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 [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]

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MessageSujet: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Jeu 21 Jan 2016 - 12:52

~Samedi 14 mars - Début d’après-midi ~

Ça aurait pu être un samedi comme les autres. Ce jour où Emily devait désormais déborder d’adresse pour ne pas sombrer, pour ne pas se mettre à penser un peu trop fort. Pour ne pas être accaparée par ses démons. Un samedi où elle aurait été se promener dans les allées du Château, chercher du réconfort dans la musique ou dans les bras du Ricardo. Oui, cette journée aurait pu être comme beaucoup d’autres. D’ailleurs, en se levant ce matin-là, Emily ne sentit rien de ce qui se préparait. Elle avait réussi à dormir jusqu’à 9h et s’était alors levée pour aller prendre tranquillement son petit déjeuner et sa douche. Après un petit coucou à Cameron, elle était partie à la recherche de Ricardo mais sans grand succès. La jeune femme était donc retournée dans son dortoir, se disant qu’en plus s’il la cherchait, s’était le meilleur endroit pour qu’ils se retrouvent. Le reste du temps s’était écoulé entre ses compositions, ses quelques devoirs et un peu de lecture. Des choses simples, une matinée banale en somme. La demoiselle avait ensuite déjeuner dans la Grande Salle et avait décidé de faire un petit tour de Château. Comme avant. Lorsqu’ils étaient encore là et que son grand jeu était de passer des journées entières à errer entre ces murs. Errer simplement, regarder autour d’elle, offrir des sourires à ceux qui croisaient sa route. Simple. Banale. Ennuyeux. Trop ennuyeux pour son destin, pour celui qui s’était amusé à tracer le fil de sa vie. Trop ennuyeux pour durer.

Plongée dans ses pensées, Emily laissait son regard se promener sur les tableaux sans réellement les voir. Certains des personnages tentèrent d’ailleurs de l’interpeller, de la réveiller un peu mais sans grand succès. Au mieux elle adressait un sourire, sincère mais complètement déconnecté. Elle était sur sa petite planète intérieur et avait du mal à réellement voir ce qu’il se passait autour d’elle. Elle fut juste secouée à un moment par un vieux chevalier qui ne semblait pas apprécier qu’on passe à côté de lui sans plus de considération.

“Chère donzelle, je vous prierai de me prêter un peu plus d’attention.”

Emily s’était stoppée nette. Elle avait alors lancé un regard intrigué au tableau avant d’éclater de rire. Sauf qu’apparemment ce n’était pas du goût du preux chevalier qui se mit à râler de plus belle. Et bien évidemment, cela ne faisait qu’accentuer l’hilarité de la jeune femme. Autant dire qu’on était face à un véritable cercle vicieux. Et puis, aussi soudainement que le rire d’Emily était venu, il s’arrêta, net.

“Ah enfin vous prenez conscience de votre impolitesse !”

Ems ignora royalement les paroles du chevalier et se mit alors à avancer lentement. Elle avait entendu des voix. Un bruit étrange. Son regard croisa alors celui de plusieurs autres élèves. Non elle n’était pas folle. Il y avait bien un son qui venait de sortir d’on ne savait où. Des murs ? Petit à petit le son s’amplifia et il n’en fallut pas plus pour qu’elle comprenne. Ces voix elle les connaissait, elle aurait pu les reconnaître entre mille. Une boule se forma alors dans son estomac. Les paroles… Ces paroles aussi elle les connaissait. A l’époque où sa mère la considérait encore comme sa fille, elle lui avait raconté cette histoire. Le nœud se fit alors plus fort. Emily sentit la bile lui monter dans la gorge. Autour d’elle, les gens commençaient à sortir des salles, à se regrouper. C’était comme un bourdonnement sourd dans sa tête. Les voix, la musique, les paroles résonnaient. Et pourtant, il y avait aussi ce sifflement qui rôdait, cet espèce de carcan qui semblait avoir pris place autour de sa tête. De la colère ? De la rage ? La jeune femme se mit alors à regarder à droite et à gauche. Il y avait de plus en plus de monde. Non. Non. Elle ne pouvait pas supporter ça encore. Ses mains vinrent se plaquer sur ses oreilles alors qu’elle se courbait en avant. La douleur était littéralement entrain de lui vriller les tripes. Puis il y eut une main sur son épaule.

“Hé, ça va ? Tu es très pâle, tu devrais t’asseoir deux minutes.”

Emily avait relevé brutalement le regard. Elle connaissait ce garçon. Caem. Il l’avait déjà aidée une fois pendant l’Occupation. Son regard était calme, inquiet aussi. La cracmolle eut tout juste la force de secouer la tête. Puis, ce fut comme si elle perdait le contrôle de ses jambes. Sans qu’elle ne le calcule, sans qu’elle ne le comprenne, elle se mit à courir, se frayant un chemin dans la foule qui commençait à se former. Elle courrait, aussi vite qu’elle pouvait. C’était comme si c’était la seule façon pour elle de survivre. Courir. Courir encore et encore. Bien vite, Ems se retrouva hors du Château mais elle ne s’arrêta pas. Elle courut encore et encore jusqu’à trébucher et s’étaler de tout son long dans l’herbe. Avec le froid, elle était humide. Emily se redressa mais ne parvint à faire que quelques pas de plus. Elle s’arrêta alors près d’un buisson et vomit tout ce qu’elle avait dans l’estomac. Elle pu alors faire quelques pas de plus et se laissa lourdement tomber dans l’herbe. Hagard, elle resta quelques secondes immobiles avant de hurler. De hurler à la face du monde sa rage.

C’était clair maintenant. Son identité s’était noyée dans sa peur.


~Samedi 14 mars - Fin de journée ~


Quand Emily poussa finalement la porte du Château, l’obscurité était déjà tombée. Les lèvres violettes, le teint pâle, elle était littéralement congelée, son T-shirt et son jean n’étant pas adaptés aux températures encore bien fraîches. Mais ça n’avait pas d’importance. Autour d’elle l’agitation était en train de se faire. Elle ne comprenait pas trop, ne faisait pas attention. Jusqu’à ce que quelqu’un la bouscule. Elle releva alors la tête, le regard vide. Devant elle se tenait Julian. Cette dernière s’arrêta alors nette.

“Emily ça va ??”

La rousse s’était penchée vers elle. Ems secoua alors la tête. Passe ton chemin Julian, ça vaut mieux pour nous deux. Mais si les deux jeunes femmes avaient bien un point commun c’était qu’elles étaient aussi têtus l’une que l’autre. Ju’ se planta alors devant elle et la força à la regarder. Mais alors que leurs yeux se croisèrent, la rousse se recula finalement. Elle avait compris. Étrangement, elle n’avait eu besoin que de quelques secondes. Parce qu’elle avait déjà vu ce regard. Dans le miroir.

“Ricardo devrait être dans le coin si tu le cherches. Ils vont donner un concert puis il y aura une fête dans la Grande Salle…”

Julian se plaça alors sur le côté et laissa Emily passer. Elle ne lui avait adressé qu’un hochement de tête mais c’était tout ce dont elle était incapable. Et puis, les mots étaient inutiles. Elle savait. La métisse avança alors dans les couloirs et alors qu’elle s’approchait de la Grande Salle, la silhouette de Ricardo se dessina devant elle.

“Ne bouge plus.”

Sa voix était rauque, engourdie par le froid et ces longues heures de silence. Emily s’approcha alors lentement de Ricardo qui s’était retourné. Sa peau la brûlait, soudainement confronté à la chaleur du Château. mais elle s’en fichait. Comme de ses mains qui tremblaient. Comme de ses yeux qui montraient aux yeux de tous qu’elle était à terre. Il était trop tard pour faire semblant, trop tard pour prétendre que tout allait bien. Ems arriva alors à la hauteur de son petit-ami. Elle le regarda d’un air assassin.

“Comment as-tu pu me faire ça…”

Et sans même qu’elle ne parvienne à se retenir, son bras se leva et son poing se dirigea vers le visage de Ricardo. La rage sortait. Et quand elle l’aurait épuisée, il ne lui resterait plus que le vide.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Sam 6 Fév 2016 - 12:14

"Hors de question qu'Ems soit impliquée. Elle est pas en état en ce moment...
- Mais Ric...
- Elle va m'en vouloir, je sais."

Casey a l'air inquiète, à vrai dire, je le suis aussi, mais peut-être pas pour les mêmes raisons. Le chant repris par les patronus, je suis persuadé qu'elle sera incapable de même le fredonner en ce moment. L'idée d'un concert, je crois pas que ça soit envisageable non plus. Depuis le mois dernier, je vois bien comment elle se ferme, et porte ce masque neutre pour dissimuler ses émotions réelles. Je suis pas vraiment du genre à forcer à la confidence, ne serait-ce que parce que je serais le premier à envoyer chier celui ou celle qui tenterait de me faire ce coup-là, et je lui impose pas de mettre des mots là-dessus, même si je tente de nous ménager du temps pour jouer tous les deux au maximum. Je sais ce que c'est de garder les choses pour soi, je sais aussi qu'à un moment, ça a besoin de sortir, d'une manière ou d'une autre, et que pour ça, on a la musique, tous les deux. Ca n'empêche que l'acte de rébellion au vu de tous, ça reste trop tôt, j'en suis parfaitement conscient. Alors si je l'encourage à jouer quand on est tous les deux, si je reste auprès d'elle tant que je peux, même en silence, simplement parce que je veux qu'elle sache que je suis là pour elle, qu'elle n'ait pas le moindre doute quant au fait qu'elle puisse compter sur moi, il est hors de question de l'impliquer dans tout ça pour le moment. Lorsqu'elle voudra revenir - je ne doute pas une seconde que ça viendra, il lui faut seulement le temps d'encaisser tout ce qui vient de se passer, et je suis bien placé pour savoir que ça n'est pas quelque chose d'évident, n'est-ce pas ? - on sera tous prêts à l'accueillir à bras ouverts. En attendant, je mets un point d'honneur à ce qu'on lui fiche une paix royale, et les autres ont l'air de le comprendre au moins en partie. Même si la petite blonde a pas l'air sereine, donc.

Mon serpent s'est baladé avec ma voix sur cette vieille chanson, cet après-midi, et je mentirais si je disais que je ne pensais pas à elle. Ce soir, on va jouer, comme on l'avait prévu, et là encore, ce serait mentir que de prétendre qu'à aucun moment, je ne vais l'imaginer sur scène avec nous. Ce sont les voix de Lyn et Kay qui vont retentir, pourtant je suis prêt à parier que j'entendrai la sienne, avec les nôtres. Et que dans la foule, j'espérerai voir son visage. Et en même temps, je mentirais si je disais que je redoute pas le moment où mon regard va croiser le sien. Parce que je ne doute pas une seconde que ça ne va pas lui plaire, je crois qu'on en est tous conscients.

On s'affaire aux derniers préparatifs, et je fais des allées et venues vers la Grande Salle depuis un moment quand ce moment arrive. Elle est là, presque trempée, les lèvres bleues face à moi, me fusillant du regard.

“Ne bouge plus.”

A vrai dire, elle n'a pas eu besoin de le dire, je me suis stoppé net en la voyant. Et non, je n'ai pas l'intention de m'enfuir. J'entends sa voix rauque, et ça me fait mal de la voir dans cet état.

