AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Hiboux postés. : 836
Date d'inscription : 30/10/2013
Crédits : me
Double Compte : Kezabel & Mateo & James & Leiv & Will & Margo & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2425-charleen-s-thomson-the-world-i
MessageSujet: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Jeu 21 Jan 2016 - 15:43

►Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage.◄
Ethan & Charleen


Mercredi 4 Mars — Intercours du matin.

Sous la peur, la terreur et l’horreur, certaines personnes changent. Parfois, dans le bon sens. D’autres, dans le mauvais. Je n’ai pas la sensation d’avoir remarqué une quelconque transformation chez moi depuis que Megan est morte si ce n’est que je suis souvent partagé entre l’envie de fuir et celle de me battre. Il y a des jours où l’angoisse est trop lourde à m’en étouffer, où mon imagination se disperse vers des horreurs que je ne veux jamais connaitre. Puis, il y a les autres jours. Où je me sens plus sereine, comme lorsque je suis avec Riley, Lukas ou Ethan. Des moments qui recharge mes batteries, surtout celles du courage qui me manque tant parfois. Je ne pensais pas vivre un telle lutte mentale un jour, ni me sentir aussi déchirée avec mes propres idées. Mais finalement, je n’ai pas changé. Sauf si nous devons considérer ces quelques grains supplémentaires de courage comme un changement.

Sous la peur, la terreur et l’horreur, certaines personnes changent. Je me le répète alors que je termine de noter les devoirs de notre professeur d’Arithmancie, en jetant furtivement un coup d’œil à ma droite. Mia est aussi concentrée que moi, toujours attentive à chaque cours et une élève incroyablement intelligente. C’est l’une de mes plus proches amies, avec qui je passe une majeure partie de mon temps à étudier, à dire des âneries ou même à simplement parler de tout et n’importe quoi. J’aime être en sa présence et entendre son rire clair, cristallin, alors qu’elle se moque de moi. J’aime toutes ces choses qui font d’elle mon amie.
Avec l’attaque de Février, je considère qu’il y a eu un « avant », puis un « après ».

Avant, Mia et moi passions énormément de temps ensemble. Peut-être pas autant que je le fais avec Rosalyn mais quand même. Je me souviens de nos heures passées en Self-Défense où elle se moquait gentiment de moi de manquer de rage, de hargne, pour me défendre. Je me souviens aussi de ses taquineries sur Ethan, ne manquant jamais de me souffler que de toute façon, je craquais pour lui et que même un troll aveugle le verrait… Je me souviens de tout ça, de cet « avant ». J’ai l’impression qu’il possède un léger goût de nostalgique.

Puisqu’il y a eu l’Après. Lorsque nous avons été attaqués le 15 Février, je crois que tout le monde au château a pu ressentir cette peur qui planait autour de nous. Je me souviens être resté un long moment près d’Ethan sans avoir le courage ou même l’envie de le quitter puisqu’il était, en cet instant, ma source de réconfort et me provoquait un sentiment de sécurité que je ne souhaitais en rien, abandonner. Puis, j’ai rejoints Riley pour essayer de l’aider, de lui apporter un réconfort lorsqu’elle a appris la mort de Megan. Mais à aucun moment, je n’ai ressenti une haine viscérale si ce n’était contre ceux qui venaient de détruire notre quotidien, une fois de plus. J’ai vu Mia, profondément choquée, refusant catégoriquement de mettre un pied en dehors de son dortoir. Léo et Naliah sont venu avec moi pour tenter de la raisonner, tout en la rassurant sur le fait que nous ne la lâcheront pas d’une semelle pour faire au moins quelques heures de cours. Elle n’a rien voulu entendre, refusant encore et encore de sortir.
Quelques jours se sont écoulés et nous l’avons retrouvé en cours. Elle n’a plus jamais été la même. Elle n’est plus la même et peut-être qu’elle ne le sera plus jamais. Je l’ai vu en compagnie de Melvin, de Connor parfois ou même d’un ou deux Gryffondors qui crachait que tout ça, c’était la faute des moldus et de ceux de Salem. Voir Mia suivre ce mouvement, approuvant tous ces dires, m’a retourné l’estomac et m’a blessée. D’autant plus qu’elle ne m’a plus adressée la parole, au fur et à mesure que les jours passaient.

J’inscris les derniers mots et lorsque la fin du cours retenti, m’empresse de ranger toutes mes affaires dans mon sac, sans manquer bien évidemment de renverser ma trousse à l’intérieur. Je râle en murmurant, en serrant les dents et lutte contre l’envie de tout re-ranger correctement. Je dois faire vite si je veux intercepter Mia avant qu’elle ne rejoigne sa nouvelle bande de copain. Je zippe mon sac, prends mon gros gilet sous le bras et quitte la salle en bousculant avec une pluie d’excuses certains de mes camarades… mais il me faut malgré tout descendre du 6ème au 2ère étage pour réussir à la rattraper puisqu’elle court comme une flèche.

— Mia ! Attends !

Je l’ai vu. Sur tout ce que j’ai de plus cher, je l’ai vu tourner la tête de manière presque imperceptible, me voir et faire comme si elle ne m’avait pas entendu. C’est aussi blessant que vexant. Je ne comprends pas ce qu’il se passe, ni comment elle a pu changer si rapidement. Elle me manque et je me refuse de laisser faire sans rien dire, sans rien tenter.

Sourcils froncés, je fonce un peu plus vite pour réussir enfin à lui passer devant, l’obligeant à arrêter sa course. Je suis essoufflée et Mia pousse un soupir d’exaspération en levant les yeux au ciel, agacée.

— Qu’est-ce que tu veux bordel.

Mia ne dit jamais d’injures. C’est quelque chose qui lui ait propre.

— Juste te parler un peu.
— Oui bah j’ai pas envie.

Elle veut me contourner. J’inspire profondément et me fait violence pour m’imposer en faisant un pas de côté pour l’en empêcher. Elle est mon amie, je dois me bouger moi aussi.

— Mais moi, si.
— T’es chiante. Tu veux quoi ?

Que tu redeviennes la vraie Mia que je connaisse.

— Je…

Tu ? Maintenant que je me retrouve confronté face à elle, j’ai la sensation d’être bloquée et que chacune de mes articulations mentales se trouvent enchainées. Je ne la reconnais tellement pas.

— Enfin… Je…
— Abrège là ! J’ai pas que ça à foutre.
— Mia ! Tu fou quoi, on t’attends !

Nous regardons par réflexe dans la même direction, par-dessus son épaule.
Je me sens blanchir lorsque je vois arriver deux amis à elle. L’une d’elle s’appelle Kelly et est en 6ème année. Je la « connais » puis c’est William qui m’en a parlé et qui m’a dit à quel point elle pouvait être mauvaise comme la peste. Le garçon s’appelle Fred, un Serpentard de ma classe et cette fois c’est Riley qui m’a mise en garde contre lui. « Une vraie fouine sans scrupule aux convictions douteuses ».
Ils me toisent tous les deux alors qu’ils s’approchent de Mia.

— Un truc qui n’va pas ?
— Non c’est rien. Mia hausse les épaules en détournant le regard. On a fini de parler de toute façon.

Je m’insurge et me redresse en la regardant d’un air vexé. Pourquoi t’es devenu comme ça. Pourquoi.

— Non, on n’a pas fini Mia.
— T’as pas entendu ce qu’elle t’a dit ? Elle a fini, allez casse toi.

Il me pousse légèrement, mon ventre se tord dans tous les sens alors que je patauge entre un million de sentiments différents. Défends-toi. Je t’en prie Charleen, défends toi.

— Laisse-moi.

Murmure à peine audible alors que je me tasse sur moi-même. Fred dresse l’oreille en s’approchant avec un rire narquois.

— J’ai pas entendu.
— J’ai dit laisse-moi ! Regard vers mon amie qui ne bouge pas, presque stoïque. T’étais pas comme ça avant ! Je veux juste qu’on s’explique toi et moi, que je comprenne au moins pourquoi t’es comme ça !

Elle écarte Fred de son passage et me pousse violemment contre le mur, rouge de colère.

— Tu n’as toujours pas compris qu’on voulait pas de toi ? Putain mais tu comprends rien ou quoi ! J’ai pas envie de te parler, t’entends ? Retourne avec ta frangine et ses p’tits copains moldus, parait que c’est une putain d’allumeuse.

Le geste est maladroit mais aussi spontané que de respirer. Ma main gifle brutalement la joue de Mia qui reste interdite devant mon geste dont je ne saisis pas encore l’ampleur. Je sens mes larmes s’échapper et mon cœur bat si fort que je n’entends pas mes mots, tremblants, décousue mais gorgés de colère.

— Ne parles plus jamais de Riley comme ça.

