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 And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel

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MessageSujet: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Mer 20 Jan 2016 - 20:49

Lundi 16 Mars 2015 – Début de soirée
And now, what am I suppose to do ?



Kezabel & Enzo

La porte du Hall se referme derrière moi alors que je viens d’entrer à l’intérieur. Un soupir m’échappe. Je jette un regard qui en dit long, direction les catacombes, quand je traverse le Hall. Un autre au quatrième étage alors que je ne peux pas m’empêcher de tourner la tête vers l’aile réservée au Non-Magiciens. J’ai eu envie d’aller faire un tour chez les Serpentard, j’ai aussi eu envie d’aller me poser dans le dortoir des gars, sur son lit, mais je ne l’ai pas fait. De toute façon il a passé ses dernières nuits au château dans mes draps, là-haut, dans la Tour des Gryffondor, ou dans ceux de la Salle sur Demande dans laquelle on est restés enfermés les dernières 24h, peut-être même plus. Donc son odeur, même si encore présente, se fait déjà lointaine à cet étage. Et oui, c’est ce que je cherche, à défaut d’avoir le visuel, même si ça fait de moi un type franchement bizarre.

Je ne m’arrête pas, je fini même par détourner la tête et baisser les yeux sur mes pieds tout en continuant de monter les marches une à une, sans trop de conviction, mains dans les poches, capuche sur la tête. C’est l’heure de manger, tout le monde est dans la Grande Salle mais je n’ai pas tellement envie d’y mettre les pieds. Ce midi j’ai déjeuné avec Cameron, rapidement, et j’ai filé dès que j’ai pu. En cours je suis resté très silencieux, répondant plus par des gestes que par des mots si on m’interpellait. Je sais que tôt ou tard il faudra que je fasse face, que je réponde à d’éventuelles questions et surtout que je ne pourrais pas éviter mes amis indéfiniment mais pour le moment je ne me sens pas capable de les regarder droit dans les yeux pour leur expliquer ce qu’il s’est passé ces derniers jours. C’est peut-être un peu de fierté, sans doute mal placée, j’en sais trop rien, mais je ne me sens pas prêt à me mettre à chialer devant eux et c’est exactement ce qui va se passer, je le sais. Je sais qu’ils ne me jugeront pas, je leur fais totalement confiance pour ça mais … J’ai juste encore besoin d’un peu de temps. Réaction relativement conne et paradoxale de ma part puisque clairement j’ai besoin de réconfort – je pense que c’est plutôt évident à voir la face que je traine même si je tente de sauver les apparences – mais on ne se refait pas. C’est ma façon à moi de gérer, pour l’instant j’ai juste besoin de digérer et je me dis que ça ira peut-être déjà un peu mieux demain si je reçois de ses nouvelles.

La Salle Commune des Rouges est totalement vide, j’avais d’abord eu dans l’idée d’aller m’écraser sur mon lit en me collant le visage dans l’oreiller mais … Non, ça fait un peu trop dépressif sur les bords, je n’en suis pas à ce point non plus. J’ai passé le cap de la première nuit, ça été difficile mais il va bien falloir que je m’y fasse. Ça n’était pas comme si on passait toutes nos nuits ensemble, loin de là même si on fait exception de ces derniers jours par exemple, mais on avait la possibilité de le faire et ça change toute la donne. Bref, tout ça pour dire que j’ai finalement été m’écraser non pas sur mon lit mais dans un fauteuil au coin du feu, avec un long et profond soupir pour m'accompagner.
Et puis il y a ce bruit familier, qui me redonne le sourire, sourire qui s’élargit quand je vois cette petite silhouette blanche et vive se pointer puis sauter sur mes genoux avant de venir coller sa tête sous mon menton, les deux pattes avant sur mon torse, le ronron lancé à pleine vitesse. Rancunière, elle l’est, sans doute aucun, et elle aurait eu toutes les bonnes raisons de me griffer ou me snober, me faire comprendre d’une manière ou d’une autre son mécontentement puisque je l’ai clairement laissé de côté ces derniers jours mais j’ai la prétention de penser qu’elle comprend qu’un truc cloche chez moi et que c’est sa manière à elle de m’apporter un peu de réconfort.

Ou alors elle a juste envie de profiter de ma chaleur corporelle et que je lui grattouille la tête, ce que je suis ceci dit totalement disposé à faire … si elle arrête 30 secondes de me donner des coups de tête dans le menton. Point positif : Ça me fait rire. Et ça fait du bien. Ça détend les muscles, c’est … Oui, ça fait du bien.

« Tu sais que toi, il n’y a absolument aucune chance que je te laisse partir, pas vrai ? Aïe ! »

Pourquoi aïe ? Parce qu’avec ses conneries je viens de me mordre la langue. Je fini par l’attraper sous les pattes avant et la soulever un peu jusqu’à ce que sa petite tête soit à hauteur de mon visage. Sa queue bat l’air, elle n’aime pas ça, mais ses ronronnements ne s’arrêtent pas pour autant.

« Même si c’est pour te lancer dans une carrière internationale de chasse aux souris ou je ne sais pas trop quoi d’autre. »

Sa queue continue de s'agiter et elle tend une de ses pattes pour la poser en plein milieu de mon visage, griffes non sorties. Ça n’est pas une agression, dans le pire des cas ça signifie peut-être : Tais-toi, humain. Presque humain. Peu importe. Alors je la repose contre moi tout en me tassant encore un peu plus dans le fauteuil de façon à ce qu'elle puisse prendre ses aises sur moi, chose qu'elle fait immédiatement.

« Tu vas être contente, t’auras plus à partager ton territoire avant un moment. »

Seule réaction de sa part : Elle commence à se lécher la patte arrière gauche. Ma main droite va trainer derrière ses oreilles tranquillement, ses ronrons s'intensifient et je la regarde comme je regarderai n'importe qui avec qui j'aurai une conversation. C'est un chat, oui, et alors ?

« J’suis sûr qu’à toi aussi il va te manquer, tu verras. »

Et Derek ? Il me manquera à moi, c'est sur, mais à elle ... ça m'étonnerait. Ils n'ont jamais vraiment eu de contact tous les deux. Enfin je crois ...

« Au moins t'essaieras plus de le croquer pour ton p'tit dej. »

Je lâche un rire réellement amusé tout en repensant au coup du hamster, chose qui ne m'a pas du tout faire rire sur le coup soit dit en passant mais peu importe. Avec le recul, ça fait clairement partie des bons souvenirs. Je dépose finalement un bisou sur sa tête et laisse la mienne reposer contre le dossier, rivant mes yeux sur le plafond, pensif, alors qu'elle se cale sur la moitié de mon torse, en partie dans le creux épaule. N'essayez pas d'imaginer, seul un chat peut faire ça. J'écoute son cœur qui pulse là dans sa petite cage thoracique, je le sens même à travers son pelage relativement épais, de même que sa chaleur animale. Mes yeux se ferment dans un énième soupir, sieste improvisée, on dirait bien.
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MessageSujet: Re: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Mer 27 Jan 2016 - 16:39

► And now, what am I suppose to do ?◄
Enzo & Kezabel  


Lundi 16 Mars —

— Tu n’veux pas arrêter de bouger?
— J’te jure que ça me stress de rester comme ça.
— Faut savoir ce que tu veux hein !
— J’pensais que t’arrivais à dessiner sans avoir besoin d’un modèle constant ?
— Sauf que là j’fais de la peinture…
— Oh ! Fais voir !
— Non Ora ! … Soupire alors qu’elle accoure déjà vers moi pour voir les prémices d’une toile usée. T’es intenable.

Elle ne m’écoute déjà plus, assise à côté de moi dans un couloir quasi-vide que j’ai choisi exprès pour sa tranquillité. Je la regarde prendre ma toile entre ses mains, la contemplant avec un sourire presque extasié alors que je suis faussement exaspérer. C’était une mauvaise idée de demander à Ora de ne pas bouger le temps que j’esquisse les premières courbes avec la peinture, techniquement que je maitrise encore difficilement.

— La vache ! Ca claque, tu te démerde bien pour un début.
— Je n’sais pas. J’hausse les épaules alors que je regarde avec elle les esquisses de couleurs. J’ai encore du mal mais je pensais que ça serait…. Disons pire que ça.
— Ah non non, c’est même super bon ! Je pense que la prochaine fois, tu pourras dépasser le niveau d’un élève de 8 ans !

Je me retourne vivement vers elle en fronçant les sourcils, piquée au vif. Il ne lui en faut pas plus pour éclater de rire en me poussant gentiment de l’épaule, replaçant ma toile sur mes genoux.

— J’déconne ! T’aurai du voir ta tronche.
— Tsss.

Je lève les yeux au ciel, sourire aux lèvres. Je n’arrive jamais à être en colère contre Ora. La seule fois que c’est arrivé on avait 10 et 7 ans et elle m’avait fait croire qu’elle avait brûlé ma peluche que j’avais depuis ma naissance… Oui, Ora est toujours pleines de blagues pourries. Nous pouvons le dire.

— Plus sérieusement, tu es aussi douée que ta mère.

Ascenseur des émotions, je me reprends en un claquement de doigts. Les choses deviennent plus simples avec le temps.
J’esquisse un sourire en glissant mon regard vers Ora.

— J’ai encore du boulot pour ça mais merci, c’est gentil.
— T’as entendu parler de son dernier bouquin ? Elle s’appuie contre le mur derrière nous en étalant ses jambes devant elle. Tu sais, celui qu’elle n’a pas eu le temps de terminé mais qu’elle avait laissé chez l’éditeur.

Le temps se suspend un instant alors que mes sourcils se froncent, surprise.

— Oui mais comment t’es au courant de ça ?
— Papa m’en a parlé dans sa dernière lettre. Il a repris contact avec le tien il y a peu. Ils se sont revu la semaine dernière je crois. D’après ce que j’ai compris tonton lui a parlé de ce livre pour ado qu’elle illustrait en reprenant un vieux contes de Sorciers.
— Oui. Je détourne le regard, le rabattant sur les pavés face à moi. Il a préféré le garder pour l’instant. Il ne voulait pas que n’importe qui reprenne la main.

Et moi non plus, je ne voulais pas.
Cette œuvre inachevée est pour moi une trace de la main de maman, une sorte de trésor que j’aurai du mal à laisser entre les paumes de n’importe qui. Je l’ai feuilleté, y ait vu son talent pour la centième fois si ça n’est plus et je me suis demandée comment elle comptait illustrer la fin.
Se mêle à la surprise la joie d’apprendre que nos deux paternels aient reprit contacte. Personne ne pourra réellement expliquer pourquoi les deux familles se sont perdues de vu si ce n’est le temps et les évènements. Il n’est visiblement jamais trop tard pour rattraper tout ça et l’idée me réchauffe le cœur.

— Ca ne te dirait pas de le continuer ?

Et se gèle aussitôt.
Je lève les yeux vers Ora qui me fixe, air sérieux sur le visage. J’ai une boule dans la gorge que je chasse d’un sourire un peu crispé, malgré moi. La vérité est que j’y ai déjà pensé mais que jamais je n’ai osé pousser plus loin le projet. J’ai eu cette sensation de souiller quelque chose, de trahir une idée alors que je sais bien que tout ça n’a rien à voir.
J’hausse les épaules, tout en rangeant tranquillement mon matériel.

— Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Elle avait déjà bien avancée le projet, la différence serait visible.
— Et alors ? Ca apporterait quelque chose en plus au bouquin. Il parait qu’il lui tenait assez à cœur, tu sais pourquoi ?
— Oui. Je fixe le bout de mes chaussures, sans réellement les regarder, perdue dans mes pensées. Elle y racontait son expérience de mère avec Adam et moi, sous forme de conte d’aventure. Il y a des détails qui nous concernent directement.

Comme la première peluche que j’ai eu à Noël, comme le plat préféré d’Adam et ses expressions favorites lorsqu’il apprenait tout juste à parler. Des lieux que nous avons imaginés ensemble le soir en inventant nous-même nos propres histoires pour s’endormir.