“Comment as-tu pu me faire ça…”

J'ai pas eu le temps d'esquisser une réponse que son poing s'est abattu sur le coin de ma gueule. J'aurais dû le voir venir, je suppose, mais j'ai même pas eu le réflexe de tenter d'esquiver. Je porte une main à ma joue endolorie une seconde par réflexe, le temps de reprendre parfaitement mes appuis et de la fixer à nouveau, prêt à arrêter son poing s'il s'élève à nouveau, à la maintenir s'il le faut. Celui-là, je l'ai un peu mérité, je suppose que d'autres seraient venus lui en parler, plutôt que de catégoriquement refuser qu'on la mette au courant. Je refusais seulement qu'elle souffre davantage que ce n'est déjà le cas, tant pis si ça ne plaît pas.

"Fais quoi ? T'éviter d'avoir à choisir entre deux mauvaises solutions ?"

Parce que c'est ça, au final. Si elle avait été mise au courant, elle aurait souffert si elle avait accepté de chanter avec nous, parce qu'elle n'est clairement pas en état de s'élever contre tout ça en ce moment. Outre le fait qu'il aurait fallu trouver un moyen de joindre sa voix à l'un de nos patronus, elle n'est clairement pas prête pour ça. Mais elle aurait tout autant souffert de renoncer à quelque chose qui la définissait jusque-là, elle aurait eu toutes les peines du monde à accepter de ne pas se battre, pour cette fois. Si elle avait refusé - ce que je crois que nous aurions tous pu comprendre - elle aurait fini par s'en vouloir, j'en suis persuadé. Alors elle m'en veut, très bien. Tant qu'elle ne s'en veut pas davantage à elle-même, ça me va.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Dim 7 Fév 2016 - 19:05

Elle l’avait frappé. Jamais Emily ne se serait crue capable d’une telle chose. Et pourtant, avant même qu’elle ait le temps de réaliser, de comprendre ce qu’elle venait de faire, son poing s’était abattu sur le visage de Ricardo. Jamais elle n’aurait voulu lui faire du mal. Le blesser ? Non, cela lui paraissait juste incroyable, idiot, impensable. Premièrement, elle n’était pas du genre à résoudre les conflits par la violence. Certes elle était impulsive mais aussi bien placée pour savoir que la violence physique ne faisait qu’attiser la colère. Ensuite, il n’était pas n’importe qui. Il n’était pas juste un mec parmi tant d’autres. Non, c’était bel et bien Ricardo qu’elle venait de frapper. Parce qu’elle était en colère. Comme rarement elle l’avait été auparavant. Quelque chose bouillait en elle, quelque chose qui lui brouillait la vue et lui donnait l’impression que plus rien n’était comme avant. Que même la chose la plus absurde pouvait trouver une justification. Elle était tellement en colère, qu’elle n’avait même pas ressentie de douleur dans la main après que ses phalanges aient rencontré le visage de son petit ami. Non, rien que cette colère froide et cette haine qu’elle lui hurlait en plein visage. Elle voulait juste lui faire comprendre comme elle avait mal. Comme, en quelques instants, elle avait vu son monde s’écrouler. Son identité, déjà fragile, venait complètement de se morceler et elle sentait déjà des bouts d’elle-même tomber lentement. Elle était entrain de tomber en lambeaux et c’était comme si Ricardo avait donné un grand coup de pied dans cet édifice déjà très fragile. Et les mots de son petit ami ne servirent à rien. Elle n’était pas prête à entendre raison.

« Ah oui bien sûr ! T’avais pas le droit de choisir à ma place ! »

Elle criait encore. Elle était juste incapable de parler calmement, de la prendre à part et de prendre le temps de discuter. Non, elle bouillait, il fallait que ça sorte et tant pis s’ils se donnaient en spectacle. Que les gens s’arrêtent, que les gens les regardent ça n’avait pas d’importance. Elle s’en fichait royalement. Emily s’était sentie trahie comme jamais. Elle avait tout simplement l’impression que Ricardo venait de lui prendre tout ce qu’elle avait. Parce que c’était son groupe. Elle avait eu l’idée folle de les rassembler, de faire de la musique contestataire. Et si elle était la première à ne pas vouloir être mise en avant, à considérer que c’était une œuvre collective quelque part… Oui une partie d’elle continuait de revendiquer que ce groupe était le sien, qu’il était l’essence même de son combat et qu’on venait de tout lui retirer en quelques instants seulement. Elle était en colère contre tous mais surtout contre Ricardo. Parce que sans même qu’il ait eu besoin de la confirmer, elle avait tout de suite compris que c’était lui qui avait choisi de la laisser dans l’ignorance. Et cela lui paraissait tout simplement incroyable.

« J’suis une grande fille, j’ai survécu avant de te connaître je te signale. T’as pas à prendre de décision à ma place, t’as pas… »

Emily serra les poings. Elle avait juste envie de le frapper encore une fois. C’était horrible, c’était mauvais mais la jeune femme avait juste l’impression de voir rouge. Cette colère qu’elle gardait depuis les dernières attaques était tout simplement en train de lui exploser à la figure. Tout cette rage contre un monde qui s’acharnait contre elle, qui ne cessait de l’enfoncer chaque fois qu’elle pensait avoir réussi à remonter à la surface. C’était toujours le même combat, toujours la même lutte. Ce battre pour avoir le droit de vivre. Ce battre pour avoir le droit d’être ce qu’elle était, une erreur génétique. Ce combat, elle le connaissait depuis toujours, elle s’était construite dessus, elle y devait chaque parcelle de sa personnalité. Et on venait de lui arracher, violemment. Parce qu’elle n’était pas assez forte, parce qu’elle devait être préservée ? Elle ne voulait pas entendre ces excuses là. Elle ne pouvait pas les entendre. Son esprit était fermé à toute justification du genre. Elle voulait juste hurler, frapper encore et encore.

« Vous m’avez tout pris ! Tout ! C’était mon combat et vous me l’avez arraché ! »

Les mots commençaient à sortir. Cette voix rocailleuse et cassée commençait à reprendre un peu de contenance. Mais pas forcément pour le meilleur. Emily était en train de péter un plomb. Son corps tremblait de colère et dans ses yeux, on pouvait voir qu’elle était en train d’exploser. Cet événement au final banal était l’élément de trop. L’élément qui venait de rompre l’équilibre fragile qu’elle avait tenté de mettre en place. Il venait de mettre à nu ces blessures qu’elle avait tenté de dissimuler pendant si longtemps.

« JE TE HAIS ! »

C’était sorti. Avec violence. Emily avait craché ces mots au visage de Ricardo. Est-ce qu’elle les pensait vraiment ? Certainement que non mais en cet instant elle en était convaincue. En cet instant, elle avait juste envie de tout balayer du revers de la main.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Lun 8 Fév 2016 - 17:35

C’est au bras de Kezabel que j’arrive dans la Grand Salle et c’est en lui déposant un bisou sur la tempe que je la laisse partir de son côté alors que je passe devant une fenêtre où je m’arrête.
Petit check up rapide du costume où je réajuste le col de ma chemise blanche et prend garde à ce que mon pantalon 7/8 ème ne déconne pas. Je n’apporte pas d’importance à l’allure mais quitte à être classe, autant l’être de la bonne manière. Je réajuste mes cheveux rapidement avant de partir vers la foule qui se rassemble déjà devant la scène. J’entends quelques murmures, ceux qui évoquent la possibilité d’un chant de la Résistance et je ne peux m’empêcher de penser à Emily. Est-ce que je vais la voir à l’œuvre sur scène ?
Il se pourrait bien que oui.
L’idée est séduisante même si elle me provoque certaines sensations que je ravale.
 
— Ouah Ora t’es mega canooooon !
 
Je me retourne, surprise.
Oh, des grumeaux !
 
— Merci ! Faut dire que t’es sacrément mignonne toi aussi. Tu vas en faire des jaloux Jackson.
— Non t’inquiète, la première règle c’est de ne pas faire foirer nos plans culs, ça devrait aller à ce niveau-là !
 
Ils sont sacrément beaux tous les deux, bras dessus, bras dessous, comme un vrai couple. Souriant comme des enfants.
Je ne manque pas de me souvenir que Zac’ doit présenter des excuses à Will et je refoule l’envie de lui demander directement à lui. Zachary est mon meilleur ami et je l’adore vraiment, mais il y a des choses que je ne peux pas laisser faire sans rien dire, surtout venant de sa part à lui. Il s’est comporté comme un enfoiré de première et j’ai pas hésité à le lui dire cash sans pour autant être mauvaise. Je sais bien qu’il est paumé, qu’il sait pas trop ce que ça vaut pour lui mais William n’a pas à pâtir de ça, comme personne d’autre d’ailleurs.
 
Même si à l’heure actuelle, je ne suis pas très bien placée en termes de « respect ».
Bref.
 
La lumière se tamise et nous nous retournons vers la scène où plusieurs personnes prennent place. Ceux que je devine être du groupe de la résistance, celui qui a été fondé par Emily. Je scrute la scène et la chercher automatique au niveau des guitaristes pour me souvenir qu’elle est en plein apprentissage avec Ricardo – digère ta boule de poil Ora, digère là – et donc, me dirige vers le micro pour le chant. Mais ça n’est pas elle qui se positionne. Ni face au micro, ni nul part ailleurs.
Je suis étonnée mais ne m’attarde pas plus sur ce détail, son absence étant sûrement due à mille et une raison. La chanson qui s’élève est touchante, en hommage à Megan mais aussi pour tout ce qui nous tombe sur le coin de la gueule depuis déjà un petit moment et pour tous ceux qui n’ont pas cette chance d’être avec nous. Ça m’éveille certains frissons d’émotions jusqu’à la dernière note que nous applaudissons tous en cœur pour ensuite poursuivre la soirée sur une note plus joyeuse.
Mais aussi sur une note alcoolisée puisque certains ont jugés bon de parfumer le jus de fruits…
 
Est-ce qu’il est utile de préciser à quel point Katherine est absolument ravissante, presque au point de me faire regretter de ne pas avoir tenté ma chance avec elle ?
Non hein.
Bon j’exagère. Pas sur le fait qu’elle soit ravissante, mais sur mes regrets. Elle est devenue une telle amie que désormais, j’ai du mal à m’y voir… Ouais non. Glauque. Dommage, mais glauque.
 
Je flâne, flirt de temps à autre, me voit même proposée de poursuivre la soirée ailleurs qu’ici après mon tour de garde, chose que je ne refuse pas, ni n’accepte, laissant planer le doute. J’aime le jeu et le jeu permet de s’oublier, ne serait-ce qu’un moment. Personne ne refuserait ça.
 
Verre fini à la main, je viens le jeter dans une poubelle, marchant droit vers Zachary qui semble passionné par ce que lui raconte cette jolie brune. A moins que ça ne soit son 95 D qui le passionne.
Je m’interpose en collant un bisou sur la joue de Zachary, passant mon bras autour de sa taille, un sourire très explicite sur les lèvres.
 
— Bah alors chéri, t’étais passé où ?
— Euh.. Je…
— C’est pas bien de m’allumer comme ça et de me planter. Je lui mordille rapidement le lobe de l’oreille, carnassière. Je commence sérieusement à m’impatienter…
— … J’vais vous laisser.
— Bonne soirée !
 