Ma vue se brouille, mes mains tremblent, mon corps entier avec et jamais je n’ai sentis mon cœur battre aussi fort. Jamais je ne me suis senti si en colère, si blessé par quelqu’un. Connor m’avait fait du mal essentiellement avec les mots, mais c’était différent. Il n’était rien pour moi. Mais Mia… Mia que je venais de gifler, sans que je ne le vois moi-même venir.
Elle pouvait bien ne plus vouloir me parler et me détester mais jamais je ne la laisserais parler de ma sœur comme ça. Jamais.
L’adrénaline m’ébranle et me donne la sensation que la terre entière tremble avec moi. Une seule seconde suffit à l’angoisse pour rejoindre la colère lorsque je croise le regard furieux de Fred qui, déjà, s’avance d’un pas rageur vers moi.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 787
Date d'inscription : 19/10/2013
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily / Caem / Julian / Keith / Zachary / Aiyana



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2380-ethan-llewellyn
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Sam 23 Jan 2016 - 10:08

~Mercredi 4 mars - Dans la matinée ~

6h00. Ethan vient de bondir de son lit. Il était tôt, trop tôt même s’il avait cours mais maintenant qu’il était réveillé, il savait qu’il ne trouverait plus le sommeil. Hier matin c’était pareil. En même temps, ce n’était pas comme s’il avait beaucoup dormi la nuit précédente, mais passons. A peine s’était-il mis sur ses pieds, qu’il avait enfilé le premier truc qui lui tombait sous la main et était parti en courant vers la volière. Là, il s’était mis à scruter le ciel. Mais rien. Son hibou n’était pas là, n’était pas revenu et aucune lettre n’avait été déposée dans la nuit. Ce n’était pas l’heure du courrier certes, mais Ethan se disait que pour ce qu’il attendait, les horaires n’avaient pas forcément à être respectés… Légèrement déçu il retourna vers ses dortoirs et décida d’aller prendre sa douche. Comme il était tôt, au moins il n’aurait pas à attendre et pourrait profiter pleinement de l’eau chaude. Une fois cela fait, il alla s’installer dans la salle commune pour bouquiner. La pièce était calme, rares étaient ceux à se lever aussi tôt. Des couches tard, le Château en comptait une bonne tripotée mais des gens du matin… Non décidément ils faisaient partie d’une espèce plus rare. Ce n’était clairement pas cela qui allait déranger le jeune homme. La solitude lui allait très bien. Surtout quand il était fatigué. Certes il avait choisi de se lever mais ça faisait déjà deux nuits trop courtes de suite et Ethan sentait bien qu’à un moment ou un autre il allait payer le prix de ça. Mais il ne pouvait rien faire alors autant profiter de ce temps pour bouquiner. Quand la salle commune commença à s’agiter, il comprit que l’heure du petite déjeuner approchait et finalement, descendit les marches pour aller boire un bon chocolat chaud et manger quelques tartines. Il était encore tôt et il avait donc pris son bouquin avec lui, la Grande Salle était encore à peu près calme. Après ça, il avait eu un peu de temps libre jusqu’à son cours de métamorphose. Il ne quitta pas son livre. C’était mieux ainsi. Seulement, une fois en salle de classe, il dû malheureusement le ranger dans son sac…

Le cours se déroula à peu près bien. Au début Ethan était attentif même s’il se laissa happer pendant quelques instants par la contemplation de la fenêtre. Il avait toujours l’espoir que son hibou arrive soudainement, sans prévenir et lui amène enfin la lettre qu’il attendait. Mais en même temps, il était encore tôt pour ça… Heureusement, son attention était régulièrement ramenée sur le cours et il parvint à passer ce début de matinée sans trop se ronger les sangs. Ce qui était déjà pas trop mal. A la fin du cours, il ramassa ses affaires et s’apprêta à se diriger vers sa nouvelle salle de cours. Quand une main se posa sur son épaule, il sursauta. Son cœur se mit à battre à une vitesse incalculable. Était-ce un prof qui avait des nouvelles de son père ? Qui voulait lui parler ? Il se retourna alors vivement et vit qu’il ne s’agissait en fait qu’un de ses camarades de classes qui lui ramenait un livre oublié. Ethan se sentit con, le remercia et poursuivit sa route. Même si, il fallait bien l’avouer, le fait qu’il oublie un bouquin était quand même assez significatif. Il n’oubliait jamais ses livres normalement, ils étaient bien trop précieux à ses yeux. Alors oui, on pouvait dire que le gosse était clairement perturbé.

Après ce petit moment de ridicule intense, le Serdaigle se mit à marcher vite pour franchir le peu de distance qui le séparait de sa salle de sortilèges. Alors qu’il était en train de marcher, tête basse comme à son habitude, du bruit retint son attention. Il y avait un léger attroupement un peu plus loin dans le couloir. Encore des imbéciles qui s’amusaient à emmerder quelqu’un. La main d’Ethan se crispa sur son sac puis il détourna le regard et se remit en marche. Jusqu’à ce que… Stop. Quelque chose clochait dans ce qu’il avait vu. L’adolescent s’arrêta alors net et releva le regard vers le groupe. Il y avait un garçon, plus âgé qu’il ne connaissait pas. Kelly, une fille de son année. Mia qu’il connaissait de vue parce qu’elle était amie avec… Charleen. Le jeune homme resta complètement bloqué. Là contre le mur il y avait Charleen avec le mec qui s’approchait dangereusement d’elle. Il ne savait pas ce qu’il s’était passé, il n’en avait aucune idée mais ça n’avait pas d’importance. Quoi que ça pouvait être, elle était innocente. Ethan était pourtant bloqué là, la main serrée sur la lanière de son sac. Mateo s’invita alors dans son esprit. Ce qu’il lui avait dit. Le Serdaigle avait promis être à la hauteur pour protéger Charleen. Parce qu’elle c’était différent. Parce que lui ne méritait pas d’être sauvé mais elle si. Il sentit alors toutes ses peurs, toutes ses angoisses se transformer en une colère noire. Son sac lui glissa lentement des mains jusqu’à s’abattre sur le sol, il se mit ensuite à courir en direction de la scène et avant que l’autre grand dadais n’ait le temps de trop s’approcher de Charleen, il se plaça entre les deux, le regard noir.


“Tu la touches pas.”


La voix d’Ethan n’était pas basse, absente ou tremblante. Non sa voix était forte, posée et maîtrisée. Il savait exactement ce qu’il devait dire, ce qu’il devait faire. Ou plutôt il ne contrôlait plus rien. Il n’était plus le gamin peureux qui se laissait frapper. Il était comme le jour où Mateo était venu l’aider et que sans qu’il comprenne pourquoi il s’était déchaîné sur la personne en face. Il réfléchit alors à un vitesse folle. Il n’était physiquement pas en capacité de les affronter tous les trois, même seulement le type. Alors il devait faire autrement. T’es mâlin petit, c’est sans doute ta plus grande qualité. Ethan sortit alors sa baguette de sa poche et la pointa vers l’agresseur. Il entendit alors un éclat de rire.

“Ethan ça sert à rien de faire le malin. Je disais rien parce que j’avais de la peine pour Charleen mais tout le monde sait que t’es juste le pire trouillard que la terre ait portée. Tu crois vraiment que tu vas nous faire peur ?”

Et de nouveau des rires. C’était Mia qui venait de parler. Ethan ne réfléchit alors pas plus et lui lança un sort pour lui fermer la bouche. La jeune femme ouvrit alors de grands yeux, complètement paniqués. Le Serdaigle murmura alors quelques mots à l’adresse de Charleen.

“Promets moi de rester derrière moi.”

Kelly et le garçon venaient alors de sortir leurs baguettes. Réfléchis Ethan, réfléchis.

“Je te provoque en duel !

-Quoi ?

-Qui ?

-Toi crétin. Je te provoque en duel singulier. Si je gagne, tu nous fiches la paix et tu devras faire des excuses publiques à Charleen.”

C’était sorti tout seul. Ethan n’était pas sûre que provoquer un sorcier plus âgé que lui en duel était la meilleure idée qu’il ait jamais eue mais pour l’instant, c’était tout ce qui lui était passé par la tête et il espérait bien que l’autre allait accepter. Ce dernier avait commencé par rire puis s’était tourné vers Kelly et Mia qui semblaient vouloir demander de l’aide.