Mais surtout, il y avait Limande. Un personnage imaginaire, un homme ou plutôt, un bonhomme que ma mère jugeait comme son alter-égo. J’avais 8 ans lorsque nous l’avions pensé et dessiné. Je passais une crise de panique à l’idée de perdre mes parents et en particulier ma mère. C’est à cet âge-là que la mort à commencer à prendre son sens, sa noirceur et ses peurs qui vont avec. Je me souviens que pour me rassurer, maman avait commencé à inventer ce fameux personnage masculin, grand, tout en rondeur mais surtout, incroyablement doux. A l’humour incroyable, prêt à tout pour me faire rire mais aussi au ton plus rassurant, parfois plus adulte.

« Le jour où tu as la sensation que je ne suis plus là ou que tu as peur que ça arrive, appelle le et il occupera ma place le temps que je revienne. »

Je n’aurai jamais cru que cette phrase prendrait autant de sens un jour. Elle l’a nommé Limande et je n’ai compris que très tard pourquoi.
Son alter-ego portait tout simplement l’anagramme de Melinda, son prénom.

— Keza, ça va ?
— Hein ? Je retourne brutalement à la réalité en clignant des yeux, remarquant que je souriais bêtement à l’évocation de ce souvenir malgré cette pointe au cœur qui se manifeste. Oui, t’inquiète. J’y réfléchissais c’est tout.
— Ca se tente. C’est pas à la minute près de toute façon. Ora tire un paquet de cigarette de la poche avant de sa chemise avant de s’en allumer une. Et puis t’as encore le temps avant de prendre la grosse tête.
— N’importe quoi !
— De toute façon c’est trop tard maintenant que t’as joué à la corrida avec Katherine !
— Ssshhht ! Tais-toi !

Je rougis aussi sec en me rétractant sur moi-même, tapant l’épaule d’Ora d’un geste de la main. Elle éclate de rire, amusée de ma timidité sur le sujet. Ce n’est pas une question d’assumer ou non,  c’est juste que… Oui bon, c’est un peu gênant. J’ai pas envie que tout le monde le sache surtout que j’ai cru comprendre qu’elle et Katherine s’entendaient bien…

— Quoi ? Assume le fait que tu as réussi à te faire l’infirmière. Et pas moi. Et personne d’autre en fait. J’suis méga jalouse.
— Par Merlin, baisse d’un ton ! J’ai pas envie que quelqu’un entende.

Surtout que des bruits de pas me mènent à regarder sur ma droite pour y voir… Maxime. De là où elle, elle n’a rien entendu. Elle ne peut rien entendre. Et puis de toute manière si ça avait été le cas, je l’aurai su à l’expression de son visage.
J’ai cru une demi-seconde qu’elle s’était arrêtée net dans sa marche mais finalement je la vois passer devant nous. Je lui offre un geste de la main alors qu’elle y répond mollement, sourire aux lèvres puis regard appuyé vers Ora.
Ora qui sait ce qu’il s’est passé avec Maxime.
Maxime qui sait qu’Ora sait.
Malaise totale alors qu’elles se fixent. L’une pour dire : J’me suis tapé ta pote. L’autre pour dire … Regard vers Ora. Je n’sais pas très bien en fait.

Elle se contente de sourire en silence sans la lâcher du regard.

— Je… Je vais aller rendre ces pinceaux à Enzo.

Je la ramène à la réalité puisqu’Ora me regarde à présent alors que Maxime disparait du couloir.

— Ok ! Il peint ?
— Non, c’est Kyle mais je ne l’ai pas vu de la journée. Si je les donne à Enzo je suis certaine qu’au moins il les lui transmettra avant que je n’oublie.
— Ca marche. Elle descend du muret en tirant de nouveau sur sa clope, tout en s’étirant. Au fait, c’est quand la réu’ déjà ?
— Vendredi, après les cours. Tu le rappelles à Zac ?
— Oui. Cette tête de linotte a sûrement oublié l’info entre deux paires de seins.
— Eh je ne veux pas savoir !

Elle part d’un côté en riant alors que je pars de l’autre, sourire aux lèvres.
Ora m’avait terriblement manquée, rien que pour sa spontanéité.

Le repas a déjà dû démarrer mais je ne suis pas à la minute prêt. De toute façon je suis plus proche de la salle commune des Gryffondor que de la Grande Salle, donc mon choix est rapidement fait. Sac à dos sur l’épaule, les trois pinceaux à la main, je me dirige d’un pas tranquille vers la salle des Rouges en passant par les escaliers que je regretterais presque amèrement… Les séances avec Cameron ont débutées et elles me font un bien fou tout comme elles me laissent de longues et grosses courbatures pour au moins deux à trois jours. Et aujourd’hui ne fait pas exception lorsque je grimpe les marches. Je sens les muscles des cuisses me tirer douloureusement mais ne m’en plaint pas.

Je fais face à la grosse dame, prononce le mot de passe et pénètre dans la salle commune… étonnement vide. A une exception près : La présence d’un jeune homme que je remarque aussitôt d’un coup d’œil. De par sa carrure en premier lieux mais aussi grâce à ce pelage immaculé qui se frotte allégrement contre le menton d’Enzo qui la gratouille avec un sourire perdu aux lèvres.

— Tu vas être contente, t’auras plus à partager ton territoire avant un moment.

Il parle à son chat et ça le fait rire. Et moi sourire. Je n’ose pas déranger cette discussion improvisée.
Le regarder avec une certaine tendresse ne me surprend plus de ma part, au contraire. J’ai toujours eu une grande affection pour lui, pour ce qu’il est et j’ai eu naturellement ce comportement tendre et quasi-maternel avec lui, sans pour autant franchir des limites qui n’appartiennent qu’à certaines personnes. Je n’ai jamais été aussi inquiète pour lui que la fois où il a disparu et j’admets que depuis son retour, j’ai la sensation que quelque chose m’échappe. Je m’étais déjà faite la réflexion seule en le voyant évoluer dans son quotidien et ses journées, le trouvant plus ou moins renfermer et parfois – trop par rapport à ses habitudes – ailleurs. Je pense à Caem qui a eu ce comportement de distance avec nous tous et qui est revenu il y a peu. C’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille en plus de voir cet air taciturne affiché sur son visage. J’ai entendu parler de cette dispute avec son frère… Je me doute que tout ça n’y est pas étranger.  

Je ne me manifeste pas tout de suite, la suite de la conversation m’interpelle.

— J’suis sûr qu’à toi aussi il va te manquer, tu verras.

Je me fige, fronce les sourcils et n’ose à peine respirer de peur qu’il m’entende. Les mots qu’il vient de lâcher avec un sourire triste sonnent que trop bien avec sa phrase précédentes. Je ne suis pas devin, en revanche, je suis pragmatique et logique. Je connais suffisamment Enzo pour avoir que Lune déteste que l’on vienne fouler SON territoire de chat. Et peu de personne n’ose la défier de le faire. Et je ne vois pas ce que ce « Il » représente. Du moins, QUI il représente. Nous n’avons pas eu la nouvelle d’un départ quelconque et lorsque je repense ma journée, seul Derek était absent. Mais est-ce que cela est-il réellement étonnant avec ce qu’il s’est passé ?
Je n’ai jamais apprécié son frère, ni sa présence, ni ses tendances, ni ses propos. Pourtant, je me suis toujours tenu à garder un comportement respectueux envers lui si j’avais obligation ou besoin de lui adresser la parole. Mais tout ça ne change rien au fait que j’avais tout simplement de la peine pour lui, vis-à-vis de Megan.
Et la première pensée qui me vient à l’esprit est : Derek et Enzo ont coupé définitivement les ponts. Et même si cela me parait presque peu probable, ça n’est pourtant pas impossible avec les récents évènements.

La voix d’Enzo s’élève de nouveau mais je ne l’entends qu’à moitié, fixer sur mes pensées qui s’écoulent à flot. Peut-être que je me trompe, peut-être pas. Peut-être que je me fais tout simplement de fausses idées même si l’évidence semble voir prendre racine chez moi. Une rupture fraternelle ?
Je me décide enfin à me manifester, mais de loin pour ne pas le surprendre puisqu’il ne m’a visiblement pas entendu. Il a l’air pensif, les yeux braqués sur le plafond alors que Lune s’est installée contre lui. L’aura qui s’en dégage n’est pas si apaisante que ça.

— Tu parles le ronron ? J’esquisse un sourire et attend qu’il capte mon attention avant de franchir les quelques pas qui me séparent d’eux. Un jour on va te voir sur la première page de la Gazette : « L’Homme qui murmurait à l’oreille des chats ».

J’hausse les épaules alors que je me place face à lui, appuyé contre la table derrière moi.

— C’est une référence à un film moldu. L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Ils racontent l’histoire d’un dresseur de chevaux qui tentent d’aider une ado et son cheval à faire face à ce qu’ils ont vécus. C’est un très beau film si un jour tu as l’occasion de le voir. Je lui décoche un sourire taquin avant d’ajouter. Et il y a une très jolie femme dedans.

J’engage la conversation sur un sujet un peu anodin parce que je ne me vois pas lui demander de but en blanc : Quel territoire Lune n’aura plus à partager ? Je ne me vois pas faire ça puisque ça n’est pas dans ma façon de faire de toute manière.
Je me contente de lui sourire en douceur tout en déposant mon sac à dos au sol, les pinceaux toujours à la main dont j’en aurai presque oublié la présence d’ailleurs.
Un court silence plane entre nous alors que je le scrute rapidement, traits par traits, comme mon œil de dessinateur sait le faire pour s’y accaparer les détails.

— Enzo, ça va ?

Je m’inquiète mais ne le montre pas forcément. Mains croisés sur mes cuisses, je ne le lâche pas du regard toujours ce sourire aux lèvres attendant tranquillement qu’Enzo se décide à prendre la parole.
Et ce, sans que je ne manque le regard de Lune qui me narguerait presque de recevoir toutes ces gratouilles rien que pour elle.
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MessageSujet: Re: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Jeu 28 Jan 2016 - 18:53

« Tu parles le ronron ? »

Je trouve que ces derniers temps, je me laisse un peu trop surprendre. Oui c’est le premier constat que je me fais quand cette voix familière parvient jusqu’à mes oreilles et me fait sortir de ma torpeur. J’ouvre les yeux, rabaisse la tête et croise le regard de Kezabel. Elle sourit, d’un de ces sourires qui vous réchauffe un peu le cœur instantanément mais pourtant à l’heure actuelle, je l’admets, il m’angoisse un peu. Je le lui rends néanmoins, sincèrement malgré tout, avant de me redresser un peu dans le fauteuil non sans un miaulement désapprobateur de sa Majesté Lune : Cesse de bouger Semi-Humain. C’est probablement à peu de choses près le message qu’elle tente de me transmettre même si l’instant d’après elle a déjà la tête cachée dans les plis de mon sweat et que ses ronrons ne s’arrêtent pas pour autant.

« Un jour on va te voir sur la première page de la Gazette : « L’Homme qui murmurait à l’oreille des chats ».

Alors qu’elle s’approche une boule se forme dans ma gorge mais je fronce néanmoins les sourcils, intrigué par une référence que je ne comprends probablement pas. Comme souvent, à vrai dire. Voilà ce que c’est d’avoir grandi dans une bulle magique, j’en apprends tous les jours un peu plus et j’aime ça.

« C’est une référence à un film moldu. L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Ils racontent l’histoire d’un dresseur de chevaux qui tentent d’aider une ado et son cheval à faire face à ce qu’ils ont vécus. C’est un très beau film si un jour tu as l’occasion de le voir. »

J’esquisse cette fois un sourire amusé, comprenant finalement où elle veut en venir et appréciant réellement la comparaison. Je ne sais pas si je murmure à l’oreille des chats, je crois même à la réflexion avoir déjà entendu ça de la part d’Ismaelle … Ou peut-être Ora, je ne sais plus tellement. C’est vrai que j’ai tendance à parler aux animaux, sans trop me demander s’ils me comprennent ou pas dans le fond, comme si c’était une évidence … J’ai un lien avec eux, en règle générale, qui me tient vraiment à cœur et la relation que j’ai créé avec Lune m’est très particulière, très importante aussi, c’est certain.

Mais qu’est-ce que c’est que ce sourire, Mlle Hasting ?

« Et il y a une très jolie femme dedans. »
« Ça m’étonnerait qu’elle soit plus jolie que toi. »

Oui, je suis encore capable de faire sinon de l’humour au moins le malin. Ma vie ne va pas tomber en lambeaux parce que mon petit ami et mon frère ont quitté ces murs, et moi non plus. C’est ce que je m’efforce de me dire depuis hier soir mais quand mes yeux tombent sur les pinceaux qu’elle a entre les doigts je ne peux m’empêcher de ressentir une légère pointe au cœur, presque incapable de les lâcher du regard.