Je m’écarte presque aussitôt de lui, toujours sourire aux lèvres, trop fière de ma connerie. Faut dire que je cumule entre cette après-midi et ce soir…
 
— Putain mais t’es chiante ! Je l’avais presque dans la poche !
— Ouais sauf que ça fait dix minutes que je t’attends pour le tour de garde, donc désolé pour ce soir tu devras te la mettre derrière l’oreille mon coquinou.  
 
Il bougonne et râle pour la forme parce qu’il sait pertinemment qu’il suffira qu’il lui explique que non, cette nana en costard n’est pas sa meuf mais bien sa meilleure pote qui n’a que pour religion les femmes et les boobs. De toute façon, avec le regard qu’il a et sa belle gueule, il n’aura absolument aucun mal à la pécho une deuxième fois.
 
Arrivé au Hall, je me tourne vers lui.
 
— On fait chacun un côté ? J’prends le droit et toi le gauche ?
— Va pour ça. Et j’espère que tu tomberas que sur des p’tits cons pour les crasses d’aujourd’hui.
— Oh allez, tu ne vas pas me dire que ça ne t’as pas fait plaisir d’être coincé avec Katherine quand même…
 
J’hausse un sourcil, taquine et surtout, ne regrettant en rien ce que j’ai manigancé pour que ça arrive. C’est un premier pas pour amorcer le truc, faite-moi confiance sur ça.
 
— Allez go ! Envoi un patronus si besoin.
 
Et je lui pince la fesse droite en trottinant vers mon côté du couloir, tout en lui en voyant un baiser voler.
 
Bon, maintenant, suffit les conneries.
Je reprends mon sérieux, cherchant par réflexe ma baguette dans ma poche et l’y laisse après l’avoir senti du bout des doigts. Puis c’est mon zippo que je tente de trouver avant de me rappeler que ça n’est pas moi qui l’ai.
 
— J’suis une grande fille, j’ai survécu avant de te connaître je te signale. T’as pas à prendre de décision à ma place, t’as pas…
 
Je me fige un instant, sourcils froncés, mains toujours dans les poches alors que je déambulais dans les couloirs, vigilante. Cette voix, je la reconnais. Elle me plante une lame en plein creux de l’estomac et éveille un frisson silencieux.
Sauf qu’elle n’a plus ce même timbre doucereux, tendre, envieux. Une colère en émane, quelque chose de froid et de tremblant. J’accélère le pas, soucieuse. Parce que de 1) c’est inquiétant. De 2) je suis censé éviter ce genre de dérapé.
 
Quelques pas me suffisent, je déboule au détour d’un couloir…
 
— Vous m’avez tout pris ! Tout ! C’était mon combat et vous me l’avez arraché !
 
Surprise.
Deux pour le prix d’un. Emily et son mec, face à face.
J’analyse aussitôt la situation avec pour premier réflexe, faire demi-tour. Mais quand je vois les tremblements de ses mains et ce visage ravagé par la haine, je me déteste d’avoir eu cette idée aussi lâche que pathétique.
Désolée d’avoir eu envie de fuir de la voir face à son mec pour la simple et bonne raison que j’ai pas envie de foutre la merde. Le sort s’acharne contre moi.
Putain, Zac,’ t’as fait du vaudou à coup sûr pour te venger. Enfoiré.
 
— JE TE HAIS !
— Oh oh, on se calme !
 
J’interviens. J’ai pas le choix.
Parce que ça me fou les tripes en l’air de la voir dans un état pareil, tout comme de voir son mec face à elle, stoïque, essayant sûrement de ravaler je ne sais quelles sensations. Parce qu'Emily n'est pas seulement une nana qui m'éveille une envie brutale mais aussi une fille que j'aime bien, que j'apprécie réellement. Mais aussi parce qu'en plus d'assister à ça, les mots ne m'ont pas échappés. Je ne sais pas ce qu'il lui arrive, ni de quoi elle parle réellement mais il me suffit simplement de l'entendre et de la voir pour comprendre qu'elle est au bord de l'implosion. Manquerait plus qu’il soit au courant et ça va être la fête à la maison.
 
J’accélère le pas pour arriver jusqu’à, arrivant à leur hauteur

— Vous ne devriez pas être au bal tous les deux?

Ma voix se fait légèrement autoritaire puisque là est mon rôle de Prefet d'en premier lieu, rétablir l'ordre.
Coup d'oeil furtif à Emily dont les genoux son terreux, son visage humide jusqu'aux cheveux, la peau blanche, lèvres bleues … Première phrase d'inquiétude.
Regard vers Ricardo dont la mâchoire commence à prendre une teinte suspect.
C'est quoi ce bordel.

Je me tourne vers Emily et nos regards se croisent réellement pour la première fois depuis une semaine.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a un problème ?
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Mar 9 Fév 2016 - 11:08

La douleur irradie dans toute ma joue. Je pense pas que la mâchoire soit cassée, mais je vais en porter la marque sur scène, magnifique. Je crois qu'on évitera les choeurs, aussi. Mais à vrai dire, le plus douloureux, c'est pas le coup en lui-même, mais le fait qu'elle l'ait porté. La douleur et la rage qui transpirent d'elle, aussi. Je m'étais pas fait d'illusion quant au fait que ça ne lui plaise pas, c'était une évidence. Et j'assume parfaitement mon choix. Je crois cependant que je n'imaginais pas l'ampleur que pourrait prendre sa réaction - et c'est assez révélateur, n'est-ce pas ?

« Ah oui bien sûr ! T’avais pas le droit de choisir à ma place ! »

Elle crie. J'encaisse. Cette réaction-là était prévisible.  

« J’suis une grande fille, j’ai survécu avant de te connaître je te signale. T’as pas à prendre de décision à ma place, t’as pas…
- Je dis pas le contraire, je sais que t'es passée par beaucoup de merdes et que tu t'en es sortie. J'admire ça, même, mais à quel moment ça doit m'empêcher de vouloir te préserver d'une souffrance supplémentaire ?  »

OK, à la voir à l'instant, j'admets que le but est moyen atteint.  

« Vous m’avez tout pris ! Tout ! C’était mon combat et vous me l’avez arraché !
- Ton combat ? Donc, nous on est là pour te faire valoir ? T'étais pas toute seule dans l'histoire, Ems, et tu l'es toujours pas. Mais là maintenant, j'ai pas vraiment l'intention de te laisser te torturer davantage que tu le fais déjà. »

J'aurais bien rajouté que si moi j'avais pas été en état de monter sur scène, je suis persuadée qu'elle aurait été la première à faire en sorte de m'en tenir à l'écart et oui, moi aussi ça m'aura fait chier et sans doute qu'il m'aurait fallu du temps pour digérer, mais qu'à la finale,  j'aurais sans doute fini par comprendre que c'était pour mon bien. J'en ai pas eu le temps.

« JE TE HAIS !
- Ça fera  qu'un membre de plus au club...
- Oh oh, on se calme ! »

Autant vous dire que ça, ça me reste particulièrement en travers de la gorge. Je reste de marbre en apparence, je suppose que ça donne l'air que j'en ai rien à foutre. Mon ton de voix trop neutre depuis tout à l'heure, trop froid aussi. C'est pourtant parfaitement le contraire. Seulement j'ai jamais été super doué pour exprimer mon ressenti autrement que par la musique, et la présence d'une tierce personne à savoir ma préfète n'aide pas. C'est la voix d'Ora intimant le calme d'abord qui nous indique sa présence, ses pas dans ce couloir ensuite et son parfum qui parvient à mes narines quand elle arrive à portée.

— Vous ne devriez pas être au bal tous les deux ?

Pas de réponse de ma part. J'y serai sous peu, en effet. Sans le dernier éclat d'Emily, j'aurais sans doute pu demander aux autres de gérer sans moi - l'état aussi bien physique que psychologique de ma copine étant légèrement préoccupant - mais ces trois mots résonnent à mes oreilles, plus blessant que tout le reste.

— Qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a un problème ?

Est-ce que j'ai envie de répondre à cette question ? Non. Clairement pas devant une presque inconnue. Ora, c'est une camarade de maison, notre préfète et pour moi, c'est tout. Je suis bien évidemment très loin d'imaginer que c'est complètement le contraire les concernant toutes les deux.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Mar 9 Fév 2016 - 11:43

C’était comme si son cœur était dans un rouleau compresseur. Comme si de minute en minute, la pression sur sa poitrine se faisait plus forte. Elle allait étouffer à ce rythme. Elle ne serait bientôt plus capable de respirer, de reprendre son souffle et de parler. Pourtant jusque là elle arrivait encore à crier. A hurler sur Ricardo. La préserver d’une souffrance supplémentaire ? Le pire c’était qu’elle ne pouvait en aucun cas douter de ça. Il était un type bien, un type vraiment bien. Elle avait confiance en lui et pensait qu’il ne lui mentirait jamais. S’il l’avait fait, c’était sans doute pour une raison particulière. Mais là elle n’était pas en état de l’accepter. Parce que ça faisait trop mal. Parce qu’elle avait l’impression que chaque minute de plus était une privation d’oxygène supplémentaire. Elle n’en pouvait plus, elle n’y arrivait plus. Ems devait se rendre à l’évidence, tout ce qu’elle connaissait, toutes les barrières qu’elle s’était construites étaient en train de s’effriter petit à petit. Bientôt, elle serait comme un nouveau né sans défense, hagard devant un monde parfois bien trop compliqué. Mais pour le moment, elle criait encore, creusant sa propre tombe chaque seconde à peu plus. Non ce n’était pas que son combat et elle le savait très bien mais les mots de Ricardo furent comme une lame de plus. Il était honnête, il cherchait à la raisonner et elle se contentait d’une colère sourde… Il voulait la protéger mais elle n’arrivait pas à le voir, ne pouvait pas le voir. Elle avait besoin d’une situation manichéenne, d’un gentil et d’un méchant pour pouvoir exprimer sa colère sans aucun remord, pour pouvoir en vouloir à la Terre entière sans se remettre trop violemment en cause, sans accepter que tout venait de son refus de continuer la Résistance… Alors elle franchit une limite. Lui hurlant qu’elle le haïssait comme si sa vie en dépendait. Et alors qu’elle réalisait à peine ce qu’elle venait de dire, une fois se fit entendre.

Stop. Son coeur a loupé un battement. Emily ne bouge pas. Ora se rapproche. Au bal ? La jeune femme laisse échapper un rire sec. Un rire qui ne lui ressemble pas. Eux, au bal ensemble ? Oui ils devraient y être. Emily aurait dû monter sur scène avec Ricardo, chanter, jouer de la guitare puis aller dans avec lui, profiter et oublier un temps tout ce merdier. Elle aurait dû passer une soirée de rêve avec lui. Mais non, ils étaient là, dans ce couloir. Elle l’avait frappé, elle lui avait dit les pires horreurs. Un problème ? Mais non pas du tout. Ce n’était pas comme si le dernier point d’équilibre d’Emily venait de voler en éclat. Il ne manquerait plus que Cameron vienne lui dire qu’il était au courant de tout et là, ça serait vraiment la fin du monde. Respire Ems, respire. Tu dois pas exploser… Pas maintenant, pas devant ces deux là… Son regard croisa alors celui d’Ora. Stop. Emmène moi loin d’ici. Fais moi oublier tout ça. J’veux plus être raisonnable, j’veux plus réfléchir. J’veux juste que ça s’arrête.

“Non aucun problème. Rien qu’un léger désaccord.”