“C’est d’accord. Mais si tu perds mon grand… ”


Et maintenant ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 836
Date d'inscription : 30/10/2013
Crédits : me
Double Compte : Kezabel & Mateo & James & Leiv & Will & Margo & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2425-charleen-s-thomson-the-world-i
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Ven 29 Jan 2016 - 14:51

Ma main me picote encore un peu, gardant la trace de mon geste. Comme si des petites fourmis galopaient sur le bout de mes doigts après être entré en contact avec la joue de Mia. Mia que je ne reconnais plus, que je ne vois plus sous ma vue brouillée par les larmes.
Moi, Charleen, je lui ai mise une gifle avec toute la haine que sa réflexion m’a soulevée. Je peux accepter beaucoup de chose, me taire par peur, par angoisse mais entendre ce genre d’immondice sur le compte de ma propre sœur, j’en suis incapable. Encore moins venant de la bouche d’une personne que j’aime tant.
Que j’aimais tant.
J’ai perdu mon amie et si je souhaitais essayer de rattraper les choses, de recoller les morceaux brisés, c’est maintenant peine perdu. Je ne regrette pas mon geste et je peine encore à prendre conscience de ce que je viens de faire. En revanche, la peur qui s’insinue en moi me ramène brutalement à la réalité. Je me sens toute petite à la seconde où Fred fait un pas vers moi, balayant d’un geste tout le courage qui s’était manifesté chez moi en un claquement de doigts. Je prends conscience du danger, l’évalue et me rétracte un peu plus alors que j’essaie de garder la face, tête droite.
Que va-t-il me faire ? Me faire mal ? Souffrir ? L’idée même me tétanise. Peut-être que si je serre suffisamment fort les dents, je ne sentirais presque rien. Peut-être que ce n’est pas si long que je le croyais et plus supportable aussi.
Peut-être. Peut-être pas.

Ma main glisse sur ma poche à la recherche de ma baguette mais mes tremblements sont tels que j’ai l’impression de ne plus la contrôler, de ne plus appartenir à ce corps qui se disloque sous la pression. Mon cœur bat si fort que je n’entends pas les pas qui accourent vers nous. J’ai cessé de respirer.

— Tu la touches pas.

Je cligne des yeux, les larmes brûles mes joues mais ma vue s’éclaircie, devient plus net. Cette voix, je la reconnaitrais entre mille, tout comme celui qui se tient entre Fred et moi.
L’air refait surface, j’inspire et gorge mes poumons d’oxygène alors que mes larmes descendent le long de ma gorge. Ethan est là, bien que je ne reconnaisse pas ce timbre de voix qu’il emprunte mais il est là. Près de moi. L’angoisse s’enfuit aussi vite qu’elle est arrivée.
Je le vois sortir sa baguette, j’effectue un mouvement en avant alors qu’il la pointe vers Fred, déterminé. Je ne l’ai jamais vu aussi… confiant et serein qu’en cette seconde.

— Ethan ça sert à rien de faire le malin. Je disais rien parce que j’avais de la peine pour Charleen mais tout le monde sait que t’es juste le pire trouillard que la terre ait portée. Tu crois vraiment que tu vas nous faire peur ?
— Arrête Mia ! Tu…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’Ethan lui lance un sort qui lui scelle les lèvres.
… Est-ce qu’il vient vraiment de faire ça ?
Mes mots se perdent alors que je le regarde de côté, autant impressionnée que scotchée par cette nouvelle tranche de courage qu’il manifeste. Il n’est plus le Ethan que j’ai accosté il y a deux mois, celui de Janvier, assit sur ses escaliers et perdu dans ses bouquins. Enfin, il reste toujours un amoureux des livres mais je le vois de moins en moins avec cette peur dans le regard, avec ce retrait, cette façon de se croire impuissant. Il est différent, nouveau. Ou tout simplement lui-même.

— Ethan…
— Promets-moi de rester derrière moi.

Je n’ai pas la force d’articuler mes mots parce que c’est une promesse que je ne pourrais pas tenir selon les circonstances. Et je crois que cette boule de chaleur qui prend naissance au creux de ma poitrine ressemble à de la fierté, celle de le voir s’affirmer bien que l’angoisse reste présente au-dessus de moi.

— Je te provoque en duel !

Je sursaute et me retourne brusquement vers lui.

— Non !
— Quoi ?
— Qui ?
— Toi crétin. Je te provoque en duel singulier. Si je gagne, tu nous fiches la paix et tu devras faire des excuses publiques à Charleen.

Non non non. La situation prend des proportions qui me dépassent et surtout, qui m’alarment. Un duel ? Avec un type comme Fred ? Hors de question, les mots de Riley résonnent dans ma tête comme un tambour et plus ça va, plus mon coeur palpite au rythme de mon angoisse.

— C’est d’accord. Mais si tu perds mon grand…

Les choses vont trop loin, tout va trop loin. Je n’aurai jamais dû venir parler à Mia, ni insister, ni quoi que ce soit d’autre. Nous n’en serions pas là et je ne me sentirais pas d’un coup aussi piégée. Piégée par mes propres âneries, par ma culpabilité d’avoir poussé Ethan à réagir comme ça.

— Rien ! S’il perd, ‘y aura rien du tout, parce qu’il n’y aura pas de Duel, stop.

Je m’interpose et me plante devant Ethan, le prenant par le bras pour le forcer à me regarder et se recentrer sur moi. Il est hors de question que je laisse faire ça. Ce n’est pas un duel de mise à mort mais à ce stade, l’angoisse est presque aussi forte que si c’était le cas parce que je sais comment est Fred. Il est fourbe, vicieux et foncièrement mauvais. S’il veut faire du mal à Ethan, il le fera et c’est… non. La panique m’agrippe à la gorge, me donnant envie de vomir ou de me recroqueviller toute seule dans un coin, mains sur les oreilles, pour oublier tout ça.

Je me fais violence. Je le regarde droit dans les yeux.

— Fais pas ça, laisse tomber, d’accord ? C’est presque de la supplication dans ma voix et dans mon regard. Viens, on s’en va.

L’idée qu’on lui fasse du mal m’est aussi intolérable que si c’était Riley. Je le tire pour partir mais une main sur mon épaule me fait faire brutalement volte-face.

— Dégage et laisse nous régler ça !

Il me pousse un peu plus sur le côté, je me dégage avec force, totalement paniquer prête à hurler pour que tout cela cesse.

— Il veut jouer aux grands, pas d’problème. Un défi lancé, est un défi. Il braque son regard vers Ethan, sourire narquois aux lèvres. Et ça tombe bien, exterminer les mauviettes comme lui, ça me fera la main.
— C’est pas une mauviette, t’es ridicule Fred ! La même colère grimpe chez moi comme lorsque Mia a insulté Riley. Nouveau regard vers Ethan alors que je glisse ma main dans la sienne. Laisse tomber, j’suis désolée allez viens.

Mais Fred s’en fou, il ne me regarde pas, ne m’écoute pas. Il s’approche un peu plus d’Ethan comme pour lui prouver sa supériorité.

— Si tu perds mon grand, tu devras publiquement avouer que t’es qu’une merde et une mauviette et que tu vaux rien. Et en plus de ça, j’ai le droit de l’emmerder quand je veux.

Il me désigne d’un geste de la tête.
Prise au piège. Véritablement. Mon souffle s’écourte, je fronce les sourcils. Ce n’est que maintenant que je prends conscience que la peur qui m’habite n’a rien à voir avec le risque que je gagne à laisser faire ça, celui que Fred ne cesse de me harceler durant mes cours ou à l’extérieur, mais plutôt celle de voir le mal qu’il fera à Ethan et du risque qu’il prend à se battre en duel avec lui. Mon angoisse se mue, prend une tournure différente et se lie à une colère qui éclot au creux de mon ventre.
Mon regard angoissé va d’Ethan à Fred qui se jauge alors que je saute d’un pieds sur l’autre, secouant la tête dans un refus catégorique. Je sais déjà que si le moindre sort l’atteint, je ne pourrais pas rester en arrière sans rien faire. Si j’ai pu coller une gifle à Mia, je saurais saisir ma baguette lorsqu’il le faudra.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 787
Date d'inscription : 19/10/2013
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily / Caem / Julian / Keith / Zachary / Aiyana



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2380-ethan-llewellyn
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Sam 30 Jan 2016 - 19:09

C’était sans doute le truc le plus idiot qu’il n’avait jamais fait de sa vie. Provoquer un aîné en duel. Qu’est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? Pourquoi, soudainement, sur un coup de tête, se décider à provoquer quelqu’un. Ce n’était pas dans son caractère, lui il était censé être un rat de bibliothèque, toujours dans sa bulle, incapable de se rendre compte du monde réel, incapable d’être réellement courageux. Et pourtant, voir Charleen se faire agresser comme ça… Non ce n’était pas possible. Il l’avait à Mateo, pour elle, il était capable de réagir. Pour elle tout était différent. Il ne s’agissait pas de lui, d’un mec ne méritant rien, aucune intention. Là il s’agissait de Charleen, une fille qui ne méritait pas de se faire traiter de la sorte. Qui méritait bien mieux. Alors il était sorti de sa coquille. Il se tenait là, devant cet abruti, prêt à se battre. Il avait entendu le cri du cœur de son ami, lui demandant de ne pas le faire. Mais c’était trop tard, son regard était plongé dans celui de son adversaire. Il ne cillerait pas, il ne baisserait pas les yeux. Pas cette fois. Même lorsque la jeune femme se plaça entre eux et déclara qu’il n’y aurait pas de duel, Ethan ne détacha pas son regard de l’autre abruti. Il le savait. Il ne pouvait pas reculer. Et même s’il sentait son cœur battre dans ses tempes, même s’il sentait son rythme cardiaque s’accélérer dangereusement… Il savait que le duel aurait lieu. Il ne détourna son regard que lorsque Charleen le força à le faire. Là, face à lui, lui demandant de pas le faire, de partir.


