique. Mais seulement pour une danse, pour un moment unique. Alors non, il ne se voyait pas trop aller danser dans ces circonstances. Keith prit alors une gorgée de jus de citrouille et grimaça. Visiblement il n’y avait pas que du jus là-dedans. Sales gosses… Il poussa alors un long soupir alors que Gwen lui demandait s’il passait une bonne semaine. Il tourna alors son regard vers elle, ce dernier trahissant indéniablement son côté absent.

“La semaine est passée c’est tout ce que je retiens. Une de plus. Vers quoi, ça ne je ne sais pas. Par contre, ce jus de citrouille améliorée pourrait faire que cette fin de semaine soit moins agréable.”

Keith tendit alors son verre vers Gwen. En soit, lui s’en fichait de boire de l’alcool. Il était adulte et savait qu’il ne se resservirait pas après avoir compris le manège. Mais le problème était que cette salle était remplie de gamins insupportables qui allaient sans doute trouver ça très drôle et boire jusqu’à ne plus contrôler leurs actes. Et ça… Ça lui donnait mal au crâne d’avance. Ils étaient déjà capables de mettre un sacré bazar quand ils étaient sobres alors alcoolisés…. Il n’osait même pas imaginer. Décidément, cette fête n’était pas une bonne idée à ses yeux. Il ne comprenait d’ailleurs pas pourquoi elle avait lieu. C’était un signe de résistance peut être ? Cette idée le faisait doucement rire. Pour lui, ce n’était qu’un moyen de se donner bonne conscience. Dire que le fait de célébrer, de montrer que la vie continuait était un message envoyé… Il imaginait bien les Supérieurs se gausser en voyant cela. Mais enfin, cela ne le regardait pas. Il trouvait cela sans intérêt mais encore une fois, il ne ressentait même pas d’agacement face à ça.

“Et vous ? Je ne voudrais pas plomber votre beau moral. Vous semblez être de celles qui y croient encore.”

A quoi ? La vie peut être tout simplement. Keith faisait lui partie des fantômes. De ceux qui déambulent sans but, qui se demandent encore pourquoi et comment ils peuplent encore la terre. Gwen semblait d’une autre catégorie et il l’espérait pour elle d’ailleurs. Ce monde n’était peut être pas si horrible et il fallait bien que certains ressentent encore des choses, continuent à vivre.

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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Dim 13 Mar 2016 - 13:05

Tout de même, le décalage entre une soirée ici et une soirée selon Gwen était hallucinant. Il n'y avait pas la même fréquentation, pas la même musique, pas la même ambiance. La jeunesse huppée de Salem avait fait bien mieux ; pour la miss, cette fête ressemblait à une boom de gamins. Certes, c'était un peu le cas... mais après des années de fêtes étudiantes alcoolisées avec une armada de jeunes gens au sang plus pur les uns que les autres, elle devait avouer avoir perdu la main. Au quotidien, Gwen était déjà en constant décalage avec son entourage. Elle se tenait trop bien, parlait avec un langage châtié qui faisait rire les jeunes, avait appris à danser dans les règles de l'art. Dans une fête comme celle-là, elle aurait difficilement pu trouver sa place. Alors elle préférait jouer un rôle d'ameublement, ne pas trop se mélanger à la foule.

La rencontre avec un autre meuble lui procura un plaisir fou. Elle n'espérait pas une danse de Keith, oh non, il ne semblait pas de ce genre-là. Fils de... pêcheurs ? C'est ce qu'elle avait retenu. Ils n'avaient pas la même éducation. Mais Keith restait un homme fascinant, d'une violence emprunte d'une certaine grâce, avec une dignité dans ce qui l'éloignait du commun des mortels. Un quelque chose qui lui faisait penser à Anton. Encore et toujours Anton, eh oui, on ne se refait pas. C'était un automatisme, une pensée parmi d'autres, une pensée sans valeur réelle mais qui la rassurait. Qu'il ressemble ou non à l'homme qu'elle aimait, au fond, ça ne faisait qu'approfondir sa sympathie, rien de plus. Parfois, ces messieurs prenaient son comportement pour ce qu'il n'était pas et ça créait des tensions dans la relation... Mais Keith était de ceux qui répondaient sans jamais se faire d'idées. Elle l'aimait bien.

Elle remit donc en place le nœud papillon de l'homme, un réflexe qu'elle avait avec Anton ou Gabin, son frère cadet. C'était précisément un réflexe de femme mariée et attentive au moindre détail qui pourrait entacher une image publique. Le fardeau des grandes familles : Gwen voyait tout, la chemise sortant du pantalon, le pli de la veste, la mèche rebelle, la décadence... Si elle avait relevé tout ce qu'elle voyait qui n'allait pas, ça aurait approfondi le décalage. Sa retenue était pour le mieux, assurément. Ce soir, c'était exceptionnel, elle se permettait ce petit geste avec la personne qu'il avait sous la main, parce qu'elle savait qu'il ne lui en tiendrait pas rigueur - pas après ce à quoi ils avaient fait face ensemble. Il resta déstabilisé, évidemment, mais elle ne s'en soucia pas. Ils réagissaient tous comme ça, les pauvres ; Keith finirait bien par s'habituer.

- Je vois que vous n’avez pas perdu votre sens de l’humour. La danse n’est pas réellement mon domaine. Je laisse ça à ceux qui savent en tirer du plaisir.
- Vous ratez quelque chose. De plus, il est couramment admis qu'un gentleman propose une danse. Les manières se perdent.

Gwen aimait bien être traitée comme une princesse, pourtant elle avait dit cela sur le ton de l'humour. Princesse oui, mais lorsque la situation le lui permettait, elle aimait bousculer les codes, prendre les devants, être dans l'attaque et non l'attente. Anton, le parfait gentleman, était tombé en pâmoison devant ses manières de femme caractérielle et imprévisible, parce qu'il appréciait pouvoir se détacher des conventions sociales quand il était avec elle. De grands féministes. Keith but une gorgée de son jus de citrouille et fit une grimace. Elle pouffa avant de lui demander ce qu'il en était de sa semaine.

- La semaine est passée c’est tout ce que je retiens. Une de plus. Vers quoi, ça ne je ne sais pas. Par contre, ce jus de citrouille améliorée pourrait faire que cette fin de semaine soit moins agréable.
- Les petits saligauds. N'en buvez pas trop, on ne sait jamais, l'un d'eux a peut-être mis autre chose que de l'alcool...

Elle-même avait déjà fait le coup. Le veritaserum dans le verre de l'homme que l'on veut draguer semble une technique quelque peu radicale, mais elle avait fait son effet... Plus globalement, avec les événements récents, mieux valait toujours connaître le contenu de son verre. L'homme lui tendit alors le verre incriminé. Ce fut au tour de Gwen de l'observer avec perplexité : un homme est supposé offrir à boire, mais pas dans son propre verre. Un geste entre ignorance et indélicatesse, à moins qu'il souhaitât lui demander ce qu'elle pensait de la situation... Elle finit par surmonter la surprise pour prendre le gobelet et en sentir le contenu. Jus de citrouille, alcool. Rien de bien inédit, pas d'ingrédients surprise à première vue. Elle sourit et trempa ses lèvres dans le gobelet pour finalement en boire une bonne gorgée. Ils allaient devoir faire la police et confisquer les jus arrangés avant que les plus jeunes ne s'alcoolisent... mais eux pouvaient bien se permettre un petit écart. La chaleur commença à grimper tout doucement dans les joues de la jeune femme. Ça l'aiderait peut-être à faire passer cette soirée comme une lettre par hibou postal.