Ça sonnait faux et pourtant c’était dit. L’arrivée d’Ora avait mis un grand stop à sa colère ou plutôt, l’avait fait muter. Elle n’était plus explosive mais froide. Emily jeta alors un dernier regard à Ricardo puis tourna les talons et s’apprêta à retourner dans son dortoir. Il était hors de question qu’elle assiste à ce bal. Hors de question qu’elle les voit sur scène. Il lui avait tous menti. Ils auraient du lui en parler. En réalité non, ça aurait été pire encore mais dans l’état actuelle des choses, la cracmolle était tout bonnement incapable d’être objective.

Elle ne fit en réalité que quelques pas. Trois, peut être quatre, avant de se retourner vivement et de regarder Ora et Ricardo, l’un à côté de l’autre.

“En fait si y’a un problème. J’ai refusé de te trahir Ricardo. Parce que j’ai toujours eu confiance en toi, parce que notre relation c’est ça, de la confiance. Mais tu sais quoi ? J’ai été stupide.”

Stupide de croire que la vérité était toujours partagée, qu’il n’y aurait aucun mensonge entre eux. Emily ne s’était jamais comporté comme ça. La colère n’était pas son état naturel du moins pas envers ses proches. Contre les Supérieurs oui. Contre l’injustice oui. Mais jamais contre ceux qu’elle aimait. Mais là c’était différent. Tout avait explosé. Elle fit alors machine arrière et s’approcha des deux jeunes gens. Et puis, sans prévenir, elle posa une main dans la nuque d’Ora et l’attira à elle pour l’embrasser. Ça n’avait pas la même fougue, pas la même saveur que la dernière fois. Parce qu’il y avait de la colère et de la provocation dans son geste. Et pourtant. Pourtant Emily avait rêvé de cet instant sans vouloir se l’avouer. Elle se recula alors et regarda Ricardo droit dans les yeux. Des larmes s’étaient invitées dans ses yeux et coulaient lentement le long de ses joues.

“J’ai failli coucher avec Ora. Et j’ai tout arrêté, parce que je t’aime Ricardo. Mais ça je peux pas l’accepter. Tu sais à quel point c’est important pour moi, tu sais…”

Emily serra les poings.

“J’ai failli perdre Cameron pour tout ça ! Et toi, t’as agit dans mon dos en prétextant me protéger ? T’aurais dû assumer jusqu’au bout. “

Sa voix était brisée et tremblante. Les larmes continuaient de couler le long de ses joues. Elle avait l’impression qu’à tout moment ses jambes allaient lâcher. La tête commençait à lui tourner.

“Fous moi la paix maintenant….”
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Mer 10 Fév 2016 - 22:03

Je crois que l'atmosphère a jamais été si lourde autour de nous. Pas même lorsqu'on s'est rencontrés dans le grenier et qu'elle empiétait sur mon espace vital. Pas même le jour du concert privé qui a mis le feu aux poudres, où on s'est limite battus parce que je refusais qu'elle se mette en danger de façon irréfléchie. Rien de ce qu'on a pu vivre n'est comparable à cet instant, et je serre les dents. Pourtant, je ne changerais rien si c'était à refaire, parce que je refuse de la laisser se torturer alors que je peux l'empêcher. Tant pis si elle en vient à me haïr, comme elle le dit, j'ai l'habitude. Il y a sans doute plus de gens qui peuvent pas me voir dans ce château que le contraire. Quoi que la Résistance m'ait apporté plus de sympathie ces derniers mois que j'en ai eue pendant le reste de ma scolarité. Je mentirais si je disais que c'est facile à accepter, mais... Tant pis. Je préfère lui avoir évité ça et qu'elle m'en veuille plutôt que d'avoir fermé les yeux.

J'ai du mal à encaisser ce dernier éclat, cependant. Je te hais. Ca n'est pas rien, bien loin de là. Mais à peine la réplique presque réflexe passe la barrière de mes lèvres qu'on est rejoints par ma préfète, et il faut dire ce qui est, je suis déjà pas un garçon très ouvert de base, même entouré de mes proches, alors là, face à Ora, la question se pose pas : je risque pas un instant de me livrer davantage. Et à vrai dire, vu comme elle met les pieds dans le plat, je risque encore moins. Elle y peut rien, évidemment, elle ne peut pas savoir. N'empêche que sa réplique n'aide en rien, et mon mutisme s'oppose au rire sec d'Emily.

“Non aucun problème. Rien qu’un léger désaccord.”

Mutisme total. Ouais, c'est ça, un léger désaccord. Immobile, je la regarde tourner les talons, manifestement prête à mettre le plus de distance possible entre elle et moi. Et puis elle se ravise, nous dévisage une seconde avant d'exploser à nouveau.

“En fait si y’a un problème. J’ai refusé de te trahir Ricardo. Parce que j’ai toujours eu confiance en toi, parce que notre relation c’est ça, de la confiance. Mais tu sais quoi ? J’ai été stupide.”

Marrant comme je n'aime pas la tournure de cette phrase. Et je suis persuadé que je vais pas aimer la suite, que j'attends sans ciller, la laissant cracher tout ce qu'elle a à sortir. Elle a refusé de me trahir. C'était quoi, alors, la tentation qui aurait pu la faire succomber mais à laquelle elle n'a pas cédé ? Je serre les poings autant que ma mâchoire soudée depuis de longues minutes à présent. J'ai la réponse aussitôt, quand elle se jette presque violemment sur Ora, pour prendre ses lèvres de force, presque. Marrant comme beaucoup de mecs paieraient pour assister à ça. Personnellement, ça ne génère pas la moindre trace d'excitation. Ce geste n'est pas anodin, et je crois que je sais avant qu'elle le dise que la tentation se dresse juste à côté de moi. Je déglutis avec peine, ravale la rancoeur qui enserre chaque seconde un peu plus mon coeur.

Jusqu'à ce que son visage se tourne à nouveau vers moi. Je supporte pas de voir les larmes couler ainsi sur ses joues, et je suis partagé, l'envie de la prendre dans mes bras contrebalançant ma propre colère.

“J’ai failli coucher avec Ora. Et j’ai tout arrêté, parce que je t’aime Ricardo. Mais ça je peux pas l’accepter. Tu sais à quel point c’est important pour moi, tu sais…”

Foudroyé sur place. Confirmation de ce que je supposais, et je me demande si je dois les laisser, à présent. J'ai perdu ma place, donc, en voulant la protéger ? Je suis prêt à partir, et puis... Et puis ces mots : Parce que je t'aime. Peu m'importe qu'elle les hurle, peu m'importe même qu'elle se décide à me frapper à nouveau. Plus aucune chance que j'abandonne maintenant. Ces mots, je suis pas du genre à les prononcer très facilement. Manifestement, c'est pas vraiment dans sa nature non plus. Pourtant ils sont sortis, là, avec fureur, de façon purement réflexe.

“J’ai failli perdre Cameron pour tout ça ! Et toi, t’as agi dans mon dos en prétextant me protéger ? T’aurais dû assumer jusqu’au bout.
- Assumer quoi ? De risquer ta santé en plus d'avoir mis en jeu celles de Sean et Julian ?”

T'es pas la seule à avoir failli perdre quelqu'un, moi aussi ils ont tenté de m'enlever ma famille. T'es pas la seule à te poser un tas de questions, on arrive pas aux mêmes réponses, on fait pas le même cheminement, c'est tout. Je suis juste toujours pas très doué pour en parler, ça a jamais été mon fort, faut avouer.

“Fous moi la paix maintenant…
- Hors de question.”

Je vois bien qu'elle est au bord de la rupture, elle tremble comme une feuille, et outre les hurlements, ça fait un moment qu'elle a du mal à respirer normalement. Alors non, aucune chance pour que je tourne les talons et occulte ce qu'il se passe ici. Certainement pas après ce qu'elle vient de dire. Peut-être que j'aurais laissé Ora prendre soin d'elle, sinon. Peut-être que ça aurait sonné comme un aveu de défaite, d'ailleurs, mais après tout, si c'était ce qu'elles voulaient, qu'est-ce que je pouvais y faire ? C'était avant ces quelques mots particulièrement lourds de sens. Alors tu me frappes encore si tu veux, tu me gueules dessus plus fort que jusque-là si ça te chante, mais aucune chance pour que je te laisse dans cet état. Tout au contraire, je comble la courte distance qui nous sépare dans le but évident de venir la soutenir.

“Comment tu peux envisager une seconde que j'abandonne la femme que j'aime dans cet état ?”

Non, moi non plus, j'ai jamais prononcé ces mots jusque-là. Je suis pas sûr qu'elle soit en état de le réaliser, mais au fond je m'en fous. C'est la vérité, et c'est tout ce qui compte. Et je suis prêt à la rattraper si elle s'effondre - ce qu'elle semble réellement à deux doigts de faire à cet instant.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Mer 10 Fév 2016 - 23:49

C'est pas une situation dans laquelle j'aime me trouver. Vraiment pas. J'ai l'impression de nager dans une mare de tension et de haine et j'aurai très bien pu gérer cette crise sans aucune difficulté si Emily n'était pas dans l'équation. Je n'en suis pas amoureuse mais elle ne me laisse pas indifférente, pas depuis que nous avons joyeusement noués nos lèvres et nos corps il y a une semaine au point de me donner ce caprice purement humain de finir ce que nous avions commencé.
Et j'aurai très bien pu y arriver si EN PLUS DE CA, son mec n'était pas là.
Bordel de merde.

Prendre sur soi, jouer son rôle de Préfète en Chef, se murer derrière un masque qui ressemblerait presque à de l'indifférence pour ne rien trahir. Parce que j'ai pas envie de me retrouver mêler à cette querelle qui éclate et qui n'a pour moi aucun sens puisque je n'y est pas assisté depuis le début. La seule chose qui me perturbe profondément, c'est Emily et ses larmes. Emily et ses tremblements.
L'état d'Emily tout court.
Et Ricardo qui ne bouge pas, stoïque mais doit se faire un putain d'ulcère d'avoir entendu un magnifique « JE TE HAIS » digne de celui hurler par Anakin Skywlaker à Obiwan.
C'est drôle, c'est pas le moment, mais c'est la première image qui me vient à l'esprit. On s'détend comme on peut.

— Non aucun problème. Rien qu’un léger désaccord.
— J'en ai pas l'impression.

Je glisse les mains dans mes poches et attend un peu plus d'explication, comme demandée. Sauf qu'elle se tire. Comme ça, sans rien dire. Je ne bouge pas et reporte mon regard vers Ricardo. S'il se casse, je la suis. S'il ne s'casse pas... Je la suis quand même. Pour savoir ce qu'il se trame par ici et surtout, si elle va bien. C'est con à dire, mais je m'inquiète parce qu'elle est dans un état au bord de l'implosion et que nous savons tous à quel point il est mauvais de laisser quelqu'un dans cet état.

Emily se ravise, se retourne. Fusille Ricardo sur place. Puis me regarde.
Round 2 ?
Je sais pas où m'foutre.

— En fait si y’a un problème. J’ai refusé de te trahir Ricardo. Parce que j’ai toujours eu confiance en toi, parce que notre relation c’est ça, de la confiance. Mais tu sais quoi ? J’ai été stupide.

Ca pue. Vraiment, ça pue.
J'le sens pas, j'aime pas comment elle le regarde, j'aime pas la façon dont elle insiste pour lui dire qu'elle a refusé de le trahir. Et j'ai clairement envie de lui dire de se taire parce que, bordel, c'est pas le moment de lâcher cette bombe. Mes mains se crispent dans mes poches. Pas de connerie Emily.
Pas de connerie.