« Ça va aller Charleen. »


Il n’en était pas si sûr que ça. Après tout, s’il avait plus de chances en duel magique qu’aux poings, rien n’assurait sa victoire. Mais il fallait que ça aille. Il ne fallait pas qu’elle se sente coupable, il ne fallait pas qu’elle accepte d’être traitée ainsi. Lui on pouvait essuyer ses pieds dessus, parce qu’il avait été faible, parce qu’il n’avait cessé de trahir sa famille. Mais elle c’était différent. Elle disparue soudainement de son camp de vision bousculée par l’autre crétin. Ethan resserra avec force ses doigts sur sa baguette. Il allait le payer. Lorsqu’il l’insulta une fois de plus, ses mots lui passèrent complètement au-dessus de la tête. Il était concentré sur tout autre chose. Ses mots, il n’en avait rien à faire. Son côté hautain, il pouvait se le garder. Il ne fut déstabilisé que par la main de Charleen dans la sienne. Il sentit une étrange bouffée de chaleur l’envahir. Puis de la détermination. Elle était là, tout près de lui. Il savait pourquoi il allait se battre. Il serra alors doucement, affectueusement, la main de la jeune fille.

« Ça va te faire bizarre de te faire battre par une mauviette. »

Oh oui, Ethan était un lâche. Ce n’était pas un adversaire de grande envergure. Alors ce type se sentirait encore plus mal une fois qu’il aurait perdu. Lorsqu’il se retrouverait face contre terre, à se demander pourquoi un gosse avait été capable de lui mettre une telle raclée. Voilà qu’il se rapprochait, qu’il le défiait physiquement. Tu as ta baguette avec toi Ethan. Respire, ne laisse pas cette peur grandir en toi. Rappelle toi ce que disait Mateo. Imagine toi ce qu’il aurait pu faire à Charleen si tu n’étais pas intervenu. Il te défie, une fois de plus. Et cette fois, Ethan ne pu s’empêcher de sourire. Avouer publiquement qu’il n’était qu’une merde ? C’était une blague ? Ce type ne le connaissait donc vraiment pas. Il n’en avait rien à foutre de faire un truc pareil. Il était une merde, il le savait. Alors le dire devant tout le monde ou pas ça ne changeait rien. Par contre, l’idée qu’il puisse poser la main sur Charleen… Un frisson le parcouru. Il avait peur, réellement. Perdre n’engageait au début que lui en un sens. Mais si ce type se permettait, comme il le disait, de faire ce qu’il voulait de la jeune femme, c’était complètement différent. Respire, ne panique pas, respire c’est important. Et agit.


« Expelliarmus. »


Ce n’était qu’un murmure. Ethan avait prononcé ce sort en direction de Charleen et la baguette de la jeune femme atterrit dans ses mains. Il entendit l’autre imbécile rire mais n’y prêta pas attention. Son regard se planta quelques instants dans celui de la jeune femme. Puis il baissa les yeux.

« Désolé… »

Il s’éloigna ensuite et lui et Fred se retrouvèrent face à face, au milieu du couleur. Mia avec sa bouche cousue était en train d’essayer d’attirer l’attention de sa pote dont le regard était rivée vers son ami. Elle s’était auto-déclarée arbitre. Ethan savait très bien que c’était mauvais pour lui. Elle le pérviendrait sans doute avant de donner le top mais tant pis. La baguette de Charleen dans sa poche arrière, il tenait la sienne droit devant lui, le regard sombre.

« 3, 2… »

Elle n’eut même pas le temps de favoriser son ami. Celui-ci ne semblait avoir aucun respect pour tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une règle. Ethan fut violemment projeté en arrière. Il grimaça lorsque son dos entra lourdement en contact avec le sol. Ok tu le prends comme ça ? Rions un peu.


« Diffinito ! »


Cette fois c’était la voix d’Ethan qui venait de s’élever. Son sort atteignit le bras de Fred qui tenait sa baguette comme il le souhaitait et lui fit une jolie entaille. Le garçon fut alors déstabilisé et le Serdaigle en profita pour se relever. Respire et agit. Maintenant il faut contracter vite, avant qu’il n’ait le temps de le faire. Cependant il fut trop lent. Son premier sort, rebondit contre celi de son adversaire. Sa diversion n’était pas suffisante. Puis il y eut un déclic. Ethan n’eut pas le temps de réagir. En quelques secondes, Fred lança un sort contre Charleen qui fut projetée contre le mur.

« ENFOIRE ! »

Non, ça, c’est pas dans les règles, ça s’est pas permis. La rage aveugla Ethan.

« Petrificus Totalus ! »

Son sort était rapide, contenant toute la force de sa colère. Fred tomba lourdement sur le sol. Le jeune homme couru alors vers lui et lui mit un énorme coup de poing, et un autre et encore un autre… Jusqu’à ce qu’il soit projeté à l’autre bout de la pièce. Il n'avait pas sentit la douleur dans ses phalanges, il n'avait pas vu le regard apeuré de Fred. Non, il avait juste eu ce voile devant les yeux et cette couleur sourde qui tambourinait dans ses tempes.

« T’es malade ou quoi ?? C’est bon t’as gagné, casse toi ! »

Que venait-il de faire ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 836
Date d'inscription : 30/10/2013
Crédits : me
Double Compte : Kezabel & Mateo & James & Leiv & Will & Margo & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2425-charleen-s-thomson-the-world-i
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Ven 5 Fév 2016 - 14:37

La peur, la colère, l’indignation. Je ne sais plus très bien ce que je ressens face à la situation qui commence à sérieusement me dépasser. La détermination d’Ethan me terrifie autant qu’elle me rend fière mais ma raison garde le cap : Il est hors de question qu’il se batte avec ce crétin de Fred, pas face à un homme comme lui aussi fourbe et méchant gratuitement. Je veux juste que tout cela se termine, qu’Ethan lâche prise et que nous nous éloignions de Mia et ses nouveaux amis. Je veux juste me retrouver avec lui, seule, me reposer un instant pour reprendre contrôle de mes émotions. L’envie à ce qu’il me serre contre lui germe doucement et pour la première fois, je ne le renie pas. Je me sens en sécurité lorsque je suis avec Ethan et c’est un tout nouveau courage qui prend naissance lorsque je le sais à proximité. C’est de ça dont j’ai besoin, de ce calme. Cette sérénité. Pour oublier Mia et son abandon, la jeune femme qu’elle est devenue, l’amie perdue.

— Expelliarmus.

Mon regard se tourne vers Ethan et la première chose à laquelle je m’attends, c’est de voir les baguettes de Mia et de Kelly s’envoler vers lui pour s’assurer qu’elles ne tenteront rien en traitre…
Un mouvement dans la poche de mon jean me faut sursauter, ma baguette se glisse à l’extérieur et vient se déposer dans le creux de sa paume avant même que je n’ai le temps de la retenir.

— Qu’est-ce que…
— Désolé…

Je me fige, droite, tremblante avec la sensation qu’une fracture au creux du thorax. Ethan vient de me démunir de ma propre baguette, en traitre, sans me demander le moindre avis. Pourquoi ? Pour m’empêcher d’intervenir s’il se passe quoi que ce soit que je trouverais d’insupportable.
J’ai mal. Une douleur que j’aimerais nier et repousser mais la vérité c’est qu’elle me dévore en un claquement de doigts. Déçue, vexée mais aussi… en colère. Je comprends qu’il veuille à tout prix affronter Fred pour ne pas perdre la face mais ce qu’il vient de me faire me blesse bien plus que s’il ne m’avait pas écouté, ignorant mes propos.
Il n’a pas le droit de me faire ça. De faire comme si tout ça n’était qu’une question d’honneur à sauver. Pas lui. Pas Ethan. Je sais qu’il veut me défendre, me protéger… mais n’est-on pas plus fort à deux face à l’adversité ?
Et Fred qui ne cesse pas de sourire, se moquer. Ma vue se brouille, une boule de nerf m’obstrue la gorge et pour la première fois j’ai une envie furieuse d’hurler, de proférer des injures à tour de bras, de tous les renvoyer là d’où ils viennent. Pourquoi est-ce que je suis venu parler à Mia ? Pourquoi est-ce que j’ai cherché à la récupérer alors qu’elle semble prendre plaisir à tout ce qu’il se passe…

Je ne bouge pas de ma place, ayant d’un coup froid, grelottant presque.
Le stress, les nerfs, la colère. Tout ça me dépasse. C’est absurde.