- Et vous ? Je ne voudrais pas plomber votre beau moral. Vous semblez être de celles qui y croient encore.

Elle sourit sans le regarder, plongée dans la contemplation des jeunes gens qui se pressaient sur la piste de danse. À quoi faisait-il référence, au juste ? Se demandait-il vraiment si elle croyait au sens de cette fête ? À un avenir sans violence ni injustices ? À la lutte que semblaient mener la nouvelle génération ?

- J'ai peut-être l'air d'une pauvre fille de la Haute déconnectée du vrai monde, mais je sais ce qui se passe. Cette fête n'a de sens que pour ceux qui lui en donnent. Je ne fais pas partie de ces gens-là.

Elle savait que les Supérieurs étaient là, à Salem, à Poudlard, qu'ils étaient parmi eux et qu'ils frapperaient encore et encore. Elle savait qu'un proche d'Anton était quelque part parmi la foule, caché derrière un visage innocent. Avec des décideurs comme la famille d'Anton, ils avaient un pouvoir de frappe que des adolescents s'amusant à mettre de l'alcool dans du jus de citrouille ne sauraient endiguer. Certains pourraient s'en sortir sans trop de mal, mais les autres... Était-ce dans l'ordre des choses ? Était-ce triste ? Un peu des deux, peut-être. Gwen n'avait jamais cherché à lutter contre le courant. Elle n'avait pas besoin de sauver son âme et de se donner bonne conscience. Égoïste, loin d'être irréprochable, la seule chose à laquelle elle croyait, c'était elle-même. Sa vie, ses désirs, ses projets lui donnaient déjà suffisamment de peine pour qu'elle n'aille pas se mêler d'affaires trop grandes pour elle. Bien sûr, ça lui faisait peur, mais se retrouver à nouveau en conflit avec des gens comme les frères Hall l'effrayait plus que l'avenir qu'ils réservaient à ceux qui ne résisteraient pas. Elle plaqua son alliance contre sa bouche, à la recherche de l'odeur d'Anton.

- Mais, Keith, dites-moi. Y croire ou non, qu'est-ce que ça change, au fond ? La vie continue. Avancer, c'est ça qui donne du sens à l'existence.

Gwen dispensant des leçons de vie... Elle se tourna finalement vers le bibliothécaire.

- Je n'ai pas toujours été sûre de ce que je voulais, et il m'arrive de douter, mais c'est le lot de tous.

Elle lui adressa un sourire aimable et lui rendit son verre, les joues légèrement rosies, espérant qu'il se désinhibe un peu à son tour. Puis elle se perdit à nouveau dans la contemplation de la foule, avant d'ajouter à voix basse :

- Au fond, nous ne sommes pas si différents.

Un pied dans le mauvais camp, pas très à l'aise dans ce château... La discussion était vraiment en train de prendre une tournure de confidence un peu déprimante. La miss n'était pas certaine que c'était au mieux...
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Lun 14 Mar 2016 - 14:32

Keith un gentleman ? Décidément Gwen avait un don pour surprendre. L’homme pensait sincèrement que beaucoup d’adjectifs pouvaient lui être accolé mais celui-ci, pas vraiment. Il était rustre et parfois même malpoli. Parce qu’il s’en fichait, parce qu’il ne respectait les convenances que lorsque cela avait de l’intérêt pour lui. Être aimable avec Phaedre ou avec Gwen, il le faisait parce qu’il en avait envie, parce que c’était ce que son cerveau lui dicter de faire. Mais avec d’autres il pouvait se comportement comme un être abjecte sans aucune autre raison que l’absence d’envie de faire des efforts. C’était aussi simple que ça dans son esprit. Alors non, il était persuadé de ne pas être un gentleman et même d’être à des kilomètres de ce genre de personnes. Pourtant, les propos de sa collègue l’amusèrent. Disait-elle cela parce qu’elle était déçue qu’il ne lui propose pas une danse ou juste pour le titiller sur des sujets qu’elle savait fonctionner ? Aucune idée. Il se contenta donc d’un petit sourire avant de passer autre chose. Peut être qu’avec ce jus de citrouille assuré il finirait par accepter de l’emmener sur la piste de danse mais rien n’était moins sûr. Le problème demeurait qu’il était toujours difficile de savoir comment cet homme de glace pouvait réagir. Il changeait indéniablement ces derniers temps, il acceptait la conversation et le contact de certain de ses pairs mais ne s’était pas transformé en animal sociable pour autant. Et Gwen allait devoir s’y faire. Il avait remarqué son petit air perplexe lorsqu’il lui avait tendu son propre verre mais ne chercha pas à revenir en arrière pour autant. Oui ce n’était pas très poli et il en avait conscience mais il avait plus fait cela pour qu’elle fasse ses constations elle-même sur le jus de citrouille alors non tant pis, il n’irait pas chercher un autre verre. Pas dans l’immédiat en tout cas. Bon par contre maintenant qu’elle se mettait à boire dans son verre il espérait vraiment qu’elle se trompait et que rien de plus que de l’alcool se trouvait dans ce verre. Il en avait vraiment marre que la mort s’invite à chaque fois qu’ils se retrouvaient à discuter.

Keith avait donc enchaîné en demandant à Gwen comment était sa semaine, comment elle allait. Enfin bref, en lui retournant sa question. Elle semblait absente, sourire aux lèvres, regard perdu dans la foule. Pourtant elle ne manqua pas de répondre et l’homme se demanda pendant quelques secondes s’il ne l’avait pas vexé. Il ne lui reprochait rien, il avait juste l’impression de voir encore de l’espoir dans les yeux de sa collègue. Mais il se trompa peut être… En tout cas, il ne pouvait pas nier qu’il était tout à fait d’accord concernant son analyse sur la petite fête.

“J’espère que votre lucidité ne vous prive pas de tout espoir.”

C’était assez ironique que Keith prononce ces mots. Lui qui ne croyait plus en rien, qui n’avait pour seul moteur que l’idée de vengeance et la haine… Oui c’était clairement ironique de le voir maintenant parler d’espoir. Mais ce n’était pas parce qu’il savait que sa vie n’avait plus de sens qu’il voulait qu’il en soit de même pour tout le monde. Ou plutôt qu’il ne soit pas capable de faire des exceptions. Il la regarda, légèrement intrigué porter cette alliance à ses lèvres. Quel secret cachait-elle ? Il n’irait pas fouiller mais oui il y avait quelque chose de fort dans ce mystère qui entourait la belle jeune femme, il ne pouvait pas le nier. Il fut cependant sorti de sa contemplation par les paroles de Gwen qui lui arrachèrent un rire sec. Avancer ?