J'ai pas le temps de reprendre mon souffle. Pas le temps de la voir venir. Pas le temps de réagir.
Sa main sur ma nuque m’électrise de la tête aux pieds et de nouveau, je retrouve le goût de ses lèvres qui n'ont pas perdu de leur saveur, agrémenté d'un goût salé venant directement de ses larmes. Ca me colle un frisson le long des bras et me tord les tripes dans tous les sens. Un crépitement que je connais déjà trop bien se manifeste.
Une allumette lancée sur une flaque d'essence.
Tout reprend vie, ce brasier contre lequel j'ai lutté pour ne pas le laisser me bouffer de l'intérieur, vient tout simplement d'exploser et de reprendre sa place. Ça ne dure que quelques secondes et si ses gestes se font rageur, je n'ai pas pu empêcher l'une de mes mains de se poser sur sa hanche, par réflexe.
Connerie.
Il y a. Son. Mec. A. Côté.
MERDE.

Elle s'écarte. Je respire de nouveau. Je pige rien à ce qu'il se passe, ni pourquoi elle a fait ça devant lui. En réalité, je suis déconnecté, j'suis à dix milles lieux d'ici...

— J’ai failli coucher avec Ora. Et j’ai tout arrêté, parce que je t’aime Ricardo. Mais ça je peux pas l’accepter. Tu sais à quel point c’est important pour moi, tu sais…

… Et je reviens aussi sec. Comme si je venais de chuter face contre terre d'un 5ème étage.
Les choses ont du mal à se remettre en place pour qu'ensuite, tout devienne clair avec une foutue évidence. Emily vient de m'embrasser, par pure vengeance devant son mec. Lui disant explicitement qu'elle a faillit se taper une nana et que cette nana, eh bien bonjour l'ami, c'est moi. Ta préfète en Chef. Celle que tu croises au moins une fois par jours dans ta salle commune et qui est présentement entrain d'assister à une vraie mise en scène.
Si ça s'était arrêté là, j'aurai pu le digérer.
Mais se faire utiliser pour ça et l'entendre dire qu'elle l'aime ?
Magnifique soirée en perspective. C'est quoi la prochaine étape, on s'fait tous un câlin et on baise ensemble ?

Non j'suis pas en colère.
Regard vers Emily.
Putain, bien sûre que si, j'suis en colère.

— J’ai failli perdre Cameron pour tout ça ! Et toi, t’as agit dans mon dos en prétextant me protéger ? T’aurais dû assumer jusqu’au bout.
— Assumer quoi ? De risquer ta santé en plus d'avoir mis en jeu celles de Sean et Julian ?

Je sais pas ce que je fou ici, j'me demande pourquoi j'ai pas déjà prit le large en les plantant là tous les deux avant de moi-même faire une connerie. Si ma concentration était focalisée sur Emily et son état général et inquiétant, en cette seconde, tout se retrouve au second plan. La seule chose que je vois c'est que je ne suis qu'une pièce à conviction servant de preuve à la monumental connerie qu'Emily à faillit faire.
Elle n'avait pas le droit de m'arracher ce baiser comme ça. Pas ici, pas devant Ricardo.
Pas comme ça.

— Fous moi la paix maintenant…
— Hors de question.

Je fulmine en silence, les regarde tous les deux tours à tours, comme spectatrice d'une pièce de théâtre. Visage impassible, mâchoire serrée, je ne suis pas du genre à me laisser emportée et Merlin sait qu'il en faut des tonnes et des tonnes pour me foutre hors de moi.
Mais là, les choses sont différentes. J'aime pas qu'on m'utilise comme la preuve d'une erreur qu'on a pas commise par amour. Au passage, merci d'me le rappeler.

— Comment tu peux envisager une seconde que j'abandonne la femme que j'aime dans cet état ?

Coup de grâce. J'ai la gerbe.
Je n'ai même pas pu retenir ce rire sec, amer.

— Génial. Je baisse un instant le regard en secouant la tête, désabusée. Non mais vous gêné pas pour moi les gar.s. Pas d'problème.

Je lève les mains en signe de compréhension qui sonne aussi faux qu'un troll qui s'essaie au chant.
La colère est d'une telle violence que je ne sais pas comment la contenir, ni par où mes mots veulent commencer. Moi qui me sentait si à l'aise dans mon costard pas plus tard qu'il y a dix minutes, j'ai l'impression d'étouffer et d'être étriqué entre les tissus.

— Vous savez ce qui me fou le plus les nerfs ? J'ai ce sourire faux, crispé, cynique au possible. Mon regard glisse sur Ricardo, puis sur Emily. C'est que toi, tu ai... Je bloque. Inspiration. Putain sans déconner merde !

Je glisse mes deux mains dans mes cheveux, les ramenant en arrière marchant de long en large. J'ouvre la bouche, la referme. Prends une inspiration en me pinçant l'arrête du nez, main sur la hanche.
Long soupire.

— Non en fait, vous savez quoi ? Laisser tomber. Qu'est-ce que ça peut foutre de toute façon.

Putain ouais qu'est-ce que ça peut leur foutre de savoir ce que j'ai à dire ? Qu'est-ce que ça peut leur foutre de savoir que surtout, faut pas s'déranger pour moi même si j'ai clairement été utilisé pour prouvé que « Regarde, j'ai failli me taper cette meuf et histoire que tu le comprenne bien, j'lui roule une pelle mais si j'l'ai pas fais, c'est parce que je t'aime » et que le jeu du Roméo qui s'approche de sa Juliette avec ses allures de drame à la con qui, je site, ne veux pas abandonner la femme qui l'aime... Bah je sais pas, ouais j'me pose des questions. Tout ça, j'ai envie de le dégueuler droit sur le pavé mais je ne le fais pas.
Parce que ça sert à rien et ce, pour personne. De l'énergie perdue pour quoi ? Pour venir jouer les p'tites martyrs vexée d'avoir été une légère incartade ?
Non, ça c'est pas pour moi. Et j'ai pas envie de perdre mon énergie là-dedans.
Mon regard bleu et clair se braque dans celui d'Emily.

— Le plus enrageant là dedans c'est que même avec tout ça, j'regrette même pas d'avoir eu envie de toi et que pire encore, c'est toujours le cas. Regard vers Ricardo. Désolé mec, c'est pas contre toi mais j'vois pas pourquoi moi j'fermerais ma gueule.

Voilà, maintenant, j'me casse.

— Bonne réconciliation.

Froide et tranchante, je tourne sèchement les talons, prête à faire demi-tour sans accorder un regard de plus ni à l'un, ni à l'autre.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Jeu 11 Fév 2016 - 10:24

Pourquoi fallait-il que les gens insistent en permanence ? N’avait-elle pas été claire ? Emily avait juste envie de tout envoyer valser. Elle n’en pouvait plus. Et si son corps était dans un sale état, si la fatigue et le froid étaient en train d’avoir raison d’elle, elle ne lâcherait pas comme ça. Parce que ce n’était pas son genre. Parce qu’il en fallait plus pour la mettre à terre et la faire taire. Surtout maintenant. Surtout alors qu’elle avait enfin amorcé de cracher toute cette rage qui était en train de grossir en elle et de l’étouffer. Il fallait que tout sorte. Elle ne pouvait plus se permettre maintenant de s’arrêter en chemin, de hurler un petit coup puis de faire comme si rien ne s’était passé. Quand Ricardo évoqua Sean et Julian, elle le regarda de travers. Tu crois que c’est un concours ? Tu veux que je te liste tous les noms de ceux que j’ai vu crever, oui crever sous mes yeux. Lors de la rafle par exemple ? Ems serra cependant les poings et ne dit rien. Parce que ça aurait été injuste et mauvais. Parce qu’elle ne minimisait pas la souffrance de Ricardo et ne cherchait pas à savoir lequel avait un plus lourd poids sur les épaules. Alors elle ravala cette partie de sa colère. Parce qu’elle n’était pas justifiée, parce qu’elle n’était pas le noeud du problème. Puis il enchaîna. Refusant clairement de la laisser tranquille. La cracmolle se redressa alors légèrement et le regarda droit dans les yeux lorsqu’il lui fit déclara qu’il ne la laisserait pas tomber. Parce qu’il l’aimait. Oui ils ne se disaient jamais ce genre de chose. Parce qu’ils étaient aussi pudiques l’un que l’autre sur leurs sentiments. Et Emily ne doutait pas un seul moment de la sincérité de ce qu’il venait de dire, et pourtant…

“Si tu m’aimes alors laisse moi tranquille.”

C’était froid. Ça ne ressemblait pas à Emily. Du moins pas à la Emily enjouée et pleine de vie qu’elle affichait chaque jour. Mais ça avait une explication, un sens. Sauf qu’avant même qu’elle puisse s’expliquer, qu’elle puisse se faire comprendre, ce fut au tour d’Ora de perdre les pédales. La jeune métisse se tourna lentement vers elle et la dévisagea. C’est quoi ? Vas-y, dis le. Dis-moi ce que tu ressens. Ah, tu veux fuir ? Non, tout de même pas… Ems garda son regard rivé sur elle. Parce qu’elle savait qu’elle allait finir par cracher le morceau. Et elle eut raison. Son regard dans le sien, cet aveu. Cet aveu du fait qu’elle avait toujours envie d’elle. La cramcolle n’avait pas bougé d’un millimètre. Elle savait qu’après ça ce serait au tour de Ricardo de voir rouge et ça lui donnait juste envie de rire. Oui profondément envie de rire. Cette situation était absurde. Tout ça était absurde. La jeune femme se décida finalement à faire un pas en avant, alors qu’Ora semblait décidée à tailler sa route.

“Et tu comptes t’en aller comme ça ? Tu préfères choisir ma réaction à ma place c’est ça ?”

Un sourire cynique s’afficha alors sur les lèvres d’Emily. Ce n’était pas son genre. Elle, elle était une optimiste, elle faisait partie de ceux qui se refusaient au sarcasme. Qui préféraient la sincérité et la joie. De ceux qui croient encore à la vie alors qu’on passe notre temps à leur dire que ça n’a pas de sens, que le monde est pourri jusqu’à la moelle. Emily est de ceux qui même lorsqu’ils n’ont plus la force de se battre, continue à sourire et cherchent encore à trouver un sens à la vie. Mais là c’était trop. Il fallait qu’ils comprennent. Et pour ça il fallait que ça les marque. Qu’ils ne voient pas ça juste comme un pétage de plomb de la pauvre petite Ems qui a trop de poids sur ses épaules. Non ils devaient comprendre que tout ça sortait de ses tripes, du plus profond d’elle-même et qu’elle ne les laisseraient pas continuer comme ça.

“Vous en avez pas assez de choisir à ma place ? C’est ma vie et j’en fais ce que je veux. Personne ne doit décider pour moi si je prends ou non part à un concert. Personne ne doit décider pour moi si j’attache ou non de l’importance à quelqu’un.”

Emily regarda alors tour à tour Ricardo et Ora. Ça allait être froid et méchant. Violent même. Elle le savait très bien. Eux ne l’avaient peut être pas encore compris mais ils allaient devoir l’accepter. Parce qu’elle ne se tairait pas. Parce qu’elle n’ouvrirait pas la bouche pour faire plaisir à qui que ce soit. Parce qu’elle allait leur faire comprendre.