« Enzo, ça va ? »

Je sursaute, c’est complètement stupide mais c’est comme ça. Mes yeux quittent finalement les pinceaux pour se concentrer sur son visage et je bloque. Oui, je bloque, je ne sais pas quoi lui dire. Sourire, chasser tout ça d’un geste de la main en faisant comme si tout allait bien ? Kezabel n’est de toute façon pas idiote et je ne me fais pas d’illusion, elle a appris à m’observer, à repérer certains signes. Ça n’est pas pour lui cacher quoi que ce soit que j’envisage pourtant cette option, c’est surtout pour me préserver à vrai dire mais je décide pourtant de baisser les armes, de jouer franc jeu et d’affronter la situation. La réalité, aussi. Tôt ou tard il faudra bien qu’ils sachent, tôt ou tard il faudra bien que je prenne l’habitude de m’y faire et surtout de le dire. Est-ce que ça va ?

« Pas tellement, non. »

Si ma main droite se pose sur l’accoudoir, l’autre, elle, se pose sur le dos de Lune sans bouger alors que je me redresse encore un peu et me racle la gorge, sourcils froncés, regard rivé vers le sol l’espace d’une seconde avant de se porter à nouveau dans le sien quand je relève le menton.

« Enfin si, oui, ça va, mais … Disons que j’ai dû faire un choix et je ne suis vraiment pas certain d’avoir fait le bon. »

En le disant je me rends compte que le ton que j’emploi n’est pas aussi nerveux que je l’aurai pensé, ma voix n’est pas aussi cassée que ce à quoi je m’attendais et quelque part ça me rassure un peu. Fierté ou pas, mon instinct de préservation me pousse à ne pas montrer mes faiblesses, c’est comme ça, ancré comme une question de survie dans mon capital génétique ou en tout cas sa partie animale.

Alors autant en profiter et aller droit au but, en venir directement aux faits. Ma main quitte l’accoudoir, se pose quelques secondes sur ma nuque alors que je penche la tête sur le côté sans trop y faire attention.

« T’as du voir que Derek n’était pas en cours aujourd’hui j’imagine. »

Après tout, ils sont dans la même classe et Derek n’est pas du genre à passer inaperçu même si ces derniers temps il a réussi à se faire oublier.

« Tu ne le reverras pas, il est rentré chez nous ce weekend et je ne crois pas qu’il reviendra ici un jour. »

La vérité c’est qu’il y a une partie de moi qui ne peut s’empêcher de penser qu’on n’aurait simplement jamais dû quitter notre île il y a trois ans de ça. Ca ne s’est pas passé comme ça et quelque part ça en valait le coup parce que malgré tout ce qu’on a pu vivre, me concernant en tout cas, j’ai fait des rencontres sur lesquelles je ne veux pas tirer un trait, à commencer par mon petit ami bien sûr mais pas seulement.

Quoi qu’il en soit j’enchaine, je n’attends pas de réaction de sa part, les mots continuent de sortir. Les vérités continuent d’éclater.

« Et Kyle est parti aussi, hier soir. Enfin, en fin d’après-midi plutôt. »

Ça sort comme ça peut, j’essaie de garder la face mais la vérité c’est que les mots me brûlent alors qu’ils sortent de ma bouche. Ça rend les choses encore plus réelles, et ça fait mal. J’ai beau me dire que c’est pour le mieux, qu’ils ont fait les bons choix et que je les soutiens à 100%, c’est vrai, je ne suis pas certain du mien. Est-ce que j’ai bien fait de rester là ? Est-ce que j’arriverai à rester là ? Sans lui. Sans eux.

« C’est à lui ça, non ? »

D’un signe de la tête je désigne les pinceaux, l’air de rien, encore une fois pour tenter de sauver les apparences sans même savoir pourquoi je fais ça. Je n’ai pas peur de me montrer tel que je suis réellement devant elle, elle est d’ailleurs l’une des seules dans ce cas-là, ici, mais c’est pour moi que je réagis comme ça je crois, comme si tout était normal, sur le ton de la conversation, alors que les mots ont du mal à sortir tellement ma gorge est nouée. J’ai beau savoir que c’est stupide, je pense que c’est finalement assez inconscient.
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MessageSujet: Re: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Jeu 4 Fév 2016 - 23:39

Il a toujours le mot pour me faire sourire ou pour redorer mon égo en termes de Sex-Appeal. Entendre dire que nous sommes encore plus jolies que Kristin Scott Thomas ou que Scarlett Johansson, c’est ce que j’appelle un sacré compliment…
Mais l’heure n’est pas à la question de savoir si je suis plus jolie ou non que ces actrices puisqu’une information m’interpelle plus qu’une autre. Ses mots, je ne les oublie pas. Son sourire triste non plus et c’est naturellement que je m’inquiète pour lui puisque la première chose à laquelle j’ai pensé c’est à une fracture fraternelle. Suite logique après tout ce qu’il s’est passé mais malgré ça, j’ai du mal à imaginer Derek et Enzo couper tout contact ou lien familiaux. De ce que j’en sais, les choses sont déjà suffisamment compliquées en termes de famille pour s’en rajouter. Et je crois que j’ai d’autant plus de raisons de m’inquiéter lorsque  je le vois se bloquer et se figer. Si tout allait bien, il me l’aurait dit très spontanément, comme à ses habitudes et tout en lui m’indique déjà la réponse.
 
— Pas tellement, non.
— Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
 
Je reste là, attentive, toujours appuyée contre cette table alors qu’il se redresse, se raclant la gorge, Lune ne bougeant pas de son torse. Il regarde le sol et moi je ne le lâche pas des yeux, patiente. Je m’inquiète, certes, mais je ne le presse pas, le laisse prendre son temps pour parler s’il en a envie.
 
— Enfin si, oui, ça va, mais … Disons que j’ai dû faire un choix et je ne suis vraiment pas certain d’avoir fait le bon.
 
Je fronce instinctivement les sourcils, toujours sans rien dire.
 
— T’as du voir que Derek n’était pas en cours aujourd’hui j’imagine.
— Effectivement. Mais je ne savais pas si je devais m’inquiéter ou non.
 
Surtout en vue des derniers événements. Je sais à quel point Riley s'inquiète pour lui, n'osant pas faire le premier pas pour le secouer un peu et le pousser à cracher tout ce qui ne va pas.
Je ne peux pas nier ne pas avoir une certaine forme de pression qui prend naissance au creux du ventre. L’entendre dire que son frère et lui se sont reniés… Pas de fausse idée. J’attends et patiente encore.
 
— Tu ne le reverras pas, il est rentré chez nous ce weekend et je ne crois pas qu’il reviendra ici un jour.

J'accuse la nouvelle sans un mot, sans un mouvement, parce que je n'ai pas le temps d'avoir de réaction qu'Enzo enchaine.

— Et Kyle est parti aussi, hier soir. Enfin, en fin d’après-midi plutôt.
— Quoi ?

Spontané, les mots m'ont échappés des lèvres.
L'espace d'un instant je ne suis pas sûre d'avoir comprit ce qu'Enzo vient d'annoncer, un peu sonnée par la nouvelle. Une nouvelle sacrément inattendue, imprévisible et que jamais je n'aurai envisagé. Ou alors, pas l'un sans l'autre. Kyle ne plus être entre ses murs ? Derek ? Beaucoup d'informations et surtout, beaucoup de questions. Pourquoi ? Est-ce qu'il y a eu rupture ? Non. Si ça avait été le cas, les traits d'Enzo seraient bien plus tirés...

— C’est à lui ça, non ? 

Je cligne des yeux et suis son regard vers les pinceaux que je tiens dans la main. J'en avais oublié leur présence mais aussi la raison de ma venue ici.
Réagir, articuler des mots, des phrases. Et surtout ralentir le flot de question qui me traversent l'esprit.

— Oui. Je les regarde d'un peu plus près avant d'ajouter. Il me les a prêté il y a quelque jours, je voulais les lui rendre mais je ne le trouvais pas justement... C'est pour ça que je voulais te voir. Pour que tu les lui redonne.

Mes yeux se posent sur Enzo. Ou plutôt, ils captent les siens. Il ne parle pas, ne s'exprime pas. Et ça me désarçonne. Enzo sans Kyle, ça n'existe pas. Ils étaient tellement soudés que jamais je n'ai vu l'éventualité d'une séparation, quelle qu'en soit la raison. C'est stupide, je le sais bien, surtout lorsque l'on sait que Kyle est un non-magicien et que son avenir est peut-être ailleurs mais je me mets à sa place, la distance n'est peut-être pas une chose facile à gérer pour tout le monde. Au moins pour les premiers jours.
Pourtant, il garde cet air « l'air de rien », comme s'il réussissait à gérer. Je lui donne des cours depuis Septembre, passant chaque mercredi après-midi avec lui, sans compter les petits instants passés en sa compagnie en dehors de ce rancard pédagogique. Je commence à le connaître par cœur. Cette manière de réagir à la légère est bien trop « extrême pour être sincère. »

— Tu n'es pas obligé de faire ça, tu le sais ?

De faire semblant que ça ne te touche pas ou alors, pas suffisamment pour avoir l'air morose ou penaud. Il n'est partie qu'hier, l'absence est encore fraîche et palpable. Je suis face à un garçon qui me parle de Kyle comme l'homme de sa vie avec qui il aura certainement des enfants plus tard et vous pensez réellement réussir à me faire avaler son air faussement détendu ? Mais aussi face à un jeune homme qui n'avait que pour seul repère familiale, son grand frère. Son pilier. Quelque soit leurs travers ou leurs divergences d'idées. Je me doute qu'ils vont bien et qu'en soit, leur départ n'a rien de dramatique mais nous ne pouvons pas reprocher à qui que ce soit de mal le vivre les premiers jours, pour au moins laisser le quotidien se remodeler suite à ces deux absences consécutives.
Quoi qu'il en soit, un sourire en coin accompagne mes mots, doux, presque maternelle. Je dépose les pinceaux sur la table derrière moi avant de venir m'asseoir à côté de lui, sur l'accoudoir du fauteuil et de passer une main dans ses cheveux, toujours un sourire aux lèvres avant de l'attirer à moi. Geste naturel, spontané, parce que je ne suis pas stupide et encore moins insensible. Voir partir son petit ami et son frère d'un coup d'un seul n'est pas forcément quelque chose de facile à digérer sur le coup. Je ne doute pas un seul instant qu'il réussira à vivre avec ça, mais pour le moment, je pense qu'il a le droit à sa journée morose, pour évacuer les choses tout simplement. Je ne décroche pas un mot, pas une réaction par rapport à ce qu'il m'a dit et encore moins une question. J'attends, je lui laisse son temps à lui avec l'étreinte maternelle que je lui donne, toujours une main dans ses cheveux, l'autre étant logée dans son cou. Je me le permet parce que je le connais désormais suffisamment pour m'accorder ce droit mais sans jamais dépasser les bornes, ni empiéter sur son espace vitale. Je me dis simplement qu'un peu de tendresse face à ce vide béant lui fera du bien.

Je ne sais pas combien de temps nous durons dans cette position mais je reste ainsi jusqu'à ce qu'il ressente le besoin de s'écarter.

— Est-ce que tu veux en parler ?

Peut-être par réflexe, je n'en sais rien, mais ma voix s'adoucit, perd en intonation, comme si nous nous retrouvions dans une pièce où le silence et les murmures sont de mises.
Et parmi tous ces dédales de question, une vérité éclate, comme une bulle qui remonte à la surface.
Derek est partie, j'ai vu Riley pas plus tard qu'hier soir. Elle ne semblait au courant de rien.
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MessageSujet: Re: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Jeu 11 Fév 2016 - 14:07

Bombe larguée et on passe à autre chose ? Non, évidemment que non. Tout ce que je vois c’est que sans vraiment m’en rendre compte je serre Lune un peu plus contre moi, l’oreille absorbée par ses ronrons et les battements rapides de son petit cœur. La surprise de Kezabel ne m’échappe pas pour autant, je ne voyais pas d’autre moyen de balancer l’info, j’étais incapable de tergiverser. A quoi ça aurait servi de toute façon ? Et cette question qui suis alors que je me concentre à nouveau sur les pinceaux, l’air sans doute plus détaché que prévu, presque comme si de rien n’était … ça n’est pas volontaire, pas calculé en tout cas, mais je vois bien qu’elle est prise au dépourvu même si elle parvient tout de même à me répondre de façon pragmatique sans être dénuée d’émotion pour autant.