“Cela fait bien longtemps que je ne sais plus comment on fait…”

Pour avancer. Oui il ne savait pas. Il ne savait plus et ne cherchait pas à savoir. Son regard croisa alors celui de Gwen qui s’était de nouveau tourné vers lui. Elle aussi doutait ? Il ne pouvait pas remettre cela en cause. Mais le souci était que lui, ce n’était pas qu’il doutait. Il était juste résigné, il pensait tout simplement qu’il n’avait nulle part où aller. C’était ainsi. Cela ne le rendait pas malheureux, en colère… Non, il était fataliste, il acceptait son destin. Il attrapa alors le verre que sa collègue lui rendait et le termina d’une gorgée. Finalement, cela ne le dérangeait pas tant que ça qu’il y ait de l’alcool dans les verres. Du moins pour l’instant présent. Il remarqua d’ailleurs que les joues de la jeune femme avait été légèrement colorée par l’alcool. Allait-elle oser sortir de son rôle de jeune fille distinguée et laisser plus de liberté à ses propos ? C’était une question qui l’intrugiat beaucoup. Mais autre chose vint piquer sa curiosité. Des mots. De simples mots. Eux, pas si différents ? Cette fois Keith fronça les sourcils. Que voulait-elle dire ? Il l’invita alors à s’approcher de lui et se mit à marcher près d’elle pour aller chercher à boire mais aussi pour pouvoir parler sans qu’on en les écoute.

“Je dois avouer que je suis très surpris de vous entendre dire une telle chose. En quoi nous ressemblons-nous selon vous ?”

Il n’y avait pas d’agressivité dans la voix du bibliothécaire. Certes, il y avait toujours cette distance qu’ils installait systématiquement et ce manque de douceur dans sa voix mais il se posait vraiment la question. Il ne prenait pas Gwen pour une idiote et se doutait qu’elle ne disait pas cela que pour provoquer un petit effet. Non, il devait y avoir bien des choses derrière. Et pour une fois, il n’était pas complètement indifférent. Quelque chose suscitait en lui de l’intérêt. Il attrapa alors deux verres sur le buffet et les ensorcela pour qu’ils puisse contenir bien plus qu’en apparence et les servit. Il n’avait pas envie de faire des aller-retours. Il tendit alors un verre à Gwen et prit l’autre avant de se remettre en marche pour quitter cette zone d’attroupement. Bien trop de montre au mètre carré à son goût.

“Vous semblez avoir encore la force de la vie. Vous semblez encore positive et non pas comme peuvent l’être certains de ces imbéciles de gosses. Alors je me demande bien ce qui peut vous rapprocher d’un être comme moi.”

Pas d’une personne mais d’un être. Keith n’avait aucun respect pour ce qu’il était devenu. Il était certain que Loreena en aurait honte. Alors il n’avait aucun mal à parler de lui-même avec autant de violence. Mais ce n’était pas important. Parce qu’il n’avait pas calculé ces mots dans ce sens là. Il était surtout très intrigué par ce que Gwen pouvait dissimuler. Il bu alors une gorgée et laissa son regard se plonger dans celui de sa collègue. Comme s’il pouvait y trouver des réponses.

“Ne laissez jamais la haine vous dévorer.”

Keith avait dit cela à voix basse, le regard toujours dans celui de Gwen. Non, elle ne devait pas gâcher son existence ainsi.
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Dim 10 Avr 2016 - 21:38

Elle avait de l'espoir de convertir le bibliothécaire pour qu'il s'approche d'un gentleman distingué, mais comme on dit, l'espoir fait vivre et cela l'amusait. Il n'était pas une cause perdue. L'amour des livres constitue une base solide pour devenir quelqu'un de bien, donc il était toujours possible de faire quelque chose d'un bibliothécaire. Logique implacable. Il fallait voir cela comme un jeu, une immense pièce de théâtre ; Gwen était l'actrice du film de sa vie, un film niais, parfois un peu violent, souvent ennuyeux et agaçant, le genre qu'on regarde pour la sieste ou une fois bien pompette, juste pour se moquer. Mais le changement serait progressif. Déjà, il la laissait lui triturer le nœud papillon, c'était énorme. À présent, elle était prête à jouer selon ses règles, à se laisser aller. Elle prit donc son verre et goûta le breuvage amélioré. Elle buvait peu ces derniers temps, si bien que le peu d'alcool que contenait le jus de citrouille monta à la vitesse d'un Nimbus de pointe dans ses joues.

- J’espère que votre lucidité ne vous prive pas de tout espoir.
- Savoir, c'est se permettre d'aller au-delà des obstacles...

Philosophie de comptoir, bonsoir. L'allégorie de la caverne de Platon aurait eu sa place dans cette conversation mais ils étaient déjà suffisamment métaphysiques. Nul besoin d'en rajouter. L'introspection n'avait pas besoin de grands mots pour commencer son processus de déconstruction mentale. Rire sec de la part de l'homme.

- Cela fait bien longtemps que je ne sais plus comment on fait…
- Un pied devant l'autre, répondit-elle avec un sourire en coin. Un pied devant l'autre, sans s'arrêter, c'est comme ça que tout le monde fait, c'est aussi simple que cela. Ensuite, libre à vous de suivre un chemin tracé par quelqu'un d'autre, ou de sortir des sentiers battus.

Et oui, elle-même doutait mais elle continuait de mettre un pied devant l'autre en suivant le chemin tracé par sa situation sociale et ses passions. Elle n'avait pas choisi d'être Maître de potion, ce travail s'était imposé à elle parce qu'elle avait développé son amour de la discipline et que sa famille avait trouvé que le poste qui s'était libéré à Salem était une opportunité à ne pas manquer ; ou plutôt que c'était un travail acceptable pour une femme de son rang, soyons réalistes. Ce n'était pas un chemin qu'elle s'était tracé seule mais elle avançait. Elle rendit son verre à Keith, qui le termina d'un trait. Ils étaient sur la même longueur d'onde : pas question de laisser l'alcool aux jeunes, mais eux pouvaient bien se permettre un petit écart pour rendre cette boom d'adolescents plus supportable. Évidemment, la miss gardait un parfait contrôle de sa langue, même avec 2 grammes dans le sang, donc elle n'avait pas peur de boire un peu. Quant au corps, c'était une autre histoire. Disons simplement qu'une Gwen torchée est capable de rester collée pendant trois heures à un parfait inconnu pourvu qu'elle le trouve sympathique – heureusement que le bibliothécaire n'en savait rien.

- Je dois avouer que je suis très surpris de vous entendre dire une telle chose. En quoi nous ressemblons-nous selon vous ?

On reprend : une Gwen avec 2 grammes dans le sang peut contrôler sa langue aussi bien qu'une Gwen sobre, c'est-à-dire pas toujours très efficacement. Elle le suivit lorsqu'il l'invita à marcher vers la buvette, en se demandant bien comment elle était sensée rattraper ça. Dire à Keith qu'elle côtoyait un Supérieur était inenvisageable, aussi sympathique puisse-t-il être. Elle prit le bras de l'homme pour s'occuper les mains, toujours selon l'étiquette, et sourit.

- La même vision des choses, peut-être. Malgré un vécu tout à fait différent, nous partageons certains points de vue que tout le monde n'est pas capable d'entendre. Comme le fait que cette petite fête n'aie pas beaucoup de sens...

Elle estima s'être bien rattrapée, aussi se tut-elle pour se laisser servir un verre à contenance augmentée. Avant de repartir avec Keith, elle lança un sortilège de vidage au saladier de jus alcoolisé. Un récipient que les elfes n'auraient pas à nettoyer ce soir – et certainement quelques vomis en moins parmi la foule de chenapans se pressant autour du buffet. Elle crut entendre des soupirs déçus en repartant et en retira une certaine satisfaction tout à fait mal placée.