“Ricardo. Je t’aime oui. Mais là c’est trop. J’en peux plus que tu me regardes comme la pauvre petite victime. La pauvre petite Emily qui n’a fait que souffrir parce que ... Oh bah mince, c’est une cramcolle et la conjoncture actuelle n’aime pas les gens comme ça. Je ne suis pas une victime. Je suis à bout de forces oui, je sais pas si j’ai encore envie de me battre oui. Mais je reste une survivante, pas une victime. Arrête de me traiter comme telle. J’en peux plus de te regarder et de voir dans tes yeux de la pitié. Ça me donne envie de vomir. T’es l’une des meilleures personnes que j’ai rencontré ici pourtant et jamais je ne cesserai de le penser. ”

Pause.

“Ora. J’suis pas parfaite mais je t’ai pas utilisée. Et t’as pas le droit de me tourner le dos comme ça. Si je t’attire plus, si tu me détestes je l’accepte, mais pas parce que tu me prêtes des comportements. Pas parce que tu crois savoir pourquoi j’ai fait ça ou ça. Avec toi je me suis sentie vivante. J’avais l’impression d’être juste, une nana de mon âge, attirante et plaisante. Pas une fille marquée à blanc par cette bande de tarés. Alors si tu veux plus me vois, va-t-en mais je t’interdis de le faire parce que tu crois savoir ce que je pense de toi.”

Emily fouilla alors dans ses poches, mains toujours tremblantes. Elle finit par dénicher son paquet de cigarette et s’alluma une clope. Elle avait besoin de ça et n’en avait plus rien à foutre des règles et compagnie. En général elle les respectait sans sourciller, parce que c’était logique. Mais là elle était dans une autre dimension. Elle en avait besoin.

“J’ai pas envie de faire de mal à qui que ce soit. Mais j’ai besoin de vivre. J’ai besoin de respirer. J’en peux plus qu’on m’enferme, que ce soit pour me faire du mal ou soit disant pour mon bien.”

Sur ces mots, cigarette à la main, Emily tourna les talons. Elle avait dit ce qu’elle avait à dire. Elle avait été sincère mais aussi sèche comme jamais. Elle savait bien que quand tout serait retombé, elle chercherait un moyen de s’excuser et de renouer doucement les choses. Mais pour une fois, elle avait réussi à mettre des mots sur cette boule qui lui retournait l’estomac. Et enfin, elle arrivait à respirer.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Jeu 18 Fév 2016 - 8:23

Situation pourrie, ouais. Ma copine en train de péter les plombs, et ma préfète aux premières loges... Génial. Manquait plus que ça. Réaction réflexe, je me terre dans l'immobilité et le silence, les poings serrés, et répond de manière plus que succincte. Evidemment, Weaver n'est pas dupe quand Ems tente de noyer le poisson. Evidemment, elle ne bouge pas d'un poil, refuse de nous laisser sans avoir les explications demandées - rôle de préfète oblige, je suppose. J'hésite une seconde quand la métisse tourne les talons, sentant le regard de l'autre verte sur moi, mais j'ai pas vraiment le temps de réagir qu'elle a fait volte face pour nous fixer, l'un et l'autre... Et la suite ne me plaît pas le moins du monde. J'aime pas ce qu'elle dit, j'aime pas la voir embrasser quelqu'un d'autre, rien à foutre que ça soit une nana ou un mec, j'aime pas la réaction de ma préfète, ou plutôt son absence, ni cette main sur la hanche de ma copine. J'aime pas qu'elle me dise qu'elle m'aime juste pour souligner que manifestement, moi pas suffisamment. Première réaction cinglante quand elle évoque Cameron. Certes. Et puis quoi ? On souffre tous, ici, on a tous souffert, ça n'excuse rien. J'aime pas la tension qui monte encore d'un cran, alors que putain je fais vraiment des efforts pour pas juste céder à ma propre colère et tout envoyer bouler parce que merde, on me parle pas comme ça. Et on me trahit pas comme ça non plus.

Et le rire de ma préfète n'aide pas. Sec. Froid. Ouais t'es en rogne, au fond je pourrais comprendre. Mais pas là.

— Si tu m’aimes alors laisse moi tranquille.

Tu crois vraiment que ça va marcher, ça ?

— Génial. Non mais vous gêné pas pour moi les gars. Pas d'problème.

Regard noir. Tes sarcasmes, tu les gardes pour toi, tu veux ? C'est pas vraiment le moment, je sais pas si t'as remarqué.

— Vous savez ce qui me fou le plus les nerfs ? C'est que toi, tu aies... Putain sans déconner merde ! Non en fait, vous savez quoi ? Laisser tomber. Qu'est-ce que ça peut foutre de toute façon.

Je détourne presque aussitôt mon attention. Vas-y fais ta crise si tu veux, qu'est-ce que tu veux que j'y fasse... T'as raison, personnellement, j'en ai pas grand chose à foutre.

— Le plus enrageant là dedans c'est que même avec tout ça, j'regrette même pas d'avoir eu envie de toi et que pire encore, c'est toujours le cas. Désolé mec, c'est pas contre toi mais j'vois pas pourquoi moi j'fermerais ma gueule.
— Désolé Weaver, mais pour le moment vois-tu, ta frustration, c'est le cadet de mes soucis.

Réflexe. Mesquin, ouais, je sais. Je suis même pas vraiment désolé. T'as failli te taper ma nana, désolé de pas vraiment compatir à ça, j'aime pas trop qu'on touche à mes affaires vois-tu. Et non, je ne sous-entends pas qu'Emily est une chose qui m'appartienne, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je suis peut-être juste un peu possessif, c'est tout.

— Bonne réconciliation.

Ouais, c'est ça. Sauf que c'est mal barré pour la réconciliation, je sais pas si t'as vraiment assisté à la même scène que moi, mais apparemment pas trop là. Regarde nos tronches. Regarde sa réaction. Ecoute ses mots. Marrant comme j'ai pas la même impression sur tout ça.

— Et tu comptes t’en aller comme ça ? Tu préfères choisir ma réaction à ma place c’est ça ? Vous en avez pas assez de choisir à ma place ? C’est ma vie et j’en fais ce que je veux. Personne ne doit décider pour moi si je prends ou non part à un concert. Personne ne doit décider pour moi si j’attache ou non de l’importance à quelqu’un.

Sur ce dernier point, merde quoi, à quel moment on t'a imposé tes sentiments, bordel ?! Je sais d'avance quand elle se tourne à nouveau vers moi que ça va - à nouveau - pas me plaire, et si j'étais tendu jusque là, c'est pire encore à cet instant.

— Ricardo. Je t’aime oui. Mais là c’est trop. J’en peux plus que tu me regardes comme la pauvre petite victime. La pauvre petite Emily qui n’a fait que souffrir parce que ... Oh bah mince, c’est une cramcolle et la conjoncture actuelle n’aime pas les gens comme ça. Je ne suis pas une victime. Je suis à bout de forces oui, je sais pas si j’ai encore envie de me battre oui. Mais je reste une survivante, pas une victime. Arrête de me traiter comme telle. J’en peux plus de te regarder et de voir dans tes yeux de la pitié. Ça me donne envie de vomir. T’es l’une des meilleures personnes que j’ai rencontré ici pourtant et jamais je ne cesserai de le penser.

Sérieusement ? C'est réellement ce que tu crois que je pense de toi ? Mutisme total. La colère gronde en moi, et si j'essaie encore de la faire taire pour pas envenimer davantage les choses, je sens bien que c'est mal barré. J'entends Ems s'adresser à Ora et ça non plus, ça me plaît pas. Pas du tout même. T'as raison, je te vois que comme une victime, bien sûr. Et tu te sens vivante avec elle, hein ? Je dois en conclure quoi, là ?

— Ora. J’suis pas parfaite mais je t’ai pas utilisée. Et t’as pas le droit de me tourner le dos comme ça. Si je t’attire plus, si tu me détestes je l’accepte, mais pas parce que tu me prêtes des comportements. Pas parce que tu crois savoir pourquoi j’ai fait ça ou ça. Avec toi je me suis sentie vivante. J’avais l’impression d’être juste, une nana de mon âge, attirante et plaisante. Pas une fille marquée à blanc par cette bande de tarés. Alors si tu veux plus me vois, va-t-en mais je t’interdis de le faire parce que tu crois savoir ce que je pense de toi.

Emily fouilla alors dans ses poches, mains toujours tremblantes. Elle finit par dénicher son paquet de cigarette et s’alluma une clope. Elle avait besoin de ça et n’en avait plus rien à foutre des règles et compagnie. En général elle les respectait sans sourciller, parce que c’était logique. Mais là elle était dans une autre dimension. Elle en avait besoin.

— J’ai pas envie de faire de mal à qui que ce soit. Mais j’ai besoin de vivre. J’ai besoin de respirer. J’en peux plus qu’on m’enferme, que ce soit pour me faire du mal ou soit disant pour mon bien.
— Raté.

Elle a allumé une clope et prend manifestement la sortie. Et moi je pète les plombs à mon tour. Sauf que plutôt qu'un éclat vif comme elle a pu le faire tout à l'heure, c'est un regard noir et un ton froid qui en témoignent.

— Je pense pas me planter en affirmant que t'as foiré ton coup, et que ça vaut autant pour elle que moi. Tu voulais pas faire de mal à qui que ce soit ? Raté.

Ouais parce que ça me plaît pas, et une part de moi en veut à ma préfète, mais une autre comprend assez bien comment elle peut pâtir de cette situation, de la façon dont les choses se sont passées avec Ems. A vrai dire, à sa place, je serais vraiment pas prêt à pardonner ce genre de choses.

— Et donc, tu nous en veux de "choisir pour toi" pour reprendre tes termes, mais c'est normal que tu lui interdises de voir les choses de telle ou telle manière ?

A aucun moment ma voix ne prend plus d'ampleur. Un sifflement insidieux, assénant chaque mot de façon doucereuse, et pourtant violente. Je suis pas un mec très conciliant, j'en conviens, et pourtant je m'efforçais de prendre sur moi, jusque là, mais là c'est fini, je peux plus prendre sur moi et tenter d'arrondir les angles, c'est pas dans ma nature de base.

— Si tu crois vraiment chaque mot que tu viens de prononcer, c'est que tu ne me connais sans doute pas aussi bien que tu veux le croire. Ca n'a rien à voir avec de la pitié. Mais ça n'a pas d'importance, n'est-ce pas ? Je ne vais pas t'imposer ce que tu dois penser de moi, n'est-ce pas ?

Renâclement mauvais.

— D'ailleurs, je vais rien t'imposer du tout. Pas même ma présence, puisque manifestement, tu ne te sens pas vivante autrement qu'avec Weaver.

Regard furtif vers ma préfète. Tu vas pas aimer, je me doute, mais je te rassure, j'aime pas non plus ce qui vient de se passer, j'aime pas cette sensation détestable d'être pris pour ce que je ne suis pas. J'aime pas qu'on me prête des intentions, d'autant moins quand elles sont à mille lieues de la réalité. J'en ai rien à foutre de mon sang, du sien, de celui de qui que ce soit. J'en ai rien à battre qu'elle ne puisse pas utiliser la magie comme je peux le faire avec ma baguette. Et j'aime pas savoir que la fille que j'aime se sentait mieux avec quelqu'un d'autre qu'avec moi, même l'espace d'un instant. J'aime encore moins que ces mots-là, qui sont pourtant pas vraiment dans le registre "super facile à sortir" pour moi soient sortis maintenant, au milieu de tout ce bordel. Et j'en ai ma claque, et clairement pas envie de rester une seconde de plus au milieu des deux presque amantes.