« Oui. Il me les a prêté il y a quelque jours, je voulais les lui rendre mais je ne le trouvais pas justement... C'est pour ça que je voulais te voir. Pour que tu les lui redonne. »

Un instant j’oublie, je me dis ok, pas de souci, je vais descendre au quatrième pour les lui rendre sans problème … jusqu’à ce que je me souvienne brutalement que je n’y trouverai qu’un lit vide, sans la moindre trace de ses affaires si ce n’est peut-être un dessin ou deux qui trainent. Je me sens con, horriblement con et démuni, sans savoir quoi faire de moi alors je reste là, hébété, encore secoué je crois, pas vraiment conscient de ce qu’il se passe. Du temps, juste un peu de temps, c’est ça ? Je n’essaie même pas de paraitre plus fort que je ne le suis, je crois que c’est vraiment et simplement de l’hébétude, jusqu’à ce que je retombe à nouveau sur terre parce qu’elle m’interpelle.

« Tu n'es pas obligé de faire ça, tu le sais ? »

A nouveau mes yeux rencontrent les siens mais son visage, le ton qu’elle emploi, ses mots tout simplement, font accélérer mon myocarde là dans ma cage thoracique. Lune le sent je crois, je sens ses griffes se planter dans mon pull au niveau de mon épaule, comme si elle tentait de s’agripper un peu plus, en prévision d’une éventuelle réaction de ma part. Pourtant je ne suis pas celui qui bouge, simplement celui qui panique alors qu’il se confronte à de la douceur, du calme, des choses capables de vous faire exploser aussi violemment qu’une agression. Ça fait des mois qu’on se côtoie, des mois qu’on apprend à se connaitre. J’ai ouvert à cette fille, sans forcer, simplement naturellement, des portes que peu de gens ont poussées jusqu’ici. En ça je sais parfaitement où elle veut en venir, parce qu’elle a compris. Faire ça ? Faire semblant. Ça n’est pas exactement ce que je fais mais c’est ce que je dégage et j’en prends conscience. Réaction d’auto-protection, j’en suis convaincu. Seul, avec n’importe qui d’autre à l’exception de quelques personnes qui captent rapidement ce qui cloche chez moi, ou en tout cas que quelque chose cloche, j’aurai pu garder la face mais là … Là non, et encore moins quand elle vient s’asseoir à côté de moi, sur l’accoudoir du fauteuil, que sa main se pose dans mes cheveux et que je ne résiste pas quand elle me prend dans ses bras.

Juste un petit garçon qui a besoin d’un câlin pour le consoler, c’est ça, exactement ça.
Et après ça ira mieux.

Alors je me laisse aller, ce qui n’est pas au goût de Lune qui s’échappe pour se poser sur le dossier et s’y mettre en position de Sphinx sans rater une miette de ce qu’il se passe. C’est un chat, elle peut se montrer très indifférente, c’est ce qu’elle fait la plus part du temps, mais je la sais aussi attentive malgré tout. Je ne suis pas uniquement son radiateur, j’aime à le croire en tout cas, mais quoi qu’il arrive elle est en tout cas bien plus que ça pour moi. Cependant c’est de la chaleur humaine qu’on m’offre, de ça dont j’ai besoin, et le fait que ça soit Kezabel facilite les choses parce qu’elle sait, elle me connait maintenant suffisamment pour réussir à m’appréhender dans tout mon paradoxe. Elle est de ceux que je laisse approcher, mais jamais elle n’en abuse, toujours ajustée. J’essaie de le lui rendre comme je peux mais aujourd’hui c’est à mon tour d’être celui qu’il faut consoler alors je me laisse aller, et ça fait du bien. Je ne pleure pas, je prends juste un peu de sa chaleur, de son contact, de sa présence physique qu’elle me donne sans un mot, alors que mon bras passe par-dessus ses cuisses pour enrouler sa taille.

Je n’ai pas la moindre idée du temps que ça dure, je sais juste que j’ai fermé les yeux pendant un moment puis que je me suis finalement écarté après les avoir rouvert, après un nouveau soupir. Je me suis renfoncé dans le fauteuil, frotté le visage par reflexe, j’ai porté une main jusqu’à Lune et j’ai tourné la tête vers Keza pour lui offrir un sourire, un sourire qui veut dire merci parce que j’ai encore du mal à ouvrir la bouche pour utiliser des mots pour ça.

« Est-ce que tu veux en parler ? »

Si au début je tourne la tête et regarde le sol sans vraiment le voir, si je lâche encore un soupir, je ne tarde pas à relever les yeux vers elle à nouveau et acquiescer d’un signe de tête. Oui, oui je veux en parler, j’en ai besoin, c’est un fait. Je ne peux pas garder tout ça pour moi plus longtemps et je me dis que ça me permettra peut-être d’avaler la pilule plus facilement, d’entamer le processus d’acceptation pour aller de l’avant. Aller quoi, ça n’est pas la fin du monde garçon … Seulement ça pourrait rapidement devenir la fin de mon monde et ça c’est quelque chose que j’ai du mal à mettre de côté. Le truc c’est que … Je ne suis pas quelqu’un qui parle beaucoup, j’ai plutôt tendance à écouter à vrai dire mais quand je m’y mets, quand j’ouvre les vannes … ça prend du temps.

Je me redresse un peu, me penche en avant puis attrape les pinceaux qu’elle a posé sur la table. Coudes sur les cuisses, les doigts désormais occupés par les petits objets qui n’ont plus son odeur à lui mais la sienne à elle. Ça n’a pas d’importance. Je retrouve un peu de consistance et me lance finalement, dans ce qui s’annonce être un long, très long monologue, peut-être une conversation j’en sais trop rien.

« Derek pouvait pas rester ici, c'était devenu invivable pour lui et pour tout te dire, je suis soulagé qu'il soit rentré chez nous. »

La tête à nouveau tournée vers elle c’est un sourire sincère et serein que je lui offre. Oui mon grand frère va me manquer mais je suis réellement soulagé de le savoir ailleurs, dans un cadre familier, loin de tout ce qui a pu se passer ici, où il pourra se reconstruire.

« On a beaucoup discuté avant qu'il parte, Kyle m'avait conseillé d'attendre qu'il fasse le premier pas après notre « dispute » du mois dernier mais j'pouvais juste plus rester là les bras croisés. Il a personne ici, parce qu'il a repoussé tout le monde, seulement la mort de Megan ... »

Crampe à l’estomac. Elle l’a atteint lui, elle a atteint Cameron, d’une manière ou d’une autre elle a atteint tout le monde ou presque. Elle m’a atteint moi aussi et dans mes cauchemars je la revois encore de temps en temps. Avec parfois une trace de culpabilité : Et si j’avais réagi différemment, autrement ? Je n’oublierai pas l’odeur de son sang du jour au lendemain, de même que son visage pâle comme un linge et l’absence totale de réaction de son corps quand on l’a trouvé. Je n’ai parlé de tout ça à personne, c’est juste … J’en sais rien, je ne l’ai juste pas fait, c’est tout.

« C'était sa meilleure amie, ça été le coup de grâce et je pense que s'il était resté là il se serait perdu définitivement, il aurait fini par faire une connerie ou je sais pas. »

Il se serait fait du mal, il en aurait fait aux autres, mais ça aurait mal tourné quoi qu’il arrive.

« Je l'ai trainé avec moi dans une Salle où apparemment on voit des choses qui … nous tiennent à cœur je pense, des choses qui nous manquent peut-être. Quand j'y entre en général je me retrouve chez moi, en Australie, et c'est précisément ce qui s'est passé. Je pense que ça a été le déclic pour lui. »

La première fois que j’y ai mis les pieds j’y ai vu mes parents, ça m’a retourné la tête et le ventre autant que ça m’a fait du bien mais ça n’est pas quelque chose que je dirais à Kezabel pour la simple et bonne raison qu’on partage une douleur commune à ce niveau-là. Depuis je n’y suis retourné qu’une seule fois, cette fois-là avec Derek, deux si on tient compte de la fois où j’ai ouvert la porte avec Lukas pour lui montrer un aperçu de l’endroit où j’ai grandi. Quand on y est entré avec Derek, les parents étaient là aussi, deux silhouettes lointaines qui ne se sont jamais approchées. A vrai dire je ne sais même pas si Derek les a vu, dans le fond j’espère que non, je suis quasiment certain que ça lui aurait fait plus de mal que de bien. On n’a pas du tout géré leur mort de la même manière, c’est une certitude.

« Il va me manquer, c'est sûr, parce que mine de rien malgré les hauts et les bas, en 18 ans de vie commune on n'a jamais été séparés physiquement. Enfin sauf quand il a commencé l'école et que j'étais trop petit. C'est à dire pendant trois ans et à l'époque c'était plus une libération qu'autre chose, pour lui comme pour moi. »

Tout ça me semble tellement loin, et paradoxalement tellement proche. Ce sont des souvenirs qui aujourd’hui me font sourire.

« Même si en fait … Ouais, j'étais sans doute déjà maso à l'époque parce que j'suis presque certain qu'il me manquait quand même. »

Les pinceaux toujours entre les doigts je lâche un rire amusé en secouant la tête puis reprend tout me passant une main dans les cheveux sans trop y faire attention, légèrement pensif peut-être.

« Il va être bien dans notre maison. Grand-Mère est pas loin, y a le reste de la famille malgré tout. J'crois qu'il va retourner dans notre ancienne école à terme et pouvoir recommencer une vie normale. Je l'espère pour lui en tout cas mais il a juste besoin de souffler pour l'instant. Et il aura de nouveau son p'tit frère dans les pattes dès que possible. Il joue les grands princes solitaire, pardon, le roi solitaire, mais en vérité il ne peut pas se passer de moi. »

Cette fois c’est un large sourire que j’affiche, celui du petit branleur que je suis la plus part du temps, fier de sa connerie, toujours sur fond de sincérité malgré tout. Derek ne peut pas se passer de moi, c’est comme ça, c’est un fait, au même titre que je ne peux pas et ne veux pas le voir sortir de ma vie. C’est mon frère, il le restera jusqu’à mon dernier souffle et le mien et comme je lui ai dit, peu importe le nombre de personnes qui trouvent une place dans ma vie, la sienne est figée, par les liens du sang. Le Roi Ryans est indétrônable.

Mon sourire s’affaisse un peu, je sens bien que ça devient un peu plus compliqué à présent mais je poursuis sans m’arrêter, sans essayer de cacher quoi que ce soit si ce n’est encore une fois pour me protéger moi-même. Je prends néanmoins une grande inspiration, me recule dans le fauteuil où je prends appuie et tend le bras en arrière – sans lâcher les pinceaux pour autant – pour choper Lune sous le ventre et la ramener sur mes genoux. Elle miaule, râle, mais trouve finalement sa place. C’est juste une énième démonstration de son merveilleux caractère mais je l’aime comme ça.

« Kyle a eu l'opportunité de rejoindre une école d'art. Ça s'est fait super rapidement, il a fallu s'organiser et le timing a fait que voilà, ils sont tous les deux partis en même temps. Moi j'ai décidé de rester parce que … »

Instant d’hésitation.

« Mes études me tiennent à cœur, j'ai pas envie d'avoir fait tout ça pour rien. J'ai un but et je ferais tout pour l'atteindre. J'aurai pu finir ça ailleurs, dans mon ancienne école ou même par correspondance, je sais pas trop, mais ici j'ai mes repères et surtout des personnes en qui j'ai confiance. C'est quelque chose de primordiale pour moi. »

Un sourire à son adresse, un sourire qui signifie : Tu fais partie de ses personnes là. Au même titre que Caem, Mateo, Cameron et Ismaelle.

« J'suis juste pas certain que j'arriverai à rester là très longtemps, sans eux. »

Et avec tous les souvenirs que je traine ici. Des bons il y en a des tas, mais les mauvais prennent aussi une place importante même si j’ai fait ce qu’il fallait pour les mettre de côté au fil des mois. Les derniers évènements se sont bien chargés de les raviver mais c’est un autre sujet.