Fred et Ethan sont face à face, déjà prêts à s’affronter. Par ma faute.
Kelly se tient à leurs côtés, jouant les arbitres. Un duel qui, d’avance, ne sera ni fairplay, ni équitable.

— 3, 2…
— Repulso !
— Ethan !

Il se trouve projeté violemment en arrière alors que j’esquisse un pas en avant, par réflexe, par peur simple de le voir blesser malgré ce qu’il vient de me faire. Je lui en veux, terriblement, mais l’un n’empêche pas l’autre. De le voir souffrir me sera insupportable. D’autant plus que je n’ai absolument rien pour me défendre…

— T’as pas le droit Fred ! Respecte au moins les règles !
— Ta gueule ! Tu…
— Diffinito !

C’est Ethan qui se manifeste et une vague de soulagement s’empare de moi et ce, même si je vois une entaille se former sur le bras de Fred, déstabiliser par la soudaine réaction de mon ami. Ethan se relève, je serre les dents, les poings, mon corps entier n’est que contracture et lutte pour ne pas m’interposer. Il s’apprête à lancer un nouveau sort mais est trop lent, Fred ayant eu le temps de lui-même réagir. Leurs sorts s’entrechoquent, tout va trop vite. Je ne vois absolument rien venir et encore moins le coup en traitre de l’adversaire.

La douleur est furtive et me traverse l’ensemble de la tête, comme un million d’aiguille venant s’y loger. Puis le choc, brutale.
Puis plus rien.
Combien de temps ? Avant que la lumière ne revienne, que ma conscience ne s’éveille et que le monde se mette à tourner violemment et les sons à siffler de manière insupportable à mes oreilles. Des bruits sourds me parviennent, répétitifs, étouffés. Je cligne des yeux, plusieurs fois, essayant de retrouver un repère avec ce qu’il se passe. J’ai l’impression de ne plus rien voir, d’être myope et que toutes couleurs se mélangent dans un brouillon indescriptible.

— T’es malade ou quoi ?? C’est bon t’as gagné, casse-toi !

Les mots me viennent de loin mais agissent sur moi comme un électrochoc. Les souvenirs ressurgissent brutalement, me rappelant par la même occasion cette douleur qui me traverse tout le cerveau. Je cligne de nouveau des yeux alors que je lutte contre ce corps devenu trop lourd, les détails de mon environnement me revenant petit à petit.
Ethan. Le duel. Ma baguette. Le sort de Fred.
J’ai été attaquée en traitre, j’ai dû m’évanouir une poignée de seconde à peine. C’est d’ailleurs la voix de l’adversaire que j’entends et si je réussis à me remettre sur pieds, main sur le mur, c’est uniquement grâce à l’état d’urgence qui prolifère chez moi.

— Ethan ?

Je me tourne vers lui, croise le regard effrayé de Fred, du sang sur les lèvres, appuyé contre le mur.
Qu’est-ce qu’il venait de se passer ? Un regard vers mon ami, tremblant, furieux, poings serrés. Est-ce que c’est lui qui a fait ça ?

Mia est blanche, Kelly…

Kelly ? Derrière Ethan, baguette en main, prête à le prendre en traitre elle aussi, rouge de colère.
Nouvelle injection d’adrénaline. Agir, vite Charleen. Je me précipite sur elle, pas mal assurés et la pousse violemment d’un coup d’épaule. Suffisamment rapidement pour que le sort n’atteigne pas le creux du dos d’Ethan mais pas assez pour l’empêcher de lui effleurer l’épaule, entaillant ses vêtements et peut-être même la peau.
Ne le touche pas. Pas Ethan. Laissez-le.

Stop. Je veux que ça s’arrête.
La violence et la brutalité me donne la nausée, j’ai la tête qui tourne et si cette fois je vois flou, ça n’est pas parce que je me suis retrouvée projeté brutalement contre un mur mais parce que je pleure. Tout simplement.

— Maintenant dégage ! Dégagez tous les trois !

Je craque, je tremble. Tout cela n’a aucun sens. Nous venons de vivre quelque chose qui ne peut être nommé tant ce fut inhumain, Megan est décédée et même si je ne la connaissais pas aussi bien que Riley, elle était de ma maison. Je la voyais tous les jours alors qu’elle parlait avec Lukas et que parfois je me joignais à eux. J’en fais parfois des cauchemars où elle est remplacée par Riley ou même Ethan. A quel moment pouvons-nous réussir à nous déchirer de la sorte ? Ce que nous avons vécu ne suffit donc pas ?

— Ca va on s’casse. Ils sont aussi malade l’un que l’autre putain.

Fred entrain de force Kelly qui n’attendait qu’une chose : répliquer. Mia me regarde une dernière fois et je me rends compte aujourd’hui à quel point je la déteste en cet instant. D’avoir changée, d’avoir laissé faire ça elle qui prônait la tolérance et une sorte de paix.
Ils partent tous les trois, je n’ai même plus conscience du temps, que les cours ont sûrement déjà dû reprendre depuis dix bonnes minutes. Mon cœur bat avec tellement de force que j’ai la sensation de le sentir jusqu’au fond de mes rétines. Et cette colère. Ce dégoût. Cette inquiétude. Ce sentiment de pouvoir tout perdre demain.

Je me retourne brutalement vers Ethan, le fusillant du regard avant de me précipiter vers lui, voix tremblante de larmes.

— Ne me refais plus JAMAIS ça ! T’avais pas le droit de me prendre ma baguette ni de gérer ça tout seul Ethan !

Je suis entrain de l’engueuler en le poussant une première fois. Folle de rage, folle d’inquiétude. Qui sait ce qui aurait pu se passer si je m’étais évanouie plus longtemps ? Qui sait ce dont Kelly aurait été capable ? De tout. Je l’ai suffisamment vu et on me la suffisamment répété. Il aurait pu être gravement blessé. Et rien que cette constatation ne fait qu’engendrer plus de colère chez moi.
Je le pousse une deuxième fois même si mes maigres bras ne le bouge pas de beaucoup.

— Imagine il te serait arrivé un truc plus grave hein ! Tu n’sais pas de quoi ils sont capables ! Ils auraient pu te faire du mal bon sang ! Ils auraient pu te faire pire que ça !

Et j’ai pas envie. J’ai pas envie que tu souffres, qu’on te blesse, qu’on ne te touche d’une quelconque manière brutale. J’ai pas envie de le voir un jour intervenir face à quelqu’un de bien plus expérimenté et qu’il ne finisse à Saint Mangouste.
L’angoisse est encore plus forte et je suis incapable de réprimer les sanglots qui s’échappent.

— Et s’il t’était arrivé quelque chose ! Qu’est-ce que j’aurai pu faire ? Rien ! Je fais quoi moi s’ils te blessent ? Je fais quoi moi si tu disparais comme Megan !

Je le pousse plus mollement, mélangeant sûrement trop de chose. La vérité est que j’ai eu peur, que j’étais morte d’angoisse et que pour la première fois je laisse tout ça s’exprimer violemment. Sortir de moi, comme un virus que la fièvre évacue de soi.
Je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. L’idée qu’il puisse disparaitre de ma vie d’un coup d’un seul m’est insupportable.
Epuisée, à bout de nerf, je ne prends pas conscience que je me suis arrêté de bougé, tête contre son torse alors que mes bras entoure mon torse, comme une protection inutile face à ce flot de pensées aussi horrible qu’impensable.
Tu n’as pas le droit Ethan. Plus maintenant.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 787
Date d'inscription : 19/10/2013
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily / Caem / Julian / Keith / Zachary / Aiyana



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2380-ethan-llewellyn
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Dim 7 Fév 2016 - 20:15