- Vous semblez avoir encore la force de la vie. Vous semblez encore positive et non pas comme peuvent l’être certains de ces imbéciles de gosses. Alors je me demande bien ce qui peut vous rapprocher d’un être comme moi.
- Vous parlez comme un vieillard déclinant. Allez, Keith, nous avons encore du temps devant nous. Santé.

Elle leva son verre pour trinquer, puis but quelques gorgées. La miss avait une certaine descente lorsqu'elle s'y mettait. Puis ils se fixèrent un instant, yeux dans les yeux. Elle sentait la chaleur monter, ses joues s'empourprèrent. Il essayait de lire en elle et cela la troublait pour elle ne savait quelle raison obscure.

- Ne laissez jamais la haine vous dévorer.

Elle sourit avec une douceur inattendue. Si Anton ne se laissait pas dévorer par sa croisade, c'était grâce – ou à cause – d'elle. La haine, elle connaissait pour l'avoir vue dans les yeux des autres... mais elle ne pouvait concevoir qu'on puisse se définir par un sentiment aussi violent. C'était tellement dommage...

- Je vous retourne le conseil, Keith McEwen. Croyez-moi ou non, mais vous n'êtes pas qu'un être dévoré par la haine. Vous pourriez être autre chose si vous vous l'autorisiez.

Elle avait répondu à voix basse elle aussi, susurrant presque ses mots. Elle ne niait pas la violence qu'il avait en lui, mais si elle avait dû le décrire, elle n'aurait pas commencé par ce point-là...

- Je ne vous considérerais pas comme un ami si tel était le cas, ajouta-t-elle pour toute justification.

On en revenait au point de départ : Keith était parfaitement récupérable. Gwen le percevait plus comme un homme de lettres cassé par ses idéaux que comme une boule de haine enfermée dans un cercle vicieux. L'air de ressemblance avec Anton n'était pas pour aider mais c'était au profit de Keith donc il n'avait aucune raison de s'en plaindre.

- Je ferai attention à mon âme, ne vous inquiétez pas. Quant à vous... ne vous fermez pas aux possibilités qui s'offrent à vous. Ne vous fermez pas aux gens. Je vous promets qu'il y a dans cette mélasse des personnes qui valent la peine d'être rencontrées. Vivre, c'est aussi s'ouvrir aux autres. Si vous faites cela, alors je suivrai votre conseil.

Tout cela, sans cesser de faire rouler ses alliances entre ses doigts.
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Lun 11 Avr 2016 - 15:13

Il se dégageait quelque chose de cette femme que Keith pensait ne plus jamais rencontrer. Ou plutôt, il se disait que jamais un tel comportement, une telle façon de pensée ne pourrait lui faire ressentir autre chose que du dégoût ou au moins de l’aversion. Et pourtant, cet optimisme qu’elle semblait afficher, cet espoir ne le dégoûtaient pas. Ils lui donnaient presque envie d’y croire. Gwen savait expliquer ses choix sans qu’elle ne passe pour une enfant naïve incapable de voir le monde tel qu’il était. Savoir pour mieux affronter les obstacles ? C’était assez logique, ça se défendait même assez facilement. Keith ne partageait pas ce point de vue puisque savoir l’avait rendu complètement fou mais soit, il pouvait accepter et comprendre la façon de voir les choses. Mais ce furent surtout les mots qui suivirent qui le perturbèrent. C’était comme si elle croyait en son avenir. Faire un pas puis l’autre ? Le bibliothécaire afficha un sourire amer mais ne dit rien. Il ne pensait pas que c’était pour lui. Peut être que le reste du monde arrivait à fonctionner ainsi mais lui… Il ne s’agissait même pas de suivre un chemin. A ses yeux, son chemin était sombre et surtout court. Il était persuadé qu’il se retrouverait bientôt devant un immense vide, sans autre choix que de plonger dedans. Et il l’acceptait parfaitement. Parce que c’était sa destinée. Maintenant que Loreena était partie, maintenant que seule la vengeance parvenait encore à le lever le matin. Et encore… Il sentait bien qu’il commençait à fatiguer et que bientôt la haine ne suffirait plus.

Gwen et Keith se dirigèrent finalement vers les tables pour se réalimenter et l’homme manqua de s’arrêta net dans sa progression lorsqu’elle lui attrapa le bras. Il continua pourtant sa route comme si de rien n’était. Depuis combien de temps ne l’avait-on pas touché ? C’était idiot mais ce contact l’avait perturbé, comme lorsqu’elle avait replacé son nœud papillon. Il n’avait pourtant pas l’intention de montrer son trouble et s’était donc concentré sur son objectif. La jeune femme elle semblait être parfaitement dans son élément, continuant à parler de leurs points communs avec une simplicité déconcertante. Au final, ce nouveau verre fut d’un certain réconfort pour Keith. Il s’amusa ensuite de voir sa collègue vider le saladier mais surtout des visages dépités qui se montrèrent après ça. Ces sales gosses étaient vraiment crétins mais soit. Au moins, il pouvait se rassurer, il ne serait pas obligé de se lever dans la nuit pour éponger le vomi de ces imbéciles… Les deux adultes parvinrent finalement à s’arrêter un peu à l’écart de l’agitation. Keith repartit alors sur le sujet précédent, comme si l’idée que Gwen puisse penser lui ressembler le rendait malade. Elle par contre, conserva son entrain et il fut légèrement outré dans un premier temps quand elle le compara à un vieillard déclinant. Puis, finalement, il leva son verre et trinqua avec elle.

« Le vieillard tient encore l’alcool, c’est déjà ça. »

Était-ce une pointe d’humour que Keith venait de faire ? En tout cas, ça y ressemblait beaucoup. Il prit une nouvelle gorgée de ce jus arrangé qui décidément répondait en cet instant clairement à ses attentes puis redevint sérieux. Ses yeux rencontrèrent ceux de Gwen et il vit la couleur sur ses joues sans pour autant vraiment s’y attarder. Les mots qu’il prononçait, il les pensait sincèrement. Elle ne devait pas disparaître comme lui était en train de le faire, peu à peu, jour après jour. Cependant, il ne s’était pas attendu à une telle réaction de la part de Gwen. Enfin si, les premiers mots peut être. Cette façon qu’elle eut de nier ce qu’il disait de lui-même, il aurait pu le soupçonner, cela correspondait à sa désinvolture. Pourtant, elle avait employé un ton qui le déstabilisait. Comme si elle croyait réellement qu’un autre avenir que ce gouffre sombre l’attendait. Il voulu répliquer, lui faire comprendre qu’elle devait cesser de se leurrer sur sa personne mais fut stoppé dans son élan. Le plus naturellement du monde, à voix basse, voilà qu’elle lui déclarait qu’elle le considérait comme son ami.

« Je dois vous dire que vous choisissez fort mal votre entourage alors. »

Les mots étaient sortis mais sans grande conviction de la part de Keith. Non pas que soudainement il s’était surpris à avoir une haute estime de sa personne mais simplement qu’il n’avait parlé que par mécanisme d’auto-défense. Répondant à ces mots qui le troublaient pas les premiers qui lui venaient pour ne pas se sentir démuni face à elle. Amis ? L’étaient-ils réellement ? Elle lui avait sauvé la vie par deux fois et oui, il devait être honnête, il était venu chercher sa compagnie ce soir là parce qu’il la trouvait somme toute agréable. Mais pouvaient-ils parler d’amitié ? Était-il encore capable d’un sentiment aussi bon ? Gwen en tout cas ne semblait pas en douter une seule seconde. Voilà qu’elle lui faisait presque du chantage, l’exhortant à vivre et à s’ouvrir aux autres. Pourquoi ? Pourquoi y attachait-elle tant d’importance ?