« Je vais essayer de finir mon année, déjà, et après on verra. Parce que dans le fond je ne suis même pas certain que le monde magique m’apporte ce dont j’ai besoin, ce que je veux faire. »

Haussement d’épaules, sourire. Hors de question que je lui colle la honte, elle prend le temps de m’aider toutes les semaines ou presque, j’ai envie de la rendre fière elle aussi même si c’est bien sur pour moi que je le fais en premier lieu. Pour le reste …

« Je me doute que les premiers jours sont les plus difficiles, qu'il faut s'adapter, que d'autres l'ont fait avant, pendant, après, etc ... Et je suis vraiment heureux pour lui surtout qu'on avait déjà discuté de ça, du fait qu'un jour ou l'autre il faudrait qu'il pense un peu à lui, à construire sa vie aussi mais quand on a vécu tout ce qu'on a traversé, ne pas l'avoir sous les yeux peut rapidement devenir une torture. Ils ont une cible sur le front, tous les deux, et ça c'est pas quelque chose que je peux facilement me sortir de la tête. »

Je n’oublie pas qu’il y a un mois quelqu’un a essayé de s’en prendre à lui, qu’il était sur cette putain de liste, à cause de moi, de la même façon que Megan a été visée pour atteindre Derek même s’ils avaient des griefs contre eux personnellement aussi. C’est difficile de ne pas avoir des envies de meurtres après ça, difficile de garder son calme et pourtant j’ai réussi à le faire bien plus que ce que je n’aurai pensé. Fut un temps ça ne se serait pas passé comme ça, je le sais, j’imagine qu’on appelle ça évoluer et tant mieux parce que c’est bien plus vivable pour tout le monde même si personne n’oublie la gravité de la situation.

« Je m'en fais moins pour Derek parce qu'il … C'est Derek, parce qu'il a des pouvoirs et la capacité de se défendre, parce qu'il est entouré mine de rien, mais Kyle ... J'ai fait ce que j'ai pu pour assurer ses arrières là dehors, c'est aussi pour ça que personne n'est au courant pour l'instant, que moi-même je sais pas exactement où il est, enfin si mais ... »

C’est pas par manque de confiance, simplement parce qu’on sait trop de quoi la Magie est capable. Il l’a vécu, je l’ai vécu aussi, quand un Sorcier expérimenté décide d’entrer dans ta tête pour récupérer des infos tu ne peux rien y faire alors moins de personne sont au courant des détails, mieux c’est. C’est frustrant, néanmoins, parce que même si j’accuse le coup je n’en suis pas moins content pour lui pour autant et c’est quelque chose que j’aimerai vraiment partager, verbalement. J’aimerai pouvoir dire qu’il est chez Jill, qu’ils vont être bien tous les deux et qu’il va s’éclater dans cette école de Londres, que j’ai hâte qu’il m’en parle, etc … Mais l’instinct est plus fort que le reste, on n’efface pas deux ans de captivité et tout ce qui a été avec comme ça, d’un claquement de doigts.

« La séparation physique je sais ce que c'est, on l'a déjà vécu plusieurs fois, mais c'est pas pour autant que c'est facile. Pour tout un tas de raisons. »

Parce que je suis dépendant, chose que j’ai accepté depuis longtemps maintenant, aussi bien physiquement que mentalement. Parce que je l’aime, tout simplement, et que le fait de ne plus pouvoir le voir, le toucher, l’embrasser, juste lui parler, comme ça brutalement du jour au lendemain et ce jusqu’à nouvel ordre, ça n’a rien de facile. Et parce que là dehors je n’ai aucun moyen d’intervenir si quelqu’un décide de s’en prendre à lui, chose qui peut parfaitement arrivé étant donné les cinglés qui l’ont lui et d’autres, moi, dans le collimateur. Ce qui est valable pour lui la dehors, pour d’autres, l’est tout autant pour nous ici et ça non plus je ne me le sors pas de la tête.

« J'me rends compte que je parle quasiment jamais de nous. J'suis même pas sûr que tu saches comment on s'est rencontrés à vrai dire. »

Pourquoi cette réflexion ? J’en sais rien, c’est comme une sorte d’aparté, pour souffler un peu peut-être, avec un sourire. C’est un fait, j’ai écouté les autres me parler d’eux, de leurs histoires, mais sans jamais vraiment évoquer la mienne pour autant. Je ne sais pas trop pourquoi, ça  n’est pas comme si je voulais garder ça pour moi et bien sûr Kyle revient souvent dans mes paroles, ne serait-ce que parce que jusqu’ici il était là, avec nous tous, donc forcément il revenait sur le tapis ne serait-ce que pour des raisons pratiques et parce que naturellement je partage certaines choses avec certaines personnes mais mes amis actuels, proches et présents physiquement ne le sont finalement que depuis quelques mois et je crois qu’aucun d’entre eux ne sait tout ce par quoi on a pu passer avant d’en arriver à cette relation calme, posée, équilibrée qu’on a aujourd’hui. A part Cameron.

« Sans lui je ne serais pas celui que je suis aujourd'hui, ce garçon c'est mon équilibre, la personne qui me connait le mieux, qui connait tout de moi, avec qui j'ai traversé le meilleur mais aussi le pire, le genre de pire dont on garde des séquelles. Il m'a empêché de ... »

Stop. Fais attention, réfléchis à ce dans quoi tu t’engages. C’est pas la peine de remuer le passé, surtout celui là. Pourtant faut que ça sorte, j’en sais rien, c’est là et …

« J'ai pas toujours été comme le Enzo que vous connaissez aujourd'hui et ça j'suis pas certain que beaucoup de gens le savent. Lui le sait, il sait tout. Il sait aussi comment me rattraper quand je commence à me casser la gueule, il est capable de m'apaiser quand personne d'autre ne le peux. Il est capable de calmer Loup. Et Enzo. Et j'ai beau me dire que c'est temporaire, qu'on se retrouvera vite, que j'suis pas seul et lui non plus, il se passe plein de trucs dans ma tête, y compris les plus cons. »

Là je me sens con, vraiment, c’est d’ailleurs pour ça que je lève les yeux vers le plafond, une main dans le pelage de Lune, l’autre serrée autour des pinceaux alors que je fuis le regard de la pauvre Kezabel qui subit mon trop plein d’émotion et d’angoisses.

« Ça fait deux ans qu'on est ensemble, tout juste un peu plus qu'on se connait. On s'est rencontrés ici, on s'est accrochés l'un à l'autre et je pense sincèrement que c'est ce qui nous a permis de survivre jusqu'ici, lui comme moi. Maintenant qu'il est dehors et moi ici, qu'il va redécouvrir ce que c'est que d'être dans le monde, qu'il va rencontrer de nouvelles personnes, etc … »

Difficile de continuer à parler quand votre gorge se serre.

« J'lui fais confiance, j'me fais confiance aussi mais personne peut savoir comment vont évoluer les choses. »

Et ? Où est ce que tu veux en venir ? Aller, crache, une fois dehors ça ira mieux parce que là ça te bouffe et tu te montes la tête tout seul mon grand.

« J'ai peur de perdre ma place dans sa vie, dans son quotidien. »

Un sourire forcé pour la route, un.

« Je sais qu'on est jeunes, je sais aussi que ce qu'on a tous vécus ici ça rapproche, ça rend les choses plus intenses mais j'peux pas croire une seule seconde que tout ce qu'on ressent l'un pour l'autre, tout ce qu'on vit, vienne de là et soit éphémère. Je veux pas. »

Enzo, si tu continues de serrer ces pauvres pinceaux de cette façon tu vas finir par les casser. Le fait que les mots de Mateo me reviennent en mémoire n’aide pas dans le processus, même si je sais qu’il a raison. Un frère reste un frère toute une vie, ça n’est pas nécessairement le cas d’un ou une petit ami. Ce sont des choses qui arrivent, c’est comme ça, que ça vienne d’un côté ou de l’autre c’est une possibilité qu’on ne peut pas écarter mais …

« J'veux pas le perdre. »

Je crois que c’est carrément un regard désespéré que je lui lance, intense quoi qu’il arrive, peut-être même un peu animal parce que ce que je ressens est amplifié d’une manière ou d’une autre par ma dualité mais c’est clairement l’Homme qui s’exprime, pas la Bête. Lui n’angoisse pas, il est sûr de lui, mais ça n’est pas mon cas. Pas toujours. Pas souvent malgré les apparences. C’est sans doute pour ça, et parce que mon instinct me pousse à réagir aussitôt pour effacer cette faiblesse évidente que je retrouve un air plus « détendu », moins sérieux en tout cas, et que j’écarte un peu les bras en affichant un nouveau sourire, sourcils haussés, un peu crispé quoi qu’il en soit.

« Tadam ! J'te présente ma confiance en moi. »

C’est ça, fais le con, t’as raison. Dans le fond oui, je sais que j’ai raison, parce que c’est malgré tout un moyen de dédramatiser la situation mais il en ressort quand même une évidence, évidence que j’exprime alors que je me radoucis clairement, lui offrant cette fois un sourire bien plus tranquille, plus fragile aussi surement mais c’est comme ça.

« Désolé, j'crois que j'en avais gros sur la patate. »

A nouveau, un soupir m’échappe, il vide tout l’air de mes poumons alors que je laisse aller contre le fauteuil, me sentant à présent épuisé.

« Y a pas tellement de personne avec qui j'arrive à être vraiment moi-même. Malheureusement pour toi tu fais partie de ces personnes. »

En langage Enzo Ryans ça veut dire tout un tas de choses, mais surtout merci, avant tout, et quelque chose comme : Tu es importante, et j’ai suffisamment confiance en toi pour ouvrir mon cœur comme je viens de le faire. Chose qui arrive très rarement. Je n’ai pas la prétention de qualifier ça d’honneur, c’est simplement factuel.
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MessageSujet: Re: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Jeu 18 Fév 2016 - 10:39

Il acquiesce en douceur, je lui offre un sourire. Je sais qu’il en a probablement lourd sur le cœur et la conscience alors si je peux lui permettre d’évacuer tout ça, autant en profiter. Je n’aurai peut-être pas les conseils qu’il faut, ni les bons mots, mais parfois laisser évacuer tout ce qui nous ronge est suffisant, apaisant et nous permet de remettre de l’ordre dans nos idées et nos émotions.
Enzo attrape les pinceaux que j’ai ramené tout à l’heure et que j’aurai presque oublié. Je ne bouge pas de ma place pour le moment, bien installé sur l’accoudoir alors que Lune nous regarde, nous fixe.
Pas de panique boule de poil, ça n’est pas moi qui vais manger ton humain.

— Derek pouvait pas rester ici, c'était devenu invivable pour lui et pour tout te dire, je suis soulagé qu'il soit rentré chez nous.

La voix d’Enzo me ramène à lui, aux sujets de conversations qui seront abordés lors de ses aveux. Le départ de Derek et de Kyle est pour moi une véritable surprise et j’étais loin de m’attendre à ça. Tout du moins pour Kyle… Concernant son frère en revanche, avec la mort de Megan et le reste, peut-être est-ce simplement une suite logique pour qu’il puisse lui-même se retrouver. Comme le dit si bien Enzo, c’était devenu invivable et même si je ne le connaissais pas personnellement, parfois certains regards valent plus que des mots. En classe notamment, où il restait en retrait, à se taire, visage blafard et tiré ou alors, par ses absences.
Je lui retourne son sourire, toujours attentive.

— On a beaucoup discuté avant qu'il parte, Kyle m'avait conseillé d'attendre qu'il fasse le premier pas après notre « dispute » du mois dernier mais j'pouvais juste plus rester là les bras croisés. Il a personne ici, parce qu'il a repoussé tout le monde, seulement la mort de Megan ... C'était sa meilleure amie, ça été le coup de grâce et je pense que s'il était resté là il se serait perdu définitivement, il aurait fini par faire une connerie ou je sais pas.

Evoquer Megan ne me laisse pas indifférente, mon estomac se crispe légèrement comme à chaque fois que mon regard croise sa place vide et que les jours me rappellent qu’elle ne sera plus jamais occupée par elle. Avec le temps, on s’adapte, nous n’avons pas forcément le choix que de continuer d’avancer. Je pense à Cameron à cet instant, me demandant comment lui vit la situation.
Concernant Derek, je comprends où Enzo veut en venir et effectivement, Ryans Señor aurait pu faire milles et une connerie sous cette colère qu’il semblait trainer avec lui. Son départ ne pourra être que salvateur et malgré toute cette haine qu’il pouvait provoquer chez moi, je lui souhaite d’enfin se trouver, réellement.