— Maintenant excusez-moi, mesdemoiselles, mais j'ai un concert à assurer. Ta place y est toujours, t'en fais bien ce que tu veux. C'est ce qui compte, n'est-ce pas ?

C'est mesquin, encore, oui, je sais. Désolé, je suis loin d'être parfait.

Et bon courage pour gérer les choses entre vous, moi j'ai ma dose, je me casse. Tu vas pas m'imposer de rester non plus, hein ?

Et si mon poing s'est pas abattu sur un mur entre temps, c'est bien parce que j'ai besoin de toutes mes phalanges pour jouer de la guitare... Je craquerai sans doute plus tard, après le concert, une fois que je serai seul quelque part, loin des oreilles et des regards de qui que ce soit. Pour l'instant va déjà falloir que j'assure sur scène et que je rassure une blondinette dont j'imagine déjà les yeux ronds quand elle va voir ma mâchoire violacée, c'est largement bien assez à gérer pour moi.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Jeu 18 Fév 2016 - 14:38

— Et tu comptes t’en aller comme ça ? Tu préfères choisir ma réaction à ma place c’est ça ?

Quand vous êtes entrain de lire un bouquin et que le héros décrit cette sensation d’avoir de la glace pilée qui se glisse droit dans ses veines, que son corps se fige, se crispe, se tétanise. De surprise puis de colère. Vous êtes loin de vous imaginer que c’est exactement ce que vous allez ressentir lorsque cette fille vous interpelle, vous donnerait presque un ordre accusateur.
Et il ne s’est écoulé qu’une seule seconde avant que je ne me retourne vivement, sourcil froncé, visage tendu vers elle comme si j’avais pas compris ce qu’elle venait de me cracher à la gueule.

— Pardon ? MOI choisir à TA place ? Eh, j’m’appelle pas Ricardo, ok ? Mélange pas tout.

Putain non, mélange pas tout. J’ai pas décidé à TA place de ne pas t’inclure à ce concert de résistant.
J’ai pas choisi à ta place de savoir si oui ou non tu serais apte psychologiquement à chanter sur scène.
Donc non, je ne m’appelle pas Ricardo et je ne suis pas ton mec. Donc je me casse si je veux et j’vous emmerde.

J’ai tellement envie de cracher ces mots, les gueuler, leur claquer à la gueule mais je n’en ai pas le temps puisqu’Emily n’a rien fini de ce qu’elle veut nous dire. A tous les deux. J’ai conscience qu’elle nous pète un boulard et qu’elle est sérieusement entrain de craquer, mais la situation dépasse tout entendement. J’ai l’impression de me retrouver dans un film de série B avec une histoire prévisible dès les premières minutes de diffusion.
Et ravale-moi ton putain de sourire.

— Vous en avez pas assez de choisir à ma place ? C’est ma vie et j’en fais ce que je veux. Personne ne doit décider pour moi si je prends ou non part à un concert. Personne ne doit décider pour moi si j’attache ou non de l’importance à quelqu’un.

... Ok. A quel. Moment. De cette putain. De soirée. J’ai décidé. A sa place.
Et j’entrecoupe mes phrases, si je veux.
Je suis d’une fureur rare, moi qui ne me défais jamais de mes sourires, de mon optimisme et de ma manière de relativiser les choses. Hors ici, j’ai l’impression d’être tombée dans un traquenard, incluse dans des accusations qui ne sont pas pour moi.
Je comprends qu’elle veuille qu’on lui foute la paix mais n’est-ce pas justement ce que je fais depuis le début ? Si elle a un merdier à régler avec Ricardo, soit, c’est pas la joie, c’est la merde mais moi j’y suis pour rien, j’ai rien à foutre là.

Et pourtant, je reste là à assister à cette situation plus que désastreuse.
Ok, puisqu’elle veut que je l’écoute, d’accord. Restons entre ce mec et sa meuf, celle que j’ai failli joyeusement me taper une semaine plus tôt mais qui, grâce à un cas de conscience, s’est ravisé. Tu devrais être content, non ? Si ça c’est pas une preuve d’amour putain, j’m’appelle chewbacca.

Et cette phrase : « Vous n’en avez pas assez de choisir à ma place ? »
Elle me colle un ulcère.

Mais puisque je dois me retrouver en sandwich et jouer le fromage/jambon entre deux tranches de pains qui se pourrissent la gueule, SOIT.
Je frotte mes mains l’une contre l’autre avant de les passer sur mon visage.
On respire. Maitrise de soi. Tu te défouleras plus tard.

— Ricardo. Je t’aime oui. Mais là c’est trop. J’en peux plus que tu me regardes comme la pauvre petite victime. La pauvre petite Emily qui n’a fait que souffrir parce que ... Oh bah mince, c’est une cramcolle et la conjoncture actuelle n’aime pas les gens comme ça. Je ne suis pas une victime. Je suis à bout de forces oui, je sais pas si j’ai encore envie de me battre oui. Mais je reste une survivante, pas une victime. Arrête de me traiter comme telle. J’en peux plus de te regarder et de voir dans tes yeux de la pitié. Ça me donne envie de vomir. T’es l’une des meilleures personnes que j’ai rencontré ici pourtant et jamais je ne cesserai de le penser.

Too bad.
Moi j’ai ma frustration que j’peux me carrer au cul – et honnêtement, c’est mérité, ça n’avait rien à foutre là – et toi, tu te manges le pavé de la honte dans la gueule. Et je comprends Emily, j’ai suffisamment de lucidité pour entrevoir quelques brides de raisonnement. A sa place, j’aurai aussi cogné Ricardo et pas qu’une fois parce que s’il y a une personne sur terre qui peut se permettre de prendre des décisions à notre place ; c’est nous-même.
Puis elle se tourne vers moi et là, je marque la surprise. Quoi, encore des choses à me dire à moi ?

— Ora. J’suis pas parfaite mais je t’ai pas utilisée. Et t’as pas le droit de me tourner le dos comme ça. Si je t’attire plus, si tu me détestes je l’accepte, mais pas parce que tu me prêtes des comportements. Pas parce que tu crois savoir pourquoi j’ai fait ça ou ça. Avec toi je me suis sentie vivante. J’avais l’impression d’être juste, une nana de mon âge, attirante et plaisante. Pas une fille marquée à blanc par cette bande de tarés. Alors si tu veux plus me vois, va-t-en mais je t’interdis de le faire parce que tu crois savoir ce que je pense de toi.

J’arque un sourcil.
Est-ce que j’ai pas été clair quand je lui ai dit que j’avais envie d’elle ? J’veux bien croire que la situation est merdique pour elle et pour Ricardo, mais moi j’devrais dire quoi quand j’vois cette nana s’énerver comme une furie contre son mec, venir me rouler et une pelle et ensuite dire toute ces choses ? Ouais, désolée, j’suis pas dans ta tête, j’peux pas deviner les choses et si je te tourne le dos, c’est de mon propre chef, pas parce que j’veux prendre une décision pour quelqu’un d’autre.
« Tu n’as pas le droit de… »
J’ai tous les droits, mes décisions sont miennes, si j’ai envie de me tirer je le fais et ça, personne n’y changera quoi que ce soit.
Et à côté de ça, t’as tout ce qu’elle me balance à la gueule en parfaite contradiction avec mes états. Vivante, attirante, plaisante, c’est effectivement ce qu’elle est pour moi. Je n’en suis pas amoureuse, je n’irai pas jusqu’à dire que je tester un truc avec elle mais il est évident que charnellement, ça match, qu’il y a un truc qui demande simplement à être assouvi au moins une fois. Au-delà de ça, je l’apprécie, c’est une évidence. Et je crois même qu’on aurait pu être bonne pote. Voir qu’on pourrait, quand tout sera redescendu.
Elle pète son câble, j’ai envie de lui dire qu’elle est vraiment relou, là tout de suite et c’est ce que je lui aurai claqué si je n’avais pas deviné que les choses vont bien au-delà d’un caprice existentielle. Elle va mal, elle craque, peut-être à cause des derniers évènements. Sûrement à cause de ça. De ça et de son mec, de ce putain de concert qui était censé être un bel hommage dont elle a été écartée et dont je comprendre la frustration et la haine. Personne ne peut lui en vouloir de ça.
Et je me demande ce qu’il se passe dans la tête de Ricardo qui blanchit de rage, il transpire la colère et je reste sur mes gardes. Il serait capable de m’en coller une dans la gueule et je ne le laisserais pas faire puisque j’ai rien à me reprocher. Mais entendre de la bouche de sa meuf qu’elle s’est sentie ivre de vie et désirée par quelqu’un d’autre que lui c’est que clairement, y a quelque chose qui merde quelque part.

— J’ai pas envie de faire de mal à qui que ce soit. Mais j’ai besoin de vivre. J’ai besoin de respirer. J’en peux plus qu’on m’enferme, que ce soit pour me faire du mal ou soit disant pour mon bien.
— Raté.

Ce que je digère le plus mal dans l’histoire c’est d’être mêlé à un truc qui ne me concerne pas, qui ne me regarde pas. Tout ça me dépasse et j’ai envie de faire demi-tour, continuer ma ronde, les oublier et me perdre ailleurs que dans un ramassis de tension haineuse. Mais je reste, mon regard glisse vers Ricardo qui ouvre la bouche pour la première fois depuis tout à l’heure.  
Une clope, moi aussi j’en aimerai bien une.

— Je pense pas me planter en affirmant que t'as foiré ton coup, et que ça vaut autant pour elle que moi. Tu voulais pas faire de mal à qui que ce soit ? Raté.
— Ohohoh ! Parle pas pour moi, j’ai rien dit. C’est quoi cette manie de m’impliquer dans votre truc là bordel.

Sans déconner, vous voulez pas me lâcher 5 minutes ? Juste le temps que je reprenne un peu la situation entre les bras et que j’essaie de la gérer comme un préfète doit le faire. Même si ça va au-delà de ça puisque je suis impliqué pour l’avoir embrasser.
Mais pas pour avoir prit une décision.

— Et donc, tu nous en veux de "choisir pour toi" pour reprendre tes termes, mais c'est normal que tu lui interdises de voir les choses de telle ou telle manière ?

J’ouvre la bouche et la referme.
Il marque un point.

— Si tu crois vraiment chaque mot que tu viens de prononcer, c'est que tu ne me connais sans doute pas aussi bien que tu veux le croire. Ca n'a rien à voir avec de la pitié. Mais ça n'a pas d'importance, n'est-ce pas ? Je ne vais pas t'imposer ce que tu dois penser de moi, n'est-ce pas ?

Je me passe une main sur le visage, face à son discours.
C’est foutu, clairement pour ce soir, c’est foutu. Il n’y aura plus rien à en tirer ni de lui, ni d’elle. Ils sont trop bouffés par la haine, les accusations et les besoins pour réussir à avoir une vision claire sur la situation. Quand à moi, je ne bouge pas et assiste toujours au désastre. Ca va péter avant même que qui que ce soit n’ait eu le temps de fuir.
J’ai rien avoir avec leur règlement de compte mais mon rôle m’impose de rester, pour s’assurer que personne ne va se taper sur la gueule… Mais aussi parce qu’Emily est au bord de la crise d’hystérie. Et que Ricardo va se liquéfier en un amas de lave si ça continue.