« J’ai parlé à une ancienne camarade d’école il y a peu. Melle Hunt. Et nous allons sans doute prendre le thé ensemble sous peu. »

Et… ? Keith cherchait-il à contredire Gwen ? Pourquoi lui dire ça de cette façon ? Le bibliothécaire prit alors une nouvelle et longue gorgée d’alcool. Cette conversation le troublait sans qu’il ne comprenne comment ni pourquoi. Il aurait envoyé n’importe qui d’autre se faire voir. Personne n’avait à lui dire quoi faire ou ce qu’il était censé être. Pourtant, Gwen ne s’attirait que rarement ses foutres malgré tout ce qu’elle pouvait se permettre. Keith la regarda jouer avec ses alliances puis prit une nouvelle gorgée. Il tenait l’alcool certes mais il sentait bien qu’il avait de l’effet sur lui. Et s’il lui arrivait de boire seul dans l’intimité de sa chambre, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas laissé agir cet agent désinhibiteur en face de quelqu’un.

« J’étais marié. »

Pourquoi ? Pourquoi une telle confidence soudainement ? Keith n’était pas du genre à parler de lui, à parler de sa vie. Et pourtant, face à cette personne qui semblait tant croire en lui, qui semblait voir autre chose en lui… Loreena était pareille. Elle avait toujours su lui montrer les bons côtés de son âme même lorsqu’il ne croyait pas lui-même. Mais là c’était Gwen en face de lui alors pourquoi faire ça ? Aucune idée, une impulsion. Mais ça méritait bien une nouvelle gorgée… Il avait beau avoir rempli les verres autant que possible, ils ne tiendraient pas longtemps à ce rythme.
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Ven 29 Avr 2016 - 16:56

Syndrome de l'infirmière, incapacité à laisser un ami dans pareil état de solitude... parce que Keith était un homme très seul, sans aucune envie pour l'avenir, pas de projets, rien pour le retenir à ce monde excepté sa haine de la cause des Supérieurs. Prêt à mourir dans sa lutte, pourvu qu'il en emmène un maximum avec lui. C'était triste, et c'était vain. Il lui fallait une lumière, une raison supérieure, quelque chose de beau dans sa vie pour lui redonner l'étincelle, faute de pouvoir le ramener totalement dans le clan de ceux qui espéraient. La haine s'érode, s'émousse, devenant une sorte de relent amer au fil du temps. Ce n'est pas un sentiment viable sur le long terme. Gwen ne voulait pas voir s'éroder quelqu'un qu'elle commençait à apprécier sérieusement. Les amis qu'elle considérait comme tels étaient peu nombreux et vu son besoin d'être entourée, elle avait tout intérêt à les aider dans les mauvais moments...

Et puis c'était drôle. Elle allait bien finir par le dérider, le faire rire franchement à une de ses blagues à la mord-moi le nœud. Elle nota son étonnement lorsqu'elle le prit par le bras mais ne s'en formalisa pas une seconde. S'il la laissait faire, c'est que ça ne le dérangeait pas tant que ça. Il était tout au plus surpris par son comportement mais pas sérieusement incommodé. Puis ils se servirent à boire, agacèrent les petits jeunes, passèrent à autre chose. Petite blague sur la façon dont il parlait, qui tenait sérieusement du discours du vieil homme préparant son testament avant d'aller mourir au fond de son lit, délaissé et détesté par le monde entier. Il n'avait que la trentaine et ces paroles ne lui seyaient pas. Avec son visage et l'aura ténébreuse qui s'échappait de sa personne, il avait le potentiel pour trouver une femme et finir sa vie à s'engueuler avec elle à propos du rangement de la bibliothèque de la maison – alphabétique, par collection ou par couleur du dos ?

- Le vieillard tient encore l’alcool, c’est déjà ça.
- Tout n'est pas perdu !

Santé, camarade. Ils trinquèrent et burent de larges rasades. Si Logan ou un autre membre du corps enseignant leur tombait dessus, ils étaient cuits, mais au vu de la tranquillité de la soirée, ce n'était pas leur priorité de s'inquiéter pour ça. Eh puis, parler aussi sérieusement méritait bien un petit remontant. Gwen commençait à avoir chaud et à se sentir bien, exactement l'état visé. Elle avait envie de sourire et de raconter des blagues mais conservait sa bonne tenue habituelle. Pas un mot plus haut que l'autre, self-control total. Échange de regard troublant mais s'ils avaient tous les deux été percutés par cet échange, ils n'en dirent rien et ne montrèrent pas un instant leur gêne.

- Je dois vous dire que vous choisissez fort mal votre entourage alors.
- Vous n'êtes pas le premier et certainement pas le dernier à me le dire. Mais j'assume complètement mes choix de fréquentation, et je ne reviendrai pas sur mes paroles, soyez-en assuré.

Dit-elle en fermant sa main autour de ses alliances. « Votre relation avec Anton dépasse les limites. La famille Hall ne veut pas de votre sang impur dans sa lignée. » « Ma chérie, tu ne peux pas côtoyer quelqu'un comme ça. Ce jeune homme va te blesser si tu continues de le voir. » « Gwen, espèce d'idiote, ta relation avec lui va droit dans le mur, vos familles ne se mélangeront jamais... » Cinq ans d'une relation passionnée qui ne leur apportait que du bon, était-ce une erreur ? Une mauvaise fréquentation, une amourette d'adolescents rejouant un drame de Shakespeare ? Non. Tout le monde leur avait prédit un avenir avorté, un amour douloureux, mais il n'en était rien. Gwen était beaucoup trop sûre d'elle. Jamais elle ne remettait en cause la décision de considérer quelqu'un comme une bonne personne, car ce jugement n'était jamais émis sans fondements solides. Elle avait sa propre notion du bien, évidemment, mais c'était un point de vue immuable et elle restait en accord avec ses principes. À moins que Keith tue Anton, ce qui avait statistiquement peu de chances d'arriver un jour, elle ne reviendrait pas sur ses paroles. Quand on a frôlé la mort et vu des horreurs avec une personne, et que l'on est encore capable de voir l'autre pour ce qu'il est, et non pour ce qu'il rappelle, elle appelait ça de l'amitié, point.

- J’ai parlé à une ancienne camarade d’école il y a peu. Melle Hunt. Et nous allons sans doute prendre le thé ensemble sous peu.

Elle attendit une suite, qui n'arriva pas. Avec un sourire, elle but une longue gorgée de jus de citrouille arrangé, tentée de se moquer gentiment. Mais pour un homme comme Keith, prendre un thé avec Melle Hunt devait être une épreuve de force, ancienne camarade ou non, aussi se décida-t-elle de se retenir.

- C'est bien. Vous voyez que vous pouvez.

Encouragement succinct, mais il suffit généralement de peu de mots pour transmettre une idée efficacement et l'imprégner dans l'esprit de quelqu'un. Il faisait des efforts et c'était louable, elle en était sincèrement contente. Bravo bonhomme. Alors qu'elle était à nouveau en train de faire rouler ses alliances entre ses doigts et qu'il l'observait faire, il reprit la parole.