— Je l'ai trainé avec moi dans une Salle où apparemment on voit des choses qui … nous tiennent à cœur je pense, des choses qui nous manquent peut-être. Quand j'y entre en général je me retrouve chez moi, en Australie, et c'est précisément ce qui s'est passé. Je pense que ça a été le déclic pour lui.

Cette salle ne m’est pas inconnue, loin de là. Si nous parlons du même endroit, c’est celle où j’ai péter ma crise devant Emily, où tout s’est déclenché, où tout à exploser et où tout a été enfin évacué. Ce qui me rend plus sereine aujourd’hui, retrouvant petit à petit des parts de moi que j’avais clairement oublié en chemin.
Je vois qu’il en a été de même pour Derek.

— Il va me manquer, c'est sûr, parce que mine de rien malgré les hauts et les bas, en 18 ans de vie commune on n'a jamais été séparés physiquement. Enfin sauf quand il a commencé l'école et que j'étais trop petit. C'est à dire pendant trois ans et à l'époque c'était plus une libération qu'autre chose, pour lui comme pour moi. Même si en fait … Ouais, j'étais sans doute déjà maso à l'époque parce que j'suis presque certain qu'il me manquait quand même.
— On est tous un peu maso avec ses grands frères ou grandes sœurs…

Je pense notamment à Adam qui ne me lâcherait pour rien au monde et que je ne lâcherais pour rien au monde. Quoi qu’il se passe, pas après tout ce que nous avons vécu.
Pour Enzo, ne plus avoir son frère ressemblerait presque à l’absence d’un pilier mais je me dis que peut-être, cela sera pour lui l’opportunité de prendre réellement son envol sans être embourbé dans l’ombre de son grand frère qui, on le sait tous, possédait une certaine notoriété ici.

— Il va être bien dans notre maison. Grand-Mère est pas loin, y a le reste de la famille malgré tout. J'crois qu'il va retourner dans notre ancienne école à terme et pouvoir recommencer une vie normale. Je l'espère pour lui en tout cas mais il a juste besoin de souffler pour l'instant. Et il aura de nouveau son p'tit frère dans les pattes dès que possible. Il joue les grands princes solitaire, pardon, le roi solitaire, mais en vérité il ne peut pas se passer de moi.
— C’est évident. Et je suis certaine qu’il s’ennuie déjà de ne pas t’avoir dans les pattes pour l’emmerder…

On est tous comme ça, je pense. En tout cas, sans Adam dans mes pattes il est clair que je m’ennuie bien plus que s’il n’était pas là. J’ai mes amis, Riley qui est bien plus qu’une amie pour moi mais c’est différent. Les frères et sœurs sont une source d’équilibre particulière et je sais qu’à chaque fois que je retrouve Adam, c’est toujours avec la même joie même s’il peut parfois me taper sur les nerfs.
Aujourd’hui, il faudra simplement qu’Enzo apprenne à vivre sans Derek, comme beaucoup d’entre nous font aujourd’hui sans leur famille, sans leur frère ou sœur mais c’est une chose qui se fera progressivement, en douceur, avec du temps. Derek a toujours été là, alors ne plus l’avoir dans son décor subitement doit paraitre étrange et désarmant.

Enzo ramène Lune à lui et la duchesse au poil immaculée miaule plus pour la forme qu’autre chose puisqu’elle vient aussitôt trouver sa place sur son maitre. Je profite de ça pour me défaire de l’accoudoir et venir m’assoir directement sur la table, face à lui. Son sourire s’est affaissé, ça ne m’échappe pas mais je garde malgré tout le mien, comme un encouragement.

— Kyle a eu l'opportunité de rejoindre une école d'art. Ça s'est fait super rapidement, il a fallu s'organiser et le timing a fait que voilà, ils sont tous les deux partis en même temps. Moi j'ai décidé de rester parce que …Mes études me tiennent à cœur, j'ai pas envie d'avoir fait tout ça pour rien. J'ai un but et je ferais tout pour l'atteindre. J'aurai pu finir ça ailleurs, dans mon ancienne école ou même par correspondance, je sais pas trop, mais ici j'ai mes repères et surtout des personnes en qui j'ai confiance. C'est quelque chose de primordiale pour moi.

Il m’adresse un sourire que je lui rends, comprenant très bien le message mais aussi la raison de sa décision quant à rester ici. Et même si je ne donne pas tout de suite mon avis, pour moi Enzo a fait le bon choix. Malgré la difficulté de la séparation, il a lui aussi sa vie à mener, ses études, son entourage. Et je suis sincèrement contente pour Kyle qu’il ait pu enfin trouver sa voie et mon visage a clairement dû l’exprimer pour moi lorsqu’il me l’a annoncé. Pour sûr que ça s’est fait comme au dernier moment mais si c’est là qu’il trouve réellement son bonheur alors tant mieux.

— J'suis juste pas certain que j'arriverai à rester là très longtemps, sans eux.

Qui ne s’est pas posé cette question lors d’un moment pareil ?

— Je vais essayer de finir mon année, déjà, et après on verra. Parce que dans le fond je ne suis même pas certain que le monde magique m’apporte ce dont j’ai besoin, ce que je veux faire. Je me doute que les premiers jours sont les plus difficiles, qu'il faut s'adapter, que d'autres l'ont fait avant, pendant, après, etc ... Et je suis vraiment heureux pour lui surtout qu'on avait déjà discuté de ça, du fait qu'un jour ou l'autre il faudrait qu'il pense un peu à lui, à construire sa vie aussi mais quand on a vécu tout ce qu'on a traversé, ne pas l'avoir sous les yeux peut rapidement devenir une torture. Ils ont une cible sur le front, tous les deux, et ça c'est pas quelque chose que je peux facilement me sortir de la tête.

Je l’écoute sans broncher, acquiesçant silencieusement.
Nous avons tous les deux vécu sous l’occupation des Supérieurs et nous savons particulièrement de quoi ils sont capables. Et si Derek et Kyle étaient des cibles faciles pour l’atteindre, mon père et mon frère l’étaient tout autant lorsque Mlle Hunt s’est décidée un beau jour de me prendre pour son divertissement. Je suppose qu’Enzo part avec un capitale de risque plus élevé en faisant partie d’une famille de sang-pur, je n’ose imaginer ce que ça doit être pour Mackensie ou tout autre personne dans cette même situation même si nous savons que les Supérieurs adorent particulièrement se jouer de ceux qu’ils jugent impurs… donc les 90% de cette école.
Son angoisse est compréhensible, les avoir sous les yeux apportent un certains réconfort comme de les savoir non loin de soi. Les choses ont changées mais ça n’empêche pas que nous puissions encore être coincés sous l’angoisse à ce que tout recommence.

— Je m'en fais moins pour Derek parce qu'il … C'est Derek, parce qu'il a des pouvoirs et la capacité de se défendre, parce qu'il est entouré mine de rien, mais Kyle ... J'ai fait ce que j'ai pu pour assurer ses arrières là dehors, c'est aussi pour ça que personne n'est au courant pour l'instant, que moi-même je sais pas exactement où il est, enfin si mais ...

Encore une fois je comprends où il veut en venir mais ne l’interromps pas.

— La séparation physique je sais ce que c'est, on l'a déjà vécu plusieurs fois, mais c'est pas pour autant que c'est facile. Pour tout un tas de raisons.
— Je sais.

Ou tout du moins, j’essaie d’imaginer ce que tout cela peut faire.
Je lui accorde un sourire tendre et ne bouge pas de ma place, l’écoutant toujours. Cette absence va être dure à digérer et je sais qu’il aura du mal mais il pourra compter sur moi en cas de besoin. On sera tous là pour l’aider à passer le cap en douceur pour qu’il puisse mieux le retrouver lorsque nous en aurons la possibilité.

— J'me rends compte que je parle quasiment jamais de nous. J'suis même pas sûr que tu saches comment on s'est rencontrés à vrai dire.

Je me redresse, réfléchissant un instant à ce qu’il vient de me dire.

— Tu m’as parlé d’un tas de choses le concernant mais c’est vrai que c’est une information inconnue à ma fiche « Kyle ».

Je tente un brin d’humour, sourire jusqu’aux oreilles cette fois.

— Sans lui je ne serais pas celui que je suis aujourd'hui, ce garçon c'est mon équilibre, la personne qui me connait le mieux, qui connait tout de moi, avec qui j'ai traversé le meilleur mais aussi le pire, le genre de pire dont on garde des séquelles. Il m'a empêché de ... J'ai pas toujours été comme le Enzo que vous connaissez aujourd'hui et ça j'suis pas certain que beaucoup de gens le savent. Lui le sait, il sait tout. Il sait aussi comment me rattraper quand je commence à me casser la gueule, il est capable de m'apaiser quand personne d'autre ne le peux. Il est capable de calmer Loup. Et Enzo. Et j'ai beau me dire que c'est temporaire, qu'on se retrouvera vite, que j'suis pas seul et lui non plus, il se passe plein de trucs dans ma tête, y compris les plus cons.

Et dans la mienne, se posent un million de question. Sur son compte, j’ai pu entendre certaines choses comme beaucoup mais j’ai pour principe de ne pas me fier aux rumeurs. Et j’ai eu raison pour la majorité des cas. Je ne peux pas nier que les mots d’Enzo éveillent chez moi une curiosité qui ne devrait peut-être pas être assouvi tout de suite. Je suis mitigée, partagée et d’un autre côté j’ai du mal à me dire que je pourrais l’en détester. Je suis même persuadée que ça n’en sera pas le cas. La façon dont il parle de Kyle éveille chez moi un sentiment de tendresse et je me surprends à me dire que, quelque part, j’aurai aimé une présence aussi solide que Kyle lorsque ma mère est morte. Aujourd’hui, je remercie Merlin d’avoir eu Riley à mes côtés lorsque j’ai eu … cette histoire avec Marcus dont Enzo n’est même pas au courant. Personne ne l’est, en réalité. A part Maxime, Will et Riley.
Est-ce que nos vies pourraient être différentes sans la présence de certaines personnes ? Si j’écoute Enzo, je dis oui, sans hésitation. Et suis certaine que c’est d’ailleurs le cas.
Je me concentre désormais sur ces fameux trucs cons qui lui passent par la tête… Il a l’air gêné et moi je suis curieuse. Encore. Eh, il y a beaucoup d’informations qui circulent, il faut me laisser le temps de faire le tri dans tout ça !

— Ça fait deux ans qu'on est ensemble, tout juste un peu plus qu'on se connait. On s'est rencontrés ici, on s'est accrochés l'un à l'autre et je pense sincèrement que c'est ce qui nous a permis de survivre jusqu'ici, lui comme moi. Maintenant qu'il est dehors et moi ici, qu'il va redécouvrir ce que c'est que d'être dans le monde, qu'il va rencontrer de nouvelles personnes, etc …

Croyez-le ou non, je le sens venir à des kilomètres… Et j’aurai lâché ce sourire en coin si je ne le voyais pas autant patoger dans la mélasse pour s’exprimer. Ca n’aurait pas été un sourire moqueur mais taquin, comme pour lui dire « Toi, j’te vois venir avec tes grandes pattes – j’peux pas dire sabots, c’est pas un centaure mais un gros loup et je sais de quoi je parles, je l’ai vu » .

— J'lui fais confiance, j'me fais confiance aussi mais personne peut savoir comment vont évoluer les choses. J'ai peur de perdre ma place dans sa vie, dans son quotidien. Je sais qu'on est jeunes, je sais aussi que ce qu'on a tous vécus ici ça rapproche, ça rend les choses plus intenses mais j'peux pas croire une seule seconde que tout ce qu'on ressent l'un pour l'autre, tout ce qu'on vit, vienne de là et soit éphémère. Je veux pas.

Sa détresse est aussi palpable que si elle était visible, tout comme son angoisse qui prend aussitôt place autour de nous. Pourtant, encore une fois, je ne bronche toujours pas, le laissant évacuer.

— J'veux pas le perdre.