— D'ailleurs, je vais rien t'imposer du tout. Pas même ma présence, puisque manifestement, tu ne te sens pas vivante autrement qu'avec Weaver.

Uppercut, sonné par KO.
Et le pire étant que j’peux et ne veux pas l’ouvrir. J’ai rien à dire sur le sujet parce que c’est pas à moi de le faire…
Génial, maintenant je culpabiliserais presque de le faire sentir comme ça. Bon, c’est pas comme si je l’avais voulu ni comme si j’étais la cause de l’état de nerfs d’Emily mais ça m’emmerde de ... Rah fait chier.

— Maintenant excusez-moi, mesdemoiselles, mais j'ai un concert à assurer. Ta place y est toujours, t'en fais bien ce que tu veux. C'est ce qui compte, n'est-ce pas ?

Génial. Au top de la mesquinerie, ils sont tous les deux chauffés à bloc.
Je tiens l’arrête de mon nez entre mes doigts, main sur la hanches alors que je le regarde partir.
Quelle merde. Vraiment.
Et j’attends de voir si Emily va le retenir. Une seconde.
Puis deux.
Puis rien du tout. Il est déjà partie à l’angle, elle ne bouge pas.
Je lâche un soupire en me passant pour la 150ème fois les mains sur mon visage et dans mes cheveux, regard vers le ciel.
Ok, maintenant je fais quoi ?

Je laisse passer un silence, m’approche d’Emily et lui choppe sa clope que je place entre mes lèvres, sans lui demander son avis. J’crois qu’à ce stade, on s’en branle un peu.
Je fais quelques pas, tire une première latte avant d’expulser la fumée, réfléchissant à plein régime.
En fait non, parce que j’y arrive pas. Trop de bordel là-dessous. Leur couple merde visiblement et je ne sais pas pour quelles raisons Emily se sent plus vivante avec moi plutôt que lui et je ne sais pas si j'en suis contente ou désolée. Parce qu'on aurait pas du en arriver à ses extrémités là.
Deuxième latte. Deuxième expiration.

— J’veux qu’on soit claire sur une chose toi et moi.

Je tiens ma cigarette entre l’index et le majeur et me gratte la tempe du pouce, défaisant d’un geste sec le premier bouton de ma chemise.
J’étouffe.

— Je ne t’ai jamais rien imposé et ne t’impose rien. Que ce soit lui ou toi, j’ai pas à être mêlé à cette histoire de prise de décision pour l’autre. Jusqu’à preuve du contraire, à part avoir voulu me tirer pour avoir constaté visuellement une situation, j’t’ai pas mis le couteau sous la gorge pour quoi que ce soit.  

Ça, c’est pas le genre de meuf que je suis. Si je déteste déjà moi-même qu’on agisse pour moi alors ça n’est pas moi qui vais le faire en retour.

— Tes décisions tu les prends seule, t’es une grande fille, t’as ton libre arbitre. Si t’as envie de renvoyer chier le monde entier, t’as qu’à le faire, le choix n’appartient qu’à toi.

Troisième bouffée. Et putain que ça fait du bien.
Je m’approche à nouveau d’Emily, les cheveux défaits, me sentant beaucoup moins classe que tout à l’heure dans ce costume que je veux jeter à la poubelle. Face à elle, je lui tends sa clope à moitié consumée.

— Mais c’est pas moi qui dictera ta vie et prendra ne serait-ce qu’une décision à ta place. Ok ?

Traduction : ne m’inclue plus dans cette histoire de faire des choix pour toi. Et ouais, Ricardo à chier en prenant une décision pour elle, même si je suis quasi-certaine que ça partait d’un bon sentiment. Mais honnêtement, regardez-là ? Tremblante, furieuse, perdant les pédales, prête à exploser d’une seconde à l’autre… Un jour, ça pètera. D’une quelconque manière. Et c’est plus d’un cœur qui s’en retrouvera bousillé.
J’ai envie de lui dire que j’suis désolée pour Ricardo même si tout ça ne signifie pas que tout est terminé entre eux. Des disputes, il y en a des tas et parfois on se balance certaines dégueulasseries à la gueule mais est-ce que c’est pour autant que l’on se déteste vraiment ? Je vois bien qu’elle va mal mais une chose à la fois. J’peux pas tout gérer d’un coup.

En attendant, j’ai encore les nerfs mais de manière moins explosive que tout à l’heure, me tenant toujours face à elle.
Juste le temps que tout redescende pour faire le tri et y voir plus clair.
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MessageSujet: Re: [Event 14/03] Nous sommes de ceux qui se délavent de jour en jour [PV Ricardo]   Jeu 18 Fév 2016 - 15:53

Maintenant que les mots étaient sortis, qu’allait-il se passer ? Maintenant qu’Emily respirait de nouveau, le monde allait-il changer tout au tout ? Non. Certainement pas. Pourtant, son état était très différent. Elle n’était plus folle de rage. Elle tremblait oui, mais n’était plus habitée par la même colère. Elle était vidée, complètement. Comme si cela lui avait pris toute son énergie. Comme si après une longue et difficile marche elle venait enfin de poser son fardeau à même le sol. De cracher toutes ces choses qu’elle avait en elle. Qui n’étaient pas forcément bonnes à dire. Elle avait tout lâché d’un coup, sans arriver à faire le tri entre ce qui était passager ou durable, lié à la colère ou profond. Elle s’était délestée soudainement et c’était désormais dans une sorte de vertige qu’elle était prise. Cette cigarette qu’elle fumait de manière absente était un peu ce qui la reliait encore au réel. Puis ce fut la voix de Ricardo qui l’accrocha. Ems s’arrêta alors net mais ne se retourna pas. Elle écouta sans bouger les paroles de son petit-ami, si tenté qu’elle puisse encore l’appeler ainsi. Elle l’avait blessé. Elle ne le voulait pas mais elle l’avait fait et elle n’avait pas besoin qu’elle le souligne pour le savoir. La colère et la souffrance transparaissaient dans chacun de ses mots. Et c’était légitime. Elle écouta son discours. Lui avait l’impression qu’elle était injuste, qu’elle ne le connaissait pas… Peut être un peu. Mais ces choses là l’avaient bouffé pendant trop longtemps. Il était en colère et il avait raison de l’être. Mais elle ne regrettait pas vraiment ce qu’elle venait de faire. Ce n’était pas beau et certaines choses qu’elle avait dites n’étaient pas foncièrement vraies mais c’était nécessaire. Alors elle ne bougea toujours pas. Puis il parla de s’en aller, de se rendre au concert. Oui les autres devaient l’attendre et le public aussi. Un sourire apparu sur le les lèvres d’Emily. C’était ridicule qu’elle pense à une telle chose en cet instant et pourtant… Le groupe allait voir la marque sur sa mâchoire. Que diraient-ils ? Elle n’en savait rien mais se doutait que ces relations avec ses camarades risquaient de se corser. Tant pis. Ricardo partait. La cracmolle se tourna alors enfin. Elle ne vit que son dos et c’était mieux ainsi. Elle n’était pas encore prête à affronter son regard, à affronter son visage. Son dos suffisait. Elle voyait la crispation dans ses muscles. Puis il disparu. Il était parti, envolé. Comme dans un autre monde. Parce qu’elle l’avait poussé dehors. Il était parti et elle ne l’avait pas retenu. Parce que cela ne servait à rien.

Emily allait porter sa cigarette à ses lèvres quand Ora la lui prit des mains. La jeune femme releva alors tout doucement son regard vers elle. Un regard presque vide. Avec quelque chose d’enfantin à la fin. Ems était devenue une sorte de spectatrice de ce monde. Ora se mit à parler. Elle lui répondait. Emily ne bougea pas. Oui elle ne l’avait pas forcé. Le débat n’était pas là. Mais elle n’argumenterait pas. Elle la regarda sans répondre, comme absente. Renvoyer chier le monde ? Oui c’était peut être ce qu’elle venait de faire. A moins que ce soit le monde qui l’ait soudainement projetée sur une autre rive. Elle avait un peu de mal à se décider. Sa cigarette réapparut alors devant ses yeux. La jeune femme l’attrapa doucement, sans rien dire, avant de la porter de nouveau à ses lèvres. Ora semblait vraiment avoir été blessée d’être mêlée à tout ça. Compréhensible. Emily la regarda encore quelques secondes, silencieuse, avant de sourire. Oui, vraiment, de sourire. Là, pâle, tremblante, épuisée, elle se mit à sourire.

“C’était un sacré bordel.”

Son ton n’était pas mauvais, ni fier. Elle ne se moquait pas. Non elle constatait et avait presque envie de rire. Parce que ce qu’il venait de se passer était complètement dingue. Emily avait même du mal à croire que tout cela puisse être vrai. Surtout qu’elle se sentait comme enveloppée dans du coton. Comme si soudainement elle était prête à s’envoler. Elle finit alors sa cigarette, la laissa tomber pour l’écraser avant de la ramasser et de la glisser dans un paquet vide. Elle se mit alors en marche, vers un escalier qui la mènerait un étage plus bas. Mais, après avoir fait quelques pas, elle s’arrêta finalement et se tourna vers Ora. Elle avait toujours un étrange sourire bloqué sur les lèvres.

“Si t’avais su, tu n’aurais jamais fait ce combat contre moi, tu m’aurais laissé m’entraîner seule. Comme quoi, une simple décision peut avoir beaucoup de conséquences.”

Pourquoi dire cela ? Aucune idée. Aucun double sens, rien. Emily avait juste lâché ces mots à Ora sur un ton doux. Contraste violent avec ce qu’il s’était passé quelques minutes auparavant. Et la jeune femme se remit en route. Lentement, elle descendit les escaliers et se rendit vers la salle des Illusions. Elle y avait maintenant était suffisamment confrontée pour la retrouver facilement. Elle poussa la porte et fut contente de voir qu’elle était vide. Alors, toujours avec ce sourire étrange, elle alla s’asseoir au milieu de la salle. Elle ferma les yeux, respirant tranquillement quelques instants et quand elle les rouvrit, tout avait changé. Là, devant elle, assis en cercle, il y avait tout le monde. Cameron, Kyle et Megan qui riaient à gorge déployée avec des gens qu’ils ne connaissaient pourtant pas. Alex, Ewan, Ethan et tous les autres. Les guitares étaient de sortis, quelques bières, quelques cigarettes et même quelques joints. Beaucoup de rire. Et puis, elle sentit alors un souffle doux contre sa nuque. Elle n’eut pas besoin de chercher à regard. Elle sentit comme une chaleur autour d’elle. C’était Stan. Il était là, derrière elle. Et puis sa voix.


“T’as foutu un sacré bordel tu sais…


-C’était nécessaire.

-Je te reconnais bien là!”

Emily sourit de nouveau puis, elle s’allongea sur le sol. Yeux clos. Elle n’avait pas besoin de les voir. Elle les entendait, tous. Ceux qui étaient partis trop tôt, ceux qui étaient encore là, ceux qu’elle ne reverrait jamais. A l’autre bout de la pièce, il y avait d’autres rires. Ceux de moldus qui n’avaient pas survécu à la rafle, ceux qui étaient tombé pendant la dernière bataille. Respiration apaisée.
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