- J’étais marié.

Temps d'arrêt, surprise à peine dissimulée devant cet aveu impromptu. Gwen laissa flotter ces dernières paroles en buvant une gorgée. S'ils s'enfilaient du jus de citrouille à chaque confidence, et à hauteur de l'importance des confidences en question, ils risquaient de finir la nuit torchés dans un placard – en tout bien tout honneur. Elle ne s'était pas attendue à cela. L'ancien Supérieur avait donc été marié ? Cela avait-il à voir avec sa vision du monde désabusée ? Elle lui lança un regard en biais pour guetter ses réactions, vérifier qu'il n'allait pas s'effondrer ou s'énerver brusquement de ne pas avoir tenu sa langue. Avec lui, pas moyen de connaître ses réactions face à une action aussi inédite.

- Comment s'appelle-t-elle ?

Le non-usage du passé pouvait passer pour de la maladresse, mais il était délibéré. Un nom ne disparaît pas, même après une rupture, même après un décès... Et Keith semblait l'avoir encore avec lui, cette femme qu'il avait aimée. S'il n'avait pas encore été accompagné de son fantôme, il n'aurait pas bu une nouvelle gorgée avec le regard ainsi perdu dans le vague.

- Vous voudriez me parler d'elle ?

Elle ne voulait pas sembler trop intéressée mais cette femme l'intriguait réellement. C'était un pan entier de la vie de l'homme qu'il n'avait jamais dévoilé devant elle ; forcément, elle crevait d'envie d'en savoir plus. Mais jamais elle ne le forcerait : il s'était déjà beaucoup ouvert par rapport à d'habitude. Pour ne pas laisser la gêne s'installer, ni sembler trop pressante, elle reprit sa contemplation des silhouettes se mouvant dans la salle et eut un petit sourire en coin.

- Vous savez, je suis fiancée. Je sais ce que c'est que d'avoir besoin de s'appuyer sur quelqu'un pour avancer.

D'avoir besoin d'un autre être pour donner un sens à notre existence. Elle n'existait pas uniquement à travers Anton, mais sans lui, elle ne serait pas aussi épanouie dans sa vie. Les raisons de cette immense solitude en Keith devenaient soudain évidentes. Et son amitié pour l'homme aussi : ils partageaient une solitude toute caractéristique...
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Lun 2 Mai 2016 - 14:17

Elle était désinvolte et assuré, ses mots sonnaient aux oreilles de Keith comme des petites révoltes contre un système qu’elle connaissait pourtant sur le bout de doigt et qu’elle semblait amplement maîtriser. Mais c’était comme si, même en appliquant les codes, elle avait choisi d’en ignorer certains. Comme ceux lui imposant de veiller à ses fréquentations. Le bibliothécaire se doutait bien que sa phrase faisait référence à quelque chose d’autre, de plus fort, surtout lorsqu’il la vit resserrer ses doigts autour de ses alliances. Mais il n’ajouta aucun commentaire, se contentant de la regarder légèrement amusé. Il était du genre à aimer les règles et l’ordre établi et pourtant, dans la bouche de Gwen, la transgression semblait avoir un tout autre visage. De toute façon, il devait s’y faire, avec elle tout était différent. Avec elle, il acceptait de discuter, de boire de l’alcool au milieu des étudiants et de ne plus faire attention à ces derniers. De ne les voir que comme des petits êtres gravitant dans le même espace que lui mais sans que cela est le moindre impact. Au final, ce n’était pas plus mal. Et puis, plus les minutes passaient et plus l’alcool l’aidait à vivre dans un autre espace temps. Cela se vit très certainement lorsqu’il commença à parler de son thé prévu avec Melle Hunt comme d’une sorte de grand pas en avant, de justification. Heureusement, la réaction de Gwen fut sobre et mesurée. Sinon, il aurait sans doute pris la mouche et se serait renfermé comme une huitre. Mais non. Elle ne se moquait pas de son incapacité sociale, de son côté taciturne et grognon. Elle le voyait, savait en rire mais savait aussi le passer sous silence quand elle sentait que ce n’était pas une bonne idée. Et inconsciemment, Keith appréciait cela. Il n’en pouvait plus des réflexions sur sa façon d’être.

En sa compagnie, le bibliothécaire se tendait et se laisser aller à une certaine simplicité dans l’échange qu’il pensait avoir oublié depuis bien longtemps. Cela l’avait poussé à lâcher une phrase qu’il n’aurait jamais pensé prononcer. Parce qu’il n’aimait pas raconter sa vie, parler de lui. Mais aussi parce que dire tout ça à voix haute donnait une dimension complètement différente à l’ensemble. Keith sentit le regard hésitant de Gwen sur lui mais il ne dit rien, se contentant de boire pour oublier. Oublier ce qu’il venait de dire mais oublier l’horrible vérité qui se dissimulait derrière ces paroles. Sa collègue elle lui posa tout d’abord une question à laquelle il répondit machinalement.

« Loreena. »

Il eut l’impression de sentir de nouveau un poignard s’enfoncer dans sa chair. Prononcer ce prénom face à quelqu’un c’était rouvrir toutes les blessures. C’était voir la vérité en face. Se confronter à tout ce qu’il avait fait depuis des années. A sa haine envers les moldus, à ses envies de meurtres, aux tortures qu’il avait fait subir, aux cris de ces gamins, au corps sans vie de sa femme et à sa vengeance qui semblait patiner. Prononcer ce nom à voix haute c’était aussi se rappeler la douceur de cette femme qui devait avoir honte, peur de voir l’homme qu’elle avait aimé se transformer en bête. Est-ce qu’il voulait parler d’elle ? Il n’en était pas certain. Évoquer son nom lui donnait l’impression de se vider de son sang une seconde fois alors parler d’elle. Il ne pourrait que tâcher sa mémoire, noircir cet ange qu’elle avait été. Qu’elle serait toujours. Keith bu donc une nouvelle gorgée, restant silencieux, cherchant à faire taire les voix qui venaient soudainement de se réveiller en lui. Gwen reprit la parole, avec douceur. Avoir besoin de quelqu’un pour avancer… Un rictus déforma les lèvres de Keith. Il n’avait pas besoin d’elle pour avancer. Il avait besoin d’elle pour exister. Pour rester humain.

« Elle est morte. »

Aucune douceur, aucune pudeur dans ces mots. Ils furent lâchés de manière abrupte, presque violente. Pourtant le ton n’était pas agressif. C’était juste un constat, froid, violent. Ces mots lui avaient arraché la gorge et Keith bu une longue gorgée. Il avait presque fini son verre. Il avait bu un peu vite et sentait que les effets de l’alcool étaient en train d’arriver à une vitesse folle. Il porta alors son regard sur Gwen. Dans celui de Gwen. Ses yeux brillaient peut être un peu, il n’en avait pas conscience. Et de toute façon, ça n’avait pas la moindre importance. Il était perdu dans ce nouvel espace et seuls Gwen et lui existaient pour le moment. Eux et ce fantôme qui se tenait à ses côtés.