Son regard me pince le cœur et me crispe l’estomac tant il est sincère et profond de détresse. Quand nous aimons aussi intensément quelqu’un, comment pourrions-nous ne pas céder à la panique de ne plus le voir ? Confiance ou non, les choses se compliquent toujours plus lorsqu’une distance est instaurée malgré nous. Sa peur est légitime et tout le monde se sentirait aussi démunie que lui face à la situation.

— Tadam ! J'te présente ma confiance en moi. Désolé, j'crois que j'en avais gros sur la patate. Y a pas tellement de personne avec qui j'arrive à être vraiment moi-même. Malheureusement pour toi tu fais partie de ces personnes.

Je lâche un rire amusé malgré cette angoisse toujours palpable, ma main effectuant un geste négatif.

— Pas d’excuse, les amis sont là pour ça.

Même si j’avoue que ma voix est légèrement enrouée de t’avoir laissé parler. D’ailleurs, je tousse dans le creux de mon poing pour m’éclaircir la voix, toujours un sourire amusé aux lèvres. Je pose mes mains à plat sur mes cuisses, mon regard dans le sien.

— Alors, on se sent mieux après avoir vider son sac ?

Parfois, il ne suffit que de ça. Exprimer les choses pour les matérialiser et les exorciser, pour ensuite y voir plus clair chez soi pour mieux appréhender les choses. Et encore une fois, la situation est toute fraiche, on ne peut pas lui demander d’être sur pattes d’un claquement de doigts. Il faut lui laisser du temps.
Je me lève, spontanément, et m’approche de lui.

— Viens par-là, grand dadet.

C’est de l’affection qui se trouve dans ma voix et de la tendresse qui pointe mes gestes alors que j’attire Enzo contre moi une deuxième étreinte qui se veut plus réconfortante que tout à l’heure, le serrant contre moi comme je pourrais le faire avec une peluche : Avec tendresse et affection. Ce grand gaillard regorge de bien trop d’émotion et même si son corps est immense, je me dis parfois qu’il y a trop de chose là-dedans pour réussir à tout contenir dans ce bon mètre quatre-vingt-dix.
Je m’écarte en douceur de lui et prends son visage entre mes mains que lève à peine de quelques millimètre pour que nos regards puissent se faire face.

— Respire un bon coup Enzo. Tu vas finir par exploser à ressentir autant de choses d’un coup. Mon sourire s’élargit alors que ma main se perd un instant dans ses cheveux. Je comprends que tu t’angoisse et que tu stress comme ça, n’importe qui serait pétrifié dans ta situation mais s’il y a bien une chose dont je suis certaine c’est que Kyle est dingue de toi et que la distance n’y changera rien.

Je dépose un tendre baiser sur son front avant de m’écarter de quelques pas, croisant mes bras sur ma poitrine, toujours concentré sur lui.

— Vous en avez bavé tous les deux et vous avez vu et vécu des choses qu’on ne vit pas à nos âges alors crois moi, ça n’est pas plusieurs kilomètres qui entacheront tout ça. Vivre une expérience pareille rapproche bien plus qu’on ne voudrait le croire et surtout, ça entretient un lien bien particulier.

Je m’adosse à la table derrière moi en m’y appuyant de mes deux mains.

— Il n’est partie que depuis hier, il te faut du temps pour digérer tout ça. On ne peut pas te demander d’être debout dans la seconde parce que même si effectivement vous vous retrouverez et que votre couple est ultra solide, il faut que toi tu te fasses à tout ça. Donne-toi du temps Enzo. Et puis on ne te laissera pas ruminer dans ton coin, ni moi, ni qui que ce soit d’autre. Les amis ne remplacent pas le petit ami mais ils aident à faire face à ce qui nous parait être le plus insurmontable.

J’écarte les bras avec un sourire presque amusé.

— Regarde, tu me rendrais presque poète en plus de ça.

Je lâche un rire amusé, essayant d’alléger tout ce stress qui l’étouffe bien trop pour son âge. Il n’a que 18 ans et tant à vivre devant lui, avec Kyle, avec son frère et avec tant d’autres personnes.

— Je comprends que tu sois inquiet avec tout ce qu’il s’est passé et nous sommes nombreux ici à craindre pour la vie de nos proches… mais la seule chose que l’on peut essayer de faire c’est de vivre, encore un peu plus chaque jours en espérant que le pire n’arrive jamais.

Sinon, à quoi bon vivre tout court ? Ici ou à l’extérieur, j’ai du mal à me dire que nous sommes réellement hors de danger. Et je sais que la famille d’Enzo en tient une couche là-dessus et j’espère honnêtement qu’il sera au moins tranquille à ce niveau-là.

— Et puis en toute honnêteté… Personne n’a un Sex-Appeal aussi important qu’Enzo Ryans. Je lui accorde un clin d’œil taquin avant de retrouver mon sérieux. Dis-toi que Kyle doit se poser exactement les mêmes questions que toi, qu’il doit être dévoré par les mêmes peurs. Le mieux est de vous aimer encore un peu plus, même de loin, pour prouver à l’autre que vous ne vous en arrêterez pas là.

Puisque la vie ne tient qu’à une décision, un avis, un chemin prit, autant la consumer pleinement. Peu importe les peurs qui nous étouffent.
Je sais ce qu’il ressent, cette peur latente qui peut parfois vous rendre fou. Ma mère est morte de leurs mains, plus de la moitié des personnes avec qui j’ai passé toute mon enfance, nos voisins, amis, ont été assassinés par les Supérieurs avec une haine qui a éradiqué chez moi tout espoir en l’espèce humaine. Et lorsque j’ai dû revenir à Poudlard pour poursuivre mes études, j’ai fait plusieurs fois face à des crises d’angoisses, de nerfs, à l’idée qu’ils puissent subir une deuxième fois le même massacre. Ils sont moldus, sans moyen de défense face à ces enragés alors oui, je comprends sa frustration tout comme sa peur.

— Quoi qu’il en soit, profites à fond de tout ça. De loin ou de près, qu’importe. Profites en, ce genre d’amour n’arrive qu’une fois dans une vie.

Je ne sais pas si je l'ai aidé, si mes mots lui ont semblé juste mais j'ai fais ce que j'ai pu avec ce que j'avais. En espérant que tout cela soit suffisant pour lui redonner un peu de courage pour l'avenir.
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MessageSujet: Re: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Jeu 18 Fév 2016 - 18:59

Si moi je souris, d’un sourire encore pas franchement convaincu surement mais j’y travaille, elle c’est carrément un rire qu’elle lâche. Un rire amusé, avec les mots et la gestuelle qui vont avec, des réactions qui font du bien à voir comme à entendre. J’ai beau être axé sur moi-même ce soir, l’esprit focalisé sur deux personnes bien précises à savoir Derek et Kyle, je n’oublie pas pour autant que les autres existent ou en tout cas Kezabel se charge de me le rappeler si c’était le cas.

« Pas d’excuse, les amis sont là pour ça. »

Oui, mais quand même … Je sais pas, je crois que ça me gêne toujours un peu d’abuser du temps des autres pour me plaindre. J’imagine que c’est une réaction relativement normale ou en tout cas partagée par tout un tas d’autres personnes. Elle y compris d’ailleurs, puisque je me souviens de la discussion qu’on avait eu après sa rupture avec Harry.

« Alors, on se sent mieux après avoir vider son sac ? »
« Oui, ça c’est clair. Merci Keza. »


C’est un rire nerveux qui m’échappe alors que je me redresse un peu et me racle la gorge à mon tour, légèrement enroué par les émotions et tous ces mots qui sont sortis. Je me sens fatigué, certes, mais soulagé aussi et c’est vraiment quelque chose qui fait du bien. Vider mon sac … C’est exactement ce que j’ai fait et en cet instant je lui suis vraiment reconnaissant d’avoir posé la question qui a déclenché cette avalanche. Il fallait que ça sorte, même si ça cogne et que ça rend les choses plus réelles, elles le sont de toute façon, il faut les accepter et je pense que le processus vient d’être lancé.

« Viens par-là, grand dadet. »

Son sourire, sa tendresse à mon égard, c’est … c’est con, peut-être, ou pas du tout, mais ça fait vraiment du bien. Alors je me laisse aller complètement à ce nouveau contact, ce câlin, ses bras qui me serrent en douceur mais avec suffisamment de fermeté pour appuyer le geste. Libération de sérotonine. Soupir d’aise, d’acceptation, de soulagement. Et je retrouve une sensation familière, celle d’avoir le sentiment qu’elle est toute petite là dans mes propres bras qui la serrent également. Je ne me sens plus comme le gamin perdu et minuscule que j’étais quelques secondes plutôt, disons moins, et ça aussi ça fait du bien.
J’en profite, je ne calcule pas le temps que ça dure, je laisse les choses se faire tout simplement et la laisse donc s’écarter sans broncher. Elle attrape mon visage entre ses mains, c’est un geste qui m’a toujours un peu surpris en réalité. Elle a des attitudes envers moi qui me rappellent celles que pouvaient avoir ma mère, c’est … perturbant, par certains côtés. Je ne sais pas trop comment me situer par rapport à elle, c’est étrange. Parfois j’ai l’impression d’être à la même « hauteur » qu’elle, parfois dans le rôle du gamin qui a besoin de réconfort et qui sait qu’il le trouvera auprès d’elle, et plus rarement, dans celui du protecteur, plus grand, plus solide. C’est un tout, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de faire un choix de toute façon. Tout dépend de la situation.

« Respire un bon coup Enzo. Tu vas finir par exploser à ressentir autant de choses d’un coup. »

Un sourire. Je m’imprègne de son contact, de sa main là dans mes cheveux – je crois que t’as pas idée de ce que t’es entrain de faire … Y en a pas beaucoup qui ont le droit de toucher mes cheveux. Oui je me sentais obligé de le souligner … Parce que je le vaux bien. Et l’auteur sort très loin – en me disant que c’est pas la première fois que j’entends ça … Et qu’une des premières personnes à l’avoir formulé n’est autre que notre cher Directeur qui, je cite, m’a sorti un jour que j’avais « vraiment trop de trucs dans le crane ».

L.O.L :
 
*out*

Il avait raison, elle a raison aussi, c’est quelque chose dont j’ai parfaitement conscience, quelque chose qui s’est un peu – beaucoup – estompé au fil des mois. Là c’est juste un coup dur, quelque chose à digérer, une montée de pression du à toutes les émotions que je ressens mais le simple fait de l’avoir exprimé a déjà soulagé la soupape.

« Je comprends que tu t’angoisse et que tu stress comme ça, n’importe qui serait pétrifié dans ta situation mais s’il y a bien une chose dont je suis certaine c’est que Kyle est dingue de toi et que la distance n’y changera rien. »

Un baiser sur mon front, je ferme les yeux et souris, apaisé par ses paroles. Rassuré, aussi. C’est peut-être stupide mais ça fait du bien d’entendre des choses comme ça, ça rebooste. Oui il est dingue de moi et non la distance n’y changera rien, au contraire. Depuis le début on se rend compte que plus le temps passe plus on est amoureux, pourquoi est-ce que ça changerait après tout ? Je la regarde s’éloigner sans rien dire, Lune a migré sur le fauteuil d’en face et fait sa toilette sans nous prêter la moindre attention. Un instant la mienne d'attention est captée par le feu qui craque dans la cheminée mais la voix de Kezabel me rappelle à l’ordre.

« Vous en avez bavé tous les deux et vous avez vu et vécu des choses qu’on ne vit pas à nos âges alors crois moi, ça n’est pas plusieurs kilomètres qui entacheront tout ça. Vivre une expérience pareille rapproche bien plus qu’on ne voudrait le croire et surtout, ça entretient un lien bien particulier. Il n’est partie que depuis hier, il te faut du temps pour digérer tout ça. On ne peut pas te demander d’être debout dans la seconde parce que même si effectivement vous vous retrouverez et que votre couple est ultra solide, il faut que toi tu te fasses à tout ça. Donne-toi du temps Enzo. Et puis on ne te laissera pas ruminer dans ton coin, ni moi, ni qui que ce soit d’autre. Les amis ne remplacent pas le petit ami mais ils aident à faire face à ce qui nous parait être le plus insurmontable. »

Du temps. Ça c’est un truc que j’ai toujours eu la fâcheuse tendance à ne pas me laisser même si j’y travaille aussi. 24h, ça n’est rien. Du temps et des amis. J’acquiesce d’un signe de tête, l’air sérieux, jusqu’à ce qu’elle me fasse sourire à nouveau avec sa remarque.