Est-ce qu’il aurait pu frapper encore ? Oui sans doute. Ethan était fou de rage. Il voyait rouge. Des images défilaient dans sa tête. Des images de ce qu’il aurait pu se passer s’il n’était pas intervenu. De ce que cette bande de connards auraient pu faire à Charleen s’il n’était pas passé par là au bon moment… Non il ne voulait pas voir ça. Il voulait que toutes ces images disparaissent, qu’elles ne viennent plus entacher son esprit. Ces images le rendaient dingue. Complètement dingue. Ces types étaient complètement tarés. Pourquoi s’en prendre à elle ? Parce qu’elle avait de la considération pour les autres ? Parce qu’elle n’était pas stupide comme eux ? C’était incroyable. Tout bonnement incroyable. Et c’était sans doute pour cela qu’il aurait pu frapper encore et encore. Jusqu’à ce que ce type comprenne qu’il venait de faire la connerie de sa vie. Jusqu’à ce qu’il comprenne qu’Ethan était peut être la pire mauviette que ce Château ait pu compter mais jamais il ne laisserait qui que ce soit toucher à Charleen. Parce qu’elle était différente. Parce qu’il tenait à elle comme à personne et que Mateo lui avait fait comprendre que pour elle il était capable de plus. Il pouvait être autre chose qu’une sale lavette…

Son prénom. Ethan se retourna vivement et son regard croisa celui de Charleen. Il n’arrivait pas à décrypter son regard, à comprendre. De la peur ? De la colère ? Il ne savait pas trop. Il baissa alors son regard et observa ses mains. Ses phalanges étaient abîmées, peu habituées à être utilisées de la sorte. Et ses doigts… Un peu de sang dessus. Oui sans doute le sang qui était sorti du visage de l’autre abruti. Il était vraiment allé jusque là ? Oui il avait voulu défendre Charleen mais ça ne lui ressemblait pas d’agir ainsi. Lui il était pacifiste, à rester dans son coin et à attendre que ça passe. Mais c’était comme si la colère lui avait tout fait oublier, en un claquement de doigts. L’adolescent était en train de chercher un sens à tout ça lorsqu’une légère douleur le ramena à la réalité. Il porta instinctivement sa main à son épaule et y constata une légère quantité de sang. Il vit alors une des filles se remettre d’une bousculade. Charleen l’avait poussée ? Et maintenant elle criait ? Pour qu’ils partent. Ethan était comme sonné. Il avait du mal à comprendre, à analyser tout ce qui était en train de se passer. Mais apparemment personne n’avait envie de lui laisser le temps de reprendre ses esprits. La voix de Charleen se fit de nouveau entendre mais cette fois plus agressive. C’était donc bien de la colère qu’il avait lu. Elle le poussa, une fois, puis deux. Et lui resta complètement figé, incapable de réagir. Il n’avait fait que la protéger. Oui peut être qu’ils auraient pu faire plus mal. Peut être mais que devait-il faire ? La regarder se faire attaquer en gardant les bras croisés. Ethan voulu répondre, faire comprendre son point de vue mais il n’en eut pas le temps. La jeune femme prit de nouveau les devants. La peur. Il avait vraiment vu de la peur mais pas celle à laquelle il s’attendait. Elle avait eu peur pour lui ? Peur de le perdre ? Toujours incapable de répondre, il la sentit alors se poser doucement contre lui. Instinctivement, il passa ses bras autour d’elle. Il poussa alors un long soupir et ferma les yeux. La gardant ainsi contre lui, posa sa tête sur la sienne. Juste quelques instants, le temps de reprendre ses esprits. De remettre de l’ordre. De comprendre.

Combien de temps ? Cela n’avait pas d’importance. Juste assez pour qu’il puisse y voir un peu plus clair. La colère s’était évanouie. Il était plus calme maintenant. Son rythme respiratoire était normal, il avait l’impression de voir de nouveau le monde correctement. Ethan relâcha alors doucement Charleen, l’attrapa par les épaules et la poussa à reculer un peu. Pour qu’il puisse la regarder. Pour qu’il puisse poser son regard dans le sien.


« J’allais pas rester les bras croisés Charleen. Et je savais que si je te laissais ta baguette tu serais intervenue. Et ils y auraient trouvé un super prétexte pour te faire du mal. Alors excuse-moi mais je pense avoir fait le bon choix… »


Ethan sortit alors la baguette de Charleen qui était encore dans sa poche jusque là et lui tendit. Maintenant il pouvait la lui rendre. Et oui lui aussi aurait très certainement été fou de rage si elle avait fait ça. Mais pour une fois qu’il avait l’impression d’avoir agi comme il le fallait… Pour une fois qu’il n’était pas bouffé par les remords. Oui, c’était la première fois qu’Ethan pouvait se dire qu’il n’était pas qu’un sale con. Qu’il ne méritait d’être bouffé par les remords. Pour une fois, il savait qu’il allait pouvoir se regarder dans la glace sans avoir horriblement envie de vomir.

« Ce sont pas les Supérieurs Charleen… Rien d’horrible ne s’est passé. On va bien. Et c’est grâce à toi. »

Oui, c’était réellement grâce à elle. Seul, Ethan n’aurait jamais trouvé la force d’intervenir. Il n’aurait pas eu envie. Là il s’était battu. Il s’était défendu pour elle. Était-ce un grand pas en avant ? Sans doute et il ne se rendait très certainement pas compte d’à quel point. Il devrait en parler à Mateo. Peut être revenir vers lui, peut être accepter son offre de départ… Il verrait ça plus tard. Même si tout était plus clair dans son esprit il avait tout de même connu de meilleurs moments de lucidité. Alors il gardait toutes ces réflexions pour plus tard. L’adolescent poussa de nouveau un soupir.

« Écoute… Je suis toujours un lâche et je ne serai jamais un grand guerrier. Alors pas d’inquiétudes, on ne risque pas de me voir impliqué dans de grandes batailles… Mais je ne peux pas laisser qui que ce soit porter la main sur toi sans rien dire. »

C’est tout. Et elle allait devoir s’y habituer. Parce qu’Ethan savait que maintenant, il ne laisserait plus aucun de ces abrutis s’approcher d’elle. Il porta alors de nouveau son regard sur ses mains et effleura ses phalanges ce qui lui arracha une grimace. Ce n’était pas très agréable. L’adrénaline l’avait empêché de ressentir la douleur mais maintenant il se rendait compte que c’était loin d’être sympathique. Ça lui apprendrait à vouloir refaire le visage de quelqu’un à mains nues…


« Je crois que les profs vont mal me regarder quand ils vont voir ça… »


Ce fut à cet instant qu’Ethan capta qu’il était à la bourre pour les cours… Lui le gentil petit élève discret allait s’attirer des ennuis. Et merde, tant pis. De toute façon maintenant, il ne pouvait rien faire. Même si, oui il devait bien l’avouer, ça l’angoissait quand même. On ne se refait pas en si peu de temps…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 836
Date d'inscription : 30/10/2013
Crédits : me
Double Compte : Kezabel & Mateo & James & Leiv & Will & Margo & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2425-charleen-s-thomson-the-world-i
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Mar 9 Fév 2016 - 16:44

Cette situation me rappelle pourquoi la peur est ma principale phobie. Front contre l’épaule d’Ethan, bras autour de mon torse, j’évacue les larmes en silence d’avoir cru à une situation qui aurait dégénéré en bain de sang. C’est peut-être exagéré mais nous ne pouvons pas me reprocher d’avoir eu le bénéfice du doute avec tout ce qu’il s’est passé. C’est comme si toute les horreurs étaient devenues possibles, surtout venant de la part des Pro-Supérieur comme Fred ou Kelly.
Et Mia, qui n’est déjà plus Mia.

Et Rosalyn ? Va-t-elle elle aussi tournée mal comme mon amie ?
Je ne veux pas la perdre elle aussi, si Mia et moi étions proche, Rosalyn elle est plus que ça. C’est ma meilleure amie depuis que nous sommes à Poudlard, s’il y a bien une amie que je ne tolèrerais pas de perdre, c’est elle.

Je suis tiraillée entre colère et angoisse, soulagement et apaisement. Je ne supporterais pas qu’il arrive malheur à Ethan. Je ne peux pas… Pas lui. Il est devenu trop important à mes yeux, comme un nouveau pilier de mon équilibre dont je ne peux plus réellement me séparer. Et s’il était le prochain sur la liste des Supérieurs quand ils reviendront ? Je m’en veux de lui avoir hurlé dessus comme ça alors qu’il essayait simplement de me défendre mais je ne veux plus qu’il me prive d’une quelconque façon de me défendre. Quelle qu’en soit les raisons.

Ses bras m’entourent alors que je m’attendais à ce qu’il me renvoi cette haine que j’ai expulsée. A la seconde même où je le sens me serrer contre lui, les nœuds se défont naturellement, comme si toutes mes peurs n’avaient pas leur place entre ses bras. Les miens se décroisent pour le serrer contre moi, plus fort, plus près. Mon cœur bat la chamade sous toutes ces émotions et le sentir ainsi semble accroitre mon rythme. Mais qu’importe. Je m’en fiche. Je suis bien là, dans cette bulle de douceur qu’il m’accorde et j’aimerais que ça dure une éternité.