« J’ai perdu toute mon humanité avec elle. Je dois la venger. Et après ça, j’irai la rejoindre, si tant est qu’une place à ses côtés me soit accordée. »

Keith était prêt à mourir. Une fois qu’il aurait eu sa vengeance, une fois qu’il aurait fait couler le sang de ces gens… Si sa haine était différente, s’il sentait la lassitude prendre peu à peu possession de lui, il était certain qu’il n’avait pas retrouvé de véritable goût à la vie. Parfois, en compagnie de Phaedre ou de Gwen il oubliait ces pensées sombres. Mais ça le rattrapait, toujours. Surtout lorsqu’il avait bu. Il se rapprocha alors de sa collègue, ne laissant que très peu d’espace entre eux. Son regard toujours dans le sien. Il devait avoir l’air fou, perdu et blessé. Quelle importance ? Seule elle pouvait le voir. Et maintenant elle savait, alors à quoi bon se cacher.

« Elle vous ressemblait sur certains points. Elle croyait en certaines causes perdues. Elle croyait en moi. »

Keith était persuadé qu’elle seule avait fait l’homme qu’il avait été pendant des années. L’homme réservé mais tendre, peut être un peu froid d’apparence mais chaleureux avec ceux qui savaient gagner sa confiance. Cet homme n’était plu depuis longtemps. Le bibliothécaire se perdit dans le regard de Gwen pendant quelques instants puis, recula aussi soudainement qu’il s’était rapproché. D’une longue gorgée il termina son verre. Il n’avait plus les idées claires et il valait mieux qu’il n’ait aucune responsabilité ce soir.

« Je crois que je n’ai plus rien à faire ici… »

Il parlait de la soirée. Il n’y avait plus d’alcool et de toute façon, lui commençait à être déjà bien imbibé. Et peu à peu, il reprenait conscience des bruits alentours et ça l’agaçait. Il fallait qu’il retrouve le calme de sa chambre.
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Dim 17 Juil 2016 - 21:18

Loreena. Réponse machinale, venue d'ailleurs, sortie directement du passé sûrement. Gwen ne se départit pas de son calme, et pourtant elle savait que quelque chose se jouait à cet instant précis dans l'esprit de son collègue. Elle avait ouvert sa boîte de Pandore et ce n'était que maintenant qu'elle se rendait compte que ça pouvait mal finir si elle perdait le contrôle de la discussion. Elle devait contenir, retenir, protéger Keith de ses propres pensées avant qu'il ne se fasse submerger par une vague de colère, de violence ou de tristesse qui risquaient, dans tous les cas, de faire du mal autour de lui. Poser la question, en demander plus mais permettre l'échappatoire, permettre le silence... continuer sur sa lancée et parler de soi pour que cela devienne un échange et non plus une ouverture à sens unique.

- Elle est morte.
- Mes condoléances.

Réflexe oral, réponse préfabriquée, habituelle dans ce genre de situation. Aussi machinal que la manière dont Keith venait de lui annoncer ça. L'homme ne revint pas sur ses paroles, ni pour les afûter, ni pour les adoucir, et Gwen non plus. Ceci expliquait cela. Keith but une longue gorgée tandis que la miss écartait son propre verre de ses lèvres. Elle n'avait pas l'alcool mauvais, heureusement, mais ce n'était plus le moment de boire, la discussion n'allait pas dans le sens sympathique et amical qu'elle aurait espéré. Être une confidente pour son collègue n'était pas un problème en soi mais... Non, ce n'était simplement plus le moment de boire. Lorsqu'il se tourna vers elle, elle vit son regard brillant, son regard qui ne la regardait pas vraiment et en même temps, qui semblait vouloir s'accrocher à quelque chose du réel, quelque chose du présent. Il était en train de se faire avaler par le passé.

- J’ai perdu toute mon humanité avec elle. Je dois la venger. Et après ça, j’irai la rejoindre, si tant est qu’une place à ses côtés me soit accordée.
- Courir ainsi après la mort n'est peut-être pas la meilleure solution si vous voulez la retrouver...

Voir la vengeance comme un devoir et la mort comme une solution... Gwen se demanda l'espace d'un instant si Anton réagirait de la même manière si elle venait à mourir. Dans un même temps, il mettait tant de soin à la protéger à distance qu'elle ne savait pas si la question était réellement pertinente. Mais la vengeance en elle-même n'était pas un problème, d'après elle, d'autant plus si c'était l'unique moteur de Keith. De là à se mettre en danger de mort ? Comment se venge-t-on d'une telle perte une fois six pieds sous terre ? Autant aller jusqu'au bout des choses et vivre le plus longtemps possible pour faire de cette perte une force pour changer les choses... Elle ne se demanda pas vraiment contre qui il souhaitait se venger. La réponse viendrait plus tard, quand elle aurait fait la corrélation entre sa haine des Supérieurs et ce qu'il venait de lui dire...

- Elle vous ressemblait sur certains points. Elle croyait en certaines causes perdues. Elle croyait en moi.

Gwen n'était donc pas la seule à voir en lui un visage familier. Elle voyait en Keith un semblant d'Anton, et Keith voyait en elle un quelque chose de Loreena. Étrange amitié basée sur des manques, que quelques hystériques pourraient qualifier de malsaine, mais se faisaient-ils vraiment du mal ?

- Elle avait peut-être tout simplement raison, finit-elle par dire en soutenant intensément son regard perdu.

Elle avait une étincelle de désinvolture. Elle croyait que cette femme qui n'était plus avait eu raison de croire en Keith, et elle en avait certainement tiré beaucoup de bonheur. Et lui, lui l'avait sûrement aimée comme un fou. Tout s'explique, tout se pardonne lorsque deux êtres s'aiment autant. Keith recula vivement et termina son verre d'un trait.

- Je crois que je n’ai plus rien à faire ici…
- Sortons prendre l'air, voulez-vous.

Ce n'était pas une proposition. Gwen le prit par le bras, avec délicatesse et fermeté, et ôta son verre de ses mains. Elle jeta leurs deux gobelets dans une poubelle en sortant. Il leur fallait de l'air et elle n'avait plus envie de profiter de la fête en sachant Keith imbibé et malheureux. Elle l'avait déjà trainé dans ces mêmes couloirs alors qu'il était blessé et à peine conscient donc elle n'eut pas grand mal à le mener jusque dans les escaliers. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de son bureau, elle sortit sa clef de sous sa robe et l'ouvrit, avant de faire entrer Keith et de l'asseoir avec autorité sur un pouf. Elle referma derrière elle et lui adressa un sourire, avant d'aller ouvrir son armoire à potions. Des dizaines de fioles, des ingrédients, un sacré fouilli comme d'habitude. Elle lança un sortilège d'accio informulé et une fiole sauta dans sa main sans ébranler ses voisines. Elle attrapa un verre qu'elle remplit avec l'eau d'une carafe, mit quelques gouttes de sa potion qui se diluèrent dans l'eau et tendit le verre à Keith.

- Buvez ça, ça vous fera du bien.

Elle-même n'attendit pas et fit tomber deux gouttes sur sa langue avant de faire une petite grimace. Elle devait vraiment faire quelque chose pour appliquer un goût fraise ou menthe à cette potion. Le but était d'éclaircir l'esprit après avoir bu, d'apaiser et de réduire la gueule de bois, pas de faire dégobiller les litres d'alcool ingérés en même temps que les derniers repas. La fêtarde avait ses astuces pour survivre aux soirées. Elle referma la fiole et soupira en regardant le plafond l'espace de quelques secondes, ses longs cheveux dégoulinant dans son dos, le temps que le remède fasse son effet.