« Regarde, tu me rendrais presque poète en plus de ça. »
« Ne m’accuse pas d’un truc que tu n’assumes pas Kezabel, c’est moche. »


Sourire en coin. Je constate que ma répartie est de retour, que je ne suis plus dans cet état d’égarement où je ne savais plus quoi faire de moi. Ça revient petit à petit. J’avais simplement besoin d’un déclencheur, de vider mon sac … Et déjà d’un peu de temps.

« Je comprends que tu sois inquiet avec tout ce qu’il s’est passé et nous sommes nombreux ici à craindre pour la vie de nos proches… mais la seule chose que l’on peut essayer de faire c’est de vivre, encore un peu plus chaque jours en espérant que le pire n’arrive jamais. »

Elle a raison, sur toute la ligne. Elle a raison depuis le début de cette conversation mais je me rends compte à quel point je suis chanceux dans mon « malheur » … J’ai peur pour mon petit ami, peur pour des choses de la vie courante qui pourraient nous éloigner, peur pour mon frère aussi … Je pense parfois aussi à Jill bien sûr, ou à Elwynn, mais la vérité c’est que contrairement à beaucoup je sais que ma famille, elle, n’est pas en danger. Avoir le Sang-Pur peut peser lourd, je sais de quoi je parle, mais aussi une sacré garantie dans un contexte comme celui-là et tout le monde n’a pas cette chance, loin de là. Je suis là à chialer sur mon sort alors qu’elle doit trembler en permanence pour son frère et son père … Chacun son histoire, ses proches, ses peurs, je sais, mais quand même, voir un peu plus loin que le bout de son nez ça peut-être bien aussi. Et elle est loin d’être la seule dans ce cas-là, bien sûr. Disons que pour le moment j’aimerai réussir à soigner mes propres angoisses, chaque chose en son temps.

« Et puis en toute honnêteté… Personne n’a un Sex-Appeal aussi important qu’Enzo Ryans. »
« Ça c’est vrai. Il ne trouvera de toute façon jamais aussi bien. »


Sourcil arqué, air confiant voir hautain, puis tout s’affaisse pour laisser tomber cette comédie qui parfois n’en ai pas une. La confiance en soi n’est pas toujours mon fort c’est vrai mais je n’en suis pas dénué non plus, et surtout pas d’humour. Tout ça est un mélange de mon caractère de base et de la façon dont j’ai évolué grâce aux expériences que j’ai pu vivre et surtout aux personnes que j’ai pu rencontrer. Après tout, c’est comme ça qu’on se construit non ? Je la regarde, je l’écoute, et je me dis simplement : Tout va bien se passer.

« Dis-toi que Kyle doit se poser exactement les mêmes questions que toi, qu’il doit être dévoré par les mêmes peurs. Le mieux est de vous aimer encore un peu plus, même de loin, pour prouver à l’autre que vous ne vous en arrêterez pas là. Quoi qu’il en soit, profites à fond de tout ça. De loin ou de près, qu’importe. Profites en, ce genre d’amour n’arrive qu’une fois dans une vie. »

C’est étrange ce sentiment de chaleur à l’intérieur, ce sourire que je n’arrive pas à retenir, ces émotions que je ressens. Et ça fait bizarre de l’entendre me dire tout ça, toutes ces choses sur Kyle, sur notre histoire … ça fait du bien. J’avais besoin d’entendre ça, besoin de me rendre compte que cette histoire continue malgré la séparation. En entendre parler de la bouche de quelqu’un d’autre fait partie du processus je crois, ça rend les choses plus réelles puisque je ne suis pas le seul à le faire vivre.
Je laisse passer un silence, léger sourire absent sur le visage, perdu dans mes pensées, observant les pinceaux toujours entre mes doigts sans trop les voir, absorbant ses mots et ce qu’ils me procurent, visualisant certains souvenirs jusqu’à revenir sur terre au bout de quelques secondes sans pour autant chercher son regard tout de suite.

« De toute façon le premier qui le touche j’le démonte. »

Désolé, ça, c’est sorti tout seul. Y a une part d’humour là-dedans, mais une part de réalité aussi. Ça n’est pas parce que j’ai fait d’énormes progrès en la matière que je vais totalement arrêter d’être jaloux et possessif. Mon mec se balade là dehors, sans moi, et si je lui fais confiance je ne fais pas confiance aux autres alors si j’apprends qu’un de ses petits camarades de classe ou n’importe qui d’autres s’approche de lui d’un peu trop près, il aura un bonjour d’Enzo Ryans – avec le sourire, en étant néanmoins très clair – dès que je sortirai d’ici à mon tour. Bref, ça n’est pas le sujet. Restons civilisés ! Imprimez-vous simplement dans le crane qu’il est à moi. Et à Loup. A nous. Point final.

Enzo …
Pardon. Moment d’égarement.

Je retrouve ma concentration et un visage plus doux en secouant la tête. C’est à nouveau un sourire que je lui adresse alors que je recapte son regard.

« Merci, vraiment. C’est … J’ai pas trop de mots là tout de suite qui me viennent en tête, faut croire que j’ai épuisé mon stock avec mon monologue … »

Tu m’étonnes …

« Mais ça me fait du bien. Autant ta présence que tout ce que t’as dit. »

J'avais besoin de ça. J'avais besoin que quelqu'un me prenne dans ses bras en me disant que tout irait bien. J'avais besoin d'entendre tout ça, vraiment, et même si je sais que ça ne se fera pas comme ça, qu'il y aura des moments plus difficiles que d'autres, que je n'oublie pour autant pas la réalité, ça va déjà beaucoup mieux. Elle m'a ouvert les yeux sur certaines évidence alors que je m'étais plongé dans le noir tout seul comme un grand, ça me prouve encore une fois que le loup solitaire n'existe plus depuis longtemps et qu'il n'a tout simplement jamais réellement existé. C'est de toute façon contre-nature.

Un soupir, encore un, juste un réflexe physique une fois de plus. Je ne lâche pas les pinceaux pour autant – sans trop y faire attention – mais mes mains se posent toutes les deux à plat sur les accoudoirs.

« Ça te dit de descendre manger un morceau ? T’avais peut-être un truc de prévu … Je t’avoue que j’ai pas tellement envie d’être seul ce soir, ça t’embête si on reste encore un peu ensemble ? »

Non je n'userai pas de mes yeux de loup battu … Ni de mes grands cils qui me donne un regard de biche – c'est super viril, je sais – un regard doux quoi qu'il en soit. Non … Trop tard.

« J’me dis qu’on peut peut-être rejoindre les autres et manger tous ensemble ? Promis je plomberai pas l’ambiance, j’vais juste leur dire histoire qu’ils sachent pourquoi j’ai l’air d’avoir erré pendant des jours dans une ville déserte. »

Je pensais avoir envie d'être seul, en réalité j'ai plutôt envie d'une tablée remplie des personnes que j'apprécie, mes amis tout simplement. Et leurs amis à eux aussi s'ils veulent. De toute façon ici on se connait plus ou moins tous de près ou de loin.

Je fini par me relever, là la différence de gabarit entre nous deux me saute à nouveau aux yeux, je crois que c'est son cas à elle aussi d'ailleurs mais quoi qu'il en soit ça me fait sourire. Pas un sourire moqueur, un sourire … J'en sais rien, un sourire et c'est tout. Les pinceaux atterrissent dans la poche arrière de mon jean, je me dis que je les renverrais à Kyle plus tard. Je bouge la tête de façon à faire craquer mes cervicales, m'étire un peu, roule des épaules sans trop y faire attention, histoire de remettre tout ça en place parce que croyez-moi, quand on passe autant de temps tassé sur soi-même le corps en prend un coup. Mine de rien ça fait du bien. L'instant d'après mes mains atterrissent dans mes poches et je me dirige vers le fauteuil ou Madame la Princesse Lune fait sa toilette. Ma main droite sort de son refuge de tissus et lui grattouille la tête.

« Au fait … »

Un sourire en coin étire mes lèvres d'un côté mais je ne la regarde pas.

« Il m’a trouvé à poil au pied du Saule Cogneur, voilà comment on s’est rencontrés. Et quand je dis à poil, c’est pas au pluriel … »

Une seconde, deux secondes, regard en biais dans sa direction : Mon sourire s'élargit.

▬ FINI POUR MOI ▬

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MessageSujet: Re: And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel   Mer 24 Fév 2016 - 16:32

— De toute façon le premier qui le touche j’le démonte.

Je pense que c’est suffisamment clair pour comprendre qu’il faut pas poser ne serait-ce qu’une phalange sur les boucles brunes de Kyle…
Ceci dit il a l’air plus serein, plus calme. Je ne sais pas si ce sont mes mots qui l’ont apaisé ou si c’est le fait d’en parler mais je suis contente de le voir avec un semblant de sérénité sur le visage.

— Merci, vraiment. C’est … J’ai pas trop de mots là tout de suite qui me viennent en tête, faut croire que j’ai épuisé mon stock avec mon monologue … Mais ça me fait du bien. Autant ta présence que tout ce que t’as dit.
— Je suis contente de l’apprendre, vraiment.

Et cette fois, c’est mon sourire qui s’élargit.
Si j’ai pu l’aider ne serait-ce qu’un peu alors tant mieux. Je sais que tout ça n’est pas évident à gérer mais parfois il suffit de poser des mots sur la situation pour y voir plus clair.
Visiblement, ça a fonctionné pour Enzo et tant mieux.

— Ça te dit de descendre manger un morceau ? T’avais peut-être un truc de prévu … Je t’avoue que j’ai pas tellement envie d’être seul ce soir, ça t’embête si on reste encore un peu ensemble ?
— hum je sais pas… Faut que je consulte mon agenda de ministre.

Je fais mine de réfléchir avant de lâcher un rire bref, me relevant moi aussi de ma place. Passer un moment avec lui ? Ca ne me dérange pas, au contraire. C’est toujours agréable d’être avec un gros nounours comme lui.
Je m’apprête à lui dire que non, je n’ai effectivement rien de prévue… Jusqu’à ce qu’un détail me traverse l’esprit.
Derek.
Riley.

— J’me dis qu’on peut peut-être rejoindre les autres et manger tous ensemble ? Promis je plomberai pas l’ambiance, j’vais juste leur dire histoire qu’ils sachent pourquoi j’ai l’air d’avoir erré pendant des jours dans une ville déserte.

J’affiche un sourire en coin suivit d’une mine un peu désolée.

— Aucun problème, je vais t’accompagner jusqu’à la grande salle… mais j’aimerais parler à Riley avant d’aller manger, si ça ne te dérange pas. J’hésite un instant avant de poursuivre. Je pense qu’il vaut mieux que je lui dise pour Derek.

Et ce soir. Pas demain. Ni plus tard.
Car plus j’attendrais, plus elle risquerait de mal le prendre. De toute façon, je ne peux pas lui cacher ça sauf si Enzo m’interdit de lui en parler. Même là, j’aurai la sensation de trahir Riley. Je ne pourrais tout simplement pas la regarder dans les yeux et faire comme si je n’étais pas au courant du départ de Derek. Départ qui s’est fait sous silence visiblement.
Je ne sais pas trop comment je vais aborder le sujet, mais je verrais sur le tas.

Enzo se lève et se dirige vers Luna qui est là, à attendre un geste de la part de son maitre qui n’attends pas plus longtemps pour venir lui gratouiller la tête.

— Au fait …
— Hum ?
— Il m’a trouvé à poil au pied du Saule Cogneur, voilà comment on s’est rencontrés. Et quand je dis à poil, c’est pas au pluriel …
—Hein ?

Je fronce les sourcils, ne comprenant pas son allusion…


Je sursaute en me bouchant les oreilles, comme si ça allait changer quelque chose !

— MON DIEU ENZO NON ! Je n'veux rien savoir !

Après les mots, suivent les images et c’est là que JE NE VEUX PAS ! Sortez de là ! OUST ! J’veux pas imaginer Enzo cul nul sous le saule cogneur !
Ceci dit, ça devait être une rencontre hors du commun et sacrément épique.

MAIS IL EST ENCORE CUL NU DANS MA TETE !
Il se marre et moi aussi alors que nous sortons du dortoir.
ET IL EST TOUJOURS CUL NUL !
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And now, what am I suppose to do ? ▬ Kezabel
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