J’inspire à fond son odeur, mes larmes cessent de couler et je renoue enfin avec la tranquillité qui m’avait quitté tout à l’heure. Voilà, le calme. La légèreté. Quelque chose de doux, d’apaisant, de rassurant. Je n’ai jamais cherché à comprendre pourquoi Ethan avait cet effet là sur moi, préférant en profiter plutôt que de deviner et de me poser mille et une questions.
C’est à contre-cœur que je suis son mouvement lorsqu’il m’écarte doucement de lui, me prenant par les épaules pour nous mettre face à face. Mes mains restent malgré tout accrochées sur le tissu de ses hanches sans jamais sourciller.

— J’allais pas rester les bras croisés Charleen. Et je savais que si je te laissais ta baguette tu serais intervenue. Et ils y auraient trouvé un super prétexte pour te faire du mal. Alors excuse-moi mais je pense avoir fait le bon choix…

— Je sais mais tu ne peux pas m’obliger à les regarder te massacrer sans pouvoir faire quoi que ce soit.

Je ne le supporterais pas ; ça ne serait pas tolérable. Même si je comprends son point de vue, je ne veux plus assister à une possible catastrophe sans avoir ma baguette en main au cas où.
D’ailleurs, il me la rend et je m’empresse de la ranger dans le creux de ma poche, me sentant soudainement moins vide et moins démunis.

— Ce sont pas les Supérieurs Charleen… Rien d’horrible ne s’est passé. On va bien. Et c’est grâce à toi.

J’étais prête à lui dire que justement, nous ne savions pas de quoi ils étaient capable puisque s’ils ne sont pas les Supérieurs, ça n’empêche pas qu’ils n’hésiteront pas à se battre à leur côté s’ils reviennent. Et peut-être même à commencer le travail au besoin…. Mais la fin de sa phrase me surprend trop pour que je réussisse à articuler quoi que ce soit.
Grâce à moi ? Il doit sûrement se tromper.

— Écoute… Je suis toujours un lâche et je ne serai jamais un grand guerrier. Alors pas d’inquiétudes, on ne risque pas de me voir impliqué dans de grandes batailles… Mais je ne peux pas laisser qui que ce soit porter la main sur toi sans rien dire.

Je le regarde, sans rien dire, me laissant toucher par ses mots qui me bouleversent. Je n’ai jamais vu Ethan si sûr de lui, si confiant, si… rassurant. Quelque chose émane de lui qui me sidère puis m’attendrie, avant de me fournir une décharge d’adrénaline, là, au creux du ventre.
Je le scrute en silence alors qu’il est là à regarder les blessures sur ses phalanges, s’inquiétant de la façon dont les profs vont le regarder avec ça.
Il vient de provoquer un duel, de se battre à main nue avec un type comme Fred et de se faire hurler dessus par une hystérique comme moi et la première chose qu’il l’inquiète est de savoir ce que les professeurs vont penser de lui… ?

— Tu me surprendras toujours Ethan…

J’esquisse l’ombre d’un sourire alors que je prends sa main entre la mienne pour regarder ça de plus près. La peau c’est arrachée à certain endroit, la laissant à vif. Je n’ose pas y toucher de peur de lui faire mal et me contente d’observer rapidement.

— On devrait peut-être aller voir Katherine pour qu’elle te soigne ça rapidement.
Coup d’œil sur son épaule éfilochée où je fronce les sourcils. Et il faut aussi que tu lui montres ça même si ça n'a pas l'air profond. Je suis sûre qu’elle a un baume quelque part qui pourra réparer tes blessures de guerrier.

Mon sourire s’esquisse à nouveau, levant cette fois les yeux vers lui, le scrutant de nouveau. Le bleu de ses yeux à son sourire intimidé et discret, je le regarde en silence ses mains blessés toujours dans les miennes.

— Je suis désolée de t’avoir hurlé dessus comme ça mais moi non plus je ne peux pas laisser quelqu’un porter la main sur toi. J’ai pas envie qu’il t’arrive quelque chose encore moins si c’est pour me protéger parce que je me suis mise dans une situation stupide.

J’ai la sensation que le reste du monde n’est plus vraiment là, comme enveloppé dans une bulle hors du temps. Personne n’est là, tout le monde est déjà en cours et même si une part de moi commence déjà sérieusement à paniquer à l’idée de manquer un cours, une autre se manifeste. Une part qui se faisait plus discrète jusqu’ici, plus effacée. Un souffle de vie me ramenant certaine réalité en face pour me rappeler que je peux tout perdre du jour au lendemain. J’ai chaud et je me sens fébrile, presque tremblante et maladroite mais les choses se font naturellement, sans y réfléchir.

Mes mains lâchent celles d’Ethan pour venir se poser sur son épaule et sa joue, et c’est d’un léger mouvement que je franchis les quelques centimètres qui séparent mon visage du sien. A la seconde où mes lèvres touchent les siennes, une explosion de chaleur se manifeste au creux de moi, entre trac et bien être. Quelque chose de tout nouveau qui me donne des papillons au ventre et qui accélère d’un coup sec mon rythme cardiaque alors que mes mains s’agrippent, comme si mes jambes allaient me faire des défauts d’un moment à l’autre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 787
Date d'inscription : 19/10/2013
Crédits : JunkieMouse
Double Compte : Emily / Caem / Julian / Keith / Zachary / Aiyana



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2380-ethan-llewellyn
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Mer 10 Fév 2016 - 10:26

Lui surprenant ? Ethan n’avait pas pu s’empêcher d’afficher une moue interrogatrice face aux mots de sa camarade. Peut être était-ce parce qu’il avait parlé de l’avis des professeurs ? C’est vrai que quand on y réfléchissait, cela pouvait paraître étrange de se préoccuper de sa scolarité dans un tel moment. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Le jeune homme avait bien du mal à se défaire de ce carcan dans lequel il évoluait depuis toujours. Et puis, c’était peut être sa façon à lui de dédramatiser. Parler des choses habituelles, de choses dans lesquelles il avait tout ses repères et ne se retrouvait pas complètement retourné. Ça lui donnait l’impression d’avoir complètement le contrôle. Parce que ce qu’il venait de se passer était passablement effrayant pour lui. Il avait réagi et en soit, c’était sans doute une bonne chose. Mais d’où provenait cette rage qu’il avait ressenti ? Cette envie de frapper encore et encore l’autre type, sans se soucier de son visage ensanglanté ? Ça c’était vraiment effrayant. Alors se demander ce que les profs allaient penser de lui lui permettait de se dire que tout n’était pas en train de partir en vrille, que certaines choses demeuraient stables. Le jeune homme grimaça quand Charleen lui attrapa les mains. Plus par peur d’avoir mal en réalité puisque la demoiselle s’avéra très douce. Elle évoqua alors l’idée d’aller voir Katherine, l’infirmière, pour qu’elle s’occupe de ça. Sur le coup, le jeune homme se sentit un peu gêné. Oui elle avait raison, il fallait qu’il aille se faire soigner mais ne voyait pas trop comment présenter ça à Katherine : coucou, tu peux m’aider, j’ai fracasser la tête de quelqu’un ? Non vraiment il n’avait aucune envie de revenir sur cet épisode, de devoir s’expliquer. Mais oui, il devait le faire. Il poussa donc un léger soupir.

“Oui tu as raison… J’espère juste qu’elle devra pas faire un rapport à M. Helland…”

Clairement, Ethan n’avait pas envie de se retrouver devant son directeur de maison à expliquer pourquoi il s’était retrouvé comme ça. Il pourrait peut être utiliser M. Gabrieli comme rempart ? Après tout, ce dernier semblait tellement tenir au fait de l’aider… Bon ok, ce n’était pas très moral. Mais Ethan devait bien l’avouer, cette situation le faisait flipper maintenant. Allez, respire mon grand, tout va bien se passer. L'adolescent se reconcentra sur Charleen en face de lui qui lui souriait doucement. Elle n’avait pas l’air inquiète. Non, elle avait vraiment l’air sereine. Alors il avait tout intérêt à se concentrer sur elle. Elle reprit alors la parole pour s’excuser d’avoir crié et Ethan esquissa un léger sourire. A vrai dire, il était persuadé que si la situation avait été inversé, il aurait fait plus que hurler. Oui, il n’aurait clairement pas digéré que Charleen se mette en danger et l’empêche d’être là en cas de besoin. Mais on n’allait pas non plus lui demander d’être parfaitement rationnel, non ? Il avait agit sur un coup de tête. Il avait fait ce qui lui semblait être bien. Et il n’en voulait pas à son amie d’avoir réagit ainsi. Il la comprenait parfaitement. Elle avait eu peur, elle avait été frustrée… Et puis, ses mots le touchèrent. C’était idiot, mais cela lui faisait du bien d’entendre qu’il avait de la valeur aux yeux de quelqu’un. Il ne chercha même pas à réfuter les propos de la jeune femme. Il ne chercha même pas à lui dire qu’elle se trompait, qu’elle ne devait pas se soucier de lui, qu’il ne le méritait pas… Non, il accepta tout simplement ses mots. Et cela lui fit un bien fou, comme une nouvelle respiration, un nouvel élan.