- Keith, vous êtes humain. Vous êtes ici, vivant. Je ne m'avancerai pas à parler à sa place, mais vous avec encore une chance de vous retrouver, de, comment l'exprimer... de vous rebâtir une base solide pour avancer. Vous pouvez vous laisser ronger par la haine, ou vous pouvez essayer de vivre. Pour vous venger, certes, mais aussi pour exister au-delà de cette haine, pour laisser à d'autres personnes l'occasion de voir en vous l'homme qu'elle a aimé et qui en valait la peine, j'en suis persuadée.

Son regard pénétrant était retombé sur Keith et elle mit quelques secondes avant de rompre le contact visuel. Elle n'était pas psychologue dans l'âme, mais elle pensait savoir suffisamment manier les mots pour mettre une petite claque à l'homme. Juste assez pour qu'il se réveille et prenne conscience de ce qu'il était – et de ce qu'il n'était pas. Elle s'approcha de lui, s'accroupit pour être à sa hauteur et prit les jours de l'homme entre ses paumes, comme une ancre dans la réalité matérielle du monde.

- Comment vous sentez-vous ?
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MessageSujet: Re: [Sous-Event 14/03] Une valse à trois temps [PV Gwen]   Dim 21 Aoû 2016 - 11:43

Keith courrait après la mort. C’était désormais évident et même lui ne cherchait plus vraiment à le cacher. Si Gwen pensait que ce n’était pas la meilleure solution, lui ne voyait aucun autre moyen de retrouver celle qu’il avait toujours aimé. Elle était partie désormais, il n’y avait même plus d’espoir que sa lucidité revienne. Elle était partie, morte, décédée. Le vocabulaire n’avait aucune importance. Elle n’était plus là alors qu’il aurait donné chaque seconde de sa vie pour ne serait-ce que la serrer encore une fois dans ses bras. Et c’était douloureux de penser ainsi. Déchirant. Ça lui ouvrait les entrailles. Ça lui donnait envie de hurler sa colère sur les tours du Château. Voilà pourquoi il se réfugiait dans la haine. Pour ne pas penser, pour ne pas souffrir. Mais cela ne durerait pas. Il le savait, il le sentait. D’autant plus lorsque sa collègue le regardait ainsi et affirmait avec une certaine douceur que Loreena avait raison de croire en lui. Perturbant. Tout cela était perturbant d’autant plus avec l’alcool qu’il venait d’ingérer un peu trop rapidement. Il valait mieux partir, retourner dans sa chambre, s’enfermer, s’achever avec un verre de whisky et de scotch et s’endormir. Un programme sinistre qui pourtant semblait être absolument parfait aux yeux du bibliothécaire. Seulement à peine avait-il exprimé l’idée de quitter la fête que Gwen l’avait attrapé par le bras et l’entraînait prendre l’air. Keith la regarda tout d’abord intrigué mais sentant la fermeté avec laquelle elle avait accroché son bras, il ne chercha même pas à résister et se retrouva entraîné dans les couloirs par cette jeune femme. Une fâcheuse habitude chez elle.


« Votre fiancé doit filer droit. »


Ce n’était ni très fin ni très approprié, pourtant les mots étaient sortis de la bouche de Keith avec une once d’humour. L’alcool lui permettait de parler un peu plus librement qu’il ne le faisait d’habitude. Il se laissa donc ensuite guider dans les couloirs jusqu’à se retrouver devant la porte du bureau de sa collègue. Il se fit asseoir comme un enfant et laissa ensuite son regard se promener sur la pièce. Les potions n’étaient pas son domaine de prédilection mais voir tous ses ingrédients et toutes ses fioles, de couleurs et de textures différentes, il fallait bien l’avouer, avait quelque chose d’assez fascinant. Souriant presque, il observait laissant ses pensées vagabonder et s’accrocher au décor jusqu’à ce que Gwen lui tende un verre. Keith l’attrapa et l’observa longuement. Il n’avait pas peur qu’elle l’empoisonne, elle aurait pu le tuer déjà plusieurs fois. Mais cet état d’ébriété qu’il connaissait lui plaisait en un sens et il n’était pas sûr de vouloir y renoncer de suite. Avant qu’il n’ait pu prendre clairement sa décision, sa collègue reprit la parole. Leurs regards se croisèrent. Le verre toujours à la main, le visage impassible, Keith l’écouta, se perdant dans ses yeux. Comment pouvait-elle croire si fort en lui ? Comment pouvait-elle être à ce point persuadée qu’il y avait un avenir possible pour lui ? Cela lui paraissait dingue. Illogique. Improbable.

Elle avait rompu le contact visuel et Keith se surprit à le chercher encore. Elle s’approcha de lui. Immobile sur son pouf, il ressemblait presque à un enfant coincé dans un corps d’adulte. Une façade froide et sereine pour un intérieur tremblant et mal assuré. Il la vit se mettre à son niveau. Ses mains sur ses joues. Il vit ses lèvres bouger mais ne parvint pas réellement à assimiler les mots qu’elle venait de prononcer. Il n’avait pas tant bu que ça. Non c’était autre chose. Il resta là quelques instants, immobile, la fixant. Quelque chose d’étrange s’agitait en lui. Quelque chose qu’il n’avait pas ressenti depuis bien longtemps. Alors, quand enfin il pensa prendre conscience de ce qui était en train de se dérouler, il se leva assez vivement, fit quelques pas dans la pièce et vida d’une traite le remède que Gwen lui avait donné quelques instants auparavant.

« Une bonne nuit de repos me fera du bien. »

Keith toussota alors légèrement et posa le verre sur un meuble. Il se retourna ensuite vers Gwen, évitant cependant soigneusement son regard. Peu à peu, les effets du remède commencèrent à se faire sentir. L’alcool allait être moins présent dans son organisme et ce trouble qu’il avait ressenti, digne d’un jeune adolescent, allait s’évaporer. Il en était certain. Il voulait l’être en tout cas. Il s’avança alors vers sa collègue. Il avait changé d’attitude en quelques instants. Soudainement, il était bien plus solennel, oubliant presque que quelques minutes plus tôt il venait de confier à cette jeune femme son plus grand secret.

« Merci pour la potion. Je vous souhaite une agréable fin de soirée. »

Keith tendit alors la main vers Gwen. Pour la serrer. Pour lui dire au revoir. Oui, complètement à l’opposé de ce qu’il avait montré auparavant. Mais il ne pouvait décidément pas rester plus longtemps dans cette pièce. Le fait de parler de Loreena et d’avoir bu autant d’alcool avait provoqué d’étranges réactions chez lui qu’il voulait à tout prix fuir. Il se dirigea alors vers la porte et l’ouvrit. Une légère hésitation se fit sentir. Il se tourna alors et posa une dernière fois son regard sur sa collègue. Quelques secondes seulement. Il lui adressa alors un léger signe de tête, comme pour clore définitivement leur entrevue puis s’engagea dans les couloirs, en direction de sa chambre.

Cette soirée allait lui tourner dans la tête encore un moment. Lui qui ne vivait que pour la haine et la vengeance depuis si longtemps avait soudainement aperçu quelque chose de différent. Une attraction, une forme de désir qu’il pensait n’être plus aucunement capable de ressentir. C’était absurde et déplacé mais surtout, c’était une forme de trahison. Une bonne nuit de sommeil et un verre de whisky. Il fallait juste ça pour oublier les frasques de cette soirée.
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