“Je t’en veux pas, je comprends… Et désolé mais je crois que je recommencerais s’il le fallait. On est là pour se protéger l’un l’autre, non ?”

Oui maintenant c’était clair. Ils étaient là l’un pour l’autre et Ethan n’avait pas envie que cela change. Il afficha alors un sourire plus franc, plus assuré à Charleen. Décidément, il n’avait pas autant sourit depuis bien longtemps. Mais il ne s’en rendait même pas compte. C’était naturel. Il ressentait l’envie, le besoin de le faire alors il obéissait tout simplement. C’est alors que Charleen posa une main sur son épaule, puis une main sur sa joue. Ethan la regarda, sans trop comprendre puis… Ce fut le vide intersidéral dans son cerveau. Avant qu’il ne puisse comprendre, qu’il ne puisse anticiper ou se poser la moindre question, les lèvres de la jeune femme rencontrèrent les siennes. Et ça, il en s’y attendait pas. Le contact était agréable, il sentait son coeur s’affoler, son estomac se nouer… Il n’avait jamais pensé à l’embrasser. Il ne s’était jamais posé la question. Parce qu’après Jordane c’était quelque chose qu’il avait complètement laissé de côté. Il avait toujours vu Charleen comme son amie, comme celle avec qui il voulait passer du temps mais… Pourtant ce contact lui plaisait. Il se sentit alors rougir. Il attrapa doucement le poignet de Charleen et la fit reculer. Ok, il paniquait complètement.

“Écoute, je…”

Tu quoi, Ethan ? Il n’en savait rien justement. Il était juste complètement abasourdi par ce qu’il venait de se passer et n’avait aucune idée de comment il était censé réagir. C’était le vide. Le vide total. Et il n’était pas habitué. Le moins qu’on pouvait dire de lui c’était qu’il faisait partie de ces gens qu’on appelait les cérébraux. Dans sa tête, ça tournait toujours à plein régime. Il observait, il réfléchissait mais était un peu moins dans l’action. Alors oui, en cet instant, il était absolument incapable de savoir quoi faire et surtout, il ne comprenait pas pourquoi son cerveau avait si brutalement arrêté de fonctionner.

“Faut que je passe à l’infirmerie et après que je retourne en cours… On se voit plus tard.”

Ok, c’était lâche. Horriblement lâche. Mais il ne savait pas quoi faire d’autre. Ethan se recula alors, attrapa son sac puis, jetant un dernier regard à Charleen, il se mit à courir vers l’infirmerie. Oui, à courir, comme un enfant fuyant un monstre. Et en même temps, alors qu’il courait, il cherchait à donner un sens à cette accélération cardiaque. Il cherchait à faire repartir son cerveau. Parce qu’il ne comprenait pas. Parce qu’il était complètement perdu. Mais la seule chose qu’il arrivait à voir c’était le sourire de Charleen.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Hiboux postés. : 836
Date d'inscription : 30/10/2013
Crédits : me
Double Compte : Kezabel & Mateo & James & Leiv & Will & Margo & Leni



Voir le profil de l'utilisateur http://impero.superforum.fr/t2425-charleen-s-thomson-the-world-i
MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   Mar 16 Fév 2016 - 11:29

Le cœur qui bat si fort et cette impression d’étouffer et de respirer à la fois. J’ai des papillons au creux du ventre et le goût de ses lèvres me procure une sensation agréable, paisible, intimidante mais tellement apaisante que j’aimerais que ce geste dure longtemps. Une sorte de petite éternité qui n’appartiendrait qu’à nous.
Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de faire ce pas en avant, ni d’oser ce geste que je ne me serais jamais vu faire avant et pourtant, j’y suis. Main sur sa joue, à oser faire face à quelque chose que je désirais quelque part au plus profond de moi sans vraiment l’assumer. Et j’y suis bien, si apaisée…

Le contact se rompt brutalement lorsque ses doigts froids attrapent mon poignet pour m’écarter et surtout, me faire reculer. Je cligne des yeux et reviens à la réalité, complètement perdu parce le fait de l’avoir embrassé au point d’en oublier ce que j’étais entrain de faire. Surtout, avec qui et pourquoi. Comme si une bulle de coton nous enveloppait et que quoi qu’il se passe, embrasser Ethan n’avait rien d’un drame.
Mais maintenant, embrasser Ethan, prend tout son sens. Surtout lorsque je croise son regard affolé alors que le mien s’écarquille, prenant conscience de mon geste.

Pourquoi ce qui me paraissait une évidence il y a deux secondes, me tétanise maintenant ?
Peut-être parce que ces yeux me figent sur place, affolés et surtout, pleins d’incompréhension.
Qu’est-ce que je viens de faire ?

— Écoute, je…

J’ai une boule dans la gorge, le souffle court, le cœur prêt à se rompre et la seule chose que j’attends là, maintenant, c’est quelque chose de sa part. Un mot. Ou qu’il reproduise l’exactitude de mon geste et rien que cette pensée me redonne cette sensation de papillon au creux du ventre. Je ne sais plus si je dois le regarder ou détourner les yeux alors je décide de ne pas bouger et d’attendre. Attendre des secondes qui me paraissent durer une éternité.
Est-ce que je regrette ? Non. Je sais pas. J’aimerai retourner dans ses bras et fermer les yeux, fort. Pour oublier cette gêne qui commence à prendre racine chez moi.

— Faut que je passe à l’infirmerie et après que je retourne en cours… On se voit plus tard.
— Quoi ?

Je me redresse, piqué au vif et presque blessé.
Je le regarde reculer et prendre son sac.

— Non. Non attends Ethan, s’il te plait.

C’est un murmure, presque gémit et suppliant pour qu’il ne s’en aille pas. Pas comme ça, en me plantant là alors que c’est un ouragan qui mets mes idées en l’air, dans tous les sens et que je ne sais pas comment arrêter cette tempête que j’ai moi-même créer. Je me mords la lèvre alors que je le regarde s’éloigner avec un dernier regard, me donnant le furtif espoir qu’il se désiste, qu’il reste malgré ce que j’ai fait.
Le pire étant de le voir courir. Me fuir. Comme la peste, comme si je venais de l’insulter ou de… l’embrasser sans prévenir.
Une boule d’angoisse se créer au creux de moi, qui remonte lentement le long de ma gorge pour ensuite faire face à cette impression de vide douloureux. D’abandon et d’erreur. Etait-ce si terrible que ça ? L’embrasser lui a-t-il provoqué autant de dégoût et de peur ?

J’inspire, tremblante, essayant de ne pas perdre contenance mais entre ce qu’il vient de se passer avec Mia, Ethan et tout le reste, je n’ai plus l’impression de réussir à tenir debout, là tout de suite.
La première personne que j’ai besoin de voir en cet instant est Riley. La présence rassurante d’une famille, d’une sœur, qui saura peut-être m’éclairer ou tout simplement me remettre droite.

Je viens d’embrasser Ethan. Comme ça, sans prévenir. Et j’ai aimé, apprécié, j’en ai ressenti des frissons jusqu’à la racine des cheveux. Peut-être est-ce en ça que sa fuite est douloureuse, de prendre conscience que la réciproque n’est pas là. Ou tout du moins, n’en a pas l’air.
Qu’est-ce que tu t’imaginais Charleen ? Qu’il allait rester là, t’embrasser en retour et fin de l’histoire ?
Non, bien sûr que non.
Je ne sais plus très bien quoi penser de tout ça et encore moins, quoi faire.
Retourner en cours. Comme un automate. Ravalant mes larmes aussi et cette petite amertume, sans oublier cette peur brutale qu’il m’évite, me fuit et que je le perde.
Pour un baiser.

— FIN POUR MOI —
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan   

Revenir en haut Aller en bas
 
Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Qui ne connait pas la peur, ne connait pas le courage. - Ethan
» [Purge] La peur n'évite pas le danger, le courage non plus. Mais la peur rend faible, et le courage rend fort. [ Ombe Andersen / SungKyu Kim]
» Mais dis moi ? On se connait ? [PV Sophia]
» On connait la chanson
» Se connait-on vraiment, toi et moi ? [Glenichou]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Imperium™ :: Hogwarts' Inside :: Premier Etage.-
Sauter